lundi 07 mai 2007

Election présidentielle : quelques leçons

1. Cela faisait longtemps qu'une élection présidentielle n'avait pas donné lieu a une réflexion aussi intense des catholiques sur leur vote

Les points non négociables (PNN) énoncés par le Pape ont recentré cette réflexion sur les questions relevant d'un choix de société, à commencer par le respect de la vie. Le texte épiscopal Qu'as-tu fait de ton frère (pdf) a accordé plus d'importance à ces questions que par le passé, de même que plusieurs déclarations d'évêques.

Certes, certains (Jean Madiran, Cal Barbarin) les ont intégrés dans des listes de préoccupations plus longues ; d'autres y ont joint des "préalables" (Yves Daoudal) ; d'autres enfin, tel le site Catholiques de l'UMP, se sont attachés à défendre contre toute évidence la compatibilité de leur candidat avec les PNN. Mais au moins les points non négociables sont-ils entrés dans la réflexion d'un nombre important (bien que certainement encore minoritaire) de catholiques.

Le niveau élevé des votes blancs et nuls, difficile certes à interpréter et à revendiquer, peut être en partie expliqué par l'objection de conscience de certains catholiques.

2. Malgre cela, 85% des catholiques ont voté pour des candidats pro-avortement au premier tour

Les catholiques "réguliers" (allant à la messe au moins une fois par mois) auraient voté à 45% pour Nicolas Sarkozy, 20% pour François Bayrou, 11% pour Ségolène Royal, 4% pour Arlette Laguiller, 3% pour Marie-Georges Buffet et 2% pour Olivier Besancenot.

Seulement 8% ont voté pour Jean-Marie Le Pen et 7% pour Philippe de Villiers - soit 15% pour des candidats pro-vie, contre un total de 25% en 2002 (Le Pen + Mégret + Boutin).

On peut trouver quelques raisons de circonstance à ce fait (vote "utile", etc.), mais elles n'expliquent pas tout.

La cause première de cette anomalie est sans doute l'indifférence d'une majorité de catholiques vis-a-vis du 'vote en conscience', ainsi que l'aura qu'a encore chez de nombreux catholiques le processus d'intégration européenne récusé par les deux candidats pro-vie.

Mais certains éléments non-programmatiques expliquent eux aussi la difficulté qu'ont de nombreux catholiques à se reconnaitre dans les candidats et les formations pro-vie : si les programmes des candidats du FN et du MPF étaient clairement les plus catho-compatibles, la praxis de ces partis peut rendre cette évidence difficile à percevoir. L'agressivité verbale commune au FN, et le cynisme qui a caractérisé la dernière campagne du MPF, paraissent en effet en contradiction avec le message évangélique. Certains catholiques plus attachés à la forme qu'au programme ont pu considérer un vote Bayrou ou Sarkozy comme concordant davantage avec l'idée qu'ils se faisaient d'un candidat pour lequel un catholique pouvait voter.

Par ailleurs, la timidité des candidats pro-vie sur l'avortement est à relever, même si tous les autres candidats sont partisans de l'anti-culture de mort. Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers ont plutôt tenté d'éviter le sujet, ayant eu le sentiment, à tort ou à raison, d'avoir plus de voix à perdre qu'à gagner sur ce sujet. Nous pensons pourtant qu'il n'y a pas de fatalité à ce que ces candidats demeurent sur la défensive sur le respect de la vie : une part importante de la population est réceptive à un discours pro-vie modéré, tel que celui tenu par Tugdual Derville dans une émission récente. Et si un sentiment pro-vie plus abouti est encore très minoritaire, n'oublions pas que la plus grande manifestation de "droite" (hors réunions partisanes) de ces dernières années a été la Marche pour la Vie du 21 janvier dernier - tout comme la plus grande de la décennie passée est la marche anti-PACS de 1999, et la plus grande depuis 1968 a été celle de l'Ecole Libre de 1984 - comme par hasard, les 3 points non-négociables...

3. Pour la première fois, le candidat de l'UMP a fait une campagne en rupture avec les PNN

Ce qui vient de se passer est tout à fait inédit dans l'histoire de la droite française : c'est la première fois que son candidat embrasse aussi ouvertement des positions clairement pro-avortement (ici, ici, ici, ici) et favorables à la légalisation des unions homosexuelles (CUC et statut du "beau-parent"). Ni M. Giscard, ni M. Chirac n'ont jamais osé faire campagne sur des positions pro-mort ni anti-famille. Peu importe d'ailleurs que les positions de M. Sarkozy soient réellement de conviction, ou une tentative de se faire pardonner, auprès de la gauche, des propos droitiers sur d'autres sujets.

Jusqu'à maintenant, la masse des électeurs et des élus UMP (ou RPR), contrairement aux gouvernants qui en émanaient, étaient essentiellement "conservateurs" sur les questions de société : une nette majorité d'entre eux avait voté contre les lois pro-avortement de 1974 (Veil), 1979 (Pelletier) et 1982 (Roudy). Le prestige que M. Sarkozy a maintenant acquis auprès de son parti pourrait lui permettre de changer cela, et de marginaliser les conservateurs à l'UMP comme Mme Boutin l'a été à l'UDF jadis.

On en a eu un exemple récent avec le député Christian Vanneste, condamné pour des propos sur l'homosexualité par une loi votée par la majorité à laquelle il appartenait. Critiqué au sein de son propre parti et par Nicolas Sarkozy, il a du rejoindre le CNI.

4. Après le vote vient l'action

Le vote pour la présidentielle représente 2 votes tous les 5 ans. Chaque électeur représente 1/40 000 000ème de la population des électeurs. S'il est encourageant de noter l'abondance des contributions de catholiques quant à la moralité de cet acte, il convient de rappeler que la portée individuelle de cet acte reste faible. De plus, l'élection ne constitue pas l'alpha et l'omega de la participation à la vie politique du pays.

Or, les actions pro-vie suscitent visiblement moins de motivation. Pour autant, ce sont des actes dont la portée est certainement plus lourde en terme de conséquences que la simple participation à une élection. Ce problème a certainement des racines plus graves qu'on ne le pense. Il vient du fait que l'on croit à tort que le bien commun doit s'imposer par l'Etat. Et qu'il suffit de poser son bulletin en attendant patiemment le grand soir... S'il est vrai que l'Etat a le devoir de faire respecter le bien commun, il ne faut pas non plus verser dans un étatisme qui ne serait que du socialisme déguisé. Le bien commun est aussi une réalité qui existe et il ne tient qu'à nous de le défendre et de le faire croître concrètement.

Selon le CDSE, la participation de tous au bien commun -et donc aux biens non-négociables- est une nécessité :

"La conséquence caractéristique de la subsidiarité est la participation, qui s'exprime, essentiellement, en une série d'activités à travers lesquelles le citoyen, comme individu ou en association avec d'autres, directement ou au moyen de ses représentants, contribue à la vie culturelle, économique, sociale et politique de la communauté civile à laquelle il appartient. La participation est un devoir que tous doivent consciemment exercer, d'une manière responsable et en vue du bien commun". (§189)

Les initiatives ne manquent pas et ne demandent qu'à croître :

LSB

Posté le 7 mai 2007 à 14h02 | Lien permanent

lundi 30 avril 2007

Que faire au second tour ?

Les catholiques sont confrontés à un choix difficile, puisqPope ue les deux candidats encore en lice s'éloignent très gravement de la doctrine sociale de l'Eglise sur les "points non négociables" indiqués par le Pape Benoît XVI : le respect de la vie, de la famille traditionnelle et de la liberté d'éducation des parents.

Ce post vise à examiner les paramètres de cette situation, car il est important que le vote d'un catholique au second tour ne soit pas motivé par un réflexe épidermique ("tout sauf la gauche"/"pas une voix pour un candidat du système"), mais soit fait en conscience.

1. Les deux candidats sont en grave rupture avec les "points non négociables"

Notamment

  • Tous deux sont favorables à l'avortement légal (voir ici);
  • Tous deux sont favorables à une reconnaissance plus poussée des unions homosexuelles (voir ici).

Cette situation est inédite à un 2e tour - du moins dans sa gravité.

Certes, ce n'est pas la première fois que le second tour oppose des candPr74giscardidats tous deux pro-avortement : ce fut le cas en 1981, en 1988 et en 1995 (en 1974 aussi, toutefois les électeurs catholiques ne le savaient pas, M. Giscard d'Estaing ayant dissimulé ses opinions pro-avortement.)

Mais, malgré tous les discours sur le prétendu retour, avec M. Sarkozy, des "valeurs de la droite",

* ...c'est la première fois que la "droite" est représentée par un candidat aussi ouvertement pro-avortement.

Fetus On pourrait croire qu'il ne s'agit, sur l'avortement, que de se résigner à un statu quo devenu difficilement réversible - mais c'est plus que cela : sous M. Sarkozy comme sous Mme Royal, la France continuera à défendre une position pro-avortement virulente dans les instances internationales, pour aboutir à un "droit à l'avortement" reconnu dans le droit international. Voter pour l'un des deux candidats signifie donc donner sa voix à quelqu'un qui oeuvrera à étendre l'avortement légal.

* ...avec le CUC promis par Nicolas Sarkozy, c'est la première fois que le candidat de "droite" au 2e tour fait campagne sur la transgression d'un des points non négociables.

C'est en effet inédit. Le président Giscard d'Estaing n'avait notamment pas fait campagne sur la loi Veil, et l'a fait voter par la gauche, contre sa majorité, au Parlement.

2. M. Sarkozy est préférable à Mme Royal sur certains points non négociables

Des différences existent entre les deux candidats, et sont au profit de M. Sarkozy :

  • En matière d'euthanasie.

Mme Royal a, avec cSarkozyafficheertes des précautions oratoires, déclaré vouloir aller plus loin que la loi actuelle, faisant implicitement référence aux pays européens (Belgique, Pays-Bas) où l'euthanasie est légale. M. Sarkozy a eu des déclarations contradictoires sur le sujet, laissant la porte ouverte à une loi sur l'euthanasie, mais peut paraître en retrait par rapport à la position de Mme Royal.

  • En matière de défense de la famille.

Affichesegolene_2 Ségolène Royal est fermement engagée à étendre le mariage civil aux "couples" homosexuels, tandis que Nicolas Sarkozy promet d'aligner leurs droits sociaux, patrimoniaux et fiscaux sur ceux que confère le mariage. Les deux voies sont condamnables, mais la dénaturation du mariage aurait des effets plus graves, car toute distinction entre un vrai mariage et un "mariage" homosexuel deviendrait illégal, avec des effets sociaux désastreux (exemple, aux Etats-Unis).

  • En matière de liberté d'éducation.

Nicolas Sarkozy s'est déclaré opposé au plafonnement du nombre d'enseignants du privé "sous contrat" par rapport au public. Il professe, au sein de l'Education nationale, une plus grande liberté pour les parents, qu'il reconnaît comme "premiers responsables de l’éducation de leurs enfants". Ségolène Royal semble être animée par l'idéologie contraire, promettant la scolarisation obligatoire dès 3 ans au mépris du droit naturel.

3. Une question à deux étages

La question se pose donc dans ces termes : si deux can2198vpvoteprolifebluedidats s'éloignent aussi gravement de la loi naturelle, faut-il voter pour celui qui en est marginalement moins éloigné ? Le Cal Barbarin et Mgr Brincard ont évoqué la possibilité d'opter pour l'objection de conscience par l'abstention ou le vote blanc/nul.

En réalité, cette question a deux composantes :

  • Est-il moralement permissible de voter pour un candidat en grave rupture sur un ou plusieurs points non négociables, pour la raison que l'autre est plus nocif encore ?

Dès avant le 1er tour, cette question a donné lieu à des interprétations contradictoires de l'enseignement de Benoît XVI, relayées sur votre blog. Le P. Garrigues , le P. Daguet et Thibaud Collin estiment que l'on ne peut pas voter pour un tel candidat, et François de Lacoste-Lareymondie défend l'option inverse (et ici).

  • Si oui - si c'est permissible - est-il judicieux de voter pour ce candidat ?

La question nous semblerait alors se poser dans ces termes : quelle attitude de la part des catholiques contribuerait le plus à promouvoir les points non négociables, non seulement à court terme mais au-delà ?

Est-ce que, si les catholiques votent automatiquement pour le candidat le moins nocif, le candidat en question, dans les années qui viennent, ne perdra pas tout intérêt à faire le bien, mais seulement à faire un peu moins de mal que son adversaire ? Voter blanc pourrait être un geste tactiquement fécond pour l'avenir, à condition d'être politiquement lisible (d'où cet appel).

Mais si les catholiques, en votant blanc, causaient la victoire du candidat le plus nocif, le mal supplémentaire causé par ce dernier ("mariage" et adoption homosexuels, euthanasie...) ne serait-il pas irréversible à moyen terme ?

Le Salon Beige ne cherchera pas à trancher ces deux questions

Vos blogueurs appellent surtout leurs frères catholiques à en mesurer la complexité, afin de ne pas s'opposer hâtivement à ceux qui, recherchant le même bien, feront un choix différent du leur.

Car une chose est certaine : le futur président de la République ira gravement à l'encontre de plusieurs points non négociables. Les catholiques devront retrouver et renforcer leur unité d'action pour défendre activement le Bien commun une fois les élections passées.

Le Salon Beige

Posté le 30 avril 2007 à 10h22 | Lien permanent

vendredi 30 mars 2007

Voter en conscience : réflexions de catholiques à la lumière du Magistère

L’enseignement de l’Église nous rappelle le devoir du catholique de contribuer au Bien commun, par tous les moyens dont le vote. Mais l'application de ce principe se révèle d'une grande complexité. Il est donc très encourageant que les réflexions de catholiques se multiplient autour de la question du vote, avec une intensité sans doute inconnue en France depuis des décennies (cf liens en bas de page).

Vos blogueurs vous proposent le fruit de leurs réflexions sur le sujet, nourries particulièrement des documents suivants :

  • les encycliques Christifideles laici et Evangelium vitae ;
  • la Note doctrinale de 2002 du Cal Ratzinger sur l'engagement des chrétiens en politique ;
  • le memorandum du Cal Ratzinger au Cal McCarrick en 2004 sur la primauté de la question du respect de la vie sur les autres questions;
  • les déclarations récentes du Pape Benoît XVI indiquant le caractère "non négociable" des questions du respect de la vie, de la défense de la famille naturelle et de la liberté scolaire, rappelé dans l’exhortation apostolique Sacramentum Caritatis (§83).

1 – Peut-on se désintéresser des élections ?

«De la forme donnée à la société, conforme ou non aux lois divines, dépend et découle le bien ou le mal des âmes» (Pie XII - Pentecôte 1941).

« Le devoir des citoyens est de contribuer avec les pouvoirs civils au bien de la société [...]. La soumission aux autorités légitimes et le service du bien commun exigent des citoyens qu’ils accomplissent leur rôle dans la vie de la communauté politique » (CEC 2239).

« La soumission à l’autorité et la coresponsabilité du bien commun exigent moralement [...] l’exercice du droit de vote [...] » (CEC 2240).

« L'Église est consciente que la voie de la démocratie si, d'un côté, elle exprime le mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, n'est possible, de l'autre côté, que dans la mesure où elle est fondée sur une juste conception de la personne. Sur ce principe l'engagement des catholiques ne peut céder à aucun compromis. Sinon, c'est le témoignage de la foi chrétienne dans le monde qui serait atteint, ainsi que l'unité et la cohérence intérieure des fidèles eux-mêmes. La structure démocratique sur laquelle se construit un État moderne, serait plutôt fragile si elle ne prenait pas comme fondement la centralité de la personne. De fait, seul le respect de la personne rend possible la participation démocratique » (cardinal Ratzinger in Note doctrinale).

« Il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l'unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus: Il n'existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes qu'il leur faille invoquer pour être sauvés » (Pie XI in Quas Primas)

D’aucuns pensent que les conditions d’une vraie démocratie ne sont pas rassemblées en France aujourd’hui et décident en conséquence de ne pas participer aux prochaines présidentielles. La réflexion menée pousse à aller plus loin.

2 – Des repères pour l’élection présidentielle.

«il est souvent plus facile de savoir s’y prendre pour gagner au tiercé que de savoir pour qui voter» (Jean Ousset).

21 : Les trois points non négociables de Benoît XVI :

Benot_xvi « En ce qui concerne l'Eglise catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire: 

  • la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle ;
  • la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent  à  sa  déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
  • la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.

Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité » (discours aux participants au congrès promu par le Parti populaire européen).

On peut se reporter aux posts (respect de la vie, famille et liberté d’éducation) qui mettent en juxtaposition l’enseignement de l’Église et les positions des candidats.

22 – La voix de l’Église en France aujourd’hui

Deux évêques ont fait entendre au niveau national la voix de l’Église en engageant leur autorité d’évêque de l’Église catholique. Ils nous proposent des axes de discernement adaptés aux élections présidentielles françaises :

Monseigneur Ricard, Président de la Conférence épiscopale française dans son message à l’approche des élections déclare :

Ricard « Dans sa réflexion, un catholique doit tendre à une cohérence entre ses choix politiques et ses convictions chrétiennes, entre l’approbation d’un programme et la vision de l’homme qui lui vient de sa foi. C’est pour aider à un tel discernement que l’Eglise a développé, à partir de l’Evangile, de sa Tradition et de son expérience concrète, une pensée sociale, appelée aussi « Doctrine sociale de l’Eglise ». Cet enseignement de l’Eglise offre d’utiles critères de réflexion ».

Monseigneur Cattenoz, dans sa lettre ouverte aux candidats, qu’une lecture intégrale et appuyée permet de saisir l’esprit de sa conclusion, écrit :

Cattenoz « Au nom de l’Évangile et à la veille de l’élection présidentielle et des élections législatives, je ne peux qu’inviter les hommes politiques, les chrétiens et tous les hommes de bonne volonté à passer au crible de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église vos propositions avant de se déterminer dans leur choix ».

23 - Dieu Premier Servi

Nous ne sommes pas des électeurs catholiques, mais des catholiques qui exerçons un droit de vote. Ainsi, ce qui sera premier pour notre discernement, sera notre référence à la fois à la doctrine sociale de l’Église et à sa doctrine morale qui nous oblige à choisir le bien et à refuser le malle mal est une absence de bien» saint Thomas d’Aquin) :

« La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi dans lesquels le contenu fondamental de la foi et de la morale serait évincé (…) La légitime pluralité des options temporelles garde intacte la matrice dont provient l'engagement des catholiques dans la politique, et celle-ci renvoie directement à la doctrine morale et sociale chrétienne. C'est à cet enseignement que les laïcs catholiques doivent toujours se confronter pour être certains qu'une responsabilité cohérente vis-à-vis des réalités temporelles marque leur participation à la vie politique » (cardinal Ratzinger in Note doctrinale).

3 – De quoi s’agit-il le 22 avril et le 6 mai ?

31 – Désigner le Président de la République française.

L'élection présidentielle a deux caractéristiques - qui paraissent aller de soi, mais qui ont des conséquences importantes dans la réflexion de l'électeur catholique :

Elle vise à désigner le chef de l'exécutif

De_gaullle_collier Cela peut être perdu de vue, car on entend des hommes politiques prétendre que certains domaines seraient du ressort du Président, d'autres de celui du gouvernement. La réalité de la Ve République est que le Président de la République est le chef de l'exécutif, et le quinquennat renforce cette réalité (exemple).

Toutes les questions relevant du gouvernement relèvent ainsi du Président - le catholique ne peut donc pas, par exemple, voter à la présidentielle d'abord sur les questions de politique étrangère et de défense, et ne prendre en compte le respect de la vie qu'aux législatives.

Elle consiste à choisir un homme et pas seulement un programme

Le programme des candidats n'a aucune valeur légale - le mandat de l'élu ne sera pas impératif. C'est pourquoi, la personnalité de l'élu a aussi son importance.

Mitterrandpresident Les programmes sont cruciaux dans le travail de discernement de l'électeur catholique, mais la question est bien : parmi les candidats dont les programmes et les idées sont en conformité avec la Doctrine sociale de l’Église lequel possède les meilleurs atouts pour faire progresser au mieux le bien commun, une fois élu ? (exemples : prudence, courage, perspicacité, homme de volonté, calme et solide...)

32 – Etablir un classement objectif

La condition d’un tel classement des candidats est le refus de tout relativisme : mettre de côté ses sentiments (l'antipathie envers tel candidat, la sympathie pour tel autre), prendre en considération l’apport de ces candidats au Bien commun et non seulement au bien particulier de l’électeur ou du candidat, etc.

Giscgd Le passage au crible de l’Évangile et de l’enseignement de l’Église des propositions auquel nous invite Mgr Cattenoz donnera lieu à un classement des candidats selon la conformité de leur programme sur les points non négociables. Ensuite, l’appréciation de chaque candidat pourra être affinée en fonction des autres sujets, à étudier selon la DSE : économie, défense, immigration, etc. Par ailleurs, on pourra examiner l'un de ces points secondaires en regard de l'influence qu’il peut avoir sur les points non négociables. Nous pensons particulièrement à l'Union Européenne, dont on connaît l'influence dans la culture de mort (comme l’avortement). Cette analyse devrait inciter chacun à étudier la DSE afin d’affiner son approche du bien commun.

Pompidou_2 L’importance accordée aux points sur lesquels l’Église ne négocie pas devra donc faire apparaître en tête de ce classement les candidats dont le programme est le plus conforme à l’enseignement de l’Église sur les points non négociables.

33 – Voter en conscience

Une fois ce classement effectué, dans le cas où le candidat le mieux classé ne serait pas en conformité avec un ou plusieurs points non négociables, une question de conscience se pose : suffrage exprimé en sa faveur ou vote blanc ?

- Peut-on voter blanc (à distinguer de l’abstention qui est l’expression du désintéressement et le vote nul, celle du non-respect des règles du vote) ? Si cela est compris comme un refus à soutenir l'un des candidats en raison de leur(s) décalage(s) avec les PNN et non comme une fuite. Pour que ce vote ait une portée, l'électeur pourra, par exemple, écrire aux candidats pour lui exprimer la ou les raisons de son refus : l’inadéquation entre son programme et un ou plusieurs point(s) non négociable(s).

Chirac_2 - Peut-on, par souci de vote « utile » ou « de compromis », choisir de voter pour le candidat le mieux classé ? La réponse se trouve dans le discours de Benoît XVI à l’occasion du 50° anniversaire du Traité de Rome :

« De cette façon, on finit par répandre la conviction selon laquelle la « pondération des biens » est l'unique voie pour le discernement moral et que le bien commun est synonyme de compromis. En réalité, si le compromis peut constituer un équilibre légitime d'intérêts particuliers différents, il se transforme en mal commun chaque fois qu'il comporte des accords qui nuisent à la nature de l'homme ».

Quoiqu’il en soit, le catholique vote en conscience « justement formée » (Benoît XVI), en vue du Bien commun :

« La conscience chrétienne bien formée ne permet à personne de favoriser par son vote, la mise en acte d'une loi ou d'un programme politique, dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits par la présence de propositions qui leurs sont alternatives ou opposées. Parce que la foi est constituée comme une unité infrangible, il n'est pas logique d'isoler un de ses éléments au détriment de la totalité de la doctrine catholique. L'engagement politique en faveur d'un aspect isolé de la doctrine sociale de l'Église ne suffit pas à épuiser la responsabilité pour le bien commun.

Le catholique ne peut penser non plus à déléguer à d'autres l'engagement chrétien qu'il a reçu de l'Évangile de Jésus-Christ, pour que la vérité sur l'homme et sur le monde puisse être annoncée et rejointe » (cardinal Ratzinger in Note doctrinale).

Le Salon Beige

Liens utiles :

Christifideles Laici

Evangelium vitae

Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique

Memorandum du Cardinal Ratzinger au Cardinal McCarrick

Benoît XVI au Parti Populaire Européen

Sacramentum Caritatis (§83)

Voter en conscience (étude du Père Pavone)

La conscience de l’électeur chrétien (Père Garrigues)

L'objection de conscience en politique

Chrétien dans la cité

Notre-Dame des Neiges

Posté le 30 mars 2007 à 19h58 | Lien permanent

jeudi 29 mars 2007

Candidats et points non négociables : la liberté de l'éducation

Le point non négociable

"Premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, les parents ont le droit de choisir pour eux une école qui correspond à leur propres convictions. Ce droit est fondamental. Les parents ont, autant que possible, le devoir de choisir les écoles qui les assisteront au mieux dans leur tâche d’éducateurs chrétiens. Les pouvoirs publics ont le devoir de garantir ce droit et d’assurer les conditions réelles de son exercice." (Catéchisme de l’Église catholique, 2229)

L’enseignement de l’Eglise :

Laf "Les parents sont les premiers et les principaux éducateurs de leurs enfants et ils ont aussi une compétence fondamentale dans ce domaine : ils sont éducateurs parce que parents. [...] toutes les autres personnes qui prennent part au processus éducatif ne peuvent agir qu'au nom des parents, avec leur consentement et même, dans une certaine mesure, parce qu'ils en ont été chargés par eux. [...] Les familles, et plus concrètement les parents, ont la liberté de choisir pour leurs enfants un modèle d'éducation religieuse et morale déterminé, correspondant à leurs convictions. (Lettre aux familles, n.16)

"Le rôle éducatif des parents est d'une telle importance que, en cas de défaillance de leur part, il peut difficilement être suppléé. C'est aux parents, en effet, de créer une atmosphère familiale, animée par l'amour et le respect envers Dieu et les hommes, telle qu'elle favorise l'éducation totale, personnelle et sociale, de leurs enfants. La famille est donc la première école des vertus sociales dont aucune société ne peut se passer [...] A côté des droits des parents et de ceux des éducateurs sur qui ils se reposent d'une partie de leur tâche, il y a des obligations et des droits déterminés, qui appartiennent à la société civile, en tant que chargée d'organiser ce qui est nécessaire pour le bien commun temporel. Il est de ses fonctions de promouvoir de diverses façons l'éducation de la jeunesse : protéger les devoirs et les droits des parents et autres personnes qui jouent un rôle dans l'éducation". (Gravissimum Educationis, n.3).

La famille est le lieu d'éducation des enfants par excellence et l'école n'est là que pour aider les parents dans cette mission. Pour mémoire, rappelons que le gouvernement sortant a voté une loi en février 2007 qui interdit désormais à plusieurs familles de se regrouper afin de dispenser l'école à la maison, en contradiction formelle avec la doctrine sociale de l'Eglise. Les propositions des candidats sont donc à lire en regard du respect de la liberté des parents.

François Bayrou

Bayrou "Il faut repenser la carte scolaire pour l’égalité des chances : en défendre le principe, lui redonner son sens. Là où plusieurs établissements sont identiquement accessibles, il faut construire des réseaux et ouvrir aux élèves, peut-être aussi aux enseignants, la possibilité d’accéder à tous les établissements du réseau." [Discours sur l'école]

"[L]’école est une institution : sa mission est de transmettre le savoir, de faire comprendre les valeurs de la République, bref de procurer à chaque élève la boîte à outils qui en fera un homme libre. […] la suppression de la carte scolaire n’est pas, pour nous, à l’ordre du jour. Notre objectif est tout autre : l’implantation de classes d’excellence dans les zones les plus fragiles parce que le principe d’égalité des chances ne se fractionne pas en fonction des territoires ou des numéros des départements !" [projet, pdf]

Jean-Marie Le Pen

Jmlp "Si l’éducation relève avant tout des familles, il appartient à l’État d’instruire ses enfants. [...] Le système tolère une double intrusion, génératrice de malaise : celle des parents dans l’instruction et celle des enseignants dans l’éducation des enfants. [...] L’État doit veiller à l’égalité d’accès à l’école comme à l’université. Ainsi, au nom de l’égalité de moyens, il permettra, par la mise en place du chèque scolaire, le libre choix de l’école à tous les parents. La carte scolaire sera progressivement supprimée. [...] Le chèque scolaire prendra en charge les salaires des personnels hors enseignants (qui ne sont pas pris en charge par l’État) des 10 000 établissements de l’enseignement privé sous contrat. C’est le seul surcoût engendré puisque ce dispositif, indépendamment du rétablissement de l’égalité d’accès entre Public et Privé sous contrat, doit avant tout permettre aux parents du Public de choisir, pour leurs enfants, l’établissement qu’ils jugeront le meilleur." [Programme "Education formation" ; Discours sur l'école]

Ségolène Royal

Segoleneroyale "l’école joue un rôle essentiel en tant que lieu de socialisation. C’est le lieu où doit s’apprendre le respect des règles du bien vivre en société. [...] La nécessité d’un lien très fort entre l’école et les parents est soulignée pour réinstaurer la confiance réciproque. La multiplication des rencontres entre les parents et les professeurs est souhaitée tant la responsabilisation des parents est perçue comme un levier essentiel. [...]

Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans [...] Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire". [Propositions "de la réussite éducative et culturelle" ; Dossier éducation]

Nicolas Sarkozy

Sarkozy "Accorder leur autonomie aux établissements scolaires doit permettre, à terme, si les conditions sont réunies, de supprimer la carte scolaire." [Discours sur l'école]

"[L]ibre choix des établissements par les parents. Le libre choix permet aux parents quels que soient leurs moyens ou leurs relations de comparer les différents projets d’établissement et de choisir le projet éducatif le mieux adapté à leur enfant. Il permet par ailleurs de fédérer les enseignants autour d’un projet éducatif spécifique, et incite les établissements à améliorer ses performances. [...] L’école ne reconnaît les parents que comme membres, parmi d’autres, d’une communauté éducative, rarement comme les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, ce qu’ils sont pourtant et leur donne des droits et des devoirs. Nous voulons rendre l’école aux familles, en leur donnant un droit d’information, un droit d’être reçues rapidement par les enseignants de leurs enfants et le chef d’établissement, un droit d’implication et une participation plus forte à la prise de décision en matière d’organisation de la vie scolaire." [projet, pdf]

"je donnerai aux familles la possibilité de choisir l'école de leurs enfants. Je remplacerai la carte scolaire par une obligation de mixité sociale, géographique et scolaire des effectifs, qui pèsera sur les établissements." [projet, §10]

Philippe de Villiers

Villiers "Supprimer le collège unique et rétablir des classes de niveau. [...] Instituer la liberté scolaire afin de permettre aux parents de choisir librement l’école et l’établissement convenant à leurs enfants et de créer une saine émulation entre les établissements publics et les établissements privés." (mesure n°144)

Pour retrouver les posts du Salon Beige ayant trait à l'éducation, cliquez ici.

Le Salon Beige

Posté le 29 mars 2007 à 18h51 | Lien permanent

mercredi 28 mars 2007

Candidats et points non négociables : la famille

Le point non-négociable

« La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable » (discours aux participants au congrès promu par le Parti populaire européen).

L’enseignement de l’Église

Sur la reconnaissance et la promotion de la famille dans la société :

« La priorité de la famille par rapport à la société et à l’État doit être affirmée. En effet, la famille, ne serait-ce que dans sa fonction de procréation, est la condition même de leur existence. Dans les autres fonctions au bénéfice de chacun de ses membres, elle précède, en importance et en valeur, les fonctions que la société et l’État doivent remplir. La famille, sujet titulaire de droits inviolables, trouve sa légitimation dans la nature humaine et non pas dans sa reconnaissance par l’État. Elle n’existe donc pas pour la société et l’État, mais ce sont la société et l’État qui existent pour la famille »(CDS 214).

« La société et l’État ne peuvent donc ni absorber, ni substituer, ni réduire la dimension sociale de la famille ; ils doivent plutôt l’honorer, la reconnaître, la respecter et l’encourager selon le principe de subsidiarité. Le service rendu par la société à la famille se concrétise dans la reconnaissance, le respect et la promotion des droits de la famille. Tout cela requiert la mise en œuvre de politiques familiales authentiques et efficaces avec des interventions précises capable de faire face aux besoins qui dérivent des droits de la famille en tant que telle. En ce sens, la condition nécessaire, essentielle et incontournable est la reconnaissance – qui comporte la protection, la mise en valeur et la promotion – de l’identité de la famille, société naturelle fondée sur le mariage » (CDS 252 & 253).

Sur la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme :

« La famille qui naît de l’intime communion de vie et d’amour conjugal fondée sur le mariage entre un homme et une femme, possède une dimension sociale spécifique et originelle en tant que lieu premier de relations interpersonnelles, première cellule vitale de la société : elle est une institution divine qui constitue le fondement de la vie des personnes, comme prototype de tout ordre social » ( CDS 211).

« La mise éventuelle sur un pied d’égalité de la famille et des « unions de fait » au plan juridique se traduirait par un discrédit du modèle de famille, qui ne peut se réaliser dans une relation précaire entre les personnes, mais seulement dans une union permanente engendrée par le mariage, c’est à dire par le pacte entre un homme et une femme, fondé sur un choix réciproque accompli librement, qui implique la pleine communion conjugale orientée vers la procréation » (CDS 227).

Sur l’union entre personnes homosexuelles :

"C'est à la lumière de cette anthropologie « qu'apparaît (...) incongrue la volonté d'attribuer une réalité “conjugale” à l'union entre des personnes du même sexe. En premier lieu s'y oppose l'impossibilité objective de faire fructifier le mariage à travers la transmission de la vie, selon le projet de Dieu inscrit dans la structure même de l'être humain. En outre, l'absence des présupposés pour cette complémentarité interpersonnelle que le Créateur a voulue, tant sur le plan physique et biologique que sur celui éminemment psychologique, entre l'homme et la femme, constitue un obstacle. Ce n'est que dans l'union entre deux personnes sexuellement différentes que peut s'accomplir le perfectionnement de l'individu, dans une synthèse d'unité et de complémentarité psycho- physique mutuelle" (CDS 228).

« L'Église enseigne que le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l'approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles » (in considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles).

Ce que disent les candidats (par ordre alphabétique)

François Bayrou :

Sur la reconnaissance et la promotion de la famille dans la société  :

« Il faut une politique de soutien et d’éducation des familles pour que les pères et les mères comprennent que ce qu’a d’essentiel, d’irremplaçable, leur attitude dans la famille : pour donner à l’enfant les repères qui lui serviront toute sa vie » (Programme).

« La diversité des situations des familles devra mener, dans l’intérêt des enfants, à une réforme de l’autorité parentale : permettre, avec l’accord des parents biologiques, un partage de l’autorité parentale avec un tiers, dans des conditions plus larges que celles actuellement prévues par la loi » (Programme).

Sur la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme :

« Il faut créer un lien de reconnaissance de la compagne ou du compagnon qui partage la vie de l’enfant, participe à l’élever. Je ne suis pas favorable à une adoption plénière par deux personnes du même sexe, car l'adoption, c'est la filiation, et ce serait donc accepter qu'un enfant ait deux pères, ou deux mères, ce qui pose un problème. En revanche, l'adoption simple, qui est aujourd'hui ouverte à un célibataire, devrait l'être aussi à chacune des personnes homosexuelles vivant en couples » (Programme).

Sur l’union entre personnes homosexuelles :

« Pour moi, un mariage, c’est l’union d’un homme et d’une femme. Je défends cette vision que certains disent traditionnelle, mais que je trouve être une vision d’avenir. L’altérité sexuelle est source de vie et d’équilibre » (Programme).

Jean-Marie Le Pen :

Sur la reconnaissance et la promotion de la famille dans la société :

« Il faut le rappeler sans cesse : la famille est la cellule de base de notre société. Elle est le socle de l'identité de la Nation et de son avenir. Elle est le lieu privilégié de l'éducation des enfants et de la transmission des patrimoines matériels et culturels, ainsi que des valeurs morales » (Programme).

Sur la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme :

« Institution irremplaçable, la famille représente le caractère central de la société, la famille doit se fonder exclusivement sur l’union d’un homme et d’une femme et accueillir des enfants nés d’un père et d’une mère » (Programme).

Sur l’union entre personnes homosexuelles :

« Nous nous opposerons donc à toute demande de création d’un mariage homosexuel ou d’une adoption par des couples homosexuels » (Programme).

Ségolène Royal :

Sur la reconnaissance et la promotion de la famille dans la société :

« Les socialistes portent dans leur projet l’amélioration du pacs, notamment sur les questions de fiscalité et de succession, et l’ouverture du mariage aux couples de même sexe » (Communiqué).

Sur la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme :

« L’intérêt des enfants est d’obtenir le cadre juridique le plus protecteur, en leur garantissant les liens familiaux les plus solides, ce qui permettra la reconnaissance de l’adoption aux couples de même sexe » (Communiqué).

Sur l’union entre personnes homosexuelles :

« Le mariage et l’adoption seront ouverts aux couples de même sexe » (Communiqué).

Nicolas Sarkozy :

Sur la reconnaissance et la promotion de la famille dans la société :

«Je veux, en revanche, reconnaître la sincérité de l'amour homosexuel, en créant une union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu'aux couples mariés, à l'exception de la filiation et de l'adoption, ainsi qu'un statut de beaux-parents, valable pour les familles recomposées et homoparentales.» (Projet).

Sur la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme :

«le modèle qui est le nôtre doit rester celui d'une famille hétérosexuelle : les enfants ont besoin d'un père et d'une mère» (ici).

Sur l’union entre personnes homosexuelles :

«J'y ai beaucoup réfléchi et j'y suis opposé tout comme à l'adoption d'enfants par des couples homosexuels. C'est clair et c'est précis. En revanche, je suis profondément hostile à toute forme de discrimination. Les homosexuels ne doivent pas en subir» (ici).

"Je veux, en revanche, reconnaître la sincérité de l'amour homosexuel, en créant une union civile donnant les mêmes droits aux couples de même sexe qu'aux couples mariés, à l'exception de la filiation et de l'adoption, ainsi qu'un statut de beaux-parents, valable pour les familles recomposées et homoparentales." (projet)

Philippe de Villiers :

Sur la reconnaissance et la promotion de la famille dans la société :

« Valoriser leur mission, c’est reconnaître financièrement leur apport à la société (…)
Valoriser leur mission,
c’est favoriser l’accession des familles à la propriété, gage d’une évidente stabilité (…).
Valoriser leur mission, c’est
la reconnaissance par l’État des apports des familles au bien commun (…).
Valoriser leur mission, c’est instaurer une politique familiale à part entière (…).
Valoriser leur mission, c’est
permettre aux parents de concilier vie familiale et vie professionnelle (…). » (Programme).

Sur la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme :

« Reconnaître leur mission, c’est défendre le statut du mariage. Inscrire le mariage dans la Constitution comme étant l’alliance d’un homme et d’une femme dans le but de former une famille.
Valoriser leur mission, c’est inciter au mariage, gage d’une stabilité utile à la société. Soutenir l’institution du mariage par une politique d’incitation fiscale et remettre en cause l’alignement (concédé aux lobbies homosexuels en 2004 par le ministre des Finances de l’époque, Nicolas Sarkozy) du régime fiscal des pacsés sur les couples mariés » (Programme).

Sur l’union entre personnes homosexuelles :

« Refuser le mariage homosexuel et l’adoption des enfants par des couples du même sexe » (Programme).

Le Salon Beige

Posté le 28 mars 2007 à 19h58 | Lien permanent