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mardi 27 mars 2007

Candidats et points non négociables : le respect de la vie

Pro_life_2Le point non négociable

Au paragraphe 83 de l’exhortation Sacramentum Caritatis, Benoît XVI rappelle "les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle" et que "ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine".

L’enseignement de l’Eglise

Pourquoi faut-il respecter la vie humaine ? "Parce que la vie humaine est sacrée. Dès son origine, elle comporte l’action créatrice de Dieu et demeure pour toujours dans une relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Il n’est permis à personne de détruire directement un être humain innocent, car cela est gravement contraire à la dignité de la personne et à la sainteté du Créateur. "Vous ne ferez pas mourir l’innocent et le juste" (Ex 23, 7). (Abrégé CEC n°466)

Qu’interdit le cinquième commandement ? "Le cinquième commandement interdit comme gravement contraires à la loi morale : l’avortement direct, recherché comme fin et comme moyen, ainsi que la coopération à cet acte, avec la peine d’excommunication, parce que l’être humain, dès sa conception, doit être défendu et protégé de manière absolue dans son intégrité ; l’euthanasie directe, qui consiste à mettre fin, par un acte ou par l’omission d’une action requise, à la vie de personnes handicapées, malades ou proches de la mort ; le suicide et la coopération volontaire à celui-ci, parce qu’il est une offense grave au juste amour de Dieu, de soi-même et du prochain". (Abrégé CEC n° 470)

Pourquoi la société doit-elle protéger tout embryon ? "Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain, dès sa conception, est un élément constitutif de la société civile et de sa législation. Quand l’État ne met pas sa force au service des droits de tous, et en particulier des plus faibles, parmi lesquels les enfants conçus non encore nés, ce sont les fondements mêmes de l’état de droit qui sont minés". (Abrégé CEC n°472)

"Quand l'Église déclare que le respect inconditionnel du droit à la vie de toute personne innocente — depuis sa conception jusqu'à sa mort naturelle — est un des piliers sur lesquels repose toute société civile, elle désire seulement promouvoir un Etat humain. Un Etat qui reconnaisse que son premier devoir est la défense des droits fondamentaux de la personne humaine, spécialement les droits du plus faible (...) Seul le respect de la vie peut fonder et garantir les biens les plus précieux et les plus nécessaires de la société, comme la démocratie et la paix. En effet, il ne peut y avoir de vraie démocratie si l'on ne reconnaît pas la dignité de toute personne et si l'on n'en respecte pas les droits". (Jean-Paul II, Evangelium Vitae, 101)

Ce que disent les candidats (par ordre alphabétique)

François Bayrou :

"Un sujet est pour moi prioritaire : parce qu’une femme enceinte est parfois mal perçue dans l’entreprise, il faut une politique d’aide et de soutien à l’entreprise lui permettant d’accueillir la grossesse comme une bonne nouvelle, avec notamment des aides au remplacement et à la formation". (Propositions / Famille)

"François Bayrou a soutenu les recherches du Téléthon dans la mesure où ces recherches sur l’embryon se font dans le cadre de la loi (sur la bioéthique de 2004). Il s’agit donc, pour lui, d’une discussion civique et laïque et non spirituelle. Cependant, François Bayrou a dit comprendre les problèmes de conscience sur ce sujet : "il y a des femmes et des hommes pour qui la vie humaine est une chose qui se respecte en soi, et je comprends très bien ce genre de sentiment". (Radio BFM et BFM TV 7 décembre 2006).

"Enfin, interrogé sur les critiques de l’Eglise catholique à l’égard du Téléthon, François Bayou a défendu la recherche de l’association car elle se déroule dans le cadre de la loi. "Je ne me situe pas par rapport aux intervention de l’Eglise" a précisé François Bayrou. Les hommes politiques ne doivent pas selon lui, se soumettre à son autorité car "le fondement de la République, c’est la laïcité". (10 décembre 2006)                                                                                          

Jean-Marie Le Pen

"La législation mise en place depuis la loi Giscard-Chirac-Veil ne répond pas aux objectifs initialement fixés par le législateur : protéger la vie et répondre à la détresse des femmes ayant recours à l’avortement. Aujourd’hui 220 000 avortements officiels sont toujours pratiqués chaque année en France. Il convient donc prioritairement de mettre en place une véritable politique familiale et d’accueil de la vie. L’adoption prénatale, la création d’un revenu parental, la définition d’un statut juridique et social pour la mère de famille et la revalorisation des allocations familiales réservées aux familles françaises constituent les moyens concrets pour réduire le nombre des avortements et relancer la natalité française. Parallèlement à ces mesures nouvelles de valorisation et de protection de la famille, nous nous engageons à demander aux Français, par voie référendaire à la fin du quinquennat, de promouvoir une Nation moderne soucieuse du respect de la dignité humaine par l’inscription dans les textes, qui fondent son existence et son développement, du caractère sacré de la vie et l’affirmation du droit de la personne à être protégée par la loi de sa conception à sa mort naturelle ». (Programme / Famille et enfance / Mesures / Politique de respect et d’accueil de la vie)

"Les impératifs de la bioéthique doivent permettre d’aboutir à : une loi interdisant la recherche médicale et la thérapie génique sur l’embryon. L’interdiction du clonage, même thérapeutique, en l’attente de progrès de la recherche sur les cellules souches. Le contrôle de la brevetabilité du vivant. Refuser l'euthanasie médicalement assistée mais autoriser l'arrêt clairement exprimé de l'acharnement thérapeutique ». (Programme officiel / Santé / n°6)

Ségolène Royal

"La lutte des femmes nous a donné des figures éclatantes (…) Il y a eu la conquête par les femmes de la maîtrise de leur corps avec le « Manifeste des 343 Salopes » et avec l’action d’Yvette Roudy". (Congrès d’investiture du Parti Socialiste, Mutualité 26 novembre 2006).

"Je souhaite que la contraception soit gratuite pour les jeunes femmes de moins de 25 ans afin de lutter contre les grossesses précoces". (Villepinte, 11 février 2007)

"Nous voulons en ce domaine légiférer, légiférer avec précaution, légiférer avec respect et faire en sorte que ce droit fondamental à vivre et à mourir dans la dignité puisse être préservé et ouvert". (12 mars 2007)

"Je pense qu'il faut avoir le courage d'ouvrir un débat sur cette question-là (l’euthanasie). J'ai moi-même été confrontée à ce drame terrible. L'un de mes meilleurs amis est décédé dans des souffrances épouvantables. Il s'est accroché à moi, à ses amis en nous demandant de l'aider, ce que l'on ne pouvait pas faire. Je crois que dans le respect des personnes, il faut faire ce qu'ont fait d'autres pays Européens, ouvrir le débat et mettre en place une législation qui permette d'apaiser les souffrances les plus intolérables". (19 février 2007)

Nicolas Sarkozy

"Elle (la France) a la voix, la figure, la dignité d'une femme, d'une mère, rescapée des camps de la mort qui s'écrie à la tribune de l'Assemblée : "nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les 300 000 avortements qui, chaque année mutilent les femmes de ce pays". Ce jour là, elle s'appelle Simone Veil". (Discours d’investiture du 14 janvier 2007)

"Quand j'entends les débats sur l'euthanasie, je veux me dire, les principes je les respecte, les convictions je les respecte, mais je me dis quand même au fond de moi, il y a des limites à la souffrance qu'on impose à un être humain. J'ai souvent dit le respect que j'avais pour les grandes religions de France, je voudrais simplement qu'on aborde ces questions en partant moins des principes et plus de la souffrance. On ne peut pas rester les bras ballants devant la souffrance d'un de nos compatriotes qui appelle à ce que ça se termine, tout simplement parce qu'il n'en peut plus". (11 février 2007)

Philippe de Villiers

"Affirmer par la loi que l’être humain est une personne digne de respect et titulaires de droits juridiques dès la conception ; et que nul n’est recevable à demander une indemnisation du fait de sa naissance. Faire tomber en désuétude la loi Veil en créant dans chaque département un centre maternel pour la vie qui aura pour vocation d’accueillir les femmes enceintes en détresse que la société abandonne aujourd’hui. La loi Veil présentait l’avortement comme une exception ; avec 250 000 avortements par an, sa banalisation conduit à un drame collectif, un drame pour les femmes, un drame pour les enfants. Simplifier les procédures d’adoption afin de permettre aux femmes enceintes en difficulté d’éviter le drame de l’avortement.

S’opposer à la légalisation de l’euthanasie et développer les unités de soins palliatifs. Refuser le clonage reproductif ou thérapeutique en privilégiant les recherches plus efficaces notamment la recherche sur les cellules souches issues du corps humain adulte. Beaucoup d’essais thérapeutiques sur les cellules souches adultes dans le monde sont déjà positifs." (mesures n°121 à 125)

Le Salon Beige

Posted on mars 27, 2007 at 07:20 PM | Permalink