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17 mai 2007
Dernières paroles de résistants chrétiens morts pour la France (6)
Suite au post d'Henri, voici encore quelques contributions de nos lecteurs.
Claude Lerude, routier-scout à Orléans, chef important dans la Résistance (réseau Turma-Vengeance), déporté mort pour la France le 7 mai 1945 à 23 ans.
A sa mère :
"mon coeur est auprès de toi à Orléans ...Nous nous retrouverons toujours tous les deux en Dieu".
Agnès de La Barre de Nanteuil, guide de France à Vannes, résistante, torturée, morte pour la France le 13 août 1944.
"Je donne ma vie pour mon Dieu et ma patrie (...) j'ai été dénoncée, mais j'ai pardonné".
Jean de Maupéou, prêtre, scout de France, résistant, déporté, mort pour la France le 24 avril 1945.
En agonie :
"Dieu a besoin d'une âme".
Georges Périot, scout de France à Digne, mort pour la France le 5 décembre 1944.
A ses parents :
"Rappelez-vous qu'un scout doit toujours "Servir" et j'ai répondu au Seigneur "je servirai". Je suis mort en servant ma patrie, en voulant vous délivrer de vos maux et de vos ennemis. J'avais comme devises : mourir, c'est vaincre! Aimer c'est se vaincre et se donner.
C'est trois devises sont belles et m'ont permis de vivre mon scoutisme à fond. Fiez-vous toujours en Dieu et vous ne serez jamais déçu, car Dieu seul nous guide.
C'est un bien de mourir pour son Dieu, pour son pays, pour ceux qu'on aime. Je suis rentré à la maison du Père, en vous aimant de tout mon coeur de 20 ans, un sacrifice n'est jamais inutile car il apporte du bonheur à d'autres.
Dieu regarde ce que l'on donne et non ce que l'on reçoit".
Pierre Dupont, scout-routier, chef du clan Guy de Larigaudie de Belfort (une des deux unités scoutes décorées de la croix de guerre 39/45, 12 de ses 24 routiers étant morts pour la France), résistant mort pour la France le 16 septembre 1944 à 19 ans.
A sa mère, le 14 septembre 1944 :
"J'ai demandé à Dieu que si quelqu'un de chez nous doit disparaître, Il daigne me choisir de préférence. Depuis, je suis prêt comme un petit scout".
Lahire (Merci à CP, FT et GD)
Posté le 17 mai 2007 à 16h25 par Lahire | Catégorie(s): France : Politique en France
Commentaires
Dans 1 600 jeunes saints, jeunes témoins, de François-Marie Algoud, il doit y avoir pas mal de noms et d'extraits de lettres dans ce genre-là, si certains l'ont sous la main...
Rédigé par: Cortes | 17 mai 2007 17:30:01
Un GRAND MERCI pour cette si belle note et de si riches informations. De bien belles âmes.
Rédigé par: Okmonkey75 | 17 mai 2007 20:02:39
A mon humble avis, ce sont les plus belles paroles qui ont été écrites par un catholique français mort pour la France.
Mais elles sont peut-être trop longues pour un commentaire ?
Les voici quand même :
LA MORT EN FACE
6 février 1945
Si j'en avais eu le loisir, j'aurais sans doute écrit le récit des journées que j'ai vécues dans la cellule des condamnés à mort de Fresnes, sous ce titre. On dit que la mort ni le soleil ne se regardent en face. J'ai essayé pourtant. Je n'ai rien d'un stoïcien, et c'est dur de s'arracher à ce qu'on aime. Mais j'ai essayé pourtant de ne pas laisser à ceux qui me voyaient ou pensaient à moi une image indigne. Les journées, les dernières surtout, ont été riches et pleines. Je n'avais plus beaucoup d'illusions, surtout depuis le jour où j'ai appris le rejet de mon pourvoi en cassation, rejet pourtant prévu. J'ai achevé le petit travail sur Chénier que j'avais commencé, j'ai encore écrit quelques poèmes. Une des mes nuits a été mauvaise, et le matin j'attendais. Mais les autres nuits, ensuite, j'ai dormi bien calmement. Les trois derniers soirs, j'ai relu le récit de la Passion, chaque soir, dans chacun des quatre Évangiles. Je priais beaucoup et c'est la prière, je le sais, qui me donnait un sommeil calme. Le matin, l'aumônier venait m'apporter la communion. Je pensais avec douceur à tous ceux que j'aimais, à tous ceux que j'avais rencontrés dans ma vie. Je pensais avec peine à leur peine. Mais j'essayais le plus possible d'accepter.
Robert Brasillach
____________
LE TESTAMENT D'UN CONDAMNE
L'an trente-cinq de mes années,
Ainsi que Villon prisonnier,
Comme Cervantès enchaîné,
Condamné comme André Chénier,
Devant l'heure des destinées,
Comme d'autres en d'autres temps,
Sur ces feuilles mal griffonnées
Je commence mon testament.
Par arrêt, des biens d'ici-bas
On veut me prendre l'héritage.
C'est facile, je n'avais pas
Terre ou argent dans mon partage.
Et mes livres et mes images
On peut les disperser aux vents
La tendresse ni le courage
Ne sont objets de jugement.
En premier mon âme est laissée
A Dieu qui fut son Créateur,
Ni sainte ni pure, je sais,
Seulement celle d'un pécheur,
Puissent dire les saints français,
Qui sont ceux de la confiance,
Qu'il ne lui arriva jamais
De pécher contre l'espérance.
Quel don offrir à ma patrie
Qui m'a rejeté d'elle-même?
J'ai cru que je l'avais servie
Même encore aujourd'hui je l'aime.
Elle m'a donné mon pays
Et la langue qui fut la mienne.
Je ne puis lui léguer ici
Que mon corps en terre inhumaine.
Et puis, je laisse mon amour,
Et mon enfance avec mon coeur,
Le souvenir des premiers jours,
Le cristal, le plus pur bonheur,
Ah ! je laisse tout ce que j'aime,
Le premier baiser, la fraîcheur,
Je laisse vraiment tout moi-même,
Ou, s'il existe, le meilleur.
A toi, à la première image,
Au sourire sur mon berceau,
A la tendresse et au courage,
A la féérie des jours si beaux.
Soleil même dans les sanglots,
Fierté aux temps les plus méchants,
Pour qui rien ne change à nouveau
L'âge qu'a toujours ton enfant.
Et pour toi, ma soeur, mon amie,
(J'ai passé, ah ! si peu de temps
Loin de toi, toute notre vie
Nos coeurs du même battement
Ont battu). Ce que je laisse
C'est nos greniers des vieux printemps,
C'est les jeux de notre jeunesse,
Nos promenades d'étudiants.
C'est parmi la neige glacée,
La gaieté qui restait la tienne,
Le sourire que tu faisais
Par delà les grilles lointaines,
Toi si fière, ô toi indomptée,
Rieuse parmi les déveines,
Mon amie de tous nos étés,
Ma soeur des joies comme des peines.
A toi encor que j'ai vu naître,
Comme une enfant de mes douze ans,
Petite soeur, à la fenêtre
Tu vins aussi aux jours pesants.
A toi tout ce qui nous assemble,
Le mépris des coeurs trop fuyants,
Le silence qui nous ressemble,
Et l'amour qui n'est pas bruyant.
Petits enfants de ma maison,
O vous qui ne m'oublierez pas,
(Et peut-être d'autres viendront)
Vous m'avez donné ici-bas
Vos joues, l'étreinte de vos bras,
Votre sommeil sur qui je veille :
Je vous appelle ici tout bas,
Je vous rends toutes ces merveilles.
Et maintenant, à toi, Maurice
A toi, frère de ma jeunesse,
Que te donnerai-je qui puisse
N'être à toi de ce que je laisse ?
Voici Paris qui fut à nous,
Voici Florence qui se dresse,
Et, sur les chemins secs et roux,
Voici notre Espagne sans cesse.
Mais voici surtout, ô mon frère,
Le coeur de notre adolescence
Nul hasard ne le désespère,
A tout il garde confiance.
Au destin même bien masqué
Nous disions oui d'une voix claire,
Quel qu'il fût. Et rien n'a manqué
Aux cadeaux qu'il pouvait nous faire.
Bien ou mal, acceptons le lot !
Je le lui rends, tout pêle-mêle.
Mais je te laisse le plus beau,
Nos dix-sept ans, l'aube nouvelle,
La couleur du matin profond,
Nos années pareilles et belles,
Les enfants dans notre maison,
Et notre jeunesse immortelle.
Et puis, voici, pour mes amis,
Chacun leur carte-souvenir.
Vous d'hier, et vous d'aujourd'hui,
Vous m'entourez sans vous enfuir,
Vous allumez sur mon passage
Le plus beau feu de l'avenir.
Je tends mes mains à vos images,
Elles me gardent de frémir.
Cher José, voici la Cité,
Et la Cour de Louis-le-Grand.
Georges, pour un futur été,
Voici la route dans les champs.
Henri, voici les quais de Seine,
Et les livres à feuilleter,
Et le pays de la Sirène
Que nous aurions dû visiter.
Voici les Noëls de Vendôme,
Notre-Dame des pèlerins.
Le passé fut si beau en somme
Qu'il ne faut blâmer le destin.
Jusqu'au bout de nos années d'homme
Nous aurons gardé le meilleur,
Le savoir de ce que nous sommes,
La jeunesse de notre coeur.
Et pour toi, depuis si longtemps
De l'adolescence surgie,
Je n'ai que d'étranges présents
A te laisser, ô mon amie :
Moins de joie, c'est sûr, que de peines,
L'asile où j'abritais ma vie
Au coeur des mauvaises semaines,
Et ce qui jamais ne s'oublie.
Pour vous, les frères de la guerre,
Les compagnons des barbelés,
Fidèles dans toutes misères,
Vous ne cessez de me parler.
Voici nos neiges sur le camp,
Voici nos espoirs d'exilés,
Notre attente de si longtemps,
Notre foi que rien n'a troublée.
Et vous, garçons de mon pays,
Voici les mots que nous disions,
Nos feux de camp parmi la nuit,
Et nos tentes dans les buissons.
Vous le savez mieux que personne,
J'ai voulu garder ma patrie
Du sang versé, et je vous donne
Ce sang gardé, ô mes amis.
Cher Well, notre sainte colline,
Le petit peuple du marché,
Le rue grouillante où l'on chemine,
Les charrettes des maraîchers,
Ils sont à toi, ami têtu,
Qui dans l'ombre toujours devines
Ce que l'espoir jamais battu
Malgré l'apparence dessine.
Et pour vous les derniers venus,
Compagnons des sombres journées,
O captifs des cachots reclus,
Gardez mes heures condamnées,
Gardez le froid, gardez l'ennui :
Pour ceux qui ne les auraient plus,
Ce sont des trésors eux aussi.
Avec vous je les ai connus.
Quelques ombres, quelques visages
Ont droit encore à quelques grains
Finissons vite le partage
Avant que vienne le destin.
Tous ceux-là qui, garçons ou filles,
Sont venus couper mon chemin
Peuvent bien dans la nuit qui brille
Attendre avec moi le matin.
Pour eux tous j'avais les mains pleines
Elles sont vides maintenant
Des images les plus lointaines,
Du passé le plus émouvant.
Je ne garde pour emporter
Au-delà des terres humaines
Loin des plaisirs de mes étés,
Des amitiés qui furent miennes,
Que ce qu'on ne peut m'enlever,
L'amour et le goût de la terre,
Le nom de ceux dont je rêvais
Au coeur de mes nuits de misère,
Les années de tous mes bonheurs
La confiance de mes frères,
Et la pensée de mon honneur
Et le visage de ma mère.
Fresnes, 22 janvier 1945
Rédigé par: Santiago | 18 mai 2007 13:19:17
Brasillach, mort pour la France ou pour la question singe (sic) ?
Faudrait peut-être pas pousser mémère dans les orties.
Brasillach est au moins aussi controversé que Môquet.
Rédigé par: Polemikon | 18 mai 2007 14:33:21
A polemikon
Savez-vous lire un texte sans y mettre une idéologie pour le moins malfaisante ?
S'il n'y avait pas la signature de Robert Brasillach au bas de ces lignes, qu'en penseriez-vous très exactement ?
Je suis très triste de voir que parmi nous il y a des jeunes Français qui ne connaissent pas l'Histoire et ne cherchent pas à la connaître.
... Mille excuses, mais je ne supporte pas que Robert Brasillach soit tué une nouvelle fois.
Rédigé par: BELIN | 18 mai 2007 22:33:29
Excusez-moi, il n'y avait pas dans ce message que le texte de Brasillach, mais un mot d'introduction qui dit ceci, que je conteste :
"A mon humble avis, ce sont les plus belles paroles qui ont été écrites par un catholique français mort pour la France."
Que Brasillach ait pu écrire de beaux poèmes en prison n'empêche qu'il ait écrit en liberté des torchons, qui interdisent de le présenter comme "catholique français mort pour la France".
Il ne s'agit pas d'idéologie, mais de faits.
Rédigé par: Polemikon | 19 mai 2007 13:16:18
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