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03 octobre 2007
Lettre de Guy Môquet : un syndicat appelle au boycott
Le SNES, syndicat d'enseignants, refuse l' "injonction" faite aux "équipes éducatives" et appelle à ne pas "commémorer le souvenir de Guy Môquet et de ses 26 compagnons fusillés".
Il déclare également :
"L’enseignement de l’histoire ne se construit ni par le recours à l’émotionnel ni par l’identification collective sans recul critique. Pour des raisons à la fois pédagogiques et déontologiques, la lecture de la lettre de Guy Môquet ne peut s’envisager en dehors des programmes officiels et des progressions pédagogiques élaborées par les enseignants qui seuls garantissent qu’elle soit replacée dans son contexte historique d’élaboration (...)
Le Snes ne peut cautionner une entreprise commémorative décidée par le seul chef de l'exécutif. Il n'accepte pas que les enseignants y soient associés malgré eux, ne serait-ce qu'en suspendant leurs cours pour accompagner les élèves à une cérémonie qui aurait lieu dans l'établissement (...) Face à cette situation inédite, une autre position tenable, le refus collectif de l'équipe éducative (...)
[Le syndicat appelle] l'ensemble de la communauté éducative des établissements concernés à construire collectivement ce refus.
La grogne des enseignants n'est pas nouvelle (ici et là). Le ministère a déjà fait savoir que les récalcitrants ne seront pas sanctionnés...
Posté le 3 octobre 2007 à 18h07 par Lahire | Catégorie(s): France : Société
Commentaires
Encore un effort de possible dispense : le 14 juillet......
Rédigé par: Pascal G. | 3 oct 2007 18:28:03
Je suis prof d'histoire et je ne la lirai pas.
Rédigé par: cosaque | 3 oct 2007 21:01:21
Voila une saine réaction de nos professeurs contre l'histoire officielle.IL faudrait encore faire un petit effort ..
Rédigé par: Simon | 3 oct 2007 22:41:20
En lien avec le programme d'histoire en lycée, l'évocation de Guy Môquet (rendue nécessaire en raison des interventions intempestives de collègues à son égard) fut l'occasion d'indiquer que, dans le cadre de l'approbation du pacte germano-soviétique d'août 1939 par le parti communiste, il n'était pas résistant lorsqu'il fut arrêté par la police à l'automne 1940.
Afin que les élèves comprennent mieux la situation, il fut nécessaire de mentionner divers points, notamment :
- Maurice Thorez (secrétaire général du parti communiste en France) qui avait préféré, à l'automne 1939, "quitter" la France pour l'URSS alliée objective de l'Allemagne nationale socialiste.
- les sabotages d'avions français des usines Farman au printemps 1940 par des membres des cellules communistes (cf le Quid pour un aperçu rapide) qui voulaient la défaite de la France.
- le fait que, dès la fin juin 1940 à Paris, des dirigeants du journal communiste L'Humanité soient allés solliciter des dirigeants nationaux socialistes l'autorisation de publier à nouveau leur journal.
- le contenu même du journal L'Humanité qui s'attaque aux puissances impérialistes et non à l'Allemagne nationale socialiste de la fin août 1939 à juin 1941. la preuve est que le parti communiste n'a jamais, depuis lors, montré un seul exemplaire de son journal se situant dans le sens contraire.
- le communiste et futur secrétaire général du PC que fut Georges Marchais qui était parti se mettre volontairement au service du IIIe Reich en travaillant chez Messerschmitt.
...
La liste fut encore longue et les élèves étaient "un peu" étonnés de n'avoir jamais entendu parler de tout cela lors des cours d'histoire des années antérieures.
Finalement, cette évocation de pans oubliés de l'histoire a eu du bon.
Rédigé par: Historien - professeur agrégé | 3 oct 2007 23:48:34
Guy Môquet. Jeune communiste fusillé en 1941 par les nazis.
Jeune et communiste et fusillé c’est exact mais en rien résistant antinazi.
Guy Môquet a certes été fusillé par les nazis mais tout simplement comme otage et non pour résistance anti nazie. En fait, il avait été arrêté en 1940 pour reconstitution de ligue dissoute (Le parti communiste ayant été dissous par Édouard Daladier en septembre 1939 en raison de son soutien au Pacte Molotov-Ribbentrop).
Bien des résistants de la première heure sont morts les armes à la main ou ont été fusillés par les nazis mais ceux-ci étaient le plus souvent de droite comme Jacques Lorenzi mort à 15 ans en combattant face à l’occupant mais à qui personne ne se soucie de rendre hommage.
Rédigé par: Jean-Claude | 4 oct 2007 00:18:55
Ce qui est gênant dans les propos du SNES c'est que ce n'est pas ce détournement des faits historiques qui le fait réagir mais uniquement le fait qu'il y ait "ingérence" dans la pratique pédagogique des enseignants. On aimerait voir le SNES se préoccuper de déontologie de la même façon lorsque ses adhérents se servent des classes d'histoire et d'économie comme d'une tribune pour y faire du prosélytisme.
Rédigé par: AMarie | 4 oct 2007 09:31:50
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