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10 février 2011

Débat bioéthique : les anticléricaux sont de sortie

Les débats parlementaires ont tourné à l'invective contre l'Eglise catholique, qui manipulerait une poignée de députés. Extraits concernant un amendemant destiné à interdire le don de gamètes :

"M. Philippe Tourtelier. [...] On passe son temps à décrypter cette petite musique qui revient sans arrêt et qui, finalement, fait partie d’un corps de doctrine de l’Église catholique qui inspire la plupart de ces amendements. [...] Or, la position de l’église, à laquelle j’ai déjà fait allusion, consiste, en Afrique, à refuser la contraception,…

M. Philippe Gosselin. Ce n’est pas la conférence des évêques tout de même !

M. Philippe Tourtelier. …c’est-à-dire à refuser d’empêcher la procréation, et cela se traduit par une fragilisation de la vie des parents atteints du VIH et des enfants qui naissent avec ce virus. [...]

M. Noël Mamère. Je reprendrai ce que vient de dire M. Tourtelier et ferai référence à la position adoptée tout à l’heure par le président de la commission spéciale. Celui-ci nous a en effet dit comprendre la cohérence des propos de certains députés lorsque M. Mariton a enfourché son cheval de Troie sur les valeurs.

M. Hervé Mariton. Ce n’est pas un cheval de Troie ; c’est une affirmation !

M. le président. Chemin de croix, peut-être, mais pas cheval de Troie ! Ce n’est pas la même chose !

M. Noël Mamère. Le chemin de croix se termine toujours par une passion !

M. Philippe Gosselin. Par une résurrection !

M M. Noël Mamère. Nous avons tous quelques années qui nous permettraient de refaire le chemin de croix, quelques messes et quelques consécrations. Nous n’avons donc pas de leçons à recevoir ici ! Philippe Tourtelier a eu raison de le souligner – nous le ferons chaque fois que l’occasion nous en sera donnée –, certains de nos collègues présentent des amendements directement inspirés par leurs convictions religieuses [...]. Nous avons été un certain nombre à dire que l’interruption volontaire de grossesse a été un combat et qu’elle le restait. Il y a en effet ici, dans cette assemblée, des gens qui sont opposés à la procréation médicalement assistée et qui aimeraient bien que l’interruption volontaire de grossesse disparaisse de notre droit. [...] Les Croisés sont là !

M. Philippe Gosselin. Je trouve les propos de notre collègue Tourtelier outranciers. Il est facile de pratiquer l’amalgame, de renvoyer à des visions de l’épiscopat [...] ou de telle ou telle église en Afrique. [...] En revanche, j’assume totalement la cohérence de nos amendements, de mes amendements, qui reposent non pas sur une vision religieuse, mais sur une vision, qui peut d’ailleurs être laïque, de l’homme. Le progrès est important – il n’y a plus de procès en sorcellerie –, mais pour autant nous ne sommes pas obligés de tout accepter. [...].

M. Xavier Breton. Au-delà des mises en cause qui sont complètement déplacées, je tiens à dire que j’ai simplement utilisé un argument de raison. Un gamète est une cellule [...] qui peut donner la vie, pour être exact ; alors qu’un autre produit du corps peut sauver la vie, mais ne la donne pas. Ce sont deux éléments différents. [...]

M. Hervé Mariton. [...] Vous évoquez l’influence de la religion. J’ai donc envie de vous faire la réponse suivante, même si cela m’est assez désagréable. Je l’ai dit l’autre jour mezzo voce dans la discussion générale, mais ce point n’a malheureusement pas été repris dans le compte rendu. La conviction de tel ou tel d’entre nous peut-elle avoir une influence dans un tel débat ? Oui, et je ne vois pas pourquoi on le récuserait. On ne peut demander à des députés – pas plus qu’à des citoyens – qui réfléchissent aux décisions à prendre dans le domaine de la bioéthique de se défaire de ce qui fait une culture, une conviction, l’identité d’une personne. [...] Notre cohérence est clairement une cohérence politique que nous voulons offrir dans nos diversités. Dans la tribune que nous avons publiée au début de la semaine, nous avons insisté sur la diversité de nos convictions. C’est une cohérence que nous voulons offrir à tous nos concitoyens et qui n’est pas dictée par un imperium religieux, même si la culture de chacun d’entre nous s’exprime là. Et je me permets de dire, et de répéter pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté en la matière, que nous, signataires de ces amendements, pouvons avoir des cultures et des convictions différentes. Alors vous seriez bien inspiré, cher ami, quand vous imputez à crime les cultures ou les convictions religieuses de tel ou tel, d’avoir une meilleure connaissance de ce que sont nos identités et nos parcours individuellement. Tout cela n’est pas nécessairement caché ! Tout cela n’est pas nécessairement secret, mais cela peut se retrouver dans l’affirmation forte d’une cohérence politique forte au service d’un projet de société et d’une vision de notre pays qui s’exprime dans ce débat. [...]

M. Christian Vanneste. Ce débat est en fait plein de noblesse : il est marqué par l’opposition entre deux philosophies. [...] Ce qui a été choquant dans la manière de l’aborder, c’est le soupçon que l’on fait peser sur nous en affirmant que nous défendons les idées de l’église catholique sans le dire. C’est là réduire une pensée bien plus large, qui pourrait se rattacher à de nombreuses philosophies plus ou moins directement liées à l’église.

M. Philippe Tourtelier. [...] nos différentes convictions ont été forgées à partir d’une culture où la place de l’église catholique est très prégnante. Je veux bien arrêter d’évoquer la cohérence des positions de l’église catholique mais je vois plus que des similitudes entre celle-ci et la cohérence de vos propositions. C’est un constat. Je respecte cette cohérence et pense n’être pas arrivé au terme du dialogue que je nourris avec Monseigneur d’Ornellas, archevêque de Rennes. [...]"

Posté le 10 février 2011 à 18h08 par Michel Janva | Catégorie(s): Bioéthique , Cathophobie

Commentaires

Et les athées, ils ne présentent pas d'amendements influencés par leurs convictions ? La démocratie, n'est-ce pas se présenter avec son identité (et tout le substrat qui la constitue dont la foi ou l'absence de foi) ? Vouloir disqualifier les autres à cause de leur foi, voilà la belle éthique de la discussion !
J'invite Mamère a aller tenir le même genre de propos aux musulmans qu'il courtise...

Rédigé par : Jean | 10 fév 2011 19:07:51

Vanneste et Mariton ont été très bons. Ils auraient pu ajouté que leurs adversaires sont guidés par leur athéisme, qui est aussi une conviction religieuse qui a les même droits à être exposée que la Foi dans un pays laïc.

Rédigé par : JCM | 10 fév 2011 19:25:09

Pour le grand cycliste Noël Mamère, c'est un argument suffisant pour que l'ensemble de la contestation politique de l'eugénisme actuel soit disqualifiée.
Pour eux, les catholiques ne servent qu'à payer des impôts, mais n'ont aucun droit de citoyenneté réel qui leur permettrait d'influencer les lois.

Rédigé par : Philippe Edmond | 10 fév 2011 20:19:05

M Tourtelier insiste sur les similitude,et les filiations entre la position des pro-vie et celles de l'Église Catholique. Mais ces liens ne sont pas plus forts que ceux existants évidemment entre les positions de l'humanisme athée actuel et celles des "Lumières" fondamentalement anti-catholiques dès l'origine (Ec. l'Inf).

Rédigé par : Exupéry | 10 fév 2011 20:22:25

Messieurs les députés, auriez-vous l'obligeance de revenir au sujet du débat ?

Rédigé par : Hélène | 10 fév 2011 20:51:40

L'athéisme comme conviction n'a strictement aucune conséquence morale... on peut construire des systèmes moraux totalement incompatibles entre eux et qui n'ont de commun que l'athéisme: tout dépend de la façon de définir le bien et le mal.

Par ailleurs, la position de Mamère n'est pas hypocrite du point de vue de la laïcité, puisqu'il est contre la limitation des droits pour des raisons liées aux convictions religieuses des députés. Rien n'oblige en revanche les croyants de ne pas user de ces droits si cet usage constitue un péché.

Rédigé par : Ajax | 10 fév 2011 21:05:54

Pardon: rien n'oblige en revanche les croyants à user de ces droits...

Rédigé par : Ajax | 10 fév 2011 21:06:57

Raaah... Toutes ces fautes d'orthographe !

"L'église" sans "e" majuscule est le bâtiment consacré affecté au culte.

"L'Eglise" avec majuscule est l'institution. Que l'on soit catholique ou anticlérical, comme toute institution dont le nom est propre...

Rédigé par : Christine | 10 fév 2011 21:08:59

Mesdames et Messieurs, chers Français , réjouissez-vous d'abord de la beauté de ces débats .. de cette incroyable hauteur , de cette clarté dans l'expression .. Nous écoutons là des échanges remarquables. Accueillons-les avec la profondeur qu'ils méritent . Jeûnons ensuite et prions pour que Sa lumière ( la véritable !) éclaire les consciences de chacune de ces personnes, quels que soient son parcours ou son parti.
Un belge espérant de tels débats au parlement de son pays.

Rédigé par : Aiglon | 10 fév 2011 22:36:06

À tester: peut-on faire en session une blague insultante, comme lele fait le mal nommé Noel Mamère, mais contre les francs-maçons ou contre les homosexuels ?

Rédigé par : Daquin | 11 fév 2011 08:29:23

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