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05 juillet 2011

Sida : l'échec du tout-préservatif

Présent publie un entretien avec le Dr Jokin de Irala remis sur le livre qu’il a écrit avec Matthew Hanley (postfacé par Mgr Aillet) : L’amour face au sida. Extraits de l'entretien :

A "Les pays qui mettent l’accent principalement sur l’usage du préservatif ne parviennent pas à freiner l’épidémie. Aucun pays n’a réussi à l’endiguer avec les campagnes générales axées sur la promotion des préservatifs. Par exemple, en Afrique du Sud, pays de 48 millions d’habitants, près de 450 millions de préservatifs ont été distribués en 2004, mais l’épidémie continue à échapper à tout contrôle. En revanche, des pays comme l’Ouganda, le Zimbabwe et le Kenya sont parvenus à freiner l’épidémie parce qu’ils ont pris au sérieux la promotion au sein de la population des mesures d’« évitement du risque » : le retard du début des relations sexuelles et la monogamie mutuelle.

Comment s’explique cet apparent paradoxe ?

Une des explications qui circule est celle de la « compensation du risque ». En santé publique, on parle de « compensation du risque » lorsqu’une mesure préventive plutôt « technologique » ou « biomédicale » réduit la perception du risque de la population de sorte que d’autres conduites élémentaires de prévention sont abandonnées. A la fin, le risque dépasse l’effet théoriquement bénéfique associé à la mesure technologique. Par exemple, la hausse paradoxale des cancers de la peau chez les personnes qui utilisent le plus les crèmes de protection solaire est liée à ce phénomène de la compensation du risque : l’impression d’être protégée par la crème solaire peut conduire une personne à passer trop d’heures exposée au soleil. De même, une confiance excessive dans les préservatifs, présentés comme pleinement efficaces, a poussé beaucoup de gens à avoir des relations sexuelles en toutes circonstances d’âge et de risque sans s’inquiéter de la possibilité d’être infecté par le virus.

Mais si le préservatif a un effet protecteur, comment son usage peut-il déboucher sur une hausse du risque d’infection ?

Si les campagnes de promotion du préservatif se font sans donner toute l’information (en expliquant son efficacité et l’importance des comportements d‘« évitement du risque »), elles peuvent finir par transmettre une idée de sécurité absolue qui est fausse. Cette fausse impression de sécurité peut inciter les jeunes à commencer plus tôt leurs relations sexuelles, passant ainsi d’un risque nul au risque d’infection propre aux usagers du préservatif. Et ceux qui choisissent d’avoir des rapports plus risqués (par exemple, avec un plus grand nombre de partenaires) passeront à un plus grand risque d’infection, malgré l’emploi de préservatifs, car cette sexualité plus risquée augmente la probabilité de contagion au-delà du degré de protection du préservatif, qui n’est jamais de 100 %. Nombre de personnes sont ainsi passées d’un risque nul ou faible à un risque supérieur, car le comportement à risque final dépasse la probabilité protectrice du préservatif."

Posté le 5 juillet 2011 à 15h04 par Michel Janva | Catégorie(s): Pays : International


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