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22 septembre 2012

Fonction maternelle, fonction paternelle : toute une histoire !

Pour ceux qui cherchent à savoir comment "on" a pu préparer l'opinion à accepter la dénaturation du mariage et sa légalisation, pour ceux qui cherchent des causes à la déchéance à laquelle nous nous opposons aujourd'hui, cette conférence d'un pédiatre apporte des éléments de réponse. Elle se conclue ainsi :

"Reste encore à savoir comment cela s’est produit ?

Le processus évolutif qui a toujours été fort lent, s’est brutalement accéléré, me semble-t-il, à partir de la fin de la seconde guerre mondiale.

Quand j’évoque un processus évolutif lent, je fais allusion aux changements qui ont affecté depuis toujours les sociétés sous l’impulsion de quantité de facteurs qui vont des discours philosophiques jusqu’aux progrès techniques, en passant par les facteurs économiques aussi bien que par les orientations politiques.

Je soutiens donc, pour ma part que la seconde Guerre mondiale, celle de 39/45, a constitué la charnière à partir de laquelle s’est produite la bascule dont nous vivons les conséquences.

Je pense que l’hécatombe qu’a constituée la guerre de 39/45 n’a pas pu avoir d’autre résultat que de faire réinvestir, d’une façon massive et jusque-là inédite, la vie qui avait été foulée aux pieds.

Pourquoi cette hécatombe-là, me dira-t-on, et pas celle, guère moindre, de la Guerre de 14/18 ?

La question est d’autant plus pertinente que Freud écrivait déjà en 1929 : « Les hommes sont arrivés maintenant à un tel degré de maîtrise des forces de la nature qu’avec l’aide de celles-ci il leur est facile de s’exterminer les uns les autres ; il le savent, d’où une bonne part de leur inquiétude, de leur malheur et de leur angoisse. »

Pourquoi alors 39/45 tout de même et plus que 14/18 ?

D’abord parce que la Guerre de 14/18 a été une guerre du XIXème siècle et que le contexte religieux et social favorisait encore la cellule familiale classique. Et ensuite parce que l’hécatombe de 39/45 a comporté deux facteurs dont on ne mesure toujours pas assez les conséquences :

  • La shoa – parfait exemple de l’extermination de masse : gigantesque, délibérée et gratuite …
  • et l’usage de la bombe atomique : un mode d’extermination qui a si bien fait ses preuves que, loin de le condamner ou de le fuir, nombre de pays en sont fascinés.

Jamais jusque-là, la mort n’avait à ce point envahi le quotidien de chacun, bouleversant insidieusement tous les modes de penser. Jamais jusque-là, la mort n’avait été perçue comme imminente et faisant partie d’un processus suicidaire qui pouvait très sérieusement constituer une option de l’espèce.

Jusque-là, la mort était pensée comme une ponctuation du règne de la vie. À partir de là, la vie a été pensée comme une ponctuation miraculeuse dans le règne de la mort. Il fallait donc en profiter et la remplir en particulier… de plaisir !  

Ce qui s’est manifesté par un investissement massif et obsessionnel de tout ce qui pouvait témoigner de cet objectif hédoniste !

Et quel a pu être le signifiant majeur accessible de cet objectif sinon l’appétence au plaisir qui se manifeste de façon éclatante chez le tout petit ?

Ça a été l’époque du fameux baby-boom.

Ça a aussi été, sous l’effet du plan Marshall, le passage de la société de pénurie à la société d’abondance, le début de ce qu’on a appelé les « trente glorieuses ».

Et les enfants se sont mis à être gâtés et satisfaits infiniment plus que ne l’ont jamais été leurs ancêtres et encore moins leurs parents. Ce n’est donc pas par hasard qu’on verra ces mêmes tout-petits, quelques décennies plus tard, produire Mai 68. Et quels sont les mots d’ordre qu’ils martèleront en Mai 68 ?

  • « Tout tout de suite »
  • « Il est interdit d’interdire » et
  • « Jouir sans entrave »

Manifeste dans lequel on peut reconnaître sans conteste :

  • le credo de la toute puissance infantile,
  • comme celui des mères rétives à la Loi de l’espèce,
  • les uns et les autres désireux de demeurer indéfiniment dans le plaisir qu’ils se donnent mutuellement et déterminés à y parvenir en rejetant toute référence au père et en dénonçant véhémentement toute notion de contrainte ou de limite !

Manifeste qui dit on ne peut plus clairement :

  • qu’il n’est pas question d’intervenir sur la relation qui unit naturellement mère et enfant dès la naissance,
  • pas plus qu’il n’est question de continuer à supporter l’existence dérangeante de l’autorité d’un père.

Manifeste dont l’énoncé, encore une fois on ne peut plus clair, est ouvertement destiné à évacuer, outre toute forme d’autorité, la contention générée par l’éducation. Puisque, comme je l’ai développé dans tout un ouvrage, l’éducation

  • procède d’abord et avant tout de la mise en place d’interdits,
  • et qu’elle fait reporter dans le temps la satisfaction des besoins.

On sait que ces mots d’ordre ont été relayés par les mouvements extrémistes luttant contre toutes les formes d’autorité et toutes les limites qu’elles mettent en place.

Comme pour se donner bonne conscience, nos sociétés ont lâché du lest : elles ont définitivement supprimé le soutien qu’elles avaient apporté depuis des millénaires au père.

Exit donc le « chef de famille ».

Exit aussi le respect de la différence sexuelle, réduite à sa seule signification biologique !

La parenté a cédé le pas à la parentalité, laquelle a mis en place le couple le plus inégalitaire qui ait jamais existé.

On a invité le père a être une « mère de substitution » et on lui a même offert un « congé de paternité » destiné à le formater au strapontin de la nouvelle assise qu’on lui a concoctée en guise de consolation !

Et est-ce étonnant qu’on ait vu, depuis le milieu des années 1970, se multiplier, comme je l’ai déjà dit, le nombre de femmes faisant seules des enfants?

Est-ce étonnant qu’on ait vu l’institution du mariage désinvestie et les divorces se multiplier pour donner naissance aux familles recomposées avant de se décomposer à nouveau ?

1968 a préparé 1975 et la maîtrise totale de la contraception.

À partir de cette date, l’enfant qui vient par l’effet d’une volonté capable de censurer le désir, est récupéré par ses parents, et par sa mère en particulier, comme un objet narcissisant avant tout et auquel rien ne doit être refusé parce qu’il ne doit pas connaître la moindre frustration.

Le règne du « oui à tout » est advenu et définitivement adopté comme le seul valable.

C’est ainsi qu’a été plus encore abandonnée l’éducation !

C’est ainsi que nos sociétés ont fabriqué des pervers à tour de bras !

Sur fond d’applaudissements de la société de consommation.

La désintégration de l’institution familiale et l’abandon de l’éducation vont en effet totalement dans le sens des ses objectifs : il n’ y aura plus de frein à la satisfaction des besoins comme des caprices. Et si cela entraîne la fracture du couple, ce n’est pas plus mal : on aura deux adultes consommateurs au lieu d’un couple !

Sur fond d’applaudissements du cheval de Troie que constituent les mouvements féministes qui n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer et stigmatiser l’oppression dont les femmes ont depuis toujours été l’objet.

Sur fond d’applaudissements enfin des homosexuels pour lesquels la différence sexuelle n’existe pas et qui sont parvenus à promouvoir la théorie du genre et à en imposer l’enseignement comme matière scientifique".

(Merci à VR)

Posté le 22 septembre 2012 à 19h24 par Lahire | Catégorie(s): Homosexualité : revendication du lobby gay , Valeurs chrétiennes : Education , Valeurs chrétiennes : Famille

Commentaires

Sans parler non plus de la morale laïque pour bien enfoncer le clou le matraquage idéologique de notre temps à nos jeunes bambins...

Rédigé par : l'anarcho | 22 sep 2012 19:45:22

Il faudrait remonter à 1789,me semble t-il.
Nous vivons sous la "terreur révolutionnaire" depuis cette époque.Rappellons que la révolution s'est inscrite dans le sang versé d'innocents.Je pense à nos religieux massacrés et à la famille royale en particulier à Louis XVII.
Dans ce contexte,tant qu'un Roi ne reviendra pas,nous sommes cuits!
Nous avons heureusement Dieu pour garder l'Espérance

Rédigé par : dragases | 22 sep 2012 20:15:15

L'analyse est pertinente, exceptée en ce qui concerne la guerre de 1914-18. En effet, il n'est pas exact d'écrire que cette guerre est une guerre du XIXe siècle, car c'est sans compter sur la profonde métamorphose qui s'est opéré durant toute la durée du conflit. Si, en effet, le combattant de 1914 appartient au XIXe siècle, celui de 1918, au contraire, appartient au XXe siècle. Le combattant de 1918, c'est déjà celui de 1939-40.

Rédigé par : plum | 22 sep 2012 21:12:40

Je "plussoie" plum : la guerre mécanique de la fin de 14/18 a déjà imprégné les esprits de la notion de mort automatique, sans cause naturelle, ce qui entraînera les "années folles" et leur débridement en tous genres. Le cortège d'horreurs était dans les têtes bien avant la shoah, exprimé par le "plus jamais ça !" de tous les anciens combattants et la guerre de tranchées a provoqué une répulsion de la mort que la guerre de mouvement de 39/45, aussi absurde que la précédente, n'a pu qu'amplifier.
Ajoutons que l'hécatombe des hommes a donné aux femmes une forme de pouvoir inhabituelle dont certaines ont profité outrageusement pour au moins tenter de faire basculer l'équilibre psychologique du pays, ce que démontre en filigrane, l'article.

Rédigé par : Sygiranus | 23 sep 2012 00:22:28

Je pense que bien plutôt, c'est la sécularisation qui a apporté cette évolution. La religion catholique, c'est le Nord. Nous avons volontairement cassé la boussole, nous avons perdu le nord. Il faut dire qu'une grande partie du clergé y a aidé toute la société. Quand l'abbé de la Mrorandais milite ouvertement pour le prétendu "mariage homosexuel", comment voulez-vous que le peuple ne perde pas le nord ?

Le culte du Christ-Roi fondé sur la liberté religieuse française est la seule solution, mais pour cela il nous faut nous boucher les oreilles à certains discours ecclésiastiques et invoquer les droits de l'homme, donc les droits des Français, contre un certain clergé. Et je ne suis ni lefebvriste, ni sédévacantiste…

Rédigé par : Denis Merlin | 23 sep 2012 06:54:26

"on aura deux adultes consommateurs au lieu d’un couple !"
Remarque très pertinente, le divorce coûte très cher car il faut doubler les équipements d'une famille éclatée en vue de la garde alternée, maison, voiture, chambre des enfants, jouets, etc...

Rédigé par : tol | 23 sep 2012 07:35:18

C'est une erreur majeure de dire que la guerre 14-18 etait une guerre du 19° siecle, il s'agissait de la premiere guerre industrielle avec les premieres armes de destruction massive telles que la mitrailleuse.
De ce fait, pour la premiere fois, le courage du combattant ne comptait plus guere, la victoire revenait au camp capable de produire le plus grand nombre d'armes; à cet egard les historiens savent que les premisses etaient visibles lors de la guerre de secession.
Les allemands y avaient des observateurs, les français non...

Rédigé par : Papon | 23 sep 2012 09:25:05

De fil en aiguille on est loin du problème énoncé.

La toute-puissance infantile ? Elle n'empêche pas les 200 000 avortements annuels en France !

On n'est pas vraiment dans le cas de ce qui est pensé clairement est exposé aisément.

Rédigé par : Jean Theis | 23 sep 2012 18:10:03

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