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09 janvier 2013
Le président du Conseil pontifical pour la famille : "L’épiscopat français a eu le courage d’ouvrir un débat public"
Dans un entretien à l'agence Imedia, monseigneur Paglia félicite l'Eglise en France, épiscopat et fidèles, :
La question du projet de réforme du mariage a fait partie des sujets traités lors de la récente visite Ad limina des évêques de France. Comment leur position est-elle perçue à Rome ?
Lors de ces rencontres, qui ont eu lieu dans un climat familial et fraternel, j’ai avant tout souligné l’unité de l’épiscopat pour faire face à des questions aussi délicates autour d’une ligne que j’ai qualifié moi-même de “voie française“. Il fallait en effet éviter deux excès : celui du silence, comme ce fut le cas dans certains cas, et celui d’utiliser la vérité comme une matraque, comme le disait Jean XXIII. En revanche, il était indispensable que l’Eglise suive, comme elle l’a fait, une voie unique avec deux perspectives : d’une part la prière en respectant la pluralité des charismes - ce qu’elle a fait en appelant à prier pour la France le 15 août -, et d’autre part la “culture“, parce que la famille et le mariage ne sont pas des thèmes qui appartiennent à l’Eglise, mais font partie du patrimoine de l’humanité. L’épiscopat français a eu le courage d’ouvrir un débat public sur des thèmes comme “le mariage pour tous“. Il s’agit en effet d’une question, comme l’a dit elle-même la ministre française de la justice, qui ne concerne pas des “virgules“ du Code civil mais bien la “civilisation“.
Nombre d’évêques appellent à manifester dimanche prochain, mais ne devraient pas descendre dans la rue. Pourquoi ?
Une conception cléricale de l’Eglise - en son sein et plus encore à l’extérieur - fait croire que l’Eglise n’est faite que d’évêques ! Or, le “peuple de Dieu“ dont parle la constitution conciliaire Lumen Gentium, c’est tous les fidèles. C’est donc à tout le peuple de Dieu de prendre conscience et de faire prendre conscience d’un thème aussi décisif. Et j’aimerais que le débat ait lieu sur d’autres sujets aussi importants - comme la paix, les droits des malades, le droit à la vie, la peine de mort, l’immigration, la faim dans le monde, etc. - qui doivent être au cœur du débat public. Nous avons besoin aujourd’hui de plus de raison et de plus de foi. Attention à ne pas les laisser seulement dans les mains de quelques-uns !
Pourquoi l’Eglise est-elle en première ligne, en France comme ailleurs, pour défendre la famille, le mariage entre un homme et une femme ?
Nous nous intéressons à la famille, celle dont Cicéron, bien avant le Christ, disait qu’elle est principium urbis et quasi seminarium rei publicae, le commencement de la cité et le lieu où s’apprend la citoyenneté. Jésus lui-même a relevé ce patrimoine et, en prenant en compte sa valeur centrale pour la société, l’a enrichie de sacramentalité qui est le signe de son amour pour l’Eglise. La famille dont l’Eglise parle est donc ce patrimoine de l’humanité qui existe depuis des millénaires et demeure aujourd’hui. Parce que cette institution est l’une des cellules fondamentales de la société, l’Eglise ne peut que la défendre ! (...)
Benoît XVI a récemment multiplié ses prises de position sur la défense de la vie et le mariage. L’inquiétude sur ce sujet est-elle plus grande que par le passé ?
Oui, car nous nous trouvons à un carrefour historique. Il y a ainsi d’une part la vision biblique dans laquelle Dieu lui-même a affirmé qu’il n’est pas bon que l’homme soit seul. Ce qui rejoint d’ailleurs le souhait de 75 % des jeunes Français désirant pouvoir se marier et demeurer avec la même personne tout au long de leur vie. Mais cette vision, malheureusement, est radicalement combattue dès qu’elle est évoquée. Car il y a d’autre part une culture qui affirme : il est bon que l’homme soit seul, il est bon que chacun pense à lui-même. Cette culture d’un individualisme exaspérant, qui mène à l’absolutisation de l’individu, est délétère pour soi-même et la société. Pour survivre, elle brise le premier “nous“ qu’elle rencontre, la famille ! Nous sommes donc véritablement face à un choc de civilisation. Pas un choc entre les religions ou entre les cultures, mais entre la dictature du “moi“ et le “nous“ indispensable au sein duquel chacun peut trouver une espérance, un refuge, une protection, une éducation et même du rêve!
Posté le 9 janvier 2013 à 19h52 par Lahire | Catégorie(s): Homosexualité : revendication du lobby gay
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Commentaires
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Rédigé par : G | 9 jan 2013 20:01:26










