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10 février 2013

L'Église ne se laisse-t-elle pas abuser par le CCFD ?

Le Motu Proprio Au service de la Charité, du 11 novembre 2012, doit aider à dissiper les ambiguïtés. Et notamment le §3 de l'article 10 :

"En particulier, l’Évêque diocésain doit éviter que des organismes de charité qui sont sous son autorité, soient financés par des entités ou des institutions qui poursuivent des buts contraires à la doctrine de l’Église. De même, afin d’éviter de scandaliser les fidèles, l’Évêque diocésain doit éviter que ces-dits organismes caritatifs acceptent des contributions en faveur d’initiatives qui, dans la finalité ou les moyens pour l’atteindre, ne sont pas en accord avec la doctrine de l’Église."

CChaque Carême, le "Comité catholique contre la faim et pour le développement" (CCFD) invite les chrétiens au partage et quête pour ses œuvres. Mais un publiciste, Jean-Pierre Moreau a démontré naguère l'incompatibilité grave de beaucoup d'actions internes et externes du CCFD avec la Foi et la Mission de l'Église. Ce qui justifie une défiance.

Les constats sont graves : le CCFD soutiendrait inconditionnellement des associations qui font la promotion de l'avortement, la contraception, la théorie du "genre", "l'émancipation" des femmes… Ses principes de développement sont matérialistes. Sur son site Internet, il prône les mêmes thèmes (voir aussi ici, ici, ici).

En réaction, est apparu un "communiqué anonyme" traitant M. Moreau de triste et endurci, criant à la diffamation et au mensonge. Il essaie de prouver que ces constats sont mensongers. Il cite des partenaires au Mexique et en Argentine et des extraits de leurs sites internet.

Un particulier a pris au mot ce "communiqué" et les informations qu'il propose, a exploré les sites recensés et, début 2012, détaillé ses constatations qui rejoignent parfaitement l'analyse de M. Moreau. En outre il découvre que le président du CCFD s'oppose vertement et es-qualité aux positions du Dicastère "Justice et Paix", et à la structure et l'enseignement de l'Église… Ce "communiqué" est un mensonge. Ce document de 28 pages est disponible sur demande. Vous trouverez ici sa synthèse en 8 pages.

En outre, ces conceptions du développement humain du CCFD sont en nette rupture de cohérence avec le droit naturel, les enseignements du Catéchisme catholique (CEC) et le Compendium de la DSE.

Outre ces orientations non chrétiennes, on constate combien la forme du "communiqué" est empreinte de pratique dialectique marxiste : diversion, étiquetage sommaire, amalgame, outrecuidance hautaine, imprécations diffamatoires, attaque des personnes… On est aux antipodes de la charité des documents d'Église.

Est-il juste de se fier à un organisme de ce genre et le subventionner ?

Début avril 2012, le document (8 p.) de ce particulier a été communiqué au vicaire général d'un diocèse qui  "le transmet aux responsables CCFD pour explication". Plus de nouvelles. En mai, adressé à un responsable d'un dicastère de la Curie, il est jugé très intéressant et révélateur.

Début décembre 2012, parait le Motu Proprio "Au service de la charité", un outil canonique où les articles 1-3, 7, 9-3 et 10-2 notamment, définissent les devoirs de l'évêque vis-à-vis des institutions charitables qu'il mandate.

En décembre, un courriel privé du responsable romain témoigne :

"… Je vous remercie vivement de m’avoir alors transmis ce dossier. Je n’exclus pas qu’il ait pu apporter une lumière décisive dans l’heureuse publication du Saint Père [le Motu Proprio "Le service de la charité"] même si la question est hélas omniprésente dans le monde de la culture et de l’enseignement...

Vers le 16 janvier 2013, le vicaire général recontacté reconnait

"le défi pour le CCFD de faire confiance à des initiatives locales aux quatre coins du monde, ce qui exige un discernement et un suivi très sérieux. Il y a parfois des erreurs graves qu’il faut corriger si l’on découvre le caractère incompatible d’une action avec la morale de l’Église. Le CCFD n’est pas le seul à courir ce risque : toutes les associations caritatives chrétiennes doivent exercer très sérieusement cette vigilance".

21 janvier : il semble que les pages internet publiées dans le "communiqué" ont disparu du site CCFD… Est-ce le signe d'une correction sérieuse ? Le président du CCFD a été reçu par le Cardinal Sarah ce jour, après le discours d'ouverture du congrès, le 19. Routine, désaveu, réorientation, qu'en est-il ? Nous verrons bien. Quoiqu'il en soit, la réponse du vicaire général, de politique interne, plus "partie" que "juge", est à côté de la question. Elle ne tend pas à résorber le scandale qu’ont produit les mensonges et la forme injurieuse du "communiqué" (l’argument qu'il n’émanerait pas du CCFD vaut complicité d'hypocrisie, la correction constatée le confirme). Ses termes engagent le ministère hiérarchique au double titre du baptême et du mandat institutionnel. À désordre public, correction publique. Il faudrait mentionner explicitement la rupture affichée avec des sites subversifs et le désaveu des options prises contre l'Église et Justice et Paix par le président. À l'instar des paroles au récent Congrès de Cor Unum (19-1-2013), l'évêque ne devrait-il pas préparer une mise au point plus claire et plus impartiale pour affermir une crédibilité et une confiance bien entamées ?

Un autre point mérite attention : où va vraiment le produit des quêtes effectuées dans les diocèses au moment du Carême ? L'évêque du diocèse s'en soucie-il, étant donné le caractère national du CCFD qui doit envoyer "à l'épiscopat "un rapport annuel et global, pour contrôle ? N'y aurait-il donc pas de contrôle au niveau de chaque diocèse (art 10 du Motu Proprio) ? Ce Motu Proprio, d'ailleurs, ne parle pas assez du contrôle des organismes caritatifs "nationaux" au regard de la responsabilité de chaque évêque.

Est-ce que le CCFD ne risque pas de jouer avec ces règles floues pour endormir la hiérarchie ?

Il y a d'autres associations dont les activités sont plus conformes au motu proprio Au Service de la Charité. Citons à titre d'exemple l'Aide à l'Eglise en détresse, l'Ordre du st Sépulcre, l'Ordre de Malte, l'oeuvre d'Orient...

Posté le 10 février 2013 à 10h25 par Michel Janva | Catégorie(s): L'Eglise : Vie de l'Eglise


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