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08 mars 2017

C’est de souveraineté dont la France a besoin et non de partis

Une PM 160L'analyse d'Hilaire de Crémiers dans le numéro de mars de Politique Magazine.

Les candidats font comme si tout se jouait dans leurs discours. La question est autrement plus difficile.

La France a devant elle encore deux mois de luttes électorales pour la présidentielle, plus de trois pour les législatives. La violence qui se déchaîne n’en est qu’à ses débuts. Celui qui sera élu à la présidentielle sortira d’un champ de bataille si chaotique et si fumeux qu’il lui sera impossible, malgré toutes les prétentions, de rassembler les Français. C’est à ce moment-là qu’il convient de se placer pour mieux évaluer les conséquences de cette élection.

Ni les ordonnances ni les référendums ne suffiront à régler les problèmes. Le général de Gaulle qui y eut abondamment recours et qui avait pris soin, de plus, dans la Constitution de 1958, de restreindre le domaine de la loi au profit de la décision réglementaire, avait pourtant à sa disposition une majorité parlementaire : il en avait besoin, ne serait-ce que pour les lois de finances.

Quelle majorité pour quel président ?

Même si l’élection présidentielle entraîne les élections législatives, il est à prévoir que, dans les circonstances actuelles, l’effet d’entraînement aura une moindre portée. Et pour cause : les Français régleront leurs comptes. Seul le candidat dit de droite et du centre, s’il en est encore un, pourrait se constituer avec  quelque assurance  une majorité ; et encore serait-elle friable et incertaine, tant elle aurait accumulé de vindictes et de rancœurs.

Que faire ? Et comment faire ? « Faire » est, d’après le titre de la plaquette de Fillon et les dires de chacun des candidats, leur préoccupation première. Comme si tous admettaient implicitement que l’inertie était la loi propre du régime. Et de fait ! Tous sont donc dans l’urgence et prétendent agir et vite ; à les entendre, les milliards vont valser dans un sens ou dans l’autre avec beaucoup d’énergie ; rien ne leur fait peur. Sur leur tribune, dans leur programme, ils décident de tout : du revenu de chacun, de la feuille de paie, des impôts, des assurances et des mutuelles, du travail, de la formation depuis la petite enfance jusqu’à la vieillesse, de la santé, de la vie, de la fin de vie, de la mort, du nombre de fonctionnaires, du licite et de l’illicite, de ce qu’est la République et de ce qu’elle doit assurer à chaque Français. Ils parlent et, dans leur esprit, c’est déjà fait ; tant qu’il s’agit de discours, il est vrai, c’est si facile de faire ! Certes, à pareil compte, il s’en écrira encore des pages et des pages de lois, d’ordonnances, de décrets, de règlements, de circulaires et d’articles de codes ! 

Toutefois, les candidats ont beau développer en ce moment avec lyrisme et conviction leur projet ou leur apparence de projet, celui qui gagnera la présidentielle l’emportera dans de telles conditions qu’une fois élu et les élections législatives passées, il risque fort de se heurter très vite à l’impossibilité pratique de gouverner. Comment s’opérera le report des voix au second tour ? Comment voteront les mêmes électeurs aux législatives de juin ? Hamon le sait-il ? Et Macron, le discoureur qui dit n’importe quoi et que Bayrou rallie ? Et Fillon lui-même ? Et Marine Le Pen ? Qui a conscience du problème ?

Quoi qu’il en soit, le gagnant sera de toute façon mal élu, n’ayant comme seul appui populaire que la minorité du corps électoral qui l’aura choisi au premier tour. Le choix du second tour sera passionnel et s’effectuera fondamentalement par opposition. Le président ainsi désigné ne sera pas en mesure de donner à l’État un prestige suffisant pour lui permettre d’exercer son autorité. Élu par défaut, par hasard, par humeur, par consigne, par refus, par obstruction, quelle politique pourra-t-il mener ?

La crise de régime

Le plus terrible est que tout le monde le sait, au moins en son for intérieur. Mais personne ne veut en tirer les conséquences. Chacun poursuivra son jeu, comme si de rien n’était. Le même régime avec les mêmes protagonistes pour continuer sur la même fatale déclivité, sans qu’aucun « volontarisme », pour reprendre leur jargon, puisse améliorer une mécanique institutionnelle détestable en elle-même. Comme sous la IIIe, comme sous la IVe République, et pour finir comment ? 

Car le drame arrive : à l’intérieur, parce que la nation française éclate, parce que les zones dites de non-droit, c’est-à-dire de trafics en tous genres et de salafisme actif se comptent maintenant par centaines et qu’un rien peut déclencher l’explosion, parce que le pays, en raison de politiques idiotes, s’appauvrit de jour en jour, parce que l’État prélève plus de la moitié de la richesse nationale (57 %) sans plus rendre de services équivalents et qu’il est endetté sans mesure et avec des risques considérables, parce que les ménages normaux et les entreprises qui font vivre le pays sont pressurés,

parce que l’École n’éduque ni n’instruit plus, parce que l’esprit public est corrompu et que la France n’intéresse plus ni les dirigeants ni les médias. Qui peut prétendre agir dans un tel cadre ? La crise de régime est là, c’est évident ; elle ne fait que commencer.

Et le drame est d’autant plus inquiétant que le monde alentour change : les billevesées mondialistes se dissipent. L’Amérique pense d’abord à elle, de même l’Angleterre ; les prochaines élections européennes révèleront les mêmes tendances. L’Europe institutionnelle n’existe plus que comme une superstructure insupportable. Elle vient encore de céder avec le CETA aux pressions des multinationales sous couvert de traité avec le Canada. Au prochain sommet européen, la Grèce sera une fois de plus éreintée. L’euro ne sert plus que l’Allemagne qui le quittera quand il ne la servira plus. Les faits s’imposent, les uns après les autres, durement.

Il ne sert à rien de mépriser les réactions populaires en les qualifiant de « populismes », mot facile de technocrates installés et d’économistes sûrs de leur expertise qui vivent du système. Nicolas Baverez qui décrit par ailleurs parfaitement le mal économique français, déclare a priori que tout protectionnisme est  « inintelligent », tout ça pour fustiger le Front national. Il serait aisé de lui répliquer que tout libre-échangisme décrété de manière absolue peut aussi être parfaitement absurde, quand tous les pays du monde, obéissant à la plus élémentaire règle de survie, cherchent évidemment à protéger leur peuple, leur économie, leur société. Pourquoi la France serait-elle le seul pays au monde à devoir se sacrifier au dogme du libre-échange ? Et, plus simplement, le libre-échange est-il un dogme ? Pourquoi ces vaines querelles entre Français, aimant la France, voulant sincèrement le bien commun, sur cette question du protectionnisme et du libéralisme, entendu au sens économique du terme. Colbertisme ou libéralisme à la Say ou à la Bastiat ? C’est une vieille dispute. Elle a son intérêt. L’État national n’a pas à trancher ; il fait du Colbert quand c’est nécessaire ; et autant que nécessaire ; la France s’en est bien portée. Et, s’il le faut, il ouvre son commerce et son économie quand il y voit un moyen de progresser, un avantage à se procurer. Bref, il n’est pas idéologue. Il n’est pas prisonnier d’un système ; il ne durcit pas ses positions de principe comme le fait automatiquement tout parti qui simplifie et dialectise. L’État doit être au-dessus ; il transcende. La France ne s’en sortira que quand le chef de l’État sera au-dessus des partis, transcendera tous les clivages pour incarner la France. C’est de souveraineté dont la France a besoin et non de partis. Elle aspire à ce pouvoir « régalien » qui lui fait défaut : « La souveraineté, disait Jean Bodin, est le pouvoir de commander et de contraindre sans être commandé ni contraint ». Telle est la première des libertés politiques.

Posté le 8 mars 2017 à 11h33 par Paula Corbulon | Catégorie(s): France : Politique en France , France : Société

Commentaires

merci de diffuser cette analyse. Prions Jehanne et Louis de Poissy d'intercéder pour notre pays où "il y a grand'pitié"...

Rédigé par : lafforest | 8 mar 2017 11:54:43

"La France ne s’en sortira que quand le chef de l’État sera au-dessus des partis, transcendera tous les clivages pour incarner la France. C’est de souveraineté dont la France a besoin et non de partis. "
Le seul qui propose cela, et qui en a l'étoffe, c'est François Asselineau avec l'UPR, parti provisoire et rassembleur.
Pour quitter légalement et sereinement l'Europe, l'euro et l'Otan et retrouver la liberté et la démocratie.

Rédigé par : paquita | 8 mar 2017 11:57:42

Tout ça est bien dit mais Fillon + Lepen + NDA > à 50%

Union des Droites sur Programme commun pragmatique vidé de toute idéologie

Ca devient lassant

Rédigé par : Damien | 8 mar 2017 12:00:29

"Les arrangements fiscaux entre Macron et Patrick Drahi, le magnat des médias"

"En échange de 14 milliards d’Euros de cadeaux fiscaux, le milliardaire Patrick Drahi met à la disposition du candidat Macron les médias dont il est propriétaire : BFM, RMC, Libération, L’Express…

Les faits remontent à octobre 2014, lorsqu’Emmanuel Macron, frétillant ministre de l’Industrie, de l’Economie et du Numérique, à peine nommé, autorise le rachat du groupe SFR par Patrick Drahi..."

http://www.europe-israel.org/2017/03/les-arrangements-fiscaux-entre-macron-et-patrick-drahi-le-magnat-des-medias/

Rédigé par : jo | 8 mar 2017 12:15:23

Vous devriez écouter le discours que Marine Le Pen a tenu à Nantes, j'ai trouvé en ses propos un vrai discours de chef d'Etat. Ca m'a frappé parce qu'habituer au discours de campagne des uns et des autres, ce discours reprenait point par point ce que doit être un chef d'Etat et pas un chef de parti.

Rédigé par : Pélissier | 8 mar 2017 12:19:06

si l'analyse est pertinente, il est néanmoins scandaleux que Politique Magazine accrédite avec une telle Une la thèse de l'élection de ce fou furieux de Macron.
ce n'est pas à leur honneur de copier ainsi tous les médias du système soit disant pour les dénoncer.
le résultat est déplorable.

Rédigé par : Benji | 8 mar 2017 12:45:24

La bonne nouvelle, c'est qu'il existe un candidat capable de rendre cette souveraineté perdue et de relever la France: Francois Asselineau !
La solution est la, il n'y a plus qu'a voter. Pour vous en convaincre, allez simplement consulter le programme - clair et précis - de l'UPR sur leur site internet ww.upr.fr

Rédigé par : Dimitri | 8 mar 2017 13:17:55


Fillon ,un patriote ???????
Ne me faites pas rire ,j'ai les lèvres qui sont gerçées !!!!

F Fillon ,dimanche soir 5 mars sur France 2:

" Ma principale adversaire est Mme Le Pen " ( il n'a cité ni Macron ,ni Hamon )

Alors, toujours aussi persuadé de la valeur morale du beau et preux chevalier Fillon , défenseur de la France ,de la veuve et de l'orphelin ???

Fillon est un mondialiste honteux ,quant à Macron un mondialiste affirmé.

à la 23iè minute

http://www.francetvinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/jt-de-20h-du-dimanche-5-mars-2017_2073437.html


La droite a toujours promis mais n'a jamais rien fait !!!


http://www.bvoltaire.fr/jeanpierrefabrebernadac/droite-a-toujours-promis-na-jamais-rien,317829

Votez Fillon est voter Bilderbeg, on ne change pas une équipe qui gagne !!!

http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/quand-fillon-disait-a-philippe-de-72120


Rédigé par : Alpin | 8 mar 2017 13:21:20

Je vais sans doute paraître pessimiste à plusieurs d'entre vous, mais je crois de plus en plus que nous allons bientôt (de l'ordre de quelques années) connaître un choc comparable à celui de la défaite de mai-juin 1940.

Le plus désolant, le plus grave, est que l'ennemi qui nous portera ses coups ne viendra pas de l'extérieur, mais agit déjà à l'intérieur, de plus en plus visiblement, avec l'aide active (et passionnée pour certains) de nos zélites politico-merdiatiques, et leurs supplétifs du show-bizz, rejoints par quelques sportifs (ou ex-sportifs) en mal de publicité...

Je voterai Fillon, sans conviction, pour essayer d' "éliminer" (une fois de plus...) la gauche qui détruit notre pays, notre Histoire, notre civilisation !

Par contre, si "ils" réussissaient à renvoyer le Fillon sur le banc de touche... qui vont-ils nous imposer à sa place ?

Sarko le retour ? Ah non merci, on a déjà donné !
Baroin ? c'est un frère 3 points je crois...

Faudrait p'têt que j'aille voir Mme Irma ?

Rédigé par : Irishman | 8 mar 2017 13:30:40

Après avoir lu cette analyse d'Hilaire de Crémiers, je ne peux que l'approuver et voter en conséquence Nicolas DUPONT-AIGNAN.

Rédigé par : Godefroid de Couillons | 8 mar 2017 14:24:05


L'avenir inéluctable: la sécession. La cohabitation entre les remplacistes et les enracinés est impossible. Par exemple les bien pensants devraient aller habiter dans le 93 et autres départements perdus.

Rédigé par : arthur | 8 mar 2017 18:17:04

Toutes les cochonneries décidées en France l'ont été par des politiciens français élus par les Français, qui plébiscitent aujourd'hui A. Juppé.
Il faut d'abord des Français courageux qui votent pour des politiciens courageux.

Rédigé par : SD-Vintage | 8 mar 2017 18:24:04

au-dessus des partis : UN ROI

Rédigé par : Prieur de Grandville | 8 mar 2017 19:59:22

Une idée me "turlupine" qui consisterait à faire que le Psdt de la R. ( il ne doit pas être un super premier ministre) soit en charge de la "souveraineté" et des axes stratégiques de la France et des français : un psdt élu pour un octénat (8 ans) avec 2 législatures de 4 ans ; la mise en oeuvre concrète relèverait d'un premier ministre et son gouvernement ; en cas de cohabitation, le psdt conserverait un pouvoir "éminent" sur la politique étrangère et la sécurité.

Rédigé par : lavergne21 | 8 mar 2017 21:37:59

Les différences entre les programmes (si on peut appeler çà ainsi...) de FILLON et de MACRON n'est qu'une question d'infimes nuances.

Rédigé par : Godefroid de Couillons | 9 mar 2017 02:23:52

La souveraineté et l'accès aux pouvoirs régaliens ne peuvent être exercés par n'importe qui.Ces pouvoirs sont incomparables avec le pouvoir d'un banquier, d'un chef militaire ou d'entreprise. Le pouvoir régalien requiert des qualités quasi "sur-humaines". Des personnalités "hors normes". ET qu'avons-nous ? Des domestiques qui veulent devenir maîtres et qui ne savent comment gérer la maison. Pour exercer le pouvoir régalien il faut être de la race des rois. N'oubliez pas que la France d'aujourd'hui est celle de 1793, sortie des massacres populistes de la terreur.

Rédigé par : Horace | 9 mar 2017 08:55:06

précision sur mon message du 8 à 21 h 37 : le
MANDAT du Psdt de la Rep. ne serait pas renouvelable ; 8 ans c'est le terme maxi d'un psdt des Etats-Unis.

Rédigé par : lavergne21 | 9 mar 2017 21:43:42

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