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11 avril 2017

Témoignage d'une aide-soignante qui reconstituait « le puzzle » des bébés avortés

Témoignage d'une aide-soignante, qui a appelé sur la nouvelle antenne d'écoute destinée aux étudiants et soignants : 

FB-Header"Depuis 3 ans, je suis soignée pour dépression chronique. Malgré de multiples thérapies et traitements, je ne m'en sors pas. J'ai quitté mon métier il y a quelques années pour me reconvertir dans la formation, mais je ne parviens pas à travailler.

Aide-soignante, j'ai travaillé pendant 20 ans dans une clinique privée. Je travaillais au bloc opératoire, faisant souvent fonction d'infirmière. Le choix de travailler au bloc était le mien dès le début, c'est un service qui m’a toujours attiré. Cependant, très vite, j'ai été témoin et ai participé à des actes chirurgicaux dont j'ignorais l'existence auparavant. Pendant des années l'une de mes missions était de m'occuper des IVG !

Le principe était celui-ci : Après chaque IVG par aspiration, je devais vérifier que l'ensemble des membres "déchiquetés" des bébés était là afin d'avoir « un corps complet ». Je recherchais les différentes parties du corps de l'enfant au milieu des déchets sanguins et placentaires et reconstituai « le puzzle » du bébé afin de vérifier qu'aucun membre n'était resté dans l'utérus de la femme ; il fallait éviter tout risque infectieux. Ensuite, je jetai le tout avec les déchets hospitaliers et nettoyait le bloc.

De mes yeux horrifiés et impuissants, j'ai constaté (contrairement à ce que l'on m'avait dit) que l'avortement n'était pas l'élimination d'un "amas de cellules" mais bien d'un bébé, parfaitement formé. En plus, dans bien des cas, on était bien au-delà des 10 puis 12 semaines légales. Ça je m'en suis aperçue car je trouvai que les fœtus mesuraient plus que les  6 à 7 cms qu'ils font à 12 semaines de grossesse en général.

Un jour, une femme, une fois réveillée de l'anesthésie après son IVG, m'a demandée si elle pouvait voir son bébé mort. Je n'ai pas osé lui dire la réalité de ce qu'était devenu son bébé ! Elle n'avait absolument pas conscience de ce qui s'était passé. Là, j'ai eu un déclic : comment se fait-il d'être si ignorant et éloigné de la réalité ?

La vue de tous ces bébés morts m'a hantée au fur et à mesure des années. Je n'ai trouvé personne pour me comprendre dans mon mal-être et dans ma culpabilité devant tous ces « petits morts ». Les psychologues me disaient que le problème c'était moi et pas ce que je voyais. Mes proches me disaient « aller, c'est pas grave, ça va passer ! » Du coup, depuis des années, je crois que c'est moi le problème et, pour autant, malgré les traitements, je ne cesse de m'enfoncer dans mon mal-être. Il m'est même parfois arrivé d'être tentée d'en finir.…..

Je suis en arrêt maladie pour depuis 3 ans. Je ne veux plus entendre parler de l'IVG aujourd'hui. On ment aux femmes, c'est horrible. Si seulement on pouvait les aider et nous aider aussi nous les soignants qui n'avons pas d'autre choix….

Edwige, 48 ans, aide-soignante."

Posté le 11 avril 2017 à 10h08 par Michel Janva | Catégorie(s): Culture de mort : Avortement


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