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17 juillet 2017

Lettre de Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, au sujet de la PMA

Longue de 8 pages, elle est en ligne sur le site du diocèse. Extrait :

201509092265-full"[...] On peut s’interroger par ailleurs sur la pérennité des conclusions du CCNE qui déclarait dans son avis n°90 de novembre 2005 :

« L’AMP a toujours été destinée à résoudre un problème de stérilité d’origine médicale et non à venir en aide à une préférence sexuelle ou à un choix de vie sexuelle. L’ouverture de l’AMP à l’homoparentalité ou aux personnes seules ouvrirait de fait ce recours à toute personne qui en exprimerait le désir et constituerait peut-être alors un excès de l’intérêt individuel sur l’intérêt collectif. La médecine serait simplement convoquée pour satisfaire un droit individuel à l’enfant. » (§ I.3.5).

En 2005, donc, le comité d’éthique proscrit la légalisation de l’AMP pour les couples homosexuels ou pour les personnes seules, en soulignant qu’on ne peut pas utiliser la médecine pour satisfaire un droit à l’enfant. En 2017 le même comité autorise l’AMP en estimant que le désir des femmes de procréer passe avant toutes les questions relatives à l’enfant.

Les fondements de la réflexion éthique changent donc en quelques années. Cela pose un problème de méthode. Recourir à l’éthique, c’est nous inviter à prendre du recul, de la hauteur, nous extraire des modes et des polémiques pour distinguer ce qui est durable, permanent, et ce qui est provisoire, passager ; c’est faire reposer la réflexion sur des principes qui dépassent les intérêts particuliers et les désirs individuels. A moins, bien sûr, que cette éthique ne repose plus que sur la satisfaction des attentes de chacun. Il suffit alors qu’un groupe réclame ce qu’il considère comme un nouveau droit pour le justifier moralement. Si la technique le permet, si le financement est assuré, si des demandes sont faites en nombre suffisant, pourquoi ne pas légaliser ?

Ce qui est légal devient moral

Une autre question se pose : faire travailler un comité d’éthique avant de voter une loi est tout à l’honneur de nos institutions. Mais on renforce alors l’idée que ce qui est légal est moral ; il l’est d’autant plus qu’un comité d’éthique a donné son aval. On passe alors d’un droit accordé à des groupes extrêmement minoritaires à la reconnaissance et à la banalisation de comportements qu’on jugeait jusque-là contraires au bien de la personne humaine. On passe de la légalisation de désirs particuliers à la normalisation morale de ces désirs. Légaliser revient à moraliser. On présente alors sans discernement aux générations les plus jeunes des pratiques extrêmement contestables moralement et que les familles n’ont pas du tout envie de proposer comme modèle à leurs enfants.

Voter de telles lois aura des conséquences sur la manière dont on va ensuite envisager les relations familiales, le regard sur l’enfant à naître, l’humanisation du désir, la place du père, la différence sexuelle. La légalisation de telles pratiques a une portée culturelle. [...]

Posté le 17 juillet 2017 à 19h58 par Michel Janva | Catégorie(s): Bioéthique , Homosexualité : revendication du lobby gay , L'Eglise : L'Eglise en France


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