"La France en guerre laisse l’ennemi en paix"
C’est arrivé un 18 mai…

Cardinal Castrillon Hoyos RIP

Le Cardinal Dario Castrillon Hoyos est décédé cette nuit, âgé de 89 ans.

Il a été préfet de la Congrégation pour le Clergé (1996-2006) puis Président de la Commission Ecclesia Dei (2000-2009). Le cardinal a joué un rôle important dans la promulgation du Motu proprio Summorum Pontificum (2007), dans la création de l’Administration apostolique personnelle de Saint Jean Marie Vianney de Campos (2002) et de celle de l’Institut du Bon Pasteur (2006). Il a également représenté le Saint-Siège à la fin du pontificat du Pape Jean-Paul II et le début de celui de Benoît XVI dans les discussions avec la Fraternité Saint-Pie X, aboutissant notamment à la levée des excommunications qui pesaient sur les quatre évêques sacrés par Mgr Marcel Lefebvre.

En 2001, il avait célébré la messe de clôture du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté. Dans son homélie il avait rappelé :

Cardinal3"La fête du Christ-Roi est une célébration de la royauté sociale du Christ (Pie XI, enc. Quas primas), et pas seulement d'un je ne sais quel Christ cosmique trop lointain pour avoir des conséquences pratiques. Cela n'a rien à voir avec le retour de la théocratie ou d'un prétendu " ordre moral ", les chers ennemis pour lesquels nous prions beaucoup peuvent dormir tranquille de ce côté-là. Mais il est clair que si nous aimons le Christ, nous ne pouvons que vouloir vivre en cohérence avec sa présence, y compris dans nos responsabilités sociales. Gaudium et spes (n. 43) disait que " le divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d'un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps "

Quelle tristesse que de voir des hommes politiques persuadés que leur foi chrétienne est une question privée sans incidence sur les choix qu'ils ont à faire. Comme si l'on pouvait faire le moindre choix sans avoir de principes ! Comme si le Christ n'illuminait pas toutes les réalités humaines

Ceci dit, peu nous importe si nos sociétés ont apostasié : nous n'allons pas le ressasser ni leur en vouloir, cela fait au moins un siècle, et il est clair que les générations actuelles ne sont pas responsables des fautes de leurs pères. Ce qui nous importe, c'est, comme le disait le bienheureux Jean XXIII, " d'injecter la puissance de l'Eglise dans ce qu'on peut appeler les veines d'un peuple ", de sorte que l'Eglise ne soit pas une institution quelconque, imposée de l'extérieur (Encyclique Mater et Magistra ; CE décret Ad gentes n. 3), mais l'âme de la société, qui vivifie tout ce qu'elle y trouve de bon.

Ce qui nous importe, c'est de faire " venir à la lumière tous ceux qui pratiquent la vérité " (cf Jn 3, 21), et ils sont si nombreux autour de nous : tant de personnes qui ne connaissent pas le Christ, qui sont ignorantes de son message social, des conséquences pratiques de l'Evangile, et qui sont pourtant de bonne volonté, qui aspirent de tout leur cœur à un salut qui touche jusqu'aux institutions. Comment les rejoindre ? en témoignant à la fois des implications pratiques du christianisme, de sa capacité de créer et de régénérer la culture - il est savoureux, il est délectable, il est généreux, il procure la vraie joie, il est inventif - et dans le même temps, en témoignant de la vie éternelle, de la transcendance de Dieu. [...]"