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Hollywood : quand les studios contraignaient leurs stars à avorter

C'est sur Allo ciné :

"Dans l'âge d'or d'Hollywood, les toutes-puissantes Majors modèlent et façonnent -intellectuellement et physiquement- à leur guise les actrices, qui ne sont au final rien de plus qu'une valeur marchande. C'est qu'en signant son contrat avec le studio, pour une durée légale de 7 ans, la star se dépossédait d'elle-même et lui cédait aussi le contrôle de sa vie privée; le tout sous les auspices d'une clause de moralité. Une emprise d'autant plus violente et perverse qu'elle touchait même jusqu'à l'intime. Pour ne pas détruire leurs images glamours et immaculées patiemment façonnées par les Majors, et donc leurs carrières, certaines actrices furent obligées d'avorter par ces mêmes studios. Judy Garland, Bette Davis, Joan Crawford, Jean Harlow, Lana Turner... Nombreuses sont celles qui furent contraintes de se plier à ce terrible diktat, même si quelques contre-exemples existent, à l'image de Loretta Young, qui refusa de se faire avorter, mais fut contrainte d'accoucher dans une relative clandestinité. En d'autres termes, non seulement une grossesse surprise et parfois extra conjuguale aurait attiré la honte sur ces stars du box-office, mais en plus cela allait de toute façon à l’encontre de la politique des studios de cinéma. [...]

"Les avortements étaient notre contraception" disait une actrice anonyme à l'écrivaine et historienne Cari Beauchamp, dans son essai primé Without Lying Down : Frances marion & The Powerful Women of early Hollywood. Lee Israel, auteur d'une biographie sur la fameuse vamp hollywoodienne Tallulah Bankhead et publiée en 1972, écrivait qu’elle "se faisait avorter comme d’autres femmes se faisait une permanente". Lorsque la comédienne et chanteuse phénomène Jeanette McDonald se retrouva enceinte en 1935, le patron de la MGM, Louis B. Mayer, demanda personnellement à Howard Strickling de "se débarrasser du problème". Le publicitaire s'exécuta, et fit admettre Jeanette McDonald à l'hôpital, officiellement pour "une infection à l'oreille". [...]

Pour rester au rayon de la MGM, on peut aussi évoquer le cas de la sublime Ava Gardner. Alors qu'elle fut mariée avec Frank Sinatra de 1951 à 1957, elle lui dissimula son avortement."La MGM avait toute sorte de clauses de pénalité qui s'appliquaient lorsque ses stars avaient des enfants" confia un jour l'actrice à la journaliste Jane Ellen Wayne, qui travailla un temps pour la chaîne NBC, et auteure de plusieurs ouvrages sur l'actrice, dont The Golden Girls of MGM. "Si j'en avais un, mon salaire était amputé. Donc comment pouvais-je vivre ? Frank était fauché à ce moment-là, et mes futurs films devaient me faire tourner aux quatres coins du monde. Je ne pouvais pas me permettre d'avoir un enfant à ce moment-là. La MGM a fait tout le nécessaire en m'envoyant à Londres. Quelqu'un du studio était tout le temps avec moi. L'avortement fut fait très rapidement... Et très discrètement". [...]"

Et maintenant, qu'en est-il de la liberté de la femme ?...