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Le témoignage de Mgr Vigano : un message important sur les risques d’une infiltration homosexuelle

Aline Lizotte fait son travail de journaliste et, à partir des faits, interroge :

Images"[...] comment des dispositions aussi claires et obligatoires n’ont-elles pas été suivies d’actes ? Monseigneur Viganò prend son poste de nonce le 19 octobre 2011 et, lors du premier entretien qu’il a avec le cardinal Theodore McCarrick, il lui répète les dispositions auxquelles Benoît XVI lui aurait demandé d’obéir. Le cardinal s’en étonne, admet qu’il a peut-être dormi dans le même lit de quelques séminaristes et que, de toute façon, cela n’a aucune importance. Ce qui signifie en clair : pourquoi et comment a-t-il pu passer outre aux demandes de Benoît XVI ? C’est la deuxième révélation du témoignage de Carlo Maria Viganò, et elle porte sur un certain fonctionnement de la Curie.

En 2000, le nonce Montarlo envoie un rapport au secrétaire d’État, qui est alors Angelo Sodano, et qui le sera jusqu’en 2006. Ce rapport est appuyé, comme on l’a vu, par le Père Ramsey. Or rien ne bouge, et ce qui fait bouger Benoît XVI, c’est la supplique de Richard Sipe. Ce qui signifie que, probablement, la secrétairerie d’État n’a rien transmis au pape. On sait plus ou moins clairement aujourd’hui que Sodano aurait essayé de protéger Maciel, lequel – comme que le révéla à l’époque le National Catholic Reporter – l’aurait pourvu d’aide financière… Pourquoi n’en aurait-il pas fait autant pour Theodore McCarrick et pour la même raison ? Il suffit qu’un maillon soit inopérant pour que toute la chaîne se brouille. Il est toujours possible de dire que l’on ne sait pas, que l’on n’a jamais su, que l’on ne voit pas, quand aucune information n’est formellement transmise. C’est plausible, mais impossible à prouver.

C’est là où les arguments de Carlo Maria Viganò faiblissent, non parce qu’ils sont faux, mais parce qu’ils ne sont que vraisemblables et que, comme tels, ils ne sont que des présomptions. Il faudrait un véritable procès que l’on sait si bien faire dans le civil, mais qu’il est impossible de réaliser dans l’Église sans l’accord explicite du pape, qui est l’unique sujet absolu et suprême des trois pouvoirs de gouvernement : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Encore faut-il que le pape soit informé et que, même informé, on lui obéisse !

La troisième chose dont Carlo Maria Viganò veut nous faire prendre conscience concerne l’attitude du pape lui-même. Il y a traditionnellement à Rome une réunion des nonces. Le 21 juin 2013, le pape François reçoit tous les nonces, en la première année de son pontificat. Le nonce de Washington s’y rend, comme il convient, et découvre une longue amitié de Theodore McCarrick avec Jorge Bergoglio. Au début de la rencontre, l’archevêque de Washington rencontre, au tournant d’un couloir, Theodore McCarrick, qui lui annonce fièrement qu’il est envoyé par le pape en Chine. La phrase est provocante ; elle signifie que François ne tient aucun compte des dispositions de Benoît XVI le concernant. Il a la confiance du pape ; la preuve, il l’envoie en Chine ! Or Theodore McCarrick ne devrait pas voyager ! Après l’entretien officiel, chaque nonce se présente au pape. Carlo Maria Viganò est le dernier et se présente comme nonce à Washington. Il s’entend dire par François : «Les évêques des États-Unis doivent être des pasteurs et non des idéologues.» Phrase surprenante, pour laquelle le nonce demandera des explications au pape dans un entretien personnel accordé plus tard.

Le pape reprend : «Oui, les évêques aux États-Unis ne doivent pas être des idéologues, il ne doivent pas être de “droite” comme l’est l’évêque de Philadelphie ; ni de gauche, et quand je dis de “gauche”, je veux dire homosexuels.» Devant cette phrase sibylline, le nonce se tait, mais en profite pour dire qu’il ne savait pas quelle était l’amitié qui unissait Bergolio et McCarrick, mais qu’il y avait un dossier lourd décrivant son activité de corruption de la jeunesse. François ne bouge pas et ne fait aucun commentaire et n’interroge pas sur le contenu du dossier. Pour lui, était-ce une révélation ou connaissait-il bien la situation ? Nul ne le sait et nul ne peut le dire. Mais ce que comprendra plus tard le nonce apostolique, c’est que les mots qu’il s’était entendu dire sur les évêques américains «qui doivent être des pasteurs et non des idéologues» venaient en fait de Theodore McCarrick et manifestaient son opposition aux nominations par Benoît XVI de certain sièges épiscopaux tels que Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco. Si l’on est attentif aux faits, on peut voir aujourd’hui d’où viennent les soutiens et les critiques qui émergent comme une marée contre Viganò et ses révélations.

Que valent donc les révélations de Carlo Maria Viganò ? Les premières sont des faits incontestables : Benoît XVI a fini par apprendre la nature des actes de Theodore McCarrick et, sans tergiverser, il a fait ce qu’il fallait faire : lui ordonner de quitter toute tâche apostolique et de se retirer dans un monastère pour prier et faire pénitence. C’est aujourd’hui ce que l’on impose à tout jeune prêtre pour lequel il n’y a qu’un soupçon vraisemblable d’actes inappropriés. Or pour l’ex-cardinal Theodore McCarrick, il y avait plus que des soupçons d’actes inappropriés, il y avait de véritables accusations, plusieurs, et de plusieurs sources. Cependant, Theodore McCarrick n’est pas le petit prêtre d’un village obscur qui n’a pour se défendre que sa bonne foi. Il est un homme riche et très influent, et son influence, il l’a longuement cultivée. Comment a-t-il pu soumettre tant de personnes à son jeu ? Et quels ont été les motifs pour lesquels ces personnes ont accepté de couvrir ses actes ? Nous ne le saurons sans doute jamais, car pour le savoir, il faudrait un vrai procès canonique, lequel n’aura sans doute jamais lieu étant donné l’âge du suspect. De plus, s’il avait lieu, ces procès sont secrets. Mais avons-nous besoin de le savoir ?

Pour le moment nous pouvons accepter de penser que Carlo Maria Viganò est un homme intègre, loyal, courageux et compétent. Telle est l’opinion que ceux qui le connaissent bien ont de lui. Nous pensons que ce qu’il dit est vrai. Et nous le pensons en raison de son intégrité. C’est cette intégrité que l’on attaque actuellement, et on l’attaque à coup de boutoir de haine et de violence. Il est devenu dans la Presse (voir notre Revue de presse) le «salaud» qu’il faut descendre à tout prix. Il faut le discréditer radicalement, qu’il ne puisse plus dire un mot, qu’il soit interdit de parole à tout jamais. C’est peut-être une preuve que ce qu’il dit pourrait être vrai et que cela fait mal.

Pourquoi Carlo Maria Viganò a-t-il écrit ce qu’il a écrit ? Après tout, homme cultivé, ayant terminé sa carrière, à l’aise matériellement, il pourrait bien se retirer quelque part en Italie, où il fait si bon vivre. Mais Viganò ne pense pas comme cela. Il veut nous faire entendre un message et un message urgent : l’Église catholique est menacée par le mouvement homosexuel et non par la pédophilie. Car, contrairement à ce que l’on répand, Carlo Maria Viganò ne confond pas pédophilie et homosexualité, loin de là. Les agressions sexuelles dont il parle et qu’il reproche à Theodore McCarrick de les avoir commises sont des actes homosexuels – à notre connaissance les séminaristes ne sont pas des enfants dépourvus des signes de la puberté –, des actes qui, pour lui, n’ont pas d’importance ! À l’heure actuelle, dans l’Église, ne cherche-t-on pas a faire admettre l’opinion que l’homosexualité est de même nature que l’hétérosexualité, car ces tendances auraient les mêmes sources : la recherche de la tendresse et une satisfaction modérée de la sensualité. Alors que la pédophilie se rapprocherait de l’abus d’autorité !

Le cardinal Cupich se bat pour dire que le vrai problème, c’est le cléricalisme défini comme un abus d’autorité et portant en lui-même la tendance pédophilienne. Car, pour lui, ce qui définit le pédophile, c’est le besoin de dominer, c’est le fort contre le faible ! Au contraire, ce qui définit l’homosexualité, c’est la recherche naturelle égale et non dominatrice de la la tendresse, et le réconfort d’une amitié avec son semblable (same sex). Il faudrait réhabiliter l’homosexualité ! Rien que cela ! Sous l’influence du Père James Martin, s. j., qui vient d’être nommé consultant au Service de la Communication, faudra-t-il changer le texte du Catéchisme et, au lieu d’appeler l’acte homosexuel un «grave désordre», l’appeler maintenant, un «ordre différent» ?

Certes, Carlo Maria Viganò a renoncé à tout retranchement en désignant trop de personnes connues à la Curie et dans l’entourage du pape, comme emprisonnées sous l’influence des réseaux homosexuels. Parle-t-il dans le vent, sans connaissance de cause ? Il ne faut pas oublier qu’il a été gouverneur de la Cité du Vatican et qu’il connaît plus de personnes que nous ne pouvons le penser et vu plus de situations délictueuses que nous ne pouvons l’imaginer. Seulement, comme il n’apporte pas de «preuves» – et, pour qu’il y en ait, il faudrait une enquête ou des enquêtes canoniques serrées et un vrai procès ecclésiastique –, il prête le flanc à la démolition haineuse et violente. Mais si personne ne fait attention à l’alerte qu’il donne, où irons-nous ? Jusqu’à hisser un jour le drapeau du LGBT aux mâts du Vatican ?

Prendre connaissance de ces nouveaux faits, ce n’est pas percevoir un nouvelle réalité, un nouveau problème. Il y a, surtout dans la littérature américaine catholique, de nombreux auteurs qui multiplient les mises en garde contre l’infiltration de l’homosexualité dans l’Église et ailleurs, que l’on pense à Janet Smith, à Judith Reisman, à Richard Spite, au Père Enrique T. Rueda (The Homosexual Network, The devin Adair Compagny, Connecticut, 1982). [...]"

En attendant, le déballage se poursuit. Selon le vaticaniste Sandro Magister, le Pape aurait également couvert Mgr Ricca, en le promouvant à la direction de l’IOR (la “banque vaticane”) qui, lui aussi, est connu pour être un membre de la mafia LGBT. Plusieurs personnes auraient alors alerté le Pape sur les antécédents du sulfureux personnage, mais en vain (Sandro Magister lui-même avait déjà écrit un article sur lui, dès juillet 2013, intitulé sans ambiguïté: “Le prélat du lobby gay“).