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Quel est le scandale : celui des réseaux homosexuels ou celui d’un homme qui a décidé de parler ?

Extrait de l'éditorial de Philippe Maxence sur L'Homme Nouveau :

Capture d’écran 2018-09-08 à 15.03.16"[...] Dans le quotidien La Croix, par exemple, on peut lire ce titre à la fois banal et ahurissant : « Qui est Mgr Vigano, l’ex-nonce par qui le scandale est arrivé ? » (04/09/2018).

Il est normal pour un journal de donner à ses lecteurs à connaître qui est Mgr Vigano dont les fonctions anciennes n’ont pas été mises sur le devant de la scène, au moins de la scène française. Mais ne rajoute-t-on pas un scandale au scandale, en l’accusant d’être à l’origine de celui-ci ? Mais de quel scandale parle-t-on ? Quel est ce scandale qui devrait soulever les cœurs catholiques : celui de la pédophilie et des réseaux homosexuels au sein de l’Église ou celui d’un homme qui a décidé de parler ? En voulant nous remettre de force devant les yeux le panneau « un train peut en cacher un autre », il semblerait que certains ne mesurent pas combien ils se font complice de ce qui relève de l’horreur absolue pour un cœur et une âme catholiques.

S’il y a un scandale, il s’agit des faits révélés par Mgr Vigano et non d’abord parce que pour être en paix avec sa conscience, celui-ci a décidé de les divulguer au grand public. Il est quand même étrange, et donc suspicieux, de constater que les habituels défenseurs auto-proclamés des droits de la conscience, invoquée à tout bout de champ au nom du respect des droits de l’homme, de la liberté religieuse, de la véritable application de Vatican II ou du droit à la miséricorde, s’offusquent aujourd’hui de voir Mgr Vigano réclamait de vivre en paix avec lui-même. Ne nous y trompons pas ! Il ne s’agit pas ici d’une erreur ou d’un jugement hâtif mais de l’habituel procédé qui refuse la liberté aux ennemis (déclarés tels) de la liberté.

Ce faisant, sommes-nous, nous aussi, complices ? Complices, par exemple de Mgr Vigano ? On nous presse, en effet, de prendre parti. Avec cette idée en arrière-fond et son enchaînement pervers : si vous êtes pour Mgr Vigano, vous êtes contre le pape François, donc vous êtes de mauvais catholiques ou, pire, vous n’êtes même plus catholiques.

La preuve se trouverait dans le fait que Mgr Vigano a demandé au terme de son témoignage la démission du pape François.

Et alors ? Mgr Vigano a pris sa responsabilité, au regard d’une situation qu’il connaît et des affirmations qu’il a voulu faire connaître pour le bien de l’Eglise. 

Par la grâce de Dieu et par état de vie, nous sommes des laïcs, par notre baptême, enfants de Dieu et rachetés par le sang du Christ, au service de l’Église et de la cité, dans la perspective du bien commun. Mais, contrairement à la confusion qui s’est établie dans une partie de l’Église, nous ne confondons pas notre rôle avec celui des clercs et nous ne réclamons pas une partie (ni le tout, d’ailleurs) de ce qui leur revient. Nous croyons à la nécessité des distinction et nous croyons même au bienfaits des hiérarchies dès lors qu’elles s’exercent en vue du bien commun. Nous ne croyons pas non plus aux bienfaits supposés de la démocratie dans l’Église et à cette pureté qui s’imposerait comme par magie du fait qu’elle viendrait du bas. Plus encore, nous croyons que le Christ a fondé l’Église et qu’il l’a établie sur Pierre et les Apôtres et leurs légitimes successeurs.

Il ne nous appartient donc pas de demander la démission du Saint-Père, ni même d’œuvrer pour que d’autres la demande. Ce n’est pas notre vocation.

Encore une fois, Mgr Vigano a pris ses responsabilités, nous prenons les nôtres, là où nous sommes, en priant pour ne pas trop nous tromper et en espérant être assez éclairé pour bien servir le Christ et son Église.

Celle-ci dans son enseignement, s’est toujours appuyée sur ce que le pape Jean-Paul II appelait les « deux ailes » pour parvenir à la contemplation de la vérité : la foi et la raison. Non pas la foi isolée, seule, ni  non plus, la raison, également solitaire. Mais l’union féconde de l’une et de l’autre. On ne sépare pas ce que Dieu a uni.

Notre rappel des limites de notre vocation de laïcs, et notre maintien dans ces limites, nous enjoint de croire en la divinité de l’Église, mais ne nous interdit nullement de vouloir comprendre, au mieux, ce qui se passe actuellement au sein de celle-ci. 

Concernant plus précisément les faits révélés par Mgr Vigano dans son texte de témoignage, nous souhaitons, au fond, deux choses :

1°) Que chaque affirmation de Mgr Vigano soit étudiée et jugée selon le droit de l’Eglise. Ses affirmations sont suffisamment graves et précises pour que l’Église ne puisse se contenter de les balayer comme s’il s’agissait d’un simple mouvement d’humeur. Il y va au fond du salut des âmes.

2°) Que l’Eglise profite de cet événement pour se purifier et retrouver toute la fidélité à son fondateur et à sa mission, étant bien entendu que nous parlons ici des hommes d’Eglise et non de l’Eglise en tant qu’elle est le Corps mystique du Christ, sainte et immaculée.

Ici ou là, nous constatons que l’on accuse Mgr Vigano de telle ou telle pensée, de tel calcul, de tel désir plus ou moins caché, plus moins secret. Mais depuis quand dans l’Eglise juge-t-on les intentions et sonde-t-on les reins et les cœurs ? Depuis quand la calomnie est-elle devenue une vertu ? Même au confessionnal, si le confesseur peut prendre en compte les intentions qui lui sont révélées, c’est essentiellement les actes qu’il juge et pour lesquels il demande une réparation proportionnée.

Nous ne sommes ni les juges, ni les défenseurs de Mgr Vigano. Nous essayons, à notre mesure et selon nos capacités, d’être les serviteurs de l’Église. Avec saint Ambroise, nous nous souvenons que l'Église est “ immaculata ex maculatis ", immaculée mais constituée d'hommes tachés par le péché. [...]"