Avortement en Argentine : le vote du Sénat aura lieu le 8 août

Un lecteur argentin me communique ce texte :

Affiche AmbassadeL'Amérique latine est un peuple multiculturel, avec ses propres caractéristiques et qui se différencie des autres régions du monde, mais qui partage la défense des droits de l'homme dans toute son expression. Malheureusement, tout au long de notre histoire, nous avons souffert des périodes où ces droits ont été bafoués et même dans certains pays, ils continuent de se produire.

Aujourd'hui, nous nous réunissons pour exprimer notre soutien et notre solidarité avec la lutte que nos frères et sœurs argentins mènent avec une grande force pour la défense du droit essentiel que chaque membre de la famille humaine possède : le droit à la vie. La Ola Celeste (vague bleue) n'est plus seulement l'Argentine. Dans toute l'Amérique latine et les Caraïbes, nous sommes #PorLas2Vidas.

Dans toute l'Amérique latine, des manifestations ont eu lieu devant les ambassades de l'Argentine pour défendre le droit à la vie.

C'est pourquoi nous déclarons... :

Le point de vue selon lequel un être humain à naître est moins digne et n'a pas le droit garanti de naître n'est pas un point de vue caractéristique de notre culture latino-américaine, qui a toujours été caractérisée par un lien profond avec l'essence de l'être humain et de la nature. Cette vision matérialiste a été imposée artificiellement, avec des objectifs complètement différents pour le soin et la protection des femmes.

Depuis des décennies, l'Amérique latine est assiégée et soumise aux pressions de la plus grande organisation internationale au monde qui s'efforce de soutenir l'avortement libre : la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF). Cette organisation est le plus grand réseau de fournisseurs d'avortement dans le monde et pour atteindre ses objectifs a déployé une machine d'argent, de lobbying, d'activisme et d'endoctrinement, qui a obtenu des résultats dans le monde entier. L'Amérique latine n'est pas l'exception et la lutte que nos frères argentins mènent aujourd'hui est contre ce puissant empire de l'avortement.

Ce réseau international gère et finance différentes organisations et personnes depuis de nombreuses années, avec des contacts importants dans les médias, la politique, la culture et d'autres domaines d'influence, et a réussi à faire avancer son programme d'avortement dans plusieurs de nos pays. Les progrès des politiques d'avortement imposées dans nos pays ont été réalisés en ignorant et en informant mal l'opinion publique sur les droits de la personne humaine, qui sont protégés avant la naissance conformément aux normes internationales et aux obligations découlant de la Déclaration universelle des droits de l'homme, de la Convention américaine relative aux droits de l'homme, de la Convention relative aux droits de l'enfant et de la Convention relative aux droits de l'enfant, entre autres.

L'avortement est un acte de violence contre les femmes et leurs enfants, un mal social qui cache de profonds problèmes sociaux. L'offrir comme solution est une réponse inhumaine et indigne, qui ne fait rien pour améliorer la santé ou le développement des femmes et n'est pas non plus un mécanisme efficace pour prévenir les décès maternels.

Nous exigeons que les gouvernements de l'Argentine et de toute l'Amérique latine mettent fin au report des demandes réelles de nos peuples et de nos femmes et qu'ils promeuvent des politiques pour le développement et la protection des femmes et de leurs enfants, au lieu de promouvoir des lois sur l'avortement qui leur font du mal à tous les deux. Nous vous invitons à prendre soin et à promouvoir les droits des deux vies, à travailler pour une région qui progresse vers la protection de tous les êtres humains, qui est le seul chemin vers la paix et la prospérité pour nos nations.

 

 


La face cachée d'Ebola : les viols d'adolescentes

Lu ici :

"Il aura fallu attendre que l’année 2016 soit bien entamée pour apprendre qu’en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont vu leur nombre décupler pendant l’épidémie d’Ebola, à cause d’une multiplication des viols générée par la propagation du virus.

Dans certaines régions de Sierra Leone, les grossesses adolescentes ont augmenté de 65% durant l’épidémie d’Ebola, selon une étude publiée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Reste que les données sont très difficiles à obtenir, notamment parce que les victimes sont rares à déclarer leur agression. Une autre étude, menée conjointement par l’Unicef et les ONG Plan International, Save the Children et World Vision, estime que le nombre de grossesses adolescentes a quasiment doublé dans les régions touchées par Ebola.[...]

Une recrudescence qui n’a rien d’une coïncidence. Les épidémies infectieuses augmentent souvent la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles face aux violences, qu’elles soient ou non sexuelles –la faute à l’agitation et à l’instabilité civile que les épidémies laissent dans leur sillage.[...]

Viol-monrovia(Affiche d’une campagne de sensibilisation sur le viol à Monrovia le 30 novembre 2009)

L’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest est un cas d’étude. Les quarantaines, les couvre-feux, les fermetures d’écoles –autant de mesures sanitaires destinées à endiguer la propagation de la maladie– ont aussi augmenté le risque, pour les femmes et les jeunes filles, d’être victimes de violences et de viols, affirme Marie Harding, qui travaille au centre médical Star of the Sea installé dans West Point, l’un des plus grands bidonvilles du Liberia et lieu d’une désastreuse quarantaine de vingt-et-un jours durant l’épidémie.

Au plus fort de l’épidémie, les matchs de football ont été annulés et les bars fermés. Les hommes qui, d’habitude, menaient leur vie sociale en extérieur allaient être assignés à résidence, avec femmes et enfants. D’où des poussées de violence et de viols dans les foyers mis en quarantaine. Selon une étude menée au Sierra Leone par l’ONG Save the Children auprès de 617 jeunes filles rapportant des agressions violentes et des viols, la plupart des victimes l’ont été en quarantaine.[...]

Un danger que le confinement sanitaire n’est pas seul à augmenter. Dans une étude menée par l’ONG Plan International au Liberia, des mères déclarent avoir eu peur pour les filles qui ne pouvaient pas aller à l’école et qui devaient subvenir aux besoins de leur famille. Avec la faim, certaines ont échangé du sexe contre de la nourriture. Un phénomène d’autant plus saillant chez les orphelines d’Ebola, qui allaient devoir survivre par leurs propres moyens. Dans l’étude de Save the Children, 10% des enfants interrogés –dont beaucoup ont perdu au moins un parent à cause du virus– déclarent que les filles qui avaient perdu leurs proches à cause d’Ebola ont été obligées de se prostituer pour se nourrir et se loger."[...]

Les conséquences commencent seulement à apparaître, et elles sont graves car dans certains pays comme le Libéria, une adolescente enceinte n'a pas le droit d'aller à l'école, ce qui la relègue d'emblée dans la marginalité, puisqu'elle devra accepter n'importe quel travail très mal rémunéré pour vivre. Cette grande pauvreté handicape déjà l'avenir de son enfant.


Ebola : l'Afrique ne manque pas de médecins

Bernard Lugan, en fin connaisseur de l'Afrique, livre comme d'habitude une analyse au vitriol :

Blog"Les médias nous disent que si l'Afrique ne parvient pas à combattre Ebola c'est parce qu'elle manque de médecins. Faux ! L'Afrique a des médecins, mais ils ont émigré en Europe ou aux Amériques. Ceux qui furent formés en Afrique sont partis vers des cieux meilleurs et ceux qui le furent en Europe y sont restés... La vérité est que l’Afrique exporte ses personnels médicaux alors qu’en moyenne, elle compte moins de 15 médecins pour 100 000 habitants contre 380 en France.

En 2008, le Center for Global Development chiffrait à 135 000 les personnels médicaux africains (médecins, infirmiers et autres) exerçant hors d'Afrique, dont 28 000 médecins originaires d'Afrique sud-saharienne. S'il n'y a pas de médecins au Liberia, en Sierra Leone, en Guinée et au Mali c'est parce que ces déserteurs ont abandonné leur continent pour aller s'employer dans les pays du Nord.
 
Les conséquences de ce scandale sont clairement apparues le 26 novembre 2014, quand, pour tenter d'enrayer la propagation d'Ebola, la Commission européenne proposa de mobiliser 5000 (!!!) médecins européens. Le Commissaire à l'Aide humanitaire, M. Andriukaitis déclara ainsi qu'il avait « (...) appelé les ministres de 14 Etats membres pour les exhorter à envoyer plus de personnel médical dans les pays frappés par Ebola ».
Avant de faire appel aux médecins européens, pourquoi M. Andriukaitis n'a t-il pas songé à exiger des milliers de médecins africains exerçant au sein de l'UE, de se porter volontaires pour aller soigner leurs frères dans le malheur ?
 
L'exemple d'Ebola n'est pas isolé. Impuissantes, les autorités de Madagascar qui font actuellement face à une épidémie de peste viennent de lancer un appel à l'aide à l'Europe alors que des centaines de médecins malgaches exercent dans les limites de l'UE. Rien qu'en France, ils sont 770 (...)
 
Cette question des médecins africains dans l'UE est révélatrice de ce « grand remplacement » qui se fait à tous les niveaux de la société et que certains considèrent comme un « fantasme »(...) Disons le clairement, cette nouvelle forme de la traite des Noirs, porte sur les plus précieux des Africains, ses diplômés, et elle se fait avec l’habituelle complicité des « gentils » de l’anti-ségrégation et des requins du capitalisme associés pour la circonstance. Au nom du paradigme de la culpabilité qui les hante, les premiers s’interdisent de voir qu’en les accueillant, ils saignent l’Afrique. Les seconds les encouragent à venir au nom des lois du marché, du travail global et de la mobilité de la main d’œuvre.
Madame Taubira et le Cran sont étrangement silencieux sur cette question. Pourquoi ?"

Ebola : la France donne 9 millions d'euros à la Guinée

Samedi 13 septembre, la secrétaire d'État française au Développement et à la Francophonie Annick Girardin était à Conakry pour apporter l’aide de la France à la Guinée dans sa lutte contre Ebola.

"La secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie n’est pas venue à Conakry les mains vides. Non seulement Annick Girardin apporte le soutien moral de la France à la Guinée, mais également un soutien matériel et financier. Il s’agit de deux tonnes de matériel pour l’hôpital Donka – des masques, des gants, des tenues de protection et des gels antiseptiques –, mais aussi neuf millions d’euros pour mettre en place un nouveau centre de traitement et créer une antenne de l’Institut Pasteur." [...]


Patrice de Plunkett se met le doigt dans l'oeil

Trop heureux de s'en prendre à votre blog préféré, le journaliste qui ne sait pas aligner 3 mots sans accuser les autres d'"ultralibéralisme" (tout en vivant à Vaucresson et en écrivant chez Valmonde -Spectacle du Monde- un groupe proche du PCF et des décroissants, comme chacun sait...), prend prétexte de la tribune des 4 Vérités que j'ai relayée hier, pour sortir des insanités sur les catholiques qui ne pensent pas comme lui, le tout agrémenté de textes d'ecclésiastiques.

Si Patrice de Plunkett se donnait la peine de lire et de réfléchir, il aurait vu que le titre de ce post était entre guillemets et que j'avais pris la précaution d'avertir le lecteur en début de post. Mais le réflexe pavlovien a été plus fort : il fallait vomir sur cet infâme Salon Beige qui lui fait de l'ombre. Le Salon Beige n'est pas "pour" ou "contre" les OGM, car cela ne signifie pas grand chose.

D'abord, je ne crois pas que l'interdiction de la recherche sur les OGM soit un principe non-négociable, ensuite, j'ignore si l'auteur de cette tribune polémique (mais c'était le but afin de réveiller ceux qui mettent tous les 'OGM' dans le même panier et hurlent avec les loups sans émettre le début d'une réflexion) est catholique et j'avoue que je n'en sais rien car ce n'est pas le sujet, enfin son article ne défend pas Monsanto, mais la liberté de la recherche.

Pour terminer, je me permets de citer l'un des nombreux commentaires de ce post, un commentaire comme je les aime, sans insulte ni raccourci trop simpliste, avec des arguments de bon sens (mais avec lesquels personne n'est obligé d'être en accord !) :

"Etant agriculteur, je souhaiterai donner mon avis afin d’élargir cette réflexion. Je suis ce que l’on appelle un producteur de cultures dites « intensives », c'est-à-dire que je cultive (et cela depuis 2 générations) des espèces nécessitant beaucoup d’intrants (eau, engrais et pesticides) telles que la pomme de terre, la betterave sucrière, le haricot vert, le flageolet, le pois de conserve, les épinards mais aussi un verger de pommes et poires. Toutes les cultures citées sont mécanisées et toute intervention (apport d’eau, engrais et pesticides) est raisonnée scrupuleusement avec un tas d’indicateurs (observation biomasse, logiciels reliés à des stations météo dans la parcelle). Le but de mon métier est donc de produire de la qualité tout en raisonnant les interventions. Ma position sur les OGM est assez controversée. En effet, je ne suis pas un fervent défenseur des OGM (en tout cas de certains) bien que je pense que le passage est et sera nécessaire si l’on veut réduire ces intrants et continuer à nourrir la planète.

Je suis pour le développement des OGM suivants : Ceux qui permettent d’accroitre la productivité à l’hectare et cela sans mettre 1 gramme de plus d’engrais ou de pesticides donc réduction de ces intrants par tonne produite. Ceux qui donnent à une plante donnée, la faculté de résister aux phénomènes climatiques (manque ou excès d’eau, manque ou excès de chaleur). Ceux qui permettent de faire face à quelques maladies cryptogamiques comme le mildiou ou la tavelure qui sont des maladies extrêmement difficiles à combattre autrement que par des pesticides (NB : je considère la bouillie bordelaise, le soufre comme des pesticides car très nocifs lors d’applications fréquentes. A bon entendeur.) Ces trois « catégories » diminuent systématiquement les intrants.

Je suis en l’occurrence, tout à fait contre : Ceux qui résistent aux herbicides (desherbant total comme le glyphosate) et qui goinfrent les firmes phyto-pharmaceutiques car vente de produits à la clé. On peut faire face aux mauvaises herbes grâce au développement de plantes à capacité de couverture de sol rapide donc destruction par étouffement (cela se fait déjà par sélection naturelle mais l’évolution est très très lente car d’autres paramètres sont à prendre en compte lors de la recherche variétale). Ceux qui touchent au règne animal. Ceux qui réduisent les insecticides: phénomène de resistance.

Enfin, selon moi, le principal problème des OGM provient des investisseurs qui sont ni plus ni moins que les firmes phytos. Je pense qu’il faut le voir un peu comme les géants pétroliers qui ont engagés des millions de dollars sur le bio-éthanol, etc. De ce fait, ils font la pluie et le beau temps ! Ils en limitent l’accès voir l’interdisent… Il faut donc un encadrement précis des OGM si on veut développer une agriculture durable. Ce que je regrette le plus, c’est que la société ne se remette pas en cause face à un phénomène plus dramatique : le gaspillage des denrées alimentaires. Il est bel et bien présent à toutes les échelles (du producteur au consommateur). Connaissent-ils vraiment la valeur des choses et le sens du bien commun ?"


"Le combat contre les OGM relève de la barbarie et de l’obscurantisme"

Attention, chronique politiquement incorrecte, trouvée dans les 4 vérités :

"Après l’exception culturelle, voici l’exception culturale. Le conseil d’État vient d’annuler l’arrêté de mars 2012 qui interdisait en France la culture du maïs transgénique, mais Philippe Martin, le nouveau ministre de l’Écologie, cherche la parade et déclare que l’État est « d’une hostilité absolue à l’égard de ce qui est génétiquement modifié ». Notons que Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Écologie sous Sarkozy, avait défendu bec et ongles la même position.

Si l’on veut comprendre à quel point cette exception « culturale » est ridicule, il faut prendre conscience qu’il existait l’année dernière, dans le monde, 170 millions d’hectares cultivés en OGM par 17 millions d’agriculteurs dans 28 pays, dont les États-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil… Même Cuba vient de s’y mettre. Il y en avait déjà plus de 100 millions d’hectares voici six ans, et 1,7 million d’hectares il y a dix-sept ans ! On peut donc dire qu’on a eu tout le loisir d’en mesurer les effets.

Or, on n’a pas encore noté un seul cas d’intoxication et l’on n’a vu que des conséquences positives sur l’environnement. Ces plantes nécessitent moins d’eau et d’insecticides. Ainsi le maïs BT permet d’éliminer la pyrale et la sésamie, parasites très virulents, donc de diminuer ou d’éliminer les traitements phytosanitaires, ce qui devrait enchanter les Verts. L’utilisation de deux espèces de riz génétiquement modifiés en Chine a permis de réduire de 80 % l’utilisation de pesticides, ce qui a eu aussi comme conséquence d’améliorer la santé des agriculteurs.

Pour divers chercheurs de l’Institut National de Recherche Agronomique, il est clair aujourd’hui que les OGM représentent un immense espoir pour les pays pauvres. Norman Borlaug, docteur en agriculture de l’Université du Minnesota, Prix Nobel de la paix en 1970, Médaille d’or du Congrès, va plus loin. En 2005, il a déclaré qu’il ne voyait aucun moyen de nourrir la population mondiale sans recourir à des céréales génétiquement modifiées. Beaucoup de gens en France, autour de José Bové et d’ATTAC, expliquent qu’ils ne sont pas contre les OGM, mais voudraient que l’on n’en plante pas tant que l’on n’aura pas établi leur absence de nocivité au moyen de recherches appropriées. On se demande alors pourquoi José Bové et ses nervis ont commencé par le sabotage des installations de recherche. Les écologistes anti-OGM prétendent aussi que le développement des OGM est fait par des compagnies privées pour accroître leurs profits au détriment du tiers-monde. C’est faire preuve d’une ignorance qui confine à la stupidité :

  • D’abord, parce que beaucoup de découvertes utiles sont faites dans des universités et des instituts de recherche publics.
  • Ensuite, parce que les sociétés privées ont une incitation très forte à ne pas commettre d’erreur sur le plan de l’environnement ou de la santé. Pour elles, c’est simplement une question de vie ou de mort.
  • Enfin, parce que, si elles fabriquaient des produits qui coûtent plus qu’ils ne rapportent au fermier, fût-il du tiers-monde, ce dernier ne serait pas assez idiot pour les acheter.

Les ignorants prétendent aussi qu’avec les OGM, les agriculteurs sont obligés d’acheter les semences chaque année. Cela fait rire les agriculteurs, qui ne cultivent que du maïs hybride depuis plus de cinquante ans, et achètent déjà leurs semences chaque année. Le combat contre les OGM relève de la barbarie et de l’obscurantisme. Il nous rend ridicules dans les autres pays civilisés. Il a fait perdre beaucoup de temps à nos meilleurs chercheurs, dont certains ont préféré partir à l’étranger. Il diminue la compétitivité de notre agriculture et il a fait prendre un retard peut-être irréversible aux semenciers français qui comptaient pourtant parmi les meilleurs du monde."


L'Ethiopie se sacrifie aux sirènes internationales

Lu sur Radio Vatican :

"En Ethiopie, les projets d’agriculture commerciale des autorités ne laissent aucune chance aux villageois de la region de Gambella. Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch, 70 000 d’entre eux auraient déjà été chassés de leurs terres, sans compensation suffisante, déplacés vers des regions inadaptées, où elles manqueraient de “nourriture adéquate, de terres arables, de soins de santé et d’installations scolaires”.

Au moins 3,6 millions d'hectares, soit plus que la superficie des Pays-Bas, ont été loués à des sociétés étrangères ou appartenant à l'Etat depuis 2008 et les forces de sécurité ont utilisé la violence pour obliger leurs habitants à abandonner leurs terres. Ces mesures ont provoqué leur appauvrissement et menacent leur sécurité alimentaire".


La famine, arme de guerre et de gestion de la démographie

L'accusation est violente. Elle provient de Sylvie Brunel, ancienne présidente d’Action contre la faim et ex-épouse du ministre Eric Besson :

"La famine touche d’abord les populations délaissées, les clans dominés et les régions où vivent des citoyens de seconde zone. C’est une arme politique, née le plus souvent de l’indifférence du pouvoir envers certaines ethnies, parfois de leur volonté délibérée de vider des territoires".



"Un naïf qui s'assume"

A méditer :

P16 "Un naïf qui pose cette question: si le Pakistan avait tout récemment 1,4 milliard pour acheter des avions de chasse à Lockheed, pourquoi le Pakistan n'a-t-il pas 460 millions de dollars à consacrer à ses propres citoyens détrempés?

Je demande pardon à la Croix-Rouge, à CARE, à Oxfam et aux autres ONG, mais je ne donnerai pas un cent pour les efforts humanitaires au Pakistan.
Je ne donnerai pas un cent pour le Pakistan parce que le Pakistan n'a jamais de problème à acheter, ou à se faire financer, du matériel militaire.
Je veux bien donner pour Haïti, petit pays qui n'a rien (hormis des dirigeants corrompus). 
Je veux bien donner à l'Afrique, c'est la moindre des choses.
[Las! L'Afrique n'est pas exempte de corruption... mais nous entendons...NdManants]

MAIS ... je ne donnerai pas pour le Pakistan comme je ne donnerai pas pour les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans qui sont privés d'un gagne-pain depuis la fuite de pétrole causée par BP dans le golfe du Mexique.
Le chanteur Zachary Richard est sur le point d'enregistrer, avec plusieurs artistes québécois, un CD dont les profits seront distribués aux pêcheurs de La Nouvelle-Orléans. Il y aura ensuite un concert-bénéfice.

C'est très bien, les concerts-bénéfice. C'est très bien, la charité musicale. Et je sympathise avec les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans.

Mais, et c'est encore un naïf qui parle, je me demande pourquoi je devrais donner un sou aux habitants du pays le plus riche de l'histoire de l'humanité, dont le gagne-pain a été saccagé par une giga-multinationale jouissant d'une capitalisation boursière de 120 milliards US au sein d'une des industries - l'énergie - les plus lucratives de la planète.

Il me semble que les États-Unis d'Amérique, que BP, que l'industrie de l'énergie ont assez de fric pour dédommager les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans et leurs familles et les descendants de leurs familles jusqu'en 2060, au moins (...)

Pp C'est un système pour élitistes, pour l'élite et par l'élite, dit Riyaz Hussein Naqvi, fonctionnaire pakistanais à la retraite, qui a travaillé comme percepteur d'impôts pendant 38 ans. C'est un système biaisé où le pauvre subventionne le riche.»

Ce qui n'était pas dans le Times, mais que vous saviez probablement déjà - je sais que vous dévorez les pages internationales des quotidiens -, c'est que le Pakistan possède l'arme nucléaire. En fait, des dizaines de missiles nucléaires.

Donc, si je résume...
Le Pakistan est une oligarchie qui permet aux riches de ne pas payer d'impôts. 
Le Pakistan a du fric pour acheter des F-16. 
Le Pakistan a du fric pour entretenir un arsenal atomique capable de détruire la moitié de la planète?
Je ne suis pas naïf à ce point-là : le Pakistan a donc les moyens d'aider son peuple".

Sur la même question.


Mobilisation générale pour Haïti : prière et aide d'urgence

Lu sur le site de l'AED :

Haiti "L’AED débloque une aide d’urgence de 50 000€ pour venir en aide aux Haïtiens. Le Nonce apostolique, Mgr Bernardito Auza, assurera la gestion et la distribution de cette aide de première nécessité qui permettra d’acheter eau, nourriture, médicaments, abris temporaires. Dès que possible, l’AED débloquera, selon les besoins de nos partenaires locaux, des aides de reconstruction (...)

L’archevêque de Port-au-Prince, Serge Miot, est mort dans le tremblement de terre, et mardi après-midi, nous étions toujours sans nouvelles de Mgr Charles Benoît, l’un des deux vicaires généraux. Mgr Simon Saint-Hillien, le second vicaire général, est sain et sauf.
L’agence Misna rapporte que 200 séminaristes de la Congrégation des missionnaires Salésiens seraient ensevelis sous les décombres. Huit séminaristes de la communauté des Monfirtaines seraient morts, alors qu’un prêtre aurait été tué. Selon le nonce apostolique, Mgr Bernardito Auza, 9 séminaristes diocésaiins sont morts et 4 autres toujours portés disparus. Tous les séminaires et les églises sont réduits à des tas de gravats, et des centaines prêtres seraient sous les gravats (...)"

Vous pouvez faire un don ponctuel ici et/ou offrir une messe ici.

La photo représente la cathédrale de Port-au-Prince qui a été entièrement détruite, sauf le Crucifix, resté intact. 


Heureusement que la Guinée Equatoriale ne compte que 100 députés et non 577 comme en France...

La Guinée équatoriale doit organiser cette année une élection présidentielle, dont la date n'a pas encore été fixée. En attendant, les cent députés de l'Assemblée nationale équato-guinéenne ont reçu chacun un 4X4, d'une valeur unitaire comprise entre 38 et 46 000 euros. Selon un membre du bureau de l'assemblée nationale, il ne s'agirait pas d'un cadeau car ces 4X4 auraient "été distribués à titre individuel. Chacun doit le payer, ce n'est pas un don mais une facilité faite par l'Etat pour garder une image digne (des) fonctions".

Le montant de l'Aide Pour le Développement apporté par la France à la Guinée Equatoriale s'élève chaque année à environ 3,5 millions d'euros... 

Philippe Carhon 


Le consensus néo-malthusien contre la vie

Dans un article, Sed Contra renvoie dos à dos les partisans de la décroissance et les mathusiens :

"Edgar Pisani, qu’on ne consulte plus souvent, est venu porter sa voix samedi dernier sur France-Inter aux nombreux “alter mondialistes” partisans de la “croissance zéro” : le monde – répètent-ils – ne pourra plus nourrir les hommes dans des délais très brefs ; il faudrait donc stopper dès aujourd’hui la progression économique et démographique des sociétés humaines sur toute la surface du globeSedcontra pose la question de savoir s’il ne faudrait pas plutôt refondre tous les paramètres de la croissance dans le sens d'un plus grand respect de la nature elle-même, et d’un meilleur épanouissement de la personne humaine, seul bien commun des hommes – fondement et fin de toute société temporelle. [...] La vie de notre planète ne se réduit pas à un simple réseau de structures et de relations quantitativement définies, dont un ordinateur pourrait tirer des prévisions certaines et datées. [...] Voyez le cas du continent africain, celui qui souffre le plus cruellement de sécheresse et de malnutrition. Il se trouve que c’est aussi le continent le moins “exploité” du monde d’un point de vue agricole [...]

Il ne s’agit donc pas de stopper à tout prix, au nom des vertus futurologistes de l’ordinateur, la croissance économique et démographique des sociétés humaines sur toute la surface du globe. Mais bien de trouver à orienter l’une et l’autre dans le sens d’un plus grand respect de la nature elle-même et d’un meilleur épanouissement de la personne humaine – fondement et fin de toute société temporelle depuis la nuit des temps.

Entre la réduction en esclavage par le Profit, et la réduction en esclavage par le Parti – ou plutôt par-delà cette peste et ce choléra –, il doit bien exister [...] quelque voie plus difficile mais plus royale, au service de laquelle chacun retrouve à respirer, croître, produire et aimer... Ce n’est pas un rêve. Cette voie existe : c’est la société chrétienne."

Michel Janva


Que faut-il penser des OGM ?

Vos blogueurs vous proposent selon leur mode habituel leurs réflexions sur une question d'actualité controversée, les OGM. Nous espérons qu'elle sera un apport intéressant sur ce problème à la fois important et complexe. Ce post servira également de droit de réponse à la diatribe outrancière et mensongère que Patrice de Plunkett glisse à notre encontre -car il s'agit bien du SB- dans un commentaire [3e commentaire]. Il est dommage qu'un journaliste catholique ne sache pas dépasser sereinement ce genre de querelle au nom du combat commun, mais nous ne nous étendrons pas plus sur cet écrit dont nous vous laissons juger la hauteur de vue, la charité et la véracité.

La tâche de parler des OGM est rendue difficile par le nombre de questions d'ordre moral, économique, politique ou social qui s’entremêlent autour de cette problématique. C’est pourquoi, plus que la prétention d'une réponse toute faite ou tranchée comme les médias les aiment, nous vous proposons la trame de notre réflexion avec des liens pour approfondir les différents points.
Précisons avant tout que l’Eglise, si elle a initié sa réflexion sur ce sujet depuis plusieurs années, n’a pas encore de position officielle sur la question.

1 - Quid des OGM ?

La transgénèse est une technique consistant à introduire un ou plusieurs gènes (présentant des caractères jugés intéressants) dans des cellules végétales ou animales pour le ou les transmettre aux générations successives. L’organisme ainsi transformé est appelé organisme génétiquement modifié (OGM) ou organisme transgénique. De nombreuses céréales sont ainsi modifiées : blé, maïs, colza, etc. Il s’agit bien d’une technique issue de manipulations génétiques.

2 – L’actualité des OGM

Depuis 1999, un moratoire était en vigueur qui interdisant la diffusion et la culture des OGM dans l’Union européenne. Celui-ci a pris fin le 19 mai 2004 à la suite de l’aboutissement d’un accord des Quinze sur l’étiquetage et la traçabilité des OGM.
Le Parlement français avait depuis autorisé l’expérimentation des plantes transgéniques en plein champ, sachant que dans le monde 56 % du soja, 28 % du coton et 14 % du maïs sont génétiquement modifiés, créé le Conseil des biotechnologies qui sera composé de scientifiques et de représentants de la société civile et fait part de son intention de légiférer ultérieurement sur les OGM en prenant pour base les 60 propositions contenues dans le rapport de la mission parlementaire créée à cet effet et s’inspirant des directives européennes en attente de transposition.

Hier a été adoptée par le Parlement français une loi sur les OGM qui, une fois encore, n’est en grande partie que la transposition dans le droit français de directives européennes de 2001. Nous ne nous étendrons pas sur cette loi, mais il convient de rappeler qu'elle légifère sur les OGM en France (recherche, culture et consommation) mais ne dit rien de l'importation de produits OGM.

3 – L’état des travaux de l'Église sur les OGM.

Au Vatican : En 2003, le Conseil pontifical "Justice et paix" a organisé un séminaire sur le thème "OGM : menace ou espérance ?". Comme l’explique le cardinal Martino dans son discours d’ouverture :

"Il s'agit, dans ce cas également, de donner suite à une exigence profonde et essentielle de la mission religieuse et morale de l'Eglise, celle d'éclairer de la lumière de l'Evangile tout ce qui concerne la promotion de l'homme et l'affirmation de sa dignité. L'Eglise le fait, en respectant la loi naturelle, en mettant à profit les résultats de la recherche scientifique, en actualisant le message des Ecritures saintes et en appliquant les principes de sa doctrine sociale ».

Il ajoute :

"La domination de l'homme sur les autres êtres vivants, toutefois, ne doit pas être une domination despotique et démente; au contraire, il doit "cultiver et protéger" les biens créés par Dieu. Des biens que l'homme a reçus comme un don précieux, placés par le Créateur sous sa responsabilité".

De cette vision des limites naturelles fixées à l’homme par le Créateur, il définit le sens de ce devoir de cultiver :

"L'homme, doté d'une intelligence grâce à laquelle il est capable de saisir le sens des choses, doit protéger les biens de la terre, qu'il a reçus en don. Doté de la capacité de découvrir les causes, les lois et les mécanismes qui gouvernent les êtres, vivants ou non, et par conséquent capable d'intervenir sur ceux-ci, il doit utiliser ces capacités pour "cultiver" et non pour détruire.
Cultiver signifie intervenir, décider, faire, ne pas se résoudre à ce que les plantes poussent au hasard.
Cultiver signifie améliorer et perfectionner, afin que viennent des fruits meilleurs et plus abondants.
Cultiver signifie mettre en ordre, nettoyer, éliminer ce qui détruit et abîme.
Cultiver représente le meilleur moyen de protéger".

Les conclusions de ce séminaire ne sont pas encore, à notre connaissance, accessibles sur internet.

Trois autres actions intéressantes :

En 2002, trois jésuites qui avaient contribué à la discussion qui mena au refus de la Zambie d’accepter du maïs OGM en provenance des Etats-Unis ont estimé que l’enseignement social de l’Eglise qui se base sur quatre principes (le bien commun, l’option pour les pays pauvres, la subsidiarité et la solidarité) va à l’encontre des mouvements géo-politiques et libéraux que préconisent les OGM.

En 2003, la commission sociale des évêques de France a publié ses réflexions :

"Mais ce qui est techniquement réalisable n'est pas toujours moralement acceptable: la régulation de ces innovations appelle une réflexion éthique approfondie, une autorité politique incontestée aussi bien face aux pressions des lobbies financiers qu'aux fluctuations émotionnelles de groupes laissés sans repères (...)
C'est pourquoi les applications des OGM ne devraient être développées que si elles procurent des bienfaits humains et écologiques significatifs. Il est prudent d'éviter des applications qui risquent plutôt de conduire à la dissémination des gènes ou de menacer la biodiversité (...)
Derrière les OGM, il y a des enjeux économiques considérables, qui intéressent les grandes firmes dont l'objectif est de s'assurer une position dominante sur le marché mondial. Si les OGM présentent des avantages, il est impossible d'exclure la question : « Quels avantages et pour qui ? »"

Plus récemment, Monseigneur Hubert Barbier, archevêque de Bourges et membre du Comité épiscopal Monde Rural s’est prononcé sur l'approche du problème et la façon dont il fallait réfléchir sur cette épineuse question. Il pose deux principes :

"Premier principe fondamental de notre contribution sur la base de la charité que nous pouvons avoir : faire en sorte que ce monde se développe et qu’il se développe d’une manière unie. Deuxième principe, il faut réfléchir et oser une parole".

Il aborde en conclusion le problème de la dose de risque à accepter face à toute nouveauté et conclue :

"Comment par ailleurs gérer précaution et solidarité ? Il peut y avoir aussi conflit de devoir. Il peut y avoir conflit d’intérêt et il faut savoir pour qui ? Il ne faut pas être naïf, il faut savoir à qui profitent les manières d’agir et de réagir d’aujourd’hui à propos des risques et du principe de précaution".

4 - Les enjeux en France et dans le cadre de la mondialisation

Ils sont de plusieurs ordres : moraux, sociaux, écologiques, économiques, etc.

Sur le plan moral, des questions restent ouvertes : Est-il acceptable que l’alimentation de tous soit entre les mains de seules firmes internationales ou petit à petit le devienne? Est-il licite de modifier les structures de la Création et à quels risques? De telles expériences peuvent-elles être menées à une telle échelle sans que les risques humains, sanitaires ou écologiques n’aient été véritablement mesurés ?

Sur le plan écologique, aucun scientifique ne s’est prononcé sur les conséquences à long terme de la transgénèse. Face à cette inconnue, des risques sont effectivement pris sur les répercussions sur les organismes humains et sur la Création.

Sur le plan économique, le risque majeur devenu aujourd’hui une réelle menace est l’appropriation du marché par de grandes firmes internationales qui peuvent détenir à elles seules la main-mise sur l’alimentation dans le monde. Ce monopole économique sur un point aussi vitale est humainement irrecevable. Il y va de l'indépendance des pays et du devoir des Etats d'assurer la sécurité et la vie de ses ressortissants.

Enfin, sur un plan politique, l’obligation faite à la France de transposer les directives européennes lui enlève tout pouvoir d’ouvrir une réflexion morale, économique ou sociale et de pouvoir en tenir compte. L'indépendance politique de la France n'étant plus, c'est bien vers les structures européennes et non vers leurs exécutants du Parlement français qu'il faut désormais se tourner. A ce titre on peut s'interroger sur les réelles motivations des opposants médiatiques aux OGM, qui connaissent pertinemment le rôle de la Commission européenne sur ce sujet et qui ne le dénoncent pas.

5 - Pistes de réflexion

En effet, il ne semble pas exister, en dehors de toute idéologie, de réponse toute faite à l'ensemble des interrogations levées par la complexité du problème des OGM :

La parole du Pape sur le rapport entre paix et respect de l'environnement :

"le respect de la nature est étroitement lié à la nécessité de tisser entre les hommes et entre les Nations des relations dans lesquelles on porte attention à la dignité des personnes et qui puissent satisfaire leurs besoins authentiques. La destruction de l'environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre engendrent des déchirures, des conflits et des guerres, justement parce qu'ils sont le fruit d'une conception inhumaine du développement. En effet, un développement qui se limiterait à l'aspect technique et économique, négligeant la dimension morale et religieuse, ne serait pas un développement humain intégral et finirait, parce qu'il est unilatéral, par encourager la capacité destructrice de l'homme".

Le compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise apporte sa contribution sur l'usage des biotechnologies (paragraphes 472 à 480) :

"Les nouvelles possibilités offertes par les techniques biologiques et biogénétiques actuelles suscitent, d'une part, espoirs et enthousiasmes, et, d'autre part, alarmes et hostilités. Les applications des biotechnologies, leur licéité du point de vue moral, leurs conséquences pour la santé de l'homme, leur impact sur l'environnement et sur l'économie, font l'objet d'études approfondies et d'un vif débat. [...]

La vision chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la licéité des interventions de l'homme sur la nature [...] Les biotechnologies modernes ont un fort impact social, économique et politique, au plan local, national et international. Elles doivent être évaluées selon les critères éthiques qui doivent toujours orienter les activités et les rapports humains [...] Dans un esprit de solidarité internationale, différentes mesures peuvent être mises en œuvre quant à l'usage des nouvelles biotechnologies.

  • Il faut faciliter, en premier lieu, des échanges commerciaux équitables, libres de contraintes injustes. [...]
  • Il est indispensable de favoriser aussi la maturation d'une autonomie scientifique et technologique
  • Les scientifiques et les techniciens engagés dans le secteur des biotechnologies sont appelés à travailler avec intelligence et persévérance dans la recherche des meilleures solutions à apporter aux problèmes graves et urgents de l'alimentation et de la santé. [...]
  • Les entrepreneurs et les responsables des organismes publics qui s'occupent de la recherche, de la production et du commerce des produits dérivés des nouvelles biotechnologies doivent tenir compte non seulement du profit légitime, mais aussi du bien commun. [...]
  • Les politiciens, les législateurs et les administrateurs publics ont la responsabilité d'évaluer les potentialités, les avantages et les risques éventuels liés à l'utilisation des biotechnologies. Il n'est pas souhaitable que leurs décisions, au niveau national ou international, soient dictées par des pressions [...]
  • Les responsables de l'information aussi ont une tâche importante, à accomplir avec prudence et objectivité. La société attend d'eux une information complète et objective, qui aide les citoyens à se former une opinion correcte sur les produits biotechnologiques, surtout parce qu'il s'agit de quelque chose qui les concerne personnellement en tant que consommateurs possibles. Par conséquent, il faut éviter de céder à la tentation d'une information superficielle, alimentée par des enthousiasmes faciles ou par des alarmismes injustifiés."

Nous ouvrons nos commentaires aux apports constructifs (liens, écrits, etc.) afin de contribuer au bien commun dans la vérité et la Charité.

Le Salon Beige


La colonisation a été bénéfique

Dans Présent (article en accès libre), Jean Madiran réagit aux propos de Nicolas Sarkozy :

"Le pape Pie XII avait, en 1955 et en 1957, solennellement averti les peuples hors d’Europe aspirant à l’indépendance qu’ils devaient «reconnaître à l’Europe le mérite de leur avancement», sinon, privés d’une «influence de l’Europe étendue à tous les domaines», ils tomberaient «dans le chaos ou dans l’esclavage».

Cet avertissement s’appliquait tout spécialement à la France et à l’Algérie. Il n’a été entendu ni de l’Algérie, ni de la France."

Michel Janva


Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres!

C'est Claude Allègre qui le dit! Dans sa tribune à l'Express.

Allgre Dans les années 1970, les mondes politique et économique furent interpellés par un slogan: «Halte à la croissance!» [...] On voit réapparaître la même philosophie sous des formes à peine modifiées.

Ces idées ne sont ni plus ni moins que celles de Malthus, suivant lesquelles la population augmente selon une progression géométrique, alors que les ressources naturelles ne croissent qu'en progression arithmétique. Il proposait de modérer la fécondité des pauvres afin qu'ils puissent nourrir leurs enfants!

Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres! C'est une vision de riches! L'homme doit certes trouver un équilibre avec sa planète, mais en faisant entrer l'écologie comme l'un des moteurs de l'économie.

Comme le fait remarquer l'institut Hayek:

Question : mais que fait Claude Allègre au Parti socialiste ?

Pierre Nicolas


Benoît XVI appelle à "changer le modèle de développement global"

Lors de son Angelus de ce midi :

À ses disciples, Jésus a enseigné à prier en demandant au Père céleste pas "le mien", mais "notre" pain quotidien. Il a voulu ainsi que chaque homme se sente responsable de ses frères, pour qu'il ne manque à personne, le nécessaire pour vivre. Les produits de la terre sont un don de Dieu destinés  "pour la famille humaine toute entière".

Et nous touchons ici un point très douloureux: le drame de la faim qui [...] demeure très grave [...]. Comment faire front à cette situation qui, dénoncée plusieurs fois, ne donne aucun signe d'amélioration, au contraire, pour certains, on va vers une aggravation ? Certainement il faut éliminer les causes structurelles liées au système de gouvernement de l'économie mondiale, qui destine la plupart des ressources de la planète à une minorité de la population. Une telle injustice a été stigmatisée en différentes occasions par  mes vénérés prédécesseurs, les serviteurs de Dieu Paul VI et Jean Paul II. Pour agir sur une vaste échelle il est nécessaire de changer le modèle de développement global car désormais non seulement le scandale de la faim mais aussi les problèmes énergétiques et de l'environnement l'exigent. Toutefois, chaque personne et chaque famille peut et doit faire quelque chose pour soulager la faim dans le monde en adoptant un style de vie et de consommation compatible avec la sauvegarde de la création et avec des critères de justice envers ceux qui cultivent la terre dans chaque Pays.

Henri Védas


Parade Gay à Jérusalem : 12 000 policiers

La parade gay prévue vendredi à Jérusalem, malgré les nombreuses protestations des autorités religieuses juives qui ne voulaient pas voir la Ville sainte ainsi souillée aura bien lieu. Les promesses des organisateurs pleuvent :

"Elle ne sera pas provocante. Il n'y aura ni chars carnavalesques ni hommes nus, et cela ne se passera pas dans le voisinage d'églises, synagogues ou mosquées".

Certes, mais elle aura lieu quand même. La police essaie d'organiser un parcours éloigné des sites religieux qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs. Pas moins de 12 000 policiers seront mobilisés, tant la sécurité de la population et des manifestants est menacée. La prévision de tels troubles devraient suffire à annuler cette mascarade.
Quand on sait qu'en France, on annule des manifestations sans préavis par l'idée que se font certains des risques de contre-manifestation, la différence de traitement est de plus en plus évidente...

Lahire


Le micro-crédit à l'honneur

Le consensus, en matière d'aide au développement, évolue plutôt dans le bon sens : la grande idée à la mode, depuis quelques années, c'est le "micro-crédit". Aujourd'hui, le Prix Nobel de la Paix en récompense conjointement deux propagateurs.

Le principe du micro-crédit est simple : prêter aux pauvres afin qu'ils puissent faire démarrer de très petits projets, commerciaux, agricoles ou artisanaux. Mais ces pauvres étant insolvables, le prêteur se repose sur un autre principe : les demandeurs doivent emprunter par groupe, chacun se portant caution pour les autres.

Autant dire que le système repose sur une forme de discrimination. Au minimum, celle que va pratiquer un groupe d'emprunteurs, quand il se constitue : la banque demande en fait aux pauvres de faire "leur propre police" en se cooptant, car ne seront admis dans le groupe que des gens qui, bien que pauvres, sont réputés fiables et travailleurs. Cette discrimination est parfois plus systématique encore : certains projets ne prêtent qu'à des femmes, l'expérience prouvant que dans tel ou tel pays elles sont plus fiables que leur mari.

Cet exemple montre l'inanité du discours condamnant "toute forme de discrimination" : il faudrait dire "toute forme de discrimination injuste", car certaines discriminations sont légitimes et sont même la conditon de la vie en société.

Henri Védas


L'aide française au développement : tableau d'honneur ou bonnet d'âne ?

Tabapdmonde2Nos dirigeants aiment claironner que la France est, dans son aide aux pays du Sud, "le plus généreux donateur du G7", et diffuser des statistiques flatteuses comme le tableau ci-contre sur l'APD (aide publique au développement).

Le Monde d'hier rapportait cependant qu'un think tank sur le Développement (site) classait la France au 18e rang de 21 pays riches pour son engagement en la matière.

Ce classement, qui contredit certaines idées reçues, ne se contente pas d'additionner des milliards de dollars où se mélangent dons et annulations de dette, aides humanitaires et efforts militaires. Dans les sept domaines affectant le développement, il prend en compte aussi bien les masses financières que les législations et même la moralité des pays bénéficiaires.

On pourra se consoler en contestant certains critères de l'institut sont contestables : il donne notamment une prime aux Etats qui favorisent l'immigration... et attribue une mauvaise note à la France (sans doute ne prend-il pas en compte les illégaux) !

Mais le classement met également le doigt sur de vraies faiblesses de l'aide française : les chiffres de l'aide publique, toujours mis en avant, cachent mal qu'elle se classe au 13e rang pour l'aide privée. Elle est surtout classée 19e quant au choix des bénéficiaires de l'aide, souvent pas si pauvres et assez peu démocratiques. L'un des principaux bénéficiaires (rapporté au nombre d'habitants) est le Gabon, un des pays les plus riches d'Afrique...

Henri Védas


Français, payez les premiers !

La France sera le premier pays au monde à mettre en oeuvre le 1er juillet prochain une taxe sur les billets d'avion destinée à financer l'aide au développement. Présentée en conseil des ministres le 23 novembre dernier et adoptée par le Parlement le 22 décembre dans le cadre du budget pour 2006, cette taxe doit rapporter 200 M€ en année pleine. Le prélèvement prendra la forme d'une contribution d'1€ sur les billets pour des vols en classe économique vers l'espace économique européen, et de 4€ en dehors du continent européen. La taxe sera de 10 à 40€ maximum pour les billets en classe affaire et en première classe. Les passagers en correspondance ne seront pas concernés.

Pour aider les pays pauvres à se développer, il faut surtout arrêter de les vider de leurs élites.

Michel Janva


L'argent de la lutte contre le sida

Afrique_sida L’organisation non gouvernementale Alliance of Mayors and Municipal Leaders on HIV/AIDS in Africa (AMICAALL) fait partie de ces organismes qui ont pour objectif de lutter activement contre le sida en Afrique, continent le plus touché par le fléau. Vocation noble, mais réalité moins glorieuse... AMICAALL est présente sur le terrain avec plusieurs bureaux de représentations en Afrique, des conférences sur le thème du sida sont également tenues sur le territoire africain et auxquelles l’Alliance ne manque pas de participer.

Pour ce faire, AMICAALL dispose d’un partenariat avec l’Organisation des Nations Unies qui lui alloue un budget... dont l’usage dépasse peu les frontières de la Suisse, où est installé le siège qui gère ces fonds, ainsi que le compte en banque de la directrice, Mme Mauerstein-Bail. La lutte contre le sida se transforme ainsi en lutte contre les fins de mois difficiles de la responsable, qui n’est cependant pas avare en payant volontiers des stagiaires désoeuvrés et très peu actifs avec les fonds onusiens. Pendant que certains meurent du sida, d’autres en vivent... Et pourtant, pas besoin d'argent pour prêcher l'abstinence.

Michel Janva


Bono parle d'Aide à l'Afrique à la Maison Blanche

Le chanteur du groupe U2 a participé au "petit-déjeuner de prière" annuel de la Maison-Blanche, devant un parterre très oecuménique de personnalités relieuses et politiques. Le militant pour l'aide au développement a prononcé un discours étonnant, parsemé de références à l'Ecriture, que certains ont qualifié d' "homélie". Le sens de ce discours (ici, v.o.), quand il a été rapporté par les médias, a été dénaturé.

Bono y a raconté comment il avait redécouvert la religion à travers sa campagne pour la remise de la dette des pays les plus pauvres lors du Jubilé de l'an 2000. Il a même, horrifiant sans doute beaucoup de ses amis, loué les efforts du gouvernement Bush en faveur de l'Afrique depuis le "11 septembre" :

[V]ous avez doublé l'aide à l'Afrique. Vous avez triplé l'aide à la santé. [...] C'est une réussite humaine remarquable, qui va à l'encontre des idées reçues. C'est historique. Soyez-en fier, soyez-en très fier.

Tout en se disant sans illusion sur le caractère "déplacé" d'une "rock star" qui donne des leçons puis retourne dans "sa villa dans le Sud de la France", il a rappelé que les pauvres sont mentionnés 2.100 fois dans la Bible, et a appelé les Etats-Unis à augmenter d'un point de pourcentage la part de l'aide au développement dans leur budget fédéral.

Ce discours portant sur les moyens à consacrer à l'aide passe à côté de la question la plus délicate : comment dépenser cet argent, pour qu'il fasse plus de bien que de mal ? Mais il a le mérite de rompre avec les poncifs tiers-mondistes habituels : comme on l'avait remarqué lors de la parution du rapport la Commission pour l'Afrique, ou chez Bob Geldof, on assiste à une salutaire dé-marxisation de la réflexion sur l'aide au développement.

Henri Védas


Laura Bush défend l'abstinence en Afrique

Laura Bush, la femme de George W., est en visite en Afrique de l'ouest. Au Ghana, un journaliste lui a demandé si le soutien du gouvernement américain à des programmes de prévention du SIDA fondés sur l'abstinence n'était pas du "moralisme chrétien". Laura Bush a répondu :

"Ca m'irrite toujours un peu quand j'entends critiquer l'abstinence, parce que l'abstinence est absolument, 100% efficace pour éradiquer une maladie sexuellement transmissible. [...] Dans un pays, ou une partie d'un pays où une personne sur trois a une maladie sexuellement transmissible, il faut parler de l'astinence, il le faut vraiment."

Les faits lui donnent raison : notamment l'exemple de l'Ouganda.

Henri Védas


En marge du sommet de l'ONU

..., Liberté politique propose deux réflexions :

Un texte d'un universitaire jésuite intitulé, de manière un peu trompeuse, "Pourquoi et comment réformer l'ONU ?"

Un peu trompeuse, parce que le texte ne traite que très peu de la problématique effectivement évoquée lors des récents débats, mais traite de la position chrétienne vis-à-vis d'une société des nations en général. On ne sera pas d'accord avec tout (en particulier avec des préjugés tiers-mondistes de l'auteur), mais au moins le texte prend-il de la hauteur et permet-il de dépasser le simple "pour ou contre l'ONU ?"

Un autre de Jean Flouriot sur la question si prégnante de l'aide à l'Afrique : "faut-il recoloniser l'Afrique" ?

Le titre est, ici encore, trompeur - l'auteur n'évoque pas sérieusement cette hypothèse. Il effleure, sans le poser très clairement, le dilemme classique entre aider directement les populations (au risque de compromettre le développement du pays à plus long terme) et s'appuyer sur les structures étatiques existantes (avec la certitude que l'aide sera très majoritairement détournée). Ce dilemme central fait maintenant l'objet d'une littérature abondante, par exemple chez Bernard Lugan (De la colonisation philanthropique à la recolonisation humanitaire, 1995), Nicolas van de Walle (Repenser l'aide à l'Afrique, 1999) et Francis Fukuyama (State Building, 2004.)

Pour citer ce dernier ouvrage :

La communauté internationale (...) est en fait complice de la destruction de capacité institutionnelle [c'est-à-dire les attributs d'un gouvernement efficace, NDT] dans de nombreux pays en développement. Cette destruction de capacité intervient malgré les meilleures intentions des donateurs. (...)

[E]n pratique, la fourniture directe de services affaiblit presque toujours la capacité du gouvernement local à les fournir une fois que le programme d'aide prend fin. (...) Les responsables dans le domaine de l'aide au développement devraient au minimum jurer, comme les médecins, de "ne pas nuire", et ne pas initier de programmes qui sappent ou aspirent la capacité institutionnelle sous prétexte de la renforcer.

HV


Abstinence vs préservatif : la preuve par le résultat

Le délégué des Nations unies sur le problème du sida, Stephen Lewis, s'en est pris aux Etats-Unis qui favorisent, avec succès, l'abstinence en Ouganda. Or, ce pays a justement le plus faible taux d'infection d'Afrique, contrairement au Botswana, qui a le plus mauvais taux du monde et où l'usage du préservatif est abondamment favorisé...

Contrairement aux pays voisins, l’Ouganda a réussi à faire reculer l’épidémie du sida ces quinze dernières années, grâce à des campagnes d’information nationales. Depuis le second mandat de George Bush, les Américains (dans le cadre du PEPFAR) ont changé leur politique à l'égard du sida et ne financent plus les ONG prônant l'utilisation du préservatif. Il s'avère que l'Ouganda souffre, selon Mister Lewis, d'une pénurie de préservatifs.

La première dame de l'Ouganda, Janet Museveni, a encouragé l'année dernière les jeunes à l'abstinence. Parlant lors d'une conférence à Kampala, elle a dit plus de 2000 jeunes, "vous n'avez pas besoin de sexe à votre âge. Attendez jusqu'à ce que vous soyez mariés. Vous pouvez choisir de combattre le SIDA en disant non et de pouvoir rester vivant." Dans ce combat, l'Eglise n'est plus seule.

Refusant la réalité des faits (au début des années 90, le sida touchait près de 20 % de la population ougandaise, aujourd'hui, son taux est de 5 %) et s'accrochant au dogme du sacro-saint préservatif tout-puissant devenu une véritable idole, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a suspendu ses versements à l’Ouganda.

Michel Janva


Le G8 et l'Afrique

Le texte de la déclaration sur l'Afrique est en ligne (pdf; à partir de la page 15.) La filiation de ce texte avec le travail de la "Commission sur l'Afrique" Blair est frappant.

L'engagement quantitatif d'aide supplémentaire à l'Afrique est de 25 milliards de dollars supplémentaires par an d'ici 2010 (p26.)

Ici, l'article du Figaro sur le sujet (qui se mélange d'ailleurs les pinceaux sur les chiffres.)

HV


Le G8 s'engage à aider davantage l'Afrique

Malgré les attentats d'hier, les chefs d'état et de gouvernement du G8, rassemblés en Ecosse ont, comme prévu, traité de l'aide au développement de l'Afrique.

Même si les documents officiels du G8 ne sont pas encore en ligne, les médias rapportent les engagements qu'ils ont pris : outre l'annulation de la dette de 18 pays pauvres, il s'agirait de "l'accès universel au traitement contre le SIDA et l'engagement pour une nouvelle force de maintien de la paix en Afrique." L'aide publique à l'Afrique sera doublé, pour être portée à 50 milliards de dollars par an (donc augmentée de 25 milliards. Je le précise parce que certains demandaient une augmentation de 50 milliards.) Les subventions agricoles seront à terme supprimées.

Ne s'agit-il que d'un effet d'annonce ? Ca ne serait pas la première fois : dans l'enthousiasme de l'an 2000, presque tous les pays développés s'étaient par exemple engagés, dans le cadre du Millénaire pour le développement, à porter à 0,7% de leur PIB l'aide aux pays pauvres, et une poignée l'a fait.

Il semble que la déclaration du G8 reste assez vague : elle ne fixe pas de date pour le doublement de l'aide publique, ni pour la très délicate question des subventions aux agriculteurs européens, américains ou japonais.

Les conclusions du G8 reprennent assez largement celles de la "Commission pour l'Afrique" qu'a présidée Tony Blair, détaillées dans un rapport intéressant. Intéressant parce que son ton rompt avec le "politiquement correct" tiers-mondiste. Il n'hésite pas à dénoncer les effets pervers d'une aide mal pensée; à "parler vrai" sur la corruption endémique de la majorité des pays africains, ou sur le poids des allégeances tribales et ethniques; à considérer les religions comme des "partenaires pour le développement."

Certes, d'autres choses plaisent moins : par exemple, pourquoi une commission prétendant parler de l'ensemble de l'Afrique ne comporte-t-elle que deux membres francophones (dont le catholique Camdessus) ? Blair n'instrumentalise-t-il pas l'Afrique dans sa lutte contre la politique agricole commune ? Et les références constantes à la parité, voire à la "santé reproductive" qui, dans le jargon de l'ONU, peut inclure l'avortement, laissent sceptique.

Mais au moins le débat sur l'Afrique est relancé, et dans des termes qui laissent la dialectique marxiste dans les poubelles de l'histoire.

Henri Védas

PS : les éléments du discours de Chirac sont ici.


Le sommet du G8 et l'aide aux pays pauvres

Un sommet du G8 aura lieu à Edimbourg la semaine prochaine, mais c'est dès ce week-end que vont commencer des "contre-sommets" activistes, dont Libération fait une utile typologie : une mouvance trotskyste, une mouvance anti-capitaliste, une mouvance libertaire... avec des actions militantes allant du comique au violent.

Les plus grandes foules seront toutefois rassemblées par un message plus consensuel : l'aide aux pays les plus pauvres. Une marche dimanche, et dix concerts Live 8 à travers le monde samedi (le concert français aura lieu à Versailles.)

Moins médiatique, l'action de dirigeants religieux catholiques, mais aussi de la "droite chrétienne" américaine (ici, anglais), aura au moins autant pesé dans l'annonce par George Bush d'une aide accrue et son soutien à un effacement de certaines dettes. Les ministres des finances du G8 avaient déjà conclu un accord visant à l'annulation de la dette de 18 pays envers les créanciers internationaux (Banque mondiale, Banque Africaine pour le Développement, Fonds Monétaire International.)

The Economist a toutefois montré (ici, v.o., abonnement) les effets d'illusion d'optique derrière les annonces d'annulation de dette : la dette remise est parfois soustraite de prêts supplémentaires que les institutions internationales avaient programmés pour ces mêmes pays, ou soustraite des budgets d'aide internationale, là encore déjà programmés, des pays du G8.

Henri Védas