05 mars 2009

Heureusement que la Guinée Equatoriale ne compte que 100 députés et non 577 comme en France...

La Guinée équatoriale doit organiser cette année une élection présidentielle, dont la date n'a pas encore été fixée. En attendant, les cent députés de l'Assemblée nationale équato-guinéenne ont reçu chacun un 4X4, d'une valeur unitaire comprise entre 38 et 46 000 euros. Selon un membre du bureau de l'assemblée nationale, il ne s'agirait pas d'un cadeau car ces 4X4 auraient "été distribués à titre individuel. Chacun doit le payer, ce n'est pas un don mais une facilité faite par l'Etat pour garder une image digne (des) fonctions".

Le montant de l'Aide Pour le Développement apporté par la France à la Guinée Equatoriale s'élève chaque année à environ 3,5 millions d'euros... 

Philippe Carhon 

Posté le 5 mars 2009 à 20h20 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (2)

08 septembre 2008

Dégradation de la statue de Jean-Paul II

... à Ploërmel samedi par la Fédération anarchiste. A quel ouragan médiatique aurait-on eu droit si cela avait été une mosquée ?

MJ

Posté le 8 septembre 2008 à 10h40 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

04 juin 2008

Le consensus néo-malthusien contre la vie

Dans un article, Sed Contra renvoie dos à dos les partisans de la décroissance et les mathusiens :

"Edgar Pisani, qu’on ne consulte plus souvent, est venu porter sa voix samedi dernier sur France-Inter aux nombreux “alter mondialistes” partisans de la “croissance zéro” : le monde – répètent-ils – ne pourra plus nourrir les hommes dans des délais très brefs ; il faudrait donc stopper dès aujourd’hui la progression économique et démographique des sociétés humaines sur toute la surface du globeSedcontra pose la question de savoir s’il ne faudrait pas plutôt refondre tous les paramètres de la croissance dans le sens d'un plus grand respect de la nature elle-même, et d’un meilleur épanouissement de la personne humaine, seul bien commun des hommes – fondement et fin de toute société temporelle. [...] La vie de notre planète ne se réduit pas à un simple réseau de structures et de relations quantitativement définies, dont un ordinateur pourrait tirer des prévisions certaines et datées. [...] Voyez le cas du continent africain, celui qui souffre le plus cruellement de sécheresse et de malnutrition. Il se trouve que c’est aussi le continent le moins “exploité” du monde d’un point de vue agricole [...]

Il ne s’agit donc pas de stopper à tout prix, au nom des vertus futurologistes de l’ordinateur, la croissance économique et démographique des sociétés humaines sur toute la surface du globe. Mais bien de trouver à orienter l’une et l’autre dans le sens d’un plus grand respect de la nature elle-même et d’un meilleur épanouissement de la personne humaine – fondement et fin de toute société temporelle depuis la nuit des temps.

Entre la réduction en esclavage par le Profit, et la réduction en esclavage par le Parti – ou plutôt par-delà cette peste et ce choléra –, il doit bien exister [...] quelque voie plus difficile mais plus royale, au service de laquelle chacun retrouve à respirer, croître, produire et aimer... Ce n’est pas un rêve. Cette voie existe : c’est la société chrétienne."

Michel Janva

Posté le 4 juin 2008 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

23 mai 2008

Que faut-il penser des OGM ?

Vos blogueurs vous proposent selon leur mode habituel leurs réflexions sur une question d'actualité controversée, les OGM. Nous espérons qu'elle sera un apport intéressant sur ce problème à la fois important et complexe. Ce post servira également de droit de réponse à la diatribe outrancière et mensongère que Patrice de Plunkett glisse à notre encontre -car il s'agit bien du SB- dans un commentaire [3e commentaire]. Il est dommage qu'un journaliste catholique ne sache pas dépasser sereinement ce genre de querelle au nom du combat commun, mais nous ne nous étendrons pas plus sur cet écrit dont nous vous laissons juger la hauteur de vue, la charité et la véracité.

La tâche de parler des OGM est rendue difficile par le nombre de questions d'ordre moral, économique, politique ou social qui s’entremêlent autour de cette problématique. C’est pourquoi, plus que la prétention d'une réponse toute faite ou tranchée comme les médias les aiment, nous vous proposons la trame de notre réflexion avec des liens pour approfondir les différents points.
Précisons avant tout que l’Eglise, si elle a initié sa réflexion sur ce sujet depuis plusieurs années, n’a pas encore de position officielle sur la question.

1 - Quid des OGM ?

La transgénèse est une technique consistant à introduire un ou plusieurs gènes (présentant des caractères jugés intéressants) dans des cellules végétales ou animales pour le ou les transmettre aux générations successives. L’organisme ainsi transformé est appelé organisme génétiquement modifié (OGM) ou organisme transgénique. De nombreuses céréales sont ainsi modifiées : blé, maïs, colza, etc. Il s’agit bien d’une technique issue de manipulations génétiques.

2 – L’actualité des OGM

Depuis 1999, un moratoire était en vigueur qui interdisant la diffusion et la culture des OGM dans l’Union européenne. Celui-ci a pris fin le 19 mai 2004 à la suite de l’aboutissement d’un accord des Quinze sur l’étiquetage et la traçabilité des OGM.
Le Parlement français avait depuis autorisé l’expérimentation des plantes transgéniques en plein champ, sachant que dans le monde 56 % du soja, 28 % du coton et 14 % du maïs sont génétiquement modifiés, créé le Conseil des biotechnologies qui sera composé de scientifiques et de représentants de la société civile et fait part de son intention de légiférer ultérieurement sur les OGM en prenant pour base les 60 propositions contenues dans le rapport de la mission parlementaire créée à cet effet et s’inspirant des directives européennes en attente de transposition.

Hier a été adoptée par le Parlement français une loi sur les OGM qui, une fois encore, n’est en grande partie que la transposition dans le droit français de directives européennes de 2001. Nous ne nous étendrons pas sur cette loi, mais il convient de rappeler qu'elle légifère sur les OGM en France (recherche, culture et consommation) mais ne dit rien de l'importation de produits OGM.

3 – L’état des travaux de l'Église sur les OGM.

Au Vatican : En 2003, le Conseil pontifical "Justice et paix" a organisé un séminaire sur le thème "OGM : menace ou espérance ?". Comme l’explique le cardinal Martino dans son discours d’ouverture :

"Il s'agit, dans ce cas également, de donner suite à une exigence profonde et essentielle de la mission religieuse et morale de l'Eglise, celle d'éclairer de la lumière de l'Evangile tout ce qui concerne la promotion de l'homme et l'affirmation de sa dignité. L'Eglise le fait, en respectant la loi naturelle, en mettant à profit les résultats de la recherche scientifique, en actualisant le message des Ecritures saintes et en appliquant les principes de sa doctrine sociale ».

Il ajoute :

"La domination de l'homme sur les autres êtres vivants, toutefois, ne doit pas être une domination despotique et démente; au contraire, il doit "cultiver et protéger" les biens créés par Dieu. Des biens que l'homme a reçus comme un don précieux, placés par le Créateur sous sa responsabilité".

De cette vision des limites naturelles fixées à l’homme par le Créateur, il définit le sens de ce devoir de cultiver :

"L'homme, doté d'une intelligence grâce à laquelle il est capable de saisir le sens des choses, doit protéger les biens de la terre, qu'il a reçus en don. Doté de la capacité de découvrir les causes, les lois et les mécanismes qui gouvernent les êtres, vivants ou non, et par conséquent capable d'intervenir sur ceux-ci, il doit utiliser ces capacités pour "cultiver" et non pour détruire.
Cultiver signifie intervenir, décider, faire, ne pas se résoudre à ce que les plantes poussent au hasard.
Cultiver signifie améliorer et perfectionner, afin que viennent des fruits meilleurs et plus abondants.
Cultiver signifie mettre en ordre, nettoyer, éliminer ce qui détruit et abîme.
Cultiver représente le meilleur moyen de protéger".

Les conclusions de ce séminaire ne sont pas encore, à notre connaissance, accessibles sur internet.

Trois autres actions intéressantes :

En 2002, trois jésuites qui avaient contribué à la discussion qui mena au refus de la Zambie d’accepter du maïs OGM en provenance des Etats-Unis ont estimé que l’enseignement social de l’Eglise qui se base sur quatre principes (le bien commun, l’option pour les pays pauvres, la subsidiarité et la solidarité) va à l’encontre des mouvements géo-politiques et libéraux que préconisent les OGM.

En 2003, la commission sociale des évêques de France a publié ses réflexions :

"Mais ce qui est techniquement réalisable n'est pas toujours moralement acceptable: la régulation de ces innovations appelle une réflexion éthique approfondie, une autorité politique incontestée aussi bien face aux pressions des lobbies financiers qu'aux fluctuations émotionnelles de groupes laissés sans repères (...)
C'est pourquoi les applications des OGM ne devraient être développées que si elles procurent des bienfaits humains et écologiques significatifs. Il est prudent d'éviter des applications qui risquent plutôt de conduire à la dissémination des gènes ou de menacer la biodiversité (...)
Derrière les OGM, il y a des enjeux économiques considérables, qui intéressent les grandes firmes dont l'objectif est de s'assurer une position dominante sur le marché mondial. Si les OGM présentent des avantages, il est impossible d'exclure la question : « Quels avantages et pour qui ? »"

Plus récemment, Monseigneur Hubert Barbier, archevêque de Bourges et membre du Comité épiscopal Monde Rural s’est prononcé sur l'approche du problème et la façon dont il fallait réfléchir sur cette épineuse question. Il pose deux principes :

"Premier principe fondamental de notre contribution sur la base de la charité que nous pouvons avoir : faire en sorte que ce monde se développe et qu’il se développe d’une manière unie. Deuxième principe, il faut réfléchir et oser une parole".

Il aborde en conclusion le problème de la dose de risque à accepter face à toute nouveauté et conclue :

"Comment par ailleurs gérer précaution et solidarité ? Il peut y avoir aussi conflit de devoir. Il peut y avoir conflit d’intérêt et il faut savoir pour qui ? Il ne faut pas être naïf, il faut savoir à qui profitent les manières d’agir et de réagir d’aujourd’hui à propos des risques et du principe de précaution".

4 - Les enjeux en France et dans le cadre de la mondialisation

Ils sont de plusieurs ordres : moraux, sociaux, écologiques, économiques, etc.

Sur le plan moral, des questions restent ouvertes : Est-il acceptable que l’alimentation de tous soit entre les mains de seules firmes internationales ou petit à petit le devienne? Est-il licite de modifier les structures de la Création et à quels risques? De telles expériences peuvent-elles être menées à une telle échelle sans que les risques humains, sanitaires ou écologiques n’aient été véritablement mesurés ?

Sur le plan écologique, aucun scientifique ne s’est prononcé sur les conséquences à long terme de la transgénèse. Face à cette inconnue, des risques sont effectivement pris sur les répercussions sur les organismes humains et sur la Création.

Sur le plan économique, le risque majeur devenu aujourd’hui une réelle menace est l’appropriation du marché par de grandes firmes internationales qui peuvent détenir à elles seules la main-mise sur l’alimentation dans le monde. Ce monopole économique sur un point aussi vitale est humainement irrecevable. Il y va de l'indépendance des pays et du devoir des Etats d'assurer la sécurité et la vie de ses ressortissants.

Enfin, sur un plan politique, l’obligation faite à la France de transposer les directives européennes lui enlève tout pouvoir d’ouvrir une réflexion morale, économique ou sociale et de pouvoir en tenir compte. L'indépendance politique de la France n'étant plus, c'est bien vers les structures européennes et non vers leurs exécutants du Parlement français qu'il faut désormais se tourner. A ce titre on peut s'interroger sur les réelles motivations des opposants médiatiques aux OGM, qui connaissent pertinemment le rôle de la Commission européenne sur ce sujet et qui ne le dénoncent pas.

5 - Pistes de réflexion

En effet, il ne semble pas exister, en dehors de toute idéologie, de réponse toute faite à l'ensemble des interrogations levées par la complexité du problème des OGM :

La parole du Pape sur le rapport entre paix et respect de l'environnement :

"le respect de la nature est étroitement lié à la nécessité de tisser entre les hommes et entre les Nations des relations dans lesquelles on porte attention à la dignité des personnes et qui puissent satisfaire leurs besoins authentiques. La destruction de l'environnement, son usage impropre ou égoïste et la mainmise violente sur les ressources de la terre engendrent des déchirures, des conflits et des guerres, justement parce qu'ils sont le fruit d'une conception inhumaine du développement. En effet, un développement qui se limiterait à l'aspect technique et économique, négligeant la dimension morale et religieuse, ne serait pas un développement humain intégral et finirait, parce qu'il est unilatéral, par encourager la capacité destructrice de l'homme".

Le compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise apporte sa contribution sur l'usage des biotechnologies (paragraphes 472 à 480) :

"Les nouvelles possibilités offertes par les techniques biologiques et biogénétiques actuelles suscitent, d'une part, espoirs et enthousiasmes, et, d'autre part, alarmes et hostilités. Les applications des biotechnologies, leur licéité du point de vue moral, leurs conséquences pour la santé de l'homme, leur impact sur l'environnement et sur l'économie, font l'objet d'études approfondies et d'un vif débat. [...]

La vision chrétienne de la création comporte un jugement positif sur la licéité des interventions de l'homme sur la nature [...] Les biotechnologies modernes ont un fort impact social, économique et politique, au plan local, national et international. Elles doivent être évaluées selon les critères éthiques qui doivent toujours orienter les activités et les rapports humains [...] Dans un esprit de solidarité internationale, différentes mesures peuvent être mises en œuvre quant à l'usage des nouvelles biotechnologies.

  • Il faut faciliter, en premier lieu, des échanges commerciaux équitables, libres de contraintes injustes. [...]
  • Il est indispensable de favoriser aussi la maturation d'une autonomie scientifique et technologique
  • Les scientifiques et les techniciens engagés dans le secteur des biotechnologies sont appelés à travailler avec intelligence et persévérance dans la recherche des meilleures solutions à apporter aux problèmes graves et urgents de l'alimentation et de la santé. [...]
  • Les entrepreneurs et les responsables des organismes publics qui s'occupent de la recherche, de la production et du commerce des produits dérivés des nouvelles biotechnologies doivent tenir compte non seulement du profit légitime, mais aussi du bien commun. [...]
  • Les politiciens, les législateurs et les administrateurs publics ont la responsabilité d'évaluer les potentialités, les avantages et les risques éventuels liés à l'utilisation des biotechnologies. Il n'est pas souhaitable que leurs décisions, au niveau national ou international, soient dictées par des pressions [...]
  • Les responsables de l'information aussi ont une tâche importante, à accomplir avec prudence et objectivité. La société attend d'eux une information complète et objective, qui aide les citoyens à se former une opinion correcte sur les produits biotechnologiques, surtout parce qu'il s'agit de quelque chose qui les concerne personnellement en tant que consommateurs possibles. Par conséquent, il faut éviter de céder à la tentation d'une information superficielle, alimentée par des enthousiasmes faciles ou par des alarmismes injustifiés."

Nous ouvrons nos commentaires aux apports constructifs (liens, écrits, etc.) afin de contribuer au bien commun dans la vérité et la Charité.

Le Salon Beige

Posté le 23 mai 2008 à 08h43 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (19)

06 décembre 2007

La colonisation a été bénéfique

Dans Présent (article en accès libre), Jean Madiran réagit aux propos de Nicolas Sarkozy :

"Le pape Pie XII avait, en 1955 et en 1957, solennellement averti les peuples hors d’Europe aspirant à l’indépendance qu’ils devaient «reconnaître à l’Europe le mérite de leur avancement», sinon, privés d’une «influence de l’Europe étendue à tous les domaines», ils tomberaient «dans le chaos ou dans l’esclavage».

Cet avertissement s’appliquait tout spécialement à la France et à l’Algérie. Il n’a été entendu ni de l’Algérie, ni de la France."

Michel Janva

Posté le 6 décembre 2007 à 13h57 par Michel Janva | Lien permanent

13 novembre 2006

Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres!

C'est Claude Allègre qui le dit! Dans sa tribune à l'Express.

Allgre Dans les années 1970, les mondes politique et économique furent interpellés par un slogan: «Halte à la croissance!» [...] On voit réapparaître la même philosophie sous des formes à peine modifiées.

Ces idées ne sont ni plus ni moins que celles de Malthus, suivant lesquelles la population augmente selon une progression géométrique, alors que les ressources naturelles ne croissent qu'en progression arithmétique. Il proposait de modérer la fécondité des pauvres afin qu'ils puissent nourrir leurs enfants!

Toute limitation de la croissance se fait au détriment des pauvres! C'est une vision de riches! L'homme doit certes trouver un équilibre avec sa planète, mais en faisant entrer l'écologie comme l'un des moteurs de l'économie.

Comme le fait remarquer l'institut Hayek:

Question : mais que fait Claude Allègre au Parti socialiste ?

Pierre Nicolas

Posté le 13 novembre 2006 à 19h43 par Pierre Piperno | Lien permanent | Commentaires (7)

12 novembre 2006

Benoît XVI appelle à "changer le modèle de développement global"

Lors de son Angelus de ce midi :

À ses disciples, Jésus a enseigné à prier en demandant au Père céleste pas "le mien", mais "notre" pain quotidien. Il a voulu ainsi que chaque homme se sente responsable de ses frères, pour qu'il ne manque à personne, le nécessaire pour vivre. Les produits de la terre sont un don de Dieu destinés  "pour la famille humaine toute entière".

Et nous touchons ici un point très douloureux: le drame de la faim qui [...] demeure très grave [...]. Comment faire front à cette situation qui, dénoncée plusieurs fois, ne donne aucun signe d'amélioration, au contraire, pour certains, on va vers une aggravation ? Certainement il faut éliminer les causes structurelles liées au système de gouvernement de l'économie mondiale, qui destine la plupart des ressources de la planète à une minorité de la population. Une telle injustice a été stigmatisée en différentes occasions par  mes vénérés prédécesseurs, les serviteurs de Dieu Paul VI et Jean Paul II. Pour agir sur une vaste échelle il est nécessaire de changer le modèle de développement global car désormais non seulement le scandale de la faim mais aussi les problèmes énergétiques et de l'environnement l'exigent. Toutefois, chaque personne et chaque famille peut et doit faire quelque chose pour soulager la faim dans le monde en adoptant un style de vie et de consommation compatible avec la sauvegarde de la création et avec des critères de justice envers ceux qui cultivent la terre dans chaque Pays.

Henri Védas

Posté le 12 novembre 2006 à 21h06 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

06 novembre 2006

Parade Gay à Jérusalem : 12 000 policiers

La parade gay prévue vendredi à Jérusalem, malgré les nombreuses protestations des autorités religieuses juives qui ne voulaient pas voir la Ville sainte ainsi souillée aura bien lieu. Les promesses des organisateurs pleuvent :

"Elle ne sera pas provocante. Il n'y aura ni chars carnavalesques ni hommes nus, et cela ne se passera pas dans le voisinage d'églises, synagogues ou mosquées".

Certes, mais elle aura lieu quand même. La police essaie d'organiser un parcours éloigné des sites religieux qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs. Pas moins de 12 000 policiers seront mobilisés, tant la sécurité de la population et des manifestants est menacée. La prévision de tels troubles devraient suffire à annuler cette mascarade.
Quand on sait qu'en France, on annule des manifestations sans préavis par l'idée que se font certains des risques de contre-manifestation, la différence de traitement est de plus en plus évidente...

Lahire

Posté le 6 novembre 2006 à 13h13 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

13 octobre 2006

Le micro-crédit à l'honneur

Le consensus, en matière d'aide au développement, évolue plutôt dans le bon sens : la grande idée à la mode, depuis quelques années, c'est le "micro-crédit". Aujourd'hui, le Prix Nobel de la Paix en récompense conjointement deux propagateurs.

Le principe du micro-crédit est simple : prêter aux pauvres afin qu'ils puissent faire démarrer de très petits projets, commerciaux, agricoles ou artisanaux. Mais ces pauvres étant insolvables, le prêteur se repose sur un autre principe : les demandeurs doivent emprunter par groupe, chacun se portant caution pour les autres.

Autant dire que le système repose sur une forme de discrimination. Au minimum, celle que va pratiquer un groupe d'emprunteurs, quand il se constitue : la banque demande en fait aux pauvres de faire "leur propre police" en se cooptant, car ne seront admis dans le groupe que des gens qui, bien que pauvres, sont réputés fiables et travailleurs. Cette discrimination est parfois plus systématique encore : certains projets ne prêtent qu'à des femmes, l'expérience prouvant que dans tel ou tel pays elles sont plus fiables que leur mari.

Cet exemple montre l'inanité du discours condamnant "toute forme de discrimination" : il faudrait dire "toute forme de discrimination injuste", car certaines discriminations sont légitimes et sont même la conditon de la vie en société.

Henri Védas

Posté le 13 octobre 2006 à 12h47 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

17 août 2006

L'aide française au développement : tableau d'honneur ou bonnet d'âne ?

Tabapdmonde2Nos dirigeants aiment claironner que la France est, dans son aide aux pays du Sud, "le plus généreux donateur du G7", et diffuser des statistiques flatteuses comme le tableau ci-contre sur l'APD (aide publique au développement).

Le Monde d'hier rapportait cependant qu'un think tank sur le Développement (site) classait la France au 18e rang de 21 pays riches pour son engagement en la matière.

Ce classement, qui contredit certaines idées reçues, ne se contente pas d'additionner des milliards de dollars où se mélangent dons et annulations de dette, aides humanitaires et efforts militaires. Dans les sept domaines affectant le développement, il prend en compte aussi bien les masses financières que les législations et même la moralité des pays bénéficiaires.

On pourra se consoler en contestant certains critères de l'institut sont contestables : il donne notamment une prime aux Etats qui favorisent l'immigration... et attribue une mauvaise note à la France (sans doute ne prend-il pas en compte les illégaux) !

Mais le classement met également le doigt sur de vraies faiblesses de l'aide française : les chiffres de l'aide publique, toujours mis en avant, cachent mal qu'elle se classe au 13e rang pour l'aide privée. Elle est surtout classée 19e quant au choix des bénéficiaires de l'aide, souvent pas si pauvres et assez peu démocratiques. L'un des principaux bénéficiaires (rapporté au nombre d'habitants) est le Gabon, un des pays les plus riches d'Afrique...

Henri Védas

Posté le 17 août 2006 à 06h58 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (1)

28 février 2006

Français, payez les premiers !

La France sera le premier pays au monde à mettre en oeuvre le 1er juillet prochain une taxe sur les billets d'avion destinée à financer l'aide au développement. Présentée en conseil des ministres le 23 novembre dernier et adoptée par le Parlement le 22 décembre dans le cadre du budget pour 2006, cette taxe doit rapporter 200 M€ en année pleine. Le prélèvement prendra la forme d'une contribution d'1€ sur les billets pour des vols en classe économique vers l'espace économique européen, et de 4€ en dehors du continent européen. La taxe sera de 10 à 40€ maximum pour les billets en classe affaire et en première classe. Les passagers en correspondance ne seront pas concernés.

Pour aider les pays pauvres à se développer, il faut surtout arrêter de les vider de leurs élites.

Michel Janva

Posté le 28 février 2006 à 14h52 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

L'argent de la lutte contre le sida

Afrique_sida L’organisation non gouvernementale Alliance of Mayors and Municipal Leaders on HIV/AIDS in Africa (AMICAALL) fait partie de ces organismes qui ont pour objectif de lutter activement contre le sida en Afrique, continent le plus touché par le fléau. Vocation noble, mais réalité moins glorieuse... AMICAALL est présente sur le terrain avec plusieurs bureaux de représentations en Afrique, des conférences sur le thème du sida sont également tenues sur le territoire africain et auxquelles l’Alliance ne manque pas de participer.

Pour ce faire, AMICAALL dispose d’un partenariat avec l’Organisation des Nations Unies qui lui alloue un budget... dont l’usage dépasse peu les frontières de la Suisse, où est installé le siège qui gère ces fonds, ainsi que le compte en banque de la directrice, Mme Mauerstein-Bail. La lutte contre le sida se transforme ainsi en lutte contre les fins de mois difficiles de la responsable, qui n’est cependant pas avare en payant volontiers des stagiaires désoeuvrés et très peu actifs avec les fonds onusiens. Pendant que certains meurent du sida, d’autres en vivent... Et pourtant, pas besoin d'argent pour prêcher l'abstinence.

Michel Janva

Posté le 28 février 2006 à 10h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

12 février 2006

Bono parle d'Aide à l'Afrique à la Maison Blanche

Le chanteur du groupe U2 a participé au "petit-déjeuner de prière" annuel de la Maison-Blanche, devant un parterre très oecuménique de personnalités relieuses et politiques. Le militant pour l'aide au développement a prononcé un discours étonnant, parsemé de références à l'Ecriture, que certains ont qualifié d' "homélie". Le sens de ce discours (ici, v.o.), quand il a été rapporté par les médias, a été dénaturé.

Bono y a raconté comment il avait redécouvert la religion à travers sa campagne pour la remise de la dette des pays les plus pauvres lors du Jubilé de l'an 2000. Il a même, horrifiant sans doute beaucoup de ses amis, loué les efforts du gouvernement Bush en faveur de l'Afrique depuis le "11 septembre" :

[V]ous avez doublé l'aide à l'Afrique. Vous avez triplé l'aide à la santé. [...] C'est une réussite humaine remarquable, qui va à l'encontre des idées reçues. C'est historique. Soyez-en fier, soyez-en très fier.

Tout en se disant sans illusion sur le caractère "déplacé" d'une "rock star" qui donne des leçons puis retourne dans "sa villa dans le Sud de la France", il a rappelé que les pauvres sont mentionnés 2.100 fois dans la Bible, et a appelé les Etats-Unis à augmenter d'un point de pourcentage la part de l'aide au développement dans leur budget fédéral.

Ce discours portant sur les moyens à consacrer à l'aide passe à côté de la question la plus délicate : comment dépenser cet argent, pour qu'il fasse plus de bien que de mal ? Mais il a le mérite de rompre avec les poncifs tiers-mondistes habituels : comme on l'avait remarqué lors de la parution du rapport la Commission pour l'Afrique, ou chez Bob Geldof, on assiste à une salutaire dé-marxisation de la réflexion sur l'aide au développement.

Henri Védas

Posté le 12 février 2006 à 14h37 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (2)

16 janvier 2006

Laura Bush défend l'abstinence en Afrique

Laura Bush, la femme de George W., est en visite en Afrique de l'ouest. Au Ghana, un journaliste lui a demandé si le soutien du gouvernement américain à des programmes de prévention du SIDA fondés sur l'abstinence n'était pas du "moralisme chrétien". Laura Bush a répondu :

"Ca m'irrite toujours un peu quand j'entends critiquer l'abstinence, parce que l'abstinence est absolument, 100% efficace pour éradiquer une maladie sexuellement transmissible. [...] Dans un pays, ou une partie d'un pays où une personne sur trois a une maladie sexuellement transmissible, il faut parler de l'astinence, il le faut vraiment."

Les faits lui donnent raison : notamment l'exemple de l'Ouganda.

Henri Védas

Posté le 16 janvier 2006 à 21h42 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (6)

18 septembre 2005

En marge du sommet de l'ONU

..., Liberté politique propose deux réflexions :

Un texte d'un universitaire jésuite intitulé, de manière un peu trompeuse, "Pourquoi et comment réformer l'ONU ?"

Un peu trompeuse, parce que le texte ne traite que très peu de la problématique effectivement évoquée lors des récents débats, mais traite de la position chrétienne vis-à-vis d'une société des nations en général. On ne sera pas d'accord avec tout (en particulier avec des préjugés tiers-mondistes de l'auteur), mais au moins le texte prend-il de la hauteur et permet-il de dépasser le simple "pour ou contre l'ONU ?"

Un autre de Jean Flouriot sur la question si prégnante de l'aide à l'Afrique : "faut-il recoloniser l'Afrique" ?

Le titre est, ici encore, trompeur - l'auteur n'évoque pas sérieusement cette hypothèse. Il effleure, sans le poser très clairement, le dilemme classique entre aider directement les populations (au risque de compromettre le développement du pays à plus long terme) et s'appuyer sur les structures étatiques existantes (avec la certitude que l'aide sera très majoritairement détournée). Ce dilemme central fait maintenant l'objet d'une littérature abondante, par exemple chez Bernard Lugan (De la colonisation philanthropique à la recolonisation humanitaire, 1995), Nicolas van de Walle (Repenser l'aide à l'Afrique, 1999) et Francis Fukuyama (State Building, 2004.)

Pour citer ce dernier ouvrage :

La communauté internationale (...) est en fait complice de la destruction de capacité institutionnelle [c'est-à-dire les attributs d'un gouvernement efficace, NDT] dans de nombreux pays en développement. Cette destruction de capacité intervient malgré les meilleures intentions des donateurs. (...)

[E]n pratique, la fourniture directe de services affaiblit presque toujours la capacité du gouvernement local à les fournir une fois que le programme d'aide prend fin. (...) Les responsables dans le domaine de l'aide au développement devraient au minimum jurer, comme les médecins, de "ne pas nuire", et ne pas initier de programmes qui sappent ou aspirent la capacité institutionnelle sous prétexte de la renforcer.

HV

Posté le 18 septembre 2005 à 20h08 par Le Salon Beige | Lien permanent

31 août 2005

Abstinence vs préservatif : la preuve par le résultat

Le délégué des Nations unies sur le problème du sida, Stephen Lewis, s'en est pris aux Etats-Unis qui favorisent, avec succès, l'abstinence en Ouganda. Or, ce pays a justement le plus faible taux d'infection d'Afrique, contrairement au Botswana, qui a le plus mauvais taux du monde et où l'usage du préservatif est abondamment favorisé...

Contrairement aux pays voisins, l’Ouganda a réussi à faire reculer l’épidémie du sida ces quinze dernières années, grâce à des campagnes d’information nationales. Depuis le second mandat de George Bush, les Américains (dans le cadre du PEPFAR) ont changé leur politique à l'égard du sida et ne financent plus les ONG prônant l'utilisation du préservatif. Il s'avère que l'Ouganda souffre, selon Mister Lewis, d'une pénurie de préservatifs.

La première dame de l'Ouganda, Janet Museveni, a encouragé l'année dernière les jeunes à l'abstinence. Parlant lors d'une conférence à Kampala, elle a dit plus de 2000 jeunes, "vous n'avez pas besoin de sexe à votre âge. Attendez jusqu'à ce que vous soyez mariés. Vous pouvez choisir de combattre le SIDA en disant non et de pouvoir rester vivant." Dans ce combat, l'Eglise n'est plus seule.

Refusant la réalité des faits (au début des années 90, le sida touchait près de 20 % de la population ougandaise, aujourd'hui, son taux est de 5 %) et s'accrochant au dogme du sacro-saint préservatif tout-puissant devenu une véritable idole, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a suspendu ses versements à l’Ouganda.

Michel Janva

Posté le 31 août 2005 à 17h24 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2005

Le G8 et l'Afrique

Le texte de la déclaration sur l'Afrique est en ligne (pdf; à partir de la page 15.) La filiation de ce texte avec le travail de la "Commission sur l'Afrique" Blair est frappant.

L'engagement quantitatif d'aide supplémentaire à l'Afrique est de 25 milliards de dollars supplémentaires par an d'ici 2010 (p26.)

Ici, l'article du Figaro sur le sujet (qui se mélange d'ailleurs les pinceaux sur les chiffres.)

HV

Posté le 9 juillet 2005 à 10h55 par Le Salon Beige | Lien permanent

08 juillet 2005

Le G8 s'engage à aider davantage l'Afrique

Malgré les attentats d'hier, les chefs d'état et de gouvernement du G8, rassemblés en Ecosse ont, comme prévu, traité de l'aide au développement de l'Afrique.

Même si les documents officiels du G8 ne sont pas encore en ligne, les médias rapportent les engagements qu'ils ont pris : outre l'annulation de la dette de 18 pays pauvres, il s'agirait de "l'accès universel au traitement contre le SIDA et l'engagement pour une nouvelle force de maintien de la paix en Afrique." L'aide publique à l'Afrique sera doublé, pour être portée à 50 milliards de dollars par an (donc augmentée de 25 milliards. Je le précise parce que certains demandaient une augmentation de 50 milliards.) Les subventions agricoles seront à terme supprimées.

Ne s'agit-il que d'un effet d'annonce ? Ca ne serait pas la première fois : dans l'enthousiasme de l'an 2000, presque tous les pays développés s'étaient par exemple engagés, dans le cadre du Millénaire pour le développement, à porter à 0,7% de leur PIB l'aide aux pays pauvres, et une poignée l'a fait.

Il semble que la déclaration du G8 reste assez vague : elle ne fixe pas de date pour le doublement de l'aide publique, ni pour la très délicate question des subventions aux agriculteurs européens, américains ou japonais.

Les conclusions du G8 reprennent assez largement celles de la "Commission pour l'Afrique" qu'a présidée Tony Blair, détaillées dans un rapport intéressant. Intéressant parce que son ton rompt avec le "politiquement correct" tiers-mondiste. Il n'hésite pas à dénoncer les effets pervers d'une aide mal pensée; à "parler vrai" sur la corruption endémique de la majorité des pays africains, ou sur le poids des allégeances tribales et ethniques; à considérer les religions comme des "partenaires pour le développement."

Certes, d'autres choses plaisent moins : par exemple, pourquoi une commission prétendant parler de l'ensemble de l'Afrique ne comporte-t-elle que deux membres francophones (dont le catholique Camdessus) ? Blair n'instrumentalise-t-il pas l'Afrique dans sa lutte contre la politique agricole commune ? Et les références constantes à la parité, voire à la "santé reproductive" qui, dans le jargon de l'ONU, peut inclure l'avortement, laissent sceptique.

Mais au moins le débat sur l'Afrique est relancé, et dans des termes qui laissent la dialectique marxiste dans les poubelles de l'histoire.

Henri Védas

PS : les éléments du discours de Chirac sont ici.

Posté le 8 juillet 2005 à 17h56 par Le Salon Beige | Lien permanent

01 juillet 2005

Le sommet du G8 et l'aide aux pays pauvres

Un sommet du G8 aura lieu à Edimbourg la semaine prochaine, mais c'est dès ce week-end que vont commencer des "contre-sommets" activistes, dont Libération fait une utile typologie : une mouvance trotskyste, une mouvance anti-capitaliste, une mouvance libertaire... avec des actions militantes allant du comique au violent.

Les plus grandes foules seront toutefois rassemblées par un message plus consensuel : l'aide aux pays les plus pauvres. Une marche dimanche, et dix concerts Live 8 à travers le monde samedi (le concert français aura lieu à Versailles.)

Moins médiatique, l'action de dirigeants religieux catholiques, mais aussi de la "droite chrétienne" américaine (ici, anglais), aura au moins autant pesé dans l'annonce par George Bush d'une aide accrue et son soutien à un effacement de certaines dettes. Les ministres des finances du G8 avaient déjà conclu un accord visant à l'annulation de la dette de 18 pays envers les créanciers internationaux (Banque mondiale, Banque Africaine pour le Développement, Fonds Monétaire International.)

The Economist a toutefois montré (ici, v.o., abonnement) les effets d'illusion d'optique derrière les annonces d'annulation de dette : la dette remise est parfois soustraite de prêts supplémentaires que les institutions internationales avaient programmés pour ces mêmes pays, ou soustraite des budgets d'aide internationale, là encore déjà programmés, des pays du G8.

Henri Védas

Posté le 1 juillet 2005 à 11h55 par Le Salon Beige | Lien permanent


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