29 juillet 2014

GPA : Christiane Taubira incompétente ou menteuse ?

Le garde des sceaux a justifié ce matin au micro de France Inter la régularisation en France d’enfants nés de mères porteuses à l’étranger en indiquant que ces enfants seraient « anonymes ou apatrides », ce qui est faux.

Auteur d’une loi en 2001 « tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité », Christiane Taubira ouvre pourtant la porte à une nouvelle forme d’esclavage : celle des mères porteuses, le plus souvent issues des pays du Sud et payée une misère pour mettre au monde un enfant qu’elles doivent abandonner à leur donneur d’ordre.

Régulariser des enfants issus de GPA réalisée à l’étranger revient à autoriser « de fait » la GPA en France. Car, avec cette reconnaissance, il suffit d’aller à l’étranger et de revenir ensuite en France avec l’enfant, arraché à sa mère dès sa naissance

Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous, déclare :

« La GPA est interdite en France. Il convient de faire respecter cette interdiction en dissuadant, donc en évitant de rendre possible voire facile son contournement. Si des Français bravent cet interdit à l’étranger dans un pays où cette forme d’esclavage est autorisée, ils doivent en tirer les conséquences et rester vivre dans ce pays. Si la GPA est prouvée, ils pourraient même être déchus de leur nationalité française au nom d’une attaque grave à l’encontre de l’indisponibilité du corps humain ».

Mais en aucun cas, ils ne doivent pouvoir faire reconnaître « leur » enfant. Le code civil interdisant la GPA, la « filiation » issue de GPA ne peut être reconnue.

« Madame Taubira fait preuve d’une incompétence grave, à moins qu’il ne s’agisse d’un mensonge délibéré ce que je n’ose croire, en évoquant des enfants « apatrides ou anonymes » : tout enfant, même né par GPA, est inscrit à l’état civil et a la nationalité du pays qui l’a vu naître. Dire le contraire est une manipulation. La France, patrie des droits de l’Homme, s’honorerait de lutter contre la GPA au lieu de favoriser le tourisme procréatif comme elle le fait avec la circulaire Taubira. En effet, compte-tenu de la propagation actuelle de cette pratique, le meilleur moyen d’y mettre fin est d’agir au niveau international. ».

Posté le 29 juillet 2014 à 19h17 par Michel Janva | Lien permanent

Trisomie 21 : Jean-Frédéric Poisson fustige le CSA

Lettre ouverte de Jean-Frédéric Poisson, Président du parti Chrétien-Démocrate et député des Yvelines, au CSA :

"Monsieur le Président,

Il y a quelques jours, vous avez réprimandé des chaînes de télévision (TF1, M6, Direct 8, Canal plus) pour avoir relayé la campagne «Chère Future Maman» diffusée à l'occasion de la journée mondiale de la trisomie 21, mettant en valeur la capacité des enfants trisomiques à propager du bonheur autour d'eux.

Évidemment, cette décision a provoqué un très grand émoi chez les familles de personnes atteintes de trisomie 21, ainsi que chez tous ceux qui accompagnent les enfants et les adultes atteints de cette maladie.

Vous dites avoir voulu répondre à des téléspectateurs qui auraient été gênés par ce message. Et voici votre principal argument: les chaînes de télévision doivent veiller à ne pas diffuser des films dans ce contexte, dans la mesure ou de tels messages sont susceptibles de ne pas susciter une «adhésion spontanée». En prenant connaissance de cet argument, j'ai pensé que l'auteur de la dépêche de presse vous voulait du mal: parce que tout de même, il est difficile de trouver, de la part d'un organisme officiel, censé opérer la régulation et maintenir l'équilibre, une réponse aussi carrément à côté de la plaque, et aussi faiblarde sur le plan juridique.

Mon premier reproche est que vous avez failli à votre mission. Qu'on puisse être gêné par un tel film, diffusé dans le cadre de la journée mondiale de trisomie 21, n'est pas étonnant. En règle générale, l'homme moderne est gêné par toute forme de faiblesse, et prend d'innombrables précautions pour qu'aucune ne se retrouve sous ses yeux. Mais précisément, la mission qu'a le CSA de garantir le pluralisme vous intimait de rappeler à vos interlocuteurs que les personnes atteintes de trisomie ont les mêmes droits que les autres personnes: je veux dire le même droit de cité, le même droit à être vues, à être respectées, à être aidées, donc le droit aussi à ne pas être censurées quand elles sont montrées à la télévision.

Pour des raisons invraisemblables, vous avez voulu vous réfugier derrière ce fameux «n'est pas susceptible de provoquer une adhésion spontanée». C'est sans doute une boutade... Réfléchissons un peu, en effet. De deux choses l'une: ou bien c'est un argument de principe, ou bien c'est un argument de circonstance.

Raisonnablement, votre position ne peut pas être un argument de principe. En effet, si vous deviez réprimander toutes les chaînes de télévision et de radio au motif qu'elle ne devraient pas diffuser des émissions «qui ne sont pas susceptibles de provoquer une adhésion spontanée», je vous laisse imaginer les coupes claires qu'il faudrait opérer dans toutes les grilles de programmes.

Auriez-vous par hasard l'intention de supprimer les spots publicitaires qui font des femmes de véritables objets de consommation ou de promotion? [...]

Ces exemples montrent, si besoin était, que votre argument ne peut pas être considéré comme un principe, sauf à ce que l'application de ce principe tue l'ensemble de la sphère dont vous avez la charge. Et la liberté d'expression avec. Je sais bien que vos amis au pouvoir n'aiment pas ce qui ne leur ressemble pas, mais personne n'est obligé de les imiter, ni de devancer leurs désirs. C'est donc un choix de circonstance. Et c'est sans doute pire.

C'est pire, en effet, car le premier rôle de l'institution, en l'espèce des organismes institutionnels, est de rappeler que le droit s'enracine dans la situation du faible pour le protéger du fort. Peut-être votre position est-elle fondée en matière purement juridique.

A vrai dire, cela m'importe peu. La décision que vous avez prise fait primer, comme trop souvent dans la société occidentale, des impératifs de forme et de procédure sur la défense des personnes et leur dignité. Vous donnez l'impression de l'avoir oublié.

Il me semble que les Français sont en droit d'attendre de la plus haute autorité audiovisuelle de notre pays une attitude plus respectueuse du choix des familles qui acceptent d'accueillir dans leur sein des personnes dont la différence enrichit notre société, même si parfois, effectivement, elle peut en être désemparée.

Votre décision fait apparaître, en ces temps de silence présidentiel, socialiste, et gouvernemental, la seule double cohérence que je suis prêt à reconnaître au Chef de l'Etat: le mépris de la souffrance des familles, et la capacité à trouver des soutiens qui ne risquent pas de modifier cette trajectoire. Quel dommage! Et quelle honte!"

Posté le 29 juillet 2014 à 14h46 par Michel Janva | Lien permanent

28 juillet 2014

Pour le CSA, le bonheur des enfants trisomiques est suspect

Communiqué de la Fondation Lejeune :

"Le CSA vient de publier un avis négatif sur la campagne « Chère Future Maman » diffusée à l’occasion de la journée mondiale de la trisomie 21. Il reproche à plusieurs chaînes télévisées de l’avoir relayée.

Le CSA ne reconnaît pas le caractère d’intérêt général de cette campagne, au motif que sa finalité serait « ambigüe » et qu’elle ne pourrait « susciter une adhésion spontanée et consensuelle ».

Pour rappel, cette vidéo vise à rassurer une femme enceinte sur l’avenir et le bonheur possible de son enfant atteint de trisomie 21. La finalité de cette campagne est de lutter contre la discrimination et la stigmatisation dont sont victimes les personnes handicapées, et d’encourager leur insertion dans la société.

La vidéo a rencontré un engouement international, « spontané et consensuel » :

  • Plus de 5 millions de vues à ce jour (campagne la plus partagée dans le monde pendant 24 h),
  • Diffusée dans l’enceinte de l’ONU le 21 mars,
  • Saluée et encouragée par le Premier ministre italien Matteo Renzi,
  • Sujet d’une pleine page dans le magazine culturel Vanity Fair en Italie,
  • Primée à Cannes, la vidéo a reçu plusieurs Lions d’Or au Festival International de la Créativité.

Le CSA a choisi de limiter la liberté d’expression, en assumant le risque d’atténuer la portée d’un message accueillant vis-à-vis des enfants trisomiques.

A l’heure de la communication marquée par l’internationalisation, internet et les réseaux sociaux, cet avis est sans effet. En revanche, il souligne l’aveuglement des pouvoirs publics en France, depuis longtemps pays leader de l’élimination des enfants trisomiques avant leur naissance (96%).

La Fondation Jérôme Lejeune encourage les téléspectateurs à remercier les chaînes TF1, M6, D8 et Canal+ qui ont relayé la campagne « Chère Future Maman » en mars dernier."

Posté le 28 juillet 2014 à 18h01 par Michel Janva | Lien permanent

L’initiative One of us saisit la cour européenne de Justice

Après le veto de la commission européenne le 28 mai, l'initiative Un de nous a saisi la Cour de Justice de l'UE le 25 juillet.

Posté le 28 juillet 2014 à 08h48 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

26 juillet 2014

Sensibilisation à la trisomie 21 : le CSA recadre M6 et Canal+

Communiqué surréaliste du CSA :

"Le Conseil a été saisi de plaintes à la suite de la diffusion, dans les écrans publicitaires de M6, Canal+ et D8 entre le 21 mars et le 21 avril 2014, d’un message de sensibilisation à la trisomie 21. Intitulé « Chère future maman », il était soutenu par les associations Coordown, Les amis d’Éléonore et la fondation Jérôme-Lejeune, fondation dont la vocation est notamment la lutte contre l’avortement.

Le Conseil considère que ce message ne relève pas de la publicité au sens de l’article 2 du décret du 27 mars 1992. Bien qu’ayant été diffusé à titre gracieux, il ne peut pas non plus être regardé comme un message d’intérêt général, au sens de l’article 14 de ce même décret, puisqu’en s’adressant à une future mère, sa finalité peut paraître ambigüe et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle. En conséquence, le Conseil considère qu’il ne pouvait être inséré au sein des écrans publicitaires.

S’inscrivant dans une démarche de lutte contre la stigmatisation des personnes handicapées, ce message aurait pu être valorisé, à l’occasion de la Journée mondiale de la trisomie 21, par une diffusion mieux encadrée et contextualisée, par exemple au sein d’émissions.

Le Conseil est intervenu auprès des chaînes afin de leur demander, à l’avenir, de veiller aux modalités de diffusion des messages susceptibles de porter à controverse.

Il a répondu en ce sens aux plaignants."

Qui sont ces plaignants qui souffrent de voir des personnes trisomiques heureuses de vivre ? Non seulement il n'est pas permis de montrer la réalité du massacre de l'avortement, mais maintenant il serait indécent de montrer la joie des rescapés de l'eugénisme.

Posté le 26 juillet 2014 à 11h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (16)

25 juillet 2014

GPA : le PS condamne mais sans condamner

Schizophrénie socialiste avec l'inénnarable député Erwann Binet concernant de la proposition de loi de Jean Leonetti visant à condamner la GPA :

"Jean Leonetti se trompe : nous sommes certes très nombreux à condamner moralement la GPA, mais nous nous refuserons à sanctionner les parents qui y recourent et qui sont animés par un désir très légitime d'enfant".

Jean Leonetti estime nécessaire une telle proposition de loi, en raison de cette incohérence:

"Comment interdire cette pratique si l'on en reconnaît les effets sous le prétexte qu'elle aurait été mise en oeuvre dans un pays où elle est autorisée? ".

Posté le 25 juillet 2014 à 10h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

24 juillet 2014

Jacques Toubon veut être offensif sur la GPA

Jacques Toubon, nouveau Défenseur des droit, consacre un entretien au lobby LGBT. Extrait :

"Sur quels sujets comptez-vous être offensif?

Sur les questions qui tiennent aux enfants, à la famille, on a l'impression que sur le plan politique, il y a une sorte de blocage, formé sur un combat idéologique. Or ce sont des questions sur lesquelles il y a désormais de la jurisprudence, comme l'arrêt de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) sur les enfants nés de gestation pour autrui (GPA) à l'étranger."

Posté le 24 juillet 2014 à 08h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (17)

19 juillet 2014

Les féministes et les LGBT perdent un gros bonnet

Militante du MLF et fondatrice des «gouines rouges», Marie-Jo Bonnet s'est démarquée du mouvement LGBT par son opposition à la loi Taubira, à la PMA et à la GPA. Elle explique au Figarovox :

B"Plusieurs raisons font que je m'oppose aux contrats de mère porteuse. D'abord parce qu'il s'agit d'une exploitation du corps de la femme par des hommes ou des couples aisés. Ces contrats étendent de manière presque illimitée le domaine du marché. Tout s'achète, tout se vend, y compris le pouvoir procréateur des femmes. Ce qui était un acte gratuit devient un acte marchand. C'est le retour de la lutte des classes dans le domaine de la procréation.

C'est donc une instrumentalisation des femmes qui mène à la négation des mères. La CEDH a ainsi condamné la France pour avoir refusé d'inscrire le père biologique d'un enfant issu d'une mère porteuse sur l'état civil, mais pas pour avoir ignoré sa mère biologique, qui n'existe donc pas. Il s'agit donc d'un retour à la «lignée spermatique» caractéristique d'une société patriarcale, où la reconnaissance symbolique est donnée par le père, la mère étant niée.

Que répondez-vous à des féministes comme Elisabeth Badinter qui affirme la possibilité d'une GPA éthique ?

Vouloir introduire l'éthique dans le marché de la procréation est une illusion. Aujourd'hui, on estime ce marché à 3 milliards de dollars par an. Les femmes qui acceptent de se prêter à ce «commerce équitable» sont des pauvres, originaires de l'Inde, ou de pays de l'Est, et même de France comme l'ont révélé quelques affaires l'année dernière.

De plus, comment peut-on parler d'éthique quand il s'agit de promouvoir l'abandon d'un enfant par sa mère! Car rappelons le, le principe des contrats de mère porteuse repose sur l'abandon d'un enfant par sa mère, qui l'a porté, nourri et eu des échanges vitaux avec lui pendant 9 mois.

Vous allez plus loin que la simple condamnation de la marchandisation du corps des femmes, et dénoncez également la PMA, qui est pourtant une revendication essentiellement lesbienne. Pourquoi?

Je m'oppose à la fois à la médicalisation de la procréation (non justifiée dès lors que les lesbiennes ne sont pas stériles) et à l'occultation de l'origine paternelle de l'enfant. Je ne crois pas qu'un enfant soit mieux élevé par un couple hétéro qu'un couple homo. Là n'est pas la question. L'important est que l'enfant ait accès à sa double filiation. La filiation monosexuée n'existe pas, c'est un fantasme. De plus, on ne connaît pas les conséquences de ces choix procréatifs nouveaux. [...]

Plus généralement je suis contre l'expérimentation sur l'humain. Et l'aspect «bio-technique», consumériste de la PMA (un enfant sur commande, fabriqué en laboratoire) m'effraie. Si les lesbiennes veulent des enfants, elles peuvent très bien se débrouiller sans aller dans en clinique!

Je suis effarée par le caractère injonctif de certaines revendications, comme si le droit devenait le «sésame ouvre-toi» de l'égalité, comme s'il n'y avait pas d'autres moyens, et surtout un lien d'égalité obligatoire entre les contrats de mère porteuses et la PMA. L'enfant n'est pas un droit, et pour cette raison, on ne peut pas appliquer la logique d'égalité entre les sexes.

Vous avez écrit un livre Adieu les rebelles, où vous fustigez le tournant pris par le militantisme LGBT. Que lui reprochez-vous?

Le militantisme homosexuel est dirigé par un petit groupe politiquement organisé, autoproclamé qui impose ses intérêts, ses désirs et ses choix, en taxant d' «homophobes» tous ceux qui ne sont pas d'accord avec eux. Le débat démocratique a été pris en otage par ce groupe, que certains qualifient «d'homocrates», à l'intérieur même du mouvement LGBT où on ne peut plus discuter des modalités de reconnaissance de l'homosexualité, des stratégies à développer, des contre-pouvoirs culturels. Les rapports de pouvoir à l'intérieur même du mouvement ont changé: les revendications féministes ne peuvent plus s'y faire entendre car malheureusement, le mouvement homosexuel ne s'intéresse plus vraiment à l'égalité hommes-femmes. Il est devenu impossible de militer ensemble, hommes et femmes, gays et lesbiennes, car nous n'avons plus les mêmes objectifs et priorités. Le féminisme et la cause gay, jadis unis dans un même combat pour la liberté, sont aujourd'hui deux causes divergentes. Ainsi la Coordination lesbienne a quitté l'inter-LGBT de Paris à cause de ses positions favorables au marché et la prostitution, des positions contraires aux fondamentaux féministes. [...]

On a dans le mouvement LGBT contemporain un déni du corps et de sa réalité biologique qui sont étonnants. L'idée que toute différence serait une domination construite, alors qu'il existe indéniablement un «reçu» un donné à la naissance. Le mouvement «queer» importé des Etats-Unis imagine que nous sommes des sujets sans structure ni identité, capables de passer d'un sexe à l'autre. La personne ne se définit pas uniquement par le «social», par les «stéréotypes sociaux», mais par des choses beaucoup plus profondes et multiples, un inconscient, une psychologie, une liberté de contester les conditionnements sociaux et d'assumer ce que l'on est. Le communautarisme LGBT réduit le sujet à une seule dimension: sa sexualité, et en fait une essence."

Posté le 19 juillet 2014 à 14h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

15 juillet 2014

Appel de la gauche au Président de la République contre la GPA

Appel initié par Jacques Delors et Lionel Jospin, signé par des dizaines de personnalités, et publié dans Libération.

"[...] Le contrat de mère porteuse est contraire au principe de respect de la personne, aussi bien celui de la femme, qui porte l’enfant commandé, que celui de l’enfant, commandé par une ou deux personnes, qui se développe dans le ventre de la «porteuse», puis est livré. Les êtres humains ne sont pas des choses.

Mais le 26 juin, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France en ce qu’elle exclut de son droit une telle transaction sur femme et enfant. Car la Cour de cassation s’était opposée à ce que les filiations issues de conventions organisées à l’étranger soient transcrites sur l’état civil français : en effet, si notre droit l’admettait, alors ce contrat, pourtant contraire à l’ordre public, aurait la même efficacité qu’un contrat valable, ce qui est la seule chose recherchée par les parties à ce contrat.

Si la France plie, si les filiations des enfants issus de contrats de mères porteuses faites à l’étranger sont inscrites à l’état civil français, alors le marché des bébés devient de fait efficace.

Le contrat de mère porteuse fait à l’étranger sera aussi efficace que s’il était licite.

Une fois cela acquis, monsieur le Président, comment allez-vous expliquer aux Françaises et aux Français que, s’ils ont de l’argent, ils pourront aller acheter un bébé à l’étranger et le faire inscrire comme leur fils ou leur fille sur l’état civil français tandis que, s’ils ne sont pas assez fortunés, ils devront subir l’interdiction qui demeurerait en droit français applicable aux contrats de mère porteuse réalisés en France ?

Et comment interdire cette pratique en France si l’on en reconnaît les effets sous le prétexte qu’elle aurait été mise en œuvre dans un pays où elle est autorisée ?

C’est pourquoi, monsieur le Président, nous vous demandons, au nom de votre engagement constamment exprimé, de vous opposer publiquement à l’admission par le droit des contrats de mère porteuse, ces mères dont les droits sont piétinés, ces femmes pour lesquelles vous avez pris fait et cause en 2013, droits aujourd’hui remis en cause et compromis par la Cour européenne. Il est concevable de trouver des solutions techniques pour améliorer la situation juridique des enfants présents sur le sol français, sans succomber à ce qui est un triomphe de l’industrie de l’enfantement sur commande, et sans que cela leur coûte le statut d’être humain par la reconnaissance de l’efficacité du contrat de mère porteuse qui les a désignés comme une chose. [...]"

Posté le 15 juillet 2014 à 07h08 par Michel Janva | Lien permanent

11 juillet 2014

Des vies épargnées : on ne va pas pleurer !

Pf13

Posté le 11 juillet 2014 à 19h09 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

07 juillet 2014

Promotion de la GPA sur Radio classique

Vendredi 4 juillet 2014, Radio Classique a diffusé un entretien de Gaspartd Koenig, président de Think Tank Génération Libre, dans la rubrique ' « Des idées neuves » à 7h20 sur Radio classique. Voici la retranscription de cette chronique

« Pour un marché des ventres », c’est 'l’idée neuve' de ce matin. Vous nous parlez donc de la Gestation Pour Autrui (GPA = mère porteuse).

GK : Eh oui, alors d’abord rappelons un tout petit peu les termes du débat, parce que des fois,on est tous un peu confus. La PMA, la « fameuse » PMA, c’est la Procréation Médicalement Assistée par insémination artificielle, qui n’est aujourd’hui ouverte qu’aux couples hétérosexuels… bon alors là, pour la PMA, y’a pas trop de difficultés, parce que si le « processus » est autorisé et que par ailleurs, l’adoption homosexuelle est permise, alors là c’est un syllogisme simple, et je ne vois pas très bien comment on peut s’opposer à la PMA.

Ce qui fait difficulté, c’est la GPA, la Grossesse Pour Autrui, qui est aujourd’hui interdite à la fois pour les couples homosexuels, mais aussi pour les couples hétérosexuels, et les femmes ne pouvant porter d’enfant. Alors cette situation est assez bizarre, puisque maintenant, évidemment, les techniques permettent aux gens d’aller à l’étranger, de se faire inséminer et de revenir en France, d’avoir des mères porteuses à l’étranger, pardon, et donc ça pose des problèmes juridiques assez compliqués ; les tribunaux de grande instance de Versailles, puis d’Aix, ont refusé de considérer l’adoption pour des enfants nés sous PMA. La CEDH a très récemment, le 26 Juin, condamné la France pour avoir refusé de transcrire à l’état civil des actes de naissance d’enfants nés par mère porteuse aux États-Unis et la secrétaire d’État de la Famille a affirmé récemment à l’Assemblée Nationale que la France ne contesterait pas cet arrêt. Donc, c’est un peu, c’est très ambigu et il est sans doute temps de mettre fin à ces situations anormales et éprouvantes pour les familles.

Donc, vous proposez de légaliser la GPA, c’est pas très moral…

GK : Bah, ça dépend un peu de quelle morale on parle. Parlons de la morale judéo-chrétienne ; bon, Marie, finalement, était la première femme à subir une PMA, et puis Sarah, la femme d’Abraham, qui décide de donner à son mari sa servante Agar, pour avoir un enfant, dans la Genèse, pratique l’équivalent à l’époque, étant donné les techniques existantes, de la GPA.

Morale « historique » ? Bah en fait, on s’aperçoit, en lisant des anthropologues, comme Françoise Héritier ou Maurice Godelier, que, y compris dans les sociétés très anciennes, il y a toujours eu des solutions collectives pour pallier à (sic) la stérilité individuelle, et que comme le dit Maurice Godelier, « on pouvait déjà faire appel à la sexualité de multiples co-géniteurs sans pour autant qu’il y ait appropriation collective de l’enfant ». Donc, c’est quelque chose qui est vieux comme le monde.

Loi naturelle ? Bah, je pense que là il faut être raisonnable, et dire que la biologie évolue et que l’homme, finalement, est maître et possesseur de la nature, et revenir à la définition disons culturaliste de la maternité que propose Élisabeth Badinter, quand elle parle de « projet d’enfant ». Bon on pourrait en lister d’autres, et je pense au contraire que ce que je mettrais en avant, c’est pas tellement le « droit à l’enfant », mais la liberté, avant tout, entre adultes consentants de – et dans la mesure où cela ne nuit pas à l’enfant – de procéder à la GPA. Et si même, à titre personnel, vous le condamnez, pourquoi la société devrait l’interdire collectivement ?

Bon, Gaspard, comment ça se passe dans les autres pays ?

GK : Eh bien, c’est… il y a tous les cas possibles : ceux qui autorisent, ceux qui interdisent, ceux qui laissent une zone d’ombre. L’exemple le plus parlant, c’est pas les États-Unis, en fait, c’est Israël. En Israël, on le sait peu, mais depuis 1996, les mères porteuses sont autorisées. Donc on a déjà…on peut déjà voir ce que ça donne. C’est très encadré, c’est un phénomène qui reste marginal, y’a pas d’quoi s’affoler, il y a eu six cent cinquante demandes depuis le début, deux cents mères porteuses. Et par ailleurs, étonnamment pour un pays aussi religieux, eh bien il y a une proposition de loi qui est maintenant débattue pour ouvrir la GPA aux célibataires et aux couples homosexuels. Après, vous avez le modèle… – et là dans le modèle israélien la mère porteuse est payée – …vous avez aussi le modèle canadien où la mère porteuse n’est pas payée, et qui est en place depuis 2004.

Bon, très rapidement, Gaspard, est-ce que vous êtes pour le don, ou pour le « marché des ventres » ? pour le modèle israélien, ou canadien ?

GK : Alors, je reconnais la beauté éthique du modèle du don que défend Badinter. Le problème, c’est que ça ne marche pas. On voit au Canada en fait, il y a très très peu de cas, et le meilleur exemple c’est le Nevada, puisque c’est un des seuls des États-Unis où la GPA n’est permise que sur le modèle du don, et à ce moment-là, tout le monde va en Californie. Et puis par ailleurs, on parle toujours de marchandisation des corps, mais après tout, au nom de quel principe étrange ne pourrait-on pas vendre son corps ? on le fait tous les jours, et puis, après tout, on en est le propriétaire. Le « marché [des ventres] » permettrait également en un sens de dédramatiser les aspects psychologiques en ramenant cette GPA à un simple contrat entre individus libres. Alors il faut, je pense, à la fois libéraliser, et bien sûr réguler."

Posté le 7 juillet 2014 à 10h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

Les agences de mères porteuses utilisent la circulaire Taubira pour 'louer des ventres'

Ce site de location d'utérus pour conception d'enfants donne toutes les indications pour violer la loi française et écrit notamment :

"Nos mères porteuses accouchent toutes à la maternité d'État. Après elles font le document-déclaration chez le notaire (elles refusent ses droits parentaux en honneur des parents biologiques légitimes, selon l’article 123 du Code de famille), (au-dessus vous trouverez la formule en Français). Puis, l’état civil ukrainien prend leur certificat de maternité, (Extrait de la maison de naissance), aussi que la déclaration-renonciation chez le notaire, plus vos passeports et votre acte de mariage apostillé, pour finalement délivrer aux parents l’acte de naissance. Donc la mère porteuse ne figure plus en acte, seulement les parents de l’enfant. Voila comment l’enfant se déclare à votre nom."

"Puis on vous traduit l’acte de naissance en francais, et on fait l apostille aupres de Ministere des affaires etrangérès à Kiev. Puis vous fixez le rendez-vous a l’ambassade de France a Kiev, et vous y reclamez un laisser-passer pour l enfant. Actuellement, vu l apparition du circulaire de Taubira, l’ambassade donne ce document vite (2-3 semaines maximum entre la date d’accouchement, et votre retour en France).Attention, le laisser-passer est un document qui vous permettra de rentrer légalement en France avec votre bebe, c’est a dire passer la frontiere. Ce n’est pas un document qui vous donne le droit de nationalité francaise. Au cas de necessite, on present les documents supplementaires a l’ambassade, au cas s ils le demanderont."

Posté le 7 juillet 2014 à 10h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

De la transcription dans l'état civil des filiations à la légalisation de la GPA

De Sylviane Agacinski, dans Ouest-France :

"La propagande en faveur de la légalisation de la pratique des « mères porteuses » a récemment changé de stratégie : faute d'être recevable sur le fond, elle prend des chemins détournés.

Ainsi, les partisans de la « gestation pour autrui », formule soft qui occulte l'accouchement et les liens biologiques entre la mère et l'enfant qu'elle porte, réclament la transcription dans l'état civil français des filiations établies à l'étranger entre des « parents d'intention » et les enfants nés d'une mèreporteuse.

Or, il est clair que ceci reviendrait ipso facto à légitimer les « gestations pour autrui » pratiquées hors de nos frontières. Elle inciterait les couples à recourir à cette pratique et nourrirait l'industrie procréative là où elle existe. La France s'inclinerait, à l'avenir, devant le fait accompli, quelles que soient les conditions dans lesquelles les femmes auront été exploitées ailleurs ! Et la voie vers une légalisation de la pratique des mères porteuses serait ouverte. [...]"

Posté le 7 juillet 2014 à 08h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

06 juillet 2014

Trisomique et bachelière avec mention

Une histoire qui devrait faire réfléchir ceux qui poursuivent l'éradication de ces malades : 

"Il y a quelques jours, les candidats au baccalauréat découvraient s'ils avaient ou non réussi à l'examen. Et c'était un événement.  A Casablanca, au Maroc, une élève atteinte de Trisomie 21 a, elle aussi, créé la surprise en devenant également bachelière. La jeune fille, Jasmine Berraoui, a obtenu l'honorable note de 12,3/20 dans la branche des sciences physiques, ce qui lui vaut la mention Assez Bien. 

En décrochant ce diplôme qui lui ouvre la voie à l'université, la jeune fille a démontré qu'elle pouvait aller au delà de son handicap et vivre comme les autres. Un pied de nez à cette maladie génétique qui a longtemps mis à l'écart un grand nombre de ceux qui en étaient atteints. C'est le message que son père journaliste, Jamal Berraoui a tout de suite voulu faire passer, en écrivant un article élogieux mais aussi plein d'amour pour sa fille" (suite).

Posté le 6 juillet 2014 à 20h50 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (1)

05 juillet 2014

La cause des dérives biotechniques vient de la fermeture à la transcendance

Extrait d'un article de Pierre-Olivier Arduin dans La Nef :

N"Le progrès technologique n’est pas responsable en soi du pouvoir démiurgique que s’arroge l’homme sur la nature et sur sa propre vie qu’il réduit toujours plus à un simple matériau ; c’est plutôt l’atrophie de la réflexion éthique et l’absence de progrès moral correspondant qui nous a conduits à cette fuite en avant transgressive. La principale cause des dérives biotechniques contemporaines est à rechercher avant tout dans une fermeture idéologique à la transcendance et le refus foncier de l’homme de dépendre de Dieu. Le respect pour la création et le respect pour la vie et la dignité humaines ne pourront être que le fruit d’une conversion et d’une croissance spirituelle et morale des hommes qui doivent à nouveau reconnaître en Dieu leur Créateur. Face à cette raison close dans l’immanence technologique, une raison sans la foi condamnée à se perdre dans l’illusion de sa toute-puissance, Benoît XVI a rappelé que la science elle-même avait besoin de chrétiens qui ont les mains tendues vers Dieu. Aussi est-ce un appel ardent que l’Église lance à « de nombreux chrétiens afin qu’ils se dédient à la promotion de la biomédecine pour témoigner de leur foi » (Dignitas personae, n. 3) et qu’ils sachent « mettre leurs énergies et leurs capacités en tant que scientifiques au service d’une recherche passionnée, guidée par une conscience limpide » (Compendium de la DES, n. 477). Pour réorienter les biotechnologies vers leur véritable finalité – servir la vie et la dignité de chaque être humain –, ce sont de nouveaux Albert le Grand et de nouveaux professeurs Lejeune dont nous avons besoin."

Posté le 5 juillet 2014 à 09h34 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2014

Journée européenne contre la christianophobie ?

En Italie, l’Observatoire italien sur la christianophobie a lancé le 30 juin une pétition européenne intitulée « Ferma la Cristianofobia » (stoppez la christianophobie), qu’il a soumise au Parlement européen.

La pétition, que vous pouvez signer ici, a été remise à la Commission européenne pour les pétitions. Il s’agit d’un « premier pas important vers la prise de conscience en Europe de la réelle problématique de la persécution des chrétiens dans le monde », explique le directeur de l’Observatoire, Silvio Dalla Valle dans un communiqué pour le lancement de la pétition.

Posté le 4 juillet 2014 à 07h52 par Michel Janva | Lien permanent

03 juillet 2014

La GPA c'est cela : un enfant arraché à sa mère

Un article d'un journal italien relate l'arrachement d'un enfant, à peine sorti du ventre de sa mère, pour satisfaire 2 hommes. Cet enfant vient tout juste d'être accouché par une femme, qui est sa mère. et avant même la première tétée, il l'a déjà perdue (via).

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Posté le 3 juillet 2014 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (27)

Pierre Bergé milite activement pour la GPA

L'oligarque, grand argentier du lobby LGBT, s'est réjouit de l'arrêt de la CEDH en faveur de la GPA :

Posté le 3 juillet 2014 à 07h57 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (20)

02 juillet 2014

Ils ne sont vraiment pas "normaux"

Alors que la France élimine, dans un eugénisme à peine voilé, 96% des enfants à naître porteurs de la trisomie 21, 99% des personnes porteuses de trisomie 21 se déclarent heureuses de leur vie, selon une étude menée par le Dr. Brian Skotko, co-directeur du programme Trisomie 21 à l’Hôpital général du Massachusetts :

  • 99% des personnes porteuses de trisomie 21 sont heureuses de leur vie.
  • 97% des personnes porteuses de trisomie 21 aiment ce qu’ils sont devenus.
  • 99% des parents affirment aimer leur enfant porteur de trisomie 21.
  • 5% des parents se sentent embarrassés par leur enfant.
  • 97% des frères et sœurs, âgés entre 9 et 11 ans, affirment aimer leur frère ou leur sœur porteur de trisomie 21. 

Voilà qui devrait interpeller nos eugénistes qui estiment que la vie des personnes porteuses de la trisomie 21 ne mérite pas d'être vécue.

Posté le 2 juillet 2014 à 22h47 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2014

Des liens entre la trisomie 21 et la leucémie

Lu sur le blog de la Fondation Lejeune :

"Depuis des années il a été remarqué que des personnes atteintes de trisomie 21 développaient plus fréquemment que les autres un certain type de cancer des cellules sanguines (la leucémie lymphoblastique aigüe LAL). Aucune explication n’avait encore permis d’en comprendre les raisons jusqu’à ce jour. Une étude publiée dans la revue Nature change la donne.

Des chercheurs anglais ont permis, à travers la recherche sur la trisomie 21, de démontrer l’implication de gènes présents sur le chromosome 21 dans le développement de la LAL. Cette étude permet d’envisager, dans les années à venir, des essais cliniques thérapeutiques pour lutter contre ce type de cancer. [...]

En étudiant le fonctionnement de la trisomie, cette étude permet donc d’ouvrir dans les années à venir des projets de recherche thérapeutiques pour vaincre les leucémies lymphoblastiques aigües. Si aucun traitement n’est encore disponible afin d’inhiber l’expression du gène HMGN1, elle ouvre néanmoins des champs d’espoirs important afin de vaincre ce type de cancer, qui touche toute la population, atteinte de trisomie ou non. La recherche de la trisomie est au service de toute la société !"

Posté le 1 juillet 2014 à 16h11 par Michel Janva | Lien permanent

L'inscription à l’état civil français des enfants nés par GPA est un cheval de Troie

Dans une tribune du journal Le Monde en dates du 29 et 30 juin, Mme Sylviane Agacinski, revient sur la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme condamnant la France pour avoir refusé de reconnaître une filiation issue d’une gestion pour autrui (GPA) à l’étranger.

"l’inscription à l’état civil français des enfants nés de mères porteuses à l’étranger était un cheval de Troie actionné par les partisans de la gestation pour autrui."

Posté le 1 juillet 2014 à 14h49 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

30 juin 2014

GPA : la CEDH a ignoré l'instrumentalisation des mères porteuses

Suite aux arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme concernant deux affaires de mères porteuses, Grégor Puppinck écrit dans Valeurs actuelles :

"[...] Dans cette affaire, la Cour ne se prononce pas directement sur l’interdiction de la GPA au regard de la Convention : ce n’était pas la question. Néanmoins, elle note la diversité des législations en Europe et admet « le fait que le recours à la gestation pour autrui suscite de délicates interrogations d’ordre éthique » (§ 79). Selon la Cour, les États ont « une ample marge d’appréciation, s’agissant de la décision non seulement d’autoriser ou non ce mode de procréation mais également de reconnaître ou non un lien de filiation entre les enfants légalement conçus par gestation pour autrui à l’étranger et les parents d’intention. » (§79). Cependant, cette liberté de principe est « atténuée » par la nécessité concrète de « prendre en compte la circonstance qu’un aspect essentiel de l’identité des individus est en jeu dès lors que l’on touche à la filiation. » (§ 80).

[...] Elle estime donc que la France peut prohiber cette « méthode de procréation » et elle n’entend pas « mettre en cause en tant que tel[le] » (§ 84) le « choix d’éthique du législateur français d’interdire la gestation pour autrui » (§ 83). La Cour prétend ainsi épargner le principe de l’interdiction de la GPA tout en portant un jugement sur les conséquences pratiques de cette interdiction en l’espèce. En d’autres termes, elle juge la sanction de l’interdiction, mais non l’interdiction elle-même, laissant chaque pays libre d’interdire ou non. [...]

Ce que cet arrêt exige, c’est que la France mette fin à la contradiction et à l’incertitude juridiques dans laquelle sont placés les enfants conçus à l’étranger par GPA, et qu’elle accepte de reconnaître légalement la filiation biologique liant l’enfant et l’un ou les deux parents commanditaires.

Cette jurisprudence est transposable aux cas d’enfants conçus par GPA à la demande de couples de même sexe, en particulier lorsque l’un des membres du couple à un lien biologique avec l’enfant. De même, en cas de GPA hétérologue le même régime s’applique sans distinction selon la composition sexuelle des couples.

Concrètement, cet arrêt condamne le dispositif actuel de dissuasion du tourisme procréatif par GPA et oblige la France à l’abandonner. Néanmoins, il ne fait pas obstacle à ce qu’un autre dispositif de dissuasion et de sanction soit institué, pour autant qu’il ne porte pas atteinte lui aussi au respect de la vie familiale… De fait, on conçoit mal quel dispositif pourrait être à la fois respectueux d’une vie familiale déjà existante et réellement dissuasif. Car, en la matière, les gouvernements sont placés devant le fait accompli d’une vie familiale déjà existante.

Les difficultés rencontrées par les enfants nés de GPA sont réelles, et la Cour en a tenu compte. En revanche, à aucun moment, la Cour n’a évoqué la situation de la mère biologique des enfants, ni celle de la mère porteuse. Leurs situations sont totalement ignorées par la Cour, elles sont purement instrumentales. Or, le plus souvent, la GPA est réalisée au prix de l’exploitation de femmes, parfois au prix de leur vie, en Ukraine, en Russie ou en Inde. La GPA provoque aussi des violations des droits des enfants, comme en l’espèce.

La Cour n’a pas réussi, ou voulu, appréhender la problématique de la GPA dans son ensemble. Elle a considéré l’affaire du seul point de vue des couples occidentaux en mal d’enfants. Il faut espérer que d’autres affaires à venir, concernant notamment des enfants obtenus en Ukraine et en Russie sans aucun lien biologique avec les couples âgés commanditaires  (Paradisio c Italie) lui ouvriront les yeux sur l’ensemble de la problématique de la GPA. La GPA ne peut pas être réduite, comme le fait la Cour, à une simple « méthode de procréation » parmi d’autres.

Finalement, d’un point de vue politique, on peut s’interroger sur la proportionnalité de cet arrêt : il fera probablement plus de mal que de bien, en encourageant une pratique contraire aux droits des enfants et des mères. Pour revenir sur cette tendance, il faudra probablement attendre une génération, que les enfants nés par GPA soient en âge de s’exprimer, et viennent poursuivre en justice ceux qui les ont achetés en les privant volontairement de tout ou partie de leur filiation. 

La solution est politique."

Posté le 30 juin 2014 à 12h16 par Michel Janva | Lien permanent

26 juin 2014

Vers la GPA à petits pas

Communiqué de la Fondation Lejeune :

"La Fondation Jérôme Lejeune note que l’arrêt de la CEDH dans les affaires Mennesson et Labassee contre France condamne la France à reconnaître la filiation biologique (en l’espèce la filiation de l’enfant avec le père biologique) des enfants nés par mère porteuse (GPA). Cependant cet arrêt :

  • ne condamne pas la France à reconnaître une filiation artificielle (en l’espèce la filiation de l’enfant avec la femme du père biologique qui n’a ni donné son ovocyte ni porté l’enfant)
  • ne vaut pas condamnation de la France à légaliser les contrats de mères porteuses en eux-mêmes.
Pour autant, la Fondation déplore cette décision qui lève sur le plan symbolique et psychologique certains obstacles à la légalisation des contrats de mères porteuses.
A cette occasion, elle observe que les techniques de procréation artificielle autorisées (parmi lesquelles s’inscrira peut être la GPA) sont toutes contraires à « l’intérêt supérieur de l’enfant ». Pour la plupart dérivées des techniques vétérinaires et transposées à l’homme, elles sont dépourvues de tout lien avec l’art médical qui considère l’être humain comme un sujet et non comme un objet."

Posté le 26 juin 2014 à 16h20 par Michel Janva | Lien permanent

25 juin 2014

Vincent Lambert est en vie, il n'est pas d'ailleurs en situation de « fin de vie »

Ce sont les journalistes du Monde eux-même, qui le disent...

Posté le 25 juin 2014 à 23h36 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (1)

24 juin 2014

Avorter un enfant trisomique n'est pas un droit de l'homme

La Fondation Lejeune salue l'arrêt rendu ce jour par la CEDH :

"Aujourd’hui la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a rendu son arrêt dans l’affaire AK contre Lettonie.

La Fondation Jérôme Lejeune salue le fait que la Cour s’est abstenue de considérer la naissance d’un enfant trisomique comme un préjudice pour sa mère. Elle n’a pas reconnu expressément un droit à l’avortement d’un enfant trisomique au titre de la Convention européenne des droits de l’homme (Article 8 relatif au respect du droit à la vie privée), mais seulement et indirectement un droit à l’information de la femme concernant la santé de son enfant à naître.

La Fondation note avec satisfaction que la Cour n’a pas accordé à la requérante, au titre du préjudice matériel (le revenu manqué et l’indemnité pour l’enfant) la somme de 253.000 euros. Ainsi elle n’a pas considéré le préjudice du fait de la naissance. La Cour a indiqué qu’il n’y avait pas de lien de causalité entre la violation d’ordre procédural (voir deuxième point) et la demande de dommages pécuniaires du fait de la naissance de l’enfant. La violation sanctionnée par la Cour n’a rien à voir avec le prétendu préjudice du fait de la naissance.

Jugeant l’affaire, la Cour a examiné la manière dont les tribunaux internes ont examiné l’action de la requérante, concluant que leurs décisions étaient arbitraires. C’est à ce titre que la Lettonie est condamnée.

En réaction à l’affaire AK contre Lettonie, une trentaine d’associations spécialisées sur la trisomie, dont la Fondation Jérôme Lejeune, avaient lancé en 2012 une action commune de sensibilisation « Stop Eugenics Now to protect persons with disabilities ». Ces associations se sont mobilisées autour d’une déclaration commune « « L’eugénisme n’est pas un droit de l’homme » grâce à une pétition mise en ligne sur un site internet (plus de 10 000 signataires). En juin 2012 une audition publique devant l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe mettait à l’honneur cette mobilisation européenne. Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune intervenait à cette audition, au terme de laquelle, un projet de résolution de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe « Combattre l’eugénisme et les discriminations contre les personnes handicapées » avait été présenté par Lucas Volontè, député italien président du PPE.

*POUR RAPPEL L’affaire AK contre Lettonie a été portée devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) par une Lettone, AK. Ayant donné naissance à une petite fille atteinte de trisomie 21, celle-ci avait intenté une action en justice contre son médecin parce qu’il ne l’aurait pas informée pendant sa grossesse de la possibilité de faire des tests de dépistage prénatal. Ayant été déboutée dans son pays, AK avait saisi la CEDH au nom du « droit au respect de la vie privée et familiale ». (Article 8 de la Convention des droits de l’homme).

Posté le 24 juin 2014 à 18h11 par Michel Janva | Lien permanent

21 juin 2014

343 fraudeuses, ce sont 343 enfants privés de père

Aude Mirkovis est interrogée dans Le Point :

"Pensez-vous que l'action des 343 fraudeuses contribue à faire pression sur le législateur et le juge pour qu'un statut soit reconnu à ces enfants nés par PMA et GPA qui vont grandir en France ?

Mais ces enfants ont déjà un statut ! ils ont une mère, celle qui les a mis au monde. Hélas pour eux, ils ne connaissent pas leur père, qui est un donneur anonyme. Cela ne veut pas dire qu'ils sont sans "statut". 343 fraudeuses, ce sont 343 enfants privés de père, je ne vois pas là de quoi faire pression sur le législateur ! 343 femmes peuvent toujours se vanter de s'être fait inséminer en Belgique pour avoir un enfant sans père, et je ne vois rien ici qui serve l'intérêt de l'enfant. Ces femmes ont certainement de très bonnes intentions, et l'amour qu'elles portent à l'enfant n'est pas en cause. Mais si on se place du côté de l'enfant, cet amour est très ambigu : "Nous voulons tellement t'aimer que nous commençons par te priver de ton père, pour te garder pour nous." Il est injuste de priver délibérément un enfant de son père. On pourra ensuite le couvrir de câlins et de cadeaux, cela ne remplacera pas le père qu'il n'aura jamais."

Posté le 21 juin 2014 à 15h46 par Michel Janva | Lien permanent

Reportage sur une danseuse internationale et la Fondation Lejeune

Keenan Kampa, marraine des 20 ans de la Fondation Jérôme Lejeune :

Posté le 21 juin 2014 à 15h25 par Michel Janva | Lien permanent

20 juin 2014

PMA : "Mme Rossignol vous m'avez menti"

Jean-Pier Delaume-Myard, porte-parole de la Manif pour tous, interpelle Mme Rossignol dans Le Nouvel Obs :

"Madame la secrétaire d’État,

À l’occasion de la proposition de loi sur l’autorité parentale qui est examinée depuis lundi, vous avez déclaré à propos de la PMA :

"Le sujet n'est pas clos (...) La question continuera d'être posée à la société française."

Vous m'avez menti 

Le 28 avril 2014, vous avez reçu une délégation de La Manif Pour Tous, dans le cadre de vos rencontres avec des associations familiales ou des mouvements citoyens. Je faisais partie de ceux que vous receviez.

Je comprends mieux, maintenant, pourquoi, lorsque j’ai abordé la question de la PMA, que vous m’avez demandé, purement et simplement, de me taire.

Droit dans les yeux, vous m’avez affirmé : 

"Qu'il n'y aura pas de PMA sous cette mandature et pas plus d’amendement".

J’ai l’habitude de cette réponse. Lorsque j’aborde cette question auprès des instances de ce gouvernement ou auprès des médias, on me rétorque, symptomatiquement, que "ce n’est pas d’actualité".

Vous retournez votre veste

Pourtant, vos récents propos publics ne semblent pas aussi catégoriques. Et la communauté homosexuelle n'est pas prête non plus à lâcher du lest sur cette question. [...]"

Posté le 20 juin 2014 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

18 juin 2014

PMA et massacre d'embryons humains

Des chiffres vertigineux :

"A propos des échecs industriels de la PMA qui sont un massacre permanent, le rapport nous dit que, en 2011, 282.353 embryons ont été conçus par FIV et que seulement 7% d’entre eux ont abouti à des naissances. Sur ces 282.353 embryons, près de la moitié n’ont été ni transférés (in utero) ni congelés. Sur les 88.848 embryons qui ont été transférés directement après une FIV, seulement 14,9% ont donné naissance à un enfant ; sur les 62.680 embryons qui ont été congelés, le taux de réussite a été de 6,6%."

On lit dans l'instruction Dignitas personae, publiée en 2008 :

"la fécondation in vitro implique l’élimination volontairement acceptée d’un nombre conséquent d’embryons. Certains pensaient que cela était dû à une technique encore imparfaite. L’expérience a montré, au contraire, que toutes les techniques de fécondation in vitro se déroulent en réalité comme si l’embryon humain était un simple amas de cellules qui sont utilisées, sélectionnées ou écartées.

Certes, environ le tiers des femmes qui ont recours à la procréation artificielle parviennent à avoir un enfant. Cependant, compte tenu du rapport entre le nombre total d’embryons produits et ceux effectivement nés, le nombre d’embryons sacrifiés reste très élevé. Ces pertes sont acceptées par les spécialistes des techniques de fécondation in vitro comme le prix à payer pour obtenir des résultats concluants. Il est très préoccupant de voir qu’en ce domaine, la recherche ne semble pas porter un réel intérêt au droit à la vie de chaque embryon, mais vise surtout à obtenir de meilleurs résultats en termes de pourcentage d’enfants nés par rapport aux femmes qui initient un traitement."

Posté le 18 juin 2014 à 21h07 par Michel Janva | Lien permanent

16 juin 2014

Fallait-il débrancher Michaël Schumacher comme certains le souhaitent pour Vincent Lambert?

Alors que le jour du jugement dernier des hommes s'avance pour Vincent Lambert (20 juin), on apprend aujourd'hui l'extraordinaire nouvelle que Michaël Schumacher est sorti du coma et a quitté le centre hospitalier de Grenoble. Plus personne n'y croyait et pourtant, la vie a montré avec ironie et au bon moment qu'elle restait en grande partie mystérieuse et bien inconnue de l'homme malgré sa tendance à l'orgueil et sa volonté de décider là où il est encore incompétent.

Alors, si l'on laissait la vie se dérouler en toute simplicité et en toute humilité? Espérons que Michaël aidera à sauver Vincent.

Posté le 16 juin 2014 à 15h47 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (5)

11 juin 2014

Fêter les 60 000 papas d’enfants trisomiques en France

A l’occasion de la Fête des Pères dimanche 15 juin, la Fondation Jérôme Lejeune lance la vidéo « Mon Papa ». Cette vidéo a pour objectif de transmettre un message joyeux, destiné à tous, au sujet des pères d’enfants trisomiques. A la suite du succès de la campagne vidéo « Dear Future Mom » lancée par la Fondation à l’occasion de la Journée internationale de la trisomie 21 en mars dernier, de nombreux pères d’enfants porteurs de trisomie ont fait part à la Fondation de leur envie de mettre en avant la relation père-enfant.

 

Posté le 11 juin 2014 à 22h04 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2014

La COMECE dénonce le rejet de "Un de nous"

Suite au rejet le 28 mai par la Commission européenne de l'Initiative citoyenne européenne UN DE NOUS, la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) a communiqué :

"la COMECE regrette la décision de la Commission européenne de ne pas agir sur les demandes formulées dans cette initiative".

Elle se dit convaincue du fait que le financement, par l'Union européenne, d'activités présupposant la destruction d'embryons humains "ne devrait pas être acceptée" et souligne que "sa conviction est fondée sur des arguments éthiques, juridiques, scientifiques et même économiques". Enfin, dénonce le fait que "la décision de la Commission se contente de décrire le cadre juridique actuel et ne met pas de nouveaux arguments en avant". 

Posté le 6 juin 2014 à 20h26 par Michel Janva | Lien permanent

31 mai 2014

Le rôle des lobbys pharmaceutiques dans le veto de la Commission

Communiqué de Choisir la Vie sur le veto de la Commission européenne sur l'initiative citoyenne "One of Us" :

"L’association CHOISIR LA VIE exprime sa profonde indignation face au rejet, ce 28 mai dernier, par la Commission européenne, de l’initiative citoyenne européenne « One of Us » qui a pourtant réuni plus de deux millions de signatures.

Alors que l’initiative européenne a été créée et présentée comme un outil au service d’une démocratie participative des citoyens européens, leur offrant la possibilité d’initier et susciter un projet législatif, ce rejet par la Commission européenne qui use de son veto, constitue un véritable déni de démocratie.

Il convient de rappeler que "One of us" demandait notamment l'arrêt du financement par Bruxelles de toute pratique visant à détruire des vies humaines, notamment l’arrêt du financement de l’expérimentation sur l’embryon.

N’en déplaise aux lobbys pharmaceutiques qui n’auront pas manqué d’user de leur influence pour encourager la Commission à mettre son veto, cette formidable mobilisation aura eu le mérite de révéler au grand jour l’opposition de plus de deux millions d’européens à la recherche sur l’embryon et leur attachement au respect de la Vie depuis la conception.

Choisir la Vie remercie tous les signataires de la pétition One of Us et les invite à faire connaître leur soutien au Comité de Citoyens « One of Us » qui va faire un recours de la décision de la Commission auprès de la Cour de Justice de Luxembourg qui, rappelons-le, a reconnu le respect dû à la vie humaine dès la conception."

Posté le 31 mai 2014 à 19h20 par Michel Janva | Lien permanent

30 mai 2014

Les institutions européennes face à l'embryon

Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur de l’European Centre for Law and Justice(ECLJ), analyse dans L'Homme Nouveau la décision de rejet de la Commission européenne sur l'initiative Un de nous. Extraits :

"« D’un point de vue juridique, l’embryon est-il une personne humaine ? » [...]

La Convention du Conseil de l’Europe sur la biomédecine vise la recherche sur l’embryon et protège « toute personne » sans préciser, volontairement, si les embryons sont des personnes. La Convention utilise aussi l’expression « être humain » en énonçant la nécessité de protéger l’être humain dans sa dignité et son identité. Sur ce point, les États ont précisé que : « Il a été constaté qu’il est un principe généralement accepté selon lequel la dignité humaine et l’identité de l’espèce humaine doivent être respectées dès le commencement de la vie ». C’est elliptique, volontairement.

La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), dans un arrêt Brüstle/Greenpeace de 2011, a été amenée à définir l’embryon au sens d’une Directive qui interdit notamment la brevetabilité des pratiques impliquant la destruction d’embryons. Cette cour a jugé que la notion d’embryon humain devait être comprise plus largement comme celles d’organismes cellulaires qui bénéficient de la protection juridique accordée au titre du respect de la dignité humaine dès qu’ils possèdent la capacité de déclencher le processus de développement d’un être humain. Cela empêche de breveter des procédés qui impliquent la destruction d’embryons, non pas au nom du droit à la vie, ou parce que les embryons seraient des personnes, mais parce qu’ils participent de l’humanité et sont donc revêtus de cette dignité.

Quant à la Cour européenne des Droits de l’homme, elle estime qu’il n’existe aucun consensus européen non seulement sur la définition juridique (ce qui est vrai), mais aussi scientifique (ce qui est faux) « des débuts de la vie » mais que l’on peut néanmoins « trouver comme dénominateur commun aux États l’appartenance (des embryons) à l’espèce humaine ». La Cour ajoute que c’est « la potentialité de cet être et sa capacité à devenir une personne qui doivent être protégées au nom de la dignité humaine ». En conséquence, la Cour juge que « le point de départ du droit à la vie relève de la marge d’appréciation des États, de sorte qu’il est impossible de répondre à la question de savoir si l’enfant à naître est une “personne” au sens de la Convention ». Cela étant, la Cour n’exclut pas qu’il puisse l’être : elle a toujours refusé de dire qu’il n’est pas une personne car la Convention européenne des Droits de l’homme est silencieuse « sur les limites temporelles du droit à la vie », de sorte qu’un État peut« tout aussi légitimement choisir de considérer l’enfant à naître comme une personne et protéger sa vie qu’adopter le point de vue opposé ». (Voir les affaires Vo c. France du 8 juillet 2004 et A. B. et C., c. Irlande du 16 décembre 2010).

En renvoyant aux autorités nationales la détermination de la qualité de l’embryon, la Cour de Strasbourg adopte le point de vue que cette question serait de nature politique et non pas juridique. Mais le politique n’est pas mieux placé que le droit pour dire ce qu’est l’embryon humain : en 1979, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe reconnaissait « les droits de chaque enfant à la vie dès le moment de sa conception ». En 2008, cette même Assemblée promouvait l’avortement. Les assemblées législatives et les juridictions sont davantage des lieux de confrontation de volontés que les oracles du vrai et du juste.

Si nous, êtres humains, doutons de nous-mêmes et ignorons ce qui fait notre nature d’homme, la volonté de puissance à l’œuvre dans le droit positif ne peut qu’exploiter cette ignorance, mais certainement pas la résorber."

Posté le 30 mai 2014 à 18h43 par Michel Janva | Lien permanent

La responsabilité de l'ONU dans le rejet de One of us

D'Adélaïde Pouchol dans L'Homme Nouveau :

"[C]e n’est pas seulement à Bruxelles qu’il faut chercher les raisons de l’échec de « One of us ». Tout, en réalité, se trame à New York, dans les bureaux de l’Organisation des Nations unies (Onu), là où furent adoptés en 2000 les « Objectifs du millénaire pour le développement ». Il s’agit de huit résolutions mises en œuvre à échelle mondiale et auxquelles sont soumis les 51 pays signataires de la Charte de l’Onu. Bien évidemment, la mise en œuvre, d’ici 2015, a valeur contraignante pour tous les États, sommés d’aligner leur législation propre sur celle de l’Onu.

On découvre ainsi dans le rapport de la Commission le fin mot de l’histoire : « L'objectif sous-jacent de l'initiative citoyenne est la réduction du nombre d'avortements pratiqués dans les pays en développement. (…) La Commission considère que l'Union doit honorer ses engagements internationaux visant à réaliser l'objectif n° 5 du Millénaire pour le Développement. Malgré les progrès spectaculaires en matière de recours à la contraception, on déplore le nombre élevé de mères qui décèdent encore, chaque année, des suites d'un avortement pratiqué par une personne ne possédant pas les qualifications requises ou dans un environnement dans lequel les normes médicales élémentaires font défaut. D'après l'OMS, en améliorant la sûreté de ces services de santé, on pourrait réduire considérablement la mortalité? et les maladies maternelles. »

L’Objectif n°5 du Millénaire, sobrement intitulé « Améliorer la santé maternelle » prévoit en réalité l’accès généralisé à la « santé reproductive » et à la « planification familiale », c’est-à-dire à l’avortement et la contraception (les détails de ce programme sont à lire ici). Inutile de dire que les Objectifs du Millénaire ont été adoptés par une poignée d’oligarques sans que les citoyens des nombreux pays concernés aient été consultés : ceux qui déplorent donc le déni de démocratie que constitue le rejet de l’initiative citoyenne par la Commission européenne ne doivent pas oublier que la démocratie est de toute façon illusoire dans la mesure où Bruxelles prend ses ordres à l’Onu…"

Posté le 30 mai 2014 à 14h48 par Michel Janva | Lien permanent

28 mai 2014

La Commission européenne bafoue les peuples d'Europe

Comme le CESE en son temps, la Commission de l'UE a rejeté, par veto, les 2 millions de signatures de l'initiative "Un de Nous". Rappelons que les membres de cette Commission ne sont pas alus, mais désignés par les chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'UE.

Communiqué de l'Initiative citoyenne Un de Nous :

"Ce 28 mai, au dernier jour de son mandat, l’ancienne « Commission Barroso » a opposé son veto à l'Initiative citoyenne « UN DE NOUS / ONE OF US», la plus grande pétition de l’histoire des institutions européennes. Cette Initiative, portée par deux millions de citoyens, demande l’arrêt du financement public européen des pratiques impliquant la destruction volontaire de vies humaines avant la naissance. L'Initiative citoyenne européenne (ICE) est un mécanisme de démocratie participative créé par le Traité de Lisbonne par lequel un million de citoyens peut introduire un projet législatif dans les rouages bruxellois.

Le Comité de UN DE NOUS exprime sa profonde déception face à une Commission sourde qui prend ce jour une décision contraire aux exigences éthiques et démocratiques. Alors que chaque projet d‘Initiative est contrôlé en amont par la Commission avant d'être ouvert à la signature, la Commission Barroso prétend en outre exercer un droit de veto en aval, à l'encontre des initiatives ayant pourtant obtenu avec succès le soutien populaire requis. Un tel pouvoir de veto est illégitime et anti-démocratique, car c’est au législateur européen qu’il appartient de se prononcer politiquement sur le fond de l’Initiative, et non pas à la Commission.

UN VETO injustifié qui ne tient pas compte de l’objet même de la demande : La réponse de la Commission est hypocrite et dédaigneuse car elle fait semblant de ne pas comprendre l’objet de la demande et consiste en trente pages d’autosatisfaction sur sa propre politique. La Commission souhaite continuer à financer des pratiques biotechnologiques non éthiques et qui se sont révélées sans avenir et, à financer l’avortement dans les pays en développement y compris dans des pays où il est pénalement interdit.

UN VETO injustifiable qui bafoue le processus démocratique : La Commission, plutôt que de constater le succès de l’initiative et de la transmettre au Parlement et au Conseil européens a abusé de son pouvoir de contrôle formel pour porter un jugement sur l’opportunité politique de « Un de Nous » et pour bloquer la procédure. La Commission essaie ainsi de défendre son privilège de pouvoir d’initiative, car elle était jusqu’à la création du mécanisme d’ICE la seule à pouvoir initier des procédures législatives. La Commission européenne a fait ainsi du mécanisme d’ICE un simulacre alors que les députés voulaient au contraire en faire un véritable instrument de démocratie participative. La Commission donne ainsi un nouveau témoignage de son absence de culture démocratique.

Pour le Comité de Citoyens de « UN DE NOUS», la procédure n’est pas close : d’une part, la décision de la Commission est susceptible d’un recours auprès de la Cour de Justice de Luxembourg – qui a reconnu quant à elle le respect dû à la vie humaine dès la conception -, et d’autre part, le nouveau Parlement va auditionner la prochaine Commission, permettant de replacer le respect de l’Initiative citoyenne au cœur des débats, en demandant aux institution européennes plus d’éthique et plus de démocratie."

Addendum : Vous pouvez contacter M. Yves Dumont, responsable de politiques pour le secteur Ethique : yves.dumont@ec.europa.eu +(32) 2 2960787

Posté le 28 mai 2014 à 13h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (28)

27 mai 2014

Déni de démocratie contre l'initiative "Un de nous" ?

Grégor Puppinck, président du Comité de l'Initiative «One of us», écrit dans le Figaro :

"La Commission européenne attendra certainement le 28 mai, dernier jour de son mandat, pour se prononcer sur la suite de l'initiative citoyenne européenne «Un de Nous». Cette initiative, soutenue formellement par deux millions de personnes en Europe, est la plus grande pétition de l'histoire européenne: elle demande l'arrêt du financement par Bruxelles de toute pratique détruisant des vies humaines avant la naissance.

L'initiative citoyenne européenne (ICE) est un mécanisme de démocratie participative créé par le Traité de Lisbonne par lequel un million de citoyens peut demander à la Commission européenne d'introduire un projet législatif dans les rouages bruxellois. Cependant, alors que chaque projet d‘Initiative est contrôlé en amont par la Commission avant d'être ouvert à la signature, l'actuelle Commission prétend en outre détenir un droit de veto en aval, à l'encontre des initiatives ayant pourtant obtenu avec succès le soutien populaire requis. Ce veto lui permettrait d'empêcher la discussion par le Parlement et au Conseil européens de la demande portée par l'Initiative. En d'autres termes, avec un tel pouvoir de veto, seules pourraient être débattues les Initiatives dont l'objet plait à la Commission européenne.

Ainsi, alors que le mécanisme d'ICE visait à pallier le déficit démocratique de Bruxelles, ce pouvoir de veto en ferait un simulacre de démocratie participative, en le réduisant à un droit de pétition auprès de l'administration. Qu'il faille, pour s'adresser à la Commission européenne, réunir plus d'un million de signatures: ce serait l'inverse de la démocratie. [...]"

Posté le 27 mai 2014 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2014

Location d'utérus : l'hypocrisie de la gauche

Ludovine de La Rochère publie une tribune dans Valeurs actuelles. Extrait :

L"J’appelle le Président de la République, le gouvernement, les parlementaires et tous les responsables politiques à respecter la femme et l’enfant en faisant cesser la pratique de la gestation pour autrui (GPA), esclavage moderne de la femme, conduisant à la marchandisation de l’enfant, conçu et transféré sur contrat.

Une telle pratique est un déshonneur pour la France, patrie des Droits de l’Homme.

En effet, suite à la loi autorisant le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe, le recours à  des mères porteuses à l’étranger se développe, le transfert de l’enfant en France étant facilité par la circulaire Taubira. En profitent de nombreux intermédiaires avides d’argent. La gestation pour autrui, c’est faire commerce du corps de la femme et de l’enfant. C’est l’apogée de l’ultra-libéralisme, un comble pour une majorité de gauche !

François Hollande s’est engagé à ne pas autoriser la gestation pour autrui sous son quinquennat. Il doit passer de la parole aux actes.

Je dénonce la circulaire Taubira et l’hypocrisie actuelle de refuser de la retirer. On laisse croire aux Français, pour les endormir, que ces enfants seraient des « enfants-fantômes » en France. C’est faux ! Ils ont un état civil et une nationalité : ceux du pays de leur naissance. Cette circulaire répond à un faux problème et est contraire à la législation française, comme l’atteste l’arrêt rendu par la Cour de cassation le 13 septembre dernier, qui stipule que  « lorsque la naissance est l'aboutissement, en fraude à la loi française, d'un processus d'ensemble comportant une convention de gestation pour le compte d'autrui », la convention, « fût-elle licite à l'étranger », est nulle « d'une nullité d'ordre public ».

J’appelle François Hollande à respecter et faire respecter la législation française, à faire honneur aux valeurs de la République, à faire honneur à la dignité de la femme. J’appelle François Hollande et le gouvernement à retirer la circulaire Taubira.

J’appelle aussi tous les députés, actuellement en plein débat sur la proposition de loi « famille », rebaptisée « Autorité parentale et intérêt de l’enfant », a mettre en place des moyens dissuadant de recourir à la gestation pour autrui, seule manière d’être cohérent et de faire respecter la loi française interdisant les mères porteuses. [...]"

Posté le 21 mai 2014 à 21h18 par Michel Janva | Lien permanent

08 mai 2014

Interpeller le commissaire européen Michel Barnier sur l'initiative Un de nous

U

Les services de la Commission européenne rédigent actuellement la communication de la Commission au Parlement européen et aux Etats membres pour donner suite à l'initiative citoyenne européenne "Un de Nous". Antoine Renard, président des AFC et de la FAFCE - partenaire français et européen de l'initiative citoyenne européenne - interpelle le commissaire Michel Barnier sur l’initiative citoyenne européenne « Un de Nous ».

Cette demande concerne la mise en œuvre des règles communautaires de l'Union européenne en matière de la protection de la dignité de l’embryon humain. La Grande Chambre de la Cour européenne de Justice avait arrêté (C-34/10) qu'en droit communautaire, la vie humaine commence au moment de la fécondation et que l’embryon humain représente un stade précis dans le développement de la personne humaine, investi de sa pleine dignité humaine.

L'arrêt C-34/10 de la plus haute jurisprudence européenne doit maintenant être mis en œuvre. Plus de 1.7 million de citoyens ont signé cette initiative citoyenne pour demander à l’Union européenne d’être cohérente dans l’exercice de ses compétences, et d’interdire ou mettre fin au financement des activités qui impliquent la destruction d'embryons humains, en particulier dans les domaines de la recherche, de l’aide au développement et de la santé publique.

Même si cette initiative citoyenne a été autorisée et son nombre exemplaire de signataires en fait aujourd’hui l’initiative la plus importante, seule la Commission européenne peut donner une suite législative concrète aux demandes formulées. A présent, les services de la Commission européenne à Bruxelles élaborent cette communication, et ils peuvent très bien recommander n’entreprendre aucune suite !

C’est pourquoi les citoyens concernés par la protection de la dignité de l’embryon humain doivent dès maintenant contacter le Commissaire européen Michel Barnier (France). Monsieur Barnier fait partie du collègue des Commissaires européens qui rendra public sa communication aux Etats membres et au Parlement européen le mercredi 28 mai 2014, trois jours après les élections européennes. Au collège des commissaires européens, Michel Barnier a son mot à dire et il votera. Va-t-il défendre la dignité de l’embryon humain et la pleine mise en oeuvre de la jurisprudence européenne ?

Antoine Renard, tête de liste aux élections européennes de Force Vie dans la région est (Alsace, Lorraine, Moselle, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Bourgogne), prend l'initiative pour interroger le Commissaire européen Michel Barnier : « Monsieur Barnier, quelle est votre position sur « Un de Nous » ? » 

Posté le 8 mai 2014 à 11h31 par Michel Janva | Lien permanent

06 mai 2014

PMA : José Bové n'est pas seul à y être hostile

Le député écologiste Paul Molac fait part également de son « malaise » :

« Je me méfie, moi aussi, de la manipulation sur le vivant. En tant qu’ancien agriculteur, je sais que ce ne sont pas des choses anodines ». 

Tout comme José Bové, Paul Molac ne croit pas au « droit à l’enfant ».

« Parfois on manque de bon sens : le principal, c’est l’enfant, pas les parents ». 

Michèle Bonneton, députée de l’Isère, pourtant « globalement favorable » à la PMA, déclare aussi :

 « Il n’y a pas de droit absolu à l’enfant ». 

Pour le député des Bouches du Rhône, Michel Lambert, la PMA 

« est un bouleversement sociétal qui mériterait le temps du débat. » « Ça me semble le sens des choses. Mais le moment n'est pas venu pour qu'une large majorité de Français l'accepte. Moi-même, j'ai encore besoin de débats et de temps pour me faire une conviction. On n'en est pas encore à la sélection des enfants, mais quels en sont les gardes fous infranchissables ? »

Posté le 6 mai 2014 à 21h32 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Autorisations de recherche destructrice d'embryons humains

Une série d'autorisations de recherche sur les embryons humains ont été publiées au Journal Officiel. Elles concernent

  • La société Généthon Bioprod ici et ici
  • L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (U676) ici et ici
  • L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (U1009) ici et ici
  • L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (U1040) ici

Posté le 6 mai 2014 à 09h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

05 mai 2014

PMA : les écologistes ne renoncent pas

Alors que José Bové s'est déclaré hostile à la PMA, qui n'est pas très écologique, c'est le moins que l'on puisse dire, la sénatrice EELV Esther Benbassa ne renonce pas à la fabrication d'enfants pour satisfaire le plaisir égoïste des personnes homosexuells :

"Et pourtant, aussi bien Manuel Valls que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, dans un passé récent, déclaraient qu'ils ne s'opposaient pas à la PMA, depuis longtemps réclamée par les associations LGBT. La précédente ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, avait promis, lors des débats au Parlement sur le mariage pour tous, que le projet de loi sur la famille en préparation inclurait la PMA. Cela dit, dès avant la reculade de sa successeure, le gouvernement avait fait savoir que le texte sur la famille ne se pencherait pas sur la PMA. Désormais, c'est gravé dans le marbre : la Manif Pour Tous a gagné, et la PMA pour les couples de lesbiennes et pour les femmes seules est officiellement sacrifiée sur l'autel de la réconciliation avec cette partie de la France qui s'est opposée au mariage pour tous."

Elle conteste d'ailleurs José Bové :

"Je ne dirai certes pas que nous, écologistes, soyons épargnés par les débats internes. [...] Or ne voilà-t-il pas que notre vétéran altermondialiste, adversaire résolu et courageux des OGM, député européen depuis 2009, menant aujourd'hui la liste EELV pour les européennes dans la circonscription du Sud-Ouest, José Bové, déclare, contre toute attente, le 30 avril, dans l'émission "Face aux chrétiens" sur KTO, qu'il est opposé à toute manipulation sur le vivant, et donc opposé à la PMA : "Que ce soit pour les couples homosexuels ou hétérosexuels, que ce soit sur le végétal, l'animal et a fortiori sur l'humain, je suis contre toute manipulation sur le vivant". [...]

José Bové est-il imbu du mythe du "bon sauvage", a-t-il trop lu Rousseau ou Paul et Virginie ? Le XVIIIe siècle a certes exalté l'idéal de cet homme bon qui était bon parce qu'il vivait au contact de la nature. Mais là encore il faut être prudent. Derrière cette idéalisation de la nature, il y a aussi, il y a d'abord, une critique sociale. Là-dessus, je suis sûre que José Bové et les écologistes que ses déclarations maladroites ont pour le moins surpris, peuvent se retrouver. [...]

Tournons donc cette page quelque peu malheureuse, regrettable faux pas politique en cette veille d'élections européennes. Et pour la tourner clairement, le 7 mai, comme cela est annoncé depuis un moment, nous, écologistes, n'hésiterons pas à marquer notre différence et à déposer une proposition de loi sur l'extension de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules. Sergio Coronado le fera à l'Assemblée, et moi, au Sénat, au nom du groupe écologiste, conformément à la ligne de notre mouvement sur la question. [...]"

Posté le 5 mai 2014 à 12h01 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

01 mai 2014

José Bové toujours hostile à la PMA

Le député européen José Bové l'avait déjà dit face à Eric Zemmour début mars, il vient de le répéter, précisant que «l’écologie ne se limite pas à la question sociale» il s’est dit opposé à toute manipulation sur le vivant. Et donc opposé à la PMA, la procréation médicalement assistée.

«Que ce soit pour les couples homosexuels ou hétérosexuels, que ce soit sur le végétal, l’animal et a fortiori sur l’humain, je suis contre toute manipulation sur le vivant

Cela ne l'empêche pas d'être membre de l'inter-groupe LGBT.

Posté le 1 mai 2014 à 22h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

30 avril 2014

Mgr Castet rappelle le devoir des catholiques dans la défense de la vie

Extraits d'une lettre aux catholiques de Vendée de Mgr Alain Castet, publiée le dimanche des Rameaux :

Castet"En recevant le message de Pâques où Dieu fait toute chose nouvelle, nous prenons la mesure de notre responsabilité de chrétiens au cœur du monde. Nous prenons particulièrement conscience de la valeur inexprimable que Dieu le Père confère à l’homme qu’il a créé à son image et à sa ressemblance et qui est relevé par la résurrection de Jésus le Christ. Cette conscience nous a poussés à nous engager et à témoigner de notre foi, aux moments où, des choix sociétaux idéologiques contraires à la vérité, à l’intégrité de la famille, à la différence fondamentale et complémentaire entre l’homme et la femme, au don de la vie et à la procréation, ont été faits ou sont en voie d’être promus dans notre pays.

C’est le moment de dire ma reconnaissance à tous ceux qui, individuellement, en famille et en association, au nom de leur foi au Christ ressuscité pour le relèvement de l’homme et de tout l’homme, n’ont pas ménagé le temps et des moyens pour que le témoignage chrétien ne soit pas absent de la sphère publique et politique. Le temps de la vigilance, de la veille et du témoignage n’est pas révolu. Il est plus que jamais actuel. Il l’est au nom de la vérité de l’Evangile qui nous demande d’être prêts à rendre compte de l'espérance qui est en nous (1P 3, 15). Nous devons ainsi sans cesse, au nom de l’interpellation de l’Evangile avoir la conscience aiguisée sur les différents choix sociétaux qui sont faits dans notre pays. Notre monde a plus que jamais besoin de notre témoignage. Malgré notre faiblesse et nos fragilités, nous savons qu’en enseignant « Vous êtes le sel de la terre … Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-15), le Christ décrivait par avance la grâce de son Esprit qu’il a mise en nous pour donner à notre monde sa saveur et sa lumière. Nous ne pouvons donc à cause de l’exigence de notre témoignage et des difficultés de notre mission, fuir ou nous enfermer dans une sorte de sécurité sclérosante comme le fit le prophète Jonas (Jon 1, 1-16). Au contraire, nous devons avec enthousiasme aller vers tous les hommes de notre temps pour leur exposer notre espérance. Notre monde a les moyens et la capacité de nous entendre, de nous comprendre et de s’engager encore avec nous. [...]

Au nombre des multiples champs qui requièrent notre vigilance et une conscience aiguisée par l’Evangile, je voudrais, aujourd’hui rappeler le soin et le respect dus à la personne humaine. Mon adresse sur la question ne veut pas être exhaustive. Elle a pour but de rappeler à tous, l’exigence que nous devons avoir d’une conscience aiguisée et d’une détermination plus forte tant les questions qui touchent à l’éthique et au respect de la personne subissent les aléas d’un relativisme lié au sécularisme. Sur le respect dû à la personne humaine et à son intégrité corporelle, l’enseignement le plus récent de notre Église est, on ne peut plus clair, sur l’intégrité et l’inviolabilité de la vie et de la personne humaine crée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Grâce à la lumière de la révélation divine, nous avons une certitude : l’homme est le fruit de la création de Dieu. L’homme est la seule créature que Dieu ait voulue pour elle-même. La vie que l’homme tient de Dieu son Créateur est ainsi sacrée. La vie de l’homme et l’intégrité de son corps ne peuvent en aucun cas être ravies ou mutilées. Dans la Bible, le premier meurtre est un fratricide. A Caïn qui venait, par jalousie de tuer son frère Abel, Dieu dit: « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » Le Seigneur reprit : « Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ! Maintenant donc, sois maudit et chassé loin de cette terre qui a ouvert la bouche pour boire le sang de ton frère, versé par ta main (Gn 4, 9-11).

Tout homme, toute vie est le fruit de la création libre et généreuse de Dieu. Dieu seul peut donc susciter la vie et lui seul peut la reprendre. Dans le Décalogue donné par Dieu au peuple, il est dit : « tu ne tueras pas » (Ex 20, 13). Sûre de ce que Dieu commande, l’Église catholique, maîtresse de vérité n’a pas cessé d’enseigner le respect absolu dû à l’intégrité de la vie et de la personne humaine depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. L’instruction Donum Vitae de la Congrégation pour la Doctrine de la foi est à ce sujet, claire et mérite d’être ici rappelée :

« Dès le moment de sa conception, la vie de tout être humain doit être absolument respectée, car l'homme est sur terre l'unique créature que Dieu a « voulue pour elle-même » et l'âme spirituelle de tout homme est « immédiatement créée » par Dieu ; tout son être porte l'image du Créateur. La vie humaine est sacrée parce que, dès son origine, elle comporte « l'action créatrice de Dieu » et demeure pour toujours dans une relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Dieu seul est le Maître de la vie, de son commencement à son terme. Personne, en aucune circonstance, ne peut revendiquer pour soi le droit de détruire directement un être humain innocent » [...]"

Posté le 30 avril 2014 à 23h12 par Michel Janva | Lien permanent

Promotion de la GPA en France : qu'en pense Laurence Rossignol ?

Communiqué des Juristes pour l'enfance :

"Informée à l’occasion d’une rencontre avec les représentants de l’association Adoptés pour l’enfance, lundi 28 avril dernier, Madame Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, a déclaré ne pas être au courant du démarchage pratiqué en France par des sociétés américaines en vue de proposer aux Français des gestations pour autrui réalisées aux Etats Unis.

L’association Juristes pour l’enfance exprime sa surprise du manque d’information de la secrétaire d’Etat alors que ces faits sont de notoriété publique et ont été largement couverts par la presse, notamment à l’occasion d’une plainte déposée par l’association le 10 janvier dernier auprès du Procureur de Paris concernant les agissements de l’entreprise américaine Extraordinary Conception, et qu’une enquête a été confiée à la Brigade de Répression de la Délinquance sur la Personne.

Ces sociétés étrangères se permettent de venir sur le sol français violer la loi française en toute impunité et il est très inquiétant que Madame la Secrétaire d’Etat chargée de la famille ne soit pas informée de ces faits.

L’association Juristes pour l’enfance a adressé ce jour une lettre à Madame Laurence Rossignol afin de lui apporter des informations complémentaires, et a demandé à être reçue en vue de lui exposer les enjeux humains et juridiques de ces pratiques de démarchages sur le sol français."

Posté le 30 avril 2014 à 23h04 par Michel Janva | Lien permanent

28 avril 2014

22 mai : conférence d'Aude Mirkovic à Lyon

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Posté le 28 avril 2014 à 15h26 par Michel Janva | Lien permanent

25 avril 2014

"Un de nous" : l'UE sera-t-elle démocratique ?

C'est la question que pose Grégor Puppinck dans Le Figaro :

"La Commission européenne doit se prononcer avant le 28 mai sur la suite qu'elle entend donner à la demande de l'Initiative Citoyenne européenne «Un de Nous» d'introduire dans la réglementation européenne une clause éthique excluant explicitement de financement européen toute activité qui détruise ou implique la destruction de vies humaines au stade embryonnaire ou fœtal. [...]

L'Initiative Citoyenne européenne est un mécanisme de démocratie participative introduit par le Traité de Lisbonne permettant à un million de citoyens européens de soumettre une demande politique ou législative aux instances européennes. Il s'agit de partager avec les citoyens, sous conditions, le pouvoir d'initiative législatif initialement dévolu exclusivement à la Commission européenne.

Un de Nous a recueilli près de deux millions de signatures en une année, ce qui en fait la plus importante pétition dans l'histoire des institutions européennes. La Commission puis le Parlement européen ont auditionné longuement les représentants de l'Initiative les 9 et 10 avril derniers afin d'aider la Commission dans sa décision quant aux suites politiques ou législatives à donner à l'initiative. [...]

Cette initiative est conforme au droit européen qui reconnaît la dignité humaine de la vie prénatale. [...] L'Initiative «Un de Nous» place aussi la Commission européenne devant un défi démocratique: respecter la démocratie participative en partageant le pouvoir d'initiative. Le mécanisme d'Initiative vise à ouvrir l'Union européenne à la participation des citoyens, et à renforcer sa légitimité démocratique. Il est d'une importance vitale pour la crédibilité des institutions européennes que les attentes liées à cet instrument ne soient pas déçus. La proposition législative de Un de Nous a déjà été validée sur le fond et la forme par la Commission européenne. Aucun obstacle pratique ou de fond ne peut justifier un refus de la Commission d'introduire cette proposition dans la procédure législative européenne. [...]

Un refus de la Commission serait arbitraire et ruinerait la crédibilité du mécanisme d'initiative citoyenne, et avec elle affaiblirait davantage encore la légitimité démocratique des institutions européennes.

A l'inverse, si la Commission respecte l'esprit du Traité et communique l'Initiative au Parlement et au Conseil, ce sera alors un véritable progrès pour la démocratie européenne, et l'occasion pour les européens de prendre davantage conscience de l'humanité de toute vie humaine dès la conception, et du respect qu'elle mérite. Un double progrès essentiel."

Posté le 25 avril 2014 à 14h29 par Michel Janva | Lien permanent

23 avril 2014

2 vélos, 700 kilomètres : en route pour la Fondation Jérôme Lejeune

Lu ici :

L"Nous sommes deux jeunes Rhônalpins voulant tenter une aventure sportive ! Nous avons étudié ensemble la topographie pour devenir géomètre. Thibaut est né à Lyon. Il a grandi et fait la première partie de ses études à Lyon poursuivies à Nîmes. Il travaille actuellement à Bourg-en-bresse en tant que géomètre dans un bureau d'études. Matthieu est né à Viriat dans l'Ain et a grandi dans un village de la Bresse. Il a étudié à Lyon et est aujourd'hui technicien géomètre chez EDF à Lyon.

Après quelques mois d'entraînement de vélo, le départ c’est le 21 avril pour une région à laquelle Matthieu est attaché : la Bretagne!

En 5 jours (si tout va bien), nous parcourrons les 700 kilomètres qui nous séparent de la Bretagne, soit une moyenne de 130 kilomètres par jour. Nous n'avons encore jamais réalisé un tel périple à vélo et nous comptons sur l’efficacité de notre entraînement pour parvenir à boucler ce parcours…en espérant que nos mollets de cyclistes amateurs résistent.

Ayant la volonté de donner un sens à notre défi sportif, nous avons décidé d’apporter notre soutien à la fondation Jérôme Lejeune.

Matthieu a une tante atteinte de la trisomie 21 et connaît la fondation Jérôme Lejeune par le biais de ses parents, il a tout de suite pensé à celle-ci! Une façon pour nous d’apporter notre pierre à l’édifice de toutes les initiatives sportives et caritatives au profit de la Fondation !

Notre objectif est de faire connaître cette association à nos proches et à toutes les personnes que nous croiserons sur la route. Si vous vous trouvez sur notre route, nous serons ravis de vous rencontrer, alors n’hésitez pas !

À bientôt pour de prochaines nouvelles!

Les points d'étape :

  • Lundi 21 avril: Lyon (69 - Rhône) --> Paray-le-Monial (71 - Saône-et-Loire)
  • Mardi 22 avril : Paray-le-Monial --> Saint-Amand-Montrond (18 - Cher)
  • Mercredi 23 avril : Saint-Amand-Montrond --> Saint-Georges-sur-Cher (41 - Loir-et-Cher)
  • Jeudi 24 avril : Saint-Georges-sur-Cher --> Sablé-sur-Sarthe (72 - Sarthe)
  • Vendredi 25 avril : Sablé-sur-Sarthe --> Iffendic (35 - Ille-et-Vilaine)

Posté le 23 avril 2014 à 13h32 par Michel Janva | Lien permanent

Recherche sur les cellules souches : l'obscurantisme de l'Etat

Communiqué du Dr Dickès :

"Le 1er septembre 2011, le Pr Luc Douay de l’hôpital Saint-Antoine (Université Pierre et Marie Curie) annonçait au monde avoir mis au point des globules rouges à partir de lignées de cellules souches provenant du cordon ombilical des nouveau-nés. Cette découverte d’un intérêt mondial aurait pu faire de notre pays un véritable phare de la transfusion sanguine et de la réanimation sans parler de l’intérêt économique que la France aurait pu en tirer. Il va de soi que les publications de ce genre de travaux passent par des revues spécialisées qui filtrent et étudient de près ce genre d’articles car elles engagent leur crédibilité. Il s’agissait en l’occurrence de Blood (sang en anglais) qui est la référence en la matière.

Or nous venons d’apprendre que les lauriers vont aller ailleurs. Pourquoi ? La dernière issue de Médecine Hospitalière de ce jour 21 avril, la Fondation Welcome Trust – Marc Turner et ses collaborateurs de l’Université d’Edinbourg-annonce que dans deux ans elle va fabriquer du sang artificiel à l’échelle industrielle à partir de sang du cordon ombilical. Tout simplement en suivant la piste déterminée par le Pr Douay et publiée dans Blood. Les trois premiers receveurs sont annoncés.

Il s’agit-là d’un scandale et d’un terrifiant camouflet sur le plan psychologique et économique pour la France. Pourquoi l’éclair de génie du Pr. Douay il y a trois ans, n’a pas été suivi du coup de tonnerre qui nous tombe d’Ecosse ? Il n’y a cinquante explications. C’est faute de crédit que le Pr. Douay n’a pu aller au-delà d’une découverte qui révolutionnait le monde chirurgical et de la réanimation. Pourquoi ?

La raison est simple. Pour des raisons idéologiques le gouvernement de Sarkozy a toléré et Hollande encouragé les recherches sur les cellules souches embryonnaires. On en est là : tuer des embryons pour le plaisir pour s’opposer à la morale catholique. En effet, le Conseil de l’Europe refuse de breveter tout ce qui concerne les recherches sur l’embryon. Voie de garage définitive de cette piste de recherche dont le grand prêtre est Peschanski payé par le Téléthon, le Généthon, l’Inserm et l’Europe pour l’explorer. Les sommes colossales englouties dans ce sens aurait dû se porter par exemple sur les travaux du Pr Douay.

Une autre raison est que pour les mêmes raisons idéologiques, l’Etat a interdit au privé de stocker des cordons ombilicaux. Alors qu’il était lui-même incapable d’en créer suffisamment. Nous en sommes actuellement au tiers par rapport à un pays comme l’Espagne. Or demain chaque enfant né à ce jour aura besoin un jour ou l’autre du sang de son cordon qui n’aura pas été stocké grâce à Marisol Touraine, ministre de la santé reconduite et bien sûr Hollande à la tête d’œuf Kinder (en ce temps de Pâques) mais dont les surprises inclues sont bien mauvaises."

Posté le 23 avril 2014 à 10h26 par Michel Janva | Lien permanent

La procréation pour tous c'est maintenant

Lu dans la gazette du palais de ce jour :

"La procréation pour tous ? L'université de Bretagne Occidentale organise un colloque, le 16 mai prochain, consacré à l'ouverture des procréations artificielles, intitulé "La procréation pour tous ?". La matinée sera consacrée à la réflexion "L'insémination artificielle ouverte à toutes les femmes ?", sous la présidence de Hugues Portelli, et l'après-midi, il s'agira de s'interroger sur "La maternité pour autrui ouverte à tous les couples ?", sous la présidence d'Anne-Marie Leroyer."

Posté le 23 avril 2014 à 10h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)


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