20 mai 2013

Mgr Rey encourage la pétition One of us

Extrait de l'entretien du Mgr Rey accordé à Pierre-Olivier Arduin :

"L’Initiative citoyenne européenne « One of us » (Un de nous) est une pétition officielle susceptible d’être décisive pour accroître le respect de l’embryon humain à l’échelle de l’Union européenne. Pourquoi la soutenez-vous ?

Cette Initiative est un nouvel instrument juridique de démocratie participative pour les citoyens des 27 pays de l’Union européenne qui, en l’espèce, a pour objectif de suspendre le financement européen de la recherche sur l’embryon humain pour la période 2014-2020. Pour cela, il faut qu’elle recueille 1 millions de signatures avant le 1er novembre 2013 dans au moins 7 Etats européens. Par ailleurs, chaque pays doit dépasser un certain quota pour que l’Initiative soit agréée : ainsi la France qui vient de rejoindre le projet doit-elle franchir le seuil des 60 000. En cas de succès, l’Initiative « One of us » obligera le Parlement européen à examiner la requête de ses organisateurs en audition publique et la Commission européenne à reconsidérer l’orientation de sa politique de recherche impliquant la destruction d’embryons humains. Cette Initiative me semble d’autant plus cruciale qu’elle conteste également le financement par l’Union européenne d’ONG qui font la promotion de l’avortement dans les pays émergents.

En encourageant la signature de cette pétition, soit par Internet, soit par formulaire papier, je souhaite m’inscrire dans l’appel du Pape émérite Benoît XVI qui a exprimé publiquement à deux reprises son soutien pour ce projet inédit, le jour de son lancement le 20 mai 2012 et lors de l’Angélus du 3 février dernier. « L’embryon humain a dès le commencement la dignité propre à la personne (…). Cette affirmation, de caractère éthique, est reconnue vraie et conforme à la loi morale naturelle par la raison elle-même : elle devrait être le fondement de tout système juridique » (Dignitas personae, 8 septembre 2008, n. 5). L’enjeu est donc majeur : il s’agit de provoquer une prise de conscience au plus haut niveau européen sur la nécessité de protéger la vie de l’être humain au début de sa conception."

Pétition en ligne : http://www.undenous.fr/

Pétition sur papier : http://www.undenous.fr/wp-content/uploads/2013/03/formulaire-papier.pdf

L’Initiative étant officielle, elle nécessite pour tout citoyen de plus de 18 ans d’indiquer son numéro personnel d’un document d’identification (carte d’identité, passeport ou permis de conduire). Pour la version papier, n’oubliez pas de signer. La confidentialité est protégée par les Instances européennes. Une fois complétés, ces formulaires doivent être envoyés à l’adresse suivante :
Fondation Jérôme Lejeune – Opération Un de Nous – 37 Rue des Volontaires – 75015 Paris

Posté le 20 mai 2013 à 15h34 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Objection de conscience : une jeune étudiante en médecine témoigne

Témoignage lu sur le site objectiondelaconscience.org en lien direct avec le post précédent :

"Je suis en fin d’internat de médecine générale, BAC+9 et sans diplôme! Il y a 18 mois j’ai réalisé le stage obligatoire de médecine générale auprès de trois médecins généralistes de ville avec une première phase d’observation, une seconde de participation active et la suivante d’autonomie complète. En fin de première phase et devant l’accumulation de motifs de consultation « immoraux », j’ai annoncé mon incapacité morale à accéder à une demande de contraception, à soutenir  une personne voulant réaliser une IVG. Motif explicité : philosophique.

Pour ce motif, ce stage qui s’est bien déroulé par ailleurs (pas de plainte de patiente comme il se doit) n’a pas été validé. J’ai dû m’expliquer par oral puis par écrit. J’attends l’avis sur ce stage. En attendant, et contre tout attente, j’ai satisfait aux exigences d’un chef de service de gynéco-obstétrique, heureusement tolérant. Je me retrouve donc à l’issue de la fin de mon dernier stage dans l’incapacité d’exercer mon métier!

Je marine donc dans une attente que seule la Foi me fait supporter. Je n’ai pas de moyen de faire pression pour accélérer la procédure car ils ont tous les pouvoirs. Un avocat? Au risque de faire durer les choses. Quelle est la jurisprudence ? Un argument contre moi : je suis seule! Les jeunes, les meilleurs, le disent: ce sont des métiers moralement dangereux et pour ce motif ils renoncent d’emblée ayant peur de faillir. D’autres s’engagent et mettent au vestiaire du cabinet médical leur conscience, ce qui m’attriste profondément… Ils sont nombreux, je les connais, ils sont de ma promotion, de celle d’en dessous…

Alors, quels propositions?
1- Encourager les jeunes lycéens dans ces professions
2- Elargir leurs épaules d’une conscience nette, d’une Foi forte, d’une connaissance d’un message qui en vaut vraiment la peine. La théologie morale est totalement ignorée et pourtant bien utile.
3- Organiser un parrainage de chaque étudiant
4- Rassembler les forces
5- Prier
6- Organiser 40daysforlife!
7- Mettre un avocat à disposition"

Posté le 20 mai 2013 à 15h27 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (23)

Objection de conscience : le diocèse de Fréjus-Toulon s'engage

Lu sur le site du diocèse de Frèjus-Toulon :

"L’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon met en place un courriel  (bioethique@diocese-frejus-toulon.com) pour les professionnels de santé qui vivent dans leur pratique des limitations ou des atteintes à la liberté de conscience."

Extrait des explications de Pierre-Olivier Arduin de la commission bioéthique de l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon :

Poa"Les professionnels de santé chrétiens se trouvent quotidiennement face au devoir de refuser d’accomplir ou de coopérer à des actes, qui pour être légaux, n’en sont pas moins « en contradiction totale et insurmontable avec le droit inviolable à la vie » parce qu’ils conduisent à l’avortement de l’enfant à naître quel qu’en soit le moyen (IVG chirurgicale ou médicamenteuse, stérilet ou pilule du lendemain,…), portent atteinte à la dignité de la procréation humaine (contraception sous toutes ses formes, stérilisation définitive, insémination artificielle avec ou sans donneur étranger,…) ou encore blessent tout à la fois la vie humaine et l’identité de l’acte conjugal (fécondation in vitro qui dissocie la sexualité de la procréation et conduit à la destruction de nombreux embryons,…) En interprétant droitement la loi naturelle et les normes éthiques objectives conformes à la dignité humaine qui en découlent, l’Eglise ne cesse de rappeler que l’ensemble de ces pratiques sont non seulement des actions intrinsèquement mauvaises (intresece malum) qui ne peuvent jamais être justifiées moralement mais que les lois elles-mêmes qui les dépénalise, comme l’avait rappelé solennellement le bienheureux Jean-Paul II dans Evangelium vitae, « ne créent aucune obligation pour la conscience, et entraînent au contraire une obligation grave et précise de s’y opposer par l’objection de conscience ». Dans la même Encyclique, le grand Pape a fait de l’objection de conscience « un droit humain élémentaire ». Les soignants peuvent-ils le faire valoir sereinement, toujours et partout, pendant leurs études ou dans l’exercice de leur profession, sans craindre intimidations, pressions, voire brimades et discriminations ? (...)

L’inquiétude est d’autant plus vive chez les soignants que le spectre d’une dépénalisation de l’euthanasie, fût-elle d’exception, se profile à l’horizon. Jusqu’à présent, les atteintes à la vie humaine débutante, malgré leur gravité morale et leur retentissement délétère sur le sens de l’agir médical, ont été circonscrites aux spécialités en lien avec le suivi de la grossesse.

Autrement dit, certains professionnels ont pu s’estimer relativement épargnés par la « culture de mort », qui ne les a pas touchés dans l’exercice de leur métier, du moins directement. Si une loi instaurant le « droit de mourir dans la dignité » était adoptée selon le vœu du chef de l’Etat, ce sont toutes les professions, toutes les spécialités et jusqu’à la médecine générale qui seraient frappées. On réclamera l’euthanasie aussi bien dans un service de gastro-entérologie que de pneumologie, de même que l’acte létal effectué par le généraliste deviendra courant à domicile à l’instar de la Belgique ou des Pays-Bas (plus de la moitié des euthanasies sont pratiquées par le médecin de famille au domicile de la personne). Comme « le mariage pour tous » est sur le point de dénaturer le mariage et dynamiter de l’intérieur la famille, l’euthanasie atteindrait en plein cœur la médecine et signerait la destruction de son essence même. Dans ce cadre, la pression sur la liberté de conscience des soignants, notamment en secteur hospitalier, sera maximale et proprement invivable (...)

Mgr_rey_01Sera-t-il encore possible dans quelques mois à un chrétien d’exercer les fonctions de maire, d’officier d’état civil ou d’assistante sociale (procédures d’agrément pour l’adoption au sein des conseils généraux) si la loi ouvrant le mariage et l’adoption entre personnes de même sexe devait être votée ? Devant la multiplication des entorses faites à la liberté de conscience dans le champ de la santé, l’impasse dans laquelle se trouvent certains professionnels ou la crainte de nouvelles atteintes à venir, Mgr Dominique Rey a souhaité que l’Observatoire sociopolitique du diocèse de Fréjus-Toulon concrétise la sollicitude que doit avoir l’Eglise envers les chrétiens confrontés à ces difficiles questions. Un courriel est désormais à la disposition des personnes désireuses de partager leurs expériences et difficultés. Chaque témoignage relaté fera l’objet d’une lecture attentive et sera porté à la connaissance de Mgr Rey et de l’équipe de l’Observatoire. A partir de là et de la réflexion déjà engagée, de la concertation avec d’autres déjà engagés sur ces sujets, nous tenterons d’élaborer des actions concrètes pour protéger la liberté de conscience de tous." 

Posté le 20 mai 2013 à 15h20 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

15 mai 2013

Le Pape tweete pour le respect de la Vie

Tpf

Posté le 15 mai 2013 à 20h49 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

10 mai 2013

Usine à enfants pour commerce de bébés : une réalité

Lu ici :

"Dix-sept adolescentes, retenues prisonnières dans une même maison, enceintes du même homme et dont les bébés étaient destinés à être vendus, ont été libérées par la police au Nigeria, a-t-on appris vendredi de source officielle.

Onze enfants en bas âge ont également été retrouvés dans cette «usine à bébés» que les voisins prenaient pour un orphelinat ou un refuge pour femmes enceintes et appelaient «Maison Ahamefula de bébés sans mères».

Une femme soupçonnée d'avoir organisé ce trafic est toujours recherchée, a déclaré Joy Elomoko, porte-parole de la police de l'État d'Imo, dans le sud-est du Nigeria.

On ne sait pas si les jeunes filles avaient été amenées dans la maison de force.

Elles ont raconté à la police qu'elles avaient toutes été mises enceintes par un jeune homme de 23 ans, actuellement en prison ainsi que le garde qui surveillait la maison.

«Agissant d'après des informations, une unité spéciale de la police de l'État d'Imo a fait une descente dans la maison illégale à Umuaka mercredi et porté secours à 17 jeunes filles, âgées de 14 à 17 ans, à différents stades de leur grossesse», a indiqué Mme Elomoko à l'AFP".

Posté le 10 mai 2013 à 18h27 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

07 mai 2013

Menace sur l'embryon

Extrait du compte-rendu du conseil des ministres de ce matin :

"Après deux semaines d’interruption, le Parlement reprendra ses travaux à compter du 13 mai avec un programme chargé jusqu’à la suspension estivale. Il devra d’abord achever l’examen des projets de loi entamés, afin de permettre leur mise en application dès la rentrée de septembre, ainsi que l’examen de la proposition de loi autorisant sous certaines conditions la recherche sur l'embryon et les cellules souches embryonnaires."

A ce propos, la Fondation Lejeune relaie la campagne Un de Nous :

"Des citoyens européens se mobilisent contre le financement des programmes conduisant à la destruction d’embryons humains. Le budget européen de la recherche, en cours de négociation pour la période 2014-2020, crée des tensions éthiques entre les Etats membres. En France plusieurs associations unissent leurs forces pour collecter les signatures de l’initiative citoyenne européenne Un de Nous. L’initiative citoyenne européenne est un nouvel instrument de démocratie participative pour les citoyens européens. En réunissant 1 million de signatures, dont au moins 60 000 en France, d’ici le mois d’octobre 2013, la Commission européenne aura l’obligation de reconsidérer le financement de la recherche sur l’embryon et de tout programme menaçant l’être humain dès sa conception. Au-delà d’une simple pétition, il s’agit d’une démarche officielle contrôlée par les instances françaises chargées des élections.

L’enjeu est majeur : la question est sensible en France, alors qu’une proposition de loi visant à lever l’interdiction de recherche sur l’embryon vient d’être bloquée à l’Assemblée nationale. Or, la recherche sur l’embryon humain conduit à sa destruction. Elle l’est également en Europe : en octobre 2011, la Cour de justice de l’Union Européenne s'est prononcée contre le fait d’établir des brevets à partir des recherches impliquant la destruction d’embryons, au nom du respect de leur humanité. Plusieurs Etats membres subventionnent ces recherches malgré eux indirectement, alors qu’elles sont interdites par leur législation interne.

Or aujourd’hui des recherches alternatives sont possibles. Elles sont même beaucoup plus prometteuses notamment grâce aux cellules souches reprogrammées (iPS) découvertes par le Pr. Yamanaka (Nobel de médecine 2012). En France, quatre associations, Alliance VITA, la Fondation Jérôme Lejeune, les Associations Familiales Catholiques et le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, unissent leurs forces pour recueillir les signatures des citoyens qui veulent se faire entendre. Elles ont déjà réuni près de 20 000 signatures en un mois. L’objectif est d’obtenir 60 000 signatures. Alors que 2013 a été proclamée « Année Européenne des Citoyens », les Français sont encouragés à faire entendre leur voix pour placer le respect de la dignité de tout être humain au cœur de la construction européenne."

Posté le 7 mai 2013 à 16h29 par Michel Janva | Lien permanent

01 mai 2013

Caen : 4 mai à 20h30. Les manipulations génétiques

GLe Dr Jean-Pierre Dickès, président de l'ACIM, sera présent à Caen le samedi 4 mai 2013 à 20h30 pour présenter et dédicacer son dernier livre sur les manipulations génétiques.

Entrée libre. Maison de quartier de la Folie Couvrechef, 2 place Dom Aubourg. Renseignements : 02 31 08 03 85.

Posté le 1 mai 2013 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

28 avril 2013

Les trisomiques, prochaines victimes d'un nouvel eugénisme

Un nouveau test rendra le dépistage de la trisomie plus rapide et ouvrira la voie de la connaissance du séquençage complet du génome. Que du bonheur pour ces enfants malades! Non, mon petit, c'est pour mieux te tuer que sera utilisée cette découverte : 

"Le recours, invasif, à l'amniocentèse, sera-t-il bientôt considérablement limité ? Sans doute, à en croire l'avis du Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Car un nouveau diagnostic de la trisomie 21 devrait être bientôt généralisé. Ce test génétique, sur sang maternel, "ne pose pas de problème éthique, au contraire, c'est un progrès, un avantage pour les femmes enceintes", a estimé jeudi le professeur Jean-Claude Ameisen, président du Comité, qui publiait jeudi un long avis sur le développement de ces tests génétiques, présents et à venir. 

Ces tests fondés sur des analyses de l'ADN foetal qui circule dans le sang de la mère, dès la 11e semaine d'aménorrhée (arrêt des règles), permettent de réduire grandement le recours à des examens comme la ponction de liquide amniotique qui peuvent provoquer la perte de foetus non atteints, a-t-il plaidé (...)

La Fondation Lejeune, opposée par principe à ce dépistage, estime que le Comité d'éthique "valide lamodernisation de l'éradication des trisomiques".

Outre les problèmes d'organisation et de contrôle à régler, l'extension à l'ensemble des femmes enceintes pourrait coûter jusqu'à un milliard d'euros en se basant sur le prix de 1 250 euros annoncé par la société allemande LifeCodexx pour son test PrenaTest, selon le Comité. Toutefois, le coût de ces tests, déjà disponibles dans divers pays comme les États-Unis, l'Allemagne, l'Autriche ou la Suisse, ne peut que baisser. Une société belge, Gendia, représentant en Europe de la société californienne Natera, en propose déjà à 850 euros".

Les réactions ne se font pas attendre.

De la fondation Lejeune :

"Comment qualifier de réflexion éthique un  texte :

  1. qui n’envisage même pas la question fondamentale du bien-fondé de l’utilisation des tests et se cantonne à proposer des limites seulement en matière de condition d’utilisation,
  2. qui pose comme unique barrière la question de la performance technique et celle du coût,
  3. qui fait une différence entre la réflexion concernant la trisomie 21 et celle relative aux autres pathologies génétiquement détectables,
  4. qui valorise la vie d’un enfant sain (épargné grâce au test non invasif) plus que celle d’un enfant trisomique (inévitablement éliminé),
  5. qui se réfugie derrière le dogme du « choix éclairé », à l’origine de l’angoisse puis de la culpabilisation (si l’enfant est atteint, la femme a le « choix » entre éliminer son enfant ou lui imposer la vie avec son handicap) de toutes les femmes enceintes?

Dans ce contexte, le CCNE aurait pu faire l’économie des quelques lignes relatives au nécessaire développement dans notre société de l’accueil et de l’accompagnement des personnes handicapées. Qui peut encore croire que de telles recommandations ont un sens quand une autorité morale valide un dispositif exprimant la stigmatisation, la discrimination, et le rejet : la négation de la valeur de la vie humaine handicapée ?

En 2007 Didier Sicard, alors président du CCNE alertait avec force et sans ambiguïté sur la dérive eugéniste de la généralisation du dépistage prénatal de la trisomie 21 : « La vérité centrale (…) de l’activité de dépistage prénatal vise à la suppression et non au traitement : ainsi ce dépistage renvoie à une perspective terrifiante : celle de l’éradication » (Le Monde 5 février 2007)" (suite).

De Gabrielle Cluzel : 

"Le Comité consultatif national d’éthique vient de se déclarer favorable à l’introduction de nouveaux test génétiques fœtaux pour dépister la trisomie 21 dans le sang maternel au cours des premières semaines de grossesse. Ce sont les industries pharmaceutiques commercialisant ces tests qui vont pouvoir lui offrir une grosse boîte de chocolats ! Depuis le temps qu’elles trépignaient devant la porte : pensez, un marché d’un milliard d’euros, alors que, comme le rappelle Jean-Marie Le Méné, 97 % des enfants trisomiques sont, sans leurs services, d’ores et déjà détectés.

De l’avis du CCNE, ces tests seraient « un progrès du point de vue éthique ». Ils viendraient en effet remplacer le dépistage actuel reposant in fine sur une amniocentèse invasive, source de fausses couches. Grâce à eux, l’éradication d’un segment de population jugé inapte à vivre dans notre environnement sera surtout plus performante : leur fiabilité, leur innocuité vont mettre un terme aux « ratés » (la naissance d’un enfant T21 passé entre les mailles), en même temps qu’aux dégâts collatéraux (la perte, par l’amniocentèse, d’un enfant sain).

Mais attention ! Parallèlement, le comité d’éthique insiste sur la nécessité d’une meilleure « prise en charge » par la société des personnes porteuses d’un handicap et atteintes d’une maladie. C’est sûr. Comme genre de« prise en charge » efficace, l’élimination, ça se pose là. Encore fallait-il y penser, et Hippocrate, cet âne, est passé bêtement à côté. Si l’on « prenait en charge » toutes les pathologies comme on « prend en charge », dès qu’on l’a détectée, celle des trisomiques 21, au service des urgences, au moins, ça ferait de la place dans les lits" (suite).

De Franck Talleu : 

"Mais qu’y a-t-il donc dans ce chromosome surnuméraire de la vingt-et-unième paire de nos frères et sœurs trisomiques ?

Pour qui vit ou travaille avec eux, la réponse est facile. Les grands savants et spécialistes des handicaps mentaux sont passés mille fois à côté, car il est des choses cachées que seule l’humilité peut révéler.

Le mystérieux troisième chromosome, c’est celui qui contient le secret de la joie qui se lit inlassablement dans le sourire qui balafre facétieusement leurs visages ronds et fait plisser leurs yeux pétillants ; c’est celui qui contient toute la tendresse du monde entassée dans leur cœur qui explose en embrassades pataudes quand ils reconnaissent un ami ou adressent une expressive affection à qui leur prête ne serait-ce qu’un tout petit peu d’attention" (suite).

Posté le 28 avril 2013 à 09h00 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (10)

27 avril 2013

1er mai : Colloque "l'homme, grandeur et vulnérabilité"

0105Colloque organisé par la Famille Missionnaire l'Evangile de la Vie et la Pastorale Familiale du diocèse d'Avignon en reconnaissance à Benoit XVI pour son enseignement sur la famille et la vie avec au programme : 

Mercredi 1er mai  sur le thème : "L'homme, grandeur et  vulnérabilité". Parmi les intervenants :

•  Mgr Jacques Suaudeau, chargé d’études, section scientifique de l’Académie Pontificale pour la Vie, au Vatican.
• Pierre-Olivier Arduin, directeur de la Commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon.
• Pascal Farouil, officier de sapeur-pompier ; coach : « Je suis aimable parce que je suis aimé »
• Témoignage bouleversant de Rebecca Kiessling (photo ci-contre), avocate aux USA (par vidéo)"

Renseignements et inscriptions ici.

 

Posté le 27 avril 2013 à 09h19 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

25 avril 2013

Feu vert pour l'euthanasie des enfants trisomiques

Dans un avis publié jeudi 25 avril, le Comité consultatif national d'éthique se dit favorable aux tests ADN dans le sang de la mère, mais prévient que cela ouvre la voie à l'établissement d'une carte d'identité génétique du futur bébé, dont l'usage pourrait être problématique.

En effet, 96% des bébés potentiellement porteurs de la trisomie 21 sont éliminés.

Addendum 14h - communiqué de la Fonidation Lejeune :

Avis n°120 relatif aux nouveaux tests de diagnostic prénatal : le CCNE valide la « modernisation » de l’éradication des trisomiques, le rendez-vous éthique est manqué.

Comment qualifier de réflexion éthique un texte :

  1. qui n’envisage même pas la question fondamentale du bien-fondé de l’utilisation des tests et se cantonne à proposer des limites seulement en matière de condition d’utilisation,

  2. qui pose comme unique barrière la question de la performance technique et celle du coût,

  3. qui fait une différence entre la réflexion concernant la trisomie 21 et celle relative aux autres pathologies génétiquement détectables,

  4. qui valorise la vie d’un enfant sain (épargné grâce au test non invasif) plus que celle d’un enfant trisomique (inévitablement éliminé),

qui se réfugie derrière le dogme du « choix éclairé », à l’origine de l’angoisse puis de la culpabilisation (si l’enfant est atteint, la femme a le « choix » entre éliminer son enfant ou lui imposer la vie avec son handicap) de toutes les femmes enceintes ?

Dans ce contexte, le CCNE aurait pu faire l’économie des quelques lignes relatives au nécessaire développement dans notre société de l’accueil et de l’accompagnement des personnes handicapées. Qui peut encore croire que de telles recommandations ont un sens quand une autorité morale valide un dispositif exprimant la stigmatisation, la discrimination, et le rejet : la négation de la valeur de la vie humaine handicapée ?

En 2007 Didier Sicard, alors président du CCNE alertait avec force et sans ambiguïté sur la dérive eugéniste de la généralisation du dépistage prénatal de la trisomie 21 : « La vérité centrale (…) de l’activité de dépistage prénatal vise à la suppression et non au traitement : ainsi ce dépistage renvoie à une perspective terrifiante : celle de l’éradication » (Le Monde 5 février 2007).

A l’occasion de la révision bioéthique de 2011 plusieurs autorités et personnalités ont dénoncé les dérives eugénistes du diagnostic prénatal de la trisomie 21 ; parmi eux D Sicard faisait à nouveau entendre sa voix : « le dépistage de la trisomie 21 est devenu la norme en France, où la naissance d’un enfant atteint est considéré par un grand nombre comme une erreur, un accroc dans un processus bien rôdé. Beaucoup pensent qu’on peut éradiquer certaines maladies en éliminant les malades, au nom du progrès de la médecine. Ce ne sont pas des extrémistes, juste des gens qui ne réfléchissent plus et oublient que les personnes dont il est question sont des humains » (La Vie 31 mars 2011)

Cet Avis 120 a manqué l’occasion de repenser collectivement le bien-fondé d’un système qui conduit, pour raison médicale, à l’éradication de la quasi-totalité d’une population.

Pour la Fondation Jérôme Lejeune, il est paradoxal de justifier ce qui se passe pour la trisomie 21, et de redouter ce qui va arriver à l’identique pour les autres pathologies ! L’éradication de plus de 90 % des enfants trisomiques avant leur naissance en France exigeait un autre niveau d’analyse. En attendant, les firmes fabriquant les tests remercieront le CCNE qui vient de leur dérouler un tapis rouge pour commercialiser leurs produits en France. Marché potentiel : 1 milliard d’euros. « Un mal nécessaire » selon le fabriquant."

Posté le 25 avril 2013 à 11h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (23)

13 avril 2013

Jacques Bompard opposé à la recherche embryonnaire

Il s'en expliquait récemment sur Radio Courtoisie. L'émission peut-être écouté ici (durée 15'). 

Posté le 13 avril 2013 à 14h40 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

Vers l’organisation d’une médecine de convenance pour répondre aux désirs fous des individus ?

Déposer ses ovules à la banque quand on est jeune pour les récupérer plus tard dans le but de se faire fabriquer un enfant par fécondation in vitro, c’est la dernière recommandation émise par le très sérieux Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF).

Extrait de l'analyse de Pierre-Olivier Arduin :

Poa" On aurait pu croire à la proposition d’un savant fou tant la posture relève plus de celle du démiurge que du médecin (...)

Derrière l’avis du Collège français des gynécologues se dessine l’organisation d’une « médecine de convenance » toute puissante sensée répondre aux désirs des individus. Cette « médecine » conjuguerait bien sûr l’arsenal contraceptif et contragestif existant, les procédures d’IVG médicamenteuses à domicile et les techniques de diagnostic prénatal précoce pour contrecarrer la venue d’un enfant non voulu ou non conforme à son projet. Elle s’organiserait désormais autour de la vitrification et du stockage de ses ovocytes suivis de la fécondation in vitro d’embryons fabriqués et triés en laboratoire offrant ainsi aux femmes des possibilités quasi illimitées d’assurance fertilité/qualité et d’obtention d’un enfant au moment programmé.

La véritable question qui apparaît derrière cette revendication est donc aussi celle de l’accessibilité à la « parentalité » pour convenance personnelle, sans qu’il n’y ait plus besoin d’être atteint(e) d’infertilité pour y avoir accès. Des commentateurs se sont étonnés que des médecins s’emparent d’un sujet sociétal en le déconnectant de tout aspect « thérapeutique ». Il nous semble au contraire exister une certaine « logique » derrière toutes les revendications actuelles, PMA homosexuelle, FIV pour tous les couples, stockage d’ovules… La pression est aujourd’hui maximale pour soustraire l’antique « assistance médicale à la procréation » à la sphère du « traitement médical » pour entrer dans le champ de l’anthropotechnie procréative où plus rien ne saurait s’opposer à la satisfaction de désirs d’adultes détenteurs d’un projet parental, et ce quelles que soient leurs orientations sexuelles ou leurs configurations parentales."

Posté le 13 avril 2013 à 14h19 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

12 avril 2013

Recherche destructrice d'embryons : la gauche aux ordre des groupes pharmaceutiques

Interrogé sur La Table ronde, Jean-Frédéric Poisson estime que le projet de libéralisation de la recherche destructrice d'embryons humains n'est pas encore enterré :

"[...] Non, il n’est pas enterré, ce serait trop simple !  La mécanique est la suivante : chaque groupe minoritaire à l’Assemblée dispose d’une « niche » par session, c’est-à-dire d’une journée dans l’année pour laquelle il décide de l’ordre du jour. En l’occurrence, ce sont les radicaux de gauche qui avaient utilisé leur niche du jeudi 28 mars pour faire inscrire le texte sur l’embryon à l’ordre du jour. Les radicaux, à l’heure actuelle, ont donc utilisé leur seul cartouche pour l’année. Mais il est plus que probable que les socialistes reviendront rapidement avec ce texte. Puisqu’ils sont majoritaires, ils ne sont pas soumis au jeu des niches. Et le travail d’obstruction que nous avons effectué jeudi, nous ne pourrons pas le refaire, la gauche ne se laissera pas faire une deuxième fois !

[...] Si l’on pose la question classique « à qui profite le crime ? », la seule réponse valable nous conduit sans doute vers les laboratoires et les groupes pharmaceutiques."

Posté le 12 avril 2013 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent

09 avril 2013

Achat de sperme, import-export, bébés sur catalogue : la "procréation" est un marché juteux

C'est déjà le cas au Danemark, la France veut prendre le train en marche : la marchandisation des corps, corrolaire du mépris de la dignité de la personne humaine, est une réalité. D'ici à ce qu'elle devienne la règle... :

"Âgé de 22 ans, originaire de Londres et en échange à l’université d’Aarhus, Conrad étudie en première année de mastère de management des conflits. Cherchant un petit boulot, il s’est laissé tenter par une annonce sur Internet. «ça disait : ‘‘Vous voulez gagner beaucoup d’argent ?’’» Depuis, comme de nombreux étudiants dans cette ville qui en compte 40 000, il fait escale ici deux à trois fois par semaine sur le chemin de la fac. Une halte rapide– dix minutes – et lucrative.

Première banque de sperme du Danemark, avec plus de 21 000 naissances à son actif depuis 1991 et un stock permanent d’échantillons provenant de 400 donneurs, «Cryos» («froid» en grec ancien) verse en moyenne 250 couronnes danoises (33€) à ses «fournisseurs» pour un échantillon. S’ils acceptent que leur identité soit révélée à leur progéniture une fois celle-ci majeure, le gain peut s’élever à 500 couronnes. «J’ai choisi de ne pas être anonyme pour gagner plus d’argent, dit Conrad, mais c’est aussi moral. C’est difficile de ne pas savoir d’où on vient. Je le sais, je n’ai connu mon père qu’à 17 ans.» Et si, dans vingt ans, une flopée de descendants le sollicitait ? «Je n’y pense pas», lâche-t-il dans un grand rire. Sans plus.

Selon la loi danoise, un donneur de sperme ne peut être à l’origine de plus de douze grossesses dans le pays. Mais le royaume scandinave n’est pas le principal marché de Cryos, qui exporte 90% de sa «collecte» dans plus de 70 pays, à des cliniques privées ou à des particuliers. France, Pologne, Espagne, Thaïlande… La multiplicité des destinations contrebalance le manque à gagner qu’entraînent les quotas fixés par les législations nationales.

Pragmatique, ce raisonnement est celui d’Ole Schou, patron et fondateur de Cryos. Âgé de 58 ans, il se dit «amateur de sports extrêmes» et auteur d’un essai de 400 pages sur le sperme– «200 pages scientifiques, 200 pages de business plan». Mais, diplômé d’une école de commerce, Ole Schou est surtout un professionnel du marketing et le chef d’une entreprise de 40 employés, dont il tait le chiffre d’affaires".

Posté le 9 avril 2013 à 10h25 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

06 avril 2013

Première mondiale : un trisomique de 15 ans a atteint le camp de base de l'Everest

ErIl s'appelle Eli Reimer et il est originaire de l'Oregon. Il a atteint ce camp himalayen situé à 5.364 m d'altitude à la mi-mars après dix jours d'ascension démontrant au monde entier que le handicap peut être surmonté. 

Alors que les parents d'Eli sont invités sur les plateaux de télévision et que les journaux de langue anglaise en ont leur une, la presse française n'a pas relayé cette information hormis cette dépêche ou si peu, trop influencée sans doute par les lobbies qui veulent supprimer les malades in utero par le dépistage au lieu d'utiliser cette avancée scientifique pour préserver la vie du malade et lui permettre de vivre... de tels moments inoubliables ou simplement leur vie, don de Dieu.

Faites l'expérience vous-même : tapez "Elie Reimer" sur un moteur de recherche et cherchez les pages en francais. Et puis, ce n'est pas grave, faites connaître ce bel exploit d'un trisomique dont le sourire au seuil du toit du monde est un gage d'espérance pour tous les malades et une ode à la vie!

Posté le 6 avril 2013 à 09h55 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (10)

03 avril 2013

Recherche destructrice d'embryon : Ayrault promet la loi

La proposition de loi autorisant la recherche détruisant les embryons humains sera prochainement de retour à l’Assemblée nationale, a assuré mercredi Jean-Marc Ayrault, devant le groupe radical de gauche. Cette proposition serait inscrite à l’ordre du jour prioritaire du gouvernement « dans les prochaines semaines », selon Roger-Gérard Schwartzenberg.

Posté le 3 avril 2013 à 20h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

31 mars 2013

Mgr Ginoux :"L'Eglise catholique rappelle la valeur unique de chaque personne, sa dignité inaliénable"

Extrait du message de Pâques de Mgr Ginoux, évêque de Montauban :

Mgr Ginoux"(...) Pâques dépasse infiniment notre horizon : la résurrection de Jésus dit le sens ultime de la vie humaine. Notre société dans l'errance retrouve un cap : chaque personne humaine et toute l'humanité peuvent regarder en avant : un avenir s'est ouvert pour toujours. Nous devenons des êtres nouveaux : tout ce qui est mort peut maintenant renaître. Jésus est vivant et Il nous fait vivre aujourd'hui.

Bien sûr, autour de nous, la nature revit, Pâques est la fête de la vie qui vient là où des forces de mort sont présentes. Parce que tous les êtres humains sont appelés à ressusciter, l'Eglise catholique rappelle la valeur unique de chaque personne, sa dignité inaliénable. L'embryon, qui est la vie humaine commencée, ne peut pas être objet de recherche mais de soins pour le faire vivre, la personne handicapée, malade, atteinte par le grand âge est toujours porteuse de la dignité humaine qui conduit à la soigner, à apaiser sa douleur, à l'entourer d'affection. Ce sont là des signes de résurrection parce que ce sont des signes d'amour, des signes de l'amour de Dieu qui donne la vie.

A Pâques nous fêtons la vie, la joie du Christ ressuscité."

Posté le 31 mars 2013 à 17h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

Expérimentation sur embryon : une mobilisation récompensée

Communiqué de Choisir la vie :

"Le 4 décembre dernier, d’une façon outrageusement discrète, la proposition de loi visant à « autoriser sous certaines conditions la recherche sur l’embryon et les cellules embryonnaires » était adoptée par le Sénat et ce, alors qu’il y a 17 mois, la loi relative à la bioéthique avait été adoptée après de longs mois de discussions et une concertation du peuple français par le biais des états généraux de la Bioéthique. Comment a-t-on pu à ce point renier et mépriser le travail effectué et la parole des français ? 

Heureusement, alors que le texte devait être discuté dans la nuit de jeudi à vendredi par les députés à l'Assemblé nationale, les 300 amendements déposés par l'UMP sur le seul article du texte, n’ont pas permis que l'examen du texte soit entièrement terminé à une heure du matin ! Ceci a permis, sinon l'abandon du texte, à tout le moins l’ajournement de son adoption de plusieurs semaines; ce texte devra, en effet, être a repris par un autre groupe parlementaire, par le gouvernement, ou mis à l'ordre du jour de l'Assemblée.

Choisir la Vie se réjouit de cette victoire et félicite l’action très efficace de la Fondation Lejeune qu'elle a largement relayée ainsi que celle des députés courageux qui ont su se battre pour défendre le respect de la vie du plus fragile d’entre nous tous. Choisir la Vie continue, bien sûr, à se mobiliser notamment en relayant, aux côtés d’autres associations, l’initiative citoyenne européenne " Un de nous ", qui vise à mettre fin aux financements de la recherche sur l’embryon humain par l’Union Européenne."

Posté le 31 mars 2013 à 15h18 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2013

Les promoteurs des embryons de laboratoire mis en échec

Communiqué de la Fondation Lejeune :

"Scandaleusement passée en catimini au Sénat en décembre, la proposition de loi visant la levée de l’interdiction de la recherche sur l’embryon humain a été mise en échec contre toute attente à l’Assemblée Nationale cette nuit.

Epilogue tout autant réjouissant qu’inespéré compte tenu du soutien affiché du gouvernement au texte d’initiative radicale de gauche, le candidat Hollande en ayant fait une promesse de campagne. Le pari de la majorité : alléger la procédure et les débats en ne faisant pas du texte un projet de loi du gouvernement mais une proposition de loi réduite, censée être adoptée à la sauvette à l’occasion d’une simple niche parlementaire annuelle dédiée au groupe mené par Roger-Gérard Schwartzenberg, niche qui se tenait hier jeudi 28 mars.

C’était sans compter sur la réaction de dizaines de milliers de citoyens, emmenés par la campagne Vous trouvez ça normal ? de la Fondation Jérôme Lejeune, déterminés à ne pas laisser la technique prendre le pas sur l’humain, définition même de la bioéthique. Les 52 000 signataires de la pétition, et les 100 000 cartes de protestions envoyées aux députés ont soutenu, encouragé et mobilisé certains d’entre eux pour qui les Etats Généraux de la révision de la loi de bioéthique de 2011 était un souvenir encore frais et dont les résultats ne devaient être détricotés en silence. Aucune actualité scientifique nouvelle ne pouvait justifier ce bouleversement 18 mois après ces débats d’ampleur. Au contraire, ce sont les alternatives à la recherche sur l’embryon humain qui ont été couronnées de succès entre temps, iPS en tête, effaçant l’argument fallacieux d’un retard de la recherche française, enfermée dans une vaine perspective d’utilisation mercantile de l’embryon humain.

L’épilogue est surtout rassurant sur la capacité du Parlement à défendre un des principes fondateurs de notre Etat de droit : le respect de la vie humaine dès son commencement. Il est aussi enthousiasmant vis-à-vis de cet élan citoyen qui a su résonner dans l’hémicycle à travers la ténacité et  l’habileté des députés engagés pour protéger le statut de l’embryon humain. 

La Fondation Jérôme Lejeune se réjouit de cette victoire. Elle appelle à rester mobilisé en France : en théorie le texte peut encore être soit repris par un autre groupe parlementaire soit par le gouvernement. La Fondation lance une mobilisation aux côtes d’Alliance VITA et des AFC dans le cadre de l’initiative citoyenne européenne Un de nous qui vise à mettre fin aux financements de la recherche sur l’embryon humain par l’Union Européenne."

Posté le 29 mars 2013 à 11h12 par Michel Janva | Lien permanent

Le texte libéralisant la recherche sur l'embryon n'a pas été adopté

C'est la bonne nouvelle de cette nuit !

Le gouvernement n'a pas pu aller au terme du pseudo-débat, ce qui a suscité la fureur des députés radicaux qui ont quitté l'hémicycle. Cela a pour conséquence de repousser de plusieurs semaines l'adoption de ce texte, voté au Sénat en catimini début décembre 2012. Il faudra en effet que le texte soit repris par un autre groupe parlementaire, par le gouvernement, ou mis à l'ordre du jour de l'Assemblée. Ce qui est peu probable à court terme.

Avec les 300 amendements déposés par l'UMP sur le seul article du texte, il n'était pas possible que l'examen du texte soit entièrement terminé à une heure du matin.

Sur twitter, le député UMP Philippe Gosselin écrit :

"Sur un sujet grave, la majorité ridiculisée. Pathétique. Voilà quand on veut faire en catimini. Ils ont même écourté le débat".

Posté le 29 mars 2013 à 07h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (24)

Le chiffre du jour

Lu ici :

"171 417 embryons humains étaient conservés dans les cuves d'azote liquide des Centres d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humain (Cecos) français lors du dernier relevé, le 31 décembre 2010.

Posté le 29 mars 2013 à 07h03 par Michel Janva | Lien permanent

28 mars 2013

Le FN pour l'interdiction de la recherche sur l'embryon

Dans ce communiqué, Marion Maréchal Le Pen, député du Vaucluse, défend une position conforme à la Doctrine sociale de l'Eglise :

L"A l’occasion du débat sur le texte examiné cette semaine à l’Assemblée et autorisant la recherche sur l’embryon, Marion Maréchal Le Pen a cosigné un amendement avec Jacques Bompard demandant que soit, à l’inverse, interdite toute forme de recherche sur les embryons humains et les cellules souches embryonnaires.

Le texte, issu d’une proposition de loi radicale de gauche et soutenue par le Gouvernement, modifie le régime issu de la loi de 2004 et passe d’une interdiction de la recherche sur l’embryon assorti de dérogations à une autorisation sous conditions, ouvrant ainsi une voie particulièrement dangereuse à laquelle le législateur avait encore réaffirmé son opposition en 2011.

Cette recherche n’est pas indispensable scientifiquement, notamment depuis les découvertes des professeurs Yamanaka et Gordon, prix Nobel de médecine 2012, qui ont prouvé que les travaux sur les cellules souches non embryonnaires étaient aussi voire plus efficaces.

Par ailleurs, l’autorisation de la recherche sur l’embryon soulève de graves interrogations éthiques et contredit l’article 16 du code civil aux termes duquel « la loi garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie. ».

Marion Maréchal-Le Pen votera en conséquence contre le texte."

Posté le 28 mars 2013 à 20h37 par Michel Janva | Lien permanent

En catimini, les députés socialistes vont transformer l’embryon humain en matériau

A lire ici :

"L’Assemblée Nationale devrait adopter, jeudi 28 mars, une proposition de loi visant à libéraliser l’utilisation de l’embryon humain comme matériau pour la recherche scientifique. (...)

Pourquoi une telle précipitation ? Sur ce projet, les socialistes ont peur de la transparence ; je les comprends. Il recouvre en effet un triple scandale.

- Il constitue d’abord une absurdité scientifique : contrairement à la précédente révision, cette réforme bioéthique est déjà obsolète. La découverte des potentialités offertes par les cellules adultes reprogrammées, dites cellules iPS, a valu le prix Nobel 2012 aux biologistes John Gurdon et Shinya Yamanaka. Apparemment, le gouvernement français n’est pas encore au courant… Ces cellules iPS, dont l’utilisation ne pose aucun problème éthique (pas plus que dans le cas du don de sang ou du don d’organes), permettent le développement d’applications thérapeutiques qui dépassent déjà de très loin les résultats obtenus par les recherches effectuées, sous régime dérogatoire, sur les cellules souches embryonnaires (manipulations qui aboutissent, rappelons-le, à la destruction de l’embryon). Mais alors, pourquoi s’entêter dans cette voie sans issue ?

- Là est le scandale politique. Cette libéralisation n’apporte aucun espoir thérapeutique ; le professeur Claude Huriet le rappelait récemment dans le Monde : « en quinze ans, aucun patient n’a été traité par des cellules souches embryonnaires. » En fait - cela me fait froid dans le dos rien que de l’écrire, la seule perspective est industrielle. Oui, vous avez bien lu : industrielle. La recherche sur l’embryon coûte moins cher, pour le développement de nouveaux médicaments, que l’expérimentation sur les hommes, ou sur les animaux de laboratoire. Obtenue sous la pression des lobbys de l’industrie pharmaceutique, dont on connaît depuis l’affaire du Médiator l’influence dans les cercles de décision, cette loi abandonne l’embryon, en toute discrétion, aux intérêts commerciaux.

- Elle opère ainsi une rupture philosophique profonde : à travers ce nouveau régime de libéralisation, pour la première fois dans le droit de notre république, le corps humain devient un matériau exploitable comme un autre. C’est le principe fondamental de l’indisponibilité du corps qui est profondément remis en cause. La technique peut désormais manipuler, utiliser, exploiter, transformer ce matériau humain, dans un régime d’encadrement (l’Agence de biomédecine) dont tout le monde sait qu’il est rendu inefficace par d’évidents conflits d’intérêts.

Une nouvelle dérégulation, opérée au bénéfice des lobbys industriels, qui cède à la marchandisation du corps humain : quand je pense que ceux qui procèdent à cette libéralisation inédite se disent de gauche, je comprends mieux qu’ils préfèrent que personne n’en parle…

Il reste une voie pour s’opposer : elle consiste à faire nous-mêmes le travail qu’on veut nous empêcher de faire. Informez-vous, lisez, faites-vous une opinion libre et vraie sur ce sujet essentiel. Les enjeux sont complexes, mais les sources d’information ne manquent pas (par exemple ici).

Il est urgent de prendre conscience de ce qui se passe ; l’enjeu – si proche au fond de celui du mariage pour tous, c’est la société dans laquelle nous voulons vivre. Si nous cherchons à faire de notre nature le jouet de notre pouvoir d’agir, si nous cédons à la tentation de libérer l’emprise conjuguée sur nos vies de la technique et du marché, si nous abandonnons le sens du caractère essentiellement singulier de cette chair dont nos corps sont pétris, nous finirons d’emporter, dans une bataille insensible et insensée, la victoire de l’homme contre sa propre humanité".

Posté le 28 mars 2013 à 10h18 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

27 mars 2013

Maintenir l'éthique dans la bio-éthique = ne pas changer la loi!

Il y a urgence pour éviter que la loi soit modifiée pour satisfaire les besoins des chercheurs qui utilisent l'embryon humain dans leurs recherches. Refusons l'instrumentalisation et la marchandisation du corps humain en répondant à l'appel de la Fondation Lejeune.

Communiqué de presse de la Fondation Lejeune :

"Recherche sur l'embryon humain à l'Assemblée Nationale : « Pour être en règle, changeons la règle ».

A deux jours du passage en séance publique à l'Assemblée Nationale de la proposition de loi visant la levée de l'interdiction de la recherche sur l'embryon humain, la Fondation Jérôme Lejeune dénonce la motivation réelle des partisans du texte : continuer à s'affranchir du respect de la loi.

En Commission des Affaires Sociales mercredi dernier (voir communiqué ici) et dès les débats au Sénat en décembre, l'argument de « l'insécurité juridique » était brandi par les relais politiques de certains chercheurs qui utilisent l'embryon humain, se présentant comme des victimes des recours engagés en justice par la Fondation Jérôme Lejeune contre des protocoles de recherche illégaux.

LES FAITS -  La loi interdit la recherche sur l'embryon humain en France. Elle tolère que des dérogations soient accordées selon deux critères principaux (charge à celui qui déroge d'en apporter la preuve) :

  • les progrès thérapeutiques  doivent être majeurs
  • les travaux ne peuvent pas être menés sans utiliser l'embryon humain


Or, dès 2006, la Fondation Jérôme Lejeune a constaté que certaines dérogations étaient accordées par l'Agence de la Biomédecine (ABM) sans que ces conditions ne soient remplies.  La Fondation Jérôme Lejeune a donc contesté en justice plusieurs décisions illégales. Le 10 mai 2012, la Cour Administrative d'Appel a donné raison à la Fondation Jérôme Lejeune sur un premier recours, dix restant en attente de jugement. Pour ce premier recours, il était possible de ne pas utiliser l'embryon humain dans les travaux de recherche en cause. Les cellules reprogrammées (iPS), découvertes par le prix Nobel Yamanaka,  permettaient d'arriver au même résultat.  La Fondation en a apporté la preuve scientifique. Constat validé par la Cour d'Appel.

LE COMBLE - A l'évidence, ceux qui contreviennent à la loi sont dans une situation d'illégalité, d'où « l'insécurité juridique » dont ils se plaignent ! Mais les recours déposés contre certaines décisions d'autorisation de l'ABM ne sauraient justifier un changement de la loi actuelle, sauf à considérer qu'il suffit de changer la règle pour être en règle. Qu'est-ce qu'une République où l'on modifie la loi par convenance, convenance de certains chercheurs pour échapper à la justice ou convenance de certains laboratoires pharmaceutiques nullement gênés par la marchandisation de l'humain ?

La Fondation Jérôme Lejeune en appelle à la responsabilité politique de ceux qui sont sur le point de légiférer sur cet enjeu : la loi de bioéthique française ne peut être bouleversée pour satisfaire un ultra-libéralisme et un libertarisme incompréhensibles dans une République qui se veut irréprochable. Dans bio-éthique, il y a aussi éthique, c'est-à-dire primauté de l'humain sur la technique. Tel était le sens de l'interdit, même assorti de dérogations. L'inversion de cette hiérarchie des valeurs ne sera pas sans conséquence".

Rejoignez les 48 000 personnes qui ont déjà signé la pétition en ligne "Vous trouvez ça normal ?" pour maintenir l'interdiction de la recherche sur l'embryon humain en France.

Objectif : 50 000 signatures avant le passage à l'Assemblée demain, jeudi 28 !

Un lien, un clic, une seconde !

Posté le 27 mars 2013 à 13h12 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

26 mars 2013

La proposition de loi autorisant la recherche sur l’embryon pourrait ne pas aboutir

Et cela grâce à la pluie d'amendements déposés par l'opposition :

"Le président des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, interrogé par l'AFP, s'est étonné mardi de la pluie d'amendements déposés par l'opposition qui se défend de toute obstruction sur le texte à venir autorisant de manière encadrée la recherche sur l'embryon et sur les cellules souches embryonnaires.

Plusieurs sources parlementaires ont fait état de 300 à plus de 400 amendements déposés sur ce texte, dont les écologistes qui ont cité le chiffre de 423."

Explications :

"Ce sont les députés écologistes, favorables à la proposition de loi autorisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches, qui ont en quelque sorte sonné l’alerte mardi 26 mars. Leur coprésidente Barbara Pompili a ainsi estimé qu’il était « hautement probable » que ce texte « ne puisse aller jusqu’au bout ». De 300 à 400 amendements, dont « une avalanche d’amendements UMP », ont en effet été déposés. Or la proposition de loi présentée jeudi 28 mars par les radicaux de gauche doit être examinée dans le cadre d’une niche parlementaire d’une journée. « Si on va jusqu’au bout de la logique, on va arrêter l’examen de ce texte et le groupe pourra en poursuivre l’examen dans un an », a conclu Barbara Pompili. (...)

Plusieurs députés UMP mettent en garde contre le texte.  «  Attention à ne pas céder au moins disant éthique au nom du mieux disant scientifique et de la performance ! », a ainsi lancé Jean Leonetti, ancien rapporteur de la loi de bioéthique (...). D’autres protestent vivement. C’est le cas de Philippe Gosselin, qui voit là le signe d’une « offensive ultralibérale, voire libertaire » qui « s’attaque à des fondements de notre société ».

Posté le 26 mars 2013 à 23h33 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

21 mars 2013

Journée internationale de la trisomie 21

TEléonore Laloux, jeune femme atteinte de trisomie 21, et figure de la campagne Trisomiqueet alors ! est interviewée aujourd’hui par la Radio des NATIONS UNIES après la déclaration de Ban Ki-Moon qui appelle « à faire plus pour créer les conditions permettant aux personnes trisomiques de jouer leur part dans la société ». Elle sera ce soir sur le plateau du Grand Journal de Canal +.

Le 21 mars 2013 a lieu la 2nde Journée internationale de la trisomie 21 (officialisée par une résolution de l’ONU). Cet événement a pour objectif de sensibiliser et d’informer les citoyens sur cette pathologie insuffisamment connue, et sur les préjugés dont souffrent les personnes qui en sont atteintes.

Cette journée revêt une dimension singulière et urgente. En effet, la banalisation du diagnostic prénatal de la trisomie, première déficience intellectuelle d’origine génétique (1 conception sur 700) entraîne l’élimination de la très grande majorité des enfants détectés trisomiques pendant la grossesse. Le chiffre est particulièrement effrayant en France, où 96 % des foetus sont éliminés. La commercialisation de nouveaux tests de détection va accentuer encore davantage la stigmatisation et le rejet. Cet enjeu va devenir d’actualité en France d’ici quelques mois. Notre pays offre un marché important aux promoteurs de ces tests car il a généralisé l’offre et automatisé la pratique. Le problème est d’autant plus grave qu’aucun Etat, au plan mondial, n’a mis en place de politique de santé pour apporter une solution thérapeutique positive aux patients et à leur famille. Et les efforts entrepris pour faciliter l’intégration scolaire et professionnelle des personnes atteintes de trisomie 21 sont nettement insuffisants.

15 associations européennes (France, Espagne, Portugal, Croatie, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Pologne et Lettonie), russe, américaine et néozélandaise, lancent sur le plan international cette campagne : Trisomique… et alors ! Dans des contextes nationaux et culturels différents, 5 personnes atteintes de trisomie 21, d’âge différent (un jeune enfant, une jeune femme, deux jeunes hommes, un homme plus âgé) interpellent ainsi les citoyens et les responsables politiques de leur pays. Ils souhaitent démystifier la pathologie qui les atteints afin d’atténuer les peurs et les fantasmes.

Posté le 21 mars 2013 à 12h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

20 mars 2013

Raisons juridiques, scientifiques, éthiques, et politiques contre la recherche sur l’embryon

A l’heure où la proposition de loi levant l’interdiction de la recherche sur l’embryon était discutée au sein de la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale ce matin, les députés Philippe Gosselin, Xavier Breton, Marie-Christine Dalloz, Jean-Christophe Fromantin, Hervé Mariton, Philippe Meunier, Jean-Frédéric Poisson, Laure de La Raudière ont exposés, autour des professeurs Alain Privat, (professeur en neurobiologie à l’EPHE, ancien directeur de recherche à l’INSERM, et spécialiste des cellules souches), et Bertrand Mathieu (professeur de droit constitutionnel à l’école de droit de la Sorbonne, Université Paris I), les raisons juridiques, scientifiques, éthiques, et politiques pour s’opposer à cette révolution votée en catimini :

Sur le plan scientifique : 

1. La thérapie cellulaire est déjà une réalité grâce à certaines cellules souches non embryonnaires : les cellules souches adultes et celles du sang de cordon.     

2. Les cellules souches reprogrammées (IPS) du Pr. Yamanaka (prix Nobel de Médecine 2012), offrent des perspectives plus prometteuses en matière de thérapie cellulaire que les cellules embryonnaires. La rapidité du lancement du premier essai clinique sur la DMLA, et les investissements massifs qui se portent – à l’étranger – sur les iPS marquent l’importance du potentiel de cette recherche. S’agissant de la modélisation des pathologies et du criblage de molécules, les iPS peuvent déjà être utilisées comme alternative à l’embryon.      

3. Le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon humain ne limite pas les travaux  sur l’embryogénèse  qui se développent grâce à la recherche sur l’embryon animal.    

4. L’argument diminuant l’importance des iPS (qui conserveraient 1 mémoire de leur tissu d’origine) ne tient  plus scientifiquement : le problème des altérations épigénétiques est résolu. 

Sur le plan juridique :

5. La protection de l'embryon humain est garantie par l'article 16 du code civil, la constitution, et le droit européen.

6. Passer d'un régime d'interdiction de principe à un régime d'autorisation de principe constitue un changement de paradigme inédit au terme duquel le principe fondateur de la protection de l'être humain deviendra une exception à la règle nouvelle de sa non-protection.

7. Avant d'envisager d'autoriser la recherche sur l'embryon, enjeu majeur qui concerne autant les citoyens que les experts, les responsables politiques doivent organiser des Etats Généraux, rendus obligatoires depuis la révision de la loi bioéthique de 2011.     

Sur le plan éthique et politique :  

8. L'embryon est un membre de l'espèce humaine, ce n'est pas une conviction ni une opinion mais un constat scientifique. Or le respect de tout être humain, particulièrement les plus fragiles, est constitutif du pacte républicain et au fondement de notre civilisation. Autoriser la recherche sur l'embryon nous fait quitter le pacte républicain et abandonner nos valeurs fondatrices.  

9. Les responsables politiques sont garants de l'intérêt général. L'enjeu de la recherche sur l'embryon ne relève pas de l’intérêt général mais de l’intérêt particulier - et financier - de l’industrie pharmaceutique qui considère l’embryon humain comme un moyen simple et peu onéreux de modéliser des pathologies, et cribler des molécules alors que les cellules iPS peuvent rendre ce service.    

10. Avant d'engager une telle révolution juridique et éthique la moindre des choses est d’exiger de l'Agence de la biomédecine qu'elle honore son obligation légale de présenter au Parlement un bilan comparatif de la recherche sur les cellules souches. Les responsables politiques doivent se réapproprier leur responsabilité en matière d'enjeux bioéthiques que l'Agence de la biomédecine a captés depuis sa création (2004). Et ce alors même que dans ce domaine de la recherche sur l'embryon l'ABM est juge et partie.

Pour éviter un passage en catimini le 28 mars prochain, la mobilisation est forte et la détermination entière !

De son côté, la Fondation Jérôme Lejeune, forte de 45 000 signataires de sa pétition, dénonce un scandale éthique.

Posté le 20 mars 2013 à 19h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

19 mars 2013

Une ligne de poupées avec les traits physiques de la trisomie 21

Lu sur Gènéthique :

"Aux Etats-Unis, la maman d'une petite fille atteinte du syndrome de Down ou trisomie 21, vient "de lancer le projet 'Dolls for Down', une ligne de poupées avec les traits physiques de la trisomie 21". L'objectif, que sa fille, Hannah, "frustrée de voir dans un catalogue de jouets des poupées ressemblant à ses soeurs mais pas à elle", [...] "puisse choyer un poupon qui lui ressemble".

Dans une interview accordée au Huffington Post, Connie Feda, sa maman, confie: "je veux qu'Hannah puisse regarder une poupée avec les caractéristiques du syndrome de Down et qu'elle voit quelque chose de beau, parce que c'est ce que je vois quand je la regarde". Ce projet a pu voir le jour avec l'aide d'une sculptrice mais aussi des thérapeutes et d'autres parents d'enfants atteints de trisomie, et "a pour mission de présenter les enfants handicapés sous un jour favorable"."

Posté le 19 mars 2013 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

18 mars 2013

Recherche sur l'embryon : vers le négationnisme scientifique et éthique

De Pierre-Olivier Arduin sur Liberté politique :

"Après le Sénat en décembre dernier, l’Assemblée nationale s’apprête à adopter le 28 mars prochain la proposition de loi libéralisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Une décision idéologique qui relève du négationnisme scientifique et éthique, constitue une rupture majeure avec nos principes de droit, réduit l’embryon humain à un vulgaire matériel d’expérimentation et signe la fin de la bioéthique. [...]

Posté le 18 mars 2013 à 17h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

09 mars 2013

21 mars : journée mondiale de la trisomie 21

T

Posté le 9 mars 2013 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

04 mars 2013

Pour la première fois en France, donner la mort à un être humain va devenir une norme

L'examen du texte visant la levée de l’interdiction de la recherche sur l’embryon humain se tiendra à l’Assemblée Nationale le jeudi 28 marsIl reste 1 mois seulement pour alerter les députés et empêcher un passage express, en catimini et sans débat de fond.

Pendant que le Parlement français s’obstine, la Silicon Valley mise sur le NON-embryonnaire ! Après le Prix Nobel de Médecine, le Pr Yamanaka vient de recevoir 3 millions de dollars entre autres des fondateurs de Facebook et de Google réunis en fondation pour financer les découvertes révolutionnaires des Sciences de la Vie. Ces investisseurs avant-gardistes ne s’y trompent pas, les travaux menés grâce aux cellules iPS se concrétisent par un essai clinique en cours sur la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), d’autres suivant en 2013, renforcés par ces soutiens financiers de poids qui s’ajoutent aux fonds débloqués par le gouvernement japonais.

Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune, déclare :

"La première réforme de société à être votée par la nouvelle majorité ne sera pas le mariage homosexuel. Dans l’ordre chronologique et d’importance, la première réforme sera la recherche sur l’embryon humain. Pour la première fois dans l’histoire du droit français, donner la mort à un être humain va devenir une norme, le protéger sera dérogatoire. Cet hommage rendu à la destruction de l’homme considérée comme un marqueur du progrès devrait nous inquiéter au moins autant que le mariage homosexuel.

Recherche sur l’embryon et procréation médicalement assistée pour couple homosexuel : ces enjeux se rejoignent ?

La loi bioéthique de 1994, en consacrant la PMA, a établi un véritable droit à l’enfant qui n’a cessé de se renforcer au cours des lois de 2004 et de 2011. L’embryon, conçu in vitro à partir de cellules sexuelles, trié, réimplanté, congelé, décongelé, donné, éliminé, est bien davantage considéré comme une chose que comme une personne. Depuis la reconnaissance du couple homosexuel, au nom de quoi interdirions-nous aux autres les licences que nous nous autorisons ? La perte de son statut protecteur rend l’embryon disponible. Le sélectionner arbitrairement et en disposer au point même de le détruire s’il ne convient pas, sont des pratiques légalisées en 1994. Comme l’écrivait Bossuet « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »."

Posté le 4 mars 2013 à 17h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

02 mars 2013

Non, ce n'est pas normal

Le Sénat a adopté le 4 décembre une proposition de loi du parti radical de gauche autorisant la recherche sur l’embryon humain. Si le texte est voté dans les mêmes termes par l’Assemblée Nationale, la France basculera d’un principe d’interdiction à un principe d’autorisation : le changement est majeur. Il y a urgence : l’examen de ce texte est prévu à l’Assemblée Nationale le 20 mars (en commission) et le 28 mars (en séance).

Vous le savez, la recherche sur l’embryon est inutilement immorale. Immorale car elle détruit l’embryon. Inutile car les cellules souches non-embryonnaires (parmi lesquelles les IPS du Professeur Yamanaka, Prix Nobel de médecine 2012) dépassent aujourd’hui les cellules souches embryonnaires.

Dans ce contexte, la Fondation Jérôme Lejeune a lancé une campagne de mobilisation contre l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain : www.vous-trouvez-ca-normal.com. Cette mobilisation doit prendre de l’ampleur pour faire émerger le débat dans la sphère publique. Demain, il sera trop tard.

Posté le 2 mars 2013 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

25 février 2013

Alerte au Cytotec! Et pourquoi ne dit-on pas que cette molécule est aussi présente dans "l'IVG médicamenteuse"?

Après les pilules de troisième génération, vers un nouveau scandale, celui des "IVG médicamenteuses". En effet, comme nous alerte un lecteur : 

"je vous signale cette mise en garde de l'Agence du médicament qui vient de tomber et qui concerne le misoprostol (prostagladine commercialisée sous les noms de Cytotec et Gymiso) : ici.

Cette dépêche ne le précise pas, mais l'IVG médicamenteuse utilise obligatoirement cette molécule pour déclencher l'expulsion de l'embryon décédé in utero après la prise de RU-486. D'ailleurs on devrait parler stricto sensu d'IVG médicamenteuse par mifépristone (RU-486) et misoprostol. Si l'avortement chimique est toxique pour l'enfant puisqu'il le tue in utero, la procédure est donc également dangereuse pour la santé des femmes. Or, jusqu'à présent, on a toujours présenté cette modalité de l'IVG (qui a d'ailleurs supplanté en pourcentage la méthode chirurgicale depuis 2010 en France) comme anodine et indolore pour la femme".

Posté le 25 février 2013 à 20h52 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

15 février 2013

Recherche sur les cellules souches : le Japon prend de l'avance

De la Fondation Lejeune :

Cellules iPS : les 1ères recherches cliniques annoncées au Japon !

Un comité d'éthique d'un centre hospitalier japonais a donné mercredi son accord pour des recherches cliniques de médecine régénérative au moyen de cellules souches iPS. Ce seront les premières réalisées au monde. Ces recherches pourraient débuter entre avril 2013 et mars 2014 et visent à traiter la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), qui est la première cause de cécité des plus de 55 ans dans les pays industrialisés. Les travaux sur les cellules iPS sont devenus une priorité de recherche au Japon où l'Etat a décidé de leur allouer des financements importants considérant qu'il s'agit d'un domaine extrêmement prometteur. Pour rappel, l'usage de cellules iPS ne pose pas de problème éthique, contrairement aux cellules souches embryonnaires humaines.

En France, le gouvernement fait prendre un énorme retard à la recherche en finançant des opérations sur l'embryon humain, recherches non concluantes et non éthiques. Ne voulant rien voir, le gouvernement tente de libéraliser cette recherche inefficace par une loi votée en catimini à l'assemblée au mois de mars.

Posté le 15 février 2013 à 16h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

13 février 2013

La CEDH transforme le diagnostic pré-implantatoire en droit

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

"Un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme condamnant l’Italie pour son refus de donner accès au diagnostic pré-implantatoire (DPI) eugénique est devenu « définitif » ce mercredi avec le rejet de son recours. L’Italie avait saisi la Grande Chambre de la CEDH de son recours contre l’arrêt Costa et Pavan c. Italie du 28 août 2012 afin de faire réexaminer l’affaire mais, selon la procédure habituelle et dans une décision qui n’a pas besoin d’être motivée, le panel de juges de la Grande chambre n’a pas donné suite. Ainsi les juges des « droits de l’homme » consacrent-ils le droit de dépister une maladie génétique à travers le double jeu de la fécondation in vitro et du diagnostic pré-implantatoire, faisant tomber encore un pan des faibles protections entourant le tout petit d’homme dans un pays membre du Conseil de l’Europe. Dans une jurisprudence qui vaut pour tous… [...]"

Posté le 13 février 2013 à 22h35 par Michel Janva | Lien permanent

10 février 2013

Claire de La Hougue : "La gestation pour autrui est en elle-même une violation de la dignité humaine"

Claire de La Hougue, docteur en droit, avocate, au Conseil de l’Europe puis au Parlement européen en avril et juillet 2012, a écrit ce long texte sur la gestation pour autrui pour l’European Center for Law and Justice :

"(...) Dans le contrat de gestation pour autrui, il y a pour la femme une obligation de faire (porter l’enfant) et une obligation de donner (le remettre à autrui). Le « quelque chose » objet du contrat est donc l’enfant or, selon le droit civil, « il n’y a que les choses qui sont dans le commerce qui puissent être l’objet de conventions ». L’enfant est donc considéré comme dans le commerce, autrement dit comme une marchandise.  La femme, quant à elle, est utilisée par le ou les mandataires comme une machine permettant le développement d’un fœtus, c’est-à-dire comme un incubateur (...)

Ni la femme ni l’enfant ne sont traités comme des personnes humaines, ils sont traités comme des objets. Ceci est manifestement contraire à la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine, pour reprendre les termes du préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Traiter une personne comme un objet est la caractéristique de l’esclavage. Dans un contrat de gestation pour autrui, la femme loue son corps, ou au moins une partie, son utérus. Louer son corps est la caractéristique de la prostitution (...)

La première question à se poser au sujet de la gestation pour autrui est donc de savoir si elle est dans l’intérêt des enfants. Est-ce l’intérêt de l’enfant ainsi conçu d’avoir cinq ou six adultes qui revendiquent des droits sur lui ? Est-ce son intérêt d’être séparé de sa mère dès sa naissance ? Est-ce l’intérêt des éventuels autres enfants de la mère porteuse de voir qu’on dispose ainsi de leur frère ou de leur sœur ? La simple formulation de la question conduit à une réponse négative (...) Par définition, en cas de gestation pour autrui, la mère abandonne l’enfant à la naissance pour le remettre au(x) mandataire(s). Cette séparation est cause de souffrance pour le nouveau-né et pour la mère porteuse (...)

Aucune protection ne peut être suffisante parce que la gestation pour autrui est en elle-même une violation de la dignité humaine, tant de la mère que de l’enfant.

Les pays membres de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe doivent fermement interdire les contrats de gestation pour autrui et refuser de reconnaître les effets de la gestation pour autrui à l’étranger, en particulier concernant la filiation. C’est la façon la plus efficace de dissuader leurs ressortissants d’avoir recours à la gestation pour autrui à l’étranger et de contribuer à l’exploitation des femmes et à la marchandisation des enfants." 

Posté le 10 février 2013 à 15h08 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

09 février 2013

La première génération issue de la PMA veut être écoutée

Les membres de l'association Procréation médicalement anonyme (PMA) militent pour l'accès aux origines :

«Nous avons à présent un recul de plus de 40 ans sur ces techniques. L'ouverture de l'assistance médicale à la procréation implique au préalable le devoir impérieux de prendre en compte notre expérience, celle des parents et des donneurs».

Clément Roussial, âgé de 23 ans, témoigne :

«À 12 ans, j'ai commencé à avoir des doutes. J'avais du mal à trouver les ressemblances avec mon père. Lors d'une promenade au bord de l'eau, il m'a finalement confié qu'il n'était pas la personne qui m'avait fait. J'ai sauté dans ses bras. C'était un choc, mais aussi un soulagement. Avant j'imaginais un viol, une adoption»

«Je me suis mis à la recherche de mes origines. Je me suis trop accroché à la génétique. J'ai aussi eu l'impression que l'on m'avait fait signer un contrat sans que je le sache. Je suis allé voir un psychologue, puis un médecin du Cecos où j'avais été conçu. Il m'a fait miroiter mon dossier, mais je savais qu'il ne me le donnerait pas alors qu'il risquait une sanction pénale».

Savoir qu'un Cecos détient le secret de vos origines génétiques, que cette identité existe, mais qu'elle vous est interdite, c'est une «forme de torture psychologique». C'est ce principe que ces derniers veulent voir nuancer. Thibault, 23 ans, étudiant à Sciences Po Paris, ajoute :

«La connaissance de son histoire, généralement, on considère que c'est un droit. C'est une question de dignité. Pour moi, c'est le législateur qui en a décidé». «La loi interdit même de donner accès à des données non-identifiantes, même au dossier médical du donneur si je découvre que j'ai une maladie. Pour moi, faire de la prévention, c'est impossible».

Clément :

«Nous sommes envahis par un grand sentiment d'injustice, d'humiliation. Tout nous renvoie à ce manque: la visite chez le médecin où l'on vous demande des informations médicales sur vos parents, une remarque anodine sur votre ressemblance avec untel. Il n'y a pas de limite à l'imagination, au fantasme, c'est épuisant…».

Encore une fois, l'Eglise a raison dans son instruction Donum Vitae (1987) :

"La fécondation artificielle hétérologue lèse les droits de l'enfant, le prive de la relation filiale à ses origines parentales, et peut faire obstacle à la maturation de son identité personnelle. Elle constitue en outre une offense à la vocation commune des époux appelés à la paternité et à la maternité ; elle prive objectivement la fécondité conjugale de son unité et de son intégrité ; elle opère et manifeste une rupture entre parenté génétique, parenté « gestationnelle » et responsabilité éducative. Cette altération des relations personnelles à l'intérieur de la famille se répercute dans la société civile : ce qui menace l'unité et la stabilité de la famille est source de dissensions, de désordre d'injustices dans toute la vie sociale."

Posté le 9 février 2013 à 14h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

08 février 2013

La GPA, le top de la subversion

Dans Le Monde, Caroline Mécary, égérie du lobby LGBT, défend la GPA (mais bien entendu, cela n'a rien à voir avec le projet de loi qui nous préoccupe) :

"En définitive, permettre aux femmes, qui y consentent dans un cadre légal, d'offrir un enfant à un couple qui ne peut en avoir, ne serait-ce pas la plus grande subversion féministe que l'on puisse imaginer : s'affranchir enfin du devoir d'être mère ?"

Posté le 8 février 2013 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

06 février 2013

Forum européen de bioéthique : le réel et la dignité absents

Lu ici :

"La 3ème édition du Forum Européen de Bioéthique s’est tenue du 28 janvier au 2 février 2013 à Strasbourg. En 2011 sur la fin de vie, ou en 2012 sur la structure familiale, ce forum soulève de grands thèmes bioéthiques qu’il veut rendre accessible à tous.

Parlons franchement, ce forum met tout défenseur de la dignité fort mal à l’aise. [...] Les intervenants les plus prestigieux et les plus autorisés s’y sont succédés. Sous la houlette d’Israël Nisand, gynécologue et humaniste, et de Jean-Louis Mandel, assumant son eugénisme, les interventions et tables-ronde se voulurent démocratiques et participatives mais ne le furent pas. La raison en est que le débat suppose une confrontation d’idées adverses. La voix du réel ne fut guère apportée à Strasbourg et sûrement pas à égalité avec les « progressistes » ainsi qu’ils se nommèrent eux-mêmes. [...]

De nombreuses idées se déclinant en autant d’idéologies furent défendues mais la voix du réel n’eut pas la seule place. Or, nous savons que seule une approche ayant comme fondement le réel permet d’approcher l’être humain dans toute sa complexité et de chercher la vérité aussi insaisissable que l’instant mais aussi constante que le roc. Dans ces conflits philosophiques, dans ces constants grands écarts, il était impossible pour la personne de bonne volonté de comprendre des données scientifiques complexes et de séparer le relativisme du bien commun. Le conflit était bien là, dans toute sa complexité. La caution des savants ne peut que noyer le néophyte. Qu’est-ce que les citoyens ont-ils pu en retirer, à qui il fut donné l’illusion d’une participation et d’une écoute ?

Toutes entières tournées vers le corps, les conférences étudiaient à l’aune des progrès scientifiques, des dons d’organes, des biotechnologies, de la biométrie, de la chirurgie esthétique, de la marchandisation ou encore de la théorie du genre, la question de savoir s’il était possible de passer de « l’homme réparé » à « l’homme augmenté » ?

Israël Nisand rassure tout de suite. Il ne s’agit pas de cela. Pourquoi alors étudier la question sous tous les angles pendant une semaine ? Sous un discours humaniste et faussement contradictoire, c’est bien des idées utilitaristes et transhumanistes qui furent débattues. Si nous avons des techniques disponibles, quelle morale pourrait-elle bien nous empêcher d’en disposer ? Voilà l’enjeu. Les profondes questions éthiques qui sous-tendent ces problématiques ne furent pas abordées. [...]"

Posté le 6 février 2013 à 14h31 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

05 février 2013

La PMA joue à cache cache

Selon le Figaro, la PMA ne figure pas dans l'avant-projet de loi sur la famille. Ce document de cinq pages consacré «aux diverses dispositions relatives au droit de la famille» prévoit d'importantes dispositions telles que la création du statut du beau-parent, auquel l'UMP avait renoncé, la possibilité de séparer la procédure de divorce de celle de la liquidation partage ou encore la révision des règles relatives au délaissement parental avec pour objectif «le développement de l'adoption nationale».

Au ministère de la Famille, on minimise la portée du document, faisant remarquer qu'il a été «rédigé avant le début de l'examen du texte sur le mariage et l'adoption par les couples homosexuels».

Les députés PS avaient accepté de ne pas déposer d'amendement sur la PMA contre la promesse que cette disposition figurerait dans le texte sur la famille. Depuis le WE dernier, on sait que le gouvernement attend l'avis du Comité d'éthique.

Cela permet aussi au gouvernement de masquer les autres sujets.

Posté le 5 février 2013 à 22h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

03 février 2013

Les pilules auraient sûrement causé des centaines de morts

C'est ce qu'affirme ce médecin :

""Il y a eu quatre morts déclarés", indique-t-il, mais "il est certain que ce ne sont pas quatre morts, mais des centaines de morts".

Posté le 3 février 2013 à 13h00 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (4)

01 février 2013

L’embryon humain ne doit pas devenir un matériau de laboratoire

Communiqué de la Fondation Lejeune :

"Après le vote du Sénat en décembre, l’alerte de la Fondation Jérôme Lejeune se confirme : la recherche sur l’embryon sera débattue à l’Assemblée nationale d’ici fin mars, le processus parlementaire est enclenché.

Ø  O Mme Dominique Orliac, députée du Lot, a été nommée hier rapporteur sur la proposition de la loi visant l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain et les cellules souches embryonnaires humaines. 

Ø  Le texte est inscrit à l’ordre du jour de la commission des affaires sociales la semaine du 18 mars, ce qui confirme pour l’examen en séance publique la date du 28 mars, réservée pour la niche parlementaire du groupe radical de gauche (groupe Radical, Républicain, Démocrate et Progressiste - RDPP). 

Une loi qui sacrifiera l’embryon sur l’autel du fantasme.

Dans l’Exposé des motifs de la proposition de loi n°644 (23 janvier 2013), M. Roger-Gérard Schwartzenberg président du groupe Radical prétend que l’ «on ne peut pas, dans un Etat laïque, confondre article de foi et article de loi ». La formule révèle le fondement idéologique de la demande de recherche sur l’embryon. Pour rappel, M. Schwartzenberg utilisait déjà ce jeu de mots en 2005 pour promouvoir le clonage.  Depuis, les promesses se sont écroulées, une imposture scientifique grossière a été révélée et les perspectives de clonage en vue de guérir sont enterrées.

Aucun scientifique dans le monde ne conteste que l’embryon humain est un être humain. La Fondation Jérôme Lejeune n’a pas d’avis spécifique sur la question ; elle observe et recueille des données scientifiques qui font l’objet d’un consensus absolu. Les promoteurs de la recherche sur l’embryon font le choix de dénaturer l’embryon humain en en faisant un matériau de laboratoire, une chose dont on peut disposer à sa guise. Ce faisant, ils affirment une position qui relève de la croyance : prétendre que l’embryon humain n’appartient pas à l’espèce humaine n’est pas une attitude scientifique. Faire croire que sacrifier l’embryon humain fera progresser la thérapie cellulaire relève de l’irrationnel. Le plus beau démenti a été apporté par un chercheur japonais (Yamanaka) qui n’a pas eu besoin de détruire l’embryon humain pour faire une découverte majeure et obtenir le prix Nobel.

Ce négationnisme, qui circule sous pavillon de complaisance scientifique, a pour but d’obtenir l’accès libre et gratuit de l’être humain au stade de son 1er développement afin de pratiquer des tests de toxicité et du criblage de molécule qu’on ne veut plus faire sur les animaux, âprement défendus par des ligues de protection de la nature. Ainsi la France débattra fin mars de l’opportunité d’autoriser la recherche sur l’embryon quand plusieurs pays investissent des millions de $ dans les cellules iPS, alternative non-embryonnaire porteuse de progrès démontrés.

Vous trouvez ça normal ?

La Fondation Jérôme Lejeune dénonce l’argument éculé et un peu court de l’atteinte à la laïcité. La gauche a-t-elle d’autres ressources intellectuelles que de resservir des jeux de mots qui ont dix ans pour justifier une loi qui ne protégera l’embryon humain qu’à titre dérogatoire et donnera carte blanche à l’ultralibéralisme de la techno-science et du marché. Afin de rappeler l’importance de l’interdiction de la recherche sur l’embryon, la Fondation a lancé une campagne de sensibilisation Vous trouvez ça normal qui rencontre un grand succès (plus de 35 000 cartes commandées). www.vous-trouvez-ca-normal.com

Posté le 1 février 2013 à 14h03 par Michel Janva | Lien permanent

La folie suivante : se passer de l'horloge biologique de la femme

De Pierre-Olivier Arduin dans La Nef de février :

"Déposer ses ovules à la banque à 25 ans pour faire un enfant après 35 ans, c’est la nouvelle révolution procréative que recommande le très officiel Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Adoptant une posture qui relève plus de celle du démiurge que du médecin, la société savante propose de libérer les femmes du poids millénaire de leur horloge biologique.

NDepuis l’invention de la fécondation in vitro, les biologistes de la reproduction n’ont eu de cesse de trouver un moyen efficace pour conserver au froid les ovules. Jusqu’il y a peu, la méthode classique de congélation lente utilisée avec succès depuis des décennies pour les spermatozoïdes et les embryons n’était pas adaptée aux gamètes féminins, volumineuses cellules composées d’une forte proportion d’eau : la formation de cristaux glace les détruisait presque systématiquement. Tout a changé avec la mise au point récente de la technique de vitrification – induisant un état vitreux non cristallisé des cellules grâce à un refroidissement ultrarapide – qui permet dorénavant de cryoconserver sans les abîmer 9 ovocytes sur 10. Au-delà de la prouesse technique, le fait de pouvoir aujourd’hui stocker des ovules dans des banques et d’en disposer à volonté entraîne un nouveau bouleversement de la procréation humaine que peu d’experts avaient anticipé. Une brèche a été pourtant ouverte avec la loi relative à la bioéthique du 7 juillet 2011 qui, tout en autorisant la vitrification, a accordé dans une logique du donnant-donnant à de jeunes femmes sans enfants qui feraient don de leurs ovules d’en conserver une partie pour elles-mêmes. Manifestement, le Collège national des gynécologues et obstétriciens s’y est engouffré pour dénoncer dans son avis du 12 décembre dernier le « chantage éthiquement inacceptable » du législateur qui a limité la possibilité d’autoconservation aux seules femmes qui s’inscriraient dans une démarche de don.

S’appuyant sur le fait que les Françaises deviennent mères de plus en plus tard, la société savante plaide pour une « autoconservation sociétale des ovocytes » ouverte de droit à toutes les femmes.

Si l’âge de la maternité a effectivement reculé en France, celui où la fertilité féminine décline reste le même : à partir de 35 ans, les chances de concevoir commencent à s’amenuiser pour diminuer drastiquement après 40 ans. Plus exactement, ce sont les ovaires qui vieillissent, produisant des ovocytes de moindre qualité, tandis que l’utérus reste fonctionnel beaucoup plus longtemps. L’idée avancée par les spécialistes de la grossesse serait donc d’autoriser les femmes à déposer leurs ovocytes à la banque au moment où leur fertilité est maximale pour les récupérer plus tard et concrétiser leur « désir d’enfant ». Durée des études, investissement dans sa carrière professionnelle, difficulté à s’engager durablement expliquent aujourd’hui que les femmes attendent avant de « mettre en œuvre un projet d’enfant », avancent-ils.

La véritable question qui apparaît derrière cette revendication est en fait celle de l’accessibilité à la maternité pour convenance personnelle. On s’étonne à ce propos que des médecins s’emparent d’un sujet sociétal en le déconnectant de tout aspect thérapeutique. Après la légalisation de la contraception, de l’avortement ou des fécondations in vitro, il s’agit en fait d’élargir toujours plus le fossé dissociant procréation et sexualité, achevant de libérer les femmes des « contraintes biologiques » liées à leurs corps. Les raisons médicales qui justifiaient jusqu’ici le recours à l’ensemble des techniques de procréation artificielle, en particulier le diagnostic d’une stérilité, disparaissent au profit d’un « désir social » qui devrait être pris en charge par la collectivité. Ainsi, le stockage d’ovules a pour unique objectif d’obtenir un « report sociétal » de sa grossesse afin de la programmer au moment où son déroulement gênerait le moins.

Pour les lobbies féministes, cette possibilité technique permettrait aux femmes de s’affranchir des limites imposées par la nature à leur reproduction. Il est discriminatoire, donc injuste, arguent-elles, que les hommes ne soient pas soumis à une « horloge biologique » comme elles-mêmes le sont. Du fait de la fréquence des séparations et des recompositions familiales parfois tardives, l’autoconservation de ses ovules permettrait ainsi de mener à bien une grossesse indépendamment des aléas de sa vie sentimentale. [...]"

Et après il faudra songer à trouver le moyen de permettre à l'homme d'accoucher, la nature restant discriminante sur ce plan.

Posté le 1 février 2013 à 13h34 par Michel Janva | Lien permanent

30 janvier 2013

En catimini : vers la révision des lois bioéthiques

Je l'annonçais ce matin et c'est officiel depuis cet après-midi :

"Mme Dominique Orliac, rapporteure [sic. NDL] sur la proposition de loi, adoptée par le Sénat, tendant à modifier la loi n° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique en autorisant sous certaines conditions la recherche sur l’embryon et les cellules embryonnaires (n° 473)".

Le mépris de la dignité de la personne humaine dont la marchandiasation du corps n'est qu'une partie, n'a pas de limite : après la location des utérus et la GPA , la destruction de foetus. 

Posté le 30 janvier 2013 à 17h35 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

24 janvier 2013

GPA : les contradictions de Najat Vallaud-Belkacem

Lu sur Gènéthique :

"La ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem l’a répété ces derniers jours à plusieurs reprises : "pas question d’autoriser la gestation pour autrui après le mariage pour tous". Pour elle, "la gestation pour autrui est interdite pour les couples hétérosexuels, il n’y a donc aucune raison qu’elle le soit pour les couples homosexuels". Pourtant  en novembre 2010 elle exprimait déjà un avis favorable à la GPA dans "une note publiée par la fondation Terra Nova : 'La GPA pourrait être un instrument supplémentaire au service de la lutte de l’infertilité […] gratuit et strictement encadrée' " et précisait que "les arguments en défaveur de la gestation pour autrui [péchaient] par leur caractère trop dichotomique et systématique". Elle conforte son point de vue dans son blog où "elle se définit pour la GPA". Pendant ce temps, en Californie, Elton John vient de "recevoir" son second enfant née d’une mère porteuse américaine rémunérée 20 000 livres."

Posté le 24 janvier 2013 à 17h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

21 janvier 2013

Jurassic Park avec une mère porteuse

Un scientifique d'Harvard pense pouvoir recréer l'ADN des néandertaliens grâce à leurs débris d'os, et recherche maintenant une "femme humaine aventureuse" pour accepter l'implantation et la gestation.

Nous vivons une époque épatante...

Posté le 21 janvier 2013 à 18h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

18 janvier 2013

"Mariage gay" et PMA : danger maximal

Sur Liberté Politique, Pierre-Olivier Arduin, spécialiste des questions bioéthiques, revient sur le danger de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) :

Pierre-Olivier_Arduin"(...) Le danger de l’ouverture d’un droit à l’AMP pour les couples de femmes est en fait maximal même s’il est reporté de quelques semaines. En effet, le Premier ministre en personne s’est engagé devant les représentants parlementaires du PS à ce que le volet sur l’AMP figure dans le nouveau projet de loi sur la famille annoncé en mars, lourd de menaces sur la filiation et les droits de l’enfant.

Légiférer par amendement aurait certes pu autoriser l’accès des procréations artificielles aux couples de lesbiennes mariées. Mais de nombreuses voix au sein de la majorité veulent aller plus loin au nom de l’« égalité » et de la « non-discrimination ». Réserver l’AMP à deux femmes mariées génèrerait selon eux une rupture de traitement entre couples homosexuels et couples hétérosexuels, lesquels n’ont aucunement besoin de se marier pour y avoir droit. Depuis l’adoption de la loi du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique, il leur suffit même d’être pacsés pour y accéder. Une partie de la majorité (et du gouvernement) souhaite donc ouvrir l’AMP aux femmes homosexuelles ayant contracté un Pacs et souhaite inclure cette mesure dans le prochain texte sur la famille.

De même, le Code de la santé publique autorise aujourd’hui le recours à l’AMP en cas de problèmes d’infertilité avérée, condition médicale qui n’existe évidemment pas pour des femmes homosexuelles a priori parfaitement fertiles. Certains parlementaires socialistes font valoir qu’il y aurait là aussi injustice à donner un droit à l’AMP aux femmes homosexuelles et à le refuser aux femmes hétérosexuelles.

Autrement dit, la majorité réfléchit sérieusement à l’idée d’ouvrir l’AMP à toutes les femmes, mariées ou non, homosexuelles ou hétérosexuelles, fertiles ou infertiles, en couple ou célibataires. La poursuite d’une forte mobilisation des opposants à la dénaturation du mariage et de la filiation pourrait éviter ce scénario du pire.

On a également beaucoup glosé sur le supposé malaise du chef de l’État vis-à-vis de cette mesure. Là encore, il convient de ne pas se laisser abuser. On cite souvent l’entretien qu’il avait accordé en mars 2012 au magazine Têtu dans lequel il s’était prononcé pour l’AMP en faveur des couples de femmes. Certains y voient ainsi une simple réponse à une question qui n’exprimait peut-être pas le fond de sa pensée à l’époque.

C’est oublier la lettre très officielle que le candidat Hollande avait envoyée au président du Comité consultatif national d’éthique lui faisant part de sa volonté ferme de donner droit aux « nouvelles parentalités » et d’autoriser l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux couples de femmes. Il est étrange que ce document ne soit jamais cité par les médias.

Au passage, on remarquera que cette missive contient quasiment l’ensemble du programme « bioéthique » de François Hollande : libéralisation de la recherche sur l’embryon, autorisation de l’euthanasie ou du suicide assisté, apologie du diagnostic prénatal et du diagnostic préimplantatoire « qui ne doivent pas être considérés comme des techniques eugéniques comme certains propagandistes ont essayé de le faire croire »… On y apprend même le peu de considération dont il entoure le débat public « qui ne saurait se substituer aux débats parlementaires ».

Venons-en à présent au point le plus important. Amendement ou pas, le projet de loi, même en l’état, instaure de facto l’accès à la procréation artificielle pour les couples de lesbiennes mariées. En effet, il suffira que l’une d’elles se rende à Barcelone ou à Bruxelles pour s’y faire inséminer et que sa « conjointe » engage une procédure d’adoption plénière qui lui sera accordée de plein droit en étant « mariées ». Le rapporteur PS du texte, Erwann Binet, l’a lui-même reconnu : « Le projet de loi sur le mariage pour tous prévoit l’adoption dans un couple de lesbiennes de l’enfant conçu par insémination artificielle » (Le Figaro, 5 janvier 2012).

Allons plus loin. Il n’est même pas certain que le vote d’un dispositif AMP pour les femmes homosexuelles par le Parlement change quoi que ce soit au tourisme procréatif actuel.

En effet, en raison du manque de donneurs en France, se poserait immanquablement la question de la pénurie de paillettes de sperme pour satisfaire cette nouvelle demande. Le don de spermatozoïdes ne suffisant pas aujourd’hui à répondre au « projet parental » des couples hétérosexuels, on estime que le délai d’attente oscille entre dix-huit mois et deux ans. Moyennant des sommes plus que modiques par rapport à l’adoption internationale, les couples de lesbiennes ont donc tout intérêt à continuer à se rendre en Belgique ou en Espagne dont les cliniques privées tournent actuellement à plein régime.

La conclusion est imparable. Même dans sa formulation actuelle, le projet de loi promeut indirectement les délocalisations procréatives et la fabrication artificielle d’enfants adoptables pour les couples de lesbiennes. 

Posté le 18 janvier 2013 à 22h09 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

Fin mars, projet de loi sur la recherche embryonnaire humaine

La proposition de loi visant l’autorisation de la recherche sur l’embryon pourrait être examinée par l’Assemblée Nationale le 28 mars. Philippe Gosselin, député de la Manche et membre actif de l’Entente parlementaire pour la famille, s’oppose à la remise en cause du principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon. Pour lui, mariage et PMA pour tous, marchandisation du corps, recherche sur l’embryon et euthanasie participent d’une même remise en cause inédite de la vie humaine, de son commencement à sa fin.

Posté le 18 janvier 2013 à 10h49 par Michel Janva | Lien permanent

11 janvier 2013

Les recherches avec des embryons humains n’ont pas permis de développer des thérapies innovantes

Lu dans le numéro spécial de la Fondation Lejeune :

"Une proposition de loi visant l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain a été votée au Sénat et sera examinée par l’Assemblée Nationale avant le printemps. Au-delà des arguments éthiques, des scientifiques interpellent citoyens et responsables politiques : cette libéralisation n’est pas nécessaire pour faire avancer la recherche, au contraire… Cette semaine, Alain Privat, professeur en neurobiologie à l’EPHE, ancien directeur de recherche à l’INSERM, et spécialiste des cellules souches, nous explique les raisons de son opposition ferme à l’autorisation de la recherche sur l’embryon humain en France."

Extraits :

"Aujourd’hui, les recherches qui utilisent des embryons humains n’ont pas permis de développer des thérapies innovantes. En effet, il y a eu plusieurs communiqués qui ont avancé que des thérapies innovantes pouvaient être créées à partir de recherches sur l’embryon humain. En fait, il s’agissait essentiellement de duplications de thérapies qui avaient déjà été mises au point par d’autres moyens et qui avaient donné toute satisfaction. Et on ne voit pas très bien comment les choses pourraient changer dans un avenir prévisible. En effet, on constate que la plupart des laboratoires de recherche, qu’il s’agisse d’ailleurs de laboratoires privés ou de laboratoires de recherche publics, ont opté depuis plusieurs années pour le développement de cellules adultes pluripotentes induites, les fameuses cellules IPS, qui ont fait l’objet du Prix Nobel du Pr Yamanaka. [...]

Certains estiment que la recherche sur l’embryon humain serait un « mal nécessaire » pour faire avancer la recherche. Plus précisément : l’interdiction empêche-t-elle réellement le progrès scientifique à l’aune de ce que vous venez de dire, comme l’affirment régulièrement les partisans du texte de loi, qui invoquent une « complémentarité » des recherches embryonnaires et nonembryonnaires, et qui ne souhaitent pas abandonner la recherche sur les cellules souches embryonnaires ?

Ceci est une histoire purement fantasmatique. C’est une distorsion de la réalité. Quand on regarde un tout petit peu en arrière, les recherches qui ont été conduites sur l’embryon, ce qu’on appelle les recherches embryologiques ; on constate que l’énorme majorité de ces recherches a été conduite sur des embryons animaux. On peut citer, il y a bien longtemps, mais c’était très important, un prix Nobel qui a été donné à un chercheur allemand, Spemann, dans les années 1935, qui avait mené des recherches sur des cellules d’amphibiens, de grenouilles. Plus récemment, des travaux qui sont extrêmement brillants, et qui sont reconnus dans le monde entier, d’une chercheuse française, Mme Le Douarin, secrétaire perpétuelle de l’Académie des Sciences, ont été conduits sur la caille et sur le poulet. On ne voit pas une recherche embryonnaire, une recherche fondamentale conduite sur l’embryon, qui ne puisse pas être conduite sur des embryons animaux. A la limite, s’il y a des questions un peu plus spécifiques, on peut éventuellement conduire ces recherches sur des cellules embryonnaires de singes. Mais pourquoi vouloir utiliser des cellules embryonnaires humaines ? [...]

On peut imaginer deux explications à cela. La première, ce sont des raisons idéologiques. On se retrouve dans la Sorbonne des années 1968 : « il est interdit d’interdire ». C’est-à-dire qu’on peut faire n’importe quoi. Aucun scientifique sensé ne peut balayer d’un coup de main cette préoccupation éthique qui doit être la nôtre. La deuxième explication possible, c’est qu’il y a eu de gros investissements de la part, en particulier, de l’industrie pharmaceutique, qui étaient fondés sur l’utilisation de cellules souches embryonnaires humaines. Ces industriels veulent rentabiliser ces installations, les investissements qui ont été faits, les équipes qui ont été montées, qui ont travaillé là-dessus. Mais il faut savoir tourner une page. Si on ne tourne pas cette page, cela veut dire que l’on reste à une recherche telle qu’on pouvait la faire au XXème siècle et non pas au XXIème siècle. Il n’y a plus aucune raison, en dehors de préoccupations idéologiques et de préoccupations purement mercantiles."

Posté le 11 janvier 2013 à 11h14 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

28 décembre 2012

Les évêques du Costa Rica dénoncent la Cour interaméricaine des droits de l’homme

La Cour interaméricaine des droits de l’homme a condamné le Costa Rica pour son interdiction générale de la fécondation in vitro.

Tous les évêques du Costa Rica ont co-signé un document dénonçant le jugement de la Cour interaméricaine, que Jeanne Smits a traduit. Extraits :

"[...] Nous avons constaté comment le « Défenseur des habitants », la presse nationale et certains secteurs de la société ont collaboré, d’une manière peu objective et partiale, a faire naître une opinion favorable à la fécondation in vitro (FIV) parmi les citoyens, en la présentant comme une solution inoffensive aussi bien pour l’enfant que pour la mère, et gratifiante pour ces couples.

En opposition avec cette thèse, l’Eglise a insisté sur le fait que le désir d’engendrer ne constitue pas un droit en soi. De même, nous avons insisté sur le fait que l’enfants a le droit d’être conçu naturellement, porté dans les entrailles, mis au monde et éduqué dans le cadre du mariage (cf. Jean-Paul II, Donum vitae n° 11). 

La FIV est et sera, jusqu’à preuve absolue du contraire, un procédé déshumanisant pour le bébé. Dans cette affaire, nous sommes malheureusement surpris de voir qu’à aucun moment, on ne décrit l’embryon comme un être humain : non, il est décrit comme un produit qui, éventuellement, peut être éliminé, que ce soit par la volonté des parents ou pour l’intérêt médical. [...]

Cette condamnation du Costa Rica est une action fondée sur les critères subjectifs de fonctionnaires internationaux, dont les critères particuliers ont porté atteinte à la souveraineté juridique et constitutionnelle du Pays. [...]"

Posté le 28 décembre 2012 à 11h57 par Michel Janva | Lien permanent


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