06 août 2018

Remercions Mme de Gaulmyn de nous avoir offert l’occasion de nous préparer aux combats à venir

Nous venons d’achever notre série d’articles pour relire Evangelium vitae et rappeler à notre consoeur Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de « La Croix », quelques « fondementaux » sur la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort naturelle – après son monstrueux « papier » sur le référendum irlandais.

Je profite de cette relative accalmie estivale pour tirer quelques conséquences de cette affaire – d’autant plus importantes, à mes yeux, que se profile une difficile révision des lois de bioéthique dans quelques mois, qui exigera l’engagement sans ambiguïté de tous les Français de bonne volonté, à commencer, bien sûr, par les catholiques qui ont sur ces questions la doctrine et l’enseignement les plus clairs et les plus cohérents.

Tout d’abord, il me faut préciser que cette relecture quotidienne d’Evangelium vitae n’était pas (pas uniquement du moins, ni même principalement) une façon de polémiquer avec Mme de Gaulmyn. Bien sûr, comme tous les catholiques pro-vie, à la rédaction du Salon beige, nous avons été scandalisés de voir le quotidien officieux de l’épiscopat se faire le porte-parole de la culture de mort, sous couvert d’un vague réalisme politique. Mais nous en avons vu d’autres et nous serions bien volontiers passés à autre chose si cette affaire n’avait pas été, pour nous, une occasion de nous replonger dans nos « classiques ». Ce n’était donc pas seulement pour Mme de Gaulmyn, mais pour nous tous, que nous avons eu la joie de relire cette admirable encyclique de Jean-Paul II.

Si nous, catholiques de conviction, ne sommes pas nourris de ce Magistère, il ne faut pas s’étonner des progrès de la culture de mort. Profitons donc de l’été pour lire et relire cette quarantaine de citations – ou mieux, l’encyclique intégrale. Ce sera une excellente préparation pour le combat sur la loi de bioéthique. Car, autant le dire clairement, même si nous sommes aussi réceptifs que quiconque aux différents arguments « naturels » et « purement politiques » (voire purement économiques) contre la recherche sur l’embryon ou la PMA sans père, si nous nous opposons à ces dérives libertaires, c’est parce que nous voyons dans l’homme le sommet de la Création et dans l’union conjugale une réalité sacrée, voulue par Dieu dès la fondation du monde, qu’aucun d’entre nous n’a le pouvoir de modifier. La réponse du Christ tombe aussi nette qu’il y a deux mille ans : C’est en raison de la dureté de votre cœur… Mais, dès l’origine, il n’en fut pas ainsi.

A ce propos, je ne saurais trop conseiller, au passage, à ceux qui auront le temps de lire et de méditer pendant cet été de reprendre, non pas seulement Evangelium vitae, mais aussi les catéchèses de Jean-Paul II sur le corps et le mariage qui ont formé ce qu’on l’appelle désormais la « théologie du corps » (ces catéchèses ont été récemment rééditées). La loi naturelle, ce n’est pas de la pure biologie ou ce que l’on peut enseigner quand on est privé du Magistère ou de la Révélation, pour cause de déchristianisation avancée ; non, la loi naturelle, c’est fondamentalement la Raison du Créateur qui s’exprime dans ses créatures. Même si elle est accessible à la simple raison, elle est fondamentalement surnaturelle en ce qu’elle nous vient de Dieu même.

J’ose espérer que nous avons tous profité de cette relecture collective d’Evangelium vitae. Il est d’autant plus important de relire les encycliques et autres textes prophétiques des derniers Papes sur la dignité de la personne humaine – et tout spécialement de sa sexualité – qu’aujourd’hui, d’Humanae Vitae à Veritatis Splendor, en passant par Donum Vitae, Evangelium Vitae ou Familiaris Consortio, plusieurs non croyants (notamment écologistes) parviennent par d’autres voies aux mêmes conclusions… et que trop de catholiques choisissent précisément ce moment pour abandonner le combat ! Alors même que le combat n’a jamais été plus nécessaire : l’Adversaire (oui avec un A majuscule, car c’est clairement un projet luciférien) en est à proposer l’euthanasie des « inutiles » ou « l’autocréation » d’une humanité asexuée, « choisissant » à volonté comment elle veut agir et même ce qu’elle veut être.

Tout l’enjeu des prochaines lois bioéthiques est là : acceptons-nous notre merveilleux statut de créatures libres et rationnelles voulues et rachetées par Dieu pour Le servir et entrer en communion avec Lui ? Ou choisissons-nous, avec Lucifer, de renverser l’ordre de la Création pour le rebâtir à notre goût – au risque de détruire toute l’humanité réelle ?

Naturellement, je ne veux pas croire que Mme de Gaulmyn opte pour la deuxième solution. Mais ses propos pour le moins équivoques ruinent la première. Voilà pourquoi il nous a semblé utile et nécessaire de revenir aux sources de notre doctrine sur ces questions.

Mais c’est aussi l’occasion de rappeler que, bien que tous les pseudo « réalistes » aient eu le plus souverain mépris pour la politique de Jean-Paul II ou de Benoît XVI, la seule voie politique qui nous soit accessible est précisément celle qu’ils nous ont indiquée : se battre sur la ligne de front des principes non négociables.

Certes, cela signifie que nous avons perdu de nombreuses batailles et ce n’est pas très flatteur sur notre situation politique. Mais, étant donné la situation actuelle, il est remarquablement efficace de se battre de cette façon. C’est même la seule chose qui nous soit possible, au moins en matière de dignité de la personne humaine.

Refuser la marchandisation du corps, l’étatisation de la famille et de la société conjugale ou encore l’appréciation d’une vie humaine à l’aune exclusive de ce qu’elle peut « apporter » à l’économie nous permet de tenir une position remarquablement solide. Et nous permet aussi de réunir autour de nous tous les êtres humains de bonne volonté, attachés à cette humanité concrète et non à une humanité rêvée, déracinée et, pour tout dire, désincarnée.

J’ajoute que ce « Non possumus », que Jean-Paul II opposa d’abord au national-socialisme et au communisme, et dont il donna le signal contre le « démocratisme » dès le début des années 1990, a permis de détruire ces deux premières idéologies mortifères. Pourquoi n’en serait-il pas de même avec la troisième et la dictature du relativisme ?

Alors remercions Mme de Gaulmyn de nous avoir ainsi offert l’occasion de nous préparer aux combats à venir et prions pour qu’elle aussi ait profité de cette lecture estivale d’une encyclique majeure – à la veille d’un débat législatif lui aussi majeur !

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige

Posté le 6 août 2018 à 09h09 par Le Salon Beige | Lien permanent

04 août 2018

Que faire des millions d'embryons humains congelés ?

Au Canada, des divorcés se disputent la propriété d'un embryon congelé dans une clinique de fertilité, issu de sperme et ovules achetés 11 500 $ aux Etats-Unis. Le juge l’a considéré comme un bien matériel. Il a « estimé que, dans un monde idéal, [les embryons] auraient été divisés entre l’homme et la femme. Mais puisqu’il n’en restait qu’un et qu’il ne pouvait être vendu, le magistrat a décidé que l’embryon restant revenait à la femme », tout en demandant pour l’ex-mari un dédommagement d’environ 1  500 $, « ce qui correspond à la moitié de la valeur de l’embryon, en considérant ce qu’il a coûté ».

Dans un monde idéal il n'y aurait pas d'embryon congelé...

Aux Etats-Unis, dans l’Etat d’Arizona, une loi est entrée en vigueur le 1er juillet afin de régler les problèmes liés à l’augmentation des embryons congelés : désormais la garde d’un embryon sera attribuée à la partie qui a l’intention de permettre sa naissance. Aux Etats-Unis, les embryons congelés se comptent aujourd’hui par millions, entraînant une hausse inévitable des conflits liés à leur conservation. Jusqu’ici, les magistrats américains ont souvent statué en faveur de la personne qui refusait que les embryons soient utilisés, ordonnant parfois de les détruire au motif que personne ne peut être obligé de devenir parent.

La nouvelle loi entrée en vigueur le 1er juillet pourrait avoir un impact sur le débat concernant le commencement de la vie humaine. En effet, elle donne raison aux médecins pour qui les embryons congelés ne sont pas de simples tissus sur lesquels des personnes peuvent exercer un droit de propriété, mais des êtres humains, sujets de droits propres. En conséquence, les partisans de l’avortement ne décolèrent pas. Car si l’embryon congelé âgé d’un jour a droit à la vie, qu’en est-il de l’embryon qui croît paisiblement dans le ventre de sa mère ? La nouvelle loi pourrait donc remettre en question le meurtre de l'enfant à naître.

Posté le 4 août 2018 à 10h09 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2018

Les conséquences psychiques de la GPA

Dans “Perles de Culture”, Anne Brassié reçoit la psychothérapeute Anne Schaub-Thomas, auteur de l’ouvrage “Un cri secret d’enfant” puis Mauricette Vial-Andru pour la présentation de ses biographies de saints.

Posté le 2 août 2018 à 11h07 par Michel Janva | Lien permanent

27 juillet 2018

PMA : le lobby LGBT a peur de la liberté d'expression

Têtu s'indigne de ce que France Inter a diffusé hier dans son journal de 7h30 un reportage sur La Manif Pour Tous, avec intervention de Ludovine de La Rochère,

puis à 7h50 un entretien avec Mgr de Romanet au cours duquel l'évêque aux Armées s'est exprimé sur la PMA :

Posté le 27 juillet 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2018

Humanae Vitae : 50 ans déjà, et toujours d’actualité !

A l'occasion des 50 ans d'Humanae Vitae, le père Bernard Domini, de la Famille Missionnaire Notre-Dame, écrit :

"Nous avons remercié Dieu, le 30 juin 2018, d’avoir inspiré au Pape Paul VI le Credo du Peuple de Dieu et de lui avoir communiquer le don de force du Saint-Esprit pour le promulguer, le 30 juin 1968. Nous voulons, en ce 25 juillet 2018, remercier, une nouvelle fois, Dieu pour avoir donné à ce même Pape, qui va être canonisé le 14 octobre prochain, l’encyclique Humanae VitaeQuel courage héroïque lui a-t-il fallu pour la promulguer ! Il savait qu’il serait contredit, marginalisé, ridiculisé par les médias et qu’il ne serait pas soutenu par un grand nombre d’évêques et de théologiens. Mais, par fidélité à Jésus et à la Tradition de l’Eglise, Paul VI n’a pas reculé. Il a promulgué cette encyclique prophétique, 7 mois après la loi Neuwirth, qui avait légalisé, en France, la contraception. Cette loi avait été votée le 27 décembre 1967, en la Fête des Saints Innocents. 7 mois plus tard, le 25 juillet 1968, devant le très grand danger de l’idéologie contraceptive, Paul VI promulguait l’Encyclique prophétique Humanae Vitae.

IndexPour Pierre Simon, l’auteur du livre De La Vie avant toute chose, Paul VI déclenchait «un combat d’arrière-garde » (p. 167). Mais l’avenir révélera, nous en sommes de plus en plus convaincus, le caractère prophétique d’Humanae Vitae. Paul VI a été inspiré du Saint-Esprit pour comprendre le lien intrinsèque entre union conjugale et procréation : Dissocier volontairement la double fin de la sexualité, c’est contredire le plan de Dieu et sa Volonté de Créateur et contredire la nature de l’homme et de la femme et leur rapport le plus intime (HV 13). A la suite de Paul VI, en ce 25 juillet 2018, nous devons réaffirmer avec courage et énergie que l’homme et la femme ne sont pas les maîtres de la sexualité humaine et des sources de la vie humaine, mais les ministres du dessein établi par Dieu Créateur.

Pierre Simon avait bien compris le changement qu’allait apporter à l’humanité la légalisation de la contraception :

«Je suis alors conscient que le projet qui se prépare à être voté par les élus du peuple français implique, pour l’homme des temps modernes, une nouvelle définition du bien et du mal. Il élabore une nouvelle morale. Sans aller, avec Roger Garaudy, jusqu’à dire que la morale ne doit plus se présenter comme un «code éternel de prescriptions, réduisant la liberté à n’être qu’un choix entre les chemins déjà tracés, mais comme une création libre et responsable», nous pensons que la régulation des naissances, institutionnalisée, aboutit à une mutation de la morale où la vie s’organise rationnellement mais sans manquer de ce que nous pouvons appeler pour satisfaire toutes les conceptions philosophiques, une formation éthique supérieure. » (p. 146)

Pierre Simon, dans De La Vie avant toute chose parlait ensuite de la bataille pour l’avortement, qui pouvait commencer plus aisément après la promulgation de la Loi Neuwirth. Pierre Simon s’y était engagé avec détermination en fondant avec Anne-Marie Dourlen-Rollier et Raoul Palmer, « l’Association nationale pour l’étude de l’avortement » (p.203). La bataille fut gagnée avec la Loi Veil. Pierre Simon était très conscient du très grand changement qu’opérait cette dernière Loi. Pour lui, c’est évident, il ne s’agissait pas d’un moindre mal ou d’un cas de détresse mais d’une étape en vue du droit à l’avortement :

« A changer notre attitude et notre comportement devant la vie — n’y voyant plus un don de Dieu mais un matériau qui se gère —, c’est l’avenir tout entier que nous faisons basculer. Voici qu’il subit une brutale secousse. Des millénaires s’achèvent en notre temps » (p.219).

Pierre Simon, logiquement, était aussi favorable à l’euthanasie :

« Aimer véritablement la vie, la respecter, implique qu’il faut parfois avoir le courage de la refuser. L’euthanasie est souvent l’objet d’une demande très profonde des parents, des mères surtout. Certaines, angoissées devant leur grossesse, n’ont de cesse qu’elles ne nous arrachent cette promesse : ne pas laisser vivre un enfant qui soit anormal sans remède possible. Paradoxe de notre fonction d’obstétricien, dans ce cas précis : laisser mourir n’est-ce pas préserver la vie ? » (p. 234).

Mais comment peut-on préserver la vie en laissant mourir ? N’est-ce pas contradictoire ?

Pierre Simon rêvait probablement de l’instauration du «meilleur des mondes» :

« La réorganisation de la société s’orientant autour de la critique du fétiche-travail, induira nécessairement une diminution massive du temps de travail. La sexualité et l’érotisme exigeant du temps libre, ce temps sera dévolu à chacun. Le bonheur sera sans Marx et sans Jésus ; le mariage deviendra une commodité sociale. Son problème : ne pas empiéter sur la vie sexuelle. Au géniteur succédera l’amant » (p. 243).

Mais notre société sans Marx et sans Jésus est-elle vraiment, en ce 25 juillet 2018, la société du bonheur ? La prophétie de Paul VI, dans Humanae Vitae, n’est-elle pas, au contraire, réalisée sous nos yeux ?

« Quelle voie large et facile on ouvrirait à l’infidélité conjugale et à l’abaissement général de la moralité… On peut craindre aussi que l’homme s’habituant à l’usage des pratiques anticonceptionnelles ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l’équilibre physique et psychologique de celle-ci, n’en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée (HV 17). Il est temps de revenir à la Loi de Dieu !

Pierre Simon voyait aussi un autre changement majeur aux conséquences gravissimes : le don de la vie ne devait plus être laissé aux époux mais aux scientifiques et au pouvoir politique. L’Eglise, en 1987, voyait la très grave dérive de ce changement. Par le texte Donum Vitae, le Cardinal Joseph Ratzinger a rappelé la loi naturelle concernant la procréation : le don de la vie humaine ne peut provenir que de l’acte d’amour des époux. Le fondement de cet enseignement donné avec autorité est la loi naturelle et le lien indissociable « union et procréation » qui avait été rappelé par Paul VI dans Humanae Vitae. Le 12 mai 2008, Benoît XVI disait avec fermeté : « En tant que croyants nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l’amour et le caractère sacré de la vie ».

Pierre Simon disait encore : « alors que l’on crée, en laboratoire, de la vie à partir de molécules inertes, comment un prêtre ou un juriste pourrait-il imposer sa définition de la vie ? » (p. 254). Beaucoup ne mesurent pas encore la gravité de la menace pour l’humanité que représente la domination du politique et du scientifique sur l’origine de la vie humaine ? Il ne devrait jamais s’agir de « production de la vie », mais, selon l’expression de Jean-Paul II, de « généalogie de la personne humaine ». Les Médias ne cessent de parler de PMA et de GPA. Ne laissons pas l’humanité édifier « le pire des mondes » ! La procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui considèrent l’enfant comme un objet et non plus comme un don de Dieu ! Après le droit à disposer de son corps, le droit à l’avortement, est en train de s’imposer le droit à l’enfant. Il n’existe pas de droit à l’enfant dans la Loi naturelle parce que tout enfant est un don, un don de Dieu ! Pierre Simon a affirmé, dans son livre De La Vie avant toute chose que la vie ne serait plus l’œuvre de Dieu mais plus que jamais une production humaine (p. 255).

« Abandonnons nos schémas du passé, nos tables de la Loi et nos livres rouges, écrivait-il encore, alors seulement, nos actes auront retrouvé leur signification, et l’échange ne sera plus réglé par un code que nous ne maîtrisons plus. Cette aspiration, confusément inscrite dans les profondeurs de notre moi archaïque, est soumise à l’accélération du déterminisme de l’histoire, dont je viens d’assembler les éléments disparates et parfois contradictoires. Prométhée est ainsi revenu, mais il ne s’est plus contenté de nous apporter le feu : c’est de tous ses pouvoirs qu’il a dépossédé Zeus, et fait cadeau aux hommes. Il s’agit donc pour nous d’une liberté à conquérir. La nécessité pour l’homme de véhiculer un matériel héréditaire ne suffit pas à entraver le cours ultérieur de la Vie, et donc la conquête rationnelle de son autonomie» (p. 258).

Cette conclusion de Pierre Simon n’est pas une simple citation de la mythologie. L’auteur du livre De La Vie avant toute chose sait bien qu’il veut se libérer de la Loi naturelle et de Dieu qui en est son fondement.

Le but du plan de Pierre Simon a été clairement décrit dans les pages 221-222 « de la vie avant toute chose » :

« Avec la pilule on dispose d’une vie sexuelle normale sans procréation ; avec l’insémination artificielle, la procréation va se dérouler sans activité sexuelle… Il y aura d’un côté le couple affectif et sexuel – la femme procréatrice et l’homme non géniteur- et de l’autre, la société médiatisée par le médecin, qui rapproche la demande d’enfant d’une disponibilité de semence anonyme, contrôlée et gouvernée par la « banque du sperme ». C’est en ce sens la société tout entière qui féconde le couple…  La sexualité sera dissociée de la procréation et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici. »

Merci à Paul VI d’avoir été si clairvoyant et si courageux. Merci aussi au Salon Beige qui, depuis des semaines, rappelle l’enseignement de Jean-Paul II sur l’évangile de la vie et sur Humanae Vitae. Cette Encyclique n’est pas un non à l’amour conjugal et au bonheur du couple mais un « oui » au dessein de Dieu sur le mariage, l’amour conjugal et la famille. Ceux qui le veulent pourront retrouver sur notre Site internet les vidéos et les enseignements de notre Session de juillet 2008 à Sens et de la dernière Fête de Notre-Dame des Neiges, en décembre 2017, à Saint-Pierre-de-Colombier, où j’ai parlé du Credo du Peuple de Dieu et d’Humanae Vitae. Profitons de cet été pour nous former et pour mener le combat de la Foi et de la morale dans la fidélité à la Tradition de l’Eglise."

Posté le 25 juillet 2018 à 14h07 par Michel Janva | Lien permanent

Des bébés fabriqués dans des éprouvettes : c'est gratuit c'est l'Etat qui paie...

Unknown-15Alors que les Etats-Généraux de la bioéthique n'ont pas encore livré leurs conclusions, la République en marche s'est prononcée pour le remboursement par la Sécurité sociale de la procréation médicalement assistée (PMA) ainsi que sur la reconnaissance de la filiation pour les paires de femmes.

Réuni hier soir en bureau exécutif (une trentaine de membres dirigés par Christophe Castaner), le parti présidentiel a précisé ses positions.

Posté le 25 juillet 2018 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

24 juillet 2018

GPA : le ministre pense que la gestation c'est de la gestion

Une question a été posée au Garde des Sceaux sur la GPA. Voici la réponse très explicite du ministre, qui confond "gestation" et "gestion"... C'est vrai qu'il s'agit là de gérer des bébés comme des paquets de nouilles :

Capture

Posté le 24 juillet 2018 à 14h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Si Emmanuel Macron compte mettre la PMA sans père sur la table, LMPT s'engage à des mobilisations immenses

Ludovine de la Rochère revient dans Atlantico sur la proposition de loi du député Chiche pour accélérer l'extension de la PMA :

Images-4"Cette précipitation donne en effet l’impression que les militants pro-PMA sont inquiets. Et de fait, je les comprends : le président de la République, chaque fois qu’il a évoqué cette question, a toujours souligné que l’une des conditions sine qua non pour avancer était « l’existence d’un large consensus » et qu’il « ne passerait pas en force ». Or, en l’occurrence, les Etats généraux de la bioéthique, consultation préalable à la révision de la loi de bioéthique prévue par la loi, ont clairement montré l’absence de consensus : aussi bien dans les réunions publiques partout en France que sur le site internet, lequel a tout de même recensé plus de 800.000 votes !

Quant aux organismes qui ont exprimé leur opposition à la PMA sans père dans ce cadre, ils sont très largement représentatifs de la société française, beaucoup plus que les organismes ayant au contraire validé cette idée. L’UNAF, par exemple, qui représente 700.000 familles adhérentes et plus de 7000 associations familiales, s’y est déclaré opposée, à l’inverse de « Ici Mama Solo », qui n’est même pas une association, mais seulement une page FaceBook ayant 242 abonnés !

Il est aussi de notoriété publique que les intellectuels, les médecins, les scientifiques, les juristes, les professionnels de l’enfance, tout comme les politiques, sont très divisés sur cette question. L’Académie de médecine a d’ailleurs pris position contre la légalisation de la PMA sans père.

La majorité présidentielle avance-t-elle unie dans cette nouvelle bataille sociétale ?

Les députés de la majorité étant issus de la société civile pour beaucoup, il a fallu du temps pour les découvrir – et donc connaître leurs positions -. Et eux-mêmes, il leur a fallu aussi du temps pour oser s’exprimer et, éventuellement, se démarquer. Quelques dizaines, en revanche, sont issues des rangs de la gauche et leurs positions sont connues de longue date. Or il s’avère, et l’épisode de cette proposition de loi PMA l’a fait sortir au grand jour, que toutes les positions existent chez les LREM sur cette question. Ce n’est pas étonnant puisqu’il n’y avait pas de « doctrine » en la matière à En Marche ! Les candidats à la candidature aux législatives n’avaient donc pas eu à faire part de leur adhésion à cette idée. Et il leur avait bien été dit, en outre, qu’ils seraient libres de leur vote sur les sujets de société. Nous avons constaté, d’ailleurs, au moment des législatives en juin 2017, que les candidates LREM ne connaissaient même pas la position personnelle d’Emmanuel Macron sur le sujet. Autrement dit, on est loin, très loin d’une promesse de campagne : ses propres candidats n’étaient eux-mêmes pas au fait !

Et du côté du gouvernement, les ministres sont eux-mêmes divisés sur ce sujet, nombre d’entre eux y étant opposés comme leurs réactions l’avaient montré après la déclaration de Marlène Schiappa en septembre dernier sur la PMA. La PMA fracture donc la majorité présidentielle, et sans doute profondément puisque (seulement) 47 députés LREM (sur 309) ont signé dans Libération il y a quelques semaines une tribune pour la PMA sans père, tandis que d’autres n’en veulent pas. Cela explique bien-sûr aussi la fébrilité des militants du « droit à l’enfant », souvent issus des rangs du parti socialiste du reste. Tout cela fait de la PMA un sujet très dangereux pour Emmanuel Macron : avancer vers sa légalisation pourrait être un piège politique lourd de conséquences.

La PMA était-elle, oui ou non, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron ?

Images-5Non, l’ouverture de la PMA aux femmes seules et au couples de femmes n’étaient pas une promesse de campagne du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron, contrairement à ce qu’on entend souvent. En fait, suivant des échanges de mails de ses proches collaborateurs sortis par Wikileaks, Emmanuel Macron semblait y être plutôt opposé fin 2016 [...]

D’autre part, rien n’était dit sur la PMA dans le programme officiel d’Emmanuel Macron, que l’on peut encore retrouver ici et il ne l’avait pas non plus évoquée lors de la présentation publique de son programme, à visionner ici

Très tardivement dans sa campagne, il s’est déclaré« personnellement » favorable à la PMA sans père, ce qu’il a exprimé dans deux interviews et un meeting. Il l’a indiqué aussi dans « une lettre aux LGBTI », autrement dit une lettre qui ne s’adressait pas à l’ensemble des électeurs pour le leur faire savoir, mais à un public ciblé. Sa motivation était manifestement électoraliste. Ainsi, l’évolution de la PMA n’était pas une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, et ce point est très important parce qu’il n’est donc pas possible de prétendre que les Français l’ont élu en connaissance de cause et en acceptant cette idée.

J’ajoute qu’Emmanuel Macron, avant comme après son élection, a toujours précisé qu’il s’agissait de son opinion « personnelle » et, comme je le disais à l’instant, qu’il conditionnait impérativement une éventuelle avancée en ce sens à « l’existence d’un large consensus ».

Le gouvernement a annoncé que la PMA serait dans la prochaine loi de bioéthique. A-t-il tenu compte des avis exprimés lors des états généraux de la bioéthique ?

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a plus précisément indiqué que la PMA serait « débattue » dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique. Mais en effet, s’il n’a pas dit « inclue » dans la révision de la loi de bioéthique, il va déjà trop loin et ce, pour plusieurs raisons : d’abord parce que lors des états généraux de la bioéthique, processus de consultation publique organisée par le gouvernement lui-même, une opposition massive – de plus de 80% des participants – s’est exprimée ; ensuite parce que le gouvernement, par la voix de la Ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a déclaré qu’il attendait plusieurs avis, dont celui de l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST). Et du côté parlementaire, une mission d’information bioéthique vient à peine de commencer son travail, lequel devrait s’achever fin 2017. Dans ce contexte, il est particulièrement mal venu de décréter que la PMA serait débattue : à ce jour, rien n’y oblige, bien au contraire !

Et de fait, le rapport du Conseil d’Etat publié ce 11 juillet, dit certes que, juridiquement, rien n’empêche la PMA sans père, mais il souligne aussi que rien n’oblige à aller dans ce sens. Il développe en outre les implications et risques inhérents à la PMA sans père. J’ajoute qu’un gouvernement qui cèderait à un lobby ultra-minoritaire – ce qu’ont amplement montré les Etats généraux de la bioéthique -,ferait preuve d’une grande faiblesse.

La société est-elle mobilisée sur ce sujet ? Faut-il s'attendre à une fronde comparable à celle de 2013 contre le mariage pour tous ?

Les Etats généraux de la bioéthique ont permis de prendre le pouls sur ce sujet et ce, sur l’ensemble du territoire français. Or il est clairement apparu une opposition massive, réfléchie, argumentée, diversifiée et, j’allais dire, déterminée, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, et dans les grandes villes comme les petites.

Si je ne pense que l’on puisse dire que la société, dans son ensemble, est « mobilisée » sur le sujet, il est donc clair, en revanche, qu’un nombre immense de Français l’est vraiment : consacrer des soirées entières à des réunions publiques, souvent loin de chez soi, ou passer des heures sur le site de la consultation en ligne en dit long sur le niveau d’inquiétude des participants aux états généraux de la bioéthique.

Quant aux autres, s’ils ne sont pas « mobilisés » sur le sujet, ils n’en sont pas moins opposés à la PMA sans père. En effet, quand on analyse réellement les sondages, on constate que seuls 1 à 3% considèrent que c’est une réforme nécessaire, que pour 65% d’entre eux « l’Etat doit garantir à l’enfant né par PMA le droit d’avoir un père et une mère » et pour 95%, que le père a un rôle essentiel auprès de l’enfant. La réalité de l’opinion publique française se mesure ici, et non dans les quelques sondages dont la question induit littéralement une réponse positive, celle-ci étant à peu près : « êtes-vous pour un nouveau droit ? »

Un sujet comme la PMA peut-il selon vous rassembler un grand nombre de Français dans un mouvement uni ? L'immense majorité d'entre eux n'est-elle pas indifférente à ce débat ?

Je pense que nombre de Français, en effet, sont trop pris dans leurs difficultés personnelles, professionnelles et autres pour s’investir véritablement sur des questions d’avenir, lesquelles sont complexes et demandent de prendre du temps. Pour beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, une idée telle que la PMA sans père est vraiment une histoire de « bobos déconnectés de la vraie vie » : je cite là une personne de Nîmes à laquelle j’ai remis un tract il y a quelques semaines.

Mais cela n’empêche pas un nombre immense de Français, qui ont pris conscience des enjeux avant 2012 ou en 2012-2013, d’être prêt à se rassembler très largement pour intervenir. Et l’on sait que l’opposition à la PMA va bien au-delà de l’opposition à la loi Taubira : nombre de Français étaient favorables au mariage gay mais opposés à la PMA sans père et à la GPA. Si l’on peut regretter qu’ils n’aient pas compris le lien entre le mariage et la filiation, on sait en tout cas que l’idée de la PMA sans père est inacceptable pour eux. [...]

La Manif Pour Tous a-t-elle encore les moyens et les réseaux suffisants pour revenir sur le devant de la scène et mener une confrontation longue de plusieurs mois ?

Je note que vous parlez de « revenir sur le devant de la scène »… alors que les médias comme les politiques parlent de La Manif Pour Tous absolument tous les jours ! Soit parce qu’ils évoquent l’opposition aux transgressions anthropologiques et éthiques qui sont envisagés, opposition qui est largement incarnée par La Manif Pour Tous, soit parce qu’ils nous invitent à débattre, répondre à des interviews, etc.

En ce qui concerne les réseaux, autant vous dire que ceux de La Manif Pour Tous n’ont cessé de se développer et de se solidifier depuis maintenant 5 ans ! Quant aux moyens, du point de vue organisationnel, La Manif a largement fait la preuve de ses capacités et de son professionnalisme…

Quant à mobiliser, cela dépend en fait avant tout de la gravité de la menace : si la PMA sans père devenait un péril imminent, je suis convaincue que des mobilisations immenses auraient lieu. Et bien-sûr, je ne parle pas là d’un sentiment personnel : mon analyse repose sur de très nombreux éléments qui vont dans ce sens, à commencer par les demandes de plus en plus nombreuses et pressantes de lancer de nouvelles mobilisations ! [...]"

Posté le 24 juillet 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

23 juillet 2018

La bioéthique divise chez LREM

Agnès Thill est député LREM de l’Oise. Et elle se plaint sur la révision des lois de bioéthique :

Unknown-11« On vient juste de commencer des travaux d’une mission d’information consacrée, entre autres, à ce sujet, les auditions ne sont pas terminées. Tout cela pose des questions que nous abordons dans le cadre de la mission d’information. Pour moi, l’ADN d’En marche c’est “écoute, bienveillance et consensus”, on n’y est pas ! C’est insupportable, dès qu’on émet une réserve sur ces sujets de bioéthique, on est vus comme des membres de Sens commun ! Si tout est joué d’avance, il faut nous le dire. »

Quelqu'un lui dit ?

Posté le 23 juillet 2018 à 08h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

19 juillet 2018

PMA : Guillaume Chiche renonce à déposer sa proposition de loi

Unknown-5Le député Guillaume Chiche (LREM) a renoncé à déposer une proposition de loi sur la procréation médicalement assistée (PMA), s’en remettant au choix du gouvernement et de son groupe de passer par un projet de loi présenté avant la fin de l’année, qui sera débattu début 2019.

Il ne faut donc pas perturber l'opération politique de communication du gouvernement sur ce sujet qui pourrait mettre à nouveau des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a affirmé que ce sujet sera traité dans le cadre d’un projet de loi sur la bioéthique présenté avant la fin de l’année, et débattu au Parlement en 2019. Méprisant ainsi la conclusion des Etats-Généraux de la Bioéthique, qui n'ont pas encore abouti...

Posté le 19 juillet 2018 à 17h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

18 juillet 2018

PMA : l’opinion prise en otage par une minorité

Communiqué d'Alliance Vita :

"Le député LREM Guillaume Chiche entend déposer une proposition de loi étendant la PMA (Procréation Médicalement Assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules. Serait abandonné tout critère d’infertilité médicalement constatée pour accéder à la PMA qui serait pourtant remboursée par la sécurité sociale. Alliance VITA dénonce cette prise en otage de l’opinion publique par certaines minorités, qu’elles soient de la société civile ou du Parlement, alors que ces mesures posent des questions éthiques majeures, spécialement pour le droit des enfants. Ce sujet de fond mérite un débat de fond ; il ne doit pas être escamoté à coup de communiqués. Alliance VITA rappelle que l’extension du recours à la PMA serait :

- Un déni de démocratie : les citoyens à l’issue de ces états généraux de la bioéthique ont clairement donné leur avis contre l’ouverture de la PMA sans père. Le sondage IFOP commandé par Alliance VITA à l’occasion de la fête des pères le 14 juin dernier a révélé que 61% des Français estiment qu’il faut « privilégier le besoin d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médicale d’infertilité ». Cet avis s’élève chez les pères à 72%.

- Une négation du sens de la paternité : la grande majorité les Français sont opposés à l’effacement du père dans la procréation. Le même sondage IFOP a montré que 93% d’entre eux considèrent que le père a « un rôle essentiel » à jouer pour les enfants et leur développement. Ils estiment à 73% que les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires. Pour 89% des sondés, cette absence est un événement « qui marque toute la vie » ; pour 85% d’entre eux, elle « peut entraîner chez l’enfant des difficultés personnelles ».

- Un basculement vers le marché de la procréation : l’abandon du critère d’infertilité médicale pour accéder à la PMA ferait basculer la France dans le marché la procréation humaine. Pour Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA : « Comment peut-on ignorer que cette réforme de la PMA qu’on tente de justifier « au nom de l’égalité » s’étendra forcément à la GPA ? Si l’on suit la logique de Monsieur Chiche, de quel droit pouvons-nous céder la PMA aux femmes seules ou en couple et résister aux hommes pour la GPA ? Le député a déjà proposé que les « hommes transgenres » aient accès à cette PMA : on simulerait une « maternité masculine », tout en décourageant la vraie paternité ! C’est marcher sur la tête : on ne joue pas avec l’intérêt supérieur des enfants. Il faut aussi avoir conscience que, la demande de sperme explosant, l’Etat voudra créer et financer par l’impôt un marché des gamètes, en incitant les Français à donner leur sperme tout en s’en lavant les mains. Ce n’est pas le moment de déresponsabiliser les hommes, en matière de paternité. »

Alliance VITA s’oppose donc à toute marchandisation du corps humain et à tout changement de société reposant sur une minorité exigeant un droit à l’enfant primant sur le droit de l’enfant. Une mobilisation nationale se prépare."

Posté le 18 juillet 2018 à 16h58 par Michel Janva | Lien permanent

Le projet de loi sur la bioéthique sera examiné début 2019

Le gouvernement vient d’annoncer, par le biais de son porte-parole Benjamin Griveaux, qu’il présentera fin 2018 un projet de loi sur les questions de bioéthiques, dont la PMA, pour un examen au Parlement début 2019.

La proposition de loi du député LREM Chiche a un tantinet perturbé la stratégie macronienne, censée avancer en douceur, en consultant toutes les parties, même si c'est pour s'asseoir sur les avis, en l'occurrence hostiles.

« Je comprends l’empressement mais nous souhaitons pouvoir le faire de la manière la plus sérieuse et en cohérence avec les autres sujets bioéthiques qui sont traités dans le cadre des états généraux, et ne pas l’isoler des autres sujets ». « Il n’y a donc pas le début d’un commencement d’un mollissement du gouvernement sur cette question. »

Posté le 18 juillet 2018 à 16h14 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

16 juillet 2018

L’Intelligence artificielle rappelle à l’homme la grandeur de son destin et l’urgence d’une immortalité qui ne soit pas purement matérielle

Arnaud de Beauchef est professeur à Imperial College (Londres), où il enseigne les mathématiques. Par ailleurs, il dirige un groupe privé de recherche en Intelligence artificielle, avec des applications dans le domaine financier. Il a été interrogé dans le dernier numéro de Monde & Vie sur l'intelligence artificielle, qui est aussi au programme de la révision des lois de bioéthique :

958_Page_01"[...] Si l’Intelligence artificielle fait peur, ce n’est pas en elle-même, c’est parce qu’elle peut conférer à certains hommes une puissance et un contrôle sur leurs semblables qui est sans précédent. En Chine, le système de reconnaissance faciale permet de reconnaître un homme en très peu de temps dans une foule dense. Une fois de plus, c’est l’hybris, c’est la démesure qui guette l’être humain. On a toujours tendance à se dire que la créativité va nous donner la Puissance. Mais quand on contemple les Personnes trinitaires, on retrouve à la source de chaque personne divine une tension entre humilité et puissance, qui représente la véritable perfection de l’être personnel. La gestion du désir et de l’union pour aller vers quelque chose de plus fondamental n’effleure pas la machine, parce qu’elle n’a pas de finalité. D’où la démesure toujours possible. Prenons l’exemple du corps: le corps humain n’est pas une machine, mais selon la perspective dite hylémorphique, il est indivisiblement un mélange de matérialité et d’esprit. Ainsi il n’a pas sa fin en lui-même mais dans ce que l’esprit comprend pour lui. Ce qu’apporte l’Intelligence artificielle au corps, est de l’ordre de la chirurgie esthétique. Elle peut donner l’illusion de la perfection physique, mais la perfection elle-même reste inaccessible. Ce que l’on appelle le cyborg, cet homme soi-disant augmenté et connecté, représente des réalisations comparables à ce que pourrait faire une chirurgie esthétique high-tech, rien de plus. Disons qu’en montrant les ressources de la machine, l’Intelligence artificielle rappelle à l’homme la grandeur de son destin et l’urgence d’une immortalité qui ne soit pas purement matérielle – comme l’est, nous l’avons dit en commençant, l’immortalité d’un programme informatique – mais qui soit vraiment vitale. On est aujourd’hui dans une phase d’émerveillement devant les ressources de la cybernétique. Mais leur pauvreté va apparaître très vite. Il n’y a qu’un seul dépassement qui est Dieu et la connaissance de l’Absolu.

Nous vivons donc selon vous un moment crucial dans l’histoire de l’humanité?

Il me semble qu’on entre dans la troisième phase de l’histoire de l’humanité. On a d’abord analysé les objets comme autant de situations dans lesquelles l’homme se trouve. Ainsi le philosophe présocratique Thalès de Milet se montre capable de prédire une éclipse, en montrant que l’univers n’est ni irrationnel ni terrible mais qu’il obéit aux lois de la raison: l’homme se trouve devant ce que les Grecs appellent un cosmos, un ordre. La modernité nous apprend ensuite à nous centrer sur le sujet humain. Les philosophies de Descartes et de Kant sont caractéristiques de cette réflexion sur le sujet humain, qui prend toujours plus conscience de ses pouvoirs. Aujourd’hui, on observe le système joint sujet-objet, le sujet étant devenu son propre objet, et l’objet étant fabriqué sur le modèle du sujet à travers des recherches biotechnologiques. Le sujet avait longtemps fait écran, cela a été le drame de la modernité. À travers les progrès des sciences, on a maintenant dépassé la fracture entre le sujet et l’objet, ce qui amène à la perspective ultime qui est, au-delà du sujet-objet, l’Esprit lui-même, le Créateur."

Posté le 16 juillet 2018 à 13h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

Proposition de loi LREM contre les enfants sur la PMA

722126Profitant de l'actualité sportive, le député Guillaume Chiche (La République en marche, ancien de l'UNEF et du PS) va déposer cette semaine une proposition de loi autorisant la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes célibataires et les couples lesbiens. Sa proposition de loi

"ouvre la PMA à toutes les femmes, y compris aux célibataires et couples lesbiens, et contient le remboursement par la Sécurité sociale de cet acte". "Je propose aussi la reconnaissance automatique de la filiation des enfants nés d'une gestation pour autrui à l'étranger. Elle contient enfin la double filiation maternelle: les deux femmes d'un couple homosexuel seront reconnues comme mères de l'enfant né d'une PMA". "Aujourd'hui, il existe une discrimination insupportable dans l'accès à une pratique médicale. Je veux la supprimer le plus rapidement possible: j'explore tous les moyens pour garantir l'égalité entre les femmes. Si ce véhicule législatif est retenu, je compte sur une adoption avant la fin 2018. Mais je ne cherche pas à mettre la pression sur le gouvernement".

Le texte doit être déposé sur le bureau de l'Assemblée "dans le courant de la semaine prochaine", a précisé le député des Deux-Sèvres dimanche.

Selon Le Monde, ce député fait partie d'une petite dizaine de députés qui forment

« la garde avancée d'Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les médias. Des janissaires dévoués corps et âme au chef de l'État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu'à lui. »

Difficile de croire que sa proposition n'a pas eu l'aval de Macron.

Posté le 16 juillet 2018 à 08h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

13 juillet 2018

Emmanuelle Ménard : "la PMA ne passera pas comme une lettre à la poste"

C'est aussi l'avis de...  Jean Leonetti, vice-président des Républicains, qui estime que "la mobilisation est possible".

Images-7"Pour ma part, je suis opposé à l’extension de la PMA aux couples de femmes car elle conduira à terme à la GPA. D’ailleurs le Conseil d’Etat parle lui-même d’+équité et de discrimination+"."Sans porter de jugement moral, lorsqu’on a créé le PACS, on nous a expliqué que cela n'amènerait jamais au mariage pour tous. Quand celui-ci a été voté, il ne devait pas y avoir de conséquences sur la filiation. Nous voilà aujourd’hui à la PMA. Je ne vois donc pas pourquoi nous n’irions pas ensuite vers la GPA, malgré la position prise à ce sujet par le Conseil d’Etat et le gouvernement qui y sont opposés".

"Emmanuel Macron avait dit qu’il fallait une société apaisée pour passer cette réforme, il ne l’aura pas !"."On dit qu’un président de la République a besoin de +marqueurs+: la réforme sur la PMA peut en être un et lui permettre de montrer qu’il est un dirigeant +libéral, progressiste et moderne+. Mais les sujets de bioéthique ne se résument pas à un combat entre les jeunes et les anciens, les conservateurs et les progressistes !"

"Je crois comprendre néanmoins que sa majorité est divisée sur le sujet. Passer par-dessus celle-ci et une partie de la population me paraît bien risqué".

Emmanuelle Ménard estime que "les gens se mobiliseront".

"Les réseaux de la Manif pour tous sont encore très mobilisés".

Posté le 13 juillet 2018 à 08h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

La Manif Pour Tous déplore les récente provocations de François de Rugy et Richard Ferrand

La Manif Pour Tous estime que certains jettent de l'huile sur le feu :

Capture d’écran 2018-07-13 à 00.05.52En se prononçant en faveur d'une loi sur la PMA adoptée au plus vite, dès 2018, le Président de l'Assemblée nationale et le président du groupe LREM semblent vouloir passer en force sur une question sensible. 

Or, tous les observateurs s'accordent à reconnaître que la PMA sans père et la GPA sont très loin de faire consensus comme en témoignent les oppositions au sein de la société, de la communauté scientifique, des sages du CCNE et même des parlementaires et de membres du gouvernement. A ce sujet, les conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique sont claires et le Président du CCNE, le Pr. Delfraissy, a reconnu ce dissensus solide au sein de la société. Et dans son rapport rendu public hier, le Conseil d'Etat confirme que du point de vue juridique, rien n'oblige le gouvernement et le parlement à faire évoluer la législation actuelle qui encadre le recours à la PMA. Les sages du Conseil d'Etat ont également souligné les conséquences immenses qu'impliquerait la PMA sans père notamment sur le droit de la filiation. Une telle révolution concernerait tous les Français. C'est pourquoi, le Président de la République s'est prononcé à de nombreuses reprises en faveur de l'existence d'un large consensus.

En voulant accélérer le calendrier et passer en force, François de Rugy et Richard Ferrand s'opposent à Emmanuel Macron et prennent le risque de réveiller une fracture profonde au sein de la société. Ce n'est pas le moment.

On ne peut donc qu'être surpris par ces prises de paroles radicales qui interviennent en contradiction avec les conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique et du rapport du Conseil d'Etat, et sans attendre ni prendre en compte le travail parlementaire en cours. En effet, l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques doit rendre un avis d'évaluation des lois de bioéthique 2011 à la rentrée prochaine ainsi qu'un rapport sur l'avis du CCNE issu des conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique et attendu lui aussi fin septembre. En outre, une mission d'information parlementaire vient tout juste de commencer ses travaux pour préparer la révision de la loi de bioéthique. Elle sera amenée à travailler sur les questions de filiation, de PMA et de GPA. En se prononçant de manière prématurée, François de Rugy et Richard Ferrand prennent le risque de jeter de l'huile sur le feu. On est loin de l'apaisement appelé de ses vœux par le Président de la République.

Posté le 13 juillet 2018 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent

12 juillet 2018

En dépit de ses ambiguïtés, le rapport du Conseil d'Etat confirme les implications et risques inhérents sur la PMA

Analyse de La Manif Pour Tous :

"Dans le rapport qu’il publie ce jour, le Conseil d’Etat souligne et développe le fait qu’ « aucun principe juridique n’impose en effet l’extension de l’accès à l’AMP. Ni le fait que l’adoption soit ouverte aux couples de femmes et aux personnes seules, ni le principe d’égalité, ni le droit au respect de la vie privée, ni la liberté de procréer, pas plus que l’interdiction des discriminations ne rendent nécessaires l’ouverture de l’accès à l’AMP » tout en indiquant aussi que, juridiquement, rien ne fait obstacle à cette extension.

Le Conseil d’Etat précise que son rôle est « d’éclairer le débat sans le préempter », « en identifiant les implications de chaque option » et indique qu’ « il est souvent difficile d’apporter une modification ponctuelle sans ébranler l’édifice d’ensemble ».

Or toute la partie du rapport consacrée à la procréation démontre que l’évolution vers une PMA en l’absence de père aurait des implications et conséquences en cascade :

Il souligne à plusieurs reprises l’importance des états généraux de la bioéthique, qui doivent être pris en compte. En revanche, il semble ignorer que tant dans les réunions publiques que dans la consultation en ligne, la volonté massive (plus de 80% sur internet) d’un statu quo sur la PMA s’est exprimée. Ainsi, lorsque le Conseil d’Etat évoque une « demande sociétale accrue », il se trouve à contre-pied de la réalité des états généraux de la bioéthique qui ont montré que cette demande est ultra-minoritaire.

Le Conseil d’Etat considère d’ailleurs qu’il « convient de tenir compte de mouvements susceptibles d’infléchir en profondeur la réflexion bioéthique » et de « la transformation des attentes envers la médecine » qui serait « susceptible d’ébranler le système de santé dans son ensemble. »

Finalement, alors que le Conseil d’Etat évoque la « remarquable stabilité » du cadre juridique en matière de bioéthique, lequel « dessine, depuis près de vingt-cinq ans, un modèle français de bioéthique », l’institution semble incapable d’assumer les limites poser par ce cadre en indiquant que les implications et conséquences de la PMA sans père l’impose.

Ludovine de La Rochère indique :

« en réalité, vus les implications et risques inhérents à la PMA sans père des points de vue humain et éthique, aussi bien individuel que collectif, tels que les expose le Conseil d’Etat, la PMA sans père serait à l’évidence déraisonnable. » « Comme l’ont montré les états généraux de la bioéthique, les Français sont immensément nombreux à avoir conscience des conséquences en cascade qu’aurait la PMA sans père. Ils seraient donc à nouveau très nombreux à descendre dans la rue si le gouvernement n’optait pas pour la sagesse… »

Posté le 12 juillet 2018 à 14h49 par Michel Janva | Lien permanent

Le gouvernement compte profiter de l'été pour avancer sur la loi de bioéthique

Profitant des premiers départs en vacances et de la coupe du monde de football, le gouvernement avance ses pions sur la destruction de la famille, espérant que les défenseurs de l'enfant soient en léthargie, ce qui est loin d'être le cas.

Ainsi, ce matin François de Rugy a dit espérer que les députés de la majorité déposent en 2018 une proposition de loi sur la Procréation médicalement assistée :

« Je souhaite que le Parlement puisse prendre l’initiative, et notamment les députés de la majorité qui s’étaient engagés sur ce sujet avant les élections».

De son côté, le comité bioéthique de l’Elysée réfléchit à adapter le cadre juridique du don de gamètes. L’exécutif étudie le scénario d’un élargissement de l’autoconservation d’ovocytes. L’an dernier, le CCNE s’était prononcé contre la banalisation de cette technique de cryogénisation, qui existe depuis 2011 en France dans trois cas (fécondation in vitro, traitement médical ou dons d’ovocytes). Depuis 2015, seules les donneuses peuvent conserver leurs ovocytes congelés pour plus tard.

Face à LMPT, le gouvernement envisage de permettre à l’enfant né par ce biais de connaître l’identité du donneur. L’accès à l’identité du « tiers donneur » serait sans conséquence sur la filiation. Sic. Reste à placer le curseur dans l’identification du donneur : simples données générales et non identifiantes ; accès à l’identité si le donneur y consent ; accès à l’identité comme condition du don. L’avis du CCNE de septembre est attendu.

D’autres mesures sont sur la table, comme celle d’autoriser le « double don », d’un homme et d’une femme, pour un couple ayant recours à une fécondation in vitro, ou le « don relationnel » de gamètes entre deux soeurs, par exemple. Bref du bricolage pour futurs enfants sans père et sans repère.

Quant à la gestation pour autrui, cette mesure ne fait pas partie des projets du gouvernement. Mais des amendements pourront élargir le périmètre de la future loi de bioéthique. En clair la balle est dans le camp des députés...

Posté le 12 juillet 2018 à 14h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Les Sentinelles étaient devant le Conseil d'Etat

Hier pour dénoncer tous les projets qui bafouent la dignité de l'homme :

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Posté le 12 juillet 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

11 juillet 2018

De quel droit Le Conseil d’Etat peut-il abandonner la protection des enfants au nom d’intérêts individuels ?

Communiqué d'Alliance Vita suite au rapport du Conseil d'Etat (accessible ici):

Fotolia_39275687_S"Après la publication du rapport du Conseil d’Etat, Alliance VITA veut interpeller le Président de la République pour faire entendre la voix du grand oublié de ce rapport qu’est l’enfant : le Conseil d’Etat tend en effet à s’aligner sur certaines demandes sociétales en matière de procréation au détriment de l’intérêt supérieur de l’enfant.

En préconisant un nouveau type de filiation avec deux filiations maternelles, la France introduirait une grave discrimination pour les enfants privés définitivement par l’état civil de généalogie paternelle. Une instance juridique supposée conseiller le gouvernement en matière de procréation accrédite des demandes sociétales d’adultes, à la fois transgressives et très minoritaires, au lieu d’évaluer la politique de prévention de l’infertilité (causes environnementales et comportementales), et de reconnaître les incidences de la banalisation de la PMA sur les droits de l’enfant. Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA,

« Ces préconisations nouvelles donnent l’impression d’une instance peu soucieuse de cohérence juridique et de justice pour les plus faibles. Comme si des mobiles politiques l’obligeaient à revenir sur son travail passé... Comment se peut-il qu’en quelques années les principes protecteurs des enfants revendiqués lors de la révision de la loi de 2011, tombent d’un coup ? Le Conseil d’Etat avait préconisé alors d’éviter « le risque de surenchère vers le moins disant éthique », de ne pas remettre en cause « l’exigence fondamentale de donner à l’enfant une famille comportant un père et une mère. » et de ne pas « créer délibérément un enfant sans père, ce qui ne peut être considéré comme l’intérêt de l’enfant à naître ». Même constat, quand le conseil d’état se positionne en faveur de la recherche sur l’embryon jusqu’au 13e jour. Cette bioéthique du glissement continu est incapable de sécuriser notre société. »

Alliance VITA note, sur le point qui aurait mérité un ajustement, que le Conseil d’Etat fait une proposition absurde qui ne répond pas aux demandes des enfants nés par assistance médicale avec donneur, éprouvés par l’anonymat du don de gamète et en quête de leurs origines. Cette quête est abordée sur la pointe des pieds, par une proposition d’accès des données non-identifiantes soumis au consentement du donneur et des parents. C’est scientifiquement absurde et pratiquement dérisoire. Car rien ne peut désormais s’opposer à l’accès d’un enfant à son origine. Alliance VITA continue de demander que les grands principes qui gouvernent notre droit national et international soient respectés, en particulier l’art. 7 de la convention des droits de l’enfant qui stipule que tout enfant a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux ». Alliance VITA entend participer à la mobilisation pour l’enfant que tout projet de loi portant atteinte à son intérêt supérieur fera naître."

Posté le 11 juillet 2018 à 18h43 par Michel Janva | Lien permanent

L’embryon humain : la victime silencieuse et innocente de la révision de la loi de bioéthique

Communiqué de la Fondation Jérôme Lejeune :

Dhz6EpVWsAAdZ6F"Le rapport du Conseil d’Etat sur la révision de la loi de bioéthique est rendu public aujourd’hui. Ce rapport, émanant de la plus haute juridiction française, n’engage certes pas le politique mais il trace les contours « autorisés » de la future législation et fait état, notamment, de graves dérives en matière de recherche sur l’embryon. Ces dispositions seront au cœur de la loi mais elles seront moins commentées que la PMA. Elles auront pourtant pour conséquence de faire de l’embryon un « produit de laboratoire ».

Cet avis juridique du Conseil d’Etat ne tient, par ailleurs, aucun compte de l’avis profond des Français qui s’est exprimé lors des Etats-généraux de la bioéthique. A chaque révision, les limites de l’acceptable sont repoussées, la marchandisation du vivant et l’eugénisme toujours accrus. La technique prendra, une fois de plus, et de manière plus grave, le pas sur l’humain.

En plus d’être invisible aux yeux de tous, errant dans un flottement juridique volontairement entretenu et réduit à un matériau de recherche, l’embryon humain est désormais une variable d’ajustement dans le jeu politique. Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune appelle les politiques à un sursaut de courage au moment de l’élaboration de la loi : « ne faites pas le jeu de l’industrie procréative et des laboratoires pharmaceutiques qui préfèrent « consommer » de l’embryon humain pour épargner l’animal. La loi doit protéger l’embryon, il ne lui revient pas de décider de son degré d’humanité. L’embryon humain est un être humain et sa protection demeure un principe intangible fondateur du droit ». (article 16 du Code Civil).

[1] Selon l’Agence de la biomédecine, « sur les 20 000 embryons proposés par les couples à la recherche et conservés au 31 décembre 2015 dans les centres d’AMP, moins de 10 % ont effectivement été utilisés ».

[2] En 2009, lors de la dernière révision des lois de bioéthique, le Conseil d’Etat définissait l’eugénisme comme « l’ensemble des méthodes et pratiques visant à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine ».

Posté le 11 juillet 2018 à 14h28 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2018

PMA : le document du Conseil d’Etat reprend, point pour point, la position d’Emmanuel Macron

Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, a été interrogée par Anne Isabeth dans Présent à propos du rapport du Conseil d'Etat sur la PMA. Extrait :  

Mail-3"Dans ce rapport, le Conseil d’Etat tient des propos pour le moins étonnants, notamment concernant l’utilité du droit. Que dit-il ?

Il prétend que le droit n’empêche rien, ce qui est simplement ahurissant. Selon le Conseil d’Etat le droit n’a pas à poser des limites. Mais c’est justement le rôle du droit de mettre des limites aux désirs humains qui sont illimités.

Quelle est la portée de ce rapport ?

En soi, il s’agit juste d’un rapport technique, qui est censé donner un avis d’un point de vue juridique sur d’éventuelles lois à venir. Le rapport le plus attendu est celui de l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Ce qui est très intéressant est que ce document du Conseil d’Etat reprend, point pour point, la position d’Emmanuel Macron. Il n’en a pas fait un secret, durant sa campagne notamment : il est pour l’ouverture de la PMA à toutes les femmes mais opposé à la GPA. A ce titre il apparaît plus comme un document politique que comme une étude juridique de la situation. Ce qu’il faut noter, également, c’est qu’en 2009, le Conseil d’Etat se disait opposé à la création d’enfant sans père, arguant que cela ne pouvait être considéré comme étant dans l’intérêt de l’enfant. Ce qu’il affirme aujourd’hui est la position exactement inverse d’alors. [...]"

Posté le 10 juillet 2018 à 11h11 par Michel Janva | Lien permanent

Le Conseil d'Etat rappelé à l'ordre

Hier soir :

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La tension monte... et les défenseurs de la famille sont motivés.

Posté le 10 juillet 2018 à 10h42 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2018

Les Sentinelles devant le Conseil d'Etat

Les Sentinelles pour la famille ne sont pas satisfaites des conclusions du rapport du Conseil d’Etat. Elles iront veiller le 11 juillet devant lui :

Sentinelles_ce"Il n’était pas possible que le Conseil Consultatif National d’Éthique, en charge de l’organisation et de la synthèse des États-Généraux de la Bioéthique, occulte dans ses conclusions la franche opposition aux dérives anthropologiques voulues par certains. Outrager la vérité et la démocratie et insulter tous les citoyens qui ont participé à ces conférences, aux débats sur internet ou dans le monde réel n’aurait pas été tolérable. Il a juste tenté d’en discréditer une partie en la qualifiant de « partisane ».

Pour tenter de faire oublier cet échec, un avis a été requis auprès du Conseil d’État. Servile en diable, il ne voit pas d’obstacle juridique à la PMA sans père. L’intérêt de l’enfant à avoir une filiation authentique n’entre pas en ligne de compte. Tout juste est-il sceptique sur l’opportunité de permettre à des femmes seules d’y accéder, du fait de la fragilité sociale des familles dites monoparentales.

Les dispositions de l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, qui prévoit que l’enfant puisse dans la mesure du possible connaître et être élevé par ses parents ne sont pas évoquées.

Des Sentinelles veilleront le mercredi 11 juillet à partir de 20h00 place du Palais-Royal, face au Conseil d’Etat pour exprimer leur attachement à une anthropologie respectueuse de l’homme et de sa dignité et leur volonté de voir restaurée une démocratie plus que défaillante. Le mode opératoire reste identique : éloignées les unes des autres, respectueuses de l’ordre public, silencieuses et sans signe distinctif, bienveillantes et surtout déterminées. Vous pouvez les rejoindre,vous êtes les bienvenus !"

Posté le 9 juillet 2018 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent

Sur la route des vacances : « PMA sans Papa, on n’en veut pas »

Le premier week-end de départs en vacances a été mis à profit par les militants pro-famille, toujours motivés contre les projets libertaires du gouvernement :

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Posté le 9 juillet 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2018

PMA : le Conseil d'État se défausse avec un avis technique

Selon les AFC :

Capture d’écran 2018-07-06 à 19.37.56"Saisi par le Gouvernement au printemps, le Conseil d'État rend aujourd'hui au Premier Ministre son avis sur la révision des lois de bioéthique.

Ayant distingué plusieurs scénarios possibles, le Conseil d'État, sans surprise, n'identifie pas de contrainte majeure ou rédhibitoire à l'extension de l'Assistance Médicale à la Procréation aux couples de femmes et aux femmes seules, mettant " au vert " un voyant supplémentaire dans l'esprit de ses promoteurs.

Mais si le Conseil d'État est l'institution qui conseille le Gouvernement en amont des projets de loi, son avis n'en possède pas moins un caractère essentiellement technique destiné à éclairer le Gouvernement dans ses choix politiques.

Or les récents États Généraux de Bioéthique l'ont montré : il existe une opposition franche, massive et argumentée à l'extension de l'AMP en France. Les AFC ont largement contribué à l'exprimer, portées par une vision anthropologique au service du Bien Commun. L'évolution de la loi sera donc un choix éminemment politique dont l'entière responsabilité incombera à l'exécutif.

Au moment où la société a plus besoin d'être rassemblée que divisée, cette responsabilité s'alourdit encore et ne saurait se défausser sur un avis technique."

Posté le 7 juillet 2018 à 14h37 par Michel Janva | Lien permanent

06 juillet 2018

L’embryon humain sera-t-il la victime silencieuse de la révision de la loi de bioéthique ?

De la Fondation Jérôme Lejeune :

Site-634x300"Le Conseil d’Etat rend ce jour un rapport sur la révision de la loi de bioéthique de 2011. Il devait, à la demande du Premier Ministre, « se concentrer sur les possibilités de traduction, dans le droit français, des changements envisagés dans le futur projet de loi, prévu à l’automne ».

La Fondation Jérôme Lejeune prend acte de la possible ouverture à la PMA pour toutes tout en rappelant qu’elle y est opposée.

Elle s’étonne toutefois que la presse ne se fasse pas l’écho de dispositions sur l’embryon.

Si l’extension de la durée de culture des embryons in vitro est autorisée au-delà de 7 jours et jusqu’à 14 jours après la fécondation, si la création d’embryons transgéniques et leur transfert à des fins de gestation était autorisée ou si la destruction des embryons surnuméraires donnés à la recherche et n’ayant pas fait l’objet de recherche était proposée, la Fondation Jérôme Lejeune se mobiliserait et ferait part de ses réactions d’expertise sur ces sujets. Elle craint également l’extension du diagnostic pré-implantatoire (DPI) aux anomalies chromosomiques qui accentuerait encore l’eugénisme des personnes porteuses de trisomie 21.

La Fondation Jérôme Lejeune finance la recherche sur les maladies génétiques de l’intelligence. Sa mission est au service des plus faibles.

Son président, Jean-Marie Le Méné souhaite rappeler que l’embryon ne peut pas être considéré comme un « rat de laboratoire ». Il demande au Gouvernement de se souvenir, au moment de l’élaboration de la loi que l’embryon est un être humain et que sa protection demeure un principe intangible fondateur de la législation bioéthique française (article 16 du Code Civil)."

De son côté, Alliance VITA prend acte de la posture du Conseil d’Etat qui a décidé de s’aligner sur certaines demandes sociétales en matière de procréation au détriment de l’intérêt supérieur de l’enfant.

"A la lecture des possibles évolutions sur l’assistance médicale à la procréation qui ont filtré dans les médias, nous pouvons être choqués qu’une instance supposée conseiller le gouvernement en matière de procréation prenne position en accréditant des demandes sociétales d’adultes, à la fois transgressives et très minoritaires, au lieu d’évaluer d’une part la politique  de prévention de l’infertilité (causes environnementales et comportementales), et d’autre part de reconnaître les incidences de la banalisation de la PMA sur les droits de l’enfant.

Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, s’interroge :

« Ces préconisations nouvelles donnent l’impression d’une instance peu soucieuse de cohérence juridique et de justice pour les plus faibles. Comme si des mobiles politiques l’obligeaient à revenir sur son travail passé... Comment se peut-il qu’en quelques années les principes protecteurs des enfants revendiqués lors de la révision de la loi de 2011, tombent d’un coup ? Le Conseil d’Etat avait préconisé alors d’éviter « le risque de surenchère vers le moins disant éthique », de ne pas remettre en cause « l’exigence fondamentale de donner à l’enfant une famille comportant un père et une mère. » et de ne pas « créer délibérément un enfant sans père, ce qui ne peut être considéré comme l’intérêt de l’enfant à naître ». Cette bioéthique du glissement continu est incapable de sécuriser notre société. »

Alliance VITA note, sur le point qui aurait mérité un ajustement, que le Conseil d’Etat fait une proposition absurde qui ne répond pas aux demandes des enfants nés par assistance médicale avec donneur, éprouvés par l’anonymat du don de gamète et en quête de leurs origines. Cette quête est abordée sur la pointe des pieds, par une proposition d’accès des données non-identifiantes soumis au consentement du donneur et des parents. C’est scientifiquement absurde et pratiquement dérisoire. Car rien ne peut désormais s’opposer à l’accès d’un enfant à son origine.

Alliance VITA continue de demander que les grands principes qui gouvernent notre droit national et international soient respectés, en particulier l’art. 7 de la convention des droits de l’enfant qui stipule que tout enfant a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux ».

Alliance VITA entend participer à la mobilisation pour l’enfant que tout projet de loi portant atteinte à son intérêt supérieur fera naître."

Posté le 6 juillet 2018 à 17h04 par Michel Janva | Lien permanent

PMA et GPA : le Conseil d'Etat a un train de retard

Le Conseil d'Etat publie un rapport technique qui ne tient pas compte des conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique. Visiblement, le Conseil d'Etat a rédigé son avis antérieurement aux EG... En effet, selon les premiers éléments du rapport technique et juridique remis aujourd'hui au Premier Ministre, le Conseil d'Etat considère qu'en matière de filiation, l'évolution de la législation sur la PMA et la GPA comme son maintien en l'état sont possibles au plan juridique. S'il élabore plusieurs scénarios d'évolution de la loi, il affirme que rien n'oblige le législateur à aller dans un sens ou dans l'autre.

La Manif Pour Tous réagit :

"Pour justifier la présentation de plusieurs hypothèses favorables à une évolution de l'encadrement de l'accès aux techniques d'Assistance Médicale à la Procréation (PMA pour les couples de femmes et les femmes célibataire, PMA post mortem...), le Conseil d'Etat s'appuie sur une « demande sociétale ». Pourtant, tous les observateurs reconnaissent que les Etats Généraux de la Bioéthique ont montré l'absence de consensus sur ces questions de filiation et une opposition forte aux évolutions envisagées. « S'il y avait une demande sociétale forte en faveur de la PMA sans père, de la PMA post mortem et de la GPA, elle se serait exprimée lors des Etats Généraux de la Bioéthique, que ce soit lors des débats publics, des auditions ou de la consultation en ligne. Or, ce n'est pas le cas. Il est surprenant que le Conseil d'Etat ne prenne pas en compte cette réalité » souligne Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous. « Comment expliquer cela ? La raison est peut-être tout simplement liée au calendrier ; le rapport technique du Conseil d'Etat a sans doute été rédigé avant la publication des conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique. Si cela se confirme, il est regrettable de ne pas avoir fait de mise à jour avant publication » poursuit-elle.

Le rapport du Conseil d'Etat reste néanmoins avant tout technique. Il s'attache à voir ce qui est juridiquement possible. Sans surprise, le champ des possibles en la matière est vaste. Techniquement, tout est possible ou presque dès lors que l'on ne prend pas en considération la dimension humaine de ces questions de procréation et de filiation ; comme par exemple les besoins de l'enfant, à commencer par celui d'avoir un père et une mère.

La Manif Pour Tous attend la version complète du rapport du Conseil d'Etat qui sera rendue publique mercredi 11 juillet. Après les conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique et l'absence claire et nette de consensus en faveur des évolutions de la législation actuelle, fruit d'une réflexion et de la sagesse des parlementaires, c'est maintenant l'OPECST (Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques) qui doit rendre un avis sur l'évaluation de la loi de bioéthique de 2011 et sur le déroulé des Etats Généraux de la Bioéthique. Plusieurs voix se sont déjà faites entendre pour préconiser de ne pas inclure dans la révision de la loi de Bioéthique prévue début 2019 les questions sociétales pour lesquelles il n'y a pas eu d'avancées ni d'évolutions techniques majeures au cours des dernières années, c'est-à-dire la PMA, la GPA et la fin de vie. Ce serait un signal important et efficace pour rassembler les Français."

Posté le 6 juillet 2018 à 10h40 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2018

Recherche sur l’embryon : déballage des revendications

Jean-Marie le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, dans France Catholique :

Unknown-20"Le débat sur la « PMA pour toutes » a caché les principaux enjeux de la prochaine révision de la loi de bioéthique. Cette thématique a submergé la scène médiatique, masquant ce qui se jouait réellement en coulisses. Invisible et insignifiant, derrière la scène, l’embryon humain sera, une fois de plus, la victime silencieuse de cette révision de la loi de bioéthique.

IL EXISTE un lien direct entre la pratique de la PMA et la recherche sur l’embryon humain puisque la pratique de la PMA en France a créé un stock d’embryons « disponibles » : les embryons surnuméraires. Dans le cadre d’une FIV, les techniciens produisent de 4 à 10 embryons pour n’en transférer qu’un ou deux. Les autres sont congelés en attente d’un éventuel projet parental, d’être donnés à la recherche ou bien d’être détruits. Cela représente un « stock » conséquent de plus de 220 000 embryons. Ils sont suspendus dans le temps, entre une hypothétique adoption, un possible « recyclage » et une destruction pure et simple.

Un embryon c’est déjà presque rien, un embryon surnuméraire ce n’est plus rien du tout, un embryon surnuméraire dépourvu de projet parental c’est encore moins que rien, avais-je déjà fait remarquer après les débats sur la loi de bioéthique de 2011. En l’état, ils sont inutiles. Pourquoi ne pas les rendre utiles ? Cet aveuglement ontologique sur leur nature les rend disponibles à toutes sortes de convoitises. L’industrie procréative et les laboratoires pharmaceutiques les instrumentalisent dans le cadre de nombreux projets.

Ces états généraux de la bioéthique ont été l’occasion pour les représentants du scientisme et du marché de formuler leurs projets au grand jour. C’est un grand déballage de revendications. [...]"

Lire la suite.

Posté le 4 juillet 2018 à 08h45 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2018

En Marche vers la PMA et la GPA ?

Posté le 2 juillet 2018 à 11h08 par Michel Janva | Lien permanent

Chimères : que pense le CCNE de ces cellules hybrides ?

Le député Marie-France Lorho a interpellé le Président du Comité Consultatif National d’Ethique sur la technique des chimères.

« Je souhaiterais connaître la position du Comité Consultatif National d’Ethique sur des recherches m’apparaissant plus que contestables. Quelle est la position de la CCNE sur cette question de « chimères » ? Où en est la recherche française sur la question de ces cellules hybrides ? ».

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Posté le 2 juillet 2018 à 09h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Elle aurait vu des militants pro-famille psalmodier l'Evangile dans les débats sur la bioéthique

Geneviève Delaisi de Parseval, chroniqueuse pour le cahier littéraire du journal Libération, membre du laboratoire d'idées Terra Nova proche du Parti socialiste, sur la bioéthique, a fait publier dans Le Monde une tribune tout à fait ridicule que le journal du soir n'a pas du relire (ou alors c'est inquiétant pour leur santé mentale...). Il faut le lire pour le croire (et l'on se dit vivement la loi contre les fausses nouvelles !), Mme Delaisi a eu des hallucinations : elle a vu, lors des débats sur la bioéthique, des militants avec des bibles à la main, psalmodiant en guise d'argumentaire des passages de l'Evangile ! C'est grave docteur ? Sous le titre "Impartialité et bioéthique", elle estime en toute partialité que les débats étaient meilleurs au sein du Grand Orient... C'est vrai que s'écouter parler dans un entre-soi, c'est plus agréable que de se confronter aux arguments réalistes des défenseurs de la famille et de l'enfant.

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Posté le 2 juillet 2018 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

28 juin 2018

La nomination de Jean-Louis Touraine est une provocation

La présidente de la Manif pour tous analyse la position du Président Macron sur la PMA sans père et revient sur la très forte opposition qui ressort des États généraux sur les lois de bio-éthique. « Il n’y a pas le consensus qu’il voulait. » « La nomination de Jean-Louis Touraine est une provocation. Mais la décision est entre les mains du Président et du Premier ministre. »

Posté le 28 juin 2018 à 09h40 par Michel Janva | Lien permanent

Isabelle De Gaulmyn : "La PMA va se faire"

Unknown-8Invité mardi matin sur France Culture pour évoquer la visite d'Emmanuel Macron à Rome, la rédactrice en chef adjointe du journal La Croix poursuit sur son idée que la loi s'impose à tous et se désole de la radicalisation des catholiques. Elle estime que les catholiques ne vont pas se mobiliser contre ce projet, ce qui est absolument faux si l'on en croit les résultats des Etats Généraux de la bioéthique qui montrent un rejet majeur de cette mesure.

A quoi joue Isabelle de Gaulmyn par cette complicité avec le régime en place concernant des mesures qui violent les principes non négociables, qui violent la dignité de la personne humaine ?

Posté le 28 juin 2018 à 08h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (42)

27 juin 2018

Le Pape rappelle le devoir de défendre la vie in utero et jusqu'à son terme naturel

Pour celles et ceux qui avaient des doutes : 

Posté le 27 juin 2018 à 19h17 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

Massacre d'embryons humains au congélateur

L'information vient de sortir :

"Les 1er et 2 juillet 2017 à Valence en Espagne, le dysfonctionnement d’un congélateur obsolète a provoqué la mort de tous les embryons qui y étaient conservés. Une faille électrique a, en outre, empêché le déclanchement des alarmes du Laboratoire de Reproduction de l’Hôpital Blasco Ibáñez.

Plusieurs employés de l’unité d’obstétrique avaient déjà fait remonter l’existence de ce risque, mais rien n’a été fait pour éviter les pannes électriques qui se sont avérées fatales pour les embryons. L’hôpital parle d’ « irresponsabilité ». Les installations sont obsolètes, mais continuent à être utilisées. Le Ministère de la Santé, informé, n’a pas voulu rendre publique l’information. Du côté de l’hôpital, il a été discrètement décidé de payer un cycle complet de FIV dans un centre privé, pour plus de 20 000 €, à une de ses infirmières concernée, pour que l’incident ne soit pas révélé au grand jour."

Posté le 27 juin 2018 à 17h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Mission d'information parlementaire sur la révision des lois de bioéthique

Les députés Jean-Louis Touraine (LREM pro-PMA, pro-GPA, pro-euthanasie et franc-maçon) et Xavier Breton (LR pro-famille), aux positions divergentes, seront les copilotes d'une mission d'information sur la révision des lois de bioéthique. Député de l'Ain, membre de l'Entente parlementaire pour la Famille et président du groupe d'études sur les relations avec le Vatican, Xavier Breton sera le président de cette mission. Le député du Rhône (ex-PS) M. Touraine en sera le rapporteur.

La mission comptera au total 35 membres de tous bords et ses travaux devraient durer environ six mois. Deux commissions de l'Assemblée, celles des Affaires sociales et des Lois, ont déjà commencé mi-mai à travailler sur cette révision, en entamant un cycle d'auditions sur des sujets allant de la recherche génétique à la procréation.

Interrogé hier à Rome en conférence de presse, Emmanuel Macron a répondu avec son art du «en même temps» sur les questions de bioéthique. Il s’est montré attentif aux convictions de l’Église, notamment sur le «principe de vie» et la «filiation», tout en soulignant la nécessité, selon lui, de composer avec celles-ci, pour faire droit notamment à la «liberté de la femme» ou encore au «projet parental». «Sur ces sujets, on doit accepter que la société évolue», a-t-il déclaré. L'enfumeur a frappé en invoquant l'idéologie éculée du progrès.

Posté le 27 juin 2018 à 12h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Ludovine de La Rochère met la pression sur Emmanuel Macron

La mobilisation militante s’organise pour la rentrée de septembre :

Posté le 27 juin 2018 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

25 juin 2018

GPA : des femmes réduites en esclavage

Sheela Saravanan est une chercheuse indienne, titulaire d'un doctorat en santé publique, et a travaillé dans plusieurs universités allemandes. Elle appartient notamment à l'Institut d'Éthique et d'Histoire de la médecine, à l'Université de Göttingen. Elle a mené une longue enquête auprès des mères porteuses en Inde, et a publié à la suite de ses recherches A Transnational Feminist View of Surrogacy Biomarkets in India, un document réalisé à partir de nombreux entretiens. Elle y révèle les conditions terribles dans lesquelles les mères porteuses sont étroitement surveillées tout au long de leur grossesse. Elle a été interrogée dans le Figarovox. Extrait :

A-Transnational-Feminist-View-of-Surrogacy-Biomarkets-in-India"En 2007, L'Inde était la deuxième destination au monde en matière de tourisme médical, grâce à la qualité de son système de santé, de ses équipements et de l'accessibilité des soins. Je pensais donc que les parents d'intention (les personnes qui ont recours à une mère porteuse pour obtenir un enfant) étaient attirés par la modernité des équipements médicaux et le haut degré de qualification des médecins, ainsi que par la permissivité de la législation indienne, la faiblesse des coûts et la disponibilité des mères porteuses. Mais lorsque je suis venu en Inde et que j'ai discuté avec des parents d'intention, j'ai compris en réalité qu'ils viennent surtout parce qu'en Inde, les mères porteuses n'ont absolument aucun droit sur l'enfant qu'elles portent, ni même sur leur propre corps tout au long de leur grossesse. Elles ne bénéficient d'aucun soutien légal ni psychologique. On leur demande d'allaiter l'enfant qu'elles ont porté, puis on le leur arrache sans leur apporter la moindre assistance psychologique. C'est tout le contraire de ce que l'on nous montre à la télévision: dans les talk-shows comme celui d'Oprah Winfrey aux États-Unis, on nous vend une image romantique de la gestation pour autrui en Inde, comme si c'était un service rendu, entre sœurs, en quelque sorte. J'ai donc pris conscience qu'en Inde, la gestation pour autrui est une violation flagrante des droits de l'homme, et qu'elle fait encourir d'importants risques pour la santé des femmes.

Vous rapportez les difficultés que vous avez eues pour approcher les mères porteuses. Pourquoi les cliniques étaient-elles si réticentes à vous mettre en contact, si leur activité est légale?

Malgré tout, deux cliniques ont accepté de m'aider dans mes recherches, dont une qui dispose d'un foyer pour mères porteuses, c'est-à-dire des dortoirs dans lesquels les femmes enceintes sont détenues pendant toute leur grossesse. J'ai toutefois appris plus tard que les femmes avaient reçu des consignes très strictes sur ce qu'elles avaient le droit de dire ou non. J'ai rapidement compris les raisons de tous ces mystères. Ces cliniques étaient impliquées dans diverses activités illégales: elles ne fournissaient aucune copie de leur contrat aux mères porteuses, elles fabriquaient de faux certificats de naissance, et se servaient même de leur influence pour émettre de faux passeports aux personnes qui souhaitaient ramener un enfant dans un pays où la GPA est illégale. Par ailleurs, de nombreuses médicales y sont contraires à toute forme d'éthique: bien qu'on n'ait pas le droit d'implanter plus de trois embryons à la fois dans l'utérus de la mère, les cliniques en implantent systématiquement cinq, et s'il y en a plus de deux qui sont viables, on procède in-utero à des avortements sélectifs. De plus, les accouchements ne se font que par césarienne. Une des mères m'a confié que même si le travail se fait douloureusement, on les conduit brutalement en salle d'opération pour les accoucher en urgence. Ces pratiques sont toutes, évidemment, illégales. Les cliniques se doutaient certainement que si je restais trop longtemps ou que j'approchais les femmes de trop près, je finirais par avoir vent de leurs pratiques, d'où leur réticence à me mettre en relation avec elles. [...]

Vous avez également visité ces «surrogacy homes», ces foyers pour mères porteuses où sont retenues les femmes pendant leur grossesse. Y restent-elles par choix, ou par obligation? Vous comparez ces lieux à des prisons…

Il s'agit d'une obligation imposée par la clinique, parfois même après la naissance si les parents d'intention souhaitent que la mère allaite l'enfant. De toute manière, après l'accouchement, elles n'ont pas le droit de retourner tout de suite chez elles. Pendant la grossesse, tous leurs mouvements sont strictement contrôlés, elles n'ont pas le droit de sortir ni d'accomplir aucune tâche du quotidien. On limite le nombre de proches qu'elles sont autorisées à voir. Elles doivent également abandonner leurs autres enfants: l'une d'entre elles, célibataire, a dû les confier à son frère tout le temps de la grossesse. Et dans la clinique, il n'y a aucun divertissement prévu pour elles: pas de télé, de radio, de livres ou d'ordinateurs, elles sont sur leur téléphone portable pratiquement toute la journée. Même dans les prisons, il y a des cours ou des espaces de récréation. On leur fait écouter de la musique sacrée à longueur de temps, car cela est supposé avoir un effet bénéfique sur les bébés. Elles sont gavées à longueur de journée, sont tenues de finir leur assiette à chaque repas. En réalité, les conditions de vie dans ces foyers sont une violation flagrante des droits de l'homme: toute activité autre que liée au bon déroulement de la grossesse est bannie. [...]

En revanche, est-ce que l'interdiction de la GPA ne risque pas de laisser ces pratiques se perpétuer souterrainement, dans des conditions pires encore?

Non, car en réalité, même légale, la gestation pour autrui s'accompagne de pratiques terribles. En 2013, de très jeunes femmes venues des régions les plus pauvres d'Inde ont été enlevées, échangées, violées et forcées à devenir mères porteuses. Une jeune fille a notamment été forcée d'accoucher à six reprises après son enlèvement, à l'âge de 13 ans! Il y a de très nombreux trafics similaires en Inde, avec des femmes venues souvent du Népal ou de Thaïlande. D'autant que la GPA intéresse de moins en moins de femmes à cause de la diminution des salaires. Comme pour la prostitution, une interdiction formelle n'empêchera certainement pas certains trafics souterrains, mais permettra de créer des plateformes légales pour aider les femmes qui en sont victimes à se pourvoir en justice, tandis qu'un système permissif favorise l'essor des réseaux clandestins."

Posté le 25 juin 2018 à 13h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

23 juin 2018

PMA et GPA : le débat commence chez les parlementaires

Le 20 juin, la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la république tenait une réunion conjointe avec la commission des Affaires sociales sur les questions de bioéthique : « Procréation et société ». La question tourne autour de l’ouverture de la PMA et de la GPA aux femmes de même sexe et, par extension, à tous. Les intervenants sont partagés, 3 pour et 3 contre, comme si tout se valait :

La présidente, Mme Bourguignon, commence par rappeler qu’il s’agit d’une table ronde, non pas destinée à l’exposition des convictions des intervenants, mais bien à la possibilité de formation d’opinion éclairée et c’est pourquoi, dans un souci d’équilibre des opinions, les intervenants sont plus nombreux qu’auparavant.

Capture d’écran 2018-06-22 à 22.00.02René Frydman, qui connaît la PMA depuis une quarantaine d’années, commence par relater une dynamique : l’évolution de la société entraine une demande et un désir d’enfant plus tardif. Or, la fertilité diminue avec l’âge. Ainsi, l’âge moyen d’une PMA à l’heure actuelle est de 38 ans. Dès lors, il est nécessaire de lancer une campagne de prévention, à l’image de celle faite pour le cancer du sein, pour informer les femmes. Le problème central de la PMA , actuellement au nombre de 90 000 en France par an contre 1 millions en Chine, n’est pas assez efficace puisque près de 60% des embryons ne se développent pas durant la procédure. La congélation des embryons, qui pose d’ailleurs des problèmes éthiques, est la solution utilisée couramment et ne permet pas un développement optimal des embryons. Il faut donc ouvrir la possibilité d’auto-congélation des ovocytes pour les femmes et, n’en déplaise aux associations militant contre, débattre sur le sujet plutôt que de l’évincer. Dernier point : pour ce qui est du don d’ovocytes et de gamètes, les centres privés français ne peuvent pas faire de campagnes d’information locales. Il faut revisiter le système de dons d’ovocytes sans tomber dans les travers de deux principes éthiques fondamentaux : ce qui est proposé ne doit pas être délétère à quelqu’un (enfant, parent ou intermédiaire) et le commercialisation du corps n’est pas envisageable.

Capture d’écran 2018-06-22 à 22.03.06Sylviane Agacinski développe un point de vue éthique et juridique car on ne peut pas séparer les deux.  La procréation, n’est pas un droit, du type créance, mais une liberté pour tous. La maternité n’est pas que biologique, la femme n’est pas qu’une gestatrice agréée. Du point de vue du droit, la convention dans la GPA, qu’elle soit onéreuse ou gracieuse, n’est rien d’autre que la remise de l’enfant par la mère qui l’a mis au monde. Or il s ‘agit de personnes et non pas des choses sur lesquelles on peut exercer un droit de propriété. En conséquence, ni femmes enceintes, ni enfant, ni accouchement ne peuvent être vendu et d’ailleurs pas d’avantage donné. C’est une façon de masquer le marché actuel. Faut-il réguler ou interdire ce marché ? Plus de régulations rendraient-elles le marché plus éthique ? Non, l’enjeu de la question est de savoir si la filiation est un droit familial qui peut devenir un droit patrimonial et donc si un enfant peut être cédé à autrui. Les individus qui reviennent de tourisme procréatif, en voulant interdire la loi par l’inscription de leur enfant au code civil, représente une situation invraisemblable. Ils disent le faire au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant : est-ce bien de l’intérêt de l’enfant de naitre de cette façon ? Leur intérêt est juste de ne pas être pénalisé, eux qui sont déjà victime des conditions de leur naissance. La jurisprudence que plusieurs cas ont fait ont incité au tourisme procréatif. Le législateur devrait donner le titre de tuteur aux femmes qui portent des enfants pour d’autre à l’étranger et ne pas désigner les parents commanditaires comme parents légaux comme si rien ne s’était passé. Le conseil constitutionnel a d’ailleurs rappelé la nullité juridique de la GPA et a déclaré qu’il fallait réprimer de telles pratiques. Le prochain assaut contre le droit civique va être de dire que la mère de naissance n’est pas nécessairement la mère. On arrivera un jour peut-être à dire que la filiation est une construction artificielle qui dépend du bio-marché.

Capture d’écran 2018-06-22 à 22.06.17Irène Théry rappelle que « les moments pour faire l’histoire » sont rares et qu’on a là une possibilité de le faire pour  les familles issues de don. Elle entame sa prise de parole en rappelant qu’il existe trois manières de faire une famille, c’est-à-dire de créer l’engagement des parents avec le statut qui en découle : par procréation charnelle, par adoption ou engendré par un tiers donneur. Cette troisième voie n’est ni une procréation ni une adoption. Or, aujourd’hui en France, on organise ces familles sans les reconnaître ce qui appelle une remise en cause de l’organisation juridique. Elle fait l’analogie avec les avancées réalisées il y a 20 ans pour les familles adoptives et propose de « faire une place au soleil aux familles engendré par un tiers donneur dans le paysage des familles ». Il y a toujours eu en France, depuis les années 1970, deux PMA : une thérapeutique (qui représente 95% des cas) et une PMA avec don proposée en cas d’échec. C’est une coopération entre un couple en mal d’enfants et une personne tiers désireuse d’aider. Le véritable problème réside dans l’organisation que l’on fait de ces familles avant de tout faire pour les cacher (9 enfants sur 10 nés d’un don ne le savent pas). Dès lors, la filiation entre parents et enfant, qui n’est pas réservée aux couples hétérosexuels, doit être sécurisée, aussi bien pour les enfants nés en France que ceux de GPA à l’étranger. Tout cela doit se faire dans le respect de chaque personne : l’enfant doit avoir le droit à l’origine donc de savoir à 18 qui est son géniteur et le géniteur peut avoir le droit au secret s’il le veut.

Capture d’écran 2018-06-22 à 22.07.38Dominique Mehl se place dans l’hypothèse de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes et notamment aux femmes célibataires. Ces mères célibataires peuvent l’être devenue par choix ou par recherche de donneurs sur internet bien que cette possibilité soit périlleuse. Ainsi, les mères célibataires désireuses de PMA se rendent en Espagne ou en Belgique. Les raisons sociales de cette entrée en maternité solitaire  (elles se définissent comme des mères-solos et non pas des mono-parents issus d’un divorce) sont le retard de l’âge de la maternité et les conditions de leurs propres conjugalités. Ce sont des femmes qui ont vécus les aléas de conjugalité contemporains avec des relations sentimentales très fortes et exigeantes mais qui se défont très rapidement même avec un enfant. En conclusion, c’est le couperet de l’horloge biologique et la conjugalité moderne qui explique cette demande, sans être toutefois un rejet de la conjugalité. C’est une cause fragile qu’il faut défendre et un phénomène de société qui va se développer.

Capture d’écran 2018-06-22 à 22.09.31Aude Mirkovic s’intéresse à l’ouverture de la PMA aux célibataires et couples de femmes. Elle rappelle que la loi poursuit, jusqu’à présent, un principe biologique pour éviter le passage d’une maladie ou pour raison thérapeutique. Cette ouverture de la PMA conduirait à exclure les hommes. Cette exclusion aurait comme conséquence l’institutionnalisation dans le loi de l’absence de père. Or, l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant accorde à tout enfant le droit à un nom, une nationalité et à la connaissance de ses parents ainsi que le droit d’être élevé par eux dans la mesure du possible. Par ailleurs, un sondage paru dans La Croix réalisé par l’IFOP en 2018 nous apprend que 93% des français considèrent que le père a un rôle essentiel pour l’enfant. Cette ouverture serait donc une bombe juridique car les enfants demanderaient des comptes. Cette ouverture signifierait aussi la gratuité du don de gamètes, par le manque de gamètes disponible, autrement les prix exploseraient. Par ailleurs, si on renonce au critère thérapeutique, c’est la PMA pour tous, y compris les couples hétérosexuels fertiles, vers laquelle on se dirigerait, ce qui est le véritable marché recherché pour programmer les caractéristiques des enfants. Le vrai problème réside dans la filiation et non pas la bioéthique. Actuellement, l’article 7 du code civil intègre la filiation de procréation dans la filiation de droit commun,  toujours entièrement fondée sur l’engendrement de l’enfant. Le schéma avec deux femmes ne rentrant pas dans ce cadre, cela suppose une refonde totale du droit français, qui exige un projet de loi de grande ampleur.

Capture d’écran 2018-06-22 à 22.11.52Jean-Pierre Winter s’intéresse à la généalogie de la famille, la filiation et la connaissance de leur filiation des enfants. De son expérience de psychanalyste, il estime que la généalogie trouée change le rapport au savoir des enfants : ceux qui connaissant entièrement leur généalogie apprennent mieux. De plus, réduire la fonction paternelle à une fonction spermatozoïde est une grosse erreur ! La filiation consiste à savoir qui est son père, et, même si on ne le connait pas, elle consiste à savoir qu’on avait un père, qu’on a un père. Pour ne pas donner le nom d’un père non voulu à un enfant, on pourrait lui donner le nom de son père, ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses.  « L’armature psychique se construit sur le squelette généalogique ».

Les questions des députés peuvent se résumer ainsi :

Posté le 23 juin 2018 à 10h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)


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