États Généraux de la Bioéthique : respectons la consultation !

Des Sentinelles de Paris :

41478593_2284374354942641_5108518334761009152_n"Le 25 septembre sera remise une synthèse établie par le Conseil Consultatif National d’Éthique. Celui-ci s’est déjà discrédité à plusieurs reprises lors de ce processus d’information / consultation. Tous ont pu constater des castings d’intervenants quasi-exclusivement progressistes lors des conférences et débats ; une tolérance complice vis à vis de certains désordres orchestrés par les officines LGBT ; sur le site internet, des formulations très hasardeuses et ambiguës et une modération partiale. Des propos insultants ont été véhiculés sur les citoyens qui se sont donné la peine de participer massivement, les accusant de monopoliser et squatter cet évènement. La défiance est donc de mise, mais il n’est pas question de se laisser voler les résultats des États-Généraux de la Bioéthique sans protester, si tel devait être le cas.

Les Sentinelles se sont investies dans ce processus. Le 24 septembre à partir de 20:00, à la veille de cette remise de synthèse, elles veilleront devant le Palais-Bourbon pour signifier par leur mobilisation leur attachement à une anthropologie respectueuse de la dignité humaine et qui refuse de déifier le progrès par principe.

Vous pouvez les rejoindre et vous aussi veiller en vous tenant debout face à la chambre des députés, le temps que vous voudrez, en respectant un espace suffisant entre vous et les autres Sentinelles, sans signe distinctif, sans slogan, en silence, en respectant l’ordre public et avec bienveillance. Il n’est pas indispensable de s’inscrire sur l’évènement Facebook".

Bonne veille


Les paradoxes de Marlène Schiappa : rentrée scolaire et PMA, des hommes oui mais non ?

A l'occasion de la rentrée scolaire, le ministre Marlène Schiappa fait remarquer sur Twitter qu'il y a plus de femmes que d'hommes qui se rendent aux réunions de parents (en quoi cela la regarde-t-elle ?).

Et elle s'indigne :

Si elle s'inquiète de l'absence des hommes dans l'éducation des enfants, pourquoi milite-t-elle en faveur de la PMA sans père (bonne réponse de La Manif Pour Tous) :


Pour se préparer à une année à très hauts risques bioéthiques et anthropologiques

L'Université d’été 2018 de La Manif Pour Tous se tient sous le thème « Bioéthique et politique : pour le meilleur ou pour le pire ? » les samedi 22 et dimanche 23 septembre à Etiolles (Essonne, 30 km au sud de Paris).

"La Manif Pour Tous se prépare à faire sa rentrée à quelques heures de la publication de l’avis du CCNE sur la révision de la loi de bioéthique (avis annoncé pour le 25 septembre) et à l’approche de deux autres rapports très attendus sur ce même sujet : celui de l’Office parlementaire pour l’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST) et celui de la Mission d’information bioéthique de l’Assemblée nationale.

Envisagée pour 2019, la révision de la loi de bioéthique portera sur des enjeux fondamentaux pour les générations qui viennent : génétique et génomique, intelligence artificielle, big data… sans oublier les questions sensibles de procréation et filiation avec la PMA en l’absence de père pour l’enfant et la GPA. Dans le contexte relativiste et progressiste de ce début de XXIe siècle, est-il encore possible de parvenir à des décisions politiques respectueuses de l’être humain et de l’environnement. La politique et la bioéthique peuvent-elles encore s’allier pour bâtir un monde plus humain demain ?

Pour tenter d’apporter des réponses à ces questions de fond, des experts de haut niveau partageront leur analyse de la situation :

  • Pierre Manent (philosophe, directeur d’études à l’EHESS - Ecole des hautes études en sciences sociales),
  • Patrick Buisson (politologue),
  • Ivan Rioufol (journaliste) ;
  • Dominique Reynié (politologue, directeur de la Fondation pour l’innovation politique),
  • Christian Flavigny (pédopsychiatre et psychanalyste),
  • Grégor Puppinck (juriste, directeur de l’European center for justice and law)...

Des dirigeants d’associations interviendront également. Outre Ludovine de La Rochère et Albéric Dumont, présidente et vice-président de La Manif Pour Tous,

  • Jean-Marie Andrès (président des AFC - associations familiales catholiques)
  • Franck Meyer (président du collectif des Maires pour l’enfance) interviendront au moment où l’agenda politique des prochains mois se dessine.

Les séances plénières alterneront avec des ateliers de formations pratiques (action militante, communication, bioéthique, politique familiale, éducation, élections européennes, etc.) et des temps d’échanges informels tout le long du week-end. Un film-enquête sur la GPA aux Etats-Unis sera projeté en avant-première.

Événement ouvert à tous sur inscription :

Tarif jeunes week-end complet : 22 € seulement !


Entre la sélection prénatale et la sélection terminale, l’homme moderne progresse sous l’étendard de l’avortement et de l’euthanasie

Tribune au vitriol de Jean-Marie Le Méné dans Valeurs Actuelles :

Unknown-6"La rentrée politique sera une homélie. Quand on débattra de la loi de bioéthique, nous aurons droit aux versets de la Révélation moderne. L’homme ne vient de nulle part et ne va nulle part. Il n’a ni ascendance ni descendance. D’ailleurs, il n’est rien, il se choisit et se crée à chaque instant, homme, femme ou autre chose. Issu d’un être embryonnaire qui n’est pas respectable, l’homme est promis à devenir un être grabataire qui ne sera plus respecté. Entre la sélection prénatale et la sélection terminale, l’homme moderne progresse sous l’étendard de l’avortement, de l’euthanasie et de l’optimisme. Ses parents seront achevés et ses enfants fabriqués, mais l’homme moderne est content. « Toutes les guerres depuis le Déluge ont eu pour musique l’optimisme. Tous les assassins voient l’avenir en rose, ça fait partie du métier. Ainsi soit-il » écrivait Céline. 

On dira que j’exagère. Pourtant les hérauts habituels ont déjà trompeté de Grands Bonds en Avant. Sous peu, on fabriquera des embryons humains transgéniques, par clonage, en mélangeant trois ADN, on fera des essais d’homme, pour voir, pour tester, pour crâner, on créera aussi des chimères homme-animal pour la gloire de la cuistrerie et la jubilation du marché, on passera en pertes des milliers d’embryons sous-calibrés, avant de triompher avec la matrice artificielle qui livrera sous cellophane des humanoïdes garantis.

Que les transhumanistes nous épargnent leurs spéculations de bazars. Leurs nouveautés sentent la naphtaline. Non l’homme n’est pas une machine, on ne peut pas le débrider comme un moteur de mobylette, non il ne devient pas meilleur grâce au Progrès, non la science ne va pas le transformer en demi-dieu, non les hommes ne vont pas s’aimer demain comme des frères parce qu’on aura aboli les maladies, la pauvreté et les différences, interdit le tabac, l’alcool et les animaux de cirques, qu’on aura fait disparaître les frontières des cartes, les races de la Constitution et les regards appuyés des coins de rue.

L’homme ne change pas, c’est une fable. Il est toujours capable d’admiration, une aptitude qui le fait homme. Regardez l’élégance, l’ingéniosité et la force dont le monde végétal entoure sa reproduction. Les fruits de l’érable dotés d’ailes d’hélicoptères sont capables de se poser en douceur à des centaines de mètres de l’arbre. Les fruits du pissenlit, munis de leurs parachutes soyeux, peuvent être disséminés par le vent sur des distances allant jusqu’à 10 km. Les graines du lotus sacré détiennent le record de longévité : des savants ont fait germer une graine datant de 1 300 ans. Les séquoias géants résistent au feu grâce à leur écorce et les enveloppes qui contiennent les graines ne s'ouvrent qu'après avoir été exposées à une chaleur caniculaire ou à un feu de forêt. Le monde qui nous entoure ne change pas non plus et sa manière de se reproduire nous inspire un infini respect.

L’enchantement du réel nous aide à ne pas devenir fous. La permanence du monde nous guérit de « la dégradante obligation d’être de son temps »(Hannah Arendt)."


Réforme de la PMA : conclusion du rapport de La Manif Pour Tous présenté au CCNE

Chronique de La Manif Pour Tous :

Capture d’écran 2018-09-03 à 19.31.07"Née à l’automne 2012 dans le contexte des débats sur le mariage et l’adoption par deux hommes ou deux femmes (loi Taubira), La Manif Pour Tous n’a cessé de rappeler la nécessité de prendre en compte la réalité anthropologique, c’est-à-dire le fait que seul le couple homme-femme peut concevoir un enfant et que cet enfant a besoin de son père et sa mère. Comme l’indique la Convention internationale des droits de l’enfant dans son article 7, l’enfant « a le droit, dans la mesure du possible, de connaître ses parents et d’être élevé par eux ». Les rédacteurs de la Convention ont naturellement tenu compte des aléas de la vie : cette expression « dans la mesure du possible » désigne ainsi tout ce qui peut survenir au cours de la vie, qui rendra impossible pour l’enfant l’exercice de son droit à connaître ses parents et à être élevé par eux : abandon, accident, maladie, mort, séparation, divorce, violences ou encore, dans un autre ordre, guerre, déplacements de population, exil, etc.

En dehors de ces situations, malheureusement fréquentes mais que personne n’a voulues, l’enfant a effectivement « le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux » et ce droit doit être respecté : c’est en effet le plus souhaitable pour lui. De fait, nous connaissons tous autour de nous des personnes qui n’ont pas connu l’un de leurs parents ou leurs deux parents, ou des personnes qui n’ont pas ou plus de relations avec l’un de leurs parents ou les deux. Et précisément, leurs témoignages s’expriment en termes souvent tragiques : « souffrance », « détresse », « vide », « abyme », « absence », « silence », « manque », etc. Et il est frappant de constater que ceux qui ont été orphelins, puis adoptés par des familles aimantes, connaissent souvent cette souffrance : autrement dit, ne pas connaître l’un de ses parents, ou les deux, est source de questions angoissantes et de détresse, même en ayant la chance d’être aimé et entouré par une famille adoptive.

Alors certes, on peut guérir de ses blessures. Mais ce n’est pas parce que l’on peut en guérir, qu’il est envisageable de blesser volontairement : ainsi, ce n’est pas parce que des enfants sont séparés de leurs parents par les aléas de la vie que l’on peut volontairement, délibérément, sciemment, séparer des enfants de l’un de leurs parents ou des deux : faire sciemment des enfants orphelins de père ou de mère serait un déni des conséquences, une injustice immense, une violence faite à l’enfant.

Hélas, envisager d’autoriser la procréation médicalement assistée à des femmes seules ou à des couples de femmes, ou envisager d’autoriser la gestation pour autrui, ou pratique des mères porteuses, consistent précisément en cela.

Parce que La Manif Pour Tous cherche à protéger les générations à venir et la société de l’éventuelle mise en œuvre d’un « droit à l’enfant » qui, par essence, piétinerait les droits de l’enfant, le mouvement compte parmi ses membres de nombreuses personnes qui ont été ou sont confrontées à de telles situations : orphelins, adoptés, adoptants, nés sous X, nés de donneur anonyme, non reconnus par leur père, etc. Tous sont bouleversés par le fait que certains envisagent de priver volontairement des enfants de père ou de mère. La Manif Pour Tous s’appuie aussi sur l’expertise de plusieurs de ses membres ou correspondants en matière de santé, droit, pédopsychiatrie, éducation, philosophie, anthropologie, etc.

L’ensemble des réflexions et travaux de La Manif Pour Tous conduisent le mouvement, au nom de ses militants et sympathisants, à souhaiter :

A / Quant à la procréation médicalement assistée, que la future loi de bioéthique :

1 – maintienne le cadre défini par l’article L 2141-2 du Code de la santé publique :

  • « L’assistance médicale à la procréation a pour objet de remédier à l’infertilité d’un couple ou d’éviter la transmission à l’enfant ou à un membre du couple d’une maladie d’une particulière gravité. Le caractère pathologique de l’infertilité doit être médicalement diagnostiqué.
  • « L’homme et la femme formant le couple doivent être vivants, en âge de procréer et consentir préalablement au transfert des embryons ou à l’insémination.
  • « Font obstacle à l’insémination ou au transfert des embryons le décès d’un des membres du couple, le dépôt d’une requête en divorce ou en séparation de corps ou la cessation de la communauté de vie, ainsi que la révocation par écrit du consentement par l’homme ou la femme auprès du médecin chargé de mettre en œuvre l’assistance médicale à la procréation ».

2 – supprime l’insémination avec tiers donneur qui institue une rupture dans la filiation de l’enfant et crée une souffrance liée au fait de naître de père inconnu.

Cette modification mettrait la France en conformité avec les engagements internationaux qu’elle a pris (qui sont de normes supérieures aux normes nationales), en particulier comme signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant (article 3 et article 7). Elle irait dans le sens de l’égalité puisque la loi serait bien la même pour les couples homme-femme, les couples de femmes et les femmes célibataires.

B/ Quant à la gestation pour autrui, que l’interdiction de recourir à une mère porteuse soit étendue :

La loi l’interdisant aux Français seulement sur le territoire français et l’Etat comme les tribunaux facilitant de plus en plus largement l’accueil d’un enfant né de GPA, donc le recours à une mère porteuse à l’étranger, la France ne respecte pas la dignité de la femme et de l’enfant au-delà de ses frontières. La Manif Pour Tous souhaite donc l’élargissement de cette interdiction : à l’instar d’autres crimes ou délits, le recours à une mère porteuse devrait être interdit aux Français sur le territoire national comme à l’étranger. Le mouvement invite à réécrire en ces termes l’article 227-12 du code pénal :

  • Insérer, après le troisième alinéa, un alinéa rédigé ainsi : « La vente ou l’achat d’enfants, que ce soit en France ou à l’étranger, est interdit. »
  • Insérer, après le quatrième alinéa, un alinéa rédigé ainsi : « Lorsque les délits prévus au présent article sont commis à l’étranger par un Français ou une personne résidant habituellement sur le territoire français, la loi française est applicable par dérogation au deuxième alinéa de l’article 113-6, et les dispositions de la seconde phase de l’article 113-8 ne sont pas applicables. »

21e Université d’été d’Alliance VITA : cultiver le goût de la vie pour le transmettre

Communiqué d'Alliance Vita :

Mail"300 membres d’Alliance VITA ont participé à son université d’été 2018 qui s’est déroulée cette année du 24 au 26 août à la Pommeraye, à quelques kilomètres d’Angers (49) avec pour thème : Cultiver le goût de la vie. Autour de François-Xavier Pérès, son président, de Tugdual Derville, délégué général, Caroline Roux, déléguée générale adjointe & directrice de VITA International, Blanche Streb, directrice de la formation et de la recherche, et des autres permanents de l’association, plusieurs personnalités amies étaient présentes, venues notamment du Portugal et de Belgique, ainsi qu’une délégation des VITA Jeunes qui revenaient de leur tour 2018 à la rencontre des personnes âgées.

Au programme de cette session de trois jours : bilans, exposés, formations et ateliers, mise en place afin que les membres du réseau VITA puissent prendre le chemin de la rentrée avec une capacité accrue de défendre l’être humain avec toutes ses fragilités. Entre parcours de développement personnel, témoignages de vie et conférences, Alliance VITA a construit cette Université afin de répondre aux graves enjeux qui s’annoncent à partir de la rentrée.

Pour Alliance VITA, les résultats des Etats généraux de la bioéthique dénotent une forte volonté de ses participants de préserver l’intérêt supérieur des enfants face aux dérives de la procréation médicalement assistée (PMA). La révision de la loi de bioéthique dont la phase parlementaire se prépare devra respecter l’inaliénabilité du corps humain, de sa conception jusqu’à sa mort, le droit pour chaque enfant d’être conçu d’un père et d’une mère, et la protection de la vie des plus fragiles. L’écoute, par Alliance VITA, des personnes confrontées à des épreuves de début ou de fin de vie confirme l’importance de ces repères à toutes les générations.

Alliance VITA souhaite résister aux glissements des lois sociétales dont nos concitoyens les plus faibles font les frais. Parmi ces glissements actuellement en débat, l’accès à la PMa pour les femmes seules ou vivant à deux occulte trois enjeux majeurs :

  • Le vrai problème de l’infertilité qui touche de plus en plus de Français en âge de procréer, défi d’écologie humaine ;
  • L’aggravation de l’eugénisme par sélection anténatale qui tend à l’exigence inhumaine de l’enfant zéro défaut ;
  • L’isolement croissant des personnes âgées dépendantes, dont certaines subissent une forme « d’euthanasie sociale ».

C’est pour ces raisons qu’Alliance VITA appelle ses membres à faire rayonner le goût de la vie pour cette rentrée 2018 et à se préparer à la mobilisation si l’exécutif déclenche à nouveau une offensive sociétale."


La notion de progrès remplace ce qui est juste, ce qui est vrai, ce qui est moral

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, déclare dans L'Incorrect :

6a00d83451619c69e2022ad36737bf200c"Politiquement, la loi Veil illustre un modèle de violence politique digne d’un dialogue de Thucydide. Les réformes rêvées par une gauche glorieuse, mais réalisées par une droite piteuse, ont précipité le politique sur un chemin de traverse. Il n’y a plus de distinction spécifique du politique, c’est-à-dire de discrimination de l’ami et de l’ennemi, dans la mesure où le vote de l’IVG a brouillé les pistes. Tandis que la gauche et la droite ont affiché une convergence de façade autour de la loi de 1975, s’est construite une relation scabreuse où c’est la gauche qui monte la garde et la droite qui baisse la sienne. Avec le vote de la loi Veil, la droite a «gagné» une liberté sous protection de la gauche. La droite a fait allégeance sur le plan culturel à une gauche qui définit le périmètre d’évolution de la droite et la charge même de faire avancer certains de ses projets. Comme le poisson rouge dans son bocal, la droite est en liberté surveillée, associée à une soumission à la gauche quel que soit le parti au pouvoir. De ce fait, la gauche peut fort bien se dispenser d’être au pouvoir, en pratique elle y est toujours. La droite peut faire ce qu’elle veut pourvu que, sur les questions morales, la gauche donne le cap. Ainsi s’expliquent que ce sont bien les trois premières lois de bioéthique de 1994, 2004 et 2011, votées sous la droite, qui ont posé les bases de toutes les transgressions que nous connaissons et de celles qui arrivent.

Aujourd’hui où ni la droite ni la gauche ne sont au pouvoir mais une formation hybride qui emprunte le libéralisme de la première et le libertarisme de la seconde, la machine à transgresser fonctionne encore mieux. La valeur suprême est le progrès sous toutes ses formes. Notre droit positif doit en assurer une égalité d’accès à tous, d’où un foisonnement de droits individuels. Et le marché arbitre ce foisonnement, en l’absence de tout critère moral. Dès lors que techniquement une chose est faisable, elle doit pouvoir être faite au profit du plus grand nombre. Tel est la doxa officielle sur la PMA pour toutes, par exemple. Pour aller plus vite, on a recours au procédé des « illégalités fécondes ».

C'est ainsi que René Frydman, pour plaider en faveur de la PMA pour toutes, a signé dans Le Monde, aux côtés de 130 autres spécialistes, un appel dans lequel tous reconnaissaient avoir violé la loi. Les juges ne punissent plus et la complicité de certains médias permet d’exercer une pression sur le politique. Il suffit de changer la règle, pour être en règle. Et le tour est joué. Cela fait plus de 40 ans que cela dure. Ainsi, depuis l’avortement, toutes les transgressions sont, non pas régulées, mais régularisées par la loi. Telle est le fonctionnement de la démocratie aujourd’hui. Ceux qui gagnent sont ceux qui sont favorables au progrès. La notion de progrès remplace ce qui est juste, ce qui est vrai, ce qui est moral. Il suffit de le savoir. Mais est-il bien raisonnable d’entrer dans ce jeu de dupes ? [...]"


Le petit mensonge de Marlène Schiappa pour promouvoir la GPA

Décrypté par Valeurs Actuelles :

"Invitée sur Franceinfo, mercredi 29 août, à réagir à la pusillanimité du gouvernement pour mettre en place la PMA, Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes, est tombée dans la surenchère mensongère concernant la Manif pour tous. Interrogée par un journaliste qui souhaitait savoir si le gouvernement avait peur du pouvoir de rassemblement du mouvement catholique, elle a utilisé les bonnes vieilles ficelles en lançant avec aplomb : « Les extrémistes comme la Manif pour tous ont appelé à voter pour Marine Le Pen à la dernière élection présidentielle. »

Comparer son adversaire au Front national est une manière courante dans la vie politique française de disqualifier son adversaire. Sauf que présentement, c'est une fake news que la Manif pour tous en personne a souhaité signaler : « Nous n'avons JAMAIS appelé à voter pour un candidat », a écrit le mouvement sur son compte Twitter. 

Dans le détail, la Manif pour tous n'a effectivement jamais appelé ouvertement à voter pour Marine Le Pen. Si Sens commun (la traduction politique de la Manif pour tous) était omniprésent dans la campagne de François Fillon, la Manif pour tous n'a jamais soutenu le Front national. « Macron, c’est non ! (…) Mais nous invitons chacun à décider de son vote », déclarait explicitement le mouvement."


Remercions Mme de Gaulmyn de nous avoir offert l’occasion de nous préparer aux combats à venir

Nous venons d’achever notre série d’articles pour relire Evangelium vitae et rappeler à notre consoeur Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de « La Croix », quelques « fondementaux » sur la dignité de la personne humaine de sa conception à sa mort naturelle – après son monstrueux « papier » sur le référendum irlandais.

Je profite de cette relative accalmie estivale pour tirer quelques conséquences de cette affaire – d’autant plus importantes, à mes yeux, que se profile une difficile révision des lois de bioéthique dans quelques mois, qui exigera l’engagement sans ambiguïté de tous les Français de bonne volonté, à commencer, bien sûr, par les catholiques qui ont sur ces questions la doctrine et l’enseignement les plus clairs et les plus cohérents.

Tout d’abord, il me faut préciser que cette relecture quotidienne d’Evangelium vitae n’était pas (pas uniquement du moins, ni même principalement) une façon de polémiquer avec Mme de Gaulmyn. Bien sûr, comme tous les catholiques pro-vie, à la rédaction du Salon beige, nous avons été scandalisés de voir le quotidien officieux de l’épiscopat se faire le porte-parole de la culture de mort, sous couvert d’un vague réalisme politique. Mais nous en avons vu d’autres et nous serions bien volontiers passés à autre chose si cette affaire n’avait pas été, pour nous, une occasion de nous replonger dans nos « classiques ». Ce n’était donc pas seulement pour Mme de Gaulmyn, mais pour nous tous, que nous avons eu la joie de relire cette admirable encyclique de Jean-Paul II.

Si nous, catholiques de conviction, ne sommes pas nourris de ce Magistère, il ne faut pas s’étonner des progrès de la culture de mort. Profitons donc de l’été pour lire et relire cette quarantaine de citations – ou mieux, l’encyclique intégrale. Ce sera une excellente préparation pour le combat sur la loi de bioéthique. Car, autant le dire clairement, même si nous sommes aussi réceptifs que quiconque aux différents arguments « naturels » et « purement politiques » (voire purement économiques) contre la recherche sur l’embryon ou la PMA sans père, si nous nous opposons à ces dérives libertaires, c’est parce que nous voyons dans l’homme le sommet de la Création et dans l’union conjugale une réalité sacrée, voulue par Dieu dès la fondation du monde, qu’aucun d’entre nous n’a le pouvoir de modifier. La réponse du Christ tombe aussi nette qu’il y a deux mille ans : C’est en raison de la dureté de votre cœur… Mais, dès l’origine, il n’en fut pas ainsi.

A ce propos, je ne saurais trop conseiller, au passage, à ceux qui auront le temps de lire et de méditer pendant cet été de reprendre, non pas seulement Evangelium vitae, mais aussi les catéchèses de Jean-Paul II sur le corps et le mariage qui ont formé ce qu’on l’appelle désormais la « théologie du corps » (ces catéchèses ont été récemment rééditées). La loi naturelle, ce n’est pas de la pure biologie ou ce que l’on peut enseigner quand on est privé du Magistère ou de la Révélation, pour cause de déchristianisation avancée ; non, la loi naturelle, c’est fondamentalement la Raison du Créateur qui s’exprime dans ses créatures. Même si elle est accessible à la simple raison, elle est fondamentalement surnaturelle en ce qu’elle nous vient de Dieu même.

J’ose espérer que nous avons tous profité de cette relecture collective d’Evangelium vitae. Il est d’autant plus important de relire les encycliques et autres textes prophétiques des derniers Papes sur la dignité de la personne humaine – et tout spécialement de sa sexualité – qu’aujourd’hui, d’Humanae Vitae à Veritatis Splendor, en passant par Donum Vitae, Evangelium Vitae ou Familiaris Consortio, plusieurs non croyants (notamment écologistes) parviennent par d’autres voies aux mêmes conclusions… et que trop de catholiques choisissent précisément ce moment pour abandonner le combat ! Alors même que le combat n’a jamais été plus nécessaire : l’Adversaire (oui avec un A majuscule, car c’est clairement un projet luciférien) en est à proposer l’euthanasie des « inutiles » ou « l’autocréation » d’une humanité asexuée, « choisissant » à volonté comment elle veut agir et même ce qu’elle veut être.

Tout l’enjeu des prochaines lois bioéthiques est là : acceptons-nous notre merveilleux statut de créatures libres et rationnelles voulues et rachetées par Dieu pour Le servir et entrer en communion avec Lui ? Ou choisissons-nous, avec Lucifer, de renverser l’ordre de la Création pour le rebâtir à notre goût – au risque de détruire toute l’humanité réelle ?

Naturellement, je ne veux pas croire que Mme de Gaulmyn opte pour la deuxième solution. Mais ses propos pour le moins équivoques ruinent la première. Voilà pourquoi il nous a semblé utile et nécessaire de revenir aux sources de notre doctrine sur ces questions.

Mais c’est aussi l’occasion de rappeler que, bien que tous les pseudo « réalistes » aient eu le plus souverain mépris pour la politique de Jean-Paul II ou de Benoît XVI, la seule voie politique qui nous soit accessible est précisément celle qu’ils nous ont indiquée : se battre sur la ligne de front des principes non négociables.

Certes, cela signifie que nous avons perdu de nombreuses batailles et ce n’est pas très flatteur sur notre situation politique. Mais, étant donné la situation actuelle, il est remarquablement efficace de se battre de cette façon. C’est même la seule chose qui nous soit possible, au moins en matière de dignité de la personne humaine.

Refuser la marchandisation du corps, l’étatisation de la famille et de la société conjugale ou encore l’appréciation d’une vie humaine à l’aune exclusive de ce qu’elle peut « apporter » à l’économie nous permet de tenir une position remarquablement solide. Et nous permet aussi de réunir autour de nous tous les êtres humains de bonne volonté, attachés à cette humanité concrète et non à une humanité rêvée, déracinée et, pour tout dire, désincarnée.

J’ajoute que ce « Non possumus », que Jean-Paul II opposa d’abord au national-socialisme et au communisme, et dont il donna le signal contre le « démocratisme » dès le début des années 1990, a permis de détruire ces deux premières idéologies mortifères. Pourquoi n’en serait-il pas de même avec la troisième et la dictature du relativisme ?

Alors remercions Mme de Gaulmyn de nous avoir ainsi offert l’occasion de nous préparer aux combats à venir et prions pour qu’elle aussi ait profité de cette lecture estivale d’une encyclique majeure – à la veille d’un débat législatif lui aussi majeur !

Guillaume de Thieulloy

Directeur du Salon beige


Que faire des millions d'embryons humains congelés ?

Au Canada, des divorcés se disputent la propriété d'un embryon congelé dans une clinique de fertilité, issu de sperme et ovules achetés 11 500 $ aux Etats-Unis. Le juge l’a considéré comme un bien matériel. Il a « estimé que, dans un monde idéal, [les embryons] auraient été divisés entre l’homme et la femme. Mais puisqu’il n’en restait qu’un et qu’il ne pouvait être vendu, le magistrat a décidé que l’embryon restant revenait à la femme », tout en demandant pour l’ex-mari un dédommagement d’environ 1  500 $, « ce qui correspond à la moitié de la valeur de l’embryon, en considérant ce qu’il a coûté ».

Dans un monde idéal il n'y aurait pas d'embryon congelé...

Aux Etats-Unis, dans l’Etat d’Arizona, une loi est entrée en vigueur le 1er juillet afin de régler les problèmes liés à l’augmentation des embryons congelés : désormais la garde d’un embryon sera attribuée à la partie qui a l’intention de permettre sa naissance. Aux Etats-Unis, les embryons congelés se comptent aujourd’hui par millions, entraînant une hausse inévitable des conflits liés à leur conservation. Jusqu’ici, les magistrats américains ont souvent statué en faveur de la personne qui refusait que les embryons soient utilisés, ordonnant parfois de les détruire au motif que personne ne peut être obligé de devenir parent.

La nouvelle loi entrée en vigueur le 1er juillet pourrait avoir un impact sur le débat concernant le commencement de la vie humaine. En effet, elle donne raison aux médecins pour qui les embryons congelés ne sont pas de simples tissus sur lesquels des personnes peuvent exercer un droit de propriété, mais des êtres humains, sujets de droits propres. En conséquence, les partisans de l’avortement ne décolèrent pas. Car si l’embryon congelé âgé d’un jour a droit à la vie, qu’en est-il de l’embryon qui croît paisiblement dans le ventre de sa mère ? La nouvelle loi pourrait donc remettre en question le meurtre de l'enfant à naître.


Humanae Vitae : 50 ans déjà, et toujours d’actualité !

A l'occasion des 50 ans d'Humanae Vitae, le père Bernard Domini, de la Famille Missionnaire Notre-Dame, écrit :

"Nous avons remercié Dieu, le 30 juin 2018, d’avoir inspiré au Pape Paul VI le Credo du Peuple de Dieu et de lui avoir communiquer le don de force du Saint-Esprit pour le promulguer, le 30 juin 1968. Nous voulons, en ce 25 juillet 2018, remercier, une nouvelle fois, Dieu pour avoir donné à ce même Pape, qui va être canonisé le 14 octobre prochain, l’encyclique Humanae VitaeQuel courage héroïque lui a-t-il fallu pour la promulguer ! Il savait qu’il serait contredit, marginalisé, ridiculisé par les médias et qu’il ne serait pas soutenu par un grand nombre d’évêques et de théologiens. Mais, par fidélité à Jésus et à la Tradition de l’Eglise, Paul VI n’a pas reculé. Il a promulgué cette encyclique prophétique, 7 mois après la loi Neuwirth, qui avait légalisé, en France, la contraception. Cette loi avait été votée le 27 décembre 1967, en la Fête des Saints Innocents. 7 mois plus tard, le 25 juillet 1968, devant le très grand danger de l’idéologie contraceptive, Paul VI promulguait l’Encyclique prophétique Humanae Vitae.

IndexPour Pierre Simon, l’auteur du livre De La Vie avant toute chose, Paul VI déclenchait «un combat d’arrière-garde » (p. 167). Mais l’avenir révélera, nous en sommes de plus en plus convaincus, le caractère prophétique d’Humanae Vitae. Paul VI a été inspiré du Saint-Esprit pour comprendre le lien intrinsèque entre union conjugale et procréation : Dissocier volontairement la double fin de la sexualité, c’est contredire le plan de Dieu et sa Volonté de Créateur et contredire la nature de l’homme et de la femme et leur rapport le plus intime (HV 13). A la suite de Paul VI, en ce 25 juillet 2018, nous devons réaffirmer avec courage et énergie que l’homme et la femme ne sont pas les maîtres de la sexualité humaine et des sources de la vie humaine, mais les ministres du dessein établi par Dieu Créateur.

Pierre Simon avait bien compris le changement qu’allait apporter à l’humanité la légalisation de la contraception :

«Je suis alors conscient que le projet qui se prépare à être voté par les élus du peuple français implique, pour l’homme des temps modernes, une nouvelle définition du bien et du mal. Il élabore une nouvelle morale. Sans aller, avec Roger Garaudy, jusqu’à dire que la morale ne doit plus se présenter comme un «code éternel de prescriptions, réduisant la liberté à n’être qu’un choix entre les chemins déjà tracés, mais comme une création libre et responsable», nous pensons que la régulation des naissances, institutionnalisée, aboutit à une mutation de la morale où la vie s’organise rationnellement mais sans manquer de ce que nous pouvons appeler pour satisfaire toutes les conceptions philosophiques, une formation éthique supérieure. » (p. 146)

Pierre Simon, dans De La Vie avant toute chose parlait ensuite de la bataille pour l’avortement, qui pouvait commencer plus aisément après la promulgation de la Loi Neuwirth. Pierre Simon s’y était engagé avec détermination en fondant avec Anne-Marie Dourlen-Rollier et Raoul Palmer, « l’Association nationale pour l’étude de l’avortement » (p.203). La bataille fut gagnée avec la Loi Veil. Pierre Simon était très conscient du très grand changement qu’opérait cette dernière Loi. Pour lui, c’est évident, il ne s’agissait pas d’un moindre mal ou d’un cas de détresse mais d’une étape en vue du droit à l’avortement :

« A changer notre attitude et notre comportement devant la vie — n’y voyant plus un don de Dieu mais un matériau qui se gère —, c’est l’avenir tout entier que nous faisons basculer. Voici qu’il subit une brutale secousse. Des millénaires s’achèvent en notre temps » (p.219).

Pierre Simon, logiquement, était aussi favorable à l’euthanasie :

« Aimer véritablement la vie, la respecter, implique qu’il faut parfois avoir le courage de la refuser. L’euthanasie est souvent l’objet d’une demande très profonde des parents, des mères surtout. Certaines, angoissées devant leur grossesse, n’ont de cesse qu’elles ne nous arrachent cette promesse : ne pas laisser vivre un enfant qui soit anormal sans remède possible. Paradoxe de notre fonction d’obstétricien, dans ce cas précis : laisser mourir n’est-ce pas préserver la vie ? » (p. 234).

Mais comment peut-on préserver la vie en laissant mourir ? N’est-ce pas contradictoire ?

Pierre Simon rêvait probablement de l’instauration du «meilleur des mondes» :

« La réorganisation de la société s’orientant autour de la critique du fétiche-travail, induira nécessairement une diminution massive du temps de travail. La sexualité et l’érotisme exigeant du temps libre, ce temps sera dévolu à chacun. Le bonheur sera sans Marx et sans Jésus ; le mariage deviendra une commodité sociale. Son problème : ne pas empiéter sur la vie sexuelle. Au géniteur succédera l’amant » (p. 243).

Mais notre société sans Marx et sans Jésus est-elle vraiment, en ce 25 juillet 2018, la société du bonheur ? La prophétie de Paul VI, dans Humanae Vitae, n’est-elle pas, au contraire, réalisée sous nos yeux ?

« Quelle voie large et facile on ouvrirait à l’infidélité conjugale et à l’abaissement général de la moralité… On peut craindre aussi que l’homme s’habituant à l’usage des pratiques anticonceptionnelles ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l’équilibre physique et psychologique de celle-ci, n’en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée (HV 17). Il est temps de revenir à la Loi de Dieu !

Pierre Simon voyait aussi un autre changement majeur aux conséquences gravissimes : le don de la vie ne devait plus être laissé aux époux mais aux scientifiques et au pouvoir politique. L’Eglise, en 1987, voyait la très grave dérive de ce changement. Par le texte Donum Vitae, le Cardinal Joseph Ratzinger a rappelé la loi naturelle concernant la procréation : le don de la vie humaine ne peut provenir que de l’acte d’amour des époux. Le fondement de cet enseignement donné avec autorité est la loi naturelle et le lien indissociable « union et procréation » qui avait été rappelé par Paul VI dans Humanae Vitae. Le 12 mai 2008, Benoît XVI disait avec fermeté : « En tant que croyants nous ne pourrons jamais permettre que la domination de la technique puisse invalider la qualité de l’amour et le caractère sacré de la vie ».

Pierre Simon disait encore : « alors que l’on crée, en laboratoire, de la vie à partir de molécules inertes, comment un prêtre ou un juriste pourrait-il imposer sa définition de la vie ? » (p. 254). Beaucoup ne mesurent pas encore la gravité de la menace pour l’humanité que représente la domination du politique et du scientifique sur l’origine de la vie humaine ? Il ne devrait jamais s’agir de « production de la vie », mais, selon l’expression de Jean-Paul II, de « généalogie de la personne humaine ». Les Médias ne cessent de parler de PMA et de GPA. Ne laissons pas l’humanité édifier « le pire des mondes » ! La procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui considèrent l’enfant comme un objet et non plus comme un don de Dieu ! Après le droit à disposer de son corps, le droit à l’avortement, est en train de s’imposer le droit à l’enfant. Il n’existe pas de droit à l’enfant dans la Loi naturelle parce que tout enfant est un don, un don de Dieu ! Pierre Simon a affirmé, dans son livre De La Vie avant toute chose que la vie ne serait plus l’œuvre de Dieu mais plus que jamais une production humaine (p. 255).

« Abandonnons nos schémas du passé, nos tables de la Loi et nos livres rouges, écrivait-il encore, alors seulement, nos actes auront retrouvé leur signification, et l’échange ne sera plus réglé par un code que nous ne maîtrisons plus. Cette aspiration, confusément inscrite dans les profondeurs de notre moi archaïque, est soumise à l’accélération du déterminisme de l’histoire, dont je viens d’assembler les éléments disparates et parfois contradictoires. Prométhée est ainsi revenu, mais il ne s’est plus contenté de nous apporter le feu : c’est de tous ses pouvoirs qu’il a dépossédé Zeus, et fait cadeau aux hommes. Il s’agit donc pour nous d’une liberté à conquérir. La nécessité pour l’homme de véhiculer un matériel héréditaire ne suffit pas à entraver le cours ultérieur de la Vie, et donc la conquête rationnelle de son autonomie» (p. 258).

Cette conclusion de Pierre Simon n’est pas une simple citation de la mythologie. L’auteur du livre De La Vie avant toute chose sait bien qu’il veut se libérer de la Loi naturelle et de Dieu qui en est son fondement.

Le but du plan de Pierre Simon a été clairement décrit dans les pages 221-222 « de la vie avant toute chose » :

« Avec la pilule on dispose d’une vie sexuelle normale sans procréation ; avec l’insémination artificielle, la procréation va se dérouler sans activité sexuelle… Il y aura d’un côté le couple affectif et sexuel – la femme procréatrice et l’homme non géniteur- et de l’autre, la société médiatisée par le médecin, qui rapproche la demande d’enfant d’une disponibilité de semence anonyme, contrôlée et gouvernée par la « banque du sperme ». C’est en ce sens la société tout entière qui féconde le couple…  La sexualité sera dissociée de la procréation et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici. »

Merci à Paul VI d’avoir été si clairvoyant et si courageux. Merci aussi au Salon Beige qui, depuis des semaines, rappelle l’enseignement de Jean-Paul II sur l’évangile de la vie et sur Humanae Vitae. Cette Encyclique n’est pas un non à l’amour conjugal et au bonheur du couple mais un « oui » au dessein de Dieu sur le mariage, l’amour conjugal et la famille. Ceux qui le veulent pourront retrouver sur notre Site internet les vidéos et les enseignements de notre Session de juillet 2008 à Sens et de la dernière Fête de Notre-Dame des Neiges, en décembre 2017, à Saint-Pierre-de-Colombier, où j’ai parlé du Credo du Peuple de Dieu et d’Humanae Vitae. Profitons de cet été pour nous former et pour mener le combat de la Foi et de la morale dans la fidélité à la Tradition de l’Eglise."


Des bébés fabriqués dans des éprouvettes : c'est gratuit c'est l'Etat qui paie...

Unknown-15Alors que les Etats-Généraux de la bioéthique n'ont pas encore livré leurs conclusions, la République en marche s'est prononcée pour le remboursement par la Sécurité sociale de la procréation médicalement assistée (PMA) ainsi que sur la reconnaissance de la filiation pour les paires de femmes.

Réuni hier soir en bureau exécutif (une trentaine de membres dirigés par Christophe Castaner), le parti présidentiel a précisé ses positions.


Si Emmanuel Macron compte mettre la PMA sans père sur la table, LMPT s'engage à des mobilisations immenses

Ludovine de la Rochère revient dans Atlantico sur la proposition de loi du député Chiche pour accélérer l'extension de la PMA :

Images-4"Cette précipitation donne en effet l’impression que les militants pro-PMA sont inquiets. Et de fait, je les comprends : le président de la République, chaque fois qu’il a évoqué cette question, a toujours souligné que l’une des conditions sine qua non pour avancer était « l’existence d’un large consensus » et qu’il « ne passerait pas en force ». Or, en l’occurrence, les Etats généraux de la bioéthique, consultation préalable à la révision de la loi de bioéthique prévue par la loi, ont clairement montré l’absence de consensus : aussi bien dans les réunions publiques partout en France que sur le site internet, lequel a tout de même recensé plus de 800.000 votes !

Quant aux organismes qui ont exprimé leur opposition à la PMA sans père dans ce cadre, ils sont très largement représentatifs de la société française, beaucoup plus que les organismes ayant au contraire validé cette idée. L’UNAF, par exemple, qui représente 700.000 familles adhérentes et plus de 7000 associations familiales, s’y est déclaré opposée, à l’inverse de « Ici Mama Solo », qui n’est même pas une association, mais seulement une page FaceBook ayant 242 abonnés !

Il est aussi de notoriété publique que les intellectuels, les médecins, les scientifiques, les juristes, les professionnels de l’enfance, tout comme les politiques, sont très divisés sur cette question. L’Académie de médecine a d’ailleurs pris position contre la légalisation de la PMA sans père.

La majorité présidentielle avance-t-elle unie dans cette nouvelle bataille sociétale ?

Les députés de la majorité étant issus de la société civile pour beaucoup, il a fallu du temps pour les découvrir – et donc connaître leurs positions -. Et eux-mêmes, il leur a fallu aussi du temps pour oser s’exprimer et, éventuellement, se démarquer. Quelques dizaines, en revanche, sont issues des rangs de la gauche et leurs positions sont connues de longue date. Or il s’avère, et l’épisode de cette proposition de loi PMA l’a fait sortir au grand jour, que toutes les positions existent chez les LREM sur cette question. Ce n’est pas étonnant puisqu’il n’y avait pas de « doctrine » en la matière à En Marche ! Les candidats à la candidature aux législatives n’avaient donc pas eu à faire part de leur adhésion à cette idée. Et il leur avait bien été dit, en outre, qu’ils seraient libres de leur vote sur les sujets de société. Nous avons constaté, d’ailleurs, au moment des législatives en juin 2017, que les candidates LREM ne connaissaient même pas la position personnelle d’Emmanuel Macron sur le sujet. Autrement dit, on est loin, très loin d’une promesse de campagne : ses propres candidats n’étaient eux-mêmes pas au fait !

Et du côté du gouvernement, les ministres sont eux-mêmes divisés sur ce sujet, nombre d’entre eux y étant opposés comme leurs réactions l’avaient montré après la déclaration de Marlène Schiappa en septembre dernier sur la PMA. La PMA fracture donc la majorité présidentielle, et sans doute profondément puisque (seulement) 47 députés LREM (sur 309) ont signé dans Libération il y a quelques semaines une tribune pour la PMA sans père, tandis que d’autres n’en veulent pas. Cela explique bien-sûr aussi la fébrilité des militants du « droit à l’enfant », souvent issus des rangs du parti socialiste du reste. Tout cela fait de la PMA un sujet très dangereux pour Emmanuel Macron : avancer vers sa légalisation pourrait être un piège politique lourd de conséquences.

La PMA était-elle, oui ou non, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron ?

Images-5Non, l’ouverture de la PMA aux femmes seules et au couples de femmes n’étaient pas une promesse de campagne du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron, contrairement à ce qu’on entend souvent. En fait, suivant des échanges de mails de ses proches collaborateurs sortis par Wikileaks, Emmanuel Macron semblait y être plutôt opposé fin 2016 [...]

D’autre part, rien n’était dit sur la PMA dans le programme officiel d’Emmanuel Macron, que l’on peut encore retrouver ici et il ne l’avait pas non plus évoquée lors de la présentation publique de son programme, à visionner ici

Très tardivement dans sa campagne, il s’est déclaré« personnellement » favorable à la PMA sans père, ce qu’il a exprimé dans deux interviews et un meeting. Il l’a indiqué aussi dans « une lettre aux LGBTI », autrement dit une lettre qui ne s’adressait pas à l’ensemble des électeurs pour le leur faire savoir, mais à un public ciblé. Sa motivation était manifestement électoraliste. Ainsi, l’évolution de la PMA n’était pas une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, et ce point est très important parce qu’il n’est donc pas possible de prétendre que les Français l’ont élu en connaissance de cause et en acceptant cette idée.

J’ajoute qu’Emmanuel Macron, avant comme après son élection, a toujours précisé qu’il s’agissait de son opinion « personnelle » et, comme je le disais à l’instant, qu’il conditionnait impérativement une éventuelle avancée en ce sens à « l’existence d’un large consensus ».

Le gouvernement a annoncé que la PMA serait dans la prochaine loi de bioéthique. A-t-il tenu compte des avis exprimés lors des états généraux de la bioéthique ?

Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a plus précisément indiqué que la PMA serait « débattue » dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique. Mais en effet, s’il n’a pas dit « inclue » dans la révision de la loi de bioéthique, il va déjà trop loin et ce, pour plusieurs raisons : d’abord parce que lors des états généraux de la bioéthique, processus de consultation publique organisée par le gouvernement lui-même, une opposition massive – de plus de 80% des participants – s’est exprimée ; ensuite parce que le gouvernement, par la voix de la Ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a déclaré qu’il attendait plusieurs avis, dont celui de l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST). Et du côté parlementaire, une mission d’information bioéthique vient à peine de commencer son travail, lequel devrait s’achever fin 2017. Dans ce contexte, il est particulièrement mal venu de décréter que la PMA serait débattue : à ce jour, rien n’y oblige, bien au contraire !

Et de fait, le rapport du Conseil d’Etat publié ce 11 juillet, dit certes que, juridiquement, rien n’empêche la PMA sans père, mais il souligne aussi que rien n’oblige à aller dans ce sens. Il développe en outre les implications et risques inhérents à la PMA sans père. J’ajoute qu’un gouvernement qui cèderait à un lobby ultra-minoritaire – ce qu’ont amplement montré les Etats généraux de la bioéthique -,ferait preuve d’une grande faiblesse.

La société est-elle mobilisée sur ce sujet ? Faut-il s'attendre à une fronde comparable à celle de 2013 contre le mariage pour tous ?

Les Etats généraux de la bioéthique ont permis de prendre le pouls sur ce sujet et ce, sur l’ensemble du territoire français. Or il est clairement apparu une opposition massive, réfléchie, argumentée, diversifiée et, j’allais dire, déterminée, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, et dans les grandes villes comme les petites.

Si je ne pense que l’on puisse dire que la société, dans son ensemble, est « mobilisée » sur le sujet, il est donc clair, en revanche, qu’un nombre immense de Français l’est vraiment : consacrer des soirées entières à des réunions publiques, souvent loin de chez soi, ou passer des heures sur le site de la consultation en ligne en dit long sur le niveau d’inquiétude des participants aux états généraux de la bioéthique.

Quant aux autres, s’ils ne sont pas « mobilisés » sur le sujet, ils n’en sont pas moins opposés à la PMA sans père. En effet, quand on analyse réellement les sondages, on constate que seuls 1 à 3% considèrent que c’est une réforme nécessaire, que pour 65% d’entre eux « l’Etat doit garantir à l’enfant né par PMA le droit d’avoir un père et une mère » et pour 95%, que le père a un rôle essentiel auprès de l’enfant. La réalité de l’opinion publique française se mesure ici, et non dans les quelques sondages dont la question induit littéralement une réponse positive, celle-ci étant à peu près : « êtes-vous pour un nouveau droit ? »

Un sujet comme la PMA peut-il selon vous rassembler un grand nombre de Français dans un mouvement uni ? L'immense majorité d'entre eux n'est-elle pas indifférente à ce débat ?

Je pense que nombre de Français, en effet, sont trop pris dans leurs difficultés personnelles, professionnelles et autres pour s’investir véritablement sur des questions d’avenir, lesquelles sont complexes et demandent de prendre du temps. Pour beaucoup d’entre eux, d’ailleurs, une idée telle que la PMA sans père est vraiment une histoire de « bobos déconnectés de la vraie vie » : je cite là une personne de Nîmes à laquelle j’ai remis un tract il y a quelques semaines.

Mais cela n’empêche pas un nombre immense de Français, qui ont pris conscience des enjeux avant 2012 ou en 2012-2013, d’être prêt à se rassembler très largement pour intervenir. Et l’on sait que l’opposition à la PMA va bien au-delà de l’opposition à la loi Taubira : nombre de Français étaient favorables au mariage gay mais opposés à la PMA sans père et à la GPA. Si l’on peut regretter qu’ils n’aient pas compris le lien entre le mariage et la filiation, on sait en tout cas que l’idée de la PMA sans père est inacceptable pour eux. [...]

La Manif Pour Tous a-t-elle encore les moyens et les réseaux suffisants pour revenir sur le devant de la scène et mener une confrontation longue de plusieurs mois ?

Je note que vous parlez de « revenir sur le devant de la scène »… alors que les médias comme les politiques parlent de La Manif Pour Tous absolument tous les jours ! Soit parce qu’ils évoquent l’opposition aux transgressions anthropologiques et éthiques qui sont envisagés, opposition qui est largement incarnée par La Manif Pour Tous, soit parce qu’ils nous invitent à débattre, répondre à des interviews, etc.

En ce qui concerne les réseaux, autant vous dire que ceux de La Manif Pour Tous n’ont cessé de se développer et de se solidifier depuis maintenant 5 ans ! Quant aux moyens, du point de vue organisationnel, La Manif a largement fait la preuve de ses capacités et de son professionnalisme…

Quant à mobiliser, cela dépend en fait avant tout de la gravité de la menace : si la PMA sans père devenait un péril imminent, je suis convaincue que des mobilisations immenses auraient lieu. Et bien-sûr, je ne parle pas là d’un sentiment personnel : mon analyse repose sur de très nombreux éléments qui vont dans ce sens, à commencer par les demandes de plus en plus nombreuses et pressantes de lancer de nouvelles mobilisations ! [...]"


La bioéthique divise chez LREM

Agnès Thill est député LREM de l’Oise. Et elle se plaint sur la révision des lois de bioéthique :

Unknown-11« On vient juste de commencer des travaux d’une mission d’information consacrée, entre autres, à ce sujet, les auditions ne sont pas terminées. Tout cela pose des questions que nous abordons dans le cadre de la mission d’information. Pour moi, l’ADN d’En marche c’est “écoute, bienveillance et consensus”, on n’y est pas ! C’est insupportable, dès qu’on émet une réserve sur ces sujets de bioéthique, on est vus comme des membres de Sens commun ! Si tout est joué d’avance, il faut nous le dire. »

Quelqu'un lui dit ?


PMA : Guillaume Chiche renonce à déposer sa proposition de loi

Unknown-5Le député Guillaume Chiche (LREM) a renoncé à déposer une proposition de loi sur la procréation médicalement assistée (PMA), s’en remettant au choix du gouvernement et de son groupe de passer par un projet de loi présenté avant la fin de l’année, qui sera débattu début 2019.

Il ne faut donc pas perturber l'opération politique de communication du gouvernement sur ce sujet qui pourrait mettre à nouveau des centaines de milliers de personnes dans les rues de Paris.

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a affirmé que ce sujet sera traité dans le cadre d’un projet de loi sur la bioéthique présenté avant la fin de l’année, et débattu au Parlement en 2019. Méprisant ainsi la conclusion des Etats-Généraux de la Bioéthique, qui n'ont pas encore abouti...


PMA : l’opinion prise en otage par une minorité

Communiqué d'Alliance Vita :

"Le député LREM Guillaume Chiche entend déposer une proposition de loi étendant la PMA (Procréation Médicalement Assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules. Serait abandonné tout critère d’infertilité médicalement constatée pour accéder à la PMA qui serait pourtant remboursée par la sécurité sociale. Alliance VITA dénonce cette prise en otage de l’opinion publique par certaines minorités, qu’elles soient de la société civile ou du Parlement, alors que ces mesures posent des questions éthiques majeures, spécialement pour le droit des enfants. Ce sujet de fond mérite un débat de fond ; il ne doit pas être escamoté à coup de communiqués. Alliance VITA rappelle que l’extension du recours à la PMA serait :

- Un déni de démocratie : les citoyens à l’issue de ces états généraux de la bioéthique ont clairement donné leur avis contre l’ouverture de la PMA sans père. Le sondage IFOP commandé par Alliance VITA à l’occasion de la fête des pères le 14 juin dernier a révélé que 61% des Français estiment qu’il faut « privilégier le besoin d’avoir un père en réservant la PMA aux couples homme-femme ayant un problème médicale d’infertilité ». Cet avis s’élève chez les pères à 72%.

- Une négation du sens de la paternité : la grande majorité les Français sont opposés à l’effacement du père dans la procréation. Le même sondage IFOP a montré que 93% d’entre eux considèrent que le père a « un rôle essentiel » à jouer pour les enfants et leur développement. Ils estiment à 73% que les rôles du père et de la mère sont différents et complémentaires. Pour 89% des sondés, cette absence est un événement « qui marque toute la vie » ; pour 85% d’entre eux, elle « peut entraîner chez l’enfant des difficultés personnelles ».

- Un basculement vers le marché de la procréation : l’abandon du critère d’infertilité médicale pour accéder à la PMA ferait basculer la France dans le marché la procréation humaine. Pour Tugdual Derville, Délégué général d’Alliance VITA : « Comment peut-on ignorer que cette réforme de la PMA qu’on tente de justifier « au nom de l’égalité » s’étendra forcément à la GPA ? Si l’on suit la logique de Monsieur Chiche, de quel droit pouvons-nous céder la PMA aux femmes seules ou en couple et résister aux hommes pour la GPA ? Le député a déjà proposé que les « hommes transgenres » aient accès à cette PMA : on simulerait une « maternité masculine », tout en décourageant la vraie paternité ! C’est marcher sur la tête : on ne joue pas avec l’intérêt supérieur des enfants. Il faut aussi avoir conscience que, la demande de sperme explosant, l’Etat voudra créer et financer par l’impôt un marché des gamètes, en incitant les Français à donner leur sperme tout en s’en lavant les mains. Ce n’est pas le moment de déresponsabiliser les hommes, en matière de paternité. »

Alliance VITA s’oppose donc à toute marchandisation du corps humain et à tout changement de société reposant sur une minorité exigeant un droit à l’enfant primant sur le droit de l’enfant. Une mobilisation nationale se prépare."


Le projet de loi sur la bioéthique sera examiné début 2019

Le gouvernement vient d’annoncer, par le biais de son porte-parole Benjamin Griveaux, qu’il présentera fin 2018 un projet de loi sur les questions de bioéthiques, dont la PMA, pour un examen au Parlement début 2019.

La proposition de loi du député LREM Chiche a un tantinet perturbé la stratégie macronienne, censée avancer en douceur, en consultant toutes les parties, même si c'est pour s'asseoir sur les avis, en l'occurrence hostiles.

« Je comprends l’empressement mais nous souhaitons pouvoir le faire de la manière la plus sérieuse et en cohérence avec les autres sujets bioéthiques qui sont traités dans le cadre des états généraux, et ne pas l’isoler des autres sujets ». « Il n’y a donc pas le début d’un commencement d’un mollissement du gouvernement sur cette question. »


L’Intelligence artificielle rappelle à l’homme la grandeur de son destin et l’urgence d’une immortalité qui ne soit pas purement matérielle

Arnaud de Beauchef est professeur à Imperial College (Londres), où il enseigne les mathématiques. Par ailleurs, il dirige un groupe privé de recherche en Intelligence artificielle, avec des applications dans le domaine financier. Il a été interrogé dans le dernier numéro de Monde & Vie sur l'intelligence artificielle, qui est aussi au programme de la révision des lois de bioéthique :

958_Page_01"[...] Si l’Intelligence artificielle fait peur, ce n’est pas en elle-même, c’est parce qu’elle peut conférer à certains hommes une puissance et un contrôle sur leurs semblables qui est sans précédent. En Chine, le système de reconnaissance faciale permet de reconnaître un homme en très peu de temps dans une foule dense. Une fois de plus, c’est l’hybris, c’est la démesure qui guette l’être humain. On a toujours tendance à se dire que la créativité va nous donner la Puissance. Mais quand on contemple les Personnes trinitaires, on retrouve à la source de chaque personne divine une tension entre humilité et puissance, qui représente la véritable perfection de l’être personnel. La gestion du désir et de l’union pour aller vers quelque chose de plus fondamental n’effleure pas la machine, parce qu’elle n’a pas de finalité. D’où la démesure toujours possible. Prenons l’exemple du corps: le corps humain n’est pas une machine, mais selon la perspective dite hylémorphique, il est indivisiblement un mélange de matérialité et d’esprit. Ainsi il n’a pas sa fin en lui-même mais dans ce que l’esprit comprend pour lui. Ce qu’apporte l’Intelligence artificielle au corps, est de l’ordre de la chirurgie esthétique. Elle peut donner l’illusion de la perfection physique, mais la perfection elle-même reste inaccessible. Ce que l’on appelle le cyborg, cet homme soi-disant augmenté et connecté, représente des réalisations comparables à ce que pourrait faire une chirurgie esthétique high-tech, rien de plus. Disons qu’en montrant les ressources de la machine, l’Intelligence artificielle rappelle à l’homme la grandeur de son destin et l’urgence d’une immortalité qui ne soit pas purement matérielle – comme l’est, nous l’avons dit en commençant, l’immortalité d’un programme informatique – mais qui soit vraiment vitale. On est aujourd’hui dans une phase d’émerveillement devant les ressources de la cybernétique. Mais leur pauvreté va apparaître très vite. Il n’y a qu’un seul dépassement qui est Dieu et la connaissance de l’Absolu.

Nous vivons donc selon vous un moment crucial dans l’histoire de l’humanité?

Il me semble qu’on entre dans la troisième phase de l’histoire de l’humanité. On a d’abord analysé les objets comme autant de situations dans lesquelles l’homme se trouve. Ainsi le philosophe présocratique Thalès de Milet se montre capable de prédire une éclipse, en montrant que l’univers n’est ni irrationnel ni terrible mais qu’il obéit aux lois de la raison: l’homme se trouve devant ce que les Grecs appellent un cosmos, un ordre. La modernité nous apprend ensuite à nous centrer sur le sujet humain. Les philosophies de Descartes et de Kant sont caractéristiques de cette réflexion sur le sujet humain, qui prend toujours plus conscience de ses pouvoirs. Aujourd’hui, on observe le système joint sujet-objet, le sujet étant devenu son propre objet, et l’objet étant fabriqué sur le modèle du sujet à travers des recherches biotechnologiques. Le sujet avait longtemps fait écran, cela a été le drame de la modernité. À travers les progrès des sciences, on a maintenant dépassé la fracture entre le sujet et l’objet, ce qui amène à la perspective ultime qui est, au-delà du sujet-objet, l’Esprit lui-même, le Créateur."


Proposition de loi LREM contre les enfants sur la PMA

722126Profitant de l'actualité sportive, le député Guillaume Chiche (La République en marche, ancien de l'UNEF et du PS) va déposer cette semaine une proposition de loi autorisant la procréation médicalement assistée (PMA) pour les femmes célibataires et les couples lesbiens. Sa proposition de loi

"ouvre la PMA à toutes les femmes, y compris aux célibataires et couples lesbiens, et contient le remboursement par la Sécurité sociale de cet acte". "Je propose aussi la reconnaissance automatique de la filiation des enfants nés d'une gestation pour autrui à l'étranger. Elle contient enfin la double filiation maternelle: les deux femmes d'un couple homosexuel seront reconnues comme mères de l'enfant né d'une PMA". "Aujourd'hui, il existe une discrimination insupportable dans l'accès à une pratique médicale. Je veux la supprimer le plus rapidement possible: j'explore tous les moyens pour garantir l'égalité entre les femmes. Si ce véhicule législatif est retenu, je compte sur une adoption avant la fin 2018. Mais je ne cherche pas à mettre la pression sur le gouvernement".

Le texte doit être déposé sur le bureau de l'Assemblée "dans le courant de la semaine prochaine", a précisé le député des Deux-Sèvres dimanche.

Selon Le Monde, ce député fait partie d'une petite dizaine de députés qui forment

« la garde avancée d'Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les médias. Des janissaires dévoués corps et âme au chef de l'État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu'à lui. »

Difficile de croire que sa proposition n'a pas eu l'aval de Macron.


Emmanuelle Ménard : "la PMA ne passera pas comme une lettre à la poste"

C'est aussi l'avis de...  Jean Leonetti, vice-président des Républicains, qui estime que "la mobilisation est possible".

Images-7"Pour ma part, je suis opposé à l’extension de la PMA aux couples de femmes car elle conduira à terme à la GPA. D’ailleurs le Conseil d’Etat parle lui-même d’+équité et de discrimination+"."Sans porter de jugement moral, lorsqu’on a créé le PACS, on nous a expliqué que cela n'amènerait jamais au mariage pour tous. Quand celui-ci a été voté, il ne devait pas y avoir de conséquences sur la filiation. Nous voilà aujourd’hui à la PMA. Je ne vois donc pas pourquoi nous n’irions pas ensuite vers la GPA, malgré la position prise à ce sujet par le Conseil d’Etat et le gouvernement qui y sont opposés".

"Emmanuel Macron avait dit qu’il fallait une société apaisée pour passer cette réforme, il ne l’aura pas !"."On dit qu’un président de la République a besoin de +marqueurs+: la réforme sur la PMA peut en être un et lui permettre de montrer qu’il est un dirigeant +libéral, progressiste et moderne+. Mais les sujets de bioéthique ne se résument pas à un combat entre les jeunes et les anciens, les conservateurs et les progressistes !"

"Je crois comprendre néanmoins que sa majorité est divisée sur le sujet. Passer par-dessus celle-ci et une partie de la population me paraît bien risqué".

Emmanuelle Ménard estime que "les gens se mobiliseront".

"Les réseaux de la Manif pour tous sont encore très mobilisés".


La Manif Pour Tous déplore les récente provocations de François de Rugy et Richard Ferrand

La Manif Pour Tous estime que certains jettent de l'huile sur le feu :

Capture d’écran 2018-07-13 à 00.05.52En se prononçant en faveur d'une loi sur la PMA adoptée au plus vite, dès 2018, le Président de l'Assemblée nationale et le président du groupe LREM semblent vouloir passer en force sur une question sensible. 

Or, tous les observateurs s'accordent à reconnaître que la PMA sans père et la GPA sont très loin de faire consensus comme en témoignent les oppositions au sein de la société, de la communauté scientifique, des sages du CCNE et même des parlementaires et de membres du gouvernement. A ce sujet, les conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique sont claires et le Président du CCNE, le Pr. Delfraissy, a reconnu ce dissensus solide au sein de la société. Et dans son rapport rendu public hier, le Conseil d'Etat confirme que du point de vue juridique, rien n'oblige le gouvernement et le parlement à faire évoluer la législation actuelle qui encadre le recours à la PMA. Les sages du Conseil d'Etat ont également souligné les conséquences immenses qu'impliquerait la PMA sans père notamment sur le droit de la filiation. Une telle révolution concernerait tous les Français. C'est pourquoi, le Président de la République s'est prononcé à de nombreuses reprises en faveur de l'existence d'un large consensus.

En voulant accélérer le calendrier et passer en force, François de Rugy et Richard Ferrand s'opposent à Emmanuel Macron et prennent le risque de réveiller une fracture profonde au sein de la société. Ce n'est pas le moment.

On ne peut donc qu'être surpris par ces prises de paroles radicales qui interviennent en contradiction avec les conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique et du rapport du Conseil d'Etat, et sans attendre ni prendre en compte le travail parlementaire en cours. En effet, l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques doit rendre un avis d'évaluation des lois de bioéthique 2011 à la rentrée prochaine ainsi qu'un rapport sur l'avis du CCNE issu des conclusions des Etats Généraux de la Bioéthique et attendu lui aussi fin septembre. En outre, une mission d'information parlementaire vient tout juste de commencer ses travaux pour préparer la révision de la loi de bioéthique. Elle sera amenée à travailler sur les questions de filiation, de PMA et de GPA. En se prononçant de manière prématurée, François de Rugy et Richard Ferrand prennent le risque de jeter de l'huile sur le feu. On est loin de l'apaisement appelé de ses vœux par le Président de la République.


En dépit de ses ambiguïtés, le rapport du Conseil d'Etat confirme les implications et risques inhérents sur la PMA

Analyse de La Manif Pour Tous :

"Dans le rapport qu’il publie ce jour, le Conseil d’Etat souligne et développe le fait qu’ « aucun principe juridique n’impose en effet l’extension de l’accès à l’AMP. Ni le fait que l’adoption soit ouverte aux couples de femmes et aux personnes seules, ni le principe d’égalité, ni le droit au respect de la vie privée, ni la liberté de procréer, pas plus que l’interdiction des discriminations ne rendent nécessaires l’ouverture de l’accès à l’AMP » tout en indiquant aussi que, juridiquement, rien ne fait obstacle à cette extension.

Le Conseil d’Etat précise que son rôle est « d’éclairer le débat sans le préempter », « en identifiant les implications de chaque option » et indique qu’ « il est souvent difficile d’apporter une modification ponctuelle sans ébranler l’édifice d’ensemble ».

Or toute la partie du rapport consacrée à la procréation démontre que l’évolution vers une PMA en l’absence de père aurait des implications et conséquences en cascade :

  • Elle priverait ab initio des enfants de père, or « le législateur ne saurait, dans son ouvrage, s’abstraire de la prise en compte de l’intérêt de l’enfant. » ;
  • Elle impliquerait de sortir des conditions médicales pour les couples hétérosexuels : « En cas d’ouverture de l’AMP aux femmes seules, l’interdit actuel [de la PMA post-mortem] apparaîtrait difficile à justifier. »
  • Elle accentuerait la pénurie de gamètes, avec le « risque de voir se développer un marché de produits du corps humain contraire aux principes bioéthiques français »
  • L’établissement de la filiation supposerait de fonder celle-ci sur « la seule volonté», autrement dit de « dissocier radicalement les fondements biologique et juridique de la filiation d’origine ». « La filiation d’origine » est pourtant fondamentale pour tout être humaine.  En outre, le Conseil d’Etat indique qu’ « une modification du droit de la filiation, même pour quelques uns, pourrait avoir des conséquences, difficiles à anticiper, sur les représentations de la filiation en général, tant il est vrai que le droit a un rôle symbolique et structurant pour l’individu et pour la société. »
  • Un risque qui concerne les pères et les familles : « On peut ainsi s’interroger sur l’existence d’un risque d’accréditer l’idée de l’inutilité de la présence d’un père, à contre-courant des efforts faits depuis une trentaine d’années pour préserver, y compris en cas de séparation des parents, les rôles tant du père que de la mère dans l’éducation de l’enfant.»

Il souligne à plusieurs reprises l’importance des états généraux de la bioéthique, qui doivent être pris en compte. En revanche, il semble ignorer que tant dans les réunions publiques que dans la consultation en ligne, la volonté massive (plus de 80% sur internet) d’un statu quo sur la PMA s’est exprimée. Ainsi, lorsque le Conseil d’Etat évoque une « demande sociétale accrue », il se trouve à contre-pied de la réalité des états généraux de la bioéthique qui ont montré que cette demande est ultra-minoritaire.

Le Conseil d’Etat considère d’ailleurs qu’il « convient de tenir compte de mouvements susceptibles d’infléchir en profondeur la réflexion bioéthique » et de « la transformation des attentes envers la médecine » qui serait « susceptible d’ébranler le système de santé dans son ensemble. »

Finalement, alors que le Conseil d’Etat évoque la « remarquable stabilité » du cadre juridique en matière de bioéthique, lequel « dessine, depuis près de vingt-cinq ans, un modèle français de bioéthique », l’institution semble incapable d’assumer les limites poser par ce cadre en indiquant que les implications et conséquences de la PMA sans père l’impose.

Ludovine de La Rochère indique :

« en réalité, vus les implications et risques inhérents à la PMA sans père des points de vue humain et éthique, aussi bien individuel que collectif, tels que les expose le Conseil d’Etat, la PMA sans père serait à l’évidence déraisonnable. » « Comme l’ont montré les états généraux de la bioéthique, les Français sont immensément nombreux à avoir conscience des conséquences en cascade qu’aurait la PMA sans père. Ils seraient donc à nouveau très nombreux à descendre dans la rue si le gouvernement n’optait pas pour la sagesse… »


Le gouvernement compte profiter de l'été pour avancer sur la loi de bioéthique

Profitant des premiers départs en vacances et de la coupe du monde de football, le gouvernement avance ses pions sur la destruction de la famille, espérant que les défenseurs de l'enfant soient en léthargie, ce qui est loin d'être le cas.

Ainsi, ce matin François de Rugy a dit espérer que les députés de la majorité déposent en 2018 une proposition de loi sur la Procréation médicalement assistée :

« Je souhaite que le Parlement puisse prendre l’initiative, et notamment les députés de la majorité qui s’étaient engagés sur ce sujet avant les élections».

De son côté, le comité bioéthique de l’Elysée réfléchit à adapter le cadre juridique du don de gamètes. L’exécutif étudie le scénario d’un élargissement de l’autoconservation d’ovocytes. L’an dernier, le CCNE s’était prononcé contre la banalisation de cette technique de cryogénisation, qui existe depuis 2011 en France dans trois cas (fécondation in vitro, traitement médical ou dons d’ovocytes). Depuis 2015, seules les donneuses peuvent conserver leurs ovocytes congelés pour plus tard.

Face à LMPT, le gouvernement envisage de permettre à l’enfant né par ce biais de connaître l’identité du donneur. L’accès à l’identité du « tiers donneur » serait sans conséquence sur la filiation. Sic. Reste à placer le curseur dans l’identification du donneur : simples données générales et non identifiantes ; accès à l’identité si le donneur y consent ; accès à l’identité comme condition du don. L’avis du CCNE de septembre est attendu.

D’autres mesures sont sur la table, comme celle d’autoriser le « double don », d’un homme et d’une femme, pour un couple ayant recours à une fécondation in vitro, ou le « don relationnel » de gamètes entre deux soeurs, par exemple. Bref du bricolage pour futurs enfants sans père et sans repère.

Quant à la gestation pour autrui, cette mesure ne fait pas partie des projets du gouvernement. Mais des amendements pourront élargir le périmètre de la future loi de bioéthique. En clair la balle est dans le camp des députés...


De quel droit Le Conseil d’Etat peut-il abandonner la protection des enfants au nom d’intérêts individuels ?

Communiqué d'Alliance Vita suite au rapport du Conseil d'Etat (accessible ici):

Fotolia_39275687_S"Après la publication du rapport du Conseil d’Etat, Alliance VITA veut interpeller le Président de la République pour faire entendre la voix du grand oublié de ce rapport qu’est l’enfant : le Conseil d’Etat tend en effet à s’aligner sur certaines demandes sociétales en matière de procréation au détriment de l’intérêt supérieur de l’enfant.

En préconisant un nouveau type de filiation avec deux filiations maternelles, la France introduirait une grave discrimination pour les enfants privés définitivement par l’état civil de généalogie paternelle. Une instance juridique supposée conseiller le gouvernement en matière de procréation accrédite des demandes sociétales d’adultes, à la fois transgressives et très minoritaires, au lieu d’évaluer la politique de prévention de l’infertilité (causes environnementales et comportementales), et de reconnaître les incidences de la banalisation de la PMA sur les droits de l’enfant. Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA,

« Ces préconisations nouvelles donnent l’impression d’une instance peu soucieuse de cohérence juridique et de justice pour les plus faibles. Comme si des mobiles politiques l’obligeaient à revenir sur son travail passé... Comment se peut-il qu’en quelques années les principes protecteurs des enfants revendiqués lors de la révision de la loi de 2011, tombent d’un coup ? Le Conseil d’Etat avait préconisé alors d’éviter « le risque de surenchère vers le moins disant éthique », de ne pas remettre en cause « l’exigence fondamentale de donner à l’enfant une famille comportant un père et une mère. » et de ne pas « créer délibérément un enfant sans père, ce qui ne peut être considéré comme l’intérêt de l’enfant à naître ». Même constat, quand le conseil d’état se positionne en faveur de la recherche sur l’embryon jusqu’au 13e jour. Cette bioéthique du glissement continu est incapable de sécuriser notre société. »

Alliance VITA note, sur le point qui aurait mérité un ajustement, que le Conseil d’Etat fait une proposition absurde qui ne répond pas aux demandes des enfants nés par assistance médicale avec donneur, éprouvés par l’anonymat du don de gamète et en quête de leurs origines. Cette quête est abordée sur la pointe des pieds, par une proposition d’accès des données non-identifiantes soumis au consentement du donneur et des parents. C’est scientifiquement absurde et pratiquement dérisoire. Car rien ne peut désormais s’opposer à l’accès d’un enfant à son origine. Alliance VITA continue de demander que les grands principes qui gouvernent notre droit national et international soient respectés, en particulier l’art. 7 de la convention des droits de l’enfant qui stipule que tout enfant a « dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux ». Alliance VITA entend participer à la mobilisation pour l’enfant que tout projet de loi portant atteinte à son intérêt supérieur fera naître."


L’embryon humain : la victime silencieuse et innocente de la révision de la loi de bioéthique

Communiqué de la Fondation Jérôme Lejeune :

Dhz6EpVWsAAdZ6F"Le rapport du Conseil d’Etat sur la révision de la loi de bioéthique est rendu public aujourd’hui. Ce rapport, émanant de la plus haute juridiction française, n’engage certes pas le politique mais il trace les contours « autorisés » de la future législation et fait état, notamment, de graves dérives en matière de recherche sur l’embryon. Ces dispositions seront au cœur de la loi mais elles seront moins commentées que la PMA. Elles auront pourtant pour conséquence de faire de l’embryon un « produit de laboratoire ».

Cet avis juridique du Conseil d’Etat ne tient, par ailleurs, aucun compte de l’avis profond des Français qui s’est exprimé lors des Etats-généraux de la bioéthique. A chaque révision, les limites de l’acceptable sont repoussées, la marchandisation du vivant et l’eugénisme toujours accrus. La technique prendra, une fois de plus, et de manière plus grave, le pas sur l’humain.

    • La création d’embryons transgéniques et leur transfert à des fins de gestation pourraient être autorisés. Cela entrainerait inévitablement une modification du génome de l’espèce humaine pourtant interdite par la Convention d’Oviedo ratifiée par la France. L’embryon serait encore davantage manipulé et ces modifications du génome seraient transmissibles.
    • Le Conseil d’Etat propose d’autoriser la culture des embryons in vitro au-delà de 7 jours et jusqu’à 13 jours après la fécondation. 92,3 % des citoyens se sont pourtant opposés à cette possibilité dans le cadre des Etats-généraux.
    • La destruction des embryons surnuméraires donnés à la recherche et n’ayant pas fait l’objet de recherche[1] est également envisagée. L’alternative éthique consistant à interdire en amont leur création n’est malheureusement pas prévue. L’embryon humain est traité comme une matière première qu’il convient de détruire lorsqu’elle n’est plus utilisable. Le principe de dignité de l’être humain qui devait être fondateur des lois de bioéthique de 1994, n’a pas droit de cité.
    • Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) serait étendu aux diagnostics d’anomalies chromosomiques. En acceptant la destruction systématique des embryons porteurs de trisomie 21 issus de la PMA, le Conseil d’Etat se porte garant d’une méthode eugénique[2].

En plus d’être invisible aux yeux de tous, errant dans un flottement juridique volontairement entretenu et réduit à un matériau de recherche, l’embryon humain est désormais une variable d’ajustement dans le jeu politique. Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune appelle les politiques à un sursaut de courage au moment de l’élaboration de la loi : « ne faites pas le jeu de l’industrie procréative et des laboratoires pharmaceutiques qui préfèrent « consommer » de l’embryon humain pour épargner l’animal. La loi doit protéger l’embryon, il ne lui revient pas de décider de son degré d’humanité. L’embryon humain est un être humain et sa protection demeure un principe intangible fondateur du droit ». (article 16 du Code Civil).

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PMA : le document du Conseil d’Etat reprend, point pour point, la position d’Emmanuel Macron

Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, a été interrogée par Anne Isabeth dans Présent à propos du rapport du Conseil d'Etat sur la PMA. Extrait :  

Mail-3"Dans ce rapport, le Conseil d’Etat tient des propos pour le moins étonnants, notamment concernant l’utilité du droit. Que dit-il ?

Il prétend que le droit n’empêche rien, ce qui est simplement ahurissant. Selon le Conseil d’Etat le droit n’a pas à poser des limites. Mais c’est justement le rôle du droit de mettre des limites aux désirs humains qui sont illimités.

Quelle est la portée de ce rapport ?

En soi, il s’agit juste d’un rapport technique, qui est censé donner un avis d’un point de vue juridique sur d’éventuelles lois à venir. Le rapport le plus attendu est celui de l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Ce qui est très intéressant est que ce document du Conseil d’Etat reprend, point pour point, la position d’Emmanuel Macron. Il n’en a pas fait un secret, durant sa campagne notamment : il est pour l’ouverture de la PMA à toutes les femmes mais opposé à la GPA. A ce titre il apparaît plus comme un document politique que comme une étude juridique de la situation. Ce qu’il faut noter, également, c’est qu’en 2009, le Conseil d’Etat se disait opposé à la création d’enfant sans père, arguant que cela ne pouvait être considéré comme étant dans l’intérêt de l’enfant. Ce qu’il affirme aujourd’hui est la position exactement inverse d’alors. [...]"


Les Sentinelles devant le Conseil d'Etat

Les Sentinelles pour la famille ne sont pas satisfaites des conclusions du rapport du Conseil d’Etat. Elles iront veiller le 11 juillet devant lui :

Sentinelles_ce"Il n’était pas possible que le Conseil Consultatif National d’Éthique, en charge de l’organisation et de la synthèse des États-Généraux de la Bioéthique, occulte dans ses conclusions la franche opposition aux dérives anthropologiques voulues par certains. Outrager la vérité et la démocratie et insulter tous les citoyens qui ont participé à ces conférences, aux débats sur internet ou dans le monde réel n’aurait pas été tolérable. Il a juste tenté d’en discréditer une partie en la qualifiant de « partisane ».

Pour tenter de faire oublier cet échec, un avis a été requis auprès du Conseil d’État. Servile en diable, il ne voit pas d’obstacle juridique à la PMA sans père. L’intérêt de l’enfant à avoir une filiation authentique n’entre pas en ligne de compte. Tout juste est-il sceptique sur l’opportunité de permettre à des femmes seules d’y accéder, du fait de la fragilité sociale des familles dites monoparentales.

Les dispositions de l’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, qui prévoit que l’enfant puisse dans la mesure du possible connaître et être élevé par ses parents ne sont pas évoquées.

Des Sentinelles veilleront le mercredi 11 juillet à partir de 20h00 place du Palais-Royal, face au Conseil d’Etat pour exprimer leur attachement à une anthropologie respectueuse de l’homme et de sa dignité et leur volonté de voir restaurée une démocratie plus que défaillante. Le mode opératoire reste identique : éloignées les unes des autres, respectueuses de l’ordre public, silencieuses et sans signe distinctif, bienveillantes et surtout déterminées. Vous pouvez les rejoindre,vous êtes les bienvenus !"


Sur la route des vacances : « PMA sans Papa, on n’en veut pas »

Le premier week-end de départs en vacances a été mis à profit par les militants pro-famille, toujours motivés contre les projets libertaires du gouvernement :

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Dhe1Xj7WAAAoYA9 Dhfl3R2XcAAbtbY


PMA : le Conseil d'État se défausse avec un avis technique

Selon les AFC :

Capture d’écran 2018-07-06 à 19.37.56"Saisi par le Gouvernement au printemps, le Conseil d'État rend aujourd'hui au Premier Ministre son avis sur la révision des lois de bioéthique.

Ayant distingué plusieurs scénarios possibles, le Conseil d'État, sans surprise, n'identifie pas de contrainte majeure ou rédhibitoire à l'extension de l'Assistance Médicale à la Procréation aux couples de femmes et aux femmes seules, mettant " au vert " un voyant supplémentaire dans l'esprit de ses promoteurs.

Mais si le Conseil d'État est l'institution qui conseille le Gouvernement en amont des projets de loi, son avis n'en possède pas moins un caractère essentiellement technique destiné à éclairer le Gouvernement dans ses choix politiques.

Or les récents États Généraux de Bioéthique l'ont montré : il existe une opposition franche, massive et argumentée à l'extension de l'AMP en France. Les AFC ont largement contribué à l'exprimer, portées par une vision anthropologique au service du Bien Commun. L'évolution de la loi sera donc un choix éminemment politique dont l'entière responsabilité incombera à l'exécutif.

Au moment où la société a plus besoin d'être rassemblée que divisée, cette responsabilité s'alourdit encore et ne saurait se défausser sur un avis technique."