16 août 2017

Euthanasie : Herman Van Rompuy appelle à désobéir au pape

Lu sur Riposte catholique

"Ancien Premier ministre belge (2008-2009) puis premier président du Conseil européen (2010-2014), Herman Van Rompuy n’est pas d’accord avec la récente mise au point disciplinaire du pape François envers les quinze centres psychiatriques belges administrés par la congrégation des Frères de la Charité, et dans lesquels l’euthanasie peut être pratiquée sans doute au nom de la charité chrétienne… Van Rompuy, membre du Christen-Democratisch en Vlams, parti démocrate-chrétien néerlandophone de Belgique, a publié, le 13 mai dernier, un tweet critiquant ouvertement le pape François : « Le temps du Roma locuta, causa finita [Rome a parlé, l’affaire est close] est passé depuis longtemps ». Ce qui est inviter les religieux à résister au pape ! Il est vrai qu’on vient d’apprendre que Van Rompuy est membre du conseil d’administration de la structure des Frères de la Charité de Belgique gérant ces centres psychiatriques. Ceci doit expliquer cela…"

Posté le 16 août 2017 à 07h02 par Michel Janva | Lien permanent

11 août 2017

Proposition de loi sur l'euthanasie

39 députés de la République en marche et du groupe Nouvelle Gauche viennent d'annoncer la préparation d'une proposition de loi « portant sur la fin de vie dans la dignité ».

Le groupe est mené par Jean-Louis Touraine, qui avait proposé de légaliser l’ « aide médicale à mourir » lors des débats sur la loi Claeys-Leonetti.

Le « calendrier législatif de cette proposition de loi n’est pas encore fixé » : elle pourrait être débattue lors de la révision des lois de bioéthique, où à part.

Posté le 11 août 2017 à 22h40 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : vers l'excommunication de religieux belges ?

D'Antoine Pasquier dans Famille chrétienne :

"La branche belge des Frères de la Charité dispose d’un mois pour se mettre en conformité avec le magistère de l’Eglise catholique sur la prohibition de l’euthanasie, a annoncé le supérieur général de l’ordre, le frère René Stockman, dans un communiqué publié le 5 août. En mai dernier, la communauté basée en Belgique avait décidé d’autoriser la pratique de l’euthanasie sous certaines conditions au sein des établissements psychiatriques placés sous sa responsabilité, et ce malgré l’opposition de l’administration générale de la congrégation. « Le texte qui nous est présenté est non seulement moralement condamnable, mais montre par ailleurs de sérieuses contradictions juridiques internes », avait alors déclaré le frère Stockman en juin dernier. « Il nuit aux positions juridiques correctes de l’Église ».

Saisie par le supérieur des Frères de la Charité, Rome vient de faire connaître la procédure à suivre. A l’issue de nouvelles concertations entre la Secrétairerie d’Etat, la Congrégation pour la doctrine de la foi et la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, ainsi que d’une consultation finale avec le pape François, le préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, le cardinal Braz de Aviz, mandate le frère René Stockman pour prendre de nouvelles mesures à l’encontre de la communauté belge. « Le supérieur général mettra tout en œuvre pour conformer l’organisation à la vision de l’Église catholique », assure ce dernier dans son communiqué, « et – à défaut de cela -, prendra les mesures juridiques nécessaires pour sauvegarder l’identité catholique, ainsi que la position, les intérêts et les structures des Frères de la Charité ». Dans la missive qu’il lui avait adressée en juin, le cardinal Müller, alors encore préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, rappelait au frère Stockman que « celui qui nierait cette doctrine [de l’illicéité de l’euthanasie] se trouverait dans la position de celui qui rejette les vérités de la doctrine catholique et ne serait donc plus en pleine communion avec l’Église catholique ».

Rome exige également de la part des religieux (trois sur quatorze) membres du conseil d’administration des Frères de la Charité en Belgique « de rédiger une lettre officielle dans laquelle ils déclarent au supérieur général qu’ils suivent entièrement la vision du Magistère de l’Église catholique, affirmant depuis toujours que la vie humaine doit être respectée et protégée de manière absolue ». L’organisation belge devra, évidemment, revoir son texte autorisant la pratique de l’euthanasie dans ses centres médicaux. Les frères belges ont jusqu’au 5 septembre pour se conformer aux exigences de Rome."

Posté le 11 août 2017 à 22h09 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2017

Avec l'affaire Vincent Lambert, toute la loi Leonetti s’est trouvée applicable aux personnes handicapées

Maître Jean Paillot, l’un des avocats des parents de Vincent Lambert, explique dans Famille chrétienne, à propos du docteur Sanchez, nouveau médecin de Vincent Lambert depuis février 2017 :

"Nous ne connaissons pas la position du docteur Sanchez. Il a peu de contacts avec la famille. Je crois qu’une médiation a été suggérée par l’Ordre des médecins entre lui et les parents. Il faut être conscient que les parents de Vincent sont ce qu’on appelle des « aidants familiaux » dans cette affaire. Ce sont ceux qui, parmi les membres de la famille, sont au quotidien auprès de Vincent. C’est donc anormal qu’il ne puisse pas y avoir une relation entre des aidants familiaux et le médecin de Vincent ! Tout le monde sait que les relations sont inexistantes entre eux et l’épouse de Vincent, ce qu'ils regrettent profondément. Mais c’est ainsi. En revanche, que l’équipe médicale fasse comme si les parents n’existaient pas ou comme s’ils étaient de simples visiteurs bénévoles de Vincent au quotidien, cela ne suffit pas : les parents de Vincent sont véritablement des aidants familiaux ! Il faut donc les accueillir tel qu’ils sont ! Or actuellement ce n’est pas le cas. Les parents de Vincent seraient toutefois très favorables à une médiation organisée avec le docteur Sanchez."
"Il y a environ 1500 personnes en France dans cet état. La plupart sont bien traités dans des établissements spécialisés. La difficulté c’est que Vincent est dans un service au CHU de Reims qui s’occupe de personnes en fin de vie avec des médecins qui sont tous gériatres et qui passent leur temps à gérer les fins de vie. Le docteur Kariger, premier médecin de Vincent, a ainsi proposé à l’épouse de Vincent que soit mis en place pour Vincent un « chemin de fin de vie. Mettre en place un chemin de fin de vie, pour une personne qui n'est pas en fin de vie, pour une personne qui ne souffre pas, et pour une personne dont on ne peut pas dire qu'elle est réduite à une simple vie organique, puisque Vincent a une activité cérébrale, c'est une euthanasie qui ne dit pas son nom. C’est une véritable euthanasie qui a été mise en œuvre sous couvert des dispositions nouvelles de la loi Leonetti !
C’est-à-dire ?
La loi Leonetti était prévue pour les personnes malades et en fin de vie. Avec cette affaire Vincent Lambert, toute la loi Leonetti s’est trouvée applicable aux personnes handicapées. C’est un scandale gigantesque, et c’est pour cela que l’union nationale des familles de traumatisés crâniens et cérébrolésés, s'est rangée du côté des parents de Vincent. On n’est pas dans l’application de la loi Leonetti telle qu’elle a été votée à l’origine. C’est pour cela que c’est une affaire d’État : certains députés, dont M. Leonetti, n’avaient pas réussi à obtenir devant l’Assemblée nationale la possibilité d'arrêts d'alimentation dite artificielle.
L'affaire Vincent Lambert est venue leur permettre de « compléter cette loi, sur le terrain judiciaire, avec la complicité évidente du Conseil d’État, tandis que la Cour européenne a détourné le regard et s'est assise sur ses principes. Le jour où toute cette affaire sera terminée, Jérôme Triomphe et moi nous écrirons un livre sur toute cette histoire. Et vous verrez que cela ressemble étrangement aux plus sinistres affaires judiciaires et politiques que notre pays ait connu. Pour moi, cette affaire relève de l’affaire Dreyfus. On est ici dans une affaire politique parce que l’on veut faire passer une législation sans en dire le mot. L’affaire Lambert, c’est la porte ouverte à l’euthanasie par omission."
"Si j’avais la moindre hésitation sur le fait que nous serions peut-être en situation d’obstination déraisonnable, j’arrêterai du jour au lendemain de me battre pour Vincent. Moi qui enseigne le droit de la santé, je suis le premier à faire comprendre à mes étudiants qu’arrêter un traitement dans le cas d’une obstination déraisonnable ce n’est pas de l’euthanasie. C’est quelque chose de parfaitement légitime et normal. En revanche, quand on n’est pas dans une situation d’obstination déraisonnable, on peut se trouver en présence d’une demande d’euthanasie. Pourquoi est-ce qu’il serait déraisonnable de continuer à prendre soin de Vincent ? Personne n’a jamais répondu à cette question. Je dis qu’il n’est pas déraisonnable de s’occuper d’une personne handicapée, quand bien même elle est gravement handicapée, parce que c’est l’honneur de notre société de s’occuper des plus faibles."

Posté le 26 juillet 2017 à 16h36 par Michel Janva | Lien permanent

Lors de l'hommage au père Hamel, Mgr Lebrun dénonce les crimes de l'avortement et de l'euthanasie

Ce matin, Monseigneur Dominique Lebrun, archevêque de Rouen a prononcé un discours pour l’inauguration de la Stèle républicaine pour la paix et la fraternité et à la mémoire du Père Jacques Hamel – Saint-Etienne du Rouvray. Devant le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de l’intérieur, le Président du Conseil constitutionnel, des parlementaires, le député, le Maire, les hautes autorités civiles, judiciaires et militaires, il a déclaré :

"Des attentats, hier, la profanation de tombe ou de lieux de culte, aujourd’hui encore, même accomplie par des adolescents, sont une ombre pour toute notre société. Notre société qui ne sait plus où elle va après la mort, et se croit libre de faire tout ce que chaque individu souhaiterait, y compris abréger sa vie ou l’empêcher de naître ; c’est une ombre pour notre société qui met de côté des ressources spirituelles en chargeant la loi d’établir la morale alors que celle-ci, la loi, ne peut qu’être qu’une aide et que la morale, elle vient du profond de notre humanité."

Posté le 26 juillet 2017 à 14h31 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2017

Les parents du petit Charlie Gard acceptent le transfert de leur fils en soins palliatifs

Les parents du petit Charlie Gard, bébé de 11 mois atteint d’une maladie génétique rare, ont annoncé lundi 24 juillet la fin de leur procédure judiciaire pour le maintien en vie de l’enfant. La Cour devait déterminer le 25 juillet si l’enfant pouvait recevoir un traitement expérimental aux Etats-Unis. Cette décision aurait confirmé ou infirmé les avis précédents des différentes institutions de justice interrogées sur l’affaire. La décision a été prise après qu’un médecin américain, venu examiner l’enfant quelque jours plus tôt ait dit aux parents qu’il était trop tard pour lui donner le traitement prévu. D’après leur avocat,

« il n'est plus dans l'intérêt de Charlie de poursuivre le traitement » car « Charlie a souffert d’atrophie musculaire grave » et « les dégâts pour ses muscles [sont] irréversibles ». « Charlie a patiemment attendu un traitement. En raison de ce délai, cette opportunité a été perdue ».

Les parents se sont dit prêts à accepter que Charlie soit transféré au service de soins palliatifs et qu'il soit « autorisé à mourir avec dignité ». Ils envisagent de fonder une association afin que la voix de Charlie « continue à être entendue ».

Posté le 25 juillet 2017 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

20 juillet 2017

Vincent Lambert entre les mains du Docteur Sanchez

Du Comité de soutien à Vincent Lambert :

Capture d’écran 2017-07-20 à 18.39.03"Hier, le Conseil d’Etat s’est, une nouvelle fois, prononcé sur l’affaire Vincent Lambert. Sa décision porte sur l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation prononcée le 11 janvier 2014 par le Docteur Kariger (1er médecin de Vincent au CHU de Reims) et sur la suspension de la seconde procédure collégiale prononcée en juillet 2015 par le Docteur Simon (2ème médecin, qui a quitté le CHU en décembre dernier).

Le Conseil d’Etat a considéré que le nouveau médecin de Vincent Lambert, le Docteur Sanchez, n’était pas tenu par les décisions prises par ses prédécesseurs. En conséquence, le Docteur Sanchez n’a pas l’obligation d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent. C’est une première bonne nouvelle, mais il y a mieux : ce médecin n’est également pas tenu de relancer une autre procédure collégiale. Et ce contrairement aux effets de manchettes de certains médias.

C’est pourquoi les avocats de Vincent Lambert considèrent que la décision rendue publique hier est une petite victoire. Concrètement le Conseil d’Etat laisse les mains libres au Docteur Sanchez. Théoriquement il devrait se garder d’initier une nouvelle procédure collégiale. En effet :

Cependant, nous devons, avec les avocats et les parents, rester très prudents. Vous le savez, Vincent a déjà fait l’objet de décisions médicales et judiciaires irrationnelles.

Vincent Lambert est un grand handicapé, il n’est pas en fin de vie. Notre demande n’a pas varié depuis le début de notre mobilisation : son transfert dans un établissement spécialisé pour son handicap, qui lui donnera, comme aux 1 700 autres personnes comme lui en France, les soins que son état requiert. Les avocats ont lancé d’autres actions pour faire échapper Vincent Lambert de cet « enfer carcéral »."

Posté le 20 juillet 2017 à 18h41 par Michel Janva | Lien permanent

Vincent Lambert : Le Conseil d’État juge illégale la suspension de la deuxième procédure d’examen de l’interruption des traitements

Le 11 janvier 2014, le médecin chargé de Vincent Lambert au centre hospitalier universitaire de Reims avait pris la décision de mettre fin à l’alimentation et à l’hydratation artificielles de ce patient. Cette décision avait été jugée légale par une décision du Conseil d’État du 24 juin 2014, rendue après expertise médicale. Par un arrêt du 5 juin 2015, la Cour européenne des droits de l’homme a ensuite jugé qu’il n’y aurait pas violation de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales en cas de mise en œuvre de la décision du Conseil d’État.

Après l’intervention de cet arrêt, M. François Lambert, neveu de M. Vincent Lambert, a demandé, en juin 2015, au CHU de Reims de mettre en œuvre la décision qui avait été prise par le médecin. Le nouveau médecin en charge l’a alors informé, ainsi que les autres membres de la famille, de sa décision d’engager une nouvelle procédure collégiale. Toutefois, le CHU a annoncé la décision de ce médecin de suspendre la procédure collégiale en indiquant que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure tant pour Vincent Lambert que pour l’équipe soignante ne sont pas réunies ». François Lambert a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, qui a rejeté sa demande par un jugement du 9 octobre 2015. Saisie en appel, la cour administrative d’appel de Nancy a infirmé ce jugement : elle a annulé la décision de suspension de la procédure collégiale et a enjoint au CHU de Reims de mettre le médecin en charge de M. Vincent Lambert, ou tout autre praticien susceptible de lui succéder, en mesure de répondre aux obligations lui incombant vis-à-vis du patient. Mais elle a refusé d’enjoindre au CHU de mettre en œuvre la décision prise le 11 janvier 2014 par le médecin alors en charge de M. Vincent Lambert.

Les deux parties de cet arrêt ont été contestées devant le Conseil d’État :

Par la décision d'hier, le Conseil d’État rejette les deux requêtes dont il est saisi.

1. Il juge tout d’abord que la décision prise le 11 janvier 2014 par le médecin chargé de M. Vincent Lambert ne peut plus recevoir application. Il déduit du code de la santé publique que les décisions de limiter ou d’arrêter les traitements dont la poursuite traduirait une obstination déraisonnable, qui ne peuvent intervenir que dans le cadre d’une procédure collégiale, sont prises par le médecin chargé du patient et ne peuvent être mises en œuvre que par ce même médecin ou sous sa responsabilité. Par suite, dans le cas où le médecin qui a pris une telle décision n’est plus chargé du patient à la date où cette décision peut commencer à être mise en œuvre, la décision en cause cesse de produire effet et ne peut plus légalement recevoir application. Le nouveau médecin doit alors prendre lui-même une décision.

2. Le Conseil d’État juge ensuite que le médecin chargé de Vincent Lambert, qui avait précisément engagé une nouvelle procédure collégiale pour examiner la question de l’arrêt des traitements, ne pouvait pas décider d’interrompre cette procédure pour les raisons qu’il a retenues. Selon le communiqué, ces raisons tenaient à ce que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure tant pour Vincent Lambert que pour l’équipe soignante [n’étaient] pas réunies », étant précisé que « les conditions d’un échange serein [devaient] absolument être rétablies dans l’intérêt de Vincent Lambert et de son accompagnement ». Le Conseil d’État juge que l’existence d’éventuelles menaces pour la sécurité de Vincent Lambert et de l’équipe soignante n’est pas un motif légal pour justifier l’interruption d’une procédure engagée en vue d’évaluer si la poursuite de l’alimentation et de l’hydratation artificielles traduit une obstination déraisonnable.

Le Conseil d’État rejette donc les pourvois dont il est saisi. Il en résulte que le médecin nouvellement chargé de Vincent Lambert devra se prononcer sur l’engagement d’une procédure d’examen du maintien de son alimentation et son hydratation artificielles.

Rien n’interdit au CHU d’entamer une nouvelle procédure collégiale, depuis le début. Mais il sera obligé de tenir compte de la plainte pénale que les parents de Vincent ont lancé contre le docteur Kariger et contre le CHU pour maltraitances et tentative d’assassinat.

Posté le 20 juillet 2017 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

17 juillet 2017

Le tuteur de Charlie Gard est une militante pro euthanasie

Nouveau rebondissement :

Unknown-9"On se souvient que les juridictions britanniques et européennes ont récemment donné raison à un hôpital qui voulait, contre la volonté de ses parents, "débrancher" Charlie Gard, un enfant de 11 mois atteint d'une maladie grave.

Un tuteur avait été nommé par les juridictions pour contourner le refus des parents et représenter l'enfant en justice. Ce tuteur était censé être un professionnel impartial, garant de l’intérêt de l’enfant. Il avait - au nom de l'enfant - donné son accord à l'arrêt de la respiration artificielle et à sa mort.

Or les médias britanniques révèlent ce jour que ce tuteur, l’avocate Victoria Butler-Cole, est membre du conseil d’administration de l'organisation "Compassion In Dying", issue de la "Voluntary Euthanasia Society" qui fait campagne pour la légalisation de l’euthanasie au Royaume Uni. Me Butler-Cole s’était déjà illustrée en défendant une femme qui demandait qu'on laisse mourir son mari, par déshydratation et sédation.

Cette révélation est grave et remet en cause la procédure. Elle intervient quelques jours après qu'une dizaine de scientifiques a écrit à l'hôpital pour témoigner, en soutien aux parents, de la possibilité de tenter un traitement expérimental offrant, environ, 10% de chances de guérison à l'enfant."

De tuteur à tueur...

Posté le 17 juillet 2017 à 19h38 par Michel Janva | Lien permanent

12 juillet 2017

Les parents de Vincent Lambert sont les seuls à rester à son chevet tous les jours

Me Jérôme Triomphe, qui était devant le Conseil d’État lundi 10 juillet, fait le point de la situation scandaleuse de maltraitance dans laquelle se trouve depuis quatre ans Vincent Lambert. Le combat juridique pour que Vincent puisse bénéficier des soins nécessaires, notamment de kinésithérapie, et être transféré dans un autre hôpital se poursuit.

Posté le 12 juillet 2017 à 21h47 par Michel Janva | Lien permanent

11 juillet 2017

Vincent Lambert devant le Conseil d’Etat : vers une petite victoire ?

Le Comité de soutien à Vincent Lambert communique :

DEcXPOsXUAQMiV4"Hier, 10 juillet 2017, le Conseil d'Etat a examiné une nouvelle fois la situation de Vincent Lambert, saisi après l’arrêt rendu par la Cour d’appel administrative de Nancy du 16 juin 2016. Son examen portait sur la triple question de :

Le rapporteur public a estimé qu’un médecin, y compris dans le cadre d’une procédure collégiale, n’est jamais tenu d’exécuter les décisions prises par son prédécesseur, mais doit prendre lui-même une décision médicale, à la suite d’une nouvelle procédure collégiale. Cette proposition de réponse était soutenue par les avocats des parents de Vincent, mais aussi par le CHU. Elle est en réalité la simple application du principe bien connu d’indépendance du médecin.

Il a également considéré que la décision du docteur SIMON de suspendre la procédure collégiale le 23 juillet 2015 constituait bien une décision administrative susceptible d’être déférée devant un tribunal, qu’il peut être légitime de suspendre une procédure collégiale, laquelle doit tenir compte des facteurs humains et des circonstances particulières de chaque situation, mais que cette suspension ne pouvait pas être indéfinie.

Enfin, il a considéré qu’une demande d’astreinte (formulée ici par François Lambert à l’encontre du CHU) ne pouvait pas être acceptée, en raison du principe d’indépendance médicale. Tout au plus était-il possible d’enjoindre un hôpital à mettre un médecin en mesure de remplir ses devoirs vis-à-vis de son patient. 

Il a également admis que cette procédure est désormais largement théorique, dans la mesure où le docteur Simon a à son tour démissionné du CHU de Reims, remplacée en février 2017 par le docteur Sanchez. Mais il a indiqué que cette procédure, pour laquelle il a conclu au rejet des pourvois, pouvait avoir un intérêt pédagogique.

En pratique, la procédure collégiale du Dr Simon ne s’impose pas au docteur Sanchez et celui-ci ne peut arrêter l’alimentation et l’hydratation entérales de Vincent que dans l’hypothèse où il prend lui-même une nouvelle décision médicale en ce sens, à la suite d’une procédure collégiale.

Si le Conseil d’Etat suit les recommandations du rapporteur, ce qui est la cas généralement, ce sera une petite victoire pour les amis de Vincent.

Dans les faits, rien n’interdit au CHU d’entamer une nouvelle procédure collégiale, depuis le début. Mais il sera obligé de tenir compte de la plainte pénale que les parents de Vincent ont lancé contre le docteur Kariger et contre le CHU pour maltraitances et tentative d’assassinat. Nous espérons que le Dr Sanchez optera pour la sagesse et le bien de Vincent. Et nous souhaitons que la procédure initiée par les parents de Vincent pour obtenir son transfert trouvera enfin un écho favorable. En attendant la décision à venir du Conseil d’Etat, restons vigilants et mobilisés !"

Posté le 11 juillet 2017 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2017

Une vidéo fait le point sur l’affaire Charlie Gard

La justice a décidé d'arrêter le respirateur, l'alimentation et l'hydratation de Charlie Gard, bébé de 10 mois atteint d’une maladie génétique, ce qui va le faire mourir. Il n'appartient pas à un État de décider de la vie et de la mort des personnes humaines.

Des centaines de milliers de personnes soutiennent les parents de Charlie Gard qui se battent pour que Charlie puisse vivre sa vie ! Soutenez-les aussi en signant cette pétition.

Posté le 10 juillet 2017 à 19h33 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2017

Le petit Charlie va finalement être maintenu en vie

L’hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé vendredi qu’il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter un bébé atteint d’une maladie rare, quelques jours après les interventions du Pape et du président américain Donald Trump.

L’hôpital devait cesser de maintenir en vie le bébé, Charlie Gard, à la suite d’une décision de justice, mais contre l’avis de ses parents.

«Deux hôpitaux internationaux et leurs chercheurs nous ont indiqué ces dernières 24 heures qu’ils avaient de nouveaux éléments pour le traitement expérimental qu’ils avaient proposé». «Nous estimons, tout comme les parents de Charlie, qu’il est juste d’explorer ces éléments».

Le Vatican s'est dit prêt à lui accorder la nationalité vaticane et faciliter son transfert dans les services de l’hôpital pédiatrique du Saint siège, Bambino Gesu.

Posté le 8 juillet 2017 à 14h58 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2017

Cardinal Sgreccia : 10 points critiques concernant le cas du petit Charlie Gard

Analyse du Cardinal Elio Sgreccia, publiée en italien sur http://www.ildonodellavita.it et traduite en français par Aude Dugast :

Alors que le dernier recours en justice, auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) des parents de Charlie Gard vient de donner raison aux différentes cours britanniques qui ont décidé de suspendre la vie de leur enfant, le Cardinal Elio Sgreccia, ancien président de l’Académie pontificale pour la vie, publie une analyse soulignant les points d’interrogations qui demeurent dans cette affaire. Gènéthique en publie l’intégralité. Dans le même temps, la présidente de l'hôpital pédiatrique Bambino Gesù (Enfant Jésus) qui dépend du Vatican, Mme Mariella Enoc, s'est déclarée prête à « accueillir Charlie Gard à Rome, si ses parents le souhaitent et si son état le permet ».

En ces heures dramatiques nous assistons, avec douleur et impuissance, aux derniers développements et aux funestes contours de l’affaire du petit Charlie Gard, ce nouveau-né de 10 mois, affecté par le syndrome de l’encéphalopathie mitochondriale de forme infantile, lequel, sur la base de différentes décisions judiciaires émises par trois différentes Cours anglaises, de degré divers, et finalement par la Cour européenne des Droits de l’Homme elle-même, devrait être accompagné à la mort par le débranchement de la machine qui assure sa ventilation mécanique et par l’interruption de l’alimentation et l’hydratation artificielles, après lui avoir administré une sédation profonde.

Dans les décisions judiciaires des différents degrés, les Cours anglaises ont répété (souligné) que le processus de dégradation générale des conditions cliniques de Charlie, et en même temps, la détérioration progressive et inexorable du fonctionnement des organes nécessaires aux fonctions vitales, dont les premières sont celles de la respiration, conduisent à croire que tout décision relative à une action ultérieure qui pourrait prolonger de semblables conditions de vie, devrait être jugée illégitime, à partir du moment où elle n’est pas engagée pour le plus grand intérêt du petit, mais plutôt qu’elle conduit à augmenter, dans le temps et l’intensité, la douleur et la souffrance de l’enfant. Ce qui surprend le plus c’est que l’idée de soumettre  Charlie à un protocole expérimental de thérapie nucleosidique qui est en train d’être mis au point aux Etats-Unis, proposé à plusieurs reprises par les parents, a été considérée irréalisable, encore mieux « futile », par les conseillers médicaux questionnés par les juges, par rapport à l’exigence, celle-là qui s’impose, de vouloir donner une exécution  immédiate et définitive aux dispositions unanimes des sentences prononcées jusqu’à maintenant.

Il semble que tout ait concouru, dans les six derniers mois, à réaliser une sorte « d’acharnement thanatologique » (mort illicite) contre le petit Charlie, une  compétition, de la part des juges et des médecins, visant à s’assurer de la solution la plus rapide dans son cas, faisant taire tout élan d’espérance des parents, écrasant toute lueur provenant d’une possibilité de succès d’une thérapie, qui, bien qu'expérimentée seulement sur les souris et pour quelques autres maladies différentes de celle de Charlie, selon les mots du Professeur responsable des essais en cours aux Etats-Unis, interrogé ad hoc par les parents de Charlie, aurait pu, au moins théoriquement, apporter des bénéfices à ses conditions générales de santé. Il est vrai qu’après la demande d’autorisation de procéder à l’essai thérapeutique sur Charlie, en janvier dernier, l’encéphalopathie épileptique dont il souffre a créé, par des crises successives, des dommages cérébraux supplémentaires et graves ; cependant, ce qui doit être discuté ici concerne plutôt, et toujours, la possibilité de décider quand et comment mettre fin à la vie d’un être humain sans défense. A cet effet, il semble opportun de considérer quelques points critiques qui apparaissent dans  l’étude globale de ce dossier, sous de nombreux aspects paradigmatiques.

1/ L’incurabilité ne peut jamais être confondue avec l’impossibilité de soin : une personne affectée d‘un mal, en l’état actuel de la médecine, incurable, est, paradoxalement, le sujet qui, plus que tout autre, a le droit de demander et d’obtenir assistance et soin, attention et dévouement continus : il s’agit du principal fondement de l’éthique de soin, qui vise justement d’abord ceux qui sont en état de vulnérabilité, de minorité, de fragilité majeure. Et Charlie est l’exemple vivant paradigmatique de qui a le droit d’être assisté à toutes les phases de sa maladie, en raison de son état de nécessité, lié à l’âge et la maladie. Le visage humain de la médecine se manifeste justement dans la pratique clinique du ‘prendre soin’ de la vie de la personne souffrante et malade.

2/ Le droit d’être continuellement objet, ou mieux encore, sujet des attentions et des soins de la part de la famille et des tiers, réside dans la dignité dont toute personne humaine, même nouvellement née, même malade et souffrante, ne cesse jamais d’être titulaire. C’est l’être substantiel de l’homme, et ses puissances, qui fondent cette dignité, pas seulement son actualisation concrète et accidentelle. C’est ce qui s’entend par ‘dignité purement ontologique de la personne’, un statut qui est complètement indépendant de la capacité d’utiliser activement les facultés éminemment propres à l’être raisonnable, il suffit que ces mêmes facultés de cet être raisonnable, existent comme potentialités actuelles, et éventuellement réalisables.

3/ L’alimentation-hydratation artificielle, par sonde nasogastrique, ne pourra en aucun cas être considérée comme un traitement. Elle ne l’est pas en raison du moyen utilisé pour l’administrer, puisque n’est pas considéré thérapeutique le fait de donner du lait à un nouveau-né à l’aide d’un biberon. Elle ne l’est pas en raison des procédés de production de ces aliments, puisque n’est pas considéré thérapeutique le lait en poudre, par exemple, dont la production suit un procédé industriel long et complètement mécanisé. Elle ne l’est pas au motif que la poche parentérale est prescrite par un spécialiste médical, puisque le même achat de lait artificiel est soumis à la prescription médicale du pédiatre. L’eau et la nourriture ne deviennent pas des prescriptions médiales par le seul fait qu’elles sont administrées artificiellement, par conséquent, les interrompre n’est pas comme suspendre un traitement, mais c’est laisser mourir de faim et de soif qui n’est simplement pas en état de s’alimenter de façon autonome.

4/ L’idée maîtresse qui fonde le consentement éclairé a à voir avec le principe par lequel le patient n’est jamais un individu anonyme à qui on applique des connaissances techniques déterminées, mais un sujet conscient et responsable qui doit être appelé à participer à la mise au point de ce qui est nécessaire pour améliorer sa propre santé et, éventuellement, pour atteindre un objectif de guérison et de soin. Cela nécessite qu’il soit impliqué dans les processus décisionnels qui le regardent, dans une relation de dialogue afin d’éviter qu’il ne se trouve dans des conditions de devoir subir passivement des décisions et des choix pris par des tiers. L’affaire du petit Charlie, prouve au contraire que s’est installée, au cours du temps, une dynamique qui a grandement détaché l’équipe médicale de la volonté des parents, comme on voit à l’évidence avec cet ultime interdit qui leur a été imposé, face à leur désir de pouvoir transporter, pour voir mourir, dans leur maison, leur propre fils.

5/ L’interdiction du traitement expérimental pour Charlie ne peut, en aucun cas, être justifiée en faisant appel à l’état de souffrance dans lequel il vit actuellement. Il est bien possible que la thérapie expérimentale n’aurait pas donné les résultats médicaux attendus, mais il est tout aussi vrai que les souffrances de Charlie demandent une approche palliative intégrale et systématique qui aurait pu, hypothétiquement, accompagner l’expérimentation elle-même. L’exclusion d’accès à cette thérapie a été motivée tant au nom du pronostic de leur inutilité - dont l’aléa rentre dans les paramètres d’incertitude, absolument et ordinairement propres à chaque essai thérapeutique - tant au nom de la nécessité de lui éviter les souffrances ultérieures que le prolongement d’une vie en de telles conditions aurait pu générer : de ce fait, la perspective, même lointaine, de laisser en vie Charlie, voire de prolonger le temps de sa vie au moyen d’une thérapie expérimentale, a été considérée a priori comme une solution inenvisageable, au nom de la nécessité de lui éviter des souffrances ultérieures, et cela, non grâce à une solution palliative adéquate mais par le moyen d’une mort provoquée.

6/ Le principe de l’intérêt supérieur du mineur, que les documents internationaux posent au centre des mécanismes de tutelle des mineurs, que les Cours anglaises elles-mêmes ont invoqué comme justification majeure de leurs décisions, nous croyons qu’il implique, ou mieux, qu’il légitime une forme d’euthanasie passive comme celle qu’on a décidé de pratiquer sur le petit Charlie. Nous croyons que son intérêt supérieur va dans le sens d’une prise en charge qui lui assure une existence la plus digne possible, à l’aide d’une opportune stratégie antalgique qui lui permette de maîtriser la douleur, si vraiment, on devait tenir pour impossible de parcourir le chemin menant au protocole expérimentale déjà en cours aux Etats-Unis. Ce qui est exactement ce que les parents de Charlie ont demandé sans arrêt jusqu’à maintenant.

7/ La Cour européenne des Droits de l’Homme, a incroyablement glissé sur tous ces aspects de fonds détaillés ici et même, elle semble être allée plus loin, assumant une posture purement procédurale, au nom du principe de ‘la marge d’appréciation’. Si d’un côté elle fait observer, dans la sentence du 28 juin dernier, que les décisions des Cours nationales anglaises, ne violaient pas les articles 2, 6, 8, de la Convention européenne des Droits de l’Homme, confirmant de fait l’exactitude formelle de leur action, d’un autre côté elle a retenu ne pas devoir étudier le fond de la question de la suspension de l’alimentation-hydratation-respiration artificielles au nom de l’autonomie souveraine des Etats membres ce qui l’autoriserait à réglementer à son gré des thèmes plus compliqués sur le plan éthique, comme le cas d’une euthanasie passive sur un nouveau-né. Et ceci en dépit du fait que les dispositions combinées des articles 2 et 8 de la Convention statuent très clairement l’interdit de priver délibérément qui que ce soit du bien fondamental de la vie.

8/ A personne n’échappe le fait que derrière toute cette affaire, se cache, bien que jamais mentionnée, l’idée d’efficacité de gestion des ressources sanitaires, efficacité qui conduit à en disposer d’une façon qui ne peut pas ne pas générer une sournoise culture du déchet. Dans une société qui devra faire face à un phénomène croissant de médicalisation des maladies en même temps  qu’à un nombre croissant de personnes âgées, avec le suivi des maladies dégénératives liés à ces personnes âgées, la limitation toujours croissante des ressources destinées au système sanitaire par les gouvernements nationaux, alimente une culture d’entreprise qui fait de l’efficacité à tout prix son premier objectif vital et exclusif, élargissant de fait le nombre de ceux qui, marginalisés en raison de leur faible espérance de vie, sont identifiés comme des déchets à éliminer, si possible.

9/ Encore plus inquiétante est la légèreté avec laquelle on accepte le paradigme de ‘qualité de vie’, autrement dit, ce modèle culturel qui conduit à reconnaître la non dignité de certaines existences humaines, complètement identifiées et confondues avec la maladie dont elles sont porteuses et la souffrance qui l’accompagne. Jamais un malade ne peut être réduit à sa pathologie, puisque aucun être humain ne cesse un seul instant et en dépit de sa condition de malade et/ou sa souffrance, d’être un univers incommensurable de sens qui mérite à chaque instant, l’attention délicate de qui veut inconditionnellement son bien sans se résoudre à la considérer comme une existence de série B par le seul fait d’être dans le besoin, dans la nécessité, ou en souffrance. Une existence à laquelle on ferait une faveur en la supprimant définitivement. Et ceci vaut d’autant plus dans le cas de ceux qui ne peuvent pas, ou ne peuvent plus, exprimer ce qu’ils sont et ce qu’ils sentent, comme dans le cas du petit Charlie.

10/ A travers les postures schizophréniques liées à ces nouveaux paradigmes culturels, on peut saisir l’ambivalence de ceux qui tout en revendiquant la liberté d’accès totale et sans discrimination à l’euthanasie, sur la base de la prépondérance exclusive de l’autonomie individuelle, nient en même temps cette autonomie de décision pour les autres cas, comme celui-ci, où l’on estime que seuls les médecins sont légitimes à prendre la décision, sans aucune participation des parents. L’ambivalence de ceux qui pensent qu’il est juste que les médecins soient en condition de pouvoir donner un peu plus de temps aux parents pour les aider à se détacher de leur fils, en leur consentant de rester en sa compagnie, mais qui ne pensent pas à quel point ce serait nécessaire pour les mères porteuses qui seront privées de leur fœtus, immédiatement après la naissance, pour satisfaire les désirs des ‘loueurs de ventre’. L’ambivalence de ceux qui pensent à protéger la dignité de la vie d’un sujet en lui niant la vie même, qui est l’assise du principe non seulement de la dignité humaine mais de tout autre reconnaissance qui pourrait être faite en sa faveur. L’ambivalence de ceux qui se battent pour la défense judiciaire, institutionnelle, internationale des droits des plus faibles, dans le cadre des régimes démocratiques, et puis accepte de bon gré de voir légalisée ou judiciarisée l’euthanasie, pratiquée sur les plus petits, les plus faibles, les plus nécessiteux.

Posté le 4 juillet 2017 à 18h45 par Michel Janva | Lien permanent

03 juillet 2017

Donald Trump propose son aide aux parents de Charlie Gard

Donald Trump a offert aujourd'hui d'aider les parents de Charlie Gard, ce bébé britannique de dix mois atteint d'une maladie génétique rare et dont la justice a autorisé la fin du maintien en vie.

"Si nous pouvons aider le petit #CharlieGard, comme le demandent nos amis britanniques et le pape, nous serions ravis de le faire".

Posté le 3 juillet 2017 à 20h23 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2017

Euthanasie de Charlie Gard : «Nous sommes arrivés au terminus de la culture de mort. Les tribunaux décident si un bébé a ou non le droit de vivre»

0ptLe petit Charlie Gard, victime d'une maladie orpheline, doit être « débranché » avec la bénédiction de la Cour européenne des droits de l'homme, contre l'avis de ses parents. Voici ce qu'en a dit le cardinal Carlo Caffarra dans une très forte déclaration à Il Giornale (traduction de Jeanne Smits) :

« Nous sommes arrivés au terminus de la culture de mort. Ce sont les institutions publiques, les tribunaux qui décident si un bébé a ou non le droit de vivre. Y compris en allant contre la volonté des parents. Nous avons touché le fond de la barbarie. Sommes-nous les enfants des institutions, et leur devons-nous la vie ? Pauvre Occident : il a rejeté Dieu et sa paternité est aujourd'hui baillée à la bureacratie ! L'ange de Charlie voit toujours la Face du Père. Arrêtez, au nom de Dieu. Sans quoi je vous dirai, avec Jésus : “Il vaudrait mieux que l'on vous attache une meule autour du cou et qu'on vous jette au plus profond de la mer.” »

Posté le 1 juillet 2017 à 10h51 par Michel Janva | Lien permanent

La limite du droit des parents au respect de la vie de leur enfant

De Gregor Puppinck à propos de l’affaire Charles Gard et autres contre Royaume-Uni (CEDH, 27 juin 2017, n° 39793/17) :

"Par une décision du 27 juin 2017, la Cour européenne des droits de l’homme vient de donner tort à un couple britannique qui se bat pour que son enfant de 10 mois, atteint d’une maladie mortelle, ne soit pas « débranché » et puisse bénéficier d’un traitement expérimental « de la dernière chance » aux Etats-Unis.

La Cour de Strasbourg a jugé, à la majorité, que les juridictions britanniques pouvaient légitimement estimer, au vu des rapports d’experts médicaux, qu’il n’est pas dans l’intérêt de l’enfant de continuer à vivre sous respiration artificielle, ni de recevoir un nouveau traitement expérimental. Selon les juges britanniques, ces soins ne lui procureraient aucun bienfait et l’enfant souffrirait considérablement.

En conséquence, l’hôpital britannique dans lequel Charlie est hospitalisé va pouvoir le garder contre la volonté de ses parents et arrêter sa respiration artificielle, jusqu’à sa mort naturelle.

L’identification de « l’intérêt supérieur de l’enfant » est au cœur de cette affaire. Pour l’hôpital et les juges britanniques, son intérêt est de mourir pour ne plus souffrir. Pour ses parents, il est de tout tenter pour vivre. Sur ce point, les juges de Strasbourg estiment « évident » que l’intérêt des parents s’oppose à celui de leur fils (§ 67). En d’autres termes, selon la Cour, c’est avec raison que les autorités britanniques ont estimé que les parents faisaient preuve d’une obstination déraisonnable préjudiciable à leur fils.

Une autre question est de savoir qui est le meilleur garant et juge de l’intérêt de l’enfant ? En principe, ce sont ses parents. Mais pour contourner leur refus de l’arrêt des soins, les autorités britanniques ont désigné un tuteur pour représenter l’enfant. De façon surréaliste, la Cour a imaginé que le bébé ait une « volonté » propre, celle de mourir, et qu’elle est exprimée par le tuteur. La Cour note en effet avec satisfaction que, « comme [Charlie] ne pouvait pas exprimer ses volontés, les juridictions internes ont veillé à ce que ses volontés soient exprimées par le biais de son tuteur, un professionnel indépendant nommé expressément par les juridictions internes dans ce but »(§ 92). Ce serait là une garantie du respect des droits des parents et de l’enfant !

S’agissant de l’atteinte au droit au respect de la vie, la Cour s’est une nouvelle fois abritée derrière le constat de l’absence de consensus en Europe en matière de fin de vie et d’euthanasie pour accorder au Royaume-Uni une large marge d’appréciation quant à la protection de la vie des personnes malades, comme dans l’arrêt Lambert contre France du 5 mai 2015.

Ainsi, les parents du petit Charles qui l’accompagnent courageusement dans cette épreuve auront eu la tristesse de voir la Cour confirmer, en substance, qu’ils sont de mauvais parents, et qu’ils doivent se résoudre à laisser leur fils mourir, dans son propre intérêt.

Plus généralement, la Cour souligne que cette affaire est « exceptionnelle », cependant, le précédent qu’elle pose est grave, car elle accepte le principe que la mort d’un enfant soit décidée, contre la volonté de ses parents, en raison de son état de santé. Ce principe pourrait conduire à l’acceptation de l’euthanasie des nourrissons, qui est déjà pratiquée et tolérée dans certains pays européens. Il suffirait pour cela de l’appliquer à d’autres enfants porteurs de handicaps graves mais non mortels et qui, comme dans l’affaire de Vincent Lambert, pourraient être abandonnés à la mort par déshydratation et sédation."

Posté le 1 juillet 2017 à 09h15 par Michel Janva | Lien permanent

25 juin 2017

Gardons nous du péché de sédition! Et luttons sans relâche contre ceux qui le commettent.

Extrait de la Somme de théologie, 2a-2ae, question 42.

[…]  la guerre se fait à proprement parler contre les ennemis du dehors, comme une lutte de peuple à peuple. La rixe, elle, se fait d’un particulier à un autre particulier, ou d’un petit groupe à un autre. La sédition, au contraire, se produit à proprement parler entre les parties d’un même peuple qui ne s’entendent plus ; lorsqu’une partie de la cité, par exemple, se soulève contre une autre. Voilà pourquoi la sédition, parce qu’elle s’oppose à un bien spécial, à savoir l’unité et la paix de la multitude, est un péché spécial.

[…] On appelle séditieux celui qui excite la sédition. Et parce que la sédition implique une certaine discorde, le séditieux est celui qui cause non pas une discorde quelconque, mais celle qui divise les parties d’un même peuple. […] 

* * * * * * * *

L’Apôtre [saint Paul] (2 Co 12, 20) interdit les séditions ; et les place parmi d’autres péchés mortels. La sédition est donc un péché mortel.

[…] la sédition s’oppose à l’unité de la multitude, c’est-à-dire à l’unité du peuple, de la cité ou du royaume. Or, S. Augustin dit que le peuple, selon le témoignage des sages, désigne « non point l’ensemble de la multitude, mais le groupement qui se fait par l’acceptation des mêmes lois et la communion aux mêmes intérêts ». Il est donc manifeste que l’unité à laquelle s’oppose la sédition est l’unité des lois et des intérêts. La sédition s’oppose ainsi à la justice et au bien commun. C’est pourquoi elle est, de sa nature, péché mortel, et d’autant plus grave que le bien commun auquel s’attaque la sédition est plus grand que le bien privé auquel s’attaquait la rixe.

[…] Le péché de sédition appartient d’abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition. Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement, à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. Quant à ceux qui défendent le bien commun en leur résistant, ils ne doivent pas être appelés séditieux ; pas plus que ceux qui se défendent ne sont coupables de rixes, nous l’avons dit.

[…]  Le combat qui est permis se fait pour l’utilité commune […]. La sédition, au contraire, se fait contre le bien commun du peuple. C’est pourquoi elle est toujours un péché mortel.

Posté le 25 juin 2017 à 12h58 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

21 juin 2017

La franc-maçonnerie travaille sur l'euthanasie et le transhumanisme

Capture d’écran 2017-06-21 à 21.59.22En 2017, la franc-maçonnerie fête ses 300 ans. Afin de célébrer ce tricentenaire, le Grand Orient de France organise plusieurs événements. Dans son dossier de presse, la secte indique :

"Chaque année, les Loges travaillent sur une « question à l’étude » dont l’obédience réalise la synthèse. Le Grand Maître présente ces analyses assorties de propositions aux pouvoirs publics dans les cadres prévus par nos institutions: commissions parlementaires, consultation des représentants de la société civile...

La franc-maçonnerie intervient surtout sur les questions de société : hier l’IVG ou la dépénalisation de l’homosexualité, aujourd’hui le droit de mourir dans la dignité. Elle a ainsi été très impliquée dans l’élaboration des lois sur la bioéthique. En s’appuyant sur ses experts et sur le travail, plus philosophique, de ses Loges, Le Grand Orient a pu proposer aux pouvoirs publics des améliorations à la loi, notamment sur la difficile question de l’encadrement de l’expérimentation. En ce moment les francs-maçons travaillent notamment sur les défis que nous pose le transhumanisme. Par ailleurs, un thème qui leur est cher, la laïcité, est revenu au centre des préoccupations des Français.

Posté le 21 juin 2017 à 22h04 par Michel Janva | Lien permanent

16 juin 2017

Elle refuse de pratiquer l'euthanasie : elle doit démissionner

Lu sur Réinformation.tv :

"Mary Jean Martin a été contrainte à la démission dans l’Ontario pour la simple raison qu’elle refuse toute participation à l’euthanasie, devenue légale dans le pays l’an dernier. C’est une grave atteinte à l’objection de conscience, dira-t-on. C’est surtout une intolérable pression pour obliger des personnes à participer non pas à ce qu’elles jugent subjectivement mauvais, mais à ce qui est objectivement criminel.

Mary Jean Martin s’occupait principalement de personnes âgées et très malades. C’était sa vocation : entrée dans la profession à la fin des années 1980, elle voulait avant tout aider les plus « vulnérables », ceux qui sont en difficulté. Elle était chargée de coordonner les soins à domicile pour le compte du Local Health Integrated Network (Réseau local intégré pour la santé), organisme public parfaitement aligné sur l’idéologie du gouvernement socialiste de l’Ontario. [...]"

Posté le 16 juin 2017 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

15 juin 2017

Des assurance refusent le remboursement là où... l'euthanasie est légale

Lu sur Réinformation.tv :

"L’une des motivations fondamentales, et bien entendu peu souvent mises en avant des partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, est économique. Il n’aura pas fallu attendre longtemps, en définitive, pour que cela soit montré au grand jour. Selon le quotidien Washington Times, des assurances santé dans l’Etat du Nevada, où le suicide assisté est légal, ont récemment refusé des traitements onéreux et nécessaire à la survie de leurs clients, proposant de les aider plutôt à mettre fin à leurs jours.

Posté le 15 juin 2017 à 08h40 par Michel Janva | Lien permanent

07 juin 2017

Nos mains ne tueront pas : Médecins et soignants face à la sédation profonde

De Choisir la Vie :

"Près d'une année de pratique de la sédation profonde semble déjà confirmer le potentiel euthanasique de cette mesure, en l'absence de jugement éclairé. L'antenne d'écoute et d'accompagnement des professionnels de santé de l'association Choisir la Vie a organisé son premier WE de formation sur ce thème. Elle n'est applicable que depuis le 3 aout 2016, dans le cadre de la loi sur la fin de vie (Claeys-Léonetti), et déjà son usage pose de nombreuses interrogations et cas de conscience. La sédation profonde a alimenté formations et échanges, les 27 et 28 mai dernier, dans le cadre de la nouvelle cellule dédiée à l'écoute et à la formation des professionnels de santé : Médecins, infirmières, aides-soignants, pharmaciens mais aussi aumôniers… une quinzaine de participants au total, pour cette première session de l'antenne "Nos mains ne tueront pas", créée sous l'égide de l'association Choisir la Vie. Un nom évocateur alors que des hommes et femmes de terrain déplorent déjà une dérive euthanasique de la sédation.

"De nombreux témoignages concordent et font état d'une extension de cette pratique, en gériatrie, en cancérologie et parfois en soins palliatifs. Les sédations sont posées, sans mauvaise intention exprimée, mais en l'absence de questionnements profonds. Un abandon du discernement qui pousse ces professionnels à échanger, réfléchir et chercher des solutions concrètes", explique Odile Guinnepain, infirmière en soins palliatifs et responsable de l'antenne. La mort passive, comateuse et parfois accélérée des personnes en fin de vie peut-elle se généraliser ? Pas d'objection de conscience possible La situation est d'autant plus complexe pour les professionnels que l'objection de conscience ne s'applique, en droit Français, qu'à trois cas particuliers (IVG, stérilisation et manipulations embryonnaires). Selon maître Jean Paillot, membre de l'association pour la liberté de conscience en France, seul l'article 16 du Code Civil peut être invoqué (primauté de la personne et interdit de toute atteinte à sa dignité). Mais encore faut-il l'argumenter ! Sans solution pratique ni juridique évidente, les participants à cette formation, guidés par Monseigneur Aupetit, médecin de formation et Evêque de Nanterre, ont adopté une autre posture. "L'objection de conscience n'est pas d'abord un droit, mais un devoir", a encouragé le pasteur. Priorité à l'action donc, en évitant l'écueil du "sentimentalisme", contrebalancé par l'alliance de la réflexion, de la volonté et de la raison, selon les propos de Laurence Leménager, enseignante en philosophie. Troisième piste évoquée par Hugues de Saint Vincent, chef d'entreprise : celle du leadership selon la méthode Havard " Ayons du tempérament, développons les vertus cardinales, soyons leaders là où nous sommes, soyons de ceux qui définissent les méthodes palliatives, qui guident et entraînent les équipes", résume Odile Guinnepain, responsable de la formation. Face à la fin de vie : se poser les bonnes questions L'infirmière en unité de soins palliatifs au sein d'un Ehpad a, elle aussi, donné des pistes concrètes pour l'action. "Au sein de notre structure, dans l'Indre, 95 personnes sont mortes les six dernières années. Nous n'avons eu besoin de sédater personne et avons toujours trouvé les solutions. Il faut se poser les bonnes questions, et notamment celle de la souffrance spirituelle au moment de la fin de vie, généralement évacuée".

Le corps médical est souvent désarmé face aux réalités intérieures, de plus en plus méconnues, qui se manifestent à travers des symptômes et comportements physiques identifiables. Il semble urgent de réintroduire ces notions, pour éviter de régler de manière plus ou moins expéditive ce qu'on ne parvient plus à comprendre."

Posté le 7 juin 2017 à 21h24 par Michel Janva | Lien permanent

02 juin 2017

Fin de vie : le Conseil constitutionnel valide la loi sur la sédation finale

Le Conseil constitutionnel a été saisi le 6 mars 2017 par le Conseil d'État d'une question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit des articles du code de la santé publique (CSP), dans leur rédaction résultant de la loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.

Les trois articles contestés par l’Union nationale de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) portent

Chacun de ces articles évoque la mise en œuvre d'une procédure collégiale dont l'association requérante contestait les modalités.

L'association requérante reprochait à ces dispositions de méconnaître le principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine. Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a rejeté cette argumentation en se fondant sur les éléments suivants.

En premier lieu, le médecin doit préalablement s'enquérir de la volonté présumée du patient. Il est à cet égard tenu de respecter les directives anticipées formulées par ce dernier, sauf à les écarter si elles apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale du patient. En leur absence, il doit consulter la personne de confiance désignée par le patient ou, à défaut, sa famille ou ses proches.

En deuxième lieu, il n'appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer son appréciation à celle du législateur sur les conditions dans lesquelles, en l'absence de volonté connue du patient, le médecin peut prendre, dans une situation d'obstination thérapeutique déraisonnable, une décision d'arrêt ou de poursuite des traitements. Lorsque la volonté du patient demeure incertaine ou inconnue, le médecin ne peut cependant se fonder sur cette seule circonstance, dont il ne peut déduire aucune présomption, pour décider de l'arrêt des traitements.

En troisième lieu, la décision du médecin ne peut être prise qu'à l'issue d'une procédure collégiale destinée à l'éclairer. Cette procédure permet à l'équipe soignante de vérifier le respect des conditions légales et médicales d'arrêt des soins et de mise en œuvre, dans ce cas, d'une sédation profonde et continue, associée à une analgésie.

En dernier lieu, la décision du médecin et son appréciation de la volonté du patient sont soumises, le cas échéant, au contrôle du juge.

Le Conseil constitutionnel a en outre apporté les compléments suivants, en statuant sur le fondement du droit à un recours juridictionnel effectif :

Après avoir apporté ces précisions, le Conseil constitutionnel a, en conséquence, déclaré conformes à la Constitution, les mots « et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire » figurant au premier alinéa de l'article L. 1110-5-1 du code de la santé publique, le cinquième alinéa de l'article L. 1110-5-2 du même code et les mots « la procédure collégiale mentionnée à l'article L. 1110-5-1 et » figurant au sixième alinéa de l'article L. 1111-4 du même code.

Posté le 2 juin 2017 à 14h55 par Michel Janva | Lien permanent

01 juin 2017

L’Association médicale mondiale va organiser de grandes conférences sur le suicide assisté par un médecin

Le suicide assisté par un médecin (SAM) et l’euthanasie sont actuellement autorisés dans un certain nombre de pays, notamment les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Colombie et le Canada. Ces pratiques représentent 0,3 à 4,6 % de l’ensemble des décès dans les pays où elles sont légales.

En dépit de leur caractère légal, l’Association médicale mondiale (World Medical Association, WMA) encourage actuellement les médecins de s’abstenir de participer à des procédures d’euthanasie, même si la législation nationale les autorise ou les décriminalise sous certaines conditions.

La WMA est cependant en train de revoir sa position et a annoncé cet automne deux grandes conférences à Tokyo et dans la ville du Vatican pour débattre des dilemmes éthiques concernant les procédures de fin de vie. Un événement similaire a eu lieu à Rio de Janeiro au printemps et la WMA espère la tenue d’une autre conférence en Afrique.

La WMA a indiqué que même si sa ligne de conduite actuelle est que la SAM doit être condamnée par les professions médicales, les Associations médicales nationales sont quant à elles « désireuses de voir un changement à ce sujet ».

« Ces événements ont pour objectif d’aider la WMA à réfléchir à la question de savoir s’il est nécessaire de réviser sa ligne de conduite sur l’euthanasie et le suicide assisté par un médecin ou s’il faut la laisser telle quelle », a déclaré le Dr Ardis Hoven, présidente du Conseil de la WMA.

Posté le 1 juin 2017 à 19h20 par Michel Janva | Lien permanent

31 mai 2017

Connaissez-vous le « programme Maastricht III » ?

Yves Daoudal nous parle de cette horreur :

"Les Journées de l’Agence de la biomédecine ont eu lieu les 18 et 19 mai derniers à Paris. L’un des colloques portait sur le prélèvement d’organes selon le « programme Maastricht III », qui consiste à provoquer l’arrêt cardiaque du patient en supprimant les soins afin de prélever des organes dès le dernier battement.

Cela se fait en France depuis 2014, aujourd’hui sur 9 sites. Et cette technique permet naturellement de prélever davantage d’organes, et de meilleure qualité, puisqu’on sait exactement quand on va tuer le donneur et que donc tout sera prêt à la seconde même…

Il est sidérant de voir des médecins parler de tout cela comme s’il s’agissait de techniques parfaitement neutres. Mais le comble de la perversion est quand ils examinent l’une des conditions de « Maastricht III » : l’agonie ne doit pas avoir duré plus de trois heures. Il faut donc raccourcir l’agonie, et faire qu’elle se passe dans les meilleures conditions pour le patient afin que ses organes ne souffrent pas…"

Posté le 31 mai 2017 à 09h53 par Michel Janva | Lien permanent

L’ancien médecin, qui a tenté de faire mourir Vincent Lambert, se rallie à En Marche

Éric Kariger, ancien membre du PCD, fut un temps candidat à l’investiture des Républicains pour les législatives sur la première circonscription de la Marne. Il a finalement renoncé et soutient la candidature de Gérard Chemla, qui se revendique de la majorité présidentielle, sans en avoir l'investiture. Pour Éric Kariger,

« voter Gérard Chemla, c’est faire le choix de l’audace et du talent ; c’est faire un choix cohérent avec le message envoyé par nos concitoyens lors de l’élection présidentielle. C’est faire le choix des valeurs libérales, sociales et humanistes que nous défendons… C’est offrir à notre Président de la république une majorité nécessaire pour conduire les réformes que notre pays a besoin. Mais c’est aussi un soutien tout personnel à un homme de grande valeur qui a toujours privilégié ses valeurs éthiques à toute autre considération. » 

Ses valeurs éthiques ? A coups de seringues ?

Posté le 31 mai 2017 à 08h43 par Michel Janva | Lien permanent

29 mai 2017

L'euthanasie en Belgique a fait près de 15 000 victimes en 15 ans

Triste anniversaire que celui-ci :

"Ce dimanche, cela fait 15 ans que l’euthanasie a été dépénalisée en Belgique. Tous les deux ans, la Commission fédérale chargée du contrôle et de l'application de la loi dresse un rapport. On apprend par exemple que depuis 2002 (année de la dépénalisation), 14.753 personnes ont été officiellement euthanasiées en Belgique. Ce chiffre est en augmentation chaque année.

L'an dernier, 2027 personnes ont été officiellement euthanasiées en Belgique. Et en 4 ans, on observe une hausse de 41% du nombre de ces personnes (...)

Ces patients invoquent, dans 95% des cas, la souffrance physique comme étant à l'origine de leur demande d'euthanasie (...) Dans 67,7% des cas, c'est la souffrance due au cancer qui est évoquée. D'autres affections médicales sont citées, comme les troubles de la marche, de la vue, de l'audition, ou encore le début de la démence. Parmi les souffrances psychiques, les patients évoquent la dépendance, la perte d'autonomie, la solitude, le désespoir, la perte de dignité, la peur de perdre sa capacité à entretenir des contacts sociaux, notamment."

Posté le 29 mai 2017 à 12h16 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

23 mai 2017

L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés conteste la loi Claeys-Leonetti

L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) a saisi le Conseil Constitutionnel sur la « reconnaissance d’un droit à la vie et au respect de la vie », au travers de la

« procédure collégiale d’arrêt des traitements, et donc de fin de vie, pour des patients hors d’état d’exprimer leur volonté et qui n’ont pas laissé de directives anticipées ».

L’UNAFTC voudrait « voir préciser la procédure et réclame que l’avis des proches soit mieux pris en compte ». Elle conteste la constitutionnalité d’un décret d’application de la loi Claeys-Leonetti qui confie

« au seul médecin, à l’issue de la procédure collégiale, le soin de prendre la décision d’arrêter ou de limiter un traitement, sans exiger un consensus familial et médical pour les patients dans l’incapacité de donner leur avis ».

Ce décret va à l’encontre du « droit à la vie » reconnu dans l’article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de la liberté personnelle des personnes hors d’état d’exprimer leur volonté et du principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine. En outre, le législateur « n’a pas prévu que le recours contre l’arrêt des traitements soit suspensif » :

« quand une famille saisit un tribunal pour s’opposer à ce type de décision médicale, rien n’empêche le médecin de lancer le processus d’arrêt des traitements avant le jugement ».

Si « la grande majorité des médecins prennent en compte l’avis des proches », le décret en question « ne nous met pas à l’abri d’une initiative médicale malheureuse » constate Philippe Petit, représentant de l’association et père d’un jeune homme de 29 ans en état pauci-relationnel et médecin.

« Le cadre règlementaire actuel permet au médecin de confisquer la décision aux familles et de l’imposer (…). La loi semble se désintéresser des personnes en état végétatif ou pauci-relationnel dont on ne connait pas la volonté, comme s’il s’agissait de personnes en sursis, privées de ‘permis d’exister’. Et que fait-on des liens d’amour des proches ? Ne devraient-ils pas être mieux considérés ? ».

Il s’agit donc de « sécuriser au mieux la procédure collégiale pour ces patients », de les protéger de « décisions arbitraires ». Pour Emmanuel Hirsch, cette demande est « justifiée » : « c’est une question de justice et de droits ».

La décision du Conseil Constitutionnel est attendue d’ici « une quinzaine de jour »

Posté le 23 mai 2017 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

20 mai 2017

1er juin : conférence de Me Jérôme Triomphe à Lyon

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Posté le 20 mai 2017 à 08h16 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2017

Le ministre de la Santé Agnès Buzyn favorable à l’euthanasie et à la chasse aux trisomiques

Unknown-40Nommée ministre des Solidarités et de la Santé dans le gouvernement d'Emmanuel Macron et Édouard Philippe, Agnès Buzyn s’était déclarée personnellement favorable à l’euthanasie des enfants, lors d’un colloque au Grand Orient de France en 2015, sur la « fin de vie des enfants ».

« À titre personnel, je suis en faveur de l’espace de liberté belge ».

Pourtant, quand on lui demandait si des enfants en fin de vie émettaient le souhait de mourir, Agnès Buzyn, qui a fait toute sa carrière de médecin à l’hôpital Necker, était catégorique :

« À la lumière de mon expérience, je peux affirmer que les enfants en fin de vie ne demandent pas à mourir. Ils n’ont pas peur de la mort. Ce qui les rend malheureux, c’est de décevoir leurs parents, et de leur faire de la peine ».

Agnès Buzyn intervenait sous les arcanes du Temple Groussier, rue Cadet, siège du Grand Orient, aux côtés du sénateur socialiste belge Philippe Mahoux, auteur de la loi dépénalisant l’euthanasie en 2002. Il est également auteur de la loi qui a étendu l’euthanasie aux enfants, en 2014.

Autre invité, le député du Rhône Jean-Louis Touraine, alors membre du Parti socialiste, qui plaidait pour l’euthanasie des adultes, et des enfants. Conseiller d’Emmanuel Macron pendant la campagne, il brigue un nouveau mandat législatif à Lyon,  sous l’étiquette La République En Marche (LREM).

Agnès Buzyn, présidente du Collège de la Haute Autorité de santé (HAS), a rendu publiques de nouvelles recommandations en matière de dépistage de la trisomie 21. Elle suggère également que ce dépistage soit remboursé par le ministère de la Santé.

La Fondation Jérôme Lejeune a immédiatement réagi :

Capture d’écran 2017-05-17 à 18.52.211er point : l’urgence n’est pas d’éradiquer à 100 %, mais de mettre un terme à l’élimination en masse

La France, où déjà 96% des fœtus détectés trisomiques sont avortés, est un pays leader en matière d’élimination en masse des enfants trisomiques avant leur naissance. Plus on dépiste, plus on élimine. C’est un fait : la généralisation du dépistage prénatal nous a rendus intolérants au handicap. Depuis 20 ans en France, le système de santé qui pousse à la détection prénatale des enfants trisomiques a développé les pratiques mais aussi les mentalités eugénistes.

La HAS souligne que dans les pays ayant développé le nouveau test, le nombre de fœtus détectés trisomiques a augmenté. Puisque la détection prénatale conduit à l’élimination, l’insertion du nouveau test dans le système de santé va conduire à augmenter le nombre de bébés trisomiques supprimés. A quel niveau d’anesthésie des consciences sommes-nous arrivés en France, pour que ce scandale ne soit pas pris en compte ?

2ème point : l’argument de la baisse du nombre d’amniocentèses est discriminant et eugéniste

L’argument du baisse du nombre d’amniocentèses est un argument de vente. La fondation Jérôme Lejeune rappelle le caractère eugéniste de cet argument :

« Les médecins qui s’appuient sur l’argument selon lequel le nouveau test va diminuer le nombre d’amniocentèses servent un argument marketing, de nature à faire vendre, mais stigmatisant pour les personnes atteintes de trisomie 21. Ils justifient leur demande en invoquant une baisse des amniocentèses qui provoquent l’élimination d’enfants sains. Ils utilisent un argument eugéniste, qui tend à discriminer les « fœtus trisomiques » des « fœtus sains ». En valorisant la vie des enfants non atteints, à épargner grâce au test non invasif, ces médecins nient la valeur de la vie des enfants atteints de trisomie 21. Ce faisant ils activent une discrimination, ils délivrent un message de rejet violent aux personnes trisomiques et à leurs proches. » (Jean-Marie Le Méné, président de la fondation, in Les premières victimes du transhumanisme).

3ème point : le nouveau test développe angoisse et culpabilisation

L’insertion du nouveau test dans le système de santé ajoute une étape à  l’ensemble du dispositif actuel : dépistage classique + nouveau test + diagnostic (ICI une INFOGRAPHIE pour comprendre). Il rallonge le processus. Par ailleurs l’élargissement du seuil déterminant la catégorie « à risque » (hier 1/250 aujourd’hui 1/1000) va augmenter le nombre des couples qui seront angoissés. Tous les tableaux du monde, les stratégies de dépistages et recommandations des sociétés les plus savantes devraient être relativisés face à cette réalité de l’angoisse des couples. La fondation rappelle que le système impose aux femmes enceintes un choix culpabilisant. Quand elles apprennent que leur enfant est porteur de la trisomie 21 elles sont sommées de choisir entre éliminer leur enfant ou le faire naître (avec le risque de se sentir responsable du handicap).

Conclusion

La fondation Jérôme Lejeune est habituée à ce qu’en France, les responsables de la santé et les responsables politiques décident dans le sens du développement de la traque des enfants trisomiques avant leur naissance. Ce rapport de la HAS, précédé de la publication le 7 mai d’un décret le matérialisant, ne fait pas exception.

L’importance des trois missions de la fondation Jérôme Lejeune s’en trouve soulignéeaujourd’hui :

  • Développer la recherche à visée thérapeutique au bénéfice des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle d’origine génétique
  • Développer sa consultation médicale spécialisée pour ces patients et leur famille
  • Être leur avocat en défendant leur vie et leur dignité

Posté le 17 mai 2017 à 18h53 par Michel Janva | Lien permanent

15 mai 2017

Témoignage : des personnes âgées sont emmurées dans leur souffrance et meurent de 2 à 8 jours

Témoignage d’une infirmière d’EHPAD, qui a appelé l’antenne « Nos mains ne tueront pas » : antenne d’écoute, d’accompagnement et de formation des étudiants et professionnels de santé

Avril 2017...

Une infirmière quitte un service d’EHPAD, où elle travaillait depuis 13 ans parce qu'elle ne veut pas travailler comme cela, parce qu'elle ne veut pas volontairement endormir des gens.

Explications :

A son arrivée dans un EHPAD, sauf exception, une personne âgée ne pense pas encore qu’elle va mourir bientôt. Mais, à un moment donné, dans son parcours, elle réalise qu’elle va mourir. Comme pour tout un chacun, il faut alors un certain temps, un certain cheminement pour l’accepter. Ce temps est infiniment précieux pour cette personne. C’est son temps. Il n'appartient qu'à elle. Il ne doit pas être raccourci. Il ne doit pas lui être volé. Le cheminement peut être plus ou moins long (parfois quelques mois). Il est fait de dépendance, de petites choses, de faiblesse extrême. Il peut également être éprouvant pour les soignants, d’autant plus dans un contexte où la charge de travail est importante. C’est le temps des soins, c’est le temps de la présence, du sourire, de quelques mots, du toucher auprès de la personne dont la conscience peut même être très minimale, mais réelle.

Avec la loi Léonetti de 2005, l’équipe médicale et soignante cherchait à soulager la douleur des personnes, en l’évaluant régulièrement. Avec la nouvelle loi Claeys-Léonetti de 2016, légalement applicable depuis août 2016, ce temps est gravement menacé, raccourci, supprimé. Avec la « sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès » demandé dans cette loi, on va plus loin que soulager la douleur ou la souffrance.

Des personnes âgées sont tout simplement « endormies volontairement », « pour qu’elles ne souffrent pas » mais en réalité sans réelle évaluation ni observation de leur souffrance. En fait, elles sont emmurées dans leur souffrance par la puissance des médicaments sédatifs administrés. Elles meurent en 2 à 8 jours.

Il y a aussi des voix en France pour demander que cela devienne programmé ! Ne nous laissons pas abuser par l’utilisation actuelle de ces mots en France ! «Ne pas souffrir» peut insidieusement mener à «soulager» pour dire « en finir », qui peut vouloir dire «achever», «tuer».

Auprès de nos proches, veillons à maintenir le contact avec eux, jusqu’au bout, si minime soit-il. Demandons aux équipes soignantes de les soulager de leur douleur, apaiser leur anxiété/angoisse, en évaluant et ré-évaluant, sans forcément prendre une décision irréversible. N’ayons pas peur d’accompagner nos proches dans leur faiblesse extrême, au moment où ils en ont le plus besoin et nous aurons la joie de les avoir accompagnés selon leur rythme !

Martine

De nombreux témoignages de soignants ou professionnels de santé nous parviennent depuis la création de cette antenne d’écoute. Des voix s’élèvent. A Nantes par exemple, une jeune-femme, médecin, fut témoin d’une euthanasie par alimentation et sédation terminale d’une jeune femme de 20 ans handicapée, à la Rochelle, c’est une aide soignante qui nous confirme que ce genre de pratique est très courant, voire systématique depuis le vote de la loi de 2016…250 000 à 300 000 morts chaque année en France par sédation terminale…Ces chiffres sont à peu près les mêmes que ceux de l’avortement en France…L’élimination systématique des plus fragiles en France est devenue une pratique courante, promue et encouragée par les pouvoirs publics !

Posté le 15 mai 2017 à 13h21 par Michel Janva | Lien permanent

27-28 mai : formation sur la fin de vie

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Posté le 15 mai 2017 à 09h58 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2017

Comme la sédation jusqu’à la mort n'est pas « officiellement » de l'euthanasie, les soignants ne peuvent pas invoquer l’objection de conscience

Confrontée comme infirmière à la sédation terminale, paravent législatif de l’euthanasie, Odile Guinnepain a fondé « Nos mains ne tueront pas ».  Cette antenne d’écoute et de formation au sein de « Choisir la vie » est une réponse pour soutenir les soignants qui veulent soulager et non pas achever le malade. Elle explique dans L'Homme Nouveau :

"[...] La loi Claeys-Leonetti a provoqué le déclic. Cette loi « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie » (dont il est intéressant de souligner qu'elle ne concerne pas que les malades en fin de vie !) propose, dans son article 3, la sédation jusqu’à la mort sous certaines conditions. Par expérience, je pressentais alors que cela aboutirait à de nombreuses euthanasies déguisées. Mais comme, justement, il ne s’agit pas « officiellement » d’euthanasie, les soignants ne peuvent invoquer l’objection de conscience. Ce sont ces deux réalités qui ont généré l'idée de dire « non » et de le manifester. [...]

Au début de ma carrière, j’ai moi-même été témoins d'actes d'avortement et d’euthanasie, j'ai donc quitté le lieu où je travaillais. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être responsable de l’organisation des soins palliatifs là où ou j’exerce. J’aide donc à développer des démarches palliatives dans le respect des personnes et nous n’avons pas à pratiquer de sédation terminale désordonnée car nous anticipons les problèmes, nous cherchons toujours à comprendre nos patients. J’ajoute que nous leur proposons le sacrement des malades qui les apaise d’une manière incroyable. En fait, comme le préconisent les soins palliatifs, nous avons le souci du malade à tous les niveaux, physique, psychologique, social, intellectuel et spirituel ; sauf, qu'aujourd'hui le mouvement des soins palliatifs ne fait quasiment plus le lien entre le spirituel et la foi. En conséquence, l'une des réponses fréquente à la souffrance ou au combat spirituel en fin de vie, c'est la sédation terminale.

On sait que certaines personnes attendent pour mourir, la visite d’un proche, un pardon… Il faut savoir le détecter ! Je pense à cette femme que nous avons accompagnée il y a quelques mois : elle avait reçu le sacrement des malades, sa douleur était soulagée, elle n’était quasiment plus consciente et « prête à mourir ». Et pourtant, la mort ne venait pas. Cette femme n’avait plus de famille, hormis deux belles-filles très éloignées. Alors je suis allée la voir et me suis adressée à elle, même si elle était inconsciente. Je lui ai expliqué que j’avais eu ses belles-filles au téléphone, qu’elles ne pouvaient pas venir et lui ai demandé pardon pour elles… Mildred s’est éteinte paisiblement deux heures plus tard ! Bref, il est intéressant que ce soit des soignants qui parlent à des soignants, afin de pouvoir donner ces conseils très pragmatiques et éthiques dans le soin. [...]

Que nous, soignants, n’ayons plus peur de dénoncer, de dire publiquement notre refus d'être instrumentalisés pour tuer. Aujourd’hui, les soignants ont peur, se sentent isolés, n'osent pas se manifester face à des problématiques éthiques et manquent souvent de formation. Lorsqu'on regarde les débats organisés par les médias sur ces problématiques, on entend très rarement des soignants exprimer leur mal-être ou la réalité de l'avortement. Or, je pense qu’il est important aujourd’hui de faire entendre notre voix. Et pour cela, ayons confiance : Dieu ne choisit pas ceux qui sont capables pour le servir et témoigner, mais il rend capables ceux qu'Il choisit !

De cette culture de mort, dont, nous, soignants silencieux, sommes en partie responsables, nous aurons des comptes à rendre au Ciel, c’est sûr, mais aussi devant les hommes. Souvenons-nous du second procès de Nuremberg en 1946-1947, qui a jugé les médecins et les infirmières militaires travaillant dans les camps de concentration. Comme les dirigeants et organisations nazies, ces soignants ont été condamnés notamment pour crimes de guerre et pour avoir eux-mêmes ordonné ou couvert des pratiques et expériences inhumaines mais, en plus, pour avoir obéi à des ordres et à des lois injustes sans avoir fait objection de conscience. [...]

Il manque une vraie politique de santé publique en France depuis un certain nombre d'années maintenant. J’observe, depuis vingt ans que je travaille, une vraie détérioration des soins. Aujourd'hui, la science et la médecine progressent sur la guérison de certaines pathologies, les soins et l'amélioration des conditions de vie de beaucoup de personnes gravement malades et c'est un réel progrès. Mais, parallèlement, la qualité de soins et les moyens pour soigner ne cessent de se dégrader. Et les premières victimes en sont les plus fragiles. [...]"

Posté le 21 avril 2017 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent

15 avril 2017

Envoyé Spécial démonte le sondage truqué de l'ADMD sur l'euthanasie

Capture d’écran 2017-04-15 à 09.38.41Envoyé spécial s'est consacré aux "Secrets des sondages". Après une introduction relative à l'élection présidentielle, les journalistes se penchent sur la question de l'euthanasie et sur un sondage commandé par l' "association pour le droit de mourir dans la dignité" qui donne un résultat de 95% de personnes favorables à l'euthanasie ! Le reportage explique la manipulation du sondage en question, ce qui est assez rare pour être soulevé. Un reportage honnête (vers 21mn30).

Pour le journaliste, il s’agit d’ « un chiffre massif qui tombe à point nommé en pleine campagne présidentielle. (…) Un sondage avec des chiffres aussi élevés, c’est quand même rare ».  Il s’est donc interrogé sur la manière dont la question avait été formulée:

« certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-t-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ? »

Se demandant si ces questions sont formulées pour orienter les réponses, le journaliste interroge Alain Garrigou, directeur de l’Observatoire des sondages, qui répond qu’à la lecture de la question, cela lui saute aux yeux :

« je vois deux fois souffrance. Insupportable. Incurable. Nous sommes dans l’ordre, là, de la compassion. (…) C’est une question qui incite à la compassion et qui fait de celui qui ne l’accepte pas une sorte de salaud. Une question neutre serait plutôt posée comme ça : d’après vous, faut-il faire voter une loi visant à autoriser l’euthanasie? Je prends l’Ifop en flagrant délit de faute méthodologique. Cette question n’est pas neutre ».

A la question « Est-ce que, là, on a cherché à manipuler les sondés ou pas ? », ce dernier réplique :

« Il y a une réponse simple : qui est le commanditaire du sondage ? » 

Une association en faveur de l’euthanasie, lui dit-on. « Bon, vous avez la réponse ».

En 2014, le collectif « Soulager mais pas tuer » avait commandé un sondage Ifop sur cette thématique de la fin de vie.

A la question ainsi formulée

« Quand  vous  pensez  à  votre  propre  fin  de  vie,  quels  sont, parmi  les points suivants, les deux qui vous semblent prioritaires ? »

Seuls 34% des sondés répondaient qu’ils souhaiteraient pouvoir obtenir l’euthanasie.

Posté le 15 avril 2017 à 09h40 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2017

27-28 mai : formation à la fin de vie

NMNTP-Flyer-Formation_Mai2017

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Posté le 6 avril 2017 à 15h35 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2017

Quelle place pour les enjeux bioéthiques dans le programme des principaux candidats ?

Baromètre biopolitique d'Alliance Vita, mis à jour :

Barometre-presidentielle_28-03-2017

Posté le 29 mars 2017 à 08h28 par Michel Janva | Lien permanent

24 mars 2017

La cour d’appel de Reims refuse que Vincent Lambert soit dans un établissement spécialisé

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"La cour d’appel de Reims a rejeté la demande des parents de Vincent Lambert de le transférer vers un établissement spécialisé.

Leurs avocats ont pourtant produit des attestations de médecins spécialistes sur la maltraitance subie au CHU de Reims par Vincent Lambert, qui ne bénéficie pas de tous les soins qu’on pourrait lui donner. Mais rien n’y fait.

Face à cette « maltraitance judiciaire », ils se pourvoient en cassation."

Posté le 24 mars 2017 à 17h00 par Michel Janva | Lien permanent

21 mars 2017

Benoît Hamon : faites ce que je dis, pas ce que je fais

Extrait du débat entre les 5 candidats invités par TF1 hier soir avec Benoît Hamon :

"On doit mettre plus de moyens sur les personnes en manque d'autonomie, par l'augmentation". "Je souhaite que soit inscrit dans la loi le droit à l'euthanasie, le droit à mourir dans la dignité. Que les personnes puissent choisir librement le moment où ils quittent la vie".

"Je souhaite qu'au collège, on puisse avoir un objectif de mixité sociale. Dans certains collèges, il est impossible de faire de la mixité sociale". Il propose un "dialogue avec le public et le privé pour penser la mixité sociale".

Ses enfants sont scolarisés à Issy-Les-Moulineaux et non à Trappes où il est élu...

Posté le 21 mars 2017 à 07h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (20)

16 mars 2017

La mort rapide de résidents d'EHPAD, lorsque leur état de santé s'aggrave

Extrait du témoignage d'une infirmière :

"Depuis 18 mois, j'anime des sessions de formation sur la douleur et les soins palliatifs, à des personnels de santé de certaines EHPAD de mon département. Ces personnels sont des infirmier(e)s, des aides-soignant(e)s, des AMP et des ASH (agents de services hospitaliers).

Ces temps de formation sont l'occasion de réfléchir sur les pratiques de soins et d'acquérir de nouvelles connaissances. Elles sont aussi le lieu de longues discussions où de nombreuses questions sont soulevées.

L'une, abordée fréquemment, est celle de la rapidité avec laquelle meure un certain nombre de résidents de ces EHPAD dès que leur état de santé s'aggrave.

En effet, lorsque nous étudions la problématique de la douleur, de l'angoisse, de certaines agitations, des troubles du transit, de l'élimination, de l'alimentation ou encore de l'hydratation chez les patients en fin de vie, je questionne toujours les soignants sur la façon dont ils observent, évaluent, traitent et soulagent ces inconforts. Nous prenons le temps de l'écoute pour mieux comprendre les situations concrètes.

Afin de permettre aux personnels de bien comprendre l'objet de ces questions, je donne toujours des exemples concrets de personnes accompagnées sur mes lieux de travail.

Ainsi, j'explique que, pour chaque patient en fin de vie chez qui nous observons un inconfort, nous l'évaluons, nous nous efforçons de le comprendre et d'en trouver la source. A partir de cela, nous appliquons les traitements adaptés ou faisons des démarches afin de tenter de répondre au problème.

Ensuite, je précise que nous évaluons l'efficacité des traitements et le confort du patient, en veillant bien à ce que la thérapeutique ne soit pas trop ou insuffisamment dosée puis, sans cesse, nous réévaluons les problématiques et la justesse des traitements. L'objectif est de soulager tout en préservant la conscience de la personne, autant que cela est possible. [Lire la suite]

Posté le 16 mars 2017 à 16h42 par Michel Janva | Lien permanent

09 mars 2017

Marine Le Pen hostile à la dernière loi sur le « délit d’entrave numérique » à l'avortement

Extrait de l'entretien donné par Marine Le Pen dans Famille chrétienne :

F"Les questions de société et de bioéthique ne font pas partie des maîtres mots de votre campagne. Est-ce que cela veut dire que ce n’est pas une priorité pour vous ?

Je n’ai pas de nouvelles choses à annoncer parce que j’ai toujours été d’une clarté absolument totale. Je n’ai jamais varié, à la différence d’autres candidats, qui font de ces sujets un élément essentiel de leur image, mais qui dans leur projet, ne changent rien de ce qui a été mis en œuvre par les socialistes ! J’ai toujours été claire : je suis radicalement opposée à la gestation pour autrui (GPA), et je ne veux pas de mesure visant à rendre valides les GPA effectuées à l’étranger, comme le propose M. Macron. On ne peut pas mettre le peuple français devant le fait accompli, la loi française est la loi française ! Elle n’a pas à se soumettre à ces tentatives de détournement. Je souhaite également continuer de réserver la procréation médicalement assistée (PMA) comme réponse médicale aux problèmes de stérilité, et donc ne pas l’accorder aux célibataires. Enfin, comme je l’ai toujours dit, je veux créer une union civile (Pacs amélioré) qui viendra remplacer les dispositions de la loi Taubira, afin que les couples de même sexe bénéficient de facilités patrimoniales.

Vous voulez interdire la PMA aux célibataires, mais voulez-vous également le faire pour les couples de femmes ?

La PMA restera réservée en cas de problème médical. Comprenez qu’un couple qui a un souci de fertilité doit pouvoir y avoir recours.

En revenant sur le « mariage pour tous » instauré par la loi Taubira, revenez-vous aussi sur la filiation ?

Je suis contre l’adoption par les couples de même sexe. Un enfant qui est adopté démarre avec un certain nombre de difficultés dans la vie, et donc il faut lui donner la chance de grandir avec un papa et une maman.

Votre électorat est divisé sur cette question, comme sur celle de l’euthanasie ou du suicide assisté. Une grande partie y est favorable. Quelle est votre position ?

Je suis pour ne pas aller au-delà de la loi Leonetti. Je pense que les soins palliatifs sont un vrai chantier qui n’a pas encore pris la plénitude de ce qu’il devrait être en France. La gestion de la souffrance, de manière générale, n’est pas au niveau d’un grand pays avancé et attaché à l’humain que devrait être la France.

Vos positions sur l’IVG sont connues. Le programme du FN a changé en conséquence…

Assez peu ! De mémoire, en 1987, quand il y avait 35 députés du FN à l’Assemblée nationale, il n’était pas question de revenir sur l’avortement.

Certes. Mais il semble pour beaucoup de catholiques que votre mouvement est divisé sur cette question, ou qu’il entretient le flou.

Il n’y a pas de flou. Aujourd’hui, parmi les dirigeants du FN, personne n’est pour une restriction de l’accès à l’IVG. Il a pu y avoir des sensibilités différentes qui se sont exprimées sur la question du remboursement illimité, mais j’ai tranché cette question. Par conséquent, je ne toucherais pas à l’IVG, ni à ses conditions de remboursement. C’est clair. En revanche, je suis opposée à la dernière loi sur le « délit d’entrave numérique ». Le gouvernement a créé les conditions d’un effondrement de la liberté d’expression. Il ne peut pas décider des sujets dont on a le droit de parler, et de ne pas parler. On a le droit d’être contre l’accès à l’IVG, et de le dire. S’ensuivrait une dérive qui interdirait de critiquer le fondamentalisme islamiste ou l’immigration. Et pourquoi pas de rétablir le délit de blasphème !

Mais l’avortement reste un problème de santé publique. Que proposez-vous pour en faire baisser le nombre et aider les femmes enceintes en détresse ?

Je crois qu’il faut évidemment demander au Planning familial de faire un effort tout particulier, pour offrir aux femmes qui le souhaiteraient un support et un soutien pour conserver leur enfant si elles le souhaitent. Il est vrai qu’aujourd’hui, beaucoup de femmes doivent renoncer à un enfant pour des raisons économiques. De plus, elles sont souvent seules quand cette nouvelle arrive. Les familles monoparentales ont subi de plein fouet la crise et les choix économiques. Il faut que la nation apporte un soutien à ces femmes qui souhaitent garder leur enfant. Mais j’ai aussi évolué sur un certain nombre de choses. J’étais favorable à l’adoption prénatale. Je vois bien aujourd’hui qu’elle sera utilisée aujourd’hui pour détourner l’interdiction de la GPA, et j’y suis désormais opposée. [...]"

Posté le 9 mars 2017 à 16h32 par Michel Janva | Lien permanent


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