21 février 2017

Avant de disparaître, le gouvernement envoie ses directives

Sur la fin de vie :

D

Pour Alliance VITA, la campagne lancée ce lundi sous le pilotage du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie :

  • ne répond pas aux véritables enjeux de ce sujet, car elle simplifie outrageusement une question complexe.
  • entretient la confusion entre certaines sédations profondes et l’euthanasie ou le suicide assisté

Chaque situation de fin de vie difficile nécessite, au jour le jour, une réponse personnalisée et évolutive. Or, nous constatons que ce message officiel se focalise désormais sur les nouvelles directives anticipées et sur le concept récent de « sédation profonde et continue jusqu’au décès ». Comme si ces deux nouveautés étaient susceptibles de régler la question de la fin de vie en France. Comme s’il fallait déjà culpabiliser aujourd’hui les Français qui n’ont pas encore rempli leurs directives anticipées. Comment imaginer demander par avance, à des personnes en bonne santé, de se positionner sur la sédation terminale ? Pourquoi leur laisser croire que cette sédation profonde pourrait être, en cas de problème grave, la solution miracle ?

Posté le 21 février 2017 à 17h22 par Michel Janva | Lien permanent

09 février 2017

La justice ordonne de ne pas tuer la petite Marwa

C'est la fin d'une bataille judiciaire de trois mois, remportée par les parents de Marwa, cette petite Niçoise d'un an hospitalisée depuis septembre à la suite d'un virus foudroyant. Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a demandé aux médecins de La Timone de poursuivre les soins prodigués à la fillette.

Dans son communiqué, le tribunal écrit :

"S’agissant des éléments médicaux, il s’appuie notamment sur les résultats de l’expertise qu’il a ordonnée le 16 novembre 2016 pour estimer que, malgré un pronostic clinique « extrêmement péjoratif », l’enfant présente néanmoins « quelques éléments d’amélioration constatés (qui) concernent des mouvements réflexes, non adaptés et des mouvements volontaires des paupières et du bras gauche ». Il estime ainsi que l’enfant présentait quelques signes d’améliorations volontaires lors de l’examen par le collège d’experts, à la date du 1er décembre 2016. Si ces signes restent insuffisants pour envisager un pronostic clinique plus favorable, ils sont néanmoins révélateurs de ce qu’à la date du 4 novembre 2016, soit un mois et huit jours seulement après l’admission de l’enfant à l’hôpital de la Timone, une décision d’arrêt des traitements et de la ventilation était prématurée car prise au terme d’un délai qui n’était pas suffisamment long pour évaluer, de manière certaine, l’inefficacité des thérapeutiques en cours et la consolidation de l’état de santé de l’enfant.

S’agissant de la volonté du patient, il relève que dans le cas particulier de cette jeune enfant, âgée d’un an, qui n’est pas en état de manifester sa volonté, l’avis de ses parents revêtait, dans le souci de la plus grande bienfaisance, une importance toute particulière. En l’espèce, s’il ne peut être contesté que l’équipe médicale s’est efforcée de dégager avec les parents de l’enfant une position consensuelle, il est constant que ceux-ci se sont clairement opposés à l’arrêt des thérapeutiques actives et de la ventilation."

Déjà en novembre, elle avait été sauvée en ouvrant les yeux.

Posté le 9 février 2017 à 15h39 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2017

"De bonne foi", il tue sa patiente

Au Pays-Bas, un médecin sera jugé pour avoir réalisé une « euthanasie à l’encontre de la volonté de la patiente ». Le pire, c'est que le Comité régional d’examen a estimé que 

« le médecin avait agi de bonne foi ».

Par conséquent, il demande à la Cour de ne pas le condamner mais de clarifier les faits et de 

« confirmer qu’un médecin agissant de bonne foi ne peut être poursuivi s’il ‘euthanasie’ une personne atteinte de démence ».

La patiente était âgée de plus de 80 ans et souffrait de démence. Placée dans une maison de soins par son mari, elle y montrait des signes de « peur et de colère ». Le médecin a estimé qu’ « elle souffrait intolérablement », mais « qu’elle n’était plus en mesure d’exprimer son souhait d’euthanasie ».

Malgré tout, il reconnait qu’elle a tout de même répété à plusieurs reprises dans les jours précédant sa « mise à mort » : « Je ne veux pas mourir ». 

A son insu, il a versé un sédatif dans son café puis commencé les injections létales. La patiente a réagi et « lutté désespérément pour ne pas être tuée » ; le médecin a alors 

« demandé aux parents de la patiente de la tenir pour achever son geste ». Sic.

Je pense que ce médecin, atteint visiblement de démence, doit être euthanasié au plus vite...

-_La-Voie

Posté le 3 février 2017 à 08h37 par Michel Janva | Lien permanent

13 janvier 2017

« Vincent Lambert s’est tourné vers ses parents et, devant témoin, a vocalisé ! »

Charlotte d'Ornellas interroge Me Jérôme Triomphe sur les dernières plaintes déposées :

Posté le 13 janvier 2017 à 09h00 par Michel Janva | Lien permanent

11 janvier 2017

Les parents de Vincent Lambert portent plainte pour tentative d'assassinat

Unknown-9Les parents de Vincent Lambert portent plainte à l'encontre du CHU de Reims pour tentative d'assassinat et de leur belle-fille Rachel pour les fausses informations qu'elle a fourni au tribunal. Me Jérôme Triomphe détaille les contours de cette nouvelle procédure :

"Nous portons plainte contre le CHU de Reims pour 'délaissement de personne hors d'état de se protéger', 'maltraitance', 'non-assistance à personne en péril' et 'tentative d'assassinat'". Cette dernière qualification concerne l'arrêt de l'alimentation de Vincent Lambert en avril et mai 2013, dans le cadre d'une première procédure d'arrêts de soins. Par ailleurs, une plainte a également été déposée à l'encontre de Rachel Lambert pour "fausse attestation", "faux témoignage", et "tentative d'escroquerie au jugement".

"Nous avons différé la procédure pénale le plus longtemps possible. Mais aujourd'hui, Rachel Lambert est la tutrice de Vincent et elle s'oppose à tout transfert. Nous avons l'impression que tout le monde se moque du fait que Vincent ne reçoive plus de soins de kinésithérapie, par exemple."

L'avocat réclame des mesures de bon sens :

"une remise au fauteuil, une rééducation à la déglutition, ainsi que la constitution d'une nouvelle équipe pour l'examiner". 

Posté le 11 janvier 2017 à 19h33 par Michel Janva | Lien permanent

20 décembre 2016

L'Association américaine de psychiatrie s'insurge contre l'euthanasie des patients

LogoAAPL'Association américaine de psychiatrie (AAP) s’en prend aux lois sur l'euthanasie en Belgique, aux Pays-Bas, et 

« partout ailleurs où l'on aide des patients psychiatriques qui ne sont pas en stade terminal à se suicider, ou qui sont littéralement tués à coup d'injections mortelles, souvent par leurs propres psychiatres traitants ». 

C’est « immoral » pour un psychiatre, dit l’AAP, d'assister au « suicide », « la mise à disposition de moyens » et « l'administration de l'injection mortelle » sont « inadmissibles ».

Le ministre belge de la Santé, Maggie De Block, s’est insurgée contre cette ingérence américaine qui est une agression contre la démocratie : 

« Chacun a le droit d'avoir une opinion. Le parlement a mené un débat de fond sur la loi sur l'euthanasie. Et notre loi en est le résultat final. Je ne vois pas ce que les Américains viennent faire dans ce débat. »

Le président de l'Union professionnelle belge des médecins spécialistes en psychiatrie, Geert Dom, dit qu’il ne faut pas sous-estimer

« le regard qu'on porte à l'étranger sur nos lois très progressives à l'échelle internationale sur l'euthanasie ». 

Par conséquent, il dit prendre la déclaration de l’AAP au sérieux, surtout au vu de l'influence de cette association :

« L'association professionnelle américaine publie le DSM (Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux), notre bible diagnostique. Cette position peut donc certainement susciter le débat et j'espère qu'on pourra le faire sans paniquer. »

Posté le 20 décembre 2016 à 18h51 par Michel Janva | Lien permanent

08 décembre 2016

La tutelle de Vincent Lambert confiée à son épouse

La Cour de cassation a validé jeudi l'attribution de la tutelle de Vincent Lambert à son épouse Rachel, qui souhaite sa mort ! 

Le 8 juillet dernier, la cour d'appel de Reims avait confirmé la décision d'un juge des tutelles rémois confiant le 10 mars à Rachel la tutelle de son mari et désignant l'Union départementale des associations familiales de la Marne (UDAF) comme subrogé-tuteur, sorte de suppléant. Les parents de Vincent Lambert avaient alors formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté jeudi.

Le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, avait lancé puis stoppé deux procédures d'arrêt des soins, l'une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l'autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon, en 2015. Mais l'équipe médicale avait décidé de suspendre ce processus le 23 juillet 2015, estimant que les conditions de "sérénité" requises n'étaient pas suffisantes.

Le 16 juin, François Lambert, neveu de Vincent et allié de Rachel, avait obtenu de la cour administrative d'appel de Nancy qu'elle ordonne au CHU de reprendre les consultations d'experts pouvant mener à un arrêt des soins. Les parents de Vincent Lambert ont contesté cette décision devant le Conseil d'Etat. La procédure est en cours.

Posté le 8 décembre 2016 à 18h31 par Michel Janva | Lien permanent

01 décembre 2016

Affirmer la dignité : Comment l'euthanasie change-t-elle une culture ?

Mourir dans la dignité : quel est le rôle du droit et de la politique lorsqu'il s'agit de construire une culture valorisant la vie à chaque instant? Le 28 novembre, le bureau bruxellois d'ADF International a lancé la campagne « Affirmer la dignité » ou #AffirmingDignity. Plusieurs vidéos de court métrage traitent de cette question de société et demandent un nouveau débat sur ce qu’est la mort dans la dignité. Sophia Kuby, responsable du bureau bruxellois d'ADF International, indique :

« Une société humaine et juste prend soin de ses membres les plus fragiles. Les exemples de la Belgique et des Pays-Bas montrent que la légalisation de l’euthanasie nous entraîne forcement sur une pente glissante. Une fois ouvertes les portes de la mise à mort intentionnelle, l’effet d’engrenage ne s’arrêtera plus. Si la catégorie subjective d’une ‘souffrance insupportable’ justifie de prendre la vie de quelqu’un, la culture prend inévitablement le chemin de la suppression de ceux qui sont âgés, malades, psychologiquement fragiles, handicapés».

« Jamais autant de personnes ne sont mortes de l’euthanasie en Belgique qu’en 2015. En 14 ans, les cas d’euthanasie ont centuplé. Devant une telle augmentation, il faut un débat public franc et sérieux. Les lois existantes doivent être réformées. Beaucoup de pays regardent la Belgique et les Pays-Bas. Nos vidéos donnent le message suivant : « Choisissez un meilleur chemin et évitez cette catastrophe culturelle qu’est l’euthanasie légalisée ».

En Belgique et aux Pays-Bas, l'euthanasie n'est pas seulement légalisée en cas de maladie terminale. La loi permet également aux personnes dans une situation non terminale, dépressives ou atteintes d’une autre souffrance psychologique de recourir à l’euthanasie. L'euthanasie sans limite d'âge est légale en Belgique et a été dépénalisée pour les mineurs de plus de 12 ans aux Pays-Bas. Le documentaire produit par ADF International présente des experts, du personnel médical et des proches des victimes de l'euthanasie. Ils partagent la manière dont ils vivent personnellement la libéralisation en cours des lois sur l'euthanasie en Belgique et aux Pays-Bas et mettent en garde contre ses effets dangereux pour leur société. Robert Clarke, directeur du plaidoyer européen pour ADF International, ajoute :

« Là où l'euthanasie a été légalisée, elle est devenue tôt ou tard hors de contrôle ». « Les soins médicaux modernes permettent aux patients de vivre les derniers instants de leur vie dans une véritable dignité. Les soins palliatifs peuvent contrôler les douleurs physiques les plus pénibles. Les patients ont de meilleures options que l'euthanasie et celles-ci devraient leur être garanties. »

Posté le 1 décembre 2016 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

27 novembre 2016

Les médecins voulaient "débrancher" la fillette, elle ouvre les yeux !

Encore une incroyable histoire qui montre les dérives éthiques vers lesquelles notre société se dirige :

"Victime d'un entérovirus à la fin du mois de septembre, la petite Marwa a rapidement été placée dans un coma artificiel. Elle était maintenue en vie par un appareil respiratoire depuis le 25 septembre à l'hôpital de La Timone, à Marseille.

«Elle a attrapé un virus qui lui a attaqué le coeur, expliquait récemment le papa de la fillette lors d'une vidéo postée en direct sur Facebook. Son coeur est intact maintenant, mais on a constaté que le virus a attaqué son cerveau, et plus précisément le cervelet. Ca veut dire la partie respiratoire du cerveau, donc Marwa est sous assistante respiratoire.»

Il y a une dizaine de jours, les médecins avaient décidé de débrancher la petite, pensant qu'elle était condamnée. Ils estimaient que le virus qu'elle avait contracté lui avait endommagé de nombreux neurones et organes. Selon ces derniers, la poursuite des soins était assimilable à un acharnement thérapeutique.

En désaccord avec cette décision, le père de la fillette a saisi le tribunal administratif, qui a suspendu l'arrêt des soins dans l'attente d'expertises. Selon un communiqué, le tribunal a prié «l'équipe médicale de poursuivre les soins appropriés» et ordonné «la réalisation d'une expertise médicale sur la situation de la jeune patiente», pour qui une amie du papa a par ailleurs créé une cagnotte.

Le but est de les aider dans les frais juridiques, les frais d'hébergement à Marseille. Mais surtout pour l'avenir si nous serons confrontés aux besoins spécifiques de ma puce, affirme le papa sur une page Facebook créée expressément pour sa fille. Je ne vous oblige à rien, si vous participez merci bcp sinon merci de continuer vos prières pour le rétablissement de ma petite Marwa.» (...)

La petite fille s'est réveillée mardi soir. Son papa a rapidement posté une vidéo sur Facebook, montrant l'enfant le suivre du regard et vraisemblablement réagir à la voix de son père, qui considère cela comme un progrès énorme. La vidéo était accompagnée d'un texte rempli d'espoir, d'amour et de positivité: «Ma Marwa d'amour, tu me manques mon ange. Continue de te battre ma chérie, je t'aime trop».

«Elle ouvre et ferme un oeil, se réjouit-il. Son traitement se poursuit, mais on constate chaque jour des progrès, et ça nous donne beaucoup d'espoir. Quand je lui parle, elle entend ma voix, elle réagit, parfois même elle sourit.»

Posté le 27 novembre 2016 à 08h08 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)

24 novembre 2016

Ils voulaient la "débrancher", elle s'est réveillée

Lu ici :

"Ses médecins proposaient de la débrancher. Dix jours plus tard, cette petite Niçoise d'un an, maintenue en vie par un appareil respiratoire, montre "des signes d'espoir" à ses parents, plus combatifs que jamais. Il est bien trop tôt pour savoir si elle va mieux. Mais son père y voit forcément "des signes d'espoir". Et un "progrès énorme". Marwa, 1 an, s'est réveillée mardi soir. Son père a immédiatement diffusé une troublante vidéo sur les réseaux sociaux. La fillette semble réagir à la voix de son père, le suivre des yeux et même esquisser un petit sourire.

Posté le 24 novembre 2016 à 21h09 par Michel Janva | Lien permanent

19 novembre 2016

22 novembre à Saint-Maur-des-Fossés : conférence de Me Jérôme Triomphe

Conférence AFC St-Maur 22 novembre 2016

Posté le 19 novembre 2016 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

17 novembre 2016

Droit de tuer : l'ADMD tente de l'obtenir par la jurisprudence

Unknown-46Le 10 novembre, Jean Mercier, membre de l'ADMD (en photo avec Jean-Luc Romero), jugé en appel pour avoir tué sa femme au nom de ses principes euthanasiques, a été relaxé. Agé de 88 ans, il a été prompt à tuer sa femme, mais il prend son temps pour appliquer son idéologie sur lui-même : il a un cancer de la prostate et la maladie de Parkinson…

L’avocat général avait souligné que cette femme de 83 ans n’était pas « en fin de vie », qu’elle n’était pas atteinte d’un mal incurable, mais qu’elle souffrait « d’arthrose et d’anxiété ».

Jean Mercier avait été condamné en première instance à un an de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. C’est aussi cette « peine de principe » qui avait été requise en appel.

Mais le jugement a été celui du droit à l’euthanasie contre la loi. L'ADMD était présente au tribunal.

Néanmoins, le parquet général de Lyon a formé un pourvoi en cassation.

Posté le 17 novembre 2016 à 08h24 par Michel Janva | Lien permanent

07 novembre 2016

Mourir dans la dignité ? C'est possible avec les soins palliatifs

Jeanne Smits témoigne suite au décès de son frère :

RS©_Page_2[6]"[...] Nous avons pu mesurer combien les soins palliatifs reçus chez les Augustines de Malestroit, affectueux, respectueux du moindre souffle de vie, sont importants. Du point de vue spirituel, évidemment, mais aussi pour les proches du malade qui reçoivent par là le don du temps, de ces derniers mois, ces dernières semaines, ces derniers jours où le corps décline lentement, à son rythme, permettant d'apprivoiser doucement l'idée de la mort de celui qu'on aime.

Derniers coups de fil. Derniers allers-retours angoissés depuis Paris à son chevet, avec à chaque fois la crainte d'avoir dit au revoir pour la dernière fois. De sa part, au cours de ces dernières semaines, toujours les mêmes mots pour ouvrir les conversations, dits avec insistance, jusqu'à ce que la capacité de parler lui échappe à son tour : « Je vais très bien ! » Avec le recul, je comprends aujourd'hui que cela était rigoureusement exact.

Car le mourant vit un temps de la grâce, d'une richesse profonde. Mourir dans la dignité ? C'est cela, exactement : mourir comme un homme qui se prépare à la vie éternelle, maternellement porté par Marie !

Mon frère, au dernier stade de son cancer, aura passé deux mois sans manger, il n'en était plus capable ; il était hydraté, il a décliné tout doucement. D'un cousin néerlandais passé le voir, nous apprenons qu'aux Pays-Bas, les cancéreux qui ne mangent plus sont volontiers laissés sans hydratation. Et l'affaire est pliée en trois jours. « Mais ils doivent souffrir horriblement ! » — « Mais non. On leur donne de la morphine… » Non : on leur vole leur mort. [...]"

Posté le 7 novembre 2016 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

26 octobre 2016

Belgique : banalisation et explosion du nombre d'euthanasies

Ce qui se passe en Belgique est terrifiant et devrait provoquer une prise de conscience pour mettre un coup d'arrêt à la culture de mort. Extrait de l'interview de Carine Brochier, de l'institut européen de bioéthique, pour Atlantico :

Selon la note de Synthèse de l’Institut Européen de Bioéthique(...), les euthanasies sont en hausse de 41% sur les 4 dernières années en Belgique. Les motifs invoqués en cas d'euthanasie vous semblent-ils toujours légitimes ? Quelles sont les principales dérives à craindre ? 

Ces chiffres font part des euthanasies officielles. Il est bien sûr impossible de chiffrer le nombre réel de personnes euthanasiées et pour lesquelles, contrairement à ce que la loi de 2002 exige, le médecin n’aurait pas rempli le formulaire de déclaration. Cette précision est importante dans la mesure où, de leur aveu même, un certain nombre de médecins prennent parfois des libertés avec la loi. Ces chiffres ne présentent qu'une partie de la vérité sur l'euthanasie en Belgique.

Si l'on accepte malgré tout de prendre pour base de travail les chiffres contenus dans le Rapport de la Commission, deux enseignements majeurs peuvent être tirés. Premièrement, un grand nombre des « affections médicales » fréquemment invoquées pour demander l'euthanasie sont difficiles à circonscrire. Je ne prendrais qu'un exemple en vous parlant des « polypathologies », qui représentent une part non négligeable du total des euthanasies au cours de ces deux dernières années. (385 personnes)

En pratique, il s'agit de situations où une personne, parce qu'elle vieillit notamment, est en proie à plusieurs fragilités physiques dues au grand âge et, qui, se cumulant, la font souffrir et la rendent dépendante de son entourage. On peut par exemple penser à l'ostéoporose, à une baisse de la capacité auditive ou à une vue déclinante. Ces affections médicales sont courantes, elles font partie de la vie lorsque le corps vieillit. Nous connaissons tous dans notre entourage proche des personnes âgées qui, subitement ou lentement, voient leur santé se dégrader. 

Dans un certain nombre de cas, cette nouvelle donne rend la personne qui la subit de plus en plus dépendante de son entourage et de son environnement domestique. Avec le temps, un certain isolement peut advenir : les contacts sociaux s'amenuisent graduellement, les proches et la famille ne se rendent plus aussi souvent qu'ils ne le voudraient à son chevet. A la souffrance physique s'ajoute alors la solitude. 

Combinées, souffrance physique et psychique peuvent engendrer une volonté d'en finir. C'est ce que le Rapport officiel de la Commission euthanasie mentionne sous le terme « désespoir ». 

Vous constatez une évolution vers une forme de banalisation de l’euthanasie depuis 14 ans ? 

C'est très interpellant car, originellement, l'euthanasie ne devait se pratiquer qu'à titre exceptionnel, dans des conditions que le législateur a voulues très strictes. Mais à l’usage, on remarque que les termes utilisés par la loi permettent une interprétation de plus en plus large parce que, au départ, ils étaient flous : on parle de « souffrance insupportable, continue et inapaisable », de « fin de vie prévue à brève échéance », etc. Ce flou législatif, la Commission d'évaluation elle-même le reconnaît lorsqu'elle souligne à quel point la souffrance est une notion éminemment personnelle et laisse le patient seul juge de son intensité et de déterminer si, à ses yeux, elle est ou non supportable.

Nous constatons aujourd'hui à quel point nous ne parvenons pas à contrôler les « strictes conditions » d'application de la loi. C'est aussi ce qui explique que des demandes autrefois jugées comme ne pouvant en aucun cas être rencontrées soient aujourd'hui avalisées par la Commission chargée du contrôle de la loi comme  par bon nombre de médecins et la majorité des citoyens belges. 

En un mot, ce qui peut et doit être dénoncé avec force, c'est la banalisation de l'acte euthanasique. Cette loi, qui contenait en elle les germes de la dérive en utilisant pour conditions des qualificatifs éminemment flous ou subjectifs, nous rapproche de plus en plus d'une forme d'euthanasie à la demande. Ne dit-on d'ailleurs pas que pas que l’offre crée la demande ? 

Les chiffres montrent aussi que 63% des personnes euthanasiées ont plus de 70 ans

Lorsqu'une personne est atteinte de polypathologies, elle est en fait dans une situation couramment rencontrée par bon nombre de nos aînés : le corps vieillit, les ennuis de santé s'accumulent, la dépendance aux autres se fait plus grande et, si on n'y prend garde, le sentiment de solitude et la perte de sens grandissent également. 

Face à cela, au nom d'un certain désespoir se conjuguant aux affections médicales rencontrées par la personne qui en souffre, l'euthanasie est entrevue comme une piste de solution. Au départ d'une conséquence naturelle de l'état de vieillesse où le corps exprime ses limites, l'euthanasie est présentée comme une possible réponse (...)

Vous parliez d’un deuxième point à relever dans le Rapport de la Commission. Serait-ce le nombre d'euthanasies pratiquées en raison de troubles d'ordre psychologique, et donc sur des personnes mentalement fragiles, qui lui aussi est en augmentation ?

En effet, en deux ans, 124 personnes souffrant de « troubles mentaux et de comportement » (dépression, Alzheimer, démence, etc.) ont été euthanasiées. Cela signifie que, malgré leurs facultés mentales altérées, des médecins ont accédé à leur demande. 

La presse internationale, et notamment le Washington Post en octobre dernier, n’a pas manqué de relayer nombre d'opinions d’effarement face à cette pratique. L'interrogation pouvait être résumée par cette question : « que faites-vous donc en Belgique ? ». Certaines associations de psychiatres belges et mondiales se sont mobilisées pour réagir elles aussi. Un groupe de plus de 80 personnalités s’est constitué en Belgique pour pousser un cri d’alarme. http://www.ieb-eib.org/fr/pdf/20150916.pdf

Pourquoi ? Car ces personnes malades de troubles mentaux et de comportement n'étaient pas en phase terminale, loin de là. Mais certains médecins ont jugé qu’ils avaient tout essayé et, qu’au nom de l'autonomie du patient, ils pouvaient accéder à leur demande et provoquer ainsi leur mort (...) 

Toutefois, cela ne pose-t-il pas des questions fondamentales ? En interrogeant notre vivre ensemble, pouvons-nous accepter, qu’au nom de l’autonomie toute puissante d’une personne affaiblie et fragile, nous devions démissionner et « obéir » à une demande de mort ? L’euthanasie ne règle-t-elle finalement pas notre incapacité à durer dans le soin aux personnes ? (...)

À l'Institut Européen de Bioéthique, nous entendons les témoignages de soignants expliquant comment la famille, parfois épuisée, en vient à demander l'euthanasie pour un proche devenu dépendant. Cela sort bien sûr complètement du cadre légal (...) Oui, la mentalité euthanasique est réelle (...)

Mais pour arriver à cela, il est essentiel de d'abord sortir d'une idéologie qui voudrait que l'individu soit seul maître de sa vie et seul au monde. Il y a un impact sociétal dans le cadre d'une mort provoquée. Provoquer la mort d’une personne malade, seule, fragile et vulnérable, est un acte universellement blessant pour toute société. Nous esquivons la question en estimant que l'individu qui souhaite l'euthanasie est maître de sa vie et nous occultons consciemment ou inconsciemment les suites que cela engendre, le syndrome post-euthanasique pour les « survivants ». 

Globalement, l’euthanasie ne nous fait pas du bien. C’est pourquoi, il est vital et urgent d’oser voir la réalité, loin de tout combat idéologique, se réappropriant une réflexion en raison en vue du bien commun aujourd’hui et pour demain. Alors enfin, face aux cancers, aux polypathologies, à la démence, aux dépressions, au désespoir et à la solitude, pourra être proposée une autre solution que celle de provoquer la mort."

Posté le 26 octobre 2016 à 07h11 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

20 octobre 2016

Pays-Bas : euthanasie pour les personnes âgées qui ont le sentiment d'avoir bien vécu

Après l'idée de contraception obligatoire pour les parents "incompétents", les Pays-Bas lancent le projet inouï d'autoriser l'euthanasie ou le suicide assisté pour les personnes âgées "qui ont le sentiment d'avoir bien vécu". En attendant que cela devienne obligatoire ?

"Le texte veut ouvrir l'euthanasie à ceux qui ont "accompli leur vie". Aux Pays-Bas, le gouvernement porte un projet de loi visant à permettre aux personnes âgées de bénéficier de la loi sur le suicide assisté.

En 2002 le pays était le premier, avec la Belgique, à légaliser le suicide assisté, tout en le réservant à ceux qui souffrent sans perspective de guérison. La loi ne concerne pas que les personnes atteintes de maladie en phase terminale, mais aussi celles qui souffrent mentalement (...)

Dans leur lettre, les ministres de la Santé et de la Justice stipulent que ceux qui ont l'opinion d'avoir "accompli leur vie, peuvent, selon des critères stricts, être autorisés à finir leur vie de manière digne"."

Posté le 20 octobre 2016 à 11h46 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

01 octobre 2016

Juste avant de la débrancher elle était encore en vie...

Images-9Une jeune britannique de 22 ans, dans le coma après un terrible accident de voiture, a arrêté les médecins qui allaient la débrancher en bougeant un orteil.

Après 19 jours sans réaction et de gros dommages au cerveau, le corps médical avait conseillé aux parents d'arrêter les frais. Les parents s'étaient donc préparés au pire et au moment d'arrêter les machines, "Sam est revenue d'entre les morts".

Posté le 1 octobre 2016 à 11h32 par Michel Janva | Lien permanent

20 septembre 2016

L’Europe est entrée dans un hiver démographique par un nihilisme fertile

Extraits de l’éditorial de Jean-Marie le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, dans la Lettre de la Fondation de septembre 2016 :

Test-2« A la question, "la vie vaut-elle encore la peine d'être donnée ?" les différentes politiques conduites depuis cinquante ans répondent clairement « non » ! D’où la succession ininterrompue jusqu’à ce jour de lois mortifères sur la famille, la contraception, l’avortement, la procréation artificielle, l’eugénisme et ces nouvelles formes de sacrifices humains que constituent les expériences sur l’embryon. Pour ne parler que des agressions contre le début de la vie, des dérives analogues s’ingéniant à hâter la fin de vie. L’Europe est entrée dans une sorte "d’hiver démographique", non plus à cause d’une guerre mais par un nihilisme fertile en raison de non-vivre (malthusianisme, hédonisme, écologisme, etc.). La « disparition » française de 10 millions d’enfants depuis plus de quarante ans est l’objet d’une célébration permanente et fait notre fierté nationale. Toute critique publique de cette hécatombe est formellement interdite au profit d’un masochisme auquel succombent les meilleurs. Il faudrait même se repentir, au nom d’un terrorisme de la bienveillance, d’évoquer ce cortège de morts, par égard à l’idéologie féministe et à ses prêtresses, c’est-à-dire que ce sont bel et bien les victimes qui sont devenues les bourreaux.

Les fruits de cette tragédie pour la France sont gravement sous-estimés : « nous sortons de l’Histoire parce que nous sortons de la vie ! ». La fondation Jérôme Lejeune est la seule institution à combattre l’avortement (et ses avatars, y compris la GPA) non seulement en tant qu’acte individuel mais parce qu’il entraîne aussi des conséquences collectives, morales, juridiques, financières, démographiques et géopolitiques dévastatrices. Pour le Pr Jérôme Lejeune « un pays qui tue ses enfants tue son âme ».

Nous en sommes là, anémiés spirituellement et physiquement face aux nouvelles menaces. Par son action concrète, inlassable et unique, la Fondation ne se résigne pas à voir la France renoncer à protéger ses propres enfants et perdre son âme. Elle n’accepte pas que l’on sacrifie la victime pour ne pas avoir à affronter l’agresseur, que l’on ne livre pas bataille par peur de déplaire aux grandeurs d’établissement, que l’on cède pour ne pas perdre. Le salut de la France dépend de ses raisons de vivre. C’est le trésor que nous voulons partager. D’urgence, aidez la Fondation à redonner à nos compatriotes le goût de cette « incroyable signification de la vie humaine ». Pour ne pas sortir de l’Histoire. »

Posté le 20 septembre 2016 à 14h26 par Michel Janva | Lien permanent

17 septembre 2016

Un mineur assassiné légalement en Belgique

Unknown-9Pour la première fois, un mineur a été euthanasié en Belgique. Cette possibilité existe légalement depuis le début 2014, mais personne n'y avait jamais eu recours jusqu'à présent.

La loi belge n'impose pas de limite d'âge, contrairement aux Pays-Bas, qui a fixé le seuil de 12 ans. 

Le suicide de l'Europe se poursuit.

Posté le 17 septembre 2016 à 10h27 par Michel Janva | Lien permanent

06 août 2016

Sédation terminale : la loi Claeys-Leonetti entre en vigueur

Le droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les patients en fin de vie est entrée en vigueur vendredi. Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a signé deux décrets et un arrêté publiés au Journal Officiel permettant l’application de la loi seconde loi Claeys-Leonetti adoptée le 2 février 2016.

Ces textes précisent les conditions dans lesquelles peuvent être décidés l’arrêt des traitements et la mise en œuvre de la sédation profonde et continue. 

Consultatives jusqu’à aujourd’hui, les directives anticipées s’imposent désormais aux médecins. Dans le cas où le patient ne peut pas les écrire lui même, une personne tierce en présence de deux témoins peut le faire. Une fois signées, elles peuvent être remises à n’importe quel médecin, ou une personne de confiance. Elles n’ont pas de limite dans le temps et peuvent être révisées à tout moment. Toutefois, l’un de ces textes prévoit qu’un médecin peut ne pas tenir compte de ces directives anticipées s’il les juge « manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ». Il devra alors recueillir l’avis de l’équipe de soins et d’un autre médecin « avec lequel il n'existe aucun lien de nature hiérarchique ». La personne de confiance et les proches devront également être consultés avant d’inscrire ces motifs de refus dans le dossier du patient.

Un patient hors d'état d'exprimer sa volonté et pour qui un arrêt de traitements a été décidé pourra être placé sous sédation "même si la souffrance de celui-ci ne peut pas être évaluée du fait de son état cérébral"...

Posté le 6 août 2016 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2016

Un fauteuil pour Vincent Lambert

Communiqué des amis de Vincent Lambert :

"Le 23 juillet 2015, le docteur Daniela Simon du CHU de Reims avait finalement décidé de ne pas arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert . Nous espérions alors que cette décision marque l’amorce d’une évolution sage, pour le bien de Vincent et pour son transfert dans un établissement adapté. Un an après, ce n’est malheureusement pas le cas. La justice française, par deux décisions (relance de la procédure pouvant mener à l'arrêt de l’hydratation et de l’alimentation, et confirmation de la tutelle confiée à Rachel Lambert), vient de réouvrir la piste de l'euthanasie.

En juin, nous avons demandé votre aide afin d’acheter un fauteuil adapté pour Vincent, afin qu’il puisse sortir de la chambre dans laquelle il est enfermé depuis 3 ans. Permettre à Vincent de sortir quelques instants de sa "prison" et de retrouver des sensations au contact de l'air frais est une mesure qui relève,de la plus simple humanité. Grâce à votre générosité, la somme a été largement réunie en moins de 24h.

Depuis, le comité de soutien a entrepris plusieurs démarches auprès du CHU afin de rendre opérationnel ce beau projet.

Emmanuel Guépin, notre porte-parole, a échangé par courrier avec Madame Dominique de Wilde, directrice générale du CHU de Reims. Après plusieurs relances par courriel et téléphone, le secrétariat du CHU vient de lui dire que cette question sera traitée par Madame Pascale Jaillet, directrice du site hospitalier de Sébastopol auquel est rattaché Vincent. Emmanuel Guépin va donc dans les prochains jours pouvoir échanger avec cet interlocuteur. Nous vous tiendrons informés."

Posté le 30 juillet 2016 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2016

La clause de conscience des pharmaciens est un droit de l'homme

Grégor Puppinck, Docteur en droit, Directeur de l’ECLJ et auteur de l’essai « Objection de conscience et droits de l’homme », publié par Société Droit et Religion, CNRS Editions, juillet 2016. Il vient d’être nommé membre du panel d’experts de l’OSCE/ODIHR sur la liberté de religion ou de croyance, la principale autorité institutionnelle en matière de liberté de religion et de conscience, pour 3 ans. Il aborde pour Gènéthique le problème de la clause de conscience des pharmaciens :

"Cette clause garantirait à chaque pharmacien le droit de « refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine ». A ce jour, ce droit est déjà garanti aux médecins et à tous les auxiliaires médicaux ainsi qu’aux sages-femmes et aux chirurgiens-dentistes. Il est aussi reconnu aux pharmaciens dans de nombreux autres pays européens. C’est le cas notamment de nos voisins, belges, britanniques, espagnols, italiens et portugais. Les pharmaciens français font donc doublement figure d’exception en France et en Europe. Plus généralement, c’est ce même droit « de ne pas tuer » qui est aussi reconnu face au service militaire.

En fait, les pharmaciens français, comme toute autre profession, possèdent déjà potentiellement ce droit, puisqu’il leur est garanti au titre de la liberté de conscience par le droit européen et international. Ceux qui veulent l’exercer peuvent déjà l’invoquer devant les juridictions françaises et internationales qui devront alors en fixer les limites.

La Cour Européenne des droits de l’homme reconnaît « la liberté de conscience des professionnels de la santé »

Il est vrai qu’il y a plus de 15 ans, dans l’affaire Pichon et Sajous contre la France, la Cour européenne des droits de l’homme avait accepté qu’un pharmacien soit sanctionné pour son refus de vendre la pilule. Mais cette décision ancienne a été fort critiquée, car pour justifier sa position, la Cour a observé que le pharmacien conserve, nonobstant l’obligation de délivrer des pilules abortives, la faculté de manifester ses convictions « hors de la sphère professionnelle ». De fait, cette faculté de manifester ses convictions hors du cadre professionnel ne réduit en rien la contrainte à laquelle il était soumis dans ce cadre.

Plus récemment, la Cour européenne a reconnu à plusieurs reprises le droit du personnel médical à la liberté de conscience, estimant qu’il appartient aux Etats « d’organiser leur système de santé de manière à garantir que l’exercice effectif de la liberté de conscience des professionnels de la santé dans le contexte de leurs fonctions n’empêche pas les patients d’accéder aux services auxquels ils ont droit en vertu de la législation applicable ». Ainsi, la Cour de Strasbourg tient pour acquis que l’Etat ne peut pas obliger un professionnel de la santé à agir contre sa conscience, même pour délivrer un « service » légal, tel que l’euthanasie.

Avortement, euthanasie, biotechnologies : le Conseil de l’Europe reconnaît le droit de ne pas tuer.

Le « Droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux » a aussi été solennellement réaffirmé en 2010 par le Conseil de l’Europe, garantissant ce droit à toute personne et établissement de refuser « de réaliser, d’accueillir ou d’assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie » ou « toute intervention visant à provoquer la mort d’un fœtus ou d’un embryon humains ».  De même, en 1989, le Comité d’experts du Conseil de l’Europe en matière de bioéthique avait aussi affirmé ce droit.

En outre, la Cour de Strasbourg exige des législations nationales qu’elles soient cohérentes et non discriminatoires, ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Il est incohérent et discriminatoire de reconnaître la clause de conscience à toutes les professionnels de santé à l’exclusion des pharmaciens. En effet, que l’euthanasie soit pratiquée au moyen d’un comprimé ou d’une perfusion ne change rien à la nature de l’acte. Celui qui vend le comprimé est autant engagé moralement par l’acte que celui qui pratique la perfusion. Il est donc incohérent de garantir le droit de ne pas pratiquer la perfusion et de refuser celui de ne pas vendre le poison. Le pharmacien collabore directement à l’euthanasie dès lors que l’usage et l’effet du poison délivré ne laissent place à aucun doute.

L’objection de conscience : un « signal d’alarme » pour la société

Il est parfois objecté que les professionnels de santé ne devraient pas avoir de liberté de conscience car ils choisissent librement leur profession. Cela reviendrait paradoxalement à interdire ces professions aux personnes qui justement refusent « d’attenter à la vie humaine ». En outre, tous ces professionnels doivent s’engager à exercer leur profession avec conscience, ce qui est une garantie pour les patients. Or, pour nombre d’entre eux, l’euthanasie est étrangère à leur profession.

L’euthanasie et la stérilisation forcée ont été largement pratiquées au XXe siècle, et pas seulement dans l’Allemagne nazie ; il aurait été bon qu’à l’époque les médecins et les pharmaciens bénéficient d’une clause de conscience, et surtout qu’ils l’exercent !

La clause de conscience n’est pas qu’une liberté individuelle, elle est aussi un signal d’alerte pour toute la société. Si de nombreux médecins et pharmaciens refusent de pratiquer un acte, les autorités publiques ne devraient pas chercher à les y forcer, mais devraient s’interroger sur les causes de ce refus, car ce n’est pas la loi, mais bien la conscience individuelle qui est l’ultime juge de la justice.

Refuser toute clause de conscience aux pharmaciens, comme semble le vouloir le gouvernement, au motif qu’ils pourraient l’exercer contre la délivrance de « pilule abortive » n’a aucun sens et est une insulte à cette profession, d’autant plus que toutes les autres professions médicales peuvent refuser de participer à une IVG. Il faut faire confiance au professionnalisme des pharmaciens et à la conscience individuelle… plus qu’à la loi."

Posté le 25 juillet 2016 à 17h31 par Michel Janva | Lien permanent

23 juillet 2016

Le diktat de l'Ordre des pharmaciens

Suite au communiqué de l'Ordre des pharmaciens, demandant l'enterrement du projet de clause de conscience, un pharmacien lecteur du Salon Beige nous fait suivre son courrier de réaction :

"Mon message fait suite au sondage sur le projet d'article R.4235-18 du Code de déontologie.

Je n'ai pas manqué de donner mon avis en ligne (et vous remercie de m'en avoir donné la possibilité) mais n'ai pas alors jugé utile de rédiger un commentaire expliquant mon choix, ce que j'ai vivement regretté à la lecture du communiqué de presse de Madame la Présidente du Conseil national. C'est donc l'objet de ces quelques lignes ; je tâcherai d'être bref.

Concernant l'article proprement dit, l'absence de définition claire d'un "acte pharmaceutique susceptible d'attenter à la vie humaine" est déjà un problème de taille. De même, que doit-on ou non considérer comme un soin ? La question est cruciale à notre époque où l'on voudrait confondre alimentation et hydratation, soin et acharnement.

Par ailleurs, tout mettre en œuvre pour qu'un autre pharmacien effectue un acte que l'on juge soi-même coupable me semble absurde.

Et après les précautions initiales ("sans préjudice pour ..."), le diktat final que l'on pressentait ("Si tel n’est pas le cas, le pharmacien est tenu d’accomplir l’acte pharmaceutique"). Soit, au final, une coquille vide.

J'ai logiquement voté "non", non pas - vous l'aurez compris - parce que je serais opposé à une clause de conscience - bien au contraire - mais parce que je refuse une telle hypocrisie.

Quant au communiqué de presse, que de politiquement correct et que de justifications pour assurer que l'on ne déroge pas à l'ordre établi ! Madame la Présidente du Conseil national précise "qu'il n'est évidemment (sic) pas question [...] de pilule du lendemain, de stérilet ou même de préservatif". Et d'ajouter - à juste titre - que le préservatif n'a jamais attenté à la vie humaine. On peut donc en déduire que ce n'est pas le cas pour la pilule du lendemain et le stérilet. Pourquoi donc alors ce texte ne pourrait-il s'appliquer au stérilet et à la pilule du lendemain ? Quel pharmacien pourrait prétendre qu'à partir du moment où il y a eu fécondation, pilule du lendemain et stérilet n'attentent pas à la vie humaine ? Sauf à considérer que la grossesse ne débute qu'après la nidation et que la fusion des gamètes ne produit pas un être à part entière doté d'un patrimoine génétique original, ce qui suppose une bonne dose d'idéologie.

L'assurance enfin que l'Ordre veille et porte plainte lorsqu'un pharmacien - nous dit-on - "ne respecte pas ses devoirs" (à définir, une fois de plus, afin d'éviter les interprétations multiples) est indécente s'agissant d'atteinte à la vie humaine. De nombreux pharmaciens, et beaucoup parmi les plus jeunes, n'auront d'autre choix que de renoncer à exercer s'ils veulent - comme c'est mon cas - pouvoir agir en conscience.

Bref, mieux vaut le statu quo (c'est-à-dire l'absence de clause de conscience) plutôt qu'un article ainsi rédigé."

Posté le 23 juillet 2016 à 22h36 par Michel Janva | Lien permanent

22 juillet 2016

Clause de conscience des pharmaciens : le sujet n'est pas enterré

Dans un communiqué, le conseil de l’ordre des pharmaciens a voulu mettre fin aux discussions sur une éventuelle clause de conscience. Heureusement, il y a toujours des réactions. Florence Taboulet, professeur en droit pharmaceutique et économie de la santé à l’Université Toulouse III, juge le projet de code de déontologie « excellent » :

« c’est l’acquisition d’un nouveau droit, c’est positif pour la profession. On répare une anomalie. De même qu’on se réjouit de nouveaux droits des patients, il faut se réjouir de nouveaux droits pour les pharmaciens ».

Sur le domaine d’application de la clause, elle explique :

« Pour moi, lorsque j’ai lu le texte, c’était une évidence que la clause de conscience s’appliquait au début et à la fin de vie. L’ ‘atteinte à la vie’, c’est le début et la fin de la vie. Historiquement, c’est là où ça coince, c’est la réalité du terrain. Si ce n’est pas ça, il faudrait l’expliquer, et expliciter le champ de la clause de conscience ».

Florence Taboulet s’étonne donc des propos d’Isabelle Adenot qui assure que la clause de conscience ne concernerait que la fin de vie.

« En l’état actuel du droit, la clause de conscience ne peut concerner que le début de la vie, car pour ce qui est de l’empoisonnement et du suicide, les règles du code de la santé publique permettent déjà de ne pas délivrer des médicaments ».

Pour l’instant, « trois produits seraient concernés : mifepristone (RU486 ou avortement médicamenteux), stérilet et contraception d’urgence ».

Pour l’heure, l’Ordre a repoussé l’adoption du nouveau code de déontologie au 6 septembre, et décidé « de ne pas maintenir en l’état le projet »

Posté le 22 juillet 2016 à 19h26 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2016

La consultation sur la clause de conscience des pharmaciens est suspendue

Les pharmaciens avaient jusqu'au 31 août pour s'exprimer sur la pertinence d'une clause de conscience, en répondant à un sondage envoyé par leur Conseil de l'ordre. Le projet d'article stipulait qu'un «pharmacien peut refuser d'effectuer un acte pharmaceutique susceptible d'attenter à la vie humaine».

Une levée de boucliers a eu raison de la consultation des membres de l'Ordre des Pharmaciens :

"Le débat public s'était enflammé depuis l'annonce, il y a une dizaine de jours, d'un projet de clause de conscience réservé aux pharmaciens. Ajouté à leur code de déontologie, celle-ci aurait notamment permis, selon ses détracteurs, aux professionnels de refuser de délivrer les contraceptifs d'urgence. «Devant l'émoi et l'incompréhension suscités par cette réflexion collective», le Conseil national de l'Ordre de la profession vient d'annoncer qu'il suspendait la consultation de ses membres sur le texte, et que l'article ne serait «pas maintenu en l'état», lit-on dans un communiqué.[...]

Inquiète, la ministre des Famille Laurence Rossignol s'est fendue d'un communiqué mardi, jugeant que cette clause «ouvre clairement la possibilité pour des pharmaciens de refuser de délivrer la contraception d'urgence (pilule du lendemain), la pilule, le stérilet ou même le préservatif». Dans la foulée, le Haut conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes , le Planning Familial et l'association Osez le féminisme! s'indignaient également du projet, attaquant, selon eux, les droits des femmes. Une pétition contre la clausea même vu le jour, lancée par un collectif de pharmaciens créé pour l'occasion et signée par plus de 10 000 pharmaciens et citoyens en seulement 48 heures.

Dans son communiqué, le Bureau de l'Ordre des pharmaciens tient à éteindre le feu en déclarant qu'il est nécessaire que «les droits des femmes à la contraception et à l'avortement soient toujours et partout fermement défendus».

Boîte de Pandore

Au cœur du débat, le concept même d'atteinte à la vie. «C'est une véritable boîte de Pandore que l'Ordre des pharmaciens veut ouvrir», déclare un membre du collectif des pharmaciens à l'origine de la pétition anti-clause. «À partir de quand un acte pharmaceutique porte-t-il atteinte à la vie humaine? L'IVG médicamenteuse est-elle une atteinte à la vie humaine? La pilule du lendemain? Les seringues stériles remises aux toxicomanes? L'insuline qui peut provoquer une hypoglycémie mortelle? Le paracétamol, plus grand pourvoyeur d'hépatites médicamenteuses? Où est la limite? Qui le détermine?», s'emporte-t-il.[...]

«La clause serait pertinente uniquement en cas de loi sur l'euthanasie». «Cependant, dans l'hypothèse d'une légalisation de l'euthanasie, celle-ci serait réalisée soit à l'hôpital, soit à domicile, mais sans passer par le circuit officinal», explique Léo, membre du collectif des pharmaciens à l'origine de la pétition. «Dans la situation actuelle, elle ne serait donc pas utilisée pour la fin de vie…», estime Pierre Béguerie.

Du côté du collectif, «on se félicite de ce retrait mais nous continuons à militer. Nous ne voulons pas une modification du texte, nous voulons le retrait pur et simple de la clause de conscience»."

Au début de l'avortement non plus, on n'imaginait pas que cet acte serait réalisé ailleurs que dans une structure hospitalière, et pourtant, nous avons maintenant la "pilule du lendemain" et tout se passe à la maison, en passant par les officines des pharmaciens. Alors, oser dire que les pharmaciens ne seront pas concernés par les actes d'euthanasie lorsque celle-ci sera légale, c'est un gros mensonge, car on peut tout imaginer lorsqu'il s'agit de rendre légale la suppression de son prochain. Nous soutenons fermement les pharmaciens objecteurs de conscience.

Posté le 21 juillet 2016 à 20h59 par Marie Bethanie | Lien permanent

Clause de conscience des pharmaciens : Stop à la pression idéologique

Logo-vita-16Communiqué d'Alliance Vita :

"Alliance VITA dénonce très fermement la pression idéologique mise sur les pharmaciens qui souhaitent à une large majorité introduire une clause de conscience dans leur Code de déontologie. Elle appelle à un débat serein et en vérité pour respecter la liberté de conscience des professionnels face aux actes « susceptibles d’attenter à la vie humaine ».

Alors qu’une enquête coordonnée par le CSA révèle que 85% des pharmaciens souhaitent une clause de conscience dans leur Code de déontologie, une polémique s’est déclenchée, relayée par la ministre Laurence Rossignol. Sont évoqués tour à tour, dans une grande confusion, les questions de la contraception, des pilules du lendemain, de l’avortement médicamenteux et les kits d’euthanasie ou de suicide assisté.

L’objection de conscience des pharmaciens est devenu un sujet incontournable, pour trois raisons au moins :

1/ Notre droit de la santé recèle une contradiction majeure qui constitue une injustice : alors que la clause de conscience est reconnue très largement en cas d’IVG – pour les médecins, les sages-femmes, mais aussi tous les auxiliaires médicaux moins directement concernés par les atteintes à la vie, comme par exemple les orthophonistes ou les kinésithérapeutes – cette clause n’est pas encore reconnue aux pharmaciens, qui sont de ce fait discriminés.

2/ Des changements récents dans la pratique du métier de pharmacien aggravent cette injustice : l’évolution des techniques et de la législation les met désormais en première ligne, quand il est question de délivrer des produits éthiquement sensibles, spécialement ceux qui provoquent l’« IVG médicamenteuse », comme le RU 486. Ces IVG sont de plus en plus réalisées « en ville », hors du cadre hospitalier (environ 40.000 par an*). Seul le pharmacien peut délivrer le produit abortif, dont on ne peut nier qu’il a pour seul but « de mettre fin à une vie humaine ».

3/ Par ailleurs, comme l’a indiqué la présidente de l’Ordre des pharmaciens, cette profession craint légitimement d’être confrontée à la question des produits létaux destinés à l’euthanasie ou au suicide assisté. Les situations de déni du droit à l’objection de conscience observées dans les rares pays où ces pratiques sont légales légitiment une telle crainte, de même que l’ambiguïté de la récente loi fin de vie sur l’intention présidant à la sédation terminale.

Alliance VITA en appelle au respect de la liberté de conscience de tous les professionnels de santé face aux actes « susceptibles d’attenter à la vie humaine ». 

Pour Tugdual Derville, son délégué général : « La liberté de conscience, ainsi que le droit à l’objection de conscience qui en découle, sont des principes essentiels relevant des droits universels de l’homme. Rien ne peut les occulter. La reconnaissance d’une clause de conscience est d’autant plus nécessaire aux pharmaciens aujourd’hui que leur métier induit une responsabilité personnelle croissante vis-à-vis de la santé publique et des usagers. La campagne de dénigrement lancée ces dernières heures demandant au gouvernement de supprimer, à l’occasion de cette polémique, les clauses de conscience existant pour d’autres métiers de santé est d’autant plus indigne que des ministres y répondent avec complaisance. Si les pharmaciens demandent très majoritairement une clause de conscience, c’est parce qu’ils sont en prise directe avec des souffrances sociales qui réclament du dialogue et de l’humanité. Exercer sa liberté de conscience est un besoin majeur dans ces situations. Les pharmaciens ne doivent pas être considérés comme des robots distributeurs. C’est pourquoi il faut laisser les membres de cette profession de proximité réfléchir, sans pression extérieure, à ce qu’il leur paraît souhaitable dans l’exercice de leur précieuse mission. »

  * Pour information : Les IVG médicamenteuses représentent 57% des 220 000 IVG réalisées chaque année en France. En 2015, 40 000 d’entre elles ont été effectuées en ville par des médecins ou des centres de santé conventionnés (depuis la dernière loi santé du 26 janvier 2016, les sages-femmes peuvent également réaliser cet acte, ce qui va augmenter encore le nombre de prescripteurs). Ainsi, l’an dernier, environ 110 IVG par jour ont nécessité qu’un pharmacien délivre les produits nécessaires, ce qui l’associe directement au processus d’avortement."

Pour comprendre les enjeux du débat : La clause de conscience pour les pharmaciens

Posté le 21 juillet 2016 à 13h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 juillet 2016

Clause de conscience pour les pharmaciens : l'introduire ou pas

Lu sur Le Moniteur des Pharmacies :

"L'Ordre des pharmaciens à l'occasion de la refonte du code de déontologie propose un sondage sur l'introduction d'une clause de conscienceElle permettrait aux pharmaciens de refuser un acte de dispensation « susceptible d’attenter à la vie humaine".

Cette question a déjà été posée lors d'une précédente consultation par internet (fin 2015-début 2016). Elle a alors recueilli une large proportion de oui : 85% parmi les 3395 pharmaciens répondants sur 75 000 sollicités. Et ce tout âge et toutes sections confondus.[...]

Les implications de l'introduction d'une clause de conscience pour les pharmaciens sont multiples et complexes.
La formulation " atteinte à la vie humaine" n'a pas de définition juridique précise. La clause aurait été introduite en particulier pour les pharmaciens hospitaliers sur les questions de fin de vie selon la réponse de l'Ordre interpellé par des pharmaciens sur twitter où une polémique émerge. Des officinaux pourraient être tentés de s'en prévaloir pour refuser la contraception orale d'urgence ou le DIU, voire la contraception tout court pour des motifs religieux.[...]

Ce qui est au coeur du débat, selon Isabelle Adenot, présidente du conseil national de l’ordre des pharmaciens, c'est essentiellement la question de la fin de vie, qui préoccupe énormément les pharmaciens. Mme Adenot s'insurge donc contre un communiqué jugé scandaleux de Laurence Rossignol, ministre des droits des femmes, qui disait craindre que cette consultation des pharmaciens conduise à la remise en cause du "droit" à la contraception d’urgence et à l’IVG. On peut faire confiance à Mmes Rossignol et Touraine pour que soit préservé le "droit" à la culture de mort.

Posté le 20 juillet 2016 à 09h11 par Marie Bethanie | Lien permanent

08 juillet 2016

Tutelle de Vincent Lambert : pourvoi en cassation

Les portes sont désormais grandes ouvertes pour l’euthanasie de Vincent Lambert par déshydratation et dénutrition. Le CHU peut en effet reprendre la procédure collégiale ainsi que le lui a ordonné la cour administrative d’appel de Nancy. Le comité de soutien de Vincent annonce :

Maitre Jérôme Triomphe et Maitre Jean Paillot, avocats des parents de Vincent Lambert, annoncent qu'ils vont déposer un pourvoi devant la Cour de cassation.

VL

Hélas donc, le temps des procédures n’est pas terminé. Il suffirait pourtant d’une seule décision de bon sens pour que Vincent soit transféré et que cet acharnement incompréhensible cesse enfin. Aujourd’hui en France, protéger la vie d’une personne en situation de grand handicap est devenu très compliqué, quand il existe une volonté d’une partie de l’entourage de mettre à mort.

Le temps que les procédures de terminent, nous pouvons cependant développer un projet pour Vincent. 

Il y a deux semaines, le Comité de soutien a proposé de participer au financement d’un fauteuil adapté pour lui. Grâce à votre générosité, la somme a été réunie en quelques heures. Nous avons informé la directrice du CHU, Mme de Wilde, que nous étions en mesure d’acheter le fauteuil et d’offrir à Vincent les services d’un kinésithérapeute. Sans réponse de sa part, nous envisageons de manifester publiquement notre volonté.

Dès maintenant, informez vos proches qu’une action se prépare : faites leur signer l’Appel Sauver Vincent, tout simplement, plus que jamais d’actualité, et pour rester informés, il faut suivre le Comité de soutien sur Twitter et Facebook. Vincent et ses parents ont besoin de nous tous. 

Posté le 8 juillet 2016 à 16h41 par Michel Janva | Lien permanent

L'épouse de Vincent Lambert récupère sa tutelle

Alliance VITA s’inquiète de la confirmation par la Cour d’appel de Reims de la désignation de l’épouse de Vincent Lambert comme sa tutrice:

"Contrairement à la recommandation de l’avocate générale Brigitte Montambault, la Cour d’appel de Reims n’a pas rééquilibré la tutelle de Vincent Lambert pour tenir compte des avis profondément divergents entre d’une part son épouse et une partie de sa famille, et d’autre part ses parents et une autre partie de la famille.

Il faut rappeler que l’un des enjeux majeurs de cette décision n’est pas seulement la question de la poursuite ou non des soins d’alimentation et d’hydratation, qui permettent à Vincent Lambert de poursuivre sa vie malgré sa lourde dépendance et son incapacité à s’exprimer de façon claire, c’est désormais la question de son lieu d’hébergement. Il est en effet demandé, par les parents de Vincent, son accueil dans un établissement dédié aux personnes «  pauci-relationnelles et neurovégétatives ». Cela permettrait à Vincent de bénéficier d’une prise en charge de kinésithérapie, d’ergothérapie et de sorties à l’air libre, dont il est privé depuis des années.

Pour Tugdual Derville, délégué Général d’Alliance VITA et auteur de ‘‘La bataille de l'Euthanasie’’ (Salvador 2012) :

« Il ne s’agissait pas de prétendre ici trancher le différend douloureux qui oppose une épouse à des parents. Il s’agissait de donner à Vincent, grâce à une tutelle indépendante, toutes les chances d’être accueilli, non pas selon le désir des uns ou des autres mais selon ce que réclame son état. Le débat sur la prétendue urgence à le voir mourir a en effet éclipsé le véritable scandale que constituent son confinement et la privation des soins nécessités par sa lourde dépendance. N’oublions pas que le sort de Vincent concerne aussi les milliers de patients qui vivent aujourd’hui en France dans un état comparable, quoique dans des situations familiales toujours uniques. Si, de loin, beaucoup de Français estiment ces états invivables, il faut saluer l’engagement courageux des soignants et des proches qui se dévouent à leurs chevets. Bien plus qu’on ne se l’imagine, prendre soin de ses membres les plus dépendants est l’honneur d’une société et la marque la plus incontestable de son humanité. »

Alliance VITA espère, au-delà de cette décision de justice qui l’inquiète, que sera trouvée pour Vincent la solution dépassionnée, qui serait le vrai service à rendre à Vincent Lambert et à ses proches.

Posté le 8 juillet 2016 à 16h38 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2016

Une maison de retraite condamnée pour avoir refusé de donner la mort

Le Salon beige avait évoqué cette affaire judiciaire hallucinante en mai dernier. La justice belge a tranché en faveur de la culture de mort. On peut être condamné aujourd'hui pour avoir, en conscience, refuser de donner la mort :

"La direction de la maison de repos comparaissait parce qu'elle avait empêché l'euthanasie de Mariette Buntjens, âgée de 74 ans et originaire de Laakdal (Anvers). La maison catholique avait refusé l'accès à un médecin généraliste venu pour mettre fin aux jours de Mme Buntjens, avec son accord. La femme âgée, qui souffrait d'un cancer du poumon avancé, avait été ramenée chez elle en ambulance. Finalement, elle avait pu être euthanasiée chez elle.

Les juges ont suivi la demande des trois enfants de la femme. Ils reçoivent un dédommagement de 3.000 euros pour leur mère décédée et 1.000 euros par enfant.

La maison de repos n'avait pas le droit, selon le tribunal, de s'interposer dans l'accord conclu entre la patiente et le médecin. La direction n'a pas pu démontrer que Mme Buntjens n'avait pas respecté les conditions légales et elle ne pouvait pas la transférer dans une autre institution."

Posté le 30 juin 2016 à 11h26 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

28 juin 2016

Un peu d’air pour Vincent Lambert : offrons-lui un fauteuil adapté

Du Comité de soutien à Vincent Lambert :

"Depuis l’emballement médiatico-judiciaire de 2013, Vincent Lambert est toujours emmuré dans sa chambre de l’Hôpital de Reims. Enfermé à clef, et avec des visites rigoureusement filtrées, il n’a pour horizon que le plafond de sa chambre, alors que, rappelons-le, il n’est ni en fin de vie, ni branché à des machines qui le maintiendraient artificiellement en vie.

Peut-on laisser Vincent passer un quatrième été dans cette situation ? C’est intolérable. Pendant la chaleur étouffante de l'été, il a besoin de sortir !

Vous êtres nombreux à nous demander comment aider Vincent Lambert.

Nous vous proposons une action concrète et immédiate.

Offrons à Vincent un fauteuil spécialisé avec une coque moulée à ses mesures. Ce fauteuil permettra de sortir Vincent dans le parc de l’hôpital, de le promener et de lui faire enfin respirer de l’air frais. Cela était possible avant l'emballement de 2013. D'autant que la mise au fauteuil chaque jour est une exigence de la circulaire du 3 mai 2002 qui traite des soins dus aux patients comme Vincent.

Pour lui offrir ce fauteuil, nous devons rassembler 5 000 euros.

Au nom de la famille, des proches et de tous les amis du Comité de soutien, je me permets de solliciter votre aide via une page de collecte sur le site du pot commun.

Posté le 28 juin 2016 à 08h58 par Michel Janva | Lien permanent

24 juin 2016

L’ADMD part en tournée pour expédier les vieux vers des vacances éternelles

Un très bon papier de Virginie Vota pour Boulevard Voltaire pointe du doigt la tournée estivale morbide et mortifère de l'ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) :

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"Le lobby de l’euthanasie, l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité) va promouvoir son action grâce à un joyeux tour de France en camping-car, du 3 au 30 juillet. 25 militants de 18 à 36 ans sillonneront les routes pour prêcher la bonne parole dans 23 villes. Une ambiance décontractée pour « parler de la fin de vie sans tabou ». Un joyeux convoi, surnommé « bus de la liberté », avec une affiche aux couleurs de l’été, parasols et paire de tongs, pour symboliser, peut-être, les vacances éternelles auxquelles les jeunes invitent les personnes âgées.

Il paraît que « la liberté de choisir sa fin de vie doit être un droit ». Faute de choisir sa naissance – les parents s’en chargent, les options se multiplient, c’est rentable -, les individus choisiront leur mort. Comme l’écrivait à juste titre, avec ironie, Jean de Viguerie, l’histoire de la République des Lumières nous montre qu’« un bon citoyen est un citoyen mort ».

Et ce n’est pas Jacques Attali qui nous contredira ! En 1981, la plume de l’écrivain traçait déjà cette sentence pleine de… pragmatisme : « Dès qu’il dépasse 60-65 ans, l’homme vit plus longtemps qu’il ne produit et il coûte cher à la société. La vieillesse est actuellement un marché, mais il n’est pas solvable. Je suis pour ma part, en tant que socialiste, contre l’allongement de la vie. L’euthanasie sera un des instruments essentiels de nos sociétés futures. »" [...]

[Lire la suite sur Boulevard Voltaire]

Posté le 24 juin 2016 à 07h55 par Marie Bethanie | Lien permanent

L'Ordre rejette la demande de révision de la radiation de l'ex-docteur Bonnemaison

Unknown-13La Chambre disciplinaire nationale de l'Ordre des médecins rejette la demande de révision de la radiation du Dr Nicolas Bonnemaison.

L'ex-urgentiste, traduit devant la justice à Pau puis à Angers pour l'assassinat de sept patients entre 2010 et 2011, avait été condamné en appel en octobre 2015 à seulement deux ans de prison avec sursis pour un seul des 7 cas d'empoisonnement. Renonçant à un pourvoi en cassation, il avait néanmoins demandé une révision de sa radiation énoncée le 15 avril 2014 par la Chambre nationale et entrée en application le 1er juillet 2014. Le Conseil d'État avait rejeté un pourvoi le 30 décembre 2014.

« S’il a déclaré à l’audience de la Chambre disciplinaire nationale avoir accompli ce geste par humanité pour éviter aux proches de l'intéressée le spectacle éprouvant d’une personne en proie à de violentes difficultés respiratoires, une telle circonstance qui n'est nullement établie en l'espèce ne serait, en tout état de cause, pas de nature à justifier le geste létal accompli ».

« Dans deux cas au moins le Dr Bonnemaison a délibérément et de sa propre et seule initiative provoqué la mort de patients ; quels que soient les motifs d'humanité qu'il invoque pour justifier ces actes, la sanction de la radiation du tableau de l'Ordre (...) n'apparaît pas d'une sévérité excessive ».

Posté le 24 juin 2016 à 07h13 par Michel Janva | Lien permanent

23 juin 2016

Euthanasie : « Le meurtre a été légalisé au Canada »

C’est en termes clairs que l’épiscopat canadien a commenté l’adoption par le Parlement puis par le Sénat canadien d’un texte de loi autorisant l’aide médicale à mourir. Après plusieurs semaines de débat politiques, le Canada a en effet rejoint lundi le club des pays favorables à une mort aidée par les médecins. Et l’archevêque de Toronto déclare craindre des abus, des dérapages, et des risques d’élargissement de la loi comme cela s’est produit dans d’autres pays ayant légalisé l’euthanasie.

Le cardinal Thomas Collins invite la société canadienne à s’interroger sur la différence fondamentale qui existe entre mourir et être tué ainsi que sur l’importance de l’interdépendance. La dignité d’une personne ne peut être réduite à son autonomie, à sa capacité à fonctionner selon des standards de prestation. L’archevêque de Toronto plaide une fois encore en faveur du développement des soins palliatifs auxquels n’ont accès à l’heure actuelle que 30% des malades canadiens. Il souhaite que les professionnels de santé pourront suivre leur conscience et refuser ce service.

Mgr Noël Simard, responsable de ce dossier pour la Conférence des évêques catholiques du Canada pense que le droit à l’euthanasie va devenir un devoir et que cela va mettre beaucoup de pressions sur les personnes âgées et les plus vulnérables. Il redoute aussi une baisse de subventions consacrées aux soins palliatifs. Il faut éliminer la souffrance, mais pas la personne qui souffre.

Posté le 23 juin 2016 à 09h40 par Michel Janva | Lien permanent

22 juin 2016

Veulent-ils les organes de Vincent Lambert ?

A l'occasion de la Journée nationale de réflexion sur le don d'organes, Le Parisien revient sur une pratique autorisée depuis 2014.

Depuis 1976, tous les Français sont par défaut donneurs potentiels, à moins de s'y être clairement opposé pendant leur vie. Mais depuis 2014, les médecins peuvent prélever un organe sur un patient décédé suite à un arrêt des soins thérapeutiques. Un premier cas vient à peine d'être réalisé à l'hôpital Bicêtre (Val-de-Marne). La semaine dernière, l’AP-HP a annoncé avoir réussi en mai dernier une première en France : la greffe de poumons prélevés sur une personne en fin de vie pour qui il a été décidé d'arrêter l'acharnement thérapeutique. Malgré le principe de consentement par défaut, l'hôpital précise avoir obtenu l'autorisation de don par la famille. Après le décès du patient, une circulation extra-corporelle - circulation artificielle du sang grâce à une pompe - a été mise en place pour maintenir les organes oxygénés jusqu'à ce qu'ils soient prélevés. Le foie, les reins et du tissu ont également été greffés.

Et Le Parisien souligne :

"Jusqu'en 2014, seuls les organes des patients de type Maastricht I, II et IV pouvaient faire l'objet d'un don, c'est à dire morts d'un arrêt cardiaque avec une arrivée rapide de secours qualifiés, en présence de secours qualifiés ou en cas d'arrêt irréversible après une mort encéphalique. Les Maastricht III, c'est à dire les patients que l'on maintient en vie, comme le tétraplégique en état végétatif Vincent Lambert, étaient jusqu'alors exclus du protocole de don. Des questions d'ordre éthique freinaient en effet cet élargissement. Certains professionnels et associations craignent que l'on pousse dans le sens d'un arrêt des soins rapide pour augmenter les dons d'organes et la qualité de ces derniers (moins on attend, moins les traitements palliatifs abîment les organes). Un protocole a donc été mis en place."

Vincent Lambert est en état pauci-relationnel. Mais bon, quelques bons organes valent bien quelques petits mensonges ?

Posté le 22 juin 2016 à 20h38 par Michel Janva | Lien permanent

A l'ADMD, les jeunes sont pressés de se débarrasser des vieux

Le lobby de l'euthanasie organise "l'ADMD Tour", une tournée nationale avec des jeunes de 18 à 36 ans qui partent sur les routes de France pendant 4 semaines en camping-car pour parler de fin de vie...

Et ce n'est pas une blague : de Paris à Strasbourg en passant par Aix-en-Provence ou bien Guéret, ce sont 23 villes qui verront ces 25 jeunes venir parler de la mort des vieux, du 3 au 30 juillet.  

Posté le 22 juin 2016 à 11h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (22)

21 juin 2016

Augmentation du nombre de victimes d'euthanasies dans l'UE

Jacques Bompard attire l'attention du ministre des affaires sociales et de la santé sur l'augmentation du nombre de victimes d'euthanasies dans certains pays de l'Union européenne :

"Le 12 mai 2016, était dévoilé le rapport de la fondation allemande dirigée par Eugen Brysh, qui dénonce l'augmentation de suicides assistés dans les pays du Benelux. Ces pays, où la pratique est désormais légale, ont vu leur nombre d'euthanasiés exploser ces dix dernières années. Entre 2006 et 2015, il a augmenté de 300 % aux Pays-Bas, tandis qu'il a quintuplé en Belgique. Respectivement 5 277 et 2 021 personnes sont venues trouver la mort dans ces pays, quand pour l'instant, une quinzaine de personne ont été euthanasiées au Luxembourg entre 2013 et 2014. Le Luxembourg, où la législation est moins laxiste, autorise l'euthanasie seulement en cas de situation médicale « sans issue ». La législation établirait donc une nouvelle norme, en banalisant une pratique immorale et dangereuse.

En 2015, une jeune femme de 20 ans a été euthanasiée aux Pays-Bas. Cette jeune femme qui présentait des problèmes physiques et mentaux lourds, à la suite d'abus sexuels répétés pendant son enfance, n'était pourtant pas en fin de vie. Un message dangereux envoyé à toutes les personnes victimes d'agressions sexuelles : la mort serait une solution possible, légale et médicalement assistée. Plus récemment, un homosexuel belge a demandé l'euthanasie du fait de son orientation sexuelle insupportable à ses yeux. Sa requête a été acceptée après examen. Et la liste est longue...

« Tourisme de la mort » : en l'absence de directives européennes, les citoyens des pays de l'Union peuvent faire la demande d'une « mise à mort » à l'étranger, si la législation de leur pays ne le permet pas. Un moyen de contourner la loi d'un pays qui a justement considéré les risques précédemment évoqués. Ce biais renforce la normalisation d'une pratique largement remise en cause qui n'est pourtant légale que dans trois pays de l'Union. La France de son côté, adopte une politique floue, faite de compromis qui ne satisfait personne. Légalement, l'euthanasie est illégale. Pourtant la loi Leonetti, votée en 2005, a instauré un droit au « laisser mourir » qui permet l'administration de médicaments limitant la douleur et dont les effets secondaires peuvent abréger la vie. Ce positionnement incertain conduit à des décisions de justice dangereuses, qui participent à un basculement de la norme. En témoigne l'affaire Bonnemaison, où un médecin, inquiété par la justice dès 2011 pour une dizaine d'empoisonnements sur des patients en fin de vie, a été condamné à une peine de deux ans avec sursis, pour un seul chef d'accusation. Ainsi, il lui demande si de réelles mesures vont être prises pour endiguer l'augmentation d'euthanasie à l'échelle nationale, les patients détournant la loi par le biais du Benelux."

 

Posté le 21 juin 2016 à 12h16 par Michel Janva | Lien permanent

19 juin 2016

Affaire Lambert : la Cour administrative d’appel n’a tenu absolument aucun compte des pièces médicales

Jeudi 16 juin, la Cour administrative d’appel de Nancy ordonnait au CHU de Reims de reprendre la procédure de consultation collégiale entamée au sujet de Vincent Lambert, afin de déterminer s’il faut oui ou non arrêter les soins. Maître Jérôme Triomphe, avocat des parents de Vincent Lambert, déclare à Anne Isabeth dans Présent :

Unknown-7"Cette décision est scandaleuse à tous les points de vue. Tout d’abord parce que la Cour administrative d’appel n’a tenu absolument aucun compte des pièces médicales que nous lui avons communiquées. Ces pièces contiennent des attestations de médecins spécialisés soignant des patients comme Vincent Lambert, qui, après avoir vu des vidéos de Vincent, ont pu constater que son état avait favorablement évolué depuis les conclusions publiques de l’expertise du Conseil d’Etat, et qu’il pouvait être rééduqué à manger par la bouche. La Cour administrative d’appel s’est pourtant contentée des affirmations du docteur Daniela Simon, qui est acharnée depuis trois ans à vouloir arrêter d’alimenter Vincent, et qui a prétendu que son état n’avait pas évolué, tout en refusant de voir la vidéo que nous avions tournée le montrant en train de manger par la bouche ! La Cour n’a donc tenu aucun compte des éléments que nous avions déposés. Ensuite, la Cour a évoqué de façon très théorique le devoir d’indépendance du médecin. Mais elle n’a pas dit un mot de l’attitude du docteur Simon qui est conflit d’intérêts spectaculaire au profit de Rachel Lambert qu’elle a accompagnée à la Cour européenne des droits de l’homme en tant que conseiller officiel ! Enfin – et c’est l’aspect le plus ahurissant et scandaleux de cet arrêt – la Cour a refusé de tenir compte de la procédure de tutelle en cours dont l’objet est l’exercice, par le juge des tutelles, du principe fondamental du libre choix de l’établissement de santé. Cette décision doit être rendue le 8 juillet. Ce faisant, la Cour administrative d’appel valide la prise d’otage de Vincent au CHU de Reims en ordonnant la reprise de la procédure collégiale alors que le juge des tutelles doit décider de l’endroit où justement il va être pris en charge.

[...] Nous allons en cassation et demander un sursis à exécution. Nous entamons parallèlement d’autres actions judiciaires sur lesquelles je reste pour l’instant discret. Si le docteur Simon prétend reprendre la procédure collégiale alors que le 8 juillet, la Cour d’appel rend son arrêt sur la tutelle, nous engagerons une procédure personnelle contre elle. [...]"

Posté le 19 juin 2016 à 19h35 par Michel Janva | Lien permanent

17 juin 2016

Vincent Lambert à nouveau menacé alors qu’un rapport accable le gouvernement

Le communiqué de Jacques Bompard pour la Ligue du Sud sur l'affaire Vincent Lambert :

"Le Congrès de la société française des soins palliatifs s’ouvre aujourd’hui. L’occasion pour l’Etat de présenter ses excuses pour ses dizaines de mensonges au cours des lois santé, vieillissement ou Leonetti-Clayes ? Certes, non. Nos gouvernants qui désignent décidément toute faiblesse comme synonyme de déchet, ont décidé d’attenter une nouvelle fois à la vie de Vincent Lambert.

Encore une fois, la fondation Jérôme Lejeune adopte une position courageuse qu’il faut citer : « La Cour administrative d’appel de Nancy vient d’ordonner la reprise de la procédure qui va faire mourir Vincent Lambert, en situation de grand handicap, par privation d’eau et d’alimentation.

La Fondation Jérôme Lejeune dénonce le fondement de cette décision : une culture du déchet qui veut éliminer les êtres humains quand ils ne sont plus jugés utiles ou dont la vie est décrétée indigne d’être vécue »

Qu’ils sachent tout le soutien de notre mouvement et de ses élus.

Je veux aussi acter le fait que la Gauche, comme toujours, a su s’allier une certaine droite sur des mensonges largement anticipables. Quelques-uns ont fait la promotion de directives anticipées et des sédations profondes en prétendant à une posture raisonnable : les soins palliatifs allaient être soutenus. Aujourd’hui l’on sait que moins de 20 % des patients qui en ont besoin reçoivent ce service nécessaire à la préservation de leur dignité. Une très grande majorité des intervenants affirme que les formations appropriées ne sont pas fournies !

Alors que Marisol Touraine a encore fait preuve d’une arrogance totale dans la discussion du texte « Avenir de la Santé » ce matin, l’on attend de savoir quelle place elle accordera vraiment aux soins palliatifs dans les 2 milliards d’euros qu’elle promet pour l’hôpital public !"

Posté le 17 juin 2016 à 14h16 par Marie Bethanie | Lien permanent

16 juin 2016

Culture du déchet : la mise à mort de Vincent Lambert est de nouveau enclenchée

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COMMUNIQUE DE PRESSE.
Paris, le 16 juin 2016.

La Cour administrative d’appel de Nancy vient d’ordonner la reprise de la procédure qui va faire mourir Vincent Lambert, en situation de grand handicap, par privation d’eau et d’alimentation.

La Fondation Jérôme Lejeune dénonce le fondement de cette décision : une culture du déchet qui veut éliminer les êtres humains quand ils ne sont plus jugés utiles ou dont la vie est décrétée indigne d’être vécue.

Depuis 2005 (1ère loi Leonetti) la Fondation Jérôme Lejeune ne cesse de rappeler la réalité de la nutrition et de l’hydratation : celle d’un soin fondamental qui est dû à tout être humain, quel que soit son état de santé ou son niveau de handicap, et qui dès lors ne peut être interrompu, sous prétexte d’un acharnement thérapeutique. Elle refuse l’amalgame entretenu entre handicap et fin de vie.

Pour Jean-Marie le Méné, Président de la Fondation Jérôme Lejeune, « cette décision renforce la détermination de la Fondation Jérôme Lejeune de protéger la dignité et l’humanité des personnes handicapées ou malades. Elle poursuit son action au service de Vincent Lambert et de l’ensemble des familles, des accompagnants et soignants qui entourent et soignent les 1 700 autres personnes en situation de conscience minimale en France ».

Contact presse :

Olivier Ruisseau

oruisseau@fondationlejeune.org

Posté le 16 juin 2016 à 17h34 par Marie Bethanie | Lien permanent

Vincent Lambert : le CHU de Reims fera-t-il preuve d'humanité ?

Communiqué du Comité de soutien de Vincent Lambert. Pour signer l’Appel "Sauver Vincent, tout simplement" c'est ici.

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"Nous avions l’impression ces derniers mois que le climat s’était apaisé autour du lit de Vincent et qu’une « porte de sortie » allait s'ouvrir permettant son transfert de l’Hôpital de Reims vers un établissement spécialisé.

La décision de la Cour Administrative d’Appel de Nancy sonne aujourd’hui comme un anéantissement de tous ces efforts. Alors que la désignation d’un tuteur pour Vincent est en cours, exiger par cet arrêt la reprise de la procédure de consultation collégiale est une absurdité. Le juge administratif réouvre les plaies, réactive les tensions et relance les provocations des partisans de l’euthanasie.

Emmanuel Guépin, porte-parole du Comité de soutien à Vincent Lambert déclare avec émotion :

« Faisons le vœux que le CHU de Reims fasse preuve de bon sens et qu’il attende l’intervention prochaine du juge des tutelles pour savoir où Vincent doit être pris en charge.

Cette affaire touche de nombreux citoyens. Nous sommes plus de 62.000 à avoir signé l’appel Sauver Vincent, tout simplement.

Le Comité de soutien prépare une initiative dans les prochains jours ».

 
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Posté le 16 juin 2016 à 16h04 par Marie Bethanie | Lien permanent

Vincent Lambert : la procédure d'arrêt des soins doit reprendre, selon la justice

Lu ici :

Index"Les médecins doivent reprendre la procédure de consultation d'experts pouvant mener à l'arrêt des soins de Vincent Lambert, tétraplégique en état végétatif, a décidé aujourd'hui la cour administrative d'appel de Nancy.[...]

La cour "ordonne au CHU de Reims de donner au praticien" en charge de Vincent Lambert "les moyens de poursuivre le processus de consultation" collégiale des experts, qui doit décider d'un éventuel arrêt de soins. Cette décision "implique seulement que la procédure collégiale soit reprise au sein du CHU de Reims", mais "ne préjuge en rien de l'issue de cette procédure", a toutefois précisé la cour administrative d'appel dans un communiqué.

En juillet dernier, la médecin du CHU de Reims Daniela Simon, avait arrêté la procédure collégiale, arguant que le climat de sérénité nécessaire n'était pas réuni. Pourtant, il n'y aura "jamais de sérénité" autour du sort de Vincent Lambert, avait estimé fin mai, le rapporteur public de la cour d'appel. La cour a d'ailleurs estimé jeudi que la suspension de cette procédure, "pour une durée indéterminée", était "illégale". [...]

Posté le 16 juin 2016 à 10h13 par Marie Bethanie | Lien permanent

2 juillet : conférence de Jean-Claude Martinez à Briant (71)

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Posté le 16 juin 2016 à 09h05 par Michel Janva | Lien permanent

09 juin 2016

Tutelle : Vincent Lambert va-t-il enfin pouvoir bouger ?

Du Comité de soutien à Vincent Lambert :

"Bonne nouvelle pour Vincent Lambert : comme les avocats de Viviane Lambert, l’avocat général vient de remettre en cause la désignation de sa femme comme tutelle et demande une tutelle extérieure. Enfin une solution d’apaisement est envisageable ! Décision attendue le 8 juillet.

Cette douloureuse affaire aurait dû trouver un début de solution en mars avec le jugement désignant la tutelle. Il n’en a pas été ainsi. En première instance, le juge des tutelles de Reims a désigné comme tutrice de Vincent Lambert, Rachel Lambert, sa femme, et l’UDAF (l’Union Départementale des Affaires Familiales) comme subrogé tuteur.

Aujourd’hui (9 juin 2016), les avocats de Viviane et Pierre Lambert ont plaidé en appel contre la décision du juge des tutelles de Reims d’attribuer la tutelle à la femme de Vincent, qui est hostile à son transfert dans un établissement spécialisé et donc à sa rééducation et à sa possibilité de mener enfin une vie digne.

Le comité de soutien de Vincent Lambert, avec ses parents et ses proches, réclame depuis de nombreux mois son transfert vers un établissement adapté à son état. Il a le droit à une vie digne, et ce n’est malheureusement pas au CHU de Reims que son état va pouvoir évoluer."

Posté le 9 juin 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

27 mai 2016

Vincent Lambert : le rapporteur public demande l'arrêt des soins

Le rapporteur public de la cour administrative d'appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a prôné hier la reprise de la procédure de consultation d'experts pouvant mener à l'arrêt des soins de Vincent Lambert. Le Cour rendra sa décision le 16 juin.

Me Jérôme Triomphe explique au micro de Boulevard Voltaire :

Posté le 27 mai 2016 à 07h35 par Michel Janva | Lien permanent

26 mai 2016

Le combat pour la vie de Vincent Lambert est relancé

Message du Comité de soutien de Vincent Lambert :

Le combat pour la vie de Vincent Lambert est relancé. Deux nouvelles étapes s’annoncent dans la bataille judiciaire qui oppose les tenants du respect de la vie de Vincent aux personnes qui militent pour un arrêt de son alimentation et de son hydratation. 

1. L'acharnement judiciaire pour l'arrêt des soins 

Ce jeudi 26 mai, a lieu une audience en appel à Nancy sur demande du neveu de Vincent Lambert. Ce dernier veut annuler la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui, le 9 octobre 2015, avait rejeté sa requête visant à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent.

Selon les informations de la presse, le rapporteur public devrait rejeter sa demande d’arrêt de soins, mais aussi proposer lors de cette audience d’enjoindre au médecin de reprendre la procédure collégiale pour l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation.

Pour les avocats des parents de Vincent, ce n'est là qu'un avis qui se heurte à la procédure actuellement ouverte devant la cour d’appel de Reims (voir infra), qui occulte la partialité du médecin en question et qui est contestable au plan juridique (un juge peut-il enjoindre à un médecin de réaliser une procédure à caractère médical ?).

2. Contestation de la décision d'attribution de la tutelle 

Le 10 mars, le juge des tutelles de Reims a désigné comme tutrice de Vincent Lambert, Rachel Lambert, sa femme, et l’UDAF (l’Union Départementale des Affaires Familiales) comme subrogé tuteur. Nous avons expliqué pourquoi cette décision est incompréhensible.

Maitre Jean Paillot et Maitre Jérôme Triomphe, avocats de madame Vivianne Lambert, vont plaider en appel contre cette décision le 9 juin prochain pour que l’UDAF soit nommée tuteur, et que le transfert de Vincent dans un nouvel établissement se réalise enfin.

Rappelons que pour nous l'enjeu est simple : avec les parents, nous demandons le transfert de Vincent dans un autre hôpital afin qu'il puisse bénéficier de la rééducation dont il a besoin et retrouver enfin une vie digne.

Signez l'appel en faveur de Vincent Lambert.

Posté le 26 mai 2016 à 11h55 par Michel Janva | Lien permanent

25 mai 2016

Le pape encourage une science qui se fait service et non sélection

Le Pape a écrit ce mercredi 25 mai un message signé par le cardinal Secrétaire d’État et adressé aux participants d’une conférence intitulée «Protéger la vie : l’hospice périnatal, une réponse scientifique, éthique et humaine au diagnostic prénatal», organisée à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde par un des plus importants hôpitaux de Rome, le Policlinico Gemelli auquel est lié l’Université catholique du Sacré-Cœur qui dispose notamment de facultés de Médecine et de Chirurgie.

Dans ce message, le Saint-Père espère que «de nouveaux objectifs seront fixés», en faveur du service à la personne et du progrès de la science médicale,

«en se référant constamment aux valeurs pérennes humaines et chrétiennes, en cherchant de répondre au mieux à la pauvreté qu’est la situation de l’enfant vivant une pathologie grave, avec le maximum d’amour, en diffusant un concept de sciences qui se fait ‘service’ et non ‘sélection’».

Le Pape invite

«à un effort quotidien pour mettre en œuvre le projet de Dieu pour la vie, en la protégeant avec courage et amour, avec un style de proximité, en prenant de la distance vis-à-vis de la culture du rejet qui ne propose que des itinéraires de mort, pensant éliminer la souffrance en éliminant ceux qui souffrent».

Posté le 25 mai 2016 à 16h24 par Michel Janva | Lien permanent

Avec la loi Léonetti, un neveu pourrait obtenir l'euthanasie de son oncle (MàJ)

Gk6fP_9d_400x400Il va falloir reprendre d'urgence les prières pour Vincent Lambert (le Comité de soutien à Vincent Lambert est réactivé pour les échéances à venir). Lu dans le Figaro :

"Selon nos informations, la justice administrative veut faire injonction au CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert depuis 2008, d'entamer une nouvelle «procédure collégiale» pour l'arrêt de son alimentation. C'est en tout cas l'avis qui sera défendu jeudi par le rapporteur public lors de ses conclusions à l'audience devant la cour administrative d'appel de Nancy, chargée de statuer sur cette affaire aux innombrables développements.

Saisis par le neveu de ce patient en «état de conscience minimale» après un accident de la route, François Lambert - qui demande depuis toujours l'arrêt des traitements -, les juges de Nancy doivent, jeudi, annuler ou confirmer une décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui, en 2015, avait rejeté une nouvelle demande d'arrêt des soins. Le rapporteur public estime que ce jugement «doit être annulé» et compte demander «que soit faite injonction» au Dr Daniela Simon , médecin du CHU de Reims en charge de Vincent Lambert, de reprendre la «procédure collégiale», soit la troisième fois en trois ans. Le Dr Simon avait suspendu cette «procédure de fin de vie» en juillet dernier, estimant alors que «les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure, tant pour Vincent Lambert que pour l'équipe soignante, ne sont pas réunies», avait-elle dit.

La tutelle confiée en mars dernier à son épouse Rachel Lambert

Ces conclusions du rapporteur de Nancy, qui devraient être suivies par la cour, viennent s'entrechoquer avec une autre décision de justice, attendue le 9 juin prochain. En effet, la cour d'appel de Reims se réunira pour statuer sur la tutelle de Vincent Lambert, confiée en mars dernier à son épouse Rachel Lambert -qui plaide pour l'arrêt des soins - mais qui est contestée par les parents du jeune homme qui, eux, veulent maintenir leur fils en vie. Ils avaient fait appel de cette décision le jour même où elle a été prise par le juge des tutelles.

Pour les parents, la volonté du rapporteur public de reprendre la «procédure collégiale» les «fait tomber des nues». «D'un côté, la cour de Reims va statuer sur la tutelle dont l'objet et l'enjeu est le transfert de Vincent dans un autre hôpital (ce que les parents demandent depuis deux ans, NDLR) et d'un autre côté un rapporteur public d'une autre cour d'appel et d'une autre juridiction demande de reprendre le processus de fin de vie, ça n'a pas de sens!, s'indignent Me Jérôme Triomphe et Me Jean Paillot, leurs avocats. Cela ajoute à l'incompréhension, au trouble et à la violence de cette affaire»."

Conclusion par Jean-Marie Le Méné :

 

Posté le 25 mai 2016 à 09h26 par Marie Bethanie | Lien permanent

La mort n’est pas un problème médical à résoudre

Lu sur Belgicatho :

"« Nous, médecins, ne pouvons prescrire une ‘bonne mort’ » titre une publication de Seamus O'Mahony, médecin consultant à l'hôpital universitaire de Cork en Irlande.

Ecœuré par la publication, chaque mois, d’un nouveau rapport « bien intentionné sur les morts et les soins de fin de vie » et marqué par la « laïcité et l’individualisme », il prend la parole et dresse un constat alarmant. Il dénonce le nombre croissant d’organismes gouvernementaux qui se disputent la « propriété de la mort » et qui ont éludé le vrai débat : le suicide assisté et les directives anticipées sont à la fois le symptôme d'un malaise plus profond (l'obsession de l'autonomie personnelle et de contrôle) et une distraction, car les « vrais problèmes sont ailleurs ». Aucun règlement ou rapport ne régénérera la compassion, qui fait aujourd’hui cruellement défaut dans la prise en charge des patients.

La mort est désormais médicalisée : en Grande Bretagne ou en Irlande, la moitié des personnes meurent à l’hôpital. La société a remis la responsabilité des soins de fin de vie et repoussé les« aspects insurmontables » de la fin de vie sur les hôpitaux, qui ne peuvent répondre aux besoins des mourants. En outre, certains patients et leurs familles ont des attentes irréalistes envers la médecine, et leur frustration peut les inciter à prendre des mesures juridiques. La « judiciarisation »de la mort est alors aussi préoccupante que sa « médicalisation ». Les médecins et les infirmières sont devenus les boucs émissaires de notre mauvaise compréhension de la façon dont nous mourrons.

Il y a une « perception », écrit ce médecin, et même « un consensus » établissant que la mort est un problème que la médecine devrait en résoudre, qu'une «bonne mort» est quelque chose que les médecins devraient être en mesure de prescrire, comme on pourrait prescrire une cure d'antibiotiques. Mais « nos besoins sont spirituels, et non médicaux». Nous serions « plus heureux si nous arrêtions de penser nos corps comme des machines, et si nous abandonnions nos fantasmes de contrôle et d’immortalité »."

Posté le 25 mai 2016 à 00h32 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 mai 2016

Un refus d'euthanasie au sein d'une maison de repos catholique jugé en Belgique

Lu ici :

"La direction d'une maison de repos catholique située à Diest (Brabant flamand) devra comparaître mercredi devant le tribunal civil de Louvain pour avoir refusé l'accès à un médecin venu pratiquer une euthanasie. C'est la première fois en Belgique que la justice se penche sur un tel cas. Il met en lumière le manque de clarté de la loi.

Mariette Buntjens, une femme de 74 ans en phase terminale d'un cancer métastasique à la maison de repos Sint-Augustinus, avait formulé sa demande d'euthanasie en 2011 et celle-ci était en ordre après une procédure longue de six mois. La maison de soins avait cependant refusé d'accueillir le médecin qui devait pratiquer l'acte dans ses murs. La patiente a dès lors dû être transportée à domicile afin de voir sa volonté exécutée. La famille a depuis lors attaqué l'établissement car sa décision a eu pour conséquence d'encore aggraver les souffrances physiques et psychiques de la patiente.

D'après la loi de 2002 relative à l'euthanasie, "aucun médecin" ni "aucune autre personne" ne sont tenus de pratiquer ou de participer à une euthanasie. Mais la question de savoir si une institution peut refuser une euthanasie n'est pas clairement envisagée. Le verdict du tribunal civil de Louvain devrait donc faire jurisprudence."

Posté le 18 mai 2016 à 09h44 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

07 mai 2016

Promotion de l'euthanasie sur RCF : la radio reconnaît son erreur

Dans un communiqué dont voici un extrait (voir le post du 4 mai) :

"[...] Cette émission a été produite et diffusée sur RCF Tours, par un producteur bénévole dans le cadre d'une émission culturelle hebdomadaire. Il ne s’agit donc pas du tout d’une émission diffusée par l’ensemble du réseau des 63 radios locales comme le laissait supposer la pétition.

La direction de RCF Tours a reconnu l’erreur de traitement éditorial d’un sujet aussi sensible. Le principe d'une telle invitation n'est pas à remettre en cause, car RCF favorise la liberté d’expression. Toutefois, il était indispensable en l’occurrence de le faire dans le cadre d'un débat contradictoire, ou au minimum, en ayant le souci d’apporter une contradiction à la position de M. Romero, en s'appuyant sur la position très claire de l'Église catholique sur le sujet. Il apparaît que cela n'a pas été fait dans cette émission et que cela pouvait laisser croire que la radio locale approuvait, voire même, soutenait cette position. RCF Tours présente ses excuses et travaille à la programmation d’une nouvelle émission pour repréciser les choses. [...]"

Posté le 7 mai 2016 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent


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