05 février 2016

Vers une restriction de l'euthanasie en Belgique ?

C'est le souhait de parlementaires, suite à plusieurs polémiques. Extrait de l'article de Pierre Jova dans Le Figaro :

"Un reportage diffusé mardi par la VRT, la télévision et radio publique flamande, a rouvert la polémique. Il relatait le cas de Tine Nys, jeune femme de 38 ans ayant demandé une euthanasie en 2010, pour souffrances psychiques liées à une séparation. Ses soeurs estiment aujourd'hui que les médecins ont procédé trop rapidement à l'euthanasie, sans lui proposer de traitements. A l'occasion de cette affaire, l'ancien ministre des Finances et chef du groupe chrétien-démocrate flamand (CD&V) au Sénat belge, Steven Vanackere, plaide pour une évaluation de l'euthanasie: «Il y a beaucoup de manquements dans la loi», a-t-il déclaré à la VRT mercredi.

Dépénalisée en Belgique en 2002, l'euthanasie est ouverte aux adultes faisant état «d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable qui ne peut être apaisée». En février 2014, elle a été étendue aux mineurs. Selon la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'euthanasie, citée par le site d'informations belge 7sur7, plus de 2000 déclarations ont été enregistrées en Belgique en 2015.

La «souffrance psychique» et la Commission de contrôle en débat

Interrogé par Le Figaro, Steven Vanackere affirme qu'il défend une révision, et non une abrogation. «Nous ne voulons pas supprimer la loi, mais évaluer les dérives», précise-t-il. «La loi est là, il n'y aura pas de majorité pour revenir totalement dessus. Mais elle peut être modifiée sur plusieurs points», complète Yves De Graeve, secrétaire politique du groupe CD&V au Sénat. [...]"

Posté le 5 février 2016 à 12h11 par Michel Janva | Lien permanent

04 février 2016

15 février : événement sur la fin de vie à la mairie du 7e à Paris

INVITATION Fin de vie _ 15 fév 2016

Exposition "parlons la mort" : Du 15 février au 5 mars, hall d’entrée de la Mairie du 7e En 2014, l’association Alliance VITA a proposé à ses bénévoles de conduire une enquête sur la perception de la mort. Partout en France, dans la rue, des volontaires sont allés à la rencontre des passants. Au total, plus de 1000 verbatim et photographies de personnes très diverses ont ainsi été recueillis sur leur expérience de la mort d’un proche. Ils nous parlent de fragilité, de larmes mais aussi de présence à l’autre, de paix, d’amour et de vie. Ils nous disent que parler de la mort aide à mieux vivre et libère. C’est la richesse et la diversité de ces témoignages que cette exposition se propose de partager. Ces images invitent le visiteur à s’arrêter pour réfléchir et à en tirer une leçon pour sa propre vie.

Posté le 4 février 2016 à 17h17 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasiée comme un animal de compagnie qu'on soulage d'une piqûre

Encore un cas controversé d'euthanasie en Belgique : en avril 2010, Tinne Nys avait 38 ans. Après une séparation douloureuse, elle perd goût à la vie et demande alors, et obtient, l'euthanasie pour souffrance psychique irréversible. Deux mois avant sa mort, elle passe de nouveaux tests qui diagnostiquent soudain un autisme, mais la procédure d'euthanasie suit son cours quand même, car les médecins ne proposent aucune forme de traitement...

Aujourd'hui, ses deux soeurs se posent beaucoup de questions, sur la procédure mais aussi sur l'attitude du médecin qui a donné la mort.

"Pour accorder une euthanasie, il faut l'autorisation de trois médecins. C'est Tinne elle-même qui a choisi ces praticiens, qui n'ont échangé aucune information.  

Selon la famille, le médecin qui a pratiqué l'injection était particulièrement nonchalant: "Il a pris l'exemple d'un animal de compagnie aimé qu'on soulage par une piqûre ; en plus, il n'avait pas le matériel nécessaire pour l'injection, le baxter était posé sur le fauteuil, il est tombé sur le visage de Tinne quand elle est morte. Le médecin a demandé à notre père de tenir l'aiguille dans son bras, car il avait oublié les sparadraps. Et quand elle est morte, il a demandé à nos parents s'ils voulaient contrôler l'arrêt du cœur avec le stéthoscope." 

Comment un tel amateurisme est-il possible? Y a-t-il trop de légèreté en matière d'euthanasie? Les sœurs de Tinne se posent aujourd'hui beaucoup de questions. Une procédure civile est enclenchée contre les médecins, qui n'ont pas souhaité participé au reportage de la VRT."

Comme un animal de compagnie qu'on soulage par une piqûre...

Posté le 4 février 2016 à 13h05 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (15)

02 février 2016

Deux ans ferme pour un chat mais du sursis pour avoir assassiné 7 personnes

A l'image de la société française plus prompte à s'émouvoir du sort des animaux que de la banalisation de la culture de mort. C'est ainsi que va la justice française :

"Un homme qui avait transformé un chat en torche vivante avant de le défenestrer d'un 7e étage, au cours d'une soirée de violences envers sa compagne, a été condamné à deux ans de prison ferme (...) Le martyre du chat Griffin, âgé de 6 ans, jeté en feu du 7e étage, avait attiré lundi une foule d'une cinquantaine de personnes au tribunal de Nice, majoritairement des femmes scandalisées par la cruauté du "bourreau". Une dizaine d'organisations de défense des animaux s'étaient portées parties civiles. L'Association justice pour les animaux avait déposé plainte vendredi, suivie par de nombreuses autres organisations locales ou nationales"

Retour en arrière de quelques mois en octobre 2015 :

"Accusé d'avoir mis fin aux jours de 7 patientes, Nicolas Bonnemaison a été condamné aujourd'hui à deux ans de prison avec sursis par la Cour d’assises du Maine-et-Loire. L’ex-urgentiste bayonnais a été reconnu coupable d’avoir délibérément donné la mort à une patiente, Françoise Iramuno, avec la circonstance aggravante de connaître sa particulière vulnérabilité, mais a été acquitté pour les six autres patients pour lesquels il était jugé"

Posté le 2 février 2016 à 08h16 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (30)

01 février 2016

Tutelle de Vincent Lambert : décision du juge le 10 mars

Ce 1er février a eu lieu une audience devant la Chambre des familles du Tribunal de Grande Instance de Reims, durant laquelle la juge des tutelles a entendu les plaidoiries des différents membres de la famille de Vincent Lambert au sujet d’une éventuelle nomination d’un tuteur. Cette procédure a été initiée par le CHU de Reims qui a saisi le 23 juillet 2015 le procureur pour « réclamer des mesures de protection globale et déterminer un référent qui pourrait représenter légalement » le patient.

L’épouse de Vincent Lambert, qui avait pris position pour l’application d’un « protocole de fin de vie »,  a expliqué que son mari « n’a pas besoin de tuteur, je suis son épouse. Si la justice décide qu’il faut un tuteur, je suis évidemment légitime » pour l’être.

L’avocat des parents a déclaré que ceux-ci

« demandent la mise sous tutelle qui serait une première étape pour un transfert vers une autre unité de soins plus adaptée à son état. Vincent a évolué par rapport à l’année dernière et il n’a rien à faire au CHU de Reims qui n’a qu’un projet de mort pour lui. »

Le procureur a requis la désignation d’un tuteur extérieur à la famille, ainsi que la nomination de deux subrogés-tuteurs, dont Rachel Lambert, l’épouse de Vincent. La décision du juge des tutelles sera communiquée le 10 mars.

Posté le 1 février 2016 à 19h06 par Michel Janva | Lien permanent

28 janvier 2016

Cette proposition de loi nous fait entrer de plain pied dans l’élimination de certains handicapés

Alors que le Parlement vient d’adopter la proposition de loi créant de nouveaux droits pour les personnes malades en fin de vie, Maître Paillot, l’avocat des parents de Vincent Lambert pose, pour Gènéthique, un regard critique sur le texte :

"Ce texte [...] ouvre la porte aux euthanasies par omission, dès lors qu’il admet la légitimité d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation artificielles d’une personne handicapée et incapable de donner elle-même son consentement, arrêt dont les conditions d’accès ne sont pas parfaitement précises et sont insuffisamment entourées de garanties. Ainsi en est-il du fait qu’un médecin seul est susceptible de prendre une telle décision, quoi que puisse en penser sa famille ou la personne de confiance pour lesquelles la seule obligation est d’être auditionnées. Dans ce domaine, j’aurais apprécié qu’au minimum, un consensus familial et médical soit acté. Mais la procédure de la loi Leonetti n’a pas été modifiée, alors que le champ d’action de cette loi l’est, lui et qu’il s’adresse non plus seulement aux personnes malades ou en fin de vie, mais aussi aux personnes handicapées.

La deuxième critique que je formule – et que je formule depuis 2005 en réalité – est que le législateur ne prend toujours pas la peine de définir ce qu’est un soin, ce qu’est un traitement, et quelle différence on fait entre ces deux notions. Or ces deux notions coexistent dans le code de la santé publique depuis 2005. Pourquoi l’alimentation artificielle est-elle considérée comme étant un traitement ? Ne faudrait-il pas définir d’abord ce qu’est un traitement, puis ensuite se demander si telle ou telle action constitue un soin ou un traitement ? 

La troisième critique est que le texte proposé de l’article L. 1110-5-1 du Code de la Santé publique est en réalité contradictoire dans ses deux premières phrases : doit-on arrêter un traitement devenu déraisonnable ? Ou peut-on l’arrêter ? La différence est importante, elle avait déjà été pointée par le CCNE, mais personne n’en tient compte. De même cet article retient à nouveau le critère de l’acte « qui n’a d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie », alors même que le CCNE (dans son avis public concernant l’affaire Lambert) a montré à l’envi à quel point ces mots sont vides de sens, de sorte que ce critère, censé borner l’application des arrêts de traitement, ouvre la porte à toutes les interprétations.

La quatrième critique tient au fait que je ne suis pas d’accord avec l’utilisation des sédations profondes et définitives. Tout le monde est d’accord pour admettre la légitimité des sédations provisoires, notamment en cas de douleurs insupportables. Mais il n’existe pas d’unanimité du corps médical et infirmier dans l’application des sédations définitives qui, dans certains cas, sont au surplus des moyens de masquer des douleurs volontairement infligées aux patients (notamment en cas d’arrêt d’alimentation ou d’hydratation). Pourquoi d’ailleurs obliger systématiquement à une sédation définitive les personnes handicapées inconscientes pour lesquelles un arrêt de traitement est décidé si ce n’est pour camoufler une maltraitance ?

Cette proposition de loi nous fait entrer de plein pied dans l’élimination de certains handicapés.

Je ne suis pas à l’aise avec l’idée que les directives anticipées soient contraignantes (article 8). Je note que le texte de la commission paritaire a réduit la contrainte des médecins en la matière. Mais il en résulte un texte lourd et mal rédigé, car il a pour but tout à la fois de justifier les promesses du Président de la République, qui tient absolument à ce que les directives restent contraignantes, et de le rendre malgré tout applicable en offrant un certain nombre de manœuvres de contournement. En réalité, il aurait été beaucoup plus simple de maintenir la situation actuelle, où les directives anticipées constituent pour le médecin une information sur la volonté du patient, qu’il prend en compte avec d’autres données. [...]

La situation de personnes dans la même situation que Vincent pourra être en effet affectée par cette nouvelle loi, qui se borne ici à légaliser les normes juridiques établies par le Conseil d’Etat dans ses deux arrêts concernant Vincent Lambert. Or le Conseil d’Etat, même confirmé par la Cour européenne des droits de l’Homme, a mal agi. La suite de la procédure le démontre : Vincent est toujours vivant, il ne souffre pas, n’a pas de maladie, des personnes le prennent en charge avec une affection extraordinaire. Il convient simplement de le changer d’établissement, car celui dans lequel il se trouve n’est pas adapté à son état, et a même au contraire par son inaction (refus de kinésithérapie et refus de mise au fauteuil), amoindri ses capacités. [...]"

Posté le 28 janvier 2016 à 19h40 par Michel Janva | Lien permanent

Fin de vie : totale vigilance sur l’application de la loi

Communiqué d'Alliance Vita :

"Pour Alliance VITA, la loi sur la fin de vie qui vient d’être votée au Parlement hier nécessite maintenant un suivi vigilant par les parlementaires, les professionnels de santé et les usagers de la santé, pour que soit évitée toute dérive vers des pratiques euthanasiques.

La nouvelle loi marque l’aboutissement d’un processus entamé avec la proposition 21 du candidat François Hollande en faveur d’une « assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité », expression particulièrement floue qui a nourri espoirs et inquiétudes depuis près de quatre ans.

Les débats d’hier, tant à l’Assemblée nationale qu’au Sénat, ont montré une fois de plus que les deux principales mesures - la sédation profonde et continue jusqu’au décès, et les directives anticipées contraignantes - sont comprises différemment selon l’intention profonde de chacun. Ces ambiguïtés risquent d’aboutir à des pratiques médicales contradictoires, soit qui respecteront les patients les plus vulnérables (personnes en fin de vie, lourdement handicapées ou inconscientes), soit qui introduiront des euthanasies ou des suicides assistés déguisés.

C’est la raison de l’opposition réitérée d’Alliance VITA à ces nouvelles dispositions, et de son engagement au sein du collectif Soulager mais pas tuer. L’enjeu des prochains mois est donc clair. Il est essentiel que des décrets d’application de la loi respectent pleinement l’assurance donnée tout au long des débats par les promoteurs de cette loi : à savoir qu’il ne s’agira en aucun cas de contourner l’interdit de tuer, qui doit rester le fondement de la confiance entre soignants et soignés. Alliance VITA, dans le cadre du collectif Soulager mais pas tuer, y veillera très attentivement.

Alliance VITA participera donc activement aux comités de vigilance qui se mettent en place aux plans national et régional pour contrer le risque d’euthanasies masquées. Conjuguées avec une mise en œuvre rapide du plan de développement des soins palliatifs annoncé le mois dernier, les pratiques médicales doivent contribuer à un meilleur soulagement de la douleur et à un meilleur accompagnement des patients en fin de vie. C’est l’objectif partagé par la grande majorité des professionnels de santé et par les personnes malades quand elles sont bien prises en charge : il faut agir avec ténacité pour que cette nouvelle loi se révèle une « loi-rempart » contre toute forme de provocation directe ou indirecte de la mort, et non une « loi-étape » vers la légalisation explicite de l’euthanasie ou du suicide assisté."

Posté le 28 janvier 2016 à 15h54 par Michel Janva | Lien permanent

Loi sur la fin de vie : réaction de la conférence épiscopale

Suite à l’adoption de la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie hier à la l’Assemblée nationale, Mgr Pierre d’Ornellas et les membres du groupe de travail sur la fin de vie de la Conférence des évêques de France s’expriment.

Les parlementaires viennent de voter une nouvelle loi sur la fin de vie. Ils ont heureusement écarté l’idée qu’une vie pouvait être inutile : oui, chaque personne est digne du plus grand respect jusqu’au terme de sa vie ! Ils ont maintenu que « l’obstination déraisonnable » est interdite : oui, prendre soin de la personne est plus essentiel que la seule poursuite de thérapies devenues disproportionnées !

Pendant le débat législatif, une demande massive a été enfin entendue : que soient développés l’accès et la formation aux soins palliatifs. Le gouvernement a mis en œuvre un plan triennal dans ce but. De même, une évaluation annuelle de la politique développée pour ces soins a été votée. La nouvelle loi est donc à appliquer selon les objectifs, les principes et les pratiques des soins palliatifs. Beaucoup s’en réjouissent car tout cela lutte contre le « mal mourir » qui subsiste par endroit.

La loi donne des droits aux patients afin de respecter leur autonomie. Or celle-ci s’inscrit toujours dans une relation, d’autant plus que la vulnérabilité grandit. C’est en garantissant aux patients comme aux soignants une juste implication dans la relation de soin que la loi peut répondre à l’ambition d’une meilleure qualité de soins.

La loi définit et encadre un nouveau droit « à la sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience jusqu’au décès ». Ces cas sont rares. Quoiqu’il en soit, la loi ne peut se substituer à l’appréciation médicale en imposant des systématisations qui nieraient la singularité de chaque cas. Sur le projet de loi, nous nous sommes exprimés dans la déclaration « Ne prenons pas le problème à l’envers ! » (20 janvier 2015)

Pour chaque situation, l’art médical cherche à procurer le meilleur apaisement possible de la souffrance, et à qualifier avec justesse l’obstination déraisonnable afin de la refuser, notamment pour les patients incapables d’exprimer leur volonté. Cet art médical discerne quand l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles correspond au meilleur soin à donner. Il évalue quand les directives anticipées sont ou non appropriées. Nourri par un vrai dialogue entre professionnels de santé, patients et proches, cet art permet de s’ajuster aux situations les plus délicates, dans le respect de la déontologie médicale.

Cet art est celui de l’accompagnement guidé par l’intention de soulager, adapté à chaque personne et à ses souhaits, dans les limites du raisonnable. Nous remercions les soignants qui, avec les bénévoles, s’engagent en équipe, au quotidien, aux côtés de personnes en fin de vie pour que leur « confort » soit le meilleur possible.

Les recommandations de bonne pratique sont essentielles à cet art du soin palliatif. Seule la poursuite d’une réflexion concertée et continue pour leur rédaction et leur mise en œuvre le favorisera. Soutenant toujours l’intention de soulager, elles dissiperont les craintes de dérives euthanasiques qui, à juste titre, ont surgi pendant le débat.

Non, cette nouvelle loi n’est pas qu’une étape ! Prenons sérieusement le temps de l’appliquer grâce aux moyens octroyés et à la formation – qui est urgente – de tous les professionnels de santé. Alors le « mal mourir » reculera. Et le grand public, grâce à une information honnête, régulière et nécessaire, sera conforté sur la qualité de l’accompagnement et sur le soulagement de la souffrance, que ce soit ou non en fin de vie.

Face à l’opacité de la mort et à son énigme, la conscience cherche au plus profond d’elle-même, et avec l’aide d’autrui, la lumière qui l’habite pour trouver réconfort et paix. Quelle que soit cette lumière – la foi en Dieu ou la simple gratitude pour la vie –, le chemin vers la mort est difficile et rude. Nul ne s’y aventure sans le juste et fidèle soutien de l’équipe soignante, de proches et de la société. C’est à cela qu’une société se reconnaît digne de l’humanité des siens.

La culture palliative est « un élément essentiel des soins de santé », proclame le Conseil de l’Europe. Ces frères et sœurs en grande vulnérabilité nous appellent à un surcroît de fraternité. Répondre à leur appel est une belle œuvre politique : elle inscrit la culture palliative non seulement dans le monde du soin mais aussi dans nos mentalités pour que nous soyons attentifs à prendre soin les uns des autres, car nous portons tous les questions existentielles les plus vives : nous avons à la fois soif d’infini et l’expérience de la finitude. Telle est la fraternité que sont appelées à construire nos lois relatives à la fin de vie, qui seront alors des lois de progrès pour la France.

 Le 28 janvier 2015

  • Mgr Pierre d’Ornellas Archevêque de Rennes et responsable du Groupe de travail sur la fin de vie.
  • Mgr Michel Aupetit Évêque de Nanterre
  • Dr Marie-Sylvie Richard, xavière Chef de service à la Maison Médicale Jeanne Garnier (Paris)
  • Dr Claire Fourcade Médecin coordinateur, pôle de soins palliatifs de la polyclinique Le Languedoc (Narbonne)
  • Dr Alexis Burnod Institut Curie, Service soins palliatifs
  • P. Bruno Saintôt, jésuite Directeur du département éthique biomédicale du Centre Sèvres (Paris)
  • P. Brice de Malherbe Co-directeur du département d’éthique biomédicale du Collège des Bernardins (Paris)

Posté le 28 janvier 2016 à 15h51 par Michel Janva | Lien permanent

La proposition de loi sur la fin de vie n'est qu'une étape

Intervention du député Xavier Breton, lors de la discussion sur la proposition de loi sur la fin de vie hier :

"Monsieur le président, madame la ministre, messieurs les rapporteurs, mes chers collègues, nous arrivons ce soir au terme du parcours législatif de la proposition de loi relative à la fin de vie. Au final, le bilan est mitigé. Certes, le pire a été évité. Je veux parler de l’euthanasie et du suicide assisté, mais la logique du texte, en se fondant sur l’affirmation unilatérale des droits du patient, ouvre la voie à une reconnaissance ultérieure d’un droit à l’euthanasie et au suicide assisté.

Permettez-moi de dresser un bilan plus détaillé. Regrettons tout d’abord que le candidat Hollande ait cru bon, en 2012, de rouvrir le débat sur la fin de vie et l’euthanasie, alors que la loi Leonetti de 2005 avait fait l’objet d’un consensus, soit seulement sept ans auparavant. Félicitons-nous ensuite que les réflexions et avis préalables au débat parlementaire, comme le rapport Sicard ou les avis du Comité consultatif national d’éthique, aient exprimé très fortement l’impératif de garantir le respect de la dignité humaine, lequel implique de soulager la souffrance, de refuser l’obstination déraisonnable et d’interdire l’euthanasie. Ces principes, clairement énoncés a priori, ont sans aucun doute calmé les ardeurs euthanasiques qui avaient été suscitées et encouragées par la réouverture imprudente de ce débat.

Troisièmement, l’adoption de ce texte n’a pas été un long fleuve tranquille. Nous sommes bien loin en effet de l’unanimité qui avait prévalu sur le texte de 2005. Des échanges nourris, des votes divergents ont animé les débats, tant dans cet hémicycle qu’au Sénat. La première explication de ces divergences tient sans doute aux imperfections juridiques du texte. Jusqu’à la commission mixte paritaire, les parlementaires ont cherché, par leurs amendements, à éclairer la portée juridique de telle ou telle disposition. Une nouvelle fois, nous ne pouvons que regretter le refus du Gouvernement et du président de notre assemblée de soumettre ce texte à l’avis préalable du Conseil d’État.

Reste maintenant à savoir si le texte définitif aura toute la clarté nécessaire pour répondre aux différentes situations qui ne manqueront pas de surgir. Nous devrons rester vigilants quant au risque d’interprétation extensive du droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Il pourrait vite devenir une solution de facilité et, partant, une euthanasie déguisée. Une fois de plus, nous regrettons qu’il n’ait pas été précisé en toutes lettres dans le texte que l’intention de cette sédation ne pouvait jamais être de donner la mort.

In fine, les désaccords sur ce texte traduisent des divergences profondes. Nous faisons bien face à deux conceptions : l’une fondée sur la prééminence de l’individu qui revendique haut et fort son autonomie comme l’alpha et l’oméga de la vie en société ; l’autre, que je défends, fondée sur le respect de chaque personne et qui s’attache à prendre en compte les fragilités et les vulnérabilités qui peuvent affecter la vie de chacun d’entre nous. Sont alors privilégiés, dans une prise en compte spécifique de chaque situation, l’accompagnement, le dialogue et les relations.

Ce texte a pris dès le départ un parti, celui de l’autonomie. Son titre l’indique d’ailleurs très clairement, puisqu’il annonce la création de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. Le contenu du texte lui-même entre dans la logique de l’individu qui prétend être complètement maître de son destin. Les directives anticipées, en devenant très contraignantes, consacrent une toute-puissance de la volonté individuelle, qui va contrarier le dialogue indispensable entre les professionnels de santé d’un côté, les malades et leurs familles de l’autre.

En reconnaissant parallèlement un droit à une sédation jusqu’au décès, ce texte bascule très clairement, sinon vers une pratique tout au moins vers une logique euthanasique. C’est d’ailleurs vous, madame la ministre, qui l’affirmiez ici même, en octobre dernier : « Ce texte permettra de franchir une étape considérable. L’opposabilité des directives anticipées, couplée à la reconnaissance de la sédation profonde et continue jusqu’au décès, renverse – et c’est bien là l’essentiel – la logique de décision : c’est le patient, et non plus le médecin, qui devient le maître de son destin. »

Jean-Frédéric Poisson. Absolument !

Xavier Breton. Ce texte, en n’étant fondé que sur la logique des droits individuels est une étape qui en appelle d’autres, comme vous l’aviez avoué, madame la ministre, en disant que, je vous cite de nouveau, « c’est à partir de ce texte que d’autres évolutions seront envisageables un jour ». Nous ne pouvons, à ce sujet, qu’être inquiets de la nomination d’une cardiologue militante de l’euthanasie à la tête du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, comme de la propagande que vous venez d’annoncer dans la mise en œuvre de cette loi.

Gérard Sebaoun. Propagande ! Et quoi encore ?

Jean-Luc Laurent. Que d’excès ! Que d’excès !

Xavier Breton. Dans ce contexte, vous comprendrez, madame la ministre, le refus de certains d’entre nous d’être complices des évolutions annoncées, que nous ne pouvons voter en conscience.

Jean-Frédéric Poisson. Très bien !

le président. La discussion générale est close."

Posté le 28 janvier 2016 à 13h26 par Michel Janva | Lien permanent

27 janvier 2016

La loi sur la Fin de vie votée à main levée

Terrible décadence que cette porte ouverte à l'euthanasie, via la sédation terminale jusqu'au décès (voir le décryptage de Tugdual Derville dans Famille chrétienne) :

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Posté le 27 janvier 2016 à 21h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (23)

Mgr Rey s'inquiète d'une "euthanasie déguisée"

Posté le 27 janvier 2016 à 16h28 par Michel Janva | Lien permanent

Loi sur la fin de vie : atteinte à la liberté de prescription du médecin

Le 19 janvier, une commission mixte paritaire se mettait d’accord sur un texte de compromis concernant le projet de loi de fin de vie. Présent a interrogé le Dr Dickès sur ce texte. Extrait :

Images-7"[...] En quoi cette proposition de loi est-elle inquiétante ?

Parce qu’elle met en place une disposition terrible si elle était adoptée, qui concerne le médecin. Celui-ci sera obligé d’appliquer les directives anticipées nolens volens. Le projet de loi affirme : « Le médecin a l’obligation de respecter la volonté de la personne. » C’est la première fois, dans l’histoire de la médecine, que l’on porte ainsi atteinte à la liberté de prescription d’un médecin. Jusqu’à aujourd’hui, un médecin avait la possibilité de ne pas prescrire tel ou tel médicament ou tel ou tel acte médical, à condition d’envoyer son patient vers un autre médecin. Ici, ce n’est clairement plus possible. Et c’est grave. C’est quasiment une obligation d’euthanasie. Si ce sont les directives que donne le patient, le médecin n’aura pas d’autre choix que de l’appliquer. Et il pourra être poursuivi s’il ne le fait pas. [...]"

Posté le 27 janvier 2016 à 11h01 par Michel Janva | Lien permanent

26 janvier 2016

Nicolas Sarkozy et l'euthanasie

Extrait du livre "La France pour la vie" (enfin la vie...) :

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Et si sa femme et ses enfants ne sont pas d'accord entre eux ?

Posté le 26 janvier 2016 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (21)

20 janvier 2016

Affaire Vincent Lambert : examen de sa mise sous tutelle le 1er février

D'Antoine Pasquier dans Famille chrétienne :

"Le juge des tutelles de Reims examinera le 1er février la demande de mise sous protection de Vincent Lambert, a indiqué à Famille Chrétienne l’avocat de ses parents, Me Jean Paillot, mercredi 20 janvier.

Le magistrat, qui a reçu les différentes parties ces dernières semaines, devra répondre à deux questions : faut-il placer Vincent Lambert sous tutelle ? Et, si oui, à quelle personne confier cette mission alors que la famille se déchire sur le sort de l’ancien infirmier en état de conscience minimale depuis 2008 ? [...] Pour l’avocat des parents, il n’est pas impossible, au regard de la situation conflictuelle, que le juge choisisse un tuteur extérieur à la famille et qu’il se tourne notamment vers une personne morale. La décision du juge pourrait intervenir assez rapidement après l’audience du 1er février. Il n’est également pas exclu que le magistrat prenne une décision sur le siège.

Toujours hospitalisé au CHU de Reims, Vincent Lambert est dans un état stable, « alternant des périodes où il est présent et d’autres moins », a par ailleurs précisé Me Jean Paillot. Les conditions de sécurité, elles, restent très strictes autour de la chambre du patient. « Il est toujours enfermé à clé et la liste des personnes autorisées à lui rendre visite est fixée de manière arbitraire », déplore l’avocat. « À Noël, certains de ses neveux et nièces ont souhaité venir le voir, mais ils n’y ont pas été autorisés. Cela démontre que la discussion avec l’équipe médicale est toujours impossible et qu’il est temps que Vincent change d’établissement. »"

Posté le 20 janvier 2016 à 21h33 par Michel Janva | Lien permanent

11 janvier 2016

L’euthanasie fermement rejetée au Parlement européen

Communiqué de la FAFCE :

"« Déclaration écrite sur la dignité en fin de vie »: tel était le titre d’une déclaration écrite qui a échoué la semaine dernière, faute de soutien de la majorité des eurodéputés requise.

En utilisant des termes trompeurs et faisant fi du principe de subsidiarité, cette déclaration écrite stipulait que « Tous les citoyens européens, quelle que soit leur nationalité, qui se trouvent à une phase avancée ou en phase terminale d'une maladie incurable occasionnant des souffrances physiques ou mentales insupportables qui ne peuvent pas être atténuées, devraient pouvoir bénéficier d'une assistance médicale en vue de mettre un terme à leur vie dans la dignité ». Autrement dit, cette déclaration faisait la promotion de l’euthanasie.

Bien qu’une déclaration écrite ne puisse pas être considérée comme une position officielle du Parlement européen, mais seulement comme une expression des eurodéputés l’ayant signée, il est encourageant de constater que seuls 95 des 751 députés l’ont soutenue.

Le Président de la FAFCE, Antoine Renard, souligne “la présence du lobby pro-euthanasie qui commence à travailler activement au sein du Parlement européen. Cela crée le risque que l’attention des décideurs politiques européens soit détournée de ce que l’UE peut réellement faire pour soutenir et promouvoir de bonnes pratiques dans les Etats membres dans le domaine des soins palliatifs et le soutien aux familles qui soignent des personnes à la fin de leur vie. L’échec de cette déclaration écrite montre que la dignité humaine ne peut pas être un champ de bataille pour des conflits politiques et qu’elle ne peut pas être exploitée comme vecteur de certaines idéologies. La FAFCE continuera à œuvrer en faveur de la dignité humaine, dans son sens vrai, qui met la personne au centre »."

Posté le 11 janvier 2016 à 20h23 par Michel Janva | Lien permanent

07 janvier 2016

Une pro-euthanasie à la tête du Centre national de la fin de vie

Soulager mais pas tuer s'inquiète :

"Soulager mais pas tuer prend acte de l’annonce de la nomination non encore officielle du Dr. Véronique Fournier à la présidence du nouveau Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, qui fusionne l’Observatoire national de la fin de vie et le Centre national de ressources en soins palliatifs.

Cette nomination confirme la nécessité d’une vigilance absolue. Madame Véronique Fournier a en effet multiplié les propos et démarches ambiguës autour de la fin de vie, stigmatisant volontiers les soins palliatifs et allant jusqu’à affirmer : « il faudrait que l’euthanasie devienne le soin palliatif ultime » (interview dans Le Monde du 7 février 2012 à propos du décès de Michel Salmon). 

Pour Tugdual Derville, l’un des porte-parole nationaux de Soulager mais pas tuer,

« la confusion entre soins palliatifs et euthanasie est la pire chose qui puisse arriver dans ce débat. Et c’est la première raison de notre mise en garde contre la proposition de loi Claeys-Leonetti dont le concept de « sédation profonde et continue jusqu’au décès » s’apparente, dans certains cas, à des euthanasies masquées ou à des suicides assistés. Certains effectuent un véritable travail de sape pour détourner les soins palliatifs de leur mission ; tout en affirmant les soutenir, ils prétendent qu’ils ne sont pas une solution crédible. Or, nous devons malheureusement constater que Véronique Fournier a largement contribué à cette confusion, en prônant ce qu’elle nomme « l’euthanasie palliative ». Elle ouvre de plus de nouveaux débats à hauts risques, comme lorsqu’elle laisse entendre qu’il faut réinterroger le respect de la vie des personnes âgées démentes en institution. Or, le « mal-mourir » appelle toujours un surcroit de solidarité sans jamais légitimer le franchissement de l’interdit de tuer, fondement du pacte social particulièrement indispensable pour les plus fragiles et les sans voix. »

A l’approche des derniers débats au Parlement pour finaliser dans les semaines à venir la loi sur la fin de vie, Soulager mais pas tuer appelle tous les parlementaires à la plus grande vigilance, afin que cette nouvelle loi ne vienne pas instaurer en France une euthanasie qui ne dirait pas son nom."

Posté le 7 janvier 2016 à 16h29 par Michel Janva | Lien permanent

31 décembre 2015

16 janvier : euthanasie ou soins palliatifs à Bourg-en-Bresse

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Posté le 31 décembre 2015 à 14h15 par Michel Janva | Lien permanent

30 décembre 2015

Baptême du feu pour Mgr de Kesel

Le nouvel archevêque de Bruxelles, Mgr Jozef De Kesel, entré en fonction il y a 15 jours, est critiqué pour avoir osé défendre dans un quotidien flamand la possibilité laissée aux établissements catholiques de refuser la pratique de l’euthanasie.

« Je pense que nous avons le droit de décider de ne pas les pratiquer, au niveau d’une institution. Je pense, par exemple, à nos hôpitaux ».

Les militants de l'euthanasie, qui militent également pour la restriction de la liberté d'expression, sont sortis de leurs gonds, comme le président de la commission fédérale chargée du contrôle et de l’évaluation de l’euthanasie, Wim Distelmans, le chef du groupe socialiste du sénat, Philippe Mahoux. Ils reprochent à Mgr De Kesel son interprétation de la loi et la possibilité laissée aux hôpitaux de refuser de collaborer à la pratique de l’euthanasie en leur sein. Selon eux, la loi s’applique partout et à toutes les institutions hospitalières, surtout si elles bénéficient de subsides publics, comme c’est en très grande majorité le cas.

Pourtant, aucune disposition du texte voté en 2002, ni de ses modifications, n’impose aux hôpitaux de pratiquer l’euthanasie. Comme pour la liberté de conscience des médecins en matière d'avortement, la liberté des hôpitaux de refuser de tuer les personnes âgées est en ligne de mire.

Dans Famille chrétienne, Antoine Pasquier ajoute :

"Si les propos de Mgr De Kesel suscitent la polémique outre-Quièvrain, une autre question devrait être tout autant débattue : dans quelle mesure un établissement hospitalier peut-il encore se présenter comme catholique s’il autorise en son sein des pratiques contraires à la doctrine de l’Église ?"

Posté le 30 décembre 2015 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

16 décembre 2015

Le "médecin" euthanasieur Bonnemaison ne regrette pas d'avoir raté son suicide

Sauvé de justesse après sa tentative de suicide le 31 octobre, Nicolas Bonnemaison a passé quelques semaines dans une maison de repos. Dans un entretien à Sud Ouest à paraître demain, il déclare :

Unknown-9"[...] Je me suis dit que j’étais un miraculé. Lorsque qu’on m’a découvert le samedi matin dans ma voiture sur une piste forestière des Landes, cela faisait 16 heures que j’avais absorbé ces produits. Ils étaient très toxiques. Sur le moment, j’avais vraiment la volonté d’en finir. J’aurais dû mourir. Mais ce n’était pas mon heure.

Regrettez-vous d’être toujours là ?

Bien sûr que non. Après avoir quitté l’hôpital, j’ai passé plusieurs semaines dans une maison de repos. J’ai pris beaucoup de recul. J’ai pensé à ma femme qui a été mon plus grand soutien du premier au dernier jour de cette terrible épreuve. Cela a été encore plus dur pour elle que pour moi. A mes filles, que j’aime par-dessus tout et qui sont ma force pour me battre aujourd’hui, à ma famille, à mes avocats Me Ducos-Ader et Dupin, à mon comité de soutien, à tous ces gens connus ou inconnus qui, par milliers, ont été à mes côtés. Je n’avais pas le droit d’abandonner. J’ai mesuré combien j’ai été soutenu.

Alors, pourquoi être passé à l’acte ?

Psychiquement, j’étais épuisé. Je n’avais plus aucune ressource. Le verdict d’Angers m’a troublé. Je n’ai été reconnu coupable que d’un seul des sept décès qui m’étaient reprochés alors que dans tous les cas j’ai agi de la même façon. Pour soulager des souffrances psychiques ou physiques. [...]"

Malgré la contradiction, il ne regrette pas dans la suite de l'entretien d'avoir pratiqué des euthanasies. Pourtant, il a voulu se suicider car il était psychiquement épuisé, un peu comme ces patients qui souffrent et qu'il a estimé devoir éliminer. Eux ne sont pas miraculés.

Posté le 16 décembre 2015 à 21h18 par Michel Janva | Lien permanent

09 décembre 2015

Un homme atteint de trisomie 21 fait l'objet d'un ordre de non-réanimation

937Cet article (en anglais) raconte l'histoire d'Andrew Waters, une cinquantaine d'années (il est aujourd'hui décédé, depuis le mois de mai), atteint de trisomie 21, qui avait été hospitalisé en 2011 à l'hôpital de Margate dans le Kent.

Après son hospitalisation, lors de son retour chez lui, sa famille avait découvert dans son sac un " ordre de ne pas réanimer" (DNR - do not resuscitate) en cas de problèmes cardiaques ou respiratoires. Cet ordre s'appuyait sur les raisons suivantes, énumérées en clair : "syndrome Downs [trisomie 21], incapable d'avaler (...), alité, des difficultés d'apprentissage".

Les parents d'Andrew Waters ont découvert ce document alors qu'ils n'ont jamais été consultés par l'hôpital. Le personnel avait décidé de sa vie ou de sa mort sans aucune consultation préalable, juste parce qu'il était atteint de trisomie 21. Les parents faisaient pourtant quotidiennement des visites à leur fils à l'hôpital et le corps médical pouvait alors en profiter pour leur poser la question.

Le mois suivant sa sortie, Andrew est à nouveau hospitalisé, et un nouvel ordre DNR est émis, toujours sans concertation avec la famille. Le frère d'Andrew, Michael Waters, a donc intenté une action en justice au nom de son frère.

La décision finale de réanimer ou non le patient revient légalement au médecin en Angleterre, néanmoins celui-ci doit au préalable consulter le patient, la famille, et donner les motifs de sa décision. Mais la plupart du temps, les médecins signent l'ordre DNR, qui est placé dans le dossier du patient, sans concertation avec la famille.

L'hôpital a présenté des excuses, sans admettre toutefois avoir commis un acte répréhensible, ni avoir bafoué les droits de l'homme.

Michael Waters, le frère d'Andrew, est toujours en colère, car il estime scandaleux que la trisomie soit répertoriée comme une raison valable pour ne pas réanimer quelqu'un. Il attend toujours les excuses personnelles du médecin qui a signé l'ordre.

Posté le 9 décembre 2015 à 16h20 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (11)

03 décembre 2015

Jouir sans entraves et mourir

Jeanne Smits rapporte une histoire symptomatique de cette génération mai-68 :

Personnalité fantasque et égocentrique, « Mme C » a été mariée 4 fois, a multiplié les aventures et consacré sa vie à paraître jeune et à jouir d’un niveau de vie élevée. Apprenant à 49 ans qu’elle souffrait d’un cancer du sein, elle a récusé tout traitement qui puisse entraîner pour elle une impossibilité de porter un bikini ; elle a subi une chirurgie et une chimiothérapie.

Aujourd'hui, elle veut mourir car elle ne veut pas finir vieille et laide... Une cour britannique lui a donné raison.

Posté le 3 décembre 2015 à 08h04 par Michel Janva | Lien permanent

26 novembre 2015

Jacques Bompard sur le Projet de loi relatif à la santé

Il n'oublie pas de dénoncer la marche vers l'euthanasie et le fichage des bébés trisomiques :

Posté le 26 novembre 2015 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

24 novembre 2015

Condamnation à mort par déshydratation

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

Image2-450x337"Dans une décision destinée à faire jurisprudence, un juge britannique a décidé qu’une femme totalement dépendante et incapable de communiquer doit être privée de nourriture et d’hydratation dans l’objectif de la faire mourir. La patiente, âgée de 68 ans, est en dernière phase de sclérose en plaques. La Cour de protection avait été saisie par la fille de la malade, dont le nom n’a pas été divulgué, et il ne s’y est trouvé personne pour prendre la défense de sa vie. C’est la première fois qu’un juge britannique ordonne l’arrêt de la nourriture et de l’hydratation d’une personne diagnostiquée en « état de conscience minimale ».

Cela veut dire que cette femme qui a encore quelque conscience du monde qui l’entoure, qui ressent plaisir et douleur, va mourir de soif.

Jusqu’ici, ce type de décision était réservé aux personnes jugées en « état végétatif – ce qui n’est d’ailleurs pas plus moral mais relève d’une autre logique. En tout état de cause, il s’agit d’euthanasie lente. [...]

Comme souvent, c’est une progression de la culture de mort obtenue par la décision des juges, éléments clefs du processus révolutionnaire.

Posté le 24 novembre 2015 à 07h28 par Michel Janva | Lien permanent

18 novembre 2015

La Gauche est tellement désespérée qu’elle sait que tout enfant à naître deviendra un opposant

Extrait du discours que Jacques Bompard n'a pas pu prononcer, sur le projet de loi santé :

"[...] Vos bons amis des associations idéologiques n’ont d’ailleurs cessé d’insulter les médecins : je pense par exemple à l’Association Pour le Droit à Mourir dans la dignité, dont les pratiques de communication indigne revenaient à l’instrumentalisation perpétuelle de la relation entre le patient et son médecin. Décidément, ce quinquennat aura été marqué par la catastrophe des promesses du candidat Hollande.

Vos ministères sont malades de l’idéologie et du refus de servir le bien commun, plutôt que d’imposer partout l’intrusion étatique dans les périphéries de la société. Prenons plusieurs exemples frappants : d’abord la chute de notre démographie. Cette année 2015 sera vraisemblablement la moins féconde des 15 dernières années. A force d’attaques contre la famille, il fallait s’y attendre.

La première des protections contre les maladies et les fragilités c’est la famille. Et les chiffres de la médecine se ressentiront très longtemps des méfaits de votre gouvernement. Ne serait-ce que d’un point de vue fiscal : gel de la revalorisation des prestations familiales, baisse des allocations liées à l’accueil du jeune enfant, modulation des allocations familiales. On a l’impression que la Gauche est tellement désespérée qu’elle sait que tout enfant à naître deviendra automatiquement l’un de ses opposants !

Le ministère de la santé devient alors tributaire de toutes les dérives idéologiques. Pensons par exemple aux remarques de la Fondation Lejeune sur vos arrêtés concernant le dépistage de la trisomie 21. Nous assistons aujourd’hui à un véritable phénomène de « fichage des fœtus ». Ainsi, ce sont toutes les données concernant les femmes enceintes faisant l’objet d’un dépistage prénatal de la trisomie 21 (85% des femmes enceintes), tous les fœtus dépistés puis diagnostiqués trisomiques 21, et toutes les issues de grossesse, qui sont fichés au niveau national. La constitution de ce fichier est couteuse : en temps, comme en argent, et créer une inertie propice aux pires dérives éthiques.

La question de la recherche sur l’embryon est centrale et évidemment bâillonnée dans notre pays. Ainsi le 10 juin dernier, le comité de l’INSERM a encore réclamé la libéralisation de la gestion des embryons alors qu’il est censé le réguler ! On y lit une volonté de gestion améliorée des embryons non transférables. Je rappelle que le prix nobel de médecine a été attribué à un chercheur qui propose des solutions alternatives à ces méthodes affligeantes.

Je note d’ailleurs qu’aucune réforme visant à réduire le nombre d’avortement par an n’est présente dans ce texte. Alors, vous pourrez hurler autant que vous le souhaitez, mais une France qui subit 225 000 avortements est une France blessée, blessée par un drame que personne ne veut prendre à bras le corps ! [...]"

Posté le 18 novembre 2015 à 00h21 par Michel Janva | Lien permanent

13 novembre 2015

Euthanasie : finalement "Laura" a choisi de vivre

Jeanne Smits revient sur la jeune Belge qui avait obtenu au printemps l’autorisation de se faire euthanasier en raison de « souffrances psychiatriques intolérables ». Elle s’appelle en réalité Emily. A 24 ans, en excellente santé physique, elle avait derrière elle une vie de désespérance, de dépression profonde et de fréquents épisodes d’automutilation :

"En fait, l’histoire se termine bien. Emily, à la dernière minute, a choisi de vivre.

C’est une bonne nouvelle. C’est une jeune vie sauvée. On peut espérer que la jeune femme va pouvoir vivre une nouvelle vie, sans ce mal qui la rongeait."

Mais son histoire est utilisée à des fins de propagande en faveur de l'euthanasie.

Posté le 13 novembre 2015 à 07h38 par Michel Janva | Lien permanent

06 novembre 2015

L'Allemagne rejette l'euthanasie

Lu ici :

Unknown-51"Le Parlement allemand a voté aujourd'hui un texte interdisant la professionnalisation de l'assistance au suicide et donc les associations dédiées, mais qui laisse subsister une zone d'ombre concernant la responsabilité pénale de médecins qui aideraient un malade à mourir.

Avant le vote, fournir un médicament mortel à une personne atteinte par exemple d'une maladie incurable n'était pas interdit dans la mesure ou l'intéressé consommait la préparation lui-même. Administrer le cocktail médicamenteux était par contre interdit."

Posté le 6 novembre 2015 à 21h08 par Michel Janva | Lien permanent

03 novembre 2015

Le «gérontocide» sera-t-il le génocide du XXIe siècle ?

Alexandre Devecchio interrogeait pour le FigaroVox Robert Redeker, professeur agrégé de philosophie  et écrivain. (Son dernier livre, Bienheureuse vieillesse vient de paraître aux éditions du Rocher.) L'auteur exprime des réalités très justement observées : le culte de la jeunesse dans notre société à la pyramide des âges inversée représente un danger à la fois pour la jeunesse et pour la vieillesse, pour le passé comme pour l'avenir. Le refus du péché originel coupe l'être humain de sa rédemption et partant, de la vie éternelle, qu'il veut donc obtenir sur terre, d'où ce culte voué au jeunisme. Extraits :

[...]"Selon vous, la société contemporaine serait obsédée par la jeunesse. Pourquoi?

[...]Depuis les années 60, en lien avec le triomphe planétaire de la société de consommation, la jeunesse a été ontologisée. Elle a été figée en Être excluant le Devenir. De cette ontologisation découle l'impératif collectif de rester jeune jusqu'aux bords du tombeau. Pour nos contemporains, ne plus être jeune, c'est ne plus être. Nous avons refusé de voir dans la jeunesse un devenir sans retour, une transition, un passage, une étape sur le chemin de la vie, un moment dans son écoulement. Disciples de Parménide sans le savoir, nous avons figé la vie dans un seul de ses âges, la jeunesse, déclassant tous les autres, favorisant la honte de ne plus être jeune. Le Tartuffe contemporain, au temps où les corps s'exposent volontiers dans tous leurs charmes, dira plutôt: cachez votre vieillesse que nous ne saurions voir. Oui, nous avons arrêté la jeunesse dans une trompeuse éternité.[...]

Derrière la question de la vieillesse, il y a aussi la question du passé. Le jeunisme est-il aussi un moyen de faire table rase de celui-ci?

Le jeunisme est l'idéologie d'un temps qui veut faire table rase du passé. «Du passé faisons table rase», était l'hymne du progressisme - à tout le moins du progressisme mal compris, éradicateur. Mais l'époque actuelle veut aussi supprimer l'avenir. Elle ne veut de racines ni dans le passé ni dans l'avenir. Elle ne veut être ni redevable ni responsable. Ni redevable au passé ni responsable devant l'avenir - d'où la crise de l'éducation. La destruction irréversible de l'école par Mme Valaud-Belkacem est une suite logique de ce double refus. Comment éduquer quand il n'y plus rien à transmettre et plus rien à promettre? Voilà pourquoi les vieux inquiètent: au sein de ce vide temporel qu'est devenu notre société, ils sont la présence du passé, la présence et le présent des racines, leur présence témoigne en faveur de l'exigence de transmettre, pour que ce qui fut par le passé soit dans l'avenir (les œuvres, la langue, les bonnes meurs).[...]Que la vieillesse soit une promesse d'avenir est, tout en restant incompréhensible à nos contemporains, l'une des plus fortes suggestions de l'idée chrétienne de résurrection.[...]

On a le sentiment que la génération 68, obsédée par son éternelle jeunesse, a refusé l'idée même de transmission. Finalement, les jeunes ne sont-ils pas les premières victimes du jeunisme?

Il est manifeste que les plus âgés détiennent les pouvoirs, tous les pouvoirs, qu'ils n'ouvrent pas la porte aux plus jeunes, qu'ils ne s'effacent pas. Cette vérité touche la politique, l'industrie, la culture, la presse, les professions prestigieuses et valorisantes. Il y a une gérontocratie - rien de plus exact! - mais qui exerce son pouvoir selon une idéologie qui dit l'inverse, une idéologie anti-vieux, une gérontophobie, autrement dit une peur et haine de la vieillesse, le jeunisme. Gérontocratie et gérontophobie sont les deux faces de la même médaille.[...]Un inquiétant paradoxe en résulte: les jeunes sont empêchés d'entrer dans la vie parce que la jeunesse est trop aimée (les vieux gardent le plus longtemps possible les postes et les pouvoirs, les places et privilèges, s'il le faut en étant, pour parler comme Philippe Muray, des rebellocrates). La domination de l'idéologie jeuniste est néfaste aux vieux et aux jeunes, bref à l'ensemble de la société.[...]

Que répondez-vous à ceux qui estime[nt] que l'euthanasie est un moyen de combattre, non pas la vieillesse ou la faiblesse, mais la souffrance?

Le mot d'euthanasie, qui signifie bonne mort, mort douce voire heureuse, est un mensonge, un mot totalitaire qui contient une contradiction: camoufler une mise-à-mort en opération humanitaire. On peut bien sûr en comprendre les raisons, l'approcher avec empathie, mais on ne peut accepter le mensonge. Il y a une grande différence entre laisser mourir et mettre à mort. Il est vrai aussi que, d'une part, la mort et la souffrance sont devenues dans nos sociétés insupportables, et que, d'autre part nous sommes devenus incapables de les penser. Généraliser l'euthanasie signe la fin d'une civilisation, celle dans laquelle le «Tu ne tueras point» est un principe fondamental. C'est entrer dans une civilisation dans laquelle «tuer pour le bien-être» devient la norme. Serons-nous en état d'en fixer les limites? C'est, quoi qu'il en soir, banaliser ce geste de tuer, au nom même du bien de celui qui est tué. Comme il y a l'avortement de confort, il y a aura les euthanasies de confort, comme il y a l'avortement-contraception, il y aura l'euthanasie-tranquillisation. Nous nous apprêtons à ouvrir une terrifiante boîte de Pandore.

A l'inverse, vous dénoncez également l'idéologie «immortaliste». De quoi s'agit-il?

L'immortalisme est l'opposé de la résurrection. Notre société est la société du refus de la vieillesse - donc du passé et de l'avenir - qui est aussi la société de l'immortalisme. Ce refus de la vieillesse est partout signifié, dans le sport, la publicité, le show business, le cinéma, et aussi dans notre vie quotidienne.[...]

L'immortalisme a deux aspects: vivre comme si on était immortel, et le transhumanisme (fabrique artificielle de l'humain par emplacement des pièces obsolètes). L'immortalisme est inhumain parce qu'il repose sur la négation de la mort. L'immortalité inhumaine qu'il propose se différencie de la résurrection, laquelle exige le passage par la mort.[...]

La condition humaine est-elle en train de disparaître?

La condition humaine est bien décrite par Pascal. L'idée de péché originel - le plus puissant garde-fou contre l'inhumain que la sagesse ait pu inventer - exprime à merveille à la fois la persistance de cette condition et la finitude à laquelle l'homme est vouée par essence. Le péché originel pose une limite, un mur, laissant entendre que passer de l'autre côté de ce mur revient à sortir de l'humain, à verser dans l'inhumanité, à transformer l'homme en autre chose, ni un ange ni une bête mais un monstre. Dans la mesure où notre modernité tardive cherche à construire un homme nouveau, hors-sol et hors-nature (ce dont témoigne la faveur de la théorie du genre), régénérable à volonté, interminablement réparable, la réponse est oui. Effacer les limitations - dont, également la vieillesse et la mort, sur lesquelles le péché originel insiste - équivaut à travailler à l'effacement de la condition humaine."

Posté le 3 novembre 2015 à 09h55 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (12)

La loi sur l'euthanasie ne fonctionne pas

En Belgique :

Statistics Belgie 2"Décidément, les nuages n'en finissent pas de s'accumuler sur la commission fédérale de contrôle de l'euthanasie. Celle-ci est assaillie de critiques de l'étranger où elle est présentée régulièrement comme le modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Elle est aussi attaquée à l'intérieur du pays par une opposition déterminée à démontrer sa partialité, critiquée par des universitaires de tous bords et accusée d'organiser l'absence de contrôle effectif. De l'aveu de ses propres membres (dont son président Wim Distelmans), cette commission est incapable d'enrayer les milliers d'euthanasies non-déclarées annuellement. De plus, elle est noyautée par les lobbys pro-élargissement de la loi. 

Elle est encore apparue la semaine dernière sous un jour peu flatteur dans la presse nationale. La commission s'est montrée incapable de rassembler encore suffisamment de membres répondant au profil légal. Mais aujourd'hui enfin, elle apparaît dans les médias pour avoir fait son travail ! Car ce mercredi, pour la première fois en 13 ans et plus de dix mille (!) cas d'euthanasies et sans doute autant de non-déclarées, bien qu'en affaires courantes, la commission de contrôle a décidé "à l'unanimité" de transférer un cas au parquet, et non des moindres: l'euthanasie de Simone par Marc Van Hoey. Ce dernier, par ailleurs, rien moins que président de Recht op Waardig Sterven (RWS), le principal lobby en faveur de l'extension de l'euthanasie au nord du pays. 

On pourrait, et on espère, y voir le signe d'un réveil tardif, mais salutaire de la commission de contrôle pour faire appliquer la loi. Force est cependant de constater qu'en l'occurrence, elle n'avait guère le choix; En effet, toute la procédure a été filmée par la télévision australienne révélant publiquement des détails particulièrement accablants pour le médecin et la manière dont l'euthanasie est pratiquée en Belgique. 

On peut ainsi y voir une Simone tout à fait en forme, bien loin de la fin de sa vie et ne rentrant d'aucune manière dans les critères de la loi. Motivation invoquée à l'euthanasie : la "fatigue de vie", prétexte invalide, mais maquillé, qui causerait des "souffrances psychiques insupportables". Souffrance psychique certes indéniable due au décès de sa fille, mais dont la cause récente (3 mois !) devrait inciter à un minimum de circonspection et ne rentre certainement pas elle non plus dans le critère d'irrévocabilité voulu par la loi. 

Quant à la forme, elle n'a elle non plus même pas été respectée, l'évaluation de l'état psychique devant obligatoirement être soumis à l'appréciation d'un troisième médecin qualifié pour cela. Tout cela émis publiquement sur les ondes, vu par des milliers de personnes et agrémenté d'images d'un médecin prêt à piétiner tout cadre légal tout en fanfaronnant haut et fort son "humanisme" devant les caméras. La commission aurait-elle voulu couvrir de tels actes qu'on aurait pu se demander si sa responsabilité pénale n'en aurait pas été engagée. A se demander même si ce cas n'a pas été expressément monté en épingle par l'intéressé en vue de provoquer un procès politique en faveur du suicide assisté.

Mais plus interpellantes encore sont les réactions parfois hallucinantes des membres de ladite commission. Une femme parmi celle-ci confiait ainsi jeudi matin sur les ondes de la RTBF sa crainte que ce cas n'effraie les médecins. Ces derniers pourraient en effet être, à l'avenir, plus circonspects avant de passer à l'acte de crainte qu'une condition légale ne soit pas respectée et de voir le dossier se retrouver au parquet. N'est-il pas révélateur de voir une membre de la commission - par ailleurs présidente de l'ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité) - déplorer ouvertement qu'une de ses actions pourrait avoir pour conséquence d'inciter les médecins à respecter strictement la loi et à appliquer un principe de précaution, c'est-à-dire précisément ce pour quoi elle a été instituée ? Les propos de cette membre, qui déclarait un peu plus tard n'avoir "transmis ce dossier qu'à contrecoeur" montre bien qu'il n'a en réalité jamais été question que la commission ne joue réellement son rôle: contrôler et faire respecter la loi.

Bien que la commission n'a pas eu d'autres choix que de transmettre le dossier à la justice, ce cas montre bien à quel point le conflit d'intérêts au sein de la commission est prégnant. Le président de RWS disposait de plusieurs de ses membres (ensemble avec l'ADMD une minorité de blocage) au sein de la commission de contrôle. Ces associations militent ouvertement pour le droit au suicide assisté, c'est-à-dire pour que les actes exposés dans le documentaire australien soient légalisés. Certaines de ces personnes ont même déjà publiquement déclaré que ce procès devrait être le signal d'un débat pour l'élargissement de la loi au suicide assisté, c'est-à-dire ce dont ils sont chargés de faire respecter l'interdiction. Comment croire que ce cas est isolé, et comment accorder la moindre crédibilité à l'idée que les membres de l'ADMD/RWS ont appliqué strictement la loi sur les cas précédents de suicides assistés qui n'ont pas joui de la même attention médiatique que celui-ci ? Comme ne pas craindre qu'ils n'aient entouré du manteau de la bienveillance les déclarations fournies par le médecin lui-même ? [...]"

Posté le 3 novembre 2015 à 07h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (17)

02 novembre 2015

Il tue (au moins) 7 patients et il est altruiste

Le quotidien La Croix (daté d'aujourd'hui - jour de prière pour les défunts) a une curieuse conception de l'altruisme, dans son portrait du Dr Bonnemaison :

B

Posté le 2 novembre 2015 à 14h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (35)

31 octobre 2015

Jean-Luc Roméro, heureux client de la région Ile-de-France

Posté le 31 octobre 2015 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

4 novembre : conférence de Me Triomphe à Paris 8e

CONFERENCE-JEROME TRIOMPHE

Posté le 31 octobre 2015 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent

30 octobre 2015

Fin de vie : le Sénat frileux vote un texte nuancé, sans lever tous les doutes

Communiqué de la Fondation Lejeune :

CP - 30102015 (2)"La Fondation Jérôme Lejeune se félicite des dispositions respectueuses des vies humaines fragiles comme les personnes en situation de grand handicap ou de fin de vie, notamment l'affirmation que « l’hydratation est un soin qui peut être maintenu jusqu’au décès ». Elle se réjouit que le Sénat ait souhaité que les directives anticipées soient révocables à tout moment et que les « cas dans lesquels le médecin pourra ne pas appliquer les directives anticipées rédigées par le patient » aient été précisés.

En revanche la Fondation Jérôme Lejeune dénonce le mépris des sénateurs de droite qui n'ont pas considéré les 3 amendements relatifs à l'affaire Vincent Lambert soutenus par des associations d’handicapés. En l’absence du sénateur Didier Mandelli qui les avait déposés, ces amendements n’ont été ni soutenus, ni débattus. Retirés, ils n’ont pas été soumis au vote de la chambre. Ces amendements proposaient :

  • de définir ce qui relève d’un traitement ou d’un soin : pour que, quel que soit le niveau de conscience du patient, l’administration des soins dus ne puisse plus être interprétée comme relevant de l’acharnement thérapeutique.
  • de distinguer le grand handicap de la fin de vie : afin que les personnes handicapées, et parmi elles les personnes céréborlésées, ne puissent faire l’objet d’un arrêt des traitements, sous prétexte de leur handicap.
  • de modifier la procédure collégiale excluant toute situation où la prise de décision reposerait sur une seule personne : l’affaire Vincent Lambert en a montré toutes les limites. Sur un sujet aussi grave que le respect de la vie d’une personne vulnérable et dans un souci de meilleur accompagnement de l’équipe soignante, ainsi que de la famille et des proches durant la maladie et après la mort du patient, il serait nécessaire que la décision d’arrêt d’un traitement susceptible d’entrainer le décès soit prise de manière unanime ou, à défaut, qu’elle fasse l’objet d’une médiation.

Les sénateurs de droite ont fait le pari de retoucher a minima le texte pour trouver un terrain d’entente en commission mixte paritaire, mi-novembre. Si les sénateurs et les députés n’arrivaient pas à s’entendre sur ce texte, le débat autour de Vincent Lambert, qui aurait pu donner lieu à une clarification de la loi de 2005, risque fort de rester lettre morte."

Posté le 30 octobre 2015 à 18h54 par Michel Janva | Lien permanent

29 octobre 2015

Tugdual Derville : "il y a 42% d'euthanasies clandestines en Belgique"

Un des grands sujets du jour est ce scandale en Belgique déclenché par l'euthanasie illégale d'une femme âgée au seul motif qu'elle en avait "marre" de vivre. 36 minutes d'un débat auquel participait Tugdual Derville sur Europe 1. Les auditeurs interrogés prononcent sans cesse le mot "solitude" : l'une des causes majeures des demandes d'euthanasie pour Tugdual Derville. On ne peut s'empêcher de constater que dès que l'euthanasie est légalisée dans un pays, les dérives sont immédiates, et que la loi n'empêche nullement les euthanasies clandestines.

 

Posté le 29 octobre 2015 à 15h40 par Marie Bethanie | Lien permanent

Plainte pour euthanasie contre le président du lobby de l'euthanasie

En Belgique :

Unknown-29"La Commission fédérale de contrôle de la loi euthanasie a transmis un dossier à la Justice. C'est le tout premier cas depuis que l'instance de contrôle a été mise en place. En cause: un médecin n'aurait pas respecté les conditions imposées par la loi sur l'euthanasie du 28 mai 2002. La commission a pris cette décision à l'unanimité mardi soir.

Selon nos informations, le médecin en cause est le docteur Marc Van Hoey, médecin généraliste et par ailleurs président de "Recht op waardig sterven", l'équivalent en Flandre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). La patiente concernée, Simone, a été euthanasiée dans sa maison de repos à Anvers le 22 juin dernier, la veille, précisément, de son 85e anniversaire. 

La vieille dame, qui a perdu sa fille 3 mois auparavant, voulait mourir pour la rejoindre. Simone ne souffre pas d'un problème physique particulier qui entraîne d'affreuses souffrances ni d'une maladie psychique. Elle  veut mourir parce qu'elle en a marre. En avoir marre de la vie n'est pas un diagnostic médical qui entre dans les conditions de la loi de 2002... Le médecin n'a pas non plus consulté un troisième confrère, comme l'exige la loi sur l'euthanasie. 

Posté le 29 octobre 2015 à 07h38 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

27 octobre 2015

Condamné pour avoir tué sa femme

C'est encore logique : quand on tue sa femme, on est condamné.

Mais pour certains c'est scandaleux : les juges ont osé le condamner parce qu'il a "aidé" sa femme à mourir. Selon son avocat, c'est aberrant.

Posté le 27 octobre 2015 à 17h14 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

24 octobre 2015

Le Dr Bonnemaison passe de l'acquittement à la condamnation

Accusé d'avoir mis fin aux jours de 7 patientes, Nicolas Bonnemaison a été condamné aujourd'hui à deux ans de prison avec sursis par la Cour d’assises du Maine-et-Loire. L’ex-urgentiste bayonnais a été reconnu coupable d’avoir délibérément donné la mort à une patiente, Françoise Iramuno, avec la circonstance aggravante de connaître sa particulière vulnérabilité, mais a été acquitté pour les six autres patients pour lesquels il était jugé.

C'est maigre, mais c'est déjà mieux que l'acquittement total de première instance. Voici le communiqué de Soulager mais pas tuer :

"Soulager mais pas tuer estime la condamnation du docteur Bonnemaison par la Cour d’assises d’Angers partiellement rassurante, malgré la confusion entretenue dans le prétoire autour des pratiques d’euthanasie masquée.

Pour Tugdual Derville, l’un des porte-parole du mouvement Soulager mais pas tuer, par ailleurs auteur de La Bataille de l’euthanasie (Salvator) et délégué général d’Alliance VITA : « Nous sommes partiellement rassurés, malgré la confusion entretenue à ce procès par les militants de l’euthanasie. Cette peine de prison avec sursis, décidée par le jury populaire en appel, a le mérite de rééquilibrer en partie le traitement judiciaire de cette affaire douloureuse. Car l’acquittement à Pau avait jeté un grand trouble, semblant dédouaner un soignant du passage à l’acte solitaire pour mettre fin à la vie de personnes très vulnérables. C’est pourquoi nous avions demandé au ministère public de faire appel de ce verdict. A plus grande distance de Bayonne, on pouvait espérer un second procès serein, moins noyé dans l’émotionnel. Certes, il aurait été excessif de punir trop lourdement un médecin déjà éprouvé par le scandale et la procédure judiciaire, et déjà sanctionné par son Ordre professionnel. Cette peine, qui reste un peu symbolique, fait justice à l’une des parties civiles éprouvées.

Le défilé de multiples témoins n’ayant aucun lien avec les faits reprochés, dont certains venus de Belgique, a transformé le prétoire en tribune des militants de l’euthanasie. Ce verdict confirme surtout l’ambiguïté des protocoles de « sédation profonde et continue jusqu’au décès » que prône la proposition de loi fin de vie dont la discussion s’achève bientôt au Parlement. Ce second procès Bonnemaison a confirmé l’urgence d’une clarification de la sédation : sa pratique serait discréditée si elle transgressait la déontologie médicale qui  appelle le soignant à toujours soulager, sans jamais tuer. Plus spécifiquement, ce sont des millions de personnes très âgées dans notre pays qui peuvent légitimement s’interroger sur le niveau de protection lorsqu’elles arrivent dans des services d’urgence surchargés. Prendra-t-on vraiment soin d’elles ? Qui les protégera du passage à l’acte solitaire d’un praticien tout-puissant, tenté par un surdosage de sédatif pour pratiquer une euthanasie masquée ? Avec les parties civiles et nombre de soignants choqués par l’affaire Bonnemaison, nous constatons qu’une partie de la société préfère protéger un médecin en le dédouanant de protocoles injustifiables. Comme si l’interdit de tuer devait connaitre des exceptions en cas de grande vulnérabilité, qu’elle soit liée à l’âge, à la dépendance ou à la grave maladie. C’est au contraire quand la vie est la plus fragile que l’interdit de tuer est le plus indispensable à la confiance entre soignants et soignés. C’est sur sa base que le dialogue entre le patient et ses proches et l’équipe médicale – qui a tant fait défaut dans la pratique du Dr Bonnemaison – doit s’établir et se renouveler sans cesse. Aujourd’hui, nous prenons acte avec ce verdict, qui corrige celui de la Cour d’assises de Pau, qu’il ne saurait y avoir dépénalisation jurisprudentielle de l’euthanasie. Le mouvement Soulager mais pas tuer reste donc mobilisé pour que la future loi fin de vie n’accentue pas la confusion qui se confirme autour des pratiques douteuses de sédation. »

Posté le 24 octobre 2015 à 19h50 par Michel Janva | Lien permanent

23 octobre 2015

Pour Bernard Kouchner, tous les médecins sont des assassins

Lors du procès Bonnemaison, Bernard Kouchner, qui fut ministre ou secrétaire d’Etat à la Santé à trois reprises entre 1992 et 2002, a déclaré sur l'euthanasie : «nous l'avons tous fait».

Quand bien même ce serait vrai, cela ne justifie en rien cet acte criminel.

Posté le 23 octobre 2015 à 13h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (32)

J-3 : piqûre de rappel pour écrire à son sénateur

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C'est par ici.

Posté le 23 octobre 2015 à 13h43 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2015

La sédation euthanasique bientôt légalisée ?

Emmanuel Hirsch, professeur d'éthique médicale à l'université Paris Sud, a écrit dans Le Figarovox :

"Le 21 octobre 2015, la commission des affaires sociales du Sénat examine en deuxième lecture la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie. Elle sera présentée en séance plénière le 29 octobre et selon toute vraisemblance si le gouvernement et les rapporteurs refusent tout amendement (comme ce fut le cas à l'Assemblée nationale les 6 et 7 octobre dernier), cette loi considérée comme transitoire créera les conditions de recevabilité d'une dernière étape légalisant l'euthanasie. Il aurait été politiquement imprudent, dans le contexte idéologique présent, de conclure la concertation nationale lancée le 17 juillet 2012 par François Hollande avec une loi qui reconnaîtrait explicitement comme «nouveau droit» l'euthanasie. Le texte actuel institue notamment la mise en œuvre d'«une sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès, associée à une analgésie et à l'arrêt de l'ensemble des traitements de maintien en vie». Les plus avisés dans ce domaine si complexe des soins en fin de vie, évoquent désormais à ce propos la notion de sédation euthanasique.

La sédation en tant que telle doit être distinguée de la sédation euthanasique. Elle est caractérisée par trois critères: l'intentionnalité, la proportionnalité et la réversibilité. L'intentionnalité légitime une pratique concertée attentive à la décision de la personne malade et à son intérêt direct. La sédation a pour seule visée de soulager le patient, tout en intégrant le risque de provoquer ou de hâter le décès. Il s'agit là du «double effet». La sédation tient compte de la volonté de la personne, de l'évolution de sa position ne serait-ce qu'au regard de la situation clinique. Cet ajustement proportionné permet d'adapter le traitement et d'éviter une partie des effets secondaires indésirables. Contrairement à l'euthanasie ou au suicide médicalement assisté, la sédation préserve la possibilité de réversibilité. La personne peut ainsi confirmer son consentement à la poursuite ou non de la sédation. Elle demeure également en capacité de décider de sa durée s'agissant du temps d'éveil qui lui importe de maintenir afin de favoriser sa vie relationnelle.

En ce qui la concerne, la sédation profonde et continue (SPC) abolit intentionnellement les critères de réversibilité et de proportionnalité incompatibles avec son caractère constant et irrévocable. L'acte médical a dès lors pour fin d'altérer de manière irréversible la conscience de la personne en vue d'une mort «apaisée». C'est pourquoi certains spécialistes de l'éthique l'assimilent à une euthanasie.

[...] Considéré comme de l'obstination déraisonnable, l'arrêt systématisé de l'alimentation et de l'hydratation en phase initiale de SPC pourrait être assimilable à une pratique d'euthanasie passive. En effet, abolir la conscience d'une personne et ne plus l'hydrater a pour conséquence directe l'anéantissement de son existence cognitive et l'extinction de sa vie biologique. Une dérive possible est dès à présent évoquée par les soignants, celle ne plus accorder l'attention nécessaire aux approches antalgiques alternatives, ne serait-ce que dans le cadre d'une sédation «classique», et opter d'emblée, sur simple demande de «la personne malade ou en fin de vie», pour une SPC. [...]"

Posté le 22 octobre 2015 à 12h27 par Michel Janva | Lien permanent

19 octobre 2015

La Belgique manque de candidats pour tuer

Lu ici :

T"La Commission de contrôle de l'euthanasie n'a pas été renouvelée en raison du manque de candidats membres qui remplissent les conditions, rapporte lundi le journal Le Soir. Les mandats des membres de la Commission fédérale de contrôle et d'évaluation de l'application de la loi sur l'euthanasie ont expiré dimanche.

La Commission se compose de quatre professeurs de droit ou avocats, de quatre membres issus de milieux chargés de la prise en charge des patients atteints de maladies incurables et, surtout, de quatre médecins et de quatre "professeurs ordinaires" en médecine. Le tout doublé de suppléants, soit, au total, 32 personnes.

Ce sont en l'occurrence les professeurs en médecine qui posent problème. En effet, une seule candidature a été jugée recevable pour huit places vacantes (effectifs et suppléants).

En attendant son renouvellement, la Commission actuelle poursuivra son travail, comme un gouvernement "en affaires courantes"."

Posté le 19 octobre 2015 à 21h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

Mobilisation des sénateurs : empêchons l’euthanasie des personnes handicapées

La Fondation Lejeune appelle à la mobilisation :

E"Le drame qui s’est noué autour de Vincent Lambert a révélé une faille majeure dans la législation actuelle (Loi Leonetti de 2005) : aujourd’hui en France des personnes qui ont une conscience altérée peuvent être à tort considérées comme des mourants. La proposition de loi sur la fin de vie (des députés Jean Leonetti (LR) et Alain Claeys (PS)) revient en 2ème lecture au Sénat : le 21 octobre en commission et le 29 octobre en séance. Lors du passage du texte à l’Assemblée, début octobre, près de 5 500 soutiens ont alerté leur député, via cette même mobilisation.

A une semaine de la dernière étape de la navette parlementaire, la Fondation Jérôme Lejeune appelle à déployer encore plus d’énergie pour mobiliser les sénateurs et protéger ainsi la vie de tous les Vincent Lambert. Pour cela, la Fondation Jérôme Lejeune relance aujourd’hui, et jusqu’à la date limite de dépôt des amendements (26 octobre), une mobilisation virale « En plein scandale Vincent Lambert, empêchons l’euthanasie des personnes handicapées ». Elle appelle les citoyens à interpeller leur sénateur via une page mobilisation dédiée pour introduire dans la proposition de loi des amendements de nature à :

  1. Préciser qu’une personne handicapée, parmi lesquelles les personnes cérébrolésées, ne peut pas faire l’objet d’un arrêt de traitements par le seul fait qu’elle est handicapée.
  2. Modifier la procédure collégiale, actuellement appliquée dans le cas d’un arrêt de traitement d’une personne inconsciente, en disant que la décision d’arrêt de traitement ne relève pas d’un seul médecin, qu’elle doit être prise après consensus avec la famille, et qu’à défaut de consensus, une médiation doit nécessairement être proposée par l’établissement médical ou médico-social.
  3. Définir ce qui relève des traitements et ce qui relève des soins, de manière à ce que l’administration des soins dus à tout patient, quel que soit son niveau de conscience, ne puisse plus être interprétée comme relevant de l’acharnement thérapeutique.

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, s’émeut :

« La loi Leonetti de 2005 est souvent présentée comme un juste équilibre mais c’est pourtant cette loi qui a permis l’affaire Vincent Lambert. Lequel demain, pourrait être euthanasié par privation d’eau et d’alimentation. A la source, réside l’amalgame permanent et entretenu entre handicap et fin de vie. Non seulement il faut agir pour protéger d’urgence tous les Vincent, mais plus largement, il est nécessaire de créer un cadre légal de protection et de soin des personnes handicapées ».

Posté le 19 octobre 2015 à 16h29 par Michel Janva | Lien permanent

17 octobre 2015

29 octobre : conférence de Viviane Lambert à Nantes

Confe??rence de Viviane Lambert

Posté le 17 octobre 2015 à 09h36 par Michel Janva | Lien permanent

16 octobre 2015

Promotion de l'euthanasie et Républicains font bon ménage

Dans le parti de Nicolas Sarkozy, il est strictement devenu interdit de citer le général De Gaulle, qui parlait de "race blanche" pour qualifier le peuple français, comme l'a fait Nadine Morano, qui en a perdu son investiture.

En revanche, il est autorisé d'organiser la promotion de l'euthanasie avec l'ADMD :

A

Posté le 16 octobre 2015 à 10h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

15 octobre 2015

Ils veulent assassiner vos parents

Lu dans Le Petit Daudet, publication de La Ligue du Sud :

B"C’est une affaire que les partisans acharnés de l’euthanasie avaient voulu monter en épingle pour soutenir leurs thèses morbides. Et c’est une affaire qui a fini par les desservir tant les faits sont accablants. Nicolas Bonnemaison, ancien médecin urgentiste angevin, avait accéléré la mort de sept de ses patients sans les en informer, ni même de prendre soin de converser avec leurs familles. Matériellement, il les a donc assassinés.

Mais cela n’émeut pas Michèle Delaunay, ministre, et Jean-Jacques Ameisen, président du Comité Consultatif National d’éthique, qui sont venus à la barre défendre celui qui donna la mort à ces pauvres patients dits « en fin de vie ». L’épouse du praticien est allée jusqu’à prétendre que tout cela n’était pas bien grave car Nicolas Bonnemaison mettait fin à des agonies, déshumanisant ainsi l’ensemble des malades en proie à une affection qui pourrait leur être fatale. Nicolas Bonnemaison représente une pratique médicale tout à fait ignorante du respect de la fin jusqu’à son terme naturel. Il le revendique d’ailleurs : « J’ai agi en médecin comme je le conçois, jusqu’au bout du bout ». Or Jacques Bompard rappelait dernièrement à l’assemblée nationale qu’elle était la lettre originale du serment d’Hippocrate : « J’utiliserai le régime pour l’utilité des malades, suivant mon pouvoir et mon jugement ; mais si c’est pour leur perte ou pour une injustice à leur égard, je jure d’y faire obstacle. Je ne remettrai à personne une drogue mortelle si on me la demande, ni ne prendrai l’initiative d’une telle suggestion. De même, je ne remettrai pas non plus à une femme un pessaire abortif. »

Evidemment les manipulations sont aisées sur le sujet de la fin de vie. Les officines habituellement concernées par la promotion de la mort sur la vie l’ont d’ailleurs bien démontré : elles truquaient récemment des sondages pour affirmer que tous les Français étaient favorables à l’euthanasie, et prétendaient ne pas aller au-delà de simples modifications techniques, alors qu’elles défendent dans leur réunion l’euthanasie pour détresse psychologique et l’euthanasie des mineurs. En l’occurrence le professeur Bonnemaison utilisait deux substances : le Norcuron et l’Hypnovel qui ont des effets létaux bien connus. Une véritable affaire des poisons

La question de la fourniture de soins palliatifs et de la formation humaine et technique des personnels soignants se pose bien entendu. Mais il faut rappeler qu’en séance à l’assemblée nationale, la majorité socialiste a refusé un amendement sur l’extension du financement des soins palliatifs. Ce qu’il faut donc comprendre de ce procès c’est la mobilisation de l’appareil d’état en faveur de l’extension de la culture de mort dans un procès qui ne revient pourtant qu’à des assassinats. Comble de la provocation, Michèle Delaunay a ajouté à la fin de l’audience : « La loi ne pourra jamais tout résoudre. Jamais. Il y a aura toujours, à un moment, un colloque singulier entre le médecin et la personne qui va mourir. Et dans ce moment, la loi doit se retirer sur la pointe des pieds. » C’est énorme après que les socialistes aient insisté pour légaliser de fait le suicide lors de la loi dite sur « les nouveaux droits des patients en fin de vie » que Jacques Bompard a ardemment combattue. Il faut dire que lors du procès Bonnemaison le fils d’une femme de 92 ans a témoigné en disant : « il m’a privé de mes droits, de mes adieux ». Glaçant."

Posté le 15 octobre 2015 à 13h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

13 octobre 2015

Quand on agonise on ne vit plus...

Unknown-13L'épouse du Dr Bonnemaison, ex-médecin, radié en 2014 pour avoir assassiné plusieurs patients, acquitté et de nouveau embauché à l'hôpital (dans un service administratif), actuellement rejugé en appel, a été défendu par son épouse qui a justifié ainsi ses crimes :

"Nicolas n'a pas mis fin à des vies, il a mis fin à des agonies."

Pas de soins palliatifs : l'agonie c'est comme l'amas de cellules, on y met fin, on ne tue pas !

Posté le 13 octobre 2015 à 08h04 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (19)

09 octobre 2015

Philippe de Villiers : "Une société qui porte atteinte à la vie est entraînée dans une logique mortifère"

Invité de l'émission Territoires d'Infos sur Sud Radio et Public Sénat, Philippe de Villiers a défendu la culture de vie en répondant à une question sur Vincent Lambert : 

Philippe-de-Villiers_image-gauchesud"[J'espère] qu'on le sauve. Une société qui porte atteinte à la vie quelle que soient les circonstances est entraînée dans une logique mortifère.

Nous assistons aujourd'hui, depuis que l'avortement est devenu le passeport de toute les transgressions en France, à la déshumanisation progressive du monde par l'effacement planifié du visage de l'homme.

Dimanche dernier, j'étais dans un salon et ma voisine était Viviane Lambert. J'ai parlé avec elle, je peux vous dire qu'il est en vie, qu'il réagit(...) C'est quelqu'un qui doit vivre. On ne doit pas le tuer parce que si on tue ce garçon, alors tout est possible"

Quant à la une de Charlie Hebdo, il commente cette infamie ainsi sur BFM:

"Cette une est un acte raciste, d'un racisme particulier qui s'appelle le racisme chromosomique, d'autant plus monstrueux que ces enfants handicapés ne peuvent pas se défendre, ils sont le plus souvent éliminés dans le sein de leur mère. Nous assistons à une résurgence de l'astre noir de l'eugénisme nazi".

Posté le 9 octobre 2015 à 21h06 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

Nouveau sursis pour Vincent Lambert

Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté ce matin la requête de François Lambert, qui réclamait que le Dr Simon et ses confrères de l'hôpital de Reims exécutent sans délai la mise à mort de son oncle Vincent. Les juges administratifs ont estimé que les médecins étaient en droit, en vertu de leur « indépendance professionnelle et morale », de suspendre l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation de Vincent Lambert, engagé en juillet dernier, après les décisions du Conseil d’Etat et de la Cour européenne. Suspension qui avait été annoncée à la surprise générale par le Dr Simon, officiellement en raison de menaces sur Internet, mais plus probablement pour se donner le temps de se couvrir juridiquement - l'équipe médicale a en effet demandé à la justice de désigner un représentant légal pour Vincent Lambert.

Le neveu a annoncé qu'il allait déposer un recours.

Posté le 9 octobre 2015 à 12h00 par Louise Tudy | Lien permanent

08 octobre 2015

La CEDH a intégré un droit de se suicider

Grégor Puppinck, Docteur en droit et directeur du European Center for Law and Justice et Claire de La Hougue, Docteur en droit et avocate, ont publié dans la Revue générale de droit médical (septembre 2015) un commentaire approfondi de l’arrêt Lambert rendu par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) le 5 juin 2015. Grégor Puppinck est interrogé par Gènéthique. Extraits :

C"L’affaire Lambert intervient alors que la Cour européenne a déjà, depuis quelques années, développé l’idée qu’il existerait un droit au « suicide assisté », c'est-à-dire à l’euthanasie volontaire. La rédaction de l’article 2 interdit clairement « d’infliger la mort à quiconque intentionnellement », elle ne laisse place à aucune exception autre que celles limitativement énumérées (peine capitale, légitime défense, etc) et ne prévoit pas que le consentement de la victime puisse justifier une telle exception. Pourtant, dans une série d’affaires relatives au suicide assisté, la Cour a introduit une nouvelle exception au droit à la vie (art. 2) par une lecture combinée avec le droit au respect de la vie privée et familiale (art. 8), en faisant prévaloir le droit à l’autonomie individuelle – lequel contiendrait un droit de se suicider – sur la protection de la vie.

La Cour a intégré un droit de se suicider en forgeant un droit subjectif à la qualité de la vie de nature à primer le droit objectif à la vie. La Cour énonce ainsi : « Sans nier en aucune manière le principe du caractère sacré de la vie protégé par la Convention, la Cour considère que c'est sous l'angle de l'article 8 que la notion de qualité de la vie prend toute sa signification »Ce glissement de la vie à la qualité de la vie conduit à la revendication de l’autodétermination et finalement à un droit à la qualité de la mort.

La Cour justifie ce nouveau droit au suicide assisté par une conception individuelle et réflexive de la dignité : « A une époque où l'on assiste à une sophistication médicale croissante et à une augmentation de l'espérance de vie, de nombreuses personnes redoutent qu'on ne les force à se maintenir en vie jusqu'à un âge très avancé ou dans un état de grave délabrement physique ou mental aux antipodes de la perception aiguë qu'elles ont d'elles-mêmes et de leur identité personnelle ». Chacun devient donc juge de sa dignité individuelle, laquelle n’est plus inhérente et absolue, mais subjective et relative, étroitement liée à la qualité de la vie.

En l’espèce, dans l’affaire Lambert, il ne s’agit pas d’un cas de suicide assisté ; mais la Cour fait encore appel à ces notions subjectives de dignité et de qualité de la vie pour les opposer à l’obligation de respecter la vie, en se fondant sur la volonté de Vincent Lambert telle que rapportée par son épouse et reconnue par le Conseil d’Etat.

La situation de Vincent Lambert est différente des cas de suicides assistés sur lesquels la Cour s’était prononcée, car Vincent Lambert n’a pas lui-même demandé à mourir, et il n’est pas en mesure de mettre fin à ses jours par lui-même. En l’espèce, son épouse estime qu’il n’aurait pas voulu vivre dans cet état de santé, et la décision relative à sa mort appartient au médecin.

La Grande Chambre note l’existence, en matière d’arrêt de traitement, d’un large consensus s’agissant du « rôle primordial de la volonté du patient dans la prise de décision, quel qu’en soit le mode d’expression » (§ 147). Elle dit y accorder une grande importance. Pourtant, en l’espèce, la Cour se contente d’un très faible niveau d’indices du désir de mourir de Vincent Lambert. Plus encore, elle accepte qu’une tierce personne (le médecin traitant, des proches, son représentant légal, ou le juge) puisse décider de l’arrêt du traitement (§ 75) à défaut de directives anticipées du patient. [...]

En jugeant ainsi, la Cour expose à la mort les milliers de personnes qui sont dans le même état de santé que Vincent Lambert; elle leur retire la protection jusque là absolue du droit à la vie garanti par l’article 2 de la Convention. Comme le notent les juges dissidents, il s’agit effectivement d’un « pas en arrière dans le degré de protection que la Convention et la Cour ont jusqu’ici offerte aux personnes vulnérables. » Ce « pas en arrière » du droit compense « les pas en avant » de la médecine dans la protection de la vie.

Jamais un arrêt de Grande Chambre n’a été critiqué avec autant de véhémence par les juges dissidents, qui ont fait porter leur critique jusqu’à la Cour elle-même, en tant qu’institution. Les cinq juges minoritaires ont fustigé la décision de la majorité, la qualifiant « d’effrayante ». Ils soulignent qu’il s’agit bien d’un cas « d’euthanasie » car Vincent Lambert n’est pas en fin de vie, les soins qu’il reçoit sont proportionnés et il n’a jamais formulé de « directives anticipées » indiquant sa volonté en pareille situation. Dès lors, pour les juges dissidents, il n’y a aucune raison de mettre fin volontairement à sa vie, sauf à estimer « qu’il n’a plus d’utilité ou d’importance pour la société et qu’en réalité il n’est plus une personne».

Car ce sont bien deux conceptions de la personne humaine et des droits de l’homme qui s’opposent dans cette affaire, et au sein d’une Cour de plus en plus divisée sur le fond : la conception humaniste qui estime et protège la dignité inhérente de toute personne, et la conception individualiste qui ne croit pas en la nature humaine mais seulement en la volonté individuelle. Ces deux conceptions mènent à deux sociétés radicalement différentes. Ce conflit ne peut être résolu, il est destructeur de l’autorité des droits de l’homme.

Cette décision marque un tournant dans l’histoire de la Cour : elle réintroduit dans la légalité européenne la possibilité de décider de la mort d’une personne handicapée, alors même que c’est précisément contre de telles pratiques que la Convention européenne des droits de l’homme a été proclamée en 1950, à la suite notamment des procès de Nuremberg où des médecins ont été condamnés pour avoir fait mourir de faim des personnes handicapées. [...]"

Posté le 8 octobre 2015 à 16h15 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2015

Cette loi est une étape vers la légalisation de l’euthanasie

Communiqué de Marion Maréchal-Le Pen :

20150828_1_6_1_1_0_obj9695211_1"Marion Maréchal-Le Pen a voté contre la proposition de loi intitulée « les nouveaux droits des personnes malades et en fin de vie » mardi 6 octobre.

Les Socialistes et les Républicains se sont unis pour soutenir une réforme brisant l’équilibre de la loi Léonetti de 2005 qui faisait pourtant presque consensus bien qu’elle fût perfectible.

Cette nouvelle loi n’est qu’une étape supplémentaire franchie vers la légalisation de l’euthanasie humaine.

Le titre trompeur de la proposition Claeys-Leonetti impose en réalité aux médecins de provoquer la mort du patient qui réclame d’être mis sous sédation sans possibilité de bénéficier d’une objection de conscience. Le modèle unique de la directive anticipée, conçue pour refuser ou limiter des traitements, incite fortement le malade au recours de cette pratique.

Les législateurs du RPS ont trouvé dans la sédation profonde et continue le sésame d’une « fin de vie digne ». Accompagnée systématiquement de l’arrêt des traitements auxquels sont assimilées la nutrition et l’hydratation, la sédation profonde ne sert plus à éviter la douleur mais à abrèger la vie dans un souci de rentabilité, sans retour en arrière. Les derniers espoirs d’amélioration sont impossibles et la mort certaine sous trois à cinq jours. La fin de vie « digne » devient une euthanasie par omission de soins élémentaires dus à tout être humain.

Le choix de société fait par cette loi est clair : celui de la facilité et de l’économie au détriment de l’accompagnement humain et médical le plus exigeant à l’égard des personnes vulnérables.

Le message de vie que délivre le Front National passe par le renforcement de la formation du personnel médical aux soins palliatifs et par la préférence donnée à la sédation intermittente pour calmer les souffrances mal soulagées. Il est indispensable de préserver les liens familiaux et sociaux du malade jusqu’aux ultimes moments de sa vie. Les soins palliatifs doivent constituer la priorité d’un grand chantier national consacré au développement de la culture palliative dans notre pays."

Posté le 7 octobre 2015 à 16h36 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (9)

06 octobre 2015

Les votes pour la proposition de loi sur la fin de vie

Les députés qui lèvent la main ont voté pour la sédation terminale, les autres ont voté contre :

POUR

Posté le 6 octobre 2015 à 18h43 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)


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