19 septembre 2014

Le CHU de Poitiers aurait-il dû maintenir Titouan en vie ?

Annoncé par des proches de la famille, le décès de ce petit bout de chou de 900g, né quatre mois trop tôt, n'a pas encore été confirmé. Mais le CHU de Poitiers avait annoncé hier :

"L’état de santé du nouveau-né s'est dégradé ces dernières heures et les modalités d'accompagnement de fin de vie ont été définies en associant la famille."

Un communiqué qui soulève des questions éthiques, comme le relève Adélaïde Poujol :

"Pour le corps médical, plusieurs fois réuni pour étudier la situation, un temps était nécessaire pour la réflexion. Pour les parents, en revanche, la décision était prise : ils ne veulent pas d’un enfant handicapé. Plus encore, ils dénonçaient l’attitude des médecins coupables [à leurs yeux] d’acharnement thérapeutique… Alors que ces derniers affirment que les soins dont bénéficie Titouan n’entrent pas dans la catégorie des soins dits « intensifs ». (...)

Peu de détails ont été donnés sur l’état de santé de Titouan, peu de choses ont été révélées par l’équipe médicale sur les séquelles dont il aurait été victime : les médecins le savaient-ils vraiment ? On sait seulement que son état s’était fortement dégradé ces derniers jours. Est-ce la réaction des parents qui aurait influencé la prise de décision ?

Telles que les choses ont été présentées, l’arrêt des soins a été décidé non pas parce qu’il s’agissait d’obstination déraisonnable mais parce que le handicap aurait été « trop lourd ». « Derrière le regard que l’on porte sur les personnes vulnérables, il y a un enjeu de civilisation », commente encore Tugdual Derville. Nul ne peut nier la difficulté que représente l’accueil d’un enfant handicapé, mais comment accepter que le corps médical laisse mourir un enfant parce que ses parents n’en veulent pas ?"

Il y a quelques années, la revue Ombres et lumière avait consacré un numéro à la grande prématurité. Faut-il systématiquement réanimer ? Quelle différence entre soin et traitement ? Qu'est-ce qui relève de l'acharnement thérapeutique ? Peut-on laisser mourir un enfant parce qu'il sera handicapé ?  Extrait de ce numéro, l'interview du Père Mattheeuws donnera un éclairage chrétien aux médecins et aux familles confrontés à toutes ces questions.

Ajoutons que l'OCH, qui édite cette revue, propose une ligne d'écoute pour soutenir et conseiller ceux qui en ont besoin.

Posté le 19 septembre 2014 à 20h12 par Louise Tudy | Lien permanent

17 septembre 2014

Bruno Le Roux lie "fin de vie" et "dépense publique"

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée à hier soir, à l'issue du discours de politique générale de Manuel Valls, a évoqué la question de l'euthanasie. Cette question n'avait pas été abordée par le Premier ministre dans son discours. Le plus inquiétant est le contexte dans lequel Bruno Le Roux l'a abordé, liant la "fin de vie" à la "dépense publique" du pays :

"Il convient de même, comme vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, que chaque Français puisse bénéficier du progrès [...] qu’il s’agisse des jeunes, dans le système éducatif, des salariés, des étudiants, des retraités ou des personnes en fin de vie, car ces dernières occupent une place importante dans le travail que nous allons accomplir dans le domaine du vieillissement et aussi – nous l’espérons, monsieur le Premier ministre – de la fin de vie, dans les prochains mois : vous le savez, c’est un sujet qui revêt à nos yeux une grande importance. Toutes ces questions appellent une réflexion de notre part sur la dépense publique, afin qu’elle soit, demain, mieux orientée et plus efficace pour les Français."

Bruno Le Roux

Pour rappel quelques notes de l'Institut France Renaissance sur la question :

Posté le 17 septembre 2014 à 15h54 par Michel Janva | Lien permanent

"Il n'y a jamais urgence à tuer, d'autant que c'est irréversible"

Ce n'est pas Monsieur de La Palisse qui a prononcé ces mots, mais le chef de l'unité de néonatologie-Bloc Maternité au CHU de Bordeaux, se prononçant sur le douloureux cas d'un nourrisson grand prématuré, dont les parents, craignant des handicaps lourds, souhaitent que l'on cesse de lui prodiguer des soins :

"Les parents d'un bébé grand prématuré, soigné au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers, réclament la fin des soins prodigués à leur enfant, né près de quatre mois avant terme, alors que le corps médical réfute tout acharnement.

"Depuis plus d'une semaine, on a pris cette décision. Qui veut une vie de handicap pour son fils? S'il y a des familles qui le souhaitent, nous, nous ne le souhaitons pas", a déclaré à un correspondant de l'AFP le couple de trentenaires, originaire de Charente-Maritime, près de Saintes, qui, tout en gardant l'anonymat, souhaite alerter l'opinion sur cette question.

Leur petit Titouan est né le 31 août, à 25 semaines et demie de grossesse, soit près de quatre mois avant le terme. Le bébé, né à Saintes, a été transféré au CHU de Poitiers. Il ne pesait que 900 grammes à la naissance, mais surtout, selon les parents, a subi une hémorragie cérébrale. Une lésion ne s'est pas résorbée et il est impossible pour les médecins, pour l'instant, de prédire avec exactitude le degré de son handicap. "On ne nous assurera jamais qu'il va vivre par la suite. Nous savons qu'il a de graves séquelles." "On l'a vu pleurer, il s'agite et on nous dit "Ne vous inquiétez pas, il ne souffre pas, on le sédate." C'est très difficile", a ajouté mardi, en pleurs, Mélanie, la mère. "Ils veulent maintenir cette vie-là, mais à quel prix pour lui ?"

Le CHU a dissocié mardi le cas de Titouan d'une situation d'acharnement thérapeutique ou du débat récurrent sur l'euthanasie, évoquant le besoin de prendre du temps.

"Nous ne sommes pas dans une réanimation intensive, pas dans un acharnement, mais dans un accompagnement, le temps de l'évaluation, pour être certains d'apporter les meilleures informations possibles", a expliqué sur France Bleu le Pr Fabrice Pierre, chef du service gynécologie-obstétrique.

"Il faut être sûr qu'un enfant est séquellaire et pouvoir appréhender le type de séquelles, donc pouvoir informer les parents et qu'ils prennent leur décisions en ayant le meilleur éclairage (...), on ne peut pas le faire de façon précipitée", a-t-il plaidé. Cette évaluation peut nécessiter "de l'ordre de quelques sermaines", a ajouté le Pr Pierre, assurant que le corps médical comprend que les parents sont "dans un parcours de souffrance".

"Mais, dans de telles situations médicales, impliquant des notions de vie et de mort, on a besoin de ce recul, et les parents autant que tout le monde", a-t-il dit à l'AFP. "Mais s'il survient un évènement aigu, il n'y a pas d'acharnement", a-t-il assuré.

Face à l'insistance des parents, l'équipe de néonatalogie du CHU de Poitiers a sollicité l'avis d?un groupe de réanimateurs de l'Hôpital Antoine-Beclère de Clamart (Hauts-de-Seine). S'ensuivra dans les prochains jours un débat éthique avec des professionnels et non-professionnels de santé, procédure assez courante en néonatalogie, mais aussi pour les urgences ou pathologies graves.

Des spécialistes de néonatalogie soulignaient mardi la complexité, pour les grands prématurés, de prédire les séquelles, pas nécessairement liées aux lésions cérébrales, et ce plus les enfants, donc leurs cerveaux, sont petits, avec des évolutions rapides dans un sens ou l'autre. D'où une prudence assez courante.

"Le fait de bien se poser, pour être sûr qu'on ne fait pas de bêtises, et de réanimer en attendant, est une procédure habituelle, demandée et conseillée par tous les organismes professionnels qui traitent de ce sujet. De temps en temps, il est urgent de ne pas agir. Il n'y a jamais urgence à tuer, d'autant que c'est irréversible", observe le Dr Christophe Elleau, chef de l'unité de néonatologie-Bloc Maternité au CHU de Bordeaux. Selon lui, une absence de consensus comme à Poitiers est relativement rare: "On a obligation d'essayer de réanimer si les parents le veulent et aussi la possibilité de ne pas réanimer et de passer dans ce que prévoit la loi Léonetti, l'accompagnement vers la fin de vie. Cela veut dire qu'on a obtenu une adhésion de l'équipe et de la famille en ce sens."

Sans porter de jugement hâtif sur la décision des parents, on se doit de souligner que si l'option de l'euthanasie n'était pas dans l'air du temps, ils n'auraient jamais évoqué la possibilité de tuer ce bébé, handicapé ou non. On constate une fois de plus le flou de la loi Léonetti, qui laisse la porte ouverte aux interprétations variées de la notion de "fin de vie". En attendant, il y a surtout urgence à accompagner et aider les parents en détresse face au handicap d'un enfant, à les épauler au quotidien pour qu'ils se sentent moins seuls dans la tâche difficile d'élever un enfant handicapé. Ce serait beaucoup plus utile que de les laisser dans un sentiment d'échec et d'abandon, qui les pousse sans aucun doute à prendre de mauvaises décisions.

Posté le 17 septembre 2014 à 12h10 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (14)

16 septembre 2014

L'ADMD veut tuer ses adhérents à la tâche

En 2011, l'âge médian des adhérents de l'ADMD se situait entre 75 et 79 ans. Voici comment Jean-Luc Roméro s'est adressé à eux lors de la dernière assemblée générale de l'association :

"Permettez-moi de vous dire la colère et l’incompréhension qui est parfois la mienne lorsque je reçois des lettres demandant l’organisation de manifestations nationales et que nous ne sommes que 500 sur la place de la République, à Paris, le 24 mars 2012, alors que nous avons trois fois plus d’adhérents en région parisienne.

Bien sûr, notre Journée mondiale tombe le 2 novembre, en automne ; un dimanche cette année, de surcroît. Allons-nous chaque année nous plaindre du calendrier ? Ou bien allons-nous mettre enfin nos bottes et nos manteaux pour donner deux heures de notre temps pour montrer, pacifiquement, notre désaccord avec la façon de faire de François Hollande ?"

Et ainsi de suite. Cet autre extrait donne une idée de sa conception de la "dignité"... et du respect de la loi :

"Permettez-moi aussi de vous dire ma frustration lorsque je reçois des lettres exigeant de moi que je trouve des personnes qui accepteraient de témoigner d’une euthanasie à venir et que, lorsque nous aidons des personnes, celles-ci – je le comprends, néanmoins – veulent protéger cette ultime intimité et mourir cachées

Nous devons tous, chacune et chacun des adhérents de l’ADMD, qu’il ait un titre ou pas, chacune et chacun dans cette salle, faire de notre combat individuel un combat collectif."

Un "combat" contre la vérité. Sur son blog, l'association s'est vantée d'avoir obtenu les excuses du rédacteur-en-chef adjoint du Midi libre et la promesse d'une enquête interne, à la suite de la publication de cet article :

Midi libreRemarquons, soit dit en passant, que l'utilisation, y compris par votre blog, du terme "euthanasie", constitue en soi une victoire des partisans de la culture de mort puisque étymologiquement, "eu-thanatos" signifie "bonne mort."

Posté le 16 septembre 2014 à 10h20 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (6)

14 septembre 2014

Prisonnier euthanasié, une première en Belgique

L'interné qui a attaqué en justice la ministre de la Justice pour obtenir son transfert pour être euthanasié, pourra finalement être transféré vers un hôpital en vue d'y être euthanasié. Le ministère de la Justice et l'avocat ont en effet conclu un accord en ce sens.

Posté le 14 septembre 2014 à 19h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

08 septembre 2014

Elle craint d'aller dans une maison de retraite, il l'euthanasie

La boîte de Pandore a été ouverte il y a douze ans aux Pays Bas.

Posté le 8 septembre 2014 à 15h14 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

05 septembre 2014

Euthanasie : plainte devant la CEDH contre la Belgique

Outre l'affaire Lambert, la CEDH devra juger une affaire d'euthanasie ayant eu lieu en Belgique, ainsi que l'écrit Gènéthique :

"Le 20 avril dernier, M. Tom Mortier apprenait qu'une injection létale avait été administrée à sa mère, à l'hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel. La patiente souffrait d'une dépression chronique. L'euthanasie a été pratiquée par le Dr Wim Distelmans, médecin et président de la commission de contrôle de l'euthanasie en Belgique.

L'affaire se poursuit aujourd'hui devant la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). L'Alliance Defending Freedom (ADF) vient en effet d'annoncer qu'une requête a été déposée devant la CEDH par M. Tom Mortier, le fils. Ce dernier n'a en effet été avisé du décès de sa mère que le lendemain, au cours d'une conversation téléphonique. Il dépose donc un recours pour violation des 

"des articles 2 (droit à la vie), 8 (droit au respect de la vie privée et familiale) et 13 (droit à un recours effectif) de la Convention européenne des droits de l'homme"."

Posté le 5 septembre 2014 à 22h17 par Michel Janva | Lien permanent

Les proches de Vincent Lambert demandent de vrais soins

Lu dans le Figarovox :

"Depuis près d'un an et demi, nous avons souhaité rester le plus discrets possible mais aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous taire.

Nous sommes profondément meurtris par l'état de Vincent, par les défauts et refus de soins dont il est la victime depuis bientôt deux ans, et par la volonté délibérée et les manœuvres pour l'euthanasier à toute force, y compris par certains membres de sa propre famille.

C'est pourquoi nous souhaitons lancer cet appel du cœur et de la raison et rectifier les contrevérités qui courent.

Non, Vincent n'est pas un légume. L'état dit végétatif qu'on lui a collé est un terme péjoratif qui est contesté par certains spécialistes, car il ne correspond pas à la réalité. Ils lui préfèrent le terme cliniquement exact «d'état d'éveil sans réponse». Vincent dort, se réveille, suit parfois son entourage des yeux, réagit à certaines sollicitations, n'est branché à aucune machine, ne reçoit aucun traitement qui le maintiendrait en vie. Vincent n'a besoin que d'être nourri et hydraté.

Au bout de cinq ans, le Dr Éric Kariger a décidé de lui supprimer sa nourriture en prétendant qu'il s'agissait d'un traitement médical… Quelque explication que l'on puisse donner,cesser de nourrir et d'hydrater n'a d'autre but que de provoquer délibérément la mort de Vincent qui, faut-il le rappeler, n'est pas en fin de vie.

Nous étions une famille unie, autour de Vincent. Un homme l'a fait éclater en avril 2013: le Dr Éric Kariger, lorsqu'il a convaincu Rachel de mettre fin à la vie de Vincent par arrêt de son alimentation. Devant nos oppositions et nos supplications, il pouvait tout arrêter mais il était au contraire déterminé malgré des oppositions formelles, ce qui constitue une première dans l'histoire médicale de notre pays. Aujourd'hui comme hier, malgré l'aspect douloureux de cette affaire, il répond volontiers aux médias pour parler de lui, sans faire cas de la famille brisée qu'il laisse derrière lui. Il a été largement aidé par ceux qui, sous couvert d'humanité, ont utilisé le cas de Vincent, soit pour faire leur promotion personnelle, soit pour en faire un enjeu politique et législatif. Tous ceux-là oublient que Vincent, notre frère, est un être humain.

Comme vous, nous sommes infiniment navrés de voir notre frère dans son état. Comme vous, nous saluons Rachel qui s'est occupée de son mari pendant quatre longues années avant de décider de partir vivre en Belgique. Comme vous certainement, nous sommes admiratifs de voir à quel point nos parents, qui depuis plus d'un an ont pris le relais de Rachel, s'occupent de lui au quotidien à Reims et lui dévouent leur vie.

Aucun d'entre nous n'a envie de se retrouver dans une telle situation, c'est évident, de même que la situation de Vincent est un fardeau que nous ne souhaitons à personne.

Mais ce n'est pas parce que le fait d'entourer Vincent est pénible pour son entourage que Vincent, qui ne demande rien à personne, doit être mis à mort.

Ce n'est pas parce que Vincent a une conscience altérée qu'il n'est plus un homme. À ce compte, il faudrait se débarrasser des handicapés mentaux et des déments au lieu d'en prendre soin.

Vincent est peut-être le «maillon faible» de notre société, mais contrairement au jeu télévisé, une société vraiment humaine est celle qui accompagne ses «maillons faibles», qui les porte, qui les soigne. Une société qui met à mort ceux qui ne peuvent pas se défendre renie tous ses principes et est appelée à sombrer dans la barbarie.

Personne ne peut dire ce que voudrait Vincent aujourd'hui. Il n'a laissé aucun écrit, aucun témoignage enregistré, aucun élément digne de foi, susceptible de confirmer qu'il souhaiterait qu'on le fasse mourir. Rachel a parlé de ses prétendus souhaits verbaux pour la première fois en cinq ans quand il s'est agi de valider la décision de mort du Dr Éric Kariger. Qui accepterait d'être ainsi à la merci d'un témoignage aussi tardif et contestable?

Nous sommes au contraire témoins de la volonté de vivre de notre frère: nous avons vu qu'après 31 jours passés sans manger, sa force de vie l'a emporté: il n'a pas lâché psychologiquement, alors qu'il serait mort en dix jours en avril 2013 s'il s'était laissé aller.

Qui a le pouvoir, sous prétexte qu'il est bien portant, de décider de la mort d'une personne parce qu'elle serait gravement handicapée? Ni vous, ni nous.

Qui peut dire que Vincent veut mourir? Personne.

Alors pourquoi lui infliger toutes ces maltraitances, pourquoi lui refuser depuis deux ans la kinésithérapie de confort qui constitue une exigence de soin de base, pourquoi ne lui faire aucune stimulation sensorielle, pourquoi ne lui donner comme seul horizon que le plafond de sa chambre sans le mettre chaque matin dans un fauteuil moulé sur mesure, comme l'exigent les bonnes pratiques? Pourquoi refuser qu'il puisse sortir et le laisser enfermé sous clé, dans sa chambre, comme un prisonnier dans le couloir de la mort?

1 700 personnes comme Vincent sont traitées dans quelque 300 unités spécialisées ou à domicile, comme des êtres humains et ont droit à ces soins quotidiens.

1 700 personnes y ont droit sauf une! Vincent Lambert. Notre frère. Qui est traité comme un mort-vivant.

C'est pourquoi nous réclamons désormais publiquement, comme nous le faisons depuis presque deux ans, qu'il cesse d'être considéré comme un mort en sursis et qu'il bénéficie enfin d'un projet de vie, et des soins appropriés à son état conformément à la circulaire n° 2002-288 du 3 mai 2002, bafouée depuis deux ans par le CHU de Reims."

Posté le 5 septembre 2014 à 11h27 par Michel Janva | Lien permanent

04 septembre 2014

CEDH : le gouvernement invoque l’exception française jusqu’à la mort

Poursuivie devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme par les parents de Vincent Lambert, La France vient de rendre ses observations à la Cour : le gouvernement y réclame une exception française pour déroger à la Convention européenne des Droits de l’Homme. Communiqué de la Fondation Lejeune :

"Selon les parents de Vincent Lambert, en validant la procédure d’arrêt de vie en application de la loi Leonetti, la France a porté atteinte à plusieurs droits fondamentaux du patient garantis par la Convention européenne des droits de l’Homme: le droit à la vie (article 2), l’interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants (art. 3) et l’interdiction de porter atteinte à l’intégrité physique (art. 8). La France répond donc aux 6 questions posées par la CEDH. Gènéthique (www.genethique.org) s’est procuré le document. Plusieurs points intéressent particulièrement la Fondation Lejeune.

  • Alors que la CEDH impose (art. 2 de la Convention) aux Etats de « s’abstenir de donner la mort intentionnellement » à la France botte en touche affirmant qu’il ne s’agit pas « d'une décision visant à provoquer la mort, mais (…) de l'attitude à adopter à l'égard de la vie d'un patient »
  • Alors que la jurisprudence de la CEDH rappelle aux Etats « l'obligation positive de protéger la vie » à la France invoque l’exception du cas français arguant que « ces arrêts ne sont pas transposables au cas en l'espèce »
  • Alors que l’article 2 de la Convention implique d’« assurer la protection de la vie de leurs malades » à La France oppose la prétendue « obstination déraisonnable » dont Vincent Lambert serait l’objet, un « acharnement » qui se limite pourtant concrètement à l’hydratation et à l’alimentation d’un homme qui n’est pas en fin de vie.
  • Alors que la France elle-même interdit l’euthanasie, les observations de la France font valoir qu’en supprimant les « suppléances vitales » (alimentation, hydratation), le médecin « n’agit pas dans l’intention de donner la mort ».
  • Alors que la CEDH (art. 3) « interdit aux États de pratiquer la torture, ou de soumettre une personne relevant de sa juridiction à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants » à la France répond que « toutes les dispositions seront prises pour éviter l’inconfort et la souffrance éventuelle du patient ».
  • Alors que la CEDH (art. 8) interdit de « porter atteinte à l’intégrité physique » à la France admet qu’elle le fera mais « dans des conditions de nature à respecter sa dignité ».

Le gouvernement travestit la réalité : donner la mort n’est plus tuer."

Posté le 4 septembre 2014 à 14h09 par Michel Janva | Lien permanent

02 septembre 2014

80% des personnes favorables à l'euthanasie

... dans l'Allemagne nazie :

"L’Allemagne inaugure le 2 septembre 2014 à Berlin un monument consacré aux victimes des crimes d’euthanasie commis par le régime hitlérien. Le programme d’euthanasie de ce dernier, qui entendait supprimer «des vies indignes d’être vécues», a fait plusieurs centaines de milliers de victimes : handicapés, malades mentaux, personnes âgées… Des massacres qui ont précédé et testé la «solution finale».

Le 1er septembre 1939, Adolf Hitler signe un décret autorisant le lancement du programme T4 (abréviation renvoyant à l’adresse de l’organisation qui s’en occupe, installée au Tiergartenstrasse 4 à Berlin). L’opération est évidemment classée secret d’Etat. T4 étant un euphémisme, habituel chez les nazis, pour masquer la réalité d’un programme d’euthanasie, en clair l’extermination systématique des handicapés physiques et mentaux, enfants et adultes placés dans des institutions. Une opération en lien avec l’orientation idéologique d’un régime qui entend favoriser la «pureté» de la «race aryenne» par la «suppression de vies indignes d’être vécues» (expression citée par Léon Poliakov, Le Bréviaire de la haine, Calmann-Lévy, 1951). [...]

Résultat : de janvier 1940 à août 1941, quelque 70.000 personnes furent assassinées dans le cadre de T4, selon les chiffres de l’administration hitlérienne (cités par Poliakov) elle-même. [...] l’opinion semblait en phase avec ses dirigeants : «80%» des proches de malades mentaux assassinés «sont d’accord, 10% protestent et 10% sont indifférents». [...]"

Posté le 2 septembre 2014 à 12h14 par Michel Janva | Lien permanent

01 septembre 2014

Didier Sicard adepte de l'euthanasie ?

Si l'on en croit ce tweet :

Addendum : pour rappel, en juillet 2012, Didier Sicard a été désigné par François Hollande en tant que coordinateur d'une Commission chargée de réfléchir sur les modalités d'assistance au décès pour les personnes en fin de vie. La commission a rendu le 18 décembre 2012 un rapport intitulé par les médias « rapport Sicard ». 

Posté le 1 septembre 2014 à 21h48 par Michel Janva | Lien permanent

31 août 2014

Les handicapés mentaux et physiques euthanasiés par les nazis ont leur monument

Eh oui, l'euthanasie n'est pas une folie récente :

"Berlin inaugure un mémorial pour les handicapés physiques ou mentaux massacrés par les nazis

Entre janvier 1940 et août 1941, les médecins ont gazé plus de 70.000 personnes - handicapés physiques et mentaux, enfants qui avaient des troubles d'apprentissage, et des gens désignés comme "inadaptés" sociaux.

Les protestations des membres des cliniques et des dirigeants de l'Église catholique ont mis un terme au programme de T4, mais les exterminations ont continué.

D'août 1941 à la fin de la guerre, en 1945, des dizaines de milliers d'autres sont morts par la famine, la négligence ou des doses mortelles d'analgésiques comme la morphine administrées par des soi-disant aides-soignants.

Rares ont été les meurtriers traduits en justice après la guerre, en dépit de procès très médiatisés comme ceux de médecins à Nuremberg de 1946 à 1947. Un grand nombre de professionnels de la santé impliqués ont tout simplement continué leur carrière.

Pendant ce temps l'Allemagne de l'Ouest et de l'Est communiste ont peu fait pour reconnaître ou compenser les survivants.

Le quotidien Der Tagesspiegel de Berlin a noté que, contrairement à d'autres groupes, les victimes "d'euthanasie" n'avaient pas de "lobby puissant."

"Beaucoup ont été oubliés depuis des décennies et le sont encore, même par leurs propres familles".

Posté le 31 août 2014 à 22h51 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

27 août 2014

Michel Onfray dit avoir "aidé" sa compagne à mourir

Les adeptes de la culture de mort ont trouvé un précieux soutien.

Posté le 27 août 2014 à 23h52 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

24 août 2014

Faut-il pousser du 6e étage celui qui en ferait la demande ?

Jean Fontant, président-fondateur de Soigner Dans la Dignité, écrit dans Le Figaro :

"Il n'est pas dans nos habitudes de nous arrêter sur des cas particuliers. Quelle qu'elle soit, la maladie est toujours une étape douloureuse dans la vie d'une personne et d'une famille, et elle ne doit pas être exposée aux yeux de tous. Nous ne pouvons que déplorer la publicité accordée sans retenue à certains cas difficiles, qui relève parfois de tentatives de manipulation de l'opinion publique. Madame Boucheton, vice-présidente de l'ADMD, a voulu toutefois, dans ce qui semble être un ultime acte de militantisme, donner à sa propre maladie un caractère public. Tout en regrettant cet état de fait, nous nous devons de réagir à ce billet, quelque pénible que soit le commentaire d'un tel cas.

La liberté d'une personne malade doit être respectée. Le droit français encadre et protège cette liberté, renforcé par les lois de 1999 et 2002. Le médecin se doit d'écouter, de prendre en compte et de respecter la volonté d'une personne malade, même lorsque celle-ci va à l'encontre de sa santé. À la lecture du billet de Madame Boucheton, on comprend qu'elle a pu faire usage de cette liberté, puisqu'elle a refusé le traitement chirurgical qui lui a été proposé, et que les conséquences ont été douloureuses. On a du mal à saisir la teneur du reproche fait aux médecins, qui semblent avoir respecté la volonté de la patiente, en conformité avec la loi et selon l'étendue de leurs connaissances médicales, limitées quand il s'agit de déterminer un pronostic. Ceux-ci se retrouvent alors dans l'impossibilité de donner des réponses précises à ces questions douloureuses.

Ayant fait le choix d'aller mourir en Suisse, profitant de la flexibilité des lois helvétiques sur le cas du «suicide assisté», Madame Boucheton s'emporte à l'encontre de cette inégalité qui ne permet qu'aux plus riches de profiter de ce dispositif, eu égard à son coût certain. Il est utile de rappeler que l'égalité entre les citoyens que garantit la constitution française est une égalité devant la loi, et non devant la transgression. Qu'il soit plus facile aux plus aisés de se mettre au-dessus des lois n'est pas nouveau, ce n'est pas pour autant qu'il faille autoriser en France tout ce qui est permis dans l'un ou l'autre pays étranger. Que l'on s'avise par exemple de transposer en droit français certaines dispositions législatives mauritaniennes ou saoudiennes relatives aux droits des femmes…

Pour en rester sur des bases juridiques, la fraternité affirmée par notre constitution et portée au fronton de nos monuments ne peut s'appliquer lorsqu'il s'agit de justifier ou de faciliter une transgression de la loi. Si la France fait preuve de fraternité dans ces situations de fin de vie, c'est en facilitant l'accès aux soins palliatifs, qui soulagent les douleurs physiques et les souffrances morales. Cette même fraternité est au cœur du devoir d'assistance à personne en danger, qui régit notamment la prévention du suicide. Comment qualifier de fraternelle l'attitude d'un homme qui, en réponse à l'appel à l'aide d'un ami traversant une passe difficile, le pousserait de sa fenêtre du sixième étage? La fraternité s'exerce également au sein des services hospitaliers où, chaque jour, l'équipe soignante met ses compétences et qualités humaines au service du patient.

C'est avec des regrets que nous observons cette affaire inutilement médiatisée, et s'il ne nous appartient pas d'en juger les protagonistes, nous devons faire savoir que le principe et les enseignements qui en sont tirés nous semblent fallacieux."

Posté le 24 août 2014 à 19h05 par Michel Janva | Lien permanent

22 août 2014

Suisse : le "tourisme de la mort" a doublé depuis 2009

Le suicide assisté est un secteur d'activité en nette progression. Le nombre d'étrangers se rendant en Suisse pour se donner la mort a été multiplié par deux entre 2009 et 2012, selon une étude parue dans la revue Journal of Medical Ethics. Les Allemands et les Britanniques arrivent largement en tête. Les Français sont troisième. 611 étrangers non résidents originaires de 31 pays avaient bénéficié d'une assistance à mourir en Suisse entre 2008 et 2012. Parmi lesquels figurent 268 Allemands et 126 Britanniques, 66 Français, 44 Italiens.

Les meurtres sont provoqués par l'absorption de pentobarbital de sodium - également utilisé à fortes doses dans l'euthanasie vétérinaire -, à l'exception de quatre personnes qui ont inhalé de l'helium. Parmi les raisons invoquées, les problèmes neurologiques arrivaient en tête (près de la moitié des cas) devant les cancers et les affections rhumatismales. Un tiers indiquait souffrir de plus d'une pathologie.

Mais l'étude relève aussi une tendance à l'augmentation des maladies non mortelles ou des maladies qui ne sont pas arrivées en phase terminale. L'âge des personnes concernées s'étalait de 23 à 97 ans, avec un âge moyen de 69 ans.

Posté le 22 août 2014 à 10h59 par Michel Janva | Lien permanent

21 août 2014

« Doit-on nourrir Grand Père ? ça dépend, le monde en pense quoi ? »

Traduction du Salon Beige de cet article :

"Une conversation de tous les jours entre de bons amis:

« Comment va ton grand-père ? »dit Marci

Le grand-père de Trey avait été hospitalisé pendant deux mois après une infection qui l’avait gravement affaibli.

“Eh bien il n’est pas en très bonne forme” répondit Trey. Et là, sur un ton nonchalant, il ajouta : « Mais ils ont arrêté de le nourrir la semaine dernière. Le docteur dit qu’il mourra de mort naturelle, de lui-même, à un moment ou un autre dans la semaine. »

« C’est quoi ce délire ? Cesser de l’alimenter pour qu’il meure ??» fut la réponse.

« C’est quoi le problème ? répondit Trey, c’est comme ça que le monde voit les choses. »

Que signifie “l’opinion du monde” ?

L’opinion du monde est le filtre à travers le quel nous voyons le monde ; elle est ancrée aux vérités auxquelles nous croyons et se reflète dans nos décisions. C’est la fenêtre à travers laquelle nous interprétons notre monde, trouvons du sens, et faisons de bons ou mauvais choix. Des décisions comme savoir ou non si on doit continuer à nourrir Grand-père.

Vision du monde chrétienne ou profane ?

La division brutale entre ces deux visions du monde commence à leurs sources. Tandis que la vision du monde chrétienne est centrée sur Dieu (et reconnaît que c’est Dieu qui est à la tête et pas nous), le monde séculier exalte « moi et mon bonheur ». C’est un message facile à faire passer. Tous les jours  les médias, les loisirs, les consultants, les médecins, même certains croyants, renforcent la vision profane du monde à savoir «c’est d’abord moi qui compte ». Des idées qui auparavant semblaient impensables se fondent dans les mœurs culturelles, à peine remarquées, rarement remises en question, mais imprimées dans l’esprit et la mémoire.

Des idées telles que..

“On ne peut pas vraiment savoir ce qui est vrai. Vous avez votre vérité, j’ai la mienne. »

« Ce qui est mauvais pour moi peut être bon pour toi. »

« Ce qui compte surtout c’est que tu sois heureux. »

 “Tu as le droit d’avoir ce que tu veux. Maintenant. »

“Tu dois d’abord penser à toi.”

“La qualité de vie est plus importante que la vie en tant que telle.”

“Certaines vies ne valent pas le coup d’être vécues.”

Si elles ne sont pas consciemment rejetées, ces idées entraînent une vision du monde par défaut, même parmi ceux qui se disent chrétiens.

Le résultat ? une conscience morale faussée. Les résultats peuvent être mortels, comme Grand-père en a fait l’expérience.

La morale chrétienne commence avec la question « qu’est-ce que Dieu dit à ce sujet ? » ; la culture du monde demande « comment tu le sens ? ».

Essayer de décider si on continue à nourrir Grand-père avec la question “comment tu le sens” ne marche pas. Notre raisonnement moral de chrétien part de la vérité révélée par Dieu, « Que Dieu dit ? » pour arriver à « Qu’est-ce que l’Eglise enseigne ? », cadre définissant les solutions possibles. Les solutions incompatibles avec l’enseignement de Dieu sont rejetées dès le départ, bien avant que l’on se demande « comment on ressent la chose ».

Ironiquement, les catholiques qui rejettent les enseignements moraux de l’Eglise se privent d’une grâce divine particulière, précisément ces enseignements qui offrent clarté, prudence et paix en face de la volonté de Dieu.

Donc, affamer Grand Père n’est pas une option. Saint Jean-Paul II l’avait ainsi formulé : «La nourriture et la boisson, même données artificiellement, représentent toujours un moyen naturel de préserver la vie, et non pas un acte médical. »

Tout le monde a une vision du monde – les docteurs qui proposent la solution « ne plus alimenter », les philosophes utilitaristes et les employés d’hôpitaux. La famille de Trey aussi a une vision du monde. Et vous aussi. La question étant « mais laquelle ? » La vie de quelqu’un peut en dépendre."

Posté le 21 août 2014 à 20h06 par Michel Janva | Lien permanent

18 août 2014

Euthanasie : Ouest-France vs Jean-Luc Roméro

Les marchands de mort sont à la manoeuvre espérant que leurs envies morbides soient léaglisées à la rentrée prochaine :

"Par souci de « neutralité », le quotidien régional Ouest-France s’est opposé à la parution de l’avis de décès de Nicole Boucheton, vice-présidente de l’ADMD (Association pour le droit de mourir dans la dignité), qui mentionnait la « contrainte de s’exiler en Suisse, pays humaniste, pour y mourir selon sa volonté le 7 août 2014 ». Atteinte d’un cancer en phase terminale, la défunte a eu recours en Suisse au suicide assisté. François-Xavier Lefranc, le rédacteur en chef, rappelle avoir donné la parole à Nicole Boucheton, en publiant un article citant des extraits de son texte posthume. L’inénarrable Jean-Luc Romero, président de l’ADMD et conseiller régional PS d’Ile-de-France, a qualifié le refus de Ouest-France de « discrimination » et annoncé qu’il allait renvoyer l’avis de décès au quotidien. En cas de nouveau refus, « on saisira le Défenseur des droits et on s’orientera vers une action au civil pour refus de vente », a-t-il menacé…"

François-Xavier Lefranc précisait aussi que la rubrique nécrologique n'est pas un espace de publication de tribunes libres.

Posté le 18 août 2014 à 16h25 par Michel Janva | Lien permanent

Non à l'euthanasie !

Nous, citoyens français, déclarons avec force et solennité que toute vie vaut la peine d'être vécue. Nous sommes scandalisés par le mépris que manifestent trop de politiciens et trop de journalistes pour la vie de vieillards ou d'handicapés.

La vieillesse, le handicap ou la maladie ne peuvent jamais faire qu'une personne humaine mérite d'être considérée - comme, naguère, par les totalitarismes - comme un "sous-homme".

Il n'est pas admissible que, sous couvert de lutte contre la souffrance, la dignité humaine soit ainsi violée et bafouée. Nous refusons tout droit au pouvoir politique ou à quiconque de traiter une personne en sous-homme.

Toute vie mérite d'être vécue. Tout homme a droit au respect de sa dignité.

Vous savez peut-être que le principal lobby pro-mort, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (sic!), affirme que plus de 40 000 personnes lui ont envoyé une directive demandant l'euthanasie.

Soyons au moins autant à déclarer que nous choisissons la vie ! 

L'équipe du Salon Beige 

Posté le 18 août 2014 à 14h32 par Le Salon Beige | Lien permanent

02 août 2014

L'euthanasie rapporte

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

"La Clinique de fin de vie qui fonctionne depuis 2012 aux Pays-Bas se porte bien : après des débuts difficiles, elle annonce pour 2013 un résultat positif voisin de 300.000 euros, alors qu’avant l’ouverture de l’exercice elle tablait encore sur une perte de près de 125.000 euros.

La Levenseindekliniek à La Haye a su tirer profit de ses négociations avec les compagnies d’assurance-maladie qui se partagent le marché néerlandais au sein d’un système en grande partie socialisé. Après une intense campagne de publicité, le fournisseur d’euthanasie a réussi à convaincre l’ensemble des gros assureurs. Cela n’allait pas de soi puisque l’euthanasie est une mort organisée et qu’elle aurait pu, au même titre que le suicide, empêcher le versement de primes. [...]

Posté le 2 août 2014 à 11h41 par Michel Janva | Lien permanent

31 juillet 2014

Les médecins canadiens contre l'euthanasie

Lu sur Gènéthique :

L'Association médicale canadienne (AMC), porte-parole national des médecins au Canada vient de rendre publique les résultats d'un sondage réalisé en ligne sur l'euthanasie, le suicide assisté et les soins de fin de vie. Il en résulte que 71,5% sont d'accord avec la position de l'AMC, opposée à la légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté. 25,8% désapprouvent cette position, et 2,6% ne se prononcent pas. 

Les principales raisons avancées pour justifier leur opposition à toute légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté sont les suivantes: 
- "légaliser l'aide médicale à mourir affecterait profondément la confiance que les patients ont dans les médecins et compromettrait la relation médecin-patient". 
- "le rôle des médecins est de guérir, pas de mettre fin à la vie".
- "la légalisation est une 'pente glissante' et conduirait à un élargissement des conditions et des populations de patients pour qui la mort médicalement assistée peut être appliquée, particulièrement concernant les populations les plus vulnérables"
- "la légalisation de l'aide médicale à mourir pourrait être utilisée afin de faire des économies au sein du système de santé". 

Selon le rapport de l'AMC, si la société en arrivait un jour à une légalisation de l'euthanasie, les médecins devraient être exclus de toute procédure visant à réaliser un tel acte."

Posté le 31 juillet 2014 à 16h17 par Michel Janva | Lien permanent

28 juillet 2014

Euthanasie-GPA un marchandage "gagnant-gagnant" ?

Communiqué de Laissez-les-Vivre SOS-Futures mères :

"Les gesticulations sur la GPA masqueraient-elles la volonté d'imposer l'euthanasie ? Jean LEONETTI, le député sociétal de l'UMP, qui ne se préoccupait jusqu'à présent que de savoir comment il aurait "la peau" de Vincent LAMBERT, s'intéresse brusquement à la GPA. Le voilà qui s'indigne le 23 juin 2014 à l'Assemblée : pas question d'autoriser la GPA et puisque des hommes politiques tant de droite que de gauche dont le sénateur Alain CLAEYS travaille avec le député UMP sur l'euthanasie sont contre pourquoi ne pas déposer dès la rentrée une proposition de loi interdisant strictement cette dernière en France et renforçant les sanctions à l'encontre de ceux qui y ont recours.

Le gouvernement ne pourrait pas le lui refuser en échange d'une nouvelle loi faisait avancer l'euthanasie, par exemple sous forme de possibilités d'aide à mourir dans certains cas "extrêmes" bien entendu forcément "très limités"! L'urgence économique de l'euthanasie est tellement forte, ainsi que l'ont récemment rappelé les déclarations de la toute nouvelle ministre de la Santé de Lituanie Rimanté SALASEVICIUTE. "L'euthanasie sera le mode de gouvernement des sociétés futures" prédisait dès 1982 Jacques Attali, alors sherpa du Président Mitterrand dans l'ouvrage de Michel SALOMON. Face au défi démographique, les pays européens plongés dans le marasme économique sont de plus en plus confrontés à la tentation de l'euthanasie. En France, plus particulièrement y aurait-il un accord tacite entre une grande partie de la classe politique de droite comme de gauche pour y accéder maintenant assez rapidement quitte à laisser tomber au moins en apparence la GPA. Certaines signatures de l'appel à François HOLLANDE du 14 juillet 2014 lui demandant dans le quotidien "Libération" de résister à la GPA sont à cet égard quelque peu étonnantes. Lionel JOSPIN, qui s'il est l'ex mari de Sylviane AGACINSKI, certes sincérement hostile à la GPA est aussi le fils de Mireille JOSPIN, grande égérie de l'ADMD qui avait mis en scène le 6 décembre 2002 son propre suicide. La plupart des ministres sont très favorables à la GPA mais seraient sans doute prêts à laisser de côté leurs revendications si les circonstances économiques l’exigeaient et ce n’est pas le premier d’entre eux, dont le revirement vis-à-vis de la cause palestinienne en faveur d’Israël a été si spectaculaire, qui en est à un reniement près.

La reconnaissance de la loi LEONETTI, comprise d’ailleurs sous sa forme maximaliste, assimilant alimentation et hydratation à des traitements ainsi que le Conseil d’Etat l’a interprêté le 14 février 2014 semble constituer, ainsi que l’allégeance à la loi Veil, "le minimum démocratique" auquel tous les chefs des grands partis veulent désormais être soumis sous peine, s’imaginent-ils, de ne plus être fréquentables. Il en sera vraisemblablement de même d’une législation sur l’euthanasie surtout si elle était soutenue, voire présentée par une personnalité politique aussi consensuelle que Jean LEONETTI.

17 milliards d’euros sont dépensés chaque année pour les personnes âgées et les handicapés. Comme le déplore Jean-Claude MARTINEZ dans "Euthanasie, Stade Suprême du Capitalisme", il est temps pour les gestionnaires qui nous gouvernent d’ouvrir le filon en or des euthanasies possibles. Et cela est beaucoup plus urgent pour l’équilibre budgétaire imposé par l’Union Européenne que la GPA que de toute façon la CEDH arrivera à imposer progressivement et subrepticement. Que la CEDH ait eu à traiter la même semaine (fin juin 2014) à la fois du recours contre le refus d’inscription sur les registres français d’état-civil des enfants conçus par GPA à l’étranger et du référé concernant la décision de mise à mort de Vincent LAMBERT paraît certes être une coïncidence, mais cela a pu suggérer un marchandage facilité par des sondages favorables à l'euthanasie et hostiles à la GPA."

Posté le 28 juillet 2014 à 08h20 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2014

L'euthanasie pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer les soins

Le nouveau ministre de la Santé en Lituanie, Mme Rimantė Šalaševičiūtė, ancienne membre du Parti communiste lituanien à l'époque soviétique, a fait une déclaration claire, liant euthanasie et économie. Elle a expliqué que la Lituanie n’est pas un Etat-providence où les soins palliatifs seraient accessibles à tous, suggérant que l’euthanasie pourrait être une option pour ceux qui ne désirent pas tourmenter leurs proches en leur imposant le spectacle de leurs souffrances.

Elle a également suggéré que la Lituanie puisse légaliser l’euthanasie pour les enfants.

Qu'en pense l'ADMD ?

Posté le 26 juillet 2014 à 19h18 par Michel Janva | Lien permanent

17 juillet 2014

L'Ordre des médecins maintient la radiation du Dr Bonnemaison

L'Ordre des médecins reste pour le maintien de la radiation du Dr Nicolas Bonnemaison et rappelle cette position dans un mémoire transmis au Conseil d'Etat auprès duquel l'urgentiste a fait appel. Le Dr Patrick Bouet, président du CNOM, déclare :

"Le Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM), au nom de la chambre nationale disciplinaire, a mandaté un avocat auprès du Conseil d'Etat pour présenter un mémoire sur la position de l'Ordre". "Cette position est connue, elle n'a pas varié : il convient que la sanction de radiation du Dr Bonnemaison prononcée par cette juridiction indépendante soit exécutée".

Cette radiation, qui lui interdit d'exercer la médecine, est effective depuis le 1er juillet.

Posté le 17 juillet 2014 à 21h52 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

La prochaine étape après l'euthanasie

Aux Pays-Bas, de nombreux malades en phase terminale n'ont plus droit aux soins, jugés trop chers. Mais bien sûr, s'ils réclament d'être euthanasiés, ce sera li-bre-ment.

Posté le 17 juillet 2014 à 16h53 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Angleterre : l'Eglise catholique s'oppose au projet de loi sur l'euthanasie

La Chambre des Lords du Royaume-Uni s’apprête à débattre en deuxième lecture le projet de légalisation du suicide assisté.

L’évêque de Portsmouth, Mgr Philip Egan, a demandé à tous les prêtres de son diocèse d’« ouvrir les églises la veille » du débat, le jeudi 17 juillet au soir, « pour une heure d’oraison devant le Saint Sacrement ». Le site du diocèse précise 

« Il encourage chaque paroisse à s’unir dans la prière pour la protection de la vie, spécialement la vie finissante. Même si vous ne pouvez pas vous rendre à l’Heure sainte ce soir-là, vous êtes invités à passer quelque temps en prière devant le Saint Sacrement. »

« Après la prière, la chose la plus importante que nous puissions faire est d’écrire à l’un des pairs de la Chambre de Lords. Veuillez faire cela avant le 18 juillet, vraiment au plus tard. »

Posté le 17 juillet 2014 à 07h42 par Michel Janva | Lien permanent

Une loi sur l'euthanasie est comme un mauvais génie sorti de sa bouteille

Theo Boer est professeur d’éthique à l’Université théologique protestante de Groningue. Il a fait partie pendant neuf ans d’une commission régionale de contrôle de la loi sur l'euthanasie aux Pays-Bas. Au nom du gouvernement néerlandais, cinq commissions de ce type déterminent si une euthanasie a été réalisée conformément à la loi. L'euthanasie et le suicide assisté sont légaux aux Pays-Bas depuis 2002. Mais leur nombre ne cesse de croître. Et c'est pourquoi Theo Boer s'interroge, lui qui était favorable à cette loi :

T"J’étais autrefois favorable à la législation. Mais aujourd’hui, avec douze ans d’expérience, mon point de vue est autre. A tout le moins, qu’on attende une analyse honnête et intellectuellement satisfaisante des raisons qui ont provoque l’augmentation explosive des statistiques. Est-ce parce que la loi devrait avoir de meilleurs garde-fous ? Ou est-ce parce que la simple existence d’une telle loi est une invitation à considérer le suicide assisté et l’euthanasie comme une normalité plutôt qu’une solution de dernier recours ? Avant que ces questions aient reçu une réponse, n’y allez pas. Une fois le génie sorti de sa bouteille, il y a peu de chance qu’il y retourne jamais."

Traduction complète par Jeanne Smits.

Posté le 17 juillet 2014 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent

15 juillet 2014

Après être passée pour morte, Angèle Lieby témoigne

Juillet 2009. Angèle Lieby est hospitalisée au service des urgences du nouvel hôpital civil de Strasbourg pour une forte migraine. Quelques heures plus tard, elle devient comme une tétraplégique, incapable de bouger, ni même de respirer. Mais son cœur bat toujours. On l’intube. Angèle Lieby est en fait victime du syndrome de Bickerstaff qui paralyse le système nerveux ; quatre jours après son hospitalisation, tout le monde la croit « morte ». Le médecin chef de service veut la « débrancher ». Son mari, sa famille se battent pour la garder en vie. Les faits leur donneront raison. Plusieurs mois plus tard, son état s’améliore et Angèle retrouve peu à peu l’usage de ses membres. Elle rouvre les yeux. Elle a raconté son « expérience » dans un livre, « pour toutes ces personnes incapables de parler, c’est le cas des personnes âgées notamment… » explique-t-elle. Son livre Une larme m’a sauvée s’est déjà vendu à plus de 200.000 exemplaires et a été traduit dans une quinzaine de langues. Armel Joubert des Ouches est allé à sa rencontre pour reinformation.tv

Posté le 15 juillet 2014 à 08h34 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2014

Le Conseil de l’Ordre des Médecins refuse de lever la sanction contre Bonnemaison

Lu dans Présent :

"le Conseil de l’Ordre des Médecins avait maintenu la sanction de radiation prononcée contre le Dr Bonnemaison. Elle était en effet politiquement incorrecte, allant à contre-courant du délire idéologico-euthanasique ambiant dont on voit les résultats effroyables en Belgique et en Hollande. Pourtant, l’Ordre avait cédé sur tout depuis des années face au pouvoir politique, notamment en matière d’avortement. Cette fois-ci, il se tient droit dans ses bottes. Le Dr Patrick Bouet, président national, refuse absolument de lever cette sanction, bien que Bonnemaison ait été relaxé pour avoir donné la mort à sept de nos contemporains au motif que leur état lui inspirait de la « compassion ». « Nous avons jugé une infraction au code de déontologie », a déclaré le Dr Bouet. « Nous n’avons ni le pouvoir, ni la volonté de revenir sur cette décision » prise « dans l’intérêt des malades »."

Posté le 10 juillet 2014 à 13h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (22)

Tuer légalement des enfants de moins de 12 ans

Des pédiatres néerlandais viennent de suggérer la légalisation de l’euthanasie des enfants de moins de 12 ans souffrant de manière importante et sans espoir d’amélioration. 

Aux Pays-Bas, la loi actuelle n’autorise l’euthanasie que sur les mineurs plus âgés : entre 12 et 16 ans, ils ont besoin de l’accord de leur parents ; au-delà, ils peuvent demander l’euthanasie de manière autonome.
L’euthanasie a déjà été dépénalisée aux nouveau-nés et aux enfants à partir de 12 ans. Entre les deux, les médecins n'ont pas encore le pouvoir de vie et de mort. Alors, surfant sur les habituels "cas extrêmes", ils militent pour l'euthanasie pour tous.
En France, une fois l'euthanasie légalisée, l'ADMD continuera de militer pour en élargir les conditions. A l'instar de ce qui a été fait pour l'avortement.

Posté le 10 juillet 2014 à 07h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

08 juillet 2014

S’il faut arrêter de soigner ceux qui n’ont « pas d’espoir de guérison », cela va faire du monde

Nouvelle affaire d'euthanasie, relatée par Jeanne Smits :

"Conformément à l’ordonnance de référé rendue vers 23 h vendredi soir par le tribunal administratif de Paris, l’homme de 73 ans condamné à ne plus recevoir les soins nécessaires à son maintien en vie a été entendu ce lundi après-midi pour dire ce qu’il en pensait, lui.

En présence Me Jérôme Triomphe, avocat de la femme et des filles du malade, et du directeur juridique de l’hôpital parisien où il se trouve en réanimation depuis deux mois, le patient a répondu très clairement à la double question qui lui était posée par le juge Rouvière : voulait-il être soigné ? Voulait-il être soigné dans un autre hôpital, en Israël, près des siens ? Oui !

On peut souffrir de problèmes respiratoires, avoir besoin de dialyses, avoir le cœur fragile, risquer l’infarctus – et pourtant ne pas avoir envie de se « laisser partir » avec des soins palliatifs, si professionnels et efficaces soient-ils…

Les faits. Cet homme de 73 ans avait subi une première hospitalisation de deux mois en réanimation au début de l’année. Il avait été question d’arrêter les soins à ce moment-là, mais le patient avait non seulement une forte envie de vivre, mais aussi une chance de s’en sortir. Ses proches plaidèrent pour qu’on le soigne. Il fit des progrès, et put être installé en maison de rééducation où il récupérait petit à petit.

Une rechute le conduisit de nouveau en réanimation. Cette fois, au bout de deux mois, il fut décidé par l’équipe médicale de ne plus le dialyser, cette procédure pouvant entrainer une hypotension et un infarctus. Le chef de service assure avoir obtenu l’adhésion du patient à son projet de cesser les soins devenus inutiles dans le cadre d’une absence de « projet thérapeutique ». On allait installer les soins palliatifs. Il mourrait dans la dignité. L’arrêt des dialyses allait en effet immanquablement entraîner le décès du patient dont le sang ne serait plus purifié.

Une des filles du patient, accourue en urgence depuis Israël – sa femme et ses enfants se sont installés là-bas, pas lui – et entourée d’une femme médecin et d’une infirmière amies qui l’ont soigné, est venue dire le refus de la famille face à cette décision d’abandon. C’était une parole contre l’autre : celle des responsables de l’hôpital qui ont pris la décision définitive d’en rester là, contre celle des proches de cet homme qui n’est pas si vieux, et qui devant elles avait dit vouloir être soigné.

D’où le référé-liberté, organisé dans l’extrême urgence parce que le patient risquait de mourir.

En ordonnant que le malade soit entendu de manière « contradictoire » en quelque sorte, le juge lui a donné un sursis. [...]

En fait, l’arrêt de soins a été dicté par cette appréciation : « Pas d’espoir de guérison. »"

Posté le 8 juillet 2014 à 08h24 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2014

Les plus de 75 ans sont de plus en plus seuls

La solitude subie, durable, objective, touche 5 millions de Français, selon l'étude annuelle de la Fondation de France. C'est un million de Français isolés de plus qu'en 2010, parmi lesquels, la proportion des plus de 75 ans est passée de 16 % en 2010 à 27 %.

Francis Charhon, le directeur général de l'organisme, déclare :

« On pourrait penser que la cause est démographique : ils sont plus nombreux, donc ils sont mathématiquement plus seuls. Mais c'est plus grave que cela. Il y a un vrai délitement du lien social, notamment en ville. Il y a de plus en plus de personnes âgées qui n'attendent plus que le facteur, qui n'apporte que des factures. »

Mettez en parallèle à ce constat le militantisme actuel pour la légalisation de l'euthanasie et vous allez comprendre beaucoup de choses.

Posté le 7 juillet 2014 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

05 juillet 2014

Euthanasie : une loi injuste qu'aucune souveraineté ne justifie

Interrogée dans l'Action française 2000, Jeanne Smits revient sur les affaires Lambert et Bonnemaison. Extraits :

Peut-on regretter, comme Marine Le Pen, que les parents de Vincent Lambert aient fait appel à une instance supranationale ?

Ce "regret", exprimé publiquement, est d'une violence inouïe à l'égard de parents qui réclament simplement que leur fils ne soit pas tué, d'autant qu'il n'est tempéré par aucune expression de sympathie, d'humanité. La Cour européenne des droits de l'homme – qui n'a rien à voir, institutionnellement, avec l'Union européenne – examine la conformité des décisions judiciaires rendues au sein des quarante-sept pays membres du Conseil de l'Europe avec la Convention européenne des droits de l'homme. Certes, il s'agit d'une instance supranationale statuant sur le respect d'une convention internationale à laquelle la France a adhéré en tant que nation souveraine. Le "nationaliste à la française" peut le déplorer. Mais, en l'occurrence, il s'agit de se battre contre une loi injuste qu'aucune souveraineté ne justifie. La souveraineté n'est-elle pas d'abord service et protection, transcendée par une loi qui n'est pas "supranationale", mais, précisément, transcendante parce que commune à toute l'humanité ? On sait que la CEDH n'est pas au service de cette loi transcendante, même si certaines de ses décisions ont pu surprendre en ne suivant pas aveuglément la tendance lourde vers toujours plus de "culture de mort". Mais il se trouve qu'elle existe et qu'elle offre une possibilité de résistance à la tyrannie de cette dernière.

Les "pro-mort" se sont réjouis de l'acquittement du docteur Bonnemaison. Doit-on faire un parallèle entre ce procès et celui de Bobigny en 1972, dont les pro-avortement firent un acte militant ? D'autant que, contrairement à 1972, le pouvoir est acquis à la cause qu'ils défendent...

Oui, on peut bien sûr faire ce parallèle : c'est souvent au moyen de causes célèbres, très médiatisées, aptes à faire pleurer Margot, que les modifications législatives mortifères sont rendues acceptables par "l'opinion". Mais ici, la manipulation fonctionne a contrario. Nicolas Bonnemaison a été acquitté de l'empoisonnement avéré de sept personnes qui sont mortes sans l'avoir demandé et sans que leur famille ait été consultée. L'euthanasie est toujours "vendue" comme une réponse à la demande du malade. Ici, il ne s'agit donc aucunement d'une euthanasie. L'acquittement de Nicolas Bonnemaison servira à montrer combien il est "nécessaire" et "urgent" de légaliser et d'encadrer l'euthanasie, afin d'assurer que la volonté du patient et de ses proches soit toujours respectée."

Posté le 5 juillet 2014 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2014

Demande d'intercession de Jérôme Lejeune en faveur de Vincent Lambert

L'Association des amis du Professeur Jérôme Lejeune, à ne pas confondre avec la Fondation Jérôme Lejeune, est en charge du procès de canonisation du Pr Lejeune. A la demande de nombreuses personnes, cette association confie spécialement la vie de Vincent Lambert au Pr Jérôme Lejeune.

Dieu qui as créé l’homme à Ton image et l’as destiné à partager Ta Gloire, nous Te rendons grâce pour avoir fait don à Ton Eglise du Professeur Jérôme Lejeune, éminent Serviteur de la Vie.

Il a su mettre son immense intelligence et sa foi profonde au service de la défense de la vie humaine, tout spécialement de la vie à naître, dans le souci inlassable de soigner et guérir.

Témoin passionné de la vérité et de la charité, il a su réconcilier, aux yeux du monde contemporain, la foi et la raison.

Par son intercession, accorde-nous, selon Ta volonté, les grâces que nous implorons, dans l’espérance qu’il compte bientôt au nombre de Tes saints. Amen

Merci d’envoyer un mail si possible, pour prévenir l’Association que vous vous associez à la chaîne de prière pour Vincent : contact@amislejeune.info

Posté le 4 juillet 2014 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

Affaire Lambert : le Dr Kariger démissionne

Ce gériatre membre du PCD (délégué départemental du Parti Chrétien-Démocrate dans la Marne et conseiller régional de la Marne), médecin de Vincent Lambert et auteur de la mise en route de son euthanasie à deux reprises, en violation du droit, a donné sa démission. Et il l'a fait avant le délibéré du Conseil d'Etat du 24 juin ! Alors que, après la décision des sages, il a osé déclaré «pouvoir procéder à l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielles dans les meilleurs délais»...

Lle Dr Kariger quitterait son poste de chef de service des soins palliatifs du pôle gérontologie en septembre pour aller dans le privé, diriger une maison de retraite. Il y a du souci à se faire.

Posté le 4 juillet 2014 à 07h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (21)

03 juillet 2014

Vincent Lambert : une société à l'agonie qui condamne à faire mourir de faim

Intervention de Bruno Gollnisch (à 5mn30) :

 

Posté le 3 juillet 2014 à 18h49 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

Retour du blog de Jeanne Smits

Après un long silence, Jeanne Smits reprend ses activités sur son blog. Avec un article sur l'euthanasie :

"L’affaire Vincent Lambert s’inscrit au sein d’une tendance lourde au sein de la communauté des bioéthiciens. Le refus de manger et de boire en vue d’obtenir la mort, lorsque la procédure est choisie par le patient, est en train de devenir une option communément acceptée dans certains pays, à telle enseigne qu’aux Pays-Bas on estime qu’entre 4 et 10 % des décès surviennent à la suite d’un tel « jeûne » délibéré. Ne s’agissant ni d’une euthanasie, ni d’un suicide assisté, il n’y a pas de statistiques certaines. Comme la sédation palliative, la mort par dénutrition se situe dans une zone grise où la frontière entre un arrêt de soins légitime ou l’administration de médicaments pour soulager la douleur et un processus dont l’objectif est de faire mourir ne peut s’apprécier qu’au cas par cas. [...]"

Posté le 3 juillet 2014 à 07h55 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2014

Affaire Bonnemaison : un jugement inique

Luc Ferry écrit dans Le Figaro :

"Le jugement rendu cette semaine dans l'affaire Bonnemaison me paraît ouvrir une boîte de Pandore pleine de mauvais présages. [...] Il a de son propre aveu pris la décision de mettre fin à la vie de certains patients sans consulter ceux qu'il aurait dû entendre, les proches, les aides-soignantes, les infirmières, les confrères. Si tel est bien le cas - je mets des conditions de prudence, elles sont nécessaires car je ne connais le dossier que par ouï-dire -, le jugement d'acquittement est à proprement parler inique.

Que par humanité, en tenant compte des circonstances, le jury ait opté pour une grande clémence, pour des peines assorties de sursis, voire pour une dispense de peine, on peut le concevoir. Mais pourquoi acquitter purement et simplement si la loi n'a pas été respectée?"

Posté le 2 juillet 2014 à 21h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Acquittement du Dr Bonnemaison : le parquet fait appel

Un peu de bon sens :

Le parquet général de Pau a décidé mercredi de faire appel de l'acquittement du docteur Nicolas Bonnemaison. Il avait été jugé non coupable par le jury populaire de la cour d'assises des accusations d'« empoisonnement » sur sept patients âgés, malades et en fin de vie. Lors du procès, le parquet avait requis cinq ans de prison avec sursis possible"

Posté le 2 juillet 2014 à 15h47 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

01 juillet 2014

On fait semblant de découvrir que la loi Leonetti permet l'euthanasie

Jean-Marie Le Méné est interrogé dans Famille chrétienne à propos des affaires d'euthanasie. Sur la décision du Conseil d'Etat visant à achever Vincent Lambert, il déclare :

L"Cette décision est conforme à une loi, portée par le député UMP Leonetti, qui date de 2005. On fait semblant de découvrir aujourd’hui qu’elle permet l’euthanasie. En 2005, la Fondation Jérôme-Lejeune a compté parmi les rares observateurs à déplorer que cette loi, dont tout le monde se félicitait, permette l’euthanasie, en assimilant arrêt de l’hydratation et de la nutrition à un refus d’acharnement thérapeutique, c’est-à-dire en confondant des soins qui sont toujours dus avec des traitements qui peuvent être suspendus. À l’époque, cette observation n’était pas politiquement correcte, mais elle était juste, on le voit aujourd’hui. S’il y a renoncement, il ne date donc pas d’aujourd’hui mais de 2005.

En revanche, je ne crois pas que la société, dans son ensemble, soit solidaire de ce renoncement. Si on lui explique mal, elle comprend mal et elle répond mal aux sondages qui nous diront invariablement que l’euthanasie est une demande sociale. En laissant croire à l’opinion, comme s’y emploient la majorité et l’opposition, que dans l’affaire Lambert, il n’est pas question d’euthanasie mais de refus de l’acharnement thérapeutique, on ment. L’effet de ce mensonge est qu’on peut désormais donner la mort sans tuer.

En s’appliquant à des personnes lourdement handicapées, la loi Leonetti ne montre-t-elle pas ses limites ?

La loi Leonetti ne montre pas ses limites aujourd’hui, elle avait des faiblesses congénitales. Elle a introduit des imprécisions et des confusions, alors que le code de déontologie médicale était suffisant. Ainsi elle ne donne pas de définition précise de l’euthanasie ; elle n’établit pas de distinction claire entre le refus d’un traitement disproportionné et l’euthanasie par omission, pas plus qu’entre soin et thérapie ; elle ne donne pas de définition des traitements, laissant entendre que l’alimentation peut être considérée comme un traitement.

Dans la culture contemporaine qui évacue la souffrance et la mort parce qu’elle n’en comprend plus le sens, le juge hérite d’une marge d’interprétation réduite. C’est ce que montre le cas de Vincent Lambert qui n’est pas en fin de vie et dont personne ne dit qu’il est en proie à des souffrances intolérables. Vincent Lambert est devenu handicapé, avec un degré de conscience diminué, à la suite d’un accident. Il vit d’une vie qui n’est pas petite, mais qui est la sienne. La société, nous dit-on, n’est plus prête à poser son regard sur des vies qui, à ses yeux, ne valent pas la peine d’être vécues."

Et à propos de l'affaire Bonnemaison :

"Je ne pense pas que la décision des jurés reflète le fond du cœur des gens. Il faut bien voir que nous sommes tous plus ou moins victimes d’un terrorisme compassionnel permanent qui inhibe la faculté d’appréhender la vérité. On nous recommande abusivement de pratiquer une sorte d’irénisme en décalage avec la violence qui nous est imposée. Autant ces injonctions sont pertinentes s’agissant des personnes, autant elles sont dangereuses s’agissant des principes.

À l’évidence, il doit être dénoncé qu’un empoisonneur ait fait l’objet d’un soutien aussi obscène que celui de Bernard Kouchner et aussi pathétique que celui de Jean Leonetti. Si l’appréciation morale d’actes homicides n’est plus possible, n’est plus exprimée, n’est plus reçue, et cela au nom d’une pitié fallacieuse, comment voulez-vous que l’opinion s’y retrouve ? Elle obéit par peur et par commodité à la pensée dominante.

Mais que nos contemporains soient en accord avec une justice qui, dans le même temps, condamne un malade et acquitte un homicide, cela, je ne puis l’imaginer.

[...] Voir Jean Leonetti former un attelage avec Alain Claeys pour légiférer sur l’euthanasie nous donne une information très inquiétante sur les courants de pensée auxquels ils s’abreuvent l’un et l’autre.

Nous arriverons avec eux à boucler le cycle révolutionnaire classique, dont l’avortement a été l’archétype, caractérisé par :

  • les « illégalités fécondes » qui mettent en échec une loi morale (sur le modèle des « 343 ») ;
  • la « réflexion sans tabou » qui évacue le principe du respect de la vie ;
  • l’« encadrement des dérives » qui légalise une pratique criminelle ;
  • le « lifting sémantique » qui fait disparaître le mot « euthanasie » pour dissimuler la chose… Ainsi le crime est parfait."

Posté le 1 juillet 2014 à 21h41 par Michel Janva | Lien permanent

Mgr Ginoux dénonce la marche forcée vers l'euthanasie

Ancien aumônier d’hôpital de 1994 à 2000, l’évêque de Montauban Mgr Ginoux est interrogé dans Famille chrétienne :

"Le Conseil d’État a ordonné le 24 juin l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert. Cette décision ne signe-t-elle pas une forme de renoncement, voire de violence, face à la vulnérabilité humaine ?

Cet arrêt constitue une forme inouïe de violence : au lieu d’accompagner humainement, on préfère voir mourir. Alors que l’on pouvait attendre de leur part un avis prudentiel, les juges amorcent une ouverture grave vers une décision de mort pour toute personne qui ne pourra pas se manifester comme communicante ou comme répondant à des appels de l’extérieur. L’interdit de tuer l’autre est franchi, et cette décision ouvrira à des cas semblables.

En tant qu’ancien aumônier d’hôpital, cette ordonnance du Conseil d’État m’a profondément peiné et révolté. Les personnes en état végétatif chronique vivent réellement, personne ne peut dire le contraire. Vincent Lambert vit, tout le monde l’a constaté, mais il ne peut pas être nourri naturellement. Comment peut-on dire que des soins excessifs sont pratiqués sur sa personne ? Répondre à la satisfaction du besoin premier de boire et de manger n’a rien d’anormal. On oublie trop souvent de rappeler que Vincent Lambert est avant tout un être humain, qui vit certes dans conditions exceptionnelles, mais qui n’est pas fin de vie et dont la pathologie ne conduit pas à la mort.

Là où est la vie humaine, le Seigneur est présent. Une relation mystérieuse perdure entre les personnes qui ne communiquent plus et Dieu, car Lui continue toujours de communiquer avec elles.

La cour d’assises de Pau a acquitté, le 25 juin, le Dr Bonnemaison poursuivi pour empoisonnement à l’encontre de sept de ses patients. Que vous inspire ce verdict ?

Le Dr Bonnemaison a totalement oublié sa mission première qui est de soigner, et non de tuer. Car si toutes les personnes en fin de vie peuvent être tuées de manière inconsidérée, la médecine deviendrait alors un danger public. Ce serait là le contraire de la confiance et de la proximité que doit donner un soignant. Les applaudissements entendus à la lecture du verdict sont ignobles et constituent une insulte envers les familles qui ont perdu un être cher. Quand une cour d’assises acquitte un médecin qui tue délibérément, la direction est donnée pour une loi légalisant l’euthanasie.

La décision des jurés ne reflète-t-elle pas l’état d’esprit de nos concitoyens sur la question de la fin de vie ?

Assurément. Notre société a peur de la mort et du vieillissement. Le jeunisme ambiant fait que tout ce qui se dégrade inquiète. Mon expérience d’aumônier d’hôpital m’a montré à quel point les réactions humaines devant la mort étaient à la fois étranges et émotionnelles. Face à une situation physique ou mentale qui se dégrade gravement, la famille désire que tout s’arrête pour garder une image sereine de la personne qui va disparaître.

Nos contemporains ne veulent plus voir la mort faire son œuvre. L’idéal du bien-mourir, c’est de mourir dans son sommeil, le plus discrètement possible et ne rien avoir à souffrir. On n’accepte plus l’idée du passage, cette naissance à une nouvelle vie avec toutes les difficultés que comporte, bien entendu, ce passage.

Cette vision de la mort est contraire à ce que les siècles de christianisme avaient donné à la civilisation occidentale, c’est-à-dire la mort entourée des siens. Cette conception du bien-mourir nous conduit à donner la mort par un phénomène prétendu de compassion, car l’image dégradée de la personne en fin de vie ou handicapée est devenue insupportable. Notre société n’est plus capable de voir en elle l’image de Dieu.

Comment en est-on arrivé là ?

Dans une société, où l’idée de progrès des sciences et des techniques est assimilée à ce qui est utile, performant et rentable, la mort est devenue incongrue. Il existe une sorte de quête éperdue d’une vie indéfinie de l’être humain, une vie sans fin. N’était-ce pas au fond le credo des positivistes du XIXe siècle ? Cette mentalité matérialiste ne donne plus de place à la vie spirituelle. Sa dimension transcendante a disparu. C’est la conséquence directe de la sécularisation croissante de notre société.

Curieusement, lorsque la mort devient inéluctable, plutôt que de l’affronter et de la dépasser, on la crée comme pour se donner l’impression de la dominer. Or, cette conception correspond à un individualisme profond de la société. Nous avons entendu, il y a trente ans : « Mon corps est à moi ». C’est toujours le même slogan qui est brandi de nos jours.

90% des Français se disent favorables à l’euthanasie. Comment résister à ce rouleau compresseur ?

Commençons par dire la vérité. Nous sommes marqués par le désir que tout acte médical fasse le mieux et au mieux. Alors, lorsqu’une personne accidentée ou foudroyée par un AVC est emmenée aux urgences, elle est réanimée, car c’est la logique médicale de faire triompher la vie sur la mort. Quels proches – lorsqu’ils sont présents ou arrivent à temps – diraient aux médecins : ne faites rien ? Personne. Or, souvent, les conséquences de cette réanimation s’avèrent tragiques. C’est à ce moment-là que tout commence. Cette réalité nouvelle de la personne nous contraint et nous oblige à l’humilité et à la prudence. Elle nous oblige à poser un regard différent sur l’être souffrant. Malgré sa faiblesse, cette vie blessée garde toujours un sens et, moi, chrétien, comme dans la parabole du Bon Samaritain, je dois m’en faire proche ; car dans chaque personne souffrante, dans chaque malade défiguré, je vois le visage du Christ torturé et abîmé par la Passion et la Croix.

Les chrétiens doivent donc prendre conscience – et c’est une nécessité – que leur devoir est d’être auprès de toutes ces personnes. Sans eux, ces malades ne pourront pas être reconnus comme portant l’image du Christ.

Le gouvernement a demandé à Jean Leonetti et Alain Claeys de travailler sur une modification de la loi du 22 avril 2005. À force de légiférer, ne risque-t-on pas de franchir le pas de trop vers la légalisation dusuicide assisté et de l’euthanasie ?

Ne nous leurrons pas. L’objectif de cette mission parlementaire est de faire passer, à terme, la loi sur l’euthanasie. Nous le savons. Notre sens de chrétien – et d’homme avant tout – est de nous y opposer : on ne met pas fin à une vie, quelle que soit sa situation, car toute vie a un sens. L’être qui meurt est celui qui a vécu, aimé, et il a droit au respect inconditionnel jusqu’à son terme. C’est un fondement anthropologique. L’émotionnel et le sensible ne peuvent remplacer cette vérité de l’être. Personne n’a le droit de penser qu’une vie est inutile, qu’elle coûte cher ou qu’elle ne vaut plus la peine d’être vécue.

Les parlementaires saisis affirment qu’ils n’iront pas jusqu’à l’euthanasie. François Hollande lui-même semble y être très réticent.

Si nous regardons tout ce qui s’est fait depuis 1975, ce discours nous a été resservi à chaque nouvelle loi, et à chaque fois la transgression a été franchie. Je ne veux pas être complètement pessimiste. Des mobilisations comme celles de l’an dernier ralentiront le processus, mais comme le disait Bernadette Soubirous : « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire ».

Même si l’issue ne fait guère de doute, il est impossible de nous taire. Et nous devons avoir bien en tête que nous sommes plongés dans un véritable combat de société où l’homme veut se faire maître de la vie et la mort. Il veut devenir son propre Dieu. Cette idéologie est fortement enracinée dans une opposition frontale à la foi chrétienne. C’est une évidence."

Posté le 1 juillet 2014 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2014

Désintox : les Français favorables à l'euthanasie ?

Michel Debout est médecin et déclare à Marianne suite à un sondage révélant que 9 Français sur 10 sont favorables à l'euthanasie :

"[...] Ceux qui se disent favorables à l’euthanasie veulent souvent dire que s'il s'agit de mourir, autant mourir accompagné et sans douleur, plutôt que seul et dans la douleur. Il est évident que 100% des Français pourraient le dire ! Mais s'il s’agit d’accompagner un proche en fin de vie, c'est tout autre chose. On est alors traversé par un double souhait contradictoire : celui que ça s’arrête, pour lui, pour qu’il ne continue plus à souffrir. Dans le même temps, le souhait que jamais il ne parte, c'est la marque de l'attachement qu'on lui porte. Accompagner quelqu’un en fin de vie est extrêmement difficile, les familles sont très éprouvées psychologiquement et affectivement."

Posté le 30 juin 2014 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

Marion Maréchal-Le Pen dénonce l'acquittement du Dr Bonnemaison

Le député FN écrit dans un communiqué :

"La décision de la cour d’acquitter le docteur Bonnemaison est aussi surprenante que scandaleuse. Ce médecin, présenté en héros des temps modernes, était poursuivi pour avoir « abréger la vie », autrement dit tuer, 7 personnes par empoisonnement. Le tout de sa propre initiative, sans en parler dans certains cas ni aux familles ni au personnel soignant. L’une des personnes assassinées se trouvait dans un coma stable contredisant ainsi l’argument avancé par la défense de la volonté du médecin d’abréger la souffrance.

L’affaire est si grave que l’ordre des médecins, connu pour rechigner à ce type de mesure disciplinaire, l’a radié de son ordre en raison d’une violation manifeste de la loi Léonetti sur l’obligation d’une prise de décision collégiale.

Pour autant, la confusion du jury entre le mobile, à savoir la volonté d’abréger la souffrance et de « préserver la dignité », et l’élément intentionnel, celui de donner la mort, a permis de laisser le meurtre impuni voire même salué par une partie de la classe politique et des médias en vue de promouvoir la prochaine loi sur l’euthanasie.

Cette décision de Justice consacre la toute-puissance du médecin sur toute autre considération éthique, qu’elle soit sociale, le meurtre est interdit dans notre société, ou déontologique avec le serment d’Hippocrate « je ne provoquerai jamais la mort délibérément ».

Le statut de médecin doit-il permettre de décider seul qui doit vivre ou mourir ? Qui est suffisamment digne de bénéficier encore du soutien de la société ou qui ne l’est plus ? Etre âgé, dépendant, handicapé ou même sur le point de mourir est-il une raison suffisante pour que la société matérialiste se débarrasse plus rapidement de ces éléments trop peu.

L’humanité à elle-seule est une dignité à défendre jusqu’au bout par le soutien, la compassion et la solidarité de la société jusque dans les murs feutrés des chambres d’hôpital surpeuplées…"

Posté le 30 juin 2014 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent

29 juin 2014

Neuvaine de prières pour Vincent Lambert

Le conseil d'Etat vient de décider la mise à mort, par privation de nourriture et de boisson, de Vincent Lambert. Ce dernier n'est pas un malade pour lequel les parents demanderaient un "acharnement thérapeutique" déraisonnable. Nous ne pouvons pas abandonner ce malheureux à une "justice" indigne, qui confond nourriture et soins médicaux et refus de l'acharnement thérapeutique avec assassinat.

Nous commençons donc une neuvaine de prières (reconductible jusqu'à ce que justice soit rendue à Vincent Lambert et à ses parents) pour le sauver d'une mort atroce. Cette neuvaine, c'est tout naturellement que la faisons par l'intercession de saint Maximilien Kolbe, ce prêtre polonais qui fut condamné par les nazis à mourir de faim et de soif dans les camps de la mort.

Nous proposons donc à tous nos lecteurs de réciter chaque jour : 

  • une dizaine de chapelet à cette intention 
  • de réciter à l'issue de cette dizaine l'invocation « Saint Maximilien Kolbe, priez pour lui ».

Vous pouvez vous inscrire ici en laissant votre courriel.

Nos lecteurs prêtres qui accepteraient de célébrer la messe à cette intention sont invités à le signaler à tous les participants sur cet agenda des messes

Posté le 29 juin 2014 à 08h32 par Michel Janva | Lien permanent

28 juin 2014

Quand les nazis pratiquaient la «mort miséricordieuse»

Tribune parue dans Le Figarovox :

"Stupeur à la lecture de vos quotidiens en cette fin de semaine, partout le même titre: «Kouchner veut bannir le terme “euthanasie” à cause du mot “nazi”». A première vue on s'étonne, on sourit, puis, voyant qu'il ne s'agit pas d'un canular, on lit l'article. Y sont alors retranscrites les déclarations de Bernard Kouchner, prononcées sur France Inter ce jeudi 26 juin au sujet de l'affaire Bonnemaison. Selon lui, il faut arrêter d'employer le mot d' «euthanasie» parce qu'il «y a le mot nazi, ce qui n'est pas gentil» (sic)… Pour l'ancien ministre de la Santé il convient plutôt d'«employer des mots doux parce que sinon, on a tout de suite l'impression qu'il y a une agression, qu'on va forcer les gens».

Pourtant, en rejetant l'emploi du mot euthanasie, Bernard Kouchner pointe du doigt, involontairement, un fait historique sur lequel on ne pourra faire l'impasse si un projet de loi sur l'euthanasie et le suicide assisté venait à voir le jour... Ne vous en déplaise Monsieur Kouchner, il existe bien une résonnance historique avec une pratique de l'état nazi appelée l'aktion T4. Evidemment, les sentinelles du “point Godwin” ne manqueront pas de s'élever face à cette référence, hurlant à une “reductio ad hitlerum” pourtant en l'occurrence tristement réelle.

Il convient pourtant de ne pas oublier ce que nous enseigne notre histoire et d'en tirer les leçons adéquates.

L'aktion T4, appelé aussi «programme d'euthanasie» est un véritable protocole d'élimination des handicapés physiques et mentaux mis en œuvre dès 1939 à la demande expresse d'Adolph Hitler. Pour qualifier cette entreprise, le führer employa lui aussi un mot plus doux, celui de «gnadentod» qui peut se traduire par «mort infligée par pitié» ou «mort miséricordieuse». Loin de ne concerner que les assassinats par le moyen des chambres à gaz, de nombreux auteurs y incluent l'élimination des malades mentaux par des injections médicamenteuses létales et d'autres méthodes. Ces opérations étaient effectuées sans avertir les proches des patients concernés. L'Etat nazi voyait ces personnes comme une charge pour la société n'ayant aucune utilité pour la nation. Les personnes à exterminer étaient sélectionnées par les médecins et répartis en trois groupes: celles souffrant de maladie psychologique, de sénilité, ou de paralysie incurable; celles hospitalisées depuis au moins cinq ans ; et enfin celles internées comme aliénés criminels, les étrangers et celles qui étaient visées par la législation raciste nationale-socialiste. Ce programme de mise à mort préfigurait l'extermination systématique des Juifs mise en œuvre à partir de 1942. Lors du procès de Nuremberg (1945- 1946), le nombre de 275 000 victimes fut retenu. [...]"

Posté le 28 juin 2014 à 15h58 par Michel Janva | Lien permanent

Les impostures de l'ADMD

Extrait d'une tribune de Charles Beigbeder sur l'euthanasie.

"[...] le plus souvent c’est la peur de l’acharnement thérapeutique ou d’une souffrance indicible qui conduit les Français à se déclarer majoritairement en faveur de la légalisation de l’euthanasie, à la différence des lobbyistes de l’ADMD qui invoquent le droit à l’euthanasie comme « l’ultime liberté » à conquérir, au nom du droit de chacun à disposer de sa propre vie, quel que soit son niveau de santé. L’imposture de l’ADMD consiste donc à jouer sur les craintes légitimes de toute personne devant la douleur, pour légitimer une position philosophique ultra minoritaire.

Sa deuxième imposture, c’est de passer sous silence la possibilité de soulager la douleur par le développement des soins palliatifs. [...]

Posté le 28 juin 2014 à 15h48 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

27 juin 2014

La décision du conseil d’État inquiète les familles des personnes vulnérables

La sœur d’un jeune homme en état pauci-relationnel déclare à Ombres et lumière (Revue chrétienne des personnes malades et handicapées) :

"La décision du conseil d’État d'arrêter l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert me désole profondément.

Dans un cas comparable à celui de Vincent Lambert, mon frère Jean-Baptiste est à 25 ans dans un état pauci-relationnel depuis neuf ans.

Le 12 octobre 2005, Jean-Baptiste s'effondre subitement lors d'un cross de lycée. Un manque d'oxygène au cœur, quelques secondes de trop, le plonge dans le coma pendant plus d'un mois. Il en ressort dans un état neurovégétatif qui implique une dégénérescence neurologique et la perte de ses facultés motrices.

Il a besoin de nous, comme nous de lui

Bien que son état soit "irréversible" et qu'il relève des soins palliatifs, Jean-Baptiste n'est pour autant pas en fin de vie. Ses parents et nous, ses six frères et sœurs, l'entourons de notre mieux et tentons de lui transmettre tout notre amour et toute notre affection : voilà notre mission. Il fait partie des aînés de la famille, et pourtant nous aimons à le choyer comme un petit frère. Depuis son accident, quelques petits progrès sont apparus, comme le recouvrement de la déglutition après avoir été nourri par sonde gastrique pendant plusieurs mois. L'action de manger reste un des seuls plaisirs que Jean-Baptiste conserve encore, et que nous essayons de satisfaire ! Jean-Baptiste ne peut pas s'exprimer par des mots, il ne peut pas se plaindre lorsqu’il souffre, mais son regard, ses sourires et ses câlins sont les seuls moyens pour lui de communiquer et de nous transmettre sa paix. Il vit dans l'instant présent, dans une espèce d'atemporalité qui nous laisse goûter chaque instant à ses côtés. Jean-Baptiste nous apporte aussi une joie qui nous unit profondément les uns aux autres. Nous l'aimons comme il est, comme un petit frère touchant par sa fragilité. Il a besoin de nous, mais nous aussi avons besoin de lui. Cela m'attriste alors de voir que d'autres familles se déchirent autour d'un lit d'hôpital. Je pense que les malades, mais aussi les familles ont un réel besoin d'accompagnement dans des souffrances parfois trop lourdes à porter.

Est-il indigne de vivre ?

Qu’y a-t-il de déraisonnable et d'obsessionnel à nourrir et hydrater une personne comme Vincent Lambert ? La décision prise par le Conseil d’État me glace. J'ai eu la désagréable impression d'assister à ce qui me semble être ni plus ni moins la condamnation à mort d'un homme. Il devient la victime d'une phrase qu'il aurait prononcé avant son accident, désormais seul argument justifiant la décision du Conseil d’État qui a tranché en faveur du "respect de la volonté de Vincent". Cette phrase, n'importe qui pourrait la prononcer au cours de sa vie, mais sans réellement savoir de quoi l'avenir sera fait. Car au fond, qui désire se retrouver dans son état ? Personne. Alors comment et surtout qui peut décider à la place d'un homme, certes dans un état de "conscience minimale", mais qui conserve toute sa dignité ? Serait-il indigne de vivre ? Les 1700 personnes dans le même cas que lui seraient-elles aussi indignes ? Apparemment certains le pensent. Et, heureusement pour ces derniers, les "indignes" – à la différence des "indignés" – ne peuvent pas descendre dans la rue pour contester cette injustice!"

Posté le 27 juin 2014 à 16h20 par Michel Janva | Lien permanent

Le TVG de la mort est lancé

Voici le communiqué de presse de Droit de Naître du 27 juin:

"En moins de 24h, la France vient d’accomplir deux enjambées funestes.  Ce mardi, Vincent Lambert, jeune tétraplégique, a été condamné par le Conseil d’Etat à mourir de faim et de soif à l’hôpital. Le lendemain – mercredi 25 juin – le docteur Bonnemaison, reconnu directement responsable de l’empoisonnement de sept de ses patients, a été totalement acquitté par la « Justice » sous prétexte qu’il aurait agi avec sincérité ! Les avocats du médecin urgentiste ont immédiatement saisi l’occasion pour exiger au plus vite une loi autorisant le meurtre des personnes en fin de vie.

Ces décisions scandaleuses qui font honte à l’Humanité s’inscrivent de toute évidence dans un agenda mortifère dont l’aboutissement logique sera la légalisation prochaine du suicide assisté. L’hypothèse d’une offensive gouvernementale durant l’été – alors que les Français sont en vacances -devient de plus en plus probable.

« Droit de Naître » appelle donc dès aujourd’hui l’ensemble des citoyens à se mobiliser en vue de la terrible bataille qui s’annonce. Si nous devions perdre cette guerre la France atteindrait de facto un dangereux point de non-retour dans sa fuite en avant vers la barbarie."

Posté le 27 juin 2014 à 15h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

Euthanasie : attention aux dons d'organes

Un lecteur me fait suivre le message adressé ce matin à la FFDOT (Fédération Francaise Don Organes Tissus Humains) :

"Il y a 25 ans, alors âgé de 19 ans, j'ai accepté l'idée de prélèvement d'organes après ma mort et ai adhéré à la FFDOT. La carte que je détiens depuis le XXX porte le numéro XXX.

Malheureusement, la législation actuelle veut imposer l'euthanasie en France et donc la possibilité de prélever des organes sur des corps sains. Père de 5 enfants, je m'oppose fermement à cette idéologie qui lentement va autoriser la mise à mort de patients encombrants pour pouvoir profiter de ses organes et les redistribuer. Où est passé le serment d'Hypocrate ?

En définitive, j'ai décidé de résilier ma carte et de m'opposer à tout prélèvement. Merci de me confirmer par mail ma résiliation."

Posté le 27 juin 2014 à 13h48 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (13)

C’est notre société qui est en état pauci-relationnel

Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, défend la vie :

2"L’injection létale pourrait bien devenir légale. C’est ce que laisse entendre le message délivré par l’acquittement du docteur Nicolas Bonnemaison. 

Comment laisser passer un tel aveu de non-assistance à personne en danger ? Comment ne pas entendre la soif de mourir vivants et aimés ? Oui, il s’agit bien de cela : c’est notre société qui est en état pauci-relationnel et non les personnes comme Vincent Lambert qui attendent au contraire un sursaut d’amour.

Je m’adresse aux médecins, aux soignants, à tous ceux qui font partie de cette chaîne solidaire qui nous unit les uns aux autres, surtout au terme de notre existence. Soyez des témoins de la vie, évaluez avec prudence les limites de l’acharnement thérapeutique et procédez à la mise en place de justes soins palliatifs. La question de la mort ne se résout pas par la mort, mais par la vie !

Qu’as-tu fait de ton frère ? Telle est la question que nous pourrions entendre à notre tour au jour dernier…

Osons la solidarité ! Osons l’espérance ! Osons la compassion, la vraie, celle qui dit je t’aime en disant oui à la vie."

Posté le 27 juin 2014 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

26 juin 2014

L'idéologie qui cherche à amalgamer l’hydratation à de l’acharnement

Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre, médecin et membre du Conseil Famille et Société, analyse la décision (suspendue par la CEDH) du Conseil d’Etat d’arrêter le traitement de Vincent Lambert :

"M. Vincent Lambert est un homme de 38 ans victime d’un traumatisme crânien à la suite d’un accident. Son état correspond à ce que les médecins appellent l’état pauci-relationnel qu’on appelle aussi état de conscience minimale qui est à distinguer d’un état végétatif permanent.M. Lambert n’est pas en fin de vie. Il s’agit seulement de savoir si on arrête sa vie en supprimant l’alimentation et l’hydratation. La première question qui se pose est de savoir si le fait de nourrir et de faire boire constitue un traitement ou un soin.

Certains affirment que, s’il s’agit d’un traitement, l’alimentation et l’hydratation peuvent être considérées comme un acharnement thérapeutique si elles sont maintenues. En revanche, s’il s’agit d’un soin, le fait de lui donner à boire et à manger n’entre pas dans le cadre une obstination déraisonnable mais d’une attention à autrui qui est le propre de l’humanité. Certes, M. Lambert ne peut pas boire et manger tout seul étant donné son état de conscience voilà pourquoi le médecin qui le suit avait décidé d’arrêter.

La deuxième question est de savoir si ce que l’on fait en donnant à manger et à boire est vraiment au bénéfice de la personne soignée. Par exemple, il arrive que certains patients puissent faire une fausse route à la suite d’une alimentation invasive. Dans ce cas, cette alimentation lui est plus nuisible qu’utile. Tant que la personne n’est pas en fin de vie et que son alimentation et son hydratation lui sont plus bénéfiques que nuisibles, le fait de l’arrêter devient alors un acte grave puisqu’il entrainera inéluctablement et délibérément sa mort.

Il est impossible actuellement de dire ce qu’un patient peut vivre encore de relations interpersonnelles dans un état de conscience minimale. Celles qui se tissent encore révèlent la profondeur de notre humanité qui est à l’origine de sa dignité. 

L’Académie Nationale de Médecine a rappelé que le droit des patients d’avoir accès à l’alimentation ne peut être conditionné par leurs capacités relationnelles. Cette position rejoint celle de l’Église qui persiste à défendre la dignité immuable de l’homme. Cette dignité ne vient pas d’un droit octroyé par un tiers : la société, les médecins ou les juges.

Enfin, il faut savoir que le cas de M. Vincent Lambert est un cas particulier à partir duquel il est difficile de légiférer. Il y a plus de 1500 personnes qui sont dans le même état. Ce que l’on va décider pour lui va-t-il impacter sur les autres patients ? On a voulu donner aux juges la décision finale. Or, s’il appartient aux juges de dire le droit, ils n’ont pas autorité pour définir le bien ou le mal. 

L’Église, protectrice de la vie et de la dignité, estime qu’« un patient en « état végétatif permanent » est une personne, avec sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale, l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles »."

Mgr Bernard Podvin, porte-parole des évêques de France, réagit de son côté :

"Qu’est-donc cette idéologie qui cherche à amalgamer l’hydratation d’un frère souffrant à de l’acharnement ? Un trait de civilisation élémentaire n’est-il pas depuis toujours de prodiguer le verre d’eau à autrui, humecter ses lèvres, serait-il notre pire ennemi ? En quoi serait-il inconvenant de le faire à un proche en état « pauci-relationnel »? Ce que l’on nomme  « l’affaire Lambert » fait, hélas, dire de nombreuses aberrations. L’essentiel est d’être près de celui que l’on aime jusqu’au bout. Présence humble et aimante. Les mains vides en offrande d’une affection partagée. Le plus fragile serait-il devenu indigne d’être accompagné ? Le fait que les proches de Vincent se déchirent, le fait qu’une instance supérieure ne se suffise pas à en discerner et juger, tout cela doit rendre humble devant la complexité et la douleur. Ces limites humaines et institutionnelles attestent que la vie est toujours plus grande que ce que nous en disons. Elle est un don ! Ne vouloir ni acharnement, ni suicide assisté, consiste à choisir la voie étroite d’une fidélité palliative. Redisons-le avec la force de l’amour."

Posté le 26 juin 2014 à 23h26 par Michel Janva | Lien permanent


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