22 avril 2014

Mgr Podvin demande l'abandon du projet de loi sur l'euthanasie

Invité de France Info lundi, le porte-parole de la conférence des évêques de France, monseigneur Podvin a déclaré :

"Nous attendons que la société ne soit plus clivée davantage qu'elle ne l'est déjà. Elle est déjà terriblement divisée. D'ailleurs les courbes de popularité n'ont pas monté suite aux réformes sociétales, c'est bien le signe que la société n'attendait pas forcément aussi fortement qu'on le pense ces réformes sociétales".

"Et il faut d'urgence, d'urgence, d'urgence une cohésion sociale et nous espérons qu'on va s'occuper des questions fondamentales, la lutte contre les précarités, le chômage. Et un minimum de paix sociale dans ce pays dont on a tous besoin. Et puisse Manuel Valls (qui a promis l'apaisement sur les sujets de société) être entendu".

Monseigneur Podvin souhaite que la question sur la fin de vie "soit suspendue" et le "débat différé".

"Et d'ailleurs pour nous, il faudrait même regarder en profondeur la loi Leonetti en tant que telle. Ne divisons pas la France davantage qu'elle ne l'est sur des questions de société."

Posté le 22 avril 2014 à 07h01 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2014

Elle est revenue du coma et témoigne

Angèle Lieby est une survivante : les médecins la croyaient dans le coma, ses proches avaient perdu espoir. En réalité, elle était atteinte d'un syndrome rarissime : elle était inerte, le corps entier paralysé, mais consciente. Elle raconte cette incroyable expérience dans son livre « Une larme m'a sauvée ». Un cri d'alarme pour rappeler que ceux plongés dans un coma sont, avant tout, encore vivants. 

En replay sur Arte jusqu'à mardi 22 avril, Angèle Lieby, qui publie "Une larme m'a sauvée", raconte comment sa fille s'est opposée au débranchement que le conjoint avait accepté.

« Par mon histoire, je souhaite devenir la porte-parole des non-communicants. Je serais la plus heureuse si, désormais, l'on regardait ces « gisants-vivants » différemment. »

Une leçon d'humilité pour la médecine.

Posté le 19 avril 2014 à 15h28 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : la radiation du docteur Bonnemaison confirmée

Lu sur Gènéthique :

"En Janvier 2013, la chambre disciplinaire de première instance de l'Ordre des médecins radiait de l'ordre l'urgentiste Nicolas Bonnemaison accusé d'avoir empoisonné sept patients en fin de vie. A la suite de cette décision, l'urgentiste avait fait appel. Par une décision rendue le 15 avril dernier et communiquée ce mercredi, le CNOM [Conseil national de l'Ordre des médecins] indique que la radiation a été confirmée en appel."

Posté le 19 avril 2014 à 14h59 par Michel Janva | Lien permanent

17 avril 2014

L’euthanasie ne consiste pas à abréger les souffrances, mais à donner la mort

Le philosophe Bertrand Vergely écrit sur Cyrano :

"L’euthanasie signifie la douce mort. Cette douce mort désigne le fait, pour un médecin, d’abréger les souffrances d’un malade incurable en lui donnant la mort. Beaucoup de personnes voient dans l’euthanasie un moyen de soulager la souffrance de certaines fins de vie. Avant de leur donner raison, il importe de voir ce qu’il y a derrière et ce qui risque d’advenir après si celle-ci est légalisée.

I. LA VIOLENCE

En premier lieu, il importe de rappeler que l’euthanasie ne consiste pas dans le fait simple d’abréger les souffrances d’un malade, mais dans le fait complexe de donner la mort pour abréger les souffrances d’un malade. La nuance est importante. Dans un cas, on a affaire à un geste humanitaire. Dans un autre cas, on est en face d’une violence inouïe. Tant il est vrai qu’il est désastreux de devoir tuer quelqu’un pour abréger ses souffrances.

Le passé témoigne de ce désastre. C’est sur les champs de bataille, quand on ne pouvait pas faire autrement, que l’on achevait les blessés. Par ailleurs, c’est le nazisme qui a formulé le projet d’euthanasier les vieux et les déficients mentaux, ceux-ci étant jugés inutiles et trop coûteux pour la société. La débâcle des champs de bataille. Le nazisme. La mémoire de l’euthanasie est chargée. Si  la mémoire est lourde, le présent l’est tout autant. Le meurtre est interdit par la loi. La peine de mort a été abolie. Qu’on le veuille ou non, avec l’euthanasie, on a affaire au retour de l’un et de l’autre.

II. LA PRECIPITATION

S’agissant du malade, il semble qu’il y ait une confusion. Une chose est de désirer ne pas souffrir, une autre de mourir. Ce n’est pas parce que l’on désire ne pas souffrir que l’on désire mourir. Attention donc de ne pas prendre le désir de ne pas souffrir pour un désir de mort ! Attention au fait de donner la mort sous prétexte d’éviter la souffrance ! Attention au fait de faire croire qu’avec la mort, les souffrances vont cesser ! Quand on fait de la mort la médecine suprême, on se précipite et l’on attise les désirs de mort. [...]"

Posté le 17 avril 2014 à 13h36 par Michel Janva | Lien permanent

15 avril 2014

Plongé dans le coma, les médecins ont voulu l'achever, mais sa famille l'a sauvé

Lu ici :

"Annick Richard est la maman de Robin, un jeune homme qui, il y a 6 ans, fut frappé par la foudre pendant une sortie scolaire en forêt. Plongé dans un profond coma, les médecins ont souhaité le débrancher mais la famille s’est battue pour qu’ils n’en fassent rien et quelques mois plus tard, Robin est sorti de sa léthargie.

Depuis lors, la famille se bat pour que le corps médical accorde à Robin les soins de rééducation auxquels il a droit. Hospitalisé à Paris, Robin a aujourd’hui 20 ans et il a fait de gros progrès. Sa famille, son frère et sa sœur se sont soudés pour lui apporter tout le soutien nécessaire et le foyer n’a miraculeusement pas éclaté."

Témoignage de sa mère ici.

Posté le 15 avril 2014 à 19h58 par Michel Janva | Lien permanent

11 avril 2014

Belgique : Une couronne de fleurs géante pour dénoncer l'euthanasie des mineurs

 

Posté le 11 avril 2014 à 21h16 par Michel Janva | Lien permanent

"Un fervent partisan de la légalisation de l’euthanasie qui prend les rênes du Gouvernement"

L'ADMD se réjouit de l'arrivée de Manuel Valls à Matignon.

Posté le 11 avril 2014 à 14h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

Coma : les soins d'éveils ne peuvent être qualifiés d'inhumains ou dégradants

Lu sur Gènéthique :

"Plongé dans le coma depuis juillet 2013, un patient a été transféré de l'hôpital de Colmar à celui de Strasbourg, le 2 avril dernier, pour tenter de le réveiller. Selon l'équipe médicale, le patient réagit à certaines stimulations de son environnement et peut ressentir des émotions, soulignant ainsi qu'une "amélioration notable" de son état "peut être envisagée". Cependant, son épouse s'y est opposée, invoquant une "obstination déraisonnable".

Dans une décision rendue ce mardi 8 avril, le tribunal administratif de Strasbourg a autorisé les médecins à tenter de réveiller le patient, déboutant ainsi l'épouse de ce dernier. Selon le tribunal, les "soins d'éveils" qu'envisagent le service de neurochirurgie du CHU de Strasbourg "ne peuvent être qualifiés d'inhumains ou dégradants", d'autant que "dans le service, le patient pourra bénéficier des soins palliatifs qui ne porteront pas atteinte à 'sa dignité' ". En outre, poursuit le tribunal, "tenter des 'soins d'éveils' ne 'remet pas en cause la mise en oeuvre éventuelle' de la loi Léonetti de 2005 sur l'arrêt des traitements visant à un 'maintien artificiel' de la vie' ". Et selon l'équipe médicale, "si la situation devait évoluer défavorablement, toutes les options resteraient ouvertes, même un arrêt des soins' ". 

Posté le 11 avril 2014 à 08h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

Plainte contre le président de la commission de contrôle de l'euthanasie en Belgique

Lu sur Gènéthique :

"Le 20 avril 2012, un homme apprend qu'une injection létale a été administrée la veille à sa mère à l'hôpital universitaire néerlandophone UZ Brussel. Celle-ci souffrait d'une dépression chronique.

Selon l'avocat du plaignant, Me Samuel Vinck, "de nombreux indices prouvent que la loi n'a pas été correctement appliquée dans le traitement de la demande d'euthanasie de la patiente". Cette euthanasie a été pratiquée par Wim Distelmans, médecin et président de la commission de contrôle de l'euthanasie en Belgique. Mais les enfants de la patiente n'ont pas été tenus au courant de cette procédure, de ce fait, "mon client est en droit de demander aux autorités compétentes d'examiner l'affaire" précise l'avocat."

Posté le 11 avril 2014 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2014

Euthanasie par privation d'alimentation : un pénible souvenir

Dora était un tunnel dans le Hartz, près du camp de concentration de Buchenwald. Ce tunnel a été utilisé après la destruction de l'usine de Pennemude (qui développait la fusée V2, arme ultra secrète), par les bombardiers Anglais en 1943. Ce tunnel était très ancien et fut aménagé pour recevoir le V2, et, plus tard le V1. La condition de vie dans ce tunnel fut telle que la réputation de Dora était qu'on ne pouvait survivre au delà de 15 jours. Cette réputation provenait du fait que des centaines de morts de Dora arrivaient régulièrement à Buchenwald pour y être incinérés, plus tard, Dora eut son propre four crématoire. Dora était ultrasecret, indétectable par l'aviation alliée, donc inconnu. Von Braun, ingénieur en chef de Dora, supervisant les conditions de fabrication des V1 et V2, donc témoin des conditions de vie des déportés, fut envoyé aux Etats-Unis courant avril 1945. Il développa la fusée Saturne qui transporta les premiers hommes sur la lune !

Un lecteur du Salon Beige, un des derniers survivants du tunnel de Dora (matricule 51442), témoigne qu'il est impossible de tenir plus de 3 jours sans boire, "vraiment sans boire" :

"Au-delà, dans les wagons qui nous conduisaient à Buchenwald, la majeure partie de mes camarades ont bu de leur urine ! Les hallucinations sont telles, qu'à la limite, on devient fou ! Qui peut décrire les souffrances de celui à qui on fait subir un tel traitement ?"

Posté le 10 avril 2014 à 15h13 par Michel Janva | Lien permanent

09 avril 2014

Vivant, en état de mort cérébral, un homme échappel au prélèvement de ses organes

A Göteborg, en Suède, un homme de 43 ans a porté plainte contre l'hôpital dans lequel il était soigné après avoir entendu une conversation entre les médecins et son amie sur... le prélèvement de ses organes. Annoncé en état de mort de cérébrale par les chirurgiens, Jimi Fritze était encore conscient.

Victime d'une apoplexie, il est devenu totalement paralysé.

"Les médecins ont examiné le scanner du cerveau et ont expliqué à ma copine qu'il n'y avait plus beaucoup d'espoir et qu'il ne me restait pas beaucoup de temps à vivre". "Ma compagne pleurait tout le temps mais je n'étais pas en état de parler ou de bouger. Je ne pouvais qu'entendre". "Ils parlaient de donations, ils voulaient effectuer des tests sur mon foie et mes reins en vue d'un don à d'autres patients". "J'avais très peur de subir une mort terrifiante. Je craignais qu'ils m'incinèrent. Je me demandais si j'allais voir et sentir les flammes".

Un autre chirurgien plus expérimenté, rentré de vacances, après avoir à nouveau analysé le scan, ce médecin a directement réalisé qu'il y avait encore de l'espoir. L'administration de nouveaux médicaments a permis de faire diminuer ses lésions au cerveau. Quelques jours plus tard, Jimi était capable de communiquer avec sa famille à l'aide de hochements de la tête.

A l'issue d'une revalidation de deux ans, il est à nouveau en mesure de parler et de bouger, même s'il reste cloué dans une chaise roulante.

Posté le 9 avril 2014 à 12h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

08 avril 2014

L'arrière-plan philosophique de la démarche du Conseil d'Etat dans l'affaire Vincent Lambert

De Pierre-Olivier Arduin dans La Nef :

"[...] Les observations écrites déjà émises par les dix-sept juges sont loin d’être rassurantes. Pour la première fois, les magistrats ont en effet estimé formellement que « l’alimentation et l’hydratation artificielles constituaient bien au sens de la loi Leonetti un traitement qui peut être interrompu en cas d’obstination déraisonnable », ouvrant une première brèche dans le principe du respect de la vie de ces patients. Dans un discours capital prononcé le 20 mars 2004 devant un congrès international sur l’état végétatif, le saint pape Jean-Paul II avait au contraire montré que « l’administration d’eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de maintien de la vie et non un acte médical » et qu’en conséquence « elle devait être considérée comme ordinaire, proportionnée et moralement obligatoire […] pour le malade dans un état végétatif dans l’attente d’un rétablissement ou de sa fin naturelle ». Dès lors, sa « suspension revêt le sens d’une véritable euthanasie ». Cette analyse a été ensuite confirmée par la Congrégation pour la Doctrine de la foi dans une note extrêmement argumentée sur le statut de l’alimentation artificielle dont Benoît XVI avait approuvé et ordonné la publication le 1er août 2007, pressentant que le sujet allait devenir l’une des portes d’entrée « politique » de la légalisation de l’euthanasie.

Le second point soulevé par les magistrats est également loin d’être anodin puisque ceux-ci demandent au collège de spécialistes de « se prononcer sur le caractère irréversible des lésions cérébrales dont souffre Vincent Lambert » et « de déterminer s’il est en mesure de communiquer ». On comprend bien l’arrière-fond « philosophique » ici à l’œuvre : exiger un minimum de fonctionnement cérébral pour continuer à attribuer une certaine dignité à un être humain, faute de quoi la vie n’aurait plus aucun sens à être préservée. Cette perspective qui dénie la qualité de personne à celui qui n’aurait plus conscience de soi est développée par de nombreux penseurs à travers le monde dont le philosophe américain Jeff McMahan (qui enseigne à l’Université d’Oxford), lequel soutient que « nous cessons d’exister lorsque notre cerveau perd la capacité d’exercer la conscience » (The Ethics of killing, 2002). Si d’aventure le Conseil d’État devait légitimer l’arrêt de l’alimentation des personnes en état pauci-relationnel, et a fortiori en état végétatif, il introduirait alors, selon l’analyse de Jean-Paul II, un principe juridique « discriminatoire et eugénique » approuvant de manière officielle l’euthanasie utilitariste de ces malades."

Posté le 8 avril 2014 à 08h02 par Michel Janva | Lien permanent

Des nouvelles de Vincent Lambert

À la demande des trois experts médicaux désignés par le Conseil d'État le 26 février, Vincent Lambert - tétraplégique en état «pauci-relationnel» dont la justice décidera en juin de la vie ou de la mort - va être transféré du CHU de Reims où il est hospitalisé depuis 2008 vers un autre établissement.

Il doit passer des examens à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. L'établissement est mieux équipé en matériel pour procéder aux tests et analyses nécessaires à l'expertise ordonnée par le Conseil d'État. Il est aussi très réputé du point de vue de ses compétences en neurologie, avec des médecins reconnus par la communauté scientifique internationale.

Les trois experts devront rendre un rapport commun d'ici fin avril. Le Conseil d'État jugera l'affaire fin juin.

Posté le 8 avril 2014 à 07h21 par Michel Janva | Lien permanent

31 mars 2014

Manuel Valls est favorable à l'euthanasie

Le 19 novembre 2009, Monsieur Valls défendait une proposition de loi visant à légaliser l'euthanasie. A cette occasion, il déclarait :

"Plutôt que de chercher un consensus impossible, les signataires du présent texte préfèrent revendiquer leur différence en affirmant le principe d’un droit général à l’euthanasie, d’une véritable aide active à mourir. Ils ne craignent pas d’assumer ainsi la confrontation noble de deux définitions de la dignité humaine."

Posté le 31 mars 2014 à 19h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

27 mars 2014

La gauche et l’Eglise unies contre l’euthanasie

Oui mais c'est en Autriche.

Et pour cause : 30 000 citoyens «improductifs» y avaient été euthanasiés sur ordre des nationaux-socialistes. 

Posté le 27 mars 2014 à 17h22 par Michel Janva | Lien permanent

25 mars 2014

Belgique : 80% des euthanasies sont pratiquées sans consultation du patient

Et après ils nous parlent de liberté et de dignité.

Posté le 25 mars 2014 à 18h29 par Michel Janva | Lien permanent

22 mars 2014

Les “conditions strictes” qui encadrent l’euthanasie ne sont pas respectées

Philippe Juvin, maire UMP de La Garenne Colombes et député européen, avait signé une tribune sur l'euthanasie dans Valeurs Actuelles il y a quelques mois. La voilà :

J"Le débat sur la légalisation de l’euthanasie est donc relancé. Le sujet est complexe et riche. Un des aspects du débat porte sur les limites qui seraient inscrites dans la loi pour autoriser la réalisation d’une euthanasie. Autrement dit, des critères pourraient-ils être imaginés pour encadrer strictement la pratique d’une euthanasie afin qu’elle reste réservée à quelques cas exceptionnels de souffrance incurable ? Certains le pensent. D’autres répondent que le respect de tels critères est illusoire. Une façon de départager les deux avis est d’étudier les exemples étrangers, dans les pays où l’euthanasie a été autorisée.

Le premier garde-fou habituellement rencontré dans les lois existantes est, heureusement, l’obligation de recueillir l’accord explicite du patient. Or en 2007, une étude financée par le ministre hollandais de la Santé et publiée dans le très honorable New England Journal of Medicine a montré que plus de 500 personnes étaient euthanasiées chaque année aux Pays-Bas sans leur accord explicite… En Belgique, la situation semble encore plus préoccupante puisque, dans un travail publié en 2009 dans le même journal, la moitié des morts par injection létale avaient été réalisées sans consentement explicite du patient.

Autre garde-fou souvent rencontré dans les législations d’euthanasie : l’obligation d’obtenir un second avis médical avant d’autoriser la mort du patient. Le rôle de ce second avis étant double : vérifier que le patient avait bien compris ce qu’on lui proposait et qu’il souffrait effectivement d’une maladie grave, invalidante et incurable. Or l’étude hollandaise déjà citée montrait que ce second avis médical n’était retrouvé que dans 35 % des dossiers d’euthanasie réalisée sans accord explicite du patient. Une étude canadienne de 2011 et citée dans Current Oncology montrait que dans l’Oregon, sur 62 euthanasies consécutives, 58 avaient bien reçu le second avis favorable, mais que celui-ci avait été donné par un seul médecin, militant pro-euthanasie notoire.

Le dernier garde-fou habituellement prévu dans les lois légalisant l’euthanasie est l’obligation d’obtenir l’accord d’un psychiatre pour s’assurer que le patient qui a demandé l’euthanasie ne souffre pas de démence ni de dépression susceptibles d’altérer son libre arbitre. La dépression est en effet fréquente au cours des phases terminales de cancer : jusqu’à 59 % des cas dans un travail de l’American Journal of Psychiatry en 1995. Or en 2011 dans l’Oregon, un seul patient sur 71 euthanasies avait bénéficié de l’avis d’un psychiatre alors que la majorité de ces patients avait un cancer en phase terminale.

Autrement dit, il n’est pas exagéré d’affirmer que de nombreux authentiques dépressifs, peut-être incapables de donner un consentement éclairé, ont été euthanasiés. Cette observation rappelle cette polémique qui avait impliqué l’association suisse Dignitas, qui organisa l’euthanasie d’un frère et d’une soeur schizophrènes dont la capacité de jugement fut mise en doute.

Ces études scientifiques ont été publiées dans des revues reconnues, à comité de lecture, c’est-à-dire que leur méthodologie a été validée par des lecteurs indépendants. Elles démontrent donc que, dans les pays où l’euthanasie a été légalisée, celle-ci est assez souvent réalisée sans l’accord du patient ni l’obtention d’un second avis médical, alors que ces deux points sont légalement obligatoires. Finissons donc avec une illusion : celle d’une loi propre, qui permettrait des euthanasies sans risque de bavure.

L’expérience de nos voisins est sans appel : les “conditions strictes” qui encadreront la légalisation de l’euthanasie ne seront pas plus respectées en France qu’elles ne le sont aujourd’hui en Belgique, aux Pays-Bas ou dans l’Oregon. Or en ne respectant pas ces critères, nous ouvrirons une voie incertaine où des comateux, des déments ou des dépressifs et même des handicapés incapables de crier non seront euthanasiés en silence sans avoir donné leur accord.

On trouvera toujours de bonnes raisons de glisser d’une euthanasie librement demandée par le malade à une euthanasie d’opportunité pour le vieillard qui encombre un lit de réanimation, économique pour des patients affectés d’une maladie longue et coûteuse, ou même familiale en cas d’appétissants héritages trop longs à venir.

Une des difficultés du débat se situe dans la part d’idéologie qui nourrit parfois la revendication du droit à l’euthanasie. Cette part d’idéologie est par définition la plus insensible au raisonnement et à la démonstration tels que nous venons de les faire. Elle rapproche paradoxalement les avocats de l’euthanasie des ayatollahs de l’acharnement thérapeutique. Volonté commune de toute-puissance. Illusion partagée d’une maîtrise totale de la mort que les uns veulent choisir et les autres reculer contre toute raison."

Posté le 22 mars 2014 à 10h58 par Michel Janva | Lien permanent

20 mars 2014

Euthanasie : réponses aux 6 arguments d'André Comte-Sponville

Cyril Brun répond aux 6 arguments développés par André Comte-Sponville justifiant une loi sur l'euthanasie. Donnons au philosophe l'envie de vivre !

"[...] Pourtant, les arguments de M. Comte-Sponville sont fallacieux. Sous couvert de respect de la souffrance ils veulent promouvoir l’exception. C’est utiliser des arguments affectifs et non rationnels. Les conséquences de tels arguments sont bien plus graves pour le bien de toute la société. Car dédouaner les personnes privées de leur responsabilité, c’est augmenter le poids à porter par la communauté. Les crises actuelles montrent que la société ne peut plus porter les responsabilités privées et qu’elle paye, y compris financièrement, 40 ans de déresponsabilisation. Tout, aujourd’hui, est un droit et plus rien n’est un devoir. La société en est devenue de plus en plus anonyme et irresponsable, confinant les individus à l’isolement et au vide existentiel. Une telle argumentation promeut encore davantage cette déresponsabilisation égoïste en lui donnant la bonne conscience de l’altruisme. Elle exaspère ce vide existentiel qui mine le moral de nos contemporains. [...]"

Par ailleurs, le think tank du PS Terra Nova a rédigé sa note pour promouvoir le suicide assisté notamment par aide pharmacologique.

Posté le 20 mars 2014 à 15h31 par Michel Janva | Lien permanent

13 mars 2014

Belgique : des médecins demandent maintenant "l'euthanasie non demandée"

Explication :

"De quoi s'agit-il exactement ? D'une demande de certains médecins spécialisés en soins intensifs qui souhaitent une protection juridique pour pouvoir euthanasier (c'est le mot politiquement correct pour « assassiner ») activement (c'est donc bien plus qu'un simple refus d'acharnement thérapeutique...) des patients qui n'en auraient pas expressément formulé la demande et qui seraient inconscients, même en l'absence de tout inconfort."

Posté le 13 mars 2014 à 21h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

04 mars 2014

Les parents et le frère de Vincent Lambert s’expriment sur réinformation.tv

On y apprend notamment que Vincent Lambert a pleuré après son accident en voyant ses parents. Et on a néanmoins cessé de l’alimenter par voie intraveineuse pendant quinze jours. Pour la première fois depuis mai 2013, les parents et le frère de Vincent Lambert s'expriment dans l'intimité devant une caméra.

Posté le 4 mars 2014 à 22h02 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2014

Euthanasie des mineurs : le roi des Belges a signé

Le roi Philippe a signé dimanche la loi sur l'extension de l'euthanasie aux mineurs. 

Posté le 3 mars 2014 à 07h57 par Michel Janva | Lien permanent

01 mars 2014

L'Allemagne n'avait pas connu cela depuis Hilter

Lu sur le blog de l'Homme nouveau :

"Pour conjurer le démon de l’eugénisme auquel le IIIe Reich avait cédé, l’Allemagne s’était dotée en 1949 d’une Constitution qui proclamait l’intangibilité de la vie humaine. [...]

Pourtant, le 1er février, la nouvelle loi a ouvert une brèche dans la digue constituée par la Loi fondamentale allemande du 8 mai 1949 (la Constitution de l’Allemagne fédérale), érigée pour protéger la société contre l’éventuelle résurgence d’un régime légalisant l’eugénisme. [...] Après l’auto-dénonciation provocatrice d’un gynécologue berlinois, le Dr Mattias Bloeche, affirmant avoir pratiqué clandestinement des DPI, qui fut suivie de son acquittement par le Tribunal fédéral en 2010, le Parlement allemand dut se saisir de ce sujet [...]

Très rapidement, les députés allemands ont été confrontés à l’option suivante : faut-il privilégier la souffrance de la femme confrontée à la naissance d’un enfant atteint d’une malformation physique ou mentale, ou le droit à la vie de tout embryon ? L’attention de la majorité d’entre eux s’est particulièrement focalisée sur le désir d’enfant de ces couples qui risquent de transmettre une maladie héréditaire à leur descendance. En omettant de se prononcer sur la question du caractère éthique ou non du DPI, les parlementaires se sont de facto rendus à cette nouvelle conception de la personne humaine, qui est fondée avant tout sur le pouvoir de la science sur la vie humaine, et le critère de la « qualité », un substantif qui fait écran à celui d’« eugénisme »."

Posté le 1 mars 2014 à 17h07 par Michel Janva | Lien permanent

25 mars : conférence sur la fin de vie au Mans

A

Posté le 1 mars 2014 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2014

Réponse à une question écrite de Yannick Moreau sur la fin de vie

Pour une fois que le ministre répond à une question parlementaire, on ne va pas s'en priver :

Texte de la question du 31/12/2013

M. Yannick Moreau, député de la Vendée littorale, alerte Mme la ministre des affaires sociales et de la santé sur la question de la fin de vie et du rapport remis par le professeur Sicard le 18 décembre 2012. Lundi 16 décembre 2013, un panel de dix-huit citoyens « représentant la diversité française » réuni par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) vient de rendre ses conclusions en faveur d'une « légalisation du suicide médicalement assisté ». Il tient à rappeler par ailleurs que le CCNE avait été totalement remanié, vingt-deux membres sur les trente-neuf qu'il compte ayant été changés alors que sept sièges seulement devaient être obligatoirement renouvelés. Ce remaniement du CCNE opéré par l'exécutif avant les consultations sur les sujets sensibles que sont la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui et la fin de vie laisse planer un doute sur sa totale impartialité et la dénomination de « panel représentatif » accordée à ces dix-huit citoyens pose question aux Français. Le rapport du professeur Sicard au Président de la République préconisait l'application de la loi Leonetti, mal connue du public. Par ailleurs, il fermait la porte à la possibilité de l'euthanasie comme au Benelux et à une ouverture au suicide à qui le veut comme en Suisse. « Les soins de support et les soins palliatifs [doivent être prodigués] avec le même degré d'exigence que les soins curatifs » préconise le rapport ; de fait, il existe seulement 122 unités de soins palliatifs en France et quelques 5 000 lits à peine. Il lui demande donc quelles sont les mesures que le Gouvernement compte prendre pour mettre en œuvre les propositions du rapport et poursuivre les avancées en matière de soins palliatifs.

Texte de la réponse du 25/02/2013

A la suite de l'avis n° 121 rendu le 1er juillet 2013 par le comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) et intitulé « Fin de vie, autonomie de la personne, volonté de mourir », le Président de la République s'est exprimé sur la nécessité d'un débat public sur le sujet de la fin de vie. Le CCNE a ainsi organisé une conférence de citoyens constituée d'un panel de vingt citoyens représentatifs de la population, tirés au sort par un institut de sondage. Ceux-ci ont auditionné en toute indépendance diverses personnalités et rendu un avis le 15 décembre 2013. L'avis de ces citoyens complète les divers rapports et avis récents concernant la fin de vie. Parallèlement, les espaces régionaux de réflexion éthique organisent des débats publics au niveau local. Le CCNE se prononcera prochainement sur la méthode de débat public qui s'est ainsi déployée et formulera des préconisations pour l'avenir en s'appuyant sur son précédent avis ainsi que sur l'ensemble des réflexions ainsi rassemblées depuis plusieurs mois. Ensuite, dans la perspective du projet de loi annoncé, la ministre des affaires sociales et de la santé concertera les grandes familles de pensée et les acteurs principaux de la question de la fin de vie.

On constate que le ministre ne répond pas aux mesures concernant les soins palliatifs.

Posté le 28 février 2014 à 13h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

Affaire Lambert : des nouveaux-nés condamnés à mort

Lu sur le blog de Jean-Yves Nau :

"Appelé à trancher dans l’affaire Vincent Lambert le Conseil d’Etat a sculpté le tragique dans le droit. Il a décidé que le fait de nourrir (alimenter) et de faire boire (hydrater) étaient des traitements. Ou pouvaient en être. De ce fait ces gestes humains pouvaient être « interrompus » dès lors qu’ils pouvaient raisonnablement tomber sous le coup de « l’obstination déraisonnable » de la loi Leonetti sur la fin de vie. L’affaire est d’une violence extrême comme est violente la question soulevée : peut-on tuer une personne en fin de vie en la privant d’eau et de nourriture ? Mette un terme à l’AHA (l’alimentation et l’hydratation artificielle). [...]

Jean-Yves Nau fait référence à un article paru dans Libération, qui « présente » un « document exceptionnel du centre d’éthique de Cochin ». Il y voit un témoignage « des angoisses et des questionnements des parents, médecins et personnels soignants qui ont entouré jusqu’à leurs dernières heures des enfants sans espérance de vie ». En Une : « Le dilemme tragique de laisser mourir un enfant ». 

« Dans l’état actuel de la législation (la loi Leonetti), ces nourrissons avec ou sans sédation sont privés de nourriture et d’eau jusqu’à ce que mort s’ensuive. [...] »

Selon Jean Leonetti : 

« Ce qui me paraît clairement comme une évidence, c’est que l’alimentation et l’hydratation artificielle (AHA) relèvent d’une logique de soins. Ce sont des traitements : mettre un tube dans le ventre, ou poser une perfusion, c’est un traitement. Et, pour moi, c’est de même nature qu’un respirateur artificiel, qui envoie de l’air dans les poumons, puis qui l’expulse. Mais voilà, personne ne va estimer barbare – quand les conditions sont réunies – de retirer un respirateur et d’accompagner la personne vers le décès pour qu’elle ne souffre pas, alors que cette question demeure pendante pour l’alimentation. Où est la différence ? Le risque d’étouffement vaut bien celui du sentiment de la faim ou de la soif. Il faut y réfléchir. Pourquoi cela se passe-t-il ainsi ? Pourquoi tant de projections ?"

Dans un document de 2007, la Congrégation pour la doctrine de la foi avait au contraire écrit que 

"En particulier, je voudrais souligner que l'administration d'eau et de nourriture, même à travers des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de maintien de la vie, et non pas un acte médical. Sa mise en œuvre devra donc être considérée, en règle générale, comme ordinaire et proportionnée, et, en tant que telle, moralement obligatoire, dans la mesure et jusqu’au moment où elle montre qu’elle atteint sa finalité propre, qui, en l’espèce, consiste à procurer une nourriture au patient et à alléger ses souffrances. [...]

En affirmant que l’administration de nourriture et d’eau est moralement obligatoire en règle générale, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi n’exclut pas que, dans certaines régions très isolées et extrêmement pauvres, l’alimentation et l’hydratation artificielles ne puissent être matériellement possibles, et alors ad impossibilia nemo tenetur. Toutefois demeure l’obligation d’offrir les soins minimaux disponibles et de procurer, si possible, les moyens nécessaires pour un soutien vital convenable. Par ailleurs, on n’exclut pas que, en cas de complications, le patient ne réussisse pas à assimiler la nourriture et la boisson ; leur administration devient alors totalement inutile. Enfin, on n’écarte pas de manière absolue la possibilité que, dans quelques rares cas, l’alimentation et l’hydratation artificielles puissent comporter pour le patient une excessive pénibilité ou une privation grave au plan physique lié, par exemple, à des complications dans l’emploi d’instruments.

Ces cas exceptionnels n’enlèvent cependant rien au critère éthique général, selon lequel l’administration d’eau et de nourriture, même par des voies artificielles, représente toujours un moyen naturel de conservation de la vie et non un traitement thérapeutique. Son emploi devra donc être considéré comme ordinaire et proportionné, même lorsque l’"état végétatif" se prolonge."

Posté le 28 février 2014 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

27 février 2014

200 000 signataires demandent au roi des Belges de refuser l'euthanasie des mineurs

Une pétition rassemblant quelque 200 000 signatures de citoyens européens devait être remise aujourd'hui au roi des Belges, Philippe, pour lui demander de ne pas signer la loi autorisant l'euthanasie pour les mineurs. 

La dernière fois qu'un roi belge s'est opposé à un texte de loi ce fut en 1990 quand le roi Baudouin avait mis son veto au texte autorisant l'avortement. Grâce à une parade juridique et constitutionnelle, le gouvernement belge avait alors constaté "l'impossibilité de régner" du roi, validé la loi sur l'avortement avant de le rétablir dans ses fonctions. 

Posté le 27 février 2014 à 14h29 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2014

3 experts nommés pour examiner Vincent Lambert

Le Conseil d'Etat a désigné les 3 experts chargés de se pencher sur l'état de santé de Vincent Lambert. Le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a désigné comme experts

  • Marie-Germaine Bousser, professeur émérite des universités, chef de service honoraire à l'hôpital Lariboisière de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP),membre du CCNE.
  • Lionel Naccache, professeur des universités-praticien hospitalier, neurologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière de l'AP-HP, membre du CCNE. Il avait déclaré sur l'euthanasie :

"Personnellement, je suis extrêmement soucieux de ce que pense le malade : ce qu’il nous dit, ce qu’il souhaite, ses directives, tout cela est essentiel, et je m’attache à prendre en compte cette subjectivité des patients. Pour autant, il faut garder une certaine distance. Et ne pas nécessairement arrêter une décision à partir du seul discours d’un patient. Je n’ai pas une position arrêtée. Ma seule conviction est que cette question doit laisser de côté tout abord idéologique."

  • Jacques Luauté, professeur des universités-praticien hospitalier, chef de service à l'hôpital Henry Gabrielle du centre hospitalier universitaire de Lyon.

Ces troix spécialistes de neurosciences, qui ont prêté serment aujourd'hui, ont deux mois pour rendre leur expertise. Ils devront

  • "décrire l'état clinique actuel de Vincent Lambert",
  • "se prononcer sur le caractère irréversible des lésions cérébrales dont il souffre et sur le pronostic clinique",
  • "déterminer s'il est en mesure de communiquer, de quelque manière que ce soit, avec son entourage"
  • "apprécier l'existence éventuelle de signes manifestant une volonté d'interruption ou au contraire de prolongation du traitement qui le maintient en vie".

Posté le 26 février 2014 à 18h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

Augmentation du nombre d'euthanasies des malades psychiatriques

Lu ici :

"les demandes d’euthanasie pour des patients psychiatriques sont en augmentation aux Pays-Bas  (2% en 2012). L’euthanasie des patients psychiatriques y est autorisée par la loi. [...]

La KNMG [Société Royale néerlandaise de médecine], la NVvP [Société néerlandaise de psychiatrie] et la commission régionale de contrôle de l’euthanasie préconisent malgré tout la plus grande prudence et la retenue en ce qui concerne l’euthanasie des patients psychiatriques. Ils font remarquer, s’appuyant sur ce même arrêté Chabbot, que les compétences décisionnelles du patient peuvent être influencées par la maladie psychiatrique en elle-même et que l’évaluation de cette souffrance insoutenable et sans espoir est beaucoup plus difficile. {...]"

Posté le 26 février 2014 à 07h22 par Michel Janva | Lien permanent

25 février 2014

Euthanasie : le rapport du CCNE reporté à mars-avril

Le président du Comité consultatif national d’éthique (CCNE), Jean-Claude Ameisen, a indiqué que le rapport sur la fin de vie, attendu fin février, devrait être remis « en mars-avril ».

Ce rapport fait suite à l’avis 121 du comité, rendu en juillet 2013, qui demandait la mise en place d’une conférence des citoyens. Celle-ci a rendu ses conclusions le 16 décembre 2013, en se déclarant en faveur du suicide assisté et d’une « exception d’euthanasie » dans des cas particuliers.

Posté le 25 février 2014 à 10h56 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

Affaire Vincent Lambert : les questions de Me Paillot

L'avocat des parents interroge, dans les DNA :

P

Posté le 25 février 2014 à 07h43 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

22 février 2014

Le projet de loi sur l'euthanasie au Québec abandonné ?

Le vote sur le projet de loi 52 autorisant l'euthanasie au Québec n’a finalement pas eu lieu. Le Parti libéral du Québec a refusé de prolonger les travaux parlementaires pour permettre son adoption. Le parti voulait éviter une décision hâtive avant le déclenchement probable d’élections provinciales.

Le projet de loi peut encore être débattu le 11 mars, mais il pourrait plutôt tomber définitivement à l'eau puisque les débats porteront sur le budget dont le vote pourrait faire tomber le gouvernement.

Une veillée de prière devant l’Assemblée nationale avait rassemblé le 18 février plusieurs dizaines d’opposants au projet de loi 52. L’épiscopat québécois a acheté des espaces publicitaires dans des journaux de la province afin de promouvoir son opposition à l’euthanasie.

Posté le 22 février 2014 à 22h40 par Michel Janva | Lien permanent

La tyrannie économique tue un très grand nombre de personnes âgées

Extrait du message du pape à l'Académie pontificale pour la Vie, à l'occasion du vingtième anniversaire de son institution :

"[...] La tâche particulière de l’Académie, exprimée dans le Motu proprio « Vitae mysterium » est d’ « étudier, d’informer et de former sur les problèmes principaux de biomédecine et de droit, relatifs à la promotion et à la défense de la vie, surtout dans leur rapport direct avec la morale chrétienne et les directives du Magistère de l’Église » (n.4). Ainsi, vous vous proposez de montrer aux hommes de bonne volonté que la science et la technique, mises au service de la personne humaine et de ses droits fondamentaux, contribuent au bien intégral de la personne.

Les travaux que vous menez ces jours-ci ont pour thème : « Vieillissement et handicap ». C’est un thème d’une grande actualité, très important pour l’Église. En effet, on observe, dans nos sociétés, la domination tyrannique d’une logique économique qui exclut et parfois tue, faisant aujourd’hui un très grand nombre de victimes, à commencer par nos personnes âgées. « Nous avons mis en route la culture du “déchet” qui est même promue. Il ne s’agit plus simplement du phénomène de l’exploitation et de l’oppression, mais de quelque chose de nouveau : avec l’exclusion reste touchée, dans sa racine même, l’appartenance à la société dans laquelle on vit, du moment qu’en elle on ne se situe plus dans les bas-fonds, dans la périphérie, ou sans pouvoir, mais on est dehors. Les exclus ne sont pas des ‘exploités’, mais des déchets, ‘des restes’» (Exhort. apost. Evangelii gaudium, 53). La situation socio-démographique du vieillissement nous révèle clairement cette exclusion de la personne âgée, surtout si elle est malade, handicapée ou vulnérable, quelle qu’en soit la raison. On oublie trop souvent en effet que les relations entre les hommes sont toujours des relations de dépendance mutuelle, dépendance qui se manifeste à des degrés divers au long de la vie d’une personne et qui émerge principalement dans les situations de vieillesse, de maladie, de handicap et de souffrance en général. Et ceci exige que, dans les rapports interpersonnels comme communautaires, on offre l’aide nécessaire pour chercher à répondre au besoin que présente la personne à ce moment-là.

Mais à la base des discriminations et des exclusions, il y a une question anthropologique : que vaut l’homme et sur quoi se base cette valeur ? La santé est certainement une valeur importante, mais elle ne détermine pas la valeur de la personne. La santé, en outre, n’est pas en soi une garantie de bonheur ; en effet celui-ci peut se vérifier même en présence d’une santé précaire. La plénitude à laquelle tend toute vie humaine n’est pas en contradiction avec une situation de maladie et de souffrance. Par conséquent, le manque de santé et le handicap ne sont jamais une bonne raison pour exclure ou, pire encore, éliminer une personne ; la privation la plus grave que subissent les personnes âgées n’est pas l’affaiblissement de l’organisme et le handicap qui peut en résulter, mais l’abandon, l’exclusion et la privation d’amour.

La famille, elle, est maîtresse en accueil et en solidarité : c’est au sein de la famille que l’éducation rejoint en substance les relations de solidarité ; dans la famille, on peut apprendre que la perte de la santé n’est pas une raison pour discriminer la vie humaine ; la famille enseigne à ne pas tomber dans l’individualisme et à équilibrer le « je » avec le « nous ». C’est là que « prendre soin de l’autre » devient un fondement de l’existence humaine et une attitude morale à promouvoir, à travers les valeurs de l’engagement de la solidarité. Le témoignage de la famille devient crucial face à toute  la société lorsqu’il réaffirme l’importance de la personne âgée comme sujet d’une communauté, avec sa mission à accomplir, et qui seulement en apparence reçoit sans rien offrir. [...]

Une société est vraiment accueillante à l’égard de la vie quand elle reconnaît que celle-ci est précieuse aussi dans la vieillesse, dans le handicap, dans la maladie grave et même lorsqu’elle s’éteint ; quand elle enseigne que la vocation à se réaliser humainement n’exclut pas la souffrance mais, au contraire,  enseigne à voir dans la personne malade et souffrante un don pour toute la communauté, une présence qui est une invitation à la solidarité et à la responsabilité. Voilà l’Évangile de la vie que vous êtes appelés à diffuser à travers votre compétence scientifique et professionnelle et soutenus par la grâce. [...]"

Posté le 22 février 2014 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2014

Votre miroir vous dit que vous êtes laid ? Couic !

Lu ici :

"Une Italienne s'est fait euthanasier dans un centre en Suisse en échange de 10 000 euros. En parfaite santé aussi bien physique que psychique, elle a fait ce choix catégorique pour une raison : elle ne supportait plus de se trouver laide en vieillissant."

Mourir dans la dignité qu'ils disent.

Posté le 21 février 2014 à 19h24 par Michel Janva | Lien permanent

20 février 2014

La réalisation de la personne n'exclut pas la souffrance

A l'occasion de sa réunion plénière, le Pape a fait parvenir un message à l'Académie pontificale pour la vie, qui fête ses vingt ans et se penche sur la vieillesse et la déchéance. Son but est d'étudier et informer sur les questions de droit et de bio-médecine en matière de défense de la vie selon la morale chrétienne et les directives du magistère.

"Dans notre société domine la tyrannie du profit qui exclut et tue même. Beaucoup de gens en sont les victimes, les personnes âgées surtout".

Revenant sur la culture du rebut, il a rappelé que les exclus de la société ne sont pas exploités mais rejetés comme des ordures.

"Que vaut un homme dans ce contexte? La santé revêt une grande importance même si elle ne saurait déterminer la valeur d'une vie humaine. Elle n'est pas non plus garantie de bonheur, qui peut se manifester en présence d'une santé défaillante... La mauvaise santé et le handicap ne peuvent être de justes raisons pour exclure quelqu'un, pire pour l'éliminer. La plus grave privation subie par les anciens n'est pas l'affaiblissement de l'organisme ou le handicap qui s'en suit mais l'abandon, l'exclusion et la privation d'amour. Maîtresse de solidarité, par l'éducation qu'elle offre, la famille permet d'apprendre la solidarité, apprendre que la perte de la santé ne justifie aucune discrimination, apprendre à ne pas s'enfermer dans l'individualisme. Le moi doit se conjuguer avec le nous de manière à ce que le soin d'autrui doit devenir un fondement de la vie et de la morale... Chaque fois que l'on cherche à lire les signes des temps il convient d'entendre les personnes âgées comme les jeunes... Une société est vraiment accueillante à la lorsque elle reconnaît la valeur de la vie dans la vieillesse et la déchéance, la maladie et même la fin de vie, lorsque elle enseigne que la réalisation de la personne n'exclut pas la souffrance mais qu'il faut voir dans celui qui souffre un don fait à la communauté, une présence qui en appelle à la solidarité et à la responsabilité". Votre travail, a conclu le Pape, "est délicat parce qu'il implique souvent d'aller à contre-courant".

Posté le 20 février 2014 à 17h34 par Michel Janva | Lien permanent

19 février 2014

"Je suis bien content qu'on ne m'ait pas débranché"

Tétraplégique depuis 1993, Philippe Pozzo di Borgo, l'homme qui a inspiré le film Intouchables, raconte son bonheur d'être encore en vie, à l'heure où le législateur doit statuer sur le sort de Vincent Lambert.

Depuis cinq mois, l'homme traverse une nouvelle épreuve. Alité depuis le mois d'octobre, il pourrait rester hospitalisé jusqu'au mois de mars. Pour autant, il raconte son bonheur d'être encore de ce monde.

"On me pose la question 'est-ce que tu aurais souhaité que l'on te débranche quand ça allait si mal après ton accident ?' Bien sûr que j'ai pensé à me suicider après mon accident mais je suis bien content que, 20 ans plus tard, on ne m'ait pas débranché".

"Si vous m'aviez demandé quand j'étais valide de signer un papier comme quoi il fallait me débrancher si j'étais dans un état aussi catastrophique, je l'aurais signé comme 92% des français le disent aujourd'hui".

"Simplement, vous êtes gentil de ne pas me débrancher aujourd'hui parce que je suis très bien où je suis. La mort m'est très familière, mais elle est très loin de moi. Je suis tellement bien en vie, tellement bien avec les autres".

Posté le 19 février 2014 à 23h14 par Michel Janva | Lien permanent

Belgique : des Sentinelles contre l'assassinat des mineurs

 

Posté le 19 février 2014 à 22h47 par Michel Janva | Lien permanent

Loi Taubira, euthanasie, IVG : crions-nous dans le désert ?

Comment convaincre les partisans de la culture de mort ? Ne faut-il pas "imbiber si bien la vérité de charité que le message deviendra consommable et même appétissant" ? Sur Aleteia, Philippe Oswald répond à des proches, en s'inspirant de Bernadette Soubirous : "Je ne suis pas chargée de vous le faire croire mais de vous le dire" :

"(...) Saint François de Sales, patron des journalistes, donné en modèle de douceur et de suavité, avait un tempérament de feu qu’il s’appliqua à rendre aimable. (...) Mais le doux évêque d’Annecy n’a pas pour autant édulcoré le message. Quand  celui-ci porte sur des questions qui embauchent au plus haut point l’émotion et les passions, tels aujourd’hui l’avortement, l’euthanasie, ou l’homosexualité, ne nous faisons pas d’illusion : quelles que soient nos précautions oratoires, il ne sera jamais facile de les rendre digestes.

Faudrait-il donc éviter ces sujets qui fâchent ? Evidemment non : ces questions anthropologiques et métaphysiques engagent l’avenir de l’humanité. Mais nous souvenant de la réplique de Bernadette, quittons tout souci de vouloir convaincre.(...)

Faisons confiance à la vérité : elle finit tôt ou tard par l’emporter car l’esprit humain est fait pour elle. De fait, les "majorités écrasantes" finissent par basculer, parfois beaucoup plus vite qu'on ne l’aurait pensé. Un exemple récent : Ludovine de La Rochère, présidente de la Manif pour tous, a pu affirmer en toute vérité le 7 février dernier, qu’une majorité de Français étaient opposés au « mariage pour tous » au moment du vote du texte par le Parlement. Or, constate RTL, « l'évolution des sondages semble lui donner raison». Le revirement de l’opinion s’est fait en quelques mois. (...)
 
Il existe bien d’autres exemples dans l’Histoire de tels revirements de l’opinion. Celle-ci est plus versatile que jamais à l’ère numérique dominée par les réseaux sociaux. Ne renonçons pas à y faire entendre la voix des « chercheurs de vérité » qui est aussi celle de l’Eglise confessante, humble et pauvre mais obstinée et pugnace, à l’exemple de Bernadette. Face aux multiples avatars de la « culture de mort », s'il faut lâcher prise sur nos ego, c'est pour mieux combattre et ne rien lâcher."

Posté le 19 février 2014 à 00h10 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (4)

18 février 2014

Euthanasie : ce que consacre le Conseil d'Etat

Lu dans Présent à propos de l'avis du Conseil d'Etat sur l'affaire Vincent Lambert :

"[...] la décision du Conseil d’Etat pose plusieurs principes qui confirment le caractère euthanasique de la loi Leonetti – caractère que Présent avait dénoncé dès la discussion et l’adoption de la loi, en 2005 !

Elle qualifie d’emblée l’alimentation entérale, à savoir l’administration directe de la nourriture dans l’estomac d’un patient pour pallier une difficulté de déglutition, de « traitement » médical, alors que rien dans le code de la santé publique ne permet de le dire, au motif que c’est ainsi que les travaux préparatoires de la loi Leonetti en ont décidé.

Soins de base comme l’hygiène, l’abri ou le chauffage, la nourriture et l’hydratation administrées à un patient comme Vincent Lambert ne font que lui apporter ce dont il a besoin pour vivre, son organisme étant parfaitement capable d’assimiler la nourriture selon le processus digestif normal. Si on les lui retire, il ne mourra pas de sa maladie – puisqu’il n’est pas malade – ni de son handicap, mais bien parce qu’on lui aura refusé ce qui est ordinairement dû à toute personne.

Le Conseil d’Etat se fonde sur les principes de la loi Leonetti pour affirmer que tout patient a droit à la protection de sa vie – raison pour laquelle il se dit fondé à statuer – mais ajoute que tout patient a le droit « de consentir à un traitement médical et de ne pas subir un traitement qui serait le résultat d’une obstination déraisonnable ».

D’où, pour les experts qui seront nommés par l’Académie nationale de médecine, le Comité consultatif national d’éthique et le Conseil national de l’ordre des médecins, l’obligation de se prononcer d’ici à deux mois, après avoir examiné le patient, sur la capacité de Vincent Lambert à communiquer et sur le fait de savoir si réellement il rejette les soins, s’il souhaite vivre ou mourir.

Autrement dit, c’est une reconnaissance de principe de l’euthanasie ou du suicide assisté, le retrait de l’alimentation ayant pour objectif la mort.

Ils devront en réalité surtout – la décision du Conseil d’Etat en parle beaucoup – s’exprimer sur la dignité de la vie de Vincent Lambert : traduisez, même si la décision n’emploie pas le mot, sa qualité. Ils sont invités à se prononcer, en effet, sur le caractère « irréversible », ou non, de ses lésions cérébrales, « et sur le pronostic clinique » : autrement dit, l’état du patient est-il susceptible de s’améliorer ?

Les travaux entourant la loi Leonetti ont fait de l’absence d’amélioration possible un critère pour la suppression de l’alimentation et de l’hydratation d’un patient en vue de le faire mourir.

C’est cela que consacre le Conseil d’Etat. Le débat sur l’euthanasie est derrière nous."

Posté le 18 février 2014 à 13h53 par Michel Janva | Lien permanent

La signature du roi des Belges - que dit la Doctrine sociale de l'Eglise ?

Est-il opportun d'encourager le roi des Belges à ne pas signer la loi étendant l'euthanasie aux mineurs ? N'est-ce pas le peuple seul et ses représentants élus, qui en portent l'unique responsabilité ? La fonction du roi ne s'arrête-t-elle pas à valider le processus législatif, ce qui ne vaut pas approbation de sa part sur le fond ?

Voici quelques extraits du Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise qui permettent d'éclairer ces questions :

  • L'autorité ne peut être déliée de la morale et donc de Dieu

"396 L'autorité doit se laisser guider par la loi morale: toute sa dignité dérive de son exercice dans le domaine de l'ordre moral, « lequel à son tour repose sur Dieu, son principe et sa fin »(...). Cet ordre « ne peut s'édifier que sur Dieu; séparé de Dieu il se désintègre ». C'est précisément de cet ordre que l'autorité tire sa force impérative et sa légitimité morale, non pas de l'arbitraire ou de la volonté de puissance,et elle est tenue de traduire cet ordre dans les actions concrètes pour la réalisation du bien commun."

  • L'autorité a le devoir de défendre la loi naturelle

"397 L'autorité doit reconnaître, respecter et promouvoir les valeurs humaines et morales essentielles. Elles sont innées, « découlent de la vérité même de l'être humain et (...) expriment et protègent la dignité de la personne: ce sont donc des valeurs qu'aucune personne, aucune majorité ni aucun État ne pourront jamais créer, modifier ou abolir ». Elles ne sont pas basées sur des « majorités » d'opinion provisoires ou changeantes, mais elles doivent être simplement reconnues, respectées et promues comme éléments d'une loi morale objective, loi naturelle inscrite dans le cœur de l'homme (cf. Rm 2, 15), et comme point de référence normatif de la loi civile elle-même. Si, à cause d'un obscurcissement tragique de la conscience collective, le scepticisme venait à mettre en doute jusqu'aux principes fondamentaux de la loi morale, l'ordonnancement étatique lui-même serait bouleversé dans ses fondements, se réduisant à un pur mécanisme de régulation pragmatique d'intérêts différents et opposés."

  • Une loi qui ne respecte pas la dignité humaine et une autorité qui ne cherche pas à réaliser le bien commun sont illégitimes

"398 L'autorité doit promulguer des lois justes, c'est-à-dire conformes à la dignité de la personne humaine et aux impératifs de la raison droite: « (...) En revanche, quand une loi est en contraste avec la raison, on l'appelle loi inique; dans ce cas, toutefois, elle cesse d'être loi et devient plutôt un acte de violence ». (...) Pareillement, si l'autorité publique, qui a son fondement dans la nature humaine et qui appartient à l'ordre préétabli par Dieu,ne met pas tout en oeuvre pour la réalisation du bien commun, elle trahit sa fin spécifique et par conséquent se délégitime."

  • Refuser de collaborer à une loi illégitime est un droit et un devoir

"399 Le citoyen n'est pas obligé en conscience de suivre les prescriptions des autorités civiles si elles sont contraires aux exigences de l'ordre moral, aux droits fondamentaux des personnes ou aux enseignements de l'Évangile. Les lois injustes placent les hommes moralement droits face à de dramatiques problèmes de conscience: lorsqu'ils sont appelés à collaborer à des actions moralement mauvaises, ils ont l'obligation de s'y refuser. Ce refus constitue non seulement un devoir moral, mais c'est aussi un droit humain fondamental que, précisément en tant que tel, la loi civile doit reconnaître et protéger (...).

C'est un grave devoir de conscience de ne pas collaborer, même formellement, à des pratiques qui, bien qu'admises par la législation civile, sont en contraste avec la Loi de Dieu. En effet, cette collaboration ne peut jamais être justifiée, ni en invoquant le respect de la liberté d'autrui, ni en prétextant que la loi civile la prévoit et la requiert. Personne ne peut jamais se soustraire à la responsabilité morale des actes accomplis et sur cette responsabilité chacun sera jugé par Dieu lui-même (cf. Rm 2, 6; 14, 12)."

  • Le droit de résistance

"400 Reconnaître que le droit naturel fonde et limite le droit positif signifie admettre qu'il est légitime de résister à l'autorité dans le cas où celle-ci viole gravement et de façon répétée les principes du droit naturel. Saint Thomas d'Aquin écrit qu' « on n'est tenu d'obéir... que dans la mesure requise par un ordre fondé en justice ».Le fondement du droit de résistance est donc le droit de nature.(...)"

Posté le 18 février 2014 à 00h53 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (15)

16 février 2014

18 février : Rassemblement québécois contre l’euthanasie

Le Rassemblement québécois contre l’euthanasie (le groupe ayant organisé La Marche printanière) convie les militants pro-vie à une vigile devant l’Assemblée nationale du Québec de 17 h 30 à 18 h 15 le mardi 18 février.

Le projet de loi 52 légalisant l’euthanasie au Québec sera probablement voté avant le budget présenté le 20 février : c’est la dernière occasion de se lever concrètement pour rappeler la dignité de toute vie humaine avant ce vote. Les personnes souffrantes en fin de vie ont besoin de soins palliatifs, d’accompagnement et de surtout, beaucoup d’amour.

Voir la page facebook.

Posté le 16 février 2014 à 20h31 par Michel Janva | Lien permanent

Le cas de conscience du roi des Belges

Extrait d'un article des Cahiers libres, signé Bougainville, qui revient sur le cas de conscience que l'extension de l'euthanasie aux enfants pose au roi des Belges, Philippe. Imitera-t-il son père Albert, qui signa sous la pression la première loi sur l'euthanasie, ou son oncle Baudouin, qui refusa d'apposer sa signature et fut déclaré en "impossibilité de régner", après le vote de la dépénalisation de l'avortement ? Le précédent du Luxembourg a de quoi inquiéter le roi Philippe, garant de l'unité bien fragile de la Belgique :

"Après les Pays-Bas (en 2001) et la Belgique, le Luxembourg légalise à son tour l’euthanasie en décembre 2008. (...) Le souverain du Luxembourg, le grand-duc Henri, également catholique pratiquant et membre de la Communauté de l’Emmanuel, fait alors savoir qu’il ne signera pas le texte. Le Premier ministre répond avec cynisme que ses prérogatives seront donc limitées: le grand-duc ne pourra plus signer les lois, et sera simplement contraint de les promulguer. L’euthanasie est donc promulguée au Luxembourg en mars 2009.

Cet exemple effraie la monarchie belge, qui craint une identique limitation de ses prérogatives en cas de nouveau refus « sociétal » : des prérogatives symboliques, mais vitales pour maintenir son influence dans la vie politique.

Le roi Philippe, qui a succédé à son père en juillet 2013, est un fidèle de l’Emmanuel. « La loi autorisant l’euthanasie d’enfants lui paraît idéologiquement insupportable« , commente le journal wallon Sud Info. Pourtant, les médias belges envisagent impossible que le souverain ne signe pas une loi émanant d’un Parlement démocratiquement élu, alors que l’unité du pays ne supporterait pas une telle crise constitutionnelle. Les dirigeants belges seraient également beaucoup moins patients et tolérants à son égard qu’ils ne l’ont été avec Baudoin et Albert II.

Pourtant, votre serviteur, avec toute la franchise et le caractère entier qui caractérisent les bouillants Français, estime qu’une nouvelle « impossibilité de régner » honorerait le roi Philippe. Ce serait un geste prophétique, car il ne serait pas compris par la société belge actuelle, mais certainement fécond et édifiant pour l’avenir.

Ce serait sans doute sans effet sur l’application de la loi, mais, comme fait dire Edmond Rostand à Cyrano de Bergerac, "on ne se bat pas dans l’espoir du succès ! Non, non c’est bien plus beau lorsque c’est inutile !""

Posté le 16 février 2014 à 16h51 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (23)

"Euthanazi" sur le Champ de Mars

Un message... désherbant :

Champs de Mars

Euthanazi 1

Euthanazi3

Posté le 16 février 2014 à 10h39 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

15 février 2014

Des couronnes funéraires pour les futurs enfants euthanasiés

Cet après-midi, les Belges étaient invités à déposer des fleurs, des couronnes, des peluches et des bougies devant leur Parlement, à l'intention des futures victimes de l'assassinat médical et de l'abandon parental couverts par la loi récemment votée sur l'euthanasie pour les mineurs.

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La police fait sa cueillette :

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... sour le regard des Sentinelles :

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Posté le 15 février 2014 à 16h33 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Les pro-euthanasie avaient anticipé l'affaire Vincent Lambert dès... 1984

Dans cet article datant de 2008, Pierre-Olivier Arduin, responsable de la Commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon, annonçait déjà que la question de l'alimentation pourrait faire basculer la loi Leonetti vers l'euthanasie. Deux extraits particulièrement percutants :

"Cette "brûlante" question de l’arrêt de l’alimentation artificielle est, depuis longtemps, un des leviers des militants pro-euthanasie. Ainsi, en septembre 1984, lors de la Vème Conférence mondiale des associations "pour le droit de mourir dans la dignité", l’australienne Helga Kube indiquait déjà la marche à suivre pour aboutir à la légalisation de l’euthanasie : "si nous pouvons obtenir des gens qu’ils acceptent le retrait de tout traitement et soin, spécialement l’arrêt de toute nutrition, ils verront quel chemin douloureux c’est de mourir et accepteront alors, pour le bien du malade, l’injection létale"."

Et Pierre-Olivier Arduin de décrire la situation d'Hervé Pierra, qui n'est pas sans rappeler celle de Vincent Lambert :

"A peine la loi Leonetti est-elle promulguée, le 22 avril 2005, que les époux Pierra demandent le retrait de la sonde d’alimentation de leur fils, désormais donc considérée comme un traitement qu’il est possible d’arrêter. L’équipe médicale refuse d’abord, à plusieurs reprises, rappelant que "l’alimentation assistée relève d’un soin de confort et non d’un traitement" et que "la débrancher équivaudrait à une euthanasie". Après 14 mois de confrontation, c’est finalement le Dr Régis Aubry, président du Comité national du développement des soins palliatifs qui, répondant favorablement à la demande des parents, permettra qu’on débranche Hervé. Comme Terry Schiavo décédée le 31 mars 2005 aux Etats-Unis, Hervé Pierra mettra six jours pour mourir de faim dans d’atroces convulsions."

Posté le 15 février 2014 à 11h57 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (7)

Si Vincent Lambert était un girafon il aurait droit à plus de considération

Au hasard d'une capture d'écran, deux actualités mises en parallèles :

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Posté le 15 février 2014 à 11h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

Belgique : après l'euthanasie des enfants, celle des déments ?

La surenchère continue.

Posté le 15 février 2014 à 11h37 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (14)

14 février 2014

Adresse au roi des Belges : ne signez pas la loi sur l'euthanasie !

 

Une pétition est en ligne.

Posté le 14 février 2014 à 22h32 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (16)

Jean-François Mattéi : "Nous sommes dans une civilisation mortifère"

Philosophe et membre de l'Institut Universitaire de France, Jean-François Mattéi réagit à la légalisation de l'euthanasie des enfants en Belgique et à l'affaire Vincent Lambert. Extraits de Figarovox :

"Nous sommes dans une civilisation mortifère, qui sous couvert d'humanisme, voire d'humanitarisme, veut éliminer les personnes dérangeantes, faibles ou malades, qui ne correspondent pas aux critères de l'individu libéral. Derrière tout cela se cache une perspective utilitariste, notamment développée dans les travaux du philosophe australien Peter Singer, qui parle de «non-personnes» à propos des nouveaux nés, et justifie l'euthanasie et même l'infanticide de ces «surnuméraires». Jacques Monod l'avait prédit lorsqu'il reçut son prix Nobel de Biologie en 1965 «le monde moderne n'échappera pas à l'eugénisme»."

"Nous sommes dans une civilisation de type scientifique, technique, froide et informatique, et en même temps, on essaie de compenser cette froideur par un déluge d'affectivité permanent. On demande au citoyen moyen son avis sur toutes les questions, et la parole des experts (philosophes, médecins, juristes) est mise sur le même plan que celle de l'individu lambda.

Dans nos sociétés sans transcendance, c'est l'homme qui doit décider en dernière instance des questions existentielles. Mais quel homme doit décider ? L'expert, le journaliste, le politique, l'homme de la rue ? C'est le grand défaut de nos sociétés démocratiques et c'est ce qui rend les débats sociétaux insolubles. (...) On ne peut rien faire. C'est la règle du jeu de la démocratie. Celle qui, je vous le rappelle, a porté Hitler à la tête de l'Etat en 1933 et fait voter les pleins pouvoirs à Pétain en 1940."

Posté le 14 février 2014 à 19h14 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (22)

Pour combattre l'euthanasie : nous avons besoin de vous

Chers amis,

EComme vous le savez, Normal Ier et son gouvernement ont prévu de légiférer dans les prochains mois, sous la pression des lobbies les plus "recommandables", sur l'euthanasie (après les municipales, naturellement!...).

Pour nous, catholiques, c'est clairement non : non, il n'est pas possible d'assassiner un vieillard, un handicapé ou une personne affaiblie (que ce soit en les piquant, comme se propose de le faire M. Hollande, par "humanitarisme", ou en les laissant mourir de faim ou de soif, comme la loi permet actuellement de le faire).

Mais il ne suffit pas de dire NON. Il ne suffit même pas de dire, et de redire, que nous NE LACHERONS RIEN, JAMAIS. Il faut combattre pied à pied - dans la rue, dans les urnes... et au parlement.

C'est pourquoi je suis heureux de vous annoncer que, depuis une dizaine de jours, une demi-douzaine d'assistants parlementaires proches du Salon Beige ont commencé à travailler sur le plan législatif, pour préparer la résistance et la riposte à ce projet de loi national-socialiste qui s'annonce. Mais il nous faut absolument leur procurer les moyens de se battre : il est impératif de montrer les conséquences de cette loi (le désastre actuel de la Belgique, où on peut assassiner des enfants, éventuellement même sans l'accord de leurs parents, est un "excellent" exemple) et il est impératif de mettre ces courageux assistants en relation avec les meilleurs juristes, médecins et spécialistes de ces questions.

Après avoir travaillé avec ces assistants parlementaires, avec quelques juristes et quelques autres experts, nous avons estimé à environ 60 000 euros nos besoins pour préparer (et, plus encore, diffuser) les éléments nécessaires à la résistance anti-totalitaire. C'est infime par rapport aux moyens des lobbies de la culture de mort. Mais, avec cette somme, nous devrions être en mesure de défendre efficacement nos positions au parlement.

Mais, pour réunir cette somme, j'ai absolument besoin de vous. Le Salon Beige a déjà engagé plus de 15 000 euros dans ce combat. Aidez-nous à réunir les 45 000 euros manquants (voir l'onglet "Faire un don" dans la colonne de gauche). Et, naturellement, si certains lecteurs connaissent bien ce sujet, que ce soit au plan médical ou au plan juridique, leur aide nous sera précieuse (le plus simple est alors de se signaler à la rédaction du Salon Beige).

Merci à tous pour votre soutien

Guillaume de Thieulloy, Directeur du Salon Beige

Posté le 14 février 2014 à 17h07 par Le Salon Beige | Lien permanent

Nouveau sursis pour Vincent Lambert

Le Conseil d'Etat vient de demander une nouvelle expertise médicale.

Posté le 14 février 2014 à 16h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (28)


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