31 août 2015

Les parents de Vincent Lambert vont de nouveau réclamer son transfert

Mercredi dernier, à la demande du Dr Simon, le procureur a saisi le juge des tutelles pour qu'il désigne le tuteur ou le curateur de Vincent Lambert. De leur côté, ses parents, qui ont porté plainte contre le Dr Simon et le Dr Kariger pour "tentative d'assassinat et maltraitance", vont saisir la justice pour obtenir le transfert de leur fils :

"Nous estimons qu'il y a un manquement grave aux soins dus à Vincent qui sont constitutifs de voie de fait et ses parents vont saisir dès la semaine prochaine la juridiction compétente pour réclamer son transfert", a dit à l'AFP Me Jean Paillot. Selon l'avocat, le patient victime de lésions cérébrales jugées irréversibles par les experts médicaux est privé depuis la fin 2012 de soins de kinésithérapie. Le CHU de Reims n'a "jamais fait le moindre effort pour le mettre dans un fauteuil adapté", affirme-t-il. "Ce défaut de soin constitue une faute médicale et il faut donc confier Vincent à un des six établissements qui se sont manifestés pour l'accueillir", a ajouté Me Paillot.

Posté le 31 août 2015 à 13h04 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (1)

28 août 2015

Marine Le Pen : euthanasie, avortement et loi Taubira

Nouvelles de France publie la traduction en français d'un long entretien accordée par Marine Le Pen à l’hebdomadaire polonais Do Rzeczy (ici) en février dernier qui ne semble pas avoir été repris en France depuisVoici plusieurs extraits concernant les points non négociables :

Si la gauche française légalise l’euthanasie, l’interdirez-vous ?

446126612c155ba21931e8e8be4fbecfJe suis tout à fait opposée à l’euthanasie. Je pense que c’est une dérive très dangereuse. La souffrance humaine existe depuis la nuit des temps et nous ne sommes pas les seuls dans l’histoire du monde à nous être interrogés sur la fin de vie et sur la souffrance. Si jamais des lois comme celle-là n’ont été votées, c’est précisément parce que le risque de dérive de notre société et de notre civilisation était plus important que l’avantage qu’on pouvait en tirer. Moi je crois que la loi Leonetti qui est actuellement en vigueur en France répond au maximum à cette problématique de la souffrance en fin de vie. C’est une problématique très sensible et aller au delà, c’est prendre le risque d’un basculement de civilisation où le droit de vie et de mort est donné en fonction des avis des gens qui s’expriment à titre individuel. Un médecin ne porte que sa propre parole.

N’est-ce pas la suite logique de la légalisation de l’avortement dans les années 70 ? Le FN était traditionnellement plutôt pro-vie. Il parlait de limiter les avortements, voire d’interdire les avortements de convenance. Le discours a évolué. Vous avez dit vous-même, je crois, que vous ne reviendriez pas sur la loi Veil.

Non, le Front National n’a jamais changé d’avis depuis des années. En 1986, les députés du FN au parlement français avaient déposé un projet de loi sur le non-remboursement de l’avortement. Ils n’avaient pas remis en cause l’avortement. Moi, je pense qu’il n’est pas possible d’interdire aujourd’hui le recours à l’avortement. Ce qui est possible en revanche et qui est de la responsabilité d’un État, c’est de tout faire pour limiter le nombre d’avortements, non pas en contraignant les femmes à ne pas avorter, mais en leur accordant la possibilité de choisir de garder leur enfant. Or, aujourd’hui, tout est fait dans une forme d’incitation à l’avortement, comme s’il s’agissait d’une facilité intellectuelle. Si l’on accorde aux femmes et si l’on met en place des propositions natalistes pour leur permettre d’avoir un accès privilégié à un logement, avec des aides qui leur permettent d’élever correctement leurs enfants, etc. etc., avec des campagnes de prévention aussi à l’égard des jeunes femmes et des jeunes hommes, car pour faire un enfant il faut être deux, des campagnes de responsabilisation des uns et des autres, on peut contribuer à limiter l’avortement. Le fait que le nombre d’avortements n’ait pas baissé est incontestablement un échec de notre société, mais dans un combat qui n’a pas été mené en réalité. Donc, c’est cela qu’il faut mettre en œuvre. C’est vrai que pendant la campagne présidentielle on a eu un débat sur ce qu’on a appelé l’avortement « de confort ». C’est un mot qui a choqué, car c’est vrai qu’il n’y a jamais de « confort » à avorter. Mais c’était l’idée qu’avorter 3 fois ou 4 fois, c’est considérer l’avortement comme un mode de contraception. Et cela heurte considérablement les consciences. Mais c’est un vrai sujet de société auquel le gouvernement ne s’est pas attaché de la même manière qu’il ne s’est jamais attaché à mettre en place une politique nataliste.

En Pologne, l’adoption d’une loi qui a restreint la possibilité d’avorter à certains cas précis a beaucoup contribué à faire évoluer les mentalités et aujourd’hui la grande majorité des Polonais sont contre l’avortement. Cela ne peut-il pas être fait en France ?

Le choix du peuple est souverain et aujourd’hui incontestablement l’interdiction de l’avortement ne recueille pas la majorité du peuple français. Mais encore une fois, je pense que mettre en place une véritable politique d’accueil de la vie et redonner le choix aux femmes de ne pas avorter – car je crois que dans beaucoup de cas aujourd’hui elles n’ont plus d’autre choix que d’avorter –, ce serait déjà une avancée très positive

La gauche polonaise semble penser que l’évolution vers les unions civiles et les « mariages » entre personnes du même sexe est une évolution inévitable. Vous avez, vous, annoncé que si vous êtes élue, vous abrogeriez la loi Taubira. Cela veut-il dire qu’on peut revenir en arrière sur ces « mariages » homosexuels ? Ce serait une première pour une nation. La Californie l’a fait, mais ce n’est pas une nation indépendante. Comment cela se passera-t-il ? Il y a des gens « mariés », il y a des enfants qui ont été adoptés…

Vous savez, la loi est la loi. Il n’y a pas de rétroactivité de la loi en France, cela fait partie de notre État de droit. Donc nous supprimerons la possibilité de mariage. Ceux qui se seront mariés resteront mariés car nous sommes respectueux de l’État de droit. Mais il ne pourra plus y avoir de mariages [entre personnes de même sexe]. Quant aux gens qui ont adopté des enfants, ils l’ont souvent fait en mettant les autorités devant le fait accompli, c’est-à-dire en violant eux-mêmes la loi. Les choses sont très claires : nous sommes opposés au mariage homosexuel, nous sommes opposés à l’adoption par les couples homosexuels mais nous sommes également opposés à l’adoption par des célibataires. Nous considérons qu’un enfant qui est orphelin démarre déjà dans la vie avec un handicap certain et que par conséquent il a le droit à l’équilibre d’un foyer constitué d’un référent « père » et d’un référent « mère ». C’est notre avis et nous le mettrons en œuvre si nous sommes élus parce que si nous sommes élus c’est que le peuple l’aura voulu.

Et quelle est votre position et la position du FN par rapport à la théorie du genre enseignée à l’école. Le FN reviendra-t-il sur cette politique mise en œuvre par le gouvernement actuel ?

Ça participe des délires gauchistes, pédagogistes, qui utilisent nos enfants comme des sujets d’expériences. D’expériences qui ont d’ailleurs toutes raté car quand on voit le niveau actuel de l’école par rapport à ce qu’elle fut dans le passé, ces gens-là ne devraient plus avoir la moindre crédibilité auprès du moindre dirigeant politique. Cette théorie du genre consistant à laisser penser qu’il n’y a pas d’hommes et pas de femmes, mais qu’on décide si on est homme ou si on est femme est une vieille lune gauchiste dont il faut évidemment se débarrasser d’urgence. Il n’y a qu’une très petite minorité de parents français qui adhèrent à ce genre de lubies.

Est-ce que M. Chenu, que vous avez nommé responsable des questions de culture au Rassemblement Bleu Marine partage cette opinion ? Il a défendu le « mariage » homosexuel, il a fondé GayLib.

Il a fondé Gay Lib il y a 12 ans et Gay Lib a été fondée à la demande de l’UMP comme un espace de réflexion sur la condition des homosexuels. Moi, mes positions sont extrêmement claires. Je suis tout à fait opposée aux communautarismes quels qu’ils soient et je suis opposée au mariage homosexuel. M. Chenu le sait. Ce n’est pas moi qui ai rejoint M. Chenu, c’est M. Chenu qui nous a rejoints. Il admet donc et il accepte donc le cadre politique. Mais enfin, il n’y a pas que ces questions. Il y a la souveraineté française, il y a la politique économique, il y a le chômage, il y a l’insécurité. Il y a tous ces sujets-là qui peuvent inciter des gens qui ont eu des parcours politiques différents à venir nous rejoindre. Moi, je ne sonde pas les cœurs et les reins des uns et des autres. Je ne demande pas qu’on soit à 1000 % d’accord avec le programme qui est le mien, sinon j’aurais du mal à réunir 51 % des gens. Je demande à ce que les gens viennent parce qu’ils ont en commun le sens de l’essentiel pour notre pays. Si M. Chenu est venu, c’est qu’il considère que le mariage homosexuel n’est pas assez important à ses yeux pour ne pas venir alors que le reste du programme politique du Front National lui paraît aller dans le sens de la reconstruction du pays."

Posté le 28 août 2015 à 06h13 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (19)

05 août 2015

Que se passe-t-il dans le subconscient de quelqu'un qui va mourir ?

Voici le témoignage d’un médecin confronté chaque jour à la mort au sein d’une unité de soins palliatifs. Alix de Bonnières témoigne de ces derniers moments vécus avec des patients en fin de vie. Extrait :

9782810006373"Une autre question me taraude souvent : choisit-on, dans une certaine limite, le moment de sa mort ? Mme Danièle décline depuis plusieurs jours. Les soignants s'étonnent qu'elle tienne le coup. Nous multiplions les avis d'aggravation auprès de ses proches, et chaque matin, nous la retrouvons de plus en plus fragile, mais toujours présente, on dirait qu'elle économise ses dernières forces. Tout prend son sens quand une aide-soignante nous explique que le petit-fils de Mme Danièle termine son stage aux Etats-Unis dans quelques jours et qu'il a prévu de se rendre à son chevet directement après l'atterrissage. Mme Danièle s'est éteinte dans la nuit qui a suivi sa visite.

L'instant de la mort reste un mystère. La volonté ou l'inconscient peuvent-ils influer sur cette dernière heure ? Nous avons tous en tête des exemples de patients ayant attendu l'anniversaire de la mort de leur conjoint, la naissance d'un petit-enfant, la date de leur propre anniversaire, une réconciliation ou une ultime visite avant de mourir. Cela nous amène systématiquement, même auprès de malades plongés dans le coma, à leur glisser à l'oreille l'arrivée prévue d'un proche. A l'inverse, et malgré le souhait de l'entourage, certains patients "choisissent" de s'éteindre quelques minutes après le départ de leur conjoint ou de leur fille ou d'un proche, alors que ceux-ci ont été présents tout au long de la maladie. [...]

Ces coïncidences mystérieuses frappent tout le personnel. Agnostique ou croyant, chacun s'interroge en son for intérieur : que se passe-t-il dans le subconscient de quelqu'un qui va mourir ?"

Posté le 5 août 2015 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

03 août 2015

La vie n'est qu'un simple fait divers

Pour Metro :

 

Metro

La phrase d'introduction de l'article est aussi terrifiante que le titre :

"Voilà une histoire qui ne devrait pas plaire aux militants pro-vie."

Faut-il en déduire qu'a contrario, elle plaira aux autres lecteurs ?

Posté le 3 août 2015 à 18h15 par Louise Tudy | Lien permanent

02 août 2015

6 au 14 août Neuvaine pour la guérison de Vincent Lambert

Au terme de la neuvaine pour la France, et à l’invitation de son Excellence Monseigneur Marc Aillet, une neuvaine « dans la neuvaine » est proposée pour confier notre pays à la Vierge Marie.

NeuvaineSt Maximilien Kolbe s'est offert de mourir à la place d'un père de famille à Auschwitz. Après 2 semaines de privation de toute nourriture, il était encore en vie. Il a été tué par une injection de phénol.

Posté le 2 août 2015 à 08h21 par Michel Janva | Lien permanent

01 août 2015

Les autorités de santé ordonnent aux médecins de cesser de tuer des patients en les privant d’hydratation

En Grande-Bretagne, où une directive vient d'être prise pour éradiquer cette pratique, y compris quand le patient vit ses derniers jours. L'association de défense des droits des malades et de leurs proches note qu'

"il est choquant qu’il soit nécessaire de préciser cela aux médecins et aux infirmières, mais ce n’est pas surprenant après ce à quoi l’on a assisté".

Et en France, on débat de la possibilité de faire mourir de soif une personne qui n'est pas en fin de vie...

Posté le 1 août 2015 à 10h14 par Louise Tudy | Lien permanent

31 juillet 2015

S'ils tuent Vincent Lambert, tueront-ils aussi son fils ?

Marie-Axelle est la maman de Gaspard. Gaspard est un petit garçon de bientôt 2 ans. Il est atteint de la maladie génétique neuro-dégénérative de Sandhoff. Quand la CEDH a validé l’arrêt des soins vitaux de Vincent Lambert, Marie-Axelle était en colère. Elle explique à Gènéthique :

"Au départ, quand j’ai reçu la décision de la CEDH, je n’ai pas compris. Ce malade lourdement handicapé ressemble trop à mon fils et je me suis dit que si on validait cette décision, on ouvrait la porte à d’autres cas identiques. Sans doute pas tout de suite, mais plus tard.

Oui, j’ai pensé à Gaspard. Gaspard est un petit garçon doux, qui écoute beaucoup. Il riait, babillait, embrassait, chantait, jouait, se retournait. Je parle au passé, parce que sa maladie lui fait peu à peu perdre tous ses acquis. Un processus qui va se poursuivre jusqu’à l’extinction de toutes ses fonctions vitales au jour de sa mort. Nous vivons donc sa dégénérescence au quotidien.

A présent, Gaspard ne tient plus sa tête tout seul, ne s’assoit plus, ne rit plus, ne babille plus, ne tient plus les objets, ne joue plus, n’embrasse plus, ne se retourne plus, ne bouge plus, ne voit plus.

Mais, Gaspard respire, s’endort, se réveille, entend, et déglutit.

Son cœur bat tout seul. Comme celui de Vincent Lambert.

Mais l’histoire de Vincent Lambert est différente de celle de votre fils ?

Les symptômes sont quasiment identiques même si pour Gaspard, ils ne sont pas la conséquence d’un accident. Aujourd’hui, Gaspard est nourri par sonde. Il peut encore déglutir et chaque jour on lui donne 10 cuillères de ce qu’il aime : du caramel, du kiri, juste pour qu’il ait le plaisir d’avoir quelque chose en bouche.

J’ai cherché à comprendre ce qu’on disait de Vincent Lambert. Cet homme n’est jamais branché, il n’est pas sous respirateur artificiel. Et je me suis demandée comment un échantillon de 12 juges pouvait penser qu’on ne pouvait pas continuer à prendre soin de sa vie ?

La loi ne devrait pas statuer sur des cas particuliers. Parce que cette famille est divisée, elle a du faire appel à la justice qui se doit de répondre. Mais la réponse n’est pas adaptée. Je pense à tous ceux qui s’occupent tous les jours de Gaspard et de Vincent Lambert. Je me demande pourquoi on ne place pas ce grand corps malade dans une structure qui lui convienne ? Comment peut-on décemment légiférer sur son droit de vivre ou de mourir ?

Vincent Lambert n’est pas le bon cas, ils s’acharnent sur un mauvais patient parce que la famille se déchire. Il est le porte-parole muet d’un faux débat et c’est d’autant plus paradoxal que cet homme n’est pas en fin de vie. Ça sonne faux. Tout est faux ! Je suis en colère, parce que la mort n’est pas le premier réflexe à avoir face à une personne qui souffre ! On se trompe de combat. On a besoin de se pencher sur ces existences  bouleversées par des maladies. De ce point de vue, j’espère que Vincent Lambert va réveiller les consciences. [...]"

Posté le 31 juillet 2015 à 11h40 par Michel Janva | Lien permanent

29 juillet 2015

La presse rugit comme un seul homme

... parce qu'une équipe du Planning familial américain a été filmée en train de disséquer un petit bébé avorté de 11 semaines, tout en discutant du prix qu'elle pourrait en obtenir ?

... parce qu'illustrant parfaitement "l'esprit du 11 janvier", les survivants de Charlie Hebdo réclament dans leur dernière Une la mort de Vincent Lambert et la survie de l'émission des Guignols ?

Non, la presse mondiale a sonné l’hallali contre un monomaniaque de la chasse qui s'est cru autorisé à tuer un lion célèbre du Zimbabwe.

Posté le 29 juillet 2015 à 22h47 par Louise Tudy | Lien permanent

L’éditorial de « Libération » est monstrueux

Antoine Vouillazère, qui n’appartient pas aux cercles catholiques, répond à Laurent Joffrin dans Minute :

M"Je ne suis pas catholique. Pour être précis, je suis un catholique culturel, puisque je suis français, je suis catholique aux yeux de l’Église puisque je suis baptisé, mais je suis agnostique : je tiens l’existence de Dieu pour une hypothèse. Il ne me déplaît pas qu’il y ait des catholiques ardents – je les préfère même ardents que complexés – dès lors que ceux-ci me laissent ne pas croire.

Ceci étant posé, l’éditorial de Laurent Joffrin, après la décision des médecins du CHU de Reims de laisser Vincent Lambert en vie, m’a stupéfait, ce qui constitue au moins la preuve que je ne suis pas totalement blasé… Il m’a stupéfait par sa détestation du catholicisme, il m’a stupéfait par son absence absolue d’humanité.

La République menacée par la vie !

Le patron de « Libération » s’indigne que, dans cette affaire – puisque c’est devenu une affaire qu’un homme soit en vie ! –, des catholiques, qu’il répute « militants extrémistes » et membres d’une « phalange intégriste », soient parvenus à « piétiner les principes laïcs » en obtenant qu’il ne soit pas mis fin à ses jours ! Cela constituerait, selon Joffrin, « une atteinte à la République » ! Outre que M. Larousse définit une phalange comme un « groupement politique et paramilitaire fasciste », ce qui décrit assez peu les fidèles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre, dont la mère de Vincent Lambert est supposée être proche – accessoirement, c’est faux –, Laurent Joffrin écrit noir sur blanc que les « valeurs de la République » et la « laïcité » auraient triomphé si Vincent Lambert avait été mis à mort ! Peut-être a-t-il compris que nous étions parvenus à une étape historique où il faudrait que la République française se régénère et qu’elle ne saurait mieux le faire que dans le sang dans lequel elle a baigné à son origine… Trêve de plaisanterie. Pour que la République soit préservée, il fallait donc tuer Vincent Lambert. Et pour que la laïcité prospère, il ne fallait pas que des catholiques s’expriment ! La propre mère de Vincent Lambert devait donc étouffer son amour pour son fils et l’espérance qu’elle a chevillé à l’âme parce que la République ne peut souffrir d’entendre le cri – ô combien digne – d’une femme qui, non contente d’être simplement mère, est de plus catholique ! Mais en quoi la vie d’un homme qui n’a rien fait d’autre que d’avoir un accident de la route et qui s’accroche à la vie menace-t-elle les valeurs de la République ? Mû par la seule idéologie, Laurent Joffrin ne se rend pas même compte qu’il donne raison aux catholiques – à tous les catholiques cette fois – qui, bien au-delà du cas de Vincent Lambert, défendent la « culture de vie » face à la « culture de mort » pour reprendre l’opposition utilisée par le pape Jean-Paul II dans son encyclique Evangelium vitæ en 1995 et largement popularisée depuis.

Le triomphe de la « culture de mort »

Or cette « culture de mort », c’est justement celle dont Laurent Joffrin se fait le propagandiste pour des raisons qui échappent à l’entendement, du moins à celui d’un homme de droite. Comment peut-on préférer voir un homme mort, par respect de « principes », plutôt que vivant ? L’euthanasie, que réclame Joffrin, n’est pas ici l’abrègement d’une « fin de vie » – à laquelle je suis favorable, mais selon le modus operandi classique, c’est-à-dire dans le secret des consciences… – mais l’abrègement d’une vie, c’est-à-dire un assassinat. La société contemporaine est à ce point devenue folle, les aveuglements idéologiques ont pris un tel pas et la confusion intellectuelle est devenue telle qu’on peut très bien, d’une même plume, plaider pour le meurtre avec préméditation – ce que serait la mise à mort de Vincent Lambert – et expliquer – Joffrin le faisait encore en avril – que « l’abolition de la peine de mort est un pas indispensable dans la construction d’une société démocratique » et « que la civilisation et ses lois proscrivent aux États de mettre à mort quiconque, serait-il le plus endurci des criminels ».

Et au fait, pourquoi ne tuer que Vincent Lambert ? Parce que son cas est médiatisé ? Le ministère de la Santé estime que, rien qu’en France, environ 1 500 personnes se trouvent dans un état végétatif chronique (EVC) ou dans un état pauci-relationnel (EPR), soit dans l’état où l’objet de l’absence de sollicitude de Joffrin se trouve. Mais tuons-les tous et la République reconnaîtra les siens ! Au pire, si Dieu existe, il n’aura qu’à s’occuper de leurs âmes ! Il le fait déjà pour les enfants assassinés dans le ventre de leur mère, non ? Car la « culture de mort », c’est aussi cela : trouver banal que l’on tue, chaque année, 200 000 enfants, en s’étant laissé persuader, par paresse intellectuelle, du bien-fondé du slogan « Mon corps m’appartient », alors que le corps qui est sacrifié n’est pas celui de la femme mais celui de l’enfant, et le combat de la mère de Vincent Lambert, à cet égard aussi, est particulièrement exemplaire. Le crime suprême aux yeux de Joffrin, manifestement, c’est d’être catholique. On pourrait même dire : c’est de vouloir sauver une vie au nom de sa foi catholique. L’éditorial de « Libération » est monstrueux, comme notre époque, et l’on assiste, impuissants, à ce « spectacle de la cruauté » comme disait encore Joffrin en parlant… des corridas."

Posté le 29 juillet 2015 à 17h43 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2015

"Oui, nous combattrons pour que jamais un être humain ne soit considéré comme un légume"

Vu sur la page Facebook de Padreblog :

.facebook_1437894016150 (1)"Nous avons reçu ce dessin ignoble. Mais OUI, nous combattrons pour que jamais un être humain ne soit ainsi considéré comme un "légume" ! "

Posté le 26 juillet 2015 à 09h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

25 juillet 2015

Mais à quoi sert la vie de Vincent Lambert ?

L'abbé de Tanoüarn répond à Laurent Joffrin :

V"[...] Terrorisme verbal dit Joffrin ? Il aurait dû dire : terrorisme juridique, terrorisme républicain. Maître Triomphe n'a pas caché qu'il gardait par devers lui une batterie d'argument juridique, qu'il était prêt à asséner devant un juge sur la tête des "partisans de la mort". Ce n'est pas du terrorisme, M. Joffrin, c'est la loi, la loi actuelle, qui défend la vie et condamne la mise à mort. Cette loi, Daniela et ses semblables veulent la faire évoluer. Cela revient horriblement cher de défendre la vie comme quelque chose de sacré. Tout a été fait pour aller lentement vers la bonne mort sur ordonnance, vers l'euthanasie médicamentée, selon le bon vouloir du médecin. Mais on n'en est pas encore là. L'affaire Lambert aurait dû servir de manifeste à cette culture de la mort en marche. Las... Grâce à la force morale des parents, c'est l'inverse qui était en train de se produire. Et les arguments du droit (nous sommes grâce à Dieu dans un pays de loi écrite) ne vont pas au rythme des caprices mortuaires de tel ou tel médecin.

Et puis, il n'y a pas que la loi... Imaginez que Daniela Simon ait voté pour la mort, comme elle en a toujours eu l'intention jusque là, et comme elle en avait le droit par la grâce de la CEDH... Il aurait fallu plus d'un mois à Vincent pour mourir sous les caméras, par arrêt de l'hydratation et de la nourriture (lui qui désormais déglutit normalement, comme un vivant, ainsi que l'a montré une vidéo vu des dizaines de milliers de fois). Vous imaginez le ratage ! Il aurait fallu soustraire le corps qui se serait décharné peu à peu à l'indiscrétion des caméras, s'en expliquer, subir le contre-feu et peut-être des images car on ne pouvait tout de même pas interdire à sa mère de voir le corps de son fils... C'est dans l'entourage du président de la République, autour du docteur Lyon-Caen et de la ministre Marisol Touraine (assez modérée dans cette affaire il faut le souligner), que l'on a pris conscience du fait que l'acharnement de ces dames du CHU pouvait se retourner contre la cause de la bonne mort...

Laurent Joffrin aurait dû penser à tout cela.. Il n'en a cure. Ce qui lui importe c'est d'obtenir la mort pour... défendre la laïcité. L'argument est étonnant. Je cite ce grand journaliste dans son texte : "Voilà un cas où l’intégrisme d’origine chrétienne a réussi à piétiner les principes laïcs". Mais quels principes laïcs, M. Joffrin ? Le droit de vie et de mort du médecin sur le malade, au nom de la loi Leonetti (qui confond très malencontreusement arrêt des soins et arrêt de l'hydratation), quel que soit la demande des proches ? Quelle que soit la prière d'une mère ? On est revenu aux coupeurs de tête de la Révolution française, comme si la République en France ne parvenait jamais à être une vraie démocratie, comme si il lui fallait sans cesse revenir à cet absolutisme révolutionnaire, qui l'avait fait naître en France en faisant couler un sang réputé impur sur nos sillons...

M. Joffrin, en l'espèce, l'intégriste c'est vous qui mettez la loi civile au dessus du sentiment maternel et qui revêtez les médecins de la toute puissance de la Loi. C'est le cas d'écrire : summum jus, summa injuria. Le sommet du droit est le sommet de l'injustice la plus blessante. Vous donnez au nom de la loi un droit de vie et de mort au médecin sur le malade. Vous dévoilez - un peu vite - le vice profond des lois sur la mort douce médicamentée que l'on veut nous faire avaler. Prétendre que Daniela Simon, parce qu'elle est chef de service au CHU de Reims a le pouvoir de tuer Vincent Lambert contre la volonté affichée de Viviane Lambert. C'est pour le coup plus proche de l'intégrisme islamique que de l'intégrisme chrétien. Votre intégrisme laïc finit par avoir goût de sang, comme à la fin de 1793, lorsque la Convention décréta l'anéantissement de la Vendée déjà vaincue...

En réfléchissant à cette affaire Lambert, c'est un verset de l'Evangile selon saint Luc qui remonte irrésistiblement à ma mémoire : "Cet enfant sera un signe de contradiction afin que soient dévoilées les pensées de bien des coeurs". Certains se disent peut-être : mais à quoi sert la vie de Vincent Lambert ? Elle est aujourd'hui beaucoup plus puissante que bien des vies "normales". Elle sert à mettre au jour les pensées d'une multitude de coeurs. Il est, hic et nunc, de façon christique, Vincent, notre signe de contradiction !"

Posté le 25 juillet 2015 à 23h50 par Michel Janva | Lien permanent

Vincent Lambert : seul contre tous

Vendredi Maître Jérôme Triomphe, avocat des parents de Vincent, et Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Lejeune, étaient invités dans l'émission Seul contre tous sur Sud Radio pour défendre Vincent Lambert. A écouter (durée : 44mn) :

ECOUTER

Posté le 25 juillet 2015 à 15h30 par Michel Janva | Lien permanent

24 juillet 2015

Vincent et les autres, souvenirs d'un médecin

Patrick Defontaine, médecin retraité, est spécialiste en anesthésie-réanimation et toxicologie clinique. Il raconte ses souvenirs de jeune médecin dans le service des "comateux chroniques", comme on nommait alors les personnes en état végétatif, et montre qu'à l'époque, on n'imaginait pas que ces gens ne soient pas vivants.

"[...]la question ne se posait pas d’arrêter les soins de nursing et la nutrition, car il était évident pour tous que ces comateux étaient des « vivants ». Certes ils n’exprimaient pas leurs sentiments, mais ils faisaient partie de notre monde, et les familles venaient plus ou moins régulièrement rendre visite à celui des leurs qui ne pouvait plus parler. On citait toujours le cas de cette jeune fille, accidentée à la veille de ses noces, recevant la visite de plus en plus espacée de son fiancé. Mais chaque visite était ponctuellement suivie, 14 ou 15 jours plus tard, de l’apparition de menstruations, comme si la présence de l’être aimé avait provoqué une stimulation ovarienne avec ponte ovulaire. D’autres comateux manifestaient leur mécontentement par des pics fébriles lors de congés du personnel soignant habituel et l’intervention moins douce de tel ou tel remplaçant. Cet attachement la fois technique et affectif à l’entourage soignant se manifestera de façon aigüe lorsqu’on déménagea les 2 ou 3 douzaines de ces patients dans l’hôpital neurologique Louis Pradel à Bron en 1968 : près de la moitié de l’effectif décédera dans les 3 mois qui suivront.[...]

L’évolution de ma carrière fera ensuite de moi un médecin anesthésiste réanimateur. Avec le professeur Raymond Deleuze, j’ai appris une chose essentielle : « ce n’est pas par ce qu’un malade ne crie pas (anesthésié), qu’il ne souffre pas » ; et la douleur tue, c’est même l’une des explications les plus fréquentes de ces fameux « accidents d’anesthésie », lors d’opérations où la narcose artificielle n’était pas complétée par une analgésie bien dosée face à l’agression chirurgicale.[...]

J’ai exercé ensuite dans le domaine de l’hospitalisation à domicile et pratiqué ce que j’appelais « la médecine des mourants » (on dit aujourd’hui les soins palliatifs). Il faut dire avec insistance qu’aucun médecin n’est infaillible pour dire « il va passer d’ici 24 ou 48h », et qu’il est temps de passer à une sédation profonde. La sédation profonde est faite pour calmer l’angoisse des familles ou du personnel, mais ce n’est pas parce que le malade n’exprime plus sa plainte qu’il ne souffre plus, ni physiquement ni moralement. Quant aux cocktails dits d’apaisement, ils peuvent être efficaces pour un patient et échouer complètement pour un autre, il n’y a pas de recette miraculeuse universelle, sauf celle qui créée « un bâillon pharmacologique » de fausse bonne conscience pour ceux qui le décident."[...]

Posté le 24 juillet 2015 à 17h14 par Marie Bethanie | Lien permanent

Vincent Lambert : Comment l’équipe médicale va-t-elle se comporter ?

Déclaration de Viviane Lambert dans Présent :

"C’est une grande victoire, inespérée encore la veille. Il y a eu une intervention mystérieuse. Que s’est-il passé ? Je l’ignore. Toujours est-il que quand le Dr Daniela Simon est arrivée, avec vingt minutes de retard, elle était au bord des larmes. Y a-t-il eu pression de la direction de l’hôpital ? Du procureur de la République ? Nous avions déposé deux plaintes supplémentaires mercredi, car certains de nos petits-enfants, dont une de 20 ans et l’autre de 6 ans qui viennent régulièrement rendre visite à leur oncle, n’avaient pas eu le droit de le voir. Ces plaintes se sont ajoutées à la plainte déjà déposée au pénal. Ou est-ce une intervention du Ciel ? Moi, j’y crois. Le Dr Simon nous a donc annoncé qu’elle ne prenait pas de décision, insinuant avec une certaine malignité que l’équipe médicale avait reçu des menaces. Quelles menaces ? lui ai-je demandé. Elle a refusé de répondre. C’est un prétexte, je pense, pour sortir la tête haute de cette histoire. Cela fait un moment – du temps du Dr Kariger déjà – qu’on nous met cela sur le dos, mais sans jamais aucune précision. L’entretien a duré dix minutes, et c’est tout. [...]

S’achemine-t-on vers le transfert de Vincent dans une unité spécialisée où l’on prendra soin de lui, ce que vous demandez depuis longtemps ?

Très probablement. Cela peut demander quelques semaines ou quelques mois, mais on ne laissera pas traîner cette question car rappelons qu’actuellement Vincent ne reçoit aucun soin. Comment l’équipe médicale va-t-elle se comporter maintenant ? Vincent aura-t-il la kinésithérapie dont il est privé depuis longtemps ? Cette situation a assez duré, quel temps a été perdu ! Avec un peu de chance une décision sera prise à la rentrée."

Posté le 24 juillet 2015 à 13h56 par Michel Janva | Lien permanent

Les Talibans sont parmi nous

Pas d'amalgame : il s'agit des catholiques. Oui, vous, amis lecteurs, vous êtes des terroristes et des talibans.

C'est le vocabulaire employé par les personnes souhaitant le mort de Vincent Lambert, cités dans Le Monde (« Terrorisme catholique », « talibanisme intégriste catholique ») ou ici dans L'Union :

L'Union du 24-07-2015

Posté le 24 juillet 2015 à 13h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (52)

Mgr Aillet fera sonner les cloches de son diocèse le 15 août

Extrait d'un communiqué de Mgr Marc Aillet daté de jeudi :

6384a1a5c65741ab6f8625372f3d4127_M"[...] Les évêques de la Province de Lyon viennent de publier un remarquable communiqué pointant précisément le drame, hautement symbolique, qui est en train de se jouer à Reims : avec l’autorisation de la bien mal nommée « Cour européenne des droits de l’homme », qui a perdu ainsi son statut de « conscience de l’Europe », on est prêt à arrêter l’hydratation et la nutrition de ce grand handicapé. Faut-il rappeler une fois encore que Vincent Lambert n’est ni en fin de vie, ni l’objet de soins disproportionnés, et qu’il n’est pas dans un état végétatif ? La décision qui semble incomber désormais au médecin, tandis que les parents de Vincent se battent pour lui sauver la vie, sonne comme une condamnation à mort et comme une grave menace pour les plus vulnérables. Serait-ce un retour déguisé à la peine de mort, mais pour un innocent, pour laquelle il faudrait demander la grâce présidentielle ?

A n’en pas douter, comme l’ont bien compris les médias, ce combat dépasse le cas isolé de Vincent Lambert : il en va du respect absolu que l’on doit à la dignité de toute personne humaine, à commencer par la plus fragile. Une nouvelle limite irréversible sera-t-elle franchie dans le déni d’humanité qui caractérise ce que le Pape François a appelé la « culture du déchet » ?  Comme le Saint-Père l’a indiqué de manière extrêmement claire et réaliste dans son encyclique Laudato si, dont tous semblent, mais bien hypocritement, faire l’éloge appuyé : « il n’y a pas d’écologie sans une anthropologie saine », il n’y a pas d’écologie intégrale sans le soin apporté à toute personne humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle !

Je relaierai dans mon diocèse la proposition faite par Mgr Dominique Rey, le 15 août, de faire sonner les cloches et de se rassembler devant les églises pour alerter l’opinion publique en faveur des chrétiens d’Orient.

Sûr en outre que, lorsque tout a été entrepris de ce qui est de notre ressort, seule une intervention divine peut sauver une situation désespérée, je propose même, non seulement que l’on prie pour Vincent Lambert, mais que, s’il est encore temps, l’on double les derniers jours de la grande neuvaine pour la France, par une neuvaine à la Vierge Marie pour sa guérison, du 6 au 14 août, en s’aidant de  la prière du Père Louis-Edouard Cestac, qui vient tout juste d’être béatifié à Bayonne : « Auguste Reine des Cieux et souveraine Maîtresse des Anges ».

Ce serait en effet très significatif : en effet, le jour de la Transfiguration, que l’on célèbre le 6 août, Jésus nous est présenté par le Père comme le seul Sauveur, anticipant même devant ses apôtres la victoire de sa résurrection sur sa passion et sa mort sur la croix ; nous n’oublions pas, d’autre part, que saint Maximilien Kolbe, avait été condamné à mourir de faim et de soif dans un bunker souterrain du Camp de concentration d’Auschwitz et que le 14 août 1941, après avoir aidé ses compagnons d’infortune à remettre pieusement leur vie entre les mains du Seigneur, au chant des litanies de la Sainte Vierge, il fut lâchement assassiné au moyen d’une injection létale : quelle lumière est ainsi portée sur le sort de Vincent Lambert et ses conséquences ! Alors pourquoi ne pourrions-nous pas obtenir de la Vierge Marie, dans le triomphe de son Assomption, des grâces particulières pour Vincent et toute sa famille ?"

Posté le 24 juillet 2015 à 07h34 par Michel Janva | Lien permanent

Le soulagement de Viviane Lambert

Voilà le visage de l'intégrisme qui fait trembler la République selon Laurent Joffrin :


Viviane Lambert "un grand soulagement" par UnionArdennais

Posté le 24 juillet 2015 à 07h27 par Michel Janva | Lien permanent

23 juillet 2015

Le terrorisme intégriste catholique a encore frappé : un vivant

Dans son édito à paraître dans Libé demain, Laurent Joffrin dénonce ce qu'il a identifié comme une "phalange intégriste" catholique, qui aurait pesé, d'après lui, sur la décision du CHU de Reims - lui-même ne veut surtout pas influencer les médecins, tout en leur donnant son avis. Peu importe si aucune enquête n'a établi à ce stade si l'hôpital a bel et bien fait l'objet de menaces et si oui, de qui elles ont émané. Comprenez : Laurent Joffrin défend la veuve (enfin, il l'espère, la future veuve, dont il a oublié le prénom) et la République, menacée par une forme de terrorisme à mettre en parallèle avec l'islamisme. L'évidence saute aux yeux : attentats de janvier, 20 morts ; journée du 23 juillet : un vivant. L'édito en question :

"L’intégrisme l’emportera-t-il sur la loi française ? On se gardera ici de vouloir influencer la décision que doivent prendre les médecins du CHU de Reims sur le cas de Vincent Lambert. On rappellera, à ce stade, que l’arrêt des soins, s’il était finalement choisi par la communauté médicale, respecterait la loi Leonetti, comme en a décidé le Conseil d’Etat, et serait conforme à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui s’est prononcée sur ce point à une nette majorité. Mais en lisant entre les lignes le communiqué des médecins annonçant leur volonté de surseoir, on voit bien qu’il s’agit de toute autre chose. Ces praticiens, dont la probité et le dévouement sont largement reconnus, estiment que les conditions de «sérénité» et de «sécurité» nécessaires à un choix libre ne sont pas réunies. Parlons clair : ils font allusion aux menaces physiques proférées par un certain nombre de militants extrémistes à leur encontre. La femme de Vincent Lambert, Marie (sic), parle carrément de «terrorisme». De quels extrémistes parle-t-on ? Les parents de Vincent Lambert sont liés à la fraternité Saint-Pie-X, secte catholique d’extrême droite dont le Vatican, en dépit de certaines tentatives de négociations, a toujours déclaré l’illégitimité. Ainsi, c’est une phalange intégriste qui a réussi, par la menace, à faire dévier la procédure légale. Elle n’a rien à envier aux groupes équivalents dans les autres religions, par exemple les intégristes musulmans.

On est prompt à brandir la laïcité pour dénoncer certaines pratiques extrêmes de l’islam (et souvent, en fait, pour mettre en cause l’islam dans son ensemble). Voilà un cas où l’intégrisme d’origine chrétienne a réussi, par une forme de terrorisme verbal, à piétiner les principes laïcs. Cette atteinte à la République mérite, pour le moins, une égale dénonciation."

Posté le 23 juillet 2015 à 23h30 par Louise Tudy | Lien permanent

Le seul pouvoir du tuteur sera de décider du transfert de Vincent Lambert

Communiqué des avocats de Vincent Lambert, Maîtres Paillot et Triomphe :

La procédure collégiale est terminée.

La seule question reste celle du transfert.

Ce 23 juillet 2015 restera une date importante dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Vincent LAMBERT.

Le 15 juillet 2015, le Dr Daniela SIMON avait annoncé à une partie de la famille le sens de sa décision qui ne faisait plus aucun doute. Nous, avocats, avions terminé à 14 h une requête en référé-liberté et étions prêts à saisir le tribunal.

Mais c’est une heureuse décision qui a été notifiée : le CHU renonce à la procédure collégiale et demande au Procureur qu’un tuteur soit nommé.

Or le seul pouvoir concret du tuteur sera de décider du transfert de Vincent LAMBERT comme nous le réclamons depuis 2 ans. C’est ainsi que le ministre de la Santé Marisol TOURAINE a déclaré dans un communiqué que les conditions de sérénité n’étaient pas réunies pour prendre une décision d’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent LAMBERT.

Vincent LAMBERT ne peut donc pas davantage rester au CHU de REIMS.

C’est une évidence que nous plaidons depuis 2 ans, depuis que la justice a annulé la 1ère décision de provoquer la mort de Vincent LAMBERT le 11 mai 2013. A cette époque, c’est délibérément que l’équipe médicale, dont faisaient déjà partie les Dr Daniela SIMON et Ana OPORTUS, avait décidé de ne pas informer les parents de la mort programmée de leur fils. Depuis le 11 mai 2013, le CHU de REIMS était délégitimé à cause du mépris qu’il avait manifesté envers les parents de Vincent.

Ce que ne dit pas le ministre de la Santé, c’est que le CHU savait parfaitement qu’une nouvelle décision serait annulée en justice dès lors que le Dr Daniela SIMON et le Dr Ana OPORTUS ont comparu officiellement aux côtés de Rachel LAMBERT devant la CEDH. Le conflit d’intérêt était manifeste.

Enfin, de nombreuses autorités scientifiques et morales sont intervenues pour dissuader le CHU de continuer dans cette voie de l’acharnement à vouloir mettre à mort Vincent LAMBERT malgré des mises en cause médicales, déontologiques et pénales graves.

Précisons que Vincent a progressé depuis l’expertise du Conseil d’Etat il y a 16 mois. Il a été filmé en train de déglutir sans difficulté de la nourriture et de l’eau. Un seul médecin a refusé de voir cette vidéo : le Dr Daniela SIMON.

Tous les spécialistes qui ont vu cette vidéo sont formels : il n’est plus dans un état végétatif mais pauci-relationnel et il doit être rééduqué à manger par la bouche.

Cette rééducation se fera désormais dans un établissement où l’on prendra soin de lui. A ce jour, 6 établissements nous ont écrit qu’ils étaient prêts à s’en occuper.

C’est un nouveau départ pour Vincent et sa famille."

Posté le 23 juillet 2015 à 18h33 par Michel Janva | Lien permanent

Jean-Marie Le Méné : "Nous restons mobilisés dans les semaines à venir"

Réaction de Jean-Marie Le Méné après la décision du CHU de Reims concernant Vincent Lambert :

"Nous sommes heureux de la décision du Dr Simon de ne pas arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent aujourd’hui. Ce retournement est d’abord un véritable soulagement : Vincent ne sera pas mis à mort dans les jours à venir.

Le Dr Simon a également marqué une préoccupation nouvelle et spéciale pour défendre la vie de Vincent. Elle formule au Procureur de la République une demande de protection globale et renforcée pour Vincent, qui est une reconnaissance que Vincent est bien vivant.

Nous restons mobilisés dans les semaines à venir : le débat est déplacé.

Nous espérons que la décision de ce 23 juillet marque l’amorce d’une évolution sage, pour le bien de Vincent : son transfert dans un autre établissement, loin des violences et des menaces."

"Nous sommes heureux de la décision du Dr Simon de ne pas arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent aujourd’hui. Ce retournement est d’abord un véritable soulagement : Vincent ne sera pas mis à mort dans les jours à venir.

Le Dr Simon a également marqué une préoccupation nouvelle et spéciale pour défendre la vie de Vincent. Elle formule au Procureur de la République une demande de protection globale et renforcée pour Vincent, qui est une reconnaissance que Vincent est bien vivant.

Nous restons mobilisés dans les semaines à venir : le débat est déplacé.

Nous espérons que la décision de ce 23 juillet marque l’amorce d’une évolution sage, pour le bien de Vincent : son transfert dans un autre établissement, loin des violences et des menaces."

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"Nous sommes heureux de la décision du Dr Simon de ne pas arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent aujourd’hui. Ce retournement est d’abord un véritable soulagement : Vincent ne sera pas mis à mort dans les jours à venir.

Le Dr Simon a également marqué une préoccupation nouvelle et spéciale pour défendre la vie de Vincent. Elle formule au Procureur de la République une demande de protection globale et renforcée pour Vincent, qui est une reconnaissance que Vincent est bien vivant.

Nous restons mobilisés dans les semaines à venir : le débat est déplacé.

Nous espérons que la décision de ce 23 juillet marque l’amorce d’une évolution sage, pour le bien de Vincent : son transfert dans un autre établissement, loin des violences et des menaces."

 

 

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Posté le 23 juillet 2015 à 16h12 par Louise Tudy | Lien permanent

Deo gratias, Vincent Lambert obtient un sursis [addenda]

D'après le Figaro,

"Le docteur Daniela Simon, responsable de la procédure collégiale sur la fin de vie (sic) de Vincent Lambert, a contre toute attente, décidé de ne pas stopper son alimentation et de se référer à son ministère de tutelle, la Santé, quant aux suites à donner à ce dossier."

[Add 1] : D'après les parents de Vincent Lambert, le médecin leur a annoncé avoir saisi le procureur de la République pour lui demander

  • la désignation d'un représentant légal pour leur fils
  • le placement de Vincent Lambert sous protection judiciaire car il aurait fait l'objet d'un projet d'enlèvement
  • la mise sous protection de son service qui aurait fait l'objet de menaces. C'est l'hôpital qui se moque de la charité, mais Jean-Marie Le Méné préfère l'interpréter ainsi :

Viviane Lambert en fait elle aussi un argument :

« On demande la protection de Vincent. C’est donc bien qu’il est vivant !, martèle sa mère qui se bat pour qu’il soit maintenu en vie. La meilleure façon de le protéger serait encore de le transférer dans un centre de soins adaptés, comme nous le réclamons depuis des semaines. »

Rappelons que plusieurs établissements, français et étrangers, proposent d'accueillir Vincent Lambert.

[Add 2] : d'après Gènéthique, le CHU de Reims annonce en outre que le Dr Simon

"a décidé de suspendre la procédure collégiale placée sous sa responsabilité. " car "les conditions de sérénité et de sécurité nécessaires à la poursuite de cette procédure ne sont pas réunies"

Posté le 23 juillet 2015 à 14h47 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (32)

Marine Le Pen sur Vincent Lambert : il s'agit d'une condamnation à mort

Concernant Vincent Lambert, Marine Le pen a déclaré ce matin:

M"Le débat consistant à s’interroger sur le droit de tuer quelqu’un, de tribunaux en tribunaux et de journaux télévisés en journaux télévisés, est épouvantable".

"Un pays doit pouvoir conserver sa liberté totale, notamment dans ce domaine et n’a pas à se soumettre aux exigences, y compris de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Surtout quand cette cour ne semble pas avoir le souci véritable de défendre Vincent Lambert. Quoi que l’on en dise, il s’agit d’une condamnation à mort car je précise que le cas de Vincent Lambert n’entre pas dans la cadre de la loi Léonetti (que je défends par ailleurs depuis toujours), car il n’est pas en fin de vie mais il est très lourdement handicapé. C’est la raison pour laquelle la condamnation à mort de ce très grand handicapé ne peut que heurter nos consciences ".

Posté le 23 juillet 2015 à 13h18 par Michel Janva | Lien permanent

L’acharnement euthanasique pour supprimer Vincent Lambert relève d’un déni d’humanité

Communiqué de Bernard Antony :

"C’est aujourd’hui que madame le docteur Simon entend prononcer une nouvelle décision qu’elle voudrait définitive d’arrêt des soins d’alimentation et d’hydratation pour Vincent Lambert.

Rappelons ici que ce dernier est très réellement détenu au CHU de Reims, véritablement prisonnier de ceux qui entendent perpétrer sa mise à mort par une volonté idéologique d’acharnement euthanasique ; alors qu’un grand nombre de médecins et d’équipes médicales se sont proposés pour continuer à le faire vivre.

Ces médecins, eux, sont fidèles au serment d’Hippocrate qu’ils ont juré ; serment fondateur il y a plus de 2000 ans de l’éthique médicale de notre civilisation et dont les trois mots essentiels qui en constituent la devise sont « Primum non nocere » : « D’abord, ne pas tuer ! ».

L’AGRIF considère que la volonté d’acharnement euthanasique pour supprimer Vincent Lambert relève d’un déni d’humanité, prend place dans l’idéologie totalitaire telle que pratiquée jadis par le nazisme et le communisme.

Elle espère que la justice saisie par Maître Jérôme Triomphe, pour atteinte grave au droit à la vie et manifestement illégale, interdira le processus mortifère prévu par madame Simon et qu’on donnera enfin la liberté de faire vivre Vincent Lambert aux médecins défenseurs de la vie."

Posté le 23 juillet 2015 à 11h37 par Michel Janva | Lien permanent

A Reims pour dénoncer l’euthanasie de Vincent, handicapé

Tribune Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Lejeune :

"Nous voici donc à l’orée de ce que l’on croyait ne plus jamais revoir : le spectre de l’euthanasie d’une personne handicapée, administrée par compassion.

Or Vincent Lambert n’a que faire de cette compassion trompeuse qui consiste à le forcer à rentrer dans des catégories, à lui coller des étiquettes qui ne lui correspondent pas.

Les faits sont pourtant là, mais ils sont généralement occultés ou contredits sans preuve. Vincent n’est pas en fin de vie. Il vit. Il n’a pas besoin qu’on le soulage d’une grande souffrance. Il n’a pas de souffrance tenace. Il ne demande pas qu’on cesse un acharnement thérapeutique. Il n’a pas de traitement. Il ne demande pas qu’on arrête une obstination déraisonnable. Personne ne s’obstine à rien. Qui osera soutenir que l’usage d’une sonde gastrique, par commodité, relève d’une obstination déraisonnable ou d’un quelconque acharnement, sachant qu’il peut aussi absorber des aliments et de l’eau par la bouche ?

Alors pourquoi cet entêtement à vouloir le faire mourir ? C’est la conjonction de trois facteurs : une mauvaise loi, une mauvaise application de la loi, une mauvaise intention.

Une mauvaise loi. La loi Léonetti de 2005 a hélas introduit la possibilité de faire mourir de faim et de soif un patient en assimilant indûment la nutrition et l’hydratation à des traitements. Donc l’arrêt de traitements entraîne l’arrêt de l’alimentation solide et liquide. Le Conseil d’Etat et la CEDH ont validé juridiquement. Et alors ? Cette assimilation légale demeure une ineptie.

Une mauvaise application de la loi. Un processus de « fin de vie » a été appliqué sans prévenir les parents de Vincent. De quelle obstination fallait-il faire preuve pour s’acharner ainsi à lui ôter la vie ? Sa femme réclamait sa mort, il fallait en tenir compte, dit-on. Mais, enfin, une femme qui veut la mort de son mari peut-elle encore prétendre au titre d’épouse ? Pour ne pas se déjuger, l’hôpital vient de recommencer le processus.

Une mauvaise intention. L’argument décisif était de respecter la volonté de mourir de l’intéressé. Mais jamais elle n’a été prouvée. En profitant de son état pauci-relationnel pour lui prêter cette intention, on a condamné Vincent à être, malgré lui, la première victime de la revendication du droit à l’euthanasie. Certains y trouvent leur compte idéologiquement. C’est une instrumentalisation.

La vérité médicale et humaine est plus simple qu’il n’y parait. Vincent Lambert est tétraplégique comme tant d’autres. Il y a des dizaines d’établissements en France et à l’étranger capables de s’en occuper et tout disposés à le faire. Il a besoin qu’on s’occupe de lui et qu’on lui apporte l’amour qu’il est capable de recevoir.

La Fondation Jérôme Lejeune, dont la mission est de défendre la vie des plus faibles, et en 1er lieu les personnes handicapés, apporte depuis des mois son soutien à Vincent Lambert et à sa famille. Je serai donc à Reims ce jeudi 23 juillet 2015."

Posté le 23 juillet 2015 à 11h20 par Michel Janva | Lien permanent

Vincent Lambert : l'Entente parlementaire pour la famille interroge le ministre

L'Entente parlementaire pour la famille, composée de députés et de sénateurs, et présidée par Xavier Breton, publie une lettre à l'attention du ministère de la Santé, pour «lui faire part de son incompréhension», tant sur le plan humain que juridique, quant à la situation de Vincent Lambert.

«Pourquoi le transfert demandé par des parents qui veulent s'occuper de leur fils n'est-il pas effectué?»

Posté le 23 juillet 2015 à 10h41 par Michel Janva | Lien permanent

Et pourtant Vincent Lambert n'est pas en fin de vie...

De François-Xavier Bellamy dans Le Figarovox :

"[...] Et pourtant Vincent Lambert n'est pas en fin de vie. Son état semble même progresser, malgré le fait qu'il soit depuis longtemps privé de soins de rééducation. Plusieurs établissements spécialisés dans l'accueil de grands handicapés, en France ou à l'étranger, ont proposé de l'accueillir. Ses parents ne demandent qu'à s'occuper de ce transfert pour mieux accompagner leur fils... Mais rien n'y fait: tout ce que Pierre et Viviane Lambert auront pu obtenir, c'est d'être simplement informés de la décision prise par un médecin qui a déjà tenté par deux fois d'en finir avec leur fils. [...]"

Posté le 23 juillet 2015 à 10h22 par Michel Janva | Lien permanent

Pourquoi Michael Schumacher a-t-il le droit de vivre et pas Vincent Lambert ?

Question posée par l'abbé Amar qui se comprend mieux lorsqu'on s'intéresse à l'état de santé préoccupant de l'ancien champion de Formule 1 :

"Les nouvelles concernant la santé de Michael Schumacher tombent au compte gouttes depuis de longs mois. Sorti du coma le 16 juin 2014 après son terrible accident survenu le 29 décembre 2013 en faisant du ski à Méribel, l'Allemand poursuit sa rééducation à son domicile de Gland (Suisse). Une convalescence longue, difficile mais qui semble porter quelques fruits (...). L'état du septuple champion du monde de 46 ans reste très préoccupant malgré tout. Selon plusieurs médias britanniques, «Schumi» serait toujours paralysé dans un fauteuil, ne parlerait toujours pas et souffrirait de lourdes séquelles au niveau de la mémoire. Ces informations sont à prendre avec une extrême prudence. Schumacher est soigné dans le plus grands des secrets et la famille communique très peu, mais régulièrement, sur son évolution de santé (...)

La prudence incite donc à se fier d'abord aux communiqués publiés par Sabine Kehm, la conseillère de la famille. Le dernier en date, au début du mois de mai, était porteur d'espoirs: «Nous sommes heureux de pouvoir dire qu'il (Schumacher) fait des progrès, et je dis cela toujours en tenant compte de la gravité de sa blessure à la tête.» Un message court, volontairement évasif et difficilement interprétable (...)"

Posté le 23 juillet 2015 à 09h18 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (9)

Sauvés de l'euthanasie grâce à une photo poignante

C'est en France ? Vous rêvez.

C'est Vincent? Vous rêvez encore.

Ce sont 2 chiens aux Etats-Unis.

Posté le 23 juillet 2015 à 08h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

22 juillet 2015

Vincent Lambert : protester est un devoir

L'appel de Tugdual Derville, alors que le CHU de Reims pourrait prononcer la mise à mort de Vincent Lambert demain :

 

Pour rappel, le comité de soutien de Vincent Lambert appelle à se rassembler demain, jeudi 23 juillet, à partir de 12h30, place Marguerite Rousselet, devant le CHU de Reims.

Posté le 22 juillet 2015 à 22h30 par Louise Tudy | Lien permanent

20 juillet 2015

De nouvelles expertises médicales sur Vincent Lambert ?

Lu dans Le Figaro :

6a00d83451619c69e201bb08408c0e970d"[...] Vincent Lambert pourrait refaire l'objet de nouvelles expertises médicales sur la proposition du Professeur Olivier Lyon-Caen, qui n'est pas moins que le neurologue du président de la République et son conseiller sur les questions de santé et de recherche médicale. C'est en tout cas ce que l'éminent médecin a laissé entendre à Viviane Lambert, la mère du jeune handicapé, et à son médecin conseil, le Professeur Xavier Ducrocq, dans un entretien à l'Élysée qui a eu lieu le 2 juillet, en compagnie d'un membre du cabinet du ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Venus parler de «la réelle situation clinique de Vincent», explique Viviane Lambert, vidéo à l'appui (que Le Figaro a pu regarder) pour montrer les progrès accomplis sur le plan de la déglutition, ils sont repartis confortés «étant convenu, sur la proposition du Professeur Lyon-Caen, que de nouvelles expertises médicales étaient nécessaires pour envisager ou non l'opportunité d'un transfert», rapporte la mère de Vincent Lambert.

Les parents du jeune homme réclament depuis des mois le transfert de leur fils dans un établissement spécialisé. Cette perspective a de nouveau fait l'objet d'un échange téléphonique vendredi dernier, le 17 juillet, entre le Professeur Lyon-Caen et elle. «Il m'a demandé si, depuis cet entretien, «on m'avait passé des informations à ce sujet» et a paru très surpris quand je lui ai dit «non, pas du tout», raconte Viviane Lambert. Un peu comme si les consignes n'avaient pas été passées. Il m'a alors dit qu'il allait s'informer et me rappeler». Pour l'Élysée, joint par Le Figaro, le Pr Lyon-Caen «a eu une conversation privée», «il n'est pas en mesure de commenter» ce dossier car «il n'en est pas chargé, seul le CHU de Reims l'est», élude le palais présidentiel.

Alors que l'échéance se rapproche, de nombreux établissements hospitaliers ou médico-sociaux spécialisés dans l'accueil des grands handicapés ont proposé à la famille d'accueillir Vincent Lambert dans leurs services. Dans le Nord, le Gard, le Morbihan, à Paris… [...]"

Posté le 20 juillet 2015 à 20h16 par Michel Janva | Lien permanent

Jeudi 23 juillet : mobilisation à Reims pour Vincent Lambert

Le docteur Simon a convoqué une nouvelle fois la famille de Vincent Lambert jeudi 23 juillet, cette fois-ci pour leur faire part de sa décision. Tout porte à croire que cette décision sera en faveur de l’euthanasie de Vincent qui pourrait rentrer en vigueur dès jeudi après-midi.

Le comité de soutien à Vincent donne rendez-vous jeudi 23 juillet à 14h30 place Marguerite Rousselet pour un rassemblement devant le CHU de Reims.

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Posté le 20 juillet 2015 à 07h46 par Michel Janva | Lien permanent

18 juillet 2015

Grâce pour Vincent Lambert

Posté le 18 juillet 2015 à 23h50 par Michel Janva | Lien permanent

17 juillet 2015

Communiqué des avocats des parents de Vincent Lambert

Maîtres Paillot et Triomphe écrivent :

"1- Le 1er juin 2015, en tant que « protecteurs naturels » de leurs fils Vincent, ses parents ont demandé officiellement au CHU de REIMS son transfert, sachant que Rachel LAMBERT a quitté REIMS pour refaire sa vie en Belgique il y a presque 2 ans et sachant qu’ils sont les seuls quotidiennement à son chevet depuis cette date.

Au mépris du principe fondamental du libre-choix de l’établissement de santé, le CHU a répondu par une froide convocation du Dr Daniela SIMON du 7 juillet 2015 dans le cadre d’une 3ème procédure collégiale aux fins d’arrêter l’alimentation et l’hydratation.

2- Un film a été tourné entre les 12 et 17 juin 2015 montrant Vincent déglutissant de la nourriture et de l’eau sans difficulté, sur les indications et sous le contrôle de deux médecins et de quatre orthophonistes.

Nous avons demandé un rendez-vous à la direction du CHU pour le lui montrer, sans aucune réponse.

Hier 15 juillet 2015, le Dr Daniela SIMON a refusé formellement de voir cette vidéo. 

Que Vincent déglutisse la nourriture et l’eau sans difficulté, preuve à l’appui, cela n’intéresse pas le CHU ni Mme SIMON. Or, la réalimentation orale serait un obstacle à la mise à mort de Vincent par arrêt de son alimentation et hydratation données par voie artificielle avec mise en place associée d’une sédation profonde et continue.

En réalité, la décision du Dr Daniela SIMON est déjà prise, comme l’a confirmé François LAMBERT à la sortie de son propre rendez-vous. Elle va demander deux avis extérieurs purement formels.

3- Il y a une raison à tout cela : le Dr Daniela SIMON a pris officiellement le parti de Rachel LAMBERT, étant rappelé qu’elle l’accompagnait à l’audience de la CEDH, avec trois autres membres de son équipe (le Dr Ana OPORTUS, Mme JAGER, cadre de santé, et Mlle DESINI, psychologue), à la demande du propre avocat de Rachel LAMBERT. C’est ainsi que la CEDH l’a reconnue dans l’arrêt du 5 juin 2015 comme étant conseillère de Rachel LAMBERT.

Il faut également rappeler que le Dr Daniela SIMON est celle qui a enclenché la procédure collégiale en 2012 avec le Dr Ana OPORTUS. Comme le Dr KARIGER le rapporte dans son livre, ce sont elles qui ont voulu que les parents ne soient pas informés de la procédure enclenchée et de la décision prise. Ce sont encore elles qui ont arrêté l’alimentation et pratiquement toute hydratation le 10 avril 2013 sans que les parents et les frères et sœurs soient prévenus. Vincent serait mort sans qu’ils le sachent en mai 2013. Et c’est ce médecin qui prétend aujourd’hui recueillir des avis de manière impartiale.

4- Hier 15 juillet 2015, les parents et le demi-frère de Vincent ont soulevé ce scandaleux conflit d’intérêt. Ils lui ont demandé de se récuser ainsi que son équipe en lui demandant une réponse pour ce jeudi 16 juillet à midi, à défaut de quoi une plainte criminelle et délictuelle reprenant l’ensemble des infractions dénoncées depuis avril 2013 serait déposée.

Madame Daniela SIMON n’a pas considéré devoir répondre. A l’inverse, elle a annoncé ce midi à la sœur de Vincent qu’elle reconvoquerait la famille fin juillet-début août, sans considération pour la trêve estivale et les absences des uns et des autres, avant de notifier sa décision qui est d’ores et déjà connue.

5- Dès lors, la famille qui défend Vincent n’a plus le choix.

Nous avons reçu instruction de nos clients de porter plainte contre le Dr Daniela SIMON auprès du Conseil de l’ordre des médecins ainsi que de déposer la plainte criminelle et délictuelle de 35 pages que nous avons préparée et qui vise les infractions suivantes :

Délaissement et tentative d’assassinat sur personne vulnérable. Ces infractions visent la première tentative de faire mourir Vincent LAMBERT en avril et mai 2013. Cette tentative ayant été déclarée illégale par la justice, elle ne peut être justifiée par la loi LEONETTI ;

Délaissement de personne vulnérable, violences sur personne vulnérable. Ces infractions visent l’arrêt depuis plus de 1.000 jours de toute kinésithérapie et l’absence de tout fauteuil adapté moulé sur mesure alors qu’il s’agit d’exigences médicales rappelées par une circulaire du ministre de la santé du 3 mai 2002 ;

Non-assistance à personne en danger en omettant les soins adaptés à l’état de Vincent et notamment la rééducation à l’alimentation orale qui permettrait de mettre un terme définitif à toute cette affaire ;

Séquestration et atteinte arbitraire à la liberté individuelle. Ces infractions visent le fait que le CHU détienne Vincent en refusant toute possibilité de transfert et l’enferme dans un univers « carcéral » (terme du Dr KARIGER), sous clé, dans une chambre surveillée par une caméra, en empêchant toute sortie ;

Faux et usage de faux et faux témoignage. Nous soulignons dans cette plainte des mensonges éclatants mais également, sur un plan pénal, une fausse déclaration écrite et produite en justice ;

Violation du secret médical par le Dr Eric KARIGER dans son livre sur des dizaines de pages.

Cette plainte sera adressée dès demain à Monsieur le Procureur de la République de REIMS. L’affaire est désormais entre ses mains. S’il décide de ne pas engager lui-même une enquête, les plaignants saisiront un juge d’instruction.

Cette équipe, dont 4 membres accompagnent Rachel LAMBERT dans ses procédures judiciaires, est totalement disqualifiée.

La seule solution raisonnable qui permettrait de mettre fin à tout cela et que nous réitérons, c’est que le CHU de REIMS annonce l’arrêt de cette folle procédure collégiale menée par une équipe discréditée et en plein conflit d’intérêts. Lorsqu’on est à ce point embourbé et mis en cause, la seule mesure déontologique, juridique, d’humanité et de bon sens, c’est de laisser à d’autres le soin de s’occuper de Vincent LAMBERT. Plusieurs établissements proposent de l’accueillir à cet effet."

Posté le 17 juillet 2015 à 18h43 par Michel Janva | Lien permanent

"Ils veulent se débarrasser de Vincent avant de partir en vacances"

Viviane Lambert est interrogée dans Présent, les autres médias se contentant de soutenir l'élimination de Vincent Lambert. Extrait de ses réponses :

"Nous avons rencontré le Dr Simon, chef de service, une psychologue et une secrétaire de direction. L’entrevue n’a pas été constructive du tout. Il est impossible de discuter avec elle. Le Dr Simon a déjà pris sa décision et elle fait en sorte que les choses aillent vite : elle s’apprête à lancer la procédure d’arrêt des soins pour enclencher la « fin de vie ». Ils veulent se débarrasser de Vincent avant de partir en vacances, aussi à l’heure qu’il est les choses peuvent aller très vite. Nous avons voulu montrer au Dr Simon la vidéo que nous avons faite, où l’on nous voit donner à manger à Vincent, mais elle a refusé de la visionner. C’est un comportement curieux.

Confirmez-vous que vous avez déposé plainte contre le CHU de Reims et les médecins responsables, à la suite de cette rencontre ?

Tout à fait. Une plainte au pénal a été déposée pour mauvais traitements, maltraitances, conflits d’intérêt… et le refus du transfert.

En effet, il y a un moment que vous dites qu’une unité de soins spécialisée est prête à accueillir Vincent. Pourquoi le CHU de Reims vous le refuse-t-il ?

Ce refus n’est absolument pas motivé. L’équipe médicale se comporte comme si elle avait la main sur Vincent. [...]

La presse parle d’une plainte déposée contre votre belle-fille Rachel. Le confirmez-vous aussi ?

Elle est également visée par la plainte déposée, même si on ne l’attaque pas directement. Les docteurs Simon et Oportus sont les conseillères de Rachel ! Elles sont forcément partiales, d’où notre plainte pour conflits d’intérêts. D’autre part Rachel a menti à plusieurs reprises sur son domicile. Elle a toujours laissé croire qu’elle était quotidiennement auprès de Vincent, or il y a deux ans qu’elle habite en Belgique. [...]"

Les médecins ont annoncé une solution décision finale le 23 juillet.

Posté le 17 juillet 2015 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

Les médecins qui décident du sort de Vincent Lambert sont partiaux

Lu sur Le Figaro :

"Une entorse à la déontologie médicale pourrait frapper d'illégalité la «procédure collégiale», amorcée mercredi par l'hôpital. Le soupçon de conflit d'intérêts et de partialité pèse sur les médecins qui conduisent cette nouvelle procédure. Les Drs Ana Oportus et Daniela Simon, soignantes «historiques» de Vincent Lambert, sont tout à la fois chargées de présider objectivement au sort médical de leur patient et «médecins conseils» de l'épouse, Rachel Lambert".

Ces deux praticiens apparaissent dans l'arrêt de la CEDH comme les «médecins conseils» de son épouse, Rachel. Les voilà juges et parties.

Posté le 17 juillet 2015 à 07h25 par Michel Janva | Lien permanent

16 juillet 2015

Les parents de Vincent Lambert portent plainte

Dix jours après la décision de la CEDH concernant Vincent Lambert, ses parents ont décidé de déposer plainte à l'encontre du CHU de Reims et de médecins. Ils les accusent de « tentative d’assassinat » et « mauvais traitement ».

Les parents de Vincent Lambert vont également porter plainte contre l’épouse de Vincent, Rachel Lambert, pour « faux témoignage, faux et usage de faux ».

Les parents de Vincent avaient lancé mercredi un ultimatum à l'équipe médicale : elle avait jusqu'à jeudi midi pour permettre le transfert de Vincent dans un autre établissement.

Me Jean Paillot, l'un des avocats des parents, explique :

« Nous n'avons rien reçu et nous allons déposer la plainte pénale cet après-midi ». « Nous portons plainte contre le CHU en tant que personne morale, contre le docteur Kariger [ancien chef du service de soins palliatifs où est hospitalisé Vincent Lambert], le docteur Simon [son successeur] et le docteur Oportus [autre médecin du CHU] ».

Posté le 16 juillet 2015 à 17h26 par Michel Janva | Lien permanent

15 juillet 2015

Vincent Lambert : les chrétiens ne peuvent rester silencieux

Réflexion de Mgr Thierry Scherrer,  et des membres de la Commission de Bioéthique du diocèse de Laval au sujet de la validation par la Cour européenne des droits de l’homme de l’arrêt des soins de Vincent Lambert :

"Depuis que la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a validé l’arrêt des soins de Vincent Lambert, ce patient accueilli à l’Hôpital Sébastopol de Reims dans un état de polyhandicap profond, de nombreuses personnalités ont souhaité faire connaître leurs réactions et leurs interrogations, parmi lesquels un certain nombre d’évêques de France.

Tout récemment encore, la CEDH ayant rejeté la demande de révision de cet arrêt réclamée par les parents, une convocation leur a été adressée pour le 15 juillet par le CHU de Reims pour tenir un conseil de famille « en vue d’une décision d’arrêt des traitements ». Même si rien n’indique qu’une décision définitive sera prise à cette date, nous voudrions ici redire un certain nombre de convictions que tous peuvent partager :

- Chaque personne possède une égale dignité, quels que soient sa condition ou son état de santé. Cette reconnaissance est le fondement de notre lien social.

- L’alimentation et l’hydratation répondent aux besoins fondamentaux communs à tous les hommes, malades ou bien portants, et ne peuvent par conséquent être considérés comme de simples traitements.

- L’attention à celui qui est en situation de faiblesse est le principe de toute attitude éthique.

Dans le cas présent, les chrétiens ne peuvent rester silencieux, tout en appelant au plus grand respect des personnes :

- Au respect de Vincent Lambert, qui ne doit pas devenir l’otage d’une cause ou d’une idéologie ;

- Au respect des proches de Vincent Lambert,, notamment son épouse et ses parents, qui cherchent de bonne foi à faire ce qu’ils jugent être le meilleur pour leur époux et fils ;

- Au respect du corps médical, dont le dévouement mérite notre confiance.

Sur la base de cette attitude, nous voulons rappeler que

- L’interdit de tuer délibérément l’innocent, même par omission, est la marque de notre humanité. La loi elle-même se doit d’être au service de la vie.

- La vie humaine reste un don de Dieu, au service duquel se trouvent les médecins. La toute-puissance que nous donne la technologie doit reconnaître cette limite.

- Comme le Christ, l’Église n’est pas là pour condamner des personnes mais pour annoncer la miséricorde de Dieu. Seul Dieu juge les personnes, et seul il donne la vie et la reprend.

Si la sentence portée à l’encontre de Vincent Lambert, était mise à exécution, nous ne pourrions pas ne pas nous interroger avec inquiétude sur le sort que pourraient subir les très nombreux patients qui se trouvent dans des situations comparables à la sienne. La vie est un bien éminemment précieux et l’attitude que la société adopte à son égard nous concerne tous. Ensemble, soyons d’inlassables plaidoyers en faveur de la vie !"

Posté le 15 juillet 2015 à 23h17 par Michel Janva | Lien permanent

Plainte pour «maltraitances» sur Vincent Lambert ?

Me Jean Paillot, avocat des parents de Vincent Lambert, déclare :

« Nous étudions tous les moyens d’action. Devant les juridictions administratives mais aussi au pénal. »

« Aujourd’hui, il est enfermé, il n’est jamais mis au fauteuil, on ne lui envoie pas de kinésithérapeute, liste Jean Paillot. Cela pourrait faire l’objet d’une plainte pour ‘’maltraitances’’.»

Vincent Lambert, qui peut désormais déglutir, peut donc s’alimenter autrement que par le biais d’une sonde.

« Or, à aucun moment, on envisage de lui donner une alimentation plaisir ».

« Nous pensons, nous, que son état de santé s’est amélioré ces derniers mois. Cela devrait donner lieu, à tout le moins, à une nouvelle expertise pour s’en assurer ».

Posté le 15 juillet 2015 à 10h50 par Michel Janva | Lien permanent

11 juillet 2015

"Nous sommes là aussi pour guérir cette envie de mourir"

Dans Le Figaro, Eugénie Bastié consacre un reportage au CH de Chartres, où l'écrivain Valeria Milewski écrit la biographie des personnes en fin de vie, pour les aider à affronter par le récit l'ultime échéance. Extraits :

"[...] Depuis huit ans, dans son petit bureau du service oncologie de l'hôpital Louis Pasteur de Chartres, elle écrit la biographie des personnes en fin de vie. [...] «J'ai eu cette intuition: se raconter, se déposer, se ressaisir par l'écriture pouvait alléger les derniers moments, et permettre aux personnes de ne pas perdre le fil de leur humanité» [...]

Séance après séance (elle a vu un de ses patients pendant trois ans, une cinquantaine de fois, mais parfois la biographie se résumera à un simple entretien), l'écrivain les aide, patiemment, à recoudre les pièces d'un puzzle éparpillé. «On se relit comme on se relie» résume-t-elle en une formule. C'est à la fois un bilan, une tentative d'explication, et une volonté de transmission. [...]

La biographie n'aide pas seulement les malades, mais aussi les proches. C'est un aspect de la fin de vie dont on parle peu: ceux qui restent. [...] «Le patient n'est plus un numéro, une maladie, mais redevient une personne.»

[...] Pour Frédéric Duriez, médecin dans le même service que Valéria, sa démarche constitue un «soin thérapeutique» à part entière. «Le propre du cancer, c'est que non seulement il tue, mais il donne envie de mourir. Nous sommes là aussi pour guérir cette envie de mourir» confie-t-il. «Le champ médical est impuissant à répondre à la question de l'«à quoi bon» qu'on se pose en fin de vie». Il raconte l'histoire de cette dame, condamnée, qui attendait la mort sur son lit d'hôpital depuis un an. Un an sans aucune visite, sans aucun courrier. La seule lettre qu'elle a reçue, c'est les vœux du maire de son village, dactylographiés et anonymes. Elle a accroché cette lettre au-dessus de son lit. Témoignage infernal d'une solitude absolue. «Quand elle me demande: «Est-ce que ça ne pourrait pas aller un peu plus vite? Qu'est-ce que je peux lui répondre?» dit-il, impuissant. «On se pose la question de savoir si oui ou non il faut répondre au désir de mourir. Sans jamais se demander pourquoi les gens ont ce désir. Qu'est-ce qui fait que la société laisse des gens avoir cette envie-là? La morphine ne soigne pas le sentiment d'abandon.»

Beaucoup de personnes, qui souhaitaient en finir, renoncent à l'euthanasie après avoir commencé le travail de biographie avec Valéria. «[...]"

Posté le 11 juillet 2015 à 10h40 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2015

Insérer une clause de conscience dans la loi sur la fin de vie

Jacques Bompard a demandé au ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes de mettre en place une clause de conscience : 

"M. Jacques Bompard attire l'attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur la nécessité d'insérer une clause de conscience pour les professionnels de santé dans le cadre de la nouvelle loi sur la fin de vie. C'est en effet ce que réclament de nombreux professionnels, médecins, infirmiers psychologues ou autres soignants. Onze mille d'entre eux ont d'ailleurs récemment signé une pétition alors que l'ordre des médecins avait estimé que ce n'était pas spécifiquement nécessaire. Or cette clause est essentielle pour garantir le respect des convictions des professionnels de la santé. Cette loi ne sait plus faire la différence entre individu et personne, patient et client, sédation profonde et continue et soins palliatifs. Aujourd'hui, le souligne le docteur François Bertin-Hugault, le système de la tarification à l'acte invite à faire les choses de plus en plus vite. Ne faudrait-il pas s'interroger sur le danger de voir la dimension économique pousser à l'utilisation la sédation en phase terminale pour réduire la fin de vie des malades ? Il lui demande que l'on mette en place les outils possibles pour respecter les consciences des responsables médicaux, et plus largement de chacun de nos concitoyens."

Posté le 8 juillet 2015 à 18h05 par Michel Janva | Lien permanent

Vincent Lambert : la famille convoquée au CHU le 15 juillet

Les parents de Vincent Lambert sont convoqués mercredi 15 juillet, au CHU de Reims, pour discuter avec l'équipe médicale de l'avenir du patient.

Si elle assure qu'elle "respectera la décision de la CEDH", la convocation évoque également le lancement "d'une nouvelle procédure". 

Les parents n'excluent pas de demander un transfert de leur fils vers un autre centre de soin ou vers leur propre domicile. 

Posté le 8 juillet 2015 à 07h19 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2015

Colombie : l'Eglise menace de fermer ses hôpitaux

Les autorités colombiennes ont imposé aux médecins l'euthanasie d'un patient qui la demandait. José Ovidio Gonzalez Correa avait adressé sa demande d’euthanasie aux médecins de sa clinique en juin. Mais le comité scientifique créé pour l’occasion s’était réuni et l’un des médecins s’opposait à la procédure. La mort annoncée n’aurait pas lieu… Le fils s’est lancé alors dans une bataille pour obtenir la mise à mort de son père. Dès le mardi suivant, le père présenta par la voix de son avocate une demande devant les autorités de tutelle pour exiger son « droit à mourir dignement ». Les autorités ont ordonné à la clinique de se soumettre, celle-ci céda et le tua pendant son sommeil.

C'est pourquoi l’Eglise catholique de Colombie, qui gère de nombreux établissements de santé dans le pays,  a menacé de fermer ses hôpitaux maintenant que les autorités colombiennes imposent aux médecins un véritable devoir de tuer.

Posté le 7 juillet 2015 à 07h02 par Michel Janva | Lien permanent

06 juillet 2015

Vincent Lambert mange par la bouche mais cela n'émeut pas la CEDH

La CEDH vient de rejeter la demande en révision des parents de Vincent Lambert, qui contestaient pour 3 bonnes raisons sa décision favorable à l'arrêt de l'alimentation et l'hydratation.

Posté le 6 juillet 2015 à 19h47 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2015

Bayrou et Pécresse à à l'ADMD

L'ADMD (lobby pour l'euthanasie) tenait un stand au festival Solidays. Certaines personnalités politiques ont tenu à s'y faire prendre en photo (pour un suicide politique ?) :

B

2015-06-242526 - Solidays-204

Posté le 2 juillet 2015 à 16h47 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (20)

« Il était nécessaire de diffuser ces images parce qu’on a menti à l’opinion publique »

Madame Viviane Lambert, la maman de Vincent, réagit sur Reinformation.tv à la polémique qui a entouré la diffusion des images de son fils.

Posté le 2 juillet 2015 à 11h42 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2015

Euthanasie : Jacques Bompard interroge le ministre

Le député Jacques Bompard a interrogé le ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur les dérives de l'euthanasie en Belgique qui guettent la France :

"En mai 2012, la Belgique légalise l'euthanasie et l'élargit en 2014 aux mineurs. Cette mesure impose au personnel médical non plus de se battre pour les malades mais de pouvoir les assassiner purement et simplement. Ces euthanasies seraient ainsi imposées aux malades et seraient « non poursuivies et revendiquées sans équivoque » par les groupes de pression en faveur de l'euthanasie. Ils établissent ainsi l'euthanasie comme une norme.

Certains médecins tiennent alors des discours mortifères : « l'euthanasie non demandée dépasse très largement les quelques mille cas d'euthanasie qui sont enregistrés par an en Belgique. Soyons clair, il ne s'agit pas d'empêcher toute douleur mais bien d'administrer des doses importantes de calmants pour précipiter la mort lorsque la qualité de vie est devenue insuffisante ces interventions actives ne sont rapportées à aucune commission ». Ainsi, les malades qui meurent d'une euthanasie non demandée seraient de 1,8 % contre 0,6 % en France. Le personnel médical devient gestionnaire de corps malades et prend sur eux un pouvoir qui ne leur appartient pas : celui de donner ou supprimer la vie.

En France comme en Belgique pour éviter ce genre d'eugénisme idéologique, il faut promouvoir les soins palliatifs. Ils soulagent les malades et accompagnent avec douceur et dignement le malade vers la mort. Pour toutes les autres personnes qui ne sont pas en fin de vie, le cas de l'euthanasie (celui de tuer avec une sédation profonde et continue par exemple) ne peut se poser. Ainsi, Vincent Lambert qui n'est pas en fin de vie, ne devrait pas être concerné par un tel dispositif. Il demande un retour sur la loi sur la fin de vie qui autorise à donner la mort par une sédation profonde et continue et fait de la déshydratation et de la cessation de l'alimentation un traitement. L'exemple de la Belgique montre les dérives suicidaires pour une société, il faut les empêcher."

Posté le 30 juin 2015 à 16h45 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : une loi qui encadre est une utopie

L'euthanasie d'une jeune femme de 24 ans en parfaite santé physique mais victime de “pensées suicidaires” a été validée par des médecins belges. Béatrice Stella est Cofondatrice et initiatrice de l’association Paroles de Catholiques, répond à Atlantico. Extraits :

"[...] Nous sommes là typiquement dans l’utopie qui préside souvent à ce type de loi : on dit "c’est encadré" et tout va bien. Mais on ne peut pas encadrer grand-chose, quels que soient les mots précis utilisés. Seules des situations à la fois précises et objectivement observables par l’extérieur peuvent constituer des remparts. Cette histoire dramatique d’une toute jeune femme dépressive en est une illustration percutante. [...]

On a déjà vu que nombre de décisions d’euthanasies ont été prises par des médecins en l’absence du consentement réel des personnes. Une personne en fin de vie, surtout si elle est âgée, est une personne dans un état de faiblesse tel qu’il est très facile de décider pour elle, et les soi-disant contrôles diligentés par l’Etat belge pour éviter les abus ont prouvé leur parfaite inefficacité (peu de moyens, peu de sérieux dans les contrôles, crédit excessif porté aux déclarations des médecins). Derrière ce laxisme, on identifie sans peine une approbation complète et sans nuance de la nécessité de mettre fin aux jours des personnes faibles, handicapées, improductives, sans beaucoup d’état d’âme et sous couvert de "les soulager".

Il y a aussi et toujours ce problème insurmontable des directives anticipées, qui reposent sur un sentiment qui, par nature, peut changer d’un instant à l’autre suivant les circonstances, comme nous en faisons vous et moi l’expérience tous les jours avec nos états d’âmes personnels. Tant que ces directives anticipées, lorsqu’elles réclament non pas seulement l’arrêt de l’acharnement thérapeutique mais une véritable euthanasie, seront considérées comme une obligation contraignante, on se rendra coupable de mettre fin à la vie de quelqu’un qui a changé d’avis entretemps mais ne peut l’exprimer, ou dont la décision était superficielle. [...]

Cette loi sur l’euthanasie de 2002 était "strictement encadrée" pour ne concerner que des personnes majeures, quoique nous avons vu que des enfants de 15 ans (pour peu qu’ils soient émancipés) pouvaient être concernés. En février 2014, le rempart a déjà sauté : quel que soit l’âge de l’enfant, si ses deux parents sont d’accords, il pourra "bénéficier" de ce grand "progrès" pour l’humanité. Si cela inclut les "pensées suicidaires", on va avoir un gros souci ! La dépression est la cause prédominante de maladie chez les jeunes âgés de 10 à 19 ans, d’après un récent rapport de l’OMS. Il est éclairant d’ailleurs de savoir que le harcèlement sur les réseaux sociaux apparaît comme jouant un rôle crucial dans le passage à l’acte (suicide) en multipliant les risques par plus de 3. S’il leur suffit d’aller se présenter à un médecin pour obtenir un suicide confortable, ça risque d’être tentant…"

Posté le 30 juin 2015 à 15h33 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2015

Réactions de Viviane Lambert aux propos du docteur Debré

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Posté le 27 juin 2015 à 09h56 par Michel Janva | Lien permanent

26 juin 2015

Vincent Lambert : nouvelle saisie de la CEDH

Suite à l'erreur de droit commise par la CEDH et analysée par Grégor Puppinck, les avocats de Vincent Lambert communiquent :

"Les défenseurs de Vincent LAMBERT saisissent la CEDH et le Conseil d’Etat de demandes en révision pour survenance d’éléments nouveaux et décisifs.

Le 24 juin 2015, une demande en révision a été déposée à la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’Homme pour survenance de trois faits nouveaux et décisifs, qui imposent une révision de l’arrêt rendu le 5 juin 2015, sur le fondement de l’article 80 du Règlement de la Cour.

1- La Cour européenne a commis une incroyable erreur de droit dont l’influence a été décisive sur son arrêt Lambert / France. Elle a fait référence à cinq reprises dans sa décision à son propre arrêt Glass / Royaume-Uni du 9 mars 2004 dont les faits sont similaires à ceux de l’affaire LAMBERT et qui allaient dans le sens des parents.

La Cour européenne a voulu expressément s’inscrire avec l’arrêt LAMBERT dans la continuité de l’arrêt GLASS en concluant qu’il n’y avait pas de violation de la convention ni dans l’un, ni dans l’autre. Or il suffit de reprendre l’arrêt GLASS pour constater que la Cour européenne avait en réalité conclu à la violation de la convention. Le raisonnement de la Cour européenne du 5 juin 2015 est ainsi complètement faussé, ce qui commande la révision. Il ne s’agit pas ici d’une erreur de plume, qui pouvait être rectifiée. Il s’agit d’une erreur de droit, qui conduit à une erreur de raisonnement juridique, aboutissant à la décision injuste que l’on connait.

Or, après la réception de notre requête par la Cour, le texte de l’arrêt a été subrepticement modifié, sans aucun respect pour la procédure de l’article 80. Toutefois, le raisonnement découlant de cette erreur n’a pas été supprimé, lui. Notre requête en révision garde donc toute sa nécessité et, conformément à l’article 80 du règlement, la Cour devra réunir les 17 juges de la Grande Chambre pour l’étudier.

Mais il y a plus.

2- La Cour européenne a considéré que la volonté de Vincent LAMBERT de ne pas continuer à être alimenté et hydraté était certaine, comme l’a soutenu devant elle le Gouvernement français.

Or, postérieurement à cet arrêt rendu par la Cour, Madame Marisol TOURAINE, ministre de la Santé et ministre de tutelle du CHU de REIMS, a déclaré le 16 juin 2015 à la tribune du Sénat que la difficulté à laquelle elle et le corps médical étaient confrontés tenait au fait que la volonté de Vincent LAMBERT « faisait l’objet d’interrogations et de débats ».

Ainsi, le Gouvernement français par sa voix la plus autorisée contredit désormais au Sénat ce que le Gouvernement français avait affirmé devant la Cour européenne.

C’est donc le fondement même de la décision du Conseil d’Etat du 24 juin 2014 et de celle de la CEDH du 5 juin 2015 qui est ainsi remis en cause, ce qui commande la révision de ces décisions.

3- Vincent LAMBERT a recommencé ces derniers jours à manger et boire par la bouche.

A la suite de la diffusion du film de Vincent LAMBERT tourné le 5 juin 2015, plusieurs orthophonistes ont constaté sa capacité naturelle à déglutir. Elles ont pris contact avec la famille pour donner les directives nécessaires et ont écrit le 20 juin 2015 au CHU pour décrire la manière de rééduquer Vincent à une alimentation par la bouche.

Depuis le 12 juin dernier, la famille a ainsi donné à manger de la compote et de la crème dessert et de l’eau à boire à Vincent qui les a avalées sans difficulté malgré l’absence de rééducation préalable. Vincent a également des manifestations vocales très émouvantes après la première alimentation. Un film, destiné à prouver ces faits importants devant les autorités compétentes, a été tourné.

Tout un chacun peut aisément comprendre qu’une sédation profonde et définitive, qui avait été pourtant décidée par le docteur KARIGER en association avec un arrêt total d’alimentation et d’hydratation, et qui a donc été validée par le Conseil d’Etat et par la CEDH, n’est désormais plus envisageable car il mettrait obstacle à l’alimentation et à l’hydratation naturelle de Vincent LAMBERT et même à sa simple rééducation.

Cet élément nouveau et décisif commande la révision des décisions qui ont été rendues.

C’est pourquoi nous avons saisi la Cour européenne d’une demande de révision. Une requête va être déposée dans le même sens devant le Conseil d’Etat."

Posté le 26 juin 2015 à 09h56 par Michel Janva | Lien permanent

24 juin 2015

Affaire Lambert : la CEDH a commis une erreur de droit

Selon Gregor Puppinck :

"La Cour, selon l’usage anglo-saxon, s’appuie autant sur le texte de la Convention européenne des droits de l’homme que sur sa propre jurisprudence pour développer ses raisonnements et justifier ses décisions. Parmi les affaires auxquelles elle se réfère à l’appui de sa décision dans le cas Lambert, l’une des plus importantes, citée à cinq reprises, est l’affaire Glass contre le Royaume-Uni (9 mars 2004). Dans cette affaire, la mère d’un enfant hospitalisé pour troubles respiratoires se plaignait des décisions de l’équipe médicale, prises contre sa volonté, de lui administrer une forte dose de morphine au risque d’entraîner son décès et, en cas de nouvelle crise respiratoire, de ne pas le réanimer. Désireuse de défendre la vie de son fils contre la décision médicale, la mère du patient saisit finalement la CEDH, comme c’est aussi le cas dans l’affaire Lambert. La Cour avait jugé que la décision des autorités médicales « de passer outre, en l’absence d’autorisation par un tribunal, l’objection de la mère au traitement proposé a violé l’article 8 de la Convention ». A l’unanimité la Cour a dit « qu'il y a eu violation de l'article 8 de la Convention ». Les médecins auraient dû respecter la volonté de la mère, ou saisir une juridiction pour la contester. Ce précédent, constatant la violation de la Convention, venait plutôt au soutien des parents Lambert.

Or, dans l’arrêt Lambert, la Grande Chambre énonce à l’inverse de façon erronée que « dans son arrêt du 9 mars 2004, elle a conclu à la non-violation de l’article 8 de la Convention » (paragraphe 138). Cette erreur est située dans le rappel de l’état de la jurisprudence présenté parmi les « considérations générales » fondant le raisonnement. Il est impossible de déterminer précisément les implications de cette erreur sur le raisonnement de la Cour, mais elle permet à la Grande Chambre de constater abusivement, à l’appui de sa propre conclusion, qu’à l’exception d’une affaire de procédure, « elle n’a conclu à la violation de la Convention dans aucune de ces affaires » (paragraphe 139).

C’est là une erreur manifeste et navrante, et on peine à l’expliquer. Comment la juridiction européenne la plus élevée, dans une affaire aussi sensible, peut-elle méconnaître sa propre jurisprudence, introduisant une erreur importante au cœur même de son raisonnement ? Cette erreur ajoute au discrédit d’un arrêt qui n’en avait plus besoin, tant la critique portée à son encontre par les cinq juges dissidents est dévastatrice. [...]

Aucune procédure ne prévoit l’hypothèse d’une erreur de droit de la Grande Chambre. Néanmoins, on n’imagine pas que cette erreur puisse demeurer ; elle devra être supprimée, et la procédure de « révision » semble être la seule voie possible. L’affaire Lambert n’est donc pas close à la CEDH. [...]"

Posté le 24 juin 2015 à 11h56 par Michel Janva | Lien permanent


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