05 mars 2015

Polynésie : Mgr Chang Soi écrit aux députés sur la fin de vie

Monseigneur Pascal Chang Soi, administrateur du diocèse de Papeete, écrit aux trois députés de Polynésie :

Unknown-14"Le 10 mars prochain, en tant que parlementaires de l’Assemblée nationale vous serez amené(e)s à vous prononcer sur la proposition de loi sur la fin de vie présentée par les députés MM. Alain CLAEYS et Jean LEONETTI.

Il existe déjà une loi dite « Léonetti » [ loi n°2005-370 du 22 avril 2005] sur la fin de vie et les soins palliatifs, mais dans son rapport, en date du 11 février 2015, la Cour des comptes constate que «L’accès aux soins palliatifs demeure globalement limité, et nettement moins répandu que dans certains pays étrangers. Le développement d’une offre de soins graduée en milieu hospitalier n’a pas permis de résorber les inégalités territoriales. La prise en charge extra-hospitalière est demeurée le parent pauvre et reste toujours à construire… » 

Bien que la loi de 2005 ne soit pas pleinement appliquée, la nouvelle proposition de loi vient apporter des dispositifs supplémentaires en « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie ».

La mort et l’attention portée aux personnes en fin de vie, au regard de nos convictions religieuses, nous préoccupent particulièrement. Ces questions préoccupent tout autant notre société humaine, car abréger la vie d’une personne ne peut faire l’objet d’un droit. « Tu ne tueras pas » relève autant du devoir d’un chrétien que de la morale laïque.  

La création de « nouveaux droits » est aussi une grave question constitutionnelle qui donne toute son importance à ce débat qui concerne aussi les Polynésiens très attachés à la culture de la vie.

En tant que Pasteur, mais aussi citoyen, je me permets d’attirer votre attention sur l’importance de ce débat. Vous, qui, en tant que députés, représentez le peuple polynésien, je fais appel à votre conscience et à votre devoir, j’ai la conviction que vous saurez  porter notre espérance devant la Nation, pour :

-demander que la « sédation profonde et continue jusqu’au décès » soit un traitement exceptionnel pour soulager mais pas tuer afin qu’elle ne constitue pas une forme d’euthanasie déguisée ;

-refuser que certains arrêts d’alimentation et d’hydratation puissent avoir comme objectif de provoquer la mort au prétexte qu’ils constitueraient un maintien artificiel de la vie. Car il ne s’agit pas d’un traitement comme les autres ;

-Engager l’État pour le développement des soins palliatifs non seulement dans toutes les régions de France, mais aussi en Polynésie, avec des moyens correspondants, notamment en termes de formation des soignants et des accompagnants.

Pour nous, cette loi doit refuser clairement toute administration délibérée de la mort, quel qu’en soit le moyen : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie, ni suicide assisté- mais des traitements antidouleur et un accompagnement adapté à chacun(e).

Vous assurant de mon écoute attentive pour tout renseignement que vous pourriez désirer solliciter sur cette question, je vous prie de croire, Madame, Messieurs les députés, en l’expression de ma profonde considération."

Posté le 5 mars 2015 à 22h04 par Michel Janva | Lien permanent

Fin de vie : le pape appelle à développer les soins palliatifs

Extrait du discours du Pape à l'Académie Pontificale pour la Vie aujourd'hui, à l’occasion de son assemblée générale, sur le thème « Assistance à la personne âgée et soins palliatifs ». A quelques jours du début de l'examen de la proposition de loi visant à permettre l'élimination des personnes âges ou malades, voilà des propos qui tombent à pic :

"Les soins palliatifs sont l’expression de l’attitude fondamentalement humaine qui consiste à prendre soin les uns des autres, surtout de celui qui souffre. Ils témoignent que la personne humaine demeure toujours précieuse, même si elle est marquée par l’âge et la maladie. En effet, quelles que soient les circonstances dans lesquelles elle se trouve, la personne est un bien pour elle-même et pour les autres et elle est aimée de Dieu. C’est pourquoi, quand sa vie devient très fragile et qu’approche la fin de son existence terrestre, nous ressentons notre responsabilité de l’assister et de l’accompagner le mieux possible.

Le commandement biblique qui nous demande d’honorer nos parents nous rappelle, dans un sens large, l’honneur que nous devons à toutes les personnes âgées. À ce commandement, Dieu associe une double promesse : « afin d’avoir longue vie » (Ex 20,12) et – l’autre – « et bonheur » (Dt 5,16). La fidélité au quatrième commandement assure non seulement le don de la terre, mais surtout la possibilité d’en bénéficier. En effet, la sagesse qui nous fait reconnaître la valeur de la personne âgée et nous pousse à l’honorer est cette même sagesse qui nous permet d’apprécier les nombreux dons que nous recevons chaque jour de la main providentielle du Père et d’en être heureux. Ce précepte nous révèle la relation pédagogique fondamentale qui existe entre les parents et leurs enfants, entre les personnes âgées et les jeunes, en faisant référence à la sauvegarde et à la transmission de l’enseignement religieux et de la sagesse aux générations futures. Honorer cet enseignement et ceux qui le transmettent est source de vie et de bénédiction.

Au contraire, la Bible réserve une sévère admonition à ceux qui négligent ou maltraitent leurs parents (cf. Ex 21,17 ; Lv 20,9). Le même jugement vaut aujourd’hui quand les parents, devenus âgés et moins utiles, sont marginalisés jusqu’à l’abandon ; et nous en avons de nombreux exemples !

La parole de Dieu et toujours vivante et nous voyons bien que son commandement se révèle d’une actualité criante pour la société contemporaine, où la logique de l’utilité prend le pas sur celle de la solidarité et de la gratuité, même au sein des familles. Écoutons donc d’un cœur docile la parole de Dieu qui nous vient de ses commandements qui, souvenons-nous en toujours, ne sont pas des liens qui emprisonnent mais sont paroles de vie.

« Honorer », aujourd’hui, pourrait se traduire par le devoir d’avoir un extrême respect et de prendre soin de ceux que l’on pourrait laisser mourir ou « faire mourir » en raison de leur condition physique ou sociale. Toute la médecine a un rôle spécial à l’intérieur de la société, comme témoin de l’honneur qui est dû à la personne âgée et à tous les êtres humains. L’évidence et l’efficacité ne peuvent pas être les seuls critères pour gouverner l’agir des médecins, de même que ne peuvent l’être les règles des systèmes de santé et le profit économique. Un État ne peut pas penser tirer un profit de la médecine. Au contraire, il n’y a pas de plus grand devoir pour une société que celui de protéger la personne humaine.

Votre travail de ces jours-ci explore de nouveaux champs d’application des soins palliatifs. Jusqu’à maintenant, ils ont été un précieux accompagnement pour les malades atteints d’un cancer, mais aujourd’hui les maladies sont nombreuses et diverses, souvent liées au grand âge, caractérisées par une diminution chronique progressive et elles peuvent bénéficier de ce type d’assistance. Les personnes âgées ont avant tout besoin des soins des membres de leur famille – dont l’affection ne peut être remplacée, pas même par les structures les plus efficaces ou par le personnel soignant le plus compétent et charitable. Elles peuvent bénéficier d’une assistance vraiment humaine et recevoir des réponses adaptées à leurs exigences grâce aux soins palliatifs offerts tout en intégrant et soutenant l’attention apportée par les proches. Les soins palliatifs ont pour objectif de soulager les souffrances dans la phase finale de la maladie et d’assurer en même temps au patient un accompagnement humain adapté (cf. Lettre encyclique Evangelium vitae, 65). Il s’agit d’un soutien important, surtout pour les personnes âgées qui, en raison de l’âge, reçoivent de moins en moins d’attention de la part de la médecine curative et sont souvent abandonnées. L’abandon est la « maladie » la plus grave de la personne âgée, et aussi l’injustice la plus grande qu’elle puisse subir : ceux qui nous ont aidés à grandir ne doivent pas être abandonnés quand ils ont besoin de notre aide, de notre amour et de notre tendresse.

Par conséquent, j’apprécie votre engagement scientifique et culturel pour garantir que les soins palliatifs rejoignent tous ceux qui en ont besoin. J’encourage les professionnels et les étudiants à se spécialiser dans ce type d’assistance qui ne possède pas moins de valeur sous prétexte qu’il « ne sauve pas la vie ». Les soins palliatifs réalisent quelque chose de tout aussi important : ils valorisent la personne. J’exhorte tous ceux qui, à divers titres, sont engagés dans le domaine des soins palliatifs, à pratiquer cet engagement en conservant intègre l’esprit de service et en se rappelant que toute connaissance médicale n’est vraiment une science, dans son sens le plus noble, que si elle se situe comme une aide en vue du bien de l’homme, un bien qui ne peut jamais être atteint « contre » sa vie et sa dignité.

C’est cette capacité à servir la vie et la dignité de la personne malade, y compris quand elle est âgée, qui mesure le véritable progrès de la médecine et de la société tout entière. Je redis l’appel de saint Jean-Paul II : « Respecte, défends, aime et sers la vie, toute vie humaine ! C'est seulement sur cette voie que tu trouveras la justice, le développement, la liberté véritable, la paix et le bonheur ! » (id., 5). [...]"

Posté le 5 mars 2015 à 21h55 par Michel Janva | Lien permanent

10 mars : rassemblement contre la proposition de loi sur l'euthanasie

2nmwkt8pvlve

Posté le 5 mars 2015 à 21h36 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2015

Promotion d'Alain Claeys au gouvernement ?

CSa proposition de loi sur la fin de vie se serait-elle avérée payante ? Elle n'est pas encore votée, mais François Hollande songe à Alain Claeys pour remplacer Geneviève Fioraso, qui a des problèmes de santé, au ministère de l’Enseignement supérieur.

Le député-maire (PS) de Poitiers Alain Claeys serait le choix numéro un de François Hollande. Manuel Valls et François Hollande réfléchiraient à modifier la composition du gouvernement juste après les élections départementales de mars ou après les régionales de décembre.

Posté le 3 mars 2015 à 17h14 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

02 mars 2015

L'appel des évêques belges contre l'euthanasie des personnes démentes

Aujourd'hui, dans les colonnes du "Standaard" et dans celles de "La Libre Belgique", les évêques de Belgique lancent une mise en garde contre l’extension de l’euthanasie aux personnes démentes :

"Le vieillissement croissant de la population constitue un défi majeur pour notre société. Il va de pair avec une augmentation des cas de démence. La société investit, de longue date et largement, en faveur des personnes âgées, voire très âgées, des personnes souffrant d’un handicap mental profond ou gravement perturbées, des patients comateux et des malades en phase terminale. Nous voudrions avant tout exprimer notre reconnaissance vis-à-vis de tous ceux et celles qui sont engagés dans l’accompagnement de ces personnes fragiles. Ce n’est pas économiquement rentable, mais nous estimons - toutes obédiences confondues - qu’il doit en être ainsi. Cette conviction répond à un choix purement éthique. Mais nous craignons que ce choix soit mis à rude épreuve en raison du "climat d’euthanasie" dans lequel nous baignons depuis 2002 et face au risque d’appliquer légalement l’euthanasie aux personnes démentes. Parce que les personnes concernées sont justement celles qui peuvent le moins faire entendre leur voix, nous jugeons, en tant qu’évêques, que c’est un impérieux devoir pour nous de faire entendre la nôtre en leur faveur.

En tout premier lieu, un être humain, même atteint de démence, demeure une personne à part entière jusqu’à sa mort naturelle. La dignité humaine ne peut dépendre de ce qu’on possède ou non certaines capacités. Elle est liée de manière inaliénable au simple fait d’appartenir à l’espèce humaine. Toute personne, même en état de démence, mérite donc le respect et doit recevoir en conséquence les soins appropriés.

L’autonomie est très importante dans notre société. Mais nous nous demandons si certaines manières de la mettre en œuvre ne sont pas marquées par un individualisme excessif. "Moi, et moi seul, décide de ce que je fais de ma vie et les autres n’ont pas à s’en mêler" semble être devenu le slogan du jour. Cela va si loin qu’un acte devrait être considéré comme bon du seul fait qu’il est le fruit d’un choix autonome.

Une telle conception de l’autonomie en vient à considérer chacun comme un îlot sans lien avec autrui. Mais les individus ne sont pas des îles. Chaque être humain vit dans un environnement social, culturel, historique et relationnel.

C’est pourquoi une autonomie en "relation" ou en "communion" rend beaucoup mieux compte de notre vraie identité et du fonctionnement effectif de notre liberté. De la naissance à la mort, nous dépendons les uns des autres. La tradition chrétienne exprime cela en considérant les êtres humains comme des frères et sœurs, reliés au même Père. Mais il n’est pas nécessaire d’être chrétien pour comprendre combien nous avons besoin les uns des autres. En plus du critère de l’autonomie, la notion de qualité de vie joue également un rôle important dans pas mal de décisions. Le problème de ce second critère est la difficulté d’en donner une définition objective, si bien que les éléments subjectifs risquent toujours d’être prépondérants. En ce qui concerne les personnes démentes, le risque est grand que des tiers projettent sur le patient leurs préoccupations et angoisses personnelles. La confrontation avec une personne démente doit d’abord susciter, auprès de tous, la responsabilité éthique d’en prendre soin. L’appel lancé par le prochain qui a besoin de soins renforce le fait que nous sommes ses frères et sœurs en humanité. Je suis le gardien de mon frère, que je le veuille ou non.

Même s’il nous est possible d’étouffer cet appel de notre conscience, cela n’enlève rien à notre obligation morale de prendre soin de notre prochain.

Depuis la loi de 2002 sur l’euthanasie, le constat s’impose : la dérive prédite à l’époque est devenue réalité. Les limites de la loi sont systématiquement contournées, voire transgressées. L’éventail des groupes de patients entrant en ligne de compte pour l’euthanasie ne cesse de s’élargir. La souffrance existentielle, comme, par exemple, la fatigue de vivre, est ainsi placée sans hésitation dans le champ d’application de la loi sur l’euthanasie par des personnes ayant autorité dans la société - sans indice de désordre psychologique ou psychiatrique sous-jacent -, ce qui d’ailleurs n’est pas de la compétence de la médecine.

Demande est aussi faite d’un nouvel élargissement de la loi afin de pouvoir procéder à l’euthanasie de personnes démentes, et ce à un moment précédemment indiqué par elles, sur base d’une déclaration de volonté anticipée. On en viendrait ainsi, par exemple, à une déclaration anticipée stipulant que l’euthanasie est demandée dès lors qu’on ne reconnaîtrait plus les membres de sa propre famille. Alors qu’auparavant on argumentait à partir du critère de "souffrance intolérable", on va maintenant un cran plus loin. Lorsqu’on perd sa capacité cognitive, on perdrait aussi son identité individuelle. Selon cette logique, on devrait, dès ce moment, pouvoir mettre un terme à la vie de cette personne.

Nous nous opposons résolument à cette tendance. Une perte d’autonomie n’est pas pour nous synonyme de perte de dignité.

Pareil raisonnement - nous y insistons - nous engage de manière encore plus périlleuse sur la pente entamée. Le danger n’est pas illusoire que l’on veuille réserver le concept de personne humaine - et les droits qui y sont afférents - à ceux qui sont capables de reconnaître pour et par eux-mêmes la valeur de leur propre vie. Ceux qui ne le peuvent pas, ou ne le peuvent plus, risquent d’être éliminés ou de se voir privés des soins nécessaires.

Notre société doit continuer à prendre en charge ses membres les plus vulnérables en se mobilisant pour la détection et le diagnostic précis de la démence, en assurant un soutien aux soignants bénévoles, des ressources suffisantes pour les soins palliatifs aux malades lors des stades ultimes de la démence et des moyens adéquats pour les maisons de repos et de soins.

Malgré les économies à réaliser en divers domaines, la société se doit de continuer à offrir, en fin de vie, des soins de haute qualité.

Le niveau moral d’une société se mesure au traitement qu’elle réserve aux plus faibles de ses membres. Beaucoup de personnes fragiles interpréteront un éventuel élargissement de la loi sur l’euthanasie dans ce domaine comme une invitation à ne pas se montrer égoïste au point de devenir un fardeau pour autrui.

Le risque n’est-il pas grand que beaucoup comprennent une extension de la loi sur l’euthanasie comme "une invitation à en finir" voire comme un "devoir de mourir" ? Mais, selon notre conception, jamais, dans une société authentiquement humaine, l’autre ne peut devenir une charge inutile.

Et quand un frère ou une sœur en humanité réclame une attention et des soins redoublés, cette charge supplémentaire sera portée avec amour. Telle doit être la réponse. Une réponse qui témoigne d’une solidarité inconditionnelle. Ce n’est pas la porte de l’euthanasie qui doit s’ouvrir davantage, mais bien celle de la fraternité et de la solidarité."

Posté le 2 mars 2015 à 17h16 par Michel Janva | Lien permanent

10 mars : Sentinelles pour réclamer des Etats généraux sur la fin de vie [Addendum : pétition]

Sentinelles
Les Sentinelles appellent à veiller devant le Palais Bourbon, mardi 10 mars à partir de 19h30, pour réclamer des Etats généraux sur la fin de vie, en appui à un manifeste publié début février :

(...) Citoyens pour la dignité en fin de vie, nous voulons réaffirmer que l’euthanasie et le suicide assisté ne peuvent être les réponses d’une société démocratique et solidaire à des personnes vulnérables en fin de vie.

L’accompagnement de la fin de vie doit assurer à chacun sa dignité, quel que soit son état, sa fragilité ou son degré de dépendance. (...)

Nous appelons tous les Français à prendre part au débat et souligner l'importance fondamentale de l'accompagnement des patients et des familles.

Citoyens pour la dignité en fin de vie, nous demandons donc que soient organisés de véritables "états généraux de la fin de vie" pour que tous les citoyens puissent se faire une opinion sur les questions en débat, sans fausses peurs ni faux espoirs, puissent connaître les règles et les pratiques actuelles, afin que chacun puisse mesurer les possibilités offertes et les questions posées, les conséquences sur sa vie, ou pour ses proches.

L’objectif est donc de réfléchir ensemble au sens que la France souhaite donner aux progrès de la science et de la médecine en matière de fin de vie et de s’accorder sur des valeurs communes pour la société.

Citoyens pour la dignité en fin de vie, nous serons vigilants sur une quelconque ouverture vers "le faire-mourir"."

Addendum : Ce manifeste des "Citoyens pour la dignité en fin de vie", parrainé, entre autres, par des soignants et des médecins, est accompagné d'une pétition que vous pouvez signer ici. La démarche expliquée par l'une des fondatrices du collectif, en une courte vidéo :

 

Posté le 2 mars 2015 à 08h00 par Louise Tudy | Lien permanent

01 mars 2015

La "dignité"

A l'heure où l'Etat islamique continue ses carnages à ciel ouvert, notre civilisation, dans le silence aseptisé des arrières salles de ses hopitaux, commet aussi ses atrocités.

946550naitredansladignitfinale

Posté le 1 mars 2015 à 16h31 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2015

28 mars : colloque sur la vie à Grenoble

CLV-AG2015-TractA5

Posté le 28 février 2015 à 14h34 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2015

Euthanasie : mobilisons nos députés

De Soulager mais pas tuer :

"Un bras de fer s’est engagé à l’approche du débat de la fin de vie qui arrive à l’assemblée nationale le 10 mars.

90 députés socialistes sont en train d’organiser une fronde pour ajouter à ce texte déjà ambigu l’euthanasie explicite. Ils prétendent représenter la volonté des Français.

Soulager mais pas tuer vous propose d’écrire aux députés de votre département pour leur exprimer de façon claire et efficace votre opposition à toute forme d’euthanasie et de leur demander de garantir le texte qui sera soumis à leur vote contre forme contre toute dérive ; agissez dès maintenant il est essentiel que chaque député mesure que nous sommes très nombreux et déterminés à protéger la vie des personnes les plus vulnérables."

C'est par ici.

Posté le 21 février 2015 à 10h26 par Michel Janva | Lien permanent

18 février 2015

Vote en Commission de la loi Fin de vie

Réaction de "Soulager mais pas tuer" :

"Soulager mais pas tuer" réagit à l'examen par la commission des Affaires sociales de la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la Fin de vie.

Comme nous l’avons souligné, son texte, dangereux par son ambiguïté, vient déséquilibrer une loi précieuse qui avait été votée à l’unanimité en 2005 et qui devrait être mieux enseignée, mieux connue et mieux appliquée.

Nous contestons 3 dispositions de cette proposition de loi :

  • L’instauration d’un prétendu droit à "la sédation profonde et continue jusqu’au décès" dans des conditions que le texte voté en commission exprime de façon particulièrement flou, au point que, dans nombre de cas, il ouvre la porte à des euthanasies déguisées, tout en privant les soignants de leur objection de conscience. Comme l’ont souligné de nombreux médecins, les notions de « court terme, de maintien artificiel de la vie » et de « prolongation inutile » de cette dernière sont sujettes à de multiples interprétations qui sortent du domaine de la médecine.
  • La transformation des directives anticipées en directives contraignantes qui inverse la relation soignants-soignés en laissant entendre que le médecin devrait devenir l’exécuteur de prescriptions exprimées dans un document qui pourrait être très ancien, et donc inadapté à la situation réelle. Outre qu’elle méconnait les exigences de la mission soignante qui est de prendre soin de la santé d’un patient grâce à des compétences techniques qui relèvent de la compétence médicale, cette évolution tend à déresponsabiliser les praticiens tout en attribuant une valeur quasi absolue à la parole de patients qui n’ont ni leur expertise, ni leur recul.
  • Enfin l’affirmation selon laquelle l’alimentation et l’hydratation artificielles sont exclusivement des traitements ouvre la porte à certains arrêts d’alimentation ou d’hydratation, non plus dictés par le bien-être du patient, mais par l’intention de provoquer sa mort, notamment quand a été pratiquée à cette fin une sédation terminale.

Même si le texte voté en commission prend soin de ne pas valider l’euthanasie, "Soulager mais pas tuer" tient à souligner la menace qu’il contient et appelle les députés à préciser explicitement que cette loi récuse toute administration délibérée de la mort quel qu’en soit le moyen.

Le mouvement se tient prêt à mobiliser largement si la menace euthanasique se précisait ou s’amplifiait.

Ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie - mais des traitements antidouleur et un accompagnement adaptés à chacun.

Regroupant des soignants, des personnes handicapées ou âgées, des professionnels du grand âge et d’autres citoyens usagers du système santé, tous concernés par la protection des personnes les plus vulnérables, le mouvement unitaire "Soulager mais pas tuer" est soutenu par une dizaine d’associations et parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, à l’origine du film Intouchables. Il demande le maintien de l’interdit de tuer, fondement de la confiance entre soignants et soignés, et la mise en œuvre par les pouvoirs publics d’un plan de développement des soins palliatifs sur tout le territoire pour soulager et accompagner les personnes dans le respect de leur dignité."

Posté le 18 février 2015 à 13h05 par Michel Janva | Lien permanent

17 février 2015

Il n'existe plus d'action nationale en faveur du développement des soins palliatifs

Véronique Besse, député de la Vendée, signe une tribune dans Le Figaro à propos de la proposition de loi Léonetti-Claeys sur la fin de vie qui est étudiée en commission à l'Assemblée à partir d'aujhourd'hui. Extraits :

Besse2"Si l'on peut juger une société à la façon dont elle enterre ses morts, il est tout aussi fondamental de la juger sur le rapport qu'elle entretient avec ceux qui s'en approchent. La mort fait peur aux Français. D'une part, nos concitoyens craignent une fin de vie insupportable, pour eux ou pour leurs proches. D'autre part, ils ont peur d'une «médecine sans âme» (...), d'une fin de vie de moins en moins humaine, de plus en plus technique, froide et distante. On ne meurt plus chez soi, mais à l'hôpital ou en maison de retraite. On ne meurt plus entouré de sa famille et de ses proches, mais du personnel médical, de médecins débordés et d'infirmières affairées. Lorsque s'approche la mort, le malade aujourd'hui n'est pas aussi bien entouré et aussi bien soigné que ne le commande sa dignité. Au contraire. Il y a trois raisons à cela.

Première raison: le manque d'accès aux soins. Dans leur rapport de présentation, les députés Léonetti et Claeys avouent que «tous les travaux s'accordent pour constater que l'accès aux soins palliatifs est loin d'être toujours effectif». La France accuse un retard considérable dans ce domaine (...) Résultat, aujourd'hui, seules 20 % des personnes malades qui devraient bénéficier de soins palliatifs y ont réellement accès (...)

Deuxième raison: le manque de formation. Dans ce domaine, notre pays est également largement en-deçà des besoins réels. Selon le rapport Leonetti-Claeys, en 2005, seuls 20 % des médecins avaient reçu une formation à la simple prise en charge de la douleur (...) Ce sont pourtant les médecins qui sont les premiers concernés par cette question, appelés à suivre, conseiller et aider à la décision des patientsen fin de vie, notamment lorsque ceux-ci souhaitent et peuvent rester à domicile.

Troisième raison: le manque de volonté politique. Malgré le constat partagé par tous de ces insuffisances, les députés Léonetti et Claeys présentent, sur demande du présidentde la République et à rebours de la loi de 1999, une nouvelle proposition de loi instituant la mise en œuvre d'une «sédation profonde et continue jusqu'au décès», sans hydratation ni nutrition. À quoi bon écrire une nouvelle loi si la précédente n'est pas appliquée ? Surtout pour substituer à une culture palliative insuffisamment développée depuis 1999 un début de pratique euthanasique !

En réalité, ce texte est le signe d'un manque de volonté politique. Depuis 2012, les plans triennaux de développement des soins palliatifs n'ont d'ailleurs pas été renouvelés. Autrement dit, il n'existe plus, aujourd'hui, en France d'action nationale en faveur du développement des soins palliatifs.

Alors que l'on meurt mal en France, les soins palliatifs sont pourtant une solution équilibrée et raisonnable qui permettent de vivre la fin plutôt que de finir la vie. Ils permettent l'équilibre de la relation entre l'expertise du médecin et la volonté du malade qui peut choisir de mettre fin aux traitements. Les soins palliatifs existent pour soulager les douleurs physiques, la souffrance psychologique et sociale de la personne malade et de sa famille. C'est en somme la possibilité de vivre sa vie jusqu'au bout, tout en préservant la dignité de la personne (...)

Nous ne voulons pas de fuite en avant. Nous ne voulons pas que l'endormissement définitif soit l'unique solution proposée aux malades en fin de vie. Nous voulons avant toute chose, et avant de légiférer à tout va, qu'il existe un réel accès aux soins palliatifs sur toutle territoire national."

Posté le 17 février 2015 à 07h26 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (2)

16 février 2015

Proposition de loi Clayes-Leonetti : 27 députés veulent l'avis du Conseil d'Etat

CE

Posté le 16 février 2015 à 15h01 par Louise Tudy | Lien permanent

13 février 2015

Café actualité du 13 février sur l'euthanasie à Paris

Café actu 13 février Euthanasie et Poutine

Posté le 13 février 2015 à 07h05 par Michel Janva | Lien permanent

12 février 2015

«Il n'y a même pas de place pour elle en soins palliatifs»

Dans une une missive envoyée au président de la République, une jeune femme détaille le calvaire enduré par sa petite soeur, Elza, 21 ans, hospitalisée au CHU Roger Salengro à Lille. Atteinte d'une neurofibromatose, maladie génétique grave, cette dernière est aussi atteinte de plusieurs tumeurs et a fait un AVC en novembre dernier.

«Elle est muette, aveugle, tétraplégique, respire artificiellement, mange avec une assistance».

«Quel est l'intérêt de la garder comme ça? J'adore ma soeur, je ne veux vraiment pas la voir partir mais là c'est monstrueux ce qu'elle vit. Elle a plusieurs tumeurs et souffre énormément, ne peut plus parler, ni à peine respirer. Les médecins lui donnent des anti-dépresseurs sinon elle pleure et panique dès qu'elle se réveille.

Comme c'est un supplice de la voir souffrir, elle réclame l'euthanasie pour sa soeur. Mais elle fait cet aveu glaçant et pourtant connu :

«Il n'y a même pas de place pour elle en soins palliatifs».

Le développement des soins palliatifs, c'est pour quand ?

Posté le 12 février 2015 à 21h51 par Michel Janva | Lien permanent

L'euthanasie aux portes de nos lois

De Cécile Edel, Présidente de Choisir la Vie, association co-fondatrice et organisatrice de la Marche pour la Vie :

"Chers amis,

Après avoir manifesté votre ferme opposition à l’euthanasie en répondant à notre appel en descendant dans la rue le 25 janvier à Paris lors de la Marche pour la Vie, il est à présent temps de donner votre avis en utilisant internet !

Il ne vous reste en effet plus que quelques jours (jusqu’au 16 fevrier) pour participer au débat sur la fin de vie et contribuer à la consultation citoyenne ouverte sur la proposition de loi Claeys-Leonetti (proposition n°2512), consultation ouverte sur le site de l’Assemblée Nationale qui, rappelons-le, sous couvert de la création de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie, légalisera tout simplement les gestes euthanasiques !

L’examen de ce texte en commission est prévu au cours de la réunion du 17 février.

Il est important de savoir que parmi les 11 articles de la proposition de loi, l’article 3 est le plus inquiétant et alarmant puisqu’ il évoque le droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès

Art 3 : « À la demande du patient afin d’éviter toute souffrance et de ne pas prolonger inutilement sa vie, un traitement à visée sédative et antalgique provoquant une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès associé à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie est mis en œuvre dans [certains] cas. » 

Dans cet article 3, l’expression  « ne pas prolonger inutilement la vie » est claire. Elle exprime une volonté de donner la mort : la sédation profonde n’est ainsi ni plus ni moins qu’un geste euthanasique. Le terme « inutile » laisse également supposer que certaines vies peuvent être jugées inutiles (par qui ? on se le demande !), devenues « vaines » (pour qui ?on se le demande aussi !). Nous sommes toujours dans la même logique de la culture de mort qui décide arbitrairement que certaines personnes ne méritent tout simplement pas de vivre. La qualité de la vie devient plus importante que l’essence même de la vie qui perd ainsi son caractère absolu.

De plus, attention : l’alimentation et l’hydratation sont abusivement considérées dans cette proposition de loi comme des traitements. Sous prétexte qu’il ne doit pas y avoir d’obstination déraisonnable en terme de traitement, ces deux composantes nécessaires à la vie seront donc arrêtées, entraînant irrémédiablement la mort. Mise à mort qui concernera également les personnes vivantes et non forcément en fin de vie mais tout simplement incapables d ‘exprimer leur volonté (c est le cas de Vincent Lambert).

Il y a 40 ans, l’avortement, sous couvert du droit de la femme à disposer de son corps, a ouvert un permis de tuer en « début de vie » les êtres les plus fragiles, dont la vie est considérée pour certains inutile ou dérangeante. Aujourd’hui, cette proposition de loi, sous couvert du droit à la personne de disposer de sa vie (cf : l’exposé des motifs, très explicit, sur le site de l’assemblée nationale), va de nouveau confirmer ce permis de tuer, étendu cette fois- ci aux personnes soi-disant en « fin de vie »

Avec cette loi, le droit de tuer deviendra, au sein de notre société, définitivement supérieur au droit à la vie.

Je vous appelle donc à vous mobiliser une nouvelle fois en donnant votre avis et en participant a cette consultation citoyenne inédite et à rester vigilants dans les semaines qui vont suivre. 

C’est bien de l’avenir de notre pays, de nos enfants dont il est question. Quelle société voulons nous édifier ? Quelles valeurs voulons-nous transmettre aux générations futures ?

Je vous remercie, chers amis, de votre fidèle engagement au service de la vie et des plus fragiles.

« La Vie est au-dessus des lois, mais la loi doit servir la Vie »"

Posté le 12 février 2015 à 21h33 par Michel Janva | Lien permanent

L'accès à des soins palliatifs : d'abord une volonté politique et des budgets adaptés

Un entretien avec le Figarovox de Claire Fourcade, docteur à la Polyclinique Le Languedoc à Narbonne. Elle exerce depuis plus de 12 ans en service de soins palliatifs, expérience qu'elle relate dans son livre «1001 vies en soins palliatifs» paru en 2012 aux éditions Bayard. Pour elle, ce qui manque aux soins palliatifs en France est une réelle volonté politique :

"La France a une pratique de la médecine palliative qui s'est développée beaucoup plus tardivement et plus lentement que chez nos voisins anglo-saxons. Notre société n'a pas fait le choix, dans un contexte de ressources contraintes, d'attribuer à cette discipline des moyens permettant de répondre à l'ensemble des besoins des patients, même si beaucoup a été fait depuis 15 ans. [...]

Malgré un «programme national de développement» mis en place à partir de 2008, les sages ont remarqué qu'en 2014 «aucune estimation globale du nombre de personnes ayant effectivement bénéficié de soins palliatifs sur une année donnée n'est disponible». Comment expliquez-vous ce manque de données? D'où viennent les blocages?

Ce dernier plan de développement s'est achevé en 2012 sans être prolongé. Les réticences de notre société à envisager la mort expliquent probablement en grande partie cette carence et ce manque de volonté politique. Les soins palliatifs continuent encore trop souvent d'être un pis-aller qui ferait suite à l'échec de la médecine curative alors qu'ils pourraient être proposés bien plus tôt dans l'accompagnement des maladies graves, en offrant aux patients une prise en charge globale qui comprenne l'ensemble des difficultés auxquelles ils sont confrontés.

Permettre l'accès à des soins palliatifs pour tous nécessite d'abord une volonté politique et des budgets adaptés. Un meilleur contrôle de l'utilisation des ressources allouées permettraient également d'éviter que certains budgets ne puissent être utilisés à d'autres fins que celles prévues, dans un contexte de forte contrainte économique pour les établissements de santé. Les équipes de soins palliatifs ne reçoivent pas toujours l'intégralité des moyens qu'ils devraient recevoir.[...]

La proposition de loi sur la fin de vie de Mrs Léonetti et Claeys ne modifie pas à mon sens les grands équilibres de la loi de 2005. Elle vient répondre à certaines inquiétudes de nos concitoyens (par exemple sur la question de la sédation) et préciser certains dispositifs (comme les directives anticipées). Néanmoins, ces questions sont extrêmement complexes et la vigilance sera de mise tout au long des débats pour éviter que des formulations imprécises ne conduisent à des dérives, dans la pratique de la sédation en particulier. [...]

Nous essayons de ne jamais oublier que chacune des décisions uniques que nous prenons pour des patients uniques vient dire aussi à tous l'attention que notre société porte aux plus vulnérables."

Posté le 12 février 2015 à 13h16 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

Fin de vie : le PS s'inquiète des contributions en ligne

Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a lancé le processus permettant à chaque citoyen de donner son avis sur un projet ou une proposition de loi. La première proposition concerne le texte sur la fin de vie. Un élu PS s'inquiète :

« Une erreur. On va se retrouver avec une offensive fulgurante d’intégristes catholiques et de militants de La Manif pour tous, qui s’opposent catégoriquement à toute remise en cause de la loi Leonetti. »

Les avis exprimés par les citoyens doivent automatiquement être « versés au débat » de la commission des affaires sociales, prévu les 17 et 18 février, avant d’arriver en séance publique. 

Posté le 12 février 2015 à 09h50 par Michel Janva | Lien permanent

11 février 2015

Prise en charge des patients en fin de vie : parent pauvre du système de santé

C'est ce que déplore la Cour des Comptes et ce sur quoi la proposition de loi Claeys-Leonetti ne se prononce pas :

"Triste bilan pour la France en terme de prise en charge des patients en fin de vie. Les retards dans le domaine des soins palliatifs, relevés par la Cour des comptes dès 2007, «sont loin d'être comblés», écrit-elle dans son rapport public annuel 2015. [...]

Le sujet avait pourtant fait l'objet en 2008 d'un «programme national de développement», doté d'un budget de 230 millions. Mais six ans après, «aucune estimation globale du nombre de personnes ayant effectivement bénéficié de soins palliatifs sur une année donnée n'est disponible», observent les Sages de la rue Cambon. Un exemple, toutefois: aux urgences, sur 15.000 patients décédés qui auraient dû être accompagnés en 2010, seuls 7,5 % ont bénéficié de soins palliatifs.

[...] Au vu de ce constat, «le danger serait grand de continuer dans les faits à voir se développer une prise en charge palliative déséquilibrée au bénéfice des hôpitaux, écrit la Cour des comptes, alors qu'elle ne répond pas aux souhaits de la plupart des personnes concernées.» Les patients préfèrent en effet le plus souvent finir leurs jours à domicile. La Cour des comptes recommande donc que la priorité soit donnée aux soins palliatifs à domicile. Un conseil qu'elle donnait déjà en 2007…"

Posté le 11 février 2015 à 12h02 par Michel Janva | Lien permanent

10 février 2015

Que compte faire le gouvernement pour développer les soins palliatifs ?

Question écrite de Jean-Frédéric Poisson, qui pointe le fait que le débat sur l'euthanasie évite au gouvernement de s'attaquer au vrai problème :

"M. Jean-Frédéric Poisson attire l’attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur les dangers que représente un nouveau texte sur la fin de vie pour le développement des soins palliatifs en France. (...)

Le texte sur la fin de vie promeut en effet la « sédation profonde jusqu’au décès associée à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation », pratique dont il n’est d’ailleurs pas possible de garantir qu’elle ne dérivera pas vers une pratique à caractère euthanasique. Or sédater de façon continue jusqu’au décès ne demandera pas de moyens financiers ou humains supplémentaires.

En revanche, le développement des soins palliatifs sur le territoire national demandera beaucoup de travail. Tout est encore à faire en termes d’accessibilité aux soins palliatifs, de formation des jeunes médecins et des professionnels en place, et de financement pour équiper les établissements médicalisés français. En effet, comme le rappelait le président du Comité consultatif national d’éthique au mois de décembre à l’OPECST, seuls 15 % des EHPAD sont en mesure de dispenser des soins palliatifs, et 13 000 personnes âgées de plus de soixante-dix ans, dont le décès est pourtant prévisible, meurent chaque année dans les heures suivant leur admission dans les services d’urgence, dans des conditions déplorables.

M. Jean-Frédéric Poisson insiste sur la nécessité d’équiper tous les EHPAD et toutes les institutions pour personnes handicapées de dispositifs de soins palliatifs, jour et nuit, pour mieux accompagner les personnes dans leurs derniers moments, mieux gérer la douleur, et éviter d’engorger les urgences qui ne sont pas faites pour accueillir les mourants. C’est le manque de formation des médecins et le manque de moyens financiers dédiés aux soins palliatifs qui font que « l’on meurt mal en France », comme le disait le professeur Sicard.

Face à ce constat et face à l’ampleur des travaux, il lui demande quelles mesures elle compte prendre pour rendre effectif le développement des soins palliatifs en France, en termes de formation des médecins, de mise en place de dispositif palliatif dans toutes les institutions médicalisées, et bien évidemment en termes de moyens financiers, pour que chaque citoyen puisse exercer son droit d’être soigné, et accompagné dans la dignité, sans être tué."

Posté le 10 février 2015 à 18h54 par Louise Tudy | Lien permanent

09 février 2015

10 février : conférence d'Anne Bernet

Anne Bernet 10 février 2015

Posté le 9 février 2015 à 07h04 par Paula Corbulon | Lien permanent

08 février 2015

Les personnes malades sont "une voie privilégiée pour rencontrer le Christ"

Avant l'Angélus, le pape François a rappelé que l'assistance aux malades a toujours été une mission pour l'Eglise, et qu'elle le reste aujourd'hui, alors que nos contemporains s'interrogent sur le sens de la souffrance et de la mort :

"(...) Envoyant en mission ses disciples, Jésus leur confère un double mandat : annoncer l’Evangile du salut et guérir les infirmes (cf. Mt 10,7-8). Fidèle à cet enseignement, l’Eglise a toujours considéré l’assistance aux infirmes comme partie intégrante de sa mission.

« Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous », avertit Jésus (cf. Mt 26,11), et l’Eglise les trouve continuellement sur sa route, en considérant les personnes malades comme une voie privilégiée pour rencontrer le Christ, pour l’accueillir et le servir. Soigner un malade, l’accueillir, le servir, c’est servir le Christ : le malade est la chair du Christ.

Cela arrive aussi à notre époque, quand, malgré les nombreux acquis de la science, la souffrance intérieure et physique des personnes suscite de fortes interrogations sur le sens de la maladie et de la souffrance, et sur le pourquoi de la mort. Il s’agit de questions existentielles, auxquelles l’action pastorale de l’Eglise doit répondre à la lumière de la foi, en ayant sous les yeux le Crucifix, dans lequel apparaît tout le mystère salvifique de Dieu Père, qui par amour des hommes n’a pas épargné son propre Fils (cf. Rm 8,32). Par conséquent, chacun de nous est appelé à porter la lumière de l’Evangile et la force de la grâce à ceux qui souffrent et à ceux qui les assistent, membres des familles, médecins, infirmiers, pour que le service au malade soit accompli avec toujours plus d’humanité, avec un dévouement généreux, avec amour évangélique, avec tendresse. L’Eglise mère, par nos mains, caresse nos souffrances et soigne nos blessures, et elle le fait avec une tendresse de mère.

Prions Marie, Santé des malades, afin que toute personne puisse expérimenter, grâce à la sollicitude de ceux qui sont auprès d’elle, la puissance de l’amour de Dieu et le réconfort de sa tendresse paternelle."

Posté le 8 février 2015 à 18h33 par Louise Tudy | Lien permanent

07 février 2015

Canada : interdire à un médecin d'aider au suicide viole les libertés...

La Cour suprême du Canada a décidé hier que l'article du Code criminel qui interdit à un médecin d'aider quelqu'un à s'enlever la vie dans certaines circonstances viole la Charte canadienne des droits et libertés. Les Canadiens pourront donc demander une « aide médicale » à mourir.

Yves Daoudal souligne :

"Le Collège des médecins et des chirurgiens de la Saskatchewan (province du centre du pays) rappelle à ses membres que l'aide médicale à mourir demeure un acte criminel jusqu'à ce que la déclaration d'invalidité entre en vigueur. Histoire de souligner l’incongruité d’un crime qui devient légal sur décision de neuf juges.

La marque satanique se voit particulièrement dans le dernier paragraphe du jugement, car la Cour suprême condamne… le Canada, et le procureur général de Colombie Britannique qui défendait… la loi :

« Le Canada est condamné à des dépens spéciaux sur la base de l’indemnisation intégrale devant toutes les cours. La procureure générale de la Colombie‑Britannique doit assumer la responsabilité de 10 pour cent des dépens du procès sur la base de l’indemnisation intégrale, et elle est condamnée aux dépens associés à sa participation devant les cours d’appel sur la base partie‑partie. »"

Posté le 7 février 2015 à 18h59 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2015

10 000 personnes se suicident chaque année et cela ne leur suffit pas

Le 5 février est la Journée Nationale de "prévention du suicide". Toutes les 40 secondes, une personne se donne la mort dans le monde. Et la France fait partie des pays à fort taux de suicide, avec 16,2 suicides pour 100 000 habitants. Sur la période 2000-2010, une moyenne annuelle de 10 700 décès par suicide a été enregistrée en France, rappelle l'Institut de veille sanitaire

Pendant 1 journée, le gouvernement et Claude Bartolone, président de l'Assemblée Nationale, auront-ils  donc cessé de faire la promotion du "suicide assisté" ? Pas du tout. Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a plaidé jeudi pour "aller plus loin que la loi" Léonetti sur la fin de vie dans certains cas, y compris en légalisant le suicide assisté et l'euthanasie.

Posté le 6 février 2015 à 21h25 par Michel Janva | Lien permanent

04 février 2015

Sens Commun appelle à intervenir sur proposition de loi Claeys et Leonetti

Sébastien Pilard, président de Sens Commun, appelle à intervenir à propos de la future loi sur l'euthanasie :

"Vous le savez peut-être : l’Assemblée Nationale a ouvert hier sur son site une grande consultation citoyenne sur une proposition de loi sur la fin de vie, présentée MM. Alain Claeys et Jean Leonetti.

Je tenais à vous écrire pour vous demander d’y prendre part : derrière l’intention louable de permettre aux personnes de bénéficier d’une mort apaisée, cette proposition de loi cherche à légaliser, de façon masquée, l’euthanasie.

Nous devons accompagner les personnes malades et/ou en fin de vie en n’oubliant jamais que leurs vies sont dignes et que personne ne doit avoir le droit d’y mettre fin.

Afin de vous aider à prendre part à ce débat, vous trouverez ci-dessous quelques éléments explicatifs. Nous vous invitons tout particulièrement à commenter les articles 3 et 8 de ce projet, qui nous semblent les plus nocifs. Bien sûr, ces arguments ne sont pas exhaustifs : à vous de vous les approprier, de les compléter, d’en inventer de nouveaux… Bref de faire entendre votre voix car si vous ne le faites pas, d’autres prendront votre temps de parole !

Ne remettez pas à demain votre participation à cette consultation : les enjeux sont trop importants :
http://www2.assemblee-nationale.fr/consultations-citoyennes/droits-des-malades-et-fin-de-vie

C’est dans de telles situations qu’un engagement politique prend tout son sens."

Posté le 4 février 2015 à 21h10 par Michel Janva | Lien permanent

Consultation sur la fin de vie : faites vous entendre !

Michel avait déjà proposé ici des éléments de réponse pour participer à la consultation citoyenne sur la proposition de loi Clayes-Leonetti. Depuis lundi dernier en effet, et jusqu'au 16 février, l'Assemblée nationale permet aux citoyens de donner leur avis sur chacun des 11 articles qui seront soumis au vote des parlementaires. Il va sans dire que les partisans de l'euthanasie se sont précipités sur cette opportunité.

Consultation_citoyenne_visuel_mailing

La Fondation Lejeune appelle chacun à faire entendre la voix des plus vulnérables. Vous trouverez ici le document qu'elle a rédigé pour vous aider à contribuer au débat. Et ici le site de l'Assemblée nationale où vous pourrez donner votre avis ("contribuer au débat", à droite).

Pour contribuer au débat sur la fin de vie cliquez ici

L’Assemblée nationale donne aux citoyens moins de 15 jours pour peser sur le débat de la fin de vie. Cette occasion démocratique est à saisir dès maintenant pour faire entendre la voix des plus vulnérables.
N’attendez plus et contribuez à la consultation citoyenne.

- See more at: http://www.fondationlejeune.org/blog/blog-bioethique/6-bioethique/1048/elements-pour-la-contribution-a-la-consultation-citoyenne-sur-la-proposition-de-loi-claeys-leonetti#sthash.6OMbXkkz.dpuf

Depuis lundi matin, 2 février 2015 et jusqu’au 16 février 2015, une consultation citoyenne sur la proposition de loi Claeys-Leonetti* est ouverte sur le site de l’Assemblée nationale.

Cette consultation inédite, lancée par le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a vocation à recueillir les avis des citoyens sur chacun des 11 articles de la proposition de loi. Ces avis seront versés au débat de la commission des affaires sociales qui examinera ce texte « les 17 et 18 février » prochains comme l’a annoncé C.Bartolone dans son communiqué de presse du 30 janvier.

Cette consultation est l’occasion de participer au débat sur la fin de vie alors que les parlementaires sont amenés pour la première fois en France à légaliser des gestes euthanasiques.

Vous trouverez ici des éléments pour élaborer votre consultation à ce débat.

Pour contribuer au débat sur la fin de vie cliquez ici

- See more at: http://www.fondationlejeune.org/blog/blog-bioethique/6-bioethique/1048/elements-pour-la-contribution-a-la-consultation-citoyenne-sur-la-proposition-de-loi-claeys-leonetti#sthash.vZLoqePf.dpuf

« Depuis lundi matin, 2 février 2015 et jusqu’au 16 février 2015, une consultation citoyenne sur la proposition de loi Claeys-Leonetti* est ouverte sur le site de l’Assemblée nationale.

Cette consultation inédite, lancée par le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone a vocation à recueillir les avis des citoyens sur chacun des 11 articles de la proposition de loi. Ces avis seront versés au débat de la commission des affaires sociales qui examinera ce texte « les 17 et 18 février » prochains comme l’a annoncé C.Bartolone dans son communiqué de presse du 30 janvier.

Cette consultation est l’occasion de participer au débat sur la fin de vie alors que les parlementaires sont amenés pour la première fois en France à légaliser des gestes euthanasiques.

Vous trouverez ici des éléments pour élaborer votre consultation à ce débat.

- See more at: http://www.fondationlejeune.org/blog/blog-bioethique/6-bioethique/1048/elements-pour-la-contribution-a-la-consultation-citoyenne-sur-la-proposition-de-loi-claeys-leonetti#sthash.vZLoqePf.dpuf

Posté le 4 février 2015 à 15h40 par Louise Tudy | Lien permanent

02 février 2015

L’ADMD touche annuellement 15 000€ de subventions de la région Île-de-France

Malaise : le président de l'association Pour le Droit de Mourir dans la Dignité n'est autre que Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Île-de-France.

N'est-ce pas un conflit d'intérêt ?

Posté le 2 février 2015 à 14h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

L'Assemblée met en place une page contributive sur la PPL euthanasie

C'est ici. Vous pouvez faire vos remarques sur cette proposition de loi. Par exemples :

  • Article 1: Refus du droit à mourir. Le législateur ne peut pas octroyer de droit "à mourir dans l'apaisement et la dignité". Ce n'est pas en leur pouvoir.
  • Article 2: L'alimentation et l'hydratation ne sont PAS des traitements
  • Article 3: Prolonger "inutilement" une vie ne veut rien dire. L'utilité n'est pas le critère de la dignité.

Posté le 2 février 2015 à 13h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

Pour les protestants, la vie n'est pas sacrée en soi

Prenant position sur le débat concernant la fin de vie, la fédération protestante de France écrit :

"La vie, reçue de Dieu, prend sa pleine signification selon le cadre relationnel dans lequel elle s’inscrit ; elle n’est donc pas sacrée en soi. La perception de la dignité est légitimement diverse."

C'est donc fort logiquement que ces protestants saluent la proposition Claeys-Leonetti et notamment la sédation profonde et continue.

Posté le 2 février 2015 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (37)

01 février 2015

Pour le Dr Kariger, Vincent Lambert n'est plus vivant

Extrait d'une émission du 29 janvier sur Radio Notre-Dame :

Téléchargement Docteur Kariger.mov

Posté le 1 février 2015 à 19h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

31 janvier 2015

Une proposition de loi rétrograde en regard des progrès de la médecine

Intervention de Marion Maréchal-Le Pen sur le respect des patients en fin de vie, le 29 janvier :

 

Posté le 31 janvier 2015 à 15h29 par Michel Janva | Lien permanent

29 janvier 2015

Rejet de la proposition de loi EELV sur l'euthanasie

Les députés ont rejeté aujourd'hui, avec l'appui du gouvernement, une proposition de loi écologiste qui visait à légaliser le suicide médicalement assisté et l'euthanasie, à distinguer du texte à venir permettant une sédation profonde, concocté par les députés Claeys et Leonetti.

Posté le 29 janvier 2015 à 18h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Fin de vie : l’urgence réside dans l'amélioration des soins palliatifs

Valérie Debord, secrétaire nationale de l’UMP chargée de la famille, écrit dans Valeurs actuelles à propos de ce qui se prépare autour de la fin de vie et de l'euthanasie :

Valeurs4078_001_0"[...] Si l’on peut se réjouir d’une amélioration des processus de sédation, avec un encadrement strict, cette nouvelle forme de sédation sera-t-elle un droit de confort, ou ne visera-t-elle pas, à terme, à donner la mort ? Si la définition de la sédation fait consensus en anesthésie et réanimation, il n’en est pas de même en médecine palliative où il faut différencier “sédation en phase terminale” et “sédation terminale”. Cette pratique, ayant pour effet secondaire d’accélérer la fin de vie, est bien mise en place uniquement pour soulager la souffrance. Il s’agit d’un double effet, non d’une pratique euthanasique, ce qui revient à supprimer la notion d’intention dans l’administration des substances. De plus, il est très difficile de connaître l’effet réel de cette pratique sur une éventuelle accélération de la fin de vie, car il existe des cas où l’inverse se produit.

Rendre contraignantes les directives anticipées conduira-t-il à maintenir ou à abolir la liberté d’appréciation des équipes soignantes ? Dès lors qu’elles ne sont plus simplement indicatives, comment ne deviendraient-elles pas un droit opposable, susceptible de se retourner contre le patient lui-même ?

Sur ces points fondamentaux, les risques de dérives ne semblent pas levés et doivent inciter à la prudence et à l’humilité. Aujourd’hui, l’urgence réside dans une meilleure application de la loi et dans l’augmentation du nombre de lits en unité de soins palliatifs, dans l’amélioration de la formation médicale et de la coordination des services médicaux et médico-sociaux, afin que toute personne en fin de vie puisse avoir accès à un accompagnement. Il faut tout faire pour soulager la souffrance des familles et des patients, qui doivent être respectés en fin de vie dans leur dignité, dans leur autonomie et dans leur vulnérabilité.

En revanche, aller au-delà, en créant une possibilité pour le corps médical de donner la mort, est contraire à notre conception de la dignité de l’être humain et du respect de la vie, et reviendrait à instaurer un droit à la mort, équivalent d’un droit à la vie. Le suicide, “droit liberté”, ne peut devenir un “droit créance” et l’instauration d’un “droit à la mort” constituerait une rupture de solidarité vis-à-vis des plus faibles. À l’heure où 300 000 de nos concitoyens meurent d’une manière inhumaine et où 80 % de ceux qui pourraient avoir accès aux soins palliatifs en sont exclus, la question prioritaire n’est pas celle de l’euthanasie, mais celle de l’urgence à remédier au vrai scandale auquel sont confrontées les familles : la persistance du “mal-mourir” en France."

Posté le 29 janvier 2015 à 08h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

28 janvier 2015

Sens commun s'oppose au rapport Claeys Léonetti

Sens Commun déclare :

"[...] Nous tenons à rappeler que l’interdiction de donner la mort est l’un des fondements de notre société et qu’il est inacceptable de remettre ce fondement en cause. Notre positionnement est clair et restera inébranlable : OUI aux soins palliatifs, NON à l’acharnement thérapeutique, OUI aux soins permettant de soulager, NON à un dispositif qui reviendrait à tuer le patient. 

Fruit d’un consensus parlementaire inédit, la loi du 22 avril 2005, dite « loi Leonetti », doit être appliquée. Il faut lui donner les moyens d’atteindre ses objectifs plutôt que de créer de nouveaux dispositifs législatifs conçus dans l’émotion et la division et menant tout droit à une légalisation extensive de l’euthanasie."

Posté le 28 janvier 2015 à 16h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

En fin de vie, de nombreuses personnes vivent un combat intérieur spirituel

Odile Guinnepain, infirmière spécialisée en soins intensifs, fondatrice de l’association Serviteurs et priants, vient d’écrire une lettre ouverte pour alerter sur les dérives qu’entraînerait l’adoption du projet de loi Claeys-Leonetti. Elle répond à Présent :

"[...] Qu’entend le rapport par « sédation terminale » ?

Cela signifie que le patient est endormi jusqu’à sa mort. Actuellement, lorsque le personnel soignant sédate un malade en phase terminale, il le réveille régulièrement, pour voir où il en est et adapter les soins. Là, il n’y a plus aucun contrôle. Le malade est sédaté jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est clairement de l’euthanasie déguisée.

Il y a sûrement des unités de soins palliatifs où les traitements ne sont pas administrés correctement et où les patients souffrent. Mais, dans ces cas-là, il faut prendre les moyens de développer les soins palliatifs et surtout de former le personnel.

Vous alertez également sur le fait que la proposition de loi ôte le risque du « double effet ». De quoi s’agit-il ?

Lorsque vous mettez en place un traitement pour soulager un malade en le sédatant, il existe toujours un risque que le patient meure consécutivement à l’administration de ce traitement. C’est le double effet. Cet effet n’est pas dû à une intention qui serait de donner la mort. C’est un risque qui existe et que l’on connaît. Pie XII, lorsqu’il s’est adressé aux médecins et aux soignants, en a parlé et a dit qu’il fallait prendre ce risque pour soulager le malade. Le problème aujourd’hui est que dans le rapport, cette notion de « double effet » disparaît totalement. Concrètement, les soignants n’ont plus « besoin » d’observer et de surveiller leurs patients pour s’assurer que le traitement n’a pas d’effet néfaste, à cause d’un surdosage par exemple. Cela équivaut à déresponsabiliser l’équipe médicale.

Vous dites également qu’il faut distinguer la médecine palliative et le mouvement de soins palliatifs ?

Oui, la médecine palliative est quelque chose de fantastique qui permet de faire de belles choses. Le mouvement, lui, est une conception des choses très laïque et athée, qui a gommé la notion de la foi. Vous savez, en fin de vie, de nombreuses personnes vivent un combat intérieur spirituel. Dans les faits, cela se manifeste par des agitations, des peurs. On ne peut pas les soulager avec des médicaments, et rarement avec des anxyolitiques. Ces angoisses sont soulagées par une présence humaine et la prière. J’ai pu le constater à de nombreuses reprises. Pour éviter cet état d’agitation, certains soignants les sédatent pour gommer ces angoisses et ces sédations peuvent aboutir à la mort du patient."

Posté le 28 janvier 2015 à 11h34 par Michel Janva | Lien permanent

27 janvier 2015

Assassinats : l'ex-Dr Bonnemaison sera rejugé

L'ex-urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison, acquitté par la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques le 25 juin 2014 de l'empoisonnement de sept patients en fin de vie, sera rejugé par la Cour d'assises d'Angers -du 12 au 23 octobre.

Posté le 27 janvier 2015 à 21h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

26 janvier 2015

Un député slovaque à la Marche pour la vie

Miroslav Mikolasik, député européen d’origine slovaque, était présent à la Marche pour la vie le 25 janvier à Paris. Il répond à Famille chrétienne :

"Je suis ici, car j’ai été invité par les organisateurs de la Marche… Je suis un député pro-vie. Je suis aussi père de famille et médecin. En tant qu’anesthésiologue, j’ai une connaissance précise des techniques de traitement de la douleur. À ce titre, je peux affirmer que les douleurs les plus importantes peuvent être soulagées. C’est essentiel, car les arguments invoqués par les partisans de l’euthanasie reposent notamment sur l’idée qu’il y aurait des douleurs impossibles à soulager. Or, c’est faux.

Plusieurs pays ont introduit l’euthanasie dans leurs législations. Que nous enseignent ces expériences ?

Les lois sur l’euthanasie introduisant des exceptions sont une porte ouverte à toutes les dérives. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe en Belgique, au Luxembourg. On introduit des « exceptions » d’euthanasie pour des cas prétendument très particuliers. Et ensuite on procède à des euthanasies sur des personnes dont la situation ne correspond pas à ces exceptions.

En Belgique, on euthanasie les prisonniers qui le demandent, alors même qu’ils ne sont pas en fin de vie et que leur douleur n’est pas insupportable : simplement, ils en ont assez d’être en prison ! Je connais aussi en Hollande le cas d’une jeune fille de 25 ans qui a demandé à être euthanasiée après une rupture amoureuse qui l’avait désespérée. Et elle l’a été. Les parents de cette jeune fille, leur fille unique, étaient détruits. [...]"

Posté le 26 janvier 2015 à 22h22 par Michel Janva | Lien permanent

Le Président de la Commission des Lois au Sénat s'oppose au rapport Claeys Léonetti

Philippe Bas (UMP) déclare :

"Successivement, le président de la République, lors de sa conférence de presse, et le débat provoqué par la situation personnelle et familiale très douloureuse de Vincent Lambert, une personne tétraplégique en état de « conscience minimale », ont relancé cette semaine le débat sur la fin de vie.

ll n’existe ni humanisme ni respect de la dignité humaine qui ne repose d’abord sur le respect de la vie humaine. Dans tout l’histoire de l’humanité, sous tous les cieux, aucune société ne s’était jusqu’à nos jours autorisée à décider de mettre fin à la vie de ses membres, même pour mettre un terme à des souffrances intolérables. L’important n’est pas d’instituer des procédures collégiales pour décider des fins de vie, mais de juguler la souffrance des agonisants, ce qui est désormais médicalement possible dans presque tous les cas.

Le débat sur l’euthanasie doit donc être abordé avec prudence, sans postuler la nécessité d’une nouvelle intervention de la loi : dire qu’il faut une loi, c’est déjà dire qu’il faut permettre de donner la mort, tout le reste étant déjà autorisé et organisé par la loi actuelle.

La législation française est en effet l’une des plus avancées d’Europe. Elle repose sur la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. Elle prévoit notamment d’empêcher l’acharnement thérapeutique et rend possible l’arrêt de traitements qui deviendraient inutilement éprouvants s’ils étaient prolongés.

On ne réglera pas les problèmes de la mort et de la souffrance, ni le déni dont on les entoure trop souvent dans notre société, en empilant les textes supplémentaires mais en appliquant pleinement cette loi, dont les principes et les règles demeurent mal connus et sont donc insuffisamment appliqués.

Concentrons-nous donc sur l’accompagnement de la fin de vie et utilisons pleinement les méthodes médicales et les outils juridiques à notre disposition ! Et écoutons les médecins, les soignants, les bénévoles, les familles et surtout les malades en fin de vie que nous rencontrons dans les services de soins palliatifs : ce n’est pas la mort qu’ils demandent c’est la vie, en dépit de tout, sauf quelques-uns, parce qu’ils souffrent intolérablement, physiquement et parfois moralement.

C’est bien ce cri de vie qu’il faut entendre et cette souffrance qu’il faut traiter, avant de se poser d’autres questions.

Quant à l’aide médicalisée au suicide ou à la mort donnée à des patients en état comateux ou quasi-comateux, ou en situation de handicap particulièrement lourd, qui ne sont pas en fin de vie mais dans une situation médicalement stabilisée insupportable de leur point de vue, de celui de leur entourage, de celui des médecins ou même du point de vue de la société en général, on voit bien que ce n’est pas la même question que la question de l’agonie d’un malade en phase terminale. J’estime qu’aucun médecin, aucun magistrat, aucun proche ne doit se faire juge de la valeur de la vie d’autrui et qu’aucune norme préétablie posée par la loi ne peut déterminer par avance les situations dans lesquelles la mort serait une réponse et celles dans lesquelles elle ne pourrait l’être. La création de procédures juridiques permettant de donner la mort, même entourées des plus grandes garanties, aurait pour effet de créer une forme d’appel d’air qui conduirait à multiplier l’ouverture de cas individuels en vue de procéder à des euthanasies. Ce serait ouvrir la voie à une société gravement déshumanisée.

Quant aux cas où en conscience, un médecin décide de hâter l’issue fatale par un acte positif, ils doivent rester exceptionnels car ils constituent la transgression de règles fondamentales, mais la justice humaine sait parfaitement les absoudre quand elle estime que les circonstances dans lesquelles la mort a été donnée ne relèvent pas d’un crime. De ce point de vue aussi, le système français fonctionne comme il doit le faire, dans un domaine où la perfection est inaccessible, et où une appréciation humaine doit garder sa place."

Posté le 26 janvier 2015 à 12h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

22 janvier 2015

Remercions les parlementaires qui ont signé la tribune contre l'euthanasie

Posté le 22 janvier 2015 à 23h39 par Le Salon Beige | Lien permanent

Enfermé dans son corps inerte : fallait-il lui faire une sédation finale ?

Après un AVC, Christophe a été victime d'un syndrome d'enfermement. Il a miraculeusement retrouvé ses facultés et raconte son histoire à France 2 :

Le projet de légaliser la sédation terminale pour en finir avec les "légumes" permettra d'élliminer les personnes comme Christophe...

Posté le 22 janvier 2015 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent

Sédation et alimentation : l'avis de la Conférence épiscopale

Le groupe de travail de la Conférence des Evêques de France sur la fin de vie présidé par Mgr d’Ornellas a publié une déclaration à propos de la fin de vie.Il insiste notamment sur la nécessité de placer le projet de loi qui se profile dans le contexte volontariste d’un réel développement de la culture palliative ainsi que dans le renforcement de la confiance dans les médecins. Extraits :

"[...] La proposition de loi supprime la référence au principe du double effet. Peut-être est-ce dans le but d’éviter d’éventuels problèmes déontologiques et juridiques liés aux indications de la sédation profonde. Cependant, le souci d’éviter les procès ne doit pas dispenser de réfléchir à l’objectif poursuivi (« intentionalité » ou « intention ») par la prescription de la sédation et, plus généralement, de tout traitement. La mort ne peut jamais être directement voulue ! La dignité de l’intelligence humaine consiste à réfléchir à un objectif délibérément voulu (soulager la souffrance) et au choix compétent des moyens qui y conduisent, tout en reconnaissant que ces moyens peuvent avoir une conséquence non voulue (abréger la vie). Selon la pratique médicale et sa déontologie, le médecin doit être capable de formuler et clarifier l’objectif poursuivi pour chaque cas, en tenant compte des « effets secondaires ». Le cadre légal devrait continuer à inciter les médecins à formuler l’objectif visé en prenant en considération l’« effet secondaire ». L’absence de clarté dans l’objectif de soin engendre un malaise dans les équipes soignantes. [...]

  • L’alimentation et l’hydratation artificielles, même si elles sont qualifiées de « traitement », posent des questions spécifiques notamment en raison de la force symbolique de la nourriture. Même donnée par l’intermédiaire de moyens artificiels (biberon, cuillère, perfusion, etc.), la nourriture maintient en vie tout en maintenant la rencontre et le lien entre les humains, même en l’absence de manifestations de capacité relationnelle.
  • Sauf motifs permettant de juger de leur caractère disproportionné, l’alimentation et l’hydratation artificielles sont dues aux patients en état de conscience minimale ou en « état d’éveil sans réponse ». [...]"

Posté le 22 janvier 2015 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent

Marion Maréchal Pen dénonce une légalisation de l’euthanasie qui ne dit pas son nom

Hier à l'assemblée, lors du débat sur la fin de vie, Marion Maréchal-Le Pen a déclaré :

"Madame la présidente, monsieur le Premier ministre, madame la ministre, chers collègues, le rapport, comme l’article premier de la proposition de loi à venir déclare que « toute personne a le droit à une fin de vie digne et apaisée ». Comment définir juridiquement ces notions ? Où s’arrête et où commence la dignité ? Sera-ce au juge, demain, de définir l’état de dignité d’un homme en cas de conflit entre le médecin et la famille du malade ? Quel degré de handicap ou de souffrance nous fait passer de la dignité à l’indignité ? Ce sujet est bien évidemment à haut risque.

Depuis deux ans, l’exécutif multiplie les avis derrière lesquels il pourrait se retrancher : celui de l’association pour le droit à mourir dans la dignité, pro-euthanasie évidemment, et dont le président s’est félicité de votre nomination, monsieur le Premier ministre ; le rapport Sicard et l’avis de Terra Nova qui préconisent tous deux le suicide assisté via l’assistance pharmacologique. L’éviction des représentants des religions au sein du Comité consultatif national d’éthique, lesquels condamnent bien entendu l’euthanasie, révèle bien que vous ne souhaitez favoriser que les avis allant dans votre sens. La Loi Léonetti de 2005, bien qu’imparfaite, répond à la plupart des cas qui se posent.

[...] Aujourd’hui, 70 % des Français meurent à l’hôpital quand, au début des années soixante, 70 % mouraient à leur domicile. Pourtant, 80 % des médecins ne sont pas formés aux techniques de soins palliatifs. Neuf ans après son entrée en vigueur, la loi Léonetti continue d’être mal connue : la médecine l’ignore dans 90 % des cas et seuls 2,5 % des Français ont rédigé leurs directives anticipées. La priorité des pouvoirs publics devrait donc être axée sur une meilleure formation et information des médecins.

François Hollande déclarait au mois de juillet 2012 : « Je souhaite donc, et j’en prends l’engagement, que nous développions la diversité et l’offre de soins palliatifs. Ce sera une réforme qui sera engagée dans les prochains mois. » Où en est la réforme promise ? Les engagements du Président sont comme d’habitude à géométrie variable. La loi Léonetti souffre actuellement de quelques interprétations alarmantes que le rapport préconise malheureusement de graver dans le marbre.

L’exposé des motifs de cette loi de 2005, confirmé par une décision du Conseil d’État, introduisait déjà l’idée que l’alimentation et l’hydratation par voies artificielles devaient être considérées comme des traitements et non comme des soins. Ce choix n’est pas anodin car les traitements, contrairement aux soins, peuvent être interrompus si le patient en a émis le souhait ou si le médecin l’a décidé après concertation collégiale. Dans l’affaire Vincent Lambert, c’est ce point ambigu de la loi Léonetti qui a été exploité pour autoriser la mise à mort du patient tétraplégique. On ne peut moralement accepter que nourrir quelqu’un soit considéré comme une obstination médicale déraisonnable.

Jusqu’où ira demain cette logique infernale ? Une personne handicapée moteur incapable de se nourrir seule risque-t-elle de voir un jour considérer son assistance à l’alimentation comme de l’acharnement thérapeutique ? Osons dire les choses : arrêter l’hydratation et l’alimentation entraîne une agonie de plusieurs jours, totalement inhumaine. Il ne s’agit ni plus ni moins que de laisser mourir ces personnes de faim et de soif. Ces affaires médiatiques conduisent aujourd’hui à ouvrir de nouveaux débats, avec à l’horizon, la sombre perspective de l’euthanasie.

[...] Le dernier rapport en date, celui de MM. Clayes et Léonetti, ne suggère pas directement l’euthanasie mais la proposition de loi à venir fait pourtant un pas en avant feutré vers une telle pratique en généralisant la sédation dite « profonde et continue » sur simple demande du patient et non plus comme ultime recours après décision collégiale. Cette sédation terminale sera obligatoirement associée à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation pour ne pas, je cite, « prolonger inutilement la vie ». Une fois de plus, comment définir juridiquement l’utilité d’une vie humaine ? Faut-il associer cette notion d’utilité à celle de dignité citée plus haut ? Les efforts législatifs ne sont pas ciblés pour mieux accompagner la personne, l’écouter, la soulager dans cette période difficile, mais pour savoir comment s’en débarrasser au plus vite et comment la faire taire en profitant de son extrême vulnérabilité.

La généralisation de la sédation, la simplification de son utilisation nous font entrer dans une logique euthanasique par une manœuvre dangereuse, ultime étape avant de sortir l’euthanasie de sa clandestinité et de rejoindre la triste réalité de l’affaire Bonnemaison, médecin récemment acquitté après avoir pris la décision, seul, de tuer sept personnes sans même parfois l’avis de sa victime ou de la famille de celle-ci. Ce fut là un véritable droit de tuer encensé, de plus, par la presse.

[...] De quel droit un médecin a-t-il légitimement droit de vie ou de mort sur ses patients ? Pour preuve de cette hypocrisie, la remarque des deux députés auteurs du rapport justifiant la reprise dans le texte de la décision du Conseil d’État cité plus haut. Je cite : « Nous ne pouvons que reprendre le sens de cette décision qui devrait contribuer à mettre fin à des pratiques malheureusement encore répandues de sédation avec maintien de la nutrition, ou, plus souvent encore, de l’hydratation. » Entendez bien la logique : une sédation n’entraînant pas la mort en raison du maintien de l’alimentation et de l’hydratation est donc une pratique malheureuse. Plus de doute possible : l’association obligatoire de la sédation terminale et de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation révèle que l’objectif est moins de soulager la souffrance du patient que de permettre de le tuer en masquant les effets de la faim et de la soif. Sinon, comment expliquer que l’on ne puisse plonger une personne dans le coma tout en continuant de la nourrir jusqu’à son décès naturel, la personne étant censée être en phase « avancée et terminale » ?

Ce rapport et la loi qui l’accompagne sont une légalisation de l’euthanasie qui ne dit pas son nom. Je ne peux défendre ses préconisations, non plus que celles de la loi à venir qui ne seront bien sûr qu’une première étape vers d’inquiétantes dérives, dont le suicide assisté."

Posté le 22 janvier 2015 à 07h25 par Michel Janva | Lien permanent

La mère de Vincent Lambert ouvrira la Marche pour la vie

Communiqué de La Marche pour la vie :

"A l'heure où le débat sur la fin de vie s'ouvre à l'Assemblée Nationale à l'initiative du Président de la République François Hollande, la Marche pour la Vie entend dénoncer la menace qui pèse sur les plus vulnérables (personnes âgées, malades et handicapées) : la légalisation de gestes euthanasiques.

Préoccupée par le destin du jeune Vincent Lambert dont la vie dépend d'une décision de la CEDH, la Marche s'ouvrira avec Madame Viviane Lambert, mère de Vincent, Maitre Jérôme Triomphe, avocat de ses parents, Professeur Xavier Ducrocq, neurologue, membre du comité d'experts qui a examiné Vincent Lambert.

Cette présence de proches de Vincent Lambert vise à rappeller à la conscience collective la valeur de la vie humaine et l'urgence de la protéger d'une culture de mort. C'est pourquoi, la grande mobilisation nationale Marche pour la Vie appelle les citoyens à manifester ce dimanche 25 janvier à 13h30 place de la Bastille."

Posté le 22 janvier 2015 à 00h01 par Michel Janva | Lien permanent

21 janvier 2015

Soulager mais pas tuer : 55 rassemblements contre l’euthanasie

Mercredi 21 janvier 2015 à 12h30, partout en France, des chaînes de solidarité et de vigilance se sont constituées : 55 villes au total ont participé à cette mobilisation lancée par le mouvement ‘’Soulager mais pas tuer’’.

A Paris, place Edouard Herriot, ce sont plus de 400 personnes qui se sont mobilisées. (Cliquer ici pour voir l'album photos)

A quelques heures du débat parlementaire sur la fin de vie, ces chaînes rappellent que l’interdit de tuer demeure le fondement de la confiance entre soignants et soignés.

  1. Elles demandent que les soins palliatifs soient enfin accessibles à tous ceux qui en ont besoin, dans toute la France.
  2. Elles alertent contre l’expression ambigüe « sédation profonde et continue jusqu’au décès » contenue dans les récentes propositions : la sédation en phase terminale, exceptionnelle, est légitime quand elle n’a pas pour objectif de provoquer la mort. En revanche, toute sédation qui aurait comme intention de provoquer la mort, obtenue notamment par un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, constitue une euthanasie masquée.

Les 55 chaînes de solidarité et de vigilance alternent des militants, porteurs de pancartes rappelant ces enjeux, et des silhouettes anonymes qui représentent des personnes fragiles et sans voix. Avec Philippe Pozzo di Borgo qui parraine ‘’Soulager mais pas tuer’’, il s’agit de montrer que la protection de la vie des personnes les plus fragiles nécessite la solidarité de tous.

L’euthanasie commence par l’isolement des personnes âgées, malades ou dépendantes, qui leur fait déjà subir une forme d’euthanasie sociale. Affirmer qu’il y a des vies qui ne méritent plus d’être vécues, ou que certaines catégories de Français ne devraient plus bénéficier de la prévention du suicide, c’est pousser ces personnes fragiles vers l’auto-exclusion.

La mobilisation nationale a pour objectif :

  • d’alerter les députés rassemblés ce même jour à l’Assemblée nationale pour un débat déterminant sur la fin de vie, à la suite du rapport Claeys-Leonetti remis le 12 décembre 2014 au Président de la République.
  • de démasquer le projet de légaliser certaines euthanasies sans le dire : l’expression ambigüe « sédation profonde et continue jusqu’au décès » dissimule des formes d’euthanasies particulièrement insidieuses, obtenues notamment par arrêt d’alimentation et d’hydratation.
  • de déjouer la tentative du Premier ministre de dissuader toute mobilisation : ayant promis le consensus au Parlement sur la fin de vie, Manuel Valls a en effet expliqué vouloir éviter « les mots qui fâchent » et avancer sur le sujet de la fin de vie « par paliers ».
  • de défendre l’équilibre de la loi sur la Fin de vie votée par consensus en 2005 et qui doit être enseignée et appliquée, et non pas dénaturée. Le mouvement "Soulager mais pas tuer" demande que le plan de développement des soins palliatifs qui a été promis depuis 2012 soit enfin mis en œuvre.

Ensuite, ‘’Soulager mais pas tuer’’ a assisté dans les tribunes de l’Assemblée nationale au débat sans vote sur la fin de vie, ce mercredi 21 janvier après-midi.

Voici quelques photos de certains rassemblements.

Bordeaux :

210120151238

Bayonne :

Image4

Paris avec un député (pour l'anecdote, Jospin, en voiture, a été obligé de contourner la Manif) :

P

Posté le 21 janvier 2015 à 23h51 par Michel Janva | Lien permanent

Défenseur des droits ou défenseur de l'euthanasie ?

Voici l'avis du Défenseur des droits Jacques Toubon sur le débat concernant la fin de vie :

0 1

Posté le 21 janvier 2015 à 23h42 par Michel Janva | Lien permanent

Deux nouveaux évêques soutiennent la Marche pour la Vie

A la suite des évêques déjà connus, ce sont également Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, et Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars, qui apportent leur soutien à la Marche pour la Vie :

Image_thumb"Je soutiens de tout cœur et de toute ma prière la MARCHE POUR LA VIE 2015. Je ne peux y être présent mais je souhaite qu’elle réunisse un grand concours de foule.  Aujourd’hui nous déplorons tous la violence répandue dans nos sociétés. La première des violences arrive quand on tue l’enfant à naître et quand on rejette, sous prétexte de dignité, la vie finissante. La paix commence par le respect inconditionnel de la vie" (Mgr Ginoux

P3-Mgr-Roland"Nous appartenons à une société qui transgresse l’interdit du meurtre, l’interdit fondateur de toute vie en société. Notre société organise le meurtre légal des êtres les plus fragiles : l’enfant dans le sein de sa mère et la personne en fin de vie. C’est une société qui promeut une violence sournoise. C’est aussi une société qui n’offre pas d’idéal aux jeunes et qui ne donne pas de sens à leur vie. Alors faut-il nous étonner que des membres de cette société commettent des actes de violence grave ?" (Mgr Roland   

Posté le 21 janvier 2015 à 18h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

Les grandes voix pour la Vie (4/7)

JP2

Posté le 21 janvier 2015 à 16h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

"Faire taire les gens fragiles nous fait courir le risque de les priver de la chance de vivre jusqu'au bout"

Témoignage de Claire Pellissier, psychologue en soins palliatifs et porte-parole de Soulager mais pas tuer, dans FigaroVox :

"(...) Je me souviens de l'entrée d'une femme en unité de soins palliatifs. Son fils, attentif à la situation de sa mère, disait aux soignants: «je vous préviens, elle ne va pas supporter la perte d'autonomie, la perte de la marche, la douleur, elle a toujours eu peur d'avoir mal.» Il demandait une sédation rapide, insistant pour que «les choses ne durent pas». Sa maladie évoluant, cette femme a effectivement souffert, en rencontrant les premières pertes décrites par son fils. Mais peu à peu, grâce notamment au travail d'écoute et d'accompagnement renforcé de l'équipe soignante, cette personne s'est révélée, elle a pu exprimer ses fortes angoisses liées à la dépendance physique, leur donner du sens, s'en trouvant ainsi apaisée, réconfortée. Sa personnalité s'est épanouie en peu de temps, soignants et proches en ont été les témoins. «Je ne l'ai jamais vu aussi vivante» nous disait son fils, quelques jours avant sa mort.

Cet exemple est représentatif d'une réalité trop souvent passée sous silence. Oui, la fin de vie est une période difficile, souvent traumatisante pour le malade, ses proches et pour les soignants. Mon expérience de psychologue me montre que les derniers instants sont aussi une «belle période», un temps de développement personnel accéléré, intense, permettant souvent une maturation personnelle et un renforcement des liens familiaux. Encore faut-il qu'un accompagnement bienveillant et professionnel soit proposé, ce qui milite en faveur d'un développement massif des soins palliatifs dans notre pays. Encore faut-il qu'on laisse le temps au temps, qu'on laisse aux personnes une chance de vraiment vivre jusqu'au bout.

Beaucoup de soignants, dont je fais partie, s'inquiètent en entendant que le rapport Claeys-Leonetti souhaite faire de la sédation une pratique de routine, administrable au patient, à sa propre demande. On passerait ainsi d'une solution de dernier recours, administrée après décision collégiale, comme le prévoient les textes actuels, à une pratique comme une autre, soit disant destinée à soulager des angoisses, inévitables en fin de vie. Proposer à une personne vulnérable, vivant ce temps d'épreuve, un sommeil rapide revient à lui indiquer une «ornière» dans laquelle elle risque fort de s'engouffrer, acceptant un soulagement immédiat. Il s'agit d'une «paresse professionnelle», comme l'exprimait un médecin en soins palliatifs, voire d'une attitude d'abandon médical et humain. Plus grave, il me semble en temps que psychologue que «faire taire» des gens fragiles en généralisant la sédation, nous fait courir le risque de les priver de la chance de vivre jusqu'au bout, d'escamoter cette période si précieuse dans la vie de l'Homme.

Concernant la question de la légalisation, sous une forme ou sous une autre, de l'euthanasie et du «suicide assisté», je partage l'avis de la majorité de mes collègues soignants qui chaque jour prennent soin des patients concernés par ces propositions. Comme eux, j'ai constaté au cours de mes années de pratique que l'immense majorité des patients ayant initialement demandé «à ce que cela ne dure pas trop longtemps», voire ayant demandé à mourir, revenait sur leur décision lorsqu'ils bénéficiaient d'un accompagnement bienveillant et de qualité."

Posté le 21 janvier 2015 à 11h58 par Louise Tudy | Lien permanent

Mobilisation contre l'euthanasie dans toute la France aujourd'hui

S

Retrouvez ici la liste des points de rendez-vous.

Posté le 21 janvier 2015 à 08h37 par Michel Janva | Lien permanent

Le droit à la mort ne relève aucunement du droit

Plus de 20 députés et sénateurs opposés au droit a mourir du rapport Claeys Leonetti ont signé une tribune publiée par Le Figaro :

"En ces temps d'émotions, Montesquieu nous met en garde: «il ne faut toucher aux lois que d'une main tremblante». Cette maxime est particulièrement appropriée sur la difficile question de la fin de vie, où l'on ne saurait légiférer sans prudence.

Auteur du récent rapport sur la fin de vie avec Jean Leonetti, Alain Claeys défendait en décembre dernier, dans les colonnes de L'Obs, «une sédation profonde et continue», permettant aux gens «de partir doucement et sans souffrance». [...]

En réalité, plutôt que de créer un droit à la fin de vie, le texte s'aventure sur la pente glissante d'un droit à la mort. L'article 3 de la proposition de loi précise que la sédation terminale ne peut être dispensée qu'accompagnée d'un arrêt de l'alimentation et l'hydratation du patient. Plutôt que de soulager la douleur du patient, on organise son décès. La condition principale, retenue pour invoquer ce nouveau droit à la mort est de ne pas «prolonger inutilement [la] vie» du patient. Vœu louable, encore une fois, mais qui tend à faire de l'utilité le critère ultime de la dignité humaine. [...]

A l'heure où notre pays s'interroge profondément sur le vivre ensemble, il est inadmissible d'ouvrir la porte à un droit à la mort, qui ne relève aucunement du droit.

Bien loin d'être une ultime liberté, le choix de l'euthanasie consacre l'aliénation de la personne à sa douleur. La solution n'est certainement pas de détruire la vie pour supprimer la souffrance, mais plutôt de chercher des moyens d'apaiser les douleurs et, dans la mesure du raisonnable, protéger la vie. [...]"

  • Bruno Nestor Azerot, député de la Martinique
  • Véronique Besse, députée de la Vendée
  • Jérôme Bignon, sénateur de la Somme
  • Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône
  • Xavier Breton, député de l'Ain
  • Philippe Cochet, député du Rhône
  • Marie Christine Dalloz, députée du Jura
  • François de Mazieres, député des Yvelines
  • Louis-Jean de Nicolaÿ, sénateur de la Sarthe
  • Jean-Pierre Decool, député du Nord
  • Nicolas Dhuicq, député de l'Aube
  • Valérie Duby-Muller, députée de Haute Savoie
  • Jean-Christophe Fromantin, député des Hauts de Seine
  • Philippe Gosselin, député de la Manche
  • Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin
  • Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor
  • Gilles Lurton, député de l'Ille-et-Vilaine
  • Hervé Mariton, député de la Drôme
  • Yannick Moreau, député de la Vendée
  • Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines
  • Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin
  • Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée
  • Jacques Lamblin, député de la Meurthe-et-Moselle

Posté le 21 janvier 2015 à 07h23 par Michel Janva | Lien permanent

20 janvier 2015

Défense de la vie : pourquoi deux manifestations ?

Le 21 janvier, Soulager mais pas tuer manifeste contre l'euthanasie ; le 25, c’est au tour de la Marche pour la vie, qui milite également contre l'avortement. Est-il encore possible de se battre pour une même cause sans faire l'unité ? Famille chrétienne a interrogé Tugdual Derville et Jean-Marie Le Méné à quelques jours de leur mobilisation respective. Un long débat, dont voici deux extraits :

DervilleTugdual Derville :

"Une manifestation nationale annuelle et 60 rassemblements dans toute la France, le jour même d’un débat sont deux modes d’action complémentaires. Cela ne doit cependant pas évacuer la question, grave et complexe, de l’unité. Ce qui a présidé à la fondation de Soulager mais pas tuer, au-delà d’Alliance Vita, c’est le souci de l’unité, mais une autre forme d’unité que celle que revendique de façon légitime la Marche pour la vie. Il s’agit de l’unité de toutes les personnes qui sont hostiles à l’euthanasie.
C’est une question d’efficacité : il existe des opposants à l’euthanasie qui ne sont pas hostiles, pour des raisons qui leur sont propres, à d’autres transgressions. Coexistent au fond deux formes d’unité qui ne sont pas contradictoires : une unité de toutes les personnes hostiles à l’euthanasie, qui peuvent s’opposer sur d’autres sujets, et une unité des personnes qui ont des convictions semblables, dans des tonalités sans doute différentes, sur la défense de la vie, de son commencement à la mort naturelle.
L’unité, comme la paix, est un travail qui demande beaucoup de réflexion. Elle ne s’assène pas. Mais en France, je crois que l’on confond trop souvent l’unité avec un fantasme de centralisme démocratique. Au risque de nous laisser enfermer et réduire. Car si on mélange tous les sujets - certains y ajoutant une dimension religieuse -, on réduit nos mobilisations au « plus petit dénominateur commun »."

Le MénéJean-Marie le Mené :

"La Marche pour la vie a considéré, avec ce qui se passait sur la fin de vie, que la défense de la vie ne se divisait pas. Les deux sujets sont insécables. Le respect de la personne ne se coupe pas en tronçons. On ne peut pas dire : « Je défends la vie à la fin mais pas au début ». À mon sens, il y a encore plus de raison d’être favorable à l’euthanasie qu’il n’y en a d’être favorable à l’avortement. A fortiori, si on accepte de tuer des enfants avant la naissance, il est bien plus facile de considérer comme compassionnel un geste qui mettrait fin à la vie d’une personne malade ou gravement handicapée.
Je comprends la démarche de Tugdual Derville et de Soulager mais pas tuer, mais je suis réservé sur le fait que l’on puisse trouver des personnes qui seraient favorables à l’avortement et défavorables à l’euthanasie. Il en existe peut-être, marginalement, mais cela me paraît tellement incohérent. D’autant plus que l’avortement est l’un des principaux arguments en faveur de l’euthanasie. On le retrouve dans tous les débats parlementaires où l’on entend cette imprécation : « On s’est rendu maître de la vie au début, il n’y a aucune raison de ne pas s’en rendre maître à la fin ». Il faut simplement continuer le mouvement… Intellectuellement et en termes de cohérence, l’exercice que fait Tugdual Derville est très difficile en réalité. À ne pas rappeler les mécanismes du passé, on se condamne à les revivre. Nous sommes d’ailleurs en train de revivre ceux déjà utilisés en 1975 : le terrorisme compassionnel, le monde médical que l’on fait basculer dans le politique, la trahison des élites…"

Posté le 20 janvier 2015 à 17h23 par Louise Tudy | Lien permanent


     Archives > Culture de mort : Euthanasie

accueil | archives | index | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | © Copyright 2013 - Le Salon Beige

     Archives > Culture de mort : Euthanasie