25 juin 2017

Gardons nous du péché de sédition! Et luttons sans relâche contre ceux qui le commettent.

Extrait de la Somme de théologie, 2a-2ae, question 42.

[…]  la guerre se fait à proprement parler contre les ennemis du dehors, comme une lutte de peuple à peuple. La rixe, elle, se fait d’un particulier à un autre particulier, ou d’un petit groupe à un autre. La sédition, au contraire, se produit à proprement parler entre les parties d’un même peuple qui ne s’entendent plus ; lorsqu’une partie de la cité, par exemple, se soulève contre une autre. Voilà pourquoi la sédition, parce qu’elle s’oppose à un bien spécial, à savoir l’unité et la paix de la multitude, est un péché spécial.

[…] On appelle séditieux celui qui excite la sédition. Et parce que la sédition implique une certaine discorde, le séditieux est celui qui cause non pas une discorde quelconque, mais celle qui divise les parties d’un même peuple. […] 

* * * * * * * *

L’Apôtre [saint Paul] (2 Co 12, 20) interdit les séditions ; et les place parmi d’autres péchés mortels. La sédition est donc un péché mortel.

[…] la sédition s’oppose à l’unité de la multitude, c’est-à-dire à l’unité du peuple, de la cité ou du royaume. Or, S. Augustin dit que le peuple, selon le témoignage des sages, désigne « non point l’ensemble de la multitude, mais le groupement qui se fait par l’acceptation des mêmes lois et la communion aux mêmes intérêts ». Il est donc manifeste que l’unité à laquelle s’oppose la sédition est l’unité des lois et des intérêts. La sédition s’oppose ainsi à la justice et au bien commun. C’est pourquoi elle est, de sa nature, péché mortel, et d’autant plus grave que le bien commun auquel s’attaque la sédition est plus grand que le bien privé auquel s’attaquait la rixe.

[…] Le péché de sédition appartient d’abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition. Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement, à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. Quant à ceux qui défendent le bien commun en leur résistant, ils ne doivent pas être appelés séditieux ; pas plus que ceux qui se défendent ne sont coupables de rixes, nous l’avons dit.

[…]  Le combat qui est permis se fait pour l’utilité commune […]. La sédition, au contraire, se fait contre le bien commun du peuple. C’est pourquoi elle est toujours un péché mortel.

Posté le 25 juin 2017 à 12h58 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

21 juin 2017

La franc-maçonnerie travaille sur l'euthanasie et le transhumanisme

Capture d’écran 2017-06-21 à 21.59.22En 2017, la franc-maçonnerie fête ses 300 ans. Afin de célébrer ce tricentenaire, le Grand Orient de France organise plusieurs événements. Dans son dossier de presse, la secte indique :

"Chaque année, les Loges travaillent sur une « question à l’étude » dont l’obédience réalise la synthèse. Le Grand Maître présente ces analyses assorties de propositions aux pouvoirs publics dans les cadres prévus par nos institutions: commissions parlementaires, consultation des représentants de la société civile...

La franc-maçonnerie intervient surtout sur les questions de société : hier l’IVG ou la dépénalisation de l’homosexualité, aujourd’hui le droit de mourir dans la dignité. Elle a ainsi été très impliquée dans l’élaboration des lois sur la bioéthique. En s’appuyant sur ses experts et sur le travail, plus philosophique, de ses Loges, Le Grand Orient a pu proposer aux pouvoirs publics des améliorations à la loi, notamment sur la difficile question de l’encadrement de l’expérimentation. En ce moment les francs-maçons travaillent notamment sur les défis que nous pose le transhumanisme. Par ailleurs, un thème qui leur est cher, la laïcité, est revenu au centre des préoccupations des Français.

Posté le 21 juin 2017 à 22h04 par Michel Janva | Lien permanent

16 juin 2017

Elle refuse de pratiquer l'euthanasie : elle doit démissionner

Lu sur Réinformation.tv :

"Mary Jean Martin a été contrainte à la démission dans l’Ontario pour la simple raison qu’elle refuse toute participation à l’euthanasie, devenue légale dans le pays l’an dernier. C’est une grave atteinte à l’objection de conscience, dira-t-on. C’est surtout une intolérable pression pour obliger des personnes à participer non pas à ce qu’elles jugent subjectivement mauvais, mais à ce qui est objectivement criminel.

Mary Jean Martin s’occupait principalement de personnes âgées et très malades. C’était sa vocation : entrée dans la profession à la fin des années 1980, elle voulait avant tout aider les plus « vulnérables », ceux qui sont en difficulté. Elle était chargée de coordonner les soins à domicile pour le compte du Local Health Integrated Network (Réseau local intégré pour la santé), organisme public parfaitement aligné sur l’idéologie du gouvernement socialiste de l’Ontario. [...]"

Posté le 16 juin 2017 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

15 juin 2017

Des assurance refusent le remboursement là où... l'euthanasie est légale

Lu sur Réinformation.tv :

"L’une des motivations fondamentales, et bien entendu peu souvent mises en avant des partisans de l’euthanasie et du suicide assisté, est économique. Il n’aura pas fallu attendre longtemps, en définitive, pour que cela soit montré au grand jour. Selon le quotidien Washington Times, des assurances santé dans l’Etat du Nevada, où le suicide assisté est légal, ont récemment refusé des traitements onéreux et nécessaire à la survie de leurs clients, proposant de les aider plutôt à mettre fin à leurs jours.

Posté le 15 juin 2017 à 08h40 par Michel Janva | Lien permanent

07 juin 2017

Nos mains ne tueront pas : Médecins et soignants face à la sédation profonde

De Choisir la Vie :

"Près d'une année de pratique de la sédation profonde semble déjà confirmer le potentiel euthanasique de cette mesure, en l'absence de jugement éclairé. L'antenne d'écoute et d'accompagnement des professionnels de santé de l'association Choisir la Vie a organisé son premier WE de formation sur ce thème. Elle n'est applicable que depuis le 3 aout 2016, dans le cadre de la loi sur la fin de vie (Claeys-Léonetti), et déjà son usage pose de nombreuses interrogations et cas de conscience. La sédation profonde a alimenté formations et échanges, les 27 et 28 mai dernier, dans le cadre de la nouvelle cellule dédiée à l'écoute et à la formation des professionnels de santé : Médecins, infirmières, aides-soignants, pharmaciens mais aussi aumôniers… une quinzaine de participants au total, pour cette première session de l'antenne "Nos mains ne tueront pas", créée sous l'égide de l'association Choisir la Vie. Un nom évocateur alors que des hommes et femmes de terrain déplorent déjà une dérive euthanasique de la sédation.

"De nombreux témoignages concordent et font état d'une extension de cette pratique, en gériatrie, en cancérologie et parfois en soins palliatifs. Les sédations sont posées, sans mauvaise intention exprimée, mais en l'absence de questionnements profonds. Un abandon du discernement qui pousse ces professionnels à échanger, réfléchir et chercher des solutions concrètes", explique Odile Guinnepain, infirmière en soins palliatifs et responsable de l'antenne. La mort passive, comateuse et parfois accélérée des personnes en fin de vie peut-elle se généraliser ? Pas d'objection de conscience possible La situation est d'autant plus complexe pour les professionnels que l'objection de conscience ne s'applique, en droit Français, qu'à trois cas particuliers (IVG, stérilisation et manipulations embryonnaires). Selon maître Jean Paillot, membre de l'association pour la liberté de conscience en France, seul l'article 16 du Code Civil peut être invoqué (primauté de la personne et interdit de toute atteinte à sa dignité). Mais encore faut-il l'argumenter ! Sans solution pratique ni juridique évidente, les participants à cette formation, guidés par Monseigneur Aupetit, médecin de formation et Evêque de Nanterre, ont adopté une autre posture. "L'objection de conscience n'est pas d'abord un droit, mais un devoir", a encouragé le pasteur. Priorité à l'action donc, en évitant l'écueil du "sentimentalisme", contrebalancé par l'alliance de la réflexion, de la volonté et de la raison, selon les propos de Laurence Leménager, enseignante en philosophie. Troisième piste évoquée par Hugues de Saint Vincent, chef d'entreprise : celle du leadership selon la méthode Havard " Ayons du tempérament, développons les vertus cardinales, soyons leaders là où nous sommes, soyons de ceux qui définissent les méthodes palliatives, qui guident et entraînent les équipes", résume Odile Guinnepain, responsable de la formation. Face à la fin de vie : se poser les bonnes questions L'infirmière en unité de soins palliatifs au sein d'un Ehpad a, elle aussi, donné des pistes concrètes pour l'action. "Au sein de notre structure, dans l'Indre, 95 personnes sont mortes les six dernières années. Nous n'avons eu besoin de sédater personne et avons toujours trouvé les solutions. Il faut se poser les bonnes questions, et notamment celle de la souffrance spirituelle au moment de la fin de vie, généralement évacuée".

Le corps médical est souvent désarmé face aux réalités intérieures, de plus en plus méconnues, qui se manifestent à travers des symptômes et comportements physiques identifiables. Il semble urgent de réintroduire ces notions, pour éviter de régler de manière plus ou moins expéditive ce qu'on ne parvient plus à comprendre."

Posté le 7 juin 2017 à 21h24 par Michel Janva | Lien permanent

02 juin 2017

Fin de vie : le Conseil constitutionnel valide la loi sur la sédation finale

Le Conseil constitutionnel a été saisi le 6 mars 2017 par le Conseil d'État d'une question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit des articles du code de la santé publique (CSP), dans leur rédaction résultant de la loi n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie.

Les trois articles contestés par l’Union nationale de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) portent

  • pour le premier (article L. 1110-5-1 du CSP), sur le principe d'un arrêt des traitements en cas d'obstination thérapeutique déraisonnable,
  • pour le deuxième (article L. 1110-5-2 du CSP), sur les cas où une sédation profonde et continue provoquant la perte de conscience peut être administrée en même temps que des traitements de maintien en vie sont arrêtés
  • pour le dernier (article L. 1111-4 du CSP), sur la prise en compte de la volonté du patient pour l'administration des traitements médicaux, y compris lorsqu'il est hors d'état d'exprimer sa volonté.

Chacun de ces articles évoque la mise en œuvre d'une procédure collégiale dont l'association requérante contestait les modalités.

  • L'article L. 1110-5-1 prévoit une telle procédure uniquement lorsqu'un arrêt des traitements est envisagé au titre du refus de l'obstination déraisonnable, pour un patient hors d'état de s'exprimer.
  • L'article L. 1110-5-2 l'impose, que le patient soit en mesure ou non d'exprimer sa volonté, afin que l'équipe médicale examine si les conditions médicales requises pour mettre en œuvre une sédation profonde et continue, simultanément à l'arrêt des traitements, sont réunies.
  • L'article L. 1111-4 rappelle l'exigence d'une procédure collégiale dans le cas prévu à l'article L. 1110-5-1.

L'association requérante reprochait à ces dispositions de méconnaître le principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine. Dans sa décision, le Conseil constitutionnel a rejeté cette argumentation en se fondant sur les éléments suivants.

En premier lieu, le médecin doit préalablement s'enquérir de la volonté présumée du patient. Il est à cet égard tenu de respecter les directives anticipées formulées par ce dernier, sauf à les écarter si elles apparaissent manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale du patient. En leur absence, il doit consulter la personne de confiance désignée par le patient ou, à défaut, sa famille ou ses proches.

En deuxième lieu, il n'appartient pas au Conseil constitutionnel de substituer son appréciation à celle du législateur sur les conditions dans lesquelles, en l'absence de volonté connue du patient, le médecin peut prendre, dans une situation d'obstination thérapeutique déraisonnable, une décision d'arrêt ou de poursuite des traitements. Lorsque la volonté du patient demeure incertaine ou inconnue, le médecin ne peut cependant se fonder sur cette seule circonstance, dont il ne peut déduire aucune présomption, pour décider de l'arrêt des traitements.

En troisième lieu, la décision du médecin ne peut être prise qu'à l'issue d'une procédure collégiale destinée à l'éclairer. Cette procédure permet à l'équipe soignante de vérifier le respect des conditions légales et médicales d'arrêt des soins et de mise en œuvre, dans ce cas, d'une sédation profonde et continue, associée à une analgésie.

En dernier lieu, la décision du médecin et son appréciation de la volonté du patient sont soumises, le cas échéant, au contrôle du juge.

Le Conseil constitutionnel a en outre apporté les compléments suivants, en statuant sur le fondement du droit à un recours juridictionnel effectif :

  • d'une part, une décision d'arrêt ou de limitation de traitements de maintien en vie conduisant au décès d'une personne hors d'état d'exprimer sa volonté doit être notifiée aux personnes auprès desquelles le médecin s'est enquis de la volonté du patient, dans des conditions leur permettant d'exercer un recours en temps utile ;
  • d'autre part, une telle décision doit pouvoir faire l'objet d'un recours aux fins d'obtenir sa suspension, examiné dans les meilleurs délais par la juridiction compétente.

Après avoir apporté ces précisions, le Conseil constitutionnel a, en conséquence, déclaré conformes à la Constitution, les mots « et, si ce dernier est hors d'état d'exprimer sa volonté, à l'issue d'une procédure collégiale définie par voie réglementaire » figurant au premier alinéa de l'article L. 1110-5-1 du code de la santé publique, le cinquième alinéa de l'article L. 1110-5-2 du même code et les mots « la procédure collégiale mentionnée à l'article L. 1110-5-1 et » figurant au sixième alinéa de l'article L. 1111-4 du même code.

Posté le 2 juin 2017 à 14h55 par Michel Janva | Lien permanent

01 juin 2017

L’Association médicale mondiale va organiser de grandes conférences sur le suicide assisté par un médecin

Le suicide assisté par un médecin (SAM) et l’euthanasie sont actuellement autorisés dans un certain nombre de pays, notamment les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la Colombie et le Canada. Ces pratiques représentent 0,3 à 4,6 % de l’ensemble des décès dans les pays où elles sont légales.

En dépit de leur caractère légal, l’Association médicale mondiale (World Medical Association, WMA) encourage actuellement les médecins de s’abstenir de participer à des procédures d’euthanasie, même si la législation nationale les autorise ou les décriminalise sous certaines conditions.

La WMA est cependant en train de revoir sa position et a annoncé cet automne deux grandes conférences à Tokyo et dans la ville du Vatican pour débattre des dilemmes éthiques concernant les procédures de fin de vie. Un événement similaire a eu lieu à Rio de Janeiro au printemps et la WMA espère la tenue d’une autre conférence en Afrique.

La WMA a indiqué que même si sa ligne de conduite actuelle est que la SAM doit être condamnée par les professions médicales, les Associations médicales nationales sont quant à elles « désireuses de voir un changement à ce sujet ».

« Ces événements ont pour objectif d’aider la WMA à réfléchir à la question de savoir s’il est nécessaire de réviser sa ligne de conduite sur l’euthanasie et le suicide assisté par un médecin ou s’il faut la laisser telle quelle », a déclaré le Dr Ardis Hoven, présidente du Conseil de la WMA.

Posté le 1 juin 2017 à 19h20 par Michel Janva | Lien permanent

31 mai 2017

Connaissez-vous le « programme Maastricht III » ?

Yves Daoudal nous parle de cette horreur :

"Les Journées de l’Agence de la biomédecine ont eu lieu les 18 et 19 mai derniers à Paris. L’un des colloques portait sur le prélèvement d’organes selon le « programme Maastricht III », qui consiste à provoquer l’arrêt cardiaque du patient en supprimant les soins afin de prélever des organes dès le dernier battement.

Cela se fait en France depuis 2014, aujourd’hui sur 9 sites. Et cette technique permet naturellement de prélever davantage d’organes, et de meilleure qualité, puisqu’on sait exactement quand on va tuer le donneur et que donc tout sera prêt à la seconde même…

Il est sidérant de voir des médecins parler de tout cela comme s’il s’agissait de techniques parfaitement neutres. Mais le comble de la perversion est quand ils examinent l’une des conditions de « Maastricht III » : l’agonie ne doit pas avoir duré plus de trois heures. Il faut donc raccourcir l’agonie, et faire qu’elle se passe dans les meilleures conditions pour le patient afin que ses organes ne souffrent pas…"

Posté le 31 mai 2017 à 09h53 par Michel Janva | Lien permanent

L’ancien médecin, qui a tenté de faire mourir Vincent Lambert, se rallie à En Marche

Éric Kariger, ancien membre du PCD, fut un temps candidat à l’investiture des Républicains pour les législatives sur la première circonscription de la Marne. Il a finalement renoncé et soutient la candidature de Gérard Chemla, qui se revendique de la majorité présidentielle, sans en avoir l'investiture. Pour Éric Kariger,

« voter Gérard Chemla, c’est faire le choix de l’audace et du talent ; c’est faire un choix cohérent avec le message envoyé par nos concitoyens lors de l’élection présidentielle. C’est faire le choix des valeurs libérales, sociales et humanistes que nous défendons… C’est offrir à notre Président de la république une majorité nécessaire pour conduire les réformes que notre pays a besoin. Mais c’est aussi un soutien tout personnel à un homme de grande valeur qui a toujours privilégié ses valeurs éthiques à toute autre considération. » 

Ses valeurs éthiques ? A coups de seringues ?

Posté le 31 mai 2017 à 08h43 par Michel Janva | Lien permanent

29 mai 2017

L'euthanasie en Belgique a fait près de 15 000 victimes en 15 ans

Triste anniversaire que celui-ci :

"Ce dimanche, cela fait 15 ans que l’euthanasie a été dépénalisée en Belgique. Tous les deux ans, la Commission fédérale chargée du contrôle et de l'application de la loi dresse un rapport. On apprend par exemple que depuis 2002 (année de la dépénalisation), 14.753 personnes ont été officiellement euthanasiées en Belgique. Ce chiffre est en augmentation chaque année.

L'an dernier, 2027 personnes ont été officiellement euthanasiées en Belgique. Et en 4 ans, on observe une hausse de 41% du nombre de ces personnes (...)

Ces patients invoquent, dans 95% des cas, la souffrance physique comme étant à l'origine de leur demande d'euthanasie (...) Dans 67,7% des cas, c'est la souffrance due au cancer qui est évoquée. D'autres affections médicales sont citées, comme les troubles de la marche, de la vue, de l'audition, ou encore le début de la démence. Parmi les souffrances psychiques, les patients évoquent la dépendance, la perte d'autonomie, la solitude, le désespoir, la perte de dignité, la peur de perdre sa capacité à entretenir des contacts sociaux, notamment."

Posté le 29 mai 2017 à 12h16 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

23 mai 2017

L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés conteste la loi Claeys-Leonetti

L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) a saisi le Conseil Constitutionnel sur la « reconnaissance d’un droit à la vie et au respect de la vie », au travers de la

« procédure collégiale d’arrêt des traitements, et donc de fin de vie, pour des patients hors d’état d’exprimer leur volonté et qui n’ont pas laissé de directives anticipées ».

L’UNAFTC voudrait « voir préciser la procédure et réclame que l’avis des proches soit mieux pris en compte ». Elle conteste la constitutionnalité d’un décret d’application de la loi Claeys-Leonetti qui confie

« au seul médecin, à l’issue de la procédure collégiale, le soin de prendre la décision d’arrêter ou de limiter un traitement, sans exiger un consensus familial et médical pour les patients dans l’incapacité de donner leur avis ».

Ce décret va à l’encontre du « droit à la vie » reconnu dans l’article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, de la liberté personnelle des personnes hors d’état d’exprimer leur volonté et du principe de sauvegarde de la dignité de la personne humaine. En outre, le législateur « n’a pas prévu que le recours contre l’arrêt des traitements soit suspensif » :

« quand une famille saisit un tribunal pour s’opposer à ce type de décision médicale, rien n’empêche le médecin de lancer le processus d’arrêt des traitements avant le jugement ».

Si « la grande majorité des médecins prennent en compte l’avis des proches », le décret en question « ne nous met pas à l’abri d’une initiative médicale malheureuse » constate Philippe Petit, représentant de l’association et père d’un jeune homme de 29 ans en état pauci-relationnel et médecin.

« Le cadre règlementaire actuel permet au médecin de confisquer la décision aux familles et de l’imposer (…). La loi semble se désintéresser des personnes en état végétatif ou pauci-relationnel dont on ne connait pas la volonté, comme s’il s’agissait de personnes en sursis, privées de ‘permis d’exister’. Et que fait-on des liens d’amour des proches ? Ne devraient-ils pas être mieux considérés ? ».

Il s’agit donc de « sécuriser au mieux la procédure collégiale pour ces patients », de les protéger de « décisions arbitraires ». Pour Emmanuel Hirsch, cette demande est « justifiée » : « c’est une question de justice et de droits ».

La décision du Conseil Constitutionnel est attendue d’ici « une quinzaine de jour »

Posté le 23 mai 2017 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

20 mai 2017

1er juin : conférence de Me Jérôme Triomphe à Lyon

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Posté le 20 mai 2017 à 08h16 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2017

Le ministre de la Santé Agnès Buzyn favorable à l’euthanasie et à la chasse aux trisomiques

Unknown-40Nommée ministre des Solidarités et de la Santé dans le gouvernement d'Emmanuel Macron et Édouard Philippe, Agnès Buzyn s’était déclarée personnellement favorable à l’euthanasie des enfants, lors d’un colloque au Grand Orient de France en 2015, sur la « fin de vie des enfants ».

« À titre personnel, je suis en faveur de l’espace de liberté belge ».

Pourtant, quand on lui demandait si des enfants en fin de vie émettaient le souhait de mourir, Agnès Buzyn, qui a fait toute sa carrière de médecin à l’hôpital Necker, était catégorique :

« À la lumière de mon expérience, je peux affirmer que les enfants en fin de vie ne demandent pas à mourir. Ils n’ont pas peur de la mort. Ce qui les rend malheureux, c’est de décevoir leurs parents, et de leur faire de la peine ».

Agnès Buzyn intervenait sous les arcanes du Temple Groussier, rue Cadet, siège du Grand Orient, aux côtés du sénateur socialiste belge Philippe Mahoux, auteur de la loi dépénalisant l’euthanasie en 2002. Il est également auteur de la loi qui a étendu l’euthanasie aux enfants, en 2014.

Autre invité, le député du Rhône Jean-Louis Touraine, alors membre du Parti socialiste, qui plaidait pour l’euthanasie des adultes, et des enfants. Conseiller d’Emmanuel Macron pendant la campagne, il brigue un nouveau mandat législatif à Lyon,  sous l’étiquette La République En Marche (LREM).

Agnès Buzyn, présidente du Collège de la Haute Autorité de santé (HAS), a rendu publiques de nouvelles recommandations en matière de dépistage de la trisomie 21. Elle suggère également que ce dépistage soit remboursé par le ministère de la Santé.

La Fondation Jérôme Lejeune a immédiatement réagi :

Capture d’écran 2017-05-17 à 18.52.211er point : l’urgence n’est pas d’éradiquer à 100 %, mais de mettre un terme à l’élimination en masse

La France, où déjà 96% des fœtus détectés trisomiques sont avortés, est un pays leader en matière d’élimination en masse des enfants trisomiques avant leur naissance. Plus on dépiste, plus on élimine. C’est un fait : la généralisation du dépistage prénatal nous a rendus intolérants au handicap. Depuis 20 ans en France, le système de santé qui pousse à la détection prénatale des enfants trisomiques a développé les pratiques mais aussi les mentalités eugénistes.

La HAS souligne que dans les pays ayant développé le nouveau test, le nombre de fœtus détectés trisomiques a augmenté. Puisque la détection prénatale conduit à l’élimination, l’insertion du nouveau test dans le système de santé va conduire à augmenter le nombre de bébés trisomiques supprimés. A quel niveau d’anesthésie des consciences sommes-nous arrivés en France, pour que ce scandale ne soit pas pris en compte ?

2ème point : l’argument de la baisse du nombre d’amniocentèses est discriminant et eugéniste

L’argument du baisse du nombre d’amniocentèses est un argument de vente. La fondation Jérôme Lejeune rappelle le caractère eugéniste de cet argument :

« Les médecins qui s’appuient sur l’argument selon lequel le nouveau test va diminuer le nombre d’amniocentèses servent un argument marketing, de nature à faire vendre, mais stigmatisant pour les personnes atteintes de trisomie 21. Ils justifient leur demande en invoquant une baisse des amniocentèses qui provoquent l’élimination d’enfants sains. Ils utilisent un argument eugéniste, qui tend à discriminer les « fœtus trisomiques » des « fœtus sains ». En valorisant la vie des enfants non atteints, à épargner grâce au test non invasif, ces médecins nient la valeur de la vie des enfants atteints de trisomie 21. Ce faisant ils activent une discrimination, ils délivrent un message de rejet violent aux personnes trisomiques et à leurs proches. » (Jean-Marie Le Méné, président de la fondation, in Les premières victimes du transhumanisme).

3ème point : le nouveau test développe angoisse et culpabilisation

L’insertion du nouveau test dans le système de santé ajoute une étape à  l’ensemble du dispositif actuel : dépistage classique + nouveau test + diagnostic (ICI une INFOGRAPHIE pour comprendre). Il rallonge le processus. Par ailleurs l’élargissement du seuil déterminant la catégorie « à risque » (hier 1/250 aujourd’hui 1/1000) va augmenter le nombre des couples qui seront angoissés. Tous les tableaux du monde, les stratégies de dépistages et recommandations des sociétés les plus savantes devraient être relativisés face à cette réalité de l’angoisse des couples. La fondation rappelle que le système impose aux femmes enceintes un choix culpabilisant. Quand elles apprennent que leur enfant est porteur de la trisomie 21 elles sont sommées de choisir entre éliminer leur enfant ou le faire naître (avec le risque de se sentir responsable du handicap).

Conclusion

La fondation Jérôme Lejeune est habituée à ce qu’en France, les responsables de la santé et les responsables politiques décident dans le sens du développement de la traque des enfants trisomiques avant leur naissance. Ce rapport de la HAS, précédé de la publication le 7 mai d’un décret le matérialisant, ne fait pas exception.

L’importance des trois missions de la fondation Jérôme Lejeune s’en trouve soulignéeaujourd’hui :

  • Développer la recherche à visée thérapeutique au bénéfice des personnes atteintes d’une déficience intellectuelle d’origine génétique
  • Développer sa consultation médicale spécialisée pour ces patients et leur famille
  • Être leur avocat en défendant leur vie et leur dignité

Posté le 17 mai 2017 à 18h53 par Michel Janva | Lien permanent

15 mai 2017

Témoignage : des personnes âgées sont emmurées dans leur souffrance et meurent de 2 à 8 jours

Témoignage d’une infirmière d’EHPAD, qui a appelé l’antenne « Nos mains ne tueront pas » : antenne d’écoute, d’accompagnement et de formation des étudiants et professionnels de santé

Avril 2017...

Une infirmière quitte un service d’EHPAD, où elle travaillait depuis 13 ans parce qu'elle ne veut pas travailler comme cela, parce qu'elle ne veut pas volontairement endormir des gens.

Explications :

A son arrivée dans un EHPAD, sauf exception, une personne âgée ne pense pas encore qu’elle va mourir bientôt. Mais, à un moment donné, dans son parcours, elle réalise qu’elle va mourir. Comme pour tout un chacun, il faut alors un certain temps, un certain cheminement pour l’accepter. Ce temps est infiniment précieux pour cette personne. C’est son temps. Il n'appartient qu'à elle. Il ne doit pas être raccourci. Il ne doit pas lui être volé. Le cheminement peut être plus ou moins long (parfois quelques mois). Il est fait de dépendance, de petites choses, de faiblesse extrême. Il peut également être éprouvant pour les soignants, d’autant plus dans un contexte où la charge de travail est importante. C’est le temps des soins, c’est le temps de la présence, du sourire, de quelques mots, du toucher auprès de la personne dont la conscience peut même être très minimale, mais réelle.

Avec la loi Léonetti de 2005, l’équipe médicale et soignante cherchait à soulager la douleur des personnes, en l’évaluant régulièrement. Avec la nouvelle loi Claeys-Léonetti de 2016, légalement applicable depuis août 2016, ce temps est gravement menacé, raccourci, supprimé. Avec la « sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès » demandé dans cette loi, on va plus loin que soulager la douleur ou la souffrance.

Des personnes âgées sont tout simplement « endormies volontairement », « pour qu’elles ne souffrent pas » mais en réalité sans réelle évaluation ni observation de leur souffrance. En fait, elles sont emmurées dans leur souffrance par la puissance des médicaments sédatifs administrés. Elles meurent en 2 à 8 jours.

Il y a aussi des voix en France pour demander que cela devienne programmé ! Ne nous laissons pas abuser par l’utilisation actuelle de ces mots en France ! «Ne pas souffrir» peut insidieusement mener à «soulager» pour dire « en finir », qui peut vouloir dire «achever», «tuer».

Auprès de nos proches, veillons à maintenir le contact avec eux, jusqu’au bout, si minime soit-il. Demandons aux équipes soignantes de les soulager de leur douleur, apaiser leur anxiété/angoisse, en évaluant et ré-évaluant, sans forcément prendre une décision irréversible. N’ayons pas peur d’accompagner nos proches dans leur faiblesse extrême, au moment où ils en ont le plus besoin et nous aurons la joie de les avoir accompagnés selon leur rythme !

Martine

De nombreux témoignages de soignants ou professionnels de santé nous parviennent depuis la création de cette antenne d’écoute. Des voix s’élèvent. A Nantes par exemple, une jeune-femme, médecin, fut témoin d’une euthanasie par alimentation et sédation terminale d’une jeune femme de 20 ans handicapée, à la Rochelle, c’est une aide soignante qui nous confirme que ce genre de pratique est très courant, voire systématique depuis le vote de la loi de 2016…250 000 à 300 000 morts chaque année en France par sédation terminale…Ces chiffres sont à peu près les mêmes que ceux de l’avortement en France…L’élimination systématique des plus fragiles en France est devenue une pratique courante, promue et encouragée par les pouvoirs publics !

Posté le 15 mai 2017 à 13h21 par Michel Janva | Lien permanent

27-28 mai : formation sur la fin de vie

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Posté le 15 mai 2017 à 09h58 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2017

Comme la sédation jusqu’à la mort n'est pas « officiellement » de l'euthanasie, les soignants ne peuvent pas invoquer l’objection de conscience

Confrontée comme infirmière à la sédation terminale, paravent législatif de l’euthanasie, Odile Guinnepain a fondé « Nos mains ne tueront pas ».  Cette antenne d’écoute et de formation au sein de « Choisir la vie » est une réponse pour soutenir les soignants qui veulent soulager et non pas achever le malade. Elle explique dans L'Homme Nouveau :

"[...] La loi Claeys-Leonetti a provoqué le déclic. Cette loi « créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie » (dont il est intéressant de souligner qu'elle ne concerne pas que les malades en fin de vie !) propose, dans son article 3, la sédation jusqu’à la mort sous certaines conditions. Par expérience, je pressentais alors que cela aboutirait à de nombreuses euthanasies déguisées. Mais comme, justement, il ne s’agit pas « officiellement » d’euthanasie, les soignants ne peuvent invoquer l’objection de conscience. Ce sont ces deux réalités qui ont généré l'idée de dire « non » et de le manifester. [...]

Au début de ma carrière, j’ai moi-même été témoins d'actes d'avortement et d’euthanasie, j'ai donc quitté le lieu où je travaillais. Aujourd’hui, j’ai la chance d’être responsable de l’organisation des soins palliatifs là où ou j’exerce. J’aide donc à développer des démarches palliatives dans le respect des personnes et nous n’avons pas à pratiquer de sédation terminale désordonnée car nous anticipons les problèmes, nous cherchons toujours à comprendre nos patients. J’ajoute que nous leur proposons le sacrement des malades qui les apaise d’une manière incroyable. En fait, comme le préconisent les soins palliatifs, nous avons le souci du malade à tous les niveaux, physique, psychologique, social, intellectuel et spirituel ; sauf, qu'aujourd'hui le mouvement des soins palliatifs ne fait quasiment plus le lien entre le spirituel et la foi. En conséquence, l'une des réponses fréquente à la souffrance ou au combat spirituel en fin de vie, c'est la sédation terminale.

On sait que certaines personnes attendent pour mourir, la visite d’un proche, un pardon… Il faut savoir le détecter ! Je pense à cette femme que nous avons accompagnée il y a quelques mois : elle avait reçu le sacrement des malades, sa douleur était soulagée, elle n’était quasiment plus consciente et « prête à mourir ». Et pourtant, la mort ne venait pas. Cette femme n’avait plus de famille, hormis deux belles-filles très éloignées. Alors je suis allée la voir et me suis adressée à elle, même si elle était inconsciente. Je lui ai expliqué que j’avais eu ses belles-filles au téléphone, qu’elles ne pouvaient pas venir et lui ai demandé pardon pour elles… Mildred s’est éteinte paisiblement deux heures plus tard ! Bref, il est intéressant que ce soit des soignants qui parlent à des soignants, afin de pouvoir donner ces conseils très pragmatiques et éthiques dans le soin. [...]

Que nous, soignants, n’ayons plus peur de dénoncer, de dire publiquement notre refus d'être instrumentalisés pour tuer. Aujourd’hui, les soignants ont peur, se sentent isolés, n'osent pas se manifester face à des problématiques éthiques et manquent souvent de formation. Lorsqu'on regarde les débats organisés par les médias sur ces problématiques, on entend très rarement des soignants exprimer leur mal-être ou la réalité de l'avortement. Or, je pense qu’il est important aujourd’hui de faire entendre notre voix. Et pour cela, ayons confiance : Dieu ne choisit pas ceux qui sont capables pour le servir et témoigner, mais il rend capables ceux qu'Il choisit !

De cette culture de mort, dont, nous, soignants silencieux, sommes en partie responsables, nous aurons des comptes à rendre au Ciel, c’est sûr, mais aussi devant les hommes. Souvenons-nous du second procès de Nuremberg en 1946-1947, qui a jugé les médecins et les infirmières militaires travaillant dans les camps de concentration. Comme les dirigeants et organisations nazies, ces soignants ont été condamnés notamment pour crimes de guerre et pour avoir eux-mêmes ordonné ou couvert des pratiques et expériences inhumaines mais, en plus, pour avoir obéi à des ordres et à des lois injustes sans avoir fait objection de conscience. [...]

Il manque une vraie politique de santé publique en France depuis un certain nombre d'années maintenant. J’observe, depuis vingt ans que je travaille, une vraie détérioration des soins. Aujourd'hui, la science et la médecine progressent sur la guérison de certaines pathologies, les soins et l'amélioration des conditions de vie de beaucoup de personnes gravement malades et c'est un réel progrès. Mais, parallèlement, la qualité de soins et les moyens pour soigner ne cessent de se dégrader. Et les premières victimes en sont les plus fragiles. [...]"

Posté le 21 avril 2017 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent

15 avril 2017

Envoyé Spécial démonte le sondage truqué de l'ADMD sur l'euthanasie

Capture d’écran 2017-04-15 à 09.38.41Envoyé spécial s'est consacré aux "Secrets des sondages". Après une introduction relative à l'élection présidentielle, les journalistes se penchent sur la question de l'euthanasie et sur un sondage commandé par l' "association pour le droit de mourir dans la dignité" qui donne un résultat de 95% de personnes favorables à l'euthanasie ! Le reportage explique la manipulation du sondage en question, ce qui est assez rare pour être soulevé. Un reportage honnête (vers 21mn30).

Pour le journaliste, il s’agit d’ « un chiffre massif qui tombe à point nommé en pleine campagne présidentielle. (…) Un sondage avec des chiffres aussi élevés, c’est quand même rare ».  Il s’est donc interrogé sur la manière dont la question avait été formulée:

« certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-t-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ? »

Se demandant si ces questions sont formulées pour orienter les réponses, le journaliste interroge Alain Garrigou, directeur de l’Observatoire des sondages, qui répond qu’à la lecture de la question, cela lui saute aux yeux :

« je vois deux fois souffrance. Insupportable. Incurable. Nous sommes dans l’ordre, là, de la compassion. (…) C’est une question qui incite à la compassion et qui fait de celui qui ne l’accepte pas une sorte de salaud. Une question neutre serait plutôt posée comme ça : d’après vous, faut-il faire voter une loi visant à autoriser l’euthanasie? Je prends l’Ifop en flagrant délit de faute méthodologique. Cette question n’est pas neutre ».

A la question « Est-ce que, là, on a cherché à manipuler les sondés ou pas ? », ce dernier réplique :

« Il y a une réponse simple : qui est le commanditaire du sondage ? » 

Une association en faveur de l’euthanasie, lui dit-on. « Bon, vous avez la réponse ».

En 2014, le collectif « Soulager mais pas tuer » avait commandé un sondage Ifop sur cette thématique de la fin de vie.

A la question ainsi formulée

« Quand  vous  pensez  à  votre  propre  fin  de  vie,  quels  sont, parmi  les points suivants, les deux qui vous semblent prioritaires ? »

Seuls 34% des sondés répondaient qu’ils souhaiteraient pouvoir obtenir l’euthanasie.

Posté le 15 avril 2017 à 09h40 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2017

27-28 mai : formation à la fin de vie

NMNTP-Flyer-Formation_Mai2017

NMNTP-Flyer-Formation_Mai20172

Posté le 6 avril 2017 à 15h35 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2017

Quelle place pour les enjeux bioéthiques dans le programme des principaux candidats ?

Baromètre biopolitique d'Alliance Vita, mis à jour :

Barometre-presidentielle_28-03-2017

Posté le 29 mars 2017 à 08h28 par Michel Janva | Lien permanent

24 mars 2017

La cour d’appel de Reims refuse que Vincent Lambert soit dans un établissement spécialisé

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"La cour d’appel de Reims a rejeté la demande des parents de Vincent Lambert de le transférer vers un établissement spécialisé.

Leurs avocats ont pourtant produit des attestations de médecins spécialistes sur la maltraitance subie au CHU de Reims par Vincent Lambert, qui ne bénéficie pas de tous les soins qu’on pourrait lui donner. Mais rien n’y fait.

Face à cette « maltraitance judiciaire », ils se pourvoient en cassation."

Posté le 24 mars 2017 à 17h00 par Michel Janva | Lien permanent

21 mars 2017

Benoît Hamon : faites ce que je dis, pas ce que je fais

Extrait du débat entre les 5 candidats invités par TF1 hier soir avec Benoît Hamon :

"On doit mettre plus de moyens sur les personnes en manque d'autonomie, par l'augmentation". "Je souhaite que soit inscrit dans la loi le droit à l'euthanasie, le droit à mourir dans la dignité. Que les personnes puissent choisir librement le moment où ils quittent la vie".

"Je souhaite qu'au collège, on puisse avoir un objectif de mixité sociale. Dans certains collèges, il est impossible de faire de la mixité sociale". Il propose un "dialogue avec le public et le privé pour penser la mixité sociale".

Ses enfants sont scolarisés à Issy-Les-Moulineaux et non à Trappes où il est élu...

Posté le 21 mars 2017 à 07h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (20)

16 mars 2017

La mort rapide de résidents d'EHPAD, lorsque leur état de santé s'aggrave

Extrait du témoignage d'une infirmière :

"Depuis 18 mois, j'anime des sessions de formation sur la douleur et les soins palliatifs, à des personnels de santé de certaines EHPAD de mon département. Ces personnels sont des infirmier(e)s, des aides-soignant(e)s, des AMP et des ASH (agents de services hospitaliers).

Ces temps de formation sont l'occasion de réfléchir sur les pratiques de soins et d'acquérir de nouvelles connaissances. Elles sont aussi le lieu de longues discussions où de nombreuses questions sont soulevées.

L'une, abordée fréquemment, est celle de la rapidité avec laquelle meure un certain nombre de résidents de ces EHPAD dès que leur état de santé s'aggrave.

En effet, lorsque nous étudions la problématique de la douleur, de l'angoisse, de certaines agitations, des troubles du transit, de l'élimination, de l'alimentation ou encore de l'hydratation chez les patients en fin de vie, je questionne toujours les soignants sur la façon dont ils observent, évaluent, traitent et soulagent ces inconforts. Nous prenons le temps de l'écoute pour mieux comprendre les situations concrètes.

Afin de permettre aux personnels de bien comprendre l'objet de ces questions, je donne toujours des exemples concrets de personnes accompagnées sur mes lieux de travail.

Ainsi, j'explique que, pour chaque patient en fin de vie chez qui nous observons un inconfort, nous l'évaluons, nous nous efforçons de le comprendre et d'en trouver la source. A partir de cela, nous appliquons les traitements adaptés ou faisons des démarches afin de tenter de répondre au problème.

Ensuite, je précise que nous évaluons l'efficacité des traitements et le confort du patient, en veillant bien à ce que la thérapeutique ne soit pas trop ou insuffisamment dosée puis, sans cesse, nous réévaluons les problématiques et la justesse des traitements. L'objectif est de soulager tout en préservant la conscience de la personne, autant que cela est possible. [Lire la suite]

Posté le 16 mars 2017 à 16h42 par Michel Janva | Lien permanent

09 mars 2017

Marine Le Pen hostile à la dernière loi sur le « délit d’entrave numérique » à l'avortement

Extrait de l'entretien donné par Marine Le Pen dans Famille chrétienne :

F"Les questions de société et de bioéthique ne font pas partie des maîtres mots de votre campagne. Est-ce que cela veut dire que ce n’est pas une priorité pour vous ?

Je n’ai pas de nouvelles choses à annoncer parce que j’ai toujours été d’une clarté absolument totale. Je n’ai jamais varié, à la différence d’autres candidats, qui font de ces sujets un élément essentiel de leur image, mais qui dans leur projet, ne changent rien de ce qui a été mis en œuvre par les socialistes ! J’ai toujours été claire : je suis radicalement opposée à la gestation pour autrui (GPA), et je ne veux pas de mesure visant à rendre valides les GPA effectuées à l’étranger, comme le propose M. Macron. On ne peut pas mettre le peuple français devant le fait accompli, la loi française est la loi française ! Elle n’a pas à se soumettre à ces tentatives de détournement. Je souhaite également continuer de réserver la procréation médicalement assistée (PMA) comme réponse médicale aux problèmes de stérilité, et donc ne pas l’accorder aux célibataires. Enfin, comme je l’ai toujours dit, je veux créer une union civile (Pacs amélioré) qui viendra remplacer les dispositions de la loi Taubira, afin que les couples de même sexe bénéficient de facilités patrimoniales.

Vous voulez interdire la PMA aux célibataires, mais voulez-vous également le faire pour les couples de femmes ?

La PMA restera réservée en cas de problème médical. Comprenez qu’un couple qui a un souci de fertilité doit pouvoir y avoir recours.

En revenant sur le « mariage pour tous » instauré par la loi Taubira, revenez-vous aussi sur la filiation ?

Je suis contre l’adoption par les couples de même sexe. Un enfant qui est adopté démarre avec un certain nombre de difficultés dans la vie, et donc il faut lui donner la chance de grandir avec un papa et une maman.

Votre électorat est divisé sur cette question, comme sur celle de l’euthanasie ou du suicide assisté. Une grande partie y est favorable. Quelle est votre position ?

Je suis pour ne pas aller au-delà de la loi Leonetti. Je pense que les soins palliatifs sont un vrai chantier qui n’a pas encore pris la plénitude de ce qu’il devrait être en France. La gestion de la souffrance, de manière générale, n’est pas au niveau d’un grand pays avancé et attaché à l’humain que devrait être la France.

Vos positions sur l’IVG sont connues. Le programme du FN a changé en conséquence…

Assez peu ! De mémoire, en 1987, quand il y avait 35 députés du FN à l’Assemblée nationale, il n’était pas question de revenir sur l’avortement.

Certes. Mais il semble pour beaucoup de catholiques que votre mouvement est divisé sur cette question, ou qu’il entretient le flou.

Il n’y a pas de flou. Aujourd’hui, parmi les dirigeants du FN, personne n’est pour une restriction de l’accès à l’IVG. Il a pu y avoir des sensibilités différentes qui se sont exprimées sur la question du remboursement illimité, mais j’ai tranché cette question. Par conséquent, je ne toucherais pas à l’IVG, ni à ses conditions de remboursement. C’est clair. En revanche, je suis opposée à la dernière loi sur le « délit d’entrave numérique ». Le gouvernement a créé les conditions d’un effondrement de la liberté d’expression. Il ne peut pas décider des sujets dont on a le droit de parler, et de ne pas parler. On a le droit d’être contre l’accès à l’IVG, et de le dire. S’ensuivrait une dérive qui interdirait de critiquer le fondamentalisme islamiste ou l’immigration. Et pourquoi pas de rétablir le délit de blasphème !

Mais l’avortement reste un problème de santé publique. Que proposez-vous pour en faire baisser le nombre et aider les femmes enceintes en détresse ?

Je crois qu’il faut évidemment demander au Planning familial de faire un effort tout particulier, pour offrir aux femmes qui le souhaiteraient un support et un soutien pour conserver leur enfant si elles le souhaitent. Il est vrai qu’aujourd’hui, beaucoup de femmes doivent renoncer à un enfant pour des raisons économiques. De plus, elles sont souvent seules quand cette nouvelle arrive. Les familles monoparentales ont subi de plein fouet la crise et les choix économiques. Il faut que la nation apporte un soutien à ces femmes qui souhaitent garder leur enfant. Mais j’ai aussi évolué sur un certain nombre de choses. J’étais favorable à l’adoption prénatale. Je vois bien aujourd’hui qu’elle sera utilisée aujourd’hui pour détourner l’interdiction de la GPA, et j’y suis désormais opposée. [...]"

Posté le 9 mars 2017 à 16h32 par Michel Janva | Lien permanent

08 mars 2017

L'euthanasie devant la justice

2 affaires concomitantes  : l'affaire Marwa et une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au sujet de la loi Claeys-Leonetti.

Le juge des référés du Conseil d’État confirme l’injonction de reprendre les soins de Marwa : 

"1. Dans l’ordonnance de ce jour, le juge des référés du Conseil d’État commence par rappeler qu’il doit exercer un office particulier s’agissant d’une décision d’arrêt de traitements. En principe, le juge du référé-liberté, qui se prononce dans un très bref délai, ne peut faire cesser une atteinte à une liberté fondamentale que lorsqu’elle est manifestement illégale. Toutefois, s’agissant de la décision d’interrompre ou de ne pas entreprendre un traitement au motif qu’il traduirait une obstination déraisonnable, dont l’exécution porte atteinte à la vie de manière irréversible, le juge des référés ordonne les mesures de sauvegarde dès lors qu’il estime que cette décision ne relève pas des hypothèses prévues par la loi.

2. Le juge des référés du Conseil d’État examine ensuite si les conditions posées par la loi pour interrompre les traitements d’une personne hors d’état d’exprimer sa volonté (procédure appliquée par l’hôpital) étaient remplies. Il se place dans le cadre de sa jurisprudence récente (CE, Assemblée, 24 juin 2014, Mme Rachel L. et autres), qui prévoit que le médecin en charge doit se fonder sur un ensemble d’éléments médicaux et non médicaux dont le poids respectif dépend des circonstances particulières à chaque patient. En l’espèce, le juge des référés du Conseil d’État estime qu’au vu des éléments médicaux et non médicaux, les conditions posées par la loi n’étaient pas remplies. Il relève, d’une part, que des éléments d’amélioration de l’état de conscience de l’enfant ont été constatés et qu’il existe, aujourd’hui, une incertitude sur l’évolution future de cet état. Dans ces conditions, malgré le pronostic extrêmement péjoratif établi par les experts médicaux, il juge que l’arrêt des traitements ne pouvait être regardé comme pris au terme d’un délai suffisamment long pour évaluer de manière certaine les conséquences des lésions neurologiques.

Le juge des référés relève, d’autre part, que faute de pouvoir rechercher quelle aurait été la volonté de l’enfant, qui avait moins d’un an à la date de la décision, l’avis de ses parents revêt une importance particulière. Or ceux-ci s’opposent de manière unanime à l’arrêt des traitements. Au vu de ces éléments, le juge des référés estime que la poursuite des traitements, dans les circonstances de l’espèce, ne caractérisait pas une obstination déraisonnable, n’ayant pour d’autre effet que le maintien artificiel de la vie. La décision d’arrêter les traitements de l’enfant ne relevait donc pas de l’hypothèse d’interruption de traitement prévue par la loi à l’égard des personnes hors d’état d’exprimer leur volonté.

Dès lors qu’il constate que la décision ne pouvait pas être prise par le médecin dans le cadre de cette procédure, le juge des référés ne se prononce pas sur la question de savoir si cette procédure était applicable ou bien si, s’agissant d’un mineur, le consentement des parents à l’arrêt de traitement était nécessaire. Le juge des référés du Conseil d’État rejette donc l’appel de l’AP-HM. Celle-ci demeure ainsi tenue, en vertu de l’ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Marseille, de poursuivre les soins de l’enfant."

Le Conseil Constitutionnel a été saisi le 3 mars par le Conseil d’Etat d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au sujet de la loi Claeys-Leonetti. L’Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébro-lésés (UNAFTC) conteste le texte d’application, mais en fait la loi elle-même. Ce texte, dit l’association, va

« à l'encontre de l'article 34 de la Constitution française, qui prévoit que la loi fixe les règles concernant les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l'exercice des libertés publiques ». 

Car la loi Leonetti-Claeys 

« confie au pouvoir réglementaire le soin de définir la procédure collégiale, sans garantir ni le caractère collégial de la décision de limitation ou d'arrêt des traitements d'un patient hors d'état d'exprimer sa volonté, ni l'exercice d'un recours suspensif contre une telle décision ».

Il manque dans cette loi

« des garanties légales aux exigences constitutionnelles de sauvegarde de la dignité de la personne humaine (Droit à la vie, article 2 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen) et du droit à un recours juridictionnel effectif (article 16 de la DDHC) ».

Le Conseil constitutionnel devra se prononcer, également « à la demande du Conseil d'État, sur la sédation profonde et sur le lien entre obstination déraisonnable et arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielle ». Or c’est là que se situe précisément le caractère euthanasique de la loi (qui n’a pas été déclarée conforme à la Constitution puisqu’elle avait été votée à la quasi unanimité et donc n’avait pas été soumise au Conseil constitutionnel).

Posté le 8 mars 2017 à 21h19 par Michel Janva | Lien permanent

02 mars 2017

La vie de Marwa est débattue aujourd'hui jeudi au Conseil d'Etat

Historique de l'affaire :

  • 24 septembre 2016 : Victime d'un entérovirus foudroyant, la petite Marwa, 1 an, est hospitalisée à l'hôpital Lenval de Nice. Elle est transférée le lendemain à La Timone, à Marseille, où dès son arrivée elle est plongée dans un coma artificiel.
  • 4 novembre : Les médecins estiment que le virus a causé des troubles neurologiques sévères et irréversibles chez la fillette, artificiellement maintenue en vie par un appareil respiratoire. Ils proposent aux parents de débrancher l'appareil, estimant que la poursuite des soins constituerait un acharnement thérapeutique. Mais, précise alors l'hôpital, aucune décision n'est prise car l'équipe médicale souhaite associer la famille à la décision.
  • 14 novembre : Le père de Marwa saisit le tribunal administratif de Marseille pour s'opposer à l'avis des médecins. Il "demande simplement qu'on laisse du temps à Marwa", chez qui il voit "des progrès chaque jour".
  • 16 novembre 2016 : Le tribunal administratif de Marseille "enjoint à l’équipe médicale de poursuivre les soins appropriés et ordonne la réalisation d’une expertise médicale sur la situation de la jeune patiente".
  • 5 janvier 2017 : Les conclusions du rapport commandé par le tribunal administratif de Marseille filtrent dans la presse. Les trois experts ne tranchent pas le "dilemne éthique" de l'arrêt des soins, proposé par les médecins et refusé par les parents de Marwa, qui avaient saisi la justice. En revanche, ils se montrent extrêmement pessimistes quant à l'avenir de l'enfant.
  • 8 février : En s'appuyant sur la volonté farouche des parents mais aussi sur les résultats de l'expertise médicale, le tribunal administratif ordonne la poursuite des soins. Dans sa décision, la justice confirme les progrès de Marwa, mais précise le caractère "provisoire" de sa décision, qui "ne préjuge en rien de l'évolution de l'état de l'enfant". Le lendemain, l'AP-HM annonce son intention de faire appel de cette décision et de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat.

L'audience devant un juge des référés (juge de l'urgence) du Conseil d'Etat est programmée mardi 2 mars.

Posté le 2 mars 2017 à 07h26 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2017

Des nouvelles de Vincent Lambert

S2k4qDéjà plusieurs mois sans nouvelles… Mais l’actualité n’en est pas moins chargée pour Vincent, sa famille et ses amis. Pour faire un point sur ce qui s’est passé et sur l'avenir de Vincent, Maître Jérôme Triomphe et Maître Jean Paillot répondent aux questions du Comité de soutien. 

1. Comment Vincent se porte-il ? 

Malgré les manquements dans la prise en charge, il a évolué positivement depuis 3 ans, ce dont ont attesté 5 médecins experts des patients en état pauci-relationnel. Le 5 décembre 2016, il a tenté quatre fois de vocaliser, devant ses parents, et la 4ème fois devant deux aide-soignantes qui en ont été impressionnées. Faut-il rappeler que Vincent a survécu à 31 jours sans alimentation en avril et mai 2013 ? Tous les spécialistes nous disent que cela démontre une force de vie évidente, à défaut de quoi il se serait laissé aller en quelques jours.

2. N’a-t-il toujours pas le droit à la rééducation dont il a besoin ? 

Non, la rééducation à l’alimentation par la bouche n’a pas encore été entreprise. Pas plus que la reprise des soins de kinésithérapie ou la mise au fauteuil, et Vincent est toujours prisonnier de sa chambre et de son lit, alors qu’il pourrait parfaitement en être sorti.

3. La question du transfert de Vincent Lambert vers un établissement spécialisé a été débattue jeudi 16 février devant la cour d'appel de Reims. Comment s’est déroulée l’audience ?

L’audience s’est déroulée mieux qu’on ne pouvait l’espérer. Vous nous pardonnerez de ne pas donner de détails sur ce point, car l’arrêt de la Cour, attendu pour le 24 mars, n’est par définition pas encore rendu. Mais nous espérons bien avoir une bonne décision et que nous voyions la fin de ce cauchemar pour Vincent et sa famille.

4. Malgré les revers et l’ampleur des démarches en cours, restez-vous confiants pour Vincent ? 

Oui, nous restons confiants et nous continuons à nous battre avec la même énergie pour que Vincent cesse d’être traité comme un mort en sursis mais qu’il soit enfin transféré dans un établissement spécialisé et pris en charges par des soignants spécialistes des patients comme Vincent qui sont, il faut le rappeler, 1 700 en France.

Posté le 28 février 2017 à 13h20 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : la franc-maçonnerie à la manoeuvre

Capture d’écran 2017-02-28 à 08.55.16C'est ce qu'a déclaré François Hollande hier lors de son discours à la secte maçonnique (vers 20mn30) :

"Parmi les causes qui mobilisent la franc-maçonnerie, il y a la défense de la dignité humaine. Et parce que les maçons ont toujours considéré l'être humain en tant que que tel, vous êtes à la pointe des combats actuels contre la douleur, pour le droit de mourir dans la dignité -nous avons fait progresser, pas forcément jusqu'au point où vous l'auriez souhaité, mais c'est pour vous permettre de réfléchir encore et de faire en sorte que la législation puisse encore progresser. Car elle progressera, y compris dans ce domaine."

La suite est consacrée au transhumanisme, avec un éloge du progrès "qui ne doit pas être suspecté".

Posté le 28 février 2017 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2017

Avant de disparaître, le gouvernement envoie ses directives

Sur la fin de vie :

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Pour Alliance VITA, la campagne lancée ce lundi sous le pilotage du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie :

  • ne répond pas aux véritables enjeux de ce sujet, car elle simplifie outrageusement une question complexe.
  • entretient la confusion entre certaines sédations profondes et l’euthanasie ou le suicide assisté

Chaque situation de fin de vie difficile nécessite, au jour le jour, une réponse personnalisée et évolutive. Or, nous constatons que ce message officiel se focalise désormais sur les nouvelles directives anticipées et sur le concept récent de « sédation profonde et continue jusqu’au décès ». Comme si ces deux nouveautés étaient susceptibles de régler la question de la fin de vie en France. Comme s’il fallait déjà culpabiliser aujourd’hui les Français qui n’ont pas encore rempli leurs directives anticipées. Comment imaginer demander par avance, à des personnes en bonne santé, de se positionner sur la sédation terminale ? Pourquoi leur laisser croire que cette sédation profonde pourrait être, en cas de problème grave, la solution miracle ?

Posté le 21 février 2017 à 17h22 par Michel Janva | Lien permanent

09 février 2017

La justice ordonne de ne pas tuer la petite Marwa

C'est la fin d'une bataille judiciaire de trois mois, remportée par les parents de Marwa, cette petite Niçoise d'un an hospitalisée depuis septembre à la suite d'un virus foudroyant. Le juge des référés du tribunal administratif de Marseille a demandé aux médecins de La Timone de poursuivre les soins prodigués à la fillette.

Dans son communiqué, le tribunal écrit :

"S’agissant des éléments médicaux, il s’appuie notamment sur les résultats de l’expertise qu’il a ordonnée le 16 novembre 2016 pour estimer que, malgré un pronostic clinique « extrêmement péjoratif », l’enfant présente néanmoins « quelques éléments d’amélioration constatés (qui) concernent des mouvements réflexes, non adaptés et des mouvements volontaires des paupières et du bras gauche ». Il estime ainsi que l’enfant présentait quelques signes d’améliorations volontaires lors de l’examen par le collège d’experts, à la date du 1er décembre 2016. Si ces signes restent insuffisants pour envisager un pronostic clinique plus favorable, ils sont néanmoins révélateurs de ce qu’à la date du 4 novembre 2016, soit un mois et huit jours seulement après l’admission de l’enfant à l’hôpital de la Timone, une décision d’arrêt des traitements et de la ventilation était prématurée car prise au terme d’un délai qui n’était pas suffisamment long pour évaluer, de manière certaine, l’inefficacité des thérapeutiques en cours et la consolidation de l’état de santé de l’enfant.

S’agissant de la volonté du patient, il relève que dans le cas particulier de cette jeune enfant, âgée d’un an, qui n’est pas en état de manifester sa volonté, l’avis de ses parents revêtait, dans le souci de la plus grande bienfaisance, une importance toute particulière. En l’espèce, s’il ne peut être contesté que l’équipe médicale s’est efforcée de dégager avec les parents de l’enfant une position consensuelle, il est constant que ceux-ci se sont clairement opposés à l’arrêt des thérapeutiques actives et de la ventilation."

Déjà en novembre, elle avait été sauvée en ouvrant les yeux.

Posté le 9 février 2017 à 15h39 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2017

"De bonne foi", il tue sa patiente

Au Pays-Bas, un médecin sera jugé pour avoir réalisé une « euthanasie à l’encontre de la volonté de la patiente ». Le pire, c'est que le Comité régional d’examen a estimé que 

« le médecin avait agi de bonne foi ».

Par conséquent, il demande à la Cour de ne pas le condamner mais de clarifier les faits et de 

« confirmer qu’un médecin agissant de bonne foi ne peut être poursuivi s’il ‘euthanasie’ une personne atteinte de démence ».

La patiente était âgée de plus de 80 ans et souffrait de démence. Placée dans une maison de soins par son mari, elle y montrait des signes de « peur et de colère ». Le médecin a estimé qu’ « elle souffrait intolérablement », mais « qu’elle n’était plus en mesure d’exprimer son souhait d’euthanasie ».

Malgré tout, il reconnait qu’elle a tout de même répété à plusieurs reprises dans les jours précédant sa « mise à mort » : « Je ne veux pas mourir ». 

A son insu, il a versé un sédatif dans son café puis commencé les injections létales. La patiente a réagi et « lutté désespérément pour ne pas être tuée » ; le médecin a alors 

« demandé aux parents de la patiente de la tenir pour achever son geste ». Sic.

Je pense que ce médecin, atteint visiblement de démence, doit être euthanasié au plus vite...

-_La-Voie

Posté le 3 février 2017 à 08h37 par Michel Janva | Lien permanent

13 janvier 2017

« Vincent Lambert s’est tourné vers ses parents et, devant témoin, a vocalisé ! »

Charlotte d'Ornellas interroge Me Jérôme Triomphe sur les dernières plaintes déposées :

Posté le 13 janvier 2017 à 09h00 par Michel Janva | Lien permanent

11 janvier 2017

Les parents de Vincent Lambert portent plainte pour tentative d'assassinat

Unknown-9Les parents de Vincent Lambert portent plainte à l'encontre du CHU de Reims pour tentative d'assassinat et de leur belle-fille Rachel pour les fausses informations qu'elle a fourni au tribunal. Me Jérôme Triomphe détaille les contours de cette nouvelle procédure :

"Nous portons plainte contre le CHU de Reims pour 'délaissement de personne hors d'état de se protéger', 'maltraitance', 'non-assistance à personne en péril' et 'tentative d'assassinat'". Cette dernière qualification concerne l'arrêt de l'alimentation de Vincent Lambert en avril et mai 2013, dans le cadre d'une première procédure d'arrêts de soins. Par ailleurs, une plainte a également été déposée à l'encontre de Rachel Lambert pour "fausse attestation", "faux témoignage", et "tentative d'escroquerie au jugement".

"Nous avons différé la procédure pénale le plus longtemps possible. Mais aujourd'hui, Rachel Lambert est la tutrice de Vincent et elle s'oppose à tout transfert. Nous avons l'impression que tout le monde se moque du fait que Vincent ne reçoive plus de soins de kinésithérapie, par exemple."

L'avocat réclame des mesures de bon sens :

"une remise au fauteuil, une rééducation à la déglutition, ainsi que la constitution d'une nouvelle équipe pour l'examiner". 

Posté le 11 janvier 2017 à 19h33 par Michel Janva | Lien permanent

20 décembre 2016

L'Association américaine de psychiatrie s'insurge contre l'euthanasie des patients

LogoAAPL'Association américaine de psychiatrie (AAP) s’en prend aux lois sur l'euthanasie en Belgique, aux Pays-Bas, et 

« partout ailleurs où l'on aide des patients psychiatriques qui ne sont pas en stade terminal à se suicider, ou qui sont littéralement tués à coup d'injections mortelles, souvent par leurs propres psychiatres traitants ». 

C’est « immoral » pour un psychiatre, dit l’AAP, d'assister au « suicide », « la mise à disposition de moyens » et « l'administration de l'injection mortelle » sont « inadmissibles ».

Le ministre belge de la Santé, Maggie De Block, s’est insurgée contre cette ingérence américaine qui est une agression contre la démocratie : 

« Chacun a le droit d'avoir une opinion. Le parlement a mené un débat de fond sur la loi sur l'euthanasie. Et notre loi en est le résultat final. Je ne vois pas ce que les Américains viennent faire dans ce débat. »

Le président de l'Union professionnelle belge des médecins spécialistes en psychiatrie, Geert Dom, dit qu’il ne faut pas sous-estimer

« le regard qu'on porte à l'étranger sur nos lois très progressives à l'échelle internationale sur l'euthanasie ». 

Par conséquent, il dit prendre la déclaration de l’AAP au sérieux, surtout au vu de l'influence de cette association :

« L'association professionnelle américaine publie le DSM (Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux), notre bible diagnostique. Cette position peut donc certainement susciter le débat et j'espère qu'on pourra le faire sans paniquer. »

Posté le 20 décembre 2016 à 18h51 par Michel Janva | Lien permanent

08 décembre 2016

La tutelle de Vincent Lambert confiée à son épouse

La Cour de cassation a validé jeudi l'attribution de la tutelle de Vincent Lambert à son épouse Rachel, qui souhaite sa mort ! 

Le 8 juillet dernier, la cour d'appel de Reims avait confirmé la décision d'un juge des tutelles rémois confiant le 10 mars à Rachel la tutelle de son mari et désignant l'Union départementale des associations familiales de la Marne (UDAF) comme subrogé-tuteur, sorte de suppléant. Les parents de Vincent Lambert avaient alors formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté jeudi.

Le CHU de Reims, où est hospitalisé Vincent Lambert, avait lancé puis stoppé deux procédures d'arrêt des soins, l'une portée par le docteur Eric Kariger en 2013, l'autre par son successeur, le docteur Daniéla Simon, en 2015. Mais l'équipe médicale avait décidé de suspendre ce processus le 23 juillet 2015, estimant que les conditions de "sérénité" requises n'étaient pas suffisantes.

Le 16 juin, François Lambert, neveu de Vincent et allié de Rachel, avait obtenu de la cour administrative d'appel de Nancy qu'elle ordonne au CHU de reprendre les consultations d'experts pouvant mener à un arrêt des soins. Les parents de Vincent Lambert ont contesté cette décision devant le Conseil d'Etat. La procédure est en cours.

Posté le 8 décembre 2016 à 18h31 par Michel Janva | Lien permanent

01 décembre 2016

Affirmer la dignité : Comment l'euthanasie change-t-elle une culture ?

Mourir dans la dignité : quel est le rôle du droit et de la politique lorsqu'il s'agit de construire une culture valorisant la vie à chaque instant? Le 28 novembre, le bureau bruxellois d'ADF International a lancé la campagne « Affirmer la dignité » ou #AffirmingDignity. Plusieurs vidéos de court métrage traitent de cette question de société et demandent un nouveau débat sur ce qu’est la mort dans la dignité. Sophia Kuby, responsable du bureau bruxellois d'ADF International, indique :

« Une société humaine et juste prend soin de ses membres les plus fragiles. Les exemples de la Belgique et des Pays-Bas montrent que la légalisation de l’euthanasie nous entraîne forcement sur une pente glissante. Une fois ouvertes les portes de la mise à mort intentionnelle, l’effet d’engrenage ne s’arrêtera plus. Si la catégorie subjective d’une ‘souffrance insupportable’ justifie de prendre la vie de quelqu’un, la culture prend inévitablement le chemin de la suppression de ceux qui sont âgés, malades, psychologiquement fragiles, handicapés».

« Jamais autant de personnes ne sont mortes de l’euthanasie en Belgique qu’en 2015. En 14 ans, les cas d’euthanasie ont centuplé. Devant une telle augmentation, il faut un débat public franc et sérieux. Les lois existantes doivent être réformées. Beaucoup de pays regardent la Belgique et les Pays-Bas. Nos vidéos donnent le message suivant : « Choisissez un meilleur chemin et évitez cette catastrophe culturelle qu’est l’euthanasie légalisée ».

En Belgique et aux Pays-Bas, l'euthanasie n'est pas seulement légalisée en cas de maladie terminale. La loi permet également aux personnes dans une situation non terminale, dépressives ou atteintes d’une autre souffrance psychologique de recourir à l’euthanasie. L'euthanasie sans limite d'âge est légale en Belgique et a été dépénalisée pour les mineurs de plus de 12 ans aux Pays-Bas. Le documentaire produit par ADF International présente des experts, du personnel médical et des proches des victimes de l'euthanasie. Ils partagent la manière dont ils vivent personnellement la libéralisation en cours des lois sur l'euthanasie en Belgique et aux Pays-Bas et mettent en garde contre ses effets dangereux pour leur société. Robert Clarke, directeur du plaidoyer européen pour ADF International, ajoute :

« Là où l'euthanasie a été légalisée, elle est devenue tôt ou tard hors de contrôle ». « Les soins médicaux modernes permettent aux patients de vivre les derniers instants de leur vie dans une véritable dignité. Les soins palliatifs peuvent contrôler les douleurs physiques les plus pénibles. Les patients ont de meilleures options que l'euthanasie et celles-ci devraient leur être garanties. »

Posté le 1 décembre 2016 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

27 novembre 2016

Les médecins voulaient "débrancher" la fillette, elle ouvre les yeux !

Encore une incroyable histoire qui montre les dérives éthiques vers lesquelles notre société se dirige :

"Victime d'un entérovirus à la fin du mois de septembre, la petite Marwa a rapidement été placée dans un coma artificiel. Elle était maintenue en vie par un appareil respiratoire depuis le 25 septembre à l'hôpital de La Timone, à Marseille.

«Elle a attrapé un virus qui lui a attaqué le coeur, expliquait récemment le papa de la fillette lors d'une vidéo postée en direct sur Facebook. Son coeur est intact maintenant, mais on a constaté que le virus a attaqué son cerveau, et plus précisément le cervelet. Ca veut dire la partie respiratoire du cerveau, donc Marwa est sous assistante respiratoire.»

Il y a une dizaine de jours, les médecins avaient décidé de débrancher la petite, pensant qu'elle était condamnée. Ils estimaient que le virus qu'elle avait contracté lui avait endommagé de nombreux neurones et organes. Selon ces derniers, la poursuite des soins était assimilable à un acharnement thérapeutique.

En désaccord avec cette décision, le père de la fillette a saisi le tribunal administratif, qui a suspendu l'arrêt des soins dans l'attente d'expertises. Selon un communiqué, le tribunal a prié «l'équipe médicale de poursuivre les soins appropriés» et ordonné «la réalisation d'une expertise médicale sur la situation de la jeune patiente», pour qui une amie du papa a par ailleurs créé une cagnotte.

Le but est de les aider dans les frais juridiques, les frais d'hébergement à Marseille. Mais surtout pour l'avenir si nous serons confrontés aux besoins spécifiques de ma puce, affirme le papa sur une page Facebook créée expressément pour sa fille. Je ne vous oblige à rien, si vous participez merci bcp sinon merci de continuer vos prières pour le rétablissement de ma petite Marwa.» (...)

La petite fille s'est réveillée mardi soir. Son papa a rapidement posté une vidéo sur Facebook, montrant l'enfant le suivre du regard et vraisemblablement réagir à la voix de son père, qui considère cela comme un progrès énorme. La vidéo était accompagnée d'un texte rempli d'espoir, d'amour et de positivité: «Ma Marwa d'amour, tu me manques mon ange. Continue de te battre ma chérie, je t'aime trop».

«Elle ouvre et ferme un oeil, se réjouit-il. Son traitement se poursuit, mais on constate chaque jour des progrès, et ça nous donne beaucoup d'espoir. Quand je lui parle, elle entend ma voix, elle réagit, parfois même elle sourit.»

Posté le 27 novembre 2016 à 08h08 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)

24 novembre 2016

Ils voulaient la "débrancher", elle s'est réveillée

Lu ici :

"Ses médecins proposaient de la débrancher. Dix jours plus tard, cette petite Niçoise d'un an, maintenue en vie par un appareil respiratoire, montre "des signes d'espoir" à ses parents, plus combatifs que jamais. Il est bien trop tôt pour savoir si elle va mieux. Mais son père y voit forcément "des signes d'espoir". Et un "progrès énorme". Marwa, 1 an, s'est réveillée mardi soir. Son père a immédiatement diffusé une troublante vidéo sur les réseaux sociaux. La fillette semble réagir à la voix de son père, le suivre des yeux et même esquisser un petit sourire.

Posté le 24 novembre 2016 à 21h09 par Michel Janva | Lien permanent

19 novembre 2016

22 novembre à Saint-Maur-des-Fossés : conférence de Me Jérôme Triomphe

Conférence AFC St-Maur 22 novembre 2016

Posté le 19 novembre 2016 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

17 novembre 2016

Droit de tuer : l'ADMD tente de l'obtenir par la jurisprudence

Unknown-46Le 10 novembre, Jean Mercier, membre de l'ADMD (en photo avec Jean-Luc Romero), jugé en appel pour avoir tué sa femme au nom de ses principes euthanasiques, a été relaxé. Agé de 88 ans, il a été prompt à tuer sa femme, mais il prend son temps pour appliquer son idéologie sur lui-même : il a un cancer de la prostate et la maladie de Parkinson…

L’avocat général avait souligné que cette femme de 83 ans n’était pas « en fin de vie », qu’elle n’était pas atteinte d’un mal incurable, mais qu’elle souffrait « d’arthrose et d’anxiété ».

Jean Mercier avait été condamné en première instance à un an de prison avec sursis pour non-assistance à personne en danger. C’est aussi cette « peine de principe » qui avait été requise en appel.

Mais le jugement a été celui du droit à l’euthanasie contre la loi. L'ADMD était présente au tribunal.

Néanmoins, le parquet général de Lyon a formé un pourvoi en cassation.

Posté le 17 novembre 2016 à 08h24 par Michel Janva | Lien permanent

07 novembre 2016

Mourir dans la dignité ? C'est possible avec les soins palliatifs

Jeanne Smits témoigne suite au décès de son frère :

RS©_Page_2[6]"[...] Nous avons pu mesurer combien les soins palliatifs reçus chez les Augustines de Malestroit, affectueux, respectueux du moindre souffle de vie, sont importants. Du point de vue spirituel, évidemment, mais aussi pour les proches du malade qui reçoivent par là le don du temps, de ces derniers mois, ces dernières semaines, ces derniers jours où le corps décline lentement, à son rythme, permettant d'apprivoiser doucement l'idée de la mort de celui qu'on aime.

Derniers coups de fil. Derniers allers-retours angoissés depuis Paris à son chevet, avec à chaque fois la crainte d'avoir dit au revoir pour la dernière fois. De sa part, au cours de ces dernières semaines, toujours les mêmes mots pour ouvrir les conversations, dits avec insistance, jusqu'à ce que la capacité de parler lui échappe à son tour : « Je vais très bien ! » Avec le recul, je comprends aujourd'hui que cela était rigoureusement exact.

Car le mourant vit un temps de la grâce, d'une richesse profonde. Mourir dans la dignité ? C'est cela, exactement : mourir comme un homme qui se prépare à la vie éternelle, maternellement porté par Marie !

Mon frère, au dernier stade de son cancer, aura passé deux mois sans manger, il n'en était plus capable ; il était hydraté, il a décliné tout doucement. D'un cousin néerlandais passé le voir, nous apprenons qu'aux Pays-Bas, les cancéreux qui ne mangent plus sont volontiers laissés sans hydratation. Et l'affaire est pliée en trois jours. « Mais ils doivent souffrir horriblement ! » — « Mais non. On leur donne de la morphine… » Non : on leur vole leur mort. [...]"

Posté le 7 novembre 2016 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

26 octobre 2016

Belgique : banalisation et explosion du nombre d'euthanasies

Ce qui se passe en Belgique est terrifiant et devrait provoquer une prise de conscience pour mettre un coup d'arrêt à la culture de mort. Extrait de l'interview de Carine Brochier, de l'institut européen de bioéthique, pour Atlantico :

Selon la note de Synthèse de l’Institut Européen de Bioéthique(...), les euthanasies sont en hausse de 41% sur les 4 dernières années en Belgique. Les motifs invoqués en cas d'euthanasie vous semblent-ils toujours légitimes ? Quelles sont les principales dérives à craindre ? 

Ces chiffres font part des euthanasies officielles. Il est bien sûr impossible de chiffrer le nombre réel de personnes euthanasiées et pour lesquelles, contrairement à ce que la loi de 2002 exige, le médecin n’aurait pas rempli le formulaire de déclaration. Cette précision est importante dans la mesure où, de leur aveu même, un certain nombre de médecins prennent parfois des libertés avec la loi. Ces chiffres ne présentent qu'une partie de la vérité sur l'euthanasie en Belgique.

Si l'on accepte malgré tout de prendre pour base de travail les chiffres contenus dans le Rapport de la Commission, deux enseignements majeurs peuvent être tirés. Premièrement, un grand nombre des « affections médicales » fréquemment invoquées pour demander l'euthanasie sont difficiles à circonscrire. Je ne prendrais qu'un exemple en vous parlant des « polypathologies », qui représentent une part non négligeable du total des euthanasies au cours de ces deux dernières années. (385 personnes)

En pratique, il s'agit de situations où une personne, parce qu'elle vieillit notamment, est en proie à plusieurs fragilités physiques dues au grand âge et, qui, se cumulant, la font souffrir et la rendent dépendante de son entourage. On peut par exemple penser à l'ostéoporose, à une baisse de la capacité auditive ou à une vue déclinante. Ces affections médicales sont courantes, elles font partie de la vie lorsque le corps vieillit. Nous connaissons tous dans notre entourage proche des personnes âgées qui, subitement ou lentement, voient leur santé se dégrader. 

Dans un certain nombre de cas, cette nouvelle donne rend la personne qui la subit de plus en plus dépendante de son entourage et de son environnement domestique. Avec le temps, un certain isolement peut advenir : les contacts sociaux s'amenuisent graduellement, les proches et la famille ne se rendent plus aussi souvent qu'ils ne le voudraient à son chevet. A la souffrance physique s'ajoute alors la solitude. 

Combinées, souffrance physique et psychique peuvent engendrer une volonté d'en finir. C'est ce que le Rapport officiel de la Commission euthanasie mentionne sous le terme « désespoir ». 

Vous constatez une évolution vers une forme de banalisation de l’euthanasie depuis 14 ans ? 

C'est très interpellant car, originellement, l'euthanasie ne devait se pratiquer qu'à titre exceptionnel, dans des conditions que le législateur a voulues très strictes. Mais à l’usage, on remarque que les termes utilisés par la loi permettent une interprétation de plus en plus large parce que, au départ, ils étaient flous : on parle de « souffrance insupportable, continue et inapaisable », de « fin de vie prévue à brève échéance », etc. Ce flou législatif, la Commission d'évaluation elle-même le reconnaît lorsqu'elle souligne à quel point la souffrance est une notion éminemment personnelle et laisse le patient seul juge de son intensité et de déterminer si, à ses yeux, elle est ou non supportable.

Nous constatons aujourd'hui à quel point nous ne parvenons pas à contrôler les « strictes conditions » d'application de la loi. C'est aussi ce qui explique que des demandes autrefois jugées comme ne pouvant en aucun cas être rencontrées soient aujourd'hui avalisées par la Commission chargée du contrôle de la loi comme  par bon nombre de médecins et la majorité des citoyens belges. 

En un mot, ce qui peut et doit être dénoncé avec force, c'est la banalisation de l'acte euthanasique. Cette loi, qui contenait en elle les germes de la dérive en utilisant pour conditions des qualificatifs éminemment flous ou subjectifs, nous rapproche de plus en plus d'une forme d'euthanasie à la demande. Ne dit-on d'ailleurs pas que pas que l’offre crée la demande ? 

Les chiffres montrent aussi que 63% des personnes euthanasiées ont plus de 70 ans

Lorsqu'une personne est atteinte de polypathologies, elle est en fait dans une situation couramment rencontrée par bon nombre de nos aînés : le corps vieillit, les ennuis de santé s'accumulent, la dépendance aux autres se fait plus grande et, si on n'y prend garde, le sentiment de solitude et la perte de sens grandissent également. 

Face à cela, au nom d'un certain désespoir se conjuguant aux affections médicales rencontrées par la personne qui en souffre, l'euthanasie est entrevue comme une piste de solution. Au départ d'une conséquence naturelle de l'état de vieillesse où le corps exprime ses limites, l'euthanasie est présentée comme une possible réponse (...)

Vous parliez d’un deuxième point à relever dans le Rapport de la Commission. Serait-ce le nombre d'euthanasies pratiquées en raison de troubles d'ordre psychologique, et donc sur des personnes mentalement fragiles, qui lui aussi est en augmentation ?

En effet, en deux ans, 124 personnes souffrant de « troubles mentaux et de comportement » (dépression, Alzheimer, démence, etc.) ont été euthanasiées. Cela signifie que, malgré leurs facultés mentales altérées, des médecins ont accédé à leur demande. 

La presse internationale, et notamment le Washington Post en octobre dernier, n’a pas manqué de relayer nombre d'opinions d’effarement face à cette pratique. L'interrogation pouvait être résumée par cette question : « que faites-vous donc en Belgique ? ». Certaines associations de psychiatres belges et mondiales se sont mobilisées pour réagir elles aussi. Un groupe de plus de 80 personnalités s’est constitué en Belgique pour pousser un cri d’alarme. http://www.ieb-eib.org/fr/pdf/20150916.pdf

Pourquoi ? Car ces personnes malades de troubles mentaux et de comportement n'étaient pas en phase terminale, loin de là. Mais certains médecins ont jugé qu’ils avaient tout essayé et, qu’au nom de l'autonomie du patient, ils pouvaient accéder à leur demande et provoquer ainsi leur mort (...) 

Toutefois, cela ne pose-t-il pas des questions fondamentales ? En interrogeant notre vivre ensemble, pouvons-nous accepter, qu’au nom de l’autonomie toute puissante d’une personne affaiblie et fragile, nous devions démissionner et « obéir » à une demande de mort ? L’euthanasie ne règle-t-elle finalement pas notre incapacité à durer dans le soin aux personnes ? (...)

À l'Institut Européen de Bioéthique, nous entendons les témoignages de soignants expliquant comment la famille, parfois épuisée, en vient à demander l'euthanasie pour un proche devenu dépendant. Cela sort bien sûr complètement du cadre légal (...) Oui, la mentalité euthanasique est réelle (...)

Mais pour arriver à cela, il est essentiel de d'abord sortir d'une idéologie qui voudrait que l'individu soit seul maître de sa vie et seul au monde. Il y a un impact sociétal dans le cadre d'une mort provoquée. Provoquer la mort d’une personne malade, seule, fragile et vulnérable, est un acte universellement blessant pour toute société. Nous esquivons la question en estimant que l'individu qui souhaite l'euthanasie est maître de sa vie et nous occultons consciemment ou inconsciemment les suites que cela engendre, le syndrome post-euthanasique pour les « survivants ». 

Globalement, l’euthanasie ne nous fait pas du bien. C’est pourquoi, il est vital et urgent d’oser voir la réalité, loin de tout combat idéologique, se réappropriant une réflexion en raison en vue du bien commun aujourd’hui et pour demain. Alors enfin, face aux cancers, aux polypathologies, à la démence, aux dépressions, au désespoir et à la solitude, pourra être proposée une autre solution que celle de provoquer la mort."

Posté le 26 octobre 2016 à 07h11 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

20 octobre 2016

Pays-Bas : euthanasie pour les personnes âgées qui ont le sentiment d'avoir bien vécu

Après l'idée de contraception obligatoire pour les parents "incompétents", les Pays-Bas lancent le projet inouï d'autoriser l'euthanasie ou le suicide assisté pour les personnes âgées "qui ont le sentiment d'avoir bien vécu". En attendant que cela devienne obligatoire ?

"Le texte veut ouvrir l'euthanasie à ceux qui ont "accompli leur vie". Aux Pays-Bas, le gouvernement porte un projet de loi visant à permettre aux personnes âgées de bénéficier de la loi sur le suicide assisté.

En 2002 le pays était le premier, avec la Belgique, à légaliser le suicide assisté, tout en le réservant à ceux qui souffrent sans perspective de guérison. La loi ne concerne pas que les personnes atteintes de maladie en phase terminale, mais aussi celles qui souffrent mentalement (...)

Dans leur lettre, les ministres de la Santé et de la Justice stipulent que ceux qui ont l'opinion d'avoir "accompli leur vie, peuvent, selon des critères stricts, être autorisés à finir leur vie de manière digne"."

Posté le 20 octobre 2016 à 11h46 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

01 octobre 2016

Juste avant de la débrancher elle était encore en vie...

Images-9Une jeune britannique de 22 ans, dans le coma après un terrible accident de voiture, a arrêté les médecins qui allaient la débrancher en bougeant un orteil.

Après 19 jours sans réaction et de gros dommages au cerveau, le corps médical avait conseillé aux parents d'arrêter les frais. Les parents s'étaient donc préparés au pire et au moment d'arrêter les machines, "Sam est revenue d'entre les morts".

Posté le 1 octobre 2016 à 11h32 par Michel Janva | Lien permanent

20 septembre 2016

L’Europe est entrée dans un hiver démographique par un nihilisme fertile

Extraits de l’éditorial de Jean-Marie le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, dans la Lettre de la Fondation de septembre 2016 :

Test-2« A la question, "la vie vaut-elle encore la peine d'être donnée ?" les différentes politiques conduites depuis cinquante ans répondent clairement « non » ! D’où la succession ininterrompue jusqu’à ce jour de lois mortifères sur la famille, la contraception, l’avortement, la procréation artificielle, l’eugénisme et ces nouvelles formes de sacrifices humains que constituent les expériences sur l’embryon. Pour ne parler que des agressions contre le début de la vie, des dérives analogues s’ingéniant à hâter la fin de vie. L’Europe est entrée dans une sorte "d’hiver démographique", non plus à cause d’une guerre mais par un nihilisme fertile en raison de non-vivre (malthusianisme, hédonisme, écologisme, etc.). La « disparition » française de 10 millions d’enfants depuis plus de quarante ans est l’objet d’une célébration permanente et fait notre fierté nationale. Toute critique publique de cette hécatombe est formellement interdite au profit d’un masochisme auquel succombent les meilleurs. Il faudrait même se repentir, au nom d’un terrorisme de la bienveillance, d’évoquer ce cortège de morts, par égard à l’idéologie féministe et à ses prêtresses, c’est-à-dire que ce sont bel et bien les victimes qui sont devenues les bourreaux.

Les fruits de cette tragédie pour la France sont gravement sous-estimés : « nous sortons de l’Histoire parce que nous sortons de la vie ! ». La fondation Jérôme Lejeune est la seule institution à combattre l’avortement (et ses avatars, y compris la GPA) non seulement en tant qu’acte individuel mais parce qu’il entraîne aussi des conséquences collectives, morales, juridiques, financières, démographiques et géopolitiques dévastatrices. Pour le Pr Jérôme Lejeune « un pays qui tue ses enfants tue son âme ».

Nous en sommes là, anémiés spirituellement et physiquement face aux nouvelles menaces. Par son action concrète, inlassable et unique, la Fondation ne se résigne pas à voir la France renoncer à protéger ses propres enfants et perdre son âme. Elle n’accepte pas que l’on sacrifie la victime pour ne pas avoir à affronter l’agresseur, que l’on ne livre pas bataille par peur de déplaire aux grandeurs d’établissement, que l’on cède pour ne pas perdre. Le salut de la France dépend de ses raisons de vivre. C’est le trésor que nous voulons partager. D’urgence, aidez la Fondation à redonner à nos compatriotes le goût de cette « incroyable signification de la vie humaine ». Pour ne pas sortir de l’Histoire. »

Posté le 20 septembre 2016 à 14h26 par Michel Janva | Lien permanent

17 septembre 2016

Un mineur assassiné légalement en Belgique

Unknown-9Pour la première fois, un mineur a été euthanasié en Belgique. Cette possibilité existe légalement depuis le début 2014, mais personne n'y avait jamais eu recours jusqu'à présent.

La loi belge n'impose pas de limite d'âge, contrairement aux Pays-Bas, qui a fixé le seuil de 12 ans. 

Le suicide de l'Europe se poursuit.

Posté le 17 septembre 2016 à 10h27 par Michel Janva | Lien permanent

06 août 2016

Sédation terminale : la loi Claeys-Leonetti entre en vigueur

Le droit à la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès pour les patients en fin de vie est entrée en vigueur vendredi. Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a signé deux décrets et un arrêté publiés au Journal Officiel permettant l’application de la loi seconde loi Claeys-Leonetti adoptée le 2 février 2016.

Ces textes précisent les conditions dans lesquelles peuvent être décidés l’arrêt des traitements et la mise en œuvre de la sédation profonde et continue. 

Consultatives jusqu’à aujourd’hui, les directives anticipées s’imposent désormais aux médecins. Dans le cas où le patient ne peut pas les écrire lui même, une personne tierce en présence de deux témoins peut le faire. Une fois signées, elles peuvent être remises à n’importe quel médecin, ou une personne de confiance. Elles n’ont pas de limite dans le temps et peuvent être révisées à tout moment. Toutefois, l’un de ces textes prévoit qu’un médecin peut ne pas tenir compte de ces directives anticipées s’il les juge « manifestement inappropriées ou non conformes à la situation médicale ». Il devra alors recueillir l’avis de l’équipe de soins et d’un autre médecin « avec lequel il n'existe aucun lien de nature hiérarchique ». La personne de confiance et les proches devront également être consultés avant d’inscrire ces motifs de refus dans le dossier du patient.

Un patient hors d'état d'exprimer sa volonté et pour qui un arrêt de traitements a été décidé pourra être placé sous sédation "même si la souffrance de celui-ci ne peut pas être évaluée du fait de son état cérébral"...

Posté le 6 août 2016 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2016

Un fauteuil pour Vincent Lambert

Communiqué des amis de Vincent Lambert :

"Le 23 juillet 2015, le docteur Daniela Simon du CHU de Reims avait finalement décidé de ne pas arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert . Nous espérions alors que cette décision marque l’amorce d’une évolution sage, pour le bien de Vincent et pour son transfert dans un établissement adapté. Un an après, ce n’est malheureusement pas le cas. La justice française, par deux décisions (relance de la procédure pouvant mener à l'arrêt de l’hydratation et de l’alimentation, et confirmation de la tutelle confiée à Rachel Lambert), vient de réouvrir la piste de l'euthanasie.

En juin, nous avons demandé votre aide afin d’acheter un fauteuil adapté pour Vincent, afin qu’il puisse sortir de la chambre dans laquelle il est enfermé depuis 3 ans. Permettre à Vincent de sortir quelques instants de sa "prison" et de retrouver des sensations au contact de l'air frais est une mesure qui relève,de la plus simple humanité. Grâce à votre générosité, la somme a été largement réunie en moins de 24h.

Depuis, le comité de soutien a entrepris plusieurs démarches auprès du CHU afin de rendre opérationnel ce beau projet.

Emmanuel Guépin, notre porte-parole, a échangé par courrier avec Madame Dominique de Wilde, directrice générale du CHU de Reims. Après plusieurs relances par courriel et téléphone, le secrétariat du CHU vient de lui dire que cette question sera traitée par Madame Pascale Jaillet, directrice du site hospitalier de Sébastopol auquel est rattaché Vincent. Emmanuel Guépin va donc dans les prochains jours pouvoir échanger avec cet interlocuteur. Nous vous tiendrons informés."

Posté le 30 juillet 2016 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2016

La clause de conscience des pharmaciens est un droit de l'homme

Grégor Puppinck, Docteur en droit, Directeur de l’ECLJ et auteur de l’essai « Objection de conscience et droits de l’homme », publié par Société Droit et Religion, CNRS Editions, juillet 2016. Il vient d’être nommé membre du panel d’experts de l’OSCE/ODIHR sur la liberté de religion ou de croyance, la principale autorité institutionnelle en matière de liberté de religion et de conscience, pour 3 ans. Il aborde pour Gènéthique le problème de la clause de conscience des pharmaciens :

"Cette clause garantirait à chaque pharmacien le droit de « refuser d’effectuer un acte pharmaceutique susceptible d’attenter à la vie humaine ». A ce jour, ce droit est déjà garanti aux médecins et à tous les auxiliaires médicaux ainsi qu’aux sages-femmes et aux chirurgiens-dentistes. Il est aussi reconnu aux pharmaciens dans de nombreux autres pays européens. C’est le cas notamment de nos voisins, belges, britanniques, espagnols, italiens et portugais. Les pharmaciens français font donc doublement figure d’exception en France et en Europe. Plus généralement, c’est ce même droit « de ne pas tuer » qui est aussi reconnu face au service militaire.

En fait, les pharmaciens français, comme toute autre profession, possèdent déjà potentiellement ce droit, puisqu’il leur est garanti au titre de la liberté de conscience par le droit européen et international. Ceux qui veulent l’exercer peuvent déjà l’invoquer devant les juridictions françaises et internationales qui devront alors en fixer les limites.

La Cour Européenne des droits de l’homme reconnaît « la liberté de conscience des professionnels de la santé »

Il est vrai qu’il y a plus de 15 ans, dans l’affaire Pichon et Sajous contre la France, la Cour européenne des droits de l’homme avait accepté qu’un pharmacien soit sanctionné pour son refus de vendre la pilule. Mais cette décision ancienne a été fort critiquée, car pour justifier sa position, la Cour a observé que le pharmacien conserve, nonobstant l’obligation de délivrer des pilules abortives, la faculté de manifester ses convictions « hors de la sphère professionnelle ». De fait, cette faculté de manifester ses convictions hors du cadre professionnel ne réduit en rien la contrainte à laquelle il était soumis dans ce cadre.

Plus récemment, la Cour européenne a reconnu à plusieurs reprises le droit du personnel médical à la liberté de conscience, estimant qu’il appartient aux Etats « d’organiser leur système de santé de manière à garantir que l’exercice effectif de la liberté de conscience des professionnels de la santé dans le contexte de leurs fonctions n’empêche pas les patients d’accéder aux services auxquels ils ont droit en vertu de la législation applicable ». Ainsi, la Cour de Strasbourg tient pour acquis que l’Etat ne peut pas obliger un professionnel de la santé à agir contre sa conscience, même pour délivrer un « service » légal, tel que l’euthanasie.

Avortement, euthanasie, biotechnologies : le Conseil de l’Europe reconnaît le droit de ne pas tuer.

Le « Droit à l’objection de conscience dans le cadre des soins médicaux légaux » a aussi été solennellement réaffirmé en 2010 par le Conseil de l’Europe, garantissant ce droit à toute personne et établissement de refuser « de réaliser, d’accueillir ou d’assister un avortement, une fausse couche provoquée ou une euthanasie » ou « toute intervention visant à provoquer la mort d’un fœtus ou d’un embryon humains ».  De même, en 1989, le Comité d’experts du Conseil de l’Europe en matière de bioéthique avait aussi affirmé ce droit.

En outre, la Cour de Strasbourg exige des législations nationales qu’elles soient cohérentes et non discriminatoires, ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Il est incohérent et discriminatoire de reconnaître la clause de conscience à toutes les professionnels de santé à l’exclusion des pharmaciens. En effet, que l’euthanasie soit pratiquée au moyen d’un comprimé ou d’une perfusion ne change rien à la nature de l’acte. Celui qui vend le comprimé est autant engagé moralement par l’acte que celui qui pratique la perfusion. Il est donc incohérent de garantir le droit de ne pas pratiquer la perfusion et de refuser celui de ne pas vendre le poison. Le pharmacien collabore directement à l’euthanasie dès lors que l’usage et l’effet du poison délivré ne laissent place à aucun doute.

L’objection de conscience : un « signal d’alarme » pour la société

Il est parfois objecté que les professionnels de santé ne devraient pas avoir de liberté de conscience car ils choisissent librement leur profession. Cela reviendrait paradoxalement à interdire ces professions aux personnes qui justement refusent « d’attenter à la vie humaine ». En outre, tous ces professionnels doivent s’engager à exercer leur profession avec conscience, ce qui est une garantie pour les patients. Or, pour nombre d’entre eux, l’euthanasie est étrangère à leur profession.

L’euthanasie et la stérilisation forcée ont été largement pratiquées au XXe siècle, et pas seulement dans l’Allemagne nazie ; il aurait été bon qu’à l’époque les médecins et les pharmaciens bénéficient d’une clause de conscience, et surtout qu’ils l’exercent !

La clause de conscience n’est pas qu’une liberté individuelle, elle est aussi un signal d’alerte pour toute la société. Si de nombreux médecins et pharmaciens refusent de pratiquer un acte, les autorités publiques ne devraient pas chercher à les y forcer, mais devraient s’interroger sur les causes de ce refus, car ce n’est pas la loi, mais bien la conscience individuelle qui est l’ultime juge de la justice.

Refuser toute clause de conscience aux pharmaciens, comme semble le vouloir le gouvernement, au motif qu’ils pourraient l’exercer contre la délivrance de « pilule abortive » n’a aucun sens et est une insulte à cette profession, d’autant plus que toutes les autres professions médicales peuvent refuser de participer à une IVG. Il faut faire confiance au professionnalisme des pharmaciens et à la conscience individuelle… plus qu’à la loi."

Posté le 25 juillet 2016 à 17h31 par Michel Janva | Lien permanent

23 juillet 2016

Le diktat de l'Ordre des pharmaciens

Suite au communiqué de l'Ordre des pharmaciens, demandant l'enterrement du projet de clause de conscience, un pharmacien lecteur du Salon Beige nous fait suivre son courrier de réaction :

"Mon message fait suite au sondage sur le projet d'article R.4235-18 du Code de déontologie.

Je n'ai pas manqué de donner mon avis en ligne (et vous remercie de m'en avoir donné la possibilité) mais n'ai pas alors jugé utile de rédiger un commentaire expliquant mon choix, ce que j'ai vivement regretté à la lecture du communiqué de presse de Madame la Présidente du Conseil national. C'est donc l'objet de ces quelques lignes ; je tâcherai d'être bref.

Concernant l'article proprement dit, l'absence de définition claire d'un "acte pharmaceutique susceptible d'attenter à la vie humaine" est déjà un problème de taille. De même, que doit-on ou non considérer comme un soin ? La question est cruciale à notre époque où l'on voudrait confondre alimentation et hydratation, soin et acharnement.

Par ailleurs, tout mettre en œuvre pour qu'un autre pharmacien effectue un acte que l'on juge soi-même coupable me semble absurde.

Et après les précautions initiales ("sans préjudice pour ..."), le diktat final que l'on pressentait ("Si tel n’est pas le cas, le pharmacien est tenu d’accomplir l’acte pharmaceutique"). Soit, au final, une coquille vide.

J'ai logiquement voté "non", non pas - vous l'aurez compris - parce que je serais opposé à une clause de conscience - bien au contraire - mais parce que je refuse une telle hypocrisie.

Quant au communiqué de presse, que de politiquement correct et que de justifications pour assurer que l'on ne déroge pas à l'ordre établi ! Madame la Présidente du Conseil national précise "qu'il n'est évidemment (sic) pas question [...] de pilule du lendemain, de stérilet ou même de préservatif". Et d'ajouter - à juste titre - que le préservatif n'a jamais attenté à la vie humaine. On peut donc en déduire que ce n'est pas le cas pour la pilule du lendemain et le stérilet. Pourquoi donc alors ce texte ne pourrait-il s'appliquer au stérilet et à la pilule du lendemain ? Quel pharmacien pourrait prétendre qu'à partir du moment où il y a eu fécondation, pilule du lendemain et stérilet n'attentent pas à la vie humaine ? Sauf à considérer que la grossesse ne débute qu'après la nidation et que la fusion des gamètes ne produit pas un être à part entière doté d'un patrimoine génétique original, ce qui suppose une bonne dose d'idéologie.

L'assurance enfin que l'Ordre veille et porte plainte lorsqu'un pharmacien - nous dit-on - "ne respecte pas ses devoirs" (à définir, une fois de plus, afin d'éviter les interprétations multiples) est indécente s'agissant d'atteinte à la vie humaine. De nombreux pharmaciens, et beaucoup parmi les plus jeunes, n'auront d'autre choix que de renoncer à exercer s'ils veulent - comme c'est mon cas - pouvoir agir en conscience.

Bref, mieux vaut le statu quo (c'est-à-dire l'absence de clause de conscience) plutôt qu'un article ainsi rédigé."

Posté le 23 juillet 2016 à 22h36 par Michel Janva | Lien permanent

22 juillet 2016

Clause de conscience des pharmaciens : le sujet n'est pas enterré

Dans un communiqué, le conseil de l’ordre des pharmaciens a voulu mettre fin aux discussions sur une éventuelle clause de conscience. Heureusement, il y a toujours des réactions. Florence Taboulet, professeur en droit pharmaceutique et économie de la santé à l’Université Toulouse III, juge le projet de code de déontologie « excellent » :

« c’est l’acquisition d’un nouveau droit, c’est positif pour la profession. On répare une anomalie. De même qu’on se réjouit de nouveaux droits des patients, il faut se réjouir de nouveaux droits pour les pharmaciens ».

Sur le domaine d’application de la clause, elle explique :

« Pour moi, lorsque j’ai lu le texte, c’était une évidence que la clause de conscience s’appliquait au début et à la fin de vie. L’ ‘atteinte à la vie’, c’est le début et la fin de la vie. Historiquement, c’est là où ça coince, c’est la réalité du terrain. Si ce n’est pas ça, il faudrait l’expliquer, et expliciter le champ de la clause de conscience ».

Florence Taboulet s’étonne donc des propos d’Isabelle Adenot qui assure que la clause de conscience ne concernerait que la fin de vie.

« En l’état actuel du droit, la clause de conscience ne peut concerner que le début de la vie, car pour ce qui est de l’empoisonnement et du suicide, les règles du code de la santé publique permettent déjà de ne pas délivrer des médicaments ».

Pour l’instant, « trois produits seraient concernés : mifepristone (RU486 ou avortement médicamenteux), stérilet et contraception d’urgence ».

Pour l’heure, l’Ordre a repoussé l’adoption du nouveau code de déontologie au 6 septembre, et décidé « de ne pas maintenir en l’état le projet »

Posté le 22 juillet 2016 à 19h26 par Michel Janva | Lien permanent


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