29 janvier 2015

Rejet de la proposition de loi EELV sur l'euthanasie

Les députés ont rejeté aujourd'hui, avec l'appui du gouvernement, une proposition de loi écologiste qui visait à légaliser le suicide médicalement assisté et l'euthanasie, à distinguer du texte à venir permettant une sédation profonde, concocté par les députés Claeys et Leonetti.

Posté le 29 janvier 2015 à 18h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Fin de vie : l’urgence réside dans l'amélioration des soins palliatifs

Valérie Debord, secrétaire nationale de l’UMP chargée de la famille, écrit dans Valeurs actuelles à propos de ce qui se prépare autour de la fin de vie et de l'euthanasie :

Valeurs4078_001_0"[...] Si l’on peut se réjouir d’une amélioration des processus de sédation, avec un encadrement strict, cette nouvelle forme de sédation sera-t-elle un droit de confort, ou ne visera-t-elle pas, à terme, à donner la mort ? Si la définition de la sédation fait consensus en anesthésie et réanimation, il n’en est pas de même en médecine palliative où il faut différencier “sédation en phase terminale” et “sédation terminale”. Cette pratique, ayant pour effet secondaire d’accélérer la fin de vie, est bien mise en place uniquement pour soulager la souffrance. Il s’agit d’un double effet, non d’une pratique euthanasique, ce qui revient à supprimer la notion d’intention dans l’administration des substances. De plus, il est très difficile de connaître l’effet réel de cette pratique sur une éventuelle accélération de la fin de vie, car il existe des cas où l’inverse se produit.

Rendre contraignantes les directives anticipées conduira-t-il à maintenir ou à abolir la liberté d’appréciation des équipes soignantes ? Dès lors qu’elles ne sont plus simplement indicatives, comment ne deviendraient-elles pas un droit opposable, susceptible de se retourner contre le patient lui-même ?

Sur ces points fondamentaux, les risques de dérives ne semblent pas levés et doivent inciter à la prudence et à l’humilité. Aujourd’hui, l’urgence réside dans une meilleure application de la loi et dans l’augmentation du nombre de lits en unité de soins palliatifs, dans l’amélioration de la formation médicale et de la coordination des services médicaux et médico-sociaux, afin que toute personne en fin de vie puisse avoir accès à un accompagnement. Il faut tout faire pour soulager la souffrance des familles et des patients, qui doivent être respectés en fin de vie dans leur dignité, dans leur autonomie et dans leur vulnérabilité.

En revanche, aller au-delà, en créant une possibilité pour le corps médical de donner la mort, est contraire à notre conception de la dignité de l’être humain et du respect de la vie, et reviendrait à instaurer un droit à la mort, équivalent d’un droit à la vie. Le suicide, “droit liberté”, ne peut devenir un “droit créance” et l’instauration d’un “droit à la mort” constituerait une rupture de solidarité vis-à-vis des plus faibles. À l’heure où 300 000 de nos concitoyens meurent d’une manière inhumaine et où 80 % de ceux qui pourraient avoir accès aux soins palliatifs en sont exclus, la question prioritaire n’est pas celle de l’euthanasie, mais celle de l’urgence à remédier au vrai scandale auquel sont confrontées les familles : la persistance du “mal-mourir” en France."

Posté le 29 janvier 2015 à 08h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

28 janvier 2015

Sens commun s'oppose au rapport Claeys Léonetti

Sens Commun déclare :

"[...] Nous tenons à rappeler que l’interdiction de donner la mort est l’un des fondements de notre société et qu’il est inacceptable de remettre ce fondement en cause. Notre positionnement est clair et restera inébranlable : OUI aux soins palliatifs, NON à l’acharnement thérapeutique, OUI aux soins permettant de soulager, NON à un dispositif qui reviendrait à tuer le patient. 

Fruit d’un consensus parlementaire inédit, la loi du 22 avril 2005, dite « loi Leonetti », doit être appliquée. Il faut lui donner les moyens d’atteindre ses objectifs plutôt que de créer de nouveaux dispositifs législatifs conçus dans l’émotion et la division et menant tout droit à une légalisation extensive de l’euthanasie."

Posté le 28 janvier 2015 à 16h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

En fin de vie, de nombreuses personnes vivent un combat intérieur spirituel

Odile Guinnepain, infirmière spécialisée en soins intensifs, fondatrice de l’association Serviteurs et priants, vient d’écrire une lettre ouverte pour alerter sur les dérives qu’entraînerait l’adoption du projet de loi Claeys-Leonetti. Elle répond à Présent :

"[...] Qu’entend le rapport par « sédation terminale » ?

Cela signifie que le patient est endormi jusqu’à sa mort. Actuellement, lorsque le personnel soignant sédate un malade en phase terminale, il le réveille régulièrement, pour voir où il en est et adapter les soins. Là, il n’y a plus aucun contrôle. Le malade est sédaté jusqu’à ce que mort s’en suive. C’est clairement de l’euthanasie déguisée.

Il y a sûrement des unités de soins palliatifs où les traitements ne sont pas administrés correctement et où les patients souffrent. Mais, dans ces cas-là, il faut prendre les moyens de développer les soins palliatifs et surtout de former le personnel.

Vous alertez également sur le fait que la proposition de loi ôte le risque du « double effet ». De quoi s’agit-il ?

Lorsque vous mettez en place un traitement pour soulager un malade en le sédatant, il existe toujours un risque que le patient meure consécutivement à l’administration de ce traitement. C’est le double effet. Cet effet n’est pas dû à une intention qui serait de donner la mort. C’est un risque qui existe et que l’on connaît. Pie XII, lorsqu’il s’est adressé aux médecins et aux soignants, en a parlé et a dit qu’il fallait prendre ce risque pour soulager le malade. Le problème aujourd’hui est que dans le rapport, cette notion de « double effet » disparaît totalement. Concrètement, les soignants n’ont plus « besoin » d’observer et de surveiller leurs patients pour s’assurer que le traitement n’a pas d’effet néfaste, à cause d’un surdosage par exemple. Cela équivaut à déresponsabiliser l’équipe médicale.

Vous dites également qu’il faut distinguer la médecine palliative et le mouvement de soins palliatifs ?

Oui, la médecine palliative est quelque chose de fantastique qui permet de faire de belles choses. Le mouvement, lui, est une conception des choses très laïque et athée, qui a gommé la notion de la foi. Vous savez, en fin de vie, de nombreuses personnes vivent un combat intérieur spirituel. Dans les faits, cela se manifeste par des agitations, des peurs. On ne peut pas les soulager avec des médicaments, et rarement avec des anxyolitiques. Ces angoisses sont soulagées par une présence humaine et la prière. J’ai pu le constater à de nombreuses reprises. Pour éviter cet état d’agitation, certains soignants les sédatent pour gommer ces angoisses et ces sédations peuvent aboutir à la mort du patient."

Posté le 28 janvier 2015 à 11h34 par Michel Janva | Lien permanent

27 janvier 2015

Assassinats : l'ex-Dr Bonnemaison sera rejugé

L'ex-urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison, acquitté par la Cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques le 25 juin 2014 de l'empoisonnement de sept patients en fin de vie, sera rejugé par la Cour d'assises d'Angers -du 12 au 23 octobre.

Posté le 27 janvier 2015 à 21h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

26 janvier 2015

Un député slovaque à la Marche pour la vie

Miroslav Mikolasik, député européen d’origine slovaque, était présent à la Marche pour la vie le 25 janvier à Paris. Il répond à Famille chrétienne :

"Je suis ici, car j’ai été invité par les organisateurs de la Marche… Je suis un député pro-vie. Je suis aussi père de famille et médecin. En tant qu’anesthésiologue, j’ai une connaissance précise des techniques de traitement de la douleur. À ce titre, je peux affirmer que les douleurs les plus importantes peuvent être soulagées. C’est essentiel, car les arguments invoqués par les partisans de l’euthanasie reposent notamment sur l’idée qu’il y aurait des douleurs impossibles à soulager. Or, c’est faux.

Plusieurs pays ont introduit l’euthanasie dans leurs législations. Que nous enseignent ces expériences ?

Les lois sur l’euthanasie introduisant des exceptions sont une porte ouverte à toutes les dérives. Il n’y a qu’à voir ce qui se passe en Belgique, au Luxembourg. On introduit des « exceptions » d’euthanasie pour des cas prétendument très particuliers. Et ensuite on procède à des euthanasies sur des personnes dont la situation ne correspond pas à ces exceptions.

En Belgique, on euthanasie les prisonniers qui le demandent, alors même qu’ils ne sont pas en fin de vie et que leur douleur n’est pas insupportable : simplement, ils en ont assez d’être en prison ! Je connais aussi en Hollande le cas d’une jeune fille de 25 ans qui a demandé à être euthanasiée après une rupture amoureuse qui l’avait désespérée. Et elle l’a été. Les parents de cette jeune fille, leur fille unique, étaient détruits. [...]"

Posté le 26 janvier 2015 à 22h22 par Michel Janva | Lien permanent

Le Président de la Commission des Lois au Sénat s'oppose au rapport Claeys Léonetti

Philippe Bas (UMP) déclare :

"Successivement, le président de la République, lors de sa conférence de presse, et le débat provoqué par la situation personnelle et familiale très douloureuse de Vincent Lambert, une personne tétraplégique en état de « conscience minimale », ont relancé cette semaine le débat sur la fin de vie.

ll n’existe ni humanisme ni respect de la dignité humaine qui ne repose d’abord sur le respect de la vie humaine. Dans tout l’histoire de l’humanité, sous tous les cieux, aucune société ne s’était jusqu’à nos jours autorisée à décider de mettre fin à la vie de ses membres, même pour mettre un terme à des souffrances intolérables. L’important n’est pas d’instituer des procédures collégiales pour décider des fins de vie, mais de juguler la souffrance des agonisants, ce qui est désormais médicalement possible dans presque tous les cas.

Le débat sur l’euthanasie doit donc être abordé avec prudence, sans postuler la nécessité d’une nouvelle intervention de la loi : dire qu’il faut une loi, c’est déjà dire qu’il faut permettre de donner la mort, tout le reste étant déjà autorisé et organisé par la loi actuelle.

La législation française est en effet l’une des plus avancées d’Europe. Elle repose sur la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie. Elle prévoit notamment d’empêcher l’acharnement thérapeutique et rend possible l’arrêt de traitements qui deviendraient inutilement éprouvants s’ils étaient prolongés.

On ne réglera pas les problèmes de la mort et de la souffrance, ni le déni dont on les entoure trop souvent dans notre société, en empilant les textes supplémentaires mais en appliquant pleinement cette loi, dont les principes et les règles demeurent mal connus et sont donc insuffisamment appliqués.

Concentrons-nous donc sur l’accompagnement de la fin de vie et utilisons pleinement les méthodes médicales et les outils juridiques à notre disposition ! Et écoutons les médecins, les soignants, les bénévoles, les familles et surtout les malades en fin de vie que nous rencontrons dans les services de soins palliatifs : ce n’est pas la mort qu’ils demandent c’est la vie, en dépit de tout, sauf quelques-uns, parce qu’ils souffrent intolérablement, physiquement et parfois moralement.

C’est bien ce cri de vie qu’il faut entendre et cette souffrance qu’il faut traiter, avant de se poser d’autres questions.

Quant à l’aide médicalisée au suicide ou à la mort donnée à des patients en état comateux ou quasi-comateux, ou en situation de handicap particulièrement lourd, qui ne sont pas en fin de vie mais dans une situation médicalement stabilisée insupportable de leur point de vue, de celui de leur entourage, de celui des médecins ou même du point de vue de la société en général, on voit bien que ce n’est pas la même question que la question de l’agonie d’un malade en phase terminale. J’estime qu’aucun médecin, aucun magistrat, aucun proche ne doit se faire juge de la valeur de la vie d’autrui et qu’aucune norme préétablie posée par la loi ne peut déterminer par avance les situations dans lesquelles la mort serait une réponse et celles dans lesquelles elle ne pourrait l’être. La création de procédures juridiques permettant de donner la mort, même entourées des plus grandes garanties, aurait pour effet de créer une forme d’appel d’air qui conduirait à multiplier l’ouverture de cas individuels en vue de procéder à des euthanasies. Ce serait ouvrir la voie à une société gravement déshumanisée.

Quant aux cas où en conscience, un médecin décide de hâter l’issue fatale par un acte positif, ils doivent rester exceptionnels car ils constituent la transgression de règles fondamentales, mais la justice humaine sait parfaitement les absoudre quand elle estime que les circonstances dans lesquelles la mort a été donnée ne relèvent pas d’un crime. De ce point de vue aussi, le système français fonctionne comme il doit le faire, dans un domaine où la perfection est inaccessible, et où une appréciation humaine doit garder sa place."

Posté le 26 janvier 2015 à 12h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

22 janvier 2015

Remercions les parlementaires qui ont signé la tribune contre l'euthanasie

Posté le 22 janvier 2015 à 23h39 par Le Salon Beige | Lien permanent

Enfermé dans son corps inerte : fallait-il lui faire une sédation finale ?

Après un AVC, Christophe a été victime d'un syndrome d'enfermement. Il a miraculeusement retrouvé ses facultés et raconte son histoire à France 2 :

Le projet de légaliser la sédation terminale pour en finir avec les "légumes" permettra d'élliminer les personnes comme Christophe...

Posté le 22 janvier 2015 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent

Sédation et alimentation : l'avis de la Conférence épiscopale

Le groupe de travail de la Conférence des Evêques de France sur la fin de vie présidé par Mgr d’Ornellas a publié une déclaration à propos de la fin de vie.Il insiste notamment sur la nécessité de placer le projet de loi qui se profile dans le contexte volontariste d’un réel développement de la culture palliative ainsi que dans le renforcement de la confiance dans les médecins. Extraits :

"[...] La proposition de loi supprime la référence au principe du double effet. Peut-être est-ce dans le but d’éviter d’éventuels problèmes déontologiques et juridiques liés aux indications de la sédation profonde. Cependant, le souci d’éviter les procès ne doit pas dispenser de réfléchir à l’objectif poursuivi (« intentionalité » ou « intention ») par la prescription de la sédation et, plus généralement, de tout traitement. La mort ne peut jamais être directement voulue ! La dignité de l’intelligence humaine consiste à réfléchir à un objectif délibérément voulu (soulager la souffrance) et au choix compétent des moyens qui y conduisent, tout en reconnaissant que ces moyens peuvent avoir une conséquence non voulue (abréger la vie). Selon la pratique médicale et sa déontologie, le médecin doit être capable de formuler et clarifier l’objectif poursuivi pour chaque cas, en tenant compte des « effets secondaires ». Le cadre légal devrait continuer à inciter les médecins à formuler l’objectif visé en prenant en considération l’« effet secondaire ». L’absence de clarté dans l’objectif de soin engendre un malaise dans les équipes soignantes. [...]

  • L’alimentation et l’hydratation artificielles, même si elles sont qualifiées de « traitement », posent des questions spécifiques notamment en raison de la force symbolique de la nourriture. Même donnée par l’intermédiaire de moyens artificiels (biberon, cuillère, perfusion, etc.), la nourriture maintient en vie tout en maintenant la rencontre et le lien entre les humains, même en l’absence de manifestations de capacité relationnelle.
  • Sauf motifs permettant de juger de leur caractère disproportionné, l’alimentation et l’hydratation artificielles sont dues aux patients en état de conscience minimale ou en « état d’éveil sans réponse ». [...]"

Posté le 22 janvier 2015 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent

Marion Maréchal Pen dénonce une légalisation de l’euthanasie qui ne dit pas son nom

Hier à l'assemblée, lors du débat sur la fin de vie, Marion Maréchal-Le Pen a déclaré :

"Madame la présidente, monsieur le Premier ministre, madame la ministre, chers collègues, le rapport, comme l’article premier de la proposition de loi à venir déclare que « toute personne a le droit à une fin de vie digne et apaisée ». Comment définir juridiquement ces notions ? Où s’arrête et où commence la dignité ? Sera-ce au juge, demain, de définir l’état de dignité d’un homme en cas de conflit entre le médecin et la famille du malade ? Quel degré de handicap ou de souffrance nous fait passer de la dignité à l’indignité ? Ce sujet est bien évidemment à haut risque.

Depuis deux ans, l’exécutif multiplie les avis derrière lesquels il pourrait se retrancher : celui de l’association pour le droit à mourir dans la dignité, pro-euthanasie évidemment, et dont le président s’est félicité de votre nomination, monsieur le Premier ministre ; le rapport Sicard et l’avis de Terra Nova qui préconisent tous deux le suicide assisté via l’assistance pharmacologique. L’éviction des représentants des religions au sein du Comité consultatif national d’éthique, lesquels condamnent bien entendu l’euthanasie, révèle bien que vous ne souhaitez favoriser que les avis allant dans votre sens. La Loi Léonetti de 2005, bien qu’imparfaite, répond à la plupart des cas qui se posent.

[...] Aujourd’hui, 70 % des Français meurent à l’hôpital quand, au début des années soixante, 70 % mouraient à leur domicile. Pourtant, 80 % des médecins ne sont pas formés aux techniques de soins palliatifs. Neuf ans après son entrée en vigueur, la loi Léonetti continue d’être mal connue : la médecine l’ignore dans 90 % des cas et seuls 2,5 % des Français ont rédigé leurs directives anticipées. La priorité des pouvoirs publics devrait donc être axée sur une meilleure formation et information des médecins.

François Hollande déclarait au mois de juillet 2012 : « Je souhaite donc, et j’en prends l’engagement, que nous développions la diversité et l’offre de soins palliatifs. Ce sera une réforme qui sera engagée dans les prochains mois. » Où en est la réforme promise ? Les engagements du Président sont comme d’habitude à géométrie variable. La loi Léonetti souffre actuellement de quelques interprétations alarmantes que le rapport préconise malheureusement de graver dans le marbre.

L’exposé des motifs de cette loi de 2005, confirmé par une décision du Conseil d’État, introduisait déjà l’idée que l’alimentation et l’hydratation par voies artificielles devaient être considérées comme des traitements et non comme des soins. Ce choix n’est pas anodin car les traitements, contrairement aux soins, peuvent être interrompus si le patient en a émis le souhait ou si le médecin l’a décidé après concertation collégiale. Dans l’affaire Vincent Lambert, c’est ce point ambigu de la loi Léonetti qui a été exploité pour autoriser la mise à mort du patient tétraplégique. On ne peut moralement accepter que nourrir quelqu’un soit considéré comme une obstination médicale déraisonnable.

Jusqu’où ira demain cette logique infernale ? Une personne handicapée moteur incapable de se nourrir seule risque-t-elle de voir un jour considérer son assistance à l’alimentation comme de l’acharnement thérapeutique ? Osons dire les choses : arrêter l’hydratation et l’alimentation entraîne une agonie de plusieurs jours, totalement inhumaine. Il ne s’agit ni plus ni moins que de laisser mourir ces personnes de faim et de soif. Ces affaires médiatiques conduisent aujourd’hui à ouvrir de nouveaux débats, avec à l’horizon, la sombre perspective de l’euthanasie.

[...] Le dernier rapport en date, celui de MM. Clayes et Léonetti, ne suggère pas directement l’euthanasie mais la proposition de loi à venir fait pourtant un pas en avant feutré vers une telle pratique en généralisant la sédation dite « profonde et continue » sur simple demande du patient et non plus comme ultime recours après décision collégiale. Cette sédation terminale sera obligatoirement associée à l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation pour ne pas, je cite, « prolonger inutilement la vie ». Une fois de plus, comment définir juridiquement l’utilité d’une vie humaine ? Faut-il associer cette notion d’utilité à celle de dignité citée plus haut ? Les efforts législatifs ne sont pas ciblés pour mieux accompagner la personne, l’écouter, la soulager dans cette période difficile, mais pour savoir comment s’en débarrasser au plus vite et comment la faire taire en profitant de son extrême vulnérabilité.

La généralisation de la sédation, la simplification de son utilisation nous font entrer dans une logique euthanasique par une manœuvre dangereuse, ultime étape avant de sortir l’euthanasie de sa clandestinité et de rejoindre la triste réalité de l’affaire Bonnemaison, médecin récemment acquitté après avoir pris la décision, seul, de tuer sept personnes sans même parfois l’avis de sa victime ou de la famille de celle-ci. Ce fut là un véritable droit de tuer encensé, de plus, par la presse.

[...] De quel droit un médecin a-t-il légitimement droit de vie ou de mort sur ses patients ? Pour preuve de cette hypocrisie, la remarque des deux députés auteurs du rapport justifiant la reprise dans le texte de la décision du Conseil d’État cité plus haut. Je cite : « Nous ne pouvons que reprendre le sens de cette décision qui devrait contribuer à mettre fin à des pratiques malheureusement encore répandues de sédation avec maintien de la nutrition, ou, plus souvent encore, de l’hydratation. » Entendez bien la logique : une sédation n’entraînant pas la mort en raison du maintien de l’alimentation et de l’hydratation est donc une pratique malheureuse. Plus de doute possible : l’association obligatoire de la sédation terminale et de l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation révèle que l’objectif est moins de soulager la souffrance du patient que de permettre de le tuer en masquant les effets de la faim et de la soif. Sinon, comment expliquer que l’on ne puisse plonger une personne dans le coma tout en continuant de la nourrir jusqu’à son décès naturel, la personne étant censée être en phase « avancée et terminale » ?

Ce rapport et la loi qui l’accompagne sont une légalisation de l’euthanasie qui ne dit pas son nom. Je ne peux défendre ses préconisations, non plus que celles de la loi à venir qui ne seront bien sûr qu’une première étape vers d’inquiétantes dérives, dont le suicide assisté."

Posté le 22 janvier 2015 à 07h25 par Michel Janva | Lien permanent

La mère de Vincent Lambert ouvrira la Marche pour la vie

Communiqué de La Marche pour la vie :

"A l'heure où le débat sur la fin de vie s'ouvre à l'Assemblée Nationale à l'initiative du Président de la République François Hollande, la Marche pour la Vie entend dénoncer la menace qui pèse sur les plus vulnérables (personnes âgées, malades et handicapées) : la légalisation de gestes euthanasiques.

Préoccupée par le destin du jeune Vincent Lambert dont la vie dépend d'une décision de la CEDH, la Marche s'ouvrira avec Madame Viviane Lambert, mère de Vincent, Maitre Jérôme Triomphe, avocat de ses parents, Professeur Xavier Ducrocq, neurologue, membre du comité d'experts qui a examiné Vincent Lambert.

Cette présence de proches de Vincent Lambert vise à rappeller à la conscience collective la valeur de la vie humaine et l'urgence de la protéger d'une culture de mort. C'est pourquoi, la grande mobilisation nationale Marche pour la Vie appelle les citoyens à manifester ce dimanche 25 janvier à 13h30 place de la Bastille."

Posté le 22 janvier 2015 à 00h01 par Michel Janva | Lien permanent

21 janvier 2015

Soulager mais pas tuer : 55 rassemblements contre l’euthanasie

Mercredi 21 janvier 2015 à 12h30, partout en France, des chaînes de solidarité et de vigilance se sont constituées : 55 villes au total ont participé à cette mobilisation lancée par le mouvement ‘’Soulager mais pas tuer’’.

A Paris, place Edouard Herriot, ce sont plus de 400 personnes qui se sont mobilisées. (Cliquer ici pour voir l'album photos)

A quelques heures du débat parlementaire sur la fin de vie, ces chaînes rappellent que l’interdit de tuer demeure le fondement de la confiance entre soignants et soignés.

  1. Elles demandent que les soins palliatifs soient enfin accessibles à tous ceux qui en ont besoin, dans toute la France.
  2. Elles alertent contre l’expression ambigüe « sédation profonde et continue jusqu’au décès » contenue dans les récentes propositions : la sédation en phase terminale, exceptionnelle, est légitime quand elle n’a pas pour objectif de provoquer la mort. En revanche, toute sédation qui aurait comme intention de provoquer la mort, obtenue notamment par un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, constitue une euthanasie masquée.

Les 55 chaînes de solidarité et de vigilance alternent des militants, porteurs de pancartes rappelant ces enjeux, et des silhouettes anonymes qui représentent des personnes fragiles et sans voix. Avec Philippe Pozzo di Borgo qui parraine ‘’Soulager mais pas tuer’’, il s’agit de montrer que la protection de la vie des personnes les plus fragiles nécessite la solidarité de tous.

L’euthanasie commence par l’isolement des personnes âgées, malades ou dépendantes, qui leur fait déjà subir une forme d’euthanasie sociale. Affirmer qu’il y a des vies qui ne méritent plus d’être vécues, ou que certaines catégories de Français ne devraient plus bénéficier de la prévention du suicide, c’est pousser ces personnes fragiles vers l’auto-exclusion.

La mobilisation nationale a pour objectif :

  • d’alerter les députés rassemblés ce même jour à l’Assemblée nationale pour un débat déterminant sur la fin de vie, à la suite du rapport Claeys-Leonetti remis le 12 décembre 2014 au Président de la République.
  • de démasquer le projet de légaliser certaines euthanasies sans le dire : l’expression ambigüe « sédation profonde et continue jusqu’au décès » dissimule des formes d’euthanasies particulièrement insidieuses, obtenues notamment par arrêt d’alimentation et d’hydratation.
  • de déjouer la tentative du Premier ministre de dissuader toute mobilisation : ayant promis le consensus au Parlement sur la fin de vie, Manuel Valls a en effet expliqué vouloir éviter « les mots qui fâchent » et avancer sur le sujet de la fin de vie « par paliers ».
  • de défendre l’équilibre de la loi sur la Fin de vie votée par consensus en 2005 et qui doit être enseignée et appliquée, et non pas dénaturée. Le mouvement "Soulager mais pas tuer" demande que le plan de développement des soins palliatifs qui a été promis depuis 2012 soit enfin mis en œuvre.

Ensuite, ‘’Soulager mais pas tuer’’ a assisté dans les tribunes de l’Assemblée nationale au débat sans vote sur la fin de vie, ce mercredi 21 janvier après-midi.

Voici quelques photos de certains rassemblements.

Bordeaux :

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Bayonne :

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Paris avec un député (pour l'anecdote, Jospin, en voiture, a été obligé de contourner la Manif) :

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Posté le 21 janvier 2015 à 23h51 par Michel Janva | Lien permanent

Défenseur des droits ou défenseur de l'euthanasie ?

Voici l'avis du Défenseur des droits Jacques Toubon sur le débat concernant la fin de vie :

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Posté le 21 janvier 2015 à 23h42 par Michel Janva | Lien permanent

Deux nouveaux évêques soutiennent la Marche pour la Vie

A la suite des évêques déjà connus, ce sont également Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, et Mgr Pascal Roland, évêque de Belley-Ars, qui apportent leur soutien à la Marche pour la Vie :

Image_thumb"Je soutiens de tout cœur et de toute ma prière la MARCHE POUR LA VIE 2015. Je ne peux y être présent mais je souhaite qu’elle réunisse un grand concours de foule.  Aujourd’hui nous déplorons tous la violence répandue dans nos sociétés. La première des violences arrive quand on tue l’enfant à naître et quand on rejette, sous prétexte de dignité, la vie finissante. La paix commence par le respect inconditionnel de la vie" (Mgr Ginoux

P3-Mgr-Roland"Nous appartenons à une société qui transgresse l’interdit du meurtre, l’interdit fondateur de toute vie en société. Notre société organise le meurtre légal des êtres les plus fragiles : l’enfant dans le sein de sa mère et la personne en fin de vie. C’est une société qui promeut une violence sournoise. C’est aussi une société qui n’offre pas d’idéal aux jeunes et qui ne donne pas de sens à leur vie. Alors faut-il nous étonner que des membres de cette société commettent des actes de violence grave ?" (Mgr Roland   

Posté le 21 janvier 2015 à 18h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

Les grandes voix pour la Vie (4/7)

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Posté le 21 janvier 2015 à 16h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

"Faire taire les gens fragiles nous fait courir le risque de les priver de la chance de vivre jusqu'au bout"

Témoignage de Claire Pellissier, psychologue en soins palliatifs et porte-parole de Soulager mais pas tuer, dans FigaroVox :

"(...) Je me souviens de l'entrée d'une femme en unité de soins palliatifs. Son fils, attentif à la situation de sa mère, disait aux soignants: «je vous préviens, elle ne va pas supporter la perte d'autonomie, la perte de la marche, la douleur, elle a toujours eu peur d'avoir mal.» Il demandait une sédation rapide, insistant pour que «les choses ne durent pas». Sa maladie évoluant, cette femme a effectivement souffert, en rencontrant les premières pertes décrites par son fils. Mais peu à peu, grâce notamment au travail d'écoute et d'accompagnement renforcé de l'équipe soignante, cette personne s'est révélée, elle a pu exprimer ses fortes angoisses liées à la dépendance physique, leur donner du sens, s'en trouvant ainsi apaisée, réconfortée. Sa personnalité s'est épanouie en peu de temps, soignants et proches en ont été les témoins. «Je ne l'ai jamais vu aussi vivante» nous disait son fils, quelques jours avant sa mort.

Cet exemple est représentatif d'une réalité trop souvent passée sous silence. Oui, la fin de vie est une période difficile, souvent traumatisante pour le malade, ses proches et pour les soignants. Mon expérience de psychologue me montre que les derniers instants sont aussi une «belle période», un temps de développement personnel accéléré, intense, permettant souvent une maturation personnelle et un renforcement des liens familiaux. Encore faut-il qu'un accompagnement bienveillant et professionnel soit proposé, ce qui milite en faveur d'un développement massif des soins palliatifs dans notre pays. Encore faut-il qu'on laisse le temps au temps, qu'on laisse aux personnes une chance de vraiment vivre jusqu'au bout.

Beaucoup de soignants, dont je fais partie, s'inquiètent en entendant que le rapport Claeys-Leonetti souhaite faire de la sédation une pratique de routine, administrable au patient, à sa propre demande. On passerait ainsi d'une solution de dernier recours, administrée après décision collégiale, comme le prévoient les textes actuels, à une pratique comme une autre, soit disant destinée à soulager des angoisses, inévitables en fin de vie. Proposer à une personne vulnérable, vivant ce temps d'épreuve, un sommeil rapide revient à lui indiquer une «ornière» dans laquelle elle risque fort de s'engouffrer, acceptant un soulagement immédiat. Il s'agit d'une «paresse professionnelle», comme l'exprimait un médecin en soins palliatifs, voire d'une attitude d'abandon médical et humain. Plus grave, il me semble en temps que psychologue que «faire taire» des gens fragiles en généralisant la sédation, nous fait courir le risque de les priver de la chance de vivre jusqu'au bout, d'escamoter cette période si précieuse dans la vie de l'Homme.

Concernant la question de la légalisation, sous une forme ou sous une autre, de l'euthanasie et du «suicide assisté», je partage l'avis de la majorité de mes collègues soignants qui chaque jour prennent soin des patients concernés par ces propositions. Comme eux, j'ai constaté au cours de mes années de pratique que l'immense majorité des patients ayant initialement demandé «à ce que cela ne dure pas trop longtemps», voire ayant demandé à mourir, revenait sur leur décision lorsqu'ils bénéficiaient d'un accompagnement bienveillant et de qualité."

Posté le 21 janvier 2015 à 11h58 par Louise Tudy | Lien permanent

Mobilisation contre l'euthanasie dans toute la France aujourd'hui

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Retrouvez ici la liste des points de rendez-vous.

Posté le 21 janvier 2015 à 08h37 par Michel Janva | Lien permanent

Le droit à la mort ne relève aucunement du droit

Plus de 20 députés et sénateurs opposés au droit a mourir du rapport Claeys Leonetti ont signé une tribune publiée par Le Figaro :

"En ces temps d'émotions, Montesquieu nous met en garde: «il ne faut toucher aux lois que d'une main tremblante». Cette maxime est particulièrement appropriée sur la difficile question de la fin de vie, où l'on ne saurait légiférer sans prudence.

Auteur du récent rapport sur la fin de vie avec Jean Leonetti, Alain Claeys défendait en décembre dernier, dans les colonnes de L'Obs, «une sédation profonde et continue», permettant aux gens «de partir doucement et sans souffrance». [...]

En réalité, plutôt que de créer un droit à la fin de vie, le texte s'aventure sur la pente glissante d'un droit à la mort. L'article 3 de la proposition de loi précise que la sédation terminale ne peut être dispensée qu'accompagnée d'un arrêt de l'alimentation et l'hydratation du patient. Plutôt que de soulager la douleur du patient, on organise son décès. La condition principale, retenue pour invoquer ce nouveau droit à la mort est de ne pas «prolonger inutilement [la] vie» du patient. Vœu louable, encore une fois, mais qui tend à faire de l'utilité le critère ultime de la dignité humaine. [...]

A l'heure où notre pays s'interroge profondément sur le vivre ensemble, il est inadmissible d'ouvrir la porte à un droit à la mort, qui ne relève aucunement du droit.

Bien loin d'être une ultime liberté, le choix de l'euthanasie consacre l'aliénation de la personne à sa douleur. La solution n'est certainement pas de détruire la vie pour supprimer la souffrance, mais plutôt de chercher des moyens d'apaiser les douleurs et, dans la mesure du raisonnable, protéger la vie. [...]"

  • Bruno Nestor Azerot, député de la Martinique
  • Véronique Besse, députée de la Vendée
  • Jérôme Bignon, sénateur de la Somme
  • Valérie Boyer, députée des Bouches-du-Rhône
  • Xavier Breton, député de l'Ain
  • Philippe Cochet, député du Rhône
  • Marie Christine Dalloz, députée du Jura
  • François de Mazieres, député des Yvelines
  • Louis-Jean de Nicolaÿ, sénateur de la Sarthe
  • Jean-Pierre Decool, député du Nord
  • Nicolas Dhuicq, député de l'Aube
  • Valérie Duby-Muller, députée de Haute Savoie
  • Jean-Christophe Fromantin, député des Hauts de Seine
  • Philippe Gosselin, député de la Manche
  • Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin
  • Marc Le Fur, député des Côtes-d'Armor
  • Gilles Lurton, député de l'Ille-et-Vilaine
  • Hervé Mariton, député de la Drôme
  • Yannick Moreau, député de la Vendée
  • Jean-Frédéric Poisson, député des Yvelines
  • Frédéric Reiss, député du Bas-Rhin
  • Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée
  • Jacques Lamblin, député de la Meurthe-et-Moselle

Posté le 21 janvier 2015 à 07h23 par Michel Janva | Lien permanent

20 janvier 2015

Défense de la vie : pourquoi deux manifestations ?

Le 21 janvier, Soulager mais pas tuer manifeste contre l'euthanasie ; le 25, c’est au tour de la Marche pour la vie, qui milite également contre l'avortement. Est-il encore possible de se battre pour une même cause sans faire l'unité ? Famille chrétienne a interrogé Tugdual Derville et Jean-Marie Le Méné à quelques jours de leur mobilisation respective. Un long débat, dont voici deux extraits :

DervilleTugdual Derville :

"Une manifestation nationale annuelle et 60 rassemblements dans toute la France, le jour même d’un débat sont deux modes d’action complémentaires. Cela ne doit cependant pas évacuer la question, grave et complexe, de l’unité. Ce qui a présidé à la fondation de Soulager mais pas tuer, au-delà d’Alliance Vita, c’est le souci de l’unité, mais une autre forme d’unité que celle que revendique de façon légitime la Marche pour la vie. Il s’agit de l’unité de toutes les personnes qui sont hostiles à l’euthanasie.
C’est une question d’efficacité : il existe des opposants à l’euthanasie qui ne sont pas hostiles, pour des raisons qui leur sont propres, à d’autres transgressions. Coexistent au fond deux formes d’unité qui ne sont pas contradictoires : une unité de toutes les personnes hostiles à l’euthanasie, qui peuvent s’opposer sur d’autres sujets, et une unité des personnes qui ont des convictions semblables, dans des tonalités sans doute différentes, sur la défense de la vie, de son commencement à la mort naturelle.
L’unité, comme la paix, est un travail qui demande beaucoup de réflexion. Elle ne s’assène pas. Mais en France, je crois que l’on confond trop souvent l’unité avec un fantasme de centralisme démocratique. Au risque de nous laisser enfermer et réduire. Car si on mélange tous les sujets - certains y ajoutant une dimension religieuse -, on réduit nos mobilisations au « plus petit dénominateur commun »."

Le MénéJean-Marie le Mené :

"La Marche pour la vie a considéré, avec ce qui se passait sur la fin de vie, que la défense de la vie ne se divisait pas. Les deux sujets sont insécables. Le respect de la personne ne se coupe pas en tronçons. On ne peut pas dire : « Je défends la vie à la fin mais pas au début ». À mon sens, il y a encore plus de raison d’être favorable à l’euthanasie qu’il n’y en a d’être favorable à l’avortement. A fortiori, si on accepte de tuer des enfants avant la naissance, il est bien plus facile de considérer comme compassionnel un geste qui mettrait fin à la vie d’une personne malade ou gravement handicapée.
Je comprends la démarche de Tugdual Derville et de Soulager mais pas tuer, mais je suis réservé sur le fait que l’on puisse trouver des personnes qui seraient favorables à l’avortement et défavorables à l’euthanasie. Il en existe peut-être, marginalement, mais cela me paraît tellement incohérent. D’autant plus que l’avortement est l’un des principaux arguments en faveur de l’euthanasie. On le retrouve dans tous les débats parlementaires où l’on entend cette imprécation : « On s’est rendu maître de la vie au début, il n’y a aucune raison de ne pas s’en rendre maître à la fin ». Il faut simplement continuer le mouvement… Intellectuellement et en termes de cohérence, l’exercice que fait Tugdual Derville est très difficile en réalité. À ne pas rappeler les mécanismes du passé, on se condamne à les revivre. Nous sommes d’ailleurs en train de revivre ceux déjà utilisés en 1975 : le terrorisme compassionnel, le monde médical que l’on fait basculer dans le politique, la trahison des élites…"

Posté le 20 janvier 2015 à 17h23 par Louise Tudy | Lien permanent

Rapport Leonetti-Claeys : C'est une euthanasie à la française extrêmement pernicieuse

Extrait de l'analyse de Pierre-Olivier Arduin dans la Nef à propos du rapport Leonetti-Claeys sur la fin de vie en France :

Pierre-Olivier-ARDUIN_visuel"La lecture du rapport Leonetti-Claeys ne laisse place à aucun doute : par l’instauration de « nouveaux droits des malades » venant modifier en profondeur le code de la santé publique, il s’agit de permettre une « euthanasie à la française » extrêmement pernicieuse (...)

Dans le rapport Leonetti-Claeys, l’intention morale si précieuse pour discerner les actes en fin de vie disparaît ; aucun passage ne vient d’ailleurs rappeler que le médecin ne doit jamais provoquer délibérément la mort de son patient, pierre angulaire du serment d’Hippocrate et du code de déontologie (...)

Au final, en proposant de stopper toute « thérapeutique de survie » et d’administrer des cocktails médicamenteux puissants pour endormir le patient jusqu’à ce que la mort advienne, les deux députés ne font que transposer dans le droit français les protocoles de suicide assisté mis en place dans l’État de l’Oregon au début des années 90, associant eux aussi sédation et arrêt de l’alimentation.

La vocation des soignants et l’essence même de la médecine sont blessées mortellement. (...) Sédation terminale, retrait de l’hydratation et de l’alimentation, dispositions écrites dans les directives anticipées… autant de mesures rendues contraignantes à l’encontre du médecin qui sera sommé de les mettre en œuvre, même contre sa conscience. La relation médicale en serait dramatiquement bouleversée : le professionnel de santé devrait abdiquer sa responsabilité thérapeutique et sa conscience morale face aux prérogatives autonomistes du malade.

Ce qui compterait désormais, ce ne serait plus la sollicitude envers celui qui est malade, mais le respect scrupuleux de sa volonté même si celle-ci va à l’encontre de son bien. À côté du scandale de l’avortement, la prochaine marche pour la vie du 25 janvier doit aussi être l’occasion de dire non à cette « euthanasie à la française ».

Posté le 20 janvier 2015 à 13h17 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

19 janvier 2015

21 janvier : Alliance VITA s’associe à l’appel à mobiliser de ‘’Soulager mais pas tuer’’

Le mercredi 21 janvier 2015 dans l’après-midi, est programmé à l’Assemblée nationale un débat à hauts risques sur la fin de vie.

Alliance VITA s’associe à l’appel du mouvement ‘’Soulager mais pas tuer’’qui lancera à Paris (place Édouard Herriot) et dans 60 villes de France, à 12h30, des chaînes de solidarité et de vigilance pour alerter notamment contre l’euthanasie masquée qu’on dissimule derrière l’expression « sédation profonde et continue jusqu’au décès » dont le rapport Claeys/Leonetti entend faire un droit.

Pour Tugdual Derville, délégué général d’Alliance VITA, auteur de La Bataille de l’euthanasie et l’un des porte-parole de ’’Soulager mais pas tuer’’ :

« Il est essentiel qu’au moment même où les partis politiques vont se positionner sur ce sujet crucial, se lève partout un mouvement unitaire d’opposition à toutes formes d’euthanasie ou de suicide assisté. Alliance VITA y participera aux côtés des soignants (médecins, étudiants en médecine, infirmiers, etc.) et des personnes concernées par le grand âge, le handicap ou la maladie.

Nous sommes devant deux risques : celui de la surenchère annoncée par plusieurs partis de la majorité présidentielle, et celui du faux consensus que vise le gouvernement sur ce sujet. Car il ne suffit pas d’éviter les mots « euthanasie » ou « suicide assisté » pour échapper à ces maux, c'est-à-dire à leur pratique : ce prétendu « droit à la sédation » assorti d’un arrêt d’alimentation et d’hydratation est une façon de légaliser insidieusement des euthanasies ou des suicides assistés sans le dire. Sur un sujet aussi grave, nous ne pouvons accepter la manipulation des concepts qui vise à étouffer le débat. Les Français ont besoin d’un plan de développement des soins palliatifs et que ces derniers ne soient pas menacés ou dénaturés par la levée progressive de l’interdit de tuer, fondement de la confiance entre soignants et soignés. C’est pourquoi nous appelons les Français à participer nombreux à ces rassemblements hautement symboliques du mercredi 21 janvier 2015. »

Posté le 19 janvier 2015 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

16 janvier 2015

Le Pape François soutient la Marche pour la Vie 2015

Lu sur le site de la Marche pour la Vie :

La Marche pour la vie vient de recevoir le soutien du Pape François pour la manifestation du 25 janvier. Par une lettre reçue ce matin (cliquez sur l'image) par Jean-Marie Le Méné président de la Fondation Jérôme Lejeune, co-organisatrice de la Marche pour la Vie, le nonce apostolique Luigi Ventura transmet ce soutien 

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Posté le 16 janvier 2015 à 15h59 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

15 janvier 2015

Euthanasie : l'offre crée la demande

Étienne Montero, doyen de la faculté de droit de Namur, est interrogé à propose de la loi sur l'euthanasie en vigueur en Belgique. Extraits :

"En douze ans, (le nombre d'euthanasies) est passé de 199 à 1 454 décès par an. Et je ne parle là que des cas transmis par les médecins à la commission de contrôle, car les pouvoirs publics admettent qu'ils n'ont aucun moyen d'évaluer le nombre d'euthanasies réellement pratiquées, sans doute beaucoup plus important. Par ailleurs, en novembre 2014, l'euthanasie a été légalement ouverte aux mineurs, et ce, quel que soit leur âge...

Comment la légalité des injections létales est-elle contrôlée ?

Par une commission qui épluche les dossiers transmis par les médecins. Mais il s'agit d'un contrôle a posteriori, c'est-à-dire une fois que les gens sont déjà décédés, et la commission n'a à sa disposition que les renseignements que veut bien lui communiquer le médecin qui a fait l'injection. Tout est donc biaisé. D'ailleurs, en douze ans, aucun dossier n'a été transmis à la justice...

Un médecin, même un médecin généraliste, peut-il décider seul d'accéder à la demande du patient ? 

Ce peut être le médecin de famille, oui, mais la loi l'oblige à demander un second avis. Le problème est que, pour faciliter la procédure, un réseau de médecins s'est mis en place -- l'EOF, End of Life doctors du côté francophone, ou LEIF en Flandre. Il s'agit de médecins formés à pratiquer l'euthanasie et auxquels la plupart du temps on fait appel pour ce second avis. Or ce sont des médecins acquis à la cause euthanasique, souvent membres de l'ADMD - Association pour le droit à mourir dans la dignité. Là encore, le contrôle éthique est biaisé...

Vous avez étudié attentivement les rapports rendus par la commission de contrôle depuis douze ans. Qu'en concluez-vous ?

La loi dit que, pour accéder à l'euthanasie, il faut faire état d'une pathologie grave et incurable, et d'une souffrance insupportable qui ne peut être soulagée. Mais ces deux conditions ne sont plus du tout interprétées aujourd'hui comme elles l'étaient en 2002. Aujourd'hui, par exemple, la commission admet les cas de pathologies multiples. (...). 

Et "la souffrance insupportable", n'est-ce pas là aussi un critère compliqué à évaluer ?

D'autant plus qu'on parle de souffrance physique mais aussi psychique... Et, là aussi, l'interprétation de la loi a évolué. En 2002, il n'était pas question d'euthanasier des dépressifs, des déments, des psychotiques. Aujourd'hui, on en euthanasie tous les ans. (...) 

On demande, et on obtient la mort non parce qu'on souffre, mais parce qu'on a peur à l'idée de souffrir... Les pays qui s'interrogent sur une possible légalisation doivent avoir conscience que l'offre crée la demande. Lorsque l'euthanasie a été autorisée il y a douze ans en Belgique, elle était présentée comme une transgression éthique, une exception réservée aux situations extrêmes. Douze ans plus tard, son champ d'application s'est considérablement étendu."

Exactement comme l'avortement, à tel point que la "situation de détresse" a été supprimée. 

En France, les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) ont déposé à l’Assemblée nationale un texte qui sera débattu en mars. Ils ont eu le feu vert explicite de l’Elysée, puis de Matignon. 

Posté le 15 janvier 2015 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent

14 janvier 2015

20 janvier : les Sentinelles se mobilisent contre l'euthanasie

Sentinelles
Leur appel :

"Les Sentinelles ne veulent pas se laisser impressionner par la terreur, mais continuer à vivre selon leurs idéaux, à agir pacifiquement au quotidien pour des causes justes. Elles se tiendront debout contre l’Euthanasie le 20 janvier 2015 à partir de 19:30 place du Palais-Bourbon, face à l’Assemblée Nationale où s’ouvriront les débats à ce sujet. Vous êtes invités à les rejoindre. Vous pouvez consulter l’événement facebook ici."

Posté le 14 janvier 2015 à 17h06 par Louise Tudy | Lien permanent

Le grignotage juridique au service de la vie

Julie Graziani, porte-parole de la Marche pour la vie, est interrogée dans Présent. Extrait :

"[...] Se servir d’un arsenal juridique, c’est justement la spécialité de nos adversaires. Ils sont très forts pour contourner une loi qui existe ou arriver à leurs fins, quand la loi ne le permet pas. Il faut que l’on arrive à user des mêmes méthodes pour avancer. Quand une loi existe, il faut en dénicher les failles. Par exemple, si une loi était votée pour permettre l’euthanasie, il faudrait utiliser la notion d’abus de faiblesse, et se mobiliser juridiquement pour attaquer là-dessus dès qu’il y aurait un cas d’euthanasie. Dans le cas de l’avortement, il faut que nous réussissions à réclamer de nouveaux droits qui viendraient battre en brèche la suprématie de l’avortement. On agit sur de petites choses : une meilleure information, etc. C’est par ce grignotage juridique que, petit à petit, nous pourrons arriver à quelque chose.

Enfin, tout ne se fait pas sur le plan législatif. Au quotidien, il faut s’engager pour développer une culture du soin, réfuter les arguments et proposer un discours alternatif à celui que nous servent constamment tous les faiseurs d’opinion.

Mais cela sert-il à quelque chose, aujourd’hui, d’en parler avec le Français de la rue ? Ecoute-t-il ?

Clairement, il y a certaines choses qui ne fonctionnent pas lorsque l’on parle de l’avortement en le présentant sous l’angle « pour-contre », « bien-mal ». Tout d’abord parce que nos contemporains se sentent jugés et ils ont horreur de cela, horreur des discours moraux. Ce qu’il faut, c’est revenir à la réalité concrète de l’avortement. Aujourd’hui, dans la grande majorité des cas, les femmes qui ont recours à l’avortement y sont forcées : des parents qui obligent leur fille, un conjoint sa femme. Il faut que ces femmes puissent avoir le choix de poursuivre leur grossesse. Il faut protéger la femme enceinte. Le gouvernement ne peut pas refuser cela.

Ensuite, il suffit d’expliquer concrètement ce qui se passe lorsqu’un enfant est avorté. L’exemple des avortements tardifs est particulièrement dur, mais c’est concret et cela parle aux gens. Certains se réfugient dans le déni, ne veulent pas en parler parce que c’est trop horrible. Mais en faisant appel à l’émotion, le discours porte ses fruits. [...]"

Posté le 14 janvier 2015 à 12h13 par Michel Janva | Lien permanent

13 janvier 2015

Conscient durant les 12 ans de son état "végétatif", il se réveille

Ce témoignage de Martin Pistorious fera-t-il réfléchir ceux qui veulent tuer Vincent Lambert !

Addendum : lire l'article de Jeanne Smits.

Posté le 13 janvier 2015 à 21h13 par Michel Janva | Lien permanent

09 janvier 2015

Affaire Lambert : la bonne question d'un juge de Malte

Génèthique revient sur l'audience des 17 juges de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour l'affaire Vincent Lambert. Extrait :

"À la fin de l'audience, seul le juge maltais Vincent A. De Gaetano a posé des questions, notamment au sujet de la demande des parents de Vincent Lambert qui veulent son transfert dans une unité de vie spécialisée. Il a demandé : "Quel était l'obstacle juridique pour ne pas réaliser ce transfert ? Je n'ai pas compris…" "En réalité aucun", lui a-t-on répondu.

Les 17 juges de la Grande Chambre de la CEDH rendront leur jugement dans un à deux mois.

Posté le 9 janvier 2015 à 13h29 par Michel Janva | Lien permanent

08 janvier 2015

Vidéo de l'audience Vincent Lambert à la grande chambre de la CEDH

C'est par ici.

Pour accéder aux plaidoiries de Me Jean Paillot et Me Triomphe, défenseurs de la vie de Vincent (35mn en tout), cliquer avec l’onglet en bas à droite de la vidéo sur "partie requérante".

Vous y découvrirez notamment la dénonciation par Me Triomphe du livre écrit par le Dr Kariger, «Ma vérité sur l'affaire Vincent Lambert», destiné à être publié le 8 janvier 2015, soit au lendemain de l'audience à la CEDH.

Jean-Yves Nau a publié un article aujourd'hui, intitulé :

"Affaire Vincent Lambert: où est la vérité de l’étrange Dr Eric Kariger?"

Posté le 8 janvier 2015 à 21h59 par Michel Janva | Lien permanent

Tuer n'est jamais un progrès

Paru dans Valeurs Actuelles aujourd'hui :

V

Posté le 8 janvier 2015 à 10h04 par Michel Janva | Lien permanent

07 janvier 2015

On nous a trop menti au sujet de Vincent Lambert

Le docteur Xavier Ducrocq est neurologue au CHU de Nancy, dont il préside le comité d'éthique, professeur à l'université de Lorraine et président de l'Espace lorrain d'éthique de la Santé (ELES). Il est l'un des experts qui ont été sollicités pour examiner Vincent Lambert.

Le docteur Bernard Jeanblanc est spécialisé en Réanimation. Il est chef de service d'une Unité pour polyhandicapés et d'une Unité de Vie Spécialisée pour les «pauci-relationnels» à la Maison de santé Béthel à Oberhausbergen près de Strasbourg.

Dans Le Figarovox, ils démontent les mensonges et erreurs sur le cas Lambert. Extraits :

"Vincent était plongé dans une inconscience dont il ne sortirait plus. C'est faux. [...]

Les mêmes qui nous ont dit que Vincent n'était plus conscient nous disent aussi, pour contradictoire que cela soit, qu'il a «manifesté son désir de mourir». C'est faux. [...]

On nous a dit que Vincent avait exprimé, avant l'accident qui l'a laissé handicapé, «sa volonté d'être euthanasié s'il devait un jour se retrouver dans cet état». C'est faux. Outre qu'il n'existe aucune trace écrite d'un tel choix, alors que Vincent, travaillant en milieu hospitalier, savait la nécessité de l'exprimer de manière incontestable, il n'a fait l'objet d'aucun acharnement thérapeutique. Personne ne s'acharne, contre tout bon sens et toute pitié, à le maintenir en vie. [...]

On nous a dit que Vincent «était en fin de vie» et qu'il fallait abréger ses souffrances. C'est faux.

[...] On nous a trop menti au sujet de Vincent. La vérité est que Vincent est handicapé. Lourdement. Très lourdement. La vérité est que ses chances de redevenir un jour «comme nous» sont minces, même si elles existent. La vérité est que Vincent fait peur. Il fait peur parce qu'il nous renvoie à notre propre fragilité, notre propre vulnérabilité, notre propre faiblesse, à notre condition mortelle. Et que cela nous est insupportable. [...]"

Posté le 7 janvier 2015 à 09h58 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : Rendez-vous dans la rue le 25 janvier pour stopper le projet funeste de Hollande

Communiqué de La Marche pour la vie :

"La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) examinera, ce mercredi 7 janvier 2015, le sort de Vincent Lambert et la responsabilité de l’Etat français. Soit la France sera condamnée pour violation des principes conventionnels et l’imprécision de sa législation sur la fin de vie, soit la Cour donnera raison à la France et les soins d'alimentation et d'hydratation à Vincent Lambert, abusivement assimilés à des traitements, seront arrêtés.

Cette décision est d’autant plus attendue que s’ouvrira le 21 janvier prochain un débat à l’Assemblée Nationale sur la fin de vie et notamment sur l’évolution à apporter au cadre légal que constitue depuis 2005 la loi Leonetti.

La Marche pour la vie entend mettre en garde contre le projet porté par le gouvernement. La priorité aujourd’hui doit être à l'amélioration des soins donnés et non à l'administration de la mort programmée. Le 1er débat parlementaire doit préparer les esprits mais les travaux déjà effectués sont explicites : ils conduisent à la légalisation de l’euthanasie qui juge la valeur de la vie humaine à l'aune de critère d'utilité ou de qualité de la vie.

Contrairement à l’objectif annoncé, la politique du gouvernement n’est pas au consensus, encore moins à l’apaisement ou l’unité entre les Français.

Comme le rappelle Julie Graziani, porte-parole de La Marche pour la Vie : "La majorité des Français souhaite la généralisation des soins palliatifs comme réponse prioritaire à la souffrance et l’absence d’acharnement thérapeutique au nom du respect de la volonté du malade. Le gouvernement a choisi de mettre l'accent sur les possibilités d'abréger la vie quand il aurait fallu faire porter l'effort sur le développement d'une culture des soins. On est donc à nouveau dans une logique de division. Rendez-vous dans la rue le 25 janvier pour stopper le projet funeste de François Hollande. »

Posté le 7 janvier 2015 à 09h11 par Michel Janva | Lien permanent

Soutien à Vincent Lambert

Suite à un contact direct avec Madame Lambert, maman de Vincent, la Fédération des AFC des Yvelines soutient un appel à signatures :

"Le 7 janvier 2015, la Cour Européenne des Droits de l’Homme doit se prononcer sur le cas de Vincent Lambert, ce jeune accidenté de la route en état pauci relationnel dont, le 24 juin dernier, le Conseil d’État a autorisé la mise à mort par privation de nourriture.

Si cette instance supranationale devait entériner l’arrêt du Conseil d’État autorisant à laisser mourir Vincent, ou si la France, désavouée, décidait de passer outre à ce jugement et d’exécuter ses propres décisions juridiques, ce ne serait pas seulement un drame pour Vincent, pour ses parents et ses proches quise battent afin d’empêcher ce dénouement.

Ce serait un drame pour chacun d’entre nous et pour notre civilisation tout entière.

Car Vincent n’est pas « en fin de vie », car Vincent n’a pas demandé le « droit de mourir dans la dignité ». D’autres ont décidé à sa place que sa vie, telle qu’elle est aujourd’hui, ne mérite plus d’être vécue.

Si nous laissons sans mot dire exécuter cette décision de justice, si Vincent, et ceux qui sont dans le même état que lui, doivent mourir uniquement parce qu’ils sont lourdement handicapés, qui d’autre, demain, deviendra, à son tour, la cible de cette « compassion » meurtrière ? Qui décidera, et sur quels critères, de la valeur de nos vies et de celles de nos proches ?

Parce que nous pouvons tous être concernés, parce que nous ne voulons pas d’une société où Vincent, et tant d’autres, parce qu’ils sont faibles, malades, handicapés, âgés, n’auraient plus leur place, diffusons, signons, faisons signer ce texte !

Merci d'adresser votre soutien à Vincent Lambert par un mail à signaturetribune@sfr.fr

Posté le 7 janvier 2015 à 09h00 par Michel Janva | Lien permanent

Vincent Lambert devant la CEDH aujourd'hui

C'est aujourd'hui que la CEDH va se pencher sur le cas de Vincent Lambert, avec un verdict dans quelques semaines.

Aujourd'hui plus que jamais, nous prions pour lui, pour que la Vie soit respectée jusqu'au bout.

Posté le 7 janvier 2015 à 08h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

06 janvier 2015

Jean-Marie Le Méné : Vincent Lambert, c'est nous !

Le MénéS'opposer à l'euthanasie, qui sera érigée petit à petit en "droit" fondamental comme l'avortement, est un devoir. Dans Valeurs actuelles, le président de la Fondation Lejeune nous appelle donc à Marcher pour la Vie le 25 janvier à Paris :

"A l’heure où vous lirez ces mots, un homme a déjà fait l’objet de deux tentatives hospitalières d’euthanasie et d’une condamnation à mort par le Conseil d’Etat, suspendue in extremis par une saisine de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). A compter du 21 janvier, un premier débat sera lancé à l’Assemblée nationale suite au rapport Léonetti-Claeys qui veut légaliser l’euthanasie sans le dire. Le 29 janvier, une seconde proposition de loi du groupe Europe-Ecologie-Les-Verts est discutée qui veut légaliser l’euthanasie en le disant. Chacun de ces deux textes règlera définitivement le sort de cet homme.

Cet homme accidenté, qui n’est pas en fin de vie mais dans un état de conscience minimale, est donc sous le coup de cinq condamnations à mort. Sans compter la décision attendue de la CEDH qui statue sur son cas le 7 janvier. Autant dire qu’il a peu de chances de s’en sortir vivant.

Cet homme, c’est Vincent Lambert. Il est l’innocent le plus condamné de France.

Son père, un médecin octogénaire, vient vérifier tous les matins que sa nutrition et son hydratation, abusivement considérées comme des traitements, n’ont pas été arrêtées, encore une fois, par l’hôpital. Sa mère cherche pendant des heures à accrocher son regard. Le regard d’un fils qui ne souffre pas mais est capable d’exprimer, par exemple, un état d’inconfort ou de sérénité. Le regard d’un homme dont l’âme vit dans un corps blessé que rien ni personne n’autorise à achever.

Demain, si nous ne faisons rien, non seulement Vincent Lambert, mais 1 700 personnes dans le même état de conscience minimale pourront être exécutées sous les ordres d’un pouvoir politique qui les a déjà condamnées à l’avance en ces termes inouïs du rapport Léonetti-Clayes : « Il est permis de penser que ces personnes pourraient qualifier ces situations d’obstination déraisonnable si elles pouvaient s’exprimer ». Autrement dit, ces personnes vivantes, mais hors d’état d’exprimer leur volonté, sont présumées avoir choisi l’euthanasie !

Le pays dans lequel ces faits se déroulent n’est pas l’Allemagne des années 30, c’est la France.

Notre pays, qui vient de faire de l’exception d’avortement un droit fondamental, fera aussi de l’exception d’euthanasie un droit fondamental parce que la vie humaine y est devenue « un matériau à gérer ». Attention à l’amalgame, nous avertissent de grandes consciences qui conseillent de ne pas faire ce rapprochement ! C’est pourtant ce rappel historique qui permet d’anticiper un scénario connu et nous assigne le devoir de résister politiquement.

Parce que quarante ans plus tard, le procès de Vincent Lambert est à l’euthanasie ce que le procès de Bobigny est à l’avortement.

Parce qu’au-delà de Vincent Lambert, il y a les traumatisés crâniens et cérébro-lésés (dont l’association a demandé en vain à être auditionnée), les grands prématurés, les enfants atteints de maladie grave, les personnes handicapées mentales ou psychiques, les trisomiques, etc. dont l’Etat considère que la vie n’est pas digne d’être vécue.

Parce qu’il y a nous tous à qui on va demander de rédiger des « directives anticipées » contraignantes pour organiser notre fin de vie, dans le sens de l’abrègement …

Parce qu’il deviendra égoïste de ne pas choisir de mourir en bon état pour alléger les finances publiques et faire l’objet d’un prélèvement qui alimentera la filière des greffes …

Parce qu’un certain corps médical qui a déjà cédé sur l’avortement est prêt à céder sur l’euthanasie, sans objection de conscience …

Parce que nous ne voulons pas de cette « sédation profonde et continue » qui n’ose pas dire qu’elle est le pavillon de complaisance de l’euthanasie.

Parce qu’entre le 21 et le 29, il y a le 25 janvier, jour de la Marche pour la vie.

Parce que descendre dans la rue c’est poser un acte politique quand il n’y a plus de politique.

Nous dirons non à l’appropriation de la vie par l’Etat, de l’avortement à l’euthanasie.

Parce que Vincent Lambert c’est nous."

Posté le 6 janvier 2015 à 19h55 par Louise Tudy | Lien permanent

Le détenu belge échappe à l'euthanasie

... grâce, semble-t-il, à ses médecins traitants et à la Ligue des droits de l'Homme. Non que cette dernière soit opposée au meurtre légalisé, bien au contraire - la LDH est intervenue parce que le détenu en question avait demandé d'être euthanasié faute d'obtenir une place dans un centre de soins aux Pays-Bas. Autrement dit, ce détenu échappe à une peine de mort déguisée non en vertu du caractère sacré de la vie, ni même en vertu du fait qu'il soit loin d'être en fin de vie, mais au nom de la sacralisation des droits individuels.

La LDH pourrait se pencher à présent sur une récente étude révélant que 80% des patients que les médecins laissent mourir de faim et de soif en Belgique (ce que l'on appelle joliment l'arrêt de l'alimentation et de l'hydratation (AAH)) n'ont pas donné leur accord.

Posté le 6 janvier 2015 à 16h27 par Louise Tudy | Lien permanent

Désinformation sur l'euthanasie

Dans une dépêche de l'AFP titrée "NKM opposée à l'euthanasie", on lit que l'ex-candidate UMP à la mairie de Paris déclare :

"Je suis très favorable à la proposition Claeys-Leonetti (...) mais je pense qu'elle ne résoudra pas tous les problèmes". "Au-delà du projet Claeys-Leonetti, (...) les deux questions qui se poseront pour quelqu'un qui veut aller au-delà, c'est soit l'euthanasie en tant que telle, soit le suicide assisté".

Et la vice-présidente déléguée de l'UMP a affirmé n'être "pas prête à transposer comme ça, cash, en France (...) les dispositifs qui existent aujourd'hui en Suisse ou en Belgique". Pas cash, mais en douceur alors ?

Mais alors quel rapport avec le titre ? C'est une distinction factice entre le rapport Claeys-Leonetti et l'euthanasie. Or, comme l'avait analysé Jeanne Smits, la proposition Claeys-Leonetti est celle d'une euthanasie lente.

Mais il faut bien tromper les Français. Comme lorsque l'on parle d'"interruption volontaire de grossesse" pour désigner le meurtre d'un enfant.

Posté le 6 janvier 2015 à 14h07 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

05 janvier 2015

Affaire Lambert : tous les handicapés ont du souci à se faire

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) examine le 7 janvier le cas du jeune tétraplégique, dont l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation avait été autorisé le 24 juin 2014 par le Conseil d’État. L’avocat des parents, Maître Jean Paillot, est interrogé dans Famille chrétienne. Extraits :

"Vincent est handicapé. Il est placé dans une unité de soins palliatifs, alors qu’il devrait être dans une unité de vie pour personnes handicapées. Cette seule considération permet de comprendre que Vincent n’est pas à sa place. Malgré la qualité humaine de quelques membres du personnel médical qui l’entoure, Vincent ne bénéficie pas de tous les soins auxquels il devrait avoir accès en vertu du droit français, je pense ici à la confection d’un fauteuil adapté qui lui permettrait d’être sorti de son lit ou bien au bénéfice de la kinésithérapie, qui lui est sans raison refusée depuis plus de deux ans, ou encore au fait qu’il est enfermé pour éviter que quelqu’un vienne attenter à sa vie. Cette situation objective scandalise toutes les personnes qui ont l’habitude des soins aux personnes en état de conscience altérée, car elle est contraire aux bonnes pratiques médicales. Et pourtant, malgré cette mauvaise prise en charge, Vincent est apaisé. Il est entouré au quotidien par ses parents et régulièrement par sa famille. Il devrait bénéficier d’un projet de vie, à l’instar de toutes les personnes accueillies en établissement de soins en France. Mais il est enfermé dans le couloir de la mort, depuis l’arrêt du Conseil d’État. Ce qui est profondément attristant, c’est qu’il est possible d’agir autrement et que si Vincent était ailleurs, il se porterait sans aucun doute encore mieux.

La grande chambre de la CEDH examine le 7 janvier la requête des parents de Vincent Lambert. Quels sont les espoirs de réussite ?

À mes yeux, ils sont importants. Les éléments que nous invoquons à l’appui de notre demande sont extrêmement forts, qu’il s’agisse de l’absence de preuves sérieuses de la volonté de Vincent Lambert, du défaut de sécurité juridique induit, dans la loi Leonetti, par l’absence de définition des mots « traitements » et « soins », de la nécessaire distinction à réaliser entre les divers types d’alimentation artificielle, de l’illégitimité de retenir l’alimentation entérale comme un traitement, de la scandaleuse procédure dite « collégiale » qui doit précéder un arrêt de traitement d’une personne à la conscience altérée et qui est au demeurant fortement critiquée par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE), et enfin de la contradiction intrinsèque dans la position du gouvernement français qui se déclare farouchement opposé à l’euthanasie, mais qui ouvre toute grande la porte à des pratiques euthanasiques en direction des personnes handicapées.

Un des médecins auditionnés par le docteur Kariger au cours de la procédure dite collégiale a publiquement déclaré que Vincent Lambert n’était déjà plus une personne, qu’il était « gommé ». Derrière cette affirmation scandaleuse d’un médecin cardiologue, qui au demeurant n’est pas un spécialiste des personnes en état de conscience altérée et qui n’a même pas rencontré personnellement Vincent Lambert avant de se prononcer pour sa mort, il y a l’idée terrifiante que certains êtres humains perdraient leur qualité de personne humaine et donc de personne juridique, parce que réduits à une simple « vie biologique »Cette idée qu’un être humain puisse ne plus être considéré comme une personne est une abomination. Notre droit a interdit l’esclavage depuis 1848 et la mort civile depuis 1854, de sorte que tout être humain né est nécessairement une personne, et dispose par ce fait même d’une dignité et de droits fondamentaux. Or, certains sont en train de ressusciter cette distinction être humain et personne juridique. Si cette distinction, qui est sous-jacente aux débats autour de Vincent Lambert, devait se réaliser, alors tous les handicapés (physiques, mentaux, sociaux) auraient du souci à se faire, car leur propre dignité ne serait plus garantie par leur seul fait qu’ils sont un être humain. Ce serait une immense régression sociale."

Posté le 5 janvier 2015 à 21h39 par Michel Janva | Lien permanent

L'auteur de "Shoah" met en garde Hollande contre une nouvelle loi sur la fin de vie

Extrait de cette tribune de Claude Lanzmann :

"[...] Je m'imagine maintenant souffrant sur un lit d'hôpital, la "réforme sociétale" dûment et bien votée par des jeunes théoriciens éloignés de la mort comme de la maladie, et m'interrogeant silencieusement, sans oser rien formuler ni articuler, au sujet du médecin préposé à m'accompagner, palliativement ou non, dans les derniers jours. Quelle égalité entre lui - ou elle - et moi ? Il y a là un degré zéro, puisque la loi autorisera les médecins à décider pour moi - même pour mon bien -, dont ils se croient seuls juges. Ils ont sur moi le pouvoir exorbitant de me maintenir en vie - une vie malade et diminuée peut-être - ou de me faire mourir. La différence est immense, si vertigineusement immense que nous n'appartenons plus au même monde et que toutes les raisons invoquées pour justifier l'administration de mon trépas ne pourront jamais masquer cette béance. Je n'oserai plus les regarder en face et je ne m'empêcherai pas de lire dans leur sourire la méditation d'un mauvais coup.

Je sais : éviter la souffrance est le nouvel impératif catégorique qui rassemble toutes les raisons invoquées par ceux qui veulent tuer. Et ce n'est pas parce que le patient est de toute façon condamné - comme tous les vivants et bien portants que nous sommes - qu'il est permis de s'arroger le droit monstrueux d'accélérer le processus. [...]

Qu'on le veuille ou non, il y a quelque chose d'exorbitant dans toute légalisation du "donner la mort", guillotine comprise. Pas d'amalgame : je suis, quant à moi, et depuis toujours, farouchement hostile à la peine de mort judiciaire, à la forme d'euthanasie telle qu'elle se pratique du côté de Louvain et, sans contradiction [sic], résolument favorable à l'avortement puisqu'il s'agit de la liberté des femmes.

Quant aux vieillards, nul ne parviendra à écarter complètement le soupçon que le cynisme demeure derrière tous les masques de générosité et d'affabilité dont on veut l'occulter : coûtent-ils trop cher à la société ?"

Posté le 5 janvier 2015 à 16h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

Europe: don d’organes et euthanasie, une combinaison de plus en plus actuelle

Une conception plus qu'étrange du "don de la vie" : des candidats à la "mort choisie" (entendez euthanasie et suicide assisté) estiment qu'ils "donnent la vie" en donnant leurs organes après leur mort. Les nécessités médicales exigent d'autre part que soient prélévés les organes le plus tôt possible sur la personne en ayant fait le don. A se demander si on n'en viendra pas un jour à prélever les organes sur une personne encore en vie : puisque de toute façon, elle a demandé à mourir...

[...] "Aux Pays-Bas, où l’euthanasie est légale, la presse a salué le choix d’une femme victime d’une maladie cérébrale de coupler sa mise à mort avec le prélèvement de ses organes « utilisables » : reins, poumons, pancréas, foie… et son cerveau pour la recherche médicale.

La procédure de prélèvement d’organes vitaux est difficilement compatible avec celle de l’euthanasie qui exige normalement le passage d’un médecin légiste quelque temps après le décès : trop tard en tout cas pour que les organes puissent encore servir à qui que ce soit. Une exception a donc été mise en place pour permettre le geste « héroïque » de Dicky Ringeling, 51 ans, qui a obtenu de l’administration les autorisations nécessaires pour faire le « don de la vie » à cinq autres personnes en mourant.

Depuis lors, une normalisation de la procédure est en cours aux Pays-Bas où les hôpitaux Erasmus de Rotterdam et l’hôpital universitaire de Maastricht ont établi un protocole qui reste à approuver par les autorités, mais dont les médecins peuvent déjà se prévaloir. Tout est dans le raccourcissement des délais – il faut euthanasier à l’hôpital et livrer le corps aux équipes de transplantation dans les meilleurs délais après le constat de la mort – et dans la démocratisation de l’idée qu’il serait « dommage » de se priver de cette source d’organes alors que la demande est si forte.

En Belgique, le prélèvement de poumons et d’autres organes se fait déjà depuis quelques années dans le cadre des euthanasies.

Dans les deux cas, c’est la multiplication de « morts choisies » qui interviennent dans le cadre d’une affection neurologique ou psychiatrique qui rendent possible ces prélèvements d’organes sains dans un vivier qui tend à s’accroître…

En Suisse, le sujet est aussi à l’ordre du jour avec un plaidoyer du Conseil d’éthique clinique des hôpitaux universitaires de Genève en faveur du prélèvement dans le cadre des retraits thérapeutiques en soins intensifs. L’idée est de multiplier les « dons à cœur arrêté » – en envisageant de l’étendre dans le futur aux suicides assistés – en raccourcissant le délai du constat de la mort.

Sans complexes, l’article souligne que « la définition de la mort a évolué dans le temps en relation avec les critères nécessaires pour le prélèvement d’organes en vue de la transplantation ». On a notamment abandonné la notion de mort constatée lors de l’arrêt de la circulation et de la respiration pour pouvoir prélever des organes « à cœur battant ». Aujourd’hui on veut rouvrir l’autre voie, celle de la mort cardiaque, pour récupérer bien vite des organes sur des gens dont le cœur a cessé de battre, en s’interdisant toute tentative de réanimation puisque la mort est attendue, voire voulue.

Or il va de soi qu’on ne peut réanimer quelqu’un qui est vraiment mort : il s’agit donc de brûler une étape… La même suggestion s’est faite parallèlement en France où le centre hospitalier d’Annecy Genevois a reçu l’accord de l’Agence de biomédecine pour faire ce genre de prélèvements « à cœur à peine arrêté » dans le cadre d’un arrêt de traitement décidé selon les dispositions de la loi Leonetti.

Tout cela s’inscrit dans le cadre plus large du discours sur les « soins inutiles » ou « futiles » : non seulement il faut les arrêter, il faut les rentabiliser… (Paul Rutten)"

Posté le 5 janvier 2015 à 11h20 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (7)

Euthanasie : l’exemple barbare venu de Belgique

Philippe Oswald sur Aleteia montre comment s'emballe la spirale mortelle de l'euthanasie en Belgique, qui en plus d'autoriser l'euthanasie des mineurs, préfère accéder à la demande d'euthanasie d'un prisonnier en "souffrance psychologique insupportable" plutôt que d'essayer de le soigner comme il en faisait la demande depuis trois ans :

[...] "Voilà trois ans que Frank Van Den Bleeken demandait soit d’être transféré vers un établissement néerlandais spécialisé pour détenus psychiatriques afin d'y être soigné, soit d’être euthanasié. La cour d’appel de Bruxelles a refusé la première option, jugeant que la ministre de la Justice n’était pas compétente pour décider de son éventuel transfert aux Pays-Bas. Le détenu a alors attaqué en justice la ministre pour obtenir d’être euthanasié.
La justice belge a donc préféré qu’un de ses détenus se suicide avec la complicité active de l’Etat plutôt qu’il reçoive les soins psychiatriques qu’il avait réclamés en première option !
Depuis qu’elle a légalisé l'euthanasie sous conditions en 2002, la Belgique a enregistré un record de 1.807 cas officiels en 2013, en hausse de 26% par rapport à l’année précédente (mais les euthanasies clandestines seraient très nombreuses...et peu risquées, vu le contexte).
Après le vote d’une loi début 2014 autorisant l’euthanasie des mineurs  (Aleteia) et cette deuxième euthanasie pratiquée en prison (la première, en 2012, concernait un homme condamné à une lourde peine et très malade), on peut s’attendre à une nouvelle explosion de ces assassinats légaux en 2015. Déjà, une quinzaine de détenus auraient fait une demande similaire."

Posté le 5 janvier 2015 à 10h24 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (4)

04 janvier 2015

Le SIEL appelle à marcher pour la vie le 25 janvier

Communiqué du SIEL :

"En 2015, le sort des personnes âgées, des malades et des handicapées est clairement menacé.

Les forces libérales-libertaires s’apprêtent à lancer cette année une offensive majeure en direction des personnes vulnérables : François Hollande avait incorporé la promotion de l’euthanasie à son programme présidentiel (proposition 21) et de puissants intérêts se manifestent régulièrement pour modifier la loi Léonetti sur la fin de vie afin de  légaliser insidieusement les gestes euthanasiques.

La Marche pour la vie 2015 appelle les citoyens à manifester le dimanche 25 janvier à Paris de 14 heures à 18 heures pour dire non à l’euthanasie et préserver la dignité des personnes vulnérables.

Le SIEL soutient cette initiative salutaire et invite des adhérents et tous nos compatriotes à y participer massivement afin d’organiser une opposition durable aux dérives bioéthiques (industrie procréatique, recherche sur l’embryon, GPA, euthanasie etc..) inaugurées par la loi sur l’avortement.

Cette manifestation sera une formidable occasion pour les Français de rappeler avec force que le respect de la vie humaine, de la conception à la mort naturelle, est un principe intangible qui fonde notre civilisation."

Posté le 4 janvier 2015 à 20h21 par Michel Janva | Lien permanent

31 décembre 2014

Les détresses de la vie ne doivent pas donner le permis de tuer

Directeur d'EHPAD depuis 20 ans, Nicolas Martinet est l'auteur du livre "Le Grand Age est à l'Abandon, propositions pour éviter le pire". Il dresse un parallèle entre les tentatvives de légalisation de l'euthanasie et la dépénalisation de l'avortement :

Posté le 31 décembre 2014 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

Nouvelle proposition de loi pro-mort déposée au Sénat

Alors qu'une proposition de loi déposée par EELV sera examinée à l'assemblée nationale fin janvier, une autre proposition "relative à l'assistance médicalisée pour mourir et aux droits des malades en fin de vie", a été déposée au Sénat le 19 décembre.

Posté le 31 décembre 2014 à 15h58 par Michel Janva | Lien permanent

30 décembre 2014

Le Dr Bonnemaison ne redeviendra pas médecin

Le Conseil d'Etat a confirmé la radiation du Dr Bonnemaison de l'Ordre des médecins. Le médecin urgentiste, acquitté par la justice alors qu'il avait mis fin à la vie de sept patients, avait été radié le 15 avril par le Conseil de l'Ordre national des médecins. Il contestait cette radiation suite à l'acquittement surréaliste.

Posté le 30 décembre 2014 à 14h55 par Michel Janva | Lien permanent

28 décembre 2014

Neuvaine pour Vincent Lambert

Le 7 janvier prochain, la cour européenne des droits de l'homme jugera le cas de Vincent Lambert, ce jeune homme qui, handicapé à la suite d'un accident, est conscient mais sans moyen de se nourrir seul, ni de communiquer.

La "justice" française l'a condamné à mourir de façon atroce, de faim et de soif. Sa dernière chance réside dans le fait que la cour européenne des droits de l'homme défende... la dignité de tout être humain, même malade, même handicapé.

Par ailleurs, comme vous le savez, après le jugement concernant "l'affaire Lambert", le mois de janvier sera particulièrement charge et menaçant pour la dignité de nos frères humains les plus fragiles. Le gouvernement actuel a notamment décidé de resouder sa majorité sur le dos des vieillards, des malades et des handicapés qu'il considère manifestement comme des "parasites" et des "poids lourds" pour la Sécu.

Face à ces démons homicides, les catholiques de France ont le devoir de résister. Et ils ont, en particulier, à leur disposition des armes efficaces que le Fils de Dieu Lui-même nous a conseillées: le jeûne et la prière.

En attendant de nous retrouver à la Marche pour la Vie du 25 janvier prochain, nous vous invitons donc à vous joindre à notre neuvaine pour Vincent Lambert et pour éloigner de la France le fléau de l'euthanasie active, en récitant chaque jour une dizaine de chapelet à ces intentions et, si cela vous est possible, en jeûnant une fois au cours de ces neuf jours.

Nous réciterons cette neuvaine du 28 décembre, fête des saints Innocents, au 5 janvier, veille de l'Epiphanie et donc veille du jour où nous fêtons la première manifestation de la gloire de Notre-Seigneur, qui a déjà vaincu la mort.

Je profite de cette occasion pour vous souhaiter à tous, amis lecteurs, une sainte et heureuse année 2015 - riche en grâces... et en combats !

Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon beige

Posté le 28 décembre 2014 à 16h48 par Le Salon Beige | Lien permanent

21 janvier : mobilisation contre l'euthanasie

Le jour même du grand débat sur la fin de vie, à l'Assemblée, le collectif Soulager mais pas tuer organise une mobilisation. Cette journée d’action se traduira par des initiatives multiples, dans toute la France, et un rassemblement dans la capitale, à proximité de l’Assemblée nationale.

Cette mobilisation est complémentaire à la manifestation nationale qui se déroulera à Paris le dimanche suivant 25 janvier.

S

Posté le 28 décembre 2014 à 16h20 par Michel Janva | Lien permanent

26 décembre 2014

Double meurtre autorisé en Irlande

La mère et l'enfant qu'elle porte :

"La Haute Cour de justice irlandaise a autorisé aujourd'hui l'arrêt de l'appareillage permettant le maintien en vie artificiel d'une femme enceinte en état de mort cérébrale, dans la mesure où l'enfant n'a aucune chance de voir le jour.

Malgré son caractère très particulier, l'affaire a relancé le débat sur le droit à l'avortement, toujours très restrictif en Irlande. L'état de mort cérébrale consécutif à une grave chute a été constaté le 3 décembre, mais, craignant d'être poursuivis pour négligence ou même pour meurtre, les médecins ont refusé d'arrêter les appareils, malgré la demande en ce sens de la famille de la victime".

Posté le 26 décembre 2014 à 23h29 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

23 décembre 2014

Janvier : chaud devant

Pourquoi ? Jugez un peu en lisant le calendrier établi par Tugdual Derville, sur France catholique :

  • 7 janvier : la Cour Euro­péenne des Droits de l’Homme examine le cas Vincent Lambert

"La CEDH se réunira dans sa formation plénière appelée «  Grand chambre  », composé de 17 juges, pour examiner la requête, déposée le 23 juin 2014 par les parents, la sœur et un demi-frère de Vincent Lambert.

Ces proches, contre l’avis d’autres membres de la famille du patient toujours hospitalisé à Nancy, demandent la suspension de l’exécution de la décision du Conseil d’État français qui, le lendemain 24 juin, autorisait l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation de Vincent Lambert, lourdement handicapé depuis 2008. (...) L’examen se fera en audience publique, mais la décision de la CEDH sera rendue ultérieurement. (...)"

  • 17 janvier  : un nouveau plan pour célébrer les 40 ans de la promulgation de la loi [Veil]

(...) Marisol Touraine a aussi annoncé pour «  la mi-janvier [2015], à l’occasion de l’anniversaire de la promulgation de la loi, un plan cohérent pour améliorer l’accès à l’IVG sur l’ensemble du territoire  ». Elle menace notamment les médecins qui refusent de pratiquer l’IVG au-delà de l’ancienne limite légale de 10 semaines de grossesse  : «  il est inadmissible de prendre des libertés avec ce droit  ». Pour la ministre de la Santé l’IVG est «  un droit fondamental qu’il faut célébrer et réaffirmer  ».

A noter que le projet de loi de Santé, retardé pour le mois d’avril, envisage à nouveau la pratique de l’IVG par les sages-femmes, réforme deux fois invalidée par le Conseil constitutionnel.

  • 21 janvier  : un grand débat sur la fin de vie à l’Assemblée nationale.

Ce débat majeur, quoique sans vote, a été annoncé le 12 décembre 2014 par le président de la République lors de la remise du rapport et de la proposition de loi co-signés par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP). Ce débat viserait à mesurer le degré d’adhésion des groupes politiques à ces textes qui tentent d’éviter «  les mots qui fâchent  » selon l’expression du Premier ministre, tout en introduisant un «  droit à la sédation profonde jusqu’à la mort  ».

Le mouvement Soulager mais pas tuer, parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, qui a inspiré le film Intouchables, analyse cette expression comme «  ouvrant la porte à certaines formes d’euthanasie, d’autant plus graves qu’elles seraient masquées  ».

Manuel Valls, qui avait promis un débat consensuel au Parlement, a confirmé depuis son intention de légiférer «  par paliers  » afin, croit-il, de ne pas provoquer un mouvement social comparable à celui qui s’est opposé à la loi Taubira.

  • 29 janvier  : la proposition de loi écologiste pour l’euthanasie débattue par les députés

Dans le cadre de la niche parlementaire des députés verts est déjà programmé l’examen de la proposition de loi de Véronique Massoneau (EELV) qui vise à légaliser explicitement «  une aide active à mourir [NDLR euthanasie] ou d’un suicide médicalement assisté.  »

Son colloque avait reçu, le 27 novembre 2014, le soutien remarqué de Jean-Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale. Un fort courant de l’actuelle majorité parlementaire peut en effet être tenté par le vote d’une loi plus permissive que celle proposée par le duo Leonetti-Claeys."

Autrement dit, quatre bonnes raisons de se rendre à la Marche pour la vie le 25 janvier à Paris, pour dire non à l'avortement, et non à l'euthanasie.

Posté le 23 décembre 2014 à 23h00 par Louise Tudy | Lien permanent

22 décembre 2014

Noël, antidote contre la tentation d'être comme des dieux

FCL'éditorial d'Aymeric Pourbaix dans le dernier Famille chrétienne :

"«Dites, si c’était vrai ? s’exclamait Jacques Brel en 1958. S’il était né vraiment à Bethléem dans une étable ? […] C’est tellement beau, tout cela, quand on croit que c’est vrai. » L’interrogation du poète, qui lui valut le surnom de « l’abbé Brel », caractérise assez justement notre époque, prise entre le désir de croire pour répondre à son vide spirituel, et d’autre part le doute et la critique à l’égard de l’Église, introduits par les philosophes du soupçon – Freud, Nietzsche et Marx. Ces trois-là, avec d’autres, ont exalté chez l’homme ses pulsions, sa force et son action matérielle, mais toujours au détriment de son âme. Culte de l’homme qui reproduit l’antique tentation du Serpent d’être « comme des dieux » (Gn 3, 5), de prendre la place de Dieu jusqu’à s’approprier l’ultime pouvoir : celui sur la mort, comme le font aujourd’hui les partisans de l’euthanasie.

Cette volonté orgueilleuse, on la retrouve dans un argument utilisé par un éditorialiste favorable au suicide assisté, selon qui choisir le moment de sa mort « ne peut pas être une faute » pour un catholique qui veut aller à Dieu (L’Express, 10 décembre). Affirmation qui ne peut rester sans réponse, car elle touche au cœur de l’existence : qui décide de ma mort, donc de ma vie ? Dieu, ou moi-même ?

C’est précisément pour répondre à cette question, ce qu’aucune loi ne pourra faire, qu’il nous faut redécouvrir chaque année l’émerveillement populaire de cette sainte nuit de Noël. Faite d’admiration, de gratitude, de simplicité, de consolation, elle est même le parfait antidote : à l’homme qui veut s’élever par ses propres forces, elle oppose la toute-puissance d’un Dieu qui s’abaisse. Qui fait son chemin à travers une généalogie de meurtriers et d’adultères. Qui naît dans une pauvre bourgade de Judée, et pas à Rome, à Athènes ou à Jérusalem.

Paradoxes vertigineux d’un Dieu fait homme, et qui ne se résolvent qu’en affirmant le primat de la grâce. « Croyez-vous que Jésus Christ ait besoin de la santé, de l’intelligence, de la vigueur des hommes pour opérer ? », écrivait à un ami malade le Père Henri Diffiné, un des meilleurs confesseurs parisiens du début du XXe siècle. « Ma grâce te suffit », affirmait déjà saint Paul (2 Cor, 12, 9). Mystère qui fascinera les bergers, mais aussi les plus grands esprits qui sauront se reconnaître humblement dépendants, comme Pascal lors de sa fameuse « nuit de feu », nuit mystique de 1654, où il affirmera renoncer au Dieu « des philosophes et des savants ».

À tout prendre, la distance respectueuse du poète devant le mystère, celle d’un Jacques Brel, est donc un terrain plus favorable pour l’évangélisation. À condition de faire entendre haut et fort la réponse, celle qui fut donnée par Paul Claudel, lors de sa conversion, à Noël 1886 : « C’est vrai ! Dieu existe, Il est là ! C’est Quelqu’un, c’est un être aussi personnel que moi ! Il m’aime, Il m’appelle ! » Joyeux Noël !"

Posté le 22 décembre 2014 à 18h58 par Louise Tudy | Lien permanent


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