20 novembre 2014

Nouveaux-nés handicapés : des dérives eugénistes en France ?

Dans La Vie, une tribune de Laurence Henry, Jean Vanier et Philippe de Roux sur l'assassinat des nouveau-nés porteurs d'un handicap :

[...]"Avant la loi Leonetti la plupart de ces personnes étaient euthanasiées par injection létale sur décision des médecins, décision dont les parents étaient le plus souvent ignorants (2). De nombreux témoignages montrent que les conséquences de cette « faille éthique » étaient loin d’être neutres sur le moral des équipes soignantes. Ces « euthanasies », qualifiées d’arrêt de vie, existent depuis 1965, date de l’ouverture du premier service de réanimation néonatale en France. La loi Leonetti a permis des clarifications et des avancées très positives dans la prise en charge. Cependant l’arrêt de traitement reste sujet à des interprétations contradictoires. Parfois c’est l’alimentation qui est arrêtée, comme l’a montrée une enquête récente du Centre d’Ethique Clinique de Cochin. Cette situation étant très éprouvante, on demandera à mots couverts l'injection létale, en jouant avec le sens du mot euthanasie, puisque ces enfants ne sont ni en état de faire un choix, ni en fin de vie."[...]

Posté le 20 novembre 2014 à 23h12 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (2)

19 novembre 2014

Ne dîtes pas "euthanasie" mais "prescription médicamenteuse pouvant provoquer la mort"

Le député Jacques Bompard signe une tribune contre l'euthanasie dans Valeurs Actuelles :

"L’euthanasie est inscrite dans les promesses de campagne du candidat Hollande. Elle appartient à cette longue liste de mesures visant à altérer sensiblement les fondements de notre civilisation : banalisation de l’avortement, dénaturation du mariage, marchandisation des embryons, promotion de la théorie du genre.

La méthode est implacable : une note de présentation de l’institut Terra Nova donne les arguments à venir : il ne faudra pas parler d’euthanasie mais de prescription médicamenteuse pouvant provoquer la mort si le patient décide de s’injecter le médicament. En un mot, le gouvernement s’apprête à légaliser le suicide. Aucun élément n’a été oublié dans la potion habituelle et les mêmes coteries qui avaient soutenu le mariage homosexuel battent le rappel pour organiser cette ultime désacralisation de la vie.

Bien des hommes politiques hésiteront à intervenir sur ce sujet. La mort est un sujet par essence douloureux, empreint des hésitations et des doutes qui ne manquent pas d’habiter chacun d’entre nous. Et c’est justement pour cela que ceux qui défendent le bien commun devront tenir d’autant mieux leur rang : derrière un progrès, encore une fois, c’est un profond retour à la barbarie qui va s’orchestrer. [...]

Le progressisme va donc faire naître de nouvelles victimes.  A moins que…

A moins que nous écoutions ces jeunes gens de l’association Soigner dans la Dignité qui demandent l’application de la loi Léonetti pour l’extension des soins palliatifs et la mise en place de modules de sciences humaines dans les études médicales pour former les futurs soignants à la confrontation avec la mort. A moins que nous ne nous souvenions que l’eugénisme et le matérialisme sont toujours les premiers ennemis de la civilisation. A moins donc que chacun d’entre nous se place devant ses responsabilités : les croyants dans la mobilisation de l’Eglise, les athées dans la préservation de l’ordre social, les militants dans la préparation de la batailles contre l’euthanasie et les familles dans la promotion d’une autre société.

Personne au Palais Bourbon n’a été missionné pour altérer fondamentalement la nature des êtres humains et les solidarités charnelles. Marisol Touraine à qui je demandais hier, si elle comptait intégrer la détresse psychologique dans les motifs d’euthanasie a refusé de me répondre. Pire, elle n’a voulu voir là que des fantasmes, alors même que des auditions sont faites en ce sens à l’assemblée nationale. N’est-ce pas là un sous-entendu assez inquiétant pour que chacun se lève pour éviter l’euthanasie des mineurs, et l’euthanasie en cas de dépression. Il en va, à nouveau, de l’avenir de nos enfants, et du terme de notre existence."

Posté le 19 novembre 2014 à 17h36 par Michel Janva | Lien permanent

"Nous demandons à être la main qui soigne, pas la main qui tue !"

Une tribune dans laquelle plus de 500 étudiants en médecine, réunis au sein de l'association Soigner dans la dignité, demandent une meilleure formation en soins palliatifs et s'élèvent contre le projet de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté.

Posté le 19 novembre 2014 à 13h40 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (4)

18 novembre 2014

Euthanasie : Jacques Bompard interpelle le ministre

Question de Jacques Bompard au sein de l'Assemblée, cette après-midi :

"Madame la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, l’objectif évident de votre majorité est de changer l’homme et avec lui la nature de l’humanité. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Or les représentants de la nation n’ont pas été missionnés pour travailler à un nouveau modèle d’humanité. J’en connais qui rêvent pourtant d’un nouvel être humain : fabricable à sa naissance, malléable dans son identité sexuelle au cours de sa vie, puis, bientôt, déshumanisable au moment de sa vieillesse.

Je veux dire ici que ce rêve est un cauchemar qui ne fait pas que tendre la société française, mais la dissout. Une jeune association d’étudiants en médecine, « Soigner dans la dignité », a interpellé les représentants de la nation dans des tribunes. Leur souhait ? Pratiquer la médecine qui les a fait suivre cette belle vocation : soigner, panser les plaies et sauver des vies. Nous ne pouvons pas les forcer à pratiquer une euthanasie contraire à leur morale personnelle, à l’histoire de la médecine et tout à fait étrangère à l’idée de dignité.

Pensez-vous, êtes-vous sûre que les 48 % de votants réunis au second tour de l’élection présidentielle aient comme volonté d’accentuer la détresse de notre civilisation gréco-chrétienne ? Madame le ministre, le peuple de France recherche l’harmonie que l’euthanasie brisera tout autant que l’acharnement thérapeutique. Je vous demande instamment de renoncer à perpétrer ce nouveau germe de chaos national et éthique.

Très officiellement, je vous demande si vous comptez inclure la détresse psychologique dans les motifs d’euthanasie, laissant ainsi la porte ouverte aux dérives insupportables qui ont lieu en Belgique et aux Pays-Bas."

Posté le 18 novembre 2014 à 17h56 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

16 novembre 2014

Avortement, euthanasie, FIV... : le plaidoyer pro-vie du Pape

Le Pape François a mis en garde le corps médical contre la tentation de jouer avec la vie. Il s’agit d’un péché contre Dieu Créateur. Le Saint-Père a reçu samedi matin quelque 5000 médecins catholiques italiens.

« Veillez à ne pas soumettre la vie à des expériences, par exemple en fabriquant des enfants plutôt que de les accueillir comme un don ».

De l'avortement et l'euthanasie, à la fécondation in vitro, le Pape François est formel : la vie est toujours inviolable, il faut l’aimer, la défendre et la soigner et dans certaines circonstances, les médecins catholiques doivent aller jusqu’à l’objection de conscience.

Le Souverain Pontife a souligné que l’avortement n’est pas problème religieux ni même philosophique. C’est un problème « scientifique » parce qu’il est « illicite » de détruire une vie humaine pour résoudre un problème. Et ce principe ne pourra pas changer avec le temps. C'est pourquoi Benoît XVI parlait de principe "non-négociable" : valable partout, en tout lieu, tout temps et toute occasion.

« Tuer a la même signification aujourd’hui que dans le passé. Cela vaut aussi pour l’euthanasie, y compris l’euthanasie cachée dont sont victimes les personnes âgées ».

Le Saint-Père s’en est pris à la pensée dominante qui propage une fausse compassion sur l’avortement, l’euthanasie et la fécondation in vitro (PMA). On veut faire croire que l’avortement est une aide apportée aux femmes, que l’euthanasie est un acte de dignité, que le fait de fabriquer un enfant est une conquête scientifique. L’enfant n’est pas est un droit, a-t-il martelé, mais un don à accueillir. La compassion évangélique est celle qui accompagne dans les moments de besoin, c’est celle du Bon Samaritain qui voit, qui compatit, qui s’approche et qui offre une aide concrète. Le Pape François a également pointé du doigt ceux qui utilisent des vies humaines comme des cobayes sous prétexte d’en sauver d’autres.

La vie humaine est toujours sacrée, elle est toujours de qualité. Il n’y a pas de vie humaine plus sacrée qu’une autre. Le Souverain Pontife a donc exhorté les médecins catholiques à être fidèles à l’Evangile de la vie et respecter la vie comme un don de Dieu, à faire des choix courageux, à contre-courant et à recourir si nécessaire à l’objection de conscience.

Posté le 16 novembre 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

08 novembre 2014

Quand on commence à tuer par charité…

De Cécile Edel, présidente de Choisir la vie :

"Depuis plusieurs mois, quelques « affaires » sociétales ont marqué l’actualité. Certaines m’ont profondément interpelée parce qu’elles soulignent combien notre société est devenue intrinsèquement malade.

Bien plus que ce que l’on pourrait qualifier de relativisme ambiant, il s’agit bel et bien d’une inversion radicale des valeurs du Bien et du Mal avec une absence totale de responsabilisation des personnes face aux conséquences tragiques de leurs actes.

Ce qui, en effet, depuis toujours semblait communément acquis et naturellement désigné comme le Bien- j’entends par là : faire ou laisser vivre- devient aujourd’hui un acte considéré comme « mauvais » car non compassionnel. Comment peut-on, en effet, laisser souffrir ? Comment peut-on laisser vivre celui dont la vie nous semble « insignifiante », non « digne »? Comment peut-on faire naître un enfant handicapé dont on juge que la vie sera forcément une source de souffrance? Et le Bien passe ainsi du côté de celui qui choisira la mort de l’autre selon ses propres critères de qualité de la vie! Inversement, selon cette même logique, faire mourir sera non seulement défini comme au service du Bien, mais deviendra également un acte que certains jugeront comme un acte d’amour, de suprême charité.

Quelle est donc cette charité qui nous fait aller jusqu’à tuer l’autre ? Je connais des actes d’amour qui nous font sacrifier notre propre vie pour un être ou pour une cause qui nous dépasse, je ne connais aucune charité qui nous fait sacrifier l’autre pour des raisons obscures. Quand oserons-nous, en effet, reconnaître que nous ne tuons jamais par amour,mais bien par égoïsme parce que l’image de l’autre, du plus fragile, nous dérange, nous renvoie à nos propres imperfections, à l’immaîtrisable, à cette souffrance que nous refusons, à cette mort que nous rejetons ? Et, depuis que la loi sur l’IVG, il y a 40 ans, a autorisé l’élimination des êtres qui nous dérangeaient, que nous refusons, notre quête de perfection et de maîtrise de la vie et de la mort n’est jamais assouvie.

Ainsi, nous avons pu voir avec stupeur lors de la délibération du verdict du Dr Bonnemaison, jugé par un curieux hasard de calendrier en même temps que l’affaire Vincent Lambert*combien, de nos jours, les coupables étaient acquittés et les innocents condamnés. Nous verrons cette même logique dans l’affaire du Dr Dor, jugé coupable d’avoir culpabilisé les coupables, ou encore dans l’affaire de la censure de la vidéo « Dear Future Mom »de la Fondation Lejeune par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), selon lequel la vision du bonheur affiché des enfants trisomiques risquerait de culpabiliser celles qui avaient décidé de ne pas laisser vivre les « frères » de ces derniers.

Au Dr Bonnemaison de donner le mot de la fin de mon édito, mot qui en dit long sur l’invention par notre société, d’un nouveau délit : le crime de culpabilisation des coupables devenus alors victimes !«Dans ces situations de fin de vie, certaines décisions peuvent être de nature à mettre en difficultés l’équipe soignante (...) c’est délicat aussi de consulter la famille et de lui laisser prendre la décision (...) C’est une source de culpabilité que j’ai voulu lui éviter. J’ai essayé de les protéger »."

Posté le 8 novembre 2014 à 07h23 par Michel Janva | Lien permanent

06 novembre 2014

Mourir dans la dignité : le rôle des médecins

Voici le compte rendu d'une internaute sur une conférence « Soigner Dans la Dignité : l’attitude du médecin face à la mort», Par Florence Huguet, oncologue à l'Hôpital Tenon, et Vianney Mourman, médecin en soins palliatifs à l'Hôpital Lariboisière :

"Le patient est celui qui doit être informé par les médecins. C’est lui qui décide qui a le droit d’être informé de son état de santé (famille, amis) et qui en fait part au médecin.

Il est important que le médecin simplifie son langage, sans se réfugier derrière le jargon médical (le patient n’étant souvent pas en mesure de comprendre les termes médicaux, les acronymes). Il doit se mettre à portée de compréhension du patient, prendre le temps de lui parler, de le regarder. Il est important de dire la vérité au patient. Celle-ci peut être dite en plusieurs étapes, pour laisser au patient le temps de s’y préparer et éviter l’effet rouleau compresseur.

Le patient a également le droit de ne pas vouloir être informé de son état, ça peut être un mécanisme de défense psychologique. Il faut aller à son rythme. La difficulté, lorsque le patient apprend qu’il va mourir, c’est qu’il prend brutalement conscience qu’il n’est pas immortel (fantasme inconscient des humains. C’est d’ailleurs cette inconscience relative qui permet d’exercer en tant que médecin ou soignant sans être submergé par l’angoisse de la mort). Le but du médecin ne sera pas d’effacer la tristesse ressentie par le patient mais de l’accompagner dans son épreuve en lui donnant le temps et les informations dont il a besoin. C’est aussi accompagner la famille juste après le décès.

Au nom de la « dignité », l’ADMD passe le message que certains ne sont pas dignes, qu’il y aurait des façons dignes et indignes de mourir. L’ADMD créé des critères d’indignité. La mort n’est pas « digne » dans le sens belle et douce. (Comme la naissance, elle peut se faire dans le sang, les larmes, divers fluides). Le fantasme de l’euthanasie revient à dire que maitriser notre mort empêche de mourir ou permet de contrôler ce moment.

Savoir parler aux familles qui ont du mal à accepter la mort de leur proche est essentiel. La famille a souvent tendance à refuser d’accepter cette réalité. Certaines personnes vont insister, par exemple, pour que le patient soit alimenté, ayant peur qu’il meure de faim. Mais pour un patient en toute fin de vie, l’absence d’alimentation n’est pas un problème et il ne réclame pas d’être alimenté, n’a plus de sensation de faim. L’alimenter de force ne fera que lui causer de la douleur, de l’inconfort. Ce serait provoquer une souffrance inutile. Par ailleurs, le patient ne mourra pas de faim (on peut tenir plus de 3 semaine sans manger, à condition d’être hydraté). Mais pour certains, accepter la mort de leur proche sans lutter jusqu’au bout n’est pas possible. Ils ont l’impression, s’ils ne le font pas, d’être responsable de la mort de leur proche, de le tuer.

Les unités de soins palliatifs des années 80, qui ne géraient qu’un tout petit nombre de patients, n’existent plus et ne peuvent être recrées dans le monde actuel.

Il faut oublier l’image de la mort idéalisée, où l’on voit le patient souriant, tenant les mains de ses proches qui l’entourent et de l’équipe médicale sereine et silencieuse au fond de la pièce. Mourir est difficile pour le patient. Il n’a aucune envie d’être là et préférerait être sur une belle montagne, sur la plage au soleil, avec des amis. C’est également un moment difficile pour la famille. Et le moment de la mort n’est pas toujours fait pour régler les conflits familiaux. Le patient a aussi le droit de mourir tranquillement, sans être sollicité « de force ».

Beaucoup d’adhérents à l’ADMD (Association du Droit de Mourir dans le Dignité) deviennent adhérent après avoir assisté à l’agonie d’un de leur proche. Ils n’avaient pas été préparés, prévenus de ce qui allait se passer, du déroulement de ces moments difficiles et parfois très impressionnants.

Durant la phase d’agonie, le patient pleure, a les bronches encombrées, s’étouffe. Mais en fait, à ce moment-là (sauf dans quelques cas de pathologies comme les syndromes de détresse respiratoire asphyxiante ou d’hémorragie massive externalisée), le cerveau ne fonctionne plus. C’est le tronc cérébral qui gère le corps. Les larmes, le relâchement de la vessie… sont des gestes reflexes. Mais au-delà des larmes, en regardant le visage du patient, on voit que son visage est lisse, dénué d’expression, de sentiments. Il n’est déjà plus là. L’euthanasie ne supprime pas ce moment d’agonie.

La femme d’un patient, qui avait accompagné son mari en Suisse pour une euthanasie (en réalité un suicide assisté), a raconté au médecin le déroulement des faits. Le couple avait passé un beau week-end en Suisse. Puis ils se sont rendus dans les locaux de l’association, située en zone industrielle, en bordure de la ville. Là son mari, en présence du photographe, d’un militant de l’association ADMD et d’elle-même, a été invité à boire un premier verre, contenant un sédatif. Puis dans la pièce suivant, il a été invité à boire un second verre, conduisant à son décès. La femme n’a pas voulu raconter le moment de l’agonie, qui l’a beaucoup trop choquée. Elle a été mise à la porte de l’établissement, sans pouvoir veiller et se recueillir sur le corps de son mari, le laissant seul avec le photographe et le militant. On lui a dit qu’elle n(‘avait plus rien à faire là. Elle s’est retrouvée seule, dans une zone excentrée, sans aucun soutien et a du rentrer seule en ville. (*Quelle mort idéale, humaine et douce !)

En Orégon, la moitié des patients qui ont demandé le suicide assisté (euthanasie), ne prennent pas le cocktail lytique mis à leur disposition. Par ailleurs, les patients qui souhaitent en finir pourraient le faire facilement, en prenant des surdosages importants des médicaments qui leurs sont prescrits dans le cadre de leur traitement, mais ne le font pas. L’extrême majorité des patients ne veut pas mourir et cherche à prolonger leur vie (2 demandes d’euthanasie seulement en 10 ans au service de cancérologie de Bichat). La demande de mort est un appel au secours qui ne doit pas être négligé.

Le médecin doit être dans l’empathie et non dans la sympathie ou l’antipathie. Sinon, il ne sera pas en mesure de faire son travail et être celui sur qui le patient peut compter, sur lequel patient et famille peuvent s’appuyer pour traverser cette épreuve.

Concernant l’euthanasie, elle n’est pas un choix du médecin. Mais dans certains cas, quand l’agonie est très proche, douloureuse et que le patient est conscient, le médecin peut sédater le patient. Qu’est-ce que la sédation ? C’est faire descendre la vigilance du patient, faire baisser son niveau de conscience à l’aide de médicaments (de type hypnovel, lexomil…), afin qu’il ne meure pas en ressentant de l’effroi. Par exemple, dans les cas de détresse respiratoire asphyxiante ou d’hémorragie massive externalisée (où la carotide se rompt). La sédation doit avoir été décidée en équipe, il faut la prévoir, et si possible en parler au patient. La famille devra être avertie du côté impressionnant (trash) de l’agonie (comme en cas d’hémorragie, heureusement très rare). C’est un des très rares cas où une information est donnée à la famille et pas au patient (sauf à quelques rares patients capables de supporter le choc de cette information sans être psychiquement débordés). Sédater un patient qui a un symptôme réfractaire (syndromes confusionnels, agitation, angoisse, dyspnée, douleurs intenses, hoquet réfractaire …) peut être une solution de facilité et non dans l’intérêt du patient.

La sédation ne doit se faire que si aucun autre traitement pour soulager la douleur n’est disponible, aucun traitement secondaire ne peut être mis en place. Elle est le dernier recours du médecin. Et son effet doit être réversible. L’avantage de médicaments comme l’hypnovel c’est qu’il agit très vite et sur une durée courte (2 à 3h). Le médecin explique qu’il a vu un certain nombre de cas où l’agonie s’est interrompue (hémorragie mineure par exemple), laissant plusieurs jours ou semaines de plus au patient.

Notion du double effet : Intervient lorsqu’il n’y a pas d’autre moyen d’aider le patient par la mise en place d’un traitement secondaire ou d’un traitement qui guérisse. Le médicament a alors pour seul but de soulager la douleur, et entrainera possiblement ou probablement le décès. Mais son but n’est en aucun cas de hâter ou de provoquer le décès, mais uniquement le soulagement de la douleur. Il n’intervient que s’il n’y a aucun autre traitement possible.

En général, il y a toujours une possibilité de soulager la douleur. La morphine ne rendra pas le patient dépendant psychiquement car elle va rétablir un état normal (celui d’avant la douleur) et non procurer un flash de sensation forte. La dépendance physique est minime et sera effacée par une diminution progressive des doses. Quand le patient ressent encore de la douleur, que celle-ci ne peut être effacée, le problème est du à un manque de moyens (les médicaments coûtent très chers et les hôpitaux n’ont pas toujours à leur disposition tout le stock dont ils auraient besoin). L’effort à faire, au niveau politique et économique, ce n’est pas tant d’augmenter les unités de soins palliatifs mais d’augmenter les moyens des hôpitaux en achats de matériel médical et médicamenteux. En effet, le patient qui est hospitalisé depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, voir plusieurs années dans un service peut très bien y terminer ses jours. Souvent un déplacement lui sera moins bénéfique que le traumatisme de changer de service pour les soins palliatifs, de devoir se réadapter face à une autre équipe médicale qu’il ne connait pas.

La demande de mort existe. Il faut la décortiquer pour comprendre ce qu’elle signifie. La demande d’euthanasie, venant du patient, existe mais passe sur 5.000 certificats de décès de 16 % de demandes de mort à 1,8 % quand la douleur est prise en charge, soulagée. Souvent, les patients qui se présentent au départ en disant, en début de prise en charge, qu’ils veulent être euthanasiés, qu’ils font partie (ou non) de l’ADMD, n’en parlent plus jamais à mesure que la fin s’approche. Généralement, les patients essaient plutôt de gagner du temps, plutôt que d’avancer leur mort.

Question de l’obstination raisonnable : Est-ce qu’on doit maintenir en vie un patient par la force, comme une prouesse médicale et technique ? Il ne faut jamais perdre de vue le bénéfice pour le patient. Pas d’acharnement thérapeutique. Lorsque la question se pose, le médecin doit l’évoquer en collégialité (réunion de médecin avec un médecin tiers choisi). Il y a 40 à 60 % de burn-out chez les médecins qui travaillent en cancérologie hospitalière.

Le patient peut prendre des directives anticipées, pour dire ce qu’il souhaite. Et charger un ami, un proche, de transmettre son souhait à l’équipe médicale s’il n’est pas en mesure de s’exprimer (en cas de coma par exemple). Il peut dire s’il souhaite ou non être réanimé en ca d’arrête cardiaque, subir ou non une opération ou un traitement. Le patient reste libre d’accepter ou non les soins."

Posté le 6 novembre 2014 à 22h36 par Michel Janva | Lien permanent

"Assistance au suicide" dans les maisons de retraite

Cela se passe en Suisse : le Parlement du canton de Neuchâtel a adopté une loi qui permet aux pensionnaires des maisons de retraite et des institutions d’utilité publique, de recourir au suicide assisté.

Les personnes âgées, qui comprennent assez rapidement que l'on ne veut plus s'occuper d'elles, cèdent à la pression et demandent ainsi "en toute liberté" à être suicidées. C'est cela la nouvelle "dignité".

Posté le 6 novembre 2014 à 21h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

CEDH : le sort de Vincent Lambert examiné le 7 janvier

Le cas de Vincent Lambert, dont les parents demandent le maintien en vie, sera examiné le 7 janvier prochain par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) lors d'une audience publique.

L'affaire sera examinée directement devant l'instance suprême de la Cour, la Grande chambre, de sorte que la décision - qui sera rendue ultérieurement à une date non encore précisée - sera définitive.

Les parents avaient saisi la Cour de Strasbourg en urgence pour contester une décision du Conseil d'État, qui avait jugé légale, le 24 juin dernier, la décision d'arrêter les soins de leur fils, provoquant sa mort.

Posté le 6 novembre 2014 à 17h56 par Michel Janva | Lien permanent

Colloque sur l'euthanasie : vous êtes invités à défendre la vie

Le groupe pseudo-écolo de l'Assemblée nationale organise un colloque sur la fin de vie le 27 novembre.

Pour y porter un message pro-vie, il faut s'inscrire.

Posté le 6 novembre 2014 à 11h50 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2014

La franc-maçonnerie pilote la "fin de vie"

On savait déjà que les "réflexions" menées sur la "fin de vie" étaient largement empreintes des idées de la franc-maçonnerie. Cet article de Correspondance européenne s'étend sur les collusions évidentes entre le gouvernement et les fils de la veuve sur le sujet de l"humanisme", avec un focus sur le cas de Jean Léonetti :

"Le rendez-vous était fixé au mercredi 8 octobre à l’Assemblée Nationale, à Paris : c’est là que les députés Alain Clayes et Jean Leonetti ont reçu de façon officielle et même sur demande du premier ministre français Manuel Valls, ni plus ni moins que Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, Dominique Mantion représentant de la Grande Loge de France, et Catherine Jea Nnin-Naltet, présidente de la Grande Loge Féminine de France. Trois sommités de la franc-maçonnerie française, en quelques mots. Pour parler de quel sujet ? D’”accompagnement des personnes en fin de vie”. Sujet stratégique de toute évidence, puisque, dans le jargon dominant, synonyme d’euthanasie.

Tout d’abord cela prouve encore une fois – s’il était encore besoin de le prouver – la considération notoire dont jouissent et l’extrême influence qu’exercent les “tabliers” sur les politiques du gouvernement, ce qu’on avait déjà très bien saisi après la nomination de l’un d’entre eux, Patrick Kanner, à la tête du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et la participation de la ministre Taubira à la convention de la Grande Loge de France. Mais ce n’est pas tout.

L’un des deux délégués de Valls en particulier, Leonetti, cardiologue, possède un “pedigree” politique tout à fait particulier qu’il vaut la peine d’analyser: il est membre du Parti Radical français dont la stratégie politique a été depuis toujours – et fortement – influencée par la franc-maçonnerie. Ce n’est pas un hasard si à la base de leur programme on trouve depuis toujours l’humanisme, le laïcisme et le respect jacobin des droits de l’Homme.

En France, le Parti Radical a adhéré, en tant que personne morale, à l’UMP, ce qui lui a permis de conservé sa physionomie juridique distincte, un lien direct avec ses adhérents, l’accès au pouvoir, mais en conditionnant par là-même la ligne politique de l’UMP, dont ce n’est pas par hasard que Leonetti est vice-président depuis février de l’année passée. Leonetti s’est toujours occupé de thèmes bioéthiques et spécialement de la fin de vie : la loi promulguée à ce propos le 22 avril 2005 porte son nom, avec celui d’autres personnalités du gotha français, et également la déclaration des principes du mouvement “France moderne et humaniste”, de fait un courant interne à l’UMP.[...]

L’humanisme réclame l’euthanasie, la faisant entrer dans les “droits” individuels : chacun serait ainsi libre de décider pour son propre compte et de façon totalement indépendante, sans pressions ni de la famille ni de l’Eglise; en le laissant faire, dans le cas où ça se terminerait par le geste fatal, pour une question de… respect. Muets et inertes à regarder un proche qui nous est cher se suicider. Mais ce n’est pas l’unique aspect critique de l’humanisme : il réclame aussi une séparation nette entre Eglise et Etat, se dresse contre les crucifix aux murs des classes scolaires, contre la manifestation publique de sa foi, contre la tutelle du droit à la vie des enfants à naître, contre tout soutien économique aux écoles et hôpitaux, s’ils sont catholiques.

Voilà, Leonetti se forme et avance politiquement dans ce bouillon de culture. On n’est pas surpris davantage alors que, pour parler de fin de vie, il ait été organisé une rencontre avec les principales loges maçoniques françaises. Si ce n’est pas surprenant, ça n’en reste pas moins inquiétant et sombre… (Mauro Faverzani)"

Posté le 5 novembre 2014 à 09h05 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (11)

04 novembre 2014

« Nous ne recherchons pas la souffrance pour elle-même»

De Jeanne Smits, alors que le "débat" sentimental sur l'euthanasie fait rage suite au suicide médiatisé de Brittany Maynard, 29 ans, victime d’un cancer du cerveau incurable :

"Un séminariste catholique, Philip Johnson, avait plaidé pour la vie de Brittany Maynard dans une lettre bouleversante où il raconte comment il a lui-même connu les peurs et les souffrances d’un grave cancer du cerveau. Au moment du diagnostic, il préparait un bel avenir d’officier de marine. On lui donnait dix-huit mois. Rentré du Golfe en urgence, le voilà face aux rayons et à la chimiothérapie – et à une nouvelle question : répondre ou non à l’appel à la prêtrise qu’il entendait depuis l’âge de 19 ans. Six ans plus tard, il prépare le diaconat et attend son ordination l’an prochain : six années difficiles, marquées par les maux de têtes, les crises, les bouleversements continus.

« Comme Brittany, je n’ai pas envie de mourir, et je ne veux pas faire face à l’issue probable de cette maladie. Je crois que personne n’a envie de mourir ainsi. » Philip Johnson a été lui aussi averti ; il perdra le contrôle de ses fonctions corporelles, il passera de la paralysie à l’incontinence, il sait qu’il perdra très probablement ses facultés mentales et il éprouvera confusion et hallucinations avant de mourir.

« Cela me terrifie, mais je ne vaux pas moins comme personne pour autant. Ma vie a une signification pour moi, pour Dieu, pour la famille et mes amis ; et mis à part une guérison miraculeuse, elle continuera d’avoir une signification bien après que je serai paralysé, en soins palliatifs. Ma famille et mes amis m’aiment tel que je suis, et non pour les traits de ma personnalité qui vont peu à peu m’abandonner si cette tumeur progresse et prend ma vie. »

Le séminariste raconte ses doutes et même son désir de mort, mais aussi l’extraordinaire richesse que lui a apportée sa maladie qui l’a rendu capable de vraie compassion pour ceux qui souffrent, et de comprendre le sens de la souffrance – de la souffrance rédemptrice, « si oubliée de nos jours ». « Nous ne recherchons pas la souffrance pour elle-même, mais notre souffrance peut avoir une grande signification si nous essayons de l’associer à la Passion du Christ et que nous l’offrons pour la conversion ou les intentions d’autrui. »"

Posté le 4 novembre 2014 à 07h22 par Michel Janva | Lien permanent

03 novembre 2014

Euthanasie : « une mauvaise réponse à une question qui ne se pose pas »

Lu sur Gènéthique :

"Dans une tribune proposée dans le magasine Valeurs actuelles, Damien le Gay, membre du comité scientifique de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs) constate que l’accablant rapport Sicard de 2012 sur la fin de vie n’a été suivi d’aucun effet : « Les français redoutent de mourir à l’hôpital, ils craignent l’indignité constatée et sont certains qu’ils n’auront alors plus leur mot à dire. Ils souhaitent plus de confort, plus d’écoute, plus de soins palliatifs. Et comme tout se fait attendre toujours et encore, ils disent vouloir l’euthanasie – de guerre lasse, sans enthousiasme, résignés qu’ils sont. Plutôt que d'entendre les doléances, on ne retient que la mauvaise solution. »"

Posté le 3 novembre 2014 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent

02 novembre 2014

Bide : l'ADMD n'a plus qu'à s'euthanasier

Malgré le battage médiatique complaisant, la mobilisation du lobby croque-morts aujourd'hui à Paris a fait un bide.

Ne faisons pas souffir inutilement les militants de l'ADMD. Qu'ils suppriment leur groupuscule.

Posté le 2 novembre 2014 à 17h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

Les Français et l'euthanasie : pas si simple

Selon un sondage commandé par l'ADMD, 96% des français seraient pour l'euthanasie. Oui mais :

E

Posté le 2 novembre 2014 à 17h10 par Michel Janva | Lien permanent

Alliance VITA dénonce la campagne de l'ADMD

Alliance VITA dénonce la tentative de récupération du jour des défunts par le lobby de l’euthanasie et les arguments utilisés pour promouvoir ses idées.

E

Posté le 2 novembre 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

Le "rentre dedans" médiatique de l'ADMD

Avec des exemples faisant appel à la compassion diffusés partout sur les ondes, l'ADMD fait en ce moment du battage médiatique pour habituer les Français à l'inéluctabilité de l'euthanasie. Ici, sur RTL , qui interroge le mari de Mireille, qui a choisi de "mourir dans la dignité" :

"C'était une personne qui aimait la vie. Elle a vraiment tout fait pour s'en sortir. Cela a duré sept ans et on sait qu'à un moment, il faut trouver une porte de sortie honorable et digne", explique Michel, son époux.

Le médicament létal a été mis dans la perfusion et "on lui a redemandé une dernière fois si elle voulait bien mourir et Mireille a actionné une petite molette qui a libéré le poison. C'est pour cela qu'on dit 'qu'elle s'est donnée la mort'. Elle s'est endormie en trente secondes et au bout de trois minutes son cœur ne battait plus", raconte-t-il.

Mireille était membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD). Michel Philippin estime que "même si on a du chagrin, je ne comprends pas pourquoi il est nécessaire d'aller s'exiler en Suisse pour faire ça. C'est inéluctable, cela viendra un jour, alors pourquoi pas maintenant"."

Posté le 2 novembre 2014 à 13h06 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 octobre 2014

Euthanasie : François, ne fais pas comme la Hollande

L'ADMD a lancé sa campagne pour l'euthanasie en appellant François Hollande à faire comme aux Pays-Bas, où l'euthanasie est légalisée. Mais ce pays n'est pas une exception et connait des dérives tout comme la Belgique : plus de 300 euthanasies sont réalisés chaque année. Une note de l'Institut Renaissance indique :

  • "Une interpellation du Comité des Droits de l’homme de l’ONU

En juillet 2009, le Comité des Droits de l’homme de l’ONU s’est inquiété du nombre élevé de cas d’euthanasies et de suicides assistés. Il a demandé aux Pays Bas de réviser la législation pour se mettre en conformité avec les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966. Deux sujets ont été abordés en particulier :

- Le nombre important d’euthanasies et de suicides assistés, et sa progression chaque année ;

- Certaines modalités posent question : le fait d’autoriser un médecin à mettre fin à la vie d’un patient sans recourir à l’avis d’un juge, et le fait que le deuxième avis médical requis puisse être obtenu au travers d’une ligne téléphonique d’urgence.

  • Des euthanasies clandestines persistantes

Courant 2008, des députés français se sont rendus aux Pays-Bas dans le cadre de l’évaluation de la loi fin de vie de 2004. Le Rapport d’information de novembre 2008 relève que le taux de signalement des cas d’euthanasie est en constante augmentation depuis 2002. Cela n’empêche pas un fort taux d’euthanasies clandestines, estimé par le Ministère de la Santé néerlandais à 20% qui pose donc la question de la transparence de cette législation.

En 2012 le  journal néerlandais De Volkskrant révèle que près de 300 euthanasies avaient été réalisées sans demande explicite de la part du patient ou de ses proches au cours de l’année.

  • Un manque de respect et de contrôle des procédures

Cette loi présente plusieurs caractéristiques qui interrogent :

- Les critères d’évaluation du degré de la souffrance du patient sont flous. Le contrôle qui se fait à posteriori vérifie plus le respect de la procédure que la réalité des motifs médicaux justifiant cette euthanasie ;

- l’appréciation du médecin est subjective et la méconnaissance de la loi n’est pas sanctionnée ;

  • Sédations inappropriées

Selon une étude du Centre Intégral du Cancer néerlandais (IKNL), les soins apportés aux patients en phase terminale ne sont pas appropriés. Chaque année, 1700 cas de sédations en fin de vie relèveraient d’une pratique inadéquate pouvant cacher des euthanasies.

  • Exil de personnes âgées

L’Ordre des médecins allemands fait état de l’installation croissante de personnes âgées néerlandaises en Allemagne voisine. S’y sont ouverts des établissements pour personnes âgées accueillant des Néerlandais. Ces personnes craignent en effet que leur entourage ne profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie. Elles n’ont plus confiance dans les praticiens hollandais. Les pratiques médicales hollandaises sont mal vécues par une partie de la population.

  • Des euthanasies sur des personnes ne remplissant pas les conditions

Le rapport 2009 des commissions régionales de contrôle néerlandaises fait état de 12 cas d’euthanasie pratiquée pour des maladies neurologiques, dont des personnes démarrant la maladie d’Alzheimer.

  • Les soins palliatifs ne sont pas suffisamment utilisés.

Les pouvoirs publics n’ont pas prêté l’attention nécessaire aux soins palliatifs et à l’accompagnement des mourants.

L’ADMD semble donc avoir choisi un bien mauvais exemple pour promouvoir sa demande de légalisation de l’euthanasie. Cette loi, loin de ne faire qu’encadrer des euthanasies déjà existantes, les a démultipliées, et n’a pas réussi à toutes les encadrer. Dans ce pays où plus de 300 euthanasies par an sont réalisées sans l’accord du patient  les personnes âgées n’ont plus confiance envers le personnel médical. Tout comme la Belgique les Pays-Bas sont présentés comme un exemple à suivre sur les questions de fin de vie mais commencent à donner un aperçu sérieux de dérives jugées inconcevables dans un premier temps. Et cela se manifeste seulement treize ans après l’entrée en vigueur de cette loi sur l’euthanasie active. La majorité des demandes d’euthanasie seraient liées à une souffrance physique insupportable et donc à de mauvaises pratiques médicales dans le traitement de la douleur. Les Pays-Bas semblent avoir fait le choix de former ses médecins aux maniements des produits létaux plutôt qu’aux soins palliatifs. Dès lors le malade n’a donc le choix qu’entre souffrir ou demander l’euthanasie. Il faut lui offrir un troisième choix : être soulagé de sa douleur. Il est donc primordial, avant toute chose, de poursuivre le programme de développement des soins palliatifs en France et d’empêcher toute loi sur l’euthanasie qui entrainerait automatiquement ces terribles dérives."

Posté le 31 octobre 2014 à 10h02 par Michel Janva | Lien permanent

En aucun cas l’euthanasie est une expression de charité

Communiqué de l'Evangile de la Vie :

"A la veille de la fête de la Toussaint et du jour des morts, la Famille Missionnaire l’Evangile de la Vie s’inquiète de toute nouvelle volonté de légiférer sur la fin de vie.

S’il est normal que le crépuscule d’une vie pose ou puisse poser de nombreuses questions à la société, il est en revanche inconcevable que la réponse à ces questions soit l’euthanasie.

Dans le débat qui s’annonce, l’Eglise, experte en humanité, a une parole à donner et un chemin à montrer.

En aucun cas l’euthanasie, quelle que soit sa forme, ne peut être considérée comme une expression de charité. Une telle mesure ne ferait que voiler notre crainte de la souffrance par un rideau de mort. La vie humaine ne doit pas être une variable d’ajustement politique, économique ou sociale.

La véritable charité consiste avant tout à accompagner les personnes en fin de vie par une présence d’amitié gratuite, par la prière, à les entourer pour alléger ou/et éviter leur souffrance. 

Elle consiste également à soutenir et à remercier les nombreux médecins et infirmières, qui tous les jours, atténuent la douleur de leurs patients. 

Elle consiste enfin à rendre notre société plus accueillante vis-à-vis des personnes rendues vulnérables et faibles par la maladie ou l'âge avancé, au-delà de toute considération utilitariste ou matérialiste."

Posté le 31 octobre 2014 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent

27 octobre 2014

L'euthanasie, c'est le non-sens comme réponse au non-sens

Extrait de la réponse de Marie-Sylvie Richard, religieuse xavière et médecin en soins palliatifs, à une consoeur catholique qui se justifie, dans un ouvrage, d'avoir accédé en Belgique à des demandes réitérées d'euthanasie :

"Quelle est la liberté du médecin dans cette situation ? [L'auteur] considère que dans certaines situations difficiles, on n’a pas d’autres moyens que de répondre à la demande d’euthanasie. Qu’il faut reconnaître son impuissance et suivre le malade dans sa supplique. A la Maison Médicale Jeanne Garnier comme dans d’autres unités de soins palliatifs, nous ne refusons pas les personnes qui réclament l’euthanasie, au contraire nous sommes particulièrement attentifs à leur souffrance et l’on cherche à leur donner les meilleures conditions de soulagement pour que leur souffrance intérieure puisse être apaisée si possible. Nous nous intéressons à la question du sens que posent souvent malades et proches ; dans un très grand nombre de cas, les patients changent d’idée.

Confrontée au non-sens de la souffrance, [l'auteur] accède dans certains cas à l’euthanasie. Mais pratiquer l’euthanasie, ce n’est pas pour moi donner du sens ! C’est répondre au non-sens par le non-sens. C’est s’octroyer un pouvoir considérable, démesuré sur autrui, que je veux respecter comme personne unique et sacrée, qui ne m’appartient pas."

Posté le 27 octobre 2014 à 16h50 par Louise Tudy | Lien permanent

25 octobre 2014

5 novembre : conférence sur l'euthanasie à Nantes

EPlus d'informations.

Posté le 25 octobre 2014 à 07h57 par Michel Janva | Lien permanent

24 octobre 2014

Les animaux sont-ils des hommes comme les autres ?

Une analyse très pertinente de Théophane Le Méné dans le Figaro Vox :

"[...] Aujourd'hui plus que jamais, l'animal est au centre des préoccupations humaines. Un ours fugue et une ministre imagine qu'il a pu être «assassiné». Un chaton est maltraité, son auteur est condamné à un an de prison. Des bovins ou des volatiles sont abattus pour des raisons sanitaires et on hurle au meurtre. Le zoo de Copenhague pique une girafe à cause d'un risque de consanguinité et c'est l'offuscation planétaire, les pétitions affluent, on parle d'euthanasie. Les plus militants comparent sans vergogne les tortures opérées sur les animaux à celles des camps de la mort [...] 

Il y a une vraie et une fausse manière d'aimer les animaux. La fausse est exclusive, la vraie inclusive. On peut ainsi célébrer l'humanité de l'homme tout en considérant le respect dû à l'animal. Saint François d'Assise lui-même ne rendit-il pas cette dignité volée aux pauvres en même temps qu'il entourait d'une attention toute particulière la création animale? Mais il est plus difficilement concevable de célébrer l'humanité de l'animal tout en considérant le respect dû à l'homme. Or c'est de cela dont se rendent coupables les militants -tels qu'on les connaît -de la cause animale : détruire l' «humanisme humain» pour réclamer l' «humanisme animal» ; renverser la charge que l'on doit à notre prochain pour la reporter sur l'animal qui, lui, au demeurant, ne sera jamais capable de barbarie.

N'est-il pas particulièrement troublant de constater que les revendications d'une humanisation des bêtes se font toujours plus fortes, à mesure que la réification de la personne humaine s'intensifie? N'est-il pas surprenant de découvrir que l'hyper-écologie et l'hyper-technologie - deux courants que l'on pourrait croire ennemis- usent du même vocable pour arriver à leur fin? Les deux ne parlent plus de l'homme mais du «vivant». Le premier veut faire gagner à l'animal ce que le second veut faire perdre à l'homme. Et c'est ainsi que pour éviter la recherche sur l'animal, on utilise l'embryon humain ; que l'on arme des bateaux pour défendre les baleines quand les massacres se poursuivent au Moyen-Orient dans l'indifférence ; que l'on prône -à raison- l'interdiction des manipulations génétiques sur le végétal quand on les multiplie sur l'être humain ; que le biologiste Jean-Didier Vincent n'hésite pas à réclamer des droits aux animaux tout en qualifiant les trisomiques de «poison dans une famille». C'est ainsi aussi qu'en 1933 et en 1935, le régime hitlérien édictait deux lois qui, pour la première fois, reconnaissaient à l'animal sa valeur intrinsèque d' «être naturel», ayant des droits «par lui-même», indépendamment des hommes.

Ces effacements répétés de la frontière fondamentale qui existe entre l'homme et l'animal révèlent une crise de l'humain que nous sommes en train de fabriquer sous couvert de respect de l'animal. Jean de La Fontaine disait se servir des animaux pour instruire les hommes. Nous ne pouvons nous servir des hommes pour instruire les animaux. A moins de donner vie à l'apologue de George Orwell qui, dans «La ferme des animaux», décrivait une ferme dans laquelle les animaux se révoltent puis prennent le pouvoir et chassent les hommes, avec les mêmes arguments que l'on nous sert aujourd'hui. Mais nous y sommes peut-être déjà."

Il suffit d'ouvrir le livre de "SVT" (Sciences de la vie et de la terre) d'un collégien ou lycéen pour s'apercevoir que l'être humain est classifié dans la catégorie "mammifère", et nos enfants étudient la reproduction du chimpanzé et son mode de communication en parallèle avec ceux de l'homme, afin de démontrer que le chimpanzé est très, très proche de l'homme. Réhausser la condition animale tout en rabaissant l'humain au rang d'un animal comme un autre permet de nier que l'homme ait une âme et une finalité supérieure. Cela justifie toutes les abominations dans lesquelles notre époque est pionnière, qui fait de l'humain un consommateur et un "consommable" à 100%.

Posté le 24 octobre 2014 à 20h23 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (19)

Hollande promet un texte sur l'euthanasie en mars

Un texte de loi sur la fin de vie sera déposé au Parlement "autour du mois de mars", a indiqué François Hollande aux députés radicaux de gauche qu'il recevait mardi soir, selon leur chef de file Roger-Gérard Schwartzenberg.

Posté le 24 octobre 2014 à 08h41 par Michel Janva | Lien permanent

Le nazisme, à l’heure de la Modernité

Michaël Foessel, professeur de philosophie à l’école Polytechnique, a lu pour Libération l’essai de l’historien allemand Götz Aly, les Anormaux (Flammarion). Sa thèse : « Le national-socialisme, loin d’être un phénomène antimoderne, accomplit certaines des tendances les plus fortes de la modernité. » Le discours des nazis sur l’élimination des handicapés et les arguments d’aujourd’hui en faveur de l’euthanasie ne sont guère éloignés : il y a toujours des « vies indignes d’être vécues ». Extraits :

"En 1922, l’assemblée annuelle des neurologues de Saxe se réunit autour de la question : « Le médecin a-t-il le droit de tuer ? » Dans l’ambiance libérale de la République de Weimar, les réflexions se multiplient sur les vies qui ne sont pas « dignes d’être vécues ». Il s’agit surtout des handicapés mentaux dont certains médecins envisagent, avec les meilleures intentions du monde, d’abréger les souffrances. On retrouvera beaucoup de ces médecins pétris d’humanisme scientiste au sein de l’opération T4 qui, à partir de 1939 et sur ordre de Hitler, mettra en œuvre l’élimination dans des chambres à gaz des malades mentaux.

À l’heure où, par exemple à propos de Heidegger, il est de bon ton de se demander comment des esprits supérieurs ont pu adhérer au national-socialisme, vient de paraître en France un livre troublant sur cet assassinat des malades mentaux sous le IIIe Reich. Son auteur, Götz Aly, compte parmi les meilleurs spécialistes du nazisme et de la Shoah, mais son travail n’est pas seulement celui d’un historien. Sa thèse est que le national-socialisme, loin d’être un phénomène antimoderne, accomplit certaines des tendances les plus fortes de la modernité : hygiénisme militant, promotion du « progrès » même par la violence, rationalité instrumentale, efficacité bureaucratique.

Dans ce cadre, l’euthanasie des malades mentaux, au cours de laquelle plus de 200.000 Allemands et autant de Slaves furent assassinés légalement, prend une dimension vertigineuse. Les militants politiques, qui s’engagèrent dans les années vingt pour l’aide à mourir, s’élevaient aussi contre la peine de mort et pour le droit à l’avortement. Un certain nombre d’entre eux furent des adversaires acharnés du nazisme, mais, à l’instar de l’Association des médecins socialistes allemands, ils apportèrent leur soutien à « l’opération Mort miséricordieuse » (Aktion Gnadentod) décrétée par Hitler. Götz Aly reconstitue minutieusement la biographie de Paul Nitsche, le principal responsable médical de l’euthanasie forcée. Avant de mettre sa science au service des SS, il fut un psychiatre réformateur, soucieux du bien-être des patients et partisan d’une politique du soin bannissant l’usage de la camisole de force et des châtiments corporels. [...]"

Aujourd'hui, nous avons le CCNE.

Posté le 24 octobre 2014 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

Le rapport du CCNE sur la fin de vie annonce un simulacre de démocratie sur l’euthanasie

Selon la Fondation Lejeune :

"La Fondation Jérôme Lejeune réagit à la publication du « Rapport sur le débat public concernant la fin de vie » par le comité national d’éthique (CCNE) aujourd’hui. Cette publication annonce un simulacre de démocratie sur l’euthanasie dans les mois à venir. En effet, ce rapport est présenté comme faisant office d’états généraux, alors que depuis deux ans les citoyens voient se dérouler des débats confinés dans des enceintes, et contrôlés par des experts sélectionnés. On est loin des états généraux qui avaient préparé la révision de la loi bioéthique en 2011 et qui avaient placé au cœur de l’organisation l’avis d’un nombre significatif de citoyens et d’associations.

Mais surtout sur le fond, ce rapport fait penser qu’un débat essentiel sur la fin de vie, à savoir le débat sur l’euthanasie, a lieu sans en avoir l’air. Il est dissimulé dans un registre sémantique confus. Tout en évitant l’euthanasie en raison de profonds clivages, le CCNE présente comme consensuels deux enjeux relevant en fait de l’euthanasie :

1) Un droit à la sédation profonde

Alors que la « sédation en phase terminale » est la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, dans le but de diminuer ou de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, la sédation « terminale » ou « profonde » est une expression tendancieuse, qui montre que l’intention n’est plus la même qu’une sédation « en phase terminale », et qu’elle est effectuée non plus pour soulager la douleur, mais bien pour terminer la vie. Il s’agit d’une euthanasie par voie de sédation.

2) Les directives anticipées

Il y a lieu de craindre que rendre contraignantes les directives anticipées* revienne à instaurer un droit au suicide assisté.

La Fondation Jérôme Lejeune regrette l’absence de repères et la confusion dont le CCNE a fait sa marque de fabrique. Pour des enjeux touchant à la vie et à la mort, les citoyens ont besoin de décryptages clairs. Pour rappel, la Fondation Jérôme Lejeune a publié en juin dernier un manuel sur l’euthanasie, qui rassemble l’essentiel des problématiques touchant à la fin de vie et dénonce les dérives médico-libérales.

* Les directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l'arrêt de traitement. Elles sont rédigées par la personne pour le cas où elle serait, un jour, hors d’état d’exprimer sa volonté. Les directives anticipées sont encadrées par l’article L1111-11 du code de la santé publique.

Posté le 24 octobre 2014 à 07h43 par Michel Janva | Lien permanent

23 octobre 2014

Sédation profonde jusqu’au décès : gare à l’euthanasie masquée !

Alliance VITA prend acte du nouveau rapport du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) sur le débat public concernant la fin de vie.

[...] "Pour Tugdual Derville, Délégué Général d’Alliance VITA : « La focalisation du débat sur la question de l’euthanasie tend à occulter les vraies questions qu’il est temps de régler au sommet de l’Etat. Or, certaines assertions du CCNE nous surprennent : est-ce vraiment sérieux d’affirmer qu’ « une immense majorité des personnes en fin de vie » endurerait « une situation d’abandon »,  et qu’ « une très grande majorité de nos concitoyens » aurait une « fin de vie insupportable » (p.5 du rapport) ? Pareil constat outrancier alimente la peur, voire une panique devant la mort, qui déstabilise profondément notre société.

Certes, nous demandons depuis des années une politique plus ambitieuse sur la fin de vie, mais il faut aussi reconnaitre les immenses progrès faits dans la lutte contre la douleur et l’accompagnement. Pourquoi noircir à ce point le tableau ? En quoi mourir serait devenu « insupportable » dans les sociétés occidentales ? 

Le CCNE semble tirer de ce constat la promotion de ce qu’il nomme la « sédation profonde jusqu’au décès ». C’est une grave dérive. Nous sommes favorables à la sédation « en phase terminale » : elle doit être prudente, réévaluée selon les critères déontologiques des personnels de santé. Ils peuvent même prendre le risque que la mort survienne plus vite. Mais nous contestons formellement l’euthanasie masquée que constitue la « sédation terminale »  telle qu’elle est décrite dans le rapport, et promue en complément non seulement des arrêts de traitements (ce qui est légitime) mais aussi d’arrêts délibérés d’alimentation et d’hydratation. 

D’abord la sédation terminale est une forme d’euthanasie car il s’agit d’un moyen de provoquer délibérément la mort, quel que soit le moyen employé. Les deux critères qui définissent l’euthanasie sont en effet l’intention de provoquer la mort et ce résultat.

Ensuite les promoteurs de l’injection létale auront beau jeu de dénoncer l’hypocrisie d’une euthanasie qui ne dit pas son nom. C’est déjà leur argument pour obtenir les étapes suivantes : l’euthanasie par injection létale ou le suicide assisté.

Nous alertons enfin sur l’articulation entre des directives qui deviendraient « contraignantes » et ce prétendu droit à la sédation terminale : cela aboutit à faire injonction au médecin d’administrer la mort. 

Alliance VITA lancera, à partir du 3 novembre, une grande campagne d’explication dans toute la France pour alerter contre cette menace d’une euthanasie masquée. S’il le faut, nous inviterons avec d’autres mouvements les citoyens de toute sensibilité et de tout métier à descendre dans la rue, unis autour d’une même demande : ni acharnement thérapeutique, ni euthanasie, mais accompagnement des patients dans la dignité jusqu’au terme de leur vie. »"

Posté le 23 octobre 2014 à 23h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

21 octobre 2014

L'euthanasie à marche forcée

Dans Famille chrétienne, Antoine Pasquier démonte le double jeu de Manuel Valls sur la fin de vie :

"Manuel Valls promet aux radicaux une loi sur la fin de vie. La commission Claeys-Leonetti poursuit ses auditions. Et le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) rend son rapport le 23 octobre.

Sur la fin de vie, Manuel Valls souffle le chaud et le froid en fonction de ses interlocuteurs. Ses alliés du Parti radical de gauche (PRG), irréductibles partisans d’une aide active à mourir, menacent de quitter le gouvernement ? Il leur promet d’aller « au-delà de la loi du 22 avril 2005 », dite Leonetti [...] Étrange promesse politique et électoraliste alors que le même Manuel Valls avait assuré, dix jours plus tôt dans un entretien au quotidien La Croix, sa volonté de sortir le sujet « de l’arène politique traditionnelle ». Depuis son arrivée à Matignon, Manuel Valls avait dit et répété que, sur ce sujet, le gouvernement ne passerait pas en force. « Un consensus peut être trouvé dans le prolongement de la loi Leonetti », avait-il déclaré le 8 avril 2014, lors de son premier discours de politique générale.

Le Premier ministre marche sur des œufs, et il le sait. Il ne veut pas commettre les mêmes erreurs que son prédécesseur lors des débats sur le « mariage pour tous » où les représentants des cultes avaient été traités avec un mépris non dissimulé, et les voix discordantes muselées. Pour aboutir à ce consensus, Manuel Valls a confié, au début de l’été, la réflexion sur la fin de vie à deux députés expérimentés : Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS). « Il importe que ces questions soient abordées dans un esprit de rassemblement », est-il écrit noir sur blanc dans leur lettre de mission.

[...] À l’issue des auditions qu’elle conduit chaque mercredi depuis la mi-septembre, la commission remettra une « ébauche de proposition de loi » au Premier ministre le 1er décembre. Au gouvernement ensuite de décider s’il suit les pistes avancées soit sous la forme d’un projet de loi soit en renvoyant la responsabilité aux assemblées. [...]

Dans sa lettre de mission, le gouvernement a fixé trois axes de travail aux deux députés : le développement des soins palliatifs, l’amélioration des directives anticipées et la définition des conditions dans lesquelles « l’apaisement des souffrances peut conduire à abréger la vie ».

• Sur la première question, il n’y a pas débat. Outre l’accroissement des moyens mis à leur disposition, les soins palliatifs ont besoin d’être mieux connus du grand public, davantage diffusés auprès des professionnels de santé, leur recherche plus développée et leur enseignement généralisé dans les facultés de médecine. [...]

• Sur les directives anticipées, Jean Leonetti espère aboutir à « une rédaction consensuelle » afin de rendre ce document détaillant les dernières volontés médicales du patient « plus contraignant et plus facile à rédiger ». [...]

• Le troisième axe fixé par François Hollande et Manuel Valls est le plus débattu et le plus sujet à interprétation. Que recouvre-t-il vraiment ? Suicide assisté, euthanasie ? Même les deux parlementaires semblent en désaccord sur ce point. « Je ne vois pas comment notre lettre de mission pourrait intégrer le suicide assisté », balaye d’un revers de la main Jean Leonetti, alors que son collègue pousse pour que le recours au suicide assisté soit débattu. [...]"

Du côté de la Conférence des évêques de France, Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes, a été nommé par le Conseil permanent, responsable d’un groupe de travail sur la « fin de vie ». Il va mettre en place un groupe de travail et  créer un blog sur ce thème.

Posté le 21 octobre 2014 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2014

Le Grand-Orient de France demande la légalisation de l'euthanasie

Le Grand Maître du Grand-Orient de France Daniel Keller répond à L’Express. Extrait :

"Qu’avez-vous apporté le 8 octobre à la mission parlementaire sur la fin de vie conduite par les députés UMP Jean Léonetti et PS Alain Claeys ?

J’ai déclaré que le droit de mourir dans la dignité doit être davantage reconnu. La question centrale, c’est : « A qui appartient la vie ? » A l’individu, au corps médical ou à une entité transcendante ? Pour nous, francs-maçons, la vie appartient à chacun. Dès lors, la prise en compte de la volonté du patient mériterait une évolution, afin qu’elle soit opposable au corps médical. Je suis favorable à la légalisation du recours à des pratiques sédatives ayant pour objectif d’abréger la vie, dans le respect de la volonté de la personne souffrante."

Posté le 20 octobre 2014 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (25)

18 octobre 2014

Euthanasie : Jean-Luc Roméro à Matignon le 12 novembre

Le promoteur de l'euthanasie a rendez vous avec Gilles Gâteau, directeur adjoint de cabinet de Manuel Valls.

Posté le 18 octobre 2014 à 14h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

17 octobre 2014

Euthanasie : le PRG obtient satisfaction

Le Parti radical de gauche dit avoir obtenu de Manuel Valls l'assurance qu'un texte sur la fin de vie serait déposé au Parlement. Cette assurance a été donnée par le Premier ministre dans une lettre de sept pages transmise jeudi au parti. M. Baylet précise :

"Le document que m'a fait parvenir le Premier ministre va dans le bon sens et je dirais même dans le très bon sens dans la mesure où nous obtenons satisfaction sur un grand nombre de nos demandes [...] Sur la fin de vie, il nous confie qu'un texte sera déposé au Parlement".

Posté le 17 octobre 2014 à 16h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

Les parents de Vincent Lambert demandent son transfert dans un «centre de soins respectueux»

Jeudi soir, les avocats des parents de Vincent Lambert déposaient un mémoire rassemblant leurs conclusions devant la CEDH afin que son alimentation ne soit pas stoppée et qu'il soit laissé en vie.

D'autre part, dans ce mémoire, ses parents estiment qu'en dépit de son coma dit "pauci-relationel", Vincent Lambert est encore susceptible de profiter de la vie, d'être "levé, habillé et placé dans un fauteuil, et sorti de sa chambre". Dans un entretien accordé à "20 minutes", Madame Lambert précise qu'elle projette de l'emmener passer les vacances d'été dans leur maison familiale de la Drôme.

Dans la conclusion du rapport, les parents de Vincent Lambert estiment que leur fils ne bénéficie pas de soins "normaux" et demandent qu'il soit transféré immédiatement, en attendant la décision de la CEDH, dans un établissement de soins "plus respectueux", car, disent-ils, «Le seul horizon de Vincent, depuis plus d’un an, est le plafond de sa chambre…»

On espère qu'ils seront entendus.

Posté le 17 octobre 2014 à 10h38 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (7)

16 octobre 2014

Le PRG négocie avec l’exécutif son maintien contre une loi sur l'euthanasie

Lu sur Gènéthique :

"Le PRG (parti radical de gauche) négocie avec l’exécutif son maintien au sein du Gouvernement et de la majorité au Parlement. Jean-Michel Baylet, président du PRG et battu aux dernières sénatoriales, a rencontré Manuel Valls en début de semaine.

Parmi les sujets de la négociation, « un certain nombre de totems des radicaux, comme la laïcité, une loi sur la fin de vie et une reparlementarisation de la vie politique ». Le député radical de gauche Alain Tourret (Calvados) a laissé entendre que Manuel Valls confierait au PRG « l’élaboration du projet de loi sur la fin de vie promise par François Hollande ». Et de rappeler que les radicaux de gauche sont « associés à des lois de société comme la loi sur les cellules souches ou la loi sur la révision des condamnations pénales ».

Le Gouvernement présente en ce moment devant l’Assemblée son Projet de Loi de Finances 2015. Il n’est pas assuré de le voir être adopté et cherche donc des soutiens parmi ses alliés."

Posté le 16 octobre 2014 à 16h40 par Michel Janva | Lien permanent

14 octobre 2014

Une infirmière italienne accusée d'avoir tué 38 patients

Toute la presse mondiale en parle.

Mais pour avoir l'information en français, il faut viser la presse francophone non française :

"Daniela Poggiali, 42 ans, de Lugo, dans le nord de l’Italie, a été arrêtée au cours du week-end à la suite de la mort inattendue de Rosa Calderoni, 78 ans, décédée à cause d’une injection de potassium. Le potassium en dose importante peut provoquer des crises cardiaques. L’enquête de la police a permis de relier l’infirmière à toute une série de morts suspectes. Selon le quotidien Corriere di Bologna, Poggiali avait conservé dans son téléphone des photos sur lesquelles on la voyait triomphante, le pouce en l’air, à côté d’une de ses victimes décédées. «Dans toute ma carrière, je n’ai jamais vu de photos aussi choquantes», a souligné le procureur chargé de la poursuite, Alessandro Mancini. Certains de ses collègues ont décrit Poggiali comme étant une femme insensible. Celle-ci donnait des laxatifs à des patients à la fin de son quart pour que les infirmières sur le quart suivant soient débordées de travail. Plusieurs sites web ont rapporté que Poggiali avait décidé de tuer ces patients parce qu’elle trouvait leurs familles dérangeantes."

Posté le 14 octobre 2014 à 10h01 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

12 octobre 2014

"Soins palliatifs. Mettre en oeuvre les lois"

C'est le titre d'un article paru hier dans Ouest France, intéressant car explicite et mesuré : 

"« Ajouter de la vie aux jours, plus que des jours à la vie », c'est l'esprit des soins palliatifs.

Créés voici une vingtaine d'années en France pour soulager la douleur au long de la maladie comme à l'approche de la mort, ils restent méconnus du grand public. Un Français sur deux n'a toujours pas accès à des soins palliatifs de qualité, constate Vincent Morel, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs.

Pourtant les lois sont claires. Elles protègent les êtres : « Toute personne malade dont l'état le requiert a le droit d'accéder aux soins palliatifs et à un accompagnement », votaient les députés en... 1999 ! Puis, la Loi Léonetti rappela aux soignants ce qu'il reste à faire quand on ne peut guérir : accompagner, consoler, apaiser la douleur.

Cette loi tient en trois principes, explique Jean Léonetti : « Je ne t'abandonnerai pas. Je ne te laisserai pas souffrir. Je ne te prolongerai pas de manière anormale. » Elle condamne l'acharnement thérapeutique, cause de tant de souffrances. Elle demande que la volonté du patient soit écoutée quand il souhaite arrêter un traitement. Elle invite les soignants à travailler ensemble, à ne pas rester seuls. Mais cette loi aussi est ignorée par sept Français sur dix !

Des efforts considérables ont été menés en vingt ans, mais par un petit nombre de médecins, de soignants, de cadres de santé, de bénévoles, des Agences régionales de santé. À eux seuls, ils ont soulevé des montagnes. Ils aident les soignants, soutiennent les patients, insufflent un travail d'équipe, dispensent des formations... « Les soins palliatifs, c'est un outil utilisé à 10 % ! On pourrait faire beaucoup plus », dit Anne-Marie Colliot, de l'Hospitalisation à domicile.

Accompagner, former, organiser

Unités et lits de soins palliatifs se sont développés en milieu hospitalier, mais on manque souvent de places ! Des équipes mobiles ont vu le jour, mais elles ne sont pas assez nombreuses pour sillonner les campagnes et aller vers les plus vulnérables : les personnes handicapées et âgées en maisons de retraite, souvent démunies à l'approche de la fin de vie.

Là où souffrants et soignants sont isolés, épuisés, la situation est parfois très préoccupante, en particulier pour les personnes handicapées si seules dans leurs appartements et pour les habitants des campagnes reculées. On fait même état d'euthanasies déguisées, sous pression de familles, parce que des soignants ne savent pas apaiser la souffrance. Comment le sauraient-ils ? On ne le leur a pas appris !

Former tous les soignants, permettre à toutes les maisons de retraite de recourir aux services d'une infirmière de nuit, multiplier les équipes mobiles de soins palliatifs et l'hospitalisation à domicile, travailler en équipe : voilà les urgences de nos territoires. Plutôt que de faire encore de nouvelles lois, appliquons celles qui existent. Car leur mise en oeuvre est inégale et insuffisante : est-il normal que les deux tiers des lits de soins palliatifs soient concentrés dans cinq régions ? Peut-on abandonner des pans entiers du pays, les zones rurales isolées ? Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure pour que tous, en France, puissent bénéficier de ces soins, le moment venu."

Les trois principes de Léonetti,  "Je ne t'abandonnerai pas. Je ne te laisserai pas souffrir. Je ne te prolongerai pas de manière anormale" , très humains et intéressants à première vue, sont cependant très ambigüs, car ne pas prolonger quelqu'un "de manière anormale" est suffisamment vague pour être  interprété comme une invitation à "soulager" définitivement la personne qui souffre et donc servir d'alibi aux semeurs de mort de l'euthanasie. Replacer la personne humaine dans l'axe de sa relation avec Dieu permettrait de réviser intégralement la vision utilitariste que l'on a actuellement de la personne; il faut (re)lire l'encyclique "Evangelium vitae" de Saint Jean-Paul II pour s'en convaincre.

Posté le 12 octobre 2014 à 17h28 par Marie Bethanie | Lien permanent

10 octobre 2014

La banalité du mal, c’est maintenant

Voici quelques extraits d'un excellent article rédigé par Yves Meaudre, directeur général d’Enfants du Mékong pour Liberté politique. Il y décrypte la banalité du mal selon Hannah Arendt :

"[...]La banalité du mal m’est apparue évidente en retenant seulement cinq exemples d’inégale densité dramatique mais révélateurs de la problématique soulevée par la philosophe allemande [Hannah Arendt].

  • Le néo-antisémitisme d’une très large partie de la jeunesse des banlieues largement toléré par l’élite médiatique et politique.
  • L’avortement des enfants handicapés notamment trisomiques jusqu’à la veille de leur terme complètement assumé par le corps médical et par l’opinion publique.
  • L’euthanasie des enfants votée par une assemblée et ratifiée par un jeune monarque chrétien en Belgique
  • Les arrestations massives et illégales, le gazage d’un peuple inoffensif qui exprime pacifiquement son opposition dans le cadre de la loi. Fait complètement nouveau.
  • La Gestation pour autrui (GPA) qui est la banalisation de l’exploitation du corps des pauvres pour la jouissance narcissique des très riches.[...]

[...] Le statut d’homme est nié à ces enfants [les enfants trisomiques] comme les médecins des camps niaient à tout juif sa nature humaine. Cette négation d’humanité est si forte que lorsque le lumineux film Dear future Mom diffusé sur les télévisions présentait l’extrême délicatesse et la joie de ces enfants, le CSA a tenté de le faire interdire[PSG1]  au prétexte que cela pourrait déstabiliser des personnes qui n’auraient plus leur liberté psychologique suffisante pour accepter un enfant atteint de ce handicap.[...]

[...] Il est symptomatique que l’ancien ministre des Affaires étrangères de M. Sarkozy ait voulu interdire le terme euthanasie parce qu’il faisait irrévocablement penser à « État nazi ». Comme quoi un mot peut rapprocher opportunément une référence historique avec la pratique caractéristique d’un État ! Je ne crois pas au hasard, ni notre ancien ministre non plus, sans doute.

La banalité du mal invoque toujours une raison d’État, une raison compassionnelle, un bien commun supérieur au bien de l’enfant, du malade voire le bien et du malade, et le bien de la société. Pour excuser les dérapages de ce qu’on peut appeler un crime légal, on considère les très nombreuses personnes euthanasiées pourtant guérissables ou l’ayant refusée comme « des dégâts collatéraux » inhérents à la pratique d’un bon principe ! Le mal a toujours son excuse. [...]

Le quatrième exemple serait considéré comme outrancier s’il ne révélait pas l’acclimatation progressive à un totalitarisme qui refuse de plus en plus ouvertement toute pensée critique autonome.[...] En effet, j’ai en mémoire les multiples aveux des CRS lors des manifestations contre la loi Taubira. Après avoir copieusement arrosé de gaz des enfants et des vieilles personnes, ils se justifiaient : « Vous savez, beaucoup d’entre nous sont d’accord avec vous, mais on a reçu des ordres ! »

Ils auraient reçu l’ordre de tirer à balles réelles, ils auraient tiré. Je n’ai aucun doute. L’histoire le prouve. Sans doute auraient-ils été affectivement désolés mais le soir devant la soupe qu’ils auraient partagée avec leurs enfants, ils n’auraient eu aucun remord, pas plus que les policiers qui ont emmené en leur tenant la main les enfants juifs au Vel d’hiv : « … On a reçu des ordres ».

Comment oser faire une telle comparaison ? Parce que malheureusement, les CRS d’aujourd’hui sont dans les mêmes dispositions mentales que les policiers sous l’Occupation. Ils ne sont pas plus méchants, tout aussi banaux et aussi scrupuleusement obéissants aux ordres de leurs officiers qui, eux, sont tout aussi obéissants à leur préfet qui, lui, est tout aussi obéissant au ministre de l’Intérieur.[...]

Que je fasse hurler ceux qui m’accuseront d’amalgame, je suis pourtant convaincu de l’unité de référence entre ceux qui pratiquent l’obéissance par compassion, par référence à l’ordre ou par décision administrative. La frontière des consciences est infime… l’abdication de la pensée est considérable.[...]

[sur la GPA] L’asservissement et l’instrumentalisation des corps pour l’assouvissement de la perversité des riches appartiennent à la même culture idéologique que celle dont le nazisme se réclamait pour le confort des übermensch.

Il s’agit de nier à certaines personnes sous prétexte de race ou de niveau de vie leur dignité intrinsèque d’être humain et donc le droit à l’intégrité de leur corps. Vouloir les éliminer dans un cas parce qu’ils pèsent sur une société ou vouloir transformer les pauvres adolescentes en chair à reproduire appartient à la même philosophie que celle qui a présidé à « l’Aktion T4 ».[...] Le crime d’État est sous la protection de textes réglementaires, votés par des bourgeois compassionnels pour les riches. Il est inculturé dans la conscience populaire. Nos peuples sont hypnotiquement sous contrôle. Ils admettent que c’est par esprit de justice que des saphistes américaines puissent suborner des filles pauvres afin que celles-ci livrent leur corps pour leur jouissance personnelle.[...]

Le mouvement considérable qui s’est soulevé le 13 janvier 2014 est d’ordre philosophique et bien sûr anthropologique ; il amorce une résistance eschatologique qui aura raison de ces pratiques dont la théorisation est née au milieu du XXe siècle.[...]

L'article est long mais vaut vraiment la peine d'être lu en entier.

Posté le 10 octobre 2014 à 20h03 par Marie Bethanie | Lien permanent

09 octobre 2014

Rétablissons des tabous !

Les quelques lignes qui suivent, signées Guillaume de Prémare, concluent une chronique consacrée au dangereux ouvrage Médecin catholique, pourquoi je pratique l'euthanasie, déjà présenté dans ce post. Elles ont l'intérêt en outre de pouvoir être appliquées à d'autres sujets d'actualité...

"En effet, compassion contre compassion, expérience contre expérience, tout est relatif. C’est pourquoi la dialectique de [l'auteur] est nettement plus insidieuse que celle du « droit à choisir sa mort », développée par les militants de l’euthanasie.

A ce stade, que faire ? S’opposer à la sacralisation des droits individuels, certes. (...) Mais nous ne pouvons faire l’impasse sur le rappel de la fonction morale, sociale et culturelle de l’interdit. Notre société veut "faire tomber les tabous". Il convient de relever le défi et de refonder la fonction structurante et protectrice du tabou, de l’interdit. C’est peut-être un peu froid, mais c’est nécessaire, indispensable."

Posté le 9 octobre 2014 à 21h57 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (3)

08 octobre 2014

La loi Leonetti étant mal formulée, le risque est grand que la CEDH suive l'avis du Conseil d'Etat

Sur l'affaire Lambert et le jugement du Conseil d'Etat, le risque est grand selon Pierre-Olivier Arduin que les juges européens approuvent à leur tour  les magistrats français :

"Cette décision a beau être épouvantable avec son jugement de valeur sur la vie des personnes dépendantes, elle était en réalité prévisible puisque inscrite dans la loi Leonetti adoptée à l’unanimité en 2005. On oublie ainsi que le Conseil d’État, déjà lui, avait acté dans un rapport de 2009 examinant les nouveautés introduites par cette loi que la nutrition médicale était un traitement et non un soin toujours dû relevant de l’assistance élémentaire à personne vulnérable et qu’en conséquence son retrait chez les patients en état végétatif était tout à fait légal.(...)

Que fera la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) qui a offert un nouveau sursis à Vincent Lambert en suspendant l’application de la décision du Conseil d’État après la saisine en urgence par ses parents ? Le risque n’est pas négligeable que les juges européens appelés à se prononcer dans les mois qui viennent – ils ont reçu le 3 septembre les conclusions du gouvernement français qui reprennent à l’identique l’argumentaire du Conseil d’État –, délaissant eux aussi les enjeux éthiques de l’affaire, confortent la France en jugeant que la loi n’a pas été enfreinte, loi qui relève de toute façon de la « marge d’appréciation des États » selon la formule consacrée par le droit européen. Ce serait alors un signal catastrophique envoyé à nos voisins dont les gouvernements ou parlements s’estimeraient à leur tour en droit de faire évoluer leur législation dans le sens de la France, l’extrême dépendance et vulnérabilité des malades justifiant leur suppression pure et simple".

Posté le 8 octobre 2014 à 11h28 par Michel Janva | Lien permanent

Jean Leonetti recevra les représentants de 3 loges maçonniques

Ce matin dans le cadre de ses travaux sur la fin de vie.

Posté le 8 octobre 2014 à 08h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

07 octobre 2014

Affaire Lambert : la CEDH transmet le recours à la Grande Chambre

Communiqué de la CEDH, saisie par les défenseurs de la vie de Vincent Lambert à l'issue de l'arrêt du Conseil d'Etat qui l'avait condamné à mort :

"Le 7 octobre 2014, la chambre de la Cour européenne des droits de l’homme à laquelle la requête Lambert et autres c. France (requête n° 46043/14) avait été attribuée a annoncé son intention de se dessaisir en faveur de la Grande Chambre (article 30 de la Convention européenne des droits de l’homme et article 72 du règlement de la Cour)."

Posté le 7 octobre 2014 à 20h50 par Michel Janva | Lien permanent

De la manif pour tous à la la lutte contre le TAFTA/TTIP

Ha oui, ça n'a rien à voir ? Certains ne voient pas le rapport ?

Votre blog préféré a régulièrement relayé des présentations sur le TAFTA/TTIP, venant des différentes écoles qui s'opposent à cette quintessence de trahison. La dernière en date est celle-ci, mais il y a aussi ici, ici, encore ici et .

Une idée clé à retenir, c'est que ce traité de trahison, s'il est signé, réduira tout, de ce qui fait nos existences, à l'état de marchandise vendable et consommable sur le sacrosaint marché, sans que les peuples ni les Etats, ou ce qui en tient lieu en Europe, aient leur mot à dire, pour la plus grande gloire de Mamon et de ses séides.

Il en sera donc ainsi des ventres des mères, et de tout ce qui a rapport à la vie ! Et nos gouvernants auront beau jeu de se replier derrière la "signature du TAFTA, ou du TTIP", et derrière leur éviction des décisions, remises à des tribunaux arbitraux, pour refuser toute responsabilité en la matière, et de ce fait échapper même à la sanction des urnes que voudrait faire peser sur eux la forte minorité LMPT.

Eric Zemmour, dans une intervention récente relayée ici, a fort opportunément rappelé que le libéralisme professé par la partie "droite" de l'UMPS n'était pas absolument incompatible avec cette marchandisation libre sur le marché libre :

"pour certains esprits libéraux qui se veulent cohérents, la PMA et surtout la GPA sont des marchés comme les autres, et fort rentables de surcroît"

So what ? Et alors ?

Alors il serait temps de prendre conscience du danger effroyable que le tsunami TAFTA/TTIP fait peser sur la famille, la France, la vie en général, et de faire de ce sujet un élément essentiel du combat, des argumentaires.

Posté le 7 octobre 2014 à 16h01 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (14)

01 octobre 2014

Toujours plus d'euthanasies aux Pays Bas

D'après le blog de Jeanne Smits, le nombre d'euthanasies a quasiment doublé entre 2009 et 2013, passant de 2 636 à 4 829 cas en 4 ans, en dépit des lois obligeant à un encadrement "sévère" de l'acte d'euthanasie.

"On se souviendra cependant des assurances néerlandaises selon lesquelles les conditions légales pour la dépénalisation de l’acte d’euthanasie étaient particulièrement sévères et rigoureuses. Cela n’a pas empêché la rapide explosion du recours à cette pratique et le rapport lui-même souligne que l’« acceptabilité » de l’euthanasie va croissant dans la société et, surtout, parmi les médecins qui la mettent en œuvre, dont il est aussi souligné qu’ils connaissent de mieux en mieux la loi. Ils hésitent donc moins à passer à l’acte."[...]

Ce qui est nouveau, c'est l'augmentation des euthanasies de personnes démentes :

"Mais les chiffres les plus significatifs sont les suivants, modestes seulement en apparence : 97 personnes souffrant de démence, commençante ou déclarée, ont été « régulièrement » piquées, ce qui représente une grosse progression par rapport aux quelques dizaines des années précédentes, ainsi que 42 personnes souffrant de maladies mentales, contre 14 en 2012 et 13 l’année précédente." [...]
L'euthanasie est devenue si banale que les désagréments liés à la vieillesse ou les troubles dépressifs ou mentaux sont suffisants pour justifier une euthanasie aux yeux des médecins et du public, largement préparés par des campagnes médiatiques.
"Cela fait plusieurs années déjà que les médias néerlandais se sont fait l’écho d’arguments suscités par le lobby de l’euthanasie selon lesquels les « suicides illégaux » des malades mentaux ou des déprimés font désordre, sont gênants et traumatisants : il faudrait donc les médicaliser (comme l’avortement) pour éviter un surcroît de souffrance et de troubles. La propagande a été efficace et aujourd’hui bien des Néerlandais sont persuadés qu’il vaut mieux « aider » ces gens à mourir plutôt que de prendre le risque qu’ils se jettent sous un train. C’est douloureux pour eux, et source d’ennuis pour les voyageurs…"
Tout cela, on l'observe chez nos voisins qui ont déjà légalisé l'euthanasie : dès que la loi est votée dans un pays, le nombre de personnes tuées légalement chaque année augmente, mais cela ne nous servira pas de leçon et malgré nous, la loi a de fortes chances d'être votée en France :
 
"Ils ont l'intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l'ignorance qui est en eux, à cause de l'endurcissement de leur coeur." (Ephésiens 4:18).

Posté le 1 octobre 2014 à 01h54 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (6)

27 septembre 2014

Soins refusés pour un enfant, son père fait la grève de la faim

Reportage de TV Libertés sur la grève de la faim de Bruno Richard, père de famille qui réclame l'accès au soins pour son fils que le corps médical a voulu débrancher il y a 7 ans :

 

Posté le 27 septembre 2014 à 19h17 par Michel Janva | Lien permanent

24 septembre 2014

Non, l'euthanasie n'est pas "catho-compatible" !

Cyril Douillet, rédacteur-en-chef de la revue Ombres et lumière, s'inquiète de la parution d'un ouvrage au titre racoleur (Médecin catholique, pourquoi je pratique l'euthanasie), qui a donné lieu à quelques recensions bienveillantes dans la presse dite chrétienne. Son article, paru dans les Cahier libres, s'achève ainsi :

"Si l’on doit éviter de juger la personne, un jugement sévère s’impose sur cet ouvrage qui sonne comme un plaidoyer, une justification.  Parce qu’il laisse entendre que l’euthanasie est compatible avec la médecine ( !), avec les soins palliatifs (!!), et avec la foi chrétienne (!!!), ce livre peut faire beaucoup de mal parmi le public chrétien, auquel, de toute évidence, il est destiné. Il risque de semer le doute, de créer la division, d’abaisser la vigilance, voire de faire basculer des hommes de bonne volonté qui se laisseront séduire par la « sincérité » de l’auteur, l’oscillation permanente entre la transgression et la bienveillance, les exemples parfois poignants, les réflexions pertinentes, les références spirituelles.

En même temps, parce qu’il est un témoignage parvenu d’un pays où l’interdit a sauté [ndlt : la Belgique], il offre une édifiante démonstration des conséquences morales de la légalisation de l’euthanasie dans une société, y compris dans ses sphères les plus immunisées en apparence contre ce poison. De toute évidence, l’euthanasie légale pervertit la dynamique d’accompagnement de la fin de vie ; elle encourage la toute-puissance médicale ; elle pousse les professionnels et les familles à des compromissions terribles ; elle accoutume insidieusement à la barbarie. Tout cela a de quoi, en France, nous mobiliser avec la plus grande énergie contre toute évolution comparable de la loi, et pour d’authentiques soins palliatifs. C’est peut-être le seul mérite de ce livre."

Plutôt que la lecture de cet ouvrage, on recommandera plutôt la (re)lecture de la lettre encyclique de Saint Jean-Paul II, Evangelium Vitae (§ 65 et suivants). Notamment (§ 66) :

"Partager l'intention suicidaire d'une autre personne et l'aider à la réaliser, par ce qu'on appelle le « suicide assisté », signifie que l'on se fait collaborateur, et parfois soi-même acteur, d'une injustice qui ne peut jamais être justifiée, même si cela répond à une demande. « Il n'est jamais licite — écrit saint Augustin avec une surprenante actualité — de tuer un autre, même s'il le voulait, et plus encore s'il le demandait parce que, suspendu entre la vie et la mort, il supplie d'être aidé à libérer son âme qui lutte contre les liens du corps et désire s'en détacher; même si le malade n'était plus en état de vivre cela n'est pas licite ». Alors même que le motif n'est pas le refus égoïste de porter la charge de l'existence de celui qui souffre, on doit dire de l'euthanasie qu'elle est une fausse pitié, et plus encore une inquiétante « perversion » de la pitié: en effet, la vraie « compassion » rend solidaire de la souffrance d'autrui, mais elle ne supprime pas celui dont on ne peut supporter la souffrance. Le geste de l'euthanasie paraît d'autant plus une perversion qu'il est accompli par ceux qui — comme la famille — devraient assister leur proche avec patience et avec amour, ou par ceux qui, en raison de leur profession, comme les médecins, devraient précisément soigner le malade même dans les conditions de fin de vie les plus pénibles."

Posté le 24 septembre 2014 à 15h25 par Louise Tudy | Lien permanent

22 septembre 2014

"Et le peuple a ardemment désiré la mort d'un être fragile..."

Tugdual Derville revient sur l'engouement médiatique morbide déclenché par les confidences des malheureux parents du petit Titouan, alors en plein désarroi :

"Est-ce la vox populi qui doit décider du sort d’un être humain ? Comme la justice, la médecine a besoin de sérénité pour ne pas tomber dans l’arbitraire. Assimiler le handicap à une vie « foutue », comme je l’ai entendu d’un auditeur d’Europe1, c’est d’une grande violence pour les personnes handicapées. Prétendre qu’il appartient aux parents de décider de la vie ou de la mort de leur enfant selon son état de santé, c’est aussi faire peser sur eux une responsabilité inhumaine. On finit par envoyer le message à tout parent frappé par l’épreuve du handicap de naissance : « C’est de votre faute, vous l’avez voulu, à vous d’assumer ! » (...) C’est ainsi que monte la pression pour l’euthanasie néonatale."

Tugdual Derville se montre en revanche très rassurant sur la façon dont l'équipe du CHU de Poitiers a pris la décision d'arrêter la réanimation du grand prématuré :

"Le professeur Pierre a pris soin de préciser que ce n’était ni la demande des parents ni sa médiatisation qui avait provoqué la fin de vie du petit bébé, le 19 septembre. La respiration autonome n’était plus envisageable et la réanimation était donc devenue inutile ou disproportionnée. Il reste que le déséquilibre entre l’écho donné à la colère irrationnelle des parents et le silence sur le travail discret des soignants interroge."

A lire également, cette tribune d'un chirurgien pédiatre en néonatologie, parue sur FigaroVox, qui éclaire aussi la décision de l'équipe de Poitiers.

Posté le 22 septembre 2014 à 21h09 par Louise Tudy | Lien permanent

L’euthanasie, une alternative au vieillissement en masse

Le Ministère de la Justice belge autorisa lundi 15 septembre que  pour la première fois soit appliquée l’euthanasie à un prisonnier condamné pour plusieurs crimes, y compris l’assassinat de sa victime. Frank Van Den Bleeken, âgé de 50 ans, est depuis 30 ans en prison et réclama le suicide assisté alléguant des « souffrances psychiques insupportables », et déclarant que s’il sortait de prison il récidiverait car le système pénitentiaire belge ne lui offrait aucun traitement.

En même temps, également en Belgique, s’est répandue la nouvelle que l’euthanasie a été appliquée il y a plusieurs mois à un prisonnier gravement malade, un acte sans précédent depuis la légalisation de l’euthanasie il y a 10 ans.

Effet domino : ayant pris connaissance de ces deux faits, un effet domino ne tarda pas à se produire et une quinzaine de prisonniers belges ont demandé la mort assistée.

Il est important de mentionner qu’en 2012 ont été autorisées en Belgique 1432 demandes de suicide assisté, le double par rapport à 2008 et pour la plupart des personnes âgées. En 2013 un total de 1807 personnes optèrent pour l’euthanasie en Belgique, ce qui revient à 27% de plus qu’en 2012.

De plus, douze ans après la légalisation de l’euthanasie sous conditions pour les adultes, la Belgique est devenue en février le premier pays du monde à autoriser l’euthanasie pour des enfants malades en phase terminale.

La question est de savoir si cette tendance croissante à légaliser l’euthanasie, comme solution pour des patients subissant d’extrêmes souffrances, ne finira pas par devenir une alternative pour « sauver » l’Etat du Bien être avant l’imparable vieillissement de la population dans le monde, et plus concrètement en Occident.

En 2009 la Commission Européenne avait déjà averti que si on ne prenait pas de mesures rapides contre ce phénomène de vieillissement, la capacité de l’Union Européenne à satisfaire les besoins basiques de la population diminuerait. Elle annonçait qu’il nous restait 10 ans pour rectifier la solution et adopter ces mesures, et ainsi pallier aux dommages du vieillissement, notamment avec des politiques actives d’encouragement des naissances.

Maintenant il ne nous reste plus que cinq ans, et sauf exceptions, pratiquement aucun gouvernement n’a agi pour changer les choses. Si nous n’agissons pas de façon imminente, à partir de 2020 ou 2025 la charge économique que représentera la croissance progressive des personnes âgées, pour couvrir les retraites et la dépendance, pour subvenir aux maladies chroniques, sera impossible à assumer.

Les choses étant ainsi, si l’on étend la légalisation de l’euthanasie en Europe, avant combien de temps les Etats verront l’euthanasie comme une alternative « humanitariste » à la souffrance de tant et tant de vieillards avec des problèmes dans les derniers jours ou mois de leurs vies ? ou la souffrance de ces patients de graves maladies chroniques qui entrent et sortent constamment des urgences des hôpitaux ?

Pour tous ces cas en effet, l’euthanasie pourrait être une « solution finale », quelque chose que mit déjà en marche Adolf Hitler avec son programme Aktion T4, et que semble avoir imité la Lituanie avec son programme d’euthanasie pour les pauvres.

Posté le 22 septembre 2014 à 13h02 par Le Salon Beige | Lien permanent

19 septembre 2014

Le CHU de Poitiers aurait-il dû maintenir Titouan en vie ?

Annoncé par des proches de la famille, le décès de ce petit bout de chou de 900g, né quatre mois trop tôt, n'a pas encore été confirmé. Mais le CHU de Poitiers avait annoncé hier :

"L’état de santé du nouveau-né s'est dégradé ces dernières heures et les modalités d'accompagnement de fin de vie ont été définies en associant la famille."

Un communiqué qui soulève des questions éthiques, comme le relève Adélaïde Poujol :

"Pour le corps médical, plusieurs fois réuni pour étudier la situation, un temps était nécessaire pour la réflexion. Pour les parents, en revanche, la décision était prise : ils ne veulent pas d’un enfant handicapé. Plus encore, ils dénonçaient l’attitude des médecins coupables [à leurs yeux] d’acharnement thérapeutique… Alors que ces derniers affirment que les soins dont bénéficie Titouan n’entrent pas dans la catégorie des soins dits « intensifs ». (...)

Peu de détails ont été donnés sur l’état de santé de Titouan, peu de choses ont été révélées par l’équipe médicale sur les séquelles dont il aurait été victime : les médecins le savaient-ils vraiment ? On sait seulement que son état s’était fortement dégradé ces derniers jours. Est-ce la réaction des parents qui aurait influencé la prise de décision ?

Telles que les choses ont été présentées, l’arrêt des soins a été décidé non pas parce qu’il s’agissait d’obstination déraisonnable mais parce que le handicap aurait été « trop lourd ». « Derrière le regard que l’on porte sur les personnes vulnérables, il y a un enjeu de civilisation », commente encore Tugdual Derville. Nul ne peut nier la difficulté que représente l’accueil d’un enfant handicapé, mais comment accepter que le corps médical laisse mourir un enfant parce que ses parents n’en veulent pas ?"

Il y a quelques années, la revue Ombres et lumière avait consacré un numéro à la grande prématurité. Faut-il systématiquement réanimer ? Quelle différence entre soin et traitement ? Qu'est-ce qui relève de l'acharnement thérapeutique ? Peut-on laisser mourir un enfant parce qu'il sera handicapé ?  Extrait de ce numéro, l'interview du Père Mattheeuws donnera un éclairage chrétien aux médecins et aux familles confrontés à toutes ces questions.

Ajoutons que l'OCH, qui édite cette revue, propose une ligne d'écoute pour soutenir et conseiller ceux qui en ont besoin.

Posté le 19 septembre 2014 à 20h12 par Louise Tudy | Lien permanent

17 septembre 2014

Bruno Le Roux lie "fin de vie" et "dépense publique"

Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée à hier soir, à l'issue du discours de politique générale de Manuel Valls, a évoqué la question de l'euthanasie. Cette question n'avait pas été abordée par le Premier ministre dans son discours. Le plus inquiétant est le contexte dans lequel Bruno Le Roux l'a abordé, liant la "fin de vie" à la "dépense publique" du pays :

"Il convient de même, comme vous l’avez dit, monsieur le Premier ministre, que chaque Français puisse bénéficier du progrès [...] qu’il s’agisse des jeunes, dans le système éducatif, des salariés, des étudiants, des retraités ou des personnes en fin de vie, car ces dernières occupent une place importante dans le travail que nous allons accomplir dans le domaine du vieillissement et aussi – nous l’espérons, monsieur le Premier ministre – de la fin de vie, dans les prochains mois : vous le savez, c’est un sujet qui revêt à nos yeux une grande importance. Toutes ces questions appellent une réflexion de notre part sur la dépense publique, afin qu’elle soit, demain, mieux orientée et plus efficace pour les Français."

Bruno Le Roux

Pour rappel quelques notes de l'Institut France Renaissance sur la question :

Posté le 17 septembre 2014 à 15h54 par Michel Janva | Lien permanent

"Il n'y a jamais urgence à tuer, d'autant que c'est irréversible"

Ce n'est pas Monsieur de La Palisse qui a prononcé ces mots, mais le chef de l'unité de néonatologie-Bloc Maternité au CHU de Bordeaux, se prononçant sur le douloureux cas d'un nourrisson grand prématuré, dont les parents, craignant des handicaps lourds, souhaitent que l'on cesse de lui prodiguer des soins :

"Les parents d'un bébé grand prématuré, soigné au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Poitiers, réclament la fin des soins prodigués à leur enfant, né près de quatre mois avant terme, alors que le corps médical réfute tout acharnement.

"Depuis plus d'une semaine, on a pris cette décision. Qui veut une vie de handicap pour son fils? S'il y a des familles qui le souhaitent, nous, nous ne le souhaitons pas", a déclaré à un correspondant de l'AFP le couple de trentenaires, originaire de Charente-Maritime, près de Saintes, qui, tout en gardant l'anonymat, souhaite alerter l'opinion sur cette question.

Leur petit Titouan est né le 31 août, à 25 semaines et demie de grossesse, soit près de quatre mois avant le terme. Le bébé, né à Saintes, a été transféré au CHU de Poitiers. Il ne pesait que 900 grammes à la naissance, mais surtout, selon les parents, a subi une hémorragie cérébrale. Une lésion ne s'est pas résorbée et il est impossible pour les médecins, pour l'instant, de prédire avec exactitude le degré de son handicap. "On ne nous assurera jamais qu'il va vivre par la suite. Nous savons qu'il a de graves séquelles." "On l'a vu pleurer, il s'agite et on nous dit "Ne vous inquiétez pas, il ne souffre pas, on le sédate." C'est très difficile", a ajouté mardi, en pleurs, Mélanie, la mère. "Ils veulent maintenir cette vie-là, mais à quel prix pour lui ?"

Le CHU a dissocié mardi le cas de Titouan d'une situation d'acharnement thérapeutique ou du débat récurrent sur l'euthanasie, évoquant le besoin de prendre du temps.

"Nous ne sommes pas dans une réanimation intensive, pas dans un acharnement, mais dans un accompagnement, le temps de l'évaluation, pour être certains d'apporter les meilleures informations possibles", a expliqué sur France Bleu le Pr Fabrice Pierre, chef du service gynécologie-obstétrique.

"Il faut être sûr qu'un enfant est séquellaire et pouvoir appréhender le type de séquelles, donc pouvoir informer les parents et qu'ils prennent leur décisions en ayant le meilleur éclairage (...), on ne peut pas le faire de façon précipitée", a-t-il plaidé. Cette évaluation peut nécessiter "de l'ordre de quelques sermaines", a ajouté le Pr Pierre, assurant que le corps médical comprend que les parents sont "dans un parcours de souffrance".

"Mais, dans de telles situations médicales, impliquant des notions de vie et de mort, on a besoin de ce recul, et les parents autant que tout le monde", a-t-il dit à l'AFP. "Mais s'il survient un évènement aigu, il n'y a pas d'acharnement", a-t-il assuré.

Face à l'insistance des parents, l'équipe de néonatalogie du CHU de Poitiers a sollicité l'avis d?un groupe de réanimateurs de l'Hôpital Antoine-Beclère de Clamart (Hauts-de-Seine). S'ensuivra dans les prochains jours un débat éthique avec des professionnels et non-professionnels de santé, procédure assez courante en néonatalogie, mais aussi pour les urgences ou pathologies graves.

Des spécialistes de néonatalogie soulignaient mardi la complexité, pour les grands prématurés, de prédire les séquelles, pas nécessairement liées aux lésions cérébrales, et ce plus les enfants, donc leurs cerveaux, sont petits, avec des évolutions rapides dans un sens ou l'autre. D'où une prudence assez courante.

"Le fait de bien se poser, pour être sûr qu'on ne fait pas de bêtises, et de réanimer en attendant, est une procédure habituelle, demandée et conseillée par tous les organismes professionnels qui traitent de ce sujet. De temps en temps, il est urgent de ne pas agir. Il n'y a jamais urgence à tuer, d'autant que c'est irréversible", observe le Dr Christophe Elleau, chef de l'unité de néonatologie-Bloc Maternité au CHU de Bordeaux. Selon lui, une absence de consensus comme à Poitiers est relativement rare: "On a obligation d'essayer de réanimer si les parents le veulent et aussi la possibilité de ne pas réanimer et de passer dans ce que prévoit la loi Léonetti, l'accompagnement vers la fin de vie. Cela veut dire qu'on a obtenu une adhésion de l'équipe et de la famille en ce sens."

Sans porter de jugement hâtif sur la décision des parents, on se doit de souligner que si l'option de l'euthanasie n'était pas dans l'air du temps, ils n'auraient jamais évoqué la possibilité de tuer ce bébé, handicapé ou non. On constate une fois de plus le flou de la loi Léonetti, qui laisse la porte ouverte aux interprétations variées de la notion de "fin de vie". En attendant, il y a surtout urgence à accompagner et aider les parents en détresse face au handicap d'un enfant, à les épauler au quotidien pour qu'ils se sentent moins seuls dans la tâche difficile d'élever un enfant handicapé. Ce serait beaucoup plus utile que de les laisser dans un sentiment d'échec et d'abandon, qui les pousse sans aucun doute à prendre de mauvaises décisions.

Posté le 17 septembre 2014 à 12h10 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (14)

16 septembre 2014

L'ADMD veut tuer ses adhérents à la tâche

En 2011, l'âge médian des adhérents de l'ADMD se situait entre 75 et 79 ans. Voici comment Jean-Luc Roméro s'est adressé à eux lors de la dernière assemblée générale de l'association :

"Permettez-moi de vous dire la colère et l’incompréhension qui est parfois la mienne lorsque je reçois des lettres demandant l’organisation de manifestations nationales et que nous ne sommes que 500 sur la place de la République, à Paris, le 24 mars 2012, alors que nous avons trois fois plus d’adhérents en région parisienne.

Bien sûr, notre Journée mondiale tombe le 2 novembre, en automne ; un dimanche cette année, de surcroît. Allons-nous chaque année nous plaindre du calendrier ? Ou bien allons-nous mettre enfin nos bottes et nos manteaux pour donner deux heures de notre temps pour montrer, pacifiquement, notre désaccord avec la façon de faire de François Hollande ?"

Et ainsi de suite. Cet autre extrait donne une idée de sa conception de la "dignité"... et du respect de la loi :

"Permettez-moi aussi de vous dire ma frustration lorsque je reçois des lettres exigeant de moi que je trouve des personnes qui accepteraient de témoigner d’une euthanasie à venir et que, lorsque nous aidons des personnes, celles-ci – je le comprends, néanmoins – veulent protéger cette ultime intimité et mourir cachées

Nous devons tous, chacune et chacun des adhérents de l’ADMD, qu’il ait un titre ou pas, chacune et chacun dans cette salle, faire de notre combat individuel un combat collectif."

Un "combat" contre la vérité. Sur son blog, l'association s'est vantée d'avoir obtenu les excuses du rédacteur-en-chef adjoint du Midi libre et la promesse d'une enquête interne, à la suite de la publication de cet article :

Midi libreRemarquons, soit dit en passant, que l'utilisation, y compris par votre blog, du terme "euthanasie", constitue en soi une victoire des partisans de la culture de mort puisque étymologiquement, "eu-thanatos" signifie "bonne mort."

Posté le 16 septembre 2014 à 10h20 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (6)

14 septembre 2014

Prisonnier euthanasié, une première en Belgique

L'interné qui a attaqué en justice la ministre de la Justice pour obtenir son transfert pour être euthanasié, pourra finalement être transféré vers un hôpital en vue d'y être euthanasié. Le ministère de la Justice et l'avocat ont en effet conclu un accord en ce sens.

Posté le 14 septembre 2014 à 19h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)


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