19 décembre 2014

"Les radicaux de gauche sont des fanatiques de l'euthanasie"

Dixit Bernard Accoyer.

Ce qui lui permet dans le même temps d'approuver le rapport Claeys-Leonetti sur la fin de vie. Effectivement, il n'y a pas lu en toutes lettres qu'il fallait exterminer les vieux et les impotents. Si cseulement c'était aussi simple.

Posté le 19 décembre 2014 à 15h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

18 décembre 2014

La sédation terminale jusqu’à la mort est une euthanasie déguisée

France Renaissance a analysé le rapport et la proposition de loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie. Sur la sédation terminale, voici ce que l'institut écrit :

"Cette sédation terminale, mesure phare du projet de loi, est introduite dans l’article 3 : « le médecin applique le traitement à visée sédative et antalgique provoquant une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès. »

La première condition est extrêmement significative de l’esprit de la loi, et permet de répondre un peu plus précisément aux questions posées par le choix du terme de dignité à l’article premier. Il est en effet stipulé qu’une personne peut demander au médecin de procéder à la sédation finale, accompagnée d’un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, afin de ne pas « prolonger inutilement sa vie ». Il serait ici encore intéressant de connaître la position du législateur et du juge sur le terme « inutilement ». Dès lors comment juger si une vie est utile ? Faut-il le faire et qui doit le faire ?

L’utilité d’une vie est-elle le critère de dignité de la vie humaine ? En cas de litige, quel sera « l’esprit du législateur » retenu par le juge pour trancher ?

Est également stipulé : « un traitement à visée sédative et antalgique provoquant une altération profonde et continue de la vigilance jusqu’au décès associé à l’arrêt de l’ensemble des traitements de maintien en vie ». Les législateurs le précisent toute sédation doit s’accompagner automatiquement de l’arrêt de la nutrition et de l’hydratation. Une sédation finale sans arrêt de l’alimentation et de l’hydratation constitue pour le législateur « une pratique malheureuse ». 

Dès lors, doit-on considérer que le but de cette sédation est de soulager la souffrance, ou au contraire de masquer les conséquences d’une mort par la faim et la soif ?

La mort par arrêt d’alimentation et d’hydratation est-elle conforme au droit à la fin de vie dans la dignité instauré par l’article 1 de la PPL ?

Lors de l’injection des sédatifs, la volonté du soignant est-elle de soulager, ou alors de tuer, conjointement à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation artificielle ?

Ce projet de loi est officiellement décrié par les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté comme l’ADMD, le jugeant à juste titre profondément hypocrite. Ce projet vise à légaliser des pratiques euthanasiques qui refusent de dire leur nom. La sédation terminale jusqu’à la mort est une euthanasie déguisée, elle vise délibérément à provoquer la mort. Dès lors les arguments seront prêts pour un basculement à court terme vers une loi autorisant l’euthanasie et le suicide assisté. Ce projet de loi en annonce les prémices. S’il est adopté en l’état, c’est l’euthanasie qui est légalisée."

Posté le 18 décembre 2014 à 17h52 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : l'eurodéputé Joëlle Melin répond à Christophe Barbier

Dans une lettre ouverte :

M"Dans votre récent éditorial intitulé « les yeux ouverts » vous avez, d’un ton sans appel, digne de votre chronique télévisuelle « vrai/faux », asséné une opinion – la vôtre- qui a heurté de plein fouet les soignants qui, jour après jour, accompagnent les dernières heures de leurs patients.

« ..Enfin le corps médical, même s’il ne s’en rend pas compte, refuse le suicide assisté parce qu’il veut garder le droit de vie et de mort, symbole de sa domination dans notre temps scientiste. Pas question pour ces impérieux docteurs d’aider un patient à appliquer sa propre décision, car les malades sont là pour être soignés et non pour choisir leur sort… » avez-vous écrit. Quel ton impérieux selon vos propres mots, pour un procès en intention surréaliste !!!

Alors « faux », M. BARBIER, ces instants d’accompagnement médical au moment où la vie s’échappe littéralement de manière inéluctable, ne sont en rien des moments de puissance médicale : bien au contraire, il s’agit du pire moment d’impuissance de notre mission. Alors « faux », les médecins ne sont en rien maîtres de la durée de la vie : ils en sont les meilleurs soutiens, de la conception à la dernière seconde, c’est l’essence même de leur métier et de leur serment. Ils sont aussi des garants de la bonne qualité humaine, médicale et scientifique de cet accompagnement singulier, tout particulièrement dans la douleur.

Car vous faites la même confusion que les tenants de l’euthanasie, derrière lesquels se cachent, sans qu’ils en aient conscience, des économistes de la retraite pour qui un bon retraité est forcément quelqu’un qui ne coûte plus rien, puisque décédé…Vous confondez douleur du patient, de sa famille et nécessité d’abréger la vie bien avant l’heure. Avez-vous, plusieurs fois par semaine, entendu ces patients souffrant à plus d’un titre dire « docteur, faites quelque chose » avec la bouche et dire « donnez moi encore un peu de vie » avec les yeux?

Vous faites la confusion entre un temps de vie de mauvaise qualité, envahi par une maladie sévère et douloureuse, mais pendant lequel la vie s’accroche spontanément, et les dernières heures, presque toujours prévisibles, où la vie s’enfuit et n’est retenue, très temporairement, que par ce qu’il est convenu d’appeler de l’acharnement thérapeutique. Ce tableau, les soignants le connaissent bien. Ils savent presque toujours agir. Avec cette remarque que l’accompagnement des familles pourrait être encore amélioré, pour éviter une souffrance supplémentaire.

Car la loi Léonetti, conçue pour une seule chose, permettre aux soignants d’utiliser des médications sédatives de la douleur et parfois de la vigilance, sans être poursuivis pour leur risque de dépression respiratoire irréversible, est parfaitement suffisante, adaptée et surtout partageable par toutes les équipes médicales. Elle ne doit pas imposer, par une requalification législative surprenante, aux médecins de commettre un « suicide par procuration », dont les patients ne veulent pas vraiment puisqu’ils ne le font pas eux- mêmes, (dans nos campagnes les suicides sont toujours réussis…) ou à pratiquer une interruption prématurée de la vie avec préméditation, acte qui à lui seul justifie l’existence des assises, et que les familles et les référents redoutent.

Aller plus loin avec le « suicide médicalement assisté » revient à nier le socle même du serment d’Hippocrate. Elle ouvre, bien sûr la porte à des procès prévisibles pour « assistanat trop tardif » de la part d’héritiers impatients, reproches très courants en maison de retraite.

La France a toujours respecté le secret de famille et le secret de la confession, qui masquent parfois des gestes d’amour que la loi sanctionne. Laissons les choses en l’état législatif."

Posté le 18 décembre 2014 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

17 décembre 2014

La sédation terminale est une euthanasie

Voilà une vidéo faite par des étudiants en médecine qui explique en quoi la sédation terminale est une euthanasie. Alix Frenais, porte parole, explique pourquoi les médecins sont opposés à la sédation terminale lors du rassemblement au Trocadéro mercredi :

"Soulager et mettre tout en place pour combattre les souffrances de nos patients, c'est OUI. Donner la mort c'est NON et c'est là tout le sens de notre engagement au sein de Soulager mais pas tuer".

Posté le 17 décembre 2014 à 20h52 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

Un médicament réveille un patient plongé dans un état de conscience minimale depuis 2 ans

Lu sur Gènéthique :

"Plongé en état de conscience minimale depuis près de 2 ans à la suite d’un accident de la route, un patient italien a été réveillé par un anxiolytique.

Cette première déroutante s’est produite dans un hôpital de Pise en novembre : en attendant le scan du cerveau que devait passer ce patient, un infirmier lui a administré un anxiolytique. C’est alors que le patient s’est réveillé et lui a parlé avant de replonger, quelques instants plus tard, dans un état de conscience minimale.

Pour savoir si le réveil de ce patient était bel et bien dû à l’administration de l’anxiolytique à base de midazolam, les médecins ont décidé une nouvelle prise de ce médicament. Comme la première fois, le patient s’est réveillé et a parlé avec le personnel hospitalier de manière tout à fait normale."

Et en France, certains prétendent que Vincent Lambert, en état de conscience minimale, est en fin de vie...

Posté le 17 décembre 2014 à 13h29 par Louise Tudy | Lien permanent

Que savent-ils sur la mort ?

En novembre 2009, Henri Hude écrivait cet article intéressant, destiné à ceux qui ont des doutes au sujet de la mort, et toujours d'actualité en cette période de débats sur la "fin de vie" :

"Ceux qui ne doutent de rien 

J’avais entendu s’exprimer à la radio l’un des promoteurs d’une proposition de loi visant à légaliser l’euthanasie. Ce qui m’avait frappé, c’était son assurance.

Cet homme-là ne doutait de rien. Il était sûr d’être dans le juste. Il était sûr d’être dans le vrai. Peut-être avait-il raison ? Si c’était le cas, cet homme-là était un grand sage. Je m’explique.  

Euthanasie signifie « bonne mort ». Comment savait-il en quoi consiste la bonne mort ? Parce qu’il savait, je suppose, ce que signifie « bon » et ce que c’est que « la mort ». Cet homme-là savait donc, apparemment, ce qu’étaient le bien et la mort. Quelle chance pour lui ! Et quelle chance pour nous.   

Il savait que la mort était la fin totale de l’être humain, la chute dans le néant. Il savait que la bonne mort était celle qui n’était pas douloureuse, pas longue (assurément, c’est cela que nous préférerions tous, instinctivement). Quant à la dignité, qui faisait partie du bien, elle consistait positivement à agir, à rester le maître des événements, et négativement à ne pas dépendre, à ne pas subir. Le « bien » consistait donc dans le plaisir et dans l’absence de douleur, dans la préférence instinctive, ainsi que dans la puissance active, qui est dignité.  

Mon législateur savait-il que tout cela était vrai ? Ou voulait-il le croire ? En fait, je pense qu’il n’en savait rien, mais qu’il voulait le croire. Je ne lui reproche pas de vouloir le croire, après tout, c’est son affaire.    

Le pessimisme n’a rien de certain 

La mort totale, la chute dans le néant, ce serait la fin de tout espoir. En ce sens la mort serait toujours absolument triste et sa simple anticipation projetterait une ombre en arrière, sur toute la vie. La mort totale rend la vie mauvaise.  

Si la mort est totale, la mort est toujours bonne, par définition, puisqu’elle met fin au désespoir rationnel d’une vie qui ne mène à rien, une grande passion inutile. La mort serait peut-être même la seule bonne chose, pourvu qu’on ne la sente pas passer. L’euthanasie serait la seule bonne chose de la vie. Tellement bonne, qu’on ne voit pas pourquoi on attendrait la fin.  

Bref, si la mort est totale, la mort est bonne par définition, et la vie mauvaise par définition. Est-ce là une bonne base pour légiférer pour un peuple aspirant au bonheur ?  

Si c’était la vérité rationnelle, il faudrait bien la reconnaître. Mais est-ce la vérité certaine ? Et si ce n’est pas la vérité certaine, pourquoi légiférer sur ces sujets comme si pesait l’évidence de plomb d’une chape de désespoir ?    

Euthanasie et manque d’esprit critique 

Mon sentiment sur une telle proposition de loi, c’est qu’elle se fonde sur un manque d’esprit critique. On avance comme si le pire était sûr, mais cela n’est pas sûr du tout. Il faut envisager toutes les hypothèses. Soulager la douleur, sans doute, et on y arrive assez bien. Mais donner la mort à l’être humain, c’est quand même tout autre chose.  

Pour croire faire du bien à quelqu’un, en lui donnant la mort, il faut vraiment penser qu’on lui fait du bien en lui infligeant, ou en lui permettant de s’infliger, une mort violente, et en lui interdisant de subir une mort naturelle. Le naturel vaut-il mieux que l’artificiel, en matière de vie et de mort ? Tout le monde parle d’écologie, et on voudrait industrialiser tout, mécaniser tout, y compris la mort ?    

En réalité, mon grave législateur n’est pas sûr. Vous direz que je n’en sais peut-être pas plus que lui. C’est bien possible. Admettons même que cela soit vrai. Sur la base d’un tel doute général, nous gardons donc un espoir que la vérité, après tout, puisse ne pas être triste et que le pire ne soit pas vrai. Donc, si nous doutons vraiment, nous espérons. Allons-nous donc agir comme par certitude de désespoir, alors que le désespoir est peut-être une sottise, un coup de cafard, et que les nuages vont s’entrouvrir – et qu’en tout cas, ce désespoir est un manque d’esprit critique ?      

Admettons que nous soyons tous dans le doute, que ferions-nous ? Voilà la bonne question.

Dans le doute, nous nous dirions que la vie a peut-être un sens. Et il nous suffirait d’un léger doute pour nous y accrocher et nous réjouir de la possibilité du sens. Dans la joie du sens, allons-nous tuer par désespoir ? Pourquoi imposer une telle ambiance à ce peuple de bons vivants ?  Pourquoi le doute profiterait-il toujours à la négation ? Cela, ce n’est pas le doute critique, mais c’est le préjugé du négatif que refuse l’esprit critique. 

Il me semble que, dans le doute, dans l’espérance du sens, l’homme critique ne tue pas l’homme. Il le soigne, il lui tient la main, il soulage à la fois sa douleur, son angoisse et son chagrin, il l’aide à trouver le sens et la dignité que peut revêtir tout instant de l’existence, y compris les derniers."

Posté le 17 décembre 2014 à 08h28 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (6)

15 décembre 2014

Jacques Bompard : Pour la défense de la vie, je ne lâcherai rien !

Communiqué de Jacques Bompard :

Sans-titre"(...) Notre société est en marche vers le chaos éthique. Les manières de procéder sont d’ailleurs toujours plus lâches : pour ne pas être accusé de diviser les Français, le gouvernement laisse le soin aux écologistes d’inviter au cœur du parlement l’ADMD, une association française qui promeut la création d’une situation de détresse psychologique ouvrant droit à l’euthanasie et qui relativise les dérives de l’euthanasie des mineurs en Belgique et aux Pays Bas. François Hollande laisse maintenant aux parlementaires le soin de lancer ce débat afin de dédouaner ses ministres.

C’est tout notre pacte social qui est remis en cause pour cette réduction de la mort au stade suprême du capitalisme : élimination des faibles au profit d’une gestion purement matérialiste de l’existence. Encore une fois ce sont les lois naturelles qui perdront provoquant des protestations considérables dans la population française et plus singulièrement chez les personnels soignants.

J’en appelle donc à la mobilisation pour contrer ce texte : chacun doit prendre parti pour la défense de la vie jusqu’à son terme naturel. Je m’engage à être présent dans la lutte parlementaire contre les partisans de la culture de mort. Je dénonce, avec vigueur, les méthodes de ce gouvernement qui s’attaque à l’ensemble des repères de notre société pour servir les intérêts de petites castes.

Pour la défense de la vie, je ne lâcherai rien !"

Posté le 15 décembre 2014 à 19h30 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Le rapport Léonetti-Claeys mécontente, par son ambiguïté, adversaires et partisans de l’euthanasie.

Le docteur Jean-Pierre Dickès livre pour Présent son analyse du rapport Léonetti-Clays sur la sédation terminale :

"Le gouvernement semblerait rejeter l’euthanasie, mais accepter une autre solution qui serait la « sédation terminale ». L’argument : rendre aux malades la possibilité de reprendre en main leur destin. Comme si les médecins étaient des gens sans cœur, n’ayant cure des souffrances de leurs patients !

L’euthanasie active consiste à faire une injection mortelle – en général du chlorure de potassium – comme on le fait pour les condamnés à mort en Amérique et comme a procédé en série le Dr Bonnemaison. L’euthanasie passive apparaîtrait comme plus « douce » ; ce qui n’est pas prouvé car, de plus en plus, il s’avère que des personnes considérées comme inconscientes et en fin de vie ont une activité cérébrale plus ou moins résiduelle : c’est le thème du fameux livre Une larme m’a sauvée. Il faut donc proscrire et bannir les termes d’euthanasie « active » ou « passive ». L’idée commune est de mettre fin à la vie d’un de ses contemporains. C’est une mise à mort dans les deux cas.

Contrairement à ce que certains idéologues affirment, le médecin ne trouve pas un plaisir à laisser mourir son patient dans un contexte de souffrance. Normalement, il doit toujours avoir une ou deux ampoules de morphine (et maintenant des patchs) ; certains dérivés de celle-ci peuvent être jusqu’à mille fois plus puissants. Il en résulte que toute douleur organique peut être prise en charge. Prétendre le contraire est un mensonge.

Tous les médecins du monde savent qu’à partir d’un certain moment, le mal a gagné la partie. Lui et la famille en conviennent. Il est inutile de pratiquer un « acharnement thérapeutique » et de continuer des « soins disproportionnés », faisant gagner au mourant quelques heures ou un jour ou deux. 

Je vais prendre le cas de mon beau-père que j’aimais énormément. Il se mourait d’un cancer à la clinique. Quand une agonie est douloureuse, cela se voit tout de suite. Dans son cas, il grattait fébrilement les draps, alors qu’il avait sombré dans l’inconscience. J’allais chercher dans mon service deux ampoules de morphine. J’en fis une première, qui ne fit guère d’effet. Or la morphine est un dépresseur respiratoire. L’agonisant était très encombré au niveau des poumons. Je savais qu’en lui en faisant une deuxième injection, il aurait quelques heures de vie en moins. Mon intention de faire cette seconde injection tendait uniquement à vouloir le soulager : c’était faire mon devoir de médecin. Mais si mon but était de mettre délibérément fin à ses jours, j’étais un assassin. L’acte et le produit utilisé sont les mêmes. Or, précisément, les tenants de l’euthanasie veulent arriver à faire se rejoindre ces deux manières d’appréhender les choses, affirmant que tous les médecins ont pratiqué l’euthanasie. Tout simplement afin d’arriver à légaliser celle-ci au nom des bons sentiments.

Venons-en à la « sédation terminale ». Là aussi, il y a une confusion de langage. Il y a quarante ans, quand une personne « agonisait », on la « déconnectait » en mettant une perfusion de divers calmants. C’était avoir une attitude médicale conforme à la déontologie : soulager sans tuer. Il va de soi que, si la perfusion était mise à un débit trop rapide et qu’étaient doublés les produits employés quand elle était terminée – histoire de liquider le malade en vitesse – on se trouvait devant un cas d’euthanasie pure et simple, un assassinat.

Le pape Pie XII, dans une très importante déclaration aux médecins et aux chirurgiens (27 février 1957), consacre un long passage sur la question de l’analgésie. Il estime tout à fait légitime de recourir à la « narcose » chez les patients en fin de vie. Ce terme, qui avait disparu, revient à la mode : il désigne un sommeil artificiel profond. Nous avions demandé cela pour notre fils qui se mourait d’une défaillance cardiaque liée à une myopathie. Le pape écrit : « Si le mourant a rempli tous ses devoirs et a reçu les derniers sacrements, si on ne dépasse pas dans la fixation des doses la quantité permise, si l’on a mesuré soigneusement l’intensité et la durée de celle-ci et que le patient y consente, la narcose est moralement permise. »

Dans ce contexte, il est évident que tous les mots comptent. Quand la loi Léonetti veut laisser mourir les agonisants en les privant d’eau et de nourriture, il prône une mort certainement effroyable par déshydratation. C’est une euthanasie. Il faut donc faire une grande différence entre la « sédation terminale », ayant pour but d’accélérer la mort, et la « sédation en phase terminale » qui, elle, n’a pas l’intention de tuer : ceci s’appelle « soins palliatifs ». C’est cette différence sémantique qui se posera lors des discussions futures."

Posté le 15 décembre 2014 à 19h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Avortement, euthanasie, GPA : même logique de la culture de mort

Encore un argumentaire d'un défenseur de la culture de mort qui justifie l'avortement, l'euthanasie et la GPA au nom de la liberté. . :

"(...) les deux députés missionnés sur le sujet délicat de la fin de vie ont proposé la création d’un «droit à mourir», qui permet de contourner les faux débats sur l’euthanasie. C’est en se mettant au service de l’individu et de sa liberté de choix (...) que l’Etat se trouve dans son rôle légitime (...)

Dans la foulée, le Conseil d’Etat a validé la circulaire Taubira, qui permet aux enfants nés sous GPA à l’étranger d’obtenir la nationalité française. Plutôt que de laisser maladroitement émerger une génération de bébés Thalys, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de cette logique, en créant non pas un obscur droit à l’enfant, mais un véritable droit à naître, qui s’appliquerait au futur enfant en tant que projet parental? (...)

Plus prosaïquement, il est difficile d’être libéral et de s’opposer à la gestation pour autrui, une pratique qui ne nuit à personne, repose sur le libre consentement d’individus majeurs, et reste dissociée des questions de filiation (...) Après le droit à mourir, le droit à naître remettrait la France, trop souvent condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme, au premier rang de l’innovation politique et sociale. Vive la vie (sic) !

Notez que la GPA est rebaptisée "droit à naître" tandis que l'avortement reste une liberté fondamentale... Allez comprendre la logique de ces tordus.

Pour manifester votre opposition à l'avortement et à toutes les dérives éthiques qui en découlent (euthanasie, GPA etc...), rejoignez nombreux la Marche pour la Vie le 25 janvier 2015 !

Lancement-site

Posté le 15 décembre 2014 à 14h35 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Fin de vie : « un urgent devoir de fraternité » pour les évêques français

Aleteia se fait le relai du groupe de travail de la Conférence épiscopale française sur la fin de vie, qui réagit sur le rapport Leonetti-Claeys. Ce groupe est présidé par Mgr d'Ornellas, archevêque de Rennes.

[...] "Mgr d'Ornellas met en garde contre le risque d'incertitude introduit sur l'objectif poursuivi par le médecin avec « la suppression de la référence à l’effet secondaire » lorsque le médecin, à la demande du patient, « met en place "un traitement à visée antalgique et sédative jusqu’au décès"». Par ailleurs, il souligne que « ce nouveau droit ne supprime pas les causes de ce "mal-mourir". (...) Il risque de multiplier les demandes d’une sédation profonde jusqu’au décès », s'inquiète-t-il.
Le rapport affirme « qu’il faut financer les actes d’accompagnement, plutôt que de rester à la tarification à l’activité » pour « mettre en œuvre l’accompagnement bienveillant que nous devons à chaque malade ». Pour Mgr d'Ornellas, c'est précisément à ce niveau que se situe « notre devoir de fraternité », devenu urgent à accomplir : « c’est dans la fraternité que peut se vivre la juste autonomie de la personne vulnérable. Le soin global de la personne contribue au bien-mourir, comme le montrent chaque jour tant d’unités de soins palliatifs », relève-t-il.[...]

Mgr d'Ornellas conseille enfin de renforcer les formations du corps médical sur la question des soins palliatifs ; tout en reconnaissant notre vulnérabilité face à la mort : « n’entrons pas dans le mythe de la mort toujours apaisée ou de "la mort propre" écrit-il, aucune loi ne supprimera le fait que la mort est difficile parce qu’elle est toujours une épreuve ».

L’Eglise catholique publiera une étude détaillée sur la fin de vie début janvier 2015. En attendant, le blog www.findevie.catholique.fr est ouvert pour nourrir le débat en cours."

La vigilance s'impose pour que ne soient pas volontairement confondues "sédation en phase terminale" avec "sédation terminale" qui équivaut à l'euthanasie. L'accompagnement actif des personnes en fin de vie peut permettre des conversions de dernière minute, ce qu'empêcherait une sédation longue durée avec au bout le décès de la personne. Vigilance.

Posté le 15 décembre 2014 à 11h46 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

Rapport Leonetti-Claeys : la mort lente

L'analyse de Jeanne Smits sur le rapport Leonetti-Claeys. Où l'on voit que l'ambiguïté du texte ouvre la porte à toutes les dérives, en toute légalité. Extraits :

"Ni piqûre létale, ni suicide assisté : le rapport Leonetti-Claeys sur la fin de vie recommande d’instituer un « droit » à la sédation terminale continue qui assure à chaque citoyen la possibilité d’éviter des souffrances insupportables au moment de la mort. Ces souffrances doivent aussi être évitées par la généralisation de l’accès aux soins palliatifs, aussi bien dans un établissement de soins qu’à domicile.[...] Alors, la France échappe-t-elle à l’euthanasie ?

Non, on lui applique une sédation anesthésique qui est bien dans la ligne de ce qui se passe dans des pays où l’euthanasie est légale, comme la Belgique ou les Pays-Bas. L’euthanasie y est de plus en plus fréquente, mais c’est surtout l’extension de son champ d’application qui est remarquable.[...]

Avec la proposition Leonetti-Claeys nous y sommes, en tout cas pour ce qui concerne la France. Le rapport suggère que le « droit » des patients de prendre part à cette décision de fin de vie assurera non seulement leur « autonomie » mais évitera que des sédations terminales ne soient pratiquées à leur insu ou à l’insu de leurs proches, évitant ainsi des euthanasies ou des procédures de fin de vie pratiquées contre le gré des patients.

Zone grise : la sédation continue en phase terminale, « lorsque le pronostic vital est engagé à court terme » comme le dit le rapport, peut se justifier sur le plan moral, tant qu’elle n’a pas pour objectif de procurer la mort et qu’elle ne la cause pas délibérément.
Mais avec un droit à la sédation terminale, l’ambiguïté entrerait de plain-pied dans le droit français, légalisant en même temps l’« euthanasie lente » par laquelle une personne qui le demande, sans même être forcément mourante, obtient un ensemble d’actes médicaux qui débouchent nécessairement et à brève échéance sur la mort. La mort programmée.
Il s’agit en fait d’un simple élargissement, mais plus codifié, de ce que la loi Leonetti en vigueur depuis 2005 permet déjà en termes d’euthanasie : le refus de nourriture (et, depuis moins longtemps, d’hydratation) en vue de faire mourir une personne qui tire encore profit de son alimentation, et qui n’en souffre pas. C’est le cas de Vincent Lambert, qui est tout sauf mourant : pour Jean Leonetti, sa loi de 2005 s’applique pleinement à son cas pour permettre de le « laisser mourir », comme ils disent, mais d’inanition et de déshydratation."[...]
(lire l'article entier ici)

Posté le 15 décembre 2014 à 08h00 par Marie Bethanie | Lien permanent

14 décembre 2014

Mgr Rey dénonce l'ambiguïté du rapport sur la fin de vie

L'évêque de Fréjus-Toulon s'inquiète en particulier de la création d'un "droit" à une "sédation profonde et continue" :

"L’embarras qui entoure la publication du rapport Claeys-Leonetti remis au président de la République reflète l’ambiguïté dont il se refuse à sortir. On comprend qu’il n’est pas question d’aborder de front euthanasie et suicide assisté. Dont acte. En revanche, la proposition phare du rapport jongle avec les mots lorsqu’elle parle de « sédation profonde et continue ». Quel est cet « accompagnement vers la mort» pour permettre de «mourir dans la dignité » dont parle M. Hollande ?

Créer ou reconnaître un nouveau droit à mourir, c’est pour le moins favoriser le développement d’une mentalité euthanasique. Faire de la sédation en phase terminale, déjà pratiquée par les médecins en particulier dans le cadre de soins palliatifs, un droit du patient, c’est modifier de fait la relation entre le médecin et son patient. On a du mal à comprendre pourquoi ce protocole devrait faire l’objet d’un droit sauf à penser que les médecins ne remplissent pas leur mission ou, plus simplement, à induire des pratiques euthanasiques là où une sédation peut être légitime face à une détresse extrême. La sédation en phase terminale, acte pris collégialement, est déjà suffisamment délicate pour qu’on ne rajoute pas de pression aux médecins en les empêchant de privilégier toujours l’écoute et la qualité de la relation avec leurs malades. Pour soulager les souffrances il faut parfois prendre le risque d’accélérer la mort du malade, mais « faire mourir ne peut jamais être considéré comme un soin médical, même si l’intention était seulement de répondre à une demande du patient ».

Lorsqu’une loi prétend introduire et défendre un nouveau droit, il est inévitable de voir les demandes d’en bénéficier affluer, en l’espèce demandes d’ « endormissement » jusqu’à la mort. Le nouveau droit n’introduit-il pas de la confusion là où l’on attend clarté et apaisement ? Ne nous leurrons pas : l’utilisation d’un vocabulaire très technique pourrait servir à détourner le principe du respect de la vie en permettant certaines dérogations. Il est tout à fait adapté de parler ici de « droit fondamental » à la vie, principe inviolable qui est à la base de toute vie en société, principe qui ne doit pas conduire non plus à l’acharnement thérapeutique. Il ne souffre aucune exception : un régime de « dérogation encadrée » mène souvent aux pires excès.

Il est à craindre également que les directives anticipées, si elles devaient s’imposer au médecin, ne favorisent pas la confiance et le dialogue entre patients et soignants. Elles pourraient même inciter les plus fragiles à des demandes radicales, qui disparaissent lorsque les personnes en fin de vie sont prises en charge dans de bonnes conditions.

Si l’on doit saluer la volonté de développer les soins palliatifs et d’améliorer la formation des médecins sur les questions de fin de vie, il est urgent de ne pas céder à des dérives qui pourront conduire à l’euthanasie. Comment ne pas rappeler à ceux qui préparent et votent les lois les paroles fortes du Pape François, lors de sa visite à Strasbourg, sur la vocation de parlementaires : « Vous êtes appelés à prendre soin de la fragilité », c’est-à-dire à lutter contre la « culture du déchet » qui a tendance à ne considérer la vie humaine qu’en fonction de son utilité. Lorsqu’elle ne l’est plus, « elle est éliminée sans trop de scrupule, comme dans le cas des malades, des malades en phase terminale, des personnes âgées abandonnées et sans soin. »

L’Eglise, qui encourage l’argumentation rationnelle sur ces questions, se souvient aussi que l’euthanasie est une grave violation de la loi de Dieu. « Affirmer la dignité de la personne, c’est reconnaître le caractère précieux de la vie humaine, qui nous est donnée gratuitement. » Pas plus que de sa vie, qu’il reçoit de Dieu, l’homme n’est le maître de sa mort. Aimer la personne mourante, c’est aussi accepter de se laisser désarmer par sa fragilité extrême : la vulnérabilité ne fait jamais perdre la dignité. Rien ne justifie de provoquer la mort d’une personne pour laquelle « on ne peut plus rien ».

Enfin, il n’est pas inutile de se souvenir que la mort n’est pas irrémédiablement fermée à toute perspective de sens et à toute espérance. Pouvoir ne pas la vivre seul est aussi un droit de la personne qu’il faudrait être capable d’honorer de même que la possibilité de la préparer à la rencontre avec Dieu."

Posté le 14 décembre 2014 à 22h22 par Louise Tudy | Lien permanent

13 décembre 2014

Avortement, euthanasie : mêmes combats de la culture de mort, mêmes opposants

Jacqueline Jencquel est membre de l'ADMD et milite pour l'euthanasie. Partisane également de l'avortement, elle place ces deux atteintes au respect de la Vie au rang de libertés individuelles en les nommant IVG et IVV (Interruption Volontaire de Vie) :

"Il y a 40 ans, jour pour jour, que Simone Weil (sic) a défendu devant une assemblée composée uniquement d’ hommes la loi qui porte aujourd’ hui son nom.

Aujourd’ hui, nous essayons de faire accepter une loi semblable : interruption volontaire de vieNous avons les mêmes opposants que jadis… Ceux qui pensent que la vie ne nous appartient pas, tout comme ceux qui pensaient que le corps d’une femme ne lui appartient pas(...)

Dans les deux cas, IVG et IVV, il s’ agit de libertés individuelles et ce ne sont pas les autres qui peuvent décider pour nous. Notre corps est à nous , notre vie et notre mort aussi.

"En ce 40ème anniversaire de la loi Veil, l'avortement vient d'être érigé par l'Assemblée Nationale en "droit fondamental". Si vous ne souhaitez pas qu'il en advienne de même pour l'euthanasie et si vous souhaitez affirmer votre opposition à l'avortement et à la loi Veil qui "a initié un mouvement de déshumanisation" et entraîné "un dérèglement bioéthique en cascade", alors venez nombreux à la Marche pour la Vie le 25 janvier 2015.

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Posté le 13 décembre 2014 à 17h47 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (2)

12 décembre 2014

Devant l'Assemblée, l'ADMD fait un bide

Les partisans de l'euthanasie ne rassemblent pas :

A

Posté le 12 décembre 2014 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (17)

Pozzo di Borgo : "Il faut aider à vivre, pas à mourir"

Dfb9d11e-0bc4-11e1-852e-cea02dc2c30fPhilippe Pozzo di Borgo, tétraplégique depuis plus de vingt ans et dont l'histoire a inspiré le scénario du film Intouchables, s'exprime dans Le Parisien contre l'euthanasie :

" Il faut aider à vivre, pas à mourir. Pour l'avoir vécu, le grand handicapé, souvent souffrant, peut connaître des périodes d'abattement, de découragement, de grande solitude.

La facilité serait de proposer [à la personne handicapée] une fin de vie qu'elle ne pourrait pas refuser dans sa situation de vulnérabilité."

 

Posté le 12 décembre 2014 à 14h36 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

Protéger la vie du 1er au dernier souffle : la Fondation Lejeune soutient la Marche pour la vie

Elle l'annonce sur son blog :

"La remise du rapport Leonetti Claeys sur la fin de vie et la déclaration du Président de la République annoncent une bataille de tranchée dans les mois à venir. De nombreux citoyens vont se lever pour dénoncer ce que préparent M. Hollande et son gouvernement en matière de fin de vie. Le travail de phraséologie ne doit pas tromper sur la réalité des évolutions qui se dessinent. L’intention est d’autoriser des actes euthanasiques.

1) La Fondation Jérôme Lejeune dénonce la confusion qui a marqué la préparation de la modification législative prévue. Alors que celle-ci porte sur un point essentiel (autoriser à tuer) il a manqué un débat démocratique, exigé par la loi bioéthique de 2011 (la consultation de 18 citoyens relevant de la tromperie). Les rapports qui ont été publiés excellent dans l’art du double discours pour préconiser des actes euthanasiques tout en se défendant de légaliser l’euthanasie.

2) Quel que soit l’emballage trompeur, la distinction entre un acte euthanasique et un acte médical est claire : le premier est effectué en sachant qu’il interrompt une vie, autrement dit qu’il tue, et le seconde vise à soigner, soulager, accompagner.

Dans ce cadre, la sédation, qui consiste à administrer un antidouleur anesthésiant en sachant que cela conduit à la mort est un acte euthanasique. Le fait que cela se pratique déjà dans certains services ne justifie pas une légalisation. La Fondation ne confond pas la sédation profonde, qui doit être contrôlée, qui peut conduire à la mort mais qui ne la recherche pas, et la sédation qui conduit volontairement à la mort. Et cela quel que soit l’adjectif qui lui est accolé et quelle que soit l’intention exprimée.

Les directives anticipées relèvent de la même logique euthanasique. Inciter les citoyens à indiquer leur volonté pour leur fin de vie va transformer le médecin en administrateur de la mort.

3) La Fondation Jérôme Lejeune alerte sur les transgressions suivantes qui sont déjà programmées en filigrane. Le suicide assisté et la légalisation de l’euthanasie sont exigés par une proposition de loi EELV, inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale fin janvier. La tractation politique observée il y a un mois entre l’exécutif et le parti radical de gauche, donne à penser que ces revendications auront du poids lors de l’examen de la proposition de loi annoncée ce matin par le Président. Les récentes transgressions en matière de respect de la vie (autorisation de la recherche sur l’embryon à l’été 2013 et libéralisation de l’avortement à l’été 2014) montrent que l’exécutif est prêt à laisser le Parlement aller très loin dans les atteintes à la vie humaine.

40 ans de dérives bioéthiques, 40 ans de violences faites à la vie humaine, exigent une grande manifestation. C’est pourquoi la Fondation Jérôme Lejeune s’associe à la Marche pour la vie le 25 janvier à Paris."

Posté le 12 décembre 2014 à 14h33 par Michel Janva | Lien permanent

On va fissurer le noyau du respect qu’on doit à la vie

Gilbert Collard était l'invité de Parlement Hebdo sur LCP et a exprimé son souhait de conserver la loi Léonetti :

"On va encore passer un temps fou à échanger des idées pendant que l’économie va s’effondrer. Si on va plus loin, on va fissurer le noyau du respect qu’on doit à la vie"

Posté le 12 décembre 2014 à 14h11 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

La Marche pour la Vie réagit à l'annonce de François Hollande

Sur son site :

"Alors que les députés Alain Claeys et Jean Leonetti ont remis ce matin leur rapport au Président de la République en formulant des propositions pour faire évoluer la loi sur la fin de vie, la Marche pour la vie réagit et exprime très clairement sa détermination.

Julie_grazziani_iafrateJulie Graziani qui s’était fait remarquer récemment dans les médias pour différents engagements sur des sujets sociétaux, vient de rejoindre l’équipe de la 10ème Marche pour la vie. Comme porte-parole de cette grande manifestation annuelle en faveur du respect de toute vie humaine, elle prévient :

« En clair, Hollande veut ouvrir tout doucement et discrètement la porte à la légalisation de certaines pratiques euthanasiques.. Il trouvera en chemin la Marche pour la vie qui dénoncera haut et fort les dérives euthanasiques ».  Elle poursuit : « Le 25 janvier la Marche Pour la Vie intègrera dans ses revendications le refus de l’euthanasie. Nous marcherons pour demander que la solidarité nationale prenne en charge le financement des soins de santé adaptés à ce qu’exige l’état du malade jusqu’à survenance de sa mort naturelle et sans intention de la donner ».

Cecile_edel_200La MARCHE POUR LA VIE est une mobilisation annuelle. Depuis 10 ans appelle les citoyens à manifester à Paris au mois de janvier, pour exprimer leur opposition au dérèglement bioéthique initié par la loi sur l’avortement. En autorisant l’élimination des êtres humains en gestation, cette loi sur l’avortement est la pierre angulaire des dérives médicales et scientifiques observées ou à venir : industrie procréatique, recherche sur l’embryon, GPA, euthanasie etc. La MARCHE POUR LA VIE, présidée par Cécile Edel appelle à refonder la société sur le respect de toute vie humaine."

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Posté le 12 décembre 2014 à 13h44 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

« Sédation profonde et continue » : la piqûre de la mort

Synthèse de France Renaissance suite à la proposition des deux députés UMPS (le rapport de 43 pages peut être consulté ici) :

S"Cette sédation terminale n’a plus rien à voir avec la sédation en phase terminale qui était déjà autorisée et qui elle n’est pas irréversible.

La sédation :

Elle consiste en  la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance du patient pouvant aller jusqu’à la perte de conscience. Le but est de diminuer ou de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les moyens disponibles et adaptés à cette situation ont pu lui être proposés et mis en œuvre sans permettre d’obtenir le soulagement escompté. Le recours à la sédation prive le patient de ses capacités relationnelles et de son autonomie. » L’intention initiale n’est pas de donner la mort.

On parle de sédation légère, profonde, réversible ou irréversible, en phase terminale ou terminale.

La sédation réversible en phase terminale :

Elle permet à un médecin d’endormir pour 24 h un malade à sa demande, afin de soulager sa souffrance. L’objectif est de soulager la douleur, pas de provoquer le décès. A son réveil la sédation peut être interrompue si le malade se sent mieux, ou renouvelée sur demande du malade pour 24h. Les mêmes procédures sont répétées toutes les 24 h, si nécessaires jusqu’au décès du malade. Les doses permettant un endormissement simple, le malade garde la liberté d’interrompre la sédation.

Sans provoquer la mort, cette sédation peut être continue jusqu’à la mort. Elle n’est jamais irréversible, car elle peut toujours être arrêtée.

Lorsqu’elle est demandée par le patient dans les deux ou trois derniers jours de sa vie, certains l’appellent « irréversible », ce qui est impropre puisqu’elle peut être arrêtée.

La sédation terminale ou sédation profonde terminale :

Des doses plus importantes que celles nécessaires à un simple endormissement sont de plus en plus utilisées, parfois sans demande du patient. Le malade est endormi pendant toute la phase terminale, il y a une volonté délibérée de provoquer la mort plus rapidement en recourant à des doses excessives de sédatifs.

La sédation terminale n’est donc rien d’autre qu’une injection létale.

Attention !

La sédation terminale n’est pas encore  autorisée, mais demandée par Alain Claeys et Jean Léonetti. Pourtant, elle équivaut à une euthanasie active, qui ajoute à l’arrêt de l’alimentation et de l’hydratation, déjà prévu par la loi Léonetti de 2005, l’injection d’un produit dans le but de donner la mort à court terme."

Posté le 12 décembre 2014 à 12h15 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : Hollande annonce une proposition de loi

SAprès "le droit de mourir dans la dignité", "l'euthanasie", Linterruption volontaire de vieillesse", les partisans de la culture de mort ont découvert un nouveau mot : sédation. Pratique, puisqu'on peut lui faire dire un peu ce que l'on veut. Ainsi, pour un malade souffrant, les médecins vont utiliser la sédation pour calmer ses douleurs. Qui est contre ?

Les propositions sur la fin de vie remises ce matin à François Hollande par les députés Jean Leonetti (UMP) et Alain Claeys (PS) prévoient d'instaurer un droit à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort. Une piqûre et le tour est joué. Un droit à la sédation qui deviendra "fondamental", bien entendu...

Pour les deux députés, les directives anticipées devraient également être profondément remaniées :  rédigées sur un modèle standardisé, sans durée de validité, marquées sur la carte Vitale d’assuré social. Surtout, elles devraient s’imposer aux médecins, faisant fi de l'objection de conscience.

Le chef de l’Etat, estimant que « le temps est venu d’engager la discussion parlementaire sur ces bases », a demandé dans la foulée

« à ce qu’un débat général puisse être organisé dès le mois de janvier à l’Assemblée nationale ». 

Une proposition de loi sera déposée à la fin du mois de janvier.

En 2000, l'Académie pontificale pour la vie avait publié quelques Considérations éthiques sur l'euthanasie. Extrait :

"Le fondement de la justification que l'on veut invoquer et faire valoir devant l'opinion publique repose principalement sur deux idées essentielles: 

a) le principe de l'autonomie du sujet qui aurait le droit de disposer de sa vie d'une manière absolue;

b) la conviction plus ou moins explicite du caractère insupportable et inutile de la douleur qui peut parfois accompagner la mort.

[...] [L]a douleur des patients, douleur dont il est question et par laquelle on veut en quelque sorte justifier et rendre quasiment nécessaires l'euthanasie et le suicide assisté, est, aujourd'hui plus que jamais, une douleur pouvant être soignée grâce aux moyens adéquats de l'analgésie et des soins palliatifs proportionnés à la douleur elle-même; celle-ci, si elle est accompagnée d'une assistance humaine et spirituelle appropriée, peut être adoucie et soulagée dans un climat de soutien affectif et psychologique.

D'éventuelles demandes de mourir émanant de personnes souffrant profondément (comme le démontrent les enquêtes menées parmi les patients ainsi que les témoignages de personnel de santé connaissant bien la situation des mourants) traduisent presque toujours une demande indirecte du patient pour recevoir davantage d'attention et d'intérêt de la part des personnes qui l'entourent, en plus des soins appropriés:  deux éléments qui font parfois défaut dans les hôpitaux d'aujourd'hui. [...]"

Posté le 12 décembre 2014 à 11h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

11 décembre 2014

3 rassemblements « Soulager mais pas tuer » à Antibes, Paris et Poitiers

Soulagermaispastuer-rassemblement-10122014-1Hier, mercredi 10 décembre, le mouvement « Soulager mais pas tuer » a rassemblé plus de 500 personnes à Paris sur le Parvis des Droits de l'Homme du Trocadéro pour marquer cette Journée Internationale des Droits de l'Homme.

Deux jours avant la remise de leur rapport au Président de la République, « Soulager mais pas tuer » a également tenu deux autres rassemblements :

  • A Antibes devant la mairie de Jean Leonetti. Le mouvement a également été reçu pendant 40 minutes par le directeur de cabinet du Maire.
  • A Poitiers, 80 personnes se sont rassemblées à proximité de l'Hôtel de ville de Poitiers, dont Alain Claeys est le maire. Plusieurs temps forts ont marqué ces rassemblements.

A Paris, avec l’intervention notamment de Cédric, l’un des porte-parole nationaux, dont la femme a été victime d’un grave accident cardio-respiratoire. Celle-ci se réveille depuis quelques semaines d’un coma profond.

« Amélie a été diagnostiquée en fin de vie. Que faire ? Ce que je sais, c'est que je prendrai soin d'elle jusqu'au bout. […] Amélie s'est réveillée. Elle pleure, elle souffre, mais elle sourit et rit aussi. »

Pour Claire, psychologue en soins palliatifs :

« Il faut rassurer, soulager et entourer les personnes qui souffrent. […] En endormant un patient, on le fait taire, on ampute sa parole. Soulager vraiment la douleur, outre la prise en charge médicamenteuse, passe d'abord par une présence et une écoute renforcée, tenant compte d’une vision globale de l’être.»

Pour Gratiane, victime d’un grave accident de la route :

« Le pire fléau c’est la solitude. […] Une fin de vie dans la dignité, c'est une fin de vie entourée et aimée. »

Pour Daniel, directeur d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD) :

« Nous faisons un travail formidable avec les équipes de soins palliatifs. […] Nous avons besoin d’aide pour éviter les envois intempestifs de nos résidents aux urgences. »

Pour François, médecin gériatre :

« Nous devons dénoncer le manque de moyens et de formation conduisant certains à des actes qu'ils regrettent […]. "Convergence Soignants Soignés" rassemble 5000 soignants pour une médecine à visage humain. »

Pour Tugdual Derville, fondateur du service SOS Fin de vie et auteur de « La Bataille de l’euthanasie » :

«Notre société n’a pas besoin d'aide à mourir, il ne doit y avoir que des aides à vivre.»

Tous répondent à la tentation de l'euthanasie sous toutes ses formes, au suicide médicalement assisté, et au nouveau concept d' « aide à mourir », proposé par le député Alain Claeys, qui sous la forme de la sédation terminale, constitue un déguisement de l'euthanasie.

Parrainé par Philippe Pozzo di Borgo, dont la vie a été mise en scène dans le film Intouchables, « Soulager mais pas tuer » a mis en garde le gouvernement contre le franchissement d'une ligne jaune, celle de l'interdit de tuer, fondement de la confiance entre soignants et soignés et du pacte social.

Le mouvement « Soulager mais pas tuer » demande au Chef de l'État et au Premier ministre « de respecter leur promesse de rester dans un cadre consensuel pour traiter de la fin de vie. Il se tient prêt à lancer, si nécessaire, une mobilisation de masse. »

Posté le 11 décembre 2014 à 17h26 par Michel Janva | Lien permanent

Un rédacteur de l'Obamacare prône l'avortement systématique des "marginaux"

Quand on parle d'"eutha-nazis", en voici un d'un autre genre, le Pr Jonathan Gruber du Massachussetts Institute of Technology, qui a été l’une des chevilles ouvrières de l’Obamacare. (le blog de Jeanne Smits) :

"Le Pr Jonathan Gruber du Massachussetts Institute of Technology a été l’une des chevilles ouvrières de l’Obamacare ; c’est aussi un partisan de l’avortement. Mais pas pour venir en aide à la détresse des femmes, rapporte breitbart.com sous la signature d’Austin Ruse. Ce qui lui paraît intéressant dans l’élimination des enfants à naître, c’est le « ciblage » des enfants de familles ou de mères « marginales » – ceux qui les Américains appellent les « citadins pauvres », the urban poor. Ceux qui en naissant, auraient fait de la graine de criminels. Pour eux, l’avortement est un « bien social », a déclaré Gruber à plusieurs reprises au cours de sa carrière.

Bien entendu, c’est de l’eugénisme pur et dur. De science douteuse, de conscience nulle.
L’architecte de l’Obamacare a ainsi signé, en 1997, une étude tendant à démontrer que l’avortement légal avait à cette date épargné au contribuable américain la somme de 14 milliards de dollars en aides sociales, et évité nombre de crimes. Une position qui allait bientôt être reprise pour le grand public par l’auteur de Freakonomics, Steven Levitt, faisant un lien entre la légalisation de l’avortement et la chute de la criminalité 20 ans plus tard.
C’est cet eugénisme qui est à l’œuvre dans le « ciblage » – oui c’en est un – des quartiers noirs pour l’installation des avortoirs aux Etats-Unis : il se traduit par des taux d’avortement bien plus importants au sein de la population afro-américaine. Génocide ?
Peu de Noirs protestent mais ceux qui le font ne manquent pas de mordant : à quoi sert de se gargariser de la fin de l’esclavage si les enfants à naître noirs sont en tel danger de ne jamais seulement voir le jour ?
 
Jonathan Gruber est actuellement sous le feu de l’actualité pour avoir avoué que la rédaction complexe des  lois régissant l’Obamacare est une sorte de bénédiction, faisant accepter aux Américains ce que jamais ils n’auraient avalé en termes « transparents et clairs »."
 

Posté le 11 décembre 2014 à 08h32 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (12)

"Avortement post-natal" : l'idée fait son chemin

Epargner la souffrance d'un bébé en le tuant, ce raccourci est une idée qui progresse dans les milieux de la pensée médicale. Il serait en effet préférable d'en finir rapidement - et de façon radicale - avec un bébé qui souffre en l'euthanasiant, ce qui permettrait d'abréger la souffrance des parents. Ces "eutha-nazis" préfèrent tuer le bébé tout de suite plutôt que de lui faire subir la "sédation terminale", qui prive la personne d'eau et de nourriture et provoque une mort lente mais certaine. Entre deux maux... (le blog de Jeanne Smits

Et l'idée d'accompagner le bébé vers sa mort naturelle, en faisant tout pour lui épargner autant qu'on peut de souffrir, ce n'est pas possible ? C'est pourtant le but recherché par les soins palliatifs. Mais sans doute est-ce trop contraignant, sans doute cela coûte trop cher, en temps, en attention, en amour, quoi. "Tu ne tueras pas", c'est pourtant facile à comprendre, non ?

Posté le 11 décembre 2014 à 08h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

08 décembre 2014

Mourir vraiment dans la dignité

La webtev Cnmedia.fr décortique le thème de l'euthanasie et des soins palliatifs. Présentation :

Partie 1 à voir ici.

Posté le 8 décembre 2014 à 20h42 par Michel Janva | Lien permanent

06 décembre 2014

Rassemblement contre l'euthanasie le 10 décembre au Trocadéro

Le mouvement « Soulager mais pas tuer » appelle les Français à se rassembler sur le Parvis des Droits de l'Homme du Trocadéro, le mercredi 10 décembre 2014 à 19h.

SCe rassemblement fait écho aux déclarations contradictoires des autorités publiques sur le sujet de la fin de vie : François Hollande et Manuel Valls se sont engagés à promouvoir une réforme consensuelle de la loi de 2005. Or, quatre faits très récents démontrent que ce consensus est soit menacé, soit menaçant :

1/ En octobre dernier, le Premier ministre a assuré au Parti Radical de Gauche, qui revendique la légalisation de toutes les formes d'euthanasie, qu'il serait directement associé au futur projet de loi sur la fin de vie.

2/ Le Président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, vient d'apporter le 27 novembre dernier son soutien à l'euthanasie et au suicide assisté, aux côtés de Véronique Massonneau. De nombreux autres députés de la majorité ont fait part de leur intention d’introduire l’euthanasie et le suicide assisté par amendements.

3/ Favorable à l’euthanasie, jusqu’à celle des enfants quand les mentalités seront prêtes, la députée écologiste Véronique Massonneau (EELV) a déposé sa propre proposition de loi pour l’euthanasie et le suicide assisté. Elle sera en principe débattue à l’Assemblée nationale le 29 janvier 2015, dans le cadre d’une niche parlementaire réservée à son groupe.

4/ Le député Alain Claeys (PS), associé à Jean Leonetti (UMP) pour remettre un rapport sur la fin de vie, a annoncé au quotidien Libération le 26 novembre – sans l’aval de son collègue – que serait légalisée une « aide à mourir », sous la forme ambiguë d’« un droit à la sédation profonde jusqu’à la mort » qui s'apparente clairement à une euthanasie masquée.

C'est dans ce contexte de menaces et de confusion que le mouvement unitaire « Soulager mais pas tuer » tient à réaffirmer, au cours de la Journée Internationale des Droits de l’Homme, que l'interdit de tuer doit rester le fondement très clair de la confiance entre soignants et soignés. De très nombreux Français sont prêts à descendre dans la rue pour défendre ce principe fondamental de notre pacte social. Cette mobilisation doit commencer sans tarder.

Lors de ce rassemblement de 19h à 20h, des soignants, des personnes concernées par le handicap ou la maladie, et de simples usagers de la santé viendront prendre la parole et témoigner. Notre société peut et doit se donner les moyens de toujours soulager les personnes fragilisées par le grand âge, la dépendance ou la maladie sans décider de leur administrer la mort.

« Soulager mais pas tuer » réunit, sous le parrainage de Philippe Pozzo di Borgo, à l’origine du film Intouchables, les Français contestant l'euthanasie sous toutes ses formes et le suicide assisté, et favorables à la généralisation d'une véritable culture palliative. Son logo - un cœur dans une main - symbolise ses convictions : la main, signe de protection et de soin ; le cœur, signe de vie et de solidarité.

Pour son lancement le vendredi 28 novembre 2014 à midi, « Soulager mais pas tuer » a organisé 66 conférences de presse dans toute la France, avec interventions de soignants et de personnes concernées par le handicap et la maladie.

« Soulager mais pas tuer » est soutenu dès son lancement par :

  • Soigner dans la dignité
  • Convergence Soignants Soignés
  • L’Association pour la protection des soins palliatifs de l’euthanasie
  • 100% vivants
  • Alliance VITA
  • L’Institut Européen de Bioéthique
  • Le Comité protestant pour la dignité humaine (CPDH)

Posté le 6 décembre 2014 à 09h30 par Michel Janva | Lien permanent

03 décembre 2014

De la fin de vie au "don" d'organes

Le Centre hospitalier Annecy Genevois vient d’obtenir l’accord de l’Agence de la Biomédecie pour prélever des organes vitaux dans le cadre d’un arrêt volontaire de traitement.

On comprend mieux l'excitation des vautours à l'approche d'une loi sur l'euthanasie. Non seulement il s'agit de faire des économies en éliminant les malades qui coûtent cher, mais cela permettra aussi de récupérer les denrées rares que sont les organes.

Posté le 3 décembre 2014 à 09h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

02 décembre 2014

« Sédation terminale » ou « sédation en phase terminale »

SExtrait de l'éditorial de Jean-Pierre Denis dans La Vie, à propos de la mission sur la fin de vie et des récentes déclarations d'Alain Claeys :

"Chacun sait aussi que, dans la future loi, chaque mot sera significatif, chaque virgule parlera. Un exemple de ces subtilités ? La « sédation terminale » est généralement comprise comme un acte d’euthanasie, car accélérant la mort, tandis que la « sédation en phase terminale », relèverait des soins palliatifs, sans intention de tuer. Du choix d’un simple adjectif pourrait surgir, de prime abord imperceptible, un changement radical de société ou, au contraire, un compromis raisonnable et durable. À ce stade, la prudence reste donc un devoir éthique et la vigilance une vertu civique. Il faudra juger sur pièces."

La différence entre un homicide volontaire et un homicide involontaire c'est que dans le premier acte il y a l'intention de donner la mort, ce que l'enquête est chargée de vérifier. Ainsi est la différence entre un médecin qui décide de tuer son patient et un médecin qui veut soulager la souffrance du patient.

Posté le 2 décembre 2014 à 22h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

01 décembre 2014

Un think tank de l'UMP propose d'investir 550 millions € par an dans les soins palliatifs

C'est un secret de polichinelle : la mission parlementaire sur la fin de vie, qui doit rendre ses propositions le 10 décembre, s'oriente vers une euthanasie masquée sous la forme d'une sédation terminale (à ne pas confondre avec une sédation en phase terminale, qui a, elle, pour but de soulager et non de provoquer la mort).

Dans un rapport qui sera publié demain, le think-tank de l'UMP, « La Boîte à idées », appelle sa famille politique à choisir d’autres pistes. Famille chrétienne a pu se le procurer :

"(...) L’enjeu de cette contribution « n’est pas de révolutionner la loi Leonetti », précisent ses rédacteurs, mais de « mieux la faire appliquer et mieux la faire connaître ». Pour cela, le groupe de réflexion propose de mettre en place une campagne nationale de sensibilisation et d’information sur la fin de vie, et faire des soins palliatifs la grande cause nationale de l’année 2015. Cette information doit être accompagnée « d’une meilleure formation initiale et continue des personnels soignants, ainsi que de celle des bénévoles », écrivent les rapporteurs.

Sans remettre en cause la loi Leonetti, La Boîte à idées suggère trois améliorations à la marge :

  • Permettre à un patient en phase terminale d’une affection grave et incurable de demander l’administration d’un traitement à visée sédatif. « Cette sédation doit avoir pour unique but de soulager la douleur et pas d’accélérer la mort ».
  • Favoriser la rédaction des directives anticipées et leur accès au personnel soignant, et renforcer leur poids sans pour autant les rendre contraignantes. La Boîte à idées propose la mise en  place d’un canevas-type pour leur rédaction et leur conservation dans un fichier national relié à la carte vitale
  • Renforcer la collégialité lors des procédures de décision d’arrêt ou de limitation de traitement pour les personnes inconscientes, notamment en élargissant le collège consulté.

Pour la première fois, le groupe de réflexion de l’UMP chiffre l’investissement nécessaire pour permettre à l’ensemble des personnes en fin de vie à l’hôpital, en EPHAD et à domicile d’avoir accès aux soins palliatifs 24h/24 et 7j/7. Celui-ci s’élèverait chaque année à 550 millions d’euros (...)."

Le spectre de nouvelles manifestations conduira-t-il le gouvernement à chercher un consensus ?

Posté le 1 décembre 2014 à 22h02 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

30 novembre 2014

Pour l'ADMD, le catholique, voilà l'ennemi

Jeanne Smits était présente au colloque sur l'euthanasie qui s'est déroulée à l'Assemblée nationale jeudi dernier. Extrait :

"Des quatre tables rondes qui ont ponctué l’après-midi, j’ai retiré deux choses principales : pour les parlementaires comme pour l’ADMD, largement représentée, le catholique, c’est l’ennemi. Et, deuxième point : l’intention est clairement d’obtenir une loi, même insatisfaisante à leurs yeux, car il sera toujours temps de la faire évoluer par la suite.

En attendant le rapport Leonetti-Claeys en décembre, et un éventuel texte gouvernemental qui n’arrivera probablement pas avant le printemps, les Verts autour de l’élue de la Vienne entendent profiter de leur niche parlementaire pour présenter la proposition Massonneau à l’Assemblée à la fin du mois de janvier. Quelles sont les chances de leur texte ? Pas très grandes, me semble-t-il, il y a fort à croire que le gouvernement privilégiera le sien. Mais il traduira en tout cas un état d’esprit et mettra la pression. Ce n’est pas un hasard si Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale, a honoré la réunion de sa présence et d’un discours complaisant."

Posté le 30 novembre 2014 à 16h26 par Michel Janva | Lien permanent

28 novembre 2014

Sédation forte d'une opinion publique en phase terminale

Communiqué de Laissez les vivre :

"C'était un 26 novembre : en 1974, Mme VEIL à la tribune de l'Assemblée ; en 2014, M. CLAEYS, dans une tribune du quotidien "Libération". Pour l'opinion publique, c'est bien une sédation forte et terminale que propose le député CLAEYS dans son entretien au quotidien " Libération" en date du 26 novembre 2014 et elle ne sera consciente de rien ne souffrira pas puisque lui seront retirées alimentation et hydratation considérées comme des traitements en l'occurrence pour elle information et sens des mots.

Le mot "euthanasie" est supprimé, car sa consonance évoque bien trop l'état national-socialiste ou état nazi ainsi que l'avait déjà déclaré M. KOUCHNER (ancien ministre de la Santé) au procès de cet encombrant Docteur BONNEMAISON dont l'acquittement le 26 juin dernier pourrait bien faire désordre aujourd'hui (il sera d'ailleurs rejugé en appel à Angers sans doute dans une relative discrétion).

En fin de compte plus question de faire de son procès comme cela avait été un temps envisagé le "Bobigny de l'euthanasie" mais non bien sûr, il ne s'agit pas de légalisation de l'euthanasie : non, cela n'a absolument aucun rapport.... Le projet ou la proposition de loi, (au vu du discrédit actuel de l'exécutif, il est hautement vraisemblable qu'il s'agira plutôt d'une proposition de loi (texte d'initiative parlementaire) prévoira la possibilité "d'une sédation profonde et terminale jusqu'au décès" et, ce, "dans un délai non déraisonnable" et cela permettra, selon le député CLAEYS, de régler la quasi-totalité des cas dont celui de Vincent Lambert qui, première contradiction, n'avait pourtant pas laissé de directives écrites. M. CLAEYS pense t-il ainsi pouvoir assimiler directives personnelles et déclarations d'une partie de l'entourage du malade ?

Le député propose de rendre "contraignantes les directives anticipées" ce qui était déjà le cas et si une demande "sortait du cadre" ce serait au médecin de répondre et "de se justifier devant un collège de médecins". Il affirme par ailleurs de pas être personnellement hostile à l'idée d'une légalisation du suicide assisté particulièrement demandée par l'A.D.M.D mais avoir voulu "rester dans une démarche commune" avec M. LEONETTI, personnalité très consensuelle et très populaire. Sans doute, s'agit il d'une conséquence des rendez-vous organisés par les deux députés au sein même de l'Assemblée Nationale le 8 octobre avec les Grands Maîtres de trois grandes loges : Grand Orient, Grande Loge de France, Grande Loge Féminine de France au cours desquels la marche à suivre aurait pu leur être suggérée : avoir l'air de réfléchir longuement (près de six mois) alors que tout était déjà prêt, n'utiliser ni le mot euthanasie, ni celui de suicide assisté, ne plus se complaire à évoquer les faits divers de suicide assisté car si l'affaire BOUCHETON avait fait grand bruit cet été, on peut constater que depuis début octobre les récentes affaires de suicide ont rencontré peu d'écho dans la presse française s'il s'agisse des faits divers des pays étrangers tel l'affaire Brittany MAYNARD aux Etats Unis ou du pompier belge Kevin CALMET, tous deux trentenaires et atteints de cancers au cerveau ou des affaires françaises de suicide de couple pourtant spectaculaires tel celle de l'hôpital Amboise Paré comme si elles ne cadraient pas avec le calendrier souhaité par la franc-maçonnerie.

Le texte doit être remis au Premier Ministre le 10 décembre prochain et être ultérieurement présenté au Parlement. Vraisemblablement adopté à une très large majorité, ce dernier pourra être interprété dans un sens encore plus favorable à la culture de mort au gré des différentes missions d'évaluation qui ne manqueront pas d'en renforcer la portée comme ce fut le cas pour la loi Léonetti de 2005. En 1984, au 5ème Congrès mondial des associations pour le droit de mourir dans la dignité, Helga KUHSE, déléguée australienne déclarait : "Si nous pouvons obtenir des gens qu'ils acceptent la possibilité de supprimer tout traitement et tout soin, spécialement toute alimentation, ils verront alors combien la mort est un chemin douloureux,et ils accepteront pour le bien du malade l'injection létale." Nous n'en sommes pas tout à fait rendu à ce stade mais pas loin et l'urgence budgétaire des déficits de la Sécurité Sociale fera le reste, il est d'ailleurs significatif à cet égard que le Québec ait voté le 12 juin 2014 une loi d'aide active à mourir alors que son budget venait de l'être. Ainsi, tel que l'avait cyniquement pronostiqué et souhaité M. ATTALI : "L'euthanasie deviendra un mode essentiel de gouvernement des sociétés futures" mais cela il faut éviter de le rappeler aujourd'hui pour hâter de faire passer une loi qui vraisemblablement sera présentée comme un perfectionnement de la loi LEONETTI à une opinion publique en état de sédation."

Posté le 28 novembre 2014 à 18h10 par Michel Janva | Lien permanent

« Soulager mais pas tuer »

Le débat sur la fin de vie va très prochainement entrer dans une phase à hauts risques :

  • SLe nouveau rapport des deux députés Leonetti/Claeys est annoncé pour le 1er décembre. Il risque de valider sans le dire certaines euthanasies « masquées », par la proposition de créer un droit à ce qui pourrait s’appeler « sédation profonde terminale »
  • La douloureuse affaire Lambert va être discutée à la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) le 7 janvier 2015, avec comme enjeu la légitimité ou pas d’interrompre l’alimentation et l’hydratation des patients très dépendants (en état neurovégétatif ou pauci-relationnel), en vue de mettre fin à leur vie.
  • Le Premier ministre Valls a annoncé un projet de loi sur la fin de vie en mars 2015, en conclusion de trois ans de débats et de rapports suite à la proposition 21 du candidat Hollande. Ce texte serait en négociation avec le parti radical de gauche, très militant pour l’euthanasie. De plus, il est hautement probable que la majorité à l’Assemblée nationale envisagerait des amendements pour aller plus loin que le projet gouvernemental, si ce dernier écartait le suicide assisté (modèle suisse) ou l’euthanasie (modèle belge).
  • Tout cela arrive dans le contexte très médiatisé des pressions fortes du lobby de l’euthanasie, qui dit pouvoir se revendiquer de 96% des Français (en prétendant s’appuyer sur un récent sondage Ifop-ADMD dont la question piégée imposait de choisir entre « des souffrances insupportables » et « mourir sans souffrir »…). En réalité, la grande majorité des Français veut à la fois tout faire pour soulager les souffrances en fin de vie, et refuser toute pratique dont l’intention première est de faire mourir une personne.

C’est dans ce contexte qu’est lancé à partir du 28 novembre 2014 le grand mouvement unitaire « Soulager mais pas tuer ». Quels sont ses objectifs ?

  • Unir, avec le soutien d’associations et de personnalités multiples, les opposants à l’euthanasie, au suicide assisté et à l’euthanasie masquée.
  • Montrer l’émergence dans la rue d’un solide front de mobilisation capable de déjouer le piège argumentaire n°1 selon lequel l’euthanasie est le seul moyen de soulager des souffrances.
  • Demander une société protégeant les plus vulnérables de ses membres et le développement des soins palliatifs.

Des rassemblements symboliques se tiennent aujourd'hui dans 60 villes (discours).

Ensuite, Soulager mais pas tuer conduira de multiples projets pour expliquer aux Français les réels enjeux de ce débat, mobiliser largement, et faire grandir ainsi la résistance à toute forme d’euthanasie. Vous pouvez déjà signer l'appel en ligne, adhérer à l'une des associations.

Le mouvement Soulager mais pas tuer se donne comme perspective de rassembler tous ceux qui partagent le même souci de prendre soin sans tuer, dans la diversité des opinions politiques et philosophiques ou des convictions religieuses.

Posté le 28 novembre 2014 à 12h00 par Michel Janva | Lien permanent

Euthanasie : un médecin écrit au président du Conseil de l'Ordre

Extraits :

H"Avec les effets d’annonce successifs de la presse concernant des projets de loi sur l’euthanasie, je me sens très insécurisée dans ma position de médecin généraliste.

Vous connaissez la réalité de l’exercice médical qui nous fait partager les plus beaux et les plus difficiles moments de la vie de nos patients, vous savez que nous avons promis de protéger la vie des plus vulnérables….Alors pourquoi n’entend-on que les communiqués du  gouvernement qui régulièrement reviennent à la charge avec des commissions… Sicard … puis maintenant Claeys Leonetti, pour nous imposer une euthanasie déguisée.

Nous disposons aujourd’hui de moyens nombreux pour soulager et accompagner nos patients. Faut-il les citer pour se rendre compte de la pluralité et de la complémentarité des offres de soins mobilisables autour de la fin de vie. Abstention, écoute, conseils, diététique, antalgie, kinésithérapie, psychologie, allopathie, et toutes les mesures associées hypnose, sophrologie, thérapie familiale, musicothérapie, homéopathie, impossible de les nommer tous… [...]

A la violence faite aux personnes de renoncer à les accompagner en leur proposant de les tuer, s’ajoute la violence d’imposer aux soignants de faire exactement le contraire de ce qu’ils ont choisi de pratiquer.

Combien de fois allons-nous modifier le serment d’Hippocrate pour qu’il convienne mieux à nos pratiques déviantes ? [...]"

Posté le 28 novembre 2014 à 07h28 par Michel Janva | Lien permanent

27 novembre 2014

Euthanasie : "sédation forte" en vue

Lu dans Le Monde :

C"Le député (PS, Vienne) Alain Claeys, chargé avec le député (UMP, Alpes-Maritimes) Jean Leonetti de remettre au premier ministre, Manuel Valls, des propositions pour faire évoluer la loi de 2005 sur la fin de vie, s'est prononcé, jeudi 27  novembre dans Libération, en faveur d'une sédation forte. Une mesure qui vise à "aider à mourir" et "dans un délai non déraisonnable". Il s'est dit également favorable à ce que les directives anticipées soient rendues contraignantes."

La "sédation" ou comment endormir les Français en leur faisant croire qu'on ne légalise pas l'euthanasie tout en la légalisant. Dans l'entretien donné à Libération, Alain Claeys avoue qu'avec sa proposition, le cas de Vincent Lambert aurait pu être abrégé... :

"Pour la première fois, nous parlons d’une sédation forte dans le but d’aider à mourir, et nous précisons que cela ne doit pas durer trop longtemps, car ce temps de l’agonie - les études nous le montrent- devient insupportable s’il se prolonge trop. Avec ce dispositif, nous avons le sentiment de régler la quasi-totalité des cas, comme celui de Vincent Lambert".

"Nous écrivons, aussi, très clairement, que l’alimentation et l’hydratation artificielles sont des traitements, et peuvent être arrêtées."

Posté le 27 novembre 2014 à 14h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

24 novembre 2014

L'exploitation des drames du suicide par le lobby de l'euthanasie

EDénoncée par Alliance Vita :

"La France connaît un fort taux de suicide au grand âge. Cette situation est liée à l'isolement, à l'éclatement des familles, et au sentiment d'abandon que ressentent de trop nombreuses personnes âgées. Alliance VITA dénonce l'exploitation de faits divers dramatiques par les promoteurs de l'euthanasie qui imaginent que le suicide médicalement assistée serait une réponse au suicide des personnes âgées.

Pour Tugdual Derville, délégué général d'Alliance VITA, auteur de La Bataille de l'euthanasie :

« Ceux qui proclament partout que des vies ne vaudraient plus la peine d'être vécues, et revendiquent en leur nom l'euthanasie légale, agissent en pompiers pyromanes : ils osent tirer prétexte de ces tristes drames pour réclamer un suicide médicalement assisté légal.

Quand des personnes âgées vivant en couple sont victimes d'un double suicide simultané, à cause de la désespérance d'une maladie mortelle, ou quand un conjoint exténué fait mourir celui ou celle qu'il aime, comment notre société pourrait-elle acquiescer ? Et en quoi le suicide médicalement assisté serait-il la solution ?

Nous savons tous, avec les spécialistes de la prévention du suicide, qu'au moment de la "crise suicidaire", les personnes désespérées ont besoin d'une écoute qui aide à vivre et de la solidarité de toute la nation. Cette solidarité vient exprimer aux personnes fragiles la valeur que notre société accorde à toute vie humaine, spécialement lorsqu'elle est fragilisée par la maladie, la dépendance ou le grand âge. La prévention du suicide est particulièrement précieuse pour toutes ces personnes sans exception. Laisser entendre qu'il y aurait des ‘’bons suicides’’, qu'il y aurait donc des vies indignes d'être poursuivies, c'est pousser au passage à l'acte et à l'auto-exclusion les personnes devenues vulnérables. C'est à la fois dramatique, indécent et dangereux. »

Posté le 24 novembre 2014 à 16h51 par Michel Janva | Lien permanent

Après l'euthanasie : le don d'organes

Il faut que cela serve à quelque chose d'assassiner les "personnes inutiles" :

"Les Pays-Bas s’apprêtent à établir un protocole de donation d’organes après euthanasie, ce qui devrait multiplier les possibilités de prélèvement d’organes vitaux sur des personnes ayant choisi le moment de leur mort. En codifiant cette procédure, on entend à la fois aider les candidats à l’euthanasie à donner du « sens » à leur mort, et faciliter une pratique qui reste extrêmement marginale dans le premier pays au monde à avoir légalisé l’euthanasie : on compte 6 cas en 16 ans. (Par exemple : celui-ci.)

Marginale ou pas, la pratique de l’utilisation du corps d’une personne dont la mort a été programmée est évidemment dans la logique de l’euthanasie légale.  C’est tellement évident que personne ne semble se poser de questions « éthiques » sur le don d’organes couplé à une euthanasie : on ne s’inquiète que du « comment ». Il est vrai que la transgression première – qu’un médecin puisse procurer volontairement la mort alors qu’il est censé soigner – fait sauter toutes les barrières, à brève ou à longue échéance. [...]"

Posté le 24 novembre 2014 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

23 novembre 2014

27 novembre : conférence sur la fin de vie à Arras

A

Posté le 23 novembre 2014 à 07h43 par Michel Janva | Lien permanent

20 novembre 2014

Nouveaux-nés handicapés : des dérives eugénistes en France ?

Dans La Vie, une tribune de Laurence Henry, Jean Vanier et Philippe de Roux sur l'assassinat des nouveau-nés porteurs d'un handicap :

[...]"Avant la loi Leonetti la plupart de ces personnes étaient euthanasiées par injection létale sur décision des médecins, décision dont les parents étaient le plus souvent ignorants (2). De nombreux témoignages montrent que les conséquences de cette « faille éthique » étaient loin d’être neutres sur le moral des équipes soignantes. Ces « euthanasies », qualifiées d’arrêt de vie, existent depuis 1965, date de l’ouverture du premier service de réanimation néonatale en France. La loi Leonetti a permis des clarifications et des avancées très positives dans la prise en charge. Cependant l’arrêt de traitement reste sujet à des interprétations contradictoires. Parfois c’est l’alimentation qui est arrêtée, comme l’a montrée une enquête récente du Centre d’Ethique Clinique de Cochin. Cette situation étant très éprouvante, on demandera à mots couverts l'injection létale, en jouant avec le sens du mot euthanasie, puisque ces enfants ne sont ni en état de faire un choix, ni en fin de vie."[...]

Posté le 20 novembre 2014 à 23h12 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (2)

19 novembre 2014

Ne dîtes pas "euthanasie" mais "prescription médicamenteuse pouvant provoquer la mort"

Le député Jacques Bompard signe une tribune contre l'euthanasie dans Valeurs Actuelles :

"L’euthanasie est inscrite dans les promesses de campagne du candidat Hollande. Elle appartient à cette longue liste de mesures visant à altérer sensiblement les fondements de notre civilisation : banalisation de l’avortement, dénaturation du mariage, marchandisation des embryons, promotion de la théorie du genre.

La méthode est implacable : une note de présentation de l’institut Terra Nova donne les arguments à venir : il ne faudra pas parler d’euthanasie mais de prescription médicamenteuse pouvant provoquer la mort si le patient décide de s’injecter le médicament. En un mot, le gouvernement s’apprête à légaliser le suicide. Aucun élément n’a été oublié dans la potion habituelle et les mêmes coteries qui avaient soutenu le mariage homosexuel battent le rappel pour organiser cette ultime désacralisation de la vie.

Bien des hommes politiques hésiteront à intervenir sur ce sujet. La mort est un sujet par essence douloureux, empreint des hésitations et des doutes qui ne manquent pas d’habiter chacun d’entre nous. Et c’est justement pour cela que ceux qui défendent le bien commun devront tenir d’autant mieux leur rang : derrière un progrès, encore une fois, c’est un profond retour à la barbarie qui va s’orchestrer. [...]

Le progressisme va donc faire naître de nouvelles victimes.  A moins que…

A moins que nous écoutions ces jeunes gens de l’association Soigner dans la Dignité qui demandent l’application de la loi Léonetti pour l’extension des soins palliatifs et la mise en place de modules de sciences humaines dans les études médicales pour former les futurs soignants à la confrontation avec la mort. A moins que nous ne nous souvenions que l’eugénisme et le matérialisme sont toujours les premiers ennemis de la civilisation. A moins donc que chacun d’entre nous se place devant ses responsabilités : les croyants dans la mobilisation de l’Eglise, les athées dans la préservation de l’ordre social, les militants dans la préparation de la batailles contre l’euthanasie et les familles dans la promotion d’une autre société.

Personne au Palais Bourbon n’a été missionné pour altérer fondamentalement la nature des êtres humains et les solidarités charnelles. Marisol Touraine à qui je demandais hier, si elle comptait intégrer la détresse psychologique dans les motifs d’euthanasie a refusé de me répondre. Pire, elle n’a voulu voir là que des fantasmes, alors même que des auditions sont faites en ce sens à l’assemblée nationale. N’est-ce pas là un sous-entendu assez inquiétant pour que chacun se lève pour éviter l’euthanasie des mineurs, et l’euthanasie en cas de dépression. Il en va, à nouveau, de l’avenir de nos enfants, et du terme de notre existence."

Posté le 19 novembre 2014 à 17h36 par Michel Janva | Lien permanent

"Nous demandons à être la main qui soigne, pas la main qui tue !"

Une tribune dans laquelle plus de 500 étudiants en médecine, réunis au sein de l'association Soigner dans la dignité, demandent une meilleure formation en soins palliatifs et s'élèvent contre le projet de légaliser l'euthanasie et le suicide assisté.

Posté le 19 novembre 2014 à 13h40 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (4)

18 novembre 2014

Euthanasie : Jacques Bompard interpelle le ministre

Question de Jacques Bompard au sein de l'Assemblée, cette après-midi :

"Madame la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, l’objectif évident de votre majorité est de changer l’homme et avec lui la nature de l’humanité. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Or les représentants de la nation n’ont pas été missionnés pour travailler à un nouveau modèle d’humanité. J’en connais qui rêvent pourtant d’un nouvel être humain : fabricable à sa naissance, malléable dans son identité sexuelle au cours de sa vie, puis, bientôt, déshumanisable au moment de sa vieillesse.

Je veux dire ici que ce rêve est un cauchemar qui ne fait pas que tendre la société française, mais la dissout. Une jeune association d’étudiants en médecine, « Soigner dans la dignité », a interpellé les représentants de la nation dans des tribunes. Leur souhait ? Pratiquer la médecine qui les a fait suivre cette belle vocation : soigner, panser les plaies et sauver des vies. Nous ne pouvons pas les forcer à pratiquer une euthanasie contraire à leur morale personnelle, à l’histoire de la médecine et tout à fait étrangère à l’idée de dignité.

Pensez-vous, êtes-vous sûre que les 48 % de votants réunis au second tour de l’élection présidentielle aient comme volonté d’accentuer la détresse de notre civilisation gréco-chrétienne ? Madame le ministre, le peuple de France recherche l’harmonie que l’euthanasie brisera tout autant que l’acharnement thérapeutique. Je vous demande instamment de renoncer à perpétrer ce nouveau germe de chaos national et éthique.

Très officiellement, je vous demande si vous comptez inclure la détresse psychologique dans les motifs d’euthanasie, laissant ainsi la porte ouverte aux dérives insupportables qui ont lieu en Belgique et aux Pays-Bas."

Posté le 18 novembre 2014 à 17h56 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

16 novembre 2014

Avortement, euthanasie, FIV... : le plaidoyer pro-vie du Pape

Le Pape François a mis en garde le corps médical contre la tentation de jouer avec la vie. Il s’agit d’un péché contre Dieu Créateur. Le Saint-Père a reçu samedi matin quelque 5000 médecins catholiques italiens.

« Veillez à ne pas soumettre la vie à des expériences, par exemple en fabriquant des enfants plutôt que de les accueillir comme un don ».

De l'avortement et l'euthanasie, à la fécondation in vitro, le Pape François est formel : la vie est toujours inviolable, il faut l’aimer, la défendre et la soigner et dans certaines circonstances, les médecins catholiques doivent aller jusqu’à l’objection de conscience.

Le Souverain Pontife a souligné que l’avortement n’est pas problème religieux ni même philosophique. C’est un problème « scientifique » parce qu’il est « illicite » de détruire une vie humaine pour résoudre un problème. Et ce principe ne pourra pas changer avec le temps. C'est pourquoi Benoît XVI parlait de principe "non-négociable" : valable partout, en tout lieu, tout temps et toute occasion.

« Tuer a la même signification aujourd’hui que dans le passé. Cela vaut aussi pour l’euthanasie, y compris l’euthanasie cachée dont sont victimes les personnes âgées ».

Le Saint-Père s’en est pris à la pensée dominante qui propage une fausse compassion sur l’avortement, l’euthanasie et la fécondation in vitro (PMA). On veut faire croire que l’avortement est une aide apportée aux femmes, que l’euthanasie est un acte de dignité, que le fait de fabriquer un enfant est une conquête scientifique. L’enfant n’est pas est un droit, a-t-il martelé, mais un don à accueillir. La compassion évangélique est celle qui accompagne dans les moments de besoin, c’est celle du Bon Samaritain qui voit, qui compatit, qui s’approche et qui offre une aide concrète. Le Pape François a également pointé du doigt ceux qui utilisent des vies humaines comme des cobayes sous prétexte d’en sauver d’autres.

La vie humaine est toujours sacrée, elle est toujours de qualité. Il n’y a pas de vie humaine plus sacrée qu’une autre. Le Souverain Pontife a donc exhorté les médecins catholiques à être fidèles à l’Evangile de la vie et respecter la vie comme un don de Dieu, à faire des choix courageux, à contre-courant et à recourir si nécessaire à l’objection de conscience.

Posté le 16 novembre 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

08 novembre 2014

Quand on commence à tuer par charité…

De Cécile Edel, présidente de Choisir la vie :

"Depuis plusieurs mois, quelques « affaires » sociétales ont marqué l’actualité. Certaines m’ont profondément interpelée parce qu’elles soulignent combien notre société est devenue intrinsèquement malade.

Bien plus que ce que l’on pourrait qualifier de relativisme ambiant, il s’agit bel et bien d’une inversion radicale des valeurs du Bien et du Mal avec une absence totale de responsabilisation des personnes face aux conséquences tragiques de leurs actes.

Ce qui, en effet, depuis toujours semblait communément acquis et naturellement désigné comme le Bien- j’entends par là : faire ou laisser vivre- devient aujourd’hui un acte considéré comme « mauvais » car non compassionnel. Comment peut-on, en effet, laisser souffrir ? Comment peut-on laisser vivre celui dont la vie nous semble « insignifiante », non « digne »? Comment peut-on faire naître un enfant handicapé dont on juge que la vie sera forcément une source de souffrance? Et le Bien passe ainsi du côté de celui qui choisira la mort de l’autre selon ses propres critères de qualité de la vie! Inversement, selon cette même logique, faire mourir sera non seulement défini comme au service du Bien, mais deviendra également un acte que certains jugeront comme un acte d’amour, de suprême charité.

Quelle est donc cette charité qui nous fait aller jusqu’à tuer l’autre ? Je connais des actes d’amour qui nous font sacrifier notre propre vie pour un être ou pour une cause qui nous dépasse, je ne connais aucune charité qui nous fait sacrifier l’autre pour des raisons obscures. Quand oserons-nous, en effet, reconnaître que nous ne tuons jamais par amour,mais bien par égoïsme parce que l’image de l’autre, du plus fragile, nous dérange, nous renvoie à nos propres imperfections, à l’immaîtrisable, à cette souffrance que nous refusons, à cette mort que nous rejetons ? Et, depuis que la loi sur l’IVG, il y a 40 ans, a autorisé l’élimination des êtres qui nous dérangeaient, que nous refusons, notre quête de perfection et de maîtrise de la vie et de la mort n’est jamais assouvie.

Ainsi, nous avons pu voir avec stupeur lors de la délibération du verdict du Dr Bonnemaison, jugé par un curieux hasard de calendrier en même temps que l’affaire Vincent Lambert*combien, de nos jours, les coupables étaient acquittés et les innocents condamnés. Nous verrons cette même logique dans l’affaire du Dr Dor, jugé coupable d’avoir culpabilisé les coupables, ou encore dans l’affaire de la censure de la vidéo « Dear Future Mom »de la Fondation Lejeune par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), selon lequel la vision du bonheur affiché des enfants trisomiques risquerait de culpabiliser celles qui avaient décidé de ne pas laisser vivre les « frères » de ces derniers.

Au Dr Bonnemaison de donner le mot de la fin de mon édito, mot qui en dit long sur l’invention par notre société, d’un nouveau délit : le crime de culpabilisation des coupables devenus alors victimes !«Dans ces situations de fin de vie, certaines décisions peuvent être de nature à mettre en difficultés l’équipe soignante (...) c’est délicat aussi de consulter la famille et de lui laisser prendre la décision (...) C’est une source de culpabilité que j’ai voulu lui éviter. J’ai essayé de les protéger »."

Posté le 8 novembre 2014 à 07h23 par Michel Janva | Lien permanent

06 novembre 2014

Mourir dans la dignité : le rôle des médecins

Voici le compte rendu d'une internaute sur une conférence « Soigner Dans la Dignité : l’attitude du médecin face à la mort», Par Florence Huguet, oncologue à l'Hôpital Tenon, et Vianney Mourman, médecin en soins palliatifs à l'Hôpital Lariboisière :

"Le patient est celui qui doit être informé par les médecins. C’est lui qui décide qui a le droit d’être informé de son état de santé (famille, amis) et qui en fait part au médecin.

Il est important que le médecin simplifie son langage, sans se réfugier derrière le jargon médical (le patient n’étant souvent pas en mesure de comprendre les termes médicaux, les acronymes). Il doit se mettre à portée de compréhension du patient, prendre le temps de lui parler, de le regarder. Il est important de dire la vérité au patient. Celle-ci peut être dite en plusieurs étapes, pour laisser au patient le temps de s’y préparer et éviter l’effet rouleau compresseur.

Le patient a également le droit de ne pas vouloir être informé de son état, ça peut être un mécanisme de défense psychologique. Il faut aller à son rythme. La difficulté, lorsque le patient apprend qu’il va mourir, c’est qu’il prend brutalement conscience qu’il n’est pas immortel (fantasme inconscient des humains. C’est d’ailleurs cette inconscience relative qui permet d’exercer en tant que médecin ou soignant sans être submergé par l’angoisse de la mort). Le but du médecin ne sera pas d’effacer la tristesse ressentie par le patient mais de l’accompagner dans son épreuve en lui donnant le temps et les informations dont il a besoin. C’est aussi accompagner la famille juste après le décès.

Au nom de la « dignité », l’ADMD passe le message que certains ne sont pas dignes, qu’il y aurait des façons dignes et indignes de mourir. L’ADMD créé des critères d’indignité. La mort n’est pas « digne » dans le sens belle et douce. (Comme la naissance, elle peut se faire dans le sang, les larmes, divers fluides). Le fantasme de l’euthanasie revient à dire que maitriser notre mort empêche de mourir ou permet de contrôler ce moment.

Savoir parler aux familles qui ont du mal à accepter la mort de leur proche est essentiel. La famille a souvent tendance à refuser d’accepter cette réalité. Certaines personnes vont insister, par exemple, pour que le patient soit alimenté, ayant peur qu’il meure de faim. Mais pour un patient en toute fin de vie, l’absence d’alimentation n’est pas un problème et il ne réclame pas d’être alimenté, n’a plus de sensation de faim. L’alimenter de force ne fera que lui causer de la douleur, de l’inconfort. Ce serait provoquer une souffrance inutile. Par ailleurs, le patient ne mourra pas de faim (on peut tenir plus de 3 semaine sans manger, à condition d’être hydraté). Mais pour certains, accepter la mort de leur proche sans lutter jusqu’au bout n’est pas possible. Ils ont l’impression, s’ils ne le font pas, d’être responsable de la mort de leur proche, de le tuer.

Les unités de soins palliatifs des années 80, qui ne géraient qu’un tout petit nombre de patients, n’existent plus et ne peuvent être recrées dans le monde actuel.

Il faut oublier l’image de la mort idéalisée, où l’on voit le patient souriant, tenant les mains de ses proches qui l’entourent et de l’équipe médicale sereine et silencieuse au fond de la pièce. Mourir est difficile pour le patient. Il n’a aucune envie d’être là et préférerait être sur une belle montagne, sur la plage au soleil, avec des amis. C’est également un moment difficile pour la famille. Et le moment de la mort n’est pas toujours fait pour régler les conflits familiaux. Le patient a aussi le droit de mourir tranquillement, sans être sollicité « de force ».

Beaucoup d’adhérents à l’ADMD (Association du Droit de Mourir dans le Dignité) deviennent adhérent après avoir assisté à l’agonie d’un de leur proche. Ils n’avaient pas été préparés, prévenus de ce qui allait se passer, du déroulement de ces moments difficiles et parfois très impressionnants.

Durant la phase d’agonie, le patient pleure, a les bronches encombrées, s’étouffe. Mais en fait, à ce moment-là (sauf dans quelques cas de pathologies comme les syndromes de détresse respiratoire asphyxiante ou d’hémorragie massive externalisée), le cerveau ne fonctionne plus. C’est le tronc cérébral qui gère le corps. Les larmes, le relâchement de la vessie… sont des gestes reflexes. Mais au-delà des larmes, en regardant le visage du patient, on voit que son visage est lisse, dénué d’expression, de sentiments. Il n’est déjà plus là. L’euthanasie ne supprime pas ce moment d’agonie.

La femme d’un patient, qui avait accompagné son mari en Suisse pour une euthanasie (en réalité un suicide assisté), a raconté au médecin le déroulement des faits. Le couple avait passé un beau week-end en Suisse. Puis ils se sont rendus dans les locaux de l’association, située en zone industrielle, en bordure de la ville. Là son mari, en présence du photographe, d’un militant de l’association ADMD et d’elle-même, a été invité à boire un premier verre, contenant un sédatif. Puis dans la pièce suivant, il a été invité à boire un second verre, conduisant à son décès. La femme n’a pas voulu raconter le moment de l’agonie, qui l’a beaucoup trop choquée. Elle a été mise à la porte de l’établissement, sans pouvoir veiller et se recueillir sur le corps de son mari, le laissant seul avec le photographe et le militant. On lui a dit qu’elle n(‘avait plus rien à faire là. Elle s’est retrouvée seule, dans une zone excentrée, sans aucun soutien et a du rentrer seule en ville. (*Quelle mort idéale, humaine et douce !)

En Orégon, la moitié des patients qui ont demandé le suicide assisté (euthanasie), ne prennent pas le cocktail lytique mis à leur disposition. Par ailleurs, les patients qui souhaitent en finir pourraient le faire facilement, en prenant des surdosages importants des médicaments qui leurs sont prescrits dans le cadre de leur traitement, mais ne le font pas. L’extrême majorité des patients ne veut pas mourir et cherche à prolonger leur vie (2 demandes d’euthanasie seulement en 10 ans au service de cancérologie de Bichat). La demande de mort est un appel au secours qui ne doit pas être négligé.

Le médecin doit être dans l’empathie et non dans la sympathie ou l’antipathie. Sinon, il ne sera pas en mesure de faire son travail et être celui sur qui le patient peut compter, sur lequel patient et famille peuvent s’appuyer pour traverser cette épreuve.

Concernant l’euthanasie, elle n’est pas un choix du médecin. Mais dans certains cas, quand l’agonie est très proche, douloureuse et que le patient est conscient, le médecin peut sédater le patient. Qu’est-ce que la sédation ? C’est faire descendre la vigilance du patient, faire baisser son niveau de conscience à l’aide de médicaments (de type hypnovel, lexomil…), afin qu’il ne meure pas en ressentant de l’effroi. Par exemple, dans les cas de détresse respiratoire asphyxiante ou d’hémorragie massive externalisée (où la carotide se rompt). La sédation doit avoir été décidée en équipe, il faut la prévoir, et si possible en parler au patient. La famille devra être avertie du côté impressionnant (trash) de l’agonie (comme en cas d’hémorragie, heureusement très rare). C’est un des très rares cas où une information est donnée à la famille et pas au patient (sauf à quelques rares patients capables de supporter le choc de cette information sans être psychiquement débordés). Sédater un patient qui a un symptôme réfractaire (syndromes confusionnels, agitation, angoisse, dyspnée, douleurs intenses, hoquet réfractaire …) peut être une solution de facilité et non dans l’intérêt du patient.

La sédation ne doit se faire que si aucun autre traitement pour soulager la douleur n’est disponible, aucun traitement secondaire ne peut être mis en place. Elle est le dernier recours du médecin. Et son effet doit être réversible. L’avantage de médicaments comme l’hypnovel c’est qu’il agit très vite et sur une durée courte (2 à 3h). Le médecin explique qu’il a vu un certain nombre de cas où l’agonie s’est interrompue (hémorragie mineure par exemple), laissant plusieurs jours ou semaines de plus au patient.

Notion du double effet : Intervient lorsqu’il n’y a pas d’autre moyen d’aider le patient par la mise en place d’un traitement secondaire ou d’un traitement qui guérisse. Le médicament a alors pour seul but de soulager la douleur, et entrainera possiblement ou probablement le décès. Mais son but n’est en aucun cas de hâter ou de provoquer le décès, mais uniquement le soulagement de la douleur. Il n’intervient que s’il n’y a aucun autre traitement possible.

En général, il y a toujours une possibilité de soulager la douleur. La morphine ne rendra pas le patient dépendant psychiquement car elle va rétablir un état normal (celui d’avant la douleur) et non procurer un flash de sensation forte. La dépendance physique est minime et sera effacée par une diminution progressive des doses. Quand le patient ressent encore de la douleur, que celle-ci ne peut être effacée, le problème est du à un manque de moyens (les médicaments coûtent très chers et les hôpitaux n’ont pas toujours à leur disposition tout le stock dont ils auraient besoin). L’effort à faire, au niveau politique et économique, ce n’est pas tant d’augmenter les unités de soins palliatifs mais d’augmenter les moyens des hôpitaux en achats de matériel médical et médicamenteux. En effet, le patient qui est hospitalisé depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, voir plusieurs années dans un service peut très bien y terminer ses jours. Souvent un déplacement lui sera moins bénéfique que le traumatisme de changer de service pour les soins palliatifs, de devoir se réadapter face à une autre équipe médicale qu’il ne connait pas.

La demande de mort existe. Il faut la décortiquer pour comprendre ce qu’elle signifie. La demande d’euthanasie, venant du patient, existe mais passe sur 5.000 certificats de décès de 16 % de demandes de mort à 1,8 % quand la douleur est prise en charge, soulagée. Souvent, les patients qui se présentent au départ en disant, en début de prise en charge, qu’ils veulent être euthanasiés, qu’ils font partie (ou non) de l’ADMD, n’en parlent plus jamais à mesure que la fin s’approche. Généralement, les patients essaient plutôt de gagner du temps, plutôt que d’avancer leur mort.

Question de l’obstination raisonnable : Est-ce qu’on doit maintenir en vie un patient par la force, comme une prouesse médicale et technique ? Il ne faut jamais perdre de vue le bénéfice pour le patient. Pas d’acharnement thérapeutique. Lorsque la question se pose, le médecin doit l’évoquer en collégialité (réunion de médecin avec un médecin tiers choisi). Il y a 40 à 60 % de burn-out chez les médecins qui travaillent en cancérologie hospitalière.

Le patient peut prendre des directives anticipées, pour dire ce qu’il souhaite. Et charger un ami, un proche, de transmettre son souhait à l’équipe médicale s’il n’est pas en mesure de s’exprimer (en cas de coma par exemple). Il peut dire s’il souhaite ou non être réanimé en ca d’arrête cardiaque, subir ou non une opération ou un traitement. Le patient reste libre d’accepter ou non les soins."

Posté le 6 novembre 2014 à 22h36 par Michel Janva | Lien permanent

"Assistance au suicide" dans les maisons de retraite

Cela se passe en Suisse : le Parlement du canton de Neuchâtel a adopté une loi qui permet aux pensionnaires des maisons de retraite et des institutions d’utilité publique, de recourir au suicide assisté.

Les personnes âgées, qui comprennent assez rapidement que l'on ne veut plus s'occuper d'elles, cèdent à la pression et demandent ainsi "en toute liberté" à être suicidées. C'est cela la nouvelle "dignité".

Posté le 6 novembre 2014 à 21h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

CEDH : le sort de Vincent Lambert examiné le 7 janvier

Le cas de Vincent Lambert, dont les parents demandent le maintien en vie, sera examiné le 7 janvier prochain par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) lors d'une audience publique.

L'affaire sera examinée directement devant l'instance suprême de la Cour, la Grande chambre, de sorte que la décision - qui sera rendue ultérieurement à une date non encore précisée - sera définitive.

Les parents avaient saisi la Cour de Strasbourg en urgence pour contester une décision du Conseil d'État, qui avait jugé légale, le 24 juin dernier, la décision d'arrêter les soins de leur fils, provoquant sa mort.

Posté le 6 novembre 2014 à 17h56 par Michel Janva | Lien permanent

Colloque sur l'euthanasie : vous êtes invités à défendre la vie

Le groupe pseudo-écolo de l'Assemblée nationale organise un colloque sur la fin de vie le 27 novembre.

Pour y porter un message pro-vie, il faut s'inscrire.

Posté le 6 novembre 2014 à 11h50 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2014

La franc-maçonnerie pilote la "fin de vie"

On savait déjà que les "réflexions" menées sur la "fin de vie" étaient largement empreintes des idées de la franc-maçonnerie. Cet article de Correspondance européenne s'étend sur les collusions évidentes entre le gouvernement et les fils de la veuve sur le sujet de l"humanisme", avec un focus sur le cas de Jean Léonetti :

"Le rendez-vous était fixé au mercredi 8 octobre à l’Assemblée Nationale, à Paris : c’est là que les députés Alain Clayes et Jean Leonetti ont reçu de façon officielle et même sur demande du premier ministre français Manuel Valls, ni plus ni moins que Daniel Keller, Grand Maître du Grand Orient de France, Dominique Mantion représentant de la Grande Loge de France, et Catherine Jea Nnin-Naltet, présidente de la Grande Loge Féminine de France. Trois sommités de la franc-maçonnerie française, en quelques mots. Pour parler de quel sujet ? D’”accompagnement des personnes en fin de vie”. Sujet stratégique de toute évidence, puisque, dans le jargon dominant, synonyme d’euthanasie.

Tout d’abord cela prouve encore une fois – s’il était encore besoin de le prouver – la considération notoire dont jouissent et l’extrême influence qu’exercent les “tabliers” sur les politiques du gouvernement, ce qu’on avait déjà très bien saisi après la nomination de l’un d’entre eux, Patrick Kanner, à la tête du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, et la participation de la ministre Taubira à la convention de la Grande Loge de France. Mais ce n’est pas tout.

L’un des deux délégués de Valls en particulier, Leonetti, cardiologue, possède un “pedigree” politique tout à fait particulier qu’il vaut la peine d’analyser: il est membre du Parti Radical français dont la stratégie politique a été depuis toujours – et fortement – influencée par la franc-maçonnerie. Ce n’est pas un hasard si à la base de leur programme on trouve depuis toujours l’humanisme, le laïcisme et le respect jacobin des droits de l’Homme.

En France, le Parti Radical a adhéré, en tant que personne morale, à l’UMP, ce qui lui a permis de conservé sa physionomie juridique distincte, un lien direct avec ses adhérents, l’accès au pouvoir, mais en conditionnant par là-même la ligne politique de l’UMP, dont ce n’est pas par hasard que Leonetti est vice-président depuis février de l’année passée. Leonetti s’est toujours occupé de thèmes bioéthiques et spécialement de la fin de vie : la loi promulguée à ce propos le 22 avril 2005 porte son nom, avec celui d’autres personnalités du gotha français, et également la déclaration des principes du mouvement “France moderne et humaniste”, de fait un courant interne à l’UMP.[...]

L’humanisme réclame l’euthanasie, la faisant entrer dans les “droits” individuels : chacun serait ainsi libre de décider pour son propre compte et de façon totalement indépendante, sans pressions ni de la famille ni de l’Eglise; en le laissant faire, dans le cas où ça se terminerait par le geste fatal, pour une question de… respect. Muets et inertes à regarder un proche qui nous est cher se suicider. Mais ce n’est pas l’unique aspect critique de l’humanisme : il réclame aussi une séparation nette entre Eglise et Etat, se dresse contre les crucifix aux murs des classes scolaires, contre la manifestation publique de sa foi, contre la tutelle du droit à la vie des enfants à naître, contre tout soutien économique aux écoles et hôpitaux, s’ils sont catholiques.

Voilà, Leonetti se forme et avance politiquement dans ce bouillon de culture. On n’est pas surpris davantage alors que, pour parler de fin de vie, il ait été organisé une rencontre avec les principales loges maçoniques françaises. Si ce n’est pas surprenant, ça n’en reste pas moins inquiétant et sombre… (Mauro Faverzani)"

Posté le 5 novembre 2014 à 09h05 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (11)

04 novembre 2014

« Nous ne recherchons pas la souffrance pour elle-même»

De Jeanne Smits, alors que le "débat" sentimental sur l'euthanasie fait rage suite au suicide médiatisé de Brittany Maynard, 29 ans, victime d’un cancer du cerveau incurable :

"Un séminariste catholique, Philip Johnson, avait plaidé pour la vie de Brittany Maynard dans une lettre bouleversante où il raconte comment il a lui-même connu les peurs et les souffrances d’un grave cancer du cerveau. Au moment du diagnostic, il préparait un bel avenir d’officier de marine. On lui donnait dix-huit mois. Rentré du Golfe en urgence, le voilà face aux rayons et à la chimiothérapie – et à une nouvelle question : répondre ou non à l’appel à la prêtrise qu’il entendait depuis l’âge de 19 ans. Six ans plus tard, il prépare le diaconat et attend son ordination l’an prochain : six années difficiles, marquées par les maux de têtes, les crises, les bouleversements continus.

« Comme Brittany, je n’ai pas envie de mourir, et je ne veux pas faire face à l’issue probable de cette maladie. Je crois que personne n’a envie de mourir ainsi. » Philip Johnson a été lui aussi averti ; il perdra le contrôle de ses fonctions corporelles, il passera de la paralysie à l’incontinence, il sait qu’il perdra très probablement ses facultés mentales et il éprouvera confusion et hallucinations avant de mourir.

« Cela me terrifie, mais je ne vaux pas moins comme personne pour autant. Ma vie a une signification pour moi, pour Dieu, pour la famille et mes amis ; et mis à part une guérison miraculeuse, elle continuera d’avoir une signification bien après que je serai paralysé, en soins palliatifs. Ma famille et mes amis m’aiment tel que je suis, et non pour les traits de ma personnalité qui vont peu à peu m’abandonner si cette tumeur progresse et prend ma vie. »

Le séminariste raconte ses doutes et même son désir de mort, mais aussi l’extraordinaire richesse que lui a apportée sa maladie qui l’a rendu capable de vraie compassion pour ceux qui souffrent, et de comprendre le sens de la souffrance – de la souffrance rédemptrice, « si oubliée de nos jours ». « Nous ne recherchons pas la souffrance pour elle-même, mais notre souffrance peut avoir une grande signification si nous essayons de l’associer à la Passion du Christ et que nous l’offrons pour la conversion ou les intentions d’autrui. »"

Posté le 4 novembre 2014 à 07h22 par Michel Janva | Lien permanent

03 novembre 2014

Euthanasie : « une mauvaise réponse à une question qui ne se pose pas »

Lu sur Gènéthique :

"Dans une tribune proposée dans le magasine Valeurs actuelles, Damien le Gay, membre du comité scientifique de la SFAP (Société française d’accompagnement et de soins palliatifs) constate que l’accablant rapport Sicard de 2012 sur la fin de vie n’a été suivi d’aucun effet : « Les français redoutent de mourir à l’hôpital, ils craignent l’indignité constatée et sont certains qu’ils n’auront alors plus leur mot à dire. Ils souhaitent plus de confort, plus d’écoute, plus de soins palliatifs. Et comme tout se fait attendre toujours et encore, ils disent vouloir l’euthanasie – de guerre lasse, sans enthousiasme, résignés qu’ils sont. Plutôt que d'entendre les doléances, on ne retient que la mauvaise solution. »"

Posté le 3 novembre 2014 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent

02 novembre 2014

Bide : l'ADMD n'a plus qu'à s'euthanasier

Malgré le battage médiatique complaisant, la mobilisation du lobby croque-morts aujourd'hui à Paris a fait un bide.

Ne faisons pas souffir inutilement les militants de l'ADMD. Qu'ils suppriment leur groupuscule.

Posté le 2 novembre 2014 à 17h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)


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