23 septembre 2016

Mercredi 28 septembre : Café Histoire de Toulon - "Guerres au Proche-Orient, russes et américains face à face ?"

Le Café Histoire de Toulon vous rappelle la prochaine causerie du mercredi 28 septembre 2016 devant les Amis du Pub Le Graal, au Pub associatif des Missionnaires de la Miséricorde -377 avenue de la République , Toulon. Cette septième causerie 2016, animée par Antoine de Lacoste, portera sur le thème : " Guerres au Proche-Orient, russes et américains face à face ? "

Au moment où les chrétiens d'Orient sont menacés de disparition par l'islamisme, cette nouvelle plaie du monde arabe, Antoine de Lacoste nous fera comprendre si Russes et Américains sont entrés dans une seconde guerre froide. Cette question ne peut laisser indifférents les catholiques français, héritiers de la traditionnelle politique capétienne de protection des populations chrétiennes du Levant.

De Lacoste

2) Vous pourrez compléter la causerie d'Antoine de Lacoste en participant à la conférence débat sur la Syrie organisée par SOS Chrétiens d'Orient , avec la journaliste-écrivain Annie Laurent et la responsable des missions Jordanie/Syrie Lucie Bouzard, le 30 septembre, à Gonfaron, à la salle polyvalente (renseignements téléphonique : 06 79 09 17).

3) Le texte de la causerie de Philippe Lallement du 29 juin 2016 sur : La mémoire disparue des catholiques du "Midi blanc " , vous sera communiqué par mail avec notre envoi du mois d'octobre 2016.

4) Nous vous rappelons également qu'il n'y aura pas de causerie le dernier mercredi du mois d'octobre 2016 en raison du pèlerinage du Jubilé de Miséricorde à Rome avec les Missionnaires de la Miséricorde, avec la présence de Mgr REY. Nous vous informons que vous pouvez encore vous inscrire en cliquant sur  Pèlerinage à Rome

5) La Café Histoire de Toulon a le plaisir de vous informer de la contribution d'Alain Vignal à l'ouvrage du CNRS : Histoire des pirates et des corsaires. De l'Antiquité à nos jours sous la direction de Gilbert Buti :( Professeur d’histoire à Aix-Marseille Université et chercheur à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme TELEMME - Aix-en-Provence) et de Philippe Hrodej : (Maître de conférences en histoire à l’université de Bretagne-Sud  et chercheur au CERHIO-Lorient).

Histoire-des-pirates-et-des-cordairesNous vous recommandons cet ouvrage que vous pouvez commander à La Librairie L'Enfant Jésus, 81 rue Orvès - 83000 Toulon (Tél. 04 94 03 06 46).

Posté le 23 septembre 2016 à 11h24 par Marie Bethanie | Lien permanent

13 septembre 2016

L'immigration : occasion unique de pouvoir détruire l’Europe, fondée sur la Chrétienté et la nationalité

Viktor-orbanExtrait des propos tenus par Viktor Orban, premier ministre de la Hongrie, à propos des flux d'immigrés clandestins arrivant en Europe :

"Si nous voulons vraiment apporter de l’aide, nous devons vraiment aider là où se situe l’origine du problème. Si l’Europe désire le meilleur pour elle-même et construire une armée unie, elle doit être maîtresse de la mer Méditerranée et – comme le faisaient les anciens empereurs Romains – couler les bateaux vides et non autorisés.

Il est tout simplement évident que si nous invitons les réfugiés à venir : ils viendront. La guerre politique basée sur le thème de la migration est une occasion qui satisfait les 2 parties. Pour eux c’est une occasion unique de pouvoir détruire l’Europe qui est fondée sur la Chrétienté et la nationalité afin de complètement modifier les fondations ethniques de l’Europe.

Ils savent parfaitement que les musulmans ne voteront jamais pour un parti qui a des racines chrétiennes et de fait en raison de l’énorme volume de musulmans en place, les partis conservateurs seront évincés du pouvoir. 

Mais cette guerre est aussi une excellente opportunité pour les partisans des États-nations ayant des racines chrétiennes. Notre grande occasion aujourd’hui est d’empêcher toute discussion sur la crise migratoire à travers ce système obligatoire."

Via FDesouche

ImagesHXYVMS1IEt c'est certainement pour cela que le Luxembourg veut exclure la Hongrie de l'Union européenne :

"Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a appelé à exclure au moins temporairement la Hongrie de Viktor Orban de l'Union européenne pour violation de ses valeurs démocratiques fondamentales, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne.

"Des gens tels qu'Orban ont conduit à ce que l'UE donne l'image d'une Union qui ose à l'extérieur défendre des valeurs qu'elle n'est plus capable de maintenir à l'intérieur" du bloc, a déploré M. Asselborn dans le quotidien Die Welt, à quelques jours d'un sommet des dirigeants européens à Brastilava sur l'avenir du projet européen.

"Ceux qui, comme la Hongrie, bâtissent des clôtures contre des réfugiés de guerre, qui violent la liberté de la presse ou l'indépendance de la justice, devraient être temporairement, voire même définitivement, exclus de l'UE", a-t-il ajouté.

Ce serait probablement une chance pour la Hongrie. Et même pas besoin d'organiser un référendum comme au Royaume-Uni...

Posté le 13 septembre 2016 à 09h37 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

12 septembre 2016

Cardinal Schönborn : "De nombreux musulmans veulent conquérir l'Europe"

Ce0cfc3fda1783b4359ecbfea1696b04__anhang_jpgLors de la messe du Saint Nom de Marie, dimanche à la cathédrale Saint-Étienne à Vienne, commémorant la libération de la ville en 1683, le cardinal autrichien Christoph Schönborn a averti :

«Dieu ait pitié de l'Europe et de ton peuple, qui est en danger de perdre notre héritage chrétien»

«Il y a une conquête islamique de l'Europe, de nombreux musulmans veulent cela et dire: l'Europe est à la fin".

Posté le 12 septembre 2016 à 21h36 par Michel Janva | Lien permanent

Des évêques se penchent sur les crises : famille, démographie, foi et identité

ImagesCrise de la famille liée à la crise démographique, crise de la foi et crise de l’identité culturelle sont les thèmes abordés par les représentants des Conférences épiscopales de l’Europe centrale et orientale réunis ces 8 et 9 septembre à Bratislava, en Slovaquie.

Vingt-sept ans après la chute des régimes communistes en Europe centrale et orientale, l’Europe doit faire face à de nouveaux défis, ont observé les évêques lors de cette rencontre.

Dans un communiqué, ils ont notamment rappelé l’importance

«d’un véritable partenariat entre les pays européens basé sur la dignité de tous les peuples et le respect réciproque».

Les évêques ont également souligné la nécessité de mener une nouvelle réflexion sur l’identité européenne,

«qui a toujours été liée à la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme».

Malheureusement, ont-ils déploré, un certain nombre de décisions prises par les structures européennes mettent la famille et la protection de la vie en danger. Actuellement, l’Europe a besoin, tout d’abord, de familles stables et d’une politique démographique prudente. Et, l’immigration n’est pas une solution à la crise démographique, indiquent-ils.

Posté le 12 septembre 2016 à 21h20 par Michel Janva | Lien permanent

09 septembre 2016

Aujourd’hui en Europe une contre-révolution culturelle est possible

D'Olivier Bault dans Présent :

K"[...] Organisé depuis 1990, le Forum de Krynica [en Pologne] réunit des dirigeants du monde politique et économique de la région et pas seulement. Cette année, ce sont plus de 3 000 participants de plus de 50 pays différents qui discutent ensemble de la situation politique, économique et sociale en Europe et dans le monde, avec six sessions plénières et 150 débats et conférences. Un des thèmes du 26e Forum économique de Krynica, c’est l’avenir de l’Union européenne après le Brexit.

Lors d’un débat organisé mardi, Jaroslaw Kaczynski et Viktor Orban n’ont pas caché que Pologne et Hongrie s’inspirent mutuellement des réformes entreprises par chacun des deux pays, et le Premier ministre hongrois a ironisé sur le fait que l’hostilité de la presse internationale à l’égard des deux pays est plutôt une preuve de reconnaissance des efforts engagés. Et si les deux pays militaient pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE, afin de préserver la liberté de mouvement des travailleurs mais aussi parce que Londres était jusqu’ici le meilleur rempart contre les excès de Bruxelles, Viktor Orban, soutenu en cela par Jaroslaw Kaczynski, a parlé des opportunités créées par la décision du peuple britannique.

« Je vais régulièrement à Bruxelles depuis onze ans », a expliqué Orban, « les élites européennes, les décideurs politiques, les personnes qui dirigent les médias s’imaginent que le développement de l’humanité passe par la liquidation de nos identités, qu’il n’est pas moderne d’être Polonais, Tchèque ou Hongrois, qu’il n’est pas moderne d’être chrétien. Une nouvelle identité est apparue à la place, celle d’Européen. On a voulu presser les choses. Et que nous dit le Brexit ? Les Britanniques ont dit “non”. Ils ont voulu rester Britanniques. […] L’identité européenne n’existe pas, il y a des Polonais et des Hongrois. […] La crise renforce notre argumentation. Tous ces phénomènes observés aujourd’hui en Europe montrent qu’une contre-révolution culturelle est possible. Nous, en Europe centrale, nous pouvons initier cette renaissance. »

Posté le 9 septembre 2016 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent

La Suisse a trouvé son crétin des Alpes

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

" 1539537205Un « artiste » d’Appenzell, Christian Meier, a installé un grand croissant lumineux (visible la nuit de très loin) au sommet de la Liberté (sic), 2.140 m.

Il explique qu’il est athée et qu’il ne supporte pas les croix sur les sommets, parce que la croix est un « symbole du système de pensée déraisonnable du christianisme ». Il s’agit donc d’inciter les gens à remettre en question leur façon de voir.

Et ils sont donc censés voir le croissant islamique comme un symbole de la liberté…

Mais Christian Meier n’a évidemment demandé l’autorisation de personne pour poser sa crotte islamique au sommet d’une montagne suisse. Ce qui n’est pas du goût des autorités alémaniques, comme on s’en doute. Le président du canton a souligné que l’Alpstein est un « paysage culturel » que l’on « doit traiter avec soin », et le soi-disant artiste a jusqu’au 14 septembre pour remballer sa provocation."

Posté le 9 septembre 2016 à 14h37 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

03 septembre 2016

Mettre sur le même plan la violence dans l’islam et le christianisme est odieux

FIC122676HAB33Extrait de l'éditorial de Christophe Geffroy dans le dernier numéro de La Nef :

"Mettre sur le même plan la violence dans l’islam et le christianisme est d’autant plus odieux que le drame européen est précisément le manque de fierté de ce que nous sommes, la perte de nos racines, et ce n’est pas en nous dénigrant nous-mêmes que nous pourrons nous redresser. Nous n’avons pas à avoir honte de notre passé et le christianisme en fait partie, son apport n’ayant pas été mince dans la plupart des valeurs qui nous sont les plus chères, à commencer par celles de la République : « liberté, égalité, fraternité ». Face à un islam, en France et en Europe, de plus en plus revendicatif et sans complexe qui cherche à imposer ses normes (voir l’affaire cet été des femmes en burkini), devant lequel nous cédons pas à pas par lâcheté et aveuglement, il nous faudrait retrouver la vertu de force, la vertu, nous dit saint Thomas d’Aquin, qui donne « la volonté de faire ce qui est raisonnable »."

Posté le 3 septembre 2016 à 17h22 par Michel Janva | Lien permanent

29 août 2016

Le parti de Geert Wilders veut désislamiser les Pays-Bas

Geert Wilders, le président du Parti de la Liberté, n'est visiblement pas un adepte du vivre-ensemble et encore moins du politiquement correct. Il ne considère pas l'islam comme une simple religion mais comme "un totalitarisme politique"  :

"Le parti néerlandais d'extrême droite PVV, en tête des sondages pour les législatives de mars 2017, veut "fermer toutes les mosquées" et "interdire le Coran", selon son programme électoral publié jeudi par son président, le député Geert Wilders.

"Toutes les mosquées et écoles musulmanes fermées, interdiction du Coran", indique, sans plus de détails, le document d'une page intitulé "Projet - Programme électoral PVV 2017-2021" publié sur le compte Twitter du député qui écrit: "les Pays-Bas à nouveau à nous".

Le parti pour la liberté (PVV) souhaite "désislamiser" le pays, annonce-t-il, notamment en fermant les frontières et centres de demandeurs d'asile ainsi qu'en interdisant l'arrivée de migrants originaires de pays musulmans, le port du foulard dans la fonction publique et le retour aux Pays-Bas de personnes parties en Syrie (...)

Les sondages prédisaient l'année dernière au PVV jusqu'à 38 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement (...)"

Posté le 29 août 2016 à 12h25 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

L'argument de la laïcité pour le burkini est un très mauvais argument

Extrait de l'interview de Patrice Rolland, professeur émérite de droit public à l’Université de Paris-Est Créteil :

Peut-on s’appuyer sur la laïcité pour interdire le burkini sur les plages ?

C’est un motif très mauvais parce que c’est l’Etat et le service public qui sont laïcs. Ce n’est pas l’espace public ni les habitants de France qui sont obligés d’être laïcs. L’espace public est un lieu de circulation, d’exercice de la liberté de se déplacer, de la liberté de montrer ses convictions. Une plage, une rue, n’est pas laïque en soi. Depuis 1901, alors que c’était interdit avant, l’Eglise catholique peut, par exemple, faire des processions. Il y a une dérive de considérer que l’espace public est soumis au principe de laïcité. Si c’était le cas, il faudrait alors déshabiller toutes les bonnes sœurs, tous les curés en col romain, les rabbins avec une kippa….

Le juge administratif n’a pas retenu l’atteinte au principe de laïcité mais plutôt le fait que  dans le contexte actuel, le burkini peut être interprété comme n’étant pas, "qu’un simple signe de religiosité". Qu’en pensez-vous ?

Ça me parait très circonstanciel parce que ça porte atteinte à une liberté fondamentale, la liberté de se vêtir. Est-ce que le risque d’attroupements et d’échauffourées est réel ? Le juge est sensible aux circonstances actuelles, mais pour un juriste, ce n’est pas un bon signe pour l’avenir des libertés. Pour moi, cette décision est un peu trop sensible aux circonstances actuelles. Quand vous avez une petite religieuse, qui vient évangéliser, en tenue de bonne sœur, sur une plage, personne ne dit rien. Ce n’est pas plus dans le contexte d’une plage, qu’une femme qui est habillée de la tête jusqu’aux pieds parce qu’elle veut se cacher. L’argument des circonstances est possible mais je trouve qu’il est maximisé.

En 2011, Carl Lang, président du Parti de la France, analysait parfaitement le piège dans lequel sont malheureusement tombés Florian Philippot et le FN :

8253438-12905468"Si nous acceptons la liberté de pratique des religions, on ne peut pas accepter le processus de colonisation islamique de la France et on ne peut pas accepter la construction de nouvelles mosquées dans notre pays (...) Cela n'est pas acceptable. La France et l'Europe ne sont pas terre d'Islam (...)

La laïcité, aujourd'hui, est le cheval de Troie de l'islamisation. En aucun cas, cela n'est une protection contre l'islamisation. Le discours du Parti Radical créé au début du XXème siècle était axé autour de cette idée de laïcité et de l'idéologie laïciste. Si cette laïcité est un instrument de déchristianisation de la France, bien sûr, ça a été une arme pour déchristianiser la France, cette laïcité n'est pas un bouclier contre l'islamisation puisque la laïcité affirme aujourd'hui le principe de neutralité de l'Etat, affirme le principe de pluralité des religions et affirme le principe d'égalité des religions. Les islamistes ont parfaitement compris qu'il fallait justement utiliser les notions de la laïcité et des valeurs de la république pour, au nom de la liberté, au nom de l'égalité,  au nom de la neutralité, pouvoir développer l'Islam tranquillement. Traiter de la même manière, en France, la religion chrétienne et l'Islam, c'est la laïcité. Renvoyer dos à dos l'Eglise et les mosquées, c'est la laïcité. Ce n'est pas conforme à la réalité historique, culturelle, sprirituelle de la France.

Se retrancher faussement derrière la laïcité, c'est finalement servir d'idiot utile aux islamistes qui s'appuient sur cette laïcité et les valeurs républicaines pour permettre justement l'islamisation progressive de la France et demain affirmer clairement les règles sociales, les règles civiles de l'Islam qui n'auront plus rien à voir avec les règles ni de la république ni de la France éternelle."

Posté le 29 août 2016 à 09h54 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

23 août 2016

Anarchie post-chrétienne ou nouvel ordre islamique ?

Sur Boulevard Voltaire, Maxime de La Devèze réagit à la proposition d'interdire le salafisme :

Unknown-4"Voilà la dernière lubie en vogue dans la classe politique cet été. Elle trahit encore, hélas, leur niveau d’incompétence et d’ignorance. Car l’État islamique n’est pas « salafiste ». Il est khawarij : cet islam originel, celui de l’épée, antérieur à la division entre chiites et sunnites. Dans le Sinaï, l’État islamique local capture et livre les salafistes au Hamas, qui les torture et les livre à son tour à Israël… Orient compliqué. Entrer dans ces raffinements, c’est déjà trop. Vouloir cibler tel ou tel style de voile, telle ou telle tendance mahométane, c’est déjà obéir à une injonction d’apprentissage de l’islam.

La vraie question qu’il faut poser, c’est celle de notre société occidentale. Au Caire, on peut se promener partout de jour comme de nuit : c’est la grande métropole la moins criminelle du monde. L’appel du muezzin est une injonction puissante : 1 homme sur 5 a la trace du tapis de prière sur le front. Chez certains, c’est de la corne. En 2013, il y a deux fois plus d’homicides au Luxembourg qu’en Égypte (source). Lorsque le pape tente de nous interpeller sur la question de la violence dans nos sociétés, c’est la bronca. Pourtant, il ne s’adresse pas qu’au dernier million de Français qui va encore à la messe, mais à un milliard de catholiques. Et il parle d’une réalité qu’il connaît bien : celle de la violence en Amérique du Sud. Dérangeant pour nos idées reçues, n’est-ce pas ?

Voici le message prosélyte ultime : dans la maison de l’islam, on vit en paix. À l’extérieur, c’est la maison du désordre et de la guerre entre « communautés ». La troublante réalité est que l’islam ne connaît que la violence politique, celle qui impose son modèle social et sa paix civile. Convertissez-vous, braves gens, vous aurez la paix.

Et nous, que proposons-nous ? Quel idéal ? Quelle paix civile ? Hier, sur une radio nationale, des féministes engagées défendaient le « burkini », une liberté pour les femmes, au même titre que le « topless ». Qu’importe, pour ces belles âmes, si dans la maison de l’islam, le voile est aussi celui des privations de tous les droits civiques et sociaux. Sur les plages, il semble que la cohabitation du voile intégral et des seins nus soit impossible. Quelle alternative sociale avons-nous à proposer ? Le chômage, l’insécurité, le mariage homosexuel et les familles décomposées ? Où sont nos fidélités ?

Anarchie post-chrétienne ou nouvel ordre islamique ? Le problème est devant nous, il ne vient pas d’une énième guerre civile interne en terre d’islam, ou de telle tendance musulmane aussi radicale que subtile. Il vient de nos faiblesses. Le temps presse. Ne nous trompons pas d’enjeu : celui d’une guerre insurrectionnelle, c’est le contrôle des foules. Pendant des décennies, nos élus ont laissé prospérer l’islamisation de pans entiers de notre territoire : ce n’était qu’un sursis, d’un mandat à l’autre, pour avoir le calme dans leurs fiefs électoraux. Celui de cette guerre, c’est la conversion des foules à l’islam, ou le regain d’une foi chrétienne authentique qui ne soit pas seulement une posture identitaire ou un salmigondis de laïcité républicaine et de spiritualité « new age »."

Egalement sur Boulevard Voltaire, Robin de La Roche écrit :

"[...] Il ne s’agit pas, ici, de dire « Vous avez rejeté le christianisme, vous aurez donc l’islam », comme on dirait à un enfant « Mange ta soupe, sinon… » Il s’agit simplement de rappeler que l’Homme est spirituel et qu’un vide créé par une absence se voit vite rempli d’une autre présence. Les républicains ont compris assez tôt que pour vaincre le catholicisme, il fallait le remplacer non par un vide mais par une autre religion : la république maçonne déifiée. On connaît bien l’explication longue qu’en donna jadis Vincent Peillon.

La foi chrétienne est un trésor. Ceux des Européens qui vomissent dessus sont victimes d’un manque de formation. Et la principale coupable en est l’Église elle-même. L’Église des années 1970-90, incapable d’enseigner, incapable de s’aimer elle-même, l’Église mollassonne qui n’avait d’autre perspective que les Hommes, oubliant le Ciel, cette Église-là a scié la culture sur laquelle elle était posée. [...]

J’y tiens : il y a en Europe, et singulièrement en France, un manque important de formation chrétienne. Croyez-vous que l’Europe que nous aimons et que nous sommes en train de perdre s’est construite sur une vague superstition ? N’avez-vous pas l’humilité de comprendre que le christianisme – qui est de raison comme il est de foi – est beaucoup plus que nos « racines », mais qu’il est nos artères, nos veines, et qu’on lui doit bien de se replonger dans ses livres, l’héritage de ses saints, sa culture ?

Français patriote, tu n’arriveras à rien par le paganisme, qui te poussera au suicide. Réfléchis, pose-toi un instant et regarde la foi de tes ancêtres. C’est par elle qu’ils ont construit ce monde que tu aimes. Et n’oublie pas, le Christ est VRAIMENT ressuscité. Ce n’est pas une allégorie."

Posté le 23 août 2016 à 08h45 par Michel Janva | Lien permanent

09 août 2016

Victor Orban sur l'UE : le discours d'un vrai dirigeant européen

Voici la version française du discours de Victor Orban, devant les participants de la 27ème Université d’été de Baile Tusnad (Transylvanie ), en Roumanie, le 23 juillet 2016 :

"Bonjour Mesdames et Messieurs, Monsieur le Pasteur Tőkés, cher Zsolt Németh,

Je vous remercie de pouvoir être de nouveau parmi vous après un an. Se retrouver est déjà en soi un plaisir précieux, qui fait chaud au cœur. Ce serait une raison suffisante à l’existence de cette université d’été, mais celle-ci remplit aussi, depuis plus de deux décennies, une autre fonction, celle de donner la parole au premier ministre de Hongrie en fonction. Il s’est ainsi créé une situation, un espace convivial, où il est possible de parler de politique autrement, de parler de questions difficiles et compliquées d’une autre manière que celle à laquelle nous sommes contraints par le métier de la politique pendant les 364 autres jours de l’année. Mais il en résulte aussi des problèmes. Car la politique européenne a depuis longtemps épuisé, sur les grands sujets qui la préoccupent, les styles de discours que vraisemblablement personne ne comprend en-dehors de ceux qui les tiennent, mais qui au moins ne leur procurent pas de contrariétés. Mais l'ambiance d’une université d’été est différente. Si ici nous n’appelons pas par leur nom, d’une manière que nous aussi pouvons comprendre, les dilemmes qui nous taraudent, et qui ne sont d’ailleurs pas seulement nos propres dilemmes, mais des dilemmes qui tarauderont – comme vous allez l’entendre – l’Europe tout entière, eh bien notre université d’été ne vaudra rien, elle ne sera pas une université d’été mais un camp de propagande. Je dois donc faire ce qui dans ce métier – dans mon métier – est interdit, ce que tous les conseillers déconseillent. Je vais donc vous dire clairement ce que je pense de la situation de l’Europe d’aujourd’hui. Et pour en rajouter : je n’essaierai pas seulement de vous présenter des questions sensibles, délicates, mais je voudrai aussi le faire d’une manière compréhensible par tous, c’est-à-dire que j’utiliserai un style direct qui est aujourd’hui banni en Europe : car dès que l’on choisit un certain mode d’expression pour décrire nos soucis et nos problèmes, il faut s’attendre à être stigmatisé, il faut s’attendre à être déclassé, rejeté, exilé, d’une manière générale, du mainstream européen. Naturellement, lorsque le mainstream en vient à connaître des problèmes, le fait d’en avoir été rejeté à un certain moment se mue plutôt en avantage. Nous ne l’aurions pas cru autrefois, mais force est de constater aujourd’hui, de plus en plus, que le fait d’avoir rejeté la Hongrie du mainstream, et d’avoir voulu interpréter tout ce que nous avons fait comme s’écartant de la politique convenue de l’Europe – qu’il s’agisse de notre constitution et de sa référence à nos valeurs chrétiennes, de notre politique démographique, de l’unification de notre nation par-delà les frontières – est devenu maintenant, a posteriori, quelques années plus tard, plutôt un avantage qu’un inconvénient. Personne ne peut exclure en ce moment que le mainstream de l’Europe ne se trouvera pas, dans les années à venir, là où l’on a précisément essayé de renvoyer la Hongrie. C’est ainsi que le mouton noir deviendra troupeau, et l’exception, règle. Nous ne savons pas si ce sera exactement le cas, mais ce que nous voyons aujourd’hui en Europe ne permet pas de l’exclure.

J’étais encore très perplexe hier, et même jusqu’au dernier moment, hier soir très tard, lorsque j’essayais de mettre en ordre ce que j’allais vous dire aujourd’hui. Je n’avais encore jamais été aussi perplexe qu’hier soir devant une telle situation. Il se passe tellement de choses qui méritent chacune des explications détaillées, et dont il serait légitime de parler : l’attentat de Munich d’hier, les attentats en France, la mise en route de plusieurs centaines de migrants avant-hier à pied depuis Belgrade en direction de la Hongrie, l’investiture par les conservateurs de Trump à la candidature à la présidence des Etats-Unis et son grand discours – qui mériterait à lui seul l’attention de toute une université d’été –, la sortie des Anglais de l’Union européenne... Tous ces événements exigent qu’on les explique d’une manière ou d’une autre. Mais ce n’est pas le rôle d’une université d’été de décrire des phénomènes, bien plutôt d’essayer – à l’aide bien évidemment des questions qui ne manqueront pas d’être posées – d’en identifier les ressorts, les interconnexions qui les caractérisent.

La vérité est qu’il n’y a pas à ce jour d’explication univoque, c’est à dire universellement acceptée par tous ceux qui s’occupent de politique européenne, à la multitude des phénomènes dont je viens de citer quelques exemples. Il n’y a pas d’explication universellement admise à cette multitude de phénomènes, que je pourrais synthétiser de la manière suivante : la peur grandit de jour en jour en Europe, l’impression se fait de jour en jour plus forte en Europe que notre avenir est incertain. Et je voudrais essayer, sans aucune prétention à une approche scientifique que l’on serait en droit d’attendre, d’identifier d’abord la cause commune, la source originelle dont procèdent ces phénomènes qui provoquent notre peur. En écoutant tout à l’heure M. le Pasteur Tőkés, je me suis rendu compte que je n’aurais pas dû rester perplexe hier soir, mais l’appeler, parce qu’il a prononcé la phrase dont je dois en vérité partir, comme point de départ. Il a cité le prophète Néhémie : « N’ayez pas peur, luttez ! » Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Contre qui faut-il lutter ? Si nous ne pouvons pas dire contre quoi il faut lutter, nous sommes incapables de définir les bonnes modalités de cette lutte, de distinguer ce qui est utile et ce qui est contre-productif, nous sommes incapables de sélectionner les moyens à mettre en œuvre. Si nous ne pouvons pas dire contre quoi nous luttons, nous ne pouvons pas identifier non plus les moyens les mieux appropriés, ni voir lesquels nous font plutôt du tort. C’est pourquoi il est important d’essayer – et c’est à mes yeux la tâche la plus importante qui attend l’Europe dans l’année qui vient – de définir ensemble, au niveau européen, ce contre quoi nous devons lutter.

Naturellement, ce qui vient en premier lieu à la surface, c’est le phénomène migratoire, le terrorisme, l’incertitude. Mais d’où provient tout cela ? Il y a des ressemblances, à ce niveau,  entre les deux parties du monde occidental, entre les problèmes de l’Amérique d’au-delà de l’Océan et ceux de notre continent européen. Lorsque dans les cinquante dernières années l’on disait à un jeune Allemand, à un jeune Français, à un jeune Britannique ou à un jeune Belge : « mon ami, si tu fais de bonnes études, si tu respectes nos lois, tes parents, et si tu travailles avec assiduité, tu peux être sûr que tu iras plus loin et que tu vivras mieux que tes parents ». C’était cette perspective qui a donné pour nous tout son attrait au grand rêve européen, à la grande histoire de l’Europe et à l’Union européenne. Parce que nous ne pouvions pas en dire autant entre 1945 et 1990 ici, en Hongrie. Mais aux Etats-Unis, et à l’ouest de nous, dans les pays de l’Union européenne, c’était un lieu commun aussi clair que deux et deux font quatre. Et que voyons-nous aujourd’hui ? Si je dis à un jeune Anglais, à un jeune Allemand ou à un jeune Français : « si tu respectes les lois, si tu honores tes parents, si tu fais de bonnes études et si tu travailles avec assiduité, tu arriveras certainement plus loin et tu vivras mieux que tes parents », je crains qu’il ne se moque de moi. C’est cette promesse d’une vie européenne meilleure qui s’est trouvée ébranlée, qui s’est perdue, avec de très lourdes conséquences. C’est au fond une crise économique. Si nous devions en chercher les causes – dans lesquelles je ne veux pas entrer ici –, nous les trouverions quelque part dans le fait que des concurrents se sont présentés aux côtés des économies occidentales qui dominaient jusqu’à présent l’économie mondiale, des masses humaines qui se chiffrent par milliards – l’Inde et la Chine –, avec pour conséquence une reconfiguration radicale des flux des biens produits dans le monde. Et l’Occident – en particulier l’Union européenne – a été jusqu’à présent incapable de s’adapter à ce changement. Par voie de conséquence, la part de l’Union européenne se restreint, sa performance s’affaiblit, sa contribution à la production mondiale diminue régulièrement. Il en résulte que les générations futures ne peuvent pas voir devant elles les mêmes perspectives que celles qui se présentaient devant leurs parents.

La conséquence de ce phénomène est que notre vie quotidienne est marquée par une crise inavouée des élites européennes. En Europe occidentale en effet, ce sont tantôt les chrétiens-démocrates, c’est-à-dire la droite, tantôt la gauche qui ont exercé le pouvoir au cours des cinquante à soixante dernières années, mais d’une manière générale les dirigeants de l’Europe provenaient tous, pendant cette période, des mêmes milieux, de la même élite, du même monde de pensée, des mêmes écoles, des mêmes institutions de formation des jeunes générations de politiciens. Tout le monde le trouvait normal, puisque c’étaient eux qui, en s’alternant, étaient capables de garantir à l’Europe un bien-être régulièrement croissant. Depuis que la crise économique a mis ce schéma en question, cette crise économique s’est muée en une crise des élites. Ce que nous voyons aujourd’hui dans les actualités, et ce que l’élite au pouvoir décrit naturellement en clef négative, c’est l’apparition de formations nouvelles, extrémistes, populistes, des acteurs extérieurs aux élites habituelles qui prennent position sur les grands sujets du moment, qu’il s’agisse du candidat à la présidence des Etats-Unis ou du parti Alternative pour l’Allemagne – je pourrais continuer la liste – et qui sont tous les preuves d’une crise des élites. Nous pourrions à la limite en prendre notre parti, parce que, mon Dieu, les élites européennes affronteront cette crise d’une manière ou d’une autre, mais le problème est qu’aujourd’hui la crise des élites s’est muée en une crise de la démocratie.

Par conséquent, la crise économique est devenue une crise des élites, qui à son tour est devenue une crise de la démocratie, parce que les grandes masses de la population veulent clairement et manifestement autre chose que ce que proposent et font les élites traditionnelles. C’est ce qui produit cette incertitude, cette nervosité, cette tension derrière lesquelles surgissent, comme l’éclair, un attentat terroriste, une action violente, un flux migratoire apparemment incontrôlable. C’est pour cette raison que l’image est si nette, c’est pour cette raison que chaque acte terroriste nous secoue à ce point. La question n’est pas qu’un malade mental commette quelque chose un jour en France, un autre en Allemagne (cela a déjà été le cas bien des fois dans le passé), mais que nous ressentions quelque part – que cela soit fondé ou pas – que ce qui arrive est la conséquence pratiquement logique de l’incertitude et de l’inquiétude générale. C’est cela qui nous déstabilise, parce que cela nous suggère que ce qui se passe à Nice ou à Munich peut se passer n’importe quand dans n’importe quel pays d’Europe.

Car l’incertitude et la peur, qui caractérisent aujourd’hui la psychologie de base du continent européen, tuent les âmes. Quand on a peur, on n’aspire pas à de grandes choses. Quand on a peur, on se met sur la défensive. Les grandes choses ont besoin de grandeur d’âme et de cœur, pour pouvoir connaître et intégrer tout le savoir, toutes les idées qui s’imposent. Si cette sérénité est présente, l’on peut faire de grandes choses, comme par exemple, chez nous, l’unification de la nation hongroise, ou encore la reconstitution de l’économie hongroise au travers de la volonté de rattraper sur une courte période historique le retard accumulé sur près d’un demi-siècle. Il faut pour cela de l’ouverture d’esprit, une propension à la réception des idées, de la collaboration et de la confiance. En revanche, la peur incite tout le monde – les pays, les gens, les familles, les acteurs économiques – à la posture de défense du hérisson. Ce n’est pas cela qui fera l’Europe, une telle posture n’est pas propice à ce que l’Europe retrouve son rôle d’antan. L’attentat de Munich – devant les victimes duquel je souhaite ici m’incliner, à titre personnel aussi – nous secoue tout particulièrement, parce que dans l’esprit public hongrois il y avait toujours en filigrane une pensée : dans ma tête, ce n’était pas seulement un sentiment, mais une conviction, qu’il est quand même bien utile que les Allemands – qui ont certes souvent présenté de graves dangers pour les Hongrois au cours des mille ans de notre histoire – soient là, à l’ouest de nous, parce qu’ils sont un peuple sensé, ils ne donnent pas prise aux extrémismes, ni aux extrémismes spirituels, ni aux conceptions économiques déraisonnables, ni aux actes terroristes qui mettent à mal notre sécurité. C’est toujours sous cet angle que nous avons considéré l’Allemagne au cours des cinquante dernières années, comme le garant de notre sécurité depuis l’ouest, et c’est pour cette raison que la signification des événements de la nuit dernière à Munich n’est pas la même dans la tête d’un Hongrois que ce qui s’est produit, par exemple, à Nice. Ce n’est pas seulement parce que cela s’est passé plus près de nous, mais parce que cela s’est produit chez les Allemands, dont nous conservions une image tout à fait différente dans nos esprits. Cela montre que nous aussi, nous devons nous préoccuper toujours davantage et avec une énergie renforcée, de la question de la sécurité, car l’on voit bien que l’Allemagne elle-même n’est plus sûre à 100%.

Si donc à l’injonction « n’ayez pas peur ! » notre réponse est que nous devons bannir de notre vie la peur liée à l’incertitude, alors le devoir de la politique est de déterminer ce qu’elle doit faire pour qu’il en soit ainsi.

Et donc, puisque nous sommes membres de l’Union européenne, je voudrais parler aujourd’hui de ce que l’Union européenne devrait faire autrement pour que la peur et l’incertitude disparaissent de la vie de ses concitoyens. Il faut d’abord faire cesser un certain nombre de situations néfastes. En Occident, l’on présente en clef positive, sous le nom de « dé-nationalisation », une de ces situations que je juge néfaste. Le rétrécissement de la souveraineté nationale au profit des compétences européennes est pour moi un des plus grands dangers qui menacent l’Europe. Il y a des situations contre lesquelles Bruxelles est incapable de se défendre, mais nous autres, les Etats-nations, oui. C’est pourquoi toute orientation, toute action politique et toute initiative visant à retirer, expressément ou furtivement, des compétences aux Etats-nations doit être stoppée. Cette politique doit être arrêtée.

Notre seconde tâche consiste à arrêter les jugements d’autosatisfaction. Si vous écoutez les responsables européens, ils parlent aujourd’hui encore de l’Union européenne comme il y a dix ou quinze ans. Et effectivement, Mesdames et Messieurs, il y a dix ou quinze ans, y compris peut-être jusqu’à la sortie des Anglais, l’on ne doutait guère que l’Union européenne était un acteur global, un protagoniste de la politique mondiale capable d’influencer les événements non seulement sur son propre territoire, mais aussi sur n’importe quelle autre région du monde, aussi éloignée soit-elle. Un acteur global. Or, la sortie des Anglais marque clairement la fin d’une époque, et nous devons reconnaître que l’Europe a perdu cette capacité. L’Union européenne est aujourd’hui un acteur régional, capable, dans le meilleur des cas, d’influencer les événements qui se déroulent dans son environnement immédiat, mais force est de constater que ce n’est progressivement même plus le cas : dans le conflit russo-ukrainien, par exemple, l’acteur déterminant n’est pas l’Union européenne, mais les Etats-Unis d’Amérique. Force est de constater que dans les zones d’incertitude que sont la Syrie, le Proche-Orient ou l’Irak, l’acteur déterminant n’est pas l’Union européenne, mais bien plus les Etats-Unis d’Amérique et la Russie. Nous devons donc reconnaître que si nous avons aujourd’hui une capacité d’influence sur les événements du monde qui se déroulent en-dehors de notre territoire, celle-ci se limite aux régions de notre environnement immédiat.

La troisième chose que nous devons abandonner, c’est ce que j’appellerais « l’idéalisation de l’Europe ». Comme la devise de notre université d’été l’affirme clairement, nous n’avons, nous autres, aucun problème d’identité. Moins même que les Britanniques, qui ne savent pas eux-mêmes de manière précise s’ils sont Européens ou non. Pour un Hongrois, la question ne se pose pas : si tu es Hongrois, tu es Européen. Nous l’étions – c’est ce que dit la devise de notre université d’été –, nous le sommes, et nous le serons. Il n’y a aucun problème avec cela, si ce n’est qu’il est né de ce sentiment – plutôt à l’ouest de nous – une politique qui fait en permanence de l’Europe une idéologie. Dans cette acception, l’Europe n’est pas la communauté capable de régler les problèmes des nations qui vivent en son sein, mais une idée, une idéologie, un système mental clos dans lequel tout processus tendant à concentrer en lui le plus possible de compétences est bon et doit être encouragé, où en revanche toute situation où les Etats-membres résolvent leurs propres problèmes dans le cadre de leur propre domaine de compétence est au minimum suspect, et où ceux qui souhaitent récupérer des compétences, comme les Britanniques s’y sont essayés, s’exposent à la damnation. Ce qui veut dire que faire de l’Europe une idéologie conduit nécessairement à donner à toutes les questions une seule et unique réponse, la « réponse européenne commune ». La réalité est cependant autre : s’il existe évidemment des questions auxquelles la bonne réponse résulte d’une approche commune, il en existe aussi d’autres où l’approche commune produit une mauvaise réponse. La protection des frontières et la question migratoire en sont des exemples patents. Tant que nous avons essayé de les résoudre « en commun » (je parle du printemps 2015), le problème n’a fait que s’amplifier. Depuis que nous avons déclaré qu’en application des conventions qui s’imposent à chacun, tous ceux qui ont signé ce fameux Accord de Schengen doivent assurer individuellement le contrôle de leur frontière, et que nous autres Hongrois l’avons fait, le problème a diminué et a perdu de son intensité. C’est pour cela que nous ne devons pas dire qu’une politique dans laquelle les acteurs et les compétences européennes sont plus nombreux est par définition meilleure et plus riche que celle où elles le sont moins. Si nous ne renonçons pas à cette approche, c’est-à-dire si nous ne quittons pas l’approche idéologique pour revenir à une approche pratique, je suis convaincu que nous ne parviendrons pas à mettre fin à l’incertitude.

Une autre chose dont nous avons besoin pour restaurer la sécurité en Europe, c’est de reconnaître que nous avons pris de mauvaises décisions. Nous avons pris au moins trois mauvaises décisions au sein de l’Union européenne au cours des dernières années.

La première est d’avoir accru les pouvoirs du Parlement européen. Bien loin d’améliorer l’efficacité des institutions européennes, cette décision l’a détériorée.

La seconde mauvaise décision est d’avoir laissé la Commission européenne s’affirmer comme un acteur politique, contrairement au rôle que lui définit le Traité européen, à savoir qu’elle est la gardienne des Traités, ce qui implique une nature nécessairement neutre du point de vue politique. La Commission européenne se considère une commission politique, subtilisant ainsi ce rôle au Conseil européen, c’est-à-dire au conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, auquel le Traité assigne pourtant ce rôle. L’impulsion des orientations politiques est, aux termes des documents de base des institutions européennes, l’affaire et le devoir du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Or, nous constatons aujourd’hui que dans les questions où les chefs d’Etat et de gouvernement ne parviennent pas à se mettre d’accord, comme par exemple dans la question des quotas obligatoires, la Commission européenne met en route sous sa seule responsabilité une réglementation et une politique de quotas obligatoire. Ce faisant, elle ne se borne pas à passer par-dessus la tête des chefs d’Etat et de gouvernement, s’appropriant furtivement une partie des compétences nationales, mais – bien plus grave – un organisme européen que personne n’a élu se propulse dans un rôle politique et provoque par là une crise de démocratie et de légitimation dans le corps de l’Union européenne.

Et la troisième mauvaise décision a été d’avoir décidé, dans l’intention d’améliorer l’efficacité du fonctionnement de l’Union européenne, d’introduire, y compris dans le domaine des intérêts nationaux vitaux des pays, la règle de la majorité qualifiée des deux tiers au lieu de l’unanimité. C’est ainsi qu’a pu se produire une situation où, alors que nombre de pays avaient pris position contre le système des quotas obligatoires, la Commission, menant son propre chemin à l’intérieur des institutions européennes et avec le soutien des grands Etats, a fait adopter à la majorité qualifiée des deux tiers, au lieu de l’unanimité, des mesures que nous devrions aujourd’hui appliquer. Bien sûr, nous n’en ferons rien, et avons introduit un recours contre cette décision. La Commission se prépare à adopter, dans le futur également, des mesures qui se heurtent à l’opposition d’au moins un tiers des nations européennes : pour ne pas parler que de migration, je veux citer la question des travailleurs détachés, qui est une question économique et où les Parlements de douze pays d’Europe ont fait connaître leur opposition à la proposition de la Commission. C’est ce qu’on appelle la procédure du « carton jaune ». Douze Parlements nationaux. La Commission a déclaré que cela ne l’intéressait pas, puisqu’elle dispose d’une majorité des deux tiers et que là ce n’est pas par pays, mais sur une base pondérée par les populations que l’on compte. Elle a déclaré que disposant de la majorité pondérée des deux tiers, elle n’examine pas, ne prend pas en considération et ne tiendra pas compte du « carton jaune » délivré par douze Parlements nationaux. Tout cela montre qu’en voulant améliorer le fonctionnement de l’Union européenne, nous avons pris des décisions qui se sont avérées contre-productives et qui, dans cette situation nouvelle, sont bien plutôt de nature à saper l’unité de l’Europe et son soutien par sa population.

En matière d’incertitude, je dois maintenant dire quelques mots du terrorisme et du phénomène migratoire. La chose la plus lamentable et la plus attristante en politique est de débattre de l’évidence, et des faits eux-mêmes, au lieu de s’attacher à en comprendre conséquences et les enseignements : l’on cherche à savoir si le blanc est bien blanc, si le noir est bien noir, si deux et deux font bien quatre plutôt que trois ou cinq. C’est ce genre de débat qui pèse sur l’Union européenne, et il est bien difficile d’y mettre de l’ordre. Nous avons pour ce qui nous concerne décidé de faire faire par notre organisme Századvég un sondage d’opinion en Europe pour savoir ce que pensent les gens, notamment sur le point de savoir s’il existe une relation entre le terrorisme et la migration.

Ce sondage d’opinion a porté sur tous les 28 Etats-membres, il avait donc une portée européenne, et pas uniquement hongroise. Les résultats sont on ne peut plus clairs, je les ai ici devant moi. Pour plus de 60% des interrogés, il est tout à fait évident qu’il existe une relation directe entre l’accroissement du terrorisme, l’accroissement de la criminalité et le phénomène migratoire. De même : 63% des citoyens de l’ensemble des 28 Etats-membres estiment que le phénomène migratoire modifie la culture des pays. Alors que les élites européennes prétendent que non, et que de telles relations n’existent pas. C’est pourquoi je suis convaincu que pour restaurer la sécurité sur le continent européen, l’élite européenne d’aujourd’hui devrait admettre quelques considérations de base, même si elles ne coïncident pas avec sa vision idéologique du monde. Le phénomène migratoire représente un danger, il accroît le terrorisme, il accroît la criminalité, il modifie de manière radicale le profil culturel de l’Europe, il détruit de manière radicale la culture nationale. Si nous ne faisons pas nôtre ce point de vue, s’il ne devient pas un point de vue européen, nous ne pourrons tout simplement pas intervenir face à ce danger. Si vous examinez les documents publiés par l’Union européenne sur cette question, vous verrez que l’Union, tout en proposant des mesures en matière de migration, ne définit pas leur but. Je suis jusqu’à ce jour incapable de vous dire – et pourtant je siège là-bas, parmi eux, au moins une fois par mois – quel est actuellement l’objectif des mesures préconisées par l’Union européenne en matière de migration. Est-ce – ce que je pense et ce que je souhaiterais – que nous devons l’arrêter et ne laisser entrer personne sans contrôle, ou bien – comme le dit la Commission – qu’il ne faut que la ralentir ? Je ne sais pas si nous voulons arrêter le flux migratoire, ou si nous voulons le ralentir. Pour ma part, je veux l’arrêter, parce que je pense qu’il est néfaste. S’ils ne veulent que le ralentir, c’est qu’ils ne le considèrent pas comme néfaste, et que ce n’est que sa forme qu’ils considèrent mauvaise. Les documents de l’Union européenne font régulièrement apparaître que les problèmes démographiques de l’Europe peuvent être aisément résolus grâce à la migration. La Commission vient de nous présenter en mai un projet d’intervention en sept parties, qui mélange allègrement les aspects démographiques, les aspects migratoires et la problématique de la main d’œuvre. Si nous ne commençons pas, ici encore, à nous placer sur des bases claires et transparentes, nous n’arriverons sans doute pas non plus à nous mettre d’accord.

Je ne suis pas chargé de la campagne de Donald Trump, et je n’aurais jamais cru que j’aurais un jour à considérer que sur les possibilités de choix qui sont apparues c’est lui qui serait le meilleur du point de vue de la Hongrie. Je ne l’aurais jamais cru, mais j’ai écouté le discours de ce candidat, qui a fait trois propositions pour freiner le terrorisme. En tant qu’Européen, j’aurais difficilement pu mieux formuler ce dont l’Europe aurait besoin. Il a dit qu’il faut faire des services de renseignement américains les meilleurs du monde, c’est la condition de base. Je le pense aussi. En Europe, la collaboration entre les services de renseignement de chaque pays doit être capable de la meilleure performance, c’est la première condition de notre sécurité. La seconde chose que le brave candidat américain a déclarée est qu’il faut arrêter la politique d’exportation de la démocratie. Je n’aurais pas pu mieux m’exprimer. Car en fin de compte, pourquoi des migrants traversent-ils en masse la mer Méditerranée depuis l’Afrique pour venir en Europe ? Ils la traversent parce que les Européens – avec plus tard les Occidentaux, dans le cadre de l’ONU – ont réussi – nous avons réussi – à réduire en miettes le régime libyen – certes pas vraiment démocratique, mais excessivement stable du point de la défense de sa frontière – sans nous préoccuper d’y mettre en place un nouveau gouvernement capable d’assurer cette stabilité. Nous avons fait de même avec la Syrie, et avec l’Irak. Il est donc avéré que si au lieu de la stabilité nous continuons à privilégier l’édification de la démocratie dans des régions où ses probabilités de succès sont excessivement discutables, ce n’est pas la démocratie que nous y édifierons, mais l’instabilité.

C’est là un enseignement important, notamment à la lumière des événements de Turquie. Je ne souhaite évidemment pas porter de jugement sur ceux-ci, mais si l’on me demande ce qu’attendent les Hongrois de la Turquie, je répondrai sans hésitation : la stabilité. Bien entendu, la qualité de la vie politique dans le pays ne nous est pas indifférente. Les droits de l’homme ne nous sont pas non plus indifférents, notamment parce qu’il s’agit d’un pays qui, formellement du moins, souhaite toujours adhérer à l’Union européenne, où ce sont là des conditions de base incontournables. Mais d’une manière générale, du point de vue de notre existence d’aujourd’hui, le plus important est que la Turquie reste un pays stable, parce que si elle devait cesser de l’être, plusieurs dizaines de millions d’individus se déverseraient depuis cette région sur l’Union européenne sans le moindre tri, contrôle ou obstacle. De la même manière, nous pouvons faire la moue – comme plusieurs le font en Occident – parce qu’après que nous avons permis, avec l’aide des Européens, et je dirais même plus : à notre initiative, que la démocratie « éclose » en Egypte, le peuple a démocratiquement décidé de se choisir un gouvernement islamiste fondamentaliste, dont nous nous sommes ensuite naturellement épouvantés. Nous avons dû nous réjouir que les militaires aient été disposés à reprendre le pouvoir politique,  dans des conditions dont le caractère démocratique et exempt de dérapages n’était pas particulièrement évident. Et maintenant, au lieu de soutenir ces forces militaires qui ont enfin pris le pouvoir, et de les aider à stabiliser la région, nous ne cessons de les réprimander. Et la Libye : au lieu d’armer les groupes locaux qui soutiennent le gouvernement et de déclarer qu’ils constitueront la future armée libyenne, nous préférons formuler des critiques sur la démocratie à l’encontre des responsables politiques d’un pays animé du seul désir de se sortir de la guerre civile. Si nous continuons comme cela, nous n’arriverons qu’à déstabiliser encore davantage une zone qui devrait au contraire assurer notre protection, qui devrait bâtir notre propre protection, et où la priorité est de renforcer la stabilité. A défaut, le flot incessant des migrants continuera à déferler sur nous.

J’ai quelques chiffres qui vous permettront de mesurer l’ordre de grandeur de ce qui nous attend sur les vingt prochaines années. Je sais que les chiffres sont ennuyeux, mais je dois en citer quelques-uns parce que notre expérience de tous les jours ne nous permet pas de voir dans toute leur crudité les processus qui détermineront notre vie dans vingt ou trente ans. Il est clair que ce n’est pas parce que l’avenir de leurs enfants ou de leurs petits-enfants ne les intéresse pas que les Hongrois sont indifférents aux problèmes démographiques – car ils sont effectivement indifférents à cette problématique –, mais parce que le déclin démographique ne les touche pas demain matin dans leur vie et leurs soucis de tous les jours. Ce sont des phénomènes qui se manifestent dans une autre dimension temporelle que celle où se déroule leur vie. C’est pourquoi, si nous ne rappelons pas constamment – au prix des moqueries de nos critiques –, si nous ne rappelons pas constamment à quelles réalités nous aurons à faire face dans vingt ou trente ans, nous ne pourrons mettre en œuvre ni politique familiale, ni politique économique, ni politique de sécurité. C’est pourquoi j’ai ici quelques chiffres qui montrent quelles évolutions démographiques sont prévues dans la région dont nous parlons sur les vingt à trente prochaines années : nous devons nous préparer à ce que la population de l’Egypte passe de 90 à 138 millions d’habitants à l’horizon 2050, à ce que celle de la Syrie, en dépit de la forte émigration, s’accroisse de même à un rythme et dans une proportion importante, ainsi que la population de la Libye, pourtant plongé dans une guerre civile. La population du Nigéria passera de 186 à 390 millions en 2050, celle de l’Ouganda de 38 à 93 millions, celle de l’Ethiopie de 102 à 228 millions. M. le ministre János Martonyi avait l’habitude de nous mettre en garde – et il a bien raison – qu’il faut traiter ces projections sur l’avenir avec prudence, parce qu’il se produit toujours des événements ultérieurs susceptibles de les détourner. Mais tout de même, puisqu’il est impossible de prendre en compte des processus ou des événements futurs susceptibles de détourner nos prévisions actuelles, nous devons bien nous baser sur ces chiffres et nous préparer à ce qu’ils nous annoncent, c’est une position de bon sens.

Tout cela montre que la véritable grande pression nous viendra de l’Afrique. Aujourd’hui, nous parlons encore de la Syrie et de la Libye, mais en vérité c’est à la pression migratoire venue de derrière la Libye que nous devons nous préparer, et l’ordre de grandeur de cette pression sera infiniment plus grand que ce à quoi nous avons eu affaire jusqu’à présent. Cela nous incite à affûter notre volonté. La protection de la frontière, surtout lorsqu’il faut ériger une clôture, et y appréhender des hommes et des femmes, n’est pas quelque chose d’esthétiquement beau. Mais croyez-moi, l’on ne peut pas protéger une frontière, ni se protéger soi-même, avec des fleurs ou des animaux en peluche. Il faut regarder la situation en face. Et il est en même temps très important, à la fois pour nous personnellement et pour l’image que le monde se fait de nous, d’affirmer solennellement que nous ne sommes pas dépourvus de cœur, et que nous faisons une différence claire entre le migrant et la migration. Le migrant est, dans sa personne, la plupart du temps une victime – réserve faite bien entendu des terroristes – qui a été rendu victime par des conditions de vie malheureuses, par ses conditions d’existence difficiles dans son propre pays, par les mauvais gouvernements, par notre mauvaise politique migratoire qui les a incités à prendre la route, et aussi par les trafiquants d’êtres humains. Nous le comprenons et le savons parfaitement. La migration, en revanche, comme je l’ai dit, nous tue. La migration se manifeste par-dessus la tête des migrants, et c’est pourquoi, quels que soient nos sentiments de compassion à l’égard des migrants et de leur nature de victimes, nous avons le devoir de les arrêter à notre clôture, et d’affirmer clairement que ceux qui pénètrent de manière illégale doivent être emprisonnés dans le respect des lois en vigueur ou expulsés de Hongrie. La défense n’a hélas pas, Mesdames et Messieurs, chers amis, de forme plus amicale. Naturellement, nous devons faire tout cela avec humanité, dans le respect du droit et de manière transparente, mais avec toute notre détermination.

Après tout cela et pour résumer, je ne peux que répéter que l’Europe a perdu son rôle global et qu’elle est devenue un acteur régional. Elle s’avère incapable de protéger ses propres citoyens, incapable de protéger ses propres frontières extérieures, incapable de maintenir la cohésion de sa communauté puisque le Royaume-Uni vient de la quitter. Que faut-il de plus pour conclure que la direction politique de l’Europe a échoué ? Elle n’a pu atteindre aucun de ses objectifs, et c’est pourquoi, lorsque nous nous réunirons en septembre à Bratislava, ce n’est pas de discours lénifiants que nous aurons besoin, nous devrons nous garder de balayer les problèmes sous le tapis et de chercher à changer la nature du monde. Nous devrons déclarer clairement que nous sommes là pour débattre de l’avenir de l’Europe, parce que la direction actuelle de l’Europe a échoué. Nous devrons déclarer sans ambages que notre problème ne se trouve pas à La Mecque, mais à Bruxelles. Ce sont les bureaucrates de Bruxelles qui représentent pour nous les obstacles, pas l’islam. L’islam, nous pourrions le gérer si on nous laissait le gérer de la manière que nous estimons appropriée.

J’évoque tout cela devant vous parce que les dirigeants de l’Europe se réuniront en septembre à Bratislava pour débattre de l’avenir de notre continent. Les responsables s’y présenteront dans deux états d’esprit différents. L’élite actuelle va se refermer sur ses certitudes et affirmer que ce sont les Anglais qui sont responsables de leur sortie, que les dirigeants européens sont innocents en matière de terrorisme, qu’aucun homme doté d’un cœur ne peut s’opposer à la pression migratoire venue du sud, et ainsi de suite. Elle s’efforcera de démontrer que toutes les erreurs commises jusqu’à présent, même si elles sont des erreurs, ne sont pas des erreurs systémiques. Face à cela, la réalité est en revanche – et c’est ce que les pays d’Europe centrale devront défendre – que l’Europe a besoin de changements profonds. La question est de savoir si nous avons le droit d’en parler. Que se passe-t-il avec la « vieille » et avec la « nouvelle » Europe ? Car autrefois, lorsque l’on disait qu’il y a une « vieille Europe », et une « nouvelle Europe », nous nous vexions. C’est le président Chirac qui aimait en parler. Nous répondions que nous sommes une nation chrétienne millénaire, qu’il faut arrêter de plaisanter et de nous ranger, nous autres Hongrois, dans je ne sais quelle « nouvelle » Europe. S’il y a une « vieille » Europe, elle est ici, sans oublier que si nous nous demandons où situer la capitale de l’Europe, Budapest nous vient à l’esprit plus fréquemment que Bruxelles. En d’autres termes, lorsque l’on désignait autrefois par « vieille Europe » les anciens Etats-membres de l’Union européenne, et nous par le terme de « nouvelle Europe », nous nous vexions. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il faille poursuivre la réflexion sur cette différence en termes de philosophie de l’Histoire. Car aujourd’hui, l’expression « vieille Europe » désigne une Europe incapable de changer. La « vieille Europe », ce sont les Etats fondateurs de l’Union européenne, ce sont ceux qui ont créé la zone euro, et qui sont aujourd’hui de manière bien visible en stagnation. Et puis il y a une autre Europe, celle qui a accédé plus tard à l’Union européenne, que l’on appelle « nouvelle Europe », et qui est en revanche pleine de vie et d’énergie, ouverte au changement, à la recherche des réponses aux nouveaux défis et dotée d’une perspective pour notre partie du globe. C’est pourquoi je pense que la différence entre les deux est peut-être aujourd’hui beaucoup moins « vexante » pour nous qu’auparavant. La vérité est que si nous examinons comment la crise économique est devenue crise des élites, et comment la crise des élites est devenue crise de la démocratie, et que nous cherchons à déterminer quel a été l’impact géographique de cette constatation, nous verrons qu’elle se vérifie beaucoup moins, voire pas du tout, en Europe centrale. Il n’y a pas de crise économique en Pologne, ni en Tchéquie, ni en Slovaquie, ni en Hongrie – je ne voudrais pas me prononcer sur la Roumanie –, et dans ces pays les jeunes pensent que le vieux rêve européen est encore d’actualité : s’ils respectent les lois, s’ils honorent leurs parents, s’ils écoutent leurs conseils sur l’avenir, et s’ils travaillent avec assiduité, alors un jeune Polonais, un jeune Tchèque, un jeune Slovaque et un jeune Hongrois vivront certainement mieux, et iront plus loin que leurs parents. C’est cela, le rêve européen, et ce rêve est encore valable en Europe centrale, dans la « nouvelle Europe ». C’est pour cette raison que le cercle vicieux « crise économique-crise des élites-crise de la démocratie » ne s’est pas formé en Europe centrale. Si nous considérons le prochain référendum hongrois du 2 octobre prochain au travers de ce prisme, nous pouvons affirmer que le seul pays d’Europe où les citoyens peuvent exprimer leur opinion sur le phénomène migratoire est aujourd’hui la Hongrie. Le seul endroit d’Europe où l’on écoute aujourd’hui la population se trouve en Europe centrale.

Pour résumer, Mesdames et Messieurs, vous voyez que je suis bel et bien  tombé dans le piège que j’évoquais au début, à savoir que tant de choses se sont passées – je n’ai même pas parlé du Brexit, ni des conséquences possibles des élections présidentielles américaines, ni des relations entre l’Ukraine et la Russie, et je n’ai fait qu’effleurer la question migratoire, tout comme je n’ai pu qu’effleurer les projets futurs de la politique économique et sociale hongroise – que j’ai déjà pratiquement doublé le temps de parole que m’avaient imparti les organisateurs. C’est comme cela. Nous ne vivons pas en ce moment le temps des grandes synthèses, mais celui d’une politique marquée par les incessantes corrections exigées par les événements qui se succèdent sans discontinuer sous nos yeux. C’est pour cela que mon intervention a été, de ce point de vue, un peu hachée et un peu décousue, mais c’est ainsi qu’il a été possible de réfléchir le mieux à ce sentiment diffus qui marque aujourd’hui nos vies et que nous ressentons dans notre existence d’Européens.

Je voudrais vous remercier pour l’attention et la patience avec lesquelles vous avez suivi mon propos. En conclusion, je ne peux que vous dire ceci : croyez bien que tout ce que nous avons mis en route en Hongrie en 2010 – notre constitution basée sur la reconnaissance de nos racines chrétiennes, notre politique de réunification de la nation, y compris la formulation prudente de la recommandation de Lajos Kósa – qui avait dit en 2010 qu’il fallait tout jeter au panier et nous concentrer sur la seule politique familiale et démographique, parce que c’est d’elle que dépend notre avenir –, donc y compris la politique familiale, une géopolitique dépourvue de considérations philosophiques ou idéologiques, la prise en compte des réalités –, toutes les mesures que nous avons lancées et mises en œuvre en Hongrie depuis 2010 dans l’intérêt de ses relations intérieures et extérieures, tout cela a poursuivi un seul et unique objectif, que je pense que les événements récents ont amplement validé : à savoir que nous voulons – et aujourd’hui nous ne pouvons guère vouloir plus – que la Hongrie reste un point sûr dans un monde incertain."

Posté le 9 août 2016 à 13h50 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2016

La religion des droits de l'homme

Nous avions relaté l'entretien accordé par Jean-Louis Harouel à l'occasion de la publication de son dernier ouvrage sur la question. Invité du Cercle Aristote, il le présente en détail. A écouter à tête reposée.

 

Posté le 2 août 2016 à 09h40 par Paula Corbulon | Lien permanent

25 juillet 2016

Putsch en Turquie : des hypothèses très intéressantes

Alors que "nos" médias ("nos" comme nous écririons "notre" gouvernement, ou "notre" république) conspuent en cœur les dernières "atteintes-aux-droits-de-l’homme" (qu’il ne s’agit pas pour nous de nier) d'Erdogan, tandis qu’ils les ignorent volontiers chez leurs complices/alliés notamment Moyen-orientaux, des hypothèses fort intéressantes émergent dans les médias dissidents quant aux circonstances, objectifs et conséquences de le tentative de putsch et de sa répression.

Elles sont d’autant plus intéressantes qu’elles émanent d’analystes différents et ne sont pas des « copier-coller » les unes des autres mais se complètent.

Sans, évidemment, leur donner une valeur de certitude, mais en soulignant derechef leur intérêt en tant qu’hypothèses, nous vous proposons celle d’Alexandre Douguine, en video, dont le script peut être lu ici, et les liens vers trois analyses, étalées sur une semaine, du blog dedefensa.

 

Philippe Grasset, de dedefensa nous expose successivement (dans l’ordre de mise en ligne des articles):

Les liens Gülen, CIA, Clinton,

Les conséquences envisageables de l’échec du putsch, dont la crainte/l’espoir d’un Turxit de l’OTAN,

Les interactions Etat profond US et armée de l’air turque.

Posté le 25 juillet 2016 à 09h37 par Paula Corbulon | Lien permanent

13 juillet 2016

Subordonner l'économique au politique

et bien d'autres choses, par un Hervé Juvin aussi magistral que bref !

 

Posté le 13 juillet 2016 à 22h08 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (6)

10 juillet 2016

Grande-Bretagne : le Brexit et le destin de l’Occident

De Roberto de Mattei dans Correspondance européenne :

"Le référendum britannique du 23 juin (Brexit) sanctionne l’effondrement définitif d’un mythe : le rêve d’une « Europe sans frontières », bâtie sur les ruines des États nationaux. 

Le projet européiste, lancé par le traité de Maastricht de 1992, portait en lui-même les germes de son auto-dissolution. Il était tout à fait illusoire de prétendre réaliser une union économique et monétaire avant une union politique. Ou pire encore, d’imaginer se servir de l’intégration monétaire pour mettre en œuvre l’unification politique. Mais tout autant, et encore plus illusoire, était le projet de parvenir à une unité politique, en extirpant ces racines spirituelles qui lient les hommes à une destinée commune. La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne approuvée par le Conseil Européen à Nice en décembre 2000, non seulement supprime toute référence aux racines religieuses de l’Europe, mais porte en elle une négation viscérale de l’ordre naturel chrétien. Son article 21, introduisant l’interdiction de toute discrimination relative aux « orientations sexuelles », contient, in nuce, la légalisation du délit d’homophobie et du pseudo-mariage homosexuel. 

Le projet de « Constitution », auquel travailla une Convention sur l’avenir de l’Europe en 2002-2003, fut rejeté par deux référendums populaires, en France le 29 mai 2005 et aux Pays-Bas, le 1er juin de la même année, mais les eurocrates ne s’avouèrent pas vaincus. Après deux ans de « réflexion », le 13 décembre 2007, le traité de Lisbonne, qui aurait dû être ratifié exclusivement par voie parlementaire, fut approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Le seul pays appelé à s’exprimer par voie de référendum, l’Irlande, rejeta le traité le 13 juin 2008, mais l’unanimité des Etats signataires étant nécessaire, un nouveau référendum fut imposé aux Irlandais, lequel, grâce à de très fortes pressions économiques et médiatiques donna finalement un résultat positif. 

Dans sa courte vie, l’Union européenne, incapable de définir une politique étrangère et de sécurité commune, s’est transformée en une tribune idéologique, qui produit des résolutions et des directives pour pousser les gouvernements nationaux à se débarrasser de la famille et des valeurs traditionnelles. Au sein de l’UE, la Grande-Bretagne a freiné pour ralentir le plan franco-allemand d’un « super-Etat européen », mais a en revanche appuyé sur l’accélérateur pour propager à l’échelle européenne, leurs « conquêtes civiles » de l’avortement à l’euthanasie, des adoptions homosexuelles aux manipulations génétiques. Cette dérive morale s’est accompagnée en Angleterre d’une ivresse multiculturelle, culminant, en mai 2016, par l’élection du premier maire musulman de Londres, Sadiq Khan. Mais déjà en 2009, le maire conservateur de l’époque, Boris Johnson, avait invité tous les Londoniens à participer, au moins pour un jour, au jeûne du Ramadan et à se rendre ensuite dans une mosquée au coucher du soleil. Plus récemment, le Premier ministre David Cameron, polémiquant avec le candidat à la présidence américaine Donald Trump, s’est qualifié de « proud of representing a country which is one of the most successful multi-racial, multi-faith, multi-ethnic countries in the world » (Huffpost Politics, 15 mai 2016). 

Le Brexit représente certainement un sursaut d’orgueil de la part d’un peuple qui a une longue histoire et une tradition ancienne. Mais l’identité et la liberté d’un peuple se fondent sur le respect de la loi divine et naturelle, et aucun geste politique ne peut rétablir la liberté qu’un Pays perd à cause de sa propre déchéance morale. Le non à l’Union européenne a été la protestation contre l’arrogance d’une oligarchie qui prétend décider, sans le peuple et contre le peuple, quels sont les intérêts du peuple. Mais les pouvoirs forts qui imposent les règles bureaucratiques de Bruxelles sont les mêmes qui défont les règles morales de l’Occident. Qui accepte la dictature LGBT perd le droit de réclamer son propre Independance Day, parce qu’il a déjà renoncé à sa propre identité. Qui renonce à défendre les frontières morales d’une nation perd le droit de défendre ses frontières, parce qu’il a déjà accepté la conception « liquide » de la société globale. Sous cet aspect, l’itinéraire d’auto-dissolution de la Grande-Bretagne suit une dynamique que le Brexit ne peut arrêter et dont il peut au contraire constituer une étape supplémentaire.

L’Ecosse menace déjà de lancer un nouveau référendum pour quitter le Royaume-Uni, suivie par l’Irlande du Nord. En outre, quand la Reine, qui a 90 ans, quittera le trône, il n’est pas exclu que certains pays du Commonwealth déclarent leur indépendance. Certains disent que la reine Elisabeth a été couronnée impératrice du British Empire et mourra peut-être à la tête d’une Little England. Mais cet itinéraire de désunion politique a pour résultat final la républicanisation de l’Angleterre. 

2017 marquera le troisième centenaire de la fondation de la Grande Loge de Londres,  mère de la Franc-Maçonnerie moderne. Mais la Franc-Maçonnerie, qui aux XVIIIème et XIXème siècles se servit de l’Angleterre protestante et déiste pour répandre dans le monde son programme révolutionnaire, semble aujourd’hui déterminée à faire tomber la monarchie britannique, dans laquelle elle voit l’un des derniers symboles encore survivant de l’ordre médiéval. 

Après le Brexit, des scénarios de désintégration peuvent s’ouvrir en Grèce, suite à l’explosion de la crise économique et sociale; en France, dont les banlieues sont menacées par une guerre civile djihadiste; en Italie, du fait des conséquences d’une invasion migratoire imparable; en Europe de l’Est, où Poutine est prêt à profiter de la faiblesse des institutions européennes pour prendre le contrôle du territoire oriental de l’Ukraine et exercer sa pression militaire sur les États baltes. 

Le général britannique Alexander Richard Shirreff, ancien commandant adjoint de l’OTAN de 2011 à 2014, a prévu, sous la forme d’un roman (2017 War with Russia. An Urgent Warning From Senior Military Command, Coronet, London 2016), l’explosion d’une guerre nucléaire entre la Russie et l’Occident en mai 2017, une date qui rappelle quelque chose aux catholiques. Comment oublier, en ce premier centenaire de Fatima, les paroles de la Vierge Marie, selon lesquelles de nombreuses nations seront anéanties et la Russie sera l’instrument dont Dieu se servira pour punir l’humanité impénitente ? 

Face à ces perspectives, les partis conservateurs européens sont eux-mêmes divisés. Si Marine Le Pen en France, Geert Wilders en Hollande et Matteo Salvini en Italie, demandent la sortie de leur pays de l’Union européenne et font confiance à Poutine, bien différentes sont les positions du Premier ministre hongrois Viktor Orban et du leader polonais Jaroslaw Kaczynski, qui voient dans l’UE et l’OTAN une barrière contre l’expansionnisme russe. 

En 1917, parut Le déclin de l’Occident (Der Untergang des Abendlandes) d’Oswald Spengler (1880-1936). Cent ans plus tard, la prophétie de l’écrivain allemand semble être sur le point de se réaliser. 

« Occident », avant d’être un espace géographique, est le nom d’une civilisation. Cette civilisation est la civilisation chrétienne, héritière de la culture classique gréco-romaine qui de l’Europe s’est étendue aux Amériques et aux ramifications lointaines d’Asie et d’Afrique. Elle eut son baptême la nuit du songe de Saint-Paul, quand Dieu donna l’ordre à l’apôtre de tourner le dos à l’Asie pour « passer en Macédoine » annoncer la bonne nouvelle (Actes XVI, 6-10). 

Rome fut le lieu du martyre des saints Pierre et Paul et le centre de la civilisation qui naissait. Spengler, convaincu de l’inexorable déclin de l’Occident, rappelle une phrase de Sénèque: Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (« Le destin guide ceux qui veulent être guidés, et entraîne ceux qui ne veulent pas »). Mais à la vision relativiste et déterministe de Spengler, nous opposons celle de saint Augustin qui, tandis que les barbares assiégeaient Hippone, annonçait la victoire de la Cité de Dieu dans l’histoire, toujours guidée par la Providence divine. 

L’homme est l’artisan de son propre destin et avec l’aide de Dieu, le déclin d’une civilisation peut se transformer en l’aube d’une résurrection. Les nations sont mortelles, mais Dieu ne meurt pas, et l’Église ne connaît pas de crépuscule."

Posté le 10 juillet 2016 à 16h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

03 juillet 2016

Le christianisme de l'Europe n'est pas destiné aux musées

Extrait d'un discours du pape sur l'Europe, prononcé hier :

"[...] L’Europe est appelée à réfléchir et à se demander si son immense patrimoine, imprégné de christianisme, appartient à un musée ou s’il est capable d’inspirer la culture et de donner ses trésors à toute l’humanité.

Vous êtes rassemblés pour affronter ensemble ces défis ouverts en Europe et pour porter à la lumière des témoignages d’une société civile qui travaille en réseau pour l’accueil et la solidarité envers les plus faibles et les plus défavorisés, pour construire des ponts, pour surmonter les conflits déclarés ou latents.

L’histoire de l’Europe est l’histoire d’une rencontre continue entre Ciel et terre : le Ciel indique l’ouverture au Transcendant, à Dieu, qui a toujours marqué l’homme européen ; la terre représente sa capacité pratique et concrète d’affronter situations et problèmes.

Vous aussi, Communautés et Mouvements chrétiens nés en Europe, vous êtes porteurs de multiples charismes, de dons de Dieu à mettre à la disposition de tous. « Ensemble pour l’Europe » est une force de cohésion dont l’objectif clair est de traduire les valeurs base du christianisme en réponse concrètes aux défis d’un continent en crise.

Votre style de vie se fonde sur l’amour réciproque vécu de façon radicalement évangélique. Une culture de la réciprocité signifie confronter ses idées, s’estimer, s’accueillir, se soutenir mutuellement. Elle signifie valoriser la variété des charismes de façon à converger vers l’unité et à l’enrichir. La présence du Christ parmi vous, transparente et tangible, est le témoignage qui pousse à croire.

Toute unité authentique vit de la richesse des diversités qui la composent – comme une famille qui est beaucoup plus unie lorsque chacun de ses membres peut être lui-même jusqu’au bout, sans crainte. Si l’Europe toute entière veut être une famille de peuples, qu’elle remette la personne au centre, qu’elle soit un continent ouvert et accueillant, qu’elle continue à réaliser des formes de coopération non seulement économique mais aussi sociale et culturelle. [...]"

Posté le 3 juillet 2016 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2016

La religion des droits de l'homme nous mène à notre perte

Deux articles très intéressants exposent cette thèse, l'un sous l'angle juridique, l'autre sous l'angle de la philosophie politique. A lire intégralement. Extrait :

"Avatar de la religion de l'humanité, le culte des droits de l'homme a remplacé depuis quelques décennies le communisme - dont il partage la nature de religion séculière - dans son rôle d'utopie censée instaurer le règne du bien sur la terre. Dans cette nouvelle religion séculière, les droits de l'homme sont en charge de la promesse du royaume de Dieu sur la terre, en charge du projet d'une humanité réconciliée grâce à l'instauration d'une société parfaite, au moyen de la mutation du monde ancien en un monde nouveau entièrement cosmopolite et fondé exclusivement sur les droits des individus."

Posté le 27 juin 2016 à 11h48 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (8)

25 juin 2016

Union Européenne : "On va forcément vers un clash majeur"

C'est l'analyse d'Yves Daoudal :

"Jaroslaw Kaczynski, président du PiS, le parti au pouvoir en Pologne, a tenu une conférence de presse sur le Brexit. Pour déplorer le vote britannique, mais aussi pour affirmer que la réponse au Brexit doit être une réforme de l’UE qui serait une nouvelle offre aux Britanniques, à travers un nouveau traité.

« Nous avons besoin d’un nouveau traité européen, nous avons besoin d’une réaction positive, au lieu de nous obstiner dans la même direction en continuant dans le même chemin qui a conduit à la crise. » Il faut clarifier la prise de décision, qui ne doit plus être « arbitraire », il faut redéfinir le concept de subsidiarité, il faut augmenter le nombre des domaines où la décision doit être prise à l’unanimité… Car l’UE est toujours composée d’Etats nations…

Le Premier ministre Beata Szydlo a souligné que la Pologne est en train d’élaborer des propositions sur ce qui doit changer : « Le but de la Pologne est de construire une UE forte, unie, de nations souveraines ».

Ce discours est exactement à l’opposé de celui que l’on entend en France. Tous les dirigeants demandent, éventuellement avec l’appui d’un nouveau traité, qu’on renforce l’UE, qu’on réponde au Royaume Uni par plus d’Europe, et particulièrement qu’on s’occupe de construire une zone euro unifiée, entre les pays qui veulent continuer l’intégration. C’est-à-dire entre dirigeants qui veulent continuer dans la voie de la désastreuse utopie, contre les peuples.

La divergence est donc en train se creuser entre ces deux groupes de pays. Et elle conduit à une impasse.

Car nos dirigeants sont dans la légitimité des traités. Le traité de Maastricht impose une « citoyenneté européenne » supérieure à celle des nations, une monnaie unique à TOUS les Etats de l’UE, et une marche forcée vers toujours plus d’intégration. Et quand ils veulent un nouveau traité c’est pour le souligner encore davantage.

Je me demande si Jaroslaw Kaczynski se rend compte à quel point il va contre le traité européen quand il dit qu’il est contre une tentative de la Pologne de rejoindre l’eurozone pour combattre le Brexit, parce que adopter l’euro conduirait à appauvrir les gens si le pays entrait avec un zloty faible, et briserait les exportations s’il entrait avec un zloty fort…

On va forcément vers un clash majeur."

Posté le 25 juin 2016 à 17h46 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (28)

Les racines chrétiennes dans la terre de France : découverte d'une église paléochrétienne à Nîmes (Add.)

EN1Lu ici

"Une église paléochrétienne datant du Ve siècle a été découverte par une équipe de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) lors de fouilles menées sur le terrain d'un particulier qui habite dans le quartier des Amoureux. 130 tombes dont les datations s'échelonnent entre la fin de l'Antiquité et le haut Moyen-Age ont également été trouvées lors d'une campagne débutée le 30 décembre dernier et achevée le 22 avril dernier.

L'imposante fondation d'une abside semi-circulaire de l'édifice religieux, bâti avec des remplois antiques monumentaux, a été mise au jour. L'intérieur de l'abside accueille de nombreuses sépultures. Au sein du cimetière, ont été découverts des sarcophages en plomb datant d'autour du IIIe siècle. Les autres tombes sont construites avec des pierres, tuiles ou bois. Il faudra de nombreux mois de travail avant la remise du rapport de fouilles probablement pour la fin de l'année prochaine".

Vidéo ici.

Add. : nombreuses photos ici.

Posté le 25 juin 2016 à 17h13 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

16 juin 2016

L’Archidiocèse de Malines-Bruxelles n'accueillera plus la Fraternité des Saints Apôtres

Belgicatho postait hier le communiqué de l'Archidiocèse de Malines-Bruxelles annonçant qu'il ne voulait plus accueillir la Fraternité des Saints-Apôtres, fondée en avril 2013 par Monseigneur André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles et Primat de Belgique, et inspirée par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, à partir de fin juin 2016.

La raison invoquée est que "la plupart des séminaristes de la Fraternité des Saints-Apôtres viennent pour l'instant de France où de nombreuses régions connaissent un manque cruel de prêtres.[...] Cette perspective n'est pas à promouvoir dans les circonstances actuelles cat elle manifeste un grave manquement à la solidarité entre évêques, tant avec ceux de notre pays qu'avec nos voisins français."

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Des laïcs ont réagi à cette annonce par communiqué de presse :

[...] "Nous nous étonnons cependant que la Fraternité soit victime de son succès. En effet, l’Archevêché déclare ne pas vouloir déforcer les évêques français au vu de nombre très important de séminaristes français qui ont décidé de venir en Belgique rejoindre la Fraternité. Les séminaristes français qui rejoignent la Belgique rejoignent un charisme particulier et il est faux de croire que cela vide les diocèses en France. Au contraire, certains n’auraient peut-être en effet jamais rejoint le séminaire sans l’existence d’une vie communautaire telle que proposée par les Saints Apôtres. De plus, l'Eglise contemporaine fourmille d'exemples de jeunes communautés dynamiques, dont la foi et l'engagement sont un vrai moteur de revitalisation de l'Eglise, et qui ne rechignent jamais à mettre leurs prêtres à disposition des diocèses dans le besoin.

Le principe de solidarité invoqué est on ne peut plus curieux. En effet, sur 80 séminaristes en formation à Namur aujourd’hui seulement 25 sont belges. Va-t-on tous les renvoyer dans leur pays ? Va-t-on renvoyer tous les prêtres africains, polonais qui viennent nous aider à porter le message du Christ en Belgique ? L’Eglise catholique n’est-t-elle plus universelle ? L’argument invoqué ne tient évidemment pas la route et nous espérons qu’il n’y a pas derrière des raisons en réalité purement idéologiques.

Beaucoup d’autres communautés présentes en Belgique « captent » des vocations étrangères sans qu'on les renvoie dans leur pays. La situation présente crée un précédent inacceptable et est en réalité une dissolution en douceur (?) de la Fraternité. Ne serait-il pas temps que l'Eglise de Belgique fasse meilleur cas des initiatives qui fonctionnent et s'intéresse plus en détail à d'autres réalités qui portent moins de fruits et créent parfois de graves problèmes de communion avec l'Eglise universelle ?"[...]

L'église Sainte-Catherine desservie par des prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres et dont on annonçait la fermeture, ne devrait pas être fermée.

Posté le 16 juin 2016 à 23h00 par Marie Bethanie | Lien permanent

28 mai 2016

L'Europe à la redécouverte de ses racines

Après l'anneau de Ste Jeanne d'Arc, on aurait retrouvé la tombe d'Aristote :

Unknown-18"Jeudi 26 mai, l'archéologue Konstantinos Sismanidis a indiqué avoir retrouvé l'endroit où a été édifié la sépulture d'Aristote, comme le relate le New York Times.

Le chercheur qui a fait cette annonce à Thessalonique à l'occasion du 2400ème anniversaire de la naissance du philosophe, est «pratiquement certain» que la tombe du disciple de Platon se situe, non pas à Chalcis comme l'ont toujours affirmé ses confrères, mais à Stagire, ancienne cité macédonienne où le philosophe est né en 384 avant J-C.

Konstantinos Sismanidis affirme que les indications qu'ils possèdent sont «solides». «Nous avons retrouvé sa tombe», a affirmé l'archéologue lors de la conférence mondiale, réunissant les plus grands spécialistes vivants d'Aristote. «Nous avons également retrouvé l'autel dont il est fait mention dans les anciens textes, tout comme la route qui avait été empruntée pour aller jusqu'à la tombe du philosophe, tout près de l'ancien marché de la ville», a ajouté l'archéologue, sur la piste d'Aristote depuis près de vingt ans. [...]"

Né en 384 avant J-C et mort en 322 avant J-C, Aristote fut l'un des penseurs les plus influents de l'histoire de la philosophie. Logicien et précepteur d'Alexandre le Grand, le philosophe reconnu pour ses analyses politiques est aussi le fondateur de la métaphysique, « philosophie première », puisqu’elle consiste à rechercher les premières causes et les premiers principes de l’existence de l’Univers. La philosophie politique d'Aristote est également célèbre. Comme l’homme est « par nature un animal politique », il ne peut trouver son bonheur indépendamment de toute sociabilité. La société sert non seulement à vivre, mais aussi à bien vivre. Le but de la cité est l’indépendance économique, détachée de toute relation coercitive avec les cités étrangères. En un mot, la finalité de la cité est l’autarcie. La famille est l’unité économique par excellence. Lorsqu’elle a tout ce qu’il faut pour produire ce qui est nécessaire à la consommation de ses membres, elle procède à l’échange du surplus de cette production. La cité (polis) est composée de familles, elles-mêmes déjà regroupées en villages, c'est-à-dire en colonies de familles qui se sont regroupées naturellement en vue de la satisfaction des besoins qui ne sont pas strictement nécessaires. La cité, elle, est une communauté achevée, formée de plusieurs villages une fois qu’elle a atteint un niveau suffisant d’autarcie.

Posté le 28 mai 2016 à 11h47 par Michel Janva | Lien permanent

27 mai 2016

L’islam n’a pas sa place

On attend qu'un politique français parle comme Robert Fico, Premier ministre de Slovaquie :

R« Cela peut paraître étrange mais, je suis désolé, l’islam n’a pas sa place en Slovaquie. Peut-être parce que nous sommes un pays qui renaît en quelque sorte. Si quelqu’un vient me dire que la Slovaquie veut être multiculturelle, que tout le monde va faire ici ce qu’il veut, qu’il y aura des traditions variées, et que la Slovaquie va changer, il est contre l’essence même de ce pays. Je pense qu’il est du devoir des hommes politiques de parler de ces choses très clairement et ouvertement. Je ne veux pas que se constitue en Slovaquie une communauté musulmane. Je ne veux pas qu’il y ait des dizaines de milliers de musulmans qui se mettent à promouvoir leur affaire. J’en ai parlé plusieurs fois avec le Premier ministre maltais, qui m’a dit que le problème n’est pas qu’ils viennent, mais qu’ils changent le caractère du pays. Et nous ne voulons par changer les traditions de notre pays, qui est bâti sur la tradition cyrillo-méthodienne, sur quelque chose qui est là depuis des siècles."

Posté le 27 mai 2016 à 16h06 par Michel Janva | Lien permanent

18 mai 2016

Puisse le pape François rencontrer réellement la France périphérique et l’écouter

Gabrielle Cluzel réagit aux propos du pape François sur la France :

"Le pape, selon La Croix, se rendra en France après l’élection présidentielle : Paris et sa banlieue, Lourdes, et peut-être Marseille. Les catholiques français ne peuvent que s’en réjouir. D’abord parce que la visite d’un pape est toujours pour eux une joie. Ensuite parce qu’il semble, au vu de ses déclarations récentes au même journal, que le Saint-Père connaisse mal la France.

La France, dit-il, « exagère la laïcité ». « Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire. » La laïcité serait en effet bien cruelle de forcer un pauvre sikh à ôter son turban, un malheureux bonze à enlever sa robe orange. Alors, n’est-ce pas, « si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire ». Sauf qu’une chose est le principe, une autre le contexte : certaines, à l’inverse, voudraient ne pas le porter, mais ne peuvent pas le faire. Et la prolifération, la généralisation, la multiplication autoritaire de ce voile marginalise ces dernières un peu plus chaque jour. Le pape, s’il le savait, ne cautionnerait certainement pas cette aliénation de la femme.

On peut reprocher à la laïcité française d’exagérer, on peut surtout lui reprocher de ne pas gérer. Fébrile et impuissante, elle tente sans succès de faire rentrer dans la camisole qu’un catholicisme docile avait bien voulu enfiler un islam autrement impérieux, qui ne s’embarrasse pas de nuances subtiles entre le temporel et le spirituel (...)

« L’Europe, oui, a des racines chrétiennes », dit-il encore, « mais quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute parfois la tonalité, qui peut être triomphaliste ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme. » Ainsi parle le père qui se sent investi du devoir de rabattre le caquet de ses enfants pleins de morgue, écrasant leur prochain de leurs certitudes.

Mais la réalité est tout autre. Ses ouailles françaises sont raillées par les médias, bafouées par le gouvernement, tiennent lieu de tête de Turc à « l’élite » en général. Au point que beaucoup ne croient plus en eux et sont rongés par le doute. Celui qui se noie fait rarement montre de « triomphalisme », trop occupé à garder la tête hors de l’eau (...) Et, comme tous les souffre-douleur, ils aimeraient parfois se jeter dans les bras de leur père pour être consolés, raffermis, défendus.

« L’Europe connaît un grave problème de dénatalité. […] Un vide démographique s’installe. En France, toutefois, grâce à la politique familiale, cette tendance est atténuée. » De quelle politique familiale parle-t-il ? Démembrée, charcutée, en lambeaux… elle n’est plus qu’un ancien souvenir.

Ce pape exhorte à aller « aux périphéries ». Il sait tendre lui-même la main aux marginaux, y compris aux « marginaux » du politiquement correct, comme le montrent son geste vers la fraternité Saint-Pie-X ou, dans un autre genre, son soutien au cardinal Barbarin. Mais il faut qu’il n’ait parlé et échangé qu’avec le cœur du système dominant pour avoir fait sienne cette vision de la France. Puisse-t-il rencontrer réellement, lors de sa visite, la France périphérique et l’écouter, loin du village Potemkine que l’on voudra lui présenter"

Posté le 18 mai 2016 à 09h41 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (33)

17 mai 2016

Reconnaître les racines chrétiennes de l'Europe mais aussi témoigner des valeurs chrétiennes du Décalogue et de l’esprit évangélique

Bernard Antony répond aux errements de Pierre Moscovici :

"Je lis avec intérêt les bons textes sur ce sujet qui fait débat actuellement mais aussi avec consternation les élucubrations émises par des négationnistes de la réalité de notre identité de civilisation.

Le fait chrétien européen, plus que millénaire, malgré toutes les destructions des guerres de religion et des révolutions se manifeste partout du Cap nord à Gibraltar, de l’Atlantique à la Mer Noire dans les pierres de la multitude des églises, humbles chapelles, cathédrales splendides et monastères depuis « l’Europe de Saint Benoît ».

Les racines chrétiennes de l’Europe comportent naturellement l’héritage greco-latin en grande partie préservé et transmis par les monastères d’Orient et d’Occident. Elles incluent évidemment la continuité judéo-chrétienne, le christianisme étant la religion du Messie prophétisé dans l’Ancien Testament, et venu apporter son Évangile à toute l’humanité. Avec les Juifs, fidèles à la Torah, les chrétiens partagent fondamentalement la morale universelle du Décalogue livré par Dieu à Moïse. La reconnaissance de la réalité objective des racines chrétiennes de l’Europe n’exclut donc pas du tout celle du fait religieux et donc culturel juif. Le ministre Pierre Moscovici, qui a été plus marqué par son idéologie de jeunesse communiste révolutionnaire que par son identité juive, s’emberlificote là-dedans.

Cela dit, je crois que ce serait une erreur de n’agir principalement que pour la reconnaissance de ces racines. Somme toute, cela risquerait de se limiter à un combat d’objectivation de l’histoire plutôt que d’agir pour la bien plus nécessaire défense et actualisation des valeurs chrétiennes du Décalogue et de l’esprit évangélique dont il faut sans cesse témoigner.

Cela passe notamment aujourd’hui par la solidarité avec les chrétiens persécutés d’Afrique et d’Asie par le communisme, l’indouisme et surtout avec différents degrés dans l’hostilité, la persécution ou la barbarie par la théocratie totalitaire islamique dans l’application de la charia, avec trop souvent les entreprises de conquête et de terreur jihâdiste. L’Europe s’est en effet construite sur ses valeurs de civilisation mais aussi dans sa résistance séculaire aux déferlements des conquêtes islamiques, arabes ou ottomanes, arrêtées au fil des siècles, à Poitiers, à Las Navas de Tolosa, à Lépante, à Vienne."

Posté le 17 mai 2016 à 06h27 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

Les bus londoniens afficheront "Gloire à Allah" pendant le ramadan

Cela n'a rien à voir avec l'élection d'un maire musulman à la tête de la capitale britannique  puisque ces publicités à la gloire d'Allah se multiplieront sur les 640 bus de Londres, Birmingham, Manchester, Leicester et Bradford où la communauté musulmane est importante (3 millions rien qu'à Londres) :

Islamicrelief-600x400«Subhan Allah». «Gloire à Allah». Ces mots seront affichés pendant deux mois sur les fameux bus rouges londoniens. Une campagne de publicité lancée par la branche londonienne de l'association Islamic Relief (Secours islamique en français), la plus importante ONG islamique britannique, qui collecte des fonds pour venir en aide notamment aux victimes de la guerre en Syrie, et a déjà envoyé 178 millions d'euros là-bas. Le début de la campagne coïncidera avec le mois de Ramadan qui se tient en juin (...)

Cette campagne aux tonalités religieuses n'est pas du goût de tout le monde. Si les Britanniques n'ont pas la même conception de la laïcité qu'en France, et que les religions occupent sans problèmes l'espace public, certains s'offusquent d'un deux-poids, deux mesures. En effet, pendant la période de Noël, une publicité de l'église d'Angleterre qui faisait la promotion d'un site internet cherchant à inciter les gens à prier, Just pray, avait été proscrite de plusieurs cinémas. On y voyait l'archevêque de Canterbury réciter le Notre Père avec plusieurs autres fidèles. Le spot publicitaire devait être projeté avant le film Star Wars, mais il avait été bloqué par la Digital Cinema Media, l'agence qui contrôle la publicité dans les plus grandes salles de cinéma du pays.

«Si nous autorisons cette publicité en faveur de l'islam, nous devons aux Chrétiens plus de liberté pour s'exprimer» a ainsi affirmé Andrea William, directrice de l'association Christian Concern. Dans le Daily Mail, Simon Calvert, directeur de l'Institut chrétien, affirme quant à lui que cette publicité «indique le début d'une nouvelle ère d'expression de la foi chrétienne, qui est devenue persona non grata».

Posté le 17 mai 2016 à 05h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

11 mai 2016

Pour ne plus comparer les croisades au jihad

2Martin Aurell est professeur d’histoire médiévale à l’université de Poitiers, et membre de l’Institut universitaire de France. Il a écrit pour Aleteia un article sur les Croisades, en 8 points qui résument parfaitement le phénomène. Très efficace pour répondre à ceux qui osent comparer les croisades au jihad, et à ceux qui "ne croient pas aux racines chrétiennes de l'Europe" !

(Chaque point est un résumé d'un paragraphe qui permet d'aller plus loin - ici en italique. Je n'ai mis que les deux premiers par souci de longueur.)

"• 1.
Au Moyen Âge, spirituel et temporel ne connaissent pas de séparation. La dimension religieuse imprègne les mentalités médiévales. L’homme médiéval croit en Dieu, ce qui ne l’empêche pas de rester pécheur, mais ne rend pas Dieu responsable pour autant des actes qu’il commet librement.

• 2.
La croisade est un pèlerinage « en armes » vers les lieux saints dans un contexte de grande tension entre l’Empire byzantin et les Turcs seldjoukides. C’est une expédition militaire défensive entreprise à la demande du pape, devant la dégradation des conditions du pèlerinage chrétien en terre musulmane.

Un pèlerinage vers les Lieux saints

Si l’on ne comprend pas que les croisades sont des pèlerinages vers les Lieux saints, on passe à côté de l’essentiel. La croisade désigne le voyage vers la Terre sainte entrepris par des pèlerins « croisés », c’est-à-dire, qui ont cousu la croix du Christ sur leurs vêtements.  Le terme de « croisade » est tardif et il apparaît qu’à la fin du XIIIe siècle : on parlait plutôt de voyage, de passage ou traversée et de chemin. L’histoire a retenu huit croisades qui se sont échelonnées entre 1095 et 1291 et auxquelles il faudrait ajouter les nombreux départs, individuels ou collectifs, vers la Terre sainte qui n’ont pas formé de « croisade » reconnue telle par les historiens modernes. Toutes se sont inscrites dans la logique de défendre l’accès aux Lieux saints, soit une étroite bande de terre reliant l’Asie Mineure à Jérusalem.[...]

• 3.
À l’origine du succès des croisades, il y a la foi des croisés. Les croisades furent des expéditions dangereuses, incertaines, dont le butin était mince. Loin d’une version médiévale du rêve américain façon Proche-Orient, qui n’aurait séduit que les cadets de famille déshérités, le passage en Terre sainte a été le lieu de convergence des élites de l’Europe chrétienne.

• 4.
Pour autant, on ne conquiert pas son salut au fil de l’épée en croisade : la croisade n’est pas une obligation religieuse qui assure au chrétien un accès direct au paradis. C’est une différence de fond avec le djihad musulman.

• 5.
Les croisades sont indissociables de la puissance temporelle de la papauté ; ce qui n’a pas empêché le pape de condamner sévèrement certains abus et notamment le détournement de la 4ème croisade.

• 6.
La violence des croisades doit se comprendre dans le contexte de mentalités médiévales nourries de récits de massacres bibliques et profanes, et habituées à côtoyer la mort. Elle relève aussi d’une culture tactique et guerrière spécifique, qui vient se heurter à un ennemi religieux d’un nouveau genre : l’islam, qui n’hésitait pas à faire usage de la force.

• 7.
Les rapports entre chrétiens et musulmans pendant les croisades n’ont pas toujours été violents. Les moments de trêve ainsi qu’un code de la guerre commun ont permis la création d’espaces d’échanges, qu’il ne faut pas idéaliser, mais qui interdisent de voir les croisades comme une guerre des civilisations.

• 8.
En plus d’être doublée d’un effort missionnaire, la violence des croisades n’a pas toujours fait l’objet d’un consensus. Des voix chrétiennes se sont élevées contre les abus des croisés, certains allant jusqu’à douter du bien-fondé de la défense de la foi par le glaive."

Lire tout l'article ici.

Posté le 11 mai 2016 à 09h16 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (6)

10 mai 2016

Jeanne, cet « idéal pour la France »…

"Sonnez, fanfares triomphales"... Un beau reportage sur les fêtes Johanniques à Orléans :

 

Posté le 10 mai 2016 à 14h46 par Marie Bethanie | Lien permanent

Qui était la femme voilée aux côtés de Sadiq Khan, le nouveau maire de Londres ?

Difficile effectivement de savoir qui était cette femme voilée aux côtés Sadiq Khan, le nouveau maire musulman de Londres, lors de la cérémonie de Southwark. Yves Daoudal nous livre l'information :

2350637645"Bravo à mes lecteurs. Il s'agit en effet de Sarah Joseph, qui fut baptisée catholique, fit ses études dans un collège Saint-Thomas More puis au King's College de Londres, se convertit à l'islam à 16 ans en 1988, se marie avec un certain Mahmud al-Rashid.

Elle a été rédactrice en chef d'un magazine musulman aujourd'hui disparu, et elle est dite écrivain et chroniqueuse, propagandiste et militante islamiste comme on le voit, et proche donc du nouveau maire de Londres qui l'a voulue à sa droite pour montrer quel est l'avenir du peuple britannique..."

Posté le 10 mai 2016 à 14h44 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (18)

Racines chrétiennes de l'Europe : réponse à Pierre Moscovici

XVM82836bd6-15c4-11e6-a41d-4428b51d6aa3Maxime Tandonnet répond dans le FigaroVox à Pierre Moscovici qui avait fait état de son négationnisme et de sa méconnaissance volontaire de l'histoire de l'Europe en déclarant le 8 mai qu'il ne «croyait pas aux origines chrétiennes de l'Europe».

[...] "D'un point de vue historique, la négation des racines chrétiennes de l'Europe est une contre-vérité. L'Europe est née sur les ruines de l'empire l'Empire romain dont le christianisme était devenu la religion officielle à la suite de la conversion de Constantin en 312. Elle est issue d'une longue épreuve d'affrontement entre des peuples germains convertis au christianisme pour la domination politique sur le continent. Le baptême de Clovis en 532, puis l'alliance des Carolingiens avec le pape ont constitué des étapes décisives de l'apparition de l'Europe. L'Empire de Charlemagne, proclamé en 800, qui couvre grosso modo un territoire correspondant à l'Europe occidentale, se confond avec la chrétienté. Il en est le protecteur et le bras armé. Il se donne pour objectif la conversion des peuples voisins (saxons, Frisons, Avars) et le début de la reconquista de l'Espagne musulmane.

Jusqu'au XVIIIe siècle, pendant au moins treize siècles, le christianisme est, de fait, le ciment des sociétés européennes. Dans les périodes obscures du Moyen-âge, de chaos, d'invasions, de destructions, le savoir est préservés dans les monastères et les abbayes. Les croisades pour la reconquête des «lieux saints» obsèdent les esprits pendant deux siècles. La légitimité du monarque est «de droit divin». La féodalité est soudée par des liens de vassalité, d'essence religieuse. Le christianisme et ses rituels imprègnent profondément la vie quotidienne. Le clergé dispense l'enseignement, soigne les malades, assiste les pauvres, encadre l'existence quotidienne. L'intervention divine est l'explication de tout événement: épidémie, guérison, bonne ou mauvaise récolte, défaite ou victoire militaire... D'ailleurs, s'il est une caractéristique commune au patrimoine architectural de l'Europe, c'est bien la présence partout des églises.

Quand M. Moscovici affirme «ne pas croire aux racines chrétiennes de l'Europe», il se situe sur un terrain inapproprié. Le sujet ne relève pas de la croyance mais du savoir. De fait, il prononce des paroles de nature idéologique. Il porte un jugement personnel sur une question qui est de l'ordre factuel. Dans son esprit, la négation des racines chrétiennes de l'Europe vaut reconnaissance du caractère multiculturel de l'Europe et de sa vocation à intégrer la Turquie. Il opère une confusion, classique, entre histoire et idéologie. Or les deux ne sont pas forcément liées. Rien ne l'empêcherait d'admettre la vérité historique - l'Europe a des racines chrétiennes - et d'ajouter que de son point de vue, l'Europe doit changer, poursuivre sa déchristianisation et sa marche vers une société multiculturelle.

De fait, la négation de l'histoire, au sens de la connaissance des faits, du passé, des racines, est devenue l'un des piliers de l'Europe moderne. Il n'est pas innocent que l'histoire chronologique ait été largement bannie de l'enseignement et des manuels scolaires. La droite au pouvoir n'est pas exempte de tout reproche. N'a-t-elle pas supprimé en 2010 l'enseignement de l'histoire en terminale scientifique au prétexte d'un rééquilibrage entre les filières? Aujourd'hui, le latin et le grec disparaissent du programme des collèges. La «mémoire» n'existe que pour aviver la mauvaise conscience. La connaissance de l'histoire, voire la simple curiosité historique, factuelle, bien au contraire, paraissent vouées à s'effacer. La logique dominante est celle de la table rase, héritée des idéologies totalitaires du XXe siècle. L'entreprise de déculturation bat son plein: l'histoire politique et littéraire, les langues anciennes, l'orthographe. L'idéal, conscient ou inconscient, est d'engendrer peu à peu un homme neuf, un Européen parfait, apuré de son patrimoine culturel, religieux, intellectuel. C'est-à-dire un homme réduit à sa fonction de consommateur et d'agent économique, privé des outils de l'esprit critique et qui se prêtera plus facilement à toutes les manipulations idéologiques y compris extrémistes, de droite comme de gauche."

Posté le 10 mai 2016 à 09h19 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (27)

L'Occident : "une forme d'URSS soft sans goulag"

Très riche entretien accordé à RT par Oskar Freysinger. La transcription partielle est ici.

 

Posté le 10 mai 2016 à 06h57 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (2)

08 mai 2016

Pierre Moscovici négationniste

Posté le 8 mai 2016 à 20h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (29)

Le mal dans ce monde vient du péché, et non de la disparité des revenus ou du changement climatique

Deux personnalités venues des persécutions anti chrétiennes de l'Est communiste se répondent au-delà du temps pour mettre le doigt sur le nihilisme qui mine notre société occidentale au risque d'en obtenir sa mort : le docteur Anca-Maria Cernea qui est intervenue lors du Synode sur la Famille, et Alexandre Soljenitsyne, lors de son fameux discours d'Harvard, en 1978. Tous deux se retrouvent pour mettre au banc des accusés l'idéologie matérialiste et le culte du "bien-être" élevé au rang de "droit de l'homme", au risque d'en oublier le droit de Dieu, qui pousse même certains représentants de l'Eglise à atténuer les exigences du discours évangélique dans un souci de charité dévoyé :

Anca_Cernea1Dr Anca-Maria Cernea, octobre 2015, Synode sur la Famille :

"La pauvreté matérielle et le consumérisme ne sont pas la première cause de la crise de la famille.

La première cause de la révolution sexuelle et culturelle est idéologique.

Notre Dame de Fatima a dit que les erreurs de la Russie se répandraient à travers le monde entier. Cela s'est fait d'abord sous une forme violente, le marxisme classique, qui a tué des dizaines de millions de personnes.

Aujourd'hui cela se fait la plupart du temps à travers le marxisme culturel. Il y a continuité entre la révolution sexuelle de Lénine, à travers Gramsci et l'École de Francfort, et l'idéologie contemporaine des droits gay et du genre.

Le marxisme classique avait la prétention de redessiner la société, par le biais de la spoliation violente de la propriété. Aujourd'hui la Révolution va plus profond ; elle prétend redéfinir la famille, l'identité sexuelle et la nature humaine.

Cette idéologie se qualifie elle-même de progressiste. Mais elle n'est rien d'autre que la vieille proposition du serpent, pour que l’homme prenne le contrôle, que Dieu soit remplacé, que la rédemption soit organisée ici-bas, dans ce monde.

C'est une erreur de nature religieuse, c'est la gnose.

Il appartient aux pasteurs de la reconnaître, et de mettre le troupeau en garde contre ce danger. «Cherchez donc d'abord le royaume de Dieu et Sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît. »

La mission de l'Eglise est de sauver les âmes. Le mal dans ce monde vient du péché. Et non de la disparité des revenus ou du changement climatique.

La solution est celle-ci : l'évangélisation. La conversion.

Et non pas un contrôle gouvernemental sans cesse grandissant. Ni un gouvernement mondial. Ce sont eux, aujourd'hui, les agents principaux du marxisme culturel ; ce sont eux qui l'imposent à nos nations, sous la forme du contrôle de la population, de la santé reproductive, des droits gay, de l'éducation aux questions de genre, etc.

Ce dont le monde a besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une limitation de la liberté, mais de la vraie liberté, la libération du péché. La rédemption.

Notre Eglise a été opprimée par l’occupation soviétique. Mais aucun de nos douze évêques n’a trahi la communion avec le Saint-Père. Notre Eglise a survécu grâce à la détermination et à l'exemple de nos évêques qui ont tenu bon face aux prisons et à la terreur.

Nos évêques ont demandé à la communauté de ne pas suivre le monde. Et non de coopérer avec les communistes.

Aujourd'hui nous avons besoin que Rome dise au monde : « Repentez-vous et convertissez-vous, car le royaume de Dieu est proche. » "[...]

  IndexAlexandre Soljenitsyne, juin 1978, Harvard :

"Mais le combat pour notre planète, physique et spirituel, un combat aux proportions cosmiques, n'est pas pour un futur lointain ; il a déjà commencé. Les forces du Mal ont commencé leur offensive décisive. Vous sentez déjà la pression qu'elles exercent, et pourtant, vos écrans et vos écrits sont pleins de sourires sur commande et de verres levés. Pourquoi toute cette joie ?

Comment l'Ouest a-t-il pu décliner, de son pas triomphal à sa débilité présente ? A-t-il connu dans son évolution des points de non-retour qui lui furent fatals, a-t-il perdu son chemin ? Il ne semble pas que cela soit le cas. L'Ouest a continué à avancer d'un pas ferme en adéquation avec ses intentions proclamées pour la société, main dans la main avec un progrès technologique étourdissant. Et tout soudain il s'est trouvé dans son état présent de faiblesse. Cela signifie que l'erreur doit être à la racine, à la fondation de la pensée moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident à l'époque moderne. Je parle de la vision du monde qui a prévalu en Occident, née à la Renaissance, et dont les développements politiques se sont manifestés à partir des Lumières. Elle est devenue la base da la doctrine sociale et politique et pourrait être appelée l'humanisme rationaliste, ou l'autonomie humaniste : l'autonomie proclamée et pratiquée de l'homme à l'encontre de toute force supérieure à lui. On peut parler aussi d'anthropocentrisme : l'homme est vu au centre de tout. [...]

L'Occident a défendu avec succès, et même surabondamment, les droits de l'homme, mais l'homme a vu complètement s'étioler la conscience de sa responsabilité devant Dieu et la société. Durant ces dernières décennies, cet égoïsme juridique de la philosophie occidentale a été définitivement réalisé, et le monde se retrouve dans une cruelle crise spirituelle et dans une impasse politique. Et tous les succès techniques, y compris la conquête de l'espace, du Progrès tant célébré n'ont pas réussi à racheter la misère morale dans laquelle est tombé le XXème siècle, que personne n'aurait pu encore soupçonner au XIXème siècle.[...]

L'humanisme dans ses développements devenant toujours plus matérialiste, il permit avec une incroyable efficacité à ses concepts d'être utilisés d'abord par le socialisme, puis par le communisme, de telle sorte que Karl Marx pût dire, en 1844, que " le communisme est un humanisme naturalisé. " Il s'est avéré que ce jugement était loin d'être faux. On voit les mêmes pierres aux fondations d'un humanisme altéré et de tout type de socialisme : un matérialisme sans frein, une libération à l'égard de la religion et de la responsabilité religieuse, une concentration des esprits sur les structures sociales avec une approche prétendument scientifique. Ce n'est pas un hasard si toutes les promesses rhétoriques du communisme sont centrées sur l'Homme, avec un grand H, et son bonheur terrestre.[...]

Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur cette terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés.[...]

Quand bien même nous serait épargné d'être détruits par la guerre, notre vie doit changer si elle ne veut pas périr par sa propre faute. Nous ne pouvons nous dispenser de rappeler ce qu'est fondamentalement la vie, la société. Est-ce vrai que l'homme est au-dessus de tout ? N'y a-t-il aucun esprit supérieur au-dessus de lui ? Les activités humaines et sociales peuvent-elles légitimement être réglées par la seule expansion matérielle ? A-t-on le droit de promouvoir cette expansion au détriment de l'intégrité de notre vie spirituelle ?

Si le monde ne touche pas à sa fin, il a atteint une étape décisive dans son histoire, semblable en importance au tournant qui a conduit du Moyen-âge à la Renaissance. Cela va requérir de nous un embrasement spirituel.[...]

Notre ascension nous mène à une nouvelle étape anthropologique. Nous n'avons pas d'autre choix que de monter ... toujours plus haut."

Duc in altum. C'est bien que ce soient des laïcs qui nous le rappellent.

Posté le 8 mai 2016 à 09h36 par Marie Bethanie | Lien permanent

07 mai 2016

Ján Figel : envoyé spécial pour la liberté de religion et de conviction de l’UE

FLe président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a nommé, vendredi 6 mai, le premier « envoyé spécial pour la promotion de la liberté de religion et de conviction en dehors de l’Union européenne ».

Homme politique slovaque, membre du Mouvement chrétien-démocrate (KDH), ancien commissaire européen à l’éducation, formation, culture et jeunesse, Ján Figel avait travaillé à la réussite du colloque international pro-vie One of Us.

Posté le 7 mai 2016 à 20h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

L'Europe rêvée par le Pape François

L'Europe rêvée par le Pape François, c'est une Europe jeune de tous les enfants qu'elle aura accueillis au lieu de les assassiner dans le ventre de leur mère. Le 6 mai, le pape recevait au Vatican le Prix Charlemagne pour son engagement européen et exhortait dans son discours l'Europe à changer de modèle :

"Je rêve d'une Europe jeune, capable d'être encore mère: une mère qui ait de la vie, parce qu'elle respecte la vie et offre l'espérance de vie. Je rêve d'une Europe qui prend soin de l'enfant, qui secourt comme un frère le pauvre et celui qui arrive en recherche d'accueil parce qu'il n'a plus rien et demande un refuge. Je rêve d'une Europe qui écoute et valorise les personnes malades et âgées, pour qu'elles ne soient pas réduites à des objets de rejet improductifs. Je rêve d'une Europe où être migrant ne soit pas un délit mais plutôt une invitation à un plus grand engagement dans la dignité de l'être humain tout entier. Je rêve d'une Europe où les jeunes respirent l'air pur de l'honnêteté, aiment la beauté de la culture et d'une vie simple, non polluée par les besoins infinis du consumérisme ; où se marier et avoir des enfants sont une responsabilité et une grande joie, non un problème du fait du manque d'un travail suffisamment stable. Je rêve d'une Europe des familles, avec des politiques vraiment effectives, centrées sur les visages plus que sur les chiffres, sur les naissances d'enfants plus que sur l'augmentation des biens. Je rêve d'une Europe qui promeut et défend les droits de chacun, sans oublier les devoirs envers tous. Je rêve d'une Europe dont on ne puisse pas dire que son engagement pour les droits humains a été sa dernière utopie."

Posté le 7 mai 2016 à 08h36 par Marie Bethanie | Lien permanent

06 mai 2016

Election de Sadiq Khan, musulman, à la mairie de Londres

Lu ici :

Images (1)"Le nouveau maire de Londres sera Sadiq Khan pour les 4 prochaines années. Le jeune travailliste est arrivé en tête du premier tour, avec près de 10 % d'avance sur son rival (environ 44 % contre 35 % des voix). Il devance Zac Goldsmith dans une large majorité de districts de Londres (8 sur 14), même dans certains considérés comme conservateurs."

Musulman non pratiquant, il estime cependant que sa religion est "une partie de son identité". Sadiq Khan est "en passe de devenir le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale." Il est favorable au "mariage" gay, pour lequel il a voté.

Posté le 6 mai 2016 à 20h27 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (35)

04 mai 2016

L’enseignement catholique flamand change de religion

Lu ici :

"Le Secrétariat flamand de l’enseignement catholique (Katholiek Onderwijs Vlaanderen) veut faire une place à part entière au culte musulman et aux autres religions à l’école, écrivent mercredi De Morgen et Het Laatste Nieuws.

L’enseignement catholique au nord du pays travaille à un modèle scolaire dans lequel les autres religions et philosophies jouent un rôle important, laissant par exemple plus d’espace aux symboles tels que le voile, et qui prévoit éventuellement des endroits pour prier.

«C’est un projet ambitieux», souligne Lieven Boeve, du Katholiek Onderwijs Vlaanderen.

L’objectif est d’utiliser le modèle des écoles de dialogue pour attirer davantage d’élèves de confession musulmane, mais aussi de renforcer l’identité catholique. «Nous n’allons pas mélanger les religions, mais dans une école de dialogue, il y a par exemple de la place à côté d’une chapelle pour une salle de prière pour les musulmans ou le voile», déclare Didier Pollefeyt, de la KU Leuven."

Le "dialogue" atteindra bien vite ses limites. A quand des directeurs musulmans dans des écoles catholiques ?

Posté le 4 mai 2016 à 15h53 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (14)

02 mai 2016

Au nom de la tolérance, l'Europe est en train d'ouvrir ses portes à l’intolérance

6a01156fb0b420970c015433591990970c-800wiCe message du Père Henri Boulad à l'Europe date de 2011. Il aurait pu avoir été écrit hier.

[...] "L'Europe est faite d'un triple héritage : gréco-romain, judéo-chrétien, moderne et laïque. Cette modernité a émergé à travers une succession de mutations : Renaissance, Réforme, Révolution française, Lumières, révolutions sociales du 19° siècle. Tout cela s'est cristallisé dans la Charte universelle des Droits de l'Homme dont les principaux éléments sont la liberté, l'égalité, la laïcité, la séparation des pouvoirs, la justice sociale…

Ce noyau dur de valeurs, qui constitue l'âme de l'Europe, est à développer, à faire fructifier.

Mais aussi à défendre, car il est doublement menacé. De l'intérieur car la notion d'un progrès à courte vue, a tendance à engendrer une société matérialiste, hédoniste, égoïste, tentée de s'étourdir par un divertissement perpétuel pour combler le vide qui l'habite. De l'extérieur car du fait de l’évolution démographique qui s’y manifeste, l’Europe s’expose à la situation qui prévaut dans la majorité des 57 pays à majorité musulmane : une liberté religieuse réduite, voire inexistante, une liberté d’expression soumise aux contraintes de la sharia, comme le précise la Déclaration islamique des droits de l’homme du Caire ( 1990).

Au nom de la tolérance, l'Europe est en train d'ouvrir ses portes à l’intolérance. Au nom de la démocratie, le risque est de voir vos enfants et petits enfants  vivre dans une société totalement différente où les non-croyants ou croyants en d’autres religions, les dhimmis, auraient moins de droits que ceux de la majorité de la population. Ceci signifierait un retour aux pires moments de la domination religieuse de type médiéval qu'a connu l'Europe dans le passé et dont elle s’est heureusement affranchie.

Les valeurs européennes conquises de haute lutte après des siècles de combat, l'Europe va-t-elle prendre le risque de les brader par simple effet d’une immigration conduisant à terme à une modification fondamentale de la composition de la société ? Le règne du "politiquement correct" doit-il empêcher de dénoncer ce risque à long terme pour l’Europe ? La diversité est un facteur théorique d’enrichissement mutuel mais l’observation des pays à majorité musulmane montre que la multiculturalité n’a pas vocation à s’y épanouir.  Qu’en sera-t-il, dès lors, de l’Europe et de ses libertés dans quelques décennies ? N’oublions pas ces réflexions lors du débat sur l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Comme pour tout organisme, il existe "un seuil de tolérance" au-delà duquel tout corps est menacé d'éclatement, de dissolution, de désintégration. Dans ce contexte, vouloir introduire la Turquie dans l'UE, tient de l'inconscience. Une telle démarche représenterait un véritable suicide pour une Europe qui peine à sauver son identité et ne parvient déjà pas à se construire. La Turquie n'est européenne ni géographiquement, ni historiquement, ni culturellement. Elle a toujours été pour elle un danger et une menace. [...]

L'Europe est aujourd'hui menacée dans ses fondements, dans son âme. Il est grand temps d'en prendre conscience. L’Europe doit  défendre à tout prix son identité. Ce n'est pas un droit, c'est un devoir – un devoir vis-à-vis des générations futures et de l'ensemble de l'humanité."[...]

Henri Boulad, sj,

Chrétien égyptien d’origine syrienne,
Directeur du Centre Culturel Jésuite d'Alexandrie,
Ancien recteur du Collège des Jésuites au Caire,
Et ancien vice-président de Caritas Internationalis pour le Monde arabe.

Alexandrie, 27 juin 2011

Posté le 2 mai 2016 à 15h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 avril 2016

L'Europe a besoin de la Pologne et la Pologne a besoin de l'Europe

Le discours d’Andrzej Duda, président de la République de Pologne, le 15 avril dernier, à l’occasion du 1050ème anniversaire du baptême de Mieszko Ier, le premier souverain polonais est à lire en intégralité sur le blog d'Yves Daoudal. Cela a autrement plus d'allure et de grandeur d'âme que la farce de François Hollande sur France 2. Extrait du discours  :

1793649417"Le baptême de Mieszko Ier est l'événement le plus important de toute l'histoire de l'Etat polonais et de la nation polonaise. Je ne dis pas : ce fut, je dis : c’est, car la décision prise par notre premier souverain historique a prédéterminé tout l'avenir de notre pays. Notre héritage chrétien continue de façonner les destinées de la Pologne et de chacun d'entre nous, nous le peuple polonais, jusqu'à ce jour. C’est ce que le Saint-Père Jean-Paul II avait en tête quand il a observé : « Sans le Christ, on ne peut pas comprendre l'histoire de la Pologne. »

La tradition veut que le baptême du chef des Polanes eut lieu le samedi saint 14 avril 966. Et c’est alors, à ce moment-là, que la Pologne est née. Elle a émergé des eaux baptismales pour une nouvelle vie chrétienne (…)

En se faisant baptiser, nos ancêtres ont défini le noyau autour duquel la magnifique nation polonaise se formerait. Et aux moments les plus sombres, quand nos ennemis essayaient de détruire l'Église pour que s’effondrent les bases de notre identité polonaise, le peuple polonais défiait cet objectif et se massait dans les temples, poursuivant dans son sens de la communauté, et témoignant ainsi de la sagesse éternelle de la décision prise jadis par nos ancêtres.

C’est pourquoi l’année 966 est le point de repère le plus important de notre histoire. Par notre cérémonie solennelle de ce jour, nous célébrons le 1050e anniversaire de la naissance de notre nation et notre patrie. C’est un honneur insigne et une grande joie que nous soyons tous réunis ici à Poznań, le siège du premier évêché sur le sol polonais ; avec les plus hautes autorités de la République, l'épiscopat et le clergé de l'Église catholique et les autres communautés chrétienne (…)

Nous, le peuple polonais, avons lutté pendant 27 ans, d'abord sous un régime imposé par les forces d'occupation allemandes, puis par les communistes après la guerre. Le premier et le second ont travaillé de la même façon à affaiblir et à briser le lien entre notre nation et l'Église. Ils comprenaient que de cette façon, ils ébranleraient les fondements mêmes de notre communauté, qu'une nation privée de son ancrage spirituel serait facilement remodelée en masses asservies. À cette fin, les nazis ont mis en œuvre une terreur sanglante. Les communistes au pouvoir après la guerre ont cherché à ce que le peuple polonais se détourne du christianisme. Ils ont promu une idéologie athée, ont persécuté les prêtres et les fidèles. Ils sont même allés aussi loin que d'emprisonner le Primat de Pologne. Et en ces jours, le cardinal Stefan Wyszynski eut l’inspiration de protéger l'identité polonaise et chrétienne de la nation contre l'endoctrinement et la répression en organisant une grande retraite nationale (…) On peut affirmer avec certitude que, grâce à l'initiative du Primat du Millénaire, l'ensemble de la nation polonaise a renforcé ses liens avec son héritage chrétien (…)

Les-nationalits-13-728Voilà pourquoi rejoindre le domaine de la civilisation chrétienne, dans son rite latin, représentait une véritable avancée pour nous. Les trois piliers de cette civilisation sont également devenus les piliers de l'identité et de la culture polonaises.

Le premier des trois piliers fut et reste la philosophie grecque, ou l'amour de la sagesse (...) Le deuxième pilier fut et reste la pensée juridique romaine et le concept de gouvernement. L'idée de la primauté du droit. L'idée d'une république, à savoir un Etat qui est un bien commun des citoyens qui le régissent (...) Le troisième pilier fut et reste le noyau de la pensée chrétienne : l'Ancien et le Nouveau Testament, le Décalogue et l'Evangile (...)

A la veille de l'adhésion de la Pologne à l'Union européenne, le Pape Jean-Paul II a souligné que c’était une excellente occasion pour notre nation d'enrichir spirituellement l'Occident, le même Occident qui jadis nous avait apporté la foi chrétienne. L'Europe a besoin la Pologne, et la Pologne a besoin de l'Europe, a déclaré le Saint-Père. Voilà pourquoi, pour rendre hommage à nos prédécesseurs prévoyants d'il y a 1050 ans, je voudrais dire catégoriquement aujourd'hui que, conformément aux instructions de notre grand compatriote, la Pologne est et restera fidèle à son héritage chrétien. Car c’est dans cet héritage que nous avons une base solide et éprouvée pour l'avenir.

Posté le 20 avril 2016 à 07h47 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)

19 avril 2016

Mum, Dad & Kids, l'initiative citoyenne européenne pour la famille Père-Mère-Enfant

XVM80f8a06e-0567-11e6-887f-20765dd48cc9Lu ici :

"Composé de représentants de sept pays européens, le comité Mum, Dad & Kids vient de lancer une initiative citoyenne. L'objectif? Faire adopter par l'Union européenne une définition du mariage et de la famille unique, «socle commun» à tous les Etats membres. «Le mariage est l'union durable d'un homme et d'une femme», aimeraient-ils faire apparaître dans la législation communautaire. En décembre dernier, la Commission européenne a validé cette initiative. Mais pour qu'il soit examiné, ce texte doit rassembler, avant avril 2017, au moins un million de signatures dans plus de sept pays différents.

«Les fondateurs de l'Union européenne avaient prévu que le principe de subsidiarité s'applique à tout ce qui concerne la famille: celle-ci est sous l'entière responsabilité des États membres, indique le comité Mum, Dad & Kids sur son site. Pourtant, depuis quelque temps, les textes européens évoquent de plus en plus souvent la famille. Certains textes vont même jusqu'à la définir… mais ces définitions diffèrent d'un texte à l'autre». Autre inquiétude: ces «nombreux rapports votés ces dernières années concernant la filiation: ils traitent, par exemple, des «droits procréatifs».»[...] [I]l ne s'agit pas d'imposer un modèle, mais de s'assurer que le droit de la famille reste du ressort des États membres».[...]

L'idée est donc de «redonner une cohérence à la législation européenne dans le domaine de la famille, souligne Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour tous. Cela ne changera rien pour les pays qui ont adopté le mariage homosexuel, ni d'ailleurs pour ceux qui ne l'ont pas fait. Cela ne fera que sécuriser le respect, par l'UE et par chaque État membre, des différentes législations nationales»."

La pétition à signer est ici.

Posté le 19 avril 2016 à 14h57 par Marie Bethanie | Lien permanent

Le geste du pape François souligne toute la complexité de la situation

L'acte de charité, à portée évangélique mais aussi politique, posé par le Pape François n'en fini pas d'entraîner des commentaires. Voici le billet de Maxime Tandonnet, spécialiste des questions d'immigration en France :

"Le geste du Pape, qui s’est rendu à l’île de Lesbos à la rencontre des migrants pour en ramener une dizaine dans l’avion  du Vatican, suscite chez moi un océan de perplexité. D’abord, comme chef de l’Eglise catholique, dont le message est fondé sur « l’amour du prochain », son attitude appelle un immense respect. Elle pointe du doigt le sort atroce qui est réservé à des êtres humains sur le sol de l’Europe, enfermés derrière des barbelés. En tant qu’autorité religieuse et morale, François pouvait difficilement faire moins.

Son attitude  souligne cependant toute la complexité de la situation. L’Europe est l’une des régions les plus ouvertes de la planète, accueillant en temps ordinaire, en moyenne annuelle, 1,4 million de personnes, auxquels se sont ajouté plus d’un million de migrants en 2015. Terre de stabilité et de prospérité au milieu d’un monde en pleine ébullition, elle représente un Eldorado, un espoir de bonheur pour des centaines de millions d’hommes qui vivent dans la guerre, la dictature ou la misère et le désœuvrement. Or, elle n’a pas les moyens d’une hospitalité sans limite. Ses capacités de fournir un emploi, un logement, des conditions de vie dignes aux populations venues de l’extérieur ne sont pas indéfiniment extensibles. La psychologie de ses peuples ne se prête pas non plus à un accueil illimité. Sauf à plonger l’Europe dans le chaos de gigantesques poches de détresse et la certitude, à moyen terme, d’un retour aux fureurs nationalistes et racistes sur le continent, il est impératif de marquer des limites à ce flux migratoire.  En outre, encourager les arrivées clandestines en Europe fait le jeu des filières esclavagistes et meurtrières qui accumulent des fortunes gigantesques en envoyant des malheureux soit à la mort par noyade, soit à l’impasse des fils de fer barbelés ou de l’exclusion. L’Europe et de ses Etats ont en revanche une responsabilité cruciale dans la stabilisation des régions en guerre et le développement économique des régions les plus démunies. 

Le Pape François avait-t-il en tête, quand il a accompli son geste médiatique, toutes ces données d’un sujet d’une difficulté inouïe ? Je me le demande en toute sincérité. Une question pour finir:  sa Sainteté ne pourrait-elle se rendre demain à Bagdad pour apporter aussi un soutien symbolique aux chrétiens d’Irak et de Syrie victimes d’un atroce génocide, mais déterminés à rester chez eux dans une région qui est le berceau du christianisme ?"

Posté le 19 avril 2016 à 12h08 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

18 avril 2016

De l'objection prudentielle à une politique d'acceptation d'une d'immigration massive

Sur son blog, Bernard Antony explique pourquoi il n'apprécie guère la décision du pape François de ramener de Lesbos des immigrés musulmans :

"(...) Son geste consistant à ramener avec lui à Rome 12 quémandeurs d’asile, tous musulmans, s’inscrit évidemment dans sa « praxis », mot jusqu’ici du vocabulaire et de l’idéologie marxiste, signifiant que l’action est supérieure au Verbe. François l’a utilisé dans sa dernière exhortation post-synodale (...). À Lesbos il a voulu accomplir une action à haute portée significative allant en effet au-delà de ses appels et de sa pression politique sur les États européens et leurs institutions pour des mesures d’accueil sans limite et sans aucune discrimination de toutes les populations désireuses de s’installer en Europe.

Or, si les unes fuient la guerre, très nombreuses sont celles aussi qui migrent dans l’espoir de meilleures conditions de vie et de protection sociale. Mais le pape entend manifestement balayer toute objection prudentielle sur les déséquilibres et les nouvelles situations conflictuelles qu’entraîneront toujours plus des implantations massives de populations dont l’assimilation à la culture de ceux qui les reçoivent ne sera pas forcément la préoccupation essentielle.

On sait combien il traite avec impatience ceux qui lui parlent des dangers d’un tel processus pour le présent et l’avenir du bien commun des nations européennes. François d’évidence n’est pas dans la continuité des soucis de saint Jean-Paul II qui lançait son exhortation pressante : « Tenez à l’identité culturelle de vos nations comme à la prunelle de vos yeux !». Et qui, dans son livre testament « Mémoire et identité » exaltait le modèle de « Jean III Sobieski qui sauva l’Europe du danger ottoman à la bataille de Vienne en 1683 – Victoire qui éloigna ce danger pour l’Europe pour une longue période » (ed. Flammarion, p 168).

François, indéniablement, ne veut pas considérer le refus explicite d’accueil de réfugiés musulmans par la plupart des 57 pays d’islam, et notamment les plus riches, tous adhérents à l’OCI (l’Organisation de la Coopération Islamique), institution fondamentale de « l’oumma » islamique. À ceux-là, il ne réclame rien ! Aussi les migrants musulmans, en très grande majorité rejoignent quasi inéluctablement les territoires de forte implantation en Europe de cette « oumma » où s’imposent totalitairement en tous domaines les prescriptions de la loi islamique, la charia.

Même s’il semble qu’il n’ait guère lu le Coran et les Hadîths qui, contrairement à ce qu’il affirme sans savoir, ne sont pas des livres de paix et de tolérance, François ne peut ignorer ce qu’il en est toujours en pays dominés par l’islam des populations non musulmanes dites « gens du livre », chrétiennes, juives, zoroastriennes. Elles sont vouées à un sort oscillant « entre jihâd et dhimmitude » selon l’expression de la grande historienne juive Bat Ye’Or.

La praxis de François non seulement n’incite pas à une politique de solidarité prioritaire pour nos frères chrétiens persécutés mais il pose un acte à des fins d’exemplarité. Veut-il  que soit prépondérante l’implantation en Europe des masses islamiques alors que s’enflent les vagues migratoires des fidèles de l’oumma en un phénomène que nous avons qualifié de « tsunamigration » ?

On pourra toujours débattre pour savoir si François entendait imposer une politique selon sa charité ou une charité selon sa politique. Mais il nous semble que la charité en politique, avait toujours pour le moins consisté à épargner aux peuples des politiques s’étant avérées catastrophiques pour d’autres (...)"

Posté le 18 avril 2016 à 13h37 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

16 avril 2016

Angers, 22 avril : concert "Splendeurs de la liturgie des défunts"

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Posté le 16 avril 2016 à 13h15 par Marie Bethanie | Lien permanent

10 avril 2016

Chers prêtres, je vous en prie, formez-nous !

Le cri du coeur d'une étudiante aux prêtres :

[...] "Enseignez- nous !

Ce n’est pas que vous n’aimez pas nous former, mais vous estimez que vous n’avez pas le temps, pas la motivation, pas reçu l’appel pour cela, ni le charisme, ni les intuitions nécessaires, que cela n’entre pas dans le périmètre de votre ministère. Les quelques étudiants qui entendent vos homélies le dimanche ne vous entendent que là, pour la plupart. Les professeurs, eux, nous parlent durant des heures et des heures, cinq jours par semaine. Et vous, de combien de temps disposez-vous ? Dix, peut-être quinze minutes à consacrer à chacun ? Une fois par semaine au maximum ? C’est un défi sans doute impossible mais, je vous en prie, pendant ce temps dont vous disposez pour atteindre nos âmes, enseignez-nous quelque chose !

Vous trouvez peut-être que la seule façon d’inciter ces quelques jeunes à continuer d’aller à la messe est d’édulcorer le message : ne pas trop mentionner les règles, les exigences, les engagements… Me permettez-vous de vous dire ce que nous voulons vraiment entendre ? Oui ? Alors dites-nous que les règles sont importantes, proclamez quelles sont ces règles, montrez combien elles peuvent nous structurer et… donnez-nous l’exemple !

Dites-nous que Dieu nous aime. Dites-nous combien Il nous aime !
Dites-nous que Dieu veut que nous nous repentions de nos fautes et aidez-nous à recourir aux sacrements.
Dites-nous que, quoiqu’il arrive que Dieu ne nous abandonne pas.
Dites-nous que nous valons plus que la note que nous obtenons, ou que le nombre de nos amis.
Dites-nous que nous ne sommes pas dignes de l’amour de Dieu, mais que l’amour qu’il nous donne nous rend dignes du meilleur !
Dites-nous qu’en raison de cet amour nous valons mieux que tout ce que nous pourrions même imaginer.
Dites-nous que nous sommes ici pour une raison ; que Dieu a réservé pour nous quelque chose à faire ; qu’Il ne commet pas d’erreur et que, par conséquent, nous ne sommes pas une erreur dans le monde.
Dites-nous que la chose que Dieu désire le plus n’est pas que nous ne nous trompions jamais, mais que nous l’aimions toujours.
Dites-nous pourquoi ont été faits notre corps et notre esprit.
Dites-nous que Dieu nous a créés pour que nous soyons saints – et que nous pouvons être saints.
Dites-nous que les saints sont fascinants, qu’ils sont nos meilleurs exemples et nos amis célestes.
Enseignez-nous la miséricorde divine !
Enseignez-nous sur le ciel. Parlez-nous aussi de l’enfer et dites-nous que l’un et l’autre sont réels.
Enseignez-nous pourquoi ce que nous faisons a de l’importance et dites-nous ce qui est important toujours.
Enseignez-nous à imaginer la grandeur, la hauteur, la largeur et la profondeur de Dieu.
Dites-nous que Dieu est avec nous, toujours !

Nous avons besoin des bases mais pas seulement ! Aucun enfant n’a jamais décidé tout seul de se spécialiser dans les mathématiques après avoir appris que 2 + 2 = 4. Allez au-delà des notions de base. Parlez-nous des mystères à contempler et aidez-nous à réfléchir et à les approfondir ; dîtes-nous comment les mystères éduquent notre pensée, nous apprennent à nous poser des questions, à étudier et à aimer.

Combien de temps avez-vous passé au séminaire ? Parlez-nous un peu de ce que vous y avez appris ! Donnez-nous votre témoignage personnel et soyez nos exemples dans la vie quotidienne !
Nous commençons seulement à découvrir que rien sur terre ne peut nous satisfaire. Dites-nous pourquoi !
S’il vous plaît, enseignez-nous tout cela et beaucoup plus encore ! Je ne pense pas que les autres devraient essayer de découvrir tout cela, tout seuls. S’il vous plaît, enseignez-nous !"

J'en profite pour remercier tous les prêtres (et il y en a, beaucoup, même !) et les religieux qui donnent leur vie pour aider les parents souvent démunis dans l'enseignement religieux de nos enfants : qu'ils sachent que lorsqu'ils ont parlé clair et sans fard à nos enfants de la douce exigence de l'amour de Dieu, ils ont fait oeuvre de miséricorde ! Merci.

Posté le 10 avril 2016 à 10h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

04 avril 2016

Le pont aérien du grand remplacement est activé

Dénoncé par l'auteur du 7ème Scénario et de la 8ème Plaie.

Ce 4 avril le pont aérien migratoire entre l'Asie et l'Europe entre en activité, d'abord à une échelle expérimentale et rassurante.

Communication oblige, les premiers avions ont débarqué les heureux élus à Hanovre, en Allemagne. Discrétion oblige, la presse n'a pas mentionné les aéroports concernés en France, aux Pays-Bas et en Finlande, certainement des aéroports internationaux desservant la Turquie. Communication oblige, les premiers amenés sont des familles avec enfants. Discrétion oblige, les jeunes hommes seuls, qui constituent l'essentiel des flux manoeuvrés par la Turquie, ne commenceront à être amenés qu'après que les journalistes aient fait leur moisson de photos familiales émouvantes et quitté les aéroports.

L'opinion européenne passive a appris la mise en place de ce pont aérien avant-hier 2 avril, bien qu'une nouvelle voie d'entrée "dans l'Union Européenne d'une manière ordonnée" (mémo 15-5777 de la Commission Européenne du 5 octobre commenté par Stratediplo le 15), aux modalités pratiques imprécisées, ait été annoncée dès la signature de l'accord turco-uniopéen du 18 mars, accord dont l'idée avait été évoquée publiquement par la Commission Européenne le 7 mars. Seuls les lecteurs de la Huitième Plaie savaient depuis le 20 janvier qu'un pont aérien serait prochainement mis en place.

On pensait que le prétexte initial en serait un incident humanitaire dans la neige hivernale, cependant les étapes ont pu être brûlées grâce à l'accord léonin proposé par la Turquie après l'annonce, par dix pays de transit, du rétablissement du contrôle de leurs frontières terrestres fin février. C'est dans le cadre de cet accord que l'Union Européenne a officialisé la reconduction de sa subvention de trois milliards d'euros à la Turquie (annoncée par Stratediplo le 29 novembre), la reprise du processus d'admission de la Turquie parmi une Union Européenne réduite aux membres que la Turquie accepte de reconnaître (et n'occupe pas militairement come Chypre), et l'accélération de la levée de l'obligation de visa pour les porteurs de passeport turc.

En échange la Turquie prétendait accepter le retour des clandestins débarqués en Grèce par les Turcs et désormais bloqués en Grèce, ce qui n'est en réalité que l'application du droit international puisque tout intrus clandestin doit être refoulé vers le pays en provenance duquel il vient de s'introduire illégalement, qu'aucun pays ne peut accorder à un étranger un permis de transit (écrit ou tacite) vers un pays tiers qui n'a pas accordé d'autorisation d'entrée, et que tout pays est tenu de contrôler ses frontières et reste responsable des actions (incursions par exemple) menées à partir de son territoire vers les pays tiers. En pratique la Turquie a effectivement accepté aujourd'hui, pour la presse, le raccompagnement de 131 étrangers qui avaient fait intrusion illégalement en Grèce à partir de la Turquie, à la quasi-surprise d'ailleurs du maire et de la capitainerie du port de retour Dikili qui n'ont reçu aucune instruction du gouvernement turc. Les hors-la-loi ramenés étant essentiellement des Pakistanais et des Bengalis dont les pays refusent le retour, la Turquie tentera de les faire accepter par l'Union Européenne, comme tels ou comme prétendus Syriens.

Le chiffre annoncé pour cette première phase du pont aérien est, selon l'accord du 18 mars, de 72000… "dans un premier temps" (selon l'expression désormais habituelle), et sera distribué selon la clef de répartition adoptée définitivement en septembre, en l'occurrence 20% pour la France qui a durement négocié pour obtenir plus que les misérables 14,17% que la Commission Européenne lui avait proposés en mai. Evidemment ces effectifs s'ajoutent à ceux des réinstallations durables et des relocalisations temporaires décidés l'année dernière, à titre essentiellement symbolique puisque portant sur moins d'un dixième du total des volontaires qui ont répondu à l'appel à l'intrusion illégale massive lancé par Angela Merkel et François Hollande le 25 août. Ce chiffre de 72000 sera donc, comme les précédents, rapidement dépassé.

En vérité l'objectif d'un demi-million de Syriens certifiés à transférer directement de Turquie par voie aérienne, évoqué par Stratediplo dès octobre (bien avant la révélation d'un "accord secret" par Viktor Orbán), avait certainement déjà été augmenté en novembre et il n'est pas illogique de déduire qu'il ait été porté à un million et demi. Autant dire que ces vols concernant la fin de l'avant-garde (les primo-arrivants) ne font que commencer .

Mais l'opération a surtout pour objet de familiariser les opinions européennes à la phase aérienne de cette "migration de remplacement", pour reprendre le titre du rapport de l'ONU du 21 mars 2000, par les images de ces familles souriantes qui commencent à descendre en ordre des avions qu'on leur a envoyés, tellement moins inquiétantes que les hordes de jeunes hommes qui enfonçaient de force les barrières frontalières en hurlant Allah Akhbar, l'année dernière.

Car la phase suivante, sans préjudice des accords annoncés ou secrets avec la Turquie, et dès qu'on aura terminé la régularisation des deux millions d'intrus entrés par effraction dans l'espace Schengen l'année dernière, ce sera l'affrètement des vols plus lointains pour la mise en oeuvre de leur regroupement familial, estimé au bas mot à douze millions (six ayants-droit par ex-hors-la-loi). Il ne s'agit là que des douze millions d'ayants-droit au titre des deux millions d'intrus de 2015, pas encore des ayants-droits au titre des transférés aériens directs de 2016.

En faisant le point des événements de 2015 et de leurs conséquences, on annonçait dans la Huitième Plaie le plus gros pont aérien qu'ait connu la courte histoire de l'aviation. Il a été inauguré ce 4 avril.

Posté le 4 avril 2016 à 21h17 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (2)

31 mars 2016

L’indépendance irlandaise et l’Église

Tallandier-2-149e7A l'occasion de la sortie du dernier livre d'Alexandra Slaby, Histoire de l’Irlande. De 1912 à nos jours (éditions Tallandier), Thibault Corsaire du blog Le Rouge et le Noir mène un entretien très intéressant avec l'auteur, sur les liens entre l'indépendance irlandaise et l'Eglise catholique. Quelques extraits :

"(Alexandra Slaby est universitaire. Maître de conférences en anglais à l’Université de Caen Normandie, elle a consacré sa thèse aux politiques culturelles irlandaises. Cette thèse fut à l’origine d’un ouvrage intitulé L’État et la culture en Irlande, préfacé par le Président irlandais Michael D. Higgins. Mme Slaby est également rédactrice en chef de la revue universitaire Études irlandaises.)

[...]Le Rouge & le Noir : En plein milieu de ce conflit mondial, l’insurrection nationaliste éclate à Dublin le 24 avril 1916. Comment réagit l’Église face à ces événements dramatiques ? Observe-t-on des différences entre la hiérarchie et le clergé ordinaire ?

Alexandra Slaby : L’Église avait d’abord excommunié les membres de l’Irish Republican Brotherhood (IRB), l’organisation secrète vouée à l’indépendance de l’Irlande au prix de la lutte armée. Les organisateurs de l’insurrection du lundi de Pâques 1916 appartiennent à l’IRB. Mais la répression disproportionnée par l’armée britannique (6000 soldats face à 1600 insurgés, Dublin bombardée) et l’exécution des leaders de l’insurrection marquent un tournant dans par perception de l’insurrection et des insurgés. Le Vatican appelle au retour au calme et la hiérarchie ne peut soutenir la violence. Elle condamne comme non-orthodoxe l’appropriation du sacrifice christique par Patrick Pearse, le leader de l’insurrection qui lit sur le pas de la Grand-Poste de Dublin la Proclamation de la République irlandaise, texte pétri de son catholicisme mystico-nationaliste. Mais seuls 7 évêques sur 31 condamnent ouvertement l’insurrection de Pâques 1916. Les autres gardent le silence. Pendant ce temps, les prêtres embrassent ouvertement les idéaux de 1916 et disent des messes pour le repos de l’âme des rebelles exécutés. Et on commence à prier « Saint Pearse », en un processus de véritable sanctification populaire des insurgés devenus héros et martyrs. L’Eglise est en première ligne dans le combat contre l’imposition de la conscription en 1918 et dans la presse catholique les prières pour « les braves Tommies irlandais » laissent place insensiblement aux prières « pour nos braves prisonniers du Sinn Féin ».

Le Rouge & le Noir : Parmi les grandes figures de l’insurrection de Pâques, toutes ne sont pas catholiques, mais la plupart le sont. La Proclamation de la République évoque Dieu au début et à la fin. Quelle est la place du catholicisme dans la foi nationale des insurgés, et quelle est leur foi tout court ?

Alexandra Slaby : Le concept de « foi nationale » est très intéressant et fécond tant il s’applique à la situation irlandaise au début du vingtième siècle, et à Patrick Pearse en particulier, le père spirituel des insurgés et le père spirituel de l’IRA des années plus tard dans le Nord... On l’a vu, l’Église condamne la récupération de la doctrine du sacrifice christique par les insurgés républicains en 1916. Patrick Pearse affiche un catholicisme ascético-mystique pas tout à fait orthodoxe. Il incarne véritablement une « foi nationale » dans la mesure où il s’imagine en Christ-Cuchulainn (du nom du héros de la mythologie celtique), défenseur de la race irlandaise. Et à cet égard, la Proclamation qu’il a rédigée peut être vue comme la profession de cette foi nationale. Si les organisateurs du soulèvement ont été excommuniés en tant que membres de l’IRB, ils restent attachés à leur foi catholique et récitent le chapelet dans la Grand Poste de Dublin et dans les autres bâtiments de la capitale qu’ils prennent d’assaut. Parmi eux, on compte un agnostique mais aucun protestant.

Le Rouge & le Noir : Quel rôle l’Église catholique occupera-t-elle dans la politique et la société irlandaises au cours des années suivantes, depuis le traité de Londres (décembre 1921) jusqu’à la Constitution conservatrice de de Valera (1937) ?

Alexandra Slaby : Un rôle prépondérant. Elle dispose de moyens matériels, humains et spirituels. Elle subvient aux besoins d’un nouvel État indépendant et impécunieux en prenant en charge la santé publique et l’éducation nationale. En chaire, les prêtres donnent des consignes de vote et peuvent faire et défaire les réputations. Ils ont un moyen de pression redoutable : l’administration des sacrements. Les tensions récentes, les excommunications et autres condamnations de violences révolutionnaires sont vite oubliées.
Les politiques s’empressent donc de poser auprès des prélats et affichent maintes démonstrations de piété. On le voit notamment lors de la tenue à Dublin du Congrès Eucharistique de 1932. On vient de fêter le centenaire de l’émancipation catholique de 1829. La préparation et les moyens mis en œuvre pour célébrer ce mariage de l’État et de l’Église sont considérables. Un million de participants, plus de 315 millions d’heures de messes, prières et d’adoration… G. K. Chesterton en a été fort impressionné ; il faut lire son Christendom in Dublin et ses Dublin Impressions (non traduits hélas mais qui valent l’effort) dans les œuvres complètes. Par la suite, l’Église catholique tentera de combattre les tentations centralisatrices et dirigistes des gouvernements irlandais notamment lorsqu’ils sont dirigés par Eamon de Valera qui, tout en étant fervent catholique lui-même, est soucieux de montrer qui gouverne. De Valera fonde le parti Fianna Fáil. Le parti d’opposition, Cumann na nGaedhael, qui devient Fine Gael, est plus soucieux de suivre la doctrine sociale de l’Eglise et notamment le corporatisme et la subsidiarité qui limitent le rôle de l’Etat au profit de corps intermédiaires. Ces idées seront bientôt marginalisées, le Fianna Fáil prenant l’ascendant.

Mais sur les questions morales, les deux partis dominants se retrouvent dans la condamnation de la culture matérialiste, sensualiste et décadente en provenance d’Angleterre, la condamnation du divorce, de la contraception et de l’avortement. Il y a un consensus sur la destinée de l’Irlande d’être « un havre de vertu dans une mer de vice ». La contraception ne sera autorisée qu’en 1980 et avec de fortes restrictions, l’homosexualité est décriminalisée en 1993, le divorce est permis en 1995, et l’avortement n’est encore autorisé que si la vie de la mère est en danger. C’est dire si la Constitution de de Valera a façonné la culture irlandaise de manière durable.
De Valera avait soin de ne pas faire du catholicisme la religion d’État, mais les églises sont pleines, les séminaires et les écoles aussi"[...]

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Posté le 31 mars 2016 à 12h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

29 mars 2016

Un crucifix viking retrouvé au Danemark

IndexLa trouvaille par un promeneur danois d'un crucifix datant de l'ère Viking pourrait amener à revoir l'histoire de la christianisation de ces contrées :

"Un crucifix viking a été retrouvé au Danemark, rapporte Radio Vatican en italien, le 28 mars 2016 : une découverte qui pourrait faire réécrire une page de l’histoire du christianisme, fait observer le président de l’Académie pontificale des arts et lettres, Rodolfo Papa.

Le danois Dennis Fabricius Holm était sorti se promener avec son détecteur de métaux. Sa passion : chercher les trésors. Il était en train d’explorer un champ aux abords de la ville d’Aunslev (Østfyn, Danemark) quand tout à coup son appareil se mit à sonner. L’objet repéré et déterré est un petit crucifix que l’explorateur a photographié puis posté sur Facebook, attirant l’intérêt d’autres passionnés qui lui ont conseillé de s’adresser à un musée. Selon les experts, Fabricius a fait une découverte extraordinaire : cette croix daterait de la première moitié du Xe siècle, et pourrait prouver que le christianisme était présent au Danemark bien avant qu’on ne le suppose jusqu’à maintenant, fait observer Radio Vatican.

Pour Rodolfo Papa, « l’intérêt dans cette découverte c’est que cette petite breloque – d’environ 4 cm – appartenant probablement à une femme, nous ouvre à l’hypothèse de contacts avec les populations environnantes » : « Nous savons que les Vikings bougeaient énormément par bateaux, naviguant sur leurs eaux mais partant aussi à la conquête progressive des côtes européennes, jusqu’à finir en Méditerranée, environ un siècle plus tard. Il n’est donc pas improbable qu’au cours d’expéditions menées en Angleterre ou en Irlande, voire dans des territoires plus proches, quelqu’un ait réussi à entrer en contact de manière plus profonde. Car, il est vrai que les contacts étaient généralement fugaces : ils arrivaient, prenaient tout ce qu’il y avait à rafler et s’en allaient… Mais, il est possible aussi que quelqu’un soit reparti en emportant avec lui quelque chose ou quelque jeune chrétien fait prisonnier, quelque religieux… bon, ne laissons pas courir notre imagination… Mais, il est clair qu’il a pu se passer beaucoup de choses. »[...]

Nous pourrions donc déplacer de 50 ans en arrière, voire 100 ans les contacts pour une approche de christianisation. Et cela pourrait être extrêmement intéressant, car les signes que l’on voit sur ce petit bijou ont vraiment des liens avec une tradition celte, connue pour ses incisions très marquées. Il n’est donc pas question d’occidentalisation mais de christianisation, d’un début de christianisation culturelle, comme dans la culture viking, bien précise. »"[...]

Pour aller plus loin.

Posté le 29 mars 2016 à 16h00 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (6)

25 mars 2016

Terrorisme: on ne déclare pas la paix ! Face au fondamentalisme islamiste, l’hésitation est fatale

BockMathieu Bock-Côté est sociologue, auteur de La dénationalisation tranquille (Boréal, 2007). L'article "musclé" dont voici des extraits est paru initialement dans Le Journal de Montréal et publié par Causeur :

"Les attentats qui ont frappé la Belgique provoquent chez certains d’étranges sentiments : ils se disent las, ils voudraient que cela cesse par enchantement et ils en appellent surtout à la venue sur terre de la Paix, à la manière d’un principe rédempteur venant civiliser les hommes et les empêchant de s’entretuer. Ils voudraient qu’on déclare la Paix à l’humanité, et que chacun, inspiré par ce grand élan du cœur, range ses fusils et ses bombes. Quand une bombe saute dans un métro, ils publient sur les réseaux sociaux des symboles de paix et chantent Imagine ou Give Peace a Chance. Il y a peut-être quelque chose de beau dans cette conviction sincère que l’amour nous sauvera. Il y a aussi peut-être une forme de naïveté aussi exaspérante que paralysante.

La paix n’aura pas lieu

Car en attendant la parousie, en attendant cette sublime délivrance, ce ne sont pas les déclarations de paix qui sauveront les peuples et les protégeront mais la résolution à faire la guerre à un ennemi intérieur et extérieur, l’islam radical, qui s’est décidé quant à lui à humilier et soumettre la civilisation européenne. Devant le fondamentalisme islamiste, ses militants résolus et ses convertis qui sont manifestement attirés par sa fureur guerrière et sa cruauté revendiquée, il faut d’abord compter sur de bons services de renseignement, sur des policiers aguerris, sur des soldats d’expérience, sur des frontières efficaces et sur une ferme volonté de le combattre. En un mot, il faut avoir les moyens de se défendre, de le combattre et de le vaincre.

La guerre. Pour bien des Occidentaux, c’est un gros mot. Et répondre par la guerre à la guerre, ce serait apparemment une réponse simpliste. Nos bons esprits progressistes qui n’en finissent plus d’admirer leur propre grandeur d’âme voudraient qu’on se penche plutôt vers les racines profondes de l’hostilité entre les hommes et refusent de comprendre, parce que cela offusquerait leurs principes, que la violence est constitutive de l’histoire humaine. On peut la réguler, la contenir, la civiliser même: on ne pourra jamais l’éradiquer et en venir à bout une fois pour toutes.

Nos bons esprits, en un mot, s’imaginent toujours que la réponse militaire à une agression terroriste est une dérive populiste faite pour alimenter les simples d’esprit. Ils souhaiteraient qu’on parle d’exploitation sociale, de lutte à la pauvreté, de dialogue entre les civilisations. Ils s’imaginent que si chacun s’ouvrait à l’Autre, l’humanité se délivrerait des conflits (sans s’imaginer qu’en connaissant mieux l’autre, il se peut qu’on s’en méfie davantage). Ils veulent se réfugier dans la stratosphère des discours généreux et pacifistes pour éviter d’avoir à sortir leurs canons, leurs fusils et leurs blindés. Ils veulent s’extraire du conflit au nom de la conscience universelle  et surplomber les camps en présence. En d’autres mots, ils veulent fuir le réel qui égratigne leurs principes splendides.

La violence, en quelque sorte, est un fait anthropologique irréductible, et il est sot de croire qu’un jour, les hommes vivront à ce point d’amour qu’il n’y aura plus entre les groupes humains des conflits à ce point profonds qu’ils puissent dégénérer en conflits armés. La guerre est l’expression politique de la violence.[...]

Entre le fanatisme des enragés d’Allah et le laxisme mollasson de sociétés occidentales, il y a un contraste fascinant et on ne peut que souhaiter que ces agressions à répétition contre des villes et des pays au cœur de la civilisation européenne réveillent leur instinct civique pour l’instant endormi. L’histoire est une source infinie de méditation et de méditations. Ce n’est pas un drapeau blanc qui a stoppé Hitler mais la ferme résolution des alliés à lui faire la guerre pour le vaincre et éradiquer le nazisme. Ce ne sont pas de belles âmes dissertant sur la paix universelle qui ont empêché l’armée rouge d’occuper l’Europe occidentale mais l’armée américaine qui y avait installé ses bases.

De même, devant l’islamisme, qui bénéficie à la fois de l’appui d’États étrangers et de réseaux bien implantés dans les grandes villes européennes, et qui peut manifestement frapper n’importe quelle cible, qu’elle soit aussi banale qu’une terrasse de café ou stratégique qu’un aéroport, il faudra apprendre à faire la guerre de notre temps. Devant l’ennemi, il faudra moins pleurer et larmoyer qu’être révolté et en colère. Et d’abord et avant tout, il faudra nommer l’ennemi. Non pas « la religion ». Non pas « le fanatisme ». Mais l’islamisme, qui s’est aujourd’hui juré de casser le monde occidental."

Posté le 25 mars 2016 à 07h43 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (8)

15 mars 2016

Immigration : l’Europe est à elle-même son pire danger

Extrait d'une tribune de Thibaud Collin dans l'Homme Nouveau sur la crise migratoire :

Une-1610"[...] le phénomène actuel est effectivement révélateur de la crise de la civilisation européenne atteinte d’angélisme nihiliste. Car peut-on penser qu’il est anodin que des millions de musulmans arrivent en Europe alors même que l’Europe refuse de se dire à elle-même son identité ? Nous voyons ces derniers jours que l’Union européenne se fracasse sur ce sujet car certains pays, eux conscients de leur identité, refusent la solution procédurale et purement économiste que l’Europe de Bruxelles voudrait leur imposer. Comme le dit magnifiquement Rémi Brague dans Europe, la voie romaine il est urgent que l’Europe assume sa romanité, terme par lequel est désignée la manière dont l’Europe se reçoit de sources qui lui sont antérieures et supérieures, symbolisées par les noms d’Athènes et de Jérusalem. Ce n’est qu’en se plongeant dans sa matrice chrétienne que l’Europe pourra relever le défi de ces grandes migrations afin de transmettre à ceux qu’elle aura choisi d’accueillir la vérité sur l’homme qu’elle a elle-même reçue. « Ce qui serait grave ce serait que l’Europe considère l’universel dont elle est porteuse comme une particularité locale ne valant que pour elle, et qui n’a pas à s’étendre à d’autres cultures. » Dans cette affaire, l’Europe est à elle-même son pire danger."

Posté le 15 mars 2016 à 07h11 par Michel Janva | Lien permanent

09 mars 2016

Les supermarchés Aldi expliquent Pâques et le Carême à leurs clients

Lu sur Aleteia :

Logo_nfr"Aldi est en Allemagne un des leaders du secteur de la grande distribution. Ils ont décidé cette année pour Pâques de raconter à leurs clients la signification de cette fête chrétienne. Dans un petit magazine intitulé « La fête de Pâques expliquée simplement », ils décrivent le déroulement des célébrations pascales du jeudi saint au lundi de Pâques et pourquoi cette fête « est pour les chrétiens encore plus importante que Noël ». Ce sont nos confrères du magazine Pro qui ont repéré cette opération.

Le magazine est conçu également pour les enfants. Les 16 pages montrent avec de belles images les différentes manières et traditions de célébrer la Résurrection du Christ : on peut ainsi apercevoir différents pays et cultures qui tous à leur manière célèbrent cet événement. La marque du supermarché n’est en fait identifiable qu’au dos du magazine, sur la quatrième de couverture : l’opération ne semble ainsi pas répondre à des impératifs simplement commerciaux. Le supermarché a également mis en place une action sur son site internet avec une rubrique qui explique et raconte le sens des célébrations pascales.

On peut ainsi lire dans le magazine : « À Pâques, les chrétiens partout dans le monde fêtent la Résurrection de Jésus Christ, le fils de Dieu ». Le magazine explique ensuite ce qui relie cette fête avec le Carême et les « 40 jours sans » : « Les chrétiens méditent pendant ce temps de jeûne sur la vie du Christ, ses souffrances et sa mort ». Et il s’agit d‘abord, précisent-ils, « de se concentrer grâce à ces renoncements de manière plus intense sur la foi en Dieu »."[...]

On ne sait pas si ce petit magazine a été distribué dans les magasins Aldi en France. Nos lecteurs en sauront peut-être plus ?

Posté le 9 mars 2016 à 08h53 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (11)

08 mars 2016

Etre Française

Un hommage de la fondation Polémia à la femme française, que nous reverrons avec plaisir en ce 8 mars, loin du féminisme stupide et stérile qu'on nous ressasse à longueur de temps :

 

Posté le 8 mars 2016 à 19h37 par Marie Bethanie | Lien permanent


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