30 avril 2017

Max Guazzini : "Je suis favorable à une Europe des nations"

Extrait d'un long entretien donné par Max Guazzini dans Le Progrès :

DYKZaAR5_400x400"Aujourd'hui, la foi est redevenue prépondérante pour vous. Pourtant, vous y avez repris goût il y a quelques années, après une longue parenthèse sans. Pourquoi ?

Je n'en sais rien très honnêtement. Un jour, j'ai décidé de retourner à la messe et j'ai continué... Je ne suis pas intégriste mais comme à Paris, il y a des messes en latin, comme celles que j'avais connu durant mon enfance, je m'y suis retrouvé. Donc tous les dimanches, à midi, j'assiste à celle de la paroisse Saint-Jeanne-de-Chantal. Je fais aussi partie de la chorale. Mais comme je le dis dans mon livre, je vais à la messe par foi ou parfois pour défendre des traditions ou une identité chrétienne, dans un pays en voie de déchristianisation.

On sent que ça vous crispe...

Oui. Les gens qui dirigent veulent absolument tout laïciser. Que la religion ne dirige pas un pays, je l'admets aisément. Mais l'Europe est une terre de tradition chrétienne, donc pourquoi le nier ? Pour moi, le remettre en cause, c'est au choix de l'ignorance ou de la malveillance. Ce qui ne veut pas dire qu'on doit tous croire, mais on est en 2017 après Jésus Christ que je sache ! La foi, c'est un combat, une grâce, une sensibilité.

Il y autre chose qui vous crispe, et vous l'écrivez, c'est le discours politiquement correct qui domine, la culpabilisation permanente, la parole confisquée...

Dès qu'on sort de la norme, de suite, cela génère une bronca médiatique. Dès qu'un politique dit quelque chose, on en fait toute une histoire. J'en viens à regretter le temps où la parole était plus libre. De nos jours, Coluche, Desproges ou Le Luron auraient un paquet d'associations sur le dos. Notre société s'est complètement contractée, notre univers se rétrécit et ça en devient pathétique. Je suis très attaché à la liberté de ton, de conscience, d'expression, mais on ne peut plus rien dire et ça prend des proportions inquiétantes.

Les divers messages portés durant la campagne pour l'élection présidentielle ou la qualité des débats vous donnent-ils espoir de voir les choses évoluer dans le bon sens?

La campagne a été pourrie par des affaires et il y a un trop grand nombre de candidats qui ne sont là que pour exister. Cela empêche le vrai débat entre les gens susceptibles d'être élus. Avant le deuxième tour, tout est souvent diffus, ça a un côté un peu télé-réalité. Et la façon dont certaines chaines d'info traitent la chose n'arrange rien, surtout avec des partis-pris sous-jacents. J'irai voter, comme toujours. Des gens sont morts pour ça. La dernière fois que je n'ai pas voté, c'était pour le référendum sur Maastricht. Dans un sens, tant mieux (rires).

Vous êtes contre l'Europe, donc...

Je suis favorable à une Europe des nations, avec chaque pays gardant sa culture, ses régions. Comme au début de la construction européenne. Là, il y a un magma bizarre, avec une commission à Bruxelles dont vous ne connaissez personne et qui décide pour vous. L'un des représentants de la France est Pierre Moscovici. Quelle est sa légitimité ? Je pense que l'Europe est nécessaire du fait du passé belliqueux et pas si lointain. Mais il faut aussi faire respecter nos frontières, tout en aidant plus au développement des pays qui voient des millions de personnes émigrer. Comme l'avait dit un évêque : « Plutôt que de faire les chômeurs ailleurs, construisez votre pays. »

Si vous deviez formuler une demande prioritaire au futur président, le 7 mai, ça serait...

Réinstaurer l'autorité de l'Etat, c'est nécessaire pour tout le monde je crois. C'est à dire ne plus tolérer par exemple que des voitures brûlent le 1er janvier. Ca veut dire que des sanctions ne sont pas prises. Pendant ce temps, ceux qui subissent ça, qui n'ont pas forcément les moyens d'avoir un parking, sont les plus pénalisés. Mais là, il n'y a pas de réponse. Cela induit aussi des questions plus larges, d'éducation ou de civisme. J'aime que les rues soient propres, que les gens soient respectueux et fassent attention. Quand je regarde Paris, c'est devenu une poubelle... J'ai l'impression qu'on vit dans un laisser-aller généralisé, qu'on se fout de tout. Ce n'est pas ça le vivre ensemble, c'est aussi le respect de tout le monde. C'est peut-être réac' de dire ça, mais on manque tellement de respect pour les autres de nos jours... Et ça, c'est ni de gauche, ni de droite comme idée, c'est universel."

Posté le 30 avril 2017 à 19h46 par Michel Janva | Lien permanent

24 avril 2017

Et pendant ce temps-là...

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Posté le 24 avril 2017 à 13h25 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

15 avril 2017

Colloque "L'Occident contre l'Europe" : les interventions

Guillaume de Thieulloy :

Fabrice Sorlin :

Xavier Moreau :

Yannick Jaffré :

John Laughland :

Colonel Jacques Hogard :

Nikola Mirkovic :

Philippe Migault :

Posté le 15 avril 2017 à 10h57 par Michel Janva | Lien permanent

11 avril 2017

Nous sommes devant une tentative d’extermination d’un peuple

Extrait d'une tribune de Mathieu Bock-Côté dans Le Figaro :

"Le monde occidental s’est habitué depuis longtemps à la persécution des chrétiens d’Orient, comme si leur mauvais sort était inévitable et qu’il fallût s’y résoudre. Le christianisme serait destiné à mourir ou à n’avoir plus qu’une existence résiduelle dans ce qui fut pourtant son berceau. Alors qu’ils sont enracinés depuis deux millénaires dans la région, les chrétiens sont présentés par les islamistes comme des envahisseurs ou comme des agents de l’étranger, souillant une terre qui devrait être vouée exclusivement à l’islam. Dans nos sociétés, ceux qui se soucient de leur sort sont même soupçonnés d’accointances avec l’extrême droite, qui serait apparemment parvenue à s’approprier cette cause et à en faire un marqueur idéologique. La passion pour leur cause ne masquerait-elle pas une coupable islamophobie ou une conception identitariste du christianisme ? C’est ainsi qu’on transforme la révolte devant un massacre à grande échelle en lubie réactionnaire.

Mais la frappe sauvage contre deux églises coptes en Égypte ce dimanche rappelle à ceux qui s’en fichent que la guerre d’éradication menée contre les chrétiens d’Orient est bien réelle et n’a rien de fantasmatique. On connaît le bilan : on décompte au moins 43 morts. C’est un carnage. L’attentat a été revendiqué par l’État islamique, qui ne fait pas mystère de ses intentions : éradiquer le christianisme de la région, soit en assassinant les chrétiens, soit en les expulsant massivement. Il faut leur faire comprendre qu’ils ne sont plus chez eux. On a longtemps dit qu’ils avaient besoin d’un protecteur. C’est plus vrai que jamais. Mais qui veut jouer ce rôle ? Longtemps, ce fut la France. Depuis quelques années, la Russie de Poutine a réclamé ce rôle, comme si, devant une Europe reniant ses origines chrétiennes, elle était appelée à prendre le relais. Aujourd’hui, les chrétiens d’Orient se sentent abandonnés, surtout lorsqu’ils refusent de quitter une région du monde dans laquelle ils sont enracinés.

[...] la civilisation européenne ne devrait-elle pas être interpellée dans son identité par la question des chrétiens d’Orient ? Ne devrait-elle pas se dire que c’est une part d’elle-même qui est agressée quand on s’en prend à eux ? À tout le moins, la civilisation européenne devrait entretenir une relation particulière avec les chrétiens d’Orient. Elle devrait se sentir une forme de proximité existentielle avec eux, en sachant qu’une part de ses origines se trouve à l’extérieur d’elle-même. L’élan spirituel qui un jour l’a fécondée et lui a donné son génie spécifique vient d’un monde à peu près englouti dont ils sont les derniers gardiens. Cela implique toutefois que l’Europe reconnaisse enfin sa marque chrétienne ou, plus exactement, qu’elle ne cherche plus à la gommer comme s’il s’agissait d’une tache existentielle l’empêchant de se projeter pleinement dans l’universel. Cela implique que l’Europe n’imagine plus qu’elle doive se construire en se déconstruisant.

Le double attentat du 9 avril n’éveillera probablement pas les consciences : nous sommes désormais insensibilisés contre la barbarie et la violence la plus extrême. Cela ne devrait pas nous interdire de nommer les choses comme elles sont : nous sommes devant une tentative d’extermination d’un peuple et, d’une certaine manière, d’une civilisation. Mais puisque nous avons décidé depuis longtemps que le christianisme est la religion de l’Occident dominant et qu’il ne saurait qu’être persécuteur, et jamais persécuté, on ne peut l’imaginer dans le rôle de la victime. Nos lunettes idéologiques déforment notre rapport au monde : nous refusons d’entendre la douleur de communautés qu’on condamne à la mort, à la soumission la plus humiliante ou à l’exil. Nul ne prétend avoir une solution politique parfaite pour assurer la défense des chrétiens d’Orient : il n’y a pas en politique de baguette magique. Mais la civilisation européenne devrait savoir que dans son rapport aux chrétiens d’Orient et dans sa réaction par rapport à leur persécution, elle joue aussi son âme."

Posté le 11 avril 2017 à 19h58 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2017

La fin de l'Europe

Capture d’écran 2017-04-09 à 16.08.30Pierre de Lauzun (X et ENA) est Directeur général à la Fédération bancaire française et délégué général de l’Association française des marchés financiers. L’observation convergente de nombreux champs de la vie collective montre qu’on est entré dans un système mondial bien moins régulé que celui que nous avons connu encore il y a peu. Il y a moins de références communes et moins de crans d’arrêt. Nous sentons tous que ce monde est instable, et peut aller dans des directions variées et imprévisibles. Ce qui est tout à fait nouveau. Le monde de la première mondialisation avant 1914, dominé par une Europe sûre de soi, était à sa façon considérablement plus régulé qu’aujourd’hui (même si cela ne l’a pas empêché d’exploser en 1914). Le monde d’après-guerre, polarisé par la guerre froide, vivait sous une menace permanente mais était lui aussi relativement régulé dans ce cadre. Avec la fin de l’URSS, on nous a expliqué qu’on avait trouvé dans le triomphe de la démocratie libérale, la formule, la fin de l’histoire, un ordre définitif. C’est le contraire qui s’est produit. Dans son Guide de survie, Pierre de Lauzun nous souhaite la bienvenue dans un monde instable, hétérogène, non régulé... Extrait :

"Dernier centre d'attention ici, cette zone très riche et très molle qu'est l'Europe. Bien que située à l'extrémité du continent eurasiatique, qui est la clef du destin de la planète, bien qu'ayant dominé ladite planète il y a un siècle, elle ne joue plus de rôle actif et structurant. Sa proximité géographique avec le monde arabo-musulman, sa dépendance à l'égard du pétrole, la présence d'une communauté musulmane rapidement croissante avec les migrations, à elles seules devraient la conduire à donner une priorité forte à son action internationale, et à son effort de défense, avec une claire vision de ses objectifs et des moyens en rapport : il n'en est rien. Non seulement ce n'est pas une puissance, et il n'y a plus de nation vraiment puissante malgré son poids économique, mais elle a abdiqué de fait toute pensée collective en la matière."

"La dette publique enfin est non seulement porteuse d'une sécurité en bonne partie illusoire, mais surtout dépourvue en général de sens économique. Fondamentalement en effet, hors guerre et hors projets économiques précis, individualisés et rentables, un Etat ne devrait s'endetter que dans des  cas rares et pour un temps limité. Un calcul simple le montre. Si un Etat décide, comme presque tous les pays développés depuis 40 ans, de laisser filer son déficit budgétaire et de le financer par l'endettement, il rencontrera assez vite un plafond, en regard de la richesse nationale, car on ne peut s'endetter indéfiniment. Où est ce plafond ? Il n'est pas facile de le déterminer. Mais on ne voit pas un endettement monter infiniment. Une fois qu'on y est arrivé, et sauf à recourir au financement monétaire dont on reparlera, cet Etat sera contraint à un excédent budgétaire, et il aura alors perdu toute marge de manoeuvre. La facilité de la dette ne marche donc qu'un temps."

Posté le 10 avril 2017 à 11h08 par Michel Janva | Lien permanent

07 avril 2017

Père Boulad : Ma position est d’encourager tous ceux qui ont le courage de résister à l’islamisation de l’Europe

Suite et fin de l'entretien avec le père Boulad (lire les partie 1 et partie 2). Propos recueillis en mars 2017 par Nóra Pozsgai, journaliste à la Radio Catholique Hongroise :

Avez-vous un projet d’action concret dans le combat pour changer l’Europe que vous comptez mener ensemble avec la Hongrie ?

Unknown-32Je ne crois pas que je sois appelé à un combat politique, ce n’est pas mon rôle en tant que prêtre et religieux. Mais en même temps je suis de très près la politique et les actualités, je me rends compte que ce que fait en ce moment la Hongrie, notamment l’accord avec le groupe de Visegrad « V4 » (Hongrie, Slovaquie, Pologne, République tchèque), représente un chemin pour que l’Europe se reconstitue autrement que par le passé pour sauver les identités, respecter les frontières, les cultures, les langues, et ne pas se laisser avaler par la mondialisation. Il était temps.

Mon projet, c’est d’encourager cette prise de distance vis-à-vis de cette mondialisation qui ne profite qu’aux milliardaires et aux banquiers. Ma position est de parler un langage vrai, d’encourager tous ceux qui ont le courage de s’exprimer et de résister à l’islamisation de l’Europe. L’Europe est une culture, une civilisation enracinée dans le judéo-christianisme, dans des valeurs humaines et humanitaires qu’il faut absolument défendre, sinon, où va le monde ! L’Europe a été à la pointe de la civilisation, non seulement sur le plan technique et scientifique, mais aussi sur le plan humain, humaniste et spirituel. Et en tout cela le christianisme est le moteur, même s’il est en perte de vitesse et en crise. L’évangile et la foi chrétienne ont quelque chose d’essentiel à dire, il faut revivifier le christianisme, d’une autre manière qu’autrefois. En cela je dirais que mon rôle est de soutenir toutes ces valeurs spirituelles et humaines dont l’Europe est porteuse.

Le traitement de la crise migratoire par la Hongrie n’est-il pas en contradiction avec l’évangile qui dit qu’il faut accueillir l’étranger ?

Nous avons le devoir d’accueillir l’étranger et de lui donner le maximum de possibilités pour s’intégrer, pour qu’il construise le pays en même temps que lui-même. Mais je pense qu’il y a un seuil de tolérance à l’accueil. On ne peut pas accueillir tout le monde, toute la misère du monde, quand ceci menace votre équilibre intérieur, celui de votre patrie, de votre famille, de votre milieu, de votre culture, de votre héritage, et de vos valeurs. Mon point de vue est qu’il y a des limites au devoir d’hospitalité. Par exemple, si une embarcation qui peut prendre vingt personnes en prend deux cents, tous les deux cents vont couler. J’ai donc le devoir de limiter. Je peux peut-être en prendre dix ou quinze, mais à partir d’un moment, je dois dire stop. Ce n’est pas de l’inhumanité, c’est simplement du bon sens. Surtout s’ils ne veulent pas s’intégrer à l’Europe. Je trouve que Victor Orban est très courageux par sa position très ferme pour sauver l’héritage de son pays et de l’Europe face à cette immigration folle vers l’Europe, position qu’il tient malgré toutes les critiques et la campagne médiatique contre lui. Je salue son courage et sa sincérité.

Le vrai Islam n’est-il pas modéré ?

L’Islam est par définition politique et radical, il s’est défini comme cela depuis 14 siècles. Tous ceux qui ont voulu moderniser et réformer l’Islam se sont heurtés à un mur, un refus, et à des persécutions. Comme Mahmoud Mohamed Taha, un grand chef soudanais qui a voulu justement réformer l’Islam en mettant en avant les versets mecquois, qui sont tolérants et ouverts, contrairement aux versets médinois qui ont été privilégiés par les penseurs de l’Islam au Xème siècle en vertu du principe de l’« abrogation ». Ce chef musulman s’est fait pendre sur la grande place de Khartoum en juillet 1985 pour avoir voulu réformer l’Islam. Donc pour moi l’islamisme, qu’on appelle l’Islam extrémiste, radicale, ou politique, c’est l’Islam dans sa pureté, l’Islam à découvert. J’ai écrit sur ce sujet deux pages très claires, disponibles en plusieurs langues. L’islamisme, c’est l’Islam. Alors, qu’on ne me parle pas d’un Islam modéré qui n’existe que dans l’esprit des intellectuels occidentaux, dans le « wishful thinking » des musulmans modérés qui ne sont pas du tout dans la ligne de l’Islam prôné par l’université al-Azhar au Caire, qui jusqu’à aujourd’hui forme des dizaines de milliers de prédicateurs à travers le monde dans la ligne la plus stricte, la plus rigoureuse, la plus radicale, et la plus intolérante de l’Islam, et ce malgré les appels répétés du président égyptien Sissi pour leur demander de changer leur discours. En d’autres termes, imaginer que l’Islam modéré va l’emporter, c’est une illusion. Le problème n’est pas dans les interprétations de l’Islam - Islam modéré, Islam soufiste - mais le problème est dans l’Islam lui-même, c’est-à-dire dans les textes fondateurs eux-mêmes. Toute interprétation, surtout de la part des occidentaux, c’est du « wishful thinking » : on souhaite quelque chose, mais la réalité est autre. Par ailleurs, il y a dans l’Islam un principe qui s’appelle la « taqiya » en vertu duquel la tromperie est justifiée dans le but de faire avancer l’Islam : quand on ne peut pas avoir raison de l’adversaire parce que on est en position d’infériorité, il faut entrer dans le mensonge et la duplicité. C’est ce qui se passe actuellement : on croit leurs discours tenus en français, mais ils disent exactement le contraire en arabe une heure plus tard à la mosquée. Il existe des enregistrements qui prouvent cela.

L’Occident et l’Eglise sont donc dans l’illusion par rapport à leur vision de l’Islam capable de se réformer.

Que pensez-vous du dialogue avec l’Islam ?

Il faut que l’Europe s’accroche à son identité, que l’Eglise aussi s’accroche à son identité. Pas de compromis, pas de mensonge, pas d’hypocrisie. Soyons ce que nous sommes. Je demande un dialogue franc, ouvert, confronté à l’histoire et à la réalité des faits. On ne peut pas échapper à la vérité. Quand je vous donne des arguments et que votre seule réponse est de m’égorger, c’est que nous ne sommes plus sur le même terrain. Actuellement, c’est la réponse de l’Islam. La semaine dernière, à Alexandrie un musulman converti au christianisme est venu me trouver en me disant : je me suis converti il y a 15 ans, j’ai récemment épousé une musulmane, son père veut me tuer ou me dénoncer à la police. La police va me jeter en prison, me torturer jusqu’à ce que je dise que je suis redevenu musulman. Alors si la seule réponse est la menace et la violence, mettons les choses sur la table, ne continuons pas ce dialogue dans le mensonge !

L’Eglise actuellement refuse la confrontation sous prétexte de paix, mais c’est une fausse paix ! Le psaume 85 dit « amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ». L’amour sans la vérité ? Non. La vérité sans l’amour ? Non. La justice sans la paix, ou la paix sans la justice ? Non. Il faut un dialogue dans la vérité, pas seulement en se tapant sur l’épaule, en se disant que nous sommes amis, en buvant un bon café ensemble, cela n’aboutit à rien ! Les promoteurs du dialogue ne veulent pas écouter ceux qui ont quatorze siècles d’expérience avec l’Islam. Ma famille a émigré de Damas en 1860 suite au massacre de 20.000 chrétiens. Cela, l’Europe ne veut pas le comprendre, bien qu’ils aient aussi connu cela dans leur histoire, mais ils ne veulent pas lire leur histoire. Sauf les Hongrois qui sont les seuls à avoir un peu compris, car ils ont connu 150 ans d’oppression ottomane il y a relativement peu de temps. Pour les autres, c’est plus lointain, ça fait plus de 1000 ans.

Avez-vous un message d’espérance dans ce contexte de crise profonde ?

Je crois à la force de l’Esprit. Je crois à la force de la Vérité. Je crois que le bien est plus fort que le mal parce que je crois à la rédemption. Parce que je crois que le Christ a triomphé du monde. Il a dit : « j’ai vaincu le monde ». Il l’a vaincu. Actuellement, je perçois quelques signes d’espérance. Pour moi, Donald Trump, qui est un fou, est beaucoup moins dangereux que l’autre candidate qui devait prendre sa place. C’est un signe qu’il y a un basculement qui est en train de se faire. L’effritement de l’Europe est à la fois une mauvaise nouvelle et une excellente nouvelle. Parce que les Européens sont en train de réaliser qu’ils sont trompés, qu’ils ont été trompés. Il était temps de comprendre, de se réveiller ! C’est pour cela que la droite est en train de gagner un peu partout, parce que la droite s’accroche aux valeurs, aux traditions, aux identités, alors que la gauche est en train de dissoudre tout ça dans une idéologie mortifère.

Espérance, bien sûr ! Je suis plein d’espérance. Je suis certain du triomphe. Mais il faut relire l’Apocalypse, il faut voir que ce triomphe n’est pas acquis comme cela, d’un seul coup. C’est à travers des bouleversements terribles et une espèce de défaite apparente, que sera acquise la victoire finale. C’est un suspens continuel, l’histoire n’est pas jouée d’avance. Le mal est à l’œuvre. L’ivraie pousse avec le bon grain, jusqu’à la moisson. Nous sommes appelés à une vigilance continuelle, à un combat acharné contre les puissances du mal et des ténèbres, et contre le péché qui nous habite, qui habite cette société.

Il ne faut pas attendre en se disant : j’ai de l’espérance, je suis optimiste, parce que je suis croyant. Non, la foi nous appelle à un engagement, à un combat. C’est pourquoi cela que moi, j’ai dit à Victor Orban que je suis à sa disposition s’il a besoin de moi, car je me sens interpellé par cette crise de l’Europe. Pour moi l’Europe est essentielle. Actuellement il n’y a que peu de pays qui s’accrochent aux valeurs européennes comme le font les pays du groupe de Visegrad dont fait partie la Hongrie.

A mon avis, tout commence par un « Non » jeté à la face de la fatalité. Il n’y a pas de fatalité. Je ne crois pas à la fatalité. Je crois qu’un seul homme peut changer la face de la terre, et que cet homme, c’est vous, c’est moi. Comment ? par un engagement spirituel d’abord, ensuite par un engagement sociétal et politique. Les deux ensemble, inséparablement. L’aspect spirituel ne nous exempte pas de l’engagement social et politique. Et puis, parler, parler, parler ! On a actuellement un instrument extraordinaire qui s’appelle internet, avec un clic on peut atteindre 30.000, 50.000 personnes. Il y a bien des gens qui le font. Je pense à un homme comme Julian Assange qui a créé WikiLeaks. Un individu avec son Wikileaks et sa technologie de l’informatique est en train de faire trembler Trump, et l’Europe, et tout le monde, parce qu’il a toute une documentation avec laquelle il peut faire tomber des chefs d’état. Un homme ! Cet homme, c’est David contre Goliath, c’est Gandhi contre l’empire britannique, c’est Nelson Mandela contre l’apartheid, c’est mère Theresa. Moi je crois qu’un seul homme peut faire basculer la planète toute entière. Il suffit qu’il soit convaincu et qu’il soit possédé par l’Esprit, l’Esprit de Dieu.

On manque de prophètes aujourd’hui, on manque de prophètes ! Et un prophète, c’est par définition un fou, quelqu’un qui est en marge, un marginal. Un type contre la société, contre tout le monde. C’est la violence selon l’évangile, non pas dans le sens physique ou militaire, mais une violence spirituelle. Actuellement, on nous empêche de parler au nom du politiquement correct, la gauche libérale par le spectre de l’islamophobie vise à « vous la boucler ». Moi je suis un homme qui ne peut pas me taire, et personne ne me fera taire. Si, comme Jean-Baptiste, on me coupe la tête, cela signifiera que ce je disais était vrai !

Posté le 7 avril 2017 à 11h49 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2017

Vif succès du colloque "l'Occident contre l'Europe"

Image1-2Ce sont près de 300 personnes qui se sont réunies tout au long de l'après-midi du 1er avril pour entendre parler de "l'Occident contre l'Europe", à travers les interventions des différents orateurs français et pour la première fois d'orateurs internationaux réunis à Paris : russe, serbe, ukrainien gréco-catholique, ukrainien orthodoxe, géorgien et américain.

Extraits de la conclusion :

Image3"Car sachant qui nous sommes, nous identifions clairement nos ennemis. Le principal d'entre eux, c'est le mondialisme ou, plutôt, l'immondialisme qui soumet les peuples et enlaidit leurs cultures. Inutile d'y aller au carbone 14 pour dater le phénomène : ses bases sont jetées dans les années 60, et son hégémonie devient sans partage après l'implosion de l'URSS. Il nous faut penser large mais pratique, nerveux, politique, pour agir à hauteur de vie d'homme : pas plus que je ne déplore le passage du paléo au néolithique, je ne considère opérant de rejeter la modernité en bloc. Non, l'ennemi, c'est bien la post-modernité libérale-libertaire. C'est-à-dire l'arme de poing idéologique des forces de l'immondialisme à pilotage anglo-saxon, du moins jusqu'au Brexit et à l'élection de Trump.

Image4Ces forces se sont d'abord dirigées contre la capacité politique des peuples. C'est la fonction de l'Union Européenne dès l'origine, et elle n'en n'a jamais eu d'autres, comme cela a été montré. A travers les abandons de souveraineté, l'européisme a démoralisé les nations en leur injectant une volonté d'impuissance. On a répandu dans les esprits que la France serait incapable de « peser seule » dans la mondialisation et que l’Europe, l’Europe, l’Europe... Apprécié du Pérou ou du Liberia, ce raisonnement doit apparaître pour ce qu'il est : un symptôme de masochisme bourgeois. Et de fait l'euratlantisme détruit les identités, avec les souverainetés, par la repentance et l'immigrationnisme. Exaltant l'appartenance des autres, intimidant par l'antiracisme, il impose le multiculturalisme dans un seul pays – bizarrement pas en Algérie ni en Arabie Saoudite. En supprimant leurs frontières politiques, la doctrine Soros dresse des murs ethniques à l'intérieur de chaque nation européenne. Au bilan, l'immondialisme veut nous faire vivre en xénocratie, sous le pouvoir de l'étranger à l'extérieur comme à l'intérieur. Déchéance ultime pour les Anciens, la xénocratie s’est établie en France quand le gauchisme et Giscard ont liquidé De Gaulle qui, dans les conditions de la modernité, avait repris l'histoire de France monarcho-républicaine, sociale et identitaire (...)

Quant aux effets de l'immondialisme sur le visage éthique de l'homme européen, j'irai vite, le travail ayant été fait aujourd'hui. Mais c'est un véritable effondrement anthropologique et esthétique qui remplace les madones de Raphael par Lady Gaga, Brigitte Bardot par des burkinis, Lino Ventura par Conchita Wurtz, De Gaulle par Sarkozy et Hollande."

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Posté le 6 avril 2017 à 09h10 par Michel Janva | Lien permanent

28 mars 2017

Philippe Migault viendra parler au colloque international « l’Occident contre l’Europe »

MPhilippe Migault est spécialiste des questions stratégiques. Ancien Grand reporter au Figaro, correspondant de guerre, il est auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale et du Centre des Hautes Etudes de l'Armement. Ancien Directeur de rercherche à l'IRIS en tant que spécialiste des questions stratégiques dans l'espace post-soviétique et des relations franco-russes, il dirige aujourd'hui le Centre Européen d'Analyses Stratégiques. 

Il interviendra au colloque sur le thème « l’Occident : une notion dévoyée ? » et nous explique sa présence :

"En tant que spécialiste des questions stratégiques j'ai pu observer depuis près de vingt ans la mutation des valeurs que nous autres, "Occidentaux", prétendons défendre sur la scène internationale. A l'effacement de certains principes ont succédé de nouveaux dogmes, au nom desquels nous partons de plus en plus en guerre, suscitons de plus en plus de fractures, de violences et de ressentiment, non seulement à l'international, mais aussi au sein de notre opinion publique. Parce que ces principes vont à l'encontre des intérêts de la France, il convient de les dénoncer."

Inscription au colloque

Posté le 28 mars 2017 à 09h02 par Michel Janva | Lien permanent

27 mars 2017

1er avril : Guillaume de Thieulloy au colloque "L'Occident contre l'Europe"

6a00d83451619c69e201b7c8e146f5970bDeux conceptions de l'Europe et des valeurs occidentales se partagent l'espace public. Pour la conception dominante, l'Europe n'a aucune racine et se définit simplement par une "liberté" sans borne - même plus celle de ne pas nuire à autrui, puisque les enfants à naître, les vieillards ou les handicapés sont physiquement menacés par cette conception délirante de la liberté. Pour moi, l'Europe a connu le remarquable destin que nous lui connaissons parce qu'elle a reçu le christianisme et, avant cela, parce qu'elle s'était mise à l'école de la sagesse antique. L'Europe n'est grande que dans la fidélité à ses racines.

Je participerai donc volontiers au colloque "L'Occident contre l'Europe", pour redire mon attachement à la véritable Europe et aux véritables valeurs occidentales et pour redire mon refus de la pseudo Europe technocratique, libertaire et liberticide et des pseudo valeurs occidentales, de mort et de destruction de la nature, de la famille, et de la civilisation.

L'Europe et l'Occident sont aujourd'hui à la croisée des chemins. Les peuples aspirent de toute leur âme à revenir à leurs racines et aux sources de leur civilisation, mais l'oligarchie et, tout spécialement, les médias dominants qui lui sont asservis, ne l'entendent pas de cette oreille…

A nous de nous unir et de trouver les alliances qui nous permettront de l'emporter!

Guillaume de Thieulloy
Directeur du Salon beige

Inscriptions

Posté le 27 mars 2017 à 10h05 par Le Salon Beige | Lien permanent

24 mars 2017

Le pape demande aux dirigeants de l'UE d'écouter les requêtes des peuples

Extrait du discours du Pape, prononcé à l'occasion du 60e anniversaire de la signature des Traités de Rome, le 25 mars 1957 :

24.30.2017---10"[...] Les Pères fondateurs nous rappellent que l’Europe n’est pas un ensemble de règles à observer, elle n’est pas un recueil de protocoles et de procédures à suivre. Elle est une vie, une manière de concevoir l’homme à partir de sa dignité transcendante et inaliénable, et non pas seulement comme un ensemble de droits à défendre, ou de prétentions à revendiquer. A l’origine de l’idée d’Europe il y a « la figure et la responsabilité de la personne humaine avec son ferment de fraternité évangélique, […] avec sa volonté de vérité et de justice aiguisée par une expérience millénaire ». Rome, avec sa vocation à l’universalité, est le symbole de cette expérience et pour cette raison fut choisie comme lieu de la signature des Traités, puisque ici – comme le rappela le Ministre des Affaires Etrangères Hollandais Luns – « furent jetées […] les bases politiques, juridiques et sociales de notre civilisation ».

S’il fut clair dès le début que le cœur palpitant du projet politique européen ne pouvait qu’être l’homme, le risque que les Traités restent lettre morte fut aussi évident. Ceux-ci devaient être remplis d’esprit vital. Et le premier élément de la vitalité européenne est la solidarité. «La Communauté économique européenne – a affirmé le Premier Ministre luxembourgeois Bech – ne vivra et ne réussira que si, tout au long de son existence, elle reste fidèle à l’esprit de solidarité européenne qui l’a fait naître et si la volonté commune de l’Europe en gestation est plus puissante que les volontés nationales ». Cet esprit est d’autant plus nécessaire aujourd’hui devant les poussées centrifuges comme aussi devant la tentation de réduire les idéaux fondateurs de l’Union aux nécessités productives, économiques et financières. [...]

Cq5dam.web.800.800J’ai consacré cette première partie de mon intervention aux Pères de l’Europe, pour que nous nous laissions provoquer par leurs paroles, par l’actualité de leur pensée, par l’engagement passionné pour le bien commun qui les a caractérisés, par la certitude de faire partie d’une œuvre plus grande que leurs personnes et par la grandeur de l’idéal qui les animait. Leur dénominateur commun était l’esprit de service, uni à la passion politique et à la conscience qu’ « à l’origine de [cette] civilisation européenne se trouve le christianisme », sans lequel les valeurs occidentales de dignité, de liberté, et de justice deviennent complètement incompréhensibles. « Et encore aujourd’hui – a affirmé saint Jean-Paul II – l’âme de l’Europe demeure unie, parce que, au-delà de ses origines communes, elle vit les mêmes valeurs chrétiennes et humaines, comme celles de la dignité de la personne humaine, du profond sentiment de la justice et de la liberté, du travail, de l’esprit d’initiative, de l’amour de la famille, du respect de la vie, de la tolérance, du désir de coopération et de paix, qui sont les notes qui la caractérisent ». Dans notre monde multiculturel ces valeurs continueront à trouver plein droit de cité si elles savent maintenir leur lien vital avec la racine qui les a fait naître. Dans la fécondité d’un tel lien se trouve la possibilité de construire des sociétés authentiquement laïques, exemptes d’oppositions idéologiques, où trouvent également place le natif et l’autochtone, le croyant et le non croyant. [...]

L’Europe retrouve l’espérance lorsque l’homme est le centre et le cœur de ses institutions. J’estime que cela implique l’écoute attentive et confiante des requêtes qui proviennent aussi bien des individus que de la société et des peuples qui composent l’Union. Malheureusement, on a souvent l’impression qu’est en cours un ‘‘décrochage affectif’’ entre les citoyens et les institutions européennes, souvent considérées comme lointaines et pas attentives aux diverses sensibilités qui constituent l’Union. Affirmer la centralité de l’homme signifie aussi retrouver l’esprit de famille, dans lequel chacun contribue librement selon ses propres capacités et talents à [l’édification de] la maison commune. Il est opportun de se souvenir que l’Europe est une famille de peuples, que – comme dans chaque famille – il y a des susceptibilités différentes, mais que tous peuvent grandir dans la mesure où on est unis. L’Union Européenne naît comme unité des différences et unité dans les différences. Les particularités ne doivent donc pas effrayer, et on ne peut penser que l’unité soit préservée par l’uniformité. Elle est plutôt l’harmonie d’une communauté. Les Pères fondateurs ont choisi justement ce terme comme le pivot des entités qui naissaient des Traités, en mettant l’accent sur le fait qu’on mettait en commun les ressources et les talents de chacun. Aujourd’hui, l’Union Européenne a besoin de redécouvrir le sens d’être avant tout une ‘‘communauté’’ de personnes et de peuples conscients que « le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci » et que donc « il faut toujours élargir le regard pour reconnaître un bien plus grand qui sera bénéfique à tous ». Les Pères fondateurs cherchaient cette harmonie dans laquelle le tout est dans chacune des parties, et les parties sont – chacune avec sa propre originalité – dans le tout. [...]"

Posté le 24 mars 2017 à 20h19 par Michel Janva | Lien permanent

15 mars 2017

Xavier Moreau viendra de Russie pour parler au colloque « l’Occident contre l’Europe »

MXavier Moreau est consultant indépendant et homme d’affaires. Il est fondateur du site www.stratpol.com et auteur de « La nouvelle Grande Russie »(2012) et vient de publier « Ukraine. Pourquoi la France s’est trompée ». Il interviendra au colloque sur le thème « De Bolotnaïa à Maïdan, la convergence fasciste, postmoderniste et LGBT » et explique sa présence :

"Pour les gens de ma génération qui ont connu la Guerre Froide, l'Occident incarnait notre Civilisation. Nous écoutions Jean-Pax Méfret, le "chanteur d'Occident", dénonçant les crimes des communistes. Notre Occident était bien sûr chrétien pour protéger ceux du Liban, de ce que nous pensions être une collusion "bolchévico-islamique". Aujourd'hui, l'Occident nous dégoûte. Il n'incarne plus notre Civilisation mais son pire ennemi. Il n'est plus chrétien mais "post-moderne"; cette nouvelle religion totalitaire qui nous impose par la force ses nouveaux sacrements : l'avortement, le mariage homosexuel, l'euthanasie...

Comment en sommes-nous arrivés là ? C'est bien le thème de ce colloque, qui se propose de d'explorer et d'exposer en profondeur les racines du mal post-moderne."

Inscription au colloque

Posté le 15 mars 2017 à 07h55 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2017

Colloque "L'Occident contre l'Europe" : questions à Fabrice Sorlin

Avant le colloque du 1er avril, Le Salon Beige a interrogé l'organisateur Fabrice Sorlin.

Affiche

J’aimerais préciser, en préambule de ces quelques questions, que si je porte le projet de ce colloque, l’idée même de celui-ci est le fruit de longues et productives discussions que nous avons eues entre amis, dont la plupart sont d’ailleurs intervenants lors du colloque. C’est aussi pour cette raison, que si ce colloque est principalement porté par l’association Société Française de Démographie (SOFRADE) que je préside avec Guillaume de Thieulloy comme vice-président, c’est aussi le fruit du travail d’associations amies et partenaires comme la jeune et prometteuse association Ouest-Est dont l’objet est d’œuvrer au rapprochement des peuples européens de l’Ouest et de l’Est ; le dynamique Cercle Pouckine bien connu des russophiles parisiens ; ainsi que ce remarquable média de la réinformation, blog préféré des Français, sur lequel vous me lisez en ce moment. Fabrice Sorlin.

Vous organisez le 1er avril prochain un grand colloque à la Maison de la Chimie à Paris. Pourriez-vous nous dire pour quelles raisons ?

Depuis quelques semaines, nous sommes entrés dans la période de pré-campagne électorale, au bout de laquelle les Français auront à choisir leur nouveau président et leurs députés. Après cinq années de socialisme et son cortège funèbre de cassure identitaire, fracture sociale et déchirure morale qui laissent une France aux abois, il me semble que les Français ont parfaitement compris que les enjeux de la présidentielle de 2017 seront cruciaux non seulement pour le futur de la France mais aussi pour la sauvegarde de sa culture et de son identité. En administrant une correction à la fois méritée et humiliante aux hommes politiques qui ont largement contribué à la situation que nous connaissons aujourd’hui (Sarkozy, Juppé, Valls), les Français ont montré leur volonté de réel changement.

Dans ce climat, le colloque que nous organisons, sera celui de la société civile française. En invitant des professeurs, des spécialistes, des chercheurs et des hommes d’affaires à venir parler à notre tribune, l’idée est de faire entendre, à quelques semaines du premier tour des élections présidentielles, cette masse de Français, bien trop souvent ignorée et quasi systématiquement trahie par les élites politiques. Nous sommes cette foule de Français décomplexés de droite qui, depuis longtemps déjà, a fait voler en éclat les murs du politiquement correct, et qui ne se sent plus vraiment représentée par aucun parti politique.

Ce colloque s’intitule "L'Occident contre l'Europe". Que voulez-vous dire par là ?

Nous avons choisi d’aborder ce thème, car il nous semble capital et déterminant de remettre des définitions sur ces notions centrales, bien trop souvent galvaudées par des journalistes paresseux, qui se contentent de faire de l'événementiel sans jamais rentrer dans le fond des problèmes.

Ce que nous voulons, c’est dénoncer la politique désastreuse de l’Union Européenne en matière de politique étrangère, de politique économique et de politique sociale et familiale, tout en montrant que l’on peut se sentir profondément européen.

Ce que nous voulons, c’est aussi critiquer librement les instances supra-étatiques comme l’OTAN, véritable fer de lance de la politique étrangère américaine sur notre continent, sans pour autant être anti-américain.

Ce que nous voulons enfin, c’est révéler l’imposture de ce que les médias mainstream appellent les « valeurs occidentales » : ces dernières ne sont devenues qu’un prête-nom pour propager les délires d’une élite politique et artistique hors sol. Et pourtant que l’on ne vienne pas nous taxer d’obscurantistes rétrogrades, car notre redéfinition de ces valeurs prouvera combien nous sommes farouchement tournés vers l’avenir de notre peuple et de notre civilisation.

En bref, nous allons définir ce qu’est l’Occident aujourd’hui, et montrer qu’il est le pire ennemi de la véritable Europe que nous défendons.

Et c’est d’ailleurs dans cet esprit que nous avons invité de nombreux intervenants étrangers qui viendront de Serbie, de Russie, de Géorgie, d’Ukraine et des Etats-Unis. Véritables témoins vivants de ce que je viens de dénoncer, ils se succèderont pour nous faire part de leur expérience de l’influence de l’Occident et des « valeurs » qu’il véhicule dans leur pays.

En dénonçant "l'Occident", ne courez-vous pas le risque de vous inféoder à la Russie qui n'est certainement pas moins impériale que les Etats-Unis?

Tout dabord je ne qualifierai pas la Russie de puissance impériale. Si l’on excepte le conflit syrien où la Russie joue un rôle majeur dans la lutte contre le terrorisme et la défense des chrétiens, la Russie post-soviétique n’est jamais intervenue dans d’autres territoires que ceux de l’ex Union soviétique. La Russie n’a joué aucun rôle dans le dépeçage du Moyen-Orient, ni dans celui des Printemps arabes. Sa puissance militaire est d’ailleurs beaucoup plus tournée vers la défense et la sacralisation du territoire russe, que vers des forces de projection militaire.

Quant au risque d’inféodation, il s'annihile au regard de notre objectif : si nous venons dénoncer ces fameuses valeurs actuelles de l’Occident, n’est-ce pas d’abord notre esprit foncièrement français et européen qui nous l’inspire ? Nous sommes fiers de nos traditions, de notre culture, de notre civilisation et intensément attachés à notre souveraineté. Ce que nous déplorons, c’est justement le délitement des valeurs qui ont bâti notre civilisation, ces valeurs qui ont placé pendant des siècles, l’Europe en général et la France en particulier comme modèle admiré et respecté à travers le monde entier.

 Modèle qui était d’ailleurs celui d’une puissance d’équilibre entre les deux pôles que sont les Etats-Unis et la Russie.

Or aujourd’hui, à la suite des choix hasardeux de gouvernements successifs, non seulement l’Europe s’est brouillée avec la Russie, mais elle s’est de plus, complètement mise sous l’influence étrangère en déléguant sa diplomatie aux Etats-Unis d’Amérique.

Elle sert aujourd’hui de factotum militaire au Département d’Etat Américain dans des conflits qui ne sont pas les nôtres (Lybie, Syrie, Ukraine…) et qui ne servent pas nos intérêts.

Ce que nous voulons bien sûr, c’est que la France d’abord et l’Europe ensuite retrouvent leur souveraineté et recherchent leurs intérêts propres qui passent, comme vous le verrez, par un rapprochement avec la Russie avec qui nous partageons beaucoup de valeurs.

Quel lien faites-vous entre les "valeurs occidentales" et la propagande LGBT ou ce que Jean-Paul II appelait la culture de mort?

Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le concept de « valeurs occidentales » a été vidée de son sens au fil du temps par les médias. On parle ici de distorsion, on parle de ce terme associé autrefois à du noble et du beau, et agrégé aujourd’hui à cette fameuse culture de mort dont vous me parlez. Il suffit pour s’en convaincre de regarder quelles sont les valeurs que l’Union Européenne, les instances supra-nationales ou encore la diplomatie américaine cherchent à propager à travers le monde.

Il est intéressant par exemple de constater que l’Union Européenne assujettit systématiquement le droit d’entrée des pays demandeurs en son sein, aux droits des homosexuels. C’est ce qui s’est passé en Serbie, où je me rends souvent pour donner des conférences sur ces sujets, et plus récemment encore en Ukraine.

De même, ce n’est pas un hasard si l’ONU impose comme première condition à l’obtention d’une aide financière aux pays africains, la satisfaction des revendications homosexuelles.

Enfin, il n’est pas anodin que les Etats-Unis aient créé un poste dédié aux droits humains des personnes LGBT au sein de son Département d’Etat.

Alors oui aujourd’hui les « valeurs occidentales » sont devenues le paravent des revendications du lobby LGBT et de la culture de mort.

Et c’est lors de ce prochain colloque ce que nous dénoncerons….entre autres.

Posté le 3 mars 2017 à 15h42 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2017

Deux députés européens FN rencontrent le cardinal Sarah au Vatican

Edouard Ferrand est Vice-président du groupe ENL (Europe des nations et des libertés) et Chef de la Délégation FN/RBM au Parlement européen, et Sylvie Goddyn est Député français du FN au Parlement européen, membre du groupe ENL. Tous deux ont rencontré le cardinal Sarah au Vatican le 24 février, avec qui ils ont évoqué leur attachement à la défense de la famille.

 

Posté le 26 février 2017 à 21h17 par Marie Bethanie | Lien permanent

04 février 2017

Mélenchon salue le Voeu des habitants de Champagney de protéger les Noirs... au nom du christianisme

Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon était à Champagney (Haute-Saône), pour la commémoration de l'abolition de l'esclavage. Champagney est connu pour le Voeu émis par ses habitants en 1789, demandant l'abolition de l'esclavage.

Merci à Pierre Jova de faire remarquer que c'est au nom du christianisme que ce Voeu de la libération des esclaves noirs a été émis, chose qu'aucun média ayant rapporté l'évènement n'a soulignée.

 

 

Posté le 4 février 2017 à 23h03 par Marie Bethanie | Lien permanent

24 janvier 2017

175 000 € pour un grain de chapelet du XVIe siècle

Une "noix de prière" du XVIe siècle, sculptée aux Pays-Bas dans un grain de buis, a été vendue aux enchères samedi à Nancy. La finesse de la sculpture et l'harmonie de la scène constituent en soi une prière. L'Europe, cette vieille terre chrétienne...

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"On ne connaît qu’une cinquantaine de « noix de prière », dans le monde entier. Beaucoup se trouvent dans des musées et doivent, à leur petite taille (4,3 cm pour celle qui nous concerne), d’avoir échappé à la crise iconoclaste de la Réforme. Celle qui a subi le feu des enchères, ce samedi, est en buis tourné, sculpté et repercé.

Saint-Jacques et saint Georges

Elle ouvre en deux parties, réunies par une charnière, découvrant deux scènes finement sculptées. Sous la demi-sphère formant couvercle, saint Jacques en habit de pèlerin assis, les jambes croisées, tenant un livre ouvert, le bourdon appuyé sur une épaule. Devant lui, est agenouillé un donateur. Dans l’autre demi-sphère, saint Georges terrassant le dragon. A l’arrière-plan, la ville de Trébizonde. L’experte, Laurence Fligny, pense qu’un ou deux ateliers dans les Pays-Bas du sud ont réalisé, durant le premier tiers du XVIe siècle, ces boules de chapelet en buis, objets de dévotion privée."[...]

Posté le 24 janvier 2017 à 14h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

09 janvier 2017

La France aujourd'hui demeure chrétienne

Cliquer sur l'image pour l'agrandir ou lire directement ici.

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Posté le 9 janvier 2017 à 20h42 par Michel Janva | Lien permanent

L’Europe est appelée à retrouver son identité

Autre extrait du discours du pape au corps diplomatique :

"L’Europe entière est en train de traverser un moment décisif de son histoire, où elle est appelée à retrouver son identité. Ceci exige qu’elle redécouvre ses propres racines afin de pouvoir modeler son avenir. Face aux poussées qui désagrègent, il est toujours plus urgent de mettre à jour l’“idée d’Europe” pour faire naître un nouvel humanisme basé sur la capacité d’intégrer, de dialoguer et de générer, qui a rendu grand celui qu’on appelle Vieux Continent. Le processus d’unification européenne, commencé après le second conflit mondial, a été et continue d’être une occasion unique de stabilité, de paix et de solidarité entre les peuples. Je ne peux que rappeler ici l’intérêt et la préoccupation du Saint-Siège pour l’Europe et pour son avenir, ayant conscience que les valeurs sur lesquelles ce projet – dont c’est le soixantième anniversaire cette année - tire son origine et se fonde, sont communes à tout le continent et franchissent les frontières même de l’Union Européenne.

Posté le 9 janvier 2017 à 20h37 par Michel Janva | Lien permanent

03 janvier 2017

Bourges, 6 janvier 2017 : conférence "Les rois mages"

0001Cliquer pour agrandir

Posté le 3 janvier 2017 à 22h47 par Marie Bethanie | Lien permanent

01 janvier 2017

Romane

Bruno-Lamy-2Bruno Lamy, le chanteur du groupe "Sclérose", nous offre sa dernière chanson en cours d'enregistrement, "Romane ". L'oeuvre aboutie intégrera des violons, des flûtes, des voix... Merci à lui. (Cliquer pour écouter).

Romane


                                Paroles et  musique : Bruno Lamy

1 – Perdue dans la solitude, de son église, Romane,

      M’offrit son visage de pierre …

      Sur le socle de la vie, de son église, Romane,

      Me prit dans ses jeux de lumières… 

2 – Réfugiée dans la profondeur de son église, Romane,

      Que les hommes délaissaient tant…

      Priait longtemps dans les tombes, de son église, Romane, 

      Ressuscitait tous les vivants …                              

3 – Gonflée d’amour dans les voiles, de ton Eglise, Romane,

      Drapée de blanc, de bleu devant…

      Avance dans les nuées, oh, mon Eglise, Romane,

      Volontaire de bleu de blanc…

 4 - Pour réunir les hommes, dans nos églises, Romane,

      Et sauver l’âme des enfants …

      Pour que les cloches sonnent, dans nos musiques, Romane, 

      Chanter l’amour d’être vivant …           

Posté le 1 janvier 2017 à 15h54 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 décembre 2016

Suppression d'une crèche publique à Madrid : les Madrilènes résistent

La Maire de Madrid, Podemos, ayant supprimé la traditionnelle crèche de la Puerta de Alcalà, les Madrilènes viennent en nombre déposer leurs crèches personnelles (capture d'écran) :

Capture d’écran (1)Une bonne façon de résister.

Posté le 20 décembre 2016 à 00h01 par Marie Bethanie | Lien permanent

14 décembre 2016

Marion Maréchal-Le Pen demande à Christian Estrosi une crèche au Conseil régional de PACA

Marion Maréchal-Le Pen, en tant que présidente du groupe FN au conseil régional de PACA, a déposé une motion afin qu'une crèche de Noel soit installée au sein du Conseil régional :

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Posté le 14 décembre 2016 à 13h26 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

21 novembre 2016

"Je ne pense pas que ce soit un processus naturel, que les jeunes s’éloignent des valeurs chrétiennes"

KyrillLe patriarche Kirill a accordé à RT un long entretien où il s'exprime sur les principaux sujets sociétaux et géopolitiques, et sur les attaques contre le christianisme, le tout dans la perspective de la récente élection de Donald Trump. Extrait final.

Vous avez eu une rencontre avec l'archevêque de Canterbury (chef de l’Eglise d’Angleterre après le monarque Britannique), lors de laquelle vous avez exprimé des préoccupations au sujet de la libéralisation de la doctrine de l'Eglise d’Angleterre sur certaines questions, telles que les femmes prêtres et même de la morale et de la famille. Comment, à votre avis, peut-on rendre ces valeurs chrétiennes traditionnelles attractives pour les jeunes d'aujourd'hui, qui – au moins en Occident – s'éloignent de plus en plus de l'Eglise, et sont tentés par l'athéisme. Comme les faire revenir à l'Eglise ?

Je ne pense pas que ce soit un processus naturel, que les jeunes s’éloignent des valeurs chrétiennes. C’est un résultat d’influences qui sont exercées sur l'esprit des gens, et pas seulement les jeunes. Si vous regardez le cinéma, les émissions de télévision, la littérature, vous constaterez l’existence d’un paradigme idéologique tout à fait clair, visant, entre autres, à détruire les valeurs religieuses et morales, souvent sans confrontation directe. Il faut uniquement créer une image d'une vie prospère et heureuse sans Dieu, sans avoir à faire passer ses actions et les actions des autres par une épreuve de conscience. Que cela signifie-t-il ? Cela signifie que Dieu est sciemment poussé hors de la vie humaine, cette tendance n’est pas une coïncidence. Et à proprement parler, cela doit être ainsi. Nous savons que l'histoire peut évoluer de différentes manières. Et quand le mal occupe de plus en plus de place dans la vie d'un être humain, il commence à l'emporter. Et il se trouve que le bien est en minorité. Aujourd'hui, les chrétiens sont en minorité.

Aujourd'hui, les valeurs que nous prêchons sont soit immédiatement rejetées, soit ignorées. Pourquoi ? Parce que nous appelons à ce que les gens s’élèvent, gravissent la montagne [de l’esprit]. Et tout ce qu’offre la culture populaire aujourd'hui les tire vers le bas. Si une personne suit son instinct, si notre civilisation est basée sur l'instinct, alors bien sûr, la majeure partie de la population vivra de cette façon, car c’est beaucoup plus simple. Pas besoin de se casser la tête, se créer des difficultés. Voilà une vie facile. Mais la même chose est dite dans l'Évangile : le chemin du salut –est le chemin le plus étroit. Et dans un sens, ce chemin est toujours associé à l'exploit. Mais si ce n’est pas le cas, l'humanité, en effet, va glisser dans l'abîme. Car Jésus n'a pas convaincu tout le monde qui l'écoutait. En outre, à la suite de ce sermon, il aurait fini sa vie sur la croix, s’il n'avait pas ressuscité. Donc du point de vue d’un homme étroit d’esprit, le Christ est un perdant. Si les gens ne croient pas à la résurrection, comment se présente sa fin ? Il a été tué, il a été exécuté.

Depuis 2 000 ans, tout ce qu'ont prêché Jésus-Christ et les apôtres inspirent les gens et les artistes, les écrivains, qui en dépit de la pression externe existant aujourd'hui, créent tout de même leurs œuvres. Mais le plus important, c’est que Jésus trouve sa place dans le cœur de tant de gens. Et aujourd'hui en Russie, énormément de gens se tournent vers la foi. C’est vraiment un phénomène d'une importance historique – la restauration de la vie de l'Eglise, la conversion des jeunes. Et quand les gens choisissent le «chemin le plus étroit», ce chemin les mènera vers les étoiles, parce que c’est le chemin vers le ciel, le chemin vers le haut. Il est toujours difficile, mais il est salutaire."

Il dénonce également les législations dénaturant le mariage, issue d'une idéologie, que l'Eglise ne pourra jamais accepter.

Posté le 21 novembre 2016 à 10h05 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (0)

19 novembre 2016

Marion Maréchal-Le Pen à Moscou, pour restaurer l'Europe réelle

 

 

Posté le 19 novembre 2016 à 12h23 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (8)

11 novembre 2016

Sans identité, l’ouverture à l’islam mènera l'Europe à la dissolution

Charlotte d’Ornellas sort un livre d’entretien avec S.B. Grégoire III Laham, patriarche grec-melkite catholique d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem. Elle déclare à Christianophobie Hebdo :

FIC123960HAB40"[...] Le Patriarche est Syrien de naissance, il a vécu au Liban, en Palestine, avant de retourner en Syrie quelque temps avant la guerre qui ravage aujourd’hui le pays. Il se rend également régulièrement en Égypte: il a une connaissance parfaite de la région, de ses enjeux, de sa culture et de ses problématiques. Ensuite, il a un franc-parler très intéressant pour aborder sans détours le conflit syrien, mais aussi les responsabilités occidentales, les relations islamo-chrétiennes, le départ des réfugiés vers l’Europe... Ce sont des questions qui préoccupent en Orient bien évidemment, mais également ici, en France.

Et, justement, qu’a-t-il à dire ?

Il termine ces entretiens par cette phrase: « Quand je prie pour les Occidentaux, je demande parfois au Seigneur qu’ils ne se contentent pas de parler de nous, mais qu’ils nous écoutent aussi. » Ce livre est réellement un cri pour la paix, parce que les Occidentaux ont leur rôle à jouer pour qu’elle advienne et demeure dans la région. C’est d’ailleurs pour cette raison que ce livre adressé aux Occidentaux s’intitule « Ne nous laissez pas disparaître ! » Le message qu’il veut absolument faire passer concerne tous les chrétiens de la terre, en réalité : il est vain de vouloir une présence chrétienne pour elle-même, ce qu’il faut, c’est travailler à être des chrétiens pour le monde, à être ce « levain dans la pâte ». Si le Patriarche se bat pour préserver une présence chrétienne dans cette région qui a vu naître le christianisme, c’est – selon ses mots – parce que c’est dans les Ténèbres qu’il y a le plus besoin de la Lumière.

Comment voit-il le christianisme en Occident ?

Il se dit inquiet pour l’Occident, parce qu’il a perdu son âme. Ce sont des mots que l’on retrouve d’ailleurs dans la bouche de très nombreux chrétiens orientaux. Ils ne comprennent pas l’Europe, son matérialisme incroyable, son athéisme militant, sa laïcité parfois liberticide, mais ils comprennent en revanche le danger qu’elle court. Sur la question de l’islam, le Patriarche est particulièrement intéressant : il a une grande connaissance et un immense respect pour les tenants de cette religion qui fait incontestablement partie de sa vie. Mais il voit les choses différemment en Europe et en Occident: la mission d’un chrétien en terre d’islam est de rayonner de l’amour de Dieu autour de lui, de vivre – selon ses mots encore – « avec et pour les musulmans ». La vocation de l’Europe est autre : elle doit faire rayonner le christianisme dans le monde entier. Or, elle est aujourd’hui elle-même apostate... Sans identité, l’ouverture (à l’islam notamment) mènera inévitablement à la dissolution."

Posté le 11 novembre 2016 à 21h01 par Michel Janva | Lien permanent

10 novembre 2016

La France n'a rien a envier au laïcisme de l'Allemagne

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"Les élèves de troisième année de l’école élémentaire d’Ebersberg, dans la banlieue de Munich, faisaient chaque année une visite à l’église de la ville. Cette année, le directeur a interdit la visite, parce qu’il n’est pas admissible de faire subir cela à des élèves qui ne sont pas de la foi catholique.

Dans le même temps, à Rendsburg, près de Kiel, des parents ont été condamnés à une amende de 300€ pour avoir refusé que leur enfant participe à la visite de la mosquée, où on leur donnait un cours de prière islamique."

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Posté le 10 novembre 2016 à 08h03 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

02 novembre 2016

Karim Ouchikh : Il faut reconnaître l’existence d’une prééminence du fait chrétien en France

Extrait de l'interview accordé par Karim Ouchikh, président du SIEL, au site le Rouge et le Noir :

Faut-il faire évoluer la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État ? Si oui, comment ?

"Si la Nation doit consentir des sacrifices inédits pour préserver nos églises, c’est bien parce qu’il nous faut enfin reconnaître l’existence d’une prééminence du fait chrétien dans notre pays. Je veux absolument acclimater cette réalité de civilisation dans le débat des idées pour réenchanter un modèle de société aujourd’hui à bout de souffle.

Nos compatriotes s’interrogent sur la nature du lien profond qui fonde notre appartenance commune : la laïcité qui est un principe d’organisation des pouvoirs publics, a été si mal interprétée dans le débat des idées que l’opinion dominante tend désormais à vouloir reléguer l’expression des religions dans la stricte sphère privée, circonstance de nature à créer un vide spirituel considérable dans lequel prospère par ailleurs un islam décomplexé dont les pratiques de vie sont radicalement contraires à notre modèle de civilisation.

Sans vouloir établir en France un Etat confessionnel, la religion chrétienne doit retrouver à mes yeux un poids de civilisation qui permettra à nos compatriotes de retrouver leurs marques culturelles de toujours. Une telle transformation en profondeur ne peut s’opérer sans une mutation radicale du principe de laïcité, ce qui suppose d’inscrire enfin dans le préambule de notre Constitution l’existence de nos racines chrétiennes et sans doute d’adapter significativement la loi de 1905, laquelle devra en effet imposer à l’avenir une préférence chrétienne dans l’organisation des cultes en France."

Posté le 2 novembre 2016 à 17h12 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

29 octobre 2016

Pour l'Autriche avec le cœur et l'âme. Avec l'aide de Dieu !

L'affiche de campagne de Norbert Hofer ne plait pas à tout le monde :

Cv36F3BWIAAH5xy"Alors que la course à la Hofburg s’ouvre sous les meilleurs auspices pour Norbert Hofer – il est crédité de 51% des intentions de vote, contre 49% pour Alexandre van der Bellen – les forces mondialistes en Autriche se mettent en ordre de bataille.

Depuis quelques jours, la nouvelle campagne d’affichage du FPÖ soulève polémiques et insultes. Ce sont les « évêques » des Eglises protestantes qui ont ouvert le bal en stigmatisant ses références chrétiennes, tandis que les apparatchiks parlementaires des Verts ont réitéré les insultes vieilles de soixante-dix ans (...)

Le 21 octobre, le FPÖ a présenté sa dernière campagne d’affichage avant le scrutin prévu pour le 4 décembre. Après la Toussaint, deux affiches seront placardées dans toute l’Autriche, sur les thèmes : «Décider dans votre sens» et «Pour l’Autriche avec le cœur et l’âme». Chacune d’elles, en portant la devise «Que Dieu me vienne en aide», affirme ainsi un «fort enracinement dans le système de valeurs de la culture chrétienne occidentale», ce qui le distingue de son rival agnostique van der Bellen. Le secrétaire général du FPÖ et directeur de campagne Herbert Kickl a déclaré que le candidat à la fonction suprême entendait défendre la référence à Dieu. Il a également prévenu que s’il remporte l’élection, Hofer prononcerait lors de sa prestation de serment cette prière chrétienne et prendrait ses décisions à la lumière des principes généraux du christianisme. «Nous voulons une patrie qui conserve et conservera ses spécificités autrichiennes», a-t-il souligné. Par ailleurs, Norbert Hofer aurait une forte conscience personnelle de l’histoire occidentale chrétienne (...)

Le 26 octobre, les représentants des églises protestantes, parmi  lesquels l’évêque luthérien Michael Bünker, lançaient leurs attaques. La prière «Que Dieu me vienne en aide» a provoqué leur indignation qu’ils ont exprimée en une formule magique : «Dieu ne se laisse pas instrumentaliser pour des intérêts personnels ou à des fins politiques.» (...)"

Posté le 29 octobre 2016 à 16h03 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

20 octobre 2016

Cheyenne Carron : "Rien n'est plus grave qu'un prêtre égorgé dans une église"

Extrait d'une interview accordée par Cheyenne Carron à Sputnik à propos de son dernier film La chute des Hommes :

Sans-titreLucie, la jeune Française qui part au Moyen-Orient semble idéaliste, aventurière. Après avoir été enlevée, en viendra-t-elle à comprendre ses ravisseurs et leurs motivations?

Pas du tout ! Face à ses ravisseurs, elle restera courageuse et digne. Elle refusera d'abjurer sa foi, et préférera la mort que de renier son identité, chrétienne par sa mère et païenne par son père.

On ne s'attend pas du tout à ce qu'elle refuse de se convertir pour sauver sa vie. Est-ce que vous avez voulu dresser un parallèle avec les premiers chrétiens?

Lorsque j'ai écrit le scénario, je n'avais pas pensé aux premiers chrétiens persécutés, mais vous avez raison. Lucie est le miroir de millions de chrétiens dans l'Histoire qui ont préféré la mort que de renier le Christ.

Cet extrait signifie-t-il que vous êtes optimiste pour l'avenir de la France? Pensez-vous que l'héritage chrétien et laïc de la France est une protection pour combattre l'Islam radical ?

Oui, je suis plutôt optimiste. De tout temps, il y a eu des fins de cycles, mais cela implique aussi des renaissances. Les nations d'Europe renaîtront, mais pour cela, il est important de ne pas oublier d'où l'on vient. C'est-à-dire que pour être fort, il faut être capable de porter un héritage et de le léguer à son tour. La question identitaire me semble cruciale. L'Europe porte une âme chrétienne, mais aussi un magnifique héritage païen, il est important qu'elle s'en souvienne. Car c'est en étant forte de ce qu'elle est qu'elle sera respectée et appréciée des gens venus d'ailleurs. Je le dis sans mépris pour ces "gens", car moi-même j'en fais partie.

Vous êtes née de parents kabyles, mais vous êtes opposés au multiculturalisme. Pourquoi ?

Mon histoire a fait que je suis née sur un territoire, la France, que j'ai été pupille de l'État, et que j'ai été élevée par des parents français, alors je sers le pays qui m'a sauvée. C'est la moindre des choses. Si j'avais été adoptée et aimée par des parents russes, j'aurais servi le peuple russe avec la même énergie!

Vous dédiez ce film aux victimes du terrorisme notamment au prêtre qui vous a baptisé et qui a manqué d'être égorgé. Avez-vous pensé au père Hamel assassiné cet été ?

Que l'on égorge un prêtre dans une église, alors qu'il célèbre une messe, a été un événement d'une gravité extrême. Rien n'est plus grave que cela. Trois heures après le crime, je me suis d'ailleurs rendue sur place. Je devrais vous dire qu'en tant que chrétienne, je pardonne, car c'est comme cela qu'on m'a éduquée, mais en réalité il n'en est rien… peut-être ne suis-je pas une très bonne chrétienne ?

Posté le 20 octobre 2016 à 14h14 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

18 octobre 2016

Journée de Grande Pénitence pour tous les péchés commis en Pologne

C'était le 15 octobre dernier. Yves Daoudal commente :

1994777784Plus de 100.000 personnes se sont retrouvées samedi à Czestochowa pour un événement unique en son genre et peu propice à déplacer les foules : une journée de pénitence publique… Naturellement, alors que nos médias s'étendaient sur quelques milliers de furies en noir gueulant que leur corps leur appartient, ils n'en disent pas un mot.

L’initiative émanait d’une petite fondation intitulée Solo Dios Basta (..) Elle disait ceci :

Nous vous invitons à Jasna Gora à la Grande Pénitence pour tous les péchés commis en Pologne. C’est un événement qui concerne toute l’Eglise. Il rassemble toutes les formes de spiritualité, communautés et organisations. Considérez-vous tous invités. Le Peuple polonais est divisé, il y a beaucoup de méchanceté et de haine. Beaucoup vivent dans la peur, l’incertitude, les addictions. Ce sont les conséquences des pêchés que nous avons commis, nous et nos ancêtres (...))

La fondation avait invité le président de la conférence épiscopale, Mgr Gadecki, archevêque de Poznan. Que croyez-vous qu’il se passa ? Que dans le meilleur des cas l’archevêque a répondu que c’était sympathique et qu’il appuyait l’initiative, mais que son agenda ne lui permettait pas d’être présent ? Pas du tout. L’archevêque y est allé, avec d'autres évêques, il a célébré la grand-messe et il a prononcé un remarquable sermon sur le péché, soulignant que le péché était toujours personnel, mais qu’il y avait des péchés publics qui exigeaient une pénitence publique. On y retrouvait naturellement l’enseignement de Jean-Paul II sur les « structures de péché ».

On lira ci-dessous la lettre de Mgr Gadecki (...)

Varsovie le 6 septembre 2016

Cher Monsieur,

C’est avec une grande joie, que j’ai reçu l’invitation qui m’a été faite à participer à l’initiative de Grande Pénitence organisée par la fondation Solo Dios Basta le 15 octobre de cette année au sanctuaire de la Sainte Mère de Dieu de Jasna Gora à Czestochowa.

La célébration du 1050e anniversaire du baptême de la Pologne cette année nous invite tout d’abord à remercier Dieu pour le don de la Foi et les bienfaits spirituels, culturels et sociaux qui en découlent pour notre Patrie. C’est justement la Foi en Jésus Christ qui a constitué les fondations sur lesquelles, pendant des siècles, des générations de Polonais ont créé l’histoire d’un peuple qui malgré son histoire dramatique a gardé son identité, uni autour des valeurs découlant de l’Evangile. La dignité inaliénable de la personne humaine et le droit à la vie qui en est la conséquence, la solidarité, l’entraide, la liberté et enfin, l’amour et le pardon, voici seulement quelques idées qui assurent le développement sur tous les plans de la société, la paix et la sécurité.

Bien que la fidélité au Christ, à la croix et à l’évangile soit un trait caractéristique de nombreuses générations de Polonais, on peut remarquer ces dernières années une montée de l’indifférence religieuse dans certains groupes sociaux. Cette tendance apparaît non seulement dans notre Patrie mais aussi dans beaucoup de pays d’Europe (...)"

Posté le 18 octobre 2016 à 14h58 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

04 octobre 2016

Cardinal Burke : "L’islam est une menace car, pour un vrai musulman, Allah doit gouverner le monde"

Traduction d'une interview donnée par le cardinal Raymond Burke, patron de l’Ordre de Malte et membre de la Congrégation pour la cause des saints, au quotidien italien Il Giornale.it :

Cardinal-Raymond-Burke-2014En 2016, les chrétiens sont-ils encore persécutés ?

"Dans certaines parties du monde ils sont persécutés et aussi expulsés de leur terre. Cela advient dans des pays historiquement importants du point de vue religieux, comme l’Irak, où arriva Abraham, terre des Chaldéens. Mais aussi dans des pays du nouveau monde, par exemple dans mon pays (les États-Unis, ndlr), il y a une tentative de nier aux chrétiens le droit de suivre leur propre conscience. Et de résister à l’avortement, à la stérilisation ou à d’autres pratiques médicales qui procurent la mort. Les problèmes pour les chrétiens ne concernent pas seulement le Moyen-Orient mais aussi l’Occident."

L’Union Européenne elle-même, au nom du politiquement correct, souvent ferme les yeux sur les menaces envers les chrétiens. Qu’en pensez-vous ?

"C’est clair que les musulmans ont comme objectif final de conquérir le pouvoir sur le monde. L’islam à travers la charia, leur loi, doit gouverner le monde et il permet des actes de violences contre les infidèles, comme les chrétiens. Mais nous avons peine à reconnaître cette réalité et à réagir en défendant la foi chrétienne."

Pensez-vous que nous fermons les yeux ?

"Oui et je pense que les raisons en sont multiples. Beaucoup ne comprenne pas ce qu’est vraiment l’islam. Et ils créent ces slogans, que nous croyons tous au même Dieu, que nous sommes tous unis par l’amour et ainsi de suite. Ce n’est pas vrai. Une autre raison est que les chrétiens ont beaucoup négligé une vérité fondamentale : il n’y a qu’un Sauveur du monde, Jésus-Christ. Nous ne devons pas faire de prosélytisme en imposant la chrétienté, mais si nous croyons en Jésus c’est notre devoir d’en porter témoignage. Je pense aussi que ce témoignage n’est plus très fort dans les pays qui dans le passé étaient appelés chrétiens, comme les nations européennes."

Vous avez récemment écrit un livre, « Espoir pour le monde : Unir toutes choses en Christ », qui parle aussi de l’islam.

"L’islam est une menace dans le sens, que pour un vrai musulman, Allah doit gouverner le monde. Le Christ dans l’Évangile a dit de rendre à César ce qui est à César. Au contraire la religion islamique qui se base sur le loi du Coran veut gouverner dans le pays où se trouvent les musulmans. Tant qu’ils sont une minorité, ils ne peuvent pas insister, mais quand ils deviennent la majorité ils doivent appliquer la charia. Aujourd’hui il y a des enclaves, des quartiers entiers, en Europe où de fait le régime musulmans s’impose.

Vous vous référez à Molenbeek, aux banlieues, aux quartiers en Angleterre et dans les pays du Nord, à des villages de Bosnie. Est-ce qu’ils représentent l’échec des tentatives d’intégration ?

C’est un échec parce qu’il s’agit d’un État dans l’État. Le problème c’est que les musulmans travaillent à leur expansion. Toute l’histoire de la présence islamique en Europe est une tentative de la conquérir. Nous avons à peine célébré le 8 septembre la victoire des chevaliers de Malte après trois mois de siège par les musulmans en 1565. Malte aurait été leur tremplin de lancement vers l’Europe.

Sur les murs de Syrte, ex-bastion des drapeaux noirs en Libye, il y avait de nombreuses inscriptions sur la conquête de Rome par l’État islamique.

C’est une danger réel. L’islam se réalise dans la conquête. Et quelle est la conquête la plus importante par rapport aux chrétiens ? Rome.

En Syrie et en Irak, les chrétiens risquent-ils de disparaître ?

Certainement. Il existe un plan pour les déraciner. Les pays soi-disant chrétiens insistent sur la liberté religieuse pour toutes les religions, mais dans certaines nations musulmanes on ne peut même pas construire une église ou professer son credo en public.

Contre l’État islamique faut-il intervenir militairement ?

Il faut l’arrêter avec les justes moyens mis à notre disposition en les considérant des criminels de la pire espèce.

Notre journal a lancé une campagne avec le soutien de ses lecteurs pour raconter la tragédie actuelle des chrétiens. Qu’en pensez-vous ?

J’apprécie ce que Il Giornale est en train de faire pour faire connaître la persécution des chrétiens. Le vrai service des médias n’est pas de répéter les choses qui plaisent à la majorité, mais de chercher la vérité des faits. Aux États-Unis, mais pas seulement, les gens n’entendent jamais une voix différentes, à contre-courant.

L’immigration est-elle une ressource ou un danger ?

J’ai entendu plusieurs fois des islamistes qui expliquaient : ce que nous n’avons pas réussi à faire avec les armes dans le passé nous sommes en train de le faire avec la natalité et l’immigration. La population est en train de changer. Si on continue ainsi, dans des pays comme l’Italie, la majorité sera musulmane.

Si c’est ainsi est-ce parce que nous sommes trop faibles ?

Tout cela arrive à cause de la corruption de l’Occident. Il n’y a plus de familles suffisamment nombreuses. De manière passive, nous acceptons des praxis qui sont contraires à la loi naturelle comme l’avortement ou les soi-disant mariage entre personnes de même sexe. C’est la démonstration que nous ne sommes plus forts dans la foi. Et une proie facile pour la conquête.

Vous êtes américain. Vladimir Poutine, le président russe, ex-officier du KGB, est-il une menace ou l’ultime défenseur des valeurs traditionnelles ?

Je suis très satisfait de sa défense de la vie et de la famille, que Dieu a créé dès le début avec un homme et une femme. Nous ne pouvons pas nier à une personne comme Poutine la conversion. C’est possible qu’aujourd’hui il ait compris ce qu’il ne comprenait pas il y a 30 ans (au temps du KGB, ndlr). »

[Via MPI]

Posté le 4 octobre 2016 à 11h24 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

23 septembre 2016

Mercredi 28 septembre : Café Histoire de Toulon - "Guerres au Proche-Orient, russes et américains face à face ?"

Le Café Histoire de Toulon vous rappelle la prochaine causerie du mercredi 28 septembre 2016 devant les Amis du Pub Le Graal, au Pub associatif des Missionnaires de la Miséricorde -377 avenue de la République , Toulon. Cette septième causerie 2016, animée par Antoine de Lacoste, portera sur le thème : " Guerres au Proche-Orient, russes et américains face à face ? "

Au moment où les chrétiens d'Orient sont menacés de disparition par l'islamisme, cette nouvelle plaie du monde arabe, Antoine de Lacoste nous fera comprendre si Russes et Américains sont entrés dans une seconde guerre froide. Cette question ne peut laisser indifférents les catholiques français, héritiers de la traditionnelle politique capétienne de protection des populations chrétiennes du Levant.

De Lacoste

2) Vous pourrez compléter la causerie d'Antoine de Lacoste en participant à la conférence débat sur la Syrie organisée par SOS Chrétiens d'Orient , avec la journaliste-écrivain Annie Laurent et la responsable des missions Jordanie/Syrie Lucie Bouzard, le 30 septembre, à Gonfaron, à la salle polyvalente (renseignements téléphonique : 06 79 09 17).

3) Le texte de la causerie de Philippe Lallement du 29 juin 2016 sur : La mémoire disparue des catholiques du "Midi blanc " , vous sera communiqué par mail avec notre envoi du mois d'octobre 2016.

4) Nous vous rappelons également qu'il n'y aura pas de causerie le dernier mercredi du mois d'octobre 2016 en raison du pèlerinage du Jubilé de Miséricorde à Rome avec les Missionnaires de la Miséricorde, avec la présence de Mgr REY. Nous vous informons que vous pouvez encore vous inscrire en cliquant sur  Pèlerinage à Rome

5) La Café Histoire de Toulon a le plaisir de vous informer de la contribution d'Alain Vignal à l'ouvrage du CNRS : Histoire des pirates et des corsaires. De l'Antiquité à nos jours sous la direction de Gilbert Buti :( Professeur d’histoire à Aix-Marseille Université et chercheur à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme TELEMME - Aix-en-Provence) et de Philippe Hrodej : (Maître de conférences en histoire à l’université de Bretagne-Sud  et chercheur au CERHIO-Lorient).

Histoire-des-pirates-et-des-cordairesNous vous recommandons cet ouvrage que vous pouvez commander à La Librairie L'Enfant Jésus, 81 rue Orvès - 83000 Toulon (Tél. 04 94 03 06 46).

Posté le 23 septembre 2016 à 11h24 par Marie Bethanie | Lien permanent

13 septembre 2016

L'immigration : occasion unique de pouvoir détruire l’Europe, fondée sur la Chrétienté et la nationalité

Viktor-orbanExtrait des propos tenus par Viktor Orban, premier ministre de la Hongrie, à propos des flux d'immigrés clandestins arrivant en Europe :

"Si nous voulons vraiment apporter de l’aide, nous devons vraiment aider là où se situe l’origine du problème. Si l’Europe désire le meilleur pour elle-même et construire une armée unie, elle doit être maîtresse de la mer Méditerranée et – comme le faisaient les anciens empereurs Romains – couler les bateaux vides et non autorisés.

Il est tout simplement évident que si nous invitons les réfugiés à venir : ils viendront. La guerre politique basée sur le thème de la migration est une occasion qui satisfait les 2 parties. Pour eux c’est une occasion unique de pouvoir détruire l’Europe qui est fondée sur la Chrétienté et la nationalité afin de complètement modifier les fondations ethniques de l’Europe.

Ils savent parfaitement que les musulmans ne voteront jamais pour un parti qui a des racines chrétiennes et de fait en raison de l’énorme volume de musulmans en place, les partis conservateurs seront évincés du pouvoir. 

Mais cette guerre est aussi une excellente opportunité pour les partisans des États-nations ayant des racines chrétiennes. Notre grande occasion aujourd’hui est d’empêcher toute discussion sur la crise migratoire à travers ce système obligatoire."

Via FDesouche

ImagesHXYVMS1IEt c'est certainement pour cela que le Luxembourg veut exclure la Hongrie de l'Union européenne :

"Le chef de la diplomatie luxembourgeoise, Jean Asselborn, a appelé à exclure au moins temporairement la Hongrie de Viktor Orban de l'Union européenne pour violation de ses valeurs démocratiques fondamentales, dans une interview publiée aujourd'hui en Allemagne.

"Des gens tels qu'Orban ont conduit à ce que l'UE donne l'image d'une Union qui ose à l'extérieur défendre des valeurs qu'elle n'est plus capable de maintenir à l'intérieur" du bloc, a déploré M. Asselborn dans le quotidien Die Welt, à quelques jours d'un sommet des dirigeants européens à Brastilava sur l'avenir du projet européen.

"Ceux qui, comme la Hongrie, bâtissent des clôtures contre des réfugiés de guerre, qui violent la liberté de la presse ou l'indépendance de la justice, devraient être temporairement, voire même définitivement, exclus de l'UE", a-t-il ajouté.

Ce serait probablement une chance pour la Hongrie. Et même pas besoin d'organiser un référendum comme au Royaume-Uni...

Posté le 13 septembre 2016 à 09h37 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

12 septembre 2016

Cardinal Schönborn : "De nombreux musulmans veulent conquérir l'Europe"

Ce0cfc3fda1783b4359ecbfea1696b04__anhang_jpgLors de la messe du Saint Nom de Marie, dimanche à la cathédrale Saint-Étienne à Vienne, commémorant la libération de la ville en 1683, le cardinal autrichien Christoph Schönborn a averti :

«Dieu ait pitié de l'Europe et de ton peuple, qui est en danger de perdre notre héritage chrétien»

«Il y a une conquête islamique de l'Europe, de nombreux musulmans veulent cela et dire: l'Europe est à la fin".

Posté le 12 septembre 2016 à 21h36 par Michel Janva | Lien permanent

Des évêques se penchent sur les crises : famille, démographie, foi et identité

ImagesCrise de la famille liée à la crise démographique, crise de la foi et crise de l’identité culturelle sont les thèmes abordés par les représentants des Conférences épiscopales de l’Europe centrale et orientale réunis ces 8 et 9 septembre à Bratislava, en Slovaquie.

Vingt-sept ans après la chute des régimes communistes en Europe centrale et orientale, l’Europe doit faire face à de nouveaux défis, ont observé les évêques lors de cette rencontre.

Dans un communiqué, ils ont notamment rappelé l’importance

«d’un véritable partenariat entre les pays européens basé sur la dignité de tous les peuples et le respect réciproque».

Les évêques ont également souligné la nécessité de mener une nouvelle réflexion sur l’identité européenne,

«qui a toujours été liée à la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme».

Malheureusement, ont-ils déploré, un certain nombre de décisions prises par les structures européennes mettent la famille et la protection de la vie en danger. Actuellement, l’Europe a besoin, tout d’abord, de familles stables et d’une politique démographique prudente. Et, l’immigration n’est pas une solution à la crise démographique, indiquent-ils.

Posté le 12 septembre 2016 à 21h20 par Michel Janva | Lien permanent

09 septembre 2016

Aujourd’hui en Europe une contre-révolution culturelle est possible

D'Olivier Bault dans Présent :

K"[...] Organisé depuis 1990, le Forum de Krynica [en Pologne] réunit des dirigeants du monde politique et économique de la région et pas seulement. Cette année, ce sont plus de 3 000 participants de plus de 50 pays différents qui discutent ensemble de la situation politique, économique et sociale en Europe et dans le monde, avec six sessions plénières et 150 débats et conférences. Un des thèmes du 26e Forum économique de Krynica, c’est l’avenir de l’Union européenne après le Brexit.

Lors d’un débat organisé mardi, Jaroslaw Kaczynski et Viktor Orban n’ont pas caché que Pologne et Hongrie s’inspirent mutuellement des réformes entreprises par chacun des deux pays, et le Premier ministre hongrois a ironisé sur le fait que l’hostilité de la presse internationale à l’égard des deux pays est plutôt une preuve de reconnaissance des efforts engagés. Et si les deux pays militaient pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE, afin de préserver la liberté de mouvement des travailleurs mais aussi parce que Londres était jusqu’ici le meilleur rempart contre les excès de Bruxelles, Viktor Orban, soutenu en cela par Jaroslaw Kaczynski, a parlé des opportunités créées par la décision du peuple britannique.

« Je vais régulièrement à Bruxelles depuis onze ans », a expliqué Orban, « les élites européennes, les décideurs politiques, les personnes qui dirigent les médias s’imaginent que le développement de l’humanité passe par la liquidation de nos identités, qu’il n’est pas moderne d’être Polonais, Tchèque ou Hongrois, qu’il n’est pas moderne d’être chrétien. Une nouvelle identité est apparue à la place, celle d’Européen. On a voulu presser les choses. Et que nous dit le Brexit ? Les Britanniques ont dit “non”. Ils ont voulu rester Britanniques. […] L’identité européenne n’existe pas, il y a des Polonais et des Hongrois. […] La crise renforce notre argumentation. Tous ces phénomènes observés aujourd’hui en Europe montrent qu’une contre-révolution culturelle est possible. Nous, en Europe centrale, nous pouvons initier cette renaissance. »

Posté le 9 septembre 2016 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent

La Suisse a trouvé son crétin des Alpes

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

" 1539537205Un « artiste » d’Appenzell, Christian Meier, a installé un grand croissant lumineux (visible la nuit de très loin) au sommet de la Liberté (sic), 2.140 m.

Il explique qu’il est athée et qu’il ne supporte pas les croix sur les sommets, parce que la croix est un « symbole du système de pensée déraisonnable du christianisme ». Il s’agit donc d’inciter les gens à remettre en question leur façon de voir.

Et ils sont donc censés voir le croissant islamique comme un symbole de la liberté…

Mais Christian Meier n’a évidemment demandé l’autorisation de personne pour poser sa crotte islamique au sommet d’une montagne suisse. Ce qui n’est pas du goût des autorités alémaniques, comme on s’en doute. Le président du canton a souligné que l’Alpstein est un « paysage culturel » que l’on « doit traiter avec soin », et le soi-disant artiste a jusqu’au 14 septembre pour remballer sa provocation."

Posté le 9 septembre 2016 à 14h37 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

03 septembre 2016

Mettre sur le même plan la violence dans l’islam et le christianisme est odieux

FIC122676HAB33Extrait de l'éditorial de Christophe Geffroy dans le dernier numéro de La Nef :

"Mettre sur le même plan la violence dans l’islam et le christianisme est d’autant plus odieux que le drame européen est précisément le manque de fierté de ce que nous sommes, la perte de nos racines, et ce n’est pas en nous dénigrant nous-mêmes que nous pourrons nous redresser. Nous n’avons pas à avoir honte de notre passé et le christianisme en fait partie, son apport n’ayant pas été mince dans la plupart des valeurs qui nous sont les plus chères, à commencer par celles de la République : « liberté, égalité, fraternité ». Face à un islam, en France et en Europe, de plus en plus revendicatif et sans complexe qui cherche à imposer ses normes (voir l’affaire cet été des femmes en burkini), devant lequel nous cédons pas à pas par lâcheté et aveuglement, il nous faudrait retrouver la vertu de force, la vertu, nous dit saint Thomas d’Aquin, qui donne « la volonté de faire ce qui est raisonnable »."

Posté le 3 septembre 2016 à 17h22 par Michel Janva | Lien permanent

29 août 2016

Le parti de Geert Wilders veut désislamiser les Pays-Bas

Geert Wilders, le président du Parti de la Liberté, n'est visiblement pas un adepte du vivre-ensemble et encore moins du politiquement correct. Il ne considère pas l'islam comme une simple religion mais comme "un totalitarisme politique"  :

"Le parti néerlandais d'extrême droite PVV, en tête des sondages pour les législatives de mars 2017, veut "fermer toutes les mosquées" et "interdire le Coran", selon son programme électoral publié jeudi par son président, le député Geert Wilders.

"Toutes les mosquées et écoles musulmanes fermées, interdiction du Coran", indique, sans plus de détails, le document d'une page intitulé "Projet - Programme électoral PVV 2017-2021" publié sur le compte Twitter du député qui écrit: "les Pays-Bas à nouveau à nous".

Le parti pour la liberté (PVV) souhaite "désislamiser" le pays, annonce-t-il, notamment en fermant les frontières et centres de demandeurs d'asile ainsi qu'en interdisant l'arrivée de migrants originaires de pays musulmans, le port du foulard dans la fonction publique et le retour aux Pays-Bas de personnes parties en Syrie (...)

Les sondages prédisaient l'année dernière au PVV jusqu'à 38 sièges sur les 150 que compte la chambre basse du Parlement (...)"

Posté le 29 août 2016 à 12h25 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

L'argument de la laïcité pour le burkini est un très mauvais argument

Extrait de l'interview de Patrice Rolland, professeur émérite de droit public à l’Université de Paris-Est Créteil :

Peut-on s’appuyer sur la laïcité pour interdire le burkini sur les plages ?

C’est un motif très mauvais parce que c’est l’Etat et le service public qui sont laïcs. Ce n’est pas l’espace public ni les habitants de France qui sont obligés d’être laïcs. L’espace public est un lieu de circulation, d’exercice de la liberté de se déplacer, de la liberté de montrer ses convictions. Une plage, une rue, n’est pas laïque en soi. Depuis 1901, alors que c’était interdit avant, l’Eglise catholique peut, par exemple, faire des processions. Il y a une dérive de considérer que l’espace public est soumis au principe de laïcité. Si c’était le cas, il faudrait alors déshabiller toutes les bonnes sœurs, tous les curés en col romain, les rabbins avec une kippa….

Le juge administratif n’a pas retenu l’atteinte au principe de laïcité mais plutôt le fait que  dans le contexte actuel, le burkini peut être interprété comme n’étant pas, "qu’un simple signe de religiosité". Qu’en pensez-vous ?

Ça me parait très circonstanciel parce que ça porte atteinte à une liberté fondamentale, la liberté de se vêtir. Est-ce que le risque d’attroupements et d’échauffourées est réel ? Le juge est sensible aux circonstances actuelles, mais pour un juriste, ce n’est pas un bon signe pour l’avenir des libertés. Pour moi, cette décision est un peu trop sensible aux circonstances actuelles. Quand vous avez une petite religieuse, qui vient évangéliser, en tenue de bonne sœur, sur une plage, personne ne dit rien. Ce n’est pas plus dans le contexte d’une plage, qu’une femme qui est habillée de la tête jusqu’aux pieds parce qu’elle veut se cacher. L’argument des circonstances est possible mais je trouve qu’il est maximisé.

En 2011, Carl Lang, président du Parti de la France, analysait parfaitement le piège dans lequel sont malheureusement tombés Florian Philippot et le FN :

8253438-12905468"Si nous acceptons la liberté de pratique des religions, on ne peut pas accepter le processus de colonisation islamique de la France et on ne peut pas accepter la construction de nouvelles mosquées dans notre pays (...) Cela n'est pas acceptable. La France et l'Europe ne sont pas terre d'Islam (...)

La laïcité, aujourd'hui, est le cheval de Troie de l'islamisation. En aucun cas, cela n'est une protection contre l'islamisation. Le discours du Parti Radical créé au début du XXème siècle était axé autour de cette idée de laïcité et de l'idéologie laïciste. Si cette laïcité est un instrument de déchristianisation de la France, bien sûr, ça a été une arme pour déchristianiser la France, cette laïcité n'est pas un bouclier contre l'islamisation puisque la laïcité affirme aujourd'hui le principe de neutralité de l'Etat, affirme le principe de pluralité des religions et affirme le principe d'égalité des religions. Les islamistes ont parfaitement compris qu'il fallait justement utiliser les notions de la laïcité et des valeurs de la république pour, au nom de la liberté, au nom de l'égalité,  au nom de la neutralité, pouvoir développer l'Islam tranquillement. Traiter de la même manière, en France, la religion chrétienne et l'Islam, c'est la laïcité. Renvoyer dos à dos l'Eglise et les mosquées, c'est la laïcité. Ce n'est pas conforme à la réalité historique, culturelle, sprirituelle de la France.

Se retrancher faussement derrière la laïcité, c'est finalement servir d'idiot utile aux islamistes qui s'appuient sur cette laïcité et les valeurs républicaines pour permettre justement l'islamisation progressive de la France et demain affirmer clairement les règles sociales, les règles civiles de l'Islam qui n'auront plus rien à voir avec les règles ni de la république ni de la France éternelle."

Posté le 29 août 2016 à 09h54 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

23 août 2016

Anarchie post-chrétienne ou nouvel ordre islamique ?

Sur Boulevard Voltaire, Maxime de La Devèze réagit à la proposition d'interdire le salafisme :

Unknown-4"Voilà la dernière lubie en vogue dans la classe politique cet été. Elle trahit encore, hélas, leur niveau d’incompétence et d’ignorance. Car l’État islamique n’est pas « salafiste ». Il est khawarij : cet islam originel, celui de l’épée, antérieur à la division entre chiites et sunnites. Dans le Sinaï, l’État islamique local capture et livre les salafistes au Hamas, qui les torture et les livre à son tour à Israël… Orient compliqué. Entrer dans ces raffinements, c’est déjà trop. Vouloir cibler tel ou tel style de voile, telle ou telle tendance mahométane, c’est déjà obéir à une injonction d’apprentissage de l’islam.

La vraie question qu’il faut poser, c’est celle de notre société occidentale. Au Caire, on peut se promener partout de jour comme de nuit : c’est la grande métropole la moins criminelle du monde. L’appel du muezzin est une injonction puissante : 1 homme sur 5 a la trace du tapis de prière sur le front. Chez certains, c’est de la corne. En 2013, il y a deux fois plus d’homicides au Luxembourg qu’en Égypte (source). Lorsque le pape tente de nous interpeller sur la question de la violence dans nos sociétés, c’est la bronca. Pourtant, il ne s’adresse pas qu’au dernier million de Français qui va encore à la messe, mais à un milliard de catholiques. Et il parle d’une réalité qu’il connaît bien : celle de la violence en Amérique du Sud. Dérangeant pour nos idées reçues, n’est-ce pas ?

Voici le message prosélyte ultime : dans la maison de l’islam, on vit en paix. À l’extérieur, c’est la maison du désordre et de la guerre entre « communautés ». La troublante réalité est que l’islam ne connaît que la violence politique, celle qui impose son modèle social et sa paix civile. Convertissez-vous, braves gens, vous aurez la paix.

Et nous, que proposons-nous ? Quel idéal ? Quelle paix civile ? Hier, sur une radio nationale, des féministes engagées défendaient le « burkini », une liberté pour les femmes, au même titre que le « topless ». Qu’importe, pour ces belles âmes, si dans la maison de l’islam, le voile est aussi celui des privations de tous les droits civiques et sociaux. Sur les plages, il semble que la cohabitation du voile intégral et des seins nus soit impossible. Quelle alternative sociale avons-nous à proposer ? Le chômage, l’insécurité, le mariage homosexuel et les familles décomposées ? Où sont nos fidélités ?

Anarchie post-chrétienne ou nouvel ordre islamique ? Le problème est devant nous, il ne vient pas d’une énième guerre civile interne en terre d’islam, ou de telle tendance musulmane aussi radicale que subtile. Il vient de nos faiblesses. Le temps presse. Ne nous trompons pas d’enjeu : celui d’une guerre insurrectionnelle, c’est le contrôle des foules. Pendant des décennies, nos élus ont laissé prospérer l’islamisation de pans entiers de notre territoire : ce n’était qu’un sursis, d’un mandat à l’autre, pour avoir le calme dans leurs fiefs électoraux. Celui de cette guerre, c’est la conversion des foules à l’islam, ou le regain d’une foi chrétienne authentique qui ne soit pas seulement une posture identitaire ou un salmigondis de laïcité républicaine et de spiritualité « new age »."

Egalement sur Boulevard Voltaire, Robin de La Roche écrit :

"[...] Il ne s’agit pas, ici, de dire « Vous avez rejeté le christianisme, vous aurez donc l’islam », comme on dirait à un enfant « Mange ta soupe, sinon… » Il s’agit simplement de rappeler que l’Homme est spirituel et qu’un vide créé par une absence se voit vite rempli d’une autre présence. Les républicains ont compris assez tôt que pour vaincre le catholicisme, il fallait le remplacer non par un vide mais par une autre religion : la république maçonne déifiée. On connaît bien l’explication longue qu’en donna jadis Vincent Peillon.

La foi chrétienne est un trésor. Ceux des Européens qui vomissent dessus sont victimes d’un manque de formation. Et la principale coupable en est l’Église elle-même. L’Église des années 1970-90, incapable d’enseigner, incapable de s’aimer elle-même, l’Église mollassonne qui n’avait d’autre perspective que les Hommes, oubliant le Ciel, cette Église-là a scié la culture sur laquelle elle était posée. [...]

J’y tiens : il y a en Europe, et singulièrement en France, un manque important de formation chrétienne. Croyez-vous que l’Europe que nous aimons et que nous sommes en train de perdre s’est construite sur une vague superstition ? N’avez-vous pas l’humilité de comprendre que le christianisme – qui est de raison comme il est de foi – est beaucoup plus que nos « racines », mais qu’il est nos artères, nos veines, et qu’on lui doit bien de se replonger dans ses livres, l’héritage de ses saints, sa culture ?

Français patriote, tu n’arriveras à rien par le paganisme, qui te poussera au suicide. Réfléchis, pose-toi un instant et regarde la foi de tes ancêtres. C’est par elle qu’ils ont construit ce monde que tu aimes. Et n’oublie pas, le Christ est VRAIMENT ressuscité. Ce n’est pas une allégorie."

Posté le 23 août 2016 à 08h45 par Michel Janva | Lien permanent

09 août 2016

Victor Orban sur l'UE : le discours d'un vrai dirigeant européen

Voici la version française du discours de Victor Orban, devant les participants de la 27ème Université d’été de Baile Tusnad (Transylvanie ), en Roumanie, le 23 juillet 2016 :

"Bonjour Mesdames et Messieurs, Monsieur le Pasteur Tőkés, cher Zsolt Németh,

Je vous remercie de pouvoir être de nouveau parmi vous après un an. Se retrouver est déjà en soi un plaisir précieux, qui fait chaud au cœur. Ce serait une raison suffisante à l’existence de cette université d’été, mais celle-ci remplit aussi, depuis plus de deux décennies, une autre fonction, celle de donner la parole au premier ministre de Hongrie en fonction. Il s’est ainsi créé une situation, un espace convivial, où il est possible de parler de politique autrement, de parler de questions difficiles et compliquées d’une autre manière que celle à laquelle nous sommes contraints par le métier de la politique pendant les 364 autres jours de l’année. Mais il en résulte aussi des problèmes. Car la politique européenne a depuis longtemps épuisé, sur les grands sujets qui la préoccupent, les styles de discours que vraisemblablement personne ne comprend en-dehors de ceux qui les tiennent, mais qui au moins ne leur procurent pas de contrariétés. Mais l'ambiance d’une université d’été est différente. Si ici nous n’appelons pas par leur nom, d’une manière que nous aussi pouvons comprendre, les dilemmes qui nous taraudent, et qui ne sont d’ailleurs pas seulement nos propres dilemmes, mais des dilemmes qui tarauderont – comme vous allez l’entendre – l’Europe tout entière, eh bien notre université d’été ne vaudra rien, elle ne sera pas une université d’été mais un camp de propagande. Je dois donc faire ce qui dans ce métier – dans mon métier – est interdit, ce que tous les conseillers déconseillent. Je vais donc vous dire clairement ce que je pense de la situation de l’Europe d’aujourd’hui. Et pour en rajouter : je n’essaierai pas seulement de vous présenter des questions sensibles, délicates, mais je voudrai aussi le faire d’une manière compréhensible par tous, c’est-à-dire que j’utiliserai un style direct qui est aujourd’hui banni en Europe : car dès que l’on choisit un certain mode d’expression pour décrire nos soucis et nos problèmes, il faut s’attendre à être stigmatisé, il faut s’attendre à être déclassé, rejeté, exilé, d’une manière générale, du mainstream européen. Naturellement, lorsque le mainstream en vient à connaître des problèmes, le fait d’en avoir été rejeté à un certain moment se mue plutôt en avantage. Nous ne l’aurions pas cru autrefois, mais force est de constater aujourd’hui, de plus en plus, que le fait d’avoir rejeté la Hongrie du mainstream, et d’avoir voulu interpréter tout ce que nous avons fait comme s’écartant de la politique convenue de l’Europe – qu’il s’agisse de notre constitution et de sa référence à nos valeurs chrétiennes, de notre politique démographique, de l’unification de notre nation par-delà les frontières – est devenu maintenant, a posteriori, quelques années plus tard, plutôt un avantage qu’un inconvénient. Personne ne peut exclure en ce moment que le mainstream de l’Europe ne se trouvera pas, dans les années à venir, là où l’on a précisément essayé de renvoyer la Hongrie. C’est ainsi que le mouton noir deviendra troupeau, et l’exception, règle. Nous ne savons pas si ce sera exactement le cas, mais ce que nous voyons aujourd’hui en Europe ne permet pas de l’exclure.

J’étais encore très perplexe hier, et même jusqu’au dernier moment, hier soir très tard, lorsque j’essayais de mettre en ordre ce que j’allais vous dire aujourd’hui. Je n’avais encore jamais été aussi perplexe qu’hier soir devant une telle situation. Il se passe tellement de choses qui méritent chacune des explications détaillées, et dont il serait légitime de parler : l’attentat de Munich d’hier, les attentats en France, la mise en route de plusieurs centaines de migrants avant-hier à pied depuis Belgrade en direction de la Hongrie, l’investiture par les conservateurs de Trump à la candidature à la présidence des Etats-Unis et son grand discours – qui mériterait à lui seul l’attention de toute une université d’été –, la sortie des Anglais de l’Union européenne... Tous ces événements exigent qu’on les explique d’une manière ou d’une autre. Mais ce n’est pas le rôle d’une université d’été de décrire des phénomènes, bien plutôt d’essayer – à l’aide bien évidemment des questions qui ne manqueront pas d’être posées – d’en identifier les ressorts, les interconnexions qui les caractérisent.

La vérité est qu’il n’y a pas à ce jour d’explication univoque, c’est à dire universellement acceptée par tous ceux qui s’occupent de politique européenne, à la multitude des phénomènes dont je viens de citer quelques exemples. Il n’y a pas d’explication universellement admise à cette multitude de phénomènes, que je pourrais synthétiser de la manière suivante : la peur grandit de jour en jour en Europe, l’impression se fait de jour en jour plus forte en Europe que notre avenir est incertain. Et je voudrais essayer, sans aucune prétention à une approche scientifique que l’on serait en droit d’attendre, d’identifier d’abord la cause commune, la source originelle dont procèdent ces phénomènes qui provoquent notre peur. En écoutant tout à l’heure M. le Pasteur Tőkés, je me suis rendu compte que je n’aurais pas dû rester perplexe hier soir, mais l’appeler, parce qu’il a prononcé la phrase dont je dois en vérité partir, comme point de départ. Il a cité le prophète Néhémie : « N’ayez pas peur, luttez ! » Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Contre qui faut-il lutter ? Si nous ne pouvons pas dire contre quoi il faut lutter, nous sommes incapables de définir les bonnes modalités de cette lutte, de distinguer ce qui est utile et ce qui est contre-productif, nous sommes incapables de sélectionner les moyens à mettre en œuvre. Si nous ne pouvons pas dire contre quoi nous luttons, nous ne pouvons pas identifier non plus les moyens les mieux appropriés, ni voir lesquels nous font plutôt du tort. C’est pourquoi il est important d’essayer – et c’est à mes yeux la tâche la plus importante qui attend l’Europe dans l’année qui vient – de définir ensemble, au niveau européen, ce contre quoi nous devons lutter.

Naturellement, ce qui vient en premier lieu à la surface, c’est le phénomène migratoire, le terrorisme, l’incertitude. Mais d’où provient tout cela ? Il y a des ressemblances, à ce niveau,  entre les deux parties du monde occidental, entre les problèmes de l’Amérique d’au-delà de l’Océan et ceux de notre continent européen. Lorsque dans les cinquante dernières années l’on disait à un jeune Allemand, à un jeune Français, à un jeune Britannique ou à un jeune Belge : « mon ami, si tu fais de bonnes études, si tu respectes nos lois, tes parents, et si tu travailles avec assiduité, tu peux être sûr que tu iras plus loin et que tu vivras mieux que tes parents ». C’était cette perspective qui a donné pour nous tout son attrait au grand rêve européen, à la grande histoire de l’Europe et à l’Union européenne. Parce que nous ne pouvions pas en dire autant entre 1945 et 1990 ici, en Hongrie. Mais aux Etats-Unis, et à l’ouest de nous, dans les pays de l’Union européenne, c’était un lieu commun aussi clair que deux et deux font quatre. Et que voyons-nous aujourd’hui ? Si je dis à un jeune Anglais, à un jeune Allemand ou à un jeune Français : « si tu respectes les lois, si tu honores tes parents, si tu fais de bonnes études et si tu travailles avec assiduité, tu arriveras certainement plus loin et tu vivras mieux que tes parents », je crains qu’il ne se moque de moi. C’est cette promesse d’une vie européenne meilleure qui s’est trouvée ébranlée, qui s’est perdue, avec de très lourdes conséquences. C’est au fond une crise économique. Si nous devions en chercher les causes – dans lesquelles je ne veux pas entrer ici –, nous les trouverions quelque part dans le fait que des concurrents se sont présentés aux côtés des économies occidentales qui dominaient jusqu’à présent l’économie mondiale, des masses humaines qui se chiffrent par milliards – l’Inde et la Chine –, avec pour conséquence une reconfiguration radicale des flux des biens produits dans le monde. Et l’Occident – en particulier l’Union européenne – a été jusqu’à présent incapable de s’adapter à ce changement. Par voie de conséquence, la part de l’Union européenne se restreint, sa performance s’affaiblit, sa contribution à la production mondiale diminue régulièrement. Il en résulte que les générations futures ne peuvent pas voir devant elles les mêmes perspectives que celles qui se présentaient devant leurs parents.

La conséquence de ce phénomène est que notre vie quotidienne est marquée par une crise inavouée des élites européennes. En Europe occidentale en effet, ce sont tantôt les chrétiens-démocrates, c’est-à-dire la droite, tantôt la gauche qui ont exercé le pouvoir au cours des cinquante à soixante dernières années, mais d’une manière générale les dirigeants de l’Europe provenaient tous, pendant cette période, des mêmes milieux, de la même élite, du même monde de pensée, des mêmes écoles, des mêmes institutions de formation des jeunes générations de politiciens. Tout le monde le trouvait normal, puisque c’étaient eux qui, en s’alternant, étaient capables de garantir à l’Europe un bien-être régulièrement croissant. Depuis que la crise économique a mis ce schéma en question, cette crise économique s’est muée en une crise des élites. Ce que nous voyons aujourd’hui dans les actualités, et ce que l’élite au pouvoir décrit naturellement en clef négative, c’est l’apparition de formations nouvelles, extrémistes, populistes, des acteurs extérieurs aux élites habituelles qui prennent position sur les grands sujets du moment, qu’il s’agisse du candidat à la présidence des Etats-Unis ou du parti Alternative pour l’Allemagne – je pourrais continuer la liste – et qui sont tous les preuves d’une crise des élites. Nous pourrions à la limite en prendre notre parti, parce que, mon Dieu, les élites européennes affronteront cette crise d’une manière ou d’une autre, mais le problème est qu’aujourd’hui la crise des élites s’est muée en une crise de la démocratie.

Par conséquent, la crise économique est devenue une crise des élites, qui à son tour est devenue une crise de la démocratie, parce que les grandes masses de la population veulent clairement et manifestement autre chose que ce que proposent et font les élites traditionnelles. C’est ce qui produit cette incertitude, cette nervosité, cette tension derrière lesquelles surgissent, comme l’éclair, un attentat terroriste, une action violente, un flux migratoire apparemment incontrôlable. C’est pour cette raison que l’image est si nette, c’est pour cette raison que chaque acte terroriste nous secoue à ce point. La question n’est pas qu’un malade mental commette quelque chose un jour en France, un autre en Allemagne (cela a déjà été le cas bien des fois dans le passé), mais que nous ressentions quelque part – que cela soit fondé ou pas – que ce qui arrive est la conséquence pratiquement logique de l’incertitude et de l’inquiétude générale. C’est cela qui nous déstabilise, parce que cela nous suggère que ce qui se passe à Nice ou à Munich peut se passer n’importe quand dans n’importe quel pays d’Europe.

Car l’incertitude et la peur, qui caractérisent aujourd’hui la psychologie de base du continent européen, tuent les âmes. Quand on a peur, on n’aspire pas à de grandes choses. Quand on a peur, on se met sur la défensive. Les grandes choses ont besoin de grandeur d’âme et de cœur, pour pouvoir connaître et intégrer tout le savoir, toutes les idées qui s’imposent. Si cette sérénité est présente, l’on peut faire de grandes choses, comme par exemple, chez nous, l’unification de la nation hongroise, ou encore la reconstitution de l’économie hongroise au travers de la volonté de rattraper sur une courte période historique le retard accumulé sur près d’un demi-siècle. Il faut pour cela de l’ouverture d’esprit, une propension à la réception des idées, de la collaboration et de la confiance. En revanche, la peur incite tout le monde – les pays, les gens, les familles, les acteurs économiques – à la posture de défense du hérisson. Ce n’est pas cela qui fera l’Europe, une telle posture n’est pas propice à ce que l’Europe retrouve son rôle d’antan. L’attentat de Munich – devant les victimes duquel je souhaite ici m’incliner, à titre personnel aussi – nous secoue tout particulièrement, parce que dans l’esprit public hongrois il y avait toujours en filigrane une pensée : dans ma tête, ce n’était pas seulement un sentiment, mais une conviction, qu’il est quand même bien utile que les Allemands – qui ont certes souvent présenté de graves dangers pour les Hongrois au cours des mille ans de notre histoire – soient là, à l’ouest de nous, parce qu’ils sont un peuple sensé, ils ne donnent pas prise aux extrémismes, ni aux extrémismes spirituels, ni aux conceptions économiques déraisonnables, ni aux actes terroristes qui mettent à mal notre sécurité. C’est toujours sous cet angle que nous avons considéré l’Allemagne au cours des cinquante dernières années, comme le garant de notre sécurité depuis l’ouest, et c’est pour cette raison que la signification des événements de la nuit dernière à Munich n’est pas la même dans la tête d’un Hongrois que ce qui s’est produit, par exemple, à Nice. Ce n’est pas seulement parce que cela s’est passé plus près de nous, mais parce que cela s’est produit chez les Allemands, dont nous conservions une image tout à fait différente dans nos esprits. Cela montre que nous aussi, nous devons nous préoccuper toujours davantage et avec une énergie renforcée, de la question de la sécurité, car l’on voit bien que l’Allemagne elle-même n’est plus sûre à 100%.

Si donc à l’injonction « n’ayez pas peur ! » notre réponse est que nous devons bannir de notre vie la peur liée à l’incertitude, alors le devoir de la politique est de déterminer ce qu’elle doit faire pour qu’il en soit ainsi.

Et donc, puisque nous sommes membres de l’Union européenne, je voudrais parler aujourd’hui de ce que l’Union européenne devrait faire autrement pour que la peur et l’incertitude disparaissent de la vie de ses concitoyens. Il faut d’abord faire cesser un certain nombre de situations néfastes. En Occident, l’on présente en clef positive, sous le nom de « dé-nationalisation », une de ces situations que je juge néfaste. Le rétrécissement de la souveraineté nationale au profit des compétences européennes est pour moi un des plus grands dangers qui menacent l’Europe. Il y a des situations contre lesquelles Bruxelles est incapable de se défendre, mais nous autres, les Etats-nations, oui. C’est pourquoi toute orientation, toute action politique et toute initiative visant à retirer, expressément ou furtivement, des compétences aux Etats-nations doit être stoppée. Cette politique doit être arrêtée.

Notre seconde tâche consiste à arrêter les jugements d’autosatisfaction. Si vous écoutez les responsables européens, ils parlent aujourd’hui encore de l’Union européenne comme il y a dix ou quinze ans. Et effectivement, Mesdames et Messieurs, il y a dix ou quinze ans, y compris peut-être jusqu’à la sortie des Anglais, l’on ne doutait guère que l’Union européenne était un acteur global, un protagoniste de la politique mondiale capable d’influencer les événements non seulement sur son propre territoire, mais aussi sur n’importe quelle autre région du monde, aussi éloignée soit-elle. Un acteur global. Or, la sortie des Anglais marque clairement la fin d’une époque, et nous devons reconnaître que l’Europe a perdu cette capacité. L’Union européenne est aujourd’hui un acteur régional, capable, dans le meilleur des cas, d’influencer les événements qui se déroulent dans son environnement immédiat, mais force est de constater que ce n’est progressivement même plus le cas : dans le conflit russo-ukrainien, par exemple, l’acteur déterminant n’est pas l’Union européenne, mais les Etats-Unis d’Amérique. Force est de constater que dans les zones d’incertitude que sont la Syrie, le Proche-Orient ou l’Irak, l’acteur déterminant n’est pas l’Union européenne, mais bien plus les Etats-Unis d’Amérique et la Russie. Nous devons donc reconnaître que si nous avons aujourd’hui une capacité d’influence sur les événements du monde qui se déroulent en-dehors de notre territoire, celle-ci se limite aux régions de notre environnement immédiat.

La troisième chose que nous devons abandonner, c’est ce que j’appellerais « l’idéalisation de l’Europe ». Comme la devise de notre université d’été l’affirme clairement, nous n’avons, nous autres, aucun problème d’identité. Moins même que les Britanniques, qui ne savent pas eux-mêmes de manière précise s’ils sont Européens ou non. Pour un Hongrois, la question ne se pose pas : si tu es Hongrois, tu es Européen. Nous l’étions – c’est ce que dit la devise de notre université d’été –, nous le sommes, et nous le serons. Il n’y a aucun problème avec cela, si ce n’est qu’il est né de ce sentiment – plutôt à l’ouest de nous – une politique qui fait en permanence de l’Europe une idéologie. Dans cette acception, l’Europe n’est pas la communauté capable de régler les problèmes des nations qui vivent en son sein, mais une idée, une idéologie, un système mental clos dans lequel tout processus tendant à concentrer en lui le plus possible de compétences est bon et doit être encouragé, où en revanche toute situation où les Etats-membres résolvent leurs propres problèmes dans le cadre de leur propre domaine de compétence est au minimum suspect, et où ceux qui souhaitent récupérer des compétences, comme les Britanniques s’y sont essayés, s’exposent à la damnation. Ce qui veut dire que faire de l’Europe une idéologie conduit nécessairement à donner à toutes les questions une seule et unique réponse, la « réponse européenne commune ». La réalité est cependant autre : s’il existe évidemment des questions auxquelles la bonne réponse résulte d’une approche commune, il en existe aussi d’autres où l’approche commune produit une mauvaise réponse. La protection des frontières et la question migratoire en sont des exemples patents. Tant que nous avons essayé de les résoudre « en commun » (je parle du printemps 2015), le problème n’a fait que s’amplifier. Depuis que nous avons déclaré qu’en application des conventions qui s’imposent à chacun, tous ceux qui ont signé ce fameux Accord de Schengen doivent assurer individuellement le contrôle de leur frontière, et que nous autres Hongrois l’avons fait, le problème a diminué et a perdu de son intensité. C’est pour cela que nous ne devons pas dire qu’une politique dans laquelle les acteurs et les compétences européennes sont plus nombreux est par définition meilleure et plus riche que celle où elles le sont moins. Si nous ne renonçons pas à cette approche, c’est-à-dire si nous ne quittons pas l’approche idéologique pour revenir à une approche pratique, je suis convaincu que nous ne parviendrons pas à mettre fin à l’incertitude.

Une autre chose dont nous avons besoin pour restaurer la sécurité en Europe, c’est de reconnaître que nous avons pris de mauvaises décisions. Nous avons pris au moins trois mauvaises décisions au sein de l’Union européenne au cours des dernières années.

La première est d’avoir accru les pouvoirs du Parlement européen. Bien loin d’améliorer l’efficacité des institutions européennes, cette décision l’a détériorée.

La seconde mauvaise décision est d’avoir laissé la Commission européenne s’affirmer comme un acteur politique, contrairement au rôle que lui définit le Traité européen, à savoir qu’elle est la gardienne des Traités, ce qui implique une nature nécessairement neutre du point de vue politique. La Commission européenne se considère une commission politique, subtilisant ainsi ce rôle au Conseil européen, c’est-à-dire au conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, auquel le Traité assigne pourtant ce rôle. L’impulsion des orientations politiques est, aux termes des documents de base des institutions européennes, l’affaire et le devoir du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Or, nous constatons aujourd’hui que dans les questions où les chefs d’Etat et de gouvernement ne parviennent pas à se mettre d’accord, comme par exemple dans la question des quotas obligatoires, la Commission européenne met en route sous sa seule responsabilité une réglementation et une politique de quotas obligatoire. Ce faisant, elle ne se borne pas à passer par-dessus la tête des chefs d’Etat et de gouvernement, s’appropriant furtivement une partie des compétences nationales, mais – bien plus grave – un organisme européen que personne n’a élu se propulse dans un rôle politique et provoque par là une crise de démocratie et de légitimation dans le corps de l’Union européenne.

Et la troisième mauvaise décision a été d’avoir décidé, dans l’intention d’améliorer l’efficacité du fonctionnement de l’Union européenne, d’introduire, y compris dans le domaine des intérêts nationaux vitaux des pays, la règle de la majorité qualifiée des deux tiers au lieu de l’unanimité. C’est ainsi qu’a pu se produire une situation où, alors que nombre de pays avaient pris position contre le système des quotas obligatoires, la Commission, menant son propre chemin à l’intérieur des institutions européennes et avec le soutien des grands Etats, a fait adopter à la majorité qualifiée des deux tiers, au lieu de l’unanimité, des mesures que nous devrions aujourd’hui appliquer. Bien sûr, nous n’en ferons rien, et avons introduit un recours contre cette décision. La Commission se prépare à adopter, dans le futur également, des mesures qui se heurtent à l’opposition d’au moins un tiers des nations européennes : pour ne pas parler que de migration, je veux citer la question des travailleurs détachés, qui est une question économique et où les Parlements de douze pays d’Europe ont fait connaître leur opposition à la proposition de la Commission. C’est ce qu’on appelle la procédure du « carton jaune ». Douze Parlements nationaux. La Commission a déclaré que cela ne l’intéressait pas, puisqu’elle dispose d’une majorité des deux tiers et que là ce n’est pas par pays, mais sur une base pondérée par les populations que l’on compte. Elle a déclaré que disposant de la majorité pondérée des deux tiers, elle n’examine pas, ne prend pas en considération et ne tiendra pas compte du « carton jaune » délivré par douze Parlements nationaux. Tout cela montre qu’en voulant améliorer le fonctionnement de l’Union européenne, nous avons pris des décisions qui se sont avérées contre-productives et qui, dans cette situation nouvelle, sont bien plutôt de nature à saper l’unité de l’Europe et son soutien par sa population.

En matière d’incertitude, je dois maintenant dire quelques mots du terrorisme et du phénomène migratoire. La chose la plus lamentable et la plus attristante en politique est de débattre de l’évidence, et des faits eux-mêmes, au lieu de s’attacher à en comprendre conséquences et les enseignements : l’on cherche à savoir si le blanc est bien blanc, si le noir est bien noir, si deux et deux font bien quatre plutôt que trois ou cinq. C’est ce genre de débat qui pèse sur l’Union européenne, et il est bien difficile d’y mettre de l’ordre. Nous avons pour ce qui nous concerne décidé de faire faire par notre organisme Századvég un sondage d’opinion en Europe pour savoir ce que pensent les gens, notamment sur le point de savoir s’il existe une relation entre le terrorisme et la migration.

Ce sondage d’opinion a porté sur tous les 28 Etats-membres, il avait donc une portée européenne, et pas uniquement hongroise. Les résultats sont on ne peut plus clairs, je les ai ici devant moi. Pour plus de 60% des interrogés, il est tout à fait évident qu’il existe une relation directe entre l’accroissement du terrorisme, l’accroissement de la criminalité et le phénomène migratoire. De même : 63% des citoyens de l’ensemble des 28 Etats-membres estiment que le phénomène migratoire modifie la culture des pays. Alors que les élites européennes prétendent que non, et que de telles relations n’existent pas. C’est pourquoi je suis convaincu que pour restaurer la sécurité sur le continent européen, l’élite européenne d’aujourd’hui devrait admettre quelques considérations de base, même si elles ne coïncident pas avec sa vision idéologique du monde. Le phénomène migratoire représente un danger, il accroît le terrorisme, il accroît la criminalité, il modifie de manière radicale le profil culturel de l’Europe, il détruit de manière radicale la culture nationale. Si nous ne faisons pas nôtre ce point de vue, s’il ne devient pas un point de vue européen, nous ne pourrons tout simplement pas intervenir face à ce danger. Si vous examinez les documents publiés par l’Union européenne sur cette question, vous verrez que l’Union, tout en proposant des mesures en matière de migration, ne définit pas leur but. Je suis jusqu’à ce jour incapable de vous dire – et pourtant je siège là-bas, parmi eux, au moins une fois par mois – quel est actuellement l’objectif des mesures préconisées par l’Union européenne en matière de migration. Est-ce – ce que je pense et ce que je souhaiterais – que nous devons l’arrêter et ne laisser entrer personne sans contrôle, ou bien – comme le dit la Commission – qu’il ne faut que la ralentir ? Je ne sais pas si nous voulons arrêter le flux migratoire, ou si nous voulons le ralentir. Pour ma part, je veux l’arrêter, parce que je pense qu’il est néfaste. S’ils ne veulent que le ralentir, c’est qu’ils ne le considèrent pas comme néfaste, et que ce n’est que sa forme qu’ils considèrent mauvaise. Les documents de l’Union européenne font régulièrement apparaître que les problèmes démographiques de l’Europe peuvent être aisément résolus grâce à la migration. La Commission vient de nous présenter en mai un projet d’intervention en sept parties, qui mélange allègrement les aspects démographiques, les aspects migratoires et la problématique de la main d’œuvre. Si nous ne commençons pas, ici encore, à nous placer sur des bases claires et transparentes, nous n’arriverons sans doute pas non plus à nous mettre d’accord.

Je ne suis pas chargé de la campagne de Donald Trump, et je n’aurais jamais cru que j’aurais un jour à considérer que sur les possibilités de choix qui sont apparues c’est lui qui serait le meilleur du point de vue de la Hongrie. Je ne l’aurais jamais cru, mais j’ai écouté le discours de ce candidat, qui a fait trois propositions pour freiner le terrorisme. En tant qu’Européen, j’aurais difficilement pu mieux formuler ce dont l’Europe aurait besoin. Il a dit qu’il faut faire des services de renseignement américains les meilleurs du monde, c’est la condition de base. Je le pense aussi. En Europe, la collaboration entre les services de renseignement de chaque pays doit être capable de la meilleure performance, c’est la première condition de notre sécurité. La seconde chose que le brave candidat américain a déclarée est qu’il faut arrêter la politique d’exportation de la démocratie. Je n’aurais pas pu mieux m’exprimer. Car en fin de compte, pourquoi des migrants traversent-ils en masse la mer Méditerranée depuis l’Afrique pour venir en Europe ? Ils la traversent parce que les Européens – avec plus tard les Occidentaux, dans le cadre de l’ONU – ont réussi – nous avons réussi – à réduire en miettes le régime libyen – certes pas vraiment démocratique, mais excessivement stable du point de la défense de sa frontière – sans nous préoccuper d’y mettre en place un nouveau gouvernement capable d’assurer cette stabilité. Nous avons fait de même avec la Syrie, et avec l’Irak. Il est donc avéré que si au lieu de la stabilité nous continuons à privilégier l’édification de la démocratie dans des régions où ses probabilités de succès sont excessivement discutables, ce n’est pas la démocratie que nous y édifierons, mais l’instabilité.

C’est là un enseignement important, notamment à la lumière des événements de Turquie. Je ne souhaite évidemment pas porter de jugement sur ceux-ci, mais si l’on me demande ce qu’attendent les Hongrois de la Turquie, je répondrai sans hésitation : la stabilité. Bien entendu, la qualité de la vie politique dans le pays ne nous est pas indifférente. Les droits de l’homme ne nous sont pas non plus indifférents, notamment parce qu’il s’agit d’un pays qui, formellement du moins, souhaite toujours adhérer à l’Union européenne, où ce sont là des conditions de base incontournables. Mais d’une manière générale, du point de vue de notre existence d’aujourd’hui, le plus important est que la Turquie reste un pays stable, parce que si elle devait cesser de l’être, plusieurs dizaines de millions d’individus se déverseraient depuis cette région sur l’Union européenne sans le moindre tri, contrôle ou obstacle. De la même manière, nous pouvons faire la moue – comme plusieurs le font en Occident – parce qu’après que nous avons permis, avec l’aide des Européens, et je dirais même plus : à notre initiative, que la démocratie « éclose » en Egypte, le peuple a démocratiquement décidé de se choisir un gouvernement islamiste fondamentaliste, dont nous nous sommes ensuite naturellement épouvantés. Nous avons dû nous réjouir que les militaires aient été disposés à reprendre le pouvoir politique,  dans des conditions dont le caractère démocratique et exempt de dérapages n’était pas particulièrement évident. Et maintenant, au lieu de soutenir ces forces militaires qui ont enfin pris le pouvoir, et de les aider à stabiliser la région, nous ne cessons de les réprimander. Et la Libye : au lieu d’armer les groupes locaux qui soutiennent le gouvernement et de déclarer qu’ils constitueront la future armée libyenne, nous préférons formuler des critiques sur la démocratie à l’encontre des responsables politiques d’un pays animé du seul désir de se sortir de la guerre civile. Si nous continuons comme cela, nous n’arriverons qu’à déstabiliser encore davantage une zone qui devrait au contraire assurer notre protection, qui devrait bâtir notre propre protection, et où la priorité est de renforcer la stabilité. A défaut, le flot incessant des migrants continuera à déferler sur nous.

J’ai quelques chiffres qui vous permettront de mesurer l’ordre de grandeur de ce qui nous attend sur les vingt prochaines années. Je sais que les chiffres sont ennuyeux, mais je dois en citer quelques-uns parce que notre expérience de tous les jours ne nous permet pas de voir dans toute leur crudité les processus qui détermineront notre vie dans vingt ou trente ans. Il est clair que ce n’est pas parce que l’avenir de leurs enfants ou de leurs petits-enfants ne les intéresse pas que les Hongrois sont indifférents aux problèmes démographiques – car ils sont effectivement indifférents à cette problématique –, mais parce que le déclin démographique ne les touche pas demain matin dans leur vie et leurs soucis de tous les jours. Ce sont des phénomènes qui se manifestent dans une autre dimension temporelle que celle où se déroule leur vie. C’est pourquoi, si nous ne rappelons pas constamment – au prix des moqueries de nos critiques –, si nous ne rappelons pas constamment à quelles réalités nous aurons à faire face dans vingt ou trente ans, nous ne pourrons mettre en œuvre ni politique familiale, ni politique économique, ni politique de sécurité. C’est pourquoi j’ai ici quelques chiffres qui montrent quelles évolutions démographiques sont prévues dans la région dont nous parlons sur les vingt à trente prochaines années : nous devons nous préparer à ce que la population de l’Egypte passe de 90 à 138 millions d’habitants à l’horizon 2050, à ce que celle de la Syrie, en dépit de la forte émigration, s’accroisse de même à un rythme et dans une proportion importante, ainsi que la population de la Libye, pourtant plongé dans une guerre civile. La population du Nigéria passera de 186 à 390 millions en 2050, celle de l’Ouganda de 38 à 93 millions, celle de l’Ethiopie de 102 à 228 millions. M. le ministre János Martonyi avait l’habitude de nous mettre en garde – et il a bien raison – qu’il faut traiter ces projections sur l’avenir avec prudence, parce qu’il se produit toujours des événements ultérieurs susceptibles de les détourner. Mais tout de même, puisqu’il est impossible de prendre en compte des processus ou des événements futurs susceptibles de détourner nos prévisions actuelles, nous devons bien nous baser sur ces chiffres et nous préparer à ce qu’ils nous annoncent, c’est une position de bon sens.

Tout cela montre que la véritable grande pression nous viendra de l’Afrique. Aujourd’hui, nous parlons encore de la Syrie et de la Libye, mais en vérité c’est à la pression migratoire venue de derrière la Libye que nous devons nous préparer, et l’ordre de grandeur de cette pression sera infiniment plus grand que ce à quoi nous avons eu affaire jusqu’à présent. Cela nous incite à affûter notre volonté. La protection de la frontière, surtout lorsqu’il faut ériger une clôture, et y appréhender des hommes et des femmes, n’est pas quelque chose d’esthétiquement beau. Mais croyez-moi, l’on ne peut pas protéger une frontière, ni se protéger soi-même, avec des fleurs ou des animaux en peluche. Il faut regarder la situation en face. Et il est en même temps très important, à la fois pour nous personnellement et pour l’image que le monde se fait de nous, d’affirmer solennellement que nous ne sommes pas dépourvus de cœur, et que nous faisons une différence claire entre le migrant et la migration. Le migrant est, dans sa personne, la plupart du temps une victime – réserve faite bien entendu des terroristes – qui a été rendu victime par des conditions de vie malheureuses, par ses conditions d’existence difficiles dans son propre pays, par les mauvais gouvernements, par notre mauvaise politique migratoire qui les a incités à prendre la route, et aussi par les trafiquants d’êtres humains. Nous le comprenons et le savons parfaitement. La migration, en revanche, comme je l’ai dit, nous tue. La migration se manifeste par-dessus la tête des migrants, et c’est pourquoi, quels que soient nos sentiments de compassion à l’égard des migrants et de leur nature de victimes, nous avons le devoir de les arrêter à notre clôture, et d’affirmer clairement que ceux qui pénètrent de manière illégale doivent être emprisonnés dans le respect des lois en vigueur ou expulsés de Hongrie. La défense n’a hélas pas, Mesdames et Messieurs, chers amis, de forme plus amicale. Naturellement, nous devons faire tout cela avec humanité, dans le respect du droit et de manière transparente, mais avec toute notre détermination.

Après tout cela et pour résumer, je ne peux que répéter que l’Europe a perdu son rôle global et qu’elle est devenue un acteur régional. Elle s’avère incapable de protéger ses propres citoyens, incapable de protéger ses propres frontières extérieures, incapable de maintenir la cohésion de sa communauté puisque le Royaume-Uni vient de la quitter. Que faut-il de plus pour conclure que la direction politique de l’Europe a échoué ? Elle n’a pu atteindre aucun de ses objectifs, et c’est pourquoi, lorsque nous nous réunirons en septembre à Bratislava, ce n’est pas de discours lénifiants que nous aurons besoin, nous devrons nous garder de balayer les problèmes sous le tapis et de chercher à changer la nature du monde. Nous devrons déclarer clairement que nous sommes là pour débattre de l’avenir de l’Europe, parce que la direction actuelle de l’Europe a échoué. Nous devrons déclarer sans ambages que notre problème ne se trouve pas à La Mecque, mais à Bruxelles. Ce sont les bureaucrates de Bruxelles qui représentent pour nous les obstacles, pas l’islam. L’islam, nous pourrions le gérer si on nous laissait le gérer de la manière que nous estimons appropriée.

J’évoque tout cela devant vous parce que les dirigeants de l’Europe se réuniront en septembre à Bratislava pour débattre de l’avenir de notre continent. Les responsables s’y présenteront dans deux états d’esprit différents. L’élite actuelle va se refermer sur ses certitudes et affirmer que ce sont les Anglais qui sont responsables de leur sortie, que les dirigeants européens sont innocents en matière de terrorisme, qu’aucun homme doté d’un cœur ne peut s’opposer à la pression migratoire venue du sud, et ainsi de suite. Elle s’efforcera de démontrer que toutes les erreurs commises jusqu’à présent, même si elles sont des erreurs, ne sont pas des erreurs systémiques. Face à cela, la réalité est en revanche – et c’est ce que les pays d’Europe centrale devront défendre – que l’Europe a besoin de changements profonds. La question est de savoir si nous avons le droit d’en parler. Que se passe-t-il avec la « vieille » et avec la « nouvelle » Europe ? Car autrefois, lorsque l’on disait qu’il y a une « vieille Europe », et une « nouvelle Europe », nous nous vexions. C’est le président Chirac qui aimait en parler. Nous répondions que nous sommes une nation chrétienne millénaire, qu’il faut arrêter de plaisanter et de nous ranger, nous autres Hongrois, dans je ne sais quelle « nouvelle » Europe. S’il y a une « vieille » Europe, elle est ici, sans oublier que si nous nous demandons où situer la capitale de l’Europe, Budapest nous vient à l’esprit plus fréquemment que Bruxelles. En d’autres termes, lorsque l’on désignait autrefois par « vieille Europe » les anciens Etats-membres de l’Union européenne, et nous par le terme de « nouvelle Europe », nous nous vexions. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il faille poursuivre la réflexion sur cette différence en termes de philosophie de l’Histoire. Car aujourd’hui, l’expression « vieille Europe » désigne une Europe incapable de changer. La « vieille Europe », ce sont les Etats fondateurs de l’Union européenne, ce sont ceux qui ont créé la zone euro, et qui sont aujourd’hui de manière bien visible en stagnation. Et puis il y a une autre Europe, celle qui a accédé plus tard à l’Union européenne, que l’on appelle « nouvelle Europe », et qui est en revanche pleine de vie et d’énergie, ouverte au changement, à la recherche des réponses aux nouveaux défis et dotée d’une perspective pour notre partie du globe. C’est pourquoi je pense que la différence entre les deux est peut-être aujourd’hui beaucoup moins « vexante » pour nous qu’auparavant. La vérité est que si nous examinons comment la crise économique est devenue crise des élites, et comment la crise des élites est devenue crise de la démocratie, et que nous cherchons à déterminer quel a été l’impact géographique de cette constatation, nous verrons qu’elle se vérifie beaucoup moins, voire pas du tout, en Europe centrale. Il n’y a pas de crise économique en Pologne, ni en Tchéquie, ni en Slovaquie, ni en Hongrie – je ne voudrais pas me prononcer sur la Roumanie –, et dans ces pays les jeunes pensent que le vieux rêve européen est encore d’actualité : s’ils respectent les lois, s’ils honorent leurs parents, s’ils écoutent leurs conseils sur l’avenir, et s’ils travaillent avec assiduité, alors un jeune Polonais, un jeune Tchèque, un jeune Slovaque et un jeune Hongrois vivront certainement mieux, et iront plus loin que leurs parents. C’est cela, le rêve européen, et ce rêve est encore valable en Europe centrale, dans la « nouvelle Europe ». C’est pour cette raison que le cercle vicieux « crise économique-crise des élites-crise de la démocratie » ne s’est pas formé en Europe centrale. Si nous considérons le prochain référendum hongrois du 2 octobre prochain au travers de ce prisme, nous pouvons affirmer que le seul pays d’Europe où les citoyens peuvent exprimer leur opinion sur le phénomène migratoire est aujourd’hui la Hongrie. Le seul endroit d’Europe où l’on écoute aujourd’hui la population se trouve en Europe centrale.

Pour résumer, Mesdames et Messieurs, vous voyez que je suis bel et bien  tombé dans le piège que j’évoquais au début, à savoir que tant de choses se sont passées – je n’ai même pas parlé du Brexit, ni des conséquences possibles des élections présidentielles américaines, ni des relations entre l’Ukraine et la Russie, et je n’ai fait qu’effleurer la question migratoire, tout comme je n’ai pu qu’effleurer les projets futurs de la politique économique et sociale hongroise – que j’ai déjà pratiquement doublé le temps de parole que m’avaient imparti les organisateurs. C’est comme cela. Nous ne vivons pas en ce moment le temps des grandes synthèses, mais celui d’une politique marquée par les incessantes corrections exigées par les événements qui se succèdent sans discontinuer sous nos yeux. C’est pour cela que mon intervention a été, de ce point de vue, un peu hachée et un peu décousue, mais c’est ainsi qu’il a été possible de réfléchir le mieux à ce sentiment diffus qui marque aujourd’hui nos vies et que nous ressentons dans notre existence d’Européens.

Je voudrais vous remercier pour l’attention et la patience avec lesquelles vous avez suivi mon propos. En conclusion, je ne peux que vous dire ceci : croyez bien que tout ce que nous avons mis en route en Hongrie en 2010 – notre constitution basée sur la reconnaissance de nos racines chrétiennes, notre politique de réunification de la nation, y compris la formulation prudente de la recommandation de Lajos Kósa – qui avait dit en 2010 qu’il fallait tout jeter au panier et nous concentrer sur la seule politique familiale et démographique, parce que c’est d’elle que dépend notre avenir –, donc y compris la politique familiale, une géopolitique dépourvue de considérations philosophiques ou idéologiques, la prise en compte des réalités –, toutes les mesures que nous avons lancées et mises en œuvre en Hongrie depuis 2010 dans l’intérêt de ses relations intérieures et extérieures, tout cela a poursuivi un seul et unique objectif, que je pense que les événements récents ont amplement validé : à savoir que nous voulons – et aujourd’hui nous ne pouvons guère vouloir plus – que la Hongrie reste un point sûr dans un monde incertain."

Posté le 9 août 2016 à 13h50 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2016

La religion des droits de l'homme

Nous avions relaté l'entretien accordé par Jean-Louis Harouel à l'occasion de la publication de son dernier ouvrage sur la question. Invité du Cercle Aristote, il le présente en détail. A écouter à tête reposée.

 

Posté le 2 août 2016 à 09h40 par Paula Corbulon | Lien permanent

25 juillet 2016

Putsch en Turquie : des hypothèses très intéressantes

Alors que "nos" médias ("nos" comme nous écririons "notre" gouvernement, ou "notre" république) conspuent en cœur les dernières "atteintes-aux-droits-de-l’homme" (qu’il ne s’agit pas pour nous de nier) d'Erdogan, tandis qu’ils les ignorent volontiers chez leurs complices/alliés notamment Moyen-orientaux, des hypothèses fort intéressantes émergent dans les médias dissidents quant aux circonstances, objectifs et conséquences de le tentative de putsch et de sa répression.

Elles sont d’autant plus intéressantes qu’elles émanent d’analystes différents et ne sont pas des « copier-coller » les unes des autres mais se complètent.

Sans, évidemment, leur donner une valeur de certitude, mais en soulignant derechef leur intérêt en tant qu’hypothèses, nous vous proposons celle d’Alexandre Douguine, en video, dont le script peut être lu ici, et les liens vers trois analyses, étalées sur une semaine, du blog dedefensa.

 

Philippe Grasset, de dedefensa nous expose successivement (dans l’ordre de mise en ligne des articles):

Les liens Gülen, CIA, Clinton,

Les conséquences envisageables de l’échec du putsch, dont la crainte/l’espoir d’un Turxit de l’OTAN,

Les interactions Etat profond US et armée de l’air turque.

Posté le 25 juillet 2016 à 09h37 par Paula Corbulon | Lien permanent

13 juillet 2016

Subordonner l'économique au politique

et bien d'autres choses, par un Hervé Juvin aussi magistral que bref !

 

Posté le 13 juillet 2016 à 22h08 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (6)

10 juillet 2016

Grande-Bretagne : le Brexit et le destin de l’Occident

De Roberto de Mattei dans Correspondance européenne :

"Le référendum britannique du 23 juin (Brexit) sanctionne l’effondrement définitif d’un mythe : le rêve d’une « Europe sans frontières », bâtie sur les ruines des États nationaux. 

Le projet européiste, lancé par le traité de Maastricht de 1992, portait en lui-même les germes de son auto-dissolution. Il était tout à fait illusoire de prétendre réaliser une union économique et monétaire avant une union politique. Ou pire encore, d’imaginer se servir de l’intégration monétaire pour mettre en œuvre l’unification politique. Mais tout autant, et encore plus illusoire, était le projet de parvenir à une unité politique, en extirpant ces racines spirituelles qui lient les hommes à une destinée commune. La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne approuvée par le Conseil Européen à Nice en décembre 2000, non seulement supprime toute référence aux racines religieuses de l’Europe, mais porte en elle une négation viscérale de l’ordre naturel chrétien. Son article 21, introduisant l’interdiction de toute discrimination relative aux « orientations sexuelles », contient, in nuce, la légalisation du délit d’homophobie et du pseudo-mariage homosexuel. 

Le projet de « Constitution », auquel travailla une Convention sur l’avenir de l’Europe en 2002-2003, fut rejeté par deux référendums populaires, en France le 29 mai 2005 et aux Pays-Bas, le 1er juin de la même année, mais les eurocrates ne s’avouèrent pas vaincus. Après deux ans de « réflexion », le 13 décembre 2007, le traité de Lisbonne, qui aurait dû être ratifié exclusivement par voie parlementaire, fut approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Le seul pays appelé à s’exprimer par voie de référendum, l’Irlande, rejeta le traité le 13 juin 2008, mais l’unanimité des Etats signataires étant nécessaire, un nouveau référendum fut imposé aux Irlandais, lequel, grâce à de très fortes pressions économiques et médiatiques donna finalement un résultat positif. 

Dans sa courte vie, l’Union européenne, incapable de définir une politique étrangère et de sécurité commune, s’est transformée en une tribune idéologique, qui produit des résolutions et des directives pour pousser les gouvernements nationaux à se débarrasser de la famille et des valeurs traditionnelles. Au sein de l’UE, la Grande-Bretagne a freiné pour ralentir le plan franco-allemand d’un « super-Etat européen », mais a en revanche appuyé sur l’accélérateur pour propager à l’échelle européenne, leurs « conquêtes civiles » de l’avortement à l’euthanasie, des adoptions homosexuelles aux manipulations génétiques. Cette dérive morale s’est accompagnée en Angleterre d’une ivresse multiculturelle, culminant, en mai 2016, par l’élection du premier maire musulman de Londres, Sadiq Khan. Mais déjà en 2009, le maire conservateur de l’époque, Boris Johnson, avait invité tous les Londoniens à participer, au moins pour un jour, au jeûne du Ramadan et à se rendre ensuite dans une mosquée au coucher du soleil. Plus récemment, le Premier ministre David Cameron, polémiquant avec le candidat à la présidence américaine Donald Trump, s’est qualifié de « proud of representing a country which is one of the most successful multi-racial, multi-faith, multi-ethnic countries in the world » (Huffpost Politics, 15 mai 2016). 

Le Brexit représente certainement un sursaut d’orgueil de la part d’un peuple qui a une longue histoire et une tradition ancienne. Mais l’identité et la liberté d’un peuple se fondent sur le respect de la loi divine et naturelle, et aucun geste politique ne peut rétablir la liberté qu’un Pays perd à cause de sa propre déchéance morale. Le non à l’Union européenne a été la protestation contre l’arrogance d’une oligarchie qui prétend décider, sans le peuple et contre le peuple, quels sont les intérêts du peuple. Mais les pouvoirs forts qui imposent les règles bureaucratiques de Bruxelles sont les mêmes qui défont les règles morales de l’Occident. Qui accepte la dictature LGBT perd le droit de réclamer son propre Independance Day, parce qu’il a déjà renoncé à sa propre identité. Qui renonce à défendre les frontières morales d’une nation perd le droit de défendre ses frontières, parce qu’il a déjà accepté la conception « liquide » de la société globale. Sous cet aspect, l’itinéraire d’auto-dissolution de la Grande-Bretagne suit une dynamique que le Brexit ne peut arrêter et dont il peut au contraire constituer une étape supplémentaire.

L’Ecosse menace déjà de lancer un nouveau référendum pour quitter le Royaume-Uni, suivie par l’Irlande du Nord. En outre, quand la Reine, qui a 90 ans, quittera le trône, il n’est pas exclu que certains pays du Commonwealth déclarent leur indépendance. Certains disent que la reine Elisabeth a été couronnée impératrice du British Empire et mourra peut-être à la tête d’une Little England. Mais cet itinéraire de désunion politique a pour résultat final la républicanisation de l’Angleterre. 

2017 marquera le troisième centenaire de la fondation de la Grande Loge de Londres,  mère de la Franc-Maçonnerie moderne. Mais la Franc-Maçonnerie, qui aux XVIIIème et XIXème siècles se servit de l’Angleterre protestante et déiste pour répandre dans le monde son programme révolutionnaire, semble aujourd’hui déterminée à faire tomber la monarchie britannique, dans laquelle elle voit l’un des derniers symboles encore survivant de l’ordre médiéval. 

Après le Brexit, des scénarios de désintégration peuvent s’ouvrir en Grèce, suite à l’explosion de la crise économique et sociale; en France, dont les banlieues sont menacées par une guerre civile djihadiste; en Italie, du fait des conséquences d’une invasion migratoire imparable; en Europe de l’Est, où Poutine est prêt à profiter de la faiblesse des institutions européennes pour prendre le contrôle du territoire oriental de l’Ukraine et exercer sa pression militaire sur les États baltes. 

Le général britannique Alexander Richard Shirreff, ancien commandant adjoint de l’OTAN de 2011 à 2014, a prévu, sous la forme d’un roman (2017 War with Russia. An Urgent Warning From Senior Military Command, Coronet, London 2016), l’explosion d’une guerre nucléaire entre la Russie et l’Occident en mai 2017, une date qui rappelle quelque chose aux catholiques. Comment oublier, en ce premier centenaire de Fatima, les paroles de la Vierge Marie, selon lesquelles de nombreuses nations seront anéanties et la Russie sera l’instrument dont Dieu se servira pour punir l’humanité impénitente ? 

Face à ces perspectives, les partis conservateurs européens sont eux-mêmes divisés. Si Marine Le Pen en France, Geert Wilders en Hollande et Matteo Salvini en Italie, demandent la sortie de leur pays de l’Union européenne et font confiance à Poutine, bien différentes sont les positions du Premier ministre hongrois Viktor Orban et du leader polonais Jaroslaw Kaczynski, qui voient dans l’UE et l’OTAN une barrière contre l’expansionnisme russe. 

En 1917, parut Le déclin de l’Occident (Der Untergang des Abendlandes) d’Oswald Spengler (1880-1936). Cent ans plus tard, la prophétie de l’écrivain allemand semble être sur le point de se réaliser. 

« Occident », avant d’être un espace géographique, est le nom d’une civilisation. Cette civilisation est la civilisation chrétienne, héritière de la culture classique gréco-romaine qui de l’Europe s’est étendue aux Amériques et aux ramifications lointaines d’Asie et d’Afrique. Elle eut son baptême la nuit du songe de Saint-Paul, quand Dieu donna l’ordre à l’apôtre de tourner le dos à l’Asie pour « passer en Macédoine » annoncer la bonne nouvelle (Actes XVI, 6-10). 

Rome fut le lieu du martyre des saints Pierre et Paul et le centre de la civilisation qui naissait. Spengler, convaincu de l’inexorable déclin de l’Occident, rappelle une phrase de Sénèque: Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (« Le destin guide ceux qui veulent être guidés, et entraîne ceux qui ne veulent pas »). Mais à la vision relativiste et déterministe de Spengler, nous opposons celle de saint Augustin qui, tandis que les barbares assiégeaient Hippone, annonçait la victoire de la Cité de Dieu dans l’histoire, toujours guidée par la Providence divine. 

L’homme est l’artisan de son propre destin et avec l’aide de Dieu, le déclin d’une civilisation peut se transformer en l’aube d’une résurrection. Les nations sont mortelles, mais Dieu ne meurt pas, et l’Église ne connaît pas de crépuscule."

Posté le 10 juillet 2016 à 16h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

03 juillet 2016

Le christianisme de l'Europe n'est pas destiné aux musées

Extrait d'un discours du pape sur l'Europe, prononcé hier :

"[...] L’Europe est appelée à réfléchir et à se demander si son immense patrimoine, imprégné de christianisme, appartient à un musée ou s’il est capable d’inspirer la culture et de donner ses trésors à toute l’humanité.

Vous êtes rassemblés pour affronter ensemble ces défis ouverts en Europe et pour porter à la lumière des témoignages d’une société civile qui travaille en réseau pour l’accueil et la solidarité envers les plus faibles et les plus défavorisés, pour construire des ponts, pour surmonter les conflits déclarés ou latents.

L’histoire de l’Europe est l’histoire d’une rencontre continue entre Ciel et terre : le Ciel indique l’ouverture au Transcendant, à Dieu, qui a toujours marqué l’homme européen ; la terre représente sa capacité pratique et concrète d’affronter situations et problèmes.

Vous aussi, Communautés et Mouvements chrétiens nés en Europe, vous êtes porteurs de multiples charismes, de dons de Dieu à mettre à la disposition de tous. « Ensemble pour l’Europe » est une force de cohésion dont l’objectif clair est de traduire les valeurs base du christianisme en réponse concrètes aux défis d’un continent en crise.

Votre style de vie se fonde sur l’amour réciproque vécu de façon radicalement évangélique. Une culture de la réciprocité signifie confronter ses idées, s’estimer, s’accueillir, se soutenir mutuellement. Elle signifie valoriser la variété des charismes de façon à converger vers l’unité et à l’enrichir. La présence du Christ parmi vous, transparente et tangible, est le témoignage qui pousse à croire.

Toute unité authentique vit de la richesse des diversités qui la composent – comme une famille qui est beaucoup plus unie lorsque chacun de ses membres peut être lui-même jusqu’au bout, sans crainte. Si l’Europe toute entière veut être une famille de peuples, qu’elle remette la personne au centre, qu’elle soit un continent ouvert et accueillant, qu’elle continue à réaliser des formes de coopération non seulement économique mais aussi sociale et culturelle. [...]"

Posté le 3 juillet 2016 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2016

La religion des droits de l'homme nous mène à notre perte

Deux articles très intéressants exposent cette thèse, l'un sous l'angle juridique, l'autre sous l'angle de la philosophie politique. A lire intégralement. Extrait :

"Avatar de la religion de l'humanité, le culte des droits de l'homme a remplacé depuis quelques décennies le communisme - dont il partage la nature de religion séculière - dans son rôle d'utopie censée instaurer le règne du bien sur la terre. Dans cette nouvelle religion séculière, les droits de l'homme sont en charge de la promesse du royaume de Dieu sur la terre, en charge du projet d'une humanité réconciliée grâce à l'instauration d'une société parfaite, au moyen de la mutation du monde ancien en un monde nouveau entièrement cosmopolite et fondé exclusivement sur les droits des individus."

Posté le 27 juin 2016 à 11h48 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (8)

25 juin 2016

Union Européenne : "On va forcément vers un clash majeur"

C'est l'analyse d'Yves Daoudal :

"Jaroslaw Kaczynski, président du PiS, le parti au pouvoir en Pologne, a tenu une conférence de presse sur le Brexit. Pour déplorer le vote britannique, mais aussi pour affirmer que la réponse au Brexit doit être une réforme de l’UE qui serait une nouvelle offre aux Britanniques, à travers un nouveau traité.

« Nous avons besoin d’un nouveau traité européen, nous avons besoin d’une réaction positive, au lieu de nous obstiner dans la même direction en continuant dans le même chemin qui a conduit à la crise. » Il faut clarifier la prise de décision, qui ne doit plus être « arbitraire », il faut redéfinir le concept de subsidiarité, il faut augmenter le nombre des domaines où la décision doit être prise à l’unanimité… Car l’UE est toujours composée d’Etats nations…

Le Premier ministre Beata Szydlo a souligné que la Pologne est en train d’élaborer des propositions sur ce qui doit changer : « Le but de la Pologne est de construire une UE forte, unie, de nations souveraines ».

Ce discours est exactement à l’opposé de celui que l’on entend en France. Tous les dirigeants demandent, éventuellement avec l’appui d’un nouveau traité, qu’on renforce l’UE, qu’on réponde au Royaume Uni par plus d’Europe, et particulièrement qu’on s’occupe de construire une zone euro unifiée, entre les pays qui veulent continuer l’intégration. C’est-à-dire entre dirigeants qui veulent continuer dans la voie de la désastreuse utopie, contre les peuples.

La divergence est donc en train se creuser entre ces deux groupes de pays. Et elle conduit à une impasse.

Car nos dirigeants sont dans la légitimité des traités. Le traité de Maastricht impose une « citoyenneté européenne » supérieure à celle des nations, une monnaie unique à TOUS les Etats de l’UE, et une marche forcée vers toujours plus d’intégration. Et quand ils veulent un nouveau traité c’est pour le souligner encore davantage.

Je me demande si Jaroslaw Kaczynski se rend compte à quel point il va contre le traité européen quand il dit qu’il est contre une tentative de la Pologne de rejoindre l’eurozone pour combattre le Brexit, parce que adopter l’euro conduirait à appauvrir les gens si le pays entrait avec un zloty faible, et briserait les exportations s’il entrait avec un zloty fort…

On va forcément vers un clash majeur."

Posté le 25 juin 2016 à 17h46 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (28)

Les racines chrétiennes dans la terre de France : découverte d'une église paléochrétienne à Nîmes (Add.)

EN1Lu ici

"Une église paléochrétienne datant du Ve siècle a été découverte par une équipe de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) lors de fouilles menées sur le terrain d'un particulier qui habite dans le quartier des Amoureux. 130 tombes dont les datations s'échelonnent entre la fin de l'Antiquité et le haut Moyen-Age ont également été trouvées lors d'une campagne débutée le 30 décembre dernier et achevée le 22 avril dernier.

L'imposante fondation d'une abside semi-circulaire de l'édifice religieux, bâti avec des remplois antiques monumentaux, a été mise au jour. L'intérieur de l'abside accueille de nombreuses sépultures. Au sein du cimetière, ont été découverts des sarcophages en plomb datant d'autour du IIIe siècle. Les autres tombes sont construites avec des pierres, tuiles ou bois. Il faudra de nombreux mois de travail avant la remise du rapport de fouilles probablement pour la fin de l'année prochaine".

Vidéo ici.

Add. : nombreuses photos ici.

Posté le 25 juin 2016 à 17h13 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

16 juin 2016

L’Archidiocèse de Malines-Bruxelles n'accueillera plus la Fraternité des Saints Apôtres

Belgicatho postait hier le communiqué de l'Archidiocèse de Malines-Bruxelles annonçant qu'il ne voulait plus accueillir la Fraternité des Saints-Apôtres, fondée en avril 2013 par Monseigneur André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles et Primat de Belgique, et inspirée par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, à partir de fin juin 2016.

La raison invoquée est que "la plupart des séminaristes de la Fraternité des Saints-Apôtres viennent pour l'instant de France où de nombreuses régions connaissent un manque cruel de prêtres.[...] Cette perspective n'est pas à promouvoir dans les circonstances actuelles cat elle manifeste un grave manquement à la solidarité entre évêques, tant avec ceux de notre pays qu'avec nos voisins français."

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Des laïcs ont réagi à cette annonce par communiqué de presse :

[...] "Nous nous étonnons cependant que la Fraternité soit victime de son succès. En effet, l’Archevêché déclare ne pas vouloir déforcer les évêques français au vu de nombre très important de séminaristes français qui ont décidé de venir en Belgique rejoindre la Fraternité. Les séminaristes français qui rejoignent la Belgique rejoignent un charisme particulier et il est faux de croire que cela vide les diocèses en France. Au contraire, certains n’auraient peut-être en effet jamais rejoint le séminaire sans l’existence d’une vie communautaire telle que proposée par les Saints Apôtres. De plus, l'Eglise contemporaine fourmille d'exemples de jeunes communautés dynamiques, dont la foi et l'engagement sont un vrai moteur de revitalisation de l'Eglise, et qui ne rechignent jamais à mettre leurs prêtres à disposition des diocèses dans le besoin.

Le principe de solidarité invoqué est on ne peut plus curieux. En effet, sur 80 séminaristes en formation à Namur aujourd’hui seulement 25 sont belges. Va-t-on tous les renvoyer dans leur pays ? Va-t-on renvoyer tous les prêtres africains, polonais qui viennent nous aider à porter le message du Christ en Belgique ? L’Eglise catholique n’est-t-elle plus universelle ? L’argument invoqué ne tient évidemment pas la route et nous espérons qu’il n’y a pas derrière des raisons en réalité purement idéologiques.

Beaucoup d’autres communautés présentes en Belgique « captent » des vocations étrangères sans qu'on les renvoie dans leur pays. La situation présente crée un précédent inacceptable et est en réalité une dissolution en douceur (?) de la Fraternité. Ne serait-il pas temps que l'Eglise de Belgique fasse meilleur cas des initiatives qui fonctionnent et s'intéresse plus en détail à d'autres réalités qui portent moins de fruits et créent parfois de graves problèmes de communion avec l'Eglise universelle ?"[...]

L'église Sainte-Catherine desservie par des prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres et dont on annonçait la fermeture, ne devrait pas être fermée.

Posté le 16 juin 2016 à 23h00 par Marie Bethanie | Lien permanent


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