24 juillet 2015

Vers une sortie de la zone euro pour la Finlande ?

Images-4Une pétition appelant à organiser un référendum en Finlande sur la sortie du pays de la zone euro a déjà obtenu plus de 26 000 signatures. Il faut en rassembler 50 000 en six mois pour que le Parlement examine le projet, rapportent les médias internationaux. L'ex-ministre finlandais des Affaires étrangères et député du Parti du centre, Paavo Väyrynen, explique :

"Le peuple de Finlande doit avoir la possibilité de décider si on reste dans la zone euro ou si on s’unit à d’autres pays de l'Europe du nord, en commençant à utiliser notre propre monnaie parallèlement à l’euro".

La pétition a été publiée avec le soutien du ministère de justice de Finlande.

Posté le 24 juillet 2015 à 08h32 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

22 juillet 2015

Après la Grèce, Chypre ?

Lu dans l'Action française 2000 :

C"La République de Chypre, dirigée exclusivement par les Chypriotes grecs depuis 1963 (la seule entité reconnue internationalement), a été frappée de plein fouet par une crise financière en 2012 – cela à cause d’une créance qu’elle avait envers la Grèce, d’un montant de 23 milliards d’euros, effacée partiellement par l’Union européenne. En mars 2013, le président chypriote Nicos Anastasiades, fraîchement élu, s’est confronté à la “Troïka” composée du du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE) et de la Commission européenne. Dans ses négociations avec eux, il a déjà envisagé la sortie de son pays aussi bien de la zone euro que de l’Union européenne. Mais il a dû céder en raison des pressions exercées sur lui, notamment par l’Allemagne.

À l’issue du récent référendum en Grèce, les voix antieuropéistes se sont fait de nouveau entendre à Chypre, qui n’avait aucun intérêt à adhérer à l’Union. Cette adhésion était censée se justifier, à l’époque, par un souci sécuritaire : empêcher à la Turquie de s’attaquer au pays. Mais elle s’est avérée catastrophique, avec une augmentation des prix, l’adoption d’une législation contraignante, voire castratrice, et une vague migratoire de populations originaires des pays de l’Est de l’Europe. Aujourd’hui, c’est moins une attaque hypothétique de la Turquie qui effraie les Chypriotes grecs que cette immigration massive et la perte de souveraineté résultant du diktat de la “Troïka”. À l’instar des Grecs, les Chypriotes grecs, de rite orthodoxe, se tournent vers la Russie, avec laquelle ils maintiennent non seulement des relations d’ordre politique (compte tenu du rôle que Moscou joue comme capitale de l’orthodoxie politique), mais aussi d’ordre économique : Chypre doit en partie sa prospérité aux Russes qui ont déferlé vers cette île depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Aussi une sortie de l’Union européenne permettrait-elle à Chypre de profiter plus librement de la manne énergétique, en exploitant les gisements de gaz avec la Russie, et en s’ouvrant vers le continent asiatique, dont elle fait partie au regard de la géographie."

Posté le 22 juillet 2015 à 11h43 par Michel Janva | Lien permanent

20 juillet 2015

L'Etat islamique choisit la Bosnie pour installer son premier cap d'entraînement en Europe

BoQue fait l'UE? que fait François Hollande?

Se souvient-on seulement que la Bosnie est à 900 kms et 10h de voiture de la France et qu'elle a une frontière quasi-commune avec la Hongrie (via la Croatie), membre de l'espace Schengen?

"L’ennemi est dans nos murs. Selon le Daily Mirror, l’Etat islamique possède désormais son premier bastion sur le sol européen, en Bosnie plus précisément. Toujours selon le quotidien britannique, le groupe djihadiste acquière en ce moment, et de manière secrète, des propriétés dans un village situé à 100 km de Sarajevo. But de l’opération immobilière : établir un camp d’entrainement en Occident.

Le village en question, qui porte le nom d’Osve, est idéalement placé puisqu’il est proche de la mer Adriatique et, par conséquent de la mer Méditerranée. De plus, la Bosnie est à un carrefour qui convient parfaitement aux djihadistes : proche de la Serbie et donc de la Turquie, pays par lesquel circulent les terroristes.

Difficile d’accès, le village n’est pas marqué sur les cartes GPS. 12 combattants de l’EI y ont déjà été formés avant de rejoindre la Syrie, 5 d’entre eux auraient été tués. "Nous entendons régulièrement des coups de feu provenant des bois, à chaque fois pendant des périodes prolongées. Cela arrive chaque semaine", a déclaré un villageois au journal.

L’un des propriétaires des habitations d’Osve serait un dénommé Harun Mehicevic, sympathisant de l’EI vivant sur le territoire australien. Jasin Rizivic, Osman Kekic et Izet Hadzic, tous proches du groupe djihadiste, feraient également partie des acquéreurs (suite).

Posté le 20 juillet 2015 à 23h55 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (18)

Le bras de fer des éleveurs français

Une des informations marquantes du week-end est la colère des éleveurs français, qui exigent de Stéphane Le Foll qu'il fasse respecter les accords passés avec la grande distribution sur le prix de la viande et du lait, qui se font sentir de façon trop timide au goût des éleveurs en détresse. Ce matin, Caen était bloquée par les éleveurs en colère, poursuivant le bras de fer et exigeant une implication plus ferme du gouvernement.

Posté le 20 juillet 2015 à 08h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

19 juillet 2015

Hollande veut encore plus d'Europe

A chaque crise, c'est le même cinéma : ce n'est pas la construction européenne qui est en cause, c'est le fait qu'il y ait encore des parcelles de souveraineté et pas de gouvernement unique. Les Grecs viennent de perdre leur souveraineté puisque l'accord signé exige que chaque projet de loi soit validé par la troïka de Bruxelles. Mais il faut que chaque pays se plie à ce diktat.

Le JDD publie une lettre de François Hollande, écrite à l'occasion des 90 ans de Jacques Delors, qui vient d'être consacré par le Conseil européen ­citoyen d'honneur de l'Union européenne. Extraits :

 

Current_3575"[...] Les populistes se sont emparés de ce désenchantement et s'en prennent à l'Europe parce qu'ils ont peur du monde, parce qu'ils veulent revenir aux divisions, aux murs, aux grillages. Or c'est le droit qui protège, et la fédération des États-nations qui donne du poids, pas le désordre et le repli sur soi.

Ce qui nous menace, ce n'est pas l'excès d'Europe mais son insuffisance. Car face à la globalisation et aux puissances émergentes, comme devant les risques liés aux instabilités à nos frontières, aux coups de force, aux guerres, au terrorisme, aux catastrophes climatiques et à ce qu'ils engendrent avec les déplacements de population, c'est l'Europe qui est attendue pour porter les technologies de demain, promouvoir un modèle industriel, réussir la transition énergétique et écologique, investir dans la connaissance, réduire les disparités territoriales, assurer la solidarité à l'intérieur par des investissements et à l'extérieur par des actions de développement. Bref, être capable d'être une puissance au service de l'équilibre du monde.

[...] J'ai proposé de reprendre l'idée de Jacques Delors du gouvernement de la zone euro et d'y ajouter un budget spécifique ainsi qu'un Parlement pour en assurer le contrôle démocratique.

Partager une monnaie, c'est bien plus que vouloir une convergence. C'est un choix que 19 pays ont fait parce que c'était leur intérêt. Nul gouvernement d'ailleurs depuis quinze ans n'a pris la responsabilité d'en sortir. Ce choix appelle une organisation renforcée et avec les pays qui en décideront, une avant-garde. La France y est prête parce que, comme Jacques Delors nous l'a montré, elle se grandit toujours quand elle est à l'initiative de l'Europe."

Nous sommes prévenus.

Posté le 19 juillet 2015 à 17h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (29)

18 juillet 2015

Jacques Delors sur l'UE : "Ce système n’est plus gouvernable"

L’ancien président de la Commission, Jacques Delors, déclare au JDD :

"Ce système n’est plus gouvernable, cela ne peut plus durer. Il faut refonder cette Union économique et monétaire. Vont-ils le faire? Il y a eu un vice de construction au départ. Il y a eu aussi des bêtises et une incapacité de l’eurozone à y mettre fin".

Posté le 18 juillet 2015 à 23h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

La perspective d’une expulsion de la Grèce hors de la zone Euro

Après avoir constaté que l'accord européen sur la Grèce n'est pas viable, Jacques Sapir écrit :

"[...] Il faut cependant lire en détail la déclaration de François Hollande qu’il a faite le 13 juillet au matin ; mais pour cela, il faut avoir le cœur bien accroché. Remarquons, d’abord, qu’il ne parle pas de la Grèce, mais uniquement de la zone Euro. Cela montre bien quelles étaient ses priorités : « L’objectif était de faire en sorte que la zone euro puisse être préservée dans son intégrité, dans son unité, dans sa solidarité». On constate ainsi que les premiers mots réservés à la substance de ce texte ne font nullement mention des souffrances, des efforts et des espoirs du peuple grec. Non, la chose qui importe au premier chef, c’est l’intégrité de la zone Euro. Tout est dit dans ces lignes, et en particulier la préférence pour une construction bureaucratique, et que de nombreux économistes jugent non viable, sur la volonté et la vie des peuples. Ceci est corroboré par le troisième paragraphe de ce texte : « Ce que j’ai voulu, c’était plus que l’intérêt de la Grèce, c’était l’intérêt de l’Europe. Et c’était aussi l’intérêt de la France. Parce que l’intérêt de la France ne se dissocie pas de l’intérêt de l’Europe ». L’ordre des priorités est ainsi établi : c’est l’Europe, puis la France et enfin la Grèce. Mais, ceci repose sur un mensonge, ou plus précisément un double mensonge : celui qui assimile la zone Euro à l’Union européenne, et celui qui assimile, ensuite, l’Union européenne à l’Europe. Les deux sont parfaitement scandaleux. La Zone Euro n’est nullement l’Union européenne. Des pays appartenant à l’Union européenne ne font nullement partie de la zone Euro. C’est le cas de la Grande-Bretagne, de la Suède, de la Pologne ou de la Hongrie. De plus, l’Union européenne n’englobe nullement l’Europe. Que ce soit la Suisse, la Norvège, ou encore la Serbie dans les Balkans, le Belarus, la Russie ou l’Ukraine, tous ces pays font partie de l’Europe, comme réalité géographique mais aussi culturelle, et ce sans faire partie de l’UE. Veut-on faire croire que Munch, l’auteur du « Cri », ou que des artistes comme Dostoïevski, Pouchkine ou Tolstoï ne sont pas européens ? Oublie-t-on que l’Union européenne est une alliance politique et économique de certains pays d’Europe ? Vouloir la faire passer pour l’Europe toute entière est un mensonge. Le fait que celui-ci soit proféré par la plus haute autorité de l’Etat ne retire rien à l’affaire. Au contraire, il l’aggrave. Il établit en dogme, mais sans pour autant en faire une vérité, ce qui se révèle un mensonge.

[...] Mais en plus cet accord ne redonne aucun espoir au peuple grec. Au contraire, ce dernier vit comme une terrible humiliation les clauses politiques de cet accord, qui imposent désormais l’aval des institutions européennes sur les lois qui seront appelées à être votées par le parlement grec. [...]

Mais cette idée de l’Euro a tout emporté dans l’esprit de notre Président et sous la plume de ses conseillers. Quand il revient sur ce thème dans sa déclaration, c’est pour faire cette citation : « Si la Grèce était sortie de la zone euro, qu’aurait-on dit ? Que la zone euro n’était pas capable d’assurer son intégrité, sa solidarité. Qu’aurait-on dit des Grecs ? Qu’ils n’étaient pas capables de prendre leurs responsabilités. Qu’aurait-on dit de la France, de l’Allemagne,  qui ont vocation à donner cette impulsion ? Que nous n’aurions pas été au rendez-vous. La zone euro aurait reculé alors que l’Europe doit avancer et porter un projet qui puisse protéger les peuples – car l’euro protège les pays qui sont partie prenante de cette zone monétaire. Qu’aurait-on dit sur cette dislocation de cette grande idée ? ». En fait, tout est dit. Tant la croyance mystique en un Euro « protecteur » des peuples que celle qui assimile l’Euro à l’Europe. La raison, l’intelligence, le sens de la mesure, ont été balayé par une idée fixe qui tourne au délire, mais toujours mue par la même logique.

Cette raison délirante explique pourquoi et comment on peut travestir en accord librement négocié ce qui n’a été que le viol de la souveraineté de la Grèce. Un viol en réunion, perpétré par l’Allemagne, mais aussi par l’Eurogroupe et son Président M. Dijsselbloem, par la Commission européenne avec Jean-Claude Juncker. Et si la France n’y a pas participé, elle a verrouillé la porte du local où s’est tenu ce crime et elle a poussé le bâillon dans la gorge de la victime. La phrase prononcée et écrite par François Hollande prend alors un tour sinistre : « Mais aujourd’hui, même si cela a été long, je pense que ça a été pour l’Europe, une bonne nuit et un bon jour ». Car, nous savons aujourd’hui que cette torture aura été infligée pour rien. L’accord signé le 13 juillet au matin se défait désormais d’heure en heure. La perspective d’une sortie de la Grèce hors de la zone Euro est à nouveau à l’ordre du jour. [...]"

Posté le 18 juillet 2015 à 23h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

16 juillet 2015

Déjà 8 Etats membres de l'UE ont défini le mariage dans leur Constitution

Communiqué de la FAFCE (Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe) :

"Il y a un an, s’ouvrait à Strasbourg une nouvelle mandature du Parlement européen.  Au lieu des propositions attendues en faveur du respect de toute personne, tant de fois affirmées au cours de la campagne électorale, nous avons assisté au cours de ces 12 mois à une multiplicité d'actes politiques tendant à imposer une  vision conflictuelle de la vie, des relations humaines et des relations entre hommes et femmes. On se souvient des rapports Tarabella, Panzeri et Noichl, adoptés sous vive tension pendant ces derniers mois ; début septembre le Parlement européen devra à nouveau examiner deux rapports aux contenus très orientés.

Le projet de rapport de Laura Ferrara (ELDD) sur la situation des droits fondamentaux dans l'Union européenne (2013-2014), adopté en commission parlementaire des Libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) le 2 juillet : on y trouve encore une fois des revendications idéologiques, au-delà des compétences de l’UE; il s’est heureusement trouvé une majorité de députés pour rejeter un amendement visant à introduire un droit au suicide assisté (AM 379), mais le chemin risque désormais de s’ouvrir aussi pour cette autre atteinte à la dignité de l’homme.

Le rapport sur l’émancipation des jeunes filles par l’éducation dans l’Union européenne (Liliana Rodrigues, S&D), adopté le 16 juin par la Commission des Droits de la Femme (FEMM); relayant à plusieurs reprises la promotion de l’idéologie du genre, ce rapport sort manifestement des compétences de cette commission ; les députés ont rejeté un paragraphe fondé sur la même théorie lors de l’examen en plénière du rapport Panzeri ; pour rester cohérents, ils devraient chercher une alternative à ce rapport.

Du côté de la Commission européenne, les déclarations du premier Vice-Président, Frans Timmermans, sont passées presque inaperçues : intervenant au cours d’une soirée organisée par ILGA Europe, lobby européen qui bénéficie étonnamment d’importantes subventions, M. Timmermans a fait plusieurs déclarations révélant une volonté d’imposer une reconnaissance des unions et mariages entre personnes de même sexe aux Etats membres qui n’ont pas encore introduit de telle législation.

Et pourtant… 8 Etats membres ont actuellement des constitutions qui définissent le mariage comme étant l’union entre un homme et une femme (Bulgarie, Croatie, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Pologne et Slovaquie). Au service  de l’Union et des Etats membres, la Commission ne dispose d’aucun mandat pour leur imposer des changements de leurs coutumes et de leurs constitutions respectives, a fortiori en ce qui concerne la définition de la famille, cellule fondamentale de toute société, fondée sur le mariage entre un homme et une femme.

La FAFCE, membre de la plate-forme des droits fondamentaux, suit également  avec beaucoup d’attention le processus de sélection du nouveau directeur de l’Agence des Droits fondamentaux de l’UE. Nous dénonçons le fait que – comme l’a révélé l’audition au Parlement les trois candidats présentés par la Commission au Parlement et au Conseil présentent le même profil idéologique, ce qui met en cause la transparence du processus de sélection, et la nécessaire impartialité de l’Agence, chargée de veiller au respect de la Charte des Droits fondamentaux dans l’UE et les Etats-membres.

Tous ces exemples montrent que les priorités de nos institutions communautaires sont trop souvent mal ordonnées : dans le paysage européen d'aujourd’hui, en présence d’une crise économique dont tous les citoyens payent les frais, et devant le spectre d’un hiver démographique dont souffrent déjà nombre d’Etats membres, la famille apparaît comme source de lumière. Noyau primaire de toute relation humaine, société en miniature qui se fait école de solidarité et où chacun apprend la richesse de la complémentarité de l’homme et de la femme, la famille doit être soutenue, promue et protégée. Par sa présence à Bruxelles et Strasbourg, la FAFCE s’efforce de porter auprès des élus et à toutes les institutions communautaires la voix de la majorité silencieuse d’hommes et femmes qui veulent le vrai bien de l’Europe."

Posté le 16 juillet 2015 à 12h12 par Michel Janva | Lien permanent

Parlement européen : le groupe ENL se renforce

Il y a un mois, le FN était parvenu à constituer un groupe au Parlement Européen, avec le Vlaams Belang belge, le PVV néerlandais, la Lega Nord italienne, le FPÖ autrichien, deux députés polonais du KNP et un député britannique de l'UKIP.

Le groupe ENL restait néanmoins fragile, puisque la défection d’un seul pays (il faut 7 nationalités et 25 députés minimum pour constituer un groupe) était susceptible de le faire tomber. Le ralliement de Laurenţiu Rebega, député roumain (jusqu’alors membre du groupe socialiste) permet au groupe ENL de compter désormais 8 nationalités et 38 députés.

Posté le 16 juillet 2015 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

15 juillet 2015

Le problème grec n’est pas seulement économique mais géo-stratégique

De Bernard Antony :

"Les naïfs non europhiles qui croyaient jusqu’au bout que Tsipras voulait sortir son pays de l’ornière eurocratique, grâce notamment à quelque stratégie d’alliance avec la Russie, ne peuvent pour l’heure que constater leur erreur.

Cela ne signifie pas que la Grèce ne finira pas, comme on dit, par « sortir de l’euro ». Mais cela, ce sera la décision de l’Allemagne et autres États finissant par l’imposer au gouvernement des Etats-Unis. Car le problème grec, redisons-le, n’est pas seulement économique mais tout autant, sinon plus, géo-stratégique.

Le marxiste-léniniste Tsipras pourra d’ailleurs, si le peuple grec, finissant par se lasser, ne le chasse pas, s’adapter à de nouvelles donnes.

Il pourra sans mal revenir sur ce qu’il présentait hier comme des vérités et des valeurs indispensables à respecter. Le discours n’est-il pas fait pour nier le réel si nécessaire ? La « praxis » pour un révolutionnaire n’est-elle pas plus importante même que les idées-force, toujours modifiables ?

En attendant, nous allons encore payer plus d’impôts pour la nouvelle ponction de la dette de l’État grec et des banques.

Cela dit, la tragi-comédie euro-grecque aura en tous cas quasiment occulté ce qui se passe en Chine depuis que l’on nous a annoncé un effondrement, un krach terrible de la bourse de Shanghaï. Quel gag d’ailleurs que ce krach en régime communiste censé être à l’abri des fluctuations capitalistes !

Qui se souvient du président Mao, ce « phare de la pensée universelle » selon Giscard d’Estaing, qui, justifiant les immenses hécatombes de son fait, affirmait être prêt à sacrifier jusqu’à la moitié de l’humanité pour instaurer enfin le paradis socialiste sur terre.  Les cent millions de morts de ses exterminations n’ont vraiment servi à rien ! Ironie de l’histoire, sous la férule du parti communiste, le capitalisme a triomphé : à l’évidence, le krach le prouve !"

Posté le 15 juillet 2015 à 16h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

14 juillet 2015

Tsipras a gagné les euromillions que nous allons payer

Dans Les 4 Vérités, Guillaume de Thieulloy revient sur l'accord avec la Grèce :

"[...] Les créanciers de la Grèce lui verseraient 80 milliards d’euros d’aide, ainsi que 35 milliards d’investissement. En échange, la Grèce s’engagerait à augmenter sa TVA, à réformer son système de retraite et à procéder à des privatisations à hauteur de 25 milliards d’euros. Il n’est pas nécessaire d’être un grand économiste pour constater que cet accord est une fumisterie. La hausse de la TVA ne risque pas de rapporter grand-chose dans un pays où la fraude fiscale est un sport national. Elle pourrait même faire baisser les recettes fiscales ! La réforme des retraites est certainement une bonne nouvelle, mais elle ne portera des fruits que dans des années. Par conséquent, le seul effort immédiatement mesurable de la Grèce concerne les privatisations. Ce qui signifie que, contre un effort de 25 milliards d’euros, les autres pays de la zone euro et l’ensemble des créanciers vont, quant à eux, faire un effort de 115 milliards.

La comédie euro-grecque n’en finit pas décidément de manifester les graves problèmes de nos systèmes politiques et financiers. Au plan politique, M. Tsipras a manifestement abondamment menti – et à tout le monde. J’ignore s’il parviendra à faire accepter cet accord à sa majorité, mais il est évident que ledit accord est à des années-lumière de ses engagements. Après avoir fait campagne sur la sortie de l’euro, le démagogue, sentant qu’il ne pourrait gagner qu’en gommant ce point majeur de son programme, l’enleva sans le moindre scrupule – et sans apporter à l’opinion publique le moindre élément susceptible de comprendre cette volte-face. Depuis qu’il est Premier ministre, il n’a cessé de dire tout et le contraire de tout. Et, après s’être engagé dans un référendum « antiaustérité », il signe finalement quelque chose de très proche de ce qu’il refusait naguère !

Mais ses homologues européens ne sont pas moins coupables. Après nous avoir dit qu’ils étaient prêts à sortir la Grèce de l’euro (ce qu’à ma connaissance, les traités ne permettent pas, soit dit en passant…), ils acceptent n’importe quoi – prétendument pour « sauver l’euro ». Je ne crois pas, personnellement, qu’un « Grexit » aurait été une tragédie, pas même pour les Grecs. Mais il est, en tout cas, évident qu’un maintien dans l’euro à ces conditions léonines est un scandale. C’est nous, contribuables européens, qui n’avons jamais été consultés (et quand nous l’avons été, nous avons presque systématiquement refusé ce que nous « proposaient » les oligarques…) qui allons payer la facture de cet accord soi-disant « historique ». Au plan financier aussi, cet accord est un désastre (hélas parfaitement prévisible pour qui connaît les « élites » européennes). La Banque centrale européenne, comme la quasi-totalité des banques centrales, continue sa politique absurde. Elle émet de la fausse monnaie et prête des centaines de milliards à des taux proches de zéro à des organismes financiers (États compris) qui, bien loin d’investir dans l’économie réelle, recrutent des fonctionnaires ou spéculent sur divers produits « pourris » – dont, naturellement, l’euro (anecdote révélatrice, le fils même de Mario Draghi gagne sa vie comme trader « taux » chez Morgan Stanley et on voit mal comment il pourrait résister à la tentation de parier sur la fin de la monnaie que son père a pour mission de « sauver » à n’importe quel prix !).

Quand les citoyens et les peuples sont à ce point ignorés par ceux qui ont théoriquement pour mandat de les diriger et de les représenter, on ne peut que craindre le pire. Il ne serait pourtant pas bien difficile de sortir de cet imbroglio. Il suffirait de mettre en concurrence, avec les démagogues qui nous gouvernent si mal, des dirigeants honnêtes et compétents. Pour cela, il faudrait prohiber tout clientélisme, en supprimant les surabondantes subventions aux associations, syndicats, journaux, partis… et en n’autorisant les hausses de dépenses de fonctionnement que par référendum. Et de mettre en concurrence d’autres monnaies, comme l’or, avec cette monnaie de singe qu’est l’euro."

Posté le 14 juillet 2015 à 18h51 par Michel Janva | Lien permanent

Payer sa dette "aux calendes grecques"

Voici une vision alternative de la crise grecque avec des références historiques et linguistiques intérressantes :

"Ne jamais croire un Grec, surtout s’il t’amène un présent. Ces mots tirés de l’Énéide, déposés par Virgile dans la bouche de Laocoon qui ne voulait pas laisser entrer le cheval de Troie, sonnent comme un avertissement. Ne jamais croire un Grec… Cet Alexis Tsipras est apparemment un grand malin, un manipulateur professionnel qui a appris à mentir pendant sa rude formation aux Jeunesses communistes, le dernier parti stalinien d’Europe, mais c’est aussi un fin politicien doublé d’un metteur en scène médiatique de talent. Le voir faire chanter les dirigeants européens, les faire danser le sirtaki, les faire monter au cocotier comme des chimpanzés apeurés, les rudoyer devant son peuple hilare… c’est du grand art ! Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui adore admirer ses propres incantations, l’a reconnu comme l’un des siens, et Hugo Chavez, qui a eu le temps de ruiner son pays avant de mourir, l’aurait certainement adoubé.

Voyons de plus près ce scénario du retour à la drachme : pendant une dizaine d’années, les Grecs se sont gavés d’euros en empruntant à tout-va quasiment au même taux que les Allemands, consommant plus de 200 milliards d’euros entre 2001 et 2010 et triplant leur dette publique pour la porter à 350 milliards. Or la Grèce est un petit pays de 11 millions d’habitants dont le PIB atteignait alors à peine 230 milliards. Lorsque les Européens se sont aperçus du désastre, en 2011-2012, ils ont fermé l’open-bar, puis ont commencé par annuler 100 milliards de créances, mais ont continué à subventionner le pays pour l’aider à s’en sortir. Sauf qu’ils n’ont pas su obtenir, en échange, la moindre réforme sérieuse. Tsipras sait que la Grèce ne remboursera jamais le tombereau de dettes, même quelque peu aminci, que ses prédécesseurs lui ont laissé. Ses concitoyens, eux, ayant « le choix entre la fin de l’horreur et l’horreur sans fin » (proverbe allemand), la faillite devenait inévitable. Autant l’organiser.

C’est là où le scénario devient absolument passionnant selon l’économiste Charles Gave, qui, le premier, a flairé le pot aux roses en réfléchissant à partir de l’adage bien connu : si vous devez 100 000 euros à votre banquier, vous avez un problème. Si vous lui devez 200 ou 300 milliards, c’est lui qui a un problème !

« La BCE est donc, dit-il, dans une situation où elle perd si elle arrête les financements, car cela forcerait la Grèce à sortir de l’Europe, et elle perd aussi si elle ne les arrête pas. » Alexis Tsipras, la décontraction hautaine et le sourire narquois, pendant qu’il occupe les médias avec des sautes d’humeur surjouées et qu’il amuse la galerie européenne, organise en sous-main la constitution d’un trésor de guerre que les autorités internationales ne pourront pas saisir. Charles Gave : « Logiquement, il aurait dû installer, comme à Chypre, des contrôles des changes, des contrôles des capitaux et que sais-je encore pour garder le peu de devises qu’il avait. Or, qu’est-ce que je constate ? Les déposants grecs peuvent librement transférer de l’argent de leur compte en Grèce à n’importe quel compte étranger [à leurs cousins en Australie, en Allemagne ou aux USA…], ou, s’ils n’ont pas de cousin, ils peuvent transformer leurs dépôts en billets de banque et les garder chez eux. »

Pendant que les médias audiovisuels européens, à voir les mines déconfites de leurs commentateurs à la langue de bois longue comme un jour sans pain, se délectent des malheurs supposés de « ces pauvres Grecs qui n’ont plus rien à manger puisqu’ils n’ont pas de quoi payer leurs achats, les distributeurs automatiques étant vides ou fermés », et pendant que tout ce que Paris compte de trotskos et de bobos se rue sur les antennes d’État et les chaînes d’info pour se plaindre des gémissements télévisés du petit peuple d’Athènes, pendant ce temps-là, donc, le trésor de guerre se constitue petit à petit, dans la coulisse. La masse monétaire grecque s’effondre officiellement. En réalité, une grande partie de cette masse monétaire s’est déjà déversée aux États-Unis, en Allemagne, en Australie et en lieu sûr, dans des coffres ou des boîtes à chaussures. Cela fait longtemps, plus de deux mille ans, que dure cette comédie, plus précisément depuis l’an 45 avant Jésus-Christ, lorsque Jules César inventa le calendrier romain. Les calendes désignaient les premiers jours de chaque mois, pendant lesquels les débiteurs devaient payer leurs dettes. Les Grecs étaient connus pour payer leurs dettes « aux calendes grecques ». En France, on dirait « à la saint-glinglin » !

Ce gros malin de Tsipras, qui sait s’y prendre pour jouer le sale gosse de l’Europe et faire peur aux petits marquis poudrés de la nomenklatura bruxelloise, a tout intérêt à faire durer le plaisir avant de déposer le bilan de son pays : tant que la Banque centrale européenne réescompte les bons du Trésor qui lui sont présentés par les banques commerciales grecques, la machine à augmenter le trésor de guerre souterrain peut continuer à fonctionner. Quand la musique s’arrêtera comme sur le Titanic, la Grèce fera défaut sur 300 milliards, dont une grosse partie – on parle de 100 milliards d’euros avancés par la BCE à la Banque centrale de Grèce – se retrouvera dans des coffres-forts en Grèce ou en dehors du pays. Et quand on reviendra à la drachme, qui perdra aussitôt 50 % de sa valeur initiale, l’économie locale « repartira comme une fusée » avec un énorme afflux de devises et de touristes du monde entier, lesquels débarqueront en masse après cette fabuleuse et gratuite campagne de publicité et paieront leurs vacances en Grèce deux ou trois fois moins cher qu’en Espagne, en Italie ou en France.

Alexis Tsipras, qui a sans doute, en plus, trafiqué les résultats de son référendum/plébiscite lancé à la va-vite pour ne pas avoir d’observateurs étrangers sur le dos – de toute façon, « les dindes votent rarement pour Noël » (proverbe américain) –, n’aura plus alors qu’à se rapprocher de Poutine, Obama et Xi Jinping. Avec le Russe Poutine pour lui acheter une île et une grande base militaire face à la Turquie ainsi que le passage d’un oléoduc. Avec l’Américain Obama, qui est prêt à payer pour que la Grèce reste dans l’Otan. Avec le Chinois Xi Jinping, déjà propriétaire du port d’Athènes, pour lui vendre d’autres ports et quelques concessions diverses. Il pourrait même chercher à s’entendre avec les Européens pour reporter sa dette aux calendes grecques ! Quel scénario ! On va très vite savoir si ces Grecs nous ont roulés dans la farine. S’il y a bien une chose qu’ils savent faire, c’est mener les gens en bateau. Leurs armateurs sont les meilleurs et les plus malins du monde depuis la nuit des temps. L’épée du Grec Damoclès flotte maintenant au-dessus de l’Europe…"

Posté le 14 juillet 2015 à 11h24 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

"Ils veulent sauver l'euro jusqu'au dernier Grec vivant"

L'expression, employée en... 2011 par l'économiste Marc de Scitivaux, l'un des premiers à avoir anticipé les conséquences financières de la crise du subprime, peut s'appliquer à l'accord européen conclu avec la Grèce - un accord qui non seulement ne rend pas sa dette plus soutenable, mais lui fait perdre une partie de sa souveraineté :

"La Grèce a jusqu'à mercredi soir pour légiférer sur une liste d'«actions prioritaires» qui bouscule toutes les lignes rouges dressées par Athènes depuis cinq mois. Généralisation d'une TVA alourdie et refonte du coûteux système de retraite, bien sûr. Mais aussi limitation de la souveraineté budgétaire: il s'agit, précisent les dix-neuf, «d'introduire des réductions quasi automatiques des dépenses en cas de dérapage» par rapport aux objectifs d'excédent.

Une fois ces lois passées à la Vouli et le feu vert impératif donné par le Bundestag et cinq autres parlements (Autriche, Estonie, Finlande, Pays-Bas et Slovaquie), la discussion effective du plan de sauvetage pourra débuter. Alexis Tsipras, figure de proue de l'extrême gauche européenne, devra alors avaler d'autres couleuvres: la poursuite du mandat du FMI au-delà du printemps 2016, l'introduction de procédures de licenciement collectif inédites en Grèce, le «réexamen rigoureux» du pouvoir syndical et des négociations collectives [ndlt : et la légalisation du travail le dimanche].

Politiquement, les mains du premier ministre, ou de son successeur, seraient liées pour trois ans. Le gouvernement «devra consulter les institutions (créancières) et convenir avec elles de tout projet législatif» lié au plan de redressement, et ce «avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement», insistent les dix-neuf. Plus de référendum, donc. La Grèce perd une partie de sa souveraineté. La troïka, officiellement réinstallée d'un même trait à Athènes, obtient des pouvoirs qui s'apparentent à ceux d'un régent."

La mesure censée apporter de l'oxygène à la Grèce ne règlera rien. Athènes devra en effet mettre en place un fonds de privatisation dont l'objectif sera d'engranger 50 milliards d'euros : la moitié ira aux banques, et seulement un quart au service de la dette et un quart aux investissements. En attendant, la Grèce continuera d'être rachetée morceau par morceau par des intérêts étrangers, dans des proportions bien plus importantes que par le passé. Voilà ce qu'elle a déjà perdu (pour 7,7 milliards €, une paille à côté des 50 milliards qu'elle doit maintenant trouver) :

"Après la victoire de Syriza en janvier, plusieurs ministres avaient annoncé l’arrêt de certaines privatisations, notamment celle du Port du Pirée au grand dam des Chinois qui gèrent déjà l’un des ports de marchandises. Mais Alexis Tsipras a tranché en faveur des privatisations, à l’exclusion de celles concernant les sociétés de l’eau ou de l’énergie.

Les principales privatisations en cours sont celles de la compagnie de chemin de fer, Trainose, des ports du Pirée et de Salonique, ainsi que plusieurs marinas.

Depuis 2011, Taiped a mené à bien une vingtaine d’opérations. La plus importante est celle de la concession de quatorze aéroports régionaux accordée en novembre 2014 à une entreprise allemande, Fraport, associée à une société grecque, pour un montant total de 1,2 milliard d’euros. C’est la plus grosse privatisation réalisée à ce jour.

La vente du site de l’ancien aéroport d’Athènes, Hellenikon, un immense terrain laissé à l’abandon depuis 2004, en bord de mer, a été confié à l’une des principales grandes familles grecques, les Latsis, associée à un fonds chinois et un fonds d’Abou Dhabi, pour 900 millions d’euros. L’affaire a suscité des polémiques car le bien avait été évalué à plus de 3 milliards d’euros.

La société de jeux, l’OPAP, a été cédée à un consortium gréco-tchèque, Emma Delta."

Voilà quelques jours, Nigel Farage conseillait à Alexis Tsipras de quitter, la tête haute, la zone euro :

 

Marc Scitivaux, doué pour les prédictions donc, ne disait rien d'autre en 2011, face au chef économiste de Goldman Sachs (la banque qui a non seulement aidé la Grèce à camoufler sa dette, mais a spéculé sur son dos par la suite) :

 

Le ministre grec des Finances était prêt à prendre le contrôle de la banque de Grèce et appliquer une décote sur les obligations grecques pour obtenir un accord plus favorable, quitte à diriger le pays vers une sortie de la zone euro. Avec Angela Merkel et François Hollande, Alexis Tsipras a choisi l'euro. Pour combien de temps ? Le terme "Europe" nous vient certes de la Grèce, mais aussi celui de "chaos".

Posté le 14 juillet 2015 à 02h12 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (9)

12 juillet 2015

Annulation du sommet européen

La crise grecque se poursuit : alors que les ministres des Finances ont commencé à arriver à Bruxelles pour continuer les négociations engagées samedi après-midi, le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé l'annulation du sommet des 28 chefs d'Etats et de gouvernement européen.

François Hollande a déclaré :

"L'enjeu est de savoir si demain la Grèce sera dans la zone euro". "Si la Grèce n'est plus dans la zone euro, c'est une Europe qui n'avance plus, et cela je n'en veux pas".

Mais une Europe qui n'avance plus vers quoi ? Vers le précipice ?

Posté le 12 juillet 2015 à 16h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

Terrorisme : Bruno Gollnisch pointe les responsabilités de l'Europe et de l'islam

Intervention de Bruno Gollnisch en séance plénière au Parlement européen de Strasbourg le 8 juillet :

Posté le 12 juillet 2015 à 15h55 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2015

Tsipras est en accord profond avec l’idéologie dominante au Parlement Européen

Analyse de Bernard Antony sur le crise grecque :

"Dernier mercredi, sur Radio-Courtoisie, j’ai réitéré ma conviction selon laquelle Alexis Tsipras ne voulait certainement pas que la Grèce abandonne l’euro, ni qu’elle sorte de « cette Europe-là ».

Pourtant, comme je l’ai écrit un peu ironiquement ici, la sortie de la Grèce aurait pu avoir valeur d’exemple… 

Je ne sais ce que vont dire aujourd’hui ceux qui ont imprudemment acclamé au Parlement Européen, comme les députés enthousiastes du Front National, alignés sur Philippot et Marine, ce personnage « gaucho-démago » d’Alexis Tsipras. Cette attitude n’est pas bonne pour la crédibilité du FN.

Tsipras est en effet en accord profond avec l’idéologie dominante au Parlement Européen, nihiliste, « antiraciste », immigrationniste. Que des députés du FN ovationnent grégairement un personnage qui prône le « laisser entrer » en Europe via la Grèce, sans limite ni contrôle de foules de faux réfugiés mais vrais islamistes, c’est pour le moins affligeant. 

Parmi les raisons essentielles de la position que j’avais résumée jadis par le slogan « sortons de cette Europe-là !», figurait bien sûr, en tout premier, la nécessité de s’opposer à ce que l’on appelle aujourd’hui avec raison « le grand remplacement » (...) 

Comment un Tsipras peut-il ainsi prôner avec Syriza « l’accueil » sans limite de flux migratoires islamiques dûment encouragés par les Turcs ? Le peuple grec gagnerait à accorder à un tel dirigeant la retraite politique qu’il mérite sans attendre pour méditer sur l’inadéquation de l’idéologie et de la réalité." 

Posté le 10 juillet 2015 à 17h50 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (15)

09 juillet 2015

L'Union européenne en déficit de démocratie

Selon la conférence des évêques de France

"La crise [grecque] révèle la nécessité de mettre en œuvre des processus plus démocratiques".

En effet :

"Le peuple grec a été invité à se prononcer démocratiquement par référendum. La démarche a pu mettre en évidence le déficit démocratique qui est pour beaucoup dans la suspicion des citoyens à l’égard des institutions européennes. Le déficit démocratique est particulièrement notable dans le fait que les responsables financiers et les institutions auxquelles ils appartiennent, déterminent des conditions et élaborent des décisions qui s’imposent aux Etats membres sans qu’elles soient soumises à discussion devant le Parlement européen."

Posté le 9 juillet 2015 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent

Crise grecque : tout a commencé avec l’entrée de la Grèce dans la zone euro

Dans L'Homme Nouveau, Alain Chevalérias rappelle l'origine de la crise grecque :

Images"Il faut se demander comment on en est arrivé là ! Tout a commencé avec l’entrée de la Grèce dans la zone euro en 2001. L’Europe était prête à tout pour cela et a versé des subventions à foison à Athènes. Surtout, pour une commission de 300 millions de dollars, la banque américaine Goldman Sachs a tronqué les comptes du pays. Ainsi, quand en 2000 ce dernier annonçait un déficit public de 2 %, il était en réalité de 4,1 %, l’année suivante non pasde1,4%,maisde3,7%. Pire, en 2004, de 5,3 % et non pas comme proclamé de 1,2 %.

Les Grecs ont cru pouvoir vivre sur le même pied que les pays du nord de l’Europe. Repré- sentant 32 % des salariés du pays, les fonctionnaires gagnaient plus que dans le privé et bé- néficiaient d’un 13ème et même d’un 14ème mois de salaire. Pour remplir les caisses, Goldman Sachs invitait les Grecs à emprunter.

Mais on ne peut vivre éternellement au-dessus de ses moyens. En décembre 2009, les agences de cotation financière américaines, quasiment les seules sur ce créneau, sifflaient la fin de la récréation. La Grèce était appelée à payer ses dettes..."

Posté le 9 juillet 2015 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2015

Le Parlement européen soutient le traité transatlantique

Reporté il y a un mois, le vote au Parlement européen sur le traité transatlantique (Tafta ou TTIP) a eu lieu aujourd'hui. Une majorité de députés européens ont accordé leur soutien au texte, sur lequel ils auront un pouvoir d’approbation – ou de veto – une fois sa rédaction achevée. 436 élus l'ont soutenu contre 241 et 31 abstention.

Les sociaux-démocrates, membres de la coalition majoritaire, ont approuvé le texte, alors  qu’ils avaient été au cœur de la controverse qui avait conduit au report du vote il y a un mois.

La résolution adoptée exclut la culture ainsi que les services publics et audiovisuels du futur accord.

Posté le 8 juillet 2015 à 20h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (13)

Le constructivisme monétaire est un échec cuisant

Dans Les 4 Vérités, Guillaume de Thieulloy revient sur le référendum grec. Extrait :

"[...] La première chose qui saute aux yeux, dans cette situation désastreuse, c’est que le constructivisme monétaire est un échec cuisant. « On » a voulu faire croire que les économies grecque et allemande pouvaient marcher d’un même pas. Mais c’était impossible. Toutes les entreprises de « sauvetage » n’y pourront rien. L’euro ne peut pas fonctionner avec des règles contradictoires.

La deuxième chose qui saute aux yeux, c’est le triomphe de la malhonnêteté. Et pas seulement de l’extrême gauche grecque. Car les comptes publics de la Grèce ont été maquillés naguère par des financiers...

En attendant, le symbole de cet État, qui s’est endetté colossalement pour financer sa démagogie et qui déclare à ses créanciers qu’il ne souhaite pas les rembourser, est un spectacle désastreux.

Comment voulez-vous expliquer aux milliers de Français « surendettés » qu’ils ne doivent pas dépenser plus qu’ils ne gagnent quand les pouvoirs publics font bien pire ? Prenons-y bien garde : la confiance est la base de toute économie. Or, nous ne pouvons plus avoir la moindre confiance dans la majorité des acteurs économiques. La décadence morale de l’Europe risque d’avoir de dramatiques conséquences sur sa situation économique.

Une troisième chose saute aux yeux avec ce référendum grec : les oligarchies européennes ont une peur viscérale des peuples. Quand on entend Nicolas Sarkozy déclarer que, par la volonté de consulter son peuple, la Grèce s’était suspendue elle-même de la zone euro, on mesure à quel point les peuples sont méprisés par leurs dirigeants.

Il n’existe aucune sortie de crise, sans un retour à des principes de bon sens – que nous n’avons pas inventés. Il faut sanctionner les voleurs et les menteurs, au lieu de leur donner plus qu’aux honnêtes gens. La confiance, cela se mérite et cela exige donc le respect de la parole donnée...

Si on veut un résumé de ces principes de bon sens, il suffit de lire les dix commandements. Tout y est ! Et ajoutons cet autre principe de bon sens : les réformes efficaces sont celles qui ont été acceptées par ceux à qui elles s’appliquent.

Il était donc légitime de consulter les Grecs sur l’austérité. Tout comme il faudrait consulter les contribuables européens qui se font plumer, à la fois par les banquiers internationaux qui ont menti, par les démagogues grecs, et par leurs propres dirigeants. Qu’il y ait ou non « grexit », c’est nous qui paierons la facture !

Ce mélange de mépris pour les peuples et d’avidité pour leur argent est profondément indécent et pourrait bien causer des troubles insurrectionnels graves à brève échéance..."

Posté le 8 juillet 2015 à 08h20 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2015

Zemmour : le « non » de la Grèce est un revers de l’Europe « à l’allemande »

Posté le 7 juillet 2015 à 22h28 par Michel Janva | Lien permanent

"Il est inutile de parler de l'introduction de l'euro en Pologne"

Dixit Krzysztof Szczerski, conseiller du président polonais Andrzej Duda pour la politique étrangère.

Posté le 7 juillet 2015 à 19h39 par Michel Janva | Lien permanent

Couverture médiatique du référendum en Grèce : le meilleur du pire

Quand la désinformation côtoie le ridicule... C'est à découvrir ici pour ceux qui auraient encore un doute sur l'objectivité des "médias encadrants".

Posté le 7 juillet 2015 à 19h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Le Grexit plaît : succès exponentiel pour les vacances en Grèce depuis dimanche

Record battu

"Dans un article publié ce matin, Slate explique que les recherches «vacances en Grèce» n'ont jamais été aussi nombreuses depuis dix ans, en précisant que «des vacanciers malins cherchent à tirer un avantage d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro». 

Posté le 7 juillet 2015 à 13h10 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

Organiser la dissolution concertée de la monnaie unique

Pour Marine Le Pen, c'est la conséquence du non grec :

"[...] Ce Non du peuple grec doit permettre un changement d’approche salutaire. Les pays européens doivent profiter de cet événement pour se mettre autour d’une table, constater l’échec radical de l’euro et de l’austérité, et organiser la dissolution concertée de la monnaie unique, condition indispensable au retour réel de la croissance, de l’emploi et au désendettement.

Ce soir un pays brise ses chaînes, un pays dit Non à l’eurostérité ! L’heureux effet boule de neige mènera demain d’autres pays vers cette même libération. La dissolution de l’union monétaire a commencé."

Posté le 7 juillet 2015 à 07h19 par Michel Janva | Lien permanent

06 juillet 2015

"C'est un non à l'arrogance, c'est un non à l'intimidation !"

Déclaration d'Henri Guaino à propos de la Grèce :

"Vous savez un peuple qui dit non à ce qu'il considère comme une menace d'asservissement, eh bien c'est un peuple qui a conservé une fierté et qui a une grand sentiment de sa souveraineté, de son indépendance. On ne peut pas demander à un gaulliste de condamner le non jeté à la face de tous ceux qui menacent de l'asservir. C'est un non à l'arrogance, c'est un non à l'intimidation. Il faut bien comprendre comment on a parlé au peuple grec... 

J'entends des torrents de démagogie en disant on a trop payé, il y en a assez des grecs, il faut qu'ils s'en aillent. Mais en politique, il y a une première morale: ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas que l'on vous fasse. Imaginez un instant que la France soit dans cette situation et que ses voisins lui expliquent comment elle doit vivre (...)

En 1918, vous savez ce qu'on disait dans les chancelleries, en Europe, dans le monde ? On disait l'Allemagne paiera. Et on a fait payer l'Allemagne parce qu'elle avait dévasté l'Europe et qu'elle avait été le plus fautif de la Première Guerre mondiale. Ça a donné quoi ? Ça a donné les années 30 et la catastrophe de la Deuxième Guerre mondiale. Après la Deuxième Guerre mondiale la question s'est reposée. Au lieu de dire l'Allemagne paiera, on a effacé les deux tiers de la dette allemande. Elle a commis à l'époque des fautes bien plus grandes que les fautes commises depuis quelques années en Grèce (...) On ne construit rien en voulant punir un peuple. Il faut écarter cette vision des choses".

Posté le 6 juillet 2015 à 14h27 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (19)

05 juillet 2015

La question de la dette entre l'Allemagne et la Grèce : une vieille histoire

En 1953, le ministre grec des Finances et le chancelier Adenauer signent à Londres en 1953 un traité effaçant 60% de la dette de l'Allemagne :

Tre

O tempora, o mores

Posté le 5 juillet 2015 à 23h57 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

Les patriotes se réjouissent du non à l'UE

Posté le 5 juillet 2015 à 20h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (28)

Référendum en Grèce : le Non en tête

La question était :

"Faut-il accepter le plan d'accord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de l'Eurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : Reforms for the completion of the current program and beyond (Réformes pour l'achèvement du programme en cours et au delà, en anglais dans le texte sur les bulletins) et Preliminary debt sustainability analysis (Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette, en anglais dans le texte sur les bulletins)"

A 20h, le non est largement en tête à 60% avec plus de 53% de participation. Il en fallait 40% pour que le résultat du référendum soit considéré comme valable.

Posté le 5 juillet 2015 à 19h58 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

Phénomène des « migrants » africains : Bernard Lugan parle vrai

Lu sur son blog :

"La vague migratoire africaine que subit actuellement l'Europe se fait par l'entonnoir libyen.

- Ce dernier fut créé par ceux qui déclenchèrent une guerre insensée contre le colonel Kadhafi qui avait fermé son littoral aux passeurs-esclavagistes.

- Face à la déferlante, les forces navales européennes recueillent les clandestins... pour les transporter jusqu'en Italie. La différence avec le prophétique Camp des Saints de Jean Raspail est que chez ce dernier, les migrants débarquaient en Europe alors qu'aujourd'hui ils y sont débarqués... pour y être installés.

- Les responsables de l'ectoplasme bruxellois ont comme seule préoccupation de répartir ces intrus dont les indigènes ne veulent pas entre les pays de l'UE, ne voyant pas qu'ils vont ainsi amplifier le phénomène en créant une pompe aspirante.

- Cette migration-peuplement est essentiellement la conséquence d'une démographie devenue folle qui tue l'Afrique à petit feu, lui interdit tout développement et exacerbe ses conflits[1].

- Or cette explosion démographique s'explique parce que les missionnaires, les religieuses soignantes, les médecins et les infirmiers coloniaux ont, hier, au nom de leur « amour des autres », délivré les Africains de la lèpre, de la rougeole, de la trypanosomiase, du choléra, de la variole, de la fièvre typhoïde ; cependant que les militaires les libéraient de l'esclavage arabo-musulman.

Résultat : en un siècle, la population du continent a presque été multipliée par 10. De 100 millions d'habitants en 1900, elle était passée à environ 275 millions dans les années 1950-1960, puis à 640 millions en 1990 et à un milliard en 2014. Dans les années 2050 les Africains seront entre 2 et 3 milliards (dont 90% au sud du Sahara), puis 4,2 milliards en 2100 ; ils représenteront alors 1/3 de la population mondiale. En 2050, 40% des naissances mondiales seront africaines[2], ce qui, ajouté à la baisse heureuse de la mortalité infantile en raison des campagnes de vaccination menées par les ONG et de l'annonce d'un prochain vaccin contre le paludisme, va conduire à un cataclysme encore plus destructeur que l'actuel.

Comment espérer alors que les migrants cesseront de se ruer vers un « paradis » européen non défendu et peuplé de vieillards ? Un paradis où, par hédonisme, les femmes ne font plus d'enfants ? Un paradis où les hommes s'interrogent sur leur identité sexuelle et où toute attitude virile est considérée comme machiste, autant dire fascisante ?

Désarmés par l'hystérie émotionnelle de la classe politique et des médias ainsi que par la compassionnelle sollicitude des clercs, les Européens sont sommés de devoir accepter de subir. Un ancien Premier ministre de « droite » est même allé jusqu'à proposer que les forceurs de frontière soient envoyés repeupler les campagnes françaises. Là où les « aides » en tous genres ont depuis longtemps fait taire les salutaires cris de « Haut les fourches »...

Posté le 5 juillet 2015 à 15h46 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (19)

03 juillet 2015

La persécution des chrétiens au menu du Parlement européen

« La persécution des chrétiens dans le monde », tel était le titre d'une demi-journée de discussions organisée par le groupe Politique méditerranéenne et activités interculturelles du PPE (Parti populaire européen) mercredi 1er juillet au Parlement européen à Bruxelles.

L'objectif de cette conférence était de sensibiliser l'opinion publique à l'échelle européenne sur ce thème et de faire le point sur la proposition d'adoption par le Parlement européen d'une résolution relative à la persécution des chrétiens dans le monde.

Parmi les participants à cette conférence à Bruxelles :

  • le patriarche de Babylone des Chaldéens Louis Raphaël Ier Sako,
  • le patriarche d'Antioche des Syriaques Ignace Youssef III Younan,
  • le père Bernardo Cervellera,
  • le directeur d'Asianews,
  • Mgr Jean-Benjamin Sleiman, archevêque latin de Bagdad.

Posté le 3 juillet 2015 à 10h04 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2015

Quand la haute finance encourage l'immigration clandestine

Interrogé sur la radio irlandaise RTE à propos des 240 000 réfugiés clandestins qui entrent illégalement en Europe chaque année, le Président de Goldman Sachs International, Peter Sutherland, a répondu :

"Ces chiffres sont ridicules dans le mesure où la population européenne compte plus de 500 millions d’habitants. Les chiffres auxquels vous faîtes allusion représentent donc une goutte d’eau dans un océan. Nous pouvons facilement gérer tout ça. L’Allemagne pourrait en accueillir beaucoup plus et aurait néanmoins toujours un problème lié au vieillissement de sa population. Du reste, 55 % de la population actuelle allemande est favorable à accueillir plus de migrants.

Les différents gouvernements doivent montrer l’exemple en expliquant que les migrants sont nécessaires à la société, économiquement ainsi que sous bien d’autres aspects plutôt que de constamment les décrire comme des fardeaux car ils ne sont en fait pas du tout des fardeaux. Après une courte période d’adaptation, ils contribuent positivement à la société dans laquelle ils vivent"

Cela permet en effet de tirer les salaires vers le bas et de créer du chômage, ce qui est excellent pour les banques d'investissement.

Posté le 1 juillet 2015 à 15h39 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (15)

30 juin 2015

Il est interdit de sortir de la zone euro

Yves Daoudal fait remarquer que c'est exclu par le traité européen.

Mais bon : l'UE a déjà l'habitude de violer les peuples. Alors, violer un bout de papier...

Posté le 30 juin 2015 à 14h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

Tous les Etats membres de l’UE doivent dénaturer le mariage

C'est Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, qui le dit.

Il est temps de sortir de cette "Union" également contre-nature.

Posté le 30 juin 2015 à 14h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

Crise grecque et acharnement "thérapeutique" du système financier

De Guillaume de Prémare, d'Ichtus, à propos de la crise grecque :

"Il est vrai que le peuple grec n’est pas l’innocent aux mains pures. Il a péché par insouciance, cru trop longtemps que pourrait perdurer cette folie qui consiste à vivre à crédit de manière démesurée, le cas échéant en comptant sur la solidarité supposée de ses voisins de l’Union. Rattrapé par la réalité, il est entré dans une phase d’intenses souffrances. Mais cette insouciance grecque n’est-elle pas la nôtre aussi, à un degré peut-être moindre ? Croyons-nous que nous soyons, en France, à l’abri d’un scénario comparable, dans sa nature sinon dans son ampleur ? Comme les choses seraient simples s’il s’agissait simplement d’un « mauvais élève » qui a triché aux dépens des autres et mis ainsi en danger un système prospère et pérenne. Non, le fond de l’affaire n’est pas là, il est bien plus large : non seulement ce système économique et financier n’est pas pérenne, mais encore est-il fou et prédateur, pas seulement à l’échelle de l’Union européenne, mais à l’échelle mondiale. Nous le savons au fond de notre conscience mais nous acceptons, selon les mots du pape, « son empire sur nos êtres et nos sociétés ». Le pape est pourtant explicite quand il écrit, au paragraphe 61 de Laudato si’ : « Il est certain que l’actuel système mondial est insoutenable de divers points de vue, parce que nous avons cessé de penser aux fins de l’action humaine ». Mais peut-être avons-nous peur de ce que pourrait-être la vie sans ce « système mondial », sans la dette, sans cette incessante injection massive de liquidités fabriquées, éventuellement sans l’Euro etc.

[...] Haro sur les Grecs, haro sur la Grèce : le processus du bouc émissaire est en marche. Ce n’est pas raisonnable car le problème de fond est ailleurs : l’affaire grecque est le symptôme d’un dérèglement global. [...] Ce système est en soins intensifs depuis 2008, sous perfusion, en situation active d’acharnement thérapeutique. Et la poursuite de cet acharnement se pratique au prix d’une tyrannie : quand un « patient » mal en point demande l’arrêt de soins dépourvus de sens, on voudrait les lui imposer. [...]

Ce qui se passe avec la Grèce est à observer avec attention : c’est un laboratoire vivant d’une tentative de retour du politique face à l’économique, face au technocratique. Que Tsipras échoue ou réussisse, il y aura des leçons à tirer pour tous les pays aujourd’hui soumis à « la dictature d’une économie sans visage », parce qu’il n’y aura pas de solution sans un retour puissant du politique. [...]"

Posté le 30 juin 2015 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)

29 juin 2015

La Grèce, ils s'en foutent. C'est le soldat Euro qu'ils veulent sauver...

Déclaration de Nicolas Sarkozy, qui a comme point commun avec Jean-Claude Junker le fait de ne pas aimer le recours au référendum :

"La question n’est plus comment sauver la Grèce mais comment sauver la zone euro. L’Europe se trouve face à un gouvernement qui a menti, et si l’Europe se retrouve en situation de céder, ce sera la crédibilité de tout l’édifice européen qui sera en cause (…) Que  l'Europe, l'euro donnent le sentiment de céder et c'est la crédibilité de tout le système européen qui sera emportée"

Posté le 29 juin 2015 à 18h16 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (21)

Organiser un référendum, c'est trahir Bruxelles

C'est ce qu'a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui se sent "personnellement trahi" :

"L'élan du compromis a été brisé par l'annonce du référendum. Les égoïsmes ont pris le dessus. Jouer une démocratie contre 18 autres n'est pas digne de la Grèce"

Posté le 29 juin 2015 à 16h33 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (18)

Vers la fin de l'argent liquide dans l'Union européenne...pour mieux tenir la population en otage ?

Plusieurs mesures économiques viennent d'être prises ou vont prochainement être mis en oeuvre au sein de l'Union européenne. Si individuellement, elles peuvent s'expliquer, ajoutées les unes aux autres elles peuvent conduire progressivement à la disparition de l'argent liquide et à virtualiser les avoirs des Français...

Tout d'abord, il faut des déclarations rassurantes et des promesses qui n'engagent que ceux qui les croient :

"Aujourd'hui, l'économie française est robuste, bien plus robuste qu'il y a quatre ans et elle n'a rien à craindre de ce qui pourrait se produire" (François Hollande à propos de la crise grecque)

Ensuite, voici plusieurs informations qui convergent dans le même sens :

"Bercy veut favoriser l'usage de la carte bleue" (source). Ceci en baissant les commissions bancaires au motif que 61% de Français souhaiterait pouvoir utiliser davantage sa carte bancaire au quotidien alors même qu' on apprend qu'en Grèce la même décision n'est pas très populaire: "Afin de donner des gages à Bruxelles et de limiter l'évasion fiscale, Athènes veut imposer le paiement par carte aux touristes. Au grand dam des commerçants."

"Les règlements en espèce au-dessus de 1 000 euros ne seront plus autorisés, et ce dès le 1er septembre prochain. Un décret a été publié en ce sens au Journal officiel (JO) samedi 27 juin" (source). Ceci officiellement pour lutter contre les circuits financiers parallèles.

Pour mettre en perspective ces informations, il ne faut pas oublier qu'à compter du 1er janvier 2016, la directive européenne "renflouement interne des banques" entrera en vigueur. Derrière une apparente volonté d'épargner le particulier, beaucoup s'inquiètent de ce que cette directive permet en réalité da faire derrière la pseudo protection des dépôts inférieurs à 100 000€ :

"Ces nouvelles règles ont pour objet d’éviter de solliciter le contribuable lorsqu’il est nécessaire de renflouer un établissement financier, en mettant à contribution les actionnaires et les créanciers dans le cadre d’une procédure dite de “bail-in” (“renflouement interne”). L’exécutif européen a rédigé cette directive à la suite de la crise financière qui a commencé en 2008 et elle a donné aux 28 pays de l’Union européenne jusqu’à la fin de 2014 pour l’intégrer dans leur droit national" (source)

"Il ne s'agit rien d'autre ici que d'un vol pur et simple, d'une remise en cause du droit de propriété. Que les actionnaires soient mis à contribution, rien de plus normal (...) en cas de problème il suffira de puiser dans les comptes des déposants ! L'ensemble des clients de ses banques seront-ils prévenus ? Surtout pas; cela déclencherait un mouvement de panique (...) Beaucoup pourraient se dire qu'avec un plancher de 100.000 euros, ce n'est pas la peine de s'inquiéter. Lourde erreur. Effectivement, à Chypre, les comptes en dessous de cette somme n'ont pas été touchés, mais uniquement parce que l'Union européenne et le FMI ont apporté 10 milliards d'euros dans le cadre d'un plan d'aide. Pour un pays comme l'Espagne, l'Italie ou la France, il faudrait des centaines de milliards pour protéger ces comptes. Qui pourrait apporter cette somme ? (...) Ce chiffre de 100.000 euros est un pur effet d'annonce destiné à faussement rassurer 95% de la population (les électeurs !) mais il ne tiendra évidemment pas en cas de crise bancaire" (source)

Lire aussi : "Le FMI valide la ponction des comptes bancaires" et "La France emprunte sans difficulté… parce qu’elle n’hésitera pas à ponctionner l’épargne des Français".

Sans vouloir jouer ni les Cassandres ni les complotistes, toutes ces mesures sont plutôt inquiétantes pour ceux qui gèrent leur patrimoine et leurs revenus en "bon père de famille"...

Posté le 29 juin 2015 à 16h08 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

Levée de l'immunité parlementaire pour délit d'opinion

C'est peut-être ce que risquent, pour deux affaires différentes, Aymeric Chauprade (vidéos la France est en guerre) et Florian Philippot (accusation contre le Qatar). Ils ont tous les deux expliqué pourquoi ils ne se rendraient pas à la convocation des juges en arguant notamment de leur immunité de député européen (voir ici et ici).

On peut donc se demander quelles raisons ont poussé Gilles Lebreton (FN) et Joëlle Bergeron (ex-FN), tous deux membres de la commission des affaires juridiques du parlement européen, à voter la levée de l'immunité parlementaire du député allemant Udo Voigt poursuivi pour "appel à la haine raciale et offense" pour une affiche ayant créé la polémique où était inscrit "Blanc, pas seulement une couleur de tricot ! Pour une vraie équipe nationale. L’équipe de football nationale en 2010 ? Plan de jeu 2006".

Lorsque l'on voit l'utilisation à des fins politiques des lois liberticides en France, encore récemment avec le procès scandaleux fait à Eric Zemmour, il faut être naïf pour croire que la commission des affaires juridiques fera le distinguo entre le sulfureux député Udo Voigt en Allemagne et le FN "dédiabolisé" en France... Gilles Lebreton et Marine Le Pen, qui a soutenu ce vote, devraient méditer les derniers mots d'Eric Zemmour à son procès le 24 juin dernier

"Si je comprends bien ce qui m’est reproché, la liberté d’expression, c’est bon pour les dessinateurs de Charlie, mais ce n’est pas bon pour moi. Parce qu’eux sont gentils, et moi, je suis méchant. Eux ont des bonnes arrière-pensées, et moi j’en ai de mauvaises. Si je comprends bien, nous vivons toujours sous le règne de la phrase de Saint-Just : «pas de liberté pour les ennemis de la liberté». Cela s’appelait la Terreur

Posté le 29 juin 2015 à 09h16 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (9)

28 juin 2015

L'heure de vérité, pour la Grèce, mais aussi pour l'UE

Très intéressant point de vue développé à ce sujet par Jacques Sapir.

"Les événements de ces derniers jours ont permis de voir en pleine lumière les divers aspects du différent entre la Grèce et ses créanciers. La décision d'Alexis Tsipras de provoquer un référendum le 5 juillet donne néanmoins à ce différent une dimension nouvelle, et dramatique.

Le différent entre la Grèce et les créanciers a désormais une dimension politique tout autant qu'une dimension économique. C'est la question de la démocratie au sein de la zone Euro et de l'Union européenne qui est aujourd'hui directement posée. Une des conséquences de cette nouvelle situation est que les leçons que l'on doit en tirer sont extrêmement importantes pour la suite des événements, tant en Grèce naturellement que dans d'autres pays qui entreraient à leur tour en conflit avec les différentes structures de l'Union européenne.

L'Union européenne et l'Eurogroupe ont toujours poursuivi un objectif politique.

Le gouvernement grec a fait la démonstration que l'UE, l'Eurogroupe, et généralement l'ensemble des « institutions » européennes n'ont en réalité jamais admis le résultat des élections du 25 janvier 2015. Leurs actions n'ont eu de cesse que d'amener le gouvernement grec à se renier ou bien de provoquer un changement de gouvernement par des méthodes qui se situe en réalité hors de la sphère des principes démocratiques, même si elles en respectent formellement les codes. Le refus obstiné des « institutions » de prendre en compte les propositions du gouvernement grec, dont il est aujourd'hui clair qu'elles étaient raisonnables, et qu'elles étaient les seules capables de permettre à la Grèce de sortir de la crise, n'avait pas d'autre sens qu'un sens politique. Il fallait faire la démonstration qu'aucune politique alternative n'est possible aujourd'hui dans l'UE. C'est ce à quoi s'est employé tant la Commission que l'Eurogroupe, renvoyant systématiquement les mêmes propositions au gouvernement grec et se refusant, en réalité, à toute négociation.

Mais, récemment, un nouveau pas a été franchi. L'écho donné à l'accueil de « l'opposition » grecque à Bruxelles, que ce soit les dirigeants du parti de centre-gauche largement financé par les « institutions » européennes (To Potami), et qui ne représente que 7% de l'électorat, ou les dirigeants de la Nouvelle Démocratie, le parti de centre-droit qui gouverna la Grèce jusqu'aux dernières élections et qui est tombé aujourd'hui à moins de 15% des intentions de vote, ne représente pas moins que la tentative d'organiser un changement de gouvernement. Cela signifie que ces mêmes « institutions » européennes, si prompte à défendre la démocratie, complotent ouvertement avec un ensemble de politiciens faillis, souvent corrompus, et qui ont été rejetés par leur propre peuple pour remplacer un gouvernement démocratiquement élu. C'est une leçon importante, qu'il faudra apprendre par cœur, ne serait-ce que pour s'en prémunir. Elle décrédibilise totalement et complètement les discours sur la démocratie qui peuvent être tenus au seins des instances européennes.
Face à ces manœuvres le gouvernement grec, et Alexis Tsipras, ont choisi de poser la question au peuple grec par voie de référendum. C'est un acte fort. En redonnant la parole au peuple Alexis Tsipras montre à la fois qu'il a compris la nature profonde du problème qui l'oppose à l'Eurogroupe et qu'il est fidèle à la tradition démocratique. La question qui sera posée au peuple grec est évidemment importante. En décidant de se focaliser sur le plan d'austérité et les propositions faites par les créanciers de la Grèce, Alexis Tsipras le renvoie à leurs contradictions: peut on imposer en contrebande des mesures dont un peuple ne veut pas? C'est pourquoi il faut voir dans cette décision de provoquer un référendum l'un des gestes les plus démocratiques que l'on ait eu en Europe depuis plus de trente ans.

La question n'a jamais été de « sauver » la Grèce mais de lui donner les moyens matériels et financiers de renouer avec la croissance.

Il se répand dans la presse l'expression « sauver la Grèce ». Rien ne saurait être plus faux. Tout d'abord, ce n'est pas la Grèce qui est menacée par un défaut, mais en réalité la zone Euro. Si la Grèce faisait défaut le 30 juin, les conséquences les plus graves seraient justement dans les « institutions » européennes. En fait, il convient ici de rappeler des faits qui sont connus, mais systématiquement occultés dans la présentation faite par certains journalistes:

1. Une large partie de la dette grecque vient du transfert de la dette privée vers la dette publique. La BCE et les pays européens ont racheté les titres grecs détenus par les banques, pour que ces dernières puissent se dégager d'un « risque grec ». Dans cette dette, rien n'est allé à la population grecque (1).

2. Les taux d'intérêts prélevés par les créanciers privés ont été particulièrement élevés, et ces taux ont rajouté de la dette à la dette. Dans les années 2010-2012 s'est ainsi mis en place l'équivalent d'une pyramide financière (ou « système Ponzi ») dans lequel un gouvernement emprunte pour rembourser non plus le principal mais les intérêts. Tout économiste sait qu'un tel système conduit à court terme à des catastrophes.

3. Aujourd'hui, si l'on excepte le poids des remboursements tant des intérêts que du principal, le gouvernement grec est à l'équilibre budgétaire (ce que l'on appelle un « équilibre primaire), chose que le gouvernement français est incapable de réaliser. Ainsi, les mêmes qui dénoncent la « légèreté » du gouvernement grec sont incapable de faire aussi bien que lui…

4. Si le gouvernement grec demande un accord global sur la dette, incluant une annulation d'une partie de cette dernière et un rééchelonnement du reste, sur le modèle de ce qui avait été accordé à l'Allemagne en 1953, c'est parce qu'il sait que tant que ces prélèvements sur la richesse produite par le peuple grec (de l'ordre de 5% à 7% du PIB par an) seront maintenus, il n'y a aucun espoir de croissance ni d'amélioration de la compétitivité de l'appareil productif grec. Or, seule un croissance durable peut permettre à la Grèce de rembourser une partie de ce qu'elle doit. De ce point de vue, la position du gouvernement grec est la raison même que ce soit du point de vue du peuple grec ou de celui de ses créanciers. Le refus de ces derniers d'aboutir à un compromis montre bien que leur objectif est avant tout politique comme il a été dit plus haut et non économique.

En fait, le gouvernement grec propose deux solutions aux pays de l'Eurogroupe. Soit un accord sur la restructuration et le rééchelonnement de la dette est trouvé et l'Union européenne s'engage à investir dans l'appareil productif grec, soit la Grèce fera défaut (et donc ne paiera pas), et utilisera l'argent qu'elle prévoit d'économiser par un effort fiscal extraordinaire pour investir dans son appareil productif. C'est pour cela qu'aujourd'hui la question de la dette est centrale (2). Mais, le problème de la Grèce n'est pas celui d'un endettement trop lourd, il est fondamentalement celui d'une perte de la compétitivité de l'économie grecque. Or, cette perte de compétitivité est consécutive à l'Euro. (3) Cela, je l'ai dit dès octobre 2009 puis à de nombreuses reprises (4), et il est clair qu'un raisonnement similaire peut être tenu pour de nombreux pays, la Portugal, l'Espagne, l'Italie et la France. Face à un problème de compétitivité, un pays peut soit dévaluer sa monnaie, soit procéder à des investissements massifs dans son appareil productif. Mais il ne peut pas rester à la parité d'origine, ne pas investir et de plus prélever environ 5% de son PIB tous les ans pour payer d'autres Etats. Il faudra donc choisir et, si l'on ne veut pas donner à la Grèce les moyens d'investir, la laisser sortir de l'Euro.

Retour au politique

Mais, et c'est ici que nous revenons à la politique, les dirigeants européens ne veulent faire ni l'un ni l'autre. Ils sont paralysés par la représentation religieuse de l'Euro qu'ils se sont créés. Mais ils sont aussi paralysés par les intérêts financiers de certains pays et en particulier l'Allemagne, qui tient absolument à maintenir le couvercle de l'austérité sur l'Europe. Incapables de choisir, visant à des objectifs contradictoires (le maintien de la Grèce dans la zone Euro et la politique d'austérité), ils sont aujourd'hui dans une impasse. Prenant conscience de cette dernière, au lieu de chercher à dénouer les fils du nœud dans lesquels ils sont pris de leur propre faute, ils cherchent une issue dans une fuite en avant dangereuse. L'attitude qu'ils ont adoptée face au gouvernement grec est en effet dangereuse et irresponsable. Cette attitude prend le risque, pour résoudre un problème qui est une création de l'Europe, de compromettre la totalité de l'édifice européen et de révéler les sources anti-démocratiques de cet édifice. C'est aussi cela que révèle la décision d'Alexis Tsipras de convoquer les électeurs pour un référendum.

Il ne faut pas douter que la semaine à venir sera riche de tentatives de déstabilisation du gouvernement grec. Les instances européennes ne peuvent tolérer ce référendum, elles qui se disent pourtant des parangons de démocratie. Il faut savoir que cette attitude prend le risque d'une guerre civile en Grèce, tout comme le soutien aux forces de Maïdan a pris le risque d'une guerre civile en Ukraine. Car, si ce coup d'Etat était entrepris il ne faut pas s'imaginer que les forces qui ont soutenu SYRIZA, mais aussi le parti souverainiste ANEL, se laisseraient faire. Le problème avec cette génération de bureaucrates européistes est que, comme l'avait fait remarquer Raimond Aron au sujet de Valéry Giscard d'Estaing, ils ne savent pas que l'histoire est tragique. Mais cette histoire vit sa propre vie, sans ce soucier des représentations de ces bureaucrates. Elle se manifestera avec force quand l'heure sera venue. Le danger est là. Et il ne faudra pas alors venir se plaindre si des pratiques un peu plus brutales et moins civilisées que celles qui ont cours dans les bâtiments de la Commissions Européenne à Bruxelles sont utilisées contre ces mêmes bureaucrates.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.


1 Geek Debt Truth Commission, Executive Summary of the report from the Debt Truth Committee, 43p, 17 juin 2015, http://greekdebttruthcommission.org/wp/

2 Godin R., « La question de la dette est centrale », La Tribune, 23 juin 2015, http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-la-question-de-la-dette-est-desormais-centrale-486327.html
3 http://bfmbusiness.bfmtv.com/monde/la-crise-que-subit-la-grece-ne-se-serait-pas-produite-sans-l-euro-896158.html
4 Je renvoie ici le lecteur à une série de note publiée sur le site Marianne.2, « Sapir: derrière la crise grecque, l'explosion de l'euro? », 30 mai 2011, http://www.marianne.net/Sapir-derriere-la-crise-grecque-l-explosion-de-l-euro_a206801.html

Posté le 28 juin 2015 à 20h14 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (11)

27 juin 2015

L'Union européenne en état d'urgence

A cause du risque d'attentats islamistes ?

Non, pas du tout. C'est parce que le gouvernement grec a décidé de faire appel au peuple pour valider ou non par référendum les propositions des créanciers de la Grèce...

Posté le 27 juin 2015 à 17h02 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (22)

25 juin 2015

Aymeric Chauprade rejoint le groupe Europe des Nations et des Libertés

Alors que l'hypothèse de son absence avait été évoquée, Aymeric Chauprade confirme qu'il en sera le 37ème parlementaire :

"Certains disaient: «Chauprade n'ira pas dans le nouveau groupe. Il est furieux que sa tête ait été coupée sur les photos prises en Egypte, où il accompagnait Marine Le Pen. Il ne décolère pas

Colère ou pas, Aymeric Chauprade, ex-conseiller de la présidente du Front national pour les questions internationales, et au début de la mandature coordinateur des 23 élus FN, a bel et bien adhéré au nouveau groupe, Europe des Nations et des Libertés (ENL), mercredi à Bruxelles. Il n'avait pu le faire la semaine dernière, car il était retenu à l'autre bout du monde. Seuls Jean-Marie Le Pen, à qui la proposition d'adhérer n'a pas été faite, et Bruno Gollnisch, par solidarité avec Jean-Marie Le Pen, n'en fera pas partie. Au total, ce groupe comprend donc 37 élus venant de 7 Etats-membres différents."

Posté le 25 juin 2015 à 20h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

24 juin 2015

Le député Poisson demande une discussion sur le traité TAFTA

Jean-Frédéric Poisson député des Yvelines et président du Parti chrétien-démocrate écrit dans le Figarovox à propos du traité de libre-échange transatlantique «TAFTA» :

"[...] Dès le 2 juin dernier, j'adressai à Christian Jacob, Président du Groupe les Républicains à l'Assemblée nationale un courrier lui demandant d'exiger de Claude Bartolone la tenue d'un débat à l'Assemblée sur le traité transatlantique en cours de négociation. Un débat démocratique à l'échelon des Parlements nationaux me semble en effet indispensable, étant données les conséquences considérables de ce traité pour les peuples européens. [...]

Il ne s'agit rien de moins que d'une unification économique, commerciale et juridique des espaces nord-américain et européen, sur des bases libre-échangistes à l'américaine. Ce projet aura des conséquences considérables pour notre pays. Comment savoir si cet accord de libre-échange sera équilibré entre les deux parties? Comment évaluer ces retombées en matière d'emploi, de santé, d'environnement?

Le seul moyen de le savoir est d'associer étroitement les Parlements nationaux au suivi des négociations du traité. C'est ce que je demande. Et je crois être le premier du côté des Républicains à exiger officiellement un débat à l'Assemblée nationale sur ce sujet.

À ce stade de la négociation, et à ce que l'on en sait, trois points m'interpellent.

Premièrement, la suppression totale des droits de douane (actuellement de 5,2 % pour l'UE et de 3.5% pour les États-Unis) sur les produits industriels et agricoles qui sera évidemment préjudiciable aux pays de l'Union européenne.

Deuxièmement, l'élimination programmée des barrières non tarifaires qui obligera à une convergence vers le bas des normes sociales, salariales, environnementales et sanitaires.

Troisièmement, la mise en place d'un mécanisme d'«arbitrage des différends» entre États et investisseurs privés qui renforcera les multinationales au détriment de la souveraineté des États.

Au-delà de ces points de négociation, qui en l'état sont clairement défavorables aux peuples européens, c'est la vision de la démocratie et de l'économie que sous-tend ce projet qui sont clairement inacceptables.

Un tel traité ne peut être adopté sans un examen démocratique préalable. Les Parlements nationaux me semblent le meilleur échelon pour en discuter.

C'est un enjeu de démocratie: on ne peut pas laisser les peuples européens et leurs représentants dans l'ignorance de ce qui va engager leur avenir. Le fait que ce soient non pas des élus mais des fonctionnaires de la Commission européenne qui sont chargés de négocier ce traité pose d'emblée la question de la légitimité des négociations. De même, on ne sait toujours pas à ce jour, si ce traité fera ou non l'objet d'une ratification par les Parlements nationaux!

C'est un enjeu de souveraineté: on ne peut accepter de brader la souveraineté des États européens au profit d'entreprises transnationales privées qui obéissent principalement aux intérêts financiers des États-Unis, et parfois européens. Voulons-nous continuer, au risque de nous perdre, à nous diluer dans la mondialisation? Je ne crois pas que ce soit le souhait des Français.

C'est un enjeu de société: voulons-nous favoriser un modèle économique qui repose sur la financiarisation accrue de l'économie, l'accélération des échanges, la fragilisation des producteurs, l'industrialisation de l'agriculture? Ou bien choisir un modèle tourné résolument vers l'emploi, les circuits courts et la qualité des produits? Alors que nous traversons une crise écologique majeure, comme vient de nous le rappeler avec exigence le Pape François dans son encyclique Laudato si', et que des millions de Français souffrent du chômage comment peut-on imaginer un seul instant opter, pour la première solution, celle que le projet TAFTA veut secrètement nous imposer?

Enfin, c'est un enjeu européen: voulons-nous continuer à nous aligner sur les États-Unis et diluer l'Europe dans un vaste marché? La France et l'Europe doivent retrouver leur indépendance vis-à-vis des États-Unis. Que ce soit en matière de politiques commerciale et économique, qui ont un impact direct en matière d'emploi et d'environnement. Mais aussi en matière de politique étrangère. La politique conduite par les États-Unis au Moyen-Orient, et trop souvent suivie par la France, mène au chaos dans cette région du monde, ce qui a des conséquences dramatiques pour l'Europe. En témoigne l'arrivée massive et incontrôlable de migrants sur nos territoires depuis plusieurs mois.

Je ferai pression au sein de mon groupe parlementaire Les Républicains et auprès du Président de l'Assemblée nationale pour que ce traité puisse être débattu dans l'hémicycle.

Une vaste mobilisation des consciences est en marche. Espérons que cette fois, les peuples seront écoutés et que l'on ne rejouera pas le mauvais scénario du projet de Constitution européenne et du traité de Lisbonne. Cela les Français ne l'accepteront pas."

Posté le 24 juin 2015 à 21h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

La Hongrie remet en cause "Dublin III" sur l'immigration

Ce règlement stipule que les migrants doivent faire leur demande d'asile dans le premier pays d'entrée lorsqu'ils arrivent sur le territoire de l'Union européenne, et que s'ils se rendent dans un autre pays de l'Union, ils doivent être renvoyés dans le premier pays d'arrivée.

L'Union européenne demande « une clarification immédiate ». C'est pourtant très clair : la Hongrie souhaite retrouver sa souveraineté en matière d'immigration. Au nom du bien commun du peuple hongrois.

Posté le 24 juin 2015 à 18h18 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

19 juin 2015

Avortement tardif et infanticide : des témoignages bouleversants de médecins et de sages-femmes

De Grégor Puppinck, Directeur de l'ECLJ :

"À l’approche des débats au Conseil de l’Europe sur la Pétition pour les droits des nouveau-nés survivants à leur avortement, signée par plus de 200.000 personnes, des médecins et des sages-femmes osent témoigner de la façon dont ces enfants sont abandonnés à la mort, sans soin, ou tués par injection létale, en toute illégalité. Ils témoignent aussi du malaise du personnel médical. Ils révèlent que le plus souvent les parents ne sont pas informés de la survie de leur enfant et des causes réelles de sa mort. Parfois même le nouveau-né est tué seulement parce que porteur d’un handicape, afin de « préserver » ses parents.

Nous invitons les médecins, sages-femmes et  infirmières à continuer de témoigner de cette réalité pour convaincre les responsables politiques et la société de prendre des mesures pour respecter ces enfants et leur famille.

Un bébé prématuré, même né lors d’une tentative d’avortement tardif, est un être humain et doit bénéficier de soins et du droit à la vie comme tout être humain.

L’ECLJ remettra un rapport contenant témoignages et statistiques aux députés du Conseil de l’Europe. Adressez-nous votre témoignage ; nous pouvons préserver votre anonymat si vous le souhaitez (ecljofficiel@gmail.com )"

Voici un exemple de témoignage qui sera remis au Conseil de l’Europe.

 « Je suis médecin depuis 8 ans. Voici deux témoignages datant de mes études, le premier alors que j’étais étudiante, le deuxième pendant mon internat.

- Lors d’une garde en salle d’accouchement, une femme était en travail dans le cadre d’une ITG à 5 mois de grossesse [interruption thérapeutique de grossesse]. L’accouchement est imminent, l’interne de gynécologie se prépare. Le gynécologue sénior de garde qui s’apprête à regagner son lit, s’approche de l’interne et lui dit à voix basse, mais suffisamment fort pour que je l’entende : «  si l’enfant respire à l’arrivée, tu appuies fort ici sur la trachée jusqu’à ce qu’il arrête totalement de respirer » et se tournant vers moi : «  et toi, tu n’as rien entendu ».

- Nouvelle nuit de garde, mais en pédiatrie cette fois. Je suis interne aux urgences pédiatriques. Le pédiatre sénior de garde me téléphone et me demande de le rejoindre en salle de réanimation néonatale juxtaposée aux salles d’accouchement. Un enfant qui vient tout juste de naître y est intubé et ventilé. Il présente des défaillances multi viscérales et le morphotype d’un enfant porteur de trisomie 21 (aucun de ces signes n’avaient été mis en évidence lors des échographies prénatales). Mon chef me demande de lui dire à quoi me fait penser le faciès de ce bébé. Après ma réponse, il demande à l’anesthésiste présent s’il reste du produit de péridurale de la mère, ce qui est le cas. Il le prend et l’injecte alors à l’enfant qui meurt en une à deux minutes, seul. Pendant qu’il agonisait, les deux médecins discutaient, sans aucune gêne ni aucun regard pour ce bébé. Quant aux parents, ils n’ont été informés de l’état de santé de leur enfant qu’après sa mort ! »

Entre le 23 et le 26 juin, l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe se prononcera sur l’opportunité de nommer un rapporteur sur cette question.

La pétition demande à l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe :

1. D’enquêter et de faire rapport sur la situation des enfants nés vivants durant leur avortement.

2. De réaffirmer que tous les êtres humains nés vivants ont le même droit à la vie garanti par l'article 2 de la Convention européenne des droits de l’homme, et que tous les êtres humains devraient bénéficier de soins de santé appropriés et nécessaires sans discrimination fondée sur les circonstances de leur naissance, conformément aux articles 3, 8 et 14 de cette même Convention.

3. De recommander aux États membres de prendre en compte le seuil de viabilité des fœtus humains dans leur législation relative à l’interruption de grossesse.

Consulter ici le texte de la pétition remis à l’Assemblée.

Le dossier complet contenant notamment l’ensemble des témoignages sera disponible en Français le 23 juin.

Posté le 19 juin 2015 à 11h40 par Michel Janva | Lien permanent

Crise financière : les Grecs retirent leur argent des banques

Le gouvernement grec est toujours en plein bras fer avec ses créanciers et la BCE a affirmé que les banques du pays pourraient ne pas ouvrir la semaine prochaine. Alors des Grecs, de plus en plus inquiets, vident leurs comptes bancaires. Deux milliards d’euros ont été retirés en trois jours.

La rupture est à deux doigts d'être consommée entre la Grèce et ses créanciers, l'Union européenne et le Fonds Monétaire International. Les réunions s’enchaînent. La date butoir est prévue pour le 30 juin, mais aucun accord ne semble envisagé pour l’instant et la perspective d’une faillite est plus que jamais d’actualité. 

Pour autant, il n’y a pas de files d’attente impressionnantes devant les distributeurs, ni de mouvement de panique. Un sommet exceptionnel des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro consacré à la Grèce sera organisé lundi soir prochain à Bruxelles. Une nouvelle réunion de la dernière chance avant le défaut de paiement.

Et une sortie de la Grèce de l'euro, voire, de l'UE ?

Posté le 19 juin 2015 à 08h04 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (19)

18 juin 2015

La faillite de Schengen

Ou comment l'idéologie de la libre circulation des personnes au sein de l'Union européenne percute le mur de la réalité dans un contexte où la pression de l'immigration illégale n'a jamais été aussi forte :

"La Hongrie a annoncé hier la fermeture de sa frontière avec la Serbie, un nouveau signe de la crise migratoire au lendemain de l'échec des Européens à décider d'une répartition solidaire des réfugiés sur leur territoire (...) Budapest a lancé des "travaux préparatoires" pour la construction d'une clôture de quatre mètres de haut sur les 175 km de sa frontière avec la Serbie.

Réunis mardi à Luxembourg, les 28 ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un dispositif solidaire d'accueil destiné à soulager les pays les plus exposés, alors que 100.000 personnes sont clandestinement entrées dans l'UE depuis le début de l'année, selon l'agence Frontex. Opposée à une gestion européenne du dossier, la Hongrie revendique pour sa part de pouvoir traiter à sa manière les flux migratoires. Le nombre de réfugiés entrant en Hongrie, qui était de 2.000 pour toute l'année 2012, a bondi s'élevant à 54.000 depuis janvier et faisant de ce pays d'Europe centrale celui de l'UE, après la Suède, qui accueille le plus de réfugiés relativement à sa population.

Vendredi 12 juin, M. Orban avait accusé Belgrade d'"envoyer" les migrants en Hongrie, soulignant que ceux-ci "doivent être stoppés en territoire serbe". La question doit être abordée entre les dirigeants des deux pays lors d'une rencontre le 1er juillet. Selon le gouvernement hongrois, 95% des migrants entrant en Hongrie le font par la frontière serbe. Quelque 75% d'entre eux arrivent de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, dont ils fuient les combats. En janvier et en février de cette année, la Hongrie a également vu arriver des milliers de Kosovars, poussés à l'exode par la situation économique (...)"

Posté le 18 juin 2015 à 15h57 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

17 juin 2015

L'éducation de nos enfants sous contrôle de la Commission FEMM

La Commission FEMM est une des commissions du Parlement Européen et travaille sur les droits des femmes et l’égalité des genres. Elle peut élaborer des rapports d’initiative parlementaire qui ne sont pas légalement contraignants pour les Etats Membres, mais qui sont des signaux politiques forts. Europe for Family dénonce :

"Le rapport de la socialiste Liliana Rodrigues, L'émancipation des jeunes filles par l'éducation dans l'Union Européenne, a été adopté ce matin par la Commission FEMM, sans aucune base juridique légale et en contradiction totale avec les traités internationaux et européens. 

L'atteinte à la liberté de pensée, à la liberté d'expression, à la vie privée, et la dénégation aux parents à être les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants sont contenus dans le rapport Rodrigues, adopté aujourd'hui par la Commission des droits de la femme du Parlement Européen.

Il est particulièrement étonnant de voir que le Groupe Socialiste du Parlement Européen a, dans un des amendements présentés ce jour, recommandé aux autres groupes politiques de voter contre l’ajout de la mention de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme des Nations Unies et que cette commission l'a accepté.

Une fois de plus, la commission FEMM fait passer en séance plénière du Parlement Européen un texte qui viole le Principe Fondamental de Subsidiarité de l'Union Européenne, la Déclaration Universelle des Droits l'Homme et le Pacte International des Droits Civils et Politiques.

Europe for Family condamne fermement ce rapport de la Commission FEMM, alors que de nombreux autres sujets sur l’égalité homme-femme pourraient faire l’objet d’étude et de recommandations pertinentes et utiles à la construction de l’Europe."

Posté le 17 juin 2015 à 21h45 par Michel Janva | Lien permanent

GPA : non, la personne n'est pas un objet de commerce !

Une tribune de Joseph Brussan, magistrat, porte-parole du collectif CoRP ( Collectif pour le Respect de la Personne qui réunit chercheurs, universitaires et philosophes pour la promotion des droits de la personne humaine) dans le FigaroVox :

[...] "Tout le monde est d'accord pour garantir les droits de l'enfant, qui ne sont pas responsables des conditions de leur naissance. Reste à savoir comment. Rappelons que les enfants ne sont ni «sans papiers» ni des «petits fantômes de la République»: ils ont des actes de naissance étrangers qui sont pris en compte dans la vie quotidienne. Aucun problème d'autorité parentale, d'accès à la sécurité sociale, etc. La question de la nationalité a été réglée en pratique par la circulaire Taubira. Elle aurait pu l'être autrement, le code civil permettant de donner la nationalité à tout enfant élevé depuis 5 ans par des Français. Si les enfants ont besoin d'une protection supplémentaire, cela peut être fait par des mesures spécifiques décidées démocratiquement par le législateur. C'est cela, la démocratie.

La transcription, cela va beaucoup plus loin: c'est la transformation en un acte de droit français d'un acte étranger qui résulte d'un processus de maternité de substitution contraire à l'ordre public. Ce que savent très bien ceux qui y recourent et viennent ensuite s'indigner devant les tribunaux et ceux qui les conseillent. Transcrire, c'est dire: faites ce que vous voulez hors de France, vous aurez la bénédiction des autorités au retour. Après quoi, l'interdiction ne tiendra pas longtemps en France. Au demeurant, cela témoigne d'une parfaite indifférence au sort des femmes exploitées à l'étranger, indigne d'une Europe qui promeut partout les droits de l'Homme.

Les juges ont donc une énorme responsabilité dans cette affaire. Ils ne peuvent faire l'économie d'une réflexion sur ce qui est en jeu dans la GPA et sur les conséquences de leurs décisions non seulement en France mais dans toute l'Europe. Il ne suffit pas de prendre des décisions pour s'en laver les mains. Cette réflexion n'a nullement été menée jusqu'à présent par la CEDH, qui s'est bornée à concéder du bout des lèvres le droit de la France à interdire la GPA sur son sol au nom d'un «choix éthique du législateur».[...]

Il est effarant que la CEDH ne dise pas un mot de la mère porteuse, «effacée» de ses arrêts comme elle l'est des actes d'état civil dont on réclame la transcription. Qu'elle ose reprocher à l'État un prétendu problème «d'identité» des enfants du fait d'une absence d'inscription de leur filiation biologique paternelle en ignorant l'autre versant de cette identité, la filiation entre l'enfant et la mère qui l'a porté et mis au monde. Qu'elle ne se pose pas même la question de la possibilité pour la mère porteuse de faire valoir si elle le souhaite dans l'avenir son statut de mère, et pour l'enfant de rétablir la vérité.

Ce sont les commanditaires qui créent la confusion pour l'enfant par la création d'une filiation tronquée ou mensongère et portent atteinte à son intérêt en le soumettant à un abandon programmé et tarifé. Osera-t-on montrer à l'enfant le contrat qui a prévu dans ses moindres détails sa fabrication et le prix qu'il a coûté?

Ce à quoi nous assistons est la transformation de la personne (femme, enfant) en objet de commerce, dans le cadre d'un marché qui «pèse» déjà plusieurs milliards d'euros. C'est la négation de l'humanisme sur lequel est fondée notre civilisation.[...]

Depuis un an, une décision de 7 juges insuffisamment réfléchie prend en otage les 820 millions de citoyens européens et les États qui refusent de s'insérer dans le marché international des corps et des personnes. Puisse la CEDH saisir l'occasion de se rattraper et prendre enfin, en pleine conscience et connaissance de cause, ses responsabilités.[...]

Posté le 17 juin 2015 à 10h06 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (6)

Le traité Tafta retardé

Lu dans Minute :

"Ce qui s’est passé mercredi dernier au Parlement européen est inédit et montre que le vent est peut-être en train de tourner. Ce jour-là, les députés européens devaient en effet se prononcer sur le « rapport Lange », du nom du rapporteur de la Commission du Commerce international en charge de négocier le traité d’accord transatlantique entre les Etats-Unis et l’Union européenne (Tafta). A priori, tout baignait puisque dix jours auparavant, cette même commission s’était prononcée favorablement sur le projet de Bernd Lange. Pourtant, dans un accès de panique assez étonnant, Martin Schultz a subitement décidé, sous la pression de son groupe (sociaux-démocrates) mais aussi de certains députés conservateurs, de reporter purement et simplement le vote au mois de juillet en raison, officiellement, « du grand nombre d’amendements à examiner »; en raison surtout de la crainte quant à son issue !

Reporter un vote que l’on craint de « perdre » pour se donner le temps de se constituer une majorité favorable est évidemment une conception toute « européenne » de la démocratie dont on a malheureusement désormais l’habitude, le vote n’étant plus qu’une manière d’enrober une décision prise en amont par des experts qui ne s’encombrent pas de la volonté des peuples. C’est à vrai dire un véritable déni de démocratie qui rappelle dans son esprit la félonie du référendum de 2005 et du traité de Lisbonne. Il n’empêche que ce report traduit un certain embarras des députés face au manque de transparence des négociations mais aussi face à une opinion publique largement hostile qui est en train de s’emparer du sujet (1,5 million de citoyens ont déjà signé la pétition officielle contre le Tafta et 97 % de ceux qui ont répondu à la consultation publique lancée par la commission se sont déclarés opposés à ce traité). [...]"

Mais le pire, c’est qu’aux Etats-Unis aussi, le vent a tourné. Le 12 mai dernier, les sénateurs ont refusé de donner l’autorisation à Obama de demander au Congrès de voter en bloc pour ou contre l’accord sans possibilité d’amendement. Les Démocrates et les Républicains ayant réalisé que le traité transatlantique signifierait la fin du « Buy American Act » mis en place par Roosevelt (les appels d’offre sur le budget fédéral sont réservés aux entreprises américaines, ce que les Européens veulent faire sauter), ils sont désormais vent debout pour sauver leurs marchés publics."

Posté le 17 juin 2015 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent


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