26 août 2016

« Les frontières sont la pire invention politique »

Unknown-23C'est ce qu'a déclaré le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker devant quelques Autrichiens de l’université des médias d’Alpbach :

«Nous devons combattre le nationalisme. Nous avons le devoir de ne pas suivre les populistes et de bloquer leur venue au pouvoir ». « Les frontières sont la pire invention politique»

L'homme qui assurait avoir « rencontré des dirigeants d’autres planètes » ne digère visiblement pas le Brexit ni le réveil des peuples d’Europe face à l’oppression mondialiste.

Le bureau de presse du premier ministre britannique a réagi :

« Ce n’est pas une chose avec laquelle le premier ministre serait d’accord (…) Le peuple anglais estime que les frontières sont importantes, et qu’avoir une meilleure maîtrise de nos frontières est important. »

En France, il n'y a pas eu de réactions du gouvernement.

Posté le 26 août 2016 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent

24 août 2016

Migrants : la Norvège construit un mur à sa frontière Shengen avec la Russie

Un pays qui se protège

"La Norvège a entamé la construction d'une barrière à sa frontière avec la Russie dans la région de l'Arctique afin de contrôler l'arrivée de migrants qui empruntent cette voie pour rejoindre l'Europe du Nord depuis la fermeture de la route des Balkans.

Cette barrière, longue de 200 mètres et haute de 3,5 mètres, doit être érigée au poste frontière de Storskog afin de renforcer la sécurité à ce point d'entrée septentrional de l'espace Schengen.
Environ 5500 migrants, principalement originaires de Syrie, sont entrés en Norvège par ce point de passage l'an dernier. Les organisations humanitaires et des représentants de l'opposition ont estimé que cette mesure allait dissuader les réfugiés fuyant les persécutions dans leur pays et qu'elle rappelait les heures sombres de la Guerre froide.

La barrière va être érigée dans les prochains mois avant l'installation de l'hiver afin de rendre plus compliquée l'entrée en Norvège en franchissant la frontière sous le couvert d'une forêt locale. Des travaux préparatoires ont été entamés avec le retrait de vieilles barrières en bois qui servaient à contrôler les troupeaux de rennes vivant dans la région. "La barrière est une initiative responsable", a commenté le vice-ministre de la Justice Ove Vanebo".

Posté le 24 août 2016 à 15h22 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

18 août 2016

Brexit : l'effondrement annoncé de l'économie britannique n'a pas lieu

Eh oui, on nous avait déjà fait le coup du catastrophisme provoqué par des décisions non politiquement correct :

"Les première statistiques indiquent que, contrairement à ce que craignaient certains économistes, les consommateurs n'ont pas paniqué juste après le référendum. Les ventes au détail ont même progressé de 1,4% en juillet.

Au Royaume-Uni, depuis le Brexit, on surveille de très près les conséquences sur l'économie. L’immense majorité des économistes prévoit un fort ralentissement de la croissance, voire une légère récession. Mais jusqu’à présent, on n’avait pas de statistiques économiques. Ca vient de changer, avec de premiers chiffres aujourd’hui. Et c’est une surprise, c’est plutôt bon".

Posté le 18 août 2016 à 12h56 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (16)

17 août 2016

Vous voulez rentrer illégalement en Europe? Ce site est fait pour vous aider

Cliquez ici.

Merci à l'Action française :

 

Posté le 17 août 2016 à 20h34 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

09 août 2016

Victor Orban sur l'UE : le discours d'un vrai dirigeant européen

Voici la version française du discours de Victor Orban, devant les participants de la 27ème Université d’été de Baile Tusnad (Transylvanie ), en Roumanie, le 23 juillet 2016 :

"Bonjour Mesdames et Messieurs, Monsieur le Pasteur Tőkés, cher Zsolt Németh,

Je vous remercie de pouvoir être de nouveau parmi vous après un an. Se retrouver est déjà en soi un plaisir précieux, qui fait chaud au cœur. Ce serait une raison suffisante à l’existence de cette université d’été, mais celle-ci remplit aussi, depuis plus de deux décennies, une autre fonction, celle de donner la parole au premier ministre de Hongrie en fonction. Il s’est ainsi créé une situation, un espace convivial, où il est possible de parler de politique autrement, de parler de questions difficiles et compliquées d’une autre manière que celle à laquelle nous sommes contraints par le métier de la politique pendant les 364 autres jours de l’année. Mais il en résulte aussi des problèmes. Car la politique européenne a depuis longtemps épuisé, sur les grands sujets qui la préoccupent, les styles de discours que vraisemblablement personne ne comprend en-dehors de ceux qui les tiennent, mais qui au moins ne leur procurent pas de contrariétés. Mais l'ambiance d’une université d’été est différente. Si ici nous n’appelons pas par leur nom, d’une manière que nous aussi pouvons comprendre, les dilemmes qui nous taraudent, et qui ne sont d’ailleurs pas seulement nos propres dilemmes, mais des dilemmes qui tarauderont – comme vous allez l’entendre – l’Europe tout entière, eh bien notre université d’été ne vaudra rien, elle ne sera pas une université d’été mais un camp de propagande. Je dois donc faire ce qui dans ce métier – dans mon métier – est interdit, ce que tous les conseillers déconseillent. Je vais donc vous dire clairement ce que je pense de la situation de l’Europe d’aujourd’hui. Et pour en rajouter : je n’essaierai pas seulement de vous présenter des questions sensibles, délicates, mais je voudrai aussi le faire d’une manière compréhensible par tous, c’est-à-dire que j’utiliserai un style direct qui est aujourd’hui banni en Europe : car dès que l’on choisit un certain mode d’expression pour décrire nos soucis et nos problèmes, il faut s’attendre à être stigmatisé, il faut s’attendre à être déclassé, rejeté, exilé, d’une manière générale, du mainstream européen. Naturellement, lorsque le mainstream en vient à connaître des problèmes, le fait d’en avoir été rejeté à un certain moment se mue plutôt en avantage. Nous ne l’aurions pas cru autrefois, mais force est de constater aujourd’hui, de plus en plus, que le fait d’avoir rejeté la Hongrie du mainstream, et d’avoir voulu interpréter tout ce que nous avons fait comme s’écartant de la politique convenue de l’Europe – qu’il s’agisse de notre constitution et de sa référence à nos valeurs chrétiennes, de notre politique démographique, de l’unification de notre nation par-delà les frontières – est devenu maintenant, a posteriori, quelques années plus tard, plutôt un avantage qu’un inconvénient. Personne ne peut exclure en ce moment que le mainstream de l’Europe ne se trouvera pas, dans les années à venir, là où l’on a précisément essayé de renvoyer la Hongrie. C’est ainsi que le mouton noir deviendra troupeau, et l’exception, règle. Nous ne savons pas si ce sera exactement le cas, mais ce que nous voyons aujourd’hui en Europe ne permet pas de l’exclure.

J’étais encore très perplexe hier, et même jusqu’au dernier moment, hier soir très tard, lorsque j’essayais de mettre en ordre ce que j’allais vous dire aujourd’hui. Je n’avais encore jamais été aussi perplexe qu’hier soir devant une telle situation. Il se passe tellement de choses qui méritent chacune des explications détaillées, et dont il serait légitime de parler : l’attentat de Munich d’hier, les attentats en France, la mise en route de plusieurs centaines de migrants avant-hier à pied depuis Belgrade en direction de la Hongrie, l’investiture par les conservateurs de Trump à la candidature à la présidence des Etats-Unis et son grand discours – qui mériterait à lui seul l’attention de toute une université d’été –, la sortie des Anglais de l’Union européenne... Tous ces événements exigent qu’on les explique d’une manière ou d’une autre. Mais ce n’est pas le rôle d’une université d’été de décrire des phénomènes, bien plutôt d’essayer – à l’aide bien évidemment des questions qui ne manqueront pas d’être posées – d’en identifier les ressorts, les interconnexions qui les caractérisent.

La vérité est qu’il n’y a pas à ce jour d’explication univoque, c’est à dire universellement acceptée par tous ceux qui s’occupent de politique européenne, à la multitude des phénomènes dont je viens de citer quelques exemples. Il n’y a pas d’explication universellement admise à cette multitude de phénomènes, que je pourrais synthétiser de la manière suivante : la peur grandit de jour en jour en Europe, l’impression se fait de jour en jour plus forte en Europe que notre avenir est incertain. Et je voudrais essayer, sans aucune prétention à une approche scientifique que l’on serait en droit d’attendre, d’identifier d’abord la cause commune, la source originelle dont procèdent ces phénomènes qui provoquent notre peur. En écoutant tout à l’heure M. le Pasteur Tőkés, je me suis rendu compte que je n’aurais pas dû rester perplexe hier soir, mais l’appeler, parce qu’il a prononcé la phrase dont je dois en vérité partir, comme point de départ. Il a cité le prophète Néhémie : « N’ayez pas peur, luttez ! » Mais qu’est-ce que cela veut dire ? Contre qui faut-il lutter ? Si nous ne pouvons pas dire contre quoi il faut lutter, nous sommes incapables de définir les bonnes modalités de cette lutte, de distinguer ce qui est utile et ce qui est contre-productif, nous sommes incapables de sélectionner les moyens à mettre en œuvre. Si nous ne pouvons pas dire contre quoi nous luttons, nous ne pouvons pas identifier non plus les moyens les mieux appropriés, ni voir lesquels nous font plutôt du tort. C’est pourquoi il est important d’essayer – et c’est à mes yeux la tâche la plus importante qui attend l’Europe dans l’année qui vient – de définir ensemble, au niveau européen, ce contre quoi nous devons lutter.

Naturellement, ce qui vient en premier lieu à la surface, c’est le phénomène migratoire, le terrorisme, l’incertitude. Mais d’où provient tout cela ? Il y a des ressemblances, à ce niveau,  entre les deux parties du monde occidental, entre les problèmes de l’Amérique d’au-delà de l’Océan et ceux de notre continent européen. Lorsque dans les cinquante dernières années l’on disait à un jeune Allemand, à un jeune Français, à un jeune Britannique ou à un jeune Belge : « mon ami, si tu fais de bonnes études, si tu respectes nos lois, tes parents, et si tu travailles avec assiduité, tu peux être sûr que tu iras plus loin et que tu vivras mieux que tes parents ». C’était cette perspective qui a donné pour nous tout son attrait au grand rêve européen, à la grande histoire de l’Europe et à l’Union européenne. Parce que nous ne pouvions pas en dire autant entre 1945 et 1990 ici, en Hongrie. Mais aux Etats-Unis, et à l’ouest de nous, dans les pays de l’Union européenne, c’était un lieu commun aussi clair que deux et deux font quatre. Et que voyons-nous aujourd’hui ? Si je dis à un jeune Anglais, à un jeune Allemand ou à un jeune Français : « si tu respectes les lois, si tu honores tes parents, si tu fais de bonnes études et si tu travailles avec assiduité, tu arriveras certainement plus loin et tu vivras mieux que tes parents », je crains qu’il ne se moque de moi. C’est cette promesse d’une vie européenne meilleure qui s’est trouvée ébranlée, qui s’est perdue, avec de très lourdes conséquences. C’est au fond une crise économique. Si nous devions en chercher les causes – dans lesquelles je ne veux pas entrer ici –, nous les trouverions quelque part dans le fait que des concurrents se sont présentés aux côtés des économies occidentales qui dominaient jusqu’à présent l’économie mondiale, des masses humaines qui se chiffrent par milliards – l’Inde et la Chine –, avec pour conséquence une reconfiguration radicale des flux des biens produits dans le monde. Et l’Occident – en particulier l’Union européenne – a été jusqu’à présent incapable de s’adapter à ce changement. Par voie de conséquence, la part de l’Union européenne se restreint, sa performance s’affaiblit, sa contribution à la production mondiale diminue régulièrement. Il en résulte que les générations futures ne peuvent pas voir devant elles les mêmes perspectives que celles qui se présentaient devant leurs parents.

La conséquence de ce phénomène est que notre vie quotidienne est marquée par une crise inavouée des élites européennes. En Europe occidentale en effet, ce sont tantôt les chrétiens-démocrates, c’est-à-dire la droite, tantôt la gauche qui ont exercé le pouvoir au cours des cinquante à soixante dernières années, mais d’une manière générale les dirigeants de l’Europe provenaient tous, pendant cette période, des mêmes milieux, de la même élite, du même monde de pensée, des mêmes écoles, des mêmes institutions de formation des jeunes générations de politiciens. Tout le monde le trouvait normal, puisque c’étaient eux qui, en s’alternant, étaient capables de garantir à l’Europe un bien-être régulièrement croissant. Depuis que la crise économique a mis ce schéma en question, cette crise économique s’est muée en une crise des élites. Ce que nous voyons aujourd’hui dans les actualités, et ce que l’élite au pouvoir décrit naturellement en clef négative, c’est l’apparition de formations nouvelles, extrémistes, populistes, des acteurs extérieurs aux élites habituelles qui prennent position sur les grands sujets du moment, qu’il s’agisse du candidat à la présidence des Etats-Unis ou du parti Alternative pour l’Allemagne – je pourrais continuer la liste – et qui sont tous les preuves d’une crise des élites. Nous pourrions à la limite en prendre notre parti, parce que, mon Dieu, les élites européennes affronteront cette crise d’une manière ou d’une autre, mais le problème est qu’aujourd’hui la crise des élites s’est muée en une crise de la démocratie.

Par conséquent, la crise économique est devenue une crise des élites, qui à son tour est devenue une crise de la démocratie, parce que les grandes masses de la population veulent clairement et manifestement autre chose que ce que proposent et font les élites traditionnelles. C’est ce qui produit cette incertitude, cette nervosité, cette tension derrière lesquelles surgissent, comme l’éclair, un attentat terroriste, une action violente, un flux migratoire apparemment incontrôlable. C’est pour cette raison que l’image est si nette, c’est pour cette raison que chaque acte terroriste nous secoue à ce point. La question n’est pas qu’un malade mental commette quelque chose un jour en France, un autre en Allemagne (cela a déjà été le cas bien des fois dans le passé), mais que nous ressentions quelque part – que cela soit fondé ou pas – que ce qui arrive est la conséquence pratiquement logique de l’incertitude et de l’inquiétude générale. C’est cela qui nous déstabilise, parce que cela nous suggère que ce qui se passe à Nice ou à Munich peut se passer n’importe quand dans n’importe quel pays d’Europe.

Car l’incertitude et la peur, qui caractérisent aujourd’hui la psychologie de base du continent européen, tuent les âmes. Quand on a peur, on n’aspire pas à de grandes choses. Quand on a peur, on se met sur la défensive. Les grandes choses ont besoin de grandeur d’âme et de cœur, pour pouvoir connaître et intégrer tout le savoir, toutes les idées qui s’imposent. Si cette sérénité est présente, l’on peut faire de grandes choses, comme par exemple, chez nous, l’unification de la nation hongroise, ou encore la reconstitution de l’économie hongroise au travers de la volonté de rattraper sur une courte période historique le retard accumulé sur près d’un demi-siècle. Il faut pour cela de l’ouverture d’esprit, une propension à la réception des idées, de la collaboration et de la confiance. En revanche, la peur incite tout le monde – les pays, les gens, les familles, les acteurs économiques – à la posture de défense du hérisson. Ce n’est pas cela qui fera l’Europe, une telle posture n’est pas propice à ce que l’Europe retrouve son rôle d’antan. L’attentat de Munich – devant les victimes duquel je souhaite ici m’incliner, à titre personnel aussi – nous secoue tout particulièrement, parce que dans l’esprit public hongrois il y avait toujours en filigrane une pensée : dans ma tête, ce n’était pas seulement un sentiment, mais une conviction, qu’il est quand même bien utile que les Allemands – qui ont certes souvent présenté de graves dangers pour les Hongrois au cours des mille ans de notre histoire – soient là, à l’ouest de nous, parce qu’ils sont un peuple sensé, ils ne donnent pas prise aux extrémismes, ni aux extrémismes spirituels, ni aux conceptions économiques déraisonnables, ni aux actes terroristes qui mettent à mal notre sécurité. C’est toujours sous cet angle que nous avons considéré l’Allemagne au cours des cinquante dernières années, comme le garant de notre sécurité depuis l’ouest, et c’est pour cette raison que la signification des événements de la nuit dernière à Munich n’est pas la même dans la tête d’un Hongrois que ce qui s’est produit, par exemple, à Nice. Ce n’est pas seulement parce que cela s’est passé plus près de nous, mais parce que cela s’est produit chez les Allemands, dont nous conservions une image tout à fait différente dans nos esprits. Cela montre que nous aussi, nous devons nous préoccuper toujours davantage et avec une énergie renforcée, de la question de la sécurité, car l’on voit bien que l’Allemagne elle-même n’est plus sûre à 100%.

Si donc à l’injonction « n’ayez pas peur ! » notre réponse est que nous devons bannir de notre vie la peur liée à l’incertitude, alors le devoir de la politique est de déterminer ce qu’elle doit faire pour qu’il en soit ainsi.

Et donc, puisque nous sommes membres de l’Union européenne, je voudrais parler aujourd’hui de ce que l’Union européenne devrait faire autrement pour que la peur et l’incertitude disparaissent de la vie de ses concitoyens. Il faut d’abord faire cesser un certain nombre de situations néfastes. En Occident, l’on présente en clef positive, sous le nom de « dé-nationalisation », une de ces situations que je juge néfaste. Le rétrécissement de la souveraineté nationale au profit des compétences européennes est pour moi un des plus grands dangers qui menacent l’Europe. Il y a des situations contre lesquelles Bruxelles est incapable de se défendre, mais nous autres, les Etats-nations, oui. C’est pourquoi toute orientation, toute action politique et toute initiative visant à retirer, expressément ou furtivement, des compétences aux Etats-nations doit être stoppée. Cette politique doit être arrêtée.

Notre seconde tâche consiste à arrêter les jugements d’autosatisfaction. Si vous écoutez les responsables européens, ils parlent aujourd’hui encore de l’Union européenne comme il y a dix ou quinze ans. Et effectivement, Mesdames et Messieurs, il y a dix ou quinze ans, y compris peut-être jusqu’à la sortie des Anglais, l’on ne doutait guère que l’Union européenne était un acteur global, un protagoniste de la politique mondiale capable d’influencer les événements non seulement sur son propre territoire, mais aussi sur n’importe quelle autre région du monde, aussi éloignée soit-elle. Un acteur global. Or, la sortie des Anglais marque clairement la fin d’une époque, et nous devons reconnaître que l’Europe a perdu cette capacité. L’Union européenne est aujourd’hui un acteur régional, capable, dans le meilleur des cas, d’influencer les événements qui se déroulent dans son environnement immédiat, mais force est de constater que ce n’est progressivement même plus le cas : dans le conflit russo-ukrainien, par exemple, l’acteur déterminant n’est pas l’Union européenne, mais les Etats-Unis d’Amérique. Force est de constater que dans les zones d’incertitude que sont la Syrie, le Proche-Orient ou l’Irak, l’acteur déterminant n’est pas l’Union européenne, mais bien plus les Etats-Unis d’Amérique et la Russie. Nous devons donc reconnaître que si nous avons aujourd’hui une capacité d’influence sur les événements du monde qui se déroulent en-dehors de notre territoire, celle-ci se limite aux régions de notre environnement immédiat.

La troisième chose que nous devons abandonner, c’est ce que j’appellerais « l’idéalisation de l’Europe ». Comme la devise de notre université d’été l’affirme clairement, nous n’avons, nous autres, aucun problème d’identité. Moins même que les Britanniques, qui ne savent pas eux-mêmes de manière précise s’ils sont Européens ou non. Pour un Hongrois, la question ne se pose pas : si tu es Hongrois, tu es Européen. Nous l’étions – c’est ce que dit la devise de notre université d’été –, nous le sommes, et nous le serons. Il n’y a aucun problème avec cela, si ce n’est qu’il est né de ce sentiment – plutôt à l’ouest de nous – une politique qui fait en permanence de l’Europe une idéologie. Dans cette acception, l’Europe n’est pas la communauté capable de régler les problèmes des nations qui vivent en son sein, mais une idée, une idéologie, un système mental clos dans lequel tout processus tendant à concentrer en lui le plus possible de compétences est bon et doit être encouragé, où en revanche toute situation où les Etats-membres résolvent leurs propres problèmes dans le cadre de leur propre domaine de compétence est au minimum suspect, et où ceux qui souhaitent récupérer des compétences, comme les Britanniques s’y sont essayés, s’exposent à la damnation. Ce qui veut dire que faire de l’Europe une idéologie conduit nécessairement à donner à toutes les questions une seule et unique réponse, la « réponse européenne commune ». La réalité est cependant autre : s’il existe évidemment des questions auxquelles la bonne réponse résulte d’une approche commune, il en existe aussi d’autres où l’approche commune produit une mauvaise réponse. La protection des frontières et la question migratoire en sont des exemples patents. Tant que nous avons essayé de les résoudre « en commun » (je parle du printemps 2015), le problème n’a fait que s’amplifier. Depuis que nous avons déclaré qu’en application des conventions qui s’imposent à chacun, tous ceux qui ont signé ce fameux Accord de Schengen doivent assurer individuellement le contrôle de leur frontière, et que nous autres Hongrois l’avons fait, le problème a diminué et a perdu de son intensité. C’est pour cela que nous ne devons pas dire qu’une politique dans laquelle les acteurs et les compétences européennes sont plus nombreux est par définition meilleure et plus riche que celle où elles le sont moins. Si nous ne renonçons pas à cette approche, c’est-à-dire si nous ne quittons pas l’approche idéologique pour revenir à une approche pratique, je suis convaincu que nous ne parviendrons pas à mettre fin à l’incertitude.

Une autre chose dont nous avons besoin pour restaurer la sécurité en Europe, c’est de reconnaître que nous avons pris de mauvaises décisions. Nous avons pris au moins trois mauvaises décisions au sein de l’Union européenne au cours des dernières années.

La première est d’avoir accru les pouvoirs du Parlement européen. Bien loin d’améliorer l’efficacité des institutions européennes, cette décision l’a détériorée.

La seconde mauvaise décision est d’avoir laissé la Commission européenne s’affirmer comme un acteur politique, contrairement au rôle que lui définit le Traité européen, à savoir qu’elle est la gardienne des Traités, ce qui implique une nature nécessairement neutre du point de vue politique. La Commission européenne se considère une commission politique, subtilisant ainsi ce rôle au Conseil européen, c’est-à-dire au conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, auquel le Traité assigne pourtant ce rôle. L’impulsion des orientations politiques est, aux termes des documents de base des institutions européennes, l’affaire et le devoir du conseil des chefs d’Etat et de gouvernement. Or, nous constatons aujourd’hui que dans les questions où les chefs d’Etat et de gouvernement ne parviennent pas à se mettre d’accord, comme par exemple dans la question des quotas obligatoires, la Commission européenne met en route sous sa seule responsabilité une réglementation et une politique de quotas obligatoire. Ce faisant, elle ne se borne pas à passer par-dessus la tête des chefs d’Etat et de gouvernement, s’appropriant furtivement une partie des compétences nationales, mais – bien plus grave – un organisme européen que personne n’a élu se propulse dans un rôle politique et provoque par là une crise de démocratie et de légitimation dans le corps de l’Union européenne.

Et la troisième mauvaise décision a été d’avoir décidé, dans l’intention d’améliorer l’efficacité du fonctionnement de l’Union européenne, d’introduire, y compris dans le domaine des intérêts nationaux vitaux des pays, la règle de la majorité qualifiée des deux tiers au lieu de l’unanimité. C’est ainsi qu’a pu se produire une situation où, alors que nombre de pays avaient pris position contre le système des quotas obligatoires, la Commission, menant son propre chemin à l’intérieur des institutions européennes et avec le soutien des grands Etats, a fait adopter à la majorité qualifiée des deux tiers, au lieu de l’unanimité, des mesures que nous devrions aujourd’hui appliquer. Bien sûr, nous n’en ferons rien, et avons introduit un recours contre cette décision. La Commission se prépare à adopter, dans le futur également, des mesures qui se heurtent à l’opposition d’au moins un tiers des nations européennes : pour ne pas parler que de migration, je veux citer la question des travailleurs détachés, qui est une question économique et où les Parlements de douze pays d’Europe ont fait connaître leur opposition à la proposition de la Commission. C’est ce qu’on appelle la procédure du « carton jaune ». Douze Parlements nationaux. La Commission a déclaré que cela ne l’intéressait pas, puisqu’elle dispose d’une majorité des deux tiers et que là ce n’est pas par pays, mais sur une base pondérée par les populations que l’on compte. Elle a déclaré que disposant de la majorité pondérée des deux tiers, elle n’examine pas, ne prend pas en considération et ne tiendra pas compte du « carton jaune » délivré par douze Parlements nationaux. Tout cela montre qu’en voulant améliorer le fonctionnement de l’Union européenne, nous avons pris des décisions qui se sont avérées contre-productives et qui, dans cette situation nouvelle, sont bien plutôt de nature à saper l’unité de l’Europe et son soutien par sa population.

En matière d’incertitude, je dois maintenant dire quelques mots du terrorisme et du phénomène migratoire. La chose la plus lamentable et la plus attristante en politique est de débattre de l’évidence, et des faits eux-mêmes, au lieu de s’attacher à en comprendre conséquences et les enseignements : l’on cherche à savoir si le blanc est bien blanc, si le noir est bien noir, si deux et deux font bien quatre plutôt que trois ou cinq. C’est ce genre de débat qui pèse sur l’Union européenne, et il est bien difficile d’y mettre de l’ordre. Nous avons pour ce qui nous concerne décidé de faire faire par notre organisme Századvég un sondage d’opinion en Europe pour savoir ce que pensent les gens, notamment sur le point de savoir s’il existe une relation entre le terrorisme et la migration.

Ce sondage d’opinion a porté sur tous les 28 Etats-membres, il avait donc une portée européenne, et pas uniquement hongroise. Les résultats sont on ne peut plus clairs, je les ai ici devant moi. Pour plus de 60% des interrogés, il est tout à fait évident qu’il existe une relation directe entre l’accroissement du terrorisme, l’accroissement de la criminalité et le phénomène migratoire. De même : 63% des citoyens de l’ensemble des 28 Etats-membres estiment que le phénomène migratoire modifie la culture des pays. Alors que les élites européennes prétendent que non, et que de telles relations n’existent pas. C’est pourquoi je suis convaincu que pour restaurer la sécurité sur le continent européen, l’élite européenne d’aujourd’hui devrait admettre quelques considérations de base, même si elles ne coïncident pas avec sa vision idéologique du monde. Le phénomène migratoire représente un danger, il accroît le terrorisme, il accroît la criminalité, il modifie de manière radicale le profil culturel de l’Europe, il détruit de manière radicale la culture nationale. Si nous ne faisons pas nôtre ce point de vue, s’il ne devient pas un point de vue européen, nous ne pourrons tout simplement pas intervenir face à ce danger. Si vous examinez les documents publiés par l’Union européenne sur cette question, vous verrez que l’Union, tout en proposant des mesures en matière de migration, ne définit pas leur but. Je suis jusqu’à ce jour incapable de vous dire – et pourtant je siège là-bas, parmi eux, au moins une fois par mois – quel est actuellement l’objectif des mesures préconisées par l’Union européenne en matière de migration. Est-ce – ce que je pense et ce que je souhaiterais – que nous devons l’arrêter et ne laisser entrer personne sans contrôle, ou bien – comme le dit la Commission – qu’il ne faut que la ralentir ? Je ne sais pas si nous voulons arrêter le flux migratoire, ou si nous voulons le ralentir. Pour ma part, je veux l’arrêter, parce que je pense qu’il est néfaste. S’ils ne veulent que le ralentir, c’est qu’ils ne le considèrent pas comme néfaste, et que ce n’est que sa forme qu’ils considèrent mauvaise. Les documents de l’Union européenne font régulièrement apparaître que les problèmes démographiques de l’Europe peuvent être aisément résolus grâce à la migration. La Commission vient de nous présenter en mai un projet d’intervention en sept parties, qui mélange allègrement les aspects démographiques, les aspects migratoires et la problématique de la main d’œuvre. Si nous ne commençons pas, ici encore, à nous placer sur des bases claires et transparentes, nous n’arriverons sans doute pas non plus à nous mettre d’accord.

Je ne suis pas chargé de la campagne de Donald Trump, et je n’aurais jamais cru que j’aurais un jour à considérer que sur les possibilités de choix qui sont apparues c’est lui qui serait le meilleur du point de vue de la Hongrie. Je ne l’aurais jamais cru, mais j’ai écouté le discours de ce candidat, qui a fait trois propositions pour freiner le terrorisme. En tant qu’Européen, j’aurais difficilement pu mieux formuler ce dont l’Europe aurait besoin. Il a dit qu’il faut faire des services de renseignement américains les meilleurs du monde, c’est la condition de base. Je le pense aussi. En Europe, la collaboration entre les services de renseignement de chaque pays doit être capable de la meilleure performance, c’est la première condition de notre sécurité. La seconde chose que le brave candidat américain a déclarée est qu’il faut arrêter la politique d’exportation de la démocratie. Je n’aurais pas pu mieux m’exprimer. Car en fin de compte, pourquoi des migrants traversent-ils en masse la mer Méditerranée depuis l’Afrique pour venir en Europe ? Ils la traversent parce que les Européens – avec plus tard les Occidentaux, dans le cadre de l’ONU – ont réussi – nous avons réussi – à réduire en miettes le régime libyen – certes pas vraiment démocratique, mais excessivement stable du point de la défense de sa frontière – sans nous préoccuper d’y mettre en place un nouveau gouvernement capable d’assurer cette stabilité. Nous avons fait de même avec la Syrie, et avec l’Irak. Il est donc avéré que si au lieu de la stabilité nous continuons à privilégier l’édification de la démocratie dans des régions où ses probabilités de succès sont excessivement discutables, ce n’est pas la démocratie que nous y édifierons, mais l’instabilité.

C’est là un enseignement important, notamment à la lumière des événements de Turquie. Je ne souhaite évidemment pas porter de jugement sur ceux-ci, mais si l’on me demande ce qu’attendent les Hongrois de la Turquie, je répondrai sans hésitation : la stabilité. Bien entendu, la qualité de la vie politique dans le pays ne nous est pas indifférente. Les droits de l’homme ne nous sont pas non plus indifférents, notamment parce qu’il s’agit d’un pays qui, formellement du moins, souhaite toujours adhérer à l’Union européenne, où ce sont là des conditions de base incontournables. Mais d’une manière générale, du point de vue de notre existence d’aujourd’hui, le plus important est que la Turquie reste un pays stable, parce que si elle devait cesser de l’être, plusieurs dizaines de millions d’individus se déverseraient depuis cette région sur l’Union européenne sans le moindre tri, contrôle ou obstacle. De la même manière, nous pouvons faire la moue – comme plusieurs le font en Occident – parce qu’après que nous avons permis, avec l’aide des Européens, et je dirais même plus : à notre initiative, que la démocratie « éclose » en Egypte, le peuple a démocratiquement décidé de se choisir un gouvernement islamiste fondamentaliste, dont nous nous sommes ensuite naturellement épouvantés. Nous avons dû nous réjouir que les militaires aient été disposés à reprendre le pouvoir politique,  dans des conditions dont le caractère démocratique et exempt de dérapages n’était pas particulièrement évident. Et maintenant, au lieu de soutenir ces forces militaires qui ont enfin pris le pouvoir, et de les aider à stabiliser la région, nous ne cessons de les réprimander. Et la Libye : au lieu d’armer les groupes locaux qui soutiennent le gouvernement et de déclarer qu’ils constitueront la future armée libyenne, nous préférons formuler des critiques sur la démocratie à l’encontre des responsables politiques d’un pays animé du seul désir de se sortir de la guerre civile. Si nous continuons comme cela, nous n’arriverons qu’à déstabiliser encore davantage une zone qui devrait au contraire assurer notre protection, qui devrait bâtir notre propre protection, et où la priorité est de renforcer la stabilité. A défaut, le flot incessant des migrants continuera à déferler sur nous.

J’ai quelques chiffres qui vous permettront de mesurer l’ordre de grandeur de ce qui nous attend sur les vingt prochaines années. Je sais que les chiffres sont ennuyeux, mais je dois en citer quelques-uns parce que notre expérience de tous les jours ne nous permet pas de voir dans toute leur crudité les processus qui détermineront notre vie dans vingt ou trente ans. Il est clair que ce n’est pas parce que l’avenir de leurs enfants ou de leurs petits-enfants ne les intéresse pas que les Hongrois sont indifférents aux problèmes démographiques – car ils sont effectivement indifférents à cette problématique –, mais parce que le déclin démographique ne les touche pas demain matin dans leur vie et leurs soucis de tous les jours. Ce sont des phénomènes qui se manifestent dans une autre dimension temporelle que celle où se déroule leur vie. C’est pourquoi, si nous ne rappelons pas constamment – au prix des moqueries de nos critiques –, si nous ne rappelons pas constamment à quelles réalités nous aurons à faire face dans vingt ou trente ans, nous ne pourrons mettre en œuvre ni politique familiale, ni politique économique, ni politique de sécurité. C’est pourquoi j’ai ici quelques chiffres qui montrent quelles évolutions démographiques sont prévues dans la région dont nous parlons sur les vingt à trente prochaines années : nous devons nous préparer à ce que la population de l’Egypte passe de 90 à 138 millions d’habitants à l’horizon 2050, à ce que celle de la Syrie, en dépit de la forte émigration, s’accroisse de même à un rythme et dans une proportion importante, ainsi que la population de la Libye, pourtant plongé dans une guerre civile. La population du Nigéria passera de 186 à 390 millions en 2050, celle de l’Ouganda de 38 à 93 millions, celle de l’Ethiopie de 102 à 228 millions. M. le ministre János Martonyi avait l’habitude de nous mettre en garde – et il a bien raison – qu’il faut traiter ces projections sur l’avenir avec prudence, parce qu’il se produit toujours des événements ultérieurs susceptibles de les détourner. Mais tout de même, puisqu’il est impossible de prendre en compte des processus ou des événements futurs susceptibles de détourner nos prévisions actuelles, nous devons bien nous baser sur ces chiffres et nous préparer à ce qu’ils nous annoncent, c’est une position de bon sens.

Tout cela montre que la véritable grande pression nous viendra de l’Afrique. Aujourd’hui, nous parlons encore de la Syrie et de la Libye, mais en vérité c’est à la pression migratoire venue de derrière la Libye que nous devons nous préparer, et l’ordre de grandeur de cette pression sera infiniment plus grand que ce à quoi nous avons eu affaire jusqu’à présent. Cela nous incite à affûter notre volonté. La protection de la frontière, surtout lorsqu’il faut ériger une clôture, et y appréhender des hommes et des femmes, n’est pas quelque chose d’esthétiquement beau. Mais croyez-moi, l’on ne peut pas protéger une frontière, ni se protéger soi-même, avec des fleurs ou des animaux en peluche. Il faut regarder la situation en face. Et il est en même temps très important, à la fois pour nous personnellement et pour l’image que le monde se fait de nous, d’affirmer solennellement que nous ne sommes pas dépourvus de cœur, et que nous faisons une différence claire entre le migrant et la migration. Le migrant est, dans sa personne, la plupart du temps une victime – réserve faite bien entendu des terroristes – qui a été rendu victime par des conditions de vie malheureuses, par ses conditions d’existence difficiles dans son propre pays, par les mauvais gouvernements, par notre mauvaise politique migratoire qui les a incités à prendre la route, et aussi par les trafiquants d’êtres humains. Nous le comprenons et le savons parfaitement. La migration, en revanche, comme je l’ai dit, nous tue. La migration se manifeste par-dessus la tête des migrants, et c’est pourquoi, quels que soient nos sentiments de compassion à l’égard des migrants et de leur nature de victimes, nous avons le devoir de les arrêter à notre clôture, et d’affirmer clairement que ceux qui pénètrent de manière illégale doivent être emprisonnés dans le respect des lois en vigueur ou expulsés de Hongrie. La défense n’a hélas pas, Mesdames et Messieurs, chers amis, de forme plus amicale. Naturellement, nous devons faire tout cela avec humanité, dans le respect du droit et de manière transparente, mais avec toute notre détermination.

Après tout cela et pour résumer, je ne peux que répéter que l’Europe a perdu son rôle global et qu’elle est devenue un acteur régional. Elle s’avère incapable de protéger ses propres citoyens, incapable de protéger ses propres frontières extérieures, incapable de maintenir la cohésion de sa communauté puisque le Royaume-Uni vient de la quitter. Que faut-il de plus pour conclure que la direction politique de l’Europe a échoué ? Elle n’a pu atteindre aucun de ses objectifs, et c’est pourquoi, lorsque nous nous réunirons en septembre à Bratislava, ce n’est pas de discours lénifiants que nous aurons besoin, nous devrons nous garder de balayer les problèmes sous le tapis et de chercher à changer la nature du monde. Nous devrons déclarer clairement que nous sommes là pour débattre de l’avenir de l’Europe, parce que la direction actuelle de l’Europe a échoué. Nous devrons déclarer sans ambages que notre problème ne se trouve pas à La Mecque, mais à Bruxelles. Ce sont les bureaucrates de Bruxelles qui représentent pour nous les obstacles, pas l’islam. L’islam, nous pourrions le gérer si on nous laissait le gérer de la manière que nous estimons appropriée.

J’évoque tout cela devant vous parce que les dirigeants de l’Europe se réuniront en septembre à Bratislava pour débattre de l’avenir de notre continent. Les responsables s’y présenteront dans deux états d’esprit différents. L’élite actuelle va se refermer sur ses certitudes et affirmer que ce sont les Anglais qui sont responsables de leur sortie, que les dirigeants européens sont innocents en matière de terrorisme, qu’aucun homme doté d’un cœur ne peut s’opposer à la pression migratoire venue du sud, et ainsi de suite. Elle s’efforcera de démontrer que toutes les erreurs commises jusqu’à présent, même si elles sont des erreurs, ne sont pas des erreurs systémiques. Face à cela, la réalité est en revanche – et c’est ce que les pays d’Europe centrale devront défendre – que l’Europe a besoin de changements profonds. La question est de savoir si nous avons le droit d’en parler. Que se passe-t-il avec la « vieille » et avec la « nouvelle » Europe ? Car autrefois, lorsque l’on disait qu’il y a une « vieille Europe », et une « nouvelle Europe », nous nous vexions. C’est le président Chirac qui aimait en parler. Nous répondions que nous sommes une nation chrétienne millénaire, qu’il faut arrêter de plaisanter et de nous ranger, nous autres Hongrois, dans je ne sais quelle « nouvelle » Europe. S’il y a une « vieille » Europe, elle est ici, sans oublier que si nous nous demandons où situer la capitale de l’Europe, Budapest nous vient à l’esprit plus fréquemment que Bruxelles. En d’autres termes, lorsque l’on désignait autrefois par « vieille Europe » les anciens Etats-membres de l’Union européenne, et nous par le terme de « nouvelle Europe », nous nous vexions. Aujourd’hui, je ne suis pas sûr qu’il faille poursuivre la réflexion sur cette différence en termes de philosophie de l’Histoire. Car aujourd’hui, l’expression « vieille Europe » désigne une Europe incapable de changer. La « vieille Europe », ce sont les Etats fondateurs de l’Union européenne, ce sont ceux qui ont créé la zone euro, et qui sont aujourd’hui de manière bien visible en stagnation. Et puis il y a une autre Europe, celle qui a accédé plus tard à l’Union européenne, que l’on appelle « nouvelle Europe », et qui est en revanche pleine de vie et d’énergie, ouverte au changement, à la recherche des réponses aux nouveaux défis et dotée d’une perspective pour notre partie du globe. C’est pourquoi je pense que la différence entre les deux est peut-être aujourd’hui beaucoup moins « vexante » pour nous qu’auparavant. La vérité est que si nous examinons comment la crise économique est devenue crise des élites, et comment la crise des élites est devenue crise de la démocratie, et que nous cherchons à déterminer quel a été l’impact géographique de cette constatation, nous verrons qu’elle se vérifie beaucoup moins, voire pas du tout, en Europe centrale. Il n’y a pas de crise économique en Pologne, ni en Tchéquie, ni en Slovaquie, ni en Hongrie – je ne voudrais pas me prononcer sur la Roumanie –, et dans ces pays les jeunes pensent que le vieux rêve européen est encore d’actualité : s’ils respectent les lois, s’ils honorent leurs parents, s’ils écoutent leurs conseils sur l’avenir, et s’ils travaillent avec assiduité, alors un jeune Polonais, un jeune Tchèque, un jeune Slovaque et un jeune Hongrois vivront certainement mieux, et iront plus loin que leurs parents. C’est cela, le rêve européen, et ce rêve est encore valable en Europe centrale, dans la « nouvelle Europe ». C’est pour cette raison que le cercle vicieux « crise économique-crise des élites-crise de la démocratie » ne s’est pas formé en Europe centrale. Si nous considérons le prochain référendum hongrois du 2 octobre prochain au travers de ce prisme, nous pouvons affirmer que le seul pays d’Europe où les citoyens peuvent exprimer leur opinion sur le phénomène migratoire est aujourd’hui la Hongrie. Le seul endroit d’Europe où l’on écoute aujourd’hui la population se trouve en Europe centrale.

Pour résumer, Mesdames et Messieurs, vous voyez que je suis bel et bien  tombé dans le piège que j’évoquais au début, à savoir que tant de choses se sont passées – je n’ai même pas parlé du Brexit, ni des conséquences possibles des élections présidentielles américaines, ni des relations entre l’Ukraine et la Russie, et je n’ai fait qu’effleurer la question migratoire, tout comme je n’ai pu qu’effleurer les projets futurs de la politique économique et sociale hongroise – que j’ai déjà pratiquement doublé le temps de parole que m’avaient imparti les organisateurs. C’est comme cela. Nous ne vivons pas en ce moment le temps des grandes synthèses, mais celui d’une politique marquée par les incessantes corrections exigées par les événements qui se succèdent sans discontinuer sous nos yeux. C’est pour cela que mon intervention a été, de ce point de vue, un peu hachée et un peu décousue, mais c’est ainsi qu’il a été possible de réfléchir le mieux à ce sentiment diffus qui marque aujourd’hui nos vies et que nous ressentons dans notre existence d’Européens.

Je voudrais vous remercier pour l’attention et la patience avec lesquelles vous avez suivi mon propos. En conclusion, je ne peux que vous dire ceci : croyez bien que tout ce que nous avons mis en route en Hongrie en 2010 – notre constitution basée sur la reconnaissance de nos racines chrétiennes, notre politique de réunification de la nation, y compris la formulation prudente de la recommandation de Lajos Kósa – qui avait dit en 2010 qu’il fallait tout jeter au panier et nous concentrer sur la seule politique familiale et démographique, parce que c’est d’elle que dépend notre avenir –, donc y compris la politique familiale, une géopolitique dépourvue de considérations philosophiques ou idéologiques, la prise en compte des réalités –, toutes les mesures que nous avons lancées et mises en œuvre en Hongrie depuis 2010 dans l’intérêt de ses relations intérieures et extérieures, tout cela a poursuivi un seul et unique objectif, que je pense que les événements récents ont amplement validé : à savoir que nous voulons – et aujourd’hui nous ne pouvons guère vouloir plus – que la Hongrie reste un point sûr dans un monde incertain."

Posté le 9 août 2016 à 13h50 par Michel Janva | Lien permanent

08 août 2016

L’Autriche s'oppose fermement à l'adhésion de la Turquie à l’UE

C'est le message clair du chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, et du chancelier autrichien Christian Kern. Cette idée étant défendue depuis des années par le FPÖ, ce revirement est probablement une conséquence directe de l'élection présidentielle ratée de peu par Norbert Hofer (FPÖ) qui retentera sa chance en octobre :

Turquie_europe-non_MPIPas d’adhésion de la Turquie, titre Die Presse en une ce 4 août. Ce “non” catégorique à la poursuite des négociations pour l’entrée d’Ankara dans l’Union européenne (UE), c’est le chancelier autrichien Christian Kern qui l’a prononcé dans une interview au quotidien autrichien. Pour cet homme politique social-démocrate, une adhésion turque, dans la situation actuelle, relève “de la fiction”.

Non. Pas maintenant, ni dans les décennies à venir.” Mais ce n’est pas seulement le président Recep Tayyip Erdogan “et tous les développements problématiques au niveau démocratique” qui font obstacle. L’Autrichien met plutôt l’accent sur “les disparités économiques” : en accordant les quatre libertés de base de l’UE aux Turcs (la libre circulation des produits, des services, du capital et des personnes), “on ira vers des distorsions économiques majeures qui ne sont plus défendables en Europe”. [Source]

"Vienne s'opposera à l'ouverture de nouveaux chapitres de négociations pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, en raison notamment de l'ampleur de la répression depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet, a annoncé le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz. "J'ai voix au chapitre au conseil (européen) des ministres des Affaires étrangères, où il sera décidé si un nouveau chapitre sera ouvert avec la Turquie. Et j'y suis opposé", a-t-il déclaré dans un entretien à paraître dimanche dans le quotidien Kurier. Les décisions au sein de ce conseil doivent être prises à l'unanimité." [Source]

Ce n'est pas en France que nos gouvernements iraient ainsi dans le sens de la volonté populaire....

Posté le 8 août 2016 à 12h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

05 août 2016

L’Europe, la vraie, celle des nations, est submergée de l’extérieur et effondrée de l’intérieur

L’Observateur du Maroc et d’Afrique a interrogé Philippe de Villiers : 

Philippe-de-villiers3Depuis quelques mois, l’Europe est secouée par de nombreux attentats. Comment réagissez-vous à ces évènements ?

L’Europe, la vraie, celle des nations, est submergée de l’extérieur et effondrée de l’intérieur. Submergée de l’extérieur, parce qu’on a transféré notre souveraineté à des institutions obscures. J’ai entendu François Hollande dire : « On va faire ceci, on va faire cela…» Mais il sait très bien qu’il ment, puisqu’il n’a plus de pouvoir. Quand le pouvoir n’a plus le pouvoir, il ne peut plus rien faire pour nous. On a transféré les souverainetés nationales. On est un protectorat américain. La France est submergée de l’extérieur, puisqu’elle fait face à une invasion migratoire. Les gens qui viennent chez nous sont envoyés par l’État islamique, qui – c’est la vérité – nous avait promis en février dernier de nous expédier ces gens. C’était annoncé. On a devant nous des envahisseurs. Il n’y a pas de chrétiens parmi ces gens-là. Les chrétiens restent chez eux et combattent pour leurs familles, leurs terres et leurs valeurs.

Quels sont selon vous les responsables ?

Les BHL de service, des Attali et consorts qui expliquent que la France est une tache ignominieuse sur la carte des points précieux de la planète. Un pays qui n’a plus de contours et plus de compteurs ne reste plus et meurt. Les hommes politiques ont abattu les murs porteurs comme le caractère sacré de la vie, la filiation comme repère, la nation comme héritage, la frontière comme ancrage et le rêve français comme fenêtre sur le monde.

Vous ciblez particulièrement l’Union européenne…

Je dis que tous ceux qui ont dit la vérité sur l’Europe, par-delà leurs défauts ou leurs défaillances, et qui étaient peu ou prou souverainistes, c’est-à-dire qui pensaient que la France ne pouvait rien faire par elle-même si elle ne le faisait pas elle-même, sont partis ou sont morts. Ceux qui restent et qui sont au premier plan sont tous des tricheurs et des menteurs. En fait les fédéralistes voulaient supprimer les nations et les frontières, non pas pour les remplacer par une super frontière ou par une superpuissance, mais pour fondre et diluer l’espace européen dans un grand marché planétaire avec une gouvernance mondiale dirigée par le capitalisme américain.

Selon vous l’immigration massive est responsable de l’insécurité…

J’avais longuement parlé de cette question avec le roi Hassan II qui était un grand homme d’Etat et un visionnaire. Il avait la prescience des dégâts qui allaient être causés par l’immigration massive non seulement en Europe mais aussi en Afrique. «C’est une erreur d’analyse globale», m’avait-il dit. Tout comme il ne se faisait pas d’illusions sur une prétendue «intégration» qui, selon lui, était un leurre.

Vous avez aujourd’hui énormément de jeunes européens et africains qui ont compris qu’ils ont été floués. Ils en sont conscients. Une société se sauve, non pas par des mises en garde, mais par des réalisations que l’on accroche à contre-pente. Il y a donc des écoles parallèles, des médias parallèles, une culture parallèle, etc. Par la force des choses, on va avoir une contre-société, avec des pensées indépendantes, qui vont former des résistants attachés à la transmission. En Europe comme en Afrique.

Ce que je vous dis, c’est ce que m’avait aussi prédit Soljenitsyne en 1996. C’est comme cela que les choses se sont passées dans les pays de l’Est sous la botte communiste et en Union soviétique.

Comment faut-il réagir au terrorisme islamique ?

Je n’ai pas peur des mots : les hommes politiques européens ont du sang sur les mains. Je suis convaincu que si les relations diplomatiques avec la Syrie avaient été rétablies, on aurait eu les renseignements sur les cerveaux des attentats. Et si le contrôle aux frontières avait été rétabli, on aurait empêché les allers et venues des kalachnikovs et des terroristes.

Comment analysez-vous les positions occidentales sur les dossiers syriens et libyens ?

Je pense que la position européenne calquée sur la position américaine repose sur un contresens. L’Europe écrit depuis la fin de la guerre son avenir sur le continent américain. L’OTAN nous entraîne dans des aventures partout dans le monde qui ne sont pas les nôtres. Aujourd’hui il faut faire une Europe confédérale, c’est-à-dire celle qui s’appuie sur les souverainetés nationales à l’Est comme à l’Ouest, qui s’élargisse à la Russie qui peut servir d’interface pour les hommes de la puissance de demain. Il est absurde de considérer aujourd’hui Poutine et la Russie comme des ennemis. La Russie est non seulement une alliée sur le plan historique, mais il y a des liens plus profonds – par exemple, Dostoïevski parlait français, écrivait en français. Et moi qui connais bien la Russie, je peux dire que c’est une absurdité de ne pas vouloir réunir les deux chrétientés de l’Europe – celle de l’Est et celle de l’Ouest.

L’Europe ne doit pas continuer à se faire manipuler par l’Amérique qui elle est agressive, qui dépense deux fois plus pour son budget militaire que l’ensemble des nations du monde. L’OTAN est en fait le bras militaire de l’Amérique. Souvenez-vous du Kosovo, des «printemps arabes», de la Syrie, de l’Irak. Il faut bien comprendre que le nouveau monde dans lequel nous sommes entrés n’est pas le monde de l’après-guerre. L’OTAN a été créée pour contrer l’Union soviétique. L’URSS est morte, le mur de Berlin est tombé, cela fait des décennies.

La décomposition de l’Europe va maintenant aller très vite depuis le Brexit

Il faut bien comprendre par exemple que Madame Merkel obéit à Monsieur Obama, obéit à l’OTAN quand elle se prosterne devant le sultan Erdogan parce que la Turquie est membre à part entière de l’OTAN et que c’est l’Amérique qui veut faire rentrer la Turquie dans l’Union européenne. Quand vous confiez votre défense, c’est-à-dire l’essentiel de votre puissance régalienne, à une autre nation que la vôtre – en l’occurrence les Etats-Unis – alors vous n’êtes plus indépendant. Donc vous ne pouvez plus avoir une diplomatie propre. C’est tragique pour la France et c’est tragique pour l’Europe, pour l’Afrique et pour le Moyen-Orient.

Barack Obama a récemment appelé l’OTAN à agir contre Daesh, la Russie et le Brexit. Selon vous, pourquoi le président américain met ces trois phénomènes dans le même panier ?

Obama dit n’importe quoi. Mais cela ne date pas d’aujourd’hui. Mettre dans le même panier le Brexit, Daesh et la Russie, c’est montrer qu’on ne comprend rien en histoire, qu’on est inculte. On ne peut pas commenter une position comme celle-là.

L’Amérique a une vision du monde qui est la même, c’est-à-dire un monde mono-centré sur l’Amérique, alors que la Russie accepte le monde poly-centré et travaille pour cela. Dans la conversation que j’ai eue avec Vladimir Poutine en août 2014, il m’a dit qu’il ne voulait pas un monde centré-américain, mais un monde qui soit organisé en pôles régionaux. C’est beaucoup plus sûr pour la paix.

Posté le 5 août 2016 à 06h34 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (16)

Où sont passées les promesses de Maastricht ?

Le FMI serait-il partisan de la disparition de l'euro ?

Co-BsAZW8AA1QUa"Pour la France le taux de change actuel de l'euro est d'environ 6% supérieur à ce qu'il devrait être pour convenir aux spécificités économiques de l'Hexagone, et notamment à sa compétitivité quelque peu «fluette» comme la constitution corporelle de Stan Laurel. Et c'est exactement l'inverse du point de vue de l'Allemagne pour qui l'euro est sous-évalué d'environ 15%. Autrement dit si les deux premières économiques de l'Union monétaire européenne recouvraient leur indépendance, le franc «posteuro» devrait être déprécié de l'ordre de 20% par rapport au mark «posteuro» (...)

Ainsi le FMI envisage-t-il une dépréciation du dollar et de la livre britannique, et à l'inverse une réappréciation de toutes les monnaies des zones en excédents (...) Là où les choses se corsent, c'est que le FMI pousse son analyse au sein même de la zone euro, ce qui est évidemment tout à fait légitime puisque les 19 pays en question sont tous membres à part entière de l'organisation financière internationale qui siège à Washington.

Mais du coup les déséquilibres intra zone euro apparaissent en pleine lumière et dans toute leur cruauté. Alors que l'Allemagne a affiché un excédent de 306 milliards de dollars (8,5% de son PIB) de sa balance des paiements sur ces douze derniers mois, la France était en déficit de 21 milliards de dollars (0,7% de son PIB). Outre ces disparités financières externes, les écarts des taux de chômage et de croissance militent également en faveur de changements des parités monétaires entre la France et l'Allemagne. Sauf qu'elles sont évidemment impossibles du fait même de l'existence de l'euro, qui apparaît plus que jamais comme un lit de Procuste. "

Posté le 5 août 2016 à 06h01 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

04 août 2016

Le président de la république s’oppose à tout accueil des migrants

C'est en Tchéquie où les valeurs républicaines ne sont visiblement pas vraiment les mêmes qu'en France :

"Le président s’oppose à tout accueil des migrants sur le territoire tchèque. Notre pays ne peut pas se permettre de risquer des attaques terroristes comme celles qui ont été perpétrées en France et en Allemagne« , a affirmé son porte-parole Jiri Ovcacek.

« Autrement dit, par l’accueil des migrants, nous créerions un bouillon de culture (propice) à des attaques terroristes sur le territoire de la République tchèque« , a poursuivi M. Ovcacek" (...)

L'afflux des migrants en Europe est "absolument incontrôlable et non-contrôlé", a affirmé M. Ovcacek, réagissant à la question d'une journaliste de savoir si M. Zeman était prêt à accueillir ces réfugiés qui ont fui la guerre et qui se trouvent déjà en Europe.

"Il faut l'avouer et on le voit aussi en Allemagne, que nous ne sommes pas capables de faire la distinction entre les migrants économiques et les réfugiés (fuyant une situation) de guerre", a dit le porte-parole."

Posté le 4 août 2016 à 07h00 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

28 juillet 2016

La Commission européenne menace la Pologne, qui s'en amuse

Réponse de Jaroslaw Kaczynski, le président du PiS, le parti au pouvoir en Pologne, quand on lui a demandé s’il prenait au sérieux l’ultimatum de la Commission européenne sur l’Etat de droit et le Tribunal constitutionnel :

"Je trouve ça amusant, car cette critique n’a rien à voir avec l’état actuel de notre pays. Cette procédure est complètement en dehors de la juridiction des traités de l'UE. Elle a pour seul objectif de procurer un divertissement à la Commission et à ses fonctionnaires. Même les conseillers juridiques du Conseil européen pensent que cette procédure va au-delà des traités. Mais nous restons en dialogue avec la Commission. Au fait, notre partenaire dans ce dialogue est le commissaire Timmermans, des Pays-Bas… un pays qui n’a même pas de tribunal constitutionnel ! C’est absurde..."

Le politologue Jean-Yves Camus estime que la Commission ne peut pas sanctionner la Pologne :

«Au bout de trois mois, je pense qu'il ne se passera rien. Que peut-il y avoir hormis des sanctions financières? L'Union européenne ne peut que brandir la menace. Personne ne l'imagine suspendre la Pologne pour ces raisons».

Posté le 28 juillet 2016 à 22h37 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2016

Putsch en Turquie : des hypothèses très intéressantes

Alors que "nos" médias ("nos" comme nous écririons "notre" gouvernement, ou "notre" république) conspuent en cœur les dernières "atteintes-aux-droits-de-l’homme" (qu’il ne s’agit pas pour nous de nier) d'Erdogan, tandis qu’ils les ignorent volontiers chez leurs complices/alliés notamment Moyen-orientaux, des hypothèses fort intéressantes émergent dans les médias dissidents quant aux circonstances, objectifs et conséquences de le tentative de putsch et de sa répression.

Elles sont d’autant plus intéressantes qu’elles émanent d’analystes différents et ne sont pas des « copier-coller » les unes des autres mais se complètent.

Sans, évidemment, leur donner une valeur de certitude, mais en soulignant derechef leur intérêt en tant qu’hypothèses, nous vous proposons celle d’Alexandre Douguine, en video, dont le script peut être lu ici, et les liens vers trois analyses, étalées sur une semaine, du blog dedefensa.

 

Philippe Grasset, de dedefensa nous expose successivement (dans l’ordre de mise en ligne des articles):

Les liens Gülen, CIA, Clinton,

Les conséquences envisageables de l’échec du putsch, dont la crainte/l’espoir d’un Turxit de l’OTAN,

Les interactions Etat profond US et armée de l’air turque.

Posté le 25 juillet 2016 à 09h37 par Paula Corbulon | Lien permanent

13 juillet 2016

Subordonner l'économique au politique

et bien d'autres choses, par un Hervé Juvin aussi magistral que bref !

 

Posté le 13 juillet 2016 à 22h08 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (6)

En plein Brexit, la commission menace l'Espagne et le Portugal

Le 7 juillet, la Commission européenne a constaté que l’Espagne et le Portugal n’ont pas respecté leurs engagements en matière de déficits publics. L’Espagne et le Portugal ont dix jours pour se justifier.

La Commission européenne a vingt jours pour définir les sanctions (qui seront adoptées automatiquement).

L’affaire arrive en plein Brexit et même chez les eurocrates les plus bornés on se rend compte que le moment n’est pas très bon… 

Posté le 13 juillet 2016 à 17h30 par Michel Janva | Lien permanent

Contagion du Brexit : La crainte s’est emparée des milieux financiers

Lu dans Politique Magazine :

"Une petite panique s’est répandue dans les milieux bancaires après le référendum britannique demandant la sortie de l’Union européenne. Pas un jour sans qu’une conférence téléphonique ne soit organisée, que des études économiques détaillant les « risques politiques » en Europe ne tombent.

« Les partis populistes britanniques auront donc eu le dernier mot, l’égoïsme l’emporte sur la fraternité », commentait un gérant de fonds. « L’expérience grandeur nature va pouvoir se mettre en place après le vote des britanniques », redoutait la banque Natixis, consciente qu’une sortie d’un pays de l’Union européenne avait été frôlée à plusieurs reprises ces dernières années.

Au Crédit Agricole, on redoutait les élections en Espagne dans la foulée du référendum britannique. A la banque Oddo, on publiait une étude de deux pages sur les probabilités d’un Frexit, avec une seule question : « Marine Le Pen peut-elle gagner ? ».

Oui, depuis quelques années, les structures de financement de l’économie parlent de plus en plus hautement de politique…

L’apocalypse commerciale n’aura pas lieu

Un tel chambardement dans les milieux financiers pourrait étonner. En effet, quand on cherche à connaitre les conséquences potentielles du référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne, les explications ne sont pas toujours très claires.

« Les relations entre le Royaume-Uni et le reste du monde vont changer. Les règles ne seront plus les mêmes pour la cinquième puissance économique mondiale », souligne Natixis, qui pense que « la source du choc viendra pour les britanniques de ce qu’ils n’auront plus accès au marché unique dans les mêmes conditions ».

Chez Oddo, on pense également « qu’on ne quitte pas impunément son principal partenaire commercial ». Cependant, « on hésite à écrire une note sur les conséquences économiques du Brexit sans d’abord se garder de tous les côtés : toute estimation est incertaine, révisable, conditionnée aux scénarios politiques ».

Certes, les entreprises britanniques vont sans doute perdre des marchés à l’export dans l’UE et Londres devrait voir son influence réduite à Bruxelles. Mais la baisse de la livre (consécutive aux rapatriements effectués par des fonds étrangers) devrait renchérir les importations et favoriser ainsi l’industrie locale. Et le Royaume-Uni, qui ne versera plus sa quote-part au budget de l’Union, ne devrait plus être soumis aux très contraignants règlements européens en matière de commandes publiques de produits locaux ou de pilotage de la politique industrielle.

La peur des milieux bancaires suite au référendum est à chercher ailleurs.

Souveraineté monétaire ? Contrôle des capitaux ?

« Il y a des revendications dans d’autres pays de l’Union Européenne pour la tenue des référendums similaires et plusieurs anticipent des événements potentiellement ‘déclencheurs’ (les élections espagnoles, le référendum sur la Constitution italienne en octobre, par exemple) », explique ainsi Paul Jackson, directeur de la recherche du gestionnaire ‘Source’ dans une note intitulée « Ah David [Cameron], qu’est-ce que vous avez fait ?’.

« Il faudra trouver et définir une dynamique commune pour éviter que le référendum britannique ne soit pris comme un précédent. Car très rapidement, on doit s’attendre à de multiples demandes de référendum partout en Europe », estime l’économiste Philippe Waechter chez Natixis.

Le projet d’un Etat central sur le continent et d’une extension de la pyramide de dettes au niveau de l’entité bruxelloise est en danger, victime indirecte de la démocratie britannique. Les demandes formulées de manière répétée par les présidents de la Commission européenne ou de la République française pour la création d’une dette fédérale pourraient ne jamais être exaucées.

Au contraire, une rétractation globale en Europe ouvrirait la voie à de possibles contrôles des capitaux spéculatifs, à l’image de ce qu’a fait l’Islande pour sortir de sa faillite à partir de 2010.

Trop, pour certaines élites financières ? « D’une façon ou d’une autre, ce résultat doit être annulé. Un second référendum paraît inévitable », a tweeté l’ancien commissaire européen Peter Sutherland, actuel président non exécutif de Goldman Sachs, la banque d’affaires américaine proche de la Maison Blanche, et ancien directeur général de l’OMC et de la Royal Bank of Scotland."

Posté le 13 juillet 2016 à 17h24 par Michel Janva | Lien permanent

12 juillet 2016

Bruxelles règle les aventures fiscales d'un commissaire européen à "huis-clos", pour ne pas renforcer le populisme

Cliquer sur l'image pour l'agrandir :

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Posté le 12 juillet 2016 à 07h42 par Michel Janva | Lien permanent

11 juillet 2016

Brexit, un coup d’arrêt à la destruction des Etats d’Europe

Olivier Pichon et Jean-Christophe Mounicq reçoivent sur TV Libertés le professeur d’économie Jean-Claude Werrebrouck (Lille2) à propos du Brexit :

1) Un coup d’arrêt à la destruction des états d’Europe, mais rien n’est encore gagné.

2) Le sud en question, le retour des « PIGS ».

3) Quel avenir pour la Grande-Bretagne et la France ?

Posté le 11 juillet 2016 à 21h16 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2016

Grande-Bretagne : le Brexit et le destin de l’Occident

De Roberto de Mattei dans Correspondance européenne :

"Le référendum britannique du 23 juin (Brexit) sanctionne l’effondrement définitif d’un mythe : le rêve d’une « Europe sans frontières », bâtie sur les ruines des États nationaux. 

Le projet européiste, lancé par le traité de Maastricht de 1992, portait en lui-même les germes de son auto-dissolution. Il était tout à fait illusoire de prétendre réaliser une union économique et monétaire avant une union politique. Ou pire encore, d’imaginer se servir de l’intégration monétaire pour mettre en œuvre l’unification politique. Mais tout autant, et encore plus illusoire, était le projet de parvenir à une unité politique, en extirpant ces racines spirituelles qui lient les hommes à une destinée commune. La Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne approuvée par le Conseil Européen à Nice en décembre 2000, non seulement supprime toute référence aux racines religieuses de l’Europe, mais porte en elle une négation viscérale de l’ordre naturel chrétien. Son article 21, introduisant l’interdiction de toute discrimination relative aux « orientations sexuelles », contient, in nuce, la légalisation du délit d’homophobie et du pseudo-mariage homosexuel. 

Le projet de « Constitution », auquel travailla une Convention sur l’avenir de l’Europe en 2002-2003, fut rejeté par deux référendums populaires, en France le 29 mai 2005 et aux Pays-Bas, le 1er juin de la même année, mais les eurocrates ne s’avouèrent pas vaincus. Après deux ans de « réflexion », le 13 décembre 2007, le traité de Lisbonne, qui aurait dû être ratifié exclusivement par voie parlementaire, fut approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE. Le seul pays appelé à s’exprimer par voie de référendum, l’Irlande, rejeta le traité le 13 juin 2008, mais l’unanimité des Etats signataires étant nécessaire, un nouveau référendum fut imposé aux Irlandais, lequel, grâce à de très fortes pressions économiques et médiatiques donna finalement un résultat positif. 

Dans sa courte vie, l’Union européenne, incapable de définir une politique étrangère et de sécurité commune, s’est transformée en une tribune idéologique, qui produit des résolutions et des directives pour pousser les gouvernements nationaux à se débarrasser de la famille et des valeurs traditionnelles. Au sein de l’UE, la Grande-Bretagne a freiné pour ralentir le plan franco-allemand d’un « super-Etat européen », mais a en revanche appuyé sur l’accélérateur pour propager à l’échelle européenne, leurs « conquêtes civiles » de l’avortement à l’euthanasie, des adoptions homosexuelles aux manipulations génétiques. Cette dérive morale s’est accompagnée en Angleterre d’une ivresse multiculturelle, culminant, en mai 2016, par l’élection du premier maire musulman de Londres, Sadiq Khan. Mais déjà en 2009, le maire conservateur de l’époque, Boris Johnson, avait invité tous les Londoniens à participer, au moins pour un jour, au jeûne du Ramadan et à se rendre ensuite dans une mosquée au coucher du soleil. Plus récemment, le Premier ministre David Cameron, polémiquant avec le candidat à la présidence américaine Donald Trump, s’est qualifié de « proud of representing a country which is one of the most successful multi-racial, multi-faith, multi-ethnic countries in the world » (Huffpost Politics, 15 mai 2016). 

Le Brexit représente certainement un sursaut d’orgueil de la part d’un peuple qui a une longue histoire et une tradition ancienne. Mais l’identité et la liberté d’un peuple se fondent sur le respect de la loi divine et naturelle, et aucun geste politique ne peut rétablir la liberté qu’un Pays perd à cause de sa propre déchéance morale. Le non à l’Union européenne a été la protestation contre l’arrogance d’une oligarchie qui prétend décider, sans le peuple et contre le peuple, quels sont les intérêts du peuple. Mais les pouvoirs forts qui imposent les règles bureaucratiques de Bruxelles sont les mêmes qui défont les règles morales de l’Occident. Qui accepte la dictature LGBT perd le droit de réclamer son propre Independance Day, parce qu’il a déjà renoncé à sa propre identité. Qui renonce à défendre les frontières morales d’une nation perd le droit de défendre ses frontières, parce qu’il a déjà accepté la conception « liquide » de la société globale. Sous cet aspect, l’itinéraire d’auto-dissolution de la Grande-Bretagne suit une dynamique que le Brexit ne peut arrêter et dont il peut au contraire constituer une étape supplémentaire.

L’Ecosse menace déjà de lancer un nouveau référendum pour quitter le Royaume-Uni, suivie par l’Irlande du Nord. En outre, quand la Reine, qui a 90 ans, quittera le trône, il n’est pas exclu que certains pays du Commonwealth déclarent leur indépendance. Certains disent que la reine Elisabeth a été couronnée impératrice du British Empire et mourra peut-être à la tête d’une Little England. Mais cet itinéraire de désunion politique a pour résultat final la républicanisation de l’Angleterre. 

2017 marquera le troisième centenaire de la fondation de la Grande Loge de Londres,  mère de la Franc-Maçonnerie moderne. Mais la Franc-Maçonnerie, qui aux XVIIIème et XIXème siècles se servit de l’Angleterre protestante et déiste pour répandre dans le monde son programme révolutionnaire, semble aujourd’hui déterminée à faire tomber la monarchie britannique, dans laquelle elle voit l’un des derniers symboles encore survivant de l’ordre médiéval. 

Après le Brexit, des scénarios de désintégration peuvent s’ouvrir en Grèce, suite à l’explosion de la crise économique et sociale; en France, dont les banlieues sont menacées par une guerre civile djihadiste; en Italie, du fait des conséquences d’une invasion migratoire imparable; en Europe de l’Est, où Poutine est prêt à profiter de la faiblesse des institutions européennes pour prendre le contrôle du territoire oriental de l’Ukraine et exercer sa pression militaire sur les États baltes. 

Le général britannique Alexander Richard Shirreff, ancien commandant adjoint de l’OTAN de 2011 à 2014, a prévu, sous la forme d’un roman (2017 War with Russia. An Urgent Warning From Senior Military Command, Coronet, London 2016), l’explosion d’une guerre nucléaire entre la Russie et l’Occident en mai 2017, une date qui rappelle quelque chose aux catholiques. Comment oublier, en ce premier centenaire de Fatima, les paroles de la Vierge Marie, selon lesquelles de nombreuses nations seront anéanties et la Russie sera l’instrument dont Dieu se servira pour punir l’humanité impénitente ? 

Face à ces perspectives, les partis conservateurs européens sont eux-mêmes divisés. Si Marine Le Pen en France, Geert Wilders en Hollande et Matteo Salvini en Italie, demandent la sortie de leur pays de l’Union européenne et font confiance à Poutine, bien différentes sont les positions du Premier ministre hongrois Viktor Orban et du leader polonais Jaroslaw Kaczynski, qui voient dans l’UE et l’OTAN une barrière contre l’expansionnisme russe. 

En 1917, parut Le déclin de l’Occident (Der Untergang des Abendlandes) d’Oswald Spengler (1880-1936). Cent ans plus tard, la prophétie de l’écrivain allemand semble être sur le point de se réaliser. 

« Occident », avant d’être un espace géographique, est le nom d’une civilisation. Cette civilisation est la civilisation chrétienne, héritière de la culture classique gréco-romaine qui de l’Europe s’est étendue aux Amériques et aux ramifications lointaines d’Asie et d’Afrique. Elle eut son baptême la nuit du songe de Saint-Paul, quand Dieu donna l’ordre à l’apôtre de tourner le dos à l’Asie pour « passer en Macédoine » annoncer la bonne nouvelle (Actes XVI, 6-10). 

Rome fut le lieu du martyre des saints Pierre et Paul et le centre de la civilisation qui naissait. Spengler, convaincu de l’inexorable déclin de l’Occident, rappelle une phrase de Sénèque: Ducunt volentem fata, nolentem trahunt (« Le destin guide ceux qui veulent être guidés, et entraîne ceux qui ne veulent pas »). Mais à la vision relativiste et déterministe de Spengler, nous opposons celle de saint Augustin qui, tandis que les barbares assiégeaient Hippone, annonçait la victoire de la Cité de Dieu dans l’histoire, toujours guidée par la Providence divine. 

L’homme est l’artisan de son propre destin et avec l’aide de Dieu, le déclin d’une civilisation peut se transformer en l’aube d’une résurrection. Les nations sont mortelles, mais Dieu ne meurt pas, et l’Église ne connaît pas de crépuscule."

Posté le 10 juillet 2016 à 16h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

08 juillet 2016

L'ancien président de la Commission européenne devient président non-exécutif de Goldman Sachs

José Manuel Barroso cumule 22 fonctions différentes en même temps. Ce n'est pas assez : il est désormais aussi président non-exécutif de Goldman Sachs International et conseiller de Goldman Sachs à Londres.

Posté le 8 juillet 2016 à 19h54 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2016

« Envoyons un message à Bruxelles, pour que ce soit clair pour eux aussi. »

La campagne du référendum hongrois sur l'immigration a commencé. Le gouvernement a lancé une campagne d’affiches partout dans le pays, où s’affiche ce slogan :

« Envoyons un message à Bruxelles, pour que ce soit clair pour eux aussi. »

H

Le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto a déclaré :

« Les Hongrois ont le droit exclusif de décider avec qui ils veulent vivre et cela est aussi une question de souveraineté : Bruxelles et les institutions de Bruxelles ne peuvent pas décider à leur place ».

Posté le 7 juillet 2016 à 19h15 par Michel Janva | Lien permanent

Les députés européens votent une résolution immigrationniste

Une résolution vient d’être adoptée par le Parlement européen, qui vise à un meilleur accueil des réfugiés au sein de l’Union européenne. Les Républicains, à deux exceptions près, ont voté en faveur de cette résolution. Explications de Nicolas Bay, secrétaire général du Front national et député français au Parlement européen :


Nicolas Bay : "Chez Les Républicains, le... par bvoltaire

Posté le 7 juillet 2016 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

06 juillet 2016

Nigel Farage demande un droit de réponse aux médias français pour désinformation

Ce droit de réponse demandé par Nigel Farage à Libération, L’Obs, Europe 1, BFM TV et Les Échos n'est vraiment pas flatteur pour le journalisme français. Personne ne sera surpris d'apprendre que ces derniers ont désinformé leurs lecteurs et auditeurs pendant la campagne du Brexit, et pas seulement. A défaut de voir ce droit de réponse être publié, FDesouche l'a mis en ligne :

Nigel-farage-300x194"Je sais que les journalistes français et ceux de Belgique francophone me sont largement hostiles. Je sais que beaucoup parlent de moi comme d’un populiste ou d’un leader d’extrême droite. Au-delà des caricatures, je ne m’attendais pas à ce que certains de ces médias aillent jusqu’à désinformer leurs lecteurs afin de nuire à ma personne, à mes idées et à mon pays.

J’ai découvert, avec stupeur, que les sites d’information français Libération, L’Obs, Europe 1, BFM TV, Les Échos (...) ont publié, sur ma personne, une information tronquée et malveillante...

En effet, ces médias ont affirmé ou laissé entendre que j’avais fait campagne sur une fausse promesse, celle de réorienter les 350 millions de livres que le Royaume-Uni fournit par semaine à l’Union Européenne vers le National Health Service. Je n’ai jamais fait cette promesse.

La campagne pour le Brexit a été menée d’un côté par UKIP, le parti que je préside et de l’autre par un organisme subventionné par l’État, nommé Vote Leave. Si UKIP et Vote Leave ont fait campagne dans la même direction, ils n’ont jamais été des alliés, n’ont pas tenu de meetings communs et ne se sont jamais concertés pour savoir qui faisait quoi. La redirection des subventions versées à l’Union Européenne vers le NHS a toujours été une promesse exclusive de Vote Leave. J’y suis donc totalement étranger et je ne l’ai jamais soutenue. Il va donc de soi que je ne saurais y être associé.

En conséquence, il s’avère que vos informations sont fausses et diffamatoires. Manifestement, vous n’avez pas compris qui faisait quoi durant toute la campagne référendaire. J’en déduis donc que vos lecteurs sont bien mal informés sur le Brexit. Néanmoins, à défaut de comprendre l’actualité, vous pourriez au moins faire l’effort de vérifier vos sources quand vous retranscrivez vos homologues britanniques ou, à défaut, engager un traducteur compétent.

J’espère que, par probité professionnelle et par respect pour vos lecteurs, vous publierez ce communiqué adressé à chaque rédaction des médias invoqués par le présent message."

Posté le 6 juillet 2016 à 06h22 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

05 juillet 2016

Hongrie : référendum sur les quotas d'immigrés clandestins le 2 octobre

Décidemment, c'est un véritable vent de démocratie qui envahit l'Union européenne. Et cela ne va certainement pas plaire aux eurocrates de Bruxelles qui ne se sont toujours pas remis du Brexit :

"La Hongrie organisera le 2 octobre le référendum voulu par le gouvernement sur le plan européen de répartition des réfugiés dans les pays membres de l'UE auquel le premier ministre Viktor Orban est opposé, a annoncé aujourd'hui la présidence.

Les Hongrois seront appelés à répondre à la question suivante:

"Voulez-vous que l'Union européenne décrète une relocalisation obligatoire de citoyens non hongrois en Hongrie sans l'approbation du Parlement hongrois?"

Heureux Hongrois qui vivent en démocratie...

Posté le 5 juillet 2016 à 11h12 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

Accuser Johnson et Farage de fuir leurs reponsabilités, c'est être soit un imbécile, soit un menteur

Qu'un premier ministre ayant perdu un référendum, qu'il a lui même proposé, quitte ses fonctions semble surprendre en France. Qu'un chef de l'opposition souverainiste, qui est techniquement dans l'impossibilité de devenir premier ministre, quitte la direction de son parti estimant son devoir accompli, il est qualifié de lâche... Mais que le chef des travaillistes, désavoué par 80% de son parti, s'accroche à son poste, on ne trouve rien à dire. David Desgouilles membre de la rédaction de Causeur, donne son avis dans FigaroVox :

"On les avait accusés de démagogie, de surfer sur les peurs. On les avait accusés d'avoir menti pendant la campagne pour le «leave». On avait même laissé entendre qu'ils avaient armé le bras du meurtrier de Jo Cox.

De ce côté de la Manche, les médias français ont brillé par leur quasi-unanimisme pour vouer aux gémonies les leaders du «leave», Boris Johnson et Nigel Farage. Mais ils ne les avaient pas encore taxés de lâcheté. C'est chose faite, désormais. Boris Johnson a renoncé à se porter candidat au poste de Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté. Quant à Nigel Farage, il abandonne la présidence de son parti, l'UKIP. Et nos médias, encore à l'unisson, de fustiger la trouille du duo. Johnson et Farage n'assumeraient pas leurs responsabilités. Ils quitteraient le champ de bataille piteusement après avoir engagé leurs troupes dans un bourbier. Cameron n'est pas mieux loti. C'est le recours au référendum, qu'on lui reproche, à celui-là. Et il se tire ensuite, l'apprenti-sorcier!

Le problème, c'est que toutes ces accusations, lorsqu'on prend la peine de les examiner plus de trente secondes - ce qui devrait normalement être à la portée d'un journaliste - tombent à plat. Boris Johnson aurait bien voulu assumer ses responsabilités. Il comptait bien s'asseoir dans le fauteuil de chef du gouvernement, 10 rue Downing Street. Mais il en a été empêché par son parti, un parti dont les trois-quarts des parlementaires étaient favorables au «remain». Quant à Nigel Farage, il avait fait du Brexit le combat de sa vie. Il avait prévenu que c'était la mère des batailles et qu'il ne quitterait la politique que cet objectif réalisé. Président d'un parti qui n'a pas de groupe parlementaire aux Communes, il ne pouvait pas accéder aux responsabilités. Dans ce contexte, accuser Johnson et Farage de les fuir, c'est être soit un imbécile, soit un menteur. Quant à David Cameron, il démissionne parce qu'il menait cette bataille pour le «remain» et que, désavoué par son peuple, il en tire les conclusions qui s'imposent comme l'avait fait le Général de Gaulle en 1969 à l'occasion du référendum sur la régionalisation.

Au delà de la partialité évidente - et habituelle, s'agissant de la construction européenne - qui transpire de ces accusations sans fondement, on peut aussi voir de la schizophrénie dans l'attitude de la majorité de nos médias. Alors qu'on se plaît à fustiger - souvent à juste titre - le peu de renouvellement de la vie politique française, et qu'on dénonce ceux qui s'accrochent à leurs postes, on critique vertement ceux qui, de l'autre côté de la Manche font passer leurs idées avant leur destin personnel. A cet égard, ce référendum en a dit plus long sur l'état de notre débat public que sur celui de nos amis britanniques."

Posté le 5 juillet 2016 à 08h13 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

04 juillet 2016

Hollande fait de l’Europe allemande la seule issue à son euromanie

D'Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine, suite au Brexit :

Une153Siteok"[...] C’est la France qui devrait avoir peur. Les affaires françaises vont très mal. Hollande aura beau dire, son « ça va mieux » n’a aucun sens. Il est incapable de diriger chez lui ; ses lois sont toutes contestées. Il épuise la nation. L’état lamentable de ses finances le met à la merci des moindres secousses politiques, diplomatiques, économiques, sociales et financières avec les risques d’un terrorisme omniprésent. Il en est réduit à courir après Merkel, faisant de l’Europe allemande la seule issue à son euromanie par laquelle il compte rebondir en grand défenseur de l’Europe pour la prochaine campagne électorale.

Tout lui sert. Pro-Europe, anti-Europe, voilà sa dialectique. Il s’est trouvé ainsi ses adversaires, il polit son argumentaire, il choisit son angle d’attaque, indécrottable politicien, semblable à tous les autres, ses concurrents ! Est-ce cela la tradition française ? Cet abject système qui broie la France ? Ah non ! Tous ceux qui en vivent veulent nous le faire croire. Or, rien n’est plus opposé à notre génie. Nous aussi, nous Français, autant que les Anglais, plus qu’eux peut-être, nous avons une histoire et qui porte, elle aussi, sa leçon d’éternelle reviviscence. Elle est nationale, elle est royale.

Il en est qui s’en souviennent. Le dossier de Politique magazine de cet été les présente. Et si la France voulait bien chercher dans cette direction, ne pourrait-elle pas avec intelligence et force, après le désastre annoncé, renouer avec son histoire pour se préparer un meilleur avenir ?"

Posté le 4 juillet 2016 à 22h32 par Michel Janva | Lien permanent

Les frontières nationales reviendraient-elles à la mode ?

Pas encore en France bien que 49 douaniers soient appelés à défiler le 14 juillet sur les Champs-Elysées. Est-ce un signe ?

Posté le 4 juillet 2016 à 13h13 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

Mission accomplie pour Nigel Farage

Bel exemple pour nos hommes politiques de droite, à l'égo démesuré et notamment pour les 13 ou 14 candidats à la primaire des Républicains ou pour le FN avec ses guerres familiales et purges permanentes  :

20160704PHOWWW00197"Nigel Farage a annoncé aujourd'hui qu'il démissionnait de la tête du parti europhobe et anti-immigration Ukip, maintenant qu'il a atteint l'objectif de sa vie: la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. "Mon objectif de sortir de l'UE est atteint (...) j'ai accompli ma mission", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il quittait donc la tête de l'Ukip.

La sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, l'ancien trader de 52 ans en a rêvé nuit et jour depuis qu'il a co-fondé, en 1993, le "United Kingdom Independence Party". "Tout ce que j'ai pu faire en politique tourne autour de ce référendum, absolument tout", confiait-il à l'AFP pendant la campagne. Le jour après le référendum, il avait les larmes aux yeux en voyant poindre "à l'aube, le rêve d'un Royaume-Uni indépendant".

"Je vais continuer à soutenir le parti, à soutenir son nouveau leader, je vais observer de très près le processus de négociation à Bruxelles et intervenir de temps en temps au Parlement européen", a-t-il poursuivi. Dans un communiqué, Nigel Farage a estimé que son parti pouvait encore "connaître des jours meilleurs" si le prochain gouvernement ne tient pas les engagements liés au Brexit (...)"

Posté le 4 juillet 2016 à 13h03 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

La bourse de Londres a tout regagné depuis le Brexit et est au plus haut depuis 2015

Les journalistes sont têtus mais les faits encore plus :

Posté le 4 juillet 2016 à 12h51 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

03 juillet 2016

Le Conseil européen sous présidence slovaque depuis le 1er juillet

D'Yves Daoudal :

Unknown-5"La première particularité est que ce pays a catégoriquement rejeté le plan théoriquement contraignant de relocalisation des « réfugiés », disant qu’il n’y avait pas de musulmans dans le pays et qu’il n’y en aurait pas. Le Premier ministre (socialiste) Robert Fico le disait encore fin mai : « Je ne veux pas que se constitue en Slovaquie une communauté musulmane. (…) Nous ne voulons par changer les traditions de notre pays, qui est bâti sur la tradition cyrillo-méthodienne. »

La deuxième particularité est que les dirigeants slovaques disent ouvertement qu’après le Brexit la seule solution est de modifier les équilibres européens en redonnant des compétences aux Etats-nations et en limitant celles de Bruxelles.

La troisième particularité est que la Slovaquie est opposée aux sanctions contre Moscou, qui sont, dit le ministre des Affaires étrangères, commandées par l’idéologie et ne tiennent pas compte des faits, et entend bien faire changer les choses – alors que c’est justement aujourd’hui que les sanctions ont été de nouveau prolongées de six mois."

Posté le 3 juillet 2016 à 19h36 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2016

CETA : la commission européenne s'assoit sur les Etats membres

Unknown-4Le président de la Commission européenne a décidé mercredi 29 juin de passer outre la consultation des représentations nationales pour conclure le traité de libre échange entre l'Union européenne et le Canada, le Comprehensive Economic Trade Agreement

Ce "Ceta" est en négociation depuis septembre 2014. Pour que les Etats membres aient leur mot à dire dans sa conclusion, il aurait fallu que ce dernier soit considéré comme "mixte". La Commission européenne et le Conseil avaient jusqu'au 5 juillet pour se prononcer sur son statut. Jean-Claude Juncker a tranché : 

"J'ai dit clairement hier que la Commission est arrivée à la conclusion, en raison d'une analyse juridique, que ce n'est pas un accord mixte."

En considérant ainsi que le Ceta est un accord non-mixte, c'est la compétence exclusive de l'Union européenne qui joue. L'institution peut donc se passer de l'avis des parlements nationaux et même de l'unanimité des Etats membres au Conseil.

Le 13 mai, les 28 Etat membres de l'UE avaient pourtant insisté pour que ce traité entre en vigueur seulement après un feu vert des parlements nationaux. Les parlements de Wallonie, du Pays-Bas et du Luxembourg  demandant à leur gouvernement de ne pas adopter le Ceta.

Le Brexit n'a pas calmé la Commission dans ses prétentions.

Posté le 1 juillet 2016 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

30 juin 2016

UE : l'Angleterre part, la Turquie arrive

Alors que les Anglais veulent sortir de l'Union européenne, cette dernière a officiellement ouvert avec la Turquie, jeudi à Bruxelles, un nouveau chapitre dans leurs négociations d'adhésion. Il concerne les questions budgétaires, l'une des contreparties au pacte migratoire signé en mars entre Ankara et les Européens.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Bert Koenders a rappelé qu'elle résulte de l'engagement pris par l'UE [sic] "à redynamiser le processus d'adhésion" de la Turquie.

Le chapitre 33, discuté jeudi, concerne les questions budgétaires et financières. Il porte à 16 sur 35 le nombre de chapitres ouverts dans ces négociations entamées en 2005. 

Posté le 30 juin 2016 à 20h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

L'Europe Fédérale va s’écrouler, comme la République fédérative socialiste de Yougoslavie

Nenad Krstic, philologue serbe qui donnera une conférence à Angers demain, déclare à Nouvelles de France :

"Les patriotes serbes ont vécu le Brexit comme une victoire de tous les patriotes en Europe. L’Union européenne est une création des Etats-Unis qui a pour but d’anéantir les nations en Europe. Et pas seulement les nations : avec leur nouvelle religion (qui est une antireligion -le profit et le néolibéralisme) le but est d’anéantir le christianisme !

On savait bien que cette Europe Fédérale allait s’écrouler un jour ou l’autre, d’ailleurs comme la Yougoslavie fédérale (la République fédérative socialiste de Yougoslavie). Le hasard (ou le Bon Dieu) a voulu que l’effondrement de UE commence exactement 25 ans après l’effondrement de la Yougoslavie fédérale. En effet, le 25 juin 1991, les Républiques de Croatie et de Slovénie proclamaient leur indépendance…"

Posté le 30 juin 2016 à 20h22 par Michel Janva | Lien permanent

Vus par les britanniques, 20 motifs en faveur du BREXIT

Une lectrice du Salon beige nous a traduit cet article paru dans le Daily telegraph du 22 juin 2016, sur les avantages du BREXIT pour les britanniques, arguments dont les Français pourraient largement s’inspirer pour au moins 18 d’entre eux ! je dois dire que j'y ai appris des choses...

1) nous pourrions récupérer notre argent 

Certains de vos impôts vont à l’Union Européenne. Une partie - mais pas tout - de cet argent revient à la Grande-Bretagne dans les subventions aux agriculteurs, des subventions aux universités et ainsi de suite. Combien? En 2015, notre contribution brute était presque £ 18 milliards, mais une "ristourne" budgétaire gagnée par Margaret Thatcher en 1984 l’a réduite à £ 13 milliards, environ £200 par personne en Grande-Bretagne. Le ministère des Finances a dit qu’environ £ 6 milliards nous reviennent en subventions et en prêts, ce qui signifie que nos paiements nets en faveur de l’UE sont un peu plus de £100 par habitant. En termes de trésorerie, la Grande-Bretagne est le deuxième plus gros contributeur au budget de l’UE après l’Allemagne.

2) nous pourrions décider qui vient dans notre pays

Les membres de l’UE doivent permettre à tous les citoyens de l’UE d’entrer dans leur pays et d’y travailler sans restriction. Le « droit de libre circulation » a permis à des centaines de milliers d’européens de vivre et travailler en Grande-Bretagne. Dans les 12 mois précédant septembre 2015, environ 257 000 ressortissants de l’UE sont arrivés au Royaume-Uni. Le Bureau National des statistiques estime qu’il y a plus de 2 millions de ressortissants de pays tiers travaillant au Royaume-Uni.

3) nous pourrions faire nos propres lois à nouveau

Certaines lois britanniques sont votées et mises en œuvre à cause de décisions prises au niveau européen. Business For Britain, un groupe favorable à la sortie de l’U.E, estime que 65 % des nouvelles lois britanniques sont faites depuis Bruxelles. La bibliothèque de la Chambre des communes, explique que de 1993 à 2014, un total de 231 actes du Parlement ont été adoptés en raison de l’adhésion à l’UE, 24 pour cent du total. En 2010, le gouvernement britannique a estimé qu’environ 50 % de la législation du Royaume-Uni avec « impact économique significatif » provenait de la législation européenne.

4) nos tribunaux auraient le dernier mot sur ces lois

Lorsque la Grande-Bretagne a rejoint la CEE en 1972, le Parlement a accepté que le droit européen puisse avoir la primauté sur la législation du Royaume-Uni. Ce droit européen est in fine supervisé par la Cour de Justice européenne à Luxembourg.  Le pouvoir de cette Cour n’a cessé de croître, et le traité de Lisbonne lui a donné pouvoir dans 135 domaines politiques de justice pénale ; La Grande-Bretagne a rejeté toutes ces mesures sauf  35, mais souscrit à la disposition de « mandat d’arrêt européen », qui confère à la Cour de justice européenne le droit d’exiger pour tous les ressortissants de l’UE (y compris les Anglais) d’être extradés pour un procès ailleurs dans l’UE.

5) nous n’aurions pas à accepter des décisions qui nous sont imposées par d’autres pays

Beaucoup de décisions de l’UE sont prises en vertu des règles de la « majorité qualifiée », où la pondération des votes des pays dépend de leur taille. Cela signifie que les pays peuvent être mis en minorité, contraints d’accepter des décisions avec lesquelles ils sont en désaccord. La Grande-Bretagne est plus souvent que n’importe quel autre pays mise en minorité. Entre 2009 et 2015, la Grande-Bretagne était du côté des perdants pour 12 pour cent des décisions de la majorité qualifiée. En revanche, la France était du côté des perdants dans moins de 1 % des votes. Les zones où la Grande-Bretagne était le plus souvent mise en minorité incluent le budget de l’UE, la politique étrangère et la politique de sécurité de l’U.E.

6) nous n’aurions pas à écouter beaucoup de présidents européens

L’Union européenne n’est pas un pays mais n’en n’a pas moins de cinq Présidents. Donald Tusk est président du Conseil européen, le groupe composé des chefs d’Etat et de gouvernement. Jean Claude Juncker est le Président de la Commission européenne. Martin Schulz est le Président du Parlement européen. Mario Draghi est président de la Banque centrale européenne. Jeroen Dijsselbloem est président de l’Eurogroupe des pays utilisant la monnaie unique. Ils ont écrit un rapport l’an dernier réclamant une encore plus grande intégration des pays européens, une nouvelle étape sur la route d’un super-État.

7) nous n’aurions pas à écouter, ou à financer, la Commission européenne

La Commission européenne, c’est plus que la fonction publique de l’Union européenne. Elle a également le droit de proposer de nouvelles lois et réglementations. Elle emploie environ 23 000 fonctionnaires. En 2011, un groupe d’experts a estimé que plus de 10 000 membres  de la Commission Européenne  ont été payés plus de £ 70 000 .

8) nous pourrions avoir de bon aspirateurs

En vertu d’une règle de l’UE qui est entrée en vigueur en 2014, les aspirateurs avec les moteurs les plus puissants (1 600 watts et plus) sont interdits . La Commission européenne dit que l’interdiction va économiser de l’énergie et encourager les dispositifs plus efficaces. « WHICH? », un groupe de consommateurs britanniques dit que cela interdit  certaines des meilleures machines actuellement sur le marché. Sir James Dyson, l’industriel britannique, explique que les critères d’efficacité ont été biaisés pour favoriser des aspirateurs allemands plutôt que les siens.

9) nous n’aurions pas à nous soucier de la Turquie

L’UE veut devenir encore plus grande. Il y a cinq candidats officiels : Turquie, Macédoine, Monténégro, Serbie et Albanie. Pour entrer, chacun doit adopter toutes les règles de l’UE et les normes politiques, puis «l’adhésion » doit être approuvée par les dirigeants et les parlements de chaque membre de l’UE. La Commission dit qu'il n’y a aucune perspective de nouveaux membres avant 2020 ; de nombreux politiciens européens pensent que la Turquie ne qualifiera jamais, même si les deux parties se disent déterminées à son entrée.

10) nous pourrions définir nos propres taux d’imposition

L’UE veut « harmoniser » le taux de la TVA et les produits auxquels elle s’applique. La TVA doit être d’au moins 15 pour cent, mais peut être réduite à 5 % sur certains éléments spécifiés. Le consentement de l’ensemble de l’UE est nécessaire pour toute modification, c’est pourquoi George Osborne a besoin d’une autorisation européenne pour réduire la TVA sur les tampons et serviettes hygiéniques.

11) nous pourrions soutenir les entreprises britanniques en difficulté

Les règles de marché unique de l’UE dissuadent les gouvernements d’octroyer un soutien financier à des entreprises privées, pour s’assurer que les « champions nationaux » n’ont pas un avantage commercial sur leurs rivaux. Ces règles ont fait que nos ministres n’ont pas pu directement renflouer les usines de Tata Steel’s UK.

12) poisson !

Les règles communes de la pêche dans l’UE tentent de gérer et de partager les ressources halieutiques en donnant aux pêcheurs de chaque pays des quotas sur ce qu’ils peuvent attraper. Les critiques disent que cela fait monter les prix pour les consommateurs, oblige les pêcheurs à décharge des millions de poissons morts dans la mer et décime les flottes de pêche nationales.

13) nous pourrions nous débarrasser des parcs éoliens

Vous vous demandez d’où proviennent toutes ces éoliennes ? de  Bruxelles, bien sûr. Les membres de l’UE ont convenu d’accroître la part de leur production d’électricité provenant de sources « renouvelables ». En 2020, la Grande-Bretagne est censée obtenir 15 % de son énergie de cette façon et pourrait en théorie subir  un  procès si cet objectif n’est pas atteint. 

14) nous pourrions avoir des passeports bleus de nouveau….

Votre passeport est rouge parce que la Grande-Bretagne est dans l’Union européenne, et les membres de l’UE ont normalisé leurs passeports et ont convenu que « Union européenne » est la première chose figurant sur la couverture. Le passeport rouge a remplacé l’ancien passeport bleu en 1988.

15) … Et nos propres couloirs d’entrée dans les aéroports

Vous vous rappelez-vous quand vous rentriez de vacances et qu’il y avait un couloir d’entrée marqué : « Titulaires d’un passeport britannique »?  Il n’est plus là, parce que les règles européennes obligent leurs membres à traiter tous les ressortissants de l’UE de la même manière, donc les Britanniques doivent faire la queue avec leurs amis européens quand ils veulent revenir dans leur propre pays

16) nous n’aurions pas à financer l’aide étrangère de l’UE

L’UE a son propre programme d’aide étrangère lui permettant de distribuer votre argent. En 2013, elle a dépensé presque € 15 milliards (£ 11,8 milliards) pour l’aide étrangère, presque exactement autant que le gouvernement britannique.

17) il serait plus facile de se débarrasser des réfrigérateurs 

L’UE a son mot à dire sur comment vous débarrasser des produits blancs, par la Directive 2012/19/UE. Avant l’arrivée de la directive sur les déchets électriques et électroniques (WEEE) D, vous pouviez vous débarrasser de votre réfrigérateur à votre décharge locale, pour qu’il soit détruit par un gigantesque broyeur de métal. Mais maintenant les frigos sont classés dangereux, et doivent  donc être éliminés en toute sécurité dans des unités spéciales fermées (« installations agréées pour traitements autorisés »). Cela a donné naissance à une nouvelle industrie destinée à jeter les vieux réfrigérateurs de Grande-Bretagne et a irrité beaucoup de ménages.

18) Finis les stupides bacs de tri des déchets

L’incitation des communes à vous pousser à recycler davantage vos déchets vient en partie de l’Union européenne. La Commission européenne veut beaucoup moins de déchets dirigés vers les décharges, et sa directive de "décharge" a fixé des objectifs difficiles pour les communes. En conséquence, le gouvernement britannique impose de lourdes amendes aux communes pour l’utilisation de la mise en décharge, qui s’ajoutent à la facture des impôts locaux, et encouragent la prolifération de différents types de poubelles.

19) les députés britanniques au parlement européen seraient licenciés

Chaque mois, le Parlement européen – des centaines de députés, leur personnel, des traducteurs et autres fonctionnaires, 10 000 personnes en tout – se déplace de Bruxelles à Strasbourg, où il siège seulement quatre jours. Ce « cirque ambulant » est largement considéré comme étant un incroyable gâchis : le parti conservateur en a estimé le coût à £ 130 millions par an.

20) Enfin, nous pourrions avoir à nouveau de bonnes ampoules électriques

Dans peut-être la plus infâme directive  de l’EU ces dernières années, les ampoules à incandescence traditionnelles ont été limitées, au profit d’ampoules à faible consommation d’énergie, dont beaucoup de gens pensent qu’elles n’offrent pas le même niveau d’éclairage.

 

Posté le 30 juin 2016 à 20h18 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

Ne plus jamais croire à la terreur et à l’intimidation des euro-dictateurs

Après avoir évoqué l'apocalypse qui se fait attendre, il n'est pas inutile de mettre le Brexit en perspective et de revenir quelques années en arrière en Suède :

"Rappelons-nous : il y a encore quelques jours, tous les européistes auto-proclamés « experts » – de George Soros à Jacques Attali en passant par Christine Lagarde et Emmanuel Macron…- terrorisaient les populations, au Royaume-Uni comme en France et dans le reste du monde occidental, en promettant rien moins que l’Apocalypse en cas de vote du Brexit. On allait voir ce que l’on allait voir : les cours de bourse mondiaux allaient s’effondrer dans une crise supérieure à celle de 1929, la livre sterling allait être anéantie, etc (...)

Ainsi donc, même s’agissant du cours de la livre sterling, on est bien loin de l’Apocalypse annoncée ! Mieux encore, cette légère dépréciation de la livre sterling (...) devrait avoir des effets positifs sur l’économie britannique, en freinant les importations et en dopant les exportations

Ce qui se déroule sous nos yeux est un scénario très comparable, décidément, à ce qui s’était passé en Suède au lendemain du référendum du 14 septembre 2003 sur l’adoption de l’euro. Rappelons-nous : (...) tous les « experts » européistes autoproclamés avaient assuré au peuple suédois que si jamais il commettait la folie « populiste » de refuser l’adoption de l’euro, la sort de la Suède serait scellé : la couronne suédoise s’effondrerait, la bourse de Stockholm s’écroulerait et toutes les entreprises quitteraient le pays, révulsées par tant d’horreurs. Les Suédois avaient néanmoins voté à 57% contre l’adoption de l’euro. Or, les jours, les mois et les années qui avaient suivi avaient apporté le plus cinglant démenti à toutes ces histoires (...)

Ce qui se passe sous nos yeux prouve – une nouvelle fois – que les « experts » européistes autoproclamés qui monopolisent les grands médias sont en réalité des désinformateurs au service de l’oligarchie euro-atlantiste. Tant que les Français accorderont encore le moindre crédit à des Attali, Macron, Juppé, BHL, Lagarde, Minc, Delors, Greenspan, Sarkozy, Bayrou, sans cesse promus par les propriétaires de nos grands médias, la France continuera à sombrer dans le désastre.

Libérer la France, c’est d’abord raisonner par soi-même, comparer TOUJOURS les prédictions aux résultats, et ne plus JAMAIS croire à la terreur et à l’intimidation des euro-dictateurs. C’est ce qu’a fait le grand peuple britannique. C’est cette révolution mentale que le grand peuple français doit faire à son tour."

Posté le 30 juin 2016 à 11h52 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

L'Union européenne se comporte comme une secte

Extrait de l'analyse de Laurent Dauré (UPR) :

"L’Union européenne se comporte comme l’Église de Scientologie. Si un membre veut quitter l’organisation pour retrouver sa liberté, on le harcèle, on l’intimide, on le dénigre, on cherche à nuire à sa réputation, bref, on s’efforce de lui pourrir la vie ; pour le punir mais aussi – et surtout – pour tétaniser ceux qui seraient tentés de faire la même chose.

Mais les petites frappes de l’européisme ne se rendent pas compte que de telles pratiques dégradent encore plus l’image de la secte (...)

La brutalité et le mépris avec lesquels les européistes réagissent au Brexit (ceux qui ont voté « Leave » seraient majoritairement des nationalistes-racistes-xénophobes-ignorants) montrent le véritable visage de la construction européenne. Les peuples et la démocratie sont perçus comme des menaces « populistes » à neutraliser. Pour les gourous de « l’union sans cesse plus étroite » (et de l’austérité sans cesse plus large), être contre l’UE équivaut à s’exclure de l’humanité décente (...)

Les euro-fanatiques n’ont pas de solution, la situation leur échappe et le durcissement du ton est à interpréter comme de l’impuissance. La partie n’est pas encore gagnée mais une dynamique très favorable vient de s’enclencher avec le Brexit. Le chemin vers la souveraineté populaire, l’indépendance nationale, la démocratie, le progrès social et la paix n’est plus aussi inaccessible qu’avant le 23 juin…"

Quatermer

Posté le 30 juin 2016 à 11h41 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

L' Union européenne ne respecte pas ses propres règles

Yves Daoudal donne l'exemple de l'accord UE-Ukraine :

" Le gouvernement des Pays-Bas est aux prises avec le problème posé par le dernier référendum en date : celui sur l’accord UE-Ukraine. Alors que l’élite néerlandaise est fanatiquement européiste, le peuple néerlandais, contre toute attente, s’est servi de ce référendum a priori technique pour montrer son euroscepticisme. C’était le 6 avril, et la question n’est toujours pas réglée.

Le gouvernement et l’UE se trouvent devant un problème insoluble. Car l’accord (en réalité un coup politique contre Poutine) qui était passé partout (y compris évidemment au Parlement néerlandais) comme une lettre à la poste, est entré en application avant même que tout le monde l’ait ratifié… Le Premier ministre Mark Rutte a déclaré hier : « Ou bien nous modifions le texte, ou bien nous trouvons une solution qui n’implique pas de modifier le texte. »

En attendant, les Pays-Bas ne peuvent pas ratifier l’accord. Lequel est depuis longtemps mis en application, de façon parfaitement illégale, comme c’est de plus en plus souvent le cas dans cette UE où le droit ne sert plus qu’à légitimer les attaques contre les méchants eurosceptiques…"

Posté le 30 juin 2016 à 07h35 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

Les journalistes ne sont pas représentatifs de ceux à qui ils transmettent l'information

Le Salon beige a plusieurs fois souligné la partialité des médias à propos du Brexit (voir ici et ici). Une fois n'est pas coutume, même un chroniqueur de France Inter, Bruno Donnet, s'en est rendu compte : 

Via FDesouche

Posté le 30 juin 2016 à 07h20 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)

29 juin 2016

Le Brexit inquiète les dirigeants d'autres planètes !

Jean-Claude Juncker n'a pas du dormir beaucoup depuis le vote britannique :

 

Posté le 29 juin 2016 à 21h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

La religion des droits de l’homme méprise les peuples et les nations

Tribune du jour d'Yvan Rioufol :

"Les partisans du Brexit seraient donc racistes, en plus d’être sous-diplômés et abrutis par la bière. Il est vrai que les propos xénophobes tenus, ici et là, par des Anglais contre des Polonais installés en Grande-Bretagne sont choquants. Ils ne le sont pas moins, cependant, que les accusations contre les petits Blancs ou les vieux, portées par ceux qui voudraient sacraliser une jeunesse forcément ouverte, tolérante, moderne, en oubliant de préciser que celle-ci s’est majoritairement (75%) abstenue. Les évangélistes du métissage et de l’homme post-national se voient d’autant plus exemplaires que leurs adversaires se comportent en pauvres pécheurs, soucieux de sauver leur peau et leur patrie. Le problème est que ces blasphémateurs sont désormais majoritaires. Ils n’ont cure d’être excommuniés par ceux dont la folle profession de foi est d’accélérer leur disparition.

Le temps des commodes indignations morales, mises au service d’un modèle multiculturel de plus en plus conflictuel, est révolu. Il n’est pas surprenant d’apprendre que 70% des musulmans et 73% des noirs britanniques ont voté pour le maintien de la Grande-Bretagne dans cette Union européenne ouverte à l’immigration de masse et aux affirmations identitaires des minorités. Il y a surement, en effet, des xénophobes chez les partisans du Brexit. Mais s’ils le sont devenus, c’est dans un souci naturel d’autoprotection et de survie. Ils sont moins à blâmer que les illuminés du grand mélangisme, persuadés d’apporter le bonheur alors qu’ils amènent la guerre.

Il est temps de séparer la politique de la religion des droits de l’homme. Elle méprise les peuples et les nations. Les adversaires du Brexit ont raison de faire remarquer que la question migratoire a été, en fait, au centre des motivations de ceux qui ont voté "Out". Ce thème est intimement lié, bien sûr, à celui de la cohésion nationale. Les dévots qui annonçaient la disparition des nations et des frontières se sont trompés : elles ne cessent de renaître et de se consolider.

Le peuple universel est un faux dieu. Dans la révolution des consciences qui s’est enclenchée, tous les interdits, jadis mis en place par les despotes universalistes, tombent à plat. Dans ce contexte, la question inabordable de la préférence nationale s’impose déjà. Il n’est plus suffisant de réciter son chapelet d’injures devant ces Anglais abandonnés, qui s’indignent de voir des emplois aller vers des travailleurs détachés polonais ou des logements être attribués prioritairement à des "réfugiés" du Moyen Orient. La renaissance de la nation, voulue par le peuple anglais, oblige tous les dirigeants à davantage de cohérence dans leur propre politique. Il n’est pas question de rendre l’étranger indésirable, mais de rappeler ce qui le différencie du citoyen, dans ses droits et devoirs. "Il n’y a pas de nation sans préférence nationale", a dit un jour Alain Finkielkraut. Et vous, qu’en pensez-vous ?"

Posté le 29 juin 2016 à 15h05 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

La photo du jour

Les soviétiques gommaient les personnalités purgées des photos officielles, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lui, ne veut même pas qu'elles soient prises et empêche ce journaliste de photographier Nigel FarageTout un symbole :

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Posté le 29 juin 2016 à 14h45 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (20)

Face au succès du Brexit, le splendide isolement des élites

Jacques de Saint Victor, historien du droit et professeur des Universités, analyse dans le Figaro la réaction de déni des élites face au Brexit :

"On peut penser dans un premier temps qu'il s'agit juste d'une réaction de mauvais perdants ou de désespoir d'une partie de l'élite urbaine, souvent jeune, qui se sent trahie par les campagnes, les vieux et les gens modestes. Il y a dans ce rejet de la démocratie une sorte d'illustration de ce que le grand penseur anglais, Christopher Lasch, appelait la «révolte des élites» (par opposition à la «révolte des masses» d'Ortega y Gasset). Dans ce livre très visionnaire, publié en 1995, Lasch notait que ce sont aujourd'hui les élites, et non plus les masses, qui vivent dans un splendide isolement, satisfaites d'elles-mêmes, rejetant tout ce qui échappe à leur bien-être personnel, coupées des réalités du monde commun qui les entoure. C'est la solidarité des surclasses globales qui, de Londres à Singapour ou Paris, sont indifférentes au sort de leurs voisins locaux. Elles ont développé une sorte d'irresponsabilité et d'immaturité qui les prive de toute forme de «sensibilité pour les grands devoirs historiques», disait déjà Lasch. Lorsqu'elles sont confrontées à un retour brutal du réel, comme le résultat d'une consultation démocratique, elles n'hésitent pas à se déclarer contre la démocratie (...)

L'Europe a échappé au discours historique. C'est une sorte de nouvelle religion laïque qui n'est plus fondée sur un socle réel mais sur un système de croyance. Etre eurosceptique relève pour certains d'un crime de lèse-majesté. Cela échappe au débat démocratique. Dans certains cercles, on est pour l'UE ou on est pour l'UE. Un point c'est tout. «Bruxelles a toujours raison».

Cet unanimisme antidémocratique est aux origines mêmes des dérives du processus. Dès 1992, on l'a oublié, mais les Danois avaient dans un premier temps voté contre Maastricht à 50,7% (alors que les sondages prévoyaient 59% de oui). Bruxelles leur rappela sèchement qu'un petit peuple ne pouvait pas se permettre d'entraver le «rêve» de tout un continent. On les traita à part et avec hauteur. Il faut relire les déclarations de certains grands dirigeants à l'époque qui se demandèrent si les Danois étaient vraiment dignes de la démocratie. Montrés du doigt, ils furent contraints de revoter en 1993 et, à 56% cette fois-ci, ils firent le choix de Maastricht. On peut s'interroger si les profondes traditions anglaises se laisseront prendre à une telle mascarade de second vote (...)"

Posté le 29 juin 2016 à 07h37 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (9)

Le gouvernement anglais n'a pas pour ambition de renier ou trahir le vote des Anglais

Analyse de Marion Maréchal-Le Pen :

"Je crois qu'il y a une forme de stratégie du chaos de la part d'un certain nombre de gouvernements, notamment français, qui tentent de faire en sorte que ça se passe le plus mal possible, pour éviter une forme de conséquences en cascades, d'autres référendums au sein de l'UE. En France notamment, la classe politique souhaite que la sortie se passe le plus mal possible, dans des conditions désagréables, ce qui est la démonstration que les politiques français font peu de cas de la souveraineté des peuples.

Il faut pas rêver, ça ne peut pas se faire en trois semaines. 83 000 textes, je crois, lient l'Union européenne et le Royaume-Uni. Il faut s'attendre à ce qu'il y ait 2 ans entre aujourd'hui, le délai de négociation et la sortie effective du Royaume-Uni (...) De toutes façons, le gouvernement anglais n'a pas pour ambition de renier ou trahir le vote des Anglais (...)

Toutes les prophéties apocalyptiques qu'on nous a servies pendant la campagne n'auront pas lieu. La réaction des marchés a certes été très vive mais elle est temporaire"

Posté le 29 juin 2016 à 07h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

28 juin 2016

Le ministre polonais des Affaires étrangères demande la démission de la Commission européenne

Witold Waszczykowski, ministre polonais des Affaires étrangères, a déclaré :

Unknown-17"D'ordinaire, en politique, en cas d'échec d'un projet politique, et ici, le projet politique est de préserver l'unité européenne, on doit changer les règles du jeu ou donner à d'autres personnalités politiques la possibilité d'améliorer ce projet…

Nous nous demandons si la direction de la Commission européenne, qui voici quelques mois appelait les dirigeants politiques à cesser d'écouter leur électorat (Jean-Claude Juncker, en mai dernier, dénonçait les dirigeants qui écoutent leur électorat au lieu de développer un sentiment commun européen), a le droit de rester en fonction… A notre avis, elle ne l'a pas. De nouvelles personnalités politiques, de nouveaux commissaires doivent se charger de cette tâche, et avant toute chose, nous devons accorder de nouvelles prérogatives au Conseil européen, parce qu’il est composé de représentants politiques qui ont un mandat démocratique (Contrairement à la Commission européenne. Mais dans le traité c’est bien la Commission qui est l’exécutif européen, pas le Conseil)."

Posté le 28 juin 2016 à 22h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

Le Brexit rend « la désintégration » de l’Union européenne « pratiquement irréversible »

Voilà l’analyse faite par le financier George Soros sur le site Internet Project Syndicate, samedi 25 juin, et reprise par Charles Sannat :

"Le magnat estime également qu’à court et moyen terme au moins, la Grande-Bretagne va pâtir sensiblement de la décision prise. « En quittant l’UE, la Grande-Bretagne se retrouvera peut-être au bout du compte, sans que cela soit sûr, plutôt dans une meilleure situation que d’autres pays ; mais son économie et ses habitants vont beaucoup souffrir, à court et moyen terme », avertit-il.

L’UE, continue Soros, est en panne et ne répond plus aux besoins et aspirations de ses habitants. Le financier appelle à une reconstruction complète de l’Union européenne, afin de la sauver. « Après le Brexit, nous tous qui croyons aux valeurs et aux principes que l’UE est censée porter doivent s’unir pour la sauver, en la reconstruisant complètement. » Et il prophétise : « Je suis convaincu qu’à mesure que les conséquences du Brexit se manifesteront dans les semaines et les mois à venir, un nombre de plus en plus grand de gens nous rejoindront. »

On voit poindre ici ce que Naomi Klein a théorisé sous l’appellation de stratégie du « choc » où l’on crée un problème, où on utilise un événement à son profit en apportant une solution que tous les désespérés sont prêts à signer même si cela est mauvais pour eux à long terme. Je pense qu’en dehors des aspects de communication, il y a peu de chance que l’on construise une « autre » Europe tant les grands malades qui nous dirigent sont prisonniers de leur logique mondialiste au service du totalitarisme marchand."

Posté le 28 juin 2016 à 21h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

L’Union Européenne prépare la spoliation de votre épargne

Selon François Siméoni, Conseiller municipal FN de Versailles, Secrétaire Départemental FN78 :

"Dans l’article 21 bis, adopté en commission le 24 mai dernier, puis voté en séance publique à l’Assemblée Nationale le 9 juin, la directive BRRD, déjà votée pour les banques (pudiquement appelée ici «régime macroprudentiel applicable au secteur bancaire»), est élargie aux assurances.

Rappelons que cette directive prévoit le prélèvement sur les comptes bancaires des particuliers, procédure prévue par l’U.E dite du «bail in», qui a été inscrite dans le droit français en pleine période estivale le 20 août 2015.

La conséquence est simple : en cas de défaut d’une société d’assurances, tous les détenteurs d’une assurance-vie pourront voir le versement de leur prime suspendu pour une durée indéterminée et ne pourront pas sortir de leur contrat pour récupérer leur mise.

Les Français doivent savoir que, sous la pression de Bruxelles, tous les mécanismes permettant aux banques et aux sociétés d’assurances de se renflouer sur les comptes des particuliers sont maintenant mis en place en cas de risque «systémique».

Il est donc urgent de retrouver notre souveraineté budgétaire et monétaire afin de mettre un terme à cette politique, conduite par les gouvernements de droite comme de gauche, qui, sous les diktats de l’Union Européenne, conduira à la ruine des Français."

Posté le 28 juin 2016 à 16h22 par Michel Janva | Lien permanent

Zemmour : "Nous préférons sacrifier un peu de notre bien-être matériel à la sauvegarde de notre identité"

Posté le 28 juin 2016 à 14h51 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Le référendum portait sur la question migratoire et non sur l'appartenance à l'UE

Mais qu'aviez-vous cru ? Que sortir de l'Union européenne par la voie démocratique était possible ?

"Lundi soir, le ministre de la Santé, Jérémy Hunt, a affirmé que le Royaume-Uni pourrait organiser un second référendum, pour redemander son avis au peuple après qu'il a choisi de quitter l'UE.

Il justifie cela en expliquant que les citoyens ont surtout voté sur la question migratoire, mais que lorsque ce problème serait réglé, une nouvelle consultation serait bienvenue."

Posté le 28 juin 2016 à 14h40 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

Frontex ne veut pas dire fermeture des frontières...bien au contraire

FrontexLe directeur de Frontex, organisme dont la mission est de protéger les frontières de l'Union européenne, se déclare d'accord avec la proposition de la Commission européenne d'utiliser des "voies légales" pour acheminer les immigrés clandestins les migrants les réfugiés :

"Il faut davantage de voies légales vers l’Europe à partir des régions en crise. C’est ce qu’a proposé la Commission européenne l’an passé. Et j’approuve cette demande. Cela simplifiera la situation aux frontières extérieures de l’UE. Non seulement pour la protection des migrants, mais aussi pour empêcher l’entrée en Europe des terroristes et des criminels par les voies illégales utilisées par les passeurs.[...]

Lorsque, l’été dernier, des dizaines de milliers de personnes ont fui de Turquie en Grèce dans les minuscules embarcations des passeurs, c’étaient à 70 ou 80 % des Syriens. S’il y avait eu des voies légales vers l’Europe pour ces personnes ayant besoin de protection, comme par exemple des vols humanitaires spéciaux à partir des camps de réfugiés du Liban, de Turquie ou de Jordanie, nous n’aurions pas eu ces grands problèmes à la frontière extérieure de l’UE. C’est aussi la mission de Frontex d’identifier à la frontière les gens ayant besoin de protection et de leur indiquer le chemin pour aller déposer leur demande d’asile. Frontex ne veut pas dire fermeture des frontières."

Comme si les terroristes islamistes n'étaient pas capables de se confondre avec des réfugiés dans les camps en question. Finalement, heureusement que Frontex n'a que peu de moyens pour mettre en œuvre ses idées. Encore une nuisance que le Brexit va éviter aux Britanniques...

Via FDesouche

Posté le 28 juin 2016 à 14h26 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

Les eurocrates fanatiques n’hésiteront pas à employer tous les moyens pour châtier le peuple britannique

Tribune de Bernard Antony à propos du Brexit :

"Qui ne le voit, à peine l’électorat du Royaume-Uni s’est-il très majoritairement, démocratiquement prononcé pour un retour à sa souveraineté, que tout est mis en œuvre à Bruxelles et à Francfort, à Berlin et à Paris pour le châtier. Avec toutes les grosses ficelles de la désinformation médiatique.

On s’y emploie à susciter toutes les embûches possibles pour empêcher une paisible transition. Il faut en effet terroriser les autres peuples qui veulent aussi se libérer du carcan euro-fédéraliste. C’est d’ailleurs une fréquente caractéristique de l’histoire contemporaine que la répression par les édifices super-étatiques dits fédéraux des nations constitutives voulant retrouver leur liberté et leur souveraineté.

Le fédéralisme invoqué n’est nullement celui permettant au sein d’une nation les décentralisations souhaitables. Il est l’idéologie de soumission des peuples et de leurs États dans un plus vaste ensemble coercitif et, comme aujourd’hui l’Union Européenne, souvent de plus en plus totalitaire.

Car il s’agit non pas de répondre au bien commun des peuples mais de progresser coûte que coûte dans la réalisation de l’utopie constructiviste d’une république universelle rêvée par les sectes socialistes et autres.

Les dirigeants et fonctionnaires de l’Union Européenne, fanatiquement bruxello-centralisateurs, toujours plus avides d’imposer le carcan fédéral eurocratique, sont dans les mêmes perspectives idéologiques que les Jacobins de la Convention en 1793 menant la Terreur contre toutes les populations, vendéennes et autres, voulant préserver leurs libertés et leurs traditions. Il en fut de même au temps de l’Union Soviétique et l’État fédéral russe aujourd’hui n’est pas moins centralisateur. Il en était de même avec l’État fédéral yougoslave si soutenu par les eurocrates, Jacques Delors en tête.

Il y a bien longtemps, à Rome, Caton le censeur ne cessait de réclamer : « Il faut que Carthage soit détruite ! ». Aujourd’hui, les eurocrates fanatiques n’hésiteront pas à employer tous les moyens pour châtier l’orgueilleux peuple britannique. Il faut donc pour eux que la Grande-Bretagne libre soit détruite. Mais c’est une chose que de le souhaiter, une autre que d’y arriver. " 

Posté le 28 juin 2016 à 11h21 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

Et si Londres devenait un paradis fiscal ?

Loin des scénarios catastrophe, cet article du Monde explore une piste qui porrait expliquer les vraies raisons du mécontentement si démonstratif des dirigeants, des ministres des finances et des financiers de l'Union européenne :

"Il ne croyait pas si bien dire, Emmanuel Macron. Mais comme il a fait preuve de clairvoyance, ce 14 avril, en voyage à Londres, deux mois donc avant le « Brexit », en provoquant les Britanniques d’un : « Vous ne voulez quand même pas devenir le “Jersey” ou le “Hongkong” de l’Europe ? »

Car derrière le risque de marginalisation de la puissante City de Londres, qu’entendait dénoncer le ministre français de l’économie, en cas de divorce d’avec l’Union européenne (UE) – une marginalisation coûteuse en emplois et en points de croissance économique – se cache, en réalité, un autre risque. Celui-là est pernicieux, et surtout, lourd de conséquences pour l’ensemble de la communauté internationale, notamment européenne.

Le risque est de voir le Royaume-Uni et son centre financier se lancer dans un dumping fiscal et réglementaire particulièrement agressif, pour s’imposer comme « le » paradis fiscal de l’Europe, plus poreux et complaisant encore qu’il ne l’est aujourd’hui envers l’argent sale, gris ou noir, issu de la fraude fiscale, des trafics ou de la corruption."

Le Monde en profite tout de même pour lancer un procès d'intention en imaginant que seul "l'argent sale, gris ou noir, issu de la fraude fiscale, des trafics ou de la corruption". Et si cela, au contraire, forçait la France a arrêter le matraquage fiscal...

Posté le 28 juin 2016 à 09h19 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

Les Républicains veulent refonder l'UE sur des principes contradictoires

Déclaration ambigüe du Bureau Politique des Républicains qui aligne les paradoxes (comme le souhait d'un véritable gouvernement économique de l'UE et celui de plus de subsidiarité...) :

Unknown-14"Les Républicains prennent acte de la volonté du peuple britannique de quitter l'Union européenne. Il s'agit d'un choix démocratique, qui doit être respecté.

Il traduit le rejet croissant de la construction européenne telle qu'elle fonctionne. Nous devons entendre le message qui nous a été adressé de la part des Britanniques. Des conséquences rapides doivent être tirées de leur vote.

Conformément aux dispositions prévues par le Traité, les négociations pour organiser la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne doivent donc être entamées sans délai.

Mais, plus fondamentalement, après ce vote, la question qui se pose est celle de l'avenir de l'Europe. Notre famille politique reste plus que jamais attachée à l'idéal européen. Mais nous voulons une Europe qui protège, qui assure aux Européens la sécurité à laquelle ils ont droit, une Europe qui défende ses intérêts et parte à la conquête des marchés mondiaux, une Europe indépendante, une Europe fondée sur les nations.

Pour cela, l'Europe doit être refondée autour des principes suivants.

- L'Europe doit reconnaître qu'elle a des frontières et qu'il est de sa responsabilité vis-à-vis des peuples de les faire respecter. Il est plus que temps de mettre en place le Schengen II que nous avons été les premiers à réclamer. Dans l'attente de ce Schengen II, les Républicains demandent que la France contrôle elle-même ses frontières nationales partout et aussi longtemps que nécessaire.

- L'Europe doit assurer son indépendance politique et sa force économique en défendant la zone euro. Nous demandons qu'elle se dote enfin d'un véritable gouvernement économique qui assurera une coordination beaucoup plus forte des politiques économiques, budgétaires et fiscales au service de la croissance et de l'emploi. Elle devra également se doter d'un véritable Fonds Monétaire Européen car le FMI ne doit plus intervenir dans les affaires intérieures de l'Europe.

- Le principe de subsidiarité doit être enfin respecté de manière effective. Pour cela, les compétences de l'Union européenne doivent être redéfinies autour d'un petit nombre de priorités stratégiques (marché intérieur, PAC, industrie, énergie, recherche, concurrence, politique commerciale, numérique…) ; tout le reste doit être rendu à la seule souveraineté des Etats. Le fonctionnement de la Commission doit être revu pour en finir avec l'inflation normative européenne.

- Enfin, le processus d'élargissement doit être stoppé jusqu'à ce que la refondation de l'Europe ait été menée à son terme. En toute hypothèse, nous devons dire clairement à la Turquie qu'elle n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne. A ce titre, nous réaffirmons notre ambition d'un partenariat stratégique avec la Russie et la Turquie, mais qui n'est pas une adhésion.

Les Républicains proposent donc une véritable refondation de l'Europe, dont la France et l'Allemagne devraient prendre l'initiative ensemble.

La question des modalités de cette refondation ne doit pas prendre le pas sur l'essentiel c'est-à-dire le contenu. C'est en fonction de son contenu et de son ambition que le choix de modalités juridiques et politiques de sa mise en œuvre devra être faite.

Les Républicains soulignent que, plus que jamais, la refondation de l'Union européenne nécessite de la lucidité, de la volonté et une vision. L'Europe vit un moment de nature historique. Jamais le projet européen, avec l'idéal qu'il porte, n'a été autant menacé. L'Europe ne pourra survivre sans le soutien des peuples européens.

Face à l'Histoire, nous appelons chacun à la responsabilité et au courage."

Et s'ils commençaient par respecter le choix des Français exprimé en 2005 ?

Posté le 28 juin 2016 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)


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