21 novembre 2017

Bruno Mégret : "La question identitaire et la question européenne sont désormais liées"

Lors de l'édition 2017 du Forum de la dissidence, Bruno Mégret a développé un discours novateur sur la politique européenne en essayant de proposer une troisième voie entre l'européisme fédéraliste ambiant et le souverainisme intégral. Une position qu'il avait déjà défendue en 2005 au MNR (La civilisation, nouvel enjeu, L'Europe, première puissance). Extrait :

XVM613f7e88-3710-11e7-bae0-7b37d71239eb"(...) Si la droite, que dis-je, si les droites françaises sont en ruine, alors un grand travail de refondation est maintenant à réaliser. Et ce travail voyez-vous, il ne passe pas d’abord par la rénovation des appareils, par des manœuvres de personnes ou des regroupements de circonstances. Il passe par les idées. C’est par les idées que les uns et les autres ont échoué. Et c’est par les idées que la droite se relèvera. Car il est aujourd’hui nécessaire de sortir des habitudes idéologiques et programmatiques qui ont été celles des partis de droite au cours des dernières années. Non pas bien sûr pour mettre en cause nos valeurs et nos convictions, mais pour les adapter au monde d’aujourd’hui, pour montrer qu’elles sont plus que jamais d’actualité et que, si nous les défendons depuis longtemps, elles sont plus neuves que jamais (...)

La position des Républicains était de soutenir l’Europe de Bruxelles, conformément aux injonctions du système. La position du Front National était d’en sortir conformément à ses principes souverainistes. Or, ces deux options sont des impasses et l’électorat l’a senti confusément qui les a rejetées l’une comme l’autre. Et ce double refus, celui de l’Europe bruxelloise comme celui de la sortie de l’Europe, nous amène, me semble-t-il au cœur des enjeux d’aujourd’hui. Car je suis convaincu que la question européenne est désormais la pierre angulaire du renouveau de la droite. Pourquoi ? Pour une raison fondamentale. Parce que la question identitaire et la question européenne sont désormais liées. Aujourd’hui on ne peut plus les séparer. Et quand on les sépare, ça ne marche pas ! Bruxelles qui prétend unir l’Europe mais qui refuse de défendre nos identités, ça ne marche pas. Le FN, qui prétend défendre nos identités et qui tourne le dos à l’Europe, ça ne marche pas non plus. Et il y a à ceci une explication simple : notre identité est nationale mais aussi civilisationnelle et notre civilisation est européenne ! (...)

Une réalité que l’on côtoie tous les jours avec l’immigration par exemple. Car cette immigration massive et incontrôlée qui déferle sur notre sol et qui compromet notre identité, c’est à un antagonisme de civilisation qu’elle conduit. Le problème ne vient pas de la nationalité des migrants ou de celle des populations chez qui ils s’installent. Peu importe que ce soient des Tunisiens, des Turcs ou des Soudanais ! Peu importe qu’ils se rendent en France, en Allemagne ou en Italie ! Le problème vient de ce qu’ils appartiennent à la civilisation islamique ou africaine et qu’ils s’implantent dans des pays de civilisation européenne et chrétienne !

Et cette réalité, chacun la vit au quotidien. Car ces migrants qui nous imposent leur présence quasiment de force, nous sont totalement étrangers. Avec eux, nous ne partageons rien, nous n’avons pas la même religion, ni les mêmes racines, ni les mêmes valeurs, ni le même mode de vie. Une configuration qui crée sur notre sol un antagonisme civilisationnel, un choc des civilisations entre la nôtre et la leur (...)

Qu’est-ce que le terrorisme islamique, sinon l’une des formes les plus violentes du choc des civilisations ? Et qu’est-ce que la concurrence sauvage que nous impose la Chine si ce n’est une guerre économique sans merci et une autre forme également agressive du choc de civilisation ? (...) La plupart des maux que nous endurons viennent de l’agression que subit notre civilisation sur notre sol comme à l’échelle du monde. Une agression d’autant plus dommageable que nos dirigeants semblent l’ignorer complètement. Ils l’ignorent s’agissant de l’immigration. Ils l’ignorent s’agissant du terrorisme islamique. Ils l’ignorent s’agissant de la guerre économique. Ils l’ignorent s’agissant des antagonismes géopolitiques. Résultat : dans ce monde multipolaire et dangereux, l’Europe reste là, faible, décadente et divisée. Politiquement éparpillée, sans force armée conséquente, progressivement dépossédée de son appareil industriel, rongée par la haine d’elle-même et la repentance, elle ne se préoccupe que de moralisme et de bien-pensance. Et comment en serait-il autrement, avec des dirigeants qui réduisent l’identité de l’Europe à de prétendues valeurs comme le refus des discriminations ou le vivre ensemble ? (...)

Et pour ouvrir cette voie, il faut répondre à deux impératifs.

Le premier est d’ordre idéologique et concerne notre identité.Avec cette affirmation fondamentale que notre identité n’est pas seulement nationale, elle est civilisationnelle. Elle n’est pas seulement française, elle est européenne (...) Dans cet esprit il faut maintenant militer, au-delà de la préférence nationale, pour une préférence civilisationnelle qui donne la priorité aux nationaux mais aussi aux Européens. Il faut également, au-delà du patriotisme français, œuvrer à l’émergence d’un patriotisme européen qui en plus de la fierté nationale exalte aussi celle d’appartenir à notre civilisation européenne et chrétienne (...)

Il faut ériger l’Europe en un pôle de puissance ! (...) Cela veut dire qu’il faut créer une Union nouvelle, radicalement différente de l’organisation bruxelloise. Une Europe qui rendrait aux États l’essentiel de leurs prérogatives ordinaires et qui se libérerait de toutes les structures bureaucratiques de Bruxelles. Une nouvelle Europe qui serait dirigée, selon le principe confédéral, par les seuls États membres et qui, forte de cette direction allégée, transparente et respectueuse des nations, se consacrerait exclusivement à l’essentiel, c’est-à-dire à l’identité, à l’indépendance et à la puissance collective des peuples européens.

Cette Europe-là aurait pour mission de protéger ses frontières et de stopper l’immigration, de réguler les échanges économiques avec le reste du monde et de réindustrialiser le continent, de faire de l’euro une monnaie de change et de réserve qui serve l’Europe comme le dollar sert les États-Unis. Cette nouvelle Union serait aussi dotée d’une Alliance militaire européenne qui libèrerait l’Europe de l’Otan et de la tutelle américaine. Car il s’agirait dorénavant de traiter d’égal à égal avec les États-Unis et de nouer une alliance stratégique avec la Russie. Bref, il s’agirait de rendre à notre civilisation son autonomie, sa force et son rayonnement (...)

Avec cette ligne politique la droite réconcilierait construction européenne et défense de notre identité. Pour la première fois elle aurait un projet qui s’enracinerait dans la fidélité à nos valeurs mais qui, dans le même temps, répondrait aux réalités du monde aujourd’hui. Le projet d’Europe puissance, c’est pour la droite la synthèse féconde entre tradition et modernité (...) Avec cette ligne civilisationnelle et européenne, la droite trouverait la crédibilité gouvernementale et le positionnement à la fois moderne et antisystème qui lui sont nécessaires pour répondre aux défis du siècle. Elle pourrait alors retrouver une dynamique de succès et assurer enfin sa mission au service de notre peuple et de notre civilisation (...)

Cela étant dit, j’entends déjà l’objection : tout ça c’est bien beau mais ce projet, c’est impossible. Eh bien non, ce n’est pas impossible, c’est nécessaire ! Et si c’est nécessaire, il y a une voie pour le rendre possible et, je vous l’affirme, cette voie existe. D’abord si ce projet paraît impossible, c’est uniquement parce que tout le monde le considère comme tel. Et cette unanimité n’est pas un hasard, elle a été forgée par le Système. Le Système qui naturellement est foncièrement hostile à l’Europe puissance. Et il a si bien réussi à l’occulter que personne ne le propose. Selon la pensée unique, il n’y aurait en effet qu’une seule alternative : ou on soutient l’Europe de Bruxelles ou on milite pour la sortie de l’Union.

Mais la réalité c’est précisément qu’il y a une autre voie qu’il nous faut maintenant faire connaître. Et telle devrait être la démarche de la droite : il faut qu’elle se fasse le héraut de cette Europe puissance. En politique, avant de se concrétiser, un projet doit d’abord exister par le verbe. La droite doit donc porter cette ligne politique nouvelle et en assurer la promotion.

Aujourd’hui la droite, qu’elle soit républicaine ou nationale, est en plein désarroi et s’enlise dans les questions du quotidien et les débats politiciens. Si elle veut se relever, elle doit entreprendre une grande rénovation idéologique et, dans la fidélité à nos valeurs, elle doit porter une vision d’avenir pour notre civilisation. En clair, le moment est venu pour elle de faire bouger les lignes et d’incarner ce projet identitaire européen (...) nous sommes à la croisée des chemins : ce sera le déclin ou le renouveau. Et le renouveau c’est le projet d’Europe puissance, celui qui sauvera notre identité et nos valeurs, celui qui redonnera à notre civilisation sa place dans l’histoire et dans le monde."

Posté le 21 novembre 2017 à 09h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

Jean-Michel Blanquer : "L'Éducation nationale ne veut pas de l'écriture inclusive"

Le ministre de l'Education nationale l'a dit à nouveau dimanche sur France 3 :

"Pardon de le dire, mais c’est très laid. Ça déstructure les textes (...) En ce qui concerne l'Éducation nationale, nous ne voulons pas de l'écriture inclusive. (…) Ma grande cause est d'apprendre à tous les élèves à lire, écrire, compter et respecter autrui. Ce défi est suffisamment grand pour ne pas le compliquer (...) Je considère que la question de l’égalité homme-femme est une question cruciale, fondamentale à notre époque et que c’est dommage de la dévoyer vers ces sujets-là qui ne sont pas les vrais sujets du féminisme dont nous avons besoin"

Posté le 21 novembre 2017 à 09h02 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

20 novembre 2017

Robert Ménard : "C’est à partir de nos communes que nous pourrons bousculer cet ordre établi"

Extrait de l'interview de Robert Ménard sur Boulevard Voltaire :

"(...) Il nous faut partir du concret. Comme il nous faut partir de la base militante. Comme il nous faut partir de la commune. C’est à cette véritable révolution que nous devons nous atteler. Ne plus penser à partir de Paris. Ne plus penser à partir des partis. Ne plus penser à partir des experts. Mais, au contraire, cultiver la France d’en bas, écouter cette France qui ne se résume pas à Paris et une quinzaine de métropoles régionales, cette France des villes moyennes, des bourgs et des villages, cette France qui a un autre horizon qu’un périphérique…

« Cette France d’en bas qui est bien lasse des frasques de la France d’en haut » dont parle Michel Onfray ?
 
Exactement. Je suis convaincu que c’est à partir de nos communes que nous pourrons bousculer cet ordre établi qui est un ordre si injuste pour les plus démunis. Ce n’est pas un hasard si le maire est le plus populaire des politiques. Ce n’est pas un hasard si nos « élites » veulent réduire le nombre de nos communes alors que ces 35.000 collectivités et leurs centaines de milliers d’élus bénévoles sont une chance pour notre pays. Notre classe politique ne rêve que de destin national, de parler parisien (...)

Mais, encore une fois, comment bâtir cette opposition à un chef de l’État qui ne semble préoccupé que par la France qui gagne ?

Évitons les malentendus : je n’ai rien contre la France qui gagne. Je suis fier du succès de nos entrepreneurs, de nos artistes, de nos chercheurs, de nos sportifs. Je ne me lève pas tous les matins en récitant la prière du réac qui se lamente sur l’air du « Tout était mieux avant ». Au contraire, c’est parce qu’il nous faut une France qui garde son rang que je crois nécessaire de construire une alternative à Emmanuel Macron, apôtre d’un monde globalisé, uniformisé (...) Mais pour que cette alternative ait une chance, un jour, de l’emporter, il nous faut un programme convaincant et quelqu’un pour l’incarner. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Je ne vois pas, dans les visages connus, qui a la trempe, l’aura, le charisme…

Vous attendez l’homme providentiel ?

Et d’abord, pourquoi pas une femme ? Non, je ne crois pas au retour d’une droite bonapartiste, d’une droite césarienne. Je suis persuadé qu’il nous faut repartir du vécu des gens, de leur quotidien et qu’alors nous trouverons la personne idoine le moment venu. L’heure est à la remise à plat de toutes nos certitudes. Pas pour nous adapter à l’air du temps, pas pour renoncer à notre volonté de changer la vie de nos concitoyens, mais pour gagner. L’important n’est pas de participer à une élection mais de l’emporter ! Je ne crois pas au Grand Soir mais à la construction d’un vaste rassemblement issu de nos provinces, non pour conquérir Paris mais pour redonner le pouvoir à ce peuple, à ce petit peuple qui en a été dépouillé."

Posté le 20 novembre 2017 à 21h18 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Marie-Christine Arnautu et Bruno Gollnisch ne veulent pas changer le nom du Front National (FN)

Posté le 20 novembre 2017 à 21h09 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

17 novembre 2017

Bruno Mégret : "Le clivage droite-gauche est donc plus actuel que jamais et il porte cette fois sur l'essentiel"

Le site Polémia a interrogé Bruno Mégret sur les perspectives d'une refondation de la droite :

BM-112017-polemia-588x330Qu’est-ce que la droite pour vous ?

Pour moi, la droite c’est d’abord une vision du monde. C’est prendre en compte le monde tel qu’il est, croire qu’il n’y a pas de déterminisme, que l’histoire est aussi le fruit de la volonté des hommes. C’est voir en chaque personne un être libre et donc responsable de lui-même et de ses actes. C’est aussi savoir que les hommes n’existent pas seuls. Ils ne s’épanouissentqu’au sein de communautés qui leur donnent une place dans l’espace et le temps. Être de droite c’est donc aussi croire à l’importance des racines, des traditions et de l’héritage. C’est être attaché à la notion de peuple et de civilisation. C’est aussi être porté par une volonté de dépassement qui a d’ailleurs toujours été l’apanage de la civilisation européenne.

Mais, aujourd’hui, la droite, c’est aussi un combat parce que ce sont les valeurs de droite qui sont attaquées par la nouvelle gauche maintenant au pouvoir avec monsieur Macron. Cette nouvelle gauche est en effet internationaliste, favorable aussi bien à l’ultralibéralisme qu’à l’immigrationnisme et, à ce titre, elle représente un danger majeur pour notre identité. Elle est aussi « libertaire », adepte de la déconstruction sociétale, et constitue de ce fait une menace pour nos valeurs.

Le clivage droite gauche est donc plus actuel que jamais et il porte cette fois sur l’essentiel. Car si la droite ne sauve pas notre identité et nos valeurs, notre civilisation disparaîtra.

La France et l’Europe semblent engluées dans une crise identitaire sans fin. Comment en sortir ?

Comme dans toutes les périodes de décadence, beaucoup de gens savent ce qu’il faudrait faire. Le problème c’est de le faire. Or, la droite dite républicaine n’existe plus politiquement pour s’être soumise à la gauche et au Système. Quant à la droite nationale, elle n’incarne pas une force crédible pour s’être enlisée dans un programme et une stratégie passéistes.

Aujourd’hui, il faut une droite nouvelle. Peut-elle émerger des décombres du parti républicain ? Peut-elle surgir de la rénovation du Front national ? Viendra-t-elle de l’éclosion d’une force nouvelle ? Nous sommes à la croisée des chemins.

En quelques mots, quelle sera le teneur de votre intervention à ce 3e Forum de la dissidence ?

Je pense que la droite nouvelle doit s’adapter au monde multipolaire qui est le nôtre aujourd’hui et comprendre que la question identitaire et la question européenne sont désormais intimement liées. Si l’on veut faire l’Europe en détruisant nos identités, ça ne marche pas, comme le montre l’Europe bruxelloise. Si en revanche on veut défendre notre identité en tournant le dos à l’Europe, comme l’a fait le Front national pendant la campagne présidentielle, ça ne marche pas non plus.

Je m’efforcerai donc d’ouvrir des perspectives sur ces questions majeures en proposant de faire bouger les lignes. Car, pour rester fidèle à ses valeurs, la droite nouvelle qui est nécessaire à notre pays doit se mettre à l’heure du choc des civilisations."

Dans une autre interview, cette fois à l'Opinon, Bruno Mégret juge sévèrement le Front National :

"Consterné devant le champ de ruines" de la droite française, par son "incapacité à incarner ce qu'elle est", Bruno Mégret est aussi désolé (mais pas vraiment étonné) par "l'incapacité du FN à porter un projet crédible adapté au monde d'aujourd'hui" (...) On lui dit que les "mégrétistes" (Philippe Olivier, Nicolas Bay, Bruno Bilde, Steeve Briois) ont repris le pouvoir autour de Marine Le Pen ? "C'est objectivement vrai, avance-t-il, mais peut-être pas avec les idées de Mégret" (...) Quant à Marine Le Pen, lui qui l'a connue très jeune, il ne lui prédit pas un grand avenir : "Le débat l'a carbonisée comme le détail avait carbonisé son père" croit Bruno Mégret. Selon lui, elle va "louvoyer" pour garder la petite entreprise familiale mais a déjà fait une croix sur l'accession au pouvoir.   

Posté le 17 novembre 2017 à 12h14 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

Madeleine de Jessey : "On dénonce les porcs sans dénoncer la porcherie"

Lors d'une de ses premières interventions médiatiques, la nouvelle présidente de Sens Commun, Madeleine de Jessey, a condamné avec justesse et courage la pornographie dans le contexte du harcèlement sexuel :

7790968044_madeleine-de-jessey-etait-l-invitee-de-rtl-du-15-novembre"J’ai beaucoup de mal avec ce hashtag [#BalanceTonPorc, ndlr]. Je trouve formidable les révélations qui ont permis de libérer la parole, d’inciter des femmes à aller porter plainte d’agressions passées mais je préfère livrer les personnes incriminées à la justice plutôt qu’à l’hystérie collective sur les médias sociaux (...)

On dénonce les porcs sans dénoncer la porcherie (...) La fabrique de porcs elle continue de tourner à plein. On ne s'interroge pas sur la question de la pornographie et notamment les ravages que ça fait sur les plus jeunes, la conflictualisation des rapports garçons-filles que ça entraîne. La pornographie, c’est un univers où il y a un rapport hiérarchique dominant-dominé et où les femmes sont considérées comme des choses [...] On ne s'interroge pas sur les publicités sexistes qui utilisent les femmes pour attiser les pulsions consuméristes des hommes. Il faut s'interroger sur les causes"

Posté le 17 novembre 2017 à 11h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

Jean-Yves Le Gallou : "Le moule de résistance d’identité européenne se trouve aujourd’hui dans les pays de l’Est"

Jean-Yves Le Gallou commente sur Boulevard Voltaire la grande manifestation patriotique qui s'est déroulée en Pologne :

Que s’est-il passé en Pologne le 11 novembre ?

Depuis un certain nombre d’années, un traditionnel défilé patriotique est organisé le 11 novembre en Pologne. Il y a une dizaine d’années, il attirait quelques centaines ou quelques milliers de personnes. Depuis quelques années, il touche un assez grand nombre de Polonais. Les organisateurs parlent de 120.000 personnes, la police parle de 60.000 personnes. C’est donc une très grande manifestation patriotique polonaise.

Cette manifestation de l’identité polonaise peut-elle s’inscrire dans la montée de l’extrême droite dans les pays européens ?

Non, je crois que cette manifestation est polonaise tout simplement. L’identité polonaise est européenne, chrétienne et catholique. C’est normal que cela se retrouve dans les slogans et dans les drapeaux. En revanche, l’attitude des médias occidentaux (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne…) est nouvelle. Elle consiste à interdire toutes expressions identitaires et patriotiques en utilisant un vocabulaire de dénigrement et diabolisation. Ce qui est intéressant comme ils n’hésitent pas à monter en puissance dans le dénigrement. Ils parlent de manifestations d’extrême droite. Ils qualifient l’ASB en Allemagne de néonazi, les patriotes polonais sont des néonazis. Tout cela relève du délire médiatique.

La Pologne a une histoire assez particulière. Cette histoire la place dans un contexte antinazi et anticommuniste. Où se situe la Pologne aujourd’hui sur l’échiquier européen ?

La Pologne espère rester polonaise. Il est très significatif que les Polonais, les Hongrois et les Tchèques, qui sont encore très peu touchés par l’immigration aujourd’hui, aient compris qu’il fallait bloquer le phénomène dès son arrivée. Si jamais ils entrouvraient un petit peu la porte à l’immigration, alors, à ce moment-là, comme les autres, ils seraient submergés. Le moule de résistance européen, le moule de résistance d’identité européenne se trouve aujourd’hui dans les pays de l’Est. Ils ont beaucoup souffert, ils ont subi les effets de la Seconde Guerre mondiale et de l’occupation soviétique. Ils ont développé une culture de résistance qu’ils utilisent aujourd’hui contre les délires immigrationnistes de l’Union européenne.

Posté le 17 novembre 2017 à 10h51 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

15 novembre 2017

L'absence et le silence de Marion Maréchal-Le Pen sont tonitruants

Pour Philippe Bilger, l'union des droites n'est pas un gros mot :

9f0f3c49d047adb4d8e4c4b2df38eed5-627x417"(...) Il m'a semblé, sur ce sujet, que la droite globalement entendue se laissait trop volontiers imposer par la pensée politique et médiatique de gauche ses limites, ses frontières, ses lignes jaunes et au fond jusqu'où elle avait le droit d'aller, la liberté de réfléchir et d'innover. Au point d'en être elle-même déboussolée et de répugner à s'engager sur des territoires qui avaient été qualifiés d'interdits par ceux qui pourtant n'avaient aucune légitimité pour se mêler d'un projet qui ne les regardait pas.

Bien plus, à cause de ces diktats, la droite trouve en son propre sein des censeurs par avance de la moindre évolution, par exemple de la simple évocation d'une union des droites comme si cette aspiration seulement formulée était en elle-même scandaleuse et ne méritait même pas d'être examinée sur un plan intellectuel, politique, culturel et social. Parce que concrétisée elle reviendrait à constituer un grand parti des droites avec un FN qui ne serait plus animé par l'obsession de faire extrémisme à part mais par le désir de s'arrimer à une structure classique de responsabilité et de liberté ? Par le fait que Sens Commun, le nouvel épouvantail que la droite doit à toute force détester puisqu'on le lui commande, n'y serait pas hostile ?

Sur le premier point, il est clair qu'après "l'épuration" historique heureusement opérée par Marine Le Pen au détriment de son père et la révélation médiatique de la faiblesse politique et économique de la présidente du FN, le noyau dur de ce dernier - son socle demeure inchangé et se situe toujours à peu près à 21% - n'est plus étranger à toute possibilité de rapprochement avec la droite de Laurent Wauquiez. Sans compter que celui-ci a pour ambition d'attirer beaucoup d'électeurs du FN et que l'état de ce dernier ne rend pas absurde cette volonté.

Sur le second point, la droite devra-t-elle à perpétuité s'excuser de la vision qu'elle porte en la cachant sous la table démocratique, se flageller parce que l'identité d'un peuple et d'un pays est sa lancinante préoccupation et que l'islamisme, son grignotage au quotidien et ses crimes justifient ses angoisses, se repentir à cause des racines chrétiennes de la France et, plus généralement, accepter que tout ce qui fait sens, structure, cohérence, tradition et autorité soit avec désinvolture jeté dans les poubelles du temps ?

Derrière cette horreur trop partagée pourtant du seul concept - sans l'ombre d'une effectivité - de l'union des droites, je perçois que le christianisme invoqué, la religion chrétienne impliquée dans le bain du siècle et mêlée à la modernité pour en dénoncer les dérives ou la maintenir progrès véritable et qualité de civilisation représentent des adversaires qu'il convient de détester et que toute alliance qui les prendrait pour dénominateurs communs serait par elle-même malfaisante. Je ne vois pas de meilleur - ou de pire - exemple qu'une analyse à charge de Sens Commun par Mediapart mentionnant avec des haut-le-cœur une phrase de Christophe Billan selon qui " on ne peut être français si on n'est pas spirituellement ou culturellement chrétien" (...), je continue à douter de l'apport démoniaque de Sens commun même si des personnalités que j'estime à droite pensent le contraire.

Il y a l'insupportable christianisme mais aussi Marion Maréchal Le Pen. Son absence et son silence sont tonitruants. Elle n'est pas apparemment présente dans ce débat mais avec Robert Ménard elle l'a rendu plausible, pertinent, de moins en moins sulfureux. Elle est infiniment dangereuse pour tous les adversaires de cette union car elle représente un lien possible, fort, structuré, cohérent, avec une pensée conservatrice qui n'a pas peur de questionner tous les totems et tabous de notre Histoire, entre le FN de la tante sommairement partisan, pauvre sur le fond et une droite enfin sûre d'elle, donc ouverte. Il a suffi à Billan de le laisser entendre allusivement pour qu'une tempête se lève : l'indignation étant proportionnée à la crainte de devoir admettre la pertinence à terme d'une telle évolution !

Ce futur inconcevable ou encore lointain, s'il ne constitue pas une aspiration criminelle mais le droit qu'a toute famille de réfléchir à son élargissement, demeurera lettre morte si son évocation vise à substituer à la profondeur, à la richesse et à la clarté du fond les ignominies de la forme. On ne traite pas le président Macron comme Laurent Wauquiez a osé le faire récemment.

Mais l'union des droites n'est pas un gros mot."

Posté le 15 novembre 2017 à 22h55 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

14 novembre 2017

Au Parti Socialiste, DSK a visiblement fait des émules

ThumbnailA la lecture de ces témoignages de harcèlement sexuel accablants pour l'ancien patron du Mouvement des jeunes Socialistes (MJS), on est abasourdi car tout le monde savait et se taisait au PS.

Et dire que la droite molle se met au garde à vous devant le diktat moral de cette gauche caviar...

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Posté le 14 novembre 2017 à 18h44 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

07 novembre 2017

Forum Polémia : "Face à Macron : une bonne droite!"

L'Opinion annonce le forum de la dissidence Polémia qui aura lieu le samedi 18 novembre à Paris :

Polemia2017-jpg-petit-web-only"(...) Le 18 novembre, à Paris, se tiendra le troisième « forum de la dissidence Polemia » sur un thème clair et net : « Face à Macron : une bonne droite! » Il s'agit, précise l'invitation, de « soutenir l’union de la droite face au politiquement correct » car « le salut ne viendra pas des partis politiques tant qu’ils resteront médias dépendants. Il viendra des intellectuels, des militants, des réinformateurs, des médias alternatifs ».

Quatre « constats fondamentaux» seront faits lors de cette réunion: « Premièrement, le peuple de Droite existe. Deuxièmement, les idées de Droite sont majoritaires. Troisièmement, les intellectuels de Droite se réveillent. Quatrièmement, LMPT [la Manif pour tous], le plus puissant mouvement social récent, fut de droite

Parmi les participants annoncés figurent le directeur du mensuel L'Incorrect(dont le numéro 3 vient de sortir) Jacques de Guillebon, et son actionnaire principal Charles Beigbeder, les anciens conseillers régionaux FN Jean-Yves Le Gallou et Martial Bild (fondateur de TV Libertés), l'ancien patron du Front national de la Jeunesse Julien Rochedy (que l'on a vu aussi chez les « Amoureux de la France» de Nicolas Dupont-Aignan), le fondateur de Riposte laïque Pierre Cassen, l’universitaire Bérénice Levet et, pour couronner le tout, l’ancien député, eurodéputés et numéro 2 du FN, Bruno Mégret (...)"

Posté le 7 novembre 2017 à 20h56 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

11 septembre 2017

Gilbert Collard (FN) : "La dédiabolisation, c'est un piège à cons"

Quand Gilbert Collard fait son mea culpa et rejoint la position de Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen : 

 

Posté le 11 septembre 2017 à 21h34 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

13 juillet 2017

Le choix sans retour de Laurent Wauquiez est-il de faire encore et toujours perdre la droite ?

Voici la réponse de Laurent Wauquiez à Nicolas Dupont Aignan qui affirme travailler à l'union des droites :

"Moi, je rêve de dialoguer avec monsieur Wauquiez. Je lui ai déjà dit en privé. On se parle, comme je parle aussi à monsieur Philippot, à monsieur Nicolas Bay et à d'autres".

Posté le 13 juillet 2017 à 15h14 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (9)

07 juillet 2017

Le Front national et ses cadres se sont fait avaler par la communication

Dans sa contribution à la refondation du FN, Hervé de Lépinau déclare que "La base appelle de ses vœux une mise à plat et certainement pas un entre soi au nettoyage cosmétique". Un article publié sur Boulevard Voltaire et une interview publiée sur le Figaro illustrent l'erreur qu'est en train de commettre Marine Le Pen en se concentrant sur un changement de nom ou sur des séminaires dont on sait bien qu'ils sont de la poudre aux yeux :

Thomas Valmenier accuse le FN de faire de la communication au lieu de se poser les vraies questions :

"Marine Le Pen déclarait, hier sur France Info, considérer le Front national comme une marque usée. Nous voyons, ici, toute la considération que madame Le Pen a pour notre politique. Rattrapé par l’effet mode, le Front national, et plus précisément ses cadres, s’est fait avaler par la communication. Comme les autres, ce parti a choisi de laisser derrière lui les débats de fond, comme les autres il a fini par considérer qu’il n’était pas si important que ça de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus de tout. Comme les autres, il a réduit son rôle à proposer un produit au consommateur.

Le Front national, c’était le parti du peuple (...) Jean-Marie Le Pen était un homme issu de la classe populaire. Par l’Indochine et l’Algérie, il a gagné le droit de nommer son parti « Front national ». Plus qu’un nom de parti, c’était un slogan, renvoyant à la terre charnelle et au vocabulaire guerrier. C’était, pour ceux qui le scandaient, la puissance de la tradition, l’attachement à l’identité, la volonté de transmettre un idéal aux générations futures. Un mélange de fierté et de roman national.

Par l’orgueil de son créateur, qui n’a pas su voir que ce qu’il avait créé lui était supérieur, le parti du peuple est devenu le parti Le Pen. Ce n’était plus une certaine idée de la France que les militants essayaient de faire accéder au pouvoir, c’était « la fille de… »Mais voilà, la fille du Menhir n’est pas le menhir, elle n’a ni son enracinement ni sa culture. Ne pouvant compter sur elle-même, elle s’est reposée sur ses conseillers, qu’elle n’a pas su choisir. 

Laissant partir en lambeaux le programme fondateur, elle a laissé le parti à la dérive, abandonnant tour à tour ses principaux centres d’intérêt pour se laisser dicter par ses adversaires les sujets de campagne (...) Des sujets primordiaux au cœur de « droite et démocratie économique » (premier programme économique du FN en 1984), abandonnés ! À la place, un imbroglio indéchiffrable, technique, ne s’adressant qu’à une infime partie de la population.

Marine Le Pen reconnaît son échec ainsi que celui de toute la droite pour cette élection imperdable. Mais loin de se remettre en cause, elle attaque le nom de son parti. Soyons sérieux, il est dépassé, le temps où les électeurs du FN étaient des pestiférés obligés de se cacher. Plus que le nom du parti, c’est celui de sa dirigeante qui fait fuir. Elle n’a, hélas, pas su s’élever jusqu’à une stature présidentiable.

Changer le nom du parti, c’est s’obliger à repartir de zéro. Essayer d’implanter un nouveau sigle dans le paysage politique jusqu’à le rendre crédible pour 2022, en sachant pertinemment que les médias se feront un plaisir de cataloguer le nouveau venu à l’extrême droite, c’est se tirer une balle dans le pieds. Il semble plus rationnel de changer tout simplement de dirigeant pour revenir sur ce qu’est le véritable Front national : un parti pour les Français, au service de la France."

Bruno Bernard, ancien conseiller politique à l'ambassade de Grande-Bretagne, considère quant à lui qu'un changement de nom du FN serait un message mortifère envoyé à ses électeurs :

"(...) Les résultats du Front national sont bons voire excellents. Un observateur extérieur considérerait qu'avec la République En Marche et peut-être la France Insoumise, il est le seul parti, à avoir le vent en poupe et l'avenir devant soi.

Analyser les résultats de 2017 comme autant de défaites cinglantes montre un parti immature et impatient, voulant ignorer que le chemin à suivre est celui d'une progression lente mais constante. En effet les chiffres témoignent que l'élargissement de l'électorat Front national a eu lieu (...)

En abandonnant ce symbole le Front National donnerait l'impression, non pas d'évoluer, mais de se renier sous la pression de résultats électoraux considérés comme mauvais. Ce serait un message mortifère envoyé à ses électeurs. Que le parti recherche une meilleure cohérence idéologique c'est naturel, qu'il abandonne en rase campagne certains de ses marqueurs et il subira le destin des partis qui à force de reniements et de honte de ce qu'ils sont disparaissent sans laisser de trace (...)

Le Front national devrait demander aux Républicains si un changement de nom et de logo suffit pour devenir crédible et remporter des élections. Plus sérieusement il est évident que de simples artifices de communication ne suffiront pas à crédibiliser ce parti surtout après le débat désastreux d'entre deux tours de Marine Le Pen qui était, pour le coup, une véritable opportunité d'être crédible. Si le nom Front National disparaît, le nom Le Pen devra disparaître avec lui car il est le premier des repoussoirs pour les électeurs d'autres partis, notamment à droite (...) Depuis 2002, la droite française de gouvernement a changé de nom deux fois et a perdu deux élections présidentielles en ne cessant de rétrécir sa base électorale. Conclusion si on ne fait que changer que la devanture et rien dans le magasin cela ne sert à rien, on ne change pas les rayures du zèbre (...)"

Posté le 7 juillet 2017 à 12h08 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

Hervé de Lépinau (FN) : "La base appelle de ses vœux une mise à plat et certainement pas un entre soi au nettoyage cosmétique"

Hervé de Lépinau vient de publier sa contribution à la refondation du FN sur son compte facebook. Extraits :

870x489_000_par7688760"L’onde de choc Macron n’en finit pas de déstabiliser quarante ans de vie politique française : le Parti Socialiste et Les Républicains ne sont plus qu’un vaste champ de ruines. Le Front National donne quant à lui l’illusion d’avoir résisté au séisme : sa présidente a été qualifiée pour le second tour de l’élection présidentielle et l’entrée de huit députés Front ou apparentés à l’Assemblée Nationale se traduit en chiffres par une progression du nombre de parlementaires de 300% ! Mais ces constats spectaculaires ne peuvent contredire le fait que les fondations de l’édifice frontiste sont passablement fissurées. Et en politique comme en sismologie, gare aux répliques !

J’en veux pour preuve la déperdition de voix FN entre le 1er tour de l’élection présidentielle et le 1er tour des élections législatives, qui atteint au niveau national, près de 60% ! Du jamais vu. Candidat à la succession de Marion Maréchal Le Pen sur la 3ème circonscription de Vaucluse, j’ai subi ce coup de rabot : 46% des électeurs qui avaient voté Marine au 1er tour se sont abstenus le 11 juin dernier… Et cette circonscription fait partie de celles qui ont le mieux résisté (49,33% au 2nd tour) pour être classée parmi les dix premières.

Le constat est implacable : le Front National obtient péniblement six députés et deux apparentés là où ses espérances étaient dix fois supérieures, sans qu’il soit nécessaire d’accabler cette fois le mode de scrutin. Le fameux socle frontiste a perdu plus de la moitié de ses électeurs, c’est un fait (...)

Les instances du parti ont annoncé l’ouverture d’un grand chantier afin de tirer les enseignements de ces scrutins décevants dans le but de réformer le mouvement. La base appelle de ses vœux une mise à plat et certainement pas un entre soi au nettoyage cosmétique. La forme du séminaire est-elle la plus adaptée alors qu’un cadre réglementaire nécessaire à ce devoir d’inventaire existe déjà ? (...)

Quand certains font du chantage à la scission en cas de remise en cause de cette ligne monétariste et économiste dominante dans le programme présidentiel, d’autres pourront rappeler l’importance du combat civilisationnel et culturel. Quand le discours sur l’immigration est considéré comme anxiogène, il sera rappelé que nos électeurs nous attendaient sur ce sujet, alors que la sortie de l’euro a eu l’effet d’un véritable répulsif électoral. Et ce courant, souverainiste attaché au principe de subsidiarité, conservateur et identitaire, entrepreneuriale sur le plan économique, trop longtemps laissé sous le boisseau, trouvera un espace d’expression salutaire pour porter cette contradiction indispensable à tout débat démocratique.

Le boulevard électoral était sur notre droite et les coups de volant n’ont eu de cesse de nous conduire vers la gauche pour finir dans une impasse. Le Front National doit-il rester dans le ni droite-ni gauche ou s’assumer comme un parti de droite populaire et attaché à l’esprit d’entreprise ? Ou rejoindre la gauche souverainiste mais intrinsèquement socialiste ? Autant de questions qui ne peuvent rester plus longtemps sans réponses, au risque de ne plus retrouver ces électeurs qui nous reprochent d’avoir trahi leur confiance.

Ce souci de clarification aura aussi le mérite de permettre à chacun de se repositionner sur l’échiquier politique en recalant sa boussole idéologique pour prendre ensuite les décisions qui s’imposent. Nous vivons une crise de civilisation (j’en veux pour preuve l’offensive proPMA-GPA pour les couples homosexuels) et l’abstention massive signifie qu’une majorité de Françaises et de Français ne nous considèrent pas capables de relever ce défi en l’état.

Il est donc urgent de réformer notre pensée pour proposer une ligne politique claire, sans quoi la quête du pouvoir pour le bien commun restera une chimère. Encore faut-il s’en donner les moyens : c’est tout l’enjeu d’une refondation. »

Posté le 7 juillet 2017 à 11h49 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

25 juin 2017

Gardons nous du péché de sédition! Et luttons sans relâche contre ceux qui le commettent.

Extrait de la Somme de théologie, 2a-2ae, question 42.

[…]  la guerre se fait à proprement parler contre les ennemis du dehors, comme une lutte de peuple à peuple. La rixe, elle, se fait d’un particulier à un autre particulier, ou d’un petit groupe à un autre. La sédition, au contraire, se produit à proprement parler entre les parties d’un même peuple qui ne s’entendent plus ; lorsqu’une partie de la cité, par exemple, se soulève contre une autre. Voilà pourquoi la sédition, parce qu’elle s’oppose à un bien spécial, à savoir l’unité et la paix de la multitude, est un péché spécial.

[…] On appelle séditieux celui qui excite la sédition. Et parce que la sédition implique une certaine discorde, le séditieux est celui qui cause non pas une discorde quelconque, mais celle qui divise les parties d’un même peuple. […] 

* * * * * * * *

L’Apôtre [saint Paul] (2 Co 12, 20) interdit les séditions ; et les place parmi d’autres péchés mortels. La sédition est donc un péché mortel.

[…] la sédition s’oppose à l’unité de la multitude, c’est-à-dire à l’unité du peuple, de la cité ou du royaume. Or, S. Augustin dit que le peuple, selon le témoignage des sages, désigne « non point l’ensemble de la multitude, mais le groupement qui se fait par l’acceptation des mêmes lois et la communion aux mêmes intérêts ». Il est donc manifeste que l’unité à laquelle s’oppose la sédition est l’unité des lois et des intérêts. La sédition s’oppose ainsi à la justice et au bien commun. C’est pourquoi elle est, de sa nature, péché mortel, et d’autant plus grave que le bien commun auquel s’attaque la sédition est plus grand que le bien privé auquel s’attaquait la rixe.

[…] Le péché de sédition appartient d’abord et à titre de principe à ceux qui excitent la sédition. Ceux-là pèchent très gravement. Secondairement, à ceux qui les suivent, et qui troublent le bien commun. Quant à ceux qui défendent le bien commun en leur résistant, ils ne doivent pas être appelés séditieux ; pas plus que ceux qui se défendent ne sont coupables de rixes, nous l’avons dit.

[…]  Le combat qui est permis se fait pour l’utilité commune […]. La sédition, au contraire, se fait contre le bien commun du peuple. C’est pourquoi elle est toujours un péché mortel.

Posté le 25 juin 2017 à 12h58 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

21 juin 2017

Aidons LR à clarifier sa ligne politique

Avec la scission du groupe parlementaire à l'Assemblée, les lignes politiques vont pouvoir se clarifier. Encore faut-il que la direction du parti LR acte cette situation.

En octobre prochain, aura lieu une élection importante : celle du prochain président des Républicains.

Le sénateur des Hauts-de-Seine, Roger Karoutchi considère que la recomposition des Républicains se fera lors de l’élection de son président en octobre prochain.

« Ça veut dire que Laurent Wauquiez, que peut-être Xavier Bertrand, que Valérie Pécresse.. Je ne sais pas… il y en a peut-être d’autres qui envisagent d’y aller (…) Il faudra qu’ils y aillent mais il faudra qu’ils y aillent sur un projet. Et c’est sur ce projet là qu’aura lieu le débat de la recomposition de la droite. Celui qui sera élu portera le projet de recomposition ».

Les candidats probables sont Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Ou d'autres. Mais, pour pouvoir voter, il faudra être adhérent au 30 juin.

On peut adhérer à Sens Commun ou directement à LR, peu importe.

Posté le 21 juin 2017 à 20h10 par Michel Janva | Lien permanent

4 ministres à la trappe : le quinquennat Macron n'a pas fini de nous amuser

François Bayrou aura été ministre un mois, depuis son départ du gouvernement Juppé, en 1997. Jusqu'à la dernière minute, il se sera battu pour y rester. Le maire de Pau a démissionné ce jour, comme Marielle de Sarnez, Richard Ferrand et Sylvie Goulard (en plein salon du Bourget, cela fait désordre pour les membres du ministère des Armées qui l'attendaient sur le salon...). Le nouveau gouvernement ex-PS, LREModem a été nommé :

Par ailleurs, le ministre du travail Muriel Pénicaud affronte une première grève… dans son ministère :

"Mardi 20 juin, tous les syndicats implantés dans le ministère du travail ont appelé à faire grève pour dénoncer la « baisse drastique » des effectifs. Plusieurs centaines de personnes – dont certaines avaient fait le déplacement depuis Lyon, Toulouse et d’autres métropoles régionales – se sont rassemblées à Paris."

4 ministres disparus en 1 mois suite à des affaires + 1 grève dans un ministère = Le quinquennat Macron s'annonce très rigolo.

Posté le 21 juin 2017 à 19h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

20 juin 2017

Jean-Marie Le Pen : "Madame Le Pen n'a pas compris les raisons de son échec"

Drôle d'anniversaire pour Jean-Marie Le Pen qui a fêté son 89ème anniversaire devant les grilles cadenassés du siège du FN l'empêchant ainsi d'assister au bureau politique du parti qu'il a fondé et dont il est toujours président d'honneur mais exclu :

Le-pen"Jean-Marie Le Pen, exclu du FN en août 2015 mais rétabli comme président d’honneur du parti par décision de justice, s’est vu mardi matin refuser l’accès au siège du parti à Nanterre où se déroule une réunion du bureau politique frontiste, une «voie de fait» selon lui. La grille du «Carré», le siège du parti d’extrême droite, était bloquée par une chaîne pour empêcher l’accès au cofondateur du Front national en 1972, a constaté une journaliste de l’AFP. Les dirigeants du parti (Marine Le Pen, Florian Philippot, Nicolas Bay, Wallerand de Saint-Just) avaient prévenu ces derniers jours M. Le Pen qu’ils ne le laisseraient pas rentrer, alors même qu’il en a légalement le droit. M. Le Pen, 89 ans ce mardi, était accompagné d’un huissier.

«Je vous demande de prendre acte du fait que les entrées du local où doit se tenir le bureau politique sont condamnées par des chaînes. Comme j’ai passé l’âge de sauter les barrières...», lui a-t-il dit.

Devant la presse, ensuite, M. Le Pen a rappelé sa situation: «Je n’étais pas convoqué mais j’en suis membre de droit pour des raisons statutaires et qui ont été confirmées solennellement par différentes instances judiciaires». «Par conséquent, le bureau du FN, en prenant cette décision, brave à la fois les statuts, les décisions du congrès, les décisions des tribunaux et je dirais les lois de la pudeur la plus élémentaire mais ceci n’est pas fait pour nous étonner», a lancé l’eurodéputé.

Et d’attaquer: «On sait qu’au FN, il n’y a pas la reconnaissance du ventre. Si je n’avais pas prêté neuf millions d’euros au FN, non seulement il n’aurait pas pu participer aux élections législatives mais même pas aux élections présidentielles. C’est par cette délicatesse du cœur particulière que Marine Le Pen a tenu à me faire un cadeau le jour de mon anniversaire

«Le FN vient de subir deux échecs cinglants, un aux élections présidentielles, un aux élections législatives. La règle démocratique et républicaine, c’est à l’exemple de M. Cambadélis: dans ces conditions, on démissionne. Le bureau exécutif du FN aurait dû démissionner», a-t-il estimé.

Interrogé sur la nécessité d’une démission aussi de Marine Le Pen, à la tête de ce bureau exécutif, M. Le Pen a répondu: «A mon avis oui». Qui pour la remplacer? «Au FN d’en décider. Il y aura sûrement quelqu’un. Personne n’est irremplaçable». Eventuellement le vice-président Florian Philippot, avec qui il a des rapports houleux? «Ca m’étonnerait beaucoup. Il n’a pas la cote de popularité suffisante me semble-t-il.»

Jean-Marie Le Pen a ajouté :

Jean marie le pen"Il y a une règle fondamentale en politique, en période électorale on a que des amis. Commencer, un an avant les élections par exclure une partie de gens du mouvement, symbolisée au combien par le président fondateur, c'est évidemment une faute capitale qui condamnait en elle-même ces élections à l'échec. Sans parler du rôle personnel que Madame Le Pen a pu y jouer dans les derniers moments, et sur lesquels moi par pudeur paternelle, je passerai. Visiblement Madame Le Pen n'a pas compris les raisons de son échec, en tout cas elle ne les a pas admises, avec une tendance à faire porter sur les autres les responsabilités qui sont les siennes (...)

Je suis en faveur, dans un pays qui est menacé mortellement d'une déferlante migratoire à brève échéance, je suis partisan de toutes les unions de patriotes possibles."

Posté le 20 juin 2017 à 11h57 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (23)

Jacques Bompard prône l'union des droites à l'assemblée nationale

Posté le 20 juin 2017 à 06h29 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

Le féminisme : priorité du nouveau ministre des Armées, Sylvie Goulard [Add.]

C'est une initiative pour le moins déroutante, pour rester poli, de la ministre des armées, Sylvie Goulard. On se demande bien quel est l'intérêt de faire du féminisme ou du communautarisme sexuel à l'heure où le budget des armées est menacé d'une réduction de 2,66 milliards d'euros, où l'augmentation de ce même budget à 2% du PIB semble être désormais incompatible avec le programme de Macron et où la sécurité des Français et des Européens est un enjeu majeur :

"La ministre des Armées a lancé une invitation à ses collègues ministres de la Défense, des femmes qui occupent "des postes de premier plan dans la sécurité et la défense de l'Europe" et qui ont "quelque chose de particulier à apporter".

Sylvie Goulard souhaiterait les réunir le 13  juillet "pour une séance de réflexion, suivie d'un moment de convivialité" puis de la traditionnelle réception à l'Hôtel de Brienne et, enfin, du défilé du 14 juillet (...)"

Addendum : Sylvie Goulard ayant démissionné de son poste de ministre des armée aujourd'hui n'aura pas l'occasion de porter à termes ce projet majeur pour nos armées et la Défense en général...

Posté le 20 juin 2017 à 06h00 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

19 juin 2017

Dans les duels FN-LREM, 48% des électeurs LR-UDI ont choisi le FN

C'est 3 fois plus que les électeurs de la France Insoumise... :

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L'électeur FN ne vote pas d'abord pour son pouvoir d'achat, mais à cause de l'immigration, du terrorisme et de l'insécurité :

Capture d’écran 2017-06-19 à 22.03.54

Posté le 19 juin 2017 à 22h02 par Michel Janva | Lien permanent

Libération compte les députés homosexuels

...pour regretter qu'il n'y en ait pas autant qu'en Grande-Bretagne où ils représenteraient 6,9% des élus contre 0,8% en France :

"La prochaine Assemblée sera un chouïa plus gay. Disons un soupçon. Ce dimanche, au terme du second tour des élections législatives, cinq députés homosexuels, à notre connaissance, ont en effet été élus ou réélus, soit deux de plus (seulement) que lors de la précédente législature. Parmi ces parlementaires, le sénateur-maire socialiste d’Alfortville Luc Carvounas, premier parlementaire français marié à une personne du même sexe, l'ex-adjoint chargé du commerce à la mairie du IVème arrondissement de Paris, Pacôme Rupin (LREM), pacsé avec son compagnon, le co-fondateur de GayLib passé au Front national Sébastien Chénu dans la 19e du Nord et l’adjoint au maire FN d’Hénin-Beaumont Bruno Bilde, dans la 12e du Pas-de-Calais, font leur entrée dans l’hémicycle. Le député-maire LR de Coulommiers Franck Riester, élu avec 68,89% des suffrages dans la 5e circonscription de Seine-et-Marne, est lui le seul sortant à obtenir sa réélection (...)

Néanmoins, ces (...) députés ouvertement gays (tous des hommes) représentent un peu plus de 0,8% des élus du Palais Bourbon. Une représentation minime si l’on compare avec les 45 députés ouvertement LGBT élus à la Chambre des communes la semaine passée, soit 6,9% des députés britanniques."

Posté le 19 juin 2017 à 14h02 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (15)

La condamnation de Valeurs Actuelles annulée par la Cour de cassation

C'est une belle victoire pour la liberté d'expression :

Titrée "Naturalisés l'invasion qu'on nous cache", l'édition du 22 septembre 2013 du magazine de droite présentait également en appel de une: "Deux Français sur trois contre les naturalisations massives de Valls", "Islam, immigration: comment la gauche veut changer le peuple", "Le poids des musulmans n'a cessé d'augmenter". 

Outre l'amende, la justice avait ordonné, en première instance comme en appel, la publication d'un communiqué judiciaire en page de sommaire du journal. Elle avait condamné M. de Kerdrel a verser des dommages et intérêts à plusieurs associations luttant contre le racisme qui étaient parties civiles. Le responsable du journal avait formé un pourvoi en cassation. Il a obtenu gain de cause

Dans sa décision rendue mercredi, consultée par l'AFP, la haute juridiction a jugé que les propos litigieux, "portant sur une question d'intérêt public relative à la politique gouvernementale de naturalisation, ne dépassaient pas les limites admissibles de la liberté d'expression". Même si leur formulation peut légitimement heurter les personnes de confession musulmane", les propos litigieux "ne contiennent néanmoins pas d'appel ou d'exhortation à la discrimination, à la haine ou à la violence à leur égard", a jugé la Cour de cassation. 

Celle-ci a annulé la condamnation, sans ordonner de nouveau procès."

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Posté le 19 juin 2017 à 12h27 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

Jacques Bompard ouvert à la main tendue de Marine Le Pen en vue de constituer un groupe parlementaire

Lu ici :

Avec huit députés FN, "nous n'avons pas de groupe aujourd'hui, rien ne dit que nous n'en aurons pas demain (...). Je ne perds pas de vue cet objectif de pouvoir au cours des prochains mois constituer un groupe à l'Assemblée nationale qui puisse être un groupe où nous nous entendions sur deux, trois lignes principales, tout en conservant chacun notre indépendance et sa spécificité" a expliqué Marine Le Pen, entourée de plusieurs nouveaux élus FN. Il faut 15 députés pour constituer un groupe à l'Assemblée.

En attendant la réponse de Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Bompard aurait déclaré au Figaro qu'il n'y serait pas opposé :

 

 Louis Aliot est sur la même longueur d'onde :

"J'ai vu que Nicolas Dupont-Aignan est élu, j'ai vu qu'il y avait des députés indépendants, je ne les connais pas, je ne sais pas qui ils sont, on verra bien comment tout cela se passe", a déclaré le député des Pyrénées-Orientales sur RTL. "Sait-on jamais, peut-être que d'ici là un groupe se formera", a-t-il affirmé.

"Après tout, il suffit de s'entendre sur un projet d'opposition, il n'y a aucune raison que nous ne nous associions pas avec d'autres personnalités pour former un groupe", a ajouté le vice-président du FN. "Y compris avec des Républicains et des divers droite ?", l'a relancé le journaliste. "Bien sûr, tous ceux qui le désireront", a assuré Louis Aliot, indiquant "espérer que nous aurons une tribune et que nous pourrons nous exprimer"."

Posté le 19 juin 2017 à 11h25 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

16 juin 2017

Marion Maréchal-Le Pen, génération Macron ?

Le texte à quelques semaines mais l'analyse est très pertinente et surtout d'actualité :

475"Donc, Marion Maréchal-Le Pen s'en va. Renonce à tous ses mandats, à l'Assemblée et au Conseil Régional PACA. Elle s'en va travailler dans la vraie vie, loin de la politique professionnelle. Gagner ses galons de non-professionnelle de la politique. Dans les années qui viennent, désormais, ce genre de pas de coté en politique sera de plus en plus tendance. Il ne sera plus possible de briguer des suffrages sans afficher sur son CV de candidat un passage par le monde du travail, le vrai.

Marion Maréchal-Le Pen l'écrit à ses électeurs. Le temps du professionnel de la profession est révolu: "Je pense que l'époque des politiciens déconnectés du réel avec des décennies de mandat électif derrière eux est révolue. Si nous voulons rendre ses lettres de noblesse à la politique, il faut prouver aux Français qu'il existe aussi des élus libres et désintéressés refusant de s'accrocher coûte que coûte à leur statut et à leurs indemnités". Avec l'élection de Macron, une nouvelle ère s'ouvre, qui décrète que l'on ne pourra plus faire de la politique comme avant (...). La jeune députée du Vaucluse le sait. Mais elle sait aussi bien plus encore.

Marine Le Pen a perdu plus qu'une élection, et un débat. Elle s'est perdue elle-même. Nous avons déjà écrit ici que la fille, comme le père, dirigeant inamovible du Front national était une fin politique (...) Depuis le débat (...) et le score accablant du second tour, des cadres du FN font savoir que décidément, Marine n'a pas été la hauteur. Et posent la question de la pertinence du maintien du leadership de l'héritière. Certains vont même jusqu'à confesser qu'ils ont éprouvé une sorte de honte à la voir ainsi s'abîmer en une soirée. Ici réside la plus grande défaite de Marine Le Pen, acté par la mise en retrait de la nièce: elle est désormais contestée parce que contestable.

Florian Philippot est l'autre grand vaincu de l'histoire. Ce qu'a porté et incarné Marine Le Pen durant cette élection, ce naufrage oratoire face à Emmanuel Macron, c'est son œuvre ruinée. Seul, le Front national n'y arrive pas (...) Le gaullisme d'importation. Le chevènementisme d'opérette. Le patriotisme républicain jaurésien. Rien n'a fonctionné comme prévu… La triangulation Philippot s’est fracassée sur une double réalité politique. D’une part, les limites politiques et intellectuelles de Marine Le Pen. D’autre part, sur la mutation des droites engendrée par le populisme chrétien et la demande de conservation sociétale. Si Marine Le Pen est la femme de l’impossibilité gouvernementale, Florian Philippot est l’homme de l’impossibilité politique. En vérité, il n’a pas adapté le Front national à la droite qui vient, à la mutation sociétale qui s’est opérée sous le quinquennat Hollande, il l’a handicapé.

Oui, Marion Maréchal-Le Pen sait tout cela. Que le temps de Marine et de Florian est désormais compté. Qu’elle est, elle et elle seule, en capacité d’incarner un avenir qui réalise la synthèse entre le lepénisme historique, la transformation du FN en parti de gouvernement et l’accomplissement de l’alliance tactique entre un nouveau FN et la partie de la droite LR alignée sur une même vision de la France et des Français: France catholique, conservatrice et contre-révolutionnaire… La France Manif pour tous… Marion Maréchal-Le Pen, contrairement à Philippot, n’a jamais méprisé cette France en l’assimilant à la culture des Bonsaï. Elle l’a accompagnée et s’y est identifiée, en prévision de l’avenir.

Long est le chemin qui sépare le FN de 2022. Au fond, qu’avait à gagner Marion Maréchal-Le Pen à demeurer députée du Vaucluse ? Pas grand-chose en vérité. Un député de l’opposition ne sert déjà pas à grand-chose, alors que dire d’un député du FN, promis à l’inutilité totale. Elle renonce ainsi à une vanité pour en espérer une autre, plus accessible sans doute, s’offrant le luxe de contempler les inévitables déboires promis à sa tante Marine Le Pen et son obligé Florian Philippot… Et qui sait si ces deux-là n’entreront pas en conflit l’un contre l’autre, dans l’espoir de se sauver?

Marion Maréchal-Le Pen ne sera pas celle qui soutient ce qui tombe. Politiquement et judiciairement. Faut-il ici rappeler que Marine Le Pen risque d’être à tout moment rattrapée par la justice dans l’affaire des assistants parlementaires du Parlement européen? Et qu’elle pourrait bien se trouver empêchée, au bout de plusieurs années de procédure, d’être judiciairement candidate à l’élection de 2022?

Marion Maréchal-Le Pen, ayant plus à perdre qu’à gagner dans les semaines et les mois qui viennent, a choisi la sagesse et le confort. Elle n’a plus qu’à attendre, tranquillement, de devenir l’indispensable recours. C’est aussi l’un des effets paradoxaux de l’élection d’Emmanuel Macron, qui ouvre un appel d’air à l'émergence d’autres figures nationales dans les années qui viennent. Marion Maréchal-Le Pen, génération Macron."  

Posté le 16 juin 2017 à 17h00 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (18)

Carl Lang : "La ligne Florian Philippot, c'est la ligne de Marine Le Pen"

Un débat était organisé dans l’émission « Ça vous regarde » sur la chaîne parlementaire (LCP) sur le thème de l'avenir du FN (FN : Plus dure sera la chute") en compagnie de François d’Orcival de Valeurs Actuelles, de Jérôme Fourquet de l’Ifop et de Marie Labat, co-auteur du livre « Philippot 1er » et journaliste sur LCP. Nicola Bay (FN) devait participer à cette émission pour compléter le plateau mais Marine Le Pen a refusé cette participation et c'est pourquoi Carl Lang, président du Parti de la France s'est retrouvé parmi les invités... 

Posté le 16 juin 2017 à 14h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

L'appel de Jacques Bompard aux lecteurs du Salon Beige

Chers amis lecteurs du Salon Beige,

Je prends la plume pour vous remercier d’abord du constant soutien que vous m’avez apporté.

Pendant toutes mes années d’engagement, j’ai défendu la vie, la famille et le privilège chrétien dans notre pays. J’ay pu compter sur vos prières et votre soutien.

Comme vous le savez, la droite française vit des élections législatives plus que difficiles. Néanmoins, mes années d’engagement au service du Vaucluse m’offrent beaucoup de chances d’être élu.

Pour cela, j’ai besoin de la mobilisation de tous. Si vous connaissez dans votre famille ou vos relations des Vauclusiens, n’hésitez pas à les interpeller.

L’abstention ce dimanche reviendrait à voter pour un candidat Macron, c’est-à-dire pour la GPA, la PMA libéralisée et contre la famille.

Même si des dissentiments existaient, je ne doute pas qu’ils feraient leur possible pour compter sur un député qui n’a jamais transigé pour défendre les principes fondamentaux.

J’ai besoin de votre et de leur soutien.

Jacques Bompard

Ce matin à 8h, le maire d'Orange renouvelait la consécration de la ville au Sacré-Coeur :

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Posté le 16 juin 2017 à 13h56 par Michel Janva | Lien permanent

LREM à l'Assemblée jouera aussi le rôle de l'opposition

Il fallait y penser. C'était ainsi dans les républiques soviétiques à l'époque de l'URSS :

"(...) Du débat, des désaccords, oui, mais pas besoin des autres pour ça. Voilà le message que Mounir Mahjoubi ne cache pas : "Le contre-pouvoir existera" car "ce qui a fait La République en marche, c'est ce débat interne". Sans nier l'existence d'une réelle opposition au groupe LREM (mais qui ne pourra mathématiquement pas bloquer quoi que ce soit), le secrétaire d'Etat oppose plutôt les pouvoirs exécutif et législatif.

Et "l'opposition" LREM est déjà à pied d'oeuvre. Sylvain Maillard, élu député LREM dès le premier tour, assure qu'il votera les "six chantiers du 'contrat avec la Nation'" d'Emmanuel Macron, puis qu'après ça, il sera un "député libre". Même son de cloche pour Laeticia Avia, candidate arrivée largement en tête dans la 8e circonscription de Paris. Cette dernière assure qu'elle et d'autres députés LREM vont "challenger le gouvernement".

Après, on peut toujours parler d'introduire une dose de proportionnelle, mais franchement, quand on a la majorité et l'opposition dans un même groupe politique au Palais Bourbon, à quoi bon ?"

Posté le 16 juin 2017 à 12h14 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

JoueLaCommeBoutin#, c'est bien, c'est drôle ! Publier la photo de NKM, c'est mal !

Une fois de plus, le deux poids, deux mesures des médias aux ordres et de la classe politique devrait scandaliser les Français. Malheureusement, ils n'ont pas de mémoire.

En 2013, Christine Boutin est victime d'un malaise pendant une des grandes Manif pour Tous après avoir été gazée par les forces de l'ordre. La publication des photos fait rire le net qui développe l'application JoueLaCommeBoutin#. On ne souvient pas d'un tweet personnel (ChT) de Christine Taubira pour la soutenir.

En 2017, NKM est pris à partie verbalement, reçoit quelques tracts à la figure et perd connaissance. Non seulement, c'est l'indignation générale, complètement absente en 2013, mais, en plus, une polémique naît sur l'opportunité de diffuser les photos. Personne n'avait pourtant protesté en 2013, personne n'a protesté non plus lors de la diffusion du petit Aylan noyé sur une plage etc... 

Stop à l'indignation sélective ! A Montfermeil, Xavier Lemoine, blessé par un voyou dans l'exercice de ses fonctions de maireattend toujours que la classe politique prenne des nouvelles de lui...

 

Posté le 16 juin 2017 à 11h52 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (10)

Famille : Le programme du président Macron est dangereux

Monique Tezenas du Montcel (FN) est arrivée en deuxième position au soir du premier tour des législatives avec 22,88 % des voix, dans la 3e circonscription du Gard. En face d’elle : Anthony Cellier, un illustre inconnu du mouvement La République En Marche, qui a cumulé 33,93 % des voix. Elle répond à Présent :

Unknown-7"Vous parlez de défense de la famille. Vous êtes justement responsable du Cercle de fraternité du Gard. De quoi s’agit-il et quel est son rôle ?

C’est un cercle qui a été créé en 2016, sous le parrainage de Louis Aliot et dont le but est de défendre la famille à tous les niveaux, que ce soit en luttant contre le mariage pour tous – que Marine Le Pen promettait d’abroger si elle était élue – ou contre la GPA ou encore contre la PMA pour toutes. Nous sommes vigilants également aux mesures fiscales : tout a été fait pour détruire les avantages donnés aux familles pour les aider à élever leurs enfants. Ce cercle n’existe pas depuis longtemps c’est pourquoi il est important de le faire connaître !

Comment agissez-vous concrètement au sein de ce cercle ?

Pour l’instant nous organisons des conférences sur des thèmes précis comme le mariage pour tous ou encore la bioéthique. Nous avons des rapports étroits avec La Manif pour tous qui nous a bien soutenus dans le Gard. Nous essayons de travailler avec tous ces gens qui ont les mêmes valeurs que nous pour défendre ce qui nous tient à cœur. Le programme du président Macron est dangereux. On peut prendre l’exemple de la GPA qui sera comme autorisée puisqu’il veut une reconnaissance pour les enfants nés de GPA à l’étranger. Cela revient à légaliser la pratique dans les faits et c’est dramatique. Il s’attaque aussi aux retraites, c’est une autre façon de s’en prendre aux familles. Le rôle des députés sera de continuer le travail que Gilbert Collard a commencé en déposant 70 propositions de loi et d’amendements."

Posté le 16 juin 2017 à 10h25 par Michel Janva | Lien permanent

15 juin 2017

Qui se soucie de la santé de Xavier Lemoine ?

Ob_060d82_nkm-agressionTout le monde est au courant que NKM a fait un malaise après reçu quelques tracts à la figure de la part d'un homme énervé, qui s'en est pris à elle dans la rue... Tout le monde y est allé de son tweet de compassion : Hidalgo, Ciotti, Valls, Balkany, Philippot... Exercice obligé du bal des tartufes ! Le 1er Ministre, Édouard Philippe, lui a même a rendu visite à l'hôpital Cochin, "vont-ils pousser le délire jusqu'à éteindre la Tour Eiffel ce soir et mettre les drapeaux en berne ?"

Mais qui est au courant que le courageux maire de Montfermeil, Xavier Lemoine, a été blessé dans l'exercice de ses fonctions de maire ?

Maxresdefault"Le maire de Montfermeil en Seine-Saint-Denis, Xavier Lemoine, a été renversé mardi soir par un pilote de scooter devant l'hôtel de ville, rapporte le Parisien. Nos confrères précisent qu'il a été blessé au bassin et au niveau du cou.

C'est vers 19h30 place Jean Mermoz que l'incident a eu lieu, alors que le maire et ses policiers municipaux contrôlaient "des jeunes gens qui se livraient à un rodéo incessant devant la mairie", peut -on lire.Et d'ajouter qu'un jeune pilote a tout à coup renversé Xavier Lemoine qui traversait le passage-piéton, "avant d’être percuté par un autre trublion sur son deux-roues"."Le suspect a pris la fuite à pied, en abandonnant son engin", écrit le Parisien.Une enquête a été ouverte par le commissariat."

A part Valérie Pécresse, il a visiblement reçu très peu de soutien. Il faut dire que LR lui avait retiré son investiture au bénéfice d'un candidat UDI... :

Posté le 15 juin 2017 à 20h17 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

En marche, ce sont 222 candidats ayant déjà exercé un mandat

Le leurre du renouvellement politique :

"Il l’avait annoncé dès février dernier, sur France Inter : Emmanuel Macron élu, c’était l’assurance de députés En Marche ! sous ses ordres ! Pour assoir sa majorité au parlement, celui qui était alors candidat à la présidentielle soulignait que la condition d’investiture des parlementaires issus de son mouvement était de ratifier toutes ses propositions. « Chaque candidat qui sera investi signera avec moi le contrat avec la nation c’est-à-dire qu’il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, c’est-à-dire à soutenir notre projet. Il n’y a pas de frondeurs ». La démonstration d’hégémonie de l’actuel président révèle d’une dérive inquiétante, profondément anticonstitutionnelle, de l’usage du pouvoir en France. Elire un député macroniste relève donc au mieux de la farce, au pire d’un acte attentant profondément à la Constitution, qui rappelle que « Tout mandat impératif est nul. Le droit de vote des membres du Parlement est personnel ». Car ce n’est pas une consigne de vote, qu’exige le président : c’est un contrat de soumission, auquel les députés ne pourront déroger !

Elire un député macroniste n’engagera aucun renouveau. La récente étude du Cevipof a mis en lumière le gigantesque leurre que représentait cette vague de pseudo « nouveaux parlementaires » prête à s’abattre sur l’assemblée uniforme de demain. Une assemblée En marche, ce n’est que 35% novices de la politique et 222 candidats ayant déjà exercé un mandat. Une assemblée En marche, c’est 68.8% de cadres supérieurs, sorte de consortium de gérants d’entreprises accoutumés au langage de communication perpétuel d’un président ubérisé. Une assemblée En marche, c’est l’avènement de l’élite ploutocrate parisienne, le couronnement des géants financiers aux ordres du CAC 40. En marche a menti ! Le renouveau qu’il brandit en étendard est factice. Parmi les candidats ayant déjà œuvré en politique, ce sont 25 anciens députés, 32 conseillers régionaux, 76 maires, dont beaucoup s’inscrivent à gauche et vont perpétuer le quinquennat d’Hollande. Vont continuer de se servir chez les gens d’ici pour aider les nouveaux arrivants.

Un député macroniste de plus à l’assemblée ne fera qu’accélérer l’irrémissible mouvement de cette marche vers la dictature. Confier une voix supplémentaire au président, c’est lui offrir les pleins-pouvoirs et faire taire toute voix discordante à la sienne."

Posté le 15 juin 2017 à 09h05 par Michel Janva | Lien permanent

14 juin 2017

Thibaut Monnier, raflé lors d'une LMPT, succèdera-t-il à Erwann Binet ?

Thibaut Monnier, candidat FN sur la 8e circonscription  de l’Isere, est au 2nd tour (19,15%) contre Caroline Abadie (32,33%), candidate inconnue d'En Marche. Erwann Binet, le rapporteur de la loi Taubira, et le candidat LR ont été éliminés.

Thibaut Monnier n'est pas un inconnu pour nos lecteurs : jeune officier dans la Réserve Opérationnelle de l’Armée de Terre, il avait été arrêté arbitrairement lors de la rafle des Champs-Élysées le 25 mai 2013, après La Manif Pour Tous, et détenu pendant 24 heures. Dans une lettre ouverte, il avait demandé au président de la République de lui retirer ses décorations militaires.

Unknown-5"J’ai été neutralisé alors que je n’étais que passant curieux et spectateur silencieux ! Un commandant me pointant du doigt et ordonnant à ses subordonnés de « m’embarquer » après un échange de regard… Était-il trop clair pour sembler innocent ? Ma coiffure d’officier leur semblait-elle trop courte pour incarner le simple badaud, pourtant chef de Piquet d’Honneur d’une commémoration quelques jours auparavant pour le 68ème anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945…"

"Oui, nous pouvons parler d’une RAFLE. Organisée par vos services ce soir-là. Aucune de mes (nos) libertés n’ont été respectées. Arrêté sans aucune raison, je n’avais ni signe ostentatoire partisan, ni comportement agressif. J’ai été embarqué avec véhémence comme un vulgaire délinquant, sans aucune sommation, sans aucune explication, sans aucune considération. Je n’ose parler des conditions de détention. Vingt-quatre heures de garde à vue Monsieur le Président, permettez-moi de vous rappeler que « la force sans le droit rend la vérité abjecte ». Je ne me permettrais pas de qualifier votre opération de rafle si des arrestations massives et improvisées n’avaient pas été constatées. Ces vingt-quatre heures de détention ont au moins eu le mérite de permettre l’échange avec mes codétenus… les nombreux cadres dirigeants et étudiants supérieurs qui m’entouraient me faisaient penser à ces élites que l’on enferme par crainte qu’ils deviennent des vecteurs de conscience."

Posté le 14 juin 2017 à 19h56 par Michel Janva | Lien permanent

Jacques Bompard en appelle à l'union des droites et de ceux qui ont le sens du bien commun

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Posté le 14 juin 2017 à 16h30 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

Jean-Frédéric Poisson : "Je suis un protecteur de droite et Aurore Bergé est une libérale de gauche"

Jean-Frédéric Poisson répond à Famille Chrétienne. Extraits :

Jean-frederic-poissonComment expliquez-vous un tel raz-de-marée en faveur des candidats d’Emmanuel Macron dans les bastions traditionnels de la droite, y compris dans votre circonscription ?

Il y a de nombreux facteurs. Tout d’abord, c’est la queue de comète des terribles sanctions qui ont frappé la droite : elle s’est montrée incapable de répondre aux attentes des Français (...). Le discrédit de François Fillon est encore très diffus. Dans la cohorte des abstentionnistes, il y a probablement beaucoup d’électeurs de droite (...) Enfin, ce vote bénéficie du trouble suscité par des figures de droite, comme Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, qui apportent un soutien à peine masqué à Emmanuel Macron.

Quels sont les enjeux de l’élection législative dans la 10e circonscription des Yvelines ? Au-delà de la personne de votre concurrente, que représentent Aurore Bergé et les idées qu’elle porte ?

D’une certaine manière, le résultat eût été le même, que ce soit Aurore Bergé ou n’importe quel candidat. Edwy Plenel l’a très bien résumé : « un âne aurait l’étiquette En Marche, il aurait été élu » ! Nombre de ces candidats sont des individus venus de nulle part, qui ne connaissent pas les territoires où ils se présentent, et qui se permettent tout, sans aucune sorte de limite. Ils n’en représentent pas moins le projet d’Emmanuel Macron, qui nous ramène au libéralisme du XIXe siècle ! Nous le connaissons : c’est l’alliance de l’ordre policier sécuritaire, avec un musellement de la presse, et de la dérégulation économique, de la casse sociale. Ce sont les fondements même du libéralisme. J’y suis viscéralement opposé ! Je suis un « protecteur » de droite, et Aurore Bergé est une libérale de gauche (...)

Les estimations donnent une majorité écrasante à l’Assemblée en faveur de La République en marche (LREM). À quoi ressemblerait une gouvernance d’Emmanuel Macron dotée d’un si puissant levier, sans contre-pouvoir parlementaire ?

C’est très simple à décrire ! Cette formation ultra-majoritaire sera muselée : les futurs députés ont eux-mêmes renoncé à leur liberté de vote en signant une charte dans laquelle ils s’engagent à approuver les textes importants du quinquennat… Il faut savoir que plus il y a de députés dans une majorité, moins on les écoute. Avec 400 députés, comme cela est annoncé, il peut bien y en avoir 200 qui s’abstiennent, mais il en demeure toujours 200 pour voter comme le gouvernement le demande (...). J’ajoute qu’une Assemblée nationale acquise à Emmanuel Macron nous ferait quasiment entrer dans un régime de parti unique (...)

Nombre de vos collègues de l’Entente parlementaire pour la famille (Philippe Gosselin, Marc Le Fur, Valérie Boyer…) sont en difficulté. La disparition des conservateurs est-elle actée dans l’hémicycle ?

Aucun de nous ne prendra sa retraite ! Il y aura d’autres étapes à jouer, et ce n’est pas à l’Assemblée nationale que se rejouera la refondation future. L’enjeu est de rendre audible notre message : le conservatisme n’est pas une forme de réaction ou de tristesse ; il considère que certaines choses fonctionnent bien comme elles sont ! Il porte également une exigence de vérité, qui se heurte au relativisme intellectuel contemporain. Ce discours portant des messages exigeants a du mal à passer, car il est à contre-courant de la pensée dominante. Pourtant, c’est cette ligne protectrice et exigeante qui défend le mieux les plus fragiles. Les Français ne voient pas la contradiction dans les termes mêmes du projet d’Emmanuel Macron : le commerce devient la valeur de référence, tout en prétendant protéger les plus faibles. C’est antinomique (...)

Emmanuel Macron veut faire de nous un pays anglo-saxon de plus dans la mondialisation. Mais il n’y arrivera pas, car les Français, fondamentalement, ne sont pas libéraux. On peut être en faveur de l’entreprise et de la liberté individuelle sans être libéral. La question réelle est celle-ci : doit-on protéger les personnes du commerce, ou mettre le commerce en priorité ? Au traditionnel clivage gauche-droite, qui perdurera à cause de ses racines philosophiques, se substitue aujourd’hui celui des protecteurs, de gauche comme de droite, contre les libéraux de gauche et de droite. S’il est légitime de rassembler ces derniers, alors il faut rassembler les protecteurs. C’est la véritable refondation de demain qu’il faut mener (...)

Posté le 14 juin 2017 à 16h06 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

Il faut se garder d'enterrer trop vite le Front National

Analyse des Echos :

"(...) Il faut se garder d'enterrer trop vite un parti [le FN] créé en 1972 par Jean-Marie Le Pen et qui fait partie du paysage politique français. D'autant que cette formation politique a jusqu'ici résisté à bien des tumultes et même à un schisme, celui de 1998, qui a vu le départ de Bruno Mégret et de 80 % des cadres de l'époque. Il n'empêche. Tout comme ses confrères PS ou LR, le FN est un vieux parti de la Ve République. Il est aussi profondément divisé et pourrait bien, comme ses deux adversaires, se retrouver chamboulé après la victoire d'Emmanuel Macron et la recomposition de la vie politique qui en découle. C'est d'ailleurs, en creux, ce que prévoit Marion Maréchal-Le Pen, leader des tenants d'une ligne traditionaliste et identitaire - et démissionnaire une semaine après le second tour pour éviter le règlement de comptes annoncé. « La stratégie victorieuse réside dans l'alliance de la bourgeoisie conservatrice et des classes populaires », disait-elle dans une interview à « Valeurs actuelles » en mai dernier. Ce qui passe par la constitution d'une « droite nationale conservatrice ». « Cette union patriotique [...] n'a pas de sens en prenant en compte les partis actuels », prévenait alors l'opposante à la ligne défendue par sa tante.

Mais le parti fait face à deux problèmes. D'abord, la ligne politique. Le « ni droite ni gauche », ce slogan inventé par Samuel Maréchal, père de Marion Maréchal-Le Pen, au début des années 1990 et que l'on voit toujours sur des affiches placardées au siège du parti à Nanterre, aurait pu être audible dans le contexte d'une recomposition de la vie politique axée autour du clivage mondialistes contre patriotes. Mais ce mot d'ordre suppose que le parti soit assez puissant pour n'avoir besoin ni de l'une ni de l'autre. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. En l'absence de cette force, il est face à une impasse : comment accéder au pouvoir sans passer des accords avec d'autres formations politiques ? La présidentielle a prouvé que, avec 10,5 millions de voix qui se sont portées sur la candidature de Marine Le Pen, soit près de deux fois moins que sur celle d'Emmanuel Macron, le parti est loin du pouvoir s'il reste seul. Il y a fort à parier que le replâtrage qui aura lieu en début d'année prochaine lors d'un congrès ne suffise pas, s'il se résume à un changement de nom. Comme le dit un bon connaisseur du FN, «  la stratégie ni droite ni gauche reprise par Philippot est gagnante au premier tour mais perdante au second ».

Trouver des accords, cela ne peut, a priori, se faire qu'avec la droite. On voit mal la gauche radicale emmenée par Jean-Luc Mélenchon s'allier, même localement ou le temps d'une élection, avec le FN. Le report des voix de Mélenchon sur Le Pen au second tour a été minime. Une aversion pour l'immigration de masse, voilà le fonds de commerce électoral du parti fondé par Jean-Marie Le Pen. Mais, là encore, le FN bute sur une difficulté s'il veut s'allier avec la droite conservatrice : son programme économique, rédhibitoire pour les électeurs de la droite classique. La sortie de l'euro a agi comme un repoussoir, notamment chez les retraités, qui ont voté à 80 % Macron au second tour de la présidentielle. La question européenne sera donc au cœur du prochain congrès. Florian Philippot a déjà mis sa démission dans la balance après que sa patronne, Marine Le Pen, a déclaré mi-mai que la sortie de l'euro avait «  considérablement inquiété les Français de manière presque irrationnelle ». Certes, mais que faire ? Le FN, qui défend depuis 2002 le retour au franc, peut-il tourner casaque sans perdre sa crédibilité ? Marine Le Pen a plusieurs fois déclaré que rester dans un cadre européen lui interdirait toute rupture avec la politique menée par les différents gouvernements depuis trente-cinq ans. Et le parti va se heurter à une difficulté : il lui faut conquérir des électeurs de droite, sans perdre les classes populaires. Une manœuvre qui s'annonce périlleuse. D'autant que les souverainistes, emmenés par Florian Philippot, s'opposent aux identitaires et ne veulent pas entendre parler d'un tel tournant.

Cette fracture traduit les faiblesses d'une équipe perturbée par la prestation de Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours contre Emmanuel Macron. Discréditée aux yeux de certains militants et de beaucoup d'électeurs potentiels, la présidente du FN peut sauver momentanément son trône en étant élue à l'Assemblée nationale dans sa circonscription d'Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Pour les éventuels frondeurs, il n'en sera que plus difficile de la déloger. Mais les couteaux sont tirés."

Posté le 14 juin 2017 à 14h36 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

Robert Ménard : "Il faut construire un grand parti conservateur qui inclut le Front national mais pas que le Front national"

Suite à une interview accordée au Figaro où Robert Ménard avait fait part de son analyse concernant les résultats décevants du FN, ce dernier s'est fait rabrouer par Marine Le Pen et Florian Philippot, peu enclins à reconnaître leurs responsabilités respectives dans cet échec

"Robert Ménard n'appartient pas au FN, il devrait s'occuper de son mouvement 'Oz ta droite' et laisser les dirigeants du FN s'occuper du FN" (Marine Le Pen en conférence de presse à Soissons)

"M. Ménard n'est pas au Front national, premièrement. Le FN a explosé ses scores de manière historique, comme jamais. Alors ceux qui veulent qu'on revienne 20 ans ou 25 ans en arrière, qu'on se concentre sur une ou deux questions, c'est très bien, on retournera aux scores d'il y a 20 ou 25 ans" (Florian Philippot sur France 2)

On pourrait faire remarquer à Florian Philippot le manque de pertinence dans sa comparaison puisque le FN en 1997, il y a 20 ans donc, faisait mieux aux législatives avec un score de 14,94% mais laissons Robert Ménard préciser sa pensée pour Boulevard Voltaire :

"Quelle est, pour vous, la remise en question qui doit suivre ce nouvel échec ?

Pardon de me répéter de mois en mois et d’année en année : on ne peut pas gagner dans le système électoral français sans alliance. Ne pas construire d’alliances, c’est se suicider. C’est se suicider non seulement pour le Front national, qui va sortir étrillé de cette affaire, mais également, de la même façon, pour Les Républicains. Je le regrette pour l’un et pour l’autre. Il n’est pas possible qu’il y ait une poignée de députés du Front national alors que Marine Le Pen vient de faire plus de dix millions de voix et qu’il y ait quelques dizaines d’élus des Républicains alors qu’ils représentent un courant important de la vie politique de ce pays.

Dans les conditions institutionnelles, compte tenu du mode de scrutin, la droite doit prendre conscience qu’il faut absolument qu’elle s’allie. Sur 90 % des questions, l’électorat du Front national et celui des Républicains pensent exactement la même chose. Soit elle prend acte de cela et elle sort du sectarisme et de l’imbécillité des divisions mortifères qu’elle connaît aujourd’hui, soit elle sera définitivement ringardisée et renvoyée en dehors du match.

Sur le Front national lui-même, nous avons vu que les questions économiques avaient été un gros blocage. Elles ont été extrêmement importantes pendant la campagne. Pensez-vous que c’est la question qui doit agiter le Front national de l’intérieur après ces élections ?

Il faut réguler un certain nombre de questions et c’est l’affaire du Front national. Je n’y suis pas, mais si on me demande mon avis (et un certain nombre de gens, au Front national, me le demandent), tant qu’ils n’auront pas définitivement tourné la page de cette idée stupide de la sortie de l’euro, tant qu’ils n’auront pas, sur les questions économiques, envisagé autre chose qu’un discours d’extrême gauche identique ou presque à celui de monsieur Mélenchon, tant qu’en termes d’alliance des liens n’auront pas été tissés avec d’autres partis, tant que le Front national ne reverra pas son mode de fonctionnement et une partie des gens qui l’incarnent, il ne s’en sortira pas et c’est la France qui ne s’en sortira pas. Il faut construire un grand parti conservateur. Cela inclut le Front national, mais ce n’est pas que le Front national (...)"

Posté le 14 juin 2017 à 09h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

Jacques Bompard appelle à voter LR et FN pour battre En Marche partout dans le Vaucluse

Communiqué de Jacques Bompard :

Jacquers_bompard_afp"Nous devons faire comprendre à Macron et ses candidats que le Vaucluse n’est pas un produit financier. Nous devons faire gagner la droite contre les successeurs du Parti Socialiste que sont les candidats en marche. Avec Emmanuel Macron, nous savons que nous aurons toujours plus de mondialisation sauvage, d’immigration et de soumission à la finance.

Ce programme est un poison pour la France, comme la campagne unilatérale en faveur d’En Marche l’a été. Je connais bien l’assemblée nationale et y envoyer des élus sans expérience ni légitimité sera une erreur majeure !

Aussi j’appelle clairement à voter en faveur des candidats Républicains : Julien Aubert et Jean-Claude Bouchet, les frontistes Hervé de Lépinau et Anne-Sophie Rigault !

Résistons à l’OPA Macron !"

C'est clair et sans arrière pensée !

Posté le 14 juin 2017 à 08h59 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

Jacques Bompard a été le seul député à défendre sans cesse et fidèlement le respect intégral de la vie innocente [Add.]

Communiqué de Bernard Antony :

Maxresdefault"On apprend avec une certaine consternation que dans le Nord un candidat du Front National non en lice pour le second tour a chaleureusement appelé à voter pour le candidat mélenchonien contre le macronien. On peut comprendre et partager, c’est notre cas, l’aversion d’Eric Dillies pour le macronisme. Mais faire voter pour le mélenchonien, c’est une aberration, c’est oublier que le camarade Mélenchon a été et est toujours l’admirateur de l’immense infamie du bolchevisme castriste et autres régimes de la barbarie marxiste-léniniste.

En revanche, dans le Vaucluse, on ne comprendrait pas que toutes les voix de la candidate du Front National battue ne se reportent pas unanimement sur Jacques Bompard.

En effet, ce dernier a été le seul député dans la précédente assemblée à défendre sans cesse et fidèlement, sans aucune ambiguïté, le respect intégral de la vie innocente, conforme à son idéal d’écologie humaine et se prononçant pour le remplacement de la loi Veil. Jacques Bompard, qui a toujours agi contre le racisme antifrançais et antichrétien, a donc agi aussi contre le racisme antihumain.

L’Agrif, qui appelle à voter partout où il y en a, tel encore Henri de Lépinau dans le Vaucluse, pour les candidats défenseurs de notre identité française, chrétienne et humaine, appelle donc tous ses adhérents et amis à un effort de mobilisation pour assurer la victoire si nécessaire de Jacques Bompard."

Addendum : Plusieurs lecteurs signalent avec pertinence que, si Jacques Bompard s'est effectivement fait remarquer par la force de ses convictions concernant la défense de la Vie innocente, il est d'autres députés courageux qui ont fait de même comme Xavier Breton (LR, en ballotage défavorable dans l'Ain) et bien sûr Jean-Frédéric Poisson (PCD, en ballotage défavorable dans les Yvelines), qu'il faut donc soutenir.

Posté le 14 juin 2017 à 05h54 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

13 juin 2017

La candidate FN éliminée à Orange soutient Jacques Bompard... du bout des lèvres

Ce communiqué montre à quel point un grand nombre de responsables du FN n'arrive pas à sortir des logiques partisanes et des batailles d'ego alors que la France aurait tant besoin d'une recomposition des droites de conviction en vue de la défense du bien commun. Quelle tristesse !DCLRluSWsAEq7xR.jpg largeLa teneur du communiqué est bien différente de celui, publié hier, par Rémy Rayé et Antonia Dufour, conseillers départementaux FN du Vaucluse, dans lequel ils écrivaient :

"Dans la 4ème circonscription, J. Bompard a non seulement un bilan de gestion exemplaire mais s'est en outre toujours posé, à l'assemblée nationale, en ardent défenseur des valeurs immuables de la droite nationale : la foi en la nation, la défense de son identité, de la famille, de la vie, des traditions."

Et pendant ce temps, un candidat FN appelle à voter pour les candidat des Insoumis :

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Posté le 13 juin 2017 à 14h42 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (18)


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