30 août 2014

Manuel Valls hué à son arrivée à La Rochelle

Déjà hué à Caen cette semaine, Manuel Valls vient de nouveau de découvrir l'hsotilité qu'il entraîne, et cette fois, lors de son arrivée à l'université d'été de La Rochelle.

Manuel Valls a été accueilli par des sifflets et des slogans hostiles de militants de la CGT, aux abords de l'université d'été du PS à La Rochelle. Venu à pied de la gare, le Premier ministre a eu droit à un accueil houleux de manifestants brandissant des fanions du syndicat, de collectifs de sans-papiers et d'intermittents du spectacle.

Posté le 30 août 2014 à 18h43 par Michel Janva | Lien permanent

Les PME n'applaudissent pas les mesures faites aux entreprises du CAC 40

Le capitalisme de connivence entre l'Etat et les grands groupes nuit aux PME :

"Les médias prétendent que les entrepreneurs seraient enchantés du gouvernement Valls II. La réalité est très différente: ce qui est vrai, c'est que le parterre choisi des universités du Medef a fait un accueil triomphal au Premier ministre. Mais les patrons de PME n'ont aucune raison  d'applaudir des mesures faites pour les entreprises du CAC 40 et qui, non seulement n'arrangent en rien leur vie quotidienne, mais contribuent, au contraire, à ajouter de nouvelles strates de réglementation administrative.

De façon générale, les prétendus "cadeaux aux entreprises" ne sont jamais utilisables que par les grands groupes internationaux, pas par les PME françaises. Nous ne voulons pas de ces cadeaux empoisonnés. Nous ne voulons qu'une chose : qu'on nous laisse en paix pour créer et développer nos entreprises.

Ce qui tue l'emploi en France, c'est un code du travail totalement délirant et un changement permanent de la législation. Et aucun "pacte de responsabilité", aucun "CICE", soi-disant merveilleux "cadeaux" aux entreprises, n'y fera rien. Les 140 milliards d'euros d'aides diverses aux entreprises, dont se gargarisent tous les gouvernements successifs, et dont aucune PME ne profite jamais, seraient bien plus utiles en dégrèvement de charges sociales ou en baisse de la pression fiscale - pour restaurer notre compétitivité, nos marges et, finalement, notre capacité à embaucher.

De la même façon que la CGT ne représente nullement les salariés du privé, le Medef ne représente en aucune façon les PME françaises : nous ne sommes pas jaloux de l'augmentation de 29% du salaire de M. Gattaz et nous nous réjouissons bien volontiers pour lui du succès de ses affaires, mais, dans le même temps, combien d'entre nous étaient, au contraire, obligés de diminuer leur rémunération pour sauver leur entreprise ?
 
Non, M. Valls, les patrons français ne vous applaudissent pas et ils ne se sentent absolument pas représentés par les risettes de M. Gattaz !"

Posté le 30 août 2014 à 11h43 par Michel Janva | Lien permanent

Manuel Valls se sécurise

Rue de Varenne

Posté le 30 août 2014 à 11h29 par Michel Janva | Lien permanent

Le Haut Conseil à l’Egalité déçu par le nouveau gouvernement

Les "degauche", jamais content :

"le HCEfh regrette que la question des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, après avoir été confiée à un ministère dédié et de plein exercice en 2012, à un ministère élargi et de plein exercice en avril 2014, soit confiée aujourd’hui à un secrétariat d’Etat."

Posté le 30 août 2014 à 10h54 par Michel Janva | Lien permanent

Le travail dominical libéralisé par ordonnance

Le gouvernement va recourir en partie à des ordonnances pour le projet de loi sur la croissance. Matignon a précisé que le recours à cette procédure qui laisse les coudées franches au gouvernement sur un texte ne serait que partiel.

"Le texte de loi sur la croissance comportera à la fois des dispositions d'applications directes à la loi, comme à l'ordinaire, et à la fois des habilitations à agir par ordonnances, par exemple sur le repos dominical".

Posté le 30 août 2014 à 10h44 par Michel Janva | Lien permanent

28 août 2014

Le nouveau gouvernement ou la victoire de Terra Nova


Éric Zemmour : "Macron et Vallaud-Belkacem font... par rtl-fr 

Posté le 28 août 2014 à 23h42 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Le Gouvernement Valls II s'est trouvé une chancelière

Elle se nomme Angela Merkel à en croire ce titre du Figaro "Merkel veut des réformes en France" :

"La chancelière allemande Angela Merkel a renouvelé mercredi soir son appel à de "véritables réformes structurelles en France", sans plus de commentaires sur le nouveau gouvernement français, lors d'une interview publique organisée par le magazine Cicero".

Posté le 28 août 2014 à 10h16 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

27 août 2014

Un nouveau gouvernement, pour quoi faire ?

La composition du nouveau gouvernement inquiète les AFC :

"Pour les AFC, le caractère limité des changements effectués confirme que ces orientations ne répondent pas aux inquiétudes des familles. Elles les renforcent même gravement dans deux domaines : l'éducation et la politique familiale.

Les AFC sont actives depuis toujours pour soutenir les parents dans leur mission de premiers et principaux éducateurs de leurs enfants et garantir le respect des principes qui fondent leur confiance à l'égard de l'école. Elles s'inquiètent donc de la nomination d'un ministre de l'Education nationale qui a fait sien l'objectif de « changer les mentalités en s'appuyant sur la jeunesse ». Elles seront très attentives aux décisions et aux orientations prises, notamment s'agissant des dispositifs qui, sous couvert d'égalité entre filles et garçons, contourneraient les parents et aboutiraient à ne pas reconnaître égale dignité et différence entre les sexes.

Par ailleurs, les familles attendent plus que jamais des réponses concrètes et rapides pour sortir de l'incertitude

  • quant à l'accès à l'emploi qui fait partie intégrante de la politique familiale,
  • quant à la logique fiscale qui laisse penser que les familles qui paient des impôts sont des privilégiées,
  • quant à la lisibilité et à la stabilité à long terme de la politique familiale.

De façon générale, il est plus que temps d'en finir avec la méthode de réforme, jusqu'alors fondée sur un refus d'écoute et de dialogue, qui a entraîné une exaspération des Français.

Les AFC poursuivent activement leurs réflexions, nécessaires sur chacun de ces chantiers. Ces derniers demandent de sortir de la logique partisane pour travailler avec les associations familiales, compétentes et légitimes pour porter la parole des familles."

Posté le 27 août 2014 à 20h09 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Vers "le travail de sabordage complet de l’éducation nationale, de la famille et de la morale de bon sens"

Communiqué de l'Agrif en réaction à la nomination de Najat Vallaud-Belkacem :

"L’AGRIF prend acte du dernier remaniement ministériel, et fait part de sa profonde inquiétude suite au maintient de Christiane Taubira au ministère de la justice et à propos de la nomination de Najat Vallaud-Belkacem à la tête du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche. 

Najat Vallaud-Belkacem bien connue pour être une petite papesse de la théorie du genre, abreuvée de l’idéologie ultra-féministe américaine et qui fait largement la promotion de l’avortement, va poursuivre et empirer le travail de sabordage complet de l’éducation nationale, de la famille et de la morale de bon sens. Avec elle, c’est la continuation au racisme anti-humain, à la haine des valeurs chrétiennes et aux dépenses publiques massives pour mettre en œuvre cette idéologie nihiliste. Puisqu’elle est à la tête de l’enseignement supérieur et de la recherche, c’est l’Université française toute entière qui va pâtir de cette idéologie, et qui va endoctriner des générations de jeunes étudiants. Pis encore, puisqu’elle est à la tête de l’éducation nationale, ce sont les enfants qui vont faire les frais de cette propagande d’état. 

Avec ce remaniement, François Hollande et Manuel Valls entretiennent consciemment un climat anxiogène et nauséabond, jouent sur la peur, la haine et profitent de la crise économique pour déconstruire les derniers repères moraux, et ce dès le plus jeune âge. 

Évidemment, vu la côte de popularité des socialistes, et vu les réactions qu’ont suscité ce remaniement, les Français montrent bien qu’ils s’inquiètent de plus en plus de voir que leur gouvernement est bien plus occupé à imposer son idéologie décadente que de redresser économiquement et socialement le pays, que de s’occuper du chômage et de libérer l’économie réelle" (suite). 

Posté le 27 août 2014 à 19h11 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (10)

Belkacem vs Belghoul

Farida Belghoul réagit à la nomination de Najat Vallaud Belkacem au poste de ministre de la Déconstruction nationale :

"La nomination de Monsieur Najat Belkacem au poste de ministre de l’Education Nationale est une déclaration de guerre aux familles de France. La chouchoute du lobby trans, bi et cie vient de remporter le morceau de charbon incandescent à 36 ans. Si jeune et déjà si âpre à faire le malheur des hommes. Ils disposaient pourtant d’une solution raisonnable à ce conflit : tempérer en espérant qu’au fil de l’eau, peu à peu, ils parviendraient à convaincre la France. Mais il n’y a pas d’argument à introduire le sexe à l’école « dès le plus jeune âge ». Point de « dialogue » donc, mais une provocation calculée.

Ils savent que le Temps joue contre eux, qu’Il oeuvre en faveur des innocents. Ils pressent le pas car leur défaite est à l’horizon. Ils tentent donc le tout pour le tout et plantent une femme « arabe » dans le dos d’une autre femme « arabe ». Ils oublient que l’une des deux, et c’est ce qui la caractérise bien plus que sa race, est prête à mourir pour sauver les enfants. Ils ignorent, comme le disait Simone Weil, pas l’avorteuse, l’autre, la juive convertie à la mystique chrétienne, que « la réalité du monde est faite par nous de notre attachement (…) Par là, la nécessité du détachement devient plus claire ». La nomination de Najat Belkacem fait briller cette nécessité au fronton des écoles publiques et privées sous contrat. Le retrait est cette nécessité.

Pères et mères de France, engagés, et courageux, rassemblez-vous dans les rangs de la FAPEC, familles au complet, levez-vous en première ligne pour vous battre. Lancez-vous dans ce combat béni, protégez la chair de votre chair, ne la vendez pas à vil prix. Sauvez vos enfants, et ainsi sauvez ce monde en marche vers l’abîme. Méprisez le régime de la terreur, et de la calomnie, mis en place contre la JRE. Le pervers se nourrit de ténèbres et de confusions : la nécessité de se détacher de lui devient plus claire. Battez-vous ! Votre regard intensément posé sur votre enfant emporte déjà la victoire finale.

Vaincre ou mourir."

Posté le 27 août 2014 à 13h54 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

François Hollande au pied du mur

Lu dans Les 4 Vérités :

"En toute hypothèse, le coup d’éclat de Montebourg et Hamon et la démission de Valls mettent François Hollande au pied du mur – et c’est bien ce qu’il déteste le plus ! Il a toujours voulu composer entre l’extrême-gauche et la social-démocratie. Il lui faut désormais choisir. Encore une fois, le plus vraisemblable est qu’il opte pour la social-démocratie – symbolisée, en l’occurrence, par le maintien en place de Manuel Valls. Mais cela signifie alors que la gauche du PS, alliée aux écologistes et au Front de gauche, va mener une guérilla permanente contre ce nouveau cap. Le président élu par défaut n’a plus de majorité. Sa seule possibilité est d’en finir définitivement avec la Ve République – qui n’est déjà plus que l’ombre d’elle-même, faute d’avoir connu des hommes d’État capables d’endosser le costume de président – en passant à la proportionnelle pour les élections législatives, ce qui nous ramènera aux coalitions de la IVe. Renforçant le FN, et accélérant l’explosion de l’UMP, le président Hollande garde une chance de voir se réaliser son scénario préféré d’un 21 avril à l’envers. Mais il risque aussi de voir le PS exploser et le candidat d’extrême gauche passer devant lui en 2017…"

Posté le 27 août 2014 à 07h46 par Michel Janva | Lien permanent

26 août 2014

Valls 2 : LMPT dénonce des provocations et craint de nouvelles menaces pour les familles

Communiqué de La Manif Pour Tous :

"La nomination de Najat Vallaud Belkacem au Ministère de l’Education Nationale est une véritable provocation. La nouvelle ministre est en effet à l’origine des très controversés « ABCD de l’Egalité » devenu « Plan égalité » qui sous couvert d’égalité entre fille et garçon contribue en réalité à prôner l’indifférenciation des sexes et à diffuser l’idéologie du genre à l’école. A peine la rumeur arrivée sur les plateaux de télévisions, de nombreux commentateurs ont évoqué cette « provocation ». Porte-parole du Parti Socialiste, Carlos Da Silva s’est empressé de nier l’existence de la théorie du genre !

La confirmation de Christiane Taubira au poste de Garde des Sceaux est la seconde provocation de MM. François Hollande et Manuel Valls. Car derrière la confirmation de celle qui a donné son nom à la loi  autorisant le mariage et l’adoption pour des couples de personnes de même sexe, c’est aussi l’avenir de la Circulaire du même nom qui est en jeu. La Circulaire Taubira autorisant la reconnaissance en France des enfants nés de GPA (mères porteuses) à l’étranger est en effet au cœur de la mobilisation citoyenne contre cette nouvelle forme de traite humaine. Commander et acheter un enfant sur catalogue, louer ce qu’il y a de plus intime chez une femme, son ventre, voilà la réalité de la pratique des mères porteuses cachée derrière trois lettres anonymes GPA. Gammy, bébé né trisomique et abandonné par ses parents clients au début du mois d’août a ému le monde entier. Sa mère aussi. La Manif Pour Tous ne cesse de rappeler que le drame qu’a été l’affaire Gammy n’est pas un cas isolé mais bien la triste réalité d’une pratique indigne. Un nouveau cas similaire en Grande Bretagne vient d’être révélé il y a quelques heures par The Sun. C’est pourquoi le mot d’ordre majeur des manifs pour tous du dimanche 5 octobre à Paris et Bordeaux sera la demande l’abolition universel de la Gestation Pour Autrui. « On ne peut pas d’un côté considérer à juste titre que la GPA est un crime et d’un autre organiser le contournement de son interdiction en régularisant les enfants achetés à l’étranger par des couples de français, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. C’est la raison pour laquelle la circulaire Taubira doit être retirée sans délai. Sa confirmation au sein du gouvernement en qualité de garde des sceaux est un signal très inquiétant » estime Ludovine de La Rochère, Présidente de La Manif Pour Tous.

Enfin, le maintien de Laurence Rossignol en tant que Secrétaire d’Etat en charge de la famille est synonyme de vives inquiétudes de la part des familles. La proposition de loi APIE (Autorité Parentale et Intérêt de l’Enfant) doit arriver prochainement au Sénat en 1ère lecture. D’autres propositions de lois comme la suppression de l’adoption plénière sont d’ores et déjà dans les tuyaux avec le soutien de Mme Rossignol. Et le lobby LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transexuels) poursuit son action pour obtenir la libéralisation de la PMA (Assistance Médicale à la Procréation) pour les couples de femmes et les célibataires, privant ainsi délibérément et avant même leur naissance des enfants de leur père.

« En réponse à l’annonce de ce gouvernement Valls 2 et aux vives et légitimes inquiétudes des familles devant les projets de l’exécutif, La Manif Pour Tous maintient plus que jamais son appel à manifester le dimanche 5 octobre contre la GPA, la PMA pour les couples de femmes, l’enseignement du genre à l’école et autres projets familiphobes du gouvernement » conclut Ludovine de La Rochère."

Posté le 26 août 2014 à 20h06 par Michel Janva | Lien permanent

Pas de remaniement idéologique

Najat Vallaud-Belkacem remplace Benoît Hamon au ministère de l'Education. En 2011, cette idéologue déclarait :

"En quoi la «théorie du genre» peut-elle aider à changer la société?

La théorie du genre, qui explique «l'identité sexuelle» des individus autant par le contexte socio-culturel que par la biologie, a pour vertu d'aborder la question des inadmissibles inégalités persistantes entre les hommes et les femmes ou encore de l'homosexualité, et de faire œuvre de pédagogie sur ces sujets."

Parmi les autres non-changements de ce nouveau gouvernement,

  • Emmanuel Macron, millionnaire, ancien banquier d’affaires chez Rothschild, ancien conseiller économique de François Hollande (portrait), fait son entrée au gouvernement en tant que ministre de l'Economie, de l'Industrie et du numérique en remplacement d'Arnaud Montebourg. Il faisait partie des rares participants français à la dernière conférence de Bilderberg.
  • Fleur Pellerin prend la place de ministre de la Culture et de la Communication après le départ d'Aurélie Filippetti.
  • Patrick Kanner (président PS du conseil général du Nord) intègre prend le poste de ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
  • Thomas Thévenoud devient secrétaire d'Etat chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l'étranger.
  • Alain Vidalies devient secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche.
  • Pascale Boistard (proche de Martine Aubry) est nommée secrétaire d'Etat chargée des droits des femmes.
  • Myriam El-Khomri est nommée secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville.

Et Christiane Taubira reste à l'Injustice.

Rendez-vous le 5 octobre à Paris avec La Manif Pour Tous pour dire à Hollande qu'il n'a rien compris et qu'on ne lâche rien.

Posté le 26 août 2014 à 19h32 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (36)

Que vont devenir les sortants ?

 

Posté le 26 août 2014 à 17h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Départ de Benjamin Blanchard : réponse de Jacques Bompard

Suite à la brève publiée dans Minute début août, Jeacques Bompard indique :

"J’ai pris acte du départ de M. Blanchard. Il est par contre inexact de dire que je suis « désormais » épaulé par mes deux fils. Premièrement parce qu’ils m’épaulaient déjà avant en tant qu’assistants parlementaires. Deuxièmement, parce que M. Louis Driey, maire de Piolenc et mon suppléant pour la 4ème circonscription de Vaucluse, est une aide efficace et précieuse. Troisièmement, parce que M. Benjamin Blanchard est remplacé par M. Charles de Meyer qui réalisait gratuitement un énorme travail depuis plusieurs mois déjà, en tant que collaborateur bénévole. Sa compétence méritait salaire et je répare aujourd’hui avec plaisir ce qui était une injustice.

L’approche de nos cadres par le FN souligne en tous les cas notre capacité à bien les former. Je constate cependant que ce parti préfère récupérer les cadres des autres par le biais d’augmentations de salaire plutôt que de former ses propres cadres et de travailler ainsi en bonne intelligence avec ses concurrents."

Posté le 26 août 2014 à 14h57 par Michel Janva | Lien permanent

«Hollande ment tout le temps [...] Il ment tout le temps depuis le début»

Arnaud Montebourg se lâche.

Posté le 26 août 2014 à 14h26 par Michel Janva | Lien permanent

Le gouvernement songe à une hausse de TVA

L'opposition de ce gouvernement schizophrène hausse le ton :

Après le "gouvernement de combat", dissous faute de combattants disciplinés, Hollande demande un "gouvernement de clarté". A mon avis, pour répondre à son désir, il lui faudrait commencer par démissionner.

Posté le 26 août 2014 à 11h56 par Michel Janva | Lien permanent

L'ultime soubresaut de l'union de la gauche

Alexis Brézet, directeur du Figaro, écrit :

"«Qui voit Sein voit sa fin.» Ce dicton bien connu des marins, François Hollande, entre deux averses, l'aura sans aucun doute chassé de son esprit. Comment ne pas y penser, pourtant, au vu de l'ahurissant spectacle qui se jouait ce lundi à Paris, cependant que le président de la République rendait hommage en Bretagne aux premiers héros de la France libre? Sur fond de défiance abyssale et de désastre économique, comment ne pas reconnaître dans ce gouvernement devenu fou, ce Parti socialiste fracassé, cette majorité en charpie, tous les ingrédients d'une crise de régime dont les conséquences sont encore incalculables, mais dont il est clair que le replâtrage gouvernemental annoncé pour aujourd'hui ne saurait les épuiser?

[...] Car ne nous y trompons pas: ce qui se joue sous nos yeux n'est pas (seulement) la querelle d'un ombrageux Catalan et d'un bouillant Bourguignon en bataille pour la prochaine élection présidentielle. C'est l'ultime soubresaut de l'union de la gauche. L'acte de décès d'un parti socialiste qui ne s'était converti à l'Europe que parce qu'il pensait la convertir aux charmes du keynésianisme et de la redistribution «à la française» et qui découvre, mais un peu tard, sous les coups de boutoir de la mondialisation, que le socialisme ne marche pas lorsqu'il n'y a plus rien à redistribuer!

Événement considérable. Il y avait depuis longtemps deux gauches dans le pays: une gauche sociale-étatiste, productiviste, anti-européenne ; et une gauche sociale-libérale, réaliste en matière budgétaire et attachée à l'Europe. La première est toujours de gauche, mais elle a décidé d'ignorer la réalité. La seconde a choisi le réel, mais elle ne sait plus très bien si elle est encore socialiste. Depuis hier, la ligne de fracture entre ces deux gauches, irréconciliables, passe officiellement au cœur du PS. On voit mal comment François Hollande, dans l'état d'affaiblissement qui est le sien, pourrait trouver les moyens politiques de surmonter ce nouveau défi. [...]"

Posté le 26 août 2014 à 10h03 par Michel Janva | Lien permanent

25 août 2014

Montebourg croit citer St Augustin mais cite ... Wikipedia

Lors de la conférence de presse de ce jour au cours de laquelle il annonçait sa "démission", Arnaud Montebourg a déclaré citer St Augustin :

"Saint Augustin avait écrit 'la crainte de perdre ce que l'on a nous empêche d'atteindre ce que l'on est'. Pour ma part, je n'ai jamais ressenti la moindre crainte à défendre mes convictions d'homme engagé. Et je crois avoir simplement lutté pour rester fidèle à ce que je suis."

En fait il a copié Wikipedia (via):

A

Posté le 25 août 2014 à 19h24 par Michel Janva | Lien permanent

Le naufrage d'Hollande

Le Président Hollande s'est rendu sur l'Île de Sein, ce lundi, dans le cadre du 70e anniversaire de la Libération. Dans un contexte de démission du gouvernement, il n'y avait pas foule et le mauvais temps était de la partie. Pas un seul conseiller n'a su lui mettre un parapluie. Une image symptomatique de ce gouvernement en déroute :

H

Posté le 25 août 2014 à 14h46 par Michel Janva | Lien permanent

Démission du gouvernement

Manuel Valls a présenté la démission de son gouvernement aujourd'hui à François Hollande. Ce dernier l'a chargé d'en former un nouveau.

Posté le 25 août 2014 à 09h38 par Michel Janva | Lien permanent

24 août 2014

Hollande, pas obstiné ?

Face aux nombreuses critiques, y compris au sein de son gpouvernement, François Hollande a osé répondre :

"Si je pensais que ma politique ne marchait pas, j'en aurais changé. Je ne suis ni maniaque, ni obstiné."

Sur la dénturation du mariage, il nous a bien montré qu'il est obstiné de façon tout à fait déraisonnable.

Posté le 24 août 2014 à 19h14 par Michel Janva | Lien permanent

Travail dominical : les Français ne manquent pas de temps, ils manquent d'argent

Laurent Herblay, ancien porte-parole de Nicolas Dupont-Aignan, dénonce le retour du travail dominical :

"[...] Depuis des années, les partisans du laisser faire concernant le travail du dimanche font miroiter un gain pour la croissance. Ils raisonnent comme si le chiffre d'affaires en plus qui serait réalisé le dimanche viendrait en addition du chiffre d'affaire réalisé les autres jours de la semaine, comme s'il n'y avait pas de phénomène de substitution. Etant donné le climat économique, entre chômage record et pouvoir d'achat en berne, on ne voit pas ce qui pousserait les Français à dépenser plus. Ce n'est pas parce qu'on laisse davantage travailler le dimanche que plus d'argent sera créé. Ce n'est que la répartition hebdomadaire des dépenses qui serait modifiée avec une plus forte proportion réalisée le dimanche. Les Français ne manquent pas de temps pour dépenser, ils manquent d'argent, ce que cette réforme ne traite pas.

Déjà, en 2008, 48 députés de l'ancienne majorité avaient publié une tribune dans le Figaro pour s'opposer aux projets d'assouplissement des règles sur le travail du dimanche. Mais outre le non sens des arguments économiques (on attend toujours une démonstration solide du plus que cela pourrait apporter), comme ils le soulignaient déjà en 2008, cet assouplissement pose un problème de société. Bien sûr, 29% des salariés travaillent déjà le dimanche (dont seulement 13% habituellement), mais la société doit donner un choix aux citoyens de travailler ou pas le dimanche et le laisser faire dans ce domaine risque de le remettre en cause. Et le commerce n'est qu'un moyen au service d'une fin qui le dépasse, la condition humaine. Le travail du dimanche, c'est une inversion des priorités effarante, la prise de pouvoir du marchand et du commerce sur la vie de famille et des choses qui leur sont pourtant infiniment supérieures.

Gérard Filoche rappelle sur son blog qu'en avril 2012, François Hollande disait que «le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. Et j'y veillerai!». Il est tout de même effarant que sur ce sujet, comme sur bien d'autres, le président de la République renie à ce point ce qu'il avait dit pendant la campagne électorale. Il faut noter ici que Nicolas Sarkozy avait joué avec cette idée pendant sa présidence, évoquant notamment le cas de Michèle Obama qui ne pouvait pas faire ses courses des deux côtés des Champs Elysées (ce qui en dit tout de même long sur sa vision de la société, Madame Obama n'étant pas vraiment dans la moyenne). [...]

La proposition d'assouplissement des règles sur le travail du dimanche représente un mauvais coup porté à notre société et à une conception de l'humanité qui ne serait pas uniquement marchande."

Posté le 24 août 2014 à 12h16 par Michel Janva | Lien permanent

21 août 2014

La République des menteurs

Il y a moins d’un an, Alain Juppé promettait de se consacrer à Bordeaux entre 2014 et 2020…

Posté le 21 août 2014 à 20h36 par Michel Janva | Lien permanent

A quoi sert donc l'ARS ?

A quoi l'ARS (Allocation de rentrée scolaire) est-elle donc destinée ? A acheter le matériel scolaire pour que nos enfants puissent travailler dans les meilleures conditions possibles, pensez-vous. Vous avez tout faux. Une étude montre que le jour où les familles perçoivent l'ARS, les ventes de matériel high tech, tablettes, et autres jeux vidéo, explosent. L'Etat-nounou, qui pourvoit au moindre de nos besoins, ne contrôle pas l'usage que font les Français de l'allocation-rentrée.

"L’ARS, Allocation de Rentrée Scolaire, a été versée mardi sur les comptes d’un peu plus de trois millions de familles françaises. Cette année encore, le montant de l’allocation est en hausse, de 0,7% par rapport à l’année 2013, soit un peu plus que le taux d’inflation, qui s’élève à 0,5 en juillet 2014. 

Cette aide versée sous conditions de ressources est de 363 euros pour un enfant entre 6 et 10 ans, de 382 euros entre 11 et 14 ans, et de 396 euros entre 15 et 18 ans. Cette aide laisse cependant de plus en plus perplexe quant à son utilité, le versement de ces sommes par l’Etat entraînant toujours une envolée des ventes de produits high tech, bien loin d'un quelconque outil pédagogique. En témoigne un chef de rayon de grande surface à Tours, qui dans une interview accordée à la radio France Bleu, confirme que les ventes de jeux vidéos augmentent de 50% le jour de la distribution de l’allocation. Certaines familles n'hésitent pas à s’offrir des jeux vidéos, des DVD ou des écrans plats, explique ce chef de rayon. 

Autre point d’embarras, le nouveau décret gouvernemental qui prévoit qu’à compter de cette année, les parents d'adolescents de 16 à 18 ans n'auront plus à fournir de justificatif de scolarité, une attestation sur l'honneur assurant que l'enfant est scolarisé sera désormais suffisante. Cette modification répondait à une demande des associations familiales, qui affirmaient que le fait de devoir attendre la rentrée pour obtenir de l’établissement un justificatif causait un retard pouvant désavantager les familles les plus pauvres. Il n’empêche que les abus seront largement facilités...

En même temps que le versement de cette aide, on apprenait que la dette de la France dépasse les 2000 milliards d’euros, soit une dette de 30 388 euros par Français, soit 2,5 le SMIC annuel net, selon le compteur de l’Institut Montaigne. L’Hexagone est en outre le seul pays d’Europe à accorder de tels financements pour la rentrée scolaire. Certains autres pays de l’Union proposent ce type d’aide d’Etat , comme par exemple la Pologne, l’Irlande, la Belgique et le Luxembourg, mais jamais à un tel niveau."

Posté le 21 août 2014 à 18h16 par Marie Bethanie | Lien permanent

Les familles françaises peuvent-elles encore sauver ce qui reste de l'économie du pays ?

Communiqué de Laissez-les-vivre SOS Futures mères :

"Comment ne pas voir dans les récentes réformes fiscales anti-famille une volonté de casser toute politique familiale déstabilisant encore davantage la société. Car, d'un côté par le biais des deux dernières baisses successives de plafond du quotient familial, de 2 300 euros à 2 000 euros par demi-part en 2013, puis de 2 000 à 1 500 en 2014, voici plus d'un milliard et demi d'euros par an dont les familles vont être privées et de l'autre par celui des allègements fiscaux sans quasiment de prise en compte de charges de famille, voici seulement 48,5% des foyers fiscaux soumis à l'impôt en 2014 contre 53% en 2013, ce qui certes n'est certes pas en soi une mauvaise nouvelle mais ne va pas dans le sens d'une véritable politique d'aide aux familles. Une fois de plus, ce sont bien elles, qui se révèlent les perdantes.

Même si en théorie, ce ne sont pas les mêmes caisses qui sont concernées, l'argent économisé par la baisse du plafond du quotient familial devant servir à combler le déficit, ô combien artificiel, de la branche famille puisque cette dernière serait largement excédentaire si la mauvaise foi des gouvernements successifs n'avait pas conduit à faire peser sur elle des dépenses normalement à la charge du fonds de solidarité vieillesse puis de la branche vieillesse, tandis que les ristournes d'impôt accordées aux revenus modestes, sans quasiment de prise en compte de charges familiales, constituent des recettes fiscales en moins, éventuellement prélevées sur des réserves autorisées par l'Union Européenne, qui, effectivement, a toujours marqué son hostilité au principe français du quotient familial. Un nouvel effort pour les revenus modestes pour 2015 avait été évoqué par M. VALLS le 9 juillet 2014 : il avait alors annoncé que les célibataires gagnant 2,2% le S.M.I.C seraient exonérés d'impôt et que l'ensemble du dispositif devrait concerner environ cinq millions de foyers et constituer ainsi une perte d'impôt d'un milliard d'euros.

La simultanéité officiellement fortuite de ces deux mesures montre bien à quel point il existe une volonté sournoise de destruction de la politique familiale fiscale de la France, laquelle avait pourtant assuré sa grandeur. Comment ne pas y voir un début masqué d'individualisation de l'impôt, tel que le rapport LEMIERE du 9 décembre 2013 l'avait préconisé. Mais il s'agit également d'un simple calcul électoraliste : d'un côté, on mécontente deux millions et demi de foyers fiscaux soit environ cinq millions d'électeurs, de l'autre on satisfait cinq millions de foyers fiscaux, dont beaucoup certes sont célibataires. Néanmoins, cela peut concerner sept à huit millions d'électeurs ! Le calcul est aisé et c'est bien l'absence de représentation politique des enfants qui le favorise.

Cependant, les partis "de droite", eux non plus, ne sont pas exempts de démagogie électorale ; ils pourraient également être tentés de proposer une limite au nombre d'enfants pour lequel les allocations familiales seraient versées. Le dispositif est envisagé actuellement par les conservateurs britanniques et, en France, certains y songent également en y décelant même un moyen politiquement correct de limiter le remplacement de population. Même s'il n'est pas prévu de sanctions à la chinoise, cette mesure serait profondément tout à la fois contraire aux libertés et tout empreinte d'étatisme le plus dur. Or, dans un système confiscatoire (en 2013, les prélèvements obligatoires atteignaient 46% du PIB) et de surcroît sans aucun système de bon scolaire, il va devenir de plus en plus difficile de construire une famille et l'érosion de la natalité depuis 2010 (moins de 780 000 naissances en France métropolitaine en 2013) en témoigne. Certes, nous ne sommes plus à l'époque des Trente Glorieuses où la vigueur de la natalité avait soutenu la croissance.

Actuellement dans une économie plus ouverte l'argent dépensé dans la politique familiale n'est pas entièrement réinvesti dans l'emploi français. Néanmoins, même si le lien entre la politique familiale et l'essor de l'économie est désormais plus ténu, il existe et l'argent pris sur le dos des familles manque à l'économie française ainsi qu'en témoigne à cet égard les deux premiers trimestres 2014 de croissance nulle. Il n'est pas encore possible de chiffrer avec précision la baisse de pouvoir d'achat des familles de trois enfants et plus depuis l'élection de M. HOLLANDE, mais cette dernière pourrait être pour certains foyers de l'ordre de 10% pour la seule année 2013, en prenant en compte également l'absence de revalorisation des allocations familiales, et pour l'année 2014, c'est officiellement un peu plus d'un 1,4 million de familles qui ont été affectées par la baisse du plafond du quotient familial et elles comptent donc lourdement parmi les 13,7 millions de foyers fiscaux ayant vu leur taux d'imposition augmenter en 2014. Avec l'imprécision frisant l'amateurisme ou la mauvaise foi de la part du gouvernement, il a d'ailleurs fallu attendre le 29 juillet 2014 pour que la rapporteure générale du budget à l'Assemblée, Valérie RABAULT, découvre que l'abaissement du plafond du quotient familial en 2013 avait rapporté 13% de plus que prévu et avait concerné 190 000 foyers fiscaux de plus qu'annoncé initialement. Il n'est donc pas impossible que la même "découverte" concernant la sous-évaluation, volontaire ou non, du surplus de rentrées fiscales occasionné par la nouvelle baisse du plafond du quotient familial en 2014 soit effectuée en juillet 2015 et que les chiffres des familles concernées soit alors encore revu à la hausse.

Alors même que le chef de l'Etat français a été formé à l'école des Hautes Etudes Commerciales pourtant considéré depuis près d'un demi-siècle comme l'une des toutes premières écoles de gestion en France ; qu'il a été brillamment diplômé de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris, comme d'ailleurs quatre autres présidents de la République ; qu'il est sorti au 7° rang de la promotion Voltaire de l'Ecole Nationale d'Administration, considérée comme l'une des plus brillantes promotions depuis la création de l'ENA en 1945 ; qu'il a été affecté dès sa sortie dans l'un des corps les plus prestigieux corps de l'Etat, la Cour des Comptes, il semble ignorer l'une des règles fiscales maintes fois avérée depuis deux siècles, et enseignée en classe de première, à savoir : "Trop d'impôt tue l'impôt". En effet, une nouvelle fois, l'Etat a tout simplement oublié que les ménages, et tout particulièrement les familles, constituent les principaux consommateurs de l'économie du pays et qu'en les traitant comme de simples contribuables, taillables et corvéables à merci, ils ont considéré que " La croissance se décrète". Ainsi, rêvant d'une croissance dopée à la méthode Coué, les plus brillants esprits de la République ont imaginé, probablement pour satisfaire les projections de leurs cabinets ministériels ont budgété pour l'année 2014 (donc, à l'automne 2013) 75,3 milliards d'euros, soit une croissance des recettes fiscales de 17,65 %, autant dire un doux rêve de poètes invétérés. Or, à fin août, les projectionnistes de l'INSEE les plus optimistes donnent à fin décembre un chiffre de 65 milliards d'euros de recettes fiscales, soit 1,5 % de croissance ! C'est pourquoi l'association Laissez-Les-Vivre - SOS Futures Mères demande au gouvernement, sans remettre en cause les baisses d'impôt annoncées, de revenir de toute urgence sur les baisses de plafond du quotient familial, au risque d'aboutir avec certitude à une croissance négative et probablement même à la banqueroute de l'Etat."

Posté le 21 août 2014 à 09h34 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2014

La France, indifférente aux chrétiens d'Orient

De Wallerand de Saint-Just, membre du Bureau exécutif du Front National :

"Renault Girard, dans un article publié dans le Figaro du 19 août, écrit exactement ce qu’il faut : « dans l’Orient compliqué, ne jamais abandonner ses amis ». Il y rappelle, notamment, les graves erreurs commises ces dernières années, par les USA ou par la France de N. Sarkozy, de déstabilisation d’un certain nombre de régimes remparts de l’islamisme radical; il y rappelle aussi qu’en matière « d’abandon des chrétiens d’Orient, la France n’a hélas pas de leçon à donner ». C’est depuis 1975 l’histoire des chrétiens maronites du Liban : en France, les puissants ont été cruellement indifférents à leur sort.

Toutefois, des français se sont dévoués : depuis toujours, le Front national, avec à l’époque Chrétienté-solidarité, s’est attachė à défendre les chrétiens du Liban et d’Orient. J’ai moi-même participé très activement à la défense judiciaire d’un des chefs emblématiques des forces libanaises chrétiennes, Jany Le Pen a manifesté, avec son association « SOS enfants d’Irak » une préoccupation constante.

Il est très douteux qu’aujourd’hui, la France, ses dirigeants actuels, aient vraiment la volonté et la possibilité de défendre les Chaldéens victimes de terribles atrocités pour la raison qu’ils sont chrétiens.

C’est encore une fois, un mouvement politique, le Front national, qui prend et prendra la tête d’une nouvelle politique visant à réduire l’extrémisme islamique qui progresse dans de nombreux pays comme sur notre territoire."

Posté le 20 août 2014 à 12h03 par Michel Janva | Lien permanent

Et revoilà le travail dominical

Le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, présentera en septembre un "projet de loi sur le pouvoir d'achat" portant notamment sur les professions réglementées et l'ouverture des magasins le dimanche. Ce texte prévoierait, entre autres mesures, une adaptation de la réglementation sur l'ouverture des magasins le dimanche.

Posté le 20 août 2014 à 11h11 par Michel Janva | Lien permanent

Hollande confirme le soutien de la France aux terroristes musulmans

Dans un entretien au Monde, le président de la République confirme pour la première fois que la France a soutenu la rébellion syrienne en lui livrant des armes.

Et le seul regret que semble nourrir le président c'est que Bachar el-Assad ne soit pas tombé...

Posté le 20 août 2014 à 11h08 par Michel Janva | Lien permanent

L’UMP doit tendre la main à ses partenaires naturels

Pour Alain Juppé, candidat à la primaire de l'UMP (et donc à l'élection de 2017), les partenaires de l'UMP se situent au centre...

Sauf que l'électorat de l'UMP se trouve plus à droite, et même de plus en plus à droite. Ainsi, c'est le FN qui serait un partenaire naturel de l'UMP et non le centre, avec un Bayrou qui s'est rallié à Hollande en 2012. Tant que l'UMP ne s'ouvrira pas au FN (et à ses idées), ce parti ira à l'échec.

Posté le 20 août 2014 à 11h05 par Michel Janva | Lien permanent

Aymeric Chauprade bouscule des idées toutes faites au FN

Lu dans Minute :

"A trois mois du XVe congrès du Front national, qui se tiendra les 29 et 30 novembre à Lyon et s’annonçait sans enjeu majeur, Aymeric Chauprade vient de frapper un grand coup qui a, entre autres mérites, celui de poser les véritables questions de fond, celles qui fâchent et que le Front national, qui rechignait à les traiter frontalement, va bien devoir trancher s’il veut accéder au pouvoir. [...] Aymeric Chauprade, député au Parlement européen et conseiller de Marine Le Pen pour les affaires internationales, a publié un long manifeste. Certes, sa publication est intervenue sur son blog personnel et n’engage pas le Front national. Certes, le texte est simplement titré : « La France face à la question islamique : les choix crédibles pour un avenir français ». Mais il est déjà perçu comme un « Manifeste pour une nouvelle politique internationale de la France », en rupture totale avec la diplomatie de François Hollande, avec celle de son prédécesseur… et avec la ligne non dénuée d’arrière-pensées d’une partie du Front national, de ses compagnons de route et de certains conseillers occultes de sa présidente.

[...] En adepte du théoricien et philosophe catholique allemand Carl Schmitt, Chauprade fait sienne la notion d’ennemi prioritaire. « La France, écrit-il, n’a aujourd’hui qu’un véritable ennemi : le fondamentalisme islamique sunnite. » En vertu de quoi il affirme ceci, écrit en caractères gras : « A moins donc qu’il ne soit gouverné par un antisémitisme obsessionnel, un patriote français ne peut chercher à former, contre Israël, et avec l’extrême gauche pro-palestinienne, la racaille de banlieue et les islamistes une alliance à la fois contre-nature et sans issue politique. » Evidence pour l’électeur frontiste de base, direz-vous, mais pas pour une partie – en voie de réduction mais toujours influente – de l’appareil frontiste, qui persiste d’une part à croire à la possibilité, pour Marine Le Pen, de s’attirer le vote musulman, d’autre part à tenir le « sionisme » pour la source de tous les maux, camouflant (mal) derrière ce vocable au sens mystérieux un antisémitisme en effet « obsessionnel ».

Sur ce même thème, Chauprade va encore plus loin, rompant cette fois, sans prendre de gants, avec la ligne défendue, par exemple, par le vice-président du FN Florian Philippot, se démarquant aussi clairement avec la ligne de Jean-Yves Le Gallou, le très écouté président du laboratoire d’idées Polémia (lequel n’a pas encore réagi) : « Un vrai patriote français doit être capable de hiérarchiser les dangers qui menacent la France, de refuser l’idéologie et les constructions intellectuelles simplistes lui désignant un ennemi mondialiste imaginaire contre lequel il faudrait mener une révolution mondiale. » [...]

Mais Chauprade va encore beaucoup plus loin. Il en appelle à l’élimination physique, par les services français, des djihadistes… français partis combattre en Syrie (ou ailleurs). [...]

Marine Le Pen, qui prône encore l’assimilation des populations extraeuropéennes, croyant que l’échec de celle-ci est juste dû à l’absence d’autorité de l’Etat (qu’elle rétablira), s’est toujours refusée à entrer dans cette logique. Chauprade s’y engouffre : « La France a évidemment besoin de profondes réformes économiques, et d’une réforme morale sans doute, mais elle est, avant tout, menacée par le remplacement de sa population historique par une population en majorité africaine et musulmane. Il s’agit là d’une évidence qu’aucun déni de réalité ne saurait masquer. » Evidence peut-être pour lui, mais pas inscrite du tout dans les gènes du FN. [...]

Et, comme un constat ne suffit pas, il avance des solutions qui ne sont pas plus celles qui figurent dans le programme du Front national, en ciblant ceux qui n’ont vocation « ni à être ni à rester français », ce qui implique l’application des textes permettant la déchéance de la nationalité française pour ceux qui le sont déjà et n’ont pas « vocation à le rester » : « Ceux des musulmans sunnites qui s’assimileront choisiront d’intégrer l’héritage d’une France chrétienne, laïque et d’accepter que leurs compatriotes juifs puissent aimer Israël comme eux-mêmes aiment la terre de leurs ancêtres, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie. Les autres (ils sont nombreux) qui font le choix de l’oumma plutôt que de la France, qui voilent leur femme et leurs filles, qui adoptent la barbe salafiste, ceux-là n’ont vocation ni à être ni à rester français. Le refus énergique de l’islamisation (en refusant la construction de mosquées et l’intégration des règles islamiques dans nos coutumes) autant que la réforme profonde des conditions d’accès à l’Etat-Providence seront les deux choix politiques forts qui créeront les conditions du retour de ceux qui n’ont pas voulu choisir d’aimer la France. » [...]

Il faut lire l’intégralité de ce manifeste, qui traite aussi, de façon moins étonnante, de la responsabilité écrasante des Etats-Unis, des relations avec la Russie, de celles avec le Qatar et avec l’Arabie saoudite (« En plus d’être achetés par le Qatar et l’Arabie Saoudite, nos gouvernants de l’UMP et du PS ont fait le choix cynique du poids démographique de la clientèle électorale musulmane ») et de la dérogation au principe de non-ingérence au nom de la « solidarité civilisationnelle » qui fait que le communiqué publié ce même 11 août sous la signature d’Aymeric Chauprade au nom du Front national était titré : « La France doit participer militairement à la destruction de l’Etat islamique en Irak ». [...]

Pour Marine Le Pen, sortir de l’ambiguïté, c’est-à dire adopter ou rejeter ce Manifeste pour une nouvelle politique internationale de la France, et donc définir qui est l’ennemi prioritaire, le « fondamentalisme islamique sunnite » ou le « mondialisme » qui n’est bien souvent que l’autre nom que les antisémites donnent au « sionisme », serait au contraire un grand éclaircissement indispensable dans sa quête du pouvoir."

Posté le 20 août 2014 à 08h47 par Le Salon Beige | Lien permanent

19 août 2014

Benjamin Blanchard quitte Jacques Bompard

Trouvé dans Minute du 6 août :

"Encore un collaborateur de Jacques Bompard qui va voir ailleurs si l’herbe est plus verte. L’assistant parlementaire du député du Vaucluse, Benjamin Blanchard, a quitté l’Assemblée nationale pour aller travailler auprès de Marie-Christine Arnautu, député FN au Parlement européen. Blanchard est aussi un des responsables de l’association SOS Chrétiens d’Irak. Jacques Bompard est désormais épaulé par ses deux fils : Guillaume et Yann."

Posté le 19 août 2014 à 12h10 par Michel Janva | Lien permanent

18 août 2014

Philippe de Villiers : "Le milieu politique français est devenu un cloaque irrespirable"

Dans le Figarovox de ce jour, Philippe de Villiers évoque cette rencontre avec le président russe. Extrait :

"[...] J'ai dit à Vladimir Poutine que le Puy du Fou venait poser devant lui un acte de paix. En effet, ai-je ajouté, les sanctions sont des actes de guerre, les coopérations sont des actes de paix. Tous les esprits pacifiques qui aiment l'Europe et la Russie veulent secrètement sortir de l'engrenage car ils savent que les sanctions sont des humiliations qui provoquent les peuples qui ont encore une fierté. C'est le cas de la Russie. Poutine a répondu: «J'accueille votre arrivée en Russie comme un signe de la nécessaire désescalade.» J'ai souligné auprès de lui que, selon moi, l'avenir de l'Europe ne doit pas s'écrire sur le continent américain, mais sur le continent européen. L'Europe ne peut pas se faire sans la Russie. Il a cité l'expression du général de Gaulle, «l'Europe de l'Atlantique à l'Oural», une Europe de forme confédérale qui respecte les souverainetés.

Vous avez déclaré sur Europe 1 «ce qui manque à la France, c'est un Vladimir Poutine». Qu'entendiez-vous par là?

Je n'ai fait que répéter ce que j'entends tous les jours autour de moi en France dans les milieux populaires, cette phrase qui revient dans la bouche des gens de bon sens: «Il faudrait aujourd'hui en France un gars comme Poutine à la place de Hollande!». C'est-à-dire un chef d'État patriote, visionnaire et qui prend des décisions.

Quel regard portez-vous sur sa conception de la démocratie et des droits de l'homme?

Vladimir Poutine est un chef d'État élu avec 63 % des suffrages, de manière démocratique. Et j'ai pu mesurer son immense popularité, que ce soit à Moscou ou en Crimée durant les jours passés là-bas. Quant à la question des droits de l'homme, Vladimir Poutine a exprimé des réticences devant les excentricités des Femen et la propagande de l'homosexualité. C'est la raison pour laquelle tous les chefs d'État occidentaux ont refusé d'aller aux Jeux olympiques de Sotchi, et c'est absurde! Le président Poutine ne veut pas donner la Russie aux Femen et à l'Otan, on le comprend. L'Amérique ne se comporte pas d'une manière raisonnable. Elle veut «otaniser» le monde entier et met le feu partout. Ce qu'elle désire, ce n'est pas seulement l'Ukraine dans l'Otan, c'est aussi abattre Poutine pour prendre la Russie et y installer son idéologie multiculturaliste, mondialiste et consumériste. Elle veut imposer son modèle de société, en particulier aux pays enracinés qui lui résistent.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que vous jouez le jeu de la propagande russe?

Une députée socialiste a dit que j'agissais contre l'Europe. Je lui réponds que j'agis pour la paix et l'amitié franco-russe, mais que hélas l'Europe aujourd'hui n'agit pas pour elle-même, mais pour la politique américaine sous l'impulsion de José Manuel Barroso, Herman Van Rompuy et François Hollande. L'Europe est devenue la cinquante et unième étoile du drapeau américain. J'accuse l'Amérique de chercher la guerre partout dans le monde parce qu'elle y voit la seule solution d'écluser sa dette monstrueuse due au mondialisme de ses dirigeants.

Konstantin Malofeev, votre partenaire dans la création des déclinaisons russes du Puy du Fou, est visé par des sanctions de l'Union européenne, notamment parce que Kiev le considère comme le banquier de la rébellion séparatiste qui a pris le pouvoir à Donetsk…

Je connais Konstantin Malofeev depuis plusieurs années. Il est devenu pour moi un ami. J'ai une totale confiance en lui et je sais parfaitement quel genre d'homme il est. C'est un chef d'entreprise de haute réputation en Russie et qui consacre aujourd'hui sa fortune à des œuvres humanitaires et caritatives. J'ai visité sa fondation et ses écoles. Certains partis néonazis ukrainiens qui, aujourd'hui, mènent la danse, l'accusent sans aucun élément de preuve de financer la rébellion prorusse à Donetsk. C'est absolument faux. Konstantin Malofeev dépense son argent à créer une chaîne humanitaire en Russie pour distribuer des médicaments et préparer des hôpitaux de campagne pour les nombreux Russes réfugiés qui ont fui l'Ukraine. C'est cet acte de solidarité que les dirigeants européens appellent soutien aux séparatistes. Konstantin est très connu en Russie pour sa générosité en faveur des familles réfugiées, mais aussi des enfants orphelins. On lui reproche aussi d'aimer les tsars et de préférer Nicolas II à Staline. Décidément, il y a encore des nostalgiques de la terreur soviétique!

Vous êtes officiellement retiré de la politique et vous vous consacrez à l'écriture de votre prochain livre sur Jeanne d'Arc. Vos propos sont néanmoins très politiques. La tentation du retour vous titille-t-elle?

Tout ce que je vous dis relève de la survie de notre civilisation. Il n'y a pas besoin pour mener ce combat d'aller quémander un picotin électoral. Ma notoriété me permet de dire ce que j'ai le devoir de dire. Mais la politique active aujourd'hui me donne la nausée comme à beaucoup de Français. Le milieu politique, qui a perdu le goût et le sens des idées, le goût et le sens de la France, est devenu un cloaque irrespirable. C'est un combat de petits coqs sur un tas de fumier. Je n'ai pas envie de retourner dans cette basse-cour. Laissons les coqs chanter. Vive l'amitié franco-russe!"

Posté le 18 août 2014 à 11h52 par Michel Janva | Lien permanent

Réformer la France : en finir avec l'école républicaine

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, Yves Morel.

Non, le problème de l’éducation nationale française ne vient pas de tel pédagogiste ou tel apologiste de Ferry. C’est le système en lui-même qui est défaillant. En ayant érigé l’égalité comme dogme suprême, l’école républicaine ne pouvait aboutir qu’à l’échec.

Nos concitoyens déplorent la crise actuelle de l’École républicaine. En attribuant la responsabilité au « pédagogisme », à visée égalitaire, ils réclament le retour à la communale ferryste et à l’Université napoléonienne, qui jouaient un rôle d’« ascenseur social ».
En vérité, les causes du marasme ne résident ni dans l’action des « pédagogistes » ni dans l’insuffisance des politiques, mais dans l’École républicaine elle-même, son inspiration, ses valeurs, ses principes et son mode de fonctionnement. Le ver n’est pas dans le fruit, c’est le fruit lui-même qui est vénéneux.

L’ABERRATION ÉGALITAIRE
L’École républicaine postule, à la suite des Lumières du XVIIIe siècle et de Condorcet, son précurseur direct, que les hommes sont égaux en dignité et en droit du fait de la commune existence en eux de la raison, armature de l’intelligence. Il importe donc d’édifier une démocratie égalitaire grâce à l’éducation qui exercera, affinera et enrichira l’intelligence par l’instruction. Tout au long du XIXe siècle, l’École fut considérée comme l’instrument d’émancipation du peuple et d’édification d’une telle démocratie. Encore eût-il fallu savoir ce qu’on entendait par égalité démocratique.

De nos jours, suivant l’exemple de Ferry et des ministères opportunistes de la IIIe République, les défenseurs de l’École républicaine font remarquer qu’il ne s’agit que de l’égalité de dignité et de droits et, en aucun cas, de celle de l’intelligence et de la force. Et que la première n’exclut nullement l’inégalité des secondes, féconde et juste, pourvu que son jeu spontané ne soit pas biaisé par des différences pécuniaires. Le vice de ce raisonnement tient au fait que le principe d’égalité n’a jamais reçu de définition aussi explicitement restrictive jusqu’à la fin du XIXe siècle, ni même de définition claire, et est demeuré on ne peut plus équivoque. Et ce, d’autant plus que l’égalité promise, limitée à la dignité et aux droits avec Voltaire et les Encyclopédistes, tend vers l’inconditionnalité avec Rousseau. Ainsi, si la Constituante, puis la Convention thermidorienne, instituent le suffrage censitaire, la Convention établit le suffrage universel et instaure une dictature économique caractérisée par une tendance au nivellement des conditions sociales. Par suite, la Révolution et la République seront toujours perçues comme recélant une promesse d’égalité intégrale, et la République conservatrice instituée à la fin du XIXe siècle apparaîtra comme un escamotage de cette promesse ou, au mieux, un stade à dépasser. L’École républicaine, chargée de la ventilation « équitable » des situations sociales, sera donc perçue comme l’École de la « bourgeoisie », devant être remplacée ou réformée jusqu’à ce qu’elle assure l’égalité complète de tous les hommes.

Tout l’effort des « pédagogistes » se résume à cette volonté de faire tenir ses promesses d’égalité à l’École républicaine. La devise en exergue des Cahiers pédagogiques, « Changer la société pour changer l’école, changer l’école pour changer la société » est significative. Mais cet effort est voué à l’échec. L’essai d’égalisation des conditions contrarie le désir de promotion individuelle, voire toute possibilité de libre épanouissement. Et il engendre partout le nivellement par le bas et la tyrannie du conformisme dans la médiocrité, compromettant les chances d’émancipation des plus culturellement déshérités et renforçant ainsi les inégalités que l’on entendait abolir.

L’ABERRATION ACADÉMISTE
Une solution consisterait à se libérer de cette idée obsédante suivant laquelle il n’est pas de réussite sans l’École. Hélas ! L’identification de la dignité à la raison, de la raison à l’intelligence, de l’intelligence à l’instruction et de l’instuction au savoir académique et aux titres universitaires le sanctionnant, rend cette option impossible pour les Français. En fondant leur idéal démocratique et égalitaire sur l’École, chargée tout à la fois d’éduquer et de développer l’intelligence grâce à l’instruction, d’assurer la promotion des enfants du peuple et la répartition des places suivant le critère de l’aptitude scolaire, nos compatriotes en sont venus à considérer que leur avenir, leur chance de réussir, et même la simple reconnaissance de leur dignité dépendaient de l’École. Ainsi, d’émancipatrice, elle est devenue celle de l’aliénation, de l’apprentissage de l’échec, de l’humiliation, du ressentiment, et, partant, de l’esprit critique et revendicatif le plus débridé. Et, comme les parents votent, il a bien fallu les contenter en supprimant toute vraie sélection et en permettant à tous l’accès au lycée, au baccalauréat, à la faculté et aux titres universitaires. Et il a fallu aussi se résigner à la massification des études les plus longues et les plus aristocratiques (les études littéraires tout spécialement), considérées comme les plus moralement gratifiantes, tout cela en un culte extravagant de la culture orchestré par l’État et les collectivités locales. Ayant fondé leur humanisme sur l’École, les républicains ont empêché les Français d’entrer dans la modernité et les ont incité à considérer la démocratisation des études comme l’extension à tous d’un modèle culturel aristocratique digne de la skholè athénienne ou des salons parisiens et versaillais des XVIIe et XVIIIe siècles. Dès lors, le marasme actuel était prévisible. Baisse de la qualité de l’enseignement, dévaluation des diplômes, dégradation des conditions de vie et de travail dans les établissements scolaires…

Posté le 18 août 2014 à 08h47 par Paula Corbulon | Lien permanent

17 août 2014

Réformer la France : Identité, apprendre à haïr ?

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, Anne Bernet.

Instrument de combat idéologique, d’abord destiné à discréditer le passé catholique et royal de la France auprès des jeunes générations, l’enseignement de l’histoire, en France, a pris, depuis une cinquantaine d’années, le phénomène allant en s’amplifiant, une dimension supplémentaire.

C'est désormais toute la civilisation occidentale et chrétienne qui est mise en accusation.
Efficace, la méthode a des contreparties dangereuses que nos gouvernants n’avaient pas vu venir. Là comme en maints autres domaines, les dangers de leurs choix se révèlent crûment. Et avec eux, les remèdes à apporter.

Partager un passé commun est, avec le partage d’un sol et d’une langue, un élément constitutif du sentiment national. Prendre conscience de ce passé, le connaître, l’admirer, l’aimer, se sentir lié intimement à ses héros, vouloir les imiter et poursuivre leur oeuvre a toujours relevé d’une éducation civique, patriotique, morale qui allait de soi dans toutes les cultures. Le retournement contre-nature opéré ces dernières décennies, déconstruisant la mémoire nationale, la rendant odieuse, cherchant à lui substituer des modèles exogènes apparaît donc pour ce qu’il est : l’un des facteurs de dissolution voulus de l’identité française destinée à se fondre à moyen terme dans un vaste magma cosmopolite et matérialiste.

Les républicains ont tôt compris, à la différence de leurs adversaires politiques, comment se servir de l’histoire pour façonner les mentalités et amener le « peuple » à partager leurs idées. D’une tranquille malhonnêteté intellectuelle et factuelle, Michelet, Louis Blanc, Henri Martin, grands conteurs désireux de convertir les foules à l’évangile républicain, ont popularisé une histoire de France partisane, reprise par les manuels de l’enseignement laïc et obligatoire. Leurs lecteurs, incapables de relever les mensonges, partis pris et à peu près de ces livres, ou trop naïfs pour imaginer, en un temps où l’imprimé possédait encore une espèce de sacralité, qu’un « savant » pût mentir, adhérèrent à ce que l’on appela « le roman national », et, s’agissant des instituteurs laïcs, « hussards noirs de la république », l’enseignèrent avec la ferveur qu’ils eussent mise à proclamer la parole de Dieu.


Feuilleter ces vieux manuels s’avère instructif : leur contenu les ferait aujourd’hui bannir de l’enseignement public, voire étiqueter « d’extrême droite »… L’école républicaine de Ferry veut, en effet, substituer une France à une autre mais elle conserve, fait partager et transmet incontestablement « l’amour sacré de la patrie ». C’est d’ailleurs pourquoi, désormais, cette conception de l’histoire est battue en brèche. Dans un ouvrage paru en 2012 chez Lattès, L’histoire de France interdite, Dimitri Casali résume le problème dans une formule choc mais juste : « Ce n’est pas le mot histoire qui gêne ; c’est le mot France.  »

Comment en est-on arrivé là ?
Jacques Heers, dans L’histoire de France assassinée, (2006,éditions de Paris) estimait qu’il s’agissait d’une évolution prévisible puisque, plus le modèle révolutionnaire s’imposerait, plus le concept d’histoire nationale demanderait à être dépassé et abandonné.

UNE MACHINE À BROYER
L’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, dont les idéologues exploitèrent sans vergogne les traumatismes nés de l’Occupation puis de la décolonisation, accéléra le mouvement, tandis que la construction européenne et l’immigration massive mettaient en marche la machine à broyer la mémoire nationale. Techniquement d’abord. Dans les sursauts de l’après 68, qui remirent en cause les bonnes vieilles méthodes éducatives, chronologie et récit furent chassés de l’enseignement au profit d’une adaptation hasardeuse des méthodes de l’école des Annales. Braudel lui-même rappelait pourtant que son système s’adressait à des adultes et soulignait l’impossibilité de l’adapter à des enfants ou des adolescents.

Le résultat ne se fit pas attendre. Privés de repères élémentaires, incapables, ou peu s’en fallait, de situer Vercingétorix par rapport à Louis XIV et Charlemagne par rapport à Napoléon, contraints de s’intéresser, si tant est que cela fût possible à leur âge, aux échanges commerciaux en Méditerranée orientale aux Temps modernes, ou à l’expansion de la production charbonnière en Europe du Nord de 1780 à 1892, les élèves se détachèrent d’une matière qui, désormais, suait l’ennui.

Cela ne suffisant pas encore, les programmes entreprirent de démontrer à des auditeurs trop jeunes et ignorants pour se défendre contre cette entreprise de désinformation, combien ils devaient avoir honte de leur pays, de leurs racines chrétiennes et de leur civilisation occidentale.

Gros plan sur la prise de Jérusalem par les Croisés le 22 juillet 1099, et le massacre qui suivit, mais silence total sur les circonstances qui avaient amené les souverains chrétiens à prendre la croix pour libérer les Lieux Saints. Longue glose sur la « fameuse controverse de Valladolid » sans jamais souligner que l’Église avait pris le parti des Indiens contre les conquistadors. Procès du commerce triangulaire, qui bénéficia à une poignée de privilégiés dont Voltaire, ce que l’on oublie systématiquement, mais dont la honte éternelle, grâce à la première loi Taubira, celle du 21 mai 2003, dite loi mémorielle, doit retomber sur l’ensemble des Français avec trois siècles de retard. Condamnation du colonialisme en en dénonçant les abus, voire « les massacres », sans un mot pour l’oeuvre immense réalisée en faveur des populations locales, de l’abolition de l’esclavage à l’éradication des maladies endémiques grâce aux dévouements de missionnaires, soldats et médecins français auxquels les décolonisés eux-mêmes rendent parfois hommage… Enfin, culpabilisation massive s’agissant des « heures les plus sombres de notre histoire », durant lesquelles la France entière se serait déshonorée en appliquant une législation antisémite, et en omettant de rappeler que la France en question était vaincue et occupée…

UNE ENTREPRISE DE DÉMOLITION
Dernière phase de cette entreprise de démolition concertée, la substitution d’autres modèles au « modèle français », longtemps dit « laïc et républicain ». En imposant à des enfants, trop jeunes pour y saisir grandchose, une vision globalisée du passé étendu à l’ensemble de la planète, en voulant les initier à la grandeur de la Chine des Han, ou au royaume du Monomotapa, ce qui pourrait se justifier si cela n’était fait au détriment du règne de Louis XIV ou de tout autre épisode de l’histoire nationale, les programmes scolaires achèvent de brouiller toute compréhension, et, dans le même temps, privent les élèves des bases qui leur permettraient d’accéder à la littérature, aux langues, mortes ou vivantes, à l’art, à la compréhension des racines chrétiennes, en un mot à ce qui constitue la culture et la civilisation.

L’on en arrive ainsi à ce dialogue surréaliste mais authentique entendu dans le bus entre deux adolescents auxquels leur professeur avait parlé du baptême de Clovis : « Dis, tu crois que le type, il se baladait toujours avec cette espèce de mouette [la colombe du
Saint-Esprit…] au dessus de la tête ? ».

UNE SOIF DE VÉRITÉ
Si le but était de donner aux petits Français la haine et le mépris de leur passé et de leur pays dans l’espoir de les attacher aux valeurs mondialistes et les détacher de tout patriotisme, dont on sait qu’il se mue facilement en nationalisme, ce péché capital, force est d’admettre que le résultat a été, dans l’ensemble, satisfaisant.

Cependant, les apprentis sorciers ont perdu de vue le nombre impressionnant d’enfants issus de l’immigration auxquels ils allaient inculquer également cette haine et ce mépris du pays qui les accueillait et les éduquait. À un âge où la personnalité, fragile, se forme, où l’on a besoin de références et de points d’ancrage, ces enfants, coupés, parfois douloureusement, de leurs racines et leur culture propres, non seulement ne se sont pas vu proposer un autre modèle mais ont entendu déprécier tout ce qui touchait leur nouvelle patrie et encenser à tort et à travers des apports allogènes plus ou moins fantaisistes. Rien d’étonnant à ce qu’ils se soient construits des identités fantasmées exaltant leurs origines au détriment de la France. Au point, dans certains quartiers « sensibles », de ne plus laisser aux professeurs la possibilité d’aborder certains sujets… Dans ces conditions, la machine à assimiler les populations étrangères, comme la France y réussissait autrefois, s’agissant, il est vrai, de populations européennes et chrétiennes, ne peut que se gripper. Avec les conséquences explosives que l’on connaît et dont l’éclosion de vocations djihadistes n’est qu’un aspect.

Faut-il, pour autant, désespérer ? Évidemment non. En l’état actuel des choses, avec les gouvernements qui sont les nôtres, toutes étiquettes confondues, attendre une véritable réforme de l’enseignement et de ses programmes est illusoire. Le verrouillage idéologique est trop fort. C’est donc en dehors du système scolaire qu’il faut contrer l’entreprise de décervelage. À tous les niveaux. Depuis dix-huit mois, nous assistons à un phénomène que les observateurs jugeaient impossible : un réveil français, une prise de conscience qui s’expriment dans la rue et les urnes. Ce réveil, cette prise de conscience s’accompagnent d’une soif de vérité et d’information exacte, y compris sur le plan historique.

Malade du mensonge d’État, la France le rejette. Les Français veulent comprendre, analyser, se former. Et l’on  s’aperçoit, à la grande panique de nos gouvernants, que cette haine de la France chrétienne qu’ils avaient voulu inculquer, n’a pas pris. Pas autant qu’ils l’espéraient.

REMONTER AUX SOURCES DU MAL
Cette résistance s’est opérée, et doit continuer à s’opérer, dans les familles, quand les parents étaient encore capables de corriger les lacunes du programme et les partis pris des maîtres. Dans l’enseignement, y compris public, où il reste des professeurs, quand on ne les a pas découragés du métier, pour transmettre tant qu’ils le peuvent une image positive de la France et de son passé. Grâce à la presse spécialisée dans les questions historiques, l’un des rares secteurs qui ne connaît pas la crise de l’imprimé. Grâce à certaines émissions de télévision et de radio du service public dont les responsables refusent d’entrer dans le  jeu du politiquement correct et font preuve, souvent, d’un vrai courage, eu égard aux pressions qu’ils subissent. Grâce à tous ces spectacles, telles les cinéscénies du Puy-du-Fou, et tant d’autres à travers la France, qui, séduisant les spectateurs, les rattachent, jusqu’à la passion parfois, à ces racines que l’on voulait leur faire oublier. Grâce au cinéma, et l’actuel succès, inespéré, du film Cristeros, qui faillit ne pas être  distribué en France, l’atteste. Grâce, enfin, aux nombreux ouvrages historiques qui paraissent chaque année et trouvent, en général, un public fidèle.

Pour être pleinement efficaces, ces efforts demanderaient, peut-être, une meilleure concertation, qui faciliterait la riposte organisée aux entreprises de désinformation systématique du pouvoir. Les gens de bonne volonté ne manquent pas, qui travailleraient volontiers ensemble, à condition d’apprendre à se connaître, se reconnaître et se faire confiance. Enfin, et c’est là, sans doute, l’essentiel, il est indispensable, dans la société utilitariste et matérialiste qui nous entoure, où toute étude qui ne rapporte pas financièrement est écartée comme inutile, de faire comprendre aux Français que l’histoire n’est pas une matière accessoire.

« Du passé faisons table rase ! » est par excellence un projet révolutionnaire destiné à entraîner les amnésiques vers de prétendus lendemains radieux. Retrouver la mémoire, remonter le fil du temps et des générations dans la vérité permet de comprendre comment, depuis deux siècles, l’on a manipulé l’histoire de France afin d’aboutir à ce « changement de paradigme » mis en branle par la Révolution. Ceux qui n’en veulent pas doivent impérativement remonter aux sources du mal s’ils veulent le combattre efficacement.
« Tout est politique ». À commencer par l’histoire.

Posté le 17 août 2014 à 10h39 par Paula Corbulon | Lien permanent

Réformer la France : L’indispensable libération du carcan européen

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, Gilles Varange.

Les insuffisances manifestes de la diplomatie française en Syrie n’ont fait que confirmer l’ampleur du déclin de notre présence dans le monde. La cause profonde ne se trouve pourtant pas d’abord chez les diplomates et ceux qui les dirigent. La première exigence est la restauration préalable d'un véritable État souverain.

Au pays de Louis XI et de Richelieu, de Vergennes et de Talleyrand, s’il est une idée ancrée dans les esprits, c’est bien celle attribuant un rôle essentiel à la diplomatie dans la prospérité et la grandeur d’une nation. Ainsi, si le général de Gaulle continue d’être reconnu comme la personnalité politique la plus marquante de notre histoire récente, c’est moins en tant que fondateur d’une Ve République désormais agonisante, moins en tant que redresseur de Finances publiques retombées en déshérence que comme l’initiateur d’un nouveau cours de la politique étrangère française dont il ne reste pourtant, là non plus, à peu près rien. Mais si l’abandon des principes qui guidèrent avec succès l’action extérieure du général-président crève les yeux, la cause en est presque toujours recherchée dans la « trahison » ou le manque de courage de ses successeurs. Évident refus d’admettre la réalité, à savoir que la dilution de notre influence diplomatique n’est que l’une des conséquences les plus manifestes du dramatique affaissement de la puissance française depuis un demi-siècle.

Pas d’influence durable sans puissance. Telle est en effet la loi d’airain de la diplomatie. Si celle-ci peut donner l’impression, aux yeux d’observateurs superficiels, de céder à de périodiques engouements idéologiques, le poids des réalités ne tarde pas à remettre les
choses en place. Rappelons-nous le prestige du maréchal Tito et l’attrait de ses principes de non-alignement auprès d’une intelligentsia française extatique !

Souvenons-nous de même des succès d’un Boumediene ayant réussi à faire d’Alger le capitale internationale de l’idéologie tiers-mondiste. Autant en emporte le vent : le titisme est mort en même temps que Tito et la Yougoslavie elle-même n’y a pas survécu. Et les belles théories d’Houari Boumediene n’ont pas préservé l’Algérie de la clochardisation.

LES CONDITIONS DU REDRESSEMENT
Autant d’exemples destinés à nous débarrasser de l’illusion que la prospérité et la grandeur  d’une nation sont d’abord tributaires d’une politique étrangère réussie. C’est tout le contraire qui est vrai : la diplomatie ne peut être, dans le meilleur des cas, que la  fidèle servante d’une politique intérieure pertinente, créatrice de richesses et génératrice de puissance.

Elle peut alors en prolonger et en démultiplier les effets vers l’extérieur. Il est vrai que la diplomatie peut aussi, en des circonstances moins propices, cacher provisoirement aux yeux du monde le déclin d’une nation. Mais aucune diplomatie, même la plus inventive et la plus talentueuse, ne peut remplacer longtemps les résultats positifs qu’un peuple peut attendre d’une politique intérieure adaptée aux nécessités du moment.

Aucune diplomatie n’est jamais parvenue à assurer la grandeur ni même la simple survie d’une nation si ses institutions sont déficientes et sa cohésion défaillante. Il serait donc vain de rechercher de nos jours quel rôle avantageux serait susceptible de jouer la France à l’extérieur tant que n’auront pas été réunies les conditions de l’indispensable redressement politique, financier, intellectuel et moral de notre malheureux pays.  

Situation paradoxale : si la France entend à nouveau tenir sur la scène internationale une place à la mesure de son histoire et de ses ambitions, l’urgence consiste d’abord pour elle à s’attaquer aux réformes décisives, de nature institutionnelle, qu’appelle son pitoyable état intérieur. Tout passe par l’instauration d’un État refondé sur une authentique légitimité. Tel est le grand défi pour la France en ce début de troisième millénaire.

Le seul énoncé de ces évidences implique – et ce serait là une première réforme capitale – que la politique européenne de la France cesse d’être considérée comme l’une des branches de notre politique extérieure. C’est elle qui conditionne au contraire toute notre politique intérieure et rend impossible toute entreprise de restauration nationale. Dans l’état de soumission où se trouvent à présent réduits les dirigeants français, quels qu’ils soient, par rapport à la Commission de Bruxelles et à la Banque centrale de Francfort – toutes deux transformées elles-mêmes en de simples appendices du gouvernement de Berlin – il n’existe plus d’autre issue que dans une rupture radicale avec les institutions européennes.

LA RUPTURE NÉCESSAIRE
Comment reconstruire la nation française sur des bases solides, comment prétendre mener à nouveau une politique d’indépendance sur la scène internationale quand les choix politiques et économiques essentiels ont été abandonnés entre des mains étrangères ? Il ne peut y avoir de diplomatie réellement française qu’à l’intérieur d’un cadre national et après la restauration d’un État souverain qui n’est plus aujourd’hui qu’une fiction.
Tout le reste relève du bavardage.

Seule une libération du carcan européen qui entrave chacun de nos mouvements est susceptible de nous rendre cette perspicacité dans le jugement et cette liberté dans l’action qui avaient fait de la France, à la fin des années soixante, la première des nations

européennes, celle à qui la plupart des « futurologues », comme l’on disait alors, promettaient la prépondérance sur le continent avant la fin du XXe siècle. Le pire est que, depuis la capitulation de Maastricht face à l’Allemagne, l’Europe ne nous a pas seulement paralysés, elle a aussi obturé notre champ de vision, nous empêchant de voir le monde tel qu’il est, nous obligeant à le regarder au travers de ses lunettes baroques aux prismes déformants. Et là est la deuxième réforme urgente : il faut rendre à la diplomatie française sa capacité à analyser les grandes évolutions du monde, domaine où elle excellait jusqu’à une époque récente.

Tandis que brûle la presque totalité du Proche-Orient, que s’accumulent des périls immenses dans la région Asie-Pacifique et que les frontières mêmes des pays orientaux de l’Union européenne risquent de s’embraser du fait des provocations absurdes des mille réseaux européo-atlantistes aux ordres de Washington, il est plus que temps de laisser à ses errements cette prétendue diplomatie européenne sans nerfs et sans tête.
Au nom de la sauvegarde même de la paix, il faut souhaiter que la France sache à nouveau faire entendre une voix originale, ferme et résolue entre les blocs en reconstitution. Les choses étant ce qu’elles sont, il n’y faudra pas une réforme, mais une révolution.

Au nom de la sauvegarde de la paix, il faut que la France fasse à nouveau entendre une voix originale, entre les blocs en reconstitution.

Posté le 17 août 2014 à 08h26 par Paula Corbulon | Lien permanent

16 août 2014

Réformer la France : Défense, le prix de l’indépendance

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, Mathieu Epinay.

La perception politique des risques, les stratégies d’équipement et la question des hommes sont trois axes structurants de la politique de défense, essentiels à l’indépendance de notre pays. Analyse en trois points de nos forces et de nos faiblesses.

La situation géopolitique actuelle offre à la France des opportunités diplomatiques sans précédent en Afrique, en Russie, en Orient, sur les fondements historiques d’une oeuvre encore présente dans les mémoires et sur la réalité géographique d’un ensemble unique de possessions territoriales et maritimes.

Pourtant, l’étau européen actionné par notre « plus vieil allié », l’Amérique, se resserre sur notre pays. Le projet d’union transatlantique veut créer un « Otan économique » qui risque de nous étouffer. Plus que jamais, la question de notre indépendance est donc posée : au-delà d’un nécessaire sursaut politique, elle impose que nous tenions fermement certaines positions.

1/Sauvegarder notre indépendance

Il s’agit d’abord de préserver un système de dissuasion qui est le meilleur au monde en termes de performances, d’efficience et d’intelligence. Les missiles balistiques des sous-marins et les missiles de croisière des Rafale viennent d’être modernisés. Grâce aux
investissements considérables réalisés naguère, le prix à payer aujourd’hui – 20 % du budget d’équipement des armées – est dérisoire au regard d’enjeux considérables. Car ces capacités nucléaires mettent notre pays à l’abri des chantages et sanctuarisent notre indépendance. C’est aussi un puissant levier diplomatique.


Mais notre système d’alliances militaires doit être revu. La France a perdu la place unique et le poids certain qui étaient les siens dans l’Otan depuis la décision sarko-hollandienne d’alignement. Il faut donc sortir du commandement intégré de l’organisation. Hubert Védrine, qu’on a connu mieux inspiré, prétend qu’une telle sortie ne serait pas comprise par nos alliés. Eh bien, tant pis pour eux ! Le poste de « commandant suprême » de la « transformation » qu’on nous a laissé est un hochet : le général Paloméros s’y occupe actuellement de l’égalité homme-femme. À Norfolk, les officiers français traitent les dossiers, stériles par essence, d’un état-major de conception internationale. Il en coûte 80 millions d’euros par an aux caisses de l’État...

L’état-major de l’Union européenne, qui est inutile comme on l’a encore constaté lors des affaires africaines, est une autre structure à déserter. On pourrait ainsi faire l’économie de constructions factices, comme le corps européen et la brigade franco-allemande, inutilisables pour des raisons politiques. Pour être efficaces, les coopérations militaires doivent se développer sur des bases bilatérales. Avec nos voisins, comme avec des alliés plus lointains, et toujours en synergie avec notre diplomatie.

Enfin, l’indépendance nationale ne peut faire l’économie de satellites de renseignement, de communication et de navigation. La Défense doit suivre avec une vigilance particulière la montée en puissance du système européen de navigation par satellite, Galiléo, qui la libérera de la pesante tutelle américaine du GPS sur les capacités militaires françaises de localisation et de frappe conventionnelle. La France dispose encore d’une industrie de Défense de premier ordre, avec des compétences qui ne sont pas délocalisables. La direction générale pour l’armement en assure la tutelle gouvernementale et veille à la préservation d’une « base industrielle et technologique de défense » qui constitue un autre pilier de notre indépendance.

Cette tutelle consentie doit être préservée car des intérêts privés ne correspondent pas nécessairement à l’intérêt national. En contrepartie, le gouvernement accompagne les exportations des entreprises françaises qui consolident leur chiffre d’affaires, l’influence diplomatique de la France et sa contribution aux équilibres géostratégiques. La vente d’armes marque la confiance de l’État-client qui accepte une tutelle implicite ; elle engage aussi la responsabilité de l’État-fournisseur qui devient peu ou prou un partenaire économique et un allié.

2/ L'industrie française d'armement

La France dispose donc des moyens industriels d’armer ses forces en recourant marginalement aux importations. Mais les ressources budgétaires s’amenuisent. Les quelques 15 milliards du budget d’équipement sont une proie alléchante qu’il faut défendre. La Défense a donc plus que jamais l’impérieuse obligation de rationaliser ses choix. La réforme de 2005, qui centralise  à l’EMA les arbitrages interarmées, va dans ce sens. Elle a mis fin à une surenchère irresponsable des chefs d’état-major d’armées qui nous coûtait cher.

3/ Des effectifs mieux adaptés

L’erreur est fréquente de mesurer nos forces à la seule aune des effectifs, alors qu’une masse salariale excessive mange les budgets d’équipements des armées et les affaiblit. Ainsi, les réductions récentes ne sont pas déraisonnables. Que ne sont-elles pas appliquées avec le même zèle à l’ensemble de la fonction publique ! Les difficultés rencontrées par nos 3 000 soldats en Afrique ne proviennent pas de la réduction des effectifs, mais bien du sous-équipement, d’un budget Opex insuffisant et d’objectifs politiques ambigus.

Quant à la sécurité intérieure, c’est l’affaire de la gendarmerie et de la police dont les effectifs respectifs sont du même ordre que ceux de l’armée de terre (autour de 100 000 hommes). Les moyens existent. Ce que le pouvoir en fait est une autre question.

On saluera ici l’action du général de Villiers qui a réduit de 930 à 600 hommes l’état-major central et plafonne les états-majors d’armée à 150/200 hommes. Tous vont coopérer plus étroitement grâce à une saine cohabitation au nouveau « Pentagone » de la place Balard. Les étatsmajors ont besoin d’équipes de qualité, ramassées, réactives et intelligentes. La bureaucratie n’y a pas sa place. Il faut poursuivre l’effort et, parallèlement, « dépyramider » la Défense, réduire le nombre de colonels et d’officiers généraux – comme il faut «dépyramider» la fonction publique ! – et créer des passerelles valorisantes pour les officiers subalternes. Pourquoi ne pas proposer des contrats attractifs de lieutenant ou capitaine à de jeunes ingénieurs ou universitaires intéressés par une expérience militaire avant leur carrière civile et favoriser les reconversions d’officiers des armées dès le grade de commandant ? Enfin, il faut enrayer la féminisation de l’armée : 20 000 femmes militaires est un luxe qu’on ne peut plus s’offrir. Quelles que soient leurs compétences, elles sont par nature moins disponibles que les hommes pour une solde équivalente. C’est un fait objectif. Il y a d’autres lieux pour jouer à l’égalité homme-femme. Reste à trouver dans les générations qui viennent des jeunes qui aiment assez la France pour accepter les sacrifices du métier des armes. Il faudra, sinon, recruter des étrangers. Les légions romaines du Bas-Empire ne s’en sont pas relevées. 

Posté le 16 août 2014 à 10h18 par Paula Corbulon | Lien permanent

Réformer la France : crise économique, trois propositions pour en sortir

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, François Reloujac.

Dans un monde globalisé où règne le libre-échange et où les textes qui régissent le fonctionnement de l’économie s’écrivent essentiellement au niveau européen, c’est une vraie gageure que d’imaginer trois mesures nationales qui pourraient améliorer la situation. Il est cependant possible d’amorcer un redressement avec des décisions dont la portée symbolique
dépasse la simple conséquence immédiate.

1/ Donner une nouvelle mission à l’Académie française
La plupart des textes européens sont d’abord écrits et discutés en anglais, puis plus ou moins bien transposés dans les diverses langues des pays de l’Union européenne. C’est sur ces traductions approximatives que l’on demande aux Parlements nationaux de se prononcer. C’est, ensuite, sous l’unique contrôle de la Cour de justice de l’Union européenne que ces textes sont interprétés et ils le sont dans une optique téléologique.
Autant dire que les parlementaires nationaux se prononcent sur des textes dont ils ne mesurent pas les conséquences. Ainsi, à partir du dernier trimestre 2014, le nouveau calcul du PIB intègrera obligatoirement les chiffres de « l’économie non observée », même si, en France, pour ne pas effrayer la population, l’Insee continuera à « communiquer » uniquement sur un PIB n’incluant pas ces chiffres. Cette « économie non observée » recouvre en fait les « transactions » occultes, c’est-à-dire, entre autres, la prostitution, le trafic de drogue, le travail au noir, la vente clandestine des produits volés…


C’est le résultat d’un texte européen écrit il y a plus de dix ans, traduit par l’administration bruxelloise en 2010 et imposé par le Parlement européen en 2012 pour mise en application fin 2014. L’exemple est frappant : lorsque le Parlement national a été amené à se prononcer sur le texte d’origine, il n’a pas eu conscience de ce qu’impliquait cette notion de « transaction » pour le calcul du PIB. Or, en vertu de la liberté du commerce, et puisque le marché est le lieu où s’effectuent des transactions, il ne sera pas possible demain de s’opposer à la vente directe de marijuana en France par les dealers néerlandais puisque, dans ce pays, cette drogue est en vente libre. Comment ne pas se trouver ainsi lié par des conséquences que l’on n’a pas voulues ? En demandant à l’Académie française de présenter au Parlement, avant que celui-ci ne se prononce sur un texte européen, un rapport dans lequel le sens des mots est explicité et en faisant obligatoirement annexer les conclusions de ce rapport au texte européen de façon à
encadrer ultérieurement les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne.

2/ Généraliser la double indexation des crédits.                                                          Aujourd’hui, les Français qui contractent un emprunt n’ont le choix qu’entre un crédit à taux fixe ou un crédit à taux variable. Dans le premier cas, si les taux baissent, les personnes endettées sont désavantagées par rapport à celles qui empruntent par la suite. Pour lutter contre cette « inégalité », les pouvoirs publics ont imposé aux banques d’accepter de renégocier les taux à la baisse, quitte à ce que cela déstabilise leur bilan. Si les taux remontent, les plus anciens emprunteurs bénéficient d’un effet d’aubaine. De façon à se prémunir contre ces deux sources de déstabilisation de leur bilan, les banques majorent toujours les taux fixes par rapport à ce qu’elles pourraient faire si on raisonnait en termes d’intérêts réels – c’est-à-dire, une fois déduit le taux d’inflation –, plutôt qu’en termes d’intérêts nominaux (ou apparents).
On s’apercevrait, par exemple, qu’aujourd’hui les taux réels supportés par les emprunteurs sont très élevés, compte tenu de la faiblesse de l’inflation et du gel des salaires, alors que les taux apparents semblent n’avoir jamais été aussi bas. Dans le second cas, l’emprunteur prend le risque de voir le taux de son crédit s’envoler sous la pression de la spéculation sur les marchés financiers.
Dès lors comment faire pour sécuriser à la fois les prêteurs et les emprunteurs ?
La solution la plus simple, défendu par un ancien dirigeant du Crédit Foncier, Jean-Pierre Dufoix, est de recourir à une double indexation. Le montant total des intérêts à payer serait calculé en fonction du coût réel de la ressource pour le prêteur ; le montant de chacune des échéances serait, quant à lui, indexé sur le taux d’inflation – ou sur le taux d’évolution des salaires. Dans une telle hypothèse, l’ajustement se ferait sur la durée du crédit. Étant assuré de retrouver sa mise, avec une rémunération normale, le prêteur  n’aurait pas intérêt à gonf ler artificiellement sa marge ; étant assuré de pouvoir – toutes choses égales par ailleurs – supporter la charge mensuelle de son crédit, le prêteur n’aurait pas de raison, ni d’appréhender le futur, ni de faire pression pour rembourser par anticipation. Les particuliers y gagneraient en sécurité et les entreprises auraient plus de facilités pour se projeter dans l’avenir.

3/ Redonner le pouvoir aux investisseurs.                                                                            

On a pris l’habitude de qualifier d’« investisseurs » ceux qui ne sont au mieux que des épargnants, sinon de vulgaires spéculateurs. Les épargnants ne placent plus leur argent dans des entreprises, mais les confient à des organismes de placement collectif dont la mission n’est pas de soutenir une activité économique quelconque mais de rendre les sommes placées avec une plus-value. La conséquence, lorsque ces sommes sont placées sous forme d’actions dans des sociétés, c’est que le droit de vote attaché à ces actions n’est pas exercé par les « investisseurs » unis par une véritable « affectio societatis », mais par des intermédiaires qui n’ont qu’un objectif financier à très court terme. Ces mercenaires n’ont donc aucun scrupule à voter en assemblée générale pour des mesures qui condamnent l’entreprise à moyen terme. Pourvu qu’elles permettent de dégager une plus-value mobilisable immédiatement ! Puis, ils se défont des actions auxquelles sont attachés ces droits de vote pour aller recommencer ailleurs l’opération. Il ne faut donc pas s’étonner de voir les entreprises nationales délocaliser leur production dans des paradis fiscaux ou administratifs ou se faire absorber par des groupes multinationaux près à surpayer l’acquisition pour faire disparaître un concurrent. Comment faire en sorte que les décisions d’assemblée générale soient prises dans l’intérêt général de l’entreprise ? En limitant le droit de vote attaché aux actions aux seuls actionnaires détenant lesdites actions depuis au moins un an et s’étant engagés à les détenir au moins cinq ans – sauf, naturellement, cas de nécessité tel que décès, chômage, accident de la vie, etc.

Pour conclure, il faut être conscient du fait que si les deux premières mesures sont  relativement faciles à mettre en oeuvre au plan national, la troisième pourrait avoir dans un premier temps un effet déstabilisateur sur le fonctionnement des Bourses et sur les cours des grandes entreprises françaises. N’est-ce pas le prix à payer pour simplement commencer à remettre de l’ordre dans le fonctionnement de l’économie ?

Posté le 16 août 2014 à 08h06 par Paula Corbulon | Lien permanent

15 août 2014

Réformer la France : politique familiale, une visée trinitaire

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, Pierre Chalvidan.

Et si l’un des remèdes à la crise que nous traversons se trouvait dans la famille ? Encore faut-il avoir de ce socle de la société une vision positive et non pas chercher à le déconstruire comme le tente, depuis plusieurs mois, le gouvernement.

S'il y a un point d’appui privilégié pour sortir du marasme, c’est bien celui de la famille. D’abord pour une simple raison de bon sens, même si elle ne semble pas partagée par nos actuels gouvernants, pourtant adeptes du réalisme social : il suffit de faire la liste de nos précarités pour se rendre compte que les remèdes se trouvent à titre principal dans la famille. C’est une évidence, qu’il s’agisse de l’échec scolaire, de l’insertion professionnelle, de la délinquance, de la relance économique, des retraites… etc. Et, plus profondément, de la confiance, de la responsabilité, de la solidarité… La famille ne « reproduit pas seulement les inégalités », elle est aussi, et d’abord, principe de liberté, d’égalité et de fraternité.

Et c’est encore une évidence que si on laisse se déliter la famille ou, pire, si on poursuit sa déconstruction, on va déclencher un « effet banquise » dévastateur. 

Cependant – on a déjà eu l’occasion d’y insister – ce serait une grave erreur de se positionner sur ce seul registre de l’utilité sociale car, en partant de lui, on peut justifier toutes les formes de famille et de politique familiale. Comme l’explique Fabrice Hadjadj, la famille est une source, un foyer qui éclaire et fonde les autres choses et qui ne peut pas être lui-même fondé ni éclairé. Il n’y a pas, dit-il, au niveau humain, de principe antérieur à la famille : elle est la communauté originelle source de tous les liens, de l’humain institué. Jusqu’à la Cité. L’institution instituante. Et s’il en est ainsi, c’est parce qu’elle repose sur ce donné anthropologique de l’homme créé dans la différence sexuelle (le couple) et ordonné à l’entretien de la vie : l’enfant.


Dès lors, les trois axes d’une politique familiale coulent de source : le souci de l’institution, le soin du couple, l’intérêt supérieur de l’enfant. On s’en veut presque de devoir les rappeler ! On le fera cependant en pointant simplement leurs principales implications normatives.

1/ le souci de l'institution
Un souci qui est, plus largement, le souci prioritaire d’aujourd’hui. Nos sociétés sont malades de la désinstitutionnalisation, de la déconstruction des institutions dans leur verticalité porteuse. Le modèle dominant n’est plus celui de l’arbre (généalogique) mais du rhizome, du réseau. 

Il faut donc repartir de la base et qui dit institution, dit norme et modèle de référence. La multiparentalité existe mais elle ne justifie pas pour autant le self-service normatif et la reconnaissance juridique de toutes les formes d’association. Il faut donc rebâtir une normativité par le haut. Peut-être alors convient-il d’insérer dans la Constitution une charte de la famille, de l’écologie familiale. Elle y aurait autant sa place que celle de l’écologie au sens courant, parce qu’elle serait encore plus… naturelle : par-delà les diversités, il y a un invariant familial qui traverse toutes les sociétés autour du couple fondateur et de la transmission de la vie.

2/ Le soin du couple.

C’est dire que le point fort d’une telle charte serait la réaffirmation de la centralité du couple dans sa différence sexuelle. C’est elle qui, à la racine, fonde la famille avant l’amour, le sentiment, l’affection. Elle doit donc être gravée au coeur du mariage et accompagnée de tous les soins nécessaires – une politique du « care » – pour garantir la verticalité et la durabilité de l’institution : liens du sang, filiation, patrimoine…

3/ l'intérêt supérieur de l'enfant
Là aussi, il faut sortir de l’ethos contractuel dominant. Le mariage n’est pas un contrat mais un serment, un pacte, un consentement à un donné qui institue la « personne morale » génératrice de toutes les autres. Qui lui sont donc subsidiaires. À commencer par l’État : en tant que gestionnaire du vivre-ensemble, il doit être le premier garant des liens. Et cette personne morale est trinitaire : le père, la mère, l’enfant. L’enfant comme dépositaire du mystère de la vie, comme signe de la primauté de la personne humaine, comme symbole de la liberté créatrice, comme sacrement du don et de la gratuité. Comment peut-on simultanément dénoncer la marchandisation du monde et l’introduire au coeur de l’humain ?! 

Sur le plan des normes, il en découle au moins trois impératifs. D’abord celui de la réaffirmation de la suprématie du droit de l’enfant sur tout autre droit. L’adoption notamment ne doit pas être un moyen de reconnaître un droit à l’enfant. Et il en va de même, bien sûr, pour la PMA et la GPA… Ensuite celui de la réaffirmation de l’autorité parentale et de son exercice « conjoint », bien plus importante que le statut du beau-parent… Enfin celui de la consécration du rôle premier de la famille dans l’éducation qui est peut-être le ressort profond de sa légitimité : l’acte infini d’élever l’homme, de le faire naître et grandir, croître et se multiplier… Loin de marginaliser la famille, il faut au contraire la remettre au centre du processus éducatif. Avec tous les moyens nécessaires : liberté de choix, congé parental, chèque scolaire, quotient familial, prestations d’accompagnement… C’est là, dans l’éducation, que l’intérêt de l’enfant est d’abord en jeu.

Si, selon le propos de Benoît XVI, la question sociale est devenue radicalement (à la racine) une question anthropologique, l’enfant est au centre de cette question anthropologique. Son successeur, le pape François, le disait superbement dans sa récente homélie à Bethléem : « Chaque enfant qui naît et qui grandit en chaque partie du monde est un signe diagnostic qui nous permet de vérif ier l’état de santé de notre famille, de notre communauté, de notre nation… ».

Posté le 15 août 2014 à 09h55 par Paula Corbulon | Lien permanent

Réformer la France : Justice, au nom de qui ?

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Aujourd'hui, Jacques Trémolet de Villers.

La justice, pour être « juste », doit être sacralisée. Une réforme dans ce domaine régalien ne peut venir que du fait du Prince. Lui seul est capable de conférer aux magistrats une légitimité qui est aujourd’hui, plus que jamais, discutée.

La justice dont dépendaient les réformes nécessaires au bon ordre du royaume était elle-même la première institution à réformer ». Ainsi parlait Louis XIV à son fils, en lui décrivant ce que ces historiens ont appelé plus tard sa « prise du pouvoir », en 1661. La justice, sur laquelle a été fondé le royaume de France, a connu peu de réformes spectaculaires.

Citons Charlemagne, avec les « missi dominici», saint Louis, avec « les établissements », Louis XIV, Napoléon, après la tourmente révolutionnaire, Napoléon III, à qui nous devons nombre de palais de justice, De Gaulle, avec l’ordonnance de 1958.

Chacune de ces réformes s’est faite par ordonnance du chef de l’État, qu’il fût roi, empereur ou président de la République. La justice est vraiment une institution régalienne, oeuvre du Prince. Toutes ont eu comme but avéré – mais jamais atteint – une plus grande célérité dans la solution des litiges entre particuliers, une plus grande efficacité dans la répression des crimes et des délits, la recherche d’une impartialité toujours plus impeccable, et, par voie de conséquence, la lutte renouvelée contre les influences de toutes sortes (d’idéologies, d’argent, de passions, de négligences ou d’incompétences) qui peuvent corrompre ou entraver la mission du juge.

Qu’il soit royal, impérial ou républicain, le monarque qui s’applique à améliorer, corriger ou perfectionner l’oeuvre de justice ne doute pas de ce qu’elle est dans son essence : rendre à chacun ce qui lui est dû, tant au plan civil qu’au plan pénal.

Il sait aussi que les hommes, au milieu des litiges ou des infractions, n’ont pas trouvé de meilleure méthode pour découvrir où est le bon droit que celle du procès.

Procès où l’un doit dire tout ce qu’on peut dire « pour » et, l’autre, tout ce qu’on peut dire « contre », afin que le juge, éclairé par ce débat contradictoire, ait tous les éléments pour forger, dans sa conscience, sa droite conviction qui fera le jugement.

LA CULTURE DES « HUMANITÉS »
Il s’en déduit que le juge, comme ceux qui concourent avec lui à l’oeuvre de justice, doit être un « jurisprudent » (sic), ayant « la connaissance des choses divines et humaines » et, surtout, doit pratiquer la vertu de justice qui est « la volonté constante et perpétuelle de rendre à chacun ce qui lui est dû ». La formation des juges et des auxiliaires de justice – formation morale autant que technique – est donc le premier souci du Prince qui veut que la nation qui s’est confiée à lui vive dans l’ordre, la paix et la liberté. Sans être un érudit en toutes matières, le juge doit avoir – selon le Chancelier d’Aguesseau – une bonne connaissance de la philosophie, de la morale, de la religion et du droit, de l’histoire et des lettres. C’est en effet dans ce que nous appelons cette « culture générale » qu’il puisera, étant jeune, la sagesse que seule l’expérience peut lui donner et c’est la même « culture générale » qui fera de son expérience une sagesse plus mûrie encore.

La première réforme dont aurait besoin aujourd’hui la justice en France, est donc celle de l’université, des écoles de droit et de la magistrature – de leur « ratio studiorum ». La  formation du juge doit comporter ces éléments de réflexion qu’on appelait jadis, d’un terme qui dit tout, « les humanités ». Pour que la justice dont l’exercice, par nature, est rude, soit la plus humaine possible, il n’est pas d’autre moyen que de former les juges à la culture des « humanités ».

De façon plus précise, la méthode du droit naturel, qui, au milieu du désordre créé par les passions du litige ou l’infraction du délinquant, est la seule méthode expérimentale de recherche des moyens pratiques de rétablir l’ordre juste, doit être enseignée comme le véritable « tour d’esprit » du praticien de la justice. Dans cet exercice, la loi, le règlement et la jurisprudence sont des précieux outils. Ils ne sont pas la fin. La fin est la solution juste et il appartient, dans chaque cas, au juge et à ses auxiliaires, de la découvrir et de la dire.

LA « LITURGIE » JUDICIAIRE
D’Aguesseau comparait ce travail à un sacerdoce. Berryer racontait, au travers des souvenirs de son père, que celui qui pénétrait, à la fin du XVIIIe siècle, avant la Révolution, dans une chambre du Parlement de Paris, était tellement saisi par l’atmosphère de recueillement et de solennité qu’il cherchait le bénitier pour se signer.
Seule une pratique intense et continue par les juges de la vertu de justice, peut rendre sensible, au premier venu, une telle autorité.
L’architecture, intérieure et extérieure, des palais de justice, concourait à cette sacralisation, comme le font aussi les tenues vestimentaires, la démarche, l’attitude et la parole de ceux qui exercent ce qu’on a justement appelé « la liturgie » judiciaire.
Si, aujourd’hui, nos ministres ont complètement méconnu cette dimension essentielle de la justice, les juges, qu’ils soient de droite ou de gauche, syndiqués ou non, ne peuvent pas la méconnaître car elle est leur vie même. Les avocats la vivent aussi. La tentative, en mai 1968, de supprimer la robe dans les prétoires n’a pas tenu quarante-huit heures. L’architecture « révolutionnaire » des nouveaux palais, tendant à la désacralisation du lieu, aboutit au résultat inverse de celui recherché. L’aspect glacial et abstrait des nouvelles salles d’audience rend le justiciable qui y pénètre plus craintif encore que ne le faisaient les tapisseries et les boiseries des cours et tribunaux du second Empire.

TANT VAUT LE PRINCE ET TANT VAUT SA JUSTICE
Cette autorité nécessaire n’est pas sans danger. Les juges, en France, ont connu constamment la tentation de dépasser leurs pouvoirs. Qu’ils frondent contre le roi, préparent la révolution ou inscrivent les noms de ceux qui les critiquent sur « le mur des cons », l’orgueil et la volonté de puissance sont les dangers inhérents à cette institution de pouvoir.
Quelle que soit la qualité de leur formation, cette dernière ne suffit pas à les maintenir et à les améliorer sans cesse dans leur état. La justice ne peut avoir, en elle-même, son propre contrôle. Des juges, on peut dire en toute exactitude de termes ce que Jésus disait à Pilate : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne te l’avait été donné d’En-haut ».
Le pouvoir du juge, pour être juste, doit toujours être un pouvoir délégué et donc contenu. La loi et la procédure sont là pour en fixer l’étendue et les limites. La conscience personnelle en est le garant. Mais, institutionnellement, la justice, oeuvre régalienne, doit dépendre d’un juge suprême qui la soutient et la corrige.
En France, qu’il soit roi, président ou empereur, c’est toujours le prince qui l’exerce. Tant vaut le Prince et tant vaut sa justice. Le bonheur des peuples est dans le coeur des rois.

Posté le 15 août 2014 à 07h45 par Paula Corbulon | Lien permanent

14 août 2014

Pourquoi il ne faut pas se décourager

 

Un entretien avec Tugdual Derville, à lire en intégralité ici.

Quelques extraits :

"Deux ans après le début du grand mouvement social, peut-on dire que la fièvre est retombée ?

Je ne le crois pas. Le feu reste brûlant sous la cendre. Le temps permet à chacun de prendre la mesure des enjeux et de se former en profondeur. Sept mille sept cents personnes se sont inscrites à l’Université de la vie de VITA en janvier dernier ! Le foisonnement d’initiatives, l’émergence publique de nouvelles personnalités, notamment d’intellectuels comme Fabrice Hadjadj, Thibaud Collin, François-Xavier Bellamy ou Gaultier Bès, contribuent à enraciner notre mouvement dans la durée, en lui offrant des perspectives de fécondité culturelle qui vont bien au-delà de l’opposition légitime à une loi.

Pourtant, les sentiments de lassitude et de désillusion dominent chez certains…

Cela vient d’une méconnaissance des enjeux, et de l’impatience naturelle. La première année du mouvement social s’était conclue sur la promulgation de la loi Taubira que nous combattions, mais ce texte était insatisfaisant pour ses promoteurs. Or, la seconde année a été marquée par un recul net du gouvernement. C’est d’ailleurs le ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls qui a donné le premier signe de ce retrait le 3 février 2014 au lendemain des dernières grandes manifestations pour la famille. Depuis ce jour, celui qui est devenu Premier ministre a confirmé sa volonté de ne pas rallumer la guerre sociétale. Jusqu’à assurer, depuis Rome, le 27 avril, que toute réforme de la loi fin de vie ne se ferait qu’en cas de  consensus au Parlement. Assurément le ton a changé. Ce n’est pas le moment de baisser les bras.[...]

De quoi dégoûter nos lecteurs de la politique…

Surtout pas ! Le champ est grand ouvert ; nous sommes la plus grande minorité structurée ; nos convictions sont fondées sur une anthropologie solide ; nous défendons ensemble une vision de l’homme et non pas nos intérêts personnels comme souvent les promoteurs des transgressions libérales-libertaires… C’est plus gratifiant d’agir avec, chevillé au cœur, un sentiment d’utilité, un souci altruiste, et une certitude sur le sens de la vie. Le temps du désenchantement généralisé est propice à l’engagement de ceux qui appuient leur réflexion politique sur des repères clairs. La libération des consciences est entamée.[...]

Depuis quelque temps, je rencontre de nombreux jeunes qui décident de s’exposer, de renoncer à des avantages ou des situations pour mettre en cohérence vie professionnelle et convictions personnelles. Certains se tournent vers l’enseignement quitte à ne pas prétendre aux salaires de leurs parents…

C’est à ce prix, en investissant les « lieux où s’élabore la pensée », en y payant de leur personne, qu’ils pourront faire germer une autre culture.[...]

S’il faut donc patienter, est-ce à dire qu’il va falloir consentir à la GPA ou à l’euthanasie qui semblent inéluctables ?

Ce sont nos adversaires qui s’escriment à utiliser cette figure d’inéluctabilité pour décourager notre résistance. La GPA est un bon exemple. Il y a une guérilla judiciaire, avec comme dernier épisode la position de la CEDH (Cour Européenne des Droits de l’Homme) qui tend à faire plier la France. Mais elle a déclenché la levée de boucliers de nombreuses personnalités de gauche, à la fois attendues et inattendues, derrière Lionel Jospin et Jacques Delors, qui pressent le gouvernement de s’y opposer au nom du féminisme bien compris. Hommage implicite à La Manif pour tous qui n’a eu de cesse d’alerter sur ces thématiques, ce qui légitime aussi le projet de cette dernière de manifester à nouveau le 5 octobre prochain. Cela montre l’existence d’un large front de résistance qui transcende les clivages. C’est la même chose contre l’euthanasie. Ses promoteurs ont beau nous affubler du déguisement de l’intégrisme sans cœur, nous sommes liés à de multiples groupes qui échappent à toute stigmatisation : personnes handicapées, familles, soignants… Et face à nous, les personnes vraiment mobilisées sont peu nombreuses, même si elles disposent de relais médiatiques puissants.

À chacun finalement d’agir de toutes ses forces, en se ménageant des respirations pour tenir dans la durée, mais en s’interdisant tout découragement. Très souvent, un échec cache une perspective de victoire…"

Posté le 14 août 2014 à 11h29 par Marie Bethanie | Lien permanent

Réformer la France : libertés locales et pouvoir central

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Ajourd'hui, Christian Tarente.

Pour en finir avec la décentralisation, il n’y a qu’une méthode : la faire. à condition qu’elle ne soit ni un faux-semblant cachant mal un jacobinisme rhabillé pour la circonstance, ni un délitement de la France sous couvert d’européanisation. Osons quelques propositions.

Jacobins ou Girondins ? Si l’on veut être à la fois les deux, mieux vaut n’être ni l’un ni l’autre. Comme dans le faux dilemme du protectionnisme et du libre-échange, fondamentalement, il n’y a qu’une règle, c’est le respect de la mesure, et politiquement, la seule mesure qui vaille, c’est celle de la France. Dans sa dynamique historique profonde, la France a d’abord été et demeure une affaire de territoire. Ou, plus précisément, de territoires qui, reconnaissant leurs intérêts communs, tout en assumant leurs spécificités, ont peu à peu constitué un territoire unique et divers. C’est ce mouvement historique dont il faut réactiver la force agissante, l’énergie vitale, la puissance unificatrice et non uniformisatrice.

PRIORITÉ AUX LIBERTÉS LOCALES
Les jeux de la démocratie moderne ont livré au plus absurde des hasards un discours politique apparent, guidé par le seul opportunisme du moment. Pendant ce temps, une classe oligarchique, conduite par une idéologie du tout économique, se fraie son chemin dans la plus profonde indifférence au bien commun et une hostilité déclarée à l’égard de tout ordre politique juste. Or notre diversité et nos libertés ne peuvent tenir qu’adossées à un État fort et indépendant.


On ne rétablira chez nous une autorité permanente, un pouvoir central durable, responsable et fort, qu'au moyen de libertés locales très étendues : c’était vrai hier, ce l’est plus encore aujourd’hui où la démocratie a rencontré le totalitarisme et s’est reconnue en lui. Les libertés locales sont le fondement nécessaire de toute réforme régionale qui tienne. Si nous voulons faire resurgir un esprit public aujourd’hui anesthésié, mais dont le printemps 2013 a prouvé qu’il ne demandait qu’a resurgir, il faut restituer aux institutions locales le moyen d’exister, de vivre leur propre vie et d’agir. Rendre la parole au peuple peut n’être qu’une formule de bateleur de meeting ou de démagogue médiatique : elle retrouvera tout son sens si l’on permet à l’expression populaire de se manifester dans son espace naturel. C’est-à-dire là où elle est à la fois réellement informée des problèmes qui la concernent, et fondée à être entendue.

Pour réformer nos collectivités locales et régionales, appliquons donc deux principes simples : permettre aux Français de formuler leurs préoccupations réelles au niveau où ils peuvent le faire efficacement ; et faire en sorte que, des communes aux régions, s’épanouissent librement leurs communautés naturelles.
L’expérience impose un troisième principe : brider ou briser l’influence des partis politiques dont le caractère excessif et nuisible est particulièrement manifeste à ce niveau.

LA COMMUNE, PREMIÈRE COLLECTIVITÉ « AFFECTIVE »
Les collectivités les plus proches de la vie quotidienne sont les communes. C’est elles qui doivent être l’objet de tous les soins, car c’est d’abord à leur niveau que s’expriment les solidarités familiales, sociales, professionnelles.
Il faut qu’elles aient les moyens d’assurer leurs fonctions libérées des insupportables interventions étatiques qui entravent inutilement leur liberté d’action. Une liberté qui comprend la possibilité de créer des structures intercommunales quand les nécessités de la vie contemporaine l’imposent. En s’adaptant au milieu urbain ou rural qui est le leur, tout en conservant leur personnalité : socialement, elles sont le premier lien affectif des foyers, des familles, des habitants d’un lieu-dit ou d’un immeuble entre eux. Et le premier lieu où leurs représentants peuvent exprimer leurs problèmes réels. Les conseils municipaux doivent rester des sanctuaires d’où sont bannies les querelles et propagandes partisanes déconnectées des réalités de terrain.

Le niveau immédiatement supérieur est l’arrondissement : parmi les collectivités locales existantes, c’est l’une des plus réelles physiquement, sociologiquement et économiquement. C’est d’ailleurs la plus approchante de nos « pays » traditionnels – contrairement au canton, entité tout à fait artificielle et dont on peut sans regret prévoir la disparition. Une assemblée de représentants des communes de l’arrondissement aurait vocation à traiter de tous les questions qui appellent un traitement collectif à ce niveau.

Le cas du département est un peu différent. Créé artificiellement par la Révolution pour casser les provinces héritées de la géographie et de l’histoire, il ne répond à aucune fonction indispensable. Cependant, si aujourd’hui M. Valls veut le supprimer, c’est pour une mauvaise raison : promouvoir un échelon régional artificiellement conçu comme « européen », en phase avec le pastiche europoïdal de Bruxelles. 

Cette circonstance ne nous fera pas, pour autant, sauver le département tant il y a de bonnes raisons d’en souhaiter la disparition. Sans manquer de noter, cependant, que les habitudes prises au fil du temps ont pu créer certains attachements, par exemple dans le domaine de la culture ou du tourisme : il appartiendra à l’initiative privée de répondre à ces demandes.

DES RÉGIONS ANCRÉES DANS LEUR CULTURE PROPRE
Le troisième échelon est la région. Rejetons d’emblée le mimétisme halluciné que suscitent chez certains les Länder allemands : si nous tentions d’en importer le modèle, nous aurions les plus grandes chances d’aboutir plutôt à un hybride des modèles italien et espagnol, en en cumulant les difficultés. Ignorons aussi tout projet de découpage en entités régionales dictées par une supposée rationalité économique : nous sommes payés – si on ose dire – pour savoir quels dégâts provoque le tout-économique. Ce n’est pas de cette manière qu’il faut penser les régions. Enfin, oublions les calculs électoraux à courte vue, en l’espèce particulièrement misérables. Ils sont l’une des pires conséquences de l’influence des partis politiques et de la nature délétère des préoccupations de carrière qu’ils génèrent.

À l’écart de tout modèle artificiel, de toute idée d’une norme prétendument idéale, les régions doivent d’abord être fondées quelle que soient leur taille, sur leur réalité géographique, leurs racines historiques et tout ce qui fait leur personnalité propre. Ce n’est que de cette manière que, droites dans leur bottes, elles peuvent refléter les besoins réels de leur population et agir dans le seul sens de son intérêt. Car ce qui doit inspirer le fond d’une réforme des collectivités locales et régionales, c’est le principe qu’avant toute idée d’organisation administrative, leur rôle est d’abord d’assurer une représentation réelle de tous les Français et, chacune à son niveau, de gérer leur bien commun.

Posté le 14 août 2014 à 07h31 par Paula Corbulon | Lien permanent

13 août 2014

Réformer la France : À la recherche du politique perdu

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Ajourd'hui, Frédéric Rouvilois.

À l’origine, la Ve République était fondée sur l’indépendance du chef de l’État à l’égard des partis politiques. Seule la réaffirmation de cette indépendance pourra permettre sans risque l’expression populaire par les voies démocratiques.

Sans rien connaître à la médecine, chacun sait que l’homme de l’art qui se trouve devant un grand blessé a le choix entre deux options : les cautères, pommades et onguents qui calmeront un peu sa douleur et lui permettront de mourir plus doucement ; ou l’opération lourde, incertaine, risquée, mais qui peut lui sauver la vie.

Il en va de même dans l’ordre politique. En ce qui concerne la France, on pourrait certes énumérer les nombreuses réformes « faisables », susceptibles d’améliorer le système à la marge – et de lui procurer l’apparence d’une rémission : l’amélioration de la composition
du Conseil constitutionnel, la suppression du cumul des mandats, l’introduction de la proportionnelle ou l’abolition de l’article 89-3 qui permet au Congrès de réviser la constitution à tout bout de champ. 

Autant de réformes techniquement réalisables, sans doute bienvenues – mais strictement capillaires.  Dérisoires, au regard de la crise du politique et des menaces qui pèsent sur l’existence même de la France.


L’ÉTAT : UNE DISPENDIEUSE FICTION
Depuis les débuts de son histoire, celle-ci est à la fois un État et une société, qui ne se confondent pas mais marchent côte à côte, l’État ayant contribué à façonner la société, à la faire vivre et durer, cette dernière, de son côté, ayant toujours participé, selon des modalités variables, au fonctionnement de l’État – au point que son consentement constitue l’un des critères de sa légitimité. Or, tout cela part à vau-l’eau. 

L’État renonce, morceau par morceau, à sa propre souveraineté, acceptant de se fondre dans un ensemble fédéral au sein duquel sa nature étatique ne sera plus que virtuelle. Sur un autre plan, il laisse se disloquer les structures mises en place avec la Ve république – ces institutions qui lui avaient permis de tenir son rang pendant plus d’un demi-siècle, et d’échapper à un déclin qui, au vu des républiques précédentes, semblait pourtant fatal. Quant à la société, elle ne sait plus où elle en est ni où elle va – emportée par les turbulences de la mondialisation, brisée par l’horreur économique, secouée jusqu’aux tréfonds par des réformes sociétales qui, au nom du Progrès, achèvent de saper ses fondements et de défaire son identité. 

Une société qui ne sait plus ce qu’elle veut – mais qui a le sentiment de n’avoir plus son mot à dire sur les affaires qui la concernent car ceux qui décident sont ailleurs, et que l’État, qui la protégeait depuis des siècles, qui se battait pour elle et tentait d’assurer le bien commun, n’est plus qu’une dispendieuse fiction. Un « machin » qui ne sert plus à grand-chose, sinon à accélérer l’implosion générale, tout en coûtant de plus en plus cher. 

C’est devant la gravité de ces blessures que l’on peut songer à une opération chirurgicale. Celle-ci, à vrai dire, ne consisterait pas à farfouiller au hasard dans les entrailles du patient, mais à reprendre en l’accentuant la solution proposée lors de la création de la Ve république – qui se résumait en deux points : démocratisation et monarchisation. Les républiques et le roi, en somme.

La monarchisation initiée en 1958 consistait à placer au sommet de l’État « un chef qui en soit un », intervenant lors des moments majeurs de la vie de la cité, et apte à décider quand l’essentiel est en jeu. Ce monarque, dont le rôle est celui d’un arbitre et d’un garant, a pu jouer son rôle tant qu’il a bénéficié d’un mandat suffisamment long, qui lui permettait de mener une politique à long terme et de se maintenir au-dessus des partis ; depuis les années 2000, le raccourcissement du mandat, l’évolution partitocratique du régime et la volonté de restaurer le Parlement ont fini par remettre en cause cette innovation salutaire. 

Et c’est ainsi qu’on est passé du roi fainéant, Chirac II, à l’hyperprésident Sarkozy puis à l’improbable « président normal », Hollande, tous également pressés par le temps, embourbés dans le jeu des partis et incapables de se concevoir comme le chef de tous les Français. Le personnage s’est ainsi rétréci en même temps que son mandat, au point de ne plus représenter grand-chose. D’où l’intérêt de songer à une remonarchisation, et pourquoi pas, à cette restauration monarchique à laquelle De Gaulle avouait avoir souvent pensé.

UN MONARQUE INCARNANT LA CONTINUITÉ
Si on laisse de côté – pour l’instant – la question du prétendant et de la réalisation concrète, le fait est que l’idée se défend bien. Confier à un roi, héréditaire et donc indépendant des partis, le rôle de garantir l’essentiel, de défendre ce qui s’inscrit dans la durée et qu’on ne saurait donc laisser au hasard de majorités de rencontre, semble relever du simple bon sens. L’histoire, tout comme les expériences contemporaines, confirment que le monarque a intérêt à maintenir cet essentiel, et qu’il a la capacité d’y oeuvrer, n’étant borné ni par la durée de son mandat, ni par ses promesses aux électeurs. C’est ainsi notamment qu’il peut envisager des réformes en profondeur – lesquelles, par définition, ne sauraient être que progressives et s’étaler sur de longues années, à l’inverse de la régionalisation-minute décidée sur un coin de table par le président Hollande et une poignée de conseillers. 

Il va de soi qu’un tel monarque ne serait pas omnipotent. S’occupant de l’essentiel, il laisserait le soin de la politique quotidienne à un premier ministre et à un gouvernement représentant, avec le parlement qui les a investis, la part démocratique du système. Le monarque incarne la durée, la continuité, l’union des différentes composantes de la nation et l’identité de celle-ci. À ce titre, il répond à ce besoin de repères que l’on ressent avec une particulière netteté en ces temps de mutation et d’incertitude. Car le monarque n’est pas seulement le chef de l’État, il est aussi celui de la Maison France, de la grande famille que constitue la nation, de même qu’il est le chef de sa famille à lui. C’est à travers sa personne, et sa famille, que, par en haut, l’État et la société se trouvent reliés – un lien qui se reproduit en bas, à travers les élections, mais sans bénéficier de cette pérennité. Sans bénéficier non plus de la personnalisation propre à l’État monarchique et qui, au fond, change tout : car l’État n’est pas symbolisé par une abstraction mais incarné par une personne de chair et d’os, que l’on sait par coeur, qu’on a vu grandir et dont on connaît les parents et les grandsparents. 

La forme royale offre ainsi une familiarité qui permet tout à la fois de rassurer et d’impliquer les citoyens – à rebours de l’indifférence que suscitent d’ordinaire les symboles froids et abstraits. 

Dans ce cadre, la démocratie acquiert elle aussi une signification particulière et peut se voir attribuer une densité accrue. Dès lors qu’il existe un référent stable et intangible, on peut en effet prendre le risque de la démocratie, et notamment, des changements fréquents qu’elle entraîne. Mieux, on peut, en revitalisant des procédures aujourd’hui neutralisées par la classe politique – référendum, pétition, initiative législative, mandat impératif... – réamorcer l’intérêt de la société pour son État, pour elle-même et pour son propre devenir. On peut faire en sorte que revive en elle le désir d’être souveraine et libre. En combinant monarchie et démocratie, on peut recoudre, et tenter de retrouver le politique perdu.

Posté le 13 août 2014 à 07h23 par Paula Corbulon | Lien permanent

12 août 2014

Il n'y a plus de bon père de famille en France

Et donc plus de bonne mère de famille... Ainsi en a voulu la loi sur le refus de la différence, l'égalité des hommes et des femmes, cette pseudo valeur républicaine qui nie la réalité voulue et construite par Dieu.

Pauvre France de pauvres hères...

Posté le 12 août 2014 à 14h57 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (13)

Réformer la France : Un Etat et un chef de l'Etat

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Ajourd'hui, Hilaire de Crémiers.

Les Français souffrent d’un État aussi prépotent qu’impotent et d’un chef de l’État qui n’est qu’un médiocre chef de parti et qui n’a jamais eu aucun sens de l’État.

a Ve République est-elle encore en état de fonctionner ? Cette « monarchie républicaine » n’était forte que de sa monarchie. La dégradation de la fonction du chef de l’État est le signe avant-coureur d’une fin prochaine. Le ressort essentiel de la machine institutionnelle est, pour ainsi dire, cassé. Dans l’état actuel des choses, personne ne le restaurera. L’institution est définitivement brisée. Le meilleur homme, la meilleure femme du monde, même en déployant toutes les ressources de l’intelligence et de la volonté politiques, ne saurait rétablir, dans le cadre actuel, la force primordiale et transcendantale – même laïque ! – de l’éminente autorité régalienne – l’étymologie exprime bien la signification profonde du mot – qui dominait l’ensemble de nos institutions.

LA FRANCE N’EST PLUS GOUVERNÉE.
Malgré la lettre, elle relevait d’un esprit d’un autre ordre que constitutionnel ; elle venait d’ailleurs ; elle était historique et reflétait pour la France et pour le monde, bien ou mal selon les cas, l’âme de notre pays qui a, peut-être plus qu’aucun autre, toujours besoin d’un chef, et d’un chef souverain.


C’était ainsi, senti plus encore que réfléchi, et souvent même en dépit des hommes qui se trouvaient investis de cette charge suprême et qui, d’ailleurs, n’en usaient bien que quand ils se conformaient eux-mêmes à la tradition qu’elle représentait. Aujourd’hui, ce qui devrait être un trône et qui aurait dû l’être, n’est plus qu’une place à prendre offerte à la vulgarité des enchères, objet de toutes les convoitises, cause des luttes fratricides les plus inexpiables, but de toutes les stratégies politiciennes, incessant aiguillon d’ambitions démesurées autant qu’inassouvies, car personne, à la vérité, n’est à la hauteur d’une telle fonction qui ne saurait être remise, comme elle l’est, au hasard d’une loterie électorale, d’un jeu de roulette indéfiniment relancé où le calcul qui a échoué, se reporte aussitôt sur le prochain tour. Ainsi la politique française se vit dans une ambiance frelatée de casino et les mises sont d’un rapport si considérable qu’elles justifient toutes les prévarications. Le contraire est impossible ; les habitués le savent. 

En raison du quinquennat qui a faussé jusqu’à l’esprit de l’institution en lui retirant la durée, en raison pareillement de la criminelle mécanique partisane qui empêche à tous les niveaux – et d’abord au sommet – jusqu’à l’appréhension même du bien commun, la plus haute magistrature est vidée de toute substance sérieuse et solide. C’est un vide, conçu comme tel par tous, qui, à peine rempli, n’est imaginé incessamment que comme un prochain vide à remplir. Cette clef de voûte qui est censée tenir toute notre architecture institutionnelle, n’est en réalité qu’une béance qui fragilise l’ensemble de la construction : le risque est désormais de la voir s’effondrer sous les chocs répétés qui s’annoncent, économiques, financiers, sociaux et politiques.

L’art des titulaires de la fonction suprême en est réduit, depuis deux ou trois mandats, à faire croire qu’ils existent : d’où beaucoup de discours, beaucoup d’agitation, beaucoup d’effets d’annonce et de communication et, par moments, soudain, des décisions aussi rapides qu’irréfléchies et qui aboutissent à des catastrophes. La confiance est définitivement perdue ; elle ne reviendra plus.

LA FRANCE N’EST PLUS REPRÉSENTÉE
Les conséquences d’un tel avilissement de la magistrature suprême se font sentir non seulement dans l’exercice national et international de la fonction, mais également sur l’ensemble des pouvoirs publics. La représentation nationale ne représente plus ; du fait de la tournure de l’élection présidentielle, elle devient de plus en plus l’expression, non de la nation, mais du régime des partis dans sa malfaisance essentielle. La loi n’est plus qu’idéologique, aussi prolixe qu’inintelligente et barbare, et les représentants sérieux se demandent à quoi ils servent.

Évidemment à rien. Ce qui rend le système absurde. La représentation est faussée à tous les niveaux, local et social. La décentralisation elle même s’est totalement fondue dans le régime des partis qui accapare l’État tout entier. Tout se pèse en terme de pouvoirs… mais en faveur des partis, jusqu’à la moindre commune, jusqu’au moindre article du budget ! 

L’administration et l’organisation de la puissance publique, depuis les ministères jusqu’aux échelons prétendument décentralisés, sont affectées en conséquence de ce dévoiement de l’État d’un double phénomène de déliquescence qui s’explique parfaitement : d’une part, un zèle idéologique exigé par la pression partisane permanente, d’autre part et parallèlement, une inertie dans la décision souveraine, elle-même marquée par l’incohérence et la stupidité d’un système d’irresponsabilité. 

Est-ce à dire que plus rien ne marche dans notre pays ? Non. Les Français sont gens de qualité, mais ils connaissent intuitivement les limites de leurs possibilités dans un tel régime, y compris chez les  fonctionnaires qui s’efforcent de remplir leur tâche au mieux. 

Que faire quand tout est dépendant d’un système général devenu, lui, totalement défectueux ? Chacun pressent qu’il entraînera, un jour ou l’autre, dans sa perte ceux qui se flattent d’en détenir le pouvoir et qui seront mis tôt ou tard devant la réalité de leur incapacité.
Comme leurs prédécesseurs dans des situations pareilles, ils ne penseront plus alors qu’à esquiver leur responsabilité. Les Républiques, en France, se sont toutes terminées par des désastres ; la Ve n’y échappera pas.

LA CONDITION DU SALUT
En cas d’événement de ce genre, il serait souhaitable qu’une nouvelle génération, intéressée à la chose politique, appréhende la condition essentielle du salut national français : créer, recréer, au sommet de l’État une institution indépendante par nature des partis et des luttes électorales – c’est ainsi qu’à  travers les siècles la France s’est tirée elle-même des pires crises où elle risquait son existence ; et donner à cette institution toute la majesté et toute la puissance – ce qui est la contraire de la tyrannie – que requiert son exercice légitime.
Créer, recréer, les libertés essentielles qui ont été confisquées, territoriales, provinciales, professionnelles, éducatives, patrimoniales ; et bâtir enfin une représentation véritable des territoires et des intérêts français, ce qui n’a jamais été fait depuis 1789, le régime des partis s’étant en France constamment substitué à un vrai régime représentatif à la française, toujours désiré des Français et jamais advenu.
Enfin, donner à l’administration générale l’efficacité qui suppose l’impartialité, la compétence, la cohérence, la durée, la souplesse et la légèreté, bref le contraire du modèle actuel. La France sera alors gouvernée, représentée et correctement administrée. En très peu de temps, tout le monde aura du travail et de la joie sans qu’il y ait besoin d’administration pour en compliquer les règles et la France retrouvera sa place et son rang dans le monde. C’est évidemment la grâce qu’il faut nous souhaiter !

Posté le 12 août 2014 à 07h15 par Paula Corbulon | Lien permanent

11 août 2014

Réformer la France : Immigration : la lente résignation des États

Exclusivité du Salon Beige: la diffusion des différents articles du dossier de Politique Magazine consacré à l'indispensable réforme nationale. Ajourd'hui, Michèle Tribalat.

Les pays de l’Union européenne – mais ils ne sont pas les seuls – n’ont presque plus aucune marge de manoeuvre en matière de politique migratoire au sein de leurs frontières. La faute à une succession d’accords internationaux leur interdisant toute décision souveraine en ce domaine. La faute, aussi, à une certaine idéologie.

Les États n’ont pas tout pouvoir pour décider qui peut s’installer sur le territoire national. Déjà,tout ce qui ressort du droit d’asile leur impose d’offrir une protection internationale aux étrangers qui respectent les conditions posées par la convention de Genève, de 1951, et le protocole de New-York, de 1967. Par ailleurs, la politique migratoire, dont on peut se demander si c’est encore une politique, a été progressivement communautarisée. Par exemple, le gouvernement actuel va devoir transposer les directives de 2013 sur l’asile qui entrent en application au 1er janvier 2015. Il n’est pas inutile de retracer brièvement les principales étapes de cette communautarisation. La France a fait partie des cinq pays signataires de l’accord Schengen en 1985, accord dont les modalités de mise en oeuvre ont été précisées en 1990 et qui a abouti à la libre circulation dans l’espace Schengen en 1995. Cette communautarisation des frontières entraîna la nécessité d’harmoniser la gestion des frontières (Frontex, 2004), et la politique des visas (2005). D’autres pays ont progressivement rejoint les premiers signataires et 26 pays figurent désormais dans l’espace Schengen, dont 22 pays de l’UE auxquels se sont ajoutés l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. En 1992, la question migratoire a fait son entrée dans ce qu’on a appelé le 3e pilier du traité de Maastricht, relevant de la coopération intergouvernementale.
En 1997, le traité d’Amsterdam a intégré l’acquis Schengen – avec des protocoles spéciaux pour le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark – et le sommet de Tampere a justifié la nécessité d’une politique d’immigration commune par les besoins démographiques et économiques.

L’UE s’est dotée de diverses directives, mais a échoué à trouver un consensus sur les migrants économiques. Le Traité de Lisbonne, qui est entré en vigueur au 1er janvier 2009, communautarise la politique migratoire à l’exception de la fixation du volume d’entrées, sur chaque territoire national, des étrangers en provenance des pays tiers « dans le but d’y rechercher un emploi salarié ou non salarié. »

BRAS DE FER JURIDIQUE
Mais on aurait tort de penser que cette communautarisation est seule responsable de l’impuissance politique à réguler à la baisse les entrées d’étrangers. La première épreuve a été le bras de fer juridique, lors de la suspension de l’immigration décidée par le gouvernement de Jacques Chirac sous la présidence Valéry Giscard d’Estaing, en juillet 1974, suite aux anticipations négatives en matière de chômage après la crise pétrolière. Contrairement à la légende, ce n’est pas VGE qui a introduit le regroupement familial, lequel a toujours existé à défaut d’être organisé. C’est une décision du Conseil d’État qui l’a rétabli, après l’interdiction du gouvernement. Il est donc redevenu légal en 1975. Un décret du 29 avril 1976 a seulement énoncé les conditions de ressources et de logement. Ce décret gouvernemental a été le produit du bras de fer gagné par le Conseil d’État et non d’une largesse gouvernementale.

Le Conseil d’État allait avoir à nouveau la possibilité de se prononcer sur la question dans un arrêt du 8 décembre 1978, dans lequel il instituait le « droit à mener une vie familiale normale » en se fondant sur le préambule de la Constitution de 1946, selon lequel « la nation assure à l’individu et à sa famille les conditions nécessaires à leur développement. » Il s’agit là de décisions françaises fondées sur le droit interne et qui ne doivent rien à l’Europe, qu’il s’agisse de l’UE ou de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH). La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, signée en 1950, a été ratifiée en 1973, mais il faudra attendre un arrêt du 19 avril 1991 pour que le Conseil d’État intègre explicitement dans sa décision l’article 8 de la Convention qui énonce le droit de toute personne au respect de sa vie privée et familiale, impératif qui sera intégré en 1997 à la politique migratoire par Jean-Pierre Chevènement. Ni la CEDH, ni la Cour de justice de l’UE (CJU) ne reconnaissent un droit au regroupement familial, au motif qu’une vie familiale normale est également possible dans le pays d’origine pour la première et au motif qu’un droit subjectif au regroupement familial priverait les États d’une certaine marge d’appréciation lors de l’examen des demandes pour la seconde. L’idée selon laquelle tous les empêchements à la maîtrise des flux migratoires viendraient de décisions supranationales est donc erronée.

Les États ont leur part de responsabilité dans l’impuissance politique sur la maîtrise des flux migratoires. Cette responsabilité n’est d’ailleurs pas affaiblie lorsqu’il s’agit de décisions européennes auxquelles ils ont consenti. Les États européens, qu’ils soient dans Schengen ou hors Schengen, se trouvent, à différents degrés, largement impuissants en raison de leurs engagements et des standards élevés en matière de droits de l’homme qu’ils se sont imposés et qui les obligent à accorder des droits très importants aux étrangers qui souhaitent s’installer dans l’UE. D’après Paul Collier (Exodus. How Migration Is Changing Our World, Oxford University Press, 2013), les standards d’après lesquels les Cours européennes jugent qu’on peut renvoyer un étranger contre sa volonté sont trop élevés (« insulting high »). Seuls 4 sur les 54 pays africains correspondraient à ces standards.

UNE SEULE MARGE DE MANOEUVRE
La « politique migratoire » reposant sur des droits, la seule marge de manoeuvre dont les États disposent encore, lorsqu’ils souhaitent réduire les entrées d’étrangers, est de poser des conditions plus drastiques à l’exercice de ces droits, au risque de se faire désavouer par la CEDH ou par la CJU, ce qui est arrivé à plusieurs reprises aux Pays-Bas. Par ailleurs, la politique d’élargissement de l’UE a provoqué des flux intra-européens, d’une ampleur non souhaitée par certains pays. C’est le cas du Royaume-Uni qui cherche à revenir sur la liberté de circulation. David Cameron, qui s’était engagé à réduire à quelques dizaines de milliers le solde migratoire, a dû faire face à un rebond dû en grande partie aux flux en provenance de l’UE. On a vu aussi la Suisse revenir par référendum sur la libre circulation à laquelle elle s’était obligée en entrant dans l’espace Schengen en 2008. Par ailleurs, l’UE mène une politique de voisinage, et notamment une politique d’extension de l’exemption de visas. C’est déjà fait pour la Macédoine, le Monténégro, l’Albanie et la Bosnie. Des négociations sont en cours avec la Turquie.

Les États qui souhaitent retrouver de réelles marges de manoeuvre n’auront d’autre recours que de renégocier les abandons de souveraineté auxquels ils ont consenti et les diverses conventions qui leur ont lié les mains ou de peser collectivement sur les instances européennes pour qu’elles changent de politique. Ce n’est pas gagné. En effet, au vu des projections démographiques d’Eurostat, ces instances voient dans l’immigration le salut de l’UE et le leur. Si les États européens y répugnent, qu’ils s’en expliquent et cessent de faire croire à leurs citoyens qu’ils exercent encore des prérogatives en ce domaine, qui plus est pour leur bonheur !

Posté le 11 août 2014 à 07h05 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (0)

10 août 2014

Réformer la France

Le numéro 131 de juillet-aout de Politique Magazine est consacré à l'ambition nécessaire de "réformer la France". En exclusivité, le Salon Beige vous proposera au fil du mois d'août de décrouvrir une bonne partie des articles de ce numéro, avec des contributions prestigieuses comme Michèle Tribalat, Jacques Trémolet de Villers, Jean Sévilia. Bonne lecture !

Posté le 10 août 2014 à 07h54 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (0)

06 août 2014

Réflexions pour la France

Quelques éléments, proposés par le philosophe Henri Hude, mis en ligne sur son site et publiés dans la Nef de juillet-aout 2014. La plupart sont énoncés sous forme de questions auxquelles il faudra bien répondre par nous-mêmes si nous ne voulons pas que d'autres le fassent à notre place.

1. Vivons-nous le commencement de la fin de la toute-puissance américaine ? Avec elle, l’idée de la mondialisation individualiste et libertaire reculerait-elle ? Les nationalités renaissent dans un monde à nouveau multipolaire. La puissance impériale se décompose dans une fuite en avant contre la faillite et la révolution sociale. Ses institutions démocratiques, autrefois moteur du rayonnement et du dynamisme américains, se dissolvent dans une oligarchie financière. Certes, son système de pouvoir semble encore irrésistible : collaboration des oligarchies locales, contrôle des institutions internationales remplaçant les souverainetés nationales, crédit illimité via la monnaie de réserve mondiale, contrôle des médias et d’internet, menace de la première force militaire… Et pourtant, tous les empires finissent par s’user, car bien plus que sur leurs propres forces, ils reposent sur le sentiment de leur légitimité, qu’ils inspirent ou non aux peuples qu’ils gouvernent.

2. Aurons-nous la paix ou la guerre ?

L’empire américain saura-t-il abdiquer sans violence, comme l’Union soviétique en son temps ? Sa politique reste agressive, démesurée. Sa ploutocratie est lancée dans une fuite en avant, pour éviter de devoir rendre des comptes.

3. Ce qui suivra la fin de l’empire sera-t-il forcément meilleur ? La disparition des règles individualistes et ploutocratiques, et celle d’un pouvoir mondial dominant, créera un vide immense. Cela ne peut-il déboucher sur une anarchie internationale, des guerres nombreuses et une nouvelle lutte pour l’hégémonie ? Avons-nous les modèles économiques, culturels et politiques de remplacement ? Avons-nous un projet de concert des nations civilisées ?


4. Une révolution sociale égalitaire peut-elle avoir lieu aux États-Unis ? Une collaboration est-elle possible avec les forces démocratiques de ce pays ? Car le peuple américain souffre des mêmes maux que le nôtre, en pire. Comment réformer sans le faire en même temps sur les deux rives de l’Atlantique ? Comment abolir l’oligarchie idéologique, restaurer une démocratie fonctionnelle, la nation et la souveraineté ? Comment rebâtir l’industrie et rendre un avenir économique à la jeunesse ? Comment rompre avec la culture libertaire et restituer aux peuples leur identité culturelle ?

5. Sommes-nous mûrs pour une révolution culturelle ? La fin de l’empire marquera la fin de l’Union européenne actuelle, et la venue au pouvoir, en Europe, de forces politiques à la fois nationales, démocratiques et potentiellement autoritaires. Toutefois, sans révolution culturelle profonde, cette alternance ne ferait que troquer des mondialistes libertaires pour des nationalistes libertaires ; ou bien des financiers libertaires pour des néo-communistes libertaires. La démocratie libertaire vaudra-t-elle mieux que l’oligarchie libertaire ? La montée des nationalités, pour ne pas mener au chaos, doit voir ces nations tourner le dos à la culture libertaire.

La révolution sexuelle s’est dégradée en vieillissement de la société, en dictature de lobbies libertaires, en constitution d’une « biocratie ». Michel Foucault appelait ainsi une tactique de défense d’un pouvoir de classe par la structuration des instincts dans la masse. La ploutocratie biocratique ne peut être vaincue que par un immense élan libérateur, de portée plus que politique. Nous ne rendrons justice à notre peuple, et liberté à nos nations, qu’en cessant de faire comme si Dieu n’existait pas, comme si l’Homme-Dieu n’existait pas, lui, matrice de l’humanisme européen, axe de notre Histoire, source d’amour et de liberté – le Christ.

6. Sommes-nous capables de faire surgir un pôle de puissance en Europe au service de l'équilibre mondial ?  Les Etats-Unis tentent d'élever un rideau de fer entre l'Europe et la Russie, afin de diviser pour régner. Mais si l'Europe, sans défense, se contentait de faire corps avec une Eurasie russo-chinoise, ne serait-ce pas troquer une domination pour une autre ? Que deviendrait alors la France, qui doit aussi être ouverte sur les mers, l'Afrique et l'Océan ? Si l'OTAN, dans sa forme actuelle, doit disparaître, ne faut-il pas une force militaire solide en Europe, par l'alliance entre plusieurs nations d'Europe, avec comme intérêts communs la paix, le développement économique et l'indépendance stratégique ? Cette alliance, refusant les aventures à l'Est, ne devrait-elle pas maintenir, si possible, une relation militaire transatlantique, établie cette fois sur un pied de stricte égalité ?


7. Comment bâtir une vraie majorité de remplacement ? Dans la période de recomposition politique qui s’annonce, comment mobiliser le soutien électoral durable et massif requis pour des réformes immenses ? Une telle majorité populaire ne doit-elle pas inclure les immigrés d’origine africaine, du Nord et du Sud ? Si ce n’est pas le cas, alors manqueront aussi à l’alliance les Français plus idéalistes, choqués de voir qu’on exclut certains. Faute d’une alliance suffisamment large, la montée des forces nationales n’est-elle pas qu’un vase d’expansion où se déverse le mécontentement ? Un simple stabilisateur du système ?

 

Posté le 6 août 2014 à 09h56 par Paula Corbulon | Lien permanent

01 août 2014

FN : comment la gauche cherche à piéger l'UMP

MLe sondage de Marianne plaçant Marine Le Pen en tête est un peu trompeur (version pdf 10 pages). Non pas sur le fait que le FN ait du succès auprès des électeurs (et encore : en mars 2011, un sondage plaçait déjà Marine Le Pen en tête de la présidentielle de 2012, scrutin où elle est finalement arrivée 3e), mais sur les autres éléments de ce sondage.

Par exemple, si le sondage se décline selon 3 hypothèses à gauche (Hollande, Valls ou Montebourg) rien ne dit que Nicolas Sarkozy sera bien candidat. Et rien ne dit qu'il sera le seul candidat issu de l'UMP. Au train où vont les choses c'est aussi une hypothèse à ne pas écarter.

Quant à la gauche, elle a plus d'un tour dans son sac, comme le remarque Valeurs Actuelles, et ceux qui ont déjà enterré le PS au 1er tour ont peut-être été trop rapides. Si François Hollande change le mode de scrutin des élections législatives, passant du scrutin majoritaire à la proportionnelle intégrale, il se pourrait que l’UMP et le Front national aient le même nombre de députés à l’Assemblée nationale.

Face à ce piège, avec une assemblée nationale sans majorité, que pourrait faire l'UMP ? Soit former un gouvernement avec la gauche, sur le modèle allemand, montrant ainsi la réalité de l'UMPS, ce qui provoquerait sans aucun doute le désaveu de son électorat. Soit l'UMP s'allie avec le FN, ce que souhaite la majeure partie de son électorat, et renvoie la gauche dans son piège. A condition toutefois que le FN accepte cette union.

Posté le 1 août 2014 à 15h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (25)

31 juillet 2014

François Hollande inquiet de la persécution des chrétiens d'Irak

Communiqué de l'Elysée :

"Le Président de la République s’est entretenu par téléphone avec M. Fouad MASSOUM, le nouveau Président de la République d’Irak. 

Après l’avoir félicité pour son élection, François HOLLANDE a assuré au Président MASSOUM le plein soutien de la France à la souveraineté et la stabilité de l’Irak. 

Il a fait part à M. MASSOUM de sa vive préoccupation face à l’implantation du groupe terroriste de l’Etat islamique et a rappelé l’urgence de trouver une solution politique par la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement de rassemblement. 

Le Président de la République a également exprimé sa très grande inquiétude à propos des persécutions dont font l’objet, de la part des groupes terroristes, les chrétiens, composante essentielle de la République d’Irak. Il a souligné l’impérieuse nécessité d’assurer la protection des minorités, afin de leur permettre de rester dans leur pays comme c’est leur souhait, et de préserver la richesse et la diversité de l’Irak. 

Le chef de l’État a examiné avec M. MASSOUM les modalités de l’aide que la France pourrait apporter à l’Irak pour le secours aux populations civiles."

Posté le 31 juillet 2014 à 09h57 par Michel Janva | Lien permanent


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