29 août 2016

C’est arrivé un 29 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 29 août : fête de Sainte Jeanne Jugan, et fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste.

Jeanne Jugan naît le 25 octobre 1792 à Cancale au Hameau des Petites-Croix. Sa famille est pauvre mais profondément catholique.

Travaillant d'abord comme aide-cuisinière, elle refuse la demande en mariage d'un jeune marin, se sentant appelée par Dieu. Elle s'installe à Saint-Servan, près de Saint-Malo pour devenir aide à l'Hôpital du Rosais. C'est là que commence sa vocation auprès des pauvres et les malades qu'elle visite de plus en plus.

En 1837, avec Françoise Aubert, une de ses amies, elle loue un appartement dans le Centre de Saint-Servantafin d'y accueillir des personnes âgées, des pauvres, des malades et des infirmes. Ainsi commence la première maison des Servantes des Pauvres, qui s'appelleront ensuite maisons des Petites Sœurs des Pauvres. Jeanne Jugan meurt àSaint-Pern, le 29août 1879.

Benoît XVI la canonise le 11 octobre 2009, il dit:

«Par son œuvre admirable au service des personnes âgées les plus démunies, Sainte Marie de la Croix est aussi comme un phare pour guider nos sociétés qui ont toujours à redécouvrir la place et l'apport unique de cette période de la vie. Née en 1792 à Cancale, en Bretagne, Jeanne Jugan a eu le souci de la dignité de ses frères et de ses sœurs en humanité, que l'âge a rendus vulnérables, reconnaissant en eux la personne même du Christ. 'Regardez le pauvre avec compassion, disait-elle, et Jésus vous regardera avec bonté, à votre dernier jour'. Ce regard de compassion sur les personnes âgées, puisé dans sa profonde communion avec Dieu, Jeanne Jugan l'a porté à travers son service joyeux et désintéressé, exercé avec douceur et humilité du cœur, se voulant elle-même pauvre parmi les pauvres. Jeanne a vécu le mystère d'amour en acceptant, en paix, l'obscurité et le dépouillement jusqu'à sa mort. Son charisme est toujours d'actualité, alors que tant de personnes âgées souffrent de multiples pauvretés et de solitude, étant parfois même abandonnées de leurs familles. L'esprit d'hospitalité et d'amour fraternel, fondé sur une confiance illimitée dans la Providence, dont Jeanne Jugan trouvait la source dans les Béatitudes, a illuminé toute son existence. Cet élan évangélique se poursuit aujourd'hui à travers le monde dans la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, qu'elle a fondée et qui témoigne à sa suite de la miséricorde de Dieu et de l'amour compatissant du Cœur de Jésus pour les plus petits. Que sainte Jeanne Jugan soit pour les personnes âgées une source vive d'espérance et pour les personnes qui se mettent généreusement à leur service un puissant stimulant afin de poursuivre et de développer son œuvre ! »

  • le 29 août 70 : Jérusalem est prise par les Romains et le Temple brûle.

     

  • le 29 août 1261 : Urbain IV devient Pape.

Jacques Pantaléon est le fils d'un savetier de Troyes, il est le dernier pape élu sans avoir été cardinal. En 1264, il instaure la Fête de l'Eglise universelle aujourd'hui appelée la Fête-Dieu.

  • le 29 août 1442 : mort de Jean V, duc de Bretagne.

Jean V, «le Sage», naît le 24 décembre 1389 au château de l'Hermine à Vannes, devient duc de Bretagne, à la mort de son père, Jean IV, le 9 novembre 1399. Il n'a que dix ans et se trouve sous la tutelle du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi. Réconcilié avec Charles VI, il appuie le Roi de France dans la lutte contre les Anglais durant la guerre de Cent Ans. Il meurt au manoir de la Touche, près de Nantes.

  • le 29 août 1475 : Traité de Picquigny.

Les rois Edouard IV d'Angleterre et Louis XI signent un traité à Picquigny avec une trêve de 7 ans, et un dédommagement financier au roi anglais.Cela conclut une courte guerre franco anglaise.

  • le 29 août 1484 : le pape Innocent VIII est élu.
  • le 29 août 1619 : naissance de Jean-Baptiste Colbert, homme d'Etat français.

Voir la chronique du 6 septembre.

  • le 29 août 1661 : décès de Louis Couperin, compositeur et organiste français.

Louis Couperin meurt le 26 août 1661 à Paris. Il s'est fait connaître par ses œuvres pour clavecin et devient organiste de l'église Saint-Gervais à Paris en1650.

  • le 29 août 1756 : Frédéric II de Prusse attaque la Saxe.

La Guerre de Sept Ans commence.

  • le 29 août 1799 : le Pape Pie VI, incarcéré par la république française, meurt d'épuisement à Valence.

Giovanni Angelo Braschi naît à Césène, en Romagne, le 25 décembre 1717. Alors que la France est à l'origine des Etats Papaux et de la puissance temporelle du Souverain Pontife (donation de Pépin Le Bref ou traité de Quierzy, chronique du 14 avril), c'est la France qui trahit cette alliance, conclue sur les fonds baptismaux de Reims. Par la république française, le pape Pie VI est contraint de renoncer à son pouvoir temporel ; ilperd ses Etats et sa liberté ; le 15 février la république a été proclamée à Rome, lui est fait prisonnier et emmené en captivité jusqu'à Valence, où il décède, usé par sa lutte contre l'hydre révolutionnaire et les conditions de captivité, très dures pour un vieillard. Il est enterré civilement. Le citoyen Deydier, administrateur de la Drôme, écrit au Directoire :

«le ci-devant Pape vient de mourir, ce sera le dernier et la fin de la superstition».

  • le 29 août 1828 : début de l'expédition de Morée

L'expédition de Morée est une intervention française dans le Péloponnèse lors de la guerre d'indépendance grecque. Un corps expéditionnaire de 15 000 hommes sous les ordres du lieutenant-général Maison débarque dans le golfe de Coron et s'empare des positions turques. La présence française est maintenue jusqu'en 1833.

  • le 29 août 1879 : première ascension du sommet du Petit Dru.

Jean Charlet-Straton et ses deux guides Prosper Payot et Frédéric Folliguet, parviennent au sommet du Petit Dru à une altitude de 3 733 m après être partis de Chamonix la veille. Une caravane d'alpinistes tente en 1913 d'y sceller une statue de la Vierge ; cela n'est finalement réalisé qu'en 1919.

  • le 29 aout 1944 : Marseille est libérée.
  • le 29 août 1984 : le ministre de l'éducation Chevènement annonce des dispositions afin d'apaiser la querelle sur l'enseignement privé.
  • le 29 août 2004 : décès de Jean-Louis Nicot, général de corps d'armée français impliqué dans le putsch d'Alger.

Posté le 29 août 2016 à 05h43 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

28 août 2016

Notre-Dame de Myans, refuge protecteur

À la suite d’une grave catastrophe naturelle ayant épargné une statue de la Vierge Marie, les premiers pèlerins se rendent au sanctuaire de Notre-Dame de Myans (Savoie) dès le XIIIe siècle témoignant ainsi de leur confiance en Marie.

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Du père Jean Bianchi, ancien recteur du sanctuaire de Notre-Dame de Myans :

"Le village de Myans (environ 1 145 habitants) est avant tout caractérisé par son sanctuaire marial dédié à Notre Dame de la Nativité.  Cher au cœur des Savoyards, ce dernier se trouve à quelques kilomètres au sud-est de Chambéry, au milieu d'une région de vignes, au pied du célèbre massif de la Chartreuse. Perchée au sommet d'un clocher depuis 1855, la statue de la Vierge dorée en signale le site, jour et nuit, aux voyageurs du train ou de l'autoroute.

Les premiers écrits faisant mention de Notre-Dame de Myans remontent au XIe siècle. Il ne s’agit alors que d’un petit oratoire rural. Mais c’est au XIIIe siècle, qu’elle va prendre une importance considérable. Une grande catastrophe naturelle : l'effondrement d'un pan de la falaise proche, déclenche un glissement de terrain meurtrier le 24 novembre 1248. L’effondrement du Mont Granier recouvre par 500 millions de m3 de terre et de roches tous les villages se trouvant sur sa coulée : cinq villages sont rayés de la carte, dont le gros bourg de Saint-André, et on évoque plusieurs milliers de victimes. On dit que c’est la pire catastrophe naturelle de l’histoire des Alpes ; elle donne naissance au massif qu’on appelle les Abymes de Myans. Étonnamment, la petite chapelle de campagne dans laquelle se trouve une statue de la « Vierge Noire » est épargnée : la coulée s’est arrêtée juste devant l’entrée. Le petit groupe des moines bénédictins de Saint-André dit aussi devoir la vie sauve à la protection de la « Noire » non loin de leur chemin. Les gens de l’époque voient en cela un signe du Ciel qui donne spontanément naissance à un pèlerinage.

On ne trouve à Myans ni apparitions, ni révélations, mais simplement une confiance en Marie, que l'on invoque ici comme protectrice. Elle a protégé jadis en ce lieu une poignée de voyageurs des énormes rochers de l'éboulement ; elle continue à protéger ses enfants d'aujourd'hui de bien des rochers d'une autre nature que géologique : athéisme, indifférence spirituelle matérialisme, hédonisme, manque de confiance en la Providence, etc. Le prodige le plus fameux est le sauvetage du Savoyard Jean Grandis, seul survivant en 1534 du naufrage d’un bateau portant plus de 500 passagers au large de Livourne, en Italie. S’étant confié à Notre Dame de Myans, il revint pieds nus d’Italie et fit placer dans la chapelle un ex-voto, détruit comme beaucoup d’autres à la Révolution.

Les nombreux pèlerins qui s’y arrêtent peuvent en entrant dans le sanctuaire, contempler du premier regard deux églises superposées. Fait rare : un seul autre sanctuaire présente cette caractéristique : celui de Bethléem. Il faut descendre quelques marches pour accéder à la partie inférieure du sanctuaire, communément appelée la « crypte », oasis de silence et de recueillement. La Vierge Noire, endommagée mais sauvée in extremis à la Révolution, richement vêtue et couronnée en 1905, se trouve ici, au fond du chœur avec l’enfant Jésus. Tout a été bâti autour d’elle pour accueillir visiteurs et pèlerins venus prier ou déposer son fardeau à ses pieds. 

C’est au milieu du XVe siècle, soit deux cents ans après sa naissance, que le pèlerinage prend un essor important sous l’impulsion du comte Jacques de Montmayer qui y installe en 1458 des moines franciscains pour bâtir un monastère et s’occuper des pèlerins. Très rapidement, la chapelle primitive s’avère très fréquentée, et l’on procède à la construction d’une église supérieure pour les offices des franciscains. C’est ce qui explique, dès 1466, la structure originale des deux églises superposées qu’on peut toujours admirer de nos jours. L’édifice est encore agrandi en 1498. Au XVIIIe siècle, 6 à 7000 personnes affluent chaque 8 septembre, fête solennelle de la Nativité de Marie. Après la Révolution, le sanctuaire devient l’église paroissiale de Myans, qui obtient le statut de commune en 1881.

Une décoration originale ajoute à la beauté du lieu, qu'aiment parfois exalter les musiciens, choristes ou instrumentistes. Tous ceux qui passent à Myans voient les remarquables fresques réalisées en 1936 par Léon Raffin, disciple du peintre Maurice Denis : sur les côtés se trouvent les saints savoyards, sur la voûte une magnifique Vierge. À l’entrée du chœur, est représentée la scène de l’éboulement du Granier, fondatrice du pèlerinage tel que la légende le décrit. Le chœur, fait de marbre de Carrare et de dorures, est la réplique d’une chapelle latérale de la basilique Saint-Marc de Venise.

Une maison de rencontres spirituelles, adossée à l'église et au magasin, a été bâtie dans les années 1940 et restaurée dans les années 1970. Elle accueille à la journée familles, groupes, récollections ou journées de travail des mouvements. Elle comprend actuellement 16 chambres et la restauration est préparée sur place par l’équipe.

Aujourd’hui, on estime entre 80 000 et 100 000 le nombre de visiteurs par an. Les temps forts du sanctuaire sont évidemment les grands pèlerinages diocésains à la belle saison : celui des malades et du monde de la santé le premier dimanche de juillet et le pèlerinage des familles le dimanche de septembre le plus proche de la fête patronale de la Nativité de Marie. Ces jours-là, avec le rassemblement du 15 août, le clos du sanctuaire est plein d'une foule dont les diversités se fondent dans une prière unanime."

Posté le 28 août 2016 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 28 août …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 28 août : fête de saint Augustin d'Hippone, évêque et Docteur de l'Église, (le 15 juin pour les Eglises d'Orient)
  • le 28 août 430 : décès de saint Augustin.

Saint Augustin meurt dans la colonie romaine d'Hippone en Afrique du Nord à l'âge de 75 ans. Il est l'un des quatre Pères de l'Église latine et l'un des 35 Docteurs de l'Église.

Après Saint Paul, il est considéré comme le personnage le plus important dans l'établissement et le développement du Christianisme.

Converti tardivement en 387, après des années de prières de sa mère, sainte Monique, il devient évêque d'Hippone en 396. Parmi ses ouvrages se trouvent "La Cité de Dieu", ou Les Confessions.

  • le 28 août 1465 : le Roi Louis XI entre triomphalement dans Paris assiégé.

Alors que les princes de la Ligue du Bien publique auraient été écrasés à Montlhéry (voir la chronique du 16 juillet), malgré leur supériorité numérique (20000 ligueurs contre 12000 soldats royaux), sans la trahison du comte du Maine qui abandonne le Roi (son neveu) en plein combat, Paris devient le nouvel objectif de la Ligue qui en fait le siège.

Le Roi décide de franchir les lignes ennemies et pénètre dans sa capitale avec des provisions son armée. L'accueil des Parisiens est à la hauteur de l'exploit du Roi.

  • le 28 août 1641 : Descartes publie "Meditationes de Prima Philosophia"

Méditations métaphysiques où il développe ses arguments du "Discours de la méthode" et répond aux objections.

  • le 28 août 1572 : déclaration royale interdisant l'exercice du culte réformé dans tout le royaume.

Suites du massacre de la Saint Barthélemy (voir les chroniques du 24 et 25 août).

  • le 28 août 1706 : la première messe dans l'église des Invalides.

Le Roi Louis XIV y assiste ; elle est suivie d'un Te Deum et d'un motet de Lalande, chanté par plusieurs chœurs de musique.

  • le 28 août 1944 : Bordeaux, Marseille et Toulon sont libérées.
  • le 28 août 1958 : De Gaulle et l'Algérie.

Il proclame : «  Moi vivant, jamais le drapeau du FLN ne flottera sur Alger. »

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 253)

La V république n'est proclamée que le 28 septembre suivant ; De Gaulle, alors, n'est rien et n'est sûr de rien. Il doit donner des gages aux patriotes qui veulent sauver et la France et l'empire. Voir la chronique du 4 novembre, mais, entre-temps, le 21 décembre 1958, De Gaulle est devenu président…

Posté le 28 août 2016 à 05h38 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

27 août 2016

La démocratie, cette vache sacrée de la modernité

Maxence Hecquard a publié en mai dernier un ouvrage imposant dans lequel il revisite les fondements et la genèse de la démocratie moderne, cette nouvelle religion séculière, ce dogme intouchable, cette "valeur de la République", selon l'expression consacrée. Dans Les Fondements philosophiques de la démocratie moderne, il montre la métaphysique de ce régime en évolution perpétuelle, né des Lumières, pensé notamment par Kant, Hegel et Darwin. Même les représentants de l'Eglise ont fini par adopter la terminologie propre à la démocratie, en en faisant presque un principe non négociable du bien commun. Alors que, le plus souvent, la démocratie moderne écrase le principe de subsidiarité sous un totalitarisme soft. Cet idéal est une utopie, mais une utopie plaisante, à la fois pour les dirigeants mais aussi pour les électeurs qui aiment se plier au jeu :

288.88888888889_450_188"Le vice du régime est contradiction essentielle : faire gouverner un peuple incapable de le faire. Pour que la démocratie fonctionne, il faut que quelque tribun mente au peuple en lui déclarant exécuter ses volontés quand il ne suit que la sienne."

Toute ressemblance avec l'actualité n'est pas fortuite. Et ce théâtre électoral se poursuit alors que l'échec de la démocratie est patent : 

"[D]eux siècles après la grande révolution, le monde n'est toujours pas en paix. Deux guerres mondiales ont eu lieu au XXe siècle en son nom [...]. A l'orée du troisième millénaire force est de constater que la démocratie progresse toujours mieux par les avions bombardiers que par les urnes. Des coalitions occidentales (souvent emmenées par les Etats-Unis...) déstabilisent, voire attaquent, nombre de régimes d'orient ou du sud au prétexte d'"insuffisance démocratique", celle-ci étant certifiée par des autorités "morales" autoproclamées.

Régression culturelle et guerres multiples : la Terre promise par les Lumières semble encore loin...

D'où vient ce paradoxe ? Comment expliquer qu'un régime qui ne vise que la cohabitation tranquille et l'épanouissement des hommes engendre tant de conflits ?

La question est celle du passage. Comment le despotisme pour instaurer la république . Comment briser la dictature pour gagner la liberté ? Comment sortir de l'obscurité ? La réponse des Lumières et unanime : par la violence".

Ainsi fonctionne l'idéologie démocrate : au nom des lendemains qui chantent, tout est possible aujourd'hui. Rousseau, Kant, Hegel sont unanimes là-dessus : la violence et la terreur sont une étape inévitable de la liberté.

Et dans le concert politico-médiatique, il n'est pas possible de s'exprimer sereinement si l'on n'a pas professé son adhésion à la démocratie, laquelle se fait totalitaire :

"Claude Polin explique que le totalitarisme se définit comme l'unicité d'un parti qui se maintient par une police de la pensée : "Une société est totalitaire oosqu'elle tend à se donner en tant que telle, c'est-à-dire en tant que totalité de se membres, pour supérieure à n'importe laquelle de ses parties, sur laquelle le tout entend du même coup exercer un pouvoir total, en lui déniant tout droit à se poser en face de lui comme un être à part entière." Force est de reconnaître que la démocratie répond à cette définition : elle ne souffre pas la contradiction. La démocratie est idéologique et totalitaire car ses valeurs sont exclusives et parce qu'elle prône une métaphysique incompatible avec toute autre vision du monde."

Posté le 27 août 2016 à 09h14 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 27 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 27 août 543 : décès de saint Césaire d'Arles.
  • le 6 juin 827 : décès du pape Eugène II.
  • le 27 août 1312 : décès d'Arthur II de Bretagne, duc de Bretagne.
  • le 27 août 1458 : élection du pape Pie II.
  • le 27 août 1590 : décès du pape Sixte Quint.

Felice Peretti, naît le 13 décembre 1520, et est élu pape le 1er mai 1585. Il prend le nom de Sixte V. Il agrandit la Bibliothèque vaticane, fait bâtir la salle Sixtine par Domenico Fontana, et réorganise la Curie romaine.

  • le 27 août 1664 : création de la compagnie française des Indes orientales.

Elle doit faire concurrence à ses homologues anglaise et hollandaise. Le coton, la soie, le thé et les épices sont ses principales marchandises. C'est Colbert qui fonde, par lettres patentes signées par Louis XIV, la Compagnie française des Indes orientales, dont la mission est de «naviguer et négocier depuis le cap de Bonne-Espérance presque dans toutes les Indes et mers orientales». Elle bénéficie d'un monopole du commerce lointain pour cinquante ans. Son siège est installé à Pondichéry en 1676 avant d'être fusionnée avec la Compagnie des Indes en 1719.

  • le 27 août 1748 : première représentation du ballet « Pygmalion ».

Elle a lieu au château de Fontainebleau et raconte l'histoire d'un sculpteur tombé amoureux de son œuvre, qui va progressivement prendre vie et faire sa déclaration d'amour au héros. Composée par Jean-Philippe Rameau sur un livret de Ballot de Sauvot, cette œuvre est directement inspirée de la légende de Pygmalion décrite dans "Les Métamorphoses" du poète latin Ovide.

  • le 27 août 1783 : première ascension d'un ballon à hydrogène.

Le ballon du physicien Jacques Charles et des frères Robert effectue sa première ascension au-dessus de l'esplanade du Champ-De-Mars à Paris Il va faire 25 km jusqu'à Gonesse où il terrorise des paysans effrayés à l'atterrissage.

  • le 27 août 1798 : victoire franco-irlandaise bataille de Castlebar.

Avec l'appui des Irlandais, les troupes françaises attaquent par surprise les Anglais alors en large supériorité numérique, 6000 contre 2000 franco-irlandais. Malgré cette supériorité ils s'enfuient abandonnant tout leur matériel de guerre.

  • le 27 août 1813 : bataille de Dresde.

Napoléon vainc les Autrichiens, les Russes et les Prussiens. Voir la chronique de la veille.

  • le 27 août 1928 : pacte Briand-Kellogg entre la France et les États-Unis.

Avec la signature du pacte Kellog-Briand, la guerre est mise hors la loi ! Vraiment l'idéologie socialiste est une vraie maladie mentale ! 15 pays signataires renoncent à la guerre « en tant qu'instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles », dont l'Allemagne, les États-Unis d'Amérique, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie, le Japon, la Belgique, la Pologne.

Posté le 27 août 2016 à 05h34 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

26 août 2016

C’est arrivé un 26 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 26 août 1346 : défaite des Français à Crécy.

Philippe VI de Valois subit une sévère défaite face au roi d'Angleterre, Edouard III, à Crécy-en-Ponthieu en Picardie. La chevalerie française, malgré son nombre est décimée par les archers anglais.

  • le 26 août 1429 : Jeanne d'Arc arrive à St-Denis.

Le Roi Charles VII, conseillé par ce fourbe de La Trémouille, ne suit pas. Seuls les grands capitaines de l'armée royale, comme La Hire, les ducs d'Alençon et de Bourbon, les comtes de Laval et de Vendôme, ouGilles de Rais et leurs troupes,l'accompagnent. La Pucelle se recueille sur les Tombeaux des Rois de France puis tente vainement de s'emparer de la porte de Saint Honoré.

  • le 26 août 1444 : bataille de la Birse.

Les Français remportent une victoire sur les Suisses ; ils sont commandés par le Dauphin Louis, futur Louis XI qui est en route vers Bâle.

  • le 26 août 1648 :journée des barricades à Paris.

Mazarin et Anne d'Autrichefont arrêter le président Pierre Broussel du Parlement de Paris, pour mettre fin à la fronde parlementaire. Mazarin profite en effet qu'un Te Deum est célébré à Notre-Dame de Paris en l'honneur de la victoire duprince deCondé à Lens sur les Espagnols ; Paris se couvre de barricades, la Cour est obligée de se réfugier à Saint-Germain-en-Laye, et Mazarin fait libérer Broussel

La Fronde parlementaire est suivie par la Fronde des princes, les troubles durent jusqu'en 1652.

  • le 26 août 1660 : entrée solennelle de Marie-Thérèse d'Autriche à Paris.

Marie-Thérèse d'Autriche, nouvelle reine de France, arrive à Paris. Entre le château de Vincennes et le Palais du Louvre, ce sont plus d'un million de spectateurs venus de toute laFrance,qui acclament le couple royal, suite au mariage célébré à Saint-Jean-de-Luz (voir la chronique du 9 juin).

  • le 26 août 1728 :naissance du mathématicien français Jean-Henri Lambert.

Jean-Henri Lambert, d'origine alsacienne, est un mathématicien, philosophe et astronome autodidacte.

  • le 26 août 1743 :naissance d'Antoine Laurent de Lavoisier.

Voir la chronique du 8 mai.

  • le 26 août 1789 :promulgation de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen approuvée par l'Assemblée constituante à Versailles.

C'est la fin officielle du régime féodal. Surtout c'est le texte qui, affirmant les droits de l'homme, nie ceux de Dieu sur l'humanité, c'est le texte qui justifie au nom des droits et de la liberté tout type de rébellion contre le Créateur.

  • le 26-27 août 1813 :début de la Bataille de Dresde.

Cette bataille oppose Napoléon aux troupes de la Sixième Coalition. Victoire sans lendemain car Napoléon malade quitte le champ de bataille et ses adjoints se font étriller quelques jours plus tard.

  • le 26 août 1850 :Louis-Philippe Ier, roi des Français.
  • le 26 août 1940 :ralliement à la France libre du Tchad et du Niger.

Le reste de l'Afrique-Équatoriale française suit deux jours plus tard.

  • le 26 août 1944 : Charles De Gaulle descend les Champs Elysées.

  • le 26 août 1977 :le Québec adopte le français comme langue officielle.

L'Assemblée nationale du Québec adopte la "Charte de la langue française" qui a été proposée par le gouvernement de l'indépendantiste René Lévesque. Le français devient la langue officielle du travail, de l'enseignement, du commerce et des affaires.

  • le 26 août 1978 : élection du Pape Jean-Paul 1er, « le pape au sourire »

Le pape Jean-Paul 1er

Le conclave élit à la papauté, pour succéder à Paul VI, le cardinal Albino Luciani de Venise. Malheureusement le Saint Père meurt après 34 jours de pontificat. Son nom est une surprise, car il faut remonter au Xe siècle pour trouver un pape prenant un nouveau nom de règne. Par ailleurs, un nom composé n'a jamais été utilisé auparavant.

Posté le 26 août 2016 à 05h32 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

25 août 2016

Guerre de civilisation et crise d'identité : le double mal qui ronge la France

Déclaration de Monseigneur le duc d’Anjou :

Mes chers compatriotes,

Luis-alfonso-borbon_000La date du 25 août, fête de la Saint-Louis, mon aïeul et mon saint patron et aussi le modèle largement reconnu de la sagesse en politique, m’offre l’occasion de m’exprimer. Je n’ai pas voulu le faire au moment où les dramatiques évènements de l’été se sont produits car ma voix aurait peu apporté à ce qui fut dit alors. La compassion devant les victimes s’imposait et continue à s’imposer car les conséquences de ces attaques barbares sont loin d’être terminées ; les encouragements aux forces de sécurité et de secours ou aux équipes de soins s’imposaient elles-aussi et s’imposent encore devant l’ampleur du mal. Mais au-delà ? Que pouvait-on dire devant l’horreur des actes commis ? Les assassinats aussi monstrueux que lâches, d’êtres innocents, n’ont jamais aucune justification et les commettre au nom d’une religion encore moins. Fanatisme et politique n’ont jamais fait bon ménage. L’histoire nous le rappelle.

Or c’est justement au nom de l’histoire, mais sans nostalgie et dans un souci d’avenir meilleur, que je peux apporter quelque chose, au moment où la France, mon pays, subit une grave crise. Il me semble que les seuls remèdes politiques habituels ne suffiront pas à conjurer les dégâts et la profondeur du mal. Vu avec le recul des siècles et surtout l’expérience que cela donne, le mal qui atteint la France me parait double. Il y a d’abord une guerre de civilisation, déclarée par un ennemi plus ou moins visible et insidieux, et que désormais les gouvernants semblent enfin désigner par son nom mais, surtout, une très profonde et grave crise morale ou d’identité, sorte de cancer de l’intérieur qui nous affaiblit tout autant, peut-être même davantage, que l’ennemi désigné.

De la guerre qui est menée à la France, à l’Europe, à la Chrétienté, que dire ? Accepter de mettre un nom sur les choses et donc les qualifier est déjà le meilleur moyen pour combattre. L’ennemi identifié, Il s’agit de concevoir et de mettre en œuvre une politique étrangère et une politique intérieure qui répondent aux intérêts de la France et de l’Europe chrétienne dont nous sommes solidaires. Il s’agit ensuite d’avoir une stratégie et une tactique. Je ne doute pas que l’une et l’autre soient à la portée de nos gouvernants quels qu’ils fussent, s’ils acceptent de se remettre en cause, de se donner les moyens de la lutte et de faire confiance aux spécialistes. Faire parler la raison plus que le sentiment et l’idéologie. La France a toujours su mener les combats, ses forces armées sont reconnues par tous et partout, et le pays entier trouvera l’énergie nécessaire pour les soutenir. Déjà, force est de constater que de saines réactions ont commencé à apparaître.

La crise morale est plus grave. Les causes internes sont toujours plus complexes à combattre que les ennemis déclarés. Elles le sont notamment parce que elles ont souvent des origines plus profondes, plus lointaines. Mais l’histoire dont par ma naissance je suis en quelque sorte le représentant comme héritier et successeur des souverains qui, patiemment, siècle après siècle, ont façonné la France, l’histoire montre que les crises de conscience ne sont pas insurmontables. C’est même souvent de l’épreuve et de la rupture avec des habitudes passées qui endorment plus qu’elles ne font progresser, que la France s’est constituée. Dès l’origine ! Epreuves et rupture, avec Clovis qui fait passer la Gaule du rang de province romaine à celui de royaume libre et autonome ; épreuves et rupture avec la renaissance carolingienne ; puis avec le renouveau de la souveraineté au XIIIe siècle, celui de Bouvines et de Saint Louis ; et je continue avec le renouveau d’après la guerre de Cent ans qui avait pourtant laissé la France exsangue et quasi à la merci d’une dynastie étrangère. Que dire de la Renaissance qui a suivi le désastre de Pavie, de celle d’après les Guerres de Religion ou encore du sursaut admirable de tout le pays dans les premières années du XVIIIe siècle alors que Louis XIV devait faire face à une Europe une nouvelle fois coalisée. Oui, il y a un ressort très français qui veut que notre pays même malmené, même quasiment abattu, ne capitule pas.

Ces sursauts proviennent de la nature très particulière de la France. Ce n’est pas un état comme les autres. Le pouvoir ne s’y confond pas avec la force. La France a toujours reposé sur ses familles, sur des communautés d’intérêt, sur un état de droit mis en place alors que l’Europe connaissait encore régime féodal et droit du plus fort. Si la France présente cette spécificité cela lui vient de ses origines. Clovis, ne fut pas seulement le premier des rois, mais ce fut surtout le premier des rois chrétiens. Ainsi dès l’aube de la civilisation française il y avait, venant couronner au sens propre comme figuré le pouvoir, une transcendance. Politique et mystique allaient de pair. Jamais le roi ne fut un monarque tout puissant. La royauté française a toujours été vécue comme un service, imposant des devoirs garantis par Dieu. Au-dessus du roi il y avait toujours la nécessité de conserver les préceptes de l’évangile qui sont aussi ceux du droit naturel : respect de la personne humaine, respect de la famille. La France a mérité le titre de « Fille aînée de l’Eglise », parce que plus que toute autre nation, elle a su mettre ses devoirs avant ses droits. Elle a puisé dans la religion une éthique qui donnait à la politique une autre dimension. Ainsi, elle devint un modèle.

Certes cela a pris des contours bien différents selon les âges, mais le principe a toujours subsisté ; certes il y a eu parfois de mauvaises politiques mais justement reconnues comme telles. Mais l’histoire nous enseigne aussi qu’il y a des limites à ne pas franchir, des principes non négociables : la souveraineté de l’état, le primat du bien commun contre les intérêts particuliers, les libertés notamment collectives pour garantir les particularismes hérités de l’histoire des lieux, etc.

L’histoire nous apprend aussi et surtout qu’un peuple est grand quand il a des motifs de partager une vision commune de sa destinée c’est-à-dire de son avenir ; de donner de lui-même pour des causes qui le dépassent mais qui le font entrer dans l’histoire. Tel est bien ce qui a produit les grands artistes, les grands savants, les grands capitaines et les conquérants ; les gloires nationales que nos livres, nos mémoires, nos chansons exaltaient. Durant longtemps, de l’épopée des grognards de l’Empire au « debout les morts ! » de la Guerre de 14-18, les régimes nouveaux ont continué à évoquer ce récit national. La mystique de la Patrie avait su remplacer l’amour pour le Roi et la Couronne. Mais qu’en est-il actuellement ? Quelle « mystique » est-elle offerte aux jeunes depuis deux ou trois générations ? Celle du consumérisme et du  matérialisme; celle de la culture de la mort ; celle du jeu et du moindre effort, celle de la toute-puissance de l’argent. Depuis des décennies ont été élevés au rang de nouvelles valeurs l’individualisme, l’abandon de la notion de service et de sacrifice, le relativisme, l’immanence et, comble, la négation des épisodes glorieux de notre histoire dont il faudrait s’excuser ! Tout cela a détruit peu à peu les fondements de la société qui n’a plus su intégrer ceux qui frappaient à sa porte et qui, surtout, a ôté tout souhait et désir de s’intégrer à la France devenue plus un contre-modèle qu’un modèle.

Il me semble que la cause première de ce triste état des lieux est avant tout l’abandon des repères notamment religieux par notre pays c’est-à-dire ces limites sans lesquelles les libertés ne sont plus que des licences dangereuses tant pour l’homme que pour la société. Ainsi, en un peu plus de deux siècles a été porté profondément atteinte à notre identité, française et chrétienne. Les repères perdus, l’avenir est difficile à construire ! Aussi, nourrie de bonnes intentions comme le prétendent ses partisans, la laïcité républicaine n’en est pas moins un leurre. Elle nous coupe en réalité de nos racines séculaires et le vide idéologique laisse la place à toutes les idéologies mortifères.

Les jeunes ont besoin de grandeur, besoin d’espérance. Une société qui désespère et désenchante sa jeunesse n’a plus sa place. Il faut revenir de cet esprit d’abandon. Il faut retrouver enthousiasme, désir de se dépasser et, surtout, volonté. Retrouver la ferveur de Bouvines et de Patay, celle que montrent les champions sportifs prenant exemple sur les saints ou les militaires. Offrir des perspectives qui présentent leur part de gratuité et de grandeur. Ces occasions ne manquent pourtant pas aujourd’hui où les combats à mener sont nombreux : ceux pour redonner à la vie humaine sa place avec ses multiples facettes depuis l’éthique oubliée dans les états riches jusqu’aux problèmes de malnutrition dans les pays pauvres ; ceux pour rendre notre planète plus durable après qu’elle a été souvent saccagée par l’inconscience de plusieurs générations ; ceux pour faire accéder le plus grand nombre à l’instruction sans laquelle il n’y a pas d’échanges possibles entre les hommes. Savoir se parler et pouvoir se comprendre !

Redonner le goût du bien commun et se souvenir que la France est d’abord une communauté forte de son identité façonnée par ses racines gréco-latines et chrétiennes.

Heureusement, bon nombre de jeunes l’ont retrouvé d’eux-mêmes dépassant les faux maîtres qui les trompaient plus qu’ils ne les formaient. Depuis plusieurs années on les voit veiller sur leur pays ; retrouver les fondamentaux de la philosophie notamment politique, renouer avec les valeurs du don, de la gratuité sans lesquelles il n’y pas de bien commun possible. On les voit surtout retrouver le sens de la famille et de la vie sur lequel ils assoient leurs perspectives d’avenir. Le monde appartient aux jeunes et à ceux qui donnent du sens à leur vie. L’histoire de France nous l’enseigne.

J’ai voulu le rappeler car, en invoquant l’aide de Saint-Louis, mon aïeul, mais aussi celle de tous les saints et saintes de France, si nombreux, et en n’oubliant pas le dernier d’entre eux, le père Hamel, mort en martyr pour sa Foi, je crois plus que jamais en mon pays et en son avenir.

Louis de Bourbon, duc d’Anjou

Posté le 25 août 2016 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 25 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 25 août : fête de Saint Louis, Roi de France.

Louis IX de France naît le 25 avril 1214 à Poissy, et meurt de la peste le 25 août 1270 à Tunis. Neuvième Roi des Capétiens directs, Louis de Poissy, comme il aimait signer les documents officiels, n'a que 12 ans au moment de son sacre, le 29 novembre 1226, à Reims, par Jacques de Bazoches, l'évêque de Soissons ; voir la chronique du 29 novembre, mais aussi celle du 25 avril. Il est l'exemple du Roi qui se fait serviteur, l'exemple du dirigeant au service du Bien Commun et de Dieu.

Il faut dire qu'il a reçu une éducation de choix, tant par son Père Louis VIII, vainqueur des Albigeois que de sa mère Blanche de Castille (voir les chroniques du 4 mars et du 27 novembre). C'est elle qui lui dit un jour « : Beau fils, vous m'êtes grandement cher, cependant j'aimerais mieux vous voir mort à mes pieds que souillé d'un seul péché mortel… »

Geneviève Esquier souligne dans Ceux qui croyaient au Ciel (Editions l'escalade, pages 146-147) :

« Louis IX gouverne comme il vit. Non pas en maître de sa volonté propre, mais en traducteur de celle de Dieu. Toute sa politique intérieure en est éclairée. Il n'hésite pas, pour cela, à s'entourer, non de personnalités brillantes et flatteuses, mais de quelques conseillers sûrs, dont Joinville, et avant tout sa propre mère. Son gouvernement, il l'assied sur l'équité et la justice. Comme le Christ il ne fait pas acception des personnes. A son propre fils, il affirme : « J'aimerais mieux qu'un Ecossais vînt d'Ecosse et gouvernât le royaume bien et loyalement que tu le gouvernasses mal. » Un jour il donnera raison à un modeste plaignant contre le comte d'Anjou pourtant son frère. Lui-même rend la justice. Il n'hésite jamais d'ailleurs à appliquer un châtiment sévère considéré comme juste, car il croit à la liberté du coupable. »

Il est, sans contexte, le plus grand souverain d'Occident du XIIIe siècle et peut-être l'un des plus grands Rois de France. C'est pourquoi, il est l'exemple à suivre que propose l'Eglise à tout chef d'Etat. Il crée la Sorbonne, la curia in parlamento, ancêtre du Parlement de Paris, le système des Corporations qui ne sera détruit que par la révolution. Un grand nombre d'hospices pour pauvres et lépreux qu'il vient lui-même nourrir ou soigner, dont l'hospice des Quinze-Vingts à Paris, fait construire la Sainte-Chapelle, joyaux de l'art gothique pour y abriter la Sainte Couronne d'Épines, le château de Vincennes, l'Abbaye Royaumont et la ville d'Aigues-Mortes.

  • le 25 aout 1248 : le Roi Louis IX part en croisade d'Aigues Mortes.
  • le 25 août 1270 : le Roi Louis IX, saint Louis, meurt à Tunis, à l'âge de 56 ans, lors de la VIIIe croisade.

    Louis IX, sur son lit de mort à Tunis, remet à son fils le plan de sa conduite, par Jacques-Antoine Beaufort, XVIIIe siècle, chapelle de l'École militaire de France.

En signe d'humilité, c'est sur un lit de cendres et les bras en croix qu'il commence son agonie : « Beau Sire Dieu aye pitié de ces pauvres gens que j'ai amenés ici et reconduis-les dans leur pays ; ne permets pas qu'ils tombent en la main de nos adversaires et qu'ils soient obligés de renier leur foi en ton Saint Nom »

A son fils, Philippe dit le Hardi futur Philippe III, il donne le testament suivant :

Enseignements que fit Monsieur Saint Louis à son fils aîné Philippe

« A son cher fils Philippe, salut et amitié de père.

Cher fils, parce que je désire de tout mon cœur que tu sois bien enseigné en toutes choses, j'ai pensé que je te ferais quelques enseignements par cet écrit, car je t'ai entendu dire plusieurs fois que tu retiendrais davantage de moi que de tout autre.

Cher fils, je t'enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir.

Tu dois te garder de toutes choses que tu penseras devoir lui déplaire et qui sont en ton pouvoir, et spécialement tu dois avoir cette volonté que tu ne fasses un péché mortel pour nulle chose qui puisse arriver, et qu'avant de faire un péché mortel avec connaissance, que tu souffrirais que l'on te coupe les jambes et les bras et que l'on t'enlève la vie par le plus cruel martyre.

Si Notre Seigneur t'envoie persécution, maladie ou autre souffrance, tu dois la supporter débonnairement, et tu dois l'en remercier et lui savoir bon gré car il faut comprendre qu'il l'a fait pour ton bien. De plus, tu dois penser que tu as mérité ceci- et encore plus s'il le voulait- parce que tu l'as peu aimé et peu servi, et parce que tu as fait beaucoup de choses contre sa volonté.

Si Notre Seigneur t'envoie prospérité, santé de corps ou autre chose, tu dois l'en remercier humblement et puis prendre garde qu'à cause de cela il ne t'arrive pas de malheur causé par orgueil ou par une autre faute, car c'est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.

Cher fils, je te conseille de prendre l'habitude de te confesser souvent et d'élire toujours des confesseurs qui soient non seulement pieux mais aussi suffisamment bien instruits, afin que tu sois enseigné par eux des choses que tu dois éviter et des choses que tu dois faire ; et sois toujours de telle disposition que des confesseurs et des amis osent t'enseigner et te corriger avec hardiesse.

Cher fils, je t'enseigne que tu entendes volontiers le service de la sainte Eglise, et quand tu seras à l'église garde-toi de perdre ton temps et de parler vaines paroles. Dis tes oraisons avec recueillement ou par bouche ou de pensée, et spécialement sois plus recueilli et plus attentif à l'oraison pendant que le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ sera présent à la messe et puis aussi pendant un petit moment avant.

Cher fils, je t'enseigne que tu aies le cœur compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considèreras comme souffrant ou de cœur ou de corps , et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d'aumônes.

Si tu as malaise de cœur, dis-le à ton confesseur ou à quelqu'un d'autre que tu prends pour un homme loyal capable de garder bien ton secret, parce qu'ainsi tu seras plus en paix, pourvu que ce soit, bien sûr, une chose dont tu peux parler.

Cher fils, recherche volontiers la compagnie des bonnes gens, soit des religieux, soit des laïcs, et évite la compagnie des mauvais. Parle volontiers avec les bons, et écoute volontiers parler de Notre Seigneur en sermons et en privé. Achète volontiers des indulgences.

Aime le bien en autrui et hais le mal.

Et ne souffre pas que l'on dise devant toi paroles qui puissent attirer gens à péché. N'écoute pas volontiers médire d'autrui.

Ne souffre d'aucune manière des paroles qui tournent contre Notre Seigneur, Notre-Dame ou des saints sans que tu prennes vengeance, et si le coupable est un clerc ou une grande personne que tu n'as pas le droit de punir, rapporte la chose à celui qui peut le punir.

Prends garde que tu sois si bon en toutes choses qu'il soit évident que tu reconnaisses les générosités et les honneurs que Notre Seigneur t'a faits de sorte que, s'il plaisait à Notre Seigneur que tu aies l'honneur de gouverner le royaume, que tu sois digne de recevoir l'onction avec laquelle les rois de France sont sacrés.

Cher fils, s'il advient que tu deviennes roi, prends soin d'avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c'est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu'il arrive, tu ne t'écartes de la justice. Et s'il advient qu'il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu'à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice.

Et s'il advient que tu aies querelle contre quelqu'un d'autre, soutiens la querelle de l'adversaire devant ton conseil, et ne donne pas l'impression de trop aimer ta querelle jusqu'à ce que tu connaisses la vérité, car les membres de ton conseil pourraient craindre de parler contre toi, ce que tu ne dois pas vouloir .

Si tu apprends que tu possèdes quelque chose à tort, soit de ton temps soit de celui de tes ancêtres, rends-la tout de suite toute grande que soit la chose, en terres, deniers ou autre chose. Si le problème est tellement épineux que tu n'en puisses savoir la vérité, arrive à une telle solution en consultant ton conseil de prud'hommes, que ton âme et celle de tes ancêtres soient en repos. Et si jamais tu entends dire que tes ancêtres aient fait restitution, prends toujours soin à savoir s'il en reste encore quelque chose à rendre, et si tu la trouves, rends-la immédiatement pour le salut de ton âme et de celles de tes ancêtres.

Sois bien diligent de protéger dans tes domaines toutes sortes de gens, surtout les gens de sainte Eglise ; défends qu'on ne leur fasse tort ni violence en leurs personnes ou en leurs biens. Et je veux te rappeler ici une parole que dit le roi Philippe, mon aïeul, comme quelqu'un de son conseil m'a dit l'avoir entendue. Le roi était un jour avec son conseil privé-comme l'était aussi celui qui m'a parlé de la chose- et quelques membres de son conseil lui disaient que les clercs lui faisaient grand tort et que l'on se demandait avec étonnement comment il le supportait. Et il répondit : «  Je crois bien qu'ils me font grand tort ; mais, quand je pense aux honneurs que Notre Seigneur me fait, je préfère de beaucoup souffrir mon dommage, que faire chose par laquelle il arrive esclandre entre moi et sainte Eglise. » Je te rappelle ceci pour que tu ne sois pas trop dispos à croire autrui contre les personnes de sainte Eglise. Tu dois donc les honorer et les protéger afin qu'elles puissent faire le service de Notre Seigneur en paix.

Ainsi je t'enseigne que tu aimes principalement les religieux et que tu les secoures volontiers dans leurs besoins ; et ceux par qui tu crois que Notre Seigneur soit le plus honoré et servi, ceux-là aime plus que les autres.

Cher fils, je t'enseigne que tu aimes et honores ta mère, et que tu retiennes volontiers et observes ses bons enseignements, et sois enclin à croire ses bons conseils.

Aime tes frères et veuille toujours leur bien et leur avancement, et leur tiens lieu de père pour les enseigner à tous biens, mais prends garde que, par amour pour qui que ce soit, tu ne déclines de bien faire, ni ne fasses chose que tu ne doives.

Cher fils, je t'enseigne que les bénéfices de saint Eglise que tu auras à donner, que tu les donnes à bonnes personnes par grand conseil de prud'hommes ; et il me semble qu'il vaut mieux les donner à ceux qui n'ont aucunes prébendes qu'à ceux qui en ont déjà ; car si tu les cherches bien, tu trouveras assez de ceux qui n'ont rien et en qui le don sera bien employé.

Cher fils, je t'enseigne que tu te défendes, autant que tu pourras, d'avoir guerre avec nul chrétien ; et si l'on te fait tort, essaie plusieurs voies pour savoir si tu ne pourras trouver moyen de recouvrer ton droit avant de faire guerre, et fasse attention que ce soit pour éviter les péchés qui se font en guerre. Et s'il advient que tu doives la faire, ou parce qu'un de tes hommes manque en ta cour de s'emparer de ses droits, ou qu'il fasse tort à quelque église ou à quelque pauvre personne ou à qui que ce soit et ne veuille pas faire amende, ou pour n'importe quel autre cas raisonnable pour lequel il te faut faire la guerre, commande diligemment que les pauvres gens qui ne sont pas coupables de forfaiture soient protégés et que dommage ne leur vienne ni par incendie ni par autre chose ; car il te vaudrait mieux contraindre le malfaiteur en prenant ses possessions, ses villes ou ses châteaux par force de siège. Et garde que tu sois bien conseillé avant de déclarer la guerre, que la cause en soit tout à fait raisonnable, que tu aies bien averti le malfaiteur et que tu aies assez attendu, comme tu le devras.

Cher fils, je t'enseigne que les guerres et les luttes qui seront en ta terre ou entre tes hommes, que tu te donnes la peine, autant que tu le pourras, de les apaiser, car c'est une chose qui plaît beaucoup à Notre Seigneur. Et Monsieur saint Martin nous en a donné un très grand exemple car, au moment où il savait par Notre Seigneur qu'il devait mourir, il est allé faire la paix entre les clercs de son archevêché, et il lui a semblé en le faisant qu'il mettait bonne fin à sa vie.

Cher fils, prends garde diligemment qu'il y ait bons baillis et bons prévôts en ta terre, et fais souvent prendre garde qu'ils fassent bien justice et qu'ils ne fassent à autrui tort ni chose qu'ils ne doivent. De même, ceux qui sont en ton hôtel, fais prendre garde qu'ils ne fassent injustice à personne car, combien que tu dois haïr le mal qui existe en autrui, tu dois haïr davantage celui qui viendrait de ceux qui auraient reçu leur pouvoir de toi, et tu dois garder et défendre davantage que cela n'advienne.

Cher fils, je t'enseigne que tu sois toujours dévoué à l'Eglise de Rome et à notre saint-père le pape, et lui portes respect et honneur comme tu le dois à ton père spirituel.

Cher fils, donne volontiers pouvoir aux gens de bonne volonté qui en sachent bien user, et mets grande peine à ce que les péchés soient supprimés en ta terre, c'est-à-dire les vilains serments et toute chose qui se fait ou se dit contre Dieu ou Notre-Dame ou les saints : péchés de corps, jeux de dés, tavernes ou autres péchés. Fais abattre tout ceci en ta terre sagement et en bonne manière. Fais chasser les hérétiques et les autres mauvais gens de ta terre autant que tu le pourras en requérant comme il le faut le sage conseil des bonnes gens afin que ta terre en soit purgée.

Avance le bien par tout ton pouvoir ; mets grande peine à ce que tu saches reconnaître les bontés que Notre Seigneur t'auras faites et que tu l'en saches remercier.

Cher fils, je t'enseigne que tu aies une solide intention que les deniers que tu dépenseras soient dépensés à bon usage et qu'ils soient levés justement. Et c'est un sens que je voudrais beaucoup que tu eusses, c'est-à-dire que tu te gardasses de dépenses frivoles et de perceptions injustes et que tes deniers fussent justement levés et bien employés-et c'est ce même sens que t'enseigne Notre Seigneur avec les autres sens qui te sont profitables et convenables.

Cher fils, je te prie que, s'il plaît à Notre Seigneur que je trépasse de cette vie avant toi, que tu me fasses aider par messes et par autres oraisons et que tu demandes prières pour mon âme auprès des ordres religieux du royaume de France, et que tu entendes dans tout ce que tu feras de bon, que Notre Seigneur m'y donne part.

Cher fils, je te donne toute la bénédiction qu'un père peut et doit donner à son fils, et je prie Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ que, par sa grande miséricorde et par les prières et par les mérites de sa bienheureuse mère, la Vierge Marie, et des anges et des archanges, de tous les saints et de toutes les saintes, il te garde et te défende que tu ne fasses chose qui soit contre sa volonté, et qu'il te donne grâce de faire sa volonté afin qu'il soit servi et honoré par toi ; et puisse-t-il accorder à toi et à moi, par sa grande générosité, qu'après cette mortelle vie nous puissions venir à lui pour la vie éternelle, là où nous puissions le voir, aimer et louer sans fin, Amen.

A lui soit gloire, honneur et louange, qui est un Dieu avec le Père et le Saint-Esprit, sans commencement et sans fin.

Amen. »

Tiré du site du Diocèse aux Armées, dont Saint Louis est le Saint patron. Voir les chroniques du 25 avril, du 29 novembre des 11 et 19 aout entre autres.

  • le 25 août.1539 : Ordonnance de Villers-Cotterêts.

Certes c'est elle qui impose le français et non plus en latin, dans les actes notariés, mais l'histoire officielle le passe sous silence, c'est aussi par cette ordonnance, que le Roi François 1er instaure les registres d'état civil et exige des paroisses qu'elles tiennent un registre des baptêmes et enterrements.


L'une des pages de l'ordonnance de Villers-Cotterêts

  • le 25 août 1624 : naissance de François d'Aix de La Chaise, confesseur du Roi Louis XIV.

Appartenant à la Compagnie de Jésus, François d'Aix de La Chaise est le confesseur du Roi pendant 34 ans. Très aimé des parisiens, il est plus connu sous le nom de Père La-Chaise. Les terres que lui a données Louis XIV sont devenues ensuite le premier grand cimetière de Paris.

  • le 25 août 1715 : Louis XIV est pris d'un violent malaise et perd connaissance ; à son réveil, il demande les derniers sacrements.

« J'ai vécu parmi les gens de ma cour ; je veux mourir parmi eux. Ils ont suivi le cours de ma vie, il est juste qu'ils me voient finir ».

Puis après le diner il demande à recevoir les derniers sacrements. Après avoir communié il fait appeler son neveu, le futur Régent, puis son arrière-petit-fils le futur Roi.

« « Mon cher enfant, vous allez être le plus grand Roi du monde. N'oubliez jamais les obligations que vous avez à Dieu. Ne m'imitez pas dans les guerres ; tachez de maintenir toujours la paix avec vos voisins, de soulager votre peuple autant que vous pourrez, ce que j'ai eu le malheur de ne pouvoir faire par les nécessités de l'Etat. Suivez toujours les bons conseils, et songez bien que c'est à Dieu à qui vous devez tout ce que vous êtes. Je vous donne le père Le Tellier comme confesseur ; suivez ses avis et ressouvenez-vous toujours des obligations que vous avez à madame de Ventadour.» Il embrasse l'enfant et lui donne sa bénédiction. »

Tiré de Louis XIV, le plus grand Roi du monde de Lucien Bély (Editions les classiques Gisserot de l'histoire page 263-264.)

  • le 25 août 1718 : fondation de la Nouvelle-Orléans.

A l'embouchure du Mississipi la ville de la Nouvelle-Orléans est fondée par des Français sous l'égide de Jean Baptiste Le Moyne, Sieur de Bienville. Baptisée ainsi en l'honneur du duc d'Orléans, Régent pendant la minorité de Louis XV, la ville devient par la suite la capitale de la colonie de Louisiane. Elle est vendue aux Etats-Unis en 1803 par le premier consul, Napoléon Bonaparte, avec le reste de la Louisiane.

  • le 25 août 1805 : échec de l'invasion de l'Angleterre.

Napoléon, alors au camp de Boulogne, apprend et comprend que la désobéissance de Villeneuve, qui s'est réfugié à Cadix le 21 aout, anéantit son plan d'invasion de l'Angleterre. Il décide un renversement de ses objectifs stratégiques pour marcher contre l'Autriche. A Talleyrand, il écrit : "je change mes batteries. […] Ils ne s'attendent pas avec quelle rapidité je ferai pirouetter mes 200.000 hommes".

  • le 25 août 1818 : inauguration de la statue équestre d'Henri IV sur le Pont-Neuf, à Paris.

La première inaugurée en 1614 a été détruite à la révolution. La foule se presse pour assister à l'inauguration de la nouvelle statue en bronze d'Henri IV.

  • le 25 août 1841 : pose de la première pierre de la Cathédrale St-Louis de Carthage.
  • le 25 août 1883 : signature du traité de Hué.

Ce traité confirme le statut du Tonkin et de l'Annam comme protectorats français. Mais la Chine le rejette ; ce rejet est à l'origine de la guerre franco-chinoise, qui ne s'achève qu'en 1885, par une victoire française.

  • le 25 août 1908 : décès d'Henri Becquerel, physicien français.
  • le 25 août 1914 : conquête de la colonie allemande du Togo par les troupes françaises.

La première bataille de la guerre 14-18 s'achève par une totale victoire française.

  • le 25 août 1939 : les journaux communistes, dont "L'Humanité" sont saisis et leur publication interdite.
  • le 25 août 1940 : Aron Jean-Marie Lustiger est baptisé à Orléans.
  • le 25 août 1942 : début des « malgré nous ».

Robert Wagner décrète le service militaire obligatoire pour 130 000 Alsaciens et Mosellans. C'est le début des malgré-nous

  • le 25 août 1944 : libération de Paris.

Le consul de Suède Raoul Nordling et le président du Conseil municipal de Paris Pierre Taittinger réussissent à convaincre le général von Choltitz, gouverneur militaire de Paris, de ne pas détruire Paris, malgré les ordres d'Hitler. Von Choltitz fait donc évacuer l'armée allemande deux semaines plus tôt; seuls 2000 soldats allemands, dépourvus de matériel lourd, restent dans la capitale. Il accepte aussi de libérer 3 245 prisonniers politiques.

Paris aurait donc pu être libérée sans qu'une goutte de sang fût versée.

Mais comme partout en France, la "Résistance" tient à créer un climat insurrectionnel afin de se débarrasser des "notables" et cadres traditionnels de l'Etat français. Voici le témoignage de Geneviève de Galard, l'exceptionnelle infirmière du camp retranché de Dien-Bien-Phu :

« Le jour de la Libération, le 25 août 1944, dès que nous avons appris que Leclerc était dans Paris et que De Gaulle allait arriver sur les Champs-Élysées, nous sommes partis, ma sœur et moi, vers la place de l'Étoile. Nous nous abritions sous les porches lorsque les tireurs des toits entraient en action, avant de nous précipiter à nouveau vers notre destination. J'étais toute fière d'être enfin arrivée au pied de l'Arc de Triomphe mais ma joie fut soudainement gâchée. J'étais sidérée par l'attitude de Parisiens qui insultaient le conducteur d'un camion allemand, dont le camarade, mort, gisait appuyé sur son épaule … Plus loin, des passants insultaient des femmes aux cheveux rasées qui passaient sur un autre camion, et qui étaient accusées d'avoir reçu chez elles des combattants ennemis. De leurs visages émanaient une telle haine que cela me faisait mal. J'avais dix-neuf ans et je découvris soudain la haine et l'intolérance. (Une Femme à Dien Bien Phu, p. 34)

Voici le témoignage du Père Bruckberger, aumônier des Forces Françaises Libres :

« Le déchaînement populaire est hideux. L'image que j'en garde est hideuse. À trente ans de distance, elle me soulève le cœur : des femmes tondues, la croix gammée peinte au goudron sur le crâne, exposées nues aux crachats et à la dérision de la populace ! Des gens sans défense arrêtés de la manière la plus arbitraire, sans mandat, par des garçons qui jouaient aux petits soldats avec de vraies armes et qui se sentaient forts de la terreur qu'ils inspiraient. […]

Le fait est que le sentiment de solitude et de petit nombre qui nous avait si souvent accablés pendant l'occupation avait fait place à un immense étonnement : jamais nous ne nous serions crus si nombreux dans la résistance. […] [Le parti communiste] siégeait et hurlait à la mort dans toutes les cours de justice. Il exerçait un affreux chantage et une surenchère dans laquelle les démocrates chrétiens se laissèrent entraîner. Au cours de cette époque sinistre, le ministère de la Justice fut constamment détenu par un démocrate-chrétien qui avait toujours peur de ne pas en faire assez. Les gens étaient condamnés avant d'être jugés, ou plutôt la sentence était portée d'avance, la comparution devant un tribunal n'était plus qu'une parodie de justice, une cérémonie vide et sacrilège. » (Tu finiras sur l'échafaud, pp.387-388)

Quant à Pierre Taittinger, il est immédiatement arrêté par le "Comité parisien de Libération", et emprisonné pendant plusieurs mois. Libéré, il est déchu de ses droits civiques et déclaré inéligible.

Le général Leclerc reçoit devant la gare Montparnasse, la capitulation des troupes allemandes. Le soir même, le général De Gaulle s'installe au ministère de la Guerre en qualité de chef du gouvernement provisoire pour y faire sa fameuse allocution :

"Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré !".

Du grand cinéma à la hauteur de l'évènement.

  • le 25 août 1944 : massacre de Maillé.

Ce massacre ressemble à celui d'Oradour-sur-Glane ; mais contrairement à ce dernier, le village a été reconstruit à l'identique après la guerre. En août 1944, la ligne Paris-Bordeaux, passant à proximité du village, est sabotée par trois fois ; les habitants aident et cachent un pilote canadien dont l'avion a été abattu. Des escarmouches ont lieu entre les Allemands et les FFI. 124 des 500 habitants de Maillé sont abattus en représailles, dont 44 enfants de moins de 14 ans ! Le village est reconstruit à l'identique.

Posté le 25 août 2016 à 05h26 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (8)

24 août 2016

C’est arrivé un 24 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 24 août 1066 : consécration de l'église de Notre-Dame de Huy, enfin reconstruite.

C'est l'évêque de Cambrai, par Libert, qui réalise la consécration avec Théoduin de Bavière, évêque de Liège. L''église de Notre-Dame de Huy a été reconstruite par le comte de Flandre Baudouin V le Pieux, après sa destruction en 1053.

  • le 24 août 1315 : Louis X « le Hutin » est sacré Roi, par Courtenay, en la Cathédrale de Reims.

Voir les chroniques du 5 juin et du 4 octobre ; mais aussi celle du 13 janvier sur le testament de saint Remi.

  • le 24 août 1346 : les Anglais pillent et brûlent les villages du Ponthieu.

Depuis leur débarquement (voir la chronique du 12 juillet), les troupes d'Edouard III mettent toute la Normandie à sac. Les deux armées approchent de Crécy…

  • le 24 août 1572 : massacre de la Saint-Barthélemy.

Quels sont les chiffres des massacres de la Saint Barthélemy ? Dans Histoire partiale- histoire vraie (Ed Beau-Chesne-Croit, tome 2, pages 233 et 234) Jean Guiraud répond :

« Ce serait donc une erreur de croire que le massacre de la Saint-Barthélemy s'étendit à la France entière ; en réalité, il consista en une succession de massacres qui commencèrent à Paris de deux heures du matin à midi, le 24 août, et qui, du 25 août au 3 octobre, éclatèrent sur plusieurs points du territoire.

Il ne faudrait pas non plus accepter sans contrôle les évaluations qui ont été faites sur la quantité des

victimes ; car, ainsi que l'a fait remarquer l'historien allemand Funk 581, elles varient du simple au décuple.

A Paris, le nombre des protestants ainsi mis à mort aurait été inférieur à 1.000 selon l'historien protestant La Popelinière, supérieur à 1.000 d'après de Thou 583, inférieur à 2.000 selon les Mémoires de Tavannes et l'Histoire de Charles IX de Papyrius Masson 585, inférieur à 3.000 d'après Capilupi, inférieur à 4.000 d'après Brantome, enfin d'environ 10.000 selon le Réveille-Matin. Pour Lyon, mêmes variations : 300 d'après de Thou, 350 d'après Golnitz: de 1.500 à 1.800 d'après Serres.

Naturellement les évacuations globales sont aussi incertaines que les évaluations de détail desquelles elles dépendent. Les victimes de la Saint-Barthélemy pour la France entière ont été au nombre de 10.000 d'après Papyrius Masson, de 20.000 d'après l'historien protestant La Popelinière, de 25.000 d'après Capilupi, de 30.000 d'après de Thou, de 70.000 d'après Sully, de 100.000 enfin d'après Péréfixe et le Réveille-Matin. Au milieu de ces contradictions, M. Funk remarque qu'à Paris on n'a pu compter exactement que 468 victimes, dont 152 seulement avec leur nom. Cavirac, dans sa Dissertation sur la Saint-Barthélemy, remarque que le Martyrologe protestant de cette journée, s'il donne un total global de 30.000 victimes, n'en retrouve que 15.138 et 786 seulement avec leurs noms. Il est donc probable que le chiffre de Papyrius Masson (10.000) est supérieur plutôt qu'inférieur à la réalité et qu'il faut placer entre 4.000 et 5.000 le total des malheureux qui, du 24 août à octobre 1572, ont été tués tant à Paris que dans le reste de la France. Les affirmations qui multiplient par 2, 3, 4, 5, 10 et même 20 ce total, sont absolument fantaisistes et ne s'appuient sur aucun indice, aucune statistique, aucune preuve.

Même réduit à des proportions moins exagérées et plus vraisemblables, ce total de 4.000 à 5.000 victimes fait encore frémir et l'on ne saurait rappeler sans indignation de pareilles hécatombes. Loin de nous la pensée de les justifier ! seul un jacobin a pu se réjouir devant les flots de sang de ses adversaires en lançant cette phrase impie qui devait se retourner contre lui-même : « Ce sang était-il donc si pur ? »

Sans aller jusqu'à justifier la Saint-Barthélemy, certains écrivains l'ont expliquée en rappelant qu'elle a été précédée de plusieurs massacres de catholiques par les protestants. »

Voir la chronique de la veille.

  • le 24 août 1694 : une délégation d'Académiciens dirigée par Tourreil remet les 2 volumes du "Dictionnaire de l'Académie" française à Louis XIV.
  • le 24 août 1704 : bataille de Vélez-Málaga

Cette bataille navale très importante oppose la flotte franco-espagnole à la flotte anglo-hollandaise. Elle a lieu dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne. Les Anglais tenant Gibraltar, la flotte française de Toulon est bloquée en Méditerranée. Le Roi Louis XIV charge Louis Alexandre de Bourbon de reprendre Gibraltar. Ce dernier dispose pour cela d'une flotte de 95 navires avec laquelle il écrase les 74 navires de la flotte Anglo-Hollandaise. Les Français échouent toutefois à reprendre le rocher. La flotte française, intacte, reste donc bloquée en Méditerranée.

  • le 24 août 1733 : Jean-Baptiste Moreau, musicien, meurt à Paris.
  • le 24 août 1790 : Louis XVI promulgue la Constitution civile du clergé.
  • le 24 août 1797 : une loi abroge les dispositions relatives à la déportation ou à la réclusion des prêtres réfractaires.
  • le 24 août 1801 : nomination du légat du pape à Paris.

Le pape Pie VII choisit le cardinal Caprara comme légat à Paris pour pourvoir au rétablissement du culte en France.

  • le 24 août 1837 : débuts du chemin de fer français.

La ligne entre Paris et Saint-Germain-en-Laye fait 18 kilomètres, c'est la première rame de chemin de fer pour voyageurs. La France est très en retard. En 1840, la France compte seulement 400 kilomètres de ligne contre 2 000 kilomètres en Angleterre.

  • le 24 août 1855 : visite de la reine Victoria à Paris.

A l'occasion de la visite de la reine Victoria en France, du 17 au 28 aout, les Saint-Cyriens portent le shako avec un plumet rouge et blanc, couleur de la reine. Ce sont des plumes de casoar. Touchée par cette attention la reine offre ce même plumet aux promotions suivantes. Une tradition s'installe au point qu'un Saint-Cyrien rédige un poème, « la Gloire » :

La Gloire,

Voulant voir si l'École était bien digne d'Elle,

La gloire un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr.

On l'y connaissait bien ce fut avec plaisir

Que tous les Saint-cyriens reçurent l'immortelle.

Elle les trouva forts. Ils la trouvèrent belle.

Après trois jours de fête, avant de repartir

La Gloire voulant à tous laisser un souvenir

Fixa sur leurs shakos des plumes de son aile.

Ils portèrent longtemps ce plumet radieux.

Mais un soir de combat, prêt de fermer les yeux,

Un Saint-cyrien mourant le mit sur sa blessure

Afin de lui donner le baptême du sang.

Et depuis nous portons, admirable parure,

Sur notre shako bleu, le plumet rouge et blanc.

Elève Officier Rollin

Promotion Sud-Oranais (1902-1904),

Tombé au champ d'honneur en 1915

Remise du « Grand uniforme »

  • le 24 août 1883 : décès du comte de Chambord.

Henri d'Artois est connu sous les noms de duc de Bordeaux, puis de «comte de Chambord» et « d'Henri V». Il est aussi appelé l'enfant du miracle. A la chute de Charles X, il refuse de régner, non pas pour une question de drapeau mais parce que, dit-il, « il n'est pas l'héritier légitime du Trône ».

  • le 24 août 1902 : Charles Maurras répond au comte d'Haussonville, parlementaire royaliste libéral.

« La démocratie n'est pas un fait. La démocratie est une idée […]. L'idée de démocratie est fausse en ce qu'elle est en désaccord avec la nature… l'idée démocratique est mauvaise, en ce qu'elle soumet constamment le meilleur au pire, le supérieur à l'inférieur ; au nombre la qualité, c'est-à-dire les compétences et l'aptitude.

Dans la Revue encyclopédique du 24 août 1902 ; cité par François Maris Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs, (éditions de Chiré page 147 et 148).

Algoud cite aussi le pape Léon XIII dans son encyclopédie Graves de communi du 18 janvier 1901  où il met en garde les catholiques contre «  les erreurs profondes cachées dans les doctrines du socialisme:

« Il ne faut employer le mot démocratie qu'en lui ôtant tout sens politique et en ne lui attachant aucune autre signification que celle d'une bienfaisante action chrétienne parmi le peuple. En effet, les préceptes de la nature et de l'Evangile étant, par leur autorité propre, au dessus des vicissitudes humaines, il est nécessaire qu'ils ne dépendent d'aucune forme de gouvernement civil ; ils peuvent pourtant s'accommoder de n'importe laquelle de ces formes, pourvu qu'elle ne répugne ni à l'honnêteté ni à la justice. »

  • le 24 août 1939 : la mobilisation partielle est décrétée en France.
  • le 24 août 1943 : mort de Simone Weil.

Atteinte de tuberculose, la philosophe catholique française Simone Weil d'origine juive décède au sanatorium d'Ashford, à l'âge de 34 ans. Convertie au catholicisme toute son œuvre manifeste la recherche de l'absolu et de Dieu ainsi que la charité et le souci inconditionnel d'autrui. Elle a écrit :

Réflexions sur les causes de la liberté et de l'oppression sociale,

La Condition ouvrière,

La Pesanteur et la Grâce,

L'Enracinement.

  • le 24 août 1944 : dernier numéro du quotidien L'Action française.
  • le 24 août 1944 : les alliés attaquent Paris.

En fin de journée, le détachement du capitaine Dronne de la 2è DB arrive à l'Hôtel de Ville de Paris.

  • le 24 août 1968 : la première bombe H française.

Dans l'atoll polynésien de Fangataufa, la première bombe H (bombe thermonucléaire ou bombe à hydrogène) française explose. Sa puissance équivaut à 170 fois celle d'Hiroshima.

Posté le 24 août 2016 à 05h49 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

23 août 2016

C’est arrivé un 23 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 23 août 686 : naissance de Charles Martel.

Charles Martel va non seulement écraser les Arabes à Poitier, mais est aussi le grand-père de Charlemagne. Voir la chronique 22 octobre.

  • le 23 août 1328 : victoire de Philippe VI à Cassel.

Le Roi de France, Philippe VI, intervient pour soutenir le comte des Flandres Louis de Nevers qui affronte plusieurs villes flamandes. Le Roi de France et ses Chevaliers lancent l'assaut du Mont de Cassel, où sont retranchés les Flamands. Ces derniers vivent sur le souvenir de la bataille des éperons d'or (voir la chronique du 11 juillet)

De la bataille, le Roi Philippe tire le prestige de Roi Chevalier, déjà reconnu à ses aïeux Philippe Auguste et Saint Louis. Louis de Nevers retrouve ses droits sur son comté.

  • le 23 août 1572 : début de la saint Barthélémy.

Le 22 août un attentat contre Coligny est manqué ; Maurevel rate sa cible et l'amiral n'est que blessé. Tout le monde désigne la reine-mère Catherine de Médicis comme l'instigatrice. Coligny et elle sont en lutte pour avoir la première place auprès du Roi.

Dans l'après-midi a lieu un Conseil royal que rapporte Jean Guiraud dans Histoire partiale- histoire vraie(Ed Beau-Chesne-Croit, tome 2 page 236 à 241). Il cite le Maréchal de Tavannes présent au conseil :

« Durant près de deux heures, Catherine torture son fils ; elle passionne, elle irrite son humeur si naturellement violente et, avec un art infernal, elle cherche à provoquer cet accès de fureur sur lequel elle compte pour lui arracher l'ordre du massacre que, de sang-froid, il eût refusé. « Tout d'abord, elle lui représente l'occasion inespérée qui s'offre à lui de tirer vengeance de tous ces rebelles qui sont venus s'enfermer dans les murs de Paris comme dans une cage. Il a donc enfin le moyen de se laver de la honte de ces traités que le malheur des temps lui avait imposés et qu'en aucun cas, il n'est tenu d'observer... Et comme il ne s'émeut pas, elle lui rappelle le meurtre du grand François de Lorraine. Celui de l'Amiral n'en sera que la juste expiation.

« Et comme il reste toujours impassible, elle le menace, ainsi qu'elle l'a fait plus d'une fois, de se retirer, de le laisser seul aux prises avec les dangers qui l'enveloppent. Ce moyen est usé et, pour échapper à la tentatrice, il invoque son honneur, ses promesses, ses amitiés.

« C'est là où elle l'attend : ceux qu'il croit ses fidèles sujets, ses dévoués amis, ce sont des traîtres ; ils conspirent ; ils en veulent à sa vie, à celle de ses frères. L'heure qui sonne à ce cadran sera la dernière de son règne ; s'il recule, d'autres, à sa place, joueront le jeu. Il doute encore, il ne veut pas en croire sa mère, il lui faut le témoignage des conseillers qui l'entourent.

« Tous affirment que les protestants vraiment conspirent. Alors, plus il a mis de confiance en eux, plus son courroux s'en échauffe. Il y a en lui du tigre ; la férocité de sa nature se réveille et se tournant vers sa mère : « Vous le voulez ? Eh bien ! qu'on les tue tous ! qu'on les tue tous ! » Et il se retire l'écume aux lèvres, le blasphème à la bouche...

« Après deux heures de repos, la colère de Charles IX ne s'est pas refroidie ; elle a fait place à une résolution sombre. Marcel, l'ancien prêvot des marchands, l'homme d'exécution qui commande à la populace de Paris, a été mandé au Louvre. « De combien de bras pouvez-vous disposer ? lui demande le roi. — Cela dépend du temps. — Eh bien ! dans un mois ? — De cent mille et plus, si Votre Majesté le veut. — Et dans une semaine ? — En proportion de ce nombre. — Et dans une journée ?— De vingt mille au moins, j'en réponds ».

« Sur les plus solennels serments, un secret rigoureux lui est prescrit. Il transmettra aux chefs des quartiers les ordres du roi … »

 

Jean Guiraud poursuit :

« Le massacre de la Saint-Barthélemy fut un crime politique et non religieux. Il fut commandé pour prévenir le soulèvement que menaçait de provoquer l'assassinat manqué de Coligny, et l'assassinat de Coligny avait eu pour unique raison le désir de Catherine de Médicis de se débarrasser d'un rival dans le gouvernement. Le massacre de la Saint-Barthélemy fut autorisé par Charles IX pour des raisons politiques ; il s'agissait, par le meurtre des chefs huguenots, de décapiter un parti, une faction qui gênait le roi dans son autorité. Au cours des délibérations qui le décidèrent, la question religieuse ne fut pas agitée ou tout au moins demeura à l'arrière plan ; il ne fut guère question que du soulèvement possible des huguenots et de leur prétendu complot. »

Histoire partiale- histoire vraie de Jean Guiraud (Ed Beau-Chesne-Croit, tome 2 page240)

 

« C'est sur Catherine de Médicis, et sur elle seule que retombe l'entière responsabilité de ce crime politique, digne de cette Renaissance italienne qui avait pétri d'immoralité son âme. »

Histoire partiale- histoire vraie de Jean Guiraud (Ed Beau-Chesne-Croit, tome 2 page241)

 

Que se passe-t-il cette nuit là, lisons Jean Guiraud :

« Les faits sont connus. Dans la nuit du 23 au 24 août 1572, entre deux heures et trois heures du matin, la cloche de Saint-Germain l'Auxerrois se met à sonner à toute volée, des hommes armés qui attendent ce signal tuent aussitôt dans son hôtel, l'amiral de Coligny. A l'appel du tocsin se lève cette foule sanguinaire qui se retrouve dans nos tragédies nationales pour toutes les besognes sinistres, cette même foule qui opérera pendant les grandes journées » révolutionnaires, le 6 octobre, le 20 juin 1792, le 10 août, les 2 et 3 septembre, le 31 mai, le 1er et le 2 juin 1793, massacrant les aristocrates, les prêtres et les femmes, immolant les prisonniers sans défense, comme elle avait massacré, dans la nuit de la Saint-Barthélemy, les huguenots surpris dans leur sommeil. Au Louvre, dans les hôtels seigneuriaux, dans les rues et les carrefours, la populace parisienne pille, tue et insulte quiconque est soupçonné de protestantisme et l'orgie du carnage se poursuit pendant neuf heures, ne cessant que vers midi. Les jours suivants, sur un ordre venu de Paris, des massacres se produisent en province ; à Meaux, à Orléans où le nombre des victimes est évalué à cinq cents ; à Troyes, où des bandes envahissent les prisons et tuent les prisonniers protestants ; à Saumur, à Blois, à Tours, à Angers, à Rouen, à La Charité, à Lyon.

Dans la plupart des villes cependant, les gouverneurs catholiques refusent d'exécuter les ordres qui leur arrivent de Paris et, loin d'ordonner les massacres, répriment la populace qui voudrait imiter celle de Paris. A Nantes, les échevins jurent de respecter l'édit de pacification et interdisent toute violence contre les protestants : il en est de même à Périgueux, Limoges et Clermont-Ferrand ; à Saint-Lô et à Alençon, Matignon empêche tout meurtre ainsi que Jeannin à Dijon et La Guiche à Mâcon ; à Grenoble et dans tout le Dauphiné, le gouverneur de Goëdes confie les protestants à la garde de catholiques sûrs ; à Vienne, les huguenots sont préservés de la mort par l'archevêque Grimaldi ; à Die, par le gouverneur de Glandage ; dans les Alpes, par Ludovic de Birague ; à Montpellier, par Joyeuse. A Carcassonne, écrivent les échevins, « le fait de Paris n'a produit aucun effet». »

Tiré deHistoire partiale- histoire vraiede Jean Guiraud(Ed Beau-Chesne-Croit, tome 2 page 233) voir la chronique du 24 août.

  • le 25août 1614 :inauguration de la statue équestre d'Henri IV sur le Pont-Neuf, à Paris.

Cette statue est commandée par Marie de Médicis à Jean de Bologne. Les révolutionnaires en font des canons en 1792. Louis XVIII fait restaurer le monument (voir la chronique du 25 aout).

  • le 23 août 1654 : l'armée royale écrase le prince de Condé à Arras.
  • le 23 août 1719 : naissance de Pierre Poivre, agronome et botaniste français

Né à Lyon, Pierre Poivre voyage en Chine dès 21 ans comme missionnaire. Lors d'un voyage à Batavia (Djakarta) il découvre l'intérêt des épices comme les clous de girofle ou les noix de muscade. Il essaie sans succès de les acclimater dans l'île de France (île Maurice). De retour à Lyon, il intègre l'Académie des sciences. En 1766, Nommé intendant des Mascareignes il est de retour à l'île de France. C'est à lui que l'on doit le succès du poivre, épice qui porte son nom.

  • le 23 août 1741 : naissance de Jean-François de La Pérouse, explorateur français.

Jean-François Galaup, comte de la Pérouse, naît au manoir du Gô à Albigeois. Il entre dans la Royale à l'âge de 15 ans et y fait toute sa carrière.

Nommé lieutenant de vaisseau en 1777, puis capitaine de vaisseau, il dirige en 1785, une expédition visant à poursuivre les découvertes faites par James Cook dans l'océan pacifique. Il disparaît au cours de cette aventure avec le reste de son équipe auVanuatu en 1788. Quelques minutes avant de monter sur l'échafaud le Roi Louis XVI demande de ses nouvelles.

  • le 23 août 1754 : naissance de Louis XVI, Roi de France.

Louis XVI, Louis Auguste de France, surnommé Louis le Dernier ou Louis Capet par les Révolutionnaires, naît le 23 août 1754 à Versailles est sacré le 11 juin 1775 et guillotiné pour « trahison » le 21 janvier 1793, voir la chronique du jour.

Il meurt en pardonnant aux Français ce crime et en demandant à Dieu que son sang ne retombe pas sur la France mais serve à son salut !

 

 

  • le 23 août 1769 : naissance de Georges Cuvier, paléontologiste et naturaliste français.
  • le 23 août 1789 : décret de la Constituante.

Il affirme « qu'aucun citoyen ne peut être inquiété à raison de ses opinions. »

On voit ce que cette fausse liberté a donné deux ans plus tard.

  • le 23 août 1924 : l'Allemagne reprend le paiement de sa dette de guerre.

La France s'engage donc, à la conférence de Londres qui s'achève, à évacuer la Ruhr dans les 12 mois,si le versement des réparations de guerre se poursuit...

  • le 23 août 1944 : la 2è DB arrive à Rambouillet.

Le général Leclerc y il établit son PC.

  • le 23 août 1944 : le général von Choltitz reçoit l'ordre de détruire Paris.

La ville se couvre de barricades, quand Hitler en ordonne la destruction. Paris est définitivement libérée deux jours plus tard.

 

Posté le 23 août 2016 à 05h43 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

22 août 2016

C’est arrivé un 22 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, RerumNovarum

Alors rappelons-nous :

  • le 22 août 573 : saint Grégoire est sacré évêque métropolitain de Tours, à Reims.
  • le 22 août 851 : victoire bretonne à Jengland-Beslé, contre les Français.

En mars 851, Erispoë succède à son père à la tête de la Bretagne et devient roi de Bretagne. Il affronte victorieusement le Roi Charles le Chauve, le 22 août 851, à Jengland-Beslé aux bords de la Vilaine. Le comte du Mans Vivien et le comte du palais Hildemar trouvent la mort dans cette bataille, ainsi que plusieurs milliers de Francs. Les Bretons ont peu de pertes.Voir le 10 février.

  • le 22 août 1241 : décès du pape Grégoire IX.

Ugolino di Conti naît vers 1145 ; il devient pape de 1227 à 1241, sous le nom de Grégoire IX. Un des premiers actes de son pontificat est de suspendre l'Empereur Frédéric II, pour sa tiédeur à partir à la Sixième croisade. S'en suit l'excommunication et des menaces de déposition ; l'Empereur tentant une invasion des États pontificaux en 1228. Elle échoue et il doit implorer l'absolution et la levée de l'excommunication.

  • le 22 août 1280 : décès du pape Nicolas III.

  • le 22 août 1350 : le Roi Philippe VI meurt à Nogent.

Philippe de Valois meurt le 22 août 1350. Son accession au trône s'est faite après l'extinction de la lignée des Capétiens directs. C'est la première fois que s'applique le testament de Saint Remy, qui voit trois frères se succéder sur le trône sans héritier, suite aux fautes de leur père Philippe IV le Bel (voir la chronique du 1er février). La couronne passe à un autre, Philippe VI de Valois. Son règne est marqué par les débuts de la guerre de Cent Ans, la guerre de Succession de Bretagne. Il laisse à son fils Jean II le Bon un royaume désorganisé et affaibli.

Toutefois il a agrandi le domaine royal avec la Champagne, la Brie, le Dauphiné et Montpellier, mais aussi ses propres apanages que sont le Valois, l'Anjou et le Maine. Il pérennise le Parlement, les États-Généraux et la fiscalité permanente.

Voir les chroniques du 1er avril, du 29 mai.

  • le 22 août 1389 : entrée solennelle de la nouvelle reine de France, Isabeau de Bavière, à Paris.

Le lendemain, la reine est sacrée à la Sainte Chapelle. Spectacles, banquets, joutes grandioses vont durer toute la semaine. Paris découvre pour la première fois un carrosse, car Isabeau de Bavière entre dans la ville dans un somptueux carrosse.

  • le 22 août 22 août 1429 : réponse de Jeanne d'Arc au comte d'Armagnac.

JHÉSUS MARIA 

"Conte d'Armignac, mon très chier et bon ami, Jehanne la Pucelle vous fait savoir que vostre message est venu par devers moy, lequel m'a dit que l'aviésenvoié par-deçà pour savoir de moy auquel des trois papes, que mandés par mémoire, vous devriés croire. De laquelle vous ne puis bonnement faire savoir au vray pour le présent jusques à ce que je soye à Paris ou ailleurs, à requoy(1), car je suis pour le présent trop empeschiée au fait de la guerre : mais quant vous sarey que je seraz à Paris, envoiezung message pardeversmoy, et je vous feray savoir tout au vray auquel vous devrez croire, et que en araysceu par le conseil de mon droiturier et souverain seigneur, le Roy de tout le monde, et que en aurez à faire, à tout mon pouvoir. A Dieu vous commans ; Dieu soit garde de vous.

Escript à Compiengne. le 22 jour d'aoust."

  • le 22 août 1621 :début du siège de Montauban par Louis XIII.

Le Roi Louis XIIIpoursuit avec le cardinal de Richelieu la pacification de son Royaume, qui passe par l'abaissement des Grands du Royaume, le renvoi des Espagnols chez eux et la mise au pas des Huguenots. Montauban est une des villes que contrôlent ces derniers. Le siège s'achève le 9 novembre 1621.

Voir les chroniques, des 19 et 28 mai sur le siège de Privas, du 28 juin sur la paix d'Alès,du 19 octobre qui marque la fin du siège de Montpellier, du 28 octobre sur le siège de La Rochelle.

  • le 22 août 1647 :naissance de Denis Papin, mathématicien et physicien français.

Denis Papin est surtout connu pour ses travaux sur les machines à vapeur comme le digesteur, une sorte d'autocuiseur.Si Denis Papin est un bon inventeur, il n'a pas le sens du commerce. Il s'éteint dans un tel anonymat que l'on ignore la date exacte de sa mort, qui se situerait aux alentours de 1712 ou de 1714.

  • le 22 août 1760 :naissance du pape Léon XII.

Annibale Sermattei della Genga naît à la Genga, près d'Ancône. Il est le 252ème pape, il prend le nom de Léon XII.

  • le 22 août 1764 : naissance de Charles Percier, architecte français.

Charles Percier est un architecte et décorateur français, qui naît à Paris. Il reçoit le Prix de Rome en 1794. Avec son ami Pierre-François-Léonard Fontaine, ils sont à l'origine du style Empire. Ils réalisent à deux l'Arc du Carrousel, les transformations des châteaux de Fontainebleau ou de Compiègne. Charles Percier meurt le 5 septembre 1838.

  • le 22 août 1795 : la Convention vote la Constitution de l'an III.

Rétablissement du suffrage censitaire indirect (favorisant les propriétaires) et séparation des pouvoirs avec 2 assemblées etun directoire de 5 membres.

  • le 22 août 1806 : décès de Jean-Honoré Fragonard, peintre français.

La lectrice

Les hasards heureux de l'escarpolette, 1767

  • le 22 août 1862 : naissance du compositeur français Claude Debussy.

Achille Claude Debussy naît à St-Germain-en-Laye. Parmi ses œuvres on peut noter:

  • "Prélude à l'après midi d'un faune"
  • "Pelléas et Mélisande"
  • "La Mer"
  • "LeMarthyre de saint-Sébastien"
  • "Jeux"

Il étudie le piano avec Antoine Marmontel et le solfège avec Albert Lavignac, et compose ses premières mélodies dès 1879, à partir de textes d'Alfred de Musset. Créateur prolifique (œuvres pour piano, pour orchestre, musique de ballets, etc.), il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands compositeurs du 19ème siècle. En hommage, son visage orne les billets de 20 francs à partir de 1981 et ce jusqu'à la disparition de la monnaie nationale.

Il meurt à Paris, le 25 mars 1918 d'un cancer, à l'âge de 55 ans

  • le 22 août 1864 : douze pays signent la première Convention de Genève qui adhèrent à la Croix-Rouge.

La première convention de Genève est une initiative d'Henry Dunant, fondateur de la fondation de la Croix Rouge. Le texte est censé protéger les personnes portant secours aux blessés sur le champ de bataille ainsi que ces derniers. C'est une première ébauche du droit international humanitaire.

La Convention prévoit aussi l'obligation de soigner les blessés sans distinction de nationalité, la neutralité du personnel et des établissements sanitaires et le signe distinctif de la croix rouge sur fond blanc.

  • le 22 août 1911 :la Joconde est volée au Louvre.

On découvre le vol le 22, mais il date de la veille. Le chef-d'œuvre de Léonard de Vinci est retrouvé deux ans plus tard, en Italie.

  • le 22 mars 1943 : consécration de la France au Cœur Immaculé de Marie.

La consécration a lieu dans toute la France.Le Maréchal, Chef de l'Etat, à la tête de ses Maisons Civile et Militaire s'y associe publiquement à cette Consécration en l'église Saint Louis de Vichy à la demande du marquis de La Franquerie. La cérémonie y est organisée, en accord avec le curé de la paroisse, par Monsieur Jacques Chevalier, ancien Ministre de l'Instruction Publique, et par le marquis.

Le maréchal Pétain prononce l'Acte de Consécration de la France à haute voix avec tous les assistants et, le soir même, il écrit au Cardinal Suhard pour l'informer qu'en tant que Chef de l'Etat, il s'est associé publiquement à ce grand Acte National. Il reçoit un fanion frappé de l'emblème du Sacré-Cœur, bénit par l'évêque de Carcassonne, et le serre sur son cœur, disant avec émotion : « Il sera mon drapeau. »

  • le 22 aout 1944 : Grenoble est libérée.
  • le 22 août 1962 : attentat du Petit Clamart contre Charles De Gaulle.

Le général De Gaulle est visé par des tirs au Petit-Clamart, alors qu'il s'apprête à regagner Colombey-les-Deux-Eglises. La voiture du président essuie plusieurs rafales de mitraillette; aucun desoccupants n'est blessé. Jean-Marie Bastien-Thiry en est l'instigateur.

Voir les chroniques du 11 mars ; le Lieutenant-colonel de l'armée de l'air française est fusillé le 11 mars 1963 à l'âge de 35 ans. De Gaulle, qui en réchappe, profite de l'émotion causée par l'attentat pour proposer l'élection du président de la République au suffrage universel.

  • le 22 août 1968 : Paul VI part pour Bogota en Colombie.

Il est le premier pape à visiter l'Amérique latine.Le pape Paul VI vient à Bogota à l'occasion du Congrès eucharistique international. Il rejette tant le libéralisme économique que les voies de la violence et de la révolution.

  • le 22 août 2014 : lancement des deux satellites opérationnels de Galileo.

C'est le lanceur Soyouz russe qui s'en charge depuis la base française de Kourou. Et ils n'atteignent pas l'orbite prévue.

Posté le 22 août 2016 à 05h40 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

21 août 2016

Saint Benoît, un Père pour les moines, un Père pour l’Europe

Notre pays a été parcouru en tout sens par une foule de saints. Mais il en est d’autres que la providence n’y a conduit qu’après leur mort, tel saint Benoît dont les reliques, rapportées d’Italie, furent déposées au monastère de Fleury, aujourd’hui Saint-Benoît-sur-Loire (Loiret), le 11 juillet 660. C’est ici l’occasion de redécouvrir le sens de la vénération des reliques et l’héritage du patriarche des moines d’Occident et du patron de l’Europe.

B

D'un moine bénédictin du monastère de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire :

Un « pieux larcin ».

« Claris coniubila Gallia laudibus, læteris Benedicti patris ossibus » : « Éclate en louanges, Gaule, mets ta joie dans les ossements de notre père Benoît », chantons-nous aux vêpres de la solennité de saint Benoît, le 11 juillet. C’est donc la liturgie elle-même qui invite la France à se réjouir de la présence sur son sol des reliques du patriarche des moines d’Occident, fondateur de l’ordre des bénédictins. Mais comment saint Benoît (v. 480-v. 547), demeuré sa vie durant dans la péninsule italienne, était-il parvenu, après sa mort, sur les rives de la Loire ? 

Saint Benoît, organisateur et législateur pour l’Occident de la vie monastique héritée des moines d’Orient,s’est éteint vers 547 dans le monastère qu’il a édifié au Mont-Cassin (région du Latium en Italie). Quelques décennies plus tard, un monastère était fondé par un seigneur mérovingien sur les bords de la Loire, au bourg de Fleury, dans le diocèse d’Orléans. La communauté, qui suit alors la règle du saint irlandais Colomban, ressent le besoin d’un protecteur céleste plus puissant qu’un faible et inconstant seigneur terrestre. Chez les hommes de ce temps, la conviction est ancrée que la présence d’ossements d’un saint attire en quelque sorte, par un lien mystérieux, sa présence spirituelle d’assistance, de secours, de protection.

Vers 650, lisant les Dialogues de saint Grégoire le Grand, seule source permettant de connaître la vie de saint Benoît, l’abbé de l’époque, Mommole, apprend que le monastère du Mont-Cassin a été dévasté par les Lombards et que le tombeau de saint Benoît est désormais à l’abandon. Par un acte de piété filiale autant que par souci de doter son abbaye d’un puissant patron céleste, Mommole envoie une délégation de moines, conduite par Aigulphe, pour sauver les précieuses reliques. À leur arrivée dans l’abbaye du Mont-Cassin déserte, une lumière leur indique l’emplacement du tombeau dont les moines s’empressent de recueillir les restes dans une corbeille. À leur contact, tout au long du chemin du retour, les miracles se multiplient.

Un 11 juillet, autour de 660, les reliques de saint Benoît sont solennellement déposées dans l’église du monastère de Fleury, village qui sera connu désormais sous le nom de Saint-Benoît-sur-Loire. Si l’arrivée des reliques est un jour de fête et de joie pour les moines de Fleury, elle témoigne cependant d’une époque troublée pour l’Europe.

Le rayonnement d’un monastère au cœur de la France.

Comme l’atteste le texte des Miraculi sancti Benedicti, les foules de pèlerins se pressent tout au long du Moyen Âge pour vénérer les reliques du saint dont la puissance est louée autant pour la conception d’un enfant, l’abondance des pluies ou la mise en fuite des envahisseurs vikings. Le monastère connaît son heure de gloire du Xe au XIIe siècle, avec le grand abbé saint Abbon (mort en 1004), un des plus éminents théologiens de son temps. Fleury devient même, de la même manière que Cluny, le centre d’une réforme monastique pour toute la Gaule. Point de référence pour le monde monastique, l’abbaye se trouve aussi au cœur du domaine capétien, et c’est ainsi que le roi de France Philippe Ier (1053-1108), qui avait sans doute participé au financement des travaux de construction de l’abbatiale, demande à y être enterré pour bénéficier, après une vie peu exemplaire, de l’intercession du saint et de la prière des moines. 

Malgré un lent déclin, l’histoire de Saint-Benoît-sur-Loire reste intimement liée à celle de la France : Jeanne d’Arc vient y prier après la victoire d’Orléans en 1429, le cardinal de Richelieu embellit l’église par ses dons au XVIIe siècle, l’érudit Dom Mabillon y consulte la riche bibliothèque de manuscrits. La Révolution française met un terme à plus de mille ans de présence monastique ininterrompue en abolissant, dès le 13 février 1790, les vœux monastiques, considérés comme inutiles et contraires à la « liberté chérie ». Suppression juridique mais aussi matérielle avec la destruction, pierre après pierre, d’un superbe monastère classique, rebâti vers 1720 : le lieu devient en effet une carrière.

Pour renouer le fil de cette histoire millénaire, il faut attendre l’arrivée de quelques moines pour tenir la paroisse en 1865, puis d’une véritable refondation le 11 octobre 1944, avec un essaim envoyé de la Pierre-qui-Vire (Yonne). Ces frères s’inscrivent dans la filiation du Père Jean-Baptiste Muard (1809-1854). Frappé par la déchristianisation de son diocèse d’Auxerre dès les années 1840, il se sent appelé, en plaçant toute sa confiance dans le Sacré Cœur de Jésus, à évangéliser cette France qui a perdu la foi. Après avoir fondé une congrégation de missionnaires diocésains, il se retire dans la forêt du Morvan, à la Pierre-qui-Vire, comprenant que le plus puissant des apostolats est la prière et le sacrifice. Soixante-dix-ans après sa refondation, la communauté de Saint-Benoît-sur-Loire compte une trentaine de frères, réunis sous une règle et un abbé, pour prier, travailler et vivre la charité fraternelle.

La Règle de saint Benoît, chemin de vie et de sainteté

Le plus grand des miracles de saint Benoît ne serait-il pas précisément celui de la fidélité de tant de générations de moines, assidus au service de l’Église par le ministère de la prière, méditant en secret les saintes Écritures, écoutant, accueillant et réconfortant tant de pauvres venus frapper à la porte du monastère et demander l’intercession de saint Benoît ? Sans se résigner aux périodes de déclin et de relâchement, inévitables depuis le péché originel, ils ne cessent de puiser dans l’Esprit la force du renouveau. Car la présence des reliques d’un saint – et quel saint ! – n’est un honneur et un privilège que dans la mesure d’une fidélité, toujours en croissance, à son exemple et à son enseignement.  

Dans une France et une Europe qui ont perdu l’accès à la source de la vraie vie,
la Règle de saint Benoît trace un chemin « pour débutants » (chap. 73) pour « retourner par le labeur de l’obéissance à Celui dont nous avait éloigné la lâcheté de la désobéissance » (prologue) pour apprendre à vivre en frères sous le regard bienveillant du Père, à aimer les jeunes et à vénérer les anciens, à se réjouir d’une vie humble, sobre et simple. Un chemin qui n’est, comme le disait Bossuet, que le résumé de tout l’Évangile. Voilà un don sans doute encore plus précieux que de vénérables ossements.

« Ô Saint Père Benoît, établi maintenant au ciel, pénètre tes serviteurs de ta sainte règle ; fais-les monter par la voie étroite, donne-leur le royaume éternel. » (Hymne des vêpres du 11 juillet)

 

Posté le 21 août 2016 à 11h19 par Michel Janva | Lien permanent

Egorgée car elle voulait être baptisée

Au sanctuaire ND de Verdelais :

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Fête le 26 avril.

Posté le 21 août 2016 à 07h39 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 21 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 21 août 1165 : naissance de Philippe II Auguste, Roi de France.

Philippe II« Auguste », naît à Gonesse. Il est le septième Roi de la dynastie des Capétiens directs. Son règne est long et glorieux ; il remporte d'importantes victoires militaires, agrandit et renforce le pouvoir royal. Il meurt à Mantes le 14 juillet 1223.

Philippe II Auguste, Roi de France, par Louis-Félix Amiel, conservé à Versailles, musée national du château et des Trianons.

Voir les chroniques du 14, sur la mort du Roi, du 2 juillet sur la bataille de la Roche aux Moines, du 27 juillet sur la bataille de Bouvines.

  • le 21 août 1131 : décès de Baudouin II, roi de Jérusalem.
  • le 21 août 1359 : Traité de Pontoise.

Le traité de Pontoise est un accord entre le Dauphin Charles et Charles II de Navarre, au mépris de l'Endenture, précédemment signé par ce dernier et le roi d'Angleterre. La France rend à la Navarre les forteresses perdues, lui accorde une rente et une indemnité en compensation des dommages. En échange, Charles II renouvelle son hommage au Dauphin et lui garantit d'être un allié loyal.

  • le21 août 1567 : naissance de Saint François de Sale, évêque de Genève, fondateur de l'Ordre de la Visitation, saint et docteur de l'Église catholique.

Saint François de Sales est un prêtre et prédicateur, évêque et docteur de l'Église ; il est aussi fondateur avec sainte Jeanne de Chantal de l'ordre de la Visitation. Il est canonisé en 1665.Voir la chronique du 28 décembre. Geneviève Esquier dans Ceux qui croyaient au Ciel (Ed. de l'Escalade, Page 198) raconte que sa mère fait le vœu devant le saint Suaire de Turin, si un fils lui est donné de l'offrir au Seigneur.

  • le 21 août 1665 : naissance de Giacomo Filippo Maraldi, mathématicien et astronome français

Il rédige un catalogue des positions des étoiles, le Catalogue des étoiles fixes.

  • le 21 août 1725 : naissance du peintre Jean-Baptiste Greuze.

Jean-Baptiste Greuze est un peintre et dessinateur français. Elève du peintre Grandon à Lyon, puis de Charles-Joseph Natoire à l'Académie Royale de peinture et de sculpture. En 1755, sa toile "Père de famille expliquant la Bible à ses enfants" le rend très célèbre. Il entreà l'Académie en 1769. C'est lui qui peint le premier portrait connu du futur empereur Napoléon Bonaparte.

  • le 21 août 1789 : naissance d'Augustin Louis Cauchy.

Augustin Louis, baron Cauchy naît à Paris. Mathématicien célèbre, il devient membre de l'Académie des sciences et professeur à l'Ecole polytechnique. Catholique pratiquant, royaliste légitimiste, dévoué à Charles X, il choisit de s'exiler après les Trois Glorieuses, en 1830. Il revient huit ans plus tard et reprend place à l'Académie. Il meurt en 1857 après avoir refusé de prêter serment à Napoléon III, en 1853.

  • le 21 août 1911 : vol du tableau de la Joconde, à Paris.

Le plus célèbre tableau du monde, la "Mona Lisa" de Léonard de Vinci disparaît de la Grande Galerie du Louvres où elle était accrochée depuis 1804. Après deux ans de recherches, le tableau est retrouvé à Florence. Son voleur, Vincenzo Perugia, un peintre en bâtiment, est arrêté alors qu'il tente de le revendre à un antiquaire en 1913.

 

  • le 21 août 1938 : Daladier, président du Conseil, annonce son intention d'assouplir la loi des 40h.

Il s'agit, déjà (!), de "remettre la France au travail". Son idée consiste à permettre les heures supplémentaires. Il fait remarquer qu'en Allemagne au même moment on travaille 70h

  • le 21 août 1944 : le Maréchal Pétain est conduit de force à Belfort par les Allemands.
    • le 21 août  1955 : inauguration du téléphérique de l'aiguille du Midi, le plus haut du monde.
  • le 21 août 1998 : Alain Juppé et l'ancien ministre Michel Roussin sont mis en examen dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris.
  • le 21 août 2005 : le Pape Benoît XVI célèbre la messe de clôture des JMJ.

Plus d'un million de jeunes catholiques du monde entier assistent à cette messe, à Marienfeld, en Allemagne à l'occasion de la XXe Journée mondiale de la jeunesse.

Posté le 21 août 2016 à 05h36 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

20 août 2016

C’est arrivé un 20 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 20 août : fête de Saint Bernard de Clairvaux, abbé et Docteur de l'Église.

Saint Bernard est né vers 1090, il entre à vingt-ans à l'abbaye de Cîteaux fondée quelques années auparavant par Saint Robert de Molesmes. Il contribue grandement au développement de l'ordre cistercien en parcourant les routes d'Europe. Saint Bernard est envoyé à Clairvaux, en 1115, pour y fonder l'abbaye, dont il devient le père-abbé jusqu'à sa mort. Lors du Schisme de 1130, il soutient sans retenue Innocent II contre l'antipape Anaclet II. En 1146, il prêche la Croisade en Terre Sainte devant le Roi Louis VII, voir la chronique du 21 mars. A sa mort, en 1153, trois cent quarante-trois abbayes cisterciennes ont été édifiées en Europe.

  • le 20 août 684 : décès de Saint Philibert, religieux français, fondateur des monastères de Jumièges et Noirmoutier.
  • le 20 août 984 : décès du pape Jean XIV et élection du pape Boniface VII.

Le pape Jean XIV a été destitué par l'antipape Boniface VII, et enfermé au Château St-Ange de Rome où il meurt, peut-être assassiné.

  • le 20 août 1297 : bataille de Furnes.

L'armée du Roi de France est commandée par Robert II d'Artois ; elle remporte une victoire sur les troupes flamandes.

  • le 21 août 1600 : le Roi Henri IV prend Chambéry.

La guerre franco-savoyarde (1600-1601) va se terminer en faveur de la France avec le traité de Lyon, signé le 17 janvier 1601.

  • le 20 août 1625 : naissance de Thomas Corneille : écrivain français.
  • le 20 août 1678 : Jacques-Nicolas Colbert est élu à l'Académie française.

Le fils du ministre de Louis XIV est abbé du Bec-Hellouin. Sa réception l'Académie française est faite par Racine.

  • le 20 août 1648 : bataille de Lens, fin de la Guerre de Trente ans.

Cette victoire du Grand Condé à Lens met un terme à la Guerre de Trente ans. Elle est appelée ainsi car elle fait suite à la prise de la ville de Lens par l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg le 17 août 1648, voir la chronique du jour. Condé galvanise ses troupes en disant :

«Amis, vous souvenez-vous de Rocroi, de Fribourg, de Nordlingen ? Il nous faut vaincre ou mourir. Vous marcherez sur une seule ligne. Vous conserverez quoi qu'il en coûte votre ordre de bataille. Vous essuierez sans tirer le premier feu de l'ennemi. Ensuite seulement vous pourrez tirer. » Puis, il lance ses troupes au cri de « Vive le Roi ! »

Les Espagnols laissent sur le terrain trente-huit pièces de canon et huit mille hommes, un grand nombre d'étendards. Le 26 août, le Roi Louis XIV fait chanter un Te Deum à Notre-Dame de Paris.

  • le 20 août 1803 : débarquement de Cadoudal en France.

Les Anglais débarquent aux falaises de Biville le chef Chouan Georges Cadoudal, ainsi que Quérelle et Lahaie-St-Hilaire. Ils projettent de s'en prendre directement à Bonaparte.

  • le 20 août 1823 : décès du pape Pie VII.
  • le 20 août 1860 : naissance de Raymond Poincaré.

Raymond Poincaré naît à Bar-le-Duc. Il occupe cinq fois le poste de président du Conseil. En 1913, il devient président de la République, pendant toute la Première Guerre mondiale. Après la guerre, il fait occuper la Ruhr, car l'Allemagne refuse de payer les " réparations de guerre ". Une religieuse française, Claire Ferchaud l'a approché plusieurs fois pendant la première guerre mondiale, pour lui demander au nom du Christ de faire apposer le Sacré-Cœur sur le drapeau français. Il décède le 15 octobre 1934 à Paris.

  • le 20 août 1914 : décès de Saint Pie X, pape à 79 ans.

Giuseppe Sarto est pape de 1903 à 1914. Il combat les idées modernistes et condamne la séparation de l'Église et de l'État en France. Il fait réformer le bréviaire et remet à l'honneur le chant grégorien. Il est canonisé le 20 mai 1954. Voir la chronique du 2 juin.

  • le 20 août 1944 : ultime message du Maréchal Pétain aux Français.

Le 20 aout 1944, le Maréchal Pétain quitte Vichy pour l'Allemagne, sous escorte allemande. Hitler le fait capturer par les SS et déporter à Sigmaringen pour lui extorquer une Commission gouvernementale française pour la défense des intérêts nationaux que présiderait de Brinon.

"Au moment où ce message vous parviendra, je ne serai plus libre. Dans cette extrémité où je suis réduit, je n'ai rien à vous révéler qui ne soit la confirmation de tout ce qui, jusqu'ici a dicté ma conduite. Pendant plus de quatre ans, décidé à rester au milieu de vous, j'ai chaque jour cherché ce qui était le plus propre à servir les intérêts permanents de la France, mais sans compromis.

Je n'ai eu qu'un seul but : vous protéger du pire.

Tout ce qui a été fait par moi, tout ce que j'ai accepté, consenti, subi, que ce fût de gré ou de force, ne l'a été que pour votre sauvegarde. Si je ne pouvais plus être votre épée, j'au voulu être votre bouclier. C'est moi seul que la France jugera. »

Et voici ce qu'écrit l'amiral Paul Auphan, dans son Histoire élémentaire de Vichy, pp.359-362,

«À Vichy et jusqu'à son arrestation par les Allemands en août 1944, le maréchal Pétain ne m'a jamais donné l'impression d'être amoindri intellectuellement.

À mon avis, c'est plus tard, sous le poids écrasant d'une déportation en Allemagne, d'un ignoble procès fleuve qui aurait assommé n'importe qui d'autre que lui et d'une incarcération en France conçue comme une longue torture que cet homme de quatre-vingt-dix ans, bâti comme un chêne, a fini par perdre peu à peu la mémoire et, à certains moments, la raison. Du moins d'après ce qu'on en a dit, car personnellement je ne peux porter de jugement que sur ce qu'il était à Vichy, où, je le répète, il m'a paru jouir d'un équilibre de santé physique et mentale que beaucoup de chefs d'État d'aujourd'hui ou d'hier pourraient ou auraient pu lui envier.

Pour avoir pendant les quatre ans de la Grande Guerre franchi tous les échelons du grade d'officier général et conduit l'armée française à la victoire, il fallait des qualités d'intelligence, de caractère et de cœur qui n'étaient certainement pas communes. À Vichy ces qualités ne s'étaient pas obscurcies, mais seulement assagies et comme sublimées jusqu'à leur extrême simplicité : un bon sens militaire de commandement plein de bienveillance, imprégné de la vertu de prudence et ne retenant des choses que l'essentiel, sous une apparence insensible au torrent des événements. De tempérament secret, il comprenait les situations, mais ne s'attardait pas à expliquer ses décisions.

Évidemment la créativité intellectuelle n'était plus la même qu'autrefois en ce sens qu'il aimait qu'on lui propose des textes sur lesquels il travaillerait ensuite à loisir plutôt que d'accomplir lui-même l'épuisant travail d'accouchement cérébral ; la manière dont il en tirait parti et leur donnait sa marque personnelle montrait un esprit toujours en possession de ses moyens.

Évidemment encore, au bout d'une heure ou une heure et demie d'attention portée à des sujets difficiles, il donnait des signes de fatigue et avait besoin de changer d'occupation pour se détendre un moment l'esprit. C'est normal à quatre-vingt-cinq ans. Il suffisait à son entourage d'en tenir compte. […]

[Le Maréchal] était soutenu intérieurement et comme porté sur des ailes par l'amour de la France et des Français et par le sentiment qu'il avait d'être seul en mesure de les sortir à moindre frais de la défaite de 1940.

Cette hantise était la clef de sa politique. Elle explique tout. Comme tous les anciens combattants de 14-18 – que dis-je ? bien mieux qu'eux après Verdun – il était resté frappé d'épouvante par les pertes françaises. […] Une seconde saignée analogue l'eût peut être éliminée comme grande puissance. […]

Qu'on lui impose X ou Y comme ministre ou chef de gouvernement, qu'on renvoie de vieux amis fidèles ou fasse aux Allemands des concessions qui ne valaient pas qu'on risque la vie d'un homme, il en souffrait, certes, au fond de lui-même, mais n'en faisait pas un absolu du moment que l'ennemi en était apaisé pour un temps et que l'armistice continuait, permettant à la masse des Français de cheminer, sans trop de pertes, vers le bout du tunnel.»

  • le 20 août 1944 : la résistance française libère l'Hôtel de Ville de Paris.
  • le 20 août 1953 : le sultan du Maroc Mohammed V est déposé.

Les autorités du protectorat français au Maroc commandées par le général Guillaume le dépose. Le sultan exilé en Corse, puis à Madagascar, avec ses fils, dont le futur roi Hassan II. La légitimité du nouveau souverain, Mohammed ben Arafa, n'est pas reconnue par le peuple. En 1955, la France accepte le retour de Mohammed V qui régnera jusqu'à sa mort en 1961.

  • le 20 août 1955 : massacre d'El Haha au nom du Djihad.

El Haha, petit village proche de Philippeville, à trois kilomètres environ de la mer, où vivent 130 Européens et 2000 musulmans. La plupart travaillent à la mine de pyrite; les musulmans qui sont payés comme les Européens et jouissent des mêmes avantages sociaux, ont assurés qu'en cas d'attaque du FLN tous participeront à la défense du village.

A 11 h 30, le village est attaqué par des anciens miniers et des miniers en activité ! Le FLN appelle au djihad et commence le massacre :

71 européens tués, 21 musulmans tués, 51 européens blessés, 47 musulmans blessés, plus de 50% des victimes sont des enfants et adolescents de moins de 20 ans. A cela s'ajoute 31 soldats tués, et 121 blessés par les ennemis de la France en Algérie.

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 247)

Soustelle écœuré dira : « On ne négocie pas avec des gens comme cela. »

Posté le 20 août 2016 à 05h30 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

19 août 2016

C’est arrivé un 19 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 19 août 440 : décès du pape Sixte III.
  • le 19 août 1186 : le duc de Bretagne Geoffroy II Plantagenêt est blessé mortellement dans un tournoi à Paris.
  • le 19 août 1239 : la couronne d'épine arrive à Notre Dame.

Le Roi revêt une simple tunique et, pieds nus, aidé de son frère, porte la Sainte Couronne jusqu'à Notre-Dame de Paris. Il a fait construire un reliquaire à la mesure de ces reliques : la Sainte-Chapelle. Durant la révolution française, les reliques sont déposées à l'abbaye de Saint-Denis puis, à la Bibliothèque nationale. Avec le Concordat de 1801, la Sainte Couronne et quelques autres reliques sont remises en 1804 à l'archevêque de Paris qui les fait déposer au trésor de la Cathédrale, le 10 août 1806. Elles s'y trouvent conservées depuis lors, confiées aux chanoines du Chapitre chargés de leurs vénérations et placées sous la garde statutaire des Chevaliers du Saint-Sépulcre de Jérusalem.Voir la chronique du 11 août.

Saint Louis portant la Sainte Couronne à Notre-Dame de Paris le 19 août 1239

  • le 19 août 1315 : Louis X épouse Clémence de Hongrie en secondes noces.
  • le 19 août 1458 : élection du pape Pie II.

Le 19 août 1458, Enea Silvio Piccolomini est élu pape, sous le nom de Pie II. Comme son prédécesseur Calixte III, il passe une grande partie de son pontificat à préparer la croisade contre les Turcs qui, sous le sultanat de Mehmed II, viennent de s'emparer de Constantinople. Pie II décède le 15 août 1464.

  • le 19 août 1488 : le Traité du Verger.

Le traité de Sablé dit « traité du Verger » est signé entre le Roi de France par Charles VIII, et le duc de Bretagne François II.L'élément principal stipule que l'héritière du duché, Anne, ne peut se marier sans l'accord du Roi de France.

Le duc de Bretagne, allié aux grands féodaux et à Louis II d'Orléans, le futur Louis XII, a perdu la « guerre folle suite à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier près de Rennesle 28 juillet (voir la chronique du jour), où l'armée bretonne est détruite.

Le duc de Bretagne, doit l'hommage lige au Roi de France et le duché perd son indépendance législative. Il doit donner quatre places fortes en garantie : Saint-Malo, Dinan, et surtout Fougères et Saint-Aubin-du-Cormier.

La tentative de mariage d'Anne de Bretagne avec Maximilien Ier du Saint-Empire en 1490 viole le traité. Le mariage est annulé ; la duchesse va épouser successivement deux Rois de France.

  • le 19 août 1591 : le prétendant au Trône en titre, le futur Roi Henri IV prend Noyon.
  • le 19 août 1627 : Henri de Talleyrand-Périgord, comte de Chalais est exécuté à Nantes.

A cause du projet de mariage de Gaston de France, frère du Roi, et Mademoiselle de Montpensier. Un complot est ourdi contre le cardinal de Richelieu et le Roi Louis XIII. Henri de Talleyrand-Périgord, comte de Chalais, maître de la garde-robe du Roi, en est un des acteurs. La conspiration s'appelle d'ailleurs « la conspiration de Chalais ». Celle-ci est rapidement découverte et les auteurs condamnés. Maréchal d'Ornano et ses frères, ainsi que César et Alexandre de Vendôme, demi-frères du roi et de Gaston, autres conjurés, meurent en prison.

  • le 19 août 1662 : décès de Blaise Pascal, mathématicien et philosophe français.

Blaise Pascal, célèbre mathématicien, inventeur, philosophe français, meurt le 19 août 1662 à Paris à l'âge de trente neuf ans. Né le 19 juin 1623 (voir la chronique du jour)à Clermont-Ferrand, Pascal montre rapidement des facultés pour l'étude des sciences. Il est l'un des créateurs des probabilités, et rédige la théorie de la cycloïde. A 19 ans, il invente la première machine à calculer, la Pascaline. Il est l'auteur d'œuvres philosophiques comme "Les Provinciales", ou les"Pensées", qu'il ne finit pas.

Voir les chroniques du 24 mars, du 19 juin et du 23 novembre.

  • le 19 août 1680 : décès de saint Jean Eudes.

Né le 14 novembre 1601, saint Jean Eudes, est un prêtre, pionnier de l'Ecole de la spiritualité française. Il est le fondateur de l'Ordre de Notre-Dame de Charité ; il crée en 1641, une société de prêtres dédiée à la formation des séminaristes, du clergé et aux prédications dans les paroisses : la Société des prêtres de Jésus et de Marie, aussi appelée « les Eudistes ». Il combat ardemment le mouvement du jansénisme et participe à la Contre-Réforme. Les Eudistes sont interdits à la révolution et reviennent en France en 1826.Il meurt à Caen en France. En 1925, il est canonisé par Pie XI.

Ses parents qui ne peuvent pas avoir d'enfants, accomplissent un vœu en allant en pèlerinage à la chapelle de Notre-Dame de la Recouvrance où ils consacrent leur futur enfant à Notre-Seigneur et à Notre-Dame.

A l'âge de douze ans, quand il fait vœu de chasteté et glisse un anneau au doigt d'une statue de la Vierge Immaculée pour qu'elle devienne son épouse. Se donnant tout à elle dans un amour exclusif, il l'implore qu'elle veuille bien en retour se donner toute à lui.

Il entre à l'Oratoire en 1623 et est ordonné prêtre en 1625 ; Pierre de Bérulle le remarque rapidement. Il est envoyé en « missions », et ses prêches touchent les cœurs et convertissent les Français. Il répand la prière commune matin et soir dans les familles, la récitation du chapelet, pousse à la communion fréquente. Et pour clore les missions, il invente les « feux de joie » !

« Sortez, sortez de ce sale et horrible torrent du monde, de ce torrent des épines qui vous entraîne dans le gouffre de la perdition ; et venez vous perdre saintement dans les douces eaux de ce fleuve de paix et ce torrent de délices. Hâtez-vous ! Qu'est-ce que vous attendez ? Ne savez-vous pas que c'est Jésus qui a fait le Cœur de Marie tel qu'il est, et qui a voulu en faire une fontaine de lumière, de consolation et de toutes sortes de grâces pour tous ceux qui y auront eu recours dans leurs nécessités ? Ne savez-vous pas que non seulement Jésus est résidant et demeurant continuellement dans le Cœur de Marie, mais qu'il est lui-même le Cœur de Marie, le Cœur de son Cœur et l'âme de son âme, et qu'ainsi venir au Cœur de Marie, c'est venir à Jésus ; honorer le Cœur de Marie, c'est honorer Jésus ; invoquer le Cœur de Marie, c'est invoquer Jésus ? »

À une religieuse de Montmartre, il écrit : « Le Divin Cœur de Jésus et de Marie est cette fournaise dont les feux et les flammes ne se repaissent que de cœurs. Oh ! qu'heureux sont les cœurs qui se perdent dans ces divines flammes. »

  • le 19 août 1829 : la statue de Louis XVI est inaugurée à Montpellier.

Elle reste deux ans en place, et est déboulonnée sous Louis-Philippe. Puis, elle disparaît durant près de 140 ans, avant d'être offerte en1967 par le maire, François Delmas, à Louisville, ancienne capitale de la Louisiane française, jumelée avec Montpellier !

  • le19 Août 1917 : 4ème Apparition de Fatima.

18000 personnes assistent à l'évènement le 17 août. Mais Lucie n'est pas là et l'Apparition prévue n'eut pas lieu. En effet l'administrateur du canton a enfermé Lucie et ses deux cousins prétextant qu'ils troublaient l'ordre public. Des phénomènes tels que lors des précédentes, coups de tonnerre, des éclairs, un halo de lumière blanc, ont lieu.

L'administrateur les relâche au bout de 2 jours. La sainte Vierge apparaît donc le dimanche 19 août aux enfants et leur demande de continuer à prier et en leur promettant qu'a sa dernière apparition elle accomplirait le Miracle de " faire croire tout le monde ".

  • le 19 août 1942 : débarquement des franco-canadiens à Dieppe.

L'opération Jubilee ne s'explique pas, si ce n'est pour tester les défenses allemandes et préparer un débarquement de masse.

Les Allemands mitraillent et bombardent les plages sans répit et font 4000 morts, blessés ou prisonniers. L'opération est un véritable désastre.

  • le 19 août 1944 : les Allemands Renthe-Fink et Neubronn somment le chef de l'Etat Pétain d'accepter son transfert en zone nord.

Voir les chroniques des 17, 18 et 20 août.

  • le 19 août 1984 :naissance de la Transat Québec/Saint-Malo

La course naît à l'occasion du 450e anniversaire de l'arrivée de Jacques Cartier dans le golfe du Saint-Laurent. Elle accueille monocoques et multicoques et a lieu tous les quatre ans, en équipage et sans escale.

Posté le 19 août 2016 à 05h27 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

18 août 2016

C’est arrivé un 18 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, RerumNovarum

Alors rappelons-nous :

  • le 18 août : fête de Notre-Dame de Liesse, sanctuaire du diocèse de Soisson lié à l'histoire de France.

Voir le 18 août 1857, plus bas et la chronique du 16 février.

  • le 18 août 1216 : décès du pape Adrien V.
  • le 18 août 1304 : bataille de Mons-en-Pévèle.

En 1296, le comte Guy de Dampierre, comte de Flandre depuis le Roi Saint Louis, se fait confisquer les principales villes de Flandre par Philippe le Bel, qui ensuite nomme Jacques de Châtillon gouverneur. Une révolte fiscale éclate à Bruges et dans la nuit du 17 au 18 mai 1302, une centaine de soldats français sont égorgés dans leur sommeil, ce sont les « Matines de Bruges », (voir la chronique du 18 mai). Toutes les villes se regroupent autour des révoltés ; les Français sont chassés.

Philippe le Bel rassemble son ost, qu'il confie à Robert d'Artois. Le 8 juillet les deux armées sont face à face. La lourde cavalerie française, sans appui des arbalétriers, charge et s'embourbe. Les Flamands ne font pas de prisonniers ; des centaines de chevaliers sont égorgés. La déroute est totale ; c'est la retentissante défaite lors de bataille de Courtrai le 11 juillet 1302, dite bataille des «Éperons d'Or». De plus, le Roi de France doit affronter aussi le roi d'Angleterre, qui veut se défaire du lien de vassalité.Deux ans plus tard, le 18 août 1304, le Roi prend sa revanche sur les Flamands à Mons en Pévèle.

Ces derniers, en fin de journée, fuient vers Lille, que le Roi assiège et conquiert au bout d'un mois. Philippe IV le Bel attribue la victoire à la protection de la Vierge et dans la nef de Notre-Dame de Paris, il fait dresser une statue équestre en bois en ex-voto face à l'autel de Marie qui se trouve à côté du premier pilier oriental côté sud.

La bataille de Mons-en-Pévèle, par Charles Philippe Larivière, Galerie des Batailles du château de Versailles

  • le 18 août 1503 : décès du pape Alexandre VI.

Voir la chronique du 11 août.

  • le 18 août 1516 : Concordat de Bologne.

Le pape Léon X cède Parme et Plaisance à la France par le Concordat de Bologne ;

Il est en réalité signé à Rome, lors du Ve concile du Latran. C'est le chancelier Antoine Duprat qui le signe pour le Roi de France, François Ier. Le concordat est fixé par la bulle pontificale : la Primitiva illa ecclesia,qui règle les relations entre l'Église et le Roi de France jusqu'en 1790. Le Roi de France exerce un pouvoir sur l'Église dans son royaume, que n'a aucun autre souverain catholique. Mais le pape l'accepte, car seul le Roi de France prête serment lors du sacre de protéger l'Eglise et de lutter contre les hérésies.

Le concordat est donc un compromis qui abroge la Pragmatique Sanction de Bourges du 7 juillet 1438, (voir la chronique du jour). La primauté du pape sur le Concile général est reconnue, contrairement aux affirmations du concile de Bâle, contre le pape Eugène IV en 1434. En contre partie, la pratique de Philippe le Bel concernant les bénéfices ecclésiastiques est officialisée sur plus de 150 évêchés et un demi-millier d'abbayes.Les deuxparticipent à la désignation des évêques : le Roi les nomme et le pape leur confère l'investiture canonique. Les évêques prêtent serment de fidélité au Roi de France. Il faut souligner que le duché de Bretagne et le comté de Provence, ne sont pas concernés dans un premier temps,par le concordat. En octobre, un indult les rattache au texte. Et il faut aussi souligner que le Roi doit forcer le Parlement de Paris à enregistrer le texte.

A chaque fois qu'un territoire sera rattaché à la France, un droit de nomination spécifique sera signé par le pape de l'époque pour le Roi régnant. C'est la révolutionqui met fin au Concordat avec la CCC, la constitution civile du clergé, condamnée par le pape Pie VI. Napoléon en reprendra l'idée avec le Concordat de 1801, qui n'a rien à voir avec celui de Bologne. L'absence de serment royal lors du sacre aboutit finalement à détacher la hierarchie de l'Eglise catholique en France de la tutelle de l'Etat.

  • le 18 août 1559 : décès du pape Paul IV.
  • le 18 août 1572 : le futur Henri IV épouse Marguerite de France.

Marguerite de Valois, la sœur du roi Charles IX de confession catholique, et Henri de Navarre futur Henri IV se marient à Notre-Dame de Paris. Une réception est donnée ensuite au Palais de la Cité, pour sceller la réconciliation entre catholiques et protestants.Catherine de Médicis va provoquer, dans la nuit du 23 au 24 août, le massacre de la Saint-Barthélemy.

  • le 18 août 1563 : décès d'Étienne de La Boétie, écrivain français.
  • le 18 août 1649 : entrée triomphale du Roi Louis XIV à Paris.

Ayant dû fuir Paris à cause de la journée des Barricades le 26 août 1648, le Roi y entre de nouveau après quelques mois de siège. La Fronde des Princes va alors commencer, car les Grands du Royaume rejettent l'autorité de Mazarin. Ce dernier décide de s'exiler pour faciliter le retour à la paix civile.

  • le 18 août 1662 : Pascal reçoit le Viatique et l'Extrême-Onction et entre agonie.

Malgré sa faiblesse extrêmeil se lève pour recevoir son Dieu debout.

  • le 18 août 1690 : victoire française à la bataille de Staffarde.

La bataille de Staffarde oppose le royaume de France au duché de Savoie, dans le cadre de la guerre de la ligue d'Augsbourg.

  • le 18 août 1792 : dissolution en France des congrégations religieuses, surtout les congrégations enseignantes.
  • le 18 août 1813 : victoire du maréchal Davout à Lauenbourg.
  • le 18 août 1823 : décès d'André-Jacques Garnerin.

André-Jacques Garnerin, né à Paris le 31 janvier 1769, est l'inventeur du parachute et est devenu le premier parachutiste de l'histoire.

  • le 18 août 1850 : décès d'Honoré de Balzac, écrivain français.

L'Auteur de la Comédie humaine s'éteint avant d'avoir pu achever son immense œuvre. On y trouve :

Les Chouans, La Peau de chagrin, Le Médecin de campagne, Eugénie Grandet, Le Père Goriot, Le Lys dans la vallée

  • le 18 août 1857 : couronnement de Notre Dame de Liesse.

Statue de Notre dame de Liesse, vue du chœur de la basilique mineure.

Monseigneur de Garsignies confie, le 28 octobre 1851, le sanctuaire et l'organisation des pèlerinages aux Pères de la Compagnie de Jésus. Ayant demandé au pape Pie IX l'autorisation de couronner Notre Dame de Liesse, ce dernier donne son accord. Un triduum préparatoire est organisé ; une cloche offerte par Napoléon III. Une nouvelle statue de Notre Dame de Liesse, celle-là actuellement sur l'autel, représentant la Vierge assise tenant son Fils est portée solennellement dans la basilique. Les révolutionnaires avaient en effet détruit la statue miraculeuse en 1794, voir la chronique du 16 février.

30 000 pèlerins suivent la cérémonie à laquelle participent un peloton de cavalerie, plus de huit cents prêtres et cinquante chanoines, son altesse le prince de Monaco, le préfet de l'Aisne, le maire, les autorités civiles et militaires.

Après avoir posé sur la tête de la Reine des Cieux, le diadème d'or et de perles, Monseigneur de Garsignies s'agenouille et dit :

"O Vierge Marie, puisse votre Fils nous couronner là-haut de gloire, comme aujourd'hui nos mains vous couronnent ici-bas ! "

L'évêque consacreensuite le diocèse, et le maire offre à la Vierge un cierge.

Le culte de Notre Dame de Liesse se répand dans le monde : en Amérique, au Japon, en Chine, à Ceylan, et à plusieurs endroits de l'Afrique : Kabara, Grimari dans l'Oubangui (République Centrafricaine), au Gabon, à Betsiléo, à Madagascar. En 1934, pour le 800ème anniversaire de la construction du sanctuaire, ce sont 120 000 personnes qui participent aux festivités organisées.

  • le 18 août 1868 : découverte de l'hélium.

C'est en observant une éclipse du soleil que le Français Janssen découvre un gaz inconnu dans l'atmosphère du soleil.Il l'appelle hélium par référence au grec helios (soleil).En 1895 on découvre qu'il existe aussi en petite quantité dans l'atmosphère terrestre.

  • le 18 août 1870 : bataille de Saint-Privat, ou bataille de Gravelotte.

Les français sont écrasés par l'artillerie prussienne.

  • le 18 août 1944 : Laval démissionne et quitte Paris pour Belfort.

Le maréchal est toujours à Vichy où les Allemands font pression depuis la veille (voir la chronique du 17 août) pour qu'il parte pour l'Allemagne. Le 20 août le chef de l'Etat est fait prisonnier et emmené de force.

  • le 18 août 2008 : 10 soldats français sont tués et 21 blessés dans une embuscade en Afghanistan.
  • le 18 août 2011 : le pape Benoît XVI se rend aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid.

Posté le 18 août 2016 à 06h14 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

17 août 2016

C’est arrivé un 17 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 17 août 682 : élection du pape saint Léon II.
  • le 17 août 1424 : Bataille de Verneuil.

Charles VII est battu par les Anglais du régent, le duc de Bedford, alliés aux Bourguignons, lors de la bataille de Verneuil en Normandie. Malgré le renfort d'un important contingent écossais, l'armée du « Dauphin » ne peut résister aux archers anglais, commandés par Jean de Lancastre. Véritable duel d'archerie, la bataille se solde par la perte de 6 000 français (la moitié de la troupe) et la mort des commandants écossais John Stuart, grand connétable de France, et Archibald Douglas.

  • le 17 août 1633 ou 1644 ou 1645 : naissance de Jean de La Bruyère.

Jean de La Bruyère est issu d'une famille aisée, il suit des études de droit à Orléans puis revient à Paris. Il est surtout connu pour avoir écrit plusieurs ouvrages dont un seul est passé à la postérité : "Les caractères ou les mœurs de ce siècle", qui paraît en 1688. En 1693, il est élu à l'Académie française.

  • le 17 août 1601 : naissance de Pierre de Fermat, mathématicien français.
  • le 17 août 1648 : prise de Lens par l'archiduc Léopold-Guillaume de Habsbourg.

La chute de la ville est suivie le 20 août par une éclatante victoire française où Condé écrase l'archiduc.

  • le 17 août 1661 : Nicolas Fouquet donne une somptueuse réception à Vaux-le-Vicomte.

Le surintendant des finances Nicolas Fouquet donne une grande fête dans son château de Vaux-le-Vicomte en l'honneur de Louis XIV.

Il fête l'achèvement du château qu'il s'est fait construire à Vaux-le-Vicomte. Il a fait appel aux meilleurs artistes : le buffet est organisé par Vatel ; Molière et Lully présentent une comédie-ballet dans les jardins (dessinés par Le Nôtre) Les Facheux, créée pour l'occasion. Un grand feu d'artifice est donné au-dessus du château. Cet étalage de luxe suscite des questions du Roi, car les caisses du Royaumes sont vides. Louis XIV suspecte des détournements de fonds. Il fait arrêter Fouquet le 5 septembre, à Nantes.

  • le 17 août 1699 : naissance de Bernard de Jussieu, botaniste français.

Bernard de Jussieu naît à Lyon. C'est un célèbre botaniste français qui devient professeur de botanique au service du Roi, à Paris où il décède le 6 novembre 1777.

  • le 17 août 1737 : naissance d'Antoine Parmentier, pharmacien militaire.

Antoine Augustin Parmentier est un pharmacien militaire, agronome, nutritionniste et hygiéniste français. Il est surtout connu pour avoir introduit la pomme de terre en Europe pour lutter contre les famines.

  • le 17 août 1740 : élection du pape Benoit XIV.

Prospero Lambertini, naît à Bologne le 31 mars 1675, et meurt le 3 mai 1758. À la mort de Clément XII, il est élu pape à l'unanimité, après un des plus longs conclaves des derniers siècles qui dure six mois et provoque 254 scrutins.

Benoit XIV confirme la bulle Unigenitus, contre les jansénistes ; crée à Rome une faculté de chirurgie, un musée d'anatomie, et encourage la dissection ; publie la lettre apostolique Immensa pastorum, dans laquelle il condamne les mauvais traitements infligés aux Amérindiens ; il renouvelle les condamnations pontificales à l'égard de la franc-maçonnerie, condamnée en 1751 dans la bulle Providas romanorum.

Le Pape Benoît XIV, par Pierre-Hubert Subleyras.

  • le 17 août 1795 : la Convention vote la Constitution de l'An III, qui définit le Directoire.

Robespierre a disparu mais les révolutionnaires sont toujours là. Et alors que la France a vécu près de 13 siècles avec une constitution en partie non écrite : « Les Lois Fondamentales du Royaume », après 3 ans de révolution elle connaît déjà sa deuxième constitution républicaine. Et l'avenir va montrer combien ce régime n'est pas naturel à la France, puisque les constitutions, les républiques et les empires vont se suivre à un rythme élevé.

  • les 16-17 août 1812 : victoire de Smolensk.

Smolensk est une ville située sur la route de Moscou, que Napoléon avait décidé de conquérir sans combat. Les échec de Ney entraînent une bataille. Les assauts français et les bombardements d'artillerie mettent le feu à la ville. Les forces russes se replient le 17 août, en bon ordre après avoir perdu 4 700 tués et entre 7 000 et 8 000 blessés. La Grande Armée ne déplore que 700 tués et un peu plus de 3 100 blessés.

  • le 17 août 1892 : signature franco-russe d'une convention militaire.

L'alliance franco-russe est signée par le général Raoul de Boisdeffre, adjoint du chef d'État-major français, et son homologue russe le général Obroutcheff. Elle stipule un soutien mutuel en cas d'attaque de l'un ou autre des signataires par un ennemi (la triple Alliance). La coopération militaire, est accompagnée d'une coopération financière et économique. C'est la révolution communiste russe, impulsée par l'Allemagne qui rompt l'alliance.

L'accord fut conclu non officiellement à l'été 1891 par un échange de lettres entre le ministre des Affaires étrangères Alexandre Ribot et Nicolas de Giers, puis une convention militaire rigoureusement secrète fut signée le 17 août 1892 à l'issue de plusieurs séries de discussions.

  • le 17 août 1908 : premier dessin animé cinématographique projeté à Paris.

C'est au Théâtre du Gymnase à Paris, qu'est projeté le premier dessin animé cinématographique "Fantasmagorie", œuvre du Français Emile Cohl, de son vrai nom Emile Courtet.

  • le 17 août 1944 : le Maréchal Pétain est "invité" par le diplomate Renthe-Fink à partir pour l'est.

Il refuse. Le 19 le diplomate allemand pose un ultimatum au Maréchal, malgré la présence de diplomates étrangers. Le 20 les Allemands l'emmènent de force vers l'Allemagne. Il reste fidèle à sa promesse faite aux Français lors de son discours du 20 juin 1940 :

« J'ai été avec vous dans les jours glorieux. Chef du Gouvernement, je suis et resterai avec vous dans les jours sombres. Soyez à mes côtés. Le combat reste le même. Il s'agit de la France, de son sol, de ses fils. »

  • le 17-25 août 1944 : début de la libération de Paris.

Alors que la Bataille de Normandie n'est pas finie, la Résistance parisienne décide de déclencher son insurrection contre la garnison allemande du Gross-Paris, commandée par le général Dietrich von Choltitz. Le jeudi 17 août, la Radio Nationale, jusque-là sous le contrôle des autorités d'occupation, suspend ses émissions. Le 18 août, les imprimeurs sont en grève, plus aucun journal ne paraît ; les PTT, autre fief électoral du PCF, font de même. Les premières barricades se dressent. De Gaulle insiste auprès d'Eisenhower le 19 août, pour que des unités soient envoyées à Paris. Face au refus américain, il donne l'ordre à la 2e Division Blindée du général Leclerc de libérer la capitale. Le 21 août, les Allemands tiennent encore tous les points clés de la capitale. Le général Leclerc met les Américains devant le fait accompli. Le 23 août, des accrochages ont lieu près des Champs-Elysées, ce qui provoque l'incendie du Grand Palais. Le 25 août von Choltitz se rend.

  • le 17 aout 1945 : les militaires de carrière obtiennent le droit de vote.

Les militaires, citoyens de seconde zone dans la république française?

  • le 17 août 1960 : indépendance du Gabon.
  • le 17 août 1967 : la participation devient obligatoire dans les entreprises.

L'ordonnance du 7 janvier 1959 a introduit la participation facultative aux bénéfices de l'entreprise pour les salariés De nouvelles ordonnances la rendent obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés. C'est un moyen de délier rémunération et contrat de travail, tandis que le blocage des fonds favorise l'épargne populaire. De Gaulle met en application la Doctrine Sociale de l'Eglise, que cette dernière prône depuis plus d'un siècle.

  • le 17 août 1995 : attentat place de l'Étoile à Paris.

Il fait 16 blessés. Cet attentat fait partie des 8 attentats qui touchent la France entre juillet et octobre 1995, à l'instigation du GIA algérien.

Posté le 17 août 2016 à 05h39 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

16 août 2016

C’est arrivé un 16 août …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, RerumNovarum

Alors rappelons-nous :

  • le 16 août : fête de saint Roch de Montpellier.

Ses parents, âgés, obtiennent sa naissance par de persévérantes prières, ils promettent de donner à Dieu l'enfant qu'il leur accorderait. Né dans une riche famille de Montpellier entre 1346 et 1350, en pleine guerre de Cent Ans, alors que sévit la grande peste noire, qui pendant deux ans va décimer un tiers de la population de l'Europe, il perd très tôt ses parents, vers l'âge de 20 ans, son père est gouverneur de Montpellier. Il se décide à mener une vie de pèlerin, prenant la moitié de sa fortune pour les pauvres qu'il rencontrera, mettant en garde l'autre partie auprès de son oncle.

Il entre dans le Tiers-Ordre franciscain, et, vêtu en pèlerin, il prend le chemin de Rome, où il se dévoue aux soins des pestiférés. Il en guérit beaucoup. Il y vit pendant trois ans sans faire connaître son nom, ni son origine. Atteint lui-même de la maladie, il se retire, mourant, dans une cabane de son pays où un chien lui apporte chaque jour un petit pain. Miraculeusement guéri, il reparait à Montpellier comme un étranger. Mis en prison comme espion et y meure au bout de cinq ans après avoir reçu les sacrements alors que son oncle gouverne la ville. On le reconnaît alors. Il est fêté le 16 août.

Saint Roch est le protecteur invoqué lors des épidémies de peste, depuis le concile de Ferrare.

C'est le saint représenté le plus fréquemment, avec St Jacques dans les églises ou au bord des rues ou sentiers empruntés par les chemins de St Jacques allant à Compostelle aussi bien en France qu'en Espagne.

Statue de saint Roch à l'église Saint-Loubouer de Saint-Loubouer (Landes, France)

  • le 16 août  1153 : Bernard de Tramelay, Grand-Maître de l'ordre du Temple meurt à la bataille du siège d'Ascalon.

La ville tombe le 19 août.

  • le 16 août  1513 : bataille de Guinegatte, près de Saint-Omer

Cette bataille a lieu dans le cadre de la guerre de la Ligue de Cambrai.Henri VIII d'Angleterre et Maximilien d'Autriche défont la cavalerie française à la Journée des éperons, lors de la bataille de Guinegatte. Elle est ainsi appelée car la cavalerie française se sert plus de ses éperons pour fuir que de ses armes pour combattre. Bayard est fait prisonnier et envoyé à Londres.

  • le 16 août  1639 : libération du prince polonais Jean Casimir Vasa.

Capturé par les Français pendant la guerre de Trente ans, il devient roi de Pologne en 1648 sous le nom de Jean II Casimir Vasa ou également appelé Casimir V.

  • le 16 août  1689 : Fénelon est nommé précepteur du duc de Bourgogne, Louis Duc de Bourgogne.
  • le 16 août  1705 : Bataille de Cassano.

Dans le cadre de la guerre de Succession d'Espagne la France affronte l'Autriche et la Prusse à la bataille de Cassano. Les Français, commandés par Louis-Joseph de Vendôme, ont envahi la Savoie qui reçoit l'aide du prince Eugène et remportent la victoire sur les Autrichiens qui perdent plus de 13 000.

  • le 16 août  1731 : Dupleix s'installe à Pondichéry et devient superintendant des affaires françaises à Chandernagor.

Joseph François Dupleix est un militaire français engagé dans la Compagnie française des Indes orientales. Très talentueux, il administre avec intelligence et fait prospérer la ville. En 1742, il devient gouverneur général de tous les établissements français des Indes.

  • le 16 août  1744 : naissance de l'astronome Pierre Méchain.

L'astronome Pierre Méchain naît à Laon. Il est à l'origine de la découverte de nombreuses comètes dont certaines sont intégrées au catalogue Messier. Ses connaissances en mathématiques lui permettent d'en mesurer l'orbite. Il meurt de la fièvre jaune en Espagne en 1804.

  • le 16 août  1800 : Napoléon et la foi.

« C'est en me faisant catholique que j'ai fini la guerre de Vendée, en me faisant musulman que je me suis établi en Egypte, en me faisant ultramontain que j'ai gagné les esprits en Italie. Si je gouvernais un peuple de Juifs, je rétablirai le temple de Salomon. » Napoléon au Conseil d'Etat

  • le 16 août  1877 : ascension de la Meije.

Le dernier sommet des Alpes est atteint par l'alpiniste Emmanuel Boileau de Castelnau en compagnie deGaspardpère et fils, ils accomplissent une ascension de 3 974 mètres. La totalité des sommets alpins sont maintenant gravie.

  • le 16 août  1914 : bataille navale d'Antivari.

La Marine française et la marine austro-hongroise se battent à d'Antivari aujourd'hui Bar.C'est la première bataille navale de la Grande guerre. Les troupes de l'amiral Auguste Boué de Lapeyrère surprennent des bâtiments austro-hongrois en train de bombarder Antivari et les mettent en déroute. C'est la première bataille navale de la Première Guerre mondiale.

  • le 16 août 1944 : bombardement de Falaise.

Les alliés ont fermé la poche de Falaise et détruisent les forces allemandes encerclées sans considération pour la population locale.

La place centrale de Falaise au 16 août 1944.Source photo : Conseil Régional de Basse-Normandie / National Archives Canada crédit photo : D.R.

  • le 16 août 2005 : assassinat de Frère Roger, religieux suisse, fondateur et animateur de la Communauté de Taizé.

Posté le 16 août 2016 à 05h36 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

15 août 2016

#15août - Regnum Galliae, Regnum Mariae

Un bel article d'Angélique Provost pour le 15 août :

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"Cela ne fait pas même encore cent cinquante ans que la fête de notre pays a lieu le 14 juillet. Auparavant, les festivités nationales prenaient place le 15 août ! Jour de la saint Napoléon pour un temps, elle fut longtemps si importante en raison de la fête religieuse qui figure au calendrier liturgique ce jour là : l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie !

Appelée aussi « Dormition » dans le rite oriental, elle fut instaurée comme dogme de foi seulement en 1950 par la constitution apostolique Munificentissimus du bon pape Pie XII. Elle prenait pourtant sa place d’honneur au calendrier des fêtes françaises bien plus tôt, puisque ce fut Louis XIII le 10 février 1638 qui lui offrit le titre de fête nationale.

La génuflexion d’un chef d’État 

Que signifia ce geste ?

Imagineriez vous aujourd’hui le chef d’État de notre douce France plier le genou devant la sainte Vierge pour lui confier son mandat ? Non. Simplement parce que cette démarche demande une humilité indicible, tant la génuflexion d’un chef d’État devant une puissance souveraine symbolise la soumission. Ce ne fut pourtant pas, en son temps, considéré comme une faiblesse du bon roi ! Sujets et puissances voisines n’y ont jamais vu un acte de désespoir du souverain, ni d’incapacité à gouverner : seulement la reconnaissance que son pouvoir était issu du droit divin, et que, de ce fait, il était sain et juste de remettre son Royaume avec confiance sous la protection de la mère de la Providence.

La France sous la protection de la Vierge 

Voici donc de quoi se souvenir, en ces temps troublés, en ces temps de guerre, ainsi que l’a signifié le successeur de saint Pierre, que la France, fille aînée de l’Église est depuis des siècles sous la protection de la mère de Dieu. Ce n’est pas rien ! Combien de fois la sainte Vierge a su défaire les nœuds les plus étroits de notre histoire ? Rappelons nous en ce 15 août, que la dévotion à Marie a déjà sauvé la France. Le plus pertinent à citer ces temps ci, aux vues du terrorisme instauré par l’islam de Daesh, sera la bataille de Lépante. Un affrontement meurtrier entre monde chrétien et monde musulman : la victoire est donnée, contre toute attente à la flotte occidentale contre la flotte musulmane dite insubmersible. Et comment ? Grâce à l’appel universel du pape, exhortant la chrétienté à prier le Rosaire. C’est le Rosaire qui donne la victoire, il est une véritable croisade non sanglante.

Le salut de la France meurtrie serait donc entre nos mains ? N’en doutons pas, la prière triomphe de tout. En 1637, Louis XIII prévoit cette consécration à la sainte Vierge comme offrande pour obtenir la venue d’un héritier, qu’il obtint promptement. 2017 approche, et l’avenir de la France est incertain : prions donc le rosaire afin d’obtenir un bon chef d’état. Il appartient à chaque enfant de France de prier pour ses dirigeants, profitons donc de ce 15 août pour assaillir le ciel de nos Ave : Louis XIII, Notre Dame de France, saint Jacques Hamel… Sauvez la France !"

Bonne et sainte fête de l'Assomption !

Posté le 15 août 2016 à 09h13 par Marie Bethanie | Lien permanent

Nous consacrons à la très sainte et très glorieuse Vierge particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets

Le_Voeu_de_Louis_XIII

Consécration de la France à la Sainte Vierge

 « Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté que d'accidents qui pouvaient nous perdre.

Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés.

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme sa Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve, et sa puissance le défend.

Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de " nous consacrer à la grandeur de Dieu " par son Fils rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre.

Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son Eglise cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les Archevêques et Evêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu'à ladite cérémonie les Cours de Parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième. »

Louis.

Posté le 15 août 2016 à 07h54 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 15 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 15 août : Assomption de la Vierge Marie, ancienne fête nationale en France.

Aujourd'hui, l'Eglise célèbre l'une des plus importantes fêtes de l'année liturgique consacrées à la Très Sainte Vierge Marie: l'Assomption. Au terme de sa vie terrestre, Marie a été élevée corps et âme au Ciel, c'est-à-dire dans la gloire de la vie éternelle, dans la pleine et parfaite communion avec Dieu.

Le vénérable Pape Pie XII, le 1er novembre 1950, définit solennellement ce dogme : «C'est pourquoi l'auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus Christ, d'une manière mystérieuse, par "un même et unique décret" de prédestination, Immaculée dans sa Conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du Divin Rédempteur qui remporta un complet triomphe du péché et de ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d'être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils, déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fut élevée dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où Reine, elle resplendirait à la droite de son fils, Roi immortel des siècles» (Const. ap. Munificentissimus Deus, AAS, 42 (1950), 768-769).

  • le 15 août 778 : bataille de Roncevaux.

Roland, neveu de Charlemagne et préfet de la marche de Bretagne, meurt lors d'une attaque surprise des Vascons (Basques), dans le col de Roncevaux dans les Pyrénées. Il revenait avec son armée d'Espagne où il avait vaincu l'émir de Cordoue suite à l'appel à l'aide du gouverneur musulman de Barcelone. L'histoire de ce combat qui est plus une embuscade qu'une bataille est contée dans "La chanson de Roland".

Selon la légende, Roland commande l'arrière-garde de l'armée, quand il est attaqué par les Vascons le 15 août 778. Il sonne son cor, mais trop tard pour que le Roi pût intervenir.

  • le 15 août 1271 : sacre de Philippe III, Roi de France.

Philippe III est sacré Roi en la cathédrale de Reims. Voir les chroniques du 05 octobre, du 1er mai et des 15 et 25 août.

  • le 15 août 1461 : sacre de Louis XI en la cathédrale de Reims.

Le 15 août 1461, Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, est sacré Roi de France en la cathédrale de Reims. Louis XI dit « Le Prudent » marqué son règne en prenant la défense des paysans et en s'attachant au petit peuple, tout en renforçant son autorité royale à face aux grands feudataires du royaume de France. Le nouveau Roi longtemps en lutte contre son père tient à manifester sa reconnaissance au Duc de Bourgogne qui l'a recueilli quand Charles VII l'avait chassé de la Cour. Le "grand-duc d'Occident" tient la première place parmi les 12 pairs de France qui couronnent le Roi. Le 1er août 1469, le Roi Louis XI fonde, à Amboise, l'ordre de Saint-Michel. C'est un ordre de chevalerie, fondé sous le nom d'«Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel ». Les membres de l'ordre de Saint-Michel se disent chevaliers de l'ordre du Roi. L'archange saint Michel est le saint patron du Royaume de France jusqu'au vœu de Louis XIII.

Voir les chroniques du 3 juillet, des 1er et 30 août.

  • le 15 aout 1464 : mort du pape Pie II.

Enea Silvio Piccolomini est le 210ème pape de l'Église catholique. Voir la chronique du 18 octobre.

  • le 15 août 1483 : le pape Sixte IV consacre la chapelle du Vatican, future Chapelle Sixtine.

Le pape la dédie à Notre-Dame de l'Assomption. La chapelle Sixtine est l'une des salles des palais pontificaux du Vatican. C'est dans la chapelle Sixtine que les cardinaux élisent chaque nouveau pape. La chapelle doit son nom de « Sixtine » au pape Sixte IV, qui la fait bâtir de 1477 à 1483, par l'architecte Giovanni de' Dolci. Les fresques murales sont peintes peu après sa construction. La voûte était peinte en bleu et constellée d'étoiles. En 1508, Jules II demande à Michel-Ange de la recouvrir. Voir la chronique du 31 octobre et du 8 avril.

  • le 15 août 1534 : fondation de la Compagnie de Jésus.

Le 15 août 1534, saint Ignace et six autres étudiants, dont saint François Xavier et saint Pierre Favre, premier prêtre ordonné de la Compagnie, se retrouvent à Montmartre, sur le lieu du martyre de saint Denis. Ils font vœu de pauvreté et de chasteté, et fondent la Societas Iesu (s.j.), connue en français sous le nom de «Compagnie de Jésus ». La devise de la Compagnie est: «Ad majorem Dei gloriam», «Pour la plus grande gloire de Dieu».

Ils partent en 1537 pour l'Italie pour obtenir la reconnaissance de leur ordre par le pape, ce qu'ils obtiennent par la bulle Regimini militantis en 1540. À ses débuts, la Compagnie s'occupe essentiellement d'activités missionnaires, puis se tourne vers l'enseignement, qui devient son activité principale.

Les Jésuites très actifs dans la contre-réforme et deviennent les principaux enseignants du monde catholique. Ignace de Loyola est canonisé en 1622. La Compagnie, véritable rempart contre toutes les erreurs de foi et tous les ennemis de l'Eglise est fortement combattue en particulier avant la révolution française. Elle est dissoute par le pape en 1773 et rétablie en 1814.

  • le 15 août 1638 : premières processions de l'Assomption dans toute la France suite au vœu de Louis XIII, du 10 février 1638.

Après plusieurs apparitions de Notre Dame à Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié en 1636 et au frère Fiacre à qui elle demande trois neuvaines à Notre-Dame de Cotignac en Provence, Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires pour obtenir un héritier à la couronne (voir la chronique du 10 février), le Roi remercie par la publication le10 février 1638 de l'Edit officiel qui consacre solennellement la France à Marie. Par ce vœu, Louis XIII instaure les processions du 15 août durant lesquels les sujets doivent prier Dieu et la Vierge pour les heureux succès du Roi. En outre, chaque église du royaume se doit, dans la mesure où l'église elle-même n'est pas sous le patronage de la Vierge, de consacrer sa chapelle principale à la Reine des Cieux. Louis XIII promet enfin d'élever un nouveau maître-autel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, ainsi que d'offrir un nouveau groupe sculpté à la cathédrale. En voici le texte :

Consécration de la France à la Sainte Vierge

« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté que d'accidents qui pouvaient nous perdre.

Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés.

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme sa Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve, et sa puissance le défend.

Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de " nous consacrer à la grandeur de Dieu " par son Fils rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre (1).

Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son Eglise cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les Archevêques et Evêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu'à ladite cérémonie les Cours de Parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième. »

Louis. (*)

  1. : Louis XIII mourut sans avoir pu mettre la main au monument qu'il avait projeté ; mais Louis XIV se chargea d'acquitter la dette de son père. La décoration du chœur de Notre-Dame, entreprise par ce prince, ne fut terminée qu'en 1714. Marie est représentée assise au pied de la croix, tenant le Christ mort sur ses genoux ; à droite Louis XIII, et à gauche Louis XIV, qui avait voulu se réunir à son père dans cet acte solennel, offrent leur couronne à la Vierge. A la suite de la révolution de 1830, les statues des deux rois, œuvre de Nicolas Coustou, de Guillaume, son frère, et de Coysevox, furent déposées, par mesure de précaution, dans les musées de l'Etat ; elles ont repris depuis leur place, dans le chœur de Notre-Dame.

Le maître-autel, œuvre de Nicolas Coustou, encadré par les statues de Louis XIII (par Guillaume Coustou) et de Louis XIV (par Antoine Coysevox).

(*)Tiré de Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l'escalade, page 258 à 263)

  • le 15 août 1728 : mort du violiste et compositeur français Marin Marais.

Marin Marais (1656-1728) est un violiste et compositeur français de la période baroque. D'un milieu modeste, il apprend la viole lorsqu'il est enfant de chœur. Il entre dans l'orchestre de l'Académie Royale de musique. Il compose environ 600 pièces pour viole réparties en cinq livres. Parallèlement il joue à la cour de Louis XIV.

  • le 15 août 1761 : la France et l'Espagne signent un "Pacte de famille" contre l'Angleterre.
  • le 15 août 1769 : naissance de Napoléon, Empereur des Français.

Napoléon Bonaparte naît à Ajaccio, en Corse. Général, Premier consul en 1799, puis empereur, le 2 décembre 1804. Il est un des plus grands stratèges de tous les temps. Pendant près de 10 ans il va affronter toute l'Europe pour préserver les conquêtes territoriales de la révolution. Finalement vaincu, il est destitué, et exilé sur l'Ile de Sainte-Hélène, où il meurt le 5 mai 1821.

Napoléon couronné roi d'Italie

  • le 15 août 1785 : l'affaire du collier, arrestation de Rohan.

Voir le 1er février et le 1er aout et le 30 mai.

  • le 15 août 1790 : Claude-Pierre Dellay d'Agier, député de la noblesse de la province du Dauphiné, fait prendre un décret pour l'accélération de la vente des biens nationaux.
  • le 15 août 1795 : le franc remplace la livre Tournois comme unité monétaire de la France.

Remplacé en 1641, par le Roi Louis XIII, au bénéfice de l'écu d'argent et du Louis d'or, Le franc français redevient l'unité monétaire de la France jusqu'au 31 décembre 1998.

  • le 15 août 1801 : Pie VII ratifie le concordat avec la France.
  • le 15 août 1804 : Napoléon préside la 1ère cérémonie de remise de la Légion d'honneur dans la cour d'honneur des Invalides à Paris.

Un des récipiendaires monseigneur Caprara, légat du Pape, célèbre la messe.

  • le 15 août 1806 : première fête nationale.

Le décret du 19 février 1806 institue la Saint-Napoléon le 15 août et en fait une fête nationale, à l'imitation de ce qui se passait sous l'Ancien Régime : avant la révolution, il n'y avait pas de fête nationale ; par contre, était fêtée la Saint Louis en l'honneur du Roi quand il s'appelait Louis.

  • le 15 août 1806 : pose de la première pierre de l'Arc de triomphe, à Paris.

Le ministre Champagny pose la première pierre de l'Arc de Triomphe en l'honneur de la Grande Armée. Le monument n'est inauguré que le 29 juillet 1836 (alors qu'aucun projet définitif n'est adopté).

  • le 15 août 1808 : décret de Napoléon 1er sur l'éducation.

Ce décret prévoit, dans son article 38 que les écoles doivent désormais suivre les «principes de l'Église catholique» et dans son article 109 que les Frères des écoles chrétiennes s'occupent de l'enseignement primaire et forment les instituteurs.

  • le 15 août 1944 : début de l'opération Anvil Dragoon.

Le débarquement allié en Provence commence. Quelques heures avant l'envoi des premières unités, la résistance locale reçoit les messages suivants : « Le chasseur est affamé » et « Nancy a le torticolis », leur intimant l'ordre de passer immédiatement à l'action.

Les Allemands tentent de mener une contre-attaque mais ils sont incapables de se coordonner. Au soir du 15 août, Anvil-Dragoon est un succès. La libération de la Provence va pouvoir commencer.

  • le 15 août 1945 : fin du procès du Maréchal Pétain.

Le Maréchal est condamné à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens, assortissant toutefois ces condamnations du vœu de non-exécution de la sentence de mort, en raison de son grand âge.

Le Maréchal qui a refusé de répondre et de reconnaître ce tribunal révolutionnaire, se lève et prend la parole :

« Au cours de ce procès, j'ai gardé volontairement le silence, après avoir expliqué au peuple français les raisons de mon attitude.

Ma pensée, ma seule pensée, a été de rester avec lui sur le sol de France, selon ma promesse, pour tenter de le protéger et d'atténuer ses souffrances. Quoi qu'il arrive, il ne l'oubliera pas. Il sait que je l'ai défendu comme j'ai défendu Verdun.

Messieurs les Juges, ma vie et ma liberté sont entre vos mains, mais mon honneur, c'est à la Patrie que je le confie.

Disposez de moi selon vos consciences. La mienne ne me reproche rien, car pendant une vie déjà longue, et parvenu par mon âge au seuil de la mort, j'affirme que je n'ai eu d'autre ambition que de servir la France. »

Messages d'outre-tombe du maréchal Pétain:

Par Philippe Pétain, Monique Paillard, Jean Paillard aux Nouvelles Editions Latines, Page 275. Voir la chronique du 23 juillet.

  • le 15 août 1971 : le président américain Richard Nixon suspend la convertibilité du dollar en or.

Il change complètement la donne du système monétaire international fondé sur les accords de de Bretton Woods de 1944. Le premier choc pétrolier est directement lié à ces dévaluations du dollar qui suivent cette décision.

Si le général De Gaulle, en exigeant des Américains, que tous les dollars détenus par la Banque de France soient convertis en or, assure l'indépendance financière du pays et renforce sa souveraineté, Pompidou fait l'inverse en interdisant à la Banque de France de prêter à l'Etat, et en obligeant se dernier à se mettre dans les mains des banquiers privés.

  • le 15 août 1983 : discours de Jean-Paul II, en pèlerinage à Lourdes, adressé à la France.

Extrait du discours prononcé par le souverain pontife en fin de visite à Lourdes en 1983. A méditer…

« Catholiques de France, en tant que Pasteur universel mais solidaire de mes chers Frères dans l'épiscopat, vos Evêques; je vous encourage à vous maintenir en mission. Toute nation a son histoire humaine originale. Mais les peuples qui ont reçu un très riche héritage spirituel doivent le préserver comme la prunelle de leurs yeux. Et concrètement, ces nations ne préservent un tel héritage qu'en le vivant intégralement et en le transmettant courageusement. O terre de France! Terre de saint Pothin et de sainte Blandine, de saint Denis et de sainte Geneviève, de saint Bernard et de saint Louis, de saint Yves de Tréguier et de saint Bertrand de Comminges, de sainte Jeanne d'Arc, de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal, de saint Vincent de Paul et de sainte Louise de Marillac, de saint Jean Eudes et de sainte Marguerite Marie, de sainte Marguerite Bourgeoys et de la bienheureuse Marie de l'Incarnation, de saint François Régis et de saint Louis Marie Grignion de Montfort, de sainte Jeanne Delanoue et de la bienheureuse Jeanne Jugan, de saint Jean Baptiste de la Salle et de saint Benoît Labre, des nombreux missionnaires comme saint Isaac Jogues, le bienheureux Théophane Vénard et saint Pierre Chanel, du saint Curé d'Ars, de sainte Thérèse de Lisieux, de Frédéric Ozanam et de Charles de Foucauld, de saint Michel Garricoïts de cette région, de sainte Bernadette, canonisée voilà juste cinquante ans, au cours de la précédente Année de la Rédemption!

Catholiques de France, vous avez hérité d'un patrimoine considérable de foi et de traditions chrétiennes. C'est ce trésor pour lequel les saints de votre pays ont tout sacrifié, afin de "s'en emparer", comme le demande l'Evangile, et de le partager avec leurs frères, tellement ils étaient persuadés que l'homme intégral est fait d'ouverture à l'Absolu et de brûlante charité! »

L'intégralité du discours est ici.

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/speeches/1983/august/documents/hf_jp-ii_spe_19830815_cattolici-francia_fr.html

  • le 15 août 1988 : Jean-Paul II publie la lettre apostolique "Mulieris dignitatem" sur la dignité et la vocation de la femme.

L'intégralité de la lettre est ici.

http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/apost_letters/documents/hf_jp-ii_apl_15081988_mulieris-dignitatem_fr.html

En voici des extraits :

«L'heure vient, l'heure est venue où la vocation de la femme s'accomplit en plénitude, l'heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu'ici. C'est pourquoi, en ce moment où l'humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l'esprit de l'Evangile peuvent tant pour aider l'humanité à ne pas déchoir»(1)

[…] C'est pourquoi l'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles: pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité; pour les femmes dévouées à tant d'êtres humains qui attendent l'amour gratuit d'une autre personne; pour les femmes qui veillent sur l'être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale; pour les femmes «vaillantes» et pour les femmes «faibles»: pour toutes, telles qu'elles sont sorties du cœur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu'elles ont été entourées de son amour éternel; telles qu'avec l'homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, «patrie» temporelle des hommes, parfois transformée en «vallée de larmes»; telles qu'elles portent, avec l'homme, la responsabilité commune du destin de l'humanité, selon les nécessités quotidiennes et suivant la destinée finale que la famille humaine a en Dieu, au sein de l'ineffable Trinité.

L'Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du «génie» féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine. »

(1) Message du Concile aux femmes (8 décembre 1965) : AAS 58 (1966), p. 13-14

Posté le 15 août 2016 à 05h05 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (16)

14 août 2016

Louis et Zélie Martin, la sainteté en couple et en famille

Louis (1823-1894) et Zélie (1831-1877) Martin, parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, n’ont élevé leurs filles que « pour le ciel ». Pendant leur vie, ils désiraient déjà devenir des saints, comme Zélie l’écrit dans une de ses lettres : « Je veux devenir une sainte, ce ne sera pas facile, il y a bien à bûcher et le bois est dur comme une pierre. Il eût mieux fallu m’y prendre plus tôt, pendant que c’était moins difficile, mais enfin mieux vaut tard que jamais. »

Z

Du Père Jean-Marie Simar, Recteur du sanctuaire Louis et Zélie d’Alençon et membre de la communauté missionnaire « Famille de Marie » :

Marie-Zélie Guérin a grandi en Normandie. C’est la fille d’un gendarme. La vie religieuse l’attire ; elle aimerait se dévouer au service des malades et des pauvres. Or, quand elle demande son admission chez les Filles de la Charité d’Alençon, la supérieure lui rétorque sans l’ombre d’un doute que ce ne sont pas les desseins de Dieu. La jeune fille présente alors la requête suivante au Bon Dieu : « J’entrerai dans l’état du mariage pour accomplir votre Volonté sainte. Alors je vous en prie, donnez-moi beaucoup d’enfants et qu’ils vous soient tous consacrés. »  

Zélie qui est très jolie et talentueuse apprend à confectionner les fameuses dentelles d’Alençon (Orne).
Elle n’a que 22 ans quand elle ouvre sa propre boutique et livre ses ouvrages jusqu’à Paris pour répondre à la demande. Quatre ans plus tard, elle croise sur un pont un jeune homme dont la noblesse des traits la frappe.  

Zélie perçoit intérieurement une voix :
« C’est celui-là que j’ai préparé pour toi. » Cet étranger est horloger, né à Bordeaux, fils d’un officier profondément croyant ; il a 35 ans, aime la nature et la littérature. À l’âge de 22 ans, son amour extraordinaire pour Dieu l’avait amené lui aussi à pousser la porte d’un monastère - et ce n’est qu’en raison de ses carences en latin qu’il n’avait pas été admis chez les chanoines de saint Augustin au Grand-Saint-Bernard. Il s’appelle Louis-Joseph Martin. Depuis huit ans il mène une vie presque monacale dans son magasin d’horlogerie et de bijouterie à Alençon. Il est tellement comblé par sa vie intérieure qu’il n’a jamais pensé à se marier jusqu’à ce qu’intervienne la Providence. Louis et Zélie font connaissance. Trois mois plus tard leurs dispositions de cœur sont telles qu’ils peuvent échanger devant Dieu leur consentement, ce qui a lieu le 13 juillet 1858 en l’église Notre-Dame d’Alençon.

Bien que tous deux aient toujours aspiré à la vie religieuse, ils parviennent avec l’aide de leur confesseur à une profonde compréhension du mariage chrétien. Ils peuvent désormais exprimer leur abandon à Dieu en lui donnant des enfants. En dix ans, Zélie a la joie d’avoir huit grossesses. Cependant, elle a aussi la douleur de voir quatre de « ses petits anges » mourir dans ses bras. C’est l’occasion pour elle de s’unir de plus en plus profondément à la volonté de Dieu, de tout recevoir sans douter le moins du monde de sa bonté et sans rien désirer d’autre que de conduire à Dieu ses enfants chéris. Au décès d’Hélène, âgée de 5 ans, la maman écrit dans une lettre : « Quand Louis est rentré et qu’il a vu sa pauvre petite fille morte, il s’est mis à sangloter en s’écriant : « Ma petite Hélène, ma petite Hélène ! » Puis nous l’avons offerte ensemble au Bon Dieu. » 

Dans toutes ses épreuves, Zélie reçoit l’appui de son mari en voyant sa fermeté d’âme et ses dispositions d’ouverture spirituelle. Elle n’en manifeste que plus sa propre grandeur d’âme et son courage. Elle abat le travail de trois personnes et sait relever les défis de la vie quotidienne avec intelligence et calme en y ajoutant une fine pointe d’humour. Louis apporte un solide soutien à son épouse, déjà professionnellement en l’aidant à la confection de dentelles, un métier fatigant. Ils s’entendent tous deux à faire prospérer leur commerce mais n’y voient qu’un moyen pour assurer à leurs filles une bonne formation et une dot. Comme ils ont placé Dieu au centre de leur activité quotidienne, les époux s’emploient à mettre de côté une partie de leurs biens pour assurer un logement aux pauvres et secourir les plus défavorisés. 

La vie chez les Martin est régie par les liens d’affection et de parfaite union d’âme des époux. Cela se vérifie dans les lettres qu’ils s’adressent l’un à l’autre : « Je t’embrasse de tout mon cœur, je suis si heureuse aujourd’hui, à la pensée de te revoir que je ne puis travailler. Ta femme qui t’aime plus que sa vie. » « Chère amie, le temps me paraît long, il me tarde d’être auprès de toi. Inutile de te dire que ta lettre m’a fait grand plaisir, sauf d’y voir que tu te fatiguais beaucoup trop. Ton mari et vrai ami, qui t’aime pour la vie. » Ils ont su aussi trouver pour l’éducation de leurs enfants un merveilleux équilibre entre fermeté et tendresse. Leur exemple héroïque est suffisamment éloquent, surtout quand il s’agit d’apprendre à leurs filles à faire plaisir à Jésus en faisant de petits sacrifices dans la vie quotidienne par amour pour lui, en lui offrant des « perles pour sa couronne »

Dieu a la première place. Louis et Zélie ont l’habitude de commencer leur journée par la sainte messe à 5h30. Les voisins qui entendent la clé tourner dans la serrure de la porte, se disent alors : « Ce sont les saints époux Martin qui se rendent à l’église. Nous avons encore le temps de dormir ! » Le soir, on prie ensemble devant la statue de la Sainte Vierge, on lit des livres pieux, on discute sur les sujets du jour selon le calendrier liturgique, on s’entretient sur les choses spirituelles, tout cela avec bonne humeur. Cet effort intensif de vie chrétienne au sein de la famille n’empêche pourtant pas les parents de se retirer de temps à autre, séparément, dans un couvent, pour y être seul avec Dieu.

Déjà en 1864, se manifestent chez cette jeune maman de 32 ans les premiers symptômes d’une grave maladie qui va l’emporter. Huit ans plus tard, d’un commun accord avec son mari qui n’en reste pas moins inquiet, Zélie se décide pourtant à accueillir un neuvième enfant. Le 2 janvier 1873, Thérèse vient au monde et va bientôt être le rayon de soleil de la famille. À peine quatre ans plus tard tombe le diagnostic qui ébranle tout le monde : c’est un cancer inopérable. La famille est sous le choc. Zélie reçoit la nouvelle avec courage et prend la décision : « Je veux tirer profit de ce temps. » Elle accomplit ses tâches avec une volonté de fer et cherche à garder son entrain malgré les douleurs qui ne font qu’augmenter. Un jour, elle écrit dans une lettre : « Le mieux est de remettre toutes choses entre les mains du Bon Dieu et d’attendre les évènements dans le calme et l’abandon à sa volonté. C’est ce que je vais m’efforcer de faire. » Par amour pour ses proches, elle espère avec retenue pouvoir guérir : « Si le Bon Dieu veut me guérir, je serai très contente, car au fond, je désire vivre ; il m’en coûte de quitter mon mari et mes enfants. Mais d’autre part, je me dis : si je ne guéris pas, c’est qu’il leur sera peut-être plus utile que je m’en aille. »

Elle se prépare quand même aux adieux et prête à tout, elle pense avec dévouement à la troisième de ses filles, Léonie, qui a un caractère difficile : « S’il ne fallait que le sacrifice de ma vie pour que Léonie devienne une sainte, je le ferais de bon cœur. » Dans la nuit du 28 août 1877, après être passée par de grandes souffrances, Zélie rend l’âme, doucement, à Alençon, aux côtés de son cher Louis. Le lendemain, Louis devenu veuf à l’âge de 54 ans, amène sa petite Thérèse de quatre ans au chevet de la dépouille de sa maman. Voici la relation qu’elle en fait plus tard : « Il me prit dans ses bras en me disant : « Viens embrasser une dernière fois ta pauvre petite Mère. » Et moi, sans rien dire, j’approchais mes lèvres du front de ma mère chérie. »

Pour Louis, après 19 ans de bonheur conjugal, un monde s’écroule. Il déménage à Lisieux et se consacre entièrement à l’éducation de ses filles, secondé par l’aînée, Marie qui a déjà 17 ans. Dans les années qui suivent, c’est lui qui a le privilège de voir les merveilleux fruits spirituels issus de sa vie avec Zélie, à savoir les vocations religieuses de leurs filles les unes après les autres. Marie et Pauline entrent au Carmel de Lisieux. Il est surtout durement marqué par le départ de sa « petite reine » qui n’a que 15 ans : « Dieu seul peut exiger un tel sacrifice... ne me plaignez pas, car mon cœur surabonde de joie. » Même Léonie entre à la Visitation. Quand sa cinquième fille, Céline, lui fait part elle aussi de son désir de devenir carmélite, il s’exclame : « Allons ensemble devant le Saint Sacrement remercier le Seigneur des grâces qu’il accorde à notre famille… Oui le Bon Dieu me fait un grand honneur en me demandant tous mes enfants. Si je possédais quelque chose de mieux, je m’empresserais de le lui offrir. »

Avant que Céline ne réalise son vœu, elle soigne son père jusqu’à ses derniers jours. Après plusieurs attaques cérébrales consécutives, Louis commence à souffrir une vraie passion. Son mental ne fait que s’obscurcir et il tombe de plus en plus souvent dans des états imprévisibles de confusion, voire de folie. On est contraint d’interner le patient dans un asile psychiatrique pendant trois ans. Ses filles en sont comme anéanties mais comprennent que ces tourments qu’elles endurent ensemble « sont de nature à nous rendre des saintes ». Louis lui-même avait un jour exprimé son point de vue à propos de ce type de maladie. « Un destin aussi avilissant, disait-il, c’est la plus grande épreuve qu’un homme puisse subir ! » Il passe à présent par des phases de lucidité intérieure qui lui donnent la possibilité de « goûter » à « l’amertume et l’humiliation de ce calice » comme l’appelle Thérèse, et à s’offrir en toute liberté à Dieu. Il confie à ses filles que pour toutes les grâces et les bienfaits reçus, il avait fait un jour la prière suivante : « Mon Dieu, c’en est trop ! Oui, je suis trop heureux, il n’est pas possible d’aller au ciel comme cela, je veux souffrir quelque chose pour vous ! Et je me suis offert... » Thérèse évoqua dans ses souvenirs : « Le mot « victime » expira sur ses lèvres, il n’osa pas le prononcer devant nous mais nous avions compris. »

Louis passe encore deux années en fauteuil roulant avant de rejoindre son épouse Zélie au ciel le 29 juillet 1894 à Lisieux, à l’âge de 71 ans. Il n’a pas eu parmi ses enfants le prêtre et missionnaire qu’il désirait mais il a donné à l’Église Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions et Docteur de l’Église. Du Carmel, les filles de Louis lui rendirent cet hommage : « Ô toi le meilleur des pères, qui donnes à Dieu sans compter tout l’espoir de ta vieillesse… Nous te glorifierons comme tu mérites d’être glorifié, en devenant des saintes ! »  

Louis et Zélie Martin constituent le premier couple canonisé non martyr.
Béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux, ils ont été canonisés à Rome le 18 octobre 2015, à l’occasion du synode des évêques sur la mission de la famille dans l’Église et dans le monde. L’église Notre-Dame d’Alençon où ils se sont mariés a été élevée au rang de basilique le 6 décembre 2009.  

Posté le 14 août 2016 à 11h37 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 14 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines."Léon XIII, RerumNovarum

Alors rappelons-nous :

  • le 14 août 1099 : élection du pape Pascal II.
  • le 14 août 1464 : mort du pape Pie II.

Enea Silvio Piccolomini est le 210èmepape de l'Église catholique.

  • le 14 août 1352 : bataille de Mauron.

Lors de la guerre de Succession en Bretagne, la bataille oppose les forces anglo-bretonnes de Jean de Montfort et les forces franco-bretonnes de Charles de Blois. La ville fortifiée de Mauron constitue alors une place stratégique pour le contrôle de la Bretagne. La bataille de Mauron est remportée par les troupes de Jean de Montfort.

  • le 14 août 1665 : la troupe de Molière triomphe.

Le Roi Louis XIV lui accorde une pension de 7000 livres ainsi que le titre de Troupe du Roi.

  • le 14 août 1742 : naissance du futur pape Pie VII.

Barnaba Chiaramonti naît à Césène en Romagne. Comme Souverain pontife, il devra affronter l'ogre napoléonien.

  • le 14 août 1756 : victoire française à la bataille de Fort Chouaguen, appelé par les Anglais Fort Oswego.

Dans le cadre de la guerre de sept ans, Louis-Joseph de Montcalm fait le siège de Fort Oswego, sur la rive sud du lac Ontario, entre le 10 et le 14 août 1756, après avoir déjà pris le Fort William Henry qui domine la vallée de l'Hudson.

Les Français capturent mille six cents hommes, cent vingt-et-un canons, six vaisseaux armés et de nombreuses embarcations Montcalm parvient ainsi à contrôler tout l'arc qui va du Québec à la Louisiane et toute la région des Grands Lacs, à mettre fin à la menace sur le fort voisin de Frontenac.

  • le 14 août 1789 : Armand-Gaston Camus est nommé archiviste à la Commission des archives de l'Assemblée Constituante.

C'est lui qui est à l'origine de la création des Archives nationales

  • le 14août 1800 : début de l'élaboration du Code civil français.

Le Premier consul désigne une commission de quatre juristes : François Denis Tronchet, Félix Julien Jean Bigot de Préameneu, Jean-Étienne-Marie Portalis et Jacques de Maleville pour rédiger le projet de « Code civil des Français », sous la direction de Cambacérès.

  • le 14 aout 1844 : bataille d'Isly.

La bataille d'Isly oppose le royaume de France au sultanat marocain. Les 11 000 hommes commandés par le maréchal Bugeaud,gouverneur général d'Algérie, avancent vers les 60 000 soldats marocains commandés par Abdar-Rahman ibn Hicham qui attaque. Les Françaisgagnent la bataille, font 800 morts adverses et récupèrent 11 canons. Le sultan Abd al-Rahman, soutenait le chef de guerre algérien Abd el-Kader contre les Français.

  • le 14 août 1884 : la loi supprime les prières publiques à la rentrée des Chambres et allège les honneurs militaires rendus au Saint Sacrement.
  • le 14 août 1887 : le pape Léon XIII couronne sainte Radegonde, "mère de la patrie française".

Statue de sainte Radegonde dans le chœur de l'église de Sainte-Radegonde en Aveyron.

Voir la chronique de la veille.

  • le 14 août 1893 : introduction du permis de conduire en France.

Louis Lépine, préfet de police français, instaure le permis de conduire à Paris. La France est le premier pays à immatriculer les automobiles, on en compte alors 1700.

  • le 14 août 1940 : les loges maçonniques sont dissoutes.

 

  • le 14 août 1941 : mort martyr de St Maximilien Kolbe.

Né à Zdunska Wola, près de Lodz en Pologne, en janvier 1894, il entre en 1907 au séminaire des Franciscains Conventuels, qui l’envoient à Rome pour y poursuivre ses études ecclésiastiques. Il fonde avec quelques frères la MILICE DE L'IMMACULÉE en vue de sanctifier le monde entier avec l'aide de la Vierge Immaculée. Ordonné prêtre en 1918 et revenu en Pologne, il fonde une revue, ' Le Chevalier de l'Immaculée '.

Les sept premiers Chevaliers d'avant-garde se consacrent à Marie Immaculée le 17 octobre 1917. Ces dévoués serviteurs de la Vierge affronteront tous les ennemis de Dieu et de l'Eglise, particulièrement les suppôts de la franc-maçonnerie en Italie, en Pologne, et dans le monde entier. Ils réciteront une fois par jour la prière suivante : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous et pour tous ceux qui n'ont pas recours à Vous, plus particulièrement pour les francs-maçons et pour tous ceux qui vous sont recommandés ».

En 1927, il fonde un ' Couvent-Maison d'édition ' confié à Marie la Cité de l'Immaculée, où plusieurs centaines de religieux vivent dans une pauvreté de vie vraiment franciscaine, mais travaillent sur les machines les plus modernes. Il part au Japon fonder une institution semblable.

Arrêté le 17 février 1941, enfermé dans le camp d'Auschwitz. Il y illumine de sa foi, son espérance et sa charité ce lieu de mort et de haine, jusqu'au jour où il s'offre pour mourir dans le bunker de la faim à la place d'un père de famille.

Après avoir accompagné tous ses compagnons dans leurs derniers instants, il est tué par une injection de phénol le 14 août 1941. Son corps est ensuite brûlé au four crématoire le lendemain, fête de l'Assomption.

Paul VI le déclare ' bienheureux ' le 17 octobre 1971 et Jean-Paul II ' saint ', comme martyr, le 10 octobre 1982. Jean Paul II le déclare plusieurs fois comme protecteur de ce siècle difficile, parce que toute sa vie fut marquée par un profond esprit missionnaire.

' Seul l'amour est une force de création ', disait saint Maximilien à ses compagnons de malheur, les invitant par là à faire face à la haine avec la force de l'amour. 

Il est un des Saints patrons des électriciens, des radioamateurs, des journalistes, des prisonniers politiques et des toxicomanes.

  • le 14 août 1945: déclaration du Maréchal Pétain à la clôture de son procès.

« Au cours de ce procès, j'ai gardé volontairement le silence, après avoir expliqué au peuple français les raisons de mon attitude. Ma pensée, ma seule pensée, a été de rester avec lui sur le sol de France, selon ma promesse, pour tenter de le protéger et d'atténuer ses souffrances. Quoiqu'il arrive, il ne l'oubliera pas. Il sait que je l'ai défendu comme j'ai défendu Verdun. Messieurs les Juges, ma vie et ma liberté sont entre vos mains, mais mon honneur, c'est à la Patrie que je le confie. Disposez de moi selon vos consciences. La mienne ne me reproche rien, car pendant une vie déjà longue, et parvenu par mon âge au seuil de la mort, j'affirme que je n'ai eu d'autre ambition que de servir la France. »

  • le 14 août 1962 : jonction des équipes de forage françaises et italiennes du Tunnel du Mont Blanc.

Les équipes de forages françaises et italiennes se rejoignent lors de la percée du tunnel du Mont-Blanc. L'écart d'axe est de 13cm. Lors de l'inauguration en 1965, c'est le plus long tunnel routier du monde. Il est inauguré le 16 juillet 1965, par le président de la république française, Charles De Gaulle et le président de la République italienne Giuseppe Saragat.

Posté le 14 août 2016 à 05h58 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

12 août 2016

14 août, fête des martyrs d'Otrante

OLe 14 août, fête des martyrs d'Otrante (1480)

À Otrante dans les Pouilles, en 1480, environ huit cents martyrs, qui furent emmenés hors les murs par les Turcs, quand ceux-ci s’emparèrent de la ville, et sommés de renier leur foi. Encouragés par l’un d’eux, Antoine Primaldo, un tisserand âgé, à persévérer dans la foi du Christ, ils préférèrent se laisser égorger, et reçurent la couronne du martyre.

Martyrologe romain

Lire leur histoire dans l'excellente lettre des moines de S. Joseph de Clairval (Flavigny).

Photo: ossuaire et chapelle  des saints martyrs d'Otrante.

Posté le 12 août 2016 à 22h18 par Michel Janva | Lien permanent

Pour en finir avec les anachronismes, la repentance et la légende noire sur les croisades

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Un dossier réalisé par Jean Sévillia.

Naguère célébrées comme un grand moment de l’histoire de France, aujourd’hui dénigrées au nom du multiculturalisme, les croisades ne sont plus au goût du jour.

Partir pour la croisade, pour les Latins de 1096, c’est partir délivrer les Lieux saints afin d’aider les chrétiens d’Orient et de rendre de nouveau possible le pèlerinage au Saint-Sépulcre.

L’appel du pape Urbain II, au concile de Clermont, concernait explicitement les seigneurs qu’il fallait inciter à partir délivrer Jérusalem les armes à la main.

Les croisades n’ont pas constitué un affrontement de bloc à bloc. Les chrétiens, comme les musulmans, ont été divisés.

En 1248, Saint Louis part d’Aigues-Mortes pour l’Egypte : ce sera la septième croisade, provoquée par la perte de Jérusalem et la défaite des Latins à Gaza. 

Posté le 12 août 2016 à 22h02 par Michel Janva | Lien permanent

Secrets d'Histoire des Jésuites

HTandis que Les Brigandes s'en prennent une fois de plus aux Jésuites (voir aussi ici), dans la plus pure tradition révolutionnaire et anticléricale, un journal sérieux, l'Homme Nouveau, consacre son numéro d'été aux Jésuites. En voici le sommaire :

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Et voici l'un des articles, signé d'Anne Bernet, qui montre que les Lumières voulaient abattre les Jésuites pour détruire l'Eglise :

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Posté le 12 août 2016 à 11h48 par Michel Janva | Lien permanent

11 août 2016

Sainte Claire et les Sarrasins

CAujourd'hui...  et encore  demain (Calendrier 1962)  sainte Claire. Extrait de la 6ème leçon du Bréviaire romain:

Les Sarrasins, assiégeant Assise, s’efforçaient d’envahir le couvent de Claire : la Sainte, toute malade qu’elle était, se fit porter à l’entrée de la maison, tenant elle-même le vase où était renfermé le très saint sacrement de l’Eucharistie ; là, elle adressa à Dieu cette prière : « Seigneur, ne livrez pas aux bêtes féroces des âmes qui vous louent ; protégez vos servantes, que vous avez rachetées de votre sang précieux. » Pendant qu’elle priait, on entendit cette parole : « Moi, je vous garderai toujours. » En effet, une partie des Sarrasins prit la fuite, et ceux d’entre eux qui étaient déjà montés sur les murailles furent aveuglés et tombèrent à la renverse.

Posté le 11 août 2016 à 22h22 par Michel Janva | Lien permanent

07 août 2016

Marthe Robin, une fondation pour la nouvelle évangélisation

Du Père Bernard PeyrousPostulateur de la Cause de canonisation de Marthe Robin :

"Née en 1902 et repartie vers Dieu 79 ans plus tard, Marthe Robin était une femme exceptionnelle. Paralysée pendant plus de 50 ans, elle a reçu dans sa petite chambre de Châteauneuf-de-Galaure, d’où elle n’est plus jamais sortie, des dizaines de milliers de personnes venues rencontrer et écouter celle qui était unie au Christ par la Vierge Marie.

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Une vie    

Le 6 février 1981 décède dans le petit village de Châteauneuf-de-Galaure, dans la Drôme, une grande handicapée, Marthe Robin.
 Elle était née le 13 mars 1902 dans la même ferme où elle a passé toute sa vie. Celle-ci se divise en deux phases : son enfance et son adolescence jusqu’à l’âge de 16 ans. Puis la maladie, à partir de 1918, la rend grabataire durant plus de 50 ans. Mais pendant toute cette période, plus de 100 000 personnes la visitent dans sa chambre. Des milliers d’entre elles en reviendront transformées, si bien qu’aujourd’hui encore son influence est perceptible partout, non seulement en France mais aussi à l’étranger. 
      
Marthe Robin est une simple paysanne. Elle naît dans un petit hameau à deux kilomètres du village, dans un beau paysage de collines. Elle a les qualités du monde rural : le sens du travail, la persévérance, le réalisme. Sa famille est chrétienne, relativement pratiquante, mais pas très fervente. Le village de Châteauneuf, travaillé par un anticléricalisme agressif est alors, comme toute la vallée de la Galaure, en voie de déchristianisation. Cet éloignement des hommes vis-à-vis du Christ marquera douloureusement Marthe pour la vie. C’est une enfant pieuse, sa première communion en 1912 a constitué un premier tournant dans son existence.    

Peu à peu, elle conçoit un projet de vie religieuse,
 mais la loi contre les congrégations (1901) ne facilite pas le discernement. Cependant, en 1918 Marthe est une atteinte d’une maladie, d’autant plus grave et redoutable que l’on en ignore l’origine. Les douleurs sont multiples et extrêmes ; rien ne la soulage. Elle passe par des périodes très dures : on croit qu’elle va mourir. Ses membres se paralysent peu à peu. Au village, on songe à la grippe espagnole qui a tué des centaines de milliers de personnes à la même époque. Marthe est alors considérée comme contagieuse. On ne vient plus la voir. Elle vit en recluse pendant des années. En fait, elle a très probablement une encéphalite, qui ne la lâchera pas de toute sa vie.  

Une vocation
 

Dans ce contexte extrêmement difficile, Marthe, comme beaucoup de grands handicapés, cherche des raisons de survivre.
 Elle se tourne vers Dieu, seul à pouvoir donner un sens à cette somme de souffrances. En 1925, elle rédige un acte d’abandon à la volonté divine. Trois ans plus tard, au cours d’une mission de Capucins (branche de la famille franciscaine), elle reçoit l’« effusion de l’Esprit » : elle comprend que la souffrance peut être féconde si elle est unie à la Croix du Christ. Même un être paralysé par la maladie peut contribuer à sauver le monde. Dès lors, elle « choisit » sa vie et ne se contente plus de la subir.    

Dans les mois et les années qui suivent, cette union avec le Christ crucifié ne cesse de s’approfondir. Marthe fait nombre d’expériences qui la rangent au rang des grands mystiques. En particulier, toutes les semaines, elle revit la Passion du Christ. Elle reçoit les stigmates et a un contact privilégié avec la Vierge Marie, qui semble lui être apparue souvent. Déconcertée par ces phénomènes, elle a la chance d’être aidée par quelques prêtres, et par des lectures qui l’aideront à se situer.    

Dans le même temps, son univers humain s’élargit considérablement.
 On commence à parler d’elle. On vient la voir. On se recommande à ses prières, on lui demande des conseils. On s’aperçoit qu’elle a un charisme de discernement. Aidée par un bon sens évident et une mémoire phénoménale, elle aide les personnes les plus diverses dans les situations les plus complexes alors qu’elle-même ne mange pas, ne boit pas, ne dort pas et ne vit que de l’Eucharistie. Dans la région de la Drôme et de Lyon, sa réputation perce peu à peu.      

Une influence 

Le 10 février 1936, elle reçoit la visite d’un prêtre lyonnais : l’abbé Georges Finet (1898-1990).
 Elle comprend qu’il est l’homme envoyé par Dieu pour l’aider à réaliser une œuvre que la Providence lui suggérait depuis quelques temps : la fondation des Foyers de Charité. Le Père Finet est un remarquable prédicateur, il a un caractère plein d’allant, il n’a peur de rien ni de personne. Éclairé et inspiré par Marthe, il commence à prêcher des retraites à Châteauneuf qui, peu à peu, obtiennent un grand succès. Des laïcs se mettent à sa disposition, d’abord pour s’occuper d’une petite école, ensuite pour accueillir les retraitants. Le premier Foyer de Charité est fondé. À la mort de Marthe, il existe une cinquantaine de Foyers répandus dans le monde entier, regroupant environ 600 membres. C’est une institution très dynamique dans l’Église en un temps de grande crise. Les Foyers de Charité, reconnus en 1986 comme association privée internationale de laïcs, sont à l’origine de quantité de vocations et ont favorisé maintes conversions.    

Marthe Robin est au centre de toute cette œuvre.
 Elle accompagne les Pères et les membres des Foyers, elle aide au discernement des fondations. Mais son influence va plus loin. Elle reçoit dans sa chambre jusqu’à soixante personnes par jour au cours des retraites. La vie de beaucoup d’entre elles en est modifiée. Parmi elles, il y a des dizaines d’évêques, des centaines de prêtres. Marthe aide les fondateurs et fondatrices des ordres religieux nés en France juste après la Seconde Guerre mondiale, puis celles et ceux des communautés nouvelles. Dans la période difficile que traverse l’Église après le Concile Vatican II, particulièrement en France, elle reste ferme et calme. Elle est un point de ralliement pour beaucoup. À sa mort en 1981, des milliers de personnes (dont quatre évêques et plus de 200 prêtres) participent à ses obsèques.   

Le procès de canonisation 

Le procès de canonisation de Marthe Robin est ouvert dans le délai normal de cinq ans, dès 1986. La phase diocésaine est menée auprès de l’évêché de Valence de 1986 à 1996. Des centaines de témoignages affluent. Sur avis favorable du tribunal diocésain, la phase romaine est entamée en 1996. Un énorme dossier est transmis à Rome où tout est revérifié. En 2010 la Positio, c’est-à-dire le résumé du procès, est approuvée par les instances romaines. Le 7 novembre 2014, Marthe est déclarée Vénérable. De très nombreux témoignages de grâces, de faveurs et même de miracles affluent à Châteauneuf ; la ferme de Marthe Robin est devenue un lieu de visites et de prières très fréquenté. Marthe Robin apparaît ainsi, dans la conscience des chrétiens, comme un des grands personnages de l’Église de France dans le monde de ce temps et, en raison de son influence, une fondatrice pour l’évangélisation des temps à venir. 

Posté le 7 août 2016 à 07h13 par Michel Janva | Lien permanent

06 août 2016

Fête de la Transfiguration et action de grâces pour victoire de Belgrade contre les Turcs en 1456

1. La fête. Source: Dom Guéranger, Année liturgique 

Arton2122La fête de la Transfiguration remonte aux temps les plus reculés chez les Orientaux. Elle est, chez les Grecs, précédée d’une Vigile et suivie d’une Octave ; et l’on s’y abstient des œuvres serviles, du commerce et des plaidoiries. Sous le gracieux nom de rose-flamme, ROSAE CORUSCATIO, on la voit dès le commencement du IVe siècle, en Arménie, supplanter Diane et sa fête des fleurs par le souvenir du jour où la rose divine entrouvrit un moment sur terre sa corolle brillante. Précédée d’une semaine entière de jeûnes, elle compte parmi les cinq principales du Cycle arménien, où elle donne son nom à l’une des huit sections de l’année. Bien que le Ménologe de cette Église l’indique au six août comme celui des Grecs et le Martyrologe romain, elle y est cependant célébrée toujours au septième dimanche après la Pentecôte, et par un rapprochement plein de profondeur, on y fête au samedi qui précède l’Arche de l’alliance du Seigneur, figure de l’Église. 

En Occident, les origines de la fête de ce jour sont moins faciles à déterminer. Mais les auteurs qui reculent son introduction dans nos contrées jusqu’à l’année 1457, où en effet Calliste III promulgua de précepte un Office nouveau de cette solennité enrichi d’indulgences, n’ont pas vu que le Pontife en parle comme d’une fête déjà répandue et, dit-il, « vulgairement appelée du Sauveur » . On ne peut nier toutefois qu’à Rome principalement, la célébrité de la fête plus ancienne de Sixte II, et sa double Station aux deux cimetières qui avaient recueilli séparément les reliques du Pontife martyr et de ses compagnons, n’ait nui longtemps à l’acceptation au même jour d’une autre solennité. Quelques églises même, tournant la difficulté, choisirent une autre date de l’année que le six août pour honorer le mystère. Par une marche semblable à celle que nous constations hier pour Notre-Dame-des-Neiges, la fête de la Transfiguration devait s’étendre plus ou moins privément, avec Offices et Messes de composition variée, jusqu’au jour où l’autorité suprême interviendrait pour sanctionner et ramener à l’unité cette expression de la piété des diverses églises. Calliste III crut l’heure venue de consacrer sur ce point le travail des siècles ; il fit de l’insertion solennelle et définitive de cette fête de triomphe au calendrier universel le monument de la victoire qui arrêta sous les murs de Belgrade, en 1456, la marche en avant de Mahomet II, vainqueur de Byzance, contre la chrétienté.

2. Rôle de S. Jean de Capistran: leçon VI du Bréviaire Romain en la fête du dit saint au 28 mars

Callixte III, pressé par ses instances, ayant décrété la croisade, Jean parcourut la Pannonie et d’autres provinces, et, soit par sa parole, soit par ses lettres, anima tellement les princes à la guerre sainte, qu’en peu de temps soixante-dix mille chrétiens furent enrôlés. C’est principalement à ses conseils et à son courage que l’on dut la victoire de Belgrade, où cent vingt mille Turcs furent taillés en pièces ou mis en fuite. L’annonce de cette victoire étant parvenue à Rome au huitième des ides d’août, le même Callixte consacra à perpétuité la mémoire de ce jour par l’institution de la solennité de la Transfiguration de notre Seigneur. Atteint d’une maladie mortelle, et transporté à Willech, Jean y fut visité par plusieurs princes qu’il exhorta à défendre la religion ; il rendit saintement son âme à Dieu, l’an du salut quatorze cent cinquante-six. Dieu fit éclater sa gloire après sa mort par beaucoup de miracles. Alexandre VIII, les ayant régulièrement approuvés, inscrivit Jean au nombre des Saints en l’année mil six cent quatre-vingt-dix. Léon XIII, deux siècles après sa canonisation, étendit à toute l’Église l’Office et la Messe de sa Fête.

Posté le 6 août 2016 à 15h10 par Michel Janva | Lien permanent

Prochaines Préparations pour se consacrer à Jésus par le Cœur Immaculé de Marie :

Préparation de 9 jours avec :

15 Août : l'Abbaye de Fontgombault

8 Septembre : Père Yannick Bonnet

15 Septembre pour les personnes qui souffrent :     

Père Fernando du diocèse de Moulins

Inscrivez-vous vite: http://www.notre-dame-de-france.com/

Posté le 6 août 2016 à 12h14 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

03 août 2016

Une vie intérieure intense est nécessaire à l'homme d'Etat

I-Grande-21460-vient-de-paraitre-salazar.netLes éditions DMM vient de republier la biographie de Salazar, écrite par Jacques Ploncard d'Asac. Salazar fut l'homme d'Etat le plus silencieux d'Europe, alors que la civilisation moderne est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure (Bernanos). Néanmoins, ce livre explique par un certain nombre de citations du Premier ministre du Portugal, sa politique, sa philosophie, sa vision de l'avenir et de la société. 

Salazar était hostile au cinéma de la politique partisane : il se montrait peu. Il travaillait et gouvernait, avec les "Pensées" de Pascal et les "Confessions" de saint Augustin près de lui. Salazar a traversé les soubresauts du XXe siècle, depuis son arrivée en 1926 à sa maladie en 1968 : la guerre civile en Espagne, la seconde guerre mondiale, la guerre froide, la décolonisation... Jusqu'à la fin, Salazar a maintenu le Portugal, son empire, ses traditions, sans un écart, sans hâte, sans courir derrière les honneurs, le mythe du progrès ou de la société de consommation. Philosophe, paysan même selon Gustave Thibon, Salazar a défendu la famille, en en faisant un principe non négociable car pilier de la société :

"Nous ne discutons pas la famille. L'homme naît là, les générations s'y éduquent, là se forme le petit monde d'affections sans lesquelles l'homme peut difficilement vivre. Quand la famille se défait, la maison se défait, le foyer se défait, les liens de parenté se dénouent pour laisser les hommes devant l'Etat, isolés, étrangers, sans attaches et dépouillés moralement de plus de la moitié d'eux-mêmes : le nom se perd, on devient un numéro, la vie sociale prend aussitôt un aspect différent (...). La famille est l'origine nécessaire de la vie, source de richesses morales, stimulant des efforts de l'homme dans la lutte pour la paix de chaque jour."

Alors que les politiciens français sont déjà entrés en campagne pour 2017, rivalisant de petites phrases, de cinéma, de dénonciations, d'idées bien souvent sclérosées ou démagogues, écoutons Salazar expliquer sa façon de gouverner :

"Il y a plusieurs façons de gouverner, dit Salazar à un moment, et la mienne exige la solitude. (...) Une vie intérieure intense est nécessaire à l'homme d'action, dans une tâche d'envergure. C'est dans sa vie intérieure qu'il trouve sa force première et cette persévérance qui conditionne la réussite.

C'est même la vie intérieure qui donne l'inspiration et qui permet de retrouver, après une désillusion ou un échec, l'élan initial. S'il y avait incompatibilité, ou contradiction, entre la vie intérieure et l'action, nous ne pourrions pas comprendre, sur le plan humain, la vie et l'oeuvre de quelques grands saints."

Posté le 3 août 2016 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2016

La religion des droits de l'homme

Nous avions relaté l'entretien accordé par Jean-Louis Harouel à l'occasion de la publication de son dernier ouvrage sur la question. Invité du Cercle Aristote, il le présente en détail. A écouter à tête reposée.

 

Posté le 2 août 2016 à 09h40 par Paula Corbulon | Lien permanent

27 juillet 2016

C’est arrivé un 27 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 27 juillet 432 : mort de saint Célestin Ier, pape depuis 422.
  • le 27 juillet 1061 : mort de Nicolas II.

Né en Bourgogne, il est élu pape alors qu'il n'est pas cardinal. C'est lui qui impose que le pape soit choisi parmi les cardinaux.

  • le 27 juillet 1214 : le dimanche de Bouvines.

La Bataille de Bouvines, par Horace Vernet. (Galerie des Batailles, Palais de Versailles).

Depuis un petit siècle Capétiens et Plantagenêts s'affrontent ; la lutte a commencé avec Aliénor d'Aquitaine, reine de France répudiée par Louis VII en 1152, et devenue reine d'Angleterre. Elle est la seule héritière du duché d'Aquitaine. Mécaniquement la puissance et la richesse des Plantagenêts dépassent celle de leur suzerain pour ce duché et pour la Normandie : le Roi de France.

Le roi d'Angleterre au printemps 1214 débarque à La Rochelle, allié à l'empereur Otton IV, excommunié par le pape depuis 4 ans, au comte de Flandres et au comte de Boulogne. Le français attaque au sud pour vaincre les Anglais avant de s'occuper de la menace du nord. Mais Jean sans Terre refuse la bataille, recule vers Bordeaux pour éloigner l'armée royale de ses bases. C'est pourquoi Philippe Auguste divise son armée en deux, laissant au Dauphin Louis le soin de combattre les Anglais. Ce dernier remporte la victoire de la Roche-aux Moines le 2 juillet 1214.

Renforcée des Milices communales et paroissiales de Champagne, de Picardie, de Bourgogne et du Soissonnais, ainsi que de la gendarmerie bretonne, l'armée du Roi de France remonte vers le nord. La Chevalerie française a été aguerrie par les croisades.

La manœuvre française, durant la bataille, a raison des alliés, l'empereur Otton manque d'être capturé et s'enfuit. Ferrand de Flandres et le comte de Boulogne sont faits prisonniers. Ils finiront leurs jours dans les geôles du Louvres. Nombre de bannières ennemies tombent aux mains des Français. Mathieu de Montmorency, par exemple, ramène à son souverain douze bannières ennemies. En récompense, les Montmorency seront autorisés à porter douze aigles d'azur de plus sur leurs armes.

Philippe Auguste écrira aux recteurs de l'Université de Paris : «Louez Dieu ! Car nous venons d'échapper au plus grave danger qui nous ait pu menacer».

Bouvines renforce la légitimité de la Couronne, le Roi est appelé par toute l'Europe « Auguste », c'est-à-dire le conquérant, l'héritier de Rome. La Normandie conquise au début du siècle est définitivement française. Quant au roi anglais, ses barons vont lui imposer la Magna Carta qui limite le pouvoir royal. Le rapport de force entre les Français et les Anglais s'est durablement inversé.

  • le 27 juillet 1447 : Ordonnance royale dite ordonnance Jacques Cœur.

Jacques Cœur est le grand argentier du Roi Charles VII, dont il finance les campagnes militaires visant à « bouter l'Anglais hors de France ». Il est à l'origine d'une ordonnance fixant pour la première fois depuis 1370, la frappe de pièces d'argent, à seulement 92% d'argent fin.

  • le 27 juillet 1563 : les Français réoccupent Le Havre.

La garnison anglaise est décimée par la peste, une maladie qu'elle introduira dans son pays à son retour.

  • le 27 juillet 1598 : mort de Jacques II de Goyon de Matignon, maréchal de France, gouverneur de Guyenne, maire de Bordeaux.
  • le 27 juillet 1605 : fondation de Port-Royal en Acadie, colonie française en Amérique du Nord.

Les Français sont les premiers Européens à s'implanter dans ce qui est aujourd'hui le Canada, ouvrant ainsi la voie à la création d'un Empire colonial français.

  • le 27 juillet 1675 : mort du Maréchal de Turenne lors de la victoire de Salzbach.

Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon est plus connu sous le nom de Turenne, maréchal de France (11 septembre 1611).

Il est tué par un boulet à la Bataille de Salzbach. La France entière le pleure. Le retour du corps de Turenne vers Paris est une marche à la fois triomphale et funèbre. Il connaît un hommage posthume qui rappelle celui qui fut adressé à Du Guesclin, lors du trajet entre le château de Randon et Paris. A Paris, les obsèques de Turenne sont célébrées avec une magnificence royale. Louis XIV lui accorde l'honneur posthume d'être enseveli à la basilique Saint-Denis, avec les Rois de France. Lors de la mise à sac et la profanation de la nécropole des Rois de France, par les révolutionnaires, son tombeau est ouvert et son corps est trouvé dans un parfait état de conservation, puis exposé plusieurs mois à la foule. Bonaparte le fait transférer à l'église Saint-Louis des Invalides. Napoléon Ier dira qu'en toutes circonstances il aurait pris les mêmes décisions que lui. La 160° promotion de l'Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr (1973-1975) porte son nom. Voir aussi les chroniques du 5 avril, du 11 septembre et du 23 octobre, jour de sa conversion au catholicisme, grâce à l'enseignement de Bossuet et à un miracle eucharistique, dont le maréchal est le témoin.

  • le 27 juillet 1759 : mort de Pierre Louis Maupertuis, mathématicien et astronome français.

Fils de René Moreau de Maupertuis, un corsaire malouin anobli par Louis XIV, Pierre Louis Maupertuis se voit offrir à l'âge de vingt ans un régiment de cavalerie. Son père, avec lequel il a une relation très proche, lui ouvre ainsi les portes des mousquetaires, dont il devient lieutenant. Il abandonne la carrière militaire pour se livrer à l'étude des mathématiques. Il publie divers travaux de mécanique et d'astronomie, ainsi que des « observations et expériences » sur des animaux encore mal connus à l'époque, comme les salamandres et les scorpions, affirmant ainsi très tôt des talents certains de biologiste. Il contribue aussi à la diffusion des théories de Newton hors d'Angleterre.

  • le 27 juillet 1789 : les ouvriers de Montmartre détruisent les champs de blés, autour de Paris.

Les manœuvres du duc d'Orléans pour affamer la capitale commencent. Cet homme est aussi le grand-maître de la maçonnerie française…

  • le 27 juillet 1794 : chute et arrestation de Maximilien de Robespierre.

Le tyran est renversé. Lui et ses compagnons sont guillotinés dès le lendemain, 10 Thermidor An IV, soit le 28 juillet 1794, sur la place de la Concorde. Plus tard, Louis de Bonald commente cet évènement en ces termes : « Des scélérats firent périr d'autres scélérats ».

Le Comité de Salut Public et le Comité de Sûreté sont dissous. La Convention Nationale n'est plus et laisse place à un Directoire dominé par la personnalité de Barras. Ce nouveau régime n'est que la prolongation du précédent, la Terreur en moins. Les fondements de la révolution ne sont pas remis en cause.

  • le 27 juillet 1824 : naissance d'Alexandre Dumas fils, écrivain.
  • le 27 juillet 1830 : insurrection de Paris, première des « Trois Glorieuses ». (27, 28 et 29 juillet).

La Révolution éclate en France à la suite de la promulgation d'ordonnances par Charles X, qui fixent le rétablissement de la censure, dissolution de la Chambre, la modification de la loi électorale et de nouvelles élections à septembre.

  • le 27 juillet 1884 : le divorce est rétabli en France.

Il a avait été aboli en 1816 par Louis XVIII.

  • le 27 juillet 1934 : mort du Maréchal Hubert Lyautey, homme d'État et maréchal de France.
  • le 27 juillet 1947 : canonisation de sainte Catherine Labourée.

Lire Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l'Escalade, page 325)

  • le 27 juillet 1990 : Citroën arrête la production de la Deux-Chevaux.

A 16h, la dernière 2CV sort de l'usine de Mangualde au Portugal. 7 millions d'exemplaires ont été vendues depuis 1949.

Posté le 27 juillet 2016 à 05h32 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

26 juillet 2016

Vendée: connaissez-vous la chapelle Saint-Sauveur ?

Et oui, la Vendée, ce n’est pas que le Puy du Fou !

Nous vous invitons ainsi à découvrir l’extraordinaire œuvre d’art et de piété de Nicole Renard, au travers d’abord de la courte video ci-dessous, puis en allant sur le site Internet « sitesaintsauveur », qui permet notamment une visite virtuelle des lieux, avant la visite réelle que vous ne manquerez pas de faire avant, après, voire (sacrilège ?) à la place du Puy du Fou !

 

Posté le 26 juillet 2016 à 09h27 par Paula Corbulon | Lien permanent

C’est arrivé un 26 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, RerumNovarum

Alors rappelons-nous :

  • le 26 juillet : fête de Sainte Anne, mère de la Vierge Marie, patronne de la Bretagne.
  • le 26 juillet 1340 : victoire de Saint-Omer.

Philippe VI de Valois vient de perdre sa flotte à la bataille de l'Écluse, face à la flotte anglaise d'Édouard III Plantagenêt. Ce dernier, allié aux Flamands renverse le Comte de Flandre Louis Ier, vassal du Roi de France.Robert III d'Artois, autre grand du Royaume, trahit son Roi pour rejoindre Édouard III. Les nouveaux alliés décident de s'emparer de Saint-Omer tenue par les Français.

Alors que Philippe VI met du temps à rassembler son Ost, les Français commandés par Jean Ier d'Armagnac et Eudes IV de Bourgogne patientent derrière les murailles de la ville. Une sortie est faite et tourne à l'avantage des Français qui font un carnage dans le camp flamand. La bataille de Saint-Omer,aussi appelée ou «Besoignerie» de Saint-Omer, aurait pu être une victoire totale des Français, si Jehan d'Armagnac avait su mieux organiser ses forces.

  • le 26 juillet 1471 : décès du pape Paul II.

    Pietro Barbo est le 211ème Pape de l'Église catholique, il devient prêtre alors que son oncle maternel devient pape sous le nom d'Eugène IV. Evêque de Cervia et Vincenza, il reçoit la barrette de cardinal des mains de son oncle en 1440 à l'âge de 23 ans. Il meurt après sept ans de pontificat.

    • le 26 juillet 1488 : début de la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, près de Rennes.

Le combat a lieu entre les armées bretonne et française. La première se met en place le 26 et attend deux jours. La victoire française, deux jours plus tard est le début du rattachement du duché de Bretagneau Royaume de France,puisqu'entre autres conséquence, la future duchesse Anne doit épouser le Roi de France. Voir la chronique du 28 juillet.

  • le 26 juillet 1547 : Henri II est sacré Roi de France en la Cathédrale de Reims.

A l'occasion du sacre d'Henri II, l'archevêque de Reims Charles de Lorraine s'entretient avec le Roi de son désir d'ouvrir à Reims une université et reçoit son approbation. Voir les chroniques du 31 mars, du 15 mai et du 10 juillet.

  • le 26 juillet 1605 : rassemblement des protestants françaisà Châtellerault, malgré les ordres du Roi Henri IV.
  • le 26 juillet 1663 : Louis XIV annexe Avignon et le Comtat Venaissin.

C'est la première, mais pas la dernière fois.

  • le 26 juillet 1697: lettre deLouis XIV, au pape Innocent XII pour lui demander de trancher sur la doctrine de l'"Explication des maximes des saints" de Fénelon.

Voir la chronique du 29 janvier.

  • le 26 juillet 1757 : bataille de Hastenbeck.

Le maréchal d'Estrées bat les Anglais de Cumberland à Hastenbeck (Allemagne).En avril 1757, la France traverse le Rhin et entre en Hanovre, alliée de la Prusse et de la Grande-Bretagne dans la Guerre de Sept ans. Cette invasion se solde par une victoire française ce jour à la bataille de Hastenbeck. La campagne s'achève par la convention de Klosterzeven et l'occupation de la totalité de Hanovre par les troupes françaises.

  • le 26 juillet 1758 : reddition de la Forteresse de Louisbourg.

Après 46 jours de siège et 9 000 boulets de canon tirés par les troupes britanniques contre le Fort français de Louisbourg, en Nouvelle-Écosse, les assiégés se rendent. La garnison française se voit accorder tous les honneurs de la guerre et sort de la citadelle en armes et au son des tambours. Les Français récupèrent le fort trois ans plus tard avec le Traité d'Aix-la-Chapelle pour le perdre à nouveau et pour toujours en 1758.

  • le 26 juillet 1793 : au nom des droits de l'homme, Barère prône l'incendie et le massacre de la Vendée.

«Détruisez la Vendée ; voilà le charbon politique qui dévore le cœur de la République. C'est là qu'il faut frapper.»

François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et de mœurs(Editions de Chiré page 79)

  • le 26 juillet 1830 : publication des Quatre Ordonnances de Saint Cloud de Charles X.

Voir la chronique de la veille

  • le 26 juillet 1891 : la France annexe Tahiti.
  • le 26 juillet 1925 : création des chambres de métiers en France.
  • le 26 juillet 1929 : Alain Gerbault boucle le premier tour du monde à la voile en solitaire.
  • le 26 juillet 1956: la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis bloquent les avoirs égyptiens.

Le premier ministre anglais Eden déclare aux Communes que la Grande Bretagne n'acceptera jamais le contrôle d'une seule puissance sur le canal de Suez.

  • le 26 juillet 1995 : vote de la loi d'amnistie présidentielle.

Le législateur exclue du bénéfice de cette loi, sous prétexte d'équilibre, à la fois « les sauveteurs » et les condamnés pour pratique « hors norme »  de l'avortement.

François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et de mœurs page 437

Posté le 26 juillet 2016 à 05h30 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

25 juillet 2016

Une église du Ve siècle découverte à Nîmes

Lu ici :

"Pendant plus de quatre mois les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont fouillé une parcelle de 330 m² au nord du quartier des Amoureux à Nîmes, en amont de la construction d'une maison individuelle. Cette fouille a permis de mettre à jour une partie des imposantes fondations d'une église paléochrétienne, dont une abside semi-circulaire. Elle aurait été bâtie avec des remplois antiques provenant d'anciens mausolées, selon les scientifiques. L'église a été construite au début du Ve siècle, soit quelques décennies seulement après l'arrivée du premier évêque de la ville. 

Possiblement construite au sud d'une voie utilisée dès l'Antiquité, l'église révèle également autour d'elle une nécropole de plus d'une centaine de tombes. Parmi celles-ci, huit tombeaux de plomb du IIIe siècle, formant l'ensemble le plus vieux du cimetière. D'autres inhumations, plus contemporaines et chrétiennes, utilisant parfois des remplois antiques divers - dalles, stèles, marches ou moulures - remontent jusqu'au Xe siècle. Les dépôts funéraires s'échelonnent par endroits sur 2 mètres de profondeur. L'étendue du cimetière, dépassant les limites de la fouille, n'a pu être vérifiée."

Posté le 25 juillet 2016 à 21h31 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 25 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 25 juillet : fête Saint Jacques le majeur, appelé Saint Jacques Matamoros en Espagne et de sainte Blandine de Lyon, martyre.
  • le 25 juillet 325 : clôture du Concile de Nicée.

Voir la chronique du 20 mai.

  • le 25 juillet 64 : l'incendie de Rome s'achève.

Sur les hauteurs, Néron a passé son temps à observer la ville en flammes en récitant des vers. Rome l'accuse d'avoir provoqué le feu. L'empereur rejette la responsabilité de l'incendie sur les Chrétiens qu'il va cruellement persécuter. Voir la chronique du 19 juillet.

  • le 25 juillet 1137 : mariage de Louis VII, Roi de France et d'Aliénor d'Aquitaine.
  • le 25 juillet 1261 : Michel VIII Paléologue prend Constantinople aux croisés.

L'empereur byzantin, le basileus Michel VIII Paléologue, rentre triomphalement dans sa capitale, Constantinople, et refonde l'Empire byzantin. Constantinople était la capitale de l'Empire latin d'Orient fondé par les croisés. La cité n'est plus qu'un amas de ruines.

  • le 25 juillet 1492 : mort du pape Innocent VIII.
  • le 25 juillet 1534: Jacques Cartier repart vers la France.

La veille (voir la chronique du jour), Jacques Cartier a planté à Gaspé une croix de 30 pieds, revendiquant la région pour le Roi de France. Les Français rencontrent des Iroquois du Saint-Laurent, et repartent vers la France avec deux des fils du chef amérindien. Jacques Cartier arrive à Saint-Malo le 5 septembre, après une traversée de 21 jours (voir la chronique du jour).

  • le 25 juillet 1593 : le futur Henri IV abjure le protestantisme et se convertit au catholicisme.

En présence de l'archevêque de Bourges, Henri de Navarre prétendant au trône de France, abjure solennellement le protestantisme et se convertit au catholicisme. Il se met en conformité avec les lois fondamentales du Royaume et la volonté de la majorité des Français d'être sujets d'un Roi catholique. C'est la seule façon de mettre un terme à huit guerres de religion en France. Henri IV est ensuite sacré à Chartres, le 27 février 1594 (Voir la chronique du jour) ; il fait son entrée à Paris, qui refusait de se rendre à un Roi non catholique, le 22 mars. Le Ciel se manifeste aux yeux de tout le peuple, au cours de la messe d'action de Grâce du Roi à Notre-Dame de Paris, par la présence de l'Archange Saint Michel aux côtés du Monarque. Vraiment sincère, le Roi va jusqu'à demander l'absolution du pape, qu'il obtient en septembre 1595. Voir la chronique du 4 août.

  • le 25 juillet 1792 : Manifeste de Brunswick.
    • le 25 juillet 1799 : victoire d'Aboukir.

La bataille d'Aboukir oppose l'Armée d'Égypte de Bonaparte à celle du chef Mamelouk Moustapha Pacha allié des Anglais. Mais Bonaparte va bientôt regagner la France.

  • le 25 juillet 1830 : les "ordonnances de Saint-Cloud" de Charles X.

Les élections de juillet sont défavorables à Charles X. Sur les conseils de Polignac, et selon l'article 14 de la Charte, le Roi fait rédiger quatre ordonnances. La deuxième et la quatrième dissolvent la Chambre, élue il y a moins d'un mois et fixent la date des nouvelles élections. Moins de dix jours après la publication de ces ordonnances, Charles X abdique ne faisant usage de la force armée.

  • le 25 juillet 1893 : inauguration du canal de Corinthe.

Le canal de Corinthe relie le Golfe éponyme à la mer Ionienne et à la mer Egée. Les travaux sont lancés, en 1882, par la Compagnie française, la Société internationale du canal maritime de Corinthe. Le surcoût des travaux et le scandale du canal de Panama mettent en faillite l'entreprise, qui est finalement reprise par le grec Andres Syngros.

  • le 25 juillet 1909 : première traversée de la Manche en avion par Louis Blériot, de Calais à Douvres.

L'aviateur français Louis Blériot, qui a 37 ans, traverse pour la première fois la Manche en avion. Parti de Calais pour Douvres, à bord de son "Blériot XI" son voyage dure 38 minutes, et son hélice et son train d'atterrissage se brisent à l'arrivée sur l'aérodrome de North Fal Meadow. Louis Blériot reçoit donc la récompense de 1 000 livres promise par le journal le "Daily Mail".

  • le 25 juillet 1968 : le Pape Paul VI condamne les méthodes artificielles de contraception dans l'Encyclique "Humanae Vitae".
  • le 25 juillet 1995 : attentat de Khaled Kelkal et Boualem Bensaïd dans la ligne B du RER.

Une bombe explose dans le RER à la station St-Michel à Paris : 8 morts et environ 150 blessés. L'attentat est revendiqué par le GIA.

  • le 25 juillet 2000 : un avion Concorde s'écrase deux minutes après le décollage, sur un hôtel à Gonesse.

Un Concorde d'Air France décolle de l'aéroport Roissy-Charles De Gaulle et heurte un bout de métal sur la piste. Il s'écrase à Gonesse ; l'accident fait 113 morts.

 

Posté le 25 juillet 2016 à 05h28 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

24 juillet 2016

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort révèle « le secret de Marie »

De Notre histoire avec Marie :

Louis Grignion est né le 31 janvier 1673 à Montfort-sur-Meu, petit village à l’ouest de Rennes. Grand missionnaire apostolique, il sillonne l’Ouest de la France et enseigne comment aller « à Jésus par Marie » grâce à une consécration qui entraîne à vivre par Marie, en Marie et avec Marie, dans un cœur-à-cœur intime qui nous conduit très sûrement au Christ. Il meurt le 28 avril 1716 en pleine mission à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il n’avait que 43 ans et 16 ans de sacerdoce. Cette année 2016 nous célébrons le tricentenaire de sa mort. 

L

Le nouveau-né de la famille Grignion est baptisé le 1er févier 1673 sous le prénom de Louis, en souvenir de saint Louis, roi de France. Plus tard, à l'occasion de sa confirmation, il souhaite ajouter le nom de Marie au sien, pour marquer déjà sa grande dévotion à la Vierge Marie. Puis il ajoute à Louis-Marie le nom du lieu de son baptême pour en marquer l’importance dans sa vie chrétienne.

Après sa formation au séminaire Saint-Sulpice à Paris, Louis-Marie Grignion de Montfort est ordonné prêtre le 5 juin 1700. Il est initié à la mission à Nantes puis à Poitiers auprès des mendiants et petites gens. Son objectif est d’annoncer la Bonne Nouvelle et renouveler l’esprit du christianisme chez les chrétiens. Doué d’un zèle apostolique rare et d’un caractère entier, le Père de Montfort n’accepte pas les demi-mesures, et s’engage de toute son âme. Sa vie entière, il se met en priorité au service des plus défavorisés qu’il identifie à Jésus. Un soir à Dinan, portant sur son dos un miséreux couvert de lèpre trouvé sur son chemin, il frappe à la porte de la maison des missionnaires en criant :« Ouvrez à Jésus-Christ ! » L’homme défiguré par sa triste maladie, dormira dans le lit de Louis-Marie. On le surnommait ainsi « le bon Père de Montfort » à cause de son souci des pauvres. 

« Dieu seul » est sa devise. C’est un homme de Dieu qui nourrit sa vie spirituelle de silence et de prières. Il se retire parfois dans des ermitages, comme celui de Mervent (Vendée). C’est là qu’il prépare ses prédications, écrit ses cantiques et ouvrages de spiritualité. Il contemple les mystères du Salut et les trois Personnes de la sainte Trinité sont chez lui sujets d’une réflexion théologique profonde et aboutie. Pour lui, Jésus-Christ, sagesse éternelle et incarnée, doit être cherché, connu, et aimé par-dessus tout. L’aimer veut dire l’imiter et porter la croix sans rougir : uni à la croix, ils deviennent inséparables.« La croix est la sagesse et la sagesse est la croix », souligne le Père de Montfort. 

Dès son enfance, Louis-Marie a une grande dévotion envers la Vierge Marie. Il invite sa sœur à prier le rosaire avec lui. Par la Vierge Marie, il découvre le chemin le plus aisé, court et sûr pour aller à Jésus et demeurer fidèle aux promesses du baptême. C’est ainsi qu’il propose aux fidèles la consécration à Jésus par les mains de Marie. « C’est par la très Sainte Vierge Marie que Jésus-Christ est venu au monde, et c’est aussi par elle qu’il doit régner dans le monde. » (Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge n°1) Pour aller à Jésus-Christ, il faut trouver Marie.

Le Père de Montfort souligne que la finalité de toutes nos dévotions est Jésus-Christ.

« Si donc nous établissons la solide dévotion de la très Sainte Vierge, ce n'est que pour établir plus parfaitement celle de Jésus-Christ, ce n'est que pour donner un moyen aisé et assuré pour trouver Jésus-Christ. Si la dévotion à la Sainte Vierge éloignait de Jésus-Christ, il faudrait la rejeter comme une illusion du diable. Mais tant s'en faut ! Cette dévotion ne nous est nécessaire que pour trouver Jésus-Christ parfaitement, l'aimer tendrement et le servir fidèlement. » (Traité de la Vraie Dévotion à la Sainte Vierge n°62)

Avant de mourir, le Père de Montfort passe le flambeau à quelques disciples, hommes et femmes. Des congrégations religieuses naissent à sa suite : les « Filles de la Sagesse », la « Compagnie de Marie » (Missionnaires Montfortains), les « Frères de Saint-Gabriel » et les différents associés laïcs.

Louis-Marie Grignion de Montfort est béatifié le 22 janvier 1888 à Rome par le pape Léon XIII et canonisé le 20 juillet 1947 à Rome par le pape Pie XII.

Aujourd’hui, beaucoup se consacrent à Jésus-Christ par Marie selon la méthode du saint. L’un des plus illustres est sans conteste le pape Jean-Paul II dont la devise Totus tuus (« Je suis tout à toi, ô Jésus en Marie ») est empruntée au Père de Montfort.

Posté le 24 juillet 2016 à 10h38 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 24 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 24 juillet 1429 : la flèche de la cathédrale de Strasbourg est terminée.

Jusqu'à la fabrication de la tour Eiffel, monument maçonnique, cette flèche est le plus haut monument d'Europe.

  • le 24 juillet 1440 : signature du traité de Cusset, qui met un terme à la « Praguerie ».

Cette «Praguerie», a vu les grands vassaux de France se soulever contre Charles VII et Arthur de Richemont. Le seul qui n'accepte pas la paix est le Dauphin, le futur Louis XI, il est nommé au gouvernement du Dauphiné, en guise d'exil doré, avant de se réfugier à la cours du duc de Bourgogne.

  • le 24 juillet 1534 : Jacques Cartier prend possession du Canada au nom du Roi de France.

Parti le 20 avril 1534, de Saint Malo Jacques Cartier atteint le golfe du Saint-Laurent et débarque à Gaspé après s'être arrêté à Terre-Neuve. Accueilli par des Indiens avec qui il échange des cadeaux, il plante une immense croix portant les armes du Roi de France, le 24 juillet. Voir aussi la chronique du 5 septembre 1534, date à laquelle Jacques Cartier ramène de sa première expédition au Canada, deux Indiens qu'il présente au Roi François Ier.

 


  • le 24 juillet 1534 : François Ier décide la réorganisation de son armée en 7 Légions provinciales.
  • le 24 juillet 1671 : la tragédie-ballet "Psyché" de Lully et Molière est créée au Palais-Royal à Paris.
  • le 24 juillet 1702 : assassinat du grand vicaire de Mende par les Camisards.

Une soixantaine de Protestants des Cévennes tuent l'abbé du Chayla, grand vicaire de l'évêque de Mende. Les Camisards prennent les armes ; cette guerre civile ne se comprend que dans le contexte de la guerre de Succession d'Espagne. Voici ce qu'en écrit Jean Guiraud dans Histoire partiale-Histoire vraie, (éditions Beau-Chesne-Croit, tome 3 pages 65 et 66) :

« La guerre de la Succession d'Espagne, qui commença en 1701, fournit aux protestants une nouvelle occasion de se révolter avec le concours des ennemis de la France. Un grand nombre de « voyants » et de « prophètes » se mirent à annoncer le triomphe des persécutés et la destruction de l'Église romaine ; les assemblées interdites par les ordonnances royales, se multiplièrent tandis que de leur côté, les fonctionnaires royaux redoublaient de rigueur à l'égard des « nouveaux convertis », en arrêtant et en faisant mettre à mort un certain nombre d'entre eux. Le meurtre de l'un des missionnaires catholiques les plus détestés des « nouveaux convertis », l'archiprêtre de Chayla (mi-juillet 1702), donna le signal de la révolte générale sous la conduite de deux jeunes gens, Cavalier et Roland.

Rarement, guerre religieuse fut aussi cruelle que celle des Camisards ; c'est ainsi que se nommaient les protestants Cévenols. Six mois à peine après ses débuts, dans une lettre au ministre de la guerre du 28 décembre 1702, le P. de la Rue dressait ainsi le bilan de ses cruautés : « Quarante églises brûlées et pillées ; deux à trois cents abandonnées, le massacre de près de deux cents personnes : prêtres, gentilshommes, anciens catholiques et nouveaux zélés ; plus de cent lieues d'étendue de pays sans nul exercice de religion dans les campagnes... l'audace de cinq à six cents malheureux à qui quatre mois de massacres et leur férocité naturelle tient lieu de valeur». Le 6 mars 1703, l'intendant Bâville signalait au ministre de la guerre « du côté du Vigan, une bande de 1.500 révoltés qui ont brûlé des églises, tué des anciens catholiques et brûlé des maisons jusqu'à quatre lieues de Montpellier » ; le 13 mai, il mentionnait 208 le massacre à Fraissinet de 32 anciens catholiques et de beaucoup de femmes et d'enfants, par les Camisards. Un rapport adressé, le 30 août 1703, au ministre de la guerre déclare que, vers la fin de mai 1703, dix mois après leur révolte, les Camisards ont brûlé 409 maisons et 107 églises et que, depuis ce temps-là, ils ont bien achevé pour le moins le nombre de 500 maisons et de 150 églises. « Pour les meurtres, on ne saurait les dire au juste parce que le nombre en est si grand qu'on n'a pu tenir un compte exact ; mais on vous dira en plus qu'on a massacré des villages entiers sans épargner ni âge, ni sexe, ni condition, qu'on a été près de cinq ou six mois qu'il ne s'est guère passé de semaine qu'il n'aient fait deux ou trois meurtres. Et pour des soldats du roi, ils en ont tué presque autant qu'on leur a tué des leurs.., pour les prêtres, ils en ont massacré un grand nombre ; les autres se sont retirés en lieu de sûreté et la plupart des paroisses sont abandonnées dans ces quatre diocèses». »

Voir aussi la chronique du 22 septembre.

  • le 24 juillet 1712 : le maréchal de Villars remporte à Denain.

C'est une victoire inespérée sur les Austro-Hollandais, commandés par le prince Eugène de Carignan-Savoie, l'un des plus grands chefs militaires de son temps, que remportent les Français. Elle se déroule du 23 au 24 juillet 1712, vers la fin de la Guerre de Succession d'Espagne et fait suite à de nombreux revers français face aux Impériaux alliés aux Anglais et aux Hollandais. Voir les chroniques du 1er février, du 6 mars, du 12 juin (en particulier où le Roi Louis XIV lance un appel à la nation française), du 1er novembre, des 8 et 10 décembre. La réponse du Ciel, à cet appel royal, demandant aux Français un effort spirituel est la victoire inespérée de Denain, victoire décisive pour achever la guerre de Succession d'Espagne.

  • le 24 juillet 1802 : naissance d'Alexandre Dumas père.


Alexandre Dumas est l'auteur entre autre des Trois Mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, Vingt ans après, La Reine Margot, La Dame de Monsoreau, Joseph Balsamo,

  • du 24 juillet : texte du vœu national pour la construction de la basilique Montmartre.

Sur les bas côtés est de la Basilique se trouve gravé le texte du Vœux national :

« En présence des malheurs qui désolent la France, et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore ;

En présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l'Eglise et du Saint-Siège et contre la personne sacrée du vicaire de Jésus-Christ :

Nous nous humilions devant Dieu et, réunissant dans notre amour l'Eglise et notre patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés ;

Et pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l'infinie miséricorde de Notre Seigneur Jésus-Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité, et faire cesser les malheurs de la France, nous promettons de contribuer à l'érection à Paris d'un sanctuaire dédié au Sacré Cœur de Jésus. »

  • du 24 juillet 1958 : Pie XII et son époque.

Le pape dénonce comme « racines de l'apostasie moderne : l'athéisme scientifique, le matérialisme dialectique, le rationalisme, le laïcisme, et leur mère commune : la Maçonnerie ».

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 253)

  • le 24 juillet 1967 : à Montréal, le général De Gaulle, lance au cours d'un discours:

« Vive le Québec libre ! »

  • le 24 juillet 1976 : le pape Paul VI prononce la suspension a divinis de Mgr Marcel Lefebvre, supérieur du séminaire traditionaliste d'Écône.

Posté le 24 juillet 2016 à 05h26 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

23 juillet 2016

Le lien entre le génocide vendéen et l'attaque terroriste de Nice

De Daniel Rabourdin, producteur de La Rébellion cachée :

Nous recevons des mots de sympathie suite à l’attaque terroriste islamique à Nice. Nous pensons aux victimes et nous prions aussi pour la conversion des hommes qui vivent sous l’islam.

Mais quant à nous,nous ne sommes pas traumatisés. Nous nous y attentions depuis longtemps et vous aussi peut-être. Ayant depuis longtemps collé à la vérité sur la situation dans laquelle nous nous trouvons,nous avons digéré le choc il y a des années. Comme vous sûrement, nous avons bâti nos forces intérieures et nous allons de l’avant. Nous sentons qu’il faut aider cet éveil à la vérité, qu’il faut soigner et reconstruire. Enfin, en ce qui nous concerne,il nous faut distribuer le docudrame la Rébellion cachée sur la guerre de Vendée qui prépare étonnamment à ce temps de beaux défis.

Les amis de Carida dont déjà largement compris cela aussi. Je les en remercie vivement ici.

Pendant la Révolution française également, le gouvernement avait à la bouche de doux mots comme la fraternité. Mais, simultanément, il« génocidait » les paysans de Vendée. Avec ce docudrame de la Rébellion cachée, nous levons le voile sur trois cents ans d’illusion. Le film sera distribué aux États-Unis cet automne, puis en France en 2017.

Grâce aux résolutions de vie qu’il contient, nous sommes dans l’espérance.

Comme nous vous savez que rares ont été les voix qui se sont élevées avant les événements pour dire que les actions terroristes allaient se multiplier et qu’il fallait être beaucoup plus ferme. Au mieux, on leur a fait sourde oreille,mais la plupart du temps, on les a traités de tous les mots. Autour d'eux, beaucoup étaient désinformés ou plongeaient la tête dans le sable. D’autres, à mon avis, se réjouissaient.

Le lien entre le génocide vendéen et l'attaque terroriste de Nice

Nombre de nos connaissances répètent les mots du gouvernement relayés avec obéissance par la plupart des médias : il n’y a pas de problème général, il n’y a pas de choc de civilisations. Je pense que les faiseurs de ces opinions ne veulent pas de panique ou de réaction forte de la population. Car des réactions de force du peuple de France exposeraient leur inaptitude et même leur complaisance. Car alors que les terroristes attaquent nos valeurs traditionnelles de front depuis quelques années,les leaders les minent eux depuis des siècles.

Sous cette gouvernance qui nous endort, dans ce que des analystes appellent en clin d’œil la tyrannie du « bisounours », la population devient triste. Attaquée, elle souffre sans pouvoir se défendre et ne comprend pas car on lui interdit même de désigner le mal sous prétexte de racisme.

Que faire ? C’est très simple si l’on sort du sommeil de cette« tyrannie molle ». Il faut voter au printemps pour ceux qui sont lucides, justes et, surtout, ceux qui n’ont pas d’aversion pour notre civilisation. Il faut le faire non pas dans la peur mais dans l’espérance comme les Vendéens.C’est la vérité qui nous rendra libres.

Il faut surtout avoir l’espérance avec un grand «E». Je recommande l’espérance dans le Christ. Le Messie est plus grand que les maux du moment. À la fin des temps,c’est lui qui jugera les hommes. Il est Roi de l’histoire.

Surtout, il ne faut pas s’arrêter aux bonnes intentions mais agir en protéger le faible et en s’unissant pour se relever. Celui qui se met à l’action ne déprime pas.

Ainsi, si vous aimez la Rébellion cachée qui révèle ces maux dans leurs racines historiques, partagez s’il vous plaît ce billet sur internet. Nous ne pouvons que vous encourager à créer des groupes d’amis pour distribuer le docudrame grâce au Salon beige. Vous pouvez sur lien vous vous associer au projet et amener le film dans votre ville. En outre, ce deuxième lien vous permettra de nous soutenir financièrement car l’entreprise est considérable et nous œuvrons avec peine–mais enthousiasme: Rébellion cachée avec Caridad.fr.

Et si Dieu le veut,à bientôt au printemps 2017 !

Posté le 23 juillet 2016 à 10h25 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 23 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 23 juillet 684 : élection du pape Jean V.
  • le 23 juillet 1242 : victoire de Sainte.

A Saintes, près d'Angoulême, l'armée du Roi de France Saint Louis prend le dessus sur une coalition de féodaux, alliée au roi d'Angleterre Henri III, qu'il a déjà défait deux jours plus tôt à Taillebourg. La victoire française est totale. Voir la chronique du 21 juillet.

Voici ce qu'écrit Guillaume de Nangis dans sa Vie de Saint Louis :

« Il y eut une merveilleuse et forte bataille (…), âpre et dure, mais à la fin, les Anglais ne purent soutenir les assauts des Français et se mirent à fuir… La nuit du jour de cette bataille, le Roi d'Angleterre et le Comte de la Marche s'enfuirent avec tout le reste de leurs gens et évacuèrent la cité et le château de Saintes. Le lendemain matin, les citoyens de Saintes vinrent remettre au Roi Louis les clés du château de la cité. »

  • le 23 juillet 1649 : naissance de Gian francesco Albani, futur pape sous le nom de Clément XI.
  • le 23 juillet 1712 : début de la bataille de Denain.

Voir la chronique du 24 juillet.

  • le 23 juillet 1790 : le Roi Louis XVI reçoit la lettre de Pie VII, où ce dernier s'oppose à la CCC.
  • le 23 juillet 1920 : la loi, condamnant la propagande antinataliste punissant plus sévèrement l'avortement, crime passible de la cour d'assises, est votée à une écrasante majorité.
  • le 23 juillet 1944 : le maquis du Vercors est anéanti.
  • le 23 juillet 1945 : ouverture du procès du maréchal Pétain.

Trois mois se sont écoulés depuis son retour en France. Le vieil homme, qui a bientôt 90 ans, est accusé « d'attentat contre la sûreté intérieure de l'État et d'intelligence avec l'ennemi, en vue de favoriser ses entreprises en corrélation avec les siennes. »

L'ancien président du conseil Reynaud sans aucune honte ose l'accuser : «d'avoir fomenté un complot en 1940 pour "trahir la France". » Lui qui avec tous ces comparses ont désarmé le pays et l'ont livré à l'ennemi, fuyant lâchement devant l'avancée des troupes allemandes !

L'accusé est introduit vers 13 h 30, il porte l'uniforme avec pour seule décoration la médaille militaire. Contrairement aux usages, il n'est pas précédé d'un officier, mais seulement d'un sous-officier de la garde républicaine. La salle pleine à craquer. Les jurés, les témoins, les journalistes, l'assistance entassée sur des bancs et des gradins forment une masse compacte qui d'un seul homme se lève à la vue du Maréchal.

Alors que la parole lui est enfin donnée, Philippe Pétain se lève, «aucun tic du visage, aucun tremblement des mains, son impassibilité garde de l'allure» note l'écrivain Jean Schlumberger, il commence la lecture d'une déclaration rédigée. D'une voix ferme, le vainqueur de Verdun commence par s'en prendre au tribunal et à la légitimité de la Cour :

«C'est le peuple français qui, par ses représentants réunis en Assemblée nationale le 10 juillet 1940, m'a confié le pouvoir, c'est à lui que je suis venu rendre des comptes.

La Haute Cour, telle qu'elle est constituée, ne représente pas le peuple français, et c'est à lui seul que s'adresse le Maréchal de France, chef de l'État »

Je ne ferai pas d'autre déclaration. Je ne répondrai à aucune question.» Mes défenseurs ont reçu de moi la mission de répondre à des accusations qui veulent me salir et n'atteignent que ceux qui les profèrent.

J'ai passé ma vie au service de la France. Aujourd'hui, âgé de près 90 ans, jeté en prison, je veux continuer à la servir, en m'adressant à elle une fois encore. Qu'elle se souvienne ! J'ai mené ses armées à la victoire en 1918. Puis, alors que j'avais mérité le repos, je n'ai cessé de me consacrer à elle.

J'ai répondu à tous ses appels, quels que fussent mon âge et ma fatigue. Le jour le plus tragique de son Histoire, c'est encore vers moi qu'elle s'est tournée.

Je ne demandais rien, je ne désirais rien. On m'a supplié de venir : je suis venu. Je devenais ainsi l'héritier d'une catastrophe dont je n'étais pas l'auteur. Les vrais responsables s'abritaient derrière moi pour écarter la colère du peuple.

Lorsque j'ai demandé l'armistice, d'accord avec nos chefs militaires, j'ai rempli un acte nécessaire et sauveur.

Oui, l'armistice a sauvé la France et contribué à la victoire des Alliés en assurant une Méditerranée libre et l'intégrité de l'Empire.

Le pouvoir m'a été confié et légitimement reconnu par tous les pays du monde, du Saint-Siège à l'U.R.S.S. De ce pouvoir, j'ai usé comme d'un bouclier pour protéger le peuple français. Pour lui, je suis allé jusqu'à sacrifier à mon prestige. Je suis demeuré à la tête d'un pays sous l'occupation.

Voudra-t-on comprendre la difficulté de gouverner dans de telles conditions ? Chaque jour, un poignard sur la gorge, j'ai lutté contre les exigences de l'ennemi. L'Histoire dira tout ce que je vous ai évité, quand mes adversaires ne pensent qu'à me reprocher l'inévitable.

L'occupation m'obligeait à ménager l'ennemi, mais je ne le ménageais que pour vous ménager vous-mêmes, en attendant que le territoire soit libéré.

L'occupation m'obligeait aussi, contre mon gré et contre mon cœur, à tenir des propos, à accomplir certains actes dont j'ai souffert plus que vous, mais devant les exigences de l'ennemi, je n'ai rien abandonné d'essentiel à l'existence de la patrie.

Au contraire, pendant quatre années, par mon action, j'ai maintenu la France, j'ai assuré aux Français la vie et le pain, j'ai assuré à nos prisonniers le soutien de la Nation.

Que ceux qui m'accusent et prétendent me juger s'interrogent du fond de leur conscience pour savoir ce que, sans moi, ils seraient peut-être devenus. *

Pendant que le Général De Gaulle, hors de nos frontières, poursuivait la lutte, j'ai préparé les voies de la libération, en conservant une France douloureuse mais vivante.

A quoi, en effet, eût-il servi de libérer des ruines et des cimetières ?

C'est l'ennemi seul qui, par sa présence sur notre sol envahi, a porté atteinte à nos libertés et s'opposait à notre volonté de relèvement.

J'ai réalisé, pourtant, des institutions nouvelles ; la Constitution que j'avais reçu mandat de présenter était prête, mais je ne pouvais la promulguer.

Malgré d'immenses difficultés, aucun pouvoir n'a, plus que le mien, honoré la famille et, pour empêcher la lutte des classes, cherché à garantir les conditions du travail à l'usine et à la terre.

La France libérée peut changer les mots et les vocables. Elle construit, mais elle ne pourra construire utilement que sur les bases que j'ai jetées.

C'est à de tels exemples que se reconnaît, en dépit des haines partisanes, la continuité de la Patrie. Nul n'a le droit de l'interrompre.

Pour ma part, je n'ai pensé qu'à l'union et à la réconciliation des Français. Je vous l'ai dit encore le jour où les Allemands m'emmenaient prisonnier parce qu'ils me reprochaient de n'avoir cessé de les combattre et de ruiner leurs efforts.

Je sais qu'en ce moment, si certains ont oublié, depuis que je n'exerce plus le pouvoir, ce qu'ils ont dit, écrit ou fait.

Des millions de Français pensent à moi, qui m'ont accordé leur confiance et me gardent leur fidélité.

Ce n'est point à ma personne que vont l'une et l'autre, mais pour eux comme pour bien d'autres, à travers le monde, je représente une tradition qui est celle de la civilisation française et chrétienne, face aux excès de toutes les tyrannies.

En me condamnant, ce sont des millions d'hommes que vous condamnerez dans leur espérance et leur foi. Ainsi, vous aggraverez ou vous prolongerez la discorde de la France, alors qu'elle a besoin de se retrouver et de s'aimer pour reprendre la place qu'elle tenait autrefois parmi les nations.

Mais ma vie m'importe peu. J'ai fait à la France le don de ma personne. C'est à cette minute suprême que mon sacrifice ne doit plus être mis en doute.

Si vous deviez me condamner, que ma condamnation soit la dernière et qu'aucun Français ne soit plus jamais détenu pour avoir obéi aux ordres de son chef légitime.

Mais, je vous le dis à la face du monde, vous condamneriez un innocent en croyant parler au nom de la justice et c'est un innocent qui en porterait le poids, car un Maréchal de France ne demande de grâce à personne.

A votre jugement répondront celui de Dieu et celui de la postérité. Ils suffiront à ma conscience et à ma mémoire.

Je m'en remets à la France ! »

Tiré du livre Message d'outre-tombe du Maréchal Pétain : Textes officiels, ignorés ou méconnus, consignes secrètes (Aux Nouvelles Editions Latines. Pages 272, 273, 274,275.) rédigé par Philippe Pétain, Monique Paillard,Jean Paillard.

La confusion des débats et telle, qu'elle ne permet pas de lever le voile sur les vraies responsabilités entre le maréchal et les institutions de la IIIème République. Philippe Pétain est condamné à mort le 15 août, radié de l'Académie française, laquelle n'élit personne jusqu'à sa mort, et démuni de tous ses biens. De Gaulle lui accorde la grâce présidentielle et commue sa peine en détention à perpétuité. Incarcéré sur l'île d'Yeu, il y meurt six ans plus tard. Voir la chronique du 15 août.

  • le 23 juillet 1951 : mort du Maréchal Philippe Pétain, homme d'État.

C'est le plus vieux détenu du monde qui meurt. Il a 96 ans ; 6 ans, jour pour jour après son procès. Le 11 avril 1951, le colonel REMY, chef et créateur du réseau de résistance « Réseau Notre Dame » écrit dans l'hebdomadaire « Carrefour » un article où sous le titre :

« la justice ou l'opprobre »

Il s'élève contre le maintien en forteresse du Maréchal dans des conditions honteuses et inhumaines. Le colonel REMY a, par ailleurs, adhéré à l'Association pour la défense du maréchal Pétain, afin que justice lui soit rendue.

  • le 23 juillet 1963 : la France refuse d'adhérer au Traité de Moscou limitant les essais nucléaires.

Posté le 23 juillet 2016 à 05h28 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (7)

22 juillet 2016

C’est arrivé un 22 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 22 juillet : fête de sainte Marie Madeleine ou Marie de Magdala.

Marie Madeleine ou Marie de Magdala, patronne des parfumeurs et contemporaine du Christ est enterrée en France, comme beaucoup de ses premiers disciples. Son tombeau est à St Maximin.

  • le 22 juillet 259 : élection du 25ème pape, saint Denys.

La persécution de l'empereur Valérien a entraîné une vacance d'un an, qui s'arrête avec cette élection. Il meurt le 26 décembre 268 et est le premier pape à ne pas être martyr.

  • le 22 juillet 1099 : Godefroy de Bouillon est élu souverain de Jérusalem.
  • le 22 juillet   1209 : sac de Béziers par les Croisés.

L'armée des croisés, chargée d'éradiquer les cathares, à la demande du pape Innocent III s'empare de Béziers. Sous la direction du légat du pape Arnaud Amaury et de Simon de Monfort. Cet épisode tragique est la source de nombreux mensonges historiques : le chiffre de soixante morts est complètement faux, comme l'affirmation que toute la ville est massacrée, ou cette phrase apocryphe de « Tuez-les tous Dieu reconnaîtra les siens »,qui vient du moine allemand, Césaire de Heisterbach dont l'œuvre n'a aucune valeur historique, parce qu'elle a été écrite soixante ans après les événements, d'après des racontars et sans la moindre critique.

Voir Histoire partiale-Histoire vraie, éditions Beau-Chesne-Croit, tome 1, pages 169 à 172 de Jean Guiraud.

  • le 22 juillet   1461 : mort du Roi de France Charles VII, dit le victorieux, à Tours des suites d'un phlegmon à la gorge.


Charles VII de France, dit Charles le Victorieux, ou le Bien Servi, naît le 22 février 1403 à Mehun-sur-Yèvre et meurt le 22 juillet 1461. Souverain souvent présenté comme étant le «Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d'Arc», dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant. C'est pourtant lui qui achève l'œuvre de sainte Jeanne d'Arc et met fin à la présence des Plantagenêt en France. Voir les chroniques du 22 février, du 21 juin, du 17 juillet.

Charles VII « le Bien Conseillé », s'entoure d'hommes dévoués et compétents. Il réorganise l'armée avec les compagnies d'ordonnance ; son règne voit aussi l'affirmation de l'autorité royale avec la Pragmatique Sanction de Bourges, l'assainissement des finances du Royaume, la création des Cours Provinciales de justice pour remplacer progressivement les Seigneuries locales. Charles VII s'éteint au château de Mehun-sur-Yèvre et laisse un Royaume de France renforcé et puissant. Il est inhumé dans la Basilique Saint-Denis.

Voir les chroniques du 22 février, du 21 juin sur la triple Donation du Royaume de France et du 17 juillet.

  • le 22 juillet 1487 : grand incendie de Bourges.

Cet incendie est aussi appelé Grand incendie de la Madeleine ; il détruit le tiers de la ville et marque le début du déclin de la capitale du Berry.

  • le 22 juillet 1632 : arrestation de Particelli d'Emery.

Particelli d'Emery, représentant du Roi Louis XIII, est arrêté à Pézenas sur ordre d'Henri II de Montmorency, Gouverneur du Languedoc.

  • le 22 juillet 1676 : décès du pape Clément X.
  • le 22-23 juillet 1694 : bombardement de Dieppe.

Durant la guerre de Neuf Ans, la flotte anglaise bombarde la ville de Dieppe, les 22 et 23 juillet 1694. Un incendie détruit une grande partie de la ville qui sera progressivement reconstruite, selon les plans de Ventabren. Les Anglais se dirigent ensuite vers le port du Havre, pour le bombarder aussi.

  • le 22 juillet 1795 : deuxième traité de Bâle.

Le second traité de Bâle est signé le 22 juillet, entre la France et la couronne espagnole qui cesse le combat. Il met fin à la guerre de la Convention également appelée guerre du Roussillon. Si au début du conflit l'Espagne a l'avantage ; la France inverse rapidement la tendance. Par ce traité, la France rend à l'Espagne les terres occupées durant le conflit, mais récupère la République dominicaine.

  • le 22 juillet 1802 : Marie François Xavier Bichat, biologiste français.
  • le 22 juillet 1808 : bataille de Bailén en Andalousie.

Encerclés par 17 000 soldats espagnols depuis trois jours, les troupes napoléoniennes commandées par Dupont capitulent à Bailén en Andalousie. Pour la première fois, les armées de l'empereur sont mises en échec. Joseph Bonaparte quitte Madrid précipitamment le 30.

  • le 22 juillet 1832 : mort de Napoléon II, dit « l'Aiglon ».

Napoléon François Joseph Charles Bonaparte ou Napoléon II, né le 20 mars 1811, est le fils de Napoléon Ier et de l'archiduchesse Marie-Louise d'Autriche. Roi de Rome à sa naissance, duc de Reichstadt à partir de 1818, et empereur des Français du 4 avril au 6 avril 1814 et du 22 juin au 7 juillet 1815 (son père ayant abdiqué en 1814 puis en 1815), il meurt loin de sa patrie, prisonnier de son grand-père, l'empereur d'Autriche, au palais de Schönbrunn.

  • le 22 juillet 1898 : Djibouti devient une colonie française et prend le nom de "Côte française des Somalis".

Posté le 22 juillet 2016 à 06h26 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

21 juillet 2016

C’est arrivé un 21 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 21 juillet 230 : élection de saint Pontien, 18ème Pape.

Sa vie est très mal connue. Il dirige à Rome en 231 un synode pour faire confirmer la condamnation d'Origène par Démétrius, évêque d'Alexandrie. Il est déporté dans des mines en Sardaigne à l'accession au trône de l'empereur Maximin le Thrace, en mars 235; commence une nouvelle persécution des Chrétiens. Il renonce alors au siège de Saint Pierre le 28 septembre et meurt le 30 octobre suivant. Il est inhumé dans la catacombe de Saint-Calixte, qui va peu à peu devenir la Crypte des Papes.

  • le 21 juillet 303 : mort de saint Victor de Marseille, officier dans une légion thébaine, martyrisé à Marseille pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne.
  • le 21juillet 1120 : l'abbaye bénédictine Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay est détruite par le feu.

L'incendie tue 1 200 personnes, et détruit la nef carolingienne de l'abbaye bénédictine Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay.

  • le 21 juillet 1242 : victoire française de Taillebourg.

La bataille de Taillebourg, Histoire de l'armée française, Paul Lehugeur, XIXe siècle.

 

Ayant appris l'existence d'un complot, le Roi Louis IX rassemble son armée à Chinon, dès le 28 avril 1242. Une grande partie de ses vassaux répond présent. De son côté, le 13 mai, le roi Henri III d'Angleterre débarque à Royan, c'est le début de la guerre de Saintonge. Parcourant le Poitou et la Saintonge en direction du fief d'Hugues X de Lusignan, saint Louis s'empare de plusieurs châteaux rebelles : Fontenay-le-Comte, Vouvant, Niort ou encore Saint-Jean-d'Angély.

Son armée se dirige vers Taillebourg, qui dispose d'un pont sur la Charente. L'endroit est stratégique, ce qui explique la présence d'une forteresse. Pendant deux jours, les deux Ost s'observent sans s'affronter. Le 21 juillet, le Saint Roi chevauchant à la tête de la cavalerie française vainc les Anglo-poitevins sur le pont de Taillebourg et au-delà les forçant à se replier.

Deux jours plus tard, le 23 juillet, l'armée royale inflige aux Anglais et à leurs alliés une sévère défaite à Saintes. Le roi Henri III d'Angleterre accepte une trêve de cinq ans à Pons, le 1er août 1242.

L'année suivante, c'est le comte Raymond VII de Toulouse qui se soumet au Roi Louis IX et accepte de lui rendre l'hommage féodal, conformément au traité de paix signé le 30 octobre 1242 à Lorris. Avec ce traité, Raymond VII renonce aussi à Narbonne et Albi et promet de faire la chasse aux cathares.

Quelques lignes du récit de Joinville sur la bataille:

« La vint li roys d'Angleterre et li cuens de la Marche, pour combatre devant un chastel que on appelle Taillebourc, qui siet sus une male riviere que l'on appelle Carente, là où on ne puet passer que à un pont de pierre mout estroit. Si tost comme li roys vint à Taillebourc, et li host virent li uns l'autre, nostre gent qui avoient le chastel devers aus, se esforcièrent a grant meschief, et passèrent perillousement par neis et par pons, et coururent sur les Anglois, et conmenca li poingnayz forz et grans. Quand li roys vit ce, il se mist ou peril avec les autres ; car pour un home que li roys avoit quant il fu passez devers les Anglois, li Anglois en avoient bien vingt. Toutevoiz avint-il, si comme Diex vout, que quant li Anglois virent le roy passer, il se desconfirent et mistrent dedens la citei de Saintes, et plusour de nos gens entrèrent en la citei mellei avec auss et furent pris.»

  • le 21 juillet 1414 : naissance de Sixte IV, Francesco Della Rovere, futur 212ème pape de 1471 à 1484.
  • le 21 juillet 1511 : une Bulle du pape Jules II met la France en interdit, à l'exception de la Bretagne.

Jules II, par sa bulle Sacro sanctæ, le 21 juillet 1511, convoque un concile au Latran pour le 19 avril 1512, avec pour objectif d'excommunier tous les membres du concile de Pise, initié par Louis XII. D'autres historiens parlent du 18 juillet.

  • le 21 juillet 1542 : le Saint-Office remplace à l'Inquisition médiévale.

 

Le Saint-Office naît sur les cendres de l'Inquisition sous le nom de Congrégation de la Suprême Inquisition. Sa mission est de veiller au respect de la doctrine et de la foi catholique.

  • le 21 juillet 1550 : par la Bulle "Exposcit debitum", le Pape Jules III confirme à nouveau la Compagnie de Jésus.
  • le 21 juillet 1620 : naissance de Jean Picard.

Jean-Félix Picard est un astronome et prêtre français qui naît à La Flèche dans la Sarthe. Il est le premier à calculer le rayon de la Terre de façon précise. Il mesure pour cela un degré de latitude par triangulation, le long du méridien de Paris. Ses résultats sont de 111 à 112 km pour un degré de latitude, donc un rayon terrestre de 6 372 km (le rayon polaire est actuellement mesuré pour 6 357km). Par ailleurs, c'est lui qui conçoit ses propres instruments de mesure. Il décède le 12 juillet 1682.

  • le 21 juillet 1712 : débuts de bataille de Denain.

Les troupes françaises sur les ordres du maréchal de Villars attaquent la garnison de Denain. Le prince Eugène devance la manœuvre française. Mais les combats les plus importants ont lieu les 23 et 24 juillet. Voir la chronique de ce dernier jour.

  • le 21 juillet 1773 : le pape Clément XIV supprime la Compagnie de Jésus.

Clément XIV prend la décision de dissoudre la Compagnie de Jésus par le bref Dominus ac Redemptor. Elu le 19 mai 1769, et alors que son prédécesseur a subi une véritable persécution des Bourbons européens (voir la chronique du 7 janvier), sous l'influence des loges maçonniques et des « philosophes ». Le nouveau souverain pontife ne résiste pas longtemps à la pression. Jean GUIRAUD dans ses quatre tomes de Histoire partiale-Histoire vraie explique très bien comment les protestants, les maçons, les jansénistes, en résumé tous les ennemis de l'Eglise catholique se sont ligués contre les Jésuites qu'ils considéraient, à juste titre, comme le rempart le plus solide de la Foi.

  • le 21 juillet 1788 : comment a-t-on fabriqué la révolution !

A l'initiative des avocats Barnave et Mounier, les 540 représentants du Dauphiné se réunissent au château de Vizille. Ils appellent à refuser le paiement de l'impôt et demandent aux autres assemblées provinciales d'en faire autant. Rennes et Grenoble lance la grève de l'impôt. Le pouvoir central est à bout de souffle.

  • le 21 juillet 1789 : sac de l'hôtel de ville de Strasbourg.
  • le 21 juillet 1792 : le vœu de Louis XVI est remis au père Hébert, supérieur général des Eudistes et confesseur du Roi.

C'est le vœu par lequel Louis XVI a dévoué sa personne, sa famille et tout son Royaume, au Sacré-Cœur de Jésus.

Texte du vœu :

« Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui déchirent mon cœur, et la profondeur de l'abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m'environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui couvrent la face du royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m'avertit encore que peut-être votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que, dans les jours de ma puissance, je n'ai pas réprimé la licence du peuple et l'irréligion, qui en sont les principales sources ; parce que j'ai fourni moi-même des armes à l'hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l'audace de tout oser.

Je n'aurai pas la témérité, ô mon Dieu, de me justifier devant vous ; mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs ; mes fautes sont le fruit de ma faiblesse et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémé contre vous ; au roi Manassès, qui avait entraîné son peuple dans l'idolâtrie. Désarmé par leur pénitence, vous les avez rétablis l'un et l'autre sur le trône de Juda ; vous les avez fait régner avec paix et gloire. Seriez-vous inexorable aujourd'hui pour un fils de saint Louis, qui prend ces rois pénitents pour modèles, et qui, à leur exemple, désire réparer ses fautes et devenir un roi selon votre Cœur ? 0 Jésus-Christ, divin Rédempteur de toutes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je veux déposer les effusions de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère, et l'assistance de saint Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux.

Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez avec bonté le vœu satisfactoire que la confiance m'inspire et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur.

Si, par un effet de la bonté infinie de Dieu, je recouvre ma liberté, ma couronne et ma puissance royale, je promets solennellement :

1° De révoquer le plus tôt possible toutes les lois qui me seront indiquées, soit par le pape, soit par quatre évêques choisis parmi les plus vertueux de mon royaume, comme contraires à la pureté et à l'intégrité de la foi, à la discipline et à la juridiction spirituelle de la sainte Eglise catholique, apostolique, romaine, et notamment la constitution civile du clergé ;

2° De rétablir sans délai tous les pasteurs légitimes et tous les bénéficiés institués par l'Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d'une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres de bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l'Etat ;

3° De prendre, dans l'intervalle d'une année, tant auprès du pape qu'auprès des évêques de mon royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, suivant les formes canoniques, une fête solennelle en l'honneur du Sacré Cœur de Jésus, laquelle sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commis dans nos saints temples, pendant le temps des troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens ;

4° D'aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l'église Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du maître-autel, après l'offertoire de la messe, et entre les mains du célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l'exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable ;

5° D'ériger et de décorer à mes frais, dans l'église que je choisirai pour cela, dans le cours d'une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré ;

6° Enfin, de renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu'on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l'acte de consécration exprimé dans l'article quatrième, et d'assister à la procession générale qui suivra la messe de ce jour.

Je ne puis aujourd'hui prononcer qu'en secret cet engagement, mais je le signerais de mon sang s'il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le temple.

0 Cœur adorable de mon Sauveur ! Que j'oublie ma main droite et que je m'oublie moi-même, si jamais j'oublie vos bienfaits et mes promesses, et cesse de vous aimer et de mettre en vous ma confiance et toute ma consolation. Ainsi soit-il. »

Mais à ce moment Louis XVI n'est plus Roi. Sa fonction et son pouvoir lui ont été retirée, mais sans l'aval du Peuple.

  • le 21 juillet 1795 : le général Hoche est victorieux à Quiberon contre les Chouans et les émigrés.

Les commissaires politiques, envoyés par Paris, le force à fusiller les Chouans, à qui il a promis la vie sauve en échange de l'arrêt des combats.

  • le 21 juillet 1798 : bataille des Pyramides.

Napoléon Bonaparte bat les cavaliers Mamelouks près des pyramides de Gizeh. Les charges mamelouks se brisent sur les carrés français, puis les divisions françaises attaquent, entrent dans la ville d'Embabèh et massacrent les Mamelouks qui n'ont pas pu fuir. L'affrontement ne dure pas plus de deux heures. Victorieux, Bonaparte va régner sur l'Égypte, jusqu'à l'intervention de la flotte britannique ; les Anglais chassent les Français définitivement de la région.

Bonaparte, aux débuts de la bataille, encourage ses officiers : "Soldats, songez que du haut de ces monuments, quarante siècles vous contemplent".

  • le 21 juillet 1857 : sous l'impulsion de Faidherbe, un décret impérial institue les unités de Tirailleurs sénégalais.

Ces derniers cessent d'être des laptots ou des supplétifs pour devenir des soldats réguliers de l'armée française.

  • le 21 juillet 1858 : entrevue de Napoléon III et Cavour à Plombières.

Napoléon III et le ministre piémontais Cavour ont une entrevue secrète, dans la station thermale de Plombières. Cavour le convainc d'apporter son aide militaire aux Piémontais dans leur guerre à venir contre l'Autriche, contre la Savoie et Nice. Durant cet entretien, les deux hommes préparent donc un traité, qui est signé à Turin l'année suivante, et qui vise à accorder au Royaume de Piémont-Sardaigne l'assistance militaire de la France en cas de guerre avec l'empire d'Autriche. En contrepartie, Camillo Cavour doit céder à la France le comté de Nice et le duché de Savoie.

Notre Dame de la Salette pendant une des apparitions avertira le Saint Père de la duplicité de cœur de l'empereur. L'avenir lui donnera raison.

  • le 21 juillet 1944 : les nazis attaquent dans le Vercors pour casser le maquis français.

629 personnes sont tuées dans l'opération.

  • le 21 juillet 1954 : signature des accords de Genève.

La France abandonne aux communistes le nord de l'Indochine, au dessus du 17ème parallèle, à la suite d'un pari stupide du nouveau président du Conseil, Mendès France de réussir à faire la paix en un mois !

Le Viet Minh obtient ainsi plus que ce qu'il espérait et garde toute son infrastructure dans le sud. La disparition de la France dans la région approche. Ouverte le 26 avril, la Conférence de Genève a rassemblé les représentants de 19 puissances, dont la France, les Etats-Unis, l'Angleterre, l'URSS, la Chine, la Corée et le Viêt-Nam.

  • le 21 juillet 2008 : le Parlement, réuni en congrès extraordinaire à Versailles, adopte la réforme constitutionnelle, souhaitée par le président Sarkozy et élaborée par la Commission Balladur.

Posté le 21 juillet 2016 à 06h24 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

20 juillet 2016

C’est arrivé un 20 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, RerumNovarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 20 juillet 514 : début du pontificat du pape saint Hormisdas.

Saint Hormisdas, né à Frosinone, est pape du 20 juillet 514 au 6 août 523.Son fils est devenu pape sous le nom de Silvère.

  • le 20 juillet 985 : décès du pape Jean XIV.
  • le 20 juillet 911 (date incertaine) : traité de Saint-Clair-sur-Epte.

Alors que depuis un siècle les Normands vainquent tous leurs adversaires et occupent une partie de la Neustrie, ils subissent une défaite près de Chartres face à Charles le Simple. Cela permet au Roi d'affirmer son pouvoir et d'ouvrir des négociations avec les «envahisseurs». Il en résulte la création d'un nouveau duché : la Normandie. Le normand Rollon obtient le pouvoir sur cette région en échange de la reconnaissance du Roi de France, dont il dépend. Il promet aussi de se convertir au catholicisme. Dotés d'un territoire qui recouvre approximativement l'actuelle Haute-Normandie, les Normands se francisent peu à peu et étendent leurs frontières rapidement.

  • le 20 juillet 1031 : mort de Robert II le Pieux.

Le Roi de France Robert II Le Pieux meurtà Melun à 61 ans. Il est le second Roi de la dynastie capétienne, après son père Hugues Capet. Son règne dure 35 ans, et voit l'annexion de la Bourgogne. Robert II est inhumé à côté de son père, devant l'autel de la Trinité de la basilique Saint-Denis. C'est son fils, Henri Ier qui lui succède. Voir les chroniques du 27 mars et du 25 décembre.

  • le 20 juillet 1214 : l'armée coalisée parvient à Valenciennes.

Dans 7 jours elle sera écrasée par les Français à Bouvines.

  • le 20 juillet 1369 : naissance du « Bienheureux » Pierre de Luxembourg, cardinal français.

 La vie de cet évêque français mérite qu'on s'y arrête. Elle est caractéristique de la difficulté de savoir où était l'autorité du siège de Pierre pendant le grand schisme d'Occident; on y voit que si « tout ce que lie l'Eglise sur la Terre sera lié dans les Cieux », cela n'empêche pas le Bon Dieu d'avoir un autre jugement que l'Eglise sur certain points. La charité et la sainteté individuelles surpassent la politique interne de l'Eglise à ses yeux.

Sinon comment expliquer l'abondance de miracles sur le tombeau de ce saint évêque ?

Il est le fils de Guy de Luxembourg, comte de Ligny-en-Barrois et de Mahaut de Châtillon, comtesse de Saint-Pol, une puissante famille qui donne des rois à la Bohême et des empereurs au Saint Empire germanique. Né en 1369, envoyé en otage à la place de son frère en Angleterre, il perd ses parents à l'âge de 10 ans, et est élevé par sa tante, la comtesse d'Orgières, qui l'envoie étudier à Paris. Pieux et mystique, il se confesse tous les jours ; charitable envers les pauvres et pacificateur dans une université turbulente, il devient chanoine de Paris en 1379, puis évêque de Metz à l'âge de 15 ans. C'est l'antipape Clément VII, soutenu par le clergé messin pendant le Grand Schisme d'Occident, qui le nomme. Nommé cardinal-évêque d'Avignon en 1386, il meurt l'année suivante épuisé par ses mortifications.

Ce saint cardinal distribue largement des aumônes aux pauvres. On dit rapidement qu'il est gratifié d'extases, où le Christ lui apparaîtrait. Sur l'emplacement de la plus célèbre d'entre elles, à Chateauneuf-du-Pape, une chapelle est édifiée.

Gisant du Bienheureux Pierre de Luxembourg l'église St Didier à Avignon.

Dès son décès, il fait l'objet d'une vénération populaire extraordinaire. Selon ses volontés, il est enterré dans le cimetière des pauvres d'Avignon. La foule est si importante que la cérémonie tourne à l'émeute. Mais les miracles se multiplient sur sa tombe. Et dès le 7 juillet, le pape ordonne que ces évènements soient consignés par écrit. Début octobre 1687, on compte déjà "1964 miracles dont 13 résurrections".

En 1389, une chapelle est édifiéeà l'emplacement de sa tombe par la reine de Sicile ; le Roi de France et le chapitre de Notre-Dame de Paris demandent un procès en canonisation qui s'ouvre à Avignon en 1390 mais, interrompu en 1397 par le décès de Clément VII et n'est jamais achevé. Car le saint est trop lié au schisme d'Avignon. Rome consent seulement à le béatifier le 9 avril 1527. Jusqu'à la révolution son culte est très vivant à Avignon mais aussi à Chateauneuf-du-Pape, villes dont il est le saint patron. Sa fête est le 2 juillet.

  • le 20 juillet 1524 :décès de Claude de France.

Claude de France, fille du Roi Louis XII de France et de la Duchesse Anne de Bretagne, et épouse du Roi François Ier, décède à Blois. Elle est devenue Duchesse de Bretagne en 1514, reine de France l'année suivante. En huit ans elle donne huit enfants au Roi ; la neuvième grossesse a raison de sa santé, elle décède en couche. C'est la dernière Duchesse en titre de Bretagne. Les deux nations sont ensuite définitivement réunies.

  • les 20-21 septembre1697 : signature du Traité de Ryswick.


Le Traité de Ryswick est signé dans la petite ville de Rijswijk, située dans faubourgs de La Haye. Il met fin à la Guerre de la ligue d'Augsbourg entre le Roi Louis XIV et la Grande Alliance. Louis XIV accepte de reconnaître Guillaume d'Orange-Nassau comme roi d'Angleterre, sous le nom de Guillaume III. Le traité reconnaît à la France ses conquêtes de la Baie d'Hudson au Canada ; France récupère par ailleurs Terre-Neuve et une partie de l'Acadie. L'île d'Haïti est partagée entre la France et l'Espagne. Louis XIV,en échange, rend la plus grande partie des Pays-Bas espagnols à Charles II d'Espagne.

  • le 20 juillet 1903 : décès du pape Léon XIII.

Léon XIII a succédé au pape Pie IX, le 20 février 1878, et il règne jusqu'à sa mort. Voir la chronique du 20 février pour son influence politique en France.

  • le 20 juillet 1906 : Alfred Dreyfus est réintégré dans l'armée avec le grade de chef d'escadron.
  • le 20 juillet1934: le brevet du radar est déposé.


Le radar du Normandie (1935)

En 1934, des essais sur des systèmes de détection par radio sont menés par Mrs. Ponte et C. Gutton, inventeurs français, ingénieurs à la Compagnie générale de Télégraphie sans fil. Ils déposentune demande de brevet et l'année suivante leur système, utilisant des antennes paraboliques, est monté sur le paquebot Normandie.

Posté le 20 juillet 2016 à 05h21 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (10)

19 juillet 2016

C’est arrivé un 19 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 19 juillet 64 : un feu éclate près du "Circus Maximus" et ravage Rome.

Il dure une semaine. Les Chrétiens sont accusés et persécutés. Néron dans sa folie a choisi ce moyen pour reconstruire la ville. Voir la chronique du 25 juillet.

  • le 19 juillet 514 : le pape saint Symmaque meurt à Rome.
  • le 19 juillet 1450 : mort de François Ier de Bretagne, dit «le Bien-Aimé», duc de Bretagne, de 1442 à 1450.
  • le 19 juillet 1545 : le navire amiral de la Navy coule au cours d'un combat contre la Royale.

Le navire de guerre Mary Rose, vaisseau amiral de la flotte anglaise, coule dans la rade de Portsmouth sous les yeux du roi Henri VIII, lors d'un combat avec les Français.

  • le 19 juillet 1629 : première Capitulation de la ville de Québec.

Après avoir brillamment résisté à un premier assaut des frères Kirke, au cours de l'hiver 1628, alors qu'il était en large infériorité numérique, Champlain doit de nouveau affronter ces « Français reniés » que sont les deux frères Kirke, huguenots vendus à l'Angleterre et qui luttent à mort contre leur propre patrie la France. Sans vivres et sans renfort, Champlain capitule. Mais ce n'est que le 22 juillet, que les Anglais entrent dans le fort.

Fait prisonnier Champlain est emmené en Angleterre, où il apprend que la guerre entre la France et l'Angleterre s'est terminée en octobre, soit trois mois après le moment de la reddition de Québec. La prise de la colonie est donc illégale et l'Angleterre doit la rendre à la France. En 1632, par le traité de St-Germain en Laye, Québec et toutes les terres d'Acadie occupées de la Nouvelle-France par les Anglais sont donc rendus à la France et Champlain revient à Québec en 1632." Dès le traité signé les Français montent des expéditions de ravitaillement et de transport pour recouvrer Québec.

  • le 19 juillet 1744 : bataille de Pierrelongue.

Remportée par les Français du Bailli de Givri, lieutenant-général, sur une crête près de Bellino, dans les Alpes, cette bataille les oppose aux troupes piémontaises et sardes.

  • le 19 juillet 1793 : d'Elbée généralissime.

Suite à la victoire de Chatillon, (voir la chronique de la veille), le conseil de guerre réuni à Châtillon élit d'Elbée au poste de généralissime. Celui-ci fait aussitôt adopter son plan d'action. Les armées Vendéennes sont regroupées en un seul corps composé de quatre divisions : celle du Haut-Poitou sous les ordres de Lescure, celle d'Anjou sous les ordres de Bonchamps, celle du centre sous les ordres de Royrand et celle du Bas-Poitou sous les ordres de Donnissan. Stofflet devient major général, alors que Charette a une fois de plus été mis de côté.

Le 14 août D'Elbée décide de prendre Luçon, aux mains du général Tuncq. La ville a déjà tenu en échec deux fois la Grande Armée Catholique, il fait pour l'occasion appel à Charette et à ses 6000 maraîchins. Les Vendéens se concentrent à Sainte-Hermine, où l'ambiance est tendue entre le chef maraîchin et les généraux de la grande armée. Encore une fois, comme à Nantes, l'attaque des trois colonnes Vendéennes n'est pas synchronisée. La Rochejaquelein arrive trop tard alors que la débandade a déjà commencé; il ne peut rien faire. Charrette trop avancé est obligé de se replier, mais il garde le contrôle de ses hommes, dont le feu nourri freine les Bleus protégeant ainsi la déroute des Vendéens. Voir les chroniques des 30 juin et 18 juillet.

  • le 19 juillet 1799 (selon le calendrier julien en vigueur en Russie, c'est à dire au 1er août 1799 pour la France) : naissance de la comtesse de Ségur, Sophie Rostopchine, écrivain français.

Après la disgrâce de son père par le tsar, Sophie Rostopchine et sa famille s'installent à Paris. Marié au comte d'Eugène de Ségur en 1819, elle ne commence à écrire qu'à l'âge de 58 ans. Ses livres sont destinés aux enfants et à leur éducation. En 1866, elle entre dans le Tiers-Ordre franciscain. Elle meurt parmi ses enfants en 1875.

  • le 19 juillet 1870 : la France déclare la guerre à la Prusse.
  • le 19 juillet 1900 : la première ligne de métro parisien, entre Vincennes et la porte Maillot, est inaugurée.
  • le 19 juillet 1903 : fin du premier tour de France.

Commencée le 1er juillet, c'est la plus grande course cycliste jamais organisée en France qui arrive à Paris. La victoire revient à un français Maurice Garin, surnommé "Le ramoneur". Sur les 60 concurrents présents au départ, seuls 20 arrivent jusqu'à Paris.

  • le 19 juillet 1941 : droit de vote des femmes.

Le gouvernement du maréchal Pétain prévoit d'inscrire dans la constitution le droit de vote des femmes. Les articles 99 et 166, du premier projet de Constitution qu'approuve le maréchal, spécifient : « Tous les Français et Françaises âgés de 22 ans, non naturalisés, possèdent le droit de vote dans les conditions fixées par la loi. La loi organise le vote familial. […] Les électeurs des deux sexes élisent dans le cadre de la commune le Conseil municipal, de manière à assurer, en même temps que la représentation de la population, celle de la famille, de la profession et des élites locales ».

  • le 19 juillet 1949 : la Convention franco-laotienne.

Elle consacre l'indépendance du Laos, qui devient un Etat associé au sein de l'Union Française (avec le Cambodge et le Vietnam), et est signée à Paris.

  • le 19 juillet 1961 : début de violents affrontements autour de la base française de Bizerte.
  • le 19 juillet 2007 : l'ancien maire de Paris Chirac est entendu par les juges comme témoin assisté dans l'affaire des emplois fictifs du RPR.

Posté le 19 juillet 2016 à 05h19 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

18 juillet 2016

L'alliance des Républicains et de l'Allemagne ne date pas d'aujourd'hui

Instruction de Bismarck au comte Von Arnim, ambassadeur à Paris, le 16 novembre 1871 :

« Nous devons enfin désirer le maintien de la République en France pour une deuxième raison qui est majeure : la France monarchique était et sera toujours catholique; sa politique lui donnait une grande influence en Europe, en Orient et jusqu’en Extrême-Orient. Un moyen de contrecarrer son influence au profit de la nôtre, c’est d’abaisser le catholicisme et la papauté qui en est la tête. Si nous pouvons atteindre ce but, la France est à jamais annihilée. La monarchie nous entraverait dans ces tentatives. La République nous aidera… J’entreprends contre l’Eglise catholique une guerre qui sera longue et, peut-être, terrible! On m’accusera de persécution et j’y serai peut-être conduit, mais il le faut pour achever d’abaisser la France et établir notre suprématie religieuse et diplomatique, comme notre suprématie militaire. Et bien! Je le répète : ici encore les républicains m’aideront ; ils joueront notre jeu ; ce que j’attaque par politique, ils l’attaquent par formalisme antireligieux. Leur concours est assuré. Entretenez dans les feuilles radicales françaises à notre dévotion la peur de l’épouvantail clérical, en faisant propager les calomnies ou les préjugés qui font naître cette peur… Faites aussi parler, dans ces feuilles, des dangers de la réaction…, des crimes de l’absolutisme, des empiètements du clergé. Ces balivernes ne manquent jamais leur effet sur la masse ignorante. Oui! Mettez tous vos soins à entretenir cet échange de services mutuels entre les républicains et la Prusse! C’est la France qui paiera les frais! … ». 

Instruction citée par Gaudin de Vilaine, au sénat, le 6 avril 1911, Journal Officiel du 7 avril 1911.

Posté le 18 juillet 2016 à 11h48 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 18 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 18 juillet 1009 : décès du pape Jean XVII
  • le 18 juillet 1100 : décès de Godefroy de Bouillon, premier roi chrétien de Jérusalem.

Voir la chronique du 14 juillet.

  • le 18 juillet 1216 : élection du pape Honorius III.
  • le 18 juillet 1323 : canonisation de saint Thomas d'Aquin par le pape Jean XXII.

Voir la chronique du 7 mars.

  • le 18 juillet 1721 : décès d'Antoine Watteau, peintre français.

Pèlerinage à l'île de Cythère.

Antoine Watteau représente souvent le théâtre dans ses tableaux, que ce soit à travers les rideaux lourds ou les thèmes. Ses tableaux les plus célèbres sont Pierrot, Pèlerinage à l'île de Cythère.

  • le 18 juillet 1809 : Napoléon écrit à Fouché :

"Je suis fâché qu'on ait arrêté le Pape ; c'est une grande folie... Mais enfin, il n'y a point de remède ; ce qui est fait est fait".

Pourquoi ne pas l'avoir libéré immédiatement alors?

  • le 18 juillet 1830 : apparitions de Notre Dame à Sainte Catherine Labouré en la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse de la rue du Bac.

De juillet à décembre 1830 sœur Catherine, jeune "novice" des Filles de la Charité, reçoit l'immense faveur de s'entretenir trois fois avec la Vierge Marie. Catherine Labouré raconte que ce jour en la Saint-Vincent, elle est réveillée par un petit enfant qui lui dit :

« Ma sœur, tout le monde dort bien ; venez à la chapelle ; la Sainte Vierge vous attend. »

Croyant rêver, Catherine se lève, s'habille et suit l'enfant « portant des rayons de clarté partout où il passait ». Arrivée à la chapelle, Catherine entend bientôt « comme le froufrou d'une robe de soie ». La Sainte Vierge est là, resplendissante, et lui parle pendant deux heures, lui confiant que Dieu a une difficile mission pour elle.

« Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur.»

Cf. les chroniques du 6 juin et du 27 novembre.

  • le 18 juillet 1870 : le Concile de Vatican I définit le dogme de l'infaillibilité pontificale.

Le pape Pie IX

Le 1er concile œcuménique du Vatican se tient du 8 décembre 1869 au 20 octobre 1870. Convoqué par Pie IX, il condamne le modernisme et définit l'infaillibilité pontificale ; mais il est interrompu, quand les troupes italiennes envahissent Rome. Suspendu sine die, il n'est jamais re-convoqué. Le 18 juillet 1870, Pie IX peut malgré tout définir que le double dogme de la primauté universelle de droit divin et l'infaillibilité pontificale étaient des vérités de foi divinement révélées.

  • le 18 juillet 1918 : offensive alliée lors de la seconde bataille de la Marne.

La seconde bataille de la Marne se déroule principalement du 15 au 20 juillet 1918. La plus grande offensive allemande de la Première Guerre mondiale au cours de la deuxième bataille de la Marne est stoppée par une contre-offensive alliée. Mais qui se rappelle que le généralissime Foch, en présence de tout son Etat-major a consacré, le 9 juillet précédent, les armées françaises et alliées au Sacré Cœur de Jésus ! Ce même jour, ils entament une neuvaine qui s'achève justement le 18 juillet, date du début de l'offensive donnant la victoire finale à la France et aux alliés.

Le 7 août tout le territoire est aux mains des alliés. Voir les chroniques du 20, du 26 mars, du 9, du 15 et du 18 juillet.

 

Posté le 18 juillet 2016 à 06h13 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (10)

17 juillet 2016

"Personne plus que nous n'est attaché au successeur de Pierre aujourd'hui régnant"

Item21039Les éditions Clovis ont réédité la Lettre ouverte aux catholiques perplexes, de Mgr Marcel Lefebvre, publiée en 1985, 3 ans avant les sacres qui consommeront la rupture avec Rome. A l'heure où la Fraternité Saint-Pie X et les autorités romaines discutent d'une probable régularisation canonique, il n'est pas inintéressant de relire cet ouvrage, qui faisait le constat d'une véritable révolution au sein de l'Eglise. Les prêtres avaient quitté la soutane, le latin avait été abandonné au profit des langues vernaculaires, le Saint Sacrifice transformé en repas, le catéchisme dénaturé, Karl Marx avait remplacé St Thomas d'Aquin dans les séminaires, etc. Face à ces bouleversements, Mgr Lefebvre fondait une fraternité sacerdotale, qu'il a voulu fidèle à ce qu'on appelle désormais la forme extraordinaire du rite romain et à la doctrine traditionnelle de l'Eglise. Concernant sa désobéissance aux autorités suprêmes de l'Eglise, il écrivait alors :

"L'obéissance constitue un sujet grave, rester uni au magistère de l'Eglise et particulièrement au pontife suprême est une des conditions du salut. Nous en avons profondément conscience et aussi personne plus que nous n'est attaché au successeur de Pierre aujourd'hui régnant, comme nous l'avons été à ses prédécesseurs - je parle ici de moi et des nombreux fidèles rejetés des églises, des prêtres obligés de célébrer la messe dans des granges ainsi que pendant la Révolution française, et à organiser des catéchismes parallèles dans les villes et les campagnes."

Posté le 17 juillet 2016 à 09h01 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 17 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 17 juillet : saintes catholiques du jour, les Carmélites de Compiègne.

Seize martyres sont guillotinées place du Trône à Paris, le 17 juillet 1794 en haine de la foi catholique. Elles sont conduites par leur supérieure, mère Thérèse de Saint-Augustin, quittent la prison et prennent le chemin de la guillotine en chantant des cantiques tout au long du parcours, le Miserere, le Salve Regina, le Te Deum, prononcent le renouvellement de leurs vœux et chantent le Veni Creator.

Les chants des religieuses, durant leur parcours jusqu'à la guillotine et en gravissant l'échafaud, impressionnent fortement la foule qui assiste en silence à leur exécution.

Leurs corps et leurs têtes sont jetés de nuit dans l'une des deux fosses communes du cimetière de Picpus. Les dépouilles se trouvent encore dans le jardin des religieuses.

  • le 17 juillet 561 : élection du pape Jean III.
  • le 17 juillet 855 : mort du pape Léon IV.
  • le 17 juillet 1048 : Damase II est nommé pape.

Damase II (Poppon de Brixen) est pape pendant 23 jours, du 17 juillet au 9 août 1048. Il meurt à Palestrina en Italie, probablement de la malaria. Il est élevé au trône pontifical par l'empereur Henri III du Saint-Empire, sans avoir été élu.

 

  • le 17 juillet  1429 : sacre de Charles VII en la cathédrale de Reims.

Après la triple donation du Royaume de France faite devant notaire, le 21 juin 1429 (voir la chronique du jour), qui fait de Jésus Christ le Roi de France, et de Charles VII le lieutenant de Dieu en France (étymologiquement le Tenant lieu de…), il reste un acte indispensable à réaliser : le sacre. C'est le moment où la personne du Roi devient Sacrée, où il reçoit les grâces de son nouvel état. Par le sacre, le Roi renouvelle en sa personne le pacte de Reims de la Noel 496.

L'évêque prononce les paroles : « Je te sacre Roi de France au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »

Sainte Jeanne d'Arc se jette alors aux pieds du Roi et s'écrie :

« Gentil Prince, maintenant est exécuté le plaisir de Dieu, qui voulait que vous vinssiez à Reims pour y recevoir votre digne Sacre, montrant que vous êtes le vrai Roi et celui auquel le Royaume doit appartenir ! »

Pour Geneviève Esquier, dans Ceux qui croyaient au Ciel de (Ed. de l'Escalade) page 180 : Désormais la vocation spirituelle et temporelle de la nation des Francs renaît officiellement.

Sacre à Reims de Charles VII, par Lenepveu, Panthéon de Paris.

Voir les chroniques du 22 février, du 21 juin sur la triple Donation du Royaume de France et du 22 juillet.

  • le 17 juillet  1429 : lettre de la Pucelle au Duc de Bourgogne.

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré Roi de France à Reims, selon la volonté de Dieu. Le jour même, Jeanne écrit au duc de bourgogne pour lui demander de faire la paix :

† Jhesus Maria.

  « Hault et redoubté prince, duc de Bourgoingne, Jehanne la Pucelle vous requiert de par le Roy du ciel, mon droicturier et souverain seigneur, que le roy de France et vous, faciez bonne paix ferme, qui dure longuement. Pardonnez l'un à l'autre de bon cuer, entièrement, ainsi que doivent faire loyaulxchrestians; et s'il vous plaist à guerroier, si alez sur les Sarrazins. Prince de Bourgoingne, je vous prie, supplie et requiers tant humblement que requerir vous puis, que ne guerroiez plus ou saint royaume de France, et faictes retraire incontinent et briefmentvoz gens qui sont en aucunes places et forteresses dudit saint royaume; et de la part du gentil roy de France, il est prest de faire paix à vous, sauve son honneur, s'il ne tient en vous. Et vous faiz à savoir de par le Roy du ciel, mon droicturier et souverain seigneur, pour vostre bien et pour vostre honneur et sur voz vie, que vous n'y gaignerez point bataille à rencontre des loyaulx François, et que tous ceulx qui guerroient oudit saint royaume de France, guerroient contre le royJhesus, roy du ciel et de tout le monde, mon droicturier et souverain seigneur. Et vous prie et requiers à jointes mains, que ne faictes nulle bataille ne neguerroiez contre nous, vous, voz gens ou subgiez ; et croiezseurement que, quelque nombre de gens que amenez contre nous, qu'ilz n'y gaigneront mie, et sera grant pitié de la grant bataille et du sang qui y sera respendu de ceulx qui y vendront contre nous, Et a trois sepmaines que je vous avoyeescript et envoié bonnes lettres par unghérault, que feussiez au sacre du roy qui, aujourd'hui dimenche XVIIe jour de ce présent mois de juillet, ce (se) fait en la cité de Reims : dont je n'ay eu point de response, ne n'ouy oncques puis nouvelles dudit hérault. A Dieu vous commens et soit garde de vous, s'il lui plaist; et prie Dieu qu'il y mecte bonne pais. Escript audit lieu de Reims, ledit XVIIe jour de juillet. »

  Sur l'adresse : « Au duc de Bourgoingne. » (Procès, t. V, p. 126). L'original est encore aux archives de Lille.

Jeanne repart vers la Charité-sur-Loire, Melun, Soisson et Compiègne. Sa mission est terminée, elle a sauvé la France, lui a rendu son Roi, elle a consacré la mission divine de la France, elle a sauvé la chrétienté en empêchant le protestantisme anglais, qui doit sévir au siècle suivant, de détruire l'Eglise, elle a proclamé la royauté universelle du Christ. A la mission de Jeanne, il ne manque encore qu'une chose : l'auréole du martyre.

Le parti anglais réplique la même année en faisant sacrer, à Notre Dame de Paris, le jeune Henri VI de Lancastre de sept ans, roi de France et d'Angleterre.

  • le 17 juillet 1453 : victoire de Castillon, fin de la guerre de 100 ans.

L'armée française de Charles VII remporte une victoire décisive sur les Anglais dans le village de Castillon, en Gironde. Cette bataille marque la fin de la Guerre de Cent Ans, car toute l'Aquitaine revient à la couronne de France. La reconquête de la région aquitaine est complète quand le Roi de France s'empare de Bordeaux, le 19 octobre. Les Anglais sont alors définitivement boutés hors du Royaume. John Talbot, connu pour avoir repris la ville de Bordeaux en 1452, alors qu'un traité avait été signé entre les deux pays, meurt au cours des combats.

Après Castillon, les Anglais ne conservent que le port de Calais. Si cette victoire marque bel et bien la fin de la puissance anglaise en France, il faut attendre le Traité de Picquigny signé entre Louis XI et Édouard IV pour régler politiquement le vieux conflit.

  • le 17 juillet 1765 : instauration de la fête du Sacré-Cœur dans tous les diocèses de France.

La reine Marie Leckzinska suggère, en 1751, l'adoration perpétuelle du Sacré-Coeur dans le Saint Sacrement. Elle obtient du pape Clément XIII, la fête du Sacré-Coeur dans tous les diocèses de France le 17 juillet 1765. Une lettre de la Mère Marie-Hélène Coing, supérieure de la visitation de Paray-le-Monial, adressée le 17 mars 1744 relance le message de 1689. Louis XV reste sourd au message, mais son fils le Dauphin Louis fait dédier, dans l'église du Château de Versailles, en 1773, une chapelle au Cœur de Jésus dans la tradition eudiste à laquelle la famille royale participe.

  • le 17 juillet 1791 : massacre du Champ de Mars.

Les émeutiers se rassemblent au Champ-de-Mars, afin de faire signer une nouvelle pétition pour priver le Roi de ses pouvoirs. Aussitôt, l'Assemblée réagit et, sous le commandement de La Fayette, la Garde nationale ouvre le feu. Environ cinquante personnes sont tuées.

  • le 17 juillet 1918 : le tsar Nicolas II, sa famille et 4 fidèles sont assassinés.

La famille impériale russe, le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra, les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria et Anastasia, le tsarévitch Alexis et plusieurs domestiques demeurés à leur service, sont assassinés à Ekaterineburg.

Bien que cela ne concerne pas l'histoire de France, cet assassinat a été commis en haine de la foi et de toute autorité. C'est dans le même esprit que la famille royale de France a été assassinée en 1793.

Posté le 17 juillet 2016 à 00h12 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)


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