25 juin 2016

C’est arrivé un 25 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 25 juin 523 : élection de Lucius 1er, 22ème pape.

Immédiatement déporté par l'empereur Trébonien Galle après son élection, il meurt martyr, le 5 mars 254.

  • le 25 juin 524 : bataille de Vézeronce, en Isère.

Défaite des Rois Francs Clodomir, Childebert Ier, Clotaire Ier et Thierry Ier, lors de la deuxième expédition menée contre les Burgondes (Bourguignons) et leurs alliés Ostrogoths. Clodomir Ier, Roi des Francs y est tué.

  • le 25 juin 841: bataille de Fontenay-en-Puisaye.

A la bataille de Fontenay-en-Puisaye, dans l'Auxerrois, les petits-fils de Charlemagne se disputent l'Empire de Charlemagne. Lothaire, héritier légitime, est vaincu par ses frères Louis le Germanique et Charles le Chauve. Il doit ensuite accepter le traité de Verdun de 843, par lequel Charles obtient la partie francophone et Louis la partie germanophone. Les territoires ainsi séparés par ce conflit sont les embryons de l'Allemagne, de la France et de l'Italie.

  • le 25 juin 1080: élection du pape Clément III.
  • le 25 juin 1243 : élection du pape Innocent IV.
  • le 25 juin 1421 : mort du Maréchal de France Jehan II le Meingre de Boucicaut.

Né en 1364 à Tours, Jean II Le Meingre commence comme page à la Cour du Roi de Charles V le Sage. Il combat les Anglais dès 1374 sous les ordres de l'Amiral Jehan de Vienne. En 1383, il s'illustre à la bataille de Roosebeke contre les Flamands, ce qui lui vaut d'être armé par Louis II de Bourbon, oncle du nouveau Roi Charles VI. Il l'accompagne en Castille contre Jean de Lancastre.

Fait prisonnier de 1389 à 1390, lors de la croisade manquée en Tunisie, Il est nommé Chambellan à son retour. Mais part se battre avec les Chevaliers Teutoniques contre les Polonais ; c'est au cours de cette expédition qu'il apprend son élévation à la dignité de Maréchal de France. En 1396, il est encore fait prisonnier, lors de la croisade de Nicopolis contre les Turcs. Nommé gouverneur de Gênes et de Savone, son autoritarisme pousse les habitants à se révolter. A Azincourt, ses conseils ne sont pas suivis par le Connétable d'Albret, qui lance la fatale charge frontale contre les archers anglais. La manœuvre d'encerclement des ailes de Lancastre, qu'il propose, aurait permis de gagner la bataille. Il meurt en captivité en Angleterre.

Ce guerrier, très pieux et dévot, érudit et lettré, marque son époque et rédige même des mémoires : Livre des faicts du bon messire Jean le Maingre, dit Boucicaut et même un recueil de poèmes.

  • le 25 juin 1429 : Sainte Jeanne d'Arc écrit aux habitants de Tournai.

Lettre de Jeanne d'Arc aux habitants de Tournai - 25 juin 1429.

« Gentilz loiaux Franchois de la ville de Tournay, la Pucelle vous faict savoir des nouvelles de par dechà que en VIII jours elle a cachié les Anglois hors de toutez les places qu'ilz tenoient sur la rivire de Loire, par assaut ou aultrement ; où il en a eu mains mors et prinz, et lez a desconfis en bataille. Et croiés que le conte de Suffort (Suffolk), Lapoule (Pole) son frère, le sire de Tallebord (Talbot), le sire de Scallez (Scales), et messires Jehan Falscof (Falstolf) et plusieurs chevaliers et capitainez ont estéprinz, et le frère du comte de Suffort et Glasdas mors. Maintenés vous bien loiaux Franchois, je vous en pry, et vous pry et vous requiers que vous soiés tous prestz de venir au sacre du gentil roy Charles à Rains où nous serons briefment, et venésau devant de nous quand vous saurés que nous aprocherons.

   A Dieu vous commans, Dieu soit garde de vous et vous doinst sa grace que vous puissiés maintenir la bonne querelle du royaume de France. Escript à Gien le XXVe jour de juing. »

— adresse: « Aux loiaux Franchois de la ville de Tournay. » (Procès, tome V, p. 125, tiré des Archives du Nord, nouvelle série, t. I, p. 520.)

  • le 25 juin 1569 : bataille de La Roche-l'Abeille.

La bataille de La Roche-l'Abeille a lieu au cours de la troisième guerre de Religion en France. Suite à l'assassinat du duc de Condé, Coligny mène les troupes protestantes et affronte le colonel général de l'armée royale, Philippe Strozzi. Les protestants bénéficient de la surprise, mais mal commandés, ils ne détruisent pas l'armée royale ; seul gain pour eux : la route du Sud et du Périgord est ouverte.

  • le 25 juin 1615 : première messe à Québec.

Comme le père récollet Denis Jamet, à Montréal la veille, le père Dolbeau célèbre une messe solennelle à Québec, suivie d'un Te Deum puis d'un feu d'artillerie. Les Récollets entreprennent la construction d'une résidence.

  • le 25 juin 1638 : première prise de possession des îles Mascareignes par la France.

Le 29 juin 1642, les Français prennent une seconde fois possession des îles Mascareignes au nom du Roi de France et la rebaptisent île Bourbon.

  • le 25 juin 1673 : mort de d'Artagnan, au siège de Maastricht.

Né vers 1611-1615 au Château de Lupiac, près d'Auch dans le pays d'Astarac (Gascogne), il sert à Paris au sein des Gardes Françaises, Corps d'élite chargé de la protection du Roi. Affecté à la Compagnie de Mousquetaires des Essarts près de Fontainebleau par Mr. de Tréville, il participe aux combats de la Guerre de Trente-Ans à Arras, Bapaume, Collioure et Perpignan. En 1660, il escorte Louis XIV à St-Jean-de-Luz pour son mariage avec l'Infante d'Espagne Marie-Thérèse. Le mousquetaire est gouverneur de Lille, poste qu'il n'apprécie guère, quand le Roi Louis XIV l'appelle pour la guerre de Hollande. Il rejoint le siège de Maastricht en 1673 et y trouve la mort, tué par une balle de mousquet qu'il reçoit dans la gorge. Louis XIV déclare alors : «J'ai perdu d'Artagnan en qui j'avais la plus grande confiance et m'était bon à tout. » (voir la chronique du 15 avril)

  • le 25 juin 1786 : voyage Louis XVI en Normandie.

Le Roi visite l'emplacement du fort de Querqueville et le fort d'Artois. Il demande à ce qu'un navire, destiné à être brûlé pour le spectacle, soit vendu et que la recette soit redistribuée aux nécessiteux.

  • le 25 juin 1791 : le Roi Louis XVI est ramené au palais des Tuileries, placé sous la «surveillance du peuple».

Le peuple est tenu et contrôlé par· «l'armée» qui impose le silence aux spectateurs. Le cortège royal entre à Paris, dans un silence funèbre sur ordre de la Garde nationale. Le Roi est provisoirement suspendu de ses pouvoirs.

  • le 25 juin 1795 : Charette reprend la guerre pensant avoir été dupé à la Jaunaye.

Des deux cotés on ne cherche pas vraiment à améliorer la situation, la Convention souhaite en finir avec la Vendée et arrêter tous les chefs et les Vendéens cherchent un prétexte pour pouvoir reprendre les hostilités. Charette a reçu un courrier du comte d'Artois lui disant son admiration et son souhait de pouvoir le rejoindre pour partager ses périls et sa gloire.

La dénonciation du traité de La Jaunaye est officiellement due à l'arrestation de deux officiers de Charette les 19 et le 20 juin ainsi qu'au non versement des indemnités promises. Seules 200.000 livres ont été versées sur les 2 millions promis. Certains historiens parlent également d'une clause secrète concernant la remise du jeune Roi Louis XVII.

A l'appel de Charette, ses lieutenants, à qui il annonce l'arrivée prochaine des émigrés à Quiberon, se lèvent comme un seul homme. Les convois de vivres et de farines, destinées à la division des Sables sont interceptés ; 13 voitures de blé sont capturées entre Luçon et le Givre ; l'escorte est massacrée. Le 28 juin, le camp des Essarts est conquis par 1.800 royalistes avec Charrette à leur tête.

Mais la Vendée ayant la liberté religieuse ne les suit pas. Stofflet est fusillé en février 1796, et Charette en mars. Le génocide a fait en Vendée 117 000 morts sur 815 000 habitants, 10 000 maisons détruites sur 50 000. Il faut attendre Louis-Philippe pour que se mette en œuvre une nouvelle version de l'histoire, qui deviendra la version officielle jusqu'à notre époque. Avec la disparition des témoins, il est plus facile de persuader les Français de la justesse de la cause républicaine. Mais comme on est incapable d'expliquer le crime, on préfère le nier et le banaliser. Le mémoricide d'aujourd'hui vient achever le génocide.

  • le 25 juin 1804 : exécution de Georges Cadoudal.

Georges Cadoudal, le chef de chouannerie, refuse la grâce de Napoléon ; il est guillotiné place de Grève à Paris, après avoir prononcé la devise des insurgés vendéens : "Mourons pour notre Dieu et notre Roi".

Fils de Louis Cadoudal et de Jeanne Le Bayon, Georges naît le jour de l'an 1771 à Kerléano, petit village près d'Auray. Ce fils de meunier pense un moment entrer au séminaire, il fait ses études au Collège de Vannes. Lorsqu'en 1793, Danton et la Convention décrètent la levée en masse, Cadoudal refuse de se soumettre et participe à l'embrasement de la Bretagne royaliste. Il décide alors de rejoindre la Grande Armée Catholique et Royale de Vendée et se place sous les ordres de Stofflet.

En 1795, Cadoudal prend le commandement des chouans du Morbihan. Devenant commandant de la Division d'Auray, le Morbihan en compte onze, Cadoudal mène de nombreuses actions qui paralysent les Bleus dans tout l'Ouest du Morbihan. Toute cette partie du département est sous son contrôle. Cadoudal rejette le cessez-le-feu conclu La Mabilais et continue seul le combat.

Furieux et impuissant face à l'échec du débarquement de Quiberon, Cadoudal se replie avec ses hommes. Il reprend tout de même Sarzeau à la fin1795 et Locminé en avril 1796. Hoche le force à accepter la paix. Nommé Commandant de l'Armée Catholique et Royale du Morbihan par le Comte de Provence, le futur Louis XVIII, Georges Cadoudal reprend le combat le 4 septembre 1797.

En février 1799, Cadoudal est invité à Paris par le Premier Consul Bonaparte à signer une paix définitive. L'entrevue est un échec et la guerre reprend. Cadoudal participe à l'attentat de la rue Saint-Nicaise, dit de la Machine infernale. Si Bonaparte en sort sain et sauf, la bombe fait vingt-deux tués. Réfugié en Angleterre, il revient à Paris avec trois autres hommes pour enlever le Premier Consul: Joyaut, Burbant et Gaillard. C'est au cours de cette action qu'il est capturé.et jugé avec dix autres de ses amis. Le 25 juin 1804, il monte à l'échafaud. Voir les chroniques du 1er janvier et du 21 juin.

  • le 25 juin 1928 : le président du Conseil Poincaré dévalue le Franc de 80% (abandon du franc germinal).
  • le 25 juin 1992 : Jean-Paul II approuve officiellement un nouveau catéchisme catholique.
  • le 25 juin 1982 : Jean-Loup Chrétien est le premier spationaute français sélectionné pour aller dans l'espace.

Il rejoint un programme spatial soviétique.

Posté le 25 juin 2016 à 05h04 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

24 juin 2016

C’est arrivé un 24 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 24 juin: nativité de saint Jean-Baptiste.

La fête de Saint-Jean-Baptiste est aussi la fête nationale des Canadiens-français depuis 1834, lors de la création de la Société Saint-Jean-Baptiste. Jean le Baptiste est décrété patron des Canadiens-français en 1908 par le pape Pie X. En 1977, sa fête devient la fête nationale du Québec.

Saint Jean-Baptiste est né en Judée quelques mois avant Jésus-Christ. Il est fêté en Occident le 24 juin. Saint Jean le Baptiste, personnage de l'Ancien et du Nouveau Testament, est le prédicateur qui annonce la venue de Jésus-Christ. C'est aussi son cousin et le prophète qui le baptise sur les bords du Jourdain, après l'avoir désigné comme «l'agneau de Dieu», et lui avoir donné ses propres disciples. Voir chronique du 24 février, comme beaucoup de saints de l'époque du Christ, c'est en France que repose une partie du corps de son cousin.

  • le 24 juin 451 : Aetius attaque les troupes d'Attila. Les Huns se replient. Orléans est sauvée.

Les Huns font le siège d'Orléans. Le 24 juin 451, alors qu'Orléans va succomber, les troupes romaines déferlent sur les assiégeants. C'est Aetius et son armée qui le 20 juin a déjà arrêté les Huns. Ces derniers sont stupéfaits. Depuis leurs steppes de Mongolie, on ne les a jamais attaqués ! Ils se replient et abandonnent la place. Voir les chroniques des 7 avril et 20 juin.

  • le 24 juin 1204 : capitulation de la ville de Rouen, la Normandie redevient française.

Philippe Auguste, Roi de France, vainc à Rouen Jean sans Terre et peut ainsi prendre possession de la Normandie. Dès 1202, Philippe Auguste confisque les terres du roi d'Angleterre, d'où son surnom de Jean sans Terre. Le Roi de France a frappé un grand coup en prenant le célèbre Château Gaillard construit par Richard Cœur de Lion. Philippe Auguste s'empare ensuite par les armes de l'Anjou et de la Touraine. Le Roi fait construire le château de Rouen, la plus grosse fortification de son époque.

  • le 24 juin 1340 : bataille navale de l'Écluse.

Le 24 juin 1340 eut lieu la bataille de l'Ecluse, la première bataille navale de la guerre de Cent Ans, oppose la flotte anglaise à celle du Roi Philippe VI de France. Cette bataille a lieu en mer du Nord près de la Belgique. Elle est remportée par les Anglais qui anéantissent la flotte française.

  • le 24 juin 1542 : naissance de saint Jean de la Croix, religieux et réformateur espagnol, docteur de l'Église.
  • le 24 juin 1635 : ordonnance du Cardinal de Richelieu, sur le commerce de la soie.

L'ordonnance prise à la demande du Roi Louis XIII, accorde aux Arméniens de France la liberté du commerce pour :

«faire venir et apporter en toute liberté, et sûreté de leurs dicts pays en ports et havres de Provence et autres de ce royaume telle quantité de soyes et austres marchandises que bon leur semblera pour les y vendre et débiter en payant les droits pour ce dû à Sa Majesté».

  • le 24 juin 1615 : la première messe sur l'île de Montréal.

Toile de Georges Delfosse

Samuel de Champlain décide d'amener des missionnaires en Nouvelle-France, les Récollets, une branche de l'Ordre des Franciscains. Une messe, la première sur l'île de Montréal, est alors célébrée le 24 juin 1615, à la rivière des Prairies, par le récollet Denis Jamet assisté du père Joseph Le Caron, récollet aussi.

  • le 24 juin 1717 : création de la maçonnerie en Angleterre, la Grande Loge unie d'Angleterre.

Le 24 juin 1717, la Grande Loge unie d'Angleterre, principale loge maçonnique anglaise, est créée à Londres. Elle regroupe quatre loges maçonniques dont les membres se réunissent dans des tavernes. Elle est aujourd'hui la première obédience maçonnique du monde. L'un des 3 principaux animateurs à l'époque est Désaguliers, ami et collaborateur de Newton. (Dans La politique des Francs-maçons de Jacques Mitterrand, cité par FM ALGOUD dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs page 61)

En 1721 est fondée à Dunkerque la première loge française : la loge « Amitié et Fraternité ». Et en 1789, Mirabeau dit lors des Etats généraux :

« Avant toute chose il faut commencer par décatholiciser la France. » Cité par l'abbé Alphonse Cordier dans, Martyrs et bourreaux de 1793, (tome I, p.111 Ed. La Source d'or)

  • le 24 juin 1786 : voyage Louis XVI en Normandie.

Louis XVI monte à bord du vaisseau "Le Patriote" où il est acclamé par l'équipage et assiste aux manœuvres de l'escadre face à Cherbourg, il dîne à bord, puis, après un exercice de bataille navale, prend la mer jusqu'à percevoir les côtes anglaises. Au retour, il visite l'anse d'Urville-Hague.

«Le lendemain[le 24 juin], il embarque sur le Patriote et stupéfie le chef d'escadre, Mr d'Albert de Rions, et son état-major par la pertinence de ses questions, par son aptitude à commenter les manœuvres les plus subtiles. Sans ostentation, il fait comprendre qu'il connaît les moindres détails d'un métier savant entre tous. […] Soudain, Mr de Rions fait virer de bord. Encore qu'il connaisse la réponse le Roi demande : - Où nous mènerait ce vent ? - Sire, en Angleterre.- Oh ! J'irais volontiers ! Les Anglais ne me recevraient pas mal et, dans ce pays-là, on ne trompe point les rois. […] A bord, sur les quais, dans les rues, on hurle : «  Vive le Roi, vive notre bon Roi ! » Il répond ivre de bonheur : - Vive mon bon peuple ! […] Je n'ai jamais goûté le bonheur d'être Roi que le jour de mon sacre et depuis que je suis à Cherbourg. »

Jean François Chiappe dans Louis XVI, (édit. Perrin, Tome II, page 365).

  • le 24 juin 1793 : adoption de la première constitution républicaine en France.

Cette constitution de l'an 1 n'est jamais appliquée.

  • le 24 juin 1859 : bataille de Solférino.

Victoire sanglante des troupes franco-piémontaises de Napoléon III sur les forces autrichiennes de François-Joseph à Solférino, en Italie. Le combat voit plus de 300 000 hommes combattre, ce qui constitue le plus gros effectif depuis la bataille de Leipzig, en 1813. Les nouvelles techniques utilisées au combat, telles que le transport des troupes par train ou l'utilisation de canons et de fusils à canon rayé annoncent déjà la première guerre mondiale. Un suisse, Henri Dunant est présent sur les arrières de l'armée française, Il découvre qu'il n'y a rien de prévu pour accueillir les blessés et que personne ne s'occupe d'eux. Il organise des soins avec des volontaires. La guerre terminée, il crée la Croix Rouge en 1864.

    • le 24 juin 1866: naissance de Jean Guiraud, Historien spécialiste de l'histoire de l'Église.

    Professeur d'Université, Militant Catholique et Rédacteur en chef du Journal La Croix de 1917 à 1939.

    Régulièrement cité dans cette rubrique pour son ouvrage Histoire Partiale, Histoire Vraie, le 150ème anniversaire de sa naissance est l'occasion de relever un peu sa notoriété perdue. En effet, au début du 20e siècle, Jean Guiraud était connu de presque tous les foyers catholiques grâce à ses articles dans La Croix.

    Petit fils de paysan-ouvrier de Carcassonne, fils d'instituteur, il est un exemple de l’ascension par l’effort, devenant, par un travail acharné, normalien, membre de l’École française de Rome, agrégé d’histoire, professeur de lycée puis à l'université de Besançon.

    Mais son poste dans l'université publique ne lui fait pas abandonner ses convictions religieuses. Il devient un militant catholique actif et infatigable avec des engagements tant politiques qu'associatifs. Sa notoriété est grandissante, tout comme sa famille (il épouse en 1895 Marguerite Petit de Julleville, dix enfants naissent de cette union).

    C'est en fin 1916 que le journal La Croix l'approche pour lui proposer le poste de rédacteur en chef. Le journal espère à la fois bénéficier de sa notoriété dans les sphères catholiques, mais aussi de ses compétences littéraires et historiques. Il en fait un vrai quotidien.

    Mais fin des années 20, début des années 30, une ligne progressiste se dessine au journal. Après une cohabitation de quelques années, Jean Guiraud démissionne en 1939 et retourne à ses travaux historiques. Dès lors, l'histoire ''officielle'' du journal minimisera, jusqu'à aujourd'hui, son rôle.

    Parfois qualifié d'intransigeant, Jean Guiraud « refuse de s'inféoder à quelque parti ou courant politique que ce soit. Éternel franc-tireur, il combat aussi bien le boulangisme que le ralliement inconditionnel, aussi bien le Sillon que l'Action française. Il est indépendant et inclassable, comme le constate l'abbé Thellier de Poncheville: "Guiraud ? Il n'est ni démocrate, ni réactionnaire, il est guiraudiste !". Si cependant on se risquait à tenter de caractériser la personnalité et l'activité de Jean Guiraud, sans doute pourrait-on reprendre ce qu'écrivait sa fille aînée à l'occasion de la célébration des 80 ans de son père (Lyon, 24 juin 1946) : "Mgr Bertin prononça une allocution émouvante, prenant pour thème une citation de saint Paul que nous aimions depuis longtemps évoquer quand nous pensions à papa : Bonus miles Christi » (Didier Ozanam, petit-fils de Jean Guiraud ; allocution lors de l'inauguration du Fonds Guiraud au CHAN en 2006).

    Sur Wikipédia, une biographie sommaire mais une bibliographie bien complète :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Guiraud_(1866-1953)

    Sur le site des archives nationales, la présentation du fonds avec une biographie scientifique complète.

    https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/consultationIR.action?irId=FRAN_IR_025019

     

    le 24 juin 1940 : armistice franco italien, fin de la bataille des Alpes, seul succès français de 1940.

Alors que la Wehrmacht est aux portes de Lyon, en face, le Général René Olry a établi trois positions défensives : la première s'établit de Bellegarde à Lyon avec des avant-postes défensifs au nord la ville ; la seconde défend Grenoble en s'appuyant sur versant ouest de la Chartreuse, la chaîne de l'Epine et le Mont du Chat ; la troisième autour de Voreppe, le long de l'Isère et le dos au Massif du Vercors. Le 18 juin, à la demande du maire Edouard Herriot Lyon est déclarée « ville ouverte ». Les allemands ne passent aucune des lignes défensives mais se replient avec de lourdes pertes. Ce succès est obtenu alors que dans le même temps les Italiens attaquent le 21 juin! Le Lieutenant Tom Morel, futur chef du maquis du Plateau des Glières, s'illustre en ordonnant un tir de barrage sur sa propre position, blessé, il obtient toutefois la reddition des soldats ennemis. Cet acte lui vaut la Croix de Guerre.

Le 24 juin, deux jours après Rethondes, la France signe à Rome un armistice bien moins dur. Rome ne met seulement la main que sur une bande terrestre allant du nord des Alpes françaises jusqu'à Menton, cette dernière ville passant sous administration italienne. Le Général René Olry a préservé au total 300 000 hommes de la captivité allemande.

  • le 24 juin 1940 : arrivée au Maroc du navire Massilia.

La déroute de l'armée française devant les troupes allemandes précipite le départ du gouvernement et de vingt-sept parlementaires réfugiés à Bordeaux. Ils accostent à Casablanca, au Maroc, sous les huées de la foule. Placés en garde à vue, certains parlementaires sont ensuite condamnés pour désertion devant l'ennemi, d'autres sont désignés coupables de la déroute française. Comment ne pas penser à l'Evangile de Saint Jean :

« Je suis le bon pasteur, le vrai berger. Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas : s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse. Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui. Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. »

  • le 24 juin 1984 : 1,8 million de personnes défilent à Paris pour défendre l'enseignement privé.

Et les lois Savary sont retirées.

  • le 24 juin 1994 : Airbus présente son dernier-né, le Béluga, le plus gros avion porteur du monde.

Posté le 24 juin 2016 à 06h15 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

23 juin 2016

C’est arrivé un 23 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 23 juin 964 : décès du pape Benoit V.
  • le 23 juin 1101 : les armées croisées prennent Ankara.

La ville était occupée par les troupes du sultan Seljûqide Qilij Arslân Dâwûd.

  • le 23 juin 1659 : Hugues de Lionne nommé Ministre d'Etat.

Hugues de Lionne, marquis de Fresnes, est nommé Ministre d'Etat dans le gouvernement formé par Mazarin. Né le 11 octobre 1611, Hugues de Lionne est d'abord diplomate et devient rapidement un proche de Mazarin et de Louis XIII. C'est lui qui négocie le traité des Pyrénées, début 1659, qui met fin à la guerre de Trente ans. Il meurt le 1er septembre 1671.

  • le 23 juin 1668 : naissance Louis François Marie Le Tellier, marquis de Barbezieux.
  • le 23 juin 1675 : un bureau breton du papier timbré est pillé par les paysans en colère.

Le pays Bigouden s'enflamme.

  • le 23 juin 1714 : le maréchal de Villars est reçu à l'Académie française.
  • le 23 juin 1784 : vol réussi de Pilâtre et Proust.

Le ballon "La Marie-Antoinette" s'élève devant le Roi Louis XVI et le roi suédois Gustave, à Versailles, emmenant Jean-François Pilâtre de Rozier et le chimiste Louis Joseph Proust. Ils montent régulièrement, se dirigent vers le nord, traversent les nuages, atteignent 3km et décident de redescendre : ils parcourent 52km et se posent avant la forêt de Chantilly.

  • le 23 juin 1786 : voyage Louis XVI en Normandie.

Après la messe matinale, le Roi Louis XVI commence par décorer les héros français de la Guerre d'indépendance américaine. À bord d'un canot conduit par vingt rameurs et mené par La Bretonnière, puis à bord du Patriote, vaisseau à 74 canons, il assiste à l'immersion du neuvième cône de pierre. Il visite ensuite le fort de l'île Pelée qu'il baptise Fort-Royal.

« Partout, la population ovationne follement ce bon Roi, si simple, et se montrant, par ses questions, si soucieux du bonheur de tous. En route il interroge ses compagnons :

Pourquoi reçois-je ici des témoignages d'amour auxquels je ne suis point habitué ? Les interpellés gardent le silence. Alors son regard se voile : Je vois, il faut qu'on m'ait fait une mauvaise réputation à Versailles. »

Jean François Chiappe dans Louis XVI, (édit. Perrin, Tome II, page 363).

  • le 23 juin 1789 : coup de force législatif, et renoncement royal.

Au cours d'une séance des Etats généraux ouverte le 4 mai 1789, le marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies du Roi, veut faire sortir le Tiers-Etat de la salle. Les députés du Tiers-Etat, galvanisés par Mirabeau, refusent l'ordre de dispersion de l'Assemblée constituante du Roi Louis XVI. Ce dernier très affecté par la mort du Dauphin s'écrie : « Ils veulent rester, qu'ils y restent. »

  • le 23 juin 1786 : l'expédition La Pérouse aperçoit la terre d'Alaska.

"Une longue chaîne de montagnes couvertes de neige…"

  • le 23 juin 1795 : victoire navale britannique à la bataille de Groix.

La bataille de Groix oppose la France et la Grande-Bretagne. Plusieurs escarmouches ont lieu début juin. Le véritable combat débute le 23 juin. L'armée britannique remporte la victoire.

  • le 23 juin 1795 : débarquement de Quiberon.

Une troupe d'émigrés, venus pour appuyer les Français rejetant la république se battant pour leur Dieu et leur Roi débarquent. Les Chouans sont prêts et rejoignent rapidement les émigrés. Faute de débarquement en Vendée, les troupes de Charette et Stofflet mènent des actions non coordonnées. Mal organisée et rongée par les dissensions, l'armée d'émigrés, après une brève avancée, est repoussée et vaincue.

Aucun prince de sang ne participe. Il est loin le temps où le Roi Henri IV se jetait au plus fort de la mêlée, risquant à chaque seconde sa vie et forçant par là ses subordonnés à donner pour la France le meilleur d'eux-mêmes…

  • le 23 juin 1796 : armistice de Bologne.

Bonaparte signe un armistice avec le pape Pie VI. Le pape doit verser à la France 21 millions de lires, livrer des œuvres d'art et des manuscrits précieux, céder Ancône, Ferrare et Bologne. La France, de son côté, renonce à l'idée de détrôner Pie VI.

  • le 23 juin 1812 : Napoléon marche sur Moscou.

L'invasion commence le 23 juin 1812. Une dernière offre de paix de Napoléon est restée sans réponse ; il ordonne d'avancer en Pologne russe. Il ne rencontre aucune ou peu de résistance et avance rapidement en territoire ennemi. La Grande Armée avec 700 000 hommes, la plus grande armée européenne jamais rassemblée, franchit la rivière Niémen pour se diriger vers Moscou.

Le corps d'armée principal de 250 000 hommes est aux ordres de l'Empereur, les deux autres commandés par Eugène de Beauharnais (80 000 hommes) et Jérôme Bonaparte (70 000 hommes). En second échelon, se trouvent deux corps d'armée commandés par Macdonald (32 500 hommes) et Karl Schwarzenberg (34 000 Autrichiens) et une réserve de 225 000 hommes, s'y ajoutent 80 000 Gardes. Le 30 décembre, l'armée, réduite à environ 50 000 hommes, repasse le Niémen...

  • le 23 juin 1894 : fermeture du premier Congrès Olympique.

Le premier Congrès olympique international (CIO) de l'ère contemporaine dont l'objectif est le rétablissement des Jeux Olympiques antiques, a lieu à l'Université de la Sorbonne à Paris. Il s'est ouvert le 16 juin. Le baron Pierre de Coubertin réalise ainsi son rêve. A sa demande, le premier président du CIO est un Grec. Coubertin sera lui-même président de 1896 à 1925.

  • le 23 juin 1956 : loi cadre Defferre.

Gaston Defferre, alors ministre de la France de l'Outre-mer, fait adopter une loi qui reconnaît l'autonomie interne des territoires d'outre-mer. C'est la fin de l'AOF et l'AEF. Cette loi prévoit, par ailleurs, la création de républiques autonomes dans les colonies africaines.

Posté le 23 juin 2016 à 06h12 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

22 juin 2016

Café Histoire de Toulon : pèlerinage de Cotignac et conférence La mémoire disparue des catholiques du "Midi blanc "

Le Café Histoire de Toulon invite les pères de famille toulonnais à se ranger derrière la bannière du chapitre Saint François de Paule pour le pèlerinage de Cotignac 2016, avec le supérieur des Missionnaires de la Miséricorde Divine, l'abbé Loiseau.  Cotignac est un lieu unique pour la Sainte Famille et pour la France. La plus célèbre des grâces reste la naissance de Louis XIV "Dieudonné" après 22 ans de stérilité du mariage entre Louis XIII et Anne d'Autriche. Pour remercier de cette grande faveur, le roi Louis XIII consacra la France à la Vierge Marie le 10 février 1638. Aujourd'hui, pour rendre grâce, inscrivez vous auprès de : qlmt@hotmail.com.

Le Café Histoire de Toulon vous rappelle aussi la prochaine causerie du mercredi 29 juin 2016 devant les Amis du Pub Le Graal. Cette sixième causerie 2016, animée par Philippe Lallement, portera sur le thème : " La mémoire disparue des catholiques du "Midi blanc ".

LallementMercredi 29 juin 2016 à 20 h. 
Le Graal, Pub associatif des Missionnaires de la Miséricorde Divine 
377 avenue de la République , 83000 Toulon 
Entrée gratuite. La soirée pourra se poursuivre autour d’une pizza (Participation aux frais)

Et ici, le lien (document téléchargeable) vers le texte de la causerie de Christine Terrenoir du mois de mai 2016.

Posté le 22 juin 2016 à 18h27 par Marie Bethanie | Lien permanent

C’est arrivé un 22 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 22 juin 431 : ouverture du Concile d'Ephèse.

Le concile est ouvert par le patriarche Cyrille d'Alexandrie. Ce concile rappelle l'affirmation de Marie Mère de Dieu.

  • le 22 juin 1276 : décès du Pape Innocent V.

Pendant son court pontificat de 5 mois, il a le temps d'apaiser la querelle entre guelfes et gibelins en Italie. Après sa mort, le peuple le vénère comme saint et Léon XIII le proclame bienheureux en 1898. Il repose à Rome en la basilique Saint-Jean-de-Latran.

  • le 22 juin 1372 : victoire Navale franco-castillane de la Rochelle.

Totalement oubliée, cette bataille permet à Charles V d'avoir la maîtrise des mers de Calais à la Guyenne contre les Anglais, Elle nous est en outre connue grâce à Jehan Froissart.

Deux seigneurs locaux Arnaud d'Albret et Jean d'Armagnac, acceptent mal une levée d'impôts du Prince Noir fils d'Édouard III. Ce dernier, à qui est présentée l'affaire, ne veut rien savoir. Les Français demandent justice et appui au Roi de France le suzerain d'Edouard III. Charles V saisit l'occasion pour relancer la guerre en 1369. Bien qu'en infériorité numérique, les franco-castillans ont des navires bien plus maniables. Ils tendent une embuscade aux Anglais dont la flotte approche de La Rochelle, anglaise depuis le Traité de Brétigny. A la fin de la journée, la victoire est totale. Pembroke, le chef anglais est fait prisonnier. Ayant la maîtrise des mers, Charles V va pouvoir lancer la reconquête du Poitou. Le lendemain, le connétable Bertrand du Guesclin réussit à pénétrer dans La Rochelle.

  • le 22 juin 1476: Charles le téméraire est battu à Morat.

Les alliés de Louis XI, les membres de la Confédération suisse infligent à Charles le Téméraire une cuisante défaite à Morat. Ce dernier perd la vie peu de temps après, à Nancy.

  • le 21 juin 1627 : Richelieu, par ordre du Roi, s'attaque aux duellistes.

Le comte de Montmorency-Bouteville, 27 ans comptant 22 duels à son actif, est décapité place Royale, avec son cousin, le comte de Rosmadec des Chapelles, 29 ans. Le cardinal veut ainsi mettre un terme à l'hécatombe que provoquent les duels chez les jeunes nobles, qui privent ainsi le Roi de ses meilleurs soldats. Au XVIIème siècle, huit édits royaux condamneront le duel. Il faut rappeler que la noblesse paie l'impôt du sang; la vie d'un noble ne lui appartient pas. Entre 1589 et 1608, les duels feront environ plusieurs milliers de victimes ! Aussi Louis XIII a refusé sa grâce, malgré les supplications de nombreux grands du Royaume. Le Roi écrit même pour clore les suppliques :

"Combien de nobles et bonnes maisons ont été éteintes ! Et que l'excès en fût arrivé à ce point que les plus grands de mon royaume fussent sujets à être provoqués au combat sans nulle cause ni fondement. Tous ces désordres parvenus à cette extrémité, faute de punition, m'ont forcé de laisser agir la justice, en quoi Dieu sait combien mon esprit a été agité et combattu..."

  • le 22 juin 1633 : procès de Galilée.

La sentence est rendue au couvent dominicain de Santa-Maria, ce jour là. L'affaire devient, avant même la révolution, un exemple de désinformation pour discréditer l'Eglise catholique et montrer que la science et la foi sont incompatibles. Qu'enseigne-t-on à l'école sur le sujet ? Jean Sévillia dans son livre Historiquement incorrect, (Ed. de la loupe, page 96 à 129) rappelle ce qu'écrivait Arthur Koestler dans Les somnambules en 1961 : « Galilée n'a pas inventé le télescope. Ni le microscope, ni le thermomètre. Ni l'horloge à balancier. Il n'a pas découvert la loi d'inertie ; ni le parallélogramme de forces ou de mouvements ; ni les taches du soleil. Il n'a apporté aucune contribution à l'astronomie théorique, il n'a pas laissé tomber de poids du haut de la tour de Pise, il n'a pas démontré la vérité du système de Copernic. Il n'a pas été torturé par l'Inquisition, il n'a point langui dans ses cachots, il n'a pas dit « Eppur si muove »(*), il n'a pas été un martyr de la science. »

(*) «et pourtant elle tourne » phrase apocryphe de l'italien Giuseppe Baretti écrite à Londres en 1757, selon Jean Sévillia.

En fait au XVème siècle, Nicolas Copernic, prêtre polonais et scientifique important, énonce une théorie sans la prouver : le mouvement des planètes s'expliquerait mieux s'il était ordonné autour du soleil plutôt que de la terre. Il construit un modèle mathématique, l'héliocentrisme. Ses travaux sont très bien accueillis à Rome. Seul Luther le traite de fou. D'ailleurs, tous les réformés s'opposent à ses travaux ! Et pourtant, c'est l'Eglise catholique qui se voit intenter un procès d'obscurantisme ! Pendant plus de cent ans, c'est l'Eglise qui défend les scientifiques contre les adversaires de l'héliocentrisme ! Elle va même jusqu'à protéger les scientifiques protestants, comme l'allemand Johannes Kepler, qui trouve refuge chez les Jésuites après des découvertes complémentaires à la théorie de Copernic. Alors pourquoi la condamnation de Galilée ?

En 1609, il s'attribue la découverte d'un opticien hollandais ; mais le plus grave est que malgré la protection du cardinal Barberini, futur pape, tous ses écrits sont polémistes. Il ne démontre rien, il affirme et met ses adversaires au défi de prouver qu'il a tort. Selon Jean Sévillia, son caractère hautain et méprisant est pour beaucoup dans sa condamnation.

Par deux fois, l'Inquisition affirme qu'elle ne trouve pas d'hérésie dans les écrits de Galilée (1615). Ses détracteurs s'attaquent alors aux écrits de Copernic et, à une époque où tout le monde croit que la terre est le centre du système solaire, l'Eglise demande simplement à Galilée de présenter ses écrits, non comme la vérité, mais comme une théorie, puisque ni Copernic, ni lui, ne sont capables de prouver ce qu'ils ont avancé. Les cardinaux qui le protègent lui demandent aussi de ne pas mélanger les saintes écritures à ses écrits.

Il accepte et tient sa promesse pendant 7 ans. Pendant cette période, non seulement il n'apporte aucune preuve à ses théories, mais se met à dos les jésuites, qu'il ridiculise sur le sujet du déplacement des comètes, alors que ce sont eux, en la personne du père Grassi, astronome du Collège romain, qui ont raison : « Vous n'y pouvez rien, il a été donné à moi seul, de découvrir tous les nouveaux phénomènes du ciel, et rien aux autres. » (*)

(*)Jean Sévillia Historiquement incorrect, (Ed. de la loupe, page 113)

En 1624, son protecteur, le cardinal Barberini est élu pape. Galilée lui expose un projet de livre comparant les différents systèmes : Ptolémée, Copernic, Kepler. Le pape l'encourage en lui conseillant de les présenter tous les trois comme des théories et surtout de ne pas y mêler la religion.

Le livre terminé Galilée demande l'imprimatur au Saint Office ; ce dont il n'a pas besoin pour un livre scientifique. Il l'obtient moyennant quelques modifications et rajouts qu'il accepte. L'imprimatur signifie que le livre doit être imprimé à Rome. Il le fait imprimer à Florence et en profite pour le faire paraître avec l'imprimatur, mais en ayant totalement changé le texte.

L'inquisition se saisit bientôt du sujet et, malgré l'amitié que le pape lui accorde toujours, Galilée passe en jugement. Les règles juridiques sont grandement adoucies à la demande du Saint-Père. Le jugement tombe qui lui reproche son manque d'obéissance et son mensonge, mais aussi l'absence de preuve, dans ce qu'il présente comme la vérité et non comme une hypothèse. L'utilisation des Ecritures dans ses écrits le fait condamner aussi pour hérésie formelle.

Jean Sévillia note que la sentence du 22 juin est modérée : interdiction d'enseigner et de se livrer à l'interprétation des Ecritures, mise à l'index de son livre le Dialogue, une peine de prison sans durée fixée (il sera assigné à résidence chez l'ambassadeur de Florence 5 mois !) et la récitation hebdomadaire pendant 7 ans des psaumes de la pénitence. C'est d'ailleurs sa fille aînée religieuse qui le fera à sa place !

  • le 22 juin 1636: bataille de Tornavento et victoire des Franco-Savoyards sur les Espagnols.

Durant la Guerre de Trente ans, en 1636, le cardinal de Richelieu persuade le Duc de Savoie Victor-Amédée Ier de lancer une offensive sur le duché espagnol de Milan. Une armée française rencontre l'armée espagnole à Tornavento. Mais cette victoire est sans lendemain.

  • le 22 juin 1786 : Louis XVI arrive à Cherbourg.

Les autorités de Cherbourg l'accueillent aux portes de la ville. Un arc de triomphe est dressé en son honneur sur la place du Calvaire, aujourd'hui place de la République. Il loge dans l'ancienne abbaye du Vœu, résidence du gouverneur de Normandie, le duc d'Harcourt.

  • le 22 juin 1812 : Napoléon déclare la guerre à la Russie. Ses troupes franchissent le Niémen le lendemain.
  • le 22 juin 1815 : nouvelle abdication de Napoléon.

Quatre jours après la défaite de Waterloo, Napoléon abdique pour la seconde fois; il est déporté à Sainte-Hélène, dans l'Atlantique Sud.

  • le 22 juin 1886: loi d'exil des familles ayant régné en France.

Une loi bannissant du territoire national tous les membres de familles royales ou impériales ayant régné en France est votée. Ces derniers ont également interdiction d'intégrer l'armée de terre ou bien la marine.

  • le 22 juin 1940 : la France signe l'armistice avec l'Allemagne.

Le général Charles Huntziger, le chef de la délégation française, envoyé par le maréchal Pétain, signe l'armistice à Rethondes, et à la demande d'Hitler dans le même wagon, où a été signé l'armistice allemand le 11 novembre 1918. L'armistice prévoit notamment l'occupation des 3/5 du territoire français et fixe le tracé de la ligne de démarcation qui coupe la France en 2 zones : occupation de l'Ouest, du Nord et de l'Est par la Wehrmacht aux frais de la France, maintien d'une zone libre au sud de la Loire.

Rethondes 1940

  • le 22 juin 1942 : création du STO.

Un discours radiodiffusé de Laval annonce la relève des prisonniers français par les travailleurs volontaires et souhaite publiquement "la victoire de l'Allemagne, car sans elle, le communisme s'installera partout en Europe."

  • le 22 juin 1980 : béatification de Kateri Tekakwitha, de Mgr François de Laval et de Mère Marie de l'Incarnation.

Kateri Tekakwitha, une Mohawk, est la première Amérindienne du Nord à être béatifiée. Sa mère, convertie au catholicisme, est algonquine alors que son père est agnier. À l'âge de quatre ans, elle perd toute sa famille suite à une épidémie de petite vérole. Elle désire devenir chrétienne, et est baptisée par Jacques de Lambertville, un jésuite, le jour de Pâques en 1676. Sa piété impressionne l'historien François-Xavier Charlevoix, en mission en Nouvelle-France, sous les ordres du Roi Louis XIV. Elle meurt le 17 avril 1680, à l'âge de 23 ou 24 ans. Voir la chronique du jour.

François de Laval est né à Montigny-sur-Avre, en France, le 30 avril 1623. Désigné évêque de la Nouvelle France, à la demande de Louis XIV, Mgr de Laval s'embarque pour la Nouvelle France le 19 avril 1659 et y arrive le 16 juin. Sa piété profonde, sa charité, son humilité sont connues par toute la colonie. Après 15 années de lourdes fonctions, en 1688, il se retire à Saint-Joachim, tout près de Québec, où il passe les dernières 20 années de sa vie. Mgr de Laval est béatifié en 1980 et canonisé le 30 avril. Voir les chroniques du 30 avril, 6 mai et 16 juin

Marie de l'Incarnation est née le 28 octobre 1599. En janvier 1631, elle entre au couvent des Ursulines de Tours. En 1639, elle part avec deux autres Ursulines pour fonder un monastère à Québec.

Elle meurt d'épuisement le 30 avril 1672 à Québec. Ses écrits remarquables et son œuvre de missionnaire au XVIIe siècle en font une de ces femmes pionnières sans qui la colonie française aurait périclité.

 

  • le 22 juin 1994 : opération Turquoise au Rwanda.

Le conseil de sécurité de l'ONU autorise l'opération française au Rwanda. Les casques bleus français ont pour mission de protéger les civils et de participer à la distribution de l'aide humanitaire. Depuis la mort du président Juvénal Habyarimana en avril, un génocide est en cours qui fait entre 500 000 et 1 million de victimes, pour une population de 7 millions d'habitants.

Une des rares voix à clamer la vérité sur cette période horrible est Bernard Lugan. Il défend en plus l'honneur des soldats français que le pouvoir rwandais actuel traîne régulièrement dans la boue, sans que les gouvernements français n'interviennent pour faire cesser ce scandale.

Posté le 22 juin 2016 à 06h10 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

Strasbourg : forum sur l'annonce de l'Evangile aux musulmans le 26 juin

J-5 pour le Forum sur l'annonce de l'Evangile aux musulmans à la basilique de Marienthal (près de Strasbourg) ce 26 juin 2016 de 9H à 16H30 (programme)

Avec la participation de Monseigneur Yousif Thomas MIRKIS, archevêque de Kirkouk (Irak).
Pour s'inscrire, c'est ici.

Posté le 22 juin 2016 à 00h39 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

21 juin 2016

Etre minoritaire en terre d'islam

Nrh-minorite_s-islam-600x600C'est le thème du dernier numéro de la Nouvelle Revue d'Histoire. Son directeur, Philippe Conrad, a répondu aux question du site le Rouge et le Noir. Extraits :

Comment une minorité non musulmane peut-elle survivre en terre d’islam ? Quels exemples historiques ? Une reconquista est-elle nécessaire pour sortir de la dhimmitude ?

Il y a bien sûr des cas, dont l’Espagne et les Balkans tout près de chez nous, qui fournissent des exemples historiques intéressants. Ces deux séquences de domination musulmane en terre d’Europe se sont conclues sur une reconquista réussie à quelques siècles d’intervalle (XVe siècle pour l’Espagne, XIXe et début XXe pour les Balkans). La dhimmitude a officiellement disparu en de nombreux pays à majorité musulmane mais les préjugés et les discriminations qui y étaient liés y subsistent souvent.

Au vu des diverses situations explorées dans ce numéro, la situation tragique des chrétiens d’Orient est-elle si exceptionnelle ?

Le cas des Chrétiens d’Orient renvoie à des séquences de l’histoire régionale où, déjà, les minorités chrétiennes ont été persécutées voire massacrées comme ce fut le cas pour les Arméniens et les Assyro Chaldéens. Le chaos géopolitique et le délitement des Etats installés par les interventions occidentales en Irak ou en Syrie apparaît évidemment propice à l’expression de l’hostilité vis à vis des minorités.

Posté le 21 juin 2016 à 09h28 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (2)

C’est arrivé un 21 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 21 juin 1054 : décès de Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg, connut comme pape sous le nom de saint Léon IX.
  • le 21 juin 1429 : la triple donation du Royaume de France.

Peu avant le sacre de Charles VII, à Reims, le 17 juillet 1429, Jeanne par un pacte officiel et public renouvelle le pacte conclu entre Dieu et le Royaume de France naissant à Reims en 496. Qui connaît, aujourd'hui, ce qui s'est passé le mardi 21 juin 1429 à 16 heures en l'abbaye de Fleury-sur-Loire, appelée ensuite Saint-Benoît-sur-Loire ? C'est pourtant là qu'a lieu un évènement central de toute l'histoire de France.

Alors que la confusion la plus grande règne en France où « il y a grande pitié », Dieu se manifeste à notre nation. Débauche, immoralité, trahison des clercs et des élites intellectuelles de l'université de Paris, politique qui avec la reine Isabeau de Bavière, ont vendue la France par le traité de Troyes, qui la donne à Henri V Roi d'Angleterre, scandale de la filiation du Dauphin, le futur Charles VII, que sa propre mère appelle « batard » ; tout semble annoncer la disparition de la Fille Ainée de l'Eglise.

La triple donation du Royaume de France est racontée dans le Breviarium historiale, texte rédigé peu après, au cours de l'été 1429, qui est consultable à la Bibliothèque Vaticane.

Jehanne dit à Charles : «Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai?» Le Roi hésite, puis consent. «Sire, donnez-moi votre royaume».

Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l'ascendant surnaturel de la jeune fille : «Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume». Après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu'il avait fait : «Voici le plus pauvre chevalier de France : il n'a plus rien».

Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu'un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi. « Notaire, écrivez dit la pucelle inspirée : le 21 juin de l'an de Jésus christ 1429, à 4 heures du soir, Charles VII donne son royaume à Jeanne. Ecrivez encore : Jeanne donne à son tour la France à  Jésus-Christ. -Nos Seigneurs dit-elle d'une voix forte, à présent, c'est Jésus-Christ qui parle : "moi, Seigneur éternel je la donne au Roi Charles".

Que signifie cet événement capital ?

- que ce Dauphin, que l'enseignement républicain nous présente comme un indécis et un demeuré, voire le digne fils d'un fou, mais que ses contemporains appellent le «bien-servi» (ce qui signifie qu'il savait juger les hommes), montre en cette occasion une foi extraordinaire en la Sainte Providence. Toute sa vie est d'ailleurs un exemple remarquable de Roi très chrétien.

- qu'il n'y a qu'un seul Roi qui mérite d'être aimé et servi : c'est le vrai Roi de France, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et que C'est Notre Seigneur JÉSUS-CHRIST qui a VOULU ÊTRE, ET EST, ROI DE FRANCE; et le Christ a voulu nous le faire savoir par l'entremise d'une fille de 17 ans.

- que la raison d'être de notre pays est de proclamer à la face de l'univers non seulement la royauté universelle du Christ sur le monde, c'est sa mission « d'éducatrice des nations » ;

- que cet acte officiel et capital consacre le Roi de France comme le lieutenant du Christ ; si les successeurs de Charles VII avaient compris, ils auraient considéré ce document comme le plus grand de leurs trésors; ils l'auraient relu et médité tous les jours et seraient encore aujourd'hui sur le trône ;

Dès le lendemain, le Dauphin décide d'aller à Reims pour se faire sacrer, malgré plusieurs opposants et grâce à l'insistance de Jeanne. Le pacte de Reims se renouvelle alors que tout semblait perdu. Or A-t-on vu un vrai Roi abandonner ses sujets ? Peut-on penser une minute qu'après avoir tant châtiée la France, il ne puisse ne pas répondre aux prières le suppliant de convertir le pays?

  • le 21 juin 1667 : pose de la première pierre de l'Observatoire Royal à Paris.

En 1666, le Roi a créé, en compagnie de Colbert, l'Académie royale des sciences. C'est le Roi qui pousse à la création de l'observatoire royal. Le jour du solstice d'été, les scientifiques de l'Académie royale décident de l'emplacement du monument, en fonction du méridien de Paris. Claude Perrault en assure la construction. Colbert propose à l'astronome néerlandais Christiaan Huygens et au Franco-Italien Jean-Dominique Cassini de venir y travailler. Ce dernier y découvre deux satellites de Saturne et étudie la division qui porte son nom. Au cours du XXe siècle, les observatoires de Meudon et de Nancy sont rattachés à celui de Paris.

  • le 21 juin 1786 : exécution de la condamnation de Mme Lamotte instigatrice de l'affaire du collier.

Le Cardinal de Rohan est pleinement acquitté et sort rapidement de la Bastille ; Mme Lamotte a été condamnée à être fouettée, marquée et enfermée. L'acte deux de la manœuvre, qui vise à détruire l'image de la Reine dans l'esprit des Français, consiste à faire de la voleuse un parangon de vertus. Le maçon Louis Blanc raconte sa réaction à l'énoncé de la sentence dans son livre : Histoire de la Révolution, (édit. de Bruxelles, 1848, t. II, p. 132.)

« Pour ce qui est de Mme de La Motte, elle tomba, en apprenant son sort, dans d'inexprimables accès de rage. Pendant qu'on lui lisait la sentence, on fut obligé de la tenir en l'air, personne n'ayant pu, par violence, la faire mettre à genoux. Liée avec des cordes et traînée dans la cour du Palais de Justice, elle se mit à pousser des cris, non d'épouvante, mais de fureur. S'adressant au peuple : « Si l'on traite ainsi le sang des Valois, quel est donc le sort réservé au sang des Bourbons ? »... Comme elle se débattait avec désespoir entre les mains du bourreau, le fer qui la devait marquer sur l'épaule la marqua sur le sein. On la transporta à la Salpêtrière, échevelée, le visage couvert de sang, demi-nue, et exhalant en imprécations ce qui lui restait encore de force. »

 

« C'est le 21 juin 1786 qu'eut lieu cette exécution. Mais les magistrats l'avaient annoncée pour le 13 et, apprenant qu'elle était retardée, l'opposition (c'est-à-dire la Maçonnerie) commença aussitôt, en faveur de la coquine que le Parlement venait de condamner à l'unanimité, un concert tout pareil à ceux qu'on entendra pendant l'Affaire Dreyfus, un siècle plus tard : « Et les nouvellistes de répéter que la Comtesse serait graciée par le Roi; que la Cour avait décidément honte de l'iniquité commise, que la Reine rougissait de laisser flétrir une innocente - sa victime. Le vent est à présent fixé dans sa direction. Quoi que la Reine fasse ou ne fasse pas, quoi qu'il advienne, le vent soufflera contre elle. » (M. Funck-Brentano, L'Affaire du Collier, 6e édit., pp. 363, 364.)

Louis Dasté dans, Marie Antoinette et le Complot Maçonnique, continue à décrire le montage patiemment élaboré pour détruire la Reine. Pour cela, il s'appuie sur les écrits de M. Funck-Brentano et surtout de Louis Blanc, le fameux maçon avec son livre Histoire de la Révolution :

« On cuisina si bien ce qu'on appelle l'opinion publique que, dès le lendemain de l'exécution de l'arrêt, la voleuse du collier devint sympathique ! Les détails de l'exécution de Mme de La Motte avaient été horribles... Ils se répandirent dans Paris. La foule en fut impressionnée. On redisait ses imprécations à la Reine et au cardinal de Rohan, ses accusations contre eux, ses reproches au Parlement, tout de miel et d'indulgence pour les personnages d'importance, toujours prêt à servir la Cour, la noblesse et le clergé. […] « La situation de la Comtesse, dit la Gazette d'Utrecht, commence à intéresser jusqu'aux personnes qui étaient le plus insensibles à son châtiment. […] « La dame de la Motte, note la Gazette de Leyde, devient de plus en plus stoïque et résignée à son sort. Elle s'occupe, la plus grande partie de la journée, à lire et à méditer le livre ascétique de l'Imitation de Jésus-Christ... » « ... La plus grande partie de la journée à méditer le livre ascétique... », et la Reine osait dire qu'elle était une criminelle ! C'était une sainte. » (M. Funck-Brentano, La Mort… pp. 15 à 17.)

Qui menait le mouvement d'opinion destiné à sortir Mme de la Motte de la boue tandis qu'on y plongerait la Reine ? - La Franc-maçonnerie : « Le duc d'Orléans, qui dirigeait la Franc-maçonnerie et préparait son rôle révolutionnaire, vit dès lors le parti qu'il pourrait tirer de l'aventure et la duchesse d'Orléans prit la tête de ce joli mouvement de compassion. (M. Funck-Brentano, La Mort..., p. 18.)

Sa femme, la Sérénissime Sœur*** duchesse d'Orléans, et sa belle-sœur, l'infortunée amie de la Reine, la Sérénissime S*** Princesse de Lamballe, donnent l'exemple des visites à Mme de la Motte, et le parloir de la Salpêtrière devient le rendez-vous des femmes de la plus haute noblesse dont la plupart, hélas ! ont été enrôlées dans la Maçonnerie féminine.

Si l'on songe qu'en collaborant aux intrigues de la Maçonnerie, les Frères*** et les Sœurs*** de l'aristocratie française creusaient leurs propres tombeaux, en même temps que les tombeaux de Louis XVI, de Marie-Antoinette, de la Monarchie tout entière, - on voit se dessiner en lettres de feu les lignes, cruelles du F*** Louis Blanc : « Grâce au mécanisme habile de l'institution, la Franc-maçonnerie trouva dans les princes et les nobles moins d'ennemis que de protecteurs... Il arriva, par une juste et remarquable disposition de la Providence, que les plus orgueilleux contempteurs du peuple furent amenés à couvrir de leur nom, à servir aveuglément de leur influence les entreprises latentes dirigées contre eux-mêmes. » (F*** L. Blanc, Histoire de la Révolution, t. II, p. 71.)

 

Marie Antoinette et le Complot Maçonnique, Louis Dasté (éditions La Renaissance Française, pages 65 à 67 et suivantes)

  • le 21 juin 1791 : arrestation du Roi Louis XVI à Varennes.

Louis XVI, Marie-Antoinette, et leurs deux enfants sont arrêtés dans la bourgade de Varennes-en-Argonne. Ils ont fui le palais des Tuileries la veille afin de rejoindre l'armée du marquis de Bouillé à Metz. Mais le cortège royal est reconnu à Sainte-Menehould par le maître de poste Drouet qui donne l'alerte. Une fois la disparition du Roi constatée, et l'alerte donnée, La Fayette, commandant la garde nationale, envoie des courriers dans toutes les directions pour ordonner l'arrestation de son souverain. On ne peut avoir deux maîtres, or La Fayette est maçon.

Bloqué une partie de la nuit, le Roi refuse que la force soit employée, des hussards et une partie de la population sont prêts à couvrir son départ, Louis XVI attendant, en vain, le renfort de Bouillé, qui aurait dû arriver.

  • le 21 juin 1804 : Napoléon veut gracier Cadoudal et ses seconds.

Non seulement le Breton refuse par fierté la "lettre de grâce", mais il demande à mourir le premier, pour montrer à ses compagnons qu'il n'a rien négocié avec Bonaparte.

« Ce bougre-là ! Il n'est pas content de me couper la tête, il voudrait encore me déshonorer ».

Il meurt avec ses amis. Néanmoins, il exprime une dernière volonté à l'exécuteur de Paris, son bourreau :

« Vous saurez que je veux être exécuté le premier. C'est à moi à donner à mes camarades l'exemple du courage et de la résignation ; d'ailleurs, je ne veux pas que l'un d'eux s'en aille de ce monde avec l'idée que je pourrais lui survivre ». Refusée. L'ordre d'exécution est fixé et sa tête tombe la dernière  Voir les chroniques du 1er janvier et du 25 juin.

  • le 21 juin 1848 : fermeture des Ateliers nationaux à Paris.

Créé à Paris au lendemain de la révolution de février 1848, pour les ouvriers au chômage, le projet n'avait aucune viabilité économique. La dissolution des Ateliers nationaux provoque une insurrection populaire contre une bourgeoisie plus préoccupée de ses profits que de justice sociale. La répression de la révolte ouvrière fait plusieurs milliers victimes.

  • le 21 juin 1871 : une loi concède 100000 ha de terres aux Alsaciens et Lorrains désireux de s'installer en Algérie.
  • le 21 juin 1925 : béatification de huit martyrs de la Nouvelle-France.

Il s'agit de huit Jésuites qui sont les pères Jean de Brébeuf, Gabriel Lalemant, Charles Garnier, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Isaac Jogues, René Goupil et Jean de Lalande, martyrs français pour l'évangélisation de la Nouvelle France ; selon le souhait et les ordres du Roi François 1er quand il finança les premières expéditions.

  • le 21 juin 1963 : élection du pape Paul Vl.

Giovanni Battista Montini, alors archevêque de Milan, succède à Jean XXIII sur le trône de Saint Pierre. Paul VI est le premier pape de l'époque contemporaine à voyager hors d'Italie. Son premier voyage est pour Jérusalem, en janvier 1964 (Voir la chronique du 5 janvier). Sa béatification est faite le 19 octobre 2014. Voir aussi les chroniques du 6 aout, 26 septembre.

Posté le 21 juin 2016 à 06h08 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

20 juin 2016

C’est arrivé un 20 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 20 juin 404 : nouvel exil du patriarche Jean Chrysostome, banni de Constantinople

Le patriarche est banni une première fois à cause de l'influence de l'impératrice Eudoxie, épouse d'Arcadius, dont les partisans incendient la cathédrale Sainte-Sophie. Le patriarche est rappelé, puis exilé de nouveau. L'Eglise de Rome a toujours considéré que l'évêque Jean était dans son droit. Le pape Innocent Ier lui écrit dans son exil pour le consoler et lui dire qu'il condamne le concile du Chêne l'ayant déposé. Le pape ne reconnait que Jean comme seul patriarche légitime de Constantinople.

  • le 20 juin 451 : les Huns d'Attila sont arrêtés à la Bataille des Champs Catalauniques.

En 450, après s'être fait payer un tribut par Marcien Empereur d'Orient, afin de ne pas mettre à sac Constantinople, Attila, "le Fléau de Dieu", décide de marcher sur l'Empire d'Occident moribond. Le chef des Huns rassemble une coalition, dont les Huns ne forment qu'une minorité de l'armée, et de différentes tribus germaniques; Ostrogoths de Valamir, Gépides d'Ardaric, Hérules de Bérik, Pannoniens, Ruges, Akatzires et Gélons.

Attila franchit le Rhin au début de l'année 451 et pénètre dans l'est de la Gaule, il ravage entièrement Metz et se dirige vers Lutèce. Mais pour des raisons qui restent toujours obscures pour des non chrétiens, il choisit de l'éviter: sainte Geneviève, à 28 ans, convainc les habitants de Paris de ne pas abandonner leur cité aux Huns. Elle encourage les Parisiens à résister à l'invasion par les paroles célèbres: « Que les hommes fuient, s'ils veulent, s'ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu'Il entendra nos supplications.»

De fait, Attila épargne la future Paris. Attila arrive alors en vue d'Orléans (Aurelianum) ; mais l'Évêque de la ville organise hâtivement la défense. De son côté, Aetius forme une coalition gallo-romano-germanique pour chasser Attila de la Gaule avec le Burgonde Gondioc et le Franc Mérovée, grand-père de Clovis, quelques Armoricains et enfin, les Wisigoths de Théodoric Ier.

La bataille commence le 19 juin. Le 20, les Occidentaux attaquent et les Huns se replient. L'expansion s'arrête.

  • le 20 juin 840 : décès de Louis 1 er « le Pieux », fils de Charlemagne, empereur d'Occident.

Le 5 octobre 816, il est couronné et sacré par le pape Étienne IV à Reims. Il est le second monarque sacré à Reims, après Clovis, pratique suivie par presque tous les Rois de France après lui. Il avait été couronné empereur d'Occident du vivant de son père le 11 septembre 813. Il fait face aux premiers raids vikings et arrête les incursions arabes en Provence. A sa mort l'Empire est à nouveau partagé.

  • le 20 juin 1667 : Clément IX est élu pape.

Giulio Rospigliosi née le 27 janvier 1600 à Pistoia. Docteur en philosophie, il devient enseignant en théologie. En 1657, on le nomme cardinal, puis secrétaire d'Etat en 1657 ; il est élu pape le 20 juin 1667 sous le nom de Clément IX. Par la suite, il devient le médiateur pour la négociation du Traité d'Aix-la-Chapelle (1668) et fait cesser la guerre de dévolution entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et les Pays-Bas.

  • le 20 juin 1783 : victoire de Gondelour.

Au large de Pondichéry, Charles Joseph Patissier de Bussy-Castelnau, le bailli Pierre-André de Suffren, les français et leurs alliés Cipayes battent les Anglais de James Stuart à Gondelour. Malgré une situation désespérée les Français grâce à l'énergie de leurs deux chefs, qui pourtant ne s'entendent pas, battent les Anglais sur terre avec le premier et sur mer avec le second.

  • le 20 juin 1789 : serment du Jeu de Paume à Paris, début de la Révolution française.

Louis XVI fait fermer la salle des Menus du Château de Versailles, où se tient le Tiers-Etat. Les députés se réunissent alors dans la Salle du Jeu de Paume et prêtent serment de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution au royaume. C'est un coup d'Etat législatif auquel Louis XVI réagit peu: le Dauphin vient de mourir.

  • le 20 juin 1792 : le « peuple » attaque le palais des Tuileries où réside Louis XVI.

A l'initiative de Santerre, un brasseur du faubourg Saint-Antoine, des émeutiers parisiens marchent sur le palais des Tuileries le jour de l'anniversaire du serment du Jeu de paume. Ils veulent que le Roi retire son veto aux décrets pour la déportation des prêtres réfractaires et la création d'un camp de gardes nationaux. Le Roi coiffe le bonnet rouge et boit à la santé de la Nation mais ne cède pas. Les Parisiens reviendront en aout plus tard avec plusieurs bataillons de fédérés et prendront d'assaut le palais des Tuileries.

  • le 20 juin 1809 : Napoléon apprend son excommunication fulminée par Pie VII.

"Le pape est un fou furieux qu'il faut faire enfermer."

  • le 20 juin 1819 : naissance de Jacques Offenbach.

Offenbach étudie le violoncelle au Conservatoire de Paris et débute comme soliste virtuose. Il joue d'abord dans l'orchestre de l'Opéra-comique, puis devient directeur musical de la Comédie-Française. Il décède le 5 octobre 1880. Voici quelques unes de ses œuvres: Barbe-Bleue, La Vie parisienne, La Belle Hélène, Bagatelle, La Grande Duchesse de Gérolstein, la Périchole, les Contes d'Hoffman ou Orphée aux enfers.

  • le 20 juin 1894 : Yersin isole le bacille de la peste.

Le bactériologiste français Alexandre Yersin découvre le bacille de la peste (Yersinia pestis) à Hong Kong. Il identifie également le rat comme vecteur de l'épidémie. A son retour à Paris, avec l'aide d'Albert Calmette et d'Emile Roux, il met au point un vaccin et un sérum contre la peste. Il fonde ensuite plusieurs filiales de l'Institut Pasteur au Vietnam et devient, en 1933, directeur honoraire de l'Institut Pasteur de Paris.

  • le 20 juin 1929 : Philippe Pétain est élu à l'Académie française.
  • le 20 juin 1940 : les communistes français profitent de l'arrivée de leurs alliés allemands en France.

Six jours après l'entrée des Allemands dans Paris, les communistes sollicitent de la »Propaganda Staffel»l'autorisation de faire reparaître L'Humanité. Le journal est interdit de parution depuis que le Parti communiste a été dissous par le gouvernement Daladier le 26 septembre 1939. Un peu plus tard, le même gouvernement Daladier a fait arrêter les 27 députés communistes ; déchus de leur mandat en février 1940, et les a internés en Algérie. Giraud les fait libérer en 1943, et en avril 1944, l'un d'entre eux entre au Comité français de Libération nationale.

Un carnet de notes saisi par la police française sur une militante communiste, Denise Ginollin, arrêtée le 20 juin 1940, et retrouvé sous scellés aux Archives de Paris donne l'argumentaire pour la négociation entre Maurice Tréand, responsable PCF, et Otto Abetz, représentant de Von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères allemand, visant la reparution de l'Humanité et la légalisation du PCF.

« Vous avez laissé paraître journaux communistes dans d'autres pays: Danemark, Norvège, Belgique. Sommes venus normalement demander autorisation... Sommes communistes, avons appliqué ligne PC. Sous Daladier, Reynaud, juif Mandel. Juif Mandel nous a emprisonnés et [a] fusillé des ouvriers qui sabotaient Défense Nationale... Pas cédé face dictature juif Mandel et du défenseur des intérêts capitalistes anglais Reynaud... Notre défense du pacte (germano-soviétique) vous a avantagé. Pour l'URSS nous avons bien travaillé, par conséquent par ricochet pour vous. »

  • le 20 juin 1960 : la Fédération du Mali, regroupant le Sénégal et le Soudan français, obtient son indépendance.

En fait le Sénégal devient indépendant le 20 aout.

  • le 20 juin 1962 : les Américains prennent acte de la puissance nucléaire française.

C'est au cours d'un entretien avec le président De Gaulle à Paris, que le secrétaire d'Etat américain Rusk reconnaît la force de frappe française comme un "fait". Ce n'est pas faute d'avoir tout fait pour empêcher la France d'avoir cette arme. Les travaux, commencés sous la IV république ont abouti grâce à la volonté d'un homme qui y voyait un outil privilégié de la souveraineté française, le général De Gaulle. D'ailleurs, Alain Peyrefitte dans son premier tome C'était de Gaulle (tome 1), souligne une réponse que lui fait le général quand l'auteur déclare que la sécurité de la France est assuré face à l'URSS : « Urss ou Etats-Unis, car qui nous dit que dans 60 ans ce ne sont pas les Américains qui menaceront notre souveraineté ! » On peut reprocher beaucoup de choses à De Gaulle, il avait le sens de l'Etat et de l'indépendance nationale.

  • le 20 juin 2008 : Pierre Mauroy est mis en examen pour détournement de fonds publics quand il était président de la communauté urbaine de Lille.

Posté le 20 juin 2016 à 05h55 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

19 juin 2016

Le Mont-Saint-Michel, signe de Dieu pour les hommes

De Cotignac 500 :

Le Mont-Saint-Michel, signe de Dieu pour les hommes, fait retentir depuis 1300 ans la question que pose le nom même de Michel : « Qui est comme Dieu » ? Personne, bien-sûr. Pourtant, par notre baptême nous sommes configurés au Christ. Qui est comme Dieu ? Chaque baptisé qui prend au sérieux son baptême doit aspirer à le devenir. C'est ce que nous rappelle cette pyramide improbable, fruit de la création et du travail (de la foi) des bâtisseurs.

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Depuis des temps immémoriaux trois rochers émergent de cette échancrure située à la frontière de la Normandie et de la Bretagne. Le mont Tombe, le rocher de Tombelaine et le mont Dol. Trois pyramides, pas très hautes, mais totalement incongrues dans ce paysage plat où la mer, répondant à l'appel de la lune, vient deux fois par jour recouvrir les immensités sableuses et plates de la grande baie. Cela pourrait être triste, et parfois c'est le cas, mais le plus souvent c'est surprenant de vie et de couleurs pastel. Le spectacle est permanent. La beauté à couper le souffle. La nature nous aide à comprendre intuitivement la puissance et la grandeur du créateur.

Mais Dieu ne s'est pas contenté de créer le ciel, la mer et la terre. Il a voulu y introduire la Vie. La vie sous toutes ses formes : minérale, aquatique, végétale, animale. Et, au cœur de cette création, il nous forma Homme et Femme à son image : libres et dotés d'intelligence. Et pour que l'humanité se souvienne de lui, il privilégia quelques lieux où l'on pourrait le reconnaître, le retrouver. Le Mont-Saint-Michel et sa baie sont un de ces espaces où Dieu donne rendez-vous à l'homme.

Pour réaliser cela il fallut le rêve d'un évêque : Aubert, d'Avranches (né en 660, mort vers 725).Saint homme qu'un archange vint déranger trois fois dans son sommeil en 708 pour lui intimer l'ordre de construire une maison de Dieu sur le mont Tombe. C’est Michel, prince de la milice céleste, premier des anges, qui s'est chargé de ce travail. « Qui est comme Dieu ? » Cette traduction de l'hébreu Mi-Ka-El, hante depuis près de mille trois cents ans le rocher où s'est édifié l'un des sites les plus extraordinaires qu'on puisse voir en Europe : le Mont-Saint-Michel. La question peut être ressentie comme une menace. C'est l'archange guerrier qui pousse son cri d'indignation devant l'orgueil et la folie des hommes qui ont, de tout temps, cherché à conquérir le pouvoir d'intimider et de dominer leurs semblables. De ce point de vue, l'abbaye du Mont-Saint-Michel pourrait être l'expression de cette propension. D'où vient qu'elle ne provoque pas cette impression ? Cela tient sans doute à une conjonction de facteurs extrêmement subtils et tout à fait particuliers à cet ensemble qui comprend la baie, le village et l'abbaye. Ce mélange rare de terre, de mer, de vent, de pierres, cette conjonction étonnante et positive du travail de la nature (les croyants disent de Dieu) et du génie humain empêchent le dérapage des sentiments et permettent d’équilibrer mesure et démesure, grandeur et humilité, gloire et déchéance, spirituel et matériel, univers de création et univers d'achèvement, Dieu et Démon, Michel et Satan.

La magnificence du lieu (classé monument historique en 1862 et patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979, l’un des sites les plus visités de France), la réputation de l'archange, la beauté des constructions ont vite mis en marche de nombreux pèlerins. Conscients dans leur foi d'avancer vers la « Jérusalem céleste » ; reproduisant au long de leur pérégrination la marche des hébreux dans le désert ; imitant le peuple élu traversant à pied (presque) secs la mer des roseaux. Passer à travers la mer, n'est-ce pas passer à travers la mort ?

Tout pèlerin revit pour lui-même l'aventure d'Israël. Il doit s'arracher au quotidien, accepter d'abandonner ses certitudes, ses appuis, ses sécurités. Il doit faire confiance : la baie est dangereuse, le sable mouvant, la marée rapide. Et quand il a pris pied sur le rocher, il n'est pas encore au bout de ses peines. La montée du village est aussi un chemin symbolique. Le visiteur, sans s'en apercevoir, quitte peu à peu le monde du commerce humain pour celui du « commerce » divin, des nourritures terrestres (symbolisées par la célèbre omelette proposée à l'entrée de la ville), il monte jusqu'aux nourritures célestes. De la table de l'auberge à la table de l'autel où le pain et le vin deviennent pour les chrétiens corps et sang du Christ. Le passage d'une table à l'autre n'est pas facile. Il faut monter sans cesse. D'abord la rue très en pente ; puis les 360 marches du « Grand Degré ». Pas d'ascenseur, pas d'escalier mécanique, mais quelle récompense que d'entrer dans cette grande forteresse construite pour assumer une triple fonction : être imprenable par quelque force ennemie que ce soit ; être accueillante au pèlerin épuisé qui arrive au terme de sa route ; être resplendissante pour dire la gloire de Dieu et permettre à l'âme de s'élever dans une prière fervente, sous l’œil bienveillant de la statue de saint Michel, qui trône à 170 mètres au-dessus du niveau de la mer.

La baie, le village, l'abbaye du Mont-Saint-Michel témoignent de cette unité créatrice de Dieu et de l'Homme. Ils signent, par leur histoire, la vocation spirituelle, économique et politique de ce lieu. Ils invitent le croyant, comme le non-croyant, à se laisser gagner par l'admiration, la contemplation et la jubilation.

Depuis 1300 ans, l'Église catholique, fidèle à sa vocation et à la mission donnée par l'archange, s'efforce de proclamer la Parole de Dieu, accueille les pèlerins et leur offre les sacrements de l'Eucharistie, du pardon, des malades si nécessaire. Elle est également attentive à la vie spirituelle de la population qui, de tout temps, habite sur le rocher, au pied des murailles de la puissante abbaye-forteresse. Peuple de pécheurs, peuple de commerçants, peuple d'aubergistes et d'hôteliers… Le petit cimetière qui jouxte l'église Saint-Pierre est le témoin séculaire de la permanence de cette vie laborieuse et austère. Aujourd'hui, les pèlerins sont souvent submergés par les touristes. C'est donc un double accueil qui nous incombe, mais c'est une même et seule mission : comprendre et partager l'héritage de tous ceux qui ont « fait » le Mont-Saint-Michel afin d'être, pour notre temps et les temps futurs, des bâtisseurs de beau, de bon et de bien.

André Fournier, recteur du Sanctuaire Le Mont-Saint-Michel

Posté le 19 juin 2016 à 09h42 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 19 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 19 juin 936 : couronnement et sacre de Louis IV d'Outremer, Roi de France, à Laon.

Louis IV, fils de Charles III, âgé de 15 ans, est ramené de son exil d'Angleterre pour être sacré Roi de Francie occidentale, à Laon par l'archevêque de Reims Artaud, après l'intervention d'Hugues le Grand. Il épouse Gerberge de Saxe, sœur d'Otton Ier de Germanie, veuve de Gislebert, duc de Lotharingie.

  • le 19 juin 1097 : prise de Nicée sur les Turcs par les croisés, lors de la première croisade.

Le siège de Nicée commence le 14 mai et s'achève le 19 juin 1097, au cours de la première Croisade. C'est la première action militaire des croisés contre les musulmans et cette victoire permet un arrêt de la progression de l'Islam dans cette région.

  • le 19 juin 1299 : traité de Montreuil-sur-Mer.

Ce traité rétablit la paix entre la France, les Flandres et l'Angleterre : Philippe IV le Bel rend au roi d'Angleterre Édouard Ier la Guyenne, mais conserve la ville de Bordeaux.

  • le 19 juin 1464 : l'édit de Luxies crée les premiers services postaux au monde.

Alors que la guerre de cent ans est enfin achevée, le Roi Louis XI impose un système unique au monde: sur les grands chemins du Royaume sont postés des relais officiels distants de 7 lieues pour permettre aux courriers officiels de transiter rapidement. Depuis le « cursus publicus » d'Auguste au premier siècle, tout système de poste avait disparu.

D'abord réservé aux courriers royaux, le système s'étend aux courriers privés dès 1507. Aujourd'hui le statut « d'entreprise autonome d'état » de la Poste plonge ses racines dans ce mélange entre courrier officiel et privé permis par Louis XII, puis développé par Henri III. D'aucuns disent que les « bottes de 7 lieues » du chat botté de Perrault viennent de là.

  • le 19 juin 1522 : Traité de Windsor.

Charles Quint signe avec le roi d'Angleterre, Henri VIII, un traité à Windsor qui prévoit une invasion de la France. C'est alors la sixième guerre d'Italie (1521-1525), qui oppose principalement le Royaume de France à l'Espagne et à l'Angleterre.

  • le 19 juin 1623 : naissance de Blaise Pascal, mathématicien et physicien, philosophe, moraliste et théologien français.

Mathématicien, physicien, philosophe et écrivain Il se penche sur la théorie des probabilités et invente une machine à calculer. Il publie sous le pseudonyme de Louis de Montalte Les Provinciales, dont l'effet est désastreux : les libertins y trouvent un arsenal contre la religion et le clergé catholique. Voltaire en fera le plus grand éloge ! Pourtant, un an avant sa mort, il affirme : « Loin de m'en repentir, si j'avais à les faire, je les ferais encore plus fortes. »

De plus en plus malade, sa prodigieuse mémoire commence à lui faire défaut, il prend l'habitude de noter ses réflexions sur des petits papiers qu'on recueille avec grand soin aussitôt après sa mort, survenue le 19 août 1662. Ordonnées et classées, titrées " Les Pensées " étaient destinées à ses amis de Port-Royal. L'ouvrage renferme la démonstration de la crédibilité de la foi chrétienne et de la religion catholique et sont encore une source inépuisable de réflexion encore très moderne au niveau existentiel :

"Le nez de Cléopâtre, s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé ". "L'Homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant ".

  • le 19 juin 1631 : décès de François Garasse, jésuite et polémiste redouté de toute la sphère littéraire.

Entré en 1601, dans la Compagnie de Jésus, François Garasse s'investit dans la prédication pour lutter contre le libertinage et l'hérésie. Il attaque en particulier l'Université de Paris qu'il juge pleine de jansénistes prônant le gallicanisme, c'est-à-dire une organisation de l'église catholique française très autonome par rapport à la papauté. Quant au libertinage, au XVIIe siècle, il s'agit pour lui de combattre une liberté de pensée qui peut entraîner un certain libertinage dans les actions et les mœurs. L'abbé Garasse est rejoint dans son jugement par le «frère trois points » François Labbé, quand il écrit :

«On pourrait se demander si le vice sadien et la vertu maçonnique ne représentent pas un même concept, celui de la liberté. »

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs. (Editions de Chiré, page 89)

Figure importante du conflit entre jésuites et jansénistes, il meurt le 19 juin 1631.

  • le 19 juin 1790 : abolition de la noblesse et du clergé en France.

L'autoproclamée « assemblée nationale » décrète, sous l'impulsion du député Armand-Gaston Camus, que les titres de noblesse et les titres religieux sont abolis. Les nobles deviennent des "ci-devant". La préséance du clergé sur tous les autres corps de l'Etat disparaît. De plus, un décret retire la nationalité aux Français affiliés à un ordre de chevalerie étranger.

Ce n'est pas le 4 aout 1789 ! Ce n'est pas la fin des privilèges ! Voir la chronique du 4 août qui explique ce que sont les « privilèges ou privata Lex », les lois propre à chaque provinces.

  • le 19 juin 1812 : le pape Pie VII, placé par Napoléon en résidence surveillée, arrive au château de Fontainebleau.

Le 12 juin 1812 le docteur Balthazard Claraz sauve la vie du pape Pie VII, alors que, malade et épuisé, il vient de recevoir l'extrême-onction à l'hospice du col du Mont-Cenis lors de son transfert de Savone à Fontainebleau. Il reste auprès du Pape pendant les deux premiers mois de sa captivité. Elle va durer du 20 juin 1812 au 23 janvier 1814, période pendant laquelle le Saint-Père ne sort jamais de son appartement. Pendant ces longs mois, Pie VII appelle Napoléon :

« Mon cher fils », et il ajoute : « un fils un peu têtu, mais un fils quand même », ce qui déconcerte totalement l'Empereur.

  • le 19 juin 1987 : décès de Michel de Saint-Pierre, 71 ans, écrivain français.

Michel de Grosourdy de Saint-Pierre, naît le 12 février 1916 à Blois et meurt le 19 juin 1987 à Saint-Pierre-du-Val, dans l'Eure ; c'est un écrivain et journaliste français. Après ses études à Paris, il décide de partir pour Saint-Nazaire, où il va travailler en usine comme ouvrier métallurgiste. Il s'engage ensuite quatre ans dans la marine, comme matelot pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de rejoindre la Résistance.

Durant les années 1950, il collabore à La Nation française de Pierre Boutang et Michel Vivier. Aux éditions de la Table ronde, il assure aussi les fonctions d'agent littéraire, de directeur de collection, de conseiller et aussi d'administrateur. Au sein des éditions France-Empire, il crée et dirige une collection appelée « Catholique ». Il fait partie des fondateurs du journal Présent en 1981. Très antigaulliste, il manifeste à plusieurs reprises son intérêt pour l'action politique, en apportant publiquement son soutien par exemple à Tixier-Vignancour ou au Parti des forces nouvelles. Royaliste et catholique, défenseur de la messe traditionnelle, très antigaulliste, il se lance avec vigueur dans les grands débats qui agitent une société française en pleine transformation.

Parmi ses œuvres principales, citons : Les Nouveaux prêtres, Les Aristocrates, Églises en ruine, églises en péril, Les Nouveaux Aristocrates, Les Écrivains, La Mer à Boire, L'Accusée.

Posté le 19 juin 2016 à 06h53 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

18 juin 2016

Du 31 mai au 2 juillet : pièce de théâtre sur Mère Teresa

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Posté le 18 juin 2016 à 14h16 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 18 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 18 juin 1494 : naissance de Charles IV « Le Bel ».

Charles est le troisième fils de du Roi Philippe IV « Le Bel » et de Jeanne de Navarre. Ces deux premiers frères les Rois Louis X et de Philippe V, étant morts sans descendance, le trône lui revient. Voir la chronique du 13 janvier sur le testament de saint Remi et ses conséquences sur la lignée des Rois de France. Charles est sacré à Reims le 21 février 1322.

De sa mère il hérite du royaume de Navarre sous le nom de « Charles Ier ». Il est le dernier des capétiens directs, puisque sa fille Jeanne la posthume ne peut héritier du Royaume de part la loi de sacralité qui écarte les femmes non pas de la gouvernance du Royaume mais du trône.

Voir les chroniques des 1er et 21 février.

  • le 18 juin 1429 : victoire de Jeanne d'Arc à Patay.

La bataille de Patay est un événement majeur de la guerre de Cent Ans. Les Français écrasent les Anglais. 2 000 Anglais y sont tués, là où 5 Français seulement meurent, et ce, à une époque où l'on combat un contre un. Talbot, leur chef est fait prisonnier. Patay est une victoire miraculeuse et efface Azincourt.

Cette victoire s'inscrit dans la continuité de la libération d'Orléans et des victoires de Jargeau, Meung-sur-Loire et Beaugency.

C'est d'ailleurs après la dernière bataille où Jehan II d'Alençon, le « Gentil duc », Jehan de Brosse, maréchal de Sainte-Sévère et Sénéchal du Limousin, Ambroise de Loré, Jehan de Dunois «Bâtard d'Orléans », le défenseur d'Orléans, Jehan Poton de Saintrailles (ou Xaintrailles) et Étienne de Vignolles dit «La Hire» se trouvent sous ses ordres, renforcés par les Bretons d'Arthur de Richemont. La route de Reims est totalement libérée. Voir les chroniques du 8 mai, des 12, 15 et 17 juin.

  • le 18 juin 1538 : Traité ou Paix de Nice entre Charles Quint roi d'Espagne et François Ier, Roi de France.

C'est le pape Paul III qui fait signer la Paix de Nice, le 18 juin 1538 au Couvent Ste-Croix hors les murs à Nice, à François 1er et Charles Quint. Le Roi de France et l'empereur d'Espagne s'affrontaient pour s'approprier les terres du duché de Milan, après à la mort de François II Sforza. Le pape leur demande de s'allier pour lancer une croisade contre l'Angleterre et les Turcs. Le traité prévoit donc que la France conserve ses conquêtes : Bresse, Bugey et une grande partie du Piémont, le Saint Empire Germanique obtient le Milanais et la majeure partie de la Savoie ; une trêve de 10 ans est conclue.

  • le 18 juin 1574 : Henri Ier de Pologne quitte la Pologne pour devenir Roi de France sous le nom d'Henri III.

Cf. la chronique du 13 février.

  • le 18 juin 1694 : victoire défensive française à Camaret.

Une flotte anglo-hollandaise est repoussée par Vauban dans sa tentative de débarquement à Camaret, la pointe ouest de la Bretagne. Une fois de plus le « proverbe » se vérifie : «  Ville attaquée par Vauban, ville prise. Ville défendue par Vauban, ville imprenable ». Les anglo-hollandais ne peuvent pas atteindre la flotte française stationnée à Brest qu'ils souhaitaient détruire.

Par contre, ils perdent une grande partie de leurs troupes : 800 Anglais débarqués sont tués ou blessés, 400 hommes tués sur les vaisseaux, auxquels s'ajoutent 466 prisonniers, dont 16 officiers.

La plage du débarquement, où le sang a tellement coulé que le sable de la plage était rouge, porte le nom de Trez Rouz (sable rouge), et la falaise où Talmash débarque le nom de Maro ar saozon (la mort anglaise).

Le Roi Louis XIV fait frapper une médaille sur laquelle sont gravés les mots suivants : « Custos orae Armoricae » et « Angl. et Batav. caesis et fugatis 1694 » que l'on peut traduire ainsi ; « Gardienne du littoral de l'Armorique » pour la première citation et « Anglais et Bataves battus et mis en fuite 1694 » pour la deuxième[].

La Tour Vauban à Camaret, presqu'île de Crozon.

  • le 18 juin 1742 : Benoît XIV béatifie Jeanne de France.

Cf. les chroniques du 6 février, des 16 et 30 mai.

  • le 18 juin 1793 : les troupes vendéennes menées par Stofflet et d'Elbée prennent Angers.

De Saumur, ce qui reste de la grande armée se met en route par les deux rives de la Loire, sous la conduite de Stofflet et de d'Elbée. La terreur qu'inspirent ses récents succès brise d'avance toute résistance. A son approche, la garnison d'Angers, le Directoire, la municipalité prennent la fuite. Les Vendéens entrent dans la ville sans coup férir, et en prirent possession au nom du Roi, le 17 juin 1793. Le 18 juin une messe d'action de grâce est célébrée en présence de toute la population. Entre début mai et mi juin, les Blancs ont repris successivement aux révolutionnaires les villes de Bressuire le 3 mai, Thouars le 5 mai, Parthenay le 11, La Châtaigneraie le 13 ; échouent le 16 mai, devant Fontenay-le-Comte et prennent la ville le 25 ; Saumur le 10 juin ; Loudun, Chinon et La Flèche. Une fois Angers prise, restent Nantes ou Paris. Ce sera Nantes…

  • le 18 juin 1799 : coup d'État du 30 prairial.

La situation militaire du pays étant très mauvaise, le conseil des Cinq-Cents et celui des Anciens exigent des explications au Directoire. Sieyès, élu du Directoire, s'allie avec Paul Barras, et en accord avec les deux conseils, une manœuvre d'intimidation est initiée pour forcer le Directoire à démissionner. Le coup d'état se réalise en faisant pression sur les exécutifs sans avoir à employer la force armée. Le coup d'état, sanglant ou législatif, semble bien la marque de fabrique des républiques françaises depuis leur origine.

  • le 18 juin 1815 : défaite de Napoléon à Waterloo.

La bataille de Waterloo se déroule le 18 juin 1815. Cette bataille est la dernière à laquelle prend part directement Napoléon 1 er. Les troupes britanniques de Wellington et les troupes prussiennes de Blücher remportent une victoire décisive sur l'empereur.


C'est la fin de la tentative de restauration impériale des Cent jours. Plus d'un million et demi de soldats, venus de toute l'Europe, se déversent sur la France par toutes les frontières, ivres de pillage. À tous points de vue, les Cent-jours sont un échec :

"Défaite militaire, désastre diplomatique, catastrophe financière, déchirures intérieures, réémergence durable de la question de la légitimité du pouvoir en France" (Thierry Lentz, dans Nouvelle histoire du Premier Empire, Tome 4, Les Cent-jours, 2010, p.551)

Waterloo marque le dernier épisode de la troisième "guerre de cent ans" - commencée en 1689 - avec l'Angleterre. Pour celle-ci, c'est un triomphe complet, qui va lui permettre de devenir la "superpuissance" de la planète tout au long du XIXe siècle. Épuisée et définitivement affaiblie, la France, elle, ne retrouvera jamais plus la puissance et le prestige qui étaient les siens à la veille de la Révolution. Mentionnons encore une "catastrophe" peu connue. Admiratifs de l'œuvre réalisée par Denon au Louvre, les Alliés en 1814 n'avaient demandé aucune restitution. Mais après Waterloo, ce sont plus de 5000 œuvres d'art pour la plupart des chefs-d'œuvre, qui vont quitter le Louvre, dont :

  • 2065 tableaux
  • 271 dessins
  • 280 statues
  • 289 bronzes
  • 1199 émaux

Il faut encore mentionner les 1000 tableaux déposés  à Bruxelles, Genève et Mayence en vertu du décret Chaptal de 1803, et qui ne seront pas restitués à la France en 1815. (Cf. Pierre Rosenberg, Dictionnaire amoureux du Louvre, p. 39 ; Anne Héritier, Genèse du patrimoine culturel 1750-1816, p.237.) Le 14 octobre 1815, "las de voir l'œuvre de sa vie détruite, Denon présente sa démission à Louis XVIII" (Pierre Rosenberg, Ibid. p.308). Héritier d'un musée "à l'agonie", Louis XVIII "a la lourde tâche, assisté par Forbin, successeur de Denon, de [le] remettre en état de marche. Il mène une active politique d'acquisition. […] On peut dire que la muséologie a vu le jour sous Louis XVIII." (Pierre Rosenberg, Ibid, p. 562-263) 

  • le 18 juin 1845 : naissance de Charles Louis Alphonse Laveran, médecin militaire et parasitologue français.

Charles Louis Alphonse Laveran (1845-1922) est un médecin militaire et parasitologue français, pionnier de la médecine tropicale, connu pour avoir découvert, en 1880, le parasite protozoaire responsable du paludisme. Pour la première fois était mis en évidence que les protozoaires pouvaient être la cause de maladies. Ses travaux sur le protozoaire lui ont valu de recevoir le prix Nobel de physiologie ou médecine de 1907.

  • le 18 juin 1940 : appel du général De Gaulle.

Le général De Gaulle lance son appel du 18 Juin à la résistance depuis Londres, sur les ondes de la BBC, le lendemain de la demande d'armistice faite à l'Allemagne par le Maréchal Pétain. Le même jour, les Allemands entrent dans Nancy. Mais La date est imposée par les Anglais pour rappeler le 18 juin 1815, défaite de Napoléon à Waterloo.

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, Général De Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi. Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »

  • le 18 juin 1987 : élection d'André Frossard à l'Académie française au Fauteuil 2.

Fils de Louis-Oscar Frossard, l'un des fondateurs du Parti communiste français, premier secrétaire général du PCF à 31 ans, puis ministre du Front populaire, André Frossard est élevé dans l'agnosticisme absolu :

«Celui où la question de l'existence de Dieu ne se pose même plus ».

Il fréquente l'École des arts décoratifs, et fait carrière dans le journalisme en tant que dessinateur et chroniqueur. À vingt ans, il se convertit au catholicisme, le 8 juillet 1935, dans la chapelle des religieuses de l'Adoration, 39, rue Gay-Lussac, à Paris (5e), dans laquelle il était entré, insouciant, à la recherche d'un ami, André Willemin. Il raconte cette conversion soudaine dans son livre à succès : Dieu existe, je l'ai rencontré. André Frossard est élu membre de l'Académie française le 18 juin 1987.

  • le 18 juin 1998 : élection de René Rémond à l'Académie française au Fauteuil 1.

Né le 30 septembre 1918 à Lons-le-Saunier, René Rémond, est un historien et politologue français, membre de l'Académie française à partir de 1998. Ses travaux sur l'histoire politique, intellectuelle et religieuse de la France contemporaine, ont contribué au renouvellement de la pensée conservatrice en France.

  • le 18 juin 2010 : le général Marcel Bigeard meurt à Toul.

Il demande que ses cendres soient dispersées par avion au dessus de la cuvette de Dien Bien Phu, pour, dit-il : « emmerder le gouvernement ! »

  • le 18 juin 2004 : disparition de Jeanne-Marie Kegelin, une sainte Maria Goretti française…

Voici dix années que cette petite fille a été enlevée, le 18 juin 2004, le jour de la fête du Sacré Cœur, et est devenue une martyre de la vertu de pureté. Quelques jours auparavant, elle faisait le Pèlerinage de Chartres... Elle n'avait pas 11 ans, l'âge de sainte Maria Goretti !

Jeanne Marie est connue comme une fillette « enjouée », « farceuse », « franche », « directe », « une petite chrétienne qui avait fait siennes toutes les valeurs de l'Evangile », qui « récite son chapelet » et « chante des cantiques ». Jeanne-Marie est la septième d'une famille de huit enfants. « Elle était plus digne du ciel que de la terre », commente sa mère, Marie-Martine.

La mère de Jeanne-Marie lance ainsi à la cour, le jour du procès :

« Je n'en veux pas à Dieu de nous l'avoir ravie. Mais j'en veux à tous ces gouvernants qui ne font rien contre la pornographie ambiante, sur les murs de nos villes, à la télévision… » Et de crier sa conviction que cette « pornographie » forge « les violeurs de demain »…

Dans un petit carnet, où elle écrivait ce qui lui tenait le plus à cœur on peut lire que : « Jésus est le plus important" pour elle, et qu'elle voulait faire beaucoup de sacrifices pour Lui, quelques jours avant sa disparition. (Phrase écrite peu de jours avant de rencontrer le Christ au Ciel…

Si la foi n'épargne pas de la douleur, cependant elle donne la paix et la certitude. La paix de savoir que cette âme pure et claire a triomphé de la laideur du Mal, et la certitude que par son exemple elle nous montre le chemin à suivre. Et son frère, séminariste à l'époque du procès, nous montre aussi le chemin que le Christ nous demande de suivre quand il affirme à l'accusé : « Je sais une chose, c'est que Jeanne-Marie vous aime, et j'en sais une autre, c'est que vous avouerez en temps et en heure. Toute chose sera connue, au ciel ou sur la terre ».

Une âme à prier comme sainte Maria Goretti…

Posté le 18 juin 2016 à 06h52 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (9)

17 juin 2016

C’est arrivé un 17 juin …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 17 juin 334 : loi de Constantin Ier sur la tutelle des veuves et des orphelins.
    • le 17 juin 676 : mort du pape Adéodat II.
  • le 17 juin 1374 : décès de Bertrand de Cosnac, dit le « Cardinal de Comminges », cardinal et juriste français.
    • le 17 juin 1429 : victoire de sainte Jeanne d'Arc à Beaugency.

L'Anglais contrôle pratiquement tout le nord de la France fin de 1428. Le pont d'Orléans a été détruit peu de temps avant la levée du siège. Les Français ont en outre perdu le contrôle de tous les autres points de passage du fleuve.

La bataille de Beaugency se déroule les 16 et 17 juin 1429. Beaugency est alors une petite ville sur la côte nord de la Loire qui contrôle un pont devenu stratégique. Les Anglais en sont les maîtres. L'attaque française vise à reprendre le pont et la ville, pour redonner une ligne de communication vitale vers Reims. Ce pont avait été conquis par les Anglais quelques années plus tôt, comme une tête de pont pour une future invasion du Sud de la France. Cette campagne française de la Loire compte cinq actions majeures : le siège d'Orléans, la bataille de Jargeau, la bataille de Meung-sur-Loire, la bataille de Beaugency, la bataille de Patay. Contrairement à Meung-sur-Loire, la place forte de Beaugency se trouve dans les murs de la ville. Cette place existe toujours et forme une imposante citadelle rectangulaire. Dès le premier jour de la bataille, les Anglais abandonnent la ville pour se réfugier dans le château. Les Français bombardent le château avec leur artillerie, le même soir de Richemont arrive avec ses hommes, malgré sa disgrâce royale il vient porter secours aux Français. C'est le premier grand ralliement à la cause royale. Beaucoup vont suivre les Bretons. Cette campagne tue, capture ou met hors de combat environ un tiers des officiers anglais et de l'élite militaire anglaise, les fameux archers aux arcs longs.

  • le 17 juin 1647 : fin du siège de Lérida.

C'est le 12 mai 1647 que débute le siège de Lérida avec l'arrivée de Louis II de Bourbon-Condé, dit Le Grand Condé. Mazarin, voulant l'éloigner de France, lui a fait miroiter la victoire, là où Henri de Lorraine-Harcourt avait échoué l'année précédente : Lérida. Le Grand Condé se fait un plaisir de le relever. Mais les pertes immenses et les désertions font que le siège est levé le 17 juin 1647. C'est un échec.

  • le 17 juin 1689 : apparition du Sacré Cœur à sainte Marguerite Marie Alacoque.

Sainte Marguerite Marie a bénéficié de nombreuses apparitions, à tel point que les sœurs de sa communauté l'ont longtemps prise pour une possédée. Le 17 juin le Christ lui apparaît pour lui donner un message pour la France et pour Louis XIV.

Le premier message s'adresse au Roi :

"Il désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et du Roi, pour y être honoré, autant qu'il y a été outragé, méprisé et humilié en sa passion "

Mais plus spécifiquement à Louis XIV :

<< Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu' il fera de lui-même à mon cœur adorable qui veut triompher du sien et, par son entremise, de celui des grands de la terre… pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte Église »

Le deuxième message : " Le Père Éternel voulant réparer les amertumes et angoisses que l'adorable Cœur de son divin Fils a reçues dans la maison des princes de la terre veut établir son empire dans le cœur de notre Grand monarque, duquel il veut se servir pour l'exécution de ses desseins. "

Le Roi est fils aîné du Sacré-Cœur en qualité de chef d'État de même que la France est fille aînée de l'Église.

Le troisième message demande au Roi : " d'être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes pour le rendre victorieux de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte-Eglise ".

Le quatrième message est : de " faire construire un édifice où sera le tableau de ce divin Cœur, pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. Dans cet édifice le chef de la nation française reconnaîtra l'empire du divin Cœur sur lui-même et la nation, il proclamera sa royauté, se dira lieutenant du Christ ".

Sainte Marguerite-Marie résume les conséquences du culte public au Sacré-Cœur : " Je prépare à la France un déluge de grâces lorsqu'elle sera consacrée à mon divin cœur. "

Voir la chronique du 27 juin.

L'information est transmise au Roi qui ne fait pas la consécration demandée. Louis XVI la fera, mais alors il n'est plus Roi. 

  • le 17 juin 1714 : naissance César-François Cassini, astronome français.

César-François Cassini est aussi connu sous les noms de Cassini III ou Cassini de Thury. Dès son plus jeune âge il montre un intérêt profond pour l'astronomie. En 1735, il fait son entrée à l'Académie des sciences en tant qu'adjoint astronome. Ses travaux sont relativement peu connus. On lui reconnaît aujourd'hui sa célèbre carte de France. Il décède le 4 septembre 1784.

  • le 17 juin 1789 : les États généraux, sur proposition de Sieyès, se transforment en Assemblée nationale.

Cent ans jour pour jour après la demande de Notre Seigneur, le Tiers-Etat se proclame Assemblée Nationale. C'est la fin de la monarchie capétienne et le début de la révolution française.

C'est un véritable coup d'état législatif qui se passe ce jour là. Le Tiers état décide par 490 voix contre 90 de se constituer une Assemblée nationale, sans avoir aucune compétence légale pour cette décision. Les pouvoirs et les droits du monarque, ainsi que ceux des deux autres corps le clergé et la noblesse sont foulés au pied. Cette assemblée dénie au Roi le droit de veto sur ses décisions. Le 19 juin, le clergé et la noblesse sont abolis. Le 9 juillet, l'assemblée est déclarée "constituante". Cent ans jours pour jour après la demande, jamais réalisée, du Sacré Cœur de figurer sur les étendards du Roi de France !

Par deux fois, le ciel a fait des promesses de salut et des demandes de consécration, l'une à Paray le Monial, par Notre Seigneur et son Sacré Cœur, (voir éphéméride du 13 juin), l'autre par Notre Dame à Fatima et son Cœur Immaculé.

Pour en savoir plus sur les liens entre ces deux Cœurs, consulter le site du centenaire des apparitions de Fatima : www.fatima100.fr

  • le 17 juin 1793 : allocution du Pape Pie VI au sujet de l'assassinat de sa Majesté Très Chrétienne Louis XVI, Roi de France.

Le livre est téléchargeable sur internet ici :

http://books.google.fr/books?id=0MhBAAAAcAAJ&pg=PA7&dq=le+pie+VI+au+sujet+de+la+mort+de+louis+xvi&hl=fr&sa=X&ei=DPumU6DDF46b0wW3g4GICQ&ved=0CB8Q6AEwAA

En voici des extraits :

« Le Roi très-chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie; et ce jugement s'est exécuté.

Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de cette sentence. La convention nationale n'avait ni droit ni autorité pour la prononcer. En effet, après avoir abrogé la monarchie, le meilleur des gouvernements (1), elle avait transporté toute la puissance publique au peuple qui ne se conduit ni par raison ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de choses par la vérité, et en évalue un grand nombre d'après l'opinion ; qui est toujours inconstant, facile à être trompé et entraîné à tous les excès […] » (page 5)

  1. Bossuet

« Eh! Qui pourra jamais douter que ce monarque n'ait été principalement immolé en haine de la foi et par un esprit de fureur contre les dogmes catholiques? Déjà depuis longtemps les Calvinistes avaient commencé à conjurer en France la ruine de la religion catholique. Mais pour y parvenir il fallait auparavant préparer les esprits et abreuver les peuples de ces principes impies que les Novateurs n'ont ensuite cessé de répandre dans des livres qui ne respiraient que la perfidie et la sédition.[…]» (Pages 15-16)

On s'est efforcé, il est vrai, de charger ce prince de plusieurs délits d'ordre purement politique ; mais le principal reproche qu'on ait élevé contre lui, portait sur l'inaltérable fermeté avec laquelle il refusa d'approuver et de sanctionner le décret de déportation des prêtres, et sur la lettre qu'il écrivit à l'évêque de Clermont pour lui annoncer qu'il était bien résolu de rétablir en France, dès qu'il le pourrait, le culte catholique. Tout cela ne suffit-il pas pour qu'on puisse croire et soutenir sans témérité que Louis fut un martyr ? […] » (Pages 27-29)

Et le Saint Père termine en s'adressant à la France avec des accents qui ressemblent à ceux du pape Jean Paul II au Bourget en 1980 :

« Ah France ! Ah France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de toute la chrétienté et l'inébranlable appui de la foi ; toi qui par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège apostolique, ne marche pas à la suite des autres nations, mais les précède toutes, que tu nous es contraire aujourd'hui ! De quel esprit d'hostilité tu parais animée contre la véritable religion ! Combien la fureur que tu lui témoignes surpasse déjà les excès de tous ceux qui se sont montrés jusqu'à présent les persécuteurs les plus implacables ! Et cependant, tu ne peux pas ignorer, quand même tu le voudrais, que la religion est la gardienne la plus sûre, et le plus solide fondement des empires, puisqu'elle réprime également, et les abus dans les princes qui gouvernent et les écarts de la licence dans les sujets qui obéissent. Eh ! C'est pour cela même que tous les factieux adversaires des prérogatives royales cherchent à les anéantir, en s'efforçant de renverser d'abord la foi catholique.

Ah ! Encore une fois France ! Tu demandais toi-même auparavant un Roi catholique ; tu disais que les lois fondamentales du Royaume ne permettaient point de reconnaître un Roi qui ne fût catholique. Et voilà maintenant que tu l'avais ce Roi catholique ; et c'est précisément parce qu'il était catholique que tu viens de l'assassiner.

Ta rage contre ce monarque s'est montrée telle, que son supplice même n'a pu l'assouvir, ni l'apaiser. Tu as voulu la signaler encore après la mort sur ses tristes dépouilles ; car tu as ordonné que son cadavre fût transporté et inhumé, sans aucun appareil d'une honorable sépulture. Ah ! Du moins on respecta encore la majesté royale dans Marie Stuart après la mort. Son corps fut embaumé, rapporté dans la citadelle et placé dans un dépôt pour le recevoir. On donna l'ordre à ses officiers et à ses domestiques de rester auprès du cercueil, aves toutes les marques de leurs dignités, jusqu'à ce qu'on eût destiné à cette princesse une sépulture convenable. Qu'as-tu gagné en te livrant à une animosité que tu n'as pu satisfaire, si ce n'est de t'attirer plus de honte, plus d'infamie, et de provoquer le ressentiment et l'indignation générale des souverains, beaucoup plus irrités contre toi qu'ils ne le furent jamais contre Elisabeth d'Angleterre.

Oh jour de Triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné la patience dans les tribulations, et la victoire au milieu de son supplice… (Pages 33-37)

  • le 17 juin 1795 : assassinat du chef chouan de Boishardy de Moncontour, en Bretagne.

Amateur-Jérôme Le Bras des Forges de Boishardy chevalier de Boishardy, est un chef chouan des Côtes-du-Nord. Né à Bréhand, il appartient à la petite noblesse bretonne.

Il entre au Royal-Marine en 1780, qu'il quitte le 9 juillet 1792, s'opposant au départ de son régiment pour Saint-Domingue. Mais c'est la levée des 300 000 hommes en mars 1793 qui le pousse vers la Chouannerie. Boishardy, charismatique et accessible s'impose naturellement comme chef de la chouannerie dans la région. Il prend part à la première insurrection, celle de La Rouërie, qui le désigne pour commander les forces militaires de l'Association bretonne sur les Côtes-du-Nord. Il est reconnu ailleurs aussi, puisqu'il est en contact avec le Vendéen François de Charette.

La prise de Jugon-les lacs une petite ville entre Lamballe et Dinan, où il abat l'arbre de la liberté, et déambule avec ses hommes tout en parlant avec les habitants, lui vaut le surnom de Sorcier, donné par les bleux, car la prise ne fait aucun mort et tous les soldats républicains sont capturés.

Les républicains ayant été instruits qu'il se trouverait le 15 juin 1795 dans son château de Villehemet, une compagnie de grenadiers l'y attaque. Il devait en effet se marier dans la nuit du 16 au 17 juin. Il est trahi par un jeune homme qu'il avait recueilli.

Atteint et achevé à coups de sabre par deux soldats sur la route de Bréhand à Moncontour, près de la chapelle Saint-Malo, où un calvaire marque le lieu encore aujourd'hui, en présence de sa fiancée Joséphine de Kercadio, sa tête sanglante est promenée dans les rues de Lamballe et de Moncontour puis jetée dans l'étang de Launay.

La mort de Boishardy (par Yan' Dargent)

  • le 17 juin 1818 : naissance de Charles Gounod, compositeur français.
  • le 17 juin 1884 : renforcement du protectorat du Cambodge par la France.

Le traité de protectorat date du 5 juillet 1863. Après vingt ans d'administration indirecte, les autorités du Protectorat souhaitent rationaliser le système d'exploitation et l'étendre au pays tout entier. Le roi Norodom 1er ne le souhaite pas. Le gouverneur de Cochinchine Charles Thomson se rend à Phnom Penh, pénètre de force dans le palais royal et, le 17 juin 1884, impose au roi la signature d'une convention qui renforce le protectorat en donnant la gestion des affaires intérieures aux Français. Des révoltes vont éclater tout au long des deux années suivantes et un nouvel accord est signé en 1886.

  • le 17 juin 1885 : la Statue de la Liberté arrive à New York.

La statue, don des Français, est transportée par bateau en deux mois. Elle arrive en morceaux détachés empaquetés en 210 caisses par le navire français Isère, parti du port de Rouen. Cette statue de bronze de 46 mètres de haut est l'œuvre du sculpteur Frédéric Auguste Bartholdi, franc-maçon, l'armature de fer a été conçue par Gustave Eiffel, autre maçon. Le socle, à la charge des Américains, n'étant pas achevé, la statue n'est inaugurée que le 28 octobre 1886.

  • le 17 juin 1909 : naissance de Régine Pernoud, historienne, archiviste et paléographe française.

Historien de renom, spécialiste du Moyen-âge, c'est un des premiers écrivains qui ose braver les mensonges officiels que diffusent l'éducation nationale et les médias sur la vie des Français au Moyen-âge. Elle prouve que loin d'être une période sombre et trouble c'est une des périodes phares de l'histoire de notre pays ; la place de la femme dans la société étant bien plus enviable et respectée que de nos jours.

Parmi les principales œuvres se trouvent : La femme aux temps des cathédrales ; Pour en finir avec le Moyen-âge ; Vie et mort de Jeanne d'Arc ; les témoignages du procès de réhabilitation; Les Croisades; Jeanne devant les Cauchons

  • le 17 juin 1923 : consécration de l'Église Notre-Dame du Raincy.

L'église Notre-Dame du Raincy est une église moderne construite en 1922-1923 par les architectes français Auguste et Gustave Perret, en Seine-Saint-Denis. Elle est considérée comme un monument emblématique de l'architecture moderne, et doit sa célébrité au fait qu'il s'agit de la première église construite en béton armé en France. À ce titre, elle a été classée comme monument historique par un arrêté du 29 juin 1966. On la surnomme parfois la « Sainte-Chapelle du béton armé ».

  • le 17 juin 1940 : Philippe Pétain demande l'armistice.

     

Le maréchal Pétain lors de son allocution radiophonique

"Français ! A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. …C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités."

  • 17 juin 1944 : le secret de Fatima est connu de l'Eglise catholique.

Sœur Lucie remet une enveloppe cachetée contenant la troisième partie du secret à Monseigneur Feirrera da Silva, lequel la remet le soir-même à l'évêque de Leiria.

Voir le site www.fatima100.fr

Posté le 17 juin 2016 à 06h51 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (8)

16 juin 2016

C’est arrivé un 16 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 16 juin 956 : mort d'Hugues, comte de Paris, marquis de Neustrie, duc des Francs et comte d'Auxerre.

Hugues, père d'Hugues Capet, meurt à Dourdan.

  • le 16 juin1549 : Henri II fait son entrée solennelle dans Paris.

« L'an mil cinq cent quarante neuf, le seizieme jour de juin, le Roy feit son entrée en armes à Paris, la plus riche et magnifique, qui fut jamais veuë entre les françois, tant du costé du Roy que de la part de la ville, laquelle n'avoit en rien espargné ses trésors, ny ses bons esprits, pour rendre l'honneur deu à son Prince, tant en habits et ornements, qu'en theatres et belles inventions, dont je decriray en passant les plus singulières. »

Tirés de : Les antiquitez, chroniques et singularitez de Paris, 2nde édition, Paris, 1561, chap 12, p.166-173) de Gilles Corrozet,

  • le 16 juin 1659 : monseigneur François Montmorency de Laval arrive en Nouvelle-France.

Gravure de Rolland Boulanger représentant Mgr Laval.

Ordonné évêque le 8 décembre 1658, en l'Abbaye Saint-Germain-des-Prés à Paris, François Montmorency de Laval est choisi comme vicaire apostolique de la Nouvelle-France. Il arrive à Québec le 16 juin 1659 après trois mois de traversée sur le navire «Sacrifice d'Abraham».  Il y fonde la communauté des prêtres du Séminaire de Québec le 26 mars 1663, ouvre le Grand Séminaire de Québec et, en 1668, le Petit Séminaire de Québec, qui devient en 1765, après la Conquête anglaise, un collège ouvert à tous. Il est déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980, et canonisé par le pape François le 3 avril 2014. Voir les chroniques du 30 avril, 6 mai, et du 22 juin.

  • le 16 juin 1687 : décès de François Honorat de Beauvilliers, duc de Saint-Aignan.

Décédé à Paris, François Honorat de Beauvilliers, Duc et pair de France, chevalier des ordres du Roi, premier gentilhomme de sa chambre, membre du conseil du Roi, militaire, gouverneur de provinces, membre de l'Académie française a marqué son époque.

Il prend part à quatorze campagnes, et exerce de nombreux commandements. Protecteur des gens de lettres, il fait partie de l'Académie de physique fondée par Huet à Caen, de celle des Ricovrati de Padoue, contribue à la fondation de l'Académie d'Arles (1669), dont il est le protecteur. Il est élu à l'Académie française en 1663. Ses ouvrages n'ont pas été publiés. L'abbé d'Artigny le regrette dans ses Mémoires littéraires; on devait cet hommage, dit-il, «à un seigneur qui honora les beaux-arts et qui répandit ses bienfaits et ses largesses sur tous les poètes de son temps.» Il meurt à l'âge de quatre-vingts ans.

  • le 16 juin 1815 : victoire de Ligny.

Les troupes de Napoléon Bonaparte remportent une belle victoire à Ligny en Belgique contre les troupes prussiennes, la dernière victoire avant Waterloo.

  • le 16 juin 1846 : élection du pape Pie IX.

A la mort de Grégoire XVI, Mastai Ferretti est élu pape. Il prend le nom de Pie IX, en hommage à Pie VII. Le 8 décembre 1854, Pie IX proclame le dogme de l'Immaculée Conception. La Sainte Vierge le remercie en se présentant à Sainte Bernadette Soubirous sous ce vocable. Hormis le pontificat de Saint-Pierre, Pie IX a le plus long pontificat de l'Histoire (31 ans et 236 jours, de 1846 à 1878). Il est béatifié le 3 septembre 2000 par Jean-Paul II dont le pontificat est le troisième plus long de l'Eglise.

  • le 16 juin 1875 encore : pose de la 1ère pierre de la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre.

La consécration, initialement prévue le 17 octobre 1914, est reportée suite à l'entrée en guerre, et a lieu le 16 octobre 1919. L'église est alors érigée en basilique mineure. Le bâtiment est officiellement achevé en 1923 avec la finition de la décoration intérieure.

  • le 16 juin 1881 : l'école « publique »est désormais gratuite, pour les plus riches !

Jules Ferry fait voter une loi qui établit la gratuité de l'école. Depuis 1879, ce franc maçon violement anticlérical, promulgue une série de textes promouvant l'école publique afin d'affaiblir le poids de l'Église dans l'éducation des jeunes français. Une nouvelle loi paraît encore le 28 mars 1882, rendant l'enseignement obligatoire pour les enfants de 3 à 6 ans, et définitivement laïc. L'instruction civique remplace dorénavant l'instruction religieuse et même les instituteurs devront être laïcisés au sein des écoles spécialisées. L'objectif est de retirer des mains des familles et de l'Eglise la formation des plus jeunes.

Or les écoles catholiques sont déjà gratuites, pour la plupart, et ce d'avant la révolution. Après l'empire, l'Etat les considérait comme « libres », suivant le terme de la loi Guizot de 1833 et de la loi Falloux de 1850. Depuis le Second Empire et la loi Duruy (1867), l'école publique est devenue gratuite pour les enfants des familles les plus pauvres, soit les 3/5e des enfants. En 1881 la loi Jules Ferry n'est finalement qu'un geste en faveur des plus riches.

  • le 16 juin 1895 : naissance de l'AOF.

Un décret institue le gouvernement général de l'Afrique-Occidentale française (AOF). Il regroupe les colonies africaines françaises du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire. Par la suite, s'y ajoutent le royaume du Dahomey, futur Bénin, la Haute-Volta, futur Burkina Faso, la Maurétanie et le Niger. L'AOF est alors divisée en huit territoires, avec à la tête de chacun d'eux un gouverneur. En 1958, la décolonisation entraîne l'éclatement de cette fédération.

  • le 16 juin 1940 : le maréchal Pétain, président du Conseil.

Paul Reynaud, premier ministre de la France qui s'oppose à un armistice avec l'Allemagne nazie mais souhaite une reddition des armées pour que devant l'histoire ce soient les militaires qui assument la défaite, démissionne. Le maréchal Philippe Pétain est nommé à la présidence du conseil par le président français Albert Lebrun. Il a 84 ans ! Aucun politique de l'époque n'a ni le courage ni l'envergure pour la fonction, dont le côté sacrificiel effraie. La moitié de la France étant occupée par les Allemands, il installe son gouvernement à Vichy. En juillet, l'Assemblée nationale lui donne les pleins pouvoirs. Pétain met alors fin à la République et instaure, sous la devise "Travail, Famille, Patrie", l'Etat français. Philippe Pétain demande l'armistice à l'Allemagne.

  • le 16 juin 1946 : discours de Bayeux.

Après avoir démissionné du gouvernement, le général De Gaulle proclame, sur les lieux même de son débarquement en 1944, le discours de Bayeux dans lequel il énumère ses principes pour une nouvelle constitution française. Quelques mois plus tard il fonde le RPF sans réussir à mettre en échec le projet de constitution de ce qui devient la quatrième république. Le discours de Bayeux est la principale source d'inspiration de la constitution de la Cinquième République.

  • le 16 juin 2002 : canonisation de Padre Pio, moine Capucin stigmatisé.

Jean Paul II le canonise sous le nom de Saint Pio de Pietrelcina.

Posté le 16 juin 2016 à 06h48 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

15 juin 2016

C’est arrivé un 15 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 15 juin 923 : décès de Robert Ier, Roi de France.

Voir la chronique du 30 juin.

  • le 15 juin 1429 : victoire de sainte Jeanne d'Arc à Meung-sur-Loire.

L'Anglais contrôle pratiquement tout le nord de la France fin 1428. Le pont d'Orléans a été détruit peu de temps avant la levée du siège. Les Français ont en outre perdu le contrôle de tous les autres points de passage du fleuve. Meung-sur-Loire est le premier pont conquis par les Français après Orléans.

  • le 15 juin 1520 : le pape Léon X excommunie Martin Luther par la bulle "Exsurge Domine".

Pape Léon X, par Raphael.

Par la Bulle " Exsurge Domine ", le Pape Léon X condamne Martin Luther et son hérésie le Protestantisme. Cette bulle, publiée à Rome le 15 juin 1520, a été préparée au cours de l'hiver précédent, par une commission de théologiens. Ces derniers sont issus en majorité des ordres mendiants prédicateurs officiels des indulgences et des aumônes pour la basilique Saint-Pierre. La bulle dénonce 41 erreurs trouvées dans les écrits de Luther.

  • le 15 juin 1594 : naissance de Nicolas Poussin, peintre français.

Autoportrait

Nicolas Poussin est né à Villers, près des Andelys, dans une famille bourgeoise normande, qu'il quitte à 18 ans, car ses parents désapprouvent son choix d'une carrière de peintre. Il se rend à Paris, Florence et à Rome pour se perfectionner. Il y rencontre des grands maîtres italiens de la Renaissance tels que Raphaël et Titien. Louis XIII et Richelieu lui demandent de superviser les travaux du Louvre; il est nommé premier peintre du Roi et directeur général des embellissements des maisons royales (décoration du Palais du Luxembourg par exemple). Les Jésuites lui commandent six tableaux racontant la vie de saint Ignace de Loyola. Nicolas Poussin est une référence incontournable du classicisme français, ses œuvres sont à la fois idéalistes et poétiques. Les plus célèbres sont des thèmes bibliques, mythologiques ou historiques : L'Enlèvement des Sabines, Moïse sauvé des eaux, L'Enfance de Bacchus.

Les bergers d'Arcadie


L'été ou Ruth et Booz

  • le 15 juin 1673 : découverte de la baie du Mississipi.

Partis le 17 mai 1673 du fort Frontenac, Jacques Marquette, Louis Jolliet et leurs cinq compagnons s'embarquent sur deux canots avec pour objectif la découverte du grand fleuve le Mississippi. Ils atteignent la baie du Mississippi le 15 juin. Ils descendent le fleuve jusqu'à son confluent avec l'Arkansas. Craignant d'être capturés par les Espagnols, ils rebroussent chemin, remontent par la rivière des Illinois et débarquent à l'emplacement de Chicago.

  • le 15 juin 1697 : début du siège de Barcelone.

Le Siège de Barcelone commence le 15 juin 1697. C'est un des nombreux épisodes de la guerre de la ligue d'Augsbourg. Il oppose la France à l'Espagne. L'armée française, avec plus de 30 000 hommes, contre 11 000 pour les Espagnols, sous les commandements de Louis-Joseph de Vendôme et de Victor Marie d'Estrées, conquiert la ville le 8 août 1697 (voir la chronique du jour).

  • le 15 juin 1785 : premier accident aérien avec les décès de Jean-François Pilâtre de Rozier et de Pierre-Ange Romain aérostiers français.

Si l'on écarte le mythique accident d'Icare. Le 15 juin 1785, profitant de vents favorables, Jean-François Pilâtre de Rozier et Pierre-Ange Romain, concepteur du ballon à hydrogène, s'envolent pour traverser la Manche. Jean-François Pilâtre de Rozier est membre de l'Académie de Reims, puis intendant au sein du cabinet de chimie et d'histoire naturelle du comte de Provence, frère du Roi. Après 5km de vol, un vent d'ouest les ramène en France. À ce moment le ballon se dégonfle brusquement et ils s'écrasent au sol, à 300 mètres du rivage. Ils deviennent les deux premières victimes de l'air.

Les causes exactes de l'accident sont assez mal connues. Il ne semble pas qu'il y ait eu incendie, car l'hydrogène n'a pas explosé, il se pourrait que la soupape actionnée pour la descente ait entraîné une déchirure du ballon à gaz, ce qui aurait pu provoquer la chute.

  • le 15 juin 1969 : Georges Pompidou devient président de la république.

  • le 15 juin 1988 : création du CAC 40.

Créé le 31 décembre précédent avec une base de 1000 points, le CAC 40 ouvre ce jour ; il signifie la Compagnie des Agents de Change. Il est calculé en fonction de 40 valeurs continuellement cotées. Son but est de refléter le plus fidèlement possible l'évolution du marché français. Plus tard, son sigle signifiera « Cotation Assistée en Continu ».

  • le 15 juin 1994 : l'établissement des relations diplomatiques entre l'Israël et le Saint Siège.

Cela fait suite à l'accord fondamental du 30 décembre 1993.

  • le 15 juin 1995 : élection du cardinal Jean-Marie Lustiger à l'Académie française.

Posté le 15 juin 2016 à 06h47 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

14 juin 2016

Centenaire de Fatima

Lettre de liaison n° 29(13 juin2016)    

Chers amis,

Nous voici à un an du centenaire de l'apparition du 13 juin 1917 au cours de laquelle Notre-Dame fit cette révélation extraordinaire : « Jésus veut établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. »

L'année précédente, l'Ange de la Paix avait préparé les petits pastoureaux à cette demande en leur parlant par trois fois du Cœur Immaculé de Marie :

  • Au printemps : « Les Cœurs de Jésus et de Marie sont attentifs à la voix de vos supplications»
  • Durant l'été : « Les Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. »
  • À l'automne : « Par les mérites infinis de son très Saint Cœur[de Jésus] et du Cœur Immaculé de Marie, je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs. »

Et le 13 juillet 1917, la Sainte Vierge répéta presque mot pour mot la demande exprimée un mois plus tôt. L'expression "Cœur Immaculé" reviendra 6 fois dans son discours : 2 fois le 13 juin et 4 fois le 13 juillet.

Jacinthe eut une perception aigüe de l'importance de cette dévotion. Quelques jours avant de partir à l'hôpital, elle confia à sa cousine :

Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; que c'est à Elle qu'il faut les demander ; que le Cœur deJésus veut qu'on vénère avec lui le Cœur Immaculé de Marie.

Une fois entrée chez les sœurs de sainte Dorothée, Lucie s'employa très vite à faire connaître cette demande divine. En octobre 1928, elle écrivit à l'évêque de Leiria :

Le bon Dieu, dans son infinie miséricorde, se plaint de ne pouvoir supporter plus longtemps les offenses qui se commettent contre l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge. Il dit qu'à cause de ce péché, un grand nombre d'âmes tombent en enfer, et il promet de les sauver, dans la mesure où l'on pratiquera la dévotion suivante[les cinq premiers samedis du mois], avec l'intention de faire réparation au Cœur Immaculé de notre très Sainte Mère.

Par la suite, Notre-Seigneur rappelle à plusieurs fois à sœur Lucie qu'Il tenait tout particulièrement à cette dévotion, en particulier le 29 mai 1930, à Tuy, où Il lui confia : « Le Cœur Immaculé de Marie m'a inspiré de demander cette petite réparation, et, en considération de celle-ci, d'émouvoir ma miséricorde pour pardonner aux âmes qui ont eu le malheur de l'offenser. »

Quelques années plus tard, sœur Lucie écrivit au père Gonzalès qui fut un de ses confesseurs :

Dans une autre communication, Notre-Seigneur m'a dit, vers mars 1939 : « Demande, insiste de nouveau pour qu'on divulgue la communion réparatrice des premiers samedis en l'honneur du Cœur Immaculé de Marie. »

Et le 19 mars 1939, elle écrivit au père Aparicio, un autre de ses confesseurs :

De la pratique de cette dévotion, unie à la consécration au Cœur Immaculé de Marie, dépendent pour le monde la paix ou la guerre. C'est pourquoi j'ai tant désiré sa propagation ; et puis, surtout parce que telle est la volonté de notre bon Dieu et de notre si chère Mère du Ciel. 

Le 27 mai 1943, elle écrivit à l'évêque de Gurza :

Notre-Seigneur me disait, il y a quelques jours : « Je désire très ardemment la propagation du culte et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, parce que ce Cœur est l'aimant qui attire les âmes à Moi, le foyer qui irradie sur la terre les rayons de ma lumière et de mon amour, la source intarissable qui fait jaillir sur la terre l'eau vive de ma miséricorde ».

Peut-on être plus clair ? Jésus veut qu'on vénère le Cœur Immaculé de Marie et Il en donne la raison : c'est l'aimant qui attire les âmes à Lui.

Certes, il ne s'agit là que d'une révélation privée, mais il ne s'agit pas de n'importe quelle révélation privée : celle-ci a été authentifiée par des phénomènes prodigieux que l'on ne retrouve dans aucune autre apparition. Les révélations de Fatima ont donc une portée tout à fait à part. En effet, dans un article intitulé Réflexions sur un acte de consécration, le père Joseph de Sainte Marie expliquait :

S'il est vrai que la nature de l'acte de foi est déterminée par le motif sur lequel repose cet acte, on doit en conclure qu'une foi humaine est celle qui repose sur un témoignage humain et que, à l'inverse, là où intervient un témoignage surnaturel, d'origine divine, l'acte de foi requis sera lui aussi marqué d'un caractère surnaturel. Ce ne sera pas la foi théologale que, par définition, seule la Révélation évangélique proposée par l'Église peut exiger et fonder. Mais ce ne sera pas non plus une foi purement humaine, laissée au libre choix de chacun. En termes simples disons : à partir du moment où il est établi que Dieu nous parle, par Lui-même ou par un messager, sa parole fonde un acte de foi qui appartient d'une certaine manière à l'ordre surnaturel. Elle le fonde et elle l'exige ; il y a obligation de croire et donc d'obéir.

Or, le miracle du soleil observé par 70 000 témoins constitue bien un témoignage sinon surnaturel tout au moins « d'origine divine ». Et le père Joseph de Sainte Marie poursuit en affirmant :

Ainsi donc, lorsque les papes consacrent le monde au Cœur du Christ ou à celui de la Vierge sur la requête qui leur en est faite par voie prophétique, et, après s'être assurés que ce geste répond bien aux exigence de la Nouvelle Alliance, (…) leur démarche n'est pas simplement légitime ; elle est la réponse à une obligation d'ordre surnaturel qui s'impose à eux

C'est peut-être suite à des considérations analogues que le pape Jean-Paul II a pu dire lors de son premier pèlerinage à Fatima : « Le contenu de l'appel de la Dame de Fatima est si profondément enraciné dans l'Évangile et dans toute la Tradition que l'Église sent sa responsabilité engagée par ce message. »

On peut donc en déduire que, depuis Fatima, la dévotion au Cœur Immaculé s'impose à nous comme une volonté divine. Or notre amour pour Notre-Seigneur ne doit-il pas nous porter spontanément à répondre à son désir en pratiquant cette dévotion ? Ne devons-nous pas, pour Lui montrer notre docilité à sa volonté, travailler avec empressement à faire connaître cette dévotion ? Il faut vraiment que le centenaire des apparitions de Fatima soit pour nous l'occasion de bien prendre conscience du devoir que nous avons de l'embrasser et de la répandre autour de nous. En agissant ainsi, nous suivrons les conseils de Jacinthe à sa cousine peu avant de mourir. Et surtout, nous offrirons à Jésus la joie de voir une de ses volontés accomplie puisqu'Il a dit : « Je désire très ardemment la propagation du culte et de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie ».

En union de prière dans le Cœur Immaculé de Marie.

    Yves de Lassus

Président de Cap Fatima 2017 (www.fatima100.fr)

Informations diverses

Différents moyens sont à votre disposition pour soutenir vos actions en vue de répandre la dévotion au Cœur Immaculé de Marie : affiches, dépliants, images. N'hésitez pas à nous en demander (Voir sur le site à la page Le projet/Documents sur Cap Fatima 2017.)

Pour les enfants, il existe aussi différents moyens adaptés à leur âge pour leur faire connaître et aimer cette dévotion : un bulletin bimensuel, des CD sur la vie des petits voyants, etc. (Voir sur le site enfantsdefatima.org à la page Boutique.)

Enfin, il existe un moyen d'apostolat facile : c'est d'abonner les membres de votre famille ou vos amis à la lettre de liaison. Il est fréquent d'offrir comme cadeau un abonnement à une revue que l'on apprécie. Pourquoi ne pas faire la même chose pour la lettre de liaison qui a l'avantage en plus de ne rien coûter ?

Pour abonner quelqu'un, vous pouvez :

  • soit l'abonner directement sur le site en inscrivant son adresse mail dans la partie Lettre de liaison dans le bandeau de gauche de la page d'accueil, puis en lui envoyant un mail pour lui signaler que l'abonnement vient de vous,
  • soit en nous envoyant les adresses des personnes que vous souhaiteriez abonner : elles recevront la lettre avec l'indication qu'elle est envoyée de votre part.

Posté le 14 juin 2016 à 23h04 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

C’est arrivé un 14 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 14 juin 451 : Aetius délivre Orléans d'Attila.

Le général romain alliés aux Francs de Mérovée et aux Wisigoths de Théodoric, est aussi celui qui, avec les mêmes alliés arrêtent les Huns aux champs Catalauniques, le 20 juin de la même année. (cf. la chronique du jour).

  • le 14-16 juin 877 : signature du capitulaire de Quierzy.

L'empereur Charles le Chauve, signe à Quierzy-sur-Oise, le capitulaire établissant temporairement l'hérédité dans les domaines et les charges pour les descendants des nobles partis en Italie avec lui. Ce document est parfois considéré comme le début de la féodalité.

  • le 14 juin 1636 : mort du Maréchal de France Jean de Saint-Bonnet, maréchal de Toiras, à 51 ans.

Jean de Saint-Bonnet de Toiras, ou Thoiras, naît le 1er mars 1585 à Saint-Jean de Gardonnenque, et sert le Roi Henri IV, puis son fils Louis XIII. A la différence de beaucoup de protestants, il est fidèle durant toute sa vie à son Roi et à sa Patrie. Lors du siège de La Rochelle, il défend victorieusement l'île de Ré face aux assauts du Duc George Villers de Buckingham.

Il se distingue encore lors du siège de Suse, pendant la Guerre de Mantoue. Il a été fait maréchal de France en 1629 par Louis XIII. C'est au cours la Guerre de Trente Ans, en 1636, que Toiras est tué d'une balle d'arquebuse, lors de l'attaque sur la forteresse de Fontaneto d'Agogna.

  • le 14 juin 1646 : décès de Jean Armand de Maillé-Brézé, duc de Brézé, duc de Fronsac, pair de France, grand-maître de la navigation.

Jean-Armand de Maillé-Brezé, naît le 18 octobre 1619. Fils du Maréchal Urbain de Maillé et neveu du Cardinal de Richelieu, il débute sa carrière dans l'Infanterie avant de servir dans la Marine, quand son oncle lui laisse la charge de Grand Maître de la Navigation. Vocation précoce, il est nommé colonel à 15 ans, général des galères à 20 ans et grand-maître de la navigation à 24 ans.

A la tête de la Marine il participe à huit campagnes de guerre à la mer, et remporte un nombre impressionnant de victoires, où il étrille les Espagnols, campagnes qui assurent à la marine de Louis XIII, la maîtrise de la Méditerranée occidentale. Il devient aussi Commandant de la Flotte du Ponant et Ambassadeur au Portugal alors en rébellion contre la Couronne espagnole. Son destin militaire, dans la Marine française, certes facilité par la fortune de sa famille, est glorieux. Il est vainqueur des Espagnols à Villafranca (1639), à Barcelone, au Cap de Gate (1642), à Carthagène par une double victoire (les 9 aout et 4 septembre 1643) et à Tarragone (1643), avant d'être emporté par un boulet de canon à Ortebello en Italie. La Marine française se trouve brutalement orpheline et désorientée.

Il faut souligner que toutes les victoires de la Marine de l'époque ont été préparées par le patient travail de restauration de cet outil de souveraineté entrepris par le cardinal de Richelieu.

  • le 14 juin 1658 : Bataille des Dunes.

Elle oppose les armées française et anglaise à l'armée espagnole, devant Dunkerque. Voir la chronique du 20 mai.

Le maréchal Turenne, à la tête de l'armée française, bat les Espagnols et l'armée du prince de Condé, passé à leur service lors de la Fronde. Cette victoire met fin à 24 ans de guerre entre les Bourbons et les Habsbourg. La paix est signée dans les Pyrénées en 1759 et Turenne obtient le titre exceptionnel de maréchal général des camps et armées du Roi en 1660.

Dunkerque est alors « espagnole le matin, française l'après-midi et anglaise le soir.» La bataille fait assez peu de morts.

  • le 14 juin 1791 : adoption de la loi Le Chapelier interdisant toute association professionnelle au nom du libéralisme des révolutionnaires.

La loi Le Chapelier vient renforcer le décret d'Allarde de mars et compléter la première loi Le Chapelier du 22 mai. Elle interdit la formation de tout groupement professionnel. C'est la fin des corporations. L'individu se trouve seul face à l'Etat et aux puissants. Cette loi met fin à toutes les formes de rassemblements de professionnels et à toute possibilité de syndicat ou de grève. Elle signe aussi la fin des rassemblements paysans. Tous les malheurs sociaux et toutes les crises sociales du XIX siècle en France trouvent en partie leur origine dans les abus que permettra cette loi. Au nom de la liberté !

  • le 14 juin 1790 : les premiers martyrs de la « révolution française » à Nîmes.

L'esprit de lucre et la haine des catholiques à Nîmes vont pousser quelques 15 000 huguenots, entrainés et excités par des francs maçons à s'attaquer au couvent des Capucins. Après la mise à sac du couvent, les bandes protestantes se répandent dans la ville et se livrent au pillage et au massacre : « Plus de trois-cents citoyens ont péri », écrit le maire, Monsieur de Marguerittes.

Le martyr des capucins est très bien décrit par l'abbé Etienne Goiffon dans son Notice historique sur les capucins et la paroisse Sainte-Perpétue de Nîmes (Editions Grimaud 1871)

Citons simplement comment sont assassinés 5 de ces prêtres :

  • Le Père Benoît de Beaucaire, âgé de 58 ans, est massacré dans l'église. En entendant les coups de hache contre la porte de l'église, il se précipite pour soustraire le Saint-Sacrement à la profanation. Il n'en eut pas le temps un huguenot se jetant sur lui : « Laissez-moi le temps d'achever ma prière! ».demande-t-il « Je t'accorde cinq minutes… »

Alors le prêtre s'empresse de consommer les Saintes Espèces. Mais cinq minutes ne suffisent pas ; il est abattu à bout portant, sur l'autel, par un coup de fusil puis transpercé de baïonnettes, la bouche encore pleine d'Hosties.

  • Le Père Siméon de Sanilhac, est trouvé agenouillé en prière dans sa cellule, par les protestants qui le transpercent d'innombrables coups de fourche et de baïonnettes. Il avait 44 ans.
  • Le Père Séraphin de Nîmes, est là en visite auprès de sa famille. Il appartient au couvent de Pont-Saint-Esprit. En entendant les bruits d'émeute dans la ville, sa famille cherche à le retenir, mais il refuse: « Mon devoir est de rentrer au couvent ». Il sera trouvé dans sa cellule ayant subi d'horribles mutilations. Il avait 27 ans.
  • Le Frère Célestin est un novice nîmois de 22 ans. Il est torturé pour lui faire dire où se cachaient les autres membres de la communauté : « Dis-nous donc où sont les autres! Allons, ils sont bien plus nombreux! Il faut bien en finir avec tous ces jean-foutre… » Son corps retrouvé est une charpie !
  • Fidèle, originaire d'Annecy, est un Frère âgé de 82 ans, infirme, sourd et aveugle, qui ne peut plus quitter sa paillasse : il y est démembré et découpé à la hache, puis son lit est ensuite incendié. C'est après ce meurtre que ces barbares pillent la pharmacie ; ils s'enivrent avec les potions à base d'alcool, ils rient : « Le barbu, l'avons-nous assez bien traité? Buvons à sa santé! »

Les Capucins cachés dans les lambris des plafonds entendent les massacreurs ricaner : « C'est être bons patriotes et bons amis de la constitution que de faire ce que nous faisons! »

  • Le 14 juin 1796: « Je ne crois pas à l'immortalité de l'âme. » écrit Bonaparte à Joséphine, car il est plutôt scientiste.

François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et de mœurs note, page 88 :

« Considérant les êtres humains comme des machines », il fut un maître de la propagande. Il confiait : « Les Français se laisseront mener, pourvu cependant qu'on leur dissimule adroitement le but vers lequel on les fait marcher. » (Citation tirée de Nature humaine et Révolution de Xavier Martin

  • le 14 juin 1800 : victoire de Marengo, contre l'armée autrichienne.

La bataille a lieu près du petit village de Marengo, à 70 km au nord de Gênes dans le Piémont. Elle oppose les armées de Bonaparte aux armées autrichiennes. Alors que la bataille tourne au désavantage de Bonaparte et que les Français commencent la retraite, Desaix arrive, avec environ 10 000 hommes, offrant la victoire au Premier Consul. L'Armée de von Melas prend la fuite pour Alessandria, laissant 6 500 tués, 8 000 prisonniers et 15 drapeaux de Régiment. Les Français ont 4 700 tués, dont le général Desaix, et 900 blessés.

Marengo a pour conséquence de forcer les Autrichiens à quitter le Milanais, après la Convention d'Alessandria, et de permettre de conclure la guerre entre la France et l'Autriche,

  • le 14 juin 1807 : victoire de Friedland.

« Friedland vaudra Austerlitz, Iéna ou Marengo, dont je fête aujourd'hui l'anniversaire» dit l'Empereur au soir de la bataille.

Napoléon Ier bat les Russes de Levin-August von Benningsen, alors en nette supériorité numérique, 66 800 Français contre 84 000 hommes Russes. Et Friedland vaut bien Austerlitz, puisque seulement 1 645 soldats de la Grande Armée sont tués, alors que les Russes ont 12 000 tués et 10 000 prisonniers et qu'ils abandonnent 70 drapeaux de régiments de l'Armée du Tsar aux Français.

  • le 14 juin 1830 : débarquement de l'armée française, aux ordres du comte de Bourmont, pour la conquête de l'Algérie.

Les troupes françaises débarquent sur la plage de Sidi Ferruch, à 25 kilomètres d'Alger. L'Algérie est alors dirigée par le sultan d'Istanbul, mais l'intérieur du pays est laissé à l'abandon. La conquête française de l'Algérie a été déclenchée suite à l'incident diplomatique de 1827, où le dey d'Alger donne un coup d'éventail au consul de France. En 1830, Charles X décide d'envoyer une expédition punitive à Alger. Trois semaines après ce débarquement, le dey d'Alger capitule.

  • le 14 juin 1940 : entrée de l'armée allemande dans Paris, déclaré ville ouverte.

Les troupes allemandes entrent dans Paris

La Wehrmacht entre dans Paris, vidée des trois-quarts de ses habitants. Le premier acte de l'occupant est d'ôter le drapeau tricolore qui flotte sur le ministère de la Marine et de dresser le drapeau à croix gammée au sommet de l'Arc de triomphe.

  • le 14 juin 1940 : opération Vado.

Battue par les Allemands, la France doit également affronter l'Italie, lors de la bataille des Alpes. L'armée des Alpes résiste parfaitement aux unités italiennes. Il est décidé de lancer, le 14 juin 1940, l'opération Vado, dont l''objectif consiste à pilonner les ports italiens de Gênes et de Savone. Partie de Toulon, la marine française attaque victorieusement les défenses des côtes italiennes.

  • le 14 juin 1985 : signature des accords de Schengen (Luxembourg).

Les accords signés à Schengen abolissent les contrôles aux frontières communes entre les Etats signataires, la RFA, le Luxembourg, la Belgique, la France et les Pays-Bas. Ces accords entrent en vigueur en 1995.

Cet accord a été signé en secret par Mme Catherine Lalumière, sur un bateau, sur le Rhin. Il n'a été découvert que deux ans après, fortuitement. Il devient Convention européenne le 19 juin 1990.

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 350)

 

Posté le 14 juin 2016 à 06h43 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

13 juin 2016

Retour sur la terrible répression révolutionnaire en Vendée

Capture d’écran 2016-06-11 à 15.21.04C'est un numéro exceptionnel que nous offre le dernier numéro du Figaro Histoire, sous la direction de Michel de Jaeghere et Geoffroy Caillet, avec les contributions de Reynald Secher, Philippe de Villiers, Philippe Maxence, Philippe Pichot-Bravard... Ces spécialistes racontent cette terrible guerre civile, longtemps ignorée par l'Histoire, qui vit des paysans défendre leur liberté religieuse et leur conviction royaliste contre un Etat totalitaire et sanguinaire. Le Figaro ne masque pas l'extermination méthodique et cruelle de la population :

"A partir du  27 juillet 1793, il s'agit d'éliminer le plus grand nombre de Vendéens, le plus rapidement possible et à moindres frais. Tout à été imaginé en la matière au plus haut niveau de l'Etat, notamment l'utilisation des mines terrestres, le poison à grande échelle et même le gaz [...]. 

Suite au constat de l'échec de la science et vu l'urgence et l'ampleur de la tâche à accomplir au nom de l'intérêt général de la nation, on va alors avoir massivement et principalement recours aux sablages (sic), à la décollation notamment avec la guillotine, à la balle, à l'éclatement des crânes, au feu, à la noyade. On croit que les noyades sont un fait nantais. C'est inexact : on noie partout en Vendée, là où il y a de l'eau c'est-à-dire dans l'océan Atlantique, les mares, les puits, les fossés... [...]

De cette politique de meurtres de masse à grande échelle l'imagination des bourreaux a été fertile comme à La Chapelle-Basse-Mer, en Loire-Atlantique, où on a écrasé des femmes et des enfants dans un pressoir à long fût, conservé dans la dîmerie du village ; à Champtoceaux, où l'on a asphyxié des habitants dans une grotte. On a même utilisé les fours à pain comme fours crématoires... Et que dire de la tannerie de peaux humaines aux Ponts-de-Cé, des dépiautages, des momifications, de la fonte des corps pour récupérer la graisse à Clisson..."

Posté le 13 juin 2016 à 14h51 par Michel Janva | Lien permanent

Ste Jeanne d'Arc possède l’art politique, l’art militaire et l’art judiciaire

Maître Jacques Trémolet de Villers a été interrogé par Philippe Maxence dans L'Homme Nouveau, à propos de son ouvrage sur le procès de Jeanne d'Arc. Extrait :

"22510100300630LPeut-on tirer des minutes une politique selon Jeanne ?

Une politique et un art judiciaire ! Jeanne a la légitimité surnaturelle ; elle possède l’art politique, l’art militaire et l’art judiciaire, les trois fonctions régaliennes. Et elle installe la sainteté au cœur de ces trois instances qui sont tout sauf saintes. Elle met aussi la sainteté au cœur du monde ecclésiastique, en opposant Dieu à ces hommes de Dieu. Peut-être que le plus beau texte se trouve dans sa réponse aux juges quand ils lui demandent comment elle parle à son Conseil. Elle explique : « Je présente requête, à sainte Catherine ou sainte Marguerite et elles présentent requête à notre Seigneur qui m’envoie la réponse. » C’est la procédure céleste. « Mais quand je n’ai pas le temps, je prie intérieurement et je dis : “Très doux Dieu, en l’honneur des mérites de votre sainte Passion, si vous m’aimez, dites-moi ce que je dois répondre à ces gens d’Église”. » Quand elle leur explique cette façon de prier, ces gens d’Église n’en peuvent plus. Ils veulent la tuer. Jeanne est la laïque pure. Elle est paysanne, soldat et artisan. Ce sont les trois caractéristiques du laïcat qui est le peuple qui vit du travail de ses mains. Les autres sont des clercs, laïcs ou religieux.

Qu’est-ce qui caractérise cette politique ?

Comme dans tout son art, la simplicité absolue. Il faut établir l’ordre. « J’avais un grand désir que le roi eut son royaume. » C’est tout l’ordre national et international. À l’époque elle résout le problème. Si le roi de France a son royaume, la guerre de Cent Ans est finie. Après toutes ses victoires, les chefs militaires et les conseillers du roi lui expliquent qu’il faut désormais repousser les Anglais à la mer. Ce n’est pas l’avis de Jeanne. Pour elle, il faut aller à Reims qui représente la réponse politique, plus importante que l’exploitation militaire de la victoire. Le roi sacré, c’est sa politique. Malheureusement, par la suite, le roi ne la suit pas et il la désavoue. Il perd ainsi sept ans, avec sa négociation avec les Bourguignons, qui permet aux Anglais de se refaire. Alors que dans le dessein de Jeanne, après Reims, il y avait Paris. [...]"

Posté le 13 juin 2016 à 09h18 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 13 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 13 juin : fête de saint Antoine de Padoue, franciscain.
  • le 13 juin 313 : l'édit de Milan.

L'édit confirme la liberté de culte pour les chrétiens et la restitution des biens chrétiens confisqués ; il autorise l'exercice public de la religion chrétienne. La liberté religieuse devient ainsi totale dans l'Empire romain. Quand la république française reconnaîtra-t-elle ainsi sa dette vis-à-vis de l'Eglise catholique et des catholiques français ?

  • le 13 juin 1231 : mort de saint Antoine de Padoue.

En 1220, les restes d'un groupe de Franciscains martyrs sont ramenés du Maroc. Cet événement le conduit à joindre l'ordre de François d'Assise, où il reçoit le prénom Antoine. Il part en mission, à sa demande, au Maroc, mais doit être rapatrié en Europe dès 1221 pour raisons de santé. En 1231, il meurt d'épuisement à Arcelle, près de Padoue en pleine prêche de Carême.

De nombreux faits surnaturels lui sont attribués, comme celui d'avoir tenu une nuit l'Enfant Jésus dans ses bras. À partir du XVIIe siècle, saint Antoine de Padoue est invoqué pour retrouver les objets perdus (depuis qu'un voleur qui lui avait dérobé ses commentaires sur les Psaumes se sentit obligé de les lui rendre), pour recouvrer la santé. Voir la chronique du 30 mai.

  • le 13 juin 823 : naissance de Charles II le Chauve, Roi de France et empereur d'Occident.

Petit fils de Charlemagne, il reçoit, en 843 au traité de Verdun qui divise l'empire, la Francie occidentale. C'est lui qui va perdre la Bretagne en 845. A la bataille de Ballon, Nominoë remporte en effet une victoire sur Charles le Chauve. Un premier traité est conclu en 846 : Nominoë devient le premier souverain indépendant de Bretagne. Les victoires successives des Bretons vont leur permettre d'étendre le royaume breton au-delà du Cotentin. Charles II est sacré à Orléans le 6 juin 848, puis empereur d'Occident par le pape Jean VIII à Rome le 25 décembre 875. Il meurt le 6 octobre 877, sur la route retour d'une croisade faite à l'appel du pape contre les Sarrasins dans le sud de l'Europe. Voir les chroniques correspondantes.

Voir les chroniques du 6 juin, du 6 octobre 877, du 25 décembre 875.

  • le 13 juin 1564 : le Roi Charles IX entre à Lyon.

Voici comment Jean Guiraud dans Histoire partiale- Histoire Vraie (Editions Beau-Chesne-Croit, tome 2 chapitre 15 page 191) résume les crimes huguenots dans la ville durant les deux années précédentes :

«Lyon. Pendant plusieurs mois, c'est, une suite ininterrompue de massacres, de pillages et d'incendies. Le sang coule à flots... Le 19 avril 1562, Lyon tombe au pouvoir des protestants. C'est le sac d'une ville prise d'assaut. Plusieurs églises sont détruites, les images martelées, les reliques jetées au vent, ou confondues avec les ossements des animaux, les sépultures violées. Rien n'échappe à la férocité de ces hordes auxquelles les chefs abandonnent le pillage pour se réserver la meilleure part du butin : l'or et l'argent des églises. »

Par peur des vengeances, le Roi fait interdire les rassemblements de catholiques avant sa venue. La visite royale se déroule bien, mais ne résout rien.

  • le 13 juin 1611 : Champlain franchit les rapides de Lachine.


Champlain et Amérindiens, Musée Mac Cord à Montréal.

Samuel de Champlain épate ses alliés autochtones en franchissant les dangereux rapides de Lachine à bord d'un canoë. La 1ère guerre franco-iroquoise débute. 200 Hurons et Algonquins arrivent à Mont Royal en provenance des pays d'en Haut. C'est avec eux, que Champlain franchit les rapides en canot.

  • le 13 juin 1721 : signature du traité de Madrid, triple alliance entre la France, l'Espagne et l'Angleterre.

Le 13 juin 1721, la France, la Grande-Bretagne et l'Espagne signent le traité de Madrid. Cet accord est essentiellement commercial, et territorial. Le ministre d'Etat français Guillaume Dubois s'engage à restituer la base de Pensacola, prise à l'Espagne et intégrée à la Louisiane. D'autre part, la traite des esclaves, jusqu'alors monopolisée par la France et l'Espagne, est ouverte au Britanniques. Enfin, les trois puissances se garantissent une assistance mutuelle en cas de conflit.

  • le 13 juin 1917 : deuxième apparition de Fatima.

Les enfants accompagnés de plusieurs centaines de fidèles sont au rendez-vous. C'est ainsi, qu'après la prière collective, l'Immaculée Conception se présente à nouveau et annonce à Lucie :

"J'emmènerai bientôt François et Jacinthe au ciel, mais toi tu resteras encore ici quelque temps, Jésus veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer ". ''......Jésus veut se servir de toi pour me faire connaitre et aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé......''

Elle demande aussi à la jeune Lucie d'apprendre à lire et écrire afin de mieux rapporter sa parole auprès des hommes et surtout que DIEU VEUT ETABLIR DANS LE MONDE LA DEVOTION A SON COEUR IMMACULE. Notre Dame précise à Lucie

Au cours de l'apparition du 13 juillet 1917, Notre-Dame parle pour la première fois des premiers samedis du mois en révélant aux petits voyants : « Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis du mois. »

Notons que la Sainte Vierge parle des premiers samedis du mois de façon générale, sans en préciser le nombre. Ce n'est que le 10 décembre 1925 à Pontevedra qu'elle le fait. Voici les paroles de Notre-Dame que sœur Lucie entend ce jour-là (tirées d'une lettre à son confesseur, le père Aparicio) : 

« Vois, ma fille, mon Cœur entouré des épines que les hommes m'enfoncent à chaque instant, par leurs blasphèmes et leurs ingratitudes. Toi, du moins, tâche de me consoler et dis que tous ceux qui,

- pendant cinq mois, le premier samedi,

- se confesseront,

- recevront la sainte Communion,

- réciteront un chapelet

- et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant sur les quinze mystères du Rosaire

- en esprit de réparation,

je promets de les assister à l'heure de la mort, avec toutes les grâces nécessaires pour le salut de leur âme. »

  • le 13 juin 1929: Notre Dame apparaît à sœur Lucie de Fatima à Tuy.

Notre Dame lui dit : 

« Le moment est venu où Dieu demande au Saint-Père de faire, en union avec tous les évêques du monde, la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé. Il promet de la sauver par ce moyen ».

En effet, Dans le cadre de la seconde partie du secret confié aux voyants, Notre Dame à Fatima le 13 juillet 1917 avait précisé :

« Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis »

Plusieurs dizaine d'années auparavant Notre Seigneur avait demandé, à Paray le Monial une consécration à son Sacré-Cœur pour le royaume de France. (Voir la chronique du 17 juin).

Posté le 13 juin 2016 à 05h41 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

12 juin 2016

C’est arrivé un 12 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 12 juin 816 : décès du pape Saint Léon III.

Léon III, né en 750, est élu pape le 26 décembre 795. Aussitôt après son couronnement, il envoie à Charlemagne une lettre l'informant de son élection. Charlemagne, dans sa réponse, rappelle qu'il est le défenseur de l'Église. Il joint à sa missive une partie du trésor pris aux Avars. Le 25 décembre 800, Léon III couronne Charlemagne empereur d'Occident, dans la basilique Saint-Pierre (voir la chronique du jour). Léon III est canonisé au XVIIème siècle. Saint Léon est l'objet d'un miracle éclatant. Dans leur fureur, les familles nobles romaines qui l'attaquent à la fin du 8ème siècle lui coupent la langue et lui crèvent les yeux. Miraculeusement, Dieu le guérit et il retrouve un vue dite « 7 fois meilleure et une langue 7 fois plus éloquente ». Voir la chronique du 25 avril.

  • le 12 juin 816 : saint Étienne IV est élu pape.

C'est lui qui sacre le Roi de France, Louis 1er le Pieux, empereur d'Occident à Reims le 5 octobre 816. Voir la chronique du jour.

  • le 12 juin 1147 : le Roi Louis VII quitte Metz, afin de lancer une nouvelle croisade, en confiant la régence à l'abbé Suger.
  • le 12 juin 1418 : assassinat de Bernard VII d'Armagnac, comte d'Armagnac, comte de Charolais et connétable de France.

En 1418, les Bourguignons organisent une insurrection dans Paris, qui éclate le 12 juin, et au cours de laquelle Bernard d'Armagnac est massacré par les gens du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, dirigés par le tueur Capeluche. En réponse, a lieu le meurtre de Jean sans Peur, trois mois plus tard. La guerre civile, qui oppose depuis 1407, les Armagnacs, garants des intérêts français à la Maison de Bourgogne, alliée des Anglais, connaît un tournant décisif.

  • le 12 juin 1429 : bataille de Jargeau.

Cette bataille fait partie des cinq victoires successives de Sainte Jeanne d'Arc qui libèrent la route de Reims : Orléans, Jargeau; Meung-sur-Loire, Beaugency, Patay.

  • le 12 juin 1451 : signature du traité de capitulation de Bordeaux.

Ce traité est conclu entre les représentants du Roi de France et ceux du roi d'Angleterre. En pleine guerre de Cent Ans, la ville de Bordeaux est remise aux Français, qui l'occupent le 29 juin, avant que l'anglais John Talbot ne vienne la reprendre en 1452.

  • Le 12 janvier 1633 : par la bulle « Salvatori nostri » le pape accorde la reconnaissance apostolique à la congrégation des prêtres Lazaristes.

La congrégation prend le nom du prieuré de St Lazare, mis à la disposition de saint François de Sale pour accueillir les très nombreux prêtres qui viennent le rejoindre.

« Par son équilibre, par sa délicatesse, son bon sens son élan missionnaire, Vincent de Paul incarne toutes les qualités de la « fille aînée ». Parce qu'il a compris très tôt que la grande affaire de sa vie n'est pas de se faire aimer mais d'aimer, il a jeté à lui tout seul, tous les fondements de la vraie révolution française, celle des mœurs sociales, celle qui n'est pas accomplie une fois pour toutes. Lorsque la France est dans sa vocation voilà à quoi elle ressemble. »

Tiré de Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l'Escalade P229 + P 231)

  • le 12 juin 1672 : les armées françaises franchissent le Rhin.

Lors de la guerre de Hollande (Cf. les chroniques du 6 avril et du 10 aout), les troupes françaises passent le cours à plusieurs reprises. Ici elles franchissent près de Tolhuis, et sont commandées par le vicomte de Turenne et Louis II de Bourbon-Condé, ce dernier est sévèrement blessé en forçant le passage du fleuve.

Le passage du Rhin à Tolhuis (auj. faubourg de Nimègue) le 12 juin 1672 par Adam François Van der Meulen.

  • le 12 juin 1709 : le Roi Louis XIV adresse un appel à la nation française.

A la mort du roi d'Espagne, Charles II, le 1er novembre 1700, ce dernier, sans descendance, désigne le petit fils de Louis XIV comme successeur. Le Roi de France peut effectivement doublement hériter du trône. Seulement l'Europe en général et les Habsbourg en particulier, qui eux aussi prétendent au trône, ne veulent pas des Bourbons en Espagne. France et Espagne sont les deux plus puissants pays d'Europe.

Tous ces royaumes d'Europe se coalisent donc contre la France et l'Espagne. C'est une véritable guerre mondiale. Longtemps indécis le conflit semble tourner en défaveur des hispano-français et en décembre 1708 Louis XIV demande la paix. Les Alliés posent des conditions inacceptables : Philippe V devait se retirer d'Espagne sans aucune compensation, la France rendrait la majeure partie de l'Alsace, ainsi que Lille et Dunkerque, elle ne pourrait plus commercer avec l'Amérique espagnole…

Sachant la nation épuisée et lasse, le Roi s'adresse a elle de façon inédite. L'appel qui suit est lu dans les 39.000 paroisses du royaume et impressionne les peuples de France. Cet appel au soutien de la politique royale et à l'unité nationale trouve un écho extraordinaire. Le Roi demande avant tout un effort spirituel au Français. L'année 1709 est celle du retournement du rapport de force : bataille de Malplaquet, où l'armée française sous le commandement de Villars, bien que vaincue, inflige de telles pertes aux Anglo-Prussiens que ceux-ci doivent se retirer et renoncer à envahir la France. En 1710, à la bataille de Brihuega et à la bataille de Villaviciosa, en Espagne, les forces britanniques et autrichiennes sont écrasées ; en 1711 à Denain, le maréchal de Villars remporte contre les forces impériales une victoire qui permet à Louis XIV de repasser à l'offensive dès 1713, lorsque les armées françaises, menées par Villars, repassent le Rhin et prennent Fribourg-en-Brisgau.

« L'espérance d'une paix prochaine était si généralement répandue dans mon royaume que je crois devoir à la fidélité que mes peuples m'ont témoignée pendant le cours de mon règne, la consolation de les informer des raisons qui empêchent encore qu'ils ne jouissent du repos que j'avais dessein de leur procurer.

J'avais accepté, pour le rétablir, des conditions bien opposées à la sûreté de mes provinces frontières ; mais, plus j'ai témoigné de facilité et d'envie de dissiper les ombrages que mes ennemis affectent de conserver de ma puissance et de mes desseins, plus ils ont multiplié leurs prétentions ; en sorte que, ajoutant par degrés de nouvelles demandes aux premières et se servant, ou du nom du duc de Savoie, ou du prétexte de l'intérêt des princes de l'Empire, ils m'ont également fait voir que leur intention était seulement d'accroître aux dépens de ma couronne les États voisins de la France et de s'ouvrir des voies faciles pour pénétrer dans l'intérieur du royaume toutes les fois qu'il conviendrait à leurs intérêts de commencer une nouvelle guerre [...].

Je passe sous silence les insinuations qu'ils ont faites de joindre mes forces à celles de La Ligue, et de contraindre le roi, mon petit-fils, à descendre du trône, s'il ne consentait pas volontairement à vivre désormais sans États, à se réduire à la condition d'un simple particulier. Il est contre l'humanité de croire qu'ils aient seulement eu la pensée de m'engager à former avec eux une pareille alliance. Mais, quoique ma tendresse pour mes peuples ne soit pas moins vive que celle que j'ai pour mes propres enfants ; quoique je partage tous les maux que la guerre fait souffrir à des sujets aussi fidèles, et que j'aie fait voir à toute l'Europe que je désirais sincèrement de les faire jouir de la paix, je suis persuadé qu'ils s'opposeraient eux-mêmes à la recevoir à des conditions également contraires à la justice et à l'honneur du nom FRANCAIS.

[...] J'écris aux archevêques et évêques de mon royaume d'exciter encore la ferveur des prières dans leurs diocèses ; et je veux en même temps que mes peuples, dans l'étendue de votre gouvernement, sachent de vous qu'ils jouiraient de la paix, s'il eût dépendu seulement de ma volonté de leur procurer un bien qu'ils désirent avec raison, mais qu'il faut acquérir par de nouveaux efforts, puisque les conditions immenses que j'aurais accordées sont inutiles pour le rétablissement de la tranquillité publique… »

Louis XIV, le 12 juin 1709

Voir les chroniques du 1 février, du 6 mars, du 1 novembre, des 8 et 10 décembre, du 24 juillet,

  • le 12 juin 1790 : Avignon rejoint la France après cinq siècles d'administration pontificale.
  • le 12 juin 1793 : la ville de Marseille se révolte contre la Convention.

Ce que l'Education nationale cache depuis trop longtemps, est que la France ne voulait pas de la révolution. Le peuple aimait son Roi et aspirait à la paix. Toutes les provinces se sont soulevées tour à tour contre les folies parisiennes. Toulon, sous l'influence des royalistes est sur le point d'imiter Marseille. La flotte anglaise croise au large, prête à soutenir l'insurrection. Suite à cette révolte, Marseille est officiellement débaptisée et désignée comme la ville « sans nom ».

  • le 12 juin 1793 : comment les fondateurs de la république française envisagent un régime démocratique, estiment la liberté et la souveraineté du peuple:

Le 12 juin 1793, Barère explique :

« Le scrutin doit être surveillé, car j'observe que le scrutin secret donnerait aux hommes faibles ou corrompus la faculté de déposer trop souvent dans l'urne de mauvais choix »

Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des moeurs par François Marie ALGOUD (Edition de Chiré, page 79°

On retire l'origine divine du pouvoir des textes fondamentaux du régime pour soit disant la donner au peuple ; et l'on s'empresse de s'asseoir dessus et de bafouer la souveraineté du peuple.

  • le 12 juin 1793 : Cathelineau est choisi généralissime de la grande armée catholique et royale.

Le 12 juin les généraux Vendéens se réunissent pour désigner leur généralissime et élisent Cathelineau à l'unanimité. Le choix d'un simple voiturier est surprenant. Mais Cathelineau fait l'unanimité de tous les insurgés quand à son désintéressement, sa simplicité et sa grande piété.

  • le 12 juin 1813 : victoire de Suchet sur l'armée britannique sous les murs de Tarragone en Espagne.

Les Anglais échouent dans le siège de la ville et perdent dans l'opération toute leur artillerie lourde et une grande quantité de matériel.

  • le 12 juin 1845 : le Pape Grégoire XVI protège les Jésuites des Français.

Il refuse en effet la demande du gouvernement français de séculariser les jésuites français et de fermer leurs maisons.

  • le 12 juin 1872 : création à Paris de La Princesse Jaune.

La Princesse Jaune est un opéra-comique de Camille Saint-Saëns, créé ce jour au théâtre national de l'Opéra-Comique

  • le 12 juin 1940 : Weygand demande l'armistice.

Le général Weygand, Commandant en chef, réclame, en conseil des ministres, un armistice. Reynaud, Président du Conseil, s'y oppose catégoriquement en vertu notamment de l'accord franco-britannique de non-négociation séparée avec l'ennemi. Rappelons que la veille les Anglais ont refusé d'appuyer les forces française au sol de leurs avions, malgré les demandes désespérée du général Vuillemin (cf. les chroniques du 8 et 11 juin).

Paul Reynaud rappelle à Weygand que la décision d'un armistice est d'ordre politique et ne relève pas du généralissime. Reynaud propose à Weygand de capituler, ce que ce dernier refuse car cela aurait pour effet d'exempter le politique de ses responsabilités.

Posté le 12 juin 2016 à 00h15 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

11 juin 2016

Prochaines dates de Consécration :

 16 Juillet, 15 Août et 8 Septembre

Inscrivez-vous sur http://www.notre-dame-de-france.com

15 septembre : Consécration pour les personnes en souffrance

Posté le 11 juin 2016 à 00h36 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

10 juin 2016

C’est arrivé un 10 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 10 juin 1534 : Jacques Cartier est le premier européen à découvrir le Saint-Laurent.

Jacques Cartier est le premier européen à découvrir le Saint-Laurent sur le continent nord-américain. Parti de St-Malo, il arrive à Terre-Neuve, puis le10 juin, il découvre et commence l'exploration de l'estuaire d'un fleuve qu'il nomme le St-Laurent.

 

  • le 10 juin 1574 : prise de Saint-Lô par l'armée royale.

Les troupes royales sous le commandement du maréchal de Matignon enlèvent Saint-Lô, tenue par les Huguenot, après un siège de deux mois environ.

  • le 10 juin 1637 : naissance de Père Jacques Marquette, explorateur et missionnaire jésuite français, découvreur du Mississippi avec Louis Jolliet.

Né à Laon le 1er juin 1637, Jacques Marquette est le sixième enfant de Nicolas Marquette de La Tombelle.  Il est ordonné prêtre à 29 ans et sollicite d'être envoyé en mission "ad exteras nationes". Il embarque donc à La Rochelle au début du mois de juin 1666 et arrive à Québec le 20 septembre. Il passe un an à Trois-Rivières à étudier le montagnais et d'autres langues indiennes ; il en parle couramment une demi-douzaine. Avec Joliet, il explore le Mississippi, et y reste pour continuer l'évangélisation des indiens. Il décède  le 18 mai 1675.

  • le 10 juin 1673 : naissance de René Duguay-Trouin, corsaire français.

René Duguay-Trouin est un corsaire français né à Saint-Malo. D'une famille d'armateurs bretons, il débute sa carrière en 1689 et reçoit très tôt le commandement d'un navire. Il connaît une ascension très rapide grâce à ses qualités de chef au combat: capitaine de navire corsaire à 18 ans, capitaine des vaisseaux du Roi à 24 ans, chevalier de l'ordre de Saint-Louis à 34, anobli à 36, chef d'escadre à 42. Il siège à 50 ans en 1723 au Conseil des Indes, et est nommé lieutenant général des armées navales en 1728, pour finir par commander les ports de Brest en 1731 puis de Toulon en 1736. Ses campagnes sont parmi les plus belles de l'histoire navale française. On estime à un peu plus de quatre-vingts le nombre de combats et d'abordages auxquels Duguay-Trouin participe ou qu'il dirige de 1689 à 1711, soit en moyenne près de sept par an.

De toutes les expéditions de Duguay-Trouin, la plus célèbre est la prise de Rio de Janeiro en 1711. L'objectif est d'intercepter la flotte annuelle de l'or qui part du Brésil vers Lisbonne. En 1710 le capitaine Duclerc parti attaquer le Brésil avec 5 vaisseaux et un millier de soldats, a fini prisonnier avec plus de 600 hommes, puis assassiné. Quand René Duguay-Trouin décide de lancer cette opération, la France est en pleine Guerre de Succession d'Espagne, et le Brésil, une colonie portugaise alliée de l'Angleterre contre la France.

Le retentissement de la prise de la ville est considérable en Europe, tout particulièrement chez les nations maritimes en guerre contre la France, donc les Anglais, qui viennent d'essuyer un désastre complet dans une tentative de débarquement sur Québec. Ce succès a sans doute poussé les Anglais à signer la suspension d'armes du 17 juillet 1712. Duguay-Trouin est acclamé en héros :

Il meurt le 27 septembre 1736 à Paris ; d'abord inhumé à l'église Saint-Roch de Paris. Retrouvés, ses ossements sont, en 1973, à l'occasion du tricentenaire de sa naissance, rapatriés de Paris jusqu'à Saint-Malo, et ré-inhumé à la cathédrale Saint-Vincent.

  • le 10 juin 1794 : la Convention décrète la Terreur.

Certains historiens datent son début de la création du tribunal révolutionnaire, en mars 1793. Le 10 juin, les pleins pouvoirs sont conférés au tribunal révolutionnaire. La Terreur, la répression révolutionnaire se durcit avec la loi du 22 prairial an II. Celle-ci supprime la défense (plus d'avocats) et l'interrogatoire préalable des accusés, ne laissant au tribunal que le choix entre l'acquittement et la mort.

Ces décisions débouchent sur une accélération des procédures et une augmentation des condamnations. Pour le seul mois de juin 1794, on procède à 2 000 exécutions à Paris et la guillotine fonctionne jusqu'à six heures par jour. Les pavés parisiens disparaissent sous une couche de sang séché s'écoulant vers la Seine. La « Grande Terreur » commence.

  • le 10 juin 1810 : un Arrêté de Police assigne les 13 "cardinaux noirs", à résidence forcée.

Des 24 cardinaux français se sont les seuls qui refusèrent d'assister au 2è mariage de Napoléon. Ils sont mis en résidence forcée, éloignés les uns des autres, après leur avoir supprimé leur pension, mis leurs biens sous séquestre et scellés et interdit de porter tous vêtements pouvant rappeler leur titre de cardinal…

  • le 10 juin 1836 : décès d'André Marie Ampère, à 61 ans.

Physicien, chimiste, mathématicien, inventeur, philosophe et poète, André Marie Ampère invente le premier télégraphe électrique, l'électroaimant (avec Arago) et énonce la théorie de l'électromagnétisme en 1827. Il invente une unité de courant électrique : l'ampère qui devient par la suite l'unité internationale de cette mesure.

André-Marie Ampère est né le 20 janvier 1775 à Lyon. Il montre d'impressionnantes capacités intellectuelles dès son plus jeune âge : à 4 ans, il sait déjà lire. Tout au long de sa vie, il s'efforce de démontrer des théories sur l'électromagnétisme, sa première datant de 1827.

Napoléon le nomme, en 1808, Général de l'Université française impériale. Six ans plus tard, il devient membre de l'Académie des sciences de Paris. Il meurt le 10 juin 1836 à Marseille.

  • le 10 juin 1883 : début de l'expédition de Charles de Foucauld au Maroc.

Charles de Foucauld commence son l'expédition au Maroc. Ce jeune militaire français né en 1858, décide de démissionner de l'armée pour parcourir le territoire marocain en se faisant passer pour un juif. Il prépare minutieusement son périple depuis la Tunisie, où il a retrouvé un camarade de Saint Cyr et de Saumur, Maurice Crété, démissionnaire de l'armée d'Afrique aussi, et qui s'est installé en Tunisie pour développer le pays. Ce pionnier moderne lui donne une mule que Charles de Foucauld utilise pour son périple.

« La situation au Maroc était dangereuse pour un chrétien ; effectuer seul une telle expédition sans moyens puissants… relevait du domaine de l'impossible, même si le sultan en donnait l'autorisation, ce qui était hautement improbable et n'aurait d'ailleurs pas servi à grand-chose. »

Tunisie, pour mémoire… de Yves Pagès (Editions Marmelades, pages 97)

Il finit le tour du pays le 23 mai 1884, et publie un livre en 1888, "Reconnaissance au Maroc", dont les croquis topographiques serviront pour la pacification future du pays. Au contact du désert, il prend conscience du vide spirituel de sa vie et finit par se convertir. Il meurt assassiné en Algérie en 1916 devant son ermitage, il est béatifié en 2005.

  • le 10 juin 1940 : Mussolini déclare la guerre à la France.

L'Italie entre en guerre alors que son armée n'est pas tout à fait prête. Elle profite de la faiblesse de la France pour lui déclarer la guerre. Aux côtés de l'Allemagne nazie, avec qui elle a conclu le pacte d'Acier, elle fait de même vis-à-vis du Royaume-Uni.

  • le 10 juin 1944 : massacre d'Oradour-sur-Glane par les SS.

L'église où périrent les femmes et les enfants

  • le 10 juin 1995 : agression des défenseurs de la vie.

Rassemblés devant la clinique Ordener, à Paris, à l'appel du docteur Xavier Dor, ils sont agressés par les membres de la ligue des droits de l'homme, le MRAP, le PCF, les Verts, la LCR, Sos Racisme, Ras le Front, la Cadac (coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception) aux cris de « Gloire à Satan » et au chant de l'internationale.

(Voir les chroniques du 4 juillet, du 24 octobre, du 10 novembre, et du 6 décembre)

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 434)

Posté le 10 juin 2016 à 05h11 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

09 juin 2016

C’est arrivé un 9 juin …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 9 juin 721 : le duc d'Aquitaine Eudes défait les Arabes du gouverneur Al-Samh près de Toulouse.

Le duc met par la suite deux fois encore en déroute l'émir Anbasa ibn Suhaym Al-Kalbi, en 725 et en 726.

  • le 9 juin 1348 : le pape Clément VI achète Avignon à la reine Jeanne de Naples, qui est également comtesse de Provence.

Pour 80 000 florins.

  • le 9 juin 1537 : publication de la bulle Sublimus Dei, du pape Paul III condamnant l'esclavage.

Par cette bulle, le pape interdit l'esclavage des Indiens d'Amérique "et de tous les autres peuples qui peuvent être plus tard découverts". Paul III dénonce une telle pratique comme directement inspirée par l'Ennemi du genre humain (Satan).

  • le 9 juin 1660 : mariage de Louis XIV, Roi de France, et de Marie-Thérèse d'Autriche, infante d'Espagne, à Saint-Jean-de-Luz.

Œuvre diplomatique du Cardinal Mazarin, pour renforcer le Traité des Pyrénées, le mariage de Louis XIV et de l'Infante Marie-Thérèse d'Espagne est célébré le 9 juin 1660 en l'église Saint Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz, village du Pays Basque situé à la frontière des deux grands royaumes. Voir la chronique de la veille.

Louis XIV épouse Marie-Thérèse

Marie-Thérèse donne six enfants à Louis XIV, dont malheureusement un seul survit, le Grand Dauphin. Le Roi de France Louis XIV et l'infante d'Autriche Marie-Thérèse sont tous deux âgés de 21 ans. Cette union scelle la paix signée dans les Pyrénées, sept mois plus tôt, qui a mit fin à l'interminable guerre opposant la dynastie française des Bourbons et la dynastie espagnole des Habsbourg.

  • le 9 juin 1756 : Louis XV déclare officiellement la guerre à l'Angleterre.

C'est le début de la guerre de 7 ans. Elle fait suite aux agressions multipliées des Anglais contre les vaisseaux ou les forts français ; et surtout au renversement des alliances, donc à l'alliance défensive avec l'Autriche, l'autre grande puissance catholique en Europe, conclue le 1er mai 1756. Relire Jean de Viguerie et son Histoire et dictionnaire du temps des lumières, 1715-1789, (Editions R. Laffont p. 181). Voir la chronique du 9 juin.

  • le 10 juin 1793 : l'armée Royale Catholique prend Saumur.

Les Républicains regroupent leurs forces sur Saumur et Doué en vue d'une attaque sur Cholet. Apprenant cette nouvelle la Grande Armée Royale Catholique se reforme au son du tocsin et marche le 2 juin sur Saumur. Le 9 juin la bataille de Saumur s'engage. La colonne de Lescure à gauche prend à revers les redoutes Républicaines, et est violemment accrochée par un régiment de cuirassiers qu'elle finit par repousser ; mais Lescure est blessé. Au centre la colonne de Stofflet est refoulée dans les faubourgs de la ville, seul La Rochejaquelein réussit à rallier sa division et à contre-attaquer. A droite Cathelineau affronte le futur maréchal Berthier qui par chance n'est pourvu, ce jour là, que de mauvaises troupes. Les troupes républicaines reculent finalement et la ville se rend, la victoire est totale. L'armé royale s'empare de 15 000 fusils et de 50 à 80 canons, fait 3 à 11 000 prisonniers bleus qui sont relâchés sous serment et conduits sur Tours.

Les Vendéens bénéficient maintenant d'un point de passage sur la Loire. Deux solutions s'offrent à eux, marcher sur Tours, puis sur Paris comme le souhaitent La Rochejaquelein ou Stofflet pour menacer directement le pouvoir Conventionnel ou bien se joindre aux chouans de Bretagne comme le préconise Bonchamps. C'est malheureusement la décision de marcher sur Nantes qui est prise. Angers tombera sans poser trop de difficultés, mais Nantes résistera fermement aux Vendéens.

  • le 9 juin 1800 : victoire française à la Bataille de Montebello.

Cette victoire française s'inscrit dans le cadre de la Seconde Campagne d'Italie menée par Napoléon.

Pendant près de cinq heures, malgré l'infériorité numérique, Lannes tient face aux attaques autrichiennes entre Montebello et Casteggio, avant que la Division Chambarlhac (Riveaud) n'arrive en renfort depuis la Stradella. Ott et O'Reilly doivent se replier.

  • le 9 juin 1811 : le roi de Rome, Napoléon II, est baptisé par le cardinal Fesch à Notre-Dame de Paris, devant 7000 invités.
  • le 9 juin 1815 : fin du Congrès de Vienne.

Entre octobre 1814 et juin 1815, au congrès de Vienne, les puissances européennes victorieuses redessinent la carte de l'Europe en annulant la plus grande partie des transformations géopolitiques provoquées par les guerres révolutionnaires et napoléoniennes. Ce congrès consacre la défaite de la France, dont les frontières sont ramenées à celles de 1792. Une nouvelle Confédération germanique composée de 39 Etats est créée ; l'Angleterre agrandit considérablement son empire colonial.

  • le 9 juin 1938 : Maurras est élu à l'Académie française.

« Dans les conditions où il est prêté, le serment maçonnique n'oblige aucune conscience, mais il faut, pour en bien sentir la nullité, un esprit pénétrant et un caractère très ferme. » Enquête sur la monarchie (1900)

« Les idées des partis, les idées diviseuses ont, en République, des agents passionnés; mais l'idée unitaire, l'idée de la patrie n'y possède ni serviteur dévoué ni gardien armé. » Mes idées politiques (1937)

« La volonté, la décision, l'entreprise sortent du petit nombre; l'assentiment, l'acceptation, de la majorité. C'est aux minorités qu'appartiennent la vertu, l'audace, la puissance et la conception. » Enquête sur la monarchie

« Quand un régime tombe en pourriture, il devient pourrisseur: sa décomposition perd tout ce qui l'approche. » La Dentelle du rempart

« Une espérance collective ne peut ... pas être domptée. Chaque touffe tranchée reverdit plus forte et plus belle. Tout désespoir en politique est une sottise absolue. » L'Avenir de l'intelligence

  • le 9 juin 1944 : massacre de Tulle.

La division « Das Reich », plus connue par la suite pour le massacre d'Oradour-sur-Glane, pénètre dans la ville "libérée" la veille par les FTP. 99 habitants sont pendus, et 149 autres déportés à Dachau.

Posté le 9 juin 2016 à 06h08 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

08 juin 2016

C’est arrivé un 8 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 8 juin, en France : journée nationale d'hommage aux « Morts pour la France » en Indochine.

Cette journée a été instituée par le décret du 26 mai 2005. Ce 8 juin est la date officielle de commémoration des victimes de la bataille de Diên Biên Phu.

  • le 1er ou le 8 juin 536: Silvère devient pape.

Silvère est le fils légitime du pape Hormisdas, né avant que son père ne fût entré dans les ordres. Il est élu le 1er ou le 8 juin 536.

  • le 8 juin 979 : sacre du Roi Louis V « Le Fainéant ».

Son père Lothaire le fait sacrer à Compiègne de son vivant.

  • le 8 juin 1442 : le Roi Charles VII fait son entrée solennelle à Toulouse.

La reconquête de la Guyenne s'achève, cette terre retourne dans le giron français.

  • le 8 juin 1637 : René Descartes publie le Discours de la méthode à Leyde.

Descartes cherche à jeter les bases d'une révolution intellectuelle ; il prône le doute méthodique et le recours à la raison. Sa première certitude étant l'existence du sujet pensant : "cogito ergo sum" ("je pense donc je suis"). Voici ce qu'en écrit François Maris Algoud :

« La foi, la grande doctrine de vérité à la quelle les sociétés chrétiennes ont alimenté pendant des siècles leur énergie, leur activité, leur puissance créatrice, a reçu son premier « coup d'arrêt » d'un savoir qui prétendit «  changer le monde », et qui effectivement l'a changé. Ce n'est pas par hasard que Descartes appelait sa philosophie son Monde. A dater de Descartes, nous n'assistons à rien de moins qu'à une transformation du monde, et l'on peut dire que le « monde moderne » a eu René Descartes pour démiurge et pour créateur. C'est lui qui a semé presque tous les germes dont l'Homme faustien n'a cessé depuis trois siècles, de récolter les fruits.

Que la Science établisse donc son règne (c'est une affaire de deux ou trois siècles disait Descartes), et la Béatitude est au bout. »(*)

(*)Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs aux éditions de Chiré page 53

Il peut être considéré comme un des pères de toutes les grandes erreurs modernes. Sa devise était : « Larvata prodeo » (L'esprit profond s'avance caché). Ce qui est bien loin de la phrase du Christ dans l'évangile de Saint Jean : «  La vérité vous rendra libre. »

  • le 8 juin 1656 : Pascal témoigne devant l'official de Paris, qui enquête sur le "miracle" de la Sainte-Épine.

Marguerite Périer, la nièce de Pascal, a été guérie d'une fistule lacrymale alors qu'elle est en train de prier devant un morceau de la Couronne d'épines du Christ, dans la chapelle de Port-Royal de Paris, le 24 mars. Le 22 octobre de la même année le miracle de la Ste-Epine est authentifié par sentence. Voir les chroniques de ces deux jours.

  • le 8 juin 1794 : Robespierre conduit une fête en l'honneur de l'Etre suprême.

Rien ne manque pour marquer les esprits, artifices pyrotechniques, décorums grandiloquents etc. Tous les artifices sont bons. Robespierre marche en tête d'un cortège magnifique ordonné par le peintre David, un bouquet de fleurs et d'épis à la main, des Tuileries au Champ-de-Mars. Cet Etre suprême auquel la république, puis le Directoire, rendent un culte et qu'ils donnent à vénérer et à prier aux foules, afin de les déchristianiser plus vite, est le dieu de voltaire et Rousseau, ce n'est que le singe de Dieu, l'antique serpent.

  • 8 juin 1795 : soi-disant « mort » du Dauphin dit Louis XVII.

Pour la version officielle, le Dauphin est né le 27 mars 1785, au château de Versailles ; Louis Charles duc de Normandie est le troisième enfant de Marie-Antoinette et le deuxième fils de Louis XVI. A la mort de son frère aîné Louis de France, âgé de huit ans le 4 juin 1789, il devient le Dauphin de France, puis «prince royal» à partir de 1790. A la mort de Louis XVI, il est enlevé à sa mère et confié au jacobin Simon. Il meurt de maladie à la prison du Temple. Comment la révolution, dont le but est de détruire la Monarchie, bras séculier de l'Eglise catholique, aurait-elle pu arriver à ses fins en laissant mourir le Dauphin. Rendre tout futur prétendant illégitime est un bien meilleur moyen. Et le comte de Chambord lui-même refuse le trône non pas pour un simple drapeau blanc, mais parce qu'il sait qu'il n'est pas l'héritier légitime. Et le cœur déposé en 2004, dans la crypte royale de Saint Denis ne peut pas être celui de Louis XVII car :

1° le cœur analysé en 2000 mesurait 8 cm ; celui examiné en 1894, avant sa remise à don Carlos et présenté comme étant celui de l'enfant du Temple mesurait 6 cm ;

2° l'affirmation selon laquelle la technique de conservation utilisée en 1789 pour le cœur du frère aîné (supposée être l'embaumement) aurait été différente de celle utilisée en 1795 pour Louis XVII lui-même (mélange alcool/eau), est erronée. Dès le début du XVIIIe siècle, l'inefficacité de la méthode employée encore au siècle précédent, pousse à utiliser la conservation par le mélange hydro-alcoolique (celle-ci impliquant, notons-le, une dessiccation complète du viscère, ainsi qu'une forte réduction de taille). Au demeurant, le cœur de Louis-Joseph, avant d'être remisé dans une boîte de plomb au Val de Grâce, puis à la bibliothèque de l'archevêché de Paris, avait été placé lui aussi dans une urne, comme le souligne Reynald Secher en 1998, ce qui confirme l'utilisation d'une solution liquide pour la conservation.

Enfin lorsqu'en 1894 sont exhumés les restes de l'enfant mort au Temple et enterré au cimetière Sainte-Marguerite à Paris, les médecins affirment qu'il s'agit d'un enfant d'au moins quatre ans plus âgé que ne l'était Louis XVII. Si le résultat des analyses ADN pratiquées en 2000 est incontestable, le cœur analysé peut donc être aussi bien celui de Louis-Joseph, frère aîné de Louis XVII, que celui de Louis-Charles, Louis XVII lui-même.

Il existe un document qui permet de clarifier ce « mystère », vérité à la quelle ont droit tous les Français : le Testament de la duchesse d'Angoulême que détient l'Etat du Vatican.

Louis XVII bébé âgé de deux ans dans « Marie Antoinette et ses enfants » peint par Élisabeth Vigée Le Brun en 1787

  • le 8 juin1795 : annonce de la mort Louis XVII.

La Bretagne se soulève de nouveau alors que la paix avait été signée le 21 avril 1795 en échange de la liberté de culte en Bretagne.

  • le 8 juin 1880 : suppression de l'aumônerie militaire instituée en 1874.
  • le 8 juin 1940 : le général Vuillemin lance un appel désespéré pour obtenir un appui aérien des Britanniques, qui ne daignent pas répondre.

Le général Vuillemin est le commandant en chef des forces aériennes françaises. Au mépris des accords passés entre les deux pays de combattre jusqu'au bout ensemble et de ne pas signer de paix séparée Churchill refuse toute aide militaire aux troupes françaises et donne l'ordre d'évacuer.

  • le 8 juin 1941 : déclenchement de l'opération « franco »-britannique en Syrie.

Il faut préciser qu'il s'agit des FFL. Les Anglais trompés par De Gaulle vont attaquer des positions françaises pensant attaquer des Allemands. Contre toute attente, pour De Gaulle, l'armée d'armistice ne le rejoint pas, se bat, et contre attaque victorieusement. Son illégitimité éclate ainsi au grand jour aux yeux des Anglais.

Un excellent livre raconte cet épisode que l'histoire officielle occulte : Syrie, 1941, la guerre occultée : vichystes contre gaullistes" d'Henri de Wailly, enseignant à Saint-Cyr-Coëtquidan, aux Editions Perrin.

Il montre un armistice inévitable, mais qui permet de préserver les outils d'une victoire future, et une armée divisée sur l'attitude présente à avoir. Le ralliement aux gaullistes est inexistant : 900 hommes sur 40 000 avant l'assaut du 8 juin. Tout d'abord on fréquente les Anglais ; mais après les drames de Dakar et de Mers el-Kébir, où les Anglais attaquent leurs anciens alliés, on ne dialogue plus. Il y a deux France !

L'auteur décrit la violence de la propagande gaulliste envers Vichy. Il brosse un portrait du général De Gaulle, où ce dernier paraît méfiant à l'égard des Anglais, autant qu'il est irritant pour eux, et autoritaire (on le surnomme « Képi Ier). La propagande gaulliste finit par être contreproductive jusqu'aux Etats-Unis.

Vichy est réticent face à l'Allemagne dès 1940 ; Hitler impose des conditions très dures : chantage à la faim ou au froid. La France est étranglée. Au Levant, les Allemands soufflent sur les braises de la révolte arabe et le général Dentz fait face au désordre. Il y a des morts. Cette agitation inquiète l'Angleterre qui est favorable au maintien de l'ordre par peur de la « contamination ». De Gaulle ne pèse rien dans l'affaire. Les Allemands encouragent l'agitation arabe, il y a conjonction d'intérêts. Le grand mufti de Jérusalem adresse une lettre de félicitation à Hitler au moment de la défaite française. Les Anglais sont presque dix fois inférieurs en nombre aux Italiens. Rapidement les Italiens sont battus et ne doivent leur salut qu'à l'intervention allemande. Mais c'est l'affaire irakienne qui met le feu aux poudres.

En Irak, en avril 1941, Rachid Ali prend le pouvoir et appelle à la guerre sainte contre les Anglais. Il demande l'appui allemand. Or, le pétrole passe par l'Irak. Pour les Britanniques la menace est sérieuse. Hitler, surpris, n'a d'autre choix que d'expédier les armes saisies au Levant français par les italiens. Pour cela, il a besoin de Vichy. Il faut que des avions allemands transitent par la Syrie pour aller aider la révolte. Darlan, le dauphin de Pétain, négocie au moment précis où la France est étranglée. Contre de vagues promesses orales, il accorde l'autorisation écrite aux Allemands de faire transiter leurs avions par la Syrie. Dentz doit laisser faire et s'opposer par la force à toute intervention anglaise. Le choix est fait ! De Gaulle saute sur l'occasion pour obtenir une attaque sur la Syrie en prétendant qu'elle est livrée aux Allemands ! Les Anglais attaquent les avions allemands et les Français s'écartent. Les deux anciens alliés s'évitent. Churchill prend alors la décision d'intervenir en Syrie, à la grande satisfaction du général De Gaulle. Le général Wilson commande l'attaque. Des 34 400 combattants: une majorité d'Australiens, dont 5000 Français libres… Face à la menace Vichy demande aux Allemands de se retirer et, à sa grande surprise, Hitler obtempère. Pourtant une foule de fausses informations circule : les Allemands s'installent en Syrie !

Le 8 juin 1941 l'attaque se déclenche. Les troupes anglaises croient affronter des Allemands. Vichy ne pense pas que Dentz pourra résister plus de quatre jours, mais Darlan lui demande de résister à outrance. Les Français de Vichy se révèlent d'une opiniâtreté qui puise ses racines dans le désastre de 1940 et dans la volonté de maintenir la France en l'Afrique du Nord. Ils en arrivent même à monter des contre-offensives victorieuses. Dentz, isolé, ne demande pourtant l'arrêt des combats que le 9 juillet ! Le 12 les combats cessent. Les Français libres ne sont pas en bonne position. Les Anglais sont amers de n'avoir pas combattu des Allemands. Les Français n'ont fait que révéler leur guerre civile larvée. Les Français libres font tout pour séduire les troupes vichystes et les dissuader de demander leur rapatriement. Le succès est mitigé : 5688 ralliements sur 37000 !

Voir les chroniques des 7 et 14 juillet.

  • le 8 juin 1949 : publication du roman de George Orwell "1984".

Quelques mois avant sa mort précoce, l'écrivain britannique George Orwell publie son livre "1984". Cet ouvrage de science-fiction politique s'impose immédiatement comme un best-seller mondial. 400 000 exemplaires seront vendus dans l'année en Angleterre et aux Etats-Unis, Orwell fait une satire des idées totalitaires. Ce livre trouve aujourd'hui d'étranges résonnances en Europe en général et en France en particulier.

  • le 8 juin 2004 : dépôt du soit disant « cœur de Louis XVII » dans la crypte royale de la basilique Saint-Denis.
    • le 8 juin 2014 : fête de la Pentecôte.

La fête de la Pentecôte célèbre la venue de l'Esprit Saint sur les apôtres le cinquantième jour après Pâques (en grec, pentêkostê signifie "cinquantième"). Avant l'Ascension, le Christ avait annoncé aux apôtres : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre ».

« Ce jour-là, les apôtres se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain, il vint du ciel un bruit pareil à celui d'un violent coup de vent : toute la maison où ils se tenaient en fut remplie. Ils virent apparaître comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun d'eux. Alors ils furent tous remplis de l'Esprit Saint. Ils se mirent à parler en d'autres langues, et chacun s'exprimait selon le don de l'Esprit. (...) Lorsque les gens entendirent le bruit, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient dans la stupéfaction parce que chacun d'eux les entendait parler sa propre langue. »

Ainsi se réalisait la promesse faite par le Christ aux apôtres au moment de son Ascension, une dizaine de jours plus tôt : « vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. »

Posté le 8 juin 2016 à 06h06 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (10)

07 juin 2016

C’est arrivé un 7 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 7 juin 555 : mort du pape Vigile.
  • le 7 juin 1099 : début du siège de Jérusalem, par les Croisés de la première Croisade.

Les Croisés pénètrent dans la ville le 14 juillet suivant (voir la chronique du jour) ; la ville est totalement libérée le 15.

  • le 7 juin 1441 : le pape Eugène IV signe à Florence une bulle qui crée l'Université de Bordeaux.
  • le 7 juin 1494 : Traité de Tordesillas.

Ce traité est signé entre l'Espagne et le Portugal, pour se partager le Nouveau Monde et la délimitation de leurs futures possessions coloniales. L'année précédente, la bulle Inter caetera du pape Alexandre VI a déjà partagé le globe en deux (Voir la chronique du 4 mai. Le traité de Tordesillas repousse vers l'ouest cette ligne de démarcation qui passe maintenant à 2 000 kilomètres à l'ouest des îles du Cap-Vert. Toutes les terres nouvellement découvertes à l'est de cette ligne appartiendront au Portugal, l'Espagne ayant les terres situées à l'ouest. La France et l'Angleterre n'acceptent évidemment pas ce partage..

  • le 7 juin 1520 : l'entrevue du Camp du Drap d'or débute.

La rencontre se déroule du 7 au 24 juin 1520 entre François 1er et Henri VIII d'Angleterre, près de Calais. Cette entrevue porte essentiellement sur le maintien de l'équilibre entre les nations européennes et l'élection du roi d'Espagne comme empereur du Saint Empire romain germanique, sous le nom de Charles Quint un an plus tôt.

Le Roi de France espère une alliance avec l'Angleterre. Il déploie pour cela tout le luxe et le prestige possible pour la réception. C'est un échec pour François Ier, qui ne parvient pas à sceller d'alliance. Le rapprochement d'Henri VIII avec Charles Quint deux semaines plus tard efface tout le bénéfice que François Ier pensait tirer de cette rencontre.

  • le 7 juin 1546 : les Rois François Ier et Henry VIII d'Angleterre signent un traité de paix à Adres.

Par ce traité l'Angleterre, qui l'occupe depuis 1542, est censée restituer Boulogne-sur-Mer à la France, dans un délai de 8 ans contre la somme de 800 000 écus d'or. En 1550, Edouard VI remet la place contre 400 000 écus d'or seulement.

  • le 7 juin 1654 : sacre de Louis XIV en la cathédrale Notre-Dame de Reims.

Le 7 juin 1654, le jeune Louis XIV est officiellement sacré Roi de France, dans la cathédrale de Reims. Le Roi, qui a 16 ans et qui a subi la Fronde, laisse Mazarin diriger le pays malgré son couronnement, préférant parfaire ses compétences guerrières auprès de son ami Turenne.

Mazarin écrit de lui : « Il y a en lui assez d'étoffe pour faire quatre Rois et un honnête homme. »

Le jeune Roi sait très bien que sa naissance est miraculeuse (cf. les chroniques du 10 et 21 février) ; son père en remerciement consacre la France à Notre Dame. Le siècle qui suit est le siècle français. Les arts, les armées, la littérature, l'esprit français sont la référence, la gloire habite notre pays, où la foi catholique triomphe au point qu'il est courant d'entendre en Europe le dicton « Heureux comme Dieu en France ». Le bon goût, la courtoisie et l'art de vivre français sont imités partout. De 1684 à 1709, Notre Dame apparaît régulièrement à Benoite Rencurel pour lui révéler les dangers qui entourent le Roi et faire prier pour lui. Le 17 juin 1689, le Sacré Cœur apparaît à Sainte Marguerite Marie Alacoque et rappelle Au Roi et au Pape la mission divine de la France et de la race des Capétiens :

«Fais savoir au fils aîné de mon Sacré cœur que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma Sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu'il fera de lui-même à mon Cœur Adorable, qui veut triompher du sien, et par son entremise, de celui des grands de la terre.

Je veux régner dans son palais ; être peint dans ses étendards et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte Eglise.

Dis lui de faire un édifice où serait le tableau de mon divin Cœur, pour y recevoir les hommages du Roi et de la cour. Je veux protéger et défendre la personne du Roi contre tous ses ennemis visibles et invisibles dont je veux le défendre et mettre son salut en assurance par ce moyen. »

Le Roi ne recevra pas cette demande ou ne la suivra pas. Dès lors la seconde partie de son règne n'est plus aussi éclatante. Pour autant sa piété n'est pas mise en défaut. Ainsi il répond à son confesseur le père Larue qui le trouve récitant son chapelet :

«  N'en soyez pas tant étonné, mon père, je tiens cette pratique de la Reine ma mère, j'en fais gloire, et je serai fâché d'y manquer un seul jour. »

 

Avec sa mort en 1715, s'achève un règne de 72 ans, qui reste le plus long de l'histoire de France.

Voir les chroniques des 1er et 5 septembre.

  • le 7 juin 1660 : apparition de saint Joseph à Cotignac.

Les apparitions de Saint Joseph sont rares. Il apparaît avec la Vierge et l'Enfant Jésus à Fatima le 13 octobre 1917, mais il est particulièrement vénéré à Cotignac (diocèse de Fréjus dans le Var). La Vierge était apparue sur le mont Verdaille au bûcheron Jean de La Baume (10 et 11 août 1519), ce qui avait entraîné la construction d'une église dédiée à Notre-Dame de Grâces, lieu de miracles dont les papes firent mention.

Cotignac est connu suite à une apparition de Notre Dame le 10 aout 1519 (voir la chronique du jour). Plus tard, la naissance du Roi Louis XIV est liée à ce haut lieu spirituel. En effet, à Paris le frère augustin déchaussé Fiacre de Saine Marguerite (né Denis Antheaume) prie suite à une locution intérieure la Vierge pour que Anne d'Autriche ait un héritier.

La Vierge lui a demandé trois neuvaines, la première à Notre-Dame de Grâces de Cotignac, la deuxième à Notre-Dame de Paris et la troisième à Notre-Dame des Victoires de la même ville (voir la chronique du 10 février). C'est ainsi que naît Louis XIV, le frère Fiacre a été envoyé par Louis XIII et Anne d'Autriche à Cotignac pour y faire la neuvaine voulue ; peu de jours après son départ, Louis XIII déclare vouloir consacrer la France à la Vierge, et le Dauphin tant désiré naît le 5 septembre 1638, neuf mois, jours pour jour, après la fin des trois neuvaines. En 1644, la régente Anne d'Autriche envoie à nouveau le frère Fiacre à Cotignac pour demander à la Vierge de protéger son fils. Louis XIV vient en pèlerinage le 21 février 1660, en compagnie de sa mère, de son frère le duc d'Anjou (futur duc d'Orléans), de sa cousine la Grande Mademoiselle, du cardinal Mazarin (voir la chronique du jour).

Il donne de somptueux cadeaux à l'église de Cotignac, et envoie une dernière fois le frère Fiacre vers Marie en 1661.Dieu permit encore que saint Joseph apparaisse le 7 juin 1660 à un berger assoiffé, Gaspard Ricard. Il lui ordonne de déplacer une trop lourde pierre, ce qu'il fait, une source apparaît.

Ce jour là, en pleine chaleur, Gaspard Ricard, un jeune berger de 22 ans, garde son troupeau sur le mont Bessillon. Il a soif quand soudain, il aperçoit « un homme à ses côtés » qui lui désigne un lourd rocher en lui disant «  Je suis Joseph, enlève-le et tu boiras ».

Devant la surprise et l'hésitation du jeune berger, l'apparition réitère son conseil. Gaspard soulève alors sans peine le rocher et découvre une source. Il boit alors à satiété et court porter la nouvelle au village. En un lieu que tous savent dépourvu de source, coule désormais une eau fraîche. Ainsi Cotignac mérite bien d'être appelé le village de la Sainte Famille !

Cette eau s'avère bien vite miraculeuse ; s'en suit la construction d'une chapelle Saint-Joseph, approuvée par l'évêque. C'est ainsi qu'on honore à Cotignac la Vierge et son époux. La nouvelle église Notre-Dame de Grâces conserve l'inscription signalant la visite royale de 1660 (ex-voto de marbre noir, 1667), l'ancienne statue de la Vierge et le cœur du frère Fiacre ; à 3 km de là, une église bâtie au pied du Grand-Bessillon est sur le lieu de la source et de l'apparition de saint Joseph. Le 12 mars 1661, Louis XIV invite les évêques de France à faire chômer la fête de saint Joseph, le 19 suivant, interdisant tout commerce et travaux en ce jour, ce qui est immédiatement ratifié par les vicaires généraux de l'archevêque de Paris le 14 (voir la chronique du 19 mars). On remarque que le 7 juin 1660 est aussi le jour où l'infante Marie-Thérèse entre en France pour y épouser Louis XIV en personne (elle était déjà mariée par procuration, voir la chronique du 19 mars). Ce jour reste chômé en France, jusqu'à la révolution, en l'honneur de St Joseph par décision royale du Roi Louis XIV.

  • le 7 juin 1798 : la frégate la Décade arrive à Cayenne, avec à son bord 329 déportés, dont 150 prêtres.
  • le 7 juin 1863 : les Français font leur entrée à Mexico que Juarez a évacué sans combat.
  • le 7 juin 1929 : le Vatican devient un État souverain.

Voir la chronique du 11 février sur les accords de Latran Saint-Siège et le Royaume d'Italie. Ces derniers sont ratifiés le 7 juin.

Carte du Vatican

  • le 7 juin 1929 : la France et l'Allemagne signent le plan Young.

Ce plan réduit les réparations de guerre de 70% (38 milliards de reichsmarks payables en 59 annuités jusqu'en 1988). Il n'est jamais réellement exécuté et l'Allemagne ne paiera pas sa dette de guerre.

  • le 7 juin 1936 : les accords de Matignon sont signés.

Dans la nuit du 7 au 8 juin, à l'hôtel Matignon à Paris, sont signés des accords qui prévoient la généralisation des conventions collectives, la création des délégués du personnel et une augmentation de 12% des salaires. Mais on retiendra surtout l'instauration de la semaine de 40 heures et l'octroi de 15 jours de congés payés.

  • le 7 juin 1968 : le gouvernement français gracie 11 membres de l'OAS.

Les généraux Salan et Jouhaux sont dans la liste.

Posté le 7 juin 2016 à 05h04 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

06 juin 2016

C’est arrivé un 6 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 6 juin 824 : élection du pape Eugène II.
  • le 6 juin 848 : couronnement de Charles le Chauve, Roi de France.

L'archevêque de Sens, Wénilon, sacre Charles le Chauve dans la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans et le couronne Roi de Francie occidentale et d'Aquitaine. En 875, Charles est couronné empereur d'Occident. Voir les chroniques du 13juin, du 6 octobre 877, du 25 décembre 875.

  • le 6 juin 1099 : les armées croisées s'emparent de Bethléem.

Godefroi de Bouillon, qui a refusé la couronne de Jérusalem, et pris le titre d'avoué du Saint-Sépulcre, reste seul, en septembre, avec trois cents chevaliers et deux mille piétons pour défendre ses conquêtes : Jérusalem, Jaffa, Lydda, Ramla, Bethléem, Hébron et toute la Galilée. En effet dès le 7 juin, les croisés entament le siège de Jérusalem.

  • le 6 juin 1249 : le Roi de France Louis IX et ses troupes débarquent à Damiette.

La veille, après une «messe en mer», Louis IX et ses troupes ont pris place dans des embarcations pour débarquer. Le tir intensif des archers et arbalétriers francs affaiblit les cavaliers et fantassins musulmans, qui s'avançaient dans la mer pour tenter de contrer l'invasion. Les croisés, dont le Roi Louis IX en tête, sautent à l'eau et montent au contact. La bataille est gagnée sans pertes notables. Plusieurs émirs sont tués. Fakhr al-Din décide d'abandonner la plage et la flotte du sultan doit se replier. Pris de panique, les habitants de Damiette évacuent leur ville pour fuir dans le delta du Nil, laissant Damiette, qui regorge de nombreuses richesses, à la merci des envahisseurs. Le 6 juin, les croisés peuvent entrer dans la ville.

Débarquement de Saint Louis à Damiette, en Égypte, Georges Rouget, 1839.

  • le 6 juin 1329 : hommage d'Édouard III au Roi de France Philippe VI pour ses possessions françaises : la Guyenne et le Ponthieu, en présence du roi de Bohême Jean Ier de Bohême. 

L'Anglais reconnaît le Français comme suzerain. En tant que duc de Guyenne, le roi d'Angleterre est vassal du Roi de France et doit lui prêter hommage. La cérémonie tarde car Edouard III tergiverse. Elle a finalement lieu, mais ne résout cependant pas le conflit larvé entre les deux royaumes. Pour souligner son rang, Edouard III s'y rend en grande pompe. Il faut deux jours pour faire passer de Douvres à Wissant le millier de chevaux de l'escorte anglaise.

  • le 6 juin 1513 : les Français sont défaits à Novare.

L'armée française, battue par les Suisses, membres de la Sainte-Ligue, évacue l'Italie.

  • le 6 juin 1606 : naissance de Pierre Corneille, auteur dramatique français.

Pierre Corneille est un des plus grands auteurs dramatiques français du XVIIe siècle. Le succès rencontré par sa traduction de L'Imitation de Jésus-Christ l'amène, un certain temps, à renoncer à l'écriture théâtrale. Ses œuvres les plus célèbres sont : "Le Cid", "Horace", "Cinna", "Polyeucte", "Rodogune", "Nicomède", "Le Menteur", "Pertharite", "Oedipe", "Sertorius", "Attila"...

  • le 6 juin 1730 : mort de l'Amiral Alain Emmanuel de Coëtlogon.

Né le 4 décembre 1646, à Rennes, fils de Louis de Coëtlogon Vicomte de Méjusseaume et de Louise Le Meneust de Bréquigny, il reçoit une solide instruction et entre au Régiment Dauphin-Infanterie avant de choisir la Marine Royale, où il se distingue : Guerre de Hollande, guerre contre les Barbaresques, guerre de la Ligue d'Augsbourg. Pendant la Guerre de Succession d'Espagne, Alain de Coëtlogon est Chef d'Escadre et remporte les victoires navales du Cap de la Roque (22 mai 1703) et de Vélez-Malaga (24 août 1704). Puis, de 1705 à 1714, il commande le Port de Brest, le plus important de France. En 1715, il est admis au Conseil de la Marine. En 1716, le Régent Philippe d'Orléans l'élève au grade d'Amiral du Levant. En 1730, il est élevé à la dignité de Maréchal de France. Il a été décoré du récent Ordre Militaire de Saint-Louis (1694).

  • le 6 juin 1830: apparition du Christ à sainte Catherine Labouré.

Le Christ, en la fête de la Sainte Trinité,  lui apparaît comme un Roi crucifié, dépouillé de tous ses ornements. Cf. les chroniques des 18 juillet et 27 novembre.

  • le 6 juin 1840 : le père Marcellin Champagnat meurt.

Sa communauté est à la chapelle et chante le "Salve Regina" quand il meurt. Le pape Jean Paul II le canonise le 18 avril 1999. Cf. la chronique du 20 mai.

  • le 6 juin 1853 : Pasteur réussit la transformation des acides tartriques en acide racémique.
  • le 6 juin 1941 : le Conseil des ministres à Vichy refuse de signer les "Protocoles de Paris" qui prévoient une collaboration militaire avec le Reich.

Ces Protocoles, signés à Paris les 27 et 28 mai 1941, devaient formaliser la rencontre de Bertechsgaden entre Darlan (accompagné de Benoist-Méchin) et Hitler et Ribbentrop du 11 mai 1941. Le général Weygand et le Maréchal s'y opposent.

  • le 6 juin 1944 : le chef de l'Etat Pétain, acclamé à St-Etienne, y apprend la nouvelle du débarquement en Normandie.

Les Français réservent un accueil triomphal au Maréchal pendant sa tournée du printemps 1944, où il visite les villes touchées par les bombardements alliés, et cherche à réconforter les populations. Ces bombardements ont fait plus de 65 000 victimes civiles et 75 000 blessés graves. 590 000 tonnes de bombes ont été déversées sur la France, causant des ravages considérables, pour un résultat militaire nul. En visitant ces villes sinistrées et leurs hôpitaux, le Maréchal est souvent tellement ému qu'il n'arrive plus à parler.

Un premier voyage l'amène à Paris, Orléans et Rambouillet. Les Parisiens se portent spontanément sur le parvis de Notre-Dame, puis à l'Hôtel de ville, pour l'acclamer. De là, il se rend à Rouen, puis dans l'Est de la France, à Belfort, Nancy le 26 mai (cf. la chronique du jour), Épinal, Dijon. C'est à Lyon, le 6 juin, qu'il apprend la nouvelle du débarquement. Il repasse le même jour par Saint-Étienne, où la réception enthousiaste des ouvriers dépasse tout ce qui avait été vu jusque-là. Extraits du discours adressé aux stéphanois :

« TAVAILLEURS FRANÇAIS, JE VOUS DEMANDE D'ENTENDRE MON APPEL. SANS VOTRE ADHESION ENTHOUSIASTE A L'ŒUVRE DE RECONSTRUCTION SOCIALE, RIEN DE GRAND NE PEUT ETRE FAIT. SACHEZ-VOUS Y DONNER AVEC UN DESINTERESSEMENT TOTAL.

OUVRIERS, mes amis, n'écoutez plus les démagogues. Ils vous ont fait trop de mal. Ils vous ont nourris d'illusion. Ils vous ont tout promis. Souvenez-vous de leur formule : " le pain, la paix, la liberté ". Vous avez eu la misère, la guerre et la défaite. Pendant des années, ils ont injurié et affaibli la patrie, exaspéré les haines, mais ils n'ont rien fait d'efficace pour améliorer la condition des travailleurs, parce que, vivant de leur révolte, ils avaient intérêt à encourager ses causes.

INGENIEURS, vous avez pensé trop souvent qu'il vous suffisait de remplir avec conscience votre fonction technique. Vous avez plus à faire, car vous n'êtes pas seulement des techniciens, vous êtes des chefs. Comprenez bien le sens et la grandeur du nom chef. Le chef, c'est celui qui sait à la fois se faire obéir et se faire aimer. Ce n'est pas celui qu'on impose, mais celui qui s'impose. N'oubliez pas que pour commander aux hommes, il faut savoir se donner.

PATRONS, parmi vous, beaucoup ont une part de responsabilité dans la lutte des classes. Votre égoïsme et votre incompréhension de la condition prolétarienne ont été trop souvent les meilleurs auxiliaires du communisme. Je ne vous demande pas de renoncer à tirer de vos entreprises le bénéfice légitime de vos activités, mais je vous demande d'être les premiers à comprendre vos devoirs d'hommes et de Français.

Ouvriers, techniciens, patrons, si nous sommes aujourd'hui confondus dans le malheur, c'est qu'hier vous avez été assez fous pour vous montrer le poing. Cherchez, au contraire, à vous mieux connaître. Vous vous en estimerez davantage, vous aurez confiance les uns dans les autres, vous résoudrez ensemble le grand problème du travail et de l'ordre social. Renoncez à la haine, car elle ne crée rien ; on ne construit que dans l'amour et dans la joie. En faisant de la France une société humaine, stable, pacifiée, vous serez les meilleurs artisans du redressement de la Patrie. »

  • le 6 juin 1944 : débarquement allié en Normandie.

C'est le Jour J, le début de l'Opération Overlord. Près de 5 000 navires débarquent 130 000 hommes sur 35 kilomètres de plage en Normandie. Dans la nuit, des parachutistes ont été lâchés derrière les lignes allemandes et les avions alliés ont commencé à bombarder les fortifications du "mur de l'Atlantique". Une seule Victoria Cross sera décernée pour le 6 juin. Elle revient au Lance-Corporal Stanley Hollis du 1st Battalion Hampshire pour s'être emparé seul de trois blockhaus allemands armé de son fusil-mitrailleur Bren. La Bataille de Normandie commence. Elle dure deux mois.

  • le 6 juin 1958 : De Gaulle, à Mostaganem, termine son discours en lançant :

"Vive l'Algérie française".

  • le 6 juin 2010 : le pape Benoît XVI présente le document de travail du synode consacré aux chrétiens d'Orient et s'inquiète de leur disparition.

N'est-ce pas le rôle historique de la France et de la Russie de les protéger?

Posté le 6 juin 2016 à 05h02 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

05 juin 2016

C’est arrivé un 5 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 5 juin 774 : Charlemagne, Roi des Francs et des Lombards.

    Après avoir assiégé et pris Pavie, la capitale lombarde, après 9 mois de siège, Charlemagne détrône Didier, roi des Lombards. Il le ramène prisonnier en France. Les États Lombards constituent une sorte de vice-royauté franque. Dans les actes officiels, Charlemagne est désormais désigné sous le double titre de Roi des Francs et de roi des Lombards. Il s'adjoint en outre le titre de "patrice des Romains".

  • le 5 juin mars 1249 : décès d'Hugues X de Lusignan, seigneur de Jarnac.

Il est un des plus puissants barons du royaume de France de son époque. Adversaire de Blanche de Castille, puis d'Alphonse de Poitiers, Hugues de Lusignan doit, en juin 1242, après quinze jours de siège, rendre la très puissante forteresse de Frontenay, actuelle ville de Frontenay, dont Saint Louis fait raser les murs pour la punir de son opposition au pouvoir royal.

Hugues de Lusignan est finalement vaincu le 21 juillet 1242, lors de la bataille de Taillebourg et il se soumet au Roi, avant de rendre hommage au frère du Roi, le comte de Poitiers. Il doit ensuite accompagner le Roi en croisade et meurt devant Damiette ; tout comme son père 30 ans plus tôt.

  • le 5 juin 1305 : élection de Clément V, à Pérouse.

L'archevêque de Bordeaux, Bertrand de Got devient pape sous le nom de Clément V. Il s'installe à Avignon. Il est le premier d'une série de papes français, jusqu'à Grégoire XI, Pierre-Roger de Beaufort, qui mourra en 1378. Clément V est aussi passé dans l'histoire pour avoir ordonné la suppression de l'ordre du Temple.

Portrait de Clément V

Cathédrale de St-Bertrand-de Comminges

  • le 5 juin 1316 : le Roi Louis X « Le Hutin » meurt d'un refroidissement à Vincennes. Son frère Philippe devient régent.

Louis X naît le 4 octobre 1289 et est sacré le 24 août 1315. Le fils de Philippe IV le Bel meurt après un peu plus d'un an d'un pitoyable règne. Ses deux frères vont lui succéder, puis la dynastie des Capétiens directs s'éteint, comme dans l'ancien testament. Difficile de ne pas penser au testament de Saint Rémi qui concerne la monarchie française :

« Que ses jours soient abrégés et qu'un autre reçoive sa royauté! »(cf. la chronique du 13 janvier).

  • le 5 juin 1595 : victoire d'Henri IV à la Fontaine-Française.

Le Roi de France, malgré sa conversion et son sacre, rencontre encore de nombreuses oppositions. Henri IV est parti ce matin-là en éclaireur, et tombe prématurément sur les troupes espagnoles. Il les charge malgré son infériorité numérique ; il a moins de 3000 soldats avec lui ; grâce à l'effet de surprise il les oblige à battre en retraite. Les Espagnols de Velasco et les Ligueurs à Fontaine-Française se regroupent à Fontaine-Française, où le Roi a regroupé tous les habitants qu'il a trouvés, les a équipés de tous les objets en métal disponible. Devant la masse qui s'oppose aux troupes de la Ligue, les Espagnols fuient définitivement. La victoire du Roi aboutit finalement au démantèlement de la Ligue.

  • le 5 juin 1662 : carrousel grandiose, aux Tuileries, pour célébrer la naissance du Dauphin.

Le Roi Louis XIV donne une grande fête dans le jardin des Tuileries. Plusieurs milliers de spectateurs contemplent les savantes évolutions de cinq quadrilles, cinq troupes de cavaliers exécutant des parades.

  • le 5 juin 1874 : Traité de Saïgon.

Le traité de Saïgon de 1862 transfère à la France la souveraineté sur des parties importantes de l'Annam, créant la colonie de Cochinchine, le grenier à riz du Viêt Nam, et lui donnant accès à la péninsule indochinoise. En 1874, un second Traité de Saïgon est signé entre le dernier empereur d'Annam (Viêt Nam), Tu Duc, et la France, représentée par son négociateur, Paul-Louis-Felix Philastre. Il établit la reconnaissance par le Vietnam de la souveraineté française sur les trois provinces du Sud (la future Cochinchine), cédées par l'Annam, en plus de Saïgon et de l'île de Poulo Coudor. Par le fleuve Rouge et le port de Hanoï, la France s'offre de facto une voie commerciale avec la Chine.

Posté le 5 juin 2016 à 06h03 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

04 juin 2016

La Vendée militaire sur Europe 1

Le 1er juin, Franck Ferrand a consacré son émission sur Europe 1 à la contre-révolution, suite au dossier du Figaro Histoire sur la Vendée militaire. Geoffroy Caillet, le rédacteur-en-chef de ce numéro, est l'invité, avec, par téléphone, Anne Bernet, auteur d’une histoire générale de la chouannerie. 

Rappelons que lors de la cérémonie du retour de l'Anneau de Jeanne d'Arc, Franck Ferrand est intervenu au Puy du Fou pour raconter l'histoire de  cet Anneau.

XVMd5c8ce8e-2975-11e6-828a-0a4275a203b5-160x205Ce qui a motivé le Figaro Histoire de consacrer son dernier numéro à l'épopée contre-révolutionnaire, c'est le dernier spectacle du Puy du Fou, Le Dernier Panache, sur Charrette. Les meilleurs spécialistes déroulent la chronique d'une guerre longtemps ignorée, qui vit des paysans résister, les armes à la main, aux mesures antireligieuses de la Révolution, et décryptent le processus qui conduisit la Convention à organiser l'extermination méthodique de la population civile. La Rochejaquelein et Charette, Cathelineau et Bonchamps, d'Elbée et Stofflet: à la fois héros et victimes, les grandes figures de l'épopée défilent sur les lieux de leurs exploits et de leur martyre, du grandiose Mémorial de la Vendée à leurs mystérieux refuges au fond des bois.

Posté le 4 juin 2016 à 11h09 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 4 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 4 juin : fête de sainte Clotilde, reine de France et épouse de Clovis.

Née vers 465-475, fille du roi burgonde Chilpéric II, elle échappe au massacre de sa famille catholique perpétré par l'arien Gondebaud. En 493 elle épouse Clovis, Roi des Francs Saliens, alors païen. Ils ont quatre enfants : Clodomir, Childebert, Clotaire et Clotilde. Sous son influence et après la victoire de Tolbiac, où il s'est écrié:"-Dieu de Clotilde si tu me donnes la victoire je me ferais baptiser", Clovis reçoit le baptême en la Noël 496, des mains de saint Rémi, à Reims!

En 511, après la mort de Clovis, Clotilde se retire à l'Abbaye de Saint-Martin de Tours, d'où elle exerce encore une influence politique auprès de ses fils. Elle contribue à faire ériger plusieurs édifices monastiques: les Andelys, Saint Pierre de Reims, Saints Apôtres de Rouen, Saints Apôtres de Paris, devenu l'abbaye Sainte Geneviève.

Elle décède le 3 juin 544, 545 ou 548 à saint Martin, à Tours. Elle est inhumée à Paris auprès du Roi Clovis dans le sacrarium de la basilique des Saints-Apôtres, future Abbaye de la Montagne Sainte-Geneviève. Au XIXe siècle, sa tombe est déplacée de l'actuelle église Saint-Etienne-du-Mont à l'actuelle basilique qui porte son nom dans le 7e arrondissement.

Depuis 1995 l'Aviation légère de l'armée de terre a choisi sainte Clotilde pour patronne. C'est en effet à ses prières que Clovis put être victorieux à Tolbiac en « submergeant l'ennemi sous le feu du ciel », ce qui est précisément aujourd'hui la fonction des hélicoptères de combat de l'armée française.

  • le 4 juin  1411 : le monopole de Roquefort.

Ce jour, le Roi Charles VI, amateur de ce fromage accorde au bourg de Roquefort-sur-Soulzon l'exclusivité de l'affinage du fromage. Cela fait des caves un lieu protégé. Ce fromage bleu fut le fromage préféré de beaucoup de Rois dont Charlemagne et des papes. L'histoire raconte qu'un berger de jadis, préférant courir les femmes plutôt que de s'occuper de ses brebis, en aurait oublié dans une grotte son casse-croûte composé de pain et de fromage de brebis. En le retrouvant quelques mois plus tard, le Penicillium roqueforti avait fait son œuvre, transformant le fromage en Roquefort...C'est ainsi qu'est né le fameux fromage.

Le bon sens des bergers leur faisait utiliser ce fromage pour soigner les plaies, en l'appliquant pour éviter la gangrène. Le Penicillium, antibiotique naturel, est à l'origine du bleu du fromage.

Grottes pour fabriquer et conserver le roquefort de nos jours

  • le 4 juin  1610 : le cœur d'Henri IV est transporté au Prytanée Royal de La Flèche.

Le Roi avait donné ce château aux jésuites pour y ouvrir un collège. Les cœurs du Roi et de son épouse sont déposés dans la chapelle royale du Prytanée National Militaire. Brûlées à la révolution les urnes ne contiennent plus que les cendres des deux cœurs aujourd'hui.

  • le 4 juin  1666 : première représentation du "Misanthrope".

La seizième pièce de Molière est représentée pour la première fois au théâtre du Palais-Royal à Paris : "Le Misanthrope ou l'atrabilaire amoureux", cette comédie de Molière n'a que peu de succès. L'auteur interprète lui-même le rôle d'Alceste.

  • le 4 juin 1684 : le Roi et la Cour assistent à la prise de Luxembourg par le maréchal de Créqui.

Le Siège a commencé le 28 avril. Les troupes françaises sont commandées par le maréchal de Créqui ; Vauban dirige les attaques lui-même. En raison de la bravoure avec laquelle la garnison espagnole défend la place, un départ honorable lui est accordé lors de la capitulation. Le Luxembourg reste une province française jusqu'en 1697, date de la signature de la paix de Ryswick qui rend le Luxembourg à l'Espagne.

  • le 4 juin  1760 : arrivée des Acadiens en Nouvelle-Ecosse : « le Grand Dérangement »

Les Acadiens, colons francophones d'Amérique, arrivent de Nouvelle-Angleterre, en Nouvelle-Ecosse. C'est le « Grand dérangement », une expropriation massive des colons, lors de la prise de possession des Britanniques des anciennes colonies françaises en Amérique. Les historiens considèrent qu'entre 7 000 et 9 000 Acadiens, sur 15 000 à 18 000 personnes, sont morts durant les déportations du Grand dérangement. Voir la chronique du 28 juillet.

  • le 4 juin  1789 : le Dauphin, fils aîné de Louis XVI, meurt au Château de Meudon.
  • le 4 juin  1814 : signature de la Charte constitutionnelle par Louis XVIII (début de la Restauration).

La Restauration n'est pas un retour à l'Ancien Régime, mais l'intégration des principes de la Révolution dans ce dernier. La France entre ainsi dans un régime de monarchie constitutionnelle. La place de Dieu comme source du pouvoir n'est plus reconnue. La Monarchie légitime tempérée qui a vécu plus de 1300 ans en France n'est toujours pas restaurée.

  • le 4 juin 1849 : début du siège de Rome par les 30 000 français du général Oudinot.

Rome est défendue par les milices de Garibaldi. La ville tombe le 30 juin.

  • le 4 juin  1859 : les Français battent les Autrichiens à Magenta.
  • le 4 juin 1940 : fin de la bataille de Dunkerque.

En effet si les Anglais ont tous été évacués, les Français continuent à se battre. 224 686 Britanniques et 121 445 soldats français et belges ont été évacués.

La percée allemande formant une immense tenaille enferme 400 000 Français, Belges et Britanniques dans une poche au nord de la ligne Sedan-Abbeville. Le 24 mai, Guderian s'apprête à conquérir Calais, mais il est arrêté, non point par les alliés mais par Hitler. Churchill décide d'abandonner les Français et d'évacuer tout le corps expéditionnaire de Lord John Gort. Les Français sont mis devant le fait accompli et doivent se contenter d'acquiescer. La Royal Navy est mobilisée pour évacuer le plus grand nombre d'hommes depuis les ports à l'ouest de Gravelines. Cette opération, baptisée Dynamo, s'achève la veille.

Les Français vont alors organiser la défense de Dunkerque, comme ils le peuvent avec les unités disponibles. La poche fait 22 km de long et 10 de profondeur. L'évacuation commence le 28, avec des dizaines de milliers de soldats attendant sur la plage de pouvoir embarquer, sous la menace des appareils de la Luftwaffe. Pendant ce temps, les fantassins métropolitains, Zouaves et Tirailleurs des 12e, 43e et 68e DI contiennent les forces allemandes dans de féroces combats, permettant l'évacuation de plus de 338 000 hommes en sept jours. Le 4 juin, les Allemands entrent dans Dunkerque qui capitule. 40 000 soldats Français, Belges et Britanniques sont faits prisonniers.

  • le 4 juin  1944 : le drapeau français est à nouveau hissé sur le palais Farnèse de Rome.
  • le 4 juin  1958 : De Gaulle à Alger :

"Je vous ai compris"

De Gaulle, du haut du balcon du gouvernement général d'Alger, les bras en V, lance à la foule qui exulte : "Je vous ai compris". De Gaulle a été rappelé au pouvoir après la révolte des Français d'Algérie le 13 mai. Son cri laisse croire qu'il est résolu à conserver l'Algérie française et créera d'amères désillusions parmi les colons d'Algérie. Les accords d'Evian qui mettront fin, officiellement mais pas réellement, à la guerre d'Algérie seront signés le 18 mars 1962.

  • le 4 juin  1991 : Jean-Paul II, l'avortement et l'euthanasie.

« Quelle institution humaine, quel Parlement, a le droit de légaliser le meurtre d'une personne humaine ?

Discours fait à Random en Pologne

Posté le 4 juin 2016 à 06h02 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

03 juin 2016

C’est arrivé un 3 juin …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 3 juin 544 ou, 545, ou 548 : décès de sainte Clotilde, épouse de Clovis et reine de France.

Voir la chronique du 4 juin.

  • le 3 juin 1098 : les croisés prennent Antioche, lors de la première croisade.

Le siège a commencé le 20 octobre précédent. La place forte d'Antioche est prise par les croisés en 1098 au bout de huit mois. À peine la ville conquise, la défense des remparts assurée et le patriarche orthodoxe remis sur son siège, le 7 juin l'armée de Kerbogha arrive. Les croisés assiégeurs deviennent à leur tour les assiégés; leur situation est bientôt désespérée. C'est alors qu'a lieu le miracle de la sainte lance. Les Francs sont vite épuisés, affamés et démotivés. Pierre Barthélémy affirme avoir eu une vision de saint André lui révélant que la Sainte Lance se trouve enterrée dans la cathédrale Saint-Pierre d'Antioche. Après une journée de recherches, sous le dallage de la cathédrale, la Sainte Lance est trouvée. Après cette découverte, saint André promit à Pierre Barthélémy la victoire pour les croisés si ces derniers jeûnaient durant cinq jours. Le lundi 28 juin, les croisés sortent de leur forteresse et malgré une pluie de flèches, chargent le centre de l'armée turque, qui panique et s'enfuit en débandade. Début 1099, les croisés prennent la route de Jérusalem, désormais ouverte.

  • le 3 juin 1692 : 12 bateaux français échoués dans la baie de la Hougue sont incendiés par les Anglais, sous les yeux de Jacques II.

Voir la chronique du 29 mai ; les bateaux rescapés de la bataille de Barfleur ont dû venir à la Hougue pour réparer. Sous les yeux de Jacques II, que Louis XIV venait secourir, les Anglais détruisent les derniers bateaux de la flotte française censée débarquer un corps expéditionnaire en Angleterre pour le réinstaller sur le trône.

  • le 3 juin 1800 : Cadoudal rentre d'Angleterre pour tenter de ranimer la Chouannerie.

La flotte britannique débarque Cadoudal sur l'île d'Houat, d'où il gagne la côte, car les Anglais ravitaillent en armes et en munitions les Chouans de Guillemot et Sol de Grisolles. Cadoudal réorganise ses troupes et divise la Bretagne en neuf régions, chacune sous les ordres d'un adjudant-général, équivalent de brigadier.

  • le 3 juin 1806 : Napoléon écrit au roi de Naples Joseph Bonaparte.

"Quel amour voulez-vous qu'ait pour vous un peuple pour qui vous n'avez rien fait, chez lequel vous êtes par droit de conquête avec 40 à 50.000 étrangers ?".

  • le 3 juin 1875 : décès du compositeur français Georges Bizet.

Georges Bizet, né en 1838, meurt brutalement à Bougival. Admis au Conservatoire à 10 ans, consacré par le premier Grand Prix de Rome en 1857, à 19 ans, il crée des musiques de pièces de théâtre ou d'opéras-comiques, dont son célèbre "Carmen". Il meurt soudainement à 40 ans

  • le 3 juin 1899 : la Cour de cassation casse et annule le jugement rendu en 1894 contre Dreyfus et le renvoie devant le conseil de guerre de Rennes.

Le deuxième procès de Dreyfus s'ouvre.

  • le 3 juin 1943 : De Gaulle et Giraud créent le CFLN.

Le Comité français de la libération nationale (CFLN) est créé à Alger. Ce dernier prétend légiférer pour tout le territoire national ; il détruit systématiquement toutes les lois de Vichy, rétablissant les textes de la III république et prépare l'Epuration globale et systématique de la France. Déjà en 1943, De Gaulle a levé les lois d'interdiction de la Franc-maçonnerie prises par le gouvernement du maréchal Pétain. En juin 1944, le CFLN prend le nom de Gouvernement provisoire de la République française

  • le 03 juin 1944 : le CFLN (Comité français de libération nationale) s'auto désigne par ordonnance : « Gouvernement provisoire de la République française (GPRF).

De Gaulle est élu président du Gouvernement provisoire de la République française.

  • le 3 juin 1950 : Maurice Herzog au sommet de l'Annapurna.

L'expédition française dans l'Himalaya dirigée par Maurice Herzog réalise la première ascension de l'Annapurna qui culmine à 8 078 mètres. C'est la première fois qu'une équipe d'alpinisme atteint un sommet de plus de 8 000 mètres. Maurice Herzog y laisse tous ses orteils et les doigts des deux mains. Elu député en 1962, Maurice Herzog sera secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports de 1963 à 1966.

  • le 3 juin 1963 : décès de Pape Jean XXIII, à 81 ans.

Angelo Giuseppe Roncalli Il meurt le 3 juin 1963, jour de la fête de la Pentecôte. Il vient de promulguer l'encyclique Pacem in terris, adressée à tous les hommes de bonne volonté. Il est canonisé le 27 avril 2014 par le pape François sans procès de canonisation, par le processus de la Canonisation équipollente.

  • le 3 juin 1968 : l'armée française occupe les émetteurs de l'ORTF (plan Stentor).
  • le 3 juin 2016 : fête du Sacré Cœur. (fête amovible)

Cette fête est célébrée le 3e vendredi après la solennité de la Pentecôte. Le Sacré Cœur est apparu un certain nombre de fois à Sainte Marguerite Marie Alacoque. Les deux plus célèbres sont celles de juin 1675 et du 17 juin 1689.

Lors de la première Jésus demande, en lui montrant son Cœur: « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes, […] jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance, je ne reçois de la plupart qu'ingratitude.  Je te demande que le premier vendredi après l'octave du saint sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon cœur... ».

La famille royale et l'Eglise de France ont effectué de nombreuses démarches auprès des papes pour que se répandent cette dévotion, que Clément XIII approuve officiellement et institue le 6 février 1675.

Le 17 juin 1689 (voir la chronique du jour), 100 ans jour pour avant que la révolution française soit réalisée sur le plan législatif, le Christ lui donne un message pour le Grand Roi, afin de sauver sa famille et la France de leurs ennemis.

Il l'a charge de 4 messages pour le monarque français :

  • le premier message s'adresse au Roi ; le Christ « désire entrer avec pompe et magnificence dans la maison des princes et du Roi, pour y être honoré, autant qu'il y a été outragé, méprisé et humilié en sa passion. »

    Il ajoute : << Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur que, comme sa naissance a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle par la consécration qu' il fera de lui-même à mon cœur adorable qui veut triompher du sien et, par son entremise, de celui des grands de la terre… pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte Église »

  • le second message concerne encore Louis XIV, Jésus Christ voulant : "établir son empire dans le cœur de notre Grand monarque, duquel il veut se servir pour l'exécution de ses desseins. "
  • Le troisième message demande au Roi : " d'être peint sur ses étendards et gravé sur ses armes pour le rendre victorieux de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds les têtes orgueilleuses et superbes, afin de le rendre triomphant de tous les ennemis de la Sainte-Eglise ".
  • Le quatrième message est : de " faire construire un édifice où sera le tableau de ce divin Cœur, pour y recevoir la consécration et les hommages du Roi et de toute la cour. Dans cet édifice le chef de la nation française reconnaîtra l'empire du divin Cœur sur lui-même et la nation, il proclamera sa royauté, se dira lieutenant du Christ ".

Sainte Marguerite-Marie résume les conséquences du culte public au Sacré-Cœur : " Je prépare à la France un déluge de grâces lorsqu'elle sera consacrée à mon divin cœur. "

Des 4 demandes du Christ seule la dernière a été réalisée. Il reste à trouver « le chef de la nation française qui reconnaîtra l'empire du divin Cœur sur lui-même et la nation, et qui proclamera sa royauté, se disant lieutenant du Christ. »

Rappelons les promesses du Christ pour ceux qui pratiquerons et répandrons la dévotion à son Sacré-Cœur :

Le 27 décembre 1673, le Sacré Cœur apparaît à Marguerite Marie Alacoque et lui demande d'avoir une dévotion à son Sacré Cœur. Il fixe les deux principales dévotions, l'heure sainte et la communion du 1er vendredi du mois. A tous ceux qui se consacreront à son Sacré Cœur il promet :

«    1- Je leur donnerai toutes les grâces dans leur état.

2- Je mettrai la paix dans leur famille.

3- je les consolerai dans toutes leurs peines.

4- Je serai leur refuge assuré pendant la vie et surtout à la mort.

5- Je répandrai d'abondantes bénédictions sur toutes leurs entreprises.

6- Les pécheurs trouveront dans mon cœur la source et l'océan infini de la miséricorde.

7- Les âmes tièdes deviendront ferventes.

8- Les âmes ferventes s'élèveront à une grande perfection.

9- Je bénirai les maisons où l'image de mon Sacré Cœur sera exposée.

10-. Je donnerai aux prêtres le talent de toucher les cœurs les plus endurcis.

11- Les personnes qui propageront cette dévotion auront leur nom écrit dans mon cœur, où il n'en sera jamais effacé.

12- Je te promets, dans l'excès de la miséricorde de mon cœur, que mon amour tout-puissant accordera à tous ceux qui communieront les premiers vendredi, neufs fois de suite, la grâce de la pénitence finale, qu'ils ne mourront point dans ma disgrâce ni sans recevoir les sacrements, et qu'il se rendra leur asile assuré à cette heure dernière. »(*)

Posté le 3 juin 2016 à 05h58 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

Fête du Sacré Cœur de Jésus

Prière Fondée sur les Promesses faites par Notre Seigneur Jésus Christ à Sainte Marguerite Marie

 

O Cœur de Jésus, nous voici prosternés devant vous, pour vous adorer, vous louer, vous remercier, réparer nos fautes passées et nous consacrer à votre amour

    Nous souvenant de vos magnifiques promesses, nous osons vous dire avec la plus entière confiance.

Cœur de Jésus, donnez nous tous les secours nécessaires à notre état; Seigneur vous nous l'avez promis.

Cœur de Jésus, mettez la paix dans nos familles; Seigneur vous nous l'avez promis.

Cœur de Jésus, soulagez nous dans nos travaux et consolez nous dans nos peines; Seigneur…..

Cœur de Jésus, soyez notre asile assuré pendant la vie, mais surtout à la mort;

Cœur de Jésus, répandez vos abondantes bénédictions sur toutes nos entreprises;

Cœur de Jésus, soyez pour les pécheurs un océan de miséricorde;

Cœur de Jésus, rendez ferventes les âmes tièdes;

Cœur de Jésus, faites que les âmes ferventes fassent de rapide progrès dans la perfection;

Cœur de Jésus, bénissez les maisons ou votre image sera exposée et honorée;

Cœur de Jésus, donnez à ceux qui travaillent au salut des âmes, la grâce de toucher les cœurs les plus endurcis;

Cœur de Jésus, gravez en vous à jamais le nom de ceux qui propagent cette dévotion;

Cœur de Jésus, donnez à ceux qui communieront sans interruption neuf premiers vendredis, la grâce de la pénitence finale et la réception des sacrements. Soyez leur asile assuré à cette heure dernière;

Cœur de Jésus, régnez malgré Satan et les efforts de vos ennemis, Seigneur vous nous l'avez promis.

 

                Prions

 

Seigneur Jésus daignez-vous souvenir des promesses que dans l'infinie Miséricorde, de votre divin Cœur vous nous avez faites par Sainte Marguerite Marie, soyez le protecteur de notre vie, le soutien de notre faiblesse, le réparateur de toutes nos fautes, le supplément de toutes nos vertus et surtout notre asile assuré à l'heure de la mort.

                                    Ainsi soit il

Posté le 3 juin 2016 à 05h01 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

02 juin 2016

C’est arrivé un 2 juin …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 2 juin : en France fête de sainte Blandine, de saint Pothin, évêque, et de 46 martyrs à Lyon en 177.

"La violence de la persécution a été telle, la fureur des païens contre les saints et les souffrances endurées par les bienheureux martyrs ont été si véhémentes que nous ne saurions les décrire complètement."

Ainsi commence la lettre que les Églises de Lyon et de Vienne adressent aux Églises d'Asie Mineure au lendemain de la persécution déclenchée par l'empereur Marc-Aurèle. Quelques-uns abjurent; la plupart confessent leur foi au milieu des supplices en prison ou dans l'arène avec les fauves. L'exemple de martyrs comme sainte Blandine est tellement édifiant que les renégats reviennent sur leur abjuration et demandent le martyr!

"Après les fouets, les bêtes, le gril, elle fut mise dans un filet et livrée à un taureau. Plusieurs fois projetée en l'air par l'animal, elle n'avait plus le sentiment de ce qui se passait tant elle était prise par son espérance et son entretien avec le Christ... Les corps des martyrs furent exposés aux injures de l'air pendant plusieurs jours. Ensuite on les brûla. Les cendres furent balayées jusqu'au Rhône." La lettre qui relate ces événements fut peut-être rédigée par saint Irénée, successeur de saint Pothin le premier évêque de Lyon.

  • le 2 juin 575 : élection du pape Benoit 1er.
  • le 2 juin 657 : le pape Eugène Ier meurt.
  • le 2 juin 1537 : publication de la lettre Véritas Ispa de Paul III.

Dans cette lettre adressée au cardinal Jean de Tavera, archevêque de Tolède, le pape condamne l'esclavage. Voir la chronique du 9 juin sur la bulle Sublimis Deus.

  • le 2 juin 1538 : François Ier rencontre personnellement le pape Paul III dans une tente aménagée au cœur du Vallon de Magnan à Nice.

Le Souverain Pontife tente une médiation entre l'empereur Charles Quint et le Roi de France.

  • le 2 juin 1676: bataille navale de Palerme.

Après la bataille d'Alicudi, les troupes de Duquesne attaquent la flotte hollando-espagnole qui se trouve dans le port de Palerme. Les Français, commandés par le duc de Vivonne, gagnent le combat et prennent possession d'une grande partie de la Sicile. Cette bataille est la neuvième bataille navale de la guerre de Hollande et la cinquième victoire consécutive des Français en Méditerranée (Messine le 2 janvier 1675, Stromboli le 11 février 1675, Alicudi le 8 janvier 1676 et Agosta le 22 avril). Ils sont désormais maîtres de la Méditerranée occidentale jusqu'à la guerre de Succession d'Espagne.

Apprenant la nouvelle Colbert déclare: « C'est la plus glorieuse action qui ait jamais été exécutée par aucune armée navale ».

  • le 2 juin 1835 : naissance de Giuseppe Melchiorre Sarto, saint futur pape Pie X.

Giuseppe Sarto naît le 2 juin 1835, et meurt le 20 août 1914 à Rome. Il est élu pape le 4 août 1903, sous le nom de Pie X, en souvenir des papes du XIXe siècle qui «ont courageusement lutté contre les sectes et les erreurs pullulantes ».

En 1884, il est consacré évêque de Mantoue. N'ayant aucune expérience diplomatique, ni véritable formation universitaire, il s'entoure de gens compétents, comme le cardinal Rafael Merry del Val, âgé de 38 ans, polyglotte et directeur de l'Académie des nobles ecclésiastiques, dont Pie X fait son secrétaire d'État. Pie X confie à Mgr Gasparri une refonte du droit canonique, qui aboutit en 1917 à la promulgation d'un Code de droit canonique. Il publie le Catéchisme de la Doctrine chrétienne (qui est appelé aujourd'hui Catéchisme de saint Pie X), ainsi que les Premiers éléments de la Doctrine chrétienne (ou Petit catéchisme de Saint Pie X) qui est diffusé dans le monde entier.

Dans la constitution apostolique Lamentabili sane exitu, Pie X condamne formellement 65 propositions dites « modernistes », rappelées dans l'encyclique Pascendi. Il fait face à la loi française de séparation de l'Église et de l'État, du 9 décembre 1905, qui poursuit la politique anticléricale d'Émile Combes. Ce dernier avait ordonné la dissolution des congrégations religieuses et l'expulsion des religieux réguliers : enseignants, personnel des hospices, etc. Le pape affirme alors que la « loi [...], en brisant violemment les liens séculaires par lesquels [la] nation [française] était unie au siège apostolique, crée à l'Église catholique, en France, une situation indigne d'elle et lamentable à jamais ».

Avec le décret « Quam Singulari » du 8 août 1910, Pie X demande que les enfants fassent leur première communion dès l'âge de 7 ans, ce qui aboutit en pratique à une inversion de l'ordre traditionnel des sacrements, en plaçant la communion avant la confirmation. Le pape meurt le 20 août 1914. Après sa mort, la dévotion envers Pie X ne cesse pas. Après plusieurs miracles, il est béatifié le 4 mars 1951 et canonisé le 29 mai 1954. C'est le premier pape depuis le XVIe siècle à être canonisé.

  • le 2 juin 1979 : visite du pape Jean Paul II en Pologne.

Le pape Jean-Paul II devient le premier pape à visiter un pays communiste, la Pologne, son pays natal. Le pape, qui se recueille au camp d'Auschwitz, encourage son peuple à lutter pour sa liberté et à faire tomber la dictature communiste.

  • le 2 juin 1980 : le pape Jean Paul II visite la basilique Sainte-Thérése de Lisieux.

Extraits du discours du pape aux Carmélites :

« Consacrez-vous, immolez-vous toujours davantage, sans même chercher à savoir comment Dieu utilise votre collaboration. Alors qu'à la base de toute action, il y a un but et donc une limitation, une finitude, la gratuité de votre amour est à l'origine de la fécondité contemplative. Une comparaison très moderne me vient à l'esprit: vous embrasez le monde du feu de la vérité et de l'amour révélés, un peu comme les maîtres de l'atome allument les fusées spatiales: à distance.

[…] Mon second encouragement est le suivant. Dans une civilisation de plus en plus mobile, sonore et parlante, les zones de silence et de repos deviennent une nécessité vitale. Les monastères - dans leur style original - ont donc plus que jamais la vocation de demeurer des lieux de paix et d'intériorité. Ne laissez pas les pressions internes ou externes porter atteinte à vos traditions et à vos moyens de recueillement. Efforcez-vous plutôt d'éduquer vos hôtes et vos retraitants à la vertu du silence. […] La clôture n'isole pas les âmes contemplatives de la communion du Corps mystique. Bien plus, elle les met au cœur de l'Église". Aimez votre séparation du monde, tout à fait comparable au désert biblique. Paradoxalement, ce désert n'est pas le vide. C'est là que le Seigneur parle à votre cœur et vous associe étroitement à son œuvre de salut."

  • le 2 juin 2006 : condamnation du numéro 2 du PS.

Jean-Christophe Cambadélis, numéro deux du PS, est condamné à 6 mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000€ d'amende par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir reçu, sans travailler, un total de 94 500€…

Posté le 2 juin 2016 à 05h56 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

01 juin 2016

C’est arrivé un 1er juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 1er juin 1540 : Edit de Fontainebleau.

Cet édit n'est signé que le 1er juin 1540 par le Roi de France, François 1er. C'est le premier édit de proscription contre les protestants qui ferait suite à l'affaire des placards. Celle-ci date de la nuit du 17 au 18 octobre 1534 ! C'est vite oublier que le Roi a toujours été favorable aux protestants et n'a sévi contre eux que contraint et forcé par l'énormité de leurs crimes et l'exaspération des Français qui ne comprenaient pas l'inaction royale.

Depuis des années, François 1er, sa mère, Louise de Savoie, mènent une politique favorable aux hérétiques. Ces derniers, encouragés par la bienveillance royale multiplient les agressions les sacrilèges, les violences et les insultes contre l'Eglise, la foi et le peuple. Le Roi est finalement obligé de sévir.

  • le 1er juin·1670 : Traité de Douvres.

Le traité de Douvres est un accord secret entre l'Angleterre et la France contre les Provinces-Unies. Charles II d'Angleterre, qui admire beaucoup Louis XIV, s'engage à collaborer avec lui, contre les Hollandais. Il s'engage aussi à adhérer à la religion catholique dès que la situation intérieure de l'Angleterre le permettra (la grande majorité du Parlement anglais est antipapiste et francophobe). Louis XIV lui promet lorsque ces conditions seront remplies une aide financière et militaire.

Ce traité est appliqué deux années plus tard, pour la troisième guerre anglo-néerlandaise. Pomponne, ministre de Louis XIV, est chargé de gagner la neutralité des Suédois et des Allemands, afin que la France ait le champ libre pour mener à bien le conflit, la France se chargeant des opérations terrestres, l'Angleterre, des opérations navales. En échange de son aide, l'Angleterre annexerait les territoires à l'embouchure de l'Escaut.

  • le 1er juin 1794 : bataille du 13 prairial an II, également connue sous le nom de Troisième Bataille d'Ouessant.

La bataille du 13 prairial an II oppose l'armée française à l'armée anglaise. La flotte française est chargée de ramener un chargement de grains venant d'Amérique. Les Anglais cherchent alors à intercepter le convoi et attaquent la flotte française après plusieurs jours de poursuite au large d'Ouessant. Finalement, le 1er juin, les Français ramènent le chargement à bon port et les deux armées rivales revendiquent la victoire.

  • le 1er juin 1823 : mort du Maréchal Louis-Nicolas Davout, duc d'Auerstaedt et Prince d'Eckmühl.

Louis Nicolas Davout naît le 10 mai 1770 dans la commune d'Annoux dans l'Yonne, fils aîné de Jean-François d'Avout et de Françoise Adélaïde Minard de Velars. Sous-lieutenant au Régiment Royal-Champagne-Cavalerie avant la révolution ; il fait partie de l'Expédition d'Égypte. En 1802, il commande les Grenadiers de la Garde Consulaire. Élevé à la dignité de Maréchal d'Empire, le 19 mai 1804, lors de la remise en place de cette distinction et ce, avec la première promotion. Il participe aux batailles d'Ulm, d'Austerlitz, remporte le 14 octobre 1806, la bataille d'Auerstaedt, aux conséquences plus grandes que la victoire simultanée de l'Empereur à Iéna. Nommé de 1807 à 1809, gouverneur du Grand Duché de Varsovie, alors reconstitué par Napoléon, il réorganise l'Armée Polonaise. Il organise le « Corps d'Observation de l'Elbe » embryon de la Grande Armée avant la campagne de Russie.

Blessé à la Moskowa, il réussit à empêcher son Ier Corps de se faire écraser par les troupes de Mikhaïl Il. Koutouzov et les Cosaques de Mikhaïl An. Milodarovitch. Lors de la campagne d'Allemagne de 1813, Davout tient victorieusement le siège de Hambourg face à 80 000 coalisés Prussiens, Russes et Suédois.

Napoléon le nomme ministre de la Guerre lors des 100 jours, en vue de préparer la campagne de Belgique, son absence se fait sentir sur le terrain. Le 2 juillet 1815, il signe la Convention de Paris à Saint-Cloud, stipulant que l'Armée Française doit se retirer derrière la Loire. Ensuite, Davout se retire. Il ne paraît qu'une fois pour défendre le Maréchal Ney à son procès. Davout se rallie à la Restauration et entre à la Chambre des Pairs. C'est un des rares maréchaux invaincus, et le seul qui ne soit pas franc maçon. Duc d'Auerstaedt et prince d'Eckmühl, il figure parmi les plus grands chefs militaires de l'empire. Il a participé à une douzaine de batailles, reçu plusieurs distinctions comme le Grand-Aigle de la Légion d'honneur. Il décède le 1er juin 1823 à l'âge de 53 ans et est enterré au Cimetière du Père Lachaise.

  • le 1er juin 1846 : décès du pape Grégoire XVI.

Voir la chronique du 2 février.

  • le 1er juin 1879 : décès du prince Napoléon, fils de Napoléon III, tué en Afrique par les Zoulous.

Après la destitution de Napoléon III, en 1870, la famille s'exile en Angleterre, et Eugène-Louis intègre l'armée britannique.

  • le 1er juin 1958 : l'assemblée nationale vote l'investiture du général De Gaulle et lui confie les pleins pouvoirs pour 6 mois.
  • le 1er juin 1980 : voyage du Pape Jean Paul II en France.

Lors de sa visite à Lisieux et Paris, le Saint Père pose cette question :

« Permettez-moi de poser la question […] France, fille aînée de l'Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? France, fille de l'Église et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l'homme, à ton alliance avec la sagesse éternelle ? »

  • le 1er juin 1999 : création de la banque centrale européenne à Bruxelles pour définir et exécuter la politique monétaire de l'Union européenne.

Abandon d'un pan supplémentaire de la souveraineté nationale : la souveraineté monétaire de la France, sans que la nation ait été consultée, une fois de plus.

Posté le 1 juin 2016 à 06h54 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

31 mai 2016

Centenaire de Fatima

En cette fin du mois de mai 2016, suivez le développement impressionnant de l'Association des Enfants de Fatima et, pourquoi pas, devenez vous aussi un consolateur du Cœur Immaculé de Marie ! Notre Salut est dans son Cœur Immaculé...

Pour tout renseignement, allez sur le site www.enfantsdefatima.org

Vous êtes déjà plus de 3000 enfants de Fatima ! C'est bien mais c'est aussi trop peu ...Beaucoup d'autres aimeraient connaître cette petite association qui œuvre pour aider les âmes à aimer et consoler le Cœur Immaculé de Marie. Aider les autres à mieux connaître et mieux aimer le Cœur de notre Mère, c'est être un véritable enfant de Marie. Soyons donc des ambassadeurs de la Sainte Vierge dans les âmes en apportant chacun un consolateur à son Cœur. Parrainez un enfant, faites connaître notre petite publication...

Soyons des apôtres de la dévotion au Cœur Immaculé de Marie. Le Cœur de Marie est notre refuge, notre trésor et notre salut ! C'est lui qui nous mènera à Dieu. Aidez-nous à le faire connaître et aimer.

Posté le 31 mai 2016 à 22h45 par Lois Spalwer | Lien permanent

C’est arrivé un 31 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 31 mai : fête de la Visitation de la Vierge Marie.

La Visitation par Fra Angelico, Musée du Prado Madrid

La Mère de Dieu ne peut contenir la joie de l'annonce qui lui a été faite. Elle ne peut pas encore la partager avec Joseph. Elle va rejoindre sa cousine Elisabeth, enceinte comme elle. Et Jean-Baptiste partage cette allégresse en tressaillant dans le sein de sa mère. La fête de la Visitation commémore la sainte Rencontre de deux enfants à naître et le Magnificat de Marie qui jaillit de son exultation. L'icône de la visitation, ci-dessus, montre Marie en face d'Élisabeth. Les deux mères portent chacune leur enfant.

  • le 31 mai : fête de sainte Pétronille, patronne des Rois de France.

Sainte Petronille est la première sainte patronne de la France. Elle descend de Titus Flavius Petro, grand-père de Vespasien. Saint Pierre l'amène à la foi et la baptise. Elle était d'une beauté extraordinaire, mais elle souffrait de paralysie. Elle est morte en vierge et martyre à Rome.

C'est sous Charlemagne qu'elle devient patronne des Rois de France. Le sarcophage qui conservait les restes de la sainte est transféré dans la basilique pontificale par le Pape Paul 1er en 757. Elle est aussi la patronne des Dauphins de France. Un Dauphin aurait été trouvé gravé sur son sarcophage. Les liens de la France avec la sainte se tissent tout au long de l'histoire. Par exemple, Louis XI a une grande vénération pour elle, il lui adresse de ferventes prières pendant la maladie du Dauphin, le futur Charles VIII. Une fois ce dernier guéri, le Roi fait embellir la chapelle de Sainte Pétronille.

Dans la basilique Saint-Pierre un autel lui est dédié. Et cet autel, construit sous le règne de Louis XII, est toujours considéré comme territoire Français. Chaque année, le 31 mai, jour de la fête de Sainte Pétronille, une messe est dite dans la chapelle pour la France et tous les français de Rome y sont invités. La sainte est représentée avec la palme du martyre, souvent en compagnie de Saint Pierre. On l'invoque pour guérir les fièvres.

  • le 31 mai  1578 : le Roi Henri III pose la première pierre du Pont Neuf à Paris.

La première pierre du Pont-Neuf, sur la Seine, à Paris, est posée par le Roi Henri III, accompagné de Catherine de Médicis, de sa femme la reine Louise, et des principaux magistrats du royaume et de la ville.

  • le 31 mai  1653 : bulle "Cum Occasione" du pape Innocent X.

Le pape Innocent X condamne cinq propositions du livre de Jansénius, dans sa bulle "Cum Occasione". Le jansénisme est alors un mouvement religieux très influent mais hérétique, puisqu'il remet en cause certains grands principes de la religion catholique et tend à influer sur la vie politique.

  • le 31 mai  1809 : mort du Maréchal Jean Lannes suite à la bataille d'Essling.

Né à Lectoure le 10 avril 1769, fils d'un petit marchand, il rejoint la Garde Nationale en 1792. Il est promu sous-lieutenant la même année. De 1793 à 1795, il combat avec vaillance les Espagnols dans le Roussillon.

En 1796, il participe à la première campagne d'Italie comme simple soldat. Il se distingue à Dego (15 avril 1796) où le Général Bonaparte le remarque et le promeut…Général de Brigade. Il participe au Coup d'Etat du 18 Brumaire. En 1800, il participe à la Seconde Campagne d'Italie, s'empare d'Aoste et bat les Autrichiens du Général Peter-Carl Ott à Montebello le 9 juin. Puis il commande la Garde Consulaire. De 1802 à 1804, Jean Lannes est nommé à l'Ambassade de France, où son manque de diplomatie oblige Bonaparte à le rappeler.

En 1804, l'empereur l'élève à la dignité de Maréchal d'Empire, puis lui donne le titre de Duc de Montebello quatre ans plus tard, en 1808. Le 22 mai 1809, Lannes est blessé d'un boulet de canon. Malgré les soins prodigués par Larrey, chirurgien personnel de l'Empereur, Lannes meurt le 31 mai 1809 à l'âge de quarante ans.

L'Empereur alors écrit une lettre de condoléances à la seconde épouse de Lannes, Louise Guéhéneux, dans laquelle il dit : «  Le Maréchal est mort ce matin des blessures qu'il a reçues au champ d'honneur. Ma peine égale la vôtre. Je perds le Général le plus distingué de mes armées, mon compagnon d'armes depuis seize ans, celui que je considérais comme mon meilleur ami […] ».

Avec Davout et Suchet, il est l'un des seuls Maréchaux d'Empire resté invaincu de la Grande Armée. Le Maréchal Jean Lannes est inhumé au Panthéon. La promotion Saint-Cyr de 1993-1996 porte son nom.

  • le 31 mai  1868 : première course cycliste.

C'est au parc de Saint-Cloud, à Paris, qu'a lieu la première course de vélo.

  • le 31 mai  1857 : naissance de Pie XI.

Naissance d'Ambrogio Damiano Achille Ratti, futur pape Pie XI (voir les chroniques du 6 et du 10 février).

 
Pie XI à son bureau

  • le 31 mai  1866 : Napoléon III annonce le retrait des troupes françaises du Mexique.

Posté le 31 mai 2016 à 05h48 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

30 mai 2016

C’est arrivé un 30 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 30 mai : fête de sainte Jeanne d'Arc, patronne secondaire de la France.
  • le 30 mai 1232 : Antoine de Padoue, frère mineur et docteur de l'Eglise est canonisé par Grégoire IX.

Né à Lisbonne, contemporain de saint François d'Assise Antoine s'appelle en réalité Fernando. De famille noble aux traditions militaires, il entre tout jeune chez les Chanoines Réguliers de Saint Augustin à Coïmbra, où il est ordonné prêtre. En 1220, il entre chez les Frères Mineurs et prend le prénom d'Antoine. Il désirait aller au Maroc, afin d'y mourir martyr. Tombé malade pendant le voyage, il doit rentrer en Europe.

Le 30 mai 1221, au chapitre de l'Ordre à Assise, il révèle ses talents de prédicateur et de théologien, en présence de saint François d'Assise. Il est envoyé prêcher, et enseigner à Bologne, Toulouse, Montpellier et Limoges. A Brive-la-Gaillarde, on conserve même le souvenir des grottes où il se retira quelque temps dans la prière solitaire. C'est aussi dans cette ville qu'il retrouve miraculeusement un manuscrit dérobé, y gagnant du même coup sa spécialité posthume de retrouver les objets perdus. En 1231, Il prêche le Carême à Padoue et y meurt d'épuisement à 36 ans. Il est le saint patron du Portugal depuis 1934 (décret du pape Pie XI), canonisé dès 1232, Grégoire IX, mais déclaré docteur de l'Église seulement en 1946. Son culte se développe largement à partir du XVIe siècle.

« Saint Antoine "a fortement contribué au développement de la spiritualité franciscaine grâce à sa grande intelligence, à son sens de l'équilibre, à son zèle apostolique et à sa ferveur mystique... Il fut l'un des premiers grands théologiens des Frères Mineurs pour ne pas dire le premier". Saint Antoine a composé un cycle de sermons pour le dimanche, un autre consacré aux saints, proposant ainsi un parcours spirituel tellement riche que Pie XII le proclama en 1946 Docteur de l'Église, en lui attribuant le titre de Docteur évangélique car ses semons reprenaient toute la fraîcheur et la beauté de l'Évangile". Dit de Padoue ou de Lisbonne, Antoine définit la prière "comme une relation d'amitié où l'homme dialogue avec le Seigneur", l'articulant en quatre dispositions indispensables: ouvrir avec confiance son cœur à Dieu, lui parler avec affection, lui confier nos attentes, le louer et le remercier. Cet enseignement résume la théologie franciscaine, "la centralité de l'amour divin qui s'ouvre à la sphère affective et à la volonté cordiale, qui est aussi source d'un connaissance spirituelle qui dépasse toutes les connaissances". Le Docteur évangélique, a ajouté Benoît XVI, connaissait bien les défauts de la nature humaine, et "la tendance à tomber dans le péché. Il exhortait sans cesse à combattre l'inclination à l'avidité, à l'orgueil et à l'impureté... Au début du XIII siècle, dans un contexte de renaissance des villes et du commerce, le nombre des personnes insensibles aux pauvres s'accroissait. Ainsi invitait-il les fidèles à rechercher l'amitié des pauvres et la véritable richesse, celle du cœur". Cet enseignement "est tout aussi valable aujourd'hui, face à la crise économique, aux inégalités qui appauvrissent tant de personnes et accroissent la pauvreté. »(*)

(*) La catéchèse de l'audience générale du 10 février 2010, du pape émérite Benoit XVI.

Saint Antoine est l'interlocuteur des pauvres, qui écoute quiconque a quelque souffrance du corps ou de l'esprit à partager. Nombreux sont ceux qui expérimentent son action protectrice et bienfaitrice dans leur vie. Saint Antoine est le visage de la bonté salvatrice de Dieu, qui se dévoile et se fait par lui réalité concrète et tangible. Saint Antoine est ressenti comme l'appel miséricordieux et délicat à la conversion et la pénitence. Saint Antoine a eu une prédilection particulière pour les enfants pour qui, il a réalisé de nombreux miracles, de son vivant. C'est pourquoi s'est établie la tradition de mettre les petits dès leur naissance sous la protection du Saint. A cette coutume s'ajoute celle de faire porter aux enfants l'habit franciscain pour remercier le Saint de la protection reçue et la faire connaître aux autres.

Il est fêté le 13 juin ; sa fête est précédée de La "Tredicina", terme qui désigne les treize jours de préparation précédent sa fête. C'est aussi une prière articulée en treize points, qui fait revivre, en guise d'évocation, les aspects les plus significatifs de la vie et de la sainteté d'Antoine, en les intercalant avec les prières les plus communes de la pitié chrétienne.

Le pain de Saint Antoine :

Dans certaines églises franciscaines, particulièrement attachées à Saint Antoine, on a l'habitude, le jour de sa fête, de bénir des petits pains qui sont ensuite distribués aux fidèles et consommés par dévotion. Une telle dévotion vient certainement de l'initiative des "pains des pauvres" qui était autrefois très vivante auprès des églises. Aujourd'hui encore, près de la Basilique, opèrent la Caritas antoniana et le Pane di sant'Antonio, deux organismes humanitaires qui expriment dans des formes plus actuelles l'aide matérielle envers les nécessiteux.

  • le 30 mai 1431 : Jeanne d'Arc est brûlée vive sur la place du vieux marché à Rouen.

Jeanne d'Arc est condamnée à mort comme "relapse", c'est-à-dire retombée dans l'hérésie, sur la place du Vieux-Marché, à Rouen. Jeanne a réussi à délivrer Orléans assiégée par les Anglais et à faire sacrer Charles VII à Reims. Mais elle a été capturée par les Bourguignons à Compiègne et vendue aux Anglais pour 10 000 livres, puis confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et leur allié. Le Roi ne fait pas un geste en sa faveur. Cauchon la condamne à être brulée vive lors d'un procès inique en 1431.

Elle est brûlée vive, le 30 mai 1431, place du Vieux-Marché à Rouen par le bourreau Geoffroy Thérage, après avoir été condamnée pour hérésie par un tribunal ecclésiastique.

«Ah! Rouen! Rouen! S'écrie-t-elle, j'ai bien peur que tu n'aies à souffrir de ma mort. » Soudain elle pousse un cri : « Maître Martin, prenez garde, descendez…, le feu. »

Le bourreau venait d'allumer les fagots par en bas. Ladvenu rejoint Ysambard au pied du bûcher, et ils ne cessent tous deux de parler à Jeanne à travers les flammes, de tenir le crucifix devant ses yeux. Cependant la fumée s'élève, le bois crépite

«Saint Michel! Saint Michel! Non, mes voix ne m'ont pas trompée, ma mission était de Dieu, Jésus! Jésus! » La douleur lui arracha un dernier cri d'angoisse : « De l'eau! De l'eau bénite! » Mais bientôt elle redit avec une énergie nouvelle : « Jésus! Jésus! Jésus! » Et elle meurt en criant : « Jésus! » »

Elle est réhabilitée en 1456, canonisé en 1920.

  • le 30 mai 1483 : sacre de Charles VIII l'Affable.

Charles VIII de France ou Charles VIII l'Affable, naît le 30 juin 1470 au château d'Amboise, il meurt, à 28 ans, le 7 avril 1498 au même endroit, en heurtant violemment de son front un linteau de pierre placé trop bas (cf. la chronique de ce jour) ; fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, il est Roi de France de 1483 à 1498. Il épouse Anne de Bretagne, duchesse de Bretagne, le 6 décembre 1491 au château de Langeais (cf. la chronique de ce jour). Voir aussi les chroniques du 7 avril et du 30 juin.

  • le 30 mai 1574 : décès de Charles IX de France, Roi de France.

Charles IX est né le 27 juin 1550 au château de Vincennes, Il est le quatrième Roi de la famille des Valois-Angoulême. Fils d'Henri II et de Catherine de Médicis, il succède à son frère François II à l'âge de dix ans et meurt sans enfant mâle légitime à vingt-trois ans. Son règne est marqué par les guerres de Religion, qui déchirent le royaume et par la décision d'exécuter les chefs de file protestants lors du massacre de la Saint-Barthélemy. Il meurt le 30 mai 1574. Voir les chroniques des 05 et 15 mai, du 27 juin et du 24 août.

  • le 30 mai 1631 : publication de La Gazette, premier journal français.

Théophraste Renaudot, médecin du Roi, obtient du cardinal de Richelieu le monopole de la presse. Il lance la feuille d'information hebdomadaire La Gazette qui tire son nom de "gazetta", une monnaie qui équivaut à Venise au prix d'un journal. La Gazette devient vite l'organe officieux du pouvoir, Louis XIII y écrit régulièrement. Un prix littéraire, le prix Renaudot, fondé en 1925, perpétue la mémoire du fondateur de la presse française.

  • le 30 mai  1786 : la justice rend son verdict dans l'affaire du collier de la reine.

Avant d'aborder les conclusions du procès il est important de se rappeler les circonstances de l'affaire.

De 1774 à 1783, la Maçonnerie, sans relâche, couvre Marie-Antoinette avec la boue de ses pamphlets. Louis Dasté dans son livre Marie-Antoinette et le complot maçonnique, (éditions La Renaissance Française, page 30) rappelle une réflexion de Napoléon :

«Méditant, à Sainte-Hélène, sur les événements de la Révolution, Napoléon remontait à l'Affaire du Collier. « Peut-être, disait-il, la mort de la Reine date-t-elle de là. » Goethe pensait de même. Avant eux, Mirabeau avait dit : « Le procès du Collier a été le prélude de la Révolution ». (M. FUNCK-BRENTANO, La Mort de la Reine, Paris, 1902, p. 9.) »

L'affaire du Collier a été montée de toutes pièces pour salir la Reine dont la fermeté de caractère était un danger pour les ennemis de la Monarchie. Louis Dasté, page 33, cite ainsi M.G Bord :

« L'Affaire du Collier, organisée par la Stricte Observance et les Amis Réunis de Paris, fut élaborée à l'Hôtel Boulainvilliers, à Passy. » (M. G. BORD, La Conspiration Maçonnique de 1789 : Le Correspondant, mai 1906, p. 526.) »

Enfin, Louis Dasté, page 48, cite ainsi les frères Goncourt:

 

«La Révolution, écrivent les Goncourt (et la Révolution, ajoutons-nous, c'est la Maçonnerie), la Révolution a compris, dès les premiers jours, qu'il n'est qu'un danger pour elle. Ce danger est la Reine. L'intelligence de la Reine, sa fermeté, sa tête et son cœur, voilà, l'ennemi et le péril. (E. et J. de GONCOURT, Histoire de Marie-Antoinette, 3e édit., Paris, Didot, 1863, p. 250.) Il était urgent que la Reine disparût pour que le chemin fût libre. « La grande dame devait s'en aller, si elle ne préférait pis». Tel était le langage des membres de la Constituante dans les salons de Paris ; tel était l'avertissement officieux que lui faisaient donner les constitutionnels. (Id., ibid., p. 252.)

 

Le cardinal de Rohan, grand aumônier de la Cour, est rempli d'ambition désirant ardemment devenir premier ministre, mais il doit souffrir l'hostilité de Marie-Antoinette en raison d'incidents remontant à l'époque où elle était Dauphine. Une descendante des Valois, une aventurière ruinée, Mme de la Motte le persuade qu'elle est entrée dans l'intime familiarité de la Reine et qu'elle est en mesure de faciliter son retour en grâce. Avec l'aide du maçon Cagliostro, elle monte une cabale qui amène le cardinal à accepter, le 11 août 1784, une entrevue secrète dans les jardins de Versailles ; Nicole d'Oliva y jouant le rôle de la Reine.

La Motte entretient au nom de la Reine une fausse correspondance avec le naïf Rohan, profitant au passage de la crédulité du prélat pour lui soutirer de l'argent.

En décembre 1784, ayant fait la connaissance de Boehmer, joaillier de la Cour, qui n'avait pas réussi à vendre à Louis XV un collier de diamants de 1.800.000 livres, elle combine un plan pour se l'approprier. Un courrier daté du Petit Trianon, et signé Marie-Antoinette de France, alors que la Reine ne signe que Marie-Antoinette, lui demande d'acheter le bijou.

Le 15 août, jour de l'Assomption, éclate le scandale. Le Cardinal, venu pour officier à la chapelle de Versailles, est arrêté au palais, sur ordre du Roi Louis XVI. Le 18 août 1785, Mme de la Motte est arrêtée à Bar-sur-Aube; le 23, Cagliostro, sa femme et son adepte, le baron de Planta, rejoignent à la Bastille la fille des Valois.

Le Roi laisse au prince de Rohan le choix d'être jugé par son Souverain, comme les lois l'autorisent, ou par le Parlement. Le Cardinal choisit le Parlement, où la maçonnerie siège majoritairement. L'émotion est intense, non seulement en France mais à travers toute l'Europe. Le verdict tombe le 30 mai 1786.

Jeanne de Valois de Saint-Rémy, comtesse de la Motte, est condamnée à l'unanimité des voix à être fouettée nue par le bourreau, marquée sur les épaules de la lettre V (voleuse), à être enfermée à la Salpêtrière pour le reste de ses jours et avoir tous ses biens confisqués. Le comte de la Motte est condamné aux galères perpétuelles, Rétaux à l'exil hors du royaume. Nicole d'Oliva est acquittée avec un blâme, Cagliostro est déchargé de toute accusation. Alors que le procureur général avait pointé du doigt que l'attitude du Cardinal concernant ce qui s'est passé dans le jardin de Versailles était « un crime qui exige les réparations les plus authentiques et les plus solennelles pour cette témérité d'oser ainsi manquer de respect aux personnes sacrées du Roi et de la Reine, les Parlementaires d'opposition - dominés par l'esprit maçonnique - s'élevèrent violemment contre Joly de Fleury et ont repoussé les conclusions du Procureur général et déchargé Rohan de toute accusation.

Louis Dasté dans son livre Marie-Antoinette et le complot maçonnique, (éditions La Renaissance Française, page 64) conclue :

 

« Cet acquittement, cette réhabilitation complète du Cardinal, dont le rôle dans la scène du Bosquet avait si gravement outragé le Roi et la Reine, c'était aux yeux de la foule simpliste la condamnation de Marie-Antoinette...La Maçonnerie avait remporté une victoire décisive. »

La lecture de son livre compare ensuite la manipulation médiatique qui suit le jugement avec celle de l'affaire Dreyfus.

  • le 30 mai 1837 : traité de Tafna.

Le traité de Tafna est signé par Abd El-Kader et le général Bugeaud. Il est conclu après la bataille de la Sickak en Algérie. Ainsi l'émir reconnaît la souveraineté française en Afrique du Nord. De son côté, la France reconnaît la souveraineté de l'émir sur les deux tiers de l'Algérie. Abd El Kader établit alors sa capitale dans la ville de Mascara.

  • le 30 mai 1926 : fin de la guerre du Rif.

Les campagnes menées dans le Rif marocain par les Espagnols et les Français entre 1921 et 1926 contre les tribus révoltées s'achèvent. Abd el-Krim, le chef de la résistance marocaine, est acculé à la reddition. Le Rif n'est pacifié définitivement que l'année suivante. Le Maroc obtient son indépendance en 1956.

  • le 30 mai 1968 : manifestation pro gaulliste à Paris.

A son retour de Baden-Baden, dans un discours virulent, le général De Gaulle dénonce la "chienlit", appelle au soutien du gouvernement et annonce son intention de dissoudre l'Assemblée. Une manifestation, réponse de celle du 13 mai 1968 et, en faveur du gouvernement, réunit près d'un million de personnes dans les rues de Paris.

  • le 30 mai 1992 : l'ONU impose un embargo pétrolier, commercial et aérien contre la Serbie et le Monténégro.

C'est la résolution 757.

Posté le 30 mai 2016 à 05h45 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

29 mai 2016

Saint-Maur-des-Fossés : exposition sur l'engagement des religieux au cours de la Première Guerre

2016 05 Expo DRAC affiche

Posté le 29 mai 2016 à 11h02 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 29 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 29 mai 752 : élection du pape saint Paul 1er.

Il succède à son frère le pape Etienne II. C'est un cas unique dans l'histoire de l'Eglise. Il poursuit les relations privilégiées initiées sous le pontificat précédent entre la France et l'Eglise. Paul Ier fait transférer au Vatican les restes de Sainte Pétronille, patronne secondaire de la France, très vénérées par les Rois de France jusqu'à la « révolution française ». Enfin il est le parrain de Gisèle, fille de Pépin le Bref.

  • le 29 mai 1328 : Philippe VI est sacré Roi en la cathédrale de Reims.

Philippe de Valois est sacré à Reims par l'archevêque Guillaume de Trie. Le duc d'Aquitaine, Édouard III d'Angleterre, pourtant pair de France, n'assiste pas à la cérémonie. Les Valois succèdent aux Capétiens directs. Le Valois, l'Anjou et le Maine sont réunis à la Couronne. Le Roi abandonne la Navarre à Jeanne, fille de Louis X le Hutin, femme de Philippe d'Évreux. Voir le testament de Saint Remy dans la chronique du 13 janvier.

Voir les chroniques du 1er avril, du 22 août.

  • le 29 mai 1431 : une bulle du pape Eugène IV autorise la création de l'Université de Poitiers.

Cette bulle est rédigée à la demande du Roi de France, Charles VII. Ce dernier veut par la création de l'université, récompenser la fidélité que lui a toujours montrée le Poitou ; elle est créée le 16 mars 1432, par lettre patente royale.

  • le 29 mai 1418 : prise de Paris par Jean sans Peur, duc de Bourgogne.

Depuis l'assassinat du duc d'Orléans (voir la chronique du 23 novembre) par son cousin le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, la France est entrée en guerre civile. Durement éprouvée par les exactions des Armagnacs, la population de la capitale se soulève. Dans la nuit du 28 au 29 mai, des sympathisants bourguignons ouvrent la porte Saint-Germain-des-Prés au capitaine bourguignon Jean de Villiers de L'Isle-Adam, à la tête d'une forte troupe qui entre aux cris de « Vive Bourgogne ! », les Orléanais sont massacrés. Le 12 juin, Bernard d'Armagnac est tué à son tour. Le Dauphin Charles s'enfuit. Tout le nord du pays passe aux mains des Bourguignons

  • le 29 mai 1453 : condamnation de Jacques Cœur.

N'étant plus protégé par Agnès Sorel qui vient de mourir, Cœur est accusé de l'avoir empoisonnée. Lors du jugement ses malversations financières sont révélées. Ses biens sont mis sous séquestre, et le palais qu'il faisait construire à Bourges devient possession du Roi. Jacques Cœur est reconnu coupable des crimes de lèse-majesté, de concussion et d'exactions. Il est condamné à la saisie de ses biens, au paiement d'une amende de trois cent mille écus, au remboursement de cent mille écus au Trésor royal. Sa condamnation à mort est commuée en bannissement perpétuel pour service rendu à la couronne. Il a en effet financé la plupart des campagnes de Charles VII pour libérer la France de la présence anglaise.

Il doit rester en prison jusqu'au paiement de l'amende et ensuite être banni hors du royaume. Sur l'accusation d'empoisonnement d'Agnès Sorel, l'arrêt décide de suspendre la procédure. (Cf. la chronique du 25 novembre.)

  • le 29 mai 1453 : Constantinople tombe aux mains des Turcs.

Constantinople, capitale de l'empire byzantin depuis 395, est prise par les forces ottomanes conduites par Mehmet II. Le dernier empereur romain Constantin XI Paléologue meurt sur les remparts en défendant sa ville. Il est le dernier empereur romain de l'Histoire. La ville est pillée trois jours durant.

  • le 29 mai 1692 : bataille de Barfleur.

Cette bataille se place dans le cadre de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, qui voit la victoire finale française. Afin d'aider Jacques II à retrouver son trône, pris par Guillaume d'Orange, et pour desserrer l'étau qui enserre la France, Louis XIV prépare un débarquement en Angleterre. Ayant constitué une flotte de 44 navires de ligne, commandée par Tourville, celle-ci fait route vers la Hougue; Tourville rencontre la flotte anglo-hollandaise au large de Barfleur. Malgré son infériorité numérique, il attaque les 90 vaisseaux ennemis, le 29 mai 1692 et les bat. Victorieux, il rejoint Brest, mais une quinzaine de ses navires assez endommagés se réfugient dans la rade de la Hougue. Les Anglais les attaquent et les brûlent les jours suivants. Cet évènement incite le Roi Louis XIV à développer les fortifications des ports.

Bataille de Barfleur-La Houge. Au centre, le Soleil Royal français entre un vaisseau hollandais et un vaisseau anglais. Tableau de 1693.

  • le 29 mai 1724 : Benoît XIII devient pape.

Le 29 mai 1724, lors de son élection, Benoit XIII est évêque de Césène, Il ne faut pas le confondre avec l'antipape Benoît XIII, qui règne en Avignon de 1394 à 1417. Il est à noter que de nombreux papes de Rome choisissent volontairement de reprendre des noms d'antipapes. (Cf. la chronique du 21 février).

  • le 29 mai 1793 : Lyon se soulève contre la Convention.

Encore un mensonge de la III république sur la période révolutionnaire. L'ouest catholique n'est pas le seul à se soulever contre les folies parisiennes. C'est toute la France qui se rebelle. Lyon en est l'exemple, comme Marseille, Toulon et d'autres villes. La Convention décrète Lyon "en état de rébellion contre l'autorité légitime"(Sic !).

En effet, exaspérés par les excès des révolutionnaires, les Lyonnais se soulèvent, arrêtent Chalier et ses amis qui, après jugement, sont exécutés le 16 juillet. La ville est administrée par des Girondins, puis les royalistes, conduits par Louis François Perrin, comte de Précy, qui organise la défense. Précy, ancien officier de la Maison du Roi. Il a participé à la défense des Tuileries le 10 août 1792. Précy édifie des redoutes, met en place une organisation défensive et mobilise une armée d'environ 12 000 à 14 000 hommes. L'armée de la Convention est dix fois plus nombreuse, sous les ordres de Dubois-Crancé, Kellermann et Couthon, le commissaire politique.

Le siège de Lyon commence le 7 août, mais le blocus n'est réalisé complètement que le 17 septembre. Il commence par des duels d'artillerie et des tentatives de prises de points stratégiques auxquelles les Lyonnais résistent. Kellermann décide donc de bombarder la ville pour saper le moral des habitants. Le pilonnage commence dans la nuit du 22 au 23 août pour ne cesser qu'avec la reddition de Lyon. Précy et les combattants survivants entreprennent de percer les lignes ennemies pour gagner la Suisse. Seule une poignée d'hommes atteint ce refuge. Le 12 octobre 1793, le conventionnel Barère se vante de son succès en ces termes :

« Lyon fit la guerre à la liberté, Lyon n'est plus. »

La Convention décrète, le 17 octobre, que la ville doit être détruite et ne plus porter que le nom de « Commune Affranchie », Collot d'Herbois et Fouché se chargent de la besogne. 1 604 personnes sont fusillées ou guillotinées, plusieurs riches immeubles autour de la place Bellecour détruits, l'école royale de dessin est supprimée, la terreur jacobine s'abat sur Lyon, atroce et ce, durant de longs mois. Les pavés de la place des Terreaux disparaissent sous le sang. Mais cela n'est pas assez rapide, on enchaîne donc des centaines de personnes dans la plaine des Brotteaux et on tire sur eux au canon. Au nom de la liberté !

Les dépouilles de ces malheureux reposent dans une chapelle du quartier, et sur les murs sont gravés les noms des victimes de la Terreur. De 150 000 habitants, Lyon passe à 102 000 en 1794, et 88 000 en 1800. La répression détruit près de la moitié de l'industrie de la soie.

  • le 29 mai 1801 : Talleyrand envoie une note à Bonaparte.

Il y explique la nécessité de ne pas laisser Pie VII supprimer l'article du Concordat relatif aux prêtres mariés, qui est "moralement aussi indispensable que l'est politiquement celui relatif aux biens nationaux".

  • le 29 mai 1825 : sacre de Charles X, dans la cathédrale de Reims.

Le comte d'Artois succède à ses deux frères le Roi Louis XVI et Louis XVIII qui n'a pas été sacré. Il règne 5 ans. Voir la chronique du 2 août sur l'abdication d'un roi parjure.

  • le 29 mai 1935 : mise en service du "Normandie".

Le paquebot appareille pour sa première traversée et arrive à New York le lundi 3 juin 1935. Le Normandie remporte le "ruban bleu" lors de ce voyage inaugural, car il traverse l'Atlantique à la vitesse de 30 nœuds.

Il est désarmé dans le port de New York le 6 septembre 1939. L'armée américaine le réquisitionne le 16 décembre 1941. Il est rebaptisé le La Fayette le 1er janvier 1942. Le 9 février 1942 un feu se déclare lors de travaux de transformation pour en faire un transport de troupes. Il chavire. Voir la chronique du 9 février.

  • le 29 mai 1958 : le général De Gaulle accepte de former le gouvernement.
  • le 29 mai 1958 encore : Maurice Jeanpierre, colonel du 1er régiment étranger de parachutistes est tué au combat.

C'est par une phrase très laconique, qui le désigne par son indicatif radio, que son unité apprend la mort de son chef :

« Soleil est mort.»

Une promotion de Saint-Cyr porte son nom.

  • le 29 mai 1968 : De Gaulle disparaît.

Le président De Gaulle téléphone au premier ministre Pompidou pour lui annoncer qu'il part se reposer à Colombey et qu'il "l'embrasse". Rapidement, ce dernier apprend que De Gaulle n'est pas arrivé à Colombey et a "disparu".

L'opinion publique découvre que De Gaulle est parti à Baden-Baden pour une entrevue mystérieuse avec Massu, commandant des forces françaises en Allemagne. Pompidou et Chaban-Delmas évoquent une éventuelle dissolution de l'Assemblée en apprenant la nouvelle. Mendès France se déclare prêt à former un "gouvernement de gestion". Une manifestation d'environ 300 000 personnes, organisée par la CGT, défile de la Bastille à la Gare St-Lazare à Paris.

  • le 29 mai 2005 : les Français rejettent par un referendum le projet de Constitution européenne.

Avec 54,87 % des voix contre, les Français rejettent le projet de traité constitutionnel européen. La France est le 10ème pays à se prononcer sur le texte, et le deuxième par référendum après l'Espagne. Mais c'est aussi le premier à dire "non". Mais le couvert sera remis peu de temps après et on se gardera de demander au peuple français son avis.

  • le 29 mai 2014 : fête de l'Ascension.

La fête de l'Ascension est célébrée 40 jours après Pâques. Elle a donc toujours lieu un jeudi mais sa date varie chaque année en fonction de celle de Pâques. Exceptionnellement, en 2014 cette fête est célébrée à la même date pour tous les chrétiens, occidentaux et orientaux, malgré des calendriers différents.

Elle marque la montée au ciel de Jésus-Christ, après sa mort le vendredi saint, et la Résurrection, le dimanche de Pâques. Le mot vient du latin "ascendere" signifiant "monter vers". Marquant la fin de la mission terrestre de Jésus-Christ, cet événement implique également le début de l'activité missionnaire des apôtres.

Cet épisode est évoqué dans les Evangiles selon saint Marc, saint Luc, et dans les Actes des apôtres: "Pendant qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel." (Luc 24,51). L'Ascension fait partie des trois grandes fêtes primordiales attestant de l'identité divine de Jésus-Christ, ayant sa place entre Pâques et la Pentecôte, 10 jours plus tard.

Posté le 29 mai 2016 à 05h40 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

28 mai 2016

C’est arrivé un 28 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 8 ou 28 mai 615 : mort du pape saint Boniface IV.
  • le 28 mai 1258 : abbaye de Saint Denis.

Alexandre IV adresse de Viterbe trois bulles aux archevêques de Bourges et de Reims, d'une part, de Bordeaux et de Tours, d'autre part, et enfin à ceux de Sens et de Bourges, pour leur prescrire d'édicter des sanctions canoniques contre les perturbateurs et les spoliateurs laïques ou ecclésiastiques des biens de l'abbaye de Saint-Denis.

  • le 28 mai 1291: les croisés perdent la Terre sainte.

    Guillaume de Clermont pendant le Siège d'Acre
    (peinture de
    Dominique Papety (1815-1849), salles des Croisades du Château de Versailles)

Les royaumes francs de Terre Sainte disparaissent définitivement avec la chute de Saint-Jean-D'Acre, aujourd'hui Akko, port de pêche d'Israël. La ville avait été conquise par les Croisés et confiée au roi Baudouin 1er en 1104. Après un long siège des Mamelouks commandés par al-Ashraf Khalil, une partie de la muraille nord cède et la ville est conquise malgré la résistance des Templiers et des chevaliers de l'Hospital.

  • le 28 mai 1358 : début de la révolte des Jacques à Paris.
  • le 28 mai 1558 : naissance de Pierre Séguier, Chancelier de Louis XIII.

Né le 28 mai 1588 à Paris, Pierre Séguier étudie le droit en vue d'aborder une carrière de magistrat.

D'abord Intendant de Guyenne et Président à Mortier du Parlement de Paris sous Louis XIII. Reconnu par le Cardinal de Richelieu pour ses compétences et son intégrité, il devient Garde des Sceaux, puis Chancelier du Royaume. Réputé fidèle et loyal au Roi et au Cardinal, bien que restant dans l'ombre de ce dernier, il joue notamment un grand rôle dans la conduite de l'administration du Royaume. Tous les officiers de justice dépendent donc de lui pendant à peu près quarante années. A son actif figurent entre autre les faits suivants : pendant la révolte des Va-nu-pieds en Normandie (1639), il met au pas le Parlement de Rouen en privant ses membres de plusieurs prérogatives et privilèges; il instruit aussi le procès d'Henri de Ruzé d'Effiat Marquis de Cinq-Mars.

Après la mort de Richelieu et de Louis XIII, il est brièvement écarté des affaires, mais Mazarin le rappelle comme Ministre d'État. Il soutient Anne d'Autriche durant la Fronde, ce qui lui vaut de reprendre sa charge de Garde des Sceaux en 1656. C'est l'ascension de Colbert qui l'écarte de la conduite des affaires de l'État. Protecteur des Arts et des Lettres, Pierre Séguier est membre de l'Académie Française, dont il a confirmé les statuts, après la mort du cardinal de Richelieu. Il s'éteint le 28 janvier 1672 à Saint-Germain-en-Laye.

  • le 28 mai 1629 : siège de Privas.

Louis XIII avait tout tenté pour obtenir une reddition honorable et pacifique de la ville. Devant le refus de Saint-André de Montbrun le Roi est furieux et déclare "qu'il en ferait un tel châtiment qu'il en serait à jamais mémoire". Le 28 mai, Privas se rend. "Pour l'exemple", elle est mise à sac et incendiée par les troupes du prince Henri 1er de Condé. Le Roi ordonne que les fortifications soient entièrement rasées, interdit à quiconque de rebâtir la ville et de s'y établir sans son autorisation expresse.

"Je veux espérer que la suite de mon voyage sera plus doux, et que l'obéissance volontaire plutôt que l'exemple me conviera à user d'autant de clémence et d'opiniâtreté que ceux-ci m'ont contraint, à mon grand regret, d'user de sévérité et de rigueur contre eux" ; écrit-t-il à la reine mère, Marie de Médicis, le 31 mai. Une fois toutes les places huguenotes vaincues, le Roi promulgue l'édit de pacification, ou grâce d'Alès, le 28 juin 1629. Il s'engage dans une politique de réconciliation nationale et de tolérance.

Cf. la chronique du 19 mai.

  • le 28 mai 1754 : affaire de Jumonville-Glen.

Le 28 mai 1754 eut lieu la « bataille » de Jumonville-Glen, premier affrontement de la Guerre des Sept ans. Jumonville, à la tête d'un petit détachement, a été envoyé en mission pour vérifier si les Anglais occupent une partie du territoire de la Nouvelle-France, dans la vallée de l'Ohio, et le cas échant poser un ultimatum. C'est au cours de cette ambassade que le détachement français est exterminé. Georges Washington assassine l'officier français donnant le signal du combat commencé par traitrise. Washington se justifiera par la suite en disant l'avoir pris pour un espion plutôt qu'un émissaire.

  • le 28 mai 1871 : fin de la Commune de Paris.

Proclamé le 18 mars 1871 (cf. la chronique du jour), le gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris s'achève dans le sang après soixante-douze jours d'existence.

L'offensive versaillaise, réellement commencée le 30 avril, avec la prise du rond-point de Courbevoie par le Général Gaston de Galliffet s'achève. En un mois Paris a été reconquis.

Le 21 mai, un piqueur des Ponts-et-Chaussées du nom de Jules Ducatel, a ouvert la poterne du bastion n°64, permettant aux Versaillais d'entrer dans Paris. La semaine sanglante commence. En représailles, les Fédérés prennent en otage les Dominicains d'Arcueil qui sont exécutés. Tout homme pris les armes à la main ou avec des traces de poudre sur les mains est fusillé par les Versaillais. Les 22 et 23 mai, au prix de furieux combats de rue, les Versaillais libèrent la quasi-totalité de la rive gauche, excepté la Butte-aux-Cailles. La butte Chaillot est prise. Le 27 mai, les Fédérés se sont repliés entre le Canal de l'Ourcq et Vincennes. Les Versaillais attaquent alors le Cimetière du Père Lachaise, défendu avec acharnement par les Fédérés. Les combats se font à la baïonnette. Le 28 mai les dernières barricades tombent, les combats s'arrêtent, mai le fort de Vincennes ne capitule que le 29.

La Commune aura fait au total un peu moins de 10 000 victimes. A cela s'ajoutent les incendies des Tuileries, du Palais de Justice, de l'Hôtel de Ville et du Palais Royal.

  • le 28 mai 1950 : canonisations de Jeanne de France et de Valois fille de Louis XI et femme de Louis XII.

Après Clotilde, Radegonde et Bathilde c'est la 4ème reine-Sainte de France à être portée sur les autels. Quelle nation au monde, durant toute son histoire, peut s'enorgueillir d'avoir eu autant de dirigeants, à la vie si exemplaire, que l'Eglise en éprouva le besoin de les honorer et de le présenter au monde comme modèles à suivre ?

Relire Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l'Escalade, p 194)

 

Posté le 28 mai 2016 à 05h37 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

27 mai 2016

C’est arrivé un 27 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 27 mai 1498 : Louis XII est sacré Roi en la Cathédrale de Reims.

Sacre de Louis XII, Cathédrale Notre-Dame d'Amiens peinture en polychromie de 1502

Comme le veut la tradition, le Roi prononce les quatre serments traditionnels :

  • Il jure de défendre l'Eglise,
  • de faire régner la paix en son royaume, par paix on entend que le Roi s'engage à préserver l'ordre social voulu par Dieu et à rendre la justice,
  • d'empêcher ses sujets, quel que soit leur rang, de commettre des iniquités,
  • de chasser les hérétiques de France.

Puis dans un silence solennel, l'archevêque de Reims, Guillaume Briçonnet, l'oint sur la tête, sur la poitrine, entre et sur les épaules, ainsi qu'à la jointure des bras. Au rite de « l'unctio » succède celui du « coronatio », du couronnement, tout aussi essentiel. Désormais paré de la robe royale et du grand manteau fleurdelisé, le souverain reçoit la couronne d'or rehaussée de quatre fleurs de lys et de pierres précieuses. Puis, après lui avoir donné le baiser de paix, le prélat s'exclame par trois fois :

"Vive le Roi! Vive le Roi éternellement!"

Dans les jours qui suivent, selon la coutume, il se rend à l'abbaye de Saint Marcoul à Corbeny, à quelques lieues de Reims, pour y faire ses dévotions et y toucher les écrouelles, en prononçant les paroles rituelles : "Le Roi te touche, Dieu te guérit". Louis XII guérit ainsi "plus de quinze" des quelque vingt scrofuleux qui lui sont présentés. Voir les chroniques des 1er et 8 janvier, du 29 avril, du 27 juin et du 18 novembre.

  • le 27 mai 1689 : déclaration de guerre de Guillaume III d'Angleterre.

Cette déclaration de guerre a lieu dans le cadre de la guerre de la ligue d'Augsbourg, de 1688 à 1697. Guillaume III, dans sa lutte qui l'oppose à Jacques II Stuart, a été couronné roi d'Angleterre le 23 février. Le 22 mars, une escadre française, partie de Brest, débarque Jacques II Stuart, qui est accueilli avec enthousiasme par la population catholique du sud de l'Irlande. Le 11 mai, Une escadre aux ordres de Châteaurenault, qui vient de convoyer des renforts en Irlande, est attaquée par l'amiral Herbert en baie de Bantry. Après quatre heures de combat, la victoire est française (cf. la chronique du jour). Bantry sert de prétexte au nouveau roi, anglais dont l'objectif est d'empêcher les avancées françaises en Flandre.

Le traité de Ryswick (cf. la chronique du le 20 septembre) met un terme à cette guerre: reconnaissance par la France de Guillaume III d'Orange-Nassau comme roi d'Angleterre sous le nom de Guillaume III ; cette dernière rend la plus grande partie des Pays-Bas espagnols, la Catalogne et Barcelone à Charles II d'Espagne. Louis XIV prépare ainsi la succession d'Espagne. La France annexe définitivement la Sarre, les quatre cinquièmes de l'Alsace, et quelques places-fortes stratégiques telle Phalsbourg. En outre, la France obtient une compensation financière pour ses droits sur le Palatinat. De l'autre côté de l'Atlantique, l'Espagne reconnaît l'occupation par la France de l'ouest de Saint-Domingue ce qui permet à la France de devenir le premier producteur mondial de sucre dès les années 1740 (denrée fort chère et exportable).

  • le 27 mai 1703 : Philippe de Rigaud de Vaudreuil devient gouverneur général de Nouvelle-France.

Philippe de Rigaud de Vaudreuil est nommé gouverneur général de Nouvelle-France et conserve ce poste jusqu'en 1725. Il se lance dans une politique d'expansion de la colonie, et traite avec les Iroquois, afin de limiter l'influence des britanniques. Avec la poussée de la colonie de New York vers le Nord-Ouest, il prépare la construction d'un fort à Niagara, mais il meurt avant de voir se réaliser ce projet, en 1725.

  • le 27 mai 1834 : Prosper Mérimée devient inspecteur général des Monuments historiques.

C'est à son patient travail de mise en garde que toute la société française prendra peu à peu conscience de la richesse patrimoniale que nos pères nous ont léguée. Grâce à lui un travail de protection, de préservation et de restauration des héritages architecturaux de notre passé est entrepris

  • le 27 mai 1906 : les Carmélites de Compiègne sont béatifiées par le pape Pie X.

Ce sont seize religieuses carmélites (cloîtrées) condamnées à mort en juillet 1794 par le Tribunal révolutionnaire pour motif de « fanatisme et de sédition ». Arrêtées et condamnées pendant la Terreur, elles avaient, deux ans auparavant, fait le vœu de donner leur vie pour « apaiser la colère de Dieu et que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État ». Leur mort paisible sur l'échafaud impressionne les foules. C'est en pleine période de séparation de l'Église et de l'État, alors que l'Etat saisit les biens de l'Église et expulse les congrégations religieuses de France qu'elles sont béatifiées par le pape Pie X.

  • le 27 mai 1916 : décès de Joseph Gallieni, militaire français, maréchal de France à titre posthume.

(Voir la chronique du 24 avril)

  • le 27 mai 1918 : déclenchement de l'offensive allemande du « Chemin des Dames».

C'est à 1 heure du matin que l'artillerie allemande déclenche un tir d'une extrême violence sur les premières lignes françaises, en même temps que son artillerie lourde exécute un tir d'interdiction très puissant sur nos arrières. Quatre mille pièces de tous calibres crachent la mort. Les gaz toxiques empestent à cause des obus à ypérite. La ligne de défense est anéantie; les quelques petits réduits de la première ligne qui ont survécu se sacrifient. L'état-major allemand est surpris de la facilité avec laquelle la percée se fait. Il jette toutes ses réserves pour exploiter la percée.

  • le 27 mai 1921 : création du Code de la route.

Un décret institue le premier Code de la route, bientôt suivi du permis de conduire. C'est la transformation d'un code de bons usages en un code administratif. La circulation automobile est d'abord soumise à la loi de 1851 concernant "la police du roulage et des messageries". En 1899, un décret limite la vitesse des véhicules à moteur à 30 km/h en rase campagne. Le contenu du Code est modifié à de nombreuses reprises selon l'évolution des véhicules et des routes.

  • le 27 mai 1943 : création du CNR, Conseil national de la résistance.

Le 15 octobre de la même année, le CNR explicite sa politique et donne des consignes d'insurrection fondée sur l'assassinat des autorités adverses.

Tiré de Gaullisme et gaulchévisme (édition Godefroy de Bouillon page 54), cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 216)

  • le 27 mai 1952 : traité de la Communauté européenne de Défense (CED).

A l'initiative de la France, les Etats français, italien, belge, luxembourgeois et néerlandais signent le traité de Paris instituant la Communauté européenne de Défense (CED). Celle-ci permettrait de reconstituer l'armée allemande tout en la plaçant sous une autorité commune aux Etats membres. Mais l'opinion française est contre, notamment communistes et gaullistes. Finalement, le traité est rejeté par l'Assemblée nationale française en 1954.

Posté le 27 mai 2016 à 05h32 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

26 mai 2016

C’est arrivé un 26 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 26 mai : fête de saint Philippe Néri, le patron des humoristes.
  • le 26 mai 1445 : la première armée permanente en France.

Les compagnies d'ordonnance sont créées par le Connétable Arthur de Richemond sous le Roi Charles VII par l'ordonnance du 26 mai 1445. Cette nouvelle formation militaire constitue la première armée permanente à la disposition de la couronne. Avant, pour faire la guerre, le Roi devait faire appel à ses vassaux, l'ost, selon la coutume féodale qui n'étaient obligés de servir que pendant 40 jours. Le Roi devait alors recruter des mercenaires, capacité militaire chère et souvent incontrôlable. Chaque compagnie d'ordonnance est composée de cent lances de six cavaliers chacune (un homme d'armes, un coutillier, un page, deux archers et un valet de guerre). Cette ordonnance prévoit d'assurer une bonne armée permanente de 9 000 à 10 000 hommes.

  • le 26 mai 1463 : entrée du Roi Louis XI à Toulouse.

Louis XI, venant de Guyenne, où il a signé la paix avec les rois de Castille, d'Aragon et de Navarre, fait son entrée à Toulouse. La ville a été dévastée par un grand incendie, le 7 mai. Le Roi y demeure trois semaines pour soutenir la reconstruction de la ville.

  • le 26 mai 1648: décès du peintre  Antoine Le Nain.


"Portraits dans un intérieur", Antoine
Peint en 1647
Paris, musée du Louvre

Il existe un doute sur la mort de deux des trois frères. Alors que le décès de Louis est survenu le même jour, le 23 mai pour certains, pour d'autres il y a trois jours entre les deux décès. Voir la chronique du 23 mai sur la mort de Louis Le Nain.

Deux femmes avec trois enfants, Galerie Dreyfus

  • le 26 mai 1657 : candidature de Louis XIV à la couronne du Saint Empire germanique.

Louis XIV brigue la couronne d'empereur du Saint Empire romain germanique, en faisant officiellement acte de candidature, mais c'est le candidat germanique, Léopold de Habsbourg, qui est élu, en 1658.

  • le 26 mai 1791 : les débuts du musée du Louvre.

Par décret est crée le Muséum central des arts de la République dans l'ancienne résidence royale, abandonnée par Louis XIV au profit de château de Versailles. Le Louvre n'était plus occupé que pour des visites royales ou des réunions des conseils royaux. La IIIème République le déclare "propriété de l'État", et lui donne son statut actuel de musée national. Il est le 3ème plus grand musée du monde. On y trouve notamment la Joconde de Léonard de Vinci.

  • le 26 mai 1805 : Napoléon se couronne lui-même roi d'Italie.

Napoléon Ier a accepté la couronne de roi d'Italie le 17 mars 1805. Il fait une entrée triomphale à Milan le 8 mai 1805, Joséphine et lui sont couronnés le 26 mai par le cardinal Caprara. Alors que l'archevêque de Milan veut lui mettre sur la tête la couronne des rois de Lombard, faite de fer et existante depuis 1026, Napoléon Bonaparte s'en saisit et se couronne lui-même dans la cathédrale de Milan en disant:

"Dieu me la donne, prendre garde ceux qui la touche"

Cette phrase devient la devise de l'Ordre de la Couronne de Fer L'empereur nomme son beau-fils, le prince Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie. Début janvier 1814, la défection de Murat qui s'allie avec les Autrichiens, puis les Anglais afin de conserver son royaume de Naples, fait perdre l'Italie.

  • le 26 mai 1944 : bombardement de Chambéry, Grenoble, Lyon, Nice et Saint-Étienne.

Le bombardement du 26 mai 1944 est une opération militaire qui entre dans le cadre du Transportation Plan, plan d'attaque des voies de communication, destinée à préparer le débarquement en Normandie. Il s'agissait de détruire les infrastructures de chemin de fer, notamment les gares de triage, afin d'empêcher les Allemands d'acheminer des troupes et du matériel vers l'ouest de la France. La méthode employée est celle des Américains : bombarder de jour, en volant à haute altitude, pour éviter la DCA, cette méthode étant jugée plus précise (sic) que celle des Anglais, qui consistait à bombarder de nuit. L'imprécision due à l'altitude de vol cause la mort de nombreux civils.

  • le 26 mai 1944 : le chef de l'Etat Pétain effectue une visite à Nancy.

Un million de personnes dans les rues pour écouter le chef de l'Etat.

Place Stanislas, le 26 mai 1944.

  • le 26 mai 1968 : signature des accords de Grenelle.

Les négociations entamées le 25 mai entre le gouvernement, le patronat et les syndicats, aboutissent aux accords signés au ministère des Affaires sociales, rue de grenelle. Ils prévoient l'augmentation du SMIG (salaire minimum) de 25%, des salaires de 10% et la réduction du temps de travail. Mais ces concessions ne satisfont pas la base ouvrière et la grève continue. Le 30 mai, De Gaulle annonce la dissolution de l'Assemblée et reprend le pays en main.

  • le 26 mai 2013 : manifestation de plus d'un million de personnes à Paris contre la dénaturation du mariage.

Posté le 26 mai 2016 à 06h24 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

25 mai 2016

27 mai : conférence sur l'histoire religieuse de Versailles

2e partie : les quartiers

V

Posté le 25 mai 2016 à 13h13 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 25 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 25 mai 1085 : décès du pape saint Grégoire VII.

Voir la chronique du 22 avril. Pendant son règne, il prend des mesures pour mettre fin au scandale dû à la situation des prêtres ou évêques mariés.

  • le 25 mai 1261 : décès du pape Alexandre IV.

Alexandre IV, né Rinaldo Conti, voit son pontificat marqué par les efforts d'unification entre les églises orthodoxe et catholique, l'établissement de l'Inquisition en France, les faveurs accordées aux ordres mendiants et aux tentatives d'organiser des croisades contre les Tartares.

  • le 25 mai 1510 : mort du Cardinal d'Amboise.

Fils de Pierre d'Amboise et d'Anne de Bueil, Georges d'Amboise naît en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire. Il est considéré comme un véritable premier ministre de Louis XII comparable à Richelieu pour Louis XIII.

Après des études de droit, il se destine à la carrière ecclésiastique. En 1485, il est ordonné prêtre. Mis en prison avec l'Evêque du Puy, Geoffroy de Pompadour, il est libéré sur ordre royal ; Charles VIII s'attache alors ses services et ses compétences. En 1491, Georges d'Amboise négocie avec François II, duc de Bretagne le mariage de sa fille Anne avec Charles VIII. La cérémonie a lieu à la fin de l'année au château de Langeais. Il est nommé évêque de Rouen en 1493, l'un des plus riches évêchés du Royaume de France. Il accompagne ensuite Charles VIII lors des Guerres d'Italie.

Ami du duc d'Orléans, le futur Louis XII, ce dernier le choisit tout naturellement comme Principal Conseiller, après la mort accidentelle de Charles VIII, au château d'Amboise en 1498. Cette année là, Georges d'Amboise est aussi créé cardinal par le pape Alexandre VI ; il obtient l'annulation du mariage, non consommé, de Louis XII avec Jeanne de Valois, sa cousine, fille de Louis XI. Cette dernière deviendra Sainte Jeanne de France (cf. la chronique du 23 avril). C'est Georges d'Amboise qui couronne Anne, Reine de France en 1504, en la Basilique de Saint-Denis (cf. la chronique du 18 novembre).

De son œuvre politique, il faut retenir, la création d'une nouvelle Cour Souveraine, le Grand Conseil, afin de concurrencer le Parlement de Paris en1498, la promulgation de l'Ordonnance de Blois de mars 1499, qui améliore la Justice Royale. En 1506, il préside les Etats-Généraux de Tours, où il est décidé, entre autres, que Claude de France, la fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, doit épouser François d'Angoulême (futur François Ier) et non Charles de Gand, considéré comme trop étranger. C'est aussi au cours de ces Etats-Généraux que Louis XII reçoit le titre de « Père du Peuple ».

Erudit et bibliophile et grand mécène, le cardinal poursuit la construction du Château de Gaillon, initiée par Guillaume d'Estouteville, avec des artistes italiens tels que Guido Mazoni, Jérôme « Pacherot », Fra Giacondo et Pacello Mercogliano. Il embellit l'archevêché de Rouen et le Parlement de Normandie. Il meurt à Lyon le 25 mai 1510, son corps est inhumé dans un superbe mausolée sous les arcades de la Cathédrale de Rouen. Seul son coeur reste conservé dans la Chapelle des Célestins de la capitale des Gaules,

  • le 25 mai 1684 : fondation des Frères des écoles chrétiennes.

Les Frères des écoles chrétiennes, congrégation religieuse, sont fondés à Reims en 1680 par saint Jean-Baptiste de La Salle (1651-1719).

  • le 25 mai 1720 : un bateau amène la peste à Marseille.

En provenance de Syrie, le navire "Le Grand-Saint-Antoine", contaminé par le virus de la peste, accoste dans le port de Marseille. L'administration, bien que prévenue de la présence de la maladie, autorise le déchargement de la cargaison. Le fléau emporte en quelques semaines 50 000 Marseillais, soit la moitié de la population de la ville, et se répand jusqu'à Toulon et Aix.

  • le 25 mai 1793 : prise de Fontenay.

Après un premier échec devant Fontenay le 16 mai, ce sont 30.000 Vendéens qui se présentent le 25 mai devant les positions fortifiées du général Chalbos. Avant l'attaque, les prêtres donnent l'absolution aux soldats, et les généraux excitent leur courage, ébranlé par le défaut d'artillerie et de munitions. « Allons, mes enfants, leur disaient-ils, il n'y a pas de poudre ; il faut encore prendre les canons avec des bâtons ; il faut ravoir Marie-Jeanne : c'est à qui courra le mieux. »

Les soldats de Lescure paraissant hésiter ; il s'avance seul à trente pas devant eux, et s'arrête en criant : Vive le Roi !

Une batterie de six pièces fait feu sur lui, sans le blesser. « Mes amis, s'écrie-t-il, les bleus ne savent pas tirer ! »

Les paysans prennent aussitôt la course ; mais apercevant devant eux une grande croix de mission, ils tombent tous à genoux en présence de l'ennemi et à portée de canon. M. de Beaugé veut les faire marcher. « Non, lui dit M. de Lescure, qui donne l'exemple, laissez-les prier, ils ne s'en battront que mieux ! »

 

La Marie-Jeanne
gravure extraite de l'Histoire de la Vendée Militaire, par Jacques Crétineau-Joly, Cholet, Pays & Terroirs, 1993, tome Ier, p. 142

L'aile gauche Vendéenne, aux ordres de Lescure, enfonce l'infanterie Républicaine. Une charge générale des armées royales enfonce la ligne républicaine. Les insurgés récupèrent à cette occasion 42 canons, 5000 fusils et 240 prisonniers, une grande quantité de poudre et de munitions, ainsi que des vivres en abondance. Ils trouvent aussi deux caisses remplies d'assignats. La première est brulée par les soldats. La seconde, contenant neuf cent mille francs environ, est préservée par les généraux, qui écrivirent au revers de ce papier monnaie: « Bon au nom du Roi ».

Les Blancs, incapables de maintenir une garnison dans la ville Fontenay, l'évacuent le 27 mai. D'Elbée et Bonchamps blessés vont se faire soigner. Suite à cette série de victoires les chefs Vendéens décident, le 26 mai 1793, de créer un Conseil Supérieur de la Vendée pour administrer les districts conquis au nom du Roi.

  • le 25 mai 1830 : début de la conquête de l'Algérie.

La flotte française qui part à la conquête de l'Algérie quitte Toulon.

  • le 25 mai 1846 : évasion de Louis-Napoléon Bonaparte.

Louis-Napoléon Bonaparte, déguisé en ouvrier, s'évade du fort de Ham dans la Somme, où il purge une peine d'emprisonnement à perpétuité, suite à sa tentative de coup d'état de 1840. Deux ans plus tard, il devient le premier président de la République française et quatre ans après, il restaure l'empire à son profit, suite à un deuxième coup d'état, qu'il réussit.

  • le 25 mai 1857: fondation de la ville de Dakar.

Après avoir pris possession de la péninsule du Cap-Vert, le contre-amiral Auguste-Léopold Protet, ancien gouverneur du Sénégal, crée un petit fort à Dakar sur lequel il dresse le pavillon français. Dès l'année suivante, la ville se développe grâce au plan cadastral élaboré en juin par le colonel du génie Emile Pinet-Lapradre. En 1902, Dakar remplace Saint-Louis au titre de capitale officielle du Sénégal.

  • le 26 mai 1871 : Commune de Paris.

Les terribles combats entre Communards et Versaillais se poursuivent dans la ville. Les révolutionnaires reculent partout et abandonnent la Place du Château d'Eau, actuelle place de la République. Dans leur haine de tout ordre établi ils font prisonniers et assassinent tous ceux qui semblent leur ennemis ou manquer de ferveur révolutionnaire. Ainsi 5 dominicains d'Arcueil et 9 employés du couvent sont abattus alors qu'ils tentaient de s'échapper des mains de leurs bourreaux.

  • le 25 mai 1889 : le pape Léon XIII consacre le genre humain au Sacré Cœur de Jésus.

L'Encyclique «  Annum sacrum » est publiée le 25 mai; elle consacre le genre humain au Sacré Cœur de Jésus.

  • le 25 mai 1941 : première parution de Radio Nationale.

Cette radio est la voix de Vichy ; étant en zone non occupée, elle et au service des idées du Maréchal Pétain sans avoir la contrainte allemande comme radio Paris.

  • le 25 mai 1941 encore : le Chef de l'Etat, Philippe Pétain, institue la "journée nationale des mères".

Voici une partie du discours du Maréchal Pétain pour cette première fête des mères :

« MESSAGE
AUX   MÈRES   FRANÇAISES
25   MAI   1941 »

MÈRES  DE  FAMILLE  FRANÇAISES ! La France célèbre aujourd'hui la famille. Elle se doit d'honorer d'abord les mères.

  • Depuis dix mois, je convie les Français à s'arracher aux mirages d'une civilisation matérialiste. Je leur ai montré les dangers de l'individualisme. Je les ai invités à prendre leur point d'appui sur les institutions naturelles et morales auxquelles est lié notre destin d'homme et de Français.
  • La famille, cellule initiale de la société, nous offre la meilleure garantie de relèvement. Un pays stérile est un pays mortellement atteint dans son existence. Pour que la France vive, il lui faut d'abord des foyers.
  • Le foyer, c'est la maison où l'on se réunit, c'est le refuge où les affections se fortifient. C'est cette communauté spirituelle qui sauve l'homme de l'égoïsme et lui apprend à s'oublier pour se donner à ceux qui l'entourent.
  • Maîtresse du foyer, la mère, par son affection, par son tact, par sa patience, confère à la vie de chaque jour sa quiétude et sa douceur. Par la générosité de son cœur, elle fait rayonner autour d'elle l'amour qui permet d'accepter les plus rudes épreuves avec un courage inébranlable.
  • Mères de notre pays de France, votre tâche est la plus rude. Elle est aussi la plus belle.

Vous êtes, avant l'État, les dispensatrices de l'éducation. Vous seules savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui fait les hommes sains et les peuples forts. Vous êtes les inspiratrices de notre civilisation chrétienne. Et voici qu'aujourd'hui dans nos deuils, dans nos misères, vous portez la plus lourde croix.

Mères de France, entendez ce long cri d'amour qui monte vers vous.

Mères de nos tués, mères de nos prisonniers, mères de nos cités qui donneriez votre vie pour arracher vos enfants à la faim, mères de nos campagnes, qui, seules à la ferme, faites germer les moissons, mères glorieuses, mères angoissées, je vous exprime aujourd'hui toute la reconnaissance de la France. » Maréchal Philippe Pétain, Chef de l'Etat.

Alors que cette fête n'avait rien d'institutionnel avant, le Régime de Vichy, en cohérence avec sa politique nataliste, décide d'inscrire au calendrier officiel la fête des Mères.

  • le 25 mai 1952 : Alain Bombard quitte Monaco pour la traversée de l'Atlantique en solitaire.

Il arrive à la Barbade après 113 jours de mer.

Posté le 25 mai 2016 à 05h15 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

24 mai 2016

Rémi Brague : "ne pas renvoyer dos à dos islam et christianisme"

Dans Le Figaro, Rémi Brague qu'on ne peut pas renvoyer dos à dos islam et christianisme. Extrait :

"Les déclarations publiques du pape François suscitent toujours l’intérêt. [...] En revanche, un passage suscite en moi une perplexité certaine, et c’est celui sur l’islam. Là aussi, il contient d’ailleurs de très bonnes choses, par exemple sur l’imprudence arrogante avec laquelle l’Occident a essayé d’imposer son régime politique à des régions mal préparées. Il est juste aussi de dire que la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible, même si les exemples de l’Argentine, avec son 1,5 % de musulmans, et surtout du Liban, doivent être pris avec prudence. Tant qu’il s’agit de faire vivre ensemble des personnes, qu’il est déjà maladroit de réduire à leur seule affiliation religieuse, on a le droit d’espérer et le devoir d’agir en ce sens.

L’entreprise devient plus difficile là où l’on compare non plus des personnes, mais des systèmes religieux considérés dans leurs documents normatifs. De ce point de vue, un passage des propos du pape François attire l’œil : « L’idée de conquête est inhérente à l’âme de l’islam, il est vrai. Mais on pourrait interpréter avec la même idée de conquête la fin de l’Évangile de Matthieu, où Jésus envoie ses disciples dans toutes les nations. » Voici le passage évoqué : « Allez donc, faites des disciples (“mathèteuein”, en grec) de toutes les nations, baptisant les gens (…), leur enseignant (“didaskein”) à observer tout ce que je vous ai commandé (Matthieu, 28, 19). »

On peut appeler « conquête » la tâche de prêcher, d’enseigner et de baptiser. Il s’agit bien d’une mission universelle, proposant la foi à tout homme, à la différence de religions nationales comme le shintô. Le christianisme ressemble par là à l’islam, dont le prophète a été envoyé « aux rouges comme aux noirs ». Mais son but est la conversion des cœurs, par enseignement, non la prise du pouvoir. Les tentatives d’imposer la foi par la force, comme Charlemagne avec les Saxons, sont de monstrueuses perversions, moins interprétation que pur et simple contresens.

Le Coran ne contient pas d’équivalent de l’envoi en mission des disciples. Il se peut que les exhortations à tuer qu’on y lit n’aient qu’une portée circonstancielle, et l’on ignore les causes de l’expansion arabe du VIIe siècle. Reste que le mot de conquête n’est plus alors une métaphore et prend un sens plus concret, carrément militaire. Les deux recueils les plus autorisés (sahīh) attribuent à Mahomet cette déclaration (hadith), constamment citée depuis : « J’ai reçu l’ordre de combattre (qātala) les gens (nās) jusqu’à ce qu’ils attestent “Il n’y a de dieu qu’Allah et Muhammad est l’envoyé d’Allah”, accomplissent la prière et versent l’aumône (zakāt). S’ils le font, leur sang et leurs biens sont à l’abri de moi, sauf selon le droit de l’islam (bi-haqqi ’l-islām), et leur compte revient à Allah (hisābu-hum ‘alā ‘Llah) (Bukhari, Foi, 17 (25) ; Muslim, Foi, 8, [124] 32-[129] 36). » J’ai reproduit l’arabe de passages obscurs. Pour le dernier, la récente traduction de Harkat Ahmed explique : « Quant à leur for intérieur, leur compte n’incombera qu’à Dieu (p. 62). »

Indication précieuse : il s’agit d’obtenir la confession verbale, les gestes de la prière et le versement de l’impôt. Non pas une conversion des cœurs, mais une soumission, sens du mot « islam » dans bien des récits sur la vie de Mahomet. L’adhésion sincère pourra et devra venir, mais elle n’est pas première. Nul ne peut la forcer, car « il n’y a pas de contrainte en religion (Coran, II, 256) ». Elle viendra quand la loi islamique sera en vigueur. Il sera alors dans l’intérêt des conquis de passer à la religion des conquérants. On voit que le mot « conquête » a un tout autre sens que pour le verset de Matthieu.

Pourquoi insister sur ces différences ? Un vaste examen de conscience est à l’œuvre chez bien des musulmans, en réaction aux horreurs de l’État islamique. Ce n’est pas en entretenant la confusion intellectuelle qu’on les aidera à se mettre au clair sur les sources textuelles et les origines historiques de leur religion."

Posté le 24 mai 2016 à 16h27 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 24 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 24 mai 189 : décès du pape Éleuthère.

Selon le Liber Pontificalis, un édit d'Éleuthère décrète qu'aucune nourriture n'est impure :

« Et hoc iterum firmavit ut nulla esca a Christianis repudiaretur, maxime fidelibus, quod Deus creavit, quæ tamen rationalis et humana est ».

Il combat ainsi des pratiques héritées des prescriptions juives sur la pureté des aliments. Selon la même source, Éleuthère envoie des missionnaires, Fugace et Damien, convertir les Bretons à la demande du roi Lucius

  • le 24 mai 843 : bataille de Blain entre les Francs et les Bretons.

Cette victoire bretonne du duc Nominoë, suivie d'autres, conduit en 851, au Traité d'Angers, par lequel les pays nantais et rennais deviennent possession de la Bretagne.

  • le 24 mai 1086 : élection du pape Victor III.

Desiderius, ou Didier, de Mont-Cassin, est le fils du prince Landolf V de Bénévent. Saint Victor III est pape du 24 mai 1086 au 16 septembre 1087. Il poursuit l'œuvre de réforme de Grégoire VII. Il s'éteint au Mont-Cassin, dont il a été l'abbé. Léon XIII lui accorde le titre de saint sans qu'il fasse faire de procès de canonisation.

 

 

  • le 24 mai 1524 : incendie de Troyes.

Un gigantesque incendie détruit 1 500 habitations dans le quartier du Beffroi et de Croncels, à Troyes.

  • le 24 mai 1543 : publication des théories de Nicolas Copernic écrites dans Révolution des sphères célestes.

Les thèses du chanoine Copernic ne sont pas condamnées par l'Eglise, mais l'utilisation qu'en fera Galilée le sera. (Cf. les chroniques du 22 juin).

  • le 24 mai 1802: Pie VII proteste en consistoire contre les Articles organiques du Concordat avec la France.

Cf. la chronique du 17 mai.

  • 24 mai 1806 : lettre de Napoléon à sa sœur la princesse Elisa, écrite de Saint-Cloud.

« Ma Sœur, je reçois votre lettre. […] Ne perdez pas un moment, une heure, pour réunir tous les biens des couvents au domaine. Chargez mon ministre de se rendre chez l'archevêque : il lui dira que je suis instruit de ce qui se passe ; que ce ne sera pas le concordat de mon royaume d'Italie, mais celui de France, que je ferai publier dans la principauté de Lucques ; que non seulement on s'emparera des biens des moines, mais encore de ceux du clergé séculier, et qu'on le mettra à la pension. Si l'on ne se prête pas de bonne grâce, et s'il y a le moindre désordre, je ferai avancer une division française. N'exigez aucun serment des prêtres. Ne vous mêlez dans aucun dogme. Emparez-vous des biens des moines, c'est là le principal ; laissez courir le reste. […] »

  • le 24 mai 1853 : Napoléon III offre au Royaume-Uni de conclure une entente destinée à soutenir l'Empire ottoman contre la Russie
  • le 24 mai 1893 : création à Paris de Phryné, opéra-comique de Camille Saint-Saëns
  • le 24 mai 1871 : reconquête de Paris.

Dans Paris, les Versaillais contrôlent, maintenant, le Quartier latin et multiplient les exécutions sommaires. L'Hôtel de Ville, le Palais d'Orsay et la préfecture de Police sont incendiés. Des Communards font exécuter 6 otages dont l'archevêque, monseigneur Darboy.

Posté le 24 mai 2016 à 05h25 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

23 mai 2016

C’est arrivé un 23 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 23 mai 1052 : naissance de Philippe 1er, futur Roi de France.
  • le 23 mai 1059 : le jeune Philippe 1er est sacré à Reims à l'âge de 7 ans.

Couronné à Reims le 23 mai 1059, du vivant de son père, car c'est encore la tradition à l'époque et car son père Henri 1er est malade, Philippe Ier ne règne seul qu'à partir de 1066. Auparavant son oncle, le comte de Flandre Baudouin V, assisté de l'archevêque de Reims Gervais de Belleme et d'Anne de Kiev, sa mère la reine, exerce la régence à la mort d'Henri Ier de 1060 à 1066.

Au printemps 1092, Philippe s'entiche de Bertrade de Montfort, l'épouse de Foulque IV le Réchin. Il répudie alors sa femme Berthe de Hollande et se remarie avec Bertrade de Montfort. Le 16 octobre 1094, le concile d'Autun, avec trente-deux évêques présents, prononce l'excommunication du Roi. Le pape Urbain II vient prêcher la première croisade au concile de Clermont le 27 novembre 1095. Le Roi, toujours excommunié, n'y participe pas.

Philippe 1er se réconcilie avec la papauté et est absous en 1104. En 1107, le pape Pascal II se rend en France, où il rencontre Philippe et le futur Louis VI à Saint-Denis. L'alliance entre le royaume de France et la papauté contre l'Empire est alors définitivement scellée pour un siècle. Philippe Ier meurt au château royal de Melun, le 29 juillet 1108, après quarante-huit ans de règne. C'est le troisième plus long règne de l'histoire de France après ceux de Louis XIV et de Louis XV, qui ont tous les deux régné plus de cinquante ans. Ne voulant pas, en raison de ses fautes, être enterré à côté de ses ancêtres en la basilique Saint-Denis, il a demandé à être inhumé dans l'abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire.

  • le 23 mai·1200 : mariage de Louis de France, futur Louis VIII et de Blanche de Castille.

Le mariage suit le traité du Goulet conclu entre Jean sans Terre, oncle de la mariée, et le Roi de France (cf. la chronique du 22 mai). Louis de France, futur Louis VIII, fils du Roi Philippe-Auguste et d'Isabelle de Hainaut, a 13 ans ; Blanche de Castille, fille d'Alphonse VIII de Castille et petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine a 12 ans. Le mariage ne peut avoir lieu sur le domaine du Roi de France le pape Innocent III a en effet lancé l'interdit sur le royaume, à cause des démêlés matrimoniaux de Philippe Auguste. Il est donc célébré en Normandie, alors sous domination anglaise, en l'église de Port-Mort. Blanche met au monde 12 enfants et devient reine de France en 1223.

A la mort de Louis VIII (1226), la reine gouverne avec sagesse en attendant la majorité ( en 1234) de son fils Louis, le futur Saint-Louis, qu'elle éduque et prépare à son rôle de Roi. Elle met au pas les grands féodaux, poursuit la guerre contre les Albigeois. La lutte se termine par le Traité de Paris (voir la chronique du 12 avril 1229) où Blanche se fait céder la moitié du comté de Toulouse, le reste revenant à la France par le mariage de son second fils avec la fille unique de Raymond VII de Toulouse. La reine redevient régente lorsque Saint Louis part pour la 7ème croisade, en 1248. (cf. les chroniques du 4 mars et du 27 novembre).

Couronnement de Louis de France et de Blanche de Castille

  • le 23 mai 1430 : Sainte Jeanne d'Arc est capturée à Compiègne.

C'est un mercenaire au service du Duc de Bourgogne, Jean de Luxembourg, qui la capture lors d'une sortie aux portes de Compiègne. Dans l'église Saint Jacques, une plaque en marbre rappelle que sainte Jeanne d'Arc y a suivi sa derrière messe de femme libre, le 23 mai 1429 au matin.

Elle essaye de s'échapper par deux fois, mais échoue. Elle se blesse même sérieusement en sautant par une fenêtre. Elle est rachetée par les Anglais pour 10 000 livres et confiée à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais. Ce dernier la condamne à être brulée vive lors d'un procès inique en 1431. Son procès est l'un des plus importants de l'Histoire. Dans toutes ses paroles on sent une intimité étroite avec le monde surnaturel. Sur les anges, par exemple :

"Ils viennent beaucoup de fois entre les chrétiens, et je les ai beaucoup de fois vus entre les chrétiens."

Lorsqu'on lui demande si elle est en état de grâce pour la perdre, elle répond :

"Si je n'y suis, Dieu m'y mette; si j'y suis, Dieu m'y garde."

Elle suit ainsi son Sauveur jusqu'à l'offrande totale d'elle-même, le 30 mai 1431 à Rouen où elle est brûlée vive à l'âge de 19 ans. Ses dernières paroles sont :

"Saint Michel ! Sainte Marguerite ! Sainte Catherine ! Mes voix ne m'ont pas menti ! Ma mission était de Dieu ! Jésus, Jésus...

Elle est réhabilitée en 1456.

  • le 23 mai 1547: François Ier est inhumé à St-Denis.

Les cercueils de François Ier et de ses 2 enfants sont acheminés de Notre-Dame-Des-Champs à St-Denis la veille.

 


Mausolée de François Ier et de Claude de France à Saint Denis

  • le 23 mai 1555 : élection de Paul IV, 223ème pape.

Gian Pietro Carafa est né le 28 juin 1476, en Italie; il est élu pape, sous le nom de Paul IV. Son pontificat dure quatre ans, jusqu'en 1559. Il est issu d'une noble famille de Naples, dont il a été l'archevêque. Paul IV fait alliance avec les Français afin de chasser les Habsbourg de Naples. Il s'oppose à la paix religieuse d'Augsbourg du 25 septembre 1555. Celle-ci permet à chaque souverain de déterminer la confession de ses sujets.

  • le 23 mai 1648 : mort de Louis Le Nain, peintre français.

Louis Le Nain est né à Laon vers 1593. Louis a deux frères, Antoine et Matthieu, également tous deux peintres et qui se sont installés avec lui dans un atelier commun à Paris dès 1630. Il n'est pas toujours facile de distinguer ses tableaux de ceux de ses frères. Non seulement ils signent tous du même patronyme, mais en plus ils peignent souvent ensemble une même toile. Leur atelier devient vite réputé à Paris. En 1648, ils deviennent membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture.

Louis Le Nain, des trois le plus importants, se spécialise, tout comme ses frères, dans la peinture d'œuvres dédiées à la vie paysanne, à des portraits de familles paysannes dans divers environnements et dans une atmosphère grise, tout en tendant vers le réalisme. Il peint notamment : L'heureuse famille, La Forge, La famille de la laitière et Le repas des paysans. Il s'essaie aussi à la peinture religieuse avec Le repos de la Sainte Famille.

La Visite à la grand-mère (fin des années 1640), musée de l'Ermitage.

La charrette

  • le 23 mai 1706 : bataille de Ramillies.

Cette bataille a lieu au cours de la guerre de succession d'Espagne (1701-1714). Elle oppose l'Espagne, le Royaume de France et la Bavière à l'Angleterre, le Danemark, la Norvège, les Provinces Unies et le Saint Empire. L'armée franco-bavaroise dirigée par Villeroy perd en quatre heures le tiers de ses 60 000 hommes (morts, blessés ou prisonniers). La bataille de Ramillies figure, avec la bataille de Turin, parmi les plus grandes défaites de Louis XIV. Marlborough parvient ainsi à chasser l'armée française des Pays-Bas espagnols. L'année 1706 est alors appelée "annus mirabilis" par les Coalisés.

  • le 23 mai 1796 : Pie VI et les révolutionnaires français en Italie.

Ce jour là, le Pape Pie VI, qui considère que la Révolution française est dirigée contre l'Eglise catholique, incite les prêtres piémontais et lombards à soulever la population contre les Français.

  • le 23 mai 1808 : lutte entre le pape et Napoléon.

Le 2 février 1808, Rome est occupée par les troupes françaises; le 17 mai Napoléon a annexé les Etats pontificaux à l'empire. Le 23 mai, Pie VII commence à ne plus accorder l'investiture canonique aux candidats de Napoléon pour divers évêchés. Il interdit aux Italiens de prêter serment de fidélité au gouvernement français envahisseur. (Cf. la chronique du 17 mai).

  • le 23 mai 1842 : conquête de l'Algérie.

30 soldats français et leurs officiers, attirés dans une embuscade aux environ de Maison-carrée, sont massacrés impitoyablement, ayant préféré mourir qu'abjurer leur foi chrétienne. Un an plus tard le duc d'Aumale s'empare de la Smala d'Abd-el-kader le 16 mai 1843. (*)

(*) Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs de François Maris Algoud, (Ed de Chiré, page 103)

  • le 23 mai 1948 : Pie XII affirme :

« C'est surtout par les péchés d'impureté que les forces des ténèbres assujettissent les âmes. »

Posté le 23 mai 2016 à 05h23 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

22 mai 2016

Des événements se déroulent à l’Île-Bouchard, importants pour l’histoire de la France

De Cotignac 500 :

Esc1"Du 8 au 14 décembre 1947, quatre fillettes témoignent avoir vu la Vierge Marie dans l’église romane Saint-Gilles de l’Île-Bouchard, village de Touraine. À dix reprises elle s’entretient avec elles. Elle leur demande de prier pour la France au bord de la guerre civile, et leur promet du bonheur dans les familles.

Jacqueline Aubry, aînée des quatre petites filles qui ont témoigné avoir vu la Sainte Vierge dans l’église de l’Île-Bouchard en 1947, est partie vers le Père le 15 mars 2016 à l’âge de 80 ans. Sa sépulture a été célébrée par Mgr Bernard-Nicolas Aubertin le 19 mars, solennité de saint Joseph. Pendant des dizaines d’années, avec l’autorisation de l’Église, elle a raconté les choses comme elle les avait vécues avec ses yeux d’une petite fille de 12 ans. Le résumé de son récit en quatre mots pourrait être celui-ci : un contexte, une demande, une promesse et une école.

Un contexte : l’après-guerre.

Nous sommes au sortir de la Seconde Guerre mondiale. La France n’est pas encore reconstruite, il y a même moins à manger en 1947 qu’en 1945. À la campagne, peu importent les tickets de rationnement : chacun a ses arbres fruitiers et ses clapiers, on est autosuffisant. Tandis qu’en ville, début décembre, il y a des émeutes devant les boulangeries. Ce climat social difficile est encore alourdi par le début de la guerre froide. Staline a décidé de prendre le pouvoir partout en Europe. En France, il va passer par le Parti Communiste Français et la CGT qui déclenchent une grève générale qui devient une grève insurrectionnelle. On est au bord de la guerre civile. Le gouvernement Schuman mobilise deux classes d’âges sous les drapeaux pour faire face aux troubles.

Le 8 décembre 1947, vers 8 ou 9 heures du matin, le Père Finet entre dans la chambre de Marthe Robin, une mystique de la Drôme et lui dit : « La France est foutue ! » Mais Marthe répond : « Non Père, la Sainte Vierge va apparaître et demander la prière
des petits enfants. » À l’Île-Bouchard ce même jour vers 13 heures, les fillettes contemplent une « Belle Dame » qui ne dit pas une parole. Puis, lors de sa deuxième venue environ 50 minutes plus tard, elle prononce cette première phrase : « Dites aux petits enfants de prier pour la France car elle en a grand besoin. »

Une demande : prier pour la France.

La Dame va insister à quatre reprises. Ainsi le mardi 9 décembre à 13h : « Je vais vous dire un secret que vous pourrez redire dans trois jours : priez pour la France qui, ces jours-ci, est en grand danger » ; ou encore le mercredi 10 décembre à 13h : « Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour vous demander de prier pour la France. » Et enfin, le vendredi 12 décembre à 13h, la Dame fait encore la même demande aux enfants : « Je ne suis pas venue ici pour faire des miracles mais pour que vous priiez pour la France. »

Le 9 décembre, le Comité central de grève constitué par les fédérations CGT ordonne la reprise du travail. Le 12, la France est définitivement sauvée de la guerre civile et le travail a repris. Ce même jour, le mot « Magnificat » devient lisible sur la poitrine de la Sainte Vierge.

Depuis les événements, cette prière pour la France n’a pas cessé dans l’église Saint-Gilles et s’est même amplifiée : chaque second samedi de chaque mois, la messe est célébrée pour la France, en lien avec d’autres sanctuaires qui prient pour notre pays ; chaque dimanche aux vêpres, la triple invocation à Marie pour la France termine les vêpres et le Salut du Saint-Sacrement. Plusieurs pèlerinages pour la France arrivent aussi à l’Ile-Bouchard. Et prochainement, le 14 juillet 2016, nous organisons un pèlerinage des petits enfants pour notre pays.

Une promesse : le bonheur dans les familles.

Au détour d’une phrase, Marie fait une promesse passée inaperçue : « Je donnerai du bonheur dans les familles. » Aujourd’hui, à l’Amoris Laetitia, la joie de l’amour (titre de la dernière lettre du Pape sur la famille), succède souvent le chagrin de la dispute, de la séparation. L’Île-Bouchard est devenu « un hôpital de campagne » pour la famille : sept sessions par an de vacances spirituelles et familiales avec une journée couple qui en a sauvé plus d’un, pèlerinage des familles, des parents seuls, retraite pour couples en espérance d’enfants, etc. Pour que la joie de l’amour résonne à nouveau, de nombreuses familles y viennent en pèlerinage. Demain 22 mai 2016, nous accueillons le 32ème pèlerinage des familles organisé par les Association Familiales Catholiques (AFC).

Une école : apprendre à prier.

Enfin, du lundi 8 au dimanche 14 décembre 1947, la Vierge met en place tout au long de la semaine comme une école de prière : Ainsi le mardi 9 décembre à 17h, elle demande : « Chantez le Je vous salue Marie, ce cantique que j’aime bien », puis : « Dites à la foule de s'approcher pour réciter une dizaine de chapelet. » Puis la petite Jacqueline raconte que la Vierge bénit l’assistance par un « majestueux signe de croix ».

Le jeudi 11 décembre à 13h, elle demande à deux reprises de « rechanter le Je vous salue Marie ». Puis elle demande pour la deuxième fois : « Priez-vous pour les pécheurs ? », avant d’insister : « Surtout, priez beaucoup pour les pécheurs. » Marie apprend aux petites fille l’invocation : « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. »

Enfin le dernier jour, la Vierge Marie demande : «  Chantez le Je vous salue Marie. Récitez une dizaine de chapelet. » Puis : « Dites à la foule de chanter le Magnificat. »

Le samedi et le dimanche, les cinq dizaines de chapelet sont priées.

Prier pour la France, pour les familles, apprendre à prier… sont toujours d’actualité !

Abbé Xavier Malle, curé de la paroisse/sanctuaire de L’Île-Bouchard

Posté le 22 mai 2016 à 09h52 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 22 mai…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 22 mai 337 : Constantin est baptisé sur son lit de mort.

Constantin Ier est le tout premier empereur romain de foi chrétienne. Il a permis à la foi catholique de sortir des catacombes, se fait baptiser à l'orée de sa mort. C'est la coutume à l'époque de se faire baptiser le plus tard possible pour éviter le Purgatoire.

  • le 22 mai 964 : élection du pape Benoit V.
  • le 22 mai 987 : mort du Roi Louis V « Le Fainéant ».

Le Roi meurt d'une chute de cheval ; il est sans descendance. Avec lui s'achève la lignée des descendants de Pépin le Bref sur le trône de France

  • le 22 mai 1200 : Traité du Goulet.

Ce traité est conclu, selon le chroniqueur Rigord, le jeudi 18 mai 1200 à Gueuleton, actuelle île du Goulet près de Vernon. La plupart des historiens donnent cependant comme date pour le traité le 22 mai. Par ce traité, Jean-sans-Terre cède le comté d'Évreux à Philippe Auguste et reconnaît la suzeraineté du Roi de France sur les terres françaises des Plantagenêts. En contrepartie, le Roi Philippe II renonce à tout droit sur la Bretagne dont le jeune duc, Arthur, doit prêter hommage au roi Jean.

  • le 22 mai 1271 : Louis IX est inhumé à St-Denis dans un tombeau d'or et d'argent ciselé qui a disparu lors de la guerre de 100 ans.
  • le 22 mai 1526 : Ligue de Cognac.

Le 22 mai 1526 est constituée, à l'initiative de Louise de Savoie, mère du Roi de France François Ier alors emprisonné, une ligue contre l'empereur Charles Quint. Cette ligue regroupait le pape Clément VII, Henri VIII d'Angleterre, ainsi que les villes de Florence, Milan et Venise. La ligue de Cognac marque le début de la septième guerre d'Italie qui dure près de quatre ans.

  • le 22 mai 1542 : Paul III convoque le concile de Trente.

Voir la chronique du 13 décembre.

  • le 22 mai 1667 : le pape Alexandre VII meurt à Rome.

Voir la chronique du 7 avril.

  • le 22 mai 1703 : bataille du cap de la Roque.

Afin de compenser leur infériorité, au début de la guerre de Succession d'Espagne, les marines franco-espagnoles pratiquent la guerre de course qui oblige les anglo-hollandais à escorter les convois. Le 22 mai 1703, une escadre française commandée par Alain Emmanuel de Coëtlogon tente d'intercepter un convoi hollandais transportant du sel et du sucre. 110 navires marchands sont escortés par cinq navires de guerre. Ces derniers se portent au-devant des Français pour couvrir la fuite du convoi. Les navires de guerre hollandais, moins puissants, doivent se rendre, mais les navires marchands parviennent à s'enfuir. Victoire militaire, l'objectif français n'est donc pas complètement atteint.

gravure de la bataille du cap de la Roque, d'après le tableau de Théodore Gudin

non libre

  • le 22 mai 1765 : le Parlement de Bretagne démissionne en masse.

70 magistrats sur 86 démissionnent collectivement, pour s'opposer à la mise en place des impôts imposés par Louis XV.

  • le 22 mai 1794 : bataille de Tournai.

Les coalisés battent les armées révolutionnaires dans le nord de la France.

  • le 22 mai 1871 : les troupes versaillaises contrôlent les Champs-Élysées, les quartiers St-Lazare et Montparnasse, à Paris.

Posté le 22 mai 2016 à 05h20 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)


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