31 août 2014

Atelier théâtre à Anglet sur le bienheureux abbé de Cestac

C

Posté le 31 août 2014 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 31 août…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 31 aout 1461 : le Roi Louis XI entre triomphalement à Paris.

C'est à l'âge de trente-huit ans, que l'éternel Dauphin, devenu Louis XI, rentre en maître dans la capitale du royaume de France. Après le sacre à Reims le 15 aout (Voir la chronique du jour) le Roi tient à manifester sa reconnaissance au Duc de Bourgogne qui l'a recueilli quand son père Charles VII l'avait chassé de la Cour. Le "grand-duc d'Occident" est accompagné de près de 4000 seigneurs aux tenue resplendissantes.

Paris accueille somptueusement son nouveau souverain : des fontaines où coulent le vin, le lait et l'hypocras, des spectacles surprenants, tels qu'une pantomime qui évoque des épisodes de la Passion du Christ, des combats de saltimbanques déguisés en sauvages, scènes de chasse vivante, reconstitution de la bataille de Dieppe de 1443.

A Notre Dame, c'est l'évêque, entouré du clergé et des membres de l'Université qui accueillent Louis XI. La cérémonie s'achève sur un Te Deum, donné dans la cathédrale, et par le banquet traditionnel au Palais, qui dure jusqu'à minuit. Les festivités vont durer 15 jours. Voir les chroniques du 3 juillet, des 1, 15 et 30 août.

  • le 31 aout 1464 : Paul II est élu pape.

Pietro Barbo née le 23 février 1417 à Venise et meurt le 26 juillet 1471. C'est un religieux italien qui devient le 211ème pape de l'Église catholique sous le nom de Paul II. Amateur de magnificence, il fait bâtir le palais Saint-Marc, actuel palais de Venise (palazzo Venezia). Il décrète également l'année sainte de 1475. Il autorise la création de l'université de Bourges le 12 décembre 1464, à la suite d'une demande du Roi Louis XI.

  • le 31 aout 1622 : les armées du Roi Louis XIII commencent le siège de Montpellier.

Voir la chronique du 19 octobre qui marque la fin du siège, du 28 octobre sur le siège de La Rochelle, des 19 et 28 mai sur le siège de Privas ; du 28 juin sur le siège d'Alès.

  • le 31 aout 1670 : au séminaire de Rennes est célébrée la première fête du sacré Cœur.

La Congrégation des Saints Rites, à Rome, ne reconnait ce culte qu'à partir du 26 janvier 1765.

  • le 31 aout 1715 : Louis XIV tombe dans un semi-coma.

Le Roi entre en agonie 72 ans de règne s'achèvent…

  • le 31 aout 1801 : fin de l'expédition d'Egypte.

Le général Ménou, chef des troupes françaises d'Égypte, puisque Bonaparte a fui ce bourbier, signe un accord d'évacuation avec les Britanniques à Alexandrie mettant fin à la campagne d'Égypte. Cette campagne est un désastre militaire, même si elle permet à l'égyptologie de se développer.

  • le 31 aout 1811 : naissance de Théophile Gautier, poète, romancier et critique d'art français.
  • e 31 aout 1811 : décès de Louis Antoine de Bougainville, navigateur et explorateur français.

Louis Antoine de Bougainville

Portrait par Jean-Pierre Franque.

Le comte Louis-Antoine de Bougainville, née à Paris le 12 novembre 1729 et y meurt le 31 août 1811, c'est un officier de marine, navigateur et explorateur français.

Son père est notaire au Châtelet et échevin de la ville. Après des études au collège de l'Université où il montre des aptitudes pour les mathématiques, il publie deux volumes d'un Traité de calcul intégral en 1754 et 1756. C'est à la mort de son père qu'il commence une carrière militaire. Envoyé en Nouvelle-France en 1756, il sert en tant qu'aide-de-camp du brigadier-général de Montcalm sous les ordres duquel il participe à tous les combats contre les Anglais : les victoires françaises d'Oswego (1756), de Fort William Henry (1757) et de Fort Carillon (1758), où il est blessé ; siège de Québec en 1759, où Montcalm le met à la tête d'une force d'environ 1 000 hommes, dont une unité de 150 cavaliers qui réussit à repousser les tentatives de débarquement anglaises en amont de Québec.

Après la mort au combat de Montcalm, c'est lui qui dirige le repli des troupes françaises vers Montréal et il est nommé colonel. Il remet de ses propres mains la capitulation française au général britannique Jeffery Amherst à Montréal.

Capitaine de frégate en 1763, il part établir une aux îles Malouines, qu'il restitue aux Espagnols, par ordre du Roi Louis XV. Il entreprend un voyage autour du monde en partant de Nantes le 15 novembre 1766, à bord de la Boudeuse. Au Brésil, le botaniste Philibert Commerson, qui l'accompagne, découvre la fleur qu'il nomme plus tard la bougainvillée. Il franchit le détroit de Magellan, explore l'immense et dangereux archipel des Tuamotu et mouille à Tahiti, découverte en juin 1767 par Samuel Wallis. Il explore quelques semaines plus tard l'île à laquelle on donnera par la suite son nom. Il découvre ensuite la plupart des îles Samoa, qu'il appelle « îles des Navigateurs ». Il rentre à Saint-Malo le 16 mars 1769 et publie en 1771 sa Description d'un voyage autour du monde.

Promu chef d'escadre des armées navales en 1779, il commande plusieurs vaisseaux dans la guerre d'indépendance des États-Unis. Et après la bataille de la baie de Chesapeake, il retourne dans l'armée de terre avec le grade de maréchal de camp.

Accusé de fuite devant l'ennemi lors de la bataille des Saintes, le 12 avril 1782, le conseil de guerre le relaxe, car sa condamnation eût été embarrassante pour les ministres, compte tenu de ses relations. Il reste fidèle au Roi Louis XVI lors de la Révolution. Il est chargé en 1790 de commander l'armée navale de Brest. Promu vice-amiral en janvier 1792, il se retire du service en février de la même année, quitte la marine après en avoir refusé le ministère. Il est près du Roi le 20 juin 1792.

Arrêté pendant la Terreur, il est libéré à la suite de la chute de Robespierre. Associé libre de l'Académie des sciences depuis 1789, il est élu membre de l'Institut de France et membre du Bureau des longitudes en 1796. Il préside le conseil de guerre qui juge les responsables de la bataille de Trafalgar en 1809. Son corps repose au Panthéon de Paris.

  • le 31 aout 1870 : débuts des combats de Bazeilles.

En d'août 1870, voulant délivrer Bazaine encerclé dans Metz, Mac-Mahon constitue une armée dite « de Châlons » où se trouve la Division Bleue. La Division de marine du général de Vassoigne, aussi appelée « Division bleue » est constituées des 1er, 2e, 3e et 4e RI Coloniale assistés du Ier Régiment d'Artillerie Coloniale prend le village de Bazeilles. Après 6 jours de marche forcée depuis Reims, l'armée atteint Sedan où elle se fait fixer.

La Division bleue doit protéger Bazeilles, les « coloniaux » reprennent le village malgré l'énorme supériorité de l'artillerie ennemie. L'attaque bavaroise au matin du 1er est stoppée par une contre attaque de 150 marsouins dirigée par le commandant Lambert, sous-chef d'état-major de la division.

Un double changement de Mac Mahon, blessé, par le général Ducrot, puis de ce dernier par le général de Wimpfen, entraînent ordres et contre-ordres, abandon de Bazeilles et reprise par assaut du village, et ceci à 1 contre dix !

Le général de Vassoigne estime que « l'infanterie de marine a atteint les extrêmes limites du devoir » et sonne la retraite afin d'éviter le massacre intégral de la troupe.

La division Bleue perd 2 655 hommes au cours de ce seul affrontement, mais l'adversaire laisse sur le terrain 7 000 tués dont plus de 200 officiers

Bazeilles est devenu la fête des Troupes de marine. L'anniversaire de cette bataille est commémoré chaque année dans tous les corps de troupe de France et d'Outre-mer et sur les lieux mêmes de la bataille. Le récit qui suit est prononcé à cette occasion:

«1870 : la France est en guerre. Son territoire est envahi. Pour prendre part à la lutte, marsouins et bigors sont, pour la première fois de leur histoire, groupés dans une même division, la division de marine qui sera surnommée la division bleue. Commandée par le général de Vassoigne, elle est composée de 2 brigades :

  • la 1re, général Reboul, est formée du 1er Régiment d'Infanterie de Marine de Cherbourg et du 4e de Toulon
  • la 2e général Martin des Pallières, comprend le 2e Régiment d'Infanterie de Marine de Brest et le 3e de Rochefort. Le 1er Régiment d'Artillerie de Marine de Lorient fournit 3 batteries.

La Division bleue fait partie du 12e Corps d'Armée sous le commandement du général Lebrun affecté à l'armée de Mac Mahon. Rassemblée au camp de Chalons, celle-ci, dans la deuxième quinzaine d'août, va tenter la jonction avec l'armée de Bazaine enfermée dans Metz.

Le 30 août, après six jours de marches et de contre-marches harassantes, un de nos corps d'armée s'étant laissé surprendre à Beaumont, la 1re brigade, celle du général Reboul, doit intervenir, d'ailleurs avec succès, pour le dégager.

Le lendemain 31 août vers midi, c'est l'autre brigade qui est chargée de reprendre Bazeilles que l'ennemi vient d'occuper.

Le général Martin des Pallières enlève sa troupe. L'ennemi est refoulé, mais sa supériorité en nombre et en artillerie lui permet, en multipliant ses attaques, de reprendre pied dans la localité. La mêlée est acharnée; les pertes sont sévères des deux côtés; le général Martin des Pallières est blessé et le village en feu.

Vers 4 heures de l'après-midi, les nôtres ne tiennent plus que les lisières nord du village. C'est alors que la brigade Reboul, conservée jusque là en réserve, est engagée et, avant la tombée de la nuit, Bazeilles est entièrement reprise une nouvelle fois. Toujours au prix de combats acharnés.

On s'organise pour la nuit. Seules des grand-gardes, placées aux ordres du commandant Lambert, sous-chef d'état-major de la Division, tiendront la localité. Le commandant Lambert, comprenant que l'ennemi, puissamment renforcé pendant la nuit, va revenir en force, lui tend un piège.

Lorsque, le 1er septembre au lever du jour, les Bavarois commencent à pénétrer dans le village, ils croient celui-ci abandonné. Une vigoureuse contre-attaque, menée par 150 marsouins, les surprend et les met en fuite. Nous sommes à nouveau, et pour la troisième fois, maîtres de Bazeilles.

À ce moment survient un coup de théâtre. Le général Ducrot, qui vient de remplacer Mac Mahon blessé, veut regrouper l'armée et l'ordre est donné d'abandonner Bazeilles. Ce que l'ennemi n'a pas réussi, la discipline l'obtient : Bazeilles est évacué. Mais le général de Wimpffen, porteur d'une lettre de service, revendique le commandement et, prenant le contrepied des dispositions de son prédécesseur, ordonne que soient réoccupées les positions abandonnées.

Il faut donc reprendre Bazeilles dont les Bavarois n'ont pas manqué de s'emparer entretemps. De Vassoigne n'hésite pas et sa division, en une seule colonne, s'empare du village pour la quatrième fois, malgré la défense acharnée de l'adversaire.

Le 1er Corps d'armée Bavarois, renforcé d'une division supplémentaire, et appuyé par une artillerie de plus en plus nombreuse, reprend ses attaques qu'il combine avec des manœuvres d'encerclement, tandis que dans le village se multiplient les incendies.

Luttant à un contre dix, les marsouins, malgré les obus qui les écrasent et les incendies qui les brûlent et les suffoquent, défendent pied à pied chaque rue, chaque maison et chaque pan de mur. Ils ne cèdent le terrain que très lentement infligeant à l'ennemi des pertes sévères. Hélas, celles qu'ils subissent ne le sont pas moins et, ce qui est très grave, les munitions commencent à manquer.

Le général de Vassoigne, toujours très calme, estime que sa mission est maintenant accomplie, que « l'infanterie de marine a atteint les extrêmes limites du devoir » et qu'il ne doit pas faire massacrer une telle troupe, susceptible de rendre encore des services. Vers midi, il fait sonner la retraite.

Cependant le général de Wimpfen veut encore tenter une percée vers l'est. À cet effet, aux environs de 16 heures, il fait appel au général de Vassoigne et se met avec lui, épée en main à la tête des débris dont il dispose.

Bazeilles est en grande partie repris, lorsque sur l'ordre de l'empereur, il fait mettre bas les armes.

La Division bleue a perdu 2 655 des siens dont 100 officiers. »

Les dernières cartouches, tableau d'Alphonse de Neuville

  • le 31 aout 1903 : le Commandant Charcot part du Havre à bord du "Français" pour une expédition en Antarctique.
  • le 31 aout 1907 : Convention anglo-russe.

Alors que depuis un an des négociations militaires officieuses ont lieu entre la France et le Royaume-Uni, ce dernier signe un accord avec la Russie. Celui-ci définit les zones d'influences de chacun en Afghanistan et en Iran, mais il permet également aux trois pays de se lier indirectement. Désormais la France est alliée à l'empire russe qui est allié au Royaume-Uni qui est allié à la France. Cet accord va se révéler fondamental. Ajouté à l'alliance franco-russe et à l'Entente cordiale, cet accord russo-britannique, sous l'égide de la France donne naissance à la Triple Entente.

Posté le 31 août 2014 à 06h47 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

26 août 2014

Saint Louis un modèle pour notre temps

Charles Beigbeder honore saint Louis que nous avons fêté hier :

"Il y a 744 ans, le 25 août 1270, mourait le roi Louis IX, dit « Saint Louis », des conséquences d’une épidémie de dysenterie contractée à Tunis au cours de la VIIIème croisade.

Descendant direct d’Hugues Capet, arrière-petit-fils d’Aliénor d’Aquitaine, petit fils du roi Philippe Auguste, fils de Blanche de Castille, Saint Louis, né quelques mois avant la bataille de Bouvines en 1214, reste la figure la plus emblématique du roi justicier, arbitre reconnu et respecté des conflits internationaux, roi réformateur qui modernisa la monarchie capétienne et roi bâtisseur qui embellit notre pays d’un nouveau patrimoine religieux et culturel. À titre privé, Saint Louis, époux attentif et aimant, père de 11 enfants, reste un modèle de vertu et une figure de sainteté qui impressionna ses contemporains jusqu’en Orient et força l’admiration de ses adversaires.

Roi justicier, Saint Louis l’est d’abord dans son royaume : il renouvelle la « quarantaine-le-roi » instituée par Philippe Auguste, trêve obligatoire d’au moins 40 jours après un différend privé, au cours de laquelle le recours aux armes est strictement interdit sous peine de crime de lèse-majesté, afin d’endiguer la vengeance privée et de faciliter le recours aux voies judiciaires. Dans le même esprit, il interdit les ordalies, (qui consistaient à soumettre de manière superstitieuse l’accusé à une épreuve physique pour décider de son sort) et supprime le duel judiciaire dans le domaine royal, au profit des preuves testimoniales. Couronnant le tout, il institue la « supplicatio », droit d’appel au roi de tout jugement local.

Artisan de paix, il s’efforce de limiter les conflits avec ses contemporains et consolide les acquisitions territoriales de la dynastie capétienne. [...]

Roi réformateur, saint Louis promulgue en 1254 une grande ordonnance administrative qui modernise le royaume et lutte contre l’arbitraire des officiers royaux : abolition des mesures édictées par eux en violation des coutumes locales, interdiction pour les officiers royaux d’accepter tout cadeau pour eux-mêmes ou leur famille, afin d’éviter toute forme de corruption, impossibilité d’infliger une amende sans jugement, instauration du principe de présomption d’innocence. Se souciant des injustices pesant sur la condition féminine, Saint Louis s’efforce de préserver leurs héritages et leurs dots en interdisant qu’une femme puisse être punie pour les fautes de son mari.

Roi bâtisseur, enfin, Saint Louis fonde l’abbaye de Royaumont qu’il attribue aux Cisterciens, participe à l’érection des grandes cathédrales gothiques, fait édifier la Sainte Chapelle, véritable écrin de verre enfermant les reliques de la couronne d’épines, fonde avec Robert de Sorbon, son confesseur et ami, le Collège de la Sorbonne, institue pour les Aveugles l’hospice des Quinze-Vingts, restaure l’Hôtel Dieu de Paris, ou encore fortifie la ville d’Aigues-Mortes, point de départ des deux croisades qu’il mena au cours de son long règne de 44 ans.

C’est d’ailleurs Saint Louis, qui, le premier, accorde la protection de la France aux peuples chrétiens d’Orient, bien avant les Capitulations signées en 1536 par François Ier avec la Sublime Porte. [...]

Comment ne pas voir dans la figure de Saint Louis un modèle pour notre temps !

Le manque de justice se fait cruellement sentir, alors que des pans entiers de notre territoire deviennent des zones de non-droit où les caïds font régner la terreur, et que des magistrats laxistes relâchent les délinquants récidivistes traqués par la police, alors que la Garde des Sceaux fait adopter un projet de loi contribuant à vider les prisons.

La recherche de la paix en Europe devrait conduire la France à jouer un rôle d’arbitre en Ukraine, au lieu de se contenter d’infliger des sanctions économiques à la Russie. Comment ne pas comprendre qu’il est illusoire et dangereux de vouloir cantonner l’Ukraine dans le giron européen alors que le pays reste tiraillé entre l’Ouest soumis à l’influence occidentale, et l’Est, proche de la Russie, qui n’acceptera jamais un satellite de l’OTAN ou de l’UE à ses frontières.

De même, la « réformation du royaume » est une nécessité vitale dans un pays soumis à des corporatismes plus dangereux que les féodalités médiévales, et victime d’un chômage endémique, d’une taxation asphyxiante, et d’une dépense publique toujours plus dispendieuse.

Enfin, face à ce qui s’apparente de plus en plus à un génocide des Chrétiens d’Orient mené par l’Etat islamique d’Irak et du Levant, comment ne pas s’inspirer de Saint Louis pour que, fidèle à notre tradition de protection des minorités chrétiennes d’Orient, nous demandions à l’ONU une intervention militaire placée sous l’égide du chapitre VII de la charte des Nations unies et conduite par une coalition où figureraient, aux côtés des Occidentaux, les pays de la Ligue arabe acceptant de s’impliquer dans une opération de la sorte. Ce serait notre manière contemporaine d’être fidèle à l’héritage de saint Louis !

Posté le 26 août 2014 à 09h53 par Michel Janva | Lien permanent

25 août 2014

St Louis : "j’ai regardé et examiné son Alcoran et je n’y ai vu qu’ordures et impuretés"

Du père Daniel-Ange sur France catholique :

"Nous sommes en 1250. Saint Louis, prisonnier, comparaît devant le sultan du Caire. Joinville est présent, témoin de ce dialogue sidérant :

- « Quelle est la cause de votre tristesse ? »

- « C’est que je n’ai point gagné ce que je désirais le plus gagner, la chose pour laquelle j’avais laissé mon doux royaume de France, et ma mère, chère encore, qui criait après moi, la chose pour laquelle je m’étais exposé aux périls de la mer et de la guerre.

- « Et qu’est-ce donc, O Seigneur Roi, que vous désiriez si ardemment ? »

- « C’est… ton âme ! Que le diable promet de précipiter dans le gouffre. Mais jamais, grâce à Jésus Christ, qui veut que toutes les âmes soient sauvées, il n’arrivera que satan puisse se glorifier d’une si belle proie. Le Très Haut le sait, lui qui n’ignore rien : si toute le monde visible était à moi, je le donnerai tout entier, en échange du salut des âmes.

- « Eh quoi ! bon Roi, tel a été le but de ton pèlerinage si pénible ? Nous pensions tous, en Orient, que vous tous les chrétiens, aspiriez ardemment à notre soumission et vouliez triompher de nous par avidité de conquérir nos terre et non par désir de sauver nos âmes.

- « J’en prends à témoin le Tout Puissant, je n’ai point souci de retourner jamais dans mon Royaume de France, pourvu que je gagne à Dieu ton âme, et les âmes des autres infidèles, et qu’elles puissent être glorifiées.

Voilà donc le mot-clé lâché. Ce que veut ce Roi missionnaire, en finale, c’est la Gloire du Ciel, la Gloire du Royaume éternel, la propre Gloire du Ressuscité, non seulement pour ce Sultan, mais pour touts les musulmans du monde.

Le sultan alors de rebondir sur ce mot et d’évoquer le ciel selon le Coran : « Nous espérons, en suivant la loi du très bénin Mahomet arriver à jouir des plus grands délices dans l’avenir. » (sous-entendu, des quantités de femmes)

Et le Roi de répliquer, droit dans le mille :

« Je ne puis assez m’étonner que vous, qui êtes des hommes discrets et circonspects (il discerne le meilleur en eux), vous ajoutiez foi à cet enchanteur Mahomet qui commande et promet tant de choses déshonnêtes ». Et se référant, non à l’Evangile, mais au simple bon sens humain, d’ajouter : « En effet, j’ai regardé et examiné son Alcoran et je n’y ai vu qu’ordures et impuretés, tandis que d’après les sages anciens, voire même les païens, l’honnêteté est le souverain bien dans cette vie ». Quel amour de la Vérité ! Quelle audace ! Quels risques encourus, puisque le sultan d’un seul geste peut le faire décapiter d’un seul coup de sabre. [...]

Ne l’oublions pas : notre totalitarisme idéologique fait le lit de l’intégrisme islamique. Nos aberrations provoquent leurs révolutions. Les violences déshumanisantes de notre pos-humanisme déchaînent leurs violences exterminatrices. D’un mot : nos monokinis entraînent leurs burkas. Ceci d’autant plus que l’effondrement moral de l’Occident est attribué au christianisme. Leur génocide organisé et sanglant répond à notre génocide aseptisé d’enfants. Leur terrorisme armé à notre terrorisme feutré. Leur rejet du droit universel à notre rébellion contre le réel. Là-bas des membres de minorités crucifiées, pendant qu’ici nous crucifions nos enfants en niant leur identité sexuelle.

Nous fustigeons leur régression à des pratiques barbares vieilles de plusieurs millénaires alors que nous régressons aussi, avec nos « sacrifices » légalisés d’enfants encore à naître ou déjà nés.

Conclusion : la tragédie sans nom qui se joue au Proche-Orient devrait donc provoquer en Occident un gigantesque sursaut pour sauver la vie même de nos propres enfants, protéger nos propres familles- ces labos de toute paix sociale, rendre le mariage à son vrai visage, restituer l’amour dénaturé à la Source même de tout amour, donc de toute paix. Celui qui, par débordement d’amour ne cesse de nous donner la vie, Sa vie. Déjà im-mortelle. [...]"

Posté le 25 août 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

Pour les Chrétiens d’Orient, osons fêter la Saint-Louis

De Louis, duc d'anjou :

"25 août fête de Saint Louis. En cette année de commémoration de la naissance du grand roi né en 1214, elle ne peut passer inaperçue ni nous laisser indifférent car l’image du roi nous ramène immanquablement à la Terre Sainte qui a tenu une grande place dans sa vie de souverain, de souverain chrétien. Or huit siècles après, cette terre se trouve toujours en guerre avec son lot de victimes et de drames vécus au quotidien par une des plus vieilles populations chrétiennes de la terre. Nous assistons à une véritable persécution qu’il faut dénoncer comme crime contre l’humanité. Les Chrétiens d’Irak qui étaient 1,5 millions il y a une trentaine d’années sont moins de 400 000. Le combat est celui, une nouvelle fois de David contre Goliath, des petits contre les géants. Mais les géants de nos jours sont armés puissamment et non moins puissamment fanatisés. Les moyens de résister sont faibles. Pourtant ne faut-il pas tout faire pour que ces Chrétiens demeurent sur leur terre ? Ils y vivent depuis toujours, depuis le début de l’ère chrétienne, c’est-à-dire bien avant que l’Islam n’y soit venu.

Saint Louis le saint de la justice, du bien commun et de la famille, est aussi celui d’un dialogue méditerranéen. S’il est plus que connu en France où les cérémonies organisées à l’occasion du 8ème centenaire de sa naissance et de son baptême sont nombreuses, il l’est aussi de la Tunisie à l’Egypte en passant par Chypre et il est encore largement honoré au Liban. Saint Louis, le premier, accorda la protection de la France aux peuples chrétiens d’Orient. Depuis, de François 1er à Napoléon III tous les souverains honorèrent cette promesse. La République n’y fut pas insensible même si parfois sa position manque de vigueur. Toutefois la voix de la France n’est plus aussi forte qu’auparavant et beaucoup de « bruits de fond » empêchent qu’elle soit bien audible. Ces peuples martyrs manquent de protecteurs.

Pourtant la situation des Chrétiens d’Orient demande à ce que l’on parle en leur nom. Le Pape François l’a fait fermement et courageusement il y a quelques jours. Plusieurs évêques et cardinaux français sont partis sur le terrain et ont montré par l’exemple et la prière que les chrétiens d’occident, que les fils de Saint Louis étaient à leur côté. Mais cette présence, ces prières doivent être soutenues et amplifiées. C’est à nous, nations chrétiennes dans un monde plus ou moins préservé, de rappeler qu’il y a des valeurs essentielles avec lesquelles les politiques ne peuvent transiger. Celles de la vie tout d’abord, de la vie respectée de la conception à la mort ; celles, ensuite, d’une société sachant s’élever au-dessus des seuls matérialismes et hédonismes comme vient encore de la rappeler le Pape François à Séoul ; celles, enfin, du respect mutuel entre croyants.

Le message chrétien dont la France a longtemps été le porte-parole est celui de la primauté du droit sur la force. La force du conquérant ne peut rien contre les droits de ceux qui ont toujours été là et qui se sont toujours reconnus comme chrétiens.

Cette présence chrétienne dans le coeur du Moyen-Orient, dans le berceau de la civilisation née en Mésopotamie, est une richesse pour toute l’humanité. Que serait celle-ci si l’uniformité régnait, si l’uniformité de la brutalité régnait ? Le message de Saint-Louis encourage à préserver cette richesse. Lui qui savait pardonner à ses ennemis, et a toujours mis toute son énergie en avant pour que la chrétienté puisse vivre sur la Terre Sainte. C’est la vigueur de sa foi et de ses vertus de chrétien qui ont fait que même prisonnier, ses ennemis l’ont estimé. C’est ainsi qu’il est saint et que huit siècles après il est toujours honoré.

Aîné des descendants de Saint Louis, je lance donc un appel en faveur des chrétiens du Moyen-Orient afin que la paix leur soit donnée, afin qu’ils puissent vivre sur leur terre et continuer à témoigner qu’au-delà de la violence des hommes, il y a place pour la charité, la justice, le droit. C’est cela la paix de Dieu. Le message malgré les siècles demeure. Le Pape François le prêche partout dans le monde. Il appartient à tous les hommes de bonne volonté de le diffuser et de faire vivre ces valeurs en redonnant du sens à leur vie. Pour les Chrétiens d’Orient, face aux persécutions et à l’exil forcé, il y a urgence. Telle est la prière que nous pouvons adresser à Dieu, par l’intercession de Saint-Louis en sa fête le 25 aout."

Posté le 25 août 2014 à 07h34 par Michel Janva | Lien permanent

24 août 2014

La Vierge noire du Puy a été brûlée le 8 juin 1794

La Montagne revient sur cette page d'histoire :

"Les pèlerins étaient encore nombreux pour les cérémonies de l'Assomption au Puy-en-Velay, cette année. Tous ont rendu hommage, comme le veut la tradition, à la Vierge noire. Une statue, objet aujourd'hui encore de toutes les dévotions, mais qui n'est qu'une effigie couronnée depuis 1856.

Dans les premières années de la Révolution, la déchristianisation va progressivement se mettre en marche. Dans une France où la religion constitue un socle important de la vie quotidienne, le choc est brutal.

Le christianisme est combattu farouchement : interdiction du culte, fin des fêtes religieuses, prêtres arrêtés ou assassinés… Le Puy-en-Velay, haut lieu de pèlerinage depuis le V e siècle, n'échappe pas à la règle. La ville doit par exemple appliquer la fermeture des églises, fin 1793. Les sans-culottes viellent à faire respecter ces lois anticléricales et les plus fidèles, condamnés à prier dans la clandestinité, craignent les représailles.

En janvier 1794, la Vierge noire est enlevée de la Cathédrale. Selon les documents d'époque, ses ornements précieux lui auraient été retirés avant qu'elle ne soit consignée aux archives municipales.

Le dimanche 8 juin de cette même année a lieu la fête nationale. Hasard ou non, elle tombe le jour de la révolue Pentecôte. Louis Guyardin, envoyé de la Convention nationale en Haute-Loire, décide pour toute festivité de faire un autodafé des reliques du christianisme sur la place du Martouret.

Devant une foule que les récits rapportent nombreuse, avec la guillotine à quelques pas – bien sollicitée ces derniers mois –, les flammes viennent alors réduire en cendres livres, tableaux, vêtements et autres, pourvu qu'ils soient en lien avec le christianisme. Clou de ce drôle de spectacle, la Vierge noire est amenée « dans un tombereau brimbalant et crotté de l'éboueur », explique l'auteur Roger Briand, dans son livre très documenté Les mystères de Haute-Loire (Editions De Borée - 2011).

Les insultes fusent en direction de la statue de bois de cèdre tant priée des siècles durant. Un premier coup de sabre vient abîmer le visage de la Vierge noire. Malgré les efforts de quelques lettrés pour éviter l'irréparable, la statue est jetée au feu.

Sous les yeux des badauds, l'objet de bois de cèdre se consume peu à peu. L'histoire rapporte qu'un parchemin enroulé serait sorti de la statue mais aurait… aussitôt été dévoré par les flammes. De quoi s'agissait-il ? Ce document aurait-il permis de connaître l'origine exacte de l'objet ? Impossible à dire. La Vierge noire est partie avec ses secrets en ce jour du 8 juin 1794. [...]"

Posté le 24 août 2014 à 11h53 par Michel Janva | Lien permanent

23 août 2014

Le succès du Puy du Fou

Les spectacles historiques du Puy du Fou ont attiré 1,74 million de visiteurs en 2013. Samedi dernier un record d'affluence a été battu au Puy du Fou avec plus de 22 000 spectateurs en une journée.

Extrait du spectacle sur Les Vikings :

Cliquer ici

Deux versions du Parc du Puy du Fou devraient bientôt voir le jour à Moscou et en Crimée.

Posté le 23 août 2014 à 19h48 par Michel Janva | Lien permanent

100 ans de la mort de saint Pie X

Lu dans Famille chrétienne :

X"Pendant trois jours, Riese Pio X, le village natal du pape Pie X situé à une cinquantaine de kilomètres de Venise, se mobilise pour célébrer les 100 ans de la mort de leur enfant devenu curé de campagne (1858), évêque de Mantoue (1884), patriarche de Venise (1893) puis pape (1903).

Le petit village de Riese, en Italie du Nord, rend hommage à celui qui l’a rendu célèbre : saint Pie X. À l’occasion du centenaire de sa mort (20 août 1914), il est en ce moment même le théâtre d’une semaine de célébrations en son honneur. Ouverte mardi 19 août par une nuit d’adoration à l’église paroissiale, elle se poursuit mercredi, jeudi et samedi autour d’activités diverses comme l’inauguration d’une exposition (visible à Riese Pio X jusqu’au 31 août), une procession entre la maison natale de saint Pie X et l’église paroissiale du village, la présentation du timbre émis par la Poste italienne à l’occasion du centenaire et différents temps de prière. Le point culminant de cette semaine sera la célébration, samedi soir, d’une messe solennelle par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, tout juste rentré de Corée du Sud où il était ces jours-ci avec le pape. La messe sera précédée d’une procession qui partira, en fin de journée, de la place de l’église, et qui doit retracer les principales étapes de la vie du saint.

Né en 1835 dans ce village de parents de condition modeste, Giuseppe Sarto – le futur saint Pie X - fréquenta le séminaire de Padoue, avant d’être ordonné prêtre en 1858 dans la cathédrale de Castelfranco. Il devient alors vicaire à Tombolo, curé de Salzano en 1867, puis chanoine de Trévise, directeur du séminaire et chancelier épiscopal en 1875. Il est nommé évêque de Mantoue en 1884, puis promu patriarche de Venise en 1893. Élu pape le 4 août 1903, il le restera onze années, jusqu’à sa mort le 20 août 1913. Il a été béatifié (1951) puis canonisé (1954) par Pie XII.

Pape à une époque difficile – les États se préparent à la Première Guerre mondiale, l’Église a besoin de grandes réformes, l’unité de foi est menacée par l’hérésie moderniste, les assauts de l’anticléricalisme battent leur plein –, saint Pie X fait preuve d’une volonté et d’une détermination à toute épreuve et mène d’immenses réformes au sein de l’Église. Son objectif, exposé dans la première de ses seize encycliques, qu’il publie deux mois après son élection : « Tout restaurer dans le Christ » (E Supremi).

Outre plusieurs condamnations particulièrement marquantes, comme celle de la loi de séparation de l’Église et de l’État (1905) ou du modernisme (1907), c’est une réforme à la fois structurelle et spirituelle que mène le pape saint Pie X. Quelques exemples d’apports majeurs de son pontificat : le lancement des travaux qui conduiront à la publication d’un Code de droit canonique ; les encouragements donnés à la communion fréquente et l’abaissement de l’âge de la première communion des enfants ; la réforme de la formation des prêtres ; la diffusion de son fameux Catéchisme, encore récemment réédité ; la réforme de la Curie, impliquant notamment le redimensionnement de la Secrétairerie d’État ; l’ouverture du Collège cardinalice à de nouveaux continents. Un pontificat relativement court mais particulièrement dense, mené par ce saint qui fut à la fois un grand prêtre, un grand réformateur et un grand défenseur de la foi catholique."

Posté le 23 août 2014 à 15h06 par Michel Janva | Lien permanent

22 août 2014

Procession des reliques de saint Louis en pays basque

Lu dans La Semaine du Pays Basque, écrit par Alexandre de La Cerda :

"« Louis jusqu’à son heure dernière / Lutta jadis, vaillant soldat, / Nous qui marchons sous sa bannière, / Comme lui, nous ne trembleront pas (…) La France s’élance et crie Montjoie ! / Victoire et gloire à notre roi » ! L’hymne bien enlevé des Monjoyards en l’honneur de leur saint patron retentissait dans les ruelles de la belle bastide de Lamontjoie au coeur de l’Albret, le pays d’Henri IV, mais aussi celui de son ancêtre saint Louis, dont la procession promenait l’ostensoir aux reliques offertes en 1298 par son petit-fils Philippe le Bel. Conservées depuis lors dans la précieuse châsse-reliquaire en émail champlevé de Limoges datant du XIIIe siècle, ces huit os métacarpiens de la main du saint roi constituent l’ornement principal de l’église Saint-Louis élevée à la même époque avec des ajouts postérieurs, en particulier un remarquable décor d’angelots et d’animaux fabuleux sur les culots et les gorgerins des chapiteaux ainsi que le retable baroque en bois doré présentant un air de famille avec nos églises basques...

Dimanche dernier, à l’occasion du 800e anniversaire de la naissance de leur saint protecteur, la procession des habitants de Lamontjoie comptait dans ses rangs, en dehors du clergé présidé par Mgr Hubert Herbreteau, évêque d’Agen, l’invitée d’honneur de la manifestation – la Princesse Françoise de Bourbon-Lobkowicz, descendante directe d‘Henri IV (et, par conséquent, de saint Louis) -, des dames et des chevaliers de l’Ordre de Malte – les princes de Bauffremont, de La Tour d’Auvergne ainsi que d’autres représentants de familles historiques – et même l’auteur de ce Bloc-Notes, revêtu de sa cape de l’Ordre de Saint-Gabriel (réservé aux diplomates) qui, lui aussi, descend de saint Louis par son aïeule Blanche, troisième fille de Saint-Louis, mariée à Ferdinand de La Cerda !  [...]

Posté le 22 août 2014 à 18h55 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2014

20 août : St Bernard, le prêcheur de la croisade

En ce 20 août, nous fêtons saint Bernard, fondateur et abbé de Clairvaux en 1115. Suite à la chute d'Édesse en 1144, il prêche la seconde croisade (1146-1149). A l'heure où les autorités de l'Eglise demandent une intervention militaire en Irak, il n'est pas inutile de relire ce que saint Bernard prêchait aux chrétiens :

"Pour les chevaliers du Christ, au contraire, c'est en toute sécurité qu'ils combattent pour leur Seigneur, sans avoir à craindre de pécher en tuant leurs adversaires, ni de périr, s'ils se font tuer eux-mêmes. Que la mort soit subie, qu'elle soit donnée, c'est toujours une mort pour le Christ : elle n'a rien de criminel, elle est très glorieuse. Dans un cas, c'est pour servir le Christ ; dans l'autre, elle permet de gagner le Christ lui-même : celui-ci permet en effet que, pour le venger, on tue un ennemi, et il se donne lui-même plus volontiers encore au chevalier pour le consoler. Ainsi, disais-je, le chevalier du Christ donne-t-il la mort sans rien redouter ; mais il meurt avec plus de sécurité encore : c'est lui qui bénéficie de sa propre mort, le Christ de la mort qu'il donne.

Car ce n'est pas sans raison qu'il porte l'épée : il est l'exécuteur de la volonté divine, que ce soit pour châtier les malfaiteurs ou pour glorifier les bons. Quand il met à mort un malfaiteur, il n'est pas un homicide, mais, si j'ose dire, un malicide. Il venge le Christ de ceux qui font le mal ; il défend les chrétiens. S'il est tué lui-même, il ne périt pas : il parvient à son but. La mort qu'il inflige est au profit du Christ ; celle qu'il reçoit, au sien propre. De la mort du païen, le chrétien peut tirer gloire, puisqu'il agit pour la gloire du Christ ; dans la mort du chrétien, la générosité du Roi se donne libre cours : il fait venir le chevalier à lui pour le récompenser. Dans le premier cas, le juste se réjouira en voyant le châtiment ; dans le second, il dira : "Puisque le juste retire du fruit de sa justice, il y a sans doute un Dieu qui juge les hommes sur la terre."

Pourtant, il ne convient pas de tuer les païens si l'on peut trouver un autre moyen de les empêcher de harceler ou d'opprimer les fidèles. Mais, pour le moment, il vaut mieux que les païens soient tués, plutôt que de laisser la menace que représentent les pécheurs suspendus au-dessus de la tête des justes, de peur de voir les justes se laisser entraîner à commettre l'iniquité. […]

Qu'ils soient rejetés loin de la cité du Seigneur, ceux qui commettent l'iniquité, ceux qui s'efforcent d'enlever les inestimables richesses que Jérusalem réserve au peuple chrétien, ceux qui veulent souiller les Lieux saints et s'approprier le sanctuaire de Dieu. Que les deux glaives des fidèles soient levés sur la tête des ennemis, pour détruire quiconque s'élève contre la foi de Dieu, c'est-à-dire celle des chrétiens, "pour que les nations ne disent pas: où est leur Dieu ?""

Saint Bernard, De laude novae militiae, cité par Jean Richard, dans L'Esprit de croisade, Paris, 1969

Posté le 20 août 2014 à 11h58 par Michel Janva | Lien permanent

19 août 2014

Les leçons de Bouvines

De Guillaume de Thieulloy dans Les 4 Vérités :

"Le 27 juillet dernier, nous fêtions le 800e anniversaire de la bataille de Bouvines, première grande victoire « nationale » – ou, plus exactement, victoire qui vit la naissance de la nation française – obtenue par l’alliance de Philippe Auguste, de sa chevalerie, et de ses communes. Il est tout à fait remarquable que cette éblouissante victoire n’ait pratiquement pas été commémorée par la « France officielle ». En dehors des élus locaux, Bouvines ne reçut, le 27 juillet 2014, comme personnalités, que l’évêque du lieu et le duc d’Anjou, lointain successeur de Philippe Auguste. Ni François Hollande, ni Manuel Valls, ni, à ma connaissance, aucun ministre, n’ont daigné participer aux festivités.

Il faut dire que les leçons de Bouvines ne doivent guère réjouir ces dévots de la repentance, du grand remplacement et de l’anti-France. La première leçon de Bouvines, c’est l’importance pour la France du chef de l’État. Bouvines, c’est d’abord Philippe Auguste. On comprend que François Hollande hésite à se mesurer à Philippe II et, pour tout dire, il y a si longtemps que la France n’a pas connu d’homme d’État que l’on comprend que la France officielle boude Bouvines. On chantait naguère : « Les rois ont fait la France ; elle se défait sans roi. » François Hollande à Bouvines aurait illustré cette thèse jusqu’à la caricature : alors que Philippe Auguste a considérablement agrandi le territoire national, personne n’a plus amoindri l’influence française que François Hollande. Historiquement, la France a été constituée par son chef. Beaucoup de pays ont une autre histoire, mais, chez nous, le chef de l’État est la clé de voûte de la société. Cela est vrai dans les succès, comme avec Philippe Auguste. Cela est, hélas, vrai aussi dans la décadence, comme aujourd’hui…

La deuxième leçon de Bouvines, c’est que le chef de l’État n’est suivi par les Français que s’il respecte leurs libertés (c’est d’ailleurs l’étymologie du mot « français »). Chacun sait que ce qui fit la différence à Bouvines, ce furent les milices communales qui venaient librement prêter main forte au roi. Là non plus, François Hollande n’aurait sans doute pas été à son aise aux commémorations. Car l’une des raisons majeures de la dissolution de la France, c’est le rejet totalitaire de toutes les sociétés autonomes. Il devrait être pourtant évident qu’un Alsacien ne se gouverne pas comme un Breton ou un Corse. Mais, pour les jacobins qui nous gouvernent (si mal), il ne faut voir qu’une tête – quitte à couper toutes celles qui dépasseraient. Un État fort peut s’allier avec les libertés les plus variées et les plus vastes, au sein de ce que l’on appelait naguère la « société organique ». Aujourd’hui, un État impotent prétend intervenir partout. Individualisme et étatisme asphyxient la société française. Toute initiative est sévèrement réprimée et le civisme agonise. Alors que le jeune Hugo, qui s’est interposé lors du braquage de Dolomieu et l’a payé de sa vie, aurait dû être considéré comme un héros, c’est tout juste si on ne nous le présente pas comme un fauteur de troubles à cause duquel de sympathiques jeunes gens vont se retrouver bêtement en prison ! Et je ne dis rien ici de l’État-providence qui a presqu’entièrement fait disparaître toutes les solidarités naturelles, à commencer par les liens familiaux.

Enfin, une troisième leçon de Bouvines ne risque pas de plaire à M. Hollande et à ses amis: c’est le rôle trop souvent anti-français de l’oligarchie. En 1214, cela se traduisait par le fait qu’un certain nombre de grands barons combattaient dans le camp de l’empereur germanique et du roi d’Angleterre contre le roi de France. En 2014, cela se traduit par le fait que l’oligarchie politique, financière ou médiatique méprise copieusement la France et les Français, les ruine, les désarme, les force à cracher sur leur histoire glorieuse et à accepter des populations de plus en plus rétives à toute intégration… En un mot, aujourd’hui comme hier, l’oligarchie fait trop souvent la politique de l’anti-France.

Ces leçons de Bouvines doivent effectivement être douloureuses à entendre pour « nos » dirigeants. Mais, si les Français ne les entendent pas, ils risquent fort d’assister à une quatrième leçon : la France peut très bien disparaître. Sans l’énergie de Philippe Auguste, sans le dévouement de sa chevalerie, et sans l’enthousiasme de ses peuples, elle aurait été submergée en 1214. Sans un vrai homme d’État, capable de nous rendre nos libertés et de défendre l’intérêt général par-delà tous les intérêts oligarchiques, elle peut très bien disparaître en 2014…"

Posté le 19 août 2014 à 12h03 par Michel Janva | Lien permanent

15 août 2014

C’est arrivé un 15 août …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 15 août : Assomption de la Vierge Marie, ancienne fête nationale en France.

Aujourd'hui, l'Eglise célèbre l'une des plus importantes fêtes de l'année liturgique consacrées à la Très Sainte Vierge Marie: l'Assomption. Au terme de sa vie terrestre, Marie a été élevée corps et âme au Ciel, c'est-à-dire dans la gloire de la vie éternelle, dans la pleine et parfaite communion avec Dieu.

Le vénérable Pape Pie XII, le 1er novembre 1950, définit solennellement ce dogme : «C'est pourquoi l'auguste Mère de Dieu, unie de toute éternité à Jésus Christ, d'une manière mystérieuse, par "un même et unique décret" de prédestination, Immaculée dans sa Conception, Vierge très pure dans sa divine Maternité, généreuse associée du Divin Rédempteur qui remporta un complet triomphe du péché et de ses suites, a enfin obtenu comme suprême couronnement de ses privilèges d'être gardée intacte de la corruption du sépulcre, en sorte que, comme son Fils, déjà auparavant, après sa victoire sur la mort, elle fut élevée dans son corps et dans son âme, à la gloire suprême du ciel où Reine, elle resplendirait à la droite de son fils, Roi immortel des siècles» (Const. ap. Munificentissimus Deus, AAS, 42 (1950), 768-769).

  • le 15 août 778 : bataille de Roncevaux.

Roland, neveu de Charlemagne et préfet de la marche de Bretagne, meurt lors d'une attaque surprise des Vascons (Basques), dans le col de Roncevaux dans les Pyrénées. Il revenait avec son armée d'Espagne où il avait vaincu l'émir de Cordoue suite à l'appel à l'aide du gouverneur musulman de Barcelone. L'histoire de ce combat qui est plus une embuscade qu'une bataille est contée dans "La chanson de Roland".

Selon la légende, Roland commande l'arrière-garde de l'armée, quand il est attaqué par les Vascons le 15 août 778. Il sonne son cor, mais trop tard pour que le Roi pût intervenir.

  • le 15 août 1461 : sacre de Louis XI en la cathédrale de Reims.

Le 15 août 1461, Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, est sacré Roi de France en la cathédrale de Reims. Louis XI dit « Le Prudent » marqué son règne en prenant la défense des paysans et en s'attachant au petit peuple,tout en renforçant son autorité royale à face aux grands feudataires du royaume de France.Le nouveau Roi longtemps en lutte contre son père tient à manifester sa reconnaissance au Duc de Bourgogne qui l'a recueilli quand Charles VII l'avait chassé de la Cour. Le "grand-duc d'Occident" tient la première place parmi les 12 pairs de France qui couronnent le Roi. Le 1er août 1469, le Roi Louis XI fonde, à Amboise, l'ordre de Saint-Michel. C'est un ordre de chevalerie, fondé sous le nom d'«Ordre et aimable compagnie de monsieur saint Michel ». Les membres de l'ordre de Saint-Michel se disent chevaliers de l'ordre du Roi. L'archange saint Michel est le saint patron du Royaume de France jusqu'au vœu de Louis XIII.

Voir les chroniques du 3 juillet, des 1, 30 et 31 août.

  • le 15 août 1464 : décès du pape Pie II.

Voir la chronique du 18 octobre.

  • le 15 août 1483 : le pape Sixte IV consacre la chapelle du Vatican, future Chapelle Sixtine.

Le pape la dédie à Notre-Dame de l'Assomption. La chapelle Sixtine est l'une des salles des palais pontificaux du Vatican. C'est dans la chapelle Sixtine que les cardinaux élisent chaque nouveau pape. La chapelle doit son nom de « Sixtine » au pape Sixte IV, qui la fait bâtir de 1477 à 1483, par l'architecte Giovanni de' Dolci. Les fresques murales sont peintes peu après sa construction. La voûte était peinte en bleu et constellée d'étoiles. En 1508, Jules II demande à Michel-Ange de la recouvrir. Voir la chronique du 31 octobre et du 8 avril.

  • le 15 août 1534 : fondation de la Compagnie de Jésus.

Le 15 août 1534, saint Ignace et six autres étudiants, dont saint François Xavier et saint Pierre Favre, premier prêtre ordonné de la Compagnie, se retrouvent à Montmartre, sur le lieu du martyre de saint Denis. Ils font vœu de pauvreté et de chasteté, et fondent la Societas Iesu (s.j.), connue en français sous le nom de «Compagnie de Jésus ». La devise de la Compagnie est: «Ad majorem Dei gloriam», «Pour la plus grande gloire de Dieu».

Ils partent en 1537 pour l'Italie pour obtenir la reconnaissance de leur ordre par le pape, ce qu'ils obtiennent par la bulle Regimini militantis en 1540. À ses débuts, la Compagnie s'occupe essentiellement d'activités missionnaires, puis se tourne vers l'enseignement, qui devient son activité principale.

Les Jésuites très actifs dans la contre-réforme et deviennent les principaux enseignants du monde catholique. Ignace de Loyola est canonisé en 1622. La Compagnie, véritable rempart contre toutes les erreurs de foi et tous les ennemis de l'Eglise est fortement combattue en particulier avant la révolution française. Elle est dissoute par le pape en 1773 et rétablie en 1814.

  • le 15 août 1638 : premières processions de l'Assomption dans toute la France suite au vœu de Louis XIII, du 10 février 1638.

Après plusieurs apparitions de Notre Dame à Mère Anne-Marie de Jésus Crucifié en 1636 et au frère Fiacre à qui elle demande trois neuvaines à Notre-Dame de Cotignac en Provence, Notre-Dame de Paris et Notre-Dame des Victoires pour obtenir un héritier à la couronne (voir la chronique du 10 février), le Roi remercie par la publication le10 février 1638 de l'Edit officiel qui consacre solennellement la France à Marie. Par ce vœu, Louis XIII instaure les processions du 15 août durant lesquels les sujets doivent prier Dieu et la Vierge pour les heureux succès du Roi. En outre, chaque église du royaume se doit, dans la mesure où l'église elle-même n'est pas sous le patronage de la Vierge, de consacrer sa chapelle principale à la Reine des Cieux. Louis XIII promet enfin d'élever un nouveau maître-autel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, ainsi que d'offrir un nouveau groupe sculpté à la cathédrale. En voici le texte :

Consécration de la France à la Sainte Vierge

« Louis, par la grâce de Dieu, Roi de France et de Navarre, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut.

Dieu, qui élève les rois au trône de leur grandeur, non content de nous avoir donné l'esprit qu'il départ à tous les princes de la terre pour la conduite de leurs peuples, a voulu prendre un soin si spécial et de notre personne et de notre Etat, que nous ne pouvons considérer le bonheur du cours de notre règne sans y voir autant d'effets merveilleux de sa bonté que d'accidents qui pouvaient nous perdre.

Lorsque nous sommes entré au gouvernement de cette couronne, la faiblesse de notre âge donna sujet à quelques mauvais esprits d'en troubler la tranquillité ; mais cette main divine soutint avec tant de force la justice de notre cause que l'on vit en même temps la naissance et la fin de ces pernicieux desseins. En divers autres temps, l'artifice des hommes et la malice du démon ayant suscité et fomenté des divisions non moins dangereuses pour notre couronne que préjudiciables à notre maison, il lui a plu en détourner le mal avec autant de douceur que de justice.

La rébellion de l'hérésie ayant aussi formé un parti dans l'Etat, qui n'avait d'autre but que de partager notre autorité, il s'est servi de nous pour en abattre l'orgueil, et a permis que nous ayons relevé ses saints autels, en tous les lieux où la violence de cet injuste parti en avait ôté les marques.

Quand nous avons entrepris la protection de nos alliés, il a donné des succès si heureux à nos armes qu'à la vue de toute l'Europe, contre l'espérance de tout le monde, nous les avons rétablis en la possession de leurs Etats dont ils avaient été dépouillés.

Si les plus grandes forces des ennemis de cette couronne se sont ralliées pour conspirer sa ruine, il a confondu leurs ambitieux desseins, pour faire voir à toutes les nations que, comme sa Providence a fondé cet Etat, sa bonté le conserve, et sa puissance le défend.

Tant de grâces si évidentes font que pour n'en différer pas la reconnaissance, sans attendre la paix, qui nous viendra de la même main dont nous les avons reçues, et que nous désirons avec ardeur pour en faire sentir les fruits aux peuples qui nous sont commis, nous avons cru être obligés, nous prosternant aux pieds de sa majesté divine que nous adorons en trois personnes, à ceux de la Sainte Vierge et de la sacrée croix, où nous vénérons l'accomplissement des mystères de notre Rédemption par la vie et la mort du Fils de Dieu en notre chair, de " nous consacrer à la grandeur de Dieu " par son Fils rabaissé jusqu'à nous et à ce Fils par sa mère élevée jusqu'à lui ; en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et tous nos sujets pour obtenir par ce moyen celle de la Sainte Trinité, par son intercession et de toute la cour céleste par son autorité et exemple, nos mains n'étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de le porter, les rendront hosties agréables, et c'est chose bien raisonnable qu'ayant été médiatrice de ces bienfaits, elle le soit de nos actions de grâces.

A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très sainte et très glorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, la suppliant de nous vouloir inspirer une sainte conduite et défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau de la guerre, ou jouisse de la douceur de la paix que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, il ne sorte point des voies de la grâce qui conduisent à celles de la gloire. Et afin que la postérité ne puisse manquer à suivre nos volontés à ce sujet, pour monument et marque immortelle de la consécration présente que nous faisons, nous ferons construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris, avec une image de la Vierge qui tienne entre ses bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ; nous serons représentés aux pieds du Fils et de la Mère, comme leur offrant notre couronne et notre sceptre (1).

Nous admonestons le sieur Archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, que tous les ans, le jour et fête de l'Assomption, il fasse faire commémoration de notre présente déclaration à la grand'messe qui se dira en son Eglise cathédrale, et qu'après les Vêpres dudit jour, il soit fait une procession en ladite église, à laquelle assisteront toutes les compagnies souveraines, et le corps de la ville, avec pareille cérémonie que celle qui s'observe aux processions générales plus solennelles. Ce que nous voulons aussi être fait en toutes les églises tant paroissiales, que celles des monastères de ladite ville et faubourgs ; et en toutes les villes, bourgs et villages dudit diocèse de Paris.

Exhortons pareillement tous les Archevêques et Evêques de notre royaume, et néanmoins leur enjoignons de faire célébrer la même solennité en leurs églises épiscopales, et autres églises de leurs diocèses ; entendant qu'à ladite cérémonie les Cours de Parlement, et autres compagnies souveraines, et les principaux officiers des villes y soient présents. Et d'autant qu'il y a plusieurs églises épiscopales qui ne sont point dédiées à la Vierge, nous exhortons lesdits archevêques et évêques en ce cas, de lui dédier la principale chapelle desdites églises, pour y être faite ladite cérémonie ; et d'y élever un autel avec un ornement convenable à une action si célèbre, et d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion toute particulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix ; que Dieu y soit servi et révéré si saintement que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés ; car tel est notre bon plaisir.

Donné à Saint-Germain-en-Laye, le dixième jour de février, l'an de grâce mil-six-cent-trente-huit, et de notre règne le vingt-huitième. »

Louis. (*)

  1. : Louis XIII mourut sans avoir pu mettre la main au monument qu'il avait projeté ; mais Louis XIV se chargea d'acquitter la dette de son père. La décoration du chœur de Notre-Dame, entreprise par ce prince, ne fut terminée qu'en 1714. Marie est représentée assise au pied de la croix, tenant le Christ mort sur ses genoux ; à droite Louis XIII, et à gauche Louis XIV, qui avait voulu se réunir à son père dans cet acte solennel, offrent leur couronne à la Vierge. A la suite de la révolution de 1830, les statues des deux rois, œuvre de Nicolas Coustou, de Guillaume, son frère, et de Coysevox, furent déposées, par mesure de précaution, dans les musées de l'Etat ; elles ont repris depuis leur place, dans le chœur de Notre-Dame.

Le maître-autel, œuvre de Nicolas Coustou, encadré par les statues de Louis XIII (par Guillaume Coustou) et de Louis XIV (par Antoine Coysevox).

(*)Tiré de Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (Ed. de l'escalade, page 258 à 263)

  • le 15 août 1728 : mort du violiste et compositeur français Marin Marais.

Marin Marais (1656-1728) est un violiste et compositeur français de la période baroque. D'un milieu modeste, il apprend la viole lorsqu'il est enfant de chœur. Il entre dans l'orchestre de l'Académie Royale de musique. Il compose environ 600 pièces pour viole réparties en cinq livres. Parallèlement il joue à la cour de Louis XIV.

  • le 15 août 1761 : la France et l'Espagne signent un "Pacte de famille" contre l'Angleterre.

 

  • le 15 août 1769 : naissance de Napoléon, Empereur des Français.

Napoléon Bonaparte naît à Ajaccio, en Corse. Général, Premier consul en 1799, puis empereur, le 2 décembre 1804. Il est un des plus grands stratèges de tous les temps. Pendant près de 10 ans il va affronter toute l'Europe pour préserver les conquêtes territoriales de la révolution. Finalement vaincu, il est destitué, et exilé sur l'Ile de Sainte-Hélène, où il meurt le 5 mai 1821.

Napoléon couronné roi d'Italie

  • le 15 août 1790 : Claude-Pierre Dellay d'Agier, député de la noblesse de la province du Dauphiné, fait prendre un décret pour l'accélération de la vente des biens nationaux.
  • le 15 août 1795 : le franc remplace la livre royale comme unité monétaire de la France

Remplacé en 1641, par le Roi Louis XIII, au bénéfice de l'écu d'argent et du Louis d'or, Le franc français redevient l'unité monétaire de la France jusqu'au 31 décembre 1998.

  • le 15 août 1801 : Pie VII ratifie le concordat avec la France.
  • le 15 août 1804 : Napoléon préside la 1ère cérémonie de remise de la Légion d'honneur dans la cour d'honneur des Invalides à Paris.

Un des récipiendaires monseigneur Caprara, légat du Pape, célèbre la messe.

  • le 15 août 1806 : première fête nationale.

Le décret du 19 février 1806 institue la Saint-Napoléon le 15 août et en fait une fête nationale, à l'imitation de ce qui se passait sous l'Ancien Régime : avant la révolution, il n'y avait pas de fête nationale ; par contre, était fêtée la Saint Louis en l'honneur du Roi quand il s'appelait Louis.

  • le 15 août 1806 : pose de la première pierre de l'Arc de triomphe, à Paris.

Le ministre Champagny pose la première pierre de l'Arc de Triomphe en l'honneur de la Grande Armée. Le monument n'est inauguré que le 29 juillet 1836 (alors qu'aucun projet définitif n'est adopté).

  • le 15 août 1808 : décret de Napoléon 1er sur l'éducation.

Ce décret prévoie, dans son article 38 que les écoles doivent désormais suivre les «principes de l'Église catholique» et dans son article 109 que les Frères des écoles chrétiennes s'occupent de l'enseignement primaire et forment les instituteurs.

  • le 15 août 1944 : début de l'opération Anvil Dragoon.

Le débarquement allié en Provence commence. Quelques heures avant l'envoi des premières unités, la résistance locale reçoit les messages suivants : « Le chasseur est affamé » et « Nancy a le torticolis », leur intimant l'ordre de passer immédiatement à l'action.

Les Allemands tentent de mener une contre-attaque mais ils sont incapables de se coordonner. Au soir du 15 août, Anvil-Dragoon est un succès. La libération de la Provence va pouvoir commencer.

  • le 15 août 1971 : le président américain Richard Nixon suspend la convertibilité du dollar en or.

Il change complètement la donne du système monétaire international fondé sur les accords de de Bretton Woods de 1944. Le premier choc pétrolier est directement lié à ces dévaluations du dollar qui suivent cette décision.

  • le 15 août 1983 : discours de Jean Paul II, en pèlerinage à Lourdes, adressé à la France.

Extrait du discours prononcé par le souverain pontife en fin de visite à Lourdes en 1983. A méditer…

« Catholiques de France, en tant que Pasteur universel mais solidaire de mes chers Frères dans l'épiscopat, vos Evêques; je vous encourage à vous maintenir en mission. Toute nation a son histoire humaine originale. Mais les peuples qui ont reçu un très riche héritage spirituel doivent le préserver comme la prunelle de leurs yeux. Et concrètement, ces nations ne préservent un tel héritage qu'en le vivant intégralement et en le transmettant courageusement. O terre de France! Terre de saint Pothin et de sainte Blandine, de saint Denis et de sainte Geneviève, de saint Bernard et de saint Louis, de saint Yves de Tréguier et de saint Bertrand de Comminges, de sainte Jeanne d'Arc, de saint François de Sales et de sainte Jeanne de Chantal, de saint Vincent de Paul et de sainte Louise de Marillac, de saint Jean Eudes et de sainte Marguerite Marie, de sainte Marguerite Bourgeoys et de la bienheureuse Marie de l'Incarnation, de saint François Régis et de saint Louis Marie Grignion de Montfort, de sainte Jeanne Delanoue et de la bienheureuse Jeanne Jugan, de saint Jean Baptiste de la Salle et de saint Benoît Labre, des nombreux missionnaires comme saint Isaac Jogues, le bienheureux Théophane Vénard et saint Pierre Chanel, du saint Curé d'Ars, de sainte Thérèse de Lisieux, de Frédéric Ozanam et de Charles de Foucauld, de saint Michel Garricoïts de cette région, de sainte Bernadette, canonisée voilà juste cinquante ans, au cours de la précédente Année de la Rédemption!

Catholiques de France, vous avez hérité d'un patrimoine considérable de foi et de traditions chrétiennes. C'est ce trésor pour lequel les saints de votre pays ont tout sacrifié, afin de "s'en emparer", comme le demande l'Evangile, et de le partager avec leurs frères, tellement ils étaient persuadés que l'homme intégral est fait d'ouverture à l'Absolu et de brûlante charité! »

L'intégralité du discours est ici.

 

  • le 15 août 1988 : Jean-Paul II publie la lettre apostolique "Mulieris dignitatem" sur la dignité et la vocation de la femme.

L'intégralité de la lettre est ici.

En voici des extraits :

«L'heure vient, l'heure est venue où la vocation de la femme s'accomplit en plénitude, l'heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu'ici. C'est pourquoi, en ce moment où l'humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l'esprit de l'Evangile peuvent tant pour aider l'humanité à ne pas déchoir»(1)

[…] C'est pourquoi l'Eglise rend grâce pour toutes les femmes et pour chacune d'elles: pour les mères, pour les sœurs, pour les épouses; pour les femmes consacrées à Dieu dans la virginité; pour les femmes dévouées à tant d'êtres humains qui attendent l'amour gratuit d'une autre personne; pour les femmes qui veillent sur l'être humain dans la famille, ce signe fondamental de la communauté humaine; pour les femmes qui exercent une profession, celles sur qui pèse parfois une grande responsabilité sociale; pour les femmes «vaillantes» et pour les femmes «faibles»: pour toutes, telles qu'elles sont sorties du cœur de Dieu dans toute la beauté et la richesse de leur féminité, telles qu'elles ont été entourées de son amour éternel; telles qu'avec l'homme elles accomplissent le pèlerinage de cette terre, «patrie» temporelle des hommes, parfois transformée en «vallée de larmes»; telles qu'elles portent, avec l'homme, la responsabilité commune du destin de l'humanité, selon les nécessités quotidiennes et suivant la destinée finale que la famille humaine a en Dieu, au sein de l'ineffable Trinité.

L'Eglise rend grâce pour toutes les manifestations du «génie» féminin apparues au cours de l'histoire, dans tous les peuples et dans toutes les nations; elle rend grâce pour tous les charismes dont l'Esprit Saint a doté les femmes dans l'histoire du Peuple de Dieu, pour toutes les victoires remportées grâce à leur foi, à leur espérance et à leur amour: elle rend grâce pour tous les fruits de la sainteté féminine. »

(1) Message du Concile aux femmes (8 décembre 1965) : AAS 58 (1966), p. 13-14

 

 

Posté le 15 août 2014 à 06h37 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (7)

10 août 2014

Lectures de l'été : "Ecoute la pierre"

Stéphane Brosseau, catholique de conviction, père de famille, musicien, chef de choeur, mais aussi colonel de l'armée de Terre, nous fait découvrir, ou redécouvrir les clés d'interprétation des symboles architecturaux de nos églises romanes et baroques. A ne pas manquer pour se coucher cultu(r)ellement plus riche au soir d'une belle ballade dans notre doulce France.

C'est à commander ici, comme les autres oeuvres (poésie, réflexions spirituelles, guide de visite, ...) de cet auteur.

Couv-products-112056

Posté le 10 août 2014 à 11h51 par Paula Corbulon | Lien permanent

04 août 2014

C’est arrivé un 4 aout…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 4 août : fête de Saint Jean-Marie Vianney, dit le Curé d'Ars, saint Patron des prêtres.

Béatifié le 8 janvier 1905, il est déclaré la même année, "patron des prêtres de France". Canonisé en 1925 par Pie XI (la même année que sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus), il est proclamé en 1929 "patron de tous les Curés de l'univers".

Pendant les 73 ans de vie du saint curé d'Ars, la France connait successivement la fin de l'ancien régime, la révolution, la monarchie constitutionnelle, la 1ère république, le directoire, le Consulat, le Premier Empire, la Restauration, la monarchie de juillet, le Second Empire. Pendant toute cette période note Geneviève Esquier, la France passe d'une société théocentrique à une société anthropocentrique et laïcisée. C'est dans cette France, que vit un des plus grands saints du siècle. Après avoir vaincu un nombre incroyable d'obstacles à son ordination sacerdotale, Jean marie est ordonné le 13 aout 1815. Il écrit à cette époque :

« Que le prêtre est quelque chose de grand ! Le prêtre ne se comprendra bien que dans le Ciel. Si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non de frayeur mais d'amour ! » (*)

Il passe des centaines d'heures au confessionnal, voire des milliers. On vient de toute l'Europe pour recevoir l'absolution de ce prêtre, qui lit dans les âmes, ou pour écouter ses sermons, alors que son art oratoire est si médiocre, qu'il lui arrive plus d'une fois de descendre de chaire au milieu d'une phrase, incapable de savoir comment la finir. Son humilité le pousse à offrir ces épreuves et lui fait gagner des conversions en grand nombre, tellement sa bonté et son humilité touchent les cœurs. Il passe sa vie à lutter pour le salut éternel de ses frères. A tel point que Satan lui dira :

« S'il y en avait trois comme toi sur la terre, mon royaume sera détruit ! » (**)

Ceux qui croyaient au Ciel de Geneviève Esquier (éditions l'escalade, (*) page309 et (**) page 314).

Un de ses amis, Claude Laporte, lui fait un jour don d'une montre, que le curé d'Ars s'empresse de donner à plus pauvre que lui. Claude Laporte renouvelle l'opération trois ou quatre fois. Mais le curé d'Ars la donne la vendait pour en donner l'argent aux pauvres. Claude Laporte lui dit donc un jour en lui mettant une nouvelle montre entre les mains « Monsieur le Curé, je vous prête la montre que voici ». C'est une belle montre. Le curé d'Ars la conservera toute sa vie ; à sa mort, elle est restituée à la famille Laporte-Dupré la Tour.

  • le 4 août  1060 : mort d'Henri Ier, Roi de France, Philippe Ier succède à son père.

Henri Ier, né vers 1009/1010 est Roi des Francs de 1031 à 1060, le troisième Roi de la dynastie des Capétiens directs. Fils de Robert le Pieux et de Constance d'Arles, il et selon la coutume de l'époque, sacré Roi du vivant de son père le 14 mai 1027 à Reims. Il bénéficie de l'appui du duc de Normandie Robert le Magnifique face à l'hostilité de sa mère et des grands vassaux qui veulent faire monter son frère cadet Robert sur le trône. Il devient ensuite le tuteur de son fils, le futur Guillaume Ier, duc de Normandie, quand Robert part en 1035 pour la Terre sainte.

Son fils, Philippe Ier accède au trône le 4 août  1060, ayant été couronné lui aussi du vivant de son père, à Reims le 23 mai 1059. A son accession il n'est âgé que de huit ans, va passer la plus grande partie de son règne à lutter contre la puissance de son vassal : Guillaume 1er le Conquérant, duc de Normandie devenu roi d'Angleterre en 1066 et protégé de feu son père le Roi de France Henri 1er.

  • le 3 août  1347 : capitulation de Calais.

Edouard III d'Angleterre, le roi d'Angleterre promet d'éviter le massacre à condition que lui soit livré 6 bourgeois de la ville : en chemise, la corde au cou, 6 Calaisiens volontaires lui apportent les clés de la ville.

  • le 4 août  1443 : fondation des Hospices de Beaune.

L'hôpital pour les pauvres est créé à l'initiative de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne Philippe II le Bon, et de son épouse Guigone de Salins. Cet ensemble hospitalier est destiné à accueillir les plus pauvres et les indigents. Il assure la gratuité des soins du XVe au XXe siècle, grâce aux sœurs hospitalières de Beaune, dont l'ordre est créé par Rolin en 1459. La construction des bâtiments est achevée en 1447 ; ils sont de de style gothique flamboyant avec des toitures en tuile vernissée de Bourgogne.

« Moi, Nicolas Rolin, chevalier, citoyen d'Autun, seigneur d'Authume et chancelier de Bourgogne, en ce jour de dimanche, le 4 du mois d'août, en l'an de Seigneur 1443 ... dans l'intérêt de mon salut, désireux d'échanger contre des biens célestes, les biens temporels ... je fonde, et dote irrévocablement en la ville de Beaune, un hôpital pour les pauvres malades, avec une chapelle, en l'honneur de Dieu et de sa glorieuse mère ... »

  • le 4 août  1477 : exécution de Jacques d'Armagnac.

Jacques d'Armagnac meurt exécuté à Paris sur ordre du Roi Louis XI. Bien que ce dernier l'ait comblé d'honneurs et de son affection, le duc de Nemours, trahit plusieurs fois le Roi et participe à la Ligue du Bien public.

  • le 4 août  1521 : naissance d'Urbain VII, 228e pape.

Giovan Battista Castagna, est né à Rome le 4 août 1521. Il est pape du 15 septembre au 27 septembre 1590, soit 13 jours et n'a pas eu le temps d'être couronné. Il est enterré dans la basilique du Vatican ; plus tard, ses restes seront transférés à l'église de Santa Maria Sopra Minerva.

  • le 4 août  1532 : Lettre de Vannes, premier des trois Edits d'Union de la Bretagne à la France.

Les États de Bretagne, convoqués par François Ier à Vannes, adressent au monarque une supplique pour « unir et joindre par union perpétuelle iceluy pays et duché de Bretagne au royaume, le suppliant de garder et entretenir les droits, libertés et privilèges dudit pays et duché ».

Cette requête, présentée au Roi dans la grande salle du palais épiscopal de la Motte, est acceptée par une lettre donnée à Vannes (sic) le 4 août 1532 :

Il s'y nomme « père et légitime administrateur et usufruitier des biens de notre très cher et très aimé fils » et celui-ci « Duc et propriétaire des pays et Duché de Bretagne ». Il rappelle la demande des États :

  • d'unir perpétuellement la Bretagne à la couronne de France,
  • de conserver les « privilèges, franchises, libertés et exemptions anciennement octroyées et accordés par les Ducs de Bretagne nos prédécesseurs »,
  • il confirme « perpétuellement », en tant que Roi et Duc, ces privilèges,
  • sous réserve des modifications que pourraient demander ultérieurement les États.

La lettre de Vannes est confirmée par un édit promulgué à Nantes le 13 août 1532 et par l'édit du Plessis-Macé du 21 septembre 1532 (voir les chroniques du jour).

  • le 4 août  1664 : naissance de Philibert Lambert, poète français.
  • le 4 août  1701 : signature de la Grande paix de Montréal.

Ce traité met fin à plusieurs décennies de conflits opposant les Iroquois aux Français et à leurs alliés autochtones.Les Français de Nouvelle France, alliés des hurons entre autre, se heurtent durant tout les premiers temps de la colonie à l'hostilité des Iroquois. A la fin du XVIIe siècle, des délégations de nombreuses nations amérindiennes arrivent à Montréal à l'été 1701. Le 4 août, la Grande paix de Montréal est signée. Tous s'engagent à favoriser le dialogue au conflit, et surtout les Iroquois garantissent leur neutralité en cas de conflit entre Français et Anglais.

  • le 4 août  1789 : abolition des « privilèges » par l'Assemblée constituante.

«La nuit du 4 août 1789 est un événement fondamental de la Révolution française, puisque l'Assemblée constituante proclame la fin du régime féodal et de ses privilèges. »

Voici ce qu'on peut lire dans tous les livres d'histoire depuis la 3ème république jusqu'à nos jours. C'est un énorme mensonge, qui cache le viol fait par une minorité d'idéologues extrémistes. La nuit du 4 août n'est pas l'abolition des « privilèges de la noblesse et du clergé » mais la disparition de tous les us et coutumes propre à chaque province française. Le système féodal a été supprimé peu de temps avant, entre le 20 juin 1789, date du serment du jeu de paume et le 27 juin quand Louis XVI cède et que les trois états se réunissent en Assemblée nationale.

Les Rois de France ne parlaient pas du « peuple français », mais de « nos peuples » ; soulignant par là, la diversité des traditions, des langues et des cultures des provinces de France. Les « Privilèges » sont étymologiquement les « privata lex », les« lois privées ». C'est-à-dire que chaque décision royale devait avant être enregistrée par les Parlements provinciaux pour avoir force de loi localement. Ce système faisait de la Monarchie française un système de gouvernement équilibré, tempéré où la liberté était profondément respectée.

Le 4 août ces gardes fous disparaissent ; les décisions parisiennes s'imposent à tous. Les parlements sont supprimés. L'on est bien loin du mythe révolutionnaire d'une France assoiffée d'égalité ! La république pour détruire ces traditions va imposer par la violence la langue française, un nouveau découpage administratif avec les départements qui font fi de l'histoire locale, des lois uniformisatrices contraires à la volonté des Français.

Jean Sévillia note que la nuit du 4 août est une manœuvre préparée à l'avance.

«Ce n'est pas seulement l'égalité devant la loi, réforme que Louis XVI n'avait pu réaliser, qui est adoptée. En quelques heures ce sont tous les statuts particuliers, ces franchises, libertés, coutumes et lois privées (Lex privata privilèges) qui particularisaient la société d'ancien régime qui sont abolis. Un coup de rabot législatif aplanit la condition des Français à quelque milieu qu'ils appartiennent : la révolution sociale est faite. »

Historiquement correct de Jean Sévillia, (Editions Perrin pages 180 et 181)

  • le 4 août  1870 : bataille de Wissembourg.

Les troupes de Napoléon III sont défaites par les Prussiens, qui entrent en France avec 3 armées et 380 000 hommes.

  • le 4 août  1903 : le cardinal de Venise Giuseppe Melchiorre Sarto devient le pape Pie X.

Succédant à Léon XIII, le cardinal Sarto est élu le 4 août et prend le nom de Pie X, en souvenir des papes du XIXe siècle. Il meurt le 20 août 1914.Voir la chronique du 2 juin.

  • le 4 août  1982 : dépénalisation de l'homosexualité en France.

Où quand la loi humaine s'écarte de la loi naturelle et de la loi divine. Qu'en dit la bible ? La Bible nous dit constamment que l'activité homosexuelle est un péché (Genèse 19:1-13; Lévitique 18:22; Romains 1:26-27; 1 Corinthiens 6:9). L'homosexualité est décrite comme le résultat de la négation et de la désobéissance envers Dieu, comme une infamie en raison de son caractère violent, dominateur.

Dieu ne crée pas une personne avec des désirs homosexuels. La Bible nous dit qu'une personne devient homosexuelle à cause du péché (Romains 1:24-27) et en fin de compte cause de leurs propres choix. Une personne peut naître avec une sensibilité plus grande vis-à-vis de l'homosexualité, tout comme certains naissent avec une tendance à la violence et à d'autres péchés. Cela n'excuse pas la personne voulant pécher par ses désirs coupables.

« Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. » Lévitique 18:22

« Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux.» Lévitique 20:13

« Je veux vous rappeler... que Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l'impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d'un feu éternel. » Jude verset 7.

« Ne savez-vous pas que les injustes n'hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni homosexuels… n'hériteront du Royaume de Dieu ». Corinthiens 6,9

« La loi n'a pas été instituée pour le juste mais pour…. les impudiques, les homosexuels, les trafiquants d'hommes, les menteurs, les parjures, et pour tout ce qui s'oppose à la saine doctrine ». Timothée 1, 10

« Aussi Dieu les a-t-il livrés à des passions avilissantes : car leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature ; pareillement les hommes, délaissant l'usage naturel de la femme, ont brûlé de désir les uns pour les autres, perpétrant l'infamie d'homme à homme et recevant en leurs personnes l'inévitable salaire de leur égarement ».Romains 1, 18-32 : …

L'Eglise catholique combat ce péché, mais pas les personnes qui sont sous cette emprise. Dieu hait le péché, mais il «a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils Unique». Dieu veut que tous soient sauvés. Et ces homosexuels, qui acceptent le Christ comme Sauveur et Seigneur, peuvent être délivrés des désirs vers des personnes de même sexe.

Posté le 4 août 2014 à 06h31 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (11)

03 août 2014

Pourquoi le vol d’Ariane 5 nous intéresse ?

De don Maurice Franc, prêtre de Biarritz :

A"Vos journaux ont parlé de ce vol de la fusée française qui emporte le dernier cargo spatial automatique ravitaillant la Station Spatiale Internationale. Le nom de ce cargo est intéressant : « Georges Lemaître ». Malheureusement, peu de média ont donné la raison de ce nom.

Qui est cet homme ? Immense scientifique belge du XXème siècle (1894 – 1966), Georges Lemaître est un des découvreurs de la théorie du Big-Bang par sa théorie de l’atome primitif. Il théorise également l’univers en expansion, ce qui sera confirmé expérimentalement plus tard. Assez proche d’Albert Einstein, on dit même qu’il corrigeait ses feuilles de calcul !!! (Afin d'obtenir une bourse de voyage, il rédige en 1922 un mémoire sur La Physique d'Einstein, lui permettant de remporter le prix). Il est considéré comme un des plus grands astrophysiciens de notre temps. C’est la raison pour laquelle son nom a été donné au dernier cargo spatial.

LEn quoi retient-il notre attention ? Il a une autre particularité : ce grand scientifique est prêtre catholique ! Monseigneur Georges Lemaître a été ordonné prêtre en 1923 ; en 1960, le pape Jean XXIII le nomme président de ce qui est aujourd’hui l’Académie Pontificale des Sciences. Il contribuera au dialogue entre Foi et Science par les distinctions de domaine de chacune : fidèle à la conception thomiste, il distingue la notion de « commencement » de celle de « création », la première étant une entité physique, la seconde un concept philosophique.

En 1965, Odon Godart annonça à son ancien collègue et mentor alors très malade, la découverte du fond diffus cosmologique par Arno Penzias et Robert Wilson. Cet « écho disparu de la formation des mondes », comme Mgr Lemaître l'avait poétiquement appelé, confirmait le scénario cosmologique dont Lemaître avait été l'un des premiers artisans.

Posté le 3 août 2014 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

Sainte Anne d’Auray : spectacle historique au mois d'août

NGrand Spectacle Historique - Yvon Nicolazic, paysan breton du vendredi 8 au vendredi 15 août 2014.

Le sanctuaire de Sainte Anne d’Auray propose cet été un grand spectacle nocturne sur l’histoire d’Yvon Nicolazic, l’homme à qui Sainte Anne apparut.

Durant une heure trente, le public va découvrir, en 21 tableaux l’histoire de ce paysan breton. Pas moins de 200 bénévoles sont à pied d’œuvre depuis deux mois pour réaliser ce son et lumière. Ils se proposent de faire revivre aux spectateurs un épisode marquant de l’histoire bretonne aux retentissements encore visibles de nos jours. Au XVIIème siècle vivent au hameau de Ker Anna un pieux paysan, Yvon Nicolazic, et sa famille. Témoin vivant d’apparitions de sainte Anne, Yvon Nicolazic verra son destin bouleversé, entraînant dans son sillage celui de toute une région.

Ce grand spectacle qui s’annonce comme un événement se tiendra les 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 15 août à 22h15 (animations à partir de 21h30). Faire vivre le passé à travers un spectacle comme « Yvon Nicolazic, paysan breton », est le meilleur moyen de donner vie à la mémoire du temps. Un magnifique voyage pour ravir petits et grands.

Posté le 3 août 2014 à 00h08 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2014

Les vêtements liturgiques du musée de la Visitation à Moulins (03)

 

Posté le 2 août 2014 à 13h53 par Michel Janva | Lien permanent

L'Eglise face à la guerre de 1914

Pour le mois d'août, L'Homme Nouveau publie un hors-série consacré à la Grande Guerre. Philippe Maxence présente ce numéro :

H"[...] Pour l’Église en France, celle-ci apparaît donc comme un possible retour en grâce auprès de la République, comme le moyen de faire la preuve de son patriotisme, de son dévouement réel, concret, sacrificiel au besoin. L’espérance de laver définitivement la honte des expulsions des congrégations, de la nationalisation des églises et d’éviter ce réduit social dans lequel on veut enfermer l’Église ! Et de fait, le sacrifice des soldats français, dont une très grande majorité de catholiques, aura après guerre, un effet bénéfique pour l’Église qui renouera des relations avec l’État français. La présence massive des religieux et des prêtres au sein des unités combattantes transformera durablement la vision que l’on a d’eux.

Hasard ? En dehors de l’Église qui se souvient, elle aussi, de cette époque, leur présence, leur action, leur rôle et leur sacrifice ne sont pas évoqués, à peine étudiés. C’est pourquoi, au nom de la vertu de piété, qui n’est pas un simple devoir de mémoire laïc, mais qui ressort de ce que l’on ne peut rendre en justice stricte, nous avons tenu à leur rendre hommage. Si la modernité de la guerre est un fléau, le déploiement des vertus traditionnelles par nos soldats reste un exemple."

Posté le 2 août 2014 à 13h42 par Michel Janva | Lien permanent

31 juillet 2014

5 cardinaux préparent un ouvrage pour défendre le mariage

Lu ici :

C"Cinq éminents Cardinaux préparent un livre en défense du Magistère traditionnel sur le mariage et la vie sacramentelle: soutenez le projet.

Un livre de grande importance est en train de voir le jour. Il est disponible en PRÉ-COMMANDE avec une réduction substantielle. Il sera publié en octobre 2014, peu avant le prochain Synode des Évêques sur la famille.

Le livre, intitulé "Demeurer dans la Vérité du Christ", sera publié en plusieurs langues et puisera abondamment aux sources premières du christianisme. "J'en connais un rayon sur ce livre. Les cinq Cardinaux mentionnés dans la présentation vous plairont, lorsque leurs noms seront révélés", assure Father Zuhlsdorf.

Dans ce volume, cinq Cardinaux de l’Église et quatre autres universitaires répondent à l'appel lancé par le Cardinal Walter Kasper pour que l’Église 'harmonise' "la fidélité et la miséricorde dans sa pratique pastorale envers les personnes civilement divorcées et remariées".

Après une brève introduction, la première partie du livre est consacrée aux textes bibliques relatifs au divorce et au remariage, et la seconde partie est une étude de l'enseignement et de la pratique de l’Église primitive. Dans aucun de ces deux domaines, biblique ou patristique, ces universitaires ne trouvent des éléments en faveur du type de "tolérance" prônée par le Cardinal Kasper pour les remariages civils suite à un divorce. Ce livre examine également la pratique orientale orthodoxe de l'oikonomia (comprise comme une "miséricorde" impliquant une "tolérance") pour des cas de remariage après un divorce et dans le contexte de la question épineuse de la Communion eucharistique. Il retrace l'histoire multiséculaire de la résistance catholique à cette convention, révélant de sérieuses difficultés théologiques et canoniques inhérentes à la pratique passée et actuelle de l’Église orthodoxe.

Ainsi donc, dans la seconde partie du livre, les auteurs argumentent en faveur du maintien du principe théologique et canonique du lien intrinsèque entre la doctrine catholique traditionnelle et la discipline sacramentelle concernant le mariage et la communion.

Les diverses études de ce livre conduisent à la conclusion que la fidélité éprouvée de l’Église à la vérité du mariage constitue la fondation irrévocable de sa réponse miséricordieuse et aimante à l'individu qui est civilement divorcé et remarié."

L'éddition française sera publiée le 25 septembre par les éditions Artège.

Posté le 31 juillet 2014 à 15h26 par Michel Janva | Lien permanent

Intoxication : le mythe Jaurès

Le jour de la naissance de Louis de Funès, Jean Jaurès était assassiné. Et la jauressolâtrie bat son plein, à gauche comme à droite, chacun tirant la couverture du mythe à soi, de Sarkozy qui s'en voyait l'héritier, Louis Aliot qui estimait que Jaurès aurait voté FN, Ségolène Royal avec son "idéal jauressien de citoyenneté dans l'entreprise", Hollande voyant Jaurès admirer la construction européenne et Manuel Valls le voyant voter le pacte de responsabilité, ou encore Mélenchon rappelant que Jaurès se serait bien vu assis près de Robespierre. C'est sans doute Mélenchon qui est plus près de la réalité, avec  l'antichristianisme viscéral de Jaurès :

« Nous combattons l'Église et le christianisme parce qu'ils sont la négation du droit humain et renferment un principe d'asservissement intellectuel qui doit être banni de toute œuvre d'éducation. »

Pour revenir à la réalité, rien de mieux que de lire l'ouvrage de Bernard Antony :

J"Vous croyiez tout savoir, sinon tout, au moins presque tout sur Jaurès, icône républicaine, laïque et obligatoire ? Oubliez tout. A la veille du centième anniversaire de sa mort (il a été assassiné le 31 juillet  1914), Bernard Antony nous livre un autre "monument Jaurès", bien différent de celui figé pour l'éternité au Panthéon.

Loin de l'image d'Epinal qu'on raconte aux enfants des écoles républicaines, laïques et obligatoires elles aussi, mais aussi aux grandes personnes sommées de chanter le los du tribun de Carmaux, Bernard Antony, qui est un "pays" de Jaurès, s'est livré à un véritable travail d'investigateur.

Et il nous le montre dans sa famille, dans ses études (de Castres à la rue d'Ulm), en amoureux transi, en élu du Midi Albigeois, mais aussi, très vite, en idéologue féroce dont l'acharnement contre l'Eglise catholique passe l'entendement.

Conçue en deux parties "Histoire de Jaurès" et "Jaurès l'"historien"", cette étude très fouillée, est la toute première du genre. Enkysté dans une utopie archaïque et dans une aversion antichrétienne militante et constante, c'est un "autre" Jaurès que l'on découvre là. Dans son effrayante authenticité."

Et sur son blog, Bernard Antony ajoute :

"La vérité c’est que Jaurès ne fut nullement chrétien mais anti-chrétien, « spiritualiste » peut-être, à sa façon, c’est à dire vaguement panthéiste, gnostique, kabbaliste, c’est à dire n’importe quoi sauf catholique.

La vérité c’est qu’il fut bien, sur le plan politique, « socialiste », « collectiviste », « communiste », employant indifféremment les trois mots pour se définir.

La vérité c’est qu’il ne fut nullement le « prophète » que l’on a salué même à Valeurs Actuelles et au Figaro-Magazine mais qu’il fut au contraire d’un total aveuglement sur l’inéluctabilité de la guerre de 1914."

Posté le 31 juillet 2014 à 12h03 par Michel Janva | Lien permanent

Hier Édesse, aujourd’hui Mossoul

De Jean-Claude Bésida dans Famille chrétienne :

"[...] Sait-on ainsi que les quelques dizaines de milliers de chaldéens qui, aujourd’hui, survivent dans le nord de l’Irak sont les héritiers non seulement de l’Église la plus ancienne du monde, mais aussi d’une des plus impressionnantes chrétientés médiévales ? Alors que Charlemagne régnait sur l’Occident, le patriarche de Séleucie-Ctésiphon (près de Bagdad) Mar Timothée Ier était le chef d’une Église florissante et prospère qui allait de la Méditerranée au Gange. Elle comptait des douzaines d’évêchés et des monastères sans nombre. En 780, il saluait le dynamisme de la mission aux confins de l’Himalaya, avec « l’onction d’un métropolite pour les Turcs » et disait sa « joie de la consécration prochaine d’un autre pour les Tibétains ».

Il est difficile aujourd’hui de prendre toute la mesure de ce que représentaient ces familles d’Orient pour l’Église universelle. Selon l’historien britannique Philip Jenkins, elles regroupaient encore au XIe siècle, un tiers des chrétiens du monde entier les deux autres tiers étant représentés par les chrétientés africaines (anéanties à l’exception des Coptes et des Éthiopiens) et européennes (qui connurent une expansion missionnaire mondiale après le Moyen Âge). L’Église « a les promesses de la vie éternelle », mais l’Histoire montre que des Églises locales peuvent très bien être détruites.

En quelques siècles de domination islamique, elles furent laminées. Nombre de centres chrétiens connurent le sort d’Édesse en actuelle Turquie, prise en 1140 et dont les quarante-sept mille habitants furent passés au fil de l’épée ou réduits en esclavage, au point que le patriarche Michel le Syrien (1126-1199) en dit : « elle est aujourd’hui devenue un repaire de chacals, où personne n’entre, sauf les pilleurs de trésors ». Hier Édesse, aujourd’hui Mossoul. [...]"

Posté le 31 juillet 2014 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent

27 juillet 2014

Le 27 juillet 1214 Philippe-Auguste remportait la victoire de Bouvines

Lu ici :

"De tous nos rois, Philippe Auguste est celui qui agrandit le plus le domaine de la couronne, multipliant, durant son règne, la surface de celui-ci par cinq. En 1180, le territoire sur lequel le monarque capétien exerçait une pleine autorité d’État s’étendait seulement, du nord au sud, de Laon à Bourges et, d’est en ouest, de Sens à Orléans. En 1223, il comprenait toutes les régions du nord jusqu’ à Lille, à l’ouest la Normandie, l’Anjou et le Poitou, au sud l’Auvergne. Seules les régions de l’est, Champagne et Bourgogne, demeuraient inchangées.

Les opiniâtres conquêtes du septième Capétien direct trouvèrent leur point d’orgue et l’apogée de son règne le 27 juillet 1214. Car il y eut un avant et un après Bouvines. Sur le plan militaire comme sur le plan politique et, surtout, historique.

Sur le plan militaire, si la bataille ne fut pas la première bataille rangée de l’Histoire, elle fut, depuis la chute de Rome, la première bataille organisée en bataille rangée. Avec une disposition en lignes et en colonnes, assortie d’une préparation tactique relativement élaborée, distinguant les ailes du centre, fixant à chacun une mission relativement précise et, surtout, une déclinaison de manœuvres à effectuer en cas d’échec des premiers mouvements. [...]

Sur le plan politique, la victoire de Bouvines a considérablement renforcé la position du roi de France, à la fois contre les grands féodaux du royaume, toujours prêts à contester l’autorité royale, que contre les puissances extérieures qui voyaient d’un mauvais œil l’expansion du royaume de France et s’étaient alliés afin d’en partager les dépouilles. C’est après Bouvines qu’on commença, de l’autre côté du Rhin, à appeler la France « la grande nation » et à ne plus remettre en cause son existence sauf, bien sûr, lorsque cette remise en cause émanait du royaume lui-même... [Lire la suite]"

Posté le 27 juillet 2014 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent

24 juillet 2014

Le catholicisme dans la voie d'une caricature du protestantisme

Etienne de Montety, directeur adjoint de la rédaction du Figaro et du Figaro littéraire, consacre un article aux Mémoires de Louis Bouyer, qui viennent d'être publiées aux éditions du Cerf. Extrait :

M"La liturgie est depuis quarante ans un sujet de réflexion et d'inquiétude au sein de l'Église catholique. Le cardinal Ratzinger, avant même qu'il ne soit devenu Benoît XVI, y consacra une part de son ministère: le concile Vatican II, en voulant revenir aux origines du Mystère, n'a-t-il pas laissé les célébrations catholiques s'appauvrir par de malheureuses initiatives de clercs imprudents ou de laïcs mal formés? Cette question est au cœur des Mémoires inédits du théologien Louis Bouyer, mort en 2004, et que viennent de publier les Éditions du Cerf.

Sait-on que cet oratorien né en 1913 venait du protestantisme et que c'est l'amour de la liturgie découverte dans la religion réformée qui le conduisit à l'Église catholique? Il y entre au moment où celle-ci s'apprête à vivre une crise profonde qui culminera dans les années 1970. La puissance intellectuelle de Bouyer, sa force de travail le conduisent, lui le converti, à être associé à diverses commissions préparant le concile Vatican II, notamment celle de la réforme de la liturgie romaine.

S'il se réjouit de la redécouverte de textes des premiers temps insérés dans les prières eucharistiques, il est aussi le spectateur affligé de manœuvres menées par Mgr Bugnini, un lazariste napolitain dont il fait un portrait terrible. Celui-ci se prévalait de l'assentiment de Paul VI pour imposer ses vues, tandis que le pape s'étonnait des libertés prises par la commission. Bugnini, rapporte Bouyer, fut finalement écarté et envoyé comme nonce à Téhéran: au moment où y arrivait un autre religieux, l'ayatollah Khomeyni… [...]

Au fil des pages, on croise un Paul VI débordé par l'ampleur de la crise, un Jean Daniélou avec qui l'auteur rompt des lances - éternelle rivalité des théologiens -, un Jean Guitton accablé d'un mot cruel et (pour une fois) bien peu charitable. Karl Rahner est qualifié de spécialiste des «monologues sur le dialogue» - formule cocasse qui lui est glissée par Ratzinger.

On pourrait croire à un livre féroce. C'est tout l'inverse. La justesse et la hauteur de vue autorisent la sévérité. Et Bouyer ne se prive pas de pratiquer la correction fraternelle. Mais ses flèches sont trempées dans l'encre de l'affliction. S'il a rejoint l'Église catholique, ce n'est pas pour voir le catholicisme s'engager dans la voie d'une caricature du protestantisme - réflexion qu'il partage avec son ami Julien Green. [...]"

Posté le 24 juillet 2014 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

19 juillet 2014

Le célibat sacerdotal ne remonte pas à une loi édictée 900 ans après NSJC

Historien de l'Eglise, le cardinal allemand Walter Brandmüller met les choses au point :

"[...] En particulier, il est nécessaire de souligner en premier lieu que le célibat ne remonte pas du tout à une loi inventée neuf cents ans après la mort du Christ. Ce sont plutôt les Évangiles selon Matthieu, Marc et Luc qui rapportent ce que Jésus a dit à ce propos. Matthieu écrit (19,29) : “Quiconque aura quitté maisons, frères, sœurs, père, mère, enfants ou champs à cause de mon nom, recevra le centuple et aura en partage la vie éternelle”. Ce qu’écrit Marc est très semblable (10,29) : “En vérité, je vous le dis : nul n’aura quitté maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi qu’il ne reçoive le centuple”. Luc se montre encore plus précis (18, 29 et suiv.) : “En vérité, je vous le dis : nul n’aura quitté maison, femme, frères, parents ou enfants, à cause du Royaume de Dieu, qui ne reçoive bien davantage en ce temps-ci et, dans le temps à venir, la vie éternelle”.

Ce n’est pas à de grandes foules que Jésus s’adresse lorsqu’il dit cela, mais bien à ceux qu’il envoie répandre son Évangile et annoncer l’avènement du Royaume de Dieu. Pour accomplir cette mission, il est nécessaire qu’ils se libèrent de tous les liens terrestres et humains. Et, étant donné que cette séparation signifie la perte de ce à quoi l’on peut normalement s’attendre, Jésus promet une “récompense” plus qu’appropriée. [...]

C’est le concile d’Elvire, en 305-306, qui a donné la forme d’une loi à cette pratique d’origine apostolique. Dans son canon 33, ce concile interdit aux évêques, aux prêtres, aux diacres et à tous les autres clercs d’avoir des rapports conjugaux avec leur épouse ; il leur interdit également d’avoir des enfants. Par conséquent, à cette époque-là, on considérait que l’abstinence conjugale et la vie familiale pouvaient être conciliées. C’est ainsi que même le saint pape Léon Ier, dit Léon le Grand, écrivait vers 450 que les hommes consacrés ne devaient pas répudier leur femme. Ils devaient continuer à vivre avec elles, mais comme s’ils “n’en avaient pas”, pour reprendre l’expression utilisée par Paul dans sa première épître aux Corinthiens (7,29).

Au fil du temps, on aura de plus en plus tendance à accorder les sacrements de l’ordination uniquement à des hommes célibataires. La codification surviendra au Moyen Âge, époque à laquelle on considérait comme évident que le prêtre et l’évêque soient célibataires. Il est de fait que la discipline canonique n’était pas toujours respectée à la lettre, mais cela ne doit pas étonner. Et, comme il est naturel, l’observance du célibat a également connu des hauts et des bas au cours des siècles. [...]

Enfin permettez-moi de me livrer, en guise de conclusion, à une considération tournée vers l’avenir : si la constatation que toute réforme ecclésiastique digne de ce nom doit avoir pour fondement une connaissance profonde de la foi ecclésiastique continue à être valable, alors la controverse actuelle à propos du célibat sera, elle aussi, dépassée grâce à une connaissance approfondie de ce que signifie le fait d’être prêtre. Et si l’on comprend et enseigne que le sacerdoce n’est pas une fonction de service, exercée au nom de la communauté, mais que le prêtre – en vertu des sacrements qu’il a reçus – enseigne, guide et sanctifie "in persona Christi", alors on comprendra d’autant mieux que, justement pour cette raison, il adopte aussi la forme de vie du Christ. Et un sacerdoce compris et vécu de cette façon recommencera à exercer son pouvoir d’attraction sur l’élite des jeunes.

Pour le reste, il faut prendre acte du fait que le célibat, ainsi que la virginité au nom du Royaume des Cieux, resteront toujours, pour les gens qui ont une conception sécularisée de la vie, quelque chose d’irritant. Mais Jésus disait déjà à ce propos : “Que celui qui peut comprendre, comprenne”."

Posté le 19 juillet 2014 à 15h12 par Michel Janva | Lien permanent

18 juillet 2014

Voltaire antisémite

Extrait d'un article de La Nef :

"[...] l’extermination des Juifs faisait, dès le départ, partie du projet des Lumières, à la manière d’une clause écrite en petits caractères au bas d’un contrat et à laquelle personne ne prête attention, ou comme un virus tapi au cœur d’un organisme, éveillant ses pouvoirs redoutables après une longue latence.

On sait depuis longtemps – au moins depuis 1942, lorsqu’un ancien député radical-socialiste et franc-maçon publia un Voltaire anti-juif – qu’on trouve dans l’œuvre de cet écrivain la matière d’un florilège terrifiant. Tous les thèmes à venir de la rhétorique nazie s’y trouvent déjà déployés, notamment la vision raciale (et non pas religieuse), biologique, des Juifs, perçus comme une souillure (« peuple le plus infecté en tout genre qui ait jamais sali notre malheureux globe »), une race barbare lancée à la conquête du monde (« toujours superstitieuse, toujours avide du bien d’autrui, toujours barbare, rampante dans le malheur, et insolente dans la prospérité »). Un apologue glaçant invite même à considérer Voltaire comme le premier à avoir projeté leur extermination Il est juste qu’une espèce si perverse se dévore elle-même, et que la terre soit purgée de cette race »). [...] La haine des Juifs occupe dans l’œuvre de Voltaire une place qu’on ne soupçonne pas toujours, l’institution scolaire ayant fait le nécessaire pour ne retenir que les textes jugés par lui les moins importants, les contes.

Confrontés à cette masse organisée de manière cohérente (ce que l’on appelle une idéologie), les défenseurs de Voltaire répliquent que celui-ci ne faisait que reprendre les lieux communs de son époque. Malheureusement pour les tenants de cette explication, il n’est pas difficile de trouver des témoignages de contemporains, indignés par l’antisémitisme obsessionnel de Voltaire. Ces témoignages émanent de Juifs, mais également de catholiques, tel l’abbé Antoine Guénée (1717-1803). Homme de lettres, qui traduisit plusieurs ouvrages de l’anglais, l’abbé Guénée publia en 1769 un livre aujourd’hui oublié, à tort, mais qui connut le succès (il fut réédité pendant près d’un siècle et traduit en plusieurs langues) : les Lettres de quelques Juifs portugais, allemands et polonais à M. de Voltaire. [...]

Posté le 18 juillet 2014 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 18 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 18 juillet 1100 : décès de Godefroy de Bouillon, premier roi chrétien de Jérusalem

Voir la chronique du 14 juillet.

  • le 18 juillet 1323 : canonisation de saint Thomas d'Aquin par le pape Jean XXII.

Voir la chronique du 7 mars.

  • le 18 juillet 1511 : une Bulle du pape Jules II met la France en interdit, à l'exception de la Bretagne.

Jules II par sa bulle Sacro sanctæ le 18 juillet 1511, convoque un concile au Latran pour le 19 avril 1512, avec pour objectif d'excommunier tous les membres du concile de Pise, initié par Louis XII.

  • le 18 juillet 1721 : décès d'Antoine Watteau, peintre français.

Pèlerinage à l'île de Cythère.

Antoine Watteau représente souvent le théâtre dans ses tableaux, que ce soit à travers les rideaux lourds ou les thèmes. Ses tableaux les plus célèbres sont Pierrot, Pèlerinage à l'île de Cythère.

  • le 18 juillet 1793 : les Vendéens reprennent la ville de Châtillon.

Les Républicains des généraux Menou, La Barrolière et du fanfaron Santerre sont battu à Vihiers par 10.000 Vendéens commandés par des chefs subalternes. Santerre s'enfuit criant à la trahison, imité par ses troupes jetant armes et bagages, jusqu'à Saumur et Chinon. Le lendemain de cette victoire Vendéenne le conseil de guerre réuni à Châtillon élit D'Elbée au poste de généralissime. Voir la chronique du lendemain.

  • le 18 juillet 1809 : Napoléon écrit à Fouché :

"Je suis fâché qu'on ait arrêté le Pape ; c'est une grande folie... Mais enfin, il n'y a point de remède ; ce qui est fait est fait".

Pourquoi ne pas l'avoir libéré immédiatement alors?

  • le 18 juillet 1830 : apparitions de Notre Dame à Sainte Catherine Labouré en la chapelle Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse de la rue du Bac.

De juillet à décembre 1830 sœur Catherine, jeune "novice" des Filles de la Charité, reçoit l'immense faveur de s'entretenir trois fois avec la Vierge Marie. Catherine Labouré raconte que ce jour en la Saint-Vincent, elle est réveillée par un petit enfant qui lui dit :

« Ma sœur, tout le monde dort bien ; venez à la chapelle ; la Sainte Vierge vous attend. »

Croyant rêver, Catherine se lève, s'habille et suit l'enfant « portant des rayons de clarté partout où il passait ». Arrivée à la chapelle, Catherine entend bientôt « comme le froufrou d'une robe de soie ». La Sainte Vierge est là, resplendissante, et lui parle pendant deux heures, lui confiant que Dieu a une difficile mission pour elle.

« Venez au pied de cet autel. Là, les grâces seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur.»

Cf. les chroniques du 6 juin et du 27 novembre.

  • le 18 juillet 1870 : le Concile de Vatican I définit le dogme de l'infaillibilité pontificale.

Le pape Pie IX

Le 1er concile œcuménique du Vatican se tient du 8 décembre 1869 au 20 octobre 1870. Convoqué par Pie IX, il condamne le modernisme et définit l'infaillibilité pontificale, mais est interrompu, quand les troupes italiennes envahissent Rome. Suspendu sine die, il n'est jamais re-convoqué. Le 18 juillet 1870, Pie IX peut malgré tout définir que le double dogme de la primauté universelle de droit divin et l'infaillibilité pontificale étaient des vérités de foi divinement révélées.

  • le 18 juillet 1918 : offensive alliée lors de la seconde bataille de la Marne.

La seconde bataille de la Marne se déroule principalement du 15 au 20 juillet 1918. La plus grande offensive allemande de la Première Guerre mondiale au cours de la deuxième bataille de la Marne est stoppée par une contre-offensive alliée. Mais qui se rappelle que le généralissime Foch, en présence de tout son Etat-major a consacré, le 9 juillet précédent, les armées françaises et alliées au Sacré Cœur de Jésus ! Ce même jour, ils entament une neuvaine qui s'achève justement le 18 juillet, date du début de l'offensive donnant la victoire finale à la France et aux alliés.

Le 7 août tout le territoire est aux mains des alliés. Cf. les chroniques du 9 et du 15 juillet.

 

 

  • le 18 juillet 1989 : inauguration de la Grande Arche à La Défense.

Posté le 18 juillet 2014 à 05h11 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

17 juillet 2014

Conférence de Marion Sigaut sur le chevalier de la Barre

Ce grand pourfendeur des mensonges et des menteurs des "Lumières" (TM) , que nous avons déjà évoqué (ici notamment), s'exprimera le 19 juillet à Abbeville.

Barre-16840

Posté le 17 juillet 2014 à 10h10 par Paula Corbulon | Lien permanent

C’est arrivé un 17 juillet …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 17 juillet : saintes catholiques du jour, les Carmélites de Compiègne.

Seize martyres sont guillotinées place du Trône à Paris, le 17 juillet 1794 en haine de la foi catholique. Elles sont conduites par leur supérieure, mère Thérèse de Saint-Augustin, quittent la prison et prennent le chemin de la guillotine en chantant des cantiques tout au long du parcours, le Miserere, le Salve Regina, le Te Deum, prononcent le renouvellement de leurs vœux et chantent le Veni Creator.

Les chants des religieuses, durant leur parcours jusqu'à la guillotine, puis gravissant l'échafaud, impressionnent fortement la foule qui assiste en silence à leur exécution

Leurs corps et leurs têtes sont jetés de nuit dans l'une des deux fosses communes du cimetière de Picpus. Les dépouilles se trouvent encore dans le jardin des religieuses.

  • le 17 juillet  1048 : Damase II est nommé pape.

Damase II (Poppon de Brixen) est pape pendant 23 jours, du 17 juillet au 9 août 1048. Il meurt à Palestrina en Italie, probablement de la malaria. Il est élevé au trône pontifical par l'empereur Henri III du Saint-Empire, sans avoir été élu.

 

  • le 17 juillet  1429 : sacre de Charles VII en la cathédrale de Reims.

Après la triple donation du Royaume de France faite devant notaire, le 21 juin 1429 (voir la chronique du jour), qui fait de Jésus Christ le Roi de France, et de Charles VII le lieutenant de Dieu en France (étymologiquement le Tenant lieu de…), il reste un acte indispensable à réaliser : le sacre. C'est le moment où la personne du Roi devient Sacrée, où il reçoit les grâces de son nouvel état. Par le sacre, le Roi renouvelle en sa personne le pacte de Reims de la Noel 496.

L'évêque prononce les paroles : « Je te sacre Roi de France au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. »

Sainte Jeanne d'Arc se jette alors aux pieds du Roi et s'écrie :

« Gentil Prince, maintenant est exécuté le plaisir de Dieu, qui voulait que vous vinssiez à Reims pour y recevoir votre digne Sacre, montrant que vous êtes le vrai Roi et celui auquel le Royaume doit appartenir ! »

Pour Geneviève Esquier, dans Ceux qui croyaient au Ciel de (Ed. de l'Escalade) page 180 : Désormais la vocation spirituelle et temporelle de la nation des Francs renait officiellement.

Jeanne d'Arc au couronnement de Charles VII, d'après Jean-Auguste-Dominique Ingres

  • le 17 juillet  1429 : lettre de la Pucelle au Duc de Bourgogne.

Le 17 juillet 1429, Charles VII est sacré Roi de France à Reims, selon la volonté de Dieu. Le jour même, Jeanne écrit au duc de bourgogne pour lui demander de faire la paix :

† Jhesus Maria.

  « Hault et redoubté prince, duc de Bourgoingne, Jehanne la Pucelle vous requiert de par le Roy du ciel, mon droicturier et souverain seigneur, que le roy de France et vous, faciez bonne paix ferme, qui dure longuement. Pardonnez l'un à l'autre de bon cuer, entièrement, ainsi que doivent faire loyaulxchrestians; et s'il vous plaist à guerroier, si alez sur les Sarrazins. Prince de Bourgoingne, je vous prie, supplie et requiers tant humblement que requerir vous puis, que ne guerroiez plus ou saint royaume de France, et faictes retraire incontinent et briefmentvoz gens qui sont en aucunes places et forteresses dudit saint royaume; et de la part du gentil roy de France, il est prest de faire paix à vous, sauve son honneur, s'il ne tient en vous. Et vous faiz à savoir de par le Roy du ciel, mon droicturier et souverain seigneur, pour vostre bien et pour vostre honneur et sur voz vie, que vous n'y gaignerez point bataille à rencontre des loyaulx François, et que tous ceulx qui guerroient oudit saint royaume de France, guerroient contre le royJhesus, roy du ciel et de tout le monde, mon droicturier et souverain seigneur. Et vous prie et requiers à jointes mains, que ne faictes nulle bataille ne neguerroiez contre nous, vous, voz gens ou subgiez ; et croiezseurement que, quelque nombre de gens que amenez contre nous, qu'ilz n'y gaigneront mie, et sera grant pitié de la grant bataille et du sang qui y sera respendu de ceulx qui y vendront contre nous, Et a trois sepmaines que je vous avoyeescript et envoié bonnes lettres par unghérault, que feussiez au sacre du roy qui, aujourd'hui dimenche XVIIe jour de ce présent mois de juillet, ce (se) fait en la cité de Reims : dont je n'ay eu point de response, ne n'ouy oncques puis nouvelles dudit hérault. A Dieu vous commens et soit garde de vous, s'il lui plaist; et prie Dieu qu'il y mecte bonne pais. Escript audit lieu de Reims, ledit XVIIe jour de juillet. »

  Sur l'adresse : « Au duc de Bourgoingne. » (Procès, t. V, p. 126. L'original est encore aux archives de Lille.)

Jeanne repart vers la Charité-sur-Loire, Melun, Soisson et Compiègne. Sa mission est terminée, elle a sauvé la France, lui a rendu son roi, elle a consacré la mission divine de la France, elle a sauvé la chrétienté en empêchant le protestantisme anglais, qui devait sévir au siècle suivant de détruire l'Eglise, elle a proclamé la royauté universelle du Christ. A la mission de Jeanne, il ne manque encore qu'une chose : l'auréole du martyre.

Le parti anglais réplique la même année en faisant sacrer, à Notre Dame de Pris, le jeune Henri VI de Lancastre (sept ans) Roi de France et d'Angleterre.

  • le 17 juillet 1453 : victoire de Castillon, fin de la guerre de 100 ans.

L'armée française de Charles VII remporte une victoire décisive sur les Anglais dans le village de Castillon, en Gironde. Cette bataille marque la fin de la Guerre de Cent Ans car à toute l'Aquitaine revient à la couronne de France. La reconquête de la région aquitaine sera complète quand le Roi de France s'emparera de Bordeaux le 19 octobre. Les Anglais sont alors définitivement boutés hors du Royaume. John Talbot, connu pour avoir repris la ville de Bordeaux en 1452 alors qu'un traité avait été signé entre les deux pays, meurt au cours des combats.

Après Castillon, les Anglais ne conservent que le port de Calais. Si cette victoire marque bel et bien la fin de la puissance anglaise en France, il faudra attendre le Traité de Picquigny signé entre Louis XI et Édouard IV pour régler politiquement le vieux conflit.

  • le 17 juillet 1765 : instauration de la fête du Sacré-Cœur dans tous les diocèses de France.

La reine Marie Leckzinska suggère, en 1751, l'adoration perpétuelle du Sacré-Coeur dans le Saint Sacrement. Elle obtient du pape Clément XIII, la fête du Sacré-Coeur dans tous les diocèses de France le 17 juillet 1765. Une lettre de la Mère Marie-Hélène Coing, supérieure de la visitation de Paray-le-Monial, adressée le 17 mars 1744 relance le message de 1689. Louis XV reste sourd au message, mais son fils le Dauphin Louis fait dédier, dans l'église du Château de Versailles, en 1773, une chapelle au Coeur de Jésus dans la tradition eudiste à laquelle la famille royale participe.

  • le 17 juillet 1791 : massacre du Champ de Mars.

Les émeutiers se rassemblent au Champ-de-Mars, afin de faire signer une nouvelle pétition pour priver le Roi de ses pouvoirs. Aussitôt, l'Assemblée réagit et, sous le commandement de La Fayette, la Garde nationale ouvre le feu. Environ cinquante personnes sont tuées.

  • le 17 juillet 1918 : le tsar Nicolas II, sa famille et 4 fidèles sont assassinés.

La famille impériale russe, le tsar Nicolas II, la tsarine Alexandra, les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria et Anastasia, le tsarévitch Alexis et plusieurs domestiques demeurés à leur service, sont assassinés à Ekaterineburg.

Bien que cela ne concerne pas l'histoire de France, cet assassinat a été commis en haine de la foi et de toute autorité. C'est dans le même esprit que la famille royale de France a été assassinée en 1793.

Posté le 17 juillet 2014 à 05h03 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

16 juillet 2014

La célébration de la forme extraordinaire devrait être normale

Le cardinal Cañizares, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, a donné une préface à la thèse que vient de publier le père Alberto Soria Jiménez, un bénédictin espagnol, sur les principes d'interprétation du Motu Proprio Summorum Pontificum. Cette thèse en droit canon, soutenue devant l'université ecclésiastique San Dámaso de Madrid, étudie l'évolution du cadre juridique de la célébration selon le missel de 1962. Cette thèse confirme que Summorum Pontificum est bel et bien une « loi universelle de l'Église » et non la réponse ponctuelle à un problème limité dans le temps. Paix liturgique a traduit la première partie de la préface du cardinal. Extraits :

C"[...] Or, dès le départ nous devons garder à l'esprit deux éléments : d'une part le caractère académique de cet ouvrage et, de l'autre, l'appartenance de son auteur à une communauté certes fidèle aux grands principes de la liturgie mais au sein de laquelle ne se célèbre pas la forme extraordinaire du rite romain. Cette double spécificité permet à l'auteur d'observer « de l'extérieur » la situation, d'où la grande objectivité que reflète son étude. [...]

Parmi les textes cités, de nombreuses critiques manifestent une conception du Concile et de la réforme liturgique qui témoigne clairement à quel point la diffusion généralisée de « l'herméneutique de rupture » au sujet de ces événements, loin d'être fantasmagorique, est une réalité bien concrète. [...]

L'idée, clairement présente dans le Motu Proprio comme dans les documents qui y sont liés, que la liturgie héritée constitue une richesse à conserver, s'inscrit en fait dans la ligne du mouvement liturgique – dans l'esprit de Romano Guardini auquel Benoît XVI, depuis sa jeunesse, doit tant dans sa relation personnelle avec la liturgie. L'histoire détaillée et documentée d'un processus commencé dans les années 70 et poursuivi jusqu'à aujourd'hui nous montre combien cette législation ne fut ni le résultat d'une pression momentanée ni un reflet de l'opinion personnelle et isolée du Pape mais plutôt l'aboutissement de la volonté exprimée depuis des années par de nombreuses personnes. Au fil des ans, les convictions du jeune Joseph Ratzinger se renforcèrent et s'affinèrent, et furent également adoptées par Jean-Paul II qui avait lui-même envisagé la possibilité de promulguer une telle législation. [...]

Il est également relevé ici la préoccupation de Benoît XVI de souligner que l'Église ne rejette pas son passé : en constatant que le Missel de 1962 « n'a jamais été abrogé juridiquement », le Pape a mis en évidence la cohérence que souhaite maintenir l'Église. En effet, l'Église ne peut pas se permettre de perdre, d'oublier ou d'abandonner les trésors et la richesse du patrimoine de la tradition du rite romain sans se trahir et se renier. Elle ne pourrait pas renoncer à son héritage liturgique historique et prétendre établir ex novo sans s'amputer de parties fondamentales. [...]

Le Motu Proprio a modifié la situation précédente en faisant comprendre que la célébration de la forme extraordinaire devrait être normale, en éliminant tout conditionnement lié au nombre de fidèles intéressés et en ne posant comme conditions pour participer à une telle célébration que celles normalement requises pour toute célébration publique de la messe, ce qui a permis un accès majeur à ce patrimoine qui, bien qu'il soit de droit un bien spirituel de tous les fidèles, est, de fait, ignoré du plus grand nombre. En effet, les restrictions actuelles à la célébration de la forme extraordinaire ne diffèrent pas de celles qui existent pour les autres célébrations, quel qu'en soit le rit. […]"

Posté le 16 juillet 2014 à 12h31 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 16 juillet …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 16 juillet : fête de Notre Dame du Mont Carmel.

La fête liturgique solennelle de Notre-Dame du Mont-Carmel est probablement célébrée la première fois en Angleterre. Le but est de rendre grâces à Marie, la patronne de l'Ordre du Carmel, pour les avantages et la protection qu'elle avait accordés à l'ordre durant ses débuts difficiles.

  • .le 16 juillet 1216 : décès du pape Innocent III.

Giovanni Lotario de Segni est élu pape le 8 janvier 1198 sous le nom de Innocent III, à l'âge de 37 ans. C'est lui qui affirme l'indépendance et la suprématie du Saint-Siège par rapport aux souverains. Il distingue la pleine souveraineté (autoritas) que seul le pape détient, de la puissance politique (potestas) que les souverains reçoivent directement de Dieu.

La primauté romaine est d'origine divine, le Christ ayant conféré à saint Pierre la plénitude du pouvoir. Toutes les Églises nationales sont donc subordonnées au Saint-Siège qui les contrôle par ses légats. Il interdit tout mauvais traitement contre les Juifs de Rome, mais proscrit aussi toutes relations amicales avec eux.

  • le 16 juillet 1212 : bataille de Las Navas de Tolosa.

Les royaumes chrétiens d'Espagne remportent une victoire majeure sur les musulmans almohades en Andalousie, lors de la bataille de Las Navas de Tolosa. Près de 60 000 soldats arabes trouvent la mort dans les combats. Pour les catholiques, cette éclatante victoire marque une grande progression dans la reconquête de l'Espagne occupée par les musulmans depuis le VIIIème siècle.

  • le 16 juillet 1251 : apparitions de Notre Dame à saint Simon Stock.

La Sainte Vierge lui donne le scapulaire du mont Carmel avec comme promesse :

« Recevez, mon fils bien-aimé, ce scapulaire pour mon Ordre, c'est le signe particulier de ma faveur, que j'ai obtenu pour toi et pour mes fils du Mont-Carmel. Celui qui meurt revêtu de cet habit sera préservé du feu éternel »

Le privilège le plus considérable accordé à la Confrérie du Mont-Carmel, après celui que Marie fait connaître à saint Simon Stock, est celui qui est révélé au pape Jean XXII : la délivrance du purgatoire, le samedi après leur mort, des confrères du Mont-Carmel qui auront été fidèles à l'esprit et aux règles de la Confrérie. En dehors de ces deux privilèges, il y a de nombreuses indulgences attachées au scapulaire.

La Vierge remettant le scapulaire à saint Simon Stock. 1644 Avignon, Musée Calvet

  • le 16 juillet 1465 : bataille de Montlhéry.

L'année 1465 voit le déclenchement de la Guerre de la «Ligue du Bien Public» créée par le Duc de Bourgogne Charles «Le Téméraire» et François II de Bretagne, appuyés par d'autres grands du Royaume mécontents de la politique du Roi de France Louis XI. Si les troupes du Duc de Bourgogne assiège Paris, bien défendue par le Maréchal Roualt, les Bretons de François II tardent ; ils n'ont toujours pas dépassé Châteaudun au début du mois de juillet. Louis XI décide alors de secourir Paris.

Au cours de la bataille, alors que la victoire française ne fait plus aucun doute, le comte du Maine, oncle du Roi de France, trahie se dernier et quitte le champ de bataille alors qu'il commandait l'aile gauche royale ; au centre, la vie du Roi est alors dangereusement menacée. Il faut toute l'énergie de sa garde écossais pour le sauver. (Car depuis le renouvellement de la « Auld Alliance » en 1421, les Écossais forment la garde personnelle de Charles VII. Louis XI l'a conservée. Les Compagnies Ecossaises continuent à servir les Rois de France jusqu'à la révolution).

Pierre II de Brézé, le fidèle Sénéchal de Normandie qui servait la Couronne des Valois depuis 1433, commandait l'aile droite. C'est une habile manœuvre de sa part qui a permis de rapidement prendre le dessus sur les ligueurs. Sans la trahison angevine, la victoire eut été totale. Il paie son courage de sa vie. Au soir de la bataille, les Bourguignons en fuite, l'ost reprend sa route vers Paris.

Miniature tirée des Chroniques de Montlhéry du temps du Roi Louis XI, rédigées par Philippe de Commynes de 1489 à 1491

  • le 16 juillet 1639 : révolte des va-nu-pieds.

Exaspérée par l'empilement de nouvelles taxes, la population de Normandie s'agite. Lorsque la décision de rétablir la gabelle dans cette région est annoncée, les habitants d'Avranches se rebellent et assassinent un agent du fisc. C'est le début de la révolte des va-nu-pieds qui va secouer la Normandie pendant plusieurs mois, notamment dans les villes d'Avranches, Rouen ou Bayeux. Les violences prendront fin en janvier suivant.

  • le 16 juillet 1691 : mort de Louvois.

François Michel Le Tellier, marquis de Louvois, décède le 16 juillet 1691 à Versailles. Ayant succédé, en 1655, à son père au poste de secrétaire d'Etat de la Guerre, il devient ministre d'Etat en 1672 et remplace Colbert au poste de surintendant des Bâtiments à la mort de ce dernier. Il s'occupe notamment des travaux au château de Versailles, François Michel Le Tellier de Louvois meurt subitement à Versailles, victime d'un malaise alors qu'il travaille avec Louis XIV.

  • le 16 juillet 1767 : Jeanne-Françoise Frémyot de Chantal est canonisée par Clément XIII.

Geneviève Esquier, dans Ceux qui croyaient au Ciel (Editions l'Escalade, pages 211 à 219 résume la vie de la sainte, fondatrice de la congrégation de la Visitation, grâce aux conseils d'un autre saint : saint François de Sale.

  • le 16 juillet 1789 : l'émigration commence.

Suite au rappel Necker ont lieu les premiers départs en émigration : le comte d'Artois, frère de Louis XVI, le prince de Condé, affolés par la tournure que prennent les évènements s'exilent. Deux choses sont à souligner : la noblesse, qui ne payait pas d'impôts car elle s'acquittait de l'impôt du sang en mettant sa vie au servie du Roi, trahit le Roi et la couronne de France à commencer par les princes de sang ! De plus, l'histoire officielle parle d'une perte incalculable pour la France due à la révocation Edit de Nantes, sans jamais souligner que l'émigration fut une perte encore plus importante pour le pays et ce sur tous les plans.

  • le 16 juillet 1858 : la toute dernière apparition de Notre Dame à Sainte Bernadette.

C'est la dix-huitième apparition. Bernadette ressent le mystérieux appel de la Grotte, mais l'accès à Massabielle est interdit et fermé par une palissade. Elle se rend donc en face, de l'autre côté du Gave... Et elle voit la Vierge Marie, une ultime fois :

"Il me semblait que j'étais devant la grotte, à la même distance que les autres fois, je voyais seulement la vierge, jamais je ne l'ai vue aussi belle !".

  • le 16 juillet 1995 : Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de l'État dans les persécutions anti-juives de 1940-1944, lors de la commémoration de la rafle du Vel' d'hiv'

Posté le 16 juillet 2014 à 06h57 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

15 juillet 2014

Des statues de la Vierge sur les sommets les plus inaccessibles

C'est une coutume d'alpinistes. À 3 482 mètres d’altitude, dans les Alpes, le sommet du Grépon, escarpé à l’extrême, comprend une Vierge scellée. L’idée vient de l’abbé Vuarnet. Après avoir convaincu un groupe de 8 guides de Chamonix, le président des Jeunesses catholiques et quelques membres de son groupe, le vicaire fit couler une vierge d’un mètre vingt de hauteur pour 44 kilos. Puis il mit en marche sa petite expédition le 27 juin 1927. Un mulet pour porter la statue jusque sur la moraine du glacier des Nantillons, puis c’est aux guides de se relayer pour hisser la Madone dans cette ascension difficile. Sept heures d’un véritable calvaire pour un acte de foi défiant la raison des hommes.

Au sommet du Grépon, pendant que les guides et les membres des jeunesses catholiques s’affairaient à sceller la statue, visage tourné vers Chamonix, l’abbé Vuarnet revêtait ses habits sacerdotaux. Puis tous s’agenouillèrent tandis que le prêtre commença la bénédiction. Le chroniqueur du journal “La Croix” du 29 juin 1927 écrit :

“L’émotion était intense et le guide Ravanel [le Rouge] eu peine à retenir ses larmes. C’est alors que sortit, du cœur enthousiasmé de tous ses jeunes gens, le chant magnifique et imposant du Salve Regina”.

Posté le 15 juillet 2014 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

13 juillet 1914 – « nous ne sommes ni défendus, ni gouvernés »

13 juillet 1914 – nous ne sommes plus qu’à quelques jours de la catastrophe que tout le monde pressent sans en connaître encore l’heure exacte et le Sénat discute du projet de loi [1] concernant les dépenses non renouvelables de la défense nationale. Pour être clair, une loi de programmation militaire de crise face au péril allemand imminent après des années de budgets militaires copieusement rabotés ou tout simplement amputés dans des proportions sidérantes.

Le rapporteur de la commission de l’armée, monsieur Charles Humbert se livre à une revue de détail qui révèle au grand jour l’état d’impréparation dans lequel se trouve l’armée et la marine tant au niveau des matériels (de l’outillage comme on disait à l’époque) que de la préparation opérationnelle. Cet état des lieux qui plonge les sénateurs dans la stupeur et l’indignation, semble donner raison à la méprisante boutade du chancelier allemand prononcée au Reichstag en avril 1913 : « En illusion, la France a déjà remporté la victoire ».

En cause selon monsieur Humbert : « l’instabilité ministérielle, l’organisation vicieuse des services de l’administration centrale, la répugnance pour les responsabilités, l’impossibilité de tout contrôle sérieux venant du dehors ». Bref, la faute aux armées, incapable de gérer correctement leurs ressources !

S’ensuit la riposte cinglante du ministre de la guerre, monsieur Messimy, qui ne manque pas de rappeler  les amputations budgétaires dont son ministère a fait l’objet et qui surtout établit un bilan comparatif accablant des dépenses militaires de la France et de l’Allemagne entre 1903 et 1912. Qu’on en juge :

- 1903 : 31 millions pour la France, 130 millions pour l’Allemagne

- 1904 : 32 millions pour la France, 130 millions pour l’Allemagne

Et ainsi de suite jusqu’en 1912 : 135 millions pour la France contre 216 millions pour l’Allemagne.

Ce dérisoire et tragique face à face « tu ne sais pas gérer – tu ne m’as pas donné assez d’argent », autrement dit, cette absence complète de vision stratégique à long terme se paiera au prix fort, objet de toutes nos commémorations : le prix du sang dans des proportions jamais atteintes. La montée aux extrêmes, entrevue par Clausewitz, devient réalité.

Au cours de cette séance dramatique, Clémenceau s’écriera « la vérité, c’est que nous ne sommes ni défendus, ni gouvernés ! » puissent nos gouvernants et le peuple français tirer les leçons de ce 13 juillet 1914 !


[1] Journal officiel du 14 juillet 1914 : Sénat séance ordinaire – compte-rendu in extenso de la 67e séance – séance du lundi 13 juillet. Point n°21. Consultable sur internet sur le site officiel du Sénat

Posté le 15 juillet 2014 à 08h04 par Le Salon Beige | Lien permanent

La prise de la Bastille n'avait rien de spontané

Jean Sévillia, rédacteur en chef adjoint du Figaro magazine et écrivain, évoque les vérités du 14 juillet. Extraits :

"[...] La loi promulguée le 6 juillet 1880 annonce que «la République adopte le 14 juillet comme jour de fête nationale annuelle». Le choix de cette date, en réalité, ratifie une pratique antérieure du parti républicain, mais en jouant sur la double signification du 14 juillet: les radicaux commémorent la prise de la Bastille (14 juillet 1789), tandis que les modérés, à qui la violence révolutionnaire fait peur, préfèrent se souvenir de la Fête de la Fédération (14 juillet 1790). [...]

Le 12 juillet 1789, Camille Desmoulins appelle les Parisiens à prendre les armes. Le 14 juillet au matin, quelques milliers d'émeutiers envahissent les Invalides, et prennent armes et canons. A l'autre bout de Paris, la Bastille, prison d'Etat dénoncée par les libellistes comme un symbole de l'arbitraire royal, est assaillie non par la population spontanément mobilisée, mais par une bande d'agitateurs qui ont préparé l'opération. De l'édifice sont extraits, en fait de victimes de l'absolutisme, sept prisonniers, dont quatre faussaires, deux fous et un débauché. Le gouverneur Launey, qui a capitulé devant l'émeute et qui a été conduit à l'Hôtel de Ville, est assassiné avec Flesselles, le prévôt des marchands, leurs corps étant dépecés et leurs têtes placées au bout d'une pique. 83 assaillants ont péri dans l'assaut. Le premier sang de la Révolution a coulé. L'opération a été orchestrée, mais elle a revêtu tout de suite un sens politique et une dimension symbolique. [...]"

Addendum. Un lecteur me communique un extrait du Journal de Palloy, entrepreneur, 13 juillet 1789 à dix heures du soir :

"Ce matin à 11 heures j’ai assisté à la grande réunion des frères dans l’église Saint-Antoine. C’est Dufour officier du Grand Orient qui présida avec un député de la loge Modération de l’Orient de Paris. Nous y avons décidé qu’une insurrection populaire commencera dans le faubourg Saint-Antoine. Ils espèrent en faire une révolution... on verra.

Le frère marquis de la Salle me promet de me mettre au courant. Il prétend que je dois me tenir prêt avec mes ouvriers pour aller démolir la Bastille. Depuis si longtemps que je l’attends ce sacré chantier.

D’après Guy Breton, Les Beaux Mensonges de l’Histoire, Paris, Le Pré aux Clercs, 1999, 245 p., p. 121.

Posté le 15 juillet 2014 à 07h45 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 15 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 15 juillet : l'ordre des Oratoriens confirmé par le pape.

L'ordre des Oratoriens, appelé également l'Oratoire de l'amour divin, a été fondé par Philippe Néri, à Rome, au XVIe siècle. Il s'agit d'une société de vie apostolique catholique dont l'objectif est d'œuvrer à la sanctification de ses membres ainsi qu'à celle de son prochain, par l'enseignement et la prédication. Le pape Grégoire XIII érige de manière canonique cet ordre, le 15 juillet 1575 ; sa règle est approuvée en 1612 par Paul V.

  • le 15 juillet 1588 : édit d'Union entre le Roi Henri III et la sainte Ligue catholique.

Par ce traité signé à Rouen, le Roi s'engage à respecter les lois fondamentales du Royaume, entre autre la loi de catholicité qui interdit à un prince non catholique l'accès au trône de France. Henri, duc de Guise, dit le Balafré, lieutenant général des armées du royaume aurait hérité l'héritier du Royaume si le prince de Navarre ne s'était pas converti.

  • le 15 juillet 1620 : Louis XIII reçoit des mains des échevins les clés de la ville et entre solennellement dans Caen.
  • le 15 juillet 1789 : Jean Sylvain Bailly est nommé maire de la Commune de Paris.

Jean Sylvain Bailly, née le 15 septembre 1736 à Paris et meurt guillotiné le 12 novembre 1793 à Paris. C'est un mathématicien, astronome, littérateur et homme politique français. Il est le premier maire de Paris. Appelé à témoigner lors du procès de Marie-Antoinette, il refuse de le faire à charge et dépose en sa faveur, ce qui le conduit à sa perte. C'est aussi lui qui fait tirer sur la foule le 17 juillet 1791, au Champ de Mars.

  • le 15 juillet 1796 : fin de la Guerre de Vendée.

Après l'exécution des derniers généraux de l'armée Royale Catholique, Charette et Stofflet, le Directoire annonce la fin des troubles dans l'ouest. La région, victime d'un génocide toujours pas reconnu par le régime républicain français, mettra de nombreuses années à s'en remettre. La tentative de soulèvement en 1800 échoue car la liberté religieuse est, de faite, reconnu par Paris.

  • 15 juillet 1801: nouveau Concordat entre l'état français et l'Eglise catholique.

L'holocauste Vendéen, dû à la fin des libertés religieuses, aura fait 117 000 morts/815 000 habitants ; 10 000 maisons détruites sur 50 000 existantes. Il faut attendre Louis-Philippe pour que se mette en œuvre une nouvelle version de l'histoire, qui devient la version officielle jusqu'à notre époque. On a attendu la disparition du plus grand nombre de témoins pour persuader le bon public que les criminels révolutionnaires étaient des philanthropes. Et comme aujourd'hui, il est impossible de faire disparaître ou d'expliquer le crime, on préfère le nier et le banaliser. Le mémoricide d'aujourd'hui vient achever le génocide.

Le Concordat du 16 juillet 1801, négocié par l'abbé Bernier met fin à « une guerre de Géants », expression de Napoléon qui affirme par ailleurs « qu'il aurait été fier d'être Vendéen ». Avec cet accord, la paix revient en France ; les paysans retrouvent leurs bons prêtres, Bonaparte suspend les levées d'hommes et la chouannerie perd toute assise populaire: il ne lui reste que la solution du putsch ou de l'attentat pour faire disparaître l'usurpateur. Cadoudal est guillotiné le 25 juin 1804, voir la chronique du jour.

Le texte déclare la religion catholique "religion de la grande majorité des citoyens français" et abolit la loi de 1795 séparant l'Église de l'État. En contrepartie, le Saint-Siège reconnaît le Consulat et accepte que les évêques soient nommés par le Premier consul, Napoléon Bonaparte. La signature du Concordat met fin à 10 ans de guerre civile et de lutte entre le Vatican et la France. Elle assure le retour de la paix religieuse dans le pays. Le Concordat est promulgué le 8 avril 1802 et Pie VII assiste au sacre de Napoléon en 1804.

  • le 15 juillet 1869 : brevet de la margarine.

Le chimiste français Hippolyte Mège-Mauriés remporte le concours lancé par Napoléon III pour trouver un produit de substitution au beurre. Il dépose le brevet de son invention, faite à partir d'huiles et de graisses végétales. Il a ainsi mis au point l'oléomargarine baptisée simplement "margarine" du nom grec "margaritari" signifiant "perle". La margarine est au départ destinée à la marine française.

  • le 15 juillet 1918 : seconde Victoire de la Marne.

Quatre ans après le miracle de la Marne commence la seconde bataille de la Marne qui dure du 15 au 20 juillet 1918, et cause 200 000 pertes humaines.

Le 21 mars 1918, Ludendorff a déclenché l'Opération Michael contre les forces françaises et britanniques (cf. la chronique du jour). Il s'agit d'une série d'opérations localisées entre la Champagne et les Flandres. Les alliés sont enfoncés partout et Foch, combler les brèches est obligé d'annuler son offensive avec les troupes françaises. Cherchant malgré à atteindre Paris Ludendorff déclenche une énorme offensive : c'est l'Opération Friedensturm (« assaut pour la Paix »).

Les reconnaissances aériennes qui repèrent les ponts jetés sur la Marne enlèvent l'effet de surprise aux Allemands. Les Allemands ne percent nulle part ; pire la contre offensive de Foch menée par la Xe Armée française du fougueux général Mangin enfonce le front allemand. Le 18 juillet 1918, jour surnommé « Jour de Deuil dans l'Armée Allemande», sur une ligne de 55 km, allant de Bouresches à Pernant, les généraux Mangin et Degoutte déclenchent une formidable préparation d'artillerie suivie d'attaque de près de 500 chars d'assaut FT-7. A midi les Français ont conquis 10 Km de profondeur sur toute la largeur du front d'attaque.

Le 19 juillet à 4h00, même technique et mêmes résultats ; le 20 tous les Allemands ont repassé la Marne. Château-Thierry est délivrée et 20 000 prisonniers allemands sont ramassés. 400 canons et 3 300 mitrailleuses sont tombés entre leurs mains. 5 000 Français sont tombés. La fin du mois sert à stabiliser le front grâce à divers manœuvres d'envergure.

  • le 15 juillet 1941 : accords de Saint Jean d'Acre le 15 juillet 1941.

Voir le 8 juin et le 7 juillet.

Posté le 15 juillet 2014 à 06h41 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

14 juillet 2014

Les "excès" de la Révolution sont dans sa nature

Interrogé dans L'Homme Nouveau du 21 juin, Philippe Pichot-Bravard, qui vient de publier un ouvrage magistral sur La Révolution française, déclare :

1 2

Posté le 14 juillet 2014 à 08h44 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 14 juillet …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 14 juillet 1077 : dédicace de Bayeux.

Odon de Conteville, évêque de Bayeux et demi-frère de Guillaume Le Conquérant, consacre la nouvelle cathédrale de sa ville. La dédicace est présidée par l'archevêque de Rouen en présence de Guillaume, duc de Normandie et roi d'Angleterre. La tapisserie dite "'de Bayeux" longue de 69 mètres est étendue dans la cathédrale. Elle a été réalisée spécialement entre 1066 et 1077 pour célébrer cet événement.

  • le 14 juillet 1099 : prise de Jérusalem par les premiers croisés.

Partis de France en 1096, à l'appel du pape Urbain II, les Croisés emmenés par Godefroy de Bouillon et le comte de Toulouse, font leur entrée dans Jérusalem. La ville est définitivement conquise le lendemain. Godefroy de Bouillon prend en charge l'administration de la ville au titre d'avoué du Saint-Sépulcre, refusant d'être roi dans la ville où mourut le Christ.

  • le 14 juillet 1223 : Louis VIII devient Roi de France à la mort de son père, le Roi Philippe II Auguste.

Le Roi de France s'éteint à Mantes, âgé de 58 ans. Il a souhaité mourir à Paris, mais c'est en faisant route vers la capitale qu'il a rendu l'âme. Son corps est transporté à Saint-Denis où pour la première fois un nouveau cérémonial adopté : le Roi repose dans son cercueil à visage découvert, habillé de son manteau royal et coiffé de sa couronne. Son fils Louis VIII lui succède.

Philippe II Auguste est l'un des plus grands Rois de France de l'époque médiévale. Souverain brave, conscient du prestige sacré de sa couronne, profondément aimé de ses Sujets, courageux et toujours à la tête son armée, il a réaffirmé l'autorité royale face à ses grands vassaux et autres pays européens.

Né en 1165 à Gonnesse, fils du Roi Louis VII, Philippe Auguste est associé au trône du vivant de son père comme c'est la coutume depuis Robert II le Pieux ; il est sacré en la Cathédrale de Reims le 1er novembre 1179 et accède au trône l'année suivante. Il mène une prudente mais efficace politique d'agrandissement du Royaume. En 1187, Philippe Auguste répond à l'appel du Pape Grégoire VIII pour la Troisième Croisade. A la mort d'Isabelle de Hainaut, qui lui a donné un fils, Louis, Philippe épouse Ingeburge fille du Roi Knut IV de Danemark. Mais juste après les noces, Philippe la répudie.

Le Roi se remarie en 1196 ; le pape Innocent III demande deux ans plus tard au Roi de France de reprendre Ingeburge. Philippe refuse et Innocent III riposte en jetant l'Interdit sur le Royaume de France en l'an 1200. Ainsi, prêtres et évêques ne peuvent plus donner ni sacrement, ni communion. Les deux souverains se réconcilient lors du Concile de Nesle le 7 septembre 1200 qui annule l'interdit. Philippe Auguste ne peut faire casser son mariage avec Ingeburge et lui reconnaît son titre de Reine de France ; de son côté, le Souverain Pontife peut juger et sanctionner le Roi de France quant à ses péchés, sans interférer sur sa politique temporelle.

Le Roi a affermit l'autorité royale ; vers 1200, il crée les Baillis, représentants de la Couronne, chargés de parcourir le domaine royal pour rendre la justice au nom du Roi, les Prévôts chargés de maintenir l'ordre et d'empêcher les Seigneurs de se battre entre eux. Le Roi met en place la Quarantaine le Roi, une période de quarante jours durant lesquels ses vassaux ont interdiction de se livrer à des guerres privées féodales. En 1204, Philippe Auguste s'empare de Château-Gaillard qui contrôle le cours de la Seine, puis de la Normandie, en représailles de l'assassinat du Duc de Bretagne, Arthur de Bretagne, par le roi d'Angleterre Jean sans Terre.

En 1212, Ferrand de Flandres, le Comte de Salisbury frère de Jean Sans Terre, Philippe de Courtenay-Namur, Thiébaud de Lorraine, Otton de Brunswick, Rennaud de Dammartin, Henri de Brabant, Guillaume Longue-Epée, ainsi que d'autres seigneurs allemands et flamands unissent leurs forces pour marcher contre le Royaume de France, pendant que Jean Sans Peur rassemble une armée qui débarquer dans le Poitou et remonte vers la Loire. Elle est vaincue par le Dauphin Louis, le 2 juillet 1214, à la Roche-aux-Moines.

Au nord le Roi rassemble tout ce qu'il peut des restes de son Ost. Il sort l'oriflamme de Saint-Denis de la basilique, et part à la rencontre de ses ennemis. Au total, le Roi de France peut compter sur 5 000 à 7 000 hommes en armes, contre près de 9 000 anglo-germano-flamands. La bataille a donc lieu le 27 juillet 1214 à Bouvines. Philippe Auguste combat au milieu de sa Chevalerie. Il est désarçonné mais est secouru par un écuyer armé d'un fléau.

Bouvines est une éclatante victoire. Rennaud de Dammartin et Ferrand de Flandres sont faits prisonniers. Ferrand, est ramené à Paris dans un charroi monté d'une cage de fer : les Parisiens le surnomme « Ferrand le ferré ». Le Traité de Chinon, de 1215, confirme au Roi de France l'acquisition de l'Anjou et de la Normandie, lui donne Issoudun, Alençon et Bully. Cette année 1214 est l'apogée de son règne et l'année de naissance de son petit-fils le futur Saint-Louis.

  • le 14 juillet  1411 : Manifeste de Jargeau, les princes d'Orléans demandent justice au roi pour le meurtre de leur père.

Après le déclenchement d'un conflit ouvert entre les Armagnacs et les Bourguignons en France, le jeune duc d'Orléans Charles Ier réclame justice pour le meurtre de son père Louis Ier.

  • le 14 juillet 1429 : victoire de Jeanne d'Arc à Chalon sur Marne.

La ville ouvre ses portes au futur Roi de France qui s'avance vers Reims, au milieu de ses ennemis.

  • le 14 juillet 1570 : publication de la bulle Quo Primum qui instaure le rite tridentin.

A Rome, Pie V, par la bulle Quo Primum, instaure le rite tridentin dans la liturgie catholique.

  • le 14 juillet 1602 : naissance de Jules Mazarin, cardinal et homme d'État français.

Voir la chronique du 9 mars.

  • le 14 juillet 1789 : prise de la Bastille.

Après avoir entrepris la révolution au sein des Etats Généraux, le but est de faire croire que la révolution est toute puissante dans la rue pour influencer le roi à long terme. Il en résulte: une capitulation royale avec :

- la dislocation des régiments étrangers

- le rappel de Necker

-Louis XVI reçoit la cocarde tricolore, symbole de la municipalité de Paris révolutionnaire illégalement constituée.

- la destruction de l'armature administrative provinciale, car les gouverneurs sont chassés. Napoléon restaurera cette structure administrative avec les préfectures ; mais sans le contrepoids des assemblées provinciales qui pouvaient accepter ou refuser par vote les décisions centralisatrices de la monarchie.

Après s'être s'emparés des 30 à 40 000 fusils et de douze pièces de canon et d'un mortier dans l'hôtel de ville, les émeutiers, n'ayant trouvé ni poudre ni balles, en cherchent à la Bastille. Le gouverneur de Launay est sommé de remettre la citadelle aux insurgés. Certains révolutionnaires réussissent à pénétrer dans l'enceinte et De Launay ordonne d'ouvrir le feu. Plus de 80 Parisiens sont tués. En fin d'après-midi le gouverneur capitule, il est tué une heure plus tard. Sept captifs sont libérés, 4 faussaires, 2 fous et 1 libertin ; il n'y a pas de surpopulation carcérale pour un régime qualifié de tyrannique par la république !

Voici une "Méditation" de Jean Madiran, à l'occasion du bicentenaire, tirée de Présent, 16 juin 1989 :

« Qui n'aurait pas célébré le Bicentenaire ? » s'est écrié le président Mitterrand comme s'il croyait que les contestataires auraient tous été guillotinés. Le 14 juillet est « la fête de la République », a-t-il ajouté : c'est vrai, mais tant pis pour elle, si elle se reconnaît dans l'imposture de la Bastille, la sauvagerie des têtes au bout des piques, le déshonneur d'avoir promis la vie sauve pour obtenir traîtreusement la reddition de ceux que l'on allait massacrer … Voyez l'album de Chard, texte et images sur le 14 juillet 1789.

Rocard, à l'unisson, assure que la Révolution de 1789 « a fait le renom de la France ». Avant 1789, la France n'avait donc aucun renom, la France de Louis XIV, la France de saint Louis …

Toutes les voix officielles, politiques, religieuses ou médiatiques, récitent la même légende. Patrick Poivre d'Arvor : « La France a tiré un immense prestige des idées révolutionnaires ».

La vérité, c'est tout le contraire. C'est exactement l'inverse.

L'« immense prestige »de la France est celui qu'elle avait jusqu'en 1789 avant la Révolution. Elle était à tous égard la première nation du monde : la plus riche, la plus nombreuse, la plus puissante, la plus heureuse, la plus influente aussi par les arts et les lettres. Tout l'univers civilisé parlait français : il aurait continué si les « idées révolutionnaires » avaient réellement apporté à la France un surcroît de prestige. On voit le contraire : en France même, l'Institut Pasteur, les médecins et les savants, les aviateurs et les sportifs parlent anglais désormais, pour être compris dans le monde.

Ce n'est pas la Révolution qui a fait le prestige mondial de la France, c'est le prestige de la France qui a répandu les « idées révolutionnaires » dans le monde entier.

La France n'y a rien gagné. Depuis 1789, à travers des hauts et des bas, elle n'a cessé de descendre de son premier rang matériel et moral.

L'Europe n'y a rien gagné non plus. Les « idées révolutionnaires » n'ont cessé de l'abaisser et de la détruire. Comme la France, elle a perdu son premier rang dans le monde. La principale conséquence, la principale mise en œuvre des « idées révolutionnaires », ce fut la Terreur comme système de gouvernement, et la Révolution léniniste de 1917 fille légitime de la Révolution de 1789. D'où l'Europe sournoisement socialo-communiste que l'on nous propose aujourd'hui de construire sur les ruines de l'Europe chrétienne. »

  • le 14 juillet 1790 : fête de la Fédération : le Roi prête serment devant la Constitution.

C'est le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Les célébrations ont lieu à Paris, sur le Champs-de-Mars avec la présence de tous les députés français en provenance des 83 départements. Louis XVI est également convié pour prêter serment à la Nation et à la loi. Talleyrand célèbre la messe alors qu'il ne croit pas en la présence réelle !

  • le 14 juillet 1793 : mort de Jacques Cathelineau « le Saint de l'Anjou »

A 2 doigts de la victoire le 29 juin à Nantes, Cathelineau, le « Saint de l'Anjou » meurt le 14 juillet 1793 des suites de ses blessures. Les Vendéens sont en fuite, cette première défaite qui sera décisive.

François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et de mœurs note, page 79, ce qu'il recommande à sa femme :

«  Elève les enfants, ma chère Louise, dans la crainte de Dieu. Redis-leur souvent que leur père, en prenant les armés, n'a cherché qu'à sauver la religion catholique dans laquelle ils ont été baptisés. J'offre ma vie pour qu'ils puissent grandir dans la paix religieuse en bons chrétiens. »

  • le 14 juillet 1808 : victoire de Bessières à Medina de Rioseco.

Passée dans l'oubli, cette victoire de la Campagne d'Espagne voit s'affronter les forces espagnoles et les Français du Maréchal Jean-Baptiste Bessières.

  • 14 juillet 1889 : message maçonnique d'Albert Pike.

« Ce que nous devons dire au vulgaire, c'est ceci : Nous adorons un Dieu, mais c'est le Dieu qu'on adore sans superstition.

A vous Souverains Grands Instructeurs Généraux, nous disons ceci pour que vous le répétiez aux frères des 32e, 31 et 30 degrés : La religion maçonnique doit être maintenue dans la pureté de la doctrine luciférienne pour nous tous initiés de hauts degrés.

Si Lucifer n'était pas Dieu, est-ce qu'Adonaï [le Dieu des Chrétiens] dont les actes prouvent la cruauté, la perfidie, la haine des hommes, la barbarie et l'aversion pour la science, est-ce qu'Adonaï et ses prêtres le calomnieraient ?

Oui Lucifer est Dieu et malheureusement Adonaï est aussi Dieu. Car la loi éternelle est qu'il n'y a pas de lumière sans ombre, pas de beauté sans laideur, pas de blanc sans noir, car l'Absolu ne peut exister que par deux Dieux, l'obscurité étant nécessaire à la lumière pour lui servir de repoussoir, comme le piédestal est nécessaire à la statue et le frein à la locomotive… La doctrine du satanisme […] est une hérésie, et la véritable et pure religion philosophique est la croyance en Lucifer, l'égal d'Adonaï : mais Lucifer, le Dieu de la lumière et le Dieu du Bien, lutte pour l'humanité contre Adonaï, le Dieu de l'obscurité et du mal. »

Albert Pike est alors Souverain Grand Commandeur du Rite écossais pour le sud des Etats-Unis. Ce message, à l'intention des Suprêmes Conseils du monde entier a été reproduit dans The Freemason du 19 janvier 1935. Cité par François Marie Algoud dans son livre Histoire de la perversion de l'intelligence et de mœurs. (Edition de Chiré, page 136).

Posté le 14 juillet 2014 à 06h36 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

13 juillet 2014

C‘est arrivé un 13 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 13 juillet 1380 : mort de Bertrand du Guesclin Connétable de France.

Bertrand Du Guesclin meurt d'une maladie au cours du siège de Châteauneuf-de-Randon.

Ayant entendu dire que le Connétable de France s'apprête à rendre l'âme, le Capitaine Anglais de la place de Châteauneuf vient lui-même lui remettre les clés de la ville.

Profondément affecté par la mort de son Connétable, le Roi Charles V lui accorde l'insigne honneur d'être enseveli en la Basilique des Rois de France à Saint-Denis ; honneur partagé dans l'histoire avec Arnault Guilhem de Barbazan et le Maréchal de Turenne.

Il participe à de nombreuses batailles : guerre de Cent Ans, guerre de Succession de Bretagne, Première guerre civile de Castille, etc. au service de Navarre ainsi que de la France.

Né en 1320 à La Motte-Broons, en Bretagne, fils de Robert II du Guesclin, vassal du Duc de Bretagne, Bertrand du Guesclin a pour devise : « Le courage donne ce que la beauté refuse ». Elle s'explique par sa laideur qui lui vaut le surnom de « Dogue Noir de Brocéliande ». Dans la Guerre de Succession de Bretagne, Bertrand du Guesclin prend fait et cause pour le camp pro français contre le parti breton pro-Anglais de Jean de Montfort. Il sert donc d'abord Charles de Blois, cousin du Roi de France qui prétend ceindre la couronne du Duché de Bretagne.

Il soutient le siège de Rennes en 1357. L'un de ses faits d'armes les plus célèbres est la prise de la forteresse du Grand-Fougeray non loin de Rennes après y avoir pénétré avec plusieurs compagnons déguisés en bûcherons. Efficace et novateur, du Guesclin utilise de nouvelles techniques de combat rompant avec la guerre chevaleresque ; pratique la guérilla, les coups de mains, les embuscades et les sièges de forteresses. Le « Dogue Noir de Brocéliande » interdit tout pillage et violences contre les non-combattants, tout en s'assurant que ces hommes soient bien rétribués après les combats. Pieux, Bertrand du

En 1364, il bat les Anglo-Navarrais à Cocherel ; est fait prisonnier à la bataille d'Auray la même année ; une fois libéré par Charles V contre rançon, il libère le Royaume des grandes compagnies de en menant les compagnies en Castille pour se placer au service de Henri de Trastamare alors en guerre contre Pierre le Cruel. Bertrand du Guesclin a porté de nombreux titres : Chevalier de Pontorson, Capitaine de Normandie et du mont Saint-Michel, Seigneur de La Motte-Broons, Duc de Longueville, Chambellan, Connétable de France et Connétable de Castille, roi de Grenade et duc de Molina, etc.

Charles V le Sage, grâce à son Connétable de Bretagne, a récupéré presque toutes les terres françaises prises par Édouard III après le Traité de Brétigny et laisse un Royaume de France unifié et pacifié.

  • le13 juillet 1789 : émeutes à Paris.

Quarante des cinquante-quatre barrières donnant accès sur Paris sont brulées sous prétexte de faire baisser le prix des grains et du pain, pillage du couvent Saint-Lazare, pillage du « Garde-Meuble » où sont conservées des armes, mais anciennes et de collection, sont quelques unes des actions des émeutiers encore peu nombreux. Les « électeurs » de Paris, c'est-à-dire des bourgeois et en aucun cas le peuple, se réunissent à l'Hôtel de ville de Paris, forment un « comité permanent » et décident de créer une « milice bourgeoise » de 48 000 hommes, portant comme marque distinctive, une cocarde aux couleurs de la ville de Paris (rouge et bleu). Le lendemain les armes entreposées aux Invalides seront volées et la Bastille prise pour trouver de la poudre.

  • le 13 juillet 1804 : un décret enjoint de rendre les honneurs militaires au St-Sacrement quand on le porte aux malades.
  • le 13 juillet 1870 : dépêche d'Ems, qui déclenchera la Guerre de 1870.

Suite à sa rencontre avec l'ambassadeur de France Benedetti au sujet de la succession au trône d'Espagne, Guillaume Ier informe son Ministre-président Otto Von Bismarck, lui indiquant qu'il ne soutient plus la candidature de son cousin, le prince Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne. Bismarck, qui estime que le roi a agi par faiblesse, déforme la dépêche royale en lui donnant un tour belliciste. Devant l'insulte, la France déclare la guerre à la Prusse le 19.

  • le 13 juillet 1906 : une loi rend le repos hebdomadaire obligatoire en France.
  • 13 Juillet 1917 : 3ème Apparition Fatima.

Le vendredi 13 Juillet, la Vierge Marie apparait à Lucie et ses cousins comme les autres fois. 4000 personnes assistent à cet événement, bien que ne 'voyant' rien eux-mêmes, (Lucie est la seule à voir la Dame en blanc). Notre Dame s'adresse, comme à chaque Apparition à Lucie : " Je veux que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre Dame du Rosaire, pour obtenir la fin de la guerre et la paix du monde ". Au cours de cette apparition, la Vierge Marie annonce également 3 nouvelles prophéties qui resteront à l'époque les secrets de Lucie. Deux de ces secrets seront divulgués en 1942, le troisième en l'An 2000. (Cf. chronique du 13 mai, 13 juin 19 aout, 13 septembre 13 octobre)

  • le 13 juillet 1937 : discours du cardinal Pacelli, futur Pie XII, sur la vocation chrétienne de la France.

Cette allocution est prononcée à Notre-Dame de Paris, par le futur Pie XII, lors du voyage pour l'inauguration de la basilique de sainte Thérèse à Lisieux où il représente le pape Pie XI. Ce discours est plus que jamais d'actualité ! En voici de larges extraits, tant il est difficile d'en retirer des phrases :

Mais l'intégralité du discours se trouve ici :

« […] Mais voici que le parfum dont mon âme était tout embaumée me suivait, m'accompagnait au cours de mon voyage de retour à travers la luxuriante fécondité des plaines et des collines de France, de la douce terre de France, souriante dans la splendeur de sa parure d'été. Et ce parfum m'accompagne encore ; il m'accompagnera désormais partout. Mais, à me trouver aujourd'hui en cette capitale de la grande nation, au coeur même de cette patrie, toute chargée des fruits de la terre, toute émaillée des fleurs du ciel, du sein de laquelle a germé, sous le soleil divin, la fleur exquise du Carmel, si simple en son héroïque sainteté, si sainte en sa gracieuse simplicité ; à me trouver ici en présence de toute une élite des fils et des filles de France, devant deux cardinaux qui honorent l'Église et la patrie, l'un pasteur dont la sagesse et la bonté s'emploient à garder la France fidèle à sa vocation catholique, l'autre, docteur, dont la science illustra naguère ici même cette glorieuse vocation, mon émotion redouble encore et la première parole qui jaillit de mon cœur à mes lèvres est pour vous porter à vous et, en vous, à tous les autres fils et filles de France, le salut, le sourire de la grande « petite sainte », flos campi et lilium convallium (Cant. 2, 1), decor Carmeli (Is. 35, 2), messagère de la miséricorde et de la tendresse divines pour transmettre à la France, à l'Église, à tout le monde, à ce monde trop souvent vide d'amour, sensuel, pervers, inquiet, des effluves d'amour, de pureté, de candeur et de paix.

[…] Comment dire, mes frères, tout ce qu'évoque en mon esprit, en mon âme, comme dans l'âme et dans l'esprit de tout catholique, je dirais même dans toute âme droite et dans tout esprit cultivé, le seul nom de Notre-Dame de Paris ! Car ici c'est l'âme même de la France, l'âme de la fille aînée de l'Église, qui parle à mon âme.

Âme de la France d'aujourd'hui qui vient dire ses aspirations, ses angoisses et sa prière; âme de la France de jadis dont la voix, remontant des profondeurs d'un passé quatorze fois séculaire, évoquant les Gesta Dei per Francos, parmi les épreuves aussi bien que parmi les triomphes, sonne aux heures critiques comme un chant de noble fierté et d'imperturbable espérance. Voix de Clovis et de Clotilde, voix de Charlemagne, voix de saint Louis surtout, en cette île où il semble vivre encore et qu'il a parée, en la Sainte Chapelle, de la plus glorieuse et de la plus sainte des couronnes ; voix aussi des grands docteurs de l'Université de Paris, des maîtres dans la foi et dans la sainteté…

Leurs souvenirs, leurs noms inscrits sur vos rues, en même temps qu'ils proclament la vaillance et la vertu de vos aïeux, jalonnent comme une route triomphale l'histoire d'une France qui marche et qui avance en dépit de tout, d'une France qui ne meurt pas ! Oh ! Ces voix ! j'entends leur innombrable harmonie résonner dans cette cathédrale, chef-d'œuvre de votre génie et de votre amoureux labeur qui l'ont dressée comme le monument de cette prière, de cet amour, de cette vigilance, dont je trouve le symbole parlant en cet autel où Dieu descend sous les voiles eucharistiques, en cette voûte qui nous abrite tous ensemble sous le manteau maternel de Marie, en ces tours qui semblent sonder l'horizon serein ou menaçant en gardiennes vigilantes de cette capitale. Prêtons l'oreille à la voix de Notre-Dame de Paris.

Au milieu de la rumeur incessante de cette immense métropole, parmi l'agitation des affaires et des plaisirs, dans l'âpre tourbillon de la lutte pour la vie, témoin apitoyé des désespoirs stériles et des joies décevantes, Notre-Dame de Paris, toujours sereine en sa calme et pacifiante gravité, semble répéter sans relâche à tous ceux qui passent : Orate, fratres, Priez, mes frères ; elle semble, dirais-je volontiers, être elle-même un Orate fratres de pierre, une invitation perpétuelle à la prière.

Nous les connaissons les aspirations, les préoccupations de la France d'aujourd'hui ; la génération présente rêve d'être une génération de défricheurs, de pionniers, pour la restauration d'un monde chancelant et désaxé ; elle se sent au cœur l'entrain, l'esprit d'initiative, le besoin irrésistible d'action, un certain amour de la lutte et du risque, une certaine ambition de conquête et de prosélytisme au service de quelque idéal.

[…] Mais ces aspirations mêmes que, malgré la grande variété de leurs manifestations, nous retrouvons à chaque génération française depuis les origines, comment les expliquer ? Inutile d'invoquer je ne sais quel fatalisme ou quel déterminisme racial. À la France d'aujourd'hui, qui l'interroge, la France d'autrefois va répondre en donnant à cette hérédité son vrai nom : la vocation.

 

Car, mes frères, les peuples, comme les individus, ont aussi leur vocation providentielle ; comme les individus, ils sont prospères ou misérables, ils rayonnent ou demeurent obscurément stériles, selon qu'ils sont dociles ou rebelles à leur vocation.

Fouillant de son regard d'aigle le mystère de l'histoire universelle et de ses déconcertantes vicissitudes, le grand évêque de Meaux écrivait : « Souvenez-vous que ce long enchaînement des causes particulières, qui font et qui défont les empires, dépend des ordres secrets de la Providence. Dieu tient du plus haut des cieux les rênes de tous les royaumes ; il a tous les cœurs en sa main ; tantôt il retient les passions ; tantôt il leur lâche la bride, et par là il remue tout le genre humain… C'est ainsi que Dieu règne sur tous les peuples. Ne parlons plus de hasard ni de fortune ; ou parlons-en seulement comme d'un nom dont nous couvrons notre ignorance » (Bossuet, Discours sur l'histoire universelle, III, 8).

Le passage de la France dans le monde à travers les siècles est une vivante illustration de cette grande loi de l'histoire de la mystérieuse et pourtant évidente corrélation entre l'accomplissement du devoir naturel et celui de la mission surnaturelle d'un peuple.

Du jour même où le premier héraut de l'Évangile posa le pied sur cette terre des Gaules et où, sur les pas du Romain conquérant, il porta la doctrine de la Croix, de ce jour-là même, la foi au Christ, l'union avec Rome, divinement établie centre de l'Église, deviennent pour le peuple de France la loi même de sa vie. Et toutes les perturbations, toutes les révolutions, n'ont jamais fait que confirmer, d'une manière toujours plus éclatante, l'inéluctable force de cette loi.

L'énergie indomptable à poursuivre l'accomplissement de sa mission a enfanté pour votre patrie des époques mémorables de grandeur, de gloire, en même temps que de large influence sur la grande famille des peuples chrétiens. Et si votre histoire présente aussi ses pages tragiquement douloureuses, c'était aux heures où l'oubli des uns, la négation des autres, obscurcissaient, dans l'esprit de ce peuple, la conscience de sa vocation religieuse et la nécessité de mettre en harmonie la poursuite des fins temporelles et terrestres de la patrie avec les devoirs inhérents à une si noble vocation.

Et, néanmoins, une lumière resplendissante ne cesse de répandre sa clarté sur toute l'histoire de votre peuple ; cette lumière qui, même aux heures les plus obscures, n'a jamais connu de déclin, jamais subi d'éclipse, c'est toute la suite ininterrompue de saints et de héros qui, de la terre de France, sont montés vers le ciel. Par leurs exemples et par leur parole, ils brillent comme des étoiles au firmament, quasi stellae in perpetuas aeternitates (Dan. 12, 3) pour guider la marche de leur peuple, non seulement dans la voie du salut éternel, mais dans son ascension vers une civilisation toujours plus haute et plus délicate.

Saint Remi qui versa l'eau du baptême sur la tête de Clovis ; saint Martin, moine, évêque, apôtre de la Gaule ; saint Césaire d'Arles ; ceux-là et tant d'autres, se profilent avec un relief saisissant sur l'horizon de l'histoire, dans cette période initiale qui, pour troublée qu'elle fût, portait cependant en son sein tout l'avenir de la France. Et, sous leur action, l'Évangile du Christ commence et poursuit, à travers tout le territoire des Gaules, sa marche conquérante, au cours d'une longue et héroïque lutte contre l'esprit d'incrédulité et d'hérésie, contre les défiances et les tracasseries de puissances terrestres, cupides et jalouses. Mais, de ces siècles d'effort courageux et patient, devait sortir enfin la France catholique, cette Gallia sacra, qui va de Louis, le saint Roi, à Benoît-Joseph Labre, le saint mendiant ; de Bernard de Clairvaux, à François de Sales, à l'humble Curé d'Ars ; de Geneviève, la bergère de Nanterre, à Bernadette, l'angélique pastourelle de Lourdes ; de Jeanne d'Arc, la vierge guerrière, la sainte de la patrie, à Thérèse de l'Enfant-Jésus, la vierge du cloître, la sainte de la « petite voie ».

La vocation de la France, sa mission religieuse ! Mes frères, mais cette chaire même ne lui rend-elle pas témoignage ? Cette chaire qui évoque le souvenir des plus illustres maîtres, orateurs, théologiens, moralistes, apôtres, dont la parole, depuis des siècles, franchissant les limites de cette nef, prêche la lumineuse doctrine de vérité, la sainte morale de l'Évangile, l'amour de Dieu pour le monde, les repentirs et les résolutions nécessaires, les luttes à soutenir, les conquêtes à entreprendre, les grandes espérances de salut et de régénération.

À monter, même pour une seule fois et par circonstance, en cette chaire après de tels hommes, on se sent forcément, j'en fais en ce moment l'expérience, bien petit, bien pauvre ; à parler dans cette chaire, qui a retenti de ces grandes voix, je me sens étrangement confus d'entendre aujourd'hui résonner la mienne.

Et malgré cela, quand je pense au passé de la France, à sa mission, à ses devoirs présents, au rôle qu'elle peut, qu'elle doit jouer pour l'avenir, en un mot, à la vocation de la France, comme je voudrais avoir l'éloquence d'un Lacordaire, l'ascétique pureté d'un Ravignan, la profondeur et l'élévation théologique d'un Monsabré, la finesse psychologique d'un Mgr d'Hulst avec son intelligente compréhension de son temps ! Alors, avec toute l'audace d'un homme qui sent la gravité de la situation, avec l'amour sans lequel il n'y a pas de véritable apostolat, avec la claire connaissance des réalités présentes, condition indispensable de toute rénovation, comme je crierais d'ici à tous les fils et filles de France : « Soyez fidèles à votre traditionnelle vocation ! Jamais heure n'a été plus grave pour vous en imposer les devoirs, jamais heure plus belle pour y répondre. Ne laissez pas passer l'heure, ne laissez pas s'étioler des dons que Dieu a adaptés à la mission qu'il vous confie; ne les gaspillez pas, ne les profanez pas au service de quelque autre idéal trompeur, inconsistant ou moins noble et moins digne de vous ! »

Mais, pour cela, je vous le répète, écoutez la voix qui vous crie : « Priez, Orate, fratres ! » Sinon, vous ne feriez qu'œuvre humaine, et, à l'heure présente, en face des forces adverses, l'œuvre purement humaine est vouée à la stérilité, c'est-à-dire à la défaite ; ce serait la faillite de votre vocation.

Oui, c'est bien cela que j'entends dans le dialogue de la France du passé avec la France d'aujourd'hui. Et Notre-Dame de Paris, au temps où ses murs montaient de la terre, était vraiment l'expression joyeuse d'une communauté de foi et de sentiments qui, en dépit de tous les différends et de toutes les faiblesses, inséparables de l'humaine fragilité, unissait tous vos pères en un Orate, fratres dont la toute-puissante douceur dominait toutes les divergences accidentelles. À présent, cet Orate, fratres la voix de cette cathédrale ne cesse pas de le répéter ; mais combien de cœurs dans lesquels il ne trouve plus d'écho ! Combien de cœurs pour lesquels il ne semble plus être qu'une provocation à renouveler le geste de Lucifer dans l'orgueilleuse ostentation de leur incrédulité ! Cette voûte sous laquelle s'est manifestée en des élans magnifiques l'âme de la France d'autrefois et où, grâce à Dieu, se manifestent encore la foi et l'amour de la France d'aujourd'hui ; cette voûte qui, il y a sept siècles, joignait ses deux bras vers le ciel comme pour y porter les prières, les désirs, les aspirations d'éternité de vos aïeux et les vôtres, pour recevoir et vous transmettre en retour la grâce et les bénédictions de Dieu ; cette voûte sous laquelle en un temps de crise, l'incrédulité, dans son orgueil superbe, a célébré ses éphémères triomphes par la profanation de ce qu'il y a de plus saint devant le ciel ; cette voûte, mes frères, contemple aujourd'hui un monde qui a peut-être plus besoin de rédemption qu'en aucune autre époque de l'histoire et qui, en même temps, ne s'est jamais cru plus capable de s'en passer.

Aussi, tandis que je considère cet état de choses et la tâche gigantesque qui, de ce chef, incombe à la génération présente, je crois entendre ces pierres vénérables murmurer avec une pressante tendresse l'exhortation à l'amour ; et moi-même, avec le sentiment de la plus fraternelle affection, je vous la redis, à vous qui croyez à la vocation de la France : « Mes frères, aimez! Amate, fratres ! »

[…] Que d'hommes n'ont perdu la foi au Père qui est dans les cieux que parce qu'ils ont perdu d'abord la confiance dans l'amour de leurs frères qui sont sur la terre, même de ceux qui font profession de vie chrétienne ! Le réveil de ces sentiments fraternels et la claire vue de leurs relations avec la doctrine de l'Évangile reconduiront les fils égarés à la maison du Père.

Au malheureux gisant sur la route, le corps blessé, l'âme plus malade encore, on n'aura que de belles paroles à donner et rien qui fasse sentir l'amour fraternel, rien qui manifeste l'intérêt que l'on porte même à ses nécessités temporelles, et l'on s'étonnera de le voir demeurer sourd à toute cette rhétorique ! Qu'est-elle donc, cette foi qui n'éveille au cœur aucun sentiment qui se traduise par des œuvres ? Qu'en dit saint Jean, l'apôtre et l'évangéliste de l'amour ? « Celui qui jouit des biens de ce monde et qui, voyant son frère dans le besoin, ne lui ouvre pas tout grand son cœur, à qui fera-t-on croire qu'il porte en lui l'amour de Dieu ? » (1 Jn 3, 17.)

La France catholique qui a donné à l'Église, à l'humanité tout entière un saint Vincent de Paul et tant d'autres héros de la charité, ne peut pas ne pas entendre ce cri : Amate, fratres ! Et elle sait que les prochaines pages de son histoire, c'est sa réponse à l'appel de l'amour qui les écrira.

À sa fidélité envers sa vocation, en dépit de toutes les difficultés, de toutes les épreuves, de tous les sacrifices, est lié le sort de la France, sa grandeur temporelle aussi bien que son progrès religieux. Quand j'y songe, de quel cœur, mes frères, j'invoque la Providence divine, qui n'a jamais manqué, aux heures critiques, de donner à la France les grands cœurs dont elle avait besoin, avec quelle ardeur je lui demande de susciter aujourd'hui en elle les héros de l'amour, pour triompher des doctrines de haine, pour apaiser les luttes de classes, pour panser les plaies saignantes du monde, pour hâter le jour où Notre-Dame de Paris abritera de nouveau sous son ombre maternelle tout son peuple, pour lui faire oublier comme un songe éphémère les heures sombres où la discorde et les polémiques lui voilaient le soleil de l'amour, pour faire résonner doucement à son oreille, pour graver profondément dans son esprit la parole si paternelle du premier Vicaire de Jésus-Christ : « Aimez-vous les uns les autres d'une dilection toute fraternelle, dans la simplicité de vos cœurs » In fraternitatis amore, simplici ex corde invicem diligite ! (1 P.1, 22).

Ce que je connais, mes frères, de ce pays et de ce peuple français, des directions que lui donnent ses chefs religieux et de la docilité du grand nombre des fidèles ; ce que m'apprennent les écrits des maîtres catholiques de la pensée, les rapports des Congrès et Semaines où les problèmes de l'heure présente sont étudiés à la lumière de la foi divine ; ce que je constate aussi de l'idéalisme avec lequel la jeunesse croyante de la France s'intéresse à la question capitale du prolétariat et à sa solution juste et chrétienne, tout cela certes me remplit d'une ferme confiance que cette même jeunesse, grâce à la rectitude de sa bonne volonté, à son esprit de dévouement et de sacrifice, à sa charité fraternelle, si noble en ses intentions, si loyale en ses efforts, cheminera toujours par les voies droites et sûres. Aussi, loin de moi de douter jamais de si saintes dispositions ; mais, à la généreuse ardeur de la jeune France vers la restauration de l'ordre social chrétien, Notre-Dame de Paris, témoin au cours des siècles passés de tant d'expériences, de tant de désillusions, de tant de belles ardeurs tristement fourvoyées, vous adresse, après son exhortation à l'amour : - Amate, fratres ! – son exhortation à la vigilance, exhortation empreinte de bonté maternelle, mais aussi de gravité et de sollicitude : « Veillez, mes frères ! Vigilate, fratres ! »

Vigilate ! C'est qu'il ne s'agit plus aujourd'hui, comme en d'autres temps, de soutenir la lutte contre des formes déficientes ou altérées de la civilisation religieuse et la plupart gardant encore une âme de vérité et de justice héritée du christianisme ou inconsciemment puisée à son contact ; aujourd'hui, c'est la substance même du christianisme, la substance même de la religion qui est en jeu ; sa restauration ou sa ruine est l'enjeu des luttes implacables qui bouleversent et ébranlent sur ses bases notre confinent et avec lui le reste du monde.

Le temps n'est plus des indulgentes illusions, des jugements édulcorés qui ne voulaient voir dans les audaces de la pensée, dans les errements du sens moral qu'un inoffensif dilettantisme, occasion de joutes d'écoles, de vains amusements de dialecticiens. L'évolution de ces doctrines, de ces principes touche à son terme ; le courant, qui insensiblement a entraîné les générations d'hier, se précipite aujourd'hui et l'aboutissement de toutes ces déviations des esprits, des volontés, des activités humaines, c'est l'état actuel, le désarroi de l'humanité, dont nous sommes les témoins, non pas découragés, certes ! Mais épouvantés.

Une grande partie de l'humanité dans l'Europe actuelle est, dans l'ordre religieux, sans patrie, sans foyer. Pour elle, l'Église n'est plus le foyer familial ; Dieu n'est plus le Père ; Jésus-Christ n'est plus qu'un étranger. Tombé des hauteurs de la révélation chrétienne, d'où il pouvait d'un coup d'œil contempler le monde, l'homme ne peut plus voir l'ordre dans les contrastes de sa fin temporelle et éternelle ; il ne peut plus entendre et goûter l'harmonie en laquelle viennent se résoudre paisiblement les dissonances. Quel tragique travail de Sisyphe que celui qui consiste à poursuivre la restauration de l'ordre, de la justice, de la félicité terrestre, dans l'oubli ou la négation même des relations essentielles et fondamentales !

Quelle désillusion amère, quelle douloureuse ironie que la lecture des fastes de l'humanité dans laquelle les noms de ceux que, tour à tour, elle a salués comme des précurseurs, des sauveurs, les maîtres de la vie, les artisans du progrès – et qui parfois le furent à certains égards – apparaissent aujourd'hui comme les responsables, inconscients peut-être, des crises dont nous souffrons, les responsables d'un retour, après vingt siècles de christianisme, à un état de choses, à certains égards, plus obscur, plus inhumain que celui qui avait précédé !

Une organisation économique gigantesque a étonné le monde par le fantastique accroissement de la production, et des foules immenses meurent de misère en face de ces producteurs qui souffrent souvent d'une détresse non moins grande, faute de la possibilité d'écouler l'excès monstrueux de leur production. Une savante organisation technique a semblé rendre l'homme définitivement maître des forces de la nature et, dans l'orgueil de sa vie, devant les plus sacrées lois de la nature, l'homme meurt de la fatigue et de la peur de vivre et, lui qui donne à des machines presque l'apparence de la vie, il a peur de transmettre à d'autres sa propre vie, si bien que l'ampleur toujours croissante des cimetières menace d'envahir de tombes tout le sol laissé libre par l'absence des berceaux.

À tous les maux, à toutes les crises, peuvent s'opposer les projets de solution les plus divers, ils ne font que souligner l'impuissance, tout en suscitant de nouveaux antagonismes qui dispersent les efforts. Et ces efforts ont beau s'intensifier jusqu'au sacrifice total de soi-même, pour la réalisation d'un programme pour le salut de la communauté, la disproportion entre le vouloir et le pouvoir humains, entre les plans les plus magnifiques et leur réalisation, entre la fin que l'on poursuit et le succès que l'on obtient, va toujours s'accentuant. Et tant d'essais stériles et malheureux n'aboutissent en fin de compte qu'à exaspérer toujours davantage ceux qui sont las d'expériences vaines et qui réclament impérieusement, farouchement parfois et avec menaces, de vivre et d'être heureux.

Vigilate ! Eh ! oui, il en est tant qui, pareils aux apôtres à Gethsémani, à l'heure même où leur Maître allait être livré, semblent s'endormir dans leur insouciance aveugle, dans la conviction que la menace qui pèse sur le monde ne les regarde pas, qu'ils n'ont aucune part de responsabilité, qu'ils ne courent aucun risque dans la crise où l'univers se débat avec angoisse. Quelle illusion ! Ainsi jadis, sur le mur du palais où Balthasar festoyait, la main mystérieuse écrivait le Mane, Thécel, Pharès (note 6). Encore Balthasar eut-il la prudence et la curiosité d'interroger Daniel, le prophète de Dieu ! Combien aujourd'hui n'ont même pas cette prudente curiosité ! Combien restent sourds et inertes à l'avertissement du Christ à ses apôtres : Vigilate et orate ut non intretis in tentationem ! (note 7).

Vigilate ! Et pourtant l'Église, répétant la parole même du Christ, les avertit. Depuis les derniers règnes surtout, les avertissements se sont faits plus précis ; les encycliques se succèdent ; mais à quoi bon les avertissements, les cris d'alarme, la dénonciation documentée des périls menaçants, si ceux-là mêmes qui, régulièrement et correctement assis au pied de la chaire, en entendent passivement la lecture, s'en retournent chez eux continuer tranquillement leur habituel train de vie sans avoir rien compris ni du danger commun ni de leur devoir en face du danger !

Vigilate ! Ce n'est pas aux seuls insouciants que ce cri s'adresse. Il s'adresse aussi à ces esprits ardents, à ces cœurs généreux et sincères, mais dont le zèle ne s'éclaire pas aux lumières de la prudence et de la sagesse chrétiennes. Dans l'impétueuse fougue de leurs préoccupations sociales, ils risquent de méconnaître les frontières au-delà desquelles la vérité cède à l'erreur, le zèle devient fanatisme et la réforme opportune passe à la révolution. Et quand, pour mettre l'ordre et la lumière dans cette confusion, le Vicaire de Jésus-Christ, quand l'Église, en vertu de sa mission divine, élève la voix sur les grandes questions du jour, sur les problèmes sociaux, faisant la part du vrai et du faux, du licite et de l'illicite, elle n'entend favoriser ni combattre aucun camp ou parti politique, elle n'a rien d'autre en vue que la liberté et la dignité des enfants de Dieu ; de quelque côté qu'elle rencontre l'injustice, elle la dénonce et la condamne ; de quelque côté qu'elle découvre le bien elle le reconnaît et le signale avec joie. Mais il est une chose qu'elle exige de tous ses enfants, c'est que la pureté de leur zèle ne soit pas viciée par des erreurs, admises sans doute de bonne foi et dans la meilleure intention du monde, mais qui n'en sont pas moins dangereuses en fait et qui, en fin de compte, viennent tôt ou tard à être attribuées non seulement à ceux qui les tiennent, mais à l'Église elle-même. Malheur à qui prétendrait faire pactiser la justice avec l'iniquité, concilier les ténèbres avec la lumière ! Quae enim participatio justitiae cum iniquitate ? Aut quae societas luci ad tenebras ? (2 Cor. 6,14.)

C'est aux heures de crises, mes frères, que l'on peut juger le cœur et le caractère des hommes, des vaillants et des pusillanimes. C'est à ces heures qu'ils donnent leur mesure et qu'ils font voir s'ils sont à la hauteur de leur vocation, de leur mission.

Nous sommes à une heure de crise. À la vue d'un monde qui tourne le dos à la croix, à la vraie croix du Dieu crucifié et rédempteur, d'un monde qui délaisse les sources d'eau vive pour la fange des citernes contaminées ; à la vue d'adversaires, dont la force et l'orgueilleux défi ne le cèdent en rien au Goliath de la Bible, les pusillanimes peuvent gémir d'avance sur leur inévitable défaite ; mais les vaillants, eux, saluent dans la lutte l'aurore de la victoire ; ils savent très bien leur faiblesse, mais ils savent aussi que le Dieu fort et puissant, Dominus fortis et potens, Dominus potens in praelio (Ps 23, 8 ) se fait un jeu de choisir précisément la faiblesse pour confondre la force de ses ennemis. Et le bras de Dieu n'est pas raccourci ! Ecce non est abbreviata manus Domini ut salvare nequeat (Is. 59, 1)(note 10).

Dans un instant, quand, debout à l'autel, j'élèverai vers Dieu la patène avec l'hostie sainte et immaculée pour l'offrir au Père éternel, je lui présenterai en même temps la France catholique avec l'ardente prière que, consciente de sa noble mission et fidèle à sa vocation, unie au Christ dans le sacrifice, elle lui soit unie encore dans son œuvre d'universelle rédemption.

Et puis, de retour auprès du trône du Père commun pour lui faire part de tout ce que j'aurai vu et éprouvé sur cette terre de France, oh ! comme je voudrais pouvoir faire passer dans son cœur si aimant, pour le faire déborder de joie et de consolation, mon inébranlable espérance que les catholiques de ce pays, de toutes classes et de toutes tendances, ont compris la tâche apostolique que la Providence divine leur confie, qu'ils ont entendu la voix de Notre-Dame de Paris qui leur chante l'Orate, l'Amate, le Vigilate, non comme l'écho d'un « hier » évanoui, mais comme l'expression d'un « aujourd'hui » croyant, aimant et vigilant, comme le prélude d'un « demain » pacifié et béni.

Ô Mère céleste, Notre Dame, vous qui avez donné à cette nation tant de gages insignes, de votre prédilection, implorez pour elle votre divin Fils ; ramenez-la au berceau spirituel de son antique grandeur, aidez-la à recouvrer, sous la lumineuse et douce étoile de la foi et de la vie chrétienne, sa félicité passée, à s'abreuver aux sources où elle puisait jadis cette vigueur surnaturelle, faute de laquelle les plus généreux efforts demeurent fatalement stériles, ou tout au moins bien peu féconds ; aidez-la aussi, unie à tous les gens de bien des autres peuples, à s'établir ici-bas dans la justice et dans la paix, en sorte que, de l'harmonie entre la patrie de la terre et la patrie du ciel, naisse la véritable prospérité des individus et de la société tout entière.

« Mère du bon conseil », venez au secours des esprits en désarroi devant la gravité des problèmes qui se posent, des volontés déconcertées dans leur impuissance devant la grandeur des périls qui menacent ! « Miroir de justice », regardez le monde où des frères, trop souvent oublieux des grands principes et des grands intérêts communs qui les devraient unir, s'attachent jusqu'à l'intransigeance aux opinions secondaires qui les divisent ; regardez les pauvres déshérités de la vie, dont les légitimes désirs s'exaspèrent au feu de l'envie et qui parfois poursuivent des revendications justes, mais par des voies que la justice réprouve ; ramenez-les dans l'ordre et le calme, dans cette tranquillitas ordinis qui seule est la vraie paix !

Regina pacis ! Oh ! oui ! En ces jours où l'horizon est tout chargé de nuages qui assombrissent les cœurs les plus trempés et les plus confiants, soyez vraiment au milieu de ce peuple qui est vôtre la « Reine de la Paix » ; écrasez de votre pied virginal le démon de la haine et de la discorde ; faites comprendre au monde, où tant d'âmes droites s'évertuent à édifier le temple de la paix, le secret qui seul assurera le succès de leurs efforts : établir au centre de ce temple le trône royal de votre divin Fils et rendre hommage à sa loi sainte, en laquelle la justice et l'amour s'unissent en un chaste baiser, justitia et pax osculatae sunt (Ps 74, 11) (note 12).

Et que par vous la France, fidèle à sa vocation, soutenue dans son action par la puissance de la prière, par la concorde dans la charité, par une ferme et indéfectible vigilance, exalte dans le monde le triomphe et le règne du Christ Prince de la paix, Roi des rois et Seigneur des seigneurs. Amen ! »

Posté le 13 juillet 2014 à 06h29 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

12 juillet 2014

C’est arrivé un 12 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 12 juillet 526 : début du pontificat de Félix IV.

Saint Félix IV est désigné par Théodoric et non pas élu, ce dernier avait martyrisé son prédécesseur, le pape Jean Ier. Saint Félix IV est pape durant un peu plus de quatre ans jusqu'au 22 septembre 530. Il est inhumé dans la basilique Saint-Pierre.

 

 

  • le 12 juillet 1678 : mort d'Antoine III, duc de Gramont.

Antoine III, duc de Gramont, pair de France est marié à la nièce du cardinal de Richelieu, il reste fidèle au Roi pendant la Fronde. Il devient maréchal en 1641, après s'être illustré dans les campagnes contre les huguenots. Ambassadeur de France en Espagne, il est chargé d'organiser le mariage de Louis XIV en 1660. Il est également nommé lieutenant général de Normandie et est promu ministre d'Etat en 1663.

  • le 12 juillet 1691 : élection d'Innocent XII.

Innocent XII est élu pape le 12 juillet 1691. Très charitable, il lutte contre le népotisme en promulguant la bulle Romanum decet Pontificem en 1692. Il obtient le retrait de la Déclaration des Quatre articles de 1682, qui donnait aux Rois de France autant de pouvoir que le pape, et reconnaît les évêques nommés par Louis XIV.

En 1699, il se prononça en faveur de Bossuet dans la controverse avec Fénelon sur l'Explication des maximes des Saints sur la vie intérieure que ce dernier avait écrite pour soutenir Madame Guyon. Son pontificat contraste avec celui de nombre de ses prédécesseurs, du fait qu'il penche pour la France plutôt que pour l'Allemagne.

  • le 12 juillet 1730 : Clément XII est élu pape.

Lorenzo Corsini est issu d'une famille italienne prestigieuse. Il suit des études dans un collège jésuite, puis obtient un doctorat en droit. Il est nommé cardinal par Clément XI avant de succéder au pape Benoit XIII. Il œuvre à améliorer la gestion des Etats pontificaux. Il continue également la lutte contre les jansénistes avec la bulle Unigenitus et la franc-maçonnerie avec la bulle In eminenti apostolatus specula.

  • le 12 juillet 1764 : l'astronome français Charles Messier découvre la première nébuleuse de l'histoire.

Charles Messier, chasseur de comètes reconnu, est surtout célèbre pour son catalogue de 110 objets d'aspect diffus (nébuleuses et amas stellaires), catalogue qu'il établit à destination des chercheurs de comètes. Il inscrit cette nébuleuse au n° 27 de son catalogue : Nébuleuse de l'Haltère ou Dumbbell.

 

  • le 12 juillet 1789 : émeutes à Paris.

De nombreuses manifestations sont organisées rue de Paris et dans le jardin des Tuileries, où les bustes de Jacques Necker et du duc d'Orléans sont portés en cortège. Le Royal-Allemand, régiment de cavalerie commandé par le prince de Lambesc, charge la foule aux Tuileries, faisant plusieurs blessés. Pierre-Victor de Besenval, commandant les troupes massées à Paris, se décide à faire intervenir les régiments suisses cantonnés au Champ-de-Mars.

  • le 12 juillet 1792 : vote de la constitution civile du clergé [CCC].

Le bas clergé change de camp. En Vendée, par exemple 80% des prêtres refusent le serment. Les jureurs sont nommés, intrus = « trutons ». En Février 1791, a lieu la cérémonie publique du serment à la constitution civile. L'opposition jusqu'alors larvée se fait plus dure ; les premières émeutes ont lieu en Bretagne. Quand la population chasse les prêtres jureurs, les « intrus », la garde nationale pille les églises et en cloue les portes. Les religieuses chassées de leurs couvents et rentrées dans leurs familles brodent des Sacré-Cœur et propagent cette dévotion. Les pèlerinages sont interdits ; ils ont lieu en paroisse et de nuit; Cathelineau, capitaine de paroisse, porte la croix. La répression se fait violente et les mesures vexatoires, imposées au clergé, entraînent en août 1792 un soulèvement avorté dans le sang. 8000 Bleus portent les oreilles de leurs victimes en cocardes.

Baptême par un prêtre réfractaire

Messe clandestine

  • le 12 juillet 1793 : la Convention fait procéder à l'essai du sémaphore de Claude et Ignace Chappe sur 35 kilomètres.

La construction d'une ligne entre Paris et Lille est décidée. L'Ingénieur français Claude Chappe réussit à envoyer le premier message télégraphique sur une distance de 15 kilomètres, de Saint-Martin-du-Tertre dans le Val d'Oise jusqu'à Belleville au Nord-est de Paris. La transmission s'effectue grâce à des de relais mécaniques placés sur des points hauts et espacés d'une dizaine de kilomètres. Les signaux sont observés par longue-vue et retransmis au relais suivant. Jusqu'à l'invention du télégraphe électrique par Samuel Morse en 1837, le télégraphe de Chappe reste le moyen le plus rapide de propagation de l'information.

  • le 12 juillet 1793 : la Provence se soulève.

Les royalistes, apprenant la reprise de Marseille par les jacobins et les terribles représailles exercées, décident de faire appel à la Flotte Anglo-Espagnole croisant au large.

  • le 12 juillet 1880 : la Loi supprime l'obligation du repos dominical.
  • le 12 juillet 1906 : la Cour de cassation de Rennes annule sans renvoi le jugement prononcé contre Dreyfus.

La Cour de cassation affirme que la condamnation portée contre Dreyfus a été prononcée "à tort". Dégradé de ses fonctions de capitaine de l'armée française en 1894 pour avoir divulgué des secrets militaires à l'Allemagne, Alfred Dreyfus est réhabilité par la Cour de cassation de Rennes. Après avoir effectué cinq ans de bagne en Guyane, il est gracié par le président Emile Loubet en septembre 1899, Alfred Dreyfus est réintégré dans l'armée avec le grade de chef de bataillon et décoré de la légion d'honneur.

  • le 12 juillet 1944 : massacre de Kerihuel à Plumelec dans le Morbihan.

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, le lieutenant Marienne, est parachuté sur Plumelec, dans le Morbihan. Il encadre et entraîne les troupes importantes du maquis de Saint-Marcel, environ 1500 à 2000 hommes. Le 18 juin, le maquis est attaqué par d'importantes forces allemandes. Le maquis dispersé, Marienne et ses compagnons changent constamment de cachettes, dans les environs de Plumelec car ils sont ardemment recherchés par les Allemands et les miliciens. Marienne qui vient d'être élevé au grade de capitaine décide de déplacer son camp à Kérihuel, en Plumelec, le 9 juillet. Les Allemands obtiennent, par trahison, des informations sur le lieu où se trouve le capitaine Le 12 juillet, au matin, Allemands et miliciens surprennent le capitaine Marienne et ses compagnons, alors qu'ils sont encore endormis. Ils sont froidement assassinés.

  • le 12 juillet 1998 : la France championne du monde de football.

L'équipe de France de football devient championne du monde pour la première fois, à domicile, après sa victoire 3 à 0 contre le Brésil, alors champion du monde en titre.

Posté le 12 juillet 2014 à 11h26 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

11 juillet 2014

C’est arrivé un 11 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 11 juillet : fête de st Benoit, patron de l'Europe chrétienne.

La catéchèse papale du 9 avril 2008 est consacrée à la figure de saint Benoît de Nursie : "le père du monachisme occidental, dont la vie et les œuvres imprimèrent un mouvement fondamental à la civilisation et à la culture occidentale. La source principale pour approcher la vie de Benoît est le second livre des Dialogues de saint Grégoire le grand, qui présente le moine comme un astre brillant indiquant comment sortir "de la nuit ténébreuse de l'histoire", d'une crise des valeurs et des institutions découlant de la fin de l'empire romain. Son œuvre et la règle bénédictine ont exercé une influence fondamentale pendant des siècles dans le développement de la civilisation et de la culture en occident, bien au-delà de son pays et de son temps. Après la fin de l'unité politique il favorisa la naissance d'une nouvelle Europe, spirituelle et culturelle, unie par la foi chrétienne commune aux peuples du continent".

En 1964 Paul VI fait de Benoît le saint patron de l'Europe.

  • le 11 juillet  755 : Capitulaire de Ver, sur la taille des monnaies.

Pépin III réaffirme le monopole royal de la frappe de la monnaie en émettant un denier d'argent avec son monogramme.

  • le 11 juillet  1302 : bataille de Courtrai dite « bataille des Éperons d'or ».

En 1296, le comte Guy de Dampierre, comte de Flandre depuis le Roi Saint Louis, se fait confisquer les principales villes de Flandre par Philippe le Bel, qui ensuite nomme Jacques de Châtillon gouverneur. Une révolte fiscale éclate à Bruges et dans la nuit du 17 au 18 mai 1302, une centaine de soldats français sont égorgés dans leur sommeil, ce sont les « Matines de Bruges », voir la chronique du 18 mai). Toutes les villes se regroupent autour des révoltés ; les Français sont chassés.

Philippe le Bel rassemble son ost, qu'il confie à Robert d'Artois. Le 8 juillet les deux armées sont face à face. L'infanterie flamande a aménagé le terrain, qui est très marécageux. La lourde cavalerie française, sans appui des arbalétriers, charge et s'embourbe. Les Flamands ne font pas de prisonniers ; des centaines de chevaliers sont égorgés. La déroute est totale et Guy de Dampierre revient à la tête de son comté. Deux ans plus tard, le 18 août 1304, le Roi prend sa revanche sur les Flamands à Mons en Pévèle.

Sur le champ de bataille abandonné par l'arrière-garde française, les Flamands ramassent par milliers les éperons d'or des chevaliers français. Plus de 4 000 de ces trophées sont suspendus aux voûtes de l'église Notre Dame de Courtrai. C'est ainsi que la bataille de Courtrai est devenue la bataille des Eperons d'or. Les "Eperons d'or" demeureront chez l'ennemi pendant quatre-vingts ans. Ils ne seront repris par l'armée française qu'en 1382, à la suite de la victoire de  de West Rozebeke et installés à Dijon. (Voir la chronique du 27 novembre).

  • le 11 juillet 1573 : l'édit de Boulogne met fin au siège de La Rochelle.

Au lendemain du siège de la Rochelle, protestants et catholiques concluent la paix avec l'édit de Boulogne. Celui-ci met fin à la quatrième guerre de Religion et permet aux protestants d'obtenir la liberté de culte dans trois villes, La Rochelle, Nîmes et Montauban

  • le 11 juillet  1708 : bataille d'Audenarde.

Durant la guerre de Succession d'Espagne, la France affronte la Grande-Bretagne, les Provinces-Unies et le Saint-Empire romain germanique à la bataille d'Audenarde. les troupes françaises sont vaincues, elles perdent 15 000 hommes, contre 3 000 du côté des alliés.

  • le 11 juillet  1789 : Louis XVI renvoie Necker.

Le baron de Necker, directeur général des finances, est limogé par le Roi de France qui le juge trop libéral. Il est aussitôt remplacé par Breteuil. Le duc d'Orléans en profite pour fomenter des émeutes dans la capitale où Necker est apprécié.

 

  • le 11 juillet  1846 : naissance de Léon Bloy, écrivain français.

 

 

  • le 11 juillet  1857 : soumission de la Grande Kabylie,

En juillet, la campagne du Djurdjura en Kabylie et la reddition de Lalla Fathma N'Soummer, chef de la résistance kabyle mettent fin à la résistance kabyle.

  • le 11 juillet  1937 : la Basilique de Lisieux est inaugurée par le Cardinal Pacelli, futur Pie XII et légat du pape Pie XI.

  • le 11 juillet  1975 : l'Assemblée nationale adopte un projet de loi qui autorise le divorce "par consentement mutuel".
  • le 11 juillet  2006 : la Cour de justice des Communautés européennes juge Edith Cresson coupable de favoritisme lorsqu'elle était commissaire européen dans les années 1990. Mais la cour la dispense de sanction pécuniaire.

Posté le 11 juillet 2014 à 06h55 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

10 juillet 2014

C’est arrivé un 10 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 10 juillet 511 : ouverture du concile d'Orléans.

Ce concile est connu sous l'appellation de Premier concile d'Orléans. L'assemblée est convoquée et par le Roi des Francs Clovis Ier et en sa présence. Il réunit 32 évêques, venus de toutes les régions du Royaume. Il entérine l'alliance entre le Roi des Francs et l'Église et définit le statut de l'Église dans le Royaume franc. On parle de premier "concordat". Il établit le droit d'asile; il reprend certaines décisions du concile d'Agde de 506 telles que la condamnation de l'arianisme.

  • le 10 juillet 983 : le pape Benoît VII meurt à Rome.
  • le 10 juillet 1547 : combat singulier de Jarnac et de La Châtaigneraie.

Le duel a lieu dans la cour de Saint-Germain-en-Laye, en présence du Roi Henri II. La Châtaigneraie, considéré comme la plus fine lame du Royaume est battu grâce au « Coup de Jarnac ».

  • le 10 juillet 1559 : le Roi Henri II, meurt d'une blessure reçue lors d'un tournoi le 29 juin.

Lors des festivités du mariage de sa fille Elisabeth avec Philippe II, le Roi Henri II joute contre le comte de Montgomery, qui le blesse mortellement d'un coup de lance dans l'œil droit, à Paris. Le Roi décède le 10 juillet suivant.

  • le 10 juillet 1608 : l'archevêque de Besançon, Ferdinand, déclare authentique le miracle eucharistique de Faverney (Haute-Saône).

Les 26 et 27 mai 1608 lendemain et surlendemain de la Pentecôte, en l'église abbatiale de Faverney, dans le département de la Haute-Saône, les moines ont placé sur un reposoir composé d'une table surmontée d'un gradin en bois placé devant l'autel, un reliquaire-ostensoir contenant le Saint Sacrement et dans un tube de cristal, un doigt de Sainte Agathe. Des lampes à huile sont maintenues allumées sur la table.

Le lendemain matin une épaisse fumée révèle que le reposoir a pris feu et s'est consumé. Cependant, l'ostensoir privé de son support est resté à la place qu'il occupait dans l'espace Il restera ainsi suspendu dans l'air pendant trente-trois heures permettant à des centaines de personnes alertées du prodige de venir constater le fait. C'est au cours de la messe célébrée ensuite que l'on peut voir l'ostensoir quitter sa place et se poser doucement sur l'autel. L'archevêque de Besançon ouvre immédiatement une enquête au cours de laquelle la commission entend 54 témoins parmi les plus sûrs sur le millier de témoins. Faverney devient un lieu de pèlerinage qui sera à la source des Congrès Eucharistiques.

Bien que publié par l'archevêque de Besançon, Ferdinand de Rye, dès le 10 juillet 1608, le miracle n'est officiellement reconnu par le Saint-Siège que le 16 mai 1864, sur décision du pape Pie IX.

  • le 10 juillet 1637 : enregistrement des lettres patentes portant création de l'Académie française.

Craignant que la nouvelle Académie ne soit une rivale éventuelle, le Parlement a attendu deux ans avant d'enregistrer les lettres patentes de sa création. Voir les chroniques du 2 et du 29 janvier, du 13 mars.

  • le 10 juillet 1690 : victoire du cap Béveziers pour la flotte française face aux flottes anglaise et hollandaise.

La bataille du cap Béveziers met aux prises les flottes françaises et anglo-hollandaises sur la manche, dans le cadre de la guerre de la ligue d'Augsbourg. Jacques II, bouté hors du trône d'Angleterre par le protestant Guillaume III en 1689, a trouvé refuge en France auprès de son cousin Louis XIV. La flotte ennemie perd 17 vaisseaux au total, alors que les Français n'ont aucune pertes à déplorer; cependant bien que le contrôle de la Manche soit tombé temporairement entre les mains des Français, l'amiral de Tourville échoue à poursuivre la flotte alliée avec suffisamment de détermination lui permettant de se réfugier dans la Tamise. Cette bataille est considérée comme la plus belle victoire de la marine du Roi-Soleil, alors qu'au même moment, les troupes envoyées en Irlande sont battues à la bataille de la Boyne.

Bataille du cap Bévésiers
Gravure de Théodore Gudin

  • le 10 juillet 1778 : la France déclare la guerre à l'Angleterre.
  • le 10 juillet 1790 : le pape Pie VI écrit à Louis XVI :

"Si vous approuvez [la CCC], vous entraînez votre nation dans le schisme.".

  • le 10 juillet 1863 : Maximilien d'Autriche est proclamé empereur du Mexique.

L'assemblée des notables, composée de 250 membres se prononce ce jour sur les questions de gouvernement :

La nation mexicaine adopte pour forme de gouvernement la monarchie tempérée et héréditaire, sous un prince catholique. Le souverain prendra le titre d'empereur du Mexique. La couronne impériale sera offerte à S.A.I. le prince Ferdinand-Maximilien, archiduc d'Autriche pour lui et ses descendants. Dans le cas où, par des circonstances qu'on ne peut prévoir l'archiduc Ferdinand-Maximilien ne prendrait pas possession du trône qui lui est offert, la nation mexicaine s'en remet à la bienveillance de S.M. Napoléon III, empereur des Français, pour qu'il désigne un autre prince catholique à qui la couronne sera offerte.

  • le 10 juillet 1898 : la colonne Marchand occupe Fachoda, au Soudan.

La colonne française Marchand avec 5120 tirailleurs et 8 officiers atteint Fachoda et renforce les défenses de la place. Les Français devancent les anglais qui vont en faire une cause de rupture des relations entre les deux pays, d’où l’abandon français. Voir les chroniques du 18 septembre, du 11 décembre, du 13 janvier

  • le 10 juillet 1900 : Inauguration du métro parisien.
  • le 10 juillet 1939 : le pape Pie XII lève la mise à l'index de l'Action française.

Le pape Pie XII lève l'interdit contre l'Action française et la mise à l'index de l'œuvre de Charles Maurras

  • le 10 juillet 1940 : abolition de la Troisième République, début de l'Etat français.

Le Parlement vote les pleins pouvoirs au Président du Conseil Philippe Pétain.

  • le 10 juillet 1985 : les services secrets français attaquent le Rainbow Warrior.

Le bateau de l'organisation écologiste Greenpeace coule dans le port d'Auckland en Nouvelle-Zélande : 1 mort.

  • le 10 juillet 1959 : décès de Marcel Van, rédemptoriste vietnamien.

Voir la chronique du 14 novembre où est racontée sa vie. Le procès de béatification de Marcel Van, déjà Vénérable, est ouvert le 26 mars 1997 au diocèse de Belley-Ars. Le Christ lui apparaît le 14 novembre 1945, entre autre pour lui donner cette prière et lui dire qu'il apprécierait que les Français la lui récitent.

Seigneur JÉSUS, aie pitié de la FRANCE ! Daigne la serrer sur ton Cœur; montre-lui combien tu l'aimes.

Purifie-la; fortifie-la dans ton ESPRIT SAINT. Que la FRANCE contribue à Te faire aimer de toutes les nations !

O JÉSUS, nous autres Français Te promettons fidélité. Oui, nous nous engageons à travailler d'un cœur ardent à l'extension de ton Règne sur la terre, ne comptant en rien sur nous, mais uniquement sur Toi»

Amen»

Posté le 10 juillet 2014 à 06h40 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

09 juillet 2014

C’est arrivé un 9 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 9 juillet 1429 : victoire de jeanne d'arc à Troyes.

Jeanne d'Arc fait ouvrir les portes de Troyes à Charles VII, qu'elle va faire sacrer à Reims. Alors que Reims se rapproche, le Dauphin et ses conseillers doutent encore de Ste Jeanne d'Arc qui a bien du mal à convaincre le futur Roi de maintenir le siège quelques jours pour faire tomber la ville. Ayant prêté serment d'allégeance au roi d'Angleterre il y a peu, la cité refuse en effet de donner ses clés. Elle cède pourtant à la simple vue de la « pucelle » organisant le siège.

  • le 9 juillet 1472 : dégagement du siège de Beauvais.

Le 14 juin 1472, partant d'Arras à la tête de 80 000 hommes, Charles le Téméraire Duc de Bourgogne franchit la Somme et ravage toute la région, puis marche sur Beauvais, l'une des villes les plus riches de France, qu'il savait sans garnison. Les récits des massacres autour de la ville poussent cette dernière à refuser de parlementer.

Les premiers assauts, fin juin ayant échoués, les Bourguignons mettent le siège et préparent minutieusement leur attaque. Les habitants de Beauvais, aidés par des femmes dont la célèbre Jehanne Laisné, dit Jehanne Hachette, repoussent les troupes bourguignonnes

Les reliques d'Angadrême, patronne de Beauvais, sont montrées sur les remparts de Beauvais lors de l'assaut. La sainte a aidé à la victoire. La date du 27 juin, retenue pour la fête d'Angadrême, rappelle la procession instituée par Louis XI en reconnaissance de la protection de sainte Angadrême. Afin de récompenser les femmes de Beauvais pour leur vaillance, Louis XI accorde à celles-ci le droit et privilège de porter des habits d'hommes.

  • le 9 juillet 1535 : décès d Antoine Duprat, cardinal, chancelier de France.

Antoine Duprat, né à Issoire le 17 janvier 1463 et mort à Nantouillet, le 9 juillet 1535, est un cardinal-légat français, chancelier de France et de Bretagne sous François Ier. C'est « l'une des grandes figures de la France monarchique », selon R. Mousnier. Il est très décrié par des historiens comme Michelet qui ne lui pardonnent pas d'avoir organisé la lutte contre les réformés et tous leurs excès.

Il est surtout le négociateur du concordat de Bologne, signé en 1516 entre le pape Léon X et François Ier qui met fin au régime d'élections ecclésiastiques instauré par la pragmatique sanction de Bourges (Cf. la chronique du 7 juillet).

 

  • le 9 juillet 1590 : Henri IV prend St-Denis.

Alors que depuis le 2 aout 1589, mort du Roi Henri II, Henri de Navarre est Roi de fait mais non sacré, ce dernier tente depuis le mois de mai de s'emparer de Paris. Le 9 juillet la garnison de St Denis tombe. Mais Paris aux mains de la Ligue Catholique va résister grâce au renfort d'une armée des Pays-Bas espagnols.

  • le 9 juillet 1686 : la ligue d'Augsbourg.

La ligue d'Augsbourg est une alliance conclue le 9 juillet 1686 par une grande partie de l'Europe contre Louis XIV.

  • le 09 juillet 1789 : l'Assemblée se déclare Assemblée nationale Constituante.
  • le 9 juillet 1860 : massacre de Damas.

Les chrétiens maronites de Damas sont exterminés dans la nuit, par des sunnites, avec la complicité du gouverneur turc de Syrie. Les massacres font entre 4000 et 6000 victimes. Le quartier chrétien est pillé et brûlé. Les survivants prendront la route de l'exil notamment vers Beyrouth et Alexandrie. Ce massacre fait suite à celui des chrétiens perpétrés par les Druzes dans le mont Liban (mars à juillet 1860).

Napoléon III enverra un corps expéditionnaire français commandé par Beaufort pour assurer la protection des chrétiens en route vers le Liban. L'expédition française en Syrie dura du mois d'août 1860 au mois de juin 1861.

  • le 9 juillet 1918 : consécration des armées alliées au Sacré-Cœur.

Le généralissime Foch consacre au Sacré-Cœur toutes les armées alliées placées sous ses ordres. Il le fait en présence des officiers de son état-major.

Une plaque commémorative est apposée dans l'église du village de Bombon, en Seine et Marne, où se trouve l'état-major de Foch. Ce dernier commence avec ses officiers une neuvaine qui se termine le 18 juillet suivant. Ce jour-là commence l'offensive d'où sort la victoire finale.

  • le 9 juillet 1960 : un décret autorise le péage sur les autoroutes françaises.
  • le 9 juillet 1970 : la durée du service militaire français est ramenée à un an.

Posté le 9 juillet 2014 à 06h37 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

08 juillet 2014

C’est arrivé un 8 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 8 juillet 1621 : naissance de Jean de La Fontaine.

Jean de La Fontaine, né à Château-Thierry, est un poète, moraliste, dramaturge, librettiste et romancier français. Il meurt le 13 avril 1695 à Paris. Voir la chronique du 13 avril.

Ses Fables sont l'un des plus grands chefs d'œuvre de la littérature française. Elles ont été écrites entre 1668 et 1694. Il s'agit comme son nom l'indique d'un recueil de fables écrites en vers, la plupart mettent en scène des animaux et contiennent une morale au début ou à la fin. Ces fables sont écrites dans un but éducatif pour le Dauphin.

  • le 8 juillet 1623 : décès du pape Grégoire XV.

Alessandro Ludovisi est le 234ème pape de l'Église catholique. Agé de 66 ans lors de son élection, il est un pape de transition. Ancien élève des Jésuites, il canonise Ignace de Loyola, François Xavier, Louis de Gonzague et Stanislas Kostka, tous membres fondateurs de la Compagnie de Jésus. Il confie aussi à la Compagnie le soin de gérer l'université pontificale grégorienne. Grégoire XV améliore aussi le processus des élections pontificales et créa la congrégation pour la propagation de la Foi (Sacra congregatio de propaganda fide) par la bulle « Inscrutabili divinae providentiae » le 22 juin 1622. C'est qui confère à Richelieu le chapeau de cardinal. Voir la chronique du 9 février.

  • le 8 juillet 1740 : décès de Pierre Vigne, Père sulpicien fondateur de la Congrégation des Sœurs du Saint Sacrement.

Le père Pierre Vigne a été béatifié par le Pape Jean-Paul II le 3 octobre 2004.

  • le 8 juillet 1758 : bataille de Fort Carillon (Fort Ticonderoga).

Victoire des 3 600 hommes (dont les 400 Canadiens du Chevalier de Lévis) de Montcalm sur les 15 000 Britanniques et leurs alliés aux les ordres du major général James Abercromby au fort Carillon. Ticonderoga est au sud du lac Champlain, de nos jours dans l'État de New York. Au moment où Amherst assiège Louisbourg, le général Abercromby rassemble ses troupes la plus grande armée jamais vue en Amérique du Nord, soit environ 16 000 hommes, dont 6 000 hommes de l'infanterie régulière britannique.

L'attaque anglaise coûte à Abercromby 500 morts, 1 000 blessés et 20 disparus. Ses troupes se retirent vers le lac du Saint-Sacrement abandonnant armes, munitions et blessés. Les derniers assauts anglais ont été repoussés par un féroce combat à la baïonnette, au couteau et au sabre.

Le Fort Carillon était un petit édifice fait de retranchements, bâti à l'angle de la confluence entre le Lac Champlain et la Rivière de la Chute, au nord du Lac George (territoire anglais), chargé de surveiller la frontière entre les Treize Colonies britanniques et la Nouvelle-France.

 

  • le 8 juillet 1789 : des troupes royales commandées par le duc de Broglie et le général Besenval se massent autour de Paris

Le 26 juin 1789, Louis XVI a fait appeler à Paris, 3 régiments d'infanterie et 3 régiments de Cavalerie stationnés dans l'Est. Environ 30 000 hommes s'installent au Bois de Boulogne, à St-Denis, et sur le Champ-de-Mars. L'Assemblée lui demande d'éloigner ses troupes.

  • le 8 juillet 1810 : l'île Bonaparte est prise à la France par les Britanniques, débarqués la veille.

L'île de la Réunion, retrouve son nom d'île Bourbon. Elle est rétrocédée à la France lors du Traité de Paris de 1814.

  • le 8 juillet 1827 : décès de Robert Surcouf, corsaire français.

Voir la chronique du 1é décembre.

  • le 8 juillet 1886 : décès de Joseph Hippolyte Guibert, cardinal français, archevêque de Paris.

Joseph Hippolyte Guibert, né le 13 décembre 1802 à Aix-en-Provence, et mort le 8 juillet 1886 à Paris, est archevêque de Tours, puis de Paris de 1871 à 1886. Dès sa nomination il s'occupe de faire construire la basilique dite du "Vœu National" à Montmartre. En 1873, il reçoit le chapeau de cardinal. En 1875, il inaugure l'Université catholique de Paris. Il doit affronter les mesures anti cléricales: suppression de la Faculté de Théologie de la Sorbonne, premières expulsions de congréganistes.

  • 8 juillet 1937 : sortie de prison de Charles Maurras.

60 000 parisiens rendent un hommage national à Charles Maurras à sa sortie de prison, où il a été mis par les socialistes et les communistes du Front populaire. C'est la maréchale Joffre qui préside au Vélodrome d'hiver où 30 000 Parisiens l'ovationnent. Tous les dirigeants républicains ou monarchistes sont présents, seul manque le colonel de la Roque, président du PSF, le parti social français.

Posté le 8 juillet 2014 à 06h32 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

07 juillet 2014

C’est arrivé un 7 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 7 juillet 1304 : décès du pape Benoît XI.

Il passe son pontificat à réconcilier la France de Philippe le Bel et la papauté. Il est béatifié le 24 avril 1736 par le pape Clément XI.

  • le 7 juillet 1438 : promulgation de la Pragmatique Sanction de Bourges.

En 1418, réuni à l'initiative de l'Empereur Sigismond, pour tenter de mettre fin au Grand Schisme d'Occident, le Concile de Constance s'est achevé avec l'élection de Martin V, sans pour autant renforcer l'autorité pontificale, contestée par les Pères du Concile qui placent celui-ci au-dessus du Pape. En 1431, un nouveau Concile est réuni à Bâle par Martin V, il ne donne rien. Charles VII décide alors d'organiser et de réformer l'Église en France. Il convoque à Bourges une assemblée où se retrouvent les principaux évêques de France.

Le Roi, désirant rendre à l'Église gallicane ses anciens droits et libertés, avec l'appui de la majeure partie des prélats et du clergé de son Royaume et l'assentiment des princes de sang et des grands feudataires, décide par la Pragmatique Sanction que les décrets des Pères établis et publiés par les anciens papes de Rome, par les conciles généraux et les Constance et de Bâle, seraient conservés dans tout son Royaume et en Dauphiné. Charles VII dénonce les abus du Clergé de Rome et prend plusieurs mesures pour renforcer les libertés Gallicanes, acquises depuis le XIIIe siècle :

- Rétablissement des élections d'évêques et de Pères Abbés pour les Monastères. Toutefois, le Roi de France peut recommander tel ou tel candidat de son choix ;

- Âge minimum pour devenir Cardinal ;

- Restriction de la capacité du Pape à jeter l'interdit sur le Royaume de France et à excommunier son Souverain ;

Le Parlement de Paris enregistre l'Ordonnance en 1439, après une année de délibération, suivi par l'Université de Paris. La Pragmatique Sanction envenime les relations entre la France et Rome. C'est Louis XI, fils de Charles VII, qui sans abolir complètement la Pragmatique sanction, va en corriger les erreurs permettant à la France de retrouver sa place de fille Aînée de l'Eglise. Le pape, en remerciement, accorde au Roi et tous ses descendants le titre de « Très Chrétien ».

  • le 7 juillet 1492 : le Roi Charles VIII confirme les privilèges de la Bretagne.

Il reconnaît les privilèges de la Bretagne : privilèges fiscaux avec le droit pour les Etats de consentir à l'impôt et privilèges judiciaires avec la garantie pour les Bretons d'être jugés par les instances de la province.

  • le 7 juillet 1456 : le procès et la condamnation de Jeanne d'Arc de 1431 sont frappés de nullité par les envoyés pontificaux.
  • le 7 juillet 1585 : la paix de Nemours.

La Ligue, par cette paix, rappelle à tous une des lois fondamentale du Royaume : la loi de catholicité. En effet, le Roi doit être catholique pour monter sur le trône, la plupart de ses serments lors du sacre concernent des aspects de la foi catholique et romaine. Le Roi de France, Henri III, signe avec les Guise la paix de Nemours, qui annule toutes les mesures de tolérance à l'égard des Protestants.

  • le 7 juillet 1867 : 205 martyrs chrétiens japonais sont béatifiés par Pie IX.

Parmi ces martyrs, 21 sont Dominicains, 18 Franciscains, 5 Augustiniens et 33 de la Compagnie de Jésus.

  • le 7 juillet 1698 : naissance de Pierre Louis Maupertuis, mathématicien et astronome français.

C'est le fils de René Moreau de Maupertuis (1664-1746) un corsaire malouin anobli par Louis XIV. Maupertuis se voit offrir à l'âge de vingt ans un régiment de cavalerie. Son père, avec lequel il a une relation très proche, lui ouvre ainsi les portes des mousquetaires gris, dont il devient lieutenant. Il abandonne cette carrière militaire pour se livrer à l'étude des mathématiques. Il publie divers travaux de mécanique et d'astronomie ainsi que des « observations et expériences » sur des animaux encore mal connus à l'époque, comme les salamandres et les scorpions, affirmant ainsi très tôt des talents certains de biologiste. Il contribue aussi à la diffusion des théories de Newton hors d'Angleterre.

  • le 7 juillet 1752 : naissance de Joseph Marie Jacquard, mécanicien français, inventeur du métier à tisser qui porte son nom.

Mécanicien, Joseph Marie Jacquard met au point, en 1807, le métier à tisser Jacquard. Il a équipé un métier d'un mécanisme sélectionnant les fils de chaîne à l'aide d'un programme inscrit sur des cartes perforées. Ainsi un seul ouvrier peut manipuler le métier à tisser. Le métier Jacquard connait un succès international et certains sont encore utilisés de nos jours.

  • le 7 juillet 1798 : début de la Quasi-guerre des États-Unis contre la France pour des raisons économiques.

Après l'assassinat du Roi Louis XVI, les relations entre les Etats-Unis et la France se détériorent et donnent lieu à la Quasi Guerre qui débute le 7 juillet 1798. Le congrès des Etats-Unis décide d'annuler les traités signés auparavant avec la France. Un embargo sur tous les produits français est instauré. La révolution contre les colons français à Haïti est soutenue et des ordres aux soldats de la marine sont donnés pour s'emparer des bateaux français.

Les Français reprochent au gouvernement de Washington le rapprochement avec le Royaume-Uni, les retards de remboursement de la dette (les Américains affirmant que leur dette concerne la France royale et non la France républicaine) et sa neutralité dans les guerres révolutionnaires en Europe. Il faut rappeler que le Roi Louis XVI a payé sur se propres revenus une grande partie des frais de cette guerre.

  • le 7 juillet 1807 : signature du traité de Tilsit entre Napoléon Ier et le tsar Alexandre Ier.

Avec celui du 9 juillet, signé avec le roi de Prusse, ces traité mettent fin à la quatrième coalition.

  • le 7 juillet 1904 : les congrégations religieuses interdites d'enseigner celle dont c'est la vocation sont interdites d'exister.

Le Président du Conseil, Emile Combes, fait adopter une loi interdisant à toutes les congrégations religieuses d'enseigner. Cette loi fait fermer 2500 écoles ; mais avec l'ensemble des mesures prises par Ferry et Combes se sont 15874 écoles catholiques qui sont contraintes de fermer. Cette année est celle de la rupture des relations diplomatiques entre la France et le Vatican. C'est l'année de l'affaire des Fiches dans l'armée. Plus de 40 000 religieux sont ainsi mis à la rue. En octobre 1904, Saint Pie X écrit dans Supremi Apostolatus :

« Actuellement une guerre impie a été soulevée et qui va se poursuivre presque partout contre Dieu. De nos jours, il n'est que trop vrai, les nations ont frémi et les peuples ont médité des projets insensés contre leur Créateur, et presque commun est devenu ce cri de ses ennemis : Retirez-vous de nous. […] Qui pèse ces choses a le droit de craindre qu'une telle perversion des esprits ne soit le commencement des maux annoncés pour la fin des Temps, et leur prise de contact avec la terre, et que finalement le fils de perdition dont parle l'apôtre n'ait déjà fait son apparition parmi nous. […]

  • le 7 juillet 1941 : Beyrouth est occupé par les troupes de la France libre et les forces britanniques.

Le conflit qui se déroule du 8 juin au 12 juillet 1941 est court, acharné et meurtrier. Dans son livre Syrie 1941- La guerre occultée (Editions Perrin), Henri de WAILLY rappelle quelques vérités. Il démontre que le déclenchement des hostilités est plus la conséquence de volontés politiques fortes que d'impératifs opérationnels.

Pour l'Armée du Levant, fidèle au gouvernement de Vichy, il faut défendre ces territoires placés sous mandat français depuis 1923, conformément aux clauses de l'armistice de juin 1940. Pour les Forces françaises libres (FFL) de De Gaulle, c'est l'occasion d'accroître leur légitimité, d'asseoir territorialement la France libre et de rallier les troupes qui y sont stationnées. Charles de Gaulle négocie âprement avec Winston Churchill le déclenchement d'une opération en Syrie et l'engagement de la 1ère Division française libre (1ère DFL) aux côtés des troupes anglo-saxonnes.

Les Anglais trompés par De Gaulle ont attaqué des positions françaises pensant attaquer des Allemands. Contre toute attente, pour De Gaulle, l'armée d'armistice ne le rejoint pas, se bat, et contre attaque victorieusement. Son illégitimité éclate ainsi au grand jour aux yeux des Anglais et des Américains.

Pour l'armée française, cette attaque, cette « agression » anglaise s'ajoute à l'« abandon » de Dunkerque, puis les « attaques fratricides» de Mers-el Kébir et de Dakar. Après la destruction de la flotte du Levant, les Français ne sont plus ravitaillés Le général DENTZ se résout à négocier le 9 juillet 1941. Le cessez-le-feu entre en vigueur le 12 juillet 1941 à 00h00. Cette courte guerre s'achève par la signature des Accords de Saint Jean d'Acre le 15 juillet 1941. Mais très peu de soldats rejoignent De Gaulle. Voir les chroniques du 8 juin et du 15 juillet.

  • le 7 juillet 1971 : inauguration du pont de Noirmoutier.
    • le 7 juillet 2007 : publication par le pape Benoît XVI du motu proprio Summorum Pontificum.

Le motu proprio rappelle qu'un prêtre n'a besoin d'aucune autorisation pour célébrer la Sainte Messe selon le rite tridentin. Fait inhabituel, il est accompagné d'une lettre pastorale adressée aux évêques, destiné à mettre fin au conflit avec les Catholiques traditionalistes. L'Église réhabilite la messe de saint Pie V, la messe en latin d'avant Vatican II, sans remettre en cause la liturgie issue de Vatican II, la messe de Paul VI.

  • le 7 juillet 2009 : le Pape Benoît XVI publie l'encyclique "Caritas in veritate".

Extrait :

« Toute personne expérimente en elle un élan pour aimer de manière authentique: l'amour et la vérité ne l'abandonnent jamais totalement, parce qu'il s'agit là de la vocation déposée par Dieu dans le cœur et dans l'esprit de chaque homme. Jésus Christ purifie et libère de nos pauvretés humaines la recherche de l'amour et de la vérité et il nous révèle en plénitude l'initiative d'amour ainsi que le projet de la vie vraie que Dieu a préparée pour nous. Dans le Christ, l'amour dans la vérité devient le Visage de sa Personne. C'est notre vocation d'aimer nos frères dans la vérité de son dessein. Lui-même, en effet, est la Vérité. »

Posté le 7 juillet 2014 à 07h04 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

06 juillet 2014

C’est arrivé un 6 juillet …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 6 juillet : saints catholiques du jour, sainte Maria Goretti, vierge et martyre.

Extrait du Message du pape Jean-Paul II à l'évêque d'Albano à l'occasion du centenaire de la mort de Sainte Maria Goretti :

« A mon Vénéré frère Mgr Agostino VALLINI, Evêque d'Albano

Il y a cent ans, le 6 juillet 1902, à l'hôpital de Nettuno, mourait Maria Goretti, sauvagement poignardée le jour précédent dans le petit village de Le Ferriere, dans l'Agro Pontino. En raison de son histoire spirituelle, de la force de sa foi, de sa capacité à pardonner son bourreau, elle figure parmi les saintes les plus aimées du XXème siècle. […]

Sainte Maria Goretti fut une jeune fille à laquelle l'Esprit de Dieu accorda le courage de rester fidèle à la vocation chrétienne, jusqu'au sacrifice suprême de la vie. Son jeune âge, le manque d'instruction scolaire et la pauvreté du milieu dans lequel elle vivait n'empêchèrent pas à la grâce de manifester ses prodiges en elle. […]

Maria Goretti, née à Corinaldo, dans les Marches, le 16 octobre 1890, dut très tôt prendre la route de l'émigration avec sa famille, arrivant, après plusieurs étapes, à Le Ferriere di Conca, dans l'Agro Pontino. Malgré les problèmes liés à la pauvreté, qui ne lui permirent pas d'aller à l'école, la petite Marie vivait dans un milieu familial serein et uni, animé par la foi chrétienne, où les enfants se sentaient accueillis comme un don et étaient éduqués par  leurs  parents  au respect d'eux-mêmes et des autres, ainsi qu'au sens du devoir accompli par amour de Dieu. Cela permit à la petite fille de grandir de façon sereine en nourrissant en elle une foi simple, mais profonde. L'Eglise a toujours reconnu à la famille le rôle primordial et fondamental de lieu de sanctification pour ceux qui en font partie, à commencer par les enfants.

Dans l'homélie pour sa canonisation, le Pape Pie XII, de vénérée mémoire, indiqua Maria Goretti comme "la petite et douce martyre de la pureté" (cf. Discours et radio-messages, XII [1950-1951], 121), car malgré la menace de mort, elle ne manqua pas au commandement de Dieu.

Quel exemple lumineux pour la jeunesse! La mentalité privée d'engagements, qui envahit une grande partie de la société et de la culture de notre temps, a parfois du mal à comprendre la beauté et la valeur de la chasteté. Il ressort du comportement de cette jeune sainte une perception élevée et noble de sa propre dignité et de celle d'autrui, qui se reflétait dans les choix quotidiens, en leur conférant pleinement leur sens humain. N'y a-t-il pas en tout cela une leçon d'une grande actualité? Face à une culture qui accorde trop d'importance à l'aspect physique de la relation entre homme et femme, l'Eglise continue à défendre et à promouvoir la valeur de la sexualité comme un élément qui touche chaque aspect de la personne et qui doit donc être vécu selon une attitude intérieure de liberté et de respect réciproque, à la lumière du dessein originel de Dieu. Dans cette perspective, la personne se découvre être à la fois la destinataire d'un don et appelée à devenir, à son tour, un don pour l'autre. […]

Il est indéniable que l'unité et la stabilité de la famille humaine doivent aujourd'hui faire face à de nombreuses menaces. Mais, heureusement, à côté de celles-ci, on constate une conscience renouvelée des droits des enfants à être élevés dans l'amour, protégés de tous les types de dangers et formés de façon à pouvoir, à leur tour, affronter la vie avec force et confiance.

Dans le témoignage héroïque de la sainte de Le Ferriere, le pardon offert à l'assassin et le désir de pouvoir le retrouver, un jour, au paradis est également digne d'une attention particulière. Il s'agit d'un message spirituel et social d'une importance extraordinaire pour notre temps.

[…] Puisse l'humanité avancer de façon décidée sur la voie de la miséricorde et du pardon! L'assassin de Maria Goretti reconnut la faute commise, il demanda pardon à Dieu et à la famille de la martyre, il expia avec conviction son crime et garda pendant toute sa vie cette disposition d'esprit. La mère de la sainte, pour sa part, lui offrit sans réticence le pardon de la famille, dans la salle du tribunal où se tint le procès. Nous ne savons pas si ce fut la mère qui enseigna le pardon à sa fille ou le pardon offert par la martyre sur son lit de mort qui détermina le comportement de sa mère. Il est toutefois certain que l'esprit de pardon animait les relations au sein de toute la famille Goretti, et c'est pourquoi il put s'exprimer avec tant de spontanéité chez la martyre et sa mère.

Ceux qui connaissaient la petite Maria, dirent le jour de ses funérailles:  "Une sainte est morte!". Son culte s'est diffusé sur tous les continents, suscitant partout l'admiration et la soif de Dieu. […]

Je montre l'exemple de cette sainte en particulier aux jeunes, qui sont l'espérance de l'Eglise et de l'humanité. A la veille, désormais, de la XVIIème Journée mondiale de la Jeunesse, je désire leur rappeler ce que j'ai écrit dans le Message qui leur était adressé en préparation à cet événement ecclésial tant attendu:  "Au plus fort de la nuit, on peut se sentir apeuré et peu sûr, et l'on attend alors avec impatience l'arrivée de la lumière de l'aurore. Chers jeunes, il vous appartient d'être les sentinelles du matin (cf. Is 21, 11-12) qui annonçent l'arrivée du soleil qui est le Christ ressuscité!" .[…]

Du Vatican, le 6 juillet 2002

  • le 6 juillet 1203 : prise de la tour de Galata par les croisés lors du siège de Constantinople.
  • le 6 juillet 1274 : session du IIe concile de Lyon.

Ouvert le 7 mai 1274,il compte cinq sessions additionnelles les 18 mai, 7 juin, 6 juillet, 16 juillet et 17 juillet. Ce concile traite de:

  • la conquête de la terre sainte,
  • l'union des églises d'Orient et d'Occident,
  • l'élection pontificale.
  • le 6 juillet 1495 : bataille de Fornoue.

Le Roi de France Charles VIII défait la Ligne de Venise à Fornoue. C'est à l'issue de cette bataille que nait l'expression « Furia Francese ».

Alors que ses armées partent vers le nord pour revenir en France, Charles VIII se voit attendu et pris au piège par la Ligue de Venise commandée par le condottiere Francesco II da Gonzaga, lors du passage de la rivière Taro. Heureusement, le Roi de France mène lui-même la charge qui va libérer ses troupes et écraser les Italiens en moins d'une heure. Bilan, les 8 000 français déchaînés mirent en fuite leurs 26 000 ennemis.

  • le 6 juillet 1535 : exécution de Thomas More.

Hostile au schisme entre l'Église catholique et l'Église anglicane, Thomas More est décapité à la Tour de Londres sur ordre du roi Henry VIII. Il est jugé coupable de trahison pour avoir désavoué le divorce du roi. Thomas More a été béatifié en 1886, et canonisé en 1935. En 2000, il est fait patron des responsables de gouvernement et d'hommes politiques par Jean-Paul II.

  • le 6 juillet 1632 : Pacte de Turin, la France conserve Pignerol.

Cette place, forte hautement stratégique, lui ouvre la porte vers la plaine du Pô; elle a été conquise le 29 mars 1630.

  • le 6 juillet 1641 : bataille de la Marfée.

Alors que les armées de Louis XIII sont pleinement engagées dans les combats de la Guerre de Trente Ans entre le Roussillon, le Pays Basque, les Alpes, la Lorraine, l'Alsace et le nord du Royaume, une armée de conjurés hostiles au Roi et au Cardinal de Richelieu, menée par Frédéric de la Tour d'Auvergne repoussent sans ménagement l'armée de Gaspard de Coligny. La Tour d'Auvergne dirige en 1640 la principauté de Sedan et reçoit les protestants qui fuient la France ainsi que Richelieu. De toutes les révoltes qui troublent le ministère du cardinal de Richelieu, celle du comte de Soissons est la plus dangereuse car elle bénéficie de l'appui du duc de Bouillon, de l'argent du roi d'Espagne, et des troupes des Pays-Bas. Les grands féodaux se soumettront malgré ce premier succès.

  • le 6 juillet 1686 : naissance du botaniste Antoine de Jussieu.

Antoine de Jussieu, botaniste et médecin d'origine française, est né le 6 juillet 1686. Après avoir étudié la théologie, il se découvre une passion pour la botanique et se lance dans des études de médecine. Ses recherches en botanique lui permettent de se faire remarquer par Guy Fagon, surintendant du Jardin du Roi. En 1711, il est accepté à l'Académie des sciences, Fagon lui attribue une mission en Espagne et au Portugal pour y recueillir des plantes. Dès son retour, il publie «les Mémoires de l'Académie des sciences». C'est lui qui introduit le caféier dans les Antilles.

  • le 6 juillet 1746 : victoire navale de Mahé de la Bourdonnais à Negapatam (Inde).

Cette victoire française, par duel au canon, sur la Navy s'inscrit dans le contexte de la Guerre de Succession d'Autriche. Elle va permettre aux Français de contrôler des eaux de la côte de Coromandel, lieu stratégique où se situent les comptoirs de Pondichéry et de Madras et donc de s'emparer de Madras quelques mois plus tard. Madras servira de monnaie d'échange lors du traité d'Aix-la-Chapelle de 1748.

  • le 6 juillet 1758 : élection de Clément XIII.

Carlo della Torre Rezzonico, né à Venise le 7 mars 1693 et décédé à Rome le 2 février 1769, est élu pape sous le nom de Clément XIII. Malgré l'humilité et l'affabilité de son caractère droit et modéré, et généreux avec sa vaste fortune personnelle, le pontificat de Clément XIII fut troublé par les pressions continuelles que tentaient de faire sur lui les milieux français, pour qu'il supprimât les Jésuites. Choiseul, Ministre de Louis XV, à la botte des philosophes maçonniques alliés pour l'occasion aux jansénistes français, va tout faire pour obtenir du pape, la dissolution de la Compagnie de Jésus, considérée par les frères *** comme le rempart le plus sûr de la foi catholique.

Le pape va résister aux assauts des cours européennes infestées par « l'esprit des lumières ». Malgré les pressions de la France et de ses idées libertaires, il fait mettre à l'index « l'Encyclopédie » de d'Alembert et de Diderot, n'approuvant pas les opinions des philosophes des Lumières. Il suit par là les sages conseils du premier ministre qui servit Louis XV, le cardinal de Fleury, dont le Roi oublia trop vite les sages conseils… La France en paie encore aujourd'hui les conséquences.

  • le 6 juillet 1779 : bataille de la Grenade.

Seconde victoire navale française, de l'amiral français Charles Henri d'Estaing à la bataille de la Grenade contre l'amiral britannique John Byron, pendant la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Les français humilient Byron qui croyait la victoire facile compte-tenu de sa supériorité matérielle. Les canonniers français font merveille en expédiant aux Anglais 21 000 boulets de canons. Cependant Suffren, qui lui a apporté un appui décisif, commente ainsi le résultat :

« Le général [d'Estaing] s'est conduit, par terre et par mer, avec beaucoup de valeur. La victoire ne peut lui être disputée ; mais s'il avait été aussi marin que brave, nous n'aurions pas laissé échapper 4 vaisseaux anglais démâtés ».

  • le 6 juillet 1782 : bataille navale de Négapatam.

C'est la seconde bataille navale de Négapatam, encore entre les flottes française et britannique au large de Madras en Inde, mais cette fois dans le cadre de la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique. Suffren embarque la 3e légion de volontaires étrangers de la Marine, la poignée de volontaires de l'île Bourbon et un détachement du régiment d'Austrasie. M. de l'Espinassy dirige l'artillerie. Ces troupes et cette artillerie contribuent à la victoire de Suffren sur mer.

  • le 6 juillet 1809 : bataille de Wagram.

victoire de la France sur l'Autriche qui met fin à la guerre de la cinquième coalition des Guerres napoléoniennes, avec plus de 70 000 morts et blessés après deux jours de combats.

  • le 6 juillet 1815 : Davout évacue la capitale et démissionne de son poste de ministre de la Guerre.

Le Maréchal Louis Nicolas Davout, ministre de la Guerre durant les Cent-Jours, commandant général de l'armée de Paris après la bataille de Waterloo a signé un armistice avec les coalisés le 3 juillet. Il évacue la capitale et démissionne de son poste de ministre de la Guerre 3 jours plus tard.

  • le 6 juillet 1833 : mort de Pierre-Narcisse Guérin, peintre français.

Pierre-Narcisse Guérin est un peintre français né en 1774. Il fréquente l'Académie royale de peinture et de sculpture, il obtient le prix de Rome à 23 ans. Il peint de nombreux tableaux aux thèmes principalement historiques dans un style néo-classique. Il meurt en 1833.

 

Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein par Pierre-Narcisse Guérin

 

  • le 6 juillet 1885 : Louis Pasteur pratique la première vaccination contre la rage sur le jeune Joseph Meister.

Louis Pasteur vaccine pour la première fois contre la rage un petit berger alsacien de 9 ans prénommé Joseph Meister. L'enfant est sauvé. Fort de son succès, le biologiste réalise plus de 350 inoculations dans l'année. Il profite alors de sa renommée pour lancer une souscription qui permet de créer l'institut qui porte son nom.

 

  • le 6 juillet 1965 : la France pratique à Bruxelles la politique de la chaise vide.

Le but : infléchir la construction européenne dans un sens moins fédéraliste.

  • le 6 juillet 1974 : le diocèse du Havre est fondé, sur décision du pape Paul VI.
  • le 6 juillet 2003 : les Corses rejettent par référendum un projet pour l'autonomie accrue de l'île par rapport à la France.

Posté le 6 juillet 2014 à 06h22 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

05 juillet 2014

C’est arrivé le 5 juillet …

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 5 juillet 1194 : bataille de Frèteval.

Après une bataille perdue contre les Anglais, Philippe Auguste abandonne ses archives royales. Le Roi les fait en partie reconstituer en double et en laisse désormais une copie en permanence à Paris. En 1201, il crée aussi la fonction de Garde des Sceaux de France, car ces derniers étaient dans les archives perdus.

  • le 5 juillet 1439 : concile de Florence et l'union des Églises latine et grecque.

La bulle Laetentur coeli, est signée par les représentants latins et byzantins. Le texte grec comporte 33 signataires dont l'empereur Jean VIII Paléologue, le futur patriarche de Constantinople Georges Scholarios, Bessarion, Isidore de Kiev. Ils acceptent la doctrine romaine du Filioque ainsi que la primauté du pape. La plupart des théologiens byzantins présents se montrent soucieux de restaurer l'unité avec l'Eglise latine. Une fois rentrés à Constantinople, l'empereur, le patriarche et les autres membres de la délégation n'arrivent pas à faire accepter les concessions de l'Union au peuple et au clergé byzantin. Et les Eglises orthodoxes non byzantines refusent cet accord. De leur côté, les Occidentaux ne respecteront pas les termes de l'Union car Ils n'interviendront pas lors de la chute de Constantinople en 1453.

  • le 5 juillet 1793 : les Vendéens reprennent la ville de Châtillon.

Suite à l'échec de l'armée Catholique et Royale devant Luçon (cf. la chronique du 30 juin), la colonne Westermann est rattrapée et défaite le 5 juillet au mont Gaillard à l'ouest de Châtillon. Seuls 300 Bleus parviennent à regagner Parthenay.

  • le 5 juillet 1809 : le pape est prisonnier des Français.

Le pape Pie VII réagit à l'annexion des Etats pontificaux par Napoléon par l'excommunication, sans toutefois nommer l'empereur. En réaction, Napoléon fait arrêter le pape. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le général Étienne Radet, avec un millier d'hommes, pénètre dans le palais du Quirinal, où le pape s'est enfermé. Les fenêtres et les portes intérieures ayant été forcées, il arrive jusqu'à l'antichambre du pape. Ce dernier est emmené en France, prisonnier. Cf. chronique du 17 mai et du 11 juin.

  • le 5 juillet 1809 : début de la bataille de Wagram.
  • le 5 juillet 1830 : prise d'Alger par l'armée française, début de la colonisation en Algérie.

Alger capitule trois semaines après l'invasion française. Le Dey Hussein abdique sachant qu'il garde sa liberté et ses richesses personnelles. Le général Bourmont, à la tête des l37 000 soldats français entre dans la ville. La Méditerranée est enfin sécurisée car cette conquête permet de mettre fin à la piraterie des barbaresques qui sévit depuis le XVIe siècle.


L'attaque de l'amiral Duperré lors de la prise d'Alger en 1830

  • le 5 juillet 1833 : décès de Joseph Nicéphore Niépce, physicien français, inventeur de la photographie

Né le 7 mars 1765 et mort le 5 juillet 1833, Joseph Nicéphore Niépce, pionnier et inventeur de la photographie, est l'auteur du tout premier cliché. A partir de 1816, il réalise des recherches sur la photographie et collabore avec Louis Daguerre en 1826. En 1829, Niépce réalise le premier cliché de l'histoire de la photographie, avant de mourir subitement en 1833.

  • le 5 juillet 1974 : la majorité civique passe de 21 à 18 ans, en France.

 

  • le 5 juillet 1911 : naissance de Georges Pompidou, président français.

Parmi l'héritage que nous a légué ce président il y a cette loi du 3 janvier 1973, réformant la Banque de France. Dans la loi réformant les statuts de la banque de France, ce trouve en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d'avance au trésor :

« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la banque de France. »

Cela signifie que l'article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l'État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu'avant cette loi, quand l'État empruntait de l'argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt. Autrement dit : auparavant, l'État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées. Elles en profitent pour s'enrichir aux dépends de l'État en lui prêtant avec intérêt l'argent dont il a besoin. Cette décision correspond à une privatisation de l'argent et ramène la nation au même rang que n'importe lequel de ses citoyens. L'accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là.

  • le 5 juillet 1925 : naissance de Jean Raspail, écrivain français.

Auteur entre autre du fameux et prophétique Camp des Saints, il est aussi depuis 1988, « Consul Général de Patagonie », et fait flotter les couleurs du royaume sur les Minquiers, un archipel de la Manche appartenant à la couronne britannique, le rebaptisant pour l'occasion Patagonie Septentrionale.

  • le 5 juillet 1948 : décès de Georges Bernanos, écrivain français.

Voir la chronique du 20 février.

 

  • le 5 juillet 1962: le massacre d’Oran.

 

Ce 5 juillet à Oran, deux jours après la déclaration officielle de l’indépenance, se déroule une chasse aux Blancs visant les malheureux qui n’avaient pas encore eu le temps de quitter les lieux.

 

« On égorgea, on tua au revolver ou à la mitraillette, on prit des rues en enfilade, tuant tout ce qui bougeait. On pénétra dans les restaurants, les magasins, les appartements, assassinant les pauvres gens avec des raffinements de cruauté, arrachant des yeux, coupant des membres. On vit même des femmes musulmanes dépecer des vivants avec les dents. »

 

Le pire, dans cette histoire, est que 18 000 soldats français sont stationnés à Oran. Ils reçoivent l’ordre du général Katz de rester cantonnés dans leurs casernes, sans intervenir. Katz téléphone à De Gaulle pour l’informer de l’ampleur du massacre. Le chef de l’Etat répond « ne bougez pas ».  La tuerie dure près de six heures. Lorsqu’à 17 heures les gendarmes français sortent de leur cantonnement, le calme revient aussitôt.

Les cadavres jonchent la ville, on en trouve pendus aux crochets des bouchers, dans des poubelles…Les soldats français et algériens déversent par camions les cadavres dans le Petit Lac et les couvrent de chaux vive. Nul ne sait le bilan exact de cette nouvelle Saint-Barthélemy. On parle dans les semaines qui suivirent de 3.000 morts et disparus ; chiffre que donne De Broglie et que reprend le ministre André Santini.

Ce qui est sûr, c’est que le massacre était prémédité car les tueries commencèrent à la même heure aux quatre coins de la ville qui était vaste. Cela suppose la mobilisation d’une immense logistique, tout montre que l’action a été programmée, organisée et coordonnée à un très haut niveau, même si la participation à la curée d'une foule hystérique a pu faire croire à des événements « spontanés ».

 

Ce jour le journal Le Monde titre : « LA CELEBRATION DE L’INDEPENDANCE DE L’ALGERIE »

 

Posté le 5 juillet 2014 à 07h10 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

04 juillet 2014

C’est arrivé un 4 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 4 juillet 371 : Saint Martin est élu évêque de Tours, un peu malgré lui.

S'étant fait connaître du peuple comme un saint homme par ses premiers miracles, alors qu'il vit retiré dans un ermitage, saint Martin, à la mort de l'évêque de Tour, Lidoire, est choisi malgré lui comme successeur. Les habitants l'enlèvent donc et le proclament évêque sans son consentement. (Cf. la chronique du 11 novembre.)

  • le 4 juillet 1187 : bataille de Hattin.

Près du lac de Tibériade, en Galilée, se rencontrent l'armée du royaume chrétien de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, et celle de Saladin. Ce dernier remporte une victoire écrasante, qui lui ouvre les portes de la Palestine. Après la grandeur et la sainteté du roi Baudouin IV, qui malgré un rapport de forces très défavorable, a réussi à préserver le royaume Franc, les tensions et bassesses de son successeur Guy de Lusignan et de chevaliers comme Renaud de Châtillon ou Gérard de Ridefort, ont raison de l'unité des Francs. Saladin qui n'a jamais vaincu le roi lépreux écrase la dernière armée du royaume de Jérusalem. Le nom persiste mais la capitale devant St Jean d'Acre.

  • le 4 juillet 1190 : départ de Vézelay de Philippe Auguste, et de Richard Cœur de Lion pour la troisième croisade.

Saladin a conquit Jérusalem, le 2 octobre 1187 et le pape Grégoire VIII souhaite reconquérir des territoires Saints. Il demande aux rois d'Angleterre, de France et à l'empereur d'Allemagne de partir en croisade. Les deux premiers, s'étant donné rendez-vous à Vézelay, quittent le sanctuaire pour Gênes et Marseille. L'empereur Frédéric Barberousse a déjà pris la route.

            

Philippe Auguste                                                                                          Richard Cœur de Lion

  • le 4 juillet 1429 : lettre de Jeanne d'Arc aux habitants de Troyes.

« Jhesus † Maria.

Très chiers et bons amis, s'il ne tient à vous, seigneurs, bourgeois et habitans de la ville de Troies, Jehanne la Pucelle vous mande et fait sçavoir de par le roy du ciel, son droitturier et souverain seigneur, duquel elle est chascun jour en son service roial, que vous fassiésvraye obéissance et recongnoissance au gentil roy de France quy sera bien brief à Reins et à Paris, quy que vienne contre, et en ses bonnes villes du sainct royaume, à l'aide du roy Jhesus. Loiaulx François, venésau devant du roy Charles et qu'il n'y ait point de faulte ; et ne vous doubtés de voz corps ne de voz biens, se ainsi le faictes. Et se ainsi ne le faictes, je vous promectz et certiffie sur voz vies que nous entrerons à l'ayde de Dieu en toultes les villes qui doibvent estre du sainct royaulme, et y ferons bonne paix fermes, quy que vienne contre. A Dieu vous commant, Dieu soit garde de vous, s'il luy plaist. Responce brief.   Devant la cité de Troyes, escrit à Saint-Fale, le mardy quatriesme jour de juillet. »

Au dos desquelles lectres estoit escrit : « Aux seigneurs bourgeois de la cité de Troyes.»

(Procès, t. IV, p. 287- 288.)

 

  • le 4 juillet 1776 : déclaration d'indépendance des États-Unis.
  • le 4 juillet 1848 : mort de François René de Chateaubriand.

Né en 1768 à Saint-Malo, François-René de Chateaubriand, est l'un des inspirateurs du courant romantique, auteur des Mémoires d'Outre-Tombe, d'Atala et du Génie du Christianisme, il a aussi une carrière politique qui l'amène à servir Napoléon comme ambassadeur à Rome, avant de se rallier aux Bourbons en 1814-1815, à voter la mort du Maréchal Ney et à se ranger parmi les Ultraroyalistes à la Chambre.

  • le 4 juillet 1940 : l'Humanité reparait clandestinement.

On y lit ce jour : «  Il est particulièrement réconfortant en ces temps de malheurs, de voir de nombreux travailleurs parisiens s'entretenir amicalement avec les soldats allemands soit dans la rue, soit au bistrot du coin. Bravo camarades, continuez, même si cela ne plait pas à certains bourgeois aussi stupides que malfaisants.»

Cité par François Maris Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs, Editions de Chiré, pages 208 et 209)

Posté le 4 juillet 2014 à 06h02 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

03 juillet 2014

C’est arrivé un 3 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 3 juillet 529 : le concile régional d'Orange.

Ce concile est présidé par Saint Césaire d'Arles ; il condamne le semi-pélagianisme et adopte officiellement la doctrine de St-Augustin dans laquelle l'homme à sa pleine liberté pour accepter ou refuser le salut éternel.

  • le 3 juillet 683 : le pape Léon II meurt à Rome.
  • le 3 juillet 987 : Hugues Capet est couronné Roi de France à Noyon.

Le Duc des Francs, d'Aquitaine et de Bourgogne est sacré Roi de France à Noyon par l'archevêque de Reims, Adalbéron, sous le nom d'Hugues Ier. Succédant aux Mérovingiens et aux Carolingiens, Hugues Capet ouvre la voie à une dynastie qui régnera sur la France jusqu'à la révolution : les Capétiens. Les capétiens directs règnent jusqu'en 1328 et s'éteignent avec Charles IV, troisième et dernier fils de Philippe le Bel, couronné et mort sans descendance. (Cf. le testament de Saint Rémi dans la chronique du 13 janvier)

  • le 3 juillet 1423 : le futur Roi Louis XI naît dans le palais épiscopal de Bourges.

C'est le 1er fils du Roi Charles VII et de Marie d'Anjou. Succédant à son père en 1461, sixième Roi de la branche des Valois direct, il hérite d'un royaume dévasté par guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons et la guerre de Cent Ans. Dit Louis XI« le prudent », Il fortifie l'autorité royale, mettant au pas les grands feudataires. Dès sa jeunesse le Dauphin a une grande dévotion envers la Ste Vierge ; il obtient d'ailleurs la victoire de Dieppe en invoquant Notre Dame de Cléry, où il fera de nombreux pèlerinages durant toute sa vie. A peine monté sur le trône, il demande au pape Pie II que soit célébrée, dans tout le royaume le 7 mars 1463, l'octave de toutes les fêtes de la sainte Vierge. Le successeur Paul II décide que, dorénavant, les Rois de France porteront le titre de «  Rois Très Chrétiens ». C'est encore le Roi qui restaure la tradition de l'Angelus, qui s'était perdue. La France est bientôt suivie par toute l'Eglise. Non seulement, il restaure l'unité interne du royaume, mais sa politique extérieure aussi est bénie ; elle voit le rattachement à la couronne de la Bourgogne, du Boulonnais, du comté de Pardiac et la Marche, de l'Anjou, du Maine et de la Provence. Malheureusement, le Roi va tremper dans l'assassinat du Prince-Evêque de Liège. Au moment du meurtre, Saint François de Paule, qui se trouve en compagnie du Roi, voit en extase la participation royale à ce crime et il annonce au Roi qu'il lui reste un an, jour pour jour, pour expier son crime. Comme annoncé, le Roi meurt le 30 août 1483. (*) Son fils Charles VIII, n'aura pas d'héritier et la couronne passera à Louis XII.

(*) La Vierge Marie dans l'histoire de France, du Marquis de la Franquerie (Editions Résiac, page 116 et 117)

  • le 3 juillet 1545: la flotte française défait l'Angleterre à Chef-de-Caux à l'embouchure de la Seine.
  • le 3 juillet 1608 : fondation de Québec.

Quelques Français conduits par Samuel Champlain gravissent pour s'y installer un escarpement qui domine le St-Laurent : l'endroit planté de noyers est appelé "Québec" par les Indiens. Samuel Champlain a décidé d'établir là les «abitations» des Français, faute de trouver le mystérieux passage du nord-ouest vers les Indes et la Chine.

Sur ce lieu, les marins de l'Ancien Monde, en particulier les basques, pêchaient et échangeaient des marchandises véritables «habitants» français du Canada, comme le montre la carte de la «Nova Gallia», établie en 1529 par Verrazzano pour François Ier.

  • le 3 juillet 1791 : à Caen, la statue de Louis XIV est détruite.

Et la Place Royale est rebaptisée place de la Liberté…

  • le 3 juillet 1793 : les Bleus, sous les ordres de Westermann, prennent la ville de Châtillon.

Voir le 5 juillet

  • le 3 juillet 1849 : Rome capitule face aux troupes françaises du général Oudinot.

Voir les chroniques du 30 avril, du 4 juin et du 2 juillet.

  • le 3 juillet 1914 : l'impôt sur le revenu est adopté en France.
  • le 3 juillet 1940 : la flotte française est coulée à Mers el Kebir.

La flotte française, invaincue et mise à l'abri en Grande-Bretagne ou dans les ports d'Afrique du Nord, en particulier la force de Raid mouillée dans le port algérien de Mers-el-Kébir est en cours de désarmement. Cette force comprend 4 cuirassés (Dunkerque, Strasbourg, Provence et Bretagne) 1 transport d'hydravions (Commandant-Teste) et 6 contre-torpilleurs (Mogador, Volta, Terrible, Lynx, Tigre, Kersaint). Ce n'est pas une bataille, car il n'y a pas de combat. L'assaut est donné, après que le chef de la flotte française, l'amiral Marcel Gensoul, ait rejeté l'ultimatum du vice-amiral britannique Somerville ; il n'y a pas eu de négociation car les ordres anglais sont de frapper. Winston Churchill, craignant que la flotte française ne passe aux mains du Reich, a feint de proposer aux forces navales françaises d'Algérie de passer sous leur autorité. Les victimes sont uniquement les marins français. L'aviation anglaise ouvre le feu à 18h sur les bâtiments français basés à Mers el-Kebir près d'Oran. Le cuirassé "Bretagne" est coulé, les cuirassés "Dunkerque", "Mogador" et "Provence" gravement endommagés. 1 380 marins français trouvent la mort. L'aviso  Rigault de Genouilly  sera torpillé le lendemain (malgré le cessez-le-feu). Le cuirassé  Strasbourg, et 5 contre-torpilleurs, réussissent à s'échapper et à gagner Toulon et le  Commandant-Teste  est indemne.

17 minutes suffisent pour que la flotte française soit détruite. Les 380 et les 406 des Britanniques ont tiré sur cette flotte, mal disposée pour se défendre, comme à l'exercice.

 L'ouverture des archives anglo-saxonnes permet de comprendre que la responsabilité de Churchill, véritable commanditaire de cette tragédie, est déterminante. L'hypothétique reddition de la Marine Française aux forces de l'Axe a servi de prétexte à une action préventive conçue pour être la plus spectaculaire possible. L'opération  ''Catapult'' vise non seulement le port de Mers-el-Kébir, mais tous les bâtiments de guerre ou civils français réfugiés en Grande-Bretagne, à Alexandrie, à Dakar, à Casablanca, aux Antilles, tous pourtant à l'abri d'une attaque allemande. Il vient tout juste d'être nommé Premier Ministre, malgré la résistance du « camp de la paix » qui veut arrêter la guerre. Il veut frapper les esprits, tant américains que britanniques, quitte pour cela trahir son allié français. L'historien britannique Richard Lamb écrit :

« Le verdict de l'histoire doit être qu'en ignorant l'avis de son amirauté, et en provoquant une guerre larvée avec la France, Churchill a porte atteinte à la cause alliée. Son refus de croire les promesses des Français qu'ils ne permettraient jamais aux Allemands de s'emparer de la flotte, fut presque sa plus grave erreur politique de la guerre ».

Si les 1297 morts ou disparus, les 350 blessés, les centaines de veuves et les milliers d'orphelins, sont un nombre infime des victimes de la seconde guerre mondiale, ils ont été causés non par des ennemis, mais par des compagnons d'armes, qui ont attaqués leurs camarades froidement.

.

  • le 3 juillet 1962 : le président français Charles De Gaulle reconnait officiellement l'indépendance de l'Algérie.

Cela fait suite aux référendums des 8 avril et du 1 juillet. L'indépendance est proclamée le 5 juillet.

  • le 3 juillet 1981 : Jean-Paul II constitue une commission d'étude de la controverse ptoléméo-copernicienne, chargée de réexaminer l'affaire Galilée.

Posté le 3 juillet 2014 à 06h20 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

02 juillet 2014

C’est arrivé un 2 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 3 juillet 1270 : le Roi Louis IX embarque à Aigues Mortes.

Il embarque sur le Paradis commandé par l'amiral Florent de Varennes, pour mener croisade. Alors que la première croisade a vu tout le Royaume se croiser, cette seconde croisade est assez impopulaire. Le Roi part avec ses trois fils et 65 000 hommes venus non seulement de France mais aussi de Castille, de Catalogne, d'Angleterre, d'Allemagne et d'Italie.

  • le 2 juillet 1652 : bataille au Faubourg Saint-Antoine.

Les troupes royales, dirigées par Turenne, rencontrent celles du frondeur, le prince de Condé. Les deux armées tentent de s'emparer de la capitale. La riche Mlle de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, fille du duc d'Orléans, nièce de feu d'Henri III, vient en aide aux frondeurs. Elle fait ouvrir la porte Saint-Antoine pour que Condé puisse se réfugier dans l'enceinte de Paris, et fait tirer des boulets de canon sur l'armée du Roi. En octobre de la même année les troupes royales rentrent dans Paris.

  • le 2 juillet 1704 : bataille de Schellenberg.

Durant la guerre de Succession d'Espagne, les Français et leurs alliés bavarois affrontent les troupes coalisées anglais, hollandais et autrichiens, à la bataille de Schellenberg. Les alliés, commandés par John Churchill Marlborough et Louis-Guillaume de Bade, attaquent la ville fortifiée de Schellenberg. La ville tombe au prix de plus de 5000 morts de chaque côté.

  • le 2 juillet 1747 : victoire française de Lawfeld.

Les Français commandés par le maréchal de Saxe, en présence du Roi Louis XV, remporte la victoire de Lawfeld sur les Anglo-hollandais du duc de Cumberland. L'infanterie anglaise est passée très d'un anéantissement complet.

  • le 2 juillet 1779 : prise de la Grenade par la France.

Alors colonie britannique, Grenade est conquise par la France le 2 juillet 1779 au cours de la guerre d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique. Menées par le comte d'Estaing, les forces françaises attaquent les Anglais à terre, appuyés par leur flotte au large. Après deux jours de combat, les Anglais déposent les armes le 4 juillet. Le 5 juillet, 21 vaisseaux de guerre anglais arrivent en renfort mais sont repoussés par les Français, qui conservent Grenade jusqu'à la fin de la guerre.

  • le 2 juillet 1782 : capitulation de Genève, assiégée par trois armées coalisées : française, sarde et bernoise.
  • le 2 juillet 1813 : évacuation de l'Espagne par le gros de l'armée française.

Cette dernière franchit la Bidassoa.

  • le 2 juillet 1816 : naufrage de "La Méduse".

Sur la route du Sénégal, une des plus belles embarcations de la marine française, la frégate "La Méduse", s'échoue sur les récifs d'Arguin avec 395 personnes à son bord. Faute de canots de sauvetage, l'équipage se réfugie en partie sur un radeau de fortune de 20 mètres de long sur 7 mètres de large, amarré à un canot remorqueur. Les amarres se coupent, le radeau part alors à la dérive avec 150 hommes et une femme. 12 jours plus tard l'embarcation est découverte avec 15 survivants. Les autres ont été jetés à la mer ou même mangés par les autres occupants.

"Le radeau de la Méduse" par Théodore Géricault

  • 2 juillet 1849 : fin du siège de Rome par les 30 000 français du général Oudinot.

Garibaldi quitte Rome par la porte San Giovanni avec près de 5000 combattants, 800 chevaux et un canon. Le pape est rétablit ; c'est la fin de la République pour laquelle Mazzini a ces mots quelques années plus tard :

« Les monarchies peuvent capituler, les républiques meurent».

Voir les chroniques du 30 avril, du 4 juin.

  • le 2 juillet 1915 : la mention « Mort pour la France »

Cette mention a été instituée par la loi du 2 juillet 1915, en pleine bataille de Verdun, et modifiée par la loi du 22 février 1922, au lendemain de la Première Guerre mondiale

  • le 1 juillet 1940 : le gouvernement français s'installe à Vichy.

A la suite de la signature de l'armistice avec l'Allemagne le 22 juin, le gouvernement français quitte Bordeaux pour Vichy en zone libre. Installé à l'hôtel du Parc, il est tout de suite nommé "gouvernement de Vichy". Le 10 juillet, les parlementaires réunis dans l'opéra de Vichy accordent au gouvernement présidé par Pétain les pouvoirs constituants et le 11 ils accordent au maréchal les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. C'est la fin de la IIIe République. La nouvelle devise de la France est "Travail, Famille, Patrie". Charles Maurras parle alors de « Divine surprise ».

  • le 2 juillet 1940 : opération Catapult.

L'opération Catapult est lancée le 2 juillet 1940 sur les ordres de Winston Churchill. Il a peur que la flotte française passe sous contrôle allemand; l'amirauté est convaincue du contraire et ne souhaite pas engager le combat contre les Français. Churchill décide de s'emparer ou de couler la flotte française. Le fait que l'action se passe dans tous les ports britanniques montre que le risque allemand n'est pas la vraie raison ; Churchill souhaite s'emparer de ce formidable outil de combat. 1300 marins français vont trouver la mort le lendemain, dans ce qui s'apparente plus à une exécution sommaire d'une marine par une autre qu'a à un combat.

  • le 2 juillet 1966 : premier essai nucléaire français dans le Pacifique, à Moruroa.

Le premier essai nucléaire français, Gerboise bleue, a eu lieu le 13 février 1960, à Reggane (Sahara).

Posté le 2 juillet 2014 à 06h55 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

01 juillet 2014

C’est arrivé un 1 juillet…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 1 juillet 1097 : bataille de Dorylée et victoire des croisés.

C'est le premier engagement sérieux entre les Francs et les Turcs. Il préfigure le changement du rapport de force au Proche-Orient. Les Turcs seldjoukides de Kılıç Arslan sont écrasés par les croisés.

  • le 1 juillet 1610 : Henri IV est inhumé en la basilique St-Denis.

L'inhumation a lieu à l'issue de plusieurs semaines de cérémonies funèbres. Voir la chronique du 29 juin.

  • le 1 juillet 1664 : Charles Le Brun devient premier peintre du Roi.

Le Sommeil de l'Enfant Jésus, 1665, Paris, musée du Louvre.

Charles Le Brun est né le 24 février 1619 à Paris. C'est un artiste-peintre mais aussi un décorateur. Connu pour être le directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture et de la Manufacture royale des Gobelin, Charles Le Brun devient le premier peintre du Roi, le 1er juillet 1664. De 1656 à 1661, Nicolas Fouquet, surintendant des finances du Roi, lui demande de s'occuper de la restauration du château de Vaux-le-Vicomte. Le Brun a, en tant que directeur de l'Académie royale de Peinture et de Sculpture et de la Manufacture royale des Gobelin, confié nombre de créations et de tableaux à quantité de peintres, de sculpteurs, d'ébénistes, de tapissiers, d'orfèvres. Révélant son goût pour le faste et l'apparat, il donne une unité stylistique aux splendeurs de Versailles voulues par Louis XIV, fixant ainsi les règles de "l'art versaillais".

Galerie d'Apollon, Musée du Louvre

On lui attribue les gros œuvres de la décoration du château de Versailles et notamment l'élaboration de la célèbre Galerie des Glaces.

  • le 1 juillet 1861 : parution à Rome du premier numéro de L'Osservatore Romano.

Quelques mois après la proclamation du Royaume d'Italie, la création du journal répond alors à la nécessité de défendre les positions du Saint-Siège, à un moment où les États pontificaux viennent de perdre l'essentiel de leur pouvoir temporel. La devise du journal est : « Unicuique suum » (à chacun le sien) ; « non praevalebunt » ([Les portes de l'enfer] ne prévaudront pas).

  • le 1 juillet 1901 : loi Waldeck-Rousseau relative au contrat d'association créant les associations loi 1901.

Or en violation de la loi, les demandes formulées par les congrégations d'enseignement et de prédication sont refusées en bloc et sans examen.

Qu'en pensent les francs maçons ?

« En 1913, la question s'était posée de savoir si la Franc-maçonnerie ferait sa déclaration, conformément à la loi sur les associations. Le F*** Harrent, Grand Orateur de la Grande Loge de France, chargé d'étudier la question, fit l'exposé suivant devant la loge L'Alliance :

Pourquoi irions-nous faire une déclaration ? Qu'est-ce que cette déclaration va nous donner que nous n'ayons pas ? Nous serions obligés de remettre à l'autorité administrative et à l'autorité judiciaire (les deux mots se trouvent dans la loi elle-même) nos registres. Je crois bien que nous avons plutôt raison de ne pas leur donner prétexte d'y entrer : c'est encore le meilleur moyen d'éviter leur curiosité parfois bien indiscrète.

La Maçonnerie française ne fut jamais une société légalisée, déclarée, parce qu'à travers l'Histoire, les Maçons qui furent à sa tête n'ont jamais pensé que ce fut bon pour la Maçonnerie. La Franc-maçonnerie ne s'est pas pliée, comme d'autres associations aux exigences des lois, nous ne sommes pas, en effet, une association comme les autres. »

Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœursde François Marie s Algoud (Editions de Chiré page 162 et 163)

CQFD, les lois maçonniques de la république sont un carcan impératif pour tous, sauf pour les « frères »…

  • le 1 juillet 1903 : départ du premier Tour de France cycliste.

60 coureurs prennent le départ du 1er Tour de France cycliste à Montgeron, près de Paris, organisé par le journal sportif "L'Auto" d'Henri Desgrange. Il se déroule en six étapes de Paris à Paris via Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux et Nantes. L'arrivée, le 18, voit la victoire de Maurice Garin qui remporte l'étape, et le tour, avec trois heures d'avance sur ses concurrents. Sur les 60 cyclistes présents au départ seuls 20 franchissent la ligne d'arrivée.

  • le 1 juillet 1911 : "Coup de force d'Agadir".

C'est le fameux épisode de la canonnière allemande "SM Panther", envoyée par l'Allemagne dans le port d'Agadir officiellement pour protéger ses ressortissants.

La France soutient le sultan Moulay Hafiz face à une révolte berbère. Les deux puissances européennes ont des vues sur le Maroc et l'Allemagne ne veut pas d'une présence militaire française renforcée. L'intervention du Royaume-Uni en faveur de la France souligne la solidité de l'Entente cordiale alors que chacun se prépare à la guerre. Finalement, l'Allemagne fait machine arrière à l'automne et la crise s'achève par à un accord franco-allemand sur une partie du Congo le 4 novembre suivant.

  • le 1 juillet 1916 : lettre du père Charles de Foucault à René Bazin.

« Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les Musulmans de notre Empire colonial du Nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste… Une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir le cœur ni l'esprit français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui gardera l'étiquette pour pouvoir, par elle, influencer les masses ; d'autre part la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français, qui souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle.

Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera donc dans l'élite instruite ; quand elle trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France en dedans ou en dehors, elle se servira de l'Islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante et cherchera à créer un empire musulman africain indépendant… Si nous n'avons pas su faire des Français de ses peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens. Sinon avant cinquante ans, nous serons chassés de l'Afrique du Nord. »

Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœursde François Marie s Algoud (Editions de Chiré page 166)

  • le 1 juillet 1916 : début de la Bataille de la Somme.

Les assauts à outrance, sans protection contre l'artillerie ennemis, vont faire de cette bataille une des plus grosse boucherie de l'histoire de l'humanité.

  • le 1 juillet juin 1988 : monseigneur Marcel Lefebvre est excommunié.

Un porte-parole du Vatican annonce l'excommunication de Mgr Marcel Lefebvre ainsi que des quatre évêques que celui-ci a consacrés la veille à Ecône, en Suisse.

Posté le 1 juillet 2014 à 06h00 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

30 juin 2014

C’est arrivé un 30 juin…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum.

Alors rappelons-nous :

  • le 30 juin 1470 : naissance de Charles VIII, Roi de France.

Charles VIII de France ou Charles VIII « l'Affable », née le 30 juin 1470 au château d'Amboise, et meurt le 7 avril 1498 au même endroit. Unique survivant parmi les cinq fils de Louis XI, il est le septième et dernier Roi de la dynastie capétienne, branche des Valois. Voir la chronique du 7 avril.

  • le 30 juin 1559 : accident mortel du Roi Henri II, au cours d'un tournoi.

Lors des festivités du mariage de sa fille Elisabeth avec Philippe II, le Roi Henri II joute contre le comte de Montgomery, qui le blesse mortellement d'un coup de lance dans l'œil droit, à Paris. Le Roi décède le 10 juillet suivant.

  • le 30 juin 1620 : Marie de Médicis, quitte Paris.

La reine-mère, en désaccord avec son fils, le Roi Louis XIII, quitte Paris, quitte Paris, le 30 juin 1620. Elle réussit à soulever les grands du Royaume, d'accord avec elle, contre la puissance du duc de Luynes, devenu connétable, le 31 mars 1621. L'armée royale défait les ligueurs au Ponts-de-Cé, le 7 août 1620. Le cardinal, alors évêque de Luçon, travaille à la réconciliation de la reine avec son fils, cela aboutit à la signature du traité d'Angers en août 1620.

  • le 30 juin 1643 : Jean-Baptiste Poquelin fonde la troupe de « l'Illustre Théâtre ».

Jean-Baptiste Poquelin, qui a pris le surnom de Molière, fonde avec quelques amis, dont la comédienne Madeleine Béjart, une troupe de théâtre. Installé d'abord à Paris, "L'Illustre-Théâtre" fait faillite en 1645. La troupe part s'essayer en province et, de retour à Paris en 1659, elle triomphe avec "Les Précieuses ridicules". Protégé de Louis XIV, Molière donne de nombreuses comédies pour la Cour et du public parisien.

  • le 30 juin 1649 : mort de Simon Vouet, artiste-peintre.

C'est lui qui importe en France le style baroque italien en l'adaptant aux grandes décorations de l'époque. Nommé premier peintre du Roi, Louis XIII lui commande des portraits, des cartons de tapisserie et des peintures pour le Louvre, le palais du Luxembourg et pour le château de Saint-Germain-en-Laye.

  • le 30 juin 1673 : Louis XIV et Vauban prennent Maastricht.

Cette victoire a lieu au cours de la guerre de Hollande.

  • le 30 juin 1692 : Namur capitule devant l'armée de Louis XIV.

Les nations de la Ligue d'Augsbourg cherchent à conquérir des territoires contrôlés par la France pour affaiblir la puissance de Louis XIV. L'Espagne, le Saint-Empire romain germanique et les Provinces-Unies affrontent la France lors du siège de Namur. Le maréchal de Luxembourg, assisté par Vauban et Boufflers, assiège la ville, le 29 mai 1692. Un mois plus tard, Namur capitule, le 30 juin 1692.

  • le 30 juin 1764 : première attaque de la Bête du Gévaudan.

Jeanne Boulet, qui n'a que 14 ans, est tuée par la Bête du Gévaudan, au village des Hubacs dans la paroisse de St-Étienne-de-Lugdarès.

  • le 30 juin 1793 : échec des Vendéens devant Luçon.

Les 5000 hommes du général Westermann, marchaient sur Châtillon depuis Parthenay. Aux ordres d'un général expéditif et farouche républicain, la colonne pille et incendie le bourg de Amailloux et brûle le château de Clisson propriété de Lescure ainsi que la demeure de La Rochejaquelein. Devant Luçon, les vendéens sont battus et ne doivent qu'à d'Elbée leur généralissime de ne pas être écrasés. Le 5 juillet les blancs prennent leur revanche et anéantissent la colonne Westermann. Voir la chronique du jour.

  • le 30 juin 1808 : le cardinal Desping écrit de Rome à l'archevêque de Grenade.

"Vous sentez bien que nous ne devons pas reconnaître comme roi un franc-maçon, hérétique, luthérien, comme sont tous les Bonaparte et la nation française".

  • le 30 juin 1968 : large victoire de l'UDR aux législatives.

De Gaulle semble être le grand vainqueur, pourtant il quittera le pouvoir un an plus tard.

  • le 30 juin 1988 : monseigneur Marcel Lefebvre sacre 4 nouveaux évêques à Ecône.

 

  • le 30 juin 2004 : Jean-Pierre Raffarin, premier Ministre français, fait voter la loi, contestée, de la suppression du jour férié du Lundi de Pentecôte.

Posté le 30 juin 2014 à 04h35 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)


     Archives > Histoire du christianisme , Valeurs chrétiennes : Culture

accueil | archives | index | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | © Copyright 2013 - Le Salon Beige

     Archives > Histoire du christianisme , Valeurs chrétiennes : Culture