19 décembre 2014

Un jour, un texte! La Patrie selon Jean Pierre Calloch.

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c’est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d’entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d’actualité, aujourd’hui : la Patrie. (19)

Quart de nuit aux Tranchées ou la prière du veilleur 

Les ténèbres pesantes s'épaissirent autour de moi ;
Sur l'étendue de la plaine la couleur de la nuit s'épandait,
Et j'entendis une voix qui priait sur la tranchée :
O la prière du soldat quand tombe la lumière du jour!

« Le soleil malade des cieux d'hiver, voici qu'il s'est couché ;
Les cloches de l'Angélus ont sonné dans la Bretagne,
Les foyers sont éteints et les étoiles luisent :
Mettez un cœur fort, ô mon Dieu, dans ma poitrine.

Je me recommande à vous et à votre Mère Marie ;
Préservez-moi, mon Dieu, des épouvantes de la nuit aveugle,
Car mon travail est grand et lourde ma chaîne :
Mon tour est venu de veiller au front de la France,

Oui, la chaîne est lourde. Derrière moi demeure
L'armée. Elle dort. Je suis l'œil de l'armée.
C'est une charge rude, Vous le savez. Eh bien,
Soyez avec moi, mon souci sera léger comme la plume.

Je suis le matelot au bossoir, le guetteur
Qui va, qui vient, qui voit tout, qui entend tout. La France
M'a appelé ce soir pour garder son honneur,
Elle m'a ordonné de continuer sa vengeance.

Je suis le grand Veilleur debout sur la tranchée.
Je sais ce que je suis et je sais ce que je fais :
L'âme de l'Occident, sa terre, ses filles et ses fleurs,
C'est toute la beauté du Monde que je garde cette nuit.

J'en paierai cher la gloire, peut-être ? Et qu'importe !
Les noms des tombés, la terre d'Armor les gardera :
Je suis une étoile claire qui brille au front de la France,
Je suis le grand guetteur debout pour son pays.

Dors, ô patrie, dors en paix. Je veillerai pour toi,
Et si vient à s'enfler, ce soir, la mer germaine,
Nous sommes frères des rochers qui défendent le rivage de la Bretagne douce.
Dors, ô France ! Tu ne seras pas submergée encore cette fois-ci.

Pour être ici, j'ai abandonné ma maison, mes parents;
Plus haut est le devoir auquel je me suis attaché :
Ni fils, ni frère! Je suis le guetteur sombre et muet,
Aux frontières de l'est, je suis le rocher breton.

Cependant, plus d'une fois il m'advient de soupirer.
« Comment sont-ils ? Hélas, ils sont pauvres, malades peut-être… ».
Mon Dieu, ayez pitié de la maison qui est la mienne
Parce que je n'ai rien au monde que ceux qui pleurent là...


Maintenant dors, ô mon pays ! Ma main est sur mon glaive;
Je sais le métier ; je suis homme, je suis fort :
Le morceau de France sous ma garde, jamais ils ne l'auront...
- Que suis-je devant Vous, ô mon Dieu, sinon un ver ?

Quand je saute le parapet, une hache à la main,
Mes gars disent peut-être : « En avant ! Celui-là est un homme ! »
Et ils viennent avec moi dans la boue, dans le feu, dans la fournaise...
Mais Vous, Vous savez bien que je ne suis qu'un pécheur.

Vous, Vous savez assez combien mon âme est faible,
Combien aride mon cœur et misérables mes désirs ;
Trop souvent Vous me voyez, ô Père qui êtes aux cieux,
Suivre des chemins qui ne sont point Vos chemins.

C'est pourquoi, quand la nuit répand ses terreurs par le monde,
Dans les cavernes des tranchées, lorsque dorment mes frères
Ayez pitié de moi, écoutez ma demande,
Venez, et la nuit pour moi sera pleine de clarté.

De mes péchés anciens, Mon Dieu, délivrez-moi,
Brûlez-moi, consumez-moi dans le feu de Votre amour,
Et mon âme resplendira dans la nuit comme un cierge,
Et je serai pareil aux archanges de Votre armée.

Mon Dieu, mon Dieu ! Je suis le veilleur tout seul,
Ma patrie compte sur moi et je ne suis qu'argile :
Accordez-moi ce soir la force que je demande,
Je me recommande à Vous et à Votre Mère Marie.

Jean Pierre Calloch (1888-1917)

Yann-Ber Kalloc'h (Jean-Pierre Calloc'h en français), nait le 21 juillet 1888 à Groix et tombe au champ d'honneur le 10 avril 1917 à Urvillers (Aisne), est un poète breton de langue bretonne.

L'unique œuvre littéraire qui le montre comme un des plus grands auteurs bretons est un recueil posthume de poèmes souvent mystiques, Ar en deulin (À genoux) publié par son ami Pierre Mocaer en 1925. Jean-Pierre Hyacinthe Calloc'h est mort pour la France, « tué à l'ennemi», son nom figure au Panthéon avec les 546 écrivains morts au champ d'honneur.

Posté le 19 décembre 2014 à 05h52 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

17 décembre 2014

La libération de la mort et du péché a des conséquences sociales

Aleteia a rencontré le cardinal Gerhard Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, à l’occasion de la parution de son livre, Pauvre pour les pauvres, préfacé par le pape François. Extrait de son entretien :

"En tant que courant de pensée, la théologie de la libération est née en Amérique Latine après le concile Vatican II, des travaux du prêtre péruvien Gustavo Gutiérrez. Mais la libération est d’abord un thème biblique, puisque Jésus a libéré les hommes du péché et de la mort. Elle a aussi, inévitablement, un effet social. Non, Jésus n’est pas venu apporter un paradis terrestre mais le royaume de Dieu. Et ce royaume de Dieu consiste dans le fait d’aimer Dieu au-dessus de tout et le prochain comme nous-mêmes. Nous vivons en société, nous appartenons à des communautés humaines. C’est pour cela que la libération de la mort et du péché a des conséquences sociales.

Ainsi, le vivre ensemble des hommes doit être caractérisé par des principes moraux, individuels et sociaux. L’Église a pour mission de rendre présent et de communiquer ce droit naturel, ces principes moraux. En deux mille ans, elle est passée par des situations sociales et historiques mouvantes ! Rappelons-nous qu’au XVIe siècle, lors du processus de conquête de l’Amérique Latine, l’Église était du côté des plus faibles : le dominicain espagnol Bartolomé de Las Casas est une grande figure de la défense du droit des indiens. Peut-être y aura-t-il un procès de canonisation ! Il était contemporain d’autres intellectuels réunis dans l’école de Salamanque, qui ont dénoncé l’esclavage des êtres humains. Plusieurs papes de cette époque ont aussi condamné ces situations dans des documents pontificaux. Sous le IIIe Reich, autre situation d’extrême négation des droits humains, Bartolomé de Las Casas est devenu un symbole de résistance et de libération. En 1938, le dramaturge allemand Reinhold Schneider a imaginé la rencontre entre Las Casas et Charles Quint dans sa pièce Las Casas vor Karl V. (non traduite en français). Las Casas devient la voix des hommes de son temps et notamment des Juifs. Pour Gutiérrez et pour nous, ces exemples ne sont pas seulement des réminiscences historiques, mais des choses qui nous concernent."

Posté le 17 décembre 2014 à 10h10 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (17)

Drapeau et Patrie

"Voyez-vous, disait souvent le vieux capitaine, en frappant sur la table, vous ne savez pas, vous autres, ce que c'est que le drapeau.

Il faut avoir été soldat, il faut avoir passé la frontière et marché sur les chemins qui ne sont pas ceux de France; il faut avoir été éloigné du pays, sevré de toute parole qu'on a parlé depuis l'enfance; il faut s'être dit pendant des journées d'étapes et de fatigues que tout ce qui reste de la patrie absente, c'est le lambeau de soie aux trois couleurs françaises qui clapote là-bas au centre du bataillon; il faut n'avoir eu dans la fumée du combat d'autre point de ralliement que ce morceau d'étoffe déchiré pour comprendre, pour sentir tout ce que renferme dans ses plis cette chose sacrée qu'on appelle le drapeau.

Le drapeau, mes amis, sachez-le bien, c'est contenu dans un seul mot rendu palpable, dans un seul objet pour tout ce qui fut, tout ce qui est, la vie de chacun de nous, le foyer où l'on naquit, le coin de terre où l'on grandit, le premier sourire de l'enfant, la mère qui vous berce, le père qui vous garde, la première larme, les espoirs, les rêves, les chimères, les souvenirs. C'est toutes ces joies, à la fois toutes enfermées en un mot, dans un nom le plus beau de tous : la patrie."

Citation faite par le lieutenant de vaisseau Pierre GUILLAUME,
à la fin de son émission à
Radio Courtoisie du lundi 14 août 2000.

Posté le 17 décembre 2014 à 06h53 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

16 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon le Général Vanuxem

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (16)

Un feu à raviver

Près de Saint-Sulpice sur une façade, on a apposé une plaque de marbre qui rappelle qu'ici vécut un poète au nom et aux vers inconnus, mais qui, dit l'inscription, est mort «  Pour la France et sa rue des Canettes ».

Dans les horreurs d'une guerre que nos générations seraient incapables de supporter, ceux de 14-18 n'employaient pas de grands mots pour dire pour quoi ils consentaient à mourir, dans leurs vingt ans, et, comment ne pas s'en émouvoir, ils chantaient : « Nous avons tous, au pays, une payse... »

Ce doit être cela, la Patrie.

Comment pourrait-on ne pas avoir de patrie, même quand il faut la rêver ?

Comme en toute passion, c'est la privation de son objet qui est insupportable. La Patrie, qu'on ignore quand on la possède, est plus belle et plus désirable quand on en est frustré. Loin d'elle, on languit. On meurt d'elle quand on en est sevré. On meurt aussi pour elle quand elle est en péril : « Mère, voici tes fils qui se sont tant battus... »

C'est aussi une raison. Après qu'on eût donné la prétendue indépendance à nos colonies, un officier africain, ancien de la 2 ème DB, m'écrivait : « Je ne pardonnerai jamais à celui qui m'a retiré ma Patrie. »

Quand la « Quille » sévissait en Algérie et que d'aucuns la considéraient comme l'expression d'une humeur subversive, je disais à mes soldats : J'ai la conviction que, pour le jeune Français, qui a une excessive pudeur et qui essaie toujours de cacher ses sentiments sous la gouaille, ce mot d'argot peut signifier aussi la peine où il est de l'éloignement de sa maison et de ses parents, de la privation de l'amitié de ses copains d'enfance, du souvenir trop vif de son village natal et de la belle image de sa fiancée et de tout ce qui tourmente en secret son cœur tendre et généreux. Si c'est bien cela et si le mot n'est pas celui d'une légèreté qui serait criminelle parce qu'elle encouragerait l'ennemi et ferait tuer son frère, il signifie exactement l'amour de la Patrie et tout ce qui est notre raison de croire et d'agir, et jusqu'à notre volonté de rendre la paix à ce coin de France qu'est l'Algérie.

Car la Patrie, c'est le contraire du : « Je ne suis pas le gardien de mon frère... » La Patrie, c'est fraternité ; la Patrie, c'est amour. Dieu a dit : « On n'a rien donné tant qu'on n'a pas donné sa vie pour ce qu'on aime. »

Général Vanuxem

Article paru dans le numéro de juin 1976 de la revue Item, consacré à la Patrie.

Posté le 16 décembre 2014 à 06h48 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

15 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Alain Mimoun

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (15)

France…

Alain Mimoun, lors de l'inauguration d'un stade à son nom, le 19 juin 1999, prononça l'allocution qui suit. - Cet athlète français, né à Le Telagh, Algérie, en 1921, vainqueur du marathon olympique à Melbourne, en 1956, fut le plus grand coureur de fond français depuis Jean BOVIN (mort au champ d'honneur en 1914).

Chaque matin, lorsque je me réveille, je remercie Dieu de m'avoir donné la bénédiction d'être citoyen de ce pays. J'ai connu la France, rêvant à elle sur des cartes de géographie et je m'interrogeais. Comment est cette France, ma mère patrie ?

A 10 ans, on m'avait refusé une bourse alors que tous les fils de colons en profitaient. Cette injustice renforçait mon envie de connaître ce pays. Le seul moyen était l'armée. Le hasard fit que la guerre fut déclarée trois mois avant mes 18 ans. Je m'engageai.

Je me suis plus engagé pour connaître la mère patrie que pour la défendre. J'ai donné mon sang pour la France et j'ai arraché quatre médailles pour elle.

Honnêtement, ce qui me peine un peu, c'est le sentiment que parfois le peuple français ne mérite pas son pays.

J'ai fait deux fois le tour du monde. Pour moi, rien ne vaut la France. Quand le drapeau tricolore a été hissé à Melbourne, j'ai pleuré sans larmes, tellement j'étais déshydraté. Cela fait mal.

Pour moi, la France, c'est la plus belle fille du monde. Avec en plus quelque chose de sacré, comme une atmosphère de sainteté.

Alain Mimoun

Villemomble Magazine, n°19

Posté le 15 décembre 2014 à 06h50 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

14 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon le Chevalier de Charette

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (14)

Notre patrie

François-Athanase de Charrette de la Contrie, ancien officier de marine, fut arraché à sa retraite par ses paysans et remporta, à leur tête, de nombreux succès contre les "Bleus". Nommé général en chef de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou, il fut fait prisonnier et fusillé peu après à Nantes, le 29 mars 1796, par les troupes républicaines du général Duthil.

« Notre Patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous.

Notre Patrie, c'est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l'ordre, la tradition. Alors, qu'est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d'irréligion ? Pour eux, la Patrie semble n'être qu'une idée, pour nous, elle est une terre. Ils l'ont dans le cerveau ; nous, nous l'avons sous les pieds, c'est plus solide ! Et il est vieux comme le diab' leur monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions... Faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de fidélité ! »

Chevalier de Charette

"Discours à ses officiers", extrait de la préface de "Charrette, chevalier du Roi".

Michel de Saint-Pierre. - Éd. Folio Poche.

Posté le 14 décembre 2014 à 06h37 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (7)

13 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Jules Vallès

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (13)

Retour au pays natal

Après quatre mois d'absence, je regarde, sur un fortin des Alpes, flotter notre drapeau et il me semble que le vent qui souffle, que le rail qui grince, que le torrent qui mugit, que tout le ciel me parle français.

Je retrouve la terre, c'est-à-dire : mes vignes, mes champs, mes prés, mes bois et les bêtes qui pâturent et les hommes qui labourent et tout ce qui s'étale et tout ce qui vit au-delà : le pays, la patrie !

Je l'avais quittée un soir, au son martelé du tocsin, emportant sous mes paupières baissées son image ensoleillée, quittée sans savoir si je la reverrai jamais.

Maintenant je la possède de nouveau. Je l'ai humée, respirée, bue, bien longtemps avant de l'atteindre. Le vent qui venait d'elle, par-dessus les monts, m'a tout de suite apporté sa senteur et, dominant la contrée, la tour de briques rouges de mon clocher, ceinte d'un bandeau blanc fleuronné, où le soleil couchant joue en flammes apaisées, me fait un geste d'appel.

Ah ! Je sens bien que je suis un morceau de toi, un éclat de tes rochers… Ces paysans, ces paysannes qui passent ce sont mes frères en veste de laine, mes sœurs en tablier rouge. Ils sont pétris de la même argile, ils ont dans le sang la même vie, ils ont dans le cœur le même grand amour.

Jules Vallès

Posté le 13 décembre 2014 à 06h33 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

12 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Augustin Ibazizen

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (12)

Un berbère parle de la france

Il me suffit de refaire en pensée le survol que j'ai imaginé : partir des tours de Notre-Dame, frôler la Sainte-Chapelle, survoler le Louvre, filer vers l'ouest, ralentir au-dessus du palais de Versailles, passer entre les deux tours de la cathédrale de Chartres pour venir me poser sur le doigt effilé du Mont Saint-Michel et, de là, rêver à tout ce qui me reste à revoir ou à découvrir : la royale vallée de la Loire avec ses châteaux, et l'ensemble du territoire, avec ses cathédrales, ses musées, ses laboratoires – ses savants et ses saints - . Comment peut-on appartenir à un tel pays et ne pas savoir ce qu'il représente ?

Augustin Ibazizen

Extrait de : « Testament d'un Berbère ».

Éd. Albatros.

Posté le 12 décembre 2014 à 06h30 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

11 décembre 2014

Les Français de Moscou se mobilisent pour les chrétiens d'Orient

Dans le cadre du 800è anniversaire de la naissance de St Louis, 46 enfants de la communauté française et francorusse de Moscou se produiront ce samedi 13 décembre à 17h à Moscou au profit des chrétiens d'Orient. Ouverte à un public francophone de près de 300 spectateurs et représentée pour la première fois à l'Ecole russe Normandie-Niémen 1216, cette pièce inédite a pour objectifs de développer les liens entre la communauté française et la communauté russe, en particulier entre les jeunes générations ; de faire découvrir et redécouvrir la vie de cette grande figure de l'Histoire à la fois grand roi et grand saint ; et d'aider matériellement les communautés chrétiennes et minorités d'Irak et de Syrie en proie aux persécutions. La pièce leur est dédiée et l'intégralité des bénéfices est reversée à l'association L'Oeuvre d'Orient.

Les dialogues, musiques, chansons, décors et costumes ont été imaginés et mis en scène de A à Z par la troupe St Louis composés de paroissiens de St Louis des Français et de professeurs du Lycée Français Alexandre Dumas Moscou.

M

Posté le 11 décembre 2014 à 12h36 par Michel Janva | Lien permanent

10 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Eugenio Corti

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (10)

Entretien avec un romancier

Eugénio Corti, romancier italien, est l'auteur, entre autres, d'une fresque historiquo-romanesque exceptionnelle : "Le cheval rouge" (traduit en français aux éditions de l'Age d'Homme).

Corti parle souvent de défense de la patrie. Cet idéal est-il encore actuel ?

L'ancien officier n'a pas à chercher ses mots pour répondre. Il a expliqué très souvent à ses soldats que leur sacrifice pour la communauté n'était pas vain ; il l'a répété très souvent, même après la guerre. Un exemple : l'histoire de ce soldat du sud du Latium blessé et hospitalisé à l'arrière. Il avait écrit au sous-lieutenant Corti pour lui demander de venir lui rendre visite ; il voulait entendre de ses lèvres, une fois de plus, les raisons de leur combat.

« Il m'a demandé de lui parler de la patrie - précise Eugenio Corti - et à ce moment-là ce n'était pas facile, s'agissant d'un terme galvaudé, dont la rhétorique fasciste avait abusé. »

Cette anecdote permet au lecteur de connaître une définition inoubliable de la patrie, une définition d'une actualité surprenante. Celle-là même qui avait convaincu le soldat-paysan Zaccagnini à reprendre les armes dans les rangs de l'armée régulière pour libérer l'Italie.

L'officier lui avait dit : « La patrie ne doit pas être confondue avec les monuments des villes ou avec les livres d'histoire : c'est l'héritage que nous ont laissé nos ancêtres, nos pères. Ce sont les personnes qui nous ressemblent : les gens de notre famille, nos amis, nos voisins, ceux qui pensent comme nous ; c'est la maison où nous habitons, à laquelle nous pensons lorsque nous sommes loin, ce sont les belles choses que nous avons autour de nous. La patrie est notre façon de vivre, différente de celle de tous les autres peuples. »

Le sous-lieutenant Corti ne voulait pas que la douleur et la fatigue du combat aient une signification abstraite ou lointaine. Il ajouta donc, à l'intention de ce soldat-paysan qui gardait dans son cœur ses champs et la voix des jeunes filles au travail : « Les vignobles, les jeunes filles qui chantent au milieu des vignes sont notre patrie. »

Le jeune officier savait que le temps pressait ; il fallait agir, vite et bien. Avec une force que les années n'ont pas diminuée, il rappelle : « Nous étions jeunes, nous faisions des projets pour l'avenir. J'ai dit à ce soldat : "Nous devons reprendre en main notre patrie, pour pouvoir élever nos enfants comme nous l'entendons, en faire des Italiens et des chrétiens." Il valait et il vaut la peine de se dépenser pour cette cause. »

Eugenio Corti

Extrait de : « Parole d'un romancier chrétien ».

Entretien avec Paola Scaglione – Éd. L'Age d'Homme.

Posté le 10 décembre 2014 à 06h20 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

09 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon le lieutenant de Vaisseau Pierre Dupouey

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (9)

la France est nécessaire au monde

Si la patrie était une vérité mathématique, il serait absurde de combattre pour elle autrement que par des arguments intellectuels. Si deux peuples contestaient entre eux à la façon de deux savants pour décider sur un point de science ou de philosophie, il serait risible de les voir en venir aux coups, puisque toute contestation aboutit à une possession et que les vérités scientifiques ne se saisissent pas avec les mains. Mais, certes, notre patrie n'est pas semblable à ces vérités qui peuvent appartenir en même temps à tous les hommes et dont Aristote disait déjà, il y a plus de 2 000 ans, qu'elles ne donnent aucune joie. Notre patrie est au contraire une chose bonne et qui donne de la joie ; notre patrie, c'est du blé, du fer, du charbon, le climat le plus doux, les meilleures vignes du monde, les moissons les plus régulières, les rivages les plus heureux ; ce sont des choses excellentes, qui donnent et entretiennent la vie, qui la fortifient, la réjouissent et l'élèvent, des choses que l'on convoite et que l'on retient avec les mains, que l'on défend non seulement avec des paroles, mais par des fatigues et des souffrances et, s'il le faut, au prix du sang.

Mais notre patrie, qui est tout cela, est encore plus que cela. Le drapeau qui la symbolise, et dont la signification impérieuse ne change pas avec les années, représente non seulement un groupe d'hommes parlant la même langue, des campagnes fertiles, des fleuves et des montagnes heureusement distribués ; il représente surtout la partie invisible et immuable de notre patrie. Les richesses françaises, comme le territoire, comme le langage français, sont sujettes au changement ; mais, dans sa symbolique unité, le drapeau représente au contraire un ordre de choses qui est soustrait aux changements. Il représente l'ordre français, c'est-à-dire la conscience, les luttes et les souffrances de nos aïeux français. Il représente cette volonté de bien de nos pères qui arrêta deux invasions barbares – qui fit les Croisades, qui nettoya la Méditerranée de ses pirates qui fit l'unité italienne, qui produisit, saint Louis, Bayard, Jeanne d'Arc, Richelieu, donnant ainsi au monde le modèle des rois, des capitaines, des ministres, et cette sublime jeune fille dont la gloire a découragé les poètes les plus illustres.

Si le monde avait seulement besoin de blé ou de laine ou de charbon ou de bétail, l'existence de la France ne serait pas indispensable, mais, plus encore que de pain et de vêtements, l'homme a besoin d'admiration. Qui oserait dire que le monde est demeuré le même après saint Louis, après Bayard, après Descartes, après Pasteur et surtout après Jeanne d'Arc ? C'est à cause de ces âmes que la France est nécessaire au monde.

Lieutenant de Vaisseau Pierre Dupouey

Extrait de : « Lettres et Essais ».

Préface d'André Gide – Éditions du Cerf – 1933.

Posté le 9 décembre 2014 à 06h16 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

08 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon les réglements militaires, suite.

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (8)

Le patriotisme

Le patriotisme, c'est l'amour de la Patrie, amour poussé jusqu'au sacrifice de l'existence. La Patrie, c'est le pays qui nous a vu naître avec l'ensemble de ses traditions, avec les mœurs, les habitudes, les idées communes à nous tous, Français, et, avec le lourd passé de gloire que nous ont transmis nos ancêtres et que l'étranger nous envie.

Le patriotisme est un sentiment instinctif, aussi naturel que l'amour que nous portons à nos parents. Certaines gens vous diront que la Patrie leur est indifférente : ils mentent.

A moins d'être dénué de tout honneur, tout homme aime son pays et il suffit d'un appel au jour du danger pour qu'il accoure le défendre.

Le crime le plus abominable que l'on puisse commettre contre son pays, c'est de le trahir. C'est un acte aussi odieux que d'assassiner son père ou sa mère. Il est puni de mort avec dégradation militaire. Un autre crime contre la Patrie, c'est la désertion.

N'écoutez jamais ceux qui vous invitent à déserter, même si la désertion devait vous rendre riche. N'oubliez pas qu'elle vous priverait de votre pays, ce qui est le pire de tous les maux.

Extrait de : « Le manuel des recrues des équipages de la Flotte ».

Chapitre VII : Éducation morale. – Édition de 1938.

Posté le 8 décembre 2014 à 06h12 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

07 décembre 2014

Pie XI ne voulait d’abord pas condamner l’Action française

Dans le cadre d'une série historique sur les papes, Monde et vie aborde le pontificat de Pie XI, avec Yves Chiron. Extrait :

P"L’histoire a établi – ce que n’ont pas perçu les dirigeants royalistes à cette époque – que Pie XI ne voulait d’abord pas condamner l’Action française. Il voulait simplement lancer un avertissement public. C’est pour cela qu’il n’intervient pas directement. Il a cherché un cardinal français qui se charge de la besogne. Il a du mal à le trouver. Le cardinal Andrieu, qui n’était pas une tête théologique, a rédigé une mise en garde maladroite, injuste et même injurieuse. Le tort de Pie XI est de l’avoir approuvée. Le tort de l’Action française est de s’être rebellé et d’avoir persisté, et de façon de plus en plus inconsidérée, dans ce refus de soumission. L’excommunication qui frappe les adhérents et sympathisants de l’Action française ne vise pas des hérétiques mais des rebelles. Pie XI a été scandalisé qu’ils refusent d’obéir.

Vous êtes aussi le biographe de Charles Maurras. L’Action française pouvaitelle réagir autrement que par la fin de non-recevoir que représente le fameux « Non possumus » ?

Sur le fond, l’Action française n’a pas tort de s’estimer condamnée injustement. Néanmoins, il y avait, je crois, la possibilité d’une sortie par le haut, c’est celle qu’indique le premier livre de Jacques Maritain, Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques (Plon). L’ouvrage paraît à la fin du mois de septembre 1926, soit un mois après le déclenchement de la crise – la lettre Andrieu – et bien avant les condamnations qui vont suivre. Il distinguait, à juste titre, certains écrits de Maurras et la doctrine de l’AF et il suggérait la constitution au sein de l’AF de structures pour « la formation religieuse, l’étude de la doctrine catholique, des enseignements des papes, de la théologie dogmatique et morale », des cercles d’études qui auraient été « dirigés par des théologiens, et directement contrôlés par l’autorité ecclésiastique ». Cette initiative, si elle avait été prise par les dirigeants de l’A.F., aurait sans doute convenu à Pie XI et aurait évité la suite. Il est à noter que très peu de temps plus tard (Pourquoi Rome a parlé? et Primauté du spirituel, tous deux parus en 1927) Maritain aura une position toute différente.

Pie XI a-t-il condamné le nationalisme en condamnant l’Action Française? Ou bien a-t-il condamné un certain type de catholicisme conservateur ? Sa condamnation est-elle politique ou religieuse?

Pie XI n’a pas condamné le nationalisme en soi. Comme Benoît XV avant lui, c’est à noter, il condamne le « nationalisme exagéré », c’està- dire le primat donné à la nation sur l’Eglise. Par exemple, comme Benoît XV avant lui, il condamne les missionnaires qui se préoccupent de faire avancer les intérêts politiques ou commerciaux de leur pays, plutôt que de se préoccuper seulement de l’évangélisation et de l’éducation des autochtones.

Dans la condamnation de l’Action française, et la mise à l’Index de certains livres de Maurras, ce n’est pas le nationalisme qui est condamné. On peut dire que la mise à l’Index de certains livres de Maurras est doctrinale, même si elle est en partie injuste puisqu’elle méconnaissait l’évolution spirituelle de Maurras vers la foi catholique. Quant à la condamnation de l’AF, elle n’est pas politique. Comme l’avait montré l’abbé Berto dès 1968, et comme Emile Poulat et moi-même l’avons analysé dans un ouvrage signé en commun (Pourquoi Pie XI a condamné l’Action française? Éditions BCM, 2009) la condamnation a des motivations religieuses. Ce qui est visé c’est une sorte de modernisme politique."

Posté le 7 décembre 2014 à 15h33 par Michel Janva | Lien permanent

14 décembre : Meaux rend hommage à Mgr Marbeau

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Posté le 7 décembre 2014 à 10h57 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon les réglements militaires

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (7)

nos foyers et nos tombeaux

La Patrie, c'est le sol natal, c'est la terre de nos pères que nous devons léguer à nos fils avec tout ce qu'elle porte : nos foyers et nos tombeaux.

C'est le pays de France avec son doux climat, ses rivages, ses plaines et ses montagnes ; c'est le cadre de notre vie journalière : nos maisons, nos champs, nos ateliers, nos usines ; c'est tout ce que nous ressentons en commun : peines et joies, souvenirs et affections, regrets et espérances.

C'est le génie créateur de la race, son culte de la beauté et de la gloire, son idéal de justice, ses croyances, ses lois et ses coutumes ; c'est la clarté de la langue française ; c'est tout ce que nos aïeux ont conquis après des siècles d'efforts et de souffrance ; nos institutions, nos libertés et nos droits, notre sécurité et notre indépendance ; c'est toute notre histoire avec ses triomphes et avec ses revers.

Pour cet héritage que nous recevons en naissant, nous devons en retour aimer notre Patrie, la servir fidèlement, nous soumettre à ses lois et prendre les armes pour la défendre quand elle est attaquée. Sa grandeur et sa force, faites de nos énergies fondues ensemble, sont la sauvegarde de nos biens.

L'amour de la Patrie est la source de toutes les vertus. Il élève le soldat jusqu'à la cime, en lui inspirant le sacrifice de sa vie. Cet amour est inné chez tout Français qui sent battre un cœur dans sa poitrine ; mais il faut avoir franchi les frontières, vécu sous d'autres climats et marché sur des chemins qui ne sont pas ceux de France pour sentir vraiment tout ce qui nous attache au pays natal. Nous souffrons loin de notre Patrie et quand nous la retrouvons nous ressemblons au malade qui revient à la santé. Nos ennemis eux-mêmes sentent combien il est doux d'y vivre, tant elle est belle, fertile et accueillante.

Un étranger célèbre a pu dire : "tout homme a deux patries, la sienne et puis la France". Nous devons être fiers de la Patrie française, qui fut toujours le guide de la conscience et de la dignité humaines. Elle a répandu les plus nobles idées et versé sans compter son sang et son or pour des causes désintéressées.

Son génie éclatant, plein d'attrait et de séduction, véritable foyer de l'intelligence et du cœur, fait rayonner sur le monde la gloire du nom français.

Extrait de : « Le manuel du gradé d'Infanterie ».

Édition 1928.

Posté le 7 décembre 2014 à 07h05 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

06 décembre 2014

10 décembre : conférence de Michel de Jaeghere à Paris

M

Sans doute l'effondrement de la civilisation romaine n'eut-il ni l'uniformité, ni la fulgurance dont se plut à le parer l'imagerie romantique. La disparition de l’empire d’Occident n’en fut pas moins le résultat d’une submersion violente du territoire romain par des populations qui désiraient jouir de ses richesses sans adopter ses disciplines. Elle se traduisit, pour ses contemporains, par un désastre comme l’histoire en offre peu d’exemples.

Dans son dernier livre, Michel De Jaeghere a fait revivre le siècle décisif qui sépare l’irruption des Goths, en 376, de la déposition, cent ans plus tard, de Romulus Augustule. Brossant le portrait de la société et des institutions de l’antiquité tardive, comme celui des peuples barbares qui se pressaient alors aux porte de l’empire, il analyse sur la longue durée le processus qui vit la montée en puissance des populations germaniques à l’intérieur du monde romain, en ne négligeant ni l’histoire militaire, ni les circonstances politiques, économiques et sociales qui réduisirent les autorités romaines à l’impuissance. Une double réflexion sur la grandeur et les limites de la civilisation antique et sur les causes de la mort des empires.

Posté le 6 décembre 2014 à 13h17 par Michel Janva | Lien permanent

La dévotion à saint Nicolas en Lorraine

Article de Jean-Marie Cuny, tiré du Livre "Dictionnaire Historique et Ludique de la Lorraine" édtion du sapin d'or octobre 2014. JM Cuny  est un auteur régionaliste lorrain né le 6 mai 1942 à Nancy, fondateur et animateur de La Revue lorraine populaire puis de La Nouvelle revue lorraine.

D"Le prénom de Nicolas est très répandu en Lorraine et, depuis fort longtemps saint Nicolas est le Patron de la Lorraine, des Lorrains et des enfants sages.

Saint Nicolas est très populaire en Lorraine. Il a marqué la piété de nos pères, notre folklore, notre patrimoine artistique et religieux. Son culte a débuté en Lorraine à partir du XIe siècle. Un chevalier Lorrain Albert de Varangéville revenant de la première croisade, rapporta dans sa ville une phalange du saint évêque. Une église fut construite en 1101 proche de Varangéville pour abriter la relique. Le lieu nommé Port devait connaître une grande extension comme centre de pèlerinage et comme place commerciale. Le culte de saint Nicolas se répandit à partir de ce temps.

Nos ducs ont voué un culte particulier de fidélité au saint évêque, notamment René II qui avait placé ses troupes sous la protection de saint Nicolas avant le combat contre le puissant Charles le Téméraire. La victoire acquise (5 janvier 1477), la chronique rapporte que le duc en appropria « Tout l’honneur à Monseigneur Saint Nicolas le réputant dès lors père du pays, duc et défenseur de la Lorraine ». Saint Nicolas est donc devenu officiellement patron de la Lorraine en 1477. La splendide basilique dédiée à notre saint protecteur a été édifiée de 1481 à 1518. A Rome une église fut affectée en 1622 sous le nom de Saint Nicolas au service de la nation des Lorrains. On ne compte plus les paroisses, chapelles, autels consacrés à saint Nicolas en Lorraine, ni les noms de famille dérivés de Nicolas. N’oublions pas que le patron de la Lorraine est également celui des écoliers et des enfants. Il est attendu et célébré tous les ans pour sa fête le 6 décembre."

Posté le 6 décembre 2014 à 07h50 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon Jean Ousset

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (6)

la patrie, terre des pères

Avant tout donc, comme l'indique l'étymologie, la patrie c'est un sol, un territoire, un dessin sur une carte. Comme l'a dit Péguy, elle est cette quantité de terre où l'on peut parler une langue, où peuvent régner des mœurs, un esprit, une âme, un culte. Elle est cette portion de terre où une âme peut respirer et où un peuple peut ne pas mourir.

Mais parce qu'elle est terre des pères, on comprend qu'elle soit par essence une terre humaine.

Elle n'est pas, autrement dit, qu'un sol nu, un sol de forêt vierge. Elle est le sol sur lequel les pères ont marqué leur empreinte. Le sol qu'ils ont cultivé. Le sol sur lequel ils ont bâti les monuments, vestiges de leur passé.

La patrie est le sol des anciennes batailles. Elle est la terre des champs, des vergers. La poussière des villes et des routes. Elle est la terre des ancêtres, la terre des cimetières, celle qui garde ceux qui veillèrent sur l'enfant, l'adolescent, l'adulte, et ceux mêmes qu'il n'a pas connus, mais que des paroles tendres, ardentes ont figurés, décrits, ressuscités pour lui. (1)

Elle est le cercle intime, la terre sacrée du foyer. Elle est la terre charnelle, la terre dont, à la lettre, nous sommes nés. Elle est la chair de notre chair. Et c'est par là qu'elle pèse et agit si fortement sur le cœur humain. Elle est spontanément objet d'affection et de sentiment. Elle est la mère.

« La Mère Patrie ».

Aussi est-elle plus souvent sentie que pensée.

La patrie n'est pas d'ailleurs le résultat d'un pacte volontaire. « On ne choisit pas plus sa patrie, la terre de ses pères, que l'on ne choisit ses parents ». L'enfant qui vient au monde n'argumente pas pour savoir s'il doit se décider à les aimer ou non. Il leur doit trop. Un élan naturel le pousse à les aimer.

Ainsi que Taine l'a dit (2) : « La patrie est chose sacrée, par laquelle chacun a tout l'être qu'il a, pourvu de bienfaits infinis, héréditaires, envers qui nous sommes couverts de dettes. »

« Monstrueux de la hasarder. »

Tel est le réel.

Tels sont les faits, dans ce qu'ils ont de plus communément admis.

* * *

Mais n'est-il pas insuffisant d'en rester là ?

Et n'importe-t-il pas d'appeler « patrie » (sinon de grouper en elle) tout ce qui est de l'héritage, du patrimoine reçu de nos pères, et rassemblé par eux ?

Car si la patrie est la glèbe de nos champs, le sol de nos chemins, l'asphalte de nos rues, on reconnaît qu'elle est aussi le ciel qui sert de voûte à cette terre, l'air qu'on y respire, le climat dont elle jouit. Et le miroir de ses lacs, le chant de ses sources, les reflets changeants de ses mers...

On comprend donc que par extension la patrie puisse être en réalité le patrimoine entier. L'ensemble du capital que nous ont laissé nos aïeux. Non plus seulement la terre, mais les églises, les cathédrales, les palais et les tours dont elle s'est vue couverte au cours des âges. Et toutes merveilles de l'industrie ou des arts. Monuments de la pensée et du génie.

Tout l'héritage !

La terre, aussi bien que les legs matériels, intellectuels, spirituels et moraux.

« L'amour du sol tout court n'est pas le patriotisme », écrit Fustel. « Il faut y joindre l'amour de son histoire. La patrie géographique serait peu de chose si on ne relève l'affection qu'on lui porte (et, qu'un ennemi, aussi bien, peut lui porter) du respect, de l'amour de son histoire. Cette histoire est nôtre bien autant que le sol. Nous n'avons pas le droit de la négliger. »

Cet amour nous paraît d'autant plus important qu'il peut subsister après la destruction, la perte, voire l'inexistence de la patrie géographique.

Cas des peuples déportés.

Cas des peuples nomades.

Cas du peuple juif depuis sa dispersion.

La fidélité à la patrie devient, en ces cas, la fidélité à un patrimoine historique, à un ensemble de valeurs ou caractères traditionnels. Et la fidélité à tel poème, tel chant, tel livre sacré devient alors l'objet d'une défense aussi rude, aussi opiniâtre, aussi héroïque que le combat des armes pour la possession d'une province.

Jean Ousset

Extrait de : « Patrie, Nation, Etat ».

Ed. Montalza - 1965.

(1) « La patrie est faite de plus de morts que de vivants. » (Renan).

(2) Notes inédites pour les Origines de la France contemporaine.

 

Posté le 6 décembre 2014 à 06h57 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

05 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Charles Maurras

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (5)

La patrie

Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons; ce sont des autels et des tombeaux; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n'y a rien au monde de plus concret.

Le patriotisme n'est pas seulement un devoir. C'est un plaisir. "Pour ma part, disait Ulysse aux bons Phéniciens, je ne sais rien de plus agréable à l'homme que sa patrie." Il le disait d'un pauvre rocher sur la mer. Comment parlerons-nous de la nôtre? En est-il de plus belle, plus digne d'être défendue? Qui, un jour se penchant dans l'embrasure d'une haute colline ou vers quelque vallon ouvrant sur le fleuve et la mer, ne s'est pas arrêté, suspendu, presque sidéré par un chœur imprévu de couleurs et de formes demi-divines ?...

La patrie est une société naturelle ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie - la terre de ses pères - que l'on ne choisit son père et sa mère. On naît Français par le hasard de la naissance.

C'est avant tout un phénomène d'hérédité.

Les Français nous sont amis parce qu'ils sont Français; ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous; ils nous sont donnés par la nature... Rien ne serait plus précieux que d'avoir des Français unis par des liens d'amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs.

Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n'est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s'agit d'envisager ou de pratiquer le patriotisme; c'est la question de son être même, c'est le problème de sa vie ou de sa mort... Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu'ils sont vos père et mère, indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie. Vous respecterez et vous honorerez la patrie parce qu'elle est elle, et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu'elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l'honorerez. Votre patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté.

Le patriotisme n'a pas besoin d'un idéal, socialiste ou royaliste, pour s'enflammer; car il naît de lui-même, du sang et du sol paternels. Ce qu'il faut saluer, c'est le suprême sacrifice de la vie fait sur le sol qu'il s'est agi de défendre. Ce sol sacré serait moins grand, moins cher, moins glorieux, moins noble et moins beau si les Français de toute origine et de toute obédience n'y payaient pas en toute occasion nécessaire la juste dette de leur sang.

Plus haut que l'armée et que le drapeau, plus haut que la plus fière conscience de la patrie, vit la patrie même, avec les saintes lois du salut public. Ce sont elles qui font consentir à de durs sacrifices pour défendre l'intégrité du reste et préserver son avenir. Qu'elle vive d'abord !

Charles Maurras

Extrait de : « Votre bel aujourd'hui ».

Ed. Arthème Fayard - 1953.

Posté le 5 décembre 2014 à 06h51 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

03 décembre 2014

L'actualité de Saint Nicolas en Lorraine

Un texte de Catherine Guyon, Maitre de conférences en histoire et histoire de l’art, Université de Lorraine, pour Le Salon Beige :

Affiche du colloque 2013"Particulièrement invoqué en Lorraine dont il est le saint patron, saint Nicolas est aussi le saint qui, en Europe, a suscité le culte le plus important et le mieux partagé entre l’Orient et l’Occident. Cet évêque de Myre (aujourd’hui Demre au sud de la Turquie) au début du IVe siècle était connu pour sa foi profonde et sa lutte contre la pauvreté et l’injustice. La célèbre légende des trois enfants au saloir, bien connue des Lorrains, puise en fait sa source dans des faits réels : l’intervention du saint en faveur de trois jeunes filles qu’il dota pour que leur père, ruiné, puisse les marier au lieu de les livrer à la prostitution, puis de trois jeunes gens accusés à tort d’avoir fomenté une émeute et de trois officiers que l’empereur allait faire exécuter, suite à des calomnies.

A l’occasion de sa fête, en décembre 2013, plusieurs manifestations ont été organisées en Lorraine et plus spécialement à Saint-Nicolas-de-Port et à Lunéville : un important colloque international intitulé « De l’Orient à l’Occident, le culte de saint Nicolas en Europe », organisé par C. GUYON, C. VINCENT, et V. GAZEAU, au sein de l’Université de Lorraine et du CRUHL, avec le soutien de nombreuses institutions universitaires (Institut Universitaire de France, Université de Paris X Nanterre, CRAHAM, AIRS) et de collectivités territoriales lorraines (Conseil général de Meurthe-et-Moselle, Villes de Lunéville et de Saint-Nicolas-de-Port, Communauté de communes du Lunévillois) qui s’est tenu les 5, 6 et 7 décembre au château de Lunéville et à la salle des fêtes de Saint-Nicolas-de-Port. Ce colloque a rassemblé, devant un public nombreux, 25 universitaires réputés d’Europe centrale et orientale (Russes, Polonais, Allemands, Tchèques, Suisses…), d’Italie (dont un important groupe de Bari, dans les Pouilles, où se trouve le tombeau de saint Nicolas) de Nancy et de Paris. Il est été question des débuts du culte du saint en Turquie, puis à Bari, et des étapes de sa diffusion à travers l’Europe,  depuis les empereurs byzantins et ottoniens, en passant par les prélats réformateurs francs et les clercs des universités médiévales, jusqu’aux marchands et artisans de la Mitteleuropa. Une large place a été donnée aux images, vitraux et peintures, tant en Orient qu’en Occident, ainsi qu’aux fêtes et aux traditions. Ces communications ont apporté beaucoup d’éléments nouveaux à la connaissance de saint Nicolas, de son culte et du modèle épiscopal qu’il représentait : la publication des actes est prévue pour novembre 2015 aux éditions du CERF. (cf. programme détaillé : http://crulh.univ-lorraine.fr/content/colloques-2013)

En marge de ce colloque, 4 expositions avaient été proposées à Lunéville et à Saint-Nicolas-de-Port. Devant le succès rencontré, deux nouvelles expositions sur saint Nicolas sont organisées cette année, en décembre 2014, à Lunéville, à l’église Saint-Jacques et à la médiathèque.

Icône de st Nicolas apaisant la tempête qui illustre le souhait d’un retour de la paix au Proche-Orient.L’église Saint-Jacques accueillera du 6 au 14 décembre 2014 une exposition sur « l’icône autour de saint Nicolas : fêtes et saints d’Orient »  (entrée libre et gratuite,tous lesjours) et deux conférences. L’Atelier St-Nicolas des Lorrains de Nancy présentera en effet 60 icônes (byzantines, slaves, coptes, éthiopiennes, libanaises et syriennes) accompagnées d’explications, révélant  l’importance de saint Nicolas chez les chrétiens d’Orient et la richesse spirituelle et artistique de ces communautés dans leur diversité. Le 7 décembre à 15h 30, M. Valentin, président de l’Atelier, donnera une conférence sur le thème « Qu’est-ce qu’une icône », en prenant l’exemple de saint Nicolas. En lien avec cette exposition, le 14 décembre sera consacré au Liban (où saint Nicolas est aussi très présent), avec la participation du Comité lorrain de solidarité franco-libanais qui fête cette année son 30e anniversaire (la cofondatrice, Lunévilloise, est Élisabeth Fischer) ; à 16h, le Père Sayed Marroun donnera une conférence sur « L’actualité des chrétiens d’Orient », à travers son expérience du Liban, qui accueille les réfugiés d’Irak et de Syrie et subit les conséquences de tous les conflits du Proche-Orient. Il célèbrera à 18h une messe de rite maronite animée par une chorale d’étudiants libanais et syriens, afin de prier pour les Chrétiens d’Orient, victimes de massacres épouvantables, pour que la paix revienne sur ces terres où sont nées les premières communautés chrétiennes et qu’une solution juste et durable puisse être trouvée. Ce sera aussi l'occasion de découvrir la beauté de la liturgie orientale (des livrets de chants avec traduction française seront proposés) et de vivre un temps de rencontres et d’échanges.

La médiathèque de l’Orangerie (4 rue du Colonel Clarenthal) présentera une exposition « saint Nicolas, source d’inspiration des Lorrains » du 6 décembre-3 janvier, (entrée libre et gratuite les après-midi du mardi au samedi, commissaire de l’exposition : Catherine Guyon), rassemblant productions anciennes (statues, enseignes de pèlerinages, images d’Épinal, gravures, émaux, moules, verroteries…) et œuvres inédites de jeunes artistes contemporains (statuettes en verre, images et aquarelles, étiquettes de pains d’épices, boules de verre, bijoux, céramiques, porcelaines, peintures sur verre, œufs peints…) qui revisitent avec talent le thème de saint Nicolas. En relation avec cette exposition, une conférence illustrée, « saint Nicolas en Lorraine », sera donnée le 13 décembre à 14h 30 par Catherine Guyon, rappelant comment et pourquoi saint Nicolas est vénéré en Lorraine, depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours.

Il est à noter que d’autres manifestations se tiendront à Lunéville : outre le défilé de chars du 6 décembre vers 16h, le salon des Halles accueillera la compagnie d’Eux, qui, le 18 décembre à 18h, jouera un spectacle pour petits et grands (entrée gratuite sur réservation à partir du 29 novembre) « Les grands jours de saint Nicolas », d’après le texte d’Émile Badel, qui fut à l’origine du renouveau du pèlerinage de Saint-Nicolas-de-Port au XIXe siècle. Nancy prépare aussi pour le 7 décembre un important défilé de chars de saint Nicolas et toutes les villes lorraines marquent à leur manière cette fête (défilés, expositions, spectacles…), en particulier Metz, Épinal et Remiremont.

Saint-Nicolas-de-Port, où se trouve le grandsanctuaire du pèlerinage au saint patron des Lorrains, organise le 6 décembre à 18 h un magnifique défilé de chars, précédé d’un feu d’artifice dans une ville en liesse et suivi de la traditionnelle procession aux flambeaux dans la basilique qui se tiendra à 20h 30, sous la présidence exceptionnelle de Mgr Ackermann, archevêque de Trèves (les diocèses lorrains dépendaient autrefois de la métropole ecclésiastique de Trèves). Cette procession, impressionnante par sa ferveur et son déploiement, est suivie chaque année par une foule nombreuse, de tous âges et rangs sociaux, venue de toute la Lorraine -et bien au-delà- prier saint Nicolas, point de rencontre entre Orient et Occident, figure du don et de la générosité, ainsi que de la paix et de la justice, annonçant la joie de Noël.

Posté le 3 décembre 2014 à 13h00 par Michel Janva | Lien permanent

Y a-t-il encore des miracles obtenus par l'intercession de Saint Nicolas ?

La réponse est du recteur de la Basilique et Curé, l'Abbé Jean Louis Jacquot :


Y a-t-il encore des miracles obtenus par l... par Le_Salon_Beige

Posté le 3 décembre 2014 à 07h04 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon...le JO

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes : la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (3)

une loi oubliée

Extrait du Journal Officiel du 14 juillet 1920

Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,

Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Art. 1er. - La République française célèbre annuellement la fête de Jeanne d'Arc, fête du patriotisme.

Art. 2. - Cette fête a lieu le deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans.

Art. 3. - Il sera élevé en l'honneur de Jeanne d'Arc, sur la place de Rouen, où elle a été brûlée vive, un monument avec cette inscription :

A Jeanne d'Arc

le peuple français reconnaissant

La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, sera exécutée comme loi d'État.

Fait à Rambouillet, le 10 juillet 1920

P. DESCHANEL

Pour le Président de la République française :

Le ministre de l'Intérieur T. STEKO

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice,

président du Conseil par intérim LHOPITEAU

Posté le 3 décembre 2014 à 06h32 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

02 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Adrien Loubier

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes : la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (2)

Jeanne d'Arc aux sources du patriotisme français

A Brignoles en Provence

Au début du XVème siècle, Brignoles était l'une des huit sénéchaussées de la Basse Provence. Sa situation géographique la mettait, semble-t-il, bien à l'écart de la terrible guerre avec les Anglais, qui ravageait surtout le Nord et le Sud-ouest de la France. Le paisible roi René y séjournait souvent. Comme les autres provinces, la Provence avait son parlement, ses franchises ; elle était gouvernée en 1429 par Louis II, comte de Provence, fils de la reine Yolande (1417 –1434).

Quel pouvait bien y être le sentiment patriotique français ? Comment pouvait-on y ressentir l'occupation anglaise, qui n'affectait pas cette région ? La Normandie, la Guyenne, la Bourgogne étaient loin ! L'unité française était constituée d'un réseau complexe de suzerainetés qui, nous dit-on dans les manuels républicains, ne concernait les populations que de très loin !

Et puis, les communications étaient longues et difficiles ! Pas de trains, pas de téléphones, pas de journaux ! Que pouvait-on savoir, à Brignoles, d'un siège des Anglais devant Orléans, ou du dauphin Charles VII, encerclé dans son Berry, et pas même couronné ou sacré roi de France ?

Qu'était même la France pour les Provençaux ?

Orléans n'était-il pas à 600 kilomètres (à vol d'oiseau) de Brignoles, en un temps où le meilleur cavalier ne pouvait parcourir que quelques 50 kilomètres par jours ?

Toutes ces questions, que l'on peut se poser, trouvent une étonnante réponse dans l'analyse d'un « compte trésoraire de Brignoles », que nous avons découvert dans une monographie de F. Mireur, intitulée : "Procession d'actions de grâces à Brignoles en l'honneur de la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc en 1429".(Communication faite au congrès des sociétés savantes à la Sorbonne en avril 1893).

Dans les anciennes chroniques provençales, on trouve bien mention de la dureté du temps, mais cependant bien lointaine.

Honoré Bouche parle des « temps calamiteux de l'occupation d'une grande partie de la France par les Anglais et du temps de la Pucelle d'Orléans, si renommée dans les histoires, environ l'an 1429 .... » (1)

C'est « arrivé en l'année 1429, dit Nostradamus, que la pucelle Jeanne, tant illustrement chantée par les histoires françoises, allait au secours de sa ville, couverte d'armes blanches contre les Anglois, ausquels elle fit quitter et abandonner le siège d'Orléans. » (1)

Mais, selon notre auteur (2) aucune de ces chroniques « n'ont produit aucun témoignage direct et contemporain de l'impression que les nouvelles extraordinaires de France causèrent en Provence. »

Or voici que 550 ans après, l'analyse d'un feuillet comptable de la ville de Brignoles, au fin fond de la Provence, nous livre le témoignage d'une explosion spontanée de joie et de liesse populaire, lorsque, quelques jours après le 8 mai 1429, la nouvelle de la délivrance parvient au peuple de cette bourgade.

La France vient de remporter une victoire décisive contre l'envahisseur. Pas en Provence, qui vit en paix à cette heure, mais bien en France, avec laquelle tout le petit peuple vibre et souffre.

Certes les souverains sont parents. Le comte Louis II de Provence est le beau-frère de Charles VII. Sa mère, la reine Yolande, joue un rôle politique important à la cour de France. Mais ce ne sont pas les grands qui descendent dans la rue pour fêter l'événement ; c'est le peuple. Le peuple qui est la famille de ses princes, et qui est chez lui, dans sa patrie, en Provence comme à Orléans !

Et puis, tous savent bien que si Orléans tombe, bien qu'elle soit loin ; si Charles VII est détrôné, bien qu'il soit loin... qui arrêtera l'Anglais et l'empêchera d'arriver jusqu'à Brignoles avec ses bandes, et son cortège de sang et de misère ?

L'élan populaire est tel que les syndics en exercice sont débordés, et prennent sur eux les dépenses dont ce feuillet de compte atteste, sans même réunir le conseil pour les soumettre à sa délibération.

Or on ne plaisantait pas à Brignoles sur ce chapitre. Les registres en témoignent. Pas un sou ne devait sortir des caisses sans vote du conseil pour en donner l'aval.

Ici, dans l'urgence, cette règle n'a pas été respectée. Écoutons notre auteur : (2)

« Le bruit s'étant répandu dans cette ville (Brignoles) de la délivrance d'Orléans, l'enthousiasme fut si soudain que, sans même consulter comme d'ordinaire le conseil, on organisa des réjouissances publiques pour fêter l'éclatant succès dû à l'intervention de cette jeune fille étrange illius Piuselle dont la renommée avait volé jusqu'en notre lointaine contrée. Une procession d'actions de grâces fut ordonnée, et, pour en relever l'éclat, les syndics de la communauté prirent sur eux d'y envoyer des ménétriers (3), aux frais de la ville, certains d'avance de l'adhésion de leurs collègues du conseil. »

"Item ponit Idem thesaurarius solvisse, ex precepto sindicorum, menisteriis qui fecerunt festum, dum fecerunt processionem ad amorem Dei, dum venerunt nova illius Piuselle que erat in partibus Francie, videlicet grossum unum." (4)

Ce texte de ce qu'on est convenu d'appeler le "bas-latin" (en somme le latin vivant de l'époque), peut se traduire ainsi :

« De même, le même trésorier pour rendre grâce, à la demande du syndic, paye des ménestrels (3) qui font la fête, pendant une procession pour l'amour de Dieu, quand venaient des nouvelles de cette pucelle qui était dans la partie de la France, visiblement une chose capitale. »

Mais ce qui n'est pas moins étonnant, c'est la rapidité avec laquelle cette nouvelle est arrivée à Brignoles.

Notre savant archiviste, par divers recoupements, situe la date de cette procession et de ces réjouissances entre le 15 mai 1429, et au plus tard le 20 juin. Plus probablement peu après le 15 mai.

Or la date de la délivrance d'Orléans peut être fixée au 8 mai. Et il est bien improbable que dès le lendemain, un courrier soit parti directement pour Brignoles. Même si c'eut été le cas, par monts et par vaux, et en changeant de cheval chaque jour, il lui fallait au moins 15 jours pour franchir les 6 à 700 kilomètres qui séparent Orléans de Brignoles, en tenant compte de l'état des routes de l'époque, et des nombreux obstacles tels que fleuves, forêts peu sûres, montagnes, etc.

Une étude chrono topographique serait d'ailleurs nécessaire pour obtenir un trajet et un décompte de temps fiable.

Mais bien plutôt que l'hypothèse peu vraisemblable d'un messager visant spécialement Brignoles, c'est celle de la rumeur publique, propagée de proche en proche par le bouche à oreille, qui doit être retenue. Ce qui donne une idée très vivante de l'anxiété de nos provinces, avides de nouvelles, et de la joiepopulaire déclenchée par cette bonne nouvelle tant espérée par le patriotisme français, en éveil dans le fond des coeurs de nos plus lointaines provinces !

Enfin la chance a tourné !

Enfin Dieu prend la France en pitié.

Alors « faisons procession pour l'amour de Dieu ! »

Et concluons avec notre auteur : (2)

« La véritable importance historique du document (4), son intérêt général, résident surtout dans le témoignage nouveau qu'il nous apporte de l'étonnante popularité de Jeanne, et du grand et rapide retentissement de son admirable campagne d'Orléans. »

Adrien Loubier

Extrait de : « Sous la Bannière ».

Numéro 107, mai – juin 2003.

(1) Histoire et chronique de Provence.

(2) Mireur ouvrage mentionné plus haut.

(3) En 1328 se crée à Paris une association de ménestrels. En 1397, ils prennent le nom de « ménestriers » « Communauté de joueurs d'instruments tant hauts que bas. » En 1407 l'association a un « roi » nommé par le Roi de France. Une rue, une église, un hôpital, un saint patron : saint Julien. Cette institution a perduré jusque sous Louis XIV. Mais le comté de Provence ne devait pas, en 1429, être concerné par cette institution, et on devait plutôt y parler de « Menestrel », mot par lequel nous traduisons « menisteriis ».

(4) Archives communales de Brignoles – s.cc. Comptes trésoraires 1419-1437. Folio 128.

Posté le 2 décembre 2014 à 06h25 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

29 novembre 2014

La fin de l'empire romain d'Occident, par Michel De Jaeghere

Il démonte notamment la théorie accusant le christianisme d'être la cause de la chute de Rome.

Posté le 29 novembre 2014 à 10h04 par Michel Janva | Lien permanent

22 novembre 2014

La génération Manif pour Tous, c'est la petite sœur Espérance de Péguy

Extrait de la seconde partie de l'entretien donné par Philippe de Villiers au Figarovox :

V"Le Traité de Troyes vaut bien le traité de Maastricht. En 1420, que pensent les élites? Autour d'Isabeau de Bavière, plissée de gras sous le hennin, cette «truie couronnée» comme on l'appelle à l'époque dans les pays de France, les élites pensent que la souveraineté est une charge trop encombrante. Donc il faut s'en débarrasser. On cède et on transfère la souveraineté à l'étranger, à l'Angleterre. On pense y gagner en prospérités. On console le peuple en lui disant que la France sera plus grande quand elle sera anglaise. [...] C'est la trahison des élites: la trahison des élites politiques, celles qui se déchargent de la souveraineté, trop lourde à porter, et qui considèrent que la France a fait son temps ; la trahison des élites économiques aussi, qui, pour l'essor de leurs commerces, au nom des laines anglaises, des tissus flamands et des vins de Bourgogne, demandent au roi de France, avant d'entrer dans la ville de Troyes, de les rassurer: «dites-nous que les affaires continuent à prospérer comme avant» ; et bien sûr la trahison des clercs enfin, qui refusent que Jehanne aille voir le Pape, ce qui est son droit le plus strict et qui lui reprochent un excès de patriotisme. [...]

La Révolution a abattu la monarchie, elle l'a remplacé par une démocratie qui est devenue aujourd'hui une oligarchie. L'oligarchie médiatique, l'oligarchie des banquiers de Francfort, l'oligarchie du CAC 40, l'oligarchie des commissaires de Bruxelles, pour ne pas parler de l'oligarchie américaine de l'OTAN. Un jour, une génération se lèvera qui balaiera les oligarques du multiculturalisme et du consumérisme.

Justement, quel est votre regard sur la génération Manif pour Tous?

C'est la petite sœur Espérance de Péguy. Aujourd'hui, si Jehanne d'Arc revenait, elle aurait à affronter à une nouvelle idéologie. L'oppresseur n'est plus l'Angleterre, mais le mondialisme, qui sépare l'homme de ses attachements vitaux : on est en train de fabriquer pour la France de demain, un petit homme consommateur à l'américaine qui sera asexué et apatride. Il n'aura plus ni racine, ni filiation. Il ne pourra plus se retourner sur son passé et n'aura donc plus d'horizon. Il deviendra fou, fou de plaisir, fou de l'instant, le fou de Chesterton qui a tout perdu sauf la raison. L'ensemble des autorités temporelles et spirituelles a tendance à considérer aujourd'hui que le seul enjeu est, comme on dit à l'école aux enfants, de «sauver la planète». On ne cherche plus à sauver la France mais à sauver la planète. On ne veut plus sauver une civilisation, on veut sauver les phoques et les ragondins appelés à devenir des sujets de droit et on chosifie l'embryon humain. Dès lors, la nation est montrée du doigt, elle est regardée comme un obstacle à la fraternité cosmique. Les déclinaisons de cette idéologie sont l'immigrationisme, l'hédonisme, le consumérisme, avec un objectif inavoué: la création d'un seul marché mondial qui permettrait aux entreprises américaines d'inonder le monde et de faire de l'individu un atome, un consommateur sans attaches affectives. L'Amérique ne veut plus de frontières, d'États, de lois nationales. Elle veut le libre échange planétaire. Elle veut des consommateurs plutôt que des citoyens, imprégnés de soft power, coca-colonisés et qui se passent, de bouche en bouche, le même chewing-gum.

La première urgence est de retrouver l'idée de France: une nation n'existe pas sans contours, ni conteurs. Si elle cesse de rêver et de se définir, si elle perd ses frontières, elle s'abîme. Mais il faut aussi savoir lire les signes d'espoir comme l'immense succès de la «Manif pour Tous». C'est la première fois dans l'histoire de France que des gens ont quitté leurs domiciles, leurs soucis familiaux et personnels, leurs inquiétudes économiques afin de venir manifester pour des idées et non pour des intérêts. C'est la protestation la plus gratuite de notre histoire. Cela laisse penser que la France ne veut pas mourir. Quand il y a un million de personnes dans la rue qui refusent qu'elle meurt, elle ne mourra pas. Lénine disait, «il me faut mille hommes …». On peut penser aujourd'hui, comme lui, qu'un jour il suffira de mille hommes: par leur sacrifice et l'élévation de leur âme, ils changeront la donne de cette société éreintée. Mon livre n'est qu'un petit caillou blanc que je dépose sur le chemin de ces petits hommes-là qui tiennent leurs lucioles allumées au milieu de la poussière d'atomes. [...]

L'Europe aujourd'hui est en train de mourir. Elle meurt culturellement et démographiquement. Elle meurt d'un chassé-croisé entre l'avortement de masse et l'immigration de masse. Parce qu'elle ne croit plus en la Vie. [...]

Même si je ne regrette rien de ce que je faisais avant, ce que je fais aujourd'hui me paraît plus utile. Ce sont les idées qui mènent le monde et l'œuvre du Puy du Fou, qui est une œuvre de civilisation et de rayonnement, fait découvrir à beaucoup de jeunes Français, la France et l'histoire de France. [...]"

Posté le 22 novembre 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

Jeanne d'Arc incarne le courage dans l'épreuve des totalitarismes que nous vivons

A l'occasion de la sortie de son Roman de Jeanne d'Arc, Philippe de Villiers a accordé un entretien au FigaroVox. Extraits :

J"Mon livre est en quelque sorte une cinéscénie littéraire. J'écris à la première personne comme s'il s'agissait des mémoires imaginaires de Jehanne d'Arc. Je veux mettre à la portée des nouvelles générations qui voient la France s'abîmer, des figures emblématiques qui ont illuminé notre histoire, pour que les jeunes Français aient le goût de les connaître et d'aller les découvrir. Avec «Le roman de Jehanne d'Arc», j'ai voulu rendre à la plus grande héroïne de notre Histoire son humanité, retrouver la vérité de ses émois, de ses éblouissements, de ses désarrois devant l'innommable. Depuis mon enfance, comme beaucoup de Français, je regarde Jehanne d'Arc tout là-haut, accrochée aux tentures sacrées, lointaine, séraphique comme une sainte d'enluminure. Avec ce livre, j'ai voulu dépasser le mythe, aller au cœur du mystère, déposer la tapisserie pour la regarder de plus près, essayer de saisir et de traduire ses fragilités, ses doutes et ses vraisemblances. [...]

Mais j'ai pu tirer une leçon de son histoire: la vérité ne triomphe jamais, mais ses ennemis finissent toujours par mourir. Jehanne d'Arc connaît les ardeurs ignorées de la petite pastoure à son ouvrage que personne ne remarque en ses humilités, puis l'extraordinaire popularité du chef de guerre qui triomphe, et finalement la déréliction christique du cachot. Quand elle est trainée dans une charrette cahotante qui la conduit au bûcher de la place du Marché, elle croise sur son passage le regard furtif des femmes qui, dans leurs jupes, enveloppent leurs enfants et leurs glissent à l'oreille: «Regarde la sorcière!». Jehanne, en elle-même, se dit «quelle honte!». Elle comprend qu'il ne s'agit pas seulement de la faire mourir, mais de la déshonorer aux yeux du monde et dans le cœur des plus petits pour que jamais elle ne renaisse. Il ne s'agit pas seulement de tuer son corps, il faut détruire son âme. Ajouter à la mort la flétrissure. Ainsi a-t-elle connu et enduré l'insupportable. Un jour, Soljenitsyne m'a ainsi parlé d'elle: Jehanne d'Arc incarne le courage dans l'épreuve des totalitarismes que nous vivons et qui sont fondés sur le mensonge: «la vérité conduit au martyr et au déshonneur». Il faut accepter d'être déshonoré lorsqu'on hurle la vérité."

"J'ai pris des coups et des coups bas. Car aujourd'hui, on ne peut plus faire de politique en France sans obtenir l'agrément de la «Société de Connivence». Et si cet agrément vous est refusé, alors tous les coups sont permis, tous les moyens sont bons, aucun ne vous est épargné. Il y a un va-et-vient consciencieux dans le processus d'élimination des adversaires, entre la justice médiatique et la justice tout court, enchaînées aux mêmes fantasmes et aux mêmes complicités. Le «Mur des Cons» est là pour le rappeler. On donne aux juges une mission de salut public. De tous temps, les hommes qui ont eu du pouvoir se sont attaqués les uns les autres. Mais ce qui est nouveau aujourd'hui, dans la société médiatique, ce sont les armes qu'on utilise. Elles sont plus meurtrières, plus performantes et plus sournoises. Ce sont des poisons qui ne laissent aucune trace de leurs auteurs ou de leurs alchimies. Nous sommes devant une crise qui n'est pas seulement politique, mais qui est désormais métapolitique, c'est une crise des valeurs, des valeurs fondatrices de la civilisation. Le pouvoir n'est plus un sacrifice, il est devenu une consommation. Nous sommes passés de l'âge des Services à celui de l'hédonisme politicien. Le pouvoir n'a plus le pouvoir et quand il n'y a plus la notion du Bien Commun, comme du temps de Jehanne d'Arc, parce qu'on a liquidé le pouvoir, il ne reste que les caïmans et les crocodiles qui se mangent entre eux dans la piscine sanguinolente.

Que nous apprend Jehanne d'Arc sur notre époque?

Elle nous apprend d'abord une grande leçon: quand tout est désespéré, rien n'est désespéré. Elle nous apprend qu'il faut Souffrir pour Espérer. Elle nous apprend que la part du visible de la vraie vie est infiniment plus confinée, même si elle est plus voyante que la part de l'invisible de celle-ci. Elle nous apprend que le visible est tramé dans l'invisible et que l'invisible affleure dans le visible. Que la nature et la surnature vont ensemble. Jehanne n'est pas une mystique, mais une petite fille de tous les jours. Elle aime rire, chanter, danser. Elle a de l'entrain dans le caractère, elle est coquette, elle aime les toilettes, les tissus et les laines rares. C'est une fille de l'eau, une fille des champs qui court dans la vallée des couleurs de Vaucouleurs. Elle est aussi une fille de piété. Elle est les trois à la fois. Aucune des trois filles qui la composent ne l'emporte sur l'autre. Jehanne est le plus formidable trait d'union que l'histoire ait jamais inventé entre le Ciel et la terre. Mais, chez elle, l'extraordinaire vient se tramer dans l'ordinaire.

Elle nous apprend aussi qu'un pouvoir qui n'est pas établi sur la pérennité et la sacralité est dénué de vraie légitimité. C'est la raison pour laquelle elle veut emmener le Dauphin à Reims. [...] La potestas est le pouvoir de gouverner et de légiférer tandis que l'auctoritas signifie l'aura, le symbole. Quand un pouvoir a beaucoup d'auctoritas, il n'a pas besoin de la potestas. Quand il n y a plus de mœurs, on fait des lois. Une société qui a encore des mœurs, ne fait pas de lois. Un monarque assure son autorité par l'auctoritas. Un monarque qui fait des lois est faible. Aujourd'hui, on a perdu la potestas et l'auctoritas: la potestas est partie à Bruxelles et l'auctoritas dans les médias. Le roi est nu, il ne reste que le casque et le scooter!"

Posté le 22 novembre 2014 à 14h19 par Michel Janva | Lien permanent

21 novembre 2014

Découverte de la sépulture de saint Etienne, premier martyr

Lu sur Riposte catholique :

"C’est lors d’une fouille dans le village de Taiar, à quelque distance de la ville palestinienne de Ramallah que des archéologues ont découvert les ruines d’un ensemble de constructions ecclésiastiques byzantines. Dans l’une des églises découvertes, on a trouvé une inscription selon laquelle le lieu de culte était dédié à Saint Étienne le Premier Martyr, qui y avait été enterré en 35. Selon les chercheurs, d’ici cinq ans les excavations et les travaux d’entretien seront achevés, et le lieu, détenu en partie par le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, pourra servir de destination pour les pèlerins du monde entier."

Posté le 21 novembre 2014 à 07h18 par Michel Janva | Lien permanent

18 novembre 2014

Tome 5 de l'Histoire de France en BD

Reynald Secher vient de faire paraître le tome 5 de son Histoire de France en BD. Il explique à L'Homme Nouveau :

H"[...] L’enseignement traditionnel de l’Histoire reposait sur quatre acquis : la chronologie, la cartographie, l’évènement et l’homme. On les a supprimés pour la thématique. Les dégâts sur l’esprit des élèves sont les mêmes qu’en Français et se traduisent par un désintérêt total et pour cause.

Et la solution pour vous a été la BD ?

Je ne pouvais pas accepter ce constat d’échec et j’ai beaucoup réfléchi avec mes élèves sur cette question. La solution est venue d’une mère de famille, Joëlle Vallier. J’ai d’abord mis en images mon livre sur le génocide des Vendéens et ai travaillé avec des élèves en cours particuliers pour affiner le contenu. Je me suis rendu compte que la BD faisait le tour de la famille et des amis. J’ai fait faire une enquête à l’occasion d’un stage de communication : les conclusions ont été surprenantes. Une BD historique était lue en moyenne par onze personnes et souvent relues. Fort de ce constat, je me suis lancé dans cette aventure et comme aucun éditeur n’était intéressé j’ai créé ma propre maison d’édition. [...]

Pourquoi une Histoire de France ?

Depuis quelques années, et c’est une bonne chose, les Français s’interrogent sur leur avenir. Il faut d’abord se poser la question de notre identité et la définir. Pour moi, cette définition est simple : il faut savoir d’où l’on vient, qui l’on est et ce que l’on veut devenir ensemble. Pour savoir d’où l’on vient, il faut s’informer et c’est la finalité première de l’Histoire, d’où l’intérêt de la connaître. Comme l’école et les médias ne jouent pas leur rôle, j’ai créé cette collection. À ce jour cinq tomes sont publiés. Nous en ferons 12."

Posté le 18 novembre 2014 à 18h46 par Michel Janva | Lien permanent

Les 3 leçons de Jeanne d'Arc

Retrouvez Philippe de Villiers à la 23e Fête du Livre de Renaissance Catholique, le dimanche 7 décembre 2014 à Grand'Maisons (Villepreux) où il dédicacera ses ouvrages. Il répond à RC :

"Jeanne d'Arc est et demeure le plus formidable trait d'union que l'Histoire ait jamais inventé entre le Ciel et la Terre. Et en même temps, elle est et elle demeure le plus pur chef d'œuvre que le génie allégorique français ait jamais déposé dans notre littérature. Elle est donc une héroïne incomparable, la plus grande de notre Histoire. Elle est chantée, louée, portée sur les autels par-delà les siècles, les « sensibilités » comme on dit aujourd'hui, les opinions parce qu'elle est plus grande que chacun d'entre nous et que chacune de nos singularités.

En faisant cette trilogie – sur la résistance populaire avec Charette, sur la tempérance et le bien commun avec Saint Louis, et sur l'espérance avec Jeanne d'Arc – j'ai voulu mettre à la portée des générations ce triple retour, à travers cette trilogie, à la source primordiale de la grandeur française. [...]

À travers la vie de Jeanne d'Arc, il y a plusieurs permanences qui trouvent aujourd'hui toute leur actualité.

D'abord la trahison des élites : on y pense inexorablement quand on compare le traité de Troyes au traité de Maastricht. A un moment donné, les élites trouvent que la souveraineté est trop lourde à porter, on la transfère à l'étranger, hier aux Anglais, aujourd'hui à Bruxelles, ou à Washington, ou à Berlin.

Il y a une deuxième permanence, qui est très importante : pour Jeanne le pouvoir s'imprègne de pérennité et de sacralité, c'est pour cela qu'elle veut absolument conduire le Dauphin à Reims, parce qu'elle dit : « Charles de Valois recevra plus de force d'une seule goutte d'huile sacrée que de dix mille lances ». Qu'est-ce que le pouvoir ? Qu'est-ce que la légitimité du pouvoir, Qu'est-ce qu'un pouvoir légitime ? Grandes questions d'actualité, au moment où on voit que la politique est devenue un cloaque, un marécage, où il n'y a plus de pouvoir, où il n'y a plus de politique.

Et puis la troisième leçon, la plus importante : quand tout est désespéré, rien n'est désespéré, il y a toujours l'espérance. La France est un mot qui rime avec souffrance et avec espérance, pour que les jeunes gens qui voient la France s'abîmer ne désespèrent pas."

Posté le 18 novembre 2014 à 12h19 par Michel Janva | Lien permanent

Quel a été le rôle du christianisme dans la chute de l’Empire romain ?

Michel De Jaeghere vient de publier un livre magistral, Les derniers jours (éd. des Belles Lettres), sur la fin de l’Empire romain. Dans Monde & Vie, il revient sur la rumeur selon laquelle c'est le christianisme qui serait la cause de cette décadence :

J"L’accusation remonte aux écrivains païens contemporains des événements. Mais elle n’est pas sérieuse, tant leurs propos sont marqués par un évident parti pris. Le cas de l’historien Eunape est intéressant: ce païen est tellement hostile aux chrétiens qu’il en vient à oublier l’action destructrice des Barbares. Son témoignage n’est évidemment pas recevable. Voltaire, Gibbon et Renan avaient invoqué quant à eux les scrupules qui auraient conduit les chrétiens à se refuser à porter les armes. Un débat avait certes eu lieu au IIIe siècle, dans le sillage du rigorisme préconisé par Tertullien. Mais il avait été réglé dès le début du IVe siècle : en 324, le concile d’Arles a en effet décidé d’excommunier les chrétiens qui s’en tiendraient à cette position. Toute la littérature des Pères de l’Eglise est marquée par un ardent patriotisme romain. Dans son célèbre discours pour les 30 ans de règne de Constantin, Eusèbe de Césarée définit même la mission de l’Empereur comme celle de faire l’unité entre les hommes, en préparation à la grande unité des âmes. En Occident, saint Ambroise décrit les Barbares comme Gog et Magog venant dévaster le Camp des saints (cf. Apoc. 20). Pour l’évêque de Milan, l’adhésion de l’empereur au christianisme est la meilleure garantie de sa victoire. Du point de vue doctrinal, on peut certes discuter de cette association de la Cité terrestre à l’action de la Providence, de cette adaptation au christianisme de la vieille théologie païenne de la victoire. Mais du point de vue politique, Ambroise est sans reproche. Pour lui, comme pour la majorité de ses concitoyens, les Barbares sont des loups cruels qu’il faut renvoyer dans leurs forêts ou dans leurs steppes tandis que l’unité de foi est le meilleur garant de la pérennité de l’empire romain.

L’autre accusation, récurrente depuis les Lumiè res, consiste à dire que les empereurs avaient été détournés de la politique par des querelles théologiques. Mais rien ne corrobore un tel jugement. Au contraire ! Constantin et Théodose se sont certes impliqués dans les débats religieux de leur temps. Mais c’est avec le principal souci d’assurer l’unité morale de la population. Et cela ne les a nullement empêchés de s’illustrer sur les champs de bataille. Leurs victoires sont même apparues aux yeux de beaucoup comme la plus éclatante des démonstrations de la vérité de leur religion ! A la bataille de la Rivière froide, l’Empereur charge contre son rival Eugène, après avoir inscrit le chrisme catholique [les deux lettres grecque chi et ro symboles du Christ] sur ses enseignes. Le vrai drame de Théodose, ce n’est pas sa foi chrétienne, c’est qu’il meurt à l’âge de 49 ans, après avoir reconstitué l’unité de l’Empire romain, mais laissant derrière lui deux fils mineurs notoirement incapables."

Posté le 18 novembre 2014 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent

14 novembre 2014

16 novembre : commémoration des noyades de Nantes

C

Programme :

  • 11 H 15 regroupement devant l'église Sainte Croix pour la messe à 11 H 30. A la fin de la messe exposé sur le rôle de cet édifice pendant la révolution et mémoire de l'abbé Joseph Brianceau. -
  • 13 H, 13H15, déjeuner à La Taverne du château 
  • 15 H 15 : Rassemblement devant l'ancien entrepôt des cafés, 2 rue général de La Moricière ; exposé sur ce lieu et départ en cortège pour le parachutage d'une gerbe en Loire. Le déplacement vers un lieu de mémoire est prévu si la météo et le temps le permettent. La participation demandée est de 24 € (repas tout compris et participation aux frais de gerbe).15€ pour ceux qui ont des soucis (le complément étant pris en charge par le SCB. Chèques à l'ordre de SCB (Souvenir Chouan de Bretagne Association déclarée - loi 1 juillet 1901 -W441001916). Dernier délai d'inscription: jeudi 13 novembre. 

Posté le 14 novembre 2014 à 18h16 par Michel Janva | Lien permanent

13 novembre 2014

Le roman de Jeanne d'Arc par Philippe de Villiers

Posté le 13 novembre 2014 à 22h19 par Michel Janva | Lien permanent

Assassin’s creed unity : une propagande réactionnaire sur la Révolution ?

Amusant, le Secrétaire national du Parti de gauche s'inquiète d'un jeu vidéo qui véhicule une vision très négative de la Révolution :

"A grand renfort médiatique, la société Ubisoft fait paraitre aujourd’hui un jeu vidéo nommé Assassin’ creed unity. Sans doute va-t-il rencontrer un grand succès. L’action, et c'est original, se déroule dans le Paris révolutionnaire de 1789. [...]

Par contre, je ne suis pas dupe sur le fait qu’un jeu vidéo peut-être aussi le vecteur pour transmettre des idées et des valeurs culturelles. Dans la jeunesse il peut même sans doute être  plus efficace que tous les cours d’histoire que propose l’Education nationale. C’est sur ce point-là que je déplore et condamne fermement la bande annonce accompagnant le jeu Assasin’s creed unity que j’ai trouvé sur internet. Elle reprend à son compte tous les poncifs contre-révolutionnaires forgés depuis plus deux siècles. Le Peuple de Paris est présenté pour une cohorte brutale et sanguinaire, c’est lui qui produit la violence, toujours lui qui de façon aveugle fait couler le sang, notamment du bon roi débonnaire. Comme de coutume, la caricature le plus bestiale concerne Maximilien Robespierre qui est présenté comme « bien plus dangereux que n’importe quel roi », « des familles entières furent détruite à cause de Robespierre », cette vidéo va même jusqu’à affirmer qu’avec lui « il y eut des centaines de milliers de morts et des rues entières remplies de sang ». J’en passe. Je vous laisse juge.

Après avoir regardé cette vidéo, le joueur peu averti en tirera la conclusion que la Révolution Française fut finalement une monstruosité, un bain de sang incompréhensible, conduite par des brutes, qu’il aurait fallu éviter. [...]"

Intéressant.

Posté le 13 novembre 2014 à 21h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (26)

12 novembre 2014

"Le peuple français, qui vivait dans la misère, s’est révolté contre les gens très riches"

C'est beau comme un manuel d'histoire du XIXe... Sauf qu'il s'agit bien d'un manuel d'aujourd'hui. C'est un fichier du CNED - Centre national d'enseignement à distance, établissement public français du ministère de l'Éducation nationale (Instruction civique et morale de cycle 2) :

"Il y a plus de 200 ans, le peuple français, qui vivait dans la misère, s’est révolté contre les gens très riches (le roi, les nobles, les religieux). Le 14 juillet 1789, les révolutionnaires s’emparent de la prison de la Bastille, libèrent les prisonniers et refusent de continuer à obéir au roi. Quelques années plus tard, la République française a été proclamée. Depuis 1880, le 14 juillet a été choisi comme jour de fête nationale."

Posté le 12 novembre 2014 à 15h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (17)

Jeanne d'Arc : Philippe de Villiers à Versailles demain

V

Posté le 12 novembre 2014 à 12h56 par Michel Janva | Lien permanent

11 novembre 2014

16 novembre : inauguration du vitrail commémoratif de l’abbé Coat à Nantes

L’association Mémoire de lumière et la paroisse Saint-Donatien de Nantes organisent l’inauguration du vitrail commémoratif de l’abbé Y. Coat, noyé dans la Loire en 1793, le dimanche 16 novembre 2014 à la Basilique Saint-Donatien.

  • 11h : messe solennelle
  • 12h30 : pique-nique ou buffet froid
  • 14h30 : conférences :
    - « l’abbé Y. Coat prêtre martyr noyé en 1793 dans la Loire » (F. Hélie de la Harie)
    - « les enjeux de la mémoire » (Reynald Secher)
  • 16h : bénédiction du vitrail par Mgr Michel Bonnet
  • 17h : fin de l’inauguration

Posté le 11 novembre 2014 à 07h39 par Michel Janva | Lien permanent

10 novembre 2014

Pie XII : deux nouveaux ouvrages renforcent sa défense

La recension de Jean Sévillia dans le Figaro magazine :

"C'est en 1963 que la pièce de l'Allemand Rolf Hochhuth, Le Vicaire, a incriminé Pie XII d'être resté indifférent, pendant la guerre, au sort tragique subi par les juifs d'Europe. Depuis cinquante ans, ce procès rétrospectif, repris en 2002 par Amen, le film de Costa-Gavras, se nourrit toujours des mêmes arguments, sans que des éléments nouveaux, historiquement établis, viennent étayer le réquisitoire. Du côté de l'accusation, donc, rien de neuf. Du côté de la défense, en revanche, le dossier s'étoffe. Chaque année des documents sortent, des témoignages apparaissent et des livres sont publiés qui, sans verser forcément dans l'hagiographie, s'inscrivent en faux contre l'idée que le pape de la Seconde Guerre mondiale aurait failli à sa mission. Tout juste parus, deux ouvrages viennent ainsi en renfort dans une balance que le discours médiatique déséquilibre systématiquement.

Biographe de Mussolini et de Garibaldi, Pierre Milza n'est pas familier de l'histoire de l'Eglise. Mais d'être un spécialiste de l'Italie l'a mené au cas Pie XII. C'est pourquoi il publie une biographie de celui qui fut typiquement un pape romain. Le livre a donc pour mérite d'exposer tout le parcours d'Eugenio Pacelli, de l'enfance heureuse (Pie XII était né en 1876) à la mort dans d'atroces souffrances en 1958 (1). L'auteur met en lumière l'attachement du prélat à la Ville éternelle, ses goûts d'ascète, son mysticisme. Il montre encore que Pie XII, diplomate de formation, est resté toute sa vie un diplomate, et que sa conduite pendant la guerre doit être jaugée à cette aune. Sur le sujet qui fait polémique, on aurait aimé que l'auteur fût plus incisif, dès lors que les faits sont là.

Historien de l'espionnage, journaliste d'investigation pour la BBC, l'Anglais Gordon Thomas a enquêté sur l'aide apportée par le Vatican aux juifs de Rome après l'occupation de la ville par les nazis en 1943 (2). La moisson de preuves et de témoignages apportée par l'ouvrage est très convaincante. Elle montre que tout remontait au pape. Face au drame, Pie XII a peu parlé, mais il a agi.

(1) Pie XII, de Pierre Milza, Fayard, 476 p., 25 €.

(2) Le Secret de Pie XII. Le réseau secret du Vatican pour sauver les juifs de Rome, de Gordon Thomas, L'Artilleur, 416 p., 24 €. Traduit de l'anglais par Marc Sigala."

Selon Zénit, qui lui avait consacré un article lors de sa parution en anglais l'an dernier, l'ouvrage de Gordon Thomas pourrait rétablir la réputation de Pie XII. Extraits :

"Gordon Thomas, un auteur britannique protestant, a en effet eu accès à des documents inédits, entre autre du Vatican, et a retrouvé des témoins de premier plan (...) Le livre pourrait rétablir la réputation de Pie XII, révélant le rôle qu'il a joué pour sauver des vies et s'opposer au nazisme. Il explique en détail comment Pie XII a donné sa bénédiction à la création de refuges dans le Vatican et dans les couvents et les monastères d'Europe. Le pape a notamment supervisé une opération secrète avec des noms de code et de faux documents, où des prêtres ont risqué leur vie pour abriter des juifs, dont certains ont même été faits citoyens du Vatican.

L'auteur montre, par exemple, que les prêtres ont reçu l'instruction de délivrer des certificats de baptême à des centaines de juifs cachés à Gênes, à Rome et ailleurs en Italie. Plus de 2.000 Juifs en Hongrie ont reçu des documents, fabriqués par le Vatican, les identifiant comme des catholiques et un réseau a sauvé des juifs allemands en les amenant à Rome. Le pape a également nommé un prêtre, lui allouant des fonds importants pour fournir de la nourriture, des vêtements et des médicaments aux réfugiés. Plus de 4.000 Juifs ont été cachés dans des couvents et des monastères dans toute l'Italie.

Le livre donne un nouvel éclairage sur l'histoire, par exemple sur le prêtre irlandais Hugh O'Flaherty, qui a aidé les juifs et les prisonniers de guerre évadés et dont la figure exemplaire a donné lieu au film "La pourpre et le noir". Selon la famille O'Flaherty, alors qu'il semblait que le prêtre agissait de son propre chef, en réalité "tout était fait avec la collaboration de Pie XII". Gordon Thomas a d'ailleurs eu accès à sa correspondance privée.

Le livre raconte aussi l'histoire de Vittorio Sacerdoti, un jeune médecin juif qui travaillait dans un hôpital du Vatican et qui a été sauvé grâce à une "maladie mortelle" fictive qui a dissuadé les Allemands d'y pénétrer : des dizaines de faux patients avaient appris à tousser de façon convaincante. (...)

Pendant et immédiatement après la guerre, le pape était considéré comme un sauveur des juifs. C'est aussi ce que rappelle le livre : les dirigeants juifs – tel le grand rabbin de Jérusalem en 1944 – ont demandé au peuple d'Israël de ne jamais oublier ce que le pape et ses délégués "font pour nos malheureux frères et sœurs à l'heure la plus tragique".

Les journaux juifs en Grande-Bretagne et en Amérique se sont fait l'écho de cette louange, et Hitler le surnomma même l'«ami des juifs».

Posté le 10 novembre 2014 à 11h27 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (14)

08 novembre 2014

Le "Camerone" des Marines US est un petit village de l'Aisne

Un reportage très émouvant sur TF1 où l'on apprend que le "Camerone" des Marines US est un petit village de l'Aisne, Belleau où ils livrèrent bataille pendant la 1ère guerre mondiale.

Cette année le centenaire de la Première Guerre Mondiale apporte son lot de commémorations en France. Mais cet anniversaire résonne jusqu’au bout du monde. Avec 10 millions de morts, de 40 nationalités différentes, la Grande Guerre a décimé des familles entières, très loin de chez nous. Pour Victoria, une étudiante Canadienne, pour Traci, une mère de famille Maori de Nouvelle Zélande, et pour le Capitaine Ryan Powell, un Marine américain, venir en France est comme un pèlerinage. Le devoir de mémoire, l’émotion, et l’attachement à notre pays de ces étrangers est bouleversant.

Posté le 8 novembre 2014 à 19h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)

07 novembre 2014

Ajournement de la messe annuelle pour Pétain à Douaumont

PInvoquant un prochain changement à sa présidence, l'Ossuaire de Douaumont, près de Verdun, a décidé de reporter sine die la messe pour Pétain qui était prévue lundi, organisée chaque année depuis 1951. C'est la première fois que cette messe est ajournée. Le président par intérim de l'Ossuaire, Francis Lefort, explique :

"Elle n'est pas abandonnée mais on la surseoit en raison de l'élection d'un nouveau président de l'Ossuaire le 14 novembre".

Depuis la mort en 1951 de Philippe Pétain, l'association "pour la défense de la mémoire de Pétain" (ADMP) organise une messe dans la chapelle de l'Ossuaire de Douaumont chaque 10 novembre, à la veille de l'anniversaire de l"Armistice de 1918, pour célébrer le vainqueur de Verdun. L'ADMP réclame notamment la révision du procès du Maréchal Pétain et le transfert de ses cendres à l'Ossuaire de Douaumont, qui abrite les restes de quelque 130 000 soldats tombés à la bataille de Verdun en 1916.

Déjà en 2011, 2012, une campagne avait tenté de faire supprimer cette messe annuelle. En 2013, cette messe avait déjà été décalée au 27 novembre.

Est-il possible d'honorer nos morts de la Grande Guerre sans honorer leur chef ?

Posté le 7 novembre 2014 à 16h52 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2014

22 novembre : spectacle sur Saint Louis au Chesnay

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Posté le 5 novembre 2014 à 11h59 par Michel Janva | Lien permanent

04 novembre 2014

8 novembre : Messe au tombeau de saint Martin de Tours

Samedi 8 novembre à 18h30, une messe selon la forme extraordinaire sera dite au tombeau de saint Martin, dans la crypte de la basilique à Tours. Elle permettra à tous ceux qui souhaitent faire mémoire de ce grand saint, évangélisateur de la Gaule, de vénérer ses reliques le jour anniversaire de sa naissance au Ciel en 397.

Elle sera célébrée par monsieur l'abbé Denis Cuchet, de la Fraternité sacerdotale Saint Pierre.

Vous trouverez le texte de la neuvaine à Saint Martin sur ce site.

Posté le 4 novembre 2014 à 14h56 par Michel Janva | Lien permanent

02 novembre 2014

Jeanne d'Arc : conférence de Philippe de Villiers à Versailles le 13 novembre

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Posté le 2 novembre 2014 à 11h00 par Michel Janva | Lien permanent

01 novembre 2014

15 novembre : conférence de Philippe de Villiers sur Jeanne d'Arc à Paris

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Posté le 1 novembre 2014 à 07h31 par Michel Janva | Lien permanent

Fin des éphémérides de Loïs…

La chronique se termine. J'ai en effet achevé l'année calendaire ; ceux qui veulent le 29 février peuvent me le demander.

J'espère avoir le temps de faire les quelques trente jours qui manquent en juillet-août pour l'été prochain. J'espère aussi avoir atteint mon but : donner aux familles un outil, simple d'emploi, qui puisse contrer l'entreprise de démolition de l'histoire de France, menée par le « ministère de la (ré) éducation nationale ». Cette entreprise vise surtout à détruire dans nos mémoires toute trace de Dieu. Or notre peuple et notre nation sont par nature religieux. A Chartres, avant l'arrivée des premiers chrétiens, les tribus gauloises vénéraient la vierge mère! Avant la révolution, un proverbe, une expression couraient en Europe : « Heureux, comme Dieu en France ! » Si aujourd'hui, cela semble faux et inapproprié, je crois que nous revenons à ce temps, soit disant révolu.

Dieu, l'idée de Dieu, travaillent la France. La haine de Dieu, qui habite aujourd'hui la France officielle, sous le nom anodin de laïcité, n'est pas de l'indifférence et de la tiédeur. Une « chute de cheval » peut convertir la nation, comme saint Paul, sur le chemin de Damas. Notre Dame, qui est Reine de France, depuis notre Roi Louis XIII, va relever la foi en France. Et quand la demande du Sacré-Cœur d'être honoré sur nos drapeaux et de voir le pays lui être consacré sera réalisée, alors nous pourrons de nouveau être « fidèles aux promesses de notre baptême ». Lequel date de la Noël 496. Saint Remy est celui qui ce jour là, a baptisé notre premier Roi catholique et 3000 de ses officiers ; le pape Saint Hormisdas l'avait institué Légat pour toute la France. Saint Remy a écrit un « Testament » pour la nation française et ses chefs. Relu avec 1500 ans de recul, ce document éclaire notre histoire et lui donne sa vraie signification:

« Que le présent testament que j'ai écrit pour être gardé respectueusement intact par mes successeurs les évêques de Reims, mes frères, soit aussi défendu, protégé partout envers et contre tous par mes très chers fils les rois de France par moi consacrés au Seigneur à leur baptême, par un don gratuit de Jésus-Christ et la grâce du Saint-Esprit.

Qu'en tout et toujours il garde la perpétuité de sa force et l'inviolabilité de sa durée...

Mais par égard seulement pour cette race royale qu'avec tous me frères et co-évêques de la Germanie, de la Gaule et la Neustrie, j'ai choisie délibérément pour régner jusqu'à la fin des temps, au sommet de la majesté royale pour l'honneur de la Sainte Eglise et la défense des humbles.

Par égard pour cette race que j'ai baptisée, que j'ai reçue dans mes bras ruisselante des eaux du baptême: cette race que j'ai marquée des sept dons du Saint-Esprit, que j'ai ointe de l'onction des rois, par le Saint Chrême du même Saint-Esprit;

J'ai ordonné ce qui suit:

I° MALÉDICTIONS

Si un jour cette race royale que j'ai tant de fois consacrée au Seigneur, rendant le mal pour le bien, lui devenait hostile; envahissait ses Églises, les détruisait, les dévastait:

Que le coupable soit averti une première fois par tous les évêques réunis du diocèse de Reims.

Une deuxième fois par les églises réunies de Reims et de Trêves. Une troisième fois par un tribunal de trois ou quatre archevêques des Gaules. Si à la septième monition il persiste dans son crime, trêve à l'indulgence! Place à la menace!

S'il est rebelle à tout, qu'il soit séparé du corps de l'Eglise, par la formule inspirée aux évêques par l'Esprit-Saint: parce qu'il a persécuté l'indigent, le pauvre, au cœur contrit; parce qu'il ne s'est point souvenu de la miséricorde; parce qu'il a aimé la malédiction, elle lui arrivera; et n'a point voulu de la bénédiction, elle s'éloignera.

Et tout ce que l'Eglise à l'habitude de chanter de Judas le traitre et des mauvais évêques, que toutes les Eglises le chantent de ce roi infidèle.

Parce que le Seigneur a dit: "Tout ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à Moi que vous l'avez fait, et tout ce que vous ne leur avez pas fait, c'est à Moi que vous ne l'avez pas fait.

Qu'à la malédiction finale on remplace seulement, comme il convient à la personne, le mot épiscopat par le mot royauté:

Que ses jour soient abrégés et qu'un autre reçoive sa royauté!

Si les archevêques de Reims, mes successeurs, négligent ce devoir que je leur prescris, qu'ils reçoivent pour eux la malédiction destinée au prince coupable: que leurs jours soient abrégés et qu'un autre occupe leur siège."

II° BÉNÉDICTIONS

"Si Notre-Seigneur Jésus-Christ daigne écouter les prières que je répands tous les jours en sa présence, spécialement pour la persévérance de cette race royale, suivant mes recommandations, dans le bon gouvernement de son royaume et le respect de la hiérarchie de la Sainte Eglise de Dieu.

Qu'aux bénédictions de l'Esprit-Saint déjà répandues sur la tête royale s'ajoute la plénitude des bénédictions divines!

Que de cette race sortent des rois et des empereurs qui, confirmés dans la vérité et la justice pour le présent et pour l'avenir suivant la volonté du Seigneur pour l'extension de la Sainte Eglise, puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et méritent ainsi de s'asseoir sur le trône de David dans la céleste Jérusalem où ils règneront éternellement avec le Seigneur. Ainsi soit-il."

Aujourd'hui, c'est à nous et à nos enfants d'agir selon les volontés de Dieu. Dieu nous demande de participer à son œuvre de salut ; il nous demande d'évangéliser notre prochain. Or, au-delà de nos familles, notre prochain le plus proche, c'est notre voisin, notre compatriote. A vue humaine, la conversion de la France semble impossible. Mais c'est Dieu qui convertit, il ne nous demande que de semer. Jeanne d'Arc disait quand les « sages et les bien-pensants » de la Cour du Dauphin soulignaient l'impossibilité à vue humaine de vaincre :

« Les gens d'armes combattront et Dieu donnera la victoire. »

Je sais que certains ont été choqués par des paragraphes de la chronique. J'en suis désolé et m'en excuse. Comme pour les chiffres, on peut faire tout dire aux faits historiques, ce n'était pas mon but. Le rappel de certaines vérités de notre histoire n'est pas toujours agréable; notre grandeur est de les accepter, de savoir de se mettre à genoux et demander pardon de nos fautes passées. Albert Camus n'a-t-il pas écrit :

« Il est bon qu'une nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut avoir encore de s'estimer elle-même. Il est dangereux, de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle ».

C'est pourquoi, j'ai souvent rappelé des faits trop souvent ignorés, voire volontairement cachés, qui élèvent l'âme et ravivent la fierté d'avoir de tels ancêtres, d'être issu d'un tel peuple. Car comme le rappelle la devise du Prytanée militaire : « Noblesse oblige. » Et cette noblesse du cœur français, nous la devons à notre foi.

« Rien n'est aussi grand dans ma création que ces beaux jardins d'âmes bien ordonnés comme en font les Français… Toutes les sauvageries du monde ne valent pas un beau jardin à la française ». écrivait Paul Claudel.

C'est une autre manière de parer la France du titre donné par les papes « d'éducatrice des Nations ». Les sursauts souvent qualifiés de miraculeux, que nous avons connus viennent de là : le retour à Dieu. C'est pourquoi, j'ai systématiquement cherché à suivre cette autre phrase de Paul Claudel :

« Pour comprendre l'Histoire, comme pour comprendre un paysage, il faut choisir le point de vue; et il n'en est de meilleur que le sommet. »

Et pour moi le sommet de l'Histoire, le sens de l'Histoire est unique, c'est Dieu.

Il nous appartient à nous, parents, de transmettre cet héritage à nos enfants. Cet héritage nous oblige, car il y a plus de devoirs que de droits à être français. Cet héritage les oblige donc ; même s'ils ne le connaissent pas ! Ce sont eux qui écriront l'avenir du pays, alors formons-les, donnons-leur les clés de l'avenir, en leur apprenant qui ils sont et d'où ils viennent, tant il est vrai que :

« Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est. En ce sens, le passé est la rampe de lancement vers l'avenir » (Otto de Habsbourg-Lorraine)

Enfin, merci à tous ceux qui ont pris le temps de me signaler des erreurs tant de fond que de forme. Et elles étaient nombreuses ! Si l'histoire est une passion elle n'est pas mon métier.

Je ne peux que conclure sur la première devise nationale que nous ayons eue, celle qui doit redevenir notre devise pour que la France se redresse: « Vive le Christ qui est Roi des Francs.

Posté le 1 novembre 2014 à 06h23 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (36)

31 octobre 2014

La passion du Puy du Fou

Le Puy-du-Fou est bien plus qu’un parc d’attractions. C’est un lieu de mémoire et d’histoire vécues. Un lieu d’enracinement, et donc d’humanité, d’amitié, ou comme le disent spontanément les Puyfolais : de passion. Les Puyfolais ? Ce sont eux que vous allez découvrir dans ce reportage où leur passion est à l’honneur : la passion des bénévoles qui depuis 37 ans, reviennent ou se succèdent chaque été sur la Cinéscénie ou dans les coulisses, sur les gradins ou dans les billetteries, pour exprimer une fidélité à leurs ancêtres et un devoir de justice : dire l’histoire tourmentée de la Vendée qui a reconquis son droit de cité grâce à la rencontre de Philippe de Villiers avec cette terre de géants. Communion, miracle, dévouement… les mots qui viennent à l’esprit en voyant et en écoutant ces bonnes gens sont de l’ordre du religieux. C’est aussi une histoire de foi que les Puyfolais racontent ici ; elle est sans aucun doute à la racine d’une réussite culturelle à contre-courant, mais qui s’est imposée en faisant partager cette joie où vérité et beauté se rencontrent.

Posté le 31 octobre 2014 à 11h46 par Michel Janva | Lien permanent

Honneur au Saint Suaire

Bel article, synthétique, assez complet et bien référencé, de Frédéric Becquérieux, dans Politique Magazine.

"Expertises, contre-expertises, contre-contre-expertises : le linceul de Turin a donné lieu à toutes les controverses possibles. Il faut reprendre les choses dans l’ordre et analyser, froidement, les pièces dont on dispose.

On appelle « Linceul de Turin » une grande pièce de lin, conservée à Turin, qui est censée avoir enveloppé le corps du Christ au tombeau, et sur laquelle son image se serait mystérieusement déposée. Cette relique, en France du moins, n’a pas très bonne réputation. La plupart des gens vous diront qu’il s’agit d’un « faux du Moyen-Âge ». Et si vous êtes capable d’apporter de sérieux éléments en faveur de l’authenticité du linceul, on vous répondra que la foi n’a de toute façon pas besoin de ce genre d’éléments matériels, vestiges de la piété superstitieuse des temps anciens.

Que penser de tout cela ?

Traitons les questions dans l’ordre.

1. Le linceul est-il authentique ?

Autrement dit : l’image du Christ qui se trouve sur le linceul a-t-elle été produite par le corps du Christ lui-même, pendant qu’il était au tombeau ?

Contrairement à ce qu’on raconte dans les revues de vulgarisation [1], l’authenticité du linceul est l’hypothèse la plus probable.

1.1. Ce que nous montre le linceul

Commençons par les faits [2]: le linceul est une pièce de lin tissé, typique de l’époque du Christ, et tout à fait conforme aux tissus utilisés pour les linceuls de la classe favorisée (n’oublions pas que c’est un homme riche, Joseph d’Arimathie, membre du Sanhédrin, qui s’est occupé de l’enterrement). Elle est maculée de sang et porte des ombres qui dessinent la silhouette très floue d’un homme nu, allongé, les mains croisées. Mais lorsqu’on regarde un négatif photographique du linceul, on a la surprise de voir apparaître la même silhouette, beaucoup plus nette, avec plus de détails et un fort effet de relief, comme s’il s’agissait d’une photo en positif.

Analysée par des médecins légistes, des physiologistes, des chimistes, des cristallographes et des botanistes, le linceul nous apprend les choses suivantes : l’image est celle d’un homme de type sémite, au nez long, barbu et chevelu, mesurant environ 1,78 mètre, âgé de 30 à 35 ans ; au niveau des pieds et des poignets, l’image montre des traces de perforation (on notera au passage que les représentations médiévales du Christ en croix plaçaient les perforation au centre de la paume des mains, et non au niveau des poignets -mais on sait maintenant que les Romains plaçaient les clous au niveau des poignets). Elle présente aussi les traces d’une multitude de piqûres sanguinolentes tout autour du crâne [3], les marques d’une flagellation très violente des épaules et des jambes (semblables à celles qu’aurait pu laisser le fouet spécifique de l’armée romaine : le flagrum taxilatum, qui comporte deux petites billes de métal au bout des lanières), des coups au visage et une perforation profonde au niveau du poumon droit (ayant la forme de la lancea romaine) [4]. Autre élément important de l’ « autopsie » : le sang qui macule le linceul présente un excès de bilirubine, caractéristique des organismes qui éprouvent des souffrances très intenses [5]. D’après les experts, l’état du linceul permet d’affirmer que s’il a contenu un corps, ce dernier n’y est pas resté plus de quarante heures ; mais chose étrange, la surface de l’étoffe ne présente aucune trace d’arrachement. Le tissu contient aussi des traces de différents pollens [6], difficilement trouvables ailleurs qu’en Palestine, et des poussières minéralogiques caractéristiques de Jérusalem [7].

Ce n’est pas tout. Les chercheurs se sont aussi intéressés aux caractéristiques techniques de l’image. Il en ressort qu’elle résulte d’une simple déshydratation et oxydation de la cellulose du lin [8]. Aucune peinture, aucun solvant, aucun enduit n’a été retrouvé. Les zones ombrées qui forment l’image n’ont pas de contour net, pas de tracé, pas de « directionnalité » (pas de coups de pinceaux) et la coloration n’a pas pénétré profondément dans l’étoffe. En outre, l’image ne présente pas de « déformation panoramique », ce qui arrive lorsqu’on applique un tissu sur un visage pour prendre une empreinte par contact [9] ; l’image a été comme projetée perpendiculairement sur le tissu, comme si le linceul avait été tendu face au corps, à la manière d’une plaque photographique. C’est cette particularité qui fait dire aux experts qu’il s’agit d’une image « tridimensionnelle » : car, en partant du principe que l’intensité de l’oxydation est inversement proportionnelle à la distance entre le tissu et le corps, on peut traiter l’image comme un code pour reconstituer le visage et le corps en relief. Les résultats sont alors saisissants.

1.2. La question de la datation

Venons-en à la datation. L’affirmation, inlassablement répétée depuis vingt-cinq ans, selon laquelle il s’agit d’un « faux médiéval » vient d’un essai de datation au carbone 14 réalisé en 1988, et qui avait situé le linceul dans un intervalle compris entre 1260 et 1390 [10]. Malheureusement (pour leurs auteurs) ces tests se sont avérés sans valeur. On pouvait le subodorer a priori, compte tenu de la force des autres éléments de datation disponibles (l’existence du linceul est documentée dès 544, à Edesse, puis à Constantinople, de 944 à 1204 [11] ; par ailleurs, il est représenté sur un miniature hongroise -le « codex Pray »- datée de manière certaine des années 1190). Mais la fausseté de cette datation au C14 s’est trouvée confirmée et archi-confirmée par des expertises ultérieures. Quatre choses à dire à ce propos : la première, c’est que la technique de datation au C14 est en général peu fiable lorsqu’elle est appliquée à des tissus et autres matériaux susceptibles d’avoir été altérés et couverts de dépôts bactériens[12] ; la deuxième, c’est qu’il a été démontré que, dans sa totalité, le linceul est particulièrement impropre à une datation au carbone 14, en raison des très importants dépôts de moisissures et de carbonate de calcium, qui faussent totalement les évaluations (en chargeant le tissu en C14) [13] ; la troisième, c’est que, en l’espèce et au surplus, le test au carbone 14 a été effectué sur des parties rénovées du linceul (les échantillons avaient été prélevés sur la bordure, à l’endroit où l’on tenait le linceul pour les expositions) [14] ; la quatrième, la plus importante, c’est que d’autres méthodes de datation beaucoup plus sûres pour ce genre de matériau existent (spectroscopie infra-rouge, spectroscopie « Raman » et datation mécanique multi-paramétrique), et qu’elles ont été appliquées au linceul (en 2005, 2010 et 2013), dans un silence médiatique de plomb [15]. Et pour cause : elles concluent toutes à une origine compatible avec l’authenticité : entre 200 avant J.-C. et 300 après J.-C.

1.3. Les différentes hypothèses explicatives

Ces faits étant acquis, passons en revue les explications concevables. Il y en a quatre.

Le linceul est :

1. une image artificiellement réalisée de main d’homme
2. une image naturellement déposée par le corps d’un autre homme que le Christ
3. une image naturellement déposée par le corps du Christ
4. une image surnaturellement déposée par le corps du Christ

La première hypothèse est évidemment exclue par les données que nous venons de rappeler : l’image n’est pas faite de peinture, ni d’une quelconque substance artificielle. Elle résulte d’un pur processus physico-chimique, n’engageant que le tissu et le corps, sans opérateur extérieur ni substance ajoutée. L’hypothèse d’une image artificielle suppose en outre que le faussaire ait eu, 1600 ans avant l’invention de la photographie, une idée de ce que rendrait un tirage négatif de son œuvre. Plus difficile encore, il aurait dû prévoir que des techniques très pointues de la fin du XXe siècle permettraient de découvrir la bilirubine, d’identifier le pollen et d’analyser les minéraux présents sur le tissu. Quelles raisons aurait-il eues, sinon, d’en saupoudrer le linceul ? Tout cela est absurde. Bref, l’hypothèse de la fabrication artificielle est intenable.

Nous pouvons passer aux deux hypothèses suivantes.

Elles ont un point commun : elles supposent qu’un corps humain réellement supplicié a été enveloppé dans le linceul et y a déposé, naturellement, son image [16].

Elles partagent aussi deux graves difficultés : d’une part, on ne connaît aucun processus physico-chimique naturel susceptible de déposer spontanément une telle image sur un tissu (en d’autres termes : quand on met un cadavre dans un linceul, il n’y laisse pas une image de lui-même !) ; d’autre part, même en admettant qu’une image puisse se former par contact, elle devrait présenter une déformation panoramique, absente dans notre cas. Admettons tout de même qu’on découvre un phénomène rare, dû à des conditions très particulières, capable d’expliquer la formation de l’image .

Nous dirons alors ceci : soit il s’agit d’un homme torturé exactement comme le Christ, soit il s’agit du Christ. Dans le premier cas, il faut imaginer qu’un sadique a fait subir le supplice de la crucifixion à un malheureux, en suivant soigneusement les descriptions de la Passion dans les évangiles, en y ajoutant quelques détails tirés d’une connaissance extraordinaire des pratiques romaines de torture et de leurs instruments. Soyons directs : cette hypothèse n’est pas crédible. Pourquoi ? Eh bien d’abord parce que le faussaire-sadique ne pouvait pas raisonnablement croire que son opération laisserait une image sur le linceul, puisque d’habitude les cadavres ne laissent pas d’image d’eux-mêmes sur les linceuls ! Réfléchissons bien à ceci : le faussaire-sadique n’aurait pu entreprendre son opération que s’il avait pensé, du fait de son expérience passée, pouvoir en tirer une image précise sur le linceul. Or, il ne pouvait pas le croire puisque cela n’arrive pas en temps normal (la science est obligée d’invoquer des phénomènes extraordinaires). Dès lors, pourquoi avoir tenté une telle chose ? A quoi bon raffiner la torture, en respectant tous les détails historiques, s’il n’en escomptait aucun résultat ? Autre question : par quelle étrange piété un homme vivant à l’époque du Christ, ou même un ou deux siècles après, aurait-il voulu fabriquer une preuve de la mort de Jésus (dont personne ne doutait), entreprenant pour cela de torturer à mort un innocent ? La seule version logiquement tenable de l’hypothèse du sadique consisterait à dire qu’il n’avait pas pour objectif d’obtenir une image du supplicié, et que cette dernière a été un effet hasardeux, non délibéré. Le sadique n’était pas doublé d’un faussaire ; il se serait simplement borné à faire subir la passion du Christ à sa victime, avant de l’enrouler dans un linceul, sans but particulier. Just for fun. Qui peut croire à ce scénario digne de Saw VI ? Le plus probable, d’un point de vue scientifique, est donc que l’image a été déposée par le corps de Jésus lui-même. Rappelons en effet que la mort du Christ et son ensevelissement sont par ailleurs bien attestés par l’histoire. Il est donc superflu, d’un point de vue scientifique, d’invoquer l’existence d’un deuxième cadavre identique à celui du Christ. Le principe du « rasoir d’Occam » -ou principe d’économie- s’applique ici sans problème : il ne faut pas multiplier les entités sans nécessité.

Mais comment l’image a-t-elle pu se former ?

L’énigme reste entière. Une chose est sûre : la science n’a désormais qu’une alternative : ou bien découvrir un processus inédit par lequel l’image a pu s’imprimer naturellement, et conclure à l’authenticité du linceul. Ou bien affirmer que l’image est inexplicable physiquement et conclure… à l’authenticité du linceul ! Dans les deux cas, il faut reconnaître que le corps du Christ a bel et bien déposé son image.

Il y a toutefois une différence entre les deux branches de l’alternative : dans le premier cas, il s’agirait d’une image naturelle. Dans le deuxième, d’une image surnaturelle. Il faudrait, en effet, invoquer un processus étranger aux lois de la nature, autrement dit un miracle. Il y a pour cela de bons arguments : le processus de projection de l’image, qui suppose que le tissu ait été tendu devant le corps et non plaqué à son contact ; l’absence de toute trace d’arrachement ; la perpendicularité parfaite du rayonnement issu du corps vers le linceul. Ces éléments nous portent à conclure que, en l’état actuel des données scientifiques, l’hypothèse de l’authenticité miraculeuse est la meilleure parce qu’elle rend compte très précisément, et d’un seul coup, de tous les faits, c’est-à-dire de toutes les particularités de l’image imprimée sur le linceul (historiques, optiques, physiologiques et médico-légales) ; qu’elle est la plus simple, la plus élégante et qu’elle n’oblige pas à recourir à des hypothèses ad hoc farfelues. Qu’on s’en étonne ou pas, il faut se rendre à l’évidence, l’intervention de Dieu est parfois une hypothèse rationnellement beaucoup moins farfelue que les élucubrations du cercle zététique !

Admettons que nous ayons raison. Un deuxième type d’objection intervient alors : « de toute façon, authentique ou pas, ça n’a aucun intérêt ! La foi est au-dessus de toutes ces choses matérielles. Le culte des reliques, c’est du passé, c’est fini. » Cette objection est d’autant plus troublante qu’elle émane souvent de chrétiens, voire d’ecclésiastiques ! Comment la comprendre ?

2. Pourquoi s’intéresser au linceul ?

Posons-nous une question simple : si le linceul est authentique, que prouve-t-il ?

2.1. Le linceul prouve-t-il la résurrection du Christ ?

Il y a deux cas. Si le linceul est une image naturelle du Christ, on peut considérer qu’il constitue une preuve (supplémentaire) de la mort du Christ. Une preuve aussi de la véracité du récit des évangiles concernant la Passion. Quel historien resterait froid à l’idée que nous aurions découvert une photographie de Napoléon ? Deuxième cas : si le linceul est une image miraculeuse, il ne prouve pas seulement la mort du Christ ; il prouve aussi qu’il s’est passé quelque chose de surnaturel à l’intérieur du tombeau du Christ ! De là à dire qu’il « prouve la Résurrection », il y a un pas infranchissable. Pour être rigoureux, il faut dire simplement que le linceul apporte un élément supplémentaire tendant à renforcer les arguments déjà existants en faveur de la Résurrection (tombeau vide, conversion subite des apôtres, récits d’apparitions). Mais alors, pourquoi tant de gens écartent le linceul d’un revers de la main ? Il y a là une question qui dépasse le linceul. Cela rejoint un problème fondamental : le mépris de l’enracinement historique de la foi. Beaucoup de gens semblent considérer que la vérité historique des évangiles n’a aucune importance ; que le christianisme est seulement une sagesse, une morale, et qu’avoir la foi, c’est simplement penser que ce que dit le Christ est « intéressant » ou « génial ». Qu’être chrétien, c’est « approuver le message du Christ » -que cet homme ait existé ou non.

Pour eux, en fin de compte, il est sans intérêt de savoir si le linceul est authentique, tout simplement parce qu’il est sans intérêt de savoir si le Christ a existé, s’il est mort, si le récit des évangiles est véridique. Or, cette opinion est insoutenable. Avoir la foi, c’est croire que Jésus-Christ est vraiment le Fils de Dieu et que cela a été attesté par sa Résurrection, qui préfigure la nôtre. Si le Christ n’a pas existé, s’il n’est pas mort, pas ressuscité, si les évangiles sont un roman, alors Dieu ne s’est pas incarné, il n’a pas réalisé les prophéties de l’Ancien Testament, il n’a pas sauvé l’humanité et nous ne ressusciterons pas. Il reste une morale, qui ressemble à une sorte de judaïsme libéral ou de stoïcisme spirituel. Quelle espérance pouvons-nous avoir si nous ne croyons pas vraiment à la résurrection des morts ? Une morale n’a jamais sauvé personne. Comme le dit Saint Paul, « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Corinthiens 15, 14). Or, pour croire à une chose pareille, on peut certes se fier à la parole de l’Église, et estimer cela suffisant. D’ailleurs, ça l’est. Mais, comme chacun sait, nous avons tous des moments de doute, et les esprits forts sont parfois enclins à ne pas croire l’Église sur parole. Il y a aussi les gens qui sont nés et ont grandi à l’extérieur de l’Église. Ceux-là, comment allez-vous les convaincre que le Christ est bel et bien mort et ressuscité ? Il serait absurde de leur dire : « il suffit d’y croire ! » Car ils auraient raison de répondre : « Ah oui et pourquoi devrais-je croire à une histoire pareille ? » Personne ne peut croire sans motifs de croire. Parmi ces motifs, il serait tout de même étrange de négliger les preuves historiques ! Ne négligeons pas qu’un bon argument est aussi une forme de grâce.

2.2. Le culte des reliques est-il idolâtrique ?

Dernier point : que dire du culte des reliques ? Il est évident que la piété ne consiste pas à passer sa journée à adorer les reliques sacrées ! Mais mise à sa place, la contemplation des reliques n’est pas une mauvaise chose. On lira là-dessus saint Thomas d’Aquin :

« Comme dit Aristote il y a un double mouvement de l’âme vers l’image : l’un se portant vers l’image elle-même en tant qu’elle est une réalité, l’autre se portant vers l’image en tant qu’elle est l’image d’autre chose. Il y a cette différence entre ces deux mouvements, que le premier est différent de celui qui se porte vers la réalité représentée, tandis que le second, qui se porte vers l’image en tant qu’image, est identique à celui qui se porte vers la réalité représentée. Ainsi donc, il faut dire qu’on ne doit aucune vénération à l’image du Christ en tant qu’elle est une chose, comme du bois sculpté ou peint, parce qu’on ne doit de vénération qu’à la créature raisonnable. Il reste donc qu’on lui manifeste de la vénération seulement en tant qu’elle est une image. Et il en résulte qu’on doit la même vénération à l’image du Christ et au Christ lui-même. Donc, puisque le Christ est adoré d’une adoration de latrie, il est logique d’adorer de même son image. » [17]

En combattant les formes excessives de la piété, certains ont le tort d’en condamner aussi les formes saines. L’humble trace matérielle du Christ est comme la photographie d’une personne aimée : on ne peut certes pas faire consister la vie affective en la contemplation éperdue de photographies d’êtres défunts. C’est là une forme de pathologie. Mais il serait inhumain d’interdire d’avoir sur soi une photo de sa femme ou de son grand père. Il faut en user de même avec les reliques en général et avec le linceul de Turin en particulier.


[1] Comme le magazine Science & Vie, qui ne s’est pas grandi sur ce sujet ; voir le numéro de juillet 2005 (n°1054) consacré au linceul de Turin, confié à Paul-Eric Blanrue, « zététicien » passionné par la négation des faits historiques (existence du Christ, extermination des juifs d’Europe, etc.). La fumisterie voltairienne dans toute sa splendeur. On lira aussi le numéro de Sciences et Avenir de janvier 2011, également peu au fait du dossier.
[2] Sur l’ensemble des constatations réalisées lors des différents examens du linceul, nous recommandons l’excellente synthèse de Jean-Christian Petitfils, dans son Jésus, Fayard, Paris, 2011.
[3] Robert Bucklin, « The Shroud of Turin : A Pathologist’s Viewpoint » Legal Medicine Annual, 1982.
[4] Pierre Barbet, La Passion de N.S. Jésus-Christ selon le chirurgien, 1930, Dillen, Paris.
[5] John H. Heller & Alan D. Adler « A Chemical Investigation of the Shroud of Turin » Canadian Society of Forensic Science Journal, vol. 14, n°3, 1981, pp. 81-103 et “Blood on the Shroud of Turin”, Applied Optics, vol. 19, n°16, 1980, pp. 2742-2744.
[6] Max Frei, “Nine years of palynological studies on the Shroud”, Shroud Spectrum International 3 (1982),pp.2-7
[7] J. Kohlbeck & E. Notowski « New Evidence May Explain Image on Shroud of Turin; » Biblical Archaeology Review, Vol. 12, No. 4, July/August 1986
[8] L. A. Schwalbe & R. N. Rogers, « Physics and Chemistry of the Shroud of Turin-A Summary of the 1978 Investigations”, Analytica Chimica Acta, 135 (1982), 3-49.
[9] Dans ce cas, lorsqu’on remet le tissu à plat, le visage a l’air ‘trop large’ pour être un vrai visage ; c’est la technique utilisée par certains contestataires de l’authenticité du linceul, comme Henri Broch, directeur du « laboratoire de zététique » de l’Université de Sophia-Antipolis, qui s’amuse à « fabriquer des faux suaires en cinq minutes »; tout ce que prouvent ces différents essais, qui présentent tous une déformation panoramique, c’est que le linceul n’a pas pu être fabriqué ainsi. L’image qu’ils obtiennent ainsi ressemble vaguement au linceul mais ne présente quasiment aucune de ses caractéristiques spécifiques. Certains objecteront peut-être que l’argument de la déformation panoramique n’est pas bon car pour juger de cette dernière il faudrait connaître le visage original. En fait, ce n’est pas le cas : il se trouve que le visage sur le linceul est très étroit ; en supposant qu’il soit le résultat d’une déformation panoramique, on est conduit à un visage « de départ » si étroit qu’il en devient anatomiquement impossible.
[10] P.E. Damon & alii, “Radiocarbon Dating of the Shroud of TurinNature, Vol. 337, No. 6208, pp. 611-615, Feb. 1989
[11] E. Poulle, « Le linceul de Turin victime d’Ulysse Chevalier », Revue d’Histoire de l’Église de France, t. 92, 2006, pp.343-358.
[12] Sur ce genre d’objet, les résultats sont totalement erratiques. Les archéologues y sont habitués : de nombreux objets dont on connaît la date de fabrication ont été datés de manière aberrante par des tests au C14
[13] L. Garza-Valdes & F. Cervantes-Ibarrola, « Biogenic Varnish and the Shroud of Turin », Actes du Symposium scientifique international du C.I.E.L.T., FXG, Paris, 1995.
[14] R.N. Rogers, “Studies on the Radiocarbon Sample From the Shroud of TurinThermochimica Acta (vol. 425, 2005, pp. 189-94)
[15] G. Fanti, La Sindone : primo secolo dopo Christo, Ed. Segno, 2014. Et, pour les détails : G. Fanti, P. Baraldi, , R. Basso, A. Tinti, “Non-destructive dating of ancient flax textiles by means of vibrational spectroscopy”, Vibrational Spectroscopy (2013) ; G. Fanti, P. Malfi, “A New Cyclic-Loads Machine For The Measurement Of Micro-Mechanical Properties Of Single Flax Fibers Coming From The Turin Shroud”, AIMETA Congress, Torino, 2013; G. Fanti, P. Malfi, “Multi-parametric micro-mechanical dating of single fibers coming from ancient flax textiles”, Textile Research Journal (2013), SAGE Pub.
[16] Un certain nombre de réactions chimiques ou électriques sont susceptibles de produire une image comme celle du suaire, mais les scientifiques n’arrivent pas à expliquer comment de telles réactions auraient pu avoir lieu à la surface du cadavre. Les trois phénomènes le plus souvent avancés sont : une sorte de « cuisson » (réaction de Maillard) ; une ionisation très puissante (« effet Corona ») ; un bombardement de neutrons (dû à un tremblement de terre). Sur cette dernière et très récente hypothèse, on lira L. Carpinteri, G. Lacidogna, O. Borla, “Is the Shroud of Turin in relation to the Old Jerusalem historical earthquake ?” Meccanica – An International Journal of Theoretical and Applied Mecanics, Jan. 2014, Springer.
[17] Somme théologique, III, 25, 3.

Posté le 31 octobre 2014 à 10h12 par Paula Corbulon | Lien permanent

C’est arrivé un 31 octobre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous:

  • le 31 octobre 657: le Roi Clovis II meurt et est inhumé à St-Denis.

Son fils aîné Clotaire III lui succède sous la régence de sa mère Bathilde.

  • le 31 octobre 1472 : le Roi Louis XI et le pape Sixte IV signent un concordat à Amboise.

Trois ans plus tard le Roi va signer la paix avec le duché de Bretagne à Senlis (voir la chronique du 29 septembre). Souvent moqué par les historiens post révolutionnaires, pour sa piété légendaire et un soi-disant esprit retors, ce Roi a eu une action pacificatrice durant son règne et a su préparer l'union de la Bretagne et de la France.

  • le 31 octobre 1512 : inauguration de la fresque de la Chapelle Sixtine.

L'œuvre gigantesque de Michel Ange est inaugurée à Rome. La critique est en admiration devant une telle grandeur. La fresque qui décore la voûte de la chapelle Sixtine mesure 40 mètres de long sur 13 mètres de large. Elle fut commandée à Michel-Ange par le pape Jules II.

  • le 31 octobre 1517 : les 95 thèses de Martin Luther.

Sur la porte de l'église de Wittenberg en Saxe, le prêtre Martin Luther affiche ses 95 thèses. Il dénonce beaucoup d'abus du clergé de l'époque. Il affirme aussi que les prêtres peuvent se marier et il condamne la fonction cléricale. Les bases du protestantisme sont ainsi jetées. Les thèses de Luther se diffusent à travers l'Allemagne Elles finissent brûlées par le pape Léon X en juin 1520.

L'orgueil démesuré et le manque d'obéissance de Luther en feront la source, avec Calvin, de bien des guerres et bien des souffrances, sans compter leur responsabilité dans l'avènement du marxisme et de toutes ses horreurs.

  • le 31 octobre 1589 : Henri IV revient mettre le siège devant Paris.

La capitale, à l'image de tout le Royaume, lui résiste, car la France ne veut pas d'un huguenot sur le trône. Les lois fondamentales du Royaume l'interdisent.

  • le 31 octobre 1705 : naissance du futur pape Clément XIV.

Giovanni Vincenzo Ganganelli naît près de Rimini. Cardinal en 1759, il succède à Clément XIII en 1769, après un conclave de trois mois. A cette époque, l'Eglise est affaiblie par le jansénisme et les idées philosophiques qui attaquent la religion. Ayant moins de caractère que son prédécesseur, il supprime la Compagnie de Jésus, le 21 juillet 1773, cédant aux assauts des maçons et de Choiseul alors ministre de Louis XV. Voir la chronique du 19 mai.

  • le 31 octobre 1807 : le cardinal Lattier de Bayane, que Pie VII a accepté de désigner comme négociateur pour toutes les questions religieuses, arrive à Fontainebleau.

Bien que signé en 1801, le concordat a fait l'objet de nombreuses négociations ultérieures  pour permettre aux catholiques de retrouver leurs libertés. On juge l'arbre à ses fruits ; et le sarment, coupé du cep ne produit que du bois mort !

  • le 31 octobre 1825 : naissance de Charles Martial Lavigerie, cardinal français, archevêque de Carthage.
  • le 31 octobre 1956 : intervention Franco-britannique contre l'Egypte

Les Anglais et les français occupent la zone du canal de Suez mécontents de la décision du chef d'état égyptien, Gamal Abdel Nasser de nationaliser le canal (le 26 juillet 1956). Ils attaquent donc l'Égypte pour assurer le libre passage à travers le canal de Suez. Israël a déjà envahi le Sinaï le 29 octobre. Le conflit prend fin le 6 novembre sous la pression des Etats-Unis et de l'URSS. C'est la fin des empires coloniaux qui se dessine.

  • le 31 octobre 1992 : le Vatican réhabilite Galilée.

Le Vatican décide de réhabiliter le physicien et astronome italien Galileo Galilée qui avait démontré au début du dix-septième siècle que la terre tourne autour du soleil et non le contraire.

L'Eglise ne révise que les aspects scientifiques du procès. Les condamnations des conclusions philosophiques et des mensonges de Galilée ainsi que le reproche de n'avoir rien démontré, mais seulement affirmé, demeurent. (Voir les chroniques des 12 et 24 avril, du 22 juin en particulier où est rappelé par Jean Sévillia le mensonge de Galilée qui demande l'imprimatur au Saint Office pour un livre et le publie avec l'imprimatur, mis en ayant totalement changé le texte !)

Posté le 31 octobre 2014 à 06h00 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

30 octobre 2014

le Souvenir Vendéen honore la mémoire de Louis-Marie de Lescure, le "saint du Poitou"

A l'occasion de sa journée d'automne, le samedi 8 novembre 2014, le Souvenir Vendéen honorera la mémoire de Louis-Marie de Lescure, le "saint du Poitou", au lieu même où il rendit son âme à Dieu, à La Pellerine, en inaugurant le nouveau calvaire, qui en perpétue le souvenir depuis 1815.

Programme :

 

11h15 : arrivée au Musée Jean Chouan de Saint-Ouen-des-Toits, à la Closerie des Poiriers, pour une visite privée

 

12h15 : départ vers le château du Bois-Guy (17e siècle) à Parigné

13h00 : Pierre Gréau y rappellera le souvenir des frères du Bois-Guy.

14h30 : départ vers Fougères et visite des lieux de mémoire sous la conduite de Nicolas Chotard, trésorier de la Chouannerie du Maine et Président des Lys de France.

16h00 : à la Croix des Besnardières, accueil par M. Pierre Chataigner, maire de la commune de La Pellerine et les élus, dévoilement de la plaque commémorative et bénédiction du nouveau calvaire par le Père Marcel Bourdon, curé de la paroisse Notre-Dame de Charné à Ernée

 

Ancien calvaire Nouveau calvaire,

oeuvre de Jean-Paul Petit, artisan-marbrier à Saint-Sauveur-des-Landes

 

16h30 : à la ferme toute proche des Besnardières, de M. et Mme Coutard, vin d'honneur offert par la municipalité de La Pellerine

17h00 : départ de l'autocar, et des voitures pour le retour.

 

Transport : à partir de la Vendée, hors voitures particulières, un autocar des Ets Bourmaud de Rocheservière assurera la prise des passagers selon l'horaire et les points de ralliement suivants :

07h30 : aux Ets Bourmaud de Rocheservière

08h00 : à la Roche-sur-Yon devant le restaurant Mac Donald des Flâneries (grand parking)

08h45 : à Cholet sur le parking du péage de la sortie 26 de l'A 87 (sortie nord-est de Cholet)

09h30 : à Angers, devant l'entrée du Château, place de l'Académie

10h45 : à Laval sur le parking du péage de la sortie 4 de l'A 81 (au nord-ouest de la ville)

Co-voiturage éventuel : demandes et propositions seront reçues au secrétariat.

Inscriptions : au Secrétariat du Souvenir Vendéen, BP 40612 – 49306 Cholet par envoi d'un chèque à l'ordre du Souvenir Vendéen avant le 5 novembre (aucune inscription ne sera prise sans paiement simultané) : pour le déjeuner 25 € par personne + si transport par autocar 20 € par personne quelque soit le point de départ.

 

Secrétariat du Souvenir Vendéen

Salle 13, porte A

26, rue Louis-Marie Grignon de Montfort  – BP40612

49306 CHOLET CEDEX

Téléphone : 02 41 62 11 31 (de 14h à 17h sauf le samedi)

Fax : 02 41 71 23 46

Email : souvenir.vendeen@laposte.net

Posté le 30 octobre 2014 à 10h40 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

Doit-on avoir peur d'Halloween ?

Une explication sur les origines historiques de la fête d'Halloween :

"Dans quelques jours, la veille de la Toussaint verra resurgir les diatribes habituelles sur la fête d' "importation" qu'est Halloween. Un carnaval d’automne avec des lanternes creusées dans des citrouilles, où les jeunes et les enfants, déguisés en fantômes et autres zombies horribles, vont la nuit dans les rues jouer à se faire peur et frapper à chaque porte en criant ces trois petits mots « trick or treat »  (friandise ou bêtise),  des bonbons ou des farces. Mais cette fête est-elle  vraiment satanique, comme certains le pensent,  ou simplement une terne reproposition profane d’une fête chrétienne  à ré-évangéliser ? Je dirai même plus : est-elle à la racine une fête catholique, vieille de plus de 1300 ans, mais que la banalisation actuelle dénature ?

Commençons par son nom : Halloween est une contraction de l’ancien  All Hallows eve anglais, qui signifie la Veille de la fête de tous les saints, la Toussaint (Hallow est l’ancienne manière de dire “saint”, comme on le voit encore dans le Notre Père en anglais : hallowed be thy name (que ton nom soit sanctifié). Cette veille est célébrée depuis le huitième siècle, depuis le jour où le Pape de Rome  Grégoire III  a transféré au 1er novembre la solennité de la Toussaint, à la demande, semble-t-il, de moines irlandais  (le Pape Grégoire VI, à la demande du roi des Francs, a ensuite élargi la fête à tout l'Occident, en l’an 835)."[...]

[la suite ici]

Posté le 30 octobre 2014 à 10h17 par Marie Bethanie | Lien permanent

C’est arrivé un 30 octobre…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 30 octobre 235 : mort du pape Pontien, 18e pape.

Saint Pontien est vénéré comme saint par les Églises catholiques et orthodoxes. Sa fête, d'abord le 19 novembre, a été déplacée au 13 août.

  • le 30 octobre 942 : élection du pape Marin II.

 

  • le 30 octobre 1242 : signature de la paix de Lorris.

Le comte de Toulouse Raimond VI et le Roi de France Louis IX signent un traité de paix à Lorris dans le Loiret. Raimond VII renonce à Narbonne et Albi et promet de faire la chasse aux hérétiques, les "cathares". Cet accord met fin à la révolte des seigneurs du Midi contre Saint-Louis. Sa fille unique et héritière, Jeanne, épouse Alphonse de Poitiers, frère du Roi. Le couple n'aura pas d'enfant et à leur mort, le comté de Toulouse sera mis à la disposition de la couronne.

  • le 30 octobre 1422 : Charles VII se confère le titre de Roi de France.

Désavouant le Traité de Troyes (1420) qui le déshéritait au profit d'Henry V d'Angleterre, Charles VII, dit « le Victorieux » ou le « Bien servi », se proclame Roi de France à Mehun-sur-Yèvre, près de Bourges, en lieu et place du successeur désigné « légitime »,par ce honteux traité, Henry V, puis son fils Henri VI. Malheureusement, il le sait cette proclamation n'a aucune valeur juridique. Seul le sacre fait le Roi selon les lois du Royaume qui remontent à Clovis.

Le 1er décembre 1420, Henri V a fait une entrée triomphale à Paris. L'université de Paris, avec à sa tête le recteur Pierre Cauchon, et les États généraux de langue d'oïl, lui apportent leur soutien en enregistrant le traité de Troyes.

Ce traité, a été signé en pleine guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons de Philippe III de Bourgogne, sous l'influence de ces derniers qui ont profité de la folie du Roi Charles VI. Il  retirait au Dauphin l'héritage du Trône. Henri V devenait Roi de France à condition qu'il épousât une des filles de Charles VI. Or, les lois fondamentales du Royaume (Lire l'excellent livre de Bernard Basse : la constitution de l'ancienne France aux éditions Dominique Martin Morin) sont très claires : même le Roi ne peut pas disposer de la couronne ; de plus la couronne ne peut se passer par les femmes. La loi de primogéniture male prime, même un Roi en fonction ne peut pas la changer.

Les juristes parisiens de l'Université de Paris, conscients de l'illégalité du Traité firent courir le bruit de l'illégitimité de Charles du fait d'une infidélité de sa mère ; et ce avec l'appui de cette dernière Isabeau de Bavière ! Mais la Providence veille Henri V meurt, le 31 août 1422 et son héritier n'a pas 10 mois. Le duc de Bedford assure la régence en France, et met le siège devant Orléans le 12 octobre 1428, la dernière ville au nord de la Loire fidèle à Charles VII.

Totalement abandonné par les élites du pays, appelé le « roi de Bourges » par dérision, le futur Charles VII doute jusqu'à la venue de Jeanne d'Arc en 1428, soit pendant 6 ans, de sa légitimité.

Pour contrecarrer l'unité française qui se reconstruit de façon extraordinairement rapide autour de Charles VII, suite à son sacre, les Anglais, les Bourguignons et les élites parisiennes vont couronner Roi de France à Notre Dame de Paris, le 16 décembre 1431, Henri VI d'Angleterre. Plus tard, les juristes, casseront le traité de Troyes, arguant que la couronne de France n'appartient pas au Roi de France, qui ne peut donc en disposer, mais les rois d'Angleterre garderont officiellement le titre de Roi de France près de quatre siècles, avant de l'abandonner en 1802, suite à la Paix d'Amiens.

  • le 30 octobre 1516 : mort de Louis Malet de Graville, amiral de France.

Ce gentilhomme français sert et joue un rôle important sous les Rois Louis XI, Charles VIII et Louis XI. En septembre 1489, Brest étant assiégée par les Anglais, il disperse la flotte anglo-bretonne, forte de soixante voiles, et force l'armée de terre à battre en retraite et à laisser son artillerie, alors qu'il est en très nette infériorité numérique[

  • le 30 octobre 1522 : mort de Jean Mouton, compositeur français.

Jean Mouton, de son vrai nom Jean de Hollingue, est un compositeur français né à Samer vers 1459. Il est ordonné prêtre, vers 1483 à Nesle. Musicien favori d'Anne de Bretagne alors Reine de France, il devient maître de la chapelle du palais en 1505. Par un motet devenu célèbre, Non nobis domine, il célèbre la naissance de la fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne. En 1514, à la mort d'Anne de Bretagne, pour laquelle il écrit le motet Quis dabit, il devient maître de chapelle de Louis XII, puis de François Ier.

  • le 30 octobre 1632 : Montmorency est décapité.

Accusé de désobéissance au Roi Louis XIII et à Richelieu. Montmorency, filleul du précédent Roi Henri IV, avait fomenté un complot contre le cardinal Richelieu avec Gaston d'Orléans le frère de Louis XIII. Mais il est fait prisonnier lors de la bataille de Castelnaudary, alors que le frère du Roi s'enfuie vers les Pays-Bas. Il cherchait l'appui des grands féodaux pour à prendre le trône de Louis XIII.

  • le 30 octobre 1685 : mort de Michel Le Tellier.

Dans l'Oraison funèbre qu'il prononce aux obsèques de ce secrétaire d'État à la Guerre, Bossuetdit de lui que 

« La sagesse, après l'avoir gouverné dès son enfance, l'ait porté aux plus grands honneurs et au comble des félicités humaines ». Ajoutant ensuite : «  Il a connu la sagesse que le monde ne connaît pas ; cette sagesse qui vient d'en haut, qui descend du Père des lumières ».

S'il pratique le népotisme politique et ecclésiastique, Michel Le Tellier Marquis de Barbézieux n'en est pas moins l'un des plus remarquables hommes d'Etat de la première partie du règne de Louis XIV. Sage, prudent, calculateur et habile, il sert la couronne des Bourbons avec dévouement et loyauté.

Né le 19 avril 1603 à Paris au sein d'une famille magistrats, Michel Le Tellier étudie le Droit avant de débuter sa carrière comme Conseiller au Grand Conseil  sous  Louis XIII. Il devient ensuite Procureur du Roi au Châtelet de Paris puis Maître des Requêtes. Il est envoyé en Italie pour administrer l'Intendance de l'Armée du Piémont, charge où il fait encore preuve de compétences. En 1640, il rencontre Mazarin à Turin et se noue d'amitié avec lui. Nommé Secrétaire d'Etat à la Guerre par Richelieu, il est tout de suite apprécié à ce poste et s'efforce notamment de lutter contre la corruption des Commissaires aux Armées chargés du recrutement ; il renforce la discipline, lutte contre la vénalité des commandants de compagnies et des colonels, consolide le rôle des Trésoriers généraux et améliore l'intendance. Afin de rationaliser cette administration vecteur de souveraineté d'un pays, Michel Le Tellier crée cinq bureaux chargés de missions spécifiques: Réglementation, Contrôle du personnel, Dépêches des Guerres et instructions confidentielles, Acheminement des troupes et enfin, Vivres et pensions.

Grâce à lui, Louis XIV bénéficiera de l'une des meilleures armées d'Europe.

En 1643, après la mort de Richelieu et de Louis XIII, Mazarin, devient Ministre Principal, aux côtés de la Reine Mère Anne d'Autriche qui assure la régence ; la carrière de Le Tellier en profite. Le Cardinal le fait siéger au Conseil. Lorsque Mazarin doit s'exiler à deux reprises, avant de revenir, Anne d'Autriche choisit Le Tellier comme conseiller principal. Le Secrétaire d'Etat à la Guerre tient ferme face aux Princes rebelles lors de la Fronde. En outre, si l'on en croit Bossuet, la place qu'occupait Le Tellier en ces deux occasions suscitait les « impatiences et les jalousies de son protecteur, ou plutôt de son protégé » (Mazarin). C'est lui qui, en 1651, recommande à Mazarin un magistrat nommé Jean-Baptiste Colbert.

Lorsqu'en 1661, Mazarin meurt et que commence le règne personnel de Louis XIV, Michel Le Tellier devient l'un des hommes forts du Conseil royal avec Colbert. En bon adepte du népotisme, il associe son fils François-Michel Le Tellier Marquis de Louvois au gouvernement du Royaume et plus précisément au Secrétariat d'Etat à la Guerre.

A la mort de ce grand serviteur, le Roi Soleil lui rend hommage par ces mots : 

« Jamais homme n'a été de meilleur conseil en toutes sortes d'affaires. »

Michel Le Tellier repose aujourd'hui en l'église Saint-Gervais à Paris.

  • le 30 octobre 1697 : une partie de Saint-Domingue cédée à la France.

Lors du traité de Ryswick, qui met fin à la guerre de la ligue d'Augsbourg, la France obtient la partie occidentale de l'île d'Haïti. Le territoire est appelé Saint-Domingue. Les Espagnols conservent le reste de l'île, appelé Santo Domingo. La France occupe le territoire jusqu'en 1803. Haïti proclame son indépendance le 1er janvier 1804.

  • le 30 octobre 1793 : interdiction des clubs féminins.

Les femmes n'ayant aucun droit politique, la Convention leur interdit de se réunir en club. L'assemblée craint que ces regroupements ne soient des réunions politiques. Ce sont les mêmes qui choisirent pour la république la devise : liberté, égalité, fraternité…

  • le 30 octobre 1794 : création de l'Ecole Nationale Supérieure.

L'Ecole Normale Supérieure est créée par la Convention dans le but de former les instituteurs à l'enseignement. Ils doivent séjourner quatre mois au sein de l'école et retourner en province au terme de leur formation pour y exercer leur métier. L'ENS est supprimée par Louis XVIII, en 1822, puis réhabilitée. Elle compte parmi ses anciens élèves quelques noms célèbres: Jean Giraudoux, Louis Pasteur, Léon Blum ou … Laurent Fabius.

  • le 30 octobre 1836 : coup d'Etat manqué pour Louis-Napoléon Bonaparte.

Le neveu de Napoléon Ier, Louis-Napoléon Bonaparte tente de soulever la garnison de Strasbourg pour marcher sur Paris et renverser Louis-Philippe. Suite à un échec complet, Louis-Napoléon doit quitter la France pour les Etats-Unis. Mais il sera arrêté, jugé, et…acquitté.

  • le 30 octobre 1871 : naissance de Paul Valéry.
  • le 30 octobre 1894 : naissance de Jean Rostand.
  • le 30 octobre 1975 : lettre du secrétaire d'Etat au Vatican aux médecins.

« Sans le consentement du malade, l'euthanasie est un homicide ; son consentement en fait un suicide. Ce qui moralement est un crime ne saurait sous aucun prétexte devenir légal. »

L'euthanasie (Editions de Solesmes page 24)

  • le 30 octobre 1990 : mort d'Alfred Sauvy.

Né le 31 octobre 1898 à Villeneuve-de-la-Raho, Alfred Sauvy meurt le 30 octobre 1990 à Paris. Ce polytechnicien, socialiste, disciple du démographe et ministre Adolphe Landry démographe réputé, a surtout a fait prendre conscience aux Français, après la Libération, des enjeux démographiques. Conscient des méfaits de la dénatalité, il inspire la politique familiale du gouvernement de Vichy et est à l'origine de la création des allocations familiales (1938) ; politique  qui aura vécue jusqu'à ce que l'actuel locataire de l'Elysée ne la détruise.

Après la Seconde Guerre mondiale, il donne à la démographie ses lettres de noblesse. Il entrevoit les déséquilibres engendrés par la baisse de la fécondité dans le monde occidental et le maintien d'un très fort accroissement naturel dans les autres pays.

«Tout est agencé dans la société pour que l'enfant n'y ait pas sa place et une fois cet agencement réalisé, l'opinion estime que l'enfant ne peut pas être souhaité, les conditions étant trop difficiles !», écrit-il dans L'économie du diable.

Ce socialiste de cœur ne craint pas de préconiser le vote familial (un enfant = une voix de plus pour ses parents aux élections). Ce suffrage n'aurait pas seulement l'avantage d'être véritablement universel. Il permettrait aussi de rétablir entre les générations un équilibre menacé par la part croissante des personnes âgées dans le corps électoral.

«Si l'on fait appel au suffrage des citoyens sous quelque forme que ce soit, dans le cadre national, municipal, professionnel, corporatif, il est essentiel qu'il soit universel et que les enfants soient représentés [...]. Sans ce suffrage universel, les parents de plusieurs enfants sont en minorité, et leurs intérêts sacrifiés...», écrit-il dans Richesse et population (pages 300-301, Payot, 1944).

Les socialistes d'aujourd'hui, quand ils invoquent « les mânes des grands ancêtres », pensent plus aux sanguinaires de la révolution qu'à cet homme, dont ils n'assument la pensée qu'en organisant le « grand remplacement ».

  • le 30 octobre 1997 : lancement réussi pour Ariane V.

Ce deuxième tir d'Ariane V, est un véritable succès. Le premier en juin 1996 avait abouti à une destruction après 37 secondes de vol.

Posté le 30 octobre 2014 à 06h20 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)


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