30 janvier 2015

C’est arrivé un 30 janvier…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 30 janvier : fête de Sainte Bathilde.

Sainte Bathilde, est l'épouse de Clovis II, Roi de Neustrie et Bourgogne, Reine des Francs et Régente en 657. C'est une des quatre Reines de France que l'Eglise porte sur les autels avec le titre de Sainte.

Elle contribue à la réforme de l'Église franque, aidée en cela par deux grands saints, Saint Eloi, évêque de Noyon et Saint Ouen, évêque de Rouen. Elle fonde les abbayes de Corbie en Picardie, et de Chelles en région parisienne. Elle se retire à l'Abbaye de Chelles en 664.

 

  • le 30 janvier 1592 : élection du pape Clément VIII.

Ippolito Aldobrandini est né à Fano le 24 février 1536, et est décédé à Rome le 3 mars 1605. Il est pape du 30 janvier 1592 au 3 mars 1605. Dernier pape de la Contre-réforme, il s'applique à faire fleurir la piété et la science dans l'Église, condamne les duels. C'est lui qui donne l'absolution au Roi Henri IV, lors de sa conversion. Par son exemple, il ramène un grand nombre d'hérétiques au sein de l'Église.

Pour l'anecdote, il vulgarise le café en Occident, considéré auparavant comme "boisson sombre de l'Islam" donnée par Satan aux musulmans pour les consoler de ne pouvoir boire du vin, boisson sacrée du Christ. Il aurait considéré au contraire que "l'arôme du café était chose bien trop agréable pour être l'œuvre du Malin et qu'il serait dommage que les musulmans en aient l'exclusivité".

  • le 30 janvier 1631 : Gaston d'Orléans, frère du Roi Louis XIII, quitte la cour.

Gaston de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII et deuxième dans l'ordre de succession jusqu'à la naissance du futur Louis XIV en 1638, meurt à Blois le 2 février 1660. Cet éternel comploteur, né le 24 avril 1608, passe sa vie à tenter de renverser son frère, Richelieu ou encore Mazarin. Chef des Conseils sous la régence d'Anne d'Autriche durant la minorité de son neveu, il participe même à la Fronde.

Les conspirations de « Monsieur » échouent toujours, faute de réel projet politique. Gaston dénonce souvent ses complices, puis les voit périr (d'Ornano, Chalais, Montmorency, et Cinq-Mars). Mais en plus d'être traitre à ses complices, il est aussi inconstant et vicieux, il crée un « Conseil de vauriennerie », des courtisans et amis avec qui il mène une vie désordonnée ; il est réputé joueur et amateur de femmes. L'Encyclopædia Universalis le voit comme le chef de file des libertins de l'époque, dont l'un des passe-temps est les chansons à boire, les poèmes érotiques et les parties de débauche.

  • le 30 janvier 1652 : décès de Georges de La Tour, peintre français.

Peintre lorrain ayant reçu les influences nordique, italienne et française, contemporain de Jacques Callot et des frères Le Nain, il est célèbre pour avoir peint des toiles exploitant remarquablement l'ombre et la lumière, à l'image du Caravage, dont il s'est fortement inspiré. Il reçoit le titre de « peintre ordinaire du Roy » en 1639. Il a peint notamment des scènes religieuses et des scènes de la vie quotidienne comme "Le Tricheur à l'as de carreau" ou "La Diseuse de bonne aventure".

Saint Joseph charpentier, 1642, Louvre

Jeune chanteur

  • le 30 janvier 1770 : l'archevêque de Paris, monseigneur Beaumont, annonce à Louis XV la décision de sa fille, Mme Louise, d'entrer au Carmel.

Voir les chroniques du 16 février, du 11 avril, du 12 septembre et du 10 octobre.

  • le 30 janvier 1793 : le marquis de la Rouërie, chef royaliste de l'Ouest, meurt malade au château de La Guyomarais à St-Denoual.

Né à Fougères le 13 avril 1751, il a passé toute son enfance au château de La Rouërie, à Saint-Ouen-La-Rouërie, situé à 20 Km en dessous du Mont Saint Michel. A quinze ans, il quitte Saint Ouen pour Versailles où il entre dans les Gardes Françaises, et dont l'inaction lui pèse. Après un duel, le Roi Louis XVI le menace de pendaison pour avoir blessé un de ses amis, il part donc en Suisse. Absout par le Roi, à condition de se retirer sur ses terres, il revient en Bretagne.

Initié dans la Loge Aimable Concorde, Parfaite Union, il s'embarque à Nantes et le 13 avril 1777 débarque au Delaware et fait ses offres de service. Il demande à abandonner son nom et son titre ; il se fait appelé "colonel Armand".

Ses succès militaires sont éclatants et sont soulignés par le général Scott, adjoint de Washington

Il faut souligner qu'il soutient le combat et celui de ses hommes de ses propres deniers!

Rentré en France en 1781, il est non seulement confirmé dans son grade de colonel mais aussi fait Chevalier de l'ordre militaire et royal de Saint Louis. Il vend alors des terrains, en hypothèque d'autres pour financer ses troupes aux Amériques où il retourne en juin 1781. Il rentre en Bretagne en juin 1784, en tant que général. Moins politique que La Fayette mais vrai soldat, il est moins connu, bien qu'ayant été, à la différence du premier un des acteurs militaires des succès des troupes françaises sur le nouveau continent.

En vrai breton et malgré l'influence maçonnique, il rejette l'abolition des privilèges, qui n'est pas l'abolition des privilèges des deux premiers Etats (Eglise et noblesse), mais l'abolition des lois privées, c'est-à-dire des lois propres à chaque des Provinces de France. Les Rois parlaient de « nos peuples de France » et non du peuple de France. Cette loi illégale à plus d'un titre entraîne l'abolition des accords de 1532. Décision illégale, car non soumise au Parlement de la Bretagne, Etat de plein droit, uni à la France ; décision illégale car prise par une assemblée qui n'avait aucun mandat pour ce type de décision.

Avec le comte Ranconnet de Noyan, il décide alors de créer l'Association Bretonne pour défendre les lois bretonnes. Les principales villes de Bretagne sont maillées d'un réseau chargé de recruter des troupes. L'association s'oppose à la Constitution Civile du clergé qui lui facilite la tâche pour soulever les Chouans de Bretagne.

Fortement affecté par l'assassinat de Louis XVI, Armand Charles Tuffin, marquis de La Rouërie, est le premier mort royaliste. Pourchassé par les troupes républicaines de la Convention informée de la création de l'Association Bretonne et du danger qu'elle représente pour la révolution, il s'était réfugié au château de La Guyomarais, à une trentaine de kilomètres au Nord-Ouest de Dinan.

  • le 30 janvier 1803 : Bonaparte écrit au maire d'Orléans Crignon.

Il le félicite de son projet d'ouvrir une souscription pour rétablir le monument célébrant Jeanne d'Arc, car "Unie, la nation française n'a jamais été vaincue".

Ce monument avait été détruit par le vandalisme des révolutionnaires en haine de la Foi catholique.

  • le 30 janvier 1853 : mariage de Napoléon III avec Eugénie de Montijo, comtesse de Teba.

Le mariage est célébré à Notre-Dame de Paris. Les festivités durent deux jours. Le 16 mars 1856, l'impératrice Eugénie donne naissance à son unique enfant, le prince impérial Napoléon-Louis.

  • le 30 janvier 1875 : vote sur le mode d'élection du président de la république.

C'est par une seule voix de majorité (353 contre 352) que l'Assemblée nationale a adopté l'amendement Wallon, qui stipule :

«Le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et par la Chambre des députés réunis en Assemblée Nationale. Il est nommé pour sept ans ; il est rééligible.»

  • le 30 janvier 1944 : de Gaulle amorce la décolonisation avec la Conférence de Brazzaville.

De Gaulle ouvre à Brazzaville une conférence, du 30 janvier au 8 février, qui regroupe les représentants des territoires français d'Afrique : il présente un projet de réforme de l'Empire colonial et définit le statut de l'Empire français dans le sens d'une fédération, évoquant la question de l'émancipation. Il n'est pas encore question d'indépendance, les français ne sont pas encore prêts!

  • le 30 janvier 1976 : le pape Paul VI met en garde contre les mouvements féministes qui, dit-il, risquent de dépersonnaliser la femme.

Cette "Allocution aux femmes" est faite par Paul VI. Elle est rapportée dans la Revue de droit canonique du 20 février 1977.

  • le 30 janvier 2004 : un homme politique condamné.

Alain Juppé, président du parti politique français UMP est condamné par le tribunal de Nanterre à 18 mois de prison avec sursis pour « prise illégale d'intérêt »; ce qui entraîne son inéligibilité pour 10 ans. Il décide de faire appel.

Posté le 30 janvier 2015 à 05h26 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

29 janvier 2015

C’est arrivé un 29 janvier…

 Pour comprendre l'Histoire, comme pour comprendre un paysage, il faut choisir le point de vue ; et il n'en est de meilleur que le sommet. » (Paul Claudel)

« Chaque Nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu'elle doit accomplir. Celle de la France est d'exécuter la Geste de Dieu, "Gesta Dei per Francos". » (Joseph de Maistre)

Enfin Otto de Habsbourg-Lorraine affirme pour toute personne :

« Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est. En ce sens, le passé est la rampe de lancement vers l'avenir »

Alors rappelons-nous :

  • le 29 janvier 904 : élection du pape Serge III.

  • le 29 janvier 1482 : dans un bref, Sixte IV condamne les excès de l'Inquisition espagnole.
  • le 29 janvier 1630 : première rencontre entre Richelieu et Mazarin.

Mazarin, envoyé par Urbain VIII, rencontre le cardinal Richelieu à Lyon, pour demander que la France accorde une suspension d'armes. Cette négociation a lieu dans le cadre de la guerre de succession de Mantoue, qui est un conflit périphérique de la guerre de Trente Ans, opposant la France au Saint Empire romain germanique.

  • le 29 janvier 1635 : le Roi Louis XIII signe les lettres patentes créant l'Académie française.

Elle se compose de 40 membres, élus et surnommés les "immortels". La mission de l'Académie, conserver et perfectionner la langue française, est précisée par ces lettres patentes du Roi Louis XIII, qui l'officialisent. Voir la chronique 10 juillet.

  • le 29 janvier 1682 : Temim (Moulay Ismaël) et Louis XIV signent un traité d'amitié franco-marocain à St-Germain-en-Laye.

 

 

  • le 29 janvier 1697 : Fénelon publie son "Explication des maximes des saints".
  • le 29 janvier 1743 : mort du cardinal de Fleury, premier à avoir pris conscience du danger des loges et à avoir alerté le Pape et le Roi.

Le cardinal de Fleury mérite qu'on se penche sur sa vie. Ce qu'il a apporté à la France est immense. Outre le fait qu'il fut précepteur de Louis XV enfant, puis son premier ministre, il dirige le pays avec sagesse et surtout est le premier à identifier la nature du danger maçonnique. Sa clairvoyance touchant la Maçonnerie fait de lui la bête noire des loges et de l'histoire officielle mensongère.

Le Cardinal acquiert, suite à une minutieuse enquête, la conviction que la Maçonnerie est un danger mortel pour le Royaume et la Foi catholique en France. Il rejoint par là les magistrats hollandais qui viennent de l'interdire chez eux. Aussi donne-t-il des ordres sévères contre les Loges, qui déjà se multiplient dans le Royaume. C'est en 1738, qu'il informe le Pape Clément XII. Ce dernier rédige aussitôt la première des Encycliques qui condamne ce que certains appelleront « l'église de Satan ». Cette Bulle souligne dans la Maçonnerie son double objectif visant à détruire en même temps l'Église de Dieu et les sociétés politiques fondées sur le Christianisme.

André Hercule de Fleury, est né à Lodève le 22 juin 1653 et mort à Issy-les-Moulineaux le 29 janvier 1743.Il a été le principal ministre du jeune Roi Louis XV, de 1726 à 1743. Issu de la petite noblesse languedocienne, il est le fils de Jean de Fleury, seigneur de Dio, receveur des tailles au diocèse de Lodève et de Diane de La Treilhe. Il est ordonné prêtre à Paris en 1674, fait des études de théologie et devient, par protection du cardinal de Bonzi, aumônier de la reine Marie-Thérèse en 1677 puis, après sa mort, aumônier du Roi en 1683. Il est alors âgé de 30 ans.

Nommé évêque de Fréjus, en 1699, il se rend dans son diocèse, conformément aux décrets du Concile de Trente et s'occupe avec soin de ses ouailles.

Il renonce à son évêché en 1715 pour devenir abbé commendataire de l'abbaye de Tournus. C'est alors que le Roi Louis XIV, peu de temps avant de mourir, écrit dans son testament, qu'il confie à l'ancien évêque de Fréjus, l'éducation de son arrière-petit-fils et successeur. Mais la régence revient au duc d'Orléans, petit-fils de France. Celui-ci, qui connaissait et appréciait Fleury, le maintient dans ses fonctions.

Louis XV, Roi orphelin de 5 ans : « Fleury lui servit de père et de mère »

Le 1er avril 1716, il est nommé par le Régent du Royaume, le duc d'Orléans, précepteur du jeune Louis XV, conformément au deuxième codicille du testament de Louis XIV. Un an plus tard, il est élu à l'Académie française ; puis nommé en 1721, abbé commendataire de Saint-Étienne de Caen et membre de l'Académie de sciences. En 1725, il devient membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres et reçoit le titre de proviseur de la Sorbonne et de supérieur de la maison de Navarre. Surtout, lors du sacre en octobre 1722, il tient le rôle d'un pair ecclésiastique.

Louis XV a successivement comme principaux ministres l'irréligieux cardinal Dubois, l'ex-régent qui tous deux décèdent rapidement. N'ayant pas encore 15 ans, le Roi a déjà vécu la mort de ses parents, de son arrière-grand-père, et, par deux fois de son ministre. Il se tourne vers sa famille et nomme premier ministre un autre de ses grands oncles, le duc de Bourbon. Jaloux de l'influence de Fleury celui-ci cherche à le faire disgracier ; mais c'est lui qui est finalement exilé sur ses terres de Chantilly ; le cardinal de Fleury est « appelé aux affaires » à l'âge de 73 ans en 1726, par le jeune Roi, dont il a l'affection et la confiance.

« M. de Fréjus », comme on l'appelle, devient donc premier ministre. En septembre de la même année, sur la demande du Roi, il est nommé cardinal. Contrairement aux habitudes de l'époque, le cardinal n'en profite pas pour s'enrichir ou favoriser ses proches. Il dépense ses revenus commendataires en aumônes et se contente de ses appointements de ministre.

Le cardinal de Fleury gouverne avec prudence et sagesse, consolidant le budget de l'État, stabilisant la monnaie, reprenant la politique de Colbert ; il réorganise l'économie d'un pays mise à mal par les expériences monétaires du Régent et de Law. Il crée ainsi les conditions du développement scientifique, économique et industriel extraordinaire que va connaître le pays jusqu'à la révolution. Il est indispensable pour connaître l'état du pays avant cette révolution de relire l'excellente synthèse de Rénée Casin, de l'académie française : Les catholiques et la révolution française, dont les premiers chapitres dressent un tableau synthétique de l'état de la France de l'époque, c'est dans tous les domaines la première puissance mondiale.

Sur le plan religieux, il pacifie dans la mesure du possible le problème janséniste avec l'aide de l'archevêque d'Embrun, Pierre Guérin de Tencin, mais se heurte à une opposition parlementaire grandissante orchestrée par les loges maçonniques. A partir de l'année 1737, il mène une politique antimaçonnique et fait fermer des loges.

Sa politique extérieure est marquée par une recherche de la paix et de la stabilité européenne. Entraîné par le Roi dans la guerre de Succession de Pologne, il la conclut rapidement par le traité de Vienne de 1738, qui apporte à terme le Duché de Lorraine et le Duché de Bar à la France. En revanche, il se laisse entraîner par la puissance de l'opinion dans la guerre de Succession d'Autriche dont il ne verra pas la fin...

Son acharnement à éviter les ambitieux et les intrigants et à exercer seul le pouvoir, jusqu'à sa mort en 1743, lui vaut le surnom de « Son Éternité ». Alors pourquoi les loges ont –elles réussi à infiltrer la société française ? Car l'Eglise de France est alors traversée par les tendances gallicanes et l'hérésie janséniste qui arrêtent aux frontières de France la parole du Pape et font ignorer le bien fondé des angoisses que lui cause le péril maçonnique. La Maçonnerie profite de ces déplorables dispositions de l'esprit public. Cette dernière diffuse des brochures faites avec un art consommé pour attirer dans ses pièges les hommes de bonne foi ; elle y prêche la fameuse tolérance, masque menteur de l'intolérance la plus fanatique. La Maçonnerie, apprend peu à peu aux Français à détester le Catholicisme, parce qu'intolérant, dit-elle. En 1743, le cardinal de Fleury meurt. Ceux qui le remplacent sont de plus en plus sous l'influence de la secte et ils vont distiller le poison dans tous les rouages de l'Etat. Apres la mort du cardinal de Fleury, la Royauté française est soumise chaque jour davantage à l'influence de la Maçonnerie, qui va s'imposer à elle, en une cinquantaine d'années avec l'assassinat de Louis XVI et de Marie- Antoinette.

  • le 29 janvier 1801 : la France et l'Espagne lancent un ultimatum au Portugal, le sommant de rompre avec l'Angleterre.
  • le 29 janvier 1809 : Talleyrand prend contact avec Metternich.

Ce dernier est ambassadeur d'Autriche à Paris. Talleyrand lui fait comprendre qu'il est prêt à vendre des informations sur les projets de Napoléon. Voir la chronique de la veille.

  • le 29 janvier 1814 : Napoléon est vainqueur de Blücher à Brienne, en Belgique.
  • le 29 janvier 1916 : un Zeppelin allemand bombarde Paris.

Zeppelin allemand 1916

Un ballon dirigeable allemand lâche 17 bombes sur l'Est de Paris. Vingt-six personnes sont tuées dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant. Cette attaque aérienne sera la dernière du genre que feront les allemands. Les avions remplaceront bientôt les zeppelins.

  • le 29 janvier 1991 : démission de JP Chevènement.

Pour marquer son désaccord avec la guerre du Golfe, le ministre français de la défense Jean-Pierre Chevènement démissionne. Il est remplacé par Pierre Joxe. Il le refera en prononçant son célèbre :

"Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne".

  • le 29 janvier 1996 : Jacques Chirac annonce l'arrêt définitif des essais nucléaires français.
  • Le 29 janvier 2001 : le Parlement français reconnaît le génocide arménien.

Mais la république est incapable de reconnaître ses propres fautes et étouffe toujours le génocide vendéen.

Posté le 29 janvier 2015 à 05h23 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

28 janvier 2015

La gratitude des Juifs envers l'Eglise

K

Posté le 28 janvier 2015 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (28)

31 janvier : représentation sur St Thomas Beckett à Coëtquidan

Posté le 28 janvier 2015 à 07h48 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 28 janvier…

« Pour comprendre l'Histoire, comme pour comprendre un paysage, il faut choisir le point de vue; et il n'en est de meilleur que le sommet. » (Paul Claudel)

« Chaque Nation, comme chaque individu, a reçu une mission qu'elle doit accomplir. Celle de la France est d'exécuter la Geste de Dieu, "Gesta Dei per Francos". » (Joseph de Maistre)

Enfin Otto de Habsbourg-Lorraine affirme pour toute personne :

« Celui qui ne sait pas d'où il vient ne peut savoir où il va car il ne sait pas où il est. En ce sens, le passé est la rampe de lancement vers l'avenir »

Alors rappelons-nous :

  • le 28 janvier 814 : mort de l'empereur Charlemagne, à 71 ans.

    Charles 1er, le Grand, Roi des Francs depuis l'an 768 et empereur d'Occident depuis 800.

Charlemagne, appelé par Ste Jeanne d'arc, Saint Charlemagne, a favorisé le développement de la foi catholique, suscité une renaissance culturelle et multiplié les ateliers d'art dans les monastères, où l'on s'est employé à recopier les textes anciens et sacrés. Son fils Louis d'Aquitaine, appelé Louis le Pieux ou le Débonnaire, hérite du trône. Il reçoit du vivant de son père, le titre d'empereur d'Occident, fin 813 à Aix la Chapelle.

Le corps de Charlemagne est solennellement enterré dans la cathédrale qu¹il a fait bâtir, et trois cent cinquante et un ans après, il est levé de terre par les soins de Frédéric 1er, surnommé Barberousse, et son chef est transféré à Osnabruck.

Un grand nombre d'Eglises, surtout en Allemagne, associent au culte rendu à sainte Agnès martyre la mémoire imposante du pieux Empereur Charlemagne. Frédéric Barberousse fait rendre un décret de canonisation de Charlemagne par l'antipape Pascal III en 1165. Rome, par la suite, l'a respecté

Dans les églises de France, les nombreuses églises qui honorent, depuis près de sept siècles, la mémoire du grand empereur Charlemagne, se contentent, par respect pour le Martyrologe romain, où son nom ne se lit pas, de le fêter sous le titre de Bienheureux.

Avant l'époque de la Réforme, le nom du bienheureux Charlemagne se trouvait ainsi sur le calendrier d'un grand nombre d'églises de France; les Bréviaires de Reims et de Rouen sont les seuls qui l'aient conservé aujourd'hui. Plus de trente églises en Allemagne célèbrent encore aujourd'hui la fête du grand empereur; sa chère église d'Aix-la-Chapelle garde son corps et l'expose à la vénération des peuples Il est conservé dans une châsse en vermeil. Un de ses bras est dans un reliquaire à part. Dans le trésor de cette église se trouve aussi son cor de chasse, et dans une galerie, le siège de pierre sur lequel il était assis dans son tombeau. C'est sur ce siège que les empereurs d'Allemagne étaient installés, le jour de leur couronnement.

L'Université de Paris, qui le considère comme son fondateur, le choisit pour patron en 1661.

Alphonse Vetault rapporte dans son Charlemagne un extrait du testament de l'Empereur rédigé en 806 :

"Par dessus tout, nous voulons et ordonnons que nos trois fils pourvoient convenablement à la défense de l'Eglise de Saint Pierre et, suivant en cela l'exemple qu'ils reçurent de notre aïeul Charles et de notre père le Roi Pépin, d'heureuse mémoire, et de nous-mêmes, qu'ils la protègent contre ses ennemis avec l'aide de Dieu et la maintiennent en possession de tous ses droits, autant qu'il dépendra d'eux. De même pour les églises qu'ils auront dans leurs propres royaumes, qu'ils respectent leurs honneurs et privilèges, et qu'ils laissent les pasteurs libres d'administrer leur patrimoine. "

Le sacre de Charlemagne

A la fin du XIIe siècle, l'oriflamme Montjoie rouge de Saint-Denis et l'épée du sacre (Joyeuse) sont liés au souvenir de Charlemagne et, progressivement, tous les insignes remis au Roi lors de cette cérémonie sont dits " de Charlemagne ".

Sainte Jeanne d'Arc évoque plus d'une fois saint Louis et saint Charles le Grand. Le Roi Louis XI décide en 1475, que l'empereur sera fêté le 28 janvier, anniversaire de sa mort à Aix en 814. Jusqu'à la révolution régime, le nouveau Roi envoie à la cathédrale Sainte-Marie d'Aix un drap d'or ayant servi aux obsèques de son prédécesseur à Saint-Denis; il était destiné à recouvrir le reliquaire des restes.

Enfin c'est sur la demande de Charlemagne que le Pape Léon III ajoute au Credo le " filioque " affirmant que le Saint-Esprit procède à la fois du Père et du Fils et que dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle où le grand Empereur est enterré, il est exposé à la date de sa fête à la vénération des fidèles.

  • le 28 janvier 893 : couronnement de Charles III le Simple.
  • le 28 janvier 1393 : bal des ardents, au cours d'une fête, le Roi Charles VI manque de périr brûlé.

Alors que le Roi Charles VI participe au mariage d'une des dames d'honneur de la reine Isabeau de Bavière à l'hôtel Saint-Pol à Paris, son frère le Duc d'Orléans entre dans la salle de bal accompagné de cinq porteurs de torches. L'un deux s'approche trop près de l'un des seigneurs du Roi. Son déguisement, de « sauvages », enduit de poix recouverte de plumes et de poils d'étoupe, s'embrase ainsi que celui du Roi et de quatre compagnons. La fête tourne au drame car si le Roi est sauvé, cinq seigneurs périssent.

Le Bal des ardents représenté dans un manuscrit des Chroniques de Froissart

Le Roi est sauvé par l'intervention de sa tante Jeanne de Boulogne, duchesse de Berry, qui l'enveloppe immédiatement de sa robe et de ses jupons pour étouffer les flammes.

Les autres compagnons brûlent pendant une demi-heure sous les yeux impuissants du Roi qui ne s'en remet pas. Ils meurent l'un après l'autre après trois jours d'une terrible agonie.

  • le 28 janvier 1443 : mort de Robert Le Maçon, chancelier de France et compagnon de Sainte Jeanne d'Arc.
  • le 28 janvier 1561 : l'édit d'Orléans suspend les persécutions contre les protestants.
  • le 28 janvier 1621 : décès du pape Paul V.

Camillo Borghèse, né à Rome le 17 septembre 1550 est élu pape le 16 mai 1605 sous le nom de Paul V. À la mort de Léon XI, il est élu pape. Son règne est marqué par une application stricte du droit. Ainsi, il renvoie les évêques dans leurs diocèses, en application des décrets du concile de Trente. Tout en étant favorable aux recherches astronomiques, c'est sous son pontificat que sont condamnés les travaux de Galilée, car ce que l'on omet trop souvent de dire, c'est que ce dernier, tire des travaux et des observations astronomiques de Copernic, chanoine dont les recherches étaient aussi financées par l'Eglise, des conclusions théologiques et politiques. Il est aussi reproché à Galilée d'utiliser les textes de la bible pour compenser les déficiences de sa démonstration scientifique. Ce ne sont pas les recherches, qui sont condamnées, mais les erreurs théologiques et les fautes de raisonnements pas assez scientifiques. C'est d'ailleurs ce que rappelle très justement Jean Sévillia dans son livre : Historiquement incorrect.

Le Pape Paul V est aussi célèbre pour avoir achevé la Basilique Saint-Pierre de Rome.

  • le 28 janvier 1701 : naissance de Charles Marie de La Condamine

Explorateur, géographe et scientifique, Charles Marie de La Condamine naît le 28 janvier à Paris. En 1731, il visite les rives de la Méditerranée avec Duguay Trouin. En 1735, il fait partie d'une expédition scientifique au Pérou et descend l'Amazone. Durant ce périple, il collecte de nombreux objets et découvre le caoutchouc et le curare. Il intègre l'Académie française en 1760.

  • le 28 janvier 1794 : mort au combat d'Henri du Vergier, comte de la Rochejaquelein.

Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein par Pierre-Narcisse Guérin

Henri du Vergier, comte de La Rochejaquelein, nait le 30 août 1772, à la Durbelière, en Poitou et est tué le 28 janvier 1794, à Nuaillé. Il est l'un des chefs de la Grande Armée Royale Catholique.

Il fait ses études à l'école militaire de Sorèze. Quand la révolution française commence, il a seize ans, et ne suit pas sa famille dans l'émigration. Il a l'honneur de servir le Trône dans la Garde Suisse de la maison du Roi Louis XVI où il est appelé en 1791. Lors de l'assaut du Palais des Tuileries par les révolutionnaires, il combat pour défendre le Roi, en tant que Deuxième Lieutenant de la Garde, le 10 août 1792.

En mars 1793, il accepte de participer au soulèvement de la Vendée et devient un des chefs de l'armée vendéenne. La Rochejaquelein prononce alors cette courte harangue :

« Si mon père était parmi nous, il vous inspirerait plus de confiance, car à peine me connaissez-vous. J'ai d'ailleurs contre moi et ma grande jeunesse et mon inexpérience; mais je brûle déjà de me rendre digne de vous commander. Allons chercher l'ennemi: si j'avance, suivez-moi, si je recule, tuez-moi, si je meurs, vengez-moi. »

La prise de Saumur, sous ses ordres, est l'exploit le plus étonnant des Vendéens. En cinq jours de combats, ils font plus de 12 000 prisonniers, prennent de nombreuses pièces de canon, des munitions considérables et le chef républicain de la Loire.

Henri de La Rochejaquelein au combat de Cholet, 17 octobre 1793, peinture de Paul-Émile Boutigny, Musée d'histoire de Cholet

  • le 28 janvier 1809 : disgrâce de Talleyrand.

Ayant intrigué contre l'empereur avec Fouché, Talleyrand tombe en disgrâce. Sa fonction de grand Chambellan lui ayant été retirée, il va se mettre, le lendemain, au service de Metternich, ambassadeur d'Autriche en France, contre de l'argent ! Napoléon lui déclare, lors d'un conseil des ministres aux Tuileries :

"Vous êtes un voleur, un lâche, un homme sans foi (…) vous avez trompé, trahi (...) Vous mériteriez que je vous brisasse comme un verre (...)".

Suite à cette déclaration, Talleyrand soupire en sortant de la pièce : "C'est grand dommage qu'un si grand homme soit si mal élevé".

  • le 28 janvier 1871 : Paris capitule devant l'armée prussienne après un siège de 5 mois.

Après 5 mois d'un siège qui a affamé les Parisiens et suite à l'échec de Trochu, Paris capitule. Prussiens et Français ont déjà signé un armistice, puis un traité de paix préliminaire à Versailles, le 26 janvier. Une des clauses de l'armistice oblige le gouvernement à organiser des élections pour désigner les membres d'une Assemblée nationale. Les votes aboutissent à la victoire d'une majorité de monarchistes, favorables à la paix, contre les républicains.

  • le 28 janvier 1887 : début de la construction de la tour Eiffel.
  • le 28 janvier 1905 : à Beni-Abbès, Lyautey rencontre l'explorateur Charles de Foucauld.

Charles de Foucauld qui a démissionné de l'armée est alors partisan de l'intervention française au Maroc.

  • le 28 janvier 1910 : crue exceptionnelle de la Seine.

Cette crue est la plus importante du XXe siècle. Le niveau d'eau à la station Austerlitz a atteint 8,62 m, environ huit mètres de plus que le niveau normal. Deux cent mille personnes sont frappées, 473 hectares inondés, et 15 % des immeubles parisiens inondés. Les dégâts matériels sont importants, mais les pertes humaines heureusement rares.

  • le 28 janvier 1921 : inauguration, sous l'arc de triomphe à Paris, du tombeau du Soldat inconnu.

Le cercueil a été déposé sous l'arc de triomphe pour le 11 novembre 1920, et mis en terre seulement le 28 janvier.

  • le 28 janvier 1945 : condamnation de Charles Maurras.

La cour de justice de Lyon déclare Maurras coupable de « haute trahison et d'intelligence avec l'ennemi » et le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité et à la dégradation nationale, lui l'ennemi le plus farouche le plus continu des Allemands !

Pendant son procès Charles Maurras ne se défend pas mais attaque « l'avocat de la femme sans tête », la république :

« Venez donc, faux informateurs, faux transcripteurs ou manipulateurs de textes les plus clairs ; venez, mauvais interprètes d'intentions ; venez messagers, serviteurs et instruments des factions et des factieux, venez faux témoins !… A mon âge la vie est peu. L'honneur ? Je défie qu'on souille le mien. Ni la plus étonnante des arrestations, ni plus de quatre mois de prison assez resserrée, ni quelques minutes de menottes bien symboliques, ni le rapport charentonnesque d'une information sans aveu, ni l'inculpation qui voudrait être infamante, mais qui retombe sur ses auteurs, rien ne peut résister au paisible rayon de lumière que je viens de projeter sur vous.

C'est l'hallali contre le plus grand penseur contre révolutionnaire, défenseur de la Foi, de la Patrie. Il faut rappeler qu'en 1911, le pape saint Pie X a reçu en audience privée la mère de Charles Maurras et lui a dit :

«  Je bénis son œuvre. Elle aboutira. »

  • le 28 janvier 1946 : les communistes font leur entrée au gouvernement de la France à l'intérieur d'un cabinet de coalition.
  • le 28 janvier 1993 : l'ambassadeur de France au Zaïre, Philippe Bernard, est tué à Kinshasa au cours d'une mutinerie de militaires qui fait une cinquantaine de morts.
  • le 28 janvier 1998 : vente record d'un dessin de Michel ange.

Un dessin de Michel-Ange, Le Christ et la Samaritaine, est adjugé pour une somme record atteignant 11 millions de dollars au cours d'une vente aux enchères chez Sotheby's, à New York. L'œuvre daterait du début des années 1550 d'après les experts.

  • le 28 janvier 2002 : Jean-Paul II demande aux avocats catholiques de refuser de plaider les divorces.
  • le 28 janvier 2009 : le pape Benoît XVI dit sa "solidarité pleine et indiscutable avec nos frères destinataires de la Première Alliance", et souhaite que "la Shoah soit pour tous un avertissement contre l'oubli, la négation ou le réductionnisme".

Posté le 28 janvier 2015 à 05h20 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

27 janvier 2015

«Le camp de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde»

Guillaume Zeller est journaliste et rédacteur en chef de DirectMatin.fr. Son nouveau livre «La Baraque des prêtres, Dachau, 1938-1945» vient de paraître aux Éditions Tallandier. Il déclare au Figarovox :

 

PHOe5781bf6-a635-11e4-938d-7a5bf76b1f7f-805x453"De 1938 à 1945, 2 579 prêtres, séminaristes et moines catholiques ont été déportés par les nazis, ainsi qu'environ 141 pasteurs protestants et prêtres orthodoxes. S'agissant des catholiques, le Vatican est impuissant à empêcher leur déportation. Le Saint-Siège obtient seulement qu'ils soient regroupés à Dachau. Ces hommes d'Église viennent de toute l'Europe: Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, France ou encore Italie.

Ils ne sont pas arrêtés en tant que prêtres catholiques stricto sensu mais pour des raisons variées. Les Allemands paient souvent le prix de leur opposition au programme d'euthanasie hitlérien, le plan T4. Les prêtres polonais sont considérés comme des élites slaves par les nazis et figurent parmi leurs cibles, comme en témoignent les rapports envoyés par Heydrich au sujet des arrestations conduites par les Einsatzgruppen en Pologne en 1940. Pour leur part, des prêtres français -ils sont 156 à Dachau- sont déportés en raison de leur participation active à la résistance intérieure. [...] Des 2 720 religieux, 1 034 dont 868 Polonais meurent dans le camp jusqu'à sa libération.

Sur décision de Jean-Paul II, de Benoît XVI et de François, 56 ecclésiastiques morts à Dachau ont été béatifiés à la suite de procès établissant la pratique de vertus naturelles et chrétiennes, de façon exemplaire ou héroïque. Et le camp de Dachau demeure le plus grand cimetière de prêtres catholiques du monde."

Posté le 27 janvier 2015 à 21h06 par Michel Janva | Lien permanent

25 janvier 2015

C’est arrivé un 25 janvier…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • Fête catholique du jour : Conversion de saint Paul sur le chemin de Damas.

En ce jour, il nous faut nous rappeler les mots du Saint Pie X prononcés lors de l'imposition de la barrette aux cardinaux de Cabrières, Dillot, Dubillard et Amette, le 29 novembre 1911 :

« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de ses fils qui prêchent la vérité de l'Évangile dans le monde presque entier et dont beaucoup l'ont scellée de leur sang, les prières de tant de saints qui désirent ardemment avoir pour compagnons dans la gloire céleste les frères bien aimés de leur patrie, la piété généreuse de tant de ses fils qui, sans s'arrêter à aucun sacrifice pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique, et, par-dessus tout, les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les tabernacles, répandent leur âme, dans les expressions que Dieu même met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes divines. Les fautes ne resteront pas impunies, mais elle ne périra jamais la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes » […] 

« Un jour viendra, et nous espérons qu'il n'est pas très éloigné, où la France, comme Saül sur le chemin de Damas, sera enveloppée d'une lumière céleste et entendra une voix qui lui répètera : "Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ?" Et sur la réponse : "Qui es-tu Seigneur ?", la voix répliquera : "Je suis Jésus que tu persécutes. Il t'est dur de regimber contre l'aiguillon, parce que dans ton obstination, tu te ruines toi-même." Et elle, tremblante et étonnée, dira : "Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?" Et lui : "Lève-toi, lave tes souillures qui t'ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va, fille aînée de l'Eglise, nation prédestinée, vase d'élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la terre. » 

Saints orthodoxes du jour : l'Église orthodoxe commémore tous les martyrs de la Révolution russe de 1918 à 1988. Pour l'Église russe, la date du 25 janvier (jour du martyr de saint Vladimir, métropolite de Kiev en 1918) est fêtée selon le calendrier julien, c'est-à-dire le 7 février du calendrier grégorien.

  • le 25 janvier 817 : élection du pape Saint Pascal Ier.

98ème pape, il règne du 25 janvier 817 au 11 février 824. Né à Rome, il a été abbé du monastère Saint-Étienne de Rome. Il reçoit en don de la part de Louis le Débonnaire, la Corse et la Sardaigne. Il couronne Lothaire Ier empereur en 823, et ouvre à Rome un refuge pour les Grecs persécutés par les iconoclastes.

  • le 25 janvier 1477 : naissance d'Anne de Bretagne, duchesse de Bretagne, et deux fois Reine de France (1491-1498), puis (1499-1514).

Marguerite de Foix donne naissance à Anne de Bretagne au château de Nantes. Héritière du duc François II, elle veille durant toute sa vie à l'indépendance de son duché. Mariée une première fois, à 15 ans, au Roi Charles VIII, elle épouse à sa mort son successeur, Louis XII dont elle a une fille, Claude de France, future épouse de François Ier.

  • le 25 janvier 1515 : François de Valois-Angoulême est sacré à Reims, Roi de France, sous le nom de François Ier.

Il succède à son arrière-cousin et beau-père Louis XII, mort le 1er janvier. Il a 21 ans et son règne va durer 32 ans.

François Ier (1524) par Jean Clouet

Son règne n'est pas si glorieux ; Alors que au début, sa foi et sa piété font l'admiration de tous (pèlerinage à pied en aube des pénitents de Vienne à Chambéry pour y vénérer le Saint Suaire, par exemple), il va rapidement tomber sous l'influence de sa sœur, qui protège les hérétiques (Calvin) ; il pactise avec les Ottomans et facilite l'éclosion d'une Renaissance, terme qui sert surtout à camoufler la licence grandissante des mœurs et l'éloignement de Dieu des sociétés occidentales.

Il laisse le pays dans un état de division qui va faciliter l'explosion des guerres de religion. Il est faux de dire que son règne a permit un développement important des arts en France. L'art existe avant, simplement, à cette période, il se tourne vers une recherche purement humaine des plaisirs, alors qu'avant, les sciences et les arts cherchaient à découvrir et comprendre le Créateur à travers leurs travaux.

En 1534, il envoie Jacques Cartier explorer le fleuve Saint-Laurent au Québec pour découvrir «certaines îles et pays, où l'on dit qu'il se doit trouver grande quantité d'or et autres riches choses».

  • 25 janvier : neuvaine à l'Enfant-Jésus de Beaune, du 25 janvier au 2 février.

Le Carmel de Beaune est fondé en 1619. En 1630, y entre une orpheline de 11 ans 1/2, Marguerite Parigot, d'une famille de notables de Beaune. Sous la direction spirituelle de mère Marie de la Trinité, chargée des Novices et de mère Élisabeth de la Trinité, la Prieure Marguerite Parigot deviendra la Vénérable Marguerite du Saint Sacrement. Le divin Enfant Jésus comble la « petite épouse de sa crèche » de grâces mystiques. La pratique des vertus religieuses notamment de l'obéissance authentifie ces expériences étonnantes chez une enfant.

La puissance de sa prière est bientôt connue au dehors du Carmel. Une première fois en 1636, alors que la France est attaquée au nord et à l'est, et que rien ne semble pouvoir empêcher les armées ennemies d'arriver jusqu'à Beaune pour y commettre pillages et massacres, les habitants de la petite ville sont terrifiés et la prieure du carmel songe à fuir le danger. Marguerite assure :

« L'enfant Jésus m'a promis que la ville serait épargnée. »

Cela se réalise. La reconnaissance populaire se manifeste par la diffusion de la « petite couronne » préconisée par Sœur Marguerite sur indication céleste : trois « Notre Père » pour remercier Dieu du don qu'il nous fit en Jésus, Marie et Joseph ; douze « Je vous salue Marie » pour honorer les douze années de l'enfance de Jésus.

Marguerite intercède aussi pour la naissance de Louis XIV. Par une révélation reçue dans sa prière, elle affirme que la Reine va donner le jour au futur Louis XIV. La mère et le fils vont manifester par la suite leur gratitude au Carmel. La réputation de sœur Marguerite a attiré l'attention d'un seigneur normand, le Baron Gaston de Renty, qui se rend en 1643 en Bourgogne pour s'entretenir avec elle. Gagné à sa dévotion, il en donne une définition qui préfigure Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus :

« L'esprit d'enfance est un état où il faut vivre au jour le jour, dans une parfaite mort à soi-même, en total abandon à la volonté du Père. »

Rentré dans son manoir normand, il envoie à Sœur Marguerite un cadeau de Noël : la statue du « Petit Roi de gloire ». En bois sculpté, peint et articulé, cette statuette peut être habillée de vêtements somptueux (elle en possède une collection), parée de bijoux et couronnée. Pour l'honorer dignement, Sœur Marguerite obtient de ses supérieurs la construction d'une petite chapelle attenante à l'église du Carmel. Très vite un mouvement national de pèlerinage se manifeste en direction de l'Enfant Jésus de Beaune, à peu près contemporain de l'Enfant Jésus de Prague. Composée de grands seigneurs et d'humbles gens, l'affluence ne cesse pas jusqu'à la Révolution, comme l'attestent les très importantes archives du Carmel. Caché pendant la Révolution, la statue est rendue ensuite aux carmélites, qui pendant des années la conservent chez elles dans la clôture.

Le Petit Roi de gloire a repris sa place en 1873 dans l'église du carmel. La dévotion populaire ne faiblit toujours pas. Les murs de la chapelle sont tapissés d'ex-votos. Certaines formes de dévotion instituées par Sœur Marguerite se maintiennent : il y a tous les 25 du mois, une prière publique de la « petite couronne » et chaque année, du 25 janvier au 2 février, une neuvaine avec homélie et récitation quotidienne de la « petite couronne ».

  • le 25 janvier 1813 : nouveau concordat signé à Fontainebleau.

L'Empereur ne peut se permettre de différer un accord avec le pape et le contraint, ce jour, à signer un nouveau concordat. Pie VII doit notamment dans les 6 mois qui suivent la nomination d'un évêque par l'empereur, donner l'investiture.

  • le 25 janvier 1814 : Napoléon quitte Paris pour prendre le commandement de l'armée.

Il se rend à Chalons, qu'il atteint dès le lendemain. A Langres, pendant ce temps, le ministre anglais Castlereagh fait discuter le plan qu'il a établi le 26 décembre pour les alliés, il prévoit le retour de la France à ses frontières de 1792, moins la Belgique, qui serait intégrée au royaume des Pays-Bas.

  • le 25 janvier 1878 : la Chambre des députés refuse d'adopter "La Marseillaise" comme hymne national.
  • le 25 janvier 1906 : Barrès et Ribot sont élus à l'Académie française.
    • le 25 janvier 1924 : accord militaire Franco-Tchécoslovaque.

La France se porte garante des frontières tchèques. 14 ans plus tard la France trahit sa parole.

  • le 25 janvier 1944 : début de la bataille du Mont Cassin, en Italie.

Les manœuvres préparatoires ont commencé le 17 janvier. Le 25 les premiers combats importants commencent. Dominant complètement le champ de bataille à l'entrée de la vallée du Liri, le Mont Cassin ou Monte Cassino et son monastère bénédictin datant du Ve siècle ont été transformés en véritables forteresses par les Allemands. La bataille dure cinq mois, de janvier à mai 1944. C'est une bataille très meurtrière, où les nombreuses nations qui y combattent vont compter plus de 75 000 soldats tombés sur cette seule position.

  • le 25 janvier 1948 : dévaluation du Franc français de 80%.
  • le 25 janvier 1959 : le pape Jean XXIII annonce la convocation d'un concile œcuménique Vatican II.
  • le 25 janvier 1979 :Jean-Paul II effectue son premier voyage.

Il se rend en République dominicaine, au Mexique et aux Bahamas. Le pape inaugure deux jours plus tard la troisième conférence épiscopale d'Amérique latine, réunissant neuf cents évêques.

Premier pape qui sort de Rome de façon aussi systématique pour annoncer l'évangile au monde entier. Il fait 104 visites pastorales dans 131 pays pendant son pontificat.

  • le 25 janvier 1983 : Jean-Paul II promulgue un nouveau Code de droit canonique.
  • le 25 janvier 1985: le Général Audran assassiné par Action Directe.

René Audran, est responsable des affaires internationales du Ministère de la Défense. Cet assassinat est suivi par celui de Georges Besse et de nombreuses actions parfois sanglantes.

  • le 25 janvier 1999 : signature de la loi constitutionnelle, liée au Traité d'Amsterdam.

Les deux assemblées législatives, l'Assemblée et le Sénat, se sont réunies le 18 janvier en Congrès pour permettre l'application du Traité d'Amsterdam, signé le 2 octobre 1997.

Posté le 25 janvier 2015 à 05h17 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

24 janvier 2015

Mgr Boulanger lance la canonisation de la soeur de Sainte Thérèse

VisleoSamedi 24 janvier, au cours de la messe qu’il célébrera en la chapelle du Monastère de la Visitation, à Caen, Monseigneur Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux et Lisieux, annoncera officiellement l’ouverture du processus de béatification de "La servante de Dieu, sœur Françoise-Thérèse", plus connue sous le nom de Léonie Martin, sœur de sainte Thérèse de Lisieux.

Mgr Boulanger officialise ainsi le titre de Servante de Dieu qui est désormais celui de sœur Françoise-Thérèse, première étape d’un long processus qui la verra peut-être un jour déclarée Bienheureuse, puis Sainte. Le père Laurent Berthout, délégué épiscopal à l'information, déclare :

"Depuis de nombreuses années, des personnes se confient à la prière de Léonie Martin, venant sur sa tombe au Monastère de la Visitation où elle a été religieuse de 1899 à 1941. Ces personnes témoignent de grâces reçues à la faveur de son intercession. Léonie Martin a vécu une vie simple, cachée, humble à l’ombre du cloître. Elle a voulu vivre la spiritualité de saint François de Sales, en faisant "tout par amour et non par la force", selon l’expression de saint François. Elle a bénéficié de la découverte spirituelle de sa sœur sainte Thérèse qui lui a enseigné à vivre d’Amour dans les gestes les plus humbles et les plus quotidiens".

Posté le 24 janvier 2015 à 11h20 par Michel Janva | Lien permanent

21 janvier 2015

C’est arrivé un 21 janvier…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 21 janvier 1188 : à Gisors, Philippe Auguste, Henri II d'Angleterre et Frédéric Barberousse prennent la croix et rassemblent des troupes pour la Troisième croisade.

Dès le début, à Gisors, en Normandie, Philippe II Auguste, Henri II d'Angleterre et le comte de Flandre conviennent de distinguer leurs hommes par couleurs. La croix de gueules (rouge) fut attribuée aux Français, d'argent (blanc) aux Anglais et de sinople (vert) aux Flamands.

Cette croisade débute en 1189 et s'achève en 1192 ; elle est menée par les Rois de France, d'Angleterre et l'empereur d'Allemagne, dans le but de reprendre la Terre sainte à Saladin.

Le pape Grégoire VIII veut, dès son accession sur le trône de Saint-Pierre en octobre 1187, reconquérir les territoires perdus. Il émet la bulle Audita tremendi qui appelle à la troisième croisade. Henry II d'Angleterre et Philippe Auguste cessent leur guerre et imposent la « dîme saladine » à leurs sujets pour financer cette croisade.

  • le 21 janvier 1276 : Innocent V devient Pape.

Après la mort de Grégoire X, Pierre de Tarentaise est élu pape sous le nom d'Innocent V, mais il meurt cinq mois plus tard.

  • le 21 janvier 1338 : naissance de Charles V, Roi de France.

La princesse Bonne de Luxembourg, épouse du Roi Jean II le Bon, donne naissance à un fils, Charles à Vincennes. Ce dernier devient à son tour Roi, sous le nom de Charles V, dit le Sage à 26 ans, le 8 avril 1364.

  • le 21 janvier 1503 : le dauphin François, fils de la Reine Anne et du Roi Louis XII, meurt quelques heures après sa naissance.
  • le 21 janvier 1558 : François Ier, duc de Guise, s'empare de Guines puis de Ham.
  • le 21 janvier 1606 : le Parlement anglais décide de sévères sanctions contre les catholiques.
  • le 21 janvier 1793 : assassinat de Louis XVI, Roi de France, sur la place de la révolution, ancienne place Louis XV et future place de la Concorde.

À 10h20, sur la place de la Révolution, actuellement la place de la Concorde, le Roi de France, Louis XVI, âgé de 39 ans, est guillotiné. Emprisonné au Temple avec sa famille depuis le mois d'août 1792, il a été condamné à la peine de mort par le tribunal révolutionnaire le 18 janvier 1793, au mépris de toutes les lois du Royaume et de toute consultation de la volonté du peuple, dont ce tribunal se réclamait. La Convention l'accuse d'être un traître à la nation. Ses dernières paroles sont :

"Français, je meurs innocent; je pardonne à mes ennemis; je prie Dieu que mon sang ne retombe pas sur la France"...»

Mais la fin de ses mots est occultée par le roulement de tambour annonçant son exécution. Le 16 octobre suivant, le Reine, Marie-Antoinette est à son tour guillotinée.

« Quand on relit Saint-Just et le célèbre pamphlet du Marquis de Sade, on comprend à quel point le meurtre du Roi fut un acte consciemment sacrilège, la profanation volontaire du sacre de Reims, « la messe noire de l'histoire de France », dont nous n'avons pas fini de vivre les ultimes conséquences. C'est un acte symbolique et théâtral, selon le génie de ce peuple, qui domine l'histoire de France, et s'oppose au baptême de Clovis à Reims ou l'aventure triomphale et sacrificielle de Jeanne d'Arc. Ce n'est pas une société profane qui s'est scellée dans le sang de Louis XVI, c'est une contre-chrétienté : en immolant l'Oint du Seigneur, ce peuple en tant que peuple abdiquait la haute espérance du royaume de Dieu. »

R.-L. Bruckberger, dans Dieu et la politique, p. 71

Et Pie VI, le 17 juin 1793 :

«Le Roi Très Chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s'est exécuté (…) Qui pourra jamais douter que ce Monarque ait été principalement immolé en haine de la Foi et par esprit de fureur contre les dogmes catholiques (...) Ah ! France ! Ah ! France ! Toi que nos prédécesseurs appelaient le miroir de la Chrétienté et l'inébranlable appui de la foi ; toi qui, par ton zèle pour la croyance chrétienne et par ta piété filiale envers le Siège Apostolique, ne marche pas à la suite des nations, mais les précède toutes, combien tu nous es contraire aujourd'hui ! Ah ! Encore une fois, France ! Tu demandais toi-même auparavant un roi catholique. Tu disais que les lois fondamentales du royaume ne permettaient pas de reconnaître un roi qui ne fut pas catholique. Et maintenant que tu l'avais, ce roi catholique, c'est précisément parce qu'il était catholique que tu viens de l'assassiner !... Jour de triomphe pour Louis XVI, à qui Dieu a donné et la patience dans les tribulations et la victoire au milieu de son supplice! »

(Allocution au Consistoire secret du 17 juin 1793 sur l'assassinat de Louis XVI)

  • le 21 janvier 1794 : lancement des colonnes infernales de Turreau sur la Vendée.

Après la dislocation de l'armée vendéenne à Savenay, la Convention décide de poursuivre la "pacification" de la Vendée. Le soutien apporté à la contre-révolution par la population ayant été puissant, Robespierre et son gouvernement veulent appliquer jusqu'au bout leur résolution du 1er août, prônant des mesures extrêmes pour détruire la rébellion : destruction des récoltes et des villages, exécution des suspects, confiscation du bétail. Ces lois, ainsi que celle du 1er octobre, n'ont jamais été abolies depuis! Turreau va mettre en œuvre avec application cette politique de la terre brûlée. Seules quelques villes d'importance doivent être épargnées, le reste peut être rasé… Pendant près de cinq mois, les colonnes infernales vont multiplier exactions et massacres.

Vitrail commémorant le massacre du Luc-sur-Boulogne le 28 février 1794

12 "colonnes infernales" vont quadriller la région et la dévaster. Le 28 février 1794, tuant et incendiant tout sur leur passage, les colonnes Cordellier et Crouzat se dirigent vers le village des Lucs-sur-Boulogne. Elles sont attaquées par Charette et mises en déroute. Cependant, Charette se retire. Martincourt, un lieutenant de Cordellier s'en aperçoit, se dirige vers Les Lucs et massacre le village: des femmes, des enfants dont 109 avaient moins de 7 ans. Les soldats poussent la population dans l'église, mais, celle-ci est trop petite. Les républicains chargent à la baïonnette et massacrent toutes les personnes restées à l'extérieur. La chapelle est ensuite fermée et incendiée, puis détruite au canon.

  • le 21 janvier 1814 : Napoléon libère Pie VII, qui repart de Fontainebleau vers Rome, passant par Milan et Ancône, sa ville natale.
  • le 21 janvier 1815 : les corps de Louis XVI et de Marie-Antoinette, redécouverts par Desclozeaux, sont re-transportés à l'église St Denis en cortège solennel.

Le Dies irae est chanté en sourdine.

  • le 21 janvier 1867 : naissance de Maxime Weygand, général français.

Son histoire tient du roman et cela commence dès sa naissance, puisque diverses thèses s'affontent sur ses origines. Weygand serait né le 21 janvier 1867 à Bruxelles, de parents inconnus. Selon Bernard Destremau, dans Weygand, éd. Perrin, 1990, plusieurs hypothèses existeraient. Mais une photo prise à quelques semaines de là, montre que le bébé a au moins un an, peut-être 18 mois. On n'est même pas certain qu'il soit né en Belgique.

Bernard Destremau avance une autre hypothèse : Weygand pourrait être le fils adultérin de l'empereur Maximilien et d'une dame de la haute société mexicaine. L'empereur avait le riche tempérament des Habsbourg, ce dont Charlotte se plaignait

D'autres comme André Castelot, ayant reçu une soi-disant confidence du roi des Belges, Léopold III affirment que Maxime Weygand serait le fils du colonel van der Smissen et de l'impératrice Charlotte du Mexique, fille du roi des Belges Léopold Ier. Cette possibilité est rendue plausible par la très grande ressemblance entre Weygand et van der Smissen. Elle est aussi soutenue par Dominique Paoli dans son livre Maxime ou le secret Weygand (Bruxelles, 2003). Le colonel van der Smissen commandait le corps militaire belge au Mexique, puis il devient l'aide de camp de l'impératrice Charlotte.

Le général de Gaulle, reliait la naissance de Weygand à l'expédition du Mexique. Ainsi, lors du Conseil des ministres préparant sa visite officielle au Mexique, le ministre des armées Pierre Messmer, annonce que la France va restituer au Mexique les fanions de l'Armée mexicaine pris par Napoléon III, et déclare à ce sujet que cette guerre n'avait rien rapporté à la France. Le général l'interrompt et lui dit :

« Si, cette guerre nous a rapporté Weygand ! »

Les Mémoires de Maxime Weygand restent totalement silencieuses sur ses tuteurs, alors qu'il rend longuement hommage à sa gouvernante et à l'aumônier de son lycée, qui lui ont insufflé sa foi catholique.

Il est le bras droit du maréchal Foch sur la fin de la Grande Guerre; et est chargé, le 11 novembre 1918, de lire les conditions de l'Armistice à Rethondes à la délégation allemande. Nommé le 19 mai 1940 commandant en chef de l'armée française, en remplacement de Gamelin, alors qu'il est trop tard pour inverser le cours de la défaite, il est le premier haut responsable à se déclarer partisan de l'Armistice avec l'Allemagne nazie. Il devient ministre du gouvernement de Vichy et applique les mesures de la Révolution nationale, notamment en Afrique du Nord.

Le 28 juin 1940, il rédige un programme approuvé par le Maréchal Pétain:

  • Il y explique la nécessité de libérer la France « d'un régime de compromissions maçonniques, capitalistes et internationales qui nous a conduits où nous en sommes ».
  • Il y critique « la lutte des classes qui a divisé le pays, empêché tout travail profitable, permis toutes les surenchères de la démagogie ». Il prône « un nouveau régime social, fondé sur la confiance et la collaboration entre ouvriers et patrons. »
  • Il déplore qu'en raison de la baisse de la natalité, la défense nationale ait été assumée par « une proportion inadmissible de contingents nord-africains, coloniaux et étrangers ».
  • Il affirme enfin qu'il faut réformer l'éducation de la jeunesse, mettre fin à « la vague de matérialisme qui a submergé la France », et « revenir au culte et à la pratique d'un idéal résumé par les mots Dieu, Patrie, Famille, Travail. »
  • Il conclut en demandant une épuration de l'administration et du personnel dirigeant, car : « A un programme nouveau, des hommes nouveaux. »

Écarté du gouvernement sous la pression allemande en 1941, contre « dissidence gaulliste », tout en s'opposant à l'invasion de la zone sud par les Allemands du 11 novembre 1942, Weygand est interné en novembre 1942 jusqu'à la fin de la guerre au château d'Itter, dans le Tyrol autrichien. Après guerre, Il est un défenseur de la mémoire du maréchal Pétain ; puis un soutient aux partisans de l'Algérie française pendant la guerre d'Algérie.

Libéré en mai 1946 et dégagé de toute responsabilité en 1948, il bénéficie d'un non-lieu sur tous les chefs d'accusation par la Haute Cour de Justice.

En 1951, il refuse d'être inscrit dans la proposition de loi concernant la promotion de généraux au maréchalat, son nom avait été proposé par le député Guy Jarrosson, auteur du projet de loi, au côté des généraux de Lattre et Alphonse Juin.

Dans un billet du Monde, Hubert Beuve-Méry résume le sentiment d'une partie de l'opinion:

« On peut n'avoir en rien partagé les idées du disparu… il n'en reste pas moins auréolé de la gloire des vainqueurs de 14-18. Chicaner à ce compagnon de Foch, grand-croix de la Légion d'honneur et médaillé militaire, une simple messe de Requiem dans cette même église où tant de lieutenants font bénir leurs jeunes amours apparaît comme un geste sans grandeur, une injustice, une faute et l'on craint que des rancunes personnelles n'y aient plus de part que la raison d'État. »

A sa mort en 1965, il est le doyen d'âge et d'élection de l'Académie française. Désavouant son ministre, de Gaulle refuse qu'une cérémonie solennelle se tienne aux Invalides.

Une foule immense assiste à ses obsèques en l'église Saint-Philippe-du-Roule (8e arrondissement de Paris), le 2 février, conduite par les trois épouses et veuves des maréchaux Juin, Leclerc et de Lattre de Tassigny, en présence d'un grand nombre de généraux, dont Pierre Kœnig, le plus illustre chef militaire de la France libre encore en vie. Maxime Weygand est enterré au cimetière Saint-Charles de Morlaix.

  • le 21 janvier 2009 : le pape Benoit XVI lève, par décret, les excommunications des 4 évêques de la Fraternité St-Pie-X.
  • le 21 janvier 2011 : la GLNF est mise sous la tutelle d'un Administrateur Judiciaire, suite au refus par une majorité de frères de valider les comptes de l'Obédience lors des assemblées civiles, et aux procédures judiciaires engagées par des frères regroupés en association "FMR" contre la gouvernance du GM Stifani.

Posté le 21 janvier 2015 à 05h13 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

18 janvier 2015

C’est arrivé un 18 janvier…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 18 janvier 1509 : bataille du cap Finisterre.

Un combat naval a lieu dans le golfe de Biscaye entre une escadre portugaise et le corsaire français Pierre de Mondragon, commandant une flotte de quatre navires. La victoire portugaise sur les Français est totale et Pierre de Mondragon est tué pendant le combat.

  • le 18 janvier 1641 : naissance de François Michel Le Tellier de Louvois.

François Michel Le Tellier de Louvois, est né à Paris. A l'âge de quinze ans, il devient secrétaire d'État de la guerre grâce aux relations de son père à la cour de Louis XIV. En 1672, il est nommé ministre d'État et entre au Conseil d'En-Haut, pour succéder à Colbert, au décès de ce dernier. Il devient surintendant des Bâtiments, Arts et Manufactures de France, et dirige la construction du Château de Versailles.

  • le 18 janvier 1650 : début de la Fronde des princes.

Le prince de Condé, ennemi de Mazarin, s'est allié aux frondeurs. Mais le cardinal le fait arrêter et enfermer au château de Vincennes, tout comme son frère, Conti, et son beau-frère, le duc de Longueville. En province, les partisans des princes, se soulèvent. La seconde Fronde commence : on lui donnera le nom de "Fronde des princes". La Bourgogne, la Normandie, le Limousin, le Poitou et l'Aquitaine rallument la guerre civile. L'armée royale y met un terme au mois d'octobre 1652.

  • le 18 janvier 1695 : la capitation est instaurée. Elle frappe les contribuables en fonction de leur rang social.
  • le 18 janvier 1800 : création de la Banque de France.

Le premier consul, Napoléon Bonaparte, édite un décret stipulant la création de la Banque de France. L'établissement s'installe à l'hôtel de Toulouse, à Paris et commence son activité avec 30 millions de francs. La banque a pour clients des banques commerciales qui prêtent aux particuliers en empruntant à la Banque de France. Le privilège d'émission des billets limité à la capitale s'étend à toute la France à partir de 1848. En cherchant à augmenter la quantité de monnaie en circulation, Napoléon souhaite relancer l'économie.

  • le 18 janvier 1862 : l'Église reconnaît les apparitions de la Vierge à Lourdes.

Statue de la Sainte-Vierge dans le rocher de Massabielle, à Lourdes

 

En entrant dans la basilique de l'Immaculée Conception de Lourdes, sur le bas-côté droit, on peut lire gravée dans le marbre la déclaration solennelle de l'Évêque des Apparitions, Monseigneur Laurence :

"Nous jugeons que l'Immaculée Marie, Mère de Dieu, a réellement apparu à Bernadette Soubirous, le 11 février 1858 et les jours suivants, au nombre de 18 fois, dans la grotte de Massabielle, près de la ville de Lourdes; que cette apparition revêt tous les caractères de la vérité, et que les fidèles sont fondés à la croire certaine. Nous soumettons humblement notre jugement au Jugement du Souverain Pontife, qui est chargé de gouverner l'Eglise universelle".

Cette déclaration de Mgr Laurence, l'évêque de Tarbes, est une reconnaissance d'authenticité par l'Église, le 18 janvier 1862, soit quatre ans après les Apparitions.

Qui, de nos jours, sait encore que la Sainte Vierge ne faisait que reprendre possession d'un lieu qui lui avait déjà été consacré sous le règne de Charlemagne?

Citation tirée du livre Merveilles de Lourdes, écrit par Guillaume Bady et Pierre-Marie Varennes, qui à travers 150 histoires vraies racontent 150 de miracles accordés à Lourdes

"Turpin, l'évêque du Puy-en-Velay, aumônier de Charlemagne, et le moine Marfin, émaillent d'interminables conversations les langueurs de l'été 778, au monastère de Lavedan.

-Ce que je m'apprête à te raconter, frère Marfin, tu n'es pas obligé de le croire. Mais je t'en prie, écoute-moi avec ton cœur et ta foi.

L'évêque marque une pause.

-La citadelle de Mirembelle [Hauteurs de lourdes] est un édifice extraordinaire. Ses constructeurs furent divinement inspirés, tant l'habileté et l'intelligence avec lesquelles ils la conçurent en font une place stratégique quasi imprenable. Grâce à elle, un simple prince, Mirat le Sarrasin, a pu résister pendant des mois aux terribles assauts de la puissante armée de Charlemagne, dont je faisais partie. Vraiment, Marfin, ce siège semblait durer depuis toujours. Et si l'imposante roche rendait impossible la sape des fondations, les ressorts et les cordes des balistes, eux, fonctionnaient à plein, lançant pierres, poutres et charognes par-dessus les épaisses murailles. Mais aucun instrument de guerre ne venait à bout de ses puissantes fortifications. Or, ce prince sarrasin n'était probablement pas le mécréant que l'on imaginait : un homme capable de repousser les limites du supportable, d'obtenir le soutien indéfectible des siens, de leur inspirer la force et le courage de combattre à un contre dix….le penses-tu si éloigné de Dieu ?

-Certes, l'homme a de l'étoffe. De là à en faire un homme de foi, non, je ne crois pas, répond Marfin les sourcils arqués par le scepticisme. Pourquoi n'a-t-il pas prêté allégeance à Charles le Grand ? Pourquoi laisser obstinément flotter son étendard et infliger aux siens les affres de son orgueil ?

-Je pensais comme toi, jusqu'à ce qu'un événement assez singulier auquel j'ai pu assister, vienne ébranler mes certitudes.

Marfin, ayant eu vent dudit incident, contemple l'évêque avec un air dubitatif.

-Qu'un aigle majestueux survole la forteresse et dépose un saumon encore vif aux pieds de cet infidèle, n'est-il pas un fait troublant ? reprend Turpin. Quand Mirat le ramasse, son attention se porte instinctivement vers l'origine du présent. Cherche-t-il une trace de l'aigle si généreux ? Non, son regard est immobile. Il fixe le ciel. Un indicible sourire se dessine sur son visage. Du haut des remparts, il regarde la tente de notre auguste roi et crie : " Comment quitter les largesses de cette terre ? Autour de moi, je ne vois que profusion et fertilité. Ce saumon est magnifique ! Mais ce n'est qu'un parmi des centaines. Prenez-le, la nature semble moins charitable avec vous !" Et il jette le poisson en notre direction.

Pour les soldats Francs, atteints dans leur chair, las d'un siège sans fin, c'est le coup de grâce. Chez notre roi aussi le doute commence à germer. Tous songent à reculer.

C'est à ce moment précis que je décidai d'aller vers ce Mirat qui prétendait posséder abondance et force. Plusieurs détails, imperceptibles pour mes compagnons, m'autorisaient à croire en la présence de Dieu à l'intérieur de ces fortifications. Je n'aurais qu'à parler, et Dieu ferait le reste. J'en étais convaincu.

Je demandai alors à notre roi de me laisser tenter une ultime manœuvre. Les échecs successifs et l'insupportable idée de la retraite suffirent à le persuader. J'entrai bientôt seul à la rencontre de ce prince sarrasin.

Devant le délabrement de ses troupes, affamées, épuisées, malades, je compris que je ne ressortirais de là vivant que si mon intuition était juste, car jamais Mirat ne me laisserait révéler sa faiblesse à l'extérieur de son camp.

Il m'attendait.

Prince Mirat, tout comme mon roi, j'admire le courage et la loyauté que tu inspires à tes hommes. Tu as prévenu que jamais tu ne te soumettrais à un mortel, quel qu'il soit, et tu as tenu parole. Je ne viens donc pas m'entretenir de cela, mais te parler du hasard. Ce matin, un aigle a déposé à tes pieds un superbe saumon…"

Mirat, étrangement serein, me coupa la parole : " C'est exact. Je n'y ai pourtant pas vu de hasard. J'y ai vu un signe. Cet aigle, dont les serres laissent échapper un si beau saumon…Les saumons remontent les cours d'eau pour perpétuer leur race et meurent peu de temps après. Pourquoi ne restent-ils pas en pleine mer. L'espace de liberté est infini, la nourriture abondante…C'est comme si le point central, le sens de toute leur existence se situait là : souffrir en allant à contre-courant, et enfin donner la vie. Nous souffrons tous ici, mais à quoi pourrions-nous donner naissance qui surpasse le simple fait d'exister ? Le sais-tu ?"

"Oui, répondis-je. A une cité libérée de tout fief terrestre, une cité ne relevant que de la plus noble Dame qui fût : Sainte Marie du Puy, Mère de Dieu, à laquelle même Charlemagne, le plus illustre des mortels, se soumet. Deviens son chevalier et offre au pays de Bigorre la plus glorieuse et la plus juste des gouvernances. L'histoire se souviendra de toi comme du fondateur d'une cité divine, n'appartenant qu'à la Reine du Ciel."

Pour la seconde fois de ce jour extraordinaire, Mirat sourit.

La suite, tu la connais, frère Marfin. Mirat, baptisé, s'appelle aujourd'hui Lorus. La cité, théâtre de cet authentique miracle, portera bientôt son nom, Lourdes, et deviendra le fief céleste et exclusif de la Vierge Marie, sainte Mère de Dieu pour toujours. »

Si le style est romancé le fait est historique!

  • le 18 janvier 1871 : proclamation de l'Empire allemand.

La France est totalement humiliée car l'empire allemand, le deuxième Reich, est proclamé dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles. Cet empire s'achève le 9 novembre 1918 par l'abdication de Guillaume II à l'issue de la Première Guerre mondiale, guerre dont le cessez-feu arrive deux jours plus tard le jour de la Saint Martin, un des saints patrons et protecteurs de la France. Le roi de Prusse devient empereur. Guillaume 1er dira:

" Je n'ai pas vaincu les Français, Dieu me les a livrés"

Cet empire succède au Saint Empire romain germanique fondé par Otton le Grand et aboli par Napoléon 1er après mille ans d'existence.

L'abbé Vial dans son livre : Jeanne d'Arc et la monarchie (pages 516 et 517) fait une comparaison temporelle entre l'abandon de la protection de l'Eglise par la France et l'invasion du pays par les prussiens.

Date

Faits arrivés à Rome

Faits arrivés en France

4 aout 1870

Annonce officielle de l'évacuation de Rome par l'Armée française

Premier désastre français à Wissembourg; 5000 Français écrasés par 30000 Prussiens

5 aout 1870

Le Corps d'occupation abandonne Viterbe seconde ville des Etats papaux

Les Allemands franchissent la frontière et envahissent la France

6 aout 1870

Le général Dumont s'embarque à 2h00 de l'AM

 

Le drapeau français est descendu des bastions de Civita-Vecchia à 5h00

Ecrasé à Woerth, Freschwiller et Reichshoffen, Mac Mahon opère sa retraite à 2h00 de l'AM.

Nombre considérable de drapeaux français tombent aux mains des Prussiens à 5h00

7 aout 1870

Départ des 4000 derniers Français qui défendaient le Saint Siège

4000 Français faits prisonniers par les Prussiens

14 aout 1870

Inauguration à Paris de la statue de Voltaire, qui est une insulte publique à Dieu et à la France chrétienne

Les Prussiens commencent le bombardement de Strasbourg

4 septembre 1870

Les Piémontais s'emparent de Civita-Vecchia

Les Prussiens s'emparent de Versailles

19 septembre 1870

Investissement complet de Rome par les Piémontais

Investissement complet de Paris par les Prussiens

20 septembre 1870

La canonnade italienne frappe les remparts de Rome

La canonnade prussienne réduit en cendre la résidence impériale de St Cloud

24 septembre 1870

L'armée pontificale capitule devant les bandes de Cavour

Toul capitule devant les Prussiens

28 septembre 1870

Le général piémontais agit en souverain dans Rome

Strasbourg capitule; 7000 prisonniers

11 octobre 1870

Victor-Emmanuel accepte officiellement le plébiscite qui lui donne Rome

Orléans est prise par les Prussiens

22 octobre 1870

Le ministre italien répond à la lettre de l'ambassadeur de France qui le félicitait d'avoir pris Rome!

Saint Quentin canonné, pris et imposé de 2 millions. 5 jours après Metz capitule: 173000 soldats, 1665 canons, 278289 fusils, quantité de munitions et de drapeaux livrés à l'ennemi

30 décembre 1870

Victor-Emmanuel part pour Rome

Les Français abandonnent leur artillerie sur le plateau d'Avron

23 janvier 1871

Le prince Humbert entre à Rome et s'installe au Quirinal

Jules Favre s'humilie devant Bismarck à Versailles pour négocier la capitulation de Paris

1 février 1871

La chambre italienne déclare la dépossession du Pape un fait accompli.

L'armée de l'est (80 000 hommes), non comprise dans l'armistice passe en Suisse. Les Prussiens déclarent la France définitivement vaincue

 

  • le 18 janvier 1919 : début de la Conférence de la paix qui débouche sur le traité de Versailles qui met fin à la guerre 1914-18.
  • le 21 janvier 1920 : fin de la Conférence de la paix de Versailles qui débouche sur le traité de Versailles.

Ce traité met fin à la guerre 1914-18. La conférence de paix de Paris de 1919 est une conférence internationale, organisée par les vainqueurs de négocier les traités de paix entre les Alliés et les vaincus. Elle consacre la disparition de trois empires, l'empire allemand, l'empire d'Autriche-Hongrie et l'empire ottoman et la création de nouveaux États en Europe : renaissance de la Pologne, création de la Tchécoslovaquie et de la Yougoslavie. Elle fixe aussi les réparations que doit payer l'Allemagne, qui ne payera jamais.


Le Conseil des Quatre à la conférence de paix : Lloyd George, Vittorio Orlando, Georges Clemenceau, et Woodrow Wilson

  • le 18 janvier 1940 : le pape Pie XII condamne, dans une allocution radio, les massacres de civils en Pologne.

Posté le 18 janvier 2015 à 05h10 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

16 janvier 2015

Les nostalgiques de l'islam

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Mais pas d'amalgame avec nos dirigeants islamophiles, je compte sur vous.

Posté le 16 janvier 2015 à 11h35 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (34)

15 janvier 2015

Puy du Fou : découverte archéologique d'un village du 14e siècle

Lu sur le site du Puy du Fou :

"Le Puy du Fou a acquis, il y a quelques mois, une parcelle de terrain, dans le but d’y installer une nouveauté 2016 : un spectacle en salle complètement inédit dans sa forme et tout à fait original dans son concept.

Cette parcelle étant soupçonnée de contenir des restes archéologiques plus ou moins intéressants, le permis de construire a donc été soumis aux administrations compétentes. L’Etat envoya alors des archéologues expérimentés réaliser des sondages. Quelle ne fut pas notre surprise de les voir totalement pétrifiés devant une découverte extrêmement rare : un village du 14ème siècle enfoui sous terre 

Généralement, les villages médiévaux du 14ème ou 15ème siècle sont introuvables car enfouis sous les fondations des bourgs actuels. On trouve parfois des villages gaulois, mais ce sont des découvertes « classiques » de l’archéologie contemporaine ; le village du 14ème siècle, lui, est d’une rareté absolue. La direction artistique est tombée des nues : « Promis, nous n’y sommes pour rien ! Au Puy du Fou, tout est tellement authentique, on ne sait plus très bien démêler le vrai du faux… » a rétorqué Nicolas de Villiers, non sans humour. Cela apporte un crédit extraordinaire au voyage à travers l’Histoire qui est proposé aux visiteurs.

Fouillant, les archéologues ont deviné des maisons à étage, avec un petit barrage et des systèmes de drainage sous les maisons : signe d’un petit bourg prospère et d’un sol de qualité. Les maisons sont pavées avec du granit et, en cas d’inondation, l’eau peut s’écouler à travers ces pierres et rejoindre un barrage qui sert de retenue d’eau pour les Hommes et les animaux : signe d’une vie très active. Une ferme, avec maisons et bâtiments d’élevage, couvre les 2/3 du champ actuel, sur près de 2.5 hectares. Les restes de maisons les plus intéressants sont situés en dehors du périmètre où se construira dans quelques mois la salle du prochain spectacle. Nous allons ainsi pouvoir préserver ces restes archéologiques et les montrer dans plusieurs années aux visiteurs lorsque les fouilles seront achevées. (...)"

Posté le 15 janvier 2015 à 22h12 par Michel Janva | Lien permanent

13 janvier 2015

C'est arrivé un 13 janvier...

 "A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Alors rappelons-nous :

  • le 13janvier 533 : mort de Saint Rémy.

Saint Rémy est un des saints évangélisateurs de la France. Sa mission, reçue du pape, est de convertir et de guider sur le chemin de la foi notre premier Roi. Nous ne pouvons que relire aujourd'hui sont testament qui s'adresse particulièrement au chef de notre nation, quel qu'il soit ! Citons le Marquis de la Franquerie*, dans La mission divine de la France :

« Le testament de Saint Rémi a une importance capitale pour nous Français; c'est une véritable vision d'avenir qui prend une autorité toute particulière du fait que le grand Pape Saint Hormisdas écrivit à Saint Rémi lorsqu'il l'institua en ces termes Légat pour toute la France. »

"Nous donnons tous nos pouvoirs pour tout le Royaume de notre cher Fils spirituel Clovis, que par la grâce de Dieu vous avez converti avec toute sa Nation, par un apostolat et des miracles dignes du temps des Apôtres."

Ce testament le voici :

« Que le présent testament que j'ai écrit pour être gardé respectueusement intact par mes successeurs les évêques de Reims, mes frères, soit aussi défendu, protégé partout envers et contre tous par mes très chers fils les Rois de France par moi consacrés au Seigneur** à leur baptême, par un don gratuit de Jésus-Christ et la grâce du Saint-Esprit.

Qu'en tout et toujours il garde la perpétuité de sa force et l'inviolabilité de sa durée...

Mais par égard seulement pour cette race royale qu'avec tous mes frères et co-évêques de la Germanie, de la Gaule et la Neustrie, j'ai choisie délibérément pour régner jusqu'à la fin des temps, au sommet de la majesté royale pour l'honneur de la Sainte Eglise et la défense des humbles.

Par égard pour cette race que j'ai baptisée, que j'ai reçue dans mes bras ruisselante des eaux du baptême: cette race que j'ai marquée des sept dons du Saint-Esprit, que j'ai ointe de l'onction des rois, par le Saint Chrême du même Saint-Esprit;

J'ai ordonné ce qui suit:

I° MALÉDICTIONS

Si un jour cette race royale que j'ai tant de fois consacrée au Seigneur, rendant le mal pour le bien, lui devenait hostile, envahissait ses Églises, les détruisait, les dévastait:

Que le coupable soit averti une première fois par tous les évêques réunis du diocèse de Reims.

Une deuxième fois par les églises réunies de Reims et de Trêves. Une troisième fois par un tribunal de trois ou quatre archevêques des Gaules.

Si à la septième monition il persiste dans son crime, trêve à l'indulgence! Place à la menace!

S'il est rebelle à tout, qu'il soit séparé du corps de l'Eglise, par la formule inspirée aux évêques par l'Esprit-Saint: parce qu'il a persécuté l'indigent, le pauvre, au cœur contrit; parce qu'il ne s'est point souvenu de la miséricorde; parce qu'il a aimé la malédiction, elle lui arrivera; et n'a point voulu de la bénédiction, elle s'éloignera.

Et tout ce que l'Eglise a l'habitude de chanter de Judas le traître et des mauvais évêques, que toutes les Eglises le chantent de ce roi infidèle.

Parce que le Seigneur a dit: "Tout ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à Moi que vous l'avez fait, et tout ce que vous ne leur avez pas fait, c'est à Moi que vous ne l'avez pas fait.

Qu'à la malédiction finale on remplace seulement, comme il convient à la personne, le mot épiscopat par le mot royauté:

Que ses jours soient abrégés et qu'un autre reçoive sa royauté!

Si les archevêques de Reims, mes successeurs, négligent ce devoir que je leur prescris, qu'ils reçoivent pour eux la malédiction destinée au prince coupable: que leurs jours soient abrégés et qu'un autre occupe leur siège."

II° BÉNÉDICTIONS

"Si Notre-Seigneur Jésus-Christ daigne écouter les prières que je répands tous les jours en sa présence, spécialement pour la persévérance de cette race royale, suivant mes recommandations, dans le bon gouvernement de son royaume et le respect de la hiérarchie de la Sainte Eglise de Dieu.

Qu'aux bénédictions de l'Esprit-Saint déjà répandues sur la tête royale s'ajoute la plénitude des bénédictions divines!

Que de cette race sortent des rois et des empereurs*** qui, confirmés dans la vérité et la justice pour le présent et pour l'avenir suivant la volonté du Seigneur pour l'extension de la Sainte Eglise, puissent régner et augmenter tous les jours leur puissance et méritent ainsi de s'asseoir sur le trône de David dans la céleste Jérusalem où ils règneront éternellement avec le Seigneur. Ainsi soit-il."*****

Et le marquis poursuit :

« Ce testament signé du grand Evêque le fut également par six autres Evêques et d'autre Prêtres. Trois de ces Evêques sont réputés pour leur sainteté: Saint Vedast, Evêque d'Arras, Saint Médard, Evêque de Noyon, Saint Loup, Evêque de Soissons. Ils le signèrent sous la formule suivante:

"X..., Evêque.

Celui que mon Père Rémi a maudit, je le maudis, celui qu'il a béni, je le bénis.

Et j'ai signé."

Et Baronius, le savant Cardinal (cité par Caesar Baronius, Annales Ecclesiastici, tome VI, Bibl. Nation. H. 106, p. 635 et 636.), après onze siècles d'expérience, de constater:

"Malgré les crimes de ses Rois, le Royaume de France n'est jamais passé sous une domination étrangère et le peuple Français n'a jamais été réduit à servir d'autre Peuples. C'est cela qui a été accordé par une promesse divine, aux prières de Saint Rémi, suivant la parole de David (Ps. 88): Si mes Fils abandonnent ma loi; s'ils ne marchent point dans la voie de mes Jugements; s'ils profanent mes justices et ne gardent point mes commandements, je visiterai leurs iniquités avec la verge et leurs péchés avec le fouet; MAIS JE N'ELOIGNERAI JAMAIS DE CE PEUPLE MA MISERICORDE."

*(tiré de Migne, t. 125, p. 1168. Hincmar - Vita Sancti Remigii cap. LIV. Baronius, Annales Ecclesiastici -- Tome VI, p. 635. ; et de Migne, t. 135, p. 60 à 68. Flodoard, Historia Remensis Ecclesiae lib. I. ch. XVIII, Testamentum ab ipso editum.)

** mis en gras ou majuscules par le marquis de la Franquerie.

****Comme les Rois de France ont été fidèles! Le nombre des couronnes que leur race a portées est là pour le prouver, la Race Royale de France a régné en effet en France, en Lorraine, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Savoie, en Italie, à Constantinople, en Espagne, à Parme, à Naples, en Sicile, au Portugal, en Autriche, au Brésil, etc... (Note de bas de page de La mission divine de la France)

***** L'authenticité indiscutable de ce document capital pour notre Histoire a été prouvée par l'Abbé Dessailly, de l'Académie de Reims, dans un ouvrage fondamental et décisif sur la question: "L'authenticité du grand Testament de Saint Rémi", publié au siècle dernier, chez Dumoulin, à Paris.

Chasse de Saint Rémi, visible dans l'Abbaye de Saint Rémi à Reims

Enfin relisons la lettre écrite par le Saint au Roi Clovis, à l'issue de la bataille de Soisson. Clovis fait alors figure d'héritier de l'Empire Romain d'Occident. Dans cette missive, l'évêque de Reims vante les mérites de Childéric 1er, le père du jeune Roi des Francs. Puis, avec beaucoup de diplomatie, il incite le nouvel homme fort des Gaules du Nord à la plus grande bienveillance à l'égard des institutions chrétiennes et en particulier des communautés catholiques :

Lettre à  Clovis, Chef insigne et remarquable par ses mérites.

« Un grand bruit vient de parvenir jusqu'à nous: la conduite de la guerre vous a donné la victoire. Il n'est pas étonnant que vous soyez dès à présent ce que vos pères ont été. Ce qui vous reste à faire maintenant, c'est de ne point vous écarter des voies du Seigneur qui a récompensé votre humilité, en vous élevant au faîte suprême : comme dit le vulgaire, l'œuvre de l'homme se juge par ses fruits. Vous devez vous entourer de conseillers capables de vous valoir bonne renommée. Que votre administration soit intègre et honnête. Vénérez les pontifes chrétiens de votre territoire et recherchez leurs avis. Si vous êtes en bonne intelligence avec eux, votre territoire s'en trouvera affermi. Soulagez vos concitoyens, relevez les affligés, soulagez les veuves et les orphelins, afin que tous vous aiment et vous craignent. Que la justice sorte de votre bouche. N'attendez rien des pauvres et des étrangers : ne consentez point à recevoir des présents. Que votre prétoire soit ouvert à tous et que personne n'en sorte affligé. Engagez votre patrimoine à racheter les captifs et à les délivrer du joug de la servitude. Si quelqu'un paraît en votre présence, qu¹il ne se sente pas regardé comme un étranger. Délassez-vous avec les jeunes gens, mais travaillez les affaires avec les vieillards si vous voulez passer pour grand, si vous voulez vraiment régner. »

Rémi, évêque, l'an 485

  • le 13janvier 888 : mort du Roi Charles III le Gros.

L'empereur d'occident et Roi des Francs, Charles le Gros meurt à Neidingen sans héritier légitime. Eudes, fils de Robert le Fort, qui a combattu l'invasion normande en Francie occidentale, est désigné comme son successeur. Eudes est proclamé Roi des Francs de l'Ouest le 29 février et règne jusqu'en 898.

  • le 13janvier 1129 : ouverture du concile de Troyes.

Ce concile est convoqué par le pape Honorius II à la demande d'Hugues de Payns, pour reconnaître officiellement l'Ordre du Temple, dont la règle, rédigée par SaintBernard, est approuvée par le concile. L'ordre des Templiers a été fondé dix ans avant, sous l'impulsion du chevalier Hugues de Payns, à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Le roi de Jérusalem, Baudouin II, avait alors logé les premiers chevaliers sur l'ancien temple de Salomon, duquel ils tirent leur nom.

Leur mission consiste à protéger les pèlerins venus en Terre sainte. L'ordre s'enrichit ensuite très rapidement et gagne en puissance, servant de banquiers à toute l'Europe.

L'ordre religieux et militaire, issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, participe activement aux nombreuses batailles, lors des croisades et de la Reconquête. Après la perte définitive de la Terre sainte en 1291, l'ordre, victime de la lutte entre la papauté et Philippe le Bel, est dissous par le pape Clément V, le 22 mars 1312, à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre amène encore aujourd'hui à nombre de spéculations et de légendes sur son compte. (Voir les chroniques des 18 et 22 mars et du 3 avril).

  • le 1 janvier 1151 : l'abbé Suger meurt à Saint-Denis, pendant l'office de Prime.

Les origines de celui qui devient abbé de Saint Denis sont controversées. Il est Régent de France de 1147 à 1149 lors du départ de Louis VII pour la deuxième croisade. À son retour, le Roi le proclame « Père de la Patrie ». Lorsque Louis VII évoque l'idée de faire annuler son mariage avec Aliénor, Suger tente de l'en dissuader. Ce n'est qu'après la mort de Suger que Louis VII met son idée à exécution. Sa tombe, comme beaucoup d'autres, est profanée en 1793.

Mort de Suger, visible au musée des Beau-Art de Nantes

  • le 13janvier 1374 : le Roi Charles V, le Sage, prend une seconde ordonnance sur l'organisation de l'armée.

Charles V, qui aura préparé minutieusement la reconquête de son territoire, met sur pied l'armée de la reconquête. La lutte contre les Grandes Compagnies permet de mettre au point une nouvelle organisation des troupes et de repérer des capitaines fiables et fidèles, comme Bertrand Du Guesclin, son cousin Olivier de Mauny, nommé chambellan par le Roi, ou Olivier de Clisson. On organise autour d'eux de petites armées composées de routiers d'une centaine d'hommes que l'on solde pour être sûr qu'ils ne deviendront pas des pillards pendant les périodes de trêve.

Une armée permanente de près de 6000 hommes est ainsi constituée. Ce sont le plus souvent des volontaires français, de petite noblesse, et des arbalétriers italiens. Pour prendre les forteresses, une artillerie conséquente est aussi formée.

  • le 13janvier 1691 : première médaille de l'Amérique française.

À la mi-octobre 1690, l'amiral anglais Phipps assiège Québec, commandée par le comte de Frontenac. La réponse du gouverneur à l'émissaire est la suivante : «Je vous répondrai par la bouche de mes canons!» Le siège dure à peine plus de huit jours. Incapables de maintenir leurs positions sur les battures de Beauport, pilonnés sans relâche par les batteries françaises, les Anglais finissent par se retirer lamentablement.

Frontenac, pressé de rendre compte au Roi de cette victoire affrète une frégate, la Fleur de Mai, et demande au baron de La Hontan de lui servir d'émissaire ; alors que le froid et la glace endommagent les navires dans la rade. Le navire quitte Québec le 29 novembre, pour La Rochelle. Un peu moins de six semaines plus tard, le 13 janvier 1691, Louis XIV reçoit la nouvelle.

Il en éprouve tant de joie qu'il décide de faire frapper une médaille, la première médaille de l'Amérique française.

Elle commémore la libération de Québec en 1690.Sur l'avers, le profil de Sa Majesté avec l'inscription Ludovicus Magnus Rex Christianissimus. Sur le revers, une figure allégorique représentant la ville de Québec assise sur son rocher, avec la sentence Francia in Novo Orbe Victrix, les mots Kebeca Liberata et l'année M.DC.XC.

  • le 13 janvier 1898 : Émile Zola publie dans L'Aurore sa lettre ouverte au président Faure, J'accuse, consacrée à l'affaire Dreyfus.

Le titre lui est soufflé par Georges Clémenceau, alors éditorialiste du journal.

  • le 13 janvier 1913 : le pape interdit la projection de films dans les églises, même s'ils ont un contenu religieux.
    • le 13 janvier 1934 : mort du « capitaine Marchand »

Jean-Baptiste Marchand, reste toujours attaché à la déconvenue de Fachoda mais sa passionnante carrière militaire, en particulier durant la Grande Guerre restée occultée.

Il nait le 22 novembre 1863 à Thoissey dans l'Ain. En 1883 qu'il choisit la carrière des armes et s'engage à Toulon dans le 4e Régiment d'Infanterie de Marine comme simple soldat. Reçu au concours de l'École de Saint-Maixent en 1886, il en sort avec le grade de sous-lieutenant et rejoint de nouveau la Coloniale à Dakar. En 1889, il participe à l'expédition contre la forteresse de Koundian au Mali. Il y est grièvement blessé, mais sa conduite au feu lui vaut la Légion d'Honneur.

Promu Capitaine, Jean-Baptiste Marchand retourne en France, mais demande à repartir en Afrique. Sa requête acceptée, il explore la Côte d'Ivoire, le Pays Baoulé et le Bandamana avant de participer aux opérations contre Samory Touré dirigées par le Colonel Humbert.

Ayant reçu en 1895, le commandement de la Mission Congo-Nil, il traverse toute une partie du Sahara pour relier l'embouchure du Congo au Nil Blanc (Soudan). La mission démarre en juillet 1896. En juillet 1898, Marchand arrive au poste de Fachoda au Soudan, sur les bords du Nil. Mais les hommes de la petite mission d'exploration française ont la mauvaise surprise de voir arriver l'armée anglo-égyptienne de Lord Horation Kitchener, qui mène une conquête systématique du cours du Nil. Contraint de négocier avec Kitchener un retrait de Fachoda avant de gagner Djibouti quelques mois plus tard, le capitaine Marchand est considéré par l'opinion publique en française comme un héros.

Promu Colonel, il est placé à la tête du 4e Régiment d'Infanterie de Marine. Le Colonel Marchand retourne ensuite à la vie civile et est élu Conseiller Général du Gard en 1913.

Lors du déclenchement de la Grande Guerre, le Colonel Marchand reprend du service et est réintégré dans les unités coloniales. Après plusieurs blessures et de nombreuses citations, en avril 1917, Marchand commande la 10e Division Coloniale lors de l'assaut du Chemin des Dames. Elle rejoint ensuite successivement les secteurs de Verdun et de Saint-Mihiel. En juin 1918, la 10e Coloniale est incorporée à la VIe Armée de Duchêne dans le secteur de la Marne. Marchand la mène alors avec succès lors des durs combats de la Seconde bataille de la Marne, notamment à Château-Thierry. Jean-Baptiste Marchand s'éteint le 13 janvier 1934 à Paris. Il est inhumé dans son bourg natal de Thoissey.

  • le 13 janvier 1935 : les Sarrois se prononcent pour le rattachement de la Sarre à l'Allemagne.
  • le 13 janvier 1995 : Mgr Jacques Gaillot est destitué de sa charge d'évêque d'Évreux par le Vatican.
  • le 13 janvier 2000 : une équipe internationale de chirurgiens dirigée par le Pr Jean-Michel Dubernard effectue une double greffe des mains à l'hôpital Edouard-Herriot de Lyon sur un peintre en bâtiment de 33 ans, une première mondiale.
  • le 13 janvier 2002 : décès de Pierre Joubert, dessinateur français.

Inutile de présenter Pierre Joubert dont le Salon Beige se permet de reproduire quelques unes de ses illustrations et invite ses lecteurs à prier en ce jour pour le repos de celui dont les dessins ont enchanté tant et tant de générations d'adolescents.

  • le 13 janvier 2013 : 800 000 opposants au "mariage homosexuel" manifestent à Paris.

340 000 selon les services de la Préfecture de paris, la PPP, plus habiles à effacer des preuves sur les photos qu'à faire des additions. Il est vrai que si l'algèbre et les mathématiques sont aussi bien enseignés que l'Histoire dans « les écoles de la république », ces fonctionnaires ont quelques excuses.

Posté le 13 janvier 2015 à 06h35 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

11 janvier 2015

Le rite de la communion dans la main pratiqué de nos jours nous vient des calvinistes

Mgr Schneider, évêque auxiliaire au Kazakhstan, est interrogé par Présent. Extraits :

Monseigneur, on entend souvent, pour justifier la communion dans la main,  l’argument du retour aux sources. Cet argument est-il fondé ?

Cet argument est un mythe, ou peut-être une tromperie intentionnelle, parce que la réalité est assez différente. En vérité, le rite de la communion dans la main pratiqué de nos jours nous vient des communautés calvinistes et n’a rien à voir avec la coutume des premiers siècles. Les documents littéraires et iconographiques nous révèlent que, pendant les premiers siècles, dans certains endroits, la sainte communion était déposée dans la paume de la main droite, et non dans la main gauche comme on le fait aujourd’hui. Ensuite, le fidèle inclinait profondément la tête jusqu’à la paume de la main et prenait la sainte hostie directement avec ses lèvres puis, éventuellement, avec la langue, les parcelles eucharistiques qui avaient pu rester dans la paume. Les hommes se  lavaient les mains avant la communion. La paume des femmes devait être recouverte d’un linge blanc et ce linge était purifié après la communion.

[...] Enfin, reste cet important aspect théologique qui dit : la liturgie connaît par nature une croissance organique tendant à la profondeur et à une plus grande perfection, parallèle à la croissance de la foi. Le retour aux expressions de la liturgie ou de la foi dans leur état embryonnaire est une erreur théologique, c’était d’ailleurs une prétention typique des hérétiques. Dans son encyclique classique sur la liturgie Mediator Dei, le pape Pie XII a condamné une telle attitude, l’appelant « archéologisme liturgique ».

[...] La cause médiate, à mon avis, réside dans la réforme liturgique en général, qui a réduit les gestes et les paroles claires de la sacralité à un minimum, et en particuler dans le style de la liturgie de la messe, devenu imprécis, laissant place à la créativité ou à la subjectivité du célébrant et des autres participants. La cause immédiate du manque de respect est sans aucun doute le rite moderne de la communion dans la main lui-même, un rite du point de vue objectif et phénoménologique assez banal et de caractère profane, inventé par les calvinistes pour lesquels l’Eucharistie est un pur symbole.

Comme cause général du manque de respect, on peut indiquer une catéchèse et une prédication doctrinalement très défectueuses, et même quelquefois purement protestantes. Il faut effectuer des gestes liturgiques comme on croit sinon, tôt ou tard, on finit par croire selon les gestes que l’on a accomplis. [...]

Vous assurez que revenir à la communion à genoux et dans la bouche vaudra un grand nombre de grâces à l’Eglise militante. Mais que préconisez-vous pour généraliser ce retour : la suppression de l’indult, déjà ancien (1969), autorisant la communion dans la main ? Qu’entendez-vous par « norme liturgique à instaurer aboutissant à la disparition de la communion dans la main » ?

Il faut, bien sûr, procéder par étapes. Parmi les fidèles qui reçoivent la sainte communion dans la main, la plupart le font avec une totale bonne foi. Les uns agissent par docilité, par obéissance, parce que le curé ou même l’évêque l’ont conseillé ou imposé. Il existe cependant probablement aussi des personnes qui communient ainsi parce qu’elles ne croient pas en la présence réelle. Notons enfin que certaines personnes communient dans la main avec une foi et une dévotion profondes et sont motivées par des préférences subjectives, oubliant malheureusement les conséquences objectives nocives de cette pratique liturgique.

Il faudrait tout d’abord, fréquemment, donner aux enfants et aux adultes une catéchèse et une prédication intégrales et précises sur l’Eucharistie, et spécialement sur la grandeur et la sublimité de la sainte communion. Ensuite, il faudrait expliquer concrètement les dangers réels et fréquents de la perte et du vol des parcelles eucharistiques, mettant en évidence surtout le fait horrible que Notre-Seigneur présent dans la sainte Eucharistie, en d’innombrables églises, est piétiné par les fidèles. Puis il faut informer les fidèles que la communion dans la main est une exception à la loi liturgique, dite indult, insistant en même temps sur le fait que la communion sur la langue et à genoux est la règle. Ceci exige logiquement de mettre un prie-Dieu, un banc de communion ou, mieux encore, une balustrade à disposition des fidèles, afin de ne pas discriminer ceux qui ont le droit de recevoir la sainte communion sur la langue et à genoux.

Une autre mesure utile serait que l’évêque diocésain publie une lettre pastorale spécifique sur l’Eucharistie et la sainte communion, invitant instamment et de manière argumentée les fidèles à recevoir le Seigneur Eucharistique sur la langue et à genoux. Le Saint-Siège devrait faire la même chose vis-à-vis de tous les évêques et de tous les diocèses du monde. Le dernier pas dans un tel processus serait la prohibition formelle de la pratique de la communion dans la main. [...]"

Posté le 11 janvier 2015 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent

07 janvier 2015

La Révolution contre la femme

Lu dans Minute :

Mercredi 31 décembre, « C à vous », France 5

Rappel historique de Eric Zemmourà Patrick Cohen, qui lui affirme que la Révolution française a été une grande avancée pour les femmes: « Est-ce que vous savez qu’au contraire, c’est la révolution que vous vantez qui a renvoyé les femmes à leurs fourneaux. La Révolution française s’est révoltée contre la puissance excessive des femmes sous la monarchie, particulièrement sous les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI, et c’est la révolution française qui a accouché du Code civil qui faisait des femmes un sujet inférieur. »

Posté le 7 janvier 2015 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent

06 janvier 2015

Conférence de Michel de Jaeghere sur la fin de l'Empire romain

Michel de Jaeghere a publié en 2014 un livre sur la fin de l'Empire Romain qui fait d'ores et déjà référence. Il l'a présenté lui-même en video. Et il donne prochainement une conférence sur le sujet.

Conf 13 janvier PM

 

Posté le 6 janvier 2015 à 21h27 par Paula Corbulon | Lien permanent

Chouanneries

Documentaire réalisé par Reynald Seicher. Pour revoir le 1er film, cliquer ici

Posté le 6 janvier 2015 à 21h01 par Michel Janva | Lien permanent

04 janvier 2015

Le Padre Pio, un témoin véritable de la miséricorde divine

PDans Padre Pio mon ami, Giovanni Siena, âgé ajourd’hui de 94 ans, ancien professeur et journaliste, livre son journal de trente ans dans le sillage du saint, jusqu’à sa mort. Ce laïc de San Giovanni Rotondo, père de neuf enfants (dont huit furent baptisés par le Padre Pio), raconte la vie et la mort de son père spirituel et ami. Les fioretti dont il nourrit son texte, avec des anecdotes souvent inédites, personnelles et familiales, constituent un superbe bouquet au parfum délicieux, offert au lecteur. Extrait :

"La confession dure quelques minutes. Je regarde les visages des fidèles qui sortent du divin tribunal. Presque tous ont le sourire aux lèvres ; certains sont tristes parce qu'ils n'ont pas reçu l'absolution et savent qu'ils devront revenir avec d'autres dispositions d'âme. Je me rend compte que le pardon des péchés ne nous est donné que si nous nous engageons très sérieusement à ne pas retomber dans les mêmes erreurs. Cela, le Padre Pio le lisait dans les coeurs d'une façon véritablement extraordinaire, et j'en ai souvent fait l'expérience."

A l'heure où la notion de miséricorde divine est si pervertie, destinée à excuser voire à nier le péché, parce que ce serait "janséniste" ou "pharisien" (alors que, face à la casuistique pharisienne, celle qui cherche déjà à excuser les écarts sur la loi du mariage, Notre-Seigneur rappelle avec force et sans compromis -certains diraient avec rigidité...- que ce que Dieu a uni, l'homme ne le sépare pas), l'exemple récent du Padre Pio témoigne de ce qu'est la véritable miséricorde, à savoir l'amour du pécheur et en même temps le refus sans compromis du péché.

Posté le 4 janvier 2015 à 08h28 par Michel Janva | Lien permanent

01 janvier 2015

C’est arrivé un 1er janvier…

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

Rappelons-nous :

  • le 01 janvier : fête et Solennité de MARIE, Mère de Dieu.

1. Origine de la fête de Marie, mère de Dieu

C'est Pie XI en 1932 qui institue d'abord la fête de Marie mère de Dieu, le 11 octobre. Puis, la solennité de Marie mère de Dieu, le 1er janvier, remplace la cérémonie de la circoncision de Jésus. La solennité de Marie mère de Dieu est introduite par la réforme liturgique suite au concile Vatican II. Sa date, depuis la réforme liturgique, est donc le premier janvier, huit jours après Noël. La date de la fête de Marie mère de Dieu a été déplacée pour la mettre en relation avec la naissance de Jésus à Noël. La nouvelle date de la célébration de la fête de Marie mère de Dieu, le 1er janvier, jour de l'an, met aussi en valeur la célébration de la Solennité.

2. Sens de la fête de Marie mère de Dieu et célébration de la solennité

Depuis le concile d'Ephèse en 431, l'Eglise vénère la vierge Marie sous le titre de mère de Dieu, Sancta Maria Dei Genitrix, en grec Théotokos. Cette solennité célèbre le mystère de l'Incarnation. C'est donc par la célébration de la solennité de Marie mère de Dieu que l'on commence la nouvelle année, le jour de l'octave de la Nativité qui est le 1er janvier. L'évangile de la messe est la venue des bergers à la crèche. Le pape Benoît XVI a fait au Vatican une célébration de la solennité de Marie mère de Dieu Reine de la paix.

  • le 01janvier 1450 : reconquête de Harfleur par Charles VII tenue par les Anglais.

Le Roi de France Charles VII, suite à un siège, reprend la ville d'Harfleur, détenue depuis 1415 par les Anglais. Cette libération fait partie des victoires successives du Roi sur les Anglais dans la reconquête de la Bretagne, de la Normandie et de tout le territoire national ; ce qui met progressivement fin à la guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre.

  • le 01 janvier 1452 : création de l'hospice de Beaune.

Le tout nouvel hôpital des Hospices de Beaune, l'Hôtel-Dieu, créé à l'initiative de Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne, Philippe II le Bon, et de son épouse Guigone de Salins, accueille son premier patient.

  • le 01 janvier 1515 : mort de Louis XII.

Alité depuis le début du mois de décembre, le Roi de France, Louis XII, meurt peu avant minuit à l'âge de 53 ans. Il sera inhumé à Saint-Denis aux côtés de son épouse Anne de Bretagne. Mort sans héritier mâle, la loi Salique désigne son arrière-cousin qui est aussi son gendre, François de Valois comte d'Angoulême, issu de la branche des Valois-Angoulême qui devient François 1er.

En 1498, il devient Roi, succédant à Charles VIII, mort accidentellement sans enfant lui survivant. Louis XII administre avec intelligence son domaine. Il utilise les recettes des impôts pour le bien du pays en entretenant, entre autre, le réseau routier. Très populaire, il est appelé le "Père du Peuple".

La Mort de Louis XII surnommé le Père du peuple de Merry-Joseph BLONDEL (Musée des Augustins de Toulouse)

  • le 01 janvier 1560 : la mort du poète Joachim du Bellay.

Né en 1522 en Anjou, Joachim du Bellay meurt le 1er janvier 1560 à Paris. Il fonde la Pléiade avec son ami Ronsard. Il s'agit d'un groupe de sept poètes français. Son ouvrage le plus connu reste Les Regrets, un recueil de 191 sonnets composés au cours de l'un de ses voyages à Rome. Son vers le plus célèbre fait d'ailleurs référence à un antique voyageur. Il commence par : Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage… Travailleur infatigable, Joachim du Bellay succombe à une apoplexie, à sa table de travail, à l'âge de 37 ans.

  • le 01 janvier 1564 : Charles IX, décrète à Roussillon-Château en Dauphiné, par un édit royal, l'Edit de Roussillon, que l'année commencera désormais le 1er janvier.
  • le 01 janvier 1622 : Rome décrète que l'année commencera désormais le 1er janvier au lieu du 25 mars.

Chez les peuples usant d'un calendrier solaire, le début de l'année a toujours été fixé par pure convention. Au fil des siècles, l'année n'a pas commencé partout au 1er janvier, et son début a varié au gré des époques et des pays. Même avec le calendrier grégorien, dans lequel le premier jour de l'an a été aussi le 1er mars. Ce n'est qu'en 1622, que le 1er janvier est décrété par le Saint-Siège comme début de l'année partout dans le monde catholique. L'empereur Charles Quint et le Roi de France Charles IX avaient déjà mis en œuvre cette mesure dans leurs royaumes respectifs au cours du siècle précédent.

  • le 01 janvier 1677 : première représentation de Phèdre.
  • le 01 janvier 1743 : Pierre Gaultier de Varennes atteint les montagnes rocheuses.

L'explorateur français Pierre Gaultier de Varennes ainsi que ses fils Louis-Joseph et François remontent la partie haute du Missouri jusqu'à un de ses affluents, la rivière du Yellowstone. Lâchés par leurs guides aborigènes, ils s'arrêtent devant les montagnes Rocheuses, dans la partie occidentale du Wyoming. Leur exploration leur permet tout de même de revendiquer l'ouest américain au nom de la France. Un canton de vallée de la Matapédia porte le nom de la famille d'explorateurs.

  • le 01 janvier 1771 : naissance de Georges Cadoudal, chef militaire breton.

Grande figure de la contre-révolution, il sera commandant de l'Armée catholique et royale de Bretagne. Charismatique, il est très apprécié du peuple. Georges Cadoudal nait le 1er janvier 1771 à Kerléano, petit village près d'Auray. Fils de meunier, il étudie au collège Saint Yves de Vannes.

En 1793, peu après l'exécution du Roi Louis XVI à Paris, la levée en masse est décrétée par la Convention pour défendre les frontières de l'Est contre l'Europe. Dans l'ouest, en Bretagne, en Vendée, les nouvelles lois sur la conscription sont mal acceptées par la population. Cadoudal comme beaucoup d'autres, refuse de se soumettre.

Il rejoint alors la grande armée catholique et royale de Vendée, et s'y fait rapidement remarquer par sa force et son intelligence, promu chef d'escadron, il se bat jusqu'à la défaite de l'armée vendéenne à Savenay, le 23 décembre 1793 (voir la chronique du jour). Il échappe au désastre et se replie en Bretagne, dans la Morbihan, pour y organiser la résistance.

En 1795, Georges Cadoudal prend le commandement des chouans du Morbihan et refuse de se placer sous les ordres du Comte de Puisaye, ce dernier voulant réunir l'ensemble des chouans de la Bretagne sous son seul commandement. Au printemps 1795 Cadoudal rejette un cessez-le-feu conclu entre chefs royalistes et révolutionnaires à La Mabilais, et continue seul le combat.

En août, il est promu major-général et réunit sous son commandement l'armée chouanne et les troupes rescapées du désastreux débarquement de Quiberon. A la fin de l'année 1795, il reprend Sarzeau, puis Locminé en avril 1796, mais son armée est en infériorité numérique face à Hoche, La paix est signée le 16 juin 1796. Alors le chef chouan se consacre au relèvement du pays vannetais en désarmant les bandes armées incontrôlées.

Le 4 septembre 1797, le Directoire succède à la Convention Révolutionnaire (voir la chronique du jour sur ce coup d'Etat) ; Georges Cadoudal reprend le combat ; nommé commandant en chef de la Bretagne par le futur Louis XVIII, il est traqué par les bleus. Il reprend Sarzeau, mais alors qu'il s'apprête à rentrer dans Vannes, son action est stoppée par le coup d'état de Bonaparte, en novembre 1799.

Le Premier consul l'invite à Paris pour conclure une paix définitive ; Bonaparte désireux de voir Cadoudal se rallier à lui, lui promet grade, rente et distinctions, mais l'entrevue échoue et le chef chouan gagne l'Angleterre pour y poursuivre le combat. Il y est promu lieutenant général des armées du Roi. En août 1803, il revient en France pour organiser l'enlèvement de Bonaparte. Cadoudal qui avait refusé de s'associer aux conspirateurs est arrêté, et condamné à deux ans de prison. Le chef chouan ne renonce pas ; à nouveau arrêté le 25 mars 1804, il est cette fois condamné à mort le 10 juin. Voici le récit de sa mort :

Le 9 mars 1804, vers sept heures du soir, trahi par son logeur, il est repéré par un prévôt place du Panthéon et pris en chasse par une escouade de policiers. Une course poursuite effrénée commence dans les rues de Paris. L'inspecteur Buffet s'effondre, le fugitif blesse grièvement un deuxième homme. Il saute du cabriolet bien décidé à s'échapper. Cerné au carrefour l'Odéon, il est finalement maîtrisé.

Le jeune Breton, vigoureux, à la corpulence énorme et au regard clair, répond à ses juges d'une voix limpide et assurée :

« - Que veniez-vous faire à Paris ?- Attaquer le premier Consul

- Où avez-vous logé ?- Je ne veux pas le dire.

- Pourquoi ?- Parce que je ne veux pas augmenter le nombre des victimes.

- Quel était votre projet et celui de vos conjurés ?- De mettre un Bourbon à la place de Bonaparte.

- Quel était ce Bourbon ?- Louis XVIII.

- N'était-ce pas avec un poignard que vous vous proposiez d'assassiner le premier Consul ?

- Je ne suis pas un assassin. Je devais l'attaquer avec des armes pareilles à celles de sa garde ». (Extrait du premier interrogatoire de Georges Cadoudal, le 18 ventôse de l'an 12 – 9 mars 1804, reporté par Adolphe Thiers dans Histoire du Consulat et de l'Empire, T3, 1845).

Au juge qui lui reproche d'avoir tué un père de famille, il répond  avec un aplomb désarmant :

« La prochaine fois faites-moi arrêter par des célibataires ! ».

Cadoudal est-il responsable de la « conspiration de la machinerie infernale » du 24 décembre 1800, premier attentat à la voiture piégée de l'histoire ? Le chouan reconnaît avoir eu vent du projet, mais ignorer les moyens terroristes mis en œuvre par son lieutenant, Saint-Régeant. Aucune charge concernant cet attentat manqué contre Bonaparte, qui a fait vingt-deux morts et une centaine de blessés rue Saint-Nicaise, n'est finalement retenue contre lui.

Napoléon Bonaparte offre de gracier le lieutenant général des armées du Roi à plusieurs reprises en échange de sa soumission, celui-ci refuse avec obstination : « Ce bougre-là ! Il n'est pas content de me couper la tête, il voudrait encore me déshonorer ». Il meurt avec ses amis. Néanmoins, il exprime une dernière volonté à l'exécuteur de Paris, son bourreau :

« Vous saurez que je veux être exécuté le premier. C'est à moi à donner à mes camarades l'exemple du courage et de la résignation ; d'ailleurs, je ne veux pas que l'un d'eux s'en aille de ce monde avec l'idée que je pourrais lui survivre ».

Ce désir lui est refusé. L'ordre d'exécution est fixé et sa tête tombera la dernière. 

Le 25 juin 1804, Georges Cadoudal et onze de ses compagnons sont menés en place de Grève (Voir la chronique du jour). En quittant la Conciergerie, dans un dernier adieu, il professe inlassablement sa foi pour donner du courage à ses partisans condamnés : « Et maintenant, il s'agit de montrer aux Parisiens comment meurent des chrétiens, des royalistes et des Bretons ». D'un pas sûr et lent, la démarche fière et l'œil assuré, le colosse gravit les marches de l'échafaud et clame d'une voix retentissante : « Camarades, je vous rejoins. Vive le Roi ! ».  

Héros populaire, anobli post mortem par Charles X, il est élevé à titre posthume à la dignité de maréchal de France. A la Restauration, ses restes pieusement recueillis, sont rendus à la Bretagne et inhumé sur le lieu de sa naissance, dans un mausolée à Kerléano.

Tiré du bottin-mondain.fr

Voir les chroniques du 21 et 25 juin.

  • le 01 janvier 1796 : création du ministère de la Police.

Le Directoire remplace les différents comités chargés de surveiller le territoire français par un ministère de la Police générale. Merlin de Douai démissionne de son poste de ministre de la Justice pour prendre en charge ce nouveau ministère. Cette Police générale a pour mission de démanteler les "entreprises subversives"… en clair toute tentative populaire de restaurer un ordre chrétien en France.

  • le 01 janvier 1849 : mise en service du premier timbre-poste français.
  • le 01 janvier 1860 : la ville de Paris est découpée en vingt arrondissements.
  • le 01 janvier1880 : lancement du projet de construction du canal de Panama.

Le projet de la construction du canal de Panama, qui relierait l'océan Pacifique à l'océan Atlantique, est lancé le 1er janvier 1880 par Ferdinand de Lesseps. Les travaux ne débutent cependant qu'en 1882. Ce projet finit en scandale politico-financier majeur. Depuis 2007, des travaux d'élargissement sont effectués sur le canal, ils devraient s'achever en 2014.

  • le 01 janvier 1916 : entrée en vigueur de l'impôt sur le revenu.

Un projet de loi a déjà été déposé en février 1907. Toutefois, la loi n'est votée par la Haute Assemblée que le 3 juillet 1914 suite à un désaccord entre le Sénat et la Chambre des députés. Elle est révisée dès 1917 afin de financer la Première Guerre mondiale. Des impôts équivalents existent déjà en place en Grande-Bretagne depuis 1842 ou en Prusse depuis 1893.

  • le 01 janvier 1917 : Claire Ferchaud écrit au président français.

Elle lui demande en vain de soumettre au député l'injonction du Christ de graver l'emblème du Sacré-Cœur sur le drapeau français. Poincaré la reçoit le 21 mars.

  • le 01 janvier 1925 : le général français Gouraud crée l'État de Syrie, composé de ceux d'Alep, de Damas et des Alaouites avec Damas comme capitale.
  • le 01 janvier 1927 : début de la guerre des Cristeros au Mexique.

La guerre des Cristeros désigne la rébellion des paysans mexicains face à l'Etat, qui est alors anticatholique et maçonnique. Le 1er janvier, les rebelles sous le nom de « Cristeros », ce qui signifie partisans du Christ, ont pris les armes contre l'Etat. Le conflit s'est intensifié pendant deux ans, et a pris fin par des négociations diplomatiques où l'Amérique a joué un rôle important, par le biais de l'ambassadeur Dwight Whitney Morrow. Cependant il faudra l'intervention du Vatican pour arrêter cette guerre où les insurgés ont écrasé l'armée régulière.

  • le 01 janvier1938 : création de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF).

Suite au protocole d'accord signé le 31 août 1937, entre l'Etat et les 5 grandes compagnies de chemin de fer, la Société Nationale de Chemin de Fer est officiellement constituée. L'Etat est actionnaire à 51% et les compagnies privées (Nord, Est, Paris-Orléans, Paris-Lyon-Méditerranée et Midi) à 49 %. Ces dernières ont pour mission d'apporter les lignes et le matériel nécessaires au réseau ferré.

  • le 01 janvier1945 : la France signe la déclaration de constitution des Nations unies.
  • le 01 janvier1994 : déclaration du pape Jean-Paul II.

Pour les Journées mondiales de la Paix le Saint Père affirme :

« Noyau premier de la société la famille a droit à tout soutien de l'Etat pour remplir entièrement sa mission propre. Les lois de l'Etat doivent donc être conçues de manière à promouvoir de bonnes conditions de vie pour la famille, en l'aidant à accomplir les tâches qui lui reviennent. Devant la tendance aujourd'hui plus forte à légitimer, comme substitut de l'union conjugale, des formes d'unions qui en raison de leur nature propre ou de leur caractère transitoire voulu, ne peuvent en aune manière exprimer le sens de la famille ni assurer son bien, c'est un des premiers devoirs de l'Etat d'encourager et de protéger l'institution familiale authentique, d'en respecter la physionomie naturelle ainsi que les droits innés et inaliénables.

Cité par François Marie Algoud dans Histoire de la volonté de perversion de l'intelligence et des mœurs (Editions de Chiré page 404)

  • le 01 janvier2002 : l'euro + les 35 heures.

La France et ses onze autres partenaires de la zone euro adoptent définitivement la monnaie unique en passant à l'euro, trois ans après son entrée en vigueur. En France, s'y ajoute l'entrée en vigueur théorique de la réduction du temps de travail hebdomadaire à trente-cinq heures pour les petites et moyennes entreprises de moins de vingt salariés.

 

Posté le 1 janvier 2015 à 06h44 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (8)

31 décembre 2014

La nouvelle année doit nous faire penser à cette année éternelle qui nous attend tous

Dom Hilarion Duclaux est né en 1727 à Valréas, dans le Vaucluse. Issu d’une famille profondément chrétienne, il ressent très tôt l’appel à la vie consacrée et entre à la Chartreuse de Bonpas, où il fait profession le 6 août 1748. Les douloureux événements de la tourmente révolutionnaire n’épargnent pas sa communauté, et les moines sont expulsés le 8 septembre 1792. Doté d’une faible santé, Dom Duclaux ressent profondément cette violence dirigée contre l’Église et contre son couvent, et il meurt dans sa maison natale en 1793, à l’âge de 66 ans.

Confidences d'un chartreux regroupe les lettres, récemment découvertes, de Dom Hilarion Duclaux à sa famille (notamment son frère prêtre et son père), depuis janvier 1748, année de sa profession, jusqu’à avril 1788, donc à la veille de la Révolution française. On découvre dans cette correspondance un cœur profondément humain et délicat autant qu’une âme fervente toute centrée sur Dieu, à la sérénité communicative. Ces écrits cartusiens nous mettent véritablement en lien avec la Parole essentielle, celle de Dieu et de son Fils, le Verbe éternel. Ils renvoient l’image de l’Évangile, contemplé, vécu et transmis par un moine saisi d’amour pour le Christ Jésus. Au long des pages, outre les conseils donnés à chacun de ses interlocuteurs, nous découvrons la personnalité de leur auteur, âme toute donnée ne vivant que pour Dieu et qui sut trouver sa joie en Lui pour la communiquer aux autres.

Le texte est précédé d’un préliminaire historique sur les Chartreux et sur Dom Hilarion Duclaux, réalisé par Guillaume d’Alançon. Les considérations spirituelles consignées dans ces lettres d’un chartreux valent pour toutes les époques et tous les états de vie et, si elles ne constituent pas un traité organique, elles peuvent néanmoins constituer un aliment de choix pour la méditation personnelle.

Voici une des lettres :

"A Bonpas, le 1er janvier 1752

À Monsieur Duclaux, notaire et greffier,

à Valréas

Mon très cher père,

DJ’avais promis à mon très cher frère de vous écrire, et c’étaient bien là mes désirs. Mais le temps ne m’a pas permis de les accomplir. Dernièrement, je laissai passer une favorable occasion qui se présenta, mais, comme c’était un jour de spaciement, je n’eus encore aucun moment de loisir. Je profite maintenant avec un grand empressement de celui qui me reste, pour m’acquitter auprès de vous du devoir qu’exige de moi la nouvelle année que nous commençons aujourd’hui : je vous la souhaite heureuse et remplie des bénédictions du Seigneur. Elle doit nous faire penser à cette année éternelle qui nous attend tous, et qui sera, s’il plaît à la miséricorde divine, le terme de notre bonheur, et qui doit faire, dans cette vallée de larmes, le sujet de tous nos soupirs. Les années que nous passons ici-bas sont si peu de chose par rapport à leur peu de durée et aux misères qui les accompagnent, qu’elles ne méritent notre estime qu’en tant qu’elles nous sont données pour amasser des trésors pour l’éternité. D’ailleurs, notre cœur n’est créé que pour Dieu seul, qui est éternel, et rien de ce qui passe n’est digne de Dieu. Heureux ceux qui font ces réflexions, et qui, ne s’attachant à cette vie périssable, en attendent une qui n’aura point de fin, où tous les biens sont compris, parce qu’on y possède Dieu, qui est la félicité des saints. C’est là, mon très cher père, le souhait que je vous fais, et à toute la maison, car le salut de vos âmes m’est aussi cher que le mien. Et tout ce que je désire dans notre solitude, c’est de vous voir un jour, réunis dans cette céleste patrie. Dieu nous en fasse la grâce !

Je ne vous parle point ici, mon très cher père, de la part que vous avez pris à l’honneur que m’a fait la Divine Providence, en m’élevant au sacerdoce. Je crois qu’elle est bien grande. J’aurais eu un grand plaisir de vous voir assister à ma première messe. Cela est bien naturel. Mon très cher frère me fait espérer que j’aurai le bonheur de vous voir avec mon très cher oncle, lorsque le temps et les affaires vous le permettront. J’attends avec empressement cet heureux jour, qui sera peut-être la dernière fois que nous nous verrons en ce lieu d’exil. Et j’espère, avec le secours de Dieu, que nous le passerons dans des entretiens spirituels. Vous me ferez plaisir si vous n’êtes que vous deux.

J’ai reçu, il y a quelque temps, une lettre de mon frère Joseph. Il se porte bien. Je jouis  aussi, par la grâce de Dieu, d’une bonne santé et d’un grand contentement. Je vous prie d’offrir mes très humbles respects à mon très cher oncle et à mon très cher frère, à toute la maison, et à toute la parenté. Je vous souhaite à tous la paix du Seigneur et, par-dessus tout, son divin amour, qui doit être l’âme de notre âme. Je finis avec les désirs, et avec les sentiments les plus humbles, et les plus respectueux, avec lesquels je suis,

À Bonpas, ce 1er janvier 1752

mon très cher père, votre très humble et très obéissant serviteur,

Frère Hilarion Duclaux, chartreux."

Posté le 31 décembre 2014 à 14h44 par Michel Janva | Lien permanent

C’est arrivé un 31 décembre…

 

"A qui veut régénérer une Société en décadence, on prescrit avec raison, de la ramener à ses origines." Léon XIII, Rerum Novarum

 

Rappelons-nous :

  • le 31 décembre 406 : invasions barbares.

Des bandes de Vandales, d'Alains et de Suèves franchissent le Rhin gelé près de Mayence. Les barbares poursuivent leur route vers le Sud-ouest et ravagent la Gaule sans rencontrer de résistance notable. L'empire Romain est incapable de réagir. Bientôt ils occupent l'Espagne et le nord de l'Afrique. Dans leurs sillages d'autres groupes de Barbares envahissent l'Europe occidentale: les Alamans, les Burgondes, les Suèves et les Francs.

Les Vandales pillant Rome, par Heinrich Leutemann (1824-1904)

Ils s'illustrent en pillant successivement la Gaule, la Galice et la Bétique (en Espagne), l'Afrique du nord et les îles de la Méditerranée occidentale durant tout le Ve siècle de l'ère chrétienne. Ils fondent également un éphémère «royaume vandale d'Afrique», ou «royaume de Carthage»

La période des grandes invasions a bouleversé les bases du monde antique sédentaire et y met un point final : c'est la fin de l'Antiquité qui se joue entre 400 et 600.

  • le 31 décembre 1494 : l'armée du Roi de France, Charles VIII, entre à Rome.

Charles VIII quitte Amboise, le 13 février 1494, pour se rendre en Italie. Il revendique le royaume de Naples, d'ou il compte ensuite partir en croisade contre les infidèles turcs. En effet, le royaume de Naples, jusqu'en 1442, est aux mains de la maison d'Anjou, maison cadette des Capétiens. À cette date, le roi Alphonse V d'Aragon en prend le contrôle. La maison d'Anjou essaie alors sans relâche d'en reprendre possession. Son dernier représentant, René d'Anjou meurt en 1480. Ses droits sur le royaume de Naples passent alors au royaume de France, où règnent Louis XI, puis, Charles VIII.

  • le 31 décembre 1578 : création de l'ordre du Saint-Esprit par le Roi Henri III de France.

C'est le 31 décembre 1578, en pleines guerres de religion, qu'Henri III fonde «l'ordre et milice du benoît Saint-Esprit». Ce jour est un jour de fête pour l'ordre.

Le monarque choisit le nom de Saint-Esprit, en référence à sa propre naissance, à son couronnement sur le trône de Pologne et plus tard sur celui de France, les trois événements étant survenus le jour de la Pentecôte.

Il devient le premier des ordres de la monarchie française. Ses membres doivent être catholiques, d'une noblesse héréditaire remontant au moins à leur arrière-grand-père, et avoir au moins trente-cinq ans. Les princes du sang peuvent être reçus dès quinze ans et les fils de France le reçoivent dès leur baptême.

Tous les chevaliers du Saint-Esprit sont faits chevalier de l'ordre de Saint-Michel avant leur réception et portent de ce fait le titre de « chevaliers des ordres du Roi ».

Bien que cet ordre soit initialement réservé aux plus hauts dignitaires du royaume, le Roi Henri IV permet à un nombre restreint de monarques et de grands seigneurs étrangers de confession catholique, orthodoxe, anglicane d'y entrer.

 

Un impôt spécifique appelé marc d'or est instauré pour subvenir aux besoins de l'Ordre dont le siège se trouve alors au couvent des Grands-Augustins à Paris. La devise de l'Ordre est « Duce et Auspice »: Sous la direction et la protection (du Saint-Esprit).

Supprimé en 1791 pendant la Révolution française, l'ordre du Saint-Esprit est ensuite rétabli en 1814. Louis XVIII le confère à Alexandre Ier de Russie, à François Ier d'Autriche, à Frédéric-Guillaume III de Prusse et au duc de Wellington. Et c'est Charles X qui restaure les cérémonies de l'ordre. L'ordre est définitivement aboli par Louis-Philippe en 1830.

Par la suite, il est devenu un ordre dynastique français et est porté ainsi que conféré par divers prétendants au trône de France, orléanistes et légitimistes, suite au décès d'Henri, comte de Chambord.

  • le 31 décembre 1584 : Traité de Joinville.

Ce traité est une alliance contraire aux Lois fondamentales du Royaume, entre la Ligue des Guises et l'Espagne.

  • le 31 décembre  1756 : la Russie signe le traité de Versailles.

Le 31 décembre 1756, la Russie rejoint le traité de Versailles. Ce traité, rédigé suite à la guerre de Succession d'Autriche, puis modifié après de la Guerre de Sept ans, renverse les alliances diplomatiques. Désormais, depuis mai 1756, la France et l'Autriche sont alliées contre la Grande-Bretagne et la Prusse. Le 31 décembre, l'alliance franco-autrichienne se voit renforcée par la Russie, la Saxe et la Suède.

  • le 31 décembre 1805 : fin du calendrier révolutionnaire, le calendrier grégorien reprend le lendemain.
  • le 31 décembre 1808 : Napoléon écrit, de Benavente en Espagne, au ministre de la Police Fouché.

Il ordonne de faire dresser la liste des émigrés nobles, et de faire envoyer les 16-18 ans de ces familles à St-Cyr : "La génération future ne doit point souffrir des haines et des petites passions de la génération présente".

 

  • le 31 décembre 1810 : le tsar Alexandre impose de nouveaux droits de douane sur les produits français.
  • le 31 décembre 1898 : les antidreyfusards fondent la Ligue de la patrie française.

En réponse à la Ligue des droits de l'homme, les nationalistes antidreyfusards, des intellectuels, des académiciens, tels que François Coppée, Jules Lemaître et Paul Bourget, des membres de l'Institut de France, des artistes, des écrivains en vue comme Maurice Barrès, des peintres comme Edgar Degas et Auguste Renoir, des romanciers comme Jules Verne, des poètes, de musiciens, des peintres et artistes comme Frédéric Mistral ou Théodore Botrel se regroupent dans la Ligue de la patrie française. Elle cherche avant tout à défendre l'honneur de la patrie et de l'armée. La ligue comptera jusqu'à 300 000 membres avant de se dissoudre en 1905.

  • le 31 décembre 1913 : loi sur les monuments historiques.
  • le 31 décembre 1922 : création du code de la route.
  • le 31 décembre 1936 : Zay, ministre de l'éducation, émet une circulaire sur l'interdiction des propagandes politiques dans l'enseignement public.
  • le 31 décembre 1951 : le plan Marshall d'aide à l'Europe prend fin à minuit.
  • le 31 décembre 1958 : en France, instauration de l'assurance chômage (Assedic).
  • le 31 décembre 1972 : lancement de la troisième chaîne de télévision.

La société nationale française de programmes de télévision lance la "troisième chaîne" française. Elle n'est reçue que par un quart de la population à ses débuts. La chaîne deviendra FR3 le 1er janvier 1975 après la dissolution de l'ORTF.

  • le 31 décembre 1979 : la Loi sur l'IVG rend définitives les dispositions de loi Veil de 1975.

En ce jour de clôture de « l'année de l'enfant » (sic), la loi provisoire sur l'avortement, du 17 janvier 1975 (voir la chronique du jour), est reconduite définitivement.

Il est prévu de couvrir l'ensemble du territoire de « commission d'aide à la maternité », placée auprès des centres médicaux sociaux et des bureaux d'aide sociale des grandes villes. En 2014, aucune n'a encore été mise en place !

  • le 31 décembre 1982 : remboursement de l'avortement.

La loi fait rembourser par la sécurité sociale la destruction d'un œuf humain et oblige tout Français à y participer. Voir la chronique du 10 juillet.

  • le 31 décembre 1997 : le démantèlement des installations nucléaires est achevé : le CEA quitte définitivement les sites de Mururoa et de Fangataufa.

Depuis 1995, la France ne poursuit ses recherches que par la simulation.

Posté le 31 décembre 2014 à 06h31 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

26 décembre 2014

Un jour, un texte!

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (20 et fin)

Quelques livres à lire pour appronfondir le sujet

« Catéchisme de la Patrie », par le colonel REMY (Ed. Confrérie Castille)

A la question : « Pour qui ou pour quoi meurt-on ? », le soldat répond : « pour la Patrie ! ». Et même si l'Europe, éternel serpent de mer, manifeste sporadiquement des velléités d'existence, on est encore très loin d'un patriotisme européen qui effacerait les préférences nationales. C'est donc toujours pour la France que se bat et, s'il le faut, que meurt le soldat.

Encore faut-il savoir ce qu'est la France, ce qu'est la Patrie française. C'est à un grand, un très grand Français que nous laisserons le soin de le définir. « Notre REMY, a déclaré le Général de Gaulle, fut des premiers parce qu'il est des meilleurs. Et c'est pourquoi, après tout ce qu'il a fait – qui est si grand ! – il sait qu'il reste tant à faire ».

Le Colonel REMY, illustre figure de la Résistance, héros mondialement connu, fondateur du réseau « Confrérie Notre-Dame » qui fournit des renseignements essentiels aux Alliés, a regroupé dans « Catéchisme de la Patrie » tout ce qu'il faut savoir sur ce thème.

La France a fêté, en 1996, son quinzième centenaire et un timbre officiel a même commémoré cet anniversaire. Ces quinze siècles d'existence, une certaine idéologie voudrait les réduire à deux et faire naître notre communauté nationale en 1789. Ce serait faire bon marché des treize siècles précédents où la France, « mère des arts, des lettres et des armes » (J. du Bellay), brilla d'un éclat jamais retrouvé depuis. C'est donc sur notre « vieux Pays », pour paraphraser Donald RUMSFELD, que se penche le Colonel REMY. De Clovis à Louis XVI, de la Révolution à la Vème République, en passant par la Restauration, les deux Empires, la Commune, les quatre Républiques et les différents conflits et occupations qui les accompagnent, ce grand Français nous fait découvrir la France, son âme et sa vocation. Il nous donne les vraies raisons de vivre et de mourir pour Elle.

A l'issue de cette lecture, on sait ce que signifie être Français, quels sont les devoirs liés à ce nom, quel est l'héritage qu'il implique et dont nous pouvons légitimement être fiers. Ce petit livre nous invite à aimer notre Patrie, à en être dignes, sans tomber pour autant dans un nationalisme agressif ou excessif mais sans renier non plus l'amour naturel que nous lui devons.

Bref, la réponse aux questions : « Pourquoi meurt-on ? », « pourquoi se bat-on ? » est dans cet ouvrage bien écrit, facile à lire et passionnant. Lisez-le, faites-le lire et rappelez-vous qu'un homme bien formé est difficile à manipuler.

« Les deux patries. Essai historique sur l'idée de Patrie en France », par Jean de VIguerie (Ed. Dominique Martin Morin)

A travers cet essai magistral, Jean de Viguerie veut démontrer l'existence de deux patries en France. On pourrait justement les qualifier, paraphrasant Maurras, de "patrie légale" et de "patrie réelle". La première cherchant par tous les moyens, en particulier par un détournement du patriotisme, à absorber la seconde pour la détruire. Est-elle déjà arrivée à ses fins et, dans ce cas, la France est-elle morte ? A cette question, Viguerie répond oui. Et il est vrai que la logique de son raisonnement, si l'on reste sur le plan historique, est particulièrement convaincante.

La "patrie réelle" est la terre des Pères. Saint Thomas d'Aquin la définit comme « les concitoyens liés entre eux ». Elle se rattache donc au monde naturel, elle n'a rien de surnaturel : elle est donc mortelle.

Elle vit par ses membres et est donc économe de leurs vies, contrairement à la « patrie romaine, abstraction divinisée, réclamant des sacrifices. »

L'auteur prend l'exemple de Jeanne d'Arc qui, « elle, n'a pas la moindre idée d'une patrie de type romain. Sa doctrine est simple et traditionnelle : que ceux qui ont la charge de gouverner ou de combattre fassent tous et jusqu'au bout leur devoir. Cela suffira". "Les hommes d'armes batailleront..."; "Travaillez, Dieu travaillera"; "Le Roi exercera sa charge, et le pays sera relevé". La Pucelle ne demande qu'à un petit nombre d'exposer leurs vies. La libération n'a pas besoin des grands massacres. Elle veut sauver la France et non pas lui enlever la vie qui lui reste. Le salut du royaume ne dépend pas pour elle de nouveaux sacrifices, mais de l'observation par tous de la justice, chacun faisant son entier devoir ».

L'autre patrie est fille de la Révolution, des Lumières et, plus en arrière, de la Renaissance. Les sanglantes paroles de la Marseillaise expriment son idéal. Elle n'est pas la France, "mais la France est son support et son instrument".

Depuis 1789, notre Histoire est celle de la substitution progressive, et aujourd'hui achevée, de la Patrie révolutionnaire à la Patrie française. Celle-là se nourrissant des fils de celle-ci : que de morts ont coûté à notre pays les guerres révolutionnaires, puis impériales, coloniales, et, enfin, les deux conflits mondiaux de la IIIème République ! Le point culminant aura été atteint avec 14-18. Que d'héroïsme, que de sacrifices, que de souffrances, et pour quoi ? Au final pour parachever la mainmise de l'idéologie des Droits de l'Homme sur notre pays exsangue.

Et pendant que tous ces Français tombaient, les persécutions religieuses de la IIIème République continuaient. « On ne voit pas du tout que si les républicains continuent leurs persécutions contre les catholiques même pendant la guerre, c'est qu'ils ne peuvent s'en dispenser. Ils sont des patriotes révolutionnaires, et les catholiques sont autant leurs ennemis que les Allemands. Car si les Allemands sont des "barbares", les catholiques sont des "fanatiques", et c'est pareil ».

L'entre-deux guerres puis l'après-guerre vont se caractériser par une mutation révélatrice : « La France a toujours le même rôle d'instrument, mais dans la seconde phase on détruit l'instrument. Le patriotisme de type jacobin ne disparaît pas complètement. Les rites en sont gardés : les défilés militaires, les fêtes nationales, les cérémonies des monuments aux morts. Cela pour l'illusion. Les Français doivent continuer à croire que la France existe toujours ».

L'abandon de l'Algérie, pourtant partie intégrante de la France, n'est autre que « l'adhésion de tout un peuple à la démission et au parjure. »

Alors quel avenir?

« De la France morte, quelques Français, il est permis de l'espérer, garderont l'héritage... »

Ce livre, qui pèche contre l'espérance, a, en tout cas, l'immense mérite d'ouvrir un débat passionnant, et présente des arguments de poids pour une thèse pour le moins non conventionnelle. Ne serait-ce qu'à ce titre, sa lecture est très vivement recommandée.

 « France, notre seule Patrie » - Ed. de Chiré, 2001, de François-Marie ALGOUD

Florilège très abondant de textes sur la patrie française.

« Histoire de France » de Jacques Blainville

Une histoire "vraie" de la France, par un des grands historiens français.

"Les lois de la Politique française"- Éd. Arthème Fayard, 1927, de Charles BENOIST

Le peuple français a une identité particulière et son gouvernement obéit à des lois spécifiques, fonction de son caractère, dont on ne peut s'affranchir sous peine de désordres graves.

« Les enfants humiliés » de Georges BERNANOS

Bernanos, l'imprécateur, veut redonner la fierté aux Français.

« Mon pays, la France » - Ed. France-Empire, 1962, de Bachaga BOUALAM

Poignant récit du drame des harkis, morts pour avoir trop aimé la France, vécu par l'auteur dans sa chair et dans son cœur.

« Lettre ouverte à ceux qui ont mal à la France » - Éd. Albin Michel, 1984, du R.P. BRUCKBERGER

Les "coups de gueule" du célèbre Dominicain qui s'en prend, avec son non-conformisme habituel, à ceux qui détruisent la France, aux nouveaux "bien-pensants".

« Création de la France » - Ed. Dominique Martin Morin, 1982,d'Henri CHARLIER

Récit historique des premiers pas de la France.

« France, fais ta prière » - Éd. Albin Michel, 1984, d'Yves de HAUTECLOQUE

Recueil d'allocutions d'un élu rural, ex-président des maires du Cher.

« La Patrie » – Numéro spécial de la Revue ITEM, juin 1976.

Numéro spécial d'une revue disparue qui rassemble une cinquantaine de textes d'auteurs très divers qui, chacun selon sa sensibilité, développent leur amour de la Patrie.

« La mission divine de la France » -  du Marquis de La Franquerie

La France, fille aînée de l'Église, a une mission spécifique au milieu des peuples. – Sa prospérité ou son infortune sont fonction de sa fidélité ou de son infidélité à cette mission.

« Les Manants du Roi », de Jean de LA VARENDE

Recueil de nouvelles d'honneur et de fidélité à travers l'histoire d'une famille de hobereaux normands de l'Ancien régime à nos jours.

« Le Pacte de Reims » - Ed. Saint-Michel, 1962, de Claire MARTIGUES

A la lumière du Testament de saint Rémi, qui baptisa Clovis, l'auteur analyse les heurs et malheurs de la France directement liés à sa fidélité à sa vocation.

« Histoire de l'Unité française » - Ed. du Conquistador, de Marie-Madeleine MARTIN

Comment s'est réalisée l'unité française.

« Histoire du Génie de la France » - Éd. Bastions, 1943, de Jean OUSSET

Les caractéristiques de la France parmi les nations, ce qui fait son génie.

« Patrie, Nation, Etat » - Éd. Montalza.

Réflexions sur les notions de Patrie, de Nation et d'État.

« Œuvres poétiques » - La Pléiade, de Charles PEGUY

Un élément essentiel de la littérature française que ces chants merveilleux, au rythme unique, de la France, de son histoire, de ses héros, de ses saints et de ses hauts-lieux. La beauté de la langue alliée à la noblesse du cœur et à l'amour de la Patrie.

« Catéchisme de la Patrie » - Ed. Confrérie Castille du Colonel REMY

Le chef légendaire du réseau de résistance « Confrérie Notre Dame » nous parle de la Patrie. Excellent livre.

« Historiquement correct, pour en finir avec le passé unique » - Ed. Perrin, 2003, de Jean SEVILLIA

Rétablir la vérité historique face aux manipulations et aux mensonges dont pullule l'histoire officielle. Déjà plus de 80 000 exemplaires en moins d'un an. Indispensable pour redonner à chacun de nous et à nos enfants la fierté d'être Français.

« Patrie française et Défense nationale » - Ed. Ulysse, 1999, de Roger TEBIB

Réflexions sur la France, le monde de la Défense et l'armée, par un ancien auditeur de l'IHEDN.

« L'Art Politique Français » - Ed. C.L.C., 1984, de Jacques Trémolet de Villers

Les règles éternelles d'une bonne politique française.

« Les deux Patries » - Ed. Dominique Martin Morin, de Jean de VIGUERIE

Depuis 1789, il existe officiellement deux Patries en France, celle des droits de l'homme et celle de la terre des pères. Histoire de l'absorption de l'une par l'autre.

Posté le 26 décembre 2014 à 06h21 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (10)

19 décembre 2014

Un jour, un texte! La Patrie selon Jean Pierre Calloch.

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c’est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d’entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d’actualité, aujourd’hui : la Patrie. (19)

Quart de nuit aux Tranchées ou la prière du veilleur 

Les ténèbres pesantes s'épaissirent autour de moi ;
Sur l'étendue de la plaine la couleur de la nuit s'épandait,
Et j'entendis une voix qui priait sur la tranchée :
O la prière du soldat quand tombe la lumière du jour!

« Le soleil malade des cieux d'hiver, voici qu'il s'est couché ;
Les cloches de l'Angélus ont sonné dans la Bretagne,
Les foyers sont éteints et les étoiles luisent :
Mettez un cœur fort, ô mon Dieu, dans ma poitrine.

Je me recommande à vous et à votre Mère Marie ;
Préservez-moi, mon Dieu, des épouvantes de la nuit aveugle,
Car mon travail est grand et lourde ma chaîne :
Mon tour est venu de veiller au front de la France,

Oui, la chaîne est lourde. Derrière moi demeure
L'armée. Elle dort. Je suis l'œil de l'armée.
C'est une charge rude, Vous le savez. Eh bien,
Soyez avec moi, mon souci sera léger comme la plume.

Je suis le matelot au bossoir, le guetteur
Qui va, qui vient, qui voit tout, qui entend tout. La France
M'a appelé ce soir pour garder son honneur,
Elle m'a ordonné de continuer sa vengeance.

Je suis le grand Veilleur debout sur la tranchée.
Je sais ce que je suis et je sais ce que je fais :
L'âme de l'Occident, sa terre, ses filles et ses fleurs,
C'est toute la beauté du Monde que je garde cette nuit.

J'en paierai cher la gloire, peut-être ? Et qu'importe !
Les noms des tombés, la terre d'Armor les gardera :
Je suis une étoile claire qui brille au front de la France,
Je suis le grand guetteur debout pour son pays.

Dors, ô patrie, dors en paix. Je veillerai pour toi,
Et si vient à s'enfler, ce soir, la mer germaine,
Nous sommes frères des rochers qui défendent le rivage de la Bretagne douce.
Dors, ô France ! Tu ne seras pas submergée encore cette fois-ci.

Pour être ici, j'ai abandonné ma maison, mes parents;
Plus haut est le devoir auquel je me suis attaché :
Ni fils, ni frère! Je suis le guetteur sombre et muet,
Aux frontières de l'est, je suis le rocher breton.

Cependant, plus d'une fois il m'advient de soupirer.
« Comment sont-ils ? Hélas, ils sont pauvres, malades peut-être… ».
Mon Dieu, ayez pitié de la maison qui est la mienne
Parce que je n'ai rien au monde que ceux qui pleurent là...


Maintenant dors, ô mon pays ! Ma main est sur mon glaive;
Je sais le métier ; je suis homme, je suis fort :
Le morceau de France sous ma garde, jamais ils ne l'auront...
- Que suis-je devant Vous, ô mon Dieu, sinon un ver ?

Quand je saute le parapet, une hache à la main,
Mes gars disent peut-être : « En avant ! Celui-là est un homme ! »
Et ils viennent avec moi dans la boue, dans le feu, dans la fournaise...
Mais Vous, Vous savez bien que je ne suis qu'un pécheur.

Vous, Vous savez assez combien mon âme est faible,
Combien aride mon cœur et misérables mes désirs ;
Trop souvent Vous me voyez, ô Père qui êtes aux cieux,
Suivre des chemins qui ne sont point Vos chemins.

C'est pourquoi, quand la nuit répand ses terreurs par le monde,
Dans les cavernes des tranchées, lorsque dorment mes frères
Ayez pitié de moi, écoutez ma demande,
Venez, et la nuit pour moi sera pleine de clarté.

De mes péchés anciens, Mon Dieu, délivrez-moi,
Brûlez-moi, consumez-moi dans le feu de Votre amour,
Et mon âme resplendira dans la nuit comme un cierge,
Et je serai pareil aux archanges de Votre armée.

Mon Dieu, mon Dieu ! Je suis le veilleur tout seul,
Ma patrie compte sur moi et je ne suis qu'argile :
Accordez-moi ce soir la force que je demande,
Je me recommande à Vous et à Votre Mère Marie.

Jean Pierre Calloch (1888-1917)

Yann-Ber Kalloc'h (Jean-Pierre Calloc'h en français), nait le 21 juillet 1888 à Groix et tombe au champ d'honneur le 10 avril 1917 à Urvillers (Aisne), est un poète breton de langue bretonne.

L'unique œuvre littéraire qui le montre comme un des plus grands auteurs bretons est un recueil posthume de poèmes souvent mystiques, Ar en deulin (À genoux) publié par son ami Pierre Mocaer en 1925. Jean-Pierre Hyacinthe Calloc'h est mort pour la France, « tué à l'ennemi», son nom figure au Panthéon avec les 546 écrivains morts au champ d'honneur.

Posté le 19 décembre 2014 à 05h52 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

17 décembre 2014

La libération de la mort et du péché a des conséquences sociales

Aleteia a rencontré le cardinal Gerhard Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, à l’occasion de la parution de son livre, Pauvre pour les pauvres, préfacé par le pape François. Extrait de son entretien :

"En tant que courant de pensée, la théologie de la libération est née en Amérique Latine après le concile Vatican II, des travaux du prêtre péruvien Gustavo Gutiérrez. Mais la libération est d’abord un thème biblique, puisque Jésus a libéré les hommes du péché et de la mort. Elle a aussi, inévitablement, un effet social. Non, Jésus n’est pas venu apporter un paradis terrestre mais le royaume de Dieu. Et ce royaume de Dieu consiste dans le fait d’aimer Dieu au-dessus de tout et le prochain comme nous-mêmes. Nous vivons en société, nous appartenons à des communautés humaines. C’est pour cela que la libération de la mort et du péché a des conséquences sociales.

Ainsi, le vivre ensemble des hommes doit être caractérisé par des principes moraux, individuels et sociaux. L’Église a pour mission de rendre présent et de communiquer ce droit naturel, ces principes moraux. En deux mille ans, elle est passée par des situations sociales et historiques mouvantes ! Rappelons-nous qu’au XVIe siècle, lors du processus de conquête de l’Amérique Latine, l’Église était du côté des plus faibles : le dominicain espagnol Bartolomé de Las Casas est une grande figure de la défense du droit des indiens. Peut-être y aura-t-il un procès de canonisation ! Il était contemporain d’autres intellectuels réunis dans l’école de Salamanque, qui ont dénoncé l’esclavage des êtres humains. Plusieurs papes de cette époque ont aussi condamné ces situations dans des documents pontificaux. Sous le IIIe Reich, autre situation d’extrême négation des droits humains, Bartolomé de Las Casas est devenu un symbole de résistance et de libération. En 1938, le dramaturge allemand Reinhold Schneider a imaginé la rencontre entre Las Casas et Charles Quint dans sa pièce Las Casas vor Karl V. (non traduite en français). Las Casas devient la voix des hommes de son temps et notamment des Juifs. Pour Gutiérrez et pour nous, ces exemples ne sont pas seulement des réminiscences historiques, mais des choses qui nous concernent."

Posté le 17 décembre 2014 à 10h10 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (17)

Drapeau et Patrie

"Voyez-vous, disait souvent le vieux capitaine, en frappant sur la table, vous ne savez pas, vous autres, ce que c'est que le drapeau.

Il faut avoir été soldat, il faut avoir passé la frontière et marché sur les chemins qui ne sont pas ceux de France; il faut avoir été éloigné du pays, sevré de toute parole qu'on a parlé depuis l'enfance; il faut s'être dit pendant des journées d'étapes et de fatigues que tout ce qui reste de la patrie absente, c'est le lambeau de soie aux trois couleurs françaises qui clapote là-bas au centre du bataillon; il faut n'avoir eu dans la fumée du combat d'autre point de ralliement que ce morceau d'étoffe déchiré pour comprendre, pour sentir tout ce que renferme dans ses plis cette chose sacrée qu'on appelle le drapeau.

Le drapeau, mes amis, sachez-le bien, c'est contenu dans un seul mot rendu palpable, dans un seul objet pour tout ce qui fut, tout ce qui est, la vie de chacun de nous, le foyer où l'on naquit, le coin de terre où l'on grandit, le premier sourire de l'enfant, la mère qui vous berce, le père qui vous garde, la première larme, les espoirs, les rêves, les chimères, les souvenirs. C'est toutes ces joies, à la fois toutes enfermées en un mot, dans un nom le plus beau de tous : la patrie."

Citation faite par le lieutenant de vaisseau Pierre GUILLAUME,
à la fin de son émission à
Radio Courtoisie du lundi 14 août 2000.

Posté le 17 décembre 2014 à 06h53 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

16 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon le Général Vanuxem

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (16)

Un feu à raviver

Près de Saint-Sulpice sur une façade, on a apposé une plaque de marbre qui rappelle qu'ici vécut un poète au nom et aux vers inconnus, mais qui, dit l'inscription, est mort «  Pour la France et sa rue des Canettes ».

Dans les horreurs d'une guerre que nos générations seraient incapables de supporter, ceux de 14-18 n'employaient pas de grands mots pour dire pour quoi ils consentaient à mourir, dans leurs vingt ans, et, comment ne pas s'en émouvoir, ils chantaient : « Nous avons tous, au pays, une payse... »

Ce doit être cela, la Patrie.

Comment pourrait-on ne pas avoir de patrie, même quand il faut la rêver ?

Comme en toute passion, c'est la privation de son objet qui est insupportable. La Patrie, qu'on ignore quand on la possède, est plus belle et plus désirable quand on en est frustré. Loin d'elle, on languit. On meurt d'elle quand on en est sevré. On meurt aussi pour elle quand elle est en péril : « Mère, voici tes fils qui se sont tant battus... »

C'est aussi une raison. Après qu'on eût donné la prétendue indépendance à nos colonies, un officier africain, ancien de la 2 ème DB, m'écrivait : « Je ne pardonnerai jamais à celui qui m'a retiré ma Patrie. »

Quand la « Quille » sévissait en Algérie et que d'aucuns la considéraient comme l'expression d'une humeur subversive, je disais à mes soldats : J'ai la conviction que, pour le jeune Français, qui a une excessive pudeur et qui essaie toujours de cacher ses sentiments sous la gouaille, ce mot d'argot peut signifier aussi la peine où il est de l'éloignement de sa maison et de ses parents, de la privation de l'amitié de ses copains d'enfance, du souvenir trop vif de son village natal et de la belle image de sa fiancée et de tout ce qui tourmente en secret son cœur tendre et généreux. Si c'est bien cela et si le mot n'est pas celui d'une légèreté qui serait criminelle parce qu'elle encouragerait l'ennemi et ferait tuer son frère, il signifie exactement l'amour de la Patrie et tout ce qui est notre raison de croire et d'agir, et jusqu'à notre volonté de rendre la paix à ce coin de France qu'est l'Algérie.

Car la Patrie, c'est le contraire du : « Je ne suis pas le gardien de mon frère... » La Patrie, c'est fraternité ; la Patrie, c'est amour. Dieu a dit : « On n'a rien donné tant qu'on n'a pas donné sa vie pour ce qu'on aime. »

Général Vanuxem

Article paru dans le numéro de juin 1976 de la revue Item, consacré à la Patrie.

Posté le 16 décembre 2014 à 06h48 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

15 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Alain Mimoun

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (15)

France…

Alain Mimoun, lors de l'inauguration d'un stade à son nom, le 19 juin 1999, prononça l'allocution qui suit. - Cet athlète français, né à Le Telagh, Algérie, en 1921, vainqueur du marathon olympique à Melbourne, en 1956, fut le plus grand coureur de fond français depuis Jean BOVIN (mort au champ d'honneur en 1914).

Chaque matin, lorsque je me réveille, je remercie Dieu de m'avoir donné la bénédiction d'être citoyen de ce pays. J'ai connu la France, rêvant à elle sur des cartes de géographie et je m'interrogeais. Comment est cette France, ma mère patrie ?

A 10 ans, on m'avait refusé une bourse alors que tous les fils de colons en profitaient. Cette injustice renforçait mon envie de connaître ce pays. Le seul moyen était l'armée. Le hasard fit que la guerre fut déclarée trois mois avant mes 18 ans. Je m'engageai.

Je me suis plus engagé pour connaître la mère patrie que pour la défendre. J'ai donné mon sang pour la France et j'ai arraché quatre médailles pour elle.

Honnêtement, ce qui me peine un peu, c'est le sentiment que parfois le peuple français ne mérite pas son pays.

J'ai fait deux fois le tour du monde. Pour moi, rien ne vaut la France. Quand le drapeau tricolore a été hissé à Melbourne, j'ai pleuré sans larmes, tellement j'étais déshydraté. Cela fait mal.

Pour moi, la France, c'est la plus belle fille du monde. Avec en plus quelque chose de sacré, comme une atmosphère de sainteté.

Alain Mimoun

Villemomble Magazine, n°19

Posté le 15 décembre 2014 à 06h50 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (5)

14 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon le Chevalier de Charette

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

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Notre patrie

François-Athanase de Charrette de la Contrie, ancien officier de marine, fut arraché à sa retraite par ses paysans et remporta, à leur tête, de nombreux succès contre les "Bleus". Nommé général en chef de l'Armée catholique et royale du Bas-Poitou, il fut fait prisonnier et fusillé peu après à Nantes, le 29 mars 1796, par les troupes républicaines du général Duthil.

« Notre Patrie à nous, c'est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos pères ont aimé avant nous.

Notre Patrie, c'est notre Foi, notre Terre, notre Roi. Mais leur Patrie à eux, qu'est-ce que c'est ? Vous le comprenez, vous ? Ils veulent détruire les coutumes, l'ordre, la tradition. Alors, qu'est-ce que cette Patrie narguante du passé, sans fidélité, sans amour ? Cette Patrie de billebaude et d'irréligion ? Pour eux, la Patrie semble n'être qu'une idée, pour nous, elle est une terre. Ils l'ont dans le cerveau ; nous, nous l'avons sous les pieds, c'est plus solide ! Et il est vieux comme le diab' leur monde qu'ils disent nouveau et qu'ils veulent fonder dans l'absence de Dieu... On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions... Faut rire ! Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, sommes une jeunesse, Messieurs ! Sommes la jeunesse de Dieu. La jeunesse de fidélité ! »

Chevalier de Charette

"Discours à ses officiers", extrait de la préface de "Charrette, chevalier du Roi".

Michel de Saint-Pierre. - Éd. Folio Poche.

Posté le 14 décembre 2014 à 06h37 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (7)

13 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Jules Vallès

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. » Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (13)

Retour au pays natal

Après quatre mois d'absence, je regarde, sur un fortin des Alpes, flotter notre drapeau et il me semble que le vent qui souffle, que le rail qui grince, que le torrent qui mugit, que tout le ciel me parle français.

Je retrouve la terre, c'est-à-dire : mes vignes, mes champs, mes prés, mes bois et les bêtes qui pâturent et les hommes qui labourent et tout ce qui s'étale et tout ce qui vit au-delà : le pays, la patrie !

Je l'avais quittée un soir, au son martelé du tocsin, emportant sous mes paupières baissées son image ensoleillée, quittée sans savoir si je la reverrai jamais.

Maintenant je la possède de nouveau. Je l'ai humée, respirée, bue, bien longtemps avant de l'atteindre. Le vent qui venait d'elle, par-dessus les monts, m'a tout de suite apporté sa senteur et, dominant la contrée, la tour de briques rouges de mon clocher, ceinte d'un bandeau blanc fleuronné, où le soleil couchant joue en flammes apaisées, me fait un geste d'appel.

Ah ! Je sens bien que je suis un morceau de toi, un éclat de tes rochers… Ces paysans, ces paysannes qui passent ce sont mes frères en veste de laine, mes sœurs en tablier rouge. Ils sont pétris de la même argile, ils ont dans le sang la même vie, ils ont dans le cœur le même grand amour.

Jules Vallès

Posté le 13 décembre 2014 à 06h33 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

12 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Augustin Ibazizen

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (12)

Un berbère parle de la france

Il me suffit de refaire en pensée le survol que j'ai imaginé : partir des tours de Notre-Dame, frôler la Sainte-Chapelle, survoler le Louvre, filer vers l'ouest, ralentir au-dessus du palais de Versailles, passer entre les deux tours de la cathédrale de Chartres pour venir me poser sur le doigt effilé du Mont Saint-Michel et, de là, rêver à tout ce qui me reste à revoir ou à découvrir : la royale vallée de la Loire avec ses châteaux, et l'ensemble du territoire, avec ses cathédrales, ses musées, ses laboratoires – ses savants et ses saints - . Comment peut-on appartenir à un tel pays et ne pas savoir ce qu'il représente ?

Augustin Ibazizen

Extrait de : « Testament d'un Berbère ».

Éd. Albatros.

Posté le 12 décembre 2014 à 06h30 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

11 décembre 2014

Les Français de Moscou se mobilisent pour les chrétiens d'Orient

Dans le cadre du 800è anniversaire de la naissance de St Louis, 46 enfants de la communauté française et francorusse de Moscou se produiront ce samedi 13 décembre à 17h à Moscou au profit des chrétiens d'Orient. Ouverte à un public francophone de près de 300 spectateurs et représentée pour la première fois à l'Ecole russe Normandie-Niémen 1216, cette pièce inédite a pour objectifs de développer les liens entre la communauté française et la communauté russe, en particulier entre les jeunes générations ; de faire découvrir et redécouvrir la vie de cette grande figure de l'Histoire à la fois grand roi et grand saint ; et d'aider matériellement les communautés chrétiennes et minorités d'Irak et de Syrie en proie aux persécutions. La pièce leur est dédiée et l'intégralité des bénéfices est reversée à l'association L'Oeuvre d'Orient.

Les dialogues, musiques, chansons, décors et costumes ont été imaginés et mis en scène de A à Z par la troupe St Louis composés de paroissiens de St Louis des Français et de professeurs du Lycée Français Alexandre Dumas Moscou.

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Posté le 11 décembre 2014 à 12h36 par Michel Janva | Lien permanent

10 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Eugenio Corti

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (10)

Entretien avec un romancier

Eugénio Corti, romancier italien, est l'auteur, entre autres, d'une fresque historiquo-romanesque exceptionnelle : "Le cheval rouge" (traduit en français aux éditions de l'Age d'Homme).

Corti parle souvent de défense de la patrie. Cet idéal est-il encore actuel ?

L'ancien officier n'a pas à chercher ses mots pour répondre. Il a expliqué très souvent à ses soldats que leur sacrifice pour la communauté n'était pas vain ; il l'a répété très souvent, même après la guerre. Un exemple : l'histoire de ce soldat du sud du Latium blessé et hospitalisé à l'arrière. Il avait écrit au sous-lieutenant Corti pour lui demander de venir lui rendre visite ; il voulait entendre de ses lèvres, une fois de plus, les raisons de leur combat.

« Il m'a demandé de lui parler de la patrie - précise Eugenio Corti - et à ce moment-là ce n'était pas facile, s'agissant d'un terme galvaudé, dont la rhétorique fasciste avait abusé. »

Cette anecdote permet au lecteur de connaître une définition inoubliable de la patrie, une définition d'une actualité surprenante. Celle-là même qui avait convaincu le soldat-paysan Zaccagnini à reprendre les armes dans les rangs de l'armée régulière pour libérer l'Italie.

L'officier lui avait dit : « La patrie ne doit pas être confondue avec les monuments des villes ou avec les livres d'histoire : c'est l'héritage que nous ont laissé nos ancêtres, nos pères. Ce sont les personnes qui nous ressemblent : les gens de notre famille, nos amis, nos voisins, ceux qui pensent comme nous ; c'est la maison où nous habitons, à laquelle nous pensons lorsque nous sommes loin, ce sont les belles choses que nous avons autour de nous. La patrie est notre façon de vivre, différente de celle de tous les autres peuples. »

Le sous-lieutenant Corti ne voulait pas que la douleur et la fatigue du combat aient une signification abstraite ou lointaine. Il ajouta donc, à l'intention de ce soldat-paysan qui gardait dans son cœur ses champs et la voix des jeunes filles au travail : « Les vignobles, les jeunes filles qui chantent au milieu des vignes sont notre patrie. »

Le jeune officier savait que le temps pressait ; il fallait agir, vite et bien. Avec une force que les années n'ont pas diminuée, il rappelle : « Nous étions jeunes, nous faisions des projets pour l'avenir. J'ai dit à ce soldat : "Nous devons reprendre en main notre patrie, pour pouvoir élever nos enfants comme nous l'entendons, en faire des Italiens et des chrétiens." Il valait et il vaut la peine de se dépenser pour cette cause. »

Eugenio Corti

Extrait de : « Parole d'un romancier chrétien ».

Entretien avec Paola Scaglione – Éd. L'Age d'Homme.

Posté le 10 décembre 2014 à 06h20 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

09 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon le lieutenant de Vaisseau Pierre Dupouey

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (9)

la France est nécessaire au monde

Si la patrie était une vérité mathématique, il serait absurde de combattre pour elle autrement que par des arguments intellectuels. Si deux peuples contestaient entre eux à la façon de deux savants pour décider sur un point de science ou de philosophie, il serait risible de les voir en venir aux coups, puisque toute contestation aboutit à une possession et que les vérités scientifiques ne se saisissent pas avec les mains. Mais, certes, notre patrie n'est pas semblable à ces vérités qui peuvent appartenir en même temps à tous les hommes et dont Aristote disait déjà, il y a plus de 2 000 ans, qu'elles ne donnent aucune joie. Notre patrie est au contraire une chose bonne et qui donne de la joie ; notre patrie, c'est du blé, du fer, du charbon, le climat le plus doux, les meilleures vignes du monde, les moissons les plus régulières, les rivages les plus heureux ; ce sont des choses excellentes, qui donnent et entretiennent la vie, qui la fortifient, la réjouissent et l'élèvent, des choses que l'on convoite et que l'on retient avec les mains, que l'on défend non seulement avec des paroles, mais par des fatigues et des souffrances et, s'il le faut, au prix du sang.

Mais notre patrie, qui est tout cela, est encore plus que cela. Le drapeau qui la symbolise, et dont la signification impérieuse ne change pas avec les années, représente non seulement un groupe d'hommes parlant la même langue, des campagnes fertiles, des fleuves et des montagnes heureusement distribués ; il représente surtout la partie invisible et immuable de notre patrie. Les richesses françaises, comme le territoire, comme le langage français, sont sujettes au changement ; mais, dans sa symbolique unité, le drapeau représente au contraire un ordre de choses qui est soustrait aux changements. Il représente l'ordre français, c'est-à-dire la conscience, les luttes et les souffrances de nos aïeux français. Il représente cette volonté de bien de nos pères qui arrêta deux invasions barbares – qui fit les Croisades, qui nettoya la Méditerranée de ses pirates qui fit l'unité italienne, qui produisit, saint Louis, Bayard, Jeanne d'Arc, Richelieu, donnant ainsi au monde le modèle des rois, des capitaines, des ministres, et cette sublime jeune fille dont la gloire a découragé les poètes les plus illustres.

Si le monde avait seulement besoin de blé ou de laine ou de charbon ou de bétail, l'existence de la France ne serait pas indispensable, mais, plus encore que de pain et de vêtements, l'homme a besoin d'admiration. Qui oserait dire que le monde est demeuré le même après saint Louis, après Bayard, après Descartes, après Pasteur et surtout après Jeanne d'Arc ? C'est à cause de ces âmes que la France est nécessaire au monde.

Lieutenant de Vaisseau Pierre Dupouey

Extrait de : « Lettres et Essais ».

Préface d'André Gide – Éditions du Cerf – 1933.

Posté le 9 décembre 2014 à 06h16 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

08 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon les réglements militaires, suite.

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (8)

Le patriotisme

Le patriotisme, c'est l'amour de la Patrie, amour poussé jusqu'au sacrifice de l'existence. La Patrie, c'est le pays qui nous a vu naître avec l'ensemble de ses traditions, avec les mœurs, les habitudes, les idées communes à nous tous, Français, et, avec le lourd passé de gloire que nous ont transmis nos ancêtres et que l'étranger nous envie.

Le patriotisme est un sentiment instinctif, aussi naturel que l'amour que nous portons à nos parents. Certaines gens vous diront que la Patrie leur est indifférente : ils mentent.

A moins d'être dénué de tout honneur, tout homme aime son pays et il suffit d'un appel au jour du danger pour qu'il accoure le défendre.

Le crime le plus abominable que l'on puisse commettre contre son pays, c'est de le trahir. C'est un acte aussi odieux que d'assassiner son père ou sa mère. Il est puni de mort avec dégradation militaire. Un autre crime contre la Patrie, c'est la désertion.

N'écoutez jamais ceux qui vous invitent à déserter, même si la désertion devait vous rendre riche. N'oubliez pas qu'elle vous priverait de votre pays, ce qui est le pire de tous les maux.

Extrait de : « Le manuel des recrues des équipages de la Flotte ».

Chapitre VII : Éducation morale. – Édition de 1938.

Posté le 8 décembre 2014 à 06h12 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

07 décembre 2014

Pie XI ne voulait d’abord pas condamner l’Action française

Dans le cadre d'une série historique sur les papes, Monde et vie aborde le pontificat de Pie XI, avec Yves Chiron. Extrait :

P"L’histoire a établi – ce que n’ont pas perçu les dirigeants royalistes à cette époque – que Pie XI ne voulait d’abord pas condamner l’Action française. Il voulait simplement lancer un avertissement public. C’est pour cela qu’il n’intervient pas directement. Il a cherché un cardinal français qui se charge de la besogne. Il a du mal à le trouver. Le cardinal Andrieu, qui n’était pas une tête théologique, a rédigé une mise en garde maladroite, injuste et même injurieuse. Le tort de Pie XI est de l’avoir approuvée. Le tort de l’Action française est de s’être rebellé et d’avoir persisté, et de façon de plus en plus inconsidérée, dans ce refus de soumission. L’excommunication qui frappe les adhérents et sympathisants de l’Action française ne vise pas des hérétiques mais des rebelles. Pie XI a été scandalisé qu’ils refusent d’obéir.

Vous êtes aussi le biographe de Charles Maurras. L’Action française pouvaitelle réagir autrement que par la fin de non-recevoir que représente le fameux « Non possumus » ?

Sur le fond, l’Action française n’a pas tort de s’estimer condamnée injustement. Néanmoins, il y avait, je crois, la possibilité d’une sortie par le haut, c’est celle qu’indique le premier livre de Jacques Maritain, Une opinion sur Charles Maurras et le devoir des catholiques (Plon). L’ouvrage paraît à la fin du mois de septembre 1926, soit un mois après le déclenchement de la crise – la lettre Andrieu – et bien avant les condamnations qui vont suivre. Il distinguait, à juste titre, certains écrits de Maurras et la doctrine de l’AF et il suggérait la constitution au sein de l’AF de structures pour « la formation religieuse, l’étude de la doctrine catholique, des enseignements des papes, de la théologie dogmatique et morale », des cercles d’études qui auraient été « dirigés par des théologiens, et directement contrôlés par l’autorité ecclésiastique ». Cette initiative, si elle avait été prise par les dirigeants de l’A.F., aurait sans doute convenu à Pie XI et aurait évité la suite. Il est à noter que très peu de temps plus tard (Pourquoi Rome a parlé? et Primauté du spirituel, tous deux parus en 1927) Maritain aura une position toute différente.

Pie XI a-t-il condamné le nationalisme en condamnant l’Action Française? Ou bien a-t-il condamné un certain type de catholicisme conservateur ? Sa condamnation est-elle politique ou religieuse?

Pie XI n’a pas condamné le nationalisme en soi. Comme Benoît XV avant lui, c’est à noter, il condamne le « nationalisme exagéré », c’està- dire le primat donné à la nation sur l’Eglise. Par exemple, comme Benoît XV avant lui, il condamne les missionnaires qui se préoccupent de faire avancer les intérêts politiques ou commerciaux de leur pays, plutôt que de se préoccuper seulement de l’évangélisation et de l’éducation des autochtones.

Dans la condamnation de l’Action française, et la mise à l’Index de certains livres de Maurras, ce n’est pas le nationalisme qui est condamné. On peut dire que la mise à l’Index de certains livres de Maurras est doctrinale, même si elle est en partie injuste puisqu’elle méconnaissait l’évolution spirituelle de Maurras vers la foi catholique. Quant à la condamnation de l’AF, elle n’est pas politique. Comme l’avait montré l’abbé Berto dès 1968, et comme Emile Poulat et moi-même l’avons analysé dans un ouvrage signé en commun (Pourquoi Pie XI a condamné l’Action française? Éditions BCM, 2009) la condamnation a des motivations religieuses. Ce qui est visé c’est une sorte de modernisme politique."

Posté le 7 décembre 2014 à 15h33 par Michel Janva | Lien permanent

14 décembre : Meaux rend hommage à Mgr Marbeau

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Posté le 7 décembre 2014 à 10h57 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon les réglements militaires

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (7)

nos foyers et nos tombeaux

La Patrie, c'est le sol natal, c'est la terre de nos pères que nous devons léguer à nos fils avec tout ce qu'elle porte : nos foyers et nos tombeaux.

C'est le pays de France avec son doux climat, ses rivages, ses plaines et ses montagnes ; c'est le cadre de notre vie journalière : nos maisons, nos champs, nos ateliers, nos usines ; c'est tout ce que nous ressentons en commun : peines et joies, souvenirs et affections, regrets et espérances.

C'est le génie créateur de la race, son culte de la beauté et de la gloire, son idéal de justice, ses croyances, ses lois et ses coutumes ; c'est la clarté de la langue française ; c'est tout ce que nos aïeux ont conquis après des siècles d'efforts et de souffrance ; nos institutions, nos libertés et nos droits, notre sécurité et notre indépendance ; c'est toute notre histoire avec ses triomphes et avec ses revers.

Pour cet héritage que nous recevons en naissant, nous devons en retour aimer notre Patrie, la servir fidèlement, nous soumettre à ses lois et prendre les armes pour la défendre quand elle est attaquée. Sa grandeur et sa force, faites de nos énergies fondues ensemble, sont la sauvegarde de nos biens.

L'amour de la Patrie est la source de toutes les vertus. Il élève le soldat jusqu'à la cime, en lui inspirant le sacrifice de sa vie. Cet amour est inné chez tout Français qui sent battre un cœur dans sa poitrine ; mais il faut avoir franchi les frontières, vécu sous d'autres climats et marché sur des chemins qui ne sont pas ceux de France pour sentir vraiment tout ce qui nous attache au pays natal. Nous souffrons loin de notre Patrie et quand nous la retrouvons nous ressemblons au malade qui revient à la santé. Nos ennemis eux-mêmes sentent combien il est doux d'y vivre, tant elle est belle, fertile et accueillante.

Un étranger célèbre a pu dire : "tout homme a deux patries, la sienne et puis la France". Nous devons être fiers de la Patrie française, qui fut toujours le guide de la conscience et de la dignité humaines. Elle a répandu les plus nobles idées et versé sans compter son sang et son or pour des causes désintéressées.

Son génie éclatant, plein d'attrait et de séduction, véritable foyer de l'intelligence et du cœur, fait rayonner sur le monde la gloire du nom français.

Extrait de : « Le manuel du gradé d'Infanterie ».

Édition 1928.

Posté le 7 décembre 2014 à 07h05 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (3)

06 décembre 2014

10 décembre : conférence de Michel de Jaeghere à Paris

M

Sans doute l'effondrement de la civilisation romaine n'eut-il ni l'uniformité, ni la fulgurance dont se plut à le parer l'imagerie romantique. La disparition de l’empire d’Occident n’en fut pas moins le résultat d’une submersion violente du territoire romain par des populations qui désiraient jouir de ses richesses sans adopter ses disciplines. Elle se traduisit, pour ses contemporains, par un désastre comme l’histoire en offre peu d’exemples.

Dans son dernier livre, Michel De Jaeghere a fait revivre le siècle décisif qui sépare l’irruption des Goths, en 376, de la déposition, cent ans plus tard, de Romulus Augustule. Brossant le portrait de la société et des institutions de l’antiquité tardive, comme celui des peuples barbares qui se pressaient alors aux porte de l’empire, il analyse sur la longue durée le processus qui vit la montée en puissance des populations germaniques à l’intérieur du monde romain, en ne négligeant ni l’histoire militaire, ni les circonstances politiques, économiques et sociales qui réduisirent les autorités romaines à l’impuissance. Une double réflexion sur la grandeur et les limites de la civilisation antique et sur les causes de la mort des empires.

Posté le 6 décembre 2014 à 13h17 par Michel Janva | Lien permanent

La dévotion à saint Nicolas en Lorraine

Article de Jean-Marie Cuny, tiré du Livre "Dictionnaire Historique et Ludique de la Lorraine" édtion du sapin d'or octobre 2014. JM Cuny  est un auteur régionaliste lorrain né le 6 mai 1942 à Nancy, fondateur et animateur de La Revue lorraine populaire puis de La Nouvelle revue lorraine.

D"Le prénom de Nicolas est très répandu en Lorraine et, depuis fort longtemps saint Nicolas est le Patron de la Lorraine, des Lorrains et des enfants sages.

Saint Nicolas est très populaire en Lorraine. Il a marqué la piété de nos pères, notre folklore, notre patrimoine artistique et religieux. Son culte a débuté en Lorraine à partir du XIe siècle. Un chevalier Lorrain Albert de Varangéville revenant de la première croisade, rapporta dans sa ville une phalange du saint évêque. Une église fut construite en 1101 proche de Varangéville pour abriter la relique. Le lieu nommé Port devait connaître une grande extension comme centre de pèlerinage et comme place commerciale. Le culte de saint Nicolas se répandit à partir de ce temps.

Nos ducs ont voué un culte particulier de fidélité au saint évêque, notamment René II qui avait placé ses troupes sous la protection de saint Nicolas avant le combat contre le puissant Charles le Téméraire. La victoire acquise (5 janvier 1477), la chronique rapporte que le duc en appropria « Tout l’honneur à Monseigneur Saint Nicolas le réputant dès lors père du pays, duc et défenseur de la Lorraine ». Saint Nicolas est donc devenu officiellement patron de la Lorraine en 1477. La splendide basilique dédiée à notre saint protecteur a été édifiée de 1481 à 1518. A Rome une église fut affectée en 1622 sous le nom de Saint Nicolas au service de la nation des Lorrains. On ne compte plus les paroisses, chapelles, autels consacrés à saint Nicolas en Lorraine, ni les noms de famille dérivés de Nicolas. N’oublions pas que le patron de la Lorraine est également celui des écoliers et des enfants. Il est attendu et célébré tous les ans pour sa fête le 6 décembre."

Posté le 6 décembre 2014 à 07h50 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon Jean Ousset

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (6)

la patrie, terre des pères

Avant tout donc, comme l'indique l'étymologie, la patrie c'est un sol, un territoire, un dessin sur une carte. Comme l'a dit Péguy, elle est cette quantité de terre où l'on peut parler une langue, où peuvent régner des mœurs, un esprit, une âme, un culte. Elle est cette portion de terre où une âme peut respirer et où un peuple peut ne pas mourir.

Mais parce qu'elle est terre des pères, on comprend qu'elle soit par essence une terre humaine.

Elle n'est pas, autrement dit, qu'un sol nu, un sol de forêt vierge. Elle est le sol sur lequel les pères ont marqué leur empreinte. Le sol qu'ils ont cultivé. Le sol sur lequel ils ont bâti les monuments, vestiges de leur passé.

La patrie est le sol des anciennes batailles. Elle est la terre des champs, des vergers. La poussière des villes et des routes. Elle est la terre des ancêtres, la terre des cimetières, celle qui garde ceux qui veillèrent sur l'enfant, l'adolescent, l'adulte, et ceux mêmes qu'il n'a pas connus, mais que des paroles tendres, ardentes ont figurés, décrits, ressuscités pour lui. (1)

Elle est le cercle intime, la terre sacrée du foyer. Elle est la terre charnelle, la terre dont, à la lettre, nous sommes nés. Elle est la chair de notre chair. Et c'est par là qu'elle pèse et agit si fortement sur le cœur humain. Elle est spontanément objet d'affection et de sentiment. Elle est la mère.

« La Mère Patrie ».

Aussi est-elle plus souvent sentie que pensée.

La patrie n'est pas d'ailleurs le résultat d'un pacte volontaire. « On ne choisit pas plus sa patrie, la terre de ses pères, que l'on ne choisit ses parents ». L'enfant qui vient au monde n'argumente pas pour savoir s'il doit se décider à les aimer ou non. Il leur doit trop. Un élan naturel le pousse à les aimer.

Ainsi que Taine l'a dit (2) : « La patrie est chose sacrée, par laquelle chacun a tout l'être qu'il a, pourvu de bienfaits infinis, héréditaires, envers qui nous sommes couverts de dettes. »

« Monstrueux de la hasarder. »

Tel est le réel.

Tels sont les faits, dans ce qu'ils ont de plus communément admis.

* * *

Mais n'est-il pas insuffisant d'en rester là ?

Et n'importe-t-il pas d'appeler « patrie » (sinon de grouper en elle) tout ce qui est de l'héritage, du patrimoine reçu de nos pères, et rassemblé par eux ?

Car si la patrie est la glèbe de nos champs, le sol de nos chemins, l'asphalte de nos rues, on reconnaît qu'elle est aussi le ciel qui sert de voûte à cette terre, l'air qu'on y respire, le climat dont elle jouit. Et le miroir de ses lacs, le chant de ses sources, les reflets changeants de ses mers...

On comprend donc que par extension la patrie puisse être en réalité le patrimoine entier. L'ensemble du capital que nous ont laissé nos aïeux. Non plus seulement la terre, mais les églises, les cathédrales, les palais et les tours dont elle s'est vue couverte au cours des âges. Et toutes merveilles de l'industrie ou des arts. Monuments de la pensée et du génie.

Tout l'héritage !

La terre, aussi bien que les legs matériels, intellectuels, spirituels et moraux.

« L'amour du sol tout court n'est pas le patriotisme », écrit Fustel. « Il faut y joindre l'amour de son histoire. La patrie géographique serait peu de chose si on ne relève l'affection qu'on lui porte (et, qu'un ennemi, aussi bien, peut lui porter) du respect, de l'amour de son histoire. Cette histoire est nôtre bien autant que le sol. Nous n'avons pas le droit de la négliger. »

Cet amour nous paraît d'autant plus important qu'il peut subsister après la destruction, la perte, voire l'inexistence de la patrie géographique.

Cas des peuples déportés.

Cas des peuples nomades.

Cas du peuple juif depuis sa dispersion.

La fidélité à la patrie devient, en ces cas, la fidélité à un patrimoine historique, à un ensemble de valeurs ou caractères traditionnels. Et la fidélité à tel poème, tel chant, tel livre sacré devient alors l'objet d'une défense aussi rude, aussi opiniâtre, aussi héroïque que le combat des armes pour la possession d'une province.

Jean Ousset

Extrait de : « Patrie, Nation, Etat ».

Ed. Montalza - 1965.

(1) « La patrie est faite de plus de morts que de vivants. » (Renan).

(2) Notes inédites pour les Origines de la France contemporaine.

 

Posté le 6 décembre 2014 à 06h57 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

05 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Charles Maurras

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes: la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (5)

La patrie

Une patrie, ce sont des champs, des murs, des tours et des maisons; ce sont des autels et des tombeaux; ce sont des hommes vivants, père, mère et frères, des enfants qui jouent au jardin, des paysans qui font du blé, des jardiniers qui font des roses, des marchands, des artisans, des ouvriers, des soldats, il n'y a rien au monde de plus concret.

Le patriotisme n'est pas seulement un devoir. C'est un plaisir. "Pour ma part, disait Ulysse aux bons Phéniciens, je ne sais rien de plus agréable à l'homme que sa patrie." Il le disait d'un pauvre rocher sur la mer. Comment parlerons-nous de la nôtre? En est-il de plus belle, plus digne d'être défendue? Qui, un jour se penchant dans l'embrasure d'une haute colline ou vers quelque vallon ouvrant sur le fleuve et la mer, ne s'est pas arrêté, suspendu, presque sidéré par un chœur imprévu de couleurs et de formes demi-divines ?...

La patrie est une société naturelle ou, ce qui revient absolument au même, historique. Son caractère décisif est la naissance. On ne choisit pas plus sa patrie - la terre de ses pères - que l'on ne choisit son père et sa mère. On naît Français par le hasard de la naissance.

C'est avant tout un phénomène d'hérédité.

Les Français nous sont amis parce qu'ils sont Français; ils ne sont pas Français parce que nous les avons élus pour nos amis. Ces amis sont reçus de nous; ils nous sont donnés par la nature... Rien ne serait plus précieux que d'avoir des Français unis par des liens d'amitié. Mais, pour les avoir tels, il faut en prendre le moyen et ne pas se borner à des déclarations et à des inscriptions sur les murs.

Certes, il faut que la patrie se conduise justement. Mais ce n'est pas le problème de sa conduite, de son mouvement, de son action qui se pose quand il s'agit d'envisager ou de pratiquer le patriotisme; c'est la question de son être même, c'est le problème de sa vie ou de sa mort... Vous remercierez et vous honorerez vos père et mère parce qu'ils sont vos père et mère, indépendamment de leur titre personnel à votre sympathie. Vous respecterez et vous honorerez la patrie parce qu'elle est elle, et que vous êtes vous, indépendamment des satisfactions qu'elle peut donner à votre esprit de justice ou à votre amour de la gloire. Votre père peut être envoyé au bagne : vous l'honorerez. Votre patrie peut commettre de grandes fautes : vous commencerez par la défendre, par la tenir en sécurité et en liberté.

Le patriotisme n'a pas besoin d'un idéal, socialiste ou royaliste, pour s'enflammer; car il naît de lui-même, du sang et du sol paternels. Ce qu'il faut saluer, c'est le suprême sacrifice de la vie fait sur le sol qu'il s'est agi de défendre. Ce sol sacré serait moins grand, moins cher, moins glorieux, moins noble et moins beau si les Français de toute origine et de toute obédience n'y payaient pas en toute occasion nécessaire la juste dette de leur sang.

Plus haut que l'armée et que le drapeau, plus haut que la plus fière conscience de la patrie, vit la patrie même, avec les saintes lois du salut public. Ce sont elles qui font consentir à de durs sacrifices pour défendre l'intégrité du reste et préserver son avenir. Qu'elle vive d'abord !

Charles Maurras

Extrait de : « Votre bel aujourd'hui ».

Ed. Arthème Fayard - 1953.

Posté le 5 décembre 2014 à 06h51 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (1)

03 décembre 2014

L'actualité de Saint Nicolas en Lorraine

Un texte de Catherine Guyon, Maitre de conférences en histoire et histoire de l’art, Université de Lorraine, pour Le Salon Beige :

Affiche du colloque 2013"Particulièrement invoqué en Lorraine dont il est le saint patron, saint Nicolas est aussi le saint qui, en Europe, a suscité le culte le plus important et le mieux partagé entre l’Orient et l’Occident. Cet évêque de Myre (aujourd’hui Demre au sud de la Turquie) au début du IVe siècle était connu pour sa foi profonde et sa lutte contre la pauvreté et l’injustice. La célèbre légende des trois enfants au saloir, bien connue des Lorrains, puise en fait sa source dans des faits réels : l’intervention du saint en faveur de trois jeunes filles qu’il dota pour que leur père, ruiné, puisse les marier au lieu de les livrer à la prostitution, puis de trois jeunes gens accusés à tort d’avoir fomenté une émeute et de trois officiers que l’empereur allait faire exécuter, suite à des calomnies.

A l’occasion de sa fête, en décembre 2013, plusieurs manifestations ont été organisées en Lorraine et plus spécialement à Saint-Nicolas-de-Port et à Lunéville : un important colloque international intitulé « De l’Orient à l’Occident, le culte de saint Nicolas en Europe », organisé par C. GUYON, C. VINCENT, et V. GAZEAU, au sein de l’Université de Lorraine et du CRUHL, avec le soutien de nombreuses institutions universitaires (Institut Universitaire de France, Université de Paris X Nanterre, CRAHAM, AIRS) et de collectivités territoriales lorraines (Conseil général de Meurthe-et-Moselle, Villes de Lunéville et de Saint-Nicolas-de-Port, Communauté de communes du Lunévillois) qui s’est tenu les 5, 6 et 7 décembre au château de Lunéville et à la salle des fêtes de Saint-Nicolas-de-Port. Ce colloque a rassemblé, devant un public nombreux, 25 universitaires réputés d’Europe centrale et orientale (Russes, Polonais, Allemands, Tchèques, Suisses…), d’Italie (dont un important groupe de Bari, dans les Pouilles, où se trouve le tombeau de saint Nicolas) de Nancy et de Paris. Il est été question des débuts du culte du saint en Turquie, puis à Bari, et des étapes de sa diffusion à travers l’Europe,  depuis les empereurs byzantins et ottoniens, en passant par les prélats réformateurs francs et les clercs des universités médiévales, jusqu’aux marchands et artisans de la Mitteleuropa. Une large place a été donnée aux images, vitraux et peintures, tant en Orient qu’en Occident, ainsi qu’aux fêtes et aux traditions. Ces communications ont apporté beaucoup d’éléments nouveaux à la connaissance de saint Nicolas, de son culte et du modèle épiscopal qu’il représentait : la publication des actes est prévue pour novembre 2015 aux éditions du CERF. (cf. programme détaillé : http://crulh.univ-lorraine.fr/content/colloques-2013)

En marge de ce colloque, 4 expositions avaient été proposées à Lunéville et à Saint-Nicolas-de-Port. Devant le succès rencontré, deux nouvelles expositions sur saint Nicolas sont organisées cette année, en décembre 2014, à Lunéville, à l’église Saint-Jacques et à la médiathèque.

Icône de st Nicolas apaisant la tempête qui illustre le souhait d’un retour de la paix au Proche-Orient.L’église Saint-Jacques accueillera du 6 au 14 décembre 2014 une exposition sur « l’icône autour de saint Nicolas : fêtes et saints d’Orient »  (entrée libre et gratuite,tous lesjours) et deux conférences. L’Atelier St-Nicolas des Lorrains de Nancy présentera en effet 60 icônes (byzantines, slaves, coptes, éthiopiennes, libanaises et syriennes) accompagnées d’explications, révélant  l’importance de saint Nicolas chez les chrétiens d’Orient et la richesse spirituelle et artistique de ces communautés dans leur diversité. Le 7 décembre à 15h 30, M. Valentin, président de l’Atelier, donnera une conférence sur le thème « Qu’est-ce qu’une icône », en prenant l’exemple de saint Nicolas. En lien avec cette exposition, le 14 décembre sera consacré au Liban (où saint Nicolas est aussi très présent), avec la participation du Comité lorrain de solidarité franco-libanais qui fête cette année son 30e anniversaire (la cofondatrice, Lunévilloise, est Élisabeth Fischer) ; à 16h, le Père Sayed Marroun donnera une conférence sur « L’actualité des chrétiens d’Orient », à travers son expérience du Liban, qui accueille les réfugiés d’Irak et de Syrie et subit les conséquences de tous les conflits du Proche-Orient. Il célèbrera à 18h une messe de rite maronite animée par une chorale d’étudiants libanais et syriens, afin de prier pour les Chrétiens d’Orient, victimes de massacres épouvantables, pour que la paix revienne sur ces terres où sont nées les premières communautés chrétiennes et qu’une solution juste et durable puisse être trouvée. Ce sera aussi l'occasion de découvrir la beauté de la liturgie orientale (des livrets de chants avec traduction française seront proposés) et de vivre un temps de rencontres et d’échanges.

La médiathèque de l’Orangerie (4 rue du Colonel Clarenthal) présentera une exposition « saint Nicolas, source d’inspiration des Lorrains » du 6 décembre-3 janvier, (entrée libre et gratuite les après-midi du mardi au samedi, commissaire de l’exposition : Catherine Guyon), rassemblant productions anciennes (statues, enseignes de pèlerinages, images d’Épinal, gravures, émaux, moules, verroteries…) et œuvres inédites de jeunes artistes contemporains (statuettes en verre, images et aquarelles, étiquettes de pains d’épices, boules de verre, bijoux, céramiques, porcelaines, peintures sur verre, œufs peints…) qui revisitent avec talent le thème de saint Nicolas. En relation avec cette exposition, une conférence illustrée, « saint Nicolas en Lorraine », sera donnée le 13 décembre à 14h 30 par Catherine Guyon, rappelant comment et pourquoi saint Nicolas est vénéré en Lorraine, depuis le Moyen Age jusqu’à nos jours.

Il est à noter que d’autres manifestations se tiendront à Lunéville : outre le défilé de chars du 6 décembre vers 16h, le salon des Halles accueillera la compagnie d’Eux, qui, le 18 décembre à 18h, jouera un spectacle pour petits et grands (entrée gratuite sur réservation à partir du 29 novembre) « Les grands jours de saint Nicolas », d’après le texte d’Émile Badel, qui fut à l’origine du renouveau du pèlerinage de Saint-Nicolas-de-Port au XIXe siècle. Nancy prépare aussi pour le 7 décembre un important défilé de chars de saint Nicolas et toutes les villes lorraines marquent à leur manière cette fête (défilés, expositions, spectacles…), en particulier Metz, Épinal et Remiremont.

Saint-Nicolas-de-Port, où se trouve le grandsanctuaire du pèlerinage au saint patron des Lorrains, organise le 6 décembre à 18 h un magnifique défilé de chars, précédé d’un feu d’artifice dans une ville en liesse et suivi de la traditionnelle procession aux flambeaux dans la basilique qui se tiendra à 20h 30, sous la présidence exceptionnelle de Mgr Ackermann, archevêque de Trèves (les diocèses lorrains dépendaient autrefois de la métropole ecclésiastique de Trèves). Cette procession, impressionnante par sa ferveur et son déploiement, est suivie chaque année par une foule nombreuse, de tous âges et rangs sociaux, venue de toute la Lorraine -et bien au-delà- prier saint Nicolas, point de rencontre entre Orient et Occident, figure du don et de la générosité, ainsi que de la paix et de la justice, annonçant la joie de Noël.

Posté le 3 décembre 2014 à 13h00 par Michel Janva | Lien permanent

Y a-t-il encore des miracles obtenus par l'intercession de Saint Nicolas ?

La réponse est du recteur de la Basilique et Curé, l'Abbé Jean Louis Jacquot :


Y a-t-il encore des miracles obtenus par l... par Le_Salon_Beige

Posté le 3 décembre 2014 à 07h04 par Michel Janva | Lien permanent

Un jour, un texte ! La Patrie selon...le JO

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes : la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (3)

une loi oubliée

Extrait du Journal Officiel du 14 juillet 1920

Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté,

Le président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :

Art. 1er. - La République française célèbre annuellement la fête de Jeanne d'Arc, fête du patriotisme.

Art. 2. - Cette fête a lieu le deuxième dimanche de mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans.

Art. 3. - Il sera élevé en l'honneur de Jeanne d'Arc, sur la place de Rouen, où elle a été brûlée vive, un monument avec cette inscription :

A Jeanne d'Arc

le peuple français reconnaissant

La présente loi, délibérée et adoptée par le Sénat et la Chambre des députés, sera exécutée comme loi d'État.

Fait à Rambouillet, le 10 juillet 1920

P. DESCHANEL

Pour le Président de la République française :

Le ministre de l'Intérieur T. STEKO

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice,

président du Conseil par intérim LHOPITEAU

Posté le 3 décembre 2014 à 06h32 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (2)

02 décembre 2014

Un jour, un texte ! La Patrie selon Adrien Loubier

« La civilisation française, héritière de la civilisation hellénique, a travaillé pendant des siècles pour former des hommes libres, c'est-à-dire pleinement responsables de leurs actes : la France refuse d'entrer dans le Paradis des Robots. »

Georges Bernanos, La France contre les robots

Cette nouvelle rubrique a pour objet de proposer des textes pour aider tout un chacun à réfléchir sur des sujets précis et si possible, d'actualité, aujourd'hui : la Patrie. (2)

Jeanne d'Arc aux sources du patriotisme français

A Brignoles en Provence

Au début du XVème siècle, Brignoles était l'une des huit sénéchaussées de la Basse Provence. Sa situation géographique la mettait, semble-t-il, bien à l'écart de la terrible guerre avec les Anglais, qui ravageait surtout le Nord et le Sud-ouest de la France. Le paisible roi René y séjournait souvent. Comme les autres provinces, la Provence avait son parlement, ses franchises ; elle était gouvernée en 1429 par Louis II, comte de Provence, fils de la reine Yolande (1417 –1434).

Quel pouvait bien y être le sentiment patriotique français ? Comment pouvait-on y ressentir l'occupation anglaise, qui n'affectait pas cette région ? La Normandie, la Guyenne, la Bourgogne étaient loin ! L'unité française était constituée d'un réseau complexe de suzerainetés qui, nous dit-on dans les manuels républicains, ne concernait les populations que de très loin !

Et puis, les communications étaient longues et difficiles ! Pas de trains, pas de téléphones, pas de journaux ! Que pouvait-on savoir, à Brignoles, d'un siège des Anglais devant Orléans, ou du dauphin Charles VII, encerclé dans son Berry, et pas même couronné ou sacré roi de France ?

Qu'était même la France pour les Provençaux ?

Orléans n'était-il pas à 600 kilomètres (à vol d'oiseau) de Brignoles, en un temps où le meilleur cavalier ne pouvait parcourir que quelques 50 kilomètres par jours ?

Toutes ces questions, que l'on peut se poser, trouvent une étonnante réponse dans l'analyse d'un « compte trésoraire de Brignoles », que nous avons découvert dans une monographie de F. Mireur, intitulée : "Procession d'actions de grâces à Brignoles en l'honneur de la délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc en 1429".(Communication faite au congrès des sociétés savantes à la Sorbonne en avril 1893).

Dans les anciennes chroniques provençales, on trouve bien mention de la dureté du temps, mais cependant bien lointaine.

Honoré Bouche parle des « temps calamiteux de l'occupation d'une grande partie de la France par les Anglais et du temps de la Pucelle d'Orléans, si renommée dans les histoires, environ l'an 1429 .... » (1)

C'est « arrivé en l'année 1429, dit Nostradamus, que la pucelle Jeanne, tant illustrement chantée par les histoires françoises, allait au secours de sa ville, couverte d'armes blanches contre les Anglois, ausquels elle fit quitter et abandonner le siège d'Orléans. » (1)

Mais, selon notre auteur (2) aucune de ces chroniques « n'ont produit aucun témoignage direct et contemporain de l'impression que les nouvelles extraordinaires de France causèrent en Provence. »

Or voici que 550 ans après, l'analyse d'un feuillet comptable de la ville de Brignoles, au fin fond de la Provence, nous livre le témoignage d'une explosion spontanée de joie et de liesse populaire, lorsque, quelques jours après le 8 mai 1429, la nouvelle de la délivrance parvient au peuple de cette bourgade.

La France vient de remporter une victoire décisive contre l'envahisseur. Pas en Provence, qui vit en paix à cette heure, mais bien en France, avec laquelle tout le petit peuple vibre et souffre.

Certes les souverains sont parents. Le comte Louis II de Provence est le beau-frère de Charles VII. Sa mère, la reine Yolande, joue un rôle politique important à la cour de France. Mais ce ne sont pas les grands qui descendent dans la rue pour fêter l'événement ; c'est le peuple. Le peuple qui est la famille de ses princes, et qui est chez lui, dans sa patrie, en Provence comme à Orléans !

Et puis, tous savent bien que si Orléans tombe, bien qu'elle soit loin ; si Charles VII est détrôné, bien qu'il soit loin... qui arrêtera l'Anglais et l'empêchera d'arriver jusqu'à Brignoles avec ses bandes, et son cortège de sang et de misère ?

L'élan populaire est tel que les syndics en exercice sont débordés, et prennent sur eux les dépenses dont ce feuillet de compte atteste, sans même réunir le conseil pour les soumettre à sa délibération.

Or on ne plaisantait pas à Brignoles sur ce chapitre. Les registres en témoignent. Pas un sou ne devait sortir des caisses sans vote du conseil pour en donner l'aval.

Ici, dans l'urgence, cette règle n'a pas été respectée. Écoutons notre auteur : (2)

« Le bruit s'étant répandu dans cette ville (Brignoles) de la délivrance d'Orléans, l'enthousiasme fut si soudain que, sans même consulter comme d'ordinaire le conseil, on organisa des réjouissances publiques pour fêter l'éclatant succès dû à l'intervention de cette jeune fille étrange illius Piuselle dont la renommée avait volé jusqu'en notre lointaine contrée. Une procession d'actions de grâces fut ordonnée, et, pour en relever l'éclat, les syndics de la communauté prirent sur eux d'y envoyer des ménétriers (3), aux frais de la ville, certains d'avance de l'adhésion de leurs collègues du conseil. »

"Item ponit Idem thesaurarius solvisse, ex precepto sindicorum, menisteriis qui fecerunt festum, dum fecerunt processionem ad amorem Dei, dum venerunt nova illius Piuselle que erat in partibus Francie, videlicet grossum unum." (4)

Ce texte de ce qu'on est convenu d'appeler le "bas-latin" (en somme le latin vivant de l'époque), peut se traduire ainsi :

« De même, le même trésorier pour rendre grâce, à la demande du syndic, paye des ménestrels (3) qui font la fête, pendant une procession pour l'amour de Dieu, quand venaient des nouvelles de cette pucelle qui était dans la partie de la France, visiblement une chose capitale. »

Mais ce qui n'est pas moins étonnant, c'est la rapidité avec laquelle cette nouvelle est arrivée à Brignoles.

Notre savant archiviste, par divers recoupements, situe la date de cette procession et de ces réjouissances entre le 15 mai 1429, et au plus tard le 20 juin. Plus probablement peu après le 15 mai.

Or la date de la délivrance d'Orléans peut être fixée au 8 mai. Et il est bien improbable que dès le lendemain, un courrier soit parti directement pour Brignoles. Même si c'eut été le cas, par monts et par vaux, et en changeant de cheval chaque jour, il lui fallait au moins 15 jours pour franchir les 6 à 700 kilomètres qui séparent Orléans de Brignoles, en tenant compte de l'état des routes de l'époque, et des nombreux obstacles tels que fleuves, forêts peu sûres, montagnes, etc.

Une étude chrono topographique serait d'ailleurs nécessaire pour obtenir un trajet et un décompte de temps fiable.

Mais bien plutôt que l'hypothèse peu vraisemblable d'un messager visant spécialement Brignoles, c'est celle de la rumeur publique, propagée de proche en proche par le bouche à oreille, qui doit être retenue. Ce qui donne une idée très vivante de l'anxiété de nos provinces, avides de nouvelles, et de la joiepopulaire déclenchée par cette bonne nouvelle tant espérée par le patriotisme français, en éveil dans le fond des coeurs de nos plus lointaines provinces !

Enfin la chance a tourné !

Enfin Dieu prend la France en pitié.

Alors « faisons procession pour l'amour de Dieu ! »

Et concluons avec notre auteur : (2)

« La véritable importance historique du document (4), son intérêt général, résident surtout dans le témoignage nouveau qu'il nous apporte de l'étonnante popularité de Jeanne, et du grand et rapide retentissement de son admirable campagne d'Orléans. »

Adrien Loubier

Extrait de : « Sous la Bannière ».

Numéro 107, mai – juin 2003.

(1) Histoire et chronique de Provence.

(2) Mireur ouvrage mentionné plus haut.

(3) En 1328 se crée à Paris une association de ménestrels. En 1397, ils prennent le nom de « ménestriers » « Communauté de joueurs d'instruments tant hauts que bas. » En 1407 l'association a un « roi » nommé par le Roi de France. Une rue, une église, un hôpital, un saint patron : saint Julien. Cette institution a perduré jusque sous Louis XIV. Mais le comté de Provence ne devait pas, en 1429, être concerné par cette institution, et on devait plutôt y parler de « Menestrel », mot par lequel nous traduisons « menisteriis ».

(4) Archives communales de Brignoles – s.cc. Comptes trésoraires 1419-1437. Folio 128.

Posté le 2 décembre 2014 à 06h25 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (6)

29 novembre 2014

La fin de l'empire romain d'Occident, par Michel De Jaeghere

Il démonte notamment la théorie accusant le christianisme d'être la cause de la chute de Rome.

Posté le 29 novembre 2014 à 10h04 par Michel Janva | Lien permanent

22 novembre 2014

La génération Manif pour Tous, c'est la petite sœur Espérance de Péguy

Extrait de la seconde partie de l'entretien donné par Philippe de Villiers au Figarovox :

V"Le Traité de Troyes vaut bien le traité de Maastricht. En 1420, que pensent les élites? Autour d'Isabeau de Bavière, plissée de gras sous le hennin, cette «truie couronnée» comme on l'appelle à l'époque dans les pays de France, les élites pensent que la souveraineté est une charge trop encombrante. Donc il faut s'en débarrasser. On cède et on transfère la souveraineté à l'étranger, à l'Angleterre. On pense y gagner en prospérités. On console le peuple en lui disant que la France sera plus grande quand elle sera anglaise. [...] C'est la trahison des élites: la trahison des élites politiques, celles qui se déchargent de la souveraineté, trop lourde à porter, et qui considèrent que la France a fait son temps ; la trahison des élites économiques aussi, qui, pour l'essor de leurs commerces, au nom des laines anglaises, des tissus flamands et des vins de Bourgogne, demandent au roi de France, avant d'entrer dans la ville de Troyes, de les rassurer: «dites-nous que les affaires continuent à prospérer comme avant» ; et bien sûr la trahison des clercs enfin, qui refusent que Jehanne aille voir le Pape, ce qui est son droit le plus strict et qui lui reprochent un excès de patriotisme. [...]

La Révolution a abattu la monarchie, elle l'a remplacé par une démocratie qui est devenue aujourd'hui une oligarchie. L'oligarchie médiatique, l'oligarchie des banquiers de Francfort, l'oligarchie du CAC 40, l'oligarchie des commissaires de Bruxelles, pour ne pas parler de l'oligarchie américaine de l'OTAN. Un jour, une génération se lèvera qui balaiera les oligarques du multiculturalisme et du consumérisme.

Justement, quel est votre regard sur la génération Manif pour Tous?

C'est la petite sœur Espérance de Péguy. Aujourd'hui, si Jehanne d'Arc revenait, elle aurait à affronter à une nouvelle idéologie. L'oppresseur n'est plus l'Angleterre, mais le mondialisme, qui sépare l'homme de ses attachements vitaux : on est en train de fabriquer pour la France de demain, un petit homme consommateur à l'américaine qui sera asexué et apatride. Il n'aura plus ni racine, ni filiation. Il ne pourra plus se retourner sur son passé et n'aura donc plus d'horizon. Il deviendra fou, fou de plaisir, fou de l'instant, le fou de Chesterton qui a tout perdu sauf la raison. L'ensemble des autorités temporelles et spirituelles a tendance à considérer aujourd'hui que le seul enjeu est, comme on dit à l'école aux enfants, de «sauver la planète». On ne cherche plus à sauver la France mais à sauver la planète. On ne veut plus sauver une civilisation, on veut sauver les phoques et les ragondins appelés à devenir des sujets de droit et on chosifie l'embryon humain. Dès lors, la nation est montrée du doigt, elle est regardée comme un obstacle à la fraternité cosmique. Les déclinaisons de cette idéologie sont l'immigrationisme, l'hédonisme, le consumérisme, avec un objectif inavoué: la création d'un seul marché mondial qui permettrait aux entreprises américaines d'inonder le monde et de faire de l'individu un atome, un consommateur sans attaches affectives. L'Amérique ne veut plus de frontières, d'États, de lois nationales. Elle veut le libre échange planétaire. Elle veut des consommateurs plutôt que des citoyens, imprégnés de soft power, coca-colonisés et qui se passent, de bouche en bouche, le même chewing-gum.

La première urgence est de retrouver l'idée de France: une nation n'existe pas sans contours, ni conteurs. Si elle cesse de rêver et de se définir, si elle perd ses frontières, elle s'abîme. Mais il faut aussi savoir lire les signes d'espoir comme l'immense succès de la «Manif pour Tous». C'est la première fois dans l'histoire de France que des gens ont quitté leurs domiciles, leurs soucis familiaux et personnels, leurs inquiétudes économiques afin de venir manifester pour des idées et non pour des intérêts. C'est la protestation la plus gratuite de notre histoire. Cela laisse penser que la France ne veut pas mourir. Quand il y a un million de personnes dans la rue qui refusent qu'elle meurt, elle ne mourra pas. Lénine disait, «il me faut mille hommes …». On peut penser aujourd'hui, comme lui, qu'un jour il suffira de mille hommes: par leur sacrifice et l'élévation de leur âme, ils changeront la donne de cette société éreintée. Mon livre n'est qu'un petit caillou blanc que je dépose sur le chemin de ces petits hommes-là qui tiennent leurs lucioles allumées au milieu de la poussière d'atomes. [...]

L'Europe aujourd'hui est en train de mourir. Elle meurt culturellement et démographiquement. Elle meurt d'un chassé-croisé entre l'avortement de masse et l'immigration de masse. Parce qu'elle ne croit plus en la Vie. [...]

Même si je ne regrette rien de ce que je faisais avant, ce que je fais aujourd'hui me paraît plus utile. Ce sont les idées qui mènent le monde et l'œuvre du Puy du Fou, qui est une œuvre de civilisation et de rayonnement, fait découvrir à beaucoup de jeunes Français, la France et l'histoire de France. [...]"

Posté le 22 novembre 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

Jeanne d'Arc incarne le courage dans l'épreuve des totalitarismes que nous vivons

A l'occasion de la sortie de son Roman de Jeanne d'Arc, Philippe de Villiers a accordé un entretien au FigaroVox. Extraits :

J"Mon livre est en quelque sorte une cinéscénie littéraire. J'écris à la première personne comme s'il s'agissait des mémoires imaginaires de Jehanne d'Arc. Je veux mettre à la portée des nouvelles générations qui voient la France s'abîmer, des figures emblématiques qui ont illuminé notre histoire, pour que les jeunes Français aient le goût de les connaître et d'aller les découvrir. Avec «Le roman de Jehanne d'Arc», j'ai voulu rendre à la plus grande héroïne de notre Histoire son humanité, retrouver la vérité de ses émois, de ses éblouissements, de ses désarrois devant l'innommable. Depuis mon enfance, comme beaucoup de Français, je regarde Jehanne d'Arc tout là-haut, accrochée aux tentures sacrées, lointaine, séraphique comme une sainte d'enluminure. Avec ce livre, j'ai voulu dépasser le mythe, aller au cœur du mystère, déposer la tapisserie pour la regarder de plus près, essayer de saisir et de traduire ses fragilités, ses doutes et ses vraisemblances. [...]

Mais j'ai pu tirer une leçon de son histoire: la vérité ne triomphe jamais, mais ses ennemis finissent toujours par mourir. Jehanne d'Arc connaît les ardeurs ignorées de la petite pastoure à son ouvrage que personne ne remarque en ses humilités, puis l'extraordinaire popularité du chef de guerre qui triomphe, et finalement la déréliction christique du cachot. Quand elle est trainée dans une charrette cahotante qui la conduit au bûcher de la place du Marché, elle croise sur son passage le regard furtif des femmes qui, dans leurs jupes, enveloppent leurs enfants et leurs glissent à l'oreille: «Regarde la sorcière!». Jehanne, en elle-même, se dit «quelle honte!». Elle comprend qu'il ne s'agit pas seulement de la faire mourir, mais de la déshonorer aux yeux du monde et dans le cœur des plus petits pour que jamais elle ne renaisse. Il ne s'agit pas seulement de tuer son corps, il faut détruire son âme. Ajouter à la mort la flétrissure. Ainsi a-t-elle connu et enduré l'insupportable. Un jour, Soljenitsyne m'a ainsi parlé d'elle: Jehanne d'Arc incarne le courage dans l'épreuve des totalitarismes que nous vivons et qui sont fondés sur le mensonge: «la vérité conduit au martyr et au déshonneur». Il faut accepter d'être déshonoré lorsqu'on hurle la vérité."

"J'ai pris des coups et des coups bas. Car aujourd'hui, on ne peut plus faire de politique en France sans obtenir l'agrément de la «Société de Connivence». Et si cet agrément vous est refusé, alors tous les coups sont permis, tous les moyens sont bons, aucun ne vous est épargné. Il y a un va-et-vient consciencieux dans le processus d'élimination des adversaires, entre la justice médiatique et la justice tout court, enchaînées aux mêmes fantasmes et aux mêmes complicités. Le «Mur des Cons» est là pour le rappeler. On donne aux juges une mission de salut public. De tous temps, les hommes qui ont eu du pouvoir se sont attaqués les uns les autres. Mais ce qui est nouveau aujourd'hui, dans la société médiatique, ce sont les armes qu'on utilise. Elles sont plus meurtrières, plus performantes et plus sournoises. Ce sont des poisons qui ne laissent aucune trace de leurs auteurs ou de leurs alchimies. Nous sommes devant une crise qui n'est pas seulement politique, mais qui est désormais métapolitique, c'est une crise des valeurs, des valeurs fondatrices de la civilisation. Le pouvoir n'est plus un sacrifice, il est devenu une consommation. Nous sommes passés de l'âge des Services à celui de l'hédonisme politicien. Le pouvoir n'a plus le pouvoir et quand il n'y a plus la notion du Bien Commun, comme du temps de Jehanne d'Arc, parce qu'on a liquidé le pouvoir, il ne reste que les caïmans et les crocodiles qui se mangent entre eux dans la piscine sanguinolente.

Que nous apprend Jehanne d'Arc sur notre époque?

Elle nous apprend d'abord une grande leçon: quand tout est désespéré, rien n'est désespéré. Elle nous apprend qu'il faut Souffrir pour Espérer. Elle nous apprend que la part du visible de la vraie vie est infiniment plus confinée, même si elle est plus voyante que la part de l'invisible de celle-ci. Elle nous apprend que le visible est tramé dans l'invisible et que l'invisible affleure dans le visible. Que la nature et la surnature vont ensemble. Jehanne n'est pas une mystique, mais une petite fille de tous les jours. Elle aime rire, chanter, danser. Elle a de l'entrain dans le caractère, elle est coquette, elle aime les toilettes, les tissus et les laines rares. C'est une fille de l'eau, une fille des champs qui court dans la vallée des couleurs de Vaucouleurs. Elle est aussi une fille de piété. Elle est les trois à la fois. Aucune des trois filles qui la composent ne l'emporte sur l'autre. Jehanne est le plus formidable trait d'union que l'histoire ait jamais inventé entre le Ciel et la terre. Mais, chez elle, l'extraordinaire vient se tramer dans l'ordinaire.

Elle nous apprend aussi qu'un pouvoir qui n'est pas établi sur la pérennité et la sacralité est dénué de vraie légitimité. C'est la raison pour laquelle elle veut emmener le Dauphin à Reims. [...] La potestas est le pouvoir de gouverner et de légiférer tandis que l'auctoritas signifie l'aura, le symbole. Quand un pouvoir a beaucoup d'auctoritas, il n'a pas besoin de la potestas. Quand il n y a plus de mœurs, on fait des lois. Une société qui a encore des mœurs, ne fait pas de lois. Un monarque assure son autorité par l'auctoritas. Un monarque qui fait des lois est faible. Aujourd'hui, on a perdu la potestas et l'auctoritas: la potestas est partie à Bruxelles et l'auctoritas dans les médias. Le roi est nu, il ne reste que le casque et le scooter!"

Posté le 22 novembre 2014 à 14h19 par Michel Janva | Lien permanent

21 novembre 2014

Découverte de la sépulture de saint Etienne, premier martyr

Lu sur Riposte catholique :

"C’est lors d’une fouille dans le village de Taiar, à quelque distance de la ville palestinienne de Ramallah que des archéologues ont découvert les ruines d’un ensemble de constructions ecclésiastiques byzantines. Dans l’une des églises découvertes, on a trouvé une inscription selon laquelle le lieu de culte était dédié à Saint Étienne le Premier Martyr, qui y avait été enterré en 35. Selon les chercheurs, d’ici cinq ans les excavations et les travaux d’entretien seront achevés, et le lieu, détenu en partie par le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, pourra servir de destination pour les pèlerins du monde entier."

Posté le 21 novembre 2014 à 07h18 par Michel Janva | Lien permanent

18 novembre 2014

Tome 5 de l'Histoire de France en BD

Reynald Secher vient de faire paraître le tome 5 de son Histoire de France en BD. Il explique à L'Homme Nouveau :

H"[...] L’enseignement traditionnel de l’Histoire reposait sur quatre acquis : la chronologie, la cartographie, l’évènement et l’homme. On les a supprimés pour la thématique. Les dégâts sur l’esprit des élèves sont les mêmes qu’en Français et se traduisent par un désintérêt total et pour cause.

Et la solution pour vous a été la BD ?

Je ne pouvais pas accepter ce constat d’échec et j’ai beaucoup réfléchi avec mes élèves sur cette question. La solution est venue d’une mère de famille, Joëlle Vallier. J’ai d’abord mis en images mon livre sur le génocide des Vendéens et ai travaillé avec des élèves en cours particuliers pour affiner le contenu. Je me suis rendu compte que la BD faisait le tour de la famille et des amis. J’ai fait faire une enquête à l’occasion d’un stage de communication : les conclusions ont été surprenantes. Une BD historique était lue en moyenne par onze personnes et souvent relues. Fort de ce constat, je me suis lancé dans cette aventure et comme aucun éditeur n’était intéressé j’ai créé ma propre maison d’édition. [...]

Pourquoi une Histoire de France ?

Depuis quelques années, et c’est une bonne chose, les Français s’interrogent sur leur avenir. Il faut d’abord se poser la question de notre identité et la définir. Pour moi, cette définition est simple : il faut savoir d’où l’on vient, qui l’on est et ce que l’on veut devenir ensemble. Pour savoir d’où l’on vient, il faut s’informer et c’est la finalité première de l’Histoire, d’où l’intérêt de la connaître. Comme l’école et les médias ne jouent pas leur rôle, j’ai créé cette collection. À ce jour cinq tomes sont publiés. Nous en ferons 12."

Posté le 18 novembre 2014 à 18h46 par Michel Janva | Lien permanent


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