23 avril 2014

Benoît XVI assistera à la canonisation de Jean-Paul II et Jean XXIII

Le directeur de L'Opera Romana Pellegrinaggi Mgr Liberio Andreatta a annoncé cette nouvelle au cours d'une conférence de presse de présentation des canonisations.

Posté le 23 avril 2014 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent

16 avril 2014

Vendredi Saint sera un jour férié

... à Cuba.

Le pape Benoît XVI (dont c'est l'anniversaire ce jour) avait demandé en 2012 au président cubain Raul Castro que le Vendredi Saint puisse être déclaré férié à Cuba, dans un geste pour l'Eglise catholique dans ce pays. Jean-Paul II l'avait fait 14 ans plus tôt pour la fête Noël, obtenant alors gain de cause du président Fidel Castro.

Les autorités cubaines ont décrété cette année que le Vendredi Saint serait un jour férié. Le gouvernement décidera ultérieurement s'il fait du vendredi saint un jour férié permanent.

Posté le 16 avril 2014 à 22h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

17 mars 2014

Benoît XVI affirme que l'étude de Veritatis Splendor demeure un devoir

Un livre vient de paraître en Italie sur Jean-Paul II, avec divers témoignages dont un de Benoît XVI. Le pape émérite revient sur plusieurs documents, notamment les encycliques et sur le document Dominus Jesus de la Congrégation pour la doctrine de la foi. 

Benoît XVI évoque l'encyclique Veritatis Splendor :

"Il a fallu de longues années pour que l'encyclique "Veritatis splendor", consacrée aux problèmes moraux, parvienne à maturité et aujourd’hui elle conserve toute son actualité. La constitution de Vatican II relative à l’Église dans le monde contemporain voulait que la doctrine morale catholique à propos de la personne de Jésus et de son message ait un fondement biblique, contrairement à l'orientation, marquée surtout par le droit naturel, de la théologie morale à cette époque.

On a essayé de le faire en procédant par allusions, mais seulement pendant une courte période. Puis une opinion a gagné du terrain : la Bible n’avait aucune morale spécifique à annoncer, mais elle renvoyait aux modèles moraux considérés comme corrects à chaque époque. La morale est une affaire de raison, disait-on, pas une affaire de foi.

C’est ainsi qu’a disparu, d’une part, la morale entendue au sens du droit naturel, mais aucune conception chrétienne n’est venue prendre sa place. Et, comme on ne pouvait reconnaître ni un fondement métaphysique ni un fondement christologique de la morale, on a eu recours à des solutions pragmatiques : à une morale fondée sur le principe de l’équilibre des biens, dans laquelle il n’y a plus ce qui est vraiment mal et ce qui est vraiment bien, mais seulement ce qui, du point de vue de l’efficacité, est mieux ou moins bien.

Le grand travail que Jean-Paul II s’est assigné dans cette encyclique a été de retrouver de nouveau un fondement métaphysique dans l’anthropologie, ainsi qu’une concrétisation chrétienne dans la nouvelle image d’homme donnée par la Sainte Écriture. Étudier cette encyclique et l’assimiler reste un grand et important devoir.

Et à propos de Dominus Jesus :

"Parmi les documents qui concernent différents aspects de l'œcuménisme, celui qui a suscité les plus fortes réactions a été la déclaration "Dominus Jesus", publiée en 2000, qui résume les éléments non négociables de la foi catholique. […] Face au tourbillon qui s’était développé autour de "Dominus Jesus", Jean-Paul II m’annonça qu’il avait l’intention de défendre ce document de manière tout à fait claire lors de l’Angélus. Il m’invita à rédiger pour l'Angélus un texte qui soit, pour ainsi dire, étanche et qui ne permette aucune interprétation différente. Il fallait montrer de manière tout à fait indiscutable qu’il approuvait inconditionnellement le document. Je préparai donc un bref discours. Toutefois je n’avais pas l’intention d’être trop brusque ; je cherchai donc à m’exprimer avec clarté mais sans dureté. Après l’avoir lu, le pape me demanda encore une fois : "Est-ce que c’est vraiment assez clair ?". Je lui répondis que oui. Ceux qui connaissent les théologiens ne seront pas étonnés d’apprendre que, malgré cela, il y a eu par la suite des gens qui ont soutenu que le pape avait pris prudemment ses distances par rapport à ce texte."

Posté le 17 mars 2014 à 16h04 par Michel Janva | Lien permanent

05 mars 2014

Pape émérite : le nouveau rôle de Benoît XVI

Le 22 octobre 2013, le secrétaire de Benoît XVI, qui est aussi le Préfet de la Maison Pontificale avec le pape François, Mgr Gänswein, a répondu à une question demandant s'il n'y avait pas un risque d'avoir au Vatican, un pape et un antipape.

P«Pas du tout. Il y a un pape régnant et un pape émérite. Ceux qui connaissent Benoît XVI savent que ce danger n'existe pas. Il ne s'est jamais ingéré et ne s'ingérera pas dans le gouvernement de l'Église, cela ne fait pas partie de son style. Le théologien Ratzinger sait aussi que chacun de ses mots pourrait attirer l'attention du public, et ce qu'il dirait serait lu pour ou contre son successeur. Donc, publiquement, il n'interviendra pas. Heureusement entre lui et François il y a une relation d'estime sincère et d'affection fraternelle».

Ceux qui utilisent le pape François pour l'opposer au pape Benoît XVI se mettent donc le doigt dans l'oeil. Certes, cette situation est unique dans l'histoire de l'Eglise. Mais sans doute parce que la situation de l'Eglise est unique. Le cardinal Schönborn décrivait en décembre dernier une Eglise au bord du naufrage, ce qui n'est pas sans rappeler l'homélie du cardinal Ratzinger en 2005, avant son élection, sur la barque de l'Eglise prête à couler.

Bien conscient de cette situation exceptionnelle dans l'Eglise, le journaliste et écrivain catholique italien notoire, Antonio Socci, a écrit récemment :

"Les deux pasteurs savent vivre une situation nouvelle dans l'histoire bimillénaire de l'Eglise (même si les vaticanistes se mettent en quatre pour dire que tout est normal). Tous deux sont bien conscients de la délicatesse de leurs rôles et du caractère dramatique de leurs devoirs. Don Georg [Gänswein] dit que Benoît a «une grande estime» pour François et qu'elle «a grandi à cause du courage du nouveau Pape, semaine après semaine. Au début, ils ne connaissaient pas très bien, mais ensuite le Pape François l'a appelé, lui a écrit, lui a rendu visite, lui a téléphoné de nouveau et l'a invité (pour des rencontres privées), et alors leurs contacts sont devenus très personnels et confidentiels»."

Dans sa dernière audience, le 27 février 2013, la veille de sa renonciation, Benoît XVI avait laissé entrevoir ce que serait son nouveau rôle :

"Permettez-moi ici de revenir encore une fois au 19 avril 2005. La gravité de la décision a été vraiment aussi dans le fait qu’à partir de ce moment, j’étais engagé sans cesse et pour toujours envers le Seigneur. Toujours – celui qui assume le ministère pétrinien n’a plus aucune vie privée. Il appartient toujours et totalement à tous, à toute l’Église. La dimension privée est, pour ainsi dire, totalement enlevée à sa vie. [...] Le « toujours » est aussi un « pour toujours » ‑ il n’y a plus de retour dans le privé. Ma décision de renoncer à l’exercice actif du ministère, ne supprime pas cela. Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, de rencontres, de réceptions, de conférences, etc. Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle près du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste, pour ainsi dire, dans l’enceinte de saint Pierre."

Le 3 mars 2014, Mgr Gänswein, déclare à l'Avvenire, le journal des évêques italiens, que Benoît XVI suit attentivement la vie de l'Eglise et l'activité du Pape François. Il révèle que le pape régnant et le pape émérite se parlent fréquemment :

0"Il y a une très bonne relation entre eux. Les moyens par lesquels ils se parles sont divers. Ils se téléphonent, s'écrivent, se voient, mangent ensemble. Plusieurs fois, le Pape François a été invité à déjeuner au monastère. Une fois, après Noël, le pape émérite a également été à Santa Marta.

Il y en a qui les opposent.

C'est un jeu de prédilection, tout d'abord par certains journalistes. Que je n'aime pas. J'ai la grâce de vivre avec un et de travailler avec l'autre. Et ainsi je peux me permettre de dire que je les connais assez bien tous les deux. Je ne les vois pas comme opposés, mais comme complémentaires. Il est évident que le style, les gestes et même le mode de gouvernement du pape Françis sont différents de ceux du pape Benoît. Mais on ne peut pas créer une opposition uniquement sur cela. Faire les choses différemment ne veut pas dire les faire en sens inverse."

Aujourd'hui, le Corriere della Serra publie un entretien avec le pape François. Ce dernier déclare à propos de Benoît XVI :

"Benoit XVI n'est pas une statue dans un musée. C'est une institution. Nous n'étions pas habitués aux papes émérites. Même l'évêque émérite n'existait pas avant le concile. Maintenant c'est une institution. La même chose doit arriver avec le pape émérite. Benoît XVI est le premier mais il y en aura peut-être d'autres..."

Posté le 5 mars 2014 à 10h10 par Michel Janva | Lien permanent

24 février 2014

De nombreuses photos de Benoît XVI

A découvrir sur Benoît-et-moi :

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Posté le 24 février 2014 à 22h36 par Michel Janva | Lien permanent

22 février 2014

Benoît XVI assiste au Consistoire

Le pape émérite Benoît XVI est ce matin au premier rang, vêtu de blanc, parmi les cardinaux dans la basilique Saint-Pierre, et a été salué par François qui s'apprête à créer 19 cardinaux.

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Posté le 22 février 2014 à 11h33 par Michel Janva | Lien permanent

11 février 2014

Il y a un an, Benoît XVI annonçait sa renonciation au Souverain pontificat

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

B"Il y a un an, le 11 février 2013, Benoît XVI annonçait qu'il renonçait au pontificat, décision qui prendrait effet le 28 février à 20h.

Pour cet anniversaire, le blog La Vigna del Signore a lancé l’idée d’une « journée de prière pour le pape Benoît, avec Benoît », le 28 février. Chacun peut s’y associer à sa façon. Le blog recommande de dire le Te Deum à 20h « en action de grâces pour le don de Benoît ».

Un autre blog, Il Papa emerito, a rebondi en proposant une neuvaine préparatoire à cette journée, du 19 au 27 février.

Benoît et moi a traduit le (beau) livret de cette « neuvaine à Marie Mère de l’Eglise pour le pape émérite Benoît XVI »."

Posté le 11 février 2014 à 07h46 par Michel Janva | Lien permanent

28 décembre 2013

Benoît XVI déjeune avec le pape François

Le pape émérite Benoît XVI a rendu visite au pape François qui l'avait invité à déjeuner avec lui à la Maison Sainte-Marthe du Vatican, ce vendredi 27 décembre. Les autres convives de ce déjeuner étaient les secrétaires du pape François et du pape émérite Benoît, le secrétaire pour les Relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, et Mgr Peter Bryan Wells, assesseur pour les affaires générales de la secrétairerie d'Etat.

Le pape François a rendu visite au pape émérite, dans sa résidence, à l'ancien monastère Mater Ecclesiae du Vatican, lundi dernier, 23 décembre, pour les voeux et les cadeaux de Noël, et pour l'inviter à déjeuner.

Posté le 28 décembre 2013 à 14h03 par Michel Janva | Lien permanent

23 décembre 2013

Le Pape François visite Benoît XVI pour Noël

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Posté le 23 décembre 2013 à 20h16 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

15 octobre 2013

Benoît XVI accueille la statue de la Vierge de Fatima

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Source.

Posté le 15 octobre 2013 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

12 octobre 2013

Hollande la vidéo qui fait mal : " Qu'il fasse comme le pape ! "

Un an de non-mandature, d'échecs de mensonges et de reniements des promesses de campagne résumé en 12 minutes; la conclusion est donnée en une phrase par un visiteur , ou exposant du salon de l'agriculture ( à 4'02'' ) qui répond à la question d'un journaliste : "qu'attendez-vous de François Hollande ? "

 

Posté le 12 octobre 2013 à 18h34 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (10)

24 septembre 2013

Foi et raison : Benoît XVI répond à un scientifique athée

Benoît XVI a écrit le 30 août une lettre de 11 pages au mathématicien athée Piergiorgio Oddifreddi, en réponse à un essai provocateur que ce dernier publiait l'hiver dernier, avant la renonciation. Oddifreddi écrit (traduction par Benoît-et-moi) :

"[...] Une réponse surprenante, qui en effet m'a surpris, pour deux raisons. D'abord, parce que le pape a lu un livre qui, dès la couverture, se présentait comme une «introduction luciférienne à l'athéisme». Et puis, parce qu'il a voulu le commenter et le discuter.

Par ailleurs, ce n'était pas par hasard que j'avais adressé ma lettre ouverte à Ratzinger. Après la lecture de son "Introduction au christianisme" [...], j'avais compris que la foi et la doctrine de Benoît XVI, à la différence de ceux des autres, étaient suffisamment cohérentes et aguerries pour être en mesure de très bien affronter des attaques frontales. Un dialogue avec lui, bien qu'alors imaginé à distance, pouvait donc s'avérer être stimulant et non banal, à affronter la tête haute.

Ecrivant mon livre comme un commentaire au sien, j'avais essayé d'encourager la possibilité même éloignée qu'un jour, le destinataire pourrait effectivement le recevoir. J'avais donc baissé les tons sarcastiques d'autres essais, choisissant un style d'échange entre professeurs «à égalité», bien sûr, au sens académique du terme. Et j'avais mis l'accent sur les arguments intellectuels dont je pouvais espérer qu'ils attireraient son attention, sans renoncer à attaquer de front les problèmes internes de la foi et ses relations extérieures avec la science.

L'approche n'était évidemment pas fausse, car elle a atteint son but: qui, bien sûr, n'était pas de chercher à «convertir le Pape» mais d'exposer honnêtement les perplexités, et parfois l'incrédulité, d'un mathématicien sur la foi. De la même façon, la lettre de Benoît XVI ne cherche pas à «convertir l'athée», mais lui retourne honnêtement la perplexité symétrique, et parfois l'incrédulité, d'un croyant très spécial sur l'athéisme.

Le résultat est un dialogue entre la foi et la raison qui, comme le note Benoît XVI, a permis à tous les deux de se confronter franchement, et parfois durement, dans l'esprit de cette cour des Gentils que lui-même avait voulu en 2009. Si j'ai attendu quelques semaines pour rendre publique sa participation au dialogue, c'est parce que je voulais être sûr qu'il ne voulait pas la garder privé.

Maintenant que j'ai reçu la confirmation, j'anticipe ici une partie de sa lettre, qui est trop longue et détaillée pour être reproduite dans son intégralité, en particulier dans les sections initiales philosophiques. Elle le sera bientôt dans une nouvelle version de mon livre, dépouillé des parties sur lesquelles il a décidé de ne pas s'attarder, et élargi pour inclure un récit de la naissance et de l'évolution de ce qui semble être un exemple unique dans l'histoire de l'Eglise: un dialogue entre un pape théologien et un mathématicien athée. Divisés sur presque tout, mais unis par au moins un but: la recherche de la Vérité avec une majuscule."

Extraits de la lettre de Benoît XVI à Odifreddi publiés par le quotidien La Reppublica:
"Professeur Odifreddi, (…) Je voudrais Vous remercier pour avoir cherché, jusque dans les détails, de vous confronter avec mon livre et ainsi avec ma foi ; c’est en grande partie ce que j’avais décrit dans mon discours à la Curie Romaine à l’occasion de Noël 2009. Je dois également vous remercier pour la fidélité avec laquelle vous avez traité mon texte, en cherchant sincèrement de lui rendre justice. Mon jugement à propos de Votre livre est dans son ensemble plutôt contradictoire. J’en ai lu certaines parties avec plaisir et profit. Dans d’autres parties, par contre, je me suis émerveillé d’une certaine agressivité et de la hardiesse de l’argumentation. (…)
A plusieurs reprises, Vous m’avez fait remarquer que la théologie serait de la science-fiction. A ce propos, je m’émerveille que vous retenez par contre mon livre digne d’une discussion aussi détaillée. Permettez-moi de proposer quatre points relatifs à une telle question :
  1. Il est correct d’affirmer que la « science », au sens le plus strict du terme, ce sont seulement les mathématiques mais vous m’avez appris qu’il serait opportun de faire une distinction supplémentaire entre l’arithmétique et la géométrie. Dans toutes ces matières spécifiques, les méthodes scientifiques ont leurs propres formes selon la particularité de leur objet. L’essentiel est d’appliquer une méthode vérifiable, d’exclure l’arbitraire et de garantir la rationalité dans les différentes modalités respectives.
  2. Vous devriez pour le moins reconnaître que, dans le cadre de l’histoire et dans celui de la pensée philosophique, la théologie a produit des résultats durables.
  3. Une fonction importante de la théologie est celle de maintenir la religion liée à la raison et la raison à la religion. Ces deux fonctions sont d’une importance essentielle pour l’humanité. Dans mon dialogue avec Habermas j’ai démontré qu’il existe des pathologies de la religion et – non moins dangereuses- des pathologies de la raison. Toutes les deux ont besoin l’une de l’autre et les tenir constamment connectées est un devoir important de la théologie.
  4. D’autre part, la science-fiction existe dans le cadre de diverses sciences. Ce que Vous exposez à propos des théories concernant le début et la fin du monde dans Heisenberg, Schrödinger, etc., je le désignerais comme science-fiction dans le bon sens du terme : il s’agit de visions et d’anticipations pour arriver à une vraie connaissance mais ce sont précisément seulement des apparitions avec lesquelles nous cherchons à nous rapprocher de la réalité. Le grand style de la science-fiction existe, du reste, également dans la théorie de l’évolution. Le gène égoïste de Richard Dawkins est un exemple classique de science-fiction. Le grand Jacques Monod a écrit des phrases qu’il a sûrement inséré lui-même dans son œuvre comme relevant purement de la science-fiction. Je cite « l’apparition des Vertébrés tétrapodes ..tire justement son origine du fait qu’un poisson primitif « a choisi » d’aller explorer la terre, sur laquelle il était pourtant incapable de se déplacer sinon en sautant de façon maladroite et créant de la sorte, comme conséquence d’une modification de comportement, la pression sélective grâce à laquelle se seraient développés les membres robustes des tétrapodes. Parmi les descendants de cet audacieux explorateur, Magellan de l’évolution, certains peuvent courir à une vitesse supérieure à 70 km à l’heure… » ( citation selon l’édition italienne” Il caso e la necessità”, Milan 2001, pp.117 et sg)
Pour toutes les thématiques discutées jusqu’ici, il s’agit d’un dialogue sérieux pour lequel - comme je l’ai plusieurs fois répété- je suis reconnaissant. Il en est autrement à propos du chapitre sur le prêtre et sur la morale catholique et encore différemment à propos des chapitres sur Jésus. Quant à ce que Vous prononcez sur l’abus moral des mineurs de la part des prêtres, je peux- comme Vous le savez- seulement en prendre acte avec une profonde consternation. Je n’ai jamais cherché de masquer ces choses. Que le pouvoir du mal pénètre jusqu’à ce point dans le monde de la foi est pour nous une souffrance que, d’un côté, nous devons supporter, alors que de l’autre, nous devons dans un même moment, faire tout notre possible afin que d’autres cas similaires ne se reproduisent plus. Ce n’est pas non plus une consolation de savoir que, selon les recherches des sociologues, le pourcentage de prêtres incriminés n’est pas plus élevé que celui présent pour d’autres catégories professionnelles similaires. Dans tous les cas, il ne faudrait pas présenter de façon ostentatoire cette déviation comme si il s’agissait d’une souillure spécifique du catholicisme. Si il n’est pas permis de se taire à propos du mal dans l’Eglise, il ne faut pas non plus, se taire à propos du grand sillage lumineux de bonté et de pureté que la foi chrétienne a tracé au cours des siècles. Il faut se souvenir des grands personnages pures que la foi a produit- de Benoît de Nurcie et sa sœur Scolastique, de François et Claire d’Assise à Thérèse d’Avila et Jean de la Croix, des grands Saints de la charité comme Vincent de Paul et Camillo de Lellis jusque Mère Térésa de Calcutta et les grandes nobles personnages du 19° siècle. Il est vrai aussi qu’aujourd’hui la foi pousse plusieurs personnes à l’amour désintéressé, au service pour les autres, à la sincérité et à la justice. (…)
Ce que Vous dites à propos du personnage de Jésus n’est pas digne de Votre rang scientifique. Si Vous posez la question comme si, à propos de Jésus, finalement, nous ne savions rien et que comme personnage scientifique, rien n’est acceptable, alors je peux seulement , d’une façon décidée, Vous inviter à vous rendre un peu plus compétent sur le point de vue historique. Je Vous recommande pour cela surtout les quatre volumes que Martin Hengel (Faculté de théologie protestante de Tübingen) a publié avec Maria Schwemer : c’est un exemple excellent de précision historique et d’amples informations historiques. En face de cela, ce que Vous dites à propos de Jésus est une hardiesse que Vous ne devriez pas répéter. C’est un fait incontestable que dans l’exégèse, beaucoup de choses ont été écrites à propos du manque de sérieux. Le séminaire américain sur Jésus que Vous avez cité aux pages 105 et sg confirme seulement à nouveau ce que Albert Schweitzer avait écrit à propos de « la Leben-Jesu-Forschung « ( Recherche sur la vie de Jésus) et que le soi-disant «Jésus historique » est tout au plus le miroir des idées des auteurs. Pourtant, de telles formes de travail historique mal rédigées ne compromettent pas du tout l’importance de la recherche historique sérieuse, qui nous a porté à de vraies connaissances en ce qui concerne l’annonce et le personnage de Jésus. (…) En outre, je dois repousser avec vigueur Votre affirmation (page 126) selon laquelle j’aurais présenté l’exégèse historico-critique comme un instrument de l’antéchrist. Traitant du récit des tentations de Jésus, j’ai seulement repris la thèse de Soloviev selon laquelle l’exégèse historico-critique peut être utilisée également dans l’antéchrist- c’est un fait incontestable. Pourtant, dans un même moment - et en particulier dans la prémisse du premier volume de mon livre sur Jésus de Nazareth- j’ai clarifié de façon évidente que l’exégèse historico-critique est nécessaire pour une foi qui ne propose pas de mythes avec des images historiques mais qui réclame une méthode historique vraie : Il faut ainsi également présenter la réalité historique de vos affirmations de façon scientifique. Pour cela il n’est pas non plus correct pour Vous de dire que je me serais intéressé seulement aux fondements inchangés : au contraire, tous mes efforts ont pour objectif de montrer que le Jésus dépeint dans l’Évangile est également le réel Jésus historique ; qu’il s’agit d’une histoire réellement advenue. (…)
Avec le 19°chapitre de Votre livre, nous retournons aux aspects positifs de Votre dialogue avec ma pensée. (…) Même si Votre interprétation du Gv 1,1 est très loin de ce que l’évangéliste entendait dire, il existe pourtant une convergence qui est importante. Mais si vous voulez substituer Dieu avec « La Nature », il reste la question de savoir qui est cette nature ou qu’est-ce que c’est. Vous ne la définissez nulle part et elle apparaît donc comme une divinité irrationnelle qui n’explique rien. Je voudrais surtout vous faire remarquer que dans Votre religion des mathématiques, trois thèmes fondamentaux de l’existence humaine ne sont pas considérés : la liberté, l’amour et le mal. Je m’émerveille qu’avec un simple geste vous liquidez la liberté qui a pourtant été et est encore actuellement la valeur fondamentale de l’époque moderne. Dans Votre livre, l’amour n’apparaît aucunement et il n’y a aucune information concernant le mal. Qu’importe ce que dit ou ne dit pas la neurobiologie à propos de la liberté, dans le drame réel de notre histoire, elle est présente comme une réalité déterminante et doit être prise en considération. Mais votre religion mathématique n’apporte aucune information sur le mal. Une religion qui néglige ces demandes fondamentales reste vide de sens.
Professeur, ma critique de Votre livre est en partie dure. Mais la franchise fait partie du dialogue ; la connaissance ne peut grandir uniquement de cette façon. Vous avez été très franc et j’espère que Vous accepterez ma critique avec le même esprit. Dans tous les cas, j’évalue positivement le fait qu’à travers Votre confrontation avec mon introduction au christianisme, vous avez cherché un dialogue ouvert avec la foi de l’Eglise catholique et que, nonobstant tous les contrastes, dans le cadre central, il y a plusieurs convergences. Avec mes cordiales salutations et une bonne continuation dans votre travail."

Posté le 24 septembre 2013 à 15h29 par Michel Janva | Lien permanent

02 septembre 2013

Benoît XVI a réuni le "Ratzingerschülerkreis"

Comme chaque année, et malgré sa retraite, Benoît XVI a réuni fin août ses anciens étudiants du "Ratzingerschülerkreis" pour une session théologique. Cette année, ils ont planché sur la théologie de leur maître. Puis, ce dimanche 1er septembre, Benoît XVI a célébré la messe en la chapelle du gouvernorat de la Cité du Vatican. Il leur a dit notamment :

« Dans l’histoire, tous cherchent la bonne place : sur la scène de la vie, chacun veut trouver sa place. Mais la question est : quelle place est la bonne et laquelle est juste ? La première place peut rapidement devenir une très mauvaise place et cela, non seulement lors du jugement dernier, mais déjà sur cette terre.

L’échelle qui établi ce qui est une bonne ou une mauvaise place, c’est Jésus. Celui qui sera poussé devant, donc à la première place, doit être conscient du danger. Il doit d’autant plus avoir le regardé fixé sur Dieu, se mesurer à lui, à la responsabilité qu’il a des autres, il doit devenir celui qui sert, celui qui sait en vérité se mettre aux pieds des autres, et ainsi être celui qui béni et devient béni. Je pense que tout cela doit passer par le cœur, lorsque nous regardons Celui qui est le premier être de la Création et celui né dans une étable et mort sur une croix. Les bonnes places sont auprès de Lui et selon sa mesure, malgré les places vers lesquelles la vie nous mène.

Cruciale est la responsabilité devant Lui et la responsabilité de l’amour, de la justice et de la vérité. Selon l’Evangile, la dernière place de Jésus, la croix, est la vraie élévation. Comprendre et accepter ce mystère de l’élévation et de l’abnégation fut la prière de Jésus.

Finalement, l’esprit chrétien de la gratuité est nécessaire à l’humanité. Les plus grandes choses de la vie - l’amour, l’amitié, les biens, le pardon - nous ne pouvons pas les acheter, elles sont gratuites, tout comme Dieu nous comble gratuitement. Au nom de la justice dans le monde, nous ne pouvons jamais oublier le don gratuit de Dieu, ce perpétuel donné et recevoir.

Humble et infiniment grande est la aussi la liturgie de l’Eglise : elle signifie que nous nous approchons de la multitude des anges et des saints, dans un rassemblement festif, dans la joie festive de Dieu. Oui, là où est célébrée la liturgie, là est Sion, la montagne de Dieu, que l’humanité recherche indéfiniment, et qui nous permet d’entrer dans la Lumière et auprès de Dieu."

Posté le 2 septembre 2013 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent

26 août 2013

"Il n'y a rien de vrai dans cet article"

Cinglant démenti de Mgr Gänswein, secrétaire du pape émérite, à propos d'articles sur une expérience mystique qui aurait convaincu Benoît XVI de remettre sa charge :

"Inventé, d'alpha à omega. Il n'y a rien de vrai dans cet article".

Posté le 26 août 2013 à 22h12 par Michel Janva | Lien permanent

04 août 2013

On ne lâche rien dans la patrie de Benoît XVI, au sanctuaire marial d'Altötting

Altötting 1er août 2013

Posté le 4 août 2013 à 09h40 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

06 juillet 2013

Photo des deux papes

hier, durant la cérémonie au Vatican :

P

Posté le 6 juillet 2013 à 20h10 par Michel Janva | Lien permanent

13 juin 2013

Le Pape François termine l'encyclique de Benoît XVI sur la Foi

Lu sur I.Media :

"Le pape François a indiqué le 13 juin 2013 qu’il terminait la rédaction de l’Encyclique sur la foi dont le “gros du travail“ avait été déjà réalisé par son prédécesseur, Benoît XVI. Recevant en audience les responsables du Synode des évêques, le pape a assuré qu’après ce texte “fort“ écrit “à 4 mains“, il pourrait rédiger une Exhortation apostolique sur l’évangélisation. Dans une discussion improvisée sur l’importance de la “synodalité“, le pape François a évoqué la possibilité de rendre permanent le Conseil du Synode des évêques, afin de le convoquer ou de lui demander des avis en cas de besoin. [...]

D’autres questions ont également été abordées, notamment la nécessité de mettre un place une étude sur la pastorale familiale, dont les modalités sont encore à définir. “Beaucoup ne se marient pas, vivent ensemble sans être mariés, même chez les catholiques pratiquants“, a remarqué le pape, qui entend ainsi soumettre cette question lors de sa rencontre avec les 8 cardinaux, au mois d’octobre prochain.

Enfin, le pape est également revenu sur le sujet de “l’écologie humaine“, mise en danger selon lui par les évolutions actuelles en termes de médecine “qui la détruisent“."

Posté le 13 juin 2013 à 18h55 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2013

"Je vis comme un moine, je prie et je lis. Je vais bien"

C'est ce qu'a déclaré Benoît XVI à l'écrivain Manfred Lütz, qui lui a récemment rendu visite au monastère Mater Ecclesiae.

Posté le 6 juin 2013 à 10h03 par Michel Janva | Lien permanent

24 mai 2013

Benoît XVI finit d'écrire l'encyclique sur la foi qui sera signée du pape François

Benoît-et-moi rapporte les propos de l'évêque de Molfetta, Mgr Luigi Martella, qui raconte sa conversation avec le pape :

"Il nous a parlé avec beaucoup de tendresse de Benoît XVI. "Quand je l'ai rencontré pour la première fois à Castelgandolfo, j'ai noté qu'il avait une mémoire extrêmement lucide, a-t-il dit, même s'il est physiquement éprouvé. A présent, il va décidément mieux".

Enfin, il a voulu faire une confidence, pratiquement une révélation: Benoît XVI finit d'écrire l'encyclique sur la foi qui sera signée du pape François. A la suite de quoi lui même entend préparer sa première encyclique sur les pauvres: Beati pauperes. La pauvreté - at-il précisé - entendue non au sens idéologique, mais évangélique."

Posté le 24 mai 2013 à 17h48 par Michel Janva | Lien permanent

04 mai 2013

Le testament spirituel de Benoît XVI

B16Sur le site de la librairie catholique :

"Benoît XVI a accepté de rassembler parmi ses textes (homélies, audiences, discours méditations…) ceux qui lui tiennent le plus à coeur et constituent à ses yeux son héritage spirituel. Certains textes sont publiés pour la première fois.

Six grands chapitres constituent ce trésor de la prière du pape : Chercher Dieu, Rencontrer Dieu, Fondés en Christ, À l’école de Marie, La foi de l’Église, La nourriture de la prière. 

Ce livre récapitule ainsi l’enseignement du Saint Père sur la voie de la prière chrétienne".

Posté le 4 mai 2013 à 12h49 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

02 mai 2013

Benoît XVI est rentré au Vatican

0Joseph Ratzinger a été accueilli par le doyen du Sacré collège des cardinaux, le cardinal Angelo Sodano, et par le secrétaire d'État Tarcisio Bertone. Puis il s'est rendu en voiture à quelques centaines de mètres de là à l'ancien monastère réaménagé pour lui sur la colline du Vatican. Il a été accueilli avec «une grande et fraternelle cordialité» par le pape François, a indiqué le Vatican dans un communiqué. Les deux hommes ont ensuite brièvement prié ensemble dans la chapelle du monastère.

Posté le 2 mai 2013 à 19h23 par Michel Janva | Lien permanent

Benoît XVI au Vatican

Lu sur le VIS :

"Cet après-midi, le Pape François accueillera Benoît XVI de retour au Vatican après deux mois de résidence à Castelgandolfo. Peu avant 17 h le Pape émérite arrivera en hélicoptère et gagnera l'ancien monastère Mater Ecclesiae des jardins vaticans, où il habitera désormais avec Mgr.Georg Gänswein, devenu Préfet de la Maison pontificale, et les Memores Domini restées à son service. L'édifice, construit il y a une vingtaine d'années par Jean-Paul II a abrité des cloîtrées, successivement clarisses, carmélites, bénédictines et visitandines. Ces derniers mois, après leur rencontre à Castelgandolfo le 23 mars, le Pape François a plusieurs fois parlé téléphoniquement à Benoît XVI, en particulier pour sa fête et son anniversaire les 19 mars et 16 avril."

Posté le 2 mai 2013 à 15h07 par Michel Janva | Lien permanent

29 avril 2013

Benoît XVI devrait rentrer au Vatican probablement le 2 mai

Il s’installera définitivement dans le monastère Mater Ecclesiae. C’est ce qu’a confirmé le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.

Posté le 29 avril 2013 à 15h32 par Michel Janva | Lien permanent

16 avril 2013

Benoît XVI a 86 ans

Aujourd'hui, en la fête de Saint Benoît-Joseph Labre, le pape émérite fête ses 86 ans. Bon anniversaire !

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Posté le 16 avril 2013 à 09h09 par Michel Janva | Lien permanent

11 avril 2013

Continuons à prier pour Benoît XVI

Mais il n'est pas malade comme le disait une rumeur récente :

"Le Pape émérite Benoît XVI aura 86 ans, mardi prochain, le 16 avril. Le Vatican a reconnu, mercredi, dans la bouche du Père Fédérico Lombardi, porte-parole, que «les problèmes de santé» de Benoît XVI «sont liés à son âge» mais il a formellement démenti les affirmations de la journaliste espagnole Paloma Gomez Romero, qui avait assurée, lundi, lors de la présentation de son dernier livre à Madrid: «Benoît XVI souffre de quelque chose de très grave, son état physique s'est détérioré de façon impressionnante».

Cette rumeur alarmiste - dont les versions sur ses propos exacts divergent - a fait le tour du monde mercredi via internet. Le Père Lombardi a, au contraire, assuré que «Benoît XVI n'a aucune maladie spécifique».

Posté le 11 avril 2013 à 11h57 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

10 avril 2013

La santé de Benoît XVI s'est rapidement détériorée

Lu ici :

"La journaliste espagnole Paloma Gómez Borerro, l'une des vaticanistes les plus expérimentées, a assuré que la santé du pape émérite s'est détériorée de manière très rapide ces dernières semaines. Benoît XVI souffre de quelque chose de très grave. En 15 jours, son état physique s'est très rapidement détérioré. Ce sont mes nouvelles", a-t-elle indiqué à Madrid durant la présentation de son livre De Benedicto a Francisco. El Cónclave del cambio.

Gómez Borrero a indiqué que le pape émérite ne résiderait probablement que peu de temps au monastère Mater Ecclesiae, qui se trouve à l'intérieur du Vatican, et dont les travaux de restauration seront achevés en mai. La journaliste a de plus ajouté que "nous ne verrons plus beaucoup" Benoît XVI à partir de maintenant."

Posté le 10 avril 2013 à 00h31 par Michel Janva | Lien permanent

02 avril 2013

C’est finalement toute la richesse de l’Église que de pouvoir compter sur des charismes distincts mais complémentaires

Le numéro d'avril de la NEF vient de sortir. L'éditorial de Christophe Geoffroy au Pape François :

Nef avril"(...) Après la mort de Jean-Paul II, beaucoup pensèrent qu’il était impossible de succéder à une si forte personnalité, et pourtant Benoît XVI y a fort bien réussi en demeurant lui-même, dans un style certes fort différent, mais en imprégnant sa marque propre. Le pape François a déjà imposé la sienne et nul doute qu’elle se distingue allègrement de celle de ces prédécesseurs – c’est finalement toute la richesse de l’Église que de pouvoir compter sur des charismes distincts mais complémentaires (...)

Le problème n’est nullement le mariage des prêtres, le sacerdoce des femmes ou l’assouplissement de la morale sexuelle de l’Église, le problème est de faire connaître Dieu et son message d’amour à un monde blasé et triste car sans espérance. Et pour cela, nos contemporains n’attendent pas une Église qui ne se distinguerait plus du monde tant elle en aurait épousé le contour, mais une Église fidèle à elle-même, fidèle au message évangélique qu’elle tient du Christ. Dans notre société relativiste qui a largué tous ses repères, même si les chrétiens sont de plus en plus persécutés, même si les attaques contre l’Église gagnent en intensité, il demeure malgré tout chez beaucoup un sentiment plus ou moins conscient que l’Église est nécessaire, qu’elle demeure la seule autorité morale stable capable de s’opposer à toutes les transgressions en cours (...)"

Nef bXVILa Nef propose également un ouvrage, spécialement réalisé à l'occasion de la renonciation de Benoit XVI, dans lequel  plusieurs personnalités ecclésiales dressent un premier bilan de ce pontificat exceptionnel (Mgr Aumonier, Mgr Aillet, Mgr Brouwet, Mgr Rifan, les Pères Abbés de Fontgombault, Kergonan, Barroux, Lagrasse).

Posté le 2 avril 2013 à 21h51 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

28 mars 2013

Habemus Papam, le hors-série de l'Homme nouveau

ici.

Pape-HN

Posté le 28 mars 2013 à 15h40 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

23 mars 2013

Vidéo de la rencontre entre les deux papes

 

Lire le communiqué du VIS sur cette rencontre.

Posté le 23 mars 2013 à 16h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

Le pape François rencontre Benoît XVI

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Source.

Posté le 23 mars 2013 à 14h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

Benoît XVI, un pontificat lumineux

PPermanences publie un numéro spécial qui reprend les plus beaux textes de Benoît XVI. Cette sélection sert de référence aux parcours Jean-Paul II -l’anthropologie du bonheur et la Doctrine sociale de l’Église en action. Ces textes regroupés par thème contiennent un référentiel précieux pour la formation, l’étude et l’argumentation.

"Benoît XVI à son tour aura donc été, n’en déplaise à certain, un Pape politique, pour rappeler le fondement du droit sur la nature et la raison, l’héritage chrétien de la civilisation européenne, l’enjeu stratégique pour toutes les libertés et la dignité de la personne humaine, de la liberté religieuse qui défend l’homme contre les prétentions totalitaires de César.

Les «messianismes prometteurs, mais bâtisseurs d’illusions fondent toujours leurs propositions sur la négation de la dimension transcendante du développement, étant certains de l’avoir tout entier à leur disposition. Cette fausse sécurité se change en faiblesse, parce qu’elle entraîne l’asservissement de l’homme, réduit à n’être qu’un moyen en vue du développement, tandis que l’humilité de celui qui accueille une vocation se transforme en autonomie véritable, parce qu’elle libère la personne» [Caritas in veritate, 17]. Si face aux totalitarismes du XXe siècle, Jean-Paul II nous a appelés à la responsabilité personnelle de l’acteur qui fait l’histoire, Benoît XVI nous fait goûter cette harmonie qui doit être recherchée entre la Cité de Dieu et la Cité des hommes. Avec ces deux Papes, la ferveur amoureuse du disciple de Saint Jean de la Croix rejoint les solidités de l’harmonie bénédictine. Benoît XVI nous laisse une oeuvre écrite d’une richesse incroyable avec en particulier pour tous ceux qui sont soucieux d’agir dans le champ de la culture et de la politique, la publication du Catéchisme de l’Eglise Catholique et le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

Ce corpus unique est fait pour éduquer tous les hommes comme il le disait lui-même aux journalistes dans l’avion le 23 mars 2012 lors de son voyage au Mexique et à Cuba : «Eduquer non seulement à une morale individuelle, mais à une morale publique, ceci nous cherchons à le faire avec la Doctrine sociale de l’Eglise, car naturellement cette morale publique doit être une morale raisonnable, commune et partageable aussi par les non-croyants, une morale de la raison. Bien sûr, dans la lumière de la foi, nous pouvons mieux comprendre de nombreuses réalités que la raison peut également appréhender. Mais la foi sert justement à libérer la raison des intérêts erronés et obscurcis, et ainsi créer, dans la doctrine sociale, les modèles essentiels d’une collaboration politique, en particulier pour surmonter cette division social/antisocial, qui malheureusement existe. [...] Ce qui est important, c’est que l’Eglise offre une contribution fondamentale à la rationalité commune, et elle doit toujours aider à l’éducation des consciences, que ce soit pour la vie publique, ou pour la vie privée»."

Posté le 23 mars 2013 à 08h43 par Michel Janva | Lien permanent

17 mars 2013

«Le Pape émérite n'est pas un retraité. Et son silence fera du bruit»

Peter Seewald répond au Corriere della Sera (traduit par Benoît-et-moi) :

B«Dès son premier geste, la prière pour Benoît XVI, le nouveau pape a montré qu'il voulait se placer dans le sillage de son prédécesseur. Même le choix de son nom le confirme. Après Benoît vient François. Tous deux sont les grands, vrais réformateurs de l'Église, chacun à son époque, chacun à sa manière. Une véritable réforme ne se mesure pas, en effet, sur des critères terrestres, comment le soutiennent de nombreux médias aujourd'hui, mais elle vient de la foi de l'Église. Joseph Ratzinger est, du reste, un grand admirateur de saint François, qui était radicalement opposé à l'esprit de son temps. Comme cardinal, il me confia en 2000, au cours de nos conversations à Monte Cassino pour le livre "Voici quel est notre Dieu", que François d'Assise avait, dans une grande crise, fait quelque chose de décisif: rester du côté de l'Église. Le nom de François est déjà tout un programme. L'Eglise, disait Ratzinger à propos de ce grand saint, avait besoin d'un renouveau charismatique de l'intérieur, d'une nouvelle flamme de la foi et pas seulement de la connaissance de l'administration et de l'ordre politique. Et cela est aussi vrai aujourd'hui». [...]

«Le pape Benoît a préparé le terrain et ouvert la route. François va continuer à la suivre, en donnant la priorité à la nouvelle évangélisation, à la révélation du message de l'amour et de la fraternité. On pourrait peut-être dire que Jean-Paul II a maintenu et stabilisé dans la tempête le navire de l'Eglise. Benoît XVI a purifié ce navire, il a instruit l'équipage et l'a ramené sur la bonne route. François va mettre en marche les moteurs et mener le navire dans la mer de notre temps. Ce ne sera pas facile."

Avez-vous parlé récemment avec Benoît XVI? Donnera-t-il encore sa contribution pour tracer l'avenir de l'Eglise?

«Benoît XVI s'est imaginé comme la fin de l'ancien et le début du nouveau. Pour ainsi dire, il a construit un pont. Ce ne sera pas un retraité qui se consacre au jardinage. "Je ne suis pas descendu de la croix", furent ses paroles. Avec la foi, la méditation et la prière, il nous donnera un exemple de ce qui qui nous manque tellement aujourd'hui, à l'Eglise et à nous. Et si à présent il restera silencieux, n'oublions pas que, parfois, le silence peut faire beaucoup de bruit».

Posté le 17 mars 2013 à 15h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

16 mars 2013

Rencontre entre le pape et Benoît XVI samedi 23

Le pape François rendra visite à Benoît XVI le samedi 23 mars à Castel Gandolfo. Un déjeuner est prévu avec son prédécesseur.

Posté le 16 mars 2013 à 14h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

15 mars 2013

Le Pape François avec le Pape émérite Benoît XVI (erratum)

La photo qui figurait ici n'est pas un original malgré sa source indiscutable. La réactivité induit parfois des erreurs. Le tout est de savoir les reconnaître.

Promis, on affichera ici de belles photos de cette rencontre tant attendue.

Posté le 15 mars 2013 à 19h36 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

06 mars 2013

Message des cardinaux à Sa Sainteté Benoît XVI

A la fin de la session a été approuvé ce texte très bref (minimum minimorum?) que le Cardinal Doyen Angelo Sodano fera parvenir à Benoît XVI au nom du Sacré Collège :

"Réunis au Vatican pour leurs congrégations générales en vue du conclave, les Cardinaux vous adressent un salut choral et révérend. Ils vous redisent leur gratitude pour votre lumineux pontificat et l'exemple de généreuse sollicitude que vous leur avez offert pour le bien de l'Eglise et du monde.

Elle veut exprimer la reconnaissance de l'Eglise entière pour votre labeur accompli dans la Vigne du Seigneur. Le Collège cardinalice compte sur vos prières, à leur intention comme à celle de toute l'Eglise".

Posté le 6 mars 2013 à 15h04 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

04 mars 2013

L'autorité mondiale de Benoît XVI

Dans La Nouvelle Revue universelle, Hilaire de Crémiers rend hommage à Benoît XVI. Voici la conclusion :

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"Ainsi avançait Benoît XVI dont l’autorité mondiale, en dépit d’attaques monstrueuses et de procédés ignobles à son encontre, fut incontestable et, d’ailleurs, stupéfiante. Nul ne l’équivalait quand il intervenait sur la scène internationale, à l’ONU, dans ses divers déplacements, dans ses communications, toutes parfaitement justifiées, même si ces propos frauduleusement trafiqués faisaient l’objet de campagnes médiatiques sataniquement orchestrées. Tel fut le cas pour le discours de Ratisbonne et pour son avertissement sur le préservatif en Afrique. Le déchaînement était à la hauteur de l’enjeu. Ou la parole d’un vrai Père, ou les violences de sectaires qui veulent imposer leur diktat au monde. Malgré une presse et des médias en grande partie acquis à l’adversaire, surtout en Occident, il réussit tous ses voyages, y compris les plus risqués, rassemblant les mêmes foules que son prédécesseur. Les experts patentés annonçaient des échecs, ce furent des succès. Il cherchait, partout où il allait, à valoriser les caractéristiques des peuples, des nations, des continents. Il leur disait le meilleur d’eux-mêmes, il les mettait en garde contre leurs défauts et il les incitait à œuvrer pour le bien du monde avec leur qualité propre en leur précisant que la foi en Jésus-Christ, loin d’être un obstacle, était une aide dans la réalisation du bien commun. Ainsi s’exprima-t-il aux États-Unis, en insistant sur la vraie liberté, en Afrique en insistant sur la juste sincérité. Cependant c’est aux vieilles nations de l’Europe qu’il adressa les messages les plus intellectuellement percutants, parlant devant les autorités politiques, religieuses, sociales et culturelles. La France, l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne, l’Italie, bien sûr, pour ne citer que les principales, reçurent ses leçons prestigieuses où leur passé, leur culture, leur grandeur, chacunes pécifique, leur devoir en conséquence et leur intérêt même étaient mis en valeur pour une plus juste compréhension de leur rôle historique, de leur destin et de leur avenir. Ces leçons étaient administrées dans les plus hauts lieux de la politique, de la culture, de la religion. Civilisation et liberté, beauté et conscience, humanité et intelligence, tout était proposé à ces nations dans une vision synthétique et, pour l’illustrer, les modèles admirables des figures singulières de chacune d’elles, comme le projet toujours actuel qu’elles avaient encore aujourd’hui à assumer. Quel Anglais se refuserait à réfléchir avec émotion après le discours de Westminster sur la liberté et l’ordre, quel Allemand après le discours au Bundestag sur la morale et la politique, quel Français après le discours aux Bernardins sur la beauté qui sauve le monde ?

Ce qui navrait le plus Benoît XVI, c’était de voir ces nations s’enfoncer et se perdre dans des agglomérats sociaux de jouissance et de consommation, d’égoïsme et d’injustice. Des hommes d’Église en avaient été eux-mêmes contaminés. Comment comprendre autrement cette terrible crise morale de la pédophilie qui a ravagé les rangs d’un certain clergé ? L’absence d’une foi forte et solide entraîne les pires dérèglements moraux. Cette crise, Benoît XVI, depuis longtemps, en dépit des criailleries abjectes qui ont prétendu l’accabler, l’avait prise à bras le corps. Le mal de l’Église contemporaine, au-delà des maux habituels, ne se révélait que trop dans ces sinistres découvertes. Joseph Ratzinger donna des règles précises pour rétablir la justice bafouée et purger l’Église de ces vices abominables. Avec quelle tristesse évoquait-il le visage défiguré de l’Église ! Sur d’autres sujets sensibles, sur la foi, sur le gouvernementde l’Église, n’y avait-il pas aussi trop de dissensions ? Il n’est pas douteux que certains comportements dont il avait eu à souffrir – et encore récemment –, lui soulevaient le cœur d’indignation."

Posté le 4 mars 2013 à 21h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

Rappeler la primauté de Dieu

Mgr Rey déclare à Politique Magazine :

"Tout au long de son ministère, le pape Benoit XVI a été habité par le désir d'inviter l'Eglise à se remettre dans la logique de la foi, en rappelant la primauté de Dieu, en réaxant la vie de l'église et des chrétiens autour du Christ. Ce souci s'est déployé tout au cours de sa mission pontificale. La crise liée aux prêtres pédophiles, la dissidence des milieux lefébvristes, le souci de promouvoir la nouvelle évangélisation... autant de situations où Benoît XVI nous a invités à nous situer en face de la vérité de la foi, avec lucidité et courage. C'est ce qu'il nous invite à faire au cours de cette Année de la Foi, qu'il a inaugurée.

Que pouvez-vous dire en ce qui concerne les relations entre l'Eglise en France et Rome ?

J'ai eu la chance de participer il y a 3 mois, à la suite du Synode sur la Nouvelle évangélisation, à la visite ad limina à Rome des évêques de France. Ce fut pour moi une occasion de rencontrer le pape, en compagnie des autres évêques de la région PACA. Pendant une heure de temps, nous avons discuté très simplement et librement à bâtons rompus avec le Saint-Père, en étant confortés par lui dans la foi de l'Eglise. Ce fut aussi l'occasion de rencontrer de nombreux dicastères et congrégations, dans un climat très simple et fraternel. Tout au cours de ces rencontres, j'ai senti un climat d'écoute et une grande sollicitude. La Curie Romaine a encouragé les évêques français dans leurs efforts en direction d'une relance missionnaire, à partir de la famille et d'une personnalisation de la foi. [...]"

Posté le 4 mars 2013 à 13h32 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

03 mars 2013

Magnifiques photos de la dernière audience de Benoît XVI

A voir ici.

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Posté le 3 mars 2013 à 19h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

01 mars 2013

1500 kms en stop pour dire au revoir au Pape

 

Posté le 1 mars 2013 à 18h51 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

Son exemple nous rappelle Jean-Baptiste : «il faut qu’Il grandisse et que je diminue».

Homélie de la messe d’action de grâce pour le pontificat de Sa Sainteté le Pape Benoit XVI célébrée en la cathédrale Saint-Pierre de Vannes le 28 février par Mgr Centène :

"Frères et sœurs,

VNous sommes réunis ce soir pour une célébration particulièrement exceptionnelle. Alors que le siège de Pierre est vacant depuis quelques minutes, nous nous sommes rassemblés afin de rendre grâce à Dieu pour le pontificat qui vient de s’achever. Ce qui rend cette circonstance véritablement inédite, c’est que celui pour le ministère de qui nous rendons grâce est toujours vivant.

Le mystère de la mort et de l’entrée dans la gloire éternelle, qui vient transfigurer le visage de nos chers disparus, et qui, presque toujours vient anoblir leurs traits, engendre généralement le processus d’une mémoire sélective qui permet de ne retenir que les qualités, les bons moments, les souvenirs heureux tandis que les voiles du deuil dissimulent les aspérités, les discordes, les incompréhensions.

Le genre littéraire de l’éloge funèbre est alors un exercice convenu et relativement facile dans lequel la charité peut apporter quelques améliorations à la vérité en la transfigurant parfois jusqu’à la défigurer.

Parler de l’œuvre d’un vivant et rendre grâce au Seigneur pour cette œuvre nous oblige à éclairer ces deux notions, la charité et la vérité, l’une par l’autre. Benoît XVI, ne désapprouverait pas cet exercice, lui qui, dans l’une de ses encycliques nous invitait à la «  caritas in veritate », à la charité dans la vérité.

Quels sont donc les souvenirs que nous garderons de ce grand Pontife ?

CDans le message que j’adressai aux prêtres pour leur faire part officiellement de la renonciation de Benoît XVI et de cette messe d’action de grâce, j’évoquais en toute objectivité un « pasteur humble et un théologien lumineux ».

De l’humilité, il en fallait en effet pour accepter de succéder à ce géant que fut Jean-Paul II, sans chercher à l’imiter mais en restant soi-même.

De l’humilité, il en fallait pour passer du statut du théologien à celui du Pasteur universel, livré aux foules, donné en spectacle aux anges et aux hommes et interdit de vie privée comme il l’a souligné lui-même lors de sa dernière audience.

De l’humilité, il en fallait pour entrer dans l’arène, avec sa voix douce, plus habituée à persuader qu’à commander, avec sa gestuelle timide jusqu’à paraitre parfois gauche.

De l’humilité, il en fallait pour accepter de passer du savoir au pouvoir en étant bien conscient que la Vérité contemplée ne peut pas être imposée et expose toujours à l’incompréhension.

Le style qu’il a su donner à la papauté était bien éloigné du «  panzer cardinal » que les médias ont essayé de nous présenter au début de son pontificat, alors même qu’il nous confiait ses craintes «  priez pour moi, afin que je ne me dérobe pas, par peur, devant les loups[1] ».

C’est encore la vertu d’humilité qui a poussé celui qui s’était présenté à nous le 19 avril 2005, lors de son élection, comme « l’humble ouvrier dans la vigne du Seigneur[2] », à nous dire, le 27 février 2013, lors de sa dernière audience : « la barque de l’Eglise n’est pas la mienne, la nôtre, mais celle de Dieu. Il ne la laissera pas couler. »

Entre ces deux dates et ces deux expressions, il a exercé le ministère pétrinien comme un véritable service, faisant passer la gloire du Maitre avant celle du serviteur, nous invitant à nous tourner vers Dieu et non vers lui. Son exemple nous a redit les paroles de Jean-Baptiste évoquant le Messie : «  il faut qu’Il grandisse et que je diminue[3] ».

C’est cette humilité, vécue au quotidien, dans son existence comme dans son ministère, qui  lui confère aujourd’hui la grandeur que donne le renoncement.

De l’humilité, il en faut pour reconnaitre ses limites, pour dire «  je ne peux plus », dans un monde qui glorifie la toute-puissance, pour reconnaitre les outrages impitoyables du temps dans une société qui se grise dans la recherche illusoire d’une éternelle jouvence sur fond de rejet de la nature humaine et des limites de sa condition.

Benoît XVI avait écrit en 2010 : « Si un pape se rend compte clairement qu’il n’est plus capable, physiquement, psychologiquement ou spirituellement d’accomplir les tâches de sa fonction, il a le droit et, selon certaines circonstances, le devoir de démissionner[4]

De l’humilité, il en faut pour pouvoir penser qu’un autre sera plus capable que soi d’affronter les nouvelles tempêtes au gouvernail de l’Eglise.

De l’humilité, il en faut pour voir la vérité, pour l’admettre et pour la traduire en acte.

C’est là que se joue la cohérence de celui qui fut et qui reste tout à la fois un pasteur humble et un théologien lumineux.

Le ministère de Benoît XVI est marqué par le souci constant d’ouvrir aux hommes le chemin de la Vérité dans le contexte difficile de la post-modernité.

Après que la raison ait été adorée aux XVIIIème et XIXème siècles, la fin du XXème a marqué son déclin. Elle est entrée en crise et a été foulée aux pieds, tantôt détrônée par l’affectivité, tantôt racornie et limitée à l’horizon des sciences expérimentales.

La notion d’une vérité universelle semble avoir disparu. La pensée est émiettée sous le pilon du subjectivisme et du relativisme qui consiste à penser que tout se vaut et que chaque individu est à lui-même la mesure et la norme du vrai, du beau et du bien.

Par son œuvre de théologien, Benoît XVI a mis en évidence la logique du christianisme, l’harmonie entre la foi et la raison, l’accord entre la sagesse et la révélation.

A notre monde marqué par le nihilisme il a rappelé l’importance de la loi naturelle pour le respect de l’homme et de la création.

A notre Eglise marquée par la sécularisation il a demandé de restaurer la transcendance du culte divin.

En proclamant l’année de la foi à l’occasion du cinquantième anniversaire du Concile, en poursuivant la Nouvelle Evangélisation initiée par son prédécesseur, il a cherché à « rendre visible la foi comme l’alternative que le monde attend après la faillite de l’expérience libérale et de  type marxiste[5] ».

Celui qui lors de son élection était volontiers présenté comme un pape de transition se révèle, à postériori, comme un prophète et son enseignement est fondateur pour l’Eglise du XXIème siècle qui aura besoin de convictions fortes et bien intégrées.

La pensée théologique de Benoît XVI, qui est souvent apparue comme un signe de contradiction, ne se décline pas comme un intellectualisme froid. Elle est habitée par la contemplation mystique des vérités qu’il énonce et elle s’achève dans l’adoration.

Aujourd’hui, comme il le révélait lors de son dernier Angelus sur la place Saint-Pierre[6], en commentant l’évangile de la Transfiguration, Dieu l’appelle sur la montagne mais il n’abandonne pas l’Eglise. Si Dieu lui demande cela, c’est pour le servir avec le même dévouement.

Ce soir, à notre action de grâce pour le Pontificat qui vient de s’achever, nous voulons joindre notre prière pour la personne du pape émérite et notre supplication confiante pour l’avenir de l’Eglise.

+ Raymond CENTENE

Evêque de Vannes


[1] Benoît XVI, homélie de la messe inaugurale du pontificat, Dimanche 24 avril 2005

[2] Benoît XVI, premier salut du Pape, bénédiction apostolique "urbi et orbi", 19 avril 2005.

[3] Cf. Jn 3:30.       

[4] Benoît XVI, Lumière du monde, le Pape, l’Eglise et les signes des temps. Entretien avec Peter SEWALD, Bayard, 2010.

[5] Cardinal Ratzinger, Discours aux Présidents des Com. Doctr. des épiscopats européens, 2 mai 1989.

[6] Dimanche 24 février 2013

Posté le 1 mars 2013 à 18h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Quelques nouvelles du pape émérite

Lors du point de presse de ce début d'après-midi, le P. Lombardi a fourni quelques détails sur les premières heures de Benoît XVI à Castelgandolfo, après s'être entretenu téléphoniquement avec Mgr. Gänswein. Le Pape émérite, qui est serein, a suivi plusieurs journaux télévisés et apprécié le travail des journalistes comme la manière dont il a été salué au départ du Vatican et à son arrivée à Castelgandolfo hier. Après dîner, il a brièvement marché dans le palais. Il a passé une bonne nuit et a célébré ce matin comme à l'accoutumée sa messe à 7 h, suivie du bréviaire. Une promenade est prévue dans les jardins après 16 h pour le rosaire.

Il a apporté des livres de théologie, d'histoire et de spiritualité et lit en ce moment un ouvrage d'Hans Urs von Balthasar.

Le Directeur de la Salle de Presse a par ailleurs indiqué que hier à 20 h le Substitut de la Secrétairerie d'Etat Mgr. Becciù a adressé une lettre circulaire aux représentations diplomatiques du Saint-Siège pour notifier que durant la vacance les affaires urgentes doivent être transmises au Cardinal Doyen Sodano. Ce matin, Mgr. Becciù s'est rendu au palais du Latran pour y sceller les appartements pontificaux.

Posté le 1 mars 2013 à 17h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

Sa renonciation est aussi un renoncement

De Jeanne Smits dans Présent :

"[...] Benoît XVI n’a pas quitté la chaire de Pierre pour une retraite bien méritée, la tranquillité d’un repos en sa terre bavaroise, à laquelle il aspirait avant d’être élu pape. Il a fait, définitivement, une croix sur tout cela. « Serviteur des serviteurs », sa vie ne lui appartient plus, comme il l’a expliqué. Sa vocation ne semblait pas être celle d’un ermite, c’est pourtant ce statut qu’il a choisi et accepté, à la fois pour continuer de prier pour l’Eglise en attendant la fin de son pèlerinage terrestre, pour échapper aux regards du public, et pour rendre tangible sa promesse de « révérence et obéissance inconditionnelles » à celui qui lui succédera.

Révérence et obéissance inconditionnelles ? Voilà des notions bien oubliées, même dans l’Eglise…

Ne croyons pas que cela soit facile. Benoît XVI, porté en hélicoptère jusqu’à Castel Gandolfo où il passera quelques mois avant de pouvoir gagner le couvent en réfection dans les jardins du Vatican, a demandé à survoler un peu longuement la Ville éternelle, pour un dernier regard, un dernier adieu avant de s’isoler d’un monde dont il a tant goûté la beauté.

Sa renonciation est aussi un renoncement.

Le professeur, l’intellectuel, l’homme qui a su en tant que pape, et contre toute attente médiatique, attirer les foules et les charmer, laisse derrière lui son œuvre pour se concentrer sur l’unique nécessaire, le Christ, vers lequel il oriente tous les regards.

[...] Nous savons aussi que, de manière répétée, Benoît XVI a déclaré répondre, en renonçant à sa charge de gouvernement de la barque de Pierre, à une « demande » de Dieu. Ce n’est pas une révélation qu’il évoque ou, si elle a eu lieu, il n’en parle pas, mais d’une conviction intime, une certitude acquise en conscience et devant Dieu. Il n’est pas interdit de la regretter, voire de la critiquer – comme l’a fait le cardinal Pell d’Australie –, car la décision n’est pas « infaillible ». Mais la manière dont tout cela s’est passé laisse entendre que le pape, en pleine possession de ses moyens, a jugé que son départ servirait l’Eglise.

Hilary White, de LifeSiteNews – une remarquable journaliste – souligne que Benoît XVI est parti comme un escrimeur, prenant tout le monde de court, à la stupéfaction de tous dans un Vatican où le secret avait été trahi, la confiance rompue, et où les intrigues – on ne peut pas ne pas le penser – ont dû accélérer avec l’avancée en âge du pape. Le siège est vacant, bien plus vite que prévu. C’est un homme fort qui est attendu, et qui va faire face à des attaques sans précédent contre l’Eglise et contre l’humanité tout court : nous les voyons déjà se concrétiser dans tout le globe à travers la promotion nihiliste de l’homosexualisme.

CEt c’est un homme faible qui, pendant ce temps, veut intercéder pour l’Eglise qu’il a conduite. « Je suis simplement un pèlerin qui entame la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre. Mais je voudrais encore, avec tout mon cœur, avec tout mon amour, avec ma prière, avec ma réflexion, avec toutes mes forces intérieures, travailler pour le bien commun et le bien de l’Eglise, de l’humanité », a-t-il dit juste avant de franchir les portes du palais de Castel Gandolfo qui se sont refermées, lourdement, à 20 heures jeudi soir. Puis, très simplement : Buona notte. Bonne nuit…[...]"

Posté le 1 mars 2013 à 14h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

L'hommage du Vatican à Benoît XVI

Le site du Vatican a mis en ligne un livret de 62 pages retraçant le pontificat de Benoît XVI. A découvrir ici.

B
Par ailleurs, le site du Vatican est désormais en mode sede vacante.

Posté le 1 mars 2013 à 07h04 par Michel Janva | Lien permanent

Benoît XVI : sortie de la Messe d'action de grâce à Paris

Notre Dame de Paris le 28 février 2013 002

Posté le 1 mars 2013 à 07h00 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

Benoît XVI à Castelgandolfo

Arrivé à Castelgandolfo, Benoît XVI a déclaré à la foule venue lui dire au revoir :

"Merci !
Merci de tout cœur.
Chers amis, je suis heureux d’être avec vous, entouré par la beauté de la création et par votre sympathie qui me fait tant de bien, merci pour votre amitié, votre affection.
Vous savez que cette journée pour moi est différente des jours précédents, je ne suis plus le Souverain Pontife de l’Eglise Catholique. Jusqu’à 20 heures ce soir je le suis encore, mais après je ne le suis plus. Je suis simplement un pèlerin qui entame la dernière étape de son pèlerinage sur cette terre. Mais je voudrais encore, avec tout mon cœur, avec tout mon amour, avec ma prière, avec ma réflexion, avec toutes mes forces intérieures, travailler pour le bien commun et le bien de l’Eglise, de l’humanité. Et je trouve un très fort soutien dans votre sympathie. Allons de l’avant avec le Seigneur pour le bien de l’Eglise et du monde.
Merci.
Je vous donne maintenant de tout cœur ma bénédiction.
Que Dieu tout-puissant soit béni.
Que Dieu tout-puissant nous bénisse, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.
Merci, et bonne nuit.
Merci à vous tous."

Posté le 1 mars 2013 à 06h58 par Michel Janva | Lien permanent

Benoît XVI : Messe d'action grâce à Quimper

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Posté le 1 mars 2013 à 06h55 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

28 février 2013

L'humble travailleur de la vigne du Seigneur devient pape émérite

"Il n'y a pas de retour vers la sphère privée. Ma décision de renoncer à l'exercice actif du ministère, ne révoque pas cela. Je ne retourne pas à la vie privée, à une vie de voyages, rencontres, réceptions, conférences, etc. Je n'abandonne pas la Croix, mais je reste de manière nouvelle auprès du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de l'office pour le gouvernement de l'Eglise, mais au service de la prière je reste, pour ainsi dire, dans la cour de Saint-Pierre. Saint Benoît, dont je porte le nom comme Pape, me sera un grand exemple en cela . Il nous a montré la voie, par une une vie qui, active ou passive, appartient entièrement à l'œuvre de Dieu." Audience du 27 février 2013

B

Posté le 28 février 2013 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

Le dernier tweet du Pape Benoît XVI

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Posté le 28 février 2013 à 17h49 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (2)

"Soyez pleinement dociles à l'action de l'Esprit Saint dans l'élection du nouveau pape"

Ce matin aux cardinaux venus à Rome (côté Français, il manquait les archevêques de Paris et de Lyon), Benoît XVI a déclaré (traduction par Benoît-et-moi) :

"Avec une grande joie je vous souhaite la bienvenue, et offre à chacun de vous mon salut le plus cordial. Je remercie le Cardinal Angelo Sodano, qui comme toujours, a su se faire l'interprète des sentiments du Collège tout entier: Cor ad cor loquitur. Merci Eminence . Et je voudrais dire - reprenant la référence à l'expérience des disciples d'Emmaüs - que, pour moi, c'était une joie de marcher avec vous, durant ces dernières années, dans la lumière de la présence du Seigneur ressuscité.

Comme je l'ai dit hier, devant des milliers de fidèles qui remplissaient la place Saint-Pierre, votre proximité et votre conseil m'ont été d'une grande aide dans mon ministère. Au cours des huit dernières années, nous avons vécu avec foi des moments très beaux de lumière rayonnante dans le chemin de l'Eglise, et aussi des moments où des nuages s'épaississaient dans le ciel. Nous avons essayé de servir le Christ et son Église avec un amour profond et total, qui est l'âme de notre ministère. Nous avons donné l'espérance, celle qui vient du Christ, qui seule peut éclairer le chemin. Ensemble, nous pouvons remercier le Seigneur qui nous a fait grandir dans la communion, et ensemble le prier de vous aider à grandir encore dans cette unité profonde, de sorte que le Collège des Cardinaux soit comme un orchestre, où les diversités - expression de l'Eglise universelle - contribuent toujours à l'harmonie supérieure et la concorde.

Je voudrais vous laisser une pensée simple, qui me tient beaucoup à coeur: une pensée sur l'Église, sur son mystère, qui constitue pour nous tous - peut-on dire - la raison et la passion de la vie. Je me laisse aider par une expression de Romano Guardini, écrite dans l'année où les Pères du Concile Vatican II approuvaient la Constitution Lumen Gentium, dans son dernier livre, avec une dédicace personnelle pour moi, raison pour laquelle les paroles de ce livre me sont particulièrement chères.

Guardini dit: L'Eglise «n'est pas une institution conçue et construite autour d'une table ... mais une réalité vivante ... Elle vit le long du cours du temps, en devenir, comme tout être vivant, en se transformant ... Pourtant, dans sa nature, elle reste toujours la même, et son cœur est le Christ». Cela a été notre expérience hier, il me semble, sur la Place: voir que l'Église est un corps vivant, animé par l'Esprit Saint et vit réellement de la force de Dieu. Elle est dans le monde, mais pas du monde: elle est à Dieu, au Christ, à l'Esprit. Nous l'avons vu hier. C'est pourquoi est vraie et éloquente l'autre expression célèbre de Guardini: «L'Église se réveille dans les âmes». L'Eglise vit, grandit et se réveille dans les âmes, qui - comme la Vierge Marie - acceptent la Parole de Dieu et la conçoivent par l'oeuvre de l'Esprit Saint; elles offrent à Dieu leur propre chair et dans leur pauvreté et humilité, elles deviennent capables de générer le Christ dans le monde d'aujourd'hui. A travers l'Église, le mystère de l'Incarnation reste présent pour toujours. Le Christ continue à marcher à travers tous les temps et tous lieux.

Restons unis, chers Frères, dans ce mystère: dans la prière, en particulier l'Eucharistie quotidienne, et ainsi servons l'Eglise et toute l'humanité. C'est notre joie, que personne ne peut nous enlever.

Avant de vous saluer personnellement, je désire vous dire que je vais continuer à vous être proche par la prière, en particulier dans les prochains jours afin que vous soyez pleinement dociles à l'action de l'Esprit Saint dans l'élection du nouveau pape. Que le Seigneur vous montre celui qui est voulu par Lui. Et parmi vous, le Collège des cardinaux, il y a aussi le futur pape auquel je promets déjà ma révérence et obéissance inconditionnelles. Pour cela, avec affection et gratitude, je vous donne cordialement ma Bénédiction apostolique."

Posté le 28 février 2013 à 17h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Benoît XVI quitte le Vatican

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Posté le 28 février 2013 à 16h57 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)


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