15 août 2017

L’Apocalypse comme Fatima évoquent en même temps un combat âpre et terrible, subi par l’Église militante désignée comme le reste de sa descendance

Homélie du père abbé de Notre-Dame de Triors, Fr Hervé Courau, en la Solennité de l'Assomption :

Mes bien chers Frères, mes très chers Fils, Deux femmes conversent dans cette page d’évangile, mais en arrière-plan deux enfants à naître sont aussi eux-mêmes en conversation. Marie entre chez Élisabeth : une femme sous un toit, c’est, je crois, l’idéogramme qui, chez les chinois, indique la paix. Marie entre donc dans la paisible intimité de sa cousine, mais sa cousine perçoit en retour l’intimité pacifiante du mystère qui a pris place chez Marie depuis la récente visite de l’ange Gabriel. Et ce va-et-vient entre les deux femmes est accompagné du langage muet entre les deux enfants, à travers le tressaillement dans le Saint-Esprit : le nouvel Adam s’y entretient avec le fils du vieil Adam qui attend avec véhémence le salut : le ciel et la terre ne sont plus séparés, puisque le lien rompu aux origines se noue à nouveau.

Mais en ce jour d’Assomption, nous fêtons Marie entrant dans l’intimité divine avec toute son humanité, en corps et en âme. Un verset de S. Jean me semble souligner l’analogie de la situation avec celle de la Visitation : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure (Jn. 14,23). La liturgie nous fait découvrir ce grand mystère qui nous dépasse tellement, éblouissant surtout les anges. Sur terre, derrière le voile, nous le devinons suffisamment pour y ancrer notre dévotion à Marie. De la même façon que Marie entra chez Élisabeth avec tant de paisible douceur, elle entre chez Dieu, un et trine, avec un accueil d’un autre ordre, mais qui encourage et stimule notre foi. Comment fut-elle accueillie ?

Élisabeth l’a accueillie chez elle par ces mots : D'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? (Luc 1,43). Bossuet analyse cet étonnement d’Élisabeth pour nous aider nous-mêmes à accueillir les visites divines dans la foi : Les âmes que Dieu aborde, écrit-il, étonnées de sa présence inespérée, le premier mouvement qu'elles font est de s'éloigner en quelque sorte comme indignes de cette grâce : Retirez-vous de moi, Seigneur, disait S. Pierre, parce que je suis un pécheur (Luc 5,8). Et le Centurion nous dicte ce que nous disons avant chaque communion : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison (Mt. 8,8). Dans un semblable sentiment, mais plus doux, Élisabeth ne laisse pas d'être surprise de se voir approchée par le Seigneur d'une façon si admirable : D'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur, et qui le porte dans son sein, vienne à moi ? Elle sent que c'est le Seigneur qui vient lui-même, mais qui vient et qui agit par sa sainte Mère.

Néanmoins ici c’est la sainte Mère de Dieu elle-même qui entre au ciel. Quelle fut alors son émotion, quelle fut alors sa sainte confusion ? Elle est reçue avec le respect du à une Reine, alors qu’elle est pure créature face à son Créateur. Le salut de l’ange l’avait mise en émoi naguère ; que dut lui faire alors l’accueil des myriades d’anges et surtout le salut de son Dieu et Fils ? L’émoi devant Gabriel fut sûrement au ciel mieux apaisé encore : Ne timeas Maria, ne craignez pas Marie (Luc 1,30). Dieu n’ôta pas cette crainte révérencielle qu’a spontanément l’ordre créé face à l’incréé, crainte que S. Thomas attribue même à la sainte humanité du Christ jusque dans l’éternité (IIIa, Qu.7, a.6), mais le Bon Dieu a alors exclu d’elle toute trace de ce trouble qu’évoque Bossuet avec les auteurs spirituels, pour que ne demeure que la joie et la paix béatifiques.

Le mystère des gloires de Marie se dévoile ainsi peu à peu aux yeux de la Mère Église. Elle y trouve une aide puissante pour affronter des temps qui n’aiment pas Jésus, boudant (au moins en apparence) le salut apporté par lui. Au XIXème s., elle put dire sa certitude de toujours que Marie était Immaculée Conception, et l’on sait le parti magnifique que le dogme a apporté à Lourdes ou au saint martyr fêté hier, le Père Kolbe. Puis au milieu du siècle passé, l’Église déclara avec la même solennité le mystère de ce jour, avant de proclamer au Concile Marie Mère de l’Église : trois gestes rares qui disent la vigueur de sa foi au moment où les signes visibles en sont devenus bien rares.

La situation de Notre Dame est à part, tout à fait singulière. Cela se justifie par son rôle exceptionnel dans l’Incarnation, sous l’influence et la proximité du Verbe Incarné. L’Immaculée Conception annonce l’entrée du Sauveur en ce monde, l’Assomption annonce sa sortie en vainqueur, son succès rejaillissant en premier lieu sur sa Mère. D’un bout à l’autre, le Fils triomphe en sa Mère, d’abord de façon cachée, puis aux yeux des anges, avant que le triomphe ne soit rendu évident à toute l’humanité lors du Jugement général. Ce triomphe devient nôtre grâce à notre lien avec Marie si profondément associée à l’œuvre de notre salut et entrée désormais au ciel en corps et en âme (Cf. Dom Roux, Marie, Mère et Reine, p. 110).

Marie entre au ciel : la femme entre sous le toit de l’éternité, la Reine de la paix, Regina pacis. Au delà de l’idéogramme chinois, c’est le signe grandiose décrit par S. Jean dans son Apocalypse (12;1s), prolongé à Fatima il y a juste un siècle. L’Apocalypse comme Fatima évoquent en même temps un combat âpre et terrible, subi par l’Église militante désignée comme le reste de sa descendance (Apoc. 12,17). Avec confiance, recommandons-nous à Elle, recommandons-lui en particulier la France qui lui est dédiée depuis 1639, associons-nous à la louange divine par son Magnificat, supplions-la pour chacun d’entre nous et plus spécialement pour la pureté de la foi et des mœurs dans le clergé dont la mission est d’attirer l’humanité à Jésus par Marie.

Trahe nos, Virgo Immaculata, amen.

Posté le 15 août 2017 à 10h25 par Michel Janva | Lien permanent

13 août 2017

Cardinal Burke : "la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise"

Le cardinal Raymond Burke a donné le 22 juillet une conférence au 32e Forum annuel « Church Teaches » (« L’Eglise enseigne »), à Louisville dans le Kentucky. Voici des extraits de la traduction du texte intégral de cette conférence, disponible ici dans sa version originale, par Jeaanne Smits (cette traduction n’a pas été officiellement validée par le cardinal Burke) :

[...] Nous vivons les temps les plus troublés qu’aient connus aussi bien le monde que l’Eglise. La sécularisation a ravagé la culture de nombreuses nations, spécialement en Occident, éloignant la culture de sa vraie source qui est Dieu, et de son plan pour nous et pour notre monde. Des attaques quotidiennes et généralisées visent la vie humaine innocente et sans défense, accompagnées d’une violence sans précédent qui en résulte au sein de la vie familiale et de la société en général. L’idéologie du genre toujours plus virulente répand une confusion totale à propos de notre identité en tant qu’homme ou femme, et conduit au malheur profond et même à la destruction de soi de nombreux membres de la société. On assiste également à la négation de la liberté de religion qui tente d’empêcher, sinon d’éteindre totalement, tout discours public à propos de Dieu et de notre nécessaire relation avec Lui. La négation de la liberté de religion s’accompagne de la tentative d’obliger les personnes qui craignent Dieu à agir contre leur conscience bien formée, c’est-à-dire contre la loi de Dieu inscrite dans le cœur de l’homme. Dans les pays supposés libres, le gouvernement impose de force à la société la pratique de l’avortement, de la stérilisation, de la contraception, de l’euthanasie, du manque de respect pour la sexualité humaine, allant même jusqu’à endoctriner les petits enfants au moyen de l’inique « théorie du genre ».

En même temps, le matérialisme athée et le relativisme conduisent à une recherche sans scrupules de la richesse, du plaisir et du pouvoir, tandis que le règne de la loi dictée par la justice est foulé aux pieds. Dans une situation aussi profondément désordonnée sur le plan culturel, on peut craindre à juste titre une confrontation globale dont la seule issue serait la destruction et la mort pour un grand nombre. A l’évidence, la situation présente du monde ne saurait perdurer sans conduire vers une annihilation totale.

Le monde n’a jamais eu autant qu’aujourd’hui besoin de l’enseignement solide et de la direction que Notre Seigneur, dans son amour sans mesure et sans fin de l’homme, veut donner au monde à travers son Eglise et spécialement à travers les pasteurs de celle-ci : le pontife romain, les évêques en communion avec le siège de Pierre, ainsi que leurs principaux collaborateurs, les prêtres. Mais de manière diabolique, la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise, de telle sorte que celle-ci s’approche de la culture semblant ne pas connaître sa propre identité et sa propre mission, semblant manquer de clarté et de courage pour l’annonce de l’Evangile de la vie et de l’Amour divin à la culture radicalement sécularisée. Par exemple, après la décision du 30 juin du parlement allemand d’accepter le soi-disant « mariage homosexuel », le président de la conférence des évêques d’Allemagne a déclaré que cette décision ne constituait pas un souci majeur pour l’Eglise qui, selon lui, doit s’inquiéter davantage de l’intolérance à l’égard des personnes souffrant d’une attraction homosexuelle. A l’évidence, dans une telle approche, on ne trouve plus la juste et nécessaire distinction entre l’amour que nous chrétiens devons toujours avoir pour la personne impliquée dans le péché, et la haine que nous devons également toujours avoir à l’égard des actes peccamineux. [...]

En réalité, la culture totalement matérialiste et relativiste, embrassée et puissamment soutenue par des moyens de communication du monde et par le lobbying politique des riches laïcistes, encourage la confusion et la division au sein de l’Eglise. Il y a quelque temps, un cardinal à Rome remarquait combien il est bon que les médias laïcistes n’attaquent plus l’Eglise, comme ils l’avaient fait si férocement au cours du pontificat du pape Benoît XVI. Ma réponse fut de dire que l’approbation des médias laïcistes est au contraire pour moi le signe que l’Eglise manque gravement à sa mission de témoignage clair et courageux vis-à-vis du monde, pour le salut du monde.

Allant de pair avec l’intérêt qu’ont les ennemis de l’Eglise à louer et à promouvoir la confusion et d’erreur au sein même de l’Eglise, il y a également une lecture politique mondaine de la gouvernance de l’Eglise. Pour les architectes d’une Eglise laïcisée est politisé, ceux qui affirment ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sont désormais les ennemis du pape. La doctrine et la discipline, qui, ensemble avec le culte divin, sont les dons essentiels que le Christ fait dans l’Eglise, sont aujourd’hui considérées comme les outils de supposés fondamentalistes rigides qui essaient d’entraver le soin pastoral des fidèles tel que le désire le pape François. Nous sommes même témoins d’une triste situation où des membres de la hiérarchie s’accusent publiquement les uns les autres d’avoir des objectifs politiques et mondains, à la manière des hommes politiques qui s’attaquent les uns les autres pour faire avancer leurs objectifs politiques.

A cet égard, la plénitude du pouvoir (plenitudo potestatis), essentiel à l’exercice de l’office du successeur de saint Pierre, est faussement présentée comme un pouvoir absolu, trahissant ainsi la primauté du successeur de saint Pierre qui est le premier d’entre nous par l’obéissance au Christ qui vit pour nous dans l’Eglise à travers la tradition apostolique. Des voix laïcistes font la promotion de l’image du pape en tant que réformateur qui serait en même temps un révolutionnaire, c’est-à-dire en tant que réformateur de l’Eglise œuvrant au moyen de la rupture avec la Tradition, avec la confession de la foi (regula fidei) et avec la règle de la loi correspondante (regula iuris). Mais l’office de saint Pierre n’a rien à voir avec la révolution, qui est avant tout un terme politique et mondain. Comme l’enseignait le concile Vatican II, le successeur de Pierre « est le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Lumen Gentium 23). La plénitude du pouvoir, le libre exercice de la charge du pontife romain existent précisément pour le protéger de cette sorte de pensée mondaine et relativiste qui conduit à la confusion et à la division. Cela lui permet également d’annoncer et de défendre la foi dans son intégralité. En décrivant ce qui est désormais connu comme « le pouvoir des clefs », le Catéchisme de l’Eglise catholique nous rappelle qu’il se fonde sur la confession de saint Pierre affirmant que Notre Seigneur est Dieu le Fils incarné pour notre salut éternel ; il déclare :

« Pierre, en raison de la foi confessée par lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères » (Catéchisme de l’Eglise catholique, 552).

Il est donc absurde de penser que le pape François puisse enseigner quoi que ce soit qui ne soit pas en accord avec ce que ses prédécesseurs, par exemple le pape Benoît XVI et saint Jean-Paul II, ont solennellement enseigné.

En ce qui concerne les fréquentes déclarations du pape François, s’est développée l’idée populaire selon laquelle chaque déclaration du Saint-Père doit être acceptée en tant qu’enseignement du pape ou du magistère. Les mass media ont sans conteste voulu faire leur choix parmi les déclarations du pape François, de manière à montrer que l’Eglise catholique subit une révolution et modifie actuellement de manière radicale son enseignement à propos de certaines questions clefs de foi, et spécialement de morale. L’affaire est compliquée parce que le pape François choisit régulièrement de s’exprimer de manière familière, que ce soit au cours d’interviews données en avion ou à divers médias, ou lors de remarques spontanées adressées à différents groupes. Cela étant, lorsque l’on place ses remarques dans le contexte approprié de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise, on peut se voir accuser de parler contre le Saint-Père. Je me rappelle comment l’un des éminents pères de la session extraordinaire du synode des évêques en octobre 2014 s’était approché de moi au cours d’une pause pour me dire : « Que se passe-t-il ? Ceux d’entre nous qui soutenons ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sommes-nous désormais appelés ennemis du pape ? » Il en résulte que l’on est tenté de rester silencieux ou d’essayer d’expliquer doctrinalement un langage qui sème la confusion, voire contredit la doctrine.

La manière dont j’en suis venu à comprendre le devoir de corriger cette idée populaire par rapport à l’enseignement de l’Eglise et des déclarations du pape consiste à distinguer, ainsi que l’Eglise l’a toujours fait, entre les paroles de l’homme qui est pape, et les paroles du pape en tant que vicaire du Christ sur terre. Au Moyen Age, l’Eglise parlait des deux corps du pape : le corps de l’homme et le corps du vicaire du Christ. En fait, la vêture traditionnelle du pape, spécialement la mozzetta rouge avec l’étole représentant les apôtres saint Pierre et saint Paul, représente visiblement le vrai corps du pape lorsqu’il expose l’enseignement de l’Eglise.

Dans les temps récents, l’Eglise n’a pas eu l’habitude d’un pontife romain parlant publiquement de manière familière. En fait, on a toujours pris grand soin de faire ce qui était nécessaire pour que toute parole publiée du pape soit clairement en accord avec le magistère. Il y a quelques mois, je parlais avec un cardinal qui, jeune prélat, avait étroitement collaboré avec le bienheureux pape Paul VI. Paul VI était un prédicateur doué qui parlait souvent sans texte préparé. Ses sermons étaient par la suite retranscrits en vue de leur publication, mais le Paul VI ne permettait jamais la publication d’un de ses sermons sans étudier à fond le texte imprimé. Ainsi qu’il le dit au jeune prélat, je suis le vicaire du Christ sur terre, et j’ai la très grave responsabilité de vérifier qu’aucune de mes paroles puisse être interprétée de manière contraire à l’enseignement de l’Eglise.

Le pape François a choisi de parler souvent en son premier corps, le corps de l’homme qui est pape. En fait, même dans des documents qui par le passé ont constitué un enseignement plus solennel, il affirme clairement qu’il ne propose pas un enseignement magistériel mais sa propre pensée. Mais ceux qui ont l’habitude d’une manière de parler différente de la part du pape voudraient que chacune de ses déclarations fasse d’une certaine manière partie du magistère. Faire cela est contraire à la raison, contraire à ce que l’Eglise a toujours tenu. Il est tout simplement erroné et dommageable pour l’Eglise de recevoir chaque déclaration du Saint-Père comme l’expression d’un enseignement pontifical ou du magistère.

Faire la distinction entre les deux types de discours du pontife romain n’est en aucune façon le signe d’un manque de respect à l’égard de l’office pétrinien. Il s’agit encore moins d’une inimitié à l’égard du pape François. En fait, et au contraire, c’est faire preuve du plus grand respect à l’égard de l’office pétrinien et de l’homme auquel Notre Seigneur l’a confié. Sans cette distinction, nous pourrions facilement perdre le respect de la papauté ou être conduits à penser que, si nous ne sommes pas en accord avec les opinions personnelles de l’homme qui est le pontife romain, il nous faudrait rompre la communion avec l’Eglise.

En tout cas, toute déclaration du pontife romain doit être comprise dans le contexte de l’enseignement et de la pratique constante de l’Eglise, de peur que la confusion et la division à propos de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise n’entrent dans son corps au grand détriment des âmes et au grand détriment de l’évangélisation du monde. Rappelez-vous les mots de saint Paul au début de la lettre aux Galates, une communauté de chrétiens des premiers temps où une confusion et une division grave avaient fait leur entrée. En tant que bon pasteur du troupeau, saint Paul a écrit les paroles suivantes face à cette situation très grave :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, pour passer à un autre Evangile. Non pas qu’il y en ait un autre ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile du Christ. Mais si quelqu’un, fût-ce nous-mêmes ou un ange du ciel, vous annonçait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Je l’ai dit, et je le dis encore maintenant : Si quelqu’un vous annonçait un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Car, en ce moment, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ » (Galates, 1, 6-10).

Tout en maintenant fermement la foi catholique relative à l’office pétrinien, nous ne pouvons pas tomber dans une idolâtrie de la papauté qui ferait de chaque mot prononcé par le pape une doctrine, même s’il est interprété comme étant contraire à la parole même du Christ, par exemple, en ce qui concerne l’indissolubilité du mariage (cf. Matth. 19, 9). Bien plutôt, avec le successeur de Pierre, nous devons nous efforcer de comprendre davantage et plus pleinement la parole du Christ, de manière à la vivre de plus en plus parfaitement.

De manière choquante, il y a quelques mois, le supérieur général des jésuites a laissé entendre que nous ne pouvons pas savoir ce que le Christ a véritablement dit à propos de n’importe quel thème, puisque nous ne disposons pas d’enregistrement de ses discours. Hormis l’absurdité de cette affirmation, cela donne l’impression qu’il n’y a plus un enseignement et une pratique constants de la foi tels qu’ils nous ont été transmis, de manière ininterrompue, depuis le temps du Christ et des apôtres.

De même, il n’est pas question d’un soi-disant « pluralisme » légitime au sein de l’Eglise, c’est-à-dire d’une légitime différence d’opinion théologique. Les fidèles n’ont pas la liberté de suivre des opinions théologiques qui contredisent la doctrine contenue dans les Saintes Ecritures et dans la sainte Tradition, et confirmée par le magistère ordinaire, même si ces opinions rencontrent un large écho dans l’Eglise et qu’elles ne sont pas corrigées par les pasteurs de l’Eglise, comme il incombe pourtant à ces pasteurs.

En célébrant le centenaire des apparitions de Notre Dame de Fatima, nous devons nous rappeler comment son message, ou comme on l’appelle parfois, son secret, a pour principal objectif de répondre à une apostasie largement répandue dans l’Eglise et à la défaillance des pasteurs de l’Eglise quant à sa correction. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est d’abord et avant tout le triomphe de la foi qui nous enseigne quelle est notre bonne relation avec Dieu et avec autrui.

[...] Quelle doit donc être notre réponse à ces temps extrêmement difficiles où nous vivons, des temps qui, de manière réaliste, semblent être apocalyptiques ? Ce doit être une réponse de foi, de foi en Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit pour nous dans l’Eglise et qui ne manque jamais de nous enseigner, de nous sanctifier et de nous conduire dans l’Eglise, ainsi qu’Il a annoncé qu’Il resterait avec nous pour toujours, jusqu’à son retour au dernier jour pour inaugurer « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (2 Pierre 3, 13) pour accueillir ses fidèles au festin de noces de l’agneau. Nous savons ce que le Christ nous enseigne dans l’Eglise. Cela est contenu dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, dans l’enseignement officiel de l’Eglise. Son enseignement ne change pas. Au milieu de la confusion et de la division présentes, nous devons étudier plus attentivement les enseignements de la foi contenus dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, et être prêts à défendre ces enseignements contre tout mensonge qui porterait atteinte à la foi et donc à l’unité de l’Eglise.

[...] La sérénité veut dire que nous ne cédons pas à une désespérance mondaine qui s’exprime de manière agressive et peu charitable. Notre confiance est dans le Christ. Oui, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour défendre notre foi catholique dans n’importe quelle circonstance où elle se trouve attaquée, mais nous savons que la victoire appartient finalement et uniquement au Christ. Ainsi, lorsque nous avons fait tout ce que nous pouvons faire, nous sommes en paix, même si nous reconnaissons que nous restons des « serviteurs inutiles ».

Il ne peut y avoir place dans notre façon de penser ou d’agir pour le schisme qui est toujours et partout erroné. Nous devons être prêts à accepter quelque souffrance qui puisse survenir, au nom du Christ et de son Corps mystique, notre Sainte Mère l’Eglise. Comme saint Athanase et les autres grands saints qui ont défendu la foi en des temps de graves épreuves au sein de l’église, nous devons être prêts à accepter le ridicule, l’incompréhension, la persécution, l’exil et même la mort, afin de rester un avec le Christ dans l’Eglise sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Prions pour qu’au terme de notre pèlerinage terrestre, nous puissions dire avec Saint-Paul :

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui auront attendu avec amour son avènement » (2 Tim. 4, 7-8).

Le schisme est le fruit d’une manière de penser mondaine, de penser que l’Eglise est entre nos mains plutôt qu’entre les mains du Christ. L’Eglise de notre temps a grand besoin d’être purifiée de toute forme de pensée mondaine. Plutôt, avec saint Paul qui a si grandement souffert pour la prédication de la foi à toutes les nations, nous devons nous réjouir de compléter dans notre chair les souffrances du Christ pour le bien de son Epouse, l’Eglise (cf. Col 1, 24-29). [...]"

Posté le 13 août 2017 à 11h41 par Michel Janva | Lien permanent

Catéchisme Le Chemin du Ciel avec Imprimatur de Mgr Rey

ImageLe catéchisme Le Chemin du Ciel propose un enseignement clair de la foi catholique, avec un langage simple et adapté aux enfants.

Cette 1ère année, destinée aux enfants de 7 à 10 ans, expose les vérités de la foi contenues dans le Credo à travers 21 chapitres magnifiquement illustrés par Joëlle d’Abbadie.

Imprimatur et préface de Mgr Dominique Rey.

Auteurs : Abbé Henri Forestier, Marie Cartier

Illustrations intérieures : Joëlle d'Abbadie - Illustration de la couverture : Anne-Charlotte Larroque.

Posté le 13 août 2017 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

11 août 2017

La crise de l’Eglise comparable à celle du IVe siècle, lorsque l’arianisme avait contaminé l’immense majorité de l’épiscopat

Jeanne Smits a traduit un texte de Mgr Athanasius Schneider sur la crise de l'Eglise et la nécessaire réflexion doctrinale à propos de Vatican II. Mgr Schneider a revu le texte français pour qu'il reflète exactement sa pensée :

"La situation de crise sans précédent où se trouve actuellement l’Eglise est comparable à la crise générale au IVe siècle, lorsque l’arianisme, ayant contaminé l’immense majorité de l’épiscopat, occupait une position dominante dans la vie de l’Eglise. Nous devons chercher à aborder cette situation avec réalisme, d’une part, et de l’autre, avec un esprit surnaturel – avec un profond amour de l’Eglise, notre mère, qui souffre la Passion du Christ en raison de cette confusion doctrinale, liturgique et pastorale formidable et généralisée.

Nous devons renouveler cette foi par laquelle nous croyons que l’Eglise est entre les mains très sûres du Christ, sachant qu'Il intervient toujours pour renouveler l’Eglise au moment où le navire de l’Eglise semble devoir couler, comme c’est évidemment le cas de nos jours.

En ce qui concerne l’attitude à l’égard du concile Vatican II, nous devons éviter deux extrêmes : le rejet complet (tel celui des sédévacantistes et d’une partie de la Fraternité Saint-Pie X, ou l’« infaillibilisation » de tout ce qui a été exprimé par le concile.

Vatican II était une assemblée légitime présidée par les papes et nous devons garder envers ce concile une attitude respectueuse. Néanmoins, cela ne signifie pas qu'il nous soit interdit d’exprimer des doutes bien fondés ou des suggestions respectueuses d’amélioration en ce qui concerne certains points spécifiques, en nous basant toujours sur l’ensemble de la Tradition et du Magistère constant de l’Eglise.

Les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère recouvrant une période de plusieurs siècles, ont préséance et constituent un critère de vérification par rapport à l’exactitude de déclarations magistérielles postérieures. Les nouvelles affirmations du Magistère doivent, en principe, être plus exactes et plus claires, et en aucun cas ambiguës et en contradiction apparente avec des affirmations magistérielles antérieures.

Les affirmations de Vatican II qui sont ambiguës doivent être lues et interprétées à la lumière des affirmations de la Tradition dans son ensemble et du Magistère constant de l’Eglise.

En cas de doute, les affirmations du Magistère constant (les conciles antérieurs et les documents des papes, dont le contenu est manifestement l’expression d’une tradition certaine et réitérée au cours des siècles dans le même sens) prévalent sur les affirmations objectivement ambiguës ou nouvelles de Vatican II, difficiles à accorder avec des affirmations spécifiques du Magistère antérieur constant (par exemple, le devoir de l'Etat de vénérer publiquement le Christ, Roi de toutes sociétés humaines, le sens véritable de la collégialité épiscopale par rapport à la primauté de Pierre et au gouvernement universel de l’église, la nocivité de toutes les religions non catholiques et le dangerosité qu’elles représentent pour le salut éternel des âmes).

Vatican II doit être considéré et reçu tel qu'il est, et tel qu’il était réellement : un concile avant tout pastoral. Ce concile n’avait pas pour intention de proposer des doctrines nouvelles ni de les proposer sous une forme définitive. Dans une grande partie de ses affirmations, le concile a confirmé la doctrine traditionnelle et constante de l’Eglise.

Parmi les nouvelles affirmations de Vatican II (par exemple, la collégialité, la liberté religieuse, le dialogue œcuménique et inter-religieux, l’attitude à l’égard du monde) certaines n’ont pas un caractère définitif, et comme elles se trouvent être en apparence ou en réalité en contradiction avec les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère, elles doivent être complétées par des explications plus exactes et des suppléments plus précis, à caractère doctrinal. L’application aveugle du principe de l’« herméneutique de la continuité » n’est pas d’un réel secours puisqu’à travers celle-ci on fabrique des interprétations forcées qui ne sont pas convaincantes et qui n’aident pas à atteindre une compréhension plus claire des vérités immuables de la foi catholique et de leur application concrète.

Il y a eu des cas dans l’histoire où les affirmations non définitives de certains conciles œcuménique ont été par la suite – grâce à un débat théologique serein – précisées ou corrigées de manière tacite (par exemple, les affirmations du concile de Florence à propos de la matière du sacrement de l’ordre, à savoir que la matière serait constituée par la porrection des instruments, alors que la tradition plus sûre et constante affirmait que l’imposition des mains de l'évêque était suffisante, une vérité qui serait en fin de compte confirmée par Pie XII en 1947). Si après le concile de Florence les théologiens avaient aveuglément appliqué le principe de l’herméneutique de la continuité à cette affirmation concrète du concile de Florence (une affirmation objectivement erronée), en défendant la thèse selon laquelle la remise des instruments constituait la matière du sacrement de l'ordre était en accord avec le magistère constant, on ne serait probablement pas parvenu au consensus général des théologiens par rapport à la vérité qui affirme que seule l’imposition des mains de l’évêque constitue la matière réelle du sacrement de l’ordre.

Il est nécessaire de créer au sein de l’Eglise un climat serein de discussions doctrinales par rapport à celles des affirmations de Vatican II qui sont ambiguës ou qui ont été à l’origine d’interprétations erronées. Une telle discussion doctrinale n’a rien de scandaleux : au contraire, elle va contribuer à faire expliciter de manière plus sûre et complète le dépôt immuable de la foi de l’Eglise.

Il ne faut pas mettre à ce point l’accent sur un concile donné, qu’on en vienne à l’absolutiser et à le placer de fait sur le même pied que la parole de Dieu orale (la Tradition sacrée) ou écrite (l’Ecriture Sainte). Vatican II lui-même a très justement affirmé (cf. Dei Verbum, 10) que le Magistère (le pape, les conciles, le magistère ordinaire et universel) ne se situe pas au-dessus de la parole de Dieu mais en-dessous, lui étant subordonné: il est seulement son serviteur (serviteur de la Parole orale de Dieu, c’est-à-dire la Tradition sacrée, et de la Parole écrite de Dieu, c’est-à-dire l’Ecriture Sainte).

D’un point de vue objectif, les affirmations du Magistère (les papes et les conciles) qui ont un caractère définitif ont plus de valeur et de poids que les affirmations à caractère pastoral, dont la qualité est naturellement changeante et provisoire, sujette aux circonstances historiques ou apportant une réponse à des situations pastorales d’une période donnée, comme c’est le cas pour la plupart des affirmations de Vatican II.

L’apport original et précieux de Vatican II réside dans l’appel universel à la sainteté qui s’adresse à tous les membres de l’Eglise (chapitre 5 de Lumen Gentium), dans la doctrine relative au rôle central de Notre Dame dans la vie de l’Eglise (chapitre 8 of Lumen Gentium), dans l’importance du rôle des fidèles laïcs par rapport à la sauvegarde, la défense et la promotion de la foi catholique, et dans leur devoir d’évangéliser et de sanctifier les réalités temporelles conformément au sens pérenne de l’Eglise (chapitre 4 de Lumen Gentium), dans la primauté de l’adoration de Dieu dans la vie de l'Eglise et la célébration de la liturgie (Sacrosanctum Concilium n° 2 ; 5-10). Le reste peut être considéré jusqu’à un certain point comme secondaire, temporaire et sera, à l’avenir, probablement jugé oubliable, comme cela fut le cas pour certaines affirmations non définitives, pastorales et disciplinaires de divers conciles œcuméniques par le passé.

Les sujets suivants : Notre Dame, la sanctification par les laïcs de leur vie personnelle en même temps que la sanctification du monde selon le sens pérenne de l’Eglise, ainsi que la primauté de l’adoration de Dieu, sont les aspects les plus urgents qui doivent être vécus en notre temps. En cela Vatican II a un rôle prophétique qui, malheureusement, n’a pas encore été réalisé de manière satisfaisante.

Au lieu de vivre ces quatre aspects, une part considérable de la Nomenklatura théologique et administrative au sein de la vie de l’Eglise a promu au cours de ces cinquante dernières années, et continue de promouvoir des thèmes doctrinaux, pastoraux et liturgiques ambigus, altérant ainsi l’intention originelle du Concile ou en utilisant abusivement ses affirmations doctrinales moins claires, voire ambiguës, en vue de créer une autre Eglise – une Eglise de type relativiste ou protestant. Nous vivons de nos jours l’aboutissement de ce développement.

Le problème de la crise actuelle de l’Eglise consiste en partie dans le fait que certaines affirmations de Vatican II qui sont objectivement ambiguës, ou ses rares affirmations qui peuvent difficilement s’accorder avec la tradition magistérielle constante de l’Eglise ont été « infaillibilisées ». C’est par ce moyen qu'on a bloqué le sain débat assorti d’une nécessaire correction implicite ou tacite.

En même temps, on a encouragé la fabrication d’affirmations théologiques contrastant avec la tradition pérenne (par exemple, en ce qui concerne la nouvelle théorie d’un double sujet suprême ordinaire du gouvernement de l’Eglise, c’est-à-dire le pape seul et le collège épiscopal tout entier ensemble avec le Pape ; la doctrine de la neutralité de l’Etat par rapport au culte public qu'il doit rendre au vrai Dieu, qui est Jésus-Christ et qui est aussi Roi de chaque société humaine et politique ; la relativisation de la vérité selon laquelle l’Eglise catholique est l’unique chemin du salut, voulu et ordonné par Dieu).

Nous devons nous libérer des chaînes qui ont « absolutisé » et entièrement « infaillibilisé » Vatican II. Nous devons réclamer un climat de débat serein et respectueux, à partir de l’amour sincère pour l’Eglise et pour la foi immuable de l’Eglise.

Nous pouvons voir un signe positif dans le fait que le 2 août 2012, le pape Benoît XVI a écrit une préface au volume relatif à Vatican II dans l’édition de ses Opera Omnia. Dans cette préface, Benoît XVI exprime ses réserves par rapport à certains contenus spécifiques dans les documents Gaudium et spes et Nostra ætate. La teneur des paroles de Benoît XVI laisse voir que des défauts concrets au sein de certaines sections de ces documents ne sont pas susceptibles d’amélioration par « l’herméneutique de la continuité ».

Une FSSPX, canoniquement et pleinement intégrée dans la vie de l’Eglise, pourrait également apporter une précieuse contribution à ce débat – tout comme le souhaitait Mgr Marcel Lefebvre. La présence canonique plénière de la FSSPX dans la vie de l’Eglise en notre temps contribuerait également à créer le climat général d’un débat constructif, de telle sorte que ce qui a été cru toujours, partout et par tous les catholiques au cours de 2.000 ans puisse être cru de manière plus claire et plus sûre également aussi de nos jours, réalisant ainsi la véritable intention pastorale des Pères du concile Vatican II.

L'intention pastorale authentique vise le salut éternel des âmes – un salut qui ne sera réalisé que par la proclamation de la volonté tout entière de Dieu (cf. Actes 20: 27). L'ambiguïté dans la doctrine de la foi et dans son application concrète (dans la liturgie et dans la vie pastorale) constituerait une menace pour le salut éternel des âmes et serait par conséquent anti-pastoral, puisque la proclamation de la clarté et de l’intégrité de la foi catholique et de son application concrète fidèle constituent la volonté explicite de Dieu.

Seule l’obéissance parfaite à la volonté de Dieu – qui nous a révélée par le Christ, Verbe incarné, et par les Apôtres, la foi véritable, la foi interprétée et pratiquée de manière constante et dans le même sens par le Magistère de l’Eglise – amènera avec elle le salut des âmes.

+ Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana au Kazakhstan

Posté le 11 août 2017 à 11h08 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2017

Le trésor du catéchisme

Petit-tresor-des-catechismes-diocesainsLe Petit Trésor des catéchismes diocésains est un concentré de trois siècles d’enseignement des évêques en leur diocèse depuis la création du Catéchisme diocésain jusqu’à sa suppression en 1937-1947. Le Catéchisme diocésain est un genre littéraire né à la suite du Concile de Trente, répondant à la mission d'enseignement de l'évêque. Ce qui est enseigné à tous les chrétiens, à toute époque et en tout lieu, telle est la définition du Magistère ordinaire qui, de par sa permanence, est signe d’absence d’erreur, le Saint-Esprit aidant. Loin d’opposer les catéchismes diocésains entre eux, l’unité de la catéchèse de la foi et de la morale permet cet assemblage pour former les véritables richesses de l’enseignement catholique.

Né en 1957, l'auteur, l'abbé Jean-Pierre Putois, est prêtre de la Fraternité des Cœurs de Jésus et Marie. Il a déjà publié un Éloge de la direction spirituelle sous forme d’anthologie (2e éd., Lethielleux, 2017) ; une anthologie de trois siècles de catéchismes diocésains : Le Trésor des catéchismes diocésains, T. 1, Dieu et les mystères de la foi (Via Romana, 2009), et une étude sur la crise des catéchismes au siècle dernier : Les Cahiers du Catéchisme, étude revue et augmentée, 2015. Ses travaux sur l’Ancien et le Nouveau Testament lui ont permis d’éditer une synopse des quatre Évangiles : L’Évangile aux mille couleurs (2005), ainsi que les Images des Évangiles dans la Liturgie romaine de Jérôme Nadal (2007).

Trouvera-t-on ici une de ces fameuses “méthodes pédagogiques” qui tirent leur origine de « l’école [dite] moderne » ? Non. L’Évangile, en sa pédagogie, n’a pas attendu ces méthodes-là : en effet, la Parole de Dieu écrite préside et transcende la leçon, et le principe des questions-réponses la synthétise afin de transmettre la divine Vérité. De même, la “scolarisation à outrance” de la catéchèse n’a-t-elle pas fait oublier que le catéchisme diocésain est pour toute génération ? Ainsi, on trouvera ici un enseignement assez ample pour tous les âges, et qui, entre les mains du catéchiste, lui permettra premièrement de nourrir son discours, puis de le mesurer à son auditoire.

Extrait sur le devoir électoral :

"Qu'est-ce que bien voter ?

C'est choisir des représentants :

Pourquoi est-ce un péché de mal voter aux élections ?

Parce qu'en votant mal aux élections, nous choisissons pour nous gouverner : 

Posté le 30 juillet 2017 à 09h32 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2017

Cardinal Müller : "Les Conciles n’ont jamais été des rassemblements harmonieux"

Extrait d'un entretien donné par le cardinal Müller :

Unknown-5Comprenez-vous les raisons qui ont amené les Cardinaux Burke, Brandmuller, Caffarra et Meisner, maintenant décédé, à présenter au Pape les cinq Dubia à propos de l'Exhortation [Amoris Laetitia] ?

« Je ne comprends pas pourquoi une discussion calme et sereine n'a pas commencé [encore]. Je ne comprends pas où sont les obstacles. Pourquoi permettre aux tensions d’émerger, même publiquement ? Pourquoi ne pas organiser une réunion pour parler ouvertement de ces thèmes qui sont fondamentaux ? Jusqu'à présent, je n'ai entendu que des invectives et des insultes contre ces Cardinaux. Mais ce n'est pas le ton, ni la manière d’aller de l'avant. Nous sommes tous frères dans la Foi et je ne peux pas accepter de parler de catégories comme « un ami du Pape » ou « un ennemi du Pape ». Pour un Cardinal, c’est absolument impossible d'être contre le Pape. Néanmoins nous, les Évêques, ont le droit, je dirais, le droit divin de discuter librement. Je voudrais rappeler à l'esprit que lors du premier Concile, tous les disciples parlaient franchement, même en favorisant des controverses. À la fin, Pierre a donné son explication dogmatique qui a été entière pour l'Église. Mais seulement après, à la fin d'une longue discussion animée. Les Conciles n’ont jamais été des rassemblements harmonieux ».

Le point est de savoir si Amoris Laetitia est ou non une forme de discontinuité en ce qui concerne l'enseignement précédent. L’est-il ou non ?

« Le Pape a plusieurs fois déclaré qu’il n'y a pas de changement dans la Doctrine dogmatique de l'Église, et cela est évident, comme ça pourrait être impossible aussi. François a voulu encore attirer ces gens qui se trouvent en situation irrégulière en ce qui concerne le mariage ; autrement dit, comment les rapprocher des sources de la grâce sacramentelle. Il existe des moyens —canoniques aussi. Dans tous les cas, ceux qui veulent communier et se retrouvent dans un état de péché mortel, doivent d'abord recevoir le Sacrement de la Réconciliation, qui consiste à la contrition sincère, avec un ferme propos de ne plus pécher, dans la confession des péchés et la conviction d'agir selon la Volonté de Dieu. Et personne ne peut modifier cet ordre sacramentel qui a été fixé par Jésus-Christ. S’il y a quoi que ce soit, nous pouvons changer les rites extérieurs, mais pas ce noyau central. L’ambiguïté dans Amoris Laetitia ? Il peut y en avoir et je ne sais pas si c’était voulu. Les ambiguïtés, si elles existent, sont liées à la complexité matérielle de la situation dans laquelle les hommes se trouvent aujourd'hui, dans la culture dans laquelle ils sont immergés. De nos jours, presque tous les fondamentaux et les éléments essentiels pour les populations qui se disent superficiellement Chrétiennes ne sont plus compréhensibles. De là, les problèmes surgissent. Nous avons deux défis à venir ; tout d'abord : préciser quelle est la Volonté rédemptrice de Dieu et nous interroger sur la façon d'aider pastoralement ces frères et aller sur le chemin indiqué par Jésus ».

La réception de la Communion par les divorcés/remariés était une vieille demande de l'épiscopat Allemand.

« C’est vrai, il y avait trois Évêques Allemands : Kasper, Lehmann et Saïer, qui ont lancé la proposition au début des années 1990. Mais la Congrégation de la Doctrine de la Foi l’a rejetée définitivement. Tous ont convenu que c’était nécessaire d’en discuter à nouveau et jusqu'à présent personne n'a abrogé le document ».

Posté le 26 juillet 2017 à 10h19 par Michel Janva | Lien permanent

"Va-t-en, Satan"

De Cyril Brun sur Infocatho :

Unknown-4"Alors que nous commémorons ces jours-ci le premier anniversaire de l’assassinat du Père Hamel et que certains discours politiques amalgament un peu rapidement faits, causes et conséquences, il n’est pas inutile de rappeler que c’est bien au nom de sa divinité que le terroriste (appelons les choses par leur nom) a égorgé, sur l’autel, le prêtre qui agissait en lieu et place du Christ, Dieu et fils de Dieu.

Il semble que l’affirmation de l’unicité de Dieu soit équivoque et laisse prise à de nombreuses interprétations. Mais avant tout autre chose pouvons-nous affirmer, en dehors de la révélation divine et de l’apport de la foi que Dieu est unique ? Aristote l’a fait il y a déjà fort longtemps. Son fameux premier moteur immobile est unique parce qu’il existe un être, non limité et infini. Deux infinis ne pouvant se trouver côte à côte, si Dieu est, il est forcément unique. L’objet ici n’étant pas de démontrer l’existence de Dieu, ni son unicité, je n’entrerai pas dans les arcanes de cette question. L’intérêt de cette unicité démontrée par le Philosophe est de poser un Dieu sans contraire, sans rival, si l’on veut et sans vis-à-vis. Dieu est et par ce fait même, il englobe la plénitude de l’être. S’il est unique, il n’a pas plusieurs visages qui correspondraient aux différentes religions.

De cette vérité fondamentale, se réclament tous les monothéismes, c’est-à-dire, toutes les religions qui croient en l’existence d’un seul Dieu. Toutes ces religions, qui ne sont pas si nombreuses que cela, reconnaissent donc non pas un même Dieu, mais le fait qu’il n’y ait qu’un seul Dieu, ce qui est évidemment fort différent. Croire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, ne nous dit pas tout ce qu’est Dieu. Et à partir de cette vérité première et fondamentale, les religions monothéistes diffèrent quant à ce qu’elles comprennent être Dieu.

Toutefois, si Dieu est unique, il ne peut y avoir plusieurs dieux différents. Ce qui signifie que parmi ceux qui croient en l’unicité de Dieu certains se tournent vers Dieu et d’autres vers des images recomposées et erronées de Dieu. Autrement dit ce n’est pas parce que nous croyons que Dieu est unique que nous croyons en Dieu. Nous ne croyons qu’en un aspect de sa divinité. Pour pouvoir parler de Dieu à bon escient, c’est-à-dire mettre les bonnes « définitions » sous le mot Dieu, encore faut-il véritablement parler de Lui.

De sorte que deux voies se présentent à celui qui reconnait qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Ou il se tourne vers Dieu, ou il se tourne vers une image recomposée, mais qui n’est pas Dieu. Au mieux c’est une idole, au pire c’est Satan. Une idole est, de façon métonymique, un dieu. Car Dieu est celui vers qui nous allons, celui qui guide et commande notre vie par adhésion, attrait, amour. En ce sens étroit, certains font de mille choses secondaires leur dieu. En ce sens, une vision erronée de Dieu tourne des âmes et des cœurs, vers un faux dieu, une idole.

En définitive, il n’y a guère que deux choix, Dieu ou le néant. On ne peut donc dire que partager la foi en un Dieu unique signifie avoir le même Dieu. Partager la foi en l’unicité de Dieu est avoir un point commun avec les autres religions monothéistes, mais en aucune façon, il ne s’agit du même Dieu, puisque d’un côté l’adhésion à Dieu suppose d’être effectivement tourné vers Dieu, de l’autre l’adhésion à une image erronée de Dieu, conduit à regarder dans une autre direction que celle où Dieu se trouve effectivement.

A partir du moment où Dieu est unique, il n’y a pas ici ou là des bouts de Dieu. Ceux qui professent Dieu dans sa vérité croient en Dieu, ceux qui prêtent à Dieu d’autres attributs que les siens, ne parlent pas de Dieu, mais de leurs idoles. C’est exactement le processus du peuple hébreux et du veau d’or. Et ce petit « écart » n’a guère plût à Yahvé.

Ainsi donc, l’Islam affirme que Dieu est unique, mais ce que les Musulmans vénèrent n’est pas Dieu, mais une idole, un faux dieu, quelque chose qu’ils croient être « comme un dieu ». N’est-ce pas sans nous rappeler la tentation d’Eve : Vous serez comme des dieux ? Car qui se cache derrière l’illusion ? Qui tente de tromper sur l’image divine ? Qui propose à Jésus de déplacer son amour pour Dieu vers des réalités idolâtrées, et plus explicitement vers lui-même ? Satan prince du mensonge est derrière cette confusion. Fidèle à son habitude, il part du vrai, pour détourner vers le faux. Il part de l’unicité de Dieu, pour proposer ses idoles à la vénération.

Dieu est unique signifie qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais aussi qu’Il n’a pas plusieurs visages. Croire au Dieu unique n’est pas simplement croire Dieu unique, c’est adhérer à Dieu lui-même. Adhérer, même en toute bonne foi, à une autre image, fut-elle unique, c’est adorer des idoles, inertes, nous rappelle le prophète Elie. En définitive, celui qui donne une illusion de vie à ces idoles, est celui qui manie l’illusion à la perfection, Satan. C’est du reste l’ultime avertissement du Christ par la bouche du Père Hamel, alors qu’il allait être égorgé.

De sorte que nous pouvons poser l’alternative suivante entre Dieu et Satan. Non pas un monde bipolaire où Satan serait le pendant mauvais de Dieu. Satan n’est pas Dieu, ni même un dieu. Il est une créature qui veut détourner l’Homme de Dieu et pour se faire se met, via l’idolâtrie, entre eux et Dieu.

La confusion relativiste actuelle, favorisée par l’amalgame, porte atteinte à l’intégrité même de la vérité divine, voile Dieu et fait passer devant Lui nombre d’idoles. Celui que vénèrent les musulmans n’est pas Dieu, mais une idole quoiqu’il en soit de la sincérité des fidèles. De même, le visage du Christ que suivent les Protestants est une défiguration de la vérité même du Fils de Dieu.

On me trouvera extrémiste, mais regardons les choses de plus près. Pourquoi serais-je catholique si je croyais que le Christ est autre que ce que l’Eglise enseigne ? Comment montrer le Christ, chemin vérité et vie, si je laissais croire qu’un visage déformé de Jésus est le chemin, la vérité, la vie ? Dénoncer une erreur n’est pas stigmatiser une personne. Cette conviction affective est un véritable frein au dévoilement du visage réel du Christ. On ne peut montrer le chemin vers Dieu qu’en étant tourné vers Dieu lui-même. Défendre l’intégrité de la Révélation divine, c’est présenter le chemin véritable en même temps le but ultime qui motive d’emprunter la route ardue : Dieu.

Telle est la véritable charité qui ne peut reposer que sur la vérité. Mentir à nos frères, à nos contemporains, sous prétexte de les respecter dans leur différence est fondamentalement contraire à la charité. Il ne s’agit pas d’asséner des vérités à coups de massues, mais il ne faudrait pas non plus diluer la vérité dans un acide relativiste et par nature corrosif pour la vérité, comme pour la charité."

Posté le 26 juillet 2017 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2017

Maria Valtorta : François-Michel Debroise répond à Yves Chiron

Suite à l'article d'Yves Chiron sur Maria Valtorta, François-Michel Debroise, mis en cause dans cet article, apporte quelques précisions intéressantes :

9782364630710"Me voilà donc, selon Y. Chiron, sectateur d'une œuvre anathème !

M. Chiron n'aime pas Maria Valtorta, moi si. C'est son droit et c'est le mien. Mais je ne le rangerais pas dans les lobbyistes dès lors qu'il émet une opinion différente de la mienne et qu’il l'exprime publiquement, ce qui est parfaitement respectable. Je me contenterais de combler quelques lacunes de son argumentaire, car j'ai connu Y. Chiron plus documenté.

Voilà que le cardinal Ratzinger exprimerait, selon ses sources, l'opinion de l’Église dans quelques "cartes postales" personnelles envoyées aux quatre coins du monde par son secrétaire, Mgr Clemens. Je l'ai connu différemment, le faisant toujours, et exclusivement, par la voie hiérarchique des évêques locaux et jamais directement à des particuliers, même quand on l'interrogeait sur Maria Valtorta.

Il a dû évoluer aussi avec son élection au siège de saint Pierre. Voilà qu'il accueille, en 2007, la pétition des évêques chinois préparant un synode sur "la Parole de Dieu" et réclamant, pour ce faire, la poursuite de la traduction de l'œuvre de Maria Valtorta en leur langue[1].

Ils rejoignaient ainsi la réaction des évêques du Kerala saluant unanimement,  en 1992, la traduction de cette œuvre en langue locale[2]. Sans doute ces pays évangélisateurs ont-ils une foi moins tétanisée par les "cartes postales".

C’est aussi SS. Benoît XVI qui béatifie, coup sur coup, dans la dernière année de son pontificat, deux soutiens affichés de Maria Valtorta. L’un, traducteur de la Bible en chinois, n’en finissait pas d’apprendre sur la vie en Palestine au temps de Jésus à la lecture d’une œuvre qu’il reconnaissait « venir de l’esprit Jésus »[3].

L’autre avait doté chacune des 35 maisons qu’elle avait fondées d’un exemplaire de « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé »[4]. Titre qui ne provient pas d’une proclamation anathème comme le suppose Y. Chiron, mais de la façon familière dont parlait Maria Valtorta de ses visions.

Ce serait une œuvre « subtilement sensuelle » ? Je ne sais si l’amour du Christ peut être rangé dans cette catégorie, mais c’est dommage pour Mère Teresa qui emmenait cette œuvre dans ses déplacements avec sa Bible et son bréviaire[5].

Ce serait aussi une œuvre bourrée « d’erreurs historiques et exégétiques ». On attend de savoir lesquelles, cela permettrait de corriger quelques avis émis sur la haute valeur de l’œuvre par des personnalités auxquelles je me fie plus sûrement qu’à M. Chiron ou que l’abbé Gérard Herrbach, qu’ils ne m’en veuillent pas. Telles :

  • Mgr Alfonso Carinci, Secrétaire de la Congrégation pour les Rites sacrés, pour qui il s’agit « d’une œuvre littérairement sublime, doctrinalement et spirituellement si élevée »,
  • Le cardinal Augustin Bea, alors confesseur de Pie XII et directeur de l’Institut biblique pontifical, qui se déclare « très impressionné par le fait que les descriptions archéologiques et topographiques sont faites avec une exactitude remarquable ».
  • Mgr Ugo Lattanzzi, recteur de l’université pontificale du Latran, pour qui l’œuvre requiert une "origine supranaturelle".

Le Père Gabriel M. Roschini, fondateur de l’Université pontificale de théologie "Marianum" et conseiller au Saint-Siège qui dans un livre envoyé à SS. Paul VI écrit qu’ « aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j'ai lus et étudiés, n'avait été en mesure de me donner sur Marie, chef-d'œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime, que les écrits de Maria Valtorta. »

La Secrétairerie d’État répondit à cet envoi, au nom du souverain Pontife, par l'espoir « que vos efforts recueillent des fruits spirituels abondants. »

Le Père Yannik Bonnet, pour sa part, rapporte l’affirmation du secrétaire particulier de SS. Jean-Paul II selon laquelle le souverain Pontife avait l’œuvre de Maria Valtorta sur sa table de chevet[6].

Bref, voilà un extrait de la longue liste des "sectateurs" d’une œuvre anathème, sensuelle et bourrée d’erreurs historiques, exégétiques et sans doute théologiques.

La différence entre cette cohorte de "sectateurs" anathèmes et l’avis de MM. Chiron et Herrbach tient en ce que les premiers ont lu l’œuvre et pas les seconds. Dommage.

François-Michel Debroise

www.maria-valtorta.org

 

[1] Site du Vatican, préparation du synode sur la Parole de Dieu, contribution du 27 avril 2007, note n° 9.

[2] Copie des 7 courriers envoyés à cette occasion (bas de la page).

[3] Bienheureux G.M. Allegra (1907-1976), Critique, Macao juin 1970.

[4] Bienheureuse Mère Maria Inès du Très Saint Sacrement (1904-1981).  Lettre du 19 juillet 2001 à l’éditeur, de sœur Maria Uranga.

[5] Attestation sous serment du Père Leo Maasburg, Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires en Autriche et confesseur de Mère Teresa pendant 4 ans, 2015.

Posté le 21 juillet 2017 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent

20 juillet 2017

Pour l’Église, les écrits de Maria Valtorta ne sont qu’une «vie de Jésus mal romancée»

D'Yves Chiron dans Aletheia :

"Maria Valtorta [1897-1961] est une mystique italienne dont les très abondants écrits (plus de 15 000 pages manuscrites) sont tenus par certains comme «révélés». Elle aurait notamment reçu la révélation d’une Vie de Jésus.

L’édition de ces écrits, à l’initiative des éditions Pisani, a commencé en 1956, sans nom d’auteur et sous le titre anodin : Il poema di Gesu pour le premier volume, puis sous le titre Il poema dell’Umo-Dio pour les suivants. Les quatre premiers volumes ont été mis à l’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) par décret du Saint-Office en date du 5 janvier 1960 1.

Ne tenant aucun compte de cette condamnation, le même éditeur a poursuivi l’édition italienne, qui compta dix volumes, et a engagé des traductions en diverses langues. La première traduction étant celle en espagnol publiée à partir de 1976. La traduction française, en dix volumes, est parue à partir de 1979 sous un titre sensationnaliste : L’Évangile tel qui m’a été révélé. Le titre français, théologiquement inacceptable, sera repris désormais pour les autres traductions et pour la nouvelle édition italienne. L’édition des écrits de Maria Valtorta est devenue une véritable entreprise commerciale, l’éditeur Pisani assurant aussi la diffusion des livres dans les différents pays. En quelque soixante ans, quatre millions d’exemplaires de l’ouvrage auraient été vendus, en différentes langues.

Cet éditeur a décidé de faire réaliser une nouvelle traduction en français des écrits de Maria Valtorta. Il l’a confiée à Yves d’Horrer. Le premier volume de cette nouvelle traduction est paru en décembre 2016, les neuf autres ont suivi ou suivront. Pour vendre cette nouvelle édition de fausses révélations, l’éditeur Pisani a engagé de grands moyens financiers et il a développé une stratégie marketing qui s’avère très efficace. Aujourd’hui c’est un véritable lobby qui œuvre non seulement auprès des médias, mais aussi dans l’Église, pour faire connaître les écrits de Maria Valtorta.

Je ne relève que les principales étapes de cette action de propagande valtortiste :

•  Une conférence de presse a été organisée le 23 mars dernier, dans un salon de la mairie du VIe arrondissement de Paris, pour présenter le 1er volume de la nouvelle traduction française. Ont pris successivement la parole pour louer les écrits de Maria Valtorta : Benoît de Fleurac, qui fait office d’attaché de presse et de chargé de la communication pour cette nouvelle édition française; Daniel Fiorletta, représentant des éditions Pisani; Yves d’Horrer, le traducteur; François-Michel Debroise, qui a écrit deux livres consacrés à Maria Valtorta avec l’abbé René Laurentin; le Père Yannik Bonnet, qui a été pendant quarante ans chef d’entreprise avant d’être ordonné prêtre en 1999 – il a expliqué comment la lecture de Maria Valtorta « a changé sa vie » et il est un collaborateur régulier de L’Homme nouveau. Est intervenu aussi Florian Boucansaud, ancien footballeur professionnel, converti en 2013 – il a découvert l’œuvre de Maria Valtorta en 2015.

Cette conférence de presse a duré plus d’une heure et demie, en présence d’une dizaine de journalistes. L’action de Benoît de Fleurac n’a pas été sans effet puisque, entre autres, un prêtre, homme de grande culture et docteur en philosophie, l’a invité à parler de Maria Valtorta pendant une demi-heure dans son émission de radio, tout en reconnaissant n’avoir pas encore lu le livre...

• L’Association Maria Valtorta a organisé, en mai dernier, deux «Journées nationales» dans des paroisses parisiennes, selon un modèle bien établi: le matin, messe, rosaire, repas; l’après-midi, conférences et témoignages. L’entrée était gratuite. Le but était de faire connaître les écrits de Maria Valtorta et de les vendre. Outre la nouvelle traduction française de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, sont vendus une multitude de produits ”valtortistes“. Sont en cours de parution une édition adaptée et illustrée pour les enfants et une autre édition «simplifiée» (en 20 volumes!) «avec les dialogues authentiques, sans les longues descriptions ni les longs discours» (sic). Est en préparation encore une édition en bandes dessinées.

• Enfin, depuis le mois de juin, l’Association Maria Valtorta offre le tome 1 de la nouvelle traduction de L’Évangile tel qu'il m’a été révélé à tout prêtre qui en fera la demande. Il suffit d’envoyer un mail avec son adresse. L’association espère bien sûr que ces prêtres, devenus fervents admirateurs de Maria Valtorta, seront les meilleurs ambassadeurs de ses livres auprès de leurs fidèles.

Toute cette action de marketing pourrait être louable, tout cet effort serait admirable s’il s’agissait de messages dont l’Église avait reconnu le caractère surnaturel. Or, pour l’Église, les écrits de Maria Valtorta ne sont qu’une «vie de Jésus mal romancée». 

C’est le titre de l’article qui est paru dans L’Osservatore romano, le 6 janvier 1960, le jour-même où est paru le décret de mise à l’Index déjà mentionné. Le journal du Vatican estimait que «le lecteur qui lira attentivement ces volumes n’y découvrira rien d’autre qu’une longue et prolixe vie romancée de Jésus. [...] Avant tout, le lecteur sera frappé de l’étendue des discours attribués à Jésus et à la Très Sainte Vierge, des interminables dialogues entre les nombreux personnages qui pullulent dans ce livre.2» L’auteur relevait aussi «quelques pages plutôt scabreuses» qui «font penser à des descriptions et des scènes de romans modernes». Il signalait également «quelques perles qui ne brillent certainement pas par l’orthodoxie catholique».

À une date plus récente, le 9 septembre 1988, le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, interrogé par une fidèle canadienne, faisait répondre par son secrétaire privé, Mgr Clemens, que la grande œuvre de Maria Valtorta est «un ensemble de fantaisies enfantines, d’erreurs historiques et exégétiques, le tout présenté dans un contexte subtilement sensuel»

On signalera aussi que l’abbé Gérard Herrbach, de la Fraternité Saint-Pie X, avait donné une longue analyse critique des écrits de Maria Valtorta dans Des visions sur l’Évangile (Éditions du Communicantes, Québec, 1993, p. 84-156). L’ouvrage a été réédité par les éditions Fideliter en 1993.

Yves Chiron

 

  1. Acta Apostolicae Sedis, LII, 1960, p. 60; trad. fr. La Documentation catholique, n° 1321, 7 février 1960, col. 146.
  2. Les exégètes valtortistes se flattent que quelque 750 personnages soient évoqués ou cités dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, et qu’un tiers d’entre eux aient une existence attestée par des sources historiques.
  3. L’ouvrage est toujours disponible aux Éditions Clovis (B.P. 118, 92153 Suresnes Cedex), 164 pages, 10,50 €.

Posté le 20 juillet 2017 à 13h31 par Michel Janva | Lien permanent

13 juillet 2017

L’Eglise ne serait qu’une secte qui a réussi ?

Posté le 13 juillet 2017 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2017

Redécouvrons l’appel du Cœur Immaculé de Marie sur l’Enfer

De la Famille Missionnaire Notre-Dame :

Au début de cet été 2017, méditons cet extrait du quatrième mémoire de Sœur Lucie :

«Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : « O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie ». En disant ces dernières paroles, Elle (la Vierge Marie) ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu, et plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises, transparentes et noires, ou bronzées, ayant des formes humaines. Elles flottaient dans l’incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes avec des nuages de fumée, tombant de tous côtés, semblables à la retombée des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de peur. (Ce fut sans doute à cette vue que j’ai dû pousser ce cri Aie… que l’on dit avoir entendu). Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des charbons noirs embrasés. Effrayés, comme pour demander secours, nous avons levé les yeux vers Notre Dame qui nous dit avec bonté et tristesse : – Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix ».

Le message prophétique du 13 juillet ne se limite pas, cependant, à cette vision de l’Enfer. Mais du fait de la grave hérésie actuelle – l’Enfer n’existe pas ou, s’il existe, il n’y a personne dedans ! -, nous voulons centrer notre consigne de cordée sur cet appel angoissé du Cœur Immaculé de Marie, appel toujours actuel : des âmes vont en Enfer ! Pour les sauver, nous devons développer la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, prier le rosaire et offrir des sacrifices.

Le 13 mai dernier, Monseigneur Marto, l’évêque de Leiria dont dépend Fatima, déclarait sur KTO : « La vision de l’enfer n’est pas une photo ou film en couleurs, c’est une vision symbolique à partir de l’imaginaire des enfants les voyants, de tout ce qu’ils ont appris au catéchisme, mais c’est pour montrer la monstruosité du mal. Les enfers qui sont présents dans l’histoire représentés par les guerres et les victimes innocentes ». Cette interprétation surprenante se fonderait, selon Mgr Marto, sur le commentaire du Cardinal Joseph Ratzinger sur la troisième partie du secret de Fatima. Avant de développer notre consigne de cordée, il est très important de connaître précisément ce que le Cardinal Joseph Ratzinger a vraiment écrit dans son commentaire théologique à la demande de Jean-Paul II.

Précisons d’abord que l’objet propre de ce commentaire n’était pas la vision de l’Enfer, mais la troisième partie du secret de Fatima. Le Cardinal Joseph Ratzinger a, toutefois, parlé de la vision de l’Enfer pour expliquer ce qu’était une vision imaginative :

« Il est clair que, dans les visions de Lourdes, Fatima, etc., il ne s’agit pas de la perception normale extérieure des sens : les images et les figures qui sont vues ne se trouvent pas extérieurement dans l’espace, comme s’y trouve par exemple un arbre ou une maison. Cela est absolument évident, par exemple, en ce qui concerne la vision de l’enfer (décrite dans la première partie du « secret » de Fatima) ou encore la vision décrite dans la troisième partie du « secret », mais cela peut se montrer très facilement aussi pour les autres visions, surtout parce que toutes les personnes présentes ne les voient pas, mais en réalité seulement les voyants ».

Que voulait signifier le Cardinal Ratzinger ? Tout simplement ceci : la perception d’une réalité spirituelle, immatérielle, ne se fait pas de la même manière que la perception d’un objet extérieur, matériel. La perception visuelle normale de l’homme se fait par l’image de l’objet extérieur dans l’œil. Des scientifiques comparent l’impression de cette image dans l’œil à celle qui est produite dans un appareil photo. Sans l’impression de l’image de l’objet en notre œil, nous ne pourrions pas voir. Il en est ainsi pour «la vision» d’une réalité spirituelle, le «voyant» a besoin d’une image. C’est ce que veut signifier le Cardinal Ratzinger en parlant de «vision imaginative» = vision grâce à une image qui permet au voyant de voir une réalité spirituelle. Cette image «a certainement pour le voyant, écrit le Cardinal Ratzinger, une force de présence, laquelle équivaut pour lui à la manifestation externe sensible». Pour le voyant, affirme le Cardinal Ratzinger, la perception intérieure, ou vision imaginative, est donc pratiquement identique à la perception visuelle d’un objet extérieur.

Le Cardinal Ratzinger précise encore afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté :

«Voir intérieurement ne signifie pas qu’il s’agit de fantaisies, ce qui serait seulement une expression de l’imagination subjective. Cela signifie plutôt que l’âme est effleurée par la touche de quelque chose de réel, même si c’est suprasensible, et qu’elle est rendue capable de voir le non-sensible, le non-visible par les sens – une vision avec les « sens internes ». Il s’agit de vrais « objets » qui touchent l’âme, bien qu’ils n’appartiennent pas à notre monde sensible habituel… Ce sont les enfants qui sont les destinataires privilégiés de telles apparitions: l’âme est encore peu altérée, sa capacité intérieure de perception est encore peu détériorée ».

Cette précision du Cardinal Ratzinger est très importante pour affirmer le réalisme de la vision imaginative de l’Enfer par les enfants de Fatima. Le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, connaissant les graves erreurs – pour ne pas dire hérésies ! – au sujet de l’Enfer, précisait encore: «Les images que les enfants de Fatima ont décrites ne sont pas une simple expression de leur fantaisie, mais le fruit d’une réelle perception d’origine supérieure et intérieure». Cette affirmation confirme l’origine de l’image qui a permis aux enfants de « voir l’Enfer » : non l’imaginaire mais une intervention « supérieure » (ange ou Dieu).

Le Cardinal Ratzinger a ensuite cherché à expliquer en quoi la vision de l’Enfer peut être dite « symbolique » :

«elles (les images) ne sont pas non plus à envisager comme si, pour un instant, le voile de l’au-delà avait été enlevé et que le ciel apparaissait dans ce qu’il a de purement essentiel, de la manière dont nous espérons le voir un jour dans l’union définitive avec Dieu. Les images sont plutôt, pour ainsi dire, une synthèse de l’impulsion qui provient d’En Haut et des possibilités de ce fait disponibles du sujet qui perçoit, en l’occurrence des enfants. C’est pour cela que le langage imaginatif de ces visions est un langage symbolique».

Le commentaire du Cardinal Ratzinger est complexe et difficile, mais on ne peut absolument pas l’interpréter comme si le langage symbolique de la vision de l’Enfer montrait la monstruosité du mal, les enfers présents dans l’histoire, représentés par les guerres et les victimes innocentes (cf. déclaration de l’évêque de Leiria). Le symbolisme de la vision de l’Enfer concerne la réalité spirituelle de l’Enfer, lui-même, lieu de damnation éternelle où sont les démons et les damnés et non le Mal qui serait dans le monde et les enfers que seraient les guerres et les actes terroristes.

La Vierge Marie, le 13 juillet 1917, avait donné la vraie interprétation de la vision imaginative de l’Enfer : «Vous avez vu l’Enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs». Le Cardinal Ratzinger, dans son commentaire théologique, a interprété fidèlement la vision de l’Enfer, en cohérence avec les paroles de la Vierge Marie : les enfants ont bien vu l’Enfer, mais ils n’ont pas pu le voir comme il est en réalité, ils l’ont vu à travers les images symboliques qui leur ont été communiquées d’En-Haut. Les démons ne sont pas des animaux, c’est évident, les âmes des damnés ne sont pas des braises, mais ces images, qui ont été imprimées en eux, symbolisaient des réalités spirituelles bien réelles ! L’Enfer existe, les démons existent, les damnés existent ! Paul VI fit cette confidence au Cardinal Jacques Martin : « Il y a deux lacunes dans ce Credo (du Peuple de Dieu): l’existence du diable et l’existence de l’enfer » (Cf. « Mes six Papes. Mame 1993. Page 141). Ce Bienheureux Pape était conscient de la gravité de la crise doctrinale et de la grande hérésie de notre temps : l’Enfer n’existe pas ou, s’il existe, il n’y a personne dedans !"

Posté le 9 juillet 2017 à 09h18 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2017

"Si Le Monde Savait"

Court-métrage de Natalie Saracco (auteur d'un ouvrage écrit suite à sa conversion):

Posté le 27 juin 2017 à 10h58 par Michel Janva | Lien permanent

21 juin 2017

Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres : neuvaine-pèlerinage de la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney

Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney propose une adoration eucharistique pour consoler le Cœur Sacerdotal de Jésus des outrages eucharistiques et des fautes sacerdotales.
A saint Joseph de Pont-du-Las entrée sur la gauche, de 20h à 22h jeudi 22 juin.
Les Adorations sont dirigées par l'abbé Lambilliotte, aumônier nommé par monseigneur Rey.
 
L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney vous fait part également de l'annonce ci-dessous :
 
Une neuvaine-pèlerinage de la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, patron de tous les curés de l'univers et des prêtres de France, aura lieu dans notre diocèse pour supplier le Ciel de nous accorder de nombreuses et saintes vocations.

du 6 au 15 novembre 2017
 
Ce pèlerinage est organisé par l'alliance Saint Jean-Marie Vianney. De plus amples informations vous seront communiquées en temps voulu.
 
 (Tél. secrétariat : 06.59.64.68.47 Mail : jeune.permanent@gmail.com

Posté le 21 juin 2017 à 12h42 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 juin 2017

“Amoris laetitia” : quatre cardinaux publient une lettre au pape François, faute d'avoir obtenu une audience

Les quatre cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner, viennent de rendre publique la lettre qu’ils ont adressée au pape François le 25 avril pour lui demander –  en vain –  une audience privée en vue de parler de la « confusion et de la désorientation » au sein de l’Eglise après la publication, il y a un an, de l’exhortation Amoris laetitia. Dans cette lettre, ils rappellent les cinq questions posées publiquement l’an dernier, demandant si l'exhortation est conforme à l’enseignement pérenne de l’Eglise. La lettre porte la signature du cardinal Carlo Caffarra, s'exprimant en son propre nom et au nom des trois autres signataires des « Dubia ». Les cinq questions posées pouvaient recevoir une réponse simple par oui ou par non ; à ce jour,  le pape n’a pas voulu donner une telle réponse alors que les questions correspondent aux ambiguïtés relevées dans son exhortation et que plusieurs conférences épiscopales  ont publié des documents d'application de celle-ci  qui vont dans un sens évidemment hétérodoxe.

Voici, pour rappel, le résumé des cinq questions que l’on trouvera in extenso ici :

  1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ?
  2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ?
  3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ?
  4. Un acte intrinsèquement mauvais peut-il devenir  un acte « subjectivement bon » en raison des « circonstances » ou des « intentions » ? Peut-on agir de manière contraire aux « normes morales absolues » connues «  qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais » en se fondant sur la « conscience » ?

En l’absence de réponse du Saint-Père, les quatre cardinaux ont « respectueusement et humblement » demandé une audience par lettre du 25 avril ; c’est l'absence de réponse qui justifie la publication de celle-ci. On trouvera sur le blog de Sandro Magister le texte italien de la lettre. En voici le texte complet (traduction de Jeanne Smits) :

"Très Saint-Père,

C’est avec une certaine trépidation je m'adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu'entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l'église de Dieu, qu'Il a acquise par son sang ».

Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,

Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s'agit pas seulement de l'accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

Carlo Card. Caffarra

Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste"

Thibaud Collin explique à L'Homme Nouveau :

"La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l'exhortation affirment qu'il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l'on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C'est par exemple l'interprétation de l'Institut Jean-Paul II. Pour d'autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d'adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l'encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu'une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l'encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur. S'il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s'opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu'il porterait davantage sur les modalités de l'accueil et de l'accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu'Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c'est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d'autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d'âmes peut-il laisser dans l'incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l'incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d'un auteur n'est-elle pas de s'assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd'hui plus que jamais, être capables d'exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruits se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n'est pas la simple manifestation d'un malaise et d'une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l'Eglise. »

On peut s'inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l'encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmée dans la critique d'Humanae vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l'encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd'hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l'Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l'Eglise. La pression du monde est si forte pour que l'Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l'individualisme libéral ! Au nom d'un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l'appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?"

Posté le 20 juin 2017 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent

19 juin 2017

20 juin à Béziers : l'Eglise aime les femmes

Capture d’écran 2017-06-19 à 19.45.54

Posté le 19 juin 2017 à 20h46 par Michel Janva | Lien permanent

14 juin 2017

Le diable agite l'Eglise

Le père Sante Babolin, professeur de philosophie à la retraite de la prestigieuse université jésuite la Grégorienne, a réagi publiquement contre les propos du supérieur général des Jésuites, qui estime que «Satan» n'est qu'un symbole. Il déclare au Figaro :

"Je suis un prêtre catholique et professeur émérite de l'Université pontificale grégorienne de Rome, où j'ai enseigné la philosophie pendant trente-trois ans. Mon évêque m'a confié la responsabilité d'accomplir le rite de l'exorcisme majeur. Depuis 2006, j'ai ainsi célébré 2300 rites d'exorcisme. C'est donc sur la base de cette expérience concrète que j'ai réagi.

Le diable existerait donc?

Pour tout vous dire, quand l'évêque m'a confié ce ministère, je ne croyais pas possible qu'un baptisé puisse être possédé par le démon… Mais j'ai dû me rendre à l'évidence! Les actions du diable sur l'homme peuvent être ordinaires: ce sont les tentations. Ou extraordinaires: ce sont les vexations, les obsessions et les possessions. La discipline de l'Église réserve l'exorcisme aux seules personnes possédées. Et avant d'exorciser une personne, nous demandons systématiquement une visite psychiatrique.

En quoi le père Arturo Sosa a-t-il tort, selon vous?

Le démon est diable, du grec diabolos, le «diviseur». Et non symbole, du grec simbolos, l'«unificateur». Le titre de symbole revient précisément à Jésus de Nazareth, en tant qu'il a uni l'humanité avec la divinité et la nature humaine avec la nature divine, dans la personne divine du Verbe de Dieu.

Que dit l'Église sur la question du diable?

Le pape Paul VI a donné une remarquable synthèse sur ce thème en 1972: «Nous trouvons, a-t-il dit, le mal dans le règne de la nature où beaucoup de ses manifestations mettent en évidence un désordre. Nous trouvons le mal dans les désordres humains où nous rencontrons la faiblesse, la fragilité, la douleur, la mort et quelque chose de pire: une double loi contradictoire, une loi voudrait le bien, l'autre loi se tourne vers le mal. Ce tourment, saint Paul l'explique pour démontrer à la fois la nécessité mais aussi la chance de la grâce salvatrice du salut apporté par le Christ… Ensuite nous trouvons aussi le péché, la perversion de la liberté humaine, cause profonde de la mort parce que détaché de Dieu qui est source de la vie. Et puis, parfois, nous trouvons un agent ennemi et obscur, le démon qui intervient en nous et dans notre monde. Le mal n'est plus alors seulement une déficience mais une efficience, un être vif, spirituel, perverti et pervertissant. Une terrible réalité. Mystérieuse et à craindre.»

Des théologiens catholiques estiment toutefois que le thème du diable est dépassé…

Moi aussi, j'étais de cet avis! Mais j'ai dû me rendre à l'évidence, non par le débat d'idées mais par cette expérience concrète et empirique d'exorciste. «Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent :« Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas»

Beaucoup de croyants et de non-croyants ne comprennent pas pourquoi un Dieu bon permettrait le mal…

Dieu nous a créés capables de répondre à l'amour par l'amour. Mais sans liberté, il n'est pas possible d'aimer. Les démons ont aussi été créés bons, mais libres également. Ils sont devenus mauvais par leur choix libre. Dieu ne peut rien faire pour eux parce qu'ils sont métaphysiquement obstinés dans le mal. Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent: «Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas.»

Pourquoi le pape François, jésuite, parle-t-il autant du diable?

Le pape François s'inscrit dans la tradition de l'Église. Quand il a inauguré une nouvelle statue dédiée à saint Michel Archange au Vatican, en 2013, il a dit: «Michel lutte pour rétablir la justice divine et défendre le peuple de Dieu de ses ennemis, et surtout de l'ennemi par excellence, le diable. Saint Michel gagne parce que Dieu agit en lui. Cette sculpture rappelle que le mal est vaincu parce que le salut est accompli une seule fois et pour toujours dans le sang du Christ. (…) En consacrant l'État de la cité du Vatican à saint Michel Archange, nous lui demandons qu'il nous défende du Malin et qu'il le jette dehors.»

Il semble que l'on ne croie plus, ou peu, au diable dans l'Église catholique…

Paul VI demandait: «Il y a des signes de la présence de l'action diabolique, mais quels sont-ils? Et quels sont les moyens de se défendre contre des périls aussi insidieux?» La réponse à la première question demande beaucoup de précautions, même si les signes du Malin semblent parfois se faire évidents… Mais tout l'enjeu est de répondre à la seconde question: tout ce qui nous protège du péché, de façon décisive, c'est la grâce de Dieu. Elle nous fortifie contre l'ennemi invisible."

I-Moyenne-24077-judas-est-il-en-enfer-reponse-a-hans-urs-von-balthasar-une-supplique-au-pape.netEn ce centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, où elle a montré l'Enfer aux trois enfants, lire aussi l'ouvrage de l'abbé Guy Pagès "Judas est-il en Enfer ?". Il est persuadé que si la Vierge est venu nous montrer l'Enfer, c'est parce que le rappel de ce dogme allait nous être nécessaire. Et en effet, la pensée de l'Enfer est aujourd'hui aussi absente de l'univers mental des chrétiens que ce qu'elle est présente en celui des musulmans. Y aurait-il dans la disproportion de ce rapport la raison de l'affaiblissement de la Foi en Occident et de l'invasion de celui-ci par l'islam ? L'abbé Pagès nous invite avec une impressionnante liberté et lucidité à revisiter ce dogme et à partager sa conviction aussi tragique que remplie d'espérance : Si les gens savaient qu'ils vont en Enfer, ils changeraient de vie.   

Posté le 14 juin 2017 à 21h00 par Michel Janva | Lien permanent

11 juin 2017

Jésus est avec nous chaque jour, jusqu’au dernier, jusqu’à la consommation des siècles

Homélie de Dom Courau, père abbé de Notre-Dame de Triors, en la solennité de la Très Sainte Trinité :

"Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

Nous venons d’entendre la conclusion de l’évangile selon S. Mathieu, avec son dernier mot si consolant, à savoir que Jésus est avec nous chaque jour, jusqu’au dernier, jusqu’à la consommation des siècles, jusqu’à la fin du monde (28,18-20). Cette présence encourage la mission de l’Église d’évangéliser le monde, quelques soient les avatars éventuels que lui réservel’actualité : elle a vocation, malgré tout ce qui tente de s’opposer à sa liberté, de baptiser chaque fils d’homme et de lui apprendre à vivre en conformité avec l’enseignement de Jésus. Tout est dit ainsi de ce qui se passe dans l’histoire depuis 2000 ans, tout est ramassé en ces trois versets.

Bien sûr, l’actualité est souvent déprimante, l’Église sainte et universelle en a pris l’habitude, elle ne craint plus les phobies sur l’avenir, et les menaces quotidiennes. Mais celles-ci entravent l’exercice de la foi chez les petites âmes : elle fait penser au grand nombre qu’on ne vit qu’à demi, comme si le Maître divin qui nous donne l’existence ne nous la donnait qu’à regret et y tolérait des chagrins indignes de sa Bonté souveraine. Une foi insuffisante ne sera jamais à la hauteur de la vie morale, n’acceptant la Grande Pensée du Bon Dieu qu’avec réticence. Elle s’arrête alors en chemin, bloquée par ce pauvre ressenti immédiat, prompt à l’illusion qui fait de celui-ci comme un unique nécessaire.

Les Anciens étaient plus simples dans leur foi, et donc plus entiers dans leur adhésion au plan de Dieu. À nous mettre à leur école nous plonge dans le Cœur de l’Église où l’on n’a pas peur, car Jésus a vaincu le Mauvais.Un Père grec lit notre évangile avec simplicité et justesse : Ne dites pas que les commandements que je vous fais ici sont difficiles, car je suis avec vous, moi qui rend toutes choses légères (S. Jean Chrysostome, Hom. in Mt., 90). L’objection perdure pourtant : Seigneur, vous nous dites cela, mais vous êtes parti au ciel, nous laissant à nos difficultés : où donc est votre Présence promise ? Bède le Vénérable se posait déjà la question : Comment le Sauveur a-t-il pu dire : Voici que je suis avec vous, alors qu’il dit dans un autre endroit qu’il s’en va vers Celui qui l’a envoyé ? C’est, se répond-il en substance, que les choses divines ont d’autres lois que les choses humaines. Oui, le Sauveur va vers son Père avec son humanité ; ilreste pourtant, concrètement, efficacement, avec ses disciples en cette nature divine par laquelle il n’a jamais cessé d’être l’égal de son Père. Quand il dit, ‘jusqu’à la consommation des siècles’, il use d’une expression finie, pour signifier l’infini, car il est évident que celui qui reste dans le siècle présent avec les élus pour les protéger, demeurera éternellement avec eux après la fin du monde, pour les récompenser. S. Jérôme voit en la promesse du Seigneur d’être avec ses disciples jusqu’à la fin, l’affirmation qu’ils vivront toujours, et que le Seigneur n’abandonnera jamais ceux qui croiront en lui. En montant au ciel, Il n’abandonne pas ceux qu’il a adoptés, dit de son côté S. Léon (Sermon de Pâques), au contraire, Il les fortifie en leur inspirant la patience sur terre, tout en les appelant à la gloire.

Les Pères rejoignent donc ainsi le cri confiant de la petite Thérèse de Lisieux qu’elle reçut de ses pieuses lectures (Arminjon) : à la fin, après nos petits efforts, Jésus nous dira : voilà, à mon tour ! Oui, tout homme appartient à Dieu et est sous la gouverne de sa Providence : a fortiori celui que le saint baptême a consacré au Père, au Fils et au Saint-Esprit. C’est là que s’enracine notre joie de conformer notre vie à la volonté divine : car notre liberté nous fait appartenir alors tout entier à Dieu. À Fatima la Sainte Mère de Dieu est venue il y a cent ans pour rendre l’humanité à Dieu en l’arrachant à ses démons qui lui font la vie sur terre si tragiquement difficile. L’ange qui prépara les trois enfants à son audience leur a appris à se courber devant la Très Sainte Trinité pour l’adorer et lui offrir la Présence Eucharistique, Présence jusqu’au dernier jour, et avec les enfants, offrons cette Présence en réparation pour les négligences et les profanations dont elle est elle-même l’objet : nous reconnaissons alors que Jésus est avec nous jusqu’à la consommation des siècles. Sans être théologienne, Sœur Lucie tirait de l’orange qui est bien une avec sa peau, sa pulpe et ses pépins une humble image du grand mystère de ce jour : dans une seule unité, l’orange, nous avons trois choses distinctes et qui ont différents buts… Alors pourquoi nous étonner qu'en un seul Dieu il y ait trois personnes distinctes : le Père, le Fils et l'Esprit Saint ? (Mémoires de Lucie).

Peu d’années avant Fatima, une carmélite de Dijon vivait intensément la vocation inscrite en son nom, Élisabeth de la Trinité : O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité ! Demain sera béatifié à La Spezia Itala Mela qui a vécu intensément de ce mystère ineffable dans les décennies qui ont suivi Fatima. Cet oblat bénédictin de S. Paul Hors-les-Murs a pourtant vécu loin de la foi avant 1917. Il devînt même farouche athée lors de la mort de son jeune frère après une maladie crucifiante. Néanmoins la dévotion à la Trinité le transforma totalement, plus précisément l’habitation de Dieu en son âme, ce mystère essentiel et fascinant de notre foi, disait-il, mystère mis en valeur à Fatima et solennisé en ce jour. Ses notes spirituelles nous encouragent maintenant : Vivre l'inhabitation c’est vivre son baptême : ce serait une grave erreur de voir là une ‘dévotion particulière’. Il s’agit pour tous de vivre la grâce que le baptême donne, pour pénétrer dans la réalité divine promise par Jésus : Nous viendrons et nous ferons en lui notre demeure (Ms. 4,52). Je n'oublierai jamais, écrit-il encore, que notre âme est la maison de la Sainte Trinité. Elle est là comme en un nouveau ciel. Bien souvent, nous cherchons à nous unir à Dieu par des moyens compliqués, sans nous rendre assez compte que par l’état de grâce l’invité divin est déjà là. En nous recueillant un instant en nous-mêmes dans les activités de la journée, nous sommes en contact avec l’auguste Trinité, qui daigne alors sanctifier nos cœurs, et bien vite nous découvrir ses trésors infinis (Ms 33, 219, 125 en L.).

S. Louis Marie, le Père de Montfort entraînait les âmes dans ses cantiques : Il a pris pour son temple / Et mon corps et mon cœur / C’est là que Sa grandeur / Nuit et jour se contemple. Mieux encore que tous les saints, Notre Dame ne cesse de nous encourager à cet acte de foi simple, Salve Regina, spes nostra salve, ostende nobis Jesum, amen.

Posté le 11 juin 2017 à 16h09 par Michel Janva | Lien permanent

03 juin 2017

L'Enfer existe et il n'est pas vide

Posté le 3 juin 2017 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2017

Apparitions de Notre Dame à Fatima : rappel des faits

Entretien avec l'abbé Alexis Garnier, aumônier général du pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 21 mai 2017 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.

De l'abbé Garnier, aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté :

Abbe-garnier"Lorsque la France tremblait devant l'invasion prussienne, et que s'effondrait le régime de Napoléon III, des âmes inquiètes venaient interroger la petite Bernadette, cherchant auprès de la « saintoune » une lumière au milieu de l'obscurité. Elle leur répondait paisiblement ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes».

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.

Paradoxe ? Jolie formule ? Non. C'est le prolongement dans la vie de l'Eglise et de nos âmes du Mystère de Jésus. Mais cette profondeur du mystère de bonté et d'iniquité nous étonne, nous déconcerte, nous effraie. Au bout des attentes messianiques, des enthousiasmes, des tentatives de couronnement terrestre, il y eut le retournement des foules, la couronne d'épines et la condamnation à mort. Au bout des enthousiasmes, des protestations de fidélité, il y eut les lâchetés et les abandons. Au bout des rayons de transfiguration, il y eut l'heure de la Puissance des ténèbres, l'obscurité dans l'âme de Jésus et dans les cieux à la sixième heure. Après le Thabor, il y eut Gethsemani et le Golgotha. « Ce que nous prenons pour la fin n'est que le commencement (1) ». Etait-ce la fin ? Non. Et l'âme de Jésus en croix, plongée en déréliction, chantait déjà en sa partie haute le salut accompli, l'Esperance affermie. Le prélude de la résurrection.

Quelle est donc la vraie hauteur de l'Espérance ?

L'espérance porte sur un bien, et sur le secours qui permet de l'obtenir. Le principal de l’espérance est la béatitude, Bien ultime, et la toute-puissance divine, la miséricorde divine secourable. L'Espérance est permise, ensuite, du côté des homme ou des créatures, des événements, des œuvres, des institutions. Parce que tout cela nous aide à rechercher les biens ordonnés à la béatitude (2). Donc la hauteur définitive de l’espérance est celle de Dieu. « In Te Domine speravi ».

Amis pèlerins, à quelle hauteur d'espérance vivons-nous ?

C'est la question de Jésus aux Apôtres abattus, aux lendemains de résurrection. C'est la question que nous posent les douloureux événements qui secouent la vie de l'Eglise, de nos pays, de nos familles, de nos communautés. Est-ce que notre espérance n'est pas à ce point tournée vers des biens temporels, des succès terrestres, que nous la voyons ensuite affaissée, effondrée avec l'échec ou la déconvenue à vue humaine ? Alors « l'espoir vaincu pleure (3) »... Et peut-être méritons-nous le sage conseil de la petite bigourdane ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes ».

Avec Notre Dame, à bonne hauteur d'espérance.

L'Espérance plantée en nos âmes et relevée...
C'est la grâce de Notre Dame !
C'est celle du pèlerinage !
C'est celle du temps pascal !
Etre affermis dans cette Espérance qui ne déçoit pas. « Spes non confundit (4) »

« In te Domine, speravi, non confundar in aeternum (5) »

L'Esperance est une toute petite fille, souriante et paisible, qui nous attend.
Elle nous attend !
… Au bout de nos attentes et de nos espoirs humains
… au bout de nos déceptions et de nos abattements d'âme.
Alors, chers amis pèlerins, soyez plus que jamais des porteurs, des éveilleurs de cette Espérance qui ne déçoit pas. Et pour cela, venez prier, marcher (pour ceux qui le peuvent), servir, offrir, aimer durant ces 3 jours de Pentecôte prochaine. Venez tremper vos âmes dans ce flot d'espérance vraie qui coule du Coeur ouvert du Seigneur, passant par les mains et le Coeur immaculé de Marie. Et vous serez plus forts pour les défis et les luttes de ce temps... Plus fort pour vous engager au service de l'Eglise, du pays, de la famille, de l'école, du scoutisme, … et de tant d'autres œuvres de résistance.

Dans cette attente, je vous assure de ma prière à toutes vos intentions.
« In Te Domine... En Vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance, je ne serai pas déçu pour l'éternité » !

Posté le 21 mai 2017 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

14 mai 2017

16 mai : conférence à Béziers sur la Sainte Vierge

Capture d’écran 2017-05-14 à 10.55.55

Posté le 14 mai 2017 à 20h52 par Michel Janva | Lien permanent

L'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec l'abbé Paul Giard, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 14 mai 2017 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

02 mai 2017

La Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz, vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 2 mai 2017 à 13h17 par Michel Janva | Lien permanent

23 avril 2017

La Virginité de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz, vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 23 avril 2017 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2017

La doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative

Dans L'Homme Nouveau, Philippe Maxence passe à la critique un dossier du quotidien La Croix :

Une-1637"Élection oblige, notre confrère La Croix s’est récemment souvenu qu’il existe une doctrine sociale de l’Église. Dans son numéro du 10 avril dernier, ce quotidien a voulu en rappeler les principes concernant la famille, l’Europe, l’immigration, l’emploi, la sécurité et le développement durable. Il n'est pas inintéressant de revenir sur quelques aspects évoqués dans ce numéro.

Une affaire d'opinion ?

À quoi sert cette doctrine sociale ? À lire le Père Henri Madelin, dans ce numéro de La Croix, la doctrine sociale de l’Église n’est là que pour aider à se construire une opinion. L’Église, qui a reçu du Christ la mission d’enseigner, est ainsi réduite à n’être qu’un organe de pression idéologique dans le grand débat démocratique. Une sorte de lobby, habillé seulement d'une antériorité et d'une expérience historique Il n’est nullement question ici de guider l’agir social et politique des catholiques pour qu’il régénère la société et la soumette au Christ-Roi.

De l’enseignement de Quas Primas et de la royauté sociale du Christ, rappelé dans le Catéchisme de l’Église catholique, il n’en est d’ailleurs nullement question. De la condamna­tion des grandes erreurs modernes (libéralisme, socialisme, etc.), quasiment pas davantage. Certains grands principes de cette doctrine de l’Église sont bien cités. C’est le cas notamment du « principe de subsidiarité », à propos de l’Europe. Alors que ce dossier de La Croix nous répète à l’envi que l’Église ne prend jamais position dans le débat politique, le jésuite Pierre de Charentenay souligne pourtant qu’elle « soutient sans réserve les deux piliers sur lesquels a été bâti l’édifice européen : la solidarité et la subsidiarité. » Oubliant (ou niant ?) au passage que le principe de subsidiarité dans sa version européiste répond à une logique inverse de celle de l’Église.

Évidemment, tout n’est pas faux dans cette présentation de la doctrine sociale de l’Église. Même à La Croix, on sent qu’une nouvelle génération – la fameuse génération Jean-Paul II – commence à prendre la relève. Elle n’hésite pas à rappeler l’opposition de l’Église à l’avortement et à l’euthanasie, souligne « le droit à ne pas émigrer » énoncé par Benoît XVI ou rappelle les critères de la guerre juste. Alors que manque-t-il ?

Un simple supplément d’âme ?

On ne reprochera pas au quotidien d’être incomplet. Impossible de ne pas l’être dans le cadre étroit d’un journal. Un quotidien n’est pas un traité. En revanche, il aurait été pertinent de rappeler que la doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative (« Elle est obligatoire ; nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi et les mœurs », Pie XII, 29 avril 1945) en ses principes mais qu’elle appartient dans son application au champ du jugement prudentiel. La Croix a préféré se placer dans le registre de l’opinion, critère propre à la démocratie moderne, issue des Lumières et de la négation de la vérité.

En outre, il aurait fallu souligner que cette doctrine sociale constitue un tout cohérent. Passer sous silence l’un de ses principes contribue à déséquilibrer l’ensemble et à fausser la vérité de ce qu’il contient. De la même façon, en ne la replaçant pas dans la perspective du règne du Christ et de la primauté du bien commun, on court le risque de la transformer en simple supplément d’âme d’un système profondément anti-chrétien et de ce fait anti-humain. Les catholiques ont-ils pour éternelle vocation de servir de bataillon d’appoint à un monde creux et vide ? Là aussi, il serait bon que, à l’imitation des Pèlerins d’Emmaüs, nos yeux s’ouvrent, en reconnaissant la souveraineté sans limite, ni politique ni sociale, du Christ ressuscité. La période est peut-être propice à un examen de conscience de ce côté-là ?"

Posté le 21 avril 2017 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2017

Comment trouver la paix intérieure ?

ImageAller jusqu’au lieu profond de notre cœur pour y trouver Dieu et demeurer dans la paix. Tel est l’objectif de ce livre qui connut un immense succès et qui aujourd’hui n’a pas perdu une ride. Quelles que soient les épreuves qui nous affectent, il y a un chemin pour avancer vers la lumière.

La recette proposée par le Père Ambroise de Lombez, appelé « le saint François de Sales du XVIIIème », est constituée d’ingrédients très nourrissants comme le souligne Mgr Nicolas Brouwet dans la préface : « Comment retrouver la paix de l’âme ? Comment laisser le Seigneur faire en nous son œuvre de paix ? La paix nécessaire au discernement, à la compréhension des mouvements qui nous agitent, à la clarification nécessaire au moment des décisions, à la définition de nos priorités, à la sérénité des relations, à la recherche de l’amour de Dieu dans les gestes les plus quotidiens ? Voilà ce qu’enseigne le Père Ambroise de Lombez dans ce Traité. »

Avec cet ouvrage, le lecteur se trouve en possession d’un trésor pour la route. Le Père de Lombez, remarquable accompagnateur d’âmes et ermite mort en odeur de sainteté, en nous arrimant aux fondamentaux de la vie spirituelle, offre à ceux qui en ont soif une formidable occasion de vivre dans la véritable paix intérieure. Les extraits qui suivent pourront donner envie de lire cet ouvrage si profond et magnifique.

La paix et la tentation

« Quels secours cette paix ne nous fournit-elle pas contre les tentations ! Dans cet état de recueillement, d’attention sur notre intérieur, de possession de nous-mêmes, rien ne se passe en nous que nous n’apercevions d’abord. Nous voyons la tentation dès sa naissance, lorsqu’elle est encore sans force, et qu’il est facile d’en arrêter les progrès. Notre force et notre salut sont dans le repos et dans le silence. »

La voie de la foi est celle de la paix

« Entrez courageusement dans la voie de la foi à mesure que Dieu vous y attire, et marchez-y à grands pas, sans jamais souhaiter d’en sortir. Que son obscurité soit votre lumière, et que sa fermeté soit votre appui. Ces épaisses ténèbres vous feront horreur dans les commencements ; vous serez dans des inquiétudes continuelles ; vous souhaiterez de voir et de toucher, comme saint Thomas ; mais si vous êtes fidèle à calmer vos inquiétudes ; si, loin de demander des lumières, vous êtes content de voir toujours moins ; si vous fermez les yeux aux fausses lueurs de l’imagination, que vous seriez tenté de préférer aux plus utiles ténèbres ; si vous avancez toujours dans cette obscure carrière, où rien ne réjouit votre vue, et où rien ne console votre coeur, que l’accomplissement de la volonté de Dieu et l’espérance en ses miséricordes ; une paix intime et solide sera le fruit de votre travail et de votre patience. »

Se sentir bien en priant ?

« Il faut se comporter à l’égard de la dévotion et de la ferveur sensible, comme à l’égard de la paix ; la désirer sans empressement, la demander sans inquiétude, la posséder sans attachement, la perdre sans alarme, ne pas la regarder avec indifférence, puisque c’est un frein pour nos passions, un délassement pour notre faiblesse, un assaisonnement pour la nourriture de notre âme ; ne point perdre courage quand elle est ôtée, puisque la grâce du Seigneur est notre invisible appui, et l’accomplissement de sa volonté notre aliment, et puisque Dieu veut tenir lieu de tout à ceux qui ne tiennent qu’à lui. Il faut conserver précieusement la ferveur intime et solide des résolutions, mais ne pas s’occuper beaucoup de la ferveur variable des sentiments ; la cultiver quand Dieu la donne sans y trop réfléchir ; s’en passer quand il l’ôte, sans trop la regretter ; ne pas la perdre par sa faute, puisque c’est un vrai bien ; ne pas s’affliger jusqu’au trouble quand elle vient à manquer, de quelque manière que cela arrive, puisque ce serait un grand mal. Souhaitons le lait de la dévotion comme de jeunes enfants qui sentent combien il leur est utile ; mais souhaitons-le aussi comme des enfants déjà raisonnables qui savent s’en passer 2. Si cet aliment nous fait croître pour notre sanctification 1, l’attachement que nous y aurions ne retarderait pas peu ce grand ouvrage. »

Gardons courage !

« Vous perdez courage à la vue de vos rechutes malgré vos résolutions ; et moi j’espère beaucoup de vos résolutions, si vous les soutenez malgré vos rechutes ; et j’ose dire que le démon espère bien moins de celles-ci qu’il ne craint de celles-là, et que, s’il s’attache si fort à vous faire souvent retomber dans les mêmes fautes, c’est moins pour vous rendre criminel que pour vous rendre timide. C’est surtout à votre courage qu’il en veut. Il sera déconcerté si vous ne vous laissez point abattre, comme un ennemi fier, robuste et plusieurs fois vainqueur, est enfin intimidé de voir celui qu’il a souvent terrassé, se relever toujours, avec un nouveau courage, et revenir sur lui avec plus de feu. Ainsi, quand vous tomberiez plusieurs fois par jour dans les mêmes fautes, relevez-vous autant de fois avec le même courage, et ne craignez rien tant que de ne pas espérer assez. Eh ! pourquoi n’espéreriez-vous pas, puisque Dieu vous appelle encore ? Le désir que vous sentez d’aller à lui, dont lui seul peut être l’auteur, et qui serait encore plus vif si vous étiez moins timide, vous est garant de la volonté sincère où il est de vous sanctifier, malgré vos fautes et vos imperfections. »

Le livre s’achève sur une prière pour demander à Dieu la paix intérieure. En voici le début :

« Dieu tout-puissant, que rien ne peut empêcher de donner le calme à mon coeur ; Dieu tout bon, qui, avec fidélité à vos lois, ne nous demandez que le repos de nos âmes ; Dieu tout aimable, dont le règne en nous n’est qu’amour et que paix, formez vous-même dans mon âme ce silence que vous attendez pour vous communiquer à elle. »

Posté le 19 avril 2017 à 13h23 par Michel Janva | Lien permanent

16 avril 2017

Alleluia, alleluia Pascha nostrum immolátus est Christus

Resurrection

Posté le 16 avril 2017 à 08h11 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2017

Le peuple chrétien dans l'assistanat

I-Moyenne-10216-dieu-au-coeur-de-notre-famille.-des-outils-pour-l-intelligence-de-la-foi.aspxJean-Marie Élie Setbon, conférencier et formateur, se consacre à l’étude de la Bible. Il a raconté sa conversion du judaïsme au christianisme dans son livre De la kippa à la croix. Il Vient de publier Dieu au coeur de notre famille, Des outils pour l'intelligence de la foi. « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures ! » (Luc 24, 45). À notre époque, peut-être plus encore qu’il y a deux mille ans, il est urgent d’éduquer et nourrir notre intelligence à la compréhension des Écritures. Plus que jamais, un espace de dialogue sur des thèmes qui rejoignent l’être humain doit être ouvert, qui permette de réfléchir, de débattre, de discuter, d’échanger, de partager... dans le cadre familial, mais aussi au sein de la catéchèse, dans les aumôneries de collégiens, lycéens, étudiants, ou à l’université. Apprendre à argumenter sur la foi chrétienne en s’appuyant sur l’intelligence, tel est donc l’objet de cet ouvrage, avec comme finalité de se former pour être capable de transmettre à son tour ! Dans une réflexion dynamique, l’auteur nous propose une méthode singulière qui interroge, suscite l’intérêt et stimule le désir de comprendre, à partir d’une multitude de thématiques. Extrait :

"Je considère que le peuple chrétien est aujourd'hui dans l'assistanat. En effet, il prend des cours, va à des retraites, à l'église, au temple, il écoute des sermons, des homélies, mais il n'apprend plus à transmettre de lui-même à la maison. Sans vouloir jeter la pierre, à quel moment voit-on un papa, lorsqu'il rentre à la maison, prendre un petit livre de théologie ou la Bible pour l'expliquer à ses enfants ? Quel papa (ou maman) prépare parfois un petit enseignement, un petit dialogue à transmettre, lors du repas dominical par exemple, qui est le moment le plus convivial de la semaine, mais surtout le jour de la Résurrection du Christ ?"

Posté le 10 avril 2017 à 13h44 par Michel Janva | Lien permanent

07 avril 2017

Pèlerinage de Pentecôte 2017 : "Sainte Marie Mère de Dieu"

Ouverture des inscriptions le dimanche 9 avril.

Posté le 7 avril 2017 à 15h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

L'Immaculée Conception

Entretien avec l'abbé Paul Giard, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Par ailleurs, les inscriptions au 35e pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté seront ouvertes en ligne dès dimanche 9 avril.

Posté le 7 avril 2017 à 11h06 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2017

Les contradictions de la culture de mort

Les-mangeurs-de-cendresLe père Jean-François Thomas, jésuite, fils spirituel du cardinal Henri de Lubac, fut pendant quinze ans missionnaire à Manille où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Dans ce petit traité spirituel, Les Mangeurs de cendres, il a voulu écrire un guide pour éclairer la voie de tout homme de bonne volonté au moment où les ténèbres de la culture de mort envahissent toutes les sphères de nos sociétés. Pour l’auteur, l’Espérance est plus que jamais à portée d’âme : « là où le mal abonde, la grâce surabonde » et l’antidote trouve sa source dans les eaux du Baptême et sa nourriture dans la pratique des sacrements. Le père Jean-François Thomas dénonce notamment l’œuvre de destruction révolutionnaire:

"Notre époque extraordinaire est championne toutes catégories dans l'art de soutenir sans sourciller, avec le plus grand sérieux, les contradictions les plus évidentes et les plus criantes.

Le même homme soutiendra jusqu'à l'extrême l'éminente dignité des animaux et n'hésitera pas à nier la valeur de la vie humaine. Il dénoncera toute forme de racisme et de ségrégation et continuera à écraser "l'infâme" à la suite de Voltaire. Il s'élèvera contre toute forme de guerre et encouragera la violence sociale et urbaine. Il condamnera la peine de mort pour les criminels et militera pour l'avortement des innocents. Il se réclamera du retour à la nature et sera incapable de sacrifier quoi que ce soit de ses paradis artificiels. Il défendra bec et ongles ses racines tribales et culturelles et louera l'uniformité de la mondialisation. Et ceci, à l'infini. Point d'équilibre dans ce cas, point de dépassement vers le haut, mais au contraire l'instauration du chaos, de la discordance, du désordre, signes que l'Ennemi est à l'oeuvre car il se plaît à semer le trouble et la dissonance."

Posté le 3 avril 2017 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

30 mars 2017

Si l’accueil de l’autre fait partie de l’ADN du catholique, la fidélité et l’amour préférentiel de son pays fait également partie de cet ADN

Laurent Dandrieu est interrogé par Réinformation.tv :

Laurent Dandrieu : "Eglise et immigration, le grand malaise" from Reinformation.tv on Vimeo.

Posté le 30 mars 2017 à 14h11 par Michel Janva | Lien permanent

28 mars 2017

La loi morale nous condamnerait-elle à l’impossible ?

Thibaud Collin critique longuement le livre du Père Bordeyne, Recteur de l’Institut catholique de Paris, intitulé Divorcés remariés Ce qui change avec François (Salvator, 2017), dans lequel il justifie l’admission à la réconciliation sacramentelle et à la communion eucharistique des fidèles remariés ne respectant pas les conditions énoncées par saint Jean Paul II dans Familiaris consortioExtrait :

Capture d’écran 2017-03-27 à 21.46.25« […] « Certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l’originalité d’une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d’accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d’intrinsèquement mauvais. Ainsi s’instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument “pastorales”, contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique “créatrice”, d’après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier. »

La loi morale nous condamnerait-elle alors à l’impossible ? Dieu poserait-il sur nos frêles épaules un fardeau trop lourd à porter ? Et faut-il par bonté pastorale alléger ce fardeau et proportionner les normes morales ? L’indissolubilité et l’exclusivité du mariage ne seraient-elles pas des exigences idéales vers lesquelles il faudrait tendre mais qui dépasseraient les capacités concrètes de la plupart des fidèles conditionnés par l’esprit du monde et blessés par de nombreuses structures de péché ? De telles questions sont légitimes mais elles ne sont pas nouvelles. La vie chrétienne s’identifie-t-elle à ce moralisme exigeant de faire usage de son libre-arbitre pour croître dans le respect des commandements ? Comment ne pas voir qu’une telle approche fait l’impasse sur la puissance de la grâce divine offerte simultanément aux commandements ? Paradoxalement une certaine conception de la miséricorde n’est que le complément de cette attitude foncièrement pélagienne, autrement dit la (fausse) solution à un problème mal posé. Dieu donnant des commandements trop difficiles à observer, il fermerait les yeux sur nos manquements. Qui ne voit qu’une telle miséricorde se nomme en réalité tolérance ? La patience de Dieu n’est pas pusillanimité. Dieu veut le vrai bien de l’homme et il lui donne la grâce de l’accomplir. La vocation universelle à la sainteté, centre névralgique de Vatican II, n’est pas une option facultative réservée à quelques happy few ou à quelques maximalistes à tendance pharisaïque.

« On peut vaincre les tentations, dit saint Jean Paul II, et l’on peut éviter les péchés, parce que, avec les commandements, le Seigneur nous donne la possibilité de les observer : “Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît lui-même toutes les œuvres des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne licence de pécher” (Si 15, 19-20). […] »

Posté le 28 mars 2017 à 14h53 par Michel Janva | Lien permanent

26 mars 2017

Les visions de Maria Valtorta

Addendum : Mise en garde du cardinal Ratzinger en 1985.

Posté le 26 mars 2017 à 11h24 par Michel Janva | Lien permanent

De l'existence de Dieu et raisons de croire

Posté le 26 mars 2017 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

23 mars 2017

6 avril : conférence à Clermont-Ferrand sur la confession des enfants

Capture d’écran 2017-03-22 à 19.37.11

Posté le 23 mars 2017 à 17h36 par Michel Janva | Lien permanent

16 mars 2017

Ils veulent administrer les sacrements sur la base d’une acception erronée de la notion de miséricorde

Fils du philosophe catholique allemand Robert Spaemann, le docteur Christian Spaemann a réagi à la récente décision de la Conférence des évêques allemands d'élargir la possibilité de recevoir les sacrements aux fidèles se trouvant dans une situation irrégulière. Extrait de la traduction publiée sur L'Homme Nouveau :

Capture d’écran 2017-03-16 à 08.20.15"[...] Le communiqué des évêques allemands selon lequel « il faut faire appel au plus haut degré de conscience de toutes les personnes impliquées » pour pouvoir prendre une décision concernant la réception des sacrements dans des situations irrégulières, le discours des défenseurs de la nouvelle notion de miséricorde à l’égard des « situations complexes », et la déclaration selon laquelle il n’y aurait pas de « solution simple » semblent être des affirmations destinées à se protéger dans la nébulisation de situations simples en soi. Pourquoi serait-il compliqué pour les personnes concernées de déterminer s’il faut vivre dans la continence ou non ? De même, la question de savoir si un mariage sacramentel était valide ou non peut certainement être clarifiée avec un canoniste expérimenté sans qu’il soit nécessaire de trop solliciter la conscience. Dans l’une de ses dernières interviews, le sage Konrad Adenauer, interrogé à propos de son penchant pour la simplification, avait répondu qu’il fallait étudier les choses avec une profondeur telle qu’elles deviennent simples. Selon lui, si on se contente de rester à la surface des choses, elles ne sont pas simples, mais si on les approfondit, on voit alors la réalité, laquelle est toujours simple.

Ceux qui veulent assouplir la discipline catholique des sacrements ne peuvent pas, de ce point de vue, se fonder sur la miséricorde divine. Et ce n’est pas non plus favorable aux personnes concernées. Il est honteux de voir comment il est fait référence au journal de Sainte Sœur Faustine Kowalska dans ce domaine. C’est Jean-Paul II qui a reconnu l’importance de cet ouvrage et a canonisé cette religieuse si simple. J’ai moi-même étudié ce livre de manière approfondie il y a plusieurs années et n’y ai pas trouvé la plus petite trace d’encouragement à franchir la moindre limite en vertu de l’inestimable miséricorde divine. Au contraire, tant la lettre que l’esprit de cet ouvrage pointent dans une toute autre direction.

Tous les croyants qui vivent dans une situation irrégulière sur le plan de la sexualité, en particulier ceux qui sont des victimes, qui ont été blessés, délaissés, voire abusés et ont déjà tenté à maintes reprises de pratiquer la chasteté, c’est-à-dire tous ceux qui méritent particulièrement la compréhension de l’Église, sont invités à ne pas recourir aux nouvelles possibilités de recevoir les sacrements. En s’abstenant de communier, ils peuvent, à leur manière, rendre témoignage à la sainteté de Dieu et à ses commandements. Ils devraient ainsi être plus proches de Dieu que certains de ceux qui veulent administrer les sacrements sur la base d’une acception erronée de la notion de miséricorde."

Posté le 16 mars 2017 à 10h11 par Michel Janva | Lien permanent

05 mars 2017

Une théologie de qualité pour la joie de votre âme

Livre_abbe_lucienUn moine bénédictin recommande la série Théologie sacrée pour débutants et initiés, des livres publiés par l’abbé Bernard Lucien aux éditions Nuntiavit.

Déjà parus : 3 volumes d’initiation à la théologie catholique, pour la joie de notre âme :

  1. Qu’est-ce que la Théologie ?
  2. Révélation et Tradition
  3. Apologétique

Des lecteurs de ces livres témoignent. Un journaliste italien affirme :

« J’ai lu avec grande attention les volumes de l’Abbé Bernard Lucien, “Qu’est-ce que la Théologie ?” et “Révélation et Tradition” : ils sont un vrai remède pour l’âme ! Ils sont exemplaires, soit pour leur langage, accessible aussi pour les débutants, soit pour la méthode, absolument thomiste ».

Un prélat britannique déclare à propos des mêmes ouvrages :

« Je suis convaincu que ces livres offrent une synthèse dont nous avons grand besoin pour une introduction élémentaire à la théologie, qui pourrait être utilement consultée par les séminaristes et les prêtres, tout autant que par tous ceux qui entreprennent de sérieuses études de théologie. »

Une théologie pour la joie. Voilà une série de livres qui peut nous rendre joyeux, d’une joie qui n’est pas superficielle. Parce qu’elle nous fait connaître le message de Jésus avec une particulière qualité de profondeur, capable de mettre le feu dans notre âme, et qu’elle nous provoque à faire fructifier nos talents. Bref, au lieu du plaisir morbide du paresseux, nous trouvons la sainte délectation de la joie chrétienne. En effet, comme l’écrivait le futur Benoît XVI, la

« joie du Seigneur nous la trouvons lorsque nous avons le courage de nous laisser embraser par son message. Et lorsque nous l’avons trouvée, nous pouvons enflammer les autres, car nous sommes alors des serviteurs de la joie au sein d’un monde de mort (cf. 2 Cor 1, 24). ».

Un projet pour débutants ? Les outils pédagogiques foisonnent : un glossaire ; la présentation claire et méthodique de thèses ; des signaux, placés dans la marge, qui permettent de repérer du premier coup d’oeil les éléments fondamentaux, destinés à une première initiation, et les approfondissements (on verra, en effet, apparaître au long des pages un skieur, qui se laisse descendre sur la neige, pour attirer le débutant, ou un haltérophile, vers lequel se hâteront les lecteurs qui n’en sont pas à leurs premières armes). En somme, la série Théologie sacrée pour débutants et initiés accomplit ce tour de force de n’être pas réservée aux spécialistes : les débutants munis d’une culture minimale peuvent s’y nourrir sans difficulté. Que les jeunes ne se plaignent pas, toutefois, de l’abondante érudition, car les volumes d’une telle série doivent rester des livres de consultation pour la vie. 

Un projet très actuel. Que les jeunes, non plus, ne s’étonnent pas de l’ampleur que prend l’explication philosophique. N’est-ce pas là un moyen très puissant pour redonner vigueur à notre religion ? Écoutons à ce sujet le bx pape Paul VI. Aujourd’hui, s’interroge-t-il, qu’est-ce « qui vide de sa force (svigorisce l’energia) notre christianisme » (DC 1973, p. 107) ? Selon le souverain pontife, les « causes » de l’asthénie, « nous les trouverons principalement dans l’inconsistance de notre façon de penser, à laquelle manquent la force et la qualité de notre philosophia perennis, rationnelle sûre et normale. On l’a remplacée ou débilitée par certaines formes de pensée devenues à la mode. » (PAUL VI, DC 1973, p. 107). « L’homme moderne » auquel il faut porter remède est « enfermé dans sa propre mentalité, qui est toute tournée vers la connaissance phénoménologique des choses, et n’est plus éduquée à l’intelligence métaphysique de la Vérité, à la perception profonde de la Parole de Dieu » ; ses déviations prennent notamment « les formes imparfaites et caduques du nominalisme, du pragmatisme ou du sentimentalisme» (PAUL VI discours à la CTI, DC 1972, p. 973). Le mal ne semble guère s’atténuer au XXIe siècle, si l’on en croit le tableau brossé par saint Jean-Paul II en 2003 : en Europe, se sont « largement développés le nihilisme en philosophie, le relativisme en gnoséologie et en morale, et le pragmatisme, voire un hédonisme cynique, dans la manière d’aborder la vie quotidienne » (Ecclesia in Europa 9).

L’auteur : l’abbé Lucien. Son rayonnement international. L’abbé Bernard Lucien ne cherche pas la réclame. Ses moyens matériels (financement, diffusion) restent limités. Malgré tout il n’est pas inconnu au Saint-Siège, puisqu’un de ses anciens articles (montrant l’infaillibilité de la lettre Ordinatio sacerdotalis, de 1995, sur l’ordination sacerdotale réservée aux hommes) est disponible depuis longtemps sur le site de la Congrégation du Clergé, pour des lecteurs venus de tous les continents. En 2012, son grand article sur le Concile Vatican II (cliquer ici pour lire la présentation faite par la revue Sedes sapientiae) a bénéficié d’une audience sans doute plus large encore : chaude approbation et diffusion encouragée de divers côtés. Relevons des réactions très favorables à Rome et dans le monde francophone, parmi un groupe de prélats et d’évêques, auquel est venu se joindre un cardinal. Les écrits de l’abbé Lucien sont lus non seulement en France et en Italie, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en Suisse, en Espagne et même en Pologne (et, d’ailleurs, sans doute bien au delà).

En savoir plus sur l’auteur : quel homme se cache derrière le professeur ? Né en 1952, l’abbé Bernard Lucien achevait sa première année à l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne lorsqu’il répondit à l’appel du Seigneur vers le sacerdoce. Ordonné prêtre en 1978 à Ecône (Suisse), il se consacre pendant treize ans à l’apostolat et à l’étude doctrinale des problèmes soulevés par la crise de l’Église. En 1992, il peut régulariser dans la vérité sa situation canonique avec Rome. Depuis lors il dispense son enseignement dans diverses maisons de formation sacerdotales attachées à la pleine communion visible avec le pape ainsi qu’à la liturgie traditionnelle. Il travaille aussi à la formation des laïcs. L’abbé Lucien est prêtre de l’archidiocèse de Vaduz (Liechtenstein). Ses activités l’ont amené à étudier l’ensemble de la doctrine philosophique et théologique, dogmatique et morale, sans oublier — c’est essentiel pour ce prêtre qui n’a de cesse de souligner les rapports étroits que doivent entretenir la pensée et la vie humaines — ses répercussions spirituelles (par exemple, à travers les enseignements de la Bhse Élisabeth de la Trinité).

L’abbé Lucien n’a que 27 ans lorsqu’il dirige une revue de sciences religieuses à laquelle il apporte de multiples contributions substantielles. Dès les débuts de sa carrière et jusqu’à maintenant, il privilégie les questions fondamentales et décisives, en des domaines très variés : la vie même de la foi et le rôle qu’y joue le magistère de l’Église, les rapports entre la nature et la grâce (situation de l’ordre surnaturel), mais aussi la nature sacrificielle du sacrement de l’Eucharistie, et la place de la vraie religion dans la société (sa position sur la liberté religieuse a retenu l’attention d’un spécialiste de morale, mis au courant à l’occasion d’une intervention de l’auteur sur internet). Son érudition est vaste, comme le montrent les bibliographies internationales de ses ouvrages, mais… elle n’est jamais gratuite ! Au contraire, c’est à bon escient qu’elle se déploie, non par souci livresque d’exhaustivité, mais lorsqu’elle peut fournir un appoint déterminant. Sa pédagogie, qui ne dédaigne pas les ressources de l’informatique, celles d’une mise en page soignée, ou d’un précieux lexique des mots techniques, consiste avant tout en une remarquable précision (qui fait la chasse aux obscurités, pour mieux mettre en valeur la place du mystère et de l’adoration), mais aussi en l’art consommé de faire ressortir les lignes maîtresses. Jamais son lecteur ne sera enfoui sous une accumulation hétéroclite. Mais il découvrira progressivement les principes qui donnent leurs assises à un édifice. Il bénéficiera de trésors accumulés dans les ouvrages latins de la théologie classique, rendus facilement accessibles par une traduction française de l’abbé Lucien, et approfondis par ses soins en raison des exigences de la matière ou des objections contemporaines auxquelles il apprendra ainsi à faire face.

Ce lecteur en sortira solidement instruit, parce qu’intérieurement construit. Une aventure à ne pas manquer !

Achevons sur un registre plus modeste, avec quelques détails concernant l’abbé Lucien, qui ne présentent rien de très exceptionnel, mais qui permettent de caractériser davantage sa manière. Le scoutisme, école d’équilibre et de réalisme, a pris une part importante dans l’éducation qu’il a reçue puis donnée. Familier des hautes réalités divines et intellectuelles par sa vie de prières et d’études, il garde également les deux pieds sur terre et ne méprise pas les très humbles travaux manuels. Il s’efforce de ne pas se prendre au sérieux, de toujours garder une note d’humour. Lui qui se détend volontiers au moyen de saines bandes dessinées, on le verra citer avec à propos telle anecdote pleine de drôlerie, tirée d’Alice au pays des merveilles, au moment où il disserte avec profondeur sur l’analyse d’un texte magistériel. Bref, rien du professeur enfermé dans une tour d’ivoire ! A vous aussi, il peut être donné de recevoir les enseignements de l’abbé Lucien, à domicile.

Posté le 5 mars 2017 à 08h33 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2017

Dieu créateur du mal?

Lu sur Réponses catholiques :

"Si je pense que le mal a été créé par Dieu, par incapacité à faire autrement ou par choix, suis je chrétien?

Nous ne sommes pas là pour juger les personnes et dire qui est chrétien ou non, à partir du moment où la personne est baptisée. Nous nous efforçons en revanche de répondre aux questions des lecteurs en fonction de notre compréhension de l’Ecriture, de l’Enseignement de l’Eglise catholique et de la réflexion des théologiens.

Tout cela pour dire qu’effectivement, dans la foi chrétienne, Dieu n’est pas l’auteur du mal. Le chapitre 1 de la Genèse expose au contraire un Dieu qui crée un cosmos « bon », de la première créature (Gn 1, 4) à l’être humain, qui est même « très bon » (verset 31). En revanche, Il a créé l’homme libre et ce dernier a rapidement utilisé cette liberté pour commettre le mal (Gn 3). Un homme qui n’aurait pas la liberté de faire le mal ne serait pas vraiment libre et la liberté implique donc cette possibilité du mal.

On rétorquera que plusieurs textes de la Bible, surtout dans l’Ancien Testament, montrent Dieu faire des actes terribles. Quand on y regarde de près, ce sont soit des actes pour défendre Israël (ex : noyer l’armée égyptienne dans la Mer Rouge), soit une punition du pécheur (Samson faisant écrouler le temple de Dagon sur l’assemblée présente), soit, plus rarement, une mise à l’épreuve (Job).

Au fur et à mesure de l’évolution de la théologie, dans la Bible puis dans la Tradition chrétienne, on présente davantage le mal comme un enchaînement du péché que Dieu laisse éventuellement commettre. La pointe est qu’Il permet à la vie de traverser tout mal et qu’Il prend la défense du faible, même si c’est après coup. Cela s’applique à lui-même puisque le Christ meurt du mal déchainé contre lui. Mais Il le traverse et la vie en triomphe après-coup. Il ne nous abandonne pas dans le mal, Il est à nos côtés parce qu’Il en a lui-même été victime et Il nous précède pour le traverser, puisqu’Il est ressuscité.

Cela ne nous dit pas qui a créé le mal. La Bible dit clairement, en Gn 3 mais aussi dans le Livre de la Sagesse, Job, le Siracide, ou l’Apocalypse, qu’il y a une intelligence du mal, révoltée contre Dieu par jalousie de l’être humain, appelée parfois le Serpent, Satan (c’est-à-dire l’Accusateur), le Démon, le Dragon etc. Elle ne nous en dit pas beaucoup plus et c’est normal. Le Christ est le Logos, la Parole de Dieu, mot qui signifie « Raison » en grec. Si le Verbe de Dieu est Raison, le mal, qui est la coupure absolue de Dieu, est absurde. On n’explique pas l’absurde, on le combat."

Posté le 26 février 2017 à 08h48 par Michel Janva | Lien permanent

La place de Dieu et de l’argent chez les « ministres » et le peuple

Homélie du père Madros :

Saint Paul écrit aux Corinthiens (1 Cor 4, 1 s) : « Qu’on nous regarde comme serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu ». Il s’agit des apôtres, de leurs disciples actifs dans l’évangélisation ; bref « des ministres de l’autel et de la chaire". “Ministres” ici signifie les serviteurs de l’Evangile, consacrés à cette mission. Serviteurs en principe et parfois, souvent, en fait, grâce à Dieu. Les  ministres dans la vie politique nationale sont, eux aussi, en principe serviteurs, mais la réalité nous indique que souvent ils se font servir et servent très mal leurs nations. Saint Paul utilise ici le mot « hyperétas υπηρέτας » : il dénote dans la particule « hypo » « en dessous » une certaine infériorité. Or, nous appelons nos responsables religieux « les supérieurs » ! L’autre vocable pour « intendants » : « oikonomous οικονόμους » signifie étymologiquement « économes ». Nous pouvons entrevoir la triple fonction apostolique, épiscopale et sacerdotale : la sanctification, l’enseignement et l’administration. « Or, ce qu’en fin de compte on demande à des intendants, c’est que chacun soit trouvé fidèle » ! Ah ça ! Là, nous le clergé, nous nous trouvons parfois dans de mauvais draps, précisément quand notre « fidélité », loyauté, allégeance ou honnêteté laissent beaucoup à désirer !

Tentation immédiate : de nous jeter la pierre, tout en cachant ou justifiant la négligence et les trahisons de certains laïcs, surtout les politiciens ! Le pape François ne cesse de nous fustiger. Et il a raison ! Un évêque, un prêtre pas fidèle, cela ne vaut pas la chandelle ! Nous critiquer peut être parfaitement « juste et bon », mais il y a pire : sous prétexte de notre « corruption », laisser l’Eglise et le Christianisme ! Là, ça ne va plus ! Là, la logique et une certaine honnêteté manquent dramatiquement. Ces « apostats », que nous traitons toujours gentiment, auraient raison de quitter l’Eglise et l’Evangile si ceux-ci incitaient à la malhonnêteté, à la cupidité effrénée, à la sensualité déchaînée, au terrorisme coupeur de gorges. Et ces personnes qui laissent l’Eglise rejoignent des religions ou des dénominations fondées exactement par des personnages de conduite peu reluisante qu’on se garde bien de leur faire connaître (et qu’il est « catholique » de taire, par amour du prochain !). Nous, les membres du clergé, nous portons, au moins partiellement, la responsabilité de l’ignorance de notre peuple. Mais, parfois celui-ci paralyse notre kérygme, en nous permettant à peine d’annoncer, et jamais de « dénoncer » l’erreur ! Pas étonnant que des personnes y tombent. Notre « charité mal ordonnée » aura ainsi contribué à cacher l’erreur, sous prétexte de respect et de tolérance.

Plus grave que le problème du comportement négatif de certains « ministres » de Dieu, il faut soulever la question de leur existence même ! Si vous voulez (et même si vous ne voulez pas), c’est quelque part, avec tout le respect dû à Notre-Seigneur, Maître et Sauveur, c’est sa faute à lui (!) d’avoir placé des ministres humains peccables, au lieu de continuer personnellement, du haut du ciel, à nous enseigner, sanctifier et diriger. Le premier, il avait pris le risque avec ses fameux Douze apôtres qu’on pourrait « cataloguer » ainsi (toujours avec révérence et non sans humour) : un traître et dix lâches ! Si cela vous scandalise, pensons ensemble au gros risque, le plus gros, que le bon Dieu a pris dans cette histoire de la procréation ! Le Créateur aurait pu créer directement l’humanité, comme il l’avait fait au premier « coup », avec au moins Adam ! Eh bien, il a opté pour la procréation ! Vous voyez ça d’ici ? Confier à des hommes, au masculin, plus ou moins vertueux et intelligents, et à des femmes, plus ou moins belles et vertueuses, intelligentes aussi) la transmission de la vie à des milliards de petits humains ! Pas évident que tous ces pères et ces mères (pas encore question d’éprouvette ou d’insémination) sont tous bons, beaux, saints…loin de là ! Vous n’avez qu’à voir la généalogie du Christ chez saint Matthieu : trois pécheresses de gros calibre et quelques étrangères parmi ces aïeules ! Et les aïeux (David, Salomon), ce n’est pas la fine fleur de l’ascétisme !

Morale : le Christ a voulu donner à des hommes faibles la continuation de son message de salut, de sainteté et d’annonce de la Bonne Nouvelle. Dieu continue toujours à confier à des hommes et des femmes la transmission de la vie. Et vous savez quoi : malgré tous les défauts, les vices et les péchés des parents (papa et maman bien entendu), leur union qui nous donne la vie nous fournit aussi l’équilibre et la tendresse dont nous avons besoin, ce qu’aucune éprouvette ne peut assurer, et encore moins l’union stérile entre deux personnes de même sexe (Voir le Catéchisme de l’Eglise Catholique, n. 2357).

Dieu ou « Mammon », l’Argent divinisé ! (Mt 6, 24- 34)

Jésus nous déclare : « Vous ne pouvez pas servir (ou : adorer) Dieu et Mammon. D’abord, le verbe « douleuein δουλεύειν », d’où « doulos » serviteur, esclave. Puisque seuls les esclaves travaillaient, le grec moderne appelle le travail « douleia δουλειά », esclavage.  Mais Jésus semble bien aller plus loin en utilisant probablement, en araméen, soit le verbe « ‘bad עבד » qui veut dire « faire, agir en esclave », ou, plus explicitement, comme le fait la Peshitta, « lemafleh », למפלח, « adorer, rendre un culte ». Probablement il faut prendre le mot فلاح « falah » dans l’appel du muezzin d’après l’araméen « le culte », non d’après l’arabe : « le fait de cultiver ou le succès » qui ne cadrent pas avec le contexte.

Mettant Mammon comme émule ou alternative de choix avec Dieu, Jésus nous en signale la gravité. Il est la seule chose à être dotée, même injustement et fallacieusement, de caractère divin, dans la prédication de Jésus. Il ne s’agit pas là de sa pensée, mais d’une critique implacable qu’il fait de trop d’hommes et de femmes au cours des siècles ! Et les choses ne semblent pas du tout s’arranger de nos jours, pas même dans certains cercles cléricaux, parfois haut placés! Et ce n’est pas le pape François qui va se gêner pour les dénoncer, les admonester, les surveiller et les corriger, autant que faire se peut. 

Que signifie « Mammon » ? De l’araméen « aman אמן », confier, déposer (comme l’arabe dialectal amaanah أمانة). D’autres savants rattachent le mot au verbe « taman טמן », « enfouir pour cacher », d’où la forme passive originale « matmoun », ce qui est enfoui. Toujours « l’avoir », l’argent, l’or, le « fric » (à ne pas confondre avec le froc !), le poignant. Et, avec Jean Gabin, « ne touchez pas au grisbi ! »

Dans le Siracide 31, 8, nous lisons : « Bienheureux le riche qui se garde sans tache et ne court pas après l’or ». Le substrat sémitique, hébreu et araméen, du mot « or » serait « mammon », mot indéfini. Jésus a eu l’initiative de le définir et de l’enfler (même dans un sens négatif). Rien de plus réaliste : les nations, les personnes, en général adorent l’or, l’argent, « nerf de la guerre ». Pourtant, la cupidité « racine de tous les maux » (d’après 1 Tim 6, 10), n’explique pas à elle seule le terrorisme pseudo-théocratique fondé directement sur des textes « sacrés » qui commandent de combattre et de tuer les infidèles au nom d’Allah, par exemple. Inutile de dire que de tels textes n’existent absolument pas dans le Nouveau Testament. Donc, personne n’est autorisé de parler de « terrorisme chrétien » même si des « chrétiens » ont utilisé la violence et pratiqué le terrorisme.

Conclusion

Que de « ministres » et de chefs d’Etats vendent leurs pays !

Quant à nous, ne nous attachons pas à l’argent : ni le clergé ni les laïcs. Et quand, par malheur, les ministres de Jésus crucifié comptent trop sur « l’or et l’argent », ils ne peuvent plus dire au monde paralysé : «  Lève-toi et marche ! » (Actes 3, 6).

Posté le 26 février 2017 à 08h44 par Michel Janva | Lien permanent


     Archives > L'Eglise : Foi

accueil | archives | index | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | © Copyright 2013 - Le Salon Beige

     Archives > L'Eglise : Foi