03 décembre 2017

Des livres à offrir à Noël

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Les éditions de Chiré ont récemment réédité cet ouvrage, qui est la réimpression de l’édition parue initialement en 1926. Son auteur, né en 1888 (à Fougères, Ille-et-Vilaine), fut ordonné prêtre en 1914 et, titulaire d’un doctorat en philosophie,  exerça la fonction de professeur au Grand séminaire de Rennes. Extraits de l'ouvrage.

« La tâche est des plus malaisées ; le libéralisme, en effet, pris dans son ensemble, est quelque chose de vague, d’incertain, d’indéterminé, qui, s’étendant à tous les domaines (philosophie, théologie, morale, droit, économie…), apparaît partout comme essentiellement variable au gré des personnes et des circonstances. D’où l’extrême difficulté de saisir ce protée qui prend à volonté toutes les formes, tous les visages, y compris le masque de la vérité et de la vertu ».

« Le libéralisme, chaos d’erreurs, monstre informe, est comme le protestantisme, le kantisme, le laïcisme, le modernisme, le rendez-vous de toutes les hérésies. Par son éclectisme universel, il est même l’hérésie-type, radicale ; il contient toutes les autres comme leur principe et leur source. Cette description permet d’en saisir la nature profonde et conduit à la définition du libéralisme : c’est avant tout le renversement des valeurs, la contradiction de la loi et de l’ordre ».

Pour le commander, suivez ce lien.

Pour plus d'informations sur cet ouvrage, suivez celui-ci.

Posté le 3 décembre 2017 à 12h45 par Paula Corbulon | Lien permanent

26 novembre 2017

28 novembre à Paris : conférence sur les signes de la fin des temps

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Posté le 26 novembre 2017 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent

24 novembre 2017

27 novembre à Paris : conférence sur les âmes du purgatoire

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Posté le 24 novembre 2017 à 19h54 par Michel Janva | Lien permanent

19 novembre 2017

20 novembre à Paris : conférence sur le Purgatoire

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Posté le 19 novembre 2017 à 09h11 par Michel Janva | Lien permanent

12 novembre 2017

14 novembre : conférence à Paris sur les anges gardiens

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Posté le 12 novembre 2017 à 08h57 par Michel Janva | Lien permanent

Cycle de conférences sur les âmes du purgatoire

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Posté le 12 novembre 2017 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent

08 novembre 2017

La casuistique ne s’est jamais aussi bien portée

Selon Thibaud Collin, qui analyse le petit livre « Une morale souple mais non sans boussole » des Pères Alain Thomasset et Jean-Miguel Garrigues, le premier jésuite et le second dominicain, qui se veut une réponse aux dubia des cardinaux. Le père Thomasset est déjà connu de nos lecteurs pour contester certains aspects du magistère de l'Eglise (voir ou ). Extrait :

C"[...] En refermant le livre, force est de constater que ces « dubia » n’ont pas disparu. On pourrait même dire qu’ils sortent, malheureusement, renforcés tant les arguments utilisés pour les dissiper produisent l’effet inverse. Il ne s’agit certes pas de s’en réjouir car le doute est une indétermination douloureuse de l’esprit. Et la matière concernée ici, la vie morale et sacramentelle des fidèles, est suffisamment grave pour estimer que la charité porterait à les dissiper de toute urgence. Comme on le sait, le Saint-Père n’a pas encore jugé bon de consentir à poser un tel geste.

En attendant la détermination pontificale, le débat continue et la division croît. Et plus le temps passe, plus il est clair que la réception d' »Amoris laetitia » va croiser les 50 ans d' »Humane vitae » et les 25 ans de « Veritatis splendor ». Or l’encyclique de Jean-Paul II répondait aux objections adressées à l’encyclique de Paul VI en remontant à leurs racines les plus profondes. Or lorsqu’on lit aujourd’hui nombre de textes consacrés à « Amoris laetitia », on a l’impression que l’histoire se répète. On éprouve un sentiment étrange devant une telle régression. Les quatre cardinaux, et en première ligne le cardinal de Bologne pour des raisons historiques évidentes, ont justement pointé en quoi le chapitre 8 d' »Amoris laetitia » semble avoir été écrit comme si « Veritatis splendor » n’avait jamais existé. [...]"

Posté le 8 novembre 2017 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent

07 novembre 2017

"Nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie"

Mgr de Germay, évêque d'Ajaccio, déclare dans Famille chrétienne (article de 2015 qui n'a pas pris une ride) :

G"La pastorale des personnes divorcées remariées est un peu l’arbre qui cache la forêt ! En réalité, nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie. La dimension de repas a été beaucoup mise en avant, au détriment de la dimension de sacrifice. Mais si la messe n’est qu’un repas, on ne comprend plus ce que signifie participer à l’eucharistie sans communier. C’est pourtant ce que faisaient nos ancêtres qui communiaient deux fois par an. Je pense qu’il faut interroger notre pratique de la communion systématique et retrouver le lien avec le sacrement de la réconciliation.

Sous quelle forme les divorcés remariés peuvent-ils s’associer en vérité à la vie de l’Église ?

Le Synode invite effectivement à une meilleure intégration de ces personnes. Elles peuvent le faire de bien des manières, car la vie chrétienne ne se limite pas aux sacrements. Je pense par ailleurs qu’il n’est pas juste de dire qu’elles sont exclues de l’eucharistie. Elles peuvent réellement participer à l’eucharistie, non seulement en écoutant la Parole, mais aussi en s’associant au sacrifice du Christ, en faisant de leur vie « une vivante offrande à la louange de [sa] gloire ».

Accepter de ne pas communier, c’est se libérer de l’autojustification et poser un acte de fidélité au Christ et à l’Église. On est là au cœur du mystère pascal, et ce n’est pas sans grâce !"

Posté le 7 novembre 2017 à 17h14 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2017

"Nous ne croyons pas des choses simplement parce qu’un pape nous les enseigne, mais parce que ces vérités sont contenues dans la Révélation"

L'Homme nouveau a publié dans son dernier numéro un entretien avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. C'est une traduction de l'entretien accordé au journaliste américain Edward Pentin, correspondant à Rome du National Catholic Register. En voici quelques courts extraits (pour lire l'intégralité, il est utile de s'abonner à L'Homme Nouveau) :

Une-1649"[...] J’ai entendu dire que le Pape était proche de certains théologiens mais ces derniers ne peuvent pas prétendre être les interprètes autorisés du Pape. Si, par exemple, l’archevêque Fernández [recteur de l’Université catholique pontificale d’Argentine à Buenos Aires] fait une déclaration, c’est seulement à titre privé. Elle n’a pas plus de poids que la déclaration d’un autre évêque – et assurément pour l’Église dans son ensemble, il n’a pas d’autorité magistérielle –, et donc cela n’a pas plus d’autorité pour moi que n’importe quelle autre voix théologique. [...]

[J]e crains qu’il n’y ait plus une idée très claire sur le statut ecclésiologique de l’Église romaine sous la forme de la Congrégation des cardinaux et de la Curie romaine. Certains pensent que le Pape peut à titre personnel faire tout ce qu’il veut car il est le souverain absolu, mais ce n’est pas vrai. [...]

Dans mes fonctions comme préfet de la Congrégation, j’ai fait plusieurs interventions dans lesquelles j’ai expliqué que la seule vraie et juste interprétation d’Amoris Lætitia – qui est globalement très bonne et en faveur du mariage – est l’interprétation orthodoxe, et par là nous voulons dire qu’elle est dans le droit fil de la Sainte Écriture, de la tradition apostolique et des décisions définitives du magistère papal et épiscopal, qui est ininterrompu jusqu’à présent. Il n’est nulle part exigé des fidèles dans Amoris Lætitia de croire quoi que ce soit de contraire au dogme, car l’indissolubilité du mariage est une chose évidente. [...]

N’est-il pas problématique que le Pape donne sa propre interprétation qui semble être en désaccord avec l’interprétation orthodoxe que vous faites vôtre, comme, par exemple, dans sa lettre à des évêques argentins et son éloge des évêques de Malte ?

Dans le cas de la lettre à des évêques argentins, si le Pape écrit une lettre privée et personnelle, ce n’est pas un document doctrinal officiel.

Elle a été mise en ligne sur le site Internet du Vatican.

Le site Internet du Vatican a un certain poids, mais il n’a pas d’autorité magistérielle et si vous lisez ce que disent ces évêques argentins dans leur directive, vous pouvez l’interpréter de manière orthodoxe. [...]

Nous devons distinguer entre ce qui est la doctrine officielle de l’Église, le rôle du Pape et ce qu’il dit dans des conversations privées. Ces opinions privées du Pape doivent être respectées parce que ce sont des opinions et des paroles du Saint-Père, mais personne n’est obligé d’accepter inconditionnellement tout ce qu’il dit, par exemple en matière de questions politiques ou scientifiques. Ce sont là ses opinions personnelles, mais cela n’a rien à voir avec notre foi catholique par laquelle nous sommes justifiés dans la grâce de Dieu. [...]

Quiconque devient évêque, ou cardinal, ou pape doit apprendre à distinguer entre les critiques contre la personne et les critiques contre la mission dont vous êtes investi. Le Saint-Père François doit savoir qu’il est important que l’on accepte ses intentions : aider ces gens qui sont éloignés de l’Église, de la croyance de l’Église, de Jésus-Christ, ceux qui veulent les aider... Cette discussion n’est pas contre lui, ce n’est pas contre ses intentions, mais on a besoin de plus de clarification. Dans le passé aussi nous avons eu des discussions sur la foi et son application pastorale. Ce n’est pas la première fois que cela se passe dans l’Église, et alors pourquoi ne pas apprendre de notre longue expérience comme Église, avoir une discussion bonne et profonde dans le but de promouvoir la foi, la vie de l’Église, et de ne pas personnaliser tout cela et de nous diviser ? Ce n’est pas une critique personnelle contre lui, et chacun doit l’apprendre et respecter sa haute responsabilité. C’est un très grand danger pour l’Église que certains groupes idéologiques se présentent eux-mêmes comme les gardiens exclusifs de l’interprétation authentique d’Amoris Lætita. Ils pensent avoir le droit de qualifier toutes les personnes qui ont une autre position, de stupides, de rigides, de dépassés, de moyenâgeux, etc. [...]

On trouve parfois des comportements peu chrétiens imprimés dans L’Osservatore Romano, le quotidien semi-officiel du Vatican, ou publiés dans des organes médiatiques officiels, pour créer des polémiques et de la rhétorique. Cela ne nous aidera pas dans la situation présente, mais une discussion théologique profonde le pourra. [...]

Souhaiteriez-vous que le Pape réponde aux dubia ? Est-ce vital pour le bien-être de la doctrine ?

La meilleure chose aurait été, pour le Saint-Père, d’accorder une audience avant leur publication. Nous avons désormais le spectacle d’une épreuve de force. C’est mieux de parler avant, d’approfondir les questions et de donner de bonnes réponses. [...] Le successeur de saint Pierre mérite un respect total pour sa personne et son mandat qu’il tient de Dieu, en même temps, ceux qui le critiquent honnêtement méritent une réponse convaincante. Une solution possible serait qu’un groupe de cardinaux désignés par le Saint-Père, engage un débat théologique avec quelques représentants éminents des dubia et des « corrections », sur les interprétations différentes et parfois controversées de certaines déclarations du chapitre VIII d’Amoris Lætitia. [...]

Une fois, dans un entretien avec le Corriere della Sera [2015], [Mgr Fernández] m’a publiquement critiqué en disant que le préfet de la Congrégation n’avait rien à dire, que le Pape était son ami, qu’il en était l’authentique interprète, que le Saint-Père reçoit ses lumières directement du Saint- Esprit. Mais je n’ai jamais lu nulle part que le Saint-Père recevait des lumières du Saint-Esprit, dans le sens d’une nouvelle révélation. Le Pape n’est assisté par le Saint-Esprit que pour interpréter authentiquement la révélation de Dieu dans le Christ. Lui et les évêques sont des coopérateurs humains pour transmettre la Révélation qui est entièrement donnée par Jésus-Christ, le Verbe incarné de Dieu, mais ils ne reçoivent aucune autre sorte de révélation.

Les Évangiles sont des mots humains inspirés par le Saint-Esprit, mais cela n’exclut pas la coopération authentiquement humaine des évangélistes. La théologie catholique ne parle pas « d’illumination du magistère du Pape et des évêques ». Les Apôtres ont écouté les paroles de Jésus – c’était une médiation humaine de fait de nature humaine, et c’est pourquoi la coopération de l’Église est absolument nécessaire. Personne ne peut croire sans avoir entendu avec des oreilles humaines la parole de Dieu.

Quand des conseillers du Pape invoquent fréquemment le Saint-Esprit pour justifier leurs positions, impliquant par là que si quelqu’un ne [les] comprend pas il ne comprend pas ce qu’opère le Saint-Esprit, n’est-ce pas là une tendance dangereuse ?

Je crains qu’il y ait une sorte d’incompréhension pentecôtiste quant au rôle du Saint-Esprit. Dans le Verbe incarné de Dieu, dans le Fils de Dieu, Jésus-Christ, nous sont données toute grâce et toute vérité. Le Saint-Esprit réalise la plénitude de la Révélation dans la doctrine et les sacrements de l’Église. Le Saint-Père joue un rôle très im- portant dans la tradition apostolique, mais ce n’est pas le seul. Son enseignement se règle sur la parole de Dieu dans la Bible et sur la tradition dogmatique de l’Église. Le magistère et tous les croyants sont soutenus par le Saint-Esprit dans l’actualisation de la Révélation pleine et entière, mais ils ne reçoivent aucune nouvelle révélation publique qui ferait partie du depositum fidei, comme l’a confirmé le concile de Vatican II [Lumen Gentium, n. 25].

Personne ne peut exiger d’un catholique qu’il croit une doctrine qui serait en opposition évidente à la Sainte Écriture, à la tradition apostolique et aux définitions dogmatiques des papes et des conciles œcuméniques en matière de foi et de morale. Ce qui est requis c’est l’obéissance religieuse mais non une foi aveugle au Pape et aux évêques, et rien du tout aux amis personnels et aux conseillers.

Ces gens doivent venir présenter leurs arguments mais il ne leur est pas permis d’exiger un quelconque respect à leur supposée autorité magistérielle. Nous ne croyons pas des choses simplement parce qu’un pape nous les enseigne, mais parce que ces vérités sont contenues dans la Révélation [Dei Verbum, n. 10]."

Posté le 5 novembre 2017 à 09h03 par Michel Janva | Lien permanent

04 novembre 2017

7 novembre à Paris : conférence sur les âmes du purgatoire

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Posté le 4 novembre 2017 à 15h07 par Michel Janva | Lien permanent

02 novembre 2017

« Le purgatoire : le mal, la mort, la souffrance et l’espérance »

SNathalie Saracco sera ce soir sur Radio Notre-Dame, de 22h à minuit, pour évoquer la mort.

Il y a quelques années, après un crash violent en voiture, Natalie Saracco éprouva une expérience de mort imminente. Depuis sa vie a été transformée.

" J’ai failli mourir et ça a changé ma vie. Je suis dans l’urgence, je n’ai pas de temps à perdre. J’ai vraiment rencontré le Cœur du Christ qui souffrait parce que d‘un côté y a nos péchés et de l’autre notre froideur."

Posté le 2 novembre 2017 à 16h24 par Michel Janva | Lien permanent

01 novembre 2017

Plutôt tous les saints du ciel que Luther !

171031_vatican_emet_un_timbre_lutherLa Poste de la Cité du Vatican a édité un timbre commémorant le « 5e centenaire de la Réforme protestante ». Nous y voyons le crucifix qui se trouve au-dessus du portail de l’église de Wittemberg où Luther, le 31 octobre 1517, afficha ses 95 thèses, aujourd’hui gravées dans le bronze. A gauche, Luther et la Bible. A droite, Mélanchton et la Confession d’Augsbourg… Un ami lecteur me demande si le Vatican ne devrait pas aussi éditer un timbre à l'effigie de Ponce Pilate, tellement c'est devenu une mode chez certains catholiques de louer l'auteur de la Réforme pour son inspiration, sa volonté sincère de défendre la foi, etc.

Le cardinal Müller dénonçait récemment cette déformation sur Luther :

"Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Eglise, et pas seulement à la Renaissance, – il en existe même de nos jours."

Plusieurs ouvrages ont été publiés dernièrement sur Luther (voir celui édité par L'Homme Nouveau) et il serait grandement utile de les lire... Nous ne pouvons pas comprendre la modernité si nous n'en analysons pas les causes. La Réforme protestante fut aussi une révolution intellectuelle qui sépara la nature de la grâce, d’où procéda le processus général de sécularisation. La gnose luthérienne consiste essentiellement au refus de l’être des choses créées, qui par effet de conséquence ont à se construire. Le point central réside dans la liberté négative, celle du refus de servir et celle de se donner à soi-même la loi. C’est l’idée luthérienne de la « liberté du chrétien », par la suite sécularisée, qui va être à l’origine et donner naissance à l’idéologie moderne.  

Ce qui serait risible si ce n'était pas grave, c'est de constater que les mêmes sont prêts à admirer un hérétique entré en rébellion contre l'Eglise, au point d'y provoquer une révolution, mais  jouent les indignés lorsque 4 cardinaux interrogent le Saint-Père sur la formulation ambigüe de l'un de ses textes, ou les effarouchés lorsque quelques dizaines de théologiens demandent filialement au Pasteur de l'Eglise, dans une lettre qui traite notamment de Luther, de confirmer la foi, telle qu'enseignée par ses prédécesseurs... Aujourd'hui même, c'est au tour d'un célèbre théologien franciscain américain, membre de la Commission Théologique Internationale, de publier la lettre qu'il a envoyée au pape l'été dernier, dans laquelle il déplore cette "forme de « synodalité » qui autorise et encourage différentes options morales et doctrinales au sein de l’Eglise" et qui "ne peut que mener à davantage de confusion théologique et pastorale". Façon diplomate de dire qu'il y a tout de même un vrai foutoir.

En ce jour de la fête, contemplons plutôt ces saints du Ciel qui, eux, nous édifient par leur vie et leurs mérites. Louons-les et appelons-les à notre tour pour qu’ils viennent déverser sur nous une pluie de grâces. Que la Sainte Vierge Marie, reine de tous les saints, nous aide à vivre en communion avec les saints.

Posté le 1 novembre 2017 à 16h45 par Michel Janva | Lien permanent

Un prêtre exorciste met en garde contre Halloween

Thomas Cauchebrais a interrogé sur RCF Vendée l'abbé Timothée Longhi, prêtre exorciste officiel du diocèse de Luçon, qui indique que Halloween n'est pas une fête anodine et met en garde contre la banalisation de la sorcellerie et de l'ésotérisme :

Posté le 1 novembre 2017 à 15h23 par Michel Janva | Lien permanent

26 octobre 2017

Vous pouvez bénéficier de nombreuses indulgences dans votre quotidien

IndulgencesLes indulgences n’ont pas bonnes presse, parce que mal comprises. Loin de servir à renflouer les caisses du Vatican, elles sont là pour que le ciel descendant sur terre, la terre puisse monter plus vite au ciel.

C’est par le fait des mérites de la Croix du Christ que nos fautes sont pardonnées et notre âme purifiée. Demeure que le mal causé par notre péché doit être réparé. C’est le rôle, en plus de la réparation effective, comme Zachée rendant ce qu’il a malhonnêtement perçu, de la satisfaction, ces petites pénitences post confessions. Mais nous sommes loin d’être la pureté même de Dieu et si la vie éternelle se comprend comme une intime union avec la Trinité, il semble bien difficile d’envisager unir le pur avec l’impur sans que le premier ne perde sa pureté. Chose impossible puisqu’il s’agit de Dieu. Le temps du purgatoire par la douloureuse séparation de l’être aimé qu’il impose participe de cette ultime purification de l’Homme avant cette profonde et éternelle étreinte amoureuse.

Les indulgences, parce qu’elles sont avant tout une démarche amoureuse relevant du désir de voir Dieu, participent de cette purification. Aussi, les indulgences sont elles une manière parmi d’autres de vivre sur terre comme au Ciel.

C’est pourquoi le manuel des indulgences de Paul VI propose une multitude d’indulgences (partielles ou plénières) que nous pouvons acquérir dans le simple quotidien de notre vie. Le catéchisme, le chapelet, certaines dévotions qui pour beaucoup jalonnent dèjà nos journées, sont susceptibles, selon certaines conditions de nous offrir cette grâce exceptionnelle, ce trésor boudé des indulgences que Dieu, dans sa miséricorde, souhaite accorder à ceux qui, par cette démarche, se tournent par amour vers Lui.

Vous trouverez dans ce document une sélection de nombreuses indulgences toutes simples proposées par ce Manuel.

Vous pouvez également vous procurer le manuel ici

Posté le 26 octobre 2017 à 19h37 par Michel Janva | Lien permanent

23 octobre 2017

L’indigeste pain quotidien des prêcheurs contemporains

Le verbe acéré de Jean de Saint-Jouin a encore frappé dans un billet publié sur l'Homme Nouveau. Extrait :

"[...] Devant la pusillanime oscillation de Pilate, il assène le coup le plus vil de l'histoire. Lui, le plus farouche ennemi de l'Empire, lui qui ne rêve que de liberté pour son peuple, feint la soumission pour accuser le préfet. Il pousse la foule à scander : « Si tu le relâches, tu te fais l'ennemi de César »! Et l'argument porte... Un Romain qui manque de colonne! Couardise et iniquité ; armes déicides.

La putride intention du théocrate n’est cependant pas seule à blâmer. Aussi en examen, sa cousine, la funeste confusion des ordres. Pour bafouer le Verbe, d’une façon ou d’une autre, il faut toujours inverser la syntaxe de la nature.

Si la Synagogue, interprète de la loi divine, avait toute autorité pour interpréter Moïse, elle est risible lorsqu’elle glose sur Cicéron... Et pourtant, quelle hargne l’aveugle!

N’est-ce pas là le levain de l’indigeste pain quotidien des prêcheurs contemporains? Qu'entends-je encore sinon des autorités religieuses qui m'accusent.

Certes, comme Pilate, j’ai fait flageller le Christ. Je le confesse, mes lâchetés intermittentes ont trop souvent échoué à défendre Jésus. Me reprocherait-on ces infidélités que je n’aurais rien d’autre à plaider que Mea Maxima Culpa! Non ! Plutôt qu’une accusation méritée et salutaire j’entends leurs sinistres voix me répéter encore, me répéter toujours: Tu es l'ennemi de César!

Oui, toi ! Lorsque tu ne participes pas aux libations écologiques, aux bacchanales migratoires et aux bals masqués électoraux. Toi qui veut pendre le meurtrier et juge sans vergogne le divorcé impénitent. Toi, le réactionnaire rigide qui préfère les vieilleries au progrès des idées... tu es l'ennemi du Régime ! Tu es l'ennemi de César. Et tu dois mourir ! [...]"

Posté le 23 octobre 2017 à 17h18 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2017

Vivre le deuil comme un chemin de retrouvailles…

CaptureLa mort d’un être cher nous fait vivre un vrai dénuement. Perdre un parent, un époux, un ami est probablement l’une des plus grandes pauvretés, car il ne s’agit pas d’abord d’une réalité matérielle qui nous échappe, mais d’un être spirituel, irremplaçable.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur vie spirituelle pour mieux vivre le décès d’un proche, Life éditions vient de faire paraître une neuvaine pour entrer dans l’espérance : Vivre un deuil avec Marie (imprimatur Mgr Marc Aillet). S’il en est une qui peut nous comprendre c’est bien Elle, n’a t-elle pas connu l’épreuve de la mort de son époux saint Joseph, de son seul Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

Face à la mort d’un proche, il est donc indispensable de réagir en premier lieu au plan spirituel, car c’est là que la blessure est la plus profonde, la plus déstabilisante.

Le corps peut-être présent, mais s’il n’est plus animé, si l’âme l’a quitté, celui-ci n’est plus le médiateur habituel de la présence de la personne aimée. Il faut la chercher ailleurs, en dehors des perceptions sensibles.

Cheminer sur cette voie, par une intense vie sacramentelle et de prière, permet de mieux vivre la période du deuil. Car l’absence d’un être aimé sans la perspective de retrouvailles dans la prière pour son salut, ou sous la motion du Saint-Esprit, serait absolument insupportable. Aimer puis plus rien ? Ce serait vraiment absurde. Et tout ce qui est ici-bas nous parle d’un accomplissement, d’une finalité, d’un sens. Après la pluie il y a toujours le beau temps, et l’horizon de la résurrection de la chair éclaire notre foi d’une lumière nouvelle.

C’est alors que le deuil peut devenir un véritable chemin de croissance et de vie. S’appuyer sur Notre-Dame c’est éviter de se perdre dans les méandres de la nostalgie et de l’imagination, et ce chemin est accessible à chacun.

A faire connaître, disponible en librairie (4,90 euros) ou ici.

Extraits :

« O Marie, l’absence de … (nommer la personne) est pour moi une lourde épreuve. L’habitude de vivre à son contact avait donné une forme à mon âme, réalisant ainsi le miracle de la complémentarité dans l’amitié et l’affection mutuelle. Aujourd’hui, je puis ressentir le manque de l’autre comme si, d’une certaine façon, je ne marchais plus que sur une jambe… Très Sainte Vierge, je vous confie spécialement ces sentiments… »

« Vous qui avez senti le glaive traverser votre cœur aux heures de notre Salut, voyez ma peine à accepter l’épreuve qui me touche actuellement. Aidez-moi à vivre le moment présent en me ressourçant dans votre silence et dans l’espérance que les défunts sont dans la lumière de Dieu, tout près de Lui et donc si proches de nous. En vous contemplant, ô Marie, je sais que l’oraison m’apprend à vivre dans la paix l’absence physique de … (nommer la personne). Je le/la confie à votre intercession maternelle, vous qui avez tant de pouvoir sur le cœur de votre Fils. Par-delà le voile de la mort, je sais qu’il/elle est vivant(e) et espère tant en votre miséricorde à son égard. »

« Avec vous Marie j’accepte ce temps de deuil comme une grâce. Une grâce pour me rapprocher de Dieu en méditant davantage sur sa grande justice et son éternelle miséricorde ; une grâce pour considérer à frais nouveaux la finalité de ma vie qui est de voir Dieu, le connaître et l’aimer pour l’éternité ; une grâce pour goûter de manière renouvelée à la présence de nos chers défunts par la médiation de Dieu, mystère de la communion des saints… »

Posté le 22 octobre 2017 à 11h40 par Michel Janva | Lien permanent

Notre-Dame du Rosaire : Ave Maria

Sermon du père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le 7 octobre dernier en la fête du Rosaire :

Posté le 22 octobre 2017 à 09h17 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2017

29 octobre - 1er novembre : Session jeunes sur Humanae Vitae

La Famille Missionnaire de Notre-Dame invite les jeunes qui le désirent à une session importante du 29 octobre au 1er novembre 2017 afin de mieux comprendre les défis auxquels nous sommes affrontés en vue de l’édification de la civilisation de l’amour dans la vérité. L’un de ces premiers défis est l’éducation au bel amour dans la vérité.

Le 25 juillet 2018, nous commémorerons le 50e anniversaire de l’Encyclique prophétique “Humanae Vitae” de Paul VI du 25 juillet 1968. Ce Bienheureux Pape a eu le courage d’aller à contre-courant en promulguant cette Encyclique, qui a été contestée à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise. Saint Jean-Paul II n’a pas eu peur de rappeler aux jeunes qu’il était leur ami exigeant comme Jésus est exigeant. Il a conquis la génération Jean-Paul II parce qu’il l’a appelée à l’amour dans la vérité. Cette génération Jean-Paul II s’est levée avec la manif pour tous pour dire son ferme refus à la déconstruction du mariage et à la défiguration de la famille dans le plan de Dieu. Le Bienheureux Paul VI avait bien perçu le danger de la contraception artificielle. Les jeunes de notre temps ont besoin de connaître la vérité sur l’Encyclique prophétique Humanae Vitae. Puisse cette Session éclairer leur conscience et leur permettre de comprendre le plan de Dieu sur l’homme et sur la femme et sur l’amour dans la vérité.

Tout homme de bonne volonté reconnaîtra le bien-fondé de ces prophéties de Paul VI, le 25 juillet 1968 :

Graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité 17. Les hommes droits pourront encore mieux se convaincre du bien-fondé de la doctrine de l'Eglise en ce domaine, s'ils veulent bien réfléchir aux conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité. Qu'ils considèrent d'abord quelle voie large et facile ils ouvriraient ainsi à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité. Il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes - les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point - ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance. On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée. Qu'on réfléchisse aussi à l'arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d'appliquer à la solution des problèmes de la collectivité ce qui serait reconnu permis aux conjoints pour la solution d'un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d'imposer à leurs peuples, s'ils le jugeaient nécessaire, la méthode de contraception estimée par eux la plus efficace ? Et ainsi les hommes, en voulant éviter les difficultés individuelles, familiales ou sociales que l'on rencontre dans l'observation de la loi divine, en arriveraient à laisser à la merci de l'intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l'intimité conjugale. Si donc on ne veut pas abandonner à l'arbitraire des hommes la mission d'engendrer la vie, il faut nécessairement reconnaître des limites infranchissables au pouvoir de l'homme sur son corps et sur ses fonctions; limites que nul homme, qu'il soit simple particulier ou revêtu d'autorité, n'a le droit d'enfreindre. Et ces limites ne peuvent être déterminées que par le respect qui est dû à l'intégrité de l'organisme humain et de ses fonctions, selon les principes rappelés ci-dessus et selon la juste intelligence du " principe de totalité " exposé par Notre prédécesseur Pie XII.

L'Eglise garante des authentiques valeurs humaines

18. On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix - amplifiées par les moyens modernes de propagande - s'opposent à la voix de l'Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s'étonne pas d'être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un " signe de contradiction "; mais elle ne cesse pas pour autant de proclamer avec une humble fermeté, toute la loi morale, tant naturelle qu'évangélique. Ce n'est pas elle, qui a créé cette loi, elle ne saurait donc en être l'arbitre; elle en est seulement la dépositaire et l'interprète, sans pouvoir jamais déclarer licite une chose qui ne l'est pas à cause de son intime et immuable opposition au vrai bien de l'homme. En défendant la morale conjugale dans son intégralité, l'Eglise sait qu'elle contribue à l'instauration d'une civilisation vraiment humaine; elle engage l'homme à ne pas abdiquer sa responsabilité pour s'en remettre aux moyens techniques; elle défend par là même la dignité des époux. Fidèle à l'enseignement comme à l'exemple du Sauveur, elle se montre l'amie sincère et désintéressée des hommes, qu'elle veut aider, dès leur cheminement terrestre, " à participer en fils à la vie du Dieu vivant, Père de tous les homme".

Paul VI n’était pas naïf. Il savait bien, en promulguant cette Encyclique qu’il serait “signe de contradiction”. Imitons son grand courage !

31. Vénérables frères, chers fils, et vous tous, hommes de bonne volonté, grande est l'œuvre d'éducation, de progrès et d'amour à laquelle Nous vous appelons, sur le fondement de l'enseignement de l'Eglise, dont le successeur de Pierre est, avec ses frères dans l'épiscopat, le dépositaire et l'interprète. Grande œuvre, en vérité, Nous en avons l'intime conviction, pour le monde comme pour l'Eglise, puisque l'homme ne peut trouver le vrai bonheur, auquel il aspire de tout son être, que dans le respect des lois inscrites par Dieu dans sa nature et qu'il doit observer avec intelligence et amour. Sur cette œuvre Nous invoquons, comme sur vous tous, et de façon spéciale sur les époux, l'abondance des grâces du Dieu de sainteté et de miséricorde, en gage desquelles Nous vous donnons Notre Bénédiction apostolique.

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Posté le 15 octobre 2017 à 10h28 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2017

Père de Blignières - La nature et la grâce

Intervention du père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, lors de l'université d'Académia christiana

Posté le 13 octobre 2017 à 21h38 par Michel Janva | Lien permanent

01 octobre 2017

Rentrée du Café-caté le premier mardi de chaque mois à Paris

Café-caté 2017-2018 par le Père Henri-Marie Favelin de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Le premier mardi de chaque mois à 20h30 au Sorbon 60, rue des Ecoles - 75006 Paris Métro Cluny-La Sorbonne pour étudiants et jeunes professionnels

Thème de l'année : « A la découverte des secrets de l’Evangile selon St Matthieu. Plongée historique, spirituelle et morale par un commentaire vivant du texte. »

Posté le 1 octobre 2017 à 08h48 par Michel Janva | Lien permanent

26 septembre 2017

29 septembre : conférence à Senlis sur l'amour humain

Conf-pereJB-amour

Posté le 26 septembre 2017 à 11h11 par Michel Janva | Lien permanent

25 septembre 2017

« Un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité »

Dimanche 17 septembre, dans l'église de la Trinité des Pèlerins, le RP de Blignières, fondateur des dominicains de Chéméré (et de nouveau Prieur depuis le 20 septembre), a prononcé le sermon de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum. Paix Liturgique a diffusé son homélie :

Untitled"Le Concile de Trente, pour rendre raison des cérémonies du Saint Sacrifice de la Messe, rappelle que la nature de l’homme a besoin d’aides extérieures et de signes visibles afin de s’élever à la contemplation des choses divines. On peut en tirer une définition du rite : « un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité ». Le rite du sacrifice de la messe, c’est ce qui met à la portée de la nature humaine la vérité sur Dieu, la vérité sur l’homme, et la vérité sur le Christ. En sa forme latine traditionnelle, il rend tangibles, avec une efficacité insurpassable, ses trois aspects.

La vérité sur Dieu : Dieu est Trinité

Celui qui assiste pour la première fois à la messe dans le rite traditionnel est tout de suite frappé par l’ambiance sacrée qui s’en dégage. L’architecture majestueuse, la disposition de l’espace avec un lieu réservé aux ministres et un autre aux fidèles, l’orientation de la célébration, l’attitude recueillie et hiératique du célébrant, les vêtements particuliers qu’il revêt, la langue inaccoutumée qu’il emploie, les gestes de révérence qu’il fait en direction du tabernacle et des oblats consacrés, notamment les nombreuses génuflexions, enfin le mystérieux silence du canon : tout porte à sortir du monde profane et à se mettre en présence de Quelqu’un qui dépasse le monde.

Mais si cet assistant prend la peine de suivre dans un missel ce que dit le prêtre, il est alors touché par un aspect étonnant de la prière. Certes, on y supplie avec grand respect celui que toutes les traditions de l’humanité appellent « Dieu », mais on le fait avec la certitude confiante d’un enfant s’adressant à son père. L’onction inimitable des très anciennes prières latines nous met en rapport, non avec un grand architecte impassible de l’Univers, mais avec une réalité mystérieuse et fascinante : la Trinité. On s’adresse à elle, étonnamment, comme si on était de la famille ! On lui parle avec une audace inouïe, on se présente à elle dans le voisinage de toute une nuée de saints personnages qui ont un grand crédit auprès d’elle. On ne cesse surtout de parler de son Fils, et chaque fois que l’on évoque son nom, on incline la tête.

Oui, les rites de la tradition latine soulignent fortement que c’est à la Trinité que l’on s’adresse, avec des gestes expressifs, et des paroles où se conjuguent l’adoration et l’amour. Ainsi l’offertoire de la messe dominicaine : « Recevez, sainte Trinité, cette offrande que je vous offre en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et accordez qu’elle monte en votre présence et vous soit agréable, et qu’elle opère mon salut éternel et celui de tous les fidèles ».

La vérité sur l’homme : l’homme est « perdu »

Mais rapidement, une deuxième note se dégage, pour celui qui découvre les rites anciens. Ils rendent sensibles la vérité sur l’homme. Cette vérité, c’est que, laissé à lui-même, l’homme est « perdu ». La recherche d’un sens à une vie qui parait souvent absurde, le scandale du mal et spécialement celui de la souffrance des innocents, le sentiment, au moins confus, d’une culpabilité personnelle : quiconque réfléchit, au lieu de se « divertir », expérimente cela… Que devient cette angoisse existentielle, lorsqu’elle se confronte à un rite rempli de la sagesse des siècles catholiques ? Elle reçoit un nom : le péché. Tant dans les liturgies orientales que dans celles de l’occident, on remarque quelque chose de très émouvant : le prêtre, et avec lui les fidèles qui s’unissent au sacrifice, reconnaissent la vérité de leur misère.

Voyez le célébrant dans les prières préparatoires de la messe romaine : il semble hésiter à monter à l’autel avant d’avoir, de nombreuses manières, reconnu son indignité : par un psaume admirable, par une confession de ses fautes, par des versets qui ressemblent à des oraisons jaculatoires ! Voyez le prêtre au rit dominicain, comme il s’incline profondément durant les Confiteor, le sien et aussi celui des ministres, comme s’il voulait prendre aussi sur lui leurs péchés ! Voyez les prières du canon romain « si pur de toute erreur, qu’il n’est rien en lui qui ne respire grandement la sainteté et la piété », ce canon où le célébrant, à diverses reprises, prosterné, implore humblement, tel un pécheur qui ne peut s’appuyer sur ses mérites (Te igitur, Supplices te rogamus, Nobis quoque peccatoribus) ! Voyez les bouleversantes prières du prêtre avant la communion !

Une des raisons du rayonnement des rites anciens sur les convertis – je parle d’expérience –, c’est qu’ils assument, avec une clairvoyance convaincante, cette part de la vérité de l’homme trop souvent camouflée : il est pécheur et il a besoin de rédemption. Et ces rites ont le secret de mettre avec espérance cette misère au contact de la miséricorde.

La vérité sur le Christ : son sacrifice, offert par l’Église, réconcilie l’homme à Dieu

Par toute la tonalité d’une célébration selon un rite « d’usage vénérable et antique », l’assistant – combien de fois n’en avons-nous pas reçu la confidence ! – sent « qu’il se passe quelque chose ». Au cœur du silence sacré du canon, les gestes qui entourent la double consécration mettent comme sous ses yeux le mystère de la foi. Il remarque, dans son missel, que le célébrant, durant tout le canon, a désigné les oblats par des signes de croix. Il voit les fidèles recevoir l’hostie consacrée à genoux et sur les lèvres et demeurer ensuite en prière silencieuse. S’il interroge le prêtre après la messe, il est préparé à apprendre et à comprendre que l’essence de la messe est un sacrifice. Ce sacrifice de louange à la Trinité est un sacrifice propitiatoire « pour [son] salut éternel et celui de tous les fidèles ».

D’ailleurs il se rend compte, par les mouvements que fait le prêtre et par son orientation, que tout est axé, non sur le prêtre lui-même, mais sur le Christ, en sa présence au tabernacle et dans les oblats consacrés. Il voit comment le célébrant tient les doigts joints après avoir touché le Corps du Christ, et avec quelle amoureuse précaution il recueille sur le corporal toutes les parcelles consacrées. D’une part, le besoin de salut est fortement souligné ; d’autre part, les paroles et les gestes nous mettent sensiblement en contact avec le renouvellement mystique et non sanglant d’un sacrifice salutaire. Ainsi au rite dominicain, le célébrant, après la consécration, écarte largement les bras, comme le Christ sur la Croix. Pour le rite de la paix, il embrasse d’abord le calice contenant le précieux Sang du Christ et sur lequel il tient son Corps immaculé, pour bien signifier que la paix qu’il transmet aux ministres vient du sacrifice du Christ.

Les rites anciens conviennent encore à la nature de l’homme sous l’aspect où ils traduisent la médiation historique de l’Église. Le canon romain en particulier « est fait soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions des apôtres et des pieuses instructions des saints pontifes ». C’est une consolation de docilité filiale, pour un prêtre de rite latin, de savoir qu’il prie avec le même canon que saint Grégoire le Grand. C’est une grande sûreté doctrinale et une joie immense pour lui de s’effacer devant des rites utilisés au cours des siècles par de si nombreux saints, et de vivre des cérémonies qui ont sanctifiées des générations de fidèles. Il est très émouvant, par exemple, pour un dominicain, de savoir que les gestes et les paroles qu’il emploie en célébrant la sainte messe ont fait pleurer notre Père saint Dominique et le Docteur eucharistique saint Thomas d’Aquin.

Conclusion

Oui, le rite rend sensible la vérité, le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? Rendons grâces à Dieu de pouvoir « prier sur de la beauté ». Et remercions l’Église d’avoir, après une longue période de confusion et d’injustices, rendu « l’honneur qui lui est dû » à ce rite qui a suavement et fortement porté, et qui portera encore, sans doute jusqu’à la Parousie, tant d’hommes, vers le mystère insondable du sacrifice du Christ."

Posté le 25 septembre 2017 à 19h08 par Michel Janva | Lien permanent

24 septembre 2017

Du jamais vu depuis 1333 : une correction publique adressée au pape

Capture d’écran 2017-09-24 à 19.51.36Le 16 juillet 2017, plusieurs clercs et universitaires laïcs ont adressé au pape François une correctio filialis, correction filiale, rendue publique ce dimanche 24 septembre. Ils y relèvent sept hérésies contenues dans l’exhortation apostolique Amoris lætitia. On peut lire et télécharger ici le texte in extenso de la Correctio filialis. Un site a été spécialement créé : www.correctiofilialis.org

Parmi la soixantaine de signataires, on trouve des prêtres, des universitaires, des intellectuels, mais aussi Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, ainsi que le supérieur de district au Royaume-Uni, l'abbé Robert Brucciani, l'abbé Claude Barthe, le frère Jehan de Belleville, l'abbé Guy Pagès. Il y a aussi deux des six personnalités laïques qui se sont réunies à Rome le 22 avril dernier pour le séminaire d’études sur « Amoris laetitia » évoqué par le cardinal Carlo Caffarra dans sa dernière – et ignorée – lettre au Pape François. Il s’agit de Claudio Pierantoni, professeur de philosophie à l’Universidad de Chile de Santiago du Chili et d’Anna M. Silvas, une australienne spécialiste des Pères de l’Eglise et professeur à l’University of New England.

Cette critique très documentée fait suite aux Dubia sur Amoris lætitia (19 septembre 2016) des quatre cardinaux, Walter Brandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner et Carlo Caffarra. Ils y demandaient respectueusement au pape François de « faire la clarté » sur cinq points hétérodoxes d’Amoris lætitia. Les Dubia, restés sans réponse, furent suivis d’une demande d’audience de la part de leurs auteurs (25 avril 2017). Audience non accordée.

Le 29 juin 2016, 45 théologiens avaient fait parvenir au cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège des Cardinaux une nouvelle étude critique portant sur 19 points d’Amoris lætitia. Critique, elle aussi, restée sans réponse.

Cette lettre de 26 pages affirme que le pape, par son Exhortation apostolique Amoris laetitia ainsi que par d’autres paroles, actions et omissions en rapport avec celle-ci, a effectivement soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et qu'il a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Eglise catholique. 

En voici le début :

« Très Saint-Père, C’est avec une profonde tristesse, mais poussés par la fidélité envers Notre Seigneur Jésus-Christ, par l’amour pour l’Eglise et pour la papauté, et par dévotion filiale envers votre personne nous sommes contraints d’adresser à Votre Sainteté une correction à cause de la propagation d’hérésies entraînée par l’exhortation apostolique ‘Amoris laetitia’ et par d’autres paroles, actions et omissions de Votre Sainteté. »

Il faut remonter à 1333 pour retrouver un épisode analogue, c’est-à-dire une « correction » publique adressée au pape pour des hérésies soutenues par lui et ensuite effectivement rejetées par le pape de l’époque, Jean XXII.

Cette lettre de correction comporte trois parties principales. Dans la première partie, les signataires expliquent pourquoi, en tant que catholiques croyants et pratiquants, ils ont le droit et le devoir d’adresser une telle correction au souverain pontife. Le droit ecclésiastique lui-même requiert que les personnes compétentes ne restent point silencieuses lorsque les pasteurs de l’Eglise induisent le troupeau en erreur. Cela n’entraîne aucun conflit avec le dogme catholique de l’infaillibilité pontificale, puisque l’Eglise enseigne qu'un pape doit satisfaire à des critères stricts pour que ses paroles puissent être considérées comme infaillibles. Le pape François n’a pas rempli ces critères. Il n’a pas déclaré que ces positions hérétiques sont des enseignements définitifs de l’Eglise, pas plus qu'il n’a déclaré que les catholiques devraient les croire avec l’assentiment de la foi. L'Eglise enseigne qu'aucun pape ne peut soutenir que Dieu lui aurait révélé quelque nouvelle vérité que les catholiques seraient obligés de croire. 

La deuxième partie de la lettre est la partie essentielle, puisqu’elle contient la « correction » proprement dite. Elle établit la liste des passages d’Amoris laetitia où des positions hérétiques sont insinuées ou encouragées, puis elle énumère les paroles, les actes et les omissions du pape François qui font comprendre, au-delà de tout doute raisonnable, que celui-ci veut voir les catholiques interpréter ces passages d’une manière qui est, de fait, hérétique. En particulier, le pape a directement ou indirectement approuvé les croyances selon lesquelles l’obéissance à la loi de Dieu peut se trouver être impossible ou non souhaitable, et selon lesquelles l’Eglise sait parfois accepter que l’adultère soit considéré comme compatible avec le fait d’être un catholique pratiquant.

La partie finale, sous le titre « Elucidation », aborde les deux causes de cette crise unique. L’une des causes est le « modernisme ». Théologiquement parlant, le modernisme est la croyance que Dieu n’a pas transmis à l’Eglise des vérités définitives qu'elle doit continuer d’enseigner dans un sens exactement identique jusqu’à la fin des temps. Les modernistes tiennent que Dieu ne communique à l’homme que des expériences, sur lesquelles les êtres humains peuvent réfléchir, de manière à affirmer des choses diverses sur Dieu, la vie et la religion ; mais de telles affirmations ne sont que provisoires, et ne sont jamais des dogmes fixes. Le modernisme a été condamné par le pape saint Pie X au début du XXe siècle, mais il a connu un regain au milieu de ce siècle. La confusion importante et persistante qui s’est installée dans l’Eglise catholique à travers le modernisme oblige les signataires à rappeler la vraie définition de la « foi », de l’« hérésie », de la « révélation » et du « magistère ».

Une deuxième cause de la crise est constituée par l’influence apparente des idées de Martin Luther sur le pape François. La lettre montre comment Luther, fondateur du protestantisme, avait sur le mariage, le divorce, le pardon et la loi divine des idées qui correspondent à celles promues par le pape en paroles, en actions et par omission. Elle met également en évidence la louange explicite et sans précédent qu’a faite le pape de l’hérésiarque allemand.

Les signataires ne s’aventurent pas à juger du degré de conscience avec lequel le pape François a propagé les sept hérésies qu'ils énumèrent. Mais ils insistent avec respect pour qu’il condamne ces hérésies, qu'il a directement ou indirectement soutenues.

Les signataires professent leur fidélité à la Sainte Eglise romaine, assurant le pape de leurs prières et implorant sa bénédiction apostolique.

Posté le 24 septembre 2017 à 19h53 par Michel Janva | Lien permanent

17 septembre 2017

Programme des conférences pour tous à Béziers

Affiche programme - copie

Posté le 17 septembre 2017 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

15 septembre 2017

L’écroulement de la liturgie a entraîné l’écroulement de la foi

Jeanne Smits évoque le colloque de l'association italienne Giovani e Tradizione, sur le thème « Une jeunesse renouvelée pour toute l’Eglise », qui s'est tenu jeudi, dans le cadre des célébrations marquant le 10e anniversaire du Motu proprio Summorum Pontificum. Extraits :

DJq81-IWAAA8j1J-1"Du cardinal Gerhard Müller, on retiendra qu’il a  d’emblée évoquer les « bénéfices apportés à l’Eglise » grâce au Motu proprio : « Pour cela nous sommes infiniment reconnaissants à Benoît XVI », a-t-il déclaré. Le thème central de son intervention : montrer que la liturgie est source de doctrine – Lex orandi, lex credendi. Ce caractère normatif implique évidemment la nécessité d’une rectitude doctrinale de l’ensemble des célébrations liturgiques dans le monde – implique ou exige…

Contrairement à la Gnose qui prétend transmettre la connaissance à une élite, l’Eglise expose sa foi dans sa liturgie publique et sa liturgie développe la compréhension de la foi, a en substance expliqué le cardinal Müller, donnant l’exemple de la formule du baptême qui explicite le dogme de la Trinité. Il s’agit de découvrir ce qui est vrai : « La théologie n’est pas une construction théorique de la réalité », a insisté le cardinal en ajoutant que ni le sola fide, ni le sola Scriptura ne peuvent satisfaire le catholique, ni la conception luthérienne de la messe qui « élimine idée du sacrifice ». Pas plus qu’on ne peut donner une priorité à la « praxis » : le rôle de la théologie pratique est de « mettre en avant et de décrire les éléments constitutifs de la vie et de la foi de l’Eglise », y compris dans la liturgie, «  source et sommet de la vie de l’Eglise ».

A ce titre, a insisté le cardinal, « la loi de la prière doit stabiliser la foi » dans l’ensemble du monde. Récusant tout paléochristianisme « cher aux théologiens libéraux du XIXe siècle », le cardinal a longuement insisté sur la nécessité de la rectitude doctrinale de la liturgie qui s’appuie sur l'ensemble de la tradition: « La Parole et l’Esprit de la révélation est toujours contenu dans la liturgie qui exprime de manière objective, telle qu’exprimée par le magistère de l’Eglise de manière définitive. » A ce titre, devait-il rappeler, l’exactitude des traductions est très importante. « L’écroulement de la liturgie » évoquée par Benoît XVI a entraîné l’écroulement de la foi, a conclu le cardinal, disant son espérance que « la liturgie grégorienne continue de la jeunesse à l’Eglise. »

Ces propos faisaient écho à ceux de Mgr Guido Pozzo qui a ouvert ses propos en rappelant que Summorum pontificum n’avait pas été une simple « concession aux traditionalistes » : se serait « réducteur et insuffisant de s’arrêter à ce type d’affirmation ». Comme les autres ecclésiastiques qui ont prient la parole jeudi, il a insisté sur le rôle de « réconciliation au sein de l’Eglise » qu'a voulu opérer le pape Benoît XVI. Pour lui le bilan est « en grande partie positif : la méfiance réciproque s’est progressivement réduite, surtout en France et aux Etats-Unis ». Il a également  salué « l’enthousiasme apostolique des Instituts » attachés aux rites traditionnels en donnant des exemples de développement du nombre de messes de formes extraordinaires dans des pays comme la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie. « Mais cela ne signifie pas que tous les problèmes sont résolus », a-t-il reconnu. En certains lieux c’est le manque de prêtres qu'il explique, mais il n’a pas nié l’existence de « préjugé de caractère idéologique ou pastoral de la part des évêques » qui parfois reculent devant des groupes qu’ils jugent comme isolés par rapport à la vie pastorale locale. « Mais cet isolement n’est pas nécessairement lié à l’ancien rite mais à des raisons que chaque diocèse devrait examiner », a noté Mgr Pozzo.

Celui-ci a encore souligné la sacralité du rite traditionnel qui attire tant de jeunes, et sur sa capacité à servir d’« antidote contre l’arbitraire créativité et les éléments qui conduisent à oublier la nature sacrificielle de la messe au nom de l’accessibilité du sacrement ». Pour lui, donc, la messe traditionnelle n’est pas un « perturbateur ou une menace pour l’unité de l’Eglise mais un don » –  voire une sorte de garantie.

Idée que l’on a entendue de la part de plusieurs orateurs ecclésiastiques lors du colloque – en cela ils n’étaient pas rejoints par les orateurs laïques – : « On ne peut exclure une convergence vers une forme unique du rite romain » au moyen d’une « croissance » dans l’Eglise tout entière «  et non d’une imposition bureaucratique ». Il appelle en quelque sorte de ses vœux une « fécondation des deux formes » du rite latin « sur le socle de la tradition de l’Eglise ». C’est le refus d’une « opposition irréductible entre le monde pré-conciliaire et le monde post-conciliaire » mais aussi d’une liturgie dont la « communauté » deviendrait le « véritable sujet ».

Renvoyant au catéchisme de l’Eglise catholique en son numéro 1069, Mgr Pozzo a tenu à rappeler que « la liturgie n’est pas faite pour le plaisir des prêtres…  toute œuvre liturgique est Opera Christi ». Il s’agit de lutter contre l’autoréférentialité des chrétiens – un clin d’œil au vocabulaire du pape François pour rappeler que ce qui compte, ce sont les « catégories christologique du peuple, corps du Christ ». Ainsi, selon Mgr Pozzo, dans la liturgie, le « silence, les génuflexions, la référence, l’infinie distance qui sépare la Terre du ciel » sont essentielles. Il a même suggéré  que cette manière de célébrer –  que l'on retrouve évidemment de manière privilégiée – dans la forme extraordinaire « oppose une nouvelle barrière à la sécularisation » du monde et à « l’humanisme antichrétien de notre siècle. « Célébrer dans le rite antique, c’est garder l’espérance dans l’Eglise. »

Il a a conclu en insistant sur le fait que ce n’est pas la « nostalgie du passé » qui mobilise les fidèles attachés à la forme extraordinaire mais « l’orientation des âmes vers ce qui est pérenne et toujours actuel » : ainsi « les jeunes prêtres sont intéressés » par la célébration du rite traditionnel. « Les difficultés ne doivent pas surprendre », a ajouté Mgr Pozzo qui voit leur source dans une certaine manière de comprendre Vatican II selon la « Vulgate » d’une discontinuité avec la tradition. Il estime que l’usus antiquior  est « un trésor à garder et à transmettre sans référence idéologique d’où que ce soit »."

Posté le 15 septembre 2017 à 14h10 par Michel Janva | Lien permanent

14 septembre 2017

La Croix et le Célibat sacerdotal

Voici une tribune de l'abbé François-Marie Blaïn du Poët, prêtre du diocèse d'Orléans, pour les lecteurs du Salon Beige :

En ce jour où la Sainte Eglise célèbre la Croix glorieuse, il me semble judicieux de rapprocher de ce grand mystère de notre foi celui si beau, et parfois si décrié de nos jours, du célibat sacerdotal.

Célébrer la Croix glorieuse peut sembler paradoxal. Comment la Croix, synonyme de souffrances atroces, peut-elle être glorieuse ? C’est le paradoxe de l’Evangile, celui des Béatitudes. La Croix sur laquelle le Christ, Fils de Dieu, est mort est certes un instrument de torture, mais elle est devenue, par la présence du divin supplicié, le signe du salut. De symbole de mort elle est devenue symbole de vie, et de Vie éternelle. Par sa mort sur la Croix, le Fils de Dieu a offert à son Père le seul sacrifice capable de réparer la faute originelle qui nous avait séparés de Dieu. Et par sa Résurrection, c’est-à-dire sa victoire sur la mort, Il nous a prouvé non seulement qu’Il était Dieu (seul Dieu peut ressusciter) mais également qu’Il a vaincu Satan sur le bois de la Croix en offrant sa vie sans prix pour nous libérer de son emprise et du mal du péché. Sans le sceau de la Résurrection, la Croix serait restée un scandale. « Si le Christ n’est pas ressuscité, nous dit St Paul, notre foi est vaine ». Oui, la Croix est vraiment glorieuse et elle est et sera toujours le signe par excellence des chrétiens, de ceux qui sont au Christ par le Baptême.

Voilà pourquoi la Croix et le Célibat sacerdotal sont intimement liés. Le célibat reste et restera toujours paradoxal, surtout dans nos sociétés qui perdent le sens de l’amour et du mariage. Le célibat, comme la Croix, est un scandale. Pris en lui-même, il apparaît souvent comme une amputation de ce qui est le plus légitime. Or il n’en est rien. Le célibat, comme la Croix, est glorieux parce qu’il tire tout son sens de cette Croix, comme d’ailleurs le Mariage. Le prêtre n’est pas un amputé. Il n’est pas célibataire pour le plaisir d’être seul. Il ne l’est pas parce que cela lui donne plus de temps. Tout cela n’est que convenance, mais ne suffit pas à en rendre raison. Le célibat sacerdotal, comme le sacrifice de la Croix dont le prêtre devient ministre spécialement dans la célébration de la Sainte Messe, est un don total, libre et amoureux. De même que le Fils de Dieu a été élevé de terre pour attirer à Lui par amour tous les hommes, le prêtre est en quelque sorte élevé de terre par son célibat pour attirer les hommes à Dieu. Comme le Christ a souffert sur la Croix en vérité et non en apparence, le célibat comporte en lui-même une forme de souffrance, de sacrifice. Mais il comporte surtout, comme pour le Christ sur la Croix, une immense joie. La joie du Fils de Dieu sur la Croix était celle du salut du monde qui s’accomplissait. La joie immense du prêtre célibataire est celle de la fécondité de sa vie en participant lui-même et en faisant participer tous ceux qui sont confiés à ses soins à ce même salut. Quoi de plus joyeux, quoi de plus glorieux !

Arrêtons de vouloir à tout prix marier les prêtres. Arrêtons de penser que cela résoudra les problèmes douloureux que l’Eglise traverse, notamment celui de la pédophilie. Ce sont de fausses solutions. La seule se trouve dans la Croix glorieuse dont le célibat sacerdotal tire toute sa gloire et son rayonnement. Demandons à Marie, Notre –Dame des Douleurs, debout au pied de la Croix de son Fils, de nous redonner la justesse de notre regard de foi sur la Croix et sur le Christ en Croix, et aussi la justesse de notre regard de foi sur le prêtre et sur le célibat qu’il a choisi librement et qui fait sa joie car il est en vue de la seule Gloire de Dieu.

Posté le 14 septembre 2017 à 12h24 par Michel Janva | Lien permanent

31 août 2017

Nouvelle formule pour le mensuel Transmettre

Couv194-213x300Voici la nouvelle formule du mensuel Transmettre !  Sa maquette, entièrement repensée, est plus aérée, plus agréable, mais sans brader l’essentiel. De nouvelles rubriques ont été créées. Retrouvez dans chaque numéro :

Dossier du mois
Lié au temps liturgique, un dossier pédagogique riche de contenu, de références et de pistes concrètes.

Un cahier central pour les enfants
Un livret à découper sur la vie d’un saint (cette année : les évangélisateurs de la France)
+ un carnet de prières ou une activité (calendrier de l’Avent, livret de Carême…).

Une rubrique de conseils éducatifs pour les parents.
Thème de l’année : les vertus.

Caté mode d’emploi
Une rubrique pour les catéchistes.

Les grandes prières
Pour mieux comprendre le Magnificat, le Je vous salue Marie…

Des conseils pratiques : A voir, à lire à faire…
Lectures, DVD, événements…

Exceptionnellement vous pouvez intégralement feuilleter ici le numéro 194.

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Posté le 31 août 2017 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

28 août 2017

"Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle"

Extrait de l'homélie du moine bénédictin André Noël :

"Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Nous avons la pénible impression de nos jours, avec la crise actuelle, qui dure depuis plus de 50 ans, que l’Église est sur le point de disparaître. Mais la promesse de Jésus est infaillible. De nombreuses âmes prophétiques ont prédit ce que nous vivons maintenant, la passion de l’Église, la confusion doctrinale, spirituelle, disciplinaire, liturgique et pastorale que nous traversons. Mais quand tout sera humainement perdu, il y aura l'intervention du ciel, qui ramènera l'ordre et la paix. Une fois de plus, c'est Jésus qui ramènera le calme, comme il le fit sur le lac de Génésareth. Soyons donc sereins et pleins de confiance. L'histoire nous rapporte même hélas les faiblesses, les erreurs ou les fautes de certains papes. Mais cela n'a jamais empêché finalement l'Église de triompher, car Dieu tire toujours du bien du mal commis par les hommes."

Posté le 28 août 2017 à 07h26 par Michel Janva | Lien permanent

21 août 2017

Accueillir l'étranger ou offrir l'hospitalité le temps d'une étape ?

Extrait de l'intéressante homélie d'hier de l'abbé Pagès :

"[...] L’actualité ne nous met pas sous les yeux seulement les crimes commandés par Allah dans son Coran, mais aussi, hélas, des foules de migrants, musulmans surtout, que les Occidentaux s’imaginent devoir accueillir parce que Jésus aurait dit : « J’étais un étranger et vous M’avez accueilli. (Mt 25.35) ». Or, de même que le cinquième commandement n’est pas « Tu ne tueras pas. », mais « Tu ne commettras pas de meurtre. », ce qui n’est pas la même chose, de même, ce verset est mal traduit.

Le mot Xénos ―qui a donné xénophobe ―, traduit ici par étranger, signifie aussi hôte, la personne qui héberge ou celle qui est hébergée, et qui donc est de passage. Le latin de la Vulgate donne hospes, l’hôte, celui à qui on donne provisoirement l’hospitalité. C’est ce sens que l’on retrouve dans la Bible, lorsque par exemple saint Paul écrit aux Corinthiens : « J’irai chez vous, après avoir traversé la Macédoine […]. Peut-être séjournerai-je chez vous ou même y passerai-je l’hiver. (1 Co 16.5-6). », lorsqu’il écrit aux Colossiens : « Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue […] s’il vient chez vous, faites-lui bon accueil. (Col 4.10) », et enfin lorsqu’il écrit : « Gaïus, qui est mon hôte et celui de l’Église entière, vous salue. (Rm 16.23) », en grec : « Gaios ho xénos mou. », il ne dit pas que Gaïus est un étranger ! Bref, pas plus saint Paul que ses compagnons ne sont des migrants, ce sont des visiteurs.

L’idée n’est donc pas d’accueillir l’étranger à demeure, mais de lui offrir l’hospitalité le temps d’une étape. En fait le mot d’étranger au sens d’immigré, n’est pas utilisé dans l’Évangile, mais seulement dans l’Épitre aux Éphésiens, et de façon péjorative. Saint Paul écrit : « Vous n’êtes plus des hôtes ni des étrangers ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la Maison de Dieu. (Ep 2.19) ». Saint Paul utilise donc deux mots différents : « Xénoi kai Paroikoi » (en grec), « hospites et advenae » (en latin), pour embrasser entre ces deux termes, l’hôte de passage et l’immigré, la totalité des situations possibles en lesquelles les chrétiens ne se trouvent plus depuis qu’ils ont établi leur demeure en Jésus.

Bref, notre salut se joue sur l’hospitalité que nous accordons ou non à l’hôte de passage, mais non pas à l’envahisseur ! C’est si vrai que saint Jean commande : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine [c’est-à-dire l’Évangile, comme c’est le cas des musulmans], ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 1.7-11) »… Eh bien, que d’œuvres mauvaises de nos jours ! [...]"

La traduction de Lemaistre de Sacy indique en effet : "j’ai eu besoin de logement, et vous m’avez logé" ; et celle de Vigouroux : "J’étais sans asile, et vous M’avez recueilli".

Posté le 21 août 2017 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

Marie Reine du Ciel et de la Terre

Mardi 22 août, fête de sainte Marie Reine, Natalie Saracco (l'auteur de Pour ses beaux yeux) est invitée dans l'émission "Ecoute dans la nuit" sur Radio Notre Dame, de 22h à minuit. Le thème est  "Marie Reine du Ciel et de la Terre".

Revoici son dernier court-métrage, sous-titré en anglais, espagnol, polonais, allemand, italien, portugais, arabe, chinois !

Posté le 21 août 2017 à 10h34 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2017

Adveniat regnum tuum

I-Grande-22843-catechisme-de-la-famille-chretienne.netLes éditions DMM viennent de rééditer le Catéchisme de la famille chrétienne du père Emmanuel, curé du Mesnil Saint-Loup de 1849 à 1903. Le Père Emmanuel a composé sous la forme du dialogue d'un père et de ses deux enfants ce Catéchisme de la famille chrétienne. Devenir enfant de Dieu ne suffit pas. Il faut apprendre à connaître Dieu, il faut apprendre à croire. Apprendre avec son intelligence : Croire n'est pas sentir, ni penser, ni imaginer, ni avoir son opinion. C'est donner aux vérités révélées l'accord de son intelligence.

Le père de famille explique à ses enfants

"que tout d'abord ils avaient appris les mots du Credo sans y comprendre rien, que pendant bien des années, ils avaient récité cette prière comme les autres, avec un certain désir de faire une chose agréable à Dieu ; que dans la suite, ils avaient compris quelques-unes des vérités énoncées dans cette sublime prière et que maintenant le temps était venu pour eux d'acquérir une intelligence plus grande de ces vérités divines".

Voilà toutes les étapes de l'éducation chrétienne et le but du catéchisme.

Extrait sur la 2e demande du Pater, "Que Votre règne arrive" :

"L'Eglise est le royaume de Dieu, c'est dans l'Eglise et par l'Eglise que le règne de Dieu arrive, et que les âmes entrent dans le règne de Dieu. Alors, dans notre prière, nous demandons que toutes les erreurs et oppositions soient détruites : toutes erreurs, comme le paganisme, le mahométisme, le judaïsme, le protestantisme, le rationalisme, l'athéisme : nous demandons la destruction de tout ce qui est le règne du mal, le règne du mensonge, et de tout ce qui fait opposition au règne de Dieu : afin que, la vérité de Dieu régnant sur la terre, l'Eglise ait toute liberté et toute assurance de servir Dieu et de le faire servir à tous les hommes devenus ses enfants et les enfants de Dieu.

[...] comme je vous l'ai déjà dit, les mots sur la terre comme au ciel se rapportent à chacune des trois demandes, et nous ne demandons pas moins que cela : Que Dieu règne sur nous et en nous qui sommes ici-bas, comme il règne en ses anges et en ses saints qui sont dans le ciel."

Posté le 20 août 2017 à 14h44 par Michel Janva | Lien permanent

Vivre les béatitudes avec les dons du Saint-Esprit

I-Moyenne-31231-le-saint-esprit-dans-ma-vie.netLe père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, vient de publier un petit ouvrage intitulé Le Saint-Esprit dans ma vie. Préfacé par Mgr Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, cet ouvrage associe à la fois les béatitudes, les vertus et les dons de l'Esprit-Saint. Ainsi, l'auteur associe le don de force à la 4è béatitude :

"L'acte du don de force, c'est de faire des oeuvres difficiles pour le royaume de Dieu. Celui qui est naturellement fort a faim et soif, il a grand appétit de déployer son dynamisme. "La joie de l'âme est dans l'action", aimait à dire le Maréchal Lyautey. Les trois premières béatitudes (pauvreté, douceur et pleurs) m'éloignent du péché, la quatrième me fait entrer dans les oeuvres du royaume. Par mon action transformée par l'Esprit de Jésus, elle fait descendre la très sage volonté de Dieu sur la terre, comme elle règne dans les cieux.

La faim naturelle est un besoin vital, impérieux, sans cesse renaissant. Elle a quelques chose d'âpre, de dominateur et d'insatiable. La faim spirituelle, elle, creuse en moi le désir, elle accroît cette "capacité d'infini", qui est comme le "lieu de Dieu" en moi.Dans cette béatitude, comme dans les autres, je dois d'abord voir des actes du Christ. Dans la vie du Verbe incarné, une note dominante résonne : l'appel au sage plan de la providence voulu par son Père."

Posté le 20 août 2017 à 09h41 par Michel Janva | Lien permanent

15 août 2017

L’Apocalypse comme Fatima évoquent en même temps un combat âpre et terrible, subi par l’Église militante désignée comme le reste de sa descendance

Homélie du père abbé de Notre-Dame de Triors, Fr Hervé Courau, en la Solennité de l'Assomption :

Mes bien chers Frères, mes très chers Fils, Deux femmes conversent dans cette page d’évangile, mais en arrière-plan deux enfants à naître sont aussi eux-mêmes en conversation. Marie entre chez Élisabeth : une femme sous un toit, c’est, je crois, l’idéogramme qui, chez les chinois, indique la paix. Marie entre donc dans la paisible intimité de sa cousine, mais sa cousine perçoit en retour l’intimité pacifiante du mystère qui a pris place chez Marie depuis la récente visite de l’ange Gabriel. Et ce va-et-vient entre les deux femmes est accompagné du langage muet entre les deux enfants, à travers le tressaillement dans le Saint-Esprit : le nouvel Adam s’y entretient avec le fils du vieil Adam qui attend avec véhémence le salut : le ciel et la terre ne sont plus séparés, puisque le lien rompu aux origines se noue à nouveau.

Mais en ce jour d’Assomption, nous fêtons Marie entrant dans l’intimité divine avec toute son humanité, en corps et en âme. Un verset de S. Jean me semble souligner l’analogie de la situation avec celle de la Visitation : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure (Jn. 14,23). La liturgie nous fait découvrir ce grand mystère qui nous dépasse tellement, éblouissant surtout les anges. Sur terre, derrière le voile, nous le devinons suffisamment pour y ancrer notre dévotion à Marie. De la même façon que Marie entra chez Élisabeth avec tant de paisible douceur, elle entre chez Dieu, un et trine, avec un accueil d’un autre ordre, mais qui encourage et stimule notre foi. Comment fut-elle accueillie ?

Élisabeth l’a accueillie chez elle par ces mots : D'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? (Luc 1,43). Bossuet analyse cet étonnement d’Élisabeth pour nous aider nous-mêmes à accueillir les visites divines dans la foi : Les âmes que Dieu aborde, écrit-il, étonnées de sa présence inespérée, le premier mouvement qu'elles font est de s'éloigner en quelque sorte comme indignes de cette grâce : Retirez-vous de moi, Seigneur, disait S. Pierre, parce que je suis un pécheur (Luc 5,8). Et le Centurion nous dicte ce que nous disons avant chaque communion : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison (Mt. 8,8). Dans un semblable sentiment, mais plus doux, Élisabeth ne laisse pas d'être surprise de se voir approchée par le Seigneur d'une façon si admirable : D'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur, et qui le porte dans son sein, vienne à moi ? Elle sent que c'est le Seigneur qui vient lui-même, mais qui vient et qui agit par sa sainte Mère.

Néanmoins ici c’est la sainte Mère de Dieu elle-même qui entre au ciel. Quelle fut alors son émotion, quelle fut alors sa sainte confusion ? Elle est reçue avec le respect du à une Reine, alors qu’elle est pure créature face à son Créateur. Le salut de l’ange l’avait mise en émoi naguère ; que dut lui faire alors l’accueil des myriades d’anges et surtout le salut de son Dieu et Fils ? L’émoi devant Gabriel fut sûrement au ciel mieux apaisé encore : Ne timeas Maria, ne craignez pas Marie (Luc 1,30). Dieu n’ôta pas cette crainte révérencielle qu’a spontanément l’ordre créé face à l’incréé, crainte que S. Thomas attribue même à la sainte humanité du Christ jusque dans l’éternité (IIIa, Qu.7, a.6), mais le Bon Dieu a alors exclu d’elle toute trace de ce trouble qu’évoque Bossuet avec les auteurs spirituels, pour que ne demeure que la joie et la paix béatifiques.

Le mystère des gloires de Marie se dévoile ainsi peu à peu aux yeux de la Mère Église. Elle y trouve une aide puissante pour affronter des temps qui n’aiment pas Jésus, boudant (au moins en apparence) le salut apporté par lui. Au XIXème s., elle put dire sa certitude de toujours que Marie était Immaculée Conception, et l’on sait le parti magnifique que le dogme a apporté à Lourdes ou au saint martyr fêté hier, le Père Kolbe. Puis au milieu du siècle passé, l’Église déclara avec la même solennité le mystère de ce jour, avant de proclamer au Concile Marie Mère de l’Église : trois gestes rares qui disent la vigueur de sa foi au moment où les signes visibles en sont devenus bien rares.

La situation de Notre Dame est à part, tout à fait singulière. Cela se justifie par son rôle exceptionnel dans l’Incarnation, sous l’influence et la proximité du Verbe Incarné. L’Immaculée Conception annonce l’entrée du Sauveur en ce monde, l’Assomption annonce sa sortie en vainqueur, son succès rejaillissant en premier lieu sur sa Mère. D’un bout à l’autre, le Fils triomphe en sa Mère, d’abord de façon cachée, puis aux yeux des anges, avant que le triomphe ne soit rendu évident à toute l’humanité lors du Jugement général. Ce triomphe devient nôtre grâce à notre lien avec Marie si profondément associée à l’œuvre de notre salut et entrée désormais au ciel en corps et en âme (Cf. Dom Roux, Marie, Mère et Reine, p. 110).

Marie entre au ciel : la femme entre sous le toit de l’éternité, la Reine de la paix, Regina pacis. Au delà de l’idéogramme chinois, c’est le signe grandiose décrit par S. Jean dans son Apocalypse (12;1s), prolongé à Fatima il y a juste un siècle. L’Apocalypse comme Fatima évoquent en même temps un combat âpre et terrible, subi par l’Église militante désignée comme le reste de sa descendance (Apoc. 12,17). Avec confiance, recommandons-nous à Elle, recommandons-lui en particulier la France qui lui est dédiée depuis 1639, associons-nous à la louange divine par son Magnificat, supplions-la pour chacun d’entre nous et plus spécialement pour la pureté de la foi et des mœurs dans le clergé dont la mission est d’attirer l’humanité à Jésus par Marie.

Trahe nos, Virgo Immaculata, amen.

Posté le 15 août 2017 à 10h25 par Michel Janva | Lien permanent

13 août 2017

Cardinal Burke : "la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise"

Le cardinal Raymond Burke a donné le 22 juillet une conférence au 32e Forum annuel « Church Teaches » (« L’Eglise enseigne »), à Louisville dans le Kentucky. Voici des extraits de la traduction du texte intégral de cette conférence, disponible ici dans sa version originale, par Jeaanne Smits (cette traduction n’a pas été officiellement validée par le cardinal Burke) :

[...] Nous vivons les temps les plus troublés qu’aient connus aussi bien le monde que l’Eglise. La sécularisation a ravagé la culture de nombreuses nations, spécialement en Occident, éloignant la culture de sa vraie source qui est Dieu, et de son plan pour nous et pour notre monde. Des attaques quotidiennes et généralisées visent la vie humaine innocente et sans défense, accompagnées d’une violence sans précédent qui en résulte au sein de la vie familiale et de la société en général. L’idéologie du genre toujours plus virulente répand une confusion totale à propos de notre identité en tant qu’homme ou femme, et conduit au malheur profond et même à la destruction de soi de nombreux membres de la société. On assiste également à la négation de la liberté de religion qui tente d’empêcher, sinon d’éteindre totalement, tout discours public à propos de Dieu et de notre nécessaire relation avec Lui. La négation de la liberté de religion s’accompagne de la tentative d’obliger les personnes qui craignent Dieu à agir contre leur conscience bien formée, c’est-à-dire contre la loi de Dieu inscrite dans le cœur de l’homme. Dans les pays supposés libres, le gouvernement impose de force à la société la pratique de l’avortement, de la stérilisation, de la contraception, de l’euthanasie, du manque de respect pour la sexualité humaine, allant même jusqu’à endoctriner les petits enfants au moyen de l’inique « théorie du genre ».

En même temps, le matérialisme athée et le relativisme conduisent à une recherche sans scrupules de la richesse, du plaisir et du pouvoir, tandis que le règne de la loi dictée par la justice est foulé aux pieds. Dans une situation aussi profondément désordonnée sur le plan culturel, on peut craindre à juste titre une confrontation globale dont la seule issue serait la destruction et la mort pour un grand nombre. A l’évidence, la situation présente du monde ne saurait perdurer sans conduire vers une annihilation totale.

Le monde n’a jamais eu autant qu’aujourd’hui besoin de l’enseignement solide et de la direction que Notre Seigneur, dans son amour sans mesure et sans fin de l’homme, veut donner au monde à travers son Eglise et spécialement à travers les pasteurs de celle-ci : le pontife romain, les évêques en communion avec le siège de Pierre, ainsi que leurs principaux collaborateurs, les prêtres. Mais de manière diabolique, la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise, de telle sorte que celle-ci s’approche de la culture semblant ne pas connaître sa propre identité et sa propre mission, semblant manquer de clarté et de courage pour l’annonce de l’Evangile de la vie et de l’Amour divin à la culture radicalement sécularisée. Par exemple, après la décision du 30 juin du parlement allemand d’accepter le soi-disant « mariage homosexuel », le président de la conférence des évêques d’Allemagne a déclaré que cette décision ne constituait pas un souci majeur pour l’Eglise qui, selon lui, doit s’inquiéter davantage de l’intolérance à l’égard des personnes souffrant d’une attraction homosexuelle. A l’évidence, dans une telle approche, on ne trouve plus la juste et nécessaire distinction entre l’amour que nous chrétiens devons toujours avoir pour la personne impliquée dans le péché, et la haine que nous devons également toujours avoir à l’égard des actes peccamineux. [...]

En réalité, la culture totalement matérialiste et relativiste, embrassée et puissamment soutenue par des moyens de communication du monde et par le lobbying politique des riches laïcistes, encourage la confusion et la division au sein de l’Eglise. Il y a quelque temps, un cardinal à Rome remarquait combien il est bon que les médias laïcistes n’attaquent plus l’Eglise, comme ils l’avaient fait si férocement au cours du pontificat du pape Benoît XVI. Ma réponse fut de dire que l’approbation des médias laïcistes est au contraire pour moi le signe que l’Eglise manque gravement à sa mission de témoignage clair et courageux vis-à-vis du monde, pour le salut du monde.

Allant de pair avec l’intérêt qu’ont les ennemis de l’Eglise à louer et à promouvoir la confusion et d’erreur au sein même de l’Eglise, il y a également une lecture politique mondaine de la gouvernance de l’Eglise. Pour les architectes d’une Eglise laïcisée est politisé, ceux qui affirment ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sont désormais les ennemis du pape. La doctrine et la discipline, qui, ensemble avec le culte divin, sont les dons essentiels que le Christ fait dans l’Eglise, sont aujourd’hui considérées comme les outils de supposés fondamentalistes rigides qui essaient d’entraver le soin pastoral des fidèles tel que le désire le pape François. Nous sommes même témoins d’une triste situation où des membres de la hiérarchie s’accusent publiquement les uns les autres d’avoir des objectifs politiques et mondains, à la manière des hommes politiques qui s’attaquent les uns les autres pour faire avancer leurs objectifs politiques.

A cet égard, la plénitude du pouvoir (plenitudo potestatis), essentiel à l’exercice de l’office du successeur de saint Pierre, est faussement présentée comme un pouvoir absolu, trahissant ainsi la primauté du successeur de saint Pierre qui est le premier d’entre nous par l’obéissance au Christ qui vit pour nous dans l’Eglise à travers la tradition apostolique. Des voix laïcistes font la promotion de l’image du pape en tant que réformateur qui serait en même temps un révolutionnaire, c’est-à-dire en tant que réformateur de l’Eglise œuvrant au moyen de la rupture avec la Tradition, avec la confession de la foi (regula fidei) et avec la règle de la loi correspondante (regula iuris). Mais l’office de saint Pierre n’a rien à voir avec la révolution, qui est avant tout un terme politique et mondain. Comme l’enseignait le concile Vatican II, le successeur de Pierre « est le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Lumen Gentium 23). La plénitude du pouvoir, le libre exercice de la charge du pontife romain existent précisément pour le protéger de cette sorte de pensée mondaine et relativiste qui conduit à la confusion et à la division. Cela lui permet également d’annoncer et de défendre la foi dans son intégralité. En décrivant ce qui est désormais connu comme « le pouvoir des clefs », le Catéchisme de l’Eglise catholique nous rappelle qu’il se fonde sur la confession de saint Pierre affirmant que Notre Seigneur est Dieu le Fils incarné pour notre salut éternel ; il déclare :

« Pierre, en raison de la foi confessée par lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères » (Catéchisme de l’Eglise catholique, 552).

Il est donc absurde de penser que le pape François puisse enseigner quoi que ce soit qui ne soit pas en accord avec ce que ses prédécesseurs, par exemple le pape Benoît XVI et saint Jean-Paul II, ont solennellement enseigné.

En ce qui concerne les fréquentes déclarations du pape François, s’est développée l’idée populaire selon laquelle chaque déclaration du Saint-Père doit être acceptée en tant qu’enseignement du pape ou du magistère. Les mass media ont sans conteste voulu faire leur choix parmi les déclarations du pape François, de manière à montrer que l’Eglise catholique subit une révolution et modifie actuellement de manière radicale son enseignement à propos de certaines questions clefs de foi, et spécialement de morale. L’affaire est compliquée parce que le pape François choisit régulièrement de s’exprimer de manière familière, que ce soit au cours d’interviews données en avion ou à divers médias, ou lors de remarques spontanées adressées à différents groupes. Cela étant, lorsque l’on place ses remarques dans le contexte approprié de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise, on peut se voir accuser de parler contre le Saint-Père. Je me rappelle comment l’un des éminents pères de la session extraordinaire du synode des évêques en octobre 2014 s’était approché de moi au cours d’une pause pour me dire : « Que se passe-t-il ? Ceux d’entre nous qui soutenons ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sommes-nous désormais appelés ennemis du pape ? » Il en résulte que l’on est tenté de rester silencieux ou d’essayer d’expliquer doctrinalement un langage qui sème la confusion, voire contredit la doctrine.

La manière dont j’en suis venu à comprendre le devoir de corriger cette idée populaire par rapport à l’enseignement de l’Eglise et des déclarations du pape consiste à distinguer, ainsi que l’Eglise l’a toujours fait, entre les paroles de l’homme qui est pape, et les paroles du pape en tant que vicaire du Christ sur terre. Au Moyen Age, l’Eglise parlait des deux corps du pape : le corps de l’homme et le corps du vicaire du Christ. En fait, la vêture traditionnelle du pape, spécialement la mozzetta rouge avec l’étole représentant les apôtres saint Pierre et saint Paul, représente visiblement le vrai corps du pape lorsqu’il expose l’enseignement de l’Eglise.

Dans les temps récents, l’Eglise n’a pas eu l’habitude d’un pontife romain parlant publiquement de manière familière. En fait, on a toujours pris grand soin de faire ce qui était nécessaire pour que toute parole publiée du pape soit clairement en accord avec le magistère. Il y a quelques mois, je parlais avec un cardinal qui, jeune prélat, avait étroitement collaboré avec le bienheureux pape Paul VI. Paul VI était un prédicateur doué qui parlait souvent sans texte préparé. Ses sermons étaient par la suite retranscrits en vue de leur publication, mais le Paul VI ne permettait jamais la publication d’un de ses sermons sans étudier à fond le texte imprimé. Ainsi qu’il le dit au jeune prélat, je suis le vicaire du Christ sur terre, et j’ai la très grave responsabilité de vérifier qu’aucune de mes paroles puisse être interprétée de manière contraire à l’enseignement de l’Eglise.

Le pape François a choisi de parler souvent en son premier corps, le corps de l’homme qui est pape. En fait, même dans des documents qui par le passé ont constitué un enseignement plus solennel, il affirme clairement qu’il ne propose pas un enseignement magistériel mais sa propre pensée. Mais ceux qui ont l’habitude d’une manière de parler différente de la part du pape voudraient que chacune de ses déclarations fasse d’une certaine manière partie du magistère. Faire cela est contraire à la raison, contraire à ce que l’Eglise a toujours tenu. Il est tout simplement erroné et dommageable pour l’Eglise de recevoir chaque déclaration du Saint-Père comme l’expression d’un enseignement pontifical ou du magistère.

Faire la distinction entre les deux types de discours du pontife romain n’est en aucune façon le signe d’un manque de respect à l’égard de l’office pétrinien. Il s’agit encore moins d’une inimitié à l’égard du pape François. En fait, et au contraire, c’est faire preuve du plus grand respect à l’égard de l’office pétrinien et de l’homme auquel Notre Seigneur l’a confié. Sans cette distinction, nous pourrions facilement perdre le respect de la papauté ou être conduits à penser que, si nous ne sommes pas en accord avec les opinions personnelles de l’homme qui est le pontife romain, il nous faudrait rompre la communion avec l’Eglise.

En tout cas, toute déclaration du pontife romain doit être comprise dans le contexte de l’enseignement et de la pratique constante de l’Eglise, de peur que la confusion et la division à propos de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise n’entrent dans son corps au grand détriment des âmes et au grand détriment de l’évangélisation du monde. Rappelez-vous les mots de saint Paul au début de la lettre aux Galates, une communauté de chrétiens des premiers temps où une confusion et une division grave avaient fait leur entrée. En tant que bon pasteur du troupeau, saint Paul a écrit les paroles suivantes face à cette situation très grave :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, pour passer à un autre Evangile. Non pas qu’il y en ait un autre ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile du Christ. Mais si quelqu’un, fût-ce nous-mêmes ou un ange du ciel, vous annonçait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Je l’ai dit, et je le dis encore maintenant : Si quelqu’un vous annonçait un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Car, en ce moment, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ » (Galates, 1, 6-10).

Tout en maintenant fermement la foi catholique relative à l’office pétrinien, nous ne pouvons pas tomber dans une idolâtrie de la papauté qui ferait de chaque mot prononcé par le pape une doctrine, même s’il est interprété comme étant contraire à la parole même du Christ, par exemple, en ce qui concerne l’indissolubilité du mariage (cf. Matth. 19, 9). Bien plutôt, avec le successeur de Pierre, nous devons nous efforcer de comprendre davantage et plus pleinement la parole du Christ, de manière à la vivre de plus en plus parfaitement.

De manière choquante, il y a quelques mois, le supérieur général des jésuites a laissé entendre que nous ne pouvons pas savoir ce que le Christ a véritablement dit à propos de n’importe quel thème, puisque nous ne disposons pas d’enregistrement de ses discours. Hormis l’absurdité de cette affirmation, cela donne l’impression qu’il n’y a plus un enseignement et une pratique constants de la foi tels qu’ils nous ont été transmis, de manière ininterrompue, depuis le temps du Christ et des apôtres.

De même, il n’est pas question d’un soi-disant « pluralisme » légitime au sein de l’Eglise, c’est-à-dire d’une légitime différence d’opinion théologique. Les fidèles n’ont pas la liberté de suivre des opinions théologiques qui contredisent la doctrine contenue dans les Saintes Ecritures et dans la sainte Tradition, et confirmée par le magistère ordinaire, même si ces opinions rencontrent un large écho dans l’Eglise et qu’elles ne sont pas corrigées par les pasteurs de l’Eglise, comme il incombe pourtant à ces pasteurs.

En célébrant le centenaire des apparitions de Notre Dame de Fatima, nous devons nous rappeler comment son message, ou comme on l’appelle parfois, son secret, a pour principal objectif de répondre à une apostasie largement répandue dans l’Eglise et à la défaillance des pasteurs de l’Eglise quant à sa correction. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est d’abord et avant tout le triomphe de la foi qui nous enseigne quelle est notre bonne relation avec Dieu et avec autrui.

[...] Quelle doit donc être notre réponse à ces temps extrêmement difficiles où nous vivons, des temps qui, de manière réaliste, semblent être apocalyptiques ? Ce doit être une réponse de foi, de foi en Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit pour nous dans l’Eglise et qui ne manque jamais de nous enseigner, de nous sanctifier et de nous conduire dans l’Eglise, ainsi qu’Il a annoncé qu’Il resterait avec nous pour toujours, jusqu’à son retour au dernier jour pour inaugurer « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (2 Pierre 3, 13) pour accueillir ses fidèles au festin de noces de l’agneau. Nous savons ce que le Christ nous enseigne dans l’Eglise. Cela est contenu dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, dans l’enseignement officiel de l’Eglise. Son enseignement ne change pas. Au milieu de la confusion et de la division présentes, nous devons étudier plus attentivement les enseignements de la foi contenus dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, et être prêts à défendre ces enseignements contre tout mensonge qui porterait atteinte à la foi et donc à l’unité de l’Eglise.

[...] La sérénité veut dire que nous ne cédons pas à une désespérance mondaine qui s’exprime de manière agressive et peu charitable. Notre confiance est dans le Christ. Oui, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour défendre notre foi catholique dans n’importe quelle circonstance où elle se trouve attaquée, mais nous savons que la victoire appartient finalement et uniquement au Christ. Ainsi, lorsque nous avons fait tout ce que nous pouvons faire, nous sommes en paix, même si nous reconnaissons que nous restons des « serviteurs inutiles ».

Il ne peut y avoir place dans notre façon de penser ou d’agir pour le schisme qui est toujours et partout erroné. Nous devons être prêts à accepter quelque souffrance qui puisse survenir, au nom du Christ et de son Corps mystique, notre Sainte Mère l’Eglise. Comme saint Athanase et les autres grands saints qui ont défendu la foi en des temps de graves épreuves au sein de l’église, nous devons être prêts à accepter le ridicule, l’incompréhension, la persécution, l’exil et même la mort, afin de rester un avec le Christ dans l’Eglise sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Prions pour qu’au terme de notre pèlerinage terrestre, nous puissions dire avec Saint-Paul :

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui auront attendu avec amour son avènement » (2 Tim. 4, 7-8).

Le schisme est le fruit d’une manière de penser mondaine, de penser que l’Eglise est entre nos mains plutôt qu’entre les mains du Christ. L’Eglise de notre temps a grand besoin d’être purifiée de toute forme de pensée mondaine. Plutôt, avec saint Paul qui a si grandement souffert pour la prédication de la foi à toutes les nations, nous devons nous réjouir de compléter dans notre chair les souffrances du Christ pour le bien de son Epouse, l’Eglise (cf. Col 1, 24-29). [...]"

Posté le 13 août 2017 à 11h41 par Michel Janva | Lien permanent

Catéchisme Le Chemin du Ciel avec Imprimatur de Mgr Rey

ImageLe catéchisme Le Chemin du Ciel propose un enseignement clair de la foi catholique, avec un langage simple et adapté aux enfants.

Cette 1ère année, destinée aux enfants de 7 à 10 ans, expose les vérités de la foi contenues dans le Credo à travers 21 chapitres magnifiquement illustrés par Joëlle d’Abbadie.

Imprimatur et préface de Mgr Dominique Rey.

Auteurs : Abbé Henri Forestier, Marie Cartier

Illustrations intérieures : Joëlle d'Abbadie - Illustration de la couverture : Anne-Charlotte Larroque.

Posté le 13 août 2017 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

11 août 2017

La crise de l’Eglise comparable à celle du IVe siècle, lorsque l’arianisme avait contaminé l’immense majorité de l’épiscopat

Jeanne Smits a traduit un texte de Mgr Athanasius Schneider sur la crise de l'Eglise et la nécessaire réflexion doctrinale à propos de Vatican II. Mgr Schneider a revu le texte français pour qu'il reflète exactement sa pensée :

"La situation de crise sans précédent où se trouve actuellement l’Eglise est comparable à la crise générale au IVe siècle, lorsque l’arianisme, ayant contaminé l’immense majorité de l’épiscopat, occupait une position dominante dans la vie de l’Eglise. Nous devons chercher à aborder cette situation avec réalisme, d’une part, et de l’autre, avec un esprit surnaturel – avec un profond amour de l’Eglise, notre mère, qui souffre la Passion du Christ en raison de cette confusion doctrinale, liturgique et pastorale formidable et généralisée.

Nous devons renouveler cette foi par laquelle nous croyons que l’Eglise est entre les mains très sûres du Christ, sachant qu'Il intervient toujours pour renouveler l’Eglise au moment où le navire de l’Eglise semble devoir couler, comme c’est évidemment le cas de nos jours.

En ce qui concerne l’attitude à l’égard du concile Vatican II, nous devons éviter deux extrêmes : le rejet complet (tel celui des sédévacantistes et d’une partie de la Fraternité Saint-Pie X, ou l’« infaillibilisation » de tout ce qui a été exprimé par le concile.

Vatican II était une assemblée légitime présidée par les papes et nous devons garder envers ce concile une attitude respectueuse. Néanmoins, cela ne signifie pas qu'il nous soit interdit d’exprimer des doutes bien fondés ou des suggestions respectueuses d’amélioration en ce qui concerne certains points spécifiques, en nous basant toujours sur l’ensemble de la Tradition et du Magistère constant de l’Eglise.

Les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère recouvrant une période de plusieurs siècles, ont préséance et constituent un critère de vérification par rapport à l’exactitude de déclarations magistérielles postérieures. Les nouvelles affirmations du Magistère doivent, en principe, être plus exactes et plus claires, et en aucun cas ambiguës et en contradiction apparente avec des affirmations magistérielles antérieures.

Les affirmations de Vatican II qui sont ambiguës doivent être lues et interprétées à la lumière des affirmations de la Tradition dans son ensemble et du Magistère constant de l’Eglise.

En cas de doute, les affirmations du Magistère constant (les conciles antérieurs et les documents des papes, dont le contenu est manifestement l’expression d’une tradition certaine et réitérée au cours des siècles dans le même sens) prévalent sur les affirmations objectivement ambiguës ou nouvelles de Vatican II, difficiles à accorder avec des affirmations spécifiques du Magistère antérieur constant (par exemple, le devoir de l'Etat de vénérer publiquement le Christ, Roi de toutes sociétés humaines, le sens véritable de la collégialité épiscopale par rapport à la primauté de Pierre et au gouvernement universel de l’église, la nocivité de toutes les religions non catholiques et le dangerosité qu’elles représentent pour le salut éternel des âmes).

Vatican II doit être considéré et reçu tel qu'il est, et tel qu’il était réellement : un concile avant tout pastoral. Ce concile n’avait pas pour intention de proposer des doctrines nouvelles ni de les proposer sous une forme définitive. Dans une grande partie de ses affirmations, le concile a confirmé la doctrine traditionnelle et constante de l’Eglise.

Parmi les nouvelles affirmations de Vatican II (par exemple, la collégialité, la liberté religieuse, le dialogue œcuménique et inter-religieux, l’attitude à l’égard du monde) certaines n’ont pas un caractère définitif, et comme elles se trouvent être en apparence ou en réalité en contradiction avec les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère, elles doivent être complétées par des explications plus exactes et des suppléments plus précis, à caractère doctrinal. L’application aveugle du principe de l’« herméneutique de la continuité » n’est pas d’un réel secours puisqu’à travers celle-ci on fabrique des interprétations forcées qui ne sont pas convaincantes et qui n’aident pas à atteindre une compréhension plus claire des vérités immuables de la foi catholique et de leur application concrète.

Il y a eu des cas dans l’histoire où les affirmations non définitives de certains conciles œcuménique ont été par la suite – grâce à un débat théologique serein – précisées ou corrigées de manière tacite (par exemple, les affirmations du concile de Florence à propos de la matière du sacrement de l’ordre, à savoir que la matière serait constituée par la porrection des instruments, alors que la tradition plus sûre et constante affirmait que l’imposition des mains de l'évêque était suffisante, une vérité qui serait en fin de compte confirmée par Pie XII en 1947). Si après le concile de Florence les théologiens avaient aveuglément appliqué le principe de l’herméneutique de la continuité à cette affirmation concrète du concile de Florence (une affirmation objectivement erronée), en défendant la thèse selon laquelle la remise des instruments constituait la matière du sacrement de l'ordre était en accord avec le magistère constant, on ne serait probablement pas parvenu au consensus général des théologiens par rapport à la vérité qui affirme que seule l’imposition des mains de l’évêque constitue la matière réelle du sacrement de l’ordre.

Il est nécessaire de créer au sein de l’Eglise un climat serein de discussions doctrinales par rapport à celles des affirmations de Vatican II qui sont ambiguës ou qui ont été à l’origine d’interprétations erronées. Une telle discussion doctrinale n’a rien de scandaleux : au contraire, elle va contribuer à faire expliciter de manière plus sûre et complète le dépôt immuable de la foi de l’Eglise.

Il ne faut pas mettre à ce point l’accent sur un concile donné, qu’on en vienne à l’absolutiser et à le placer de fait sur le même pied que la parole de Dieu orale (la Tradition sacrée) ou écrite (l’Ecriture Sainte). Vatican II lui-même a très justement affirmé (cf. Dei Verbum, 10) que le Magistère (le pape, les conciles, le magistère ordinaire et universel) ne se situe pas au-dessus de la parole de Dieu mais en-dessous, lui étant subordonné: il est seulement son serviteur (serviteur de la Parole orale de Dieu, c’est-à-dire la Tradition sacrée, et de la Parole écrite de Dieu, c’est-à-dire l’Ecriture Sainte).

D’un point de vue objectif, les affirmations du Magistère (les papes et les conciles) qui ont un caractère définitif ont plus de valeur et de poids que les affirmations à caractère pastoral, dont la qualité est naturellement changeante et provisoire, sujette aux circonstances historiques ou apportant une réponse à des situations pastorales d’une période donnée, comme c’est le cas pour la plupart des affirmations de Vatican II.

L’apport original et précieux de Vatican II réside dans l’appel universel à la sainteté qui s’adresse à tous les membres de l’Eglise (chapitre 5 de Lumen Gentium), dans la doctrine relative au rôle central de Notre Dame dans la vie de l’Eglise (chapitre 8 of Lumen Gentium), dans l’importance du rôle des fidèles laïcs par rapport à la sauvegarde, la défense et la promotion de la foi catholique, et dans leur devoir d’évangéliser et de sanctifier les réalités temporelles conformément au sens pérenne de l’Eglise (chapitre 4 de Lumen Gentium), dans la primauté de l’adoration de Dieu dans la vie de l'Eglise et la célébration de la liturgie (Sacrosanctum Concilium n° 2 ; 5-10). Le reste peut être considéré jusqu’à un certain point comme secondaire, temporaire et sera, à l’avenir, probablement jugé oubliable, comme cela fut le cas pour certaines affirmations non définitives, pastorales et disciplinaires de divers conciles œcuméniques par le passé.

Les sujets suivants : Notre Dame, la sanctification par les laïcs de leur vie personnelle en même temps que la sanctification du monde selon le sens pérenne de l’Eglise, ainsi que la primauté de l’adoration de Dieu, sont les aspects les plus urgents qui doivent être vécus en notre temps. En cela Vatican II a un rôle prophétique qui, malheureusement, n’a pas encore été réalisé de manière satisfaisante.

Au lieu de vivre ces quatre aspects, une part considérable de la Nomenklatura théologique et administrative au sein de la vie de l’Eglise a promu au cours de ces cinquante dernières années, et continue de promouvoir des thèmes doctrinaux, pastoraux et liturgiques ambigus, altérant ainsi l’intention originelle du Concile ou en utilisant abusivement ses affirmations doctrinales moins claires, voire ambiguës, en vue de créer une autre Eglise – une Eglise de type relativiste ou protestant. Nous vivons de nos jours l’aboutissement de ce développement.

Le problème de la crise actuelle de l’Eglise consiste en partie dans le fait que certaines affirmations de Vatican II qui sont objectivement ambiguës, ou ses rares affirmations qui peuvent difficilement s’accorder avec la tradition magistérielle constante de l’Eglise ont été « infaillibilisées ». C’est par ce moyen qu'on a bloqué le sain débat assorti d’une nécessaire correction implicite ou tacite.

En même temps, on a encouragé la fabrication d’affirmations théologiques contrastant avec la tradition pérenne (par exemple, en ce qui concerne la nouvelle théorie d’un double sujet suprême ordinaire du gouvernement de l’Eglise, c’est-à-dire le pape seul et le collège épiscopal tout entier ensemble avec le Pape ; la doctrine de la neutralité de l’Etat par rapport au culte public qu'il doit rendre au vrai Dieu, qui est Jésus-Christ et qui est aussi Roi de chaque société humaine et politique ; la relativisation de la vérité selon laquelle l’Eglise catholique est l’unique chemin du salut, voulu et ordonné par Dieu).

Nous devons nous libérer des chaînes qui ont « absolutisé » et entièrement « infaillibilisé » Vatican II. Nous devons réclamer un climat de débat serein et respectueux, à partir de l’amour sincère pour l’Eglise et pour la foi immuable de l’Eglise.

Nous pouvons voir un signe positif dans le fait que le 2 août 2012, le pape Benoît XVI a écrit une préface au volume relatif à Vatican II dans l’édition de ses Opera Omnia. Dans cette préface, Benoît XVI exprime ses réserves par rapport à certains contenus spécifiques dans les documents Gaudium et spes et Nostra ætate. La teneur des paroles de Benoît XVI laisse voir que des défauts concrets au sein de certaines sections de ces documents ne sont pas susceptibles d’amélioration par « l’herméneutique de la continuité ».

Une FSSPX, canoniquement et pleinement intégrée dans la vie de l’Eglise, pourrait également apporter une précieuse contribution à ce débat – tout comme le souhaitait Mgr Marcel Lefebvre. La présence canonique plénière de la FSSPX dans la vie de l’Eglise en notre temps contribuerait également à créer le climat général d’un débat constructif, de telle sorte que ce qui a été cru toujours, partout et par tous les catholiques au cours de 2.000 ans puisse être cru de manière plus claire et plus sûre également aussi de nos jours, réalisant ainsi la véritable intention pastorale des Pères du concile Vatican II.

L'intention pastorale authentique vise le salut éternel des âmes – un salut qui ne sera réalisé que par la proclamation de la volonté tout entière de Dieu (cf. Actes 20: 27). L'ambiguïté dans la doctrine de la foi et dans son application concrète (dans la liturgie et dans la vie pastorale) constituerait une menace pour le salut éternel des âmes et serait par conséquent anti-pastoral, puisque la proclamation de la clarté et de l’intégrité de la foi catholique et de son application concrète fidèle constituent la volonté explicite de Dieu.

Seule l’obéissance parfaite à la volonté de Dieu – qui nous a révélée par le Christ, Verbe incarné, et par les Apôtres, la foi véritable, la foi interprétée et pratiquée de manière constante et dans le même sens par le Magistère de l’Eglise – amènera avec elle le salut des âmes.

+ Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana au Kazakhstan

Posté le 11 août 2017 à 11h08 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2017

Le trésor du catéchisme

Petit-tresor-des-catechismes-diocesainsLe Petit Trésor des catéchismes diocésains est un concentré de trois siècles d’enseignement des évêques en leur diocèse depuis la création du Catéchisme diocésain jusqu’à sa suppression en 1937-1947. Le Catéchisme diocésain est un genre littéraire né à la suite du Concile de Trente, répondant à la mission d'enseignement de l'évêque. Ce qui est enseigné à tous les chrétiens, à toute époque et en tout lieu, telle est la définition du Magistère ordinaire qui, de par sa permanence, est signe d’absence d’erreur, le Saint-Esprit aidant. Loin d’opposer les catéchismes diocésains entre eux, l’unité de la catéchèse de la foi et de la morale permet cet assemblage pour former les véritables richesses de l’enseignement catholique.

Né en 1957, l'auteur, l'abbé Jean-Pierre Putois, est prêtre de la Fraternité des Cœurs de Jésus et Marie. Il a déjà publié un Éloge de la direction spirituelle sous forme d’anthologie (2e éd., Lethielleux, 2017) ; une anthologie de trois siècles de catéchismes diocésains : Le Trésor des catéchismes diocésains, T. 1, Dieu et les mystères de la foi (Via Romana, 2009), et une étude sur la crise des catéchismes au siècle dernier : Les Cahiers du Catéchisme, étude revue et augmentée, 2015. Ses travaux sur l’Ancien et le Nouveau Testament lui ont permis d’éditer une synopse des quatre Évangiles : L’Évangile aux mille couleurs (2005), ainsi que les Images des Évangiles dans la Liturgie romaine de Jérôme Nadal (2007).

Trouvera-t-on ici une de ces fameuses “méthodes pédagogiques” qui tirent leur origine de « l’école [dite] moderne » ? Non. L’Évangile, en sa pédagogie, n’a pas attendu ces méthodes-là : en effet, la Parole de Dieu écrite préside et transcende la leçon, et le principe des questions-réponses la synthétise afin de transmettre la divine Vérité. De même, la “scolarisation à outrance” de la catéchèse n’a-t-elle pas fait oublier que le catéchisme diocésain est pour toute génération ? Ainsi, on trouvera ici un enseignement assez ample pour tous les âges, et qui, entre les mains du catéchiste, lui permettra premièrement de nourrir son discours, puis de le mesurer à son auditoire.

Extrait sur le devoir électoral :

"Qu'est-ce que bien voter ?

C'est choisir des représentants :

Pourquoi est-ce un péché de mal voter aux élections ?

Parce qu'en votant mal aux élections, nous choisissons pour nous gouverner : 

Posté le 30 juillet 2017 à 09h32 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2017

Cardinal Müller : "Les Conciles n’ont jamais été des rassemblements harmonieux"

Extrait d'un entretien donné par le cardinal Müller :

Unknown-5Comprenez-vous les raisons qui ont amené les Cardinaux Burke, Brandmuller, Caffarra et Meisner, maintenant décédé, à présenter au Pape les cinq Dubia à propos de l'Exhortation [Amoris Laetitia] ?

« Je ne comprends pas pourquoi une discussion calme et sereine n'a pas commencé [encore]. Je ne comprends pas où sont les obstacles. Pourquoi permettre aux tensions d’émerger, même publiquement ? Pourquoi ne pas organiser une réunion pour parler ouvertement de ces thèmes qui sont fondamentaux ? Jusqu'à présent, je n'ai entendu que des invectives et des insultes contre ces Cardinaux. Mais ce n'est pas le ton, ni la manière d’aller de l'avant. Nous sommes tous frères dans la Foi et je ne peux pas accepter de parler de catégories comme « un ami du Pape » ou « un ennemi du Pape ». Pour un Cardinal, c’est absolument impossible d'être contre le Pape. Néanmoins nous, les Évêques, ont le droit, je dirais, le droit divin de discuter librement. Je voudrais rappeler à l'esprit que lors du premier Concile, tous les disciples parlaient franchement, même en favorisant des controverses. À la fin, Pierre a donné son explication dogmatique qui a été entière pour l'Église. Mais seulement après, à la fin d'une longue discussion animée. Les Conciles n’ont jamais été des rassemblements harmonieux ».

Le point est de savoir si Amoris Laetitia est ou non une forme de discontinuité en ce qui concerne l'enseignement précédent. L’est-il ou non ?

« Le Pape a plusieurs fois déclaré qu’il n'y a pas de changement dans la Doctrine dogmatique de l'Église, et cela est évident, comme ça pourrait être impossible aussi. François a voulu encore attirer ces gens qui se trouvent en situation irrégulière en ce qui concerne le mariage ; autrement dit, comment les rapprocher des sources de la grâce sacramentelle. Il existe des moyens —canoniques aussi. Dans tous les cas, ceux qui veulent communier et se retrouvent dans un état de péché mortel, doivent d'abord recevoir le Sacrement de la Réconciliation, qui consiste à la contrition sincère, avec un ferme propos de ne plus pécher, dans la confession des péchés et la conviction d'agir selon la Volonté de Dieu. Et personne ne peut modifier cet ordre sacramentel qui a été fixé par Jésus-Christ. S’il y a quoi que ce soit, nous pouvons changer les rites extérieurs, mais pas ce noyau central. L’ambiguïté dans Amoris Laetitia ? Il peut y en avoir et je ne sais pas si c’était voulu. Les ambiguïtés, si elles existent, sont liées à la complexité matérielle de la situation dans laquelle les hommes se trouvent aujourd'hui, dans la culture dans laquelle ils sont immergés. De nos jours, presque tous les fondamentaux et les éléments essentiels pour les populations qui se disent superficiellement Chrétiennes ne sont plus compréhensibles. De là, les problèmes surgissent. Nous avons deux défis à venir ; tout d'abord : préciser quelle est la Volonté rédemptrice de Dieu et nous interroger sur la façon d'aider pastoralement ces frères et aller sur le chemin indiqué par Jésus ».

La réception de la Communion par les divorcés/remariés était une vieille demande de l'épiscopat Allemand.

« C’est vrai, il y avait trois Évêques Allemands : Kasper, Lehmann et Saïer, qui ont lancé la proposition au début des années 1990. Mais la Congrégation de la Doctrine de la Foi l’a rejetée définitivement. Tous ont convenu que c’était nécessaire d’en discuter à nouveau et jusqu'à présent personne n'a abrogé le document ».

Posté le 26 juillet 2017 à 10h19 par Michel Janva | Lien permanent

"Va-t-en, Satan"

De Cyril Brun sur Infocatho :

Unknown-4"Alors que nous commémorons ces jours-ci le premier anniversaire de l’assassinat du Père Hamel et que certains discours politiques amalgament un peu rapidement faits, causes et conséquences, il n’est pas inutile de rappeler que c’est bien au nom de sa divinité que le terroriste (appelons les choses par leur nom) a égorgé, sur l’autel, le prêtre qui agissait en lieu et place du Christ, Dieu et fils de Dieu.

Il semble que l’affirmation de l’unicité de Dieu soit équivoque et laisse prise à de nombreuses interprétations. Mais avant tout autre chose pouvons-nous affirmer, en dehors de la révélation divine et de l’apport de la foi que Dieu est unique ? Aristote l’a fait il y a déjà fort longtemps. Son fameux premier moteur immobile est unique parce qu’il existe un être, non limité et infini. Deux infinis ne pouvant se trouver côte à côte, si Dieu est, il est forcément unique. L’objet ici n’étant pas de démontrer l’existence de Dieu, ni son unicité, je n’entrerai pas dans les arcanes de cette question. L’intérêt de cette unicité démontrée par le Philosophe est de poser un Dieu sans contraire, sans rival, si l’on veut et sans vis-à-vis. Dieu est et par ce fait même, il englobe la plénitude de l’être. S’il est unique, il n’a pas plusieurs visages qui correspondraient aux différentes religions.

De cette vérité fondamentale, se réclament tous les monothéismes, c’est-à-dire, toutes les religions qui croient en l’existence d’un seul Dieu. Toutes ces religions, qui ne sont pas si nombreuses que cela, reconnaissent donc non pas un même Dieu, mais le fait qu’il n’y ait qu’un seul Dieu, ce qui est évidemment fort différent. Croire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, ne nous dit pas tout ce qu’est Dieu. Et à partir de cette vérité première et fondamentale, les religions monothéistes diffèrent quant à ce qu’elles comprennent être Dieu.

Toutefois, si Dieu est unique, il ne peut y avoir plusieurs dieux différents. Ce qui signifie que parmi ceux qui croient en l’unicité de Dieu certains se tournent vers Dieu et d’autres vers des images recomposées et erronées de Dieu. Autrement dit ce n’est pas parce que nous croyons que Dieu est unique que nous croyons en Dieu. Nous ne croyons qu’en un aspect de sa divinité. Pour pouvoir parler de Dieu à bon escient, c’est-à-dire mettre les bonnes « définitions » sous le mot Dieu, encore faut-il véritablement parler de Lui.

De sorte que deux voies se présentent à celui qui reconnait qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Ou il se tourne vers Dieu, ou il se tourne vers une image recomposée, mais qui n’est pas Dieu. Au mieux c’est une idole, au pire c’est Satan. Une idole est, de façon métonymique, un dieu. Car Dieu est celui vers qui nous allons, celui qui guide et commande notre vie par adhésion, attrait, amour. En ce sens étroit, certains font de mille choses secondaires leur dieu. En ce sens, une vision erronée de Dieu tourne des âmes et des cœurs, vers un faux dieu, une idole.

En définitive, il n’y a guère que deux choix, Dieu ou le néant. On ne peut donc dire que partager la foi en un Dieu unique signifie avoir le même Dieu. Partager la foi en l’unicité de Dieu est avoir un point commun avec les autres religions monothéistes, mais en aucune façon, il ne s’agit du même Dieu, puisque d’un côté l’adhésion à Dieu suppose d’être effectivement tourné vers Dieu, de l’autre l’adhésion à une image erronée de Dieu, conduit à regarder dans une autre direction que celle où Dieu se trouve effectivement.

A partir du moment où Dieu est unique, il n’y a pas ici ou là des bouts de Dieu. Ceux qui professent Dieu dans sa vérité croient en Dieu, ceux qui prêtent à Dieu d’autres attributs que les siens, ne parlent pas de Dieu, mais de leurs idoles. C’est exactement le processus du peuple hébreux et du veau d’or. Et ce petit « écart » n’a guère plût à Yahvé.

Ainsi donc, l’Islam affirme que Dieu est unique, mais ce que les Musulmans vénèrent n’est pas Dieu, mais une idole, un faux dieu, quelque chose qu’ils croient être « comme un dieu ». N’est-ce pas sans nous rappeler la tentation d’Eve : Vous serez comme des dieux ? Car qui se cache derrière l’illusion ? Qui tente de tromper sur l’image divine ? Qui propose à Jésus de déplacer son amour pour Dieu vers des réalités idolâtrées, et plus explicitement vers lui-même ? Satan prince du mensonge est derrière cette confusion. Fidèle à son habitude, il part du vrai, pour détourner vers le faux. Il part de l’unicité de Dieu, pour proposer ses idoles à la vénération.

Dieu est unique signifie qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais aussi qu’Il n’a pas plusieurs visages. Croire au Dieu unique n’est pas simplement croire Dieu unique, c’est adhérer à Dieu lui-même. Adhérer, même en toute bonne foi, à une autre image, fut-elle unique, c’est adorer des idoles, inertes, nous rappelle le prophète Elie. En définitive, celui qui donne une illusion de vie à ces idoles, est celui qui manie l’illusion à la perfection, Satan. C’est du reste l’ultime avertissement du Christ par la bouche du Père Hamel, alors qu’il allait être égorgé.

De sorte que nous pouvons poser l’alternative suivante entre Dieu et Satan. Non pas un monde bipolaire où Satan serait le pendant mauvais de Dieu. Satan n’est pas Dieu, ni même un dieu. Il est une créature qui veut détourner l’Homme de Dieu et pour se faire se met, via l’idolâtrie, entre eux et Dieu.

La confusion relativiste actuelle, favorisée par l’amalgame, porte atteinte à l’intégrité même de la vérité divine, voile Dieu et fait passer devant Lui nombre d’idoles. Celui que vénèrent les musulmans n’est pas Dieu, mais une idole quoiqu’il en soit de la sincérité des fidèles. De même, le visage du Christ que suivent les Protestants est une défiguration de la vérité même du Fils de Dieu.

On me trouvera extrémiste, mais regardons les choses de plus près. Pourquoi serais-je catholique si je croyais que le Christ est autre que ce que l’Eglise enseigne ? Comment montrer le Christ, chemin vérité et vie, si je laissais croire qu’un visage déformé de Jésus est le chemin, la vérité, la vie ? Dénoncer une erreur n’est pas stigmatiser une personne. Cette conviction affective est un véritable frein au dévoilement du visage réel du Christ. On ne peut montrer le chemin vers Dieu qu’en étant tourné vers Dieu lui-même. Défendre l’intégrité de la Révélation divine, c’est présenter le chemin véritable en même temps le but ultime qui motive d’emprunter la route ardue : Dieu.

Telle est la véritable charité qui ne peut reposer que sur la vérité. Mentir à nos frères, à nos contemporains, sous prétexte de les respecter dans leur différence est fondamentalement contraire à la charité. Il ne s’agit pas d’asséner des vérités à coups de massues, mais il ne faudrait pas non plus diluer la vérité dans un acide relativiste et par nature corrosif pour la vérité, comme pour la charité."

Posté le 26 juillet 2017 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2017

Maria Valtorta : François-Michel Debroise répond à Yves Chiron

Suite à l'article d'Yves Chiron sur Maria Valtorta, François-Michel Debroise, mis en cause dans cet article, apporte quelques précisions intéressantes :

9782364630710"Me voilà donc, selon Y. Chiron, sectateur d'une œuvre anathème !

M. Chiron n'aime pas Maria Valtorta, moi si. C'est son droit et c'est le mien. Mais je ne le rangerais pas dans les lobbyistes dès lors qu'il émet une opinion différente de la mienne et qu’il l'exprime publiquement, ce qui est parfaitement respectable. Je me contenterais de combler quelques lacunes de son argumentaire, car j'ai connu Y. Chiron plus documenté.

Voilà que le cardinal Ratzinger exprimerait, selon ses sources, l'opinion de l’Église dans quelques "cartes postales" personnelles envoyées aux quatre coins du monde par son secrétaire, Mgr Clemens. Je l'ai connu différemment, le faisant toujours, et exclusivement, par la voie hiérarchique des évêques locaux et jamais directement à des particuliers, même quand on l'interrogeait sur Maria Valtorta.

Il a dû évoluer aussi avec son élection au siège de saint Pierre. Voilà qu'il accueille, en 2007, la pétition des évêques chinois préparant un synode sur "la Parole de Dieu" et réclamant, pour ce faire, la poursuite de la traduction de l'œuvre de Maria Valtorta en leur langue[1].

Ils rejoignaient ainsi la réaction des évêques du Kerala saluant unanimement,  en 1992, la traduction de cette œuvre en langue locale[2]. Sans doute ces pays évangélisateurs ont-ils une foi moins tétanisée par les "cartes postales".

C’est aussi SS. Benoît XVI qui béatifie, coup sur coup, dans la dernière année de son pontificat, deux soutiens affichés de Maria Valtorta. L’un, traducteur de la Bible en chinois, n’en finissait pas d’apprendre sur la vie en Palestine au temps de Jésus à la lecture d’une œuvre qu’il reconnaissait « venir de l’esprit Jésus »[3].

L’autre avait doté chacune des 35 maisons qu’elle avait fondées d’un exemplaire de « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé »[4]. Titre qui ne provient pas d’une proclamation anathème comme le suppose Y. Chiron, mais de la façon familière dont parlait Maria Valtorta de ses visions.

Ce serait une œuvre « subtilement sensuelle » ? Je ne sais si l’amour du Christ peut être rangé dans cette catégorie, mais c’est dommage pour Mère Teresa qui emmenait cette œuvre dans ses déplacements avec sa Bible et son bréviaire[5].

Ce serait aussi une œuvre bourrée « d’erreurs historiques et exégétiques ». On attend de savoir lesquelles, cela permettrait de corriger quelques avis émis sur la haute valeur de l’œuvre par des personnalités auxquelles je me fie plus sûrement qu’à M. Chiron ou que l’abbé Gérard Herrbach, qu’ils ne m’en veuillent pas. Telles :

  • Mgr Alfonso Carinci, Secrétaire de la Congrégation pour les Rites sacrés, pour qui il s’agit « d’une œuvre littérairement sublime, doctrinalement et spirituellement si élevée »,
  • Le cardinal Augustin Bea, alors confesseur de Pie XII et directeur de l’Institut biblique pontifical, qui se déclare « très impressionné par le fait que les descriptions archéologiques et topographiques sont faites avec une exactitude remarquable ».
  • Mgr Ugo Lattanzzi, recteur de l’université pontificale du Latran, pour qui l’œuvre requiert une "origine supranaturelle".

Le Père Gabriel M. Roschini, fondateur de l’Université pontificale de théologie "Marianum" et conseiller au Saint-Siège qui dans un livre envoyé à SS. Paul VI écrit qu’ « aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j'ai lus et étudiés, n'avait été en mesure de me donner sur Marie, chef-d'œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime, que les écrits de Maria Valtorta. »

La Secrétairerie d’État répondit à cet envoi, au nom du souverain Pontife, par l'espoir « que vos efforts recueillent des fruits spirituels abondants. »

Le Père Yannik Bonnet, pour sa part, rapporte l’affirmation du secrétaire particulier de SS. Jean-Paul II selon laquelle le souverain Pontife avait l’œuvre de Maria Valtorta sur sa table de chevet[6].

Bref, voilà un extrait de la longue liste des "sectateurs" d’une œuvre anathème, sensuelle et bourrée d’erreurs historiques, exégétiques et sans doute théologiques.

La différence entre cette cohorte de "sectateurs" anathèmes et l’avis de MM. Chiron et Herrbach tient en ce que les premiers ont lu l’œuvre et pas les seconds. Dommage.

François-Michel Debroise

www.maria-valtorta.org

 

[1] Site du Vatican, préparation du synode sur la Parole de Dieu, contribution du 27 avril 2007, note n° 9.

[2] Copie des 7 courriers envoyés à cette occasion (bas de la page).

[3] Bienheureux G.M. Allegra (1907-1976), Critique, Macao juin 1970.

[4] Bienheureuse Mère Maria Inès du Très Saint Sacrement (1904-1981).  Lettre du 19 juillet 2001 à l’éditeur, de sœur Maria Uranga.

[5] Attestation sous serment du Père Leo Maasburg, Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires en Autriche et confesseur de Mère Teresa pendant 4 ans, 2015.

Posté le 21 juillet 2017 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent


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