20 avril 2015

Divorcés : Thibaud Collin répond à Mgr Vesco

Sur son blog, Thibaud Collin répond à Mgr Vesco, évêque d'Oran, qui vient de publier un ouvrage plaidant pour un changement concernant les divorcés-adultères. Extraits :

V"[...] Le nœud de l’argumentation est que l’Eglise ne peut demander aux « divorcés remariés » de rompre la « nouvelle alliance » qu’ils ont conclue. Pourquoi une telle demande serait-elle impossible ? La raison invoquée est que la seconde union comme « tout amour conjugal véritable » est indissoluble. Effectivement en bonne logique un lien indissoluble ne peut être délié. Mais en quoi la seconde union, qui semble prospérer sur la dissolution de la première, est-elle déclarée indissoluble? C’est là que Mgr Vesco fait preuve de prouesses pour convaincre son lecteur se demandant s’il n’est pas face à de magnifiques « sophismes » (ignorant les intentions profondes de notre auteur je ne peux que mettre entre guillemets ce terme) ! Il reprend la doctrine traditionnelle selon laquelle le mariage est institué par le Créateur et qu’à ce titre le mariage civil entre deux non-baptisés est indissoluble. Ce n’est donc pas le sacrement qui rend le lien conjugal indissoluble. Au contraire, à l’origine Dieu a créé l’homme et la femme afin qu’ils se donnent l’un à l’autre et ne forment plus qu’une seule chair ; et c’est pour cela que le Christ tout en rappelant le dessein divin originel a fait du mariage un sacrement qui conjointement communique la grâce nécessaire pour y être fidèle et signifie son union indissoluble avec l’Eglise. Comment s’appuyer sur une telle doctrine pour reconnaître que la seconde union étant indissoluble l’Eglise ne peut exiger une séparation pour avoir accès aux sacrements ? C’est que indissoluble désigne pour lui indélébile, ineffaçable ; un lien est dit indissoluble parce qu’il crée du « définitif » (par exemple les enfants nés de l’union) ayant donc une certaine objectivité que même l’Eglise doit respecter. La nouvelle acception de ce terme lui permet d’opposer à la discipline sacramentelle une réalité qui semble devoir s’imposer d’autant plus à l’Eglise qu’elle est présentée comme une propriété de « tout amour véritable qui vient de Dieu » (p. 61). Une fois validée la légitimité anthropologique de la seconde union, la seule question qui reste à régler est : l’Eglise peut-elle s’entêter à refuser la réconciliation et l’eucharistie indistinctement à tous ceux qui se sont engagés dans une nouvelle union ( = dans « un amour véritable ») ?

Pour rendre possible ce qui est aujourd’hui impossible, il convient de contester la notion de « persistance en état de péché » signifiant le refus du repentir et donc de la réconciliation (canon 915). En effet, une telle notion rend caduque toute l’élaboration à laquelle il est arrivé puisque cela présuppose que la nouvelle union n’est pas en soi définitive, bref que ce qui est appelé du définitif n’est en fait que la réitération d’un acte volontaire par définition contingent parce que libre. Pour cela Mgr Vesco, tournant le dos à une approche de théologie morale, va utiliser une distinction strictement juridique entre infraction instantanée et infraction continue. La première, nous dit-il, est circonscrite dans le temps. Il prend l’exemple du meurtre effectué à tel instant mais qui emporte des conséquences définitives sur lesquelles le meutrier ne peut plus rien. La seconde se prolonge dans le temps, tel le vol avec recel. Ici l’infraction se réalise aussi longtemps que la personne n’a pas volontairement mis fin à la situation. Pour l’Eglise actuelle, les fidèles vivant dans une seconde union sont dans une infraction continue. Mgr Vesco cherche à convaincre son lecteur qu’ils sont au contraire dans une infraction instantanée. La grande différence entre les deux est que, coupable d’une infraction instantanée, je peux être pardonné alors même que mon acte mauvais a causé des conséquences irréversibles. Le pardon éventuel que le meutrier repenti reçoit ne rend pas la vie à sa victime. En revanche, pour recevoir le pardon dans une infraction continue, il faut d’abord volontairement y mettre fin. Le bénéfice rhétorique de l’analogie est évident.

Les « divorcés remariés » étant installés dans une nouvelle union présentée comme définitive et indissoluble, il convient de dissocier l’acte mauvais (la rupture de la première union et l’entrée dans la seconde) des conséquences définitives en elles-mêmes bonnes (l’amour, la vie familiale, l’éducation des enfants etc.). De même que le meutrier peut recevoir le pardon de son acte sans que les conséquences définitives en soient modifiées, de même les divorcés remariés devraient pouvoir recevoir un pardon sans que l’Eglise leur demande préalablement de renoncer à leur vie maritale présentée de toute façon comme inéluctable et indissoluble. Le présupposé de toute l’argumentation est que les remariés civilement ne sont plus libres et responsables de ce qu’ils vivent aujourd’hui ! Ils ont peut-être été coupables jadis mais leur situation actuelle n’a plus de lien direct et vivant avec un tel choix. Cette atomisation de la volonté soulève la question de ce que Mgr Vesco entend par « amour véritable ». En effet, de deux choses l’une : soit cet amour est vu comme un don de soi libre et on peut difficilement affirmer que la situation actuelle est un fait échappant à la volonté des amants ; dans ce cas l’exigence de l’Eglise est réalisable, bien que peut-être héroïque ; soit cet amour est soustrait à l’empire de la volonté mais alors il s’agit d’une inclination passionnelle vécue comme une fatalité ; dans ce cas, on ne voit pas en quoi un tel amour pourrait être désigné comme « véritable » et exigerait de l’Eglise un respect absolu.

L’argumentation de Mgr Vesco est donc inconsistante car elle affirme comme nécessaire (la vie dans la deuxième union) ce qui est en réalité contingent (car reposant sur la volonté) pour contraindre l’Eglise à valider un changement de vie somme toute éminemment contingent (on peut certes subir un divorce mais on ne peut pas vivre en couple contre son gré) ! Cette erreur vient d’une ignorance de la nature du mariage aussi bien naturel que sacramentel. Le lien conjugal est le don de soi réciproque que l’homme et la femme font librement l’un à l’autre. Un don n’est pas un prêt, il ne peut donc qu’être unique et exclusif jusqu’à la mort d’un des deux conjoints. On ne peut se donner corps et âme qu’à une seule personne vivante. La mort seule peut ainsi détruire le lien conjugal. Tout engagement dans une nouvelle union est ipso facto une infidélité et un mensonge puisque signifiant un don de soi impossible à faire m’étant déjà donné à mon conjoint. Parler comme le fait Mgr Vesco tout au long de son livre (jusque dans son titre) d’ « amour véritable » implique une réduction psychologique de l’amour humain. La vérité objective de la conjugalité a été évacuée pour faire place à la sincérité subjective. Tout le soubassement anthropologique et éthique de la doctrine du mariage est occulté au profit d’une approche mesurée par les sciences humaines et l’esprit du positivisme juridique actuel. Tout cela lui permet de contourner la radicalité de la Parole de Dieu sur le mariage indissoluble. [...]"

Posté le 20 avril 2015 à 17h09 par Michel Janva | Lien permanent

16 avril 2015

« Les défenseurs du changement de l’enseignement catholique sur le mariage sont hérétiques, même s’ils sont évêques »

Le cardinal Brandmüller n'y va pas de main morte.

Traduction intégrale sur Benoît et moi. Extraits :

L'Église peut-elle admettre les couples remariés à la Sainte Communion, même si leur deuxième mariage n'est pas valide aux yeux de l'Église?

Ce serait possible si les couples en question décidaient de vivre dans le futur comme frère et sœur. Cette solution mérite spécialement d'être considérée lorsque le soin des enfants ne permet pas une séparation. La décision de ce chemin serait une expression convaincante de pénitence pour le précédent acte d'adultère prolongé.

L'Église peut-elle traiter la question du mariage d'une manière pastorale différente de l'enseignement constant de l'Église? L'Église peut-elle changer ce même enseignement sans tomber elle-même dans l'hérésie?

Il est évident que la pratique pastorale de l'Église ne peut pas être en opposition avec la doctrine obligatoire, ni l'ignorer. De la même façon, un architecte pourrait peut-être bâtir un très beau pont, mais s'il ne fait pas attention aux lois de l'ingénierie, il risque l'effondrement de la structure. De la même manière, toute pratique pastorale doit suivre la Parole de Dieu si elle ne veut pas échouer. Un changement de l'enseignement, du dogme, est impensable. Celui qui néanmoins le fait consciemment, ou qui le demande avec insistance, est un hérétique, même s'il revêt la Pourpre Romaine.

Toute la discussion sur l'admission des remariés à la Sainte Eucharistie, n'est-elle pas aussi l'expression du fait que de nombreux Catholiques ne croient plus en la Présence Réelle et pensent plutôt qu'ils reçoivent dans la Sainte Communion juste un morceau de pain.

Il y a en effet une contradiction interne indissoluble chez celui qui veut recevoir le Corps et Sang du Christ et s'unir à Lui, alors qu'en même temps il néglige consciemment Son Commandement. Comment cela peut-il marcher? Saint Paul dit à ce propos: "Celui qui mange et boit indignement, mange et boit son propre jugement…" Mais vous avez raison. Une bonne partie des Catholiques ne croient plus en la Présence Réelle du Christ dans l'Hostie consacrée. On peut voir cela déjà dans de fait que de nombreuses personnes - même des prêtres - passent devant le tabernacle sans génuflexion. [...]

L'Église Catholique Allemande est-elle autorisée à emprunter son propre chemin dans la question de l'admission des couples remariés à la Sainte Eucharistie et décider ainsi indépendamment de Rome, comme l'a affirmé le Cardinal Reinhard Marx après la récente rencontre de la Conférence Épiscopale Allemande?

Les affirmations bien connues du Cardinal Marx sont en contradiction avec le dogme de l'Église. Elles sont irresponsables du point de vue pastoral, parce qu’elles exposent les fidèles à la confusion et aux doutes. S'il pense qu'il peut prendre au niveau national un chemin indépendant, il mettra en danger l'unité de l'Église. Il demeure que les normes contraignantes de tout l'enseignement et de la pratique de l'Église sont ses doctrines clairement définies."

Posté le 16 avril 2015 à 20h59 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2015

Laisser un évêque dire des choses qui ébranlent le dépôt de la foi est une faute grave

Le cardinal Sarah est interrogé dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau. Sans langue de bois, il évoque la division sur certains sujets doctrinaux :

S"Je crois que laisser un prêtre ou un évêque dire des choses qui ébranlent ou ruinent le dépôt de la foi, sans l’interpeller, est une faute grave. Au minimum, il faut l’interpeller et lui demander d’expliquer les raisons de ses propos, sans hésiter à exiger de les reformuler de manière conforme à la doctrine et à l’enseignement séculaire de l’Église. On ne peut pas laisser les gens dire ou écrire n’importe quoi sur la doctrine, la morale, ce qui actuellement désoriente les chrétiens et crée une grande confusion sur ce que le Christ et l’Église ont toujours enseigné. L’Église ne doit jamais abandonner son titre de Mater et Magistra : son rôle de mère et d’éducatrice des peuples. Comme prêtres, évêques ou simples laïcs, nous avons tort de ne pas dire qu’une chose est fausse. L’Église ne doit pas hésiter à dénoncer le péché, le mal et toute mauvaise conduite ou perversions humaines. L’Église assume, au nom de Dieu, une autorité paternelle et maternelle. Et cette autorité est un service humble pour le bien de l’humanité. Nous souffrons aujourd’hui d’un défaut de paternité. Si un père de famille ne dit rien à ses enfants sur leur conduite, il n’agit pas comme un véritable père. Il trahit sa raison et sa mission paternelle. Le premier devoir de l’évêque consiste donc à interpeller un prêtre quand les propos de ce dernier ne sont pas conformes à la doctrine. Il s’agit d’une lourde responsabilité. Quand Jean-Baptiste a déclaré à Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère », il a perdu la vie. Malheureusement, aujourd’hui, l’autorité se tait souvent par peur notamment d’être traitée d’intolérante ou d’être décapitée. Comme si montrer la vérité à quelqu’un revenait à être intolérant ou intégriste alors qu’il s’agit d’un acte d’amour."

Posté le 10 avril 2015 à 10h12 par Michel Janva | Lien permanent

05 avril 2015

Comment Pâques peut éclairer l'incinération

Homélie de Dom Hervé Courau, père abbé de Triors, le jour de Pâques, 5 avril 2015 :

Comment Pâques peut éclairer l'incinération

Les Pères font admirer tous les détails de l'ensevelissement de Jésus, avec ses aromates et ses parfums, ses bandelettes et le linge bien plié. L'évangile y préparait : S. Jean détaille en ce sens la résurrection de Lazare (Jn. 11), ainsi que l'onction de Béthanie en laquelle Jésus voit une préparation de sa propre sépulture (Jn. 12,7). De nos jours, quasiment sous nos yeux, le Saint-Suaire continue de faire entrer dans la vie cachée du Saint Sépulcre et dans le mystère chrétien de la mort : que ne nous dit-il pas dans son beau silence ! La vie pascale oriente vers ce recueillement admiratif de la victoire sur la mort au milieu de la nuit, mors et vita duello..

Aussi depuis Pâques la lumière de la foi éclaire-t-elle nos deuils, elle en relève le sens au-delà des usages par lesquels l'humanité respecte ses morts : notre regard sur Jésus devenu notre vie change tout, comme ce regard changea tout en Marie Madeleine : Qu'as-tu vu sur le chemin, lui demande la liturgie ; le sépulcre du Christ vivant, répond-elle (Victimae pascali laudes). Le Catéchisme définit ainsi le regard chrétien sur la mort : Les corps des défunts doivent être traités avec respect et charité dans la foi et l’espérance de la résurrection. L’ensevelissement des morts est une œuvre de miséricorde corporelle mise à l'honneur chez Tobie (1,16-18), honorant les enfants de Dieu, temples de l’Esprit Saint.

Avec ses horrible charniers, les grands conflits mondiaux du siècle passé ont bouleversé nos sociétés, y compris nos cimetières, et les récents débats publics sur la fin de vie dénoncent une fois de plus les confusions et les sophismes meurtriers d'une laïcité devenu un vulgaire athéisme blessant le sens de la dignité humaine que la foi n'éclaire plus. Mais l'Église retrouve joyeusement les saintes femmes de Pâques, adaptant sa piété aux circonstances des temps actuels. Depuis un demi siècle en particulier, elle autorise l’incinération quand c'est inéluctable, à condition que celle-ci ne manifeste pas une mise en cause de la foi dans la résurrection des corps (CEC 2301). Mais les fidèles sont alors exhortés à ensevelir les cendres de leurs proches, si possible en terre bénite, au lieu de les conserver chez eux (Cong. Culte Divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 7 XII 2001). A fortiori faudrait-il éviter de les répandre n'importe où, par désarroi et ignorance. Cela ferait penser alors au sort maudit de Jézabel et des mauvais rois d'Israël dont les restes étaient livrés à la pâture des oiseaux du ciel et des bêtes sauvages (II Rois 9,36 ; Is. 14,18s ; Jér. 8,2s ; 16,4 ; 22,19).

Les fidèles sont la chair du Christ, aime à répéter le pape François ; ils ont droit à de dignes funérailles qui réconfortent les vivants par l’espérance, tout en honorant le défunt et demandant pour lui l’aide divine. Mors et vita duello, la joie pascale doit féconder notre époque à son tour, l'arrachant au chagrin que les disciples connurent eux aussi après le Vendredi saint. Notre temps a un droit strict à jouir de la foi chrétienne dans le Ressuscité avec sa joie propre. Pâques associe ainsi les diverses parties du Credo. De Jésus-Christ qui a été enseveli, il passe enfin à la résurrection de la chair et à la vie éternelle qui nous concernent directement. Notre foi voit le Corps du Christ mort au tombeau et toujours uni au Verbe divin, puis ressuscitant pour nous entraîner dans l'éternité, avec Marie, sa Mère, la première des rachetés dont le corps glorieux précède la résurrection de tous. Oui, la liturgie pascale nous associe à sa joie ineffable, Regina caeli laetare, alleluia, amen.

Posté le 5 avril 2015 à 16h49 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2015

Pourquoi Jésus a-t-Il enduré autant de souffrances sur la Croix pour nous?

Entretien avec le Père Alain Hocquemiller, de l'Institut de la Sainte Croix de Riaumont. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 3 avril 2015 à 18h59 par Michel Janva | Lien permanent

30 mars 2015

"L’idée d’une Église nationale serait totalement hérétique"

Le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, est interrogé dans La Croix. Extraits :

"On peut avoir l’impression que les pontificats antérieurs faisaient une fixation sur la morale sexuelle et que le pape François veut revenir à l’universalité du message de l’Évangile. Mais le message du pape François est aussi très clair sur une sexualité de l’homme ordonnée à la volonté de Dieu qui l’a créé homme et femme. L’Église rejette toute vision gnostique ou dualiste qui ferait de la sexualité un élément isolé de la nature humaine. Le pape veut élargir la réflexion pour souligner que la mission de l’Église est de donner l’espérance à tous les hommes.

C’est justement le thème de la prochaine assemblée du Synode sur « la mission de la famille dans l’Église et dans le monde ». Une synthèse sera-t-elle possible entre les visions très différentes qui se sont opposées lors de la dernière assemblée ?

Comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, j’ai la responsabilité de l’unité dans la foi. Je ne peux prendre parti. Mais les choses sont claires : nous avons les paroles de Jésus sur le mariage et leur interprétation authentique tout au long de l’histoire de l’Église – les conciles de Florence et Trente, la synthèse faite par Gaudium et spes et tout le magistère ultérieur…Théologiquement, tout est très clair. Nous sommes face à la sécularisation du mariage avec la séparation du mariage religieux et du pacte civil.

Nous avons ainsi perdu les éléments constitutifs du mariage comme sacrement et comme institution naturelle. Le message de l’Église sur le mariage va à l’encontre de cette sécularisation. Nous devons retrouver les fondements naturels du mariage et souligner pour les baptisés la sacramentalité du mariage comme moyen pour la grâce d’irriguer les époux et toute la famille.

Il faut distinguer deux niveaux : la dogmatique et l’organisation concrète. Jésus a institué les Apôtres avec Pierre comme principe de l’unité de la foi de l’Église et de sa communion sacramentelle. C’est une institution de droit divin. Au-delà, nous avons des structures canoniques qui évoluent selon les circonstances. Les Conférences épiscopales sont une expression de la collégialité des évêques au niveau d’un pays, d’une culture ou d’une langue, mais c’est une organisation pratique. L’Église catholique existe comme Église universelle, dans la communion de tous les évêques en union et sous l’égide du pape. Elle existe aussi dans les Églises locales. Mais l’Église locale, ce n’est pas l’Église de France ou d’Allemagne : c’est l’Église de Paris, de Toulouse… Ce sont les diocèses. L’idée d’une Église nationale serait totalement hérétique. Une autonomie dans la foi est impossible ! Jésus-Christ est le sauveur de tous, il unifie tous les hommes.

Des changements disciplinaires sont-ils possibles sans toucher à la doctrine ?

La discipline et la pastorale doivent agir en harmonie avec la doctrine. Celle-ci n’est pas une théorie platonique qui serait corrigée par la pratique, mais l’expression de la vérité révélée en Jésus-Christ.

Sur la question des divorcés-remariés, ne peut-on imaginer, après un chemin de pénitence, de reconnaître une seconde union qui n’aurait pas de caractère sacramentel ?

Il est impossible d’avoir deux femmes ! Si la première union est valide, il n’est pas possible d’en contracter une seconde en même temps. Un chemin de pénitence est possible, mais pas une seconde union. La seule possibilité est de retourner à la première union légitime, ou de vivre la seconde union comme frère et sœur : telle est la position de l’Église, en accord avec la volonté de Jésus. J’ajoute qu’il est toujours possible de chercher à obtenir une déclaration de nullité devant un tribunal ecclésiastique."

Posté le 30 mars 2015 à 10h16 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2015

Quelle relation existe-t-il entre le sacrifice de la Croix et la Messe?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 29 mars 2015 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

25 mars 2015

Déléguer certaines décisions sur le mariage aux conférences épiscopales est une idée anticatholique

Unknown-4Déléguer certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage ou la famille aux conférences épiscopales « est une idée absolument anticatholique », affirme le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans un entretien à paraître dans Famille chrétienne.

"c’est une idée absolument anticatholique qui ne respecte pas la catholicité de l’Église". « Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques ».

Il s'oppose ainsi à la Conférence épiscopale d'Allemagne, qui, au mois de décembre, avait adopté un sur l’accompagnement des divorcés remariés prévoyant leur accès « sous conditions » aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation. Le diocèse de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, avant le Synode d’octobre 2014, avait aussi voulu prendre ses propres mesures concernant notamment l’accès à la communion des divorcés remariés. Le Vatican avait aussitôt demandé de ne pas lancer d’initiatives à même de créer la « confusion ».

Réagissant à la remarque récente du cardinal Marx affirmant que sa conférence épiscopale n’était pas une « filiale de Rome », le cardinal prévient que

« ce genre d’attitude risque de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II ».

Pour le cardinal Müller, le risque est

« d’appliquer à l’Église des catégories politiques, au lieu d’utiliser l’ecclésiologie catholique véritable ». « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués."

Évoquant des paroles de saint Jean Chrysostome (347-407) estimant « que le divorce d’un mariage sacramentel était comme une amputation de la chair », le préfet avertit  :

« Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. »

Posté le 25 mars 2015 à 22h09 par Michel Janva | Lien permanent

24 mars 2015

[Annonciation] 16 veillées pour la vie dans le Morbihan

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16 veillées pour la vie seront organisées dans le diocèse du Morbihan pour fêter les 20 ans d'Evangelium Vitae.

Toutes les informations utiles sont ici.

Posté le 24 mars 2015 à 22h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

Maryam, 10 ans, réfugiée irakienne : "Jésus ne m'abandonnera jamais"

 

Posté le 24 mars 2015 à 18h39 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (3)

22 mars 2015

Saint Janvier, Évêque et Martyr († 305)

Alors que le Pape François était en visite à Naples, le sang de Saint Janvier, qui se liquéfie miraculeusement dans son reliquaire tous les ans depuis le IVe siècle, s'est à nouveau liquéfié -partiellement- lors de la visite du Pape. Ce qui lui a fait dire malicieusement : "Il semble que le saint ne nous aime qu’à moitié". C'est la première fois depuis 1848 qu'un pape assiste au renouvellement du miracle.

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Saint Janvier, évêque et martyr, saint patron de Naples

"Saint Janvier vivait au IIIè siècle. Sa piété et sa science l'avaient fait élever au siège épiscopal de Bénévent, qu'il n'accepta que par ordre du Pape. Au temps de la persécution de Dioclétien, saint Janvier se multipliait pour soutenir le courage des chrétiens et les exhorter au martyre. Le préfet de la province l'apprit et le fit comparaître à son tribunal: "Offrez de l'encens aux idoles ou renoncez à la vie, lui dit-il. – Je ne puis immoler des victimes au démon, répond le Saint, moi qui ai l'honneur de sacrifier tous les jours au vrai Dieu." Il passa de l'interrogatoire à la fournaise; mais il en sortit saint et sauf, comme autrefois les jeunes Hébreux; ses cheveux, ses habits même furent respectés par le feu. Puis vint le supplice des ongles de fer, qui mit en lambeaux le corps du martyr. Jeté ensuite en prison: "Courage, dit-il à ses compagnons; combattons généreusement contre le démon. Le Seigneur m'a réuni à vous pour que le pasteur ne soit point séparé de son troupeau."

Le lendemain, Janvier et les autres martyrs sont exposés aux bêtes dans l'amphithéâtre de Pouzzoles, en présence d'une foule de peuple. Tous ces héros du Christ se munissent du signe de la Croix; ils chantent des hymnes, en attendant que la dent des lions permette à leur âme de s'envoler vers le Ciel. Les bêtes sont lâchées. O prodige! Lions et tigres, vont se coucher comme des agneaux aux pieds de leurs victimes et caressent ceux qu'ils devaient dévorer. Janvier et ses compagnons sont alors condamnés à avoir la tête tranchée. Le supplice fut accompagné de grands miracles. À un vieillard chrétien qui lui demandait un morceau de ses vêtements comme relique, il promit le linge qui devait servir à lui bander les yeux; et comme, après sa mort, le bourreau piétinait le bandeau sanglant en disant au martyr décapité: "Porte donc ce bandeau à celui à qui tu l'as promis," la victime obéit, et le bandeau, à l'étonnement de tous, se trouva entre les mains du vieillard chrétien.

L'histoire des reliques de saint Janvier est encore plus extraordinaire que celle de sa vie. Par saint Janvier, Naples fut délivrée de la peste, l'an 1497 et l'an 1529; un enfant fut ressuscité par le contact de l'image du glorieux martyr; la cité napolitaine fut plusieurs fois préservée de l'éruption du Vésuve. Mais un miracle qui se renouvelle plusieurs fois chaque année à époques fixes, c'est le miracle célèbre de la liquéfaction et de l'ébullition du sang de saint Janvier. Ce Saint est la grande célébrité de Naples, qui l'invoque comme son puissant protecteur."

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

Posté le 22 mars 2015 à 08h42 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

Pourquoi le sacrifice du Christ est le plus parfait ?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 22 mars 2015 à 08h24 par Michel Janva | Lien permanent

26 mars : conférence à Angers sur le démon

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Posté le 22 mars 2015 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent

16 mars 2015

Le monde a besoin de la miséricorde

Le pape François a donc annoncé un « jubilé de la miséricorde » à partir du 8 décembre. Le cardinal Barbarin déclare dans La Croix :

"Parce que c’est ce dont le monde a besoin ! Pendant cette année, chacun est appelé à faire un travail sur lui-même, mais aussi l’Église qui est pleinement elle-même quand elle fait miséricorde. Mère Teresa ou sœur Emmanuelle ne sont-elles pas des icônes vivantes de cette Église qui, remplie de Jésus, va là où le monde souffre ?

Je pense enfin que la miséricorde est un thème majeur dans ce dialogue interreligieux. Les musulmans l’utilisent deux fois dès qu’ils prononcent le nom de Dieu. La miséricorde, c’est ce dont le monde a le plus besoin aujourd’hui : tous, chrétiens, juifs, musulmans, nous savons que Dieu nous fait miséricorde et nous demande d’en être les relais dans le monde. Lors d’une rencontre interreligieuse, j’avais choisi de méditer sur la phrase centrale du Magnificat : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge »… Pour moi, le Magnificat tout entier est un hymne à la miséricorde."

Sur la miséricorde, il peut être utile de (re)lire l'encyclique de saint Jean-Paul II qui y est consacrée, Dives in Misericordia, écrite en 1980. Extrait :

"La miséricorde, en tant que perfection du Dieu infini, est elle-même infinie. Infinie donc, et inépuisable, est la promptitude du Père à accueillir les fils prodigues qui reviennent à sa maison. Infinies sont aussi la promptitude et l'intensité du pardon qui jaillit continuellement de l'admirable valeur du sacrifice du Fils. Aucun péché de l'homme ne peut prévaloir sur cette force ni la limiter. Du côté de l'homme, seul peut la limiter le manque de bonne volonté, le manque de promptitude dans la conversion et la pénitence, c'est-à-dire l'obstination continuelle qui s'oppose à la grâce et à la vérité, spécialement face au témoignage de la croix et de la résurrection du Christ.

C'est pourquoi l'Eglise annonce la conversion et y appelle. La conversion à Dieu consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c'est-à-dire de cet amour patient et doux comme l'est Dieu Créateur et Père: l'amour, auquel «le Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ» est fidèle jusqu'à ses conséquences extrêmes dans l'histoire de l'alliance avec l'homme, jusqu'à la croix, à la mort et à la résurrection de son Fils. La conversion à Dieu est toujours le fruit du retour au Père riche en miséricorde.

Jésus-Christ nous a enseigné que l'homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu'il est appelé à «faire miséricorde» aux autres: «Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde». Dans ces paroles, l'Eglise voit un appel à l'action, et elle s'efforce de pratiquer la miséricorde. Si toutes les béatitudes du Sermon sur la montagne indiquent la route de la conversion et du changement de vie, celle qui concerne les miséricordieux est, à cet égard, particulièrement parlante. L'homme parvient à l'amour miséricordieux de Dieu, à sa miséricorde, dans la mesure où lui-même se transforme intérieurement dans l'esprit d'un tel amour envers le prochain.

Ce processus authentiquement évangélique ne réalise pas seulement une transformation spirituelle une fois pour toutes, mais il est tout un style de vie, une caractéristique essentielle et continuelle de la vocation chrétienne. Il consiste dans la découverte constante et dans la mise en œuvre persévérante de l'amour en tant que force à la fois unifiante et élevante, en dépit de toutes les difficultés psychologiques ou sociales: il s'agit, en effet, d'un amour miséricordieux qui est par essence un amour créateur. L'amour miséricordieux, dans les rapports humains, n'est jamais un acte ou un processus unilatéral. Même dans les cas où tout semblerait indiquer qu'une seule partie donne et offre, et que l'autre ne fait que prendre et recevoir (par exemple dans le cas du médecin qui soigne, du maître qui enseigne, des parents qui élèvent et éduquent leurs enfants, du bienfaiteur qui secourt ceux qui sont dans le besoin), en réalité cependant, même celui qui donne en tire toujours avantage. De toute manière, il peut facilement se retrouver lui aussi dans la situation de celui qui reçoit, qui obtient un bienfait, qui rencontre l'amour miséricordieux, qui se trouve être objet de miséricorde."

Posté le 16 mars 2015 à 17h59 par Michel Janva | Lien permanent

11 mars 2015

Quelles sont les promesses du Sacré coeur de Jésus ?

Entretien avec l'Abbé Vincent Baumann, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 11 mars 2015 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2015

Conférence sur la Sainte Couronne d’épines, le 16 avril 2015, à Paris

  

Lys de France

www.lys-de-france.org 

Conférence

Jacques CHARLES-GAFFIOT

"La Sainte Couronne d'épines, une passion française"

Jeudi 16 Avril 2015
(Jeudi Saint)

20 h

Hôtel KERGORLAY LANGSDORFF

- hôtel particulier familial -

9, rue de l'Amiral d'Estaing, Paris 16ème

(Métro : Iéna)

L'auteur dédicacera ses livres

Participation : 20 € (Adhérent : 18 €)

Nombre de places limité   Pour le Clergé, les familles et les personnes en difficultés matérielles, adhérentes ou non, consulter les organisateurs

Posté le 3 mars 2015 à 17h59 par Lois Spalwer | Lien permanent

Vendredi Saint : Vénération de la Sainte Couronne d'épines à Notre-Dame de Paris

Vendredi Saint : Vénération de la Sainte Couronne d'épines de 10 h à 17 h à Notre-Dame de Paris

Lys de France
BP 80 434
75327 Paris Cedex 07

 Tél. : 06 82 96 73 59 / Courriel :
contact@lys-de-france.org

Posté le 3 mars 2015 à 17h42 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

24 février 2015

Comment l'amour de Dieu se manifeste-t-il envers nous ?

Entretien avec l'Abbé Vincent Baumann, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté.

Posté le 24 février 2015 à 07h10 par Michel Janva | Lien permanent

19 février 2015

3 min pour convaincre - Carême : les cathos sont ils masos ?

Le carême, un temps pour "se faire mal" ? Au contraire ! L'abbé Amar explique, pour "3 min pour convaincre", comment le carême est un temps idéal pour retrouver ou exercer sa liberté intérieure.


3 min pour Convaincre - Carême : les cathos... par Padreblog 

Posté le 19 février 2015 à 14h56 par Marie Bethanie | Lien permanent

L'image du jour

B-ITIrZIgAAuYPX
Source

Posté le 19 février 2015 à 09h31 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

17 février 2015

La statue de la Vierge a été retirée, mais tout le monde la voit

Aleteia rapporte un phénomène étrange, qui attire depuis 2011 des milliers de fidèles au sanctuaire de Lourdes situé à Alta Gracia, en Argentine :

Lourdes

"Dans la niche au-dessus de l'autel de la chapelle du sanctuaire de Notre-Dame-de-Lourdes, à Alta Gracia (Argentine), il n'y a pas de statue de la Vierge, mais l'on peut voir son image, alors que la niche en question est en réalité vide. Il ne s'agit pas d'une image plane mais en relief, en trois dimensions : même les plis du vêtement sont visibles. On dirait un hologramme. Et ce n'est pas une illusion psychologique, fruit de la dévotion exaltée de quelques pèlerins.

Croyants ou non croyants, tous ceux qui se pressent au sanctuaire la voient et l'image apparaît même sur les photos qui sont prises. Elle se distingue parfaitement depuis la porte d'entrée et s'évanouit ensuite peu à peu, au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'autel.

Dans cette chapelle, construite et bénite en 1927, il y a eu, pendant de nombreuses années, au centre du retable, une statue de Notre-Dame de Lourdes. En août 2011, cette statue a été enlevée de la niche afin d'être restaurée. Quelques jours plus tard, l'un des prêtres en charge du sanctuaire s'apprêtait à fermer la porte principale de la chapelle, quand il vit une silhouette, qui semblait être en plâtre, à la place occupée auparavant par la statue de la Vierge de Lourdes. S'approchant de l'autel à plusieurs reprises, il observa alors que l'image s'évanouissait au fur et à mesure qu'il se rapprochait. Or la statue n'était pas là.
 
Devant le phénomène manifeste, visible par toutes les  personnes visitant le lieu, et après les commentaires inexacts de la presse, les frères carmes déchaux publièrent alors le communiqué suivant : « La manifestation de l'image de la Très Sainte Vierge n'a pas, à ce jour, d'explication rationnelle. Elle doit être interprétée par le peuple de Dieu comme un signe pour augmenter et approfondir la foi chrétienne et susciter dans le cœur des hommes la conversion à l'amour de Dieu et leur participation à la vie de l'Église »."

La mairie d'Alta Gracia consacre une page au "phénomène".

Posté le 17 février 2015 à 16h31 par Louise Tudy | Lien permanent

15 février 2015

Les chrétiens sont appelés à être les athées du monde moderne

Dans La Damnation, mode d'emploi, Jean-Pierre Fontaine analyse le péché, la puissance du mal, et plus particulièrement les structures de péché propres à notre époque et dénoncées par Jean-Paul II. En effet, au-delà du péché personnel, l'interdépendance des systèmes sociaux, économiques et politiques, crée dans le monde d'aujourd'hui de multiples structures de péché, une terrible force d'attraction du mal qui font juger «normales» et «inévitables» beaucoup d'attitudes. Le mal grandit et influence avec des effets dévastateurs les consciences, qui restent désorientées et ne sont même pas en mesure d'opérer un discernement. Extrait :

9791090029880w"Au début de l'ère chrétienne et pendant plus de deux siècles, les chrétiens ont été l'objet de persécutions parfois épouvantables. La raison de ces persécutions semble avoir été oubliée, pourtant les Romains, profondément légalistes, n'ont pas jeté les chrétiens aux lions sans un motif judiciaire précis. Rappelons-le, proclamons-le, c'est pour athéisme que les chrétiens ont été persécutés. Les Romains toléraient tout sauf l'intolérance, et l'intolérance dont les chrétiens faisaient preuve envers les idoles de l'empire était criminelle aux yeux des autorités. La multiplicité des dieux et leur coexistence semblaient assurer la stabilité de la société et la pérennité de l'empire. Refuser d'y faire son marché, de vénérer les uns tout en respectant les autres, c'était, pour l'empereur et son Sénat, vouloir plonger le monde dans le chaos. Les chrétiens sont appelés à être les athées du monde moderne comme ils l'ont été pour le monde antique ; ils doivent redevenir ceux qui refusent les faux dieux partout célébrés, ces faux dieux qui, loin d'assurer la paix entre les hommes et l'amélioration de leur condition terrestre, les mènent au désastre en ce monde et à la perdition éternelle dans l'autre. La ressemblance toute formelle de certaines idoles avec ce qui fut la morale des sociétés dites chrétiennes ne doit plus faire illusion, les idoles ne sont pas des idées chrétienne devenues folles qu'il conviendrait d'"encadrer", ou de remettre en ordre ; intrinsèquement perverses elles ne sont rien d'autre que des poteaux indicateurs sur la route de la perdition."

Posté le 15 février 2015 à 07h18 par Michel Janva | Lien permanent

13 février 2015

"Il y a une contradiction à demander le sacrement du mariage sans avoir la foi"

Des paroles de Mgr Laffitte, secrétaire du Conseil pontifical pour la famille, interrogé par I.Media (via Aleteia), qui revient sur les travaux du dernier synode sur la famille.

[...]"le secrétaire du dicastère en charge de la famille encourage une « véritable préparation au mariage », voire un « accompagnement des mariages célébrés », dans un « contexte d’inculture religieuse et de relativisme éthique ».

Mgr Laffitte : [...] "Le mariage est un sacrement. Le Concile Vatican II dit qu’au moment de ce sacrement, le Christ vient à la rencontre des époux pour demeurer avec eux. Peu de personnes ont conscience de la sainteté du mariage chrétien, car beaucoup, désormais, ont grandi dans un monde privé de toute culture chrétienne. Certains demandent le sacrement du mariage alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds de leur vie à l’église et n’ont pas la moindre idée de ce qu’est un sacrement. L’Église a le désir d’accueillir, et dans le même temps, elle ne peut donner un sacrement dans n’importe quelles conditions. D’où la préoccupation d’un grand nombre de pères synodaux de renforcer et approfondir une véritable préparation au mariage, voire pour certains un réel catéchuménat. D’autres pères synodaux ont aussi évoqué la nécessité d’un accompagnement des mariages récemment célébrés. [...]

Le droit de l’Église a toujours établi qu’il n’y a pas de mariage possible entre deux baptisés qui ne soit sacramentel. Cela veut dire que les baptisés peuvent légitimement demander à l’Église ce sacrement. Mais il y a une contradiction à demander un sacrement et à être indifférent à ce qu’est le sacrement, ou encore simplement au fait d’être un baptisé. Il y a là un appel pour les pasteurs à considérer la façon dont ils vont donner le sacrement et y préparer les fiancés. Le fait de ne pas avoir de foi invalide-t-il pour autant le sacrement ? La réponse est non : en elle même, l’absence de foi n’ôte pas le fait qu’entre deux baptisés le seul mariage possible soit un sacrement. En revanche, parmi les motifs de nullité qui existent pour un mariage sacramentel, il y a le fait de ne pas adhérer à ce qu’on appelle les propriétés essentielles du mariage (unité, indissolubilité). Dans le contexte d’inculture religieuse et de relativisme éthique qui prévaut en de nombreuses régions du monde, le doute existe sur la véritable compréhension – et acceptation – de la nature du mariage et de ses propriétés essentielles. En termes simples, quelle compréhension de l’unité et de l’indissolubilité du mariage, ainsi que de son ouverture à la vie, la personne qui se présente pour se marier « sacramentellement » possède-t-elle ? Lorsque deux jeunes gens envisagent de se marier mais ne croient pas à l’indissolubilité, au caractère définitif de leur union, leur mariage ne peut être que nul. Mais leur mariage, dans ce cas-là, sera nul non pas parce qu’ils n’ont pas la foi, mais parce que leur « non foi » entraîne une « non adhésion » à ce qui fait qu’un mariage est valide. Il y a à peine deux ou trois décennies, quand tout le monde – croyants et incroyants – adhérait à ces propriétés du mariage, la question de la « non foi » ne se posait pas en ces termes. Aujourd’hui, il n’y a plus guère que l’Église qui enseigne et transmette les propriétés du mariage." [...]

Posté le 13 février 2015 à 12h46 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (15)

10 février 2015

Objectif Pâques

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La Fraternité Saint-Vincent - Ferrier propose un livret de 32 pages pour le carême, "Objectif Pâques", afin de se préparer à la fête de Pâques. On y trouvera des méditations, des intentions de prière, des paroles de l'Ecriture et des suggestions d'efforts de carême.

Pour le commander gratuitement, c'est ici.

Posté le 10 février 2015 à 16h48 par Marie Bethanie | Lien permanent

08 février 2015

Indissolubilité du mariage et eucharistie : il ne s'agit pas d'un idéal futuriste

L’évêque d’Alcala de Henares, Mgr Juan Antonio Reig Pla, a présidé à la présentation du livre Eucharistie et divorce, vers un changement doctrinal ?, du P. José Granados Garcia, consulteur de la Congrégation pour la doctrine de la Foi et vice-président de l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille. Extrait de la traduction de cette allocation, par Jeanne Smits :

Images-3"[...] L’auteur a pour propos d’approfondir les questions débattues lors du synode extraordinaire sur la famille (2014) de telle sorte que la prochaine assemblée synodale puisse être « providentielle, pour recréer de l’espérance sur le chemin des familles ».

Prenant comme point de départ le débat suscité autour de la « possibilité de voir les divorcés remariés accéder de nouveau aux sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie » (Relatio synodi, 52), le professeur Granados nous invite à analyser les principes de base sans lesquels il est impossible d'envisager avec lucidité une pastorale familiale en accord avec l'Evangile du mariage et de la famille. [...]

Tout au long de l'étape entre la convocation et la célébration de l'Assemblée synodale extraordinaire sur le mariage et la famille, nous avons entendu continuellement répéter cette proposition de : « Il ne s'agit pas de changer la doctrine sur l'indissolubilité du mariage mais de “rénover” ou de “changer” la pratique pastorale. »

Jose GranadosDevant ce dilemme : « doctrine ou pastorale », l'apport du professeur Granados [photo ci-contre] est à mon avis très abouti et il apporte une grande lumière pour le moment présent. Son étude, pour éclairer ce que signifie la doctrine chrétienne et son lien inséparables avec la pratique pastorale de l'Église, nous entraîne à déterminer tout ce que l'on veut dire à travers les termes « vérité », « doctrine chrétienne » et « dogme », à partir de l'Ancien Testament, du Nouveau Testament et la Tradition chrétienne. La doctrine, conclut l'auteur, s'identifie avec le récit de l'action de Dieu qui en Jésus s'est fait chair et chemin pour notre existence. Pour reprendre les mots du professeur Granados, « la doctrine se met au service de la vérité de notre vie, elle nous dit comment le Christ a vécu, et comment vivre chaque instant à la lumière du Christ. » Cela rend impossible la séparation entre la doctrine et la pratique pastorale, ou encore – et c'est la même chose – on ne peut rompre le Christ, de la vie duquel nous participons dès le baptême en devenant son Corps.

L’auteur explique le lien entre l'indissolubilité du mariage et la pratique eucharistique en analysant la tradition liturgique de l'Église (lex orandi, lex credendi), en s'attardant sur une étude détaillée des textes de saint Irénée de Lyon, de saint Augustin et de saint Thomas d'Aquin. « Le propre du christianisme, conclut-il, est d’avoir introduit un nouveau principe de cohérence, le don de la Charité que nous confère l'Esprit de Jésus. Celui qui aime sait que ce qu'il connaît et ce qu'il aime ne peuvent se séparer, parce que l'amour est un, et qu'il possède à la fois lumière et force. L'unité de doctrine et de pratique ne se trouve pas en se focalisant sur l'individu, qui essaie de les unir en vain, mais à partir de l'amour, qui nous les offre depuis toujours entrelacés. » [...]

Au cours du débat synodal il s’est trouvé des personnes pour défendre la doctrine de l’indissolubilité du mariage comme un idéal auquel il faut tendre mais que certains ne peuvent atteindre en raison de différentes circonstances parfois difficiles et douloureuses. Bien plus, certains aimeraient même voir dans le langage du pape François lorsqu'il parle de l'« idéal évangélique » une expression de cette même opinion.

Comment faut-il donc interpréter les paroles du Saint-Père recueillies dans les Lineamenta pour la prochaine assemblée ordinaire du Synode, au numéro 19 : « Sans diminuer la valeur de l’idéal évangélique, il faut accompagner avec miséricorde et patience les étapes possibles de croissance des personnes qui se construisent jour après jour » (Evangelii gaudium, 44).

C'est le même pape François qui est dans son propre texte (Evangelii gaudium, 50) renvoie à l'Exhortation apostolique Familiaris consortio de saint Jean Paul II qui traite de l'itinéraire moral des époux et qui dit textuellement : « Ils ne peuvent toutefois considérer la loi comme un simple idéal à atteindre dans le futur, mais ils doivent la regarder comme un commandement du Christ Seigneur leur enjoignant de surmonter sérieusement les obstacles. “C'est pourquoi ce qu'on appelle la ‘loi de gradualité’ ou voie graduelle ne peut s'identifier à la ‘gradualité de la loi‘, comme s'il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses. Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d'une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté”. »

Les paroles de Jésus : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas » (Mt. 19, 6), outre qu’elles renvoient au dessein créateur de Dieu (« au début il n'en était pas ainsi »), supposent la nouveauté de la grâce de la rédemption par laquelle ce qui n'est pas possible aux hommes est possible à Dieu. Précisément parce que l'indissolubilité est un don de Dieu, qui se reçoit dans le sacrement du mariage (participation de la Charité sponsale du Christ), elle devient un commandement.

C'est ce que ratifie la doctrine enseignée par saint Jean-Paul II dans la Lettre encyclique Veritatis splendor : « Les possibilités “concrètes” de l'homme ne se trouvent que dans le mystère de la Rédemption du Christ. Ce serait une très grave erreur que d'en conclure que la règle enseignée par l'Eglise est en elle même seulement un ‘idéal’ qui doit ensuite être adapté, proportionné, gradué, en fonction, dit-on, des possibilités concrètes de l'homme, selon un ‘équilibrage des divers biens en question’. Mais quelles sont les ‘possibilités concrètes de l'homme’ ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou bien de l'homme racheté par le Christ ? Car c'est de cela qu'il s'agit : de la réalité de la Rédemption par le Christ. Le Christ nous a rachetés ! Cela signifie : il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence”. » (Veritatis Splendor,103) [...]

Au tréfonds de l'œuvre que nous présentons il y a cette ferme conviction du Pr Granados : la pastorale suit la doctrine parce qu'il s'agit de mener à leur accomplissement les paroles du Seigneur : « Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l'ayez en abondance » (Jn, 10,10.) Ainsi, « en vertu de la sacramentalité de leur mariage, les époux sont liés l'un à l'autre de la façon la plus indissoluble. S'appartenant l'un à l'autre, ils représentent réellement, par le signe sacramentel, le rapport du Christ à son Eglise ». (Familiaris consortio, 13). De là provient le lien nécessaire entre l'indissolubilité et le mystère, actualisation du sacrifice du Christ, où Il unit à l’Eglise à lui, en l’unissant à son corps et formant « une seule chair ».

« A partir de là, conclut l'auteur, la pratique de l'indissolubilité, qui se traduit par le fait de maintenir le lien entre la vie eucharistique et la vie matrimoniale, est la véritable pastorale féconde. L'alternative qui consisterait à dissocier ces deux dimensions, en éliminant la relation étroite entre l'Eucharistie et la vie conjugale, conduit à de fausses pistes pastorales, qui se révèlent stériles. »

L'histoire, maîtresse de vie, nous enseigne que c'est là le véritable chemin de la Miséricorde, qui comprend le fait de ne pas occulter le sens de la souffrance, c'est-à-dire le fait de ne pas occulter la Croix glorieuse du Seigneur ressuscité qui est scandale pour les enfants et folie pour les autres (CF 1. Co. 1, 23), mais « la folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que la force des hommes » (1 Co. 1, 25). Les premiers chrétiens se laissaient conduire par le Bon Samaritain, qui leur offrait la rédemption du cœur, guérissant leurs plaies avec l'huile de l’Esprit Saint, et qui les a conduits vers l'auberge : l'Eglise ou le bercail où se trouvent les pâturages qui nous font atteindre la plénitude de vie. Ainsi ont-ils gagné peu à peu le cœur de cette vieille Europe qui aujourd'hui, séduite par d'autres voix et chants de sirènes, se refuse à écouter la voix du Bon Pasteur. »"

Posté le 8 février 2015 à 22h00 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2015

Dans les déformations qui menacent la famille, l'homme devient un individu manipulable par le pouvoir

Monseigneur Livio Melina est Recteur d'un des plus influents groupes de réflexion du Vatican, l'Institut Pontifical Jean-Paul II pour les Etudes sur le mariage et la famille. L'Institut, qui a sa maison mère à Rome et onze sièges dans le monde, a été fondé en 1981 par le même Saint Jean-Paul II, le Pape de la famille, comme l'a défini son successeur François. Extraits d'un entretien traduit par Benoît-et-moi :

"[...] Sur le christianisme pèse en effet un fort préjugé puritain: de ce fait on identifie le christianisme avec la morale, la morale avec un système d'interdictions, et on pense que ces interdictions existent surtout en matière sexuelle, de sorte qu'au terme de cette série de fausses équations le christianisme est assimilé à la répression sexuelle. Comme le remarqua très intelligemment le Pape Benoît XVI dans l'encyclique Deus caritas est: sur le christianisme pèse l'accusation nietzschéenne d'avoir empoisonné l'expérience plus belle et attrayante de la vie. Survient ensuite ici une espèce de complexe de culpabilité des clercs, encore accru par les déplorables scandales de pédophilie. A la fin, non seulement est ainsi enjoint à l'Eglise le silence sur ce thème, mais aussi à l'intérieur de l'Eglise on finit par penser qu'il est mieux de se taire afin de ne pas faire obstacle à l'évangélisation. Le thème culturellement le plus imposant, le plus décisif du point de vue éducatif, est ainsi abandonné à la mentalité mondaine qui imprègne aussi les fidèles, qui en raisonnant de ces choses n'expriment désormais plus un sensus fidelium théologiquement significatif, mais une mentalité mondaine, à laquelle nous devrions tous nous convertir pour adhérer à la nouveauté du Christ, qui seule nous libère. Jésus ne fit pas de sondages lorsqu'il proposa le pardon des ennemis, l'indissolubilité du mariage, l'eucharistie ou la parole de la croix: il savait très bien ce que ses disciples pensaient. Il dit plutôt: " Voulez-vous vous en aller, vous aussi?".

Et donc, qu'est-ce qui est en jeu aujourd'hui?

Il faudrait méditer les paroles du pape Ratzinger dans un de ses derniers discours: celui du 22 décembre 2012 pour les vœux de Noël à la Curie romaine. Il dit que dans les mutations et déformations qui menacent la famille, avec la prétention des soi-disant présumés "nouveaux droits", avec la redéfinition du mariage, avec l'abrogation de la paternité et de la maternité, rien moins que l'identité humaine est en jeu: sans les relations constitutives qui nous donnent identité - fils, père, mère, époux et épouse, frère et sœur - l'homme est un individu fragile, manipulable par le pouvoir. Mais la question est aussi radicalement théologique; ce qui est en jeu, c’est le langage originel de l'humain, dont s'est servi Dieu dans la Révélation pour nous parler. Quels mots vont nous rester pour parler de Dieu sans le lexique de ces relations familiales? [...]

La morale a mauvaise réputation aujourd'hui dans la société et même dans l'Eglise. Le discours courant a facilement comme objectif escompté le "moralisme". Non sans raisons: si on pense à la morale comme à une série d'interdictions qui limitent la liberté et prétendent violer la conscience, cela ne peut que justifier une aversion instinctive. Mais est-ce vraiment cela, la morale? D'ailleurs, lorsqu’on ne parvient pas à distinguer entre moralisme et authentique expérience morale, on finit dans l'arbitraire du subjectivisme, dans la subordination à ce qu'établissent les statistiques sur l'opinion prédominante ou dans un nouveau légalisme des règles, plus oppressant ("ne pas fumer dans les parcs publics", "ne pas devenir obèses", "ne pas manger la viande des animaux", "ne pas jeter les ordures dans la mauvaise poubelle "…). 

A la racine de cette réputation négative de la morale, il y a la fracture entre la personne et ses actions. Nos actions, comme l'écrivit Karol Wojtyla dans Persona e atto (En français: Personne et acte), sont expression de notre personne et en même temps elles nous construisent, elles sont nos parents, selon une observation suggestive de Saint Grégoire de Nisse: en agissant, en effet, non seulement nous provoquons des changements dans le monde extérieur, mais nous devenons ce que nous faisons, changeant avant tout nous-mêmes par nos choix. Celui qui vole devient un voleur et celui qui ment devient un menteur. Nous ne sommes pas un sujet abstrait construit indépendamment de notre agir: nous sommes un moi-en-action, qui réalise librement le don originel de son être à travers ses actions, dans les relations avec les autres et dans un contexte culturel qu'il contribue à configurer. C'est pourquoi nos actions ont toujours une dimension morale. [...]"

Posté le 6 février 2015 à 20h59 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2015

Le "développement de la doctrine"

Le Cardinal Raymond Leo Burke a été longuement interrogé par The Wanderer. Extraits de la traduction de Benoît-et-moi :

"[...] L'expression "développement de la doctrine", tel que formulée par le Cardinal Newman dans son fameux essai de 1845, a été cité par quelques évêques au Synode Extraordinaire. Voulez-vous expliquer ce qu'elle signifie et quand elle s'applique. Son utilisation est-elle justifiée pour des changements proposés aux enseignements dogmatiques sur le mariage, la famille, la réception de la Sainte Communion, et d'autres sujets qui ont été inclus dans la relatio finale du Synode?

Le "développement de la doctrine" signifie que les vérités de la Foi, qui restent inchangées et inchangeables, font l'objet d'une plus profonde compréhension dans l'Eglise. En d'autres mots, l'Eglise peut approfondir sa connaissance de ces vérités comme par exemple l'indissolubilité du mariage et la Vraie Présence de Notre Seigneur dans la Sainte Eucharistie. Techniquement parlant, la doctrine ne se développe pas, elle reste la même. Ce qui est réalisé est plutôt une plus riche connaissance de la doctrine objet de l'examen. Par exemple, aucun changement ne peut se produire au sujet de la réception de la Sainte Communion de la part de ceux qui sont dans des unions matrimoniales irrégulières. La doctrine est claire, c'est la parole du Christ lui même qui a dit: "Celui qui divorce d'une femme et en épouse une autre commet un adultère." La signification est très claire, parce que même Ses disciples Lui ont dit: "Si ceci est le cas d'un homme avec sa femme, mieux vaut ne pas se marier". Mais Notre Seigneur les rassure que si une personne est appelée au mariage, Dieu lui donnera la grâce de vivre le sacrement. Il ne peut donc pas y avoir de changement au sujet de la vérité de l'indissolubilité du mariage. Il y a donc une inaptitude, pour ceux qui tentent un deuxième mariage étant encore liés dans une union matrimoniale, de recevoir la Sainte Communion. Ils vivent dans une condition objective de péché grave. C'est la même chose avec la suggestion que l'Eglise puisse découvrir des éléments de bonté dans les relations sexuelles hors mariage. C'est impossible, ce sont des situation de péché grave, où il ne peut y avoir rien de bon. La même chose est vraie pour les actes homosexuels.

[...] La Sainte Liturgie est absolument le premier acte de la Nouvelle Évangélisation. Si nous n'adorons pas Dieu en esprit et en vérité, si nous ne célébrons la liturgie avec la plus grande foi possible en Dieu et avec la foi en l'action divine qui se déroule dans la Messe, nous n'aurons pas l'inspiration et la grâce de réaliser la Nouvelle Evangélisation. La Sainte Liturgie nous montre la forme de la Nouvelle Évangélisation parce que c'est une rencontre directe avec le mystère de la foi: l'Incarnation rédemptrice du Christ pour le Bien de vaincre le péché dans nos vies et de gagner pour nous la grâce de la vie divine, un partage dans la vie de la Sainte Trinité par l'effusion de l'Esprit Saint dans nos cœurs. Les trois premiers commandements ont tous à voir avec le culte de Dieu. C'est la Sainte Liturgie qui établit une relation juste avec Dieu et les autres avec qui nous sommes appelés à vivre dans notre vie quotidienne. La façon dont cette connexion peut être vécue de manière plus convaincante dans la vie paroissiale est de célébrer la Sainte Liturgie de telle manière que tous les fidèles comprennent que le prêtre agit dans la personne du Christ. Ils doivent comprendre que c'est le Christ lui-même qui descend sur nos autels pour rendre son sacrifice vraiment présent; qu'ils doivent unir leurs cœurs à Son glorieux Cœur transpercé pour les purifier du péché et donc les renforcer dans l'amour de Dieu et l'amour du prochain. Si la Sainte Liturgie est célébrée d'une manière anthropocentrique, d'une manière horizontale dans laquelle il n'est pas plus évident que c'est une action divine, elle devient tout simplement une activité sociale qui peut être relativisée avec tout le reste - il n'a pas eu d'impact durable sur la vie. Je pense que la célébration de la forme extraordinaire peut avoir un rôle très important à jouer dans la Nouvelle Évangélisation en raison de son accent sur la transcendance de la Sainte Liturgie. En d'autres termes, elle met l'accent sur la réalité de l'union du Ciel et de la terre à travers la Sainte Liturgie. L'action du Christ à travers les signes du sacrement, à travers Ses prêtres, est très évidente dans la forme extraordinaire. Elle nous aide, alors, à être plus respectueux également dans la célébration de la forme ordinaire."

Concernant les reconnaissances de nullité de mariage, le cardinal déclare :

"Si une partie vient à l'Eglise et fait une demande de nullité de son mariage, l'Église doit rechercher les preuves qui justifient cette revendication ainsi que des preuves qui s'opposent à la revendication, afin que le juge puisse prendre une décision avec une certitude morale, c'est-à-dire une décision où il n'y a aucun doute raisonnable au contraire que la demande de nullité est juste. Le couple qui fait la demande de nullité, dans ce cas, peut alors être rassuré sur le fait d'avoir contracté un mariage valide. Le processus juridique est en réalité très pastoral. Faire une dichotomie entre ce qui est juridique et ce qui est pastoral est erroné parce que le mariage établit une relation entre deux personnes dans la justice, qui a un caractère juridique. Ce n'est que par un processus juridique que l'on peut être rassuré sur la nullité d'un mariage et donc, la liberté d'entrer dans une union avec une autre personne. C'est la chose la plus pastorale [qui soit]. Je dis toujours que la justice, qui est ce que le processus juridique cherche à atteindre, est la condition minimum mais irremplaçable pour la charité. Comment peut-on parler de charité si l'on n'est pas juste? Si par exemple l'Église déclare d'un coeur léger qu'un mariage est nul, c'est une injustice pour les parties et tous ceux qui sont impliqués dans le mariage. Ce n'est pas seulement les deux parties - nous parlons des enfants, des parents, et de l'ensemble de la société. Pensez au tort immense qui a été causé dans notre société par le divorce sans faute et les divorces rampants ultérieurs. Le mariage en tant qu'institution est en crise. Donc, une distinction entre le 'juridique' et le 'pastoral' n'existe tout simplement pas. Lorsque la déclaration de nullité a été délivrée à tort, c'est-à-dire qu'elle est accordée sans suivre le processus avec sérieux et que le juge rend une décision sans arriver à la certitude morale, elle pèse sur la conscience du tribunal. Nous devons penser que les parties agissent de bonne foi. En d'autres termes, les parties sont venues au tribunal, ont demandé un jugement, et le tribunal leur a donné un jugement. Nous ne pouvons pas les tenir responsables pour un faux jugement sauf s'ils ont apporté délibérément de fausses preuves au tribunal et en quelque sorte trompé le tribunal. Il est très difficile d'imaginer que cela puisse arriver, nous devons donc présumer qu'ils sont de bonne foi. Une remarque que je voudrais faire, c'est que tout mariage brisé n'est pas candidat à une déclaration de nullité. Beaucoup de mariages sont brisés à cause du péché. Par exemple, considérez un couple ayant contracté une union matrimoniale valide, vivant ensemble depuis plusieurs années et ayant des enfants. Puis, dans une quelconque crise de l'âge mûr, le mari va avec une jeune secrétaire qui montre de l'intérêt pour lui et abandonne sa femme. Est-ce mariage nul ? Nous avons eu une période aux États-Unis - d'une manière très particulière de 1971 à 1983 - au cours de laquelle le volume des déclarations de nullité était très élevé, quand le processus ne respectait pas le processus éprouvé de l'Eglise. Les gens, non sans raison, appelait la déclaration de nullité «divorce catholique». Ils ont vu des déclarations de nullité accordées pour des mariages qui étaient manifestement valides."

Posté le 3 février 2015 à 17h59 par Michel Janva | Lien permanent

01 février 2015

La lumière et le glaive

Un texte de Bénédicte Ducatel dans le mensuel Magnificat :

"Dans le Temple, un vieillard s'arrête devant un jeune couple venu présenter à Dieu leur enfant premier-né. Ils viennent offrir le prix du rachat de l'enfant car tout premier-né de sexe masculin et tout premier-né mâle du bétail appartiennent au Seigneur (Ex, 13,12). Ainsi l'Enfant Jésus, le Fils de Dieu fait homme, est racheté en un geste d'offrande symbolique pour pouvoir demeurer parmi les hommes au sein de la famille de Joseph et Marie. Etrange rachat de celui qui vient, justement, racheter l'humanité pour la rendre à Dieu !

Et le vieillard Syméon jette une lumière prophétique sur cet évènement, il voit dans cet enfant la lumière par laquelle toutes les nations seront éclairées et connaîtront le salut attendu. Mais la lumière provoque un discernement : ceux qui l'acceptent sont relevés, ceux qui ne supportent pas son éclat, qui met à jour leurs œuvres obscures, connaîtront la chute. De fait, la lumière est un signe de contradiction, elle éclaire tout en manifestant l'ombre. C'est ce que l'Evangile, la lumineuse Bonne Nouvelle annoncée par Jésus provoquera et provoque toujours.

Cette contradiction que fera naître son Fils sera pour Marie une cause de douleur extrême, son âme sera traversée d'un glaive. Elle, la toute transparente à la lumière divine, verra croître l'ombre qui enveloppera son enfant jusqu'à faire disparaître sa clarté. La Présentation de Jésus au Temple contient les prémices du mystère pascal, la Croix s'y profile, mais la lumière pascale y éclate déjà."

Posté le 1 février 2015 à 13h53 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 janvier 2015

Que dit l'Eglise sur la FIV

Cette note d'hier a soulevé auprès de nombreux lecteurs le problème douloureux de l'infertilité et des solutions actuellement proposées par la science pour y remédier. Qu'il soit bien clair que nul ici ne se permettrait de porter quelque jugement que ce soit sur qui que ce soit, étant donné que la douleur de ne pas pouvoir être parents, on ne peut que s'y associer, mais on ne peut pas en porter le fardeau à la place des personnes concernées.

Ces préliminaires ayant été posés, il convient maintenant d'établir clairement ce qu'il est possible ou non de faire en matière de procréation, à la lumière de l'enseignement de l'Eglise. L'Eglise, en Mère soucieuse du bien de ses enfants, ne perd jamais de vue leur bien suprême, qui est d'aller au Ciel. C'est pourquoi c'est sous cet angle qu'elle a examiné tous les moyens scientifiques et leurs conséquences, proposés par la science pour pallier au manque d'enfant. Sa réflexion n'a pas pour objectif de juger les personnes, mais d'éclairer leurs esprits pour leur permettre de choisir en toute connaissance de cause les moyens les plus aptes à les conduire au Ciel. Deux documents majeurs, Dignitas personae et Donum vitae, expriment le fruit de cette réflexion, et sont synthétisées de façon très efficace dans cet article de Stanislas de Larminat.

  • L'Eglise entend l'impérieux désir des personnes d'avoir des enfants. Néanmoins, plaçant au plus haut la dignité de la personne, créée à l'image et ressemblance de Dieu, elle considère que l'on ne saurait utiliser les cellules composant l'être humain comme du matériel, les fins ne justifiant pas les moyens. L'Eglise ne veut pas confondre le droit A l'enfant, qui n'est ni un dû ni un objet de propriété mais le Don gratuit et libéral de Dieu, avec le droit DE l'enfant, qui est le fruit de l'acte spécifique des parents dans l'union conjugale.

« Un droit véritable et strict à l'enfant serait contraire à sa dignité et à sa nature. L'enfant n'est un pas dû et il ne peut être considéré comme objet de propriété: il est plutôt un don « le plus grand », et le plus gratuit du mariage, témoignage vivant de la donation réciproque de ses parents. A ce titre, l'enfant a le droit - comme on l'a rappelé - d'être le fruit de l'acte spécifique de l'amour conjugal de ses parents, et aussi le droit d'être respecté comme personne dès le moment de sa conception ». (Donum Vitae B-§8)

  • Pour les différentes formes d'aide médicale à la procréation (AMP), on se reportera à la synthèse de Stanislas de Larminat, afin de se concentrer ici sur la FIV (fécondation in vitro) :

"Elle est précédée du prélèvement préalable d’un ou de plusieurs ovocytes chez la femme. Ces ovocytes surnuméraires peuvent être congelés ou, dans certains pays, congelés après fécondation in vitro. Ce sont alors des « embryons surnuméraires ».

La Fivete (Fécondation in Vitro ou pipette)  peut être effectuée :

♦ par voie classique : les ovules sont mis au contact des spermatozoïdes en   attendant la fécondation spontanée

♦ par injection de spermatozoïde à l’intérieur du cytoplasme d’un ovule (ICSI). Cette injection se distingue des fécondations naturelles par un spermatozoïde dont le flagelle tombe au moment de sa pénétration dans l’ovule ; dans ce cas les caractéristiques génétiques « cytoplasmique » (génome mitochondrial) du père ne sont donc pas transmises[1]. Dans le cas de l’ICSI, l’injection contre nature du flagelle, transmet des caractéristiques génétiques « cytoplasmiques » du père qui sont considérés par quelques experts comme pouvant expliquer certaines malformations congénitales[2].

♦ par spermatide. La spermatide est la cellule séminale masculine qui précède immédiatement le stade du spermatozoïde.

♦ par cellules sexuelles « artificielles », c'est-à-dire différenciées à partir de cellules souches adultes. Certains laboratoires préparent cette technique pour ne plus avoir à effectuer de prélèvements préalables d’ovocytes ou de spermatozoïdes. Axel Kahn parle d’acharnement procréatique : « la dangerosité potentielle qu’engendre cette méthode n’est pas acceptable ».

Une fois fécondés in vitro, ces embryons sont implantés dans l’utérus de la mère (biologique ou « porteuse »). Certains pays autorisent les implantations multiples pour palier aux difficultés de nidification dans le placenta utérin. En cas de succès, il est alors souvent proposé une « réduction embryonnaire » par avortement sélectif pour ne laisser se développer qu’un ou deux fœtus."

  • La pratique de la FIV ouvre la porte à de nombreuses possibilités de dérives :
    • Le risque d’eugénisme du fait du tri des embryons
    • La dissociation de l’acte conjugal et de la procréation : la fécondation a lieu hors de l'acte conjugal et de plus fait intervenir une tierce personne au sein de cet acte qui doit rester exclusivement conjugal.
    • La pratique illicite de la réduction embryonnaire (« La fécondation in vitro implique l’élimination volontairement acceptée d’un nombre conséquent d’embryons. Certains pensaient que cela était dû à une technique encore imparfaite. Il est très préoccupant de voir que…la recherche ne semble pas porter un réel intérêt au droit à la vie de chaque embryon, mais vise surtout à obtenir de meilleurs résultats en termes de pourcentage d’enfants nés par rapport aux femmes qui initient un traitement ».  (Dignitas Personae - 2nde partie § 14).
    • La question des embryons surnuméraires (« Dans de nombreux cas, l’abandon, la destruction ou les pertes d’embryons sont prévus et voulus. Les embryons produits in vitro qui présentent des défauts sont systématiquement écartés. La technique de transfert comporte en réalité un traitement purement instrumental des embryons. Ni la déontologie professionnelle commune, ni les autorités sanitaires n’admettraient, dans aucun autre domaine de la médecine, une technique comportant un taux global aussi élevé d’insuccès et de pertes. Les techniques de fécondation in vitro en fait sont acceptées, car on présuppose que l’embryon ne mérite pas, ici, un plein respect dans la mesure où il entre en concurrence avec un désir qu’il faut satisfaire ». (Dignitas Personae - 2nde partie § 15).
    • Les risques d’extension de la Fivete aux personnes homosexuelles.

En bref : L’Eglise sait que les « Fivete » représentent dans certains pays près de 5% des naissances et se développent rapidement pour des raisons d’infertilité, mais aussi de « convenance personnelle ». Ce pourcentage ayant une tendance à augmenter rapidement, que deviendra une société dont un grand nombre de ses enfants aura été conçu en dehors du lien charnel ? Les positions de l’Eglise, en matière d’aide à la fertilité, sont donc prophétiques parce que fondées sur trois valeurs fondamentales:

a) l’intégrité physique de tout être humain depuis la conception jusqu’à la mort naturelle;
b) l’unité du mariage, … respect mutuel du droit des conjoints à devenir père et mère seulement l’un à travers l’autre;
c) les valeurs …de la sexualité : procréation,  fruit de l’acte conjugal spécifique de l’amour des époux ». (Dignitas Personae- § 12).

Pour conclure :

L’Eglise ne juge pas les personnes: même dans l’erreur, chaque conscience conserve sa dignité, si elle a cherché la Vérité -et à cette condition expresse- nul ne peut décider à sa place. C’est pourquoi l’Eglise éclaire les consciences en expliquant pourquoi la Fécondation in Vitro ne répond pas à la nature profonde de l’homme. Elle offre aux personnes  souffrant de troubles médicaux de la procréation un réconfort, mais aussi la lumière et l’espérance, à travers lesquelles la maladie retrouve un sens.

Posté le 31 janvier 2015 à 10h48 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (5)

23 janvier 2015

Un miracle grâce à Saint Antoine de Padoue ?

La très belle histoire d'une petite italienne guérie semble-t-il grâce à l'intercession de Saint Antoine de Padoue est racontée sur le site d'Aleteia. Une échographie avait révélé pendant la grossesse une maladie gravissime du cerveau, confirmée après la naissance, et les parents s'étaient confiés à Saint Antoine de Padoue. Le 13 juin 2014, jour de la fête du Saint, les parents qui avaient obtenu un rendez-vous qu'ils n'attendaient plus, ont eu la grande joie d'apprendre que leur petite fille était guérie de façon inexplicable.

"Rendez-vous est donc fixé le 13 juin ! Sur la route de Bologne, vu la coïncidence avec la fête, la famille, comme le rapporte le Corriere del Veneto du 12 janvier, décide de s'arrêter un instant pour prier le saint de Padoue. À leur arrivée à l'hôpital de Bologne, à la très grande surprise des médecins eux-mêmes, la petite ne présente plus aucun dommage cérébral."[...]

Il est encore trop tôt pour que l'Eglise se prononce en faveur d'un miracle par l'intercession de Saint Antoine de Padoue, mais après tout, il n'en serait pas à son coup d'essai !

Posté le 23 janvier 2015 à 19h07 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

20 janvier 2015

"L'ouverture à la vie est une condition du sacrement de mariage"

Lors d'une conférence de presse dans l'avion qui le ramenait à Rome après son voyage aux Philippines, où les familles sont souvent nombreuses, le Pape s'est exprimé sur la paternité/maternité responsable. (Le Figaro) :

[...]"A Manille, le souverain pontife argentin a fermement défendu le pape Paul VI et son opposition à la contraception médicale dans l'encyclique Humanae Vitae en 1968. "Paul VI s'inquiétait du néo-malthusianisme universel" qui "cherchait un contrôle de l'humanité", a expliqué François dans l'avion. "Il était un prophète", a-t-il plaidé, relevant que le versement des retraites et le renouvellement des populations était menacé dans de nombreux pays développés. "La parole-clé que l'Eglise défend est: paternité responsable. Comment se réalise-t-elle? Par le dialogue. Il existe dans l'Eglise des groupes matrimoniaux, des experts, des pasteurs", a insisté le pape.

Une nouvelle fois, le Pape a dénoncé "la colonisation idéologique" contre la famille traditionnelle, dénonçant en particulier le fait qu'il y a 20 ans en Argentine, un prêt pour la construction d'écoles ait été conditionné à l'usage dans ces écoles "d'un livre où l'on enseignait la 'théorie du genre'". "C'est cela, la colonisation idéologique: on colonise le peuple avec une idée, qui veut changer la mentalité ou la structure. On prend le besoin d'un pauvre comme opportunité d'entrer" dans son existence, a-t-il expliqué."

Posté le 20 janvier 2015 à 07h32 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (9)

11 janvier 2015

Le rite de la communion dans la main pratiqué de nos jours nous vient des calvinistes

Mgr Schneider, évêque auxiliaire au Kazakhstan, est interrogé par Présent. Extraits :

Monseigneur, on entend souvent, pour justifier la communion dans la main,  l’argument du retour aux sources. Cet argument est-il fondé ?

Cet argument est un mythe, ou peut-être une tromperie intentionnelle, parce que la réalité est assez différente. En vérité, le rite de la communion dans la main pratiqué de nos jours nous vient des communautés calvinistes et n’a rien à voir avec la coutume des premiers siècles. Les documents littéraires et iconographiques nous révèlent que, pendant les premiers siècles, dans certains endroits, la sainte communion était déposée dans la paume de la main droite, et non dans la main gauche comme on le fait aujourd’hui. Ensuite, le fidèle inclinait profondément la tête jusqu’à la paume de la main et prenait la sainte hostie directement avec ses lèvres puis, éventuellement, avec la langue, les parcelles eucharistiques qui avaient pu rester dans la paume. Les hommes se  lavaient les mains avant la communion. La paume des femmes devait être recouverte d’un linge blanc et ce linge était purifié après la communion.

[...] Enfin, reste cet important aspect théologique qui dit : la liturgie connaît par nature une croissance organique tendant à la profondeur et à une plus grande perfection, parallèle à la croissance de la foi. Le retour aux expressions de la liturgie ou de la foi dans leur état embryonnaire est une erreur théologique, c’était d’ailleurs une prétention typique des hérétiques. Dans son encyclique classique sur la liturgie Mediator Dei, le pape Pie XII a condamné une telle attitude, l’appelant « archéologisme liturgique ».

[...] La cause médiate, à mon avis, réside dans la réforme liturgique en général, qui a réduit les gestes et les paroles claires de la sacralité à un minimum, et en particuler dans le style de la liturgie de la messe, devenu imprécis, laissant place à la créativité ou à la subjectivité du célébrant et des autres participants. La cause immédiate du manque de respect est sans aucun doute le rite moderne de la communion dans la main lui-même, un rite du point de vue objectif et phénoménologique assez banal et de caractère profane, inventé par les calvinistes pour lesquels l’Eucharistie est un pur symbole.

Comme cause général du manque de respect, on peut indiquer une catéchèse et une prédication doctrinalement très défectueuses, et même quelquefois purement protestantes. Il faut effectuer des gestes liturgiques comme on croit sinon, tôt ou tard, on finit par croire selon les gestes que l’on a accomplis. [...]

Vous assurez que revenir à la communion à genoux et dans la bouche vaudra un grand nombre de grâces à l’Eglise militante. Mais que préconisez-vous pour généraliser ce retour : la suppression de l’indult, déjà ancien (1969), autorisant la communion dans la main ? Qu’entendez-vous par « norme liturgique à instaurer aboutissant à la disparition de la communion dans la main » ?

Il faut, bien sûr, procéder par étapes. Parmi les fidèles qui reçoivent la sainte communion dans la main, la plupart le font avec une totale bonne foi. Les uns agissent par docilité, par obéissance, parce que le curé ou même l’évêque l’ont conseillé ou imposé. Il existe cependant probablement aussi des personnes qui communient ainsi parce qu’elles ne croient pas en la présence réelle. Notons enfin que certaines personnes communient dans la main avec une foi et une dévotion profondes et sont motivées par des préférences subjectives, oubliant malheureusement les conséquences objectives nocives de cette pratique liturgique.

Il faudrait tout d’abord, fréquemment, donner aux enfants et aux adultes une catéchèse et une prédication intégrales et précises sur l’Eucharistie, et spécialement sur la grandeur et la sublimité de la sainte communion. Ensuite, il faudrait expliquer concrètement les dangers réels et fréquents de la perte et du vol des parcelles eucharistiques, mettant en évidence surtout le fait horrible que Notre-Seigneur présent dans la sainte Eucharistie, en d’innombrables églises, est piétiné par les fidèles. Puis il faut informer les fidèles que la communion dans la main est une exception à la loi liturgique, dite indult, insistant en même temps sur le fait que la communion sur la langue et à genoux est la règle. Ceci exige logiquement de mettre un prie-Dieu, un banc de communion ou, mieux encore, une balustrade à disposition des fidèles, afin de ne pas discriminer ceux qui ont le droit de recevoir la sainte communion sur la langue et à genoux.

Une autre mesure utile serait que l’évêque diocésain publie une lettre pastorale spécifique sur l’Eucharistie et la sainte communion, invitant instamment et de manière argumentée les fidèles à recevoir le Seigneur Eucharistique sur la langue et à genoux. Le Saint-Siège devrait faire la même chose vis-à-vis de tous les évêques et de tous les diocèses du monde. Le dernier pas dans un tel processus serait la prohibition formelle de la pratique de la communion dans la main. [...]"

Posté le 11 janvier 2015 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent

28 décembre 2014

À Noël, Dieu reprend possession paisiblement, joyeusement, de sa création

Voici un morceau de l'homélie de la nuit de Noël, prononcée par Dom Hervé Courau, abbé de Triors :

"Il se trouve que cette année, la crèche fait la une de l'actualité. Elle scandalise et excite des susceptibilités d'une façon inattendue comme chez l'hérétique antique, Marcion. Exposée naïvement dans les maisons ou sur la voie publique, la crèche rappelle avec simplicité ce qui s'est passé il y a plus de 2000 ans. Jésus est né sur la voie publique, dans une crèche, car il n'y avait de place à l'hôtellerie (Luc 2,7). Dieu s'invite ainsi sans attendre l'invitation de César ; néanmoins César malgré lui, à son insu, a tout fait pour qu'il en soit ainsi (Cf. Luc 2,1ss).

C'est vrai, la voie publique n'est pas toujours bien famée, mais le Sauveur vient justement pour racheter tout vice et rendre à Adam son honneur perdu. À Massabielle, la grotte était un mauvais lieu ; c'est la visite de l'Immaculée en 1858 qui l'a ennoblie, et avec elle la ville de Lourdes toute entière. On a dû encercler le domaine du sanctuaire des apparitions pour préserver la neutralité de la voie publique, dont on se glorifie avec affectation comme d'un progrès absolu. Il n'empêche que Dieu toujours se présente sans attendre de permission là où Il veut, car il est le maître de tout, à Lui est la terre et ce qui la remplit, le monde et ceux qui l'habitent (Ps. 23,1). À Noël, Dieu reprend possession souverainement, paisiblement, joyeusement, silencieusement de sa création ; il renoue partout désormais avec l'humanité, sans rien demander d'autre à l'homme que son désir de salut et de bonheur, de joie et de pureté. Pour cela, il faut croire à l'amour, ainsi que le dit S. Jean (I Jn. 4,16), croire à l'amour que Dieu répand en nos cœurs (Cf. Rom. 5,5).

Comment ne pas penser en cette nuit à ceux qui ont tout perdu en Syrie et en Irak, chassés de leur Nazareth, mis sur les routes, vivant le statut humilié des réfugiés ? Pour eux, Noël a un goût de fuite en Égypte et de chemin de Croix ; mais c'est toujours Jésus qui nous sauve. La crèche de notre église s'unit à eux, installée sous une tente semblable aux leurs."

Posté le 28 décembre 2014 à 17h10 par Michel Janva | Lien permanent

25 décembre 2014

La neuvaine : méditation du Père Daniel Ange

Daniel-AngeFrance rebelle, reçois ton enfance nouvelle

"Voici juste 1516 ans, à Reims, Clovis et ses 3000 Francs sont immergés dans les eaux du baptême par les mains de Saint Rémi. Quel jour exactement ? Noël !

Et Claudel dans son chef-d’œuvre, si profondément, théologique – l’Annonce faite à Marie- situe le sacre de Charles VII, grâce à la Pucelle de Domrémy, à Reims encore, encore la nuit même de Noël.

Mais voici que notre peuple ainsi marqué au fer rouge, jusque dans ses gênes par ce mystère adorable entre tous, régresse de plus de 2000 ans dans le paganisme celte ou greco-romain, devenant ainsi anachronique : essayant de vivre comme si le Sauveur n’était encore jamais venu. Voici qu’une innocente crèche soulève un tolé, qu’un bébé en plastique fait trembler la République.

Pour quel crime ? Elle représente – ô horreur !- une famille ! Et voilà que cette famille – déjà expatriée – est à nouveau extradée, visa refusé. Et quand on ne sait plus qui est ce Bébé, on ne sait plus ce qu’est un enfant (sinon un objet commercialisable), ni ce qu’est un homme ou une femme (sinon des sortes de clones interchangeables), ni ce qu’est une famille (sinon une relation à géométrie variable). Bref, qui n’accueille pas l’Enfant de Noël, se rebelle contre le réel.

Alors, nous, en cette nuit sainte entre toutes, pour essuyer les pleurs de la Mère de Dieu devant son enfant éjecté par un Etat reniant ses sources, laissons-nous éblouir et attendrir par la pure splendeur du plus beau des enfants jamais né d’une femme. Soyons ce ravi des santons de Provence, avec les enfants aux yeux extasiés devant nos merveilleuses crèches aux mille facettes.

Accueillons l’Enfant en qui chaque enfant se reconnaît, par qui est guérie ma gestation, transfigurée ma naissance, et grâce à qui m’est donné mon enfance nouvelle, éternelle, car divine : la sienne !

Je veux recevoir de ses petites mains son Père et me laisser engendrer par Lui. Je lui ai donné une maman : il me donne son Papa.

Car uniquement parce que Dieu a pu dire en toute vérité maman à une jeune fille, qu’aujourd’hui je puis dire en toute certitude : papa à Dieu.

Admirable échange ! Je lui donne mon humanité : il m’offre sa divinité. Je lui donne ma misère, il m’offre sa lumière. Il épouse mes souffrances : il me fait épouser la petite fille Espérance. Je lui refile ma mort : il me communique sa vie1. Oui, il épouse toute de mon existence, de l’état de zygote à celui de cadavre, pour m’ouvrir le Ciel et me rendre im-mortel. Dis-moi quel Dieu a jamais été jusque-là dans l’amour ?

Il se glisse, se faufile, s’insinue chez nous, passager d’abord clandestin, puis incognito, peur de me faire peur. Qui donc tremble devant un nourrisson ? Ce bébé ne révèle-t-il l’éternelle enfance -innocence de Dieu- (ce fut le coup de foudre du jeune paumé qu’était un certain Paul Claudel, à Notre Dame de Paris, aux premières Vêpres de Noël près du second pilier.

Dans le profond silence de cette nuit, les Anges sidérés se taisent, en écoutant résonner le cri primordial de la Parole faite enfant.

Et ces premiers vagissements déjà murmurent : « qui ne devient comme moi n’entrera pas dans le Royaume ». Et encore : «  Tout ce que tu fais à un seul de mes frères de chair, c’est à Moi que tu le fais ». Et encore : «  Tu me vois, tu vois ton Père  » . Dans nos épaisses ténèbres, à travers la fente de ses petits yeux qui s’entrouvrent déjà filtrent, la flamme qu’aucune tempête ne pourra jamais souffler, les premiers rayons de cette clarté d’éternité qu’aucune nuit ne pourra jamais ensevelir. Lumière qui ne cessera d’irradier le monde jusqu’au Soleil éternellement levant de sa Venue en Gloire.

En cette nuit, reçois donc des mains de Marie, cet Enfant qu’Elle te confie, cet Enfant qui dans tes bras s’abandonne à toi, pour qu’avec lui, tu t’abandonnes dans les bras de son Père et de sa Mère. Le voilà livré à moi, totalement dépendant de mon cœur. Ah ! Mon Créateur à qui j’ose dire comme une maman : «  mon Petit ! » Ce Dieu que je puis adopter, caresser, réjouir, consoler ! Mais à une condition : le protéger, comme Joseph protégeant la Vie-faite-chair contre ces Hérodes qui ne sont pas encore morts. Ils se déchaînent, ils en veulent toujours à l’Enfant. Leur fureur sur nos enfants violent leur conscience, souillent leur innocence, pervertit leur bon sens, falsifie leur intelligence.

Qu’il me donne son courage pour prendre sa défense en chaque tout petit. Jean-Paul II s’écrie en pleine nuit de Noël : «  En chaque petit, il y a certainement Jésus ! »

Mendions le regard ébloui de sa Maman, pour que je reconnaisse, accueille protège son Enfant, au-dedans de chaque Enfant encore à naître, à peine né, ou la personne «  retombée en enfance ». Car «  sur le visage de chacun resplendit le visage de Jésus » (Pape François aux gynécologues). Mais « n’ayons pas peur, l’Enfant Jésus est avec nous. » (dernier mot griffonné par Edith Stein).

Alors, ce sera Noël. Et quand tous les Français tomberont à genoux devant cet Enfant-Roi, alors ce sera le Nouveau Noël de notre peuple. L’aube d’un nouvel avenir irradiant le monde de la Vérité qui est Lumière."

1 Cet Enfant est «  un tabernacle de Gloire où le divin et l’humain se rencontrent dans une étreinte qui ne pourra jamais être brisée. Il verse la divinité dans le cœur malade de l’humanité et en lui insufflant l’Esprit du Père la rend capable de devenir Dieu par la grâce. » Jean-Paul II,  Orientale Lumen, 15

Posté le 25 décembre 2014 à 13h03 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 décembre 2014

La discipline de l'Eglise est au service de la vérité de la Foi

Benoît-et-moi a traduit un long entretien donné par le cardinal Burke. En voici des extraits sans langue de buis :

B"Je pense que le rapport qui avait été produit au milieu de la session du Synode, qui s'est conclu le 18 octobre, est peut-être le document public de l'Eglise le plus scandaleux que je puisse imaginer. Il suscite donc une très vive préoccupation et il est spécialement important que les bonnes familles catholiques qui vivent la beauté du sacrement du mariage se consacrent de façon nouvelle à une solide vie matrimoniale et aussi qu'elles utilisent toutes les occasions pour témoigner de la beauté de la vérité sur le mariage dont elles font l'expérience tous les jours de leur vie d'époux. [...]

Beaucoup de gens craignent que finalement le Synode utilisera un double langage. Des raisons "pastorales" sont utilisées pour changer de facto la doctrine. De telles craintes sont-elles justifiées?

Oui, elles le sont. En effet, un des arguments les plus insidieux utilisés au Synode afin de promouvoir des pratiques contraires à la doctrine de la Foi est celui que, "nous ne touchons pas à la doctrine; nous croyons dans le mariage comme l'Eglise y a toujours cru; nous ne faisons que des changements dans la discipline. Mais dans l'Eglise catholique cela ne peut jamais être car dans l'Eglise catholique la discipline est toujours liée directement à l'enseignement. En d'autres mots : la discipline est au service de la vérité de la Foi, de la vie en général dans l'Eglise catholique. Vous ne pouvez donc pas dire que vous changez la discipline et que cela n'a pas d'effets sur la doctrine qu'elle protège, sauvegarde ou promeut.

Le terme "miséricorde'" est utilisé pour changer la doctrine de l'Eglise et même le nouveau Testament afin de pardonner le péché. Est-ce que cet usage malhonnête du terme "miséricorde" a été exposé pendant le Synode?

Oui, il l'a été. Des Pères Synodaux ont parlé du faux sentiment de miséricorde qui ne prendrait pas en compte la réalité du péché. Je me souviens d'un Père Synodal disant: "Le péché n'existe-t-il plus? Est-ce que nous ne le reconnaissons plus?" Je pense que c'était une réponse très forte de la part de certains Pères synodaux. Le pasteur luthérien allemand, mort pendant la deuxième Guerre Mondiale, Dietrich Bonhoeffer utilisait une analogie intéressante. Il parlait de grâce "coûteuse" et de grâce "bon marché". Quand la vie de Dieu nous est donnée comme c'est le cas dans l'Eglise, cela requiert de nous une nouvelle façon de vivre, une conversion quotidienne au Christ, et nous connaissons la miséricorde de Dieu dans la mesure où nous y adhérons et nous efforçons de nous remettre toujours au Christ et de vaincre nos péchés et nos faiblesses. [...]

La miséricorde concerne la personne qui, pour une raison quelconque, commet un péché. Nous devons toujours susciter en cette personne le bien - en d'autres mots, appeler cette personne à être qui il ou elle est: un fils de Dieu. Mais en même temps, on doit reconnaître les péchés, qu'il soient l'adultère ou la pédophilie, ou le vol ou le meurtre - quel qu'ils soient - comme les grands maux, comme des péchés mortels et donc contraires à nous. Nous ne pouvons pas les accepter. La plus grande charité, la plus grande miséricorde que nous pouvons montrer au pécheur est de reconnaître le mal des actes que il ou elle sont en train de commettre et d'appeler cette personne à la vérité. [...]

Un archevêque a dit récemment: "Evidemment nous suivons la doctrine de l'Eglise sur la famille.": Et a ajouté: "jusqu'à ce que le Pape décide autrement." Est-ce que le Pape a le pouvoir de changer la doctrine?

Non, c'est impossible. Nous savons ce que l'enseignement de l'Eglise a toujours été. Il a été exprimé, par exemple, par le Pape Pie XI dans sa lettre encyclique Casti connubii. Il a été exprimé par le Pape Paul VI dans Humanae vitae. Il a été exprimé d'une façon merveilleuse par le Pape saint Jean-Paul II dans Familiaris Consortio. L'enseignement est immuable. Le Saint Père donne le service de maintenir cet enseignement et de le présenter avec nouveauté et fraîcheur, mais pas de le changer."

Posté le 18 décembre 2014 à 15h50 par Michel Janva | Lien permanent

17 décembre 2014

La libération de la mort et du péché a des conséquences sociales

Aleteia a rencontré le cardinal Gerhard Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, à l’occasion de la parution de son livre, Pauvre pour les pauvres, préfacé par le pape François. Extrait de son entretien :

"En tant que courant de pensée, la théologie de la libération est née en Amérique Latine après le concile Vatican II, des travaux du prêtre péruvien Gustavo Gutiérrez. Mais la libération est d’abord un thème biblique, puisque Jésus a libéré les hommes du péché et de la mort. Elle a aussi, inévitablement, un effet social. Non, Jésus n’est pas venu apporter un paradis terrestre mais le royaume de Dieu. Et ce royaume de Dieu consiste dans le fait d’aimer Dieu au-dessus de tout et le prochain comme nous-mêmes. Nous vivons en société, nous appartenons à des communautés humaines. C’est pour cela que la libération de la mort et du péché a des conséquences sociales.

Ainsi, le vivre ensemble des hommes doit être caractérisé par des principes moraux, individuels et sociaux. L’Église a pour mission de rendre présent et de communiquer ce droit naturel, ces principes moraux. En deux mille ans, elle est passée par des situations sociales et historiques mouvantes ! Rappelons-nous qu’au XVIe siècle, lors du processus de conquête de l’Amérique Latine, l’Église était du côté des plus faibles : le dominicain espagnol Bartolomé de Las Casas est une grande figure de la défense du droit des indiens. Peut-être y aura-t-il un procès de canonisation ! Il était contemporain d’autres intellectuels réunis dans l’école de Salamanque, qui ont dénoncé l’esclavage des êtres humains. Plusieurs papes de cette époque ont aussi condamné ces situations dans des documents pontificaux. Sous le IIIe Reich, autre situation d’extrême négation des droits humains, Bartolomé de Las Casas est devenu un symbole de résistance et de libération. En 1938, le dramaturge allemand Reinhold Schneider a imaginé la rencontre entre Las Casas et Charles Quint dans sa pièce Las Casas vor Karl V. (non traduite en français). Las Casas devient la voix des hommes de son temps et notamment des Juifs. Pour Gutiérrez et pour nous, ces exemples ne sont pas seulement des réminiscences historiques, mais des choses qui nous concernent."

Posté le 17 décembre 2014 à 10h10 par Michel Janva | Lien permanent

10 décembre 2014

Vendredi 12 décembre à 18h15 à ND de Paris : Messe de Notre-Dame de Guadalupe

Une lectrice nous signale ceci :

"Comme tous les ans, pour la Fête de Notre-Dame de Guadalupe (12 décembre), une messe sera célébrée pour faire mémoire de l’apparition de la Vierge à Saint Juan Diego Cuauhtlatoatzin, en 1531 au Mexique.

Cette célébration rassemblera de nombreux membres de la communauté latino-américaine d’Île-de-France. Elle sera présidée par Monseigneur Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris

Des musiciens mexicains interviendront à quelques moments de la célébration ; à l’issue de la cérémonie, ils joueront au milieu des fidèles rassemblés devant le chapelle de Notre-Dame de Guadalupe et donneront une « aubade » à l’extérieur, sur le parvis, pendant une vingtaine de minutes à l’issue de la célébration."

Dans le bas-côté nord de Notre-Dame de Paris, une chapelle toujours fleurie est dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, des Mexicains de Paris ayant demandé qu’une chapelle de la cathédrale soit affectée à des célébrations à l’intention de leur pays. Sur le mur, une mosaïque représentant la Vierge de Guadalupe est particulièrement vénérée, en témoignent les centaines de flammes de dévotions qui y brûlent jour et nuit."

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(La mosaïque représentant Notre Dame de Guadalupe à Notre-Dame de Paris
© NDP)

Posté le 10 décembre 2014 à 07h55 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

04 décembre 2014

La Communion dans la main est une exception à la liturgie

Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, va donner plusieurs conférences très prochainement à propos de son dernier ouvrage sur la communion dans la main. Il répond à Renaissance catholique. Extraits :

"Le sujet de votre livre est la Communion dans la main. N’existe-t-il pas des questions plus urgentes à traiter aujourd’hui dans l’Église que celle de la communion dans la main ?

REffectivement il semblerait qu’existent dans l’Église des questions plus urgentes à traiter que la communion dans la main, cependant il ne s’agit que d’une apparence. En effet l’Église vit aujourd’hui une véritable tragédie car a été éclipsée, mise au second plan et donc banalisée la réalité centrale dans l’Église et sur la terre : le Très Saint Sacrement de l’Eucharistie. Le Concile Vatican II nous a rappelé cette vérité : « L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen gentium, 11) et « La sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église » (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique III, q. 65, a. 3 à 1), « à savoir le Christ lui-même » (Presbyterorum ordinis, 5). L’Eucharistie et la sainte Communion ne sont pas une chose, même la plus sainte, mais une personne : Jésus-Christ lui-même. Tant que l’adorable personne du Christ, cachée sous les humbles espèces sacramentelles, sera traitée d’une manière aussi banale, indélicate et superficielle qu’aujourd’hui il ne pourra se produire un vrai progrès spirituel dans l’Église. Si le cœur de la vie de l’Église est l’Eucharistie, quand la manière de la traiter devient manifestement défectueuse le cœur même de la vie de l’Église s’affaiblit. Et quand le cœur est faible, toutes les activités du corps deviennent moins efficaces. Si nous ne prenons pas au sérieux l’exigence de la foi eucharistique, c’est-à-dire la disposition de l’âme dans l’état de grâce et la manière hautement sacrale de traiter Notre Sauveur et Dieu au moment de la Sainte Communion, nous continuerons à vivre dans une situation à laquelle s’appliquent ces paroles de Dieu : « Si Dieu ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain » (Ps 127, 1). [...]

[L]’absence quasi-totale de gestes manifestes d’adoration et de sacralité au moment de la distribution et de la réception de la sainte Communion entraîne, avec le temps, une diminution et même une perte de la croyance en la présence réelle et en la transsubstantiation. Le geste moderne de la Communion dans la main – substantiellement différent du geste analogue dans la primitive Église – contribue à la banalisation et même à la profanation non seulement de la réalité la plus sainte, mais de la Personne la plus sainte qui est Notre Seigneur et Dieu Jésus-Christ. La foi en la centralité du mystère eucharistique et par conséquent du mystère de l’Incarnation est très nettement éclipsée par cette pratique liturgique. Quelques illustrations de l’éclipse de la foi eucharistique peuvent nous aider à saisir cette réalité. Martin Luther, par exemple, soupira et pleura quand quelques gouttes du sang du Seigneur tombèrent sur un banc de communion. Combien de prêtres et de fidèles se mettraient à soupirer et à pleurer en nettoyant les lieux, où sont répandues des parcelles de la Sainte Hostie ? Quand, par exemple, dans une synagogue le livre de la Torah tombe par accident sur le sol, la communauté juive concernée observe une journée de jeûne et de pénitence. Combien de paroisses catholiques jeûnent et font pénitence, quand des parcelles eucharistiques tombent sur le sol ou sont volées ? Rappelons-le : de la foi et de la pratique eucharistiques dépend aujourd’hui le sort de l’Église. [...]"

Posté le 4 décembre 2014 à 10h39 par Michel Janva | Lien permanent

01 décembre 2014

"L'homme peut connaître Dieu !"

C'est le titre d'un livre écrit par Jean Dollié, ancien élève du Centre d’Études Religieuses, agrégé de l’Université. Depuis 20 ans, il enseigne les lettres dans le secondaire et l’enseignement supérieur. Son livre constitue un prolongement et un approfondissement de la vidéo que nous vous avions proposée ici, et peut être mis entre toutes les mains, même les moins expérimentées - je pense notamment aux élèves de terminale qui subissent trop souvent un enseignement quasi exclusivement athée, ou aux personnes en recherche d'un argumentaire simple mais efficace pour accéder à la foi. Ci-dessous, une présentation du livre par son auteur :

 

On trouve (le choix des librairies citées n'est pas exhaustif) "L'homme peut connaître Dieu" ici, ici, ou encore ici (prix : 20 €). En offrant ce livre, vous participerez activement à la mission d'évangélisation qui est celle de chaque chrétien (l'auteur de cet article ne touche pas de royalties sur les livres qui seront vendus !).

Posté le 1 décembre 2014 à 12h20 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

27 novembre 2014

"L'Eglise pleure..."

De l'abbé Grosjean sur Padreblog (extraits) :

[...]"Aujourd’hui, L’Eglise pleure ces enfants qui n’ont pu voir le jour.
L’Eglise pleure la souffrance de ceux et celles qui ont été blessés par ce drame de l’avortement.
L’Eglise pleure la détresse de celles qu’on a laissées seules devant l’annonce d’une naissance à venir, parfois si difficile à assumer.
L’Eglise pleure devant ces soignants qui se retrouvent à ôter la vie.
L’Eglise pleure l’aveuglement de ces élus et dirigeants, censés protéger la famille et la vie des plus petits, mais qui la nient, se taisent, ou abdiquent devant l’opinion médiatique.
L’Eglise pleure le manque de cohérence de tant d’entre nous, premiers à brandir les beaux principes, mais bien plus réticents pour aider concrètement celles qui veulent garder leur enfant.
L’Eglise pleure l’hypocrisie de ces « gens biens » qui montrent du doigt la fille enceinte et son copain devenu papa trop tôt, alors qu’on devrait les bénir d’avoir accueilli la vie qui s’annonçait, malgré le regard des autres.
L’Eglise pleure pour ces parents qu’on laisse désemparés devant l’annonce du handicap, là où toute la société devrait se mobiliser pour accueillir la fragilité.
L’Eglise pleure la démocratie devenue « totalitarisme du relativisme », selon l’expression du Pape François, quand elle ne protège plus le droit des plus faibles.
L’Eglise pleure nos complicités – ma complicité – avec le mal que nous dénonçons, tout en y participant d’une façon ou d’une autre par nos péchés.
L’Eglise pleure ce mensonge institutionnalisé, portés par les plus grands et les puissants, et que payent toujours les plus petits, les plus fragiles.[...]

Sommes-nous découragés ? Non, nous n’en avons pas le droit, ni le temps. Il nous faut reconstruire sur des ruines. Dans ces ténèbres, il nous faut allumer une petite lumière, là où nous sommes. Puis une autre, et encore une autre. Tels des veilleurs, nous éclairerons la nuit de ce monde, afin de raviver la soif de vérité dans les consciences et les cœurs de chacun. « Prendre soin de la fragilité signifie garder la mémoire et l’espérance » a précisé le Pape : cette mission est pour nous tous. Plus que jamais."

Posté le 27 novembre 2014 à 22h21 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (4)

23 novembre 2014

Un saint prêtre mexicain, Saint Pedro Esqueda Ramirez

Samedi 22 novembre, le martyrologe romain faisait mémoire de Saint Pedro Esqueda Ramirez, un martyr de la "Crisiada" (in "Magnificat" de novembre 2014) :

"L'Etat du Jalisco, où le Père Pedro Esqueda Ramirez (1887-1927) a passé les onze années de son ministère, fut au coeur de la persécution religieuse qui a ensanglanté le Mexique entre 1926 et 1929. Le père Pedro oeuvra essentiellement en paroisse, dans sa ville d'origine, San Juan de los Lagos, en passionné de catéchèse. Soucieux de la formation des catéchistes, il fonde une école à leur intention et, pour promouvoir le sens de l'Eucharistie chez les enfants, organise la Croisade eucharistique, ancêtre du MEJ. Lorsque les évêques décident de suspendre le culte public en 1926, pour protester contre les lois Calles, le père Pedro poursuit son ministère en cachette et confie le Saint Sacrement aux familles. Il est arrêté le 18 novembre 1927. Torturé, il supporte tout en silence. "C'est maintenant que tu dois regretter d'être curé", lui lance un militaire après l'avoir roué de coups. "Nullement, lui rétorque le père Pedro, je suis tout près du ciel." Il est exécuté près de Teocaltitlan, le 22 novembre 1927, après avoir recommandé par écrit aux enfants d'être fidèles au catéchisme."

Posté le 23 novembre 2014 à 10h59 par Marie Bethanie | Lien permanent

Le Christ, roi d'amour

Ce dimanche, l’Eglise clôt l’année liturgique par la solennité du Christ Roi de l’univers : soleil de justice, brûlant d’amour, qui nous jugera sur nos actes d’amour.

Christ-Roi_Rio

"Au dernier dimanche de l'année liturgique, l'Église célèbre le Christ, roi de l'univers. Peut-être que ces notions de roi et de royaume ne nous disent plus grand-chose aujourd'hui. Par contre, cette parole de l’évangile est brûlante d’actualité :
« Le Roi dira à ceux qui sont à sa droite : ‘Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi’ » (Mt 25, 34-37).

La primauté de l’amour
Voilà donc le critère du jugement du roi : des actes concrets de charité et de pardon. En les faisant aux autres, c’est à Jésus lui-même qu’on le fait. « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40). Le mystique espagnol saint Jean de la Croix disait qu’à la fin de notre vie nous serons jugés sur l’amour.
L’Église acclame le Christ comme le roi de l’univers, mais nous peinons à le voir dans l’itinérant qui pue l’alcool, le drogué qui brûle sa vie, la prostituée qui attend l’aurore, la psychiatrisée qui délire, tous les gens qui désespèrent, jeunes et vieux. Ne sont-ils pas unis au Christ sur la croix? Ce sont eux, les rejetés, qui nous feront entrer dans le Royaume parce que le Christ s’est identifié à eux. Ils deviennent pour nous un point de contact avec le Roi de l’univers qui a une croix pour trône et des épines pour couronne. 

La gloire de Dieu
La gloire de Dieu, c’est l’être humain aimé, secouru, aidé, pardonné, comme nous le rappelle la première lecture : « La brebis perdue, je la chercherai; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la chercherai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces » (Ez 34, 16). Telle est la manière du Christ d’exercer sa royauté. Il est «le premier-né d’entre les morts» (Col 1, 18), qui règne sur tout l’univers. Par sa mort et sa résurrection, «Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres» (Col 1, 14). Il nous fait entrer dans le Royaume de Dieu avec tous les saints et les anges. Telle est l'espérance chrétienne.
Le bon larron, qui a confessé cette royauté du Christ, fut le premier à y entrer. Il pensait peut-être que ce serait à la fin des temps, mais pour Jésus le salut est maintenant : «Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis» (Lc 23, 43). Qu’importe où se trouve ce Paradis, l’important c’est le «avec moi». Etre avec le Christ, notre Dieu et notre roi, c’est être pardonné et sauvé, aujourd’hui."

Posté le 23 novembre 2014 à 07h53 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (1)

12 novembre 2014

Silvio Dissegna, 12 ans, déclaré vénérable

Le 8 novembre, le pape François a autorisé la Congrégation pour les Causes des Saints à promulguer le décret sur ​les vertus héroïques de huit serviteurs de Dieu. Parmi ces nouveaux vénérables, figure un petit garçon de 12 ans, Silvio Dissegna.

"Silvio  est né à Moncalieri, près de Turin, le 1er Juillet 1967. Un enfant comme beaucoup d'autres, joyeux et plein de vie. Quand il serait grand, il voulait être enseignant. A 10 ans,  sa mère lui offre pour Noël une machine à écrire et il lui donne sa première page dactylographiée : "Merci Maman, parce que tu m'as mis au monde, parce que tu m'as donné la vie, qui est si belle! J'ai tellement envie de vivre ". A 11 ans surviennent les premières douleurs aux jambes. Les médecins ne laissent aucun espoir : un cancer des os. Il entame son calvaire, le chapelet à la main. Il ne le quittera plus, jour et nuit: “J'ai beaucoup de choses à dire à Jésus et à Marie”, confie-t-il, et  j'offre toutes mes souffrances pour les prêtres, les missionnaires, le salut des pécheurs, et pour que tous les hommes soient frères". Ou encore "Maman, je parcours en ce moment la route du Calvaire, mais après il y aura encore la crucifixion. Maman, prépare-toi ". Il sait que Jésus l'aime et qu'il l'attend au Paradis. Il meurt le 24 septembre 1979, à l'âge de 12 ans."[...]

Un modèle pour montrer à nos enfants que la sainteté n'attend pas.

Posté le 12 novembre 2014 à 09h34 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (1)

04 novembre 2014

De quelle façon être miséricordieux ? Une "divorcée-remariée" témoigne

Aleteia relaie le témoignage d'une catholique divorcée et remariée, consciente de sa situation adultérine :

"Je suis une catholique divorcée et remariée. J’assiste à la messe chaque semaine. Quand mes enfants veulent que je les accompagne pour la Sainte Communion, je marche derrière eux, les bras croisés sur ma poitrine. Mon plus jeune fils est particulièrement enthousiaste de recevoir la bénédiction, même s’il tient à savoir quand il pourra avoir « le pain ». Et je lui réponds : "quand tu comprendras pourquoi ce n’est pas du pain".

L’idée ne m’est jamais venue de me présenter à la communion, n’ayant jamais cherché à faire annuler mon premier mariage. Je sais que je ne suis pas une bonne catholique, et je mène une vie que l'Église considère comme adultère. Pourtant, je reste confiante, puisque j’espère en la miséricorde de Dieu. Mais je ne présume pas  de cette miséricorde. Mon Catéchisme dit que c’est un autre péché grave, comme le serait de recevoir indignement la Sainte Communion.

Dans le Catéchisme, les gens dans ma situation sont explicitement encouragés à aller à l'église, et à communier spirituellement au corps du Christ, ce que je fais chaque semaine. Je garde l’espoir qu’un jour, je serai en état de grâce et en mesure de recevoir à nouveau la Sainte Communion. J’espère qu’en dépit de mon péché, Dieu me cache néanmoins à l'ombre de ses ailes ; que Marie, espérance des pécheurs, a  jeté sur moi son manteau de miséricorde. Je suis peut-être une médiocre catholique, mais je suis aussi une catholique croyante. Pourtant, il y a une faction au sein de l'Eglise qui considère à l’évidence  qu’un « catholique croyant » est désespérément une vieillerie qui doit être éliminée, au même titre que les mantilles et le fait de s’agenouiller pour recevoir la communion.

[...] Même avant de me remarier, et j’emploie le terme au sens juridique puisque je ne peux pas me remarier sacramentellement, je ne communiais toujours pas. Souvent, j’étais en état de péché grave et ne trouvais pas le temps d’aller me confesser. En fait, personne se trouvant dans un état de péché grave – quel que soit le péché, dans le cas présent l’adultère – n’est en mesure de recevoir dignement le Christ. Le recevoir indignement, c’est commettre un autre péché mortel.

[…] De quelle façon être miséricordieux ? Comment aider ? Est-ce impossible pour les  théologiens libéraux de combiner la ferveur réformiste et la logique ? Quand vous autorisez une personne divorcée remariée à recevoir la communion, vous sous-entendez l'une de ces deux choses : soit qu’avoir une relation sexuelle hors mariage, ce n’est pas de l’adultère, soit que l'on peut tranquillement recevoir l’Eucharistie alors qu’on vit dans un état permanent de péché mortel - un péché que l'on a la ferme intention de commettre à nouveau dès que cela nous arrange. Il est impossible que l'une de ces deux choses puisse être vraie et en même temps que l'enseignement de l'Église soit également vrai. Si le péché n'a pas d'importance, au fond, à quoi bon la Crucifixion ? Et pourquoi le Christ ne s’en est-il pas tenu à un "repas communautaire " le jeudi saint, faisant l’impasse sur tout le côté pénible du lendemain matin ?"

Posté le 4 novembre 2014 à 08h01 par Michel Janva | Lien permanent

03 novembre 2014

Le retour en force de la foi populaire

Billet d'humeur de Bénédicte Drouin dans Famille chrétienne :

"Je vois dans certaines modes ou tendances un signe des temps… Par exemple, la présence d’une statue de Notre-Dame de Lourdes ou d’un portrait de Thérèse de l’Enfant-Jésus au milieu d’un catalogue de déco, la vente inattendue de dizainiers orthodoxes, de médailles miraculeuses colorées dans des boutiques de fringues branchées. J’ai aussi en tête l’explosion du nombre de randonneurs sur les chemins de pèlerinage, la vénération de reliques qui attirent les foules

Mode du vintage et du kitsch ? Nostalgie ? Pas seulement. Plus de personnes qu’on ne l’imagine cherchent Dieu et font l’expérience de sa présence. La foi populaire a fait sourire ces dernières années. On s’en est méfié, y compris dans l’Église, dénigrant des pratiques jugées infantiles et superstitieuses.

Ces dévotions qui passent par le corps et le cœur avant la tête sont non seulement légitimes, mais belles. Simples, spontanées, elles sont mues par une confiance proche de celle des enfants.

Le pape argentin vient au secours des pays occidentaux englués dans leur pseudo-cérébralité : « La foi populaire est un trésor de l’Église, une spiritualité, une mystique, un espace de rencontre avec Jésus Christ », disait-il en mai 2013 à des confréries.

Pour cela, il faut bien sûr que ces gestes soient reconnus, prolongés par une expérience d’Église, une vie liturgique, un minimum de formation. Cela devrait être possible, non ? Nos églises sont-elles pleines au point que l’on ne puisse se soucier de ces « nouveaux croyants » qui n’y passent que furtivement ?"

Posté le 3 novembre 2014 à 11h48 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (10)

02 novembre 2014

La mémoire des défunts, corps mystique du Christ

Lu sur Aleteia, qui relaie http://info.catho.be/ :

"Dans le très beau chapitre 8 de la Constitution sur l’Eglise, le concile Vatican II a écrit ces phrases pleines d’espérance. En ce jour où nous faisons mémoire des défunts, nous dilatons notre conception de l’Eglise : elle n’est pas une institution, une organisation mais le corps mystique du Christ dont tous les membres communient dans l’amour et s’entraident dans la prière et le service de la charité.

Il m’a paru que la méditation de cette page était pour chacun la lumière de la journée et le réconfort dans l’évocation de nos chers disparus. En attendant que le Seigneur vienne dans sa majesté et que, la mort détruite, tout lui ait été soumis, les uns parmi ses disciples continuent leur pèlerinage sur terre – d’autres, ayant achevé leur vie, se purifient encore – d’autres sont dans la gloire et contemplent dans la lumière le Dieu un en trois Personnes. Cependant tous, nous communions dans la même charité, chantant à notre Dieu le même hymne de gloire. En effet tous ceux qui sont du Christ et possèdent son Esprit, constituent une seule Eglise ; ils se tiennent mutuellement comme un tout dans le Christ.

Donc l’union de ceux qui sont encore en chemin avec leurs frères qui sont endormis dans la paix du Christ n’est nullement interrompue. Au contraire, selon la foi constante de l’Eglise, cette union est renforcée par l’échange des biens spirituels. En effet, étant liés plus intimement avec le Christ, les habitants du ciel contribuent à affermir plus solidement toute l’Eglise en sainteté, ils ajoutent à la grandeur du culte que l’Eglise rend à Dieu sur la terre et ils l’aident à se construire plus largement. Car, admis dans la Patrie et présents au Seigneur, par Lui, avec Lui et en Lui, ils ne cessent d’intercéder pour nous auprès du Père….Ainsi leur sollicitude fraternelle est du plus grand secours pour notre faiblesse.

Reconnaissant dès l’abord cette communion qui existe à l’intérieur de tout le Corps mystique de Jésus-Christ, l’Eglise, dès les premiers temps du christianisme, a entouré de beaucoup de piété la mémoire des défunts …Car « la pensée de prier pour les morts, afin qu’ils soient libérés de leurs péchés, est une pensée sainte et pieuse » (2ème Livre des Maccabées 12, 45). C’est surtout dans la sainte liturgie que se réalise de la façon la plus haute notre union avec l’Eglise du ciel. Là en effet la force de l’Esprit-Saint s’exerce sur nous par les signes sacramentels ; là nous proclamons, dans une joie commune, la louange de la Divine Majesté ; tous, rachetés dans le sang du Christ, de toutes nations, et rassemblés dans l’Eglise unique, nous glorifions Dieu un en Trois Personnes dans un chant unanime de louange. La célébration du sacrifice eucharistique est le moyen suprême de notre union au culte de l’Eglise du ciel, tandis que, unis dans la même communion, nous vénérons la mémoire de Marie, Joseph, les apôtres et martyrs et tous les saints »."

Raphaël Devillers o.p.

Posté le 2 novembre 2014 à 12h38 par Marie Bethanie | Lien permanent

01 novembre 2014

Quelle attitude adopter vis-à-vis des divorcés remariés ?

Le père Louis-Marie de Blignières (Fraternité Saint Vincent Ferrier) avait consacré un article sur ce sujet dans la revue Sedes Sapientiæ. Extraits :

"[...] Dans la suite du passage de Familiaris consortio ici cité, Jean-Paul II précise les deux motifs de la discipline de l’Église « fondée sur l’Écriture Sainte », par rapport à l’accession à l’eucharistie :
− les divorcés remariés « se sont rendus eux-mêmes incapables d’y être admis, car leur état est en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et son Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l’eucharistie » ;
− « si l’on admettait ces personnes à l’eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et
comprendraient mal la doctrine concernant l’indissolubilité du mariage ».

Ce « motif pastoral particulier », il importe de le relever, est en relation avec le bien des autres fidèles. Le bien commun de l’Église incite celle-ci à ne poser aucun acte qui puisse induire en erreur les divorcés remariés ou les autres fidèles sur un point de foi (l’indissolubilité du mariage), ou qui facilite la contagion d’une « situation qui contrevient objectivement à la loi de Dieu » (13), et qui est donc nuisible pour le salut éternel : « Ne vous y trompez pas : […] les adultères […] n’hériteront pas du Royaume de Dieu » (1 Co 6, 9). [...]"

Posté le 1 novembre 2014 à 11h56 par Michel Janva | Lien permanent

30 octobre 2014

"Les chrétiens ne doivent pas être cause de scandale"

« L’Eglise est à la fois visible et spirituelle » : tel était le message central du Pape François lors de l’audience générale mercredi place Saint-Pierre. Le pape a appelé à devenir le signe visible de l'amour de Dieu pour toute l'humanité.

"Au terme de l’audience générale, le Pape a salué les pèlerins francophones. Parmi eux, le cardinal Philippe Barbarin, l’archevêque de Lyon, en pèlerinage avec des centaines de personnes de la région. François les a invité à demander à Dieu « le don de la foi, pour que nous puissions comprendre comment, malgré notre faiblesse et notre pauvreté, nous sommes appelés à être les signes visibles de l’amour de Dieu pour toute l’humanité ».

 

Message intégral du Pape ici.

Posté le 30 octobre 2014 à 10h04 par Marie Bethanie | Lien permanent

27 octobre 2014

Pape François : "L'amour est la mesure de la foi"

Hier, lors de la prière de l'Angélus, place Saint-Pierre :

"« Nous devrions nous demander quand nous rencontrons l’un de ces frères si nous sommes en mesure de reconnaître en lui le visage de Dieu. Sommes-nous capables de cela ? » s’est interrogé le Pape en présence de dizaines de milliers de fidèles Place Saint-Pierre.

« L’amour est la mesure de la foi, et la foi est l’âme de l’amour. Nous ne pouvons plus séparer la vie religieuse du service aux frères, à ces frères concrets que nous rencontrons. Nous ne pouvons plus séparer la prière, la rencontre avec Dieu dans les Sacrements, de l’écoute de l’autre, de la proximité à sa vie, et tout spécialement à ses blessures ».

« Au milieu de la forêt dense des préceptes et des prescriptions, d’hier et d’aujourd’hui, Jésus opère une ouverture qui permet de découvrir deux visages : le visage du Père et celui du frère ». « Jésus ne nous offre pas deux formules ou deux préceptes, mais deux visages, ou plutôt un seul visage, celui de Dieu qui se reflète dans tant de visages, parce que dans le visage de chaque frère, tout particulièrement le plus petit, fragile et sans défense, c’est l’image même de Dieu qui est présente ».

« Rappelez-vous cela : l’amour est la mesure de la foi. Combien aimes-tu ? Comment est ta foi? Je crois autant que j’aime”, a ajouté le Pape en improvisant. « Le signe visible que le chrétien peut montrer pour témoigner au monde l’amour de Dieu, a ajouté le Pape, c’est l’amour des frères ». « C’est pour cela que le commandement de l’amour de Dieu et du prochain est le premier commandement, non pas parce qu’il est en tête de liste des commandements, mais parce qu’il est au centre, parce qu’il est le cœur d’où tout doit partir et auquel tout doit retourner et faire référence ».

A ce propos, le Pape François a rappelé que « déjà dans l’Ancien Testament, l’exigence d’être saints, à l’image de Dieu qui est saint, comprenait aussi le devoir de prendre soin des personnes plus faibles, comme l’étranger, l’orphelin, la veuve ». « Jésus réalise cette loi d’alliance, Lui qui unit en lui, dans sa chair, la divinité et l’humanité en un unique mystère d’amour ».

Le Pape au terme de l’Angélus a pris le temps de saluer différents groupes présents Place Saint-Pierre, et notamment des pèlerins venus de Lausanne en Suisse et de Marseille en France, ainsi qu’un groupe important représentant la communauté péruvienne de Rome, qui avait auparavant parcouru la Via della Conciliazione en procession avec la Statue du « Senor de los Milagros »."

Posté le 27 octobre 2014 à 13h02 par Marie Bethanie | Lien permanent

21 octobre 2014

Cardinal de Paolis : ‘l’Eglise est gardienne d’une vérité de laquelle elle ne peut pas disposer"

Le Cardinal commente les événements du synode pour Infocatholica :

"j’ai participé à différents synodes et le mécanisme ne fonctionne pas bien. De plus cette fois-ci il y avait trop de questions en suspens. On commença sans certitudes et on ne peut pas discuter sur tout. L’Eglise est gardienne d’une vérité dont elle ne peut disposer."

Il pense qu’il y a eu ‘une erreur d’approche’, et nota ‘l’influence excessive de la crainte de ne pas être suivi par les gens, entraînant une emphase trop grande sur la rhétorique de la nouveauté."

"Les thèmes portant sur la famille nécessitent temps et réflexion. Rien à la va vite. Tous veulent intervenir durant le synode mais le temps est limité, de même que l’espace concédé à la discussion dans les cercles mineurs. Paul VI fonda le synode il y a un demi siècle comme agile instrument de collaboration avec la gouvernement de l’Eglise. Mais la confrontation doit être menée sur des thèmes étudiés, analysés et sur lesquels chaque père du synode a un avis précis à proposer.

Ce synode souffrit d’une évidente originalité d’approche. La décision de discuter un peu de tout se révéla néfaste, c’est comme si nous devions refonder tout. L’Eglise écoute les gens, mais a des certitudes qui demeurent dans le temps. Le synode répéta le scénario du Concile : conjuguer nouveauté et continuité.

Furent prises en considération trop de questions, sur lesquelles ont été nourries des attentes infondées. Et au final cela pesa négativement sur le synode. Tout ne peut pas être renouvelé. La vie de l’Eglise requiert une continuité pour progresser en vérité. C’est une question de fonds, philosophique. François demande de retourner à un Evangile qui, durant tout ce temps, a imprégné beaucoup de cultures. Le point final est la Parole de Dieu, un trésor que personne ne peut changer, pas même le Pape.

Nous expérimentons une confusion entre pastorale et doctrine qui est difficile de tenir à distance. On écoute davantage les gens que les vérités de foi. Mais l’Eglise doit communiquer une vérité reçue d’en haut, et pas contenter les orientations d’opinion publique. Durant le synode se firent trop de références à la pastorale. La pratique doit respecter les principes : on ne peut la concevoir éloignée de la doctrine. Si on avait été dans une salle de classe, on aurait insisté sur les vérités de foi, par exemple le fait que les concubins ne peuvent communier. Avec le temps le rôle de la religion a été en diminuant et la société n’accepte pas les influences de la foi. Nous vivons dans un monde qui craint la religion, la voyant comme source de conflits. L’opposition entre foi et raison nous rend schizophréniques. Ainsi, c’est l’Etat qui s’occupe de questions éthiques de nos jours. On ne peut espérer parler à l’encontre de la doctrine."

Posté le 21 octobre 2014 à 09h53 par Le Salon Beige | Lien permanent


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