09 février 2016

Quand le Christ s’invite au Superbowl

Gettyimages-456806222Les Panthers, équipe de joueurs de football américain de Caroline, sont réputés pour l'ardente foi catholique qui les anime. Avant de disputer un match du Superbowl, ils ne font pas les choses à moitié : à genoux dans un stade archi-comble pour recevoir la bénédiction de leur aumônier, ils offrent aux spectateurs le témoignage de leur foi. Quelques extraits d'un article d'Arthur Herlin (Aleteia) :

"Imaginez les plus grandes stars de foot du Paris Saint-Germain s’agenouiller avant de disputer la finale de la Coupe de la Ligue ? L’image peut faire sourire, et pourtant c’est à peu de choses près ce qui s’est passé aux États-Unis lors de la plus grande rencontre de football américain de l’année : le Superbowl. Match ou pas, l’équipe des Panthers de Caroline ne manquerait la messe dominicale pour rien au monde ! Après une célébration eucharistique organisée à leur hôtel, toute l’équipe, accompagnée de leur aumônier, s’est réunie pour prier à même la pelouse. Une scène incroyable contrastant avec l’incroyable show qui rythme habituellement la rencontre.[...]

Présent aux côtés de l’équipe depuis son entrée dans le championnat NFL (National Football League) en 1995, le prêtre d’origine irlandaise Joe Mulligan en est devenu l’aumônier en 2013. Depuis, il prie pour chacun des joueurs et leur famille qu’il accompagne spirituellement. Il célèbre par ailleurs la messe lors de chaque rencontre à domicile. Rien pourtant ne l’aurait préparé à les accompagner jusqu’au Super Bowl et les bénir avant un match disputé devant des dizaines de milliers de personnes. « Heureusement que j’étais assis lorsque j’ai décroché l’appel. J’ai habituellement beaucoup de choses à dire, mais là, j’étais comme muet. Le souffle coupé, empli de gratitude et de joie que l’on pense à moi pour suivre l’équipe », raconte-t-il au Catholic News Herald.

Dépasser ses limites

Pour mieux les préparer mentalement avant le match, le père Joe entend suivre la liturgie catholique à la lettre. « Je leur lis les lectures de la messe du jour. Je veux qu’ils se sentent en phase avec l’Église », confie-t-il."[...]

Posté le 9 février 2016 à 15h32 par Marie Bethanie | Lien permanent

07 février 2016

Qu'appelle-t-on les dons du Saint-Esprit?

Entretien avec l'abbé Matthieu Raffray, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 7 février 2016 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2016

Année de la Miséricorde : Saint Padre Pio et la confession

Saint Padre Pio, le capucin au stigmates mort en 1968 et canonisé par Jean-Paul II en 2002, est depuis vendredi soir, et pour la première fois, exposé dans la basilique Saint-Pierre. Escorté par des milliers de fidèles et de policiers, le caisson transparent contenant son corps a été porté en procession hier soir le long de l’avenue de la Conciliazione, en même temps que les reliques d’un capucin croate Saint Léopold Mandic. En cette Année de la Miséricorde, le Pape François a tenu à mettre en avant ces deux confesseurs inlassables. Ce samedi matin, 6 février 2016, c’est un hommage appuyé qu’il a rendu au Saint Pio.

«À travers le ministère de la confession, Padre Pio est devenu la caresse vivante du Père qui guérit les blessures du péché et rassure les cœurs. Il a vécu le grand mystère de la douleur et sa petit goutte est devenue un grand fleuve de miséricorde qui a irrigué les cœurs déserts et créé des oasis de vie dans de nombreux endroits du monde.»

Par ce geste, le pape montre la nature de la miséricorde : non cette guimauve relativiste, qui excuse tout et finit par nier jusqu'à l'existence du péché, mais au contraire cette bienveillance du Bon Dieu qui attend, inlassablement, que le pêcheur vienne confesser sa misère dans le secret du confessionnal, sans condamnation.

Citant le capucin italien, le Pape François a souligné que

«la prière est notre meilleure arme, la clef qui ouvre le cœur de Dieu. C’est sur la prière que repose la force de l’Église, pas sur l’argent ni sur le pouvoir». «La prière n’est ni une aspirine ni un commerce, pour obtenir une grâce ; c’est une œuvre de miséricorde spirituelle, une mission qui vise à tout remettre entre les mains de Dieu : l’Église, les personnes, les situations pour qu’il en prenne soin. Et dans ce sens, elle peut faire des miracles.»

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Posté le 6 février 2016 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2016

Choisir comme Jésus, ...

... pour entrer pleinement dans Sa Miséricorde !

 

Posté le 3 février 2016 à 10h31 par Paula Corbulon | Lien permanent

31 janvier 2016

Grande chose que l'Amour !

IndexUn très beau texte sur l'Amour en ce dimanche, de Saint Bernard de Clairvaux ("Moine à Cîteaux à l’âge de 22 ans, père abbé à 25, Bernard de Clairvaux fonde cinq abbayes avant d’avoir atteint sa trentième année. Réformateur des cisterciens, conseiller des rois et des papes, le saint, né en 1090 dans la décennie qui voit la première croisade, est également connu pour ses prédications lors de la deuxième croisade. Le rayonnement de ce docteur de l’Eglise est tel qu’on rédige sa biographie de son vivant. Certains le surnomment "le dernier des Pères de l’Eglise".)

"Certes, à Dieu seul l'honneur et la gloire (1 Tm 1, 17), mais Dieu n'acceptera ni l'un ni l'autre, s'ils n'ont pas été assaisonnés du miel de l'amour. L'amour se suffit à lui-même, il plaît par lui-même et pour lui-même.

Il est à lui-même son mérite, à lui-même sa récompense. L'amour ne cherche hors de lui-même ni sa cause ni son fruit, en jouir, voilà son fruit. J'aime parce que j'aime, j'aime pour aimer.

Grande chose que l'amour, si du moins il remonte à son principe, s'il retourne à son origine, s'il reflue vers sa source, pour y puiser sans cesse son éternel jaillissement. De tous les mouvements de l'âme, de ses sentiments et de ses affections, l'amour est le seul qui permette à la créature de répondre au Créateur, sinon d'égal à égal, du moins dans une réciprocité de ressemblance.

Quand Dieu aime, Il ne veut rien d'autre que d'être aimé. Car il n'aime que pour être aimé, sachant que ceux qui l'aimeront seront bienheureux par cet amour même.

Je trouve suspect un amour qui semble soutenir l'espoir d'obtenir autre chose que lui-même."

Posté le 31 janvier 2016 à 14h33 par Marie Bethanie | Lien permanent

Qu'est qu'un saint ? En quoi les saints nous sont utiles ?

Entretien avec Le Père Laurent-Marie, des Serviteurs de Jésus et Marie. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 31 janvier 2016 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

26 janvier 2016

"Flash Mob" en Hongrie au profit des Chrétiens d'Orient

Cela s'est passé le 13 décembre dernier à Budapest sur un marché de Noël.

 

Posté le 26 janvier 2016 à 08h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (18)

17 janvier 2016

Changement de régime

Lu dans Magnificat de janvier 2016 :

"L'écologie, la médecine, la sécurité publique, la laïcité, la mode nous font supporter placidement des interdits faramineux qu'aucune religion, jamais, n'eût osé imposer à ses adeptes. Dans ce contexte, comment ne pas entendre avec joie les paroles de l'Apôtre : "Tout m'est permis", dit-on, mais je dis "Tout n'est pas bon" (1 Co 6, 12).

Quand on y réfléchit bien, en effet, le christianisme est sans doute une des seules religions à professer une souveraine indifférence à ce que l'on mange, ce que l'ont boit, ce dont on s'habille... Avec une liberté qui frise la désinvolture, Jésus commence d'ailleurs l'initiation de ses premiers disciples par une noce avinée. Quand on songe que les pauvres André, Simon, Philippe, avaient été tout d'abord disciples du Baptiste ! A l'école de l'ascétique précurseur, ils se nourrissaient de sauterelles et de miel sauvage et ne buvaient ni vin ni boisson fermentée (cf. Lc 1, 15) ! Et voilà que ce nouveau rabbi de Nazareth mange et boit, s'invite à des fêtes villageoises et s'attire les inévitables rumeurs de la foule : Voilà un glouton et un ivrogne (Mt 11, 19). Quel virage à 180 degrés pour les disciples ! Comment leur estomac et leur coeur supporteraient-ils un changement si brusque de régime ?

Changement de régime, c'est le mot qui convient. Désormais nous ne sommes plus sous le joug pesant de la Loi, mais dans le souffle léger de la grâce. Les jarres de la purification et du légalisme sont vides, qu'il coule désormais le vin excellent de la joyeuse miséricorde ! Aucune modération n'est de mise pour la sobre ébriété de l'Esprit !"

Posté le 17 janvier 2016 à 18h47 par Marie Bethanie | Lien permanent

13 janvier 2016

Adoration en réparation pour l'outrage contre l'Eucharistie à Fontainebleau

ADORATION en faveur du SACERDOCE

Et en réparation contre les outrages envers l'Eucharistie, spécialement celui de Fontainebleau

OstensoirAvec l’alliance saint Jean-Marie Vianney

Vendredi 29 janvier

20h à l’Immaculée Conception

Adresse : 226 Boulevard Georges Richard, 83000 Toulon

Téléphone : 06.59.64.68.47

Posté le 13 janvier 2016 à 22h37 par Marie Bethanie | Lien permanent

10 janvier 2016

Vie après la mort : quand les médiums confirment l'expérience catholique

Une-enquete-qui-bouleverse-les-certitudes_article_landscape_pm_v8Stéphane Allix, journaliste, vient de publier « Le test. Une enquête inouïe : la preuve de l’après-vie ? » Il n'est pas catholique, n'appartient a priori à aucune religion. En 2001, il perd son frère dans un accident de voiture en Afghanistan, et depuis, le sujet de la mort est devenu pour lui central. Il réoriente son travail de journaliste vers les relations entre les vivants et les morts et entre petit à petit dans le monde stupéfiant des expériences de mort imminente (EMI). Après enquête, il lui apparaît comme évident ce dont il avait toujours douté : il y a une vie après la mort.

A la mort de son père, voulant en avoir le coeur net, il dissimule des objets dans le cercueil à l'insu de tout le monde juste avant l'enterrement. C'est le sujet de son livre, Le test. Des médiums qu'il interroge sont capables de lui décrire les objets en question car il raconte qu'il a demandé à son père de dire à ces gens ce qui était caché dans le cercueil, et son père, d'une façon ou d'une autre, a réussi à communiquer avec ces médiums.

"Quels ont été les points communs entre les six médiums que vous avez consultés ?
Ils ont tous capté plusieurs défunts de ma famille en plus de mon père. Voilà un autre point stupéfiant : les médiums ont décrit les mêmes personnes, parfois en donnant leurs noms. Croire que ces résultats sont dus à un heureux hasard est irrationnel.

Votre livre est-il une façon de faire le deuil à la fois de votre frère et de votre père ?
Non. C’est une enquête journalistique, objective et rigoureuse. Certes, savoir que le défunt continue son existence ailleurs et qu’il va bien peut aider à accepter cette séparation totale.

Après une séance chez le médium où vous avez senti la présence de votre père, qu’avez-vous pensé ?
Je sais qu’il va bien. Des éléments rationnels m’ont convaincu que la vie n’est pas réductible à notre existence physique. Ensuite, ce que les médiums m’ont expliqué de la mort a fait naître en moi l’intuition que la façon dont mon père a vécu son existence colore sa vie après la mort. Ce n’est pas une vision religieuse ni morale de l’existence, c’est un fait observé par des médiums : ce que l’on réalise de notre vivant a un impact sur notre vie d’après. [...]

Mais où part le défunt ?
Au moment où la personne meurt, des proches décédés l’attendent pour l’emmener dans ce que j’appelle “le monde invisible”. Même les médecins et les infirmiers qui travaillent en soins palliatifs le décrivent. C’est, par exemple, une vieille dame en parfaite santé mentale qui dit : “Vous voyez mon mari assis dans le fauteuil ? Il m’attend.” Elle seule le voit. C’est comme si, à l’approche de la mort, les deux mondes se rapprochaient. Au moment du passage, il se dégage une énorme énergie ; je l’ai vécue avec mon père. Comme si l’on me prenait par les épaules et que l’on me secouait. Ce n’est pas juste l’émotion. Christophe Fauré, psychiatre spécialisé dans le deuil, avec qui je m’entretiens à la fin du livre, évoque les mêmes témoignages rapportés par ses patients. Et les proches défunts qui viennent chercher le mourant sont toujours bienveillants.

La terre est peuplée de beaucoup de gens malveillants, alors pourquoi, dans l’au-delà, deviendraient-ils bienveillants ?
Ceux-là restent malveillants ! S’il n’a pas changé de comportement avant de mourir, un mari qui bat sa femme va continuer à avoir les mêmes pulsions. La mort ne nous délivre pas, comme par magie, de nos défauts, de nos blessures non soignées. Mais, à chaque seconde, les êtres vivants comme les morts peuvent s’apaiser et guérir.

Donc si nous rencontrons des bourreaux dans l’invisible, on peut se retrouver en danger ? C’est angoissant !
Les médiums expliquent que nous ne sommes pas tous placés au même niveau. Sur terre, on se trouve tous sur le même plan. Mais, de l’autre côté, les gens qui sont en proie à une grande confusion intérieure sont plus ou moins ensemble. D’où l’intérêt de travailler sur soi quand on est sur terre. Le libre arbitre existe. [...]

Vous affirmez que l’on a tous des guides. Comment se connecter à eux ?
En faisant le silence en nous quinze minutes par jour, par exemple, afin de créer un espace d’accueil. Ils sont là pour nous aider, encore faut-il parvenir à les entendre dans le brouhaha mental qui agite notre cerveau. Faites ce simple exercice et vous verrez que, au bout d’une semaine, vous commencerez à discerner des intuitions. Les guides vous parlent à travers elles.

Quels changements se sont opérés en vous depuis cette expérience ?
J’essaie d’être quelqu’un de bien parce que cela me suivra dans l’au-delà. Je travaille afin qu’une partie de mon activité de journaliste soit au service des autres.

L’idée qu’une transcendance existe m’a été donnée par le contact avec l’être qui a été mon père. Je sais que ma mort sera le couronnement de mon existence. Nous sommes tous immortels, mais nous devons passer par cette étape qu’est la mort. La vie nous impose des épreuves, j’essaie d’apprendre d’elles. Une blessure va-t-elle me détruire ou me construire ? La mort de mon frère a été un drame absolu, mais elle m’a obligé à me poser d’autres questions et, aujourd’hui, je suis apaisé. Dans notre société, nous considérons le plaisir comme la source du bonheur, mais la vie n’est pas que du plaisir, et le bonheur naît de nos confrontations à des choses positives comme à des événements plus difficiles. C’est notre capacité à faire face qui, paradoxalement, donne du sens à notre existence. Ce qui rend la vie des êtres humains si dure, c’est l’absence de sens. "

Cet homme de bonne volonté a donc (re)découvert que la vie existe après la mort, que les Anges gardiens existent et nous aident à chaque pas (les "guides"), que notre vie sur terre impacte notre vie dans l'au-delà, que Dieu existe et nous attend ("une transcendance existe"), qu'à la mort nous restons libres de choisir la vie éternelle avec ou sans Dieu, et même que l'enfer existe : "Mais, de l’autre côté, les gens qui sont en proie à une grande confusion intérieure sont plus ou moins ensemble."

Bien sûr, sans connexions avec l'Eglise, qui nous enseigne tout cela depuis toujours, il met d'autres mots sur ce que nous connaissons bien, nous les catholiques. Il va même voir des médiums, ce que l'Eglise proscrit formellement pour les baptisés, qui n'ont pas besoin de cela ("Heureux ceux qui croient sans avoir vu"), et que cela risque de mettre en danger.

IndexMais ce qui est étonnant de ce témoignage, c'est qu'il corrobore en tout point, non seulement ce que l'Eglise nous enseigne sur la mort, mais aussi les recherches scientifiques catholiques comme celles du Docteur Patrick Theillier sur les expériences de mort imminente, qui sont "Un signe du Ciel qui nous ouvre à la vie invisible" (Patrick Theillier, Expériences de mort imminente, Artège). Ce livre est très intéressant car il se penche sur les cas de personnes qui ont été aux portes de la mort et ont eu un contact avec la vie qui nous attend. Ce ne sont pas les élucubrations d'un joyeux plaisantin, chaque témoignage est recoupé et vérifié, comme pour les miracles de Lourdes à la commission d'enquête desquels a longtemps présidé le Dr Theillier. Ces expériences sont des signes de l'éternelle charité de Dieu à l'égard de tous les Saint Thomas de notre époque, qui ne veulent pas croire s'ils ne voient pas.

Posté le 10 janvier 2016 à 13h17 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (24)

05 janvier 2016

St Thomas d'Aquin et l'homosexualité : nouvelle réponse au père Oliva

Unknown-8Cette fois dans La Nef par le frère François Daguet, o.p., Directeur de l’Institut Saint-Thomas d’Aquin, Toulouse, qui répond également à l’article du Point qui en faisait la promotion dans le numéro spécial « Textes essentiels » de décembre.

"[...] Invoquer l’un des plus grands docteurs de l’Eglise, sans cesse recommandé pour la sûreté de sa doctrine, à l’encontre de l’Eglise enseignante elle-même, voilà qui devrait cependant inciter lecteurs et journalistes à avancer avec prudence. Il sera répondu bientôt dans la Revue thomiste, que nous éditons, à l’ensemble des arguments avancés par le P. Oliva, mais la confusion suscitée par son ouvrage appelle sans attendre quelques mises au point. [...]"

Posté le 5 janvier 2016 à 07h34 par Michel Janva | Lien permanent

04 janvier 2016

Comme les Rois mages, devenons des "éveilleurs"

Portrait_rollandgosselinUn billet de l'abbé Rolland-Gosselin sur Padreblog, qui montre que, comme les Rois mages, chacun est appelé à être un "éveilleur" de la présence de Dieu dans le coeur de ceux qui nous entourent :

Rois-mages-620x310"Le trio royal est signe que la nouvelle alliance est proposée à toutes les nations. Les mages sont aussi signe de la présence de Dieu dans nos lieux quotidiens, et jusque dans notre travail. En effet, c’est au cœur même de leur travail qu’ils observent un signe étonnant et étrange qu’ils ne pouvaient expliquer. Parce qu’ils étaient des chercheurs de vérité et qu’ils avaient confiance en leur savoir, ils ont pu se mettre en route pour aller à la rencontre de l’Enfant-Dieu. Ils sont à ce titre un beau signe d’espérance pour nos contemporains : la foi et la science ne s’opposent pas et peuvent même se répondre l’une l’autre.

Un certain désir de transcendance

A travers eux, Dieu parle au cœur de chaque homme qui se fait chercheur de vérité, de bonté et de beauté. Trois notions que la philosophie a pour habitude de nommer les « transcendantaux » (l’Un, le Vrai, le Bien et le Beau) et qui sont nos étoiles quotidiennes, des indices visibles que le Seigneur laisse dans notre monde et dans notre vie comme autant de pistes que nous pouvons suivre pour le rencontrer.

Tout cela n’est pas banni de notre monde même si  l’art contemporain semble s’être éloigné du Beau et que la prétention à la Vérité est plutôt considérée comme un signe de fanatisme aigu plutôt que comme une manifestation de la raison ! Après les tragiques attentats du 13 novembre, nos contemporains ont montré qu’ils portaient en eux un certain désir de transcendance, peut-être même un certain désir de Dieu ou au moins un quelque chose qui montre qu’on ne peut se contenter de l’individualisme dans lequel nous vivons.[...]

Devenir des éveilleurs

De nouveaux rois mages peuvent encore se lever et eux aussi venir reconnaître l’Enfant-Dieu dans sa crèche. Ce pourrait être pour nous un point d’attention dans cette année 2016 qui commence !

Il nous revient le rôle magnifique d’être des éveilleurs, c’est-à-dire de savoir repérer quel est le désir bon qui habite le cœur des personnes que nous rencontrons pour les aider (et nous aider !) à le purifier et à les orienter vers le seul Bien.

Par les actes beaux, bons et vrais que nous posons, par nos paroles, nous pouvons aussi créer ces mouvements étranges que nos contemporains peuvent percevoir sur leur lieu de travail.

Dieu agit dans notre monde, devenons ces témoins en cette année 2016 ! Que de nombreux hommes puissent découvrir que leur vie est un don et que l’étoile de la crèche passe devant eux tous les jours !"

Posté le 4 janvier 2016 à 14h31 par Marie Bethanie | Lien permanent

Des gens qui font le signe de croix, il y en a encore : Michel Delpech

A propos de Michel Delpech, décédé samedi, Le Figaro écrit :

"Dans Le Figaro du 15 août 1996, Renée Barbier fait état de de cette période difficile où l'artiste cherchait à soulager son malaise en le transcendant: «Il entame alors un long parcours de survie où il essaie tout ce qui doit être des remèdes et des palliatifs à sa dérive: alcool, drogue, spiritisme, radiesthésie, marabouts et exorcisme, voyance, hindouisme et philosophie chinoise... cures de sommeil enfin.» Toutefois la star se cherche toujours en abusant des paradis artificiels, bien qu'elle reste pudique dans ses chansons. [...]

Là survient ce qu'il perçoit comme un événement inaugural de sa vie. Le chanteur confie être passé devant une chapelle rue du Bac, à Paris, y être entré et resté plusieurs heures. «Dans la maison de Dieu, où le Seigneur me protège, rien ne peut m'arriver, le diable ne peut pas se déchaîner. Mais une fois dehors, je me sens à nouveau menacé.» Il écrira plus tard, dans son ouvrage J'ai osé dieu, qu'il «a probablement toujours été chrétien». En 1975, Michel Delpech écrit la chanson Il y en a encore dans laquelle il évoque le sacré: «Des gens qui font le signe de croix / Qui vivent dans des monastères / Dévots qui chantent des prières / Il y en a, il y en a encore. / (...) Il y a encore des gens qui croient en Dieu». Puis il rencontre Geneviève Garnier-Fabre, une artiste-peintre. Ils se marient peu de temps après et resteront unis jusqu'à sa mort.

 

J'ai osé Dieu (Presses de la Renaissance) est son quatrième ouvrage, qui paraît en novembre 2013. Invité sur Europe 1 pour en assurer la promotion, l'artiste expliquait sa quête, très personnelle: «Je n'en parlais pas à ma famille, parce que mes proches sont plutôt agnostiques. Ils craignaient que ce genre de recherche me fasse plus de mal que de bien. Mais au fond de moi il y a une joie profonde, un apaisement»."

Posté le 4 janvier 2016 à 07h32 par Michel Janva | Lien permanent

02 janvier 2016

Nuance entre l'hérésie et un enseignement de la foi exprimé de façon malheureuse, trompeuse ou vague

Le Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi a été interrogé dans Die Zeit. La journaliste l'a interrogé sur ces catholiques qui attaquent le pape en le qualifiant d'"hérétique", le cardinal a répondu (traduction Benoît et moi) : 

"Non seulement par mon office, mais par conviction personnelle je dois le contester. Hérétique, selon la définition théologique, c'est un catholique qui refuse obstinément une vérité révélée et présentée par l'Eglise. Une chose totalement différente, c'est quand un enseignement de la foi officiellement présenté est exprimé de façon peut-être malheureuse, trompeuse ou vague. Le magistère du Pape et des évêques n'est pas supérieur à la parole de Dieu, mais la sert. Ceci est également sanctionné par la constitution dogmatique du Concile Vatican II sur la révélation divine".

Posté le 2 janvier 2016 à 17h01 par Michel Janva | Lien permanent

27 décembre 2015

La Nativité dans ma vie

LogoLe Prieur et les Frères de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier présentent leurs voeux à l'aide de cette très belle méditation du Père Louis-Marie de Blignières, sur le mystère de Noël.

"« Au jour de Noël on célèbre plusieurs messes à cause de la triple naissance du Christ. De ces naissances, l’une est éternelle et nous est un mystère : c’est pourquoi on chante une première messe dans la nuit » (S. Thomas d’Aquin). La lumière née de la lumière sourd dans la nuit des hommes. La liturgie évoque la génération du Verbe « dans les splendeurs du sanctuaire céleste, avant le lever de l’étoile du matin ». Pour suggérer le mystère, il faut la nuit, le silence, la paix. L’Église esquisse avec de la beauté ce qui dépasse la parole. Les chants de cette messe, en particulier l’introït avec son balancement si apaisant, encadrent le silence. Avec Joseph, je regarde Marie contempler le visage de celui dont la génération est indicible, et je suis son regard pour le découvrir : le sourire d’un nouveau-né vient me dire la paix de la Trinité.

« Une autre naissance est temporelle, mais spirituelle ; par elle, le Christ se lève, comme porte-lumière, en nos cœurs. C’est pourquoi on chante une seconde messe à l’aurore, dont l’introït dit : “La lumière brillera aujourd’hui en nous” ». Ce sont des bergers qui les premiers reçoivent l’heureux message du ciel à la terre. Un ange les a préparés lorsque « la clarté de Dieu les a entourés, et qu’ils ont tremblé d’une grande crainte ». Et le premier évangile a éclaté : « Le Christ-Seigneur est né aujourd’hui ! » Ô saints bergers, donnez-moi votre pauvreté ! Donnez-moi la crainte de Dieu tissée de respect et de confiance, l’humilité de la foi qui m’investira gratuitement du mystère. Que je ne déserte pas la grâce que Dieu donne aux petits.

« La troisième naissance du Christ est à la fois temporelle et corporelle. C’est par elle que le sein virginal d’une vierge nous le donne visible et revêtu de chair. C’est pour cela que l’on chante une troisième messe en plein jour, dont l’introït dit : “Un enfant nous est né” ». Dieu forme un corps à son Fils pour le sacrifice rédempteur, dans ce jardin fermé qu’est le sein de Marie. Dieu donne son Fils pour mon salut. Le Fils, avec un zèle parfait, s’offre à la volonté de son Père. Marie, avec une délicate transparence, chante en son cœur le mystère de cette oblation. Un enfant nous est né, il m’est donné par sa mère et son nom est éternel. Avec les bergers, je rentre dans la famille de Dieu. Puisse-t-il m’inscrire dans l’album familial, sur le grand livre de vie qu’ouvrent les noms de Jésus et de Marie. Connaître cet excès d’amour , n’est-ce pas le début de la joie éternelle ?"
Fr. Louis-Marie de Blignières 

Posté le 27 décembre 2015 à 10h48 par Marie Bethanie | Lien permanent

26 décembre 2015

De la puissance de Dieu

Lu sur Riposte catholique :

"Dom Louis-Marie de Geyer, osb, père abbé de Sainte-Madeleine du Barroux, évoque une de ses discussions avec des jeunes musulmans.

Extrait de la lettre des Amis du Monastère

LesAmisduMonastère156_BarrouxMais comment se manifeste cette puissance ? Saint Benoit, tout d’abord, croit fermement que Dieu manifestera sa puissance par le jugement qui sera précis, juste et sans appel : celui qui aura refusé de le servir ici-bas sera traité comme un fils déshérité ou, pis, comme un misérable serviteur, livré à la peine éternelle. Par contre, celui qui aura suivi le Christ entrera dans la gloire de Dieu. L’apparente injustice de ce monde n’est pas l’expression d’une impuissance de Dieu mais manifeste sa patience et son désir ardent de notre conversion. Dieu n’est pas interventionniste et laisse une grande place à notre responsabilité personnelle et collective. Le drame du 13 novembre dernier est une abomination aux yeux de Dieu, une abomination que les responsables politiques ont laissé faire par manque de prévoyance, une abomination qui trouvera son jugement dans l’éternité.

Ensuite saint Benoît affirme que, dans le temps présent, Dieu est tout-puissant par sa grâce. C’est pour cela qu’il exhorte les moines à supplier le Seigneur, dans une prière très instance, de conduire à bonne fin le bien entrepris. Tout le bien que nous pouvons faire vient non pas de notre fond mais de l’action de Dieu opérant en nous. Le Christ est comparé à un roc indestructible contre lequel nous pouvons briser toutes les tentations. Saint Benoît croit à la puissance de la grâce, à la grâce opérante qui est l’action de Dieu en nous. La puissance de Dieu revêt alors une infinie tendresse : avant même que nous l’invoquions, Il nous dit : « Me voici. » La puissance de Dieu est celle d’un Père. D’un Père qui nous voit, qui nous parle, nous avertit, nous écoute et nous guide."

Posté le 26 décembre 2015 à 11h06 par Marie Bethanie | Lien permanent

24 décembre 2015

Quand Sartre méditait sur la Nativité

En 2010, les Padre du Padreblog postaient une méditation de... Jean-Paul Sartre sur Noël. Noël 1940, dans un camp de prisonnier, des prêtres viennent demander à Sartre une méditation sur la Nativité. En voici quelques extraits, le texte entier peut être lu sur Padreblog.

X10_cgw0w.jpg.pagespeed.ic.fi60vMw8FL(Vierge à l'Enfant : Orazio Gentileschi)

"La Vierge est pâle et elle regarde l’enfant. Ce qu’il faudrait peindre sur son visage, c’est un émerveillement anxieux, qui n’apparut qu’une seule fois sur une figure humaine, car le Christ est son enfant, la chair de sa chair et le fruit de ses entrailles. Elle l’a porté neuf mois. Elle lui donna le sein et son lait deviendra le sang de Dieu. Elle le serre dans ses bras et elle dit : « mon petit » !

Mais à d’autres moments, elle demeure toute interdite et elle pense : « Dieu est là », et elle se sent prise d’une crainte religieuse pour ce Dieu muet, pour cet enfant, parce que toutes les mères sont ainsi arrêtées par moment, par ce fragment de leur chair qu’est leur enfant, et elles se sentent en exil devant cette vie neuve qu’on a faite avec leur vie et qu’habitent les pensées étrangères.

Mais aucun n’a été plus cruellement et plus rapidement arraché à sa mère, car Il est Dieu et Il dépasse de tous côtés ce qu’elle peut imaginer. Et c’est une rude épreuve pour une mère d’avoir crainte de soi et de sa condition humaine devant son fils. Mais je pense qu’il y a aussi d’autres moments rapides et glissants où elle sent à la fois que le Christ est son fils, son petit à elle et qu’il est Dieu. Elle le regarde et elle pense : « ce Dieu est mon enfant ! Cette chair divine est ma chair, Il est fait de moi, Il a mes yeux et cette forme de bouche, c’est la forme de la mienne. Il me ressemble, Il est Dieu et Il me ressemble ».

Et aucune femme n’a eu de la sorte son Dieu pour elle seule. Un Dieu tout petit qu’on peut prendre dans ses bras et couvrir de baisers, un Dieu tout chaud qui sourit et qui respire, un Dieu qu’on peut toucher et qui vit, et c’est dans ces moments là que je peindrais Marie si j’étais peintre, et j’essayerais de rendre l’air de hardiesse tendre et de timidité avec lequel elle avance le doigt pour toucher la douce petite peau de cet enfant Dieu dont elle sent sur les genoux le poids tiède, et qui lui sourit."[...]

Joyeux et saint Noël !

Posté le 24 décembre 2015 à 20h24 par Marie Bethanie | Lien permanent

21 décembre 2015

Hommage au grand âge

Un de nos lecteurs, qui travaille dans un EHPAD (Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), nous avait envoyé l'année dernière la crèche qu'il avait réalisée pour les résidents de son établissement. Il a fait une nouvelle crèche cette année, qui veut rappeler qu'en chacun de nos anciens il y a un jeune homme ou une jeune fille qui se cache, plein d'allant, de devenir, de promesses. Il y a derrière ces hommes et ces femmes âgés si touchants, et si démunis quelque fois, toute une vie bien remplie dont le témoignage se perd dans les souvenirs et finit par s'éteindre. Ce tableau est un hommage au grand âge et à nos anciens, mis sous la protection de l'Enfant divin de la crèche. Que Dieu les ait tous en sa sainte garde, tout spécialement en cette période de Noël.

C

Posté le 21 décembre 2015 à 08h52 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

20 décembre 2015

Et le Verbe s'est fait chair

Images (2)Lu dans Magnificat :

"A coup sûr, ce que Dieu exige de nous par-dessus toutes choses, c'est que nous lui offrions sans réserve notre volonté et que nous le laissions faire tout ce qu'il veut. Voilà le moyen d'avoir la paix en tout. En-dehors de là, tout ce que nous disons à Dieu, ou tout ce que Dieu nous dit, ne nous sert que peu ou point. Il faut en arriver à la maxime de l'Apôtre : "Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?" Alors, le Seigneur saura ce qu'il a à faire. Et cette attitude lui plaît bien mieux que si nous accomplissions des merveilles par notre volonté propre ou que si nous lui disions que nous sommes disposés à en faire par amour pour lui.

Encore une fois, bien plus que tout ce que nous pourrions dire ou faire, Dieu demande et ne désire rien tant que d'entendre ce voeu au fond de notre coeur : "Seigneur, que votre très sainte volonté soit faite".

Lorsque l'Ange Gabriel porta à la Vierge Mère le message de l'auguste Trinité, l'échange de paroles qu'il eut avec Marie ne fit pas grand chose. Mais lorsque la Vierge eût fait l'abandon de sa volonté propre pour l'offrir à Dieu, à l'instant même elle devint la vraie mère du Verbe éternel de Dieu. Le fiat, en lui faisant concevoir le Fils de Dieu, lui mérita de l'avoir pour son propre fils, à elle, de manière à pouvoir se dire sa vraie mère."

Institutions Taulériennes

Les Institutions, attribuées au dominicain Jean Tauler (†1361), sont en réalité un assemblage de textes mystiques mal identifiés, mais tous d'origine rhénane ou flamande du XIVe siècle. Leur diffusion à partir de la Chartreuse de Cologne deux siècles plus tard leur assurera un succès considérable, au point d'en faire le livre de chevet de Sainte Thérèse d'Avila.

Posté le 20 décembre 2015 à 14h51 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (2)

17 décembre 2015

Thomisme gay : les 4 erreurs du père Oliva

Après l’excellent article de Thibaud Collin, c’est le tour de cinq dominicains professeurs de théologie de dénoncer l’ouvrage d’Adriano Oliva qui fait la promotion de ce qu’on peut appeler un « thomisme gay ». Par ailleurs, la Revue Thomiste prévoit une réponse doctrinale de plus grande ampleur, mais le calendrier éditorial fait que ce ne sera pas avant le mois de juin. L’article des 5 dominicains se trouve en ligne sur le site de la revue Angelicum, de l’Université Pontificale Saint Thomas d’Aquin à Rome. Il existe une traduction française : Thomas d’Aquin et l’homosexualité - Cinq dominicains répondent à Adriano Oliva :

"1) Première erreur : Séparer le lien du mariage du bien des enfants

Oliva sépare les deux parties essentielles du mariage que Thomas d’Aquin tient fermement ensemble. Saint Thomas note que le mariage s’établit par le consentement du couple. Ce qui survient dans la cérémonie de mariage. Pour saint Thomas, le lien du mariage a une double finalité : 1) la procréation et l’éducation des enfants, et 2) la croissance du couple dans l’amour et le soutien mutuel à travers leur vie commune. Pourtant Oliva prétend que, pour saint Thomas, la procréation ne fait pas partie de « l’essence du mariage » (Amours, p. 20). Comme le montre la conclusion du livre, Oliva soutient que saint Thomas peut nous aider à penser le mariage dans une complète abstraction de la procréation et du bien des enfants. Il déclare (p. 113) : « De même que dans le couple hétérosexuel chacun est poussé à se transcender dans l’amour de l’autre, et ceci non à travers l’ouverture à la procréation qui ne fait pas partie de l’essence du mariage, mais à travers l’amour indissoluble pour le conjoint … ».

Rien de tout ceci se trouve dans saint Thomas. Bien au contraire, le Docteur angélique insiste sur le fait que « le bien des enfants est la fin principale du mariage » (Commentaire sur les Sentences, livre 4, distinction 33, question 1, article 2, corpus). Nulle part saint Thomas ne dit que le bien des enfants est optionnel pour le mariage. Là où saint Thomas unit l’amour mutuel du couple et la charge de leurs enfants, Oliva divise.

2) Deuxième erreur : l’Église peut formellement permettre certains actes sexuels extra-conjugaux

Oliva insiste sur le fait de séparer le mariage des enfants. De manière prévisible, les conséquences pastorales de cette prétention sont d’une grande portée. Il soutient que les conciles de Trente et de Vatican II ont tenu l’enseignement de Thomas d’Aquin sur le mariage (c’est-à-dire, Thomas lu par Oliva). Il conclut que (p. 128) « l’union sexuelle ne fait pas partie de l’essence du mariage, comme l’enseignent le Catéchisme du concile de Trente et le concile Vatican II, et que par conséquent l’exercice de la sexualité entre divorcés remariés [civilement] ne porte pas atteinte au lien sacramentel précédent. » Par conséquent, l’Église ne peut user du pouvoir des clefs pour dispenser de tels couples de l’obligation de vivre la continence parfaite.

Cet ahurissante assertion d’Oliva n’a rien à voir avec Thomas d’Aquin, le Catéchisme de Trente ou Vatican II. Bien plutôt, elle résulte directement de son interprétation erronée de Thomas d’Aquin sur le mariage, de sa lecture fautive qui se poursuit dans son emploi de divers textes du Magistère. Il fait même appel à l’encyclique de Paul VI Humanae Vitae (paragraphes 8-10) pour faire valoir que l’exercice de la sexualité par un couple légitimement marié est indépendant de la nécessité de procréer (p. 49). En d’autres termes, le Pape Paul VI enseigne que le sexe n’a rien à voir avec les bébés. Nous trouvons que cette interprétation est tout simplement ridicule. L’étudiant dont un travail écrit aboutirait à une telle conclusion recevrait une note éliminatoire dans toute faculté de théologie digne de ce nom.

3) Troisième erreur : les couples divorcés remariés ne pèchent pas s’ils manquent à la continence

Oliva en appelle à une doctrine morale classique tenue par Thomas d’Aquin et de nombreux autres saints théologiens, à savoir, que les circonstances ont une incidence sur l’imputabilité d’un acte peccamineux. Oliva se demande si les couples divorcés remariés qui sont tenus à la continence sont coupables d’un péché quand ils chutent. Sa réponse est très simple : pas du tout. En général, de tels couples commettent soit un péché véniel, soit même aucun péché, pense-t-il (p. 71).

Il est évident que l’acte en question concerne une matière grave, à savoir, la pratique de l’acte conjugal avec une personne qui n’est pas son propre conjoint. Oliva n’explique pas pourquoi les circonstances éliminent cette culpabilité. Le lecteur semble être encouragés à poser un acte de foi envers l’auteur, puisque aucun argument clair n’est avancé. Une telle proposition rend évidemment inutile tout effort visant à promouvoir la continence chez les personnes divorcées et remariées. L’ouvrage d’Oliva est pastoralement irresponsable.

4) Quatrième erreur : les actes homosexuels peuvent être naturels et sains

La proposition “thomiste” d’Oliva la plus audacieuse est la suivante: les relations homosexuelles peuvent être moralement bonnes. Toute son argumentation repose fondamentalement sur la séparation entre le mariage et la progéniture (mentionnée plus haut) et son interprétation fallacieuse d’un unique texte de Thomas d’Aquin dans la Somme de Théologie.

Le passage en question (Ia-IIæ, q. 31, art. 7) considère le plaisir d’un point de vue métaphysique. Thomas aborde cette question parce qu’il veut expliquer comment quelqu’un peut prendre plaisir à quelque chose qui, à proprement parler, est contraire à la nature de l’homme. Il explique que certains plaisirs sont particulièrement attachées au corps : la nourriture, le sommeil, etc. Ces choses sont bonnes pour tous les animaux, et pas seulement pour les êtres humains. D’autres plaisirs trouvent leur origine dans l’âme, ce qui fait qu’on ne les rencontre pas chez la plupart des animaux, ou même chez aucun en dehors de nous. Ensuite, il peut arriver que ce qui est contre nature pour les êtres humains en général puisse se révéler être de quelque manière “naturel” pour certains individus, parce que leur nature a été altérée. Par exemple, certaines personnes malades prennent plaisir à manger de la terre. Ce n’est vraiment pas naturel pour eux, explique saint Thomas, mais il est plus juste de le comprendre comme une corruption de leur nature. Ce qui est contre nature pour la plupart (manger de la terre) devient “naturel” pour eux, mais seulement d’une manière qualifiée.

Thomas d’Aquin déclare ensuite que, du fait de mauvaises “coutumes“ ou habitudes, certains hommes finissent par trouver du plaisir dans le fait de manger des êtres humains, ou dans l’union sexuelle avec des animaux ou d’autres hommes [mâles] (coitu bestiarum aut masculorum). Ainsi, pour certaines personnes, le cannibalisme, la zoophilie, ou les rapports homosexuels peuvent devenir agréables et quasi-naturels, parce que les actes passés peccamineux ont déformé leur nature.

Oliva fait l’éloge de ce texte. Il croit qu’il montre que les actes homosexuels sont naturels pour les personnes homosexuelles. Et ce qui est naturel doit être bon ! Aussi, pour Oliva, Thomas d’Aquin place l’origine de l’inclination homosexuelle dans l’âme de la personne homosexuelle. Autrement dit, cette inclination provient de la partie la plus intime de son être, et elle pousse à l’acte sexuel. Oliva conclut que nous pouvons distinguer entre le sexe gay recherché simplement pour le plaisir physique et le « sexe gay tendre » qui vient du plus intime de la personne homosexuelle (p. 84-86, 105). En effet, les personnes homosexuelles sont appelées à vivre l’inclination qui est naturelle pour elles, à savoir, dans la fidélité à une autre personne du même sexe, et de jouir des actes sexuels non pas principalement pour le plaisir, mais comme des expressions de l’amour. L’Église devrait bénir de telles unions (p. 109-110, 114).

Maintenant, si, comme Oliva le soutient, saint Thomas veut dire que l’inclination homosexuelle vient de la partie la plus intime de l’âme de la personne, alors la même lecture doit s’appliquer à la mention que fait saint Thomas du cannibalisme et de la zoophilie. Pourtant cela est clairement absurde. Thomas d’Aquin ne peut pas vouloir dire que les cannibales et les pratiquants de la zoophilie suivent les penchants du plus intime de leur être. C’est précisément pourquoi Thomas fait mention des habitudes. Pourquoi ces trois vices proviennent tous de l’âme ? Parce qu’on les trouve surtout parmi les êtres humains. Les vaches ne mangent pas de vaches. Thomas pense que la plupart des animaux ne pratiquent pas les trois vices mentionnés. La prétention d’Oliva que, pour Thomas, certaines personnes sont nées avec une âme homosexuelle, est aberrante d’un point de vue de l’interprétation textuelle. Cela signifierait que, pour saint Thomas, d’autres sont nés avec une âmes cannibale, et d’autres avec une âme zoophile.

Ici, nous ne voudrions pas que nos lecteurs se méprennent sur ce que nous sommes en train de dire. Tous les êtres humains, indépendamment de leur inclination sexuelle ou “orientation“, ont une dignité intrinsèque, sont aimés par Dieu, sont sujets de la miséricorde et de la grâce de Dieu, et peuvent mener une vie de sainteté. (Nous mentionnons ensemble le cannibalisme, la zoophilie, et les actes homosexuels uniquement parce que l’argumentation d’Oliva le fait. Et nous ne disons pas non plus que ces trois comportement sont moralement équivalents. Pas plus d’ailleurs que saint Thomas qui pense qu’ils sont d’espèces morales différentes. Mais saint Thomas les groupe ensemble ici pour montrer que chacun est contraire à la nature quoique parfois recherché par certains individus). L’affaire qui nous occupe est strictement l’évaluation morale des actes homosexuels. « Les personnes homosexuelles », en revanche, « sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise de soi qui leur enseignent la liberté intérieure, parfois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, ils peuvent et ils devraient progressivement et résolument approcher la perfection chrétienne » (Catéchisme de l’Église catholique, no. 2359).

Conclusion

Dans l’ensemble, nous trouvons la lecture d’Oliva non seulement fausse mais irresponsable. Les principes d’interprétation des textes les plus élémentaires ne sont pas respectés. En outre, le genre populaire du livre a la capacité de créer une grande confusion parmi les fidèles catholiques. Pour cette raison, nous ressentons une forte obligation morale d’apporter une réponse aux thèses d’Olive."

Posté le 17 décembre 2015 à 21h41 par Michel Janva | Lien permanent

11 décembre 2015

Synode : 3 cardinaux attendent du pape une parole claire suite à la confusion

3 cardinaux disent ouvertement attendre du pape François, au sujet des thèmes discutés au synode, une parole claire et en pleine continuité avec le magistère précédent de l'Église. Extraits des traductions de Benoît-et-moi :

Cardinal Sarah :

"Le Synode a voulu aider et accompagner ces baptisés qui se trouvent dans une situation de vie contraire aux paroles de Jésus. Et il a annoncé que la porte est toujours ouverte pour eux, puisque Dieu ne cesse d'appeler à la conversion et d'agir dans leur cœur pour régénérer leur désir vers la vie pleine que Dieu nous a annoncée.

Certainement, proposer des voies qui ne conduisent pas à cette vie pleine n'est pas "ouvrir les portes". La porte que Dieu ouvre nous conduit toujours à lui, à la demeure où nous pouvons vivre sa vie. Le péché ferme la porte de la vie. Admettre une personne à la communion eucharistique lorsqu'elle vit en contradiction manifeste avec les paroles du Christ signifie ouvrir une porte qui ne conduit pas au Christ, à savoir fermer la vraie porte de la vie. Rappelons-nous: la porte c'est Jésus, l'Église ne peut ouvrir que cette porte; le pasteur qui ne peut pas entrer par cette porte n'est pas un vrai pasteur. Car "celui qui n'entre point par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis. En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis." (Jn, 10, 1-2.7).

Le document du synode (nn. 84-86) n'affirme rien d'autre et le texte écrit est le seul sûr pour interpréter correctement ce que le synode a voulu dire. Le document parle du devoir du pasteur d'accompagner les personnes, sous la conduite de l'évêque, mais il ajoute aussi, et cela est très important, que l'accompagnement doit se faire "selon l'enseignement de l'Église". Cet enseignement inclut sans aucun doute la lecture non déformée, mais complète et fidèle de "Familiaris Consortio" n.84 et de "Sacramentum caritatis" n.29, ainsi que du Catéchisme de l'Église Catholique. 

L'accompagnement, qui tiendra compte des circonstances concrètes, a un objectif commun: conduire la personne vers une vie en accord avec la vie et la parole de Jésus; et, au bout du chemin, la décision d'abandonner la nouvelle union ou de vivre en elle dans la continence absolue. Renoncer à cet objectif c'est renoncer aussi au chemin. 

Il est vrai que le texte ne répète pas explicitement cet enseignement, et en ce sens il a été interprété de différentes manières par la presse. Mais c'est une interprétation abusive, trompeuse, qui en déforme la signification. Le texte ne parle jamais de donner l'eucharistie à ceux qui continuent de vivre d'une façon qui lui est manifestement contraire. S'il y a des silences, ils doivent être interprétés selon l'herméneutique catholique, c'est à dire à la lumière du magistère précédent et constant, un magistère qui n'est jamais nié par le texte. En d'autres mots, aux divorcés remariés civilement la porte de la communion eucharistique reste fermée par Jésus lui-même qui a dit: "celui qui répudie sa femme, si ce n'est pour adultère, et en épouse une autre, commet un adultère. Que l'homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni! "(Mt, 19, 9.6).

[La porte] est fermée par "Familiaris Consortio", n. 84, par "Sacramentum Caritatis" n. 29 et par le Catéchisme de l'Église Catholique. Enfoncer cette porte ou rentrer par un autre côté signifie réécrire un autre évangile et s'opposer à Jésus Christ Notre Seigneur. Je suis tout à fait certain que le pape François interprète les numéros 84-86 de la Relation synode en parfaite continuité et fidélité à ses prédécesseurs. En effet, dans une interview au quotidien argentin "La Nación" il a affirmé: "Que faisons nous avec eux, quelle porte peut-on ouvrir? Il y a une inquiétude pastorale, et alors, allons-nous leur donner la communion? Ce n'est pas une solution que de leur donner la communion. Ceci uniquement n'est pas la solution, la solution est l'intégration"." 

Cardinal Napier :

"En revenant sur les deux derniers synodes, j'identifie une claire évolution partant d'un fort accent sur les problèmes et défis auxquels la Famille est confrontée, vers un examen plus attentif de ce que Dieu attend de la Famille qu'il a établie depuis le début, qu'il a appelée à élever et prendre soin des enfants et qu'il a ensuite envoyée bâtir l'Église et la Société. Alors que de nombreuses interventions ont continué à mettre en évidence deux problèmes spécifiques, beaucoup de Pères Synodaux ont gardé ce thème à l'esprit et se sont donc concentrés sur ce que l'Eglise doit faire pour clarifier auprès des familles que leur appel est un réel appel de Dieu - croître et se multiplier, de manière à prendre soin de toute la Création de Dieu.

J'attends du Pape François qu'il fasse clairement la lumière sur ce que les couples mariés doivent faire pour construire des mariages solides par le Sacrement du Mariage et une vie de famille bien structurée qui mette l'accent sur la Prière, les dévotions et les Sacrements, tous célébrés ensemble comme une Famille! Nous attendons une forte réaffirmation de l'enseignement de l'Église avec un fort accent sur la préparation et l'accompagnement des nouveaux époux et de ceux en des situations difficiles."

Cardinal Pell :

"Certains ont voulu dire, à propos du récent synode, que l'Église est confuse et répand la confusion, dans son enseignement sur la question du mariage. Ce n'est pas le cas. La doctrine de l'église sur la sexualité, le mariage et la famille continue de se fonder sur l'enseignement propre de Jésus au sujet de l'adultère et du divorce. L'enseignement de saint Paul sur les dispositions adéquates pour recevoir la communion reste fondamental dans la question controversée de l'impossibilité de donner la communion aussi aux divorcés civilement mariés. Une telle "possibilité" n'est même pas citée dans le document synodal. Nous attendons maintenant l'exhortation apostolique du Saint-Père, qui va encore une fois exprimer la tradition essentielle de l'Église et soulignera que l'appel au discernement et au for intérieur peut être utilisé uniquement pour mieux comprendre la volonté de Dieu, ainsi qu'elle est enseignée dans les Écritures et par le magistère, et ne peut jamais être utilisée pour mépriser, déformer ou réfuter l'enseignement établi par l'Église

Prions ce soir pour notre Saint-Père François afin que, comme saint Clément, il prépare cet enseignement pour clarifier aux fidèles ce que signifie suivre le Seigneur, dans son Église, dans notre monde. En cette fête de saint Clément prions pour le pape François, afin qu'il continue à enseigner et à nous exhorter à suivre les vérités de la foi, qui sont toujours plus fortes qu'un aride laïcisme horizontal."

Posté le 11 décembre 2015 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

09 décembre 2015

Qu’est-ce que la miséricorde ? Et son histoire dans la Révélation ?

Le Pape François annonçait l'ouverture d’une année sainte le 8 décembre 2015, solennité de l’Immaculée Conception. C’est le 20 novembre 2016, en la solennité liturgique du Christ, Roi de l’Univers, que sera conclue l’Année Jubilaire.

Notre Dame de Chrétienté a décidé de démarrer la diffusion de ses nouvelles vidéoformations 2016 jusqu’à la Pentecôte, par deux vidéoformations consacrées à la miséricorde. Voici la première :

  

Posté le 9 décembre 2015 à 15h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

02 décembre 2015

Adoration en réparation du sacrilège de Pampelune à Toulon

L'Alliance Saint-Jean-Marie-Vianney, dont nous vous avions déjà mentionné l'existence et la finalité sur ce blog, organise une adoration du Saint Sacrement en réparation du sacrilège de Pampelune, où l'on a vu un "artiste" profaner un grand nombre d'hosties consacrées.

Images (1)

ADORATION en faveur du SACERDOCE

Et en réparation contre les outrages envers l’Eucharistie

Avec l’alliance saint Jean-Marie Vianney

Vendredi 18 décembre

20h à l’Immaculée Conception

226 Boulevard Georges Richard, 83000 Toulon

06.59.64.68.47

Posté le 2 décembre 2015 à 08h38 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (1)

30 novembre 2015

La crèche des mairies devient le symbole du renoncement à la pratique religieuse catholique

Extrait de la tribune de Davis Desgouilles dans Causeur :

"Comme l’an dernier, le débat sur la présence des crèches dans les mairies commence à pointer son nez. Beaucoup de catholiques s’agitent dans tous les sens pour préserver le droit inaliénable à voir une crèche dans le hall de leur mairie au mois de décembre. Et voilà qu’on va encore encombrer les tribunaux administratifs, lesquels ne savent plus à quel saint se vouer, indiquant ici que la présence de ladite crèche est conforme à la loi de 1905 et là que cette dernière l’interdit rigoureusement (...) La crèche en mairie est devenue le symbole des racines chrétiennes qu’il ne faudrait plus refouler sur l’autel du « laïcisme ».

Il serait en effet idiot de nier nos racines chrétiennes. La présence de nos cathédrales, de nos églises dont les cloches nous annoncent l’heure, ou notre calendrier grégorien en portent la marque (...) Mais célébrer la Nativité reste, en revanche, un acte profondément cultuel. D’ailleurs, pourquoi diable vouloir se battre pour admirer une crèche lorsqu’on va renouveler son passeport ou faire sa demande de permis de construire ? Les catholiques pratiquants pourront en admirer lorsqu’ils vont à la messe dominicale, c’est-à-dire plus souvent que lors d’un passage en mairie. Quant à ceux qui ne vont plus à la messe depuis longtemps, ou qui n’y ont même jamais mis les pieds, et qui se considèrent, comme moi, comme des « catholiques culturels », pourquoi manifestent-ils cette envie ?

S’ils veulent absolument voir le petit Jésus, la Sainte Vierge, l’étable, l’âne et le bœuf, pourquoi n’iraient-ils pas à la messe ? Et si, au lieu de rester au lit le dimanche matin, de regarder Téléfoot ou d’aller à Castorama (...), ils décidaient de se comporter en catholiques conséquents ? Et s’ils décidaient de ne déguster leur foie gras qu’après avoir assisté à la messe de minuit ? Ils ont même la possibilité – soyons fous ! – de fabriquer une crèche à domicile.

Ils pourront alors expliquer à leurs enfants la signification de cette tradition millénaire. Croyez-moi, cela aurait une autre gueule que de le faire dans le hall de l’Hôtel de ville. Paradoxalement, la crèche des mairies est en train de devenir le symbole du renoncement à la pratique religieuse catholique. Un alibi. « Je ne vais plus à la messe. Je ne sais même pas si je crois encore en Dieu. Et puis la Vierge l’était-elle réellement ? Mais n’enlevez pas la crèche de la mairie car je suis catholique, vingt-dieux ! ».

Si mes amis cathos pantouflards, espèce dont je suis un exemple vivant, faisaient le point sur leur propre foi – qu’ils retournent à la messe ou qu’ils y renoncent définitivement- ils cesseraient alors de vouloir des crèches dans des lieux qui ne s’y prêtent pas. Peut-être aussi qu’ils cesseraient de fustiger le « laïcisme » censé menacer le catholicisme et d’invoquer la déesse Laïcité vis-à-vis d’autres religions. Chez nombre d’entre eux, ce combat apparaîtrait peut-être pour ce qu’il est : la culpabilité de ne plus pratiquer la religion dont ils ont reçu le baptême."

Posté le 30 novembre 2015 à 11h17 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (25)

29 novembre 2015

Au Large : un jeu de société pour s'approprier le catéchisme

Au Large Pub rougeVoici une idée cadeau. La fête de la naissance de notre Seigneur Jésus Christ est aussi l'occasion de nous demander comment annoncer la venue du Dieu incarné. Faire du catéchisme de façon ludique en famille ou en groupe paroissial ? Transmettre la foi que ce soit aux petits ou aux grands et même ensemble réunis ? C'est possible. Alors, grands-parents, parents, parrains, prêtres, religieuses, dames caté, allez donc au lien du site internet de ce jeu chrétien Au large: www.au-large.com

Posté le 29 novembre 2015 à 09h34 par Michel Janva | Lien permanent

22 novembre 2015

Pie XI et la Fête du Christ Roi : la royauté universelle du Christ dans son humanité

Magnificat propose aujourd'hui, pour la fête du Christ Roi (forme ordinaire du rite romain), un beau texte du pape Pie XI. Pie XI (†1939) institua la fête du Christ Roi par la lettre encyclique Quas Primas, en date du 11 décembre 1925.

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"Il est de toute évidence que le nom et la puissance de roi doivent être attribués, au sens propre du mot, au Christ dans son humanité; car c'est seulement du Christ en tant qu'homme qu'on peut dire : "Il a reçu du Père la puissance, l'honneur et la royauté"; comme Verbe de Dieu, consubstantiel au Père, il ne peut pas ne pas avoir tout en commun avec le Père et, par suite, la souveraineté suprême et absolue sur toutes les créatures.

Que le Christ soit Roi, ne le lisons-nous pas dans maints passages des Ecritures ? C'est lui le dominateur issu de Jacob, le roi établi par le Père sur Sion, sa montagne sainte, pour recevoir en héritage les nations et étendre son domaine jusqu'aux confins de la terre, le véritable roi futur d'Israël, figuré, dans le cantique nuptial, sous les traits d'un roi très riche et très puissant, auquel s'adressent ces paroles : "Votre trône, ô Dieu, est dressé pour l'éternité; le sceptre de votre royauté est un sceptre de droiture."

Cette doctrine du Christ Roi, tant s'en faut qu'elle disparaisse dans les pages du Nouveau Testament; elle y est, au contraire, confirmée d'une manière magnifique et en termes splendides.

Rappelons seulement le message de l'Archange apprenant à la Vierge qu'elle engendrera un fils; qu'à ce fils le Seigneur Dieu donnera le trône de David son père; qu'il régnera éternellement sur la maison de Jacob et que son règne n'aura point de fin. Ecoutons maintenant les témoignages du Christ lui-même sur sa souveraineté. Dès que l'occasion se présente, il revendique le titre de roi, il proclame publiquement qu'il est roi, il déclare solennellement que toute puissance lui a été donnée au ciel et sur la terre. Qu'entend-il par là, sinon affirmer l'étendue de sa puissance et l'immensité de son royaume ?"

Posté le 22 novembre 2015 à 12h59 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 novembre 2015

Prions pour nos ennemis

Magnifique initiative du site Hozana.org :

Adopter spirituellement un soldat de Daech et prier pour sa conversion.
Construisons la civilisation de l'Amour!

Je vous invite à rejoindre une démarche aussi profonde que simple!
Nous sommes déjà des centaines et des milliers.
Mais nous devons être beaucoup beaucoup plus!!

Voici l’idée :

Si l'armée de Daech est redoutable et puissante, quel ne serait pas son potentiel si elle était touchée par la grâce de Dieu et luttait avec la même détermination pour l'Amour.

Aujourd'hui je recrute une milice, je lance une nouvelle conquête de l’Amour!

L'objectif est de transformer le cœur de chaque soldat du Daech.
Pour cela, chacun peut "Adopter" un soldat (inconnu de nous mais connu de Dieu). Je vous propose de le nommer (choisir un nom qui nous vient du cœur) et de l'adopter comme un(e) véritable fils/fille (rebel certes mais objet de votre amour).

Vous pourrez lui donner vie par votre amour et tout ce qui vous offrirez pour lui (joie, larmes, rires, chacune de vos respirations....)

Soyez sûr qu'un jour sur terre ou au Ciel, vous croiserez un gars qui vous dira "je m'appelle ....(nom que vous aurez choisi pour votre soldat) et j'étais avant dans l'armée de Daech, maintenant j'ai donné ma vie par Amour et pour l’Amour!"

Inscrivons nous ici ! Utilisons les armes de dévotion massives !

Posté le 20 novembre 2015 à 23h06 par Paula Corbulon | Lien permanent

19 novembre 2015

Vous faites une erreur fondamentale en pensant que Paris n’est attaquée que pour ses valeurs charnelles et libertines

Tribune pleine de vie et de foi d'une jeune étudiante catholique adressée aux journalistes de Libération que le hashtag #PrayforParis indispose :

ImagesCher journaliste,

Vous avez certainement la plume plus habile que la mienne et l’esprit plus aiguisé à cet exercice, mais l’envie de répondre est bien trop forte. Lorsque les attentats ont frappé la France, lorsque Daesh a revendiqué cet acte, vous oubliez de petites choses anodines. Vous oubliez que ce prétendu « État islamique » a visé Paris, symbole de la France, qui « porte la bannière de la croix ». Vous oubliez également qu’il n’est nullement fait mention de « Français », de « jeunes », mais de « croisés », comme une réponse aux croisades menées dans des temps anciens contre les « hérétiques » d’alors.

Si vous pensez que « la croix » est une faucille et un marteau, je vous invite à rouvrir vos livres d’Histoire. Pas ceux d’aujourd’hui qui sont affligeants tant ils sont pauvres, mais un vieux Lagarde et Michard qui traîne sûrement dans une bibliothèque. Car vous parlez de la France laïque, depuis 1905, depuis 1789. Vous semblez penser que la France a toujours été laïque. Mais vous semblez oublier que ceci n’est pas la France qui s’est construite en 1789, mais simplement une idée de la République. Vous oubliez aussi qu’avant 1905, des prêtres ont éduqué les Français, car il n’y avait pas autant d’instituteurs que de nos jours. Ils leur ont appris à lire, écrire, compter et penser suffisamment pour qu’un jour ils rejettent la main qui les avait nourris. Et la République de 1789… Vous semblez également oublier qu’elle fut fondée par de nombreux déistes, lorsqu’ils n’étaient pas chrétiens. Le culte de l’Être Suprême vous parle-t-il ? Le « Grand Horloger » de Voltaire également ? Robespierre lui-même était déiste, quel culot ! En 1793, la guillotine vous aurait tendu les bras pour avoir tenu de pareils propos !

En parlant de « votre » France de 1789, vous rasez près de 1 789 années d’Histoire, pendant lesquelles la religion chrétienne, catholique, a guidé un peuple et un Royaume. Reniez-les si cela vous rassure, elles existeront toujours. Tant que Fontainebleau, Versailles, le Louvre et les châteaux de la Loire existeront, tant que la crème Chantilly existera, tant que Notre-Dame et la Sainte Chapelle se dresseront, tant que la France aura ces frontières géographiques. Reniez cette France aux racines catholiques, mais elle perdure. Des milliers d’Asiatiques déferlant l’été en Île-de-France le comprennent mieux que vous. Vous oubliez que la France n’est un pays laïque que depuis 110 ans. Une Jeanne Calmant. C’est tout. Avant, ne vous en déplaise, la France a grandi dans un giron chrétien. En reniant cette France, votre texte rejette le patrimoine français et pour aller plus loin, il rejette les Français dans ce qu’ils ont de plus profond : leur culture, leurs racines, leur Histoire. C’est grave.

En reniant cette France, vous reniez la France. Même si aujourd’hui le culte est moins prépondérant, ce hashtag prouve le besoin de spiritualité des hommes, ce désir qu’ils ont de s’élever bien plus haut que notre basse terre, et qu’ils savent qu’il y a, quelque part, un « Grand Horloger » que l’on peut prier lorsqu’on ne se sent pas bien, lorsqu’on est triste, lorsqu’on a perdu des amis. En refusant leurs prières, vous refusez leur tristesse, leur deuil. Vous oubliez également, dans votre petit laïcardisme forcené, que « prier » n’est pas réservé aux catholiques et aux chrétiens qui ont fondé la France moderne. Prier est aussi valable pour les juifs, les bouddhistes, les païens de toutes sortes. Les rejeter, c’est rejeter des cultures, des identités, des valeurs qui font notre civilisation actuelle, et cette France cosmopolite que vous aimez tant. Et qu’ils viennent d’ici ou d’ailleurs, vous insultez tous ceux pour qui la religion est une culture, une liberté, des racines, un avenir.

Vous faites une erreur fondamentale en pensant que Paris n’est attaquée que pour ses valeurs charnelles et libertines. Vous avez certainement oublié que l’on dit de la France qu’elle est « Fille aînée de l’Église » et qu’en cela, elle est une ennemie pour Daesh. Vous oubliez que c’est la France chrétienne qui est partie en croisades et non une France libertine, prônant le sexe et l’alcool.

Enfin, vous commettez une dernière erreur : aucun croyant n’est obligé de prier. C’est votre cécité laïcarde qui vous empêche de voir cet acte gratuit, bienveillant, généreux, amical de la prière. Laissez-nous prier, comme on vous laisse aller boire un verre en terrasse, pensant qu’il s’agit là d’un acte de bravoure. Cela ne changera rien à votre vie : la preuve, nous n’avez pas changé vos habitudes. Laissez-nous prier… Vous ne ressentirez rien, sauf peut-être un jour la grâce de comprendre ce que signifie la prière pour des millions de croyants dans le monde, toutes religions confondues. Donc je ne suis pas d’accord, je n’arrête pas mes prières.

Cela vous fait mal au bide de penser que des milliers de personnes prient pour les victimes ? Cela ne va pas s’arrêter, car la prière est inusable. Il y a même des gens qui ne font que cela toute la journée ! Cela doit être terrible pour vous d’y penser ! Mais ceci fait des millénaires qu’on le fait, et on n’est pas prêts d’arrêter.

J’ai prié pour Paris, pour les victimes, pour la France, pour les terroristes. Maintenant je vous rajoute à ma liste. Ne râlez pas, cela me fait vraiment plaisir et personne ne m’y oblige !

Occupez-vous de votre foie, laissez-moi gérer ma foi. Baisez, buvez, moi je prie."

Posté le 19 novembre 2015 à 10h54 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (41)

17 novembre 2015

"Tu n’auras aucune pensée de haine contre ton frère" (Lévitique19, 17-18)

Voici le texte émouvant publié par Antoine Leiris, journaliste à France Bleue, qui a perdu sa femme dans les attentats :

"Vous n’aurez pas ma haine

Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son coeur.

Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.

Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.

Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus."

Comment ne pas penser à cet extrait de l'Evangile selon Saint Mathieu (5, 43-48) :

"Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait."

Le 16 septembre 2001, suite aux attentats, Jean-Paul II disait aux Américains :

"Que Marie accueille les défunts et console les survivants, soutienne les familles particulièrement éprouvées, aide chacun à ne pas céder à la tentation de la haine et de la violence, mais à s´engager au service de la justice et de la paix"

En 2009, Benoit XVI déclarait :

"Seul cet amour divin ouvre nos cœurs à autrui, nous sensibilise à ses besoins, nous rend frères en nous invitant à répondre par l'amour à la haine, par le pardon à l'offense"

Posté le 17 novembre 2015 à 14h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (21)

10 novembre 2015

Communion aux divorcés remariés : la doctrine ne peut être modifiée

Mgr Tadeusz Pieronek, archevêque émérite de Cracovie, doyen de théologie, expert en droit canon et grand ami de St Jean-Paul II, a été interrogé par la Fede Quotidiana. Extrait de a traduction effectuée par un lecteur du Forum catholique :

Excellence, est-il possible après le synode de donner la communion aux divorcés remariés civilement ?

Krakow_pieronekOn ne pouvait la donner avant, on ne peut la donner aujourd'hui, et on ne pourra donner demain la communion aux divorcés civilement remariés.” "Le motif en est simple. La doctrine de l’Église est claire sur ce point, immuable, et ne peut être modifiée. En changer signifie modifier l’Évangile et nous savons que cela, sauf à tomber dans l'hérésie ou l'apostasie, il n'est pas pensable d'en changer. En changer serait en outre une trahison de la Tradition de l'Eglise, chose que nous respectons jalousement, et personne, ni le pape ni le synode, est autorisé à le faire. Nous ne pouvons rien inventer, tout est écrit. De plus le synode est un organe de consultation, pas de décision. Quant à la communion aux divorcés-remariés, il est dit que le divorce est une rupture de sacrement, donc comment concilier rupture avec communion ? Qui divorce puis se remarie civilement sachant clairement ce qu'il fait est dans le péché, il se rebelle contre Dieu, et la communion ne peut être administrée à qui n'est pas en état de grâce.

En Pologne les exorcismes sont en augmentation. Qu'en est-il ?

"Aujourd'hui le Diable progresse librement, il est déchaîné. Cela vient de la faiblesse de la Foi et de nos doutes, et plus nous sommes faibles dans la foi, plus Satan en profite et se montre. La chute des valeurs chrétiennes le démontre, spécialement en Occident et la sécularisation progressive, ou pis encore la déchristianisation des coutumes, dans tant de champs de la vie sociale."

Le démon est entré dans l'Eglise ?

"L'action de Satan est de détruire l'Eglise mais il n'y parviendra pas, mais il essaie toujours. Satan est par nature contre l’Église et parfois, comme il arrive, il se sert d'hommes d’Église pour semer la discorde".

En Pologne, l'Eglise exerce encore un pouvoir, pourtant...

"Moi, je ne fais pas de politique. Je pense cependant aux récentes élections dans mon pays. Le parti Libéral qui gouvernait s'est progressivement gauchisé, intégrant sans aucune objection les directives de l'Europe, qui aujourd'hui ne s'inspirent plus souvent des valeurs chrétiennes et de la Tradition catholique et de notre pays. Et nous, en tant que polonais, nous devons aussi respecter nos particularités. Comme citoyens européens, nous avons non seulement la faculté, mais je dirais même le devoir de nous rebeller pacifiquement face à cette Europe qui est aujourd'hui guidée sur des fondements autres que ceux que nous voulons et en opposition aux valeurs chrétiennes, plus attentifs aux oligarchies financières qu'aux pauvres. Cette Europe ne tient pas plus compte des valeurs chrétiennes jusque dans ses lois. Ils ont réussi à islamiser le continent, nous nous trouvons face à une invasion islamique".

Orban agit-il bien ?

“Avec ses nombreuses limites, il cherche à sauver la Chrétienté en Europe".

Posté le 10 novembre 2015 à 18h40 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2015

Synode : "Mes amis, prions !"

530091_555244591163704_846262399_nL'abbé Fabrice Loiseau, répondant à des commentaires de fidèles inquiets sur sa page Facebook, resitue la place du Synode dans l'enseignement de l'Eglise, rappelle l'attachement nécessaire au pape, et sans cacher son inquiétude, demande que l'on prie pour sortir de cette situation d'ambigüité :

"Merci à Thibaud Collin pour son analyse , je ne crois pas que les prêtres français réalisent encore ce qui se passe , j' arrive de Rome et je dois faire part de ma stupéfaction . Ceux qui me connaissent le savent bien , je prends toujours la défense du St Père et je suis partisan de l' herméneutique de la continuité. Suite à vos commentaires sur facebook je rappelle que le Synode n' est pas une instance magisterielle et encore moins un enseignement infaillible . En émettant des critiques sur le flou de trois paragraphes qui risquent de créer une crise sans précédent sur cette question des divorcés remariés , je n' attaque en rien le pape François .
Attention à vos commentaires , notre attachement et notre fidélité au st Père ne sont pas ébranlés . Le Pape n' a pas enseigné à toute l' Eglise que les divorcés remariés pourraient communier , en montrant que cette doctrine est révélée ou en connexion avec la Révélation. Ce n 'est ni du magistère extraordinaire, ni du magistère ordinaire , ni du magistère authentique . Le synode est un conseil. Attention au sentimentalisme qui n' a rien à voir avec le sens de l' Eglise . Aline Lizote , Thibaut Collin , Mgr Anatrella , de nombreux dominicains , des pères abbés d 'abbaye bénédictines , plusieurs évêques de France opposés à ces numéros ne jouent pas contre le Pape . Ils demandent une clarification.
Quel est l' enjeu ? L 'intégration ecclésiale des divorcés remariés demandée par les trois paragraphes ne précise pas s'il s 'agit de la communion sacramentelle , mais le laisse supposer . Dès le lendemain du synode Mgr Brunin et de nombreux journaux disaient que c 'était acquis, d 'autres disaient l' inverse . Si un suivi spirituel par un évêque suffit pour donner l' absolution sans que le premier mariage soit déclaré nul , cela veut dire que rompre le lien conjugal n' est plus un péché grave . Nous ne sommes plus dans la Miséricorde qui accorde le pardon au repenti puisque dans ce cas on justifie la personne sans qu'elle change de vie . Quitter son conjoint et se remarier sera donc possible avec l' accord de l' ordinaire . Dans la situation actuelle de la fragilité du mariage et vu la difficulté dans nos préparation des fiancés pour leur faire comprendre l' indissolubilité du lien, cela me paraît une folie. Nombreux seront les couples qui se diront qu' en cas de difficultés un simple entretien avec l' évêque donnera la possibilité de se remarier . C 'est à l' encontre de Veritatis Splendor et de 2000 ans d 'enseignement sur l' indissolubilité . Pourquoi avoir préféré des schismes et des martyrs plutôt que d 'absoudre des rois infidèles ?
Le mariage va être encore plus fragilisé , nous sommes loin de la Miséricorde.
Si le St Père n intervient pas pour clarifier la situation nous nous préparons à l'une des plus grosses divisions de l' histoire de l' Eglise ... Mes amis prions !
Abbé Loiseau
"

Posté le 5 novembre 2015 à 08h18 par Marie Bethanie | Lien permanent

01 novembre 2015

TOUS ( faits pour être ) SAINT

En complément de mon précédent post, cet article de Padreblog :

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[...] "Parmi ces saints du Ciel, l’Eglise en choisit certains pour nous les donner en exemple : ce sont ceux qu’elle « canonise ». Les derniers en date ont une triple particularité : ils sont français, ils sont les premiers époux à être canonisés ensemble et ils sont parents d’une sainte déjà canonisée ! Il s’agit bien sûr de Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de Lisieux. Ce choix de les canoniser ensemble n’est pas anodin : le Pape veut nous montrer que la vie conjugale et familiale, avec ses joies et ses épreuves, peut être un chemin de sainteté ! En terme d’épreuves, ils n’ont pas été épargnés. Lisez leur vie : vous retrouverez forcément tel ou tel point commun avec votre famille ou votre couple. Ils nous sont proches en ce sens. C’est la vie ordinaire d’une famille de notre pays, d’un couple de chrétiens. Mais cette vie, vécue avec foi et générosité, fut un pèlerinage vers le Ciel. Nous ne serons pas tous canonisés, mais nous sommes tous appelés à « cette sainteté de la fidélité du quotidien ».

Cette fête de la Toussaint est aussi l’occasion de nous rappeler cette grande vérité : nous sommes faits pour voir Dieu, un jour, nous aussi. Nous sommes faits pour cette joie du face à face ! Un jour, nous Le verrons, et nous comprendrons… Cette vocation éclaire le sens de notre vie terrestre et de tous nos engagements. Une vie réussie n’est pas une vie qui dure longtemps : cela, nous ne le maîtrisons pas. Une vie réussie est une vie donnée, vécue pleinement pour servir et aimer ; une vie toute orientée vers cette rencontre qui nous attend.

Le 2 novembre, puis tout au long du mois de novembre, nous prions pour ceux de nos défunts qui ont encore besoin d’être purifiés pour goûter pleinement cette joie des sauvés. Les âmes du purgatoire vivent dans la paix cette ultime étape de leur pèlerinage, car elles savent qu’un grand amour les attend. Prions pour nos défunts ! Notre prière hâte leur entrée dans la Jérusalem Céleste ! N’est-ce pas la plus belle des charités que nous puissions leur offrir ? Il est beau que l’Eglise nous enseigne ainsi que les liens de charité qui existaient entre nous demeurent au delà de la mort. Cette solidarité n’est pas détruite, elle est transformée. Nous entrons avec nos défunts dans une nouvelle forme de relation : une communion. Auprès de Dieu, ils prieront pour nous; sur terre nous prions pour eux. Nous continuons de les aimer, ils continuent de nous aimer. La mort n’a pas le dernier mot. Le dernier mot appartient toujours à Dieu… c’est notre Espérance !"

Posté le 1 novembre 2015 à 09h50 par Marie Bethanie | Lien permanent

Tous saints !

Une réflexion de Mgr David Macaire, Archevêque de Fort-de-France :

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"De tout temps, l’Eglise a pris soin, à travers le culte des saints, de montrer au monde que les saints étaient des femmes et des hommes comme tous les autres, de toutes conditions, de toutes races, langues et nations. Récemment, depuis saint Jean-Paul II, les papes ont tenu à multiplier les béatifications et canonisations, montrant aussi que la sainteté n’est pas un phénomène ancien, mais une réalité contemporaine et courante dans la vie de l’Eglise. Presque banale, en tout cas « normale », dès lors que les moyens de salut donnés par le Christ sont mis en œuvre. Les saints sont donc nos frères, ils sont comme nous, ils nous ressemblent et nous leur ressemblons.

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique indique que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur rang et leur état. Tous sont appelés à la sainteté : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Mt 5,48) (CEC 2013).

Et pourtant, reconnaissons-le : nous avons peur d’être des saints ! Dans notre conception spontanée, un saint est un religieux austère, privilégié de grâce mystique, environné de phénomènes surnaturels et souffrant d’atroces supplices pour l’honneur de Dieu. Nous pensons, en fait, qu’un saint est un extra-terrestre qui ne sait pas s’amuser, se détendre et prendre la vie du bon côté. Nous croyons qu’un saint est forcément un surdoué de la morale et de l’ascèse. Au final, c’est un personnage éloigné, hors du temps, de l’espace et de la vie.

Il est vrai que la vitrification de la figure des saints et la pétrification de leurs personnes dans nos sanctuaires nous ont plus ou moins fait croire que les saints étaient des demi-dieux ! Quelle erreur que de penser que les saints sont admirables mais pas imitables ! Ce genre de fausse propagande n’a pour résultat que de nous faire choisir la médiocrité d’une vie chrétienne bien rangée, sans choix radical, une vie chrétienne juste assez correcte pour qu’on puisse tranquillement se regarder dans son miroir le matin et aller communier le dimanche. C’est une vie chrétienne sans le désir d’être saint, sans le désir de la Vie éternelle, sans le désir de Dieu, juste le désir d’être « une bonne personne ».

Nous n’avons pas l’ambition d’être des saints ! Pour cette raison, nos églises sont remplies de « bonnes personnes » qui n’ont pas envie d’être des saints. Pour cette raison, nos communautés n’accueillent pas les brigands et les prostituées qui, certes, ne sont pas de « bonnes personnes », mais peuvent, autant que les autres, devenir saints. Pour cette raison, nos jeunes nous quittent parce que nous ne les faisons pas rêver, parce qu’ils ne sont pas attirés par une vie chrétienne si fade.

A tous, il faut proclamer que ce ne sont pas des bonnes personnes que Dieu veut, mais des saints. Et il peut en « fabriquer » avec des gens bien comme avec des pécheurs : il suffit de Lui en demander la grâce ! Car le monde attend le passage des saints. De tous, on attend la sainteté, la fidélité jusqu’à la mort au Christ, notre Dieu. Ils en sont capables, par la grâce.

En représentant ces femmes et ces hommes sur les vitraux et les autels de nos églises, la culture catholique n’a d’autre ambition que de les montrer proches de nous. Proches de nous et proches de Dieu ! Une manière de nous dire que la sainteté est à la portée de tous, de nos proches, de nos jeunes, de nos anciens, de nos voisins et même à notre portée !

Par-dessus tout, ce que l’Eglise proclame à travers le culte des saints, ce n’est pas la glorification de telle ou telle personne dans un but politique. Ce que l’Eglise proclame, c’est la Gloire de Dieu. En effet, s’il n’y avait pas de saints, ce serait un véritable échec du projet de Dieu. N’y aurait-il aucun homme à être sauvé, alors que le Père a déployé tous les trésors de la grâce pour nous faire Miséricorde, alors que le Fils s’est fait chair pour nous faire passer des ténèbres à son admirable lumière, alors que l’Esprit qui renouvelle toute chose a été répandu sur l’Eglise ? Comment être chrétien sans proclamer la victoire de notre Dieu dans la vie de tant d’hommes et de femmes parvenus à la sainteté à travers les faiblesses du genre humain, et les tentations de notre existence ?

Alors, n’ayons pas peur… d’être des saints ! »"

Nous souhaitons une belle fête de la Toussaint à tous nos lecteurs, saints et futurs saints !

Posté le 1 novembre 2015 à 09h34 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (2)

29 octobre 2015

Des pasteurs n’ont toujours pas « digéré » l’enseignement de Humanae Vitae

Pour le père dominicain Thomas Michelet, les articles sur les divorcés remariés présents dans le rapport final du synode sont équivoques. Ils demandent donc à être précisés, ce que pourrait faire le pape dans une exhortation apostolique. Il déclare à Famille chrétienne :

H"Cette difficulté à parvenir à un consensus sur des questions pourtant balisées par saint Jean-Paul II dans Familiaris Consortio ou Veritatis Splendor, ou par le cardinal Ratzinger dans des documents de la Congrégation pour la doctrine de la foi, donne à penser qu’une partie des fidèles et des pasteurs n’a toujours pas « digéré » l’enseignement du bienheureux Paul VI dans Humanae Vitae, et que l’on cherche encore à s’en « abstraire ». En même temps, c’est le signe qu’il faut répandre davantage les enseignements de ces saints Pontifes et continuer à approfondir ces sujets. Les objections ont ceci d’utile qu’elles nous provoquent à exposer plus clairement la vérité."

Posté le 29 octobre 2015 à 09h47 par Michel Janva | Lien permanent

24 octobre 2015

L'abbé Amar dénonce le relativisme du journal La Croix

Sur le blog du Synode hébergé par... La Croix :

A"[...] Lorsque j’ai lu le reportage sur « Julien et Bruno, catholiques, homosexuels et mariés » ma réaction a été vive. L’article est toujours en ligne, dans la rubrique (et cela me choque encore) intitulée : « portrait de familles catholiques ». [...] 

Le choix de mettre le chapeau habituel présentant « la situation d’une famille engagée dans la société et dans l’Eglise » m’a scandalisé.

Tout comme je regrette le parti pris de La Croix depuis le début de ce synode. La publication des propos de Mgr Vesco puis le récent article reprochant la « timidité des évêques » en sont les exemples les plus significatifs. Pourquoi donc un journal qui se dit catholique devrait interpeller les évêques en leur reprochant leur timidité à (enfin !) revenir sur ce que dit l’Eglise depuis des siècles ? [...]

Mes questions se font nombreuses : peut-on encore affirmer qu’il y a un modèle de famille que l’Eglise veut promouvoir et défendre, sans que ce soit un jugement des personnes qui ne le vivent pas ? Peut-on encore être en faveur de la famille père-mère-enfant sans se voir accusé d’être homophobe ? N’y a-t-il pas d’autre choix que de traiter un prêtre de « réactionnaire » et de « fondamentaliste » alors qu’il fait simplement son « job » de curé de paroisse : défendre l’énoncé de la foi catholique telle qu’elle est présentée dans le catéchisme voulu par le Concile ?

Ce reportage sur Julien et Bruno (et, je le répète, le chapeau non modifié qui le présentait) a permis d’entretenir deux choses : la confusion et le relativisme. Or, si toutes les personnes sont égales, tous les modèles ne se valent pas.

Il y a des désaccords de fond entre catholiques que nous n’osons plus nous avouer, de peur d’être encore moins nombreux et d’offrir au monde un spectacle désolant. Le linge sale se lave en famille. Certes. Mais n’est-il pas temps de dire qu’on attend d’un journal catholique qu’il défende… la foi et la morale catholiques ? [...]"

Posté le 24 octobre 2015 à 15h21 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2015

Le Père Jacques Mourad raconte sa détention par l'Etat islamique

Enlevé par l’État islamique en mai 2015, évadé de sa prison le 10 octobre, le prêtre syro-catholique syrien Jacques Mourad accorde une interview à SOS Chrétiens d'Orient :

 

Posté le 22 octobre 2015 à 08h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

21 octobre 2015

Retourner au jeûne eucharistique de trois heures ?

Le Père Gerald Murray, curé de la paroisse de la Sainte-Famille à New York, est interrogé par Famille chrétienne :

"La proposition de donner la communion aux divorces remariés du cardinal Walter Kasper implique une révolution dans la pratique de l’Église, et un manque de fidélité aux paroles claires de Notre-Seigneur. Le cardinal Robert Sarah et bien d’autres Pères synodaux reconnaissent qu’on n’en peut rien céder si l’on veut rester fidèle à Dieu et défendre l’intégrité du Magistère de l’Église.

La proposition du Cardinal Walter Kasper n’est pas nouvelle. Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI l’ont rejetée comme incompatible avec la doctrine de l’Église. Un changement, dès lors, mettrait en doute beaucoup d’autres enseignements contestés, comme par exemple l’immoralité des relations homosexuelles.

Faut-il mieux enseigner aux fidèles ce qu’est l’eucharistie ?

Nous devons renouveler l’effort d’enseigner aux fidèles ce qu’est la Présence réelle du Christ dans l’eucharistie et notre devoir d’adorer Jésus présent dans les tabernacles de nos églises. La génuflexion est souvent inconnue parmi les fidèles. Le tabernacle caché ou mis au coin donne la mauvaise impression que Jésus n’est pas au centre de nos paroisses. 

Que préconisez-vous ?

Je pense qu’on doit retourner au jeûne eucharistique de trois heures, comme c’était le cas lorsque j’ai fait ma première communion. Cela nous prépare mieux à recevoir notre Dieu dans nos corps. Le petit désagrément de ne rien manger pendant trois heures nous rappelle que la réception de la sainte communion est de grande importance. Cela permet aussi aux gens qui ne peuvent pas communier de rester sur leurs bancs sans paraître pécheurs, parce que l’on peut imaginer qu’ils ont mangé quelque chose juste avant la messe. Je dirai aussi que la révérence pour l’eucharistie a bien souffert à cause de la communion reçue debout et dans la main. La pratique antérieure était plus instructive sur l’importance de l’eucharistie : il s’agit bien de Dieu parmi nous.

Faut-il davantage faire le lien entre eucharistie et confession ?

Rappeler qu’on doit se confesser avant de communier, si on a conscience d’avoir fait un péché mortel, est essentiel pour aider les fidèles à bien communier. Et éviter une réception sacrilège du sacrement. La miséricorde de Dieu passe par le confessionnal. L’acte d’humilité de nous confesser en admettant nos péchés nous permet de vraiment vivre comme le Christ nous l’a enseigné."

Posté le 21 octobre 2015 à 14h22 par Michel Janva | Lien permanent

18 octobre 2015

Canonisation des époux Martin : "ils ont vécu le service chrétien dans la famille"

ThAujourd'hui 18 octobre, ont été canonisés les parents de Sainte Thérèse, Louis et Zélie Martin.

"Dès le début de la célébration, quatre bienheureux ont été canonisés par le Saint-Père, dont le premier couple de l’histoire de l’Église catholique à être canonisé : Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. La date de cette canonisation ce dimanche est symbolique, non seulement parce qu’elle intervient au cœur du synode sur la Famille, mais aussi car ce 18 octobre l’Église fête la Journée missionnaire mondiale, placée sous le patronage de sainte Thérèse, elle-même canonisée il y a 90 ans, en 1925.

Lors du rite de canonisation au début de la messe, le Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a évoqué la vie des quatre bienheureux, dont celle des époux Martin : « Le Bienheureux Louis Martin et la Bienheureuse Marie Zélie Guérin, avec leur vie, ont honoré le mariage et la famille chrétienne, comme époux et parents exemplaires. Louis est né à Bordeaux en 1823 et s’est dédié au commerce, comme propriétaire d’un négoce de bijouterie et d’horlogerie. En 1858, il a épousé Marie Zélie Guérin, née à Alençon en 1831, où elle dirigeait une petite usine de dentelles. »
Le Cardinal Angelo Amato a poursuivi : « Leur famille fut vraiment une petite Église dans laquelle régnait une foi joyeuse et profonde, et une charité délicate et attentionnée. Ensemble, les deux bienheureux ont parcouru les voies de la sainteté conjugale. De leur union sont nés neuf enfants, mais seules cinq filles ont survécu : quatre, parmi lesquelles Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sont entrées au Carmel de Lisieux, et la cinquième est devenue sœur visitandine à Caen. L’exemple quotidien des parents fut décisif dans leur vocation religieuse. Marie Zélie, malade du cancer, est décédée en 1877 à l’âge de 45 ans. Son mari a traversé l’ultime période de sa vie dans la prière et entre de nombreuses infirmités. Il s’est endormi dans le Seigneur en 1894, à l’âge de 71 ans. Louis et Marie Zélie furent béatifiés ensemble le 19 octobre 2008. »"[...]

Lors de son homélie et de l'Angelus, le pape François évoque les époux Martin et la notion de service dans la vie d'un chrétien :

"Quant aux saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin, «ils ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. » Lors de la prière de l'angélus, le Pape salué les pèlerins « provenant de France, spécialement de Bayeux, Lisieux et Sées : nous confions à l'intercession des saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin les joies, les attentes et les difficultés des familles françaises et du monde entier. » Ces nouveaux Saints sont un « témoignage lumineux qui nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères » avait insisté le Pape François dans son homélie.[...]

François a ensuite insisté sur le thème du service. Comme Jésus appelle ses disciples à être serviteur plutôt qu’à chercher le pouvoir et le succès, le Pape nous appelle à changer de mentalité. « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur », a martelé François. « Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne » dit le Pape. « Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. » Nous sommes invités à « changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir » a ajouté le Pape, « à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité ».
Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté ». Le Christ donne un nouveau sens à cette image, a précisé le Saint-Père : «Jésus a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église. »

C’est une question d’incompatibilité, a précisé le Pape. « Incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance » a expliqué François."

Posté le 18 octobre 2015 à 16h13 par Marie Bethanie | Lien permanent

Valeur

C'est le titre d'un petit texte du Père Guillaume de Menthière dans  le "Magnificat" d'octobre 2015 pour illustrer la valeur que Dieu nous accorde : celle de son Fils unique :

"Rougissez, cendres orgueilleuses, vous valez le sang d'un Dieu !" Ainsi saint Bernard interpellait-il ses moines. Chacun doit mesurer ce qu'il est, non à l'aune des qualités qu'il déploie, des biens qu'il possède ou des œuvres qu'il opère, mais plutôt selon le prix que le Seigneur a payé pour son rachat. Or c'est au prix de son sang que Jésus nous a rédimés. Telle est la rançon de notre salut. En français, providentiellement, on dit "verser" son sang et "verser" une rançon. Jésus a payé de sa personne pour notre salut : Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude" (Mc 10,45).

Certes Dieu nous l'avait dit par son prophète : Tu as du prix à mes yeux et moi je t'aime (Is 43, 4). Mais pouvions-nous imaginer à quel prix nous évaluait le Créateur ? Le prix de son Fils unique ! Saint Paul en est tout bouleversé : Il m'a aimé et s'est livré lui-même pour moi ! (Ga 2,20).

Nous qui nous trémoussons dans l'existence quémandant, tels les fils de Zébédée, les meilleures places dans l'organigramme et l'estime de trois ou quatre de nos semblables, souvenons-nous plutôt que nous sommes inestimables ! A tout bout de champ de nos jours nous en appelons aux valeurs pour fonder le vivre ensemble : "Aux valeurs, aux valeurs !" s'écrient nos politiques. Les valeurs de la république, les valeurs de la démocratie, les valeurs de l'Europe... Moi je connais ma valeur, c'est le Christ. Je vaux le sang d'un Dieu et je reconnais en tout homme ce frère pour lequel le Christ est mort (Rm 14,15)."

Posté le 18 octobre 2015 à 14h10 par Marie Bethanie | Lien permanent

Invoquer Dieu dans la détresse

Un "best seller" catholique, s'il en est, l'Imitation de Jésus Christ, intemporel, indémodable, et surtout, très utile, nous apprend à invoquer Dieu dans la détresse :

  1. "Le Disciple Que ton nom soit béni pour l’éternité, Seigneur, car Tu as voulu me mettre à l’épreuve par cette détresse.

Et puisque je ne peux l’éviter, que pourrais-je faire d’autre si ce n’est m’en remettre à Toi pour que Tu m’apportes Ton soutien et me changes pour mon bien ?

Seigneur, je suis en pleine détresse ; mon cœur est en désarroi à cause de cette passion qui le tourmente fortement.

« Que dirai-je maintenant », ô Père bien aimé ? Mon âme est troublée. « Délivre-moi de cette heure » (Jean 12, 27).

Tu as permis que j’atteigne cette détresse d’âme pour que Tu sois glorifié lorsque j’aurai été très abattu et que Tu m’auras délivré.

Daigne, Seigneur, venir à mon secours parce que, pauvre créature, que puis-je faire et où irai-je sans toi ?

Donne-moi la patience, Seigneur, une fois encore. Étends-moi ta main, mon Dieu, et je n’aurai pas peur, quelle que soit la puissance de ma détresse.

  1. Que dirai-je dans l’état où je suis ? « Seigneur, que Ta volonté soit faite. » J’ai bien mérité l’angoisse et l’affliction dans lesquelles je me trouve (Matthieu 6, 10).

Il faut que j’en souffre ; et pourvu que ce soit avec patience, jusqu’à ce que cesse la tempête et que vienne le calme.

Ta main toute-puissante a le pouvoir d’éloigner de moi cette tentation et d’atténuer sa violence, pour que je ne succombe pas. Comme tu l’as fait pour moi à maintes reprises déjà, mon Dieu, donne moi Ta miséricorde.

Et tandis que ce changement m’est difficile, il ne l’est en rien pour Toi ; « Parce qu’il est l’œuvre de l’Éternel » (Psaume 76, 11).

Posté le 18 octobre 2015 à 13h25 par Marie Bethanie | Lien permanent

"Faire l’expérience du Christ" ?

Arnaud de Beauchef, auteur du livre « Liturgie et transmission de la foi - Zachée, descend de ton arbre », est interrogé dans l'Appel de Chartres. Extraits :

Arton489-a6235"[...] Ce qui me fait frémir chez l’homme moderne est qu’il est trop plein de lui-même. Il doit se raconter aux autres et à Dieu. La liturgie devient le moment ou il peut exprimer à Dieu ses revendications, quasiment sur un pied d’égalité avec lui. Comme Dieu s’est fait homme, on peut presque lui parler d’homme-à-homme. Pourtant dans l’Evangile ceux qui parlèrent au Christ d’homme-à-homme sont les pharisiens, Judas, les grands prêtres et Pilate. Aucun d’eux n’en a tiré profit. [...]

Oui, mais ce que vous dites peut paraître assez difficile à vivre pour beaucoup de personnes car il semble impossible de faire l’expérience du Christ, mort il y a 2000 ans ?

Justement c’est le mot « expérience » que je récuse. Nous sommes à une période de l’histoire où, nous plaçant au centre de l’Univers, nous cherchons des expériences. Des expériences de bien-être, d’épanouissement, de l’extrême, et même de l’interdit. Mais ces expériences ne sont pas Dieu. Saint Paul est très clair, il nous faut passer de l’homme psychique à l’homme spirituel. Dieu est esprit et ne peut être appréhendé par nos cinq sens. Lorsque Saül se retrouve face à Dieu, sur le chemin de Damas, ses sens physiques se ferment et il devient momentanément aveugle. Si nous Le cherchons avec nos sens et notre psychisme nous serons toujours dans l’illusion. C’est le problème principal des mouvements de jeunes qui créent une ivresse émotive par l’exubérance et celui des communautés nouvelles souvent en recherche psychologique. Dieu est au delà de nos illusions. Il est au centre, il est proche, mais pour apprendre à le connaître, il nous faut emprunter le chemin qu’il nous donne : « douceur et humilité ». A partir de là Dieu qui vient en nous nous donne cette joie de sa présence. Joie qui culmine dans l’Eucharistie. 

[...] Il y a peu, j’ai, à ma grande surprise et pour ma plus grande joie, reçu une lettre personnalisée et pleine d’encouragement de Benoit XVI à propos de mon livre. Cela me fait dire qu’il ne doit pas y avoir de trop grosses bêtises dans ce que j ‘ai écrit, bien que je ne sois qu’un simple laïc du rang."

Posté le 18 octobre 2015 à 12h45 par Michel Janva | Lien permanent

16 octobre 2015

Appel pour rappeler l’enseignement d’Humanæ Vitæ et de Veritatis Splendor

L'Homme nouveau publie un texte du Dr David S. Crawford, professeur associé de théologie morale et de loi de la famille de l’Institut pontifical Jean-Paul II à Washington et du Dr Stephan Kampowski, professeur d’anthropologie philosophique à l’Institut pontifical Jean-Paul II à Rome. Texte signé par de nombreuses personnalités. Extraits :

"Le 23 juin 2015 a été publié l’Instrumentum laboris (« document de travail ») en vue de la XIVe Assemblée ordinaire du Synode des évêques. Ce document couvre une série de sujets liés au thème de la famille choisi par le Synode. Le paragraphe 137 concerne un document clé du Magistère moderne, l’encyclique Humanæ Vitæ. Il en traite d’une manière qui à la fois remet en question la force de cet enseignement et propose une méthode de discernement moral résolument non catholique. Cette approche du discernement contredit tout ce qui, jusqu’à présent, a été enseigné par le Magistère de l’Église concernant les normes morales, la conscience et le jugement moral, en suggérant qu’une conscience bien formée puisse se trouver en conflit avec les normes morales objectives.

En notre qualité de théologiens moralistes et de philosophes moralistes catholiques, nous pensons qu’il est de notre devoir de prendre la parole contre la distorsion de l’enseignement catholique implicitement présente dans le paragraphe 137. Si cela était approuvé par le Synode, ce texte défectueux de l’Instrumentum laboris conduirait à porter la confusion parmi les fidèles. Le paragraphe 137 devrait être supprimé et remplacé par un paragraphe qui parle de la conscience de façon plus précise, qui célèbre la sagesse et la beauté d’Humanæ Vitæ, et qui puisse aider les époux à comprendre que des grâces sont à leur disposition pour vivre selon le plan de Dieu le don de la sexualité.

La traduction officielle française du site du Vatican propose le texte suivant :

En ayant bien présente à l’esprit la richesse de sagesse contenue dans Humanæ Vitæ, en lien avec les questions traitées par cette encyclique, deux pôles ressortent, qui doivent être constamment conjugués ensemble. D’une part, le rôle de la conscience conçue comme voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain formé à l’écouter ; de l’autre, l’indication morale objective, qui empêche de considérer l’engendrement comme une réalité dont on peut décider arbitrairement, sans tenir compte du dessein divin sur la procréation humaine. Quand la référence au pôle subjectif prévaut, on risque aisément des choix égoïstes ; dans l’autre cas, la norme morale est ressentie comme un poids insupportable, ne répondant pas aux exigences et aux possibilités de la personne. La conjugaison des deux aspects, vécue avec l’accompagnement d’un guide spirituel compétent, pourra aider les époux à faire des choix pleinement humanisants et conformes à la volonté du Seigneur.

[...] La formulation du paragraphe est profondément ambiguë et elle tend à présenter la norme morale comme extrinsèque aux personnes humaines et à la vie bonne qu’elles sont appelées à vivre. En s’exprimant comme cela, elle suggère que la norme est exclusivement négative et, disons-le, coercitive. Mettre de cette façon l’accent sur la fonction prohibitive de la norme équivaut à ignorer le rôle positif joué par la norme dans la promotion de la croissance personnelle du sujet moral et sa réalisation dans le bien. Comme ce paragraphe n’enseigne pas que la norme elle-même, dans toute son objectivité, révèle quelque chose de décisif pour la beauté et la bonté de la vie humaine bien vécue, il donne aussi l’impression que les normes morales pourraient être en fait « un poids insupportable, qui ne répond pas aux exigences et aux possibilités de la personne ». [Lire la suite]

Posté le 16 octobre 2015 à 11h32 par Michel Janva | Lien permanent

14 octobre 2015

Les évêques polonais défendent l'enseignement de st Jean-Paul II

Le site des évêques polonais publie en cinq langues – le polonais, l'italien, l'espagnol, l'anglais et le français – un rappel serré de la doctrine catholique sur la gradualité de la loi et la loi de gradualité, par le père jésuite Dariusz Kowalczyk :

0"Le terme « gradualité de la loi », utilisé par certains dans les discussions sur la moralité, y compris l’éthique conjugale, n’est pas tout à fait nouvelle. Déjà en 1980, Jean-Paul II s’y opposa, convaincu que la progression (gradualité) de la croissance de l’homme ne doit pas être confondue avec la « gradualité de la loi », « comme s’il y avait, dans la loi divine, des degrés et des formes de préceptes différents selon les personnes et les situations diverses » (Jean-Paul II, Homélie à la messe de clôture du VIe Synode des Évêques, 25 octobre 1980, nº 8). 

La « gradualité de la loi » propose une morale progressive, adaptée aux attitudes et aux opinions des gens, ici et maintenant. Ses partisans l’utilisent principalement dans le domaine de la sexualité, mais n’appliquent pas, par exemple, quand il s’agit du commandement « Tu ne voleras pas ». Les relations sexuelles seraient une « forme de communication » relative et, en tant que telle, ne devrait pas être jugée à la lumière des lois immuables de la nature humaine, dont ils nient d’ailleurs l’existence. 

En ce qui concerne le mariage, la « gradualité de la loi » serait justifiée du point de vue suivant : Il existe une diversité de liens – hétérosexuel, homosexuel, polygame, monogame – ; or, on peut vivre chacun de ces rapports et être en accord avec le Dieu révélé en Jésus Christ, même si l’idéal est le mariage monogame stable entre un homme et une femme, ouvert à la vie. De telles vues sont accompagnées par un discours sur la miséricorde, qui est mise en opposition avec les commandements. On tente parfois d’étayer la « gradualité de la loi » avec des citations de l’Écriture, par exemple les paroles de Jésus : « A vous, les légistes, malheur, parce que vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter et vous-mêmes ne touchez pas à ces fardeaux d’un seul de vos doigts ! » (Lc 11,46). Pourtant, quand on prend tout l’Evangile et la Tradition de l’Eglise dans leur intégralité, la « gradualité de la loi » est inconciliable avec eux. En effet, la rigueur hypocrite est une chose, et appeler un chat un chat est une autre, y compris quand on appelle péché le péché. 

La loi inhérente à la nature des créatures et de la révélation de Dieu n’est pas progressive, et le sens de l’aventure humaine ne consiste pas à passer par des incarnations successives, mais à faire des choix responsables devant Dieu et devant les hommes. La miséricorde, d’autre part, telle que le Christ nous l’a révélée, n’est pas le « graduel » estompage de la volonté de Dieu, mais sa proclamation « à temps et à contretemps », même au prix de la vie, comme un bien pour chaque personne."

Posté le 14 octobre 2015 à 09h21 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2015

Une pratique pastorale qui va à l’encontre de la doctrine n’est pas chrétienne

Le cardinal Velasio De Paolis, président émérite de la Préfecture des Affaires Economiques du Saint-Siège, a participé samedi 10 octobre au congrès Mariage et famille. Entre dogme et pratique pastorale de l’Eglise, organisé à Rome près du Vatican par la Fondation Lepanto et l’Association Famiglia Domani. Il a déclaré :

IMG_0134-300x200«Face à la crise du mariage et de la famille, la solution ne peut venir que des certitudes de la foi». «Nous avons besoin de la vérité». «Nous parlons beaucoup aujourd’hui de compassion, d’amour et de miséricorde. Mais sans la vérité, nous faisons fausse route». 

On a l’impression que «les mots aujourd’hui ne signifient plus rien », alors que « nous avons besoin au contraire d’éléments pour retrouver la réalité». Faisant référence au problème des divorcés remariés, le cardinal a été très clair :

«une pratique pastorale qui va à l’encontre de la doctrine est d’un illogisme effrayant. Elle n’est pas chrétienne». «Si j’ai un médicament qui ne fonctionne pas, cela signifie que je n’ai pas bien saisi la pathologie du patient. Si je me limite à changer de médicament plutôt que de chercher à comprendre les causes de la maladie, je pourrais aussi bien tuer le malade». «Ne pas repousser les pécheurs, mais trouver une voie qui soit juste, celle de l’amour dans la vérité ». 

Le professeur Giovanni Turco, enseignant à l’Université des Etudes d’Udine, a attiré l’attention sur le principe de non-contradiction selon lequel « toute chose est ce qu’elle est. Même le mariage et la famille ». Une chose ne peut pas être et ne pas être sous le même rapport et c’est pourquoi 

« le mariage est indissoluble ou ne l’est pas. La vérité n’admet pas d’exception ni de degrés. La pitié miséricordieuse sans la vérité est en réalité un vice. Il n’y a pas de pastorale qui puisse changer la nature du mariage ». «Si la façon de poser la problématique est déjà erronée, elle portera nécessairement à une résolution erronée », «c’est le bien qui est le critère de la pastorale, et non le contraire. Si la pastorale trouve son fondement en elle-même, elle devient pastoralisme et de fait négation de tous les principes ». 

Négation des principes qui sont remplacés par le « subjectivisme » comme l’a rappelé Mgr Antonio Livi, doyen émérite de la faculté de Philosophie de l’Université Pontificale du Latran.

« Si l’on qualifie les dogmes de notions dépassées, si l’on admet qu’ils peuvent changer, alors sur quel critère se base-t-on ? Sur le seul critère du subjectivisme ». « La pastorale a pour but précis d’œuvrer pour le bien des âmes ». « On peut poursuivre une fin occulte, en cherchant à convaincre les autres d’adhérer à quelque chose de faux. Et c’est là de l’hypocrisie». 

Posté le 13 octobre 2015 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

10 octobre 2015

Synode : de la crise de la famille à la crise de foi

Jeanne Smits rapporte l'intervention du cardinal Stanisław Ryłko, président du Conseil pontifical pour les laïcs, au synode :

Unknown-26"Il est dit que l’Eglise devrait être comme « un hôpital de campagne », mais il n’y en a pas beaucoup dans cette situation qui veulent être obligés d’aller à l’hôpital. 

St. Augustin demande à ceux qui veulent de l’aide mais ne veulent pas se convertir : « Pourquoi nous cherchez-vous ? » 

C’est ainsi que se comportent certains baptisés qui sont en situation irrégulière, mais ne veulent pas recevoir le sacrement de la pénitence

Ainsi, nous avons non seulement une crise du mariage et de la famille, mais aussi une crise de la foi. 

2 Tm 4,2-5 dit : « Proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l’épreuve, fais oeuvre de prédicateur de l’Evangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère ! »"

Posté le 10 octobre 2015 à 12h28 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2015

La radicalité de l'Evangile

Le livre du cardinal Robert Sarah, Dieu ou rien. Entretien sur la foi (Fayard), a été traduit en allemand avec une préface de Mgr Georg Gänswein, préfet de la Maison pontifical et secrétaire personnel de Benoît XVI. La Nef a traduit cette préface. Extrait :

N"Ce livre est un livre radical. Bien sûr, pas dans le sens où nous utilisons souvent ce mot aujourd’hui, en référence aux contestations ou aux opinions politiques extrémistes. Non, c’est la radicalité de l’Évangile qui inspire ce livre, la radicalité qui a animé et anime encore tant de témoins de la foi, la radicalité d’une décision inéluctable que chacun doit prendre, tôt ou tard, lorsqu’il entend l’appel du Christ, le prend au sérieux, ne veut plus s’en détourner et doit finalement y répondre. C’est là que chaque personne peut comprendre que toute son existence d’homme le mène à cette question : Dieu ou rien !

Le cardinal Robert Sarah ne craint pas de parler de la radicalité de l’Évangile pour la confronter sans concession à l’examen du temps. Il démontre de manière convaincante que les nouvelles formes d’athéisme et d’agnosticisme ne sont pas simplement des impasses intellectuelles concernant les individus. Pour lui, les profondes transformations morales que connaissent nos sociétés sont davantage une menace existentielle et ce, non seulement pour le christianisme, mais surtout pour la civilisation humaine.

D’abord, c’est Dieu qui disparaît, puis c’est au tour de l’homme de se faire dieu : « Aujourd’hui, dans des pays riches et puissants, l’éclipse de Dieu conduit l’homme vers un matérialisme pratique, une consommation désordonnée ou abusive, et la création de fausses normes morales. Le bien matériel et la satisfaction immédiate deviennent l’unique raison de vivre. Au bout de ce processus, il ne s’agit même plus de combattre Dieu ; le Christ et le Père sont ignorés. La cause est entendue : Dieu n’intéresse plus personne. Il est mort et son départ nous laisse indifférents. […] La nouvelle règle consiste à oublier le Ciel pour que l’homme soit pleinement libre et autonome. »

Dans cette situation précaire, pour le cardinal Robert Sarah, il va sans dire que la mission d’annoncer l’Évangile avec crédibilité est une urgence. Le voilà qui veut réveiller le monde fatigué des croyants en expliquant sans détours le véritable état de l’Église dans ce contexte dramatique : « Pour engager un changement radical de la vie concrète, l’enseignement de Jésus et de l’Église doit atteindre le cœur de l’homme. »

Si l'Église ne parvient pas à son but, elle ne doit pas pour autant s’adapter à l’ici et maintenant, mais mener une réflexion critique sur les défauts de la prédication : « Il ne s’agit pas d’amollir les exigences de l’Évangile ou de changer la doctrine de Jésus et des apôtres pour s’adapter aux modes évanescentes, mais de nous remettre radicalement en cause sur la manière dont nous-mêmes vivons l’Évangile de Jésus et présentons le dogme. » [...]

Je dois avouer qu’à la lecture de ce long entretien de Nicolas Diat avec le cardinal Robert Sarah, j’ai plusieurs fois pensé à cette lettre dans laquelle le pape africain Gélase Ier, en 494, à Rome, s’est opposé à la soif de pouvoir de l’empereur byzantin Anastase Ier. Dix-huit ans plus tôt, des tribus germaniques avaient pris d’assaut la ville. La vieille capitale de l’Empire d’Occident était tombée. Seule l’Église catholique avait survécu, dont le chef dénia avec bravoure au plus puissant seigneur de la terre le droit de régner sur les âmes de ses sujets. On ne peut pas comprendre l’histoire admirable de l’Europe, ni l’histoire de l’Église catholique comme moteur de la civilisation, sans prendre en compte l’opposition résolue dont a fait preuve Gélase Ier.

Depuis, la tentation totalitaire fait partie intégrante de notre histoire. Chaque génération la connaît, même si elle adopte d'autres formes et d’autres discours selon les époques. Aujourd’hui, au fond, c’est la même tentation totalisante à laquelle le cardinal Sarah s’oppose seul, sans fard et sans crainte, à l’instar du pape Gélase Ier plus de 1500 ans avant lui.

Ce livre est un livre radical, au sens étymologique. Le mot latin radix a donné « racine ». C’est là que nous conduit le livre du cardinal Robert Sarah, aux racines de notre foi, aux racines de l’Évangile. Cheminer avec lui par la lecture, par la pensée, par la prière est un grand encouragement pour qui accepte de le faire avec la raison en éveil et le cœur ouvert."

Posté le 7 octobre 2015 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent

29 septembre 2015

29 septembre, fête de Saint Michel Archange

FB_IMG_1443508996823O Saint Michel,

Qui avez entendu les battements du Cœur de Jésus,

Qui avez pénétré le mystère de ce Divin Cœur transpercé par la lance,

Faites nous connaître les sentiments de ce Cœur adorable,

Conduisez nous à cette source de bénédiction.

Nous vous prions pour la France,

La nation privilégiée à laquelle il a montré son amour.

Obtenez-lui du Cœur de Jésus les grâces qui la relèveront.

O Prince de la Paix,

Regardez avec bienveillance ce pays qui vous est confié,

Apportez-lui la paix et la concorde,

Secourez les peuples chrétiens,

Reléguez en enfer les guerres qui font couler tant de larmes.

Descendez des sommets du ciel, jusque dans nos demeures,

Pour faire régner la paix parmi nous,

Grand Prince de la Milice Céleste,

Établi par la Providence Divine le protecteur spécial de la France,

Souvenez vous que vous l'avez faite grande entre toute les nations,

Que vous l'avez établie la sentinelle de la foi et le soldat de Dieu dans le monde.

Obtenez-lui un prompt et sincère retour à l'antique foi, source de sa force et de sa grandeur.

Éclairez les incrédules, rassurez les timides, fortifiez les faibles, encouragez les bons,

Secourez nous tous et rendez nous meilleurs et plus chrétiens.

Ainsi soit-il. »

(Merci à H. de B. pour cet emprunt à sa page Facebook)

Posté le 29 septembre 2015 à 08h51 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (7)

28 septembre 2015

Le "village des martyrs"

14 des 21 martyrs coptes, enlevés puis décapités par l'Etat islamique en Libye, ont grandi dans le village d'Al-Dour, en Egypte. Leurs familles et amis témoignent dans ce documentaire :

 

Posté le 28 septembre 2015 à 14h32 par Louise Tudy | Lien permanent

27 septembre 2015

Cardinal Ouellet : communion spirituelle et communion sacramentelle 2e partie

2e partie de l'article du cardinal Ouellet.

II – « Si la communion spirituelle est possible pour les divorcés remariés alors pourquoi pas la communion sacramentelle? »

La question fut posée dans l’aula synodale lors de la discussion sur l’accès aux sacrements de pénitence et d’eucharistie pour les personnes divorcées et remariées. S’il est possible en effet pour ces personnes de retrouver l’état de grâce par le repentir sincère et donc la possibilité de la communion spirituelle, alors pourquoi ne pas leur permettre aussi la communion sacramentelle? Si l’obstacle de la situation objective d’adultère n’empêche pas nécessairement la communion spirituelle alors la communion sacramentelle n’est-elle pas aussi souhaitable? Nous savons bien que l’absence d’état de grâce due au péché mortel vicie la communion sacramentelle et la rend même sacrilège dans l’opinion de saint Paul reprise par saint Thomas[1] et le Concile de Trente[2]. Mais au point où nous en sommes et à l’heure du Jubilé de la miséricorde, l’Église catholique serait-elle capable d’une amnistie générale envers tant de couples et de familles en situation irrégulière qui voudraient normaliser leur vie sacramentelle?  

Ouellet-redDepuis la réforme liturgique du Concile Vatican II qui a heureusement restauré la participation active des fidèles à la liturgie, nous constatons malheureusement une certaine éclipse du discours sur la communion spirituelle. En revanche, on redécouvre le lien très étroit entre la communion sacramentelle et la communion ecclésiale. Cette redécouverte est un vrai progrès mais à la condition de cultiver le sens spirituel profond des sacrements. On observe en effet la tendance très diffuse chez les fidèles à se présenter à la communion sacramentelle sans une claire conscience des conditions spirituelles requises pour recevoir fructueusement le sacrement. Chez beaucoup, on comprend la communion sacramentelle comme une participation active à la liturgie plutôt que comme un signe de communion au Corps du Christ en tant que membre de l’Église. L’abstention de communier comporte alors un vague sentiment d’exclusion voire de discrimination. D’où un désir de participation complète qui ne soit pas frustré par une discipline héritée d’un passé jugé révolu.

La position de l’Église catholique à l’égard des personnes divorcées et remariées face à la communion eucharistique demeure toutefois claire et constante dans la tradition[3] même si leur situation irrégulière n’empêche pas la communion spirituelle au sacrement. Avant même le Concile Vatican II, un commentateur de saint Thomas d’Aquin évoquait leur cas en ces termes: « Le pasteur miséricordieux devra leur enseigner l’importance et l’efficacité de la communion in voto pour procurer des grâces eucharistiques. »[4] Il précisait ainsi l’enseignement de saint Thomas qui parle équivalemment de communion in voto et de « communion spirituelle » :

Elle est spirituelle parce qu’elle fait atteindre la res du sacrement (l’effet), mais elle est elle-même sacramentelle parce qu’elle fait atteindre cette res (union au Christ) par un votum (désir) dont l’objet propre est le sacramentum (manducation) lui-même bien que sa réalisation rituelle soit actuellement impossible.[5]

La raison profonde de la discipline de l’Église vient du lien très intime entre l’alliance conjugale et la signification nuptiale de la communion eucharistique : « le lien conjugal est intrinsèquement relié à l’unité eucharistique entre le Christ époux et l’Église épouse » (SC, 27, cf. Ep. 5, 31-32). Cette affirmation de l’Exhortation apostolique Sacramentum caritatis assume l’approfondissement théologique de saint Jean-Paul II sur le mariage et dans le cas des divorcés remariés reconfirme la pratique pastorale de l’Église « parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie » (SC, 29).

L’alliance conjugale est en effet le signe sacramentel du don du Christ époux à l’Église épouse, don actualisé dans la célébration de l’Eucharistie et ratifié publiquement par la manducation des saintes espèces au banquet de la nouvelle Alliance : « Prenez et mangez, ceci est mon corps » « Amen! ». Si le signe sacramentel du mariage indissoluble est détruit par la rupture de la première union et l’entrée dans une nouvelle union objectivement adultère, comment les personnes divorcées remariées peuvent-elles témoigner publiquement et en vérité de la signification nuptiale de la communion eucharistique? Même une conversion authentique fondée sur un vrai repentir ne peut enlever l’obstacle d’une situation objective qui contredit la vérité des sacrements du mariage et de l’Eucharistie. C’est pourquoi l’Église demande aux divorcés remariés de s’abstenir de communier sacramentellement, tout en les invitant à pratiquer la communion in voto, la communion spirituelle au sens que nous avons défini précédemment.

La limite qui leur est imposée n’est pas tributaire d’un manque de miséricorde qu’on aurait dû surmonter il y a bien longtemps dans l’histoire; elle tient à la nature même de l’Église et à la signification des sacrements dans l’économie du salut. L’ordre sacramentel exprime en effet « l’amour sponsal du Christ et de l’Église » (SC, 27), le baptême étant le « le bain de noces (cf. Ep 5, 26-27) qui précède le repas de noces, l’Eucharistie »[6]. Le mariage sacramentel étant « signe efficace, sacrement de l’alliance du Christ et de l’Église » (ibid.) là où l’alliance conjugale est rompue, le respect de l’Alliance avec le Christ impose l’abstention de la communion sacramentelle et encourage l’humble prière de désir du sacrement qui ne laisse pas le fidèle sans fruit comme nous l’avons dit. Si on désire la communion au Corps du Christ époux avec lequel on est objectivement en rupture du fait d’une autre union, on ne peut pas dire Amen à la signification d’unité dans la fidélité que suppose le geste de la communion sacramentelle. Par conséquent, on s’abstient de communier sacramentellement pour ne pas entraîner l’Époux dans un faux témoignage, ce qui est une offense à son égard. Bref, la limite imposée par l’Église au long des siècles aux personnes divorcées et remariées n’est pas le fruit d’un juridisme ou d’une tradition sclérosée, elle incarne son obéissance à l’Esprit Saint qui fait mieux comprendre de nos jours la dimension ecclésiale des sacrements et la nature profonde de l’Église comme épouse et Corps du Christ.

La communion eucharistique est à comprendre dans ce contexte comme la communion sacramentelle d’un membre qui engage non seulement sa personne mais aussi l’Église épouse unie au Christ par l’Alliance. L’Église vit son rapport d’Alliance avec le Christ à travers le don des sacrements qui sont des actes du Christ la renouvelant, la nourrissant, l’augmentant et l’animant comme son Corps et son épouse. Chacun de ses fidèles reçoit la communion eucharistique comme membre d’un même Corps, qui intensifie son union au Christ dans la mesure où ses sentiments et sa condition de vie reflètent la fidélité de l’Église épouse à l’égard du Christ époux.

On comprend ainsi pourquoi la communion spirituelle est possible sans que la communion sacramentelle ne le soit. La miséricorde de Dieu peut restaurer la communion spirituelle dans les âmes repentantes, tout en maintenant une limite à la communion sacramentelle, car elle s’adapte à la faiblesse des pécheurs sans toutefois promouvoir cette faiblesse aux dépens de la fidélité des autres membres du peuple de Dieu[7]. La communion sacramentelle des divorcés remariés nivellerait la différence entre la fidélité et l’infidélité au don total et définitif de soi-même. L’Église adopte cette même attitude par amour et respect de son époux divin, tout en s’efforçant de libérer juridiquement et pastoralement les personnes qui sont capables de mettre fin à leur situation irrégulière. En ce sens, des accélérations et des assouplissements de procédure sont souhaités et heureusement pressentis à cet effet[8].

Mais pour les cas d’échec d’un mariage sacramentel authentique, l’annonce de la miséricorde ne peut tenir un double discours, affirmant d’une part l’indissolubilité du mariage sacramentel et ouvrant d’autre part des parcours de pénitence conduisant à la communion sacramentelle. Une pastorale cohérente à l’égard des personnes divorcées et remariées doit explorer plus à fond la voie de la communion spirituelle en explicitant son rapport étroit à la communion eucharistique et à la communion ecclésiale. Ces personnes restent membres à part entière de la communauté. Elles peuvent y trouver une croissance en sainteté dans leur état par l’exercice de la charité, la fraternité et la participation active à la liturgie.

Par ailleurs, il convient de rappeler que la miséricorde divine déborde l’ordre sacramentel et elle opère dans les cœurs bien au-delà des obstacles observés à vues humaines. Le facteur décisif pour retrouver l’état de grâce avec Dieu n’est pas d’abord le signe de l’absolution des fautes ou de la communion eucharistique, mais bien le repentir sincère et un chemin de conversion qui ont un effet justificateur même quand les conditions objectives des personnes ne peuvent être modifiées. C’est le cas de beaucoup de personnes divorcées et remariées qui gardent en leur cœur un désir intense des sacrements exprimé par leur participation active à la vie de la communauté. Il importe de les accompagner et de leur faire découvrir la valeur positive de leur union à Dieu et de leur témoignage sacramentel, imparfait mais authentique.

On pourrait objecter que cette position ne tient pas suffisamment compte du caractère médicinal de l’Eucharistie, qu’elle risque de dévaloriser l’économie sacramentelle, qu’elle opère une séparation entre la vie intérieure et la vie publique, voire qu’elle manque l’occasion d’un rapprochement œcuménique avec les orthodoxes. En réponse à ces objections, nous devons comprendre que l’abstention de la communion est aussi une manière de confesser publiquement la valeur du sacrement, et que cette forme de participation par abstention et communion spirituelle peut favoriser un processus de profonde conversion et guérison, beaucoup plus qu’une volonté de communier à tout prix, même au prix de contraindre le Seigneur à contredire son propre témoignage. La communion recherchée avec le Seigneur sera davantage obtenue sous le mode du sacrifice et du désir qui ne comportent pas de contre témoignage.

Bref, il faut rappeler que les sacrements ne sont pas seulement des moyens de salut pour les individus, ils sont des gestes ecclésiaux qui appartiennent au témoignage public de l’Église en tant qu’épouse du Christ. Celle-ci enseigne à ses enfants à faire totalement confiance à la miséricorde divine pour leur salut. Elle les entraîne aussi dans son propre respect pour le témoignage d’amour de l’Époux qui s’exprime corporellement dans l’Eucharistie, respect qui serait contredit par une amnistie générale.

La plénitude de la Miséricorde n’est pas seulement dans le fait que tout, absolument tout, soit pardonné dans le Christ, mais dans le fait que nous, pauvres pécheurs pardonnés, soyons des partenaires authentiques du Dieu de l’Alliance. L’Esprit Saint fait progresser l’Église depuis des siècles dans l’intelligence du mystère de l’Alliance, dont le rapport entre l’Eucharistie et le mariage fait l’objet de nos jours d’un approfondissement salutaire. Même ceux et celles qui vivent en situation irrégulière peuvent expérimenter la divine miséricorde dans un cadre sacramentel approprié qui respecte le mystère de l’Alliance : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. » (Ps 84, 11). 

Marc Cardinal Ouellet



[1] IIIa pars, q. 80, a. 4.

[2] Cf. DH 1646-1647.

[3] Cf. Jean-Paul II, Exhortation apostolique Familiaris Consortio sur les tâches de la famille chrétienne dans le monde d’aujourd’hui, 22 novembre 1981, n. 84; Catéchisme de l’Église catholique, n. 1650 et 1665; Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Église catholique sur l’accès à la communion eucharistique de la part des fidèles divorcés-remariés, 14 septembre 1994; Benoît XVI, Exhortation apostolique post-synodale Sacramentum caritatissur l’Eucharistie source et sommet de la vie et de la mission de l’Église, 22 février 2007, n. 27-29.

[4] A.-M. Roguet, « Les différentes catégories de communion spirituelle », dans : Somme théologique, IIIa pars, q. 79-83, 345.

[5] A.-M. Roguet, op. cit., 345-346. Cette précision distingue la communion spirituelle sacramentelle des autres formes de communion spirituelle que sont par exemple le souvenir de la messe, l’union au Christ présent dans le tabernacle, l’adoration eucharistique hors de la messe, etc.

[6] Catéchisme de l’Église catholique, n. 1617.

[7] En effet, « si l’on admettait ces personnes à l’Eucharistie, les fidèles seraient induits en erreur et comprendraient mal la doctrine de l’Église concernant l’indissolubilité du mariage » (FC, 84); cf. aussi Sacramentum caritatis, n. 29.

[8] La communion sacramentelle redevient aussi possible si les époux « prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux » (FC, n. 4; cf. Jean-Paul II, Homélie à la messe de clôture du VIe Synode des Évêques, 25 octobre 1980, n. 7: AAS 72 (1980), p. 1082). Une telle position semble aujourd’hui plus difficile à justifier théologiquement et pratiquement étant donné que l’union conjugale est beaucoup plus large que l’acte conjugal. Reconnaissons toutefois qu’elle incarne le réalisme sacramentel de l’Église catholique, c'est-à-dire le lien spirituel concret entre la chair du Christ donnée en communion à l’Église et le don charnel des époux qui en est le sacrement.

Posté le 27 septembre 2015 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

Cardinal Ouellet : communion spirituelle et communion sacramentelle 1ère partie

Le Cardinal Marc Ouellet, Préfet de la Congrégation pour les Evêques, a publié un article en deux parties le 11 juillet sur le site de la Conférence des évêques d'Italie (partie 1 et partie 2). Ce texte est une réponse à la question posée au n. 53 du Rapport final du Synode extraordinaire des Evêques qui s’est tenu l’année dernière sur le thème « Les défis pastoraux sur la Famille dans le contexte de l’Évangélisation » :

« Si la communion spirituelle est possible pour les divorcés remariés alors pourquoi pas la communion sacramentelle ? ».

Le cardinal Ouellet a souhaité que la traduction française de ce texte soit portée à la connaissance des lecteurs du Salon Beige.

I – communion spirituelle et communion sacramentelle : unité et distinction 

 « Certains Pères ont soutenu que les personnes divorcées et remariées ou vivant en concubinage peuvent recourir de manière fructueuse à la communion spirituelle. D’autres Pères se sont demandé pourquoi, alors, elles ne pouvaient accéder à la communion sacramentelle. Un approfondissement de cette thématique est donc requis afin de permettre de faire ressortir la spécificité de ces deux formes et leur lien avec la théologie du mariage. »[1]

La proposition 53 du Synode extraordinaire sur la famille demande un approfondissement de la thématique de la communion spirituelle et sacramentelle et son rapport à la théologie du mariage. L’invitation est donc lancée aux théologiens afin qu’ils apportent aux pasteurs l’éclairage indispensable pour une orientation pastorale cohérente et fructueuse.

6a00e55214ffbe8834017ee92ac74b970dAvant d’aborder l’application de cette distinction au cas qui nous occupe, rappelons tout d’abord la tradition de l’Église catholique à ce sujet qui semble être sombrée dans l’oubli. De nos jours, la facilité avec laquelle tout le monde communie a fait s’estomper chez beaucoup le sens spirituel profond de la communion eucharistique. Un certain désir de participation active au plan social a supplanté l’exigence fortement ressentie auparavant de l’état de grâce pour s’approcher de la communion. C’est pourquoi il faut rappeler l’enseignement de la tradition catholique sur la distinction et l’unité entre la communion sacramentelle et la communion spirituelle tel qu’il a été compris et transmis au long des siècles.

Dès les origines saint Paul est intervenu en toute clarté sur les dispositions requises pour manger et boire dignement le corps et le sang du Seigneur : « Que chacun s’éprouve soi-même, avant de manger ce pain et de boire cette coupe; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur mange et boit sa propre condamnation » (1Co 11, 28-29). Parmi ces dispositions ressortent au premier plan la charité et l’unité qui faisaient défaut chez les Corinthiens auxquels il adresse cet avertissement. L’Apôtre indique au chapitre précédent le fondement de ces dispositions : « Le pain que nous rompons n’est-il pas une communion au corps du Christ? Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul corps; car tous nous participons à cet unique pain » (1Co 10, 16-17). L’Apôtre unit ainsi inséparablement le corps eucharistique du Christ et son corps ecclésial.

Saint Augustin prolonge cette doctrine paulinienne de l’union spirituelle au corps sacramentel et ecclésial du Christ. « Mais si vous êtes le corps et les membres du Christ, n’est-ce pas votre emblème qui est placé sur la table sacrée, votre emblème que vous recevez, à votre emblème que vous répondez Amen, réponse qui témoigne de votre adhésion? On te dit : Voici le corps du Christ. Amen, réponds-tu. Pour rendre vraie ta réponse, sois membre de ce corps. »[2]

Autant il décrit la vertu unitive de ce sacrement, autant il insiste sur les dispositions pour une authentique communion spirituelle : « Prendre cette nourriture et boire ce breuvage n’est donc autre chose que demeurer dans le Christ et le posséder en soi-même à titre permanent. Par là même, et sans aucun doute, quand on ne demeure pas dans le Christ, et qu’on ne lui sert point d’habitation, on ne mange point (spirituellement) sa chair, et on ne boit pas non plus son sang, quoiqu’on tienne d’une manière matérielle et visible sous sa dent le sacrement du corps et du sang du Sauveur. »[3]

Origène, commentant le Lévitique, parle dans le même sens en décrivant la communion spirituelle de l’âme sainte comme une manducation du Verbe : « Le lieu saint c’est l’âme pure, et c’est en ce lieu qu’il nous est commandé de manger le Verbe de Dieu. Car il ne convient pas qu’une âme non sainte mange ce qui est saint : mais quand elle se sera purifiée de toute souillure de la chair et des mœurs, alors devenue “lieu saint”, qu’elle prenne la nourriture de ce pain qui est descendu du ciel! »[4]

Saint Thomas d’Aquin recueille la Tradition apostolique et patristique et l’enrichit au moyen de ses distinctions caractéristiques dont celles que nous cherchons à mieux comprendre. Il les élabore en détails en traitant de la manducation du sacrement dans la question 80 de la IIIa pars, articles 1 à 12. Voici un extrait du onzième article:

Il y a deux modes de recevoir ce sacrement, le mode spirituel et le mode sacramentel. Or il est évident que tous sont tenus de le manger au moins spirituellement, car ce n’est pas autre chose que s’incorporer au Christ, comme nous l’avons dit. Mais la manducation spirituelle inclut le vœu ou le désir de recevoir ce sacrement, nous l’avons déjà dit. Et par conséquent, sans le vœu de recevoir ce sacrement, l’homme ne peut obtenir le salut.[5]

Le Docteur Angélique s’efforce ensuite de préciser, sans nécessairement opposer, la communion sacramentelle et la communion spirituelle car elles sont ordonnées l’une à l’autre.

La manière parfaite de manger ce sacrement est celle où on le reçoit de telle façon qu’on perçoit son effet. Mais il arrive parfois, nous l’avons dit, qu’on soit empêché de percevoir l’effet de ce sacrement; et cette manière de manger est imparfaite. Puisque la différence entre le parfait et l’imparfait est un principe de division, la manducation sacramentelle, par laquelle on consomme le sacrement sans obtenir son effet, est distinguée, par opposition, de la manducation spirituelle par laquelle on perçoit l’effet de ce sacrement, lequel unit spirituellement au Christ par la foi et la charité.[6]

La différence dont il parle ici concerne celui qui communie sacramentellement avec les justes dispositions spirituelles et perçoit par conséquent l’effet spirituel du sacrement, et celui qui ne communie que sacramentellement sans en percevoir le fruit parce qu’il lui manque les dispositions de foi et de charité. Sa réponse aux objections précise encore la même chose : « La manducation sacramentelle qui produit la manducation spirituelle ne se distingue pas de celle-ci par opposition, mais elle y est incluse. »[7]

Bref, il y a un mode parfait et un mode imparfait de communier, le mode parfait identifiant communion sacramentelle et spirituelle, la première nourrissant la seconde; le mode imparfait étant soit celui de la communion sacramentelle sans l’effet spirituel faute de dispositions, ou encore la communion spirituelle de désir (in voto) sans la communion sacramentelle à cause d’un quelconque empêchement. Thérèse de Jésus exhortait ses filles à cette pratique fructueuse :

Quand vous ne communierez pas, mes filles, et que vous entendrez la messe, vous pouvez communier spirituellement, c’est extrêmement profitable, et ensuite vous recueillir en vous-mêmes; cela grave profondément en nous l’amour de ce Seigneur; lorsque nous nous disposons à recevoir, jamais il ne manque de trouver une façon de donner, même à notre insu.[8]

La tradition catholique s’appuie surtout sur la doctrine du Concile de Trente à propos de la communion eucharistique, en réponse aux positions protestantes. Elle distingue clairement trois cas : la communion sacramentelle des pécheurs qui n’est pas spirituelle parce qu’indigne; la communion spirituelle sans la manducation du sacrement; et la communion parfaite, sacramentelle et spirituelle :

Pour ce qui est de l’usage, nos pères ont justement et sagement distingué trois manières de recevoir ce saint sacrement. Ils ont enseigné que certains ne le reçoivent que sacramentellement en tant que pécheurs. D’autres ne le reçoivent que spirituellement: ce sont ceux qui, mangeant par le désir le pain céleste qui leur est offert avec cette « foi » vive « qui opère par la charité » (Ga 5,6), en ressentent le fruit et l’utilité. D’autres, enfin, le reçoivent à la fois sacramentellement et spirituellement: ce sont ceux qui s’éprouvent et se préparent de telle sorte qu’ils s’approchent de cette table divine après avoir revêtu la robe nuptiale (Mt 22,11-14).[9]

L’unité et la distinction des deux formes de communion n’est pas toujours clairement perçue de nos jours à cause d’une certaine banalisation de la communion que nous avons évoquée au début, qui est à l’opposé de la pratique déficiente de la communion sacramentelle pendant des siècles, que le jansénisme a aggravée dans les temps modernes par excès de moralisme, mais que saint Pie X a efficacement combattue par la promotion de la communion fréquente[10].

Influencés par ces épisodes, certains estiment que la communion spirituelle est une alternative insuffisante (ersatz) à proposer aux personnes divorcées et remariées. Nous y répondrons dans un prochain article à la lumière de l’enseignement que nous avons rappelé, qui laisse entrevoir de réelles perspectives de miséricorde encore à découvrir.

Marc Cardinal Ouellet


[1] Synode des évêques, IIIe Assemblée générale extraordinaire, Les défis pastoraux sur la famille dans le contexte de l’évangélisation. Relatio synodi, 18 octobre 2014, n. 53.

[2] Saint Augustin, Sermon cclxxii, dans : Œuvres complètes, vol. V., Bar-Le-Duc, 1866, 379.

[3] Saint Augustin, Vingt-sixième traité sur saint Jean, dans : Œuvres complètes, vol. X., Bar-Le-Duc, 1864, n. 18, 532.

[4] Origène, Homélies sur le Lévitique, (Sources chrétiennes 287), xiii, 5, 220.

[5] Somme théologique, IIIa pars, Paris, Tournai et Rome, Desclée et Cie, 1967, q. 80, a. 11, 129.

[6] Ibid., a. 1, 53-54.

[7] Ibid., ad 2, 55.

[8] Thérèse d’Avila, « Le chemin de la perfection » dans : Œuvres complètes, Bruges, Desclée de Brouwer, 1964, xxxv, 1, 489.

[9] Denzinger-Hünermann, Symboles et définitions de la foi catholique, Paris, Cerf, 1996, n. 1648, 442 (Désormais DH). Cf. aussi le huitième canon sur le saint sacrement de l’eucharistie : « Si quelqu’un dit que le Christ présenté dans l’eucharistie est mangé seulement spirituellement et non pas aussi sacramentellement et réellement: A.S. » (DH 1658)

[10] Cf. Giancarlo Pani S.I., « La communione spirituale », La Civiltà Cattolica 3957 (2 mai 2015) 224-237.

Posté le 27 septembre 2015 à 07h50 par Michel Janva | Lien permanent


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