16 février 2018

La liturgie, prière du Corps mystique. La participation active - Vendredi après les cendres

Posté le 16 février 2018 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent

14 février 2018

L'homme a été créé pour adorer Dieu

Posté le 14 février 2018 à 16h30 par Michel Janva | Lien permanent

11 février 2018

Pour bien comprendre le contexte et les enjeux du Credo de Paul VI

Communiqué du Père Bernard de la Famille Missionnaire Notre-Dame :

2018_forum_Sens_CredoPeupleDieu_imageLes samedi 17 et dimanche 18 février prochains, la Famille Missionnaire de Notre Dame organise un forum sur le thème : « Les enjeux du Credo du Peuple de Dieu ».

Ce texte donné par Paul VI il y a 50 ans, en 1968, rappelait dans un contexte tourmenté les vérités fondamentales de la foi, et les dogmes développés dans la Tradition de l’Église.

Aujourd’hui plusieurs de ces vérités de foi demeurent contestées par certains à l’intérieur même de notre Église. Au cours de ce forum, nous étudierons l’origine et le contexte de cette profession de foi du Bienheureux Paul VI, son contenu, ainsi que sa réception difficile par d’importantes parties de l’Église jusqu’à nos jours.

Cette démarche est importante pour nous recentrer dans la fidélité sur le contenu de la foi, afin de pouvoir annoncer l’Évangile aujourd’hui dans son intégrité.

(Voir le programme ici)

Posté le 11 février 2018 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent

10 février 2018

Les miracles de Lourdes face à la science

Samedi 3 février, le colloque "Miracles et sciences" aux Bernardins était passionnant ! Le Dr. Patrick Theillier revient sur sa riche carrière de responsable du bureau médical de Lourdes qui a constaté des miracles éloquents qui ne peuvent que laisser les scientistes perplexes.

Posté le 10 février 2018 à 12h47 par Michel Janva | Lien permanent

04 février 2018

17 et 18 février, forum sur le thème : « Les enjeux du Credo du Peuple de Dieu »

  2018_forum_Sens_CredoPeupleDieu_image

Les samedi 17 et dimanche 18 février, la Famille Missionnaire de Notre Dame organise un forum sur le thème : « Les enjeux du Credo du Peuple de Dieu ».

Ce texte donné par Paul VI il y a 50 ans, en 1968, rappelait dans un contexte tourmenté les vérités fondamentales de la foi, et les dogmes développés dans la Tradition de l’Église.

Aujourd’hui plusieurs de ces vérités de foi demeurent contestées par certains à l’intérieur même de notre Église. Au cours de ce forum, nous étudierons l’origine et le contexte de cette profession de foi du Bienheureux Paul VI, son contenu, ainsi que sa réception difficile par d’importantes parties de l’Église jusqu’à nos jours.

Cette démarche est importante pour nous recentrer dans la fidélité sur le contenu de la foi, afin de pouvoir annoncer l’Évangile aujourd’hui dans son intégrité.

Voir le programme ici.

Posté le 4 février 2018 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

01 février 2018

Dieu existe vraiment !

Magnifique témoignage d'un jeune ayant fait une école de commerce et qui est devenu prêtre :

"Car à 13 ans je suis parti six mois dans un internat en Allemagne. Loin de mon entourage, je me suis alors questionné sur la foi, et c’est là que j’ai lu le témoignage bouleversant d’André Levet, un détenu qui a eu une apparition du Christ dans sa cellule. Cela m’a beaucoup touché.

Et très simplement, je me suis dit: «Si lui, il L’a rencontré, pourquoi pas moi?». Du coup, avec pas mal d’audace, je lui ai donné rendez-vous... au parc Monceau.

Le plus drôle, c’est que j’ai longtemps eu peur d’y aller! C’est seulement un an plus tard, lorsque l’une de mes sœurs m’a proposé d’y aller, que j’ai accepté de répondre à l’invitation que j’avais moi-même adressée à Dieu dans la prière. Et pendant que nous discutions au parc, un prêtre que je ne connaissais pas, est venu mettre sa main sur mon épaule comme si je lui étais familier, a posé sur moi un regard magnifique plein de tendresse et de douceur et m’a dit «bonjour» avant de repartir… Je ne savais pas qui il était et je ne l’ai jamais revu. J’avais alors 14 ans et venais de faire l’expérience que ma prière avait été écoutée... Dieu existe vraiment!"

Le témoignage complet mérite d'être lu.

Posté le 1 février 2018 à 18h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

Il peut y avoir une légitime diversité d'opinion parmi les catholiques sur certains sujets mais pas sur l'avortement

Alors que l'on apprend qu'un nombre important de dirigeants du MRJC avait soutenu la loi Taubira, et que son président actuel a visiblement soutenu Jean-Luc Mélenchon à la dernière présidentielle, Vivien Hoch rappelle sur Riposte catholique ce qu'est un principe non-négociable, c'est-à-dire non soumis aux circonstances ni à l'époque ni au lieu (l'avortement est toujours un meurtre / l'accueil de l'immigré doit être évalué en fonction du bien commun) :

Index"[...] Ces principes non négociables ont vertu d’utilité. Ils servent comme critères sûrs et indiscutables qui facilitent un choix politique en conformité avec les enseignements de l’Église. Le chrétien peut très bien refaire le parcours intellectuel ascendant (philosophie) et descendant (théologie) qui aboutit à ces principes. Deuxièmement, force est de constater que ni en 2006 ni après, les principes non négociables de la doctrine de l’Église catholique n’incluent l’ « accueil des migrants ».

Dans l’Église, certains critiquent le principe même de « principes non négociables ». Bruno Saintôt, Directeur du département de bioéthique du Centre Sèvres (faculté jésuite de Paris), remet en doute la clôture de la liste, et souhaite qu’elle s’étende, par exemple, à la « justice sociale » ou à la « libération des formes modernes d’esclavage ». Il conditionne le respect des principes non négociables de Benoit XVI, au respect d’autres critères, économiques et sociaux.

Selon Benoit XVI, le sens de la non négociabilité des principes est tout autre. La défense de la vie, de la famille et de l’éducation des enfants sont des fondamentaux de la vie en communauté. De leur respect découlent les actions sociales et politiques justes. En cela, ils leur sont antérieurs et prioritaires. Si jamais un tel principe est soumis à la négociation, c’est toute la chaîne anthropologie-société-économie qui est impactée.

Il ne faudrait pas que l’Église de France, par le truchement de ses porte-paroles, envoie des signaux de faiblesse sur ces principes non négociables. Ils sont la nécessaire porte d’entrée d’une société humaine."

Dans une lettre du cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, aux évêques des Etats Unis en juin 2004, il est précisé :

"Tous les problèmes moraux n'ont pas le même poids que l'avortement ou l'euthanasie. Par exemple, si un catholique venait à être en opposition avec le Saint Père sur la peine capitale ou sur une décision de mener une guerre, il ne serait pas, pour cette raison, considéré comme indigne de se présenter à la Sainte Communion. Bien que l'Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et d'user avec discrétion et pitié dans l'application de la peine capitale aux criminels, il reste néanmoins possible de prendre les armes pour repousser un agresseur et d'avoir recours à la peine capitale. Il peut y avoir une légitime diversité d'opinion parmi les catholique sur l'opportunité de mener une guerre ou de recourir à la peine capitale mais pas sur l'avortement et l'euthanasie.

Posté le 1 février 2018 à 15h16 par Michel Janva | Lien permanent

28 janvier 2018

Comment développer l'espérance chrétienne en nous?

Notre Dame de Chrétienté a interrogé 8 prêtres pour leur poser la même question suivante : Comment développer l'espérance chrétienne en nous?

Posté le 28 janvier 2018 à 09h28 par Michel Janva | Lien permanent

24 janvier 2018

Des délégués diocésains à la pastorale familiale contestent les choix du Conseil Famille et Société de la CEF

6a00d83451619c69e201b8d25b7c61970c-800wiA quelques jours de la rencontre annuelle des délégués diocésains à la pastorale familiale, le 29 janvier prochain, un collectif de délégués tient une nouvelle fois à faire connaître son inquiétude. Le programme de la journée a notamment pour ordre du jour la question des divorcés remariés, comme chaque année. On a l’impression que l’obsession de certains membres du Conseil Famille et Société est de faire changer la foi de l’Eglise sur le point très précis de la communion eucharistique pour les divorcés dits « remariés.

En effet, des carrefours sur la question précise de leur intégration ont lieu très régulièrement et tout est dit sur le sujet, et même le contraire, sans aucune référence au magistère de l’Eglise. On nage en plein cafouillage. Pourquoi le flou est-il entretenu de la sorte ? Pourquoi lorsqu’un délégué ose sur le bout des lèvres se référer à la parole du Christ dans l’Evangile sur le sujet, pourquoi les murmures, ou la colère, viennent-ils couper court à sa remarque ? Simple question. Précisons qu’il ne s’agit pas ici de juger de la culpabilité subjective des divorcés engagés dans une nouvelle union, qui sont nos frères, mais de leur mode de vie visible, objectif, qui est contraire à l’enseignement du Christ.

Dans son livre « Les Familles, l’Eglise et la Société » (Bayard 2013) à la page 77, Mgr Brunin, l’ancien président du Conseil Famille et Société, affirmait :

« "Une pastorale des familles devrait d'abord être cette oeuvre de miséricorde et de soutien qui accueille et accompagne les personnes. Il ne s'agit pas de dire ou d'accepter n'importe quoi mais au contraire de proposer un chemin qui permettra de progresser dans une fidélité à ce que le Christ demande, à partir de la situation actuelle où nous nous trouvons".

Lors de la prochaine rencontre, il s’agira de commenter l’échange de lettres entre le Pape François et des évêques d’Argentine concernant l’interprétation de la note 351 de l’exhortation Amoris Laetitia. Une première réflexion s’impose : si le Pape François avait voulu se séparer de la doctrine catholique, il se serait exprimé de manière claire et avec force motifs. Or, il n’y a aucune affirmation explicite en ce sens ; et le pape ne met en doute à aucun moment cette doctrine présentée à frais nouveaux par Saint Jean-Paul II dans l’exhortation Familiaris Consortio et réaffirmée solennellement dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique.

Alors même que le Pape François déplore la focalisation des médias et l’obsession de certains groupes de chrétiens sur cette questions des divorcés dits « remariés », il est bon de rappeler que tous, parmi ces derniers, ne sont pas d’accords avec les théoriciens progressistes qui veulent les « libérer » de cet appel du Christ à la fidélité à leur sacrement de mariage. Comment en effet grandir dans l’amitié avec Dieu si l’on est accompagné par des personnes qui relativisent la parole du Salut ?

C’est la raison pour laquelle, nous, délégués diocésains à la pastorale familiale de nos diocèses, voulons faire entendre la voix de ceux qui ne veulent pas être enfermés dans des solutions seulement horizontales, pragmatiques, ou inspirées par un relativisme moral.

L’appel à l’accompagnement mis hautement en avant par le Pape François est-il un appel à bafouer la doctrine sur le mariage et la famille, qui nous vient de Jésus lui-même ? Non, nous ne le croyons pas. Face à une situation conjugale difficile, plus nous sommes des priants, plus il nous sera aisé de trouver la bonne manière de réagir, d’accompagner. Le plus beau cadeau que nous pouvons offrir à quelqu’un qui souffre de la rupture de son mariage, à quelqu’un qui cherche un nouveau point d’appui pour avancer, c’est que nous soyons amis de Dieu en prenant appui sur sa Parole qui est la doctrine de l’Eglise. Et c’est la seule manière d’être dans la paix profonde, et celle-ci ne pourra être qu’être contagieuse.

L’ouverture de cœur, donc, ne peut être synonyme de relativisme doctrinal. On ne badine pas avec le dépôt de la foi, et l’accompagnement d’une personne en difficulté est l’occasion d’une présence soutenue et d’une prière intense. L’accueil de l’autre n’est pas synonyme de validation des erreurs, du mal, du faux, mais un témoignage rendu à la vérité dans le respect infini des personnes : vigueur et délicatesse sont étroitement imbriquées dans cette mission, il faut le préciser, sacerdotale par excellence. Assumons cela avec douceur et force.

En conclusion, il semble que l’un des objectifs des organisateurs de cette journée, d’années en années, est de tout faire pour rayer d’un trait la doctrine sur le mariage et la famille (lire ici et ). Ne parlons même pas de la question de l’avortement totalement absente des sujets à l’ordre du jour depuis si longtemps. Viendra un jour, et il est proche, où chacun devra rendre des comptes devant Dieu de la manière dont il a fait avancer la cause, indivisible, de la Charité et de la Vérité.

Posté le 24 janvier 2018 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

21 janvier 2018

Venez fêter les 25 ans d'Humanae Vitae les 24-25 mars

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Posté le 21 janvier 2018 à 08h01 par Michel Janva | Lien permanent

14 janvier 2018

Pourquoi l'espérance chrétienne est-elle si importante?

« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’Espérance. La Foi ça ne m’étonne pas. Ce n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. La Charité, dit Dieu, ça ne m’étonne pas. Ça n’est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu’à moins d’avoir un cœur de pierre, comment n’auraient-elles point charité les unes des autres. Ce qui m’étonne, dit Dieu, c’est l’Espérance. Et je n’en reviens pas. L’Espérance est une toute petite fille de rien du tout. Qui est venue au monde le jour de Noël de l’année dernière. C’est cette petite fille de rien du tout. Elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La Foi va de soi. La Charité va malheureusement de soi. Mais l’Espérance ne va pas de soi. L’Espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bienheureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La Foi voit ce qui est. La Charité aime ce qui est. L’Espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n’est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de des grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Et qui les traîne, et qui fait marcher le monde. Et qui le traîne. Car on ne travaille jamais que pour les enfants. Et les deux grandes ne marchent que pour la petite ».
Charles Péguy (1873-1914)

Posté le 14 janvier 2018 à 10h40 par Michel Janva | Lien permanent

08 janvier 2018

Des évêques s'associent à la Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel

A la suite de l'’archevêque d'Astana, plus haute autorité catholique du Kazakhstan, qui a publié un long texte dénonçant les interprétations d'Amoris Laetitia (publié ici sur le Salon beige), d'autres évêques s'associent à cette déclaration. A lire dans l'Homme nouveau :

"Après Janis Pujats, cardinal de Lettonie, Luigi Negri, archevêque émérite de Ferrare, et l’éminent archevêque Carlo Maria Viganò, secrétaire général et ancien nonce apostolique aux États-Unis, Andreas Laun, évêque auxiliaire de Salzbourg, récemment nommé évêque auxiliaire émérite, a lui aussi adhéré à la « Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel » émise par les évêques du Kazakhstan.

Andreas Laun n’est pas un inconnu. Cet ancien professeur de théologie morale à la Haute école de philosophie et de théologie de Heiligenkreuz près de Vienne a entretenu des liens étroits avec les pontificats de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Considéré comme le « lion de Salzbourg », il est renommé bien au-delà des régions germanophones pour son engagement courageux en faveur de la doctrine catholique sur le mariage et la sexualité. Bien loin d’être un théoricien pur et dur, il s’est toujours profilé en pasteur dévoué sur un plan personnel. Sa douceur et sa compréhension envers les personnes en « situation irrégulière » donnent tort aux représentants des « sages » de la morale catholique qui le qualifient de pharisien rigide. La Commission pour le mariage et la famille de l’archidiocèse de Salzbourg, qu’il a constituée et dirigée, a toujours été un modèle à suivre en matière de mise en pratique de la doctrine catholique sur la sainteté du mariage et de la vie. 

Ces évêques expriment leurs vives réserves vis-à-vis de la possibilité de permettre l’accès aux sacrements de certains divorcés remariés.

Posté le 8 janvier 2018 à 13h51 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

01 janvier 2018

Profession des vérités immuables sur le mariage sacramentel

De Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, avec Mgr Tomash Peta, Archevêque Métropolite de l´archidiocèse de Saint Marie en Astana et Mgr Jan Pawel Lenga, Archevêque-Évêque de Karaganda :

Unknown-16Après la publication de l’exhortation apostolique Amoris laetitiae (2016), divers évêques ont émané, au niveau local, régional et national, des normes d’application sur la discipline sacramentelle des fidèles, dits « divorcés-remariés » qui, bien que le conjoint auquel ils sont unis par un lien valide du mariage sacramentel vive encore, ont toutefois entamé une cohabitation stable à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime.

Ces normes prévoient entre autres que, dans des cas individuels, les personnes dites « divorcées-remariées » puissent recevoir le sacrement de Pénitence ainsi que la Sainte Communion bien qu’ils continuent de vivre habituellement et intentionnellement à la manière des époux avec une personne autre que leur conjoint légitime. De telles normes pastorales ont reçu l’approbation de plusieurs autorités hiérarchiques. Quelques-unes de ces normes ont même reçu l’approbation de l’autorité suprême de l’Église.

La diffusion de telles normes pastorales approuvées ecclésiastiquement, a causé une confusion notable et toujours plus grande tant chez les fidèles que dans le clergé. Confusion qui touche tellement au cœur de la vie de l’Église par des manifestations comme le mariage sacramentel, la famille, église domestique, et le sacrement de la Très-Sainte-Eucharistie.

D’après la doctrine de l’Église, une église domestique n’est constituée que par le seul lien matrimonial sacramentel (cf. Concile Vatican II, Lumen gentium 11). L’admission des fidèles dits « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, qui est l’expression la plus haute de l’unité du Christ-Époux avec Son Église, signifie dans la pratique l’approbation ou légitimation du divorce. En ce sens, elle introduit en quelque sorte le divorce dans la vie de l’Église.

Les normes pastorales évoquées contribuent de fait et dans le temps à la diffusion de « l’épidémie du divorce », expression utilisée par le Concile Vatican II (cf. Gaudium et spes 47). Cette diffusion de « l’épidémie du divorce » intervient dans la vie même de l’Église, alors même que l’Église, par sa fidélité inconditionnelle à la doctrine du Christ, devrait être un rempart et un signe incomparable de contradiction contre la plaie du divorce toujours plus répandue dans la société civile.

De manière absolument univoque et sans admettre aucune exception, Notre Seigneur et Rédempteur Jésus Christ a solennellement reconfirmé la volonté de Dieu quant à l’interdiction absolue du divorce. Une approbation ou légitimation de la violation de la sacralité du lien matrimonial, même indirectement par la nouvelle discipline sacramentelle évoquée, contredit gravement la volonté expresse de Dieu et Son commandement. Une telle pratique altère donc substantiellement la discipline sacramentelle bimillénaire de l’Église, ce qui entraînera aussi avec le temps une altération de la doctrine correspondante.

Le Magistère constant de l’Église, commençant avec les enseignements des Apôtres et celui de tous les Souverains Pontifes, a conservé et fidèlement transmis l’enseignement cristallin du Christ sur l’indissolubilité du mariage : tant la doctrine (dans la théorie) que la discipline sacramentelle (dans la pratique). Elle l’a fait sans équivoque, sans l’ombre d’aucun doute et toujours dans les mêmes sens et signification (eodem sensu eademque sententia).

Parce qu’établie par Dieu, la discipline des sacrements ne doit jamais contredire la parole révélée de Dieu ni la foi de l’Église dans l’indissolubilité absolue du mariage ratifié et consommé.

« Non seulement les sacrements supposent la foi, mais encore, par les paroles et les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l’expriment ; c’est pourquoi ils sont dits sacrements de la foi » (Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 59). « Même l’autorité suprême dans l’Église ne peut changer la liturgie à son gré, mais seulement dans l’obéissance de la foi et dans le respect religieux du mystère de la liturgie » (Catéchisme de l’Église Catholique 1125). La foi catholique, par sa nature, exclut une contradiction formelle entre la foi professée d’un côté et la vie et la pratique des sacrements de l’autre. C’est en ce sens qu’on peut comprendre l’affirmation suivante du Magistère : « Ce divorce entre la foi dont ils se réclament et le comportement quotidien d’un grand nombre est à compter parmi les plus graves erreurs de notre temps » (Concilio Vatican II, Gaudium et spes 43) et « la pédagogie concrète de l’Église doit toujours être liée à sa doctrine et jamais séparée d’elle » (Jean-Paul II, Exhortation Apostolique Familiaris consortio 33).

Au vu de l’importance vitale que constituent tant la doctrine que la discipline du mariage et de l’Eucharistie, l’Église est obligée de parler d’une seule voix. Les normes pastorales sur l’indissolubilité du mariage ne doivent donc pas se contredire d’un diocèse à l’autre, d’un pays à l’autre. Depuis les temps apostoliques, l’Église a observé ce principe comme l’atteste saint Irénée de Lyon : « En effet, l’Église, bien que dispersée dans le monde entier jusqu’aux extrémités de la terre, ayant reçu des apôtres et de leurs disciples la foi (…) la garde avec soin, comme n’habitant qu’une seule maison, elle y croit d’une manière identique, comme n’ayant qu’une seule âme et qu’un même coeur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d’une voix unanime, comme ne possédant qu’une seule bouche » (Adversus haereses I, 10, 2). Saint Thomas d’Aquin nous transmet le même principe pérenne de la vie de l’Église : « Il n’y a qu’une seule et même foi depuis les Anciens jusqu’aux Modernes, autrement, ce ne serait pas la même et unique Église (Questiones Disputatae de Veritate, q. 14, a. 12c).

L’admonition du Pape Jean-Paul II demeure actuelle et valide : « la confusion créée dans la conscience de nombreux fidèles par les divergences d’opinions et d’enseignements dans la théologie, dans la prédication, dans la catéchèse, dans la direction spirituelle au sujet de questions graves et délicates de la morale chrétienne, finit par amoindrir, presque au point de l’effacer, le véritable sens du péché ? » (Exhortation Apostolique Reconciliatio et paenitenia, 18).

À la doctrine et à la discipline sacramentelle sur l’indissolubilité du mariage ratifié et consommé, s’applique pleinement le sens des affirmations suivantes du Magistère de l’Église :

En tant qu’évêques catholiques, suivant l’enseignement du Concile Vatican II, nous devons défendre l’unité de la foi et la discipline commune de l’Église et veiller à faire surgir pour tous les hommes la lumière de la pleine vérité (cf. Lumen gentium, 23). Face à la confusion actuellement toujours grandissante, nous sommes ainsi obligés en conscience de professer l’immuable vérité et la discipline sacramentelle tout aussi immuable sur l’indissolubilité du mariage, conformément à ce qu’enseigne le Magistère de l’Église de manière inaltérable depuis 2000 ans. Dans cet esprit, nous rappelons que :

Les évêques, par leur office (munus) pastoral sont « cultores catholicæ et apostolicæ fidei » : ils « veillent fidèlement sur la foi catholique reçue des Apôtres » (cf. Missale Romanum, Canon Romanus). Nous sommes conscients de cette grave responsabilité et de notre devoir face aux fidèles qui attendent de nous une profession publique et sans équivoque de la vérité et de la discipline immuable de l’Église sur l’indissolubilité du mariage. Pour cette raison, il ne nous est pas permis de nous taire.

Nous affirmons ainsi, dans l’esprit de saint Jean-Baptiste, de saint John Fisher, de saint Thomas More, de la bienheureuse Laura Vicuña et de nombreux confesseurs et martyrs, connus et inconnus, de l’indissolubilité du mariage :

Il n’est pas permis (non licet) de justifier, d’approuver ou de légitimer, ni directement, ni indirectement, le divorce et une relation sexuelle stable non conjugale en admettant les soi-disant « divorcés-remariés » à la Sainte-Communion, puisqu’il s’agit en ce cas d’une discipline autre que celle conforme à la Tradition de la foi catholique et apostolique.

En faisant cette profession publique devant notre conscience et devant Dieu qui nous jugera, nous sommes sincèrement convaincus d’avoir ainsi rendu un service de charité dans la vérité à l’Église actuelle et au Souverain Pontife, Successeur de Pierre et Vicaire du Christ sur la terre.

Athanasius Schneider, +, 31 décembre 2017, Fête de la Sainte-Famille, en l’année du centenaire des apparitions de Notre-Dame à Fátima.

Posté le 1 janvier 2018 à 17h38 par Michel Janva | Lien permanent

29 décembre 2017

2 janvier : conférence à Paris sur le Saint Nom de Jésus

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Posté le 29 décembre 2017 à 11h31 par Michel Janva | Lien permanent

23 décembre 2017

Le secret de la confession est absolu

Le dominicain Thomas Michelet, professeur à l'Université pontificale Saint-Thomas d'Aquin à Rome, réagit à une interview de Laurent Lemoine publiée par La Vie, dans laquelle il estimait que “Le prêtre n'est pas tenu au secret de la confession s'il refuse l'absolution” » :

-prtA6g8_400x400"Or c’est faux. Il faut être clair : le secret de la confession est absolu, il porte sur l’ensemble de la confession, sans distinguer le pénitent absous de celui qui ne reçoit pas l’absolution. Voici le texte du Code de Droit canonique :

Canon 983, § 1. « Le secret sacramentel est inviolable; c'est pourquoi il est absolument interdit au confesseur de trahir en quoi que ce soit un pénitent, par des paroles ou d'une autre manière, et pour quelque cause que ce soit. »
Canon 1388 § 1. « Le confesseur qui viole directement le secret sacramentel encourt l'excommunication latae sententiae réservée au Siège Apostolique; celui qui le viole d'une manière seulement indirecte sera puni selon la gravité du délit. »

Le prêtre n’a donc pas le droit de se servir de quoi que ce soit qu’il entendrait dans une confession. En aucun cas, il n’a le droit de dénoncer le pénitent, lui-même ou par d’autres. Si l’État imposait de violer le secret de la confession, il faudrait lui résister, jusqu’au martyre.

Revenons sur les propos exacts du frère : « Le prêtre est ligoté et tenu au silence s’il y a eu sacrement avec absolution. Or, l’absolution peut être refusée. » La conclusion qui vient naturellement à l’esprit est que sans l’absolution, il n’y a pas eu sacrement, donc le prêtre n’est pas tenu au silence. Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut comprendre les choses. Le prêtre peut refuser l’absolution, et donc il n’est pas ligoté, il lui reste une marge de manœuvre. Il peut en effet conditionner l’absolution au fait pour le pénitent d’aller se dénoncer. Auquel cas, il respecte et le secret de la confession, et les exigences de la justice.

Le prêtre n’est pas là pour faire la vérité sur tout le mal qu’a pu faire le pénitent, mais il est là pour pardonner les péchés qu’il reconnaît avoir commis en conscience.

Rappelons que le confesseur peut et même doit refuser de donner l’absolution s’il apparaît que le pénitent ne remplit pas l’une ou l’autre des trois conditions requises : la vive détestation de son péché, le ferme propos de ne pas recommencer, et l’intention résolue de le réparer en faisant pénitence. La contrition nous porte à vouloir réparer notre péché du mieux que nous le pouvons. Or si nous avons blessé la communauté politique, il faut aussi payer pour cela.

Ceci étant, il ne me semble pas juste de faire du chantage à l’absolution. On doit demander au pénitent de se dénoncer, mais on ne peut pas l’imposer. Pourquoi ? Parce qu’il ne faut pas confondre l’aveu sacramentel avec un aveu judiciaire. Le prêtre n’est pas là pour faire la vérité sur tout le mal qu’a pu faire le pénitent, mais il est là pour pardonner les péchés qu’il reconnaît avoir commis en conscience. Or il peut y avoir un décalage entre la réalité et la perception de la réalité par ce pénitent. Il peut s’accuser de choses qu’il n’a pas commises, ou qui ne sont pas des péchés. Peu importe : dès lors qu’il a agi contre sa conscience, il a commis un péché, et il faut pouvoir l’en libérer. L’inverse est vrai : il peut avoir commis des actes objectivement graves, mais s’il n’en a pas conscience, ce ne sont pas des péchés, et il ne va pas les confesser. Pour autant, ce ne sont pas des actes bons.

Imposer aux prêtres de dénoncer les pédophiles n’aboutirait qu’à une chose : plus personne ne viendrait se confesser. C’est un fusil à un coup, ça ne marche plus ensuite. Et pour un résultat qui de toutes manières n’aurait aucune valeur légale. Car l’aveu obtenu en confession n’est pas une vérité judiciaire ou policière. C’est la vérité de l’âme dans son rapport avec Dieu. Parfois elles coïncident, parfois non, en tout cas elles ne se confondent jamais car elles ne se situent pas sur le même plan. Nul ne gagnera à confondre la justice de Dieu avec celle des hommes. Celle de Dieu est parfaite, mais elle est d’un autre ordre, et d’un autre monde. Rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu."

Posté le 23 décembre 2017 à 12h47 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

16 décembre 2017

Et vous que fêtez-vous à Noël ?

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Posté le 16 décembre 2017 à 13h20 par Michel Janva | Lien permanent

14 décembre 2017

Le père Louis Pelletier, un maître spirituel

Entretien avec le P. Jose Luis Almeida, dominicain, à propos du livre "Grandir avec le Christ" qu'il a préfacé, de même que Mgr de Moulins-Beaufort :

PQuels traits vous paraissent les plus saillants dans la personnalité du P. Louis Pelletier?

Le P. Louis Pelletier fut un témoin radical de l'Evangile et sa famille l'a vécu concrètement, car son père a été, tout jeune, résistant. Son grand-père fut fusillé comme résistant, un oncle a été aussi tué par les nazis. Le P. Louis a reçu cet héritage humain et aussi spirituel au sein de sa famille. Cela lui a forgé un tempérament de feu et des interrogations brûlantes que la plupart de ses contemporains -dont je suis- n'ont pas vu l'urgence. De plus, depuis son chemin personnel, le P. Louis s'est toujours vu comme un 'fils de l'Eglise' et a pour cette raison porté une attention au Magistère comme de rares prêtres l'ont fait. Il a fréquenté et lu l'Osservatore Romano depuis au moins 30 ans. Car il voulait valider et se laisser enseigner par le Magistère, réalité qui pourrait faire sourire de nombreux clercs. Mais en cela il a voulu être fidèle jusqu'au bout, voulant aussi aller jusqu'au bout de sa démarche catholique, en toute logique et en toute droiture de conscience. Parce que cela devient rare, son attitude a dérangé d'autant plus. Il a vécu ainsi une grande solitude spirituelle et probablement aussi intellectuelle.

Le P. Louis évoquait souvent l'ascèse comme moyen de grandir spirituellement, ce qui lui a parfois valu des critiques contre son "dolorisme" ou son "archaïsme". Comment comprendre la place de l'ascèse dans la vie spirituelle?

Nourri notamment par la pensée de Jean-Paul II, un grand résistant et un soldat spirituel, le P. Louis a aussi vécu la compassion pour tant d'êtres et des petits et, dans ses divers ministères, a touché le poids de la misère et  du péché. Il a allié du coup une grande rigueur et une très haute exigence mais aussi une compassion, qu'il a voulu marquer dans son corps par l'importance de la prière, de l'oraison, des nuits trop courtes où il écrivait, travaillait, son sommeil étant aussi perturbé depuis des années. Il jeûnait de manière qui pouvait nous paraître excessive mais il portait de nombreux fruits.  Il est vrai que certains aspects de sa vie ont découlé me semble-t-il d'une logique très personnelle et de son chemin avec Dieu, lieu dans lequel  chacun aborde le mystère de la volonté de Dieu avec ce qu'il est. Pour le P. Louis avec une totale générosité  et une exigence de vérité, marquée aussi par une pureté de vie, qui semblait de la naïveté.

Comme beaucoup de convertis, il insistait beaucoup sur le rôle de la grâce. Cela ne risque-t-il d'occulter le rôle de la nature dans la maturité spirituelle?

Il avait un tempérament à la fois classique et aussi audacieux, et a pris de nombreuses initiatives pastorales et d'écoute. Il a fait appel à des psychologues pour valider et se faire aider dans son discernement et, en cela, il n'a rien d'archaïque, y compris dans sa manière de voir les bons psys qui pourraient ne pas être que des catholiques. Il voulait surtout trouver des hommes ou des hommes de droiture dans ce milieu. Il a aussi rappelé, par ses insistances, l'importance du combat spirituel. Ayant moi-même été exorciste diocésain, ce n'est pas moi qui irait le contrer dans cette interrogation que depuis les Pères du Désert résonne comme une réalité décisive dans la vie du chrétien: le discernement et la recherche de la volonté de Dieu et la croissance dans les vertus. Par ailleurs le P. Louis a laissé d'autres nombreux écrits et évidemment il a aussi ses propres accents personnels. Je constate qu'il reste assez proche de Saint Jean de la Croix et celui-ci comme le P. Louis ayant à souffrir notablement de la part de ses frères/ religieux ont découvert tous les deux dans l'esprit d'abandon le chemin possible de l'espérance et de la rencontre avec Dieu. De nombreuses personnes m'ont témoigné au sujet du P. Louis de son insistance, sur la joie et son humour dans ses homélies était audible. Je pense ainsi qu'on peut établir des parallèles malgré les siècles qui les séparent.

Le P. Louis est aussi un fils de son époque et confronté aux défis et aux nombreuses personnes paumées qui sont venus l'écouter a répondu à des urgences. Mais son écoute notamment dans le sacrement de la confession/ réconciliation ont montré davantage en lui un homme de la compassion mais aussi de l'exigence. Le fait qu'il ait eu ce don de lire dans les coeurs  affermissait encore plus son diagnostic spirituel et son désir d'être  concret. Sur de nombreux points de diagnostic spirituel il était très concret et courageux, abordant des thèmes que la plupart des prédicateurs n'osent même pas mentionner. Cela est le propre des prophètes qui dérangent et qui gênent jusqu'au bout. Sa référence aux éléments classiques de la vie spirituelle de l'Eglise et de son patrimoine traduisent l'urgence de notre temps et aussi son désarroi.

Posté le 14 décembre 2017 à 11h45 par Michel Janva | Lien permanent

13 décembre 2017

Cinq périls pour l’Eglise d’aujourd’hui

Extrait d'un livre contenant des homélies et des articles du cardinal Caffarra (+) paru le 12 décembre :

C"L’alternative à une Eglise sans doctrine, ce n’est pas une Eglise pastorale mais une Eglise de l’arbitraire, esclave de l’esprit du temps : « praxis sine theoria coecus in via » disaient les médiévaux. Ce péril est grave et, s’il n’est pas vaincu, il causera de grands dommages à l’Eglise. Ceci pour au moins deux raisons. La première est que, « La Sainte Doctrine » n’étant rien d’autre que la divine Révélation du projet divin pour l’homme, si la mission de l’Eglise ne s’enracine pas en elle, alors qu’est-ce que l’Eglise dit à l’homme ? La seconde raison c’est que lorsque l’Eglise ne se garde pas de ce péril, elle risque de respirer le dogme central du relativisme : quant au culte que nous devons à Dieu et au soin que nous devons prendre de l’homme, ce que je pense de Dieu et de l’homme n’a aucune importance. La « quaestio de veritate » devient une question secondaire.

Le second péril, c’est d’oublier que la clé interprétative de la réalité toute entière et en particulier de l’histoire humaine ne se trouve pas dans l’histoire elle-même. C’est la foi. Saint Maxime le Confesseur estime que le vrai disciple de Jésus pense toute chose à travers Jésus Christ et Jésus Christ à travers toute chose. Je vais prendre un exemple très actuel. La mise en valeur de l’homosexualité à laquelle nous assistons en Occident ne doit pas être interprétée et jugée en prenant comme critère l’opinion publique de nos sociétés ni la valeur morale du respect que l’on doit à chaque personne, ce qui serait un « metabasis eis allo genos », c’est-à-dire un passage à un autre genre, diraient les logiciens. Le critère c’est la « Sainte Doctrine » sur la sexualité, le mariage et le dimorphisme sexuel. La lecture des signes des temps est un acte théologal et théologique.

Le troisième péril, c’est le primat de la praxis. J’entends par là le primat fondateur. Le fondement du salut de l’homme c’est la foi de l’homme et non pas son action. Ce qui doit préoccuper l’Eglise, ce n’est pas « in primis » de coopérer avec le monde à travers de grandes œuvres pour atteindre des objectifs communs. La préoccupation permanente de l’Eglise, c’est que le monde croie en Celui que le Père a envoyé pour sauver le monde. Le primat de la praxis mène à ce qu’un grand penseur du siècle dernier appelait la dislocation des Personnes divines : la seconde Personne n’est plus le Verbe mais l’Esprit Saint.

Le quatrième péril, qui est très lié au précédent, c’est la réduction de la proposition chrétienne à un discours moral. Il s’agit du péril pélagien que Saint Augustin appelait l’horrible venin du christianisme. Cette réduction a eu pour effet de rendre la proposition chrétienne très ennuyeuse et répétitive. Seul Dieu est toujours imprévisible dans ses actions. Et de fait, ce n’est pas l’agir de l’homme qui se trouve au centre du christianisme mais l’Action de Dieu.

Le cinquième péril c’est le silence autour du jugement de Dieu, à travers une prédication de la miséricorde divine faite de telle façon qu’elle risque d’éclipser de la conscience de l’homme qui écoute la vérité que Dieu juge l’homme."

Posté le 13 décembre 2017 à 09h52 par Michel Janva | Lien permanent

03 décembre 2017

Des livres à offrir à Noël

9782851902276
Les éditions de Chiré ont récemment réédité cet ouvrage, qui est la réimpression de l’édition parue initialement en 1926. Son auteur, né en 1888 (à Fougères, Ille-et-Vilaine), fut ordonné prêtre en 1914 et, titulaire d’un doctorat en philosophie,  exerça la fonction de professeur au Grand séminaire de Rennes. Extraits de l'ouvrage.

« La tâche est des plus malaisées ; le libéralisme, en effet, pris dans son ensemble, est quelque chose de vague, d’incertain, d’indéterminé, qui, s’étendant à tous les domaines (philosophie, théologie, morale, droit, économie…), apparaît partout comme essentiellement variable au gré des personnes et des circonstances. D’où l’extrême difficulté de saisir ce protée qui prend à volonté toutes les formes, tous les visages, y compris le masque de la vérité et de la vertu ».

« Le libéralisme, chaos d’erreurs, monstre informe, est comme le protestantisme, le kantisme, le laïcisme, le modernisme, le rendez-vous de toutes les hérésies. Par son éclectisme universel, il est même l’hérésie-type, radicale ; il contient toutes les autres comme leur principe et leur source. Cette description permet d’en saisir la nature profonde et conduit à la définition du libéralisme : c’est avant tout le renversement des valeurs, la contradiction de la loi et de l’ordre ».

Pour le commander, suivez ce lien.

Pour plus d'informations sur cet ouvrage, suivez celui-ci.

Posté le 3 décembre 2017 à 12h45 par Paula Corbulon | Lien permanent

26 novembre 2017

28 novembre à Paris : conférence sur les signes de la fin des temps

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Posté le 26 novembre 2017 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent

24 novembre 2017

27 novembre à Paris : conférence sur les âmes du purgatoire

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Posté le 24 novembre 2017 à 19h54 par Michel Janva | Lien permanent

19 novembre 2017

20 novembre à Paris : conférence sur le Purgatoire

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Posté le 19 novembre 2017 à 09h11 par Michel Janva | Lien permanent

12 novembre 2017

14 novembre : conférence à Paris sur les anges gardiens

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Posté le 12 novembre 2017 à 08h57 par Michel Janva | Lien permanent

Cycle de conférences sur les âmes du purgatoire

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Posté le 12 novembre 2017 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent

08 novembre 2017

La casuistique ne s’est jamais aussi bien portée

Selon Thibaud Collin, qui analyse le petit livre « Une morale souple mais non sans boussole » des Pères Alain Thomasset et Jean-Miguel Garrigues, le premier jésuite et le second dominicain, qui se veut une réponse aux dubia des cardinaux. Le père Thomasset est déjà connu de nos lecteurs pour contester certains aspects du magistère de l'Eglise (voir ou ). Extrait :

C"[...] En refermant le livre, force est de constater que ces « dubia » n’ont pas disparu. On pourrait même dire qu’ils sortent, malheureusement, renforcés tant les arguments utilisés pour les dissiper produisent l’effet inverse. Il ne s’agit certes pas de s’en réjouir car le doute est une indétermination douloureuse de l’esprit. Et la matière concernée ici, la vie morale et sacramentelle des fidèles, est suffisamment grave pour estimer que la charité porterait à les dissiper de toute urgence. Comme on le sait, le Saint-Père n’a pas encore jugé bon de consentir à poser un tel geste.

En attendant la détermination pontificale, le débat continue et la division croît. Et plus le temps passe, plus il est clair que la réception d' »Amoris laetitia » va croiser les 50 ans d' »Humane vitae » et les 25 ans de « Veritatis splendor ». Or l’encyclique de Jean-Paul II répondait aux objections adressées à l’encyclique de Paul VI en remontant à leurs racines les plus profondes. Or lorsqu’on lit aujourd’hui nombre de textes consacrés à « Amoris laetitia », on a l’impression que l’histoire se répète. On éprouve un sentiment étrange devant une telle régression. Les quatre cardinaux, et en première ligne le cardinal de Bologne pour des raisons historiques évidentes, ont justement pointé en quoi le chapitre 8 d' »Amoris laetitia » semble avoir été écrit comme si « Veritatis splendor » n’avait jamais existé. [...]"

Posté le 8 novembre 2017 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent

07 novembre 2017

"Nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie"

Mgr de Germay, évêque d'Ajaccio, déclare dans Famille chrétienne (article de 2015 qui n'a pas pris une ride) :

G"La pastorale des personnes divorcées remariées est un peu l’arbre qui cache la forêt ! En réalité, nous avons un problème avec la pastorale de l’eucharistie. La dimension de repas a été beaucoup mise en avant, au détriment de la dimension de sacrifice. Mais si la messe n’est qu’un repas, on ne comprend plus ce que signifie participer à l’eucharistie sans communier. C’est pourtant ce que faisaient nos ancêtres qui communiaient deux fois par an. Je pense qu’il faut interroger notre pratique de la communion systématique et retrouver le lien avec le sacrement de la réconciliation.

Sous quelle forme les divorcés remariés peuvent-ils s’associer en vérité à la vie de l’Église ?

Le Synode invite effectivement à une meilleure intégration de ces personnes. Elles peuvent le faire de bien des manières, car la vie chrétienne ne se limite pas aux sacrements. Je pense par ailleurs qu’il n’est pas juste de dire qu’elles sont exclues de l’eucharistie. Elles peuvent réellement participer à l’eucharistie, non seulement en écoutant la Parole, mais aussi en s’associant au sacrifice du Christ, en faisant de leur vie « une vivante offrande à la louange de [sa] gloire ».

Accepter de ne pas communier, c’est se libérer de l’autojustification et poser un acte de fidélité au Christ et à l’Église. On est là au cœur du mystère pascal, et ce n’est pas sans grâce !"

Posté le 7 novembre 2017 à 17h14 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2017

"Nous ne croyons pas des choses simplement parce qu’un pape nous les enseigne, mais parce que ces vérités sont contenues dans la Révélation"

L'Homme nouveau a publié dans son dernier numéro un entretien avec le cardinal Gerhard Ludwig Müller, ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi. C'est une traduction de l'entretien accordé au journaliste américain Edward Pentin, correspondant à Rome du National Catholic Register. En voici quelques courts extraits (pour lire l'intégralité, il est utile de s'abonner à L'Homme Nouveau) :

Une-1649"[...] J’ai entendu dire que le Pape était proche de certains théologiens mais ces derniers ne peuvent pas prétendre être les interprètes autorisés du Pape. Si, par exemple, l’archevêque Fernández [recteur de l’Université catholique pontificale d’Argentine à Buenos Aires] fait une déclaration, c’est seulement à titre privé. Elle n’a pas plus de poids que la déclaration d’un autre évêque – et assurément pour l’Église dans son ensemble, il n’a pas d’autorité magistérielle –, et donc cela n’a pas plus d’autorité pour moi que n’importe quelle autre voix théologique. [...]

[J]e crains qu’il n’y ait plus une idée très claire sur le statut ecclésiologique de l’Église romaine sous la forme de la Congrégation des cardinaux et de la Curie romaine. Certains pensent que le Pape peut à titre personnel faire tout ce qu’il veut car il est le souverain absolu, mais ce n’est pas vrai. [...]

Dans mes fonctions comme préfet de la Congrégation, j’ai fait plusieurs interventions dans lesquelles j’ai expliqué que la seule vraie et juste interprétation d’Amoris Lætitia – qui est globalement très bonne et en faveur du mariage – est l’interprétation orthodoxe, et par là nous voulons dire qu’elle est dans le droit fil de la Sainte Écriture, de la tradition apostolique et des décisions définitives du magistère papal et épiscopal, qui est ininterrompu jusqu’à présent. Il n’est nulle part exigé des fidèles dans Amoris Lætitia de croire quoi que ce soit de contraire au dogme, car l’indissolubilité du mariage est une chose évidente. [...]

N’est-il pas problématique que le Pape donne sa propre interprétation qui semble être en désaccord avec l’interprétation orthodoxe que vous faites vôtre, comme, par exemple, dans sa lettre à des évêques argentins et son éloge des évêques de Malte ?

Dans le cas de la lettre à des évêques argentins, si le Pape écrit une lettre privée et personnelle, ce n’est pas un document doctrinal officiel.

Elle a été mise en ligne sur le site Internet du Vatican.

Le site Internet du Vatican a un certain poids, mais il n’a pas d’autorité magistérielle et si vous lisez ce que disent ces évêques argentins dans leur directive, vous pouvez l’interpréter de manière orthodoxe. [...]

Nous devons distinguer entre ce qui est la doctrine officielle de l’Église, le rôle du Pape et ce qu’il dit dans des conversations privées. Ces opinions privées du Pape doivent être respectées parce que ce sont des opinions et des paroles du Saint-Père, mais personne n’est obligé d’accepter inconditionnellement tout ce qu’il dit, par exemple en matière de questions politiques ou scientifiques. Ce sont là ses opinions personnelles, mais cela n’a rien à voir avec notre foi catholique par laquelle nous sommes justifiés dans la grâce de Dieu. [...]

Quiconque devient évêque, ou cardinal, ou pape doit apprendre à distinguer entre les critiques contre la personne et les critiques contre la mission dont vous êtes investi. Le Saint-Père François doit savoir qu’il est important que l’on accepte ses intentions : aider ces gens qui sont éloignés de l’Église, de la croyance de l’Église, de Jésus-Christ, ceux qui veulent les aider... Cette discussion n’est pas contre lui, ce n’est pas contre ses intentions, mais on a besoin de plus de clarification. Dans le passé aussi nous avons eu des discussions sur la foi et son application pastorale. Ce n’est pas la première fois que cela se passe dans l’Église, et alors pourquoi ne pas apprendre de notre longue expérience comme Église, avoir une discussion bonne et profonde dans le but de promouvoir la foi, la vie de l’Église, et de ne pas personnaliser tout cela et de nous diviser ? Ce n’est pas une critique personnelle contre lui, et chacun doit l’apprendre et respecter sa haute responsabilité. C’est un très grand danger pour l’Église que certains groupes idéologiques se présentent eux-mêmes comme les gardiens exclusifs de l’interprétation authentique d’Amoris Lætita. Ils pensent avoir le droit de qualifier toutes les personnes qui ont une autre position, de stupides, de rigides, de dépassés, de moyenâgeux, etc. [...]

On trouve parfois des comportements peu chrétiens imprimés dans L’Osservatore Romano, le quotidien semi-officiel du Vatican, ou publiés dans des organes médiatiques officiels, pour créer des polémiques et de la rhétorique. Cela ne nous aidera pas dans la situation présente, mais une discussion théologique profonde le pourra. [...]

Souhaiteriez-vous que le Pape réponde aux dubia ? Est-ce vital pour le bien-être de la doctrine ?

La meilleure chose aurait été, pour le Saint-Père, d’accorder une audience avant leur publication. Nous avons désormais le spectacle d’une épreuve de force. C’est mieux de parler avant, d’approfondir les questions et de donner de bonnes réponses. [...] Le successeur de saint Pierre mérite un respect total pour sa personne et son mandat qu’il tient de Dieu, en même temps, ceux qui le critiquent honnêtement méritent une réponse convaincante. Une solution possible serait qu’un groupe de cardinaux désignés par le Saint-Père, engage un débat théologique avec quelques représentants éminents des dubia et des « corrections », sur les interprétations différentes et parfois controversées de certaines déclarations du chapitre VIII d’Amoris Lætitia. [...]

Une fois, dans un entretien avec le Corriere della Sera [2015], [Mgr Fernández] m’a publiquement critiqué en disant que le préfet de la Congrégation n’avait rien à dire, que le Pape était son ami, qu’il en était l’authentique interprète, que le Saint-Père reçoit ses lumières directement du Saint- Esprit. Mais je n’ai jamais lu nulle part que le Saint-Père recevait des lumières du Saint-Esprit, dans le sens d’une nouvelle révélation. Le Pape n’est assisté par le Saint-Esprit que pour interpréter authentiquement la révélation de Dieu dans le Christ. Lui et les évêques sont des coopérateurs humains pour transmettre la Révélation qui est entièrement donnée par Jésus-Christ, le Verbe incarné de Dieu, mais ils ne reçoivent aucune autre sorte de révélation.

Les Évangiles sont des mots humains inspirés par le Saint-Esprit, mais cela n’exclut pas la coopération authentiquement humaine des évangélistes. La théologie catholique ne parle pas « d’illumination du magistère du Pape et des évêques ». Les Apôtres ont écouté les paroles de Jésus – c’était une médiation humaine de fait de nature humaine, et c’est pourquoi la coopération de l’Église est absolument nécessaire. Personne ne peut croire sans avoir entendu avec des oreilles humaines la parole de Dieu.

Quand des conseillers du Pape invoquent fréquemment le Saint-Esprit pour justifier leurs positions, impliquant par là que si quelqu’un ne [les] comprend pas il ne comprend pas ce qu’opère le Saint-Esprit, n’est-ce pas là une tendance dangereuse ?

Je crains qu’il y ait une sorte d’incompréhension pentecôtiste quant au rôle du Saint-Esprit. Dans le Verbe incarné de Dieu, dans le Fils de Dieu, Jésus-Christ, nous sont données toute grâce et toute vérité. Le Saint-Esprit réalise la plénitude de la Révélation dans la doctrine et les sacrements de l’Église. Le Saint-Père joue un rôle très im- portant dans la tradition apostolique, mais ce n’est pas le seul. Son enseignement se règle sur la parole de Dieu dans la Bible et sur la tradition dogmatique de l’Église. Le magistère et tous les croyants sont soutenus par le Saint-Esprit dans l’actualisation de la Révélation pleine et entière, mais ils ne reçoivent aucune nouvelle révélation publique qui ferait partie du depositum fidei, comme l’a confirmé le concile de Vatican II [Lumen Gentium, n. 25].

Personne ne peut exiger d’un catholique qu’il croit une doctrine qui serait en opposition évidente à la Sainte Écriture, à la tradition apostolique et aux définitions dogmatiques des papes et des conciles œcuméniques en matière de foi et de morale. Ce qui est requis c’est l’obéissance religieuse mais non une foi aveugle au Pape et aux évêques, et rien du tout aux amis personnels et aux conseillers.

Ces gens doivent venir présenter leurs arguments mais il ne leur est pas permis d’exiger un quelconque respect à leur supposée autorité magistérielle. Nous ne croyons pas des choses simplement parce qu’un pape nous les enseigne, mais parce que ces vérités sont contenues dans la Révélation [Dei Verbum, n. 10]."

Posté le 5 novembre 2017 à 09h03 par Michel Janva | Lien permanent

04 novembre 2017

7 novembre à Paris : conférence sur les âmes du purgatoire

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Posté le 4 novembre 2017 à 15h07 par Michel Janva | Lien permanent

02 novembre 2017

« Le purgatoire : le mal, la mort, la souffrance et l’espérance »

SNathalie Saracco sera ce soir sur Radio Notre-Dame, de 22h à minuit, pour évoquer la mort.

Il y a quelques années, après un crash violent en voiture, Natalie Saracco éprouva une expérience de mort imminente. Depuis sa vie a été transformée.

" J’ai failli mourir et ça a changé ma vie. Je suis dans l’urgence, je n’ai pas de temps à perdre. J’ai vraiment rencontré le Cœur du Christ qui souffrait parce que d‘un côté y a nos péchés et de l’autre notre froideur."

Posté le 2 novembre 2017 à 16h24 par Michel Janva | Lien permanent

01 novembre 2017

Plutôt tous les saints du ciel que Luther !

171031_vatican_emet_un_timbre_lutherLa Poste de la Cité du Vatican a édité un timbre commémorant le « 5e centenaire de la Réforme protestante ». Nous y voyons le crucifix qui se trouve au-dessus du portail de l’église de Wittemberg où Luther, le 31 octobre 1517, afficha ses 95 thèses, aujourd’hui gravées dans le bronze. A gauche, Luther et la Bible. A droite, Mélanchton et la Confession d’Augsbourg… Un ami lecteur me demande si le Vatican ne devrait pas aussi éditer un timbre à l'effigie de Ponce Pilate, tellement c'est devenu une mode chez certains catholiques de louer l'auteur de la Réforme pour son inspiration, sa volonté sincère de défendre la foi, etc.

Le cardinal Müller dénonçait récemment cette déformation sur Luther :

"Il n’est pas réaliste de prétendre que son intention était de lutter contre certains abus relatifs aux indulgences, ou contre les péchés de l’Eglise de la Renaissance. Les abus et les mauvaises actions ont toujours existé dans l’Eglise, et pas seulement à la Renaissance, – il en existe même de nos jours."

Plusieurs ouvrages ont été publiés dernièrement sur Luther (voir celui édité par L'Homme Nouveau) et il serait grandement utile de les lire... Nous ne pouvons pas comprendre la modernité si nous n'en analysons pas les causes. La Réforme protestante fut aussi une révolution intellectuelle qui sépara la nature de la grâce, d’où procéda le processus général de sécularisation. La gnose luthérienne consiste essentiellement au refus de l’être des choses créées, qui par effet de conséquence ont à se construire. Le point central réside dans la liberté négative, celle du refus de servir et celle de se donner à soi-même la loi. C’est l’idée luthérienne de la « liberté du chrétien », par la suite sécularisée, qui va être à l’origine et donner naissance à l’idéologie moderne.  

Ce qui serait risible si ce n'était pas grave, c'est de constater que les mêmes sont prêts à admirer un hérétique entré en rébellion contre l'Eglise, au point d'y provoquer une révolution, mais  jouent les indignés lorsque 4 cardinaux interrogent le Saint-Père sur la formulation ambigüe de l'un de ses textes, ou les effarouchés lorsque quelques dizaines de théologiens demandent filialement au Pasteur de l'Eglise, dans une lettre qui traite notamment de Luther, de confirmer la foi, telle qu'enseignée par ses prédécesseurs... Aujourd'hui même, c'est au tour d'un célèbre théologien franciscain américain, membre de la Commission Théologique Internationale, de publier la lettre qu'il a envoyée au pape l'été dernier, dans laquelle il déplore cette "forme de « synodalité » qui autorise et encourage différentes options morales et doctrinales au sein de l’Eglise" et qui "ne peut que mener à davantage de confusion théologique et pastorale". Façon diplomate de dire qu'il y a tout de même un vrai foutoir.

En ce jour de la fête, contemplons plutôt ces saints du Ciel qui, eux, nous édifient par leur vie et leurs mérites. Louons-les et appelons-les à notre tour pour qu’ils viennent déverser sur nous une pluie de grâces. Que la Sainte Vierge Marie, reine de tous les saints, nous aide à vivre en communion avec les saints.

Posté le 1 novembre 2017 à 16h45 par Michel Janva | Lien permanent

Un prêtre exorciste met en garde contre Halloween

Thomas Cauchebrais a interrogé sur RCF Vendée l'abbé Timothée Longhi, prêtre exorciste officiel du diocèse de Luçon, qui indique que Halloween n'est pas une fête anodine et met en garde contre la banalisation de la sorcellerie et de l'ésotérisme :

Posté le 1 novembre 2017 à 15h23 par Michel Janva | Lien permanent

26 octobre 2017

Vous pouvez bénéficier de nombreuses indulgences dans votre quotidien

IndulgencesLes indulgences n’ont pas bonnes presse, parce que mal comprises. Loin de servir à renflouer les caisses du Vatican, elles sont là pour que le ciel descendant sur terre, la terre puisse monter plus vite au ciel.

C’est par le fait des mérites de la Croix du Christ que nos fautes sont pardonnées et notre âme purifiée. Demeure que le mal causé par notre péché doit être réparé. C’est le rôle, en plus de la réparation effective, comme Zachée rendant ce qu’il a malhonnêtement perçu, de la satisfaction, ces petites pénitences post confessions. Mais nous sommes loin d’être la pureté même de Dieu et si la vie éternelle se comprend comme une intime union avec la Trinité, il semble bien difficile d’envisager unir le pur avec l’impur sans que le premier ne perde sa pureté. Chose impossible puisqu’il s’agit de Dieu. Le temps du purgatoire par la douloureuse séparation de l’être aimé qu’il impose participe de cette ultime purification de l’Homme avant cette profonde et éternelle étreinte amoureuse.

Les indulgences, parce qu’elles sont avant tout une démarche amoureuse relevant du désir de voir Dieu, participent de cette purification. Aussi, les indulgences sont elles une manière parmi d’autres de vivre sur terre comme au Ciel.

C’est pourquoi le manuel des indulgences de Paul VI propose une multitude d’indulgences (partielles ou plénières) que nous pouvons acquérir dans le simple quotidien de notre vie. Le catéchisme, le chapelet, certaines dévotions qui pour beaucoup jalonnent dèjà nos journées, sont susceptibles, selon certaines conditions de nous offrir cette grâce exceptionnelle, ce trésor boudé des indulgences que Dieu, dans sa miséricorde, souhaite accorder à ceux qui, par cette démarche, se tournent par amour vers Lui.

Vous trouverez dans ce document une sélection de nombreuses indulgences toutes simples proposées par ce Manuel.

Vous pouvez également vous procurer le manuel ici

Posté le 26 octobre 2017 à 19h37 par Michel Janva | Lien permanent

23 octobre 2017

L’indigeste pain quotidien des prêcheurs contemporains

Le verbe acéré de Jean de Saint-Jouin a encore frappé dans un billet publié sur l'Homme Nouveau. Extrait :

"[...] Devant la pusillanime oscillation de Pilate, il assène le coup le plus vil de l'histoire. Lui, le plus farouche ennemi de l'Empire, lui qui ne rêve que de liberté pour son peuple, feint la soumission pour accuser le préfet. Il pousse la foule à scander : « Si tu le relâches, tu te fais l'ennemi de César »! Et l'argument porte... Un Romain qui manque de colonne! Couardise et iniquité ; armes déicides.

La putride intention du théocrate n’est cependant pas seule à blâmer. Aussi en examen, sa cousine, la funeste confusion des ordres. Pour bafouer le Verbe, d’une façon ou d’une autre, il faut toujours inverser la syntaxe de la nature.

Si la Synagogue, interprète de la loi divine, avait toute autorité pour interpréter Moïse, elle est risible lorsqu’elle glose sur Cicéron... Et pourtant, quelle hargne l’aveugle!

N’est-ce pas là le levain de l’indigeste pain quotidien des prêcheurs contemporains? Qu'entends-je encore sinon des autorités religieuses qui m'accusent.

Certes, comme Pilate, j’ai fait flageller le Christ. Je le confesse, mes lâchetés intermittentes ont trop souvent échoué à défendre Jésus. Me reprocherait-on ces infidélités que je n’aurais rien d’autre à plaider que Mea Maxima Culpa! Non ! Plutôt qu’une accusation méritée et salutaire j’entends leurs sinistres voix me répéter encore, me répéter toujours: Tu es l'ennemi de César!

Oui, toi ! Lorsque tu ne participes pas aux libations écologiques, aux bacchanales migratoires et aux bals masqués électoraux. Toi qui veut pendre le meurtrier et juge sans vergogne le divorcé impénitent. Toi, le réactionnaire rigide qui préfère les vieilleries au progrès des idées... tu es l'ennemi du Régime ! Tu es l'ennemi de César. Et tu dois mourir ! [...]"

Posté le 23 octobre 2017 à 17h18 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2017

Vivre le deuil comme un chemin de retrouvailles…

CaptureLa mort d’un être cher nous fait vivre un vrai dénuement. Perdre un parent, un époux, un ami est probablement l’une des plus grandes pauvretés, car il ne s’agit pas d’abord d’une réalité matérielle qui nous échappe, mais d’un être spirituel, irremplaçable.

Pour ceux qui souhaitent approfondir leur vie spirituelle pour mieux vivre le décès d’un proche, Life éditions vient de faire paraître une neuvaine pour entrer dans l’espérance : Vivre un deuil avec Marie (imprimatur Mgr Marc Aillet). S’il en est une qui peut nous comprendre c’est bien Elle, n’a t-elle pas connu l’épreuve de la mort de son époux saint Joseph, de son seul Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ ?

Face à la mort d’un proche, il est donc indispensable de réagir en premier lieu au plan spirituel, car c’est là que la blessure est la plus profonde, la plus déstabilisante.

Le corps peut-être présent, mais s’il n’est plus animé, si l’âme l’a quitté, celui-ci n’est plus le médiateur habituel de la présence de la personne aimée. Il faut la chercher ailleurs, en dehors des perceptions sensibles.

Cheminer sur cette voie, par une intense vie sacramentelle et de prière, permet de mieux vivre la période du deuil. Car l’absence d’un être aimé sans la perspective de retrouvailles dans la prière pour son salut, ou sous la motion du Saint-Esprit, serait absolument insupportable. Aimer puis plus rien ? Ce serait vraiment absurde. Et tout ce qui est ici-bas nous parle d’un accomplissement, d’une finalité, d’un sens. Après la pluie il y a toujours le beau temps, et l’horizon de la résurrection de la chair éclaire notre foi d’une lumière nouvelle.

C’est alors que le deuil peut devenir un véritable chemin de croissance et de vie. S’appuyer sur Notre-Dame c’est éviter de se perdre dans les méandres de la nostalgie et de l’imagination, et ce chemin est accessible à chacun.

A faire connaître, disponible en librairie (4,90 euros) ou ici.

Extraits :

« O Marie, l’absence de … (nommer la personne) est pour moi une lourde épreuve. L’habitude de vivre à son contact avait donné une forme à mon âme, réalisant ainsi le miracle de la complémentarité dans l’amitié et l’affection mutuelle. Aujourd’hui, je puis ressentir le manque de l’autre comme si, d’une certaine façon, je ne marchais plus que sur une jambe… Très Sainte Vierge, je vous confie spécialement ces sentiments… »

« Vous qui avez senti le glaive traverser votre cœur aux heures de notre Salut, voyez ma peine à accepter l’épreuve qui me touche actuellement. Aidez-moi à vivre le moment présent en me ressourçant dans votre silence et dans l’espérance que les défunts sont dans la lumière de Dieu, tout près de Lui et donc si proches de nous. En vous contemplant, ô Marie, je sais que l’oraison m’apprend à vivre dans la paix l’absence physique de … (nommer la personne). Je le/la confie à votre intercession maternelle, vous qui avez tant de pouvoir sur le cœur de votre Fils. Par-delà le voile de la mort, je sais qu’il/elle est vivant(e) et espère tant en votre miséricorde à son égard. »

« Avec vous Marie j’accepte ce temps de deuil comme une grâce. Une grâce pour me rapprocher de Dieu en méditant davantage sur sa grande justice et son éternelle miséricorde ; une grâce pour considérer à frais nouveaux la finalité de ma vie qui est de voir Dieu, le connaître et l’aimer pour l’éternité ; une grâce pour goûter de manière renouvelée à la présence de nos chers défunts par la médiation de Dieu, mystère de la communion des saints… »

Posté le 22 octobre 2017 à 11h40 par Michel Janva | Lien permanent

Notre-Dame du Rosaire : Ave Maria

Sermon du père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, le 7 octobre dernier en la fête du Rosaire :

Posté le 22 octobre 2017 à 09h17 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2017

29 octobre - 1er novembre : Session jeunes sur Humanae Vitae

La Famille Missionnaire de Notre-Dame invite les jeunes qui le désirent à une session importante du 29 octobre au 1er novembre 2017 afin de mieux comprendre les défis auxquels nous sommes affrontés en vue de l’édification de la civilisation de l’amour dans la vérité. L’un de ces premiers défis est l’éducation au bel amour dans la vérité.

Le 25 juillet 2018, nous commémorerons le 50e anniversaire de l’Encyclique prophétique “Humanae Vitae” de Paul VI du 25 juillet 1968. Ce Bienheureux Pape a eu le courage d’aller à contre-courant en promulguant cette Encyclique, qui a été contestée à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise. Saint Jean-Paul II n’a pas eu peur de rappeler aux jeunes qu’il était leur ami exigeant comme Jésus est exigeant. Il a conquis la génération Jean-Paul II parce qu’il l’a appelée à l’amour dans la vérité. Cette génération Jean-Paul II s’est levée avec la manif pour tous pour dire son ferme refus à la déconstruction du mariage et à la défiguration de la famille dans le plan de Dieu. Le Bienheureux Paul VI avait bien perçu le danger de la contraception artificielle. Les jeunes de notre temps ont besoin de connaître la vérité sur l’Encyclique prophétique Humanae Vitae. Puisse cette Session éclairer leur conscience et leur permettre de comprendre le plan de Dieu sur l’homme et sur la femme et sur l’amour dans la vérité.

Tout homme de bonne volonté reconnaîtra le bien-fondé de ces prophéties de Paul VI, le 25 juillet 1968 :

Graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité 17. Les hommes droits pourront encore mieux se convaincre du bien-fondé de la doctrine de l'Eglise en ce domaine, s'ils veulent bien réfléchir aux conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité. Qu'ils considèrent d'abord quelle voie large et facile ils ouvriraient ainsi à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité. Il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes - les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point - ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance. On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée. Qu'on réfléchisse aussi à l'arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d'appliquer à la solution des problèmes de la collectivité ce qui serait reconnu permis aux conjoints pour la solution d'un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d'imposer à leurs peuples, s'ils le jugeaient nécessaire, la méthode de contraception estimée par eux la plus efficace ? Et ainsi les hommes, en voulant éviter les difficultés individuelles, familiales ou sociales que l'on rencontre dans l'observation de la loi divine, en arriveraient à laisser à la merci de l'intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l'intimité conjugale. Si donc on ne veut pas abandonner à l'arbitraire des hommes la mission d'engendrer la vie, il faut nécessairement reconnaître des limites infranchissables au pouvoir de l'homme sur son corps et sur ses fonctions; limites que nul homme, qu'il soit simple particulier ou revêtu d'autorité, n'a le droit d'enfreindre. Et ces limites ne peuvent être déterminées que par le respect qui est dû à l'intégrité de l'organisme humain et de ses fonctions, selon les principes rappelés ci-dessus et selon la juste intelligence du " principe de totalité " exposé par Notre prédécesseur Pie XII.

L'Eglise garante des authentiques valeurs humaines

18. On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix - amplifiées par les moyens modernes de propagande - s'opposent à la voix de l'Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s'étonne pas d'être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un " signe de contradiction "; mais elle ne cesse pas pour autant de proclamer avec une humble fermeté, toute la loi morale, tant naturelle qu'évangélique. Ce n'est pas elle, qui a créé cette loi, elle ne saurait donc en être l'arbitre; elle en est seulement la dépositaire et l'interprète, sans pouvoir jamais déclarer licite une chose qui ne l'est pas à cause de son intime et immuable opposition au vrai bien de l'homme. En défendant la morale conjugale dans son intégralité, l'Eglise sait qu'elle contribue à l'instauration d'une civilisation vraiment humaine; elle engage l'homme à ne pas abdiquer sa responsabilité pour s'en remettre aux moyens techniques; elle défend par là même la dignité des époux. Fidèle à l'enseignement comme à l'exemple du Sauveur, elle se montre l'amie sincère et désintéressée des hommes, qu'elle veut aider, dès leur cheminement terrestre, " à participer en fils à la vie du Dieu vivant, Père de tous les homme".

Paul VI n’était pas naïf. Il savait bien, en promulguant cette Encyclique qu’il serait “signe de contradiction”. Imitons son grand courage !

31. Vénérables frères, chers fils, et vous tous, hommes de bonne volonté, grande est l'œuvre d'éducation, de progrès et d'amour à laquelle Nous vous appelons, sur le fondement de l'enseignement de l'Eglise, dont le successeur de Pierre est, avec ses frères dans l'épiscopat, le dépositaire et l'interprète. Grande œuvre, en vérité, Nous en avons l'intime conviction, pour le monde comme pour l'Eglise, puisque l'homme ne peut trouver le vrai bonheur, auquel il aspire de tout son être, que dans le respect des lois inscrites par Dieu dans sa nature et qu'il doit observer avec intelligence et amour. Sur cette œuvre Nous invoquons, comme sur vous tous, et de façon spéciale sur les époux, l'abondance des grâces du Dieu de sainteté et de miséricorde, en gage desquelles Nous vous donnons Notre Bénédiction apostolique.

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Posté le 15 octobre 2017 à 10h28 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2017

Père de Blignières - La nature et la grâce

Intervention du père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, lors de l'université d'Académia christiana

Posté le 13 octobre 2017 à 21h38 par Michel Janva | Lien permanent

01 octobre 2017

Rentrée du Café-caté le premier mardi de chaque mois à Paris

Café-caté 2017-2018 par le Père Henri-Marie Favelin de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Le premier mardi de chaque mois à 20h30 au Sorbon 60, rue des Ecoles - 75006 Paris Métro Cluny-La Sorbonne pour étudiants et jeunes professionnels

Thème de l'année : « A la découverte des secrets de l’Evangile selon St Matthieu. Plongée historique, spirituelle et morale par un commentaire vivant du texte. »

Posté le 1 octobre 2017 à 08h48 par Michel Janva | Lien permanent

26 septembre 2017

29 septembre : conférence à Senlis sur l'amour humain

Conf-pereJB-amour

Posté le 26 septembre 2017 à 11h11 par Michel Janva | Lien permanent

25 septembre 2017

« Un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité »

Dimanche 17 septembre, dans l'église de la Trinité des Pèlerins, le RP de Blignières, fondateur des dominicains de Chéméré (et de nouveau Prieur depuis le 20 septembre), a prononcé le sermon de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum. Paix Liturgique a diffusé son homélie :

Untitled"Le Concile de Trente, pour rendre raison des cérémonies du Saint Sacrifice de la Messe, rappelle que la nature de l’homme a besoin d’aides extérieures et de signes visibles afin de s’élever à la contemplation des choses divines. On peut en tirer une définition du rite : « un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité ». Le rite du sacrifice de la messe, c’est ce qui met à la portée de la nature humaine la vérité sur Dieu, la vérité sur l’homme, et la vérité sur le Christ. En sa forme latine traditionnelle, il rend tangibles, avec une efficacité insurpassable, ses trois aspects.

La vérité sur Dieu : Dieu est Trinité

Celui qui assiste pour la première fois à la messe dans le rite traditionnel est tout de suite frappé par l’ambiance sacrée qui s’en dégage. L’architecture majestueuse, la disposition de l’espace avec un lieu réservé aux ministres et un autre aux fidèles, l’orientation de la célébration, l’attitude recueillie et hiératique du célébrant, les vêtements particuliers qu’il revêt, la langue inaccoutumée qu’il emploie, les gestes de révérence qu’il fait en direction du tabernacle et des oblats consacrés, notamment les nombreuses génuflexions, enfin le mystérieux silence du canon : tout porte à sortir du monde profane et à se mettre en présence de Quelqu’un qui dépasse le monde.

Mais si cet assistant prend la peine de suivre dans un missel ce que dit le prêtre, il est alors touché par un aspect étonnant de la prière. Certes, on y supplie avec grand respect celui que toutes les traditions de l’humanité appellent « Dieu », mais on le fait avec la certitude confiante d’un enfant s’adressant à son père. L’onction inimitable des très anciennes prières latines nous met en rapport, non avec un grand architecte impassible de l’Univers, mais avec une réalité mystérieuse et fascinante : la Trinité. On s’adresse à elle, étonnamment, comme si on était de la famille ! On lui parle avec une audace inouïe, on se présente à elle dans le voisinage de toute une nuée de saints personnages qui ont un grand crédit auprès d’elle. On ne cesse surtout de parler de son Fils, et chaque fois que l’on évoque son nom, on incline la tête.

Oui, les rites de la tradition latine soulignent fortement que c’est à la Trinité que l’on s’adresse, avec des gestes expressifs, et des paroles où se conjuguent l’adoration et l’amour. Ainsi l’offertoire de la messe dominicaine : « Recevez, sainte Trinité, cette offrande que je vous offre en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et accordez qu’elle monte en votre présence et vous soit agréable, et qu’elle opère mon salut éternel et celui de tous les fidèles ».

La vérité sur l’homme : l’homme est « perdu »

Mais rapidement, une deuxième note se dégage, pour celui qui découvre les rites anciens. Ils rendent sensibles la vérité sur l’homme. Cette vérité, c’est que, laissé à lui-même, l’homme est « perdu ». La recherche d’un sens à une vie qui parait souvent absurde, le scandale du mal et spécialement celui de la souffrance des innocents, le sentiment, au moins confus, d’une culpabilité personnelle : quiconque réfléchit, au lieu de se « divertir », expérimente cela… Que devient cette angoisse existentielle, lorsqu’elle se confronte à un rite rempli de la sagesse des siècles catholiques ? Elle reçoit un nom : le péché. Tant dans les liturgies orientales que dans celles de l’occident, on remarque quelque chose de très émouvant : le prêtre, et avec lui les fidèles qui s’unissent au sacrifice, reconnaissent la vérité de leur misère.

Voyez le célébrant dans les prières préparatoires de la messe romaine : il semble hésiter à monter à l’autel avant d’avoir, de nombreuses manières, reconnu son indignité : par un psaume admirable, par une confession de ses fautes, par des versets qui ressemblent à des oraisons jaculatoires ! Voyez le prêtre au rit dominicain, comme il s’incline profondément durant les Confiteor, le sien et aussi celui des ministres, comme s’il voulait prendre aussi sur lui leurs péchés ! Voyez les prières du canon romain « si pur de toute erreur, qu’il n’est rien en lui qui ne respire grandement la sainteté et la piété », ce canon où le célébrant, à diverses reprises, prosterné, implore humblement, tel un pécheur qui ne peut s’appuyer sur ses mérites (Te igitur, Supplices te rogamus, Nobis quoque peccatoribus) ! Voyez les bouleversantes prières du prêtre avant la communion !

Une des raisons du rayonnement des rites anciens sur les convertis – je parle d’expérience –, c’est qu’ils assument, avec une clairvoyance convaincante, cette part de la vérité de l’homme trop souvent camouflée : il est pécheur et il a besoin de rédemption. Et ces rites ont le secret de mettre avec espérance cette misère au contact de la miséricorde.

La vérité sur le Christ : son sacrifice, offert par l’Église, réconcilie l’homme à Dieu

Par toute la tonalité d’une célébration selon un rite « d’usage vénérable et antique », l’assistant – combien de fois n’en avons-nous pas reçu la confidence ! – sent « qu’il se passe quelque chose ». Au cœur du silence sacré du canon, les gestes qui entourent la double consécration mettent comme sous ses yeux le mystère de la foi. Il remarque, dans son missel, que le célébrant, durant tout le canon, a désigné les oblats par des signes de croix. Il voit les fidèles recevoir l’hostie consacrée à genoux et sur les lèvres et demeurer ensuite en prière silencieuse. S’il interroge le prêtre après la messe, il est préparé à apprendre et à comprendre que l’essence de la messe est un sacrifice. Ce sacrifice de louange à la Trinité est un sacrifice propitiatoire « pour [son] salut éternel et celui de tous les fidèles ».

D’ailleurs il se rend compte, par les mouvements que fait le prêtre et par son orientation, que tout est axé, non sur le prêtre lui-même, mais sur le Christ, en sa présence au tabernacle et dans les oblats consacrés. Il voit comment le célébrant tient les doigts joints après avoir touché le Corps du Christ, et avec quelle amoureuse précaution il recueille sur le corporal toutes les parcelles consacrées. D’une part, le besoin de salut est fortement souligné ; d’autre part, les paroles et les gestes nous mettent sensiblement en contact avec le renouvellement mystique et non sanglant d’un sacrifice salutaire. Ainsi au rite dominicain, le célébrant, après la consécration, écarte largement les bras, comme le Christ sur la Croix. Pour le rite de la paix, il embrasse d’abord le calice contenant le précieux Sang du Christ et sur lequel il tient son Corps immaculé, pour bien signifier que la paix qu’il transmet aux ministres vient du sacrifice du Christ.

Les rites anciens conviennent encore à la nature de l’homme sous l’aspect où ils traduisent la médiation historique de l’Église. Le canon romain en particulier « est fait soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions des apôtres et des pieuses instructions des saints pontifes ». C’est une consolation de docilité filiale, pour un prêtre de rite latin, de savoir qu’il prie avec le même canon que saint Grégoire le Grand. C’est une grande sûreté doctrinale et une joie immense pour lui de s’effacer devant des rites utilisés au cours des siècles par de si nombreux saints, et de vivre des cérémonies qui ont sanctifiées des générations de fidèles. Il est très émouvant, par exemple, pour un dominicain, de savoir que les gestes et les paroles qu’il emploie en célébrant la sainte messe ont fait pleurer notre Père saint Dominique et le Docteur eucharistique saint Thomas d’Aquin.

Conclusion

Oui, le rite rend sensible la vérité, le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? Rendons grâces à Dieu de pouvoir « prier sur de la beauté ». Et remercions l’Église d’avoir, après une longue période de confusion et d’injustices, rendu « l’honneur qui lui est dû » à ce rite qui a suavement et fortement porté, et qui portera encore, sans doute jusqu’à la Parousie, tant d’hommes, vers le mystère insondable du sacrifice du Christ."

Posté le 25 septembre 2017 à 19h08 par Michel Janva | Lien permanent


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