18 avril 2014

Méditations du Chemin de croix

Les méditations de la Via Crucis ont été préparées cette année par Mgr Giancarlo M. Bregantini, Archevêque de Campobasso-Boiano. Elles sont accessibles ici.

1ère station :

Jésus condamné à mort
Le doigt pointé qui accuse

« Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : ‘‘Crucifie-le ! Crucifie-le’’. Pour la troisième fois, il leur dit : ‘‘Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction’’. Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir » (Lc 23, 20-25).

Un Pilate effrayé qui ne cherche pas la vérité, le doigt accusateur pointé, et le cri croissant de la foule enragée sont les premiers pas de Jésus vers la mort. Innocent, comme un agneau, dont le sang sauve son peuple. Ce Jésus qui est passé parmi nous, guérissant et bénissant, maintenant est condamné à la peine capitale. Aucune parole de gratitude de la foule, qui choisit plutôt Barabbas. Pour Pilate, cela devient un cas embarrassant. Il s’en décharge sur la foule et s’en lave les mains, bien attaché à son pouvoir. Il le livre pour qu’il soit crucifié. Il ne veut plus rien savoir de lui. Pour lui, le cas est clos.

La condamnation hâtive de Jésus regroupe ainsi les accusations faciles, les jugements superficiels parmi les gens, les insinuations et les préjugés qui ferment les cœurs et se font culture raciste, d’exclusion et de marginalisation, avec les lettres anonymes et les horribles calomnies. Accusé, on atterrit immédiatement en première page ; blanchi, on figure en dernière !

Et nous ? Saurons-nous avoir une conscience droite et responsable, qui ne tourne jamais le dos à l’innocent, mais prend position, avec courage, pour défendre les faibles, en résistant à l’injustice et en défendant la vérité violée ? [...]"

Posté le 18 avril 2014 à 09h30 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2014

Famille : ce que dit le cardinal Müller n'est pas une opinion privée

Le cardinal Gerhard L. Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accordé une entrevue aux responsables de l'édition allemande de Radio Vatican, dans laquelle il clarifie son rôle par rapport au débat sur la possible admission à la communion des divorcés remariés. Traduction par Le Salon Beige.

Le prélat a assuré qu’il ne formule pas là des opinions personnelles mais indique le magistère de l'Église sur cette question, et il précise :

« Nous ne pouvons pas nous taire ni faire des concessions pour tenter de séduire l'opinion publique ». 

Cardinal – le Pape veut un débat. Il veut l'introduire dans deux synodes sur le mariage et la famille. Comment voyez-vous le rôle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans ce débat ?

MLa CDF défend simplement sur ce point, et naturellement sur tous les points de la doctrine catholique, la vérité de la foi. Je crois qu'il est important que l'opinion publique cesse de se restreindre à un seul sujet, comme s’il était la clé de tout. Essentiellement, il s'agit de resituer la doctrine de l'Église sur le mariage et la famille dans son rôle central dans la conscience catholique de la foi, car ce n’est qu’en parlant du mariage et de la famille, et si nous faisons des efforts pour cela, que nous pouvons obtenir des résultats positifs.

Dans l'opinion publique vous êtes fréquemment perçu et présenté comme celui qui freine et qui dit non lorsqu’il s'agit d’une initiative du Pape. Est-ce que cela vous affecte personnellement?

Bien évidemment, ceci entre actuellement dans le cadre d’une propagande dans le but de me constituer une opposition par rapport à ce que doit faire le préfet de la CDF, ou la CDF dans son ensemble, puisque le préfet n'est guère qu'un primus inter pares. Ceci est aussi défini très clairement dans les statuts.

Or, c’est aussi notre tâche de veiller à ce que personne ne s'approprie le Pape pour certains buts. Et précisément il est intéressant de constater que justement en ce moment, tant de groupes s'en remettent au Pape alors que pratiquement ils ont précédemment rejeté la papauté. En tout cas, en ce qui nous concerne, il s'agit de servir le Pape et l'Église, au lieu de se nous servir du Pape.

Vous participez aussi au débat que vous venez de mentionner et qui a été lancé par le Pape. Il y a des cercles, surtout dans les médias italiens, comme Il Foglio, un journal qui, pour le dire franchement et clairement, mènent depuis plusieurs jours une campagne contre le cardinal Kasper. Quelle est votre position dans le débat ? Que demandez-vous pour ce prochain débat qui va au-delà des congrégations du Vatican ?

Je n’y participe pas en tant que théologien privé, mais précisément de par ma fonction [de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi]. La CDF est la seule congrégation qui participe directement au magistère du Pape [N.d.T espagnol : voir la Constitution Pastor Bonus, arts. 48 et suiv.], tandis que d'autres qui prennent la parole, même s'ils ont le rang de cardinal, ne parlent qu’à titre personnel, et ne peuvent pas faire de déclarations officielles.

Allons plus loin. Non seulement des cardinaux participent au débat, mais il y a un questionnaire qui a produit beaucoup d'espoirs. Posons la question cette fois de manière positive : Quel effet cela peut-il avoir considérant l’internationalisation du débat ? Quelle contribution positive cela peut-il apporter ?

Je crois que cela peut contribuer très positivement à ce que les catholiques s'occupent à nouveau de leur propre foi, et non prennent simplement tel ou tel aspect de la liturgie et de la doctrine de l'Église. Nous devons nous rendre compte de la relation entre l'Annonce et la charge d'âmes, et la doctrine de l'Église, ainsi que la Diaconíe. Puis-je choisir d’être très engagé socialement ou d’être très actif dans les tâches caritatives de l'Église mais sans m’intéresser personnellement à l'adoration de Dieu ou la célébration des sacrements ? Mais le questionnaire comme tel n’est pas du tout un dogme, et n'a pas d'autre valeur que la qualité de ses questions ou les corrélations qu'il fournit ou non.

Vous êtes un homme qui a du franc-parler, comme nous venons d’en avoir la preuve. Je crois que ceci vient de très loin dans votre biographie. Est-il approprié que la CDF parle maintenant de la manière dont parle Gerhard Ludwig Müller ?

La CDF a la mission claire de promouvoir la foi catholique, mais aussi de la protéger. Mais cela n’est pas différent de la tâche qu'a reçue de Jésus-Christ le Pape lui-même, et sur ce point, je crois que nous ne pouvons pas nous taire ni faire des concessions et tenter de séduire l'opinion publique. C’est facile quand on a le vent en poupe ; peut-être a-t-on alors un certain orgueil. Mais il me semble que chaque évêque et chaque prêtre doit résister à cette tentation, qu’il aime se l'entendre dire ou non.

Posté le 29 mars 2014 à 10h07 par Michel Janva | Lien permanent

23 mars 2014

Le président de la conférence épiscopale du Nigéria : les actes homosexuels sont contre nature

Le président de la conférence épiscopale au Nigeria, Mgr Ignatius Ayau Kaigama, archevêque de Jos, a déclaré :

M« Nous ne détestons personne. Nous respectons les homosexuels comme personnes, et nous les soutenons quand leurs droits sont violés en tant qu’êtres humains. L’Eglise les défend. Mais nous devons également dire très clairement que les actes homosexuels sont contre nature. Ils contredisent catégoriquement ce que nous défendons. Des organisations puissantes qui rançonnent notre gouvernement aimeraient légaliser le mariage homosexuel. Et quand ils disent qu’il y a parfois des tendances homosexuelles en Afrique, nous disons très clairement que ce sont des aberrations. Nous respectons la dignité du mariage entre un homme et une femme. Nous ne céderons pas face à l’Occident, uniquement parce qu’il a de l’argent avec lequel il veut faire pression sur nous. »

Posté le 23 mars 2014 à 10h50 par Michel Janva | Lien permanent

15 mars 2014

L'Eglise et les lois

Une des vidéoformations de l'association Notre-Dame de Chrétienté, avec Jean-Pierre Maugendre, président de Renaissance catholique :

 

Posté le 15 mars 2014 à 19h08 par Michel Janva | Lien permanent

L’exercice de la légitime défense

Lu sur les Hommes-adorateurs :

"L’apprentissage de l’accueil des vertus se fait d’abord par l’exercice légitime de la légitime défense. C’est-à-dire de l’apprentissage de la vie chrétienne et donc de la défense de sa dignité. La légitime défense de la vie et de sa vie chrétienne comme découlant de la loi naturelle qui nous donne d’ être des hommes libres et respectés, de croire et de professer une foi, et pour nous La Foi (Cf Lumen Gentium), … est avant tout un devoir qui dans l’ordre de la croissance, qu’est aussi la sainteté, est premier. Parce que la légitime défense est fondamentalement raisonnable et le martyr fondamentalement déraisonnable, pas intrinsèquement mais parce qu’il dépasse la raison, comme la Foi dépasse la raison mais ne se contredisent pas. Donc il est raisonnable de dire à un enfant brimé par sa classe de se défendre et de le défendre (je ne m’attache pas au comment). Car s’il est brimé c’est qu’il ne sait pas, ne dispose pas des armes légitimes à la préservation de sa dignité, qui lui est due. A cet enfant il serait déraisonnable de l’engager à l’offrande, au martyr, car l’on offre que ce que l’on a à offrir.

Concrètement l’enfant en question ne dispose pas de sa dignité car il est en apprentissage de celle-ci. La défendre justement lui permettra de l’acquérir comme un bien propre. Si l’enfant, car déjà saint, c’est-à dire d’une maturité telle qu’il se sait toujours pauvre et dans la main de Dieu et se recevant de Lui, possède déjà sa propre dignité d’enfant de Dieu, alors seulement librement, volontairement, comme le ferait un adulte, cet enfant peut s’offrir poussé par la grâce à subir les outrages de sa classe pour Jésus.

Ce qui est de l’ordre de l’héroïcité des vertus, ne peut-être exigé d’une personne extérieure et à fortiori d’un éducateur, d’un responsable. La Sainteté et donc le martyr est le fruit d’une croissance. Ce serait dans le cas présent une grave erreur de sa part et témoignerai de sa non compréhension de la parole de Dieu concernant le fait que tendre sa joue gauche après la droite, est de l’ordre du « conseil évangélique » pour la Perfection (Jésus ici donne le but à atteindre, pas ce qu’il faut faire quand on y est pas encore arrivé : tendre sa joue, après l’autre alors qu’en fait on vous l’arrache n’est pas une offrande, mais de la faiblesse : ce qui se combat avec la vertu de force). Il s’adresse à ceux, qui sous la motion de l’Esprit Saint, il est donné par ce même esprit de témoigner, concrètement témoigner de ce qu’ils reçoivent de Lui et pas d’eux-mêmes. Le martyr est d’abord une invitation divine, puis une libre réponse de l’homme à celle-ci. Car il est du martyr comme de l’Amour divin qui ne peut être contraint et inconscient, absolument.

La bonne nouvelle c’est que si vous êtes confronté à une situation de martyr et que vous dîtes « semper parati », toujours prêt, c’est l’Esprit Saint, Himself, qui vous fera témoigner et même endurer, ce qui ne peut l’être humainement. Ce qui explique les récits véridiques de la « légende dorée » par exemple d’un Saint Laurent qui déclare sur le gril : retournez-moi je ne suis pas assez grillé de ce côté-ci !

Sans l’Esprit Saint par une Grâce particulière, personnelle et actuelle ni moi, ni vous n’irons au martyr, déjà la légitime défense est un sacré défi, alors le martyr n’en parlons pas. Mais nous sommes sacrément assistés  !"

Posté le 15 mars 2014 à 18h12 par Michel Janva | Lien permanent

10 mars 2014

On ne peut atténuer le Magistère pour des motifs que l’on estime « pastoraux »

En 1994, le cardinal Ratzinger écrivait une lettre aux évêques sur l'accès à la communion aux fidèles divorcés et "remariés", rappelant notamment :

"Le fidèle qui vit habituellement "more uxorio" avec une personne qui n'est pas sa femme légitime ou son mari légitime, ne peut accéder à la communion eucharistique. Si ce fidèle jugeait possible de le faire, les pasteurs et les confesseurs auraient, étant donné la gravité de la matière ainsi que les exigences du bien spirituel de la personne et du bien commun de l'Eglise, le grave devoir de l'avertir qu'un tel jugement de conscience est en opposition patente avec la doctrine de l'Eglise. Ils doivent aussi rappeler cette doctrine dans l'enseignement à tous les fidèles qui leur sont confiés.

Ceci ne signifie pas que l'Eglise n'ait pas à coeur la situation de ces fidèles, qui, du reste, ne sont en rien exclus de la communion ecclésiale. Elle se préoccupe de les accompagner pastoralement et de les inviter à participer à la vie ecclésiale dans la mesure où cela est compatible avec les dispositions du droit divin, dont l'Eglise ne dispose d'aucun pouvoir de dispenser."

Et à propos de quelques objections sur ce sujet, il précisait :

"L’Église ne peut pas non plus approuver des pratiques pastorales – par exemple dans la pastorale des sacrements – qui contrediraient le clair commandement du Seigneur. En d’autres mots, si le mariage précédent de fidèles divorcés et remariés est valide, leur nouvelle union ne peut être considérée en aucune circonstance comme conforme au droit et donc, pour des motifs intrinsèques, la réception des sacrements n’est pas possible. La conscience de chacun est liée, sans exception, par cette norme. [...]

On peut sans doute admettre que, parfois, les formes d’expression du Magistère ecclésial n’apparaissent pas précisément comme facilement compréhensibles. Elles doivent être traduites par les prédicateurs et les catéchistes dans un langage qui corresponde aux diverses personnes et à leur milieu culturel respectif. Le contenu essentiel du Magistère ecclésial à ce sujet doit pourtant être maintenu. On ne peut l’atténuer pour des motifs que l’on estime « pastoraux », parce qu’il transmet la vérité révélée. Certes, il est difficile de faire comprendre les exigences de l’Évangile à l’homme sécularisé. Mais cette difficulté pastorale ne peut amener à des compromis avec la vérité. Dans sa lettre encyclique Veritatis splendor, Jean-Paul II a clairement repoussé les solutions prétendument « pastorales », qui sont en contradiction avec les déclarations du Magistère".

Voici le n°56 de l'encyclique de Jean-Paul II, Veritatis Splendor, à laquelle fait référence le texte ci-dessus :

"Pour justifier de telles positions, certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l'originalité d'une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d'accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d'intrinsèquement mauvais. Ainsi s'instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument « pastorales », contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique « créatrice », d'après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier.

Il n'est personne qui ne comprenne qu'avec ces positions on se trouve devant une mise en question de l'identité même de la conscience morale face à la liberté de l'homme et à la Loi de Dieu. Seuls les éclaircissements apportés plus haut sur le lien entre liberté et loi, lien fondé sur la vérité, rendent possible le discernement à faire sur cette interprétation « créative » de la conscience."

Posté le 10 mars 2014 à 11h26 par Michel Janva | Lien permanent

02 mars 2014

Une histoire du Mal

Une critique proposée par LM de Woillemont sur le dernier livre de l'abbé Guillaume de Tanoüarn :

T«Pourquoi y a-t-il quelques chose plutôt que rien ?» Voilà le genre de questions que se posent parfois les philosophes. Cette question est plutôt oiseuse, car de fait, il y a quelques chose !

La question  à laquelle le livre de l'abbé de Tanoüarn pourrait répondre serait plutôt :  pourquoi y a-t-il du mal ? Quelle réponse le Dieu d'Amour apporte-t-il au scandale du Mal et de la Souffrance ? Et ces questions là sont de vraies questions. Pourquoi m'arrive-t-il de faire le mal ?  Pourquoi dois-je subir le mal que l'on me fait ? Pourquoi tant de souffrance sur cette terre ? Bref une réflexion sur une pratique qui nous concerne tous.

On peut traiter cette question de façon académique ;  il suffit de réciter un catéchisme quel qu'il soit.  On peut aussi se poser en vierge effarouchée devant un tel scandale. Ces attitudes sont tout à fait respectables mais n’apportent guère de solution, ni de réponse.

De la part de l'abbé de Tanoärn on peut attendre à plus. D'un pasteur, d'un théologien, d'un philosophe et d'un homme de médias on exige plus ! Et l'abbé répond présent.

En prenant la question à bras le corps en se la coltinant comme un lutteur avec toute la force et le courage intellectuel et physique qu'on lui connaît. Et puis, aussi, en allant au texte ! En scrutant la Bible, en exigeant de Dieu qu'il nous livre une réponse, en le traquant dans sa Parole, et en allant jusqu’au pied de la Croix avec Marie se laissant asperger de ce sang précieux, comme les grands prêtres Juifs l'avaient demandé en gage de Rédemption, sans vraiment savoir ce qu’ils faisaient.

Mais l'abbé de Tanoüarn, lui, veut savoir ; il veut entrer dans le mystère du Mal et mettre à nu le cœur de Dieu. On ne ressort pas indemne de cet exercice de haute volée, qui est aussi une descente aux enfers avec Dieu pour compagnon... La Gloire de Dieu serait elle  dans sa Croix comme l'indique H.U. von Balthazar ? À moins que la gloire de Dieu, c'est à dire la personne du Christ, ait accepté de «se faire péché pour nous», comme l’indique st Paul (Galates 3,13 et II Corinthiens 5,21). Parce qu'il faut lire le texte sacré et l'accepter tel quel, l'abbé pose la question : «le fils de Dieu s’est-il fait péché pour nous sans connaître le péché ? Sans savoir ? Sans s'attendre à ce qui lui arriverait ? Impossible» tranche-t-il (p 28).

Mais le sol s'effondre car si Dieu est péché, la raison vacille...Le grand secret c'est que le mal est surnaturel puisque c'est “contre les puissances et les dominations qui sont dans ce monde de ténèbres” que St Paul nous invite à combattre. L'abbé se fait parfois mystique : “Nous nous ignorons nous-même lorsque  nous ne saisissons pas que nous sommes  faits pour Lui.” Et voilà le prêtre qui se met à défendre le péché “Nous avons peur du péché et c'est à tort. Sans le péché, il n'y aurait pas l'humilité et sans l'humilité c'est à dire sans la remise de soi à Dieu il n'y aurait pas la divinisation”.

L'abbé va jusqu'à affirmer "on peut dire que le mal est une invention  de Dieu : l'épreuve qui se dresse entre soi et son bonheur. L'épreuve qu'il faut emporter pour devenir Dieu". Bref, "Dieu nous demande d'accepter la croix pour avoir la gloire". Pour lui, dans la perspective thomiste, selon laquelle  Dieu est cause libre de tout ce qui advient, il est.

Impossible de mettre le mal entre parenthèse. “Dieu EST l'histoire du monde dans toutes ses dimensions meme les plus horribles”. Ce en quoi il s'oppose aux philosophes et théologiens juifs, qui au nom du Tsimtsoum kabbalistique enterinent le retrait divin pour expliquer le silence de Dieu à Auschwitz, par exemple. Non Dieu ne saurait être “innocent du mal” contrairement à ce que pense Jean-Michel Garrigues “une sorte d'Impuissant métaphysique” les bras ballants “devant le fait accompli et l'horreur réalisée”.

L'abbé va loin très loin dnas sa réflexion mais le sujet est trop central pour répondre par un silence gêné comme pour excuser Dieu. Car ce qui  est en jeu c'est la foi et le salut des âmes. Alors, il faut mettre le paquet, comme dirait l'amuseur Bigard.

Une des questions auxquelles il faut répondre pour oser aborder le Mal  est de savoir lire la Bible, car c'est là qu'est la réponse. Comment donc lire cette “Bibliothèque sublime” selon la belle expresion de l'auteur. C'est, à ses yeux, suffisamment important, que dire fondamental, fondateur même, qu'il en a fait l'objet de son Introduction. L'Ecriture est une “lecture de l'histoire du monde et de l'existence humaine qui tend à en donner la vérité”. Quelle sa méthode pour lire  la Bible ? “Nous prenons le texte comme il est”, “en cherchant ardemment le sens littéral” c'est à dire dans la lignée de  Pie XII (Divino afflante Spiritu), “le sens que l'écrivain sacré a eu l'intention de donner à son texte”. L'abbé est un disciple de St Thomas bien plus que du Concile de Trente. A la suite de son maître à penser, via son cher cardinal Cajetan, il affirme que “seule l'écriture canonique est la règle de la foi”. Le mot important est bien entendu “canonique”, c'est à dire tel que défini par l'Eglise depuis l'année 177 environ. Nul n'est autorisé à modifier ce dépôt sacré quand bien même on serait  un moine augustinien du XVIème siécle soumis à telle ou telle pulsion théologique ou autre. “Tout l'enseignement divin se trouve dans l'Ecriture” et la Tradition n'en est que le critérium. Voilà ce qu'écrit un homme traité de traditionaliste ! L'abbé en profite pour indiquer à nos amis protestants que tous les dogmes catholiques ont leur fondement dans la sainte Ecriture.

Il est impossible de faire le tour  de ce livre en une page. Je crois vraiment qu'il marquera un tournant théologique sur cette question du Mal. En tournant et retournant le texte sacré pour le dévorer sans fin, l'abbé nous ouvre un immense horizon. C'est, en cette période ou le Mal abonde et surabonde, le livre à lire pour découvrir comment  Dieu est au coeur de la souffrance des hommes et en quoi la seule réponse est bien celle que Dieu a voulu pour lui et pour nous, sa Croix.

Ce livre nous sort de ce chemin de culpabilisation qui semble la pire perversion du christianisme dénaturé : son objet  est bien au contraire de nous libérer, de nous donner cette vérité qui seule nous rendra libre.

Un livre de profonde méditation, mais aussi, mais surtout agréable à lire ; un livre de carême c'est-à-dire d'un temps béni dédié à l'élévation spirituelle.

Posté le 2 mars 2014 à 08h59 par Le Salon Beige | Lien permanent

09 février 2014

Jean Tremblay : un politique qui vit sa foi sans complexe dans l'espace public

CLe maire de Saguenay (au Québec), Jean Tremblay, qui mène un combat pour le maintien de la prière au conseil municipal et pour conserver le crucifix (voir son excellente prestation), vient de publier chez Wilson & Lafleur Ltée (Éditions des oliviers), le livre "Croire ça change tout : Pourquoi la foi transforme-t-elle la vie ?".

Notaire de profession, Jean Tremblay est un grand croyant qui vit sa vocation de baptisé dans l'espace public comme politicien. C'est un ardent défenseur de la religion catholique. Dans son livre, il a voulu expliquer les motivations de sa foi et nous livrer son expérience personnelle de sa foi catholique et de son influence dans sa vie. 

Dans son livre, il traite de l'origine de la vie, le sens de la vie, l'amour, l'argent, le bonheur, les vertus, les épreuves, la foi en Dieu, la vie spirituelle, la conscience, le pardon, la mort, le Ciel, les médias, la politique, le rôle de l'Église, etc. On y retrouve des citations de : la Bible, des saints (ex : le saint curé d'Ars, sainte Thérèse de Lisieux, bienheureux Jean-Paul II, bienheureuse Mère Teresa, etc.), d'auteurs profanes (ex : Albert Einstein, André Malraux, Antoine de Saint-Exupéry, etc.) et autres.  Extrait :

««Pourquoi autant de personnes qui se paient tous les plaisirs possibles ne sont pas plus heureuses que les autres ? La foi nous invite à voir la vie autrement en réalisant qu'il y a du divin en vous et que c'est là que se trouve le bonheur.

Cette lecture nous fait prendre conscience qu'il est facile d'être heureux quand on a la foi. Le plus difficile, c'est d'y demeurer et pour cela nous avons besoin d'aide. Nous sommes incapables de résister à certains désirs qui sont plus forts que notre volonté, nous verrons comment y parvenir. Vous apprendrez à mieux vous considérer. 

À la fin de la lecture, vous n'aurez pas un sous de plus, mais vous réaliserez que vous êtes beaucoup plus riche que vous ne le pensiez parce que ce livre va vous faire prendre conscience que la vraie richesse n'est pas dans vos poches.» 

Posté le 9 février 2014 à 14h41 par Michel Janva | Lien permanent

18 janvier 2014

Comment Jean-Claude Guillebaud est devenu chrétien

Comment je suis redevenu chrétien de Jean-Claude Guillebaud.

GCet homme n'est pas tout à fait «des nôtres». Il ne fréquent ni nos chapelles ni nos églises ni nos pèlerinages. C'est un homme de pouvoir, éditorialiste au Nouvel OBS, entre autres.

Pour autant il se pose comme un homme qui  a retrouvé le  Christ, et n'hésite pas à le dire, le reconnaître, l'avouer, et le rendre publique. Pour cela il écrit même  un livre complet. Ainsi il aura témoigné du Christ devant les hommes et l'on sait le genre de récompense promise à ce type de témoignage. Je ne connais rien de cet homme hormis ce que Wiki en dit et ce livre qu'il a écrit et que j'ai lu. Et sur lequel  je voudrais écrire quelques lignes. 

L'exorde de ce livre est une citation de Camus : «Ce que le monde attend des chrétiens est que les chrétiens parlent à haute et claire voix, et qu'ils portent leurs condamnation de telle façon que jamais le doute, jamais un seul doute, ne puisse s'élever dans le cœur de l'homme le plus simple ». Albert Camus n'était certes pas un disciple affiché du Christ, mais cette phrase dans la bouche de cet homme que l'on veut encore faire taire aujourd'hui, parce qu'il aimait sa terre et les peuples qui l’habitaient, et qu'il refusait le terrorisme islamiste, mérite d’être écoutée, voire même  prise en compte. Car ce qu'il disait résonne aujourd'hui et plus que jamais à nos oreilles. Jean Monneret l'a bien montré dans son récent ouvrage sur cet auteur encore et toujours politiquement incorrect. Nous, les chrétiens, devons parler à voix haute et claire. Et ce que nous affirmons ne doit pas être entaché de doute. Le vrai modèle ne disait il pas que «votre oui soit oui et votre non soit non,  et tout le reste vient du démon » ? En ce sens la phrase de Camus est bien «christique» en ce sens qu'il exige des chrétiens qu'ils soient vraiment le sel de la terre ou la lumière qui éclaire le monde. Ce que les laïcs chrétiens ont bien compris en 2013 dans les combats titanesques qu'il ont mené et s’apprête encore à mener en 2014 contre un  état devenu radicalement anticatholique.

En ce sens le livre de Guillebaud est intéressant aujourd'hui encore, même s'il date de 2007. Son livre est divisé en autant  de chapitres ; ouverture, les sources de la modernité, la subversion évangélique, le foi comme décision. En dehors de l'aspect un peu prétentieux de «Ouverture», car son œuvre n'est tout de même pas un opéra, les autres têtes de chapitres semblent bien aceptables pour un catholique.

Ce livre est très inégal.  Dans la même page 101,  on nous cite Maurice  BELLET psychanalyste et prêtre catholique, auteur  de «Le Dieu pervers»,tout un programme de destruction de la foi dans le cœur de pauvres et des simples (nous, les laïcs)  et  René Girard à qui il reconnaît «une dette immense» tout en mesurant qu'il n'est pas convenable de le reconnaître pour ce qu'il est, y compris dans les milieux catholiques (!). Il  cite  Camus, encore lui, dans sa remise en cause du totalitarisme  de «l'Homme révolté».

Il s'inscrit en faux contre Juluis Evola, qu'il considère comme un maître de Charles Maurras, preuve qu'il n'a pas lu ce dernier ou ne l'a pas entièrement compris, pour qui « Ce qui dans le catholicisme possède un caractère vraiment traditionnel est bien peu chrétien et ce qui en lui est chrétien s’avère bien peu traditionnel » (in Révolte contre le monde moderne).  Le drame de ces païens est de ne pas comprendre que l’Église est l'extraordinaire et unique synthèse entre Rome, Athènes  et Jérusalem sur le  plan  culturel, mais qu'elle est en même temps l’épouse  spirituelle du Christ. Oui, je sais, cela fait beaucoup.

On entend dans ce livre beaucoup de pleurnicheries contre le monde occidental, comme il se doit. Mais il y a aussi des analyse surprenantes; pour lui «en deux millénaires d'histoire le christianisme aura finalement présenté trois visages différents: la puissance, la protestation  et la sainteté ». 

Cependant, il observe aussi en page 58 que « la plupart des convictions auxquelles nous adhérons spontanément celles qui sont inscrites dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1948 et qui fondent la démocratie occidentale trouvent leur source dans le biblique » . Sur ce sujet l’Église a évolué pour aboutir avec Jean Paul II à une lecture chrétienne de ces droits ; l'occasion ou jamais de rappeler qu'en face de ces droits, il y a des devoirs, et surtout, les droits imprescriptibles de Dieu sur sa création.

La comparaison qu'il fait entre la Bible et le poème d’Homère que d'aucuns osent faire parfois est analysée comme suit «Un texte comme la Bible dont on a reconnu et mesuré la puissance peut il n'être qu'un simple création humaine? Est il concevable qu'il ait été «inventé» par le seul génie des hommes, comme c'est le cas du poème homérique qui représente, pour la culture grecque, l'équivalent de nos textes sacrés ? »

Disciple du cardinal John Henri Newman (1801-1890) que Benoît XVI a porté sur les autels il rappelle l'importance de l'assentiment dans la foi. Pour Guillebaud «ce n'est pas la foi qu'on perd, c'est la volonté de croire qui faiblit».  Une phrase importante à retenir,  y compris  pour ceux qui se sentent très assurés dans leur foi.

Sur l'ennui généré par les sermons de nos prêtres, il nous se rassure: au sujet  de« saint Césaire d'Arles évangélisateur de la Provence et grand lecteur de saint Augustin, on raconte que lorsqu'il prêchait il faisait fermer les portes afin d’empêcher les fidèle de s’enfuir» Des racontars bien sur...Mais il indique aussi qu'« A chacun la célébration devrait logiquement sembler bien trop courte et non pas trop longue. A moins de ne pas croire tout à fait à ce qui se passait devant l'autel». C'est un beau témoignage de la présence réelle du Christ  dans son eucharistie. 

Sa conclusion rejoint cet appel à la joie d'être chrétien qui  fût tout le pontificat de Benoît XVI :  «Les philosophes athéniens ou romains de l'époque étaient sidérés par la joie chantante qu'ils repéraient dans les premières communautés chrétiennes, ce bonheur d’être ou de se croire porteurs d'une bonne nouvelle. «Soyez toujours joyeux» répétait saint Paul dans ses épîtres.

Saurais je l’être ?

Saurons nous l’être ?».

Ce livre est le  beau témoignage d'un homme qui a retrouvé le bonheur d’une relation personnelle avec le Christ.

Posté le 18 janvier 2014 à 08h01 par Le Salon Beige | Lien permanent

11 janvier 2014

« Le thermomètre de la vie de l’Eglise est bien bas »

L'homélie d'hier du pape François nous rappelle ce texte du cardinal Ratzinger estimant que le bateau Eglise prend l'eau de toute part :

« L’Eglise est pleine de chrétiens en déroute, qui ne croient pas que la foi est victoire ». « Trop de chrétiens n’ont qu’une espérance diluée, sans force : une espérance faible », « trop de chrétiens n’ont pas la force et le courage de se confier au Seigneur ».

« Je n’ai pas peur de le dire, le thermomètre de la vie de l’Eglise est bien bas : je vois peu de capacité d’adorer le Seigneur, tout simplement parce que dans la confession de la foi, nous ne sommes pas convaincus, ou seulement convaincus à moitié ». « L’homme ou la femme qui a la foi se confie à Dieu : il se confie ! » « Mais s’il ne vit pas cette foi dans la victoire, alors c’est la déroute et c’est le monde qui l’emporte, le Prince du monde, c’est-à-dire le démon ».

« Il faut se confier, car cela nous porte à l’espérance ». « Comme la confession de la foi nous porte à l’adoration et à la louange de Dieu, de la même manière se confier à Dieu nous porte à une attitude d’espérance ».« Confesser sa foi demande que l’on croit non pas en partie ou à moitié, mais de croire toute la foi, cette foi qui est arrivée à nous par la voie de la tradition : toute la foi ! » « Et comment puis-je savoir si moi je confesse bien la foi ? Et bien celui qui confesse bien la foi, toute la foi, est capable d’adorer Dieu, adorer Dieu » . « La première attitude à avoir est de confesser sa foi et la protéger. L’autre attitude est de se confier à Dieu »

Posté le 11 janvier 2014 à 14h20 par Michel Janva | Lien permanent

06 janvier 2014

L’Épiphanie est une fête du Christ-Roi

Extrait de l'homélie prononcée par Dom Pateau, abbé de Notre-Dame de Fontgombault, publiée par l'Homme Nouveau :

"La fête de l’Épiphanie ouvre le temps de la manifestation du Seigneur au monde. Avec l’arrivée des Mages, s’étend le cercle restreint de ceux qui avaient été avertis, souvent de façon miraculeuse, de la naissance du Messie. La nouvelle touche maintenant les gentils. D’origine orientale, cette fête célébrait durant les premiers siècles de la chrétienté l’avènement du Christ dans la chair, comme notre actuelle fête de Noël, en accentuant cependant son aspect glorieux. L’Enfant de la crèche est vrai Dieu et vrai homme, Seigneur et Roi de l’univers. L’Épiphanie est une fête du Christ-Roi. [...]"

Posté le 6 janvier 2014 à 16h42 par Michel Janva | Lien permanent

Le modèle des Mages, ouverts à la vérité

Extrait de l'homélie de l'Epiphanie à l'abbaye bénédictine de Triors, par Dom Hervé Courau, abbé de Triors :

"Le Concile s'est adressé aux Mages de notre époque, souvent menacés de perdre l'étoile et de se décourager, prêts pourtant à se réjouir en la retrouvant. Il s'est adressé à l'humanisme moderne, devenu parfois bien ambigu, alors qu'il est appelé à venir simplement en aide aux contemporains (Cf. Nostra aetate, Gaudium & Spes). Rappelez-vous, disait le Concile pour encourager ces Mages de notre époque, ceux qui cherchent la vérité, rappelez-vous la parole d'un de vos grands amis, S. Augustin: « Cherchons avec le désir de trouver et trouvons avec le désir de chercher encore ». Benoît XVI qui citait ce mot, donnait à notre temps en modèle les Mages si profondément ouverts à la vérité. À la différence du roi Hérode absorbé par son intérêt pour le pouvoir et la richesse, les Mages étaient tendus vers l'objectif de leur recherche, et lorsqu'ils la trouvèrent, bien qu'ils fussent des hommes cultivés, ils se comportèrent comme les bergers de Bethléem : ils reconnurent le signe et adorèrent l'Enfant, en lui offrant les dons précieux et symboliques qu'ils avaient apportées avec eux (Épiphanie 2007). Puissent-ils ne pas être tentés comme Hérode d'éluder la vérité et de se perdre avec lui dans les calculs de l'égoïsme sordide, voué à l'échec : la Providence divine tirera toujours le bien du mal, mais n'assume jamais le mal. Puisse plutôt Hérode et sa cour devenir Mages en suivant l'étoile, et se mêler aux veilleurs, les bergers, aux Mages devenus sentinelles auprès de l'Enfant. Hostis Herodes impie, Hérode, pourquoi te faire ennemi par ton impiété ? Nous prions pour nos gouvernants. Les Mages deviennent ainsi le modèle de tous, imitateurs eux-mêmes de Marie, la sainte Mère de Jésus, l'Étoile de la mer comme la nomme la liturgie, Stella maris : elle veille, elle est la sentinelle de Jésus."

Posté le 6 janvier 2014 à 14h06 par Michel Janva | Lien permanent

05 janvier 2014

La fête de l'Epiphanie nous préserve de ratatiner l'Evangile à sa sphère privée

Par le Père Guillaume de Menthière in Magnificat - 5 janvier 2014 :

"L'année 2014, que nous souhaitons bonne, sera on nous l'annonce, éminemment politique. Tant mieux !

La politique nous intéresse au premier chef, nous, les chrétiens catholiques.

Il y a quelques années, des étudiants de prépa étaient venus ma trouver, brandissant sous mon nez leur sujet de philo : « La religion est un phénomène politique ? »En bons élèves de l'école laïque, ils avaient tous, bien entendu, répondu « non » à la question.

Pourtant, la simple lecture des Évangiles de la Nativité aurait pu ébranler leur certitudes. A peine Jésus est-il né que les « peuples s'agitent, les nations grondent, les rois conspirent »(cf. Ps 2). Hérode tremble pour sa couronne, l'Orient se met en marche, les frontières sont abolies, les astres contreviennent aux lois de la plus élémentaire astronomie. Quelle crainte doit inspirer le Juge à la droite du Père, si le nouveau-né couché au chevet de sa mère fait déjà trembler les potentats de ce monde !

La fête de l'Epiphanie, nous préserve de ratatiner l'Evangile à sa sphère privée. Elle donne à Noël tout son retentissement politique et cosmique. Ecarquille les yeux, alors tu verras et ton coeur se dilatera, dit le prophète Isaïe (60,5).

L'Epiphanie est la fête de cette dilatation cordiale. Elle est à Noël ce que la Pentecôte est à Pâques, ou encore ce que notre confirmation est au baptême : une caisse de résonance, la puissante orchestration du thème sublime qui n'a été que discrètement esquissé tout d'abord par le soliste. Noël était un prélude. L'Epiphanie, c'est la symphonie catholique."

Posté le 5 janvier 2014 à 14h31 par Michel Janva | Lien permanent

04 janvier 2014

7 janvier : Une Histoire du mal au Centre Saint Paul à Paris

M

Posté le 4 janvier 2014 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

23 décembre 2013

"On ne peut pas adapter la doctrine aux circonstances"

Mgr Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a été interrogé dans il Corriere. Extrait de la traduction de Benoît-et-moi :

"Sur les divorcés remariés exclus des sacrements, Hans Kung a écrit: «Le Pape veut aller de l'avant, le préfet de la foi freine».

M« Regardez, à Mayence, nous avons une grande tradition de Carnaval ... Je suis et je serai toujours du côté du Pape. La vérité est que nous ne pouvons pas clarifier ces situations avec une déclaration générale. Sur les divorcés remariés civilement, beaucoup de gens pensent que le Pape ou un synode peuvent dire: ils recevront sans doute. Mais ce n'est pas possible ainsi. Même la pratique orthodoxe du «deuxième mariage» n'est pas uniforme et les orthodoxes la tolérent sans la favoriser. Un mariage sacramentel valide est indissoluble: c'est la pratique catholique réaffirmée par les papes et les Conciles, dans la fidélité à la Parole de Jésus. Et l'Eglise n'a pas le pouvoir de relativiser la Parole et les Commandements de Dieu».

- François dit que les sacrements ne sont pas pour les «parfait» et peuvent être une «aide» ...

«Bien sûr que le sacrement est une grâce, nous ne sommes pas pélagiens! Le pape en a rappelé à juste titre l'aspect médecinal. Mais il y a des conditions objectives. Une situation irrégulière dans le mariage est un obstacle objectif à la réception de l'Eucharistie. Cela ne doit pas être considéré comme une punition: ça ne l'est pas. Et cela n'empêche pas de participer à la messe».

- Donc il n'y a rien à faire ?

«Les choses ne sont pas comme cela. Nous devons chercher une combinaison entre les principes généraux et de la situation particulière, personnelle. Trouver des solutions aux problèmes individuels, mais toujours sur la base de la doctrine catholique. On ne peut pas adapter la doctrine aux circonstances: l'Eglise n'est pas un parti politique qui fait des sondages pour obtenir un consensus. Il faut un dialogue concret, pastoral. Il y a des situations différentes à évaluer de manières différentes».

- La solution est-elle l'annulation du mariage ?

« Si les conditions sont réunies pour le déclarer nul, oui. Pour cela, nous avons les tribunaux ecclésiastiques ...».

- Mais c'est possible s'il y a des enfants ?

« Oui, ce ne sont pas les enfants qui font la validité mais le consensus entre des conjoints conscients du sacrement. Dans de nombreux pays, il n'y a que des vestiges de la tradition chrétienne, nous avons perdu le sens, il y a une confusion totale»."

Posté le 23 décembre 2013 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent

30 novembre 2013

AU LARGE ! La Nouvelle évangélisation par le jeu

Jeu-2Fidèle à l’intuition exprimée par le pape Paul VI dans son exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi visant – il y a près de quarante ans ! – à dépasser l'analphabétisme de notre époque en matière de foi, le jeu catéchétique Au Large ! renouvelle le mouvement catéchétique pour surmonter la rupture entre Evangile et culture.

S’adressant aux parents et grands-parents, premiers éducateurs de la foi dans la famille, aux catéchistes soucieux de trouver un support ludique à l’apprentissage de l’Evangile, le jeu aborde chacun des six thèmes du catéchisme. En piochant tour à tour dans six paquets de cartes à l’effigie d’un saint de notre temps, les joueurs pourront tester leur connaissance des sacrements, de la prière, de la vie chrétienne, des commandements, de l’histoire sainte ou de la liturgie et s’approprier dans la joie les points clés de la foi catholique. Un jeu propice aux défis lancés entre copains le temps d’une soirée pour voir qui a bien assimilé son caté parfois lointain voir un peu enfoui…

La nouvelle édition actualisée qui a succédée à la première, en rupture de stock, s’affiche au tarif promotionnel de 39 euros jusqu’aux fêtes de Noël. A découvrir et commander sans tarder sur http://www.au-large.com/

Posté le 30 novembre 2013 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent

20 novembre 2013

Création et théorie de l'évolution

Extrait d'un entretien donné par Dominique Tassot à Riposte catholique, sur le lien entre la Bible et la science :

"Dans la première page de la Genèse, texte très concis décrivant la Création, il est une formule répétée 10 fois – insistance qui prouve son importance ! – et cette formule concerne les sciences naturelles. Il s’agit de l’expression « selon son espèce ». Et de fait, les êtres vivants nous sont rendus connaissables par l’existence de traits permanents qui traversent les générations et qui permettent de les décrire et de les nommer. Sans le concept d’espèce, il n’y a plus de science possible ! Or la théorie de l’évolution déclare que les espèces sont des illusions, que les êtres vivants sont en transition permanente entre une forme ancestrale inconnue (qu’on cherche à retrouver parmi les fossiles, mais en vain) et une forme future indéterminée. Il est évident que, si la génétique avait existé avant Lamarck et Darwin, ils auraient reculé devant cette énormité : les mutations sont toujours neutres ou régressives ! La conséquence pour la religion est immédiate : si les espèces ne sont pas des réalités substantielles, l’espèce humaine n’existe pas non plus, la transmission du péché originel est un mythe, et l’idée d’une Rédemption par un second Adam semblable au premier devient absurde.  Il est navrant de voir tant de grandes intelligences catholiques chercher à concilier Création et évolution, sans mesurer l’inutilité d’un tel travail, puisqu’il s’agit d’une théorie fausse !"

Posté le 20 novembre 2013 à 21h36 par Michel Janva | Lien permanent

18 novembre 2013

Exhortation apostolique Evangelii gaudium

À l’occasion de la messe cloturant l’Année de la foi, dimanche 24 novembre, le pape François remettra à l’Église l’exhortation apostolique Evangelii gaudium.

Cette exhortation fait suite à la XIIIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques sur la nouvelle évangélisation qui s'était déroulée à Rome l'an passé, sous l'égide de Benoît XVI. Comme de tradition, la liste des propositions avait été remise au pape sans être diffusées. On pourra relire le message final de ce synode.

Posté le 18 novembre 2013 à 19h07 par Michel Janva | Lien permanent

13 novembre 2013

La mission de l'Eglise est l'évangélisation par le baptême

Durant l'audience générale de ce matin, le Pape François a poursuivi sa présentation du Credo, en évoquant le baptême. Le baptême

"est la porte de la foi et de la vie chrétienne... La mission de l'Eglise est l'évangélisation et le pardon des péchés par le biais du sacrement baptismal".

"Le baptême est lié à notre foi dans la rémission des péchés. La confession est une sorte de second baptême renvoyant et renforçant le premier. C'est pourquoi le jour de notre baptême marque le début d'un chemin de conversion qui dure toute la vie, continuellement soutenu par le sacrement de pénitence. Lorsque nous nous confessons, c'est à Jésus que nous demandons pardon...et ce pardon rénove notre baptême. La confession n'est pas une torture mais la joie de renouveler notre baptême".

Puis le Saint-Père a insisté sur l'unicité du baptême, un mot

"qui signifie immersion, une immersion spirituelle dans la mort du Christ, afin de ressusciter avec lui comme créature nouvelle. Il s'agit d'une régénération née de l'eau et de l'Esprit sans lequel personne ne peut accéder au Royaume. Il s'agit d'une illumination aussi car le Christ nous comble de sa grâce en chassant les ténèbres du péché. Fort de ce don, le baptisé est appelé a devenir à son tour lumière pour les autres, en particulier pour nos frères plongés dans les ténèbres et privés d'une lueur d'espoir dans leur vie".

"Avec ce sacrement, qui efface les peines du péché, s'ouvre la porte à une vie nouvelle libérée du poids du passé, resplendissante de la beauté et de la bonté du Royaume. Tel est la puissante intervention de la miséricorde de Dieu dans nos vies, en vue de notre salut. Ceci dit, cette intervention salvatrice n'enlève rien à la faiblesse de la nature humaine, ni n'efface la responsabilité de l'homme et la nécessité qu'il a de demander pardon chaque fois qu'il pèche."

Posté le 13 novembre 2013 à 22h31 par Michel Janva | Lien permanent

10 novembre 2013

Vénération des reliques de Saint Pierre pour clôturer l'année de la foi

Pour la première fois, des reliques de saint Pierre vont être sorties des grottes sous la basilique vaticane pour être exposées en public, à l'occasion de la clôture de "l’Année de la foi", le dimanche 24 novembre, en présence du pape François.

Ces ossements avaient été découverts lors de fouilles entreprises en 1940, sous le pontificat de Pie XII, dans une nécropole située sous la basilique à côté d’un monument construit au 4e siècle.

Posté le 10 novembre 2013 à 19h52 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2013

La doctrine de l’indissolubilité du mariage est non négociable

Mgr Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, publie dans l'Osservatore Romano une réflexion sur le problème des divorcés remariés. Cet article répond aux orientations (ou aux tentatives d'orientation) données par le diocèse de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, ouvrant sous condition l’accès aux sacrements aux personnes divorcées remariées, et qui avaient réjoui les milieux progressistes. Extraits de l'article de Mgr Müller :

"La discussion concernant la problématique des fidèles qui ont contracté un nouveau lien civil après un divorce n’est pas nouvelle et a toujours été suivie avec un grand sérieux par l’Église dans l’intention d’aider les personnes concernées. En effet, le mariage est un sacrement qui touche de manière particulièrement profonde la réalité personnelle, sociale et historique de l’homme. En raison du nombre croissant de personnes concernées dans les pays d’antique tradition chrétienne, il s’agit d’un problème pastoral de grande portée. Aujourd’hui, des personnes tout à fait croyantes se demandent sérieusement : l’Église ne peut-elle pas permettre aux fidèles divorcés remariés d’accéder, sous certaines conditions, aux sacrements ? L’Église a-t-elle les mains liées à jamais en cette matière ? Les théologiens ont-ils vraiment déjà dégagé toutes les implications et les conséquences relatives à cet égard ?

Ces questions doivent être discutées en accord avec la doctrine catholique sur le mariage. Une pastorale responsable présuppose une théologie qui s’en remet tout entière et librement à Dieu « dans un complet hommage d’intelligence et de volonté à Dieu qui révèle et dans un assentiment volontaire à la révélation qu’il fait » (Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, n. 5). Pour rendre compréhensible l’enseignement authentique de l’Église, nous devons procéder à partir de la Parole de Dieu qui est contenue dans l’Écriture Sainte, exposée dans la Tradition de l’Église et interprétée normativement par le Magistère.  [...]

Le texte, aujourd’hui encore fondamental, de l’Exhortation apostolique Familiaris consortio, publiée par Jean-Paul II le 22 novembre 1981 à la suite du synode des évêques sur la famille chrétienne dans le monde contemporain, confirme avec insistance l’enseignement dogmatique de l’Église sur le mariage. Du point de vue pastoral, l’Exhortation post-synodale se soucie aussi des fidèles remariés civilement, mais qui sont encore liés par un mariage ecclésiastiquement valide. Le Pape fait preuve d’un haut degré de sollicitude et d’attention. [...]

La Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant la réception de la Communion eucharistique de la part des fidèles divorcés remariés du 14 septembre 1994 confirme que la pratique de l’Église en ce domaine « ne peut être changée sur la base des différentes situations » (n. 5). Il est en outre spécifié que les croyants concernés ne doivent pas s’approcher de la sainte Communion sur la base du jugement de leur conscience : « Si ce fidèle jugeait possible de le faire, les pasteurs et les confesseurs auraient […] le grave devoir de l’avertir qu’un tel jugement de conscience est en opposition patente avec la doctrine de l’Église » (n. 6). Lorsqu’il existe des doutes quant à la validité d’un mariage ayant échoué, ceux-ci doivent être vérifiés par les tribunaux compétents en matière matrimoniale (cf. n. 9). [...]

Dans l’Exhortation post-synodale Sacramentum caritatis du 22 février 2007, Benoît XVI [...] en vient à parler de la situation des fidèles divorcés remariés au n. 29, où il la qualifie de « problème pastoral épineux et complexe ». Benoît XVI réaffirme « la pratique de l’Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés », mais il conjure presque les pasteurs d’âmes à consacrer une « attention spéciale » aux personnes concernées, « désirant qu’elles développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l’écoute de la Parole de Dieu, par l’adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l’engagement dans l’éducation de leurs enfants ». En cas de doute quant à la validité de la communauté de vie matrimoniale qui s’est brisée, celui-ci doit être examiné avec attention par les tribunaux compétents en matière matrimoniale.

La mentalité contemporaine se place largement en opposition à la compréhension chrétienne du mariage, notamment par rapport à son indissolubilité ou à l’ouverture à la vie. Étant donné que beaucoup de chrétiens sont influencés par cette mentalité, les mariages sont probablement plus souvent invalides de nos jours qu’ils ne l’étaient par le passé, parce que manque la volonté de se marier selon le sens de la doctrine matrimoniale catholique et que la socialisation dans le contexte vivant de foi est trop réduite. C’est pourquoi une vérification de la validité du mariage est importante et peut conduire à une solution de problèmes. Là où il n’est pas possible de constater une nullité du mariage, l’absolution et la Communion eucharistique présupposent, selon la pratique éprouvée de l’Église, une vie commune « comme amis, comme frère et sœur ». Les bénédictions de liens irréguliers sont à éviter « dans tous les cas […] pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du mariage». La bénédiction (bene-dictio : approbation de la part de Dieu) d’une relation qui s’oppose à la volonté divine est une contradiction en soi. [...]

La doctrine de l’indissolubilité du mariage se heurte souvent à l’incompréhension dans un milieu sécularisé. [...] D’autre part, l’idéal de la fidélité entre un homme et une femme, fondé sur l’ordre de la création, n’a rien perdu de son attrait, comme le révèlent des enquêtes récentes parmi les jeunes. La plupart d’entre eux aspirent à une relation stable et durable, en tant qu’elle correspond aussi à la nature spirituelle et morale de l’homme. En outre, il faut rappeler la valeur anthropologique du mariage indissoluble : celui-ci soustrait les conjoints à l’arbitraire et à la tyrannie des sentiments et des états d’âme ; il les aide à traverser les difficultés personnelles et à surmonter les expériences douloureuses ; il protège surtout les enfants, qui pâtissent le plus de la rupture des mariages.

L’amour est plus que le sentiment et l’instinct ; dans son essence il est dévouement. Dans l’amour conjugal, deux personnes se disent l’une à l’autre consciemment et volontairement : seulement toi – et toi pour toujours. À la parole du Seigneur : « Ce que Dieu a uni… » correspond la promesse du couple : « Je te prends pour époux… je te prends pour épouse… Je veux t’aimer, te respecter et t’honorer tant que je vis, jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Le prêtre bénit l’alliance que les conjoints ont conclue entre eux devant Dieu. Quiconque a des doutes sur le fait que le lien matrimonial possède une qualité ontologique, voudra se laisser instruire par la Parole de Dieu : « Le Créateur, dès l’origine, les fit homme et femme, et a dit : Ainsi donc l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair » (Mt 19, 4-6).

Pour les chrétiens vaut le fait que le mariage entre baptisés, qui sont incorporés dans le Corps du Christ, possède un caractère sacramentel et représente par là une réalité surnaturelle. Un problème pastoral sérieux consiste dans le fait que certains, aujourd’hui, jugent le mariage exclusivement selon des critères mondains et pragmatiques. Celui qui pense selon « l’esprit du monde » (1 Co 2, 12) ne peut pas comprendre le caractère sacramentel du mariage. Au manque de compréhension croissant à propos de la sainteté du mariage, l’Église ne peut pas répondre par une adaptation pragmatique à ce qui apparaît inévitable, mais seulement en ayant confiance dans « l’Esprit qui vient de Dieu, pour connaître les dons gracieux que Dieu nous a faits » (1 Co 2, 12). Le mariage sacramentel est un témoignage de la puissance de la grâce qui transforme l’homme et prépare toute l’Église pour la cité sainte, la nouvelle Jérusalem, l’Église, prête « comme une épouse parée pour son époux » (Ap 21, 2). L’Évangile de la sainteté du mariage doit être annoncé avec une audace prophétique. Un prophète fatigué cherche dans l’adaptation à l’esprit du temps son propre salut, mais pas le salut du monde en Jésus Christ. [...]

Assurément, il existe des situations – tout pasteur d’âme le sait – dans lesquelles la coexistence matrimoniale devient pratiquement impossible à cause de graves motifs, comme par exemple en cas de violences physiques ou psychiques. Dans ces situations douloureuses, l’Église a toujours permis que les conjoints se séparent et ne vivent plus ensemble. Il faut toutefois considérer que lien conjugal d’un mariage valide perdure devant Dieu et que chacune des parties n’est pas libre de contracter un nouveau mariage tant que l’autre conjoint est en vie. Les pasteurs d’âmes et les communautés chrétiennes doivent s’engager pour promouvoir des chemins de réconciliation également dans ces cas ou, quand cela n’est pas possible, aider les personnes concernées à affronter dans la foi leur situation difficile.

On propose toujours à nouveau que la décision de s’approcher ou non de la Communion eucharistique devrait être laissée à la conscience personnelle des divorcés remariés. Cet argument, qui se fonde sur un concept problématique de « conscience », a déjà été repoussé dans la Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1994. Assurément, dans chaque célébration de la Messe les fidèles sont tenus de s’examiner dans leur conscience s’il est possible de recevoir la Communion, ce à quoi s’oppose toujours un péché grave non confessé. Ils ont donc l’obligation de former leur conscience et de l’orienter selon la vérité ; ce faisant, ils obéissent également au magistère de l’Église, qui les aide « à ne pas dévier de la vérité sur le bien de l’homme, mais, surtout dans les questions les plus difficiles, à atteindre sûrement la vérité et à demeurer en elle » (Jean-Paul II, Lettre encyclique Veritatis splendor, n. 64). [...]

Une proposition supplémentaire en faveur de l’admission des divorcés remariés aux sacrements consiste à invoquer l’argument de la miséricorde. Étant donné que Jésus lui-même s’est solidarisé avec les personnes qui souffrent en leur donnant son amour miséricordieux, la miséricorde serait un signe spécial d’une sequela authentique. Cela est vrai, mais c’est un argument insuffisant en matière théologico-sacramentaire, parce que tout l’ordre sacramentel est une œuvre de la divine miséricorde et ne peut pas être révoqué en faisant appel à cette même miséricorde. À travers ce qui est objectivement un faux appel à la miséricorde, on court de plus le risque d’une banalisation de l’image de Dieu, selon laquelle Dieu ne pourrait rien faire d’autre que pardonner. Au mystère de Dieu appartiennent, outre la miséricorde, également sa sainteté et sa justice. Si l’on occulte ces attributs de Dieu et que l’on ne prend pas au sérieux la réalité du péché, on ne peut finalement pas non plus communiquer sa miséricorde aux hommes. Jésus a rencontré la femme adultère avec une grande compassion, mais il lui a aussi dit : « Va, ne pèche plus » (Jn 8, 11). La miséricorde de Dieu n’est pas une dispense des commandements de Dieu et des instructions de l’Église. Elle accorde plutôt la force de la grâce pour leur accomplissement, pour se relever après la chute et pour une vie de perfection à l’image du Père céleste. [...]"

Posté le 22 octobre 2013 à 19h56 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2013

Suis-je un chrétien “par à-coups”, ou suis-je un chrétien toujours ?

Homélie du Pape François prononcé lors de la messe pour la journée mariale à l'occasion de l'année de la foi :

0"Dans le Psaume, nous avons récité : « Chantez au Seigneur un chant nouveau, car il a fait des merveilles » (Ps 97, 1). Aujourd’hui nous sommes devant une des merveilles du Seigneur : Marie ! Une créature humble et faible comme nous, choisie pour être Mère de Dieu, Mère de son Créateur.

En regardant justement Marie, à la lumière des lectures que nous avons écoutées, je voudrais réfléchir avec vous sur trois réalités : La première, Dieu nous surprend ; la deuxième, Dieu nous demande la fidélité ; la troisième, Dieu est notre force.

1. La première : Dieu nous surprend. L’épisode de Naaman, chef de l’armée du roi d’Aram, est singulier : pour guérir de la lèpre, il s’adresse au prophète de Dieu, Élisée, qui n’accomplit pas de rites magiques, ni ne lui demande des choses extraordinaires, mais d’avoir seulement confiance en Dieu et de se plonger dans l’eau du fleuve ; non pas cependant dans l’eau des grands fleuves de Damas, mais du petit fleuve Jourdain. C’est une demande qui laisse Naaman perplexe, et même surpris : quel Dieu peut être celui qui demande quelque chose d’aussi simple ? Il veut faire marche arrière, mais ensuite il fait le pas, il se plonge dans le Jourdain et il guérit immédiatement (cf. 2 R 5, 1-14). Voici, Dieu nous surprend ; il est vraiment dans la pauvreté, dans la faiblesse, dans l’humilité qui se manifeste et nous donne son amour qui nous sauve, nous guérit et nous donne force. Il demande seulement que nous suivions sa parole et que nous ayons confiance en Lui.

1C’est l’expérience de la Vierge Marie : devant l’annonce de l’Ange, elle ne cache pas son étonnement. C’est la stupeur de voir que, pour se faire homme, Dieu l’a vraiment choisie, elle, une simple jeune fille de Nazareth, qui ne vit pas dans les palais du pouvoir et de la richesse, qui n’a pas accompli des exploits, mais qui est ouverte à Dieu, sait se fier à Lui, même si elle ne comprend pas tout : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole » (Lc 1, 38). C’est sa réponse. Dieu nous surprend toujours, il rompt nos schémas, bouleverse nos projets, et nous dit : fais-moi confiance, n’aie pas peur, laisse-toi surprendre, sors de toi-même et suis-moi !

Aujourd’hui demandons-nous tous si nous avons peur de ce que Dieu pourrait me demander ou de ce qu’il me demande. Est-ce que je me laisse surprendre par Dieu, comme a fait Marie, ou est-ce que je m’enferme dans mes sécurités, sécurités matérielles, sécurités intellectuelles, sécurités idéologiques, sécurités de mes projets ? Est-ce que je laisse vraiment Dieu entrer dans ma vie ? Comment est-ce que je lui réponds ?

2. Dans le passage de saint Paul que nous avons écouté, l’Apôtre s’adresse à son disciple Timothée en lui disant de se souvenir de Jésus Christ, si nous persévérons avec Lui, avec Lui aussi nous règnerons (cf. 2 Tm 2, 8-13). Voici le deuxième point : se souvenir toujours du Christ, la mémoire de Jésus Christ, et cela c’est persévérer dans la foi : Dieu nous surprend avec son amour, mais il demande la fidélité dans le fait de le suivre. Nous pouvons devenir « non-fidèles », mais lui ne le peut pas, il est « le fidèle » et il nous demande la même fidélité. Pensons à toutes ces fois où nous nous sommes enthousiasmés pour quelque chose, pour une initiative, pour un engagement, mais ensuite, face aux premiers problèmes, nous avons jeté l’éponge. Et malheureusement, cela arrive aussi dans les choix fondamentaux, comme celui du mariage. La difficulté d’être constants, d’être fidèles aux décisions prises, aux engagements pris. Il est souvent facile de dire « oui », mais ensuite, on n’arrive pas à répéter ce « oui » chaque jour. On ne réussit pas à être fidèles.

Marie a dit son « oui » à Dieu, un « oui » qui a bouleversé son humble existence de Nazareth, mais ce « oui » n’a pas été l’unique, au contraire il a été seulement le premier de beaucoup de « oui » prononcés dans son cœur dans ses moments joyeux, comme aussi dans les moments de douleur, beaucoup de « oui » qui atteignent leur sommet dans celui dit au pied de la Croix. Aujourd’hui, il y a ici beaucoup de mamans ; pensez jusqu’où est arrivée la fidélité de Marie à Dieu : voir son Fils unique sur la Croix. La femme fidèle, debout, détruite à l’intérieur, mais fidèle et forte.

Et je me demande : suis-je un chrétien “par à-coups”, ou suis-je un chrétien toujours ? La culture du provisoire, du relatif pénètre aussi dans la vie de la foi. Dieu nous demande de lui être fidèles, chaque jour, dans les actions quotidiennes et il ajoute que, même si parfois nous ne lui sommes pas fidèles, Lui est toujours fidèle et avec sa miséricorde il ne se lasse pas de nous tendre la main pour nous relever, de nous encourager à reprendre la marche, pour revenir à Lui et lui dire notre faiblesse pour qu’il nous donne sa force. Et cela c’est le chemin définitif : toujours avec le Seigneur, même dans nos faiblesses, même dans nos péchés. Ne jamais aller sur la route du provisoire. Cela nous tue. La foi est fidélité définitive, comme celle de Marie.

3. Le dernier point : Dieu est notre force. Je pense aux dix lépreux de l’Évangile guéris par Jésus : ils vont à sa rencontre, ils s’arrêtent à distance et ils crient : « Jésus, maître, prends pitié de nous ! » (Lc 17, 13). Ils sont malades, ils ont besoin d’être aimés, d’avoir de la force et ils cherchent quelqu’un qui les guérisse. Et Jésus répond en les libérant tous de leur maladie. C’est impressionnant, cependant, de voir qu’un seul revient sur ses pas pour louer Dieu, haut et fort, et le remercier. Jésus lui-même le remarque : dix ont crié pour obtenir la guérison et un seul est revenu pour crier à haute voix son merci à Dieu et reconnaître que c’est Lui notre force. Savoir remercier, savoir louer pour ce que le Seigneur fait pour nous.

Regardons Marie : après l’Annonciation, le premier geste qu’elle accomplit est un geste de charité envers sa vieille parente Élisabeth ; et les premières paroles qu’elle prononce sont : « Mon âme exalte le Seigneur », c’est-à-dire un chant de louange et d’action de grâce à Dieu, non seulement pour ce qu’il a fait en elle, mais aussi pour son action dans toute l’histoire du salut. Tout est donné par lui. Si nous pouvons comprendre que tout est don de Dieu, quel bonheur dans notre cœur ! Tout est donné par lui. Il est notre force ! Dire merci est si facile, et pourtant si difficile ! Combien de fois nous disons-nous merci en famille ? C’est un des mots-clés de la vie en commun. « Vous permettez », « excusez-moi », « merci » : si dans une famille on se dit ces trois mots, la famille progresse. « Vous permettez », « excusez-moi », « merci ». Combien de fois disons-nous « merci » en famille ? Combien de fois disons-nous merci à celui qui nous aide, nous est proche, nous accompagne dans la vie ? Souvent nous tenons tout pour acquis ! Et cela arrive aussi avec Dieu. C’est facile d’aller chez le Seigneur demander quelque chose, mais aller le remercier : « Bah, je n’y pense pas ».

En continuant la célébration eucharistique invoquons l’intercession de Marie, pour qu’elle nous aide à nous laisser surprendre par Dieu sans opposer de résistance, à lui être fidèles chaque jour, à le louer et à le remercier, car c’est lui notre force. Amen."

Posté le 13 octobre 2013 à 14h54 par Michel Janva | Lien permanent

12 octobre 2013

Marie, Mère de notre foi

Voici le texte de l'allocution prononcée par le pape François place Saint-Pierre, ce samedi 12 octobre, lors de la veillée mariale, en communion avec les sanctuaires mariaux et les diocèses du monde, en préparation à la consécration de dimanche matin :

1"Nous sommes tous ici, en cette rencontre de l’Année de la foi consacrée à Marie, Mère du Christ et de l’Église, notre Mère. Sa statue, venue de Fatima, nous aide à sentir sa présence au milieu de nous. Marie nous conduit toujours à Jésus. Elle est une femme de foi, une vraie croyante. Comment a été la foi de Marie ?

1. Le premier élément de sa foi est celui-ci : la foi de Marie dénoue le nœud du péché (cf. LG,n. 56). Qu’est-ce que cela signifie ? Les Pères conciliaires ont repris une expression de Saint Irénée qui dit : « Le nœud noué par la désobéissance d’Ève a été dénoué par l’obéissance de Marie ; ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la vierge Marie l’a délié par sa foi » (Adv. Haer. III, 22, 4).

2Le « nœud » de la désobéissance, le « nœud » de l’incrédulité. Quand un enfant désobéit à sa maman ou à son papa, nous pourrions dire que se forme un petit « nœud ». Cela arrive si l’enfant agit en se rendant compte de ce qu’il fait, particulièrement s’il y a un mensonge ; dès lors il n’a confiance ni en sa maman ni en son papa. Que de fois cela arrive ! Alors la relation avec les parents a besoin d’être assainie de cette faute et, en effet, il s’excuse, pour qu’il y ait de nouveau harmonie et confiance. Quelque chose de semblable advient dans notre relation avec Dieu. Quand nous ne l’écoutons pas, ne suivons pas sa volonté, nous accomplissons des actions concrètes par lesquelles nous manifestons un manque de confiance en lui – et c’est le péché – il se forme comme un nœud dans notre être intime. Ces nœuds nous ôtent la paix et la sérénité. Ils sont dangereux, car de plusieurs nœuds peut se former un enchevêtrement, qui est toujours plus douloureux et toujours plus difficile à dénouer.

3Mais à la miséricorde de Dieu rien n’est impossible ! Même les nœuds les plus emmêlés se dénouent avec sa grâce. Et Marie, qui, par son « oui », a ouvert la porte à Dieu pour dénouer le nœud de l’ancienne désobéissance, est la mère qui, avec patience et tendresse, nous conduit à Dieu, afin qu’il dénoue les nœuds de notre âme avec sa miséricorde de Père. Nous pourrions nous demander : quels nœuds y-a-t-il dans ma vie ? Est-ce que je demande à Marie de m’aider à avoir confiance en la miséricorde de Dieu, pour changer ?

2. Deuxième élément : la foi de Marie donne chair humaine à Jésus. Le Concile dit : « Par sa foi et son obéissance, elle a engendré sur la terre le propre Fils du Père, et cela sans connaître d’homme, mais couverte de l’ombre du Saint-Esprit » (LGn. 63). C’est un point sur lequel les Pères de l’Église ont beaucoup insisté : Marie a conçu Jésus dans la foi et ensuite dans la chair, quand il a dit « oui » à l’annonce que Dieu lui a adressée par l’intermédiaire de l’Ange. Qu’est-ce que cela veut dire ? Qu’il n’a pas voulu se faire homme en ignorant notre liberté, il a voulu passer par le libre assentiment de Marie, son « oui ».

Mais ce qui s’est produit dans la Vierge Mère de manière unique, se réalise aussi sur plan spirituel en nous quand nous accueillons la Parole de Dieu avec un cœur bon et sincère et que nous la mettons en pratique. C’est comme si Dieu prenait chair en nous, il vient habiter en nous, car il prend demeure en ceux qui l’aiment et observent sa Parole.

Demandons-nous : sommes-nous conscients de cela ? Ou bien pensons-nous que l’incarnation de Jésus est seulement un fait du passé, qui ne nous engage pas personnellement ? Croire en Jésus signifie lui offrir notre chair, avec l’humilité et le courage de Marie, pour qu’il puisse continuer d’habiter au milieu des hommes ; croire en Jésus signifie lui offrir nos mains pour caresser les petits et les pauvres ; nos pieds pour aller à la rencontre de nos frères ; nos bras pour soutenir celui qui est faible et travailler dans la vigne du Seigneur ; notre esprit pour penser et faire des projets à la lumière de l’Évangile ; surtout notre cœur pour aimer et prendre des décisions selon la volonté de Dieu. Tout cela se réalise grâce à l’action de l’Esprit Saint. Laissons-nous guider par Lui !

3. Le dernier élément est la foi de Marie comme une marche : le Concile affirme que Marie « avança dans son pèlerinage de foi » (LG, n. 58). C’est pourquoi elle nous précède dans ce pèlerinage, elle nous accompagne et nous soutient.

Dans quel sens la foi de Marie a été une marche ? Dans le sens que, toute sa vie, elle a suivi son Fils : c’est lui la route, c’est lui le chemin ! Progresser dans la foi, avancer dans ce pèlerinage spirituel qu’est la foi, n’est autre que suivre Jésus ; l’écouter et se laisser guider par ses paroles ; voir comment il se comporte et mettre nos pieds dans ses pas, avoir ses sentiments et ses attitudes mêmes : humilité, miséricorde, proximité, mais aussi ferme refus de l’hypocrisie, de la duplicité, de l’idolâtrie. Le chemin de Jésus est celui de l’amour fidèle jusqu’au bout, jusqu’au sacrifice de sa vie, c’est le chemin de la croix. C’est pourquoi le chemin de la foi passe par la croix et Marie l’a compris dès le début, quand Hérode voulait tuer Jésus qui venait de naître. Mais ensuite, cette croix est devenue plus profonde, quand Jésus a été rejeté : alors la foi de Marie a fait face à l’incompréhension et au mépris ; quand est arrivée l’« heure » de Jésus, l’heure de la passion : alors la foi de Marie a été la petite flamme dans la nuit. Dans nuit du samedi-saint Marie a veillé. Sa petite flamme, petite mais claire, a été allumée dès l’aube de la Résurrection ; et quand elle a appris que le tombeau était vide, dans son cœur a débordé la joie de la foi, la foi chrétienne en la mort et résurrection de Jésus Christ. C’est le point culminant de la marche de la foi de Marie et de toute l’Église. Comment est notre foi ? Comme Marie la tenons-nous allumée même aux moments difficiles, de ténèbres ? Ai-je la joie de la foi ?

Ce soir, ô Marie, nous te remercions pour ta foi et nous renouvelons notre confiance en toi, Mère de notre foi."

Posté le 12 octobre 2013 à 18h17 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2013

442ème anniversaire de la victoire de Lépante, le 7 octobre 1571, grâce au Rosaire

1570...Une situation de crise

Les pays d'Europe, principalement à cause des suites de la révolte de Luther et des débuts du protestantisme, se disputent et se jalousent. Les "Ottomans", c'est‑à‑dire les Turcs (musulmans), en profitent pour devenir de plus en plus agressifs. Ils prennent ville après ville et port après port. Cela devient très inquiétant.

Seul le pape de ce temps-là, le pape saint Pie V, voit vraiment le danger. Il sonne l'alarme : tout l'occident risque d'être envahi par l’Islam, ennemi de la Croix et des chrétiens.

Septembre 1570... L'île de Chypre presque conquise

 Le sultan Sélim écrase la ville de Nicosie, capitale de Chypre et assiège Famagouste, l'autre grande ville de l'île. Pendant ce temps‑là, les amiraux de la flotte chrétienne se disputent... et certains font marche arrière. Ils n'ont pas du tout le moral… et ont peur de la puissance meurtrière des Ottomans...

S'unir et s'organiser

Le pape réagit. Avec beaucoup de courage et d'énergie, il multiplie les démarches auprès des gouvernants. D'abord pour que, en tant que princes chrétiens, ils se décident à faire face. Seules l'Espagne et la République de Venise répondront à l'appel du pape.

 Ensuite, il faut que ces deux pays acceptent de se ranger sous une autorité unique, sinon ce serait la pagaille dans les combats : finalement, avec l'accord de tous, le pape nomme le fils de Charles-Quint, Don Juan, seul et unique général des armées de terre et de mer.

Décembre 1570… "Au nom du Christ, vous vaincrez"

La guerre est déclarée aux Turcs pour leur reprendre "toutes les places qu'ils ont usurpées aux chrétiens". Don Juan se voit remettre un magnifique étendard pour l'armée confédérée : 

  •  d'un côté, Notre-Seigneur en croix ;
  • de l'autre, les armes de l'Église entre les armes du roi d'Espagne et celles de Venise.

"Allez, lui dit le pape, allez, au nom du Christ, combattre son ennemi, vous vaincrez".

Toute l'Église se met en prière et recourt à la Vierge

Et le pape ordonne immédiatement que, à Rome et dans toute la chrétienté, on prie beaucoup pour attirer sur les soldats et les marins chrétiens la protection de Dieu. Dans tout le monde chrétien, les confréries du Rosaire sont mobilisées pour supplier le Ciel.

Saint Pie V avait un grand amour pour le chapelet.

N'oublions pas que le Rosaire avait été révélé au monde par saint Dominique. Or saint Pie V, avant d'être élu pape, était dominicain (c’est depuis, à la suite de saint Pie V, que tous les papes se sont habillés en blanc, la couleur de l'habit des dominicains).

Août 1571... Chypre asservie

Famagouste est prise. Tous les chrétiens survivants sont enchaînés. La cathédrale est transformée en mosquée. Toute l'île est maintenant conquise par les Turcs. Ils se vantent de vastes projets auxquels ils n'entrevoient plus d'obstacles !

À nous, I'Italie ! À nous, l'Europe !

15 septembre 1571... Messine... le grand départ

Environ 200 galères chrétiennes, pontificales, espagnoles et vénitiennes lèvent l'ancre et quittent le port de Messine, en Sicile. Dix galères se détachent pour aller découvrir l'ennemi.

7 octobre 1571... dans le golfe de Lépante

Dès le matin, c'est le contact. Don Juan arbore l'étendard donné par le Saint Père. Les Turcs sont surpris. Ils ont 300 galères. Ils sont sûrs de gagner. Premiers boulets de canon. Fumée partout… Gigantesque mêlée !

Erreur de manœuvre pour une partie des galères turques qui se voient coincées par les galères vénitiennes. Le moral des Turcs commence à tomber.

 A l'abordage !

Don Juan a une idée géniale : il fait libérer les galériens enchaînés à leur poste de rameurs. Ivres de joie, ceux-ci se précipitent sur les galères ennemies pour aider les soldats à massacrer les Turcs.

A leur tour, les chefs turcs libèrent leurs rameurs.

Mais… beaucoup sont des chrétiens : ils ne vont pas se battre contre d'autres chrétiens ! Ils se retournent au contraire contre ceux qui les avaient faits prisonniers ! Trois heures après le début, il n'y a plus de doute : les chrétiens vont gagner. A la fin de la journée, 130 galères turques tombent au pouvoir des confédérés, 90 se brisent contre terre ou sont coulées.
30000 turcs morts et seulement 8000 chrétiens.
C'est la victoire complète.

7 octobre 1571... à Rome, dans le bureau du pape

Don Juan pense tout de suite à prévenir le pape. Mais le téléphone n'existe pas encore...  La bonne nouvelle n'arrivera à Rome que dans les derniers jours d'octobre.

Mais cette nouvelle, le pape la connaît déjà ! Le 7 octobre, à 5 heures de l'après-midi, absorbé par une réunion importante, il s'arrête tout à coup, impose silence à ceux qui sont là, se lève brusquement, se dirige vers la fenêtre, I'ouvre et y demeure quelques minutes dans une profonde contemplation.

Son visage, son attitude décèlent une profonde émotion. Puis, il se retourne et dans un grand mouvement de joie, il s'écrie :"Courez rendre grâces à Dieu, notre armée remporte la victoire"

"Secours des chrétiens, priez pour nous"

Saint Pie V pense tout de suite à remercier le Ciel et à mettre en valeur le mérite et la puissance de la prière à Dieu et à Notre Dame. Et pour célébrer à perpétuité l'assistance spéciale de Marie, il ajoute aux litanies de la Sainte Vierge l'invocation "Secours des chrétiens, priez pour nous".

 Il institue pour le 7 octobre la fête de Notre Dame de la Victoire.

Son successeur, le pape Grégoire XIII, Ia transformera en fête de Sainte Marie du Rosaire.

Elle sera étendue à toute l'Église par le pape Clément XI, à la suite d'une autre extraordinaire intervention de Notre Dame pour la délivrance de Vienne en 1716… encore une fois menacée par les musulmans.

Posté le 7 octobre 2013 à 21h19 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (16)

28 septembre 2013

Être catéchiste signifie donner le témoignage de la foi ; être cohérent dans sa vie

Extraits du discours du pape aux catéchistes, hier à Rome :

"la catéchèse est un pilier pour l’éducation de la foi, et nous voulons de bons catéchistes ! Merci de ce service à l’Église et dans l’Église. Même si parfois ça peut être difficile, si on travaille beaucoup, si on s’engage et qu’on ne voit pas les résultats voulus, éduquer dans la foi c’est beau ! C’est peut-être le meilleur héritage que nous pouvons donner : la foi ! Éduquer dans la foi pour qu’elle grandisse. Aider les enfants, les jeunes, les adultes à connaître et à aimer toujours plus le Seigneur est une des plus belles aventures éducatives, on construit l’Église ! “Être” catéchiste ! Non pas travailler comme catéchistes : cela ne va pas ! Je travaille comme catéchiste parce que j’aime enseigner… Mais si tu n’es pas catéchiste cela ne va pas ! Tu ne seras pas fécond, tu ne seras pas fécond ! Catéchiste c’est une vocation : “être catéchiste”, c’est cela la vocation, non travailler comme catéchiste. Attention, je n’ai pas dit “faire” le catéchiste, mais “l’être”, parce que cela engage la vie. On conduit à la rencontre avec Jésus par les paroles et par la vie, par le témoignage. Rappelez-vous ce que Benoît XVI nous a dit : « L’Église ne grandit pas par le prosélytisme. Elle grandit par attraction ». Et ce qui attire, c’est le témoignage. Être catéchiste signifie donner le témoignage de la foi ; être cohérent dans sa vie. [...]

1. Avant tout, repartir du Christ signifie avoir une familiarité avec Lui, avoir cette familiarité avec Jésus : à la dernière Cène, Jésus le recommande instamment aux disciples, quand il était en passe de vivre le plus grand don d’amour, le sacrifice de la Croix. [...]

2. Le deuxième élément est ceci. Deuxièmement : repartir du Christ signifie l’imiter dans le fait de sortir de soi et d’aller à la rencontre de l’autre. C’est une expérience belle et un peu paradoxale. Pourquoi ? Parce que celui qui met le Christ au centre de sa vie se décentre ! Plus tu t’unis à Jésus et Lui devient le centre de ta vie, plus Lui te fait sortir de toi-même, te décentre et t’ouvre aux autres. C’est le vrai dynamisme de l’amour, c’est le mouvement de Dieu même ! Dieu est le centre, mais il est toujours don de soi, relation, vie qui se communique… [...]

3. Et le troisième élément – trois ‑ se situe toujours dans cette ligne : repartir du Christ signifie ne pas avoir peur d’aller avec Lui dans les périphéries. Ici me vient à l’esprit l’histoire de Jonas, une figure vraiment intéressante, particulièrement à notre époque de changements et d’incertitude. Jonas est un homme pieux, avec une vie tranquille et ordonnée ; cela l’amène à avoir ses schémas bien clairs, et à juger tout et tous en fonction de ces schémas, de manière rigide. Tout est clair pour lui, la vérité est celle-là. Il est rigide ! C’est pourquoi, quand le Seigneur l’appelle et lui dit d’aller prêcher à Ninive, la grande ville païenne, Jonas n’y avait pas le cœur. Aller là ! Mais j’ai toute la vérité ici ! Il n’a pas le cœur… Ninive est au-delà de ses schémas, elle est à la périphérie de son monde. Et alors il s’échappe, il s’en va en Espagne, il s’enfuit, et il s’embarque sur un navire qui va par là. Allez relire le livre de Jonas ! Il est bref, mais c’est une parabole très instructive, spécialement pour nous qui sommes dans l’Église.

Qu’est-ce qu’il nous enseigne ? Il nous enseigne à ne pas avoir peur de sortir de nos schémas pour suivre Dieu, car Dieu va toujours au-delà. [...]"

Posté le 28 septembre 2013 à 18h42 par Michel Janva | Lien permanent

11 septembre 2013

On n'appartient pas à l'Eglise comme on adhère à un parti

Ce matin à l'audience générale Place St. Pierre, le Pape a repris le cycle catéchistique de l'Année de la foi en traitant de la maternité de l'Eglise:

"Parmi les images choisies par le concile Vatican II pour mieux exprimer la nature de l'Eglise, il y a celle de la mère... L'Eglise est notre mère dans la foi et la vie surnaturelle... Mais comment l'est elle? Partons de la maternité humaine. La mère génère la vie et porte à la vie son enfant. L'Eglise nous engendre dans la foi par l'action de l'Esprit qui la rend féconde. Si la foi est un acte personnel...nous la recevons des autres, d'une famille, d'une communauté qui nous enseignent à dire oui au credo. Le chrétien n'est pas une île et on ne devient pas chrétien par nous-mêmes. La foi est un don de Dieu offert dans l'Eglise et à travers elle. Elle l'offre dans le baptême, qui nous fait naître en tant que fils de Dieu, lorsque l'Eglise mère nous engendre... Cela doit nous faire comprendre que notre appartenance à l'Eglise n'est pas quelque chose de superficiel et décoratif mais intérieure et vitale. On n'appartient pas à l'Eglise comme on adhère à un parti et le lien avec elle est celui de l'enfant et de sa mère. Comme l'a dit saint Augustin, l'Eglise est la mère des chrétiens... Et une mère ne se limite pas à donner la vie... Elle sait aussi corriger, pardonner, comprendre, être proche dans les difficultés. En somme, une bonne mère aide ses enfants à sortir du cocon maternel et à marcher par eux mêmes... En bonne mère, l'Eglise fait de même et accompagne notre croissance en nous transmettant la Parole et en nous administrant les sacrements. Elle nous nourrit de l'Eucharistie, nous accorde le pardon de Dieu, nous offre le réconfort de l'onction des malades. Tout au long de notre vie de foi, de notre vie chrétienne, elle nous accompagne... Si l'Eglise est la mère des chrétiens, si elle fait les chrétiens, elle est faite d'eux."

Posté le 11 septembre 2013 à 18h21 par Michel Janva | Lien permanent

05 juillet 2013

L'encyclique et les auteurs de la modernité

Plusieurs maîtres intellectuels de nos contemporains sont épinglés dans l'encyclique.

Jean-Jacques Rousseau :

"14. Dans la foi d’Israël apparaît aussi la figure de Moïse, le médiateur. Le peuple ne peut pas voir le visage de Dieu ; c’est Moïse qui parle avec YHWH sur la montagne et qui rapporte à tous la volonté du Seigneur. Avec cette présence du médiateur, Israël a appris à marcher en étant uni. L’acte de foi de chacun s’insère dans celui d’une communauté, dans le « nous » commun du peuple qui, dans la foi, est comme un seul homme, « mon fils premier-né » comme Dieu appellera Israël tout entier (cf. Ex 4, 22). La médiation ne devient pas ici un obstacle, mais une ouverture : dans la rencontre avec les autres, le regard s’ouvre à une vérité plus grande que nous-mêmes. J.J. Rousseau se plaignait de ne pas pouvoir voir Dieu personnellement : « Que d’hommes entre Dieu et moi ! »[Emile]; « Est-ce aussi simple et naturel que Dieu ait été chercher Moïse pour parler à Jean-Jacques Rousseau ? » À partir d’une conception individualiste et limitée de la connaissance, on ne peut comprendre le sens de la médiation, — cette capacité à participer à la vision de l’autre, ce savoir partagé qui est le savoir propre de l’amour. La foi est un don gratuit de Dieu qui demande l’humilité et le courage d’avoir confiance et de faire confiance, afin de voir le chemin lumineux de la rencontre entre Dieu et les hommes, l’histoire du salut."

Friedrich Nietzsche:

"2. Cependant, en parlant de cette lumière de la foi, nous pouvons entendre l’objection de tant de nos contemporains. À l’époque moderne on a pensé qu’une telle lumière était suffisante pour les sociétés anciennes, mais qu’elle ne servirait pas pour les temps nouveaux, pour l’homme devenu adulte, fier de sa raison, désireux d’explorer l’avenir de façon nouvelle. En ce sens, la foi apparaissait comme une lumière illusoire qui empêchait l’homme de cultiver l’audace du savoir. Le jeune Nietzsche invitait sa soeur Élisabeth à se risquer, en parcourant « de nouveaux chemins (…) dans l’incertitude de l’avancée autonome ». Et il ajoutait : « à ce point les chemins de l’humanité se séparent : si tu veux atteindre la paix de l’âme et le bonheur, aie donc la foi, mais si tu veux être un disciple de la vérité, alors cherche »[Brief an Elisabeth Nietzsche]. Le fait de croire s’opposerait au fait de chercher. À partir de là, Nietzsche reprochera au christianisme d’avoir amoindri la portée de l’existence humaine, en enlevant à la vie la nouveauté et l’aventure. La foi serait alors comme une illusion de lumière qui empêche notre cheminement d’hommes libres vers l’avenir."

Ludwig Wittgenstein :

"27. La manière dont le philosophe Ludwig Wittgenstein a expliqué la connexion entre la foi et la certitude est bien connue. Croire serait semblable, selon lui, à l’expérience de tomber amoureux, une expérience comprise comme subjective, qui ne peut pas être proposé comme une vérité valable pour tous. Pour l’homme moderne, en effet, la question de l’amour semble n’avoir rien à voir avec le vrai. L’amour se comprend aujourd’hui comme une expérience liée au monde des sentiments inconstants, et non plus à la vérité.

Est-ce là vraiment une description adéquate de l’amour ? En réalité, l’amour ne peut se réduire à un sentiment qui va et vient. Il touche, certes, notre affectivité, mais pour l’ouvrir à la personne aimée et pour commencer ainsi une marche qui est un abandon de la fermeture en son propre « moi » pour aller vers l’autre personne, afin de construire un rapport durable ; l’amour vise l’union avec la personne aimée. Se manifeste alors dans quel sens l’amour a besoin de la vérité. C’est seulement dans la mesure où l’amour est fondé sur la vérité qu’il peut perdurer dans le temps, dépasser l’instant éphémère et rester ferme pour soutenir une marche commune. Si l’amour n’a pas de rapport avec la vérité, il est soumis à l’instabilité des sentiments et il ne surmonte pas l’épreuve du temps. L’amour vrai, au contraire, unifie tous les éléments de notre personne et devient une lumière nouvelle vers une vie grande et pleine. Sans vérité l’amour ne peut pas offrir de lien solide, il ne réussit pas à porter le « moi » au-delà de son isolement, ni à le libérer de l’instant éphémère pour édifier la vie et porter du fruit."

Posté le 5 juillet 2013 à 17h05 par Michel Janva | Lien permanent

Foi et bien commun face à la modernité

Extraits du 4e chapitre de l'encyclique :

"Assimilée et approfondie en famille, la foi devient lumière pour éclairer tous les rapports sociaux. Comme expérience de la paternité et de la miséricorde de Dieu, elle s’élargit ensuite en chemin fraternel. Dans la « modernité », on a cherché à construire la fraternité universelle entre les hommes, en la fondant sur leur égalité. Peu à peu, cependant, nous avons compris que cette fraternité, privée de la référence à un Père commun comme son fondement ultime, ne réussit pas à subsister. Il faut donc revenir à la vraie racine de la fraternité. L’histoire de la foi, depuis son début, est une histoire de fraternité, même si elle n’est pas exempte de conflits. Dieu appelle Abraham à quitter son pays et promet de faire de lui une seule grande nation, un grand peuple, sur lequel repose la Bénédiction divine (cf. Gn 12, 1-3). Au fil de l’histoire du salut, l’homme découvre que Dieu veut faire participer tous, en tant que frères, à l’unique bénédiction, qui atteint sa plénitude en Jésus, afin que tous ne fassent qu’un. L’amour inépuisable du Père commun nous est communiqué, en Jésus, à travers aussi la présence du frère. La foi nous enseigne à voir que dans chaque homme il y a une bénédiction pour moi, que la lumière du visage de Dieu m’illumine à travers le visage du frère. Le regard de la foi chrétienne a apporté de nombreux bienfaits à la cité des hommes pour leur vie en commun ! Grâce à la foi, nous avons compris la dignité unique de chaque personne, qui n’était pas si évidente dans le monde antique. Au deuxième siècle, le païen Celse reprochait aux chrétiens ce qui lui paraissait une illusion et une tromperie : penser que Dieu avait créé le monde pour l’homme, le plaçant au sommet de tout le cosmos. Il se demandait alors : « Pourquoi veut-on que l’herbe pousse plutôt pour les hommes que pour les plus sauvages de tous les animaux sans raison ? ». « Si quelqu’un regardait du ciel sur la terre, quelle différence trouverait-il entre ce que nous faisons et ce que les fourmis ou les abeilles ? ». Au centre de la foi biblique, se trouve l’amour de Dieu, sa sollicitude concrète pour chaque personne, son dessein de salut qui embrasse toute l’humanité et la création tout entière, et qui atteint son sommet dans l’Incarnation, la Mort et la Résurrection de Jésus Christ. Quand cette réalité est assombrie, il vient à manquer le critère pour discerner ce qui rend la vie de l’homme précieuse et unique. L’homme perd sa place dans l’univers et s’égare dans la nature en renonçant à sa responsabilité morale, ou bien il prétend être arbitre absolu en s’attribuant un pouvoir de manipulation sans limites.

55. La foi, en outre, en nous révélant l’amour du Dieu Créateur nous fait respecter davantage la nature, en nous faisant reconnaître en elle une grammaire écrite par Lui et une demeure qu’il nous confie, afin que nous en prenions soin et la gardions ; elle nous aide à trouver des modèles de développement qui ne se basent pas seulement sur l’utilité et sur le profit, mais qui considèrent la création comme un don dont nous sommes tous débiteurs ; elle nous enseigne à découvrir des formes justes de gouvernement, reconnaissant que l’autorité vient de Dieu pour être au service du bien commun. La foi affirme aussi la possibilité du pardon, qui bien des fois nécessite du temps, des efforts, de la patience et de l’engagement ; le pardon est possible si on découvre que le bien est toujours plus originaire et plus fort que le mal, que la parole par laquelle Dieu soutient notre vie est plus profonde que toutes nos négations. D’ailleurs, même d’un point de vue simplement anthropologique, l’unité est supérieure au conflit ; nous devons aussi prendre en charge le conflit, mais le fait de le vivre doit nous amener à le résoudre, à le vaincre, en le transformant en un maillon d’une chaîne, en un progrès vers l’unité. Quand la foi diminue, il y a le risque que même les fondements de l’existence s’amoindrissent, comme le prévoyait le poète Thomas Stearns Elliot : « Avez-vous peut-être besoin qu’on vous dise que même ces modestes succès /qui vous permettent d’être fiers d’une société éduquée / survivront difficilement à la foi à laquelle ils doivent leur signification ? ». Si nous ôtons la foi en Dieu de nos villes, s’affaiblira la confiance entre nous. Nous nous tiendrions unis seulement par peur, et la stabilité serait menacée. La Lettre aux Hébreux affirme : « Dieu n’a pas honte de s’appeler leur Dieu ; il leur a préparé, en effet, une ville » (11, 16). L’expression « ne pas avoir honte » est associée à une reconnaissance publique. On veut dire que Dieu confesse publiquement, par son agir concret, sa présence parmi nous, son désir de rendre solides les relations entre les hommes. Peut-être aurions-nous honte d’appeler Dieu notre Dieu ? Peut-être est-ce nous qui ne le confessons pas comme tel dans notre vie publique, qui ne proposerions pas la grandeur de la vie en commun qu’il rend possible ? La foi éclaire la vie en société. Elle possède une lumière créative pour chaque mouvement nouveau de l’histoire, parce qu’elle situe tous les événements en rapport avec l’origine et le destin de toute chose dans le Père qui nous aime."

Posté le 5 juillet 2013 à 16h41 par Michel Janva | Lien permanent

La foi dans la famille : "l’acceptation de ce bien qu’est la différence sexuelle"

Extrait de la Lettre encyclique :

" 52. Dans le cheminement d’Abraham vers la cité future, la Lettre aux Hébreux fait allusion à la bénédiction qui se transmet de père en fils (cf. 11, 20-21). Le premier environnement dans lequel la foi éclaire la cité des hommes est donc la famille. Je pense surtout à l’union stable de l’homme et de la femme dans le mariage. Celle-ci naît de leur amour, signe et présence de l’amour de Dieu, de la reconnaissance et de l’acceptation de ce bien qu’est la différence sexuelle par laquelle les conjoints peuvent s’unir en une seule chair (cf. Gn 2, 24) et sont capables d’engendrer une nouvelle vie, manifestation de la bonté du Créateur, de sa sagesse et de son dessein d’amour. Fondés sur cet amour, l’homme et la femme peuvent se promettre l’amour mutuel dans un geste qui engage toute leur vie et rappelle tant d’aspects de la foi. Promettre un amour qui soit pour toujours est possible quand on découvre un dessein plus grand que ses propres projets, qui nous soutient et nous permet de donner l’avenir tout entier à la personne aimée. La foi peut aider à comprendre toute la profondeur et toute la richesse de la génération d’enfants, car elle fait reconnaître en cet acte l’amour créateur qui nous donne et nous confie le mystère d’une nouvelle personne. C’est ainsi que Sara, par sa foi, est devenue mère, en comptant sur la fidélité de Dieu à sa promesse (cf. He 11, 11)."

Posté le 5 juillet 2013 à 12h37 par Michel Janva | Lien permanent

Et si on passait l'été à prier pour la France?

MvCroyants, pour qui cette démarche paraitra évidemment, ou non croyants à qui je propose le pari de Pascal (non pour eux mais pour leur pays), je suggère de prendre la résolution de prier pour la France. C'est pourquoi je vous propose deux prières ci-dessous:

Qui n'a pas entendu parlé de Marcel VAN?

Marcel Van est né en 1928 près de Hanoï (Vietnam) ; souhaitant devenir prêtre il entre dans une congrégation française, en 1945 il est arrêté par les communistes, il meurt en prison le 10 juillet 1959. Cette prière lui a été donnée par le Christ lors d’une apparition:

Prière dictée par Jésus à Marcel Van :

Jésus :
"Petit enfant de mon Amour, écoute, je vais te dicter une prière, et cette prière, je veux que les Français me la récitent."

Seigneur Jésus, aie compassion de la France, daigne l'étreindre dans ton Amour et lui en montrer toute la tendresse. Fais que, remplie d'Amour pour toi, elle contribue à te faire aimer de toutes les nations de la terre. Ô Amour de Jésus, nous prenons ici l'engagement de te rester fidèles et de travailler d'un coeur ardent à répandre ton Règne dans tout l'univers. Amen

Marcel Van (1928-1945)

Qui n'a pas entendu parler de Marthe Robin?

Marthe Robin a beaucoup prié pour notre pays. Elle demandait l’avènement d’une nouvelle Pentecôte. Rappelons également que Marthe Robin a donné ses yeux pour la France...

Prière de Marthe Robin pour la France

"Ô Père, ô mon Dieu, délivrez et sauvez maintenant Votre France. Préparez les cœurs de ses enfants à la mission qu'ils vont avoir à accomplir pour toutes les nations et pour l'Église tout entière.

Ô Père, ô mon Dieu, que les cœurs de Vos élus tressaillent à Votre appel, reconnaissant Votre voix, Votre commandement, Votre invitation à agir. Conduisez-les chacun à leur place et chacun à sa mission. Imposez-leur tout ce que Vous voudrez de chacun et de tous. Que rien ne soit l'effet de leur choix mais de Votre unique désir et de Votre unique volonté d'Amour.

Ô Vierge Immaculée, ne les laissez pas se tromper, ni s'égarer. Gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit, comme il était au commencement, maintenant et pour les siècles des siècles. AMEN. Coeur Douloureux et Immaculé de Marie, priez pour nous. Saints et saintes du Ciel, priez pour nous".

La conversion de la Fille Aînée de l'Eglise vaut bien un peu d'efforts et beaucoup de persévérance, n'est-ce-pas? Henri IV a bien accepté d'assister à une messe pour obtenir la reddition de Paris, seront nous capable d'offrir 61*30 secondes pour notre Patrie? (soit 30 minutes en deux mois!)

Posté le 5 juillet 2013 à 10h19 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (15)

15 juin 2013

Je risque ma vie tous les jours mais j’accepte de donner ma vie pour le Christ.

Témoignage d'un Tunisien converti au catholicisme

"Je m’appelle Augustin, tunisien, 60 ans, converti au catholicisme. Heureusement j’ai les moyens pour acheter un billet d’avion toutes les semaines! Car tous les samedis je vole à Paris pour assister à la messe de dimanche. Deux heures d’avion tous les samedis, et deux heures tous les dimanches pour le retour!

Dans mon pays je ne peux pas aller à la messe, car je suis surveillé et menacé par la police, ma famille, mes collègues. J’ai étudié la Bible et le Coran. J’essaye d’annoncer l’Evangile dans mon pays. (…) Je risque ma vie tous les jours. Je me trouve rejeté par mon épouse, mes enfants, mes petits enfants et toute la société; mais j’accepte de donner ma vie pour le Christ.

Il a dit qu’il faut vendre tout pour  acheter la pierre précieuse trouvée. J’ai tout abandonné pour rejoindre le Christ. Vous, ici en France, vous avez la chance de pouvoir vivre votre foi sans être inquiétés, et d’avoir tant d’églises autour de vous. Ce qui m’étonne à Paris, c’est que des personnes habitent en face d’une l’église, et ne vont pas à la messe! Ils se disent pourtant catholiques? 

Il y a une chose dont je me plains, c’est le mauvais accueil que j’ai eu de la part du prêtre dans mon pays qui m’a même refusé le baptême. J’étais obligé de venir à Paris pour pouvoir recevoir le baptême. En France aussi, c’était compliqué pour moi, car on m’a dit qu’il fallait passer par le catéchuménat… Mais enfin, grâce à Dieu, j’ai trouvé un saint abbé qui m’a baptisé sans trop de détours.

Beaucoup de Musulmans de mon pays souhaitent recevoir le saint baptême, mais ils ne le peuvent pas à cause des obstacles. D’abord, le prêtre catholique ne leur ouvre pas la porte, de peur d’être tué ou renvoyé dans son pays; ensuite parce qu’ils risquent de perdre leur famille, leur travail, leur logement et même d’être emprisonnés. A Paris je logeais chez ma tante lors de mes déplacements, mais depuis qu’elle a compris que je venais pour aller à la messe, elle m’a mis à la porte!"

Posté le 15 juin 2013 à 14h58 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

14 juin 2013

Une descendante directe de Darwin se convertit au catholicisme

Lu ici :

"« Que j'aie choisi librement de devenir catholique après y avoir longuement pensé et analysé mon choix, sans endoctrinement d'aucune sorte, a embêté mes amis et ma famille. Souvent j'entendais : mais elle semblait si intelligente ! Alors quand les gens demandaient : Darwin et catholique, comment est-ce possible ? ce qu'ils voulaient dire c'est que je semais le trouble dans leurs attentes. » C'est le témoignage étonnant livré au Catholic Herald par Laura Keynes, arrière-arrière-arrière-petite-fille du naturaliste anglais, qui vient de rejoindre Catholic Voices, le projet mis en place afin de permettre à des catholiques de prendre la parole dans les médias au nom de l'Eglise.

L'article relate par ailleurs la manière dont Laura Keynes est revenue à la foi catholique de son enfance, après une période d'agnosticisme. Née d'un père athée et d'une mère qui s'était convertie au catholicisme, avant de devenir bouddhiste, Laura Keynes a été baptisée catholique mais a grandi loin de l'Eglise. Etudiante en doctorat à Oxford, elle décide de « réévaluer » les valeurs de son enfance, « les relations humaines, le féminisme, la sainteté et la dignité de la vie humaine ». Pour Laura Keynes, c'est précisément la figure de son ancêtre, Charles Darwin, qui l'a encouragée à effectuer une « évaluation sceptique de ce qui peut être connu dans l'absolu et ce qui n'est pas », aboutissant à son « choix » de redevenir catholique."

Comme quoi, on peut évoluer...

Posté le 14 juin 2013 à 17h20 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

13 juin 2013

Le Pape François termine l'encyclique de Benoît XVI sur la Foi

Lu sur I.Media :

"Le pape François a indiqué le 13 juin 2013 qu’il terminait la rédaction de l’Encyclique sur la foi dont le “gros du travail“ avait été déjà réalisé par son prédécesseur, Benoît XVI. Recevant en audience les responsables du Synode des évêques, le pape a assuré qu’après ce texte “fort“ écrit “à 4 mains“, il pourrait rédiger une Exhortation apostolique sur l’évangélisation. Dans une discussion improvisée sur l’importance de la “synodalité“, le pape François a évoqué la possibilité de rendre permanent le Conseil du Synode des évêques, afin de le convoquer ou de lui demander des avis en cas de besoin. [...]

D’autres questions ont également été abordées, notamment la nécessité de mettre un place une étude sur la pastorale familiale, dont les modalités sont encore à définir. “Beaucoup ne se marient pas, vivent ensemble sans être mariés, même chez les catholiques pratiquants“, a remarqué le pape, qui entend ainsi soumettre cette question lors de sa rencontre avec les 8 cardinaux, au mois d’octobre prochain.

Enfin, le pape est également revenu sur le sujet de “l’écologie humaine“, mise en danger selon lui par les évolutions actuelles en termes de médecine “qui la détruisent“."

Posté le 13 juin 2013 à 18h55 par Michel Janva | Lien permanent

04 juin 2013

La Nef nous invite à redécouvrir Vatican II

Christophe Geoffroy écrit :

2"L’Année de la foi décrétée par Benoît XVI est l’occasion d’une rédouverte du concile Vatican II : pour y aider, nous avons publié une série présentant chacun de ses textes et nous concluons cette série avec un dossier qui pose la question centrale de « l’herméneutique » : rupture ou continuité ? (...) Nous publions cette série et ce dossier dans un petit livre très accessible augmenté d’une introduction inédite : il est déjà en vente et devrait paraître vers la mi-juin, mais vous pouvez nous demander dès maintenant."

Extrait de l'éditorial du numéro de juin :

1"(...) Ainsi que Benoît XVI l’a admirablement montré dans son discours à la curie romaine, le 22 décembre 2005, cette mise à jour de l’enseignement de l’Église était absolument nécessaire dans au moins trois domaines : « la relation entre foi et sciences modernes », « le rapport entre Église et État moderne » et, enfin, le « problème de la tolérance religieuse » obligeant à revoir le « rapport entre foi chrétienne et religion du monde ». Sur ces sujets, Vatican II a accompli un travail d’une importance capitale et indispensable qui marque un enrichissement de sa doctrine.

Est-ce une rupture ? Benoît XVI a répondu de façon très claire : oui, c’est une rupture sur des aspects contingents de la doctrine, ce qui a permis de mieux cerner ses caractères permanents et intangibles afin d’accomplir un développement organique qui a conduit, sur certains points, à une « véritable réforme ». Il y a donc bien dans Vatican II des nouveautés et des corrections dont Benoît XVI a posé les limites et expliqué les enjeux (...)

Les « nouveautés » de Vatican II ici évoquées seraient-elles responsables de la crise qui s’est développée après le concile comme l’affirmait Mgr Lefebvre et continuent de le penser ses fidèles ? Personnellement, je ne le crois pas, j’estime même que la situation de l’Église aurait été pire et rationnellement intenable si elle était restée attachée à certains schémas contingents trop déphasés par rapport aux réalités du monde actuel.

Il faut néanmoins, avec Benoît XVI, distinguer le vrai concile (celui des textes auxquels il faut toujours revenir) de celui des médias ou de « l’esprit du concile » qui était un esprit avant-gardiste adepte de la « table rase » et assurément responsable de nombre de maux dont l’Église a souffert dans les années post-conciliaires. Car il est indubitable qu’une terrible tempête a alors secoué la barque de Pierre, crise qui a coïncidé avec une crise de civilisation inouïe dont nous souffrons toujours – le passage de la modernité à la postmodernité – et dont les effets ont forcément atteint l’Église. Il n’empêche que les ecclésiastiques, évêques en tête, ont leur part de responsabilité dans la situation – ne serait-ce, par exemple, que dans le saccage de la liturgie que l’on peut difficilement imputer à la société.

Le concile n’a donc marqué aucune rupture sur l’essentiel ni n’est le responsable de la crise qui l’a suivi. Il a au contraire marqué un enrichissement nécessaire de la doctrine de l’Église, que nous n’avons pas encore assimilé et dont nous n’avons pas fini d’explorer la richesse."

Posté le 4 juin 2013 à 13h35 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

07 mai 2013

La piété populaire est une manière légitime de vivre la foi

Dimanche, le Pape François a célébré Place St. Pierre une messe pour les confraternités, venues majoritairement d'Italie et d'Europe en pèlerinage pour l'Année de la foi. Il leur a dit :

"[...] La piété populaire, dont vos confraternités sont une importante manifestation, est un trésor que les évêques latino-américains ont défini comme une spiritualité, une mystique, un espace de rencontre avec Jésus Christ. Puisez toujours à la source inépuisable qu'est le Christ, renforcez votre foi, en ayant souci de la formation spirituelle, de la prière personnelle et communautaire, de la liturgie. Au fil des siècles, les confraternités ont été des foyers de sainteté pour beaucoup de personnes qui ont vécu avec simplicité une relation intense avec le Seigneur. Marchez avec résolution vers la sainteté. Ne vous contentez pas d’une vie chrétienne médiocre, mais que votre appartenance soit un stimulant, surtout pour vous, à aimer davantage Jésus-Christ... [...]
"Il y a un second élément que je voudrais vous rappeler à la suite de Benoît XVI, l’ecclésialité. La piété populaire est une voie qui conduit à l’essentiel si elle est vécue dans l’Eglise en profonde communion avec les pasteurs. L’Eglise vous aime! Soyez une présence active dans la communauté comme cellules vivantes, pierres vivantes. Les évêques latino-américains ont écrit que la piété populaire...est une manière légitime de vivre la foi, une façon de se sentir partie prenante de l’Eglise. N’est-ce pas beau! ... Aimez l’Eglise et laissez-vous guider par elle ! Dans les paroisses, dans les diocèses, soyez un vrai poumon de foi et de vie chrétienne, un air frais.... L’Eglise est riche de ses variétés et expressions qui reconduisent à l’unité. La diversité reconduit à l’unité et l’unité est la rencontre avec le Christ.
[...] Vous avez une mission spécifique et importante, celle de garder vivant le rapport entre la foi et les cultures des peuples auxquels vous appartenez, et vous le faites à travers la piété populaire. Quand vous portez en procession le crucifix avec tant de vénération et tant d’amour du Seigneur, vous ne faites pas un simple acte extérieur. Vous indiquez la centralité du mystère pascal du Seigneur, de sa Passion, Mort et Résurrection, qui nous a rachetés, et vous indiquez d’abord à vous-mêmes et à la communauté qu’il faut suivre le Christ sur le chemin concret de la vie pour qu’il nous transforme. De la même façon, quand vous manifestez une profonde dévotion envers la Vierge Marie, vous indiquez la plus haute réalisation de l’existence chrétienne... Cette foi, qui naît de l’écoute de la Parole de Dieu, vous la manifestez suivant des formes qui engagent les sens, les sentiments, les symboles des différentes cultures… Et en faisant ainsi, vous aidez à la transmettre au monde, et spécialement aux personnes simples, à celles que Jésus appelle les petits. Le fait de marcher ensemble vers les sanctuaires et de participer à d’autres manifestations de piété populaire, en amenant aussi les enfants ou en invitant d’autres personnes est en soi-même un geste évangélisateur... [...]"

Posté le 7 mai 2013 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2013

"Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu"

FLes éditions DMM ont réédité l'ouvrage du vénérable Mgr Fulton Sheen (1895-1979, son procès de béatification est en cours), La Vie du Christ. Connu mondialement comme un ouvrage classique de la foi chrétienne, la vie du Christ a été salué comme le plus éloquent des nombreux ouvrages de Fulton J Sheen. Il s´agit d´un dramatique et émouvant récit de la naissance, de la vie, de la Crucifixion et de la Résurrection du Christ, ainsi que d'un portrait passionné de l´Homme-Dieu. Ce volume de 610 pages se lit facilement, tant le style est agréable. Ce n’est pas un ouvrage « savant » au sens qu’on donne généralement à ce mot : il ne comporte ni notes, ni références, ni bibliographie. En voici un extrait, à propos du fameux passage tiré de l'Evangile de Matthieu sur le devoir de payer l'impôt à César :

"Une fois de plus Il déclarait que son Royaume n'était pas de ce monde, que la soumission à sa personne n'est pas incompatible avec la soumission au pouvoir séculier, et que la liberté politique n'est pas la seule liberté qui compte. Aux pharisiens qui haïssaient César il était recommandé de "rendre à César". Aux hérodiens qui, pour le service de César, oubliaient Dieu, était rappelé le principe fondamental : "rendez à Dieu". Si on avait rendu à Dieu ce qui Lui était dû, on ne se serait pas trouvé dans l'état d'avoir à donner trop à César. Jésus était venu pour restaurer d'abord les droits de Dieu. Il leur avait déjà dit, s'ils cherchaient d'abord le Royaume de Dieu et Sa justice, tout le reste, et notamment la liberté politique, leur serait donné par surcroît.

La pièce de monnaie portait l'effigie de César, mais quelle image portaient les questionneurs ? N'était-ce point l'image de Dieu Lui-même ? C'est cette image qu'Il s'appliquait à restaurer. Pour le moment, le régime politique pouvait rester ce qu'il était, et c'est pourquoi il ne lèverait pas le doigt pour changer leurs pièces de monnaie, tandis qu'Il était prêt à donner Sa vie pour les amener à rendre à Dieu ce qui est à Dieu".

Posté le 6 avril 2013 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

31 mars 2013

"Ai-je la foi ? Quelles sont les conséquences de cette foi sur ma vie, sur le déroulement de mes journées ?"

Extraits de l'homélie de Dom Jean Pateau, père Abbé de Notre-Dame de Fontgombault :

P"[...] La foi se trouve donc au centre d’un combat qui se livre en nous. D’un côté, il y a le mode naturel de connaissance de l’être humain, qui part du sensible, de ce que nous voyons, de ce que nous touchons, de ce que nous sentons, de ce que nous entendons, de ce que nous goûtons. Dieu, lui, a le “défaut” de n’être pas sensible. La foi se heurte ainsi au naturalisme, doctrine qui affirme que la nature n’a pas d’autre cause qu’elle-même et que rien n’existe en dehors d’elle. Si nous ne soutenons pas cet enseignement, une forme diminuée du naturalisme, le naturalisme pratique, n’a-t-il pas sa place dans notre cœur ?

Nous croyons en Dieu, mais au fond nous vivons comme si Dieu n’existait pas.

L’autre protagoniste dans le combat de la foi, c’est Dieu. Dieu qui, depuis le premier péché, depuis le jardin d’Éden, part constamment à la recherche de l’homme. L’homme, quant à lui, souvent se cache ou ferme les yeux. [...]

Alors que l’Année de la foi s’écoule, deux questions se posent à chacun d’entre nous.

Ai-je la foi ? Quelles sont les conséquences de cette foi sur ma vie, sur le déroulement de mes journées ? Le fait que Dieu existe, qu’il soit créateur du monde, qu’il m’ait sauvé à travers le mystère pascal, qu’il m’aime, engendre- t-il quelque chose de concret dans ma vie, ou, au contraire, Dieu doit-il se contenter d’une aumône, donnée comme à contrecœur, telle une participation occasionnelle à la Messe dominicale, une rare prière familiale, une prière jaillie d’un cœur préoccupé et dite sans attention ?

L’important dans la relation à Dieu n’est pas de se lancer dans des pratiques extraordinaires,comme dans des pèlerinages ou des sessions. Ces actions stimulent notre foi, certes, mais rien ne remplacera jamais l’incarnation dans notre présent de l’affirmation : Dieu est, il cherche à me rencontrer, il m’aime, alors moi aussi je cherche à le connaître et je l’aime. [...]"

Posté le 31 mars 2013 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent

Resurrexit, sicut dixit, alleluia

Fra Angelico

Posté le 31 mars 2013 à 00h00 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2013

Ostension télévisée du Linceul de Turin le 30 mars, Samedi Saint

Cadeau d'adieu de Benoît XVI :

"Par l'un des derniers actes de son pontificat, Benoît XVI a autorisé une ostension exceptionnelle du Saint Suaire le samedi 30 mars prochain, Samedi Saint et donc « le » jour du Linceul qui a contenu le Corps de notre Sauveur entre le moment de sa sépulture et sa Résurrection. Ce sera une « ostension technologique » puisque le linge sera déployé sur le lieu de sa conservation la cathédrale Saint-Jean de Turin et présenté à la télévision pendant une heure à la veille de Pâques. C'est la RAI Uno qui assurera la retransmission mais celle-ci sera probablement reprise par de nombreuses télévisions du monde entier et se fera également par internet.

Sans être une première, l'ostension télévisée prend une dimension exceptionnelle par le retentissement mondial de l'événement. Une seule ostension de ce type a eu lieu à ce jour, il y a quarante ans, le 23 novembre 1973, lorsque le Linceul avait été exposé verticalement dans le Salon des Suisses du Palais-Royal et que l'événement avait été filmé.
Il s'agit ici d'autre chose : c'est à l'occasion de l'année de la Foi que le pape a accepté de montrer ainsi la plus vénérable relique de la chrétienté au monde entier, appelant à la méditation sur la Mort du Christ et sa Résurrection dont le Linceul demeure l'émouvant témoin, maculé de son Sang rédempteur et portant l'empreinte de sa Sainte Face, de ses souffrances sans nom mais aussi de sa gloire. [...]"

Posté le 28 février 2013 à 16h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

18 février 2013

Credo : "de même nature" ou "consubstantiel" ?

La traduction du 'consubstantiálem Patri" du symbole de Nicée fait toujours polémique. Le terme consubstantiel, qui avait disparu des traductions, a fait son retour dans le missel romain aux Etats-Unis. Et en France ?

Lu ici :

"Ce que pointe Jacques Maritain (et, avec lui, beaucoup d’autres catholiques), ce n’est pas que la traduction « de même nature » est fausse; c’est qu’elle est incomplète. En latin, comme en grec, la profession de foi du concile de Nicée affirme que le Fils est « consubstantiel » au Père. Or, cela désigne une unité beaucoup plus forte que le « de même nature ».

Un père et un fils humains sont « de même nature »: ils partagent la même nature humaine, mais ils sont évidemment deux hommes bien distincts. Le Père et le Fils (et, d’ailleurs, le Saint-Esprit aussi), quant à eux, non seulement partagent la même nature divine, mais sont un seul Dieu. Si le Père et le Fils étaient de même nature, mais non consubstantiels, les musulmans auraient raison de croire que les chrétiens sont polythéistes. Mais, c’est faux: nous croyons en un seul Dieu (c’est même comme cela que commence notre profession de foi).

Les défenseurs de l’orthodoxie nicéenne, comme saint Athanase ou saint Hilaire, se sont battus contre une traduction assez proche, sur le fond, de ce « de même nature ». C’était une traduction « de compromis », qui cherchait à mettre d’accord ceux qui pensaient que le Fils était co-éternel au Père, tout-puissant comme le Père, etc. (c’est-à-dire les défenseurs de la foi chrétienne) et ceux qui pensaient qu’Il était inférieur au Père: on disait alors que le Fils était homoiousios (de substance semblable) au Père. Alors que la fois chrétienne affirme qu’Il est de même substance (homousios, sans iota). Comme le « de même nature » n’est pas faux, mais gravement incomplet, ce « de substance semblable » n’était pas faux, mais gravement incomplet."

Posté le 18 février 2013 à 15h38 par Michel Janva | Lien permanent

17 février 2013

Les chrétiens face au défi de l'évangélisation d'un monde sécularisé

Début janvier, le P. Raniero Cantalamessa, membre de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, prédicateur de la Maison apostolique, est intervenu à l'Institut catholique de Toulouse sur les grans défis actuels de l'évangélisation : scientisme, rationalisme, sécularisme. Son intéressante intervention (14 pages) est ici. En voici un extrait :

C"Face au sécularisme comme au scientisme et au rationalisme, la réponse la plus efficace ne consiste pas à combattre l'erreur contraire, mais à faire resplendir à nouveau pour les hommes la certitude de la vie éternelle, en jouant sur la force intrinsèque que possède la vérité quand elle est accompagnée par le témoignage de la vie. Nous devrions nous appuyer aussi sur la correspondance d'une telle vérité avec le désir le plus profond, même si réprimé, du coeur humain. A un ami qui lui reprochait sa soif d'éternité comme étant quasiment une forme d'orgueil et de présomption, Miguel de Unamuno, qui n'était certes pas un grand défenseur de la foi, répondit dans une lettre :

« Je ne dis pas que nous méritons un au-delà, ni que la logique nous le prouve ; je dis que j'en ai besoin, que je le mérite ou pas, rien de plus. Je dis que ce qui passe ne me satisfait pas, que j'ai soif d'éternité et que sans elle tout m'indiffère. J'en ai besoin, j'en ai besoin ! Sans elle, il n'y a pas de joie de vivre et la joie de vivre ne signifie rien. Il est trop commode de dire : "Il faut vivre, il faut se contenter de la vie". Et ceux qui ne s'en contentent pas ? ».

Ce n'est pas celui qui désire l'éternité, ajoutait-il en cette même occasion, qui méprise le monde et la vie ici-bas, mais au contraire celui qui ne la désire pas : « J'aime tant la vie que la perdre me paraît le pire des maux. Ceux qui jouissent de la vie au jour le jour, sans se soucier de savoir s'ils devront la perdre à jamais ou pas, ceux-là ne l'aiment pas ». Saint Augustin ne disait pas autre chose : Cui non datur semper vivere, quid prodest bene vivere ? « A quoi sert la bonne vie si elle n'aboutit à la vie éternelle ? ». « Tout au monde, excepté l'éternité, est vain », a chanté un poète italien. Aux hommes de notre temps qui cultivent au fond de leur coeur ce besoin d'éternité, sans peut-être avoir le courage de l'avouer aux autres, ni se l'avouer à eux-mêmes, nous pouvons redire ce que Paul disait aux Athéniens : « Ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l'annoncer ».

Pour le croyant, l'éternité n'est pas qu’une espérance, elle est aussi une présence. Nous en faisons l'expérience chaque fois que nous faisons un véritable acte de foi en Jésus Christ, car celui qui croit en lui « a la vie éternelle » ; chaque fois que nous recevons la communion dans laquelle « nous est donné le gage de la gloire future » (futurae gloriae nobis pignus datur) ; chaque fois que nous entendons les paroles de l'Evangile qui sont « paroles de vie éternelle ». Saint Thomas lui aussi dit que « la grâce est le commencement de la gloire ». [...]

Permettez moi de partager avec vous une petite histoire basée sur cette idée de la gestation. Il y avait donc deux jumeaux, l’un de sexe masculin l’autre de sexe féminin, tellement intelligents et précoces que, encore dans le sein maternel, ils parlaient entre eux. La petite fille demanda à son frère : « D'après toi, y a-t-il une vie après la naissance ? ». Il répondit : « Ne sois pas ridicule. Qu'est-ce qui te fait penser qu'il y a quelque chose en dehors de cet espace exigu et obscur où nous nous trouvons ? ». La petite fille, s'armant de courage, insista : « Qui sait, peut-être existe-t-il une mère, bref quelqu'un qui nous a mis ici et qui prendra soin de nous ? ». Et lui : « Tu vois une mère quelque part ? Ce que tu vois est tout ce qu'il y a ». Elle, à nouveau : « Ne sens-tu pas parfois, toi aussi, comme une pression sur la poitrine qui augmente de jour en jour et nous pousse en avant ? ». « A bien y réfléchir », répondit-il, c'est vrai ; je la sens tout le temps ». « Tu vois », conclut, triomphante, la petite soeur, « cette douleur ne peut pas être pour rien. Je pense qu'elle nous prépare à quelque chose de plus grand que notre petit espace ». Nous pourrions nous servir de cette charmante petite histoire quand nous voulons annoncer la vie éternelle à des gens qui n’y croient plus, tout en en ayant la nostalgie et attendant peut-être que l'Eglise, comme la petite fille, les aide à prendre conscience de leur désir."

Posté le 17 février 2013 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent

13 février 2013

Parier avec Pascal

Dans Parier avec Pascal, l'abbé Guillaume de Tanoüarn montre que toute personne doit parier dans sa vie, car la vérité nous dépasse :

P"Que nous dit Pascal ? C'est par le pari, et par le pari seulement, que nous nous installons dans la vérité... Pourquoi le Pari est-il nécessaire ? Il est nécessaire parce que la vérité n'est pas quelque chose qui serait accessible à la seule pensée. Il faut répéter ici : "vanité des sciences". La vérité n'est pas un pur savoir, qui serait seulement "savoir des choses extérieures", mais une pratique. "La science des choses extérieures ne nous consolera pas de l'ignorance de la morale au temps de l'affliction, mais la science des moeurs me consolera toujours de l'ignorance des sciences extérieures [...]

Que la vérité soit infinie, nous en avons nécessairement une première intuition à l'origine, non par l'esprit de géométrie, mais par l'esprit de finesse. Nous pressontons l'infini comme l'ambiance naturelle de notre esprit."

"C'est un autre extrait de son Commentaire de l'écriture [de Cajétan] qui peut nous mettre sur la voie, lorsqu'il explique ce passage du prologue de l'évangile desaint Jean : [Le Verbe] était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. [...] L'Evangéliste ne dit pas que le Verbe donne cette lumière à un tel, et à un autre non. Il déclare universellement : le Verbe illumine tout homme. C'est pour que nous saisissions qu'est naturelle la lumière (lumen) de l'intellect agent, à travers laquelle nous voyons immédiatement et sans application particulière la vérité des premiers principes, par l'intermédiaire desquels nous nous dressons jusqu'à voir les choses invisibles de Dieu, connus à travers ce qui a été fait."

Dans cette vidéo (47mn), l'abbé de Tanoüarn présente son ouvrage aux clients de La Procure.

Posté le 13 février 2013 à 15h47 par Michel Janva | Lien permanent

12 février 2013

Cardinal Scola : Jésus, avenir de l'homme

Henri Hude publie le compte-rendu d’un livre du cardinal italien Angelo Scola, archevêque de Milan : Jésus, Avenir de l’Homme. Extraits : 

S"Si l’homme parvient à renouveler son expérience anthropologique, il découvre la force de la vérité (ch.1) et, par là-même, il s’ouvre très spontanément à la Vérité du Christ. Celle-ci est, en effet, ce qu’il y a de plus fort en matière de vérité - ni système, ni mythe, ni légende. Cette Vérité, en effet, est vie. C’est la seule qui soit immédiatement vie, être et personne, événement et sens, réelle et temporelle, accomplie, à venir, présente et éternelle : c’est l’objet du chapitre 2.

Cette vie éternelle, nous nous y installons et elle prend corps en nous, parce que nous vivons en communion avec la chaîne immense de ceux qui ont vécu en communion avec ceux qui ont touché le Verbe de vie. La vie avec le Christ devient une vie dans l’Eglise, c'est à dire dans le Corps ressuscité total de l’homme-Dieu (ch.3).

Cette vie humaine dans le corps de l’homme-Dieu est une vie divine, une vie éternelle, et en même temps c’est la vie toute simple, la nature authentiquement divinisée, non par le fantasme de l’homme, mais par l’incarnation du Fils de Dieu. C'est une vie humaine ordinaire, mais en Jésus-Christ, la Vie, monté au cieux et présent avec nous, qui avons du coup notre conversation dans le ciel et cela au cœur de notre existence (ch.4).

AAprès cette élévation première, dans les quatre premiers chapitres, et à partir de la vie que nous avons découverte et retrouvée, nous pouvons relire, rétrospectivement, le drame de notre existence aliénée : le vertige de notre liberté, épuisée, mais sauvée de son nihilisme et redevenue capable d’engagement et d’adhésion (ch.5).

Notre poursuite pathétique et grandiose du bonheur, qui nous échappe si nous essayons de le capturer, qui nous comble si nous apprenons à le recevoir (ch.6).

Notre péché, la présomption fatale de nous sauver nous-mêmes, où notre être s’épuise en vain, et enfin l’accueil de cette miséricorde du Père, qui nous régénère (ch.7).

C’est dans cette perspective qu’il convient alors de situer la vie morale (ch.8).

Celle-ci n’atteint sa pleine signification que si elle est vécue comme vocation (ch.9).

L’évangélisation naît d’abord dans l’âme et pour chaque âme de l’intérieur, de l’Esprit, et elle se déploie dans le monde comme le feu se propage, car l’immense forêt humaine aspire à être embrasée par la Vie. L’âme rend naturellement témoignage au Christ, sa destinée, à condition qu’elle ait été rouverte. Le christianisme se répand alors comme un incendie par grand vent d’été, à condition que le christianisme soit vivant. Le rendre vivant, tel est la vertu et le but de tous les contenus présentés dans ce livre. Celui-ci n’est pas un texte théorique, mais il sculpte dans l'esprit la forme contemplative et mystagogique de la pensée et de la parole du chrétien devenu vivant, et il restaure dans toute sa plénitude l’expérience religieuse de l’humain, dans le Christ. Le Christ, vivant au cœur de chaque humain divinisé, et lui donnant vie, devient ainsi le cœur du monde (ch.10)."

Posté le 12 février 2013 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

28 janvier 2013

La crise de la foi porte une crise du mariage

Dans son discours au Tribunal de la Rote Romaine pour l'ouverture de l'année judiciaire, Benoît XVI a déclaré (traduction par benoît-et-moi) :

"[...] Dans le contexte de l'Année de la Foi, je voudrais m'arrêter en particulier, sur certains aspects de la relation entre la foi et le mariage, en notant que la crise actuelle de la foi qui affecte différentes parties du monde, porte avec elle une crise de la société conjugale, avec toutes la charge de souffrance et de difficultés que cela comporte pour les enfants. Nous pouvons prendre comme point de départ les racines linguistiques communes qu'ont en latin les termes fides et foedus, ce dernier mot étant celui par lesquel le Code de Droit Canonique se réfère à la réalité naturelle du mariage comme alliance irrévocable entre l'homme et la femme (cf. can. 1055 § 1). La confiance mutuelle, en fait, est le fondement indispensable de tout pacte ou alliance. Sur le plan théologique, la relation entre foi et mariage assume une signification encore plus profonde. Pour les baptisés, le lien sponsal, en effet, bien que réalité naturelle, a été élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. ibid .)

Le pacte indissoluble entre l'homme et la femme, ne requiert pas, aux fins de la sacramentalité, la foi personnelle des fiancés; ce qui est requis, comme minimum nécessaire, est l'intention de faire ce que fait l'Église. Mais s'il est important de ne pas confondre la question de l'intention avec la foi personnelle des contractants, il n'est pas possible de les séparer complètement. Comme le faisait noter la Commission théologique internationale dans un document de 1977, «au cas où l'on ne perçoit aucune trace de foi en tant que telle (dans le sens du mot «croyance», disposition à croire), ni aucun désir de la grâce et du salut , se pose le problème, en fait, de savoir si l'intention générale et vraiment sacramentelle que nous avons mentionnée, est présente ou non, et si le mariage est contracté validement ou non» ( La doctrine catholique sur le sacrement du mariage [1977]). [...]

La culture contemporaine, marquée par un subjectivisme accentué, et un relativisme éthique et religieux, place la personne et la famille face à des défis pressants. En premier lieu, face à la question sur la capacité de l'être humain de se lier, et si un lien qui dure toute la vie est vraiment possible et correspond à la nature humaine, ou n'est pas au contraire, en opposition avec sa liberté et son auto-réalisation. Il fait partie d'une mentalité diffuse, en effet, de penser que la personne devient elle-même en restant «autonome» et en n'entrant en contact les uns avec les autres que par des relations qui peuvent être interrompues à tout moment.  [...]

Le refus de la proposition divine, en effet, conduit à un déséquilibre profond dans toutes les relations humaines, y compris celle matrimoniale, et facilite une interprétation erronée de la liberté et de la réalisation de soi, qui, combinée à un refus de supporter patiemment la souffrance, condamne l'homme à se refermer dans son égoïsme et son égocentrisme. Au contraire, l'accueil de la foi rend l'homme capable du don de soi, dans lequel seulement, «en s'ouvrant aux autres, aux autres, aux enfants, à la famille ... en laissant façonner par la souffrance, il découvre l'ampleur de l'être une personne humaine».

La foi en Dieu, soutenue par la grâce de Dieu, est donc un élément très important pour vivre la dévotion mutuelle et la fidélité conjugale (Catéchèse de l'audience générale [8 Juin 2011]). Il ne s'agit pas ici de dire que la fidélité, comme les autres propriétés [du mariage], ne sont pas possibles dans le contrat de mariage naturel entre non-baptisés. Celui-ci, en effet, n'est pas dépourvu de «ces biens qui viennent de Dieu Créateur et s'insèrent de manière inchoative dans l'amour sponsal qui unit le Christ et l'Eglise» (Commission théologique internationale, la doctrine catholique sur le sacrement du mariage [1977]). Toutefois, il est certain que la fermeture à Dieu ou le rejet de la dimension sacrée de l'union conjugale et de sa valeur dans l'ordre de la grâce rendent difficile l'incarnation concrète du modèle très haut de mariage conçu par l'Église selon le plan de Dieu, allant jusqu'à porter atteinte à la validité même de l'accord si, comme l'assume la jurisprudence de ce Tribunal, elle se traduit par un rejet du principe d'obligation matrimoniale de loyauté, c'est-à-dire des autre éléments ou propriétés essentielles du mariage. [...]"

Posté le 28 janvier 2013 à 07h21 par Michel Janva | Lien permanent

09 janvier 2013

Notre foi ne saurait se limiter à un sentiment ou à des émotions

Le Saint-Père a consacré la catéchèse de l'audience générale au sens du mot incarnation, qui caractérise la célébration de Noël. Saint Ignace d'Antioche et saint Irénée de Lyon, a rappelé Benoît XVI, ont

"utilisé ce terme pour commenter le prologue de l'Evangile de Jean, où figure l'expression: Le Verbe s'est fait chair. Ici, le mot chair indique l'homme dans son intégralité, sous l'aspect de la caducité temporelle, de sa pauvreté et de sa contingence. Cela indique que le salut apporté par Dieu incarné en Jésus touche l'homme dans toute sa réalité et dans la variété des conditions où il se trouve. Dieu a assumé la condition humaine pour la guérir de tout ce qui la sépare de lui, pour permettre à l'homme de l'appeler Père à travers son Fils Unique".

"Ce mode d'action de Dieu constitue un fort encouragement à nous interroger sur notre foi, qui ne saurait se limiter à un sentiment ou à des émotions et doit se concrétiser dans notre existence quotidienne pour l'orienter de manière pratique... La foi revêt un aspect fondamental qui intéresse l'esprit, le coeur et notre vie entière".

Posté le 9 janvier 2013 à 15h40 par Michel Janva | Lien permanent

01 janvier 2013

Bonne année de la foi !

De l'abbé de Tanouärn :

"Chers amis, j'ai cherché la manière la moins nunuche de vous souhaiter une bonne année et je crois que je nous dis quelque chose à chacun lorsque je nous souhaite une bonne année de la foi. Benoît XVI a souhaité consacrer un an à la foi, entre octobre 2012 et octobre 2013. Pourquoi la foi ? Parce que c'est là où le bât blesse, j'ai essayé d'expliquer comment dans les deux derniers posts...

Notre foi devrait nous porter, nous transporter et transporter des montagnes. Dans la triste réalité, beaucoup de chrétiens donnent l'impression, au contraire, de porter leur foi comme une croix, quitte à reconnaître finalement : je suis chrétien mais je me soigne. Il faudrait dire à l'inverse : c'est parce que je prends soin de moi que je suis chrétien.

La foi n'est pas une cuirasse trop lourde que nous nous fabriquons. La foi n'est pas un alibi que nous produisons, pour pouvoir ne pas vivre notre vie. La foi n'est pas une assurance vie, qui nous aurait coûté très cher et dont nous n'attendons de bénéfices que post mortem. La foi, parce qu'elle est vie avec Dieu, est l'oxygène que nous respirons, l'élan qui nous anime, la profondeur du réel dans notre vie, la beauté de nos engagements, la noblesse et la délicatesse de nos comportements au-delà de l'intérêt immédiat, la stabilité de notre assiette dans le curieux saut d'obstacles de notre existence. Elle est toujours déjà là, nous n'avons qu'à la saisir. "L'homme croit naturellement" disait Pascal. Et Dieu nous prévient surnaturellement, sa grâce nous est toujours déjà donnée. Il suffit de la vouloir !

Voilà pourquoi et comment cette année doit être pour nous une année de la foi. On la dit morose avant que n'ait brillé son deuxième matin. En tout état de cause, la morosité n'est pas le caractère de l'homme de foi. Ayons  à coeur cette année, quelles que soient les difficultés qui s'annoncent, de parier à nouveau pour le bien ! Pariant, misant, nous recevrons instantanément une part de notre récompense."

Posté le 1 janvier 2013 à 18h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

14 décembre 2012

Paul VI bientôt béatifié?

Lu ici :

"Selon Andrea Tornielli, le Pape Paul VI pourrait être béatifié durant l'année de la foi. La commission des cardinaux a voté oui à l'unanimité. Reste un miracle et la voie sera libre pour la béatification du Pape du Concile, mais aussi d'Humanae Vitae etc.

Après le bienheureux Jean XXII, initiateur du Grand Concile, ce sera au tour du Pape qui l'a porté à son achèvement. Son pontificat fut aussi un véritable martyre, qui fait du Pape Paul VI un grand précurseur du bienheureux Jean Paul II. 

L'Eglise catholique a connu une série de grands Papes depuis Saint Pie X ( Pie XII, Jean-Paul Ier... ). Nous sommes loin des Papes décadents dont l'histoire de l'Eglise a tant souffert. Pourtant ces Papes indignes n'ont rien jamais touché au mystère de la foi. Pierre est vraiment fondé sur le Rocher qu'est le Christ. La foi de Pierre ne déviera jamais, malgré les péchés personnels de Pierre". 

Posté le 14 décembre 2012 à 11h46 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

05 décembre 2012

L’homme est appelé à « l’obéissance de la foi », à une véritable conversion

Lors de l'audience, le Saint-Père a cité la prière de Paul contenue dans son épître aux Ephésiens, qui révèle le projet de Dieu pour l'humanité. Elle nous encourage à vivre l'avent dans le contexte de l'Année de la foi, avec bienveillance et joie. Saint Paul reconnaît

"l'action de Dieu dans l'histoire du salut, dont le sommet est constitué par l'incarnation, la mort et la résurrection de Jésus. Il admire que Dieu nous ait choisi en son Fils dès avant la création du monde pour être ses enfants adoptifs... La bienveillance divine, le dessein d'amour de Dieu comme l'appelle Paul, constitue le mystère de la volonté divine caché puis manifesté par le Christ et son oeuvre. Cette initiative de Dieu, qui précède toute réponse humaine, est un don gratuit de l'amour dont il nous entoure et par lequel il nous transforme".

"Dans le grand projet de la création et de l'histoire, le Christ se dresse au coeur du monde. Il en est l'axe et attire tout à lui pour...conduire le monde à la plénitude voulue par Dieu".

"Il n'a pas simplement communiqué un ensemble de vérités mais s'est totalement offert à nous en s'incarnant... Cette communion dans le Christ par l'action de l'Esprit, offerte par le Père à tous les hommes au moyen de la Révélation, ne se superpose pas à notre humanité mais est l'accomplissement de nos aspirations, de notre désir d'infini et de plénitude. Présente au plus profond de notre être, elle nous ouvre à un bonheur éternel et non fugace... La foi est ainsi la réponse de l'homme à la révélation divine, du Dieu qui révèle son dessein bienveillant envers une humanité...qui se laisse conquérir par la vérité qu'est Dieu, une vérité qui est l'amour... Ceci porte l'homme à un changement total de perception de la réalité, car il s'agit d'une...véritable conversion, d'un changement de mentalité. En se révélant dans le Christ, Dieu nous a fait connaître un projet qui nous attire à lui, qui soutient le sens de notre existence. Il est le rocher qui offre la stabilité".

"Il nous demande de devenir, nous aussi, des signes de son action dans le monde. Par notre foi, notre espérance et notre charité, Dieu veut sans cesse faire resplendir sa lumière dans la nuit".

Posté le 5 décembre 2012 à 21h52 par Michel Janva | Lien permanent

01 décembre 2012

L'objectif du "Parvis des gentils" : susciter chez les agnostiques ou les athées la recherche de Dieu

Lu sur Sandro Magister :

"Lorsqu’en 2009, à la veille de Noël, Benoît XVI lança l'idée du "Parvis des gentils", il indiqua tout de suite quelle en était la finalité : susciter chez les agnostiques ou les athées la recherche de Dieu, en tant que "premier pas" de leur évangélisation. Mais le pape n’en fixa pas les modalités d'exécution. Il confia la mise en œuvre de cette idée au président du conseil pontifical pour la culture, l'archevêque puis cardinal Gianfranco Ravasi, créateur compétent et expérimenté d’événements culturels.

Ravasi fit ses débuts à Paris les 24 et 25 mars 2010, en organisant une rencontre qui eut un impact notable. Benoît XVI lui-même y participa sous la forme d’un message vidéo qu’il adressa aux jeunes réunis sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. En revanche, le pape est resté silencieux lors des événements ultérieurs. [...] Toutefois, parallèlement à ce crescendo, il s’est produit une baisse d’intérêt générale et notamment auprès des médias. Cette baisse est compréhensible. Le fait que des incroyants prennent la parole lors d’une rencontre organisée par le Saint-Siège n’était plus une nouvelle.

[...] Et s’il y a bien eu une nouvelle, lors de la toute dernière rencontre, qui a eu lieu les 16 et 17 novembre au Portugal, elle est venue d’ailleurs et d’en haut. Pour la première fois dans l’histoire du "Parvis des gentils" – mis à part le cas particulier de Paris – Benoît XVI a fait parvenir aux participants un message personnel. Un message dans lequel il a voulu ramener cette initiative à sa finalité originelle : celle de parler de Dieu à ceux qui en sont éloignés, en relançant les questions qui rapprochent de lui "au moins comme Inconnu".

Dans ce message - il est clair qu’il l’a rédigé personnellement - Benoît XVI a pris comme point de départ le thème principal du "Parvis des gentils" portugais : "l'aspiration commune à affirmer la valeur de la vie humaine". Mais, tout de suite, il a soutenu que la vie de chaque personne, et d’autant plus si celle-ci est aimée, ne peut pas ne pas "mettre Dieu en cause". Et il a poursuivi en affirmant :

"La valeur de la vie ne devient évidente que si Dieu existe. C’est pourquoi il serait beau que les incroyants veuillent vivre 'comme si Dieu existait'. Même s’ils n’ont pas la force de croire, ils devraient vivre sur la base de cette hypothèse ; dans le cas contraire, le monde ne fonctionne pas. Il y a beaucoup de problèmes qui doivent être résolus, mais ils ne le seront jamais complètement si l’on ne place pas Dieu au centre, si Dieu ne devient pas de nouveau visible dans le monde et déterminant dans notre vie".

En conclusion, Benoît XVI a cité une phrase du message adressé par le concile Vatican II aux penseurs et aux hommes de science :

"Heureux ceux qui, possédant la vérité, continuent à la chercher pour la renouveler, pour l’approfondir, pour en faire don aux autres".

Et il a ajouté, en une formule lapidaire : "Ils sont l’esprit et la raison d’être du Parvis des gentils". L’indiscutable rectification apportée au "Parvis des gentils" par Benoît XVI dans ce message n’a pas été remarquée par les médias, pas même ceux qui sont catholiques et les plus attentifs. Mais le cardinal Ravasi l'a certainement enregistrée et approuvée. On s’en rend compte à la lecture de ce passage du bilan du "Parvis" portugais qui a été publié dans "L'Osservatore Romano" du 23 novembre :

"À Guimarães, le public a posé une question : le caractère sacré de la vie présuppose quelque chose qui nous transcende. Comment pouvons-nous connaître Dieu ? On a ainsi atteint l’objectif pour lequel le 'Parvis des gentils' a été conçu : exprimer l’inquiétude à propos de Dieu. Vaste et complexe sujet sur lequel, a déclaré le cardinal Ravasi, le 'Parvis des gentils' reviendra de manière plus approfondie lors des prochaines rencontres".

[...] Ravasi a mis en route, dans "L'Osservatore Romano", une série d’articles consacrés à la rencontre/opposition entre la foi et l'incrédulité dans la culture contemporaine, en tant que contribution à l'Année de la foi décidée par le pape. Dans le premier de ces articles, qui a été publié le 28 novembre, le cardinal a laissé transparaître son exceptionnelle connaissance de la littérature, des arts et des sciences, à travers la luxuriante floraison d’auteurs qu’il a cités. Dans l’ordre : Aleksandr Blok, Franz Kafka, Emil Cioran, Jean Cocteau, Rudolf Bultmann, Blaise Pascal, Jan Dobraczynski, Robert Musil, Ludwig Wittgenstein, Luis de León, David Hume, Anatole France, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto Moravia, Augusto Del Noce, Jacques Prévert, Eugenio Montale, Johann Wolfgang von Goethe. Soit, en une demi-page de journal, une vingtaine d’auteurs, qui étaient presque tous incroyants et qui se sont pourtant révélés "vulnérables" aux questions à propos de Dieu."

Posté le 1 décembre 2012 à 14h00 par Michel Janva | Lien permanent

25 novembre 2012

« Que personne ne devienne paresseux dans la foi. » (Benoît XVI, Porta fidei)

Dans le cadre de l'année de la foi, Notre Dame de Chrétienté vous propose de recevoir chaque semaine de l’année liturgique 2013, à partir du premier dimanche de l’Avent (2 décembre) jusqu’au 24 novembre 2013, une fiche de lecture du Catéchisme de l’Eglise Catholique.

C
Chaque fiche de trois pages portera sur un thème en lien avec l’année liturgique ; son envoi se fera avant chaque dimanche de l’année et avant les principales fêtes liturgiques (8 décembre, Noël, etc.). Chaque lettre présentera le thème par un choix des passages du CEC le concernant ; elle offrira des extraits, pour rester court et abordable par tous ; sa lecture demandera dix minutes ; elle comportera des renvois « pour aller plus loin » et quelques résolutions concrètes pour rayonner la foi mieux connue.

Pour vous inscrire à ce programme de formation, cliquez ici.

Posté le 25 novembre 2012 à 13h59 par Michel Janva | Lien permanent


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