04 juillet 2015

Pourquoi la doctrine verrouillerait-elle la miséricorde ?

Nouvelle réponse du philosophe Thibaud Collin au père Garrigues suite à son texte intitulé « La doctrine ne verrouille pas la miséricorde », revenant sur les objections qui lui ont été faites à propos de sa thèse validant un régime de dérogation en faveur de la communion de certains divorcés-remariés :

"Le Fr. Garrigues revendique une liberté de parole voulue par le Pape François lui-même qui permettrait enfin aux théologiens de sortir du silence qu'ils ont dû garder sous les deux derniers pontificats sur le sujet de l'accès des divorcés remariés aux sacrements. Il réclame « le droit de soumettre une opinion théologique sans que l'on crie au scandale ». J'ai utilisé ce dernier terme dans son sens strict car il me semble que la deuxième dérogation que le Père Garrigues envisage (que des divorcés remariés reconnaissant la validité de leur premier mariage et ayant une vie maritale puissent néanmoins communier à la condition de mener « une vie chrétienne ») est de fait formellement contraire à la Parole de Dieu lue dans la Tradition et interprétée par le Magistère.

Qu'elle soit soutenue dans « une revue autorisée » ne fait à mes yeux que renforcer le trouble et la confusion sur un sujet, le mariage, comportant une dimension publique et objective. Le Père Garrigues admet que l'on discute de l'opportunité de ces dérogations exceptionnelles car il considère qu' « en matière de prudence, personne ne peut être totalement sûr de ce qu'il avance ». Je considère au contraire que les dérogations que le Père Garrigues envisage touchent directement les principes de la morale chrétienne et de la vie sacramentelle et qu'à ce titre elles ne relèvent pas d'un légitime exercice de la prudence. Je pense même que lorsqu'il parle de « système verrouillé » il remet en cause les enseignements de saint Jean-Paul II et de Benoit XVI. D'ailleurs, il ne me semble pas prendre en compte les textes clairs de ceux-ci sur notre sujet pour en proposer une nouvelle lecture mais se contenter de faire une réponse procédurale.

Sur l'interprétation de saint Thomas

Le Père Garrigues revient sur les textes de saint Thomas mais ne répond pas, selon moi, aux objections qui ont été adressées à la lecture qu'il en donne. Je vais donc les rappeler et les approfondir. Il cite un premier texte de la Somme de Théologie, IIa IIae q.120, a.1 (et non 21) : « Parce que les actes humains pour lesquels on porte des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l’infini, il a toujours été impossible d’instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut. Or les législateurs, attentifs à ce qui se produit le plus souvent, ont porté des lois en ce sens. Cependant, en certains cas, les observer va contre l’égalité de la justice et contre le bien commun visé par la loi ».

Le Père Garrigues s'appuie sur un tel texte pour justifier dans certains cas une dérogation à la discipline interdisant que les divorcés remariés communient, discipline ultimement fondée sur la loi divine de l'indissolubilité du mariage et sur la nature des sacrements. Or dans cet article saint Thomas parle de la loi civile, promulguée par un législateur humain en charge du bien commun temporel, et non pas de la loi morale promulguée dans les cœurs par Dieu qui est le bien commun de l’Univers. La loi civile est nécessairement silencieuse dans certains cas, puisqu’elle ne peut pas tout envisager. Il faut donc parfois suppléer aux « vides juridiques » sous peine de déni de justice. Dans l’article 2, ad 1, saint Thomas dit bien que l’épikie fait partie de la justice légale bien comprise, qu’elle est même supérieure à la justice légale si l'on comprend cette justice comme étant celle qui ne s’attache qu’à la lettre de la loi. Son lieu est donc la lettre de la loi, et son fondement la distinction entre la lettre de la loi et son esprit.

Le sujet qui nous occupe concerne l'application de la loi morale puisque la dérogation exceptionnelle consisterait à reconnaître dans certaines circonstances la légitimité d'une vie sexuelle hors mariage. Or la loi morale, dont la conscience nous indique le bien à effectuer dans un cas concret déterminé, n’est pas une loi inscrite dans une lettre mais dans les cœurs ; elle est une loi de la raison. Il n’y a donc pas de vide juridique : il n’y a que des consciences droites ou des consciences erronées. Pour ce qui est de la loi évangélique, pour saint Thomas, la loi nouvelle est l’Esprit Saint. S’il y avait une opposition entre la lettre et l’esprit, ce serait entre la justice légale de l’Ancien Testament et son esprit véritable que nous révèle le Christ. Mais dans le Christ, il n’y a plus de lettre ni d’épikie, il n’y a plus que la loi de charité qui ne souffre aucune exception. Le paradoxe est que le Père Garrigues reproche au camps des « purs et durs » d’être juridique à l’extrême alors que c’est lui qui ramène la loi évangélique à une lettre dont il faudrait rechercher l’esprit, alors que la loi évangélique est l’Esprit Saint communiquant la charité, ce qui ne souffre aucune exception car ce serait alors pécher contre l’Esprit.

Le deuxième texte que cite le Père Garrigues est tiré de la Somme de théologie, Ia IIae, q. 94, a.4 et 5 lorsque saint Thomas parle de la loi naturelle dont les principes généraux sont toujours universels ; mais plus « on aborde les choses particulières, plus on rencontre des exceptions. ». Le Père Garrigues prétend que ce texte peut être utilisé pour légitimer une dérogation quant à notre sujet. Il me semble qu'il n'en est rien. En effet, saint Thomas parle ici de la concrétion effectuée par la vertu de prudence à la recherche du juste dans les choses de la vie. Il ne s'agit donc pas d'une exception à une loi civile, le législateur n'ayant pu prévoir tel ou tel cas concret.

Là encore, le Père Garrigues a une lecture paradoxalement légaliste de saint Thomas. De plus, l'objet de la dérogation envisagée étant un acte intrinsèquement mauvais, aucune circonstance ne peut le rendre bon. Le Père Garrigues aborde d'ailleurs directement ce point : « A qui fera-t-on croire que ces dérogations, que le Pères de l'Église ont pratiquées, seraient un « acte intrinsèquement mauvais » qui ne pourrait par sa nature connaître d'exception ? » Ce n'est bien sûr pas l'acte de la dérogation comme tel qui est intrinsèquement mauvais mais le fait d'avoir une relation extra-conjugale. Comment le Père Garrigues peut-il soutenir qu'une telle situation puisse, à certaines conditions, faire l'objet d'une dérogation au lien requis entre l'état de grâce et la communion eucharistique ? Le Père Garrigues semble penser que ses objecteurs s'opposent à de telles dérogations pour des raisons pédagogiques, au vu des conséquences qu'elles entraîneraient. Elles auraient certes des conséquences catastrophiques, nous y reviendrons, mais ce n'est pas d'abord pour cela qu'elles sont à refuser, c'est pour des raisons intrinsèques.

Je cite un extrait significatif de la réponse du Père Garrigues : « Mais est-ce miséricordieux, est-ce même juste dans le cas de ces couples, si de fait dans le premier cas il n’y avait pas eu de mariage religieux valide et si, dans le second, il y a vrai repentir mais conflit de devoirs par rapport à un retour au statu quo ante ? » La continence est certes la voie de crête toute droite, et Dieu donne à certains divorcés remariés la force admirable de l’embrasser dans ce qui reste à bien des égards une vie de couple, mais ceux qui n’ont pas cette vertu éminente sont-ils pour autant « dans le péché » ? » Pourquoi le Père Garrigues voit-il un « conflit de devoirs » dans la vie des divorcés remariés ? Parce que selon lui le second mariage civil peut créer des devoirs empêchant le retour à la fidélité au premier mariage (il s'agit le plus souvent des devoirs envers les enfants nés de la seconde union).

Mais l'Église a déjà reconnu que dans ces situations la séparation normalement requise pour accéder aux sacrements pouvait être remplacée par un engagement à la continence complète. L'opinion du Père Garrigues, à la suite du cardinal Kasper, consiste à refuser dans certains cas cette discipline vue comme trop dure et engendrant des « conflits de devoirs ». Mais de quels devoirs parle-t-il vraiment ? Depuis quand la vie sexuelle extra-conjugale comme telle serait-elle l'objet d'un devoir ? Notre théologien ne peut envisager les choses ainsi que parce qu'il comprend « vie de couple » dans un sens humain, pour ne pas dire mondain, susceptible d'embrasser les deux situations (la vie conjugale légitime fondée sur le sacrement et l'union de fait) devenues dès lors de facto quasi-équivalentes. Or pour l'Église il n'y a de vie conjugale entre deux baptisés que fondée sur le sacrement de mariage, ce qui n'est bien sûr pas le cas ici. En rigueur de termes, il n'y a donc pas de « conflit de devoirs » appelant la création d'une troisième voie indulgente permettant aux divorcés remariés de communier sans s'engager à une continence complète. Présenter cela comme un conflit de devoirs dont les pasteurs devraient soulager la conscience morale des fidèles biaise la position du problème et dispose le lecteur à une solution « pastorale » erronée.

Il est bon de lire la réponse que saint Jean-Paul II fait à ce genre d'approche dans Veritatis splendor :

« Il ne manque pas d'esprits pour estimer que ce processus de maturation morale se verrait contrarié par la position trop catégorique que prend, sur bien des questions morales, le Magistère de l'Église, dont les interventions feraient naître, chez les fidèles, d'inutiles conflits de conscience. Pour justifier de telles positions, certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l'originalité d'une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d'accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d'intrinsèquement mauvais. Ainsi s'instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument “pastorales”, contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique “créatrice”, d'après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier. Il n'est personne qui ne comprenne qu'avec ces positions on se trouve devant une mise en question de l'identité même de la conscience morale face à la liberté de l'homme et à la Loi de Dieu. Seuls les éclaircissements apportés plus haut sur le lien entre liberté et loi, lien fondé sur la vérité, rendent possible le discernement à faire sur cette interprétation “créative” de la conscience. »

On pourrait citer d'autres textes dans lesquels le Magistère récent s'est prononcé de telle manière qu'envisager un changement de discipline et donc de doctrine présuppose une vision très volontariste, pour ne pas dire arbitraire, de l'exercice du Magistère. 

Sur l'épikie dans le Nouveau Testament

C’est un peu surprenant de voir le Père Garrigues insister tellement sur l’épikie (επιεικεια), qui prendrait selon lui le sens d’indulgence dans le Nouveau Testament. Les dictionnaires parlent plutôt de « Douceur, gentillesse, honnêteté, clémence, bonté ». La source est ἐπιεικής : « apparemment convenable, équitable, juste, beau, doux, gentil ».

Le mot n’est pas très fréquent, on ne le rencontre que sept fois dans le Nouveau Testament (επιεικεια ou ἐπιεικής) et jamais le mot επιεικεια n’y est appliqué à la justice légale. Il est pris dans le sens purement moral de bienveillance, douceur. Il s’applique une seule fois au Christ, sans beaucoup de précision. Et ce n’est pas pour dire que le Christ établit des règles générales qu’il écarterait lui-même dans des cas particuliers ; mais au contraire, semble-t-il, cela désigne l’indulgence de Dieu qui pourrait condamner toute l’humanité, puisque tous ont péché, et cependant ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il vive. Pour cela il a envoyé son propre Fils pour faire miséricorde à tous. Dieu fait preuve de patience à notre égard ; il laisse à l’homme le temps de se convertir. Mais jamais on ne voit que le Christ écarte la loi de charité qu’il a lui-même promulguée, au nom d’une autre justice (ce qui lui en ferait deux…). Au contraire, on a toujours dit que Dieu aimait le pécheur mais détestait son péché, et c’est toujours au nom de l’amour du pécheur que Dieu vient le libérer de son péché.

On peut donc soutenir que les tenants de « dérogations exceptionnelles » sont en train de mettre en place un nouvel Évangile, dans lequel l’épikie consisterait à écarter la loi évangélique pour lui substituer une autre loi, jugée plus « miséricordieuse ». On prend la place du Christ et de l’Esprit Saint, en remplaçant sa loi de charité par une miséricorde à la manière des hommes. Or si l’on écarte la Loi évangélique au nom de la justice ou de la miséricorde, ce n’est plus la Loi évangélique. Encore une fois, cela vient du fait qu’au départ, on a transformé la loi évangélique (qui est l’Esprit Saint lui-même pour saint Thomas) en une loi à la manière des hommes, et c’est celle-là que l’on veut alors écarter pour retrouver la loi évangélique. On se plaint d’une morale de la loi que l’on voudrait écarter, mais c’est parce que l’on a transformé au préalable l’Évangile en morale de la loi, et la loi morale en casuistique. Bref, parler d’épikie pour écarter la Parole du Christ montre tout simplement que l’on conçoit la Parole de Dieu comme une loi humaine, comme un code écrit, une norme légale. Ce n’est pas la conception de saint Thomas, et ce n’est pas la conception de l’Évangile. La loi de charité ne souffre aucune exception. Concluons maintenant sur deux points soulignant l'ampleur d'une telle discussion.

Sur le sens de la miséricorde et de la pastorale

Imaginer que la doctrine puisse « verrouiller » la miséricorde présuppose une étrange vision de la mission de l'Église. Celle-ci « doit rendre témoignage de la Miséricorde de Dieu révélée par le Christ tout au long de sa Mission de Messie ». L'exigence fondamentale qui est faite à l'Église est de professer et de proclamer la conversion. L'attitude de la conversion est la réponse humaine adaptée à la révélation de la miséricorde divine, un peu comme le concave s'adapte au convexe. Qui donc en effet croit en la miséricorde ? Non pas celui qui pense ne point en avoir besoin parce qu'il se considère juste. Ni même celui qui pense ne point pouvoir en bénéficier parce qu'il se considère comme impardonnable. Mais celui qui en identifiant et détestant son péché, revient à Dieu par grâce, avec l'assurance qu'il peut compter sur son inextinguible volonté de « pardonner soixante-dix fois sept fois ».

Une Église qui accepterait les dérogations envisagées par certains serait une Église qui se résignerait à ne plus proclamer la miséricorde infinie et l'appel à la conversion puisqu’elle reconnaîtrait par là qu'il existe des situations en lesquelles il est impossible à l'homme et à la femme de vivre pleinement la sainteté de leur mariage et de rester fidèles au plan de Dieu sur l'amour humain. Or comme le rappelle saint Jean-Paul II :

« Ce serait une très grave erreur de conclure que la norme enseignée par l'Église est en elle-même un “idéal” qui doit ensuite être adapté, proportionné, comme on dit, aux possibilités concrètes de l'homme, d'après une “évaluation des divers biens en question”. Mais quelles sont “les possibilités concrètes de l'homme” ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou de l'homme sauvé par le Christ ? Parce qu'il s'agit de cela : de la réalité de la rédemption du Christ. Le Christ nous a sauvés. Ce qui signifie : Il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence. [...] Le commandement de Dieu est certainement proportionné aux capacités de l'homme : mais aux capacités de l'homme à qui est donné le Saint-Esprit ; aux capacités de l'homme qui, même tombé dans le péché, peut toujours obtenir le pardon et jouir de la présence de l'Esprit. »

Comment penser qu'un médecin est miséricordieux lorsque face à une tumeur cancéreuse, il se voit contraint de dire par « indulgence » à son patient qu'il s'agit d'une simple grippe ?

Retour sur une analogie

Nous avons déjà souligné que le Père Garrigues répond aux objections de manière assez procédurale, notamment en établissant une analogie entre le débat synodal actuel et la période pré-conciliaire ; afin d'en appeler à la prudence et de condamner toute attitude « intégriste » de fermeture face au devenir de l'Église :

« L’histoire de l’Église a montré, de l’Antiquité à nos jours, qu’à plusieurs reprises les zélateurs du dernier concile ou du dernier pape, en ayant poussé ses principes jusqu’à l’extrême dans un système verrouillé, se sont retrouvés ensuite scandalisés par l’évolution du Magistère ultérieur, dont ils ne voyaient plus l’homogénéité avec ce qu’ils croyaient être le Magistère antérieur, mais qui était en fait leur Tradition, leur Concile ou leur Pape.

À la veille du concile Vatican II, il y avait des théologiens, voire des cardinaux, qui considéraient comme scandaleuses certaines choses que celui-ci allait approuver. Des mesures disciplinaires avaient même empêché que des théologiens enseignent certaines d’entre elles. Les réticences que d’aucuns manifestent aujourd’hui par rapport à des paroles, des actes et des orientations du pape François ne relèvent-elles pas d’un durcissement analogue ? » 

Je ne critique pas le bien-fondé de la remarque générale ; je pense simplement qu'elle ne s'applique pas à notre débat. Comment en effet penser que le Magistère actuel puisse se déterminer en contradiction avec le Magistère antérieur sur des cas déjà envisagés en tant que tels et ce dans un contexte historique quasi identique (la sécularisation du mariage et la crise de la transmission de la foi et de la morale chrétiennes) ?

Tout ce débat fait naître en moi une autre analogie, en l'occurrence avec la période antérieure à l'encyclique Humanae Vitae. Là aussi, on retrouve la volonté de saint Jean XXIII d'affronter une situation pastorale tendue et de laisser le débat s'installer pour discerner la réponse adéquate. Au fur et à mesure que le débat se déploie, deux manières de penser le développement de la doctrine et de la discipline s'opposent. Certains ont tendance à ignorer les enseignements magistériels de Pie XI et de Pie XII sur la régulation des naissances et font comme s'il s'agissait de se déterminer à nouveaux frais. D'autres, comme Mgr Wojtyła, s'appuient sur le Magistère pour le ressaisir en profondeur et l'appliquer à la nouvelle situation historique.

Cette attitude est à la genèse de la fameuse et pourtant largement ignorée théologie du corps qu'il commencera à donner dès 1979 pour préparer... le synode sur la famille de 1980 ! Il s'agit d'un modèle de développement homogène de la doctrine sachant puiser ce qu'il y a de meilleur dans la modernité pour annoncer aux hommes d'aujourd'hui la Bonne Nouvelle du mariage. Cette analogie avec la période d'Humane vitae permet de mettre le doigt sur la délicate question de la réception du Magistère. On peut raisonnablement penser que la manière dont le débat s'est déroulé en amont de l'encyclique a contribué à rendre inintelligible la parole du Bienheureux Paul VI. A titre d'exemple, on peut citer la Note pastorale de l'épiscopat français de novembre 1968 parlant (déjà !) de conflit de devoirs. Une telle lecture de l'encyclique a certes contribué à « déverrouiller » la doctrine qui y est exposée et à la rendre inopérante pratiquement. On en a goûté les fruits dans le résultat catastrophique de la pastorale du mariage quant à la paternité responsable ; pastorale qui dans de nombreux endroits ne s'en est toujours pas remise.

Je conclurai en renvoyant une nouvelle fois à la proposition du Père Thomas Michelet sur l'opportunité de redécouvrir l'ordre des pénitents tel qu'il a existé dans les premiers siècles de l'Église. Ce chemin pénitentiel serait un réel approfondissement d'une pastorale adéquatement prise, c'est-à-dire ni « verrouillée » ni « déverrouillée » par la doctrine mais qui communique la vérité et la grâce de Dieu adressées à tous les hommes."

Posté le 4 juillet 2015 à 10h21 par Michel Janva | Lien permanent

28 juin 2015

Ne nous décourageons pas : Dieu n’abandonne pas la France

Extrait de l'homélie du jour du père Bernard Domini, modérateur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame :

"L’évangile de ce dimanche doit faire grandir notre espérance en la conversion de la France, la Fille aînée de l’Eglise. Notre Pape François a rencontré, le 11 juin dernier, un petit groupe de jeunes Français. Il leur a dit :

« On dit que la France est “la fille aînée de l’Église”. Mais pas la plus fidèle. Beaucoup de gens sont vivants à l’extérieur mais morts à l’intérieur. Beaucoup de gens ont perdu la joie. »

6a00d83451619c69e2017c36b233f8970bLe Saint-Père a laissé apparaître « une forme d’attente déçue à l’égard de l’Église en France, comme s’il attendait des catholiques français un renouveau, un réveil, une audace qui ne venait pas. Nous ne sommes absolument pas étonnés par l’analyse de notre Pape François, qui est dans la continuité avec la question de Jean-Paul II en juin 1980 : « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? ».

Si ce Saint Pape avait osé nous poser cette question, c’était par amour pour la France et pour susciter en nous le désir d’une vraie conversion et de fidélité aux promesses de notre baptême. Jean-Paul II et notre Pape François, en posant la question de la fidélité aux promesses du baptême, ne se sont pas adressé à l’Eglise de France uniquement, mais à la Nation française qui, depuis le baptême de Clovis, est devenue la Fille aînée de l’Eglise. C’est cette Fille aînée de l’Eglise, qui n’est pas très fidèle aux promesses de son baptême. Jean-Paul II et notre Pape François ne se sont pas trompés. La France a voté plusieurs lois contraires à la Loi naturelle, particulièrement les lois qui concernent l’amour, la vie, la famille.

L’amour n’a jamais été autant défiguré, la vie jamais tant menacée, la famille jamais tant attaquée. Jean-Paul II parlait des cultures de la mort, Benoît XVI des dictatures du relativisme, notre Pape François de colonisation idéologique. Depuis la Révolution française, nous voyons croître, en France, ces idéologies qui ont des conséquences négatives par rapport aux promesses du baptême de la France, Fille aînée de l’Eglise. Ne nous décourageons pas : Dieu n’abandonne pas la France. Le Cœur de Jésus et la Vierge Marie agissent dans les cœurs. Depuis la célèbre question de Jean-Paul II, la génération Jean-Paul II s’est levée. Elle a entraîné dans son sillage la génération Benoît XVI et, aujourd’hui, la génération François. Saint Pie X et Marthe Robin ont prophétisé la conversion de la France.

Dieu nous fait signe par la prochaine canonisation du premier couple canonisé : Louis et Zélie Martin, les parents de Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus. Puisse cette canonisation apporter un souffle nouveau à la Fille aînée de l’Eglise. Le renouveau des vocations est lié au renouveau de la famille. En ces jours où ont lieu les ordinations, rappelons l’importance de l’adoration du Saint-Sacrement, du rosaire et de la consécration au Cœur Immaculé de Marie."

Posté le 28 juin 2015 à 12h18 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (14)

17 juin 2015

Ouverture au Cambodge du procès en béatification de 35 martyrs morts sous Pol Pot

Lu ici :

"Alors que le pape François vient de signer le décret ouvrant la voie à la béatification de 17 martyrs de l’Eglise du Laos, les responsables de l’Eglise catholique au Cambodge lancent le processus qui devrait aboutir à la béatification de 35 martyrs, exécutés ou morts de faim et d’épuisement sous le régime de Pol Pot et des Khmers rouges, au pouvoir entre 1975 et 1979. Si la démarche aboutit, ce sera une première pour le Cambodge, pays qui, à ce jour, ne compte pas de bienheureux et de saints reconnus par l’Eglise.[...]

Dans une société à 95 % bouddhiste, la petite communauté catholique (autour de 22 000 fidèles) poursuit son chemin de renaissance après avoir été presque totalement anéantie par les persécutions des Khmers rouges et la guerre civile jusqu’en 1990."

Posté le 17 juin 2015 à 16h02 par Marie Bethanie | Lien permanent

15 juin 2015

Le christianisme radical, c’est l’amour de Jésus, l’amour du prochain...le refus absolu de la haine.

Excellente mise au point de Bernard Antony :

« La violence n’est pas compatible avec la religion ». Cette phrase, avec quelques variantes selon ceux qui l’émettent, est devenue un véritable leitmotiv. C’est François lui-même qui la répète et après lui quelques cardinaux et ainsi de suite... 

La religion devient ainsi plus qu’un concept général, une entité spécifique de plus en plus utilisée plutôt que d’évoquer une « religion » précise. Dans la pratique, les religions, selon leur dénomination exacte, ne deviennent plus alors que des sous-catégories, avec leurs spécificités secondaires, de la religion en général.
 
Finalement, cela conforte l’idée que, par exemple, peu ou prou, l’islam ou le catholicisme, c’est la même chose à quelques variantes près, l’église s’appelant mosquée, le curé imam, le carême ramadan, et de surcroît l’énormité que le même Dieu, le même Jésus, la même Marie seraient dans le Coran.
 
Si bien que le radicalisme religieux devient un fourre-tout dans lequel on peut mettre le radicalisme musulman et le christianisme « radical ». Face à ces débiles amalgames, il est toujours bon de revenir à la réflexion de Bat Ye’Or, la grande historienne du sort des chrétiens et des juifs « entre jihad et dhimmitude » : « Moi, juive, je dois reconnaître que lorsque des chrétiens commettent des massacres, ce n’est pas selon l’imitation de Jésus-Christ, alors que lorsque des musulmans égorgent, c’est souvent selon le modèle de Mahomet ». (voir les « hadîths » et la Sira…)
 
Le radicalisme islamique, c’est l’application stricte de la charia avec ses châtiments (fouet, lapidations, amputations…). Le radicalisme islamique appliqué à la guerre (jihâd), c’est l’égorgement, comme Mahomet à Médine, c’est la distribution des femmes et des enfants comme butin…
 
Le christianisme radical, c’est l’amour de Jésus, l’amour du prochain, c’est le renoncement à soi-même, c’est la pauvreté, la chasteté, le refus absolu de la haine. Folie le plus souvent aux yeux des hommes, folie d’un idéal inaccessible à la plupart car rares sont les François d’Assise et les Catherine de Sienne.
 
Confondre les deux radicalisations est d’abord tout simplement un déni de réalité, un déni de justice, un déni de vérité. Cette confusion commise par des ignorants est excusable. Il faut essayer de leur expliquer. Mais commise par des gens cultivés et pire encore par des clercs, elle relève tout simplement du mensonge."

Posté le 15 juin 2015 à 10h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

"Le moment le plus solennel de la vie, c'est celui de l'action de grâces"

Saint Julien Eymard cite l'action de grâces après la communion comme le moment le plus précieux, celui où l'on possède le Roi du ciel et de la terre, tout disposé à écouter :

Topic

"Le moment le plus solennel de la vie, c'est celui de l'action de grâces. Vous possédez alors le Roi du ciel et de la terre, votre Sauveur et votre Juge, tout disposé à vous accorder tout ce que vous lui demanderez."

"L'action de grâces est absolument nécessaire si l'on ne veut pas que la Communion dégénère en une simple habitude pieuse."[...]

" Laissez, si vous voulez, l'Hostie un moment sur votre langue afin que Jésus, vérité et sainteté, la purifie et la sanctifie. Introduisez-la ensuite dans votre poitrine, sur le trône de votre cœur, et l'adorant en silence, commencez l'action de grâces"  

"Adorez Jésus sur le trône de votre cœur, appuyez-vous sur son cœur brûlant d'amour. Exaltez sa puissance... proclamez-le votre Maître  et vous son heureux serviteur, prêt à tout pour lui plaire".[...]

Posté le 15 juin 2015 à 10h17 par Marie Bethanie | Lien permanent

Michel Delpech, la fin du chemin

En 2013, le chanteur Michel Delpech connaissait une rémission dans le cancer qui va finalement l'emporter. D'après son ami Michel Drucker, Michel Delpech s'éteint doucement. Lors de sa rémission, le chanteur avait écrit un livre pour raconter sa conversion : "J'ai osé Dieu".


Michel Delpech - La fin du chemin par Leroidukitch 

"Voici la fin de mon chemin sur terre.... je suis à toi, accueille-moi mon Père. Voici mon âme, séchez vos larmes, mes frères, je m’en vais là où brille la lumière."

Posté le 15 juin 2015 à 09h58 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (9)

12 juin 2015

Xavier Lemoine : "La foi irrigue mon action politique"

Extrait de l'entretien accordé par Xavier Lemoine (PCD) au site Le Rouge et le Noir :

R&N : Peut-­on administrer concrètement une collectivité tout en respectant la Doctrine sociale de l’Eglise ?

Xavier Lemoine : La réponse est à deux niveaux. Peut-­on absolument, en tous points, gérer une municipalité en se conformant exactement à la Doctrine de l’Eglise ? Cela paraît compliqué, voire franchement impossible, eu égard aux contraintes pesant sur les élus et ne dépendant pas de leur volonté.

Mais, si la question est de savoir si l’on peut, en tant qu’élu, aborder l’ensemble des problématiques à la lumière de l’enseignement de l’Eglise, alors la réponse est oui. Chaque problème peut et doit être appréhendé à travers la doctrine sociale de l’Eglise, en recherchant la Vérité et le Bien commun.

R&N : Plus précisément, comment un élu catholique peut-­il assumer sa foi et en faire un moteur de son action politique ? Est­-ce votre cas ?

Xavier Lemoine : Je n’utiliserai pas le terme de « moteur » mais plutôt de guide. Oui, il est évident que ma foi est un guide en politique, et je n’ai aucune difficulté à l’assumer. Je n’ai pas à le cacher. La foi irrigue mon action politique, elle nourrit également ma pensée grâce à l’abondante littérature que nous lègue l’Eglise, à travers les Encycliques des papes, notamment. Toutefois, je ne suis pas prosélyte, en ce sens où, si ma foi me guide, il ne s’agit pas d’imposer ma vérité aux administrés, mais plutôt la rechercher et la proposer.

Posté le 12 juin 2015 à 17h15 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)

11 juin 2015

Jésus ne se laisse pas enfermer dans la casuistique des pharisiens qui cherchent à transiger avec la loi

Le philosophe Thibaud Collin répond dans Famille chrétienne à la tribune du père Garrigues sur les divorcés remariés. Extrait :

"[...] le Père Garrigues, après des analyses fort pertinentes sur la nécessaire gradualité dans l’accompagnement pastoral, conclut en faisant des propositions, elles, directement opposées à l’enseignement de l’Église. D’où l’étonnement d’un grand nombre de lecteurs : comment un théologien de sa stature peut-il, dans le même texte, réclamer le respect dû à la doctrine de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI sur le mariage et les contredire frontalement ? Quelle peut être la source d’une telle incohérence ? Tel est le problème dont la solution se trouve, nous le constaterons, dans l’entretien lui-même.

Le Père Garrigues est conduit par le Père Spadaro à considérer deux cas dans lesquels l’interdiction pour des divorcés remariés de communier pourrait connaître des exceptions. [...]

La solution préconisée par le Père Garrigues consiste à privilégier le for interne, en contournant le jugement rendu par le tribunal ecclésiastique, au for externe donc. Cette « solution » est bien connue puisqu’elle correspond à ce que certains évêques allemands, dont le cardinal Kasper, avaient déjà imaginé en 1993. Le cardinal Ratzinger leur avait alors répondu : « L’Exhortation Familiaris consortio, quand elle invite les pasteurs à bien distinguer les diverses situations des divorcés remariés, rappelle aussi le cas de ceux qui sont subjectivement certains, en conscience, que le mariage précédent, irréparablement détruit, n’a jamais été valide (§84). Il faut certainement discerner à travers la voie du for externe, établie par l’Église, s’il y a objectivement une telle nullité du mariage. La discipline de l’Église, tout en confirmant la compétence exclusive des tribunaux ecclésiastiques dans l’examen de la validité du mariage de catholiques, offre à présent de nouvelles voies pour démontrer la nullité de l’union précédente, afin d’exclure le plus possible toute discordance entre la vérité vérifiable dans le procès et la vérité objective connue par la conscience droite (les canons 1536 §2 et 1679 du Code de Droit canonique sur la force de preuve qu’ont les déclarations des parties dans de tels procès). S’en tenir au jugement de l’Eglise et observer la discipline en vigueur sur le caractère obligatoire de la forme canonique comme nécessaire pour la validité des mariages des catholiques, est ce qui sert vraiment le bien spirituel des fidèles intéressés. »

[...] Se manifeste dans cette « solution » une conception spiritualisante, pour ne pas dire éthérée, du mode de médiation de l’Église qui en ces temps de subjectivisme aigu ruinerait de proche en proche les ordres objectifs de la morale, du droit et même de la sacramentalité. Par ailleurs, la solution au for interne nie le caractère intrinsèquement public du mariage, souligné dans la Lettre du cardinal Ratzinger. [...]

D’où vient une telle erreur de lecture et de raisonnement ? 

C’est qu’il lit saint Thomas et la doctrine de saint Jean-Paul II avec un schème légaliste considérant la loi comme un idéal que l’homme ne peut qu’exceptionnellement atteindre. La pastorale devient ainsi une entreprise de casuistique pour proportionner la norme à la situation du fidèle en chemin. Cela ressemble plus à du Xavier Thévenot qu’à du saint Thomas et du saint Jean-Paul II. De là, sa stigmatisation d’une « Église des purs » qu’il présente comme un club de psychorigides et de pharisiens intransigeants. Il aborde donc la question de manière psychologique, là où on attendrait de la part d’un professeur de dogmatique un peu plus de rigueur intellectuelle dans la distinction des niveaux.

Les nombreuses incohérences du propos ont donc pour racine une erreur de méthode. Comme le dit le cardinal Caffarra, Jésus ne se laisse pas enfermer dans la casuistique des pharisiens légalistes qui cherchent à transiger avec la loi de Dieu. Il leur répond en les tournant vers le Principe, vers la vérité du mariage : « Je voudrais préciser que cette expression ne désigne pas une règle idéale du mariage. Elle indique ce que Dieu, par son acte créateur, a inscrit dans la personne de l’homme et de la femme. Le Christ dit qu’avant de considérer les cas, il faut savoir de quoi nous parlons. Il ne s’agit pas d’une règle qui admet ou pas des exceptions, d’un idéal auquel nous devons tendre. Nous parlons de ce que sont le mariage et la famille. »  La doctrine morale de l’Église n’est donc pas à mettre en tension avec l’accompagnement pastoral de cas singuliers qu’elle n’aurait pas envisagés en raison de son universalité désincarnée. Comme l’ajoute le cardinal Caffarra : « L’essence des propositions normatives de la morale et du droit se trouve dans la vérité du bien qui, par essence, est objectivée. Si on ne se met pas dans cette perspective, on tombe dans la casuistique des Pharisiens. Et on n’en sort plus, parce qu’on arrive dans une impasse au bout de laquelle on est forcé de choisir entre la règle morale et la personne. Si on sauve l’une, on ne sauve pas l’autre. La question du berger est donc la suivante : comment puis-je guider les conjoints à vivre leur amour conjugal dans la vérité ? Le problème n’est pas de vérifier si les conjoints se trouvent dans une situation qui les exempte d’une règle, mais quel est le bien du rapport conjugal. Quelle est sa vérité intime. »

Vue dans cette lumière la discipline sacramentelle n’est pas une règle extérieure qu’il s’agirait de contourner habilement ou d’imposer de manière impitoyable ; elle est la gardienne du vrai bien que tous sont appelés à réaliser dans leur vie quelle que soit leur situation de péché. La vérité du bien à réaliser est le fondement d’une juste intelligence de la gradualité et d’une pastorale ordonnée à la réception de la miséricorde. C’est ce qu’incarne excellemment la proposition du père Thomas Michelet de redécouvrir l’ancienne pratique de l’ordre des pénitents. Le Père Garrigues pour éviter l’attitude de « l’esprit dur et du cœur sec » tombe ainsi, bien qu’il la rejette en paroles, dans l’attitude inverse du « cœur tendre et de l’esprit mou ». Il confond gravement la loi de gradualité avec la gradualité de la loi qui supprime les actes intrinsèquement mauvais et ouvre ainsi au subjectivisme moral et à la permissivité sacramentelle. Pour garder « un cœur tendre et un esprit dur » et pour sortir de cette dialectique stérilisante, il est urgent d’enfin méditer et mettre en pratique l’immense apport magistériel de saint Jean-Paul II sur le mariage et la famille. Aucune pastorale des divorcés remariés ne pourra faire l’économie des fondements anthropologiques et éthiques du sacrement de mariage tels qu’il les a explicités."

Posté le 11 juin 2015 à 14h17 par Michel Janva | Lien permanent

09 juin 2015

Divorcés-remariés : "le fait de ne pas communier devient une mission"

Concernant l'accès à la communion des personnes divorcées et remariées civilement, Mgr Olivier de Germay, évêque d'Ajaccio, estime que ce n'est pas une bonne solution :

"[...] Beaucoup de prêtres n’ont pas été formés à l’accueil des personnes divorcées et remariées. Mal à l’aise, ils oscillent souvent entre la tentation de fermer les yeux et celle de rappeler sèchement la loi. L’urgence est d’enseigner cet « art de l’accompagnement » qu’appelle de ses vœux le pape François. Ceux qui le pratiquent savent combien il est beau d’accueillir ces personnes, d’entendre l’expression de leurs désirs, mais aussi de leurs souffrances, de leur dire qu’elles sont aimées de Dieu, qu’elles ont leur place dans l’Église, et en même temps de les aider à relire leur histoire sous l’éclairage de la foi, à comprendre comment Dieu s’est engagé dans leur mariage sacramentel, à faire le lien avec le sacrement de l’eucharistie. Un tel accompagnement est onéreux, mais il permet à ces personnes de comprendre qu’elles ont un chemin de sainteté à suivre, un chemin qui tient compte de la réalité objective de leur situation.

Ainsi accompagnées, ces personnes peuvent comprendre le sens de ce qui leur est demandé. En acceptant humblement de participer à l’eucharistie sans communier, elles posent un acte d’obéissance et de fidélité à l’Église et au Christ. D’une certaine façon, elles se présentent devant le Seigneur en lui disant: « Seigneur, je reconnais qu’aujourd’hui ma vie n’est plus en cohérence avec le signe de l’Alliance, mais je sais que tu ne me réduis pas à cet aspect de ma vie et que tu m’appelles toujours à te suivre. En me présentant devant toi comme le publicain de l’Évangile, je viens te dire mon désir de fidélité. » Si les aléas de la vie ont fait que le vœu de fidélité au conjoint n’a pas été tenu, ces personnes peuvent malgré tout exprimer leur désir de fidélité au Christ. Loin de tomber dans l’autojustification, elles manifestent leur soif de Dieu et leur foi en la médiation de l’Église, tout en faisant de leur désir de communion une offrande spirituelle.

Ce chemin spirituel n’est possible que dans le cadre d’une pastorale qui aide les fidèles à « participer activement » à l’eucharistie. Or c’est là, me semble-t-il, la vraie difficulté pastorale aujourd’hui. Alors que le concile Vatican II, insistant sur les deux dimensions de sacrifice et de repas de l’eucharistie, parlait de la participation des fidèles en articulant l’offrande et la communion, nous avons massivement fait abstraction de sa dimension sacrificielle en même temps que se généralisait la communion systématique des fidèles. L’immense majorité de nos pratiquants ignorent qu’ils sont invités, de par leur baptême, à offrir le Sacrifice du Christ au Père et à renouveler l’offrande spirituelle de leur vie. Dans un tel contexte, parler de participer à l’eucharistie sans communier devient incompréhensible.

Mon expérience m’a conduit à m’émerveiller devant la façon dont les personnes remariées civilement peuvent découvrir le sens profond de l’eucharistie. Leur « désir de communion » (cette expression me paraît plus juste que celle de « communion spirituelle ») ne prend sens que dans le prolongement de cette offrande – pour une part douloureuse – qui est en même temps l’expression d’un désir profond et d’une tension vers la pleine communion. Leur participation à l’eucharistie devient même un témoignage pour nous tous qui communions parfois avec désinvolture; un témoignage situé dans le prolongement de l’engagement de leur mariage. Elles manifestent qu’elles prennent au sérieux l’indissolubilité du mariage et donc la fidélité indéfectible du Christ pour son Église. Loin d’être une punition, le fait de ne pas communier devient une mission. [...]"

Posté le 9 juin 2015 à 10h51 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2015

Le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir

Jeanne Smits a interrogé Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan. En voici un court extrait :

"[...] Saint Paul a dit que nous devons transmettre la vérité dans la charité. Dans l’amour. Lorsque je parle à une personne avec révérence et compréhension, que je l’estime, même un pécheur, alors elle sera plus ouverte aux arguments que je pourrai donner. Ce n’est qu’une méthode, et c’est un premier point. Deuxième point : nous devons lui dire la vérité intégrale, toute la vérité, telle qu’elle est. Quand vous enseignez les mathématiques, vous en enseignerez les règles : vous ne pouvez choisir de ne pas observer telle règle, sous peine de ne rien pouvoir calculer. L’être humain et son âme sont plus importants que les problèmes temporels. Il faut donc dire toute la vérité. « Maintenant vous pouvez choisir, vous êtes libre, je ne vous oblige pas, mais voici la vérité. Quand vous le voudrez, je pourrai vous aider. » Nous devons donc faire des catéchèses, des homélies, des déclarations très claires sur la règle objective et la loi de la sexualité, et aussi inviter ces personnes à utiliser le moyen donné par Dieu : la prière. Si vous n’avez pas la force d’observer ces commandements, priez, Dieu vous les donnera. Allez à l’église, priez, et demandez la grâce de la conversion.

Le cardinal Kasper dirait que l’Eucharistie est justement une aide pour les pécheurs, une nourriture qui aiderait ces personnes…

Cela est faux et mensonger. Ces personnes sont malades : malades dans leurs âmes. A un diabétique, je ne peux donner de sucre : je le tuerais. Alors même que le sucre est bon pour les personnes en bonne santé. Ce diabétique aime le sucre, il en a mangé toute sa vie. Je lui refuse le sucre et il m’accuse d’être cruel à son égard, et demande que je lui en redonne. Je lui répondrai « non, je ne vous en donnerai pas parce que vous êtes diabétique, je vous tuerais ». Le cardinal Kasper ment aux âmes de ces personnes en leur donnant la communion. C’est un comportement très irresponsable.

Au synode il n’a été question, ni dans le rapport d’étape ni dans le rapport final, de péché mortel, de ciel ou d’enfer.

Cela est très triste. Tout l’Evangile, toutes les lettres des Apôtres, les Pères de l’Eglise parlent clairement des dangers du péché ; ils parlent de la repentance et de la grâce. C’est le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir. Il disait : Recevez la grâce, priez ; Il parlait du Royaume des cieux, Il demandait que l’on regarde vers le Royaume, le surnaturel. Cette omission – à savoir de n’avoir pas parlé du péché mortel au synode – je la tiens pour très grave.

On a beaucoup parlé du fait de changer la pratique pastorale et non sa doctrine. Est-il possible de faire cela et jusqu’à quel point ? Et le fait de changer la pratique ne change-t-il pas la doctrine, au moins dans l’esprit des fidèles ?

Oui. C’est, tout simplement, un mensonge. C’est une contradiction qui va contre le bon sens et la raison. Comment puis-je dire que nous respectons l’indissolubilité du mariage et en même temps donner à ceux qui contredisent cette vérité par leur vie au sein d’unions de divorcés la plus officielle des reconnaissances dont l’Eglise dispose, qui est la sainte communion ? La communion est par nature une expression du fait que celui qui la reçoit est en pleine communion avec Dieu, avec ses Commandements et avec l’Eglise. Donc c’est un mensonge : ces personnes ne sont pas en pleine communion avec tous les Commandements de Dieu. C’est une attitude qui est typique de la Gnose. Pour le gnostique, l’important est la pensée, non ce que l’on fait. Cela a toujours été caractéristique de la Gnose, même de la Gnose chrétienne au IIe siècle par exemple. C’est pourquoi cette proposition est gnostique, elle est mensongère, elle contredit la raison.

On ne peut pas dire la même chose du chrétien ordinaire qui pèche mais qui communie ; la question n'est-elle pas de la distinction entre péché mortel et péché véniel ?

La question ici n’est pas celle du péché mortel ou du péché véniel, c’est celle du repentir. Je me repentis de ce que j’ai fait. Dans le cas des divorcés remariés, le cardinal Kasper et ses alliés les dispensent du repentir. Ils continuent dans le péché mortel sans le repentir parce qu’ils ne admettent pas leur actes sexuels – qui sont en effet des actes sexuels hors d’un mariage valide – sont des péchés mortels. [...]"

Posté le 6 juin 2015 à 19h26 par Michel Janva | Lien permanent

05 juin 2015

Communion pour les divorcés remariés : le cardinal Kasper reconnaît qu'il n'a pas l'appui du pape

Un rétropédalage dans un entretien traduit par Jeanne Smits :

"Votre Eminence, je sais que vous avez fait cette proposition et que vous l'avez soumise au corps des évêques, et que vous en avez vraiment fait la publicité en essayant de la présenter à des gens dans le monde entier. Ressentez-vous une quelconque responsabilité par rapport à ce phénomène dont les gens me parlent par lettre, particulièrement des prêtres : des couples divorcés remariés, des couples gays se présentent à la fin de la messe et disent : « Nous voulons la communion, vous devez nous donner la communion. C'est clairement ce que veut le pape. » Ressentez-vous une responsabilité personnelle à cet égard ?  

Eh bien, c'est un malentendu, et d'abord, c'était une question, et j'ai posé cette question pour ouvrir le débat. Ce n'est pas une proposition. Et donc, évidemment, un couple peut venir et désirer la sainte communion. J'ai parlé d'un processus pénitentiel, d'un chemin pénitentiel. Cela demande du temps… 

Mais il y a déjà un processus pénitentiel. Je veux dire, il y a déjà le processus canonique de la nullité, n'est-ce pas ? 

Ouais, le processus de nullité est une chose; je ne suis pas ça. "Un processus de nullité". C'est une chose…

Donc il s'agit ici d'un autre processus ?

Oui, c'est un autre processus, mais si les gens, eh bien s'ils ont une déclaration de nullité, ils peuvent venir à la sainte communion, c'est clair. 

Mais vous comprenez que lorsqu'un homme d'Eglise comme vous, un théologien, une figure qui jouit d'une estime internationale, un responsable de la Curie dit : « Voici ma proposition, et le pape est d'accord avec moi », cela cause quelque… 

Eh bien cela, je ne l'ai pas dit. 

Mais vous avez bien dit, et la citation est celle-ci : « Clairement c'est ce qu'il veut » et le pape a approuvé ma proposition. Ce sont les citations de l'époque… 

Non… Il n'a pas approuvé ma proposition. La pape voulait que je pose la question, et par la suite, de manière générale, devant tous les cardinaux, il a exprimé sa satisfaction par rapport à mes paroles. Mais pas la fin, pas dans le… Je ne dirais pas qu'il a approuvé la proposition, non, non. »

Posté le 5 juin 2015 à 22h47 par Michel Janva | Lien permanent

04 juin 2015

Miracles eucharistiques

En cette solennité du Corps et du Sang du Christ, notre foi peut être confortée par quelques-uns des nombreux miracles eucharistiques reconnus par l'Eglise. Voici une vidéo présentant le plus connu, celui de Lanciano :

 

Un miracle eucharistique très similaire s'est produit en 1996 à Buenos Aires, où il a été examiné par un certain Jorge Bergoglio, futur pape François !

Posté le 4 juin 2015 à 22h41 par Louise Tudy | Lien permanent

Homélie du Père Abbé de Fontgombault pour la Fête-Dieu

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, abbé de Notre-Dame de Fontgombault, le 4 juin 2015, publiée sur le site du Petit Placide :

"Chers Frères et Sœurs,

Mes très chers Fils,

La solennité de ce jour nous met en présence d'un mystère central de notre foi, celui de la présence réelle et substantielle du Corps et du Sang du Christ sous les espèces sacramentelles du pain et du vin.

En dehors du christianisme, aucune religion n'a osé affirmer une telle proximité de Dieu avec les hommes. Parmi les chrétiens, tous ne croient pas d'ailleurs à la réalité de cette présence.

A contrario, la multiplication des fractures de portes de tabernacle, des vols d'hosties, alors que les auteurs de ces actes laissent sur place des ciboires en or ou en argent, montre que ce sacrement vaut plus que l'or et l'argent.

La fête de ce jour est propice à un examen de conscience. La présence habituelle du Seigneur au tabernacle n'est-elle pas devenue pour nous une présence banale ? Les gestes que nous accomplissons auprès du Seigneur n'auraient-ils pas toujours besoin d'être re-sacralisés, c'est à dire d'être repris constamment du domaine de l'automatisme, de l'inattention, afin de revêtir un poids de sens et devenir parole véritable adressée à Jésus ?

Le geste vaut par ce qu'il est, mais aussi par ce qui se trouve dans le cœur de l'homme qui l'accomplit. Un geste qui manifeste mieux le rapport entre celui qui l'accomplit et celui devant qui, ou pour qui, il est accompli, est plus adéquat. Néanmoins, ce geste serait vidé de sens, purement ostentatoire, s'il n'était compris comme une manifestation extérieure de ce qui se vit en esprit et en vérité profondément dans le cœur.

Une éducation doit s'opérer, une purification s'accomplir.

Sous les saintes espèces, Jésus prend le risque de la profanation. Il livre sa vie pour ses amis. "Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime"

Posté le 4 juin 2015 à 22h02 par Louise Tudy | Lien permanent

30 mai 2015

Que répondrons-nous quand le Christ nous demandera: "Et toi, qu'as-tu fais pour tes frères?

Voici ce qu'écrit une lectrice. Je n'y changerais pas une virgule!

Merci à Chantal"

"Chers tous,

Le grand malheur de la France vient de ce que nous même chrétiens avons oublié notre catéchisme avec les dogmes fondamentaux du christianisme.

Or, Notre Seigneur a dit « Allez et enseignez toutes les nations, baptisez les au nom du Père et du fils et du Saint Esprit »

Il n’a pas dit: " Allez et convertissez…"

Il a dit "enseignez !"   Or comment enseigner si nous ne savons pas bien ce que nous avons à enseigner.

Et puis comme le disait Ste Bernadette « je ne suis pas chargée de vous faire croire…je suis chargée de vous le dire. » Encore faut-il savoir ce que nous avons à dire.

Je me décide donc à envoyer à tous le « catéchisme pour adultes en vidéo par l’Abbé LAGUERIE », supérieur de l’Institut du Bon Pasteur, de droit pontifical depuis 2006.

On peut s’y abonner pour recevoir gracieusement une vidéo-leçon par semaine.

Ne pas avoir peur de faire suivre.

Bonne écoute et méditations et Bon Courage".

Amicalement à tous.

Merci à Chantal.

Posté le 30 mai 2015 à 19h35 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (4)

27 mai 2015

L'expérience de la miséricorde

"L'expérience de la miséricorde" a été diffusée lundi par KTO : Mariée, mère de 8 enfants dont un est déjà au Ciel, Laetitia fait partie d'une Fraternité "Mère de Miséricorde", association qui aide les femmes en détresse, blessées dans leur maternité. Auteur d'un livre à l'attention des femmes qui ont connu les affres de l'avortement : "Ne laisse pas les ténèbres te parler", aux éditions des Béatitudes, Laetitia raconte comment elle-même a été confronté à ce drame et comment, avec l'aide de Dieu et de l'Eglise, elle a retrouvé le chemin du pardon et de la paix.

 

Posté le 27 mai 2015 à 08h22 par Marie Bethanie | Lien permanent

25 mai 2015

Adoration eucharistique à Gas

 

Posté le 25 mai 2015 à 11h24 par Marie Bethanie | Lien permanent

24 mai 2015

"J'en ai marre de l'injonction au bonheur"

"Je ne me suis jamais autant fait attaquer que depuis que je dis que je crois à Jésus".

"Prier, c'est avancer nu sans avoir peur du jugement et considérer le quotidien avec des yeux amusés et confiants"

Né avec son cordon ombilical autour du cou, Alexandre Jollien a failli en mourir et il en est resté handicapé moteur à vie. Aujourd'hui âgé de 39 ans, écrivain et philosophe, il partage son point de vue sur le bonheur et la religion.

"L'injonction au bonheur, avec toutes les "recettes" qui l'accompagnent, a quelque chose de profondément oppressant. Alors quand en plus on vit au quotidien avec un handicap et une souffrance - comme c'est mon cas -, cette exigence est complètement assommante."

 

Posté le 24 mai 2015 à 11h58 par Marie Bethanie | Lien permanent

22 mai 2015

"Option préférentielle pour la famille: 100 questions et cent réponses autour du Synode"

Ce fascicule est un véritable manuel qui a été rédigé par trois évêques : l'archevêque de Paraiba (Brésil) Mgr Aldo Di Cillo Pagotto, l'évêque de Santa Rosa (Californie) Mgr Robert Francis Vasa, l'évêque auxiliaire d'Astana (Kazakhstan) Mgr Athanasius Schneider. Le manuel s'ouvre avec une préface du cardinal Medina Estevez:

"Dire que la famille traverse une crise grave et profonde nous semble objectivement vrai. Face à cette réalité, une attitude qui l'ignore ou la minimise ne serait pas sage: il est nécessaire de la prendre en considération, avec ses dimensions et sa magnitude, et identifier ainsi les moyens pour la surmonter. C’est à cela que vise ce livre".

Il y a 13 chapitres dans lesquels sont réparties les 100 questions et réponses, exprimées dans un langage agile et accessible au lecteur moyen. On part de ce qu'est un Synode et de la préparation au rendez-vous d'octobre 2014. On passe ensuite à "Église et famille" et, à travers d'autres chapitres comme par exemple ceux sur "Doctrine morale et pratique pastorale" et "Conscience personnelle et Magistère", on arrive à "mariage et famille" et aux questions délicates bien connues concernant les divorcés remariés et les homosexuels.

Très intéressant, le chapitre XI sur "quelques mots-clé du débat synodal", des mots qualifiés de "talisman", car ils sont souvent altérés dans leur signification originelle par l'utilisation qui en est faite, pliée aux exigences de l'objectif "ouverturiste" à atteindre : parmi eux "approfondissement", "personnes blessées", "miséricorde". Dans les réponses apparaissent souvent des citations de papes comme Jean-Paul II - et de l'Institut Jean Paul II pour la famille - ou Benoît XVI (mais aussi de Léon XIII, Pie XI, Pie XII, Paul VI, une du pape François) ou de cardinaux comme Velasio De Paolis, Carlo Caffarra, Robert Sarah, Gerhard Müller, Walter Brandmüller.

Avec ce manuel, il s’agit de stimuler tout un chacun à un examen de sa propre cohérence de pensée et de comportements avec la doctrine catholique. Comment peut-on dire "Je suis catholique et favorable à l'avortement, à l'euthanasie, aux 'mariages gays', et à l'adoption en ces derniers cas?". Ce serait comme se proclamer écologiste et polluer au même temps les fleuves. Par ailleurs, dans de nombreux cas où il y a dans le monde catholique une discussion au sujet des questions délicates bien connues, la doctrine catholique est déjà bien définie. 

2 exemples de questions et réponses.

Numéro 40: "Puisque aujourd'hui de nombreux fidèles ne suivent désormais plus la morale catholique, n'y aurait-il pas lieu de tolérer des situations irrégulières afin d'attirer plus de personnes dans l'Église?"

Réponse: "Une seule hypothétique, voire improbable, augmentation de la pratique religieuse de quelques personnes en situation irrégulière, c'est à dire illégitime ou immorale, ne peut pas être obtenue au prix très cher de démentir la morale évangélique et le Magistère ecclésial et d'affaiblir ainsi la foi des fidèles qui sont en règle. Au cas où l'Église changerait une doctrine et une pratique bimillénaires sur le mariage, elle perdrait sa crédibilité sur ce qu'elle pourrait enseigner dans le futur".

Numéro 91. "Dans le débat synodal, la 'miséricorde' est le critère d'orientation de toute approche pastorale; ce critère ne devrait-il pas prévaloir sur les exigences de la doctrine morale de façon à en changer le jugement?"

Réponse: "La miséricorde peut dépasser la justice, mais ne peut pas la violer, sinon elle serait injuste; encore moins peut-elle démentir la vérité, sinon elle serait fausse. En outre, justement parce qu'elle opère dans le domaine pratique, la miséricorde ne peut pas interférer dans celui de la doctrine, et ne peut donc pas changer le jugement moral sur la conduite".

(Traduction : Benoît-et-moi).

Posté le 22 mai 2015 à 14h51 par Michel Janva | Lien permanent

"Oui, Jésus est miséricordieux, mais il a dit que rompre un mariage, c’était un adultère, un péché. Et le pécheur, sans pénitence, ne peut recevoir le Christ"

Lu sur FC :

"«Il n’y a pas de révolution ! La doctrine n’appartient à personne en particulier, elle appartient au Christ ! ». C’est qu’a tenu à rappeler le cardinal Robert Sarah, interpellé à propos du prochain Synode des évêques sur la famille, lors de la présentation à Rome le 20 mai d’une nouvelle collection d’ouvrages sur ce thème chez l’éditeur italien Cantagalli. La question de l’accès à la communion des divorcés remariés cristallise une partie des débats. Evoquant les discussions actuelles dans l’Eglise à l’approche de la prochaine assemblée ordinaire des évêques sur la famille, le cardinal Sarah a assuré que « beaucoup de gens parlent dans le sens du vent ». Pourtant, a-t-il insisté, « celui que nous devons tous suivre, c’est le Christ. Pape, évêques, c’est le Christ que nous devons suivre ».

Le haut prélat a également affirmé qu’au cours du synode d’octobre 2014, les divisions, notamment sur la question de l’accès à la communion pour les personnes divorcées remariées, concernaient surtout l’Occident. Il n’y a pas de tels débats « en Amérique, en Asie, en Afrique », a-t-il rappelé. Et le haut prélat guinéen d’affirmer : « en Afrique, nous sommes fermes. Nous avons vu des gens mourir pour leur foi, alors nous ne pouvons pas plaisanter avec la foi ».

Au cours du synode d’octobre 2015, le chef de dicastère espère « retrouver une unité pour réaffirmer ce que l’Eglise a toujours affirmé ». « On ne peut pas changer l’Evangile, a-t-il insisté. Oui, Jésus est miséricordieux, mais il a dit que rompre un mariage, c’était un adultère, un péché. Et le pécheur, sans pénitence, ne peut recevoir le Christ ». Et de tancer : «Si des évêques et des prêtres le font, ils insultent le Christ, ils profanent son corps ! ». « Un péché d’autant plus grand »."

Posté le 22 mai 2015 à 10h41 par Michel Janva | Lien permanent

20 mai 2015

Francis Cabrel : "J'ai grandi avec le Christ, à la maison, à l'église, dans les rues de mon village"

Francis Cabrel vient de sortir un treizième album In extremis dans lequel il consacre une chanson à la crucifixion du Christ (Dans chaque coeur). Dans plusieurs interviews, Francis Cabrel revendique sa foi catholique et, même si on peut regretter certaines réflexions sur l'Eglise, il explique pourquoi la religion est si présente dans ce nouvel album :

"Parce que dans l’époque brutale que l’on vit, il est important de se resserrer autour de choses très simples, et le message premier de la religion que je connais le mieux -la religion catholique- est basé sur l’humanité, l’amour, le respect de l’autre. Un refuge simple, mais c’est peut-être l’une des solutions. Je ne suis pas pratiquant, mais je respecte tous ceux qui pratiquent… Tout au long de ma vie, j’ai suivi, même inconsciemment, les grands préceptes religieux, ce sont des règles de vie en société qui sont intelligentes" (source)

"Avec l'âge, on devient un peu plus mystique. J'ai grandi avec le Christ, à la maison, à l'église, dans les rues de mon village. C'est fascinant de voir comment d'un supplice on a fait un symbole d'amour et d'espérance" (source)

"Je n’ai jamais fait mystère de ma foi (...) Mes grands-parents, d’origine italienne, étaient très pratiquants. Mes parents m’ont inculqué les valeurs du catholicisme. Quand j’évoque « le crucifié du Golgotha », son sacrifice résonne parfaitement en moi (...) Je le prends à témoin [le Christ] et je le remercie régulièrement. C’est un personnage qui fait partie du rêve, de la pureté et du don de soi. J’adhère totalement aux fondements de son message qui est d’une grande clarté et qui parle d’amour du prochain (...) J’ai espoir en la jeunesse. On prétend souvent que les valeurs chrétiennes sont menacées ou en recul. Mais des événements comme les Journées mondiales de la jeunesse, qui rassemblent des centaines de milliers de jeunes, donnent le sentiment qu’il y a un regain de spiritualité. Je suis admiratif de cette ferveur qui dépoussière l’image des catholiques, qu’on assimile trop souvent à des personnes âgées et conservatrices. La jeunesse catholique me semble prête à suivre le pape François dans ses réformes." (source)

Vous pouver écouter Dans chaque coeur dont voici les paroles :

Une colline comme il y en a partout
Quelqu’un a porté une croix et des clous
Les gens se pressent et restent là debout
Voilà celui qui prétend parler pour nous
On rit de voir les marques à ses genoux
Dans chaque cœur, il peut faire un froid d’igloo
On se bouscule pour voir l’homme blessé
Ce qu’il murmure avec son regard baissé
C’est de l’amour que j’ai voulu vous laisser
L’amour, l’amour, y en aura jamais assez



Il est partout sous chaque étoffe froissé
Dans chaque épine de ma couronne tressée
Les hommes soudain se sont montrés pressés
On l’a fait marcher vers cette croix dressée
Ces mains qui n’avaient jamais fait qu’embrasser
Ca n’a pris qu’un instant pour les traverser
Je vous laisse à ces quelques larmes versées
Et des siècles et des siècles pour y penser

Les mots glissaient de son visage penché
Dans chaque cœur, il y a un printemps caché
C’est le trésor qu’il vous faudra rechercher
Entre les pierres et sous les herbes séchées
Pour le faire boire, un homme s’est approché
Voilà l’espoir auquel il faut s’accrocher
Une colline comme il y en a partout
Quelqu’un a porté une croix et des clous

Pour le faire boire, un homme s’est approché
Dans chaque cœur, il y a un printemps caché

Posté le 20 mai 2015 à 11h26 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (21)

18 mai 2015

"Ils veulent nous discréditer, alors que nous défendons l’enseignement de l’Église"

Le cardinal Raymond Leo Burke est attristé par la campagne négative qui s’est déchaînée à son endroit. L'Homme Nouveau a traduit un entretien du cardinal avec le journaliste Riccardo Cascioli pour le blog "La Nuova Bussola". Extraits :

"Certaines de vos déclarations, même au cours du débat qui a précédé et suivi le premier Synode sur la famille, ont effectivement retenti comme une critique du Pape François, ou du moins ont-elles été interprétées ainsi. Par exemple, votre « Je résisterai, je résisterai » – en réponse à une éventuelle décision du Pape d’accorder la communion aux divorcés-remariés – a récemment fait beaucoup de bruit.

Mais cette phrase a été dénaturée : il n’y avait aucune référence au Pape François. En fait, comme je me suis toujours exprimé très clairement sur le sujet du mariage et de la famille, je pense qu’il se trouve des personnes qui veulent me neutraliser, en me décrivant comme un ennemi du Pape, ou même un fomenteur de schisme, utilisant justement cette réponse donnée à l’occasion d’un entretien que j’ai accordé à une chaîne de télévision française.

Et comment doit donc être interprétée cette réponse ?

C’est très simple. La journaliste m’a demandé ce que je ferais dans l’hypothèse où – sans faire référence au Pape François – un pontife prenait des décisions contraires à la doctrine et à la praxis de l’Église. J’ai dit que je devrais dans ce cas résister, puisque nous sommes tous au service de la vérité, à commencer par le Pape lui-même. L’Église n’est pas un organisme politique, dans le sens du pouvoir. Le pouvoir est Jésus-Christ et son Évangile. C’est pour cette raison que j’ai répondu que je résisterai, et ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que ce cas de figure surviendrait dans l’Église. Il y a eu des moments de l’histoire au cours desquels l’un ou l’autre a dû résister au Pape – à commencer par saint Paul devant saint Pierre, à l’occasion de l’affaire des judaïsants qui voulaient imposer la circoncision aux convertis venus de l’hellénisme. Mais, dans mon cas, je ne suis pas en train de résister au Pape François, puisqu’il n’a rien fait contre la doctrine de l’Église. Et je ne me vois d’ailleurs pas mener un combat contre le Pape, contrairement à l’image qu’on veut propager sur mon compte. Je ne suis nullement en train de revendiquer les intérêts d’un groupe ou d’un parti ; je ne cherche qu’à être, comme cardinal, un maître de la foi.

Un autre « chef d’accusation » est votre passion supposée pour la soie et les dentelles, que le Pape ne supporte pas.

Le Pape ne m’a jamais dit être incommodé par la manière dont je m’habille, qui a d’ailleurs toujours été dans la norme de l’Église. Je célèbre la liturgie aussi dans la forme extraordinaire du rite romain : il faut savoir qu’il s’y trouve des ornements propres, qui ne sont pas utilisés dans le cadre d’une célébration dans la forme ordinaire, et que je ne revêts cependant que ce que la norme prévoit pour la forme du rite que je célèbre. Je ne mène pas une campagne contre la manière de se vêtir du Pape. En outre, il faut bien admettre que chaque Pape a son style ; pour autant, il ne l’impose pas à tous les autres évêques. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi ce sujet déclenche tant de polémiques. [...]

Certains vous désignent également comme l’inspirateur, si non le promoteur, de la « Supplique au Pape François sur la famille », qui a été diffusée pour recueillir des signatures sur des sites du monde traditionaliste.

J’ai en effet signé ce document, mais ce n’est absolument pas mon initiative, ni mon idée. Encore moins ai-je écrit ou collaboré à la rédaction du texte. Qui affirme le contraire dit faux. Pour ce que j’en sais, il s’agit d’une initiative de laïcs ; le texte m’a été montré et je l’ai signé, comme l’ont d’ailleurs fait plusieurs autres cardinaux. [...]

Il reste toutefois que le Pape François vous a « puni » en vous retirant la charge du Tribunal de la Signature Apostolique et en vous confiant le patronat de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte.

Le Pape a donné un entretien au quotidien argentin La Nacion dans lequel il a déjà répondu à cette question. Il y explique les raisons de son choix. Tout y est dit ; il ne me revient pas de le commenter. Je peux seulement affirmer, sans violer aucun secret, que le Pape ne m’a jamais dit, ni même donné l’impression, de vouloir me punir de quoi que ce soit.

Certainement votre « mauvaise image » est pour quelque chose dans ce que le cardinal Kasper a appelé il y a quelques jours la « bataille synodale ». Et il semble qu’elle s’intensifie au fur et à mesure que se rapproche le Synode ordinaire d’octobre prochain. Où en sommes-nous ?

Je dirais qu’actuellement il y a une discussion beaucoup plus étendue sur les sujets abordés par le Synode, et ceci est positif. Il y a un plus grand nombre de cardinaux, évêques et laïcs qui interviennent, et ceci est très positif. Pour cette raison, je ne comprends pas pourquoi tant de bruit a entouré, l’an dernier, la parution du livre Rester dans la vérité du Christ, auquel j’ai contribué avec quatre autres cardinaux et quatre spécialistes du mariage. [...] Il est certain que le livre a été écrit pour aider les débats du Synode et pour répondre à la thèse du cardinal Kasper. Mais il n’y a rien de polémique ! C’est une présentation très fidèle à la tradition, qui se veut aussi d’une qualité scientifique la plus élevée possible. Je suis tout à fait disposé à recevoir des critiques sur son contenu, mais dire que nous avons participé à un complot contre le Pape est inacceptable.

Mais qui donc organise cette chasse aux sorcières ?

Je n’ai aucune information directe mais il y a sûrement un groupe qui veut imposer à l’Église non seulement cette thèse du cardinal Kasper sur la communion aux divorcés-remariés ou aux personnes en situations irrégulières, mais également d’autres positions sur des questions connexes aux thèmes du Synode. Je pense par exemple à l’idée de trouver des éléments positifs dans les rapports sexuels en dehors du mariage ou dans les unions homosexuelles. Il est évident qu’il y a des forces qui font pression dans cette direction ; c’est pourquoi ils veulent nous discréditer, alors que nous tentons de défendre l’enseignement de l’Église. Je n’ai personnellement rien contre le cardinal Kasper ; pour ma part, je me contente simplement de présenter l’enseignement de l’Église, qui est dans ce cas directement lié à des paroles prononcées par le Seigneur. [...]

Un des points qui ressortent dans les polémiques sur le Synode est l’opposition présumée entre la doctrine et la praxis, entre la doctrine et la miséricorde. Le Pape également insiste souvent sur le comportement pharisaïque de ceux qui mettent la doctrine en avant et font ainsi obstacle à l’amour.

Je crois qu’il convient de distinguer entre les paroles du Pape en certaines occasions et celles qui affirment une opposition entre la doctrine et la praxis. On ne peut jamais admettre dans l’Église un contraste entre doctrine et praxis, parce que nous vivons la vérité que le Christ nous transmet dans sa sainte Église, et la vérité n’est jamais une réalité froide. C’est la vérité qui nous ouvre à l’amour. Pour aimer vraiment il faut respecter la vérité de la personne, et de la personne qui se trouve dans telles situations particulières. Établir ainsi une espèce de contraste entre doctrine et praxis ne reflète pas la réalité de notre foi. Celui qui soutient les thèses du cardinal Kasper – changement de la discipline qui ne touche pas la doctrine – devrait expliquer comment c’est possible. Si l’Église admettait à la communion une personne liée par un mariage mais vivant une liaison matrimoniale avec une autre personne, c’est-à-dire en situation d’adultère, comment pourrait-on tenir dans le même temps que le mariage est indissoluble ? Ce contraste entre doctrine et praxis est néfaste, et nous devons le rejeter.

Il reste pourtant bien vrai que l’on peut défendre la doctrine sans amour.

Certainement, et c’est précisément ceci que le Pape dénonce : un usage de la loi ou de la doctrine pour promouvoir un programme personnel, pour dominer les personnes. Mais ceci ne signifie pas que le problème vient de la doctrine et de la discipline. Il y a tout simplement des personnes de mauvaise volonté qui peuvent commettre des abus, par exemple en interprétant la loi selon un mode qui fait du tort aux personnes, ou en appliquant la loi sans amour, en insistant sur la vérité de la situation de la personne mais sans amour. De même, quand quelqu’un se trouve en état de péché grave, nous devons l’aimer et l’aider comme le Seigneur l’a fait avec la femme adultère et la Samaritaine. Il a été très clair dans l’annonce qu’il leur a faite de leur état de péché, mais dans le même temps il leur a témoigné un grand amour, en les invitant à sortir de cette situation. Ce que les Pharisiens ne faisaient pas, démontrant au contraire un légalisme cruel : ils dénonçaient la violation de la loi, mais sans donner aucune aide à la personne pour sortir du péché et pour retrouver ainsi la paix dans sa propre vie."

Posté le 18 mai 2015 à 16h33 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2015

Qu’est-ce qui atteste le caractère réel de la résurrection de Jésus-Christ ?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté. Entretien avec le Père Jean-Denis Chalufour de Notre Dame des Familles.

Posté le 17 mai 2015 à 09h44 par Michel Janva | Lien permanent

14 mai 2015

Ascension : Jésus ne disparaît pas. Il change de mode de présence

Topic (2)

Evangile de la Fête de l'Ascension (Marc 16, 15-20)

"En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient."  (© AELF. Textes liturgiques)

Aleteia nous propose un commentaire de l'Evangile de l'Ascension (extraits) :

[...]"Jésus, par l'Ascension, ne disparaît pas. Il change de mode de présence. Il reste présent dans le don du Saint-Esprit, dans la parole des apôtres, dans la communauté rassemblée pour la prière et les sacrements, dans le service des frères. Son départ vers les cieux ne signifie moins la fin d’une histoire que le début de l’éternité, de notre éternité. Si Jésus n’était pas « monté » au ciel, il serait encore parmi nous, au milieu de nous, extérieur à nous, comme nous demeurons extérieurs les uns aux autres. Son départ dessine un nouveau mode de présence, non plus une présence proche et visible mais plutôt une présence tout intérieure et universelle, hors frontière et hors du temps.[...]

Libéré des limites du corps, il n'est plus à côté de nous, mais par sa mort et à sa glorification, il est maintenant au cœur  de nous-mêmes. « Je suis avec vous, tous les jours, jusqu'à la fin des temps. Vous êtes en moi et je suis en vous. » L'Ascension est le nouvel aspect de Présence dans le Mystère de Pâques. Le Christ ne nous prive des apparences de sa Présence que pour nous donner ce qu'Il est, sa dimension infinie et indicible qu'il reçoit de son Père, grâce au dynamisme de l'Esprit. Il fallait qu'Il disparaisse pour transparaître. Quand on dépasse le deuil, quand on assume l'absence pour découvrir une autre présence, on entre dans le mystère du Grand Passage, et l’on peut alors vivre intensément l'Ascension. On peut fermer les yeux, quitter les écorces superficielles de la vie sensible, plonger dans la nuit de la foi pour descendre au fond de soi-même, au ciel de Dieu, là où Il peut établir sa demeure, et nous attend. On se découvre conduit aux dimensions de Dieu, on peut aller au-devant des autres, les rencontrer et les aimer comme il nous dit de le faire. « Allez dans le monde entier. » Et la joie peut crépiter comme un feu au cœur d’une nuit froide de printemps, parce que, dans « les vases fragiles » que nous sommes, la présence du ressuscité silencieusement rayonne et éclaire le monde encore prisonnier des ténèbres de la peur."

Posté le 14 mai 2015 à 08h49 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (2)

10 mai 2015

Faut-il croire aux miracles? A quoi servent-ils?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté avec le père Denis Chalufour :

Posté le 10 mai 2015 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

08 mai 2015

Pourquoi Dieu Tout-Puissant s’est-il incarné dans l’état le plus faible qu’est un nouveau né ?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté : entretien avec le Père Laurent-Marie, 
des Serviteurs de Jésus et Marie :

 

Posté le 8 mai 2015 à 09h52 par Michel Janva | Lien permanent

04 mai 2015

Méditation pour le mois de Marie en mode selfie

 

Avec le recteur du sanctuaire de Rocamadour.

Posté le 4 mai 2015 à 15h50 par Louise Tudy | Lien permanent

02 mai 2015

Sabatina James, musulmane convertie au catholicisme

Aleteia raconte l'histoire de Sabatina James, une Pakistanaise de 31 ans convertie de l'islam au catholicisme. Une belle histoire, pleine d'espérance quant à la conversion des musulmans.

Topic

"La mise en garde de la communauté islamique, au sein de laquelle elle a grandi, est toujours présente en elle : chez les chrétiens il n'y a pas de personnes saintes, leurs églises sont vides et leurs maisons closes pleines. Mais les symboles catholiques l'attirent, l'image de Dieu qui choisit de souffrir sur la croix la bouleverse. Une première chose la frappe : la différence entre la crainte de Dieu professée par les chrétiens, basée sur l'amour, et la crainte de Dieu des musulmans, basée sur la peur. Son ami chrétien lui lit des passages de la Bible qui lui donnent paix et sérénité, comme jamais le Coran ne l'avait fait.

Sabatina se souvient de ces jours-là : « Le Christ manifestait de la miséricorde envers les femmes adultères, alors que Mahomet permettait qu'elles soient lapidées. Plus je lisais le Coran, plus je sentais de la haine envers ceux qui étaient différents ; en revanche, en tant que chrétienne, je sens de l'amour envers ces personnes et je leur souhaite de recevoir le même amour que, moi, j'ai ressenti à travers Jésus ».[...]

Rappelons à l'occasion de cette belle histoire le forum Jésus le Messie, dédié à la conversion des musulmans, qui se tiendra les 9 et 10 mai à ND de Grâce de Passy. Pour les inscriptions, c'est ici.

Posté le 2 mai 2015 à 11h13 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (13)

26 avril 2015

Le Pape François ordonne 19 nouveaux prêtres

En ce dimanche du Bon Pasteur, le Pape a ordonné 19 nouveaux prêtres, neuf Italiens et dix étrangers dont deux Malgaches. Dans son homélie, il leur a donné une série de recommandations :

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"Le prêtre, [...] ne doit jamais se pavaner, un prêtre qui ne vit que pour se plaire n’est pas beau à voir ; il ne doit pas refuser le baptême à ceux qui le demandent ; il doit se garder des sermons ennuyeux - les homélies touchent les cœurs quand elles viennent du cœur - et dans le confessionnal, il doit savoir pardonner, il n’est pas là pour condamner. La doctrine de la vie sacerdotale doit être la joie et le soutien des fidèles ; le parfum de cette vie doit être le témoignage, car les paroles sans l’exemple sont vides de sens ; ce ne sont que des idées qui peuvent même faire mal. La messe n’est pas un rituel artificiel, il ne faut donc jamais être pressé d’en finir. Les prêtres sont invités à la cohérence, à imiter ce qu’ils célèbrent."

Et devant les quelque 50 000 personnes venues prier le Regina Coeli, à midi sur la place Saint-Pierre, le Souverain Pontife a souligné qu’il ne suffisait pas de rendre grâce pour la sollicitude paternelle de Dieu, exhortant les nouveaux prêtres à suivre le modèle du Bon Pasteur :

"Il faut suivre le Bon Pasteur, et cela vaut surtout pour les prêtres, les évêques et les papes. Ceux-ci ne doivent pas adopter la mentalité d’un chef d'entreprise mais être des serviteurs, comme Jésus qui, en se dépouillant, nous a sauvé par la miséricorde."

Le Saint-Père a fustigé « les pasteurs mercenaires » en rappelant que le Bon Pasteur pense à ses brebis, il ne les exploite pas. "Il participe avec empressement à la vie de son troupeau. Il n’a aucun autre intérêt ni ambition que celui de guider, nourrir, et protéger ses brebis, même au prix de sa propre vie."[...] "En nous donnant Jésus comme Pasteur, le Père nous a donné ce qu’Il avait de plus précieux », a-t-il dit, « l’amour total qui n’est dicté par aucun intérêt, calcul, ou besoin."

Posté le 26 avril 2015 à 14h24 par Marie Bethanie | Lien permanent

"C'est le rosaire qui va nous libérer de Boko Haram"

Mgr Dashe est évêque de Maiduguri, capitale de l’État de Borno, dans le Nord-Est du Nigéria. Il dit que le Christ lui est apparu :

"Vers la fin de l’année dernière, a-t-il confié à la CNA [Catholic news agency] le 18 avril dernier, je me trouvais dans ma chapelle, devant le Saint-Sacrement. J’étais en train de réciter le chapelet quand tout à coup, le Seigneur m’est apparu ». « Au début, a-t-il poursuivi, Jésus ne m’a rien dit, mais Il m’a tendu une épée que j’ai saisie. Celle-ci s’est immédiatement transformée en rosaire », ajoutant qu’à trois reprises, le Christ lui aurait dit : « Boko Haram a disparu ».[...]

Topic (2)

L’évêque affirme qu’il est profondément attaché à la Mère de Dieu. « Je ne plaisante jamais avec Maman Marie. Je sais qu’elle est avec nous », a-t-il confié à CNA. Mais il n’est pas le seul évêque nigérian à mettre l’avenir de son pays entre les mains de la Mère de Dieu. La Conférence épiscopale du Nigeria l’a en effet consacré à la Sainte Vierge à deux reprises au cours de ces dernières années. Mgr Dashe est certain, qu’un jour, le pays connaîtra la paix et la croissance grâce à Marie.[...]

« C’est la prière, et surtout celle du rosaire, qui va nous libérer des griffes de ce démon, le démon du terrorisme »."

En France, nous avons la même espérance : c'est la prière du rosaire, et celle de la Neuvaine, qui sauvera notre pays du démon du relativisme matérialiste athée.

Posté le 26 avril 2015 à 10h49 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 avril 2015

Divorcés : Thibaud Collin répond à Mgr Vesco

Sur son blog, Thibaud Collin répond à Mgr Vesco, évêque d'Oran, qui vient de publier un ouvrage plaidant pour un changement concernant les divorcés-adultères. Extraits :

V"[...] Le nœud de l’argumentation est que l’Eglise ne peut demander aux « divorcés remariés » de rompre la « nouvelle alliance » qu’ils ont conclue. Pourquoi une telle demande serait-elle impossible ? La raison invoquée est que la seconde union comme « tout amour conjugal véritable » est indissoluble. Effectivement en bonne logique un lien indissoluble ne peut être délié. Mais en quoi la seconde union, qui semble prospérer sur la dissolution de la première, est-elle déclarée indissoluble? C’est là que Mgr Vesco fait preuve de prouesses pour convaincre son lecteur se demandant s’il n’est pas face à de magnifiques « sophismes » (ignorant les intentions profondes de notre auteur je ne peux que mettre entre guillemets ce terme) ! Il reprend la doctrine traditionnelle selon laquelle le mariage est institué par le Créateur et qu’à ce titre le mariage civil entre deux non-baptisés est indissoluble. Ce n’est donc pas le sacrement qui rend le lien conjugal indissoluble. Au contraire, à l’origine Dieu a créé l’homme et la femme afin qu’ils se donnent l’un à l’autre et ne forment plus qu’une seule chair ; et c’est pour cela que le Christ tout en rappelant le dessein divin originel a fait du mariage un sacrement qui conjointement communique la grâce nécessaire pour y être fidèle et signifie son union indissoluble avec l’Eglise. Comment s’appuyer sur une telle doctrine pour reconnaître que la seconde union étant indissoluble l’Eglise ne peut exiger une séparation pour avoir accès aux sacrements ? C’est que indissoluble désigne pour lui indélébile, ineffaçable ; un lien est dit indissoluble parce qu’il crée du « définitif » (par exemple les enfants nés de l’union) ayant donc une certaine objectivité que même l’Eglise doit respecter. La nouvelle acception de ce terme lui permet d’opposer à la discipline sacramentelle une réalité qui semble devoir s’imposer d’autant plus à l’Eglise qu’elle est présentée comme une propriété de « tout amour véritable qui vient de Dieu » (p. 61). Une fois validée la légitimité anthropologique de la seconde union, la seule question qui reste à régler est : l’Eglise peut-elle s’entêter à refuser la réconciliation et l’eucharistie indistinctement à tous ceux qui se sont engagés dans une nouvelle union ( = dans « un amour véritable ») ?

Pour rendre possible ce qui est aujourd’hui impossible, il convient de contester la notion de « persistance en état de péché » signifiant le refus du repentir et donc de la réconciliation (canon 915). En effet, une telle notion rend caduque toute l’élaboration à laquelle il est arrivé puisque cela présuppose que la nouvelle union n’est pas en soi définitive, bref que ce qui est appelé du définitif n’est en fait que la réitération d’un acte volontaire par définition contingent parce que libre. Pour cela Mgr Vesco, tournant le dos à une approche de théologie morale, va utiliser une distinction strictement juridique entre infraction instantanée et infraction continue. La première, nous dit-il, est circonscrite dans le temps. Il prend l’exemple du meurtre effectué à tel instant mais qui emporte des conséquences définitives sur lesquelles le meutrier ne peut plus rien. La seconde se prolonge dans le temps, tel le vol avec recel. Ici l’infraction se réalise aussi longtemps que la personne n’a pas volontairement mis fin à la situation. Pour l’Eglise actuelle, les fidèles vivant dans une seconde union sont dans une infraction continue. Mgr Vesco cherche à convaincre son lecteur qu’ils sont au contraire dans une infraction instantanée. La grande différence entre les deux est que, coupable d’une infraction instantanée, je peux être pardonné alors même que mon acte mauvais a causé des conséquences irréversibles. Le pardon éventuel que le meutrier repenti reçoit ne rend pas la vie à sa victime. En revanche, pour recevoir le pardon dans une infraction continue, il faut d’abord volontairement y mettre fin. Le bénéfice rhétorique de l’analogie est évident.

Les « divorcés remariés » étant installés dans une nouvelle union présentée comme définitive et indissoluble, il convient de dissocier l’acte mauvais (la rupture de la première union et l’entrée dans la seconde) des conséquences définitives en elles-mêmes bonnes (l’amour, la vie familiale, l’éducation des enfants etc.). De même que le meutrier peut recevoir le pardon de son acte sans que les conséquences définitives en soient modifiées, de même les divorcés remariés devraient pouvoir recevoir un pardon sans que l’Eglise leur demande préalablement de renoncer à leur vie maritale présentée de toute façon comme inéluctable et indissoluble. Le présupposé de toute l’argumentation est que les remariés civilement ne sont plus libres et responsables de ce qu’ils vivent aujourd’hui ! Ils ont peut-être été coupables jadis mais leur situation actuelle n’a plus de lien direct et vivant avec un tel choix. Cette atomisation de la volonté soulève la question de ce que Mgr Vesco entend par « amour véritable ». En effet, de deux choses l’une : soit cet amour est vu comme un don de soi libre et on peut difficilement affirmer que la situation actuelle est un fait échappant à la volonté des amants ; dans ce cas l’exigence de l’Eglise est réalisable, bien que peut-être héroïque ; soit cet amour est soustrait à l’empire de la volonté mais alors il s’agit d’une inclination passionnelle vécue comme une fatalité ; dans ce cas, on ne voit pas en quoi un tel amour pourrait être désigné comme « véritable » et exigerait de l’Eglise un respect absolu.

L’argumentation de Mgr Vesco est donc inconsistante car elle affirme comme nécessaire (la vie dans la deuxième union) ce qui est en réalité contingent (car reposant sur la volonté) pour contraindre l’Eglise à valider un changement de vie somme toute éminemment contingent (on peut certes subir un divorce mais on ne peut pas vivre en couple contre son gré) ! Cette erreur vient d’une ignorance de la nature du mariage aussi bien naturel que sacramentel. Le lien conjugal est le don de soi réciproque que l’homme et la femme font librement l’un à l’autre. Un don n’est pas un prêt, il ne peut donc qu’être unique et exclusif jusqu’à la mort d’un des deux conjoints. On ne peut se donner corps et âme qu’à une seule personne vivante. La mort seule peut ainsi détruire le lien conjugal. Tout engagement dans une nouvelle union est ipso facto une infidélité et un mensonge puisque signifiant un don de soi impossible à faire m’étant déjà donné à mon conjoint. Parler comme le fait Mgr Vesco tout au long de son livre (jusque dans son titre) d’ « amour véritable » implique une réduction psychologique de l’amour humain. La vérité objective de la conjugalité a été évacuée pour faire place à la sincérité subjective. Tout le soubassement anthropologique et éthique de la doctrine du mariage est occulté au profit d’une approche mesurée par les sciences humaines et l’esprit du positivisme juridique actuel. Tout cela lui permet de contourner la radicalité de la Parole de Dieu sur le mariage indissoluble. [...]"

Posté le 20 avril 2015 à 17h09 par Michel Janva | Lien permanent

16 avril 2015

« Les défenseurs du changement de l’enseignement catholique sur le mariage sont hérétiques, même s’ils sont évêques »

Le cardinal Brandmüller n'y va pas de main morte.

Traduction intégrale sur Benoît et moi. Extraits :

L'Église peut-elle admettre les couples remariés à la Sainte Communion, même si leur deuxième mariage n'est pas valide aux yeux de l'Église?

Ce serait possible si les couples en question décidaient de vivre dans le futur comme frère et sœur. Cette solution mérite spécialement d'être considérée lorsque le soin des enfants ne permet pas une séparation. La décision de ce chemin serait une expression convaincante de pénitence pour le précédent acte d'adultère prolongé.

L'Église peut-elle traiter la question du mariage d'une manière pastorale différente de l'enseignement constant de l'Église? L'Église peut-elle changer ce même enseignement sans tomber elle-même dans l'hérésie?

Il est évident que la pratique pastorale de l'Église ne peut pas être en opposition avec la doctrine obligatoire, ni l'ignorer. De la même façon, un architecte pourrait peut-être bâtir un très beau pont, mais s'il ne fait pas attention aux lois de l'ingénierie, il risque l'effondrement de la structure. De la même manière, toute pratique pastorale doit suivre la Parole de Dieu si elle ne veut pas échouer. Un changement de l'enseignement, du dogme, est impensable. Celui qui néanmoins le fait consciemment, ou qui le demande avec insistance, est un hérétique, même s'il revêt la Pourpre Romaine.

Toute la discussion sur l'admission des remariés à la Sainte Eucharistie, n'est-elle pas aussi l'expression du fait que de nombreux Catholiques ne croient plus en la Présence Réelle et pensent plutôt qu'ils reçoivent dans la Sainte Communion juste un morceau de pain.

Il y a en effet une contradiction interne indissoluble chez celui qui veut recevoir le Corps et Sang du Christ et s'unir à Lui, alors qu'en même temps il néglige consciemment Son Commandement. Comment cela peut-il marcher? Saint Paul dit à ce propos: "Celui qui mange et boit indignement, mange et boit son propre jugement…" Mais vous avez raison. Une bonne partie des Catholiques ne croient plus en la Présence Réelle du Christ dans l'Hostie consacrée. On peut voir cela déjà dans de fait que de nombreuses personnes - même des prêtres - passent devant le tabernacle sans génuflexion. [...]

L'Église Catholique Allemande est-elle autorisée à emprunter son propre chemin dans la question de l'admission des couples remariés à la Sainte Eucharistie et décider ainsi indépendamment de Rome, comme l'a affirmé le Cardinal Reinhard Marx après la récente rencontre de la Conférence Épiscopale Allemande?

Les affirmations bien connues du Cardinal Marx sont en contradiction avec le dogme de l'Église. Elles sont irresponsables du point de vue pastoral, parce qu’elles exposent les fidèles à la confusion et aux doutes. S'il pense qu'il peut prendre au niveau national un chemin indépendant, il mettra en danger l'unité de l'Église. Il demeure que les normes contraignantes de tout l'enseignement et de la pratique de l'Église sont ses doctrines clairement définies."

Posté le 16 avril 2015 à 20h59 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2015

Laisser un évêque dire des choses qui ébranlent le dépôt de la foi est une faute grave

Le cardinal Sarah est interrogé dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau. Sans langue de bois, il évoque la division sur certains sujets doctrinaux :

S"Je crois que laisser un prêtre ou un évêque dire des choses qui ébranlent ou ruinent le dépôt de la foi, sans l’interpeller, est une faute grave. Au minimum, il faut l’interpeller et lui demander d’expliquer les raisons de ses propos, sans hésiter à exiger de les reformuler de manière conforme à la doctrine et à l’enseignement séculaire de l’Église. On ne peut pas laisser les gens dire ou écrire n’importe quoi sur la doctrine, la morale, ce qui actuellement désoriente les chrétiens et crée une grande confusion sur ce que le Christ et l’Église ont toujours enseigné. L’Église ne doit jamais abandonner son titre de Mater et Magistra : son rôle de mère et d’éducatrice des peuples. Comme prêtres, évêques ou simples laïcs, nous avons tort de ne pas dire qu’une chose est fausse. L’Église ne doit pas hésiter à dénoncer le péché, le mal et toute mauvaise conduite ou perversions humaines. L’Église assume, au nom de Dieu, une autorité paternelle et maternelle. Et cette autorité est un service humble pour le bien de l’humanité. Nous souffrons aujourd’hui d’un défaut de paternité. Si un père de famille ne dit rien à ses enfants sur leur conduite, il n’agit pas comme un véritable père. Il trahit sa raison et sa mission paternelle. Le premier devoir de l’évêque consiste donc à interpeller un prêtre quand les propos de ce dernier ne sont pas conformes à la doctrine. Il s’agit d’une lourde responsabilité. Quand Jean-Baptiste a déclaré à Hérode : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère », il a perdu la vie. Malheureusement, aujourd’hui, l’autorité se tait souvent par peur notamment d’être traitée d’intolérante ou d’être décapitée. Comme si montrer la vérité à quelqu’un revenait à être intolérant ou intégriste alors qu’il s’agit d’un acte d’amour."

Posté le 10 avril 2015 à 10h12 par Michel Janva | Lien permanent

05 avril 2015

Comment Pâques peut éclairer l'incinération

Homélie de Dom Hervé Courau, père abbé de Triors, le jour de Pâques, 5 avril 2015 :

Comment Pâques peut éclairer l'incinération

Les Pères font admirer tous les détails de l'ensevelissement de Jésus, avec ses aromates et ses parfums, ses bandelettes et le linge bien plié. L'évangile y préparait : S. Jean détaille en ce sens la résurrection de Lazare (Jn. 11), ainsi que l'onction de Béthanie en laquelle Jésus voit une préparation de sa propre sépulture (Jn. 12,7). De nos jours, quasiment sous nos yeux, le Saint-Suaire continue de faire entrer dans la vie cachée du Saint Sépulcre et dans le mystère chrétien de la mort : que ne nous dit-il pas dans son beau silence ! La vie pascale oriente vers ce recueillement admiratif de la victoire sur la mort au milieu de la nuit, mors et vita duello..

Aussi depuis Pâques la lumière de la foi éclaire-t-elle nos deuils, elle en relève le sens au-delà des usages par lesquels l'humanité respecte ses morts : notre regard sur Jésus devenu notre vie change tout, comme ce regard changea tout en Marie Madeleine : Qu'as-tu vu sur le chemin, lui demande la liturgie ; le sépulcre du Christ vivant, répond-elle (Victimae pascali laudes). Le Catéchisme définit ainsi le regard chrétien sur la mort : Les corps des défunts doivent être traités avec respect et charité dans la foi et l’espérance de la résurrection. L’ensevelissement des morts est une œuvre de miséricorde corporelle mise à l'honneur chez Tobie (1,16-18), honorant les enfants de Dieu, temples de l’Esprit Saint.

Avec ses horrible charniers, les grands conflits mondiaux du siècle passé ont bouleversé nos sociétés, y compris nos cimetières, et les récents débats publics sur la fin de vie dénoncent une fois de plus les confusions et les sophismes meurtriers d'une laïcité devenu un vulgaire athéisme blessant le sens de la dignité humaine que la foi n'éclaire plus. Mais l'Église retrouve joyeusement les saintes femmes de Pâques, adaptant sa piété aux circonstances des temps actuels. Depuis un demi siècle en particulier, elle autorise l’incinération quand c'est inéluctable, à condition que celle-ci ne manifeste pas une mise en cause de la foi dans la résurrection des corps (CEC 2301). Mais les fidèles sont alors exhortés à ensevelir les cendres de leurs proches, si possible en terre bénite, au lieu de les conserver chez eux (Cong. Culte Divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 7 XII 2001). A fortiori faudrait-il éviter de les répandre n'importe où, par désarroi et ignorance. Cela ferait penser alors au sort maudit de Jézabel et des mauvais rois d'Israël dont les restes étaient livrés à la pâture des oiseaux du ciel et des bêtes sauvages (II Rois 9,36 ; Is. 14,18s ; Jér. 8,2s ; 16,4 ; 22,19).

Les fidèles sont la chair du Christ, aime à répéter le pape François ; ils ont droit à de dignes funérailles qui réconfortent les vivants par l’espérance, tout en honorant le défunt et demandant pour lui l’aide divine. Mors et vita duello, la joie pascale doit féconder notre époque à son tour, l'arrachant au chagrin que les disciples connurent eux aussi après le Vendredi saint. Notre temps a un droit strict à jouir de la foi chrétienne dans le Ressuscité avec sa joie propre. Pâques associe ainsi les diverses parties du Credo. De Jésus-Christ qui a été enseveli, il passe enfin à la résurrection de la chair et à la vie éternelle qui nous concernent directement. Notre foi voit le Corps du Christ mort au tombeau et toujours uni au Verbe divin, puis ressuscitant pour nous entraîner dans l'éternité, avec Marie, sa Mère, la première des rachetés dont le corps glorieux précède la résurrection de tous. Oui, la liturgie pascale nous associe à sa joie ineffable, Regina caeli laetare, alleluia, amen.

Posté le 5 avril 2015 à 16h49 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2015

Pourquoi Jésus a-t-Il enduré autant de souffrances sur la Croix pour nous?

Entretien avec le Père Alain Hocquemiller, de l'Institut de la Sainte Croix de Riaumont. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 3 avril 2015 à 18h59 par Michel Janva | Lien permanent

30 mars 2015

"L’idée d’une Église nationale serait totalement hérétique"

Le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, est interrogé dans La Croix. Extraits :

"On peut avoir l’impression que les pontificats antérieurs faisaient une fixation sur la morale sexuelle et que le pape François veut revenir à l’universalité du message de l’Évangile. Mais le message du pape François est aussi très clair sur une sexualité de l’homme ordonnée à la volonté de Dieu qui l’a créé homme et femme. L’Église rejette toute vision gnostique ou dualiste qui ferait de la sexualité un élément isolé de la nature humaine. Le pape veut élargir la réflexion pour souligner que la mission de l’Église est de donner l’espérance à tous les hommes.

C’est justement le thème de la prochaine assemblée du Synode sur « la mission de la famille dans l’Église et dans le monde ». Une synthèse sera-t-elle possible entre les visions très différentes qui se sont opposées lors de la dernière assemblée ?

Comme préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, j’ai la responsabilité de l’unité dans la foi. Je ne peux prendre parti. Mais les choses sont claires : nous avons les paroles de Jésus sur le mariage et leur interprétation authentique tout au long de l’histoire de l’Église – les conciles de Florence et Trente, la synthèse faite par Gaudium et spes et tout le magistère ultérieur…Théologiquement, tout est très clair. Nous sommes face à la sécularisation du mariage avec la séparation du mariage religieux et du pacte civil.

Nous avons ainsi perdu les éléments constitutifs du mariage comme sacrement et comme institution naturelle. Le message de l’Église sur le mariage va à l’encontre de cette sécularisation. Nous devons retrouver les fondements naturels du mariage et souligner pour les baptisés la sacramentalité du mariage comme moyen pour la grâce d’irriguer les époux et toute la famille.

Il faut distinguer deux niveaux : la dogmatique et l’organisation concrète. Jésus a institué les Apôtres avec Pierre comme principe de l’unité de la foi de l’Église et de sa communion sacramentelle. C’est une institution de droit divin. Au-delà, nous avons des structures canoniques qui évoluent selon les circonstances. Les Conférences épiscopales sont une expression de la collégialité des évêques au niveau d’un pays, d’une culture ou d’une langue, mais c’est une organisation pratique. L’Église catholique existe comme Église universelle, dans la communion de tous les évêques en union et sous l’égide du pape. Elle existe aussi dans les Églises locales. Mais l’Église locale, ce n’est pas l’Église de France ou d’Allemagne : c’est l’Église de Paris, de Toulouse… Ce sont les diocèses. L’idée d’une Église nationale serait totalement hérétique. Une autonomie dans la foi est impossible ! Jésus-Christ est le sauveur de tous, il unifie tous les hommes.

Des changements disciplinaires sont-ils possibles sans toucher à la doctrine ?

La discipline et la pastorale doivent agir en harmonie avec la doctrine. Celle-ci n’est pas une théorie platonique qui serait corrigée par la pratique, mais l’expression de la vérité révélée en Jésus-Christ.

Sur la question des divorcés-remariés, ne peut-on imaginer, après un chemin de pénitence, de reconnaître une seconde union qui n’aurait pas de caractère sacramentel ?

Il est impossible d’avoir deux femmes ! Si la première union est valide, il n’est pas possible d’en contracter une seconde en même temps. Un chemin de pénitence est possible, mais pas une seconde union. La seule possibilité est de retourner à la première union légitime, ou de vivre la seconde union comme frère et sœur : telle est la position de l’Église, en accord avec la volonté de Jésus. J’ajoute qu’il est toujours possible de chercher à obtenir une déclaration de nullité devant un tribunal ecclésiastique."

Posté le 30 mars 2015 à 10h16 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2015

Quelle relation existe-t-il entre le sacrifice de la Croix et la Messe?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 29 mars 2015 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

25 mars 2015

Déléguer certaines décisions sur le mariage aux conférences épiscopales est une idée anticatholique

Unknown-4Déléguer certaines décisions doctrinales ou disciplinaires sur le mariage ou la famille aux conférences épiscopales « est une idée absolument anticatholique », affirme le cardinal allemand Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans un entretien à paraître dans Famille chrétienne.

"c’est une idée absolument anticatholique qui ne respecte pas la catholicité de l’Église". « Les conférences épiscopales ont une autorité sur certains sujets, mais ne constituent pas un magistère à côté du Magistère, sans le pape et sans la communion avec tous les évêques ».

Il s'oppose ainsi à la Conférence épiscopale d'Allemagne, qui, au mois de décembre, avait adopté un sur l’accompagnement des divorcés remariés prévoyant leur accès « sous conditions » aux sacrements de l’Eucharistie et de la réconciliation. Le diocèse de Fribourg-en-Brisgau en Allemagne, avant le Synode d’octobre 2014, avait aussi voulu prendre ses propres mesures concernant notamment l’accès à la communion des divorcés remariés. Le Vatican avait aussitôt demandé de ne pas lancer d’initiatives à même de créer la « confusion ».

Réagissant à la remarque récente du cardinal Marx affirmant que sa conférence épiscopale n’était pas une « filiale de Rome », le cardinal prévient que

« ce genre d’attitude risque de réveiller une certaine polarisation entre les Églises locales et l’Église universelle, dépassée lors des conciles Vatican I puis Vatican II ».

Pour le cardinal Müller, le risque est

« d’appliquer à l’Église des catégories politiques, au lieu d’utiliser l’ecclésiologie catholique véritable ». « La curie romaine n’est pas l’administration de Bruxelles. Nous ne sommes pas une quasi-administration, ni une super-organisation au-dessus des Églises locales, dont les évêques seraient les délégués."

Évoquant des paroles de saint Jean Chrysostome (347-407) estimant « que le divorce d’un mariage sacramentel était comme une amputation de la chair », le préfet avertit  :

« Je crois que certains théologiens et certains évêques doivent se réapproprier ces paroles très claires. »

Posté le 25 mars 2015 à 22h09 par Michel Janva | Lien permanent

24 mars 2015

[Annonciation] 16 veillées pour la vie dans le Morbihan

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16 veillées pour la vie seront organisées dans le diocèse du Morbihan pour fêter les 20 ans d'Evangelium Vitae.

Toutes les informations utiles sont ici.

Posté le 24 mars 2015 à 22h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

Maryam, 10 ans, réfugiée irakienne : "Jésus ne m'abandonnera jamais"

 

Posté le 24 mars 2015 à 18h39 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (3)

22 mars 2015

Saint Janvier, Évêque et Martyr († 305)

Alors que le Pape François était en visite à Naples, le sang de Saint Janvier, qui se liquéfie miraculeusement dans son reliquaire tous les ans depuis le IVe siècle, s'est à nouveau liquéfié -partiellement- lors de la visite du Pape. Ce qui lui a fait dire malicieusement : "Il semble que le saint ne nous aime qu’à moitié". C'est la première fois depuis 1848 qu'un pape assiste au renouvellement du miracle.

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Saint Janvier, évêque et martyr, saint patron de Naples

"Saint Janvier vivait au IIIè siècle. Sa piété et sa science l'avaient fait élever au siège épiscopal de Bénévent, qu'il n'accepta que par ordre du Pape. Au temps de la persécution de Dioclétien, saint Janvier se multipliait pour soutenir le courage des chrétiens et les exhorter au martyre. Le préfet de la province l'apprit et le fit comparaître à son tribunal: "Offrez de l'encens aux idoles ou renoncez à la vie, lui dit-il. – Je ne puis immoler des victimes au démon, répond le Saint, moi qui ai l'honneur de sacrifier tous les jours au vrai Dieu." Il passa de l'interrogatoire à la fournaise; mais il en sortit saint et sauf, comme autrefois les jeunes Hébreux; ses cheveux, ses habits même furent respectés par le feu. Puis vint le supplice des ongles de fer, qui mit en lambeaux le corps du martyr. Jeté ensuite en prison: "Courage, dit-il à ses compagnons; combattons généreusement contre le démon. Le Seigneur m'a réuni à vous pour que le pasteur ne soit point séparé de son troupeau."

Le lendemain, Janvier et les autres martyrs sont exposés aux bêtes dans l'amphithéâtre de Pouzzoles, en présence d'une foule de peuple. Tous ces héros du Christ se munissent du signe de la Croix; ils chantent des hymnes, en attendant que la dent des lions permette à leur âme de s'envoler vers le Ciel. Les bêtes sont lâchées. O prodige! Lions et tigres, vont se coucher comme des agneaux aux pieds de leurs victimes et caressent ceux qu'ils devaient dévorer. Janvier et ses compagnons sont alors condamnés à avoir la tête tranchée. Le supplice fut accompagné de grands miracles. À un vieillard chrétien qui lui demandait un morceau de ses vêtements comme relique, il promit le linge qui devait servir à lui bander les yeux; et comme, après sa mort, le bourreau piétinait le bandeau sanglant en disant au martyr décapité: "Porte donc ce bandeau à celui à qui tu l'as promis," la victime obéit, et le bandeau, à l'étonnement de tous, se trouva entre les mains du vieillard chrétien.

L'histoire des reliques de saint Janvier est encore plus extraordinaire que celle de sa vie. Par saint Janvier, Naples fut délivrée de la peste, l'an 1497 et l'an 1529; un enfant fut ressuscité par le contact de l'image du glorieux martyr; la cité napolitaine fut plusieurs fois préservée de l'éruption du Vésuve. Mais un miracle qui se renouvelle plusieurs fois chaque année à époques fixes, c'est le miracle célèbre de la liquéfaction et de l'ébullition du sang de saint Janvier. Ce Saint est la grande célébrité de Naples, qui l'invoque comme son puissant protecteur."

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950

Posté le 22 mars 2015 à 08h42 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

Pourquoi le sacrifice du Christ est le plus parfait ?

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 22 mars 2015 à 08h24 par Michel Janva | Lien permanent

26 mars : conférence à Angers sur le démon

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Posté le 22 mars 2015 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent

16 mars 2015

Le monde a besoin de la miséricorde

Le pape François a donc annoncé un « jubilé de la miséricorde » à partir du 8 décembre. Le cardinal Barbarin déclare dans La Croix :

"Parce que c’est ce dont le monde a besoin ! Pendant cette année, chacun est appelé à faire un travail sur lui-même, mais aussi l’Église qui est pleinement elle-même quand elle fait miséricorde. Mère Teresa ou sœur Emmanuelle ne sont-elles pas des icônes vivantes de cette Église qui, remplie de Jésus, va là où le monde souffre ?

Je pense enfin que la miséricorde est un thème majeur dans ce dialogue interreligieux. Les musulmans l’utilisent deux fois dès qu’ils prononcent le nom de Dieu. La miséricorde, c’est ce dont le monde a le plus besoin aujourd’hui : tous, chrétiens, juifs, musulmans, nous savons que Dieu nous fait miséricorde et nous demande d’en être les relais dans le monde. Lors d’une rencontre interreligieuse, j’avais choisi de méditer sur la phrase centrale du Magnificat : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge »… Pour moi, le Magnificat tout entier est un hymne à la miséricorde."

Sur la miséricorde, il peut être utile de (re)lire l'encyclique de saint Jean-Paul II qui y est consacrée, Dives in Misericordia, écrite en 1980. Extrait :

"La miséricorde, en tant que perfection du Dieu infini, est elle-même infinie. Infinie donc, et inépuisable, est la promptitude du Père à accueillir les fils prodigues qui reviennent à sa maison. Infinies sont aussi la promptitude et l'intensité du pardon qui jaillit continuellement de l'admirable valeur du sacrifice du Fils. Aucun péché de l'homme ne peut prévaloir sur cette force ni la limiter. Du côté de l'homme, seul peut la limiter le manque de bonne volonté, le manque de promptitude dans la conversion et la pénitence, c'est-à-dire l'obstination continuelle qui s'oppose à la grâce et à la vérité, spécialement face au témoignage de la croix et de la résurrection du Christ.

C'est pourquoi l'Eglise annonce la conversion et y appelle. La conversion à Dieu consiste toujours dans la découverte de sa miséricorde, c'est-à-dire de cet amour patient et doux comme l'est Dieu Créateur et Père: l'amour, auquel «le Dieu et Père de Notre Seigneur Jésus-Christ» est fidèle jusqu'à ses conséquences extrêmes dans l'histoire de l'alliance avec l'homme, jusqu'à la croix, à la mort et à la résurrection de son Fils. La conversion à Dieu est toujours le fruit du retour au Père riche en miséricorde.

Jésus-Christ nous a enseigné que l'homme non seulement reçoit et expérimente la miséricorde de Dieu, mais aussi qu'il est appelé à «faire miséricorde» aux autres: «Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde». Dans ces paroles, l'Eglise voit un appel à l'action, et elle s'efforce de pratiquer la miséricorde. Si toutes les béatitudes du Sermon sur la montagne indiquent la route de la conversion et du changement de vie, celle qui concerne les miséricordieux est, à cet égard, particulièrement parlante. L'homme parvient à l'amour miséricordieux de Dieu, à sa miséricorde, dans la mesure où lui-même se transforme intérieurement dans l'esprit d'un tel amour envers le prochain.

Ce processus authentiquement évangélique ne réalise pas seulement une transformation spirituelle une fois pour toutes, mais il est tout un style de vie, une caractéristique essentielle et continuelle de la vocation chrétienne. Il consiste dans la découverte constante et dans la mise en œuvre persévérante de l'amour en tant que force à la fois unifiante et élevante, en dépit de toutes les difficultés psychologiques ou sociales: il s'agit, en effet, d'un amour miséricordieux qui est par essence un amour créateur. L'amour miséricordieux, dans les rapports humains, n'est jamais un acte ou un processus unilatéral. Même dans les cas où tout semblerait indiquer qu'une seule partie donne et offre, et que l'autre ne fait que prendre et recevoir (par exemple dans le cas du médecin qui soigne, du maître qui enseigne, des parents qui élèvent et éduquent leurs enfants, du bienfaiteur qui secourt ceux qui sont dans le besoin), en réalité cependant, même celui qui donne en tire toujours avantage. De toute manière, il peut facilement se retrouver lui aussi dans la situation de celui qui reçoit, qui obtient un bienfait, qui rencontre l'amour miséricordieux, qui se trouve être objet de miséricorde."

Posté le 16 mars 2015 à 17h59 par Michel Janva | Lien permanent

11 mars 2015

Quelles sont les promesses du Sacré coeur de Jésus ?

Entretien avec l'Abbé Vincent Baumann, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 11 mars 2015 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2015

Conférence sur la Sainte Couronne d’épines, le 16 avril 2015, à Paris

  

Lys de France

www.lys-de-france.org 

Conférence

Jacques CHARLES-GAFFIOT

"La Sainte Couronne d'épines, une passion française"

Jeudi 16 Avril 2015
(Jeudi Saint)

20 h

Hôtel KERGORLAY LANGSDORFF

- hôtel particulier familial -

9, rue de l'Amiral d'Estaing, Paris 16ème

(Métro : Iéna)

L'auteur dédicacera ses livres

Participation : 20 € (Adhérent : 18 €)

Nombre de places limité   Pour le Clergé, les familles et les personnes en difficultés matérielles, adhérentes ou non, consulter les organisateurs

Posté le 3 mars 2015 à 17h59 par Lois Spalwer | Lien permanent

Vendredi Saint : Vénération de la Sainte Couronne d'épines à Notre-Dame de Paris

Vendredi Saint : Vénération de la Sainte Couronne d'épines de 10 h à 17 h à Notre-Dame de Paris

Lys de France
BP 80 434
75327 Paris Cedex 07

 Tél. : 06 82 96 73 59 / Courriel :
contact@lys-de-france.org

Posté le 3 mars 2015 à 17h42 par Lois Spalwer | Lien permanent | Commentaires (0)

24 février 2015

Comment l'amour de Dieu se manifeste-t-il envers nous ?

Entretien avec l'Abbé Vincent Baumann, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté.

Posté le 24 février 2015 à 07h10 par Michel Janva | Lien permanent

19 février 2015

3 min pour convaincre - Carême : les cathos sont ils masos ?

Le carême, un temps pour "se faire mal" ? Au contraire ! L'abbé Amar explique, pour "3 min pour convaincre", comment le carême est un temps idéal pour retrouver ou exercer sa liberté intérieure.


3 min pour Convaincre - Carême : les cathos... par Padreblog 

Posté le 19 février 2015 à 14h56 par Marie Bethanie | Lien permanent

L'image du jour

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Source

Posté le 19 février 2015 à 09h31 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

17 février 2015

La statue de la Vierge a été retirée, mais tout le monde la voit

Aleteia rapporte un phénomène étrange, qui attire depuis 2011 des milliers de fidèles au sanctuaire de Lourdes situé à Alta Gracia, en Argentine :

Lourdes

"Dans la niche au-dessus de l'autel de la chapelle du sanctuaire de Notre-Dame-de-Lourdes, à Alta Gracia (Argentine), il n'y a pas de statue de la Vierge, mais l'on peut voir son image, alors que la niche en question est en réalité vide. Il ne s'agit pas d'une image plane mais en relief, en trois dimensions : même les plis du vêtement sont visibles. On dirait un hologramme. Et ce n'est pas une illusion psychologique, fruit de la dévotion exaltée de quelques pèlerins.

Croyants ou non croyants, tous ceux qui se pressent au sanctuaire la voient et l'image apparaît même sur les photos qui sont prises. Elle se distingue parfaitement depuis la porte d'entrée et s'évanouit ensuite peu à peu, au fur et à mesure que l'on se rapproche de l'autel.

Dans cette chapelle, construite et bénite en 1927, il y a eu, pendant de nombreuses années, au centre du retable, une statue de Notre-Dame de Lourdes. En août 2011, cette statue a été enlevée de la niche afin d'être restaurée. Quelques jours plus tard, l'un des prêtres en charge du sanctuaire s'apprêtait à fermer la porte principale de la chapelle, quand il vit une silhouette, qui semblait être en plâtre, à la place occupée auparavant par la statue de la Vierge de Lourdes. S'approchant de l'autel à plusieurs reprises, il observa alors que l'image s'évanouissait au fur et à mesure qu'il se rapprochait. Or la statue n'était pas là.
 
Devant le phénomène manifeste, visible par toutes les  personnes visitant le lieu, et après les commentaires inexacts de la presse, les frères carmes déchaux publièrent alors le communiqué suivant : « La manifestation de l'image de la Très Sainte Vierge n'a pas, à ce jour, d'explication rationnelle. Elle doit être interprétée par le peuple de Dieu comme un signe pour augmenter et approfondir la foi chrétienne et susciter dans le cœur des hommes la conversion à l'amour de Dieu et leur participation à la vie de l'Église »."

La mairie d'Alta Gracia consacre une page au "phénomène".

Posté le 17 février 2015 à 16h31 par Louise Tudy | Lien permanent


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