15 janvier 2017

Le Purgatoire dans la Bible

Lu sur Réponses catholiques :

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J’ai lu la Bible entièrement et je n’ai jamais trouvé le mot purgatoire mais bien le paradis ou l’enfer. D’ailleurs l’histoire du riche et de Lazare est très claire soit on passe dans un monde ou dans l’autre mais pas d’intermédiaire. Qu’il ne sert à rien de faire des messes pour les morts car ils sont déjà jugés et que nous pouvons rien faire pour eux.

Il faut croire que l’auteur de la question n’a pas tant lu la Bible entièrement que ça, du moins une Bible catholique, puisqu’alors, il ou elle aurait lu le Deuxième Livre des Maccabées. Il aurait alors pu voir aux versets 41-42 du chapitre 12 que l’armée se met en prière pour le pardon des péchés de ceux qui sont morts en état de péché. Aux verset 43-45, Judas Maccabées fait offrir des sacrifices pour eux : « voilà pourquoi il fit faire ce sacrifice expiatoire pour les morts, afin qu’ils fussent délivrés de leur péché », conclut le chapitre. Un sacrifice, en régime chrétien, c’est le Saint sacrifice de l’Eucharistie, autrement dit, « faire dire une messe » pour les morts. Le terme de « peines purgatives » vient de St Augustin, ce qui a donné le Purgatoire, mais l’enracinement de cette foi est bien biblique.

L’argument de dire que le Purgatoire n’existe pas parce qu’il n’est pas dans la Bible est un classique de la rhétorique anticatholique protestante. C’est une grave erreur. Les Protestants se basent sur la Bible hébraïque et réfutent donc le Deuxième Livre des Maccabées et tous ceux de la Bible grecque, la Septante. C’est hautement problématique parce que les citations de l’Ecriture du Nouveau Testament sont généralement extraites de la Septante. Rejeter la Septante, c’est donc rejeter les Paroles mêmes de la Sainte Ecriture et du Christ lui-même, quand il cite l’Ecriture. S’agissant spécifiquement de 2 M, l’Epître aux Hébreux y fait référence (sur le chapitre 7 et la foi en la résurrection de la mère et des frères martyrs, cette fois-ci) en He 11, 35.

La parabole du riche et du pauvre Lazare dit que l’enfer ou le paradis sont des états définitifs et totalement séparés. Elle ne dit rien, ni dans un sens ni dans l’autre, sur le purgatoire. Le riche est en enfer, cela ne veut pas dire que d’autres ne sont pas au purgatoire – ou comme l’explique l’encyclique de Benoît XVI Spe salvi, en état de purgatoire, de purification, pour pouvoir ensuite rencontrer en état immaculé leur Dieu face à face.

Toujours pour citer le Christ, Il dit en Mt 12, 32 : « quiconque aura parlé contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni dans ce monde, ni dans l’autre ». Ce qui indique que d’autres péchés peuvent être remis dans l’autre monde, donc après la mort, ce que la foi catholique appelle le Purgatoire.

Posté le 15 janvier 2017 à 10h26 par Michel Janva | Lien permanent

Candeur de l’Agneau et horreur du péché

Homélie du père Madros :

"La Terre Sainte et le reste du Moyen-Orient n’ont aucune envie de quitter les célébrations de Noël de si tôt ! Elles commencent le 25 décembre pour reprendre à la même date selon le calendrier julien, avec nos frères les Orthodoxes d’Orient, à savoir le 7 janvier. Et ce n’est pas fini ! Les Arméniens orthodoxes (qui jusqu’ici ont eu peu d’occasions de se réjouir !) arrivent le 18 janvier triomphalement. Ils fêtent en même temps Jésus « né et baptisé ». Ils se saluent ainsi : « Christ est né et apparut ». Et l’interlocuteur répond : « Pour vous, pour nous, une grande nouvelle ». A côté de cette éloquence dévotionnelle, notre « heureux Noël » s’avère bien tiède. Et dire que les « laïcistes » ne veulent même pas que nous prononcions ce souhait, pourtant pas trop fanatiquement chrétien  et inoffensif!

Se trouvant donc encore, un peu, dans l’atmosphère de Noël et de l’Epiphanie, l’Eglise latine de Terre Sainte, surtout à Cana de Galilée, commémore, ce dimanche, les noces où Jésus « a montré sa gloire » (Jn 2, 1-11). Le Seigneur manifeste sa splendeur dans le mariage, sous-entendu célébré devant Jésus et Marie, à l’église. En arabe chrétien, nous appelons ce mariage sacré « iklil إكليل », « couronnement ». Les rites orientaux n’hésitent pas à placer deux couronnes sur la tête de l’époux et de l’épouse, et à chanter, en procession avec le célébrant, les versets 6-7 du psaume 8, en les mettant au duel (dans les langues occidentales : au pluriel) : « Couronnes-les de gloire et de beauté, pour qu’ils dominent sur l’œuvre de tes mains » ! Est-ce superflu d’ajouter que c’est la démographie qui fait régner sur terre et qui peuplera le paradis, et que le manque de démographie constitue le plus grand pilier, après les guerres, « de la culture de la mort » ?

A nos lectures d’aujourd’hui : « le salut de Dieu jusqu’aux extrémités de la terre » (Is 49, 6)

Le deutéro-Isaïe répète les oracles divins sur l’universalité du salut, fondée logiquement sur celle de la création. En d’autres mots, l’adage « ton Rédempteur étant ton Créateur » s’applique à tous les êtres humains, malgré une certaine réticence chez certains qui auraient préféré un Seigneur aux dimensions de la Terre de Canaan et d’un « peuple élu » privilégié. Dieu proteste et déclare sans ambages : « C’est trop peu (ô Israël) que tu sois pour moi un serviteur pour relever les tribus de Jacob (i.e. quelques milliers ou millions) … Je fais de toi la lumière des nations (ces goyim גויםgénéralement perçus comme idolâtres et impurs) pour que mon salut atteigne aux extrémités de la terre » !

A partir de cette prophétie isaïenne, le peuple Juif doit être le salut de tous les autres, par la grâce de Dieu. Impossible de réaliser cette prophétie, sauf dans le sens, pour nous chrétiens, que des Juifs porteront la bonne nouvelle du salut aux païens, donc les judéo-chrétiens de l’église primitive, dont les apôtres et bien de premiers disciples, même des « prêtres » juifs. Plus spécifiquement, Jésus l’a dit clairement à la petite pécheresse Samaritaine, tout à coup intéressée par des questions théologiques pour fuir de l’embarras de sa conduite peu édifiante : « Le salut vient des Juifs ! » (sans méchanceté à l’égard de leurs faux-frères les Samaritains, ni des occupants romains !) Là, les choses s’éclaircissent : par Jésus, Yehochoua’ יהושוע « Yahvé Sauveur », -telle est la signification étymologique de son Nom-, Israël devient, ontologiquement, sémantiquement et spirituellement, « le Salut (Yechou’ah ישועה ) de Yahvé jusqu’aux extrémités de la terre ».

Les chrétiens : « sanctifiés et appelés à être saints » qui « appellent et sont appelés » : c’est à n’y rien comprendre ! (1 Cor 1, 1- 3)

Pas si difficile à saisir, pourtant, en y réfléchissant un tout petit peu : sanctifiés, au passif, par Dieu, à travers le baptême et la confirmation, et surtout par la communion au Corps et Sang du Christ,  ils sont appelés à se sanctifier eux-mêmes, par la foi et les bonnes œuvres, toujours cependant avec le coup de pouce du Saint-Esprit (Phili 2, 13).

« Avec tous ceux qui appellent (invoquent) le Nom de Jésus-Christ Notre-Seigneur » επικαλουμένοις το όνομα του Κυρίου ημων Ιησου Χριστου ». Le substrat hébreu saute aux yeux : le Nom de Jésus invoqué signifie clairement sa divinité. On ne saurait invoquer « le nom » d’une créature, pas même d’un prophète. Aucun voyant ni messager de Dieu n’a jamais accepté que son nom fût invoqué. Il n’a pas davantage parlé en son nom à lui. Donc, quand Jésus dira : « Tous vous haïront à cause de mon Nom », il déclarera sa divinité.

L’expression typiquement hébraïque « invoquer le Nom de YHWH » trouve « Jésus » remplaçant dignement Yahvé. Rien de blasphématoire : lui et Yahvé sont Un. En hébreu, on lit littéralement dans Joël 3, 5 : « Quiconque invoque dans (par) le Nom de Yahvé sera sauvé ». Cette préposition, après le verbe « qr’ », appeler, invoquer, se retrouve dans le Coran, après le même verbe « qr’ » qui ne veut pas dire « Appelle (Récite) au nom de ton Seigneur » (sourate 96 : 1) mais plutôt : « Invoque le Nom de ton Seigneur ! » Dans la première version, le verbe « appelle » reste incomplet, sans complément d’objet direct.

Morale pour nous chrétiens : sanctifiés dans les Sacrements, nous devons nous sanctifier. Appelés à la sainteté et au kérygme, nous devons appeler les nations au salut, au Sauveur, en  annonçant les merveilles de Celui qui nous a transférés des ténèbres à sa lumière admirable (1 P 2, 9 ; Col 1, 13), en nous comportant comme « enfants de la lumière » (Luc 16), « avisés comme des serpents, doux comme des colombes » (Mat 10, 16).  Et, devant le désarroi du monde contemporain, n’ayons pas peur d’invoquer le Nom de Jésus, seul Sauveur.

« Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29- 34)

Le Sauveur est l’Agneau, à la fois sacrifié comme au Temple, immolé en Egypte, pascal, « passé » de la mort à la vie (cf 1 Cor 5, 7-8). Sa pureté lave l’impureté de la race humaine. Pour pouvoir faire ce nettoyage salutaire et ce sauvetage radical, le protagoniste doit jouir de la nature divine, créatrice et salvatrice. La laideur du péché ne peut avoir le dernier mot. Déjà tout de suite après la chute, nos premiers parents reçoivent la promesse-prophétie retentissante : « La descendance de la Femme écrasera la tête du serpent » (Gen 3, 15). Cette descendance est Jésus-Seigneur-Sauveur, et la Femme, par excellence, Sa Mère ! L’Eglise n’a jamais enseigné que la Sainte Vierge était Salvatrice mais la plus grande accompagnatrice du Rédempteur.

Conclusion

« La descendance d’Abraham, c’est le Christ », écrit saint Paul aux Galates. Et nous sommes la descendance du Christ : « Quant à ceux qui L’ont reçu, Il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Demandons la grâce de mériter un tel titre et d’agir en conséquence !

Posté le 15 janvier 2017 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

18 janvier : conférence sur le voile de Manoppello à Toulouse

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Posté le 15 janvier 2017 à 08h04 par Michel Janva | Lien permanent

14 janvier 2017

Du devoir des catholiques de rester libres en politique

9782750913618Au début de son ouvrage sur le malaise provoqué par le discours de l'Eglise sur l'immigration, Laurent Dandrieu justifie :

"Si l'auteur de ces lignes a eu l'audace, en tant que fidèle catholique, d'entreprendre une critique du discours de l'Eglise à laquelle il a donné sa foi, et dont il professe qu'elle est dépositaire de la  parole du Dieu vivant et des promesses de la vie éternelle, qu'on lui fasse le crédit de croire que ce n'est pas sans un certain tremblement, mais saisi par la gravité universelle des questions soulevées, et leur évidente urgence. S'il s'est permis par moments une certaine dureté de ton, c'est guidé seulement par l'exigence de la vérité, qui lui semblait blessée par certains discours trop légers ou imprudents. Il ne s'agit pas ici d'accabler l'Eglise, mais de l'aider, à notre modeste niveau, à dépasser l'enfermement dans l'esprit du temps qui caractérise trop souvent son discours actuel pour retrouver un message à la hauteur de sa tradition la plus authentique. Pour ouvrir le débat sur un sujet essentiel mais trop souvent occulté par une fausse conception de l'obéissance et de la loyauté. Pour aider les catholiques à ne plus se sentir prisonniers de dilemmes qui les condamnent, soit à sembler renier les principes de leur foi, soit à consentir à leur propre disparition par fidélité à ces principes."

Citons ce que disait la Constitution conciliaire Gaudium et Spes sur cette légitime liberté :

"pour qu’ils puissent mener leur tâche à bien, qu’on reconnaisse aux fidèles, aux clercs comme aux laïcs, une juste liberté de recherche et de pensée, comme une juste liberté de faire connaître humblement et courageusement leur manière de voir, dans le domaine de leur compétence" [n°62]

Tous les problèmes moraux n'ont pas la même valeur. Certains sont non-négociables, ce qui signifie qu'ils ne sont pas discutables, quels que soient les circonstances, l'époque, le contexte : l'avortement est un mal abominable, hier, aujourd'hui et demain, sur tous les continents et quelles que soient les circonstances qui y mènent. Contrairement à l'immigration, question soumise au principe du bien commun, modulable en fonction des circonstances, de sa nature et de la prudence.

"Tous les problèmes moraux n'ont pas le même poids que l'avortement ou l'euthanasie. Par exemple, si un catholique venait à être en opposition avec le Saint Père sur la peine capital ou sur une décision de mener une guerre, il ne serait pas, pour cette raison, considéré comme indignede se présenter à la Sainte Communion. Bien que l'Eglise exhorte les autorités civiles à rechercher la paix et non la guerre et d'user avec discretion et pitié dans l'application de la peine capitale aux criminels, il reste néanmoins possible de prendre les armes pour repousser un agresseur et d'avoir recours à la peine capitale. Il peut y avoir une légitime diversité d'opinion parmi les catholique sur l'opportunité de mener une guerre ou de recourrir à la peine capitale mais pas sur l'avortement et l'euthanasie. [Lettre du cardinal Ratzinger, 2004]"

La "tentation identitaire" n'est pas une crainte irraisonnée de catholiques frileux, repliés, rigides, n'ayant rien compris aux exigences évangéliques, ou je ne sais quoi d'autre encore. Le cardinal Sarah déclarait lui-même en novembre dernier :

"j’ai peur que l’Occident meure. Il y a beaucoup de signes. Plus de natalité. Et vous êtes envahis, quand même, par d’autres cultures, d’autres peuples, qui vont progressivement vous dominer en nombre et changer totalement votre culture, vos convictions, vos valeurs."

Pour toutes ces raisons, le livre de Laurent Dandrieu est bienvenu. Et nous en reparlerons.

Posté le 14 janvier 2017 à 12h58 par Michel Janva | Lien permanent

11 janvier 2017

Les défenseurs de l’indissolubilité du mariage à travers l'histoire de l'Eglise

Extraits de la Conférence de Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan), donnée à la XXVe Fête du livre de Renaissance Catholique, le 4 décembre :

Arton570-eca50"Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ a prêché les vérités éternelles il y a deux mille ans, la culture et l’esprit qui régnaient à cette époque lui étaient radicalement opposés. Concrètement, le syncrétisme religieux, le gnosticisme des élites intellectuelles et la permissivité morale étaient particulièrement contraires à l’institution du mariage. “Il était dans le monde, mais le monde ne l’a point connu”(Jean I, 10). Une grande partie du peuple d’Israël, en particulier les grands prêtres, les scribes et les pharisiens, rejetèrent le magistère de la Révélation divine du Christ et jusqu’à la proclamation de l’indissolubilité absolue du mariage : “Il est venu parmi les siens, mais les siens ne l’ont pas reçu” (Jean I, 11). Toute la mission du Fils de Dieu sur terre consistait à révéler la vérité : “C’est pourquoi je suis venu dans le monde, pour rendre témoignage à la vérité” (Jean 18, 37).

[...] Le commandement de ne pas se remarier après s’être séparé de son conjoint légitime, n’est pas une règle positive ou canonique de l’Église, mais parole de Dieu, comme l’enseignait l’apôtre saint Paul : “J’ordonne, non pas moi, mais le Seigneur” (1 Cor. 7, 10). L’Église a proclamé ces paroles de façon ininterrompue, interdisant aux fidèles validement mariés de contracter un mariage avec un nouveau partenaire. Par conséquent, l’Église, selon la logique Divine et humaine n’a pas la compétence d’approuver ne serait-ce qu’implicitement une cohabitation more uxorio en dehors d’un mariage valide, admettant ces personnes adultères à la sainte communion. Une autorité ecclésiastique qui promulgue des règles ou orientations pastorales prévoyant une telle admission, s’arroge un droit que Dieu ne lui a pas donné. Un accompagnement et discernement pastoral qui ne propose pas aux personnes adultères (ceux que l’on appelle les divorcés remariés) l’obligation divinement établie de vivre dans la continence comme condition sine qua non pour être admis aux sacrements, se révèle en réalité un cléricalisme arrogant, puisqu’il n’y a pas de cléricalisme plus pharisien que celui qui s’arroge des droits divins.

L’un des témoins les plus anciens et sans équivoque de l’immuable pratique de l’Église romaine de ne pas accepter par la discipline sacramentelle la cohabitation adultère des fidèles encore liés à leur conjoint légitime par le lien matrimonial, est l’auteur d’une catéchèse connue sous le titre Le pasteur d’Hermas. Cette catéchèse a été écrite très probablement par un prêtre romain au début du deuxième siècle sous la forme littéraire d’une apocalypse ou récit de visions. Le dialogue suivant entre Hermas et l’ange de la pénitence, qui lui apparaît sous la forme d’un pasteur, démontre avec une admirable clarté l’immuable doctrine et pratique de l’Église catholique en cette matière : “Que fera donc le mari, Seigneur, dis-je, si la femme persiste dans cette passion de l’adultère ? - Qu’il la renvoie, dit-il, et qu’il reste seul. Mais si, après avoir renvoyé sa femme, il en épouse une autre, lui aussi alors, commet l’adultère (Mc 10,11 Mt 5,32 Mt 19,9 ; cf. 1Co 7,11). - Et si, Seigneur, dis-je, après avoir été renvoyée, la femme se repent et veut revenir à son mari, ne faudra-t-il pas l’accueillir ? - Certes, dit-il. Si le mari ne l’accueille pas, il pèche, il se charge d’un lourd péché, car il faut accueillir celui qui a péché et qui se repent […] C’est en vue du repentir que l’homme ne doit pas se remarier. Cette attitude vaut d’ailleurs aussi bien pour la femme que pour l’homme. L’adultère, dit-il, ne consiste pas uniquement à souiller sa chair : celui-là aussi commet l’adultère, qui vit comme les païens. […] Si on vous a enjoint de ne pas vous remarier, homme ou femme, c’est parce que, dans de tels cas, la pénitence est possible. Donc, mon intention n’est pas de faciliter l’accomplissement de tels péchés, mais d’empêcher que le pécheur retombe.”(Herm. Mand., IV, 1, 6-11).

Nous savons que le premier grand péché du clergé fut celui du grand prêtre Aaron, quand il céda aux demandes impertinentes des pécheurs et leur permit de vénérer l’idole du veau d’or (cf. Ex. 32, 4), remplaçant en ce cas concret le Premier Commandement du Décalogue de Dieu, c’est-à-dire remplaçant la volonté et la parole de Dieu par la volonté pécheresse de l’homme. Aaron justifiait son acte de cléricalisme exacerbé par le recours à la miséricorde et à la compréhension des exigences des hommes. La Sainte Écriture dit à ce propos : “Moïse vit que le peuple était livré au désordre, parce qu’Aaron l’avait laissé dans ce désordre, l’exposant à devenir la risée de ses ennemis.” (Ex. 32, 25). [...]

Le fait que le saint qui donna le premier sa vie en témoin du Christ fut saint Jean-Baptiste, le précurseur du Seigneur, demeure toujours une grande leçon et un sérieux avertissement aux pasteurs et aux fidèles de l’Église. Son témoignage pour le Christ consista à défendre l’indissolubilité du mariage et à condamner l’adultère, sans l’ombre d’un doute ni d’une ambiguïté. L’histoire de l’Église catholique a l’honneur de compter de lumineuses figures qui ont suivi l’exemple de saint Jean-Baptiste ou ont donné comme lui le témoignage de leur sang, souffrant persécutions et préjudices personnels. Ces exemples doivent guider particulièrement les pasteurs de l’Église aujourd’hui, afin qu’ils ne cèdent pas à la tentation cléricale caractéristique de vouloir plaire davantage aux hommes qu’à la sainte et exigeante volonté de Dieu, volonté à la fois aimante et infiniment sage.

Dans la foule nombreuse de tant d’imitateurs de saint Jean-Baptiste, martyrs et confesseurs de l’indissolubilité du mariage, nous ne pouvons en rappeler que quelques-uns des plus significatifs.

Le premier grand témoin fut le pape Saint Nicolas Ier, dit le Grand. Il s’agit du conflit au IXe siècle entre le pape Nicolas Ier et Lothaire II, roi de Lotharingie. [...]

Un autre exemple lumineux de confesseurs et martyrs de l’indissolubilité du mariage nous est offert par trois personnages historiques impliqués dans l’affaire du divorce d’Henri VIII, roi d’Angleterre. Il s’agit du cardinal saint John Fisher, de saint Thomas More et du cardinal Réginald Pole. [...]

Un dernier exemple est le témoignage de ceux que l’on appela les cardinaux “noirs” dans l’affaire du divorce de Napoléon Ier, un noble et glorieux exemple de membres du collège cardinalice pour tous les temps. [...]

Que le Saint-Esprit suscite en tous les membres de l’Église, du plus simple et humble fidèle jusqu’au Souverain Pontife, toujours davantage de courageux défenseurs de la vérité de l’indissolubilité du mariage et de la pratique immuable de l’Église en cette matière, même si une telle défense devait risquer de leur apporter de considérables préjudices personnels. L’Église doit plus que jamais s’employer à annoncer la doctrine et la pastorale du mariage, afin que dans la vie des époux et spécialement de ceux que l’on appelle les divorcés remariés, soit observé ce que l’Esprit-Saint a dit dans la Sainte Écriture : “Que le mariage soit honoré de tous, et le lit conjugal exempt de souillure” (Héb. 13, 4). Seule une pastorale du mariage qui prend encore au sérieux ces paroles de Dieu se révèle véritablement miséricordieuse, puisqu’elle conduit les âmes pécheresses sur la voie sûre de la vie éternelle. Et c’est cela qui compte !"

Posté le 11 janvier 2017 à 09h06 par Michel Janva | Lien permanent

08 janvier 2017

23 janvier : conférence à Bougival sur les tactiques du diable

Attention le lieu a changé par rapport à l'annonce déjà diffusée :

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Posté le 8 janvier 2017 à 16h28 par Michel Janva | Lien permanent

06 janvier 2017

Le christianisme ne sera jamais culturellement ou politiquement neutre

Selon l'abbé Loiseau, qui intervient dans une polémique en cours :

L"Le christianisme ne sera jamais culturellement ou politiquement neutre. C'est la suite logique de l'Incarnation. 

Même si des non-croyants peuvent tenter de récupérer son héritage, la question qui se pose est dans la manière dont l'héritage chrétien est revendiqué. L'est-il seulement dans un but électoral ? Est ce pour tromper les chrétiens en vue d'une idéologie foncièrement antichrétienne ? Ou tout simplement est-ce un regard réaliste et sincère sur notre patrimoine chrétien? Cela nous oblige à avoir un discernement continuel. 

Il serait cependant paradoxal qu'au nom de la foi pure on interdise à tout penseur ou homme politique non chrétien de défendre une culture ou une éthique chrétienne. 

La parabole du bon grain et de l'ivraie me parait particulièrement convenir à ce propos. Dans un certain milieu catholique conservateur, le syndrome de l'Action Française est très présent et très mal compris. Il est de bon ton de rappeler qu'un homme politique non pratiquant n'a nullement le droit de défendre un héritage culturel ou identitaire chrétien du style : « ce maire n'a pas à défendre les crèches, il n'a pas la foi ». 

C'est ridicule et pieusard, la foi et la grâce ne restent pas cantonnées dans la piété et la morale, elles débordent dans l'art, la culture, la politique et la philosophie. 

Toute proportion gardée, cela me fait penser à ceux qui refusent l'apologétique, les liens entre raison et foi ou les preuves de l'existence de Dieu au nom de la pureté de la foi. Ils refusent les motifs de crédibilité. Jean Daujat en son temps était exaspéré par ce nouveau fidéisme. Faut il rappeler que les meilleurs artistes religieux ne sont pas les plus saints ? Il en est ainsi des politiques ou des philosophes. Pour paraphraser St Thomas, on peut dire que « tout ce qui est vrai est nôtre » et nous ne devons pas regarder qui le dit. 

Ainsi nous pouvons comprendre que l'héritage chrétien est aussi culturel, artistique, philosophique, politique et éthique, est inscrit dans l'histoire humaine. Attention aux puristes de la foi et de la charité. On a déjà connu cela avec l'abbé Loisy, ils n'ont fait que contribuer à la disparition du christianisme dans la culture. C'est une nouvelle forme de l'enfouissement des années 70, ils seront balayés par la modernité. A ne vouloir défendre cet héritage que pour ceux qui ont la foi on en arrive à un sectarisme du subjectivisme. C'est toute la question contemporaine. C'est « l'intelligence en péril de mort », disait Marcel de Corte en désignant la crise de la vérité. 

Cela s'accompagne souvent d'une certaine hypocrisie : on s'extasie devant une personnalité de gauche qui va développer certaines valeurs altruistes mais on sera d'une sévérité inouïe pour des personnalités médiatiquement incorrectes quand elles défendent des valeurs chrétiennes. Le christianisme ne serait plus dans l'histoire un fait objectif, il ne se réduirait qu'à une expérience spirituelle individuelle. 

C'est de nouveau la séparation entre le Jésus de l'Histoire et de le Jésus de la Foi. 

Au secours St Thomas, ils sont devenus fous. À suivre..."

Posté le 6 janvier 2017 à 17h27 par Michel Janva | Lien permanent

La théophanie de Dieu fait homme

Voici l’homélie du Père Madros,  prêtre palestinien, pour l’Epiphanie

Unknown-41"L’Epiphanie tombant le 6 janvier, un vendredi, elle est transportée, dans divers pays déchristianisés, au dimanche suivant. Pas grave : les deux occasions rentrent magnifiquement dans le cadre de « la manifestation », la théophanie de Dieu fait homme : il apparaît aux Mages ; il se manifeste aux sages d’Orient. De Bethléem, de Jérusalem, nos pensées recueillent les leçons de ces réalités salvifiques qui nous touchent de près, soit comme peuples de la Gentilité, soit comme fidèles revenant à Dieu, le cœur contrit !

Les Mages et l’Etoile : que de controverses !

En étudiant le chapitre 2 de saint Matthieu (2, 1- 12 ; tiens Jean 2, 1-11 c’est les noces de Cana !), un auteur catholique n’hésite pas à exposer « la narrative d’une fiction théologique ». En d’autres mots, l’histoire des Mages n’est pas historique pour trois sous ! Dorénavant, « il faut rejeter l’historicité de cet épisode », sans crève-cœur. L’argumentation part de « l’impossibilité astronomique d’un tel phénomène ». Mais les « négationnistes » les plus obstinés vous mettent en relief le symbolisme de cette « légende », en insistant sur sa valeur spirituelle et morale.

N’ayant pas ici le temps de discuter la chose, nous pouvons répondre à tout ce défi lancé avec bonne volonté. Au-delà de la littéralité ou du symbolisme indéniable, aucun des auteurs chrétiens ne semble mettre en doute la divinité du Christ et l’incarnation du Verbe, autant de miracles mille fois plus substantifs et plus grands que la visite de sages d’Orient ! Donc un peu à la façon de la foi du charbonnier, et avec beaucoup de bon sens, nous pouvons tranquillement affirmer que le Dieu capable de s’incarner peut se manifester, d’une manière miraculeuse et non conventionnelle ni astronomiquement explicable, à des sages d’Orient, qui représentent la future adhésion des nations païennes au Christ « lumière du monde », « astre du matin ».

L’un des arguments avancés contre l’historicité de la visite des mages résiderait dans le silence de Flavius-Josèphe. Pour une fois, l’argument laisse beaucoup à désirer : comment voulez-vous qu’un Juif, de race sacerdotale par-dessus le marché, passé au camp romain, vous écrive quoi que ce soit de reluisant à propos d’un certain Jésus, roi chimérique, « messie-fantoche » et exalté crucifié ?

Provenance des sages d’Orient

Pour nos amis de Terre Sainte, saint Justin de Naplouse et Origène d’Egypte et de Césarée, les mages seraient venus d’Arabie. L’encens et la myrrhe indiqueraient cette direction. Pour d’autres, ils seraient partis de la Chaldée ou de la Perse. Sautons tout de suite à une conclusion dramatique : quelle joie, quel miracle si ces pays orientaux, en particulier l’Arabie, l’Iran et l’Irak majoritairement non chrétien reconnaissaient le Christ comme Seigneur et Sauveur ! Depuis des décennies, l’argent pétrolier, différent de « l’or » des Mages et plutôt « noir », a acheté bien de « consciences » (assez élastiques à la Judas) et a fait de tout pour déchristianiser encore davantage un monde occidental quelque peu paganisé !

Les élucubrations américaines des « Témoins de Jéhovah » !

Comme si nos « rationalistes » ne suffisaient pas, voici un groupe d’une vingtaine de dénominations judéo-américaines, dont la principale s’appelle « les Témoins de Jéhovah », qui avance une théorie rocambolesque. Nous l’évoquons pour information et prévention, pour ne pas nous surprendre. En effet, l’élément de la surprise constitue un point fort des sectes.

Voici la théorie jéhoviste : « L’étoile qui a conduit les mages à Jérusalem, et pas directement à Bethléem, venait du Démon. A cause d’elle, Hérode le grand a fait tuer les enfants judéens ! » Monumentale méprise théologique : maintenant ce sont les phénomènes naturels et surnaturels qui portent la responsabilité de certains crimes, pas ceux qui les perpètrent ! A ce compte-là, le brave Hérode pouvait, comme plus tard Pilate, se laver solennellement les mains ! Et puis, quelle affection profonde pour les enfants de Bethléem, affection inexistante quand les Témoins ne donnent pas de sang aux enfants et aux mères enceintes pour sauver leur vie !

Pourquoi d’abord Jérusalem ?

Il fallait avertir le Judaïsme officiel, l’autorité sacerdotale et royale.

Quelques conclusions spirituelles, morales et ecclésiologiques

Dès Isaïe, ou plutôt dès la chute originelle, Dieu a promis de sauver l’humanité, par « la Descendance de la Femme » (Gen 3, 15). Isaïe (surtout chh. 2 et 60), et Jonas en particulier soulignent l’universalité du salut. Le Dieu créateur de tous ne saurait se limiter à chérir un seul peuple. Le « Dieu de Jésus-Christ », prêché par lui-même et par Paul, plus que d’autres, « manifeste » définitivement sa nature : Amour universel, Paternité absolue, Miséricorde sans frontières, Salut « jusqu’aux confins de la terre » !

Autre épiphanie de Jésus : au Jourdain (Mt 3, 1- 12)

A propos de Jean-Baptiste et de Jésus, saint Matthieu utilise le verbe « paraginetai παραγίνεται », « il paraît, il apparaît ». Absolument pas question de « vouloir se faire voir », si fréquent parmi les hommes surtout les « importants, les puissants ou les grands » ! Il s’agit d’une manifestation au peuple d’un personnage providentiel, jusque là caché dans la discrétion d’une famille pieuse ou d’une retraite au désert silencieuse.

En arabe, nous appelons la fête de l’Epiphanie ghitaas غطاس « immersion », précisément en nous référant au baptême du Christ.

Quelques sectes, surtout judéo-chrétiennes, enseignaient que Jésus avait eu conscience de sa messianité lors de son baptême. (Les Témoins de Jéhovah semblent bien avoir repris cette doctrine). Une telle assertion contredit l’Evangile qui déclare sans équivoque la divinité du Verbe. Dès l’Annonciation faite à Marie, la Vierge elle-même savait à quoi s’en tenir. Elle savait que son Fils aurait été « grand », en forme absolu, « Fils du Très-Haut », héritier « du trône de David son père », bref l’apogée des titres messianiques.

Au point de vue pastoral

Une objection revient souvent : « Jésus a été baptisé à l’âge de trente ans environ, pourquoi alors baptiser les enfants ? »

Soit le Baptiste soit le Seigneur Jésus lui-même ont fait une claire distinction et séparation entre le baptême reçu par Jésus et celui institué par lui. Le baptême de Jean, nous disent les deux personnages, à l’unanimité et presque avec les mêmes mots, « était dans l’eau » seulement, pour la pénitence, des adultes, en préparation à la venue du Messie.  Le baptême que Jésus institue est « dans l’eau et l’Esprit Saint » « et le feu » qui brûle le péché originel (donc chez les enfants aussi), et pas seulement les péchés actuels (chez les adultes ou les jeunes qui ont atteint l’âge de raison). Le baptême que Jésus a établi est une « nouvelle naissance d’en haut » (Jn 3, 1 s) en contraste avec l’ancienne naissance naturelle, physiologique en vertu de laquelle les enfants ne sont que chair. Par contre, les enfants baptisés deviennent « esprit ».

D’ailleurs, dans les baptêmes de multitudes (Actes 2 et 18) et de familles entières (Corneille, Lydie, le geôlier, Crespus, Stéphanas), les Apôtres ont certainement baptisé des enfants.

Conclusion

Le Seigneur a manifesté sa lumière ; à nous de la refléter !

Bonnes fêtes !"

Posté le 6 janvier 2017 à 11h06 par Michel Janva | Lien permanent

30 décembre 2016

Cathédrale de Toulon, 4 janvier 2017 : conférence du Cardinal Sarah

Cardinal Sarah CHDT

Posté le 30 décembre 2016 à 18h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

L'islam, l'oecuménisme et la liberté religieuse

L'abbé Guy Pagès a donné un entretien à Media-presse.info. Extrait :

Capture d’écran 2016-12-30 à 10.57.02"Vos positions vont à contre-courant des positions de l’Eglise conciliaire qui prône l’œcuménisme et qui a une réelle empathie pour l’Islam. Dès lors quelle marge de manœuvre avez vous avec votre hiérarchie ? 

Permettez-moi quelques mises au point :

  1. Je ne connais pas d’Église conciliaire. Pour moi il n’y a qu’une Église, qui n’a pas commencé à être « conciliaire » avec le concile Vatican II.

  2. L’œcuménisme est le projet de retrouver l’union de tous les chrétiens aujourd’hui séparés, et n’a donc rien à voir avec l’islam.

  3. Je ne dirais pas que c’est l’Église qui a une réelle empathie avec l’islam, car « Quel rapport entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Béliar ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? Quel accord entre le temple de Dieu et les idoles ? Or c’est nous qui sommes le temple du Dieu vivant (2 Co 6.14-16) », mais ce sont nombre de ses serviteurs qui se rendent coupable de lâchetés, de dramatiques compromissions, d’apostasie et de criminelles trahisons.

    Quant à ma marge de manœuvre avec la hiérarchie, elle est aussi restreinte que possible. [...]

Dernière question: que pensez-vous de la liberté religieuse tolérée par l’Eglise actuellement? Ne va-t-elle pas à l’encontre du message du Christ?

Je pense que personne ne peut remettre en question l’enseignement traditionnel de l’Église à l’égard de la liberté religieuse, que quelques papes ont ainsi formulé : « Quelle mort plus funeste pour les âmes, que la liberté de l’erreur ! » disait saint Augustin.(Grégoire XVI, Mirari vos) » ; « Il s’en trouve beaucoup aujourd’hui pour oser enseigner que le meilleur régime politique et le progrès de la vie civile exigent absolument que la société humaine soit constituée et gouvernée sans plus tenir compte de la Religion que si elle n’existait pas, ou du moins sans faire aucune différence entre la vraie et les fausses religions. (Pie IX, Quanta cura, n°5) ; « Convaincus qu’il est très rare de rencontrer des hommes dépourvus de tout sens religieux, on les voit nourrir l’espoir qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences, religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. C’est pourquoi, ils se mettent à tenir des congrès, des réunions, des conférences, fréquentés par un nombre appréciable d’auditeurs, et, à leurs discussions, ils invitent tous les hommes indistinctement, les infidèles de tout genre comme les fidèles du Christ, et même ceux qui, par malheur, se sont séparés du Christ ou qui, avec âpreté et obstination, nient la divinité de sa nature et de sa mission. De telles entreprises ne peuvent, en aucune manière, être approuvées par les catholiques, puisqu’elles s’appuient sur la théorie erronée que les religions sont toutes plus ou moins bonnes et louables, en ce sens que toutes également, bien que de manières différentes, manifestent et signifient le sentiment naturel et inné qui nous porte vers Dieu et nous pousse à reconnaître avec respect sa puissance. En vérité, les partisans de cette théorie s’égarent en pleine erreur, mais de plus, en pervertissant la notion de la vraie religion ils la répudient […] (Pie XI, Mortalium animos) ». La liberté religieuse dont a parlé le dernier concile signifie le droit pour tout homme de chercher la vérité, non celui de croire et enseigner l’erreur. Je déplore donc très amèrement la conduite de tant d’ecclésiastiques de tous rangs qui, au lieu de défendre le salut des âmes qui leur sont confiées contre cet anti-christ caractérisé qu’est l’islam (1 Jn 2.22), le dénonçant comme tel, lui ouvrent au contraire toutes grandes les portes de leurs églises, et favorisent son implantation dans notre pays. Ils ignorent ce que veut dire saint Jean : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine [l’Évangile], ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 1.10-11) »…"

Posté le 30 décembre 2016 à 11h00 par Michel Janva | Lien permanent

26 décembre 2016

23 janvier : conférence sur le diable à Bougival

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Posté le 26 décembre 2016 à 10h24 par Michel Janva | Lien permanent

24 décembre 2016

Plus de “Noël blanc” mais rouge; plus de “Nuit tranquille” (“Stille Nacht”) !

MHomélie du père Madros, prêtre palestinien :

 

Horribles attentats en l’occasion de Noël!

Depuis l’Incarnation de Dieu, nous ne pouvons pas, dans notre prédication et notre catéchèse, faire abstraction de l’humain et ignorer les évènements contemporains surtout significatifs et graves. Jésus, dès son enfance, n’a pas vécu dans une tour d’ivoire, au-dessus du commun des mortels! Noël, cette année, arrive, non plus “blanc”, comme le rêvait Israel Isidore Beilin, et la nuit de cette grande fête ne sera pas “tranquille” à Berlin ou à Cologne: les Allemands chanteront dans les larmes l’hymne cette fois lugubre! Ils se joindront à la douleur des Coptes du Caire où un massacre des Petits et de leurs mamans et sœurs a eu lieu. Et la Russie pleurera l’ambassadeur Andrei Karlov, abattu par un jeune Turc, enthousiaste de jihad, solidaire avec la Syrie que Moscou torture, à son avis.

Le musicien Beiline, qui a composé le fameux « I am dreaming of a white Christmas » (« Je rêve d’un Noël blanc »), était Juif, s’il vous plaît (contrairement à d’autres Juifs qui combattent Noël, comme le rabbin Hezechiel aux Etats-Unis). Son nom d’art : « Irving Berlin ». C’est le tour de Berlin de succomber au terrorisme théocratique, après Londres, Madrid, Paris et Bruxelles…

Trois façons de combattre l’Enfant Jésus et Noël

  • Des dénominations « chrétiennes » comme les Adventistes et les « Témoins de Jéhovah » : leur théorie : il ne faut pas célébrer Noël parce que le 25 décembre était la fête païenne du « Soleil invincible » divinisé. Or, des études récentes, surtout par Taylor, ont démontré la grande probabilité, sinon la certitude, de la naissance de Jésus fin décembre. D’ailleurs, si l’Eglise, en particulier celle de Rome, était païenne, elle aurait gardé, conservé la fête païenne du Soleil, non ? Elle a fait exactement le contraire : elle l’a effacée pour toujours !
  • Le laïcisme dictatorial : pas de crèche, pas de marché « de Noël » mais plutôt « d’hiver », pas de « Heureux Noël » mais « heureuses fêtes », « vœux de la saison » (« Season’s greetings »). Trump, lui, malgré ses défauts, aime bien le Christmas !Le laïcisme antichrétien se couvre volontiers avec le manteau de « l’accueil et le respect de l’autre », carrément du non chrétien, avec un manque absolu de respect pour les chrétiens qui pourtant constituent la majorité  et le noyau original des citoyens de l’Occident, ainsi que les fondateurs de sa culture. Par contre, on ne touche pas à la Hanoukah (fête de l’inauguration du Temple), ni à la fête de la fin du Ramadan.
  • Attaques terroristes contre les chrétiens réunis pour prier en l’occasion de Noël ; attaques aux symboles chrétiens de Noël, surtout les marchés, bien que très commercialisés. Mais une détermination théocratique cherche à décidément éliminer toute trace de christianisme même superficielle ou sociale.

Trois méthodes différentes pour un seul but : celui d’Hérode le Grand : tuer l’Enfant Jésus.

La prophétie éminemment messianique d’Isaïe 9

Des exégètes, même catholiques, ont nié la messianité de ce passage admirable. Le voici : « Tout manteau roulé dans le sang sera brûlé… car un enfant nous est né, un fils nous est donné… il a reçu le pouvoir… On lui a donné ce nom : Conseiller, Merveilleux, Dieu Fort, Père-Eternel, Prince-de-paix » (9, 4- 5).

On a vite fait d’y voir un roi judéen, Ezéchias ou autre. Eh bien, jamais un roi hébreu n’a reçu ces titres. D’autres disent : « il s’agit d’attributs (exagérés) du roi, surtout du pharaon » ! Peut-être, mais les pharaons étaient païens et polythéistes (sauf probablement Akhénaton). Indécent et blasphématoire  pour le prophète monothéiste Isaïe d’encadrer le futur messie ou le roi judéen dans l’aberration de l’idolâtrie. Par ailleurs, ces attributs étaient invoqués lors de l’intronisation du souverain, non de sa naissance.

Jusqu’à nos jours, ce texte isaïen, comme celui du chapitre 53, gêne beaucoup de non chrétiens dont certains vont jusqu’à édulcorer, pour ne pas dire falsifier ou manipuler, leur traduction de l’original hébreu. Celui-ci lit :

 « El ghibborאל גבור-  אבי-עד Dieu-Fort, Père Eternel » : pour un bébé, frêle, la description reste inouïe et extraordinaire : un enfant qui est en même temps  « Dieu », un « fils du temps » qui, miraculeusement, est littéralement « le Père de l’éternité » !  Et l’expression « Il sera appelé » ou « on lui donnera le nom de » signifient qu’il sera tel : le nom c’est l’être. Donc, Simon fils de Jonah « appelé » Kefa-Pierre par Jésus, devient automatiquement « pierre de l’Eglise » (Mt 16, 18).

Zadok Kahn, pourtant versé en hébreu biblique,  a décidé de donner une version non scientifique  d’Isaïe 9, 5: « héros divin, père de la conquête ». Il faut lui demander où il a pêché le « héros » et « la conquête ».

Le fait que le Nouveau Testament ne cite pas directement ce texte isaïen ne devrait pas l’éliminer comme messianique. A y bien penser, c’est, figurez-vous, l’ange Gabriel qui l’utilise presque littéralement, annonçant précisément à la Vierge la naissance d’un enfant, Fils royal de David. Voici de nouveau Isaïe : « Pour que s’étende le pouvoir dans une paix sans fin sur le trône de David et sur son royaume…la tendresse de Yahvé des Armées fera cela » (Is 9, 6). Et le messager angélique de citer notre prophète hiérosolymitain : «Marie, voici que tu concevras dans ton sein et tu enfanteras un fils et tu l’appelleras du nom de Jésus (citation directe et presque littérale d’Isaïe 7, 14 : « Voici que la Vierge concevra… »). ..Il sera appelé Fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu (parallèle de « Yahvé des Armées ») lui donnera le trône de David son père ; il règnera sur la maison de Jacob pour les siècles, et son règne n’aura pas de fin » (Luc 1, 33- 34).   

La tendresse philanthropique de notre Dieu incarné (Tite 2, 11- 14)

Quel texte émouvant ! Quelle vérité sensationnelle sur le salut universel, et pas seulement celui d’un peuple : « la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes, s’est manifestée » ! Avec émotion, pensons à la Messe de Noël à Bethléem, à deux pas de la Grotte. Le lecteur chante : « Apparuit benignitas et humanitas Salvatoris nostri Dei » (Tite 3, 4): «Aparurent la bonté et  l’humanité (ou : l’amour pour l’humanité) de Dieu notre Sauveur » qui vient de « planter sa tente parmi nous », devenant l’un des nôtres (cf Jn 1, 1 et 14).

La naissance de Jésus est une renaissance pour nous, « renés dans le bain de la régénération », le baptême, à commencer par les petits (Tite 3, 5).

La nativité de Jésus « dans le temps, dans la chair » (Luc 2, 1 s)

Laissant de côté la difficulté du recensement du temps de Quirinius vers l’an 12 après Jésus-Christ, nous pouvons seulement évoquer la grande probabilité d’un « premier » recensement commencé, par le même Procureur, vers l’an 4 avant l’ère chrétienne, pratiquement celui de la naissance de Jésus, où Quirinius était plutôt ministre plénipotentiaire (cf Antonio Socci, « Guerre contre Jésus »).

Conclusion

L’enfant de Marie transforme l’humanité. Déjà sa naissance est révolutionnaire. Il renverse les valeurs : il promeut la femme ; il rejette la richesse, la violence et l’orgueil des « grands ». En lui, Dieu s’humanise. Nous avons tout dit ! Saint Paul l’a mieux exprimé : en Jésus bébé « se manifeste la grâce et l’humanité de notre Dieu Sauveur ! »

Et Saint Augustin de conclure : « Dieu qui nous a créés sans nous ne saurait nous sauver sans nous » !

Heureux et saint Noël, malgré tout !

Posté le 24 décembre 2016 à 18h44 par Michel Janva | Lien permanent

22 décembre 2016

Comment se confesser ?

Entretien avec l'Abbé Philippe Laguérie, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 22 décembre 2016 à 17h04 par Michel Janva | Lien permanent

19 décembre 2016

Mgr Athanasius Schneider : La vie chrétienne et la persécution

Homélie de SE Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (Kazakhstan) à la XXVe Fête du livre de Renaissance Catholique le 4 décembre :

Arton567-e4062"Chers frères et sœurs en Christ ! Notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ avait proclamé solennellement avant sa mort rédemptrice sur la Croix, en présence des autorités incrédules de ce monde : “ Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix” (Jn 18, 37). La contradiction la plus manifeste avec l’esprit et la vie de Jésus Christ serait la crainte de confesser la vérité ou même d’accepter le moindre compromis dans le domaine de la vérité.

Nous nous appelons chrétiens d’après le nom du Christ, Notre Sauveur, mais aussi d’après l’huile sacrée et parfumée, appelée saint chrême, chrisma en latin, avec laquelle nous avons été oints lors du sacrement de la confirmation. Dans ce sacrement l’huile signifie l’abondance de la grâce qui se répand dans l’âme du chrétien pour le confirmer dans la foi ; et le baume, qui est odorant et préserve de la corruption, signifie que le chrétien, fortifié par cette grâce, est capable de répandre la bonne odeur des vertus chrétiennes et de se préserver de la corruption des vices. L’onction est faite sur le front, où apparaissent les signes de la crainte et de la honte, afin que le confirmé comprenne qu’il ne doit pas rougir du nom et de la profession de chrétien, ni avoir peur des ennemis de la foi. Puis l’évêque donne un léger soufflet au confirmé pour qu’il sache qu’il doit être prêt à souffrir toute sorte d’affronts et de peine pour la foi de Jésus-Christ. Faire des compromis concernant la vérité de la foi catholique, être « politiquement correct » que ce soit au sein de l’Église ou en dehors de l’Église, contredirait directement le nom chrétien, le nom catholique.

Il est évident qu’aujourd’hui les chrétiens vivent une époque de persécution au niveau presque mondial. Notre situation présente des similitudes avec l’ère de la persécution générale des chrétiens des premiers siècles de l’Église. De cette période nous possédons un exemple touchant du martyre de toute une paroisse dans la cité d’Abitène en Afrique du Nord pendant la persécution de Dioclétien. Le prêtre saint Saturnin était en train de célébrer la Sainte Messe du dimanche à laquelle assistait sa paroisse, toutefois secrètement, car il était interdit aux chrétiens de se rassembler pour la liturgie. La police fit soudainement irruption dans l’assemblée des fidèles et les arrêta tous. Les enfants de saint Saturnin, un veuf - ils étaient nés avant son ordination-, étaient aussi présents : Saturnin et Félix, lecteurs, Marie, une vierge consacrée, et Hilarion, un enfant de six ans. Tous les fidèles et leur curé furent emmenés au juge, puis emprisonnés avant d’être exécutés. Sur le chemin du tribunal ils rencontrèrent leur évêque Fundanus, qui revenait juste d’avoir commis l’acte d’apostasie. Quand le petit enfant Hilarion fut interrogé par le juge, il répondit : “Je suis chrétien et j’ai participé à la liturgie. J’y suis allé de plein gré, personne ne m’a contraint à y aller.” Le juge, qui avait pitié de lui, essaya de l’intimider en le menaçant de peines infantiles. Toutefois, le petit garçon ne fit qu’en rire. Alors le gouverneur lui dit : “Je te couperai le nez et les oreilles”. Hilarion répondit : “Vous pouvez le faire, mais de toute façon je suis chrétien.” Quand le proconsul eut donné l’ordre de les renvoyer à la prison pour l’exécution, le petit Hilarion avec tous les fidèles s’exclama : “ Grâces à Dieu". Par sa confession de foi et son martyre ce petit garçon, les autres adolescents, les pères et les mères de famille, fidèles, avec leur curé Saturnin firent ainsi réparation pour l’apostasie de leur évêque.

La fidélité à la foi catholique et le martyre chrétien ne demandent pas seulement la confession intrépide de la vérité divine face aux païens et aux infidèles, mais aussi face aux chrétiens hérétiques. Parmi ces nombreux martyrs on peut présenter l’exemple touchant de Sir John Burke de Brittas en Irlande à l’époque de la persécution de la foi catholique au début du 17ème siècle. Un dimanche matin, dans le château de John Burke, des catholiques étaient rassemblés pour assister à la Sainte Messe, célébrée par un prêtre clandestin. Mais les autorités civiles avaient été informées par un traître. Soudain une bande de soldats encercla la maison, où la Sainte Messe était en train d’être célébrée. Le capitaine demanda qu’on le laissât entrer. L’unique réponse de Sir Burke fut qu’il pouvait librement entrer, s’il s’était préparé à faire sa confession et avait entraîné ses compagnons à faire de même ; autrement ils devaient rester dehors, car les infidèles ne devaient pas avoir part à ce qui est saint, ni les choses saintes être jetées aux chiens ou les perles aux pourceaux. Lorsque John Burke comparut devant ses juges le président du tribunal déclara qu’il le traiterait avec une grande déférence s’il obéissait au souhait du Roi en tout ce qui concernait la foi et la religion, autrement il serait condamné à mort. Mais John Burke resta inflexible. Ensuite il écouta la sentence de mort avec un visage joyeux, et répondit seulement qu’il était heureux que ceux qui tuent son corps n’aient pas de pouvoir sur son âme. Il ajouta quelques mots, par lesquels il déclara son aversion pour les doctrines et les opinions hérétiques ainsi que son désir cordial d’obéir à l’enseignement de l’Église catholique, dans la communauté de laquelle il déclarait vouloir mourir. Quand on arriva sur le lieu d’exécution, il demanda à être mis par terre, afin de pouvoir s’en approcher sur les genoux, ce qui lui fut accordé. John Burke montra le même contentement et la même joie que s’il s’était rendu à une fête somptueuse. Au dernier moment on lui offrit le pardon, la restitution de ses terres et une promotion, s’il prêtait le serment de reconnaître la suprématie du Roi en matière de religion et assistait au culte protestant. Il dit que pour rien au monde il n’offenserait Dieu, qu’il n’échangerait pas le ciel pour la terre, et qu’il condamnerait et abominerait tout ce que l’Église catholique avait toujours condamné et répudié. John Burke est mort en décembre 1607 à Limerick en Irlande (cf. Murphy, D., Our Martyrs, Dublin 1896, pp. 228 - 239).

De nos jours nous sommes tous témoins des nouveaux martyrs chrétiens, spécialement au Proche-Orient, où aux yeux du monde entier sont martyrisés nos frères et sœurs en Christ. Au début de l’histoire de l’Église le Saint-Esprit a adressé à tous les chrétiens par l’apôtre saint Jean ces paroles : “Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie’’ (Apc 2. 10). Ainsi-soit-il."

Posté le 19 décembre 2016 à 07h17 par Michel Janva | Lien permanent

18 décembre 2016

Etre chrétien en Tunisie

Ce n'est pas une chose facile dans un pays musulman à 99% où, pour être chrétien, il faut s'accrocher. Un article lu dans Jeune Afrique :

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"La Tunisie s’enorgueillit d’avoir inscrit la liberté de conscience et de culte dans sa loi fondamentale mais ses ressortissants récemment convertis au christianisme n’en sont pas moins placés au ban de la société.[...]

Début décembre, l’interpellation de neuf jeunes chrétiens, dont trois Tunisiens, à Gafsa (Sud), par des agents de lutte anti-terroriste leur reprochant leur conversion et les menaçant de poursuites s’ils ne renonçaient pas à leur foi, a fait grand bruit.

Une liberté cachée

« Nous avons craint les salafistes mais c’est les représentants de l’ordre, qui devraient faire respecter la liberté de conscience, qui sont les plus retors et estiment que nous sommes suspects », confie Anes, 23 ans, devenu chrétien en 2013. Comme lui, ils sont une vingtaine à se retrouver discrètement tous les samedis en début d’après midi à l’église réformiste de Tunis pour une cérémonie où les textes et les chants en arabe et en dialectal rappellent les rituels en Égypte ou au Liban.

Ils se retrouvent parfois chez les uns et les autres pour des lectures de la Bible et s’apprêtent à fêter Noël sans ostentation. Les nouveaux convertis, généralement jeunes et en lien avec les églises évangéliques, seraient près d’un millier sur le territoire à avoir rejoint les rangs des quelques 20 000 chrétiens, essentiellement étrangers, installés en Tunisie. Une situation qui ne changera rien à une Tunisie à 99 % musulmane, où seule une dizaine de mariages chrétiens sont célébrés chaque année…

Tous les convertis affirment avoir embrassé la foi chrétienne par conviction et y être venus après avoir reçu des signes et des révélations ou simplement par attrait pour la parole du Christ. « Je n’ai rien contre l’islam mais j’apprécie dans le catholicisme une démarche totalement individuelle et la quête du pardon », précise Amel, qui vient régulièrement prier à l’église réformiste de Tunis sans pour autant avoir franchi le cap de la conversion.

« Ma foi est plus forte que les railleries »

Dans tous les cas, les églises catholique et évangélique ne font pas de prosélytisme, comme cela leur est interdit depuis 1964. « Quand quelqu’un rentre pour assister à une messe, personne ne le renvoie », note simplement Hiba, qui montre les piles de bibles en arabe mises à disposition des visiteurs.[...]

Depuis la chute de l’ancien régime, qui exerçait un strict contrôle sur les lieux de culte, et sous l’effet des libertés acquises mais également de l’émergence du conservatisme religieux, de plus en plus de Tunisiens se renseignent sur la foi chrétienne. Si le baptême est plus ou moins rapide chez les protestants évangéliques, il peut prendre 4 à 5 ans de préparation chez les catholiques. Une manière de tester la sincérité des futures ouailles ?

De fait, certains convertis semblent sensibles à des avantages assez peu spirituels. Il y a par exemple l’aide matérielle offerte par la communauté évangélique. Quant au pasteur William Brown et au père Jean Fontaine, ils s’accordent tous deux sur le fait que beaucoup deviennent chrétiens pour obtenir des visas plus facilement, en prétextant brimades ou vexations de leur entourage. Entre la foi et la mauvaise foi… il n’y a parfois qu’un pas."

Posté le 18 décembre 2016 à 22h11 par Marie Bethanie | Lien permanent

14 décembre 2016

Vendredi 16 décembre, à Saint Joseph de Pont-du-Las (83) : adoration en soutien du Sacerdoce

L'adoration de réparation de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney aura lieu ce vendredi 16 décembre à saint Joseph de Pont-du-Las, de 20h à 22h, entrée sur la gauche au niveau des grilles.

Elle sera dirigée par notre aumônier l'abbé Lambilliotte.
 
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Alliance saint Jean-Marie Vianney
Aimer, réparer et consoler le Cœur sacerdotal de Jésus
    par l'adoration
Soutien du sacerdoce par le jeûne et la prière
 

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Posté le 14 décembre 2016 à 21h37 par Marie Bethanie | Lien permanent

12 décembre 2016

20-23 décembre : retraite pour garçons de 15 à 17 ans à l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval (Flavigny-sur-Ozerain-21)

Cliquer sur les pages pour les agrandir et les imprimer.

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Posté le 12 décembre 2016 à 09h58 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 décembre 2016

Pourquoi se confesser?

Entretien avec l'Abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de Chrétienté. Pour accéder à la fiche pédagogique résumant cette vidéo, aller ici.

Posté le 11 décembre 2016 à 11h33 par Michel Janva | Lien permanent

15 décembre : conférence à Béziers sur Satan

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Posté le 11 décembre 2016 à 08h57 par Michel Janva | Lien permanent

04 décembre 2016

Conférence-débat sur la Bible le mercredi 7 décembre à Paris

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Michel De Jaeghere a interrogé le père Vénard, à la tête d'un ambitieux chantier informatique, la Bible en ses traditions (Best). Il s'agit de mettre en ligne une édition révisée de la Bible, associant les versions hébraïque, grecque, araméenne et latine de l'Écriture sainte et proposant une annotation du texte, du contexte et de sa réception dans les différentes traditions religieuses et culturelles.. Extraits :

"Toutes les Bibles actuellement disponibles présentent un texte qui est paradoxalement artificiel: c'est en gros une reconstitution du texte «original» faite par des savants. Le problème est que l'original est introuvable et, dans certains cas, n'a peut-être jamais existé. Car la Bible est moins un livre qu'une bibliothèque qui a recueilli progressivement des livres écrits, édités et remodelés, en deux ou trois langues, pendant près d'un millénaire. Saisies dans l'histoire réelle, les Écritures se donnent donc d'emblée comme diverses. De même que les chrétiens ont quatre Évangiles qui racontent la même histoire, mais avec bien des différences entre eux, presque un tiers de l'Ancien Testament se présente à nous en plusieurs versions: en hébreu, en grec, en latin, en syriaque, elles-mêmes diversifiées, sans que l'on puisse donner de priorité absolue ni systématique à l'une d'entre elle.

Or ceci n'est pas un défaut à corriger, c'est une richesse! Comme le constate l'auteur du Psaume 62: «Dieu a dit une chose, j'en ai entendu deux»: quand le vrai Dieu parle aux humains dans leur langage, sa parole produit d'emblée de la pluralité. Notre projet consiste à mettre en ligne les différentes versions du texte sans privilégier l'une ou l'autre au nom d'une souvent discutable «authenticité».

D'abord parce que les textes issus de manuscrits plus récents que d'autres peuvent avoir repris des traditions plus anciennes: par exemple, saint Jérôme a composé la Vulgate au Ve siècle après J.-C. en partant du texte grec de la Septante, qui peut remonter au IIIe siècle avant J.-C., mais en traduisant aussi des manuscrits hébraïques disponibles à son époque et perdus aujourd'hui. Ensuite, parce que l'ancienneté n'est pas nécessairement un critère: il faut abandonner l'image enfantine d'une Bible «dictée» par Dieu à l'écrivain sacré sur le modèle de Jibrîl dictant le Coran à Mahomet. L'inspiration divine des Écritures passe par l'humanité de ses auteurs et rédacteurs multiples, et elle accompagne leur longue élaboration en «la» Bible, y compris le travail des scribes traducteurs ou copistes!

Notre modèle de traduction présentera cette richesse en donnant à lire les différentes versions sur la même page. En gros: vous n'avez plus à vous contenter d'écouter la Bible en mono, vous l'aurez en stéréo, la parole de Dieu n'est pas une simple mélodie, c'est une polyphonie!

Enfin, et cela ne gâche rien, nous allons offrir gratuitement cette traduction - car c'est un scandale du monde francophone que les bibles catholiques modernes soient avant tout des objets de commerce. Aucune n'est en accès libre! [...]"

Posté le 4 décembre 2016 à 13h23 par Michel Janva | Lien permanent

Qu'est-ce que le péché ?

Entretien avec l'Abbé Philippe Laguérie, supérieur de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre-Dame de Chrétienté :

Posté le 4 décembre 2016 à 09h00 par Michel Janva | Lien permanent

25 novembre 2016

Le Christ est-il Roi ?

Qu’Il règne au Ciel d’accord mais sur terre n’est-ce pas une formule de style ? Une image ? Le Christ serait-Il un roi de figuration sans pouvoir ? Une « reine d’Angleterre » pour les baptisés ? Sur qui règne-t-Il ? Si le Christ est roi, quelle est son royaume ? Peut-on parler d’une royauté sociale en opposition avec le « prince de ce monde » ?

Pour-quil-regne-510x680Jean Ousset dans son livre « Pour qu’Il règne» répond de façon lumineuse. Voici un extrait tiré de l’ouvrage Pour qu’Il règne, aux pages 13-16 (« L’Alpha et l’Oméga ») :

Apocalypse 1, 5 « de la part de Jésus Christ, le témoin fidèle, le premier-né des morts, le prince des rois de la terre. ».

« Prince des rois de la terre », tel l’appelle saint Jean dans l’Apocalypse, et, sur son vêtement comme sur Lui-même, il a pu lire : « Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».

Matthieu 28,18 « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ».

Jésus-Christ est donc roi. Roi par droit de naissance éternelle, puisqu’il est Dieu… Roi par droit de conquête, de rédemption, de rachat. Et cette royauté, on le conçoit, est universelle. Rien, en effet, ne peut être plus universel, plus absolu que cette royauté, puisque le Christ est Lui-même principe et fin de toute la Création. Cependant, pour qu’il y ait aucun doute, notre Seigneur a tenu à le préciser : « Omnia potestas data est mihi in coelo et in terra ». « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ». Au ciel et sur la terre… autant dire : dans l’ordre surnaturel comme dans l’ordre naturel. (…)

Romain 13, 1 « il n’y a d’autorité qu’en dépendance de Dieu ».

Oui, tout pouvoir a été donné au Christ au ciel et sur la terre. Cette vérité est au principe même du catholicisme. Nous la trouvons dans les épîtres et les discours de saint Pierre. Nous la retrouvons sous-jacente à tout l’enseignement de saint Paul. Sa formule  » non est potestas nisi a Deo  » ne fait, au fond, qu’exprimer la même idée d’une façon particulière. Jésus-Christ a demandé et son Père Lui a donné. Tout, dès lors, Lui a été livré. Il est à la tête et le chef de tout, de tout sans exception.

Colossiens – 1, 16-20 « en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre »

« En Lui et rachetés par son sang », écrivait saint Paul aux Colossiens, « nous avons reçu la rémission des péchés ; Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toutes les créatures ; car, en Lui, toutes choses ont été créées dans le Ciel et sur la Terre, les visibles et les invisibles. Et les Trônes et les Dominations, et les Principautés et les Puissances, tout a été créé par Lui et pour Lui. Il est avant tout et tout subsiste en Lui, et c’est Lui qui est la tête de l’Eglise, son corps. Il est le principe. Il est le premier né d’entre les morts ; de sorte qu’en tout, c’est Lui qui tient la primauté, parce qu’il a plu au Père que toute plénitude résidât en Lui ; et c’est par Lui et en Lui qu’Il s’est réconcilié toutes choses, pacifiant par le sang de la Croix et ce qui est sur la terre, et ce qui est dans les Cieux, dans le Christ Jésus notre Seigneur ».

Tel est l’enseignement de l’Apôtre. (…)

Jésus-Christ roi universel… et, donc, roi des rois, roi des nations, roi des peuples, roi des institutions, roi des sociétés, roi de l’ordre politique comme de l’ordre privé. Après ce qui vient d’être dit, comment pourrait-on concevoir qu’il en puisse être autrement ? Si Jésus-Christ est roi universel, comment cette royauté ne serait-elle pas aussi une royauté sur les institutions, sur l’Etat : une royauté sociale ? Comment pourrait-elle être dite universelle sans cela ?

Si les querelles sont si vives en cet endroit, c’est que nous atteignons le domaine de celui que l’Ecriture appelle, précisément, « le prince de ce monde ». Voici que nous poursuivons le dragon dans son retranchement, que nous le forçons dans ce dont il prétend faire son repaire… Quoi d’étonnant à ce qu’il redouble de violence, crachant flammes et fumées pour essayer de nous aveugler ? Combien se laissent abuser !

Pour se former et agir à l’école de Jean Ousset, lire « Pour qu’il Règne », ouvrage historique de ceux qui veulent agir « à contre courant » comme nous y invite le Pape François.

Posté le 25 novembre 2016 à 14h37 par Michel Janva | Lien permanent

07 novembre 2016

Conférence sur les âmes du purgatoire et le moyen de leur venir en aide

Au centre Saint-Paul, mardi 8 novembre à 20h30, et dimanche 13 novembre à 16h 

Par l'abbé Billot 12 rue Saint Joseph, 75002 Paris métro Sentier ou Bonne nouvelle (la rue Saint Joseph coupe la rue du sentier et la rue Montmartre).

Posté le 7 novembre 2016 à 17h04 par Michel Janva | Lien permanent

26 octobre 2016

Vendredi 28 octobre à Toulon, adoration de réparation des sacrilèges eucharistiques et des faiblesses sacerdotales

Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :

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"Adoration de réparation organisée par l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney, vendredi 28 octobre 2016 de 20h à 21h30 à Saint-Joseph de Pont-du-Las à Toulon, entrée côté gauche près de l'oratoire.

Après un court enseignement, nous aurons une heure d'adoration de réparation des sacrilèges eucharistiques et des faiblesses sacerdotales. Cette adoration est dirigée par l'abbé Pascal Lambilliotte, notre aumônier, nommé par Monseigneur Dominique Rey."

Posté le 26 octobre 2016 à 20h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

25 octobre 2016

Ad resurgendum cum Christo sur la sépulture des défunts

A l'approche de la fête des fidèles défunts (2 novembre), la Congrégation pour la doctrine de la foi a publié une instruction, approuvée par le Pape, intitulée Ad resurgendum cum Christo sur la sépulture des défunts et la conservation des cendres en cas d’incinération. Extrait :

C1. Pour ressusciter avec le Christ, il faut mourir avec le Christ, il faut « quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur » (2 Co 5, 8). Dans son Instruction Piam et constantem du 5 juillet 1963, le Saint-Office avait demandé de « maintenir fidèlement la coutume d’ensevelir les corps des fidèles », précisant toutefois que l’incinération n’est pas « contraire en soi à la religion chrétienne » et qu’on ne devait plus refuser les sacrements et les obsèques à ceux qui demandaient l’incinération, à condition qu’un tel choix ne soit pas motivé par « une négation des dogmes chrétiens, dans un esprit sectaire, ou par haine contre la religion catholique ou l’Église ». Ce changement de la discipline ecclésiastique a été ensuite inséré dans le Code de droit canonique(1983) et le Code des Canons des Églises orientales (1990).

Depuis lors, la pratique de l’incinération s’est sensiblement répandue dans de nombreuses nations, mais, dans le même temps, se sont aussi diffusées de nouvelles idées en contradiction avec la foi de l’Église. Après avoir dûment consulté la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, le Conseil pontifical pour les textes législatifs et de nombreuses Conférences épiscopales et Synodes des évêques des Églises orientales, la Congrégation pour la doctrine de la foi a jugé opportun de publier une nouvelle Instruction pour réaffirmer les raisons doctrinales et pastorales de la préférence pour l’inhumation des corps ; elle voudrait aussi établir des normes portant sur la conservation des cendres en cas d’incinération.

2. La résurrection de Jésus est la vérité suprême de la foi chrétienne, prêchée comme une partie essentielle du mystère pascal depuis les origines du christianisme : « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, et qu’il est apparu à Céphas, puis aux Douze » (1 Co 15, 3-4).

Par sa mort et sa résurrection, le Christ nous a libérés du péché et nous a ouvert l’accès à une nouvelle vie : « Le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, afin que nous vivions nous aussi d’une vie nouvelle » (Rm 6, 4). En outre, le Christ ressuscité est le principe et la source de notre résurrection future : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. […] De même, en effet, que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ » (1 Co 15, 20-22).

S’il est vrai que le Christ nous ressuscitera « au dernier jour », il est vrai aussi que, d’une certaine façon, nous sommes déjà ressuscités avec Lui. En effet, par le baptême, nous sommes plongés dans la mort et la résurrection du Christ, et assimilés à lui sacramentellement : « Ensevelis avec lui lors du baptême, vous êtes aussi ressuscités avec lui, parce que vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité des morts » (Col 2, 12). Unis au Christ par le baptême, nous participons déjà réellement à la vie du Christ ressuscité (cf. Ep 2, 6).

Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. Dans la liturgie, l’Église prie ainsi : « Pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n’est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux ». Par la mort, l’âme est séparée du corps, mais, dans la résurrection, Dieu rendra la vie incorruptible à notre corps transformé, en le réunissant à notre âme. Même de nos jours, l’Église est appelée à proclamer la foi en la résurrection : « La foi des chrétiens, c’est la résurrection des morts : y croire, c’est ressusciter ».

3. Suivant la tradition chrétienne immémoriale, l’Église recommande avec insistance que les corps des défunts soient ensevelis dans un cimetière ou en un lieu sacré.

En souvenir de la mort, de la sépulture et de la résurrection du Seigneur, mystère à la lumière duquel se manifeste le sens chrétien de la mort, l’inhumation est d’abord et avant tout la forme la plus idoine pour exprimer la foi et l’espérance dans la résurrection du corporelle.

Comme mère, l’Église accompagne le chrétien lors de son pèlerinage terrestre ; dans le Christ, elle offre au Père le fils de sa grâce et remet sa dépouille mortelle à la terre, dans l’espérance qu’il ressuscitera dans la gloire.

En ensevelissant les corps des fidèles, l’Église confirme la foi en la résurrection de la chair et veut mettre l’accent sur la grande dignité du corps humain, en tant que partie intégrante de la personne, dont le corps partage l’histoire. Elle ne peut donc tolérer des attitudes et des rites impliquant des conceptions erronées de la mort, considérée soit comme l’anéantissement définitif de la personne, soit comme un moment de sa fusion avec la Mère-nature ou avec l’univers, soit comme une étape dans le processus de réincarnation, ou encore comme la libération définitive de la “prison” du corps.

En outre, la sépulture dans les cimetières ou dans d’autres lieux sacrés répond de manière adéquate à la piété ainsi qu’au respect dus aux corps des fidèles défunts qui, par le baptême, sont devenus temple de l’Esprit Saint et qui ont été « comme les instruments et les vases dont l’Esprit s’est saintement servi pour opérer tant de bonnes œuvres ».

Tobie, le juste, est loué pour les mérites acquis devant Dieu en ensevelissant les morts, un acte que l’Église considère comme une œuvre de miséricorde corporelle.

Enfin, la sépulture des corps des fidèles défunts dans les cimetières ou autres lieux sacrés favorise le souvenir ainsi que la prière de la famille et de toute la communauté chrétienne pour les défunts, sans oublier la vénération des martyrs et des saints.

Grâce à la sépulture des corps dans les cimetières, dans les églises ou les espaces réservés à cet usage, la tradition chrétienne a préservé la communion entre les vivants et les morts, et s’est opposée à la tendance à dissimuler ou à privatiser l’événement de la mort ainsi que la signification qu’il revêt pour les chrétiens.

I4. Là où des raisons de type hygiénique, économique ou social poussent à choisir l’incinération – choix qui ne doit pas être contraire à la volonté expresse ou raisonnablement présumée du fidèle défunt –, l’Église ne voit pas de raisons doctrinales pour prohiber cette pratique. En effet, l’incinération du cadavre ne touche pas à l’âme et n’empêche pas la toute-puissance divine de ressusciter le corps ; elle ne contient donc pas, en soi, la négation objective de la doctrine chrétienne sur l’immortalité de l’âme et la résurrection des corps.

L’Église continue d’accorder la préférence à l’inhumation des corps, car celle-ci témoigne d’une plus grande estime pour les défunts ; toutefois, l’incinération n’est pas interdite, « à moins qu’elle n’ait été choisie pour des raisons contraires à la doctrine chrétienne ».

Lorsqu’il n’existe pas de motivations contraires à la doctrine chrétienne, l’Église accompagne, après la célébration des obsèques, le choix de l’incinération avec d’opportunes directives liturgiques et pastorales, en veillant surtout à éviter toute forme de scandale ou d’indifférentisme religieux.

5. Si, pour des raisons légitimes, l’on opte pour l’incinération du cadavre, les cendres du défunt doivent être conservées normalement dans un lieu sacré, à savoir le cimetière ou, le cas échéant, une église ou un espace spécialement dédié à cet effet par l’autorité ecclésiastique compétente.

Dès l’origine, les chrétiens ont désiré que leurs défunts fissent l’objet de l’intercession et du souvenir de la communauté chrétienne. Leurs tombes sont devenues des lieux de prière, de mémoire et de réflexion. Les fidèles défunts font partie de l’Église qui croit en la communion « de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église ».

La conservation des cendres dans un lieu sacré peut contribuer à réduire le risque de soustraire les défunts à la prière et au souvenir de leur famille et de la communauté chrétienne. De la sorte, on évite également d’éventuels oublis et manques de respect qui peuvent advenir surtout après la disparition de la première génération, ainsi que des pratiques inconvenantes ou superstitieuses.

6. Pour les motifs énumérés ci-dessus, la conservation des cendres dans l’habitation domestique n’est pas autorisée. C’est seulement en cas de circonstances graves et exceptionnelles liées à des conditions culturelles à caractère local que l’Ordinaire, en accord avec la Conférence épiscopale ou le Synode des évêques des Églises orientales, peut concéder l’autorisation de conserver des cendres dans l’habitation domestique. Toutefois, les cendres ne peuvent être distribuées entre les différents cercles familiaux, et l’on veillera toujours à leur assurer des conditions respectueuses et adéquates de conservation.

7. Pour éviter tout malentendu de type panthéiste, naturaliste ou nihiliste, la dispersion des cendres dans l’air, sur terre, dans l’eau ou de toute autre manière, n’est pas permise ; il en est de même de la conservation des cendres issues de l’incinération dans des souvenirs, des bijoux ou d’autres objets. En effet, les raisons hygiéniques, sociales ou économiques qui peuvent motiver le choix de l’incinération ne s’appliquent pas à ces procédés.

8. Dans le cas où le défunt aurait, de manière notoire, requis l’incinération et la dispersion de ses cendres dans la nature pour des raisons contraires à la foi chrétienne, on doit lui refuser les obsèques, conformément aux dispositions du droit. [...]"

Posté le 25 octobre 2016 à 18h28 par Michel Janva | Lien permanent

24 octobre 2016

Le fondamentalisme chrétien ne conduit pas à la violence mais à la sainteté

Dans son numéro d'octobre de In Altum, la Famille Missionnaire de Notre-Dame propose une synthèse à destination des plus jeunes du Texte de la Commission Théologique Internationale (2014) intitulé Dieu Trinité, Unité des Hommes – Le monothéisme chrétien contre la violence :

L-icone-represente-21-coptes-tues-djihadistes-Etat-islamique-Libye_0_730_450"Si on en croit nos médias et nos « têtes pensantes », le monothéisme est source de violence : il s’oppose à tout progrès humain et, en voulant imposer SA vérité, il génère fondamentalisme et intolérance, ennemis de notre liberté…

En comparaison, le polythéisme est jugé tolérant et l’athéisme mieux encore : avec lui, pas de Dieu qui nous divise ! Il suffit pourtant de voir où nous ont conduits les 2 grands systèmes athées du siècle dernier, le nazisme et le communisme, et aujourd’hui la dictature du relativisme… Si celle-ci est plus confortable (j’ai raison, tu as raison, nous avons tous raison !) elle ne nous mènera jamais à la paix : on justifie ainsi l’indifférence, voire la défiance réciproque et cela décourage en tous cas de s’engager pour la vérité puisqu’on prétend qu’elle n’existe pas…

Derrière le terme générique de « monothéisme », c’est bien souvent le christianisme qui est visé. C’est pourquoi la CTI a voulu clarifier la théorie selon laquelle il existe un lien nécessaire entre monothéisme et guerre de religion, en montrant combien la violence au Nom de Dieu est au contraire la plus grande perversion de la foi en Dieu. Comme le disait récemment le Pape François : « Tuer au nom de Dieu est satanique  ».

En parcourant l’Histoire du Salut, on découvre que Dieu, à travers un peuple choisi, cherche à faire alliance avec tous les hommes. Sans tomber dans un dualisme « Dieu de l’Ancien Testament = Dieu de violence »/ « Dieu du Nouveau Testament = Dieu d’amour », les pages les plus dures de l’AT – châtiments divins, ordres d’extermination … – doivent être relues en comprenant :

d’une part la pédagogie divine qui « affine » peu à peu son peuple en tenant compte de la logique des peuples du moment, de leurs conditionnements humains (et on peut admirer la force de l’éducation divine qui permet peu à peu de dépasser la violence et de purifier la foi !). On perçoit alors la grande miséricorde de Dieu qui accepte et désire faire de l’homme son interlocuteur.

d’autre part du style littéraire propre aux auteurs de l’Ancien Testament, plus libre que celui de nos récits proprement historiques, visant à accentuer l’intervention divine dans l’histoire. On attribue à Dieu des événements qui peuvent être le simple fait des hommes.

Vitrail_compiegneAvec Jésus, Dieu manifeste pleinement sa réponse à la violence : Il livre sa vie en sacrifice… Au jardin des Oliviers, Jésus interdit à ses disciples toute violence ; Il se livre Lui-même mais demande que ses disciples soient épargnés… Cela ne l’empêche pas d’être ferme dans le témoignage rendu à la Vérité mais Il interdit le conflit sanglant avec le parti hostile en remettant sa vie entre les mains de Dieu et en intercédant même pour ses bourreaux.

Il nous montre l’exemple : si la Révélation ne se défend pas par la violence, elle ne doit pas non plus être reniée  !

Alors NON, le christianisme n’est pas violent : regardons l’exemple de nos martyrs (vitrail du martyre des carmélites de Compiègne) ! C’est même l’unique chemin pour vaincre la tentation de la domination grâce au double commandement qui le fonde : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le fondamentalisme chrétien ne conduit pas à la violence mais à la SAINTETÉ"

Posté le 24 octobre 2016 à 12h18 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

Les cultures de la mort et les dictatures du relativisme veulent faire reconnaître le droit à l’enfant

Extrait de l'enseignement sur le thème de la famille et des vocations donné par le Père Bernard, modérateur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame le 23 octobre :

Pbd_1_200"La Famille chrétienne, comme une petite église domestique, et les vocations.

Saint Jean-Paul II présentait ainsi la Famille chrétienne : intime communauté de vie et d’amour, sanctuaire de la vie et petite église domestique. La famille chrétienne est une « intime communauté de vie et d’amour », parce que Dieu a uni les époux, par le sacrement du mariage, dans le «deux en un». Ce « deux en un » est une réalité plus grande encore que la fusion de deux métaux en un seul et nouveau métal ! La famille est « sanctuaire de la vie », parce que la vie humaine n’est pas le produit d’un acte technique d’un scientifique mais le fruit de l’acte d’amour de l’époux et de l’épouse. La famille est comme une « petite église domestique », parce qu’en elle l’enfant apprend à connaître et aimer Dieu et est éduqué dans la Foi par ses parents, les premiers responsables de la transmission de leur Foi. La famille chrétienne a vraiment une mission irremplaçable en vue des vocations.

Mission irremplaçable, parce qu’elle est ouverte à la vie !

Paul VI et Jean-Paul II ont particulièrement souligné l’importance de l’ouverture à la vie des époux, en développant les notions de paternité responsable et d’époux procréateurs. Les époux chrétiens, en effet, sont appelés par Dieu à collaborer à sa mission de Créateur. Ils ne sont pas les co-créateurs de leurs enfants, mais les pro-créateurs. Dieu Seul est le Créateur, la Cause première de la création de l’être, mais Dieu ne veut pas créer l’homme sans les époux. Il ne crée l’âme spirituelle que si, auparavant, les époux se sont unis dans leur acte d’amour conjugal. Les époux procréateurs se savent les collaborateurs de Dieu, qui veut Se donner à une multitude d’hommes et de femmes, créés à son image et ressemblance. Par leur union à Dieu, les époux comprennent l’importance de l’ouverture à la vie pour le monde, l’Eglise et le Ciel. Les époux procréateurs considèrent l’enfant comme un don de Dieu.

DSC_4289L’enfant n’est pas une production humaine mais un don de Dieu

Notre Pape François vient de dire qu’il existait une guerre mondiale contre la famille. Cette déclaration a suscité une réaction en chaîne en France. Pourtant, telle est bien la vérité. Les familles, qui se sont levées en France depuis le 13 janvier 2013, ne cessent pas de résister contre la déconstruction du mariage, la défiguration du bel amour, la désacralisation de la vie. Oui, le Saint-Père a raison : la guerre mondiale contre la famille, l’amour et la vie est une réalité de notre monde. La famille selon le plan de Dieu est en danger, mais la famille n’est pas morte. La manif pour tous de dimanche dernier à Paris l’a, une nouvelle fois, démontré !

Bien chères familles, n’ayez pas peur d’aller à contre-courant, comme nous le demande le Pape François, en témoignant de votre fidélité à votre sacrement de mariage et de votre fidélité à la Volonté de Dieu ! Les cultures de la mort et les dictatures du relativisme veulent faire reconnaître par la GPA et la PMA le droit à l’enfant. Un tel droit contredit le plan de Dieu. L’enfant n’est pas un objet, une chose mais un sujet, une personne libre. Aucun être humain n’a droit de propriété sur l’enfant. Les époux chrétiens, en considérant l’enfant comme un don de Dieu et en exerçant leur mission de paternité responsable comprennent que leur enfant a une destinée éternelle en Dieu : il est appelé à peupler le Ciel ! Ils comprennent aussi qu’ils doivent l’éduquer en lui permettant de développer sa liberté pour choisir l’état de vie auquel Il est librement appelé par Dieu : le mariage, le sacerdoce ou la vie consacrée. Jésus a besoin de familles, qui considèrent l’enfant comme un don de Dieu, pour pouvoir appeler à la vie sacerdotale ou religieuse. Les familles, qui militent pour le droit à l’enfant, risquent de programmer l’avenir de leur enfant selon leurs seuls désirs. La vocation sacerdotale ou religieuse n’est absolument pas envisagée. Bien chères familles, n’ayez pas peur d’imiter la famille de Louis et Zélie Martin. Ils ont eu 9 enfants. Cinq filles ont survécu dont la petite dernière, Thérèse. Ces 5 filles sont, toutes, devenues religieuses !

L’amour, don désintéressé des époux rayonne le véritable amour et éduque au don généreux de soi

La famille chrétienne, a écrit Saint Jean-Paul II dans sa lettre aux familles, éduque au véritable amour qu’est le don désintéressé de soi. Pour éduquer à un tel amour, il est nécessaire de le vivre. Les époux, qui ont fait le choix de la fidélité à Humanae Vitae, vivent un tel amour et le rayonnent. Ils éduquent leurs enfants à ce don désintéressé d’eux-mêmes. Si Jésus lance à l’un de leurs enfants son appel à l’Amour, cet appel pourra être entendu, parce que l’enfant a été éduqué à se donner gratuitement dans la famille. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, docteur de la science de l’amour divin, a été inspirée par l’Esprit-Saint pour dire ce qu’était l’amour : aimer c’est tout donner et se donner soi-même. Le témoignage de ses parents l’a aidée pour découvrir cela. Jésus et l’Esprit-Saint l’ont ensuite éclairée. Mère Marie-Augusta a compris, dans sa prière, que Se donner, c’était le Nom et l’Histoire de Dieu. Se donner, disait-elle, c’est le besoin de l’Amour. Merci, chers époux chrétiens, vous qui donnez à vos enfants ce témoignage journalier de votre don. Jésus pourra, en vos familles, appeler de nouvelles vocations. L’individualisme et l’égoïsme sont de grands obstacles aux vocations sacerdotales et religieuses. La famille chrétienne qui éduque au don désintéressé de soi est bien irremplaçable pour l’éclosion des nouvelles vocations dont l’Eglise a besoin !

La Famille chrétienne et la Messe, l’adoration et la prière du chapelet

Notre Eglise occidentale souffre de la crise des vocations. Nous ne devons pas nous décourager, cependant. Toute crise est un défi à surmonter. Mais pour qu’il soit surmonté, il est urgent de retrouver la participation en famille à la Messe dominicale, mais aussi à la Messe en semaine, à l’adoration du Saint-Sacrement et au chapelet quotidien en famille. La famille de Louis et Zélie Martin, première famille canonisée, doit être votre modèle. Nos Foyers amis s’efforcent de les imiter. Aujourd’hui, il n’est pas souvent possible aux époux qui ont de petits enfants de pouvoir participer à la Messe quotidienne comme le faisaient Louis et Zélie. A l’impossible, nul n’est tenu, mais vous pouvez, par contre, prendre un moment avec vos enfants pour adorer Jésus dans le Saint-Sacrement. Vous pouvez aussi vous organiser pour dire, chaque jour, en famille le chapelet. Vous serez ainsi une véritable petite église domestique. Vous n’aurez pas peur de prier et faire prier pour que l’un ou l’autre de vos enfants soit appelé par Jésus. Quelle joie sera la vôtre si Jésus fait ce don de la vocation sacerdotale ou religieuse à un ou à plusieurs de vos enfants !

La joie de l’amour

Notre Pape François a donné comme titre à l’Exhortation sur la famille, fruit des deux Synodes sur la famille : Amoris laetitia, la joie de l’amour. Comme les membres des deux Synodes l’ont rappelé, cette joie de l’amour est le fruit du bel amour que l’Eglise, dans son Magistère universel, n’a jamais cessé d’annoncer. L’Eglise n’est pas l’Eglise du « non » à la joie de l’amour, mais elle est l’Eglise du « oui » au bel amour. Les époux, qui rayonnent la joie de leur amour, peuvent être des collaborateurs efficaces de Jésus et de son Eglise pour la naissance de nouvelles vocations sacerdotales et religieuses. Dieu, bien évidemment, peut appeler des garçons et des filles, qui ne connaissent pas cette joie de l’amour dans leur famille. Sa Grâce est toute puissante et efficace. Rien ne lui est impossible ! Rayonnez la joie de votre amour. N’ayez pas honte de votre appartenance à l’Eglise, ne rougissez pas de Jésus et de son évangile. Laissez-vous guider par le Cœur Immaculé de Marie, Notre-Dame des Neiges, et, malgré vos défauts et vos péchés, Jésus, par Son Esprit-Saint, vous aidera à réaliser en votre vie d’époux et de parents le plan de son Père. Votre mission n’est pas facile en ces temps de grands troubles. Vous êtes angoissés en pensant à l’avenir qui s’annonce maussade. Plusieurs parmi vous souffrent de ne pas avoir de travail et sont inquiets pour savoir comment ils pourront faire vivre leur famille si la crise s’aggrave encore. Notre Père Fondateur nous invitait toujours à méditer la fin du chapitre 6 de Saint Matthieu : Dieu, qui habille magnifiquement les fleurs des champs et s’occupe si bien des oiseaux, veille davantage encore sur ceux et celles qui sont créés à son image et ressemblance. N’ayez pas peur de donner la vie, malgré la crise économique de notre temps ; n’ayez pas peur d’être les collaborateurs de Dieu pour la création de nombreux enfants, appelés à peupler son Ciel et dont certains pourront être les prêtres et les consacrés dont notre Eglise a besoin (...)"

Posté le 24 octobre 2016 à 12h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

10 octobre 2016

Ils ont choisi de rester fidèles au Christ jusqu’à la mort en refusant d'embrasser l'islam

Lu ici :

Sans-titre"En février 2015, le monde entier était en état de choc au vu des images effroyables de l’exécution de vingt-et-un chrétiens coptes égyptiens sur une plage de Libye. La vidéo qui montre le groupe d’hommes revêtus d’un uniforme orange, sur le chemin de la mort, est devenue un symbole de la cruauté et de la lâche sauvagerie des terroristes de l’État islamique. Les scènes étaient précédées d’un titre menaçant : « Un message signé avec du sang à la nation de la Croix ».

Selon Jacqueline Isaac, militante des droits de l’homme, les médias du monde ont occulté un message essentiel de la vidéo en la diffusant. Et pas nécessairement pour censurer des scènes d’une violence inouïe, mais pour éviter de montrer le moment où les victimes refusent d’embrasser l’islam par la force.

Certains des chrétiens martyrs ont récité devant les caméras leur dernière prière. Sur le point d’être décapités, tous ont crié en choeur « Ya Rabbi Yassu », une invocation commune aux chrétiens coptes égyptiens et qui signifie « Oh, mon Seigneur Jésus ». Ce que confirme le répugnant sous-titrage de la vidéo : « Ils supplient celui qu’ils adorent et meurent de leur paganisme. »

Walid Shoebat, auteur spécialisé dans le terrorisme, résume : « Ils leur ont donné le choix entre se convertir et mourir. Et tous ont choisi de rester fidèles [au Christ] jusqu’à la mort »."

Posté le 10 octobre 2016 à 06h42 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

06 octobre 2016

L’Eglise doit examiner l’opportunité ecclésiale et pastorale des immenses célébrations

Du cardinal Sarah dans La Force du Silence :

M"Aujourd’hui, certains prêtres traitent l’Eucharistie avec un parfait mépris. Ils voient la messe comme un banquet bavard où les chrétiens fidèles à l’enseignement de Jésus, les divorcés remariés, les hommes et les femmes en situation d’adultère, les touristes non baptisés qui participent aux célébrations eucharistiques des grandes foules anonymes peuvent avoir accès au corps et au sang du Christ, sans distinction. L’Eglise doit examiner avec urgence l’opportunité ecclésiale et pastorale de ces immenses célébrations eucharistiques composées de milliers et de milliers de participants. Il y a un grand danger à transformer l’Eucharistie, « le grand mystère de la foi », en une vulgaire kermesse et à profaner le corps et le précieux sang du Christ. Les prêtres qui partagent les saintes espèces en ne connaissant personne et donnent le Corps de Jésus à tous, sans discernement entre les chrétiens et les non-chrétiens, participent à la profanation du Saint Sacrifice eucharistique. Ceux qui exercent l’autorité dans l’Eglise deviennent coupables, par une forme de complicité volontaire, en laissant opérer le sacrilège et la profanation du corps du Christ dans ces gigantesques et ridicules autocélébrations, où si peu perçoivent que « vous annoncez la mort du Seigneur jusqu'à ce qu’il vienne » (1 Co. 11,26)."

Posté le 6 octobre 2016 à 17h24 par Michel Janva | Lien permanent

05 octobre 2016

Amoris Laetitia : une des meilleures études sur ce sujet

La revue Sedes Sapientiæ a publié dans son dernier numéro (n° 137) une étude sur « l’imputabilité du péché mortel dans l’exhortation apostolique Amoris lætitia ». Le blog de l'Homme Nouveau en reproduit une partie. Extrait :

A"Bien qu’elle soit dépourvue de valeur normative au plan doctrinal, l’exhortation apostolique ne peut manquer d’attirer l’attention du théologien. En effet, l’affirmation centrale du chapitre 8 d’AL sur l’imputabilité du péché mortel apparaît comme inédite dans un document magistériel. D’où la question de sa compatibilité avec l’enseignement formel de l’Église sur le sujet.

  1. Un enseignement nouveau

Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) distingue deux catégories de péchés en fonction de leur gravité: le péché mortel, infraction grave à la loi divine, qui détruit la grâce sanctifiante et la charité (CEC, n° 1855 : « Lepéché mortel détruit la charité dans le cœur de l’homme par une infraction grave à la loi de Dieu ; il détourne l’homme de Dieu, qui est sa fin ultime et sa béatitude en Lui préférant un bien inférieur. »), et le péché véniel, qui laisse subsister la grâce sanctifiante, mais s’oppose à la tendance actuelle de l’homme vers Dieu (CEC, n° 1855). D’après le CEC, «pour qu’un péché soit mortel, trois conditions sont ensemble requises : “Est péché mortel tout péché qui a pour objet une matière grave, et qui est commis en pleine conscience et de propos délibéré.” » La matière grave, condition objective du péché, est déterminée par les dix commandements (CEC, n° 1858). Les autres conditions, relatives au sujet qui agit, déterminent le caractère volontaire et donc imputable de l’acte :

Le péché mortel requiert pleine connaissance et entier consentement. Il présuppose la connaissance du caractère peccamineux de l’acte, de son opposition à la loi de Dieu. Il implique aussi un consentement suffisamment délibéré pour être un choix personnel. L’ignorance affectée et l’endurcissement du cœur (cf. Mc 3, 5-6 ; Lc 16, 19-31) ne diminuent pas, mais augmentent le caractère volontaire du péché (CEC, n° 1859).

Selon le CEC, pèche mortellement celui qui a conscience que tel acte porte sur une matière grave et qui en fait néanmoins l’objet d’un choix délibéré (l’ignorance volontaire ou l’endurcissement du cœur, c’est-à-dire le ferme propos de persister dans le péché connu comme tel, ou du moins l’approbation formelle d’un comportement moralement mauvais, aggrave subjectivement la gravité de la faute. Cf. Rm 1, 32.). Certes, en altérant le caractère volontaire de l’acte, certains conditionnements peuvent en diminuer la gravité subjective, et même la supprimer:

L’ignorance involontaire peut diminuer sinon excuser l’imputabilité d’une faute grave. Mais nul n’est censé ignorer les principes de la loi morale qui sont inscrits dans la conscience de tout homme. Les impulsions de la sensibilité, les passions peuvent également réduire le caractère volontaire et libre de la faute, de même que des pressions extérieures ou des troubles pathologiques. Le péché par malice, par choix délibéré du mal, est le plus grave (CEC, n° 1860).

L’imputabilité de la faute dépend donc de son caractère volontaire. Ainsi, tout ce qui trouble le fonctionnement de l’intelligence et de la volonté, par conséquent la maîtrise de l’homme sur ses actes, tend à diminuer la gravité de la faute. Une ignorance involontaire, une passion violente susceptible de troubler le jugement de conscience ou d’entraîner les facultés motrices avant la délibération, des pathologies qui suscitent des comportements compulsifs, des «pressions extérieures» qui limitent ou suppriment l’autonomie du sujet peuvent donc faire qu’un acte portant sur une matière grave soit, pour le sujet qui le commet, un simple péché véniel ou même un acte indifférent.

Or, à ces conditionnements, AL ajoute d’autres facteurs, censés diminuer l’imputabilité de l’acte objectivement désordonné sans diminuer son caractère volontaire, puisque l’acte gravement désordonné reste délibérément choisi:

Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les « valeurs comprises dans la norme » ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute (301).

Il s’agit donc de faire le choix de vivre ou de continuer à vivre dans une situation objective de péché sans que ce choix soit imputable ou pleinement imputable, en raison de circonstances qui rendent moralement impossible une autre décision. Rompre avec le péché en prenant les moyens appropriés serait trop onéreux pour le sujet et son entourage, étant donnée leur situation concrète. [Lire la suite]"

Par ailleurs, le père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, a réalisé de son côté une étude critique sur le chapitre 8 de l’Exhortation apostolique Amoris Laetitia. Elle a été  communiquée, avant sa publication dans la revue Sedes Sapientiæ à plusieurs évêques et cardinaux qui ont manifesté leur gratitude et leur accord. Le cardinal Carlo Caffarra, célèbre moraliste, premier Président de l’Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille, et archevêque émérite de Bologne, a notamment écrit:

« J’ai lu et relu avec grande attention le texte que vous m’avez envoyé. C’est un texte excellent, que j’approuve pleinement. C’est une des meilleures études que j’ai lu sur ce sujet. »

Posté le 5 octobre 2016 à 12h21 par Michel Janva | Lien permanent

03 octobre 2016

4 octobre : conférence à paris sur les anges

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Posté le 3 octobre 2016 à 18h52 par Michel Janva | Lien permanent

La véritable urgence : retrouver le sens de Dieu

Après le succès de Dieu ou rien (Fayard, 2015), le cardinal Robert Sarah publie début octobre un nouveau livre avec Nicolas Diat : La Force du silence. Il est interrogé dans La Nef de ce mois. Extraits :

Couverture285"[...] Il est temps de retrouver l'ordre véritable des priorités. Il est temps de remettre Dieu au centre de nos préoccupations, au centre de notre agir et de notre vie, à la seule place qu’Il doit occuper. Ainsi, notre cheminement chrétien pourra graviter autour de ce Roc, se structurer dans la lumière de la foi et se nourrir dans la prière, qui est un moment de rencontre silencieuse et intime où l’homme se tient face à face avec Dieu pour l’adorer et lui exprimer son amour filial.

Ne nous trompons pas. La véritable urgence est ici : retrouver le sens de Dieu. Or le Père ne se laisse approcher que dans le silence. Ce dont l'Église a le plus besoin aujourd'hui, ce n'est pas d'une réforme administrative, d'un programme pastoral de plus, d’un changement structurel. Le programme existe déjà : c’est celui de toujours, tiré de l’Evangile et de la tradition vivante. Il est centré sur le Christ lui-même que nous devons connaître, aimer, imiter, pour vivre en Lui et par Lui, transformer notre monde qui se dégrade car les hommes vivent comme si Dieu n’existait pas. Comme prêtre, comme pasteur, comme Préfet, comme Cardinal, ma priorité est de dire que Dieu seul peut combler le cœur de l'homme.

Je crois que nous sommes victimes de la superficialité, de l’égoïsme et de l'esprit mondain que répand la société médiatique. Nous nous perdons dans des luttes d'influences, des conflits de personnes, dans un activisme narcissique et vain. Nous nous gonflons d’orgueil, de prétention, prisonnier d’une volonté de puissance. Pour des titres, des charges professionnelles ou ecclésiastiques, nous acceptons de viles compromissions. Mais tout cela passe comme la fumée. Dans mon nouveau livre, j'ai voulu inviter les chrétiens et les hommes de bonne volonté à entrer dans le silence ; sans lui, nous sommes dans l'illusion. La seule réalité qui mérite notre attention, c'est Dieu lui-même, et Dieu est silencieux. Il attend notre silence pour se révéler.

0Retrouver le sens du silence est donc une priorité, une nécessité, une urgence. Le silence est plus important que toute autre œuvre humaine. Car il exprime Dieu. La véritable révolution vient du silence, elle nous conduit vers Dieu et les autres pour nous mettre humblement à leur service. [...]

Dans le monde moderne, l'homme silencieux devient celui qui ne sait pas se défendre. Il est un « sous-homme » face au soi-disant fort qui écrase et noie l'autre dans les flots de ses discours. L'homme silencieux est un homme en trop. C'est la raison profonde des crimes abominables ou du mépris et de la haine des modernes contre ces êtres silencieux que sont les enfants non nés, les malades ou les personnes en fin de vie. Ces hommes sont les prophètes magnifiques du silence. Avec eux, je ne crains pas d'affirmer que les prêtres de la modernité, qui déclarent une forme de guerre au silence, ont perdu la bataille. Car nous pouvons rester silencieux au milieu des plus grands fatras, des agitations abjectes, au milieu des vacarmes et des hurlements de ces machines infernales qui invitent à l'activisme en nous arrachant à toute dimension transcendante et à toute vie intérieure. [...]

La liturgie est malade. Le symptôme le plus frappant de cette maladie est l'omniprésence du micro. Il est devenu si indispensable qu'on se demande comment on a pu célébrer avant son invention ! Le bruit du dehors, et nos propres bruits intérieurs, nous rendent étrangers à nous-mêmes. Dans le bruit, l’homme ne peut que déchoir dans la banalité : nous sommes superficiels dans ce que nous disons, nous prononçons des discours creux, où l’on parle et parle encore… jusqu’à ce qu’on trouve quelque chose à dire, une sorte de « mélimélo » irresponsable fait de blagues et de mots qui tuent. Nous sommes superficiels aussi dans ce que nous faisons : nous vivons dans une banalité, prétendument logique et morale, sans rien y trouver d’anormal. Nous sortons souvent de nos liturgies bruyantes et superficielles sans y avoir rencontré Dieu et la paix intérieure qu’il veut nous offrir.

Posté le 3 octobre 2016 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

28 septembre 2016

Vendredi 30 septembre : adoration de réparation pour les outrages envers l’Eucharistie et en faveur du sacerdoce

Les adorations de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney auront lieu tous les derniers vendredi de chaque mois, de 20h à 21h30 à Saint Joseph de Pont-du-Las à Toulon.

Celle de ce vendredi, sera tout spécialement pour réparer la profanation qui a eu lieu dans la nuit du dimanche au lundi, à l'église Saint Henri de Neuilly-Plaisance. Les hosties ont été hélas profanées aussi.

445abf_9bec4780d0ee4d56bedb80c6ba4de50bAIMER,REPARER, CONSOLER LE COEUR SACERDOTAL DE JESUS

Posté le 28 septembre 2016 à 22h42 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 août 2016

La Révélation face aux idoles modernes

Pierre Durieux vient de publier La méthode simple pour commencer à croire, Les clés du Royaume sont sous le paillasson. Il est interrogé par L'Homme Nouveau. Extrait :

C"[...] La vie intérieure est en état de survie extérieure, tant le monde moderne semble unanime pour la faire disparaître. L’écran est devenu la seule idole à laquelle il convient de sacrifier plusieurs heures par jour. Le petit écran, plusieurs fois par heure. Ce que Dieu n’avait pas osé demander à l’homme, l’homme l’a donné à quelques petits bouts de métal et de verre de sa fabrication. J’aime mon iPhone, mon iPad, et surtout… mon iDole.

Dans cette lutte invisible qui se joue au-dessus de nos têtes, la tentative d’effacement des signes de Dieu semble ne plus être la seule stratégie. Une autre tendance semble désormais vouloir copier, reproduire, dupliquer Dieu, son Église, son œuvre.

Pour parodier les prophètes, sont venus les astrologues et les cartomanciens. La raison a fort heureusement chassé l’obscurantisme de nos médias, mais l’horoscope prospère dans la plupart de nos journaux. Pour parodier les miracles, est venu le temps de la magie blanche et du New Âge. Nul ne croit plus au Saint-Esprit mais les esprits, les fantômes sont devenus des certitudes chez beaucoup.

Plus de messe, mais des célébrations de masse avec ses nouveaux calices, la coupe du monde et la coupe de l’Euro ! Si une équipe se qualifie, c’est la consécration.

Aujourd’hui, dans les clubs, les ONG, l’éducation, les mairies : on veut recréer une église. Baptême républicain, mariage et cérémonie funéraires : il n’y a plus de pères, mais heureusement, on a des maires… Le plus souvent, s’ils terminaient leur propos par « Alleeeeeeeez dans la paix du Christ ! » on leur répondrait sans même réaliser qu’on se trouve dans une préfecture ou dans un ministère. Regardez les plafonds de nos édifices publics : ils sont peuplés d’anges et de créatures célestes…

Même dans les clubs philanthropiques, on crée des initiations, des célébrations, des parodies de l’Eucharistie, etc.

La liste pourrait s’allonger à l’envi tant notre monde ne s’est fondamentalement construit qu’autour de cette référence première : Jésus. Il faut réécouter le générique du capitaine Flam, pour réaliser que notre société ne sait pas faire autre chose que du christianisme de deuxième classe : « Capitaine Flam, tu n’es pas de notre galaxie mais tu descends jusqu’ici pour sauver tous les hommes… ». Robocop, Superman, Spiderman ne font que revisiter le mystère de la rédemption, avec quelques variantes colorées bien sûr.

Souvent contrée, plus souvent encore parodiée, la foi chrétienne souffre désormais d’une menace plus dangereuse et plus mortelle que les autres : l’oubli. C’est contre ces trois risques que j’ai voulu écrire ce petit livre. Chacun des trois attestent à sa façon de la grandeur de la Révélation. [...]"

Posté le 31 août 2016 à 15h18 par Michel Janva | Lien permanent

29 août 2016

Propagation de l’Évangile et de la foi chrétienne sur la terre

Posté le 29 août 2016 à 09h06 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)

18 août 2016

Amoris Laetitia : la requête des 45 théologiens

L'Homme Nouveau publie l'intégralité de la requête effectuée par 45 théologiens et personnalités catholiques au Doyen du Sacré Collège, le cardinal Sodano, et à tous les cardinaux et patriarches de l’Église,concernant l’exhortation apostolique Amoris lætitia.

"Considérant la confusion causée dans l’Église par l’Exhortation, en raison de son désaccord apparent avec un certain nombre d'enseignements sur la foi et la morale, ces signataires s’étaient sentis obligés en conscience de dire publiquement aux autorités hiérarchiques que cette situation posait un grave danger pour les âmes (cf. saint Thomas, sur le devoir pour les inférieurs de corriger leurs supérieurs publiquement quand il y a un danger imminent pour la foi, Somme de Théologie, IIa IIae q 33 a 4, et Canon 212, §3).

Ce document n’était pas destiné à être rendu public. Il s’adressait légitimement aux autorités de l’Église en leur demandant d’intervenir. Ce texte, qui n’était donc pas une lettre ouverte, a cependant fait l’objet d’une fuite dans le journal australien The Australian. Plusieurs sites et publications en ont parlé par la suite, le publiant en tout ou en partie. Pour le public français, il a semblé bon de le faire connaître pour qu’un jugement puisse s’effectuer à partir d’une vision non tronquée du texte et des signataires. Ces derniers ont organisé leur texte en citant les passages de l'exhortation qu'ils mettent en cause, puis en indiquant le degré d'erreur et en citant les références des textes du magistère antérieur sur lesquels ils s'appuient. Prenant acte du fait que l’Exhortation ne se présente pas comme un texte ayant autorité magistérielle, les théologiens signataires estiment que l'on trouve dans l’Exhortation 11 propositions qu’ils qualifient d’hérétiques et 8 propositions qu’ils estiment fausses et scandaleuses, à tout le moins tels que les termes de l’Exhortation peuvent être compris par un lecteur moyen, prout sonant, selon l’expression technique, c’est-à-dire sans tordre le sens des mots. Le but des signataires était de demander à ces hauts prélats d’exhorter le Pape à remédier à cette situation en condamnant par un acte juridique ces propositions, dans le sens où elles apparaissent à tous. Nous publions donc cette étude à titre de document et d'information."

Lire ce document.

Posté le 18 août 2016 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent

17 août 2016

Des Pokemons à la communion des saints ?

Du père Hervé Tabourin (Riaumont) :

""Je crois en la communion des saints", nous rappelle le Credo. Et cette communion des saints c'est la réalité vivante de l’Église déjà dans l'au-delà, mais unie à celle de la terre. Le courant de grâce qui s'échange entre nous, pèlerins d'ici-bas et l’Église du ciel.

Nous avons bien du mal à prendre conscience de cette présence invisible aux yeux du corps. Aussi je voudrais prendre une image pour soutenir un regard de Foi sur ce monde visible et invisible. Permettez-moi de prendre l'exemple d'une parabole pour notre temps, et qui s'appelle... PokemonGo ! Même si cela peut sembler étonnant, je suis sûr que ce nom a déjà retenu votre attention.

Il s'agit d'un des premiers jeu de réalité augmentée, lancé massivement cette année. Mais qui ouvre sûrement la voie d'une longue série d'autres, où le virtuel s'incrustera de plus en plus dans notre vraie vie.

En gros, il s'agit de remarquer autour de nous de sympathiques créatures invisibles (les fameux Pokemons) pour ne pas passer à côté des pouvoirs qu'ils vous offrent. Une sorte de chasse au trésor virtuelle.

Même si je n'ai pas de smartphone, un de mes neveux m'a expliqué tout cela cet été. Je me suis dit alors que, sans attendre de capturer Pikatchu avec une pokeball, cela fait des décennies que je jouais déjà au SpiriGo, et que je combats dans les arènes de la tentation !

Les moines m'en ont transmis le virus. Laissez moi vous expliquer un peu, et vous pourrez essayer gratuitement à votre tour, sans risque que le GPS épuise votre batterie...

Cela fait déjà longtemps que le Bon Dieu est jaloux de votre portable [goo.gl/Uj0fw6]. Il a beau faire sonner toutes les cloches de ses églises, il n'y a pas grand monde qui répond... Alors qu'à l'inverse nous nous précipitons vers chaque appel électronique, laissant tout en plan, plus vite que nos aïeux entendant sonner l'Angelus !

Pourtant, tout autour de nous, combien de clochers, de statues, de calvaires, d'oratoires, ou d'images saintes auxquels nous ne prêtons même plus attention ? L' habitude de les voir fait que ces statues muettes semblent avoir perdu leur pouvoir d'évocation...

Mais pour reprendre la métaphore, ils demeurent d'authentiques Pokestops ! Ces signes de Dieu sont là pour nous offrir sa grâce. Appelés à être les sacramentaux d'une réalité invisible et pourtant bien présente. Encore faut-il les voir avec les yeux de l'âme !

Moi j'appelais cela mon jeu de cache-cache. J'y gagne à chaque fois que je pense à sourire ou à faire un discret signe de tête à ces crucifix devant lesquels je passe toute la journée. Sinon ils restent là, sans servir à grand chose. Témoins de l'invisible, devant lesquels on passe trop souvent sans les voir....

Cela fait des siècles que les religieux ont appris à saluer le nom de Marie ou de Jésus d'une très légère inclinaison de tête. On l'oublie facilement, mais tout le jeu c'est d'essayer d'y faire attention. C'est cela vivre dans la communion des saints !

Présence des saints et des anges qui n'est pas une réalité virtuelle, comme à travers l'écran de vos smartphones, mais simplement la vraie réalité augmentée, grâce aux yeux de la Foi.

Lors de l'apparition de la médaille miraculeuse (rue du Bac) certaines pierres précieuses ne projetaient pas de rayons des mains de la Ste Vierge :  "c’est l’image des grâces que l’on oublie de me demander". Quel dommage de passer à côté...

Alors prêts à jouer, sans perdre tant d'instants de grâces ? SpiriGo  : attrapez-les tous !"

Posté le 17 août 2016 à 10h15 par Michel Janva | Lien permanent

15 août 2016

#15août - Regnum Galliae, Regnum Mariae

Un bel article d'Angélique Provost pour le 15 août :

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"Cela ne fait pas même encore cent cinquante ans que la fête de notre pays a lieu le 14 juillet. Auparavant, les festivités nationales prenaient place le 15 août ! Jour de la saint Napoléon pour un temps, elle fut longtemps si importante en raison de la fête religieuse qui figure au calendrier liturgique ce jour là : l’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie !

Appelée aussi « Dormition » dans le rite oriental, elle fut instaurée comme dogme de foi seulement en 1950 par la constitution apostolique Munificentissimus du bon pape Pie XII. Elle prenait pourtant sa place d’honneur au calendrier des fêtes françaises bien plus tôt, puisque ce fut Louis XIII le 10 février 1638 qui lui offrit le titre de fête nationale.

La génuflexion d’un chef d’État 

Que signifia ce geste ?

Imagineriez vous aujourd’hui le chef d’État de notre douce France plier le genou devant la sainte Vierge pour lui confier son mandat ? Non. Simplement parce que cette démarche demande une humilité indicible, tant la génuflexion d’un chef d’État devant une puissance souveraine symbolise la soumission. Ce ne fut pourtant pas, en son temps, considéré comme une faiblesse du bon roi ! Sujets et puissances voisines n’y ont jamais vu un acte de désespoir du souverain, ni d’incapacité à gouverner : seulement la reconnaissance que son pouvoir était issu du droit divin, et que, de ce fait, il était sain et juste de remettre son Royaume avec confiance sous la protection de la mère de la Providence.

La France sous la protection de la Vierge 

Voici donc de quoi se souvenir, en ces temps troublés, en ces temps de guerre, ainsi que l’a signifié le successeur de saint Pierre, que la France, fille aînée de l’Église est depuis des siècles sous la protection de la mère de Dieu. Ce n’est pas rien ! Combien de fois la sainte Vierge a su défaire les nœuds les plus étroits de notre histoire ? Rappelons nous en ce 15 août, que la dévotion à Marie a déjà sauvé la France. Le plus pertinent à citer ces temps ci, aux vues du terrorisme instauré par l’islam de Daesh, sera la bataille de Lépante. Un affrontement meurtrier entre monde chrétien et monde musulman : la victoire est donnée, contre toute attente à la flotte occidentale contre la flotte musulmane dite insubmersible. Et comment ? Grâce à l’appel universel du pape, exhortant la chrétienté à prier le Rosaire. C’est le Rosaire qui donne la victoire, il est une véritable croisade non sanglante.

Le salut de la France meurtrie serait donc entre nos mains ? N’en doutons pas, la prière triomphe de tout. En 1637, Louis XIII prévoit cette consécration à la sainte Vierge comme offrande pour obtenir la venue d’un héritier, qu’il obtint promptement. 2017 approche, et l’avenir de la France est incertain : prions donc le rosaire afin d’obtenir un bon chef d’état. Il appartient à chaque enfant de France de prier pour ses dirigeants, profitons donc de ce 15 août pour assaillir le ciel de nos Ave : Louis XIII, Notre Dame de France, saint Jacques Hamel… Sauvez la France !"

Bonne et sainte fête de l'Assomption !

Posté le 15 août 2016 à 09h13 par Marie Bethanie | Lien permanent

La popularité de la Sainte Vierge en France n'a jamais cessé

Extrait de l'homélie de Dom Coureau, père abbé de Triors, en cette fête du 15 août :

"La piété populaire est plus tenace qu’il n’y paraît, toute fragile qu’elle soit et parfois même bien ambiguë. Elle devance souvent la réflexion de la sagesse théologique qui sort enfin de sa léthargie. Malgré les apparences, la fête de ce jour reste bien ancrée au cœur des masses, plus chrétiennes qu’il n’y paraît. Le journal « La Croix » le reconnaissait récemment (12 août) : près d’un Français sur deux déclare prier la Vierge Marie, indice d’une réelle popularité mariale du pays. Cette popularité n’a jamais cessé, soutient un prêtre, spécialiste en la matière. Elle n’a pratiquement pas suivi les fluctuations de la pratique religieuse qui, elle, s’est affaissée. Les pratiques de piété mariale restent vivaces, chapelet des groupes du Rosaire, pèlerinages et processions de la Vierge vers les hauts-lieux mariaux qui sont considérables et extraordinaires. On pense bien sûr à Lourdes ou à Fourvière, mais aussi à tant de sanctuaires et d’églises, où la Vierge Marie rassemble enfants, adolescents, hommes, femmes, grands-parents, personnes d’origine populaire ou bourgeoise. Marie rebat les cartes des inégalités sociales, souligne encore cet article, avec le fait significatif que Marie apparaît le plus souvent à des gens qui ne sont généralement pas admirés par la société civile : des enfants, des malades, des personnes d’origine sociale plutôt populaire. Avec elle, les petits deviennent grands, conclut-il avec bonheur.

Récemment les évêques de France ont prescrit de jeûner, avant d’instaurer une neuvaine de prière pour la paix, clôturée ce matin par la sonnerie des cloches de nos églises. Cet humble acte de foi et de confiance entend arracher les fidèles à la peur panique que cherche à instaurer le terrorisme actuel : Prière et pénitence, prescrivait déjà Notre Dame à Lourdes. L’archevêque de Rennes voit là une nécessaire réponse à cette « guerre mondiale par morceaux » dont parle souvent le pape François. Prier pour la France, poursuit Mgr d’Ornellas, c’est prier pour que se lèvent des prophètes qui maintiennent en éveil la conscience de la dignité de l’être humain et de sa dimension religieuse. Prier pour la France signifie s’inscrire dans une tradition chrétienne multiséculaire de charité, pour que celle-ci continue d’irriguer les manières de relever de nouveaux défis. La charité n’est pas naïve : elle appelle à un surcroît d’intelligence créatrice et d’engagement social et politique. Charité et justice sont la trace concrète de l’œuvre de l’Esprit en notre histoire chaotique.

Prier Marie dans sa gloire est donc le réflexe de beaucoup en ce temps de menace. Il faut l’entretenir. De même il faut adorer le Saint-Sacrement, surtout là où il est exposé à la piété des fidèles. N’ayez pas peur, continue de nous y dire Jésus. Prions pour nos persécuteurs potentiels, prions pour leur conversion, afin que notre doux Père des cieux leur fasse connaître son Fils tel qu’il est et non tel qu’ils l’imaginent. Il se peut d’ailleurs que les musulmans de bonne foi soient légion, aptes à être intégrés dès lors dans la communion des saints, spécialement ceux d’entre eux qui seraient au Purgatoire ; aptes à être intégrés alors dans l’unique plan du salut, car il n’y a pas d’autre nom que Jésus pour nous sauver (Act. 4,10). Avec eux alors, nous supplions le Bon Dieu par sa Mère glorieuse que le monde ne devienne pas un enfer, car tel n’est pas du tout le plan de Dieu. Par sa miséricorde, il veut au contraire que nous désirions aller au ciel avec Marie qui voit et adore Jésus, amen."

Posté le 15 août 2016 à 09h07 par Michel Janva | Lien permanent

07 août 2016

Robert Spaemann : « Le problème le plus important est celui de l'orientation de l'autel »

Robert Spaemann, grand ami du Pape émérite Benoît XVI, s’est récemment signalé par une intervention très critique sur Amoris lætitia. Paix Liturgique publie les réflexions sur la liturgie qu’il livrait à l’abbé Claude Barthe pour l’ouvrage d’entretiens Reconstruire la liturgie, publié aux éditions François-Xavier de Guibert en 1997, soit 10 ans avant le Motu Proprio Summorum Pontificum. Extraits :

"[…] Que suggéreriez-vous pour commencer à modifier le sort liturgique des paroissiens ordinaires ?

Je crois que le problème le plus important est celui de la célébration versus populum. La messe face-au-peuple change très profondément la façon de vivre ce qui se passe. On sait notamment par les écrits de Mgr Klaus Gamber que cette forme de célébration n’a jamais existé comme telle dans l’Église. Dans l’Antiquité, cela avait une signification tout à fait différente. Avec le face-au-peuple, on a aujourd’hui l’impression que le prêtre dit des prières pour nous faire prier, mais on n’a pas le sentiment qu’il prie lui-même. Je ne dis pas qu’il ne prie pas, d’ailleurs quelques prêtres arrivent à célébrer la messe versus populum en priant visiblement. Je pense à Jean-Paul II : on n’a jamais l’impression qu’il s’adresse au peuple pendant la messe. Mais il est très difficile d’y arriver.

J’ai assisté à une procession du Corpus Christi, de la Fête-Dieu, dans le diocèse de Feldkirch, en Autriche, présidée par l’évêque, qui est membre de l’Opus Dei. Lors des stations aux reposoirs, l’évêque tournait le dos à l’ostensoir en disant des prières. Je me faisais à moi-même cette remarque que si un enfant voyait cela, il ne pourrait plus croire que le Seigneur est présent dans la sainte hostie, parce qu’il sait bien, ce petit enfant, que lorsqu’on parle à quelqu’un on ne lui tourne pas le dos. Des choses comme celle-là sont très importantes. L’enfant peut bien étudier le catéchisme, cela ne sert à rien s’il a sous les yeux des actes contraires.

Je crois donc que la première chose à faire serait de retourner l’autel. Il me semble que c’est plus important que le retour au latin. J’ai personnellement de nombreuses raisons de tenir au latin, mais ce n’est pas la question la plus fondamentale. Pour ma part, je préférerais une messe traditionnelle en allemand que la nouvelle messe dite en latin. […]"

Posté le 7 août 2016 à 08h01 par Michel Janva | Lien permanent

01 août 2016

La diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison

Suite aux propos du pape François, qui n'hésite pas à mettre sur un pied d'égalité la foi catholique et l'islam, je voudrais nous remettre en mémoire une partie du discours que le pape Benoît XVI a fait en 2006 lors d'un voyage apostolique à Ratisbonne. Le pape citait un dialogue sur le christianisme et l'islam et leur vérité respective, entre l'empereur byzantin Manuel Paléologue II et un érudit perse au XIVe siècle.

"L'empereur transcrit probablement ce dialogue pendant le siège de Constantinople entre 1394 et 1402. Cela explique que ses propres réflexions sont rendues de manière plus détaillée que celles de son interlocuteur persan [2]. Le dialogue embrasse tout le domaine de la structure de la foi couvert par la Bible et le Coran ; il s'intéresse en particulier à l'image de Dieu et de l'homme, mais revient nécessairement sans cesse sur le rapport de ce qu'on appelait les « trois Lois » ou les « trois ordres de vie» : Ancien Testament – Nouveau Testament – Coran. Je ne voudrais pas en faire ici l'objet de cette conférence, mais relever seulement un point – au demeurant marginal dans l'ensemble du dialogue – qui m'a fasciné par rapport au thème ‘foi et raison’, et qui servira de point de départ de mes réflexions sur ce sujet.

Dans le septième entretien (διάλεξις – controverse) publié par le professeur Khoury, l'empereur en vient à parler du thème du djihad, de la guerre sainte. L'empereur savait certainement que, dans la sourate 2,256, on lit : pas de contrainte en matière de foi – c'est probablement l'une des plus anciennes sourates de la période initiale qui, nous dit une partie des spécialistes, remonte au temps où Mahomet lui-même était encore privé de pouvoir et menacé. Mais, naturellement, l'empereur connaissait aussi les dispositions – d'origine plus tardive – sur la guerre sainte, retenues par le Coran. Sans entrer dans des détails comme le traitement différent des « détenteurs d'Écritures » et des « infidèles », il s'adresse à son interlocuteur d'une manière étonnamment abrupte – abrupte au point d’être pour nous inacceptable –, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : « Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l'inhumain comme ceci, qu'il a prescrit de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait » [3]. Après s'être prononcé de manière si peu amène, l'empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison.Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme. « Dieu ne prend pas plaisir au sang, dit-il, et ne pas agir selon la raison (‘σύν λόγω’) est contraire à la nature de Dieu. La foi est fruit de l'âme, non pas du corps. Celui qui veut conduire quelqu'un vers la foi doit être capable de parler et de penser de façon juste et non pas de recourir à la violence et à la menace... Pour convaincre une âme douée de raison, on n'a pas besoin de son bras, ni d'objets pour frapper, ni d'aucun autre moyen qui menace quelqu'un de mort... » [4].

L’affirmation décisive de cette argumentation contre la conversion par la force dit : « Ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu » [5]. L'éditeur du texte, Théodore Khoury, commente à ce sujet: « Pour l'empereur, byzantin nourri de philosophie grecque, cette affirmation est évidente. Pour la doctrine musulmane, au contraire, Dieu est absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable ».

[6] Khoury cite à ce propos un travail du célèbre islamologue français R. Arnaldez, qui note que Ibn Hazm va jusqu'à expliquer que Dieu n'est pas même tenu par sa propre parole et que rien ne l'oblige à nous révéler la vérité. Si tel était son vouloir, l'homme devrait être idolâtre[7].

À partir de là, pour la compréhension de Dieu et du même coup pour la réalisation concrète de la religion, apparaît un dilemme qui constitue un défi très immédiat. Est-ce seulement grec de penser qu'agir de façon contraire à la raison est en contradiction avec la nature de Dieu, ou cela vaut-il toujours et en soi ? Je pense que, sur ce point, la concordance parfaite, entre ce qui est grec, dans le meilleur sens du terme, et la foi en Dieu, fondée sur la Bible, devient manifeste. En référence au premier verset de la Genèse, premier verset de toute la Bible, Jean a ouvert le prologue de son évangile par ces mots : « Au commencement était le λογος ». C'est exactement le mot employé par l'empereur. Dieu agit « σύν λόγω », avec logos. Logos désigne à la fois la raison et la parole – une raison qui est créatrice et capable de se communiquer, mais justement comme raison. Jean nous a ainsi fait don de la parole ultime de la notion biblique de Dieu, la parole par laquelle tous les chemins souvent difficiles et tortueux de la foi biblique parviennent à leur but et trouvent leur synthèse. Au commencement était le Logos et le Logos est Dieu, nous dit l'Évangéliste."[Lire le texte entier ici]

Il est urgent que les catholiques soient au fait de ce que prescrit le coran. Ce serait bien tant qu'à faire qu'ils connaissent aussi le Nouveau Testament... une très bonne lecture d'été !

Posté le 1 août 2016 à 18h37 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 juillet 2016

Force et violence dans la pensée chrétienne

Extraits d'un article du père Louis-Marie de Blignières, paru dans Sedes Sapientiæ n° 134 :

"[...] Alexandre Soljenitsyne, au début de son fameux Discours de Harvard, affirmait : « Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Ouest aujourd’hui pour un observateur extérieur. [...] Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin ? »

L’un des plus grands spécialistes d’Aristote au XXe siècle, le philosophe belge Marcel De Corte, soulignait, dans une étude magistrale, l’importance décisive de cette vertu dans le contexte actuel : « Le péché qui s’oppose le plus à la vertu de force se ramène à une forme quelconque de rébellion contre le bien commun, et celle-ci, en définitive, à l’exaltation du Moi et de son bien particulier. Si saint Thomas n’en parle pas, c’est que la société de son époque n’était pas rongée par l’égoïsme individuel et collectif [...]. La vertu de force et son application en tous domaines [...] revêt actuellement une importance [...] sans exemple, tant dans la résistance que dans l’attaque qui la caractérisent. » [...]

La force ou le courage est, selon la sagesse grecque, l’une des quatre vertus qui forment l’ossature de la vie humaine, une de ces vertus sur lesquelles s’appuient et tournent les autres, une vertu « cardinale ». Les auteurs inspirés et les penseurs chrétiens reçoivent et purifient cette conception, qui exprime un aspect de la nature même de l’homme, et la mettent sous l’influx de la foi et de la charité. [...]

Selon le droit naturel, la violence n’est donc pas nécessairement un « dévoiement de la vertu de force », comme on l’écrit parfois. L’injuste violence s’oppose certes chez celui qui l’inflige, non seulement à la prudence et à la justice, mais aussi (selon les cas concrets) à des vertus annexes à la vertu de force, comme la patience, la magnanimité ou la longanimité. Mais il y a, nous en parlerons plus loin, des cas d’exercice légitime de la violence. Si toute violence est toujours un mal « physique » pour celui qui la subit (car cela va contre sa nature ; pour l’homme, cela va contre sa volonté), tout exercice de la violence n’est pas un mal « moral » pour celui qui l’exerce, car cet exercice peut être conforme à la règle droite de la raison. [...]

Dans les milieux chrétiens, depuis une cinquantaine d’années, notamment chez nombre de prêtres et de prélats, on perd de vue cette donnée, et l’on a tendance à penser que toute coercition est opposée à la dignité de l’homme. Cette tendance découle, nous semble-t-il, d’une notion erronée de la dignité. C’est à bon droit que l’on rattache la dignité à la personne, mais on oublie souvent que la dignité de la personne – un sujet subsistant par soi dans une nature raisonnable – est d’agir selon la noblesse de sa nature. On peut déchoir de cette dignité par des actes opposés aux exigences de la nature humaine, notamment à cette dimension sociale et politique inscrite dans la nature humaine. Si un individu s’oppose au bien commun (qui est, en un sens, immanent à tous les biens propres), il déchoit par rapport à sa dignité d’animal politique, qui doit vivre de la raison et dans l’ordre de l’amour. Certes, un homme qui agit mal garde sa nature humaine, et donc la dignité d’être un sujet de l’espèce humaine. C’est pourquoi même le pire des malfaiteurs doit être traité comme un homme et non comme un bête. Il y a des traitements indignes dont il faut s’abstenir à son égard, et des droits (notamment dans son rapport à Dieu) qu’il faut toujours respecter. Mais, autant qu’il est en lui, il déroge par son agir à sa propre dignité : car l’agir de l’homme doit être conforme à la plus noble part de son essence. Lorsque l’on perd cela de vue, certaines questions deviennent vraiment inextricables. [...]

On dénombre classiquement trois cas où l’exercice de la violence peut être légitime : l’un concerne le rapport entre individus, le second celui de la puissance publique aux membres de la cité, le troisième les rapports entre cités. [...]

Le passage où Notre Seigneur affirme que « le royaume des cieux souffre violence et ce sont les violents qui l’emportent » (Mt 11, 12) a reçu diverses interprétations. L’une d’entre elles met en lumière le fait que tout exercice des vertus réclame l’exercice concomitant de la vertu de force, qui va, dans l’état concret de la nature déchue, contrarier certaines tendances et désirs, leur « faire violence ». Certes, lorsque c’est le sujet lui-même qui s’applique cette violence, c’est une « violence » dans un sens diminué : elle va contre une partie de l’homme (une passion désordonnée qui afflige l’une de ses facultés), mais non contre la plus noble partie de sa nature, à savoir l’intelligence qui comprend la nécessité de l’effort, et la volonté qui veut ce bien, conforme à la raison, de la mortification de la passion. [...]

Saint Thomas d’Aquin, lorsqu’il rencontre cette scène fameuse du soufflet du valet à Notre Seigneur, indique la portée de l’attitude du Sauveur et l’instruction à en tirer : « Il y a ici une question, parce que le Seigneur a prescrit à ses disciples : “Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui l’autre”. [...] L’Écriture Sainte doit être comprise telle que le Christ et les autres saints l’ont gardée. Or le Christ n’a pas présenté l’autre joue au serviteur, et Paul non plus. Il ne faut donc pas comprendre que le Christ avait ordonné que l’on tendît au sens littéral, matériellement, l’autre joue à celui qui en frappe une. Mais il faut comprendre que l’âme doit se préparer afin que, si cela était nécessaire, elle soit dans une disposition telle qu’elle ne s’émeuve pas contre celui qui frappe, mais soit prête à supporter quelque chose de semblable et même davantage. Et cela, le Seigneur l’a observé, lui qui a livré son corps à la mort. Ainsi la protestation du Seigneur fut utile à notre instruction. » [...]

La pensée de l’Aquinate et des théologiens de son époque, sur ce point, loin d’être émolliente, va jusqu’à affirmer qu’un juste exercice de la violence peut en certains cas constituer une œuvre de perfection :

La fonction militaire est susceptible d’être ordonnée au bien du prochain, et non pas au bien des particuliers uniquement, mais encore à la défense de tout l’État. [...] Le métier des armes peut aussi servir au maintien du culte divin. [...] Il est donc convenable d’instituer un ordre religieux pour la vie militaire, non certes en vue d’un intérêt temporel, mais pour la défense du culte divin et le salut public, ou encore la défense des pauvres et des opprimés.

On peut souligner en terminant que, si la force doit soutenir la justice jusqu’à l’emploi de la violence, elle doit s’allier à la prudence et refuser tout esprit de vengeance personnelle. Les combattants savent que le plus difficile est souvent de dominer sa propre violence désordonnée et de s’abstenir de toutes injustes représailles contre un ennemi vaincu. « La justice sans la miséricorde, c’est de la cruauté ; la miséricorde sans la justice aboutit à la dissolution. »

« Dès que nous entrons dans le problème de la violence exercée sur les autres, la conscience chrétienne entre dans un maquis de plantes épineuses de toutes espèces. J’ai parlé justement du rapport idéal entre les hommes, du rapport évangélique, autrement dit des rapports fondés uniquement sur la vérité et l’amour. Seulement il se trouve que ces rapports sont extrêmement difficiles, car la sainteté est rare, et même quand elle existe, elle n’entraîne pas nécessairement la réciprocité dans les rapports avec le prochain. Car les hommes, dans leur immense majorité, y compris les chrétiens, sont loin d’être uniquement dirigés par la vérité et par l’amour. »"

Posté le 31 juillet 2016 à 10h06 par Michel Janva | Lien permanent

28 juillet 2016

"Si Notre-Seigneur ne règne pas par les bienfaits de sa présence, Il règne néanmoins par les méfaits de son absence" (Cardinal Pie)

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Posté le 28 juillet 2016 à 15h53 par Michel Janva | Lien permanent

Jésus prône la non-violence ? Jamais lu cela dans l’Évangile

Monseigneur Luc Ravel, évêque aux armées, répondait dans Il est vivant à une question sur la légitimité pour un chrétien de prendre les armes (entretien publié par Il est vivant ! n°315, mai 2014) :

L.R. Dans certaines circonstances, oui. Soit au nom de la nation (s’il est mobilisé), soit à l’intérieur de là nation, en cas de remise en cause du politique dans ses fondements (si l’État devient totalitaire par exemple).

IEV Mais dans l’Évangile, Jésus prône la non-violence… 

L.R. Je n’ai jamais lu cela dans l’Évangile. Au contraire, Jésus dit que ce sont les violents qui s’emparent du Royaume de Dieu ! La violence, c’est l’incarnation d’un mouvement de vie qui déborde dans un monde traversé par le péché. C’est une démesure. Certains chrétiens, confondant christianisme et sagesse stoïcienne, pensent qu’il ne faut jamais de démesure. Les saints pensent autrement. Il y a une démesure de l’amour : « La mesure de l’amour, c’est d’aimer sans mesure » (saint Augustin). La croix est une démesure de l’amour. C’est une violence extrême. Si on est dans la vie, une vie bien incarnée, il y a de la violence. Dans l’Évangile, il y a des moments où Jésus se met en colère. Ce n’est pas une colère pulsionnelle bien sûr mais réfléchie. Par exemple, dans l’épisode des vendeurs chassés du Temple : Jésus constate l’objet du scandale et ce n’est que le lendemain qu’il chasse les vendeurs du Temple avec colère.

Jésus est venu pour la vie, et pour que nous l’ayons en plénitude. Il est obligé de mettre une force démesurée, la violence, au service de l’amour. Mais une violence maîtrisée, évangélisée.

Posté le 28 juillet 2016 à 11h59 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2016

Il y a une différence de nature entre la religion chrétienne et les religions ou traditions croyantes non chrétiennes

A la suite de la tribune de Mathieu Parbot, publiée samedi, et tandis que Mgr Pontier a fait des déclarations douteuses sur l'islam et le terrorisme, un lecteur m'envoie ces quelques réflexions :

1. Ce qu'il faut bien comprendre, et qu'il est délicat et douloureux d'évoquer, c'est ceci : bon nombre de théologiens, au moins depuis le début des années 1970, et d'évêques, au moins depuis le milieu des années 1980, sont à la fois les prisonniers et les serviteurs d'une véritable idéologie, la dialogomanie ou, si vous préférez, l'irénolâtrie.

2. On reconnaît une idéologie à quelques caractéristiques : 

  • elle impose ou prescrit des réponses, situées au coeur de ce qu'elle fait dire ;
  • elle interdit ou proscrit des questions, situées au sein de ce qu'elle fait taire ;
  • elle évince, ignore, occulte, méprise ou néglige les données factuelles ou textuelles, les réalités doctrinales ou historiques, qui ne cadrent pas avec ses expressions, avec ses omissions, ou avec sa vision globale ; 
  • elle divise, en l'occurrence, l'Eglise catholique, en deux camps, les "catholiques fermés", critiques ou sceptiques sur le dialogue, et considérés comme manquant de charité, à l'égard des croyants non chrétiens, et les "chrétiens ouverts", qui sont tenus pour être pleins de charité, vis-à-vis des croyants non chrétiens ;
  • elle fonctionne d'une manière hyperbolique, inflationniste, dans l'espoir de devenir hégémonique et irréversible, car il est très important, pour ceux qui en sont les artisans ou les partisans,
    • a) d'une part, que l'on ne puisse pas revenir sur certaines "avancées", évolutions, inspirations, orientations,  
    • b) d'autre part, que tout le monde, ou plutôt toute l'Eglise, finisse par s'y soumettre ou par y souscrire ;
  • elle fonctionne au moyen d'un langage, immédiatement identifiable, par association puis par répétition d'idées toutes faites, et par occupation puis par saturation des espaces d'expression, ce langage permettant de contraindre, en douceur, à oublier la distinction entre ceux qui essaient de voir la réalité comme elle est, et ceux qui réussissent à la voir comme les dialogomanes ou les irénolâtres voudraient qu'elle soit.  

3. Cette idéologie est apparue à partir du moment où certains clercs ont commencé à accorder plus d'autorité, plus d'importance, à des philosophes inspirateurs ou continuateurs de la postmodernité, ou à tel contexte culturel ou sociétal, qu'à l'Ecriture, à la Tradition, et au Magistère.

Je pense ici à ceux qui, notamment à la suite de Heidegger, considèrent en substance qu'il ne faut plus continuer à poser un signe d'égalité, avant tout, entre Dieu et l'être, ou entre Dieu et la vérité, mais qu'il faut au contraire commencer à poser un signe d'égalité, seulement entre Dieu et l'amour, ou seulement entre Dieu et la charité, c'est-à-dire la charité entre croyants ou la charité entre croyants et non croyants.   

Je pense aussi à ceux qui, notamment dans le sillage de Lévinas, considèrent en substance que la religion chrétienne peut et doit être réduite ou soumise à une éthique, pour ne pas dire à une "mystique", du dialogue, de la rencontre, de la réunion, au service de l'autre, de l'accueil de l'autre, des attentes de l'autre, du cheminement avec l'autre, de la convergence vers l'autre, de l'échange avec l'autre, de l'ouverture sur l'autre, de l'union avec l'autre,...ou plutôt avec l'idée que l'on s'en fait, ou avec la vision que l'on en a...

4. A l'opposé de ce "culte de l'autre", de cette vision des choses, la tâche à accomplir, dans le cadre de la mission, consiste plutôt à annoncer Jésus-Christ, par la prédication et par le témoignage, dans la Foi, l'Espérance, la Charité, à exhorter les non chrétiens, explicitement, à la conversion, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ, et, implicitement, à l'abandon de telle religion ou tradition croyante, dont les fondements, les conceptions, les doctrines, les pratiques, ont plutôt tendance à maintenir dans l'éloignement ou dans l'opposition, à l'égard du seul Médiateur et Rédempteur, ou vis-à-vis du seul Seigneur et Sauveur. 

5. A cause de cette dialogomanie ou irénolâtrie, les clercs concernés refusent fréquemment de reconnaître, par exemple, que telle religion monothéiste théocratique d'origine moyen-orientale comporte des éléments, à caractère doctrinal ou pratique, qui sont objectivement asservissants, ou que telle religion polythéiste mythologique d'origine asiatique comporte des éléments, d'ordre doctrinal ou pratique, qui sont objectivement abêtissants, car tout religion ou tradition croyante semble être incritiquable par principe. 

6. La vision, aporétique, incohérente, inconséquente, utopisante, selon laquelle tout croyant sincère est presque certainement inspiré par Dieu et orienté vers Dieu, ou selon laquelle toutes les religions ou traditions croyantes, comptant dans leurs rangs des croyants sincères, sont presque également légitimes, presque équivalentes, sur le plan éthique, et sont globalement convergentes sur le fond, même si elles sont plus ou moins différentes dans leur forme, découle de cette dialogomanie, ou débouche sur cette irénolâtrie.

7. Le fait que cette vision bénéficie, depuis au moins trente ans, d'une banalisation et d'une légitimation croissante, en dit vraiment très long sur le confusionnisme et le consensualisme, mais aussi sur le conformisme ou le mimétisme de bien des catholiques, qui ont complètement perdu de vue le fait qu'il y a une différence de nature entre la religion chrétienne et les religions ou traditions croyantes non chrétiennes, et le fait qu'un catholique précise ou rappelle que telle religion ou tradition croyante non chrétienne n'est pas dépositaire de la plénitude de la révélation divine ne le rend pas, pour autant, coupable de détestation, de haine ou de mépris, à l'égard des croyants non chrétiens qui adhèrent à cette religion ou à cette tradition. 

8. En particulier et plus précisément, de même que bien des clercs ont commis, et ont fait ou ont laissé commettre, de graves erreurs, face au communisme, hier, de même, bien des clercs commettent, font ou laissent commettre de graves erreurs, face à l'islam, aujourd'hui : hier, dire la vérité sur le communisme était souvent réputé équivalent au fait de "dire du mal des ouvriers", et, aujourd'hui, dire la vérité sur l'islam est souvent tenu pour équivalent au fait de "dire du mal des musulmans", du point de vue des dialogomanes.

9. C'est à cause de tous ces arguments, du fait de tous ces procédés, manipulatoires, neutralisateurs (et dont la part d'ambiguité, d'aveuglement, d'imprécision, d'imprudence, est fréquemment minimisée, par ceux-là mêmes qui, croyant qu'une bonne intention suffit, ont fait d'un moyen, parmi d'autres : le dialogue, une fin en soi, qui s'auto-alimente ou s'auto-légitime), que nous sommes arrivés à la situation actuelle, en présence de laquelle nous voyons bien que ce qui pourrait être de la compréhension, de la coopération, des échanges, de l'entraide, du respect mutuel, entre croyants, ou entre croyants chrétiens et croyants musulmans, est souvent, dans les faits, du "déni-alogue" interreligieux, ou du "dhimmi-allohgue" islamo-chrétien.

10. Face à cette dialogomanie, face à cette irénolâtrie, à chaque fois, en tout cas, qu'elle se manifeste d'une manière située à proximité de l'illusionisme, les catholiques doivent pouvoir s'exprimer avec énergie et fermeté, d'abord pour signaler à leurs évêques qu'ils ne sont absolument pas dupes de ce qui est mis en oeuvre et en valeur, ensuite pour leur demander de revenir, non pas en arrière, mais vers l'essentiel, qui ne consiste certes pas à faire comme si certaines vérités premières étaient escamotables ou facultatives, sous prétexte que l'évocation de certaines réalités ou thématiques risque de déplaire ou de déranger telle communauté de croyants non chrétiens, ou que des distinctions ou précisions sont désormais "dépassées".

11. Ces quelques mots doivent également expliciter

  • le rappel du fait que la culpabilité occidentale postcoloniale constitue l'une des clefs de compréhension de la mentalité dialogomaniaque qui est à l'oeuvre, encore une fois, depuis trente à quarante-cinq ans, vis-à-vis des religions et traditions croyantes, non seulement non chrétiennes, mais aussi...non européennes, 
  • le rappel de ce qu'il faut bien considérer comme le plus grand danger : en effet, 

a) le plus grand danger n'est pas que les clercs nous incitent "parfois" (en ont-ils seulement conscience ?) à ne pas être vigilants et résistants, face à la conception musulmane ET face à la conception postmoderne de la liberté et de la vérité, dans le domaine religieux, même s'ils nous incitent effectivement à cela ;  

b) le plus grand danger est que se propage dans l'Eglise la vision selon laquelle il est possible de retirer une certaine forme de supériorité morale du fait de faire reposer la coexistence pacifique interreligieuse sur un certain type d'autocensure pacifiste intra-ecclésiale, comme si une supériorité morale résidait dans le fait de continuer à censurer ou à falsifier certaines vérités premières, alors que le courage et la franchise consisteraient plutôt à les exprimer, avec diplomatie, discernement, pédagogie et psychologie.

12. Enfin, un retour sur le titre de l'article publié par Le salon beige permet de faire remarquer qu'il y est question des victimes de l'islam ; dans cet ordre d'idées, il convient de rappeler que les victimes de l'islam ne sont pas avant tout, ou ne sont pas seulement, des non musulmans, contraints à la conversion, à la soumission, ou à bien pire. C'est en effet grâce à des ex-musulmans, certains devenus athées, d'autres devenus chrétiens, que l'on peut le mieux comprendre qui sont les premières victimes de l'islam.

Or, c'est cela aussi que les dialogomanes ou les irénolâtres ont plutôt tendance à ne pas voir, à ne pas faire voir, ou à ne pas laisser voir, alors que c'est là que l'on touche du doigt la nature profonde d'au moins une partie des éléments constitutifs de l'islam, ce que des intellectuels musulmans reconnaissent de plus en plus.  

Parmi les derniers admirateurs, non communistes, du communisme, il s'est trouvé, dans les années 1970 et 1980, des clercs catholiques, aveugles volontaires. Un jour, parmi les derniers admirateurs, non musulmans, de l'islam, se trouvera-t-il d'autres clercs catholiques, tout aussi aveugles volontaires ?

Posté le 25 juillet 2016 à 07h13 par Michel Janva | Lien permanent

17 juillet 2016

Prière pour la France : face à la désolation... la consolation

LogoL'Evangile de la Vie propose une grande prière pour la France :

"Depuis plusieurs jours, d'intenses prières s'élèvent vers le Ciel, comme un cri, pour notre pays. Face à la désolation, nous avons tellement besoin de consolation, alors que nous traversons une nouvelle épreuve. Consolation que vient nous donner Notre-Dame, à travers la prière.

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Cette image-prière proposée : avec la prière pour la France de de Marcel Van, celle de Jean Paul II, prière à la Vierge Marie. Des paroles de Saint Pie X et de Marthe Robin sur la France qui sortira de l'impasse dans laquelle elle se trouve pour le moment, grâce à la prière. Une image-prière en six pages, format poche, il est urgent d'encourager cette grande prière pour la France.

Cette image est un moyen concret d'évangélisation, pour aider à la prière familiale. pour distribuer dans les paroisses, mouvements, écoles, pélerinages.

Pour recevoir cette image : par lot de 100 images, port inclus : participation aux frais suggérée de 12€ port inclus :  AD-l'Evangile de la Vie. 32 Cours de la République, 84500 Bollène."

Posté le 17 juillet 2016 à 23h34 par Marie Bethanie | Lien permanent

14 juillet 2016

Amoris Lætitia : plusieurs évêques demandent des clarifications

Mgr Thomas J. Tobin, évêque de Providence (Rhode Island), a publié sur sa page Facebook le 8 juillet, un court post intitulé : « L’ambigüité intentionnelle d’Amoris Lætitia ». En voici la traduction de Réinformation.tv.

« Après réflexion, il est devenu tout à fait clair que le document du pape François sur le mariage et la famille, Amoris Lætitia, est marqué par l’ambigüité et c’est, je le pense, intentionnel de la part du Saint-Père.

« Cela explique pourquoi, ces tout derniers jours, nous avons eu des interprétations très différentes sur ce document de la part de deux responsables de premier plan de l’Église : l’archevêque Charles Chaput de Philadelphie, et le cardinal Christoph Schönborn de Vienne. Et aussi de beaucoup d’autres commentateurs.

« La bonne nouvelle, c’est qu’en raison de cette ambigüité les gens peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent. La mauvaise nouvelle, c’est qu’en raison de cette ambigüité les gens peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent.

« Allez comprendre. »

De son côté, le cardinal Carlo Caffarra, archevêque émérite de Bologne, a accordé le 11 juillet un long entretien à Maike Hickson pour le blogue étatsunien One Peter Five, sur Amoris Lætitia. Extraits traduits par Réinformation.tv :

« Au n° 308 d’Amoris Lætitia le Saint-Père François écrit : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion ». J’infère de ces mots que le Saint-Père est conscient que les enseignements de l’Exhortation peuvent prêter à confusion. Je souhaite personnellement – et c’est aussi ce que pensent beaucoup de mes frères dans le Christ (des cardinaux, des évêques et également des fidèles laïcs) – que la confusion soit levée, non pas parce que je préférerais une pastorale plus rigide, mais plutôt parce que préfère tout simplement une pastorale plus claire et moins ambiguë. Cela dit, et avec tout le respect, l’affection et la dévotion que je dois nourrir envers le Saint-Père, j’aimerais lui dire ceci : S’il vous plaît, Votre Sainteté, veuillez clarifier ces points.

a) Jusqu’à quel point ce que Votre Sainteté a dit dans la note 351 du n° 305 [Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Ibid., n. 47 : p. 1039)], s’applique aussi aux couples de divorcés remariés qui entendent de toute manière continuer à vivre comme mari et femme, et par conséquence jusqu’à quel point ce qui est enseigné dans Familiaris Consortio (n° 84), dans Reconciliatio Poenitentia (n° 34), dans Sacramenttum unitatis (n° 29), dans le Catéchisme de l’Église catholique (n° 1650) et dans la doctrine théologie commune, doit être désormais considéré comme abrogé ?

b) C’est un enseignement constant de l’Église – et cela a été réitéré dans Veritatis splendor (n° 79) – qu’existent des normes morales négatives qui ne tolèrent aucune exception, en ce qu’elles interdisent des actes qui sont intrinsèquement déshonorants et malhonnêtes comme, par exemple, l’adultère. Cet enseignement traditionnel doit-il toujours être tenu pour vrai même après Amoris Lætita ? C’est ce que j’aimerais dire au Saint-Père […] »

« Je réponds par deux simples remarques. La première est celle-ci : on ne doit pas lire le Magistère antérieur sur le mariage à la lumière d’Amoris Lætitia, mais on doit lire Amoris Lætitia à la lumière du Magistère antérieur. La logique de la Tradition vivante dans l’Église est bipolaire : elle a deux directions, et non une seule. Ma deuxième remarque est plus importante. Dans son [récent] entretien au Corriere della Sera, mon cher ami le cardinal Schönborn ne tient pas compte de ce qui est arrivé dans l’Église depuis la publication d’Amoris Lætita. Des évêques et beaucoup de théologiens fidèles à l’Église et au Magistère soutiennent que notamment sur un point particulier – mais un point très important –, il n’y a pas continuité mais au contraire opposition entre Amoris Lætiita et le Magistère précédent. En outre, ces théologiens et philosophes ne soutiennent pas cela dans un esprit de dénigrement ou de révolte envers le Saint-Père lui-même. Et le point est le suivant : Amoris Lætitia dit que, dans certaines circonstances, une relation sexuelle entre des divorcés remariés civilement est moralement légitime. Et plus encore, l’Exhoration dit que ce que le Concile de Vatican II a déclaré sur les époux – pour ce qui concerne leur intimité sexuelle – s’applique aussi à eux (voir la note 329 [Jean-Paul II, Exhort. ap. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 84 : AAS 74 (1982), p. 186. Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘‘comme frère et sœur’’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis »  (Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51)]. Donc, quand on dit qu’une relation sexuelle hors mariage est légitime, c’est par conséquent une affirmation contraire à la doctrine de l’Église sur la sexualité, et quand on dit qu’un adultère n’est pas un acte intrinsèquement malhonnête – et que, par conséquent, il pourrait y avoir des circonstances qui le rendraient non malhonnête –, c’est, là encore, une affirmation contraire à la Tradition et à la doctrine de l’Église. Dans une telle situation, le Saint-Père, selon moi – et je l’ai déjà écrit –, doit donc clarifier l’affaire. Car si je dis A est B puis A n’est pas B, la seconde proposition n’est pas un développement de la première, mais plutôt sa négation. Quand quelqu’un dit : la doctrine demeure mais il ne s’agit que de tenir compte de quelques rares cas, je réponds : la norme morale « Tu ne commettras point d’adultère » est une norme ABSOLUMENT NÉGATIVE qui ne tolère aucune exception. Il y a plusieurs manières de faire le bien, mais il n’y en a qu’une seule pour ne pas faire le mal : c’est de ne pas faire le mal […] »

Posté le 14 juillet 2016 à 11h16 par Michel Janva | Lien permanent

12 juillet 2016

45 théologiens, philosophes et pasteurs ont remis à Rome une critique d'Amoris laetitia

Un groupe de 45 théologiens, philosophes et pasteurs d’âmes de différentes nationalités ont remis ces derniers jours au Cardinal Angelo Sodano, Doyen du Sacré Collège, une forte critique de l’Exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia. Dans les prochaines semaines le document, en diverses langues, sera envoyé aux 218 Cardinaux et aux Patriarches des Églises Orientales, leur demandant d’intervenir auprès du Pape François pour retirer ou corriger les propositions erronées de ce document. 

Décrivant l’exhortation comme contenant «une série d’affirmations qui peuvent être comprises dans un sens contraire à la foi et à la morale catholique», les signataires ont présenté avec cet appel une liste de censures théologiques applicables au document, en spécifiant «la nature et le degré des erreurs qui pourraient être imputées à Amoris laetitia».

Parmi les 45 signataires figurent des prélats catholiques, des chercheurs , des professeurs, des auteurs et prêtres de différentes universités pontificales, séminaires, collèges, instituts théologiques, ordres religieux et diocèses du monde entier.  Ils ont demandé au Collège des Cardinaux que, dans leur rôle de conseillers officiels du pape, ils adressent au Saint Père la demande de rejeter

«les erreurs listées dans le document, de manière définitive et finale et d’affirmer avec autorité qu’Amoris lætitia n’exige pas qu’aucune d’elles soient crue ou considérée comme pouvant être vraie». 

Le porte-parole des auteurs de cet appel, Joseph Shaw, déclare :

«Nous n’accusons pas le pape d’hérésie, mais nous estimons que de nombreuses propositions d’Amoris Lætitia peuvent être interprétées comme hérétiques sur la base d’une simple lecture du texte. Des affirmations ultérieures tomberaient sous d’autres censures théologiques précises, telles que, notamment, “scandaleuse”, “erronée dans la foi” et “ambiguë”».

Le code de Droit Canon de 1983 affirme que

«de façon proportionnée à leur science, compétence et au prestige dont ils jouissent, ils [les fidèles] ont le droit, et même parfois aussi le devoir, de manifester aux Pasteurs sacrés leur pensée sur ce qui regarde le bien de l’Eglise, et de la faire connaître aux autres fidèles» (CIC, can. 212 §3).

Le document de 13 pages cite 19 passages de l’exhortation qui seraient contraires aux doctrines catholiques. Selon les auteurs, l’imprécision ou l’ambiguïté de nombreuses affirmations d’Amoris laetitia permettent des interprétations dont la signification naturelle semble être contraire à la foi ou à la morale. C’est pourquoi le porte-parole a déclaré :

«C’est notre espoir qu’en demandant à notre Saint Père une condamnation définitive de ces erreurs nous puissions aider à dissiper la confusion qu’Amoris Laetitia a déjà provoquée chez les pasteurs et les fidèles laïcs. Une telle confusion ne peut en effet être efficacement dissipée que par une affirmation explicite de l’authentique enseignement catholique de la part du Successeur de Pierre».

Posté le 12 juillet 2016 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2016

Plateforme de cours gratuits en ligne sur les sacrements

SINOD est la plateforme de cours gratuits en ligne de l’Ecole Cathédrale, pôle formation du Collège des Bernardins. Un premier MOOC, De l’Ancien au Nouveau Testament, lancé en janvier 2016, a attiré près de 6 000 inscrits répartis dans plus de 50 pays.

Ce deuxième MOOC, Les sacrements : le Christ vivant et agissant en son Eglise, cherche à mettre en lumière l’actualité du Christ par les sacrements (baptême, confirmation, eucharistie, ordre, mariage...), en rappelant l’histoire, la pertinence contemporaine et le mode de fécondité des sacrements. Sont évoqués également dans cette formation la relation entre la célébration des sacrements et la vie du monde (entre le culte et la culture) ainsi que les différents modes possibles de participation aux sacrements (Référence à l’exhortation La joie de l’amour du Pape François).

Ce MOOC fait écho au premier en s’enracinant dans le rapport dynamique entre la Première et la Nouvelle Alliance, l’Ecriture et la Tradition. Les sacrements ne sont pas seulement des rites extérieurs ou formels mais de véritables rencontres, à la fois intimes et ecclésiales, avec le Christ vivant.

Cette formation est destinée à toutes les personnes souhaitant aborder la dimension œcuménique des sacrements ainsi que l’inscription des sacrements parmi les rites religieux en général. Elle souhaite rejoindre les adultes qui envisagent de se préparer au baptême, à la confirmation ou à la première communion ainsi que ceux qui ont la mission de les accompagner. Elle pourra également intéresser les parents qui s’interrogent sur le fait de baptiser leurs enfants ou les jeunes qui envisagent de se préparer au sacrement de mariage.

Enseignant : Père Matthieu Rougé,  Docteur en théologie, professeur de la Faculté Notre-Dame, curé de la paroisse Saint-Ferdinand des Ternes.

L’investissement hebdomadaire est à l’appréciation de chacun des étudiants. Seront ainsi proposés :

  • Trois vidéos de cours d’environ 5 minutes
  • Un quizz sous forme de QCM
  • Un travail dirigé pour préparer la séance suivante
  • Un forum pour échanger avec les autres participants
  • A la fin du parcours, un examen final en ligne évaluera la compréhension de chaque partie du cours.

Posté le 10 juillet 2016 à 07h14 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2016

Cardinal Sarah : Vers une authentique mise en oeuvre de Sacrosanctum Concilium

Une lectrice, que je remercie, nous a traduit le discours de son Eminence le Cardinal Sarah, évoqué hier, prononcé à Londres dans le cadre du colloque Sacra Liturgia :

IMG_7841_810_500_55_s_c1"En premier lieu, je tiens à exprimer mes remerciements à Son Eminence, le Cardinal Vincent Nichols, pour son accueil à l'Archidiocèse de Westminster et pour ses aimables paroles de bienvenue. Je tiens aussi à remercier Son Excellence Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pour son invitation à être présent avec vous à cette troisième conférence internationale " Sacra Liturgia ", et de présenter le discours d'ouverture ce soir. Votre Excellence, je vous félicite pour cette initiative internationale visant à promouvoir l'étude de l'importance de la formation et de la célébration liturgique dans la vie et de la mission de l'Eglise.

Dans ce discours, je voudrais vous soumettre quelques considérations sur la façon dont l'Église occidentale pourrait évoluer vers une mise en œuvre plus fidèle de Sacrosanctum Concilium. Je propose de faire cela en demandant "Quelle était l’intention des Pères du Concile Vatican II dans la réforme liturgique?" Ensuite je voudrais examiner comment leurs intentions ont été mises en œuvre dans les suites du Concile. Enfin, je voudrais vous soumettre quelques suggestions pour la vie liturgique de l'Église d'aujourd'hui, afin que notre pratique liturgique puisse refléter plus fidèlement les intentions des Pères conciliaires.

Il est très clair, je pense, que l'Église enseigne que la liturgie catholique est le lieu singulièrement privilégié de l'action salvifique du Christ dans notre monde d'aujourd'hui, au moyen de la participation réelle dans laquelle nous recevons Sa grâce et Sa force qui sont si nécessaires pour notre persévérance et notre croissance dans la vie chrétienne. Il est le lieu divinement institué où nous venons remplir notre devoir d'offrir le sacrifice à Dieu, d'offrir le Seul Vrai Sacrifice. C’est le lieu où nous réalisons notre besoin profond d'adorer Dieu Tout-Puissant. La liturgie catholique est quelque chose de sacré, quelque chose qui est sainte par sa nature même. La liturgie catholique n’est pas un rassemblement humain ordinaire.

Je tiens à souligner un fait très important ici: Dieu, et non pas l'homme est au centre de la liturgie catholique. Nous venons L’adorer. La liturgie n’est pas au sujet de vous et de moi; ce n’est pas le lieu où nous célébrons notre propre identité ou nos accomplissements ou le lieu où nous exaltons ou promouvons notre propre culture et les coutumes religieuses locales. La liturgie est d'abord et surtout au sujet de Dieu et de ce qu'Il a fait pour nous. Dans Sa divine Providence Dieu Tout-Puissant a fondé l'Église et a institué la Sainte Liturgie au moyen de laquelle nous sommes en mesure de lui offrir le vrai culte conformément à la Nouvelle Alliance établie par le Christ. Ce faisant, en entrant dans les exigences des rites sacrés développés dans la tradition de l'Eglise, notre véritable identité nous est donnée et notre sens en tant que fils et filles du Père.

Il est essentiel que nous comprenions cette spécificité du culte catholique, au cours des dernières décennies, nous avons vu de nombreuses célébrations liturgiques dans lesquelles les personnes, les personnalités et les réalisations humaines ont été trop importantes, presque à l'exclusion de Dieu. Comme l’a écrit un jour le cardinal Ratzinger: «Si la liturgie apparaît avant tout comme l'atelier pour notre activité, alors ce qui est essentiel a été oublié: Dieu. Car la liturgie ce n’est pas sur nous, mais sur Dieu. Oublier Dieu est le danger le plus imminent de notre époque. »(Joseph Ratzinger, Théologie de la liturgie, Collected Works vol. 11, Ignatius Press, San Francisco 2014, p. 593).

Nous devons être tout à fait clairs à propos de la nature du culte catholique, si nous voulons lire la Constitution du Concile Vatican II sur la liturgie correctement et si nous voulons mettre en œuvre fidèlement.

Pendant de nombreuses années avant le Concile, dans les pays de mission ainsi que dans les pays plus développés, il y avait eu beaucoup de discussions sur la possibilité d'augmenter l'utilisation des langues vernaculaires dans la liturgie, principalement pour les lectures de la Sainte Écriture, ainsi que pour certaines autres parties de la première partie de la messe (que nous appelons aujourd'hui la «Liturgie de la Parole") et pour le chant liturgique. Le Saint-Siège avait déjà donné de nombreuses autorisations pour l'utilisation de la langue vernaculaire dans l'administration des sacrements. Tel est le contexte dans lequel les Pères du Concile ont parlé des effets œcuméniques ou missionnaires positifs possibles de la réforme liturgique. Il est vrai que la langue vernaculaire a une place positive dans la liturgie. Les Pères cherchaient cela, et non pas à autoriser la protestantisation de la sainte Liturgie ou à accepter d’être soumis à une fausse inculturation.

Je suis Africain. Permettez-moi de dire clairement: la liturgie n'est pas le lieu pour promouvoir ma culture. Bien au contraire, elle est le lieu où ma culture est baptisée, où ma culture est reprise dans le divin. Grâce à la liturgie de l'Eglise (que les missionnaires ont porté à travers le monde) Dieu nous parle, il nous change et nous permet de participer à sa vie divine. Lorsque quelqu'un devient chrétien, lorsque quelqu'un entre dans la pleine communion avec l'Église catholique, il reçoit quelque chose de plus, quelque chose qui le change. Certes, les cultures et les autres chrétiens apportent des cadeaux avec eux dans l'Église - la liturgie des Ordinariats Anglicans maintenant en pleine communion avec l'Eglise en est un bel exemple. Mais ils apportent ces dons avec humilité, et l'Eglise dans sa sagesse maternelle en fait usage  comme elle le juge approprié.

 

L'une des expressions les plus claires et les plus belles des intentions des Pères du Concile se trouve au début du second chapitre de la Constitution, qui considère le mystère de la Très Sainte Eucharistie.

Dans l'article 48, nous lisons:

L'Église ... désire ardemment que les fidèles du Christ, lorsqu'ils assistent à ce mystère de la foi, ne devrait pas être là comme des spectateurs étrangers et muets; au contraire, grâce à une bonne compréhension des rites et des prières, ils devraient prendre part à l'action sacrée conscients de ce qu'ils font, avec dévouement et pleine collaboration. Ils devraient être instruits par la parole de Dieu et être nourris à la table du corps du Seigneur; ils devraient rendre grâces à Dieu; en offrant la victime Immaculée, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi avec lui, ils devraient aussi apprendre à s'offrir eux-mêmes; grâce à la médiation du Christ, ils devraient être attirés de jour en jour vers une union toujours plus parfaite avec Dieu et les uns avec les autres, de sorte qu’enfin Dieu soit tout en tous.

Mes frères et sœurs, voilà quelles étaient les intentions des Pères Conciliaires. Oui, bien sûr, ils ont discuté et voté sur les moyens spécifiques pour réaliser de leurs intentions. Mais soyons très clairs: les réformes rituelles proposées dans la Constitution, comme la restauration de la prière des fidèles à la messe (n. 53), l'extension de la concélébration (n. 57), ou certaines de ses mesures telles que la simplification souhaitée par les articles 34 et 50, sont toutes subordonnées aux intentions fondamentales des Pères conciliaires que je viens de décrire. Ce sont des moyens dirigés vers une fin, et c’est la fin que nous devons atteindre.

Si nous voulons avancer vers une mise en œuvre plus authentique de Sacrosanctum Concilium, ce sont ces objectifs, ces fins, que nous devons garder devant nous d'abord et avant tout. Il se peut que, si nous les étudions avec des yeux neufs et avec l'avantage de l'expérience des cinq dernières décennies, nous verrons certaines réformes rituelles spécifiques et certaines politiques liturgiques sous une lumière différente. Si, aujourd'hui, certains d'entre eux ont besoin d'être reconsidérés de manière à «conférer une vigueur sans cesse croissante à la vie chrétienne des fidèles» et «aider à appeler l'ensemble de l'humanité dans la maison de l'Église », demandons au Seigneur de nous donner l'amour, l'humilité et la sagesse de le faire.

Je soulève cette possibilité de regarder à nouveau la Constitution et la réforme qui a suivi sa promulgation parce que je ne pense pas que nous pouvons honnêtement lire, même le premier article de Sacrosanctum Concilium aujourd'hui et être contenu que nous avons atteint ses objectifs. Mes frères et sœurs, où sont les fidèles dont les Pères du Concile ont parlé? Beaucoup de fidèles sont maintenant infidèles: ils ne viennent pas à la liturgie du tout. Pour utiliser les paroles de saint Jean-Paul II: beaucoup de chrétiens vivent dans un état de «apostasie silencieuse», ils «vivent comme si Dieu n'existe pas» (Exhortation apostolique Ecclesia in Europa, 28 juin 2003, 9). Où est l'unité du Conseil espérait atteindre? Nous ne l’avons pas encore atteinte. Avons-nous fait des progrès réels en appelant l'ensemble de l'humanité dans la maison de l'Eglise? Je ne le pense pas. Et pourtant, nous avons fait beaucoup à la liturgie!

Dans mes 47 années de vie en tant que prêtre et après plus de 36 années de ministère épiscopal, je peux attester que de nombreuses communautés et les individus catholiques vivent et prient la liturgie réformée suite au Concile avec ferveur et joie, dont découlent beaucoup, sinon tous les biens que les Pères conciliaires avaient souhaité. Ceci est un grand fruit du Concile. Mais selon mon expérience, je sais - et maintenant aussi de par mon service comme préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements – qu’il y a beaucoup de distorsions de la liturgie partout dans l'Eglise d'aujourd'hui, et que de nombreuses situations pourraient être améliorées de sorte que les objectifs du Concile puissent être atteints. Avant de réfléchir sur des améliorations possibles, considérons ce qui est arrivé après la promulgation de la Constitution sur la sainte Liturgie.

Alors que le travail officiel de la réforme était en cours, quelques mauvaises interprétations très graves de la liturgie ont émergé et ont pris racine dans différents endroits à travers le monde. Ces abus de la sainte Liturgie ont grandi en raison d'une compréhension erronée du Concile, ce qui entraîna des célébrations liturgiques qui étaient subjectives et plus axés sur les désirs de la communauté individuelle que sur le culte sacrificiel de Dieu Tout-Puissant. Mon prédécesseur en tant que préfet de la Congrégation, le cardinal Francis Arinze, a une fois appelé ce genre de chose "messe faite par soi même." Saint Jean Paul a même trouvé nécessaire d'écrire ce qui suit dans sa lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia (17 Avril 2003) :

L'engagement du Magistère à proclamer le mystère eucharistique a été compensé par la croissance intérieure au sein de la communauté chrétienne. Certes, la réforme liturgique inaugurée par le Concile a grandement contribué à une participation plus consciente, active et fructueuse au Saint Sacrifice de l'autel de la part des fidèles. Dans de nombreux endroits, l'adoration du Saint-Sacrement est aussi une pratique quotidienne importante et devient une source inépuisable de sainteté. La pieuse participation des fidèles à la procession eucharistique lors la Solennité du Corps et du Sang du Christ est une grâce du Seigneur qui chaque année apporte de la joie à ceux qui y participent.

D'autres signes positifs de foi et d'amour eucharistiques pourraient aussi être mentionnés.

Malheureusement, à côté de ces lumières, il y a aussi des ombres. Dans certains endroits, la pratique de l'adoration eucharistique a été presque complètement abandonnée. Dans diverses parties des abus de l'Église ont eu lieu, menant à la confusion en ce qui concerne la foi droite et la doctrine catholique concernant cet admirable Sacrement. Parfois, on rencontre une compréhension extrêmement réductrice du mystère eucharistique. Dépouillé de son sens du sacrifice, il est célébré comme si c’était tout simplement un banquet fraternel. En outre, la nécessité du sacerdoce ministériel, enraciné dans la succession apostolique, est parfois obscurcie et la nature sacramentelle de l'Eucharistie est réduite à sa seule efficacité en tant que forme de proclamation. Cela a conduit ici et là, des initiatives œcuméniques qui, bien que bien intentionnée, se livrent à des pratiques eucharistiques contraires à la discipline par laquelle l'Église exprime sa foi. Comment pouvons-nous ne pas exprimer la profonde douleur devant tout cela? L'Eucharistie est un don trop grand pour tolérer l'ambiguïté et la dépréciation.

Il est mon espoir que la présente Lettre encyclique pourra contribuer efficacement à bannir les nuages sombres de doctrines et de pratiques inacceptables, de sorte que l'Eucharistie continuera à resplendir dans tout son mystère radiant (n. 10).

Posté le 7 juillet 2016 à 07h21 par Michel Janva | Lien permanent


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