25 novembre 2009
Que faire lorsqu'un évêque ou un prêtre ne disent pas la même chose que le Pape ?
Mgr Giovanni d’Ercole, nouvel évêque auxiliaire de l’Aquila, chef de la section italienne de la secrétairie d’Etat, ancien directeur de la salle de presse, homme de médias, a donné un excellent conseil aux étudiants en communication qui ont participé à la journée de l’Université de la Sainte Cro :
" Il faut regarder l’Eglise avec deux yeux. Il m’est arrivé de le dire sur un plateau de TV. Un oeil sur le Pape, l’autre sur l’évêque et le curé. Si l’évêque et le curé disent la même chose que le Pape, c’est l’Unité. Or le manque d’unité fait un très grand mal à l’Eglise. Si l’évêque ne dit pas la même chose que le Pape, cela me donne un strabisme, alors je regarde le Pape ! ”
Posté le 25 novembre 2009 à 10h00 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)
10 novembre 2009
Qu'est-ce qu'être catholique ?
La réponse est donnée par l'évêque américain Mgr Tobin, à propos du sénateur Patrick Kennedy, qui n'a pas voté le dernier amendement pro-vie et qui écrivait "le fait que je sois en désaccord avec la hiérarchie sur un certain nombre de questions ne me rend pas moins catholique" :
"Cette phrase soulève une importante question : qu’est-ce ce que cela signifie qu’être catholique ? Quand quelqu’un rejette les enseignements de l’Église, particulièrement sur une affaire sérieuse, une question de vie ou de mort comme l’avortement, cela amoindrit vraiment sa communion ecclésiale, son unité à l’Église (…) Mais qu’est ce que vraiment veut dire être catholique ? Après tout, être catholique doit bien vouloir dire quelque chose : d’accord ? Et bien, en termes simples (…) être catholique veut dire que vous appartenez à une communauté de foi qui possède une doctrine et une autorité clairement définies, des obligations et des attentes. Cela veut dire que vous croyez et acceptez les enseignements de l’Église, notamment sur les questions fondamentales de foi et de mœurs, que vous appartenez à une communauté catholique locale, une paroisse, que vous assistez à la Messe le dimanche et que vous recevez régulièrement les sacrements, que vous soutenez l’Église, personnellement, publiquement, spirituellement et financièrement.
Cher député, je ne sais pas trop si vous observez les exigences de base de tout catholique, aussi je vous demande : acceptez-vous les enseignements de l’Église sur les questions fondamentales de foi et de mœurs, y compris notre position sur l’avortement ? Appartenez-vous à une communauté catholique locale, une paroisse ? Assistez-vous à la Messe le dimanche et recevez-vous les sacrements régulièrement ? Soutenez-vous l’Église, personnellement, publiquement, spirituellement et financièrement ? Dans votre lettre, vous dites que vous adhérez à votre foi. Formidable. Mais si vous n’observez pas les exigences de base de votre adhésion, qu’est-ce qui fait vraiment de vous un catholique ? Le baptême que vous avez reçu bébé ? Vos liens familiaux ? Votre héritage culturel ? [...]
En faisant face à votre rejet de l’enseignement de l’Église, nous ne traitons pas seulement avec “une humanité imparfaite” – comme nous le faisons quand nous luttons contre les péchés comme la colère, l’orgueil, la cupidité, l’impureté, le mensonge. Nous luttons tous contre chez choses et souvent nous succombons. Votre rejet de l’enseignement de l’Église sur l’avortement relève d’une tout autre catégorie : c’est un acte de la volonté délibéré et obstiné, une décision consciente que vous avez réaffirmée en de nombreuses occasions. Désolé, mais vous ne pouvez pas mettre cela sur le compte d’une “humanité imparfaite”. Votre position n’est pas acceptable par l’Église et est objet de scandale pour beaucoup de ses membres. Elle réduit à peu de chose votre communion à l’Église. Député Kennedy, je ne vous écris pas ces mots pour vous gêner ou juger de l’état de votre conscience ou de votre âme. C’est au final une affaire entre vous et Dieu. Mais la manière dont vous décrivez votre relation à l’Église est désormais publique et elle doit être contestée. Je vous invite, comme votre évêque et votre frère en Christ, d’entamer un processus sincère de discernement, de conversion et de repentance."
Il y a effectivement de l'excommunication dans l'air.
Posté le 10 novembre 2009 à 17h52 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)
03 novembre 2009
Benoît XVI : Tradition, Unité et Foi
Lundi dernier, Benoît XVI a reçu en audience, dans la Salle Clémentine, la communauté de l'Institut pontifical biblique à l'occasion du centenaire de sa fondation. Ce n'est pas un hasard si le Pape a commencé son discours en rappelant que cet institut avait été voulu par saint Pie X :
"La Constitution dogmatique Dei Verbum déjà citée a souligné à cet égard la légitimité et la nécessité de la méthode historique-critique, la ramenant à trois éléments essentiels: l'attention aux genres littéraires; l'étude du contexte historique; l'examen de ce qu'on a l'habitude d'appeler Sitz im Leben.
Dans le même temps, le document conciliaire conserve fermement le caractère théologique de l'exégèse en indiquant les points de force de la méthode théologique dans l'interprétation du texte. Cela du fait que le présupposé fondamental sur lequel repose la compréhension théologique de la Bible est l'unité de l'Ecriture, et à ce présupposé, correspond comme chemin méthodologique l'analogie de la foi, c'est-à-dire la compréhension de chaque texte à partir de l'ensemble.
Le texte conciliaire ajoute une indication méthodologique supplémentaire. L'Ecriture étant une seule chose à partir de l'unique Peuple de Dieu, qui en a été le porteur à travers l'histoire, lire l'Ecriture comme une unité signifie en conséquence la lire à partir du Peuple de Dieu, de l'Eglise comme son lieu vital et considérer la foi de l'Eglise comme la véritable clef d'interprétation. Si l'exégèse veut être également théologie, elle doit reconnaître que la foi de l'Eglise est cette forme de "sympathie" sans laquelle la Bible reste un livre fermé: la Tradition n'empêche pas l'accès à l'Ecriture, mais elle l'ouvre plutôt; d'autre part, c'est à l'Eglise que revient, dans ses organismes institutionnels, la parole décisive dans l'interprétation de l'Ecriture. En effet, c'est à l'Eglise qu'est confiée la tâche d'interpréter authentiquement la Parole de Dieu écrite et transmise, en exerçant son autorité au nom de Jésus Christ".
Posté le 3 novembre 2009 à 22h11 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)
01 novembre 2009
La manière la plus efficace d'honorer les morts est de prier pour eux
Benoît XVI a appelé dimanche les fidèles à célébrer le jour des Défunts dans un "authentique esprit chrétien", avant l'Angelus sur la Place Saint-Pierre (vidéo) :
"Ce dimanche coïncide avec la Solennité de Tous les Saints qui invite l'Église en pèlerinage sur la terre à anticiper la fête sans fin de la Communauté Céleste, et à raviver l'espérance dans la vie éternelle. Il y a 14 siècles quand le Panthéon, un des plus anciens et célèbres monuments romains fut destiné au culte chrétien et en particulier à la Vierge Marie et à tous les Martyrs: "Sancta Maria ad Martyres." Le temple de toutes les divinités païennes était donc converti à la mémoire de ceux qui, comme le dit le Livre de l'apocalypse, "sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs vêtements et les ont blanchis dans le sang de l'Agneau." (Ap 7,14). Par la suite la célébration de tous les martyrs, a été étendue à tous les saints, "une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue" (Ap 7,9), comme l'exprime encore saint Jean. Dans cette Année Sacerdotale, j'ai le plaisir de rappeler avec une vénération spéciale les saints prêtres, soit ceux que l'Église a canonisés, en les proposant comme exemple de vertus spirituelles et pastorales; soit ceux, bien plus nombreux, qui sont connus du Seigneur. Chacun de nous conserve la mémoire de quelques uns d’entre eux, qui nous ont aidés à grandir dans la foi et qui nous ont faits ressentir la bonté et la proximité de Dieu.
Demain nous attend la Commémoration annuelle de tous les fidèles défunts. Je voudrais vous inviter à vivre cette occasion selon l’authentique esprit chrétien, c'est-à-dire dans la lumière qui vient du Mystère pascal. Le Christ est mort et ressuscité et il nous a ouvert le passage vers la maison du Père, le Royaume de la vie et de la paix. Celui qui suit Jésus dans cette vie est accueilli là où Il nous a précédés. Alors que nous rendons visite aux cimetières, rappelons-nous que là, dans les tombes, reposent seulement les dépouilles mortelles de nos proches dans l'attente de la résurrection finale. Leur âme comme dit l'Écriture "sont déjà dans les mains de Dieu" (Sag 3,1). Donc la manière la plus efficace de les honorer est de prier pour eux, en offrant des actes de foi d'espérance et de charité. En union dans le Sacrifice eucharistique, nous pouvons intercéder pour leur salut éternel, et expérimenter la plus profonde communion, dans l'attente de nous retrouver tous ensemble, et jouir pour toujours de l'amour qui nous a créés et rachetés.
Chers amis, la communion des saints est belle et consolante! C’est une réalité qui donne une dimension différente à toute notre vie. Nous ne sommes jamais seuls! Nous faisons partie d'une "compagnie" spirituelle dans laquelle règne une grande solidarité: le bien de chacun va à l'avantage de tous et vice versa le bonheur commun se répand sur les individus. C’est un mystère que, d’une certaine façon, nous pouvons expérimenter déjà dans ce monde, dans la famille, dans l'amitié, et tout particulièrement dans la communauté spirituelle de l'Église. Que Marie très Sainte nous aide à marcher rapidement sur le chemin de la sainteté, et se montre Mère de miséricorde pour les âmes des défunts."
Posté le 1 novembre 2009 à 21h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)
30 octobre 2009
La formation liturgique : une nécessité prioritaire
Présent rend compte dans son édition de demain des propos tenus par le cardinal Antonio Cañizares Llovera, préfet de la Congrégation pour le culte divin et les sacrements, interrogé par un journaliste espagnol lors de sa venue à l'ouverture du cursus d'études de l’association barcelonaise «Fe y cultura» (Foi et culture). Extraits :
"En ce moment nous travaillons de manière très silencieuse sur toute une série de thèmes relatifs à des projets de formation. C’est le besoin prioritaire : une bonne et véritable formation liturgique. Ce thème est capital parce que vraiment on ne peut aujourd’hui compter sur une formation adéquate. Les gens croient que la liturgie est une question de formes ou de réalités extérieures ; il nous faut retrouver le sens de l’adoration, c’est-à-dire le sens de Dieu en tant que Dieu. Ce sens de Dieu ne pourra se retrouver qu’à travers la liturgie. Voilà pourquoi le Pape manifeste un si grand intérêt pour l’accentuation de la priorité de la liturgie dans la vie de l’Eglise. Quand l’esprit de la liturgie est vécu, on entre dans l’esprit de l’adoration, on entre dans la reconnaissance de Dieu, on entre en communion avec Lui, et c’est cela qui transforme l’homme et le convertit en homme nouveau. La liturgie regarde toujours vers Dieu, et non pas vers la communauté ; ce n’est pas la communauté qui fait la liturgie, mais Dieu. C’est Lui qui vient à notre rencontre et nous propose de participer à sa vie, à sa miséricorde et à son pardon… Quand la liturgie sera vécue en vérité, quand Dieu se trouvera véritablement en son centre, alors tout changera. [...]
Il existe aujourd’hui une sécularisation et un laïcisme très importants, on a perdu le sens du mystère et le sens du sacré, on ne vit pas véritablement avec l’esprit d’adoration de Dieu et de laisser Dieu être Dieu. C’est pourquoi l’on croit qu’il faut constamment changer des choses dans la liturgie, faire des innovations, et que tout cela soit très créatif. Or ce n’est pas cela que doit être la liturgie : elle doit être nécessairement et réellement adoration, c’est-à-dire reconnaissance de Celui qui nous transcende et qui nous offre la Rédemption. Le mystère de Dieu, qui est le mystère insondable de son amour, n’est pas une nébuleuse, mais Quelqu’un qui vient à notre rencontre. Il faut retrouver l’homme qui adore. Il faut retrouver le sens du mystère. Il faut retrouver ce que nous n’aurions jamais dû perdre. Le plus grand mal qui se fait actuellement à l’homme est de vouloir éliminer de sa vie la transcendance et la dimension du mystère. De cela, nous vivons les conséquences dans toutes les sphères de la vie. C’est la tendance à substituer l’opinion à la vérité, l’inquiétude à la confiance, les moyens à la fin … C’est pourquoi il est si important de défendre l’homme face à toutes les idéologies qui le fragilisent dans sa triple relation au monde, aux autres et avec Dieu. On n’avait jamais autant parlé de liberté, et jamais auparavant il n’y a eu tant d’esclavages."
Posté le 30 octobre 2009 à 14h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)
24 octobre 2009
"Le mariage est de Dieu, le divorce est du diable "
...dixit Saint Augustin. L'abbé Philippe Laguérie fait un rappel nécessaire :
"Il n’y a donc aucune échappatoire et divorcer est toujours, pour un homme, une femme, surtout chrétiens, le pire des fléaux humains, la ruine de toute la maison, l’apocalypse du quotidien. [...] Le jour de son mariage, et par delà le serment de fidélité qu’on a prêté (qui n’est que le petit côté de la lorgnette) on a fondé une société. Cette société, qui n’a pourtant alors que deux membres, possède un bien commun qui dépasse infiniment les parties en présence. Comme toutes les parties, elles sont faites pour le tout et le bien commun de cette petite société dépasse même cette société. La famille ainsi fondée, parce qu’elle est imparfaite (n’ayant pas en elle-même toute les ressources de son bien propre) s’inscrit nécessairement dans le bien commun de toute la société humaine qui est composée, de droit naturel, non pas des individus mais des familles. Dès lors la justice exige absolument la stabilité de cette cellule, non seulement pour elle même et ses membres mais aussi pour toute la société civile et l’Eglise elle-même, sociétés parfaites, quant à elles. Le divorce et ses acteurs, les divorcés, sont des révolutionnaires dont Saint Paul affirme, dans l’épitre aux Romains, qu’ils s’acquièrent pour eux-mêmes la damnation.
[...] A présent, quand deux époux me parlent de divorce, je les fais asseoir et c’est moi qui cause. Vous voulez divorcer ? O.K ! Mais sachez bien ce qui vous attend. Au moins, on vous aura prévenus. Le divorce est la spirale sans fin, sans frein, sans vergogne, de la haine. Quand on ose seulement envisager de mettre fin à la société qui vous porte, vous établit, vous constitue même, il y a longtemps que l’amour a disparu (et voila bien la cause de tous les malheurs suivants) et que la haine, pas encore déclarée par quelque reste de civilité et surtout la peur de se l’avouer, s’est installée. Elle ne s’arrêtera plus. Car il faut évidemment se prouver à soi-même, pour faire une chose aussi catastrophique, se justifier de sa honte, que c’est vous qui avez raison et l’autre tord, forcement. Or ceci est faux ; les deux ont tort, gravement, depuis longtemps et le savent mieux que quiconque. [...] Le mensonge, la mauvaise foi, la méchanceté viennent d’être érigée en système et comme évidemment l’autre va réagir aussi injustement, la spirale de la surenchère est enclenchée. [...]
Les enfants multiplient par dix cette spirale du diable. Avant même que le divorce soit prononcé, les parents qui prennent avocats et juges pour témoin de leur décrépitude vont immédiatement perdre toute autorité sur leurs enfants. [...] Aussi, pour obtenir la garde des enfants ou simplement conserver quelque "droit" de visite, il va falloir démonter au juge que l’autre est un monstre. [...] Quand le couple va, tout va. Quand le couple est malade, tout dégénère. Histoires sordides de fric, transitivité omnidirectionnelle de la haine (il faut convaincre toute la famille, les amis, les relations, même professionnelles (jusqu’au chômage organisé de l’ennemi, je l’ai vu aussi) que l’autre est seul coupable et vous innocent. Les enfants sont irréversiblement traumatisés, jusque dans leur rapport intime avec Dieu. Comment leur apprendre que Dieu est "Notre Père" quand l’exemple de père qu’ils ont sous le nez est celui d’un égoïste cynique ? Idem pour la mère et la miséricorde qu’elle est censée incarner. Les enfants de divorcés sont, hélas et sans aucune faute de leur part, repérables assez facilement. Leur fragilité est irréversible et ils n’atteindront jamais à cet équilibre naturel et surnaturel déjà si difficile chez les autres. Vous deviez "éduquer" vos enfants et vous n’avez plus aucune autorité pour le faire, comme votre vie est celle du contre-exemple permanent...Vos enfants seront vite persuadés que pour réussir leur vie ils devront faire tout le contraire de ce qu’ils ont vécu et n’en aurons jamais les moyens. Il y a d’atavisme dans le divorce et une responsabilité terrible pour ceux qui l’inaugurent dans une filiation.
C’est que l’amour n’est pas un luxe du mariage ; c’est son moteur, son carburant, sa finalité même. [...] Aimer, ce n’est pas limiter la casse d’une co-existence pacifique plus ou moins sans trop d’histoire. Aimer c’est positif, entreprenant, créatif, surprenant. Tout sauf subir. C’est un travail, une œuvre, un art, de chaque jour, de chaque heure, de chaque instant."
Posté le 24 octobre 2009 à 14h46 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (16)
22 octobre 2009
L'homme trouve plus facilement Dieu «avec la prière qu'avec la discussion»
Extrait de l'Angélus d'hier sur Saint Bernard de Clairvaux :
"pour Bernard, la véritable connaissance de Dieu consiste dans l'expérience personnelle et profonde de Jésus Christ et de son amour. Et cela, chers frères et sœurs, vaut pour chaque chrétien : la foi est avant tout une rencontre personnelle, intime avec Jésus, et doit faire l'expérience de sa proximité, de son amitié, de son amour, et ce n'est qu'ainsi que l'on apprend à le connaître toujours plus, à l'aimer et le suivre toujours plus. Que cela puisse advenir pour chacun de nous ! [...]
Ces réflexions, caractéristiques d'un amoureux de Jésus et de Marie comme saint Bernard, interpellent aujourd'hui encore de façon salutaire non seulement les théologiens, mais tous les croyants. On prétend parfois résoudre les questions fondamentales sur Dieu, sur l'homme et sur le monde à travers les seules forces de la raison. Saint Bernard, au contraire, solidement ancré dans la Bible, et dans les Pères de l'Eglise, nous rappelle que sans une profonde foi en Dieu alimentée par la prière et par la contemplation, par un rapport intime avec le Seigneur, nos réflexions sur les mystères divins risquent de devenir un vain exercice intellectuel, et perdent leur crédibilité. La théologie renvoie à la « science des saints », à leur intuition des mystères du Dieu vivant, à leur sagesse, don de l'Esprit Saint, qui deviennent un point de référence de la pensée théologique. Avec Bernard de Clairvaux, nous aussi nous devons reconnaître que l'homme cherche mieux et trouve plus facilement Dieu « avec la prière qu'avec la discussion »."
Posté le 22 octobre 2009 à 10h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
05 octobre 2009
La doctrine sociale de l'Eglise manipulée
La Croix consacre un dossier à la DSE. A cette occasion, Michel Kubler présente 4 figures "de la pensée sociale". Cela commence avec Léon XIII, l'auteur de Rerum Novarum, et se termine avec Chico Whitaker, l’un des fondateurs du Forum social mondial à Porto Alegre. Le problème de Chico Whitaker, c'est que, derrière ses convictions chrétiennes, cet ancien secrétaire de la Commission Justice et Paix de la conférence épiscopale brésilienne est un partisan de la théologie de la Libération. Ce que ne cache pas Michel Kubler. Théologie clairement condamnée par Rome dans un document signé par un certain cardinal Ratzinger, Instructions sur quelques aspects de la théologie de la libération, dans laquelle on peut lire :
"Dans la mesure où ils demeurent réellement marxistes, ces courants continuent à se rattacher à un certain nombre de thèses fondamentales qui ne sont pas compatibles avec la conception chrétienne de l’homme et de la société. Rappelons que l’athéisme et la négation de la personne humaine, de sa liberté et de ses droits, sont au centre de la conception marxiste. Celle-ci contient donc des erreurs qui menacent directement les vérités de foi sur la destinée éternelle des personnes. De plus, vouloir intégrer à la théologie une « analyse » dont les critères d’interprétation dépendent de cette conception athée, c’est s’enfermer dans de ruineuses contradictions."
Il a également travaillé 2 ans pour le CCFD, association peu orthodoxe, et il est un ancien membre du Parti des travailleurs de Lula.
Posté le 5 octobre 2009 à 20h52 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)
04 octobre 2009
Le véritable et définitif Yom Kippour est le sacrifice du Christ
Lu dans Daoudal Hebdo :
A l’occasion du Yom Kippour (le 28 septembre, cette année) [...] Sandro Magister [...] réunit [...] deux textes publiés dans l'Osservatore romano : un article du grand rabbin de Rome, Riccardo Di Segni, publié le 8 octobre 2008 (la veille de Yom Kippour), et un article du P. Christopher Robert Abeynaike, publié le 24 juillet dernier. Le texte du grand rabbin [...] explique ce qu’est ce «Jour de l’expiation» (ou du «grand pardon») :
"La source principale est le chapitre 16 du Lévitique, où est décrit un cérémonial complexe, confié au Grand Prêtre. Celui-ci doit choisir, par tirage au sort, entre deux boucs; l’un, consacré au Seigneur, est offert en sacrifice; l'autre reçoit, par un geste symbolique, la charge des fautes de toute la collectivité et il est envoyé dans le désert pour y mourir. D’où l'expression et le concept de "bouc émissaire". Le même passage biblique se termine en expliquant que, ce jour-là, il faut être dans l’affliction et ne pas travailler, parce que "ce jour-là, on fera sur vous le rite d'expiation pour vous purifier de toutes vos fautes, vous serez purifiés devant le Seigneur". [...] pendant toute la durée d’existence du Temple de Jérusalem, c’était "l'ensemble liturgique le plus complexe et le plus solennel" "
et que c’est le seul jour où le Grand Prêtre pouvait accéder au Saint des Saints. [...]
"Après la destruction du Temple, il n’est resté de tout cela que le souvenir nostalgique qui, dans la liturgie du Kippour s’exprime, le matin, par la lecture du passage du Lévitique et, en début d’après-midi, par une longue évocation poétique du cérémonial."
Il termine en disant que si l’Eglise a repris de nombreux éléments de l’année liturgique juive, elle a supprimé le jour le plus important.
"C’est sans doute dû au fait que les symboles du Kippour concernent des désaccords irréductibles entre les deux mondes. Les thèmes du grand prêtre, du Temple, du sacrifice, du bouc émissaire, de la rémission des fautes, qui dans la tradition juive sont réunis dans le Kippour, ont été repris par l’Eglise, mais hors de l'unité originelle."
Eh non, ils n’ont pas été «repris hors de l’unité originelle». Bien au contraire, comme le souligne le P. Abeynaike dans son propre article, le Kippour est au coeur de notre religion, ainsi que l’explique l’Epître aux Hébreux. Nous avons un Grand Prêtre qui est entré une fois pour toutes dans le Saint des Saints, non avec le sang des boucs, mais avec son propre sang, car il était lui-même le bouc du sacrifice et le bouc émissaire. Et ce Grand Prêtre, étant Dieu, a ainsi obtenu «l’expiation» pour la multitude, pour tous les temps. Et comme il était prêtre «selon l’ordre de Melchisédek» (le « roi-prêtre » qui offre le pain et le vin), son sacrifice se perpétue dans tous les siècles par le pain et le vin de l’eucharistie. C’est pourquoi il n’y plus de grand prêtre [...] comme il n’y a plus de Temple, ni aucun sacrifice : le vrai grand prêtre est présent, de façon permanente, et accomplissant le sacrifice de Kippour par la main de ses prêtres, dans l’Eglise catholique. Chaque messe est le vrai Yom Kippour.
Le sacrifice du Yom Kippour, dans l’Ancien Testament, était la figure prophétique du Sacrifice réellement rédempteur du Christ. Les juifs d’après le Christ n’ont plus que la figure de la figure, l’écho virtuel de la figure, «le souvenir nostalgique», comme dit le grand rabbin de Rome. Telle est la différence entre le judaïsme et le christianisme : d’un côté, le «souvenir nostalgique» du sacrifice du Temple selon les prescriptions de la Thora devenues obsolètes ; de l’autre, le Sacrifice réel, efficace et permanent qui accomplit les prescriptions de la Thora. «Je suis venu accomplir la Loi…»"
Posté le 4 octobre 2009 à 10h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
02 octobre 2009
A propos du refus de la communion sacramentelle pour les excommuniés et les interdits
Un docteur en droit canonique américain commente le fameux canon 915 :
Oui, le refus de Communion à ceux qui en sont indignes de notoriété publique, ne devrait être appliqué qu’avec le plus grand soin. Mais, Le refus de Communion selon le Canon 915 n’est pas une “sanction” pénale [...], c’est plutôt une norme de discipline sacramentelle. Les différences (de procédures, pastorales, etc.) entre ces deux types d’actes sont nombreuses. Et, Se voir refuser la Communion selon le Canon 915 n’a rien à voir avec le fait qu’on demeure membre de l’Église [...] En outre, Alors que la responsabilité première pour recevoir dignement la Communion relève de la personne (selon le Canon 916 si l’on a besoin d’une norme pour prouver ce qu’on avance), responsabilité “première” n’est pas la même chose que responsabilité “unique”. Les ministres de la Sainte Communion, qu’on le veuille ou pas, ont la responsabilité selon le Canon 915 de refuser la Communion à certains membres des fidèles dans certaines circonstances. C’est d’une telle évidence : pourquoi donc avoir un Canon 915 si celui qui s’apprête à La recevoir était la seule personne autorisée à juger de sa réception ? De plus, Le Canon 915 n’exige pas des ministres de déterminer “qui est digne” de recevoir la Communion (formuler la question de cette manière c’est mal interpréter le Code [de droit canonique] et la théologie sacramentelle sur ce point), mais, au contraire, elle exige des ministres d’être attentif à la possibilité que dans certaines circonstances des catholiques ne sont pas éligibles à recevoir la Communion.
Posté le 2 octobre 2009 à 09h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
12 septembre 2009
La fidélité : première caractéristique de l'évêque
Ce matin, dans la basilique Saint-Pierre, Benoît XVI a consacré 5 nouveaux évêques. Extrait de son homélie :
"La première caractéristique, que le Seigneur exige du serviteur, est la fidélité. On lui a confié un grand bien, qui ne lui appartient pas. L'Eglise n'est pas notre Église, mais Son Église. Le serviteur doit rendre compte de sa gestion du bien qui lui a été confié. Ne lions pas les hommes à nous, ne cherchons pas le pouvoir, le prestige, l'estime de nous-mêmes. Conduisons les hommes vers Jésus Christ et ainsi vers le Dieu vivant. Ainsi, nous les introduisons dans la vérité et dans la liberté qui vient de la vérité. La loyauté est altruisme, et ainsi elle est vraiment libératrice pour le ministre lui-même et pour ceux qui lui sont confiés. Nous savons comment les choses dans la société civile et, assez souvent, même dans l'Eglise souffrent du fait que beaucoup de ceux auxquels une responsabilité a été confiée, travaillent pour eux et non pour la communauté. Le Seigneur trace en quelques lignes un tableau du mauvais serviteur, qui commence par s'enivrer et battre les travailleurs, trahissant ainsi l'essence de sa fonction. En grec, le mot qui signifie "fidélité" coïncide avec celui qui veut dire «foi».
La fidélité du serviteur de Jésus-Christ consiste précisément dans le fait qu'il ne cherche pas à adapter la foi à la mode de l'époque. Seul le Christ a les paroles de la vie éternelle, et ces mots, nous devons les apporter aux gens. Ils sont le bien le plus précieux qui nous a été confié. Une telle fidélité n'a rien de stérile ni de statique, elle est créatrice. Le maître réprimande le domestique qui avait enterré le bien qui lui avait été confié afin d'éviter tout risque. Avec cette fidélité apparente, le serviteur a en fait mis de côté le bien du maître, afin de se consacrer exclusivement à ses affaires.
La fidélité n'est pas peur, mais elle est inspirée par l'amour et par son dynamisme. Le maître fait l'éloge du serviteur, qui a fait fructifier son bien. La foi a besoin d'être transmise: elle a été livrée non seulement pour nous, pour le salut personnel de nos âmes, mais pour d'autres, pour ce monde et pour notre temps. Nous devons la placer en ce monde, afin qu'elle devienne en lui une force vive, pour augmenter la présence de Dieu en lui."
Posté le 12 septembre 2009 à 22h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)
17 juin 2009
Le "mariage des prêtres" face à la vie consacrée
La Croix relance, via un sondage, la question du célibat des prêtres, évidemment relayée par tous les médias. Ce sondage tombe, comme par hasard, juste avant les ordinations et surtout au même moment où une "initiative" de laïcs en Autriche, relayée par le Cardinal Schonbörn, re-sollicite le Saint-Père sur cette question. Ce à quoi le Pape a répondu, lors de sa rencontre avec les évêques autrichiens, aujourd'hui même, ainsi que le rapporte l'archévêque de Vienne :
"Le Saint Père a dit quelque chose qui nous a beaucoup frappé sur la question du célibat, qui naturellement en Autriche, et surtout dans la région de Linz, est un thème très « chaud ». Il a dit que la question, au fond, est si nous croyons qu'il soit possible et que cela ait un sens de vivre une vie fondée seulement et uniquement sur une chose, Dieu".
Question fondamentale qui ne fera pas l'objet d'un sondage...
Posté le 17 juin 2009 à 21h52 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)
14 juin 2009
Panem nostrum quotidianum da nobis hodie
Extrait de l'homélie de la Fête-Dieu prononcée par le Pape :
"Lorsque, dans peu de temps, nous répéterons le Notre Père, notre prière par excellence, nous dirons: «Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien», en pensant naturellement au pain de chaque jour pour nous et pour tous les hommes. Mais cette demande contient également quelque chose de plus profond. Le terme grec epioúsios, que nous traduisons par «quotidien», pourrait également faire référence au pain «supra-substantiel», au pain «du monde à venir». Certains Pères ont vu ici une référence à l'Eucharistie, le pain de la vie éternelle, du nouveau monde, qui nous est déjà donné aujourd'hui dans la Sainte Messe, afin que dès à présent, le monde futur commence avec nous."
Sur ce terme, on pourra se reporter à cette conférence d'Yves Daoudal, dans laquelle il dit :
"Il est curieux de constater que le mot épisoussione a été traduit par quotidianum dans l’évangile de saint Luc, et par supersubstantialem dans l’évangile de saint Matthieu. Et que saint Jérôme, qui a revu les traductions, a laissé cette double traduction, qui a permis d’avoir le Pater tel que nous le connaissons en latin (et en français), tout en conservant le mystère du mot originel pour celui qui veut aller voir plus loin. Il se trouve que le mot épioussione n’existe pas dans la langue grecque. Il ne se trouve que dans le Pater. [...] Et si Jésus a inventé ce mot, c’est parce qu’il désignait une réalité radicalement nouvelle. Epioussione se traduit en effet par supersubstantialem, c’est-à-dire sur-substantiel, super-substantiel. [...] Ce simple mot, ce mot étrange d’épioussione, indique clairement, au cœur du Pater, la foi en l’eucharistie, en la transsubstantiation. Et c’est pourquoi on dit le Pater après la consécration : Dieu nous donne le pain supersubstantiel de ce jour. Et c’est pourquoi saint Grégoire le Grand considérait que le Pater était la conclusion du Canon, et devait donc être dit par le prêtre seul (disposition qui se retrouve jusque dans le missel de 1962)."
Posté le 14 juin 2009 à 14h34 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)
08 juin 2009
"Le lieu propre du baptême est une église ou un oratoire"
En France, un curé défend le caractère sacré de son église tandis qu'au Québec, un curé insiste pour baptiser un enfant selon les règles...de l'Eglise catholique et refuse, par conséquent, de le faire en dehors de l'église. La réaction de ce couple qui menace de quitter l'Eglise est triste et désolante.
L' Eglise catholique n'est pas un prestataire de service ! Le droit canon est clair :
" Can. 857 - § 1. En dehors du cas de nécessité, le lieu propre du baptême est une église ou un oratoire."
Posté le 8 juin 2009 à 22h59 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)
23 mai 2009
Foi et science moderne
Le père John Wauck, de la prélature de l'Opus Dei, né à Chicago, enseigne la littérature et la communication de la foi chrétienne à l'Université pontificale de la Sainte Croix à Rome. Dans un entretien accordé à Zénit, il considère que le film Anges et Démons, en dépit de ses incroyables erreurs basées sur le roman de Dan Brown, témoigne de l'intérêt énorme suscité par l'Église catholique. A la question de savoir siil existe une hostilité naturelle entre la foi chrétienne et la science moderne, il répond :
"Il est relativement facile pour les gens de constater que le grand art du monde occidental - musique, peinture, sculpture, littérature, architecture - est en grande partie le fruit d'une culture chrétienne : un art souvent inspiré par la foi quand il n'est pas financé par l'Église. Cela semble évident. C'est également vrai pour les sciences, mais les gens ne s'en rendent pas compte.
Songez aux universités, qui sont une invention de l'Église ; à Copernic, qui était un ecclésiastique catholique romain, et qui a dédié au pape son livre sur la théorie héliocentrique. Le calendrier que nous utilisons aujourd'hui est le calendrier dit grégorien, du nom du pape Grégoire XIII, qui le promulgua, avec la collaboration des plus grands astronomes et mathématiciens de son temps. Galilée lui-même resta toujours catholique, et ses deux filles étaient religieuses. L'un des plus grands astronomes du 19e siècle a été un prêtre jésuite, Angelo Secchi. Le père de la génétique moderne, Gregor Mendel, était moine catholique. L'auteur de la théorie du "Big Bang" était un prêtre belge, Georges Lemaitre.
Bref, l'idée d'une tension naturelle existant entre la science et l'Eglise, entre raison et foi, est complètement absurde. De nos jours, en entendant parler de « science » et de « l'Eglise », les gens pensent aussitôt au procès de Galilée au XVIIe siècle. Mais une vision plus large des choses conduit à penser que cette affaire complexe, - qui est fréquemment déformée par une propagande anti-catholique- constituait une exception manifeste. Si les critiques de l'Eglise la ressortent constamment ; il y a une raison : c'est le seul et unique exemple qu'ils ont trouvé. Ainsi, en entendant parler de la "science" et de "l'Eglise", nous devrions penser à Copernic, Secchi, Mendel et Lemaitre. Ils sont représentatifs. Pas le procès de Galilée."
Posté le 23 mai 2009 à 20h41 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (3)
15 avril 2009
La Résurrection du Christ n'est pas un mythe mais une réalité historique
Benoît XVI a souligné que la résurrection du Christ est "un événement réel, historique", mercredi au cours de l'audience générale place Saint-Pierre. Il a regretté qu'
"à notre époque, nombreux sont ceux qui cherchent à en nier l'historicité en réduisant le récit évangélique à un mythe (...) en reprenant et en présentant de vieilles théories déjà utilisées".
"Il est fondamental pour notre foi et pour notre témoignage chrétien de proclamer la résurrection de Jésus de Nazareth comme un événement réel, historique, attesté par de nombreux témoins qui font autorité".
Benoît XVI a par ailleurs souligné que cette résurrection n'a pas été pour le Christ
"un simple retour à sa vie terrestre précédente [mais] le passage à une dimension profondément nouvelle de vie, qui nous intéresse nous aussi, qui touche la famille humaine tout entière, l'histoire et tout l'univers". "La résurrection de Jésus fonde notre espérance et éclaire notre pèlerinage terrestre, y compris l'énigme humaine de la souffrance et de la mort".
Posté le 15 avril 2009 à 13h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
12 avril 2009
La Bonne Nouvelle du jour, la seule, la vraie.
Extrait du message de Pâques de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne :
"Des événements surmédiatisés ont ébranlé notre Eglise ces dernières semaines [...]. Cette «crise» de l’Eglise ne doit pas pour autant faire oublier l’ampleur de la crise financière qui s’est abattue sur notre monde et dont les conséquences économiques seront ressenties d’abord par les plus démunis. [...] Ces secousses nous révèlent la crise existentielle plus profonde qui affecte nos contemporains en quête de sens et de repères pour conduire leur vie. Aussi devons-nous nous interroger sérieusement sur l’origine de ce mal-être qui creuse le cœur de tant d’hommes et de femmes, induisant, en particulier chez les jeunes, des comportements de panique ou d’angoisse face à l’avenir : dépressions, suicides, violence, agressivité, relations affectives irresponsables, fuite dans l’excès de stupéfiants et d’alcool. [...]
J’invite donc les fils et les filles de l’Eglise à surmonter leurs incompréhensions, leurs peurs et leurs craintes, même légitimes, et à prendre à bras le corps leurs responsabilités face aux crises qui affectent l’Eglise et la société [...]. En ces jours où l’Eglise célèbre la passion, la mort et la Résurrection de Jésus, les chrétiens sont invités à s’engager sur un chemin pascal. A la suite du Christ, rejeté et incompris des hommes de son temps, persécuté pour la justice, nous ne nous étonnons pas des incompréhensions du monde ; mais redoublant de solidarité avec les plus éprouvés, nous proclamons la seule Bonne Nouvelle qui est vraiment source d’Espérance pour le monde d’aujourd’hui : Celui qui était mort, Il est ressuscité et Il est Vivant pour les siècles des siècles."
Posté le 12 avril 2009 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
"Vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ; il est ressuscité"
Posté le 12 avril 2009 à 01h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)
11 avril 2009
Posté le 11 avril 2009 à 09h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)
10 avril 2009
Pourquoi pleurer ? Il a déjà vaincu
Au début du Chemin de Croix, dont les méditations ont été faites par l'archevêque indien Mgr Thomas Menamparampil, Benoît XVI a dit :
"nous sommes venus ici chanter ensemble un «hymne d'espérance». Nous voulons nous dire à nous-mêmes que tout n'est pas perdu dans les moments difficiles. Lorsque les mauvaises nouvelles se succèdent, nous sommes opprimés par l'angoisse. Lorsque le malheur nous frappe de plus près, nous nous décourageons. Lorsqu'une catastrophe fait de nous ses victimes, la confiance en nous même est entièrement ébranlée et notre foi est mise à dure épreuve. Mais tout n'est pas encore perdu. Comme Job, nous sommes à la recherche d'un sens.
Dans cet effort, nous avons un exemple: «Abraham crut, espérant contre toute espérance». En vérité, dans les temps difficiles, nous ne voyons aucune raison pour croire et espérer. Et pourtant, nous croyons. Et pourtant, nous croyons. Et pourtant, nous espérons. Cela peut arriver dans la vie de chacun de nous. Cela a lieu dans le contexte social plus large. Avec le psalmiste, nous nous demandons: «Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi? Espère en Dieu». Nous renouvelons et nous renforçons notre foi et nous continuons à avoir confiance dans le Seigneur. Car il sauve ceux qui ont perdu toute espérance. Et cette espérance à la fin ne déçoit pas. [...]
Etant donné que sous la superficie de catastrophes naturelles, de guerres, de révolutions et de conflits en tout genre, il y a une présence silencieuse, il y a une action divine précise. Il demeure caché dans le monde, dans la société, dans l'univers. La science et la technologie révèlent les merveilles de sa grandeur et de son amour: "Pas de paroles dans ce récit, pas de voix qui s'entende; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du monde". Il respire l'espérance. Il révèle ses desseins à travers sa «Parole», montrant la façon dont il puise le bien du mal tant dans les petits événements de nos vies personnelles, que dans les grands événements de l'histoire humaine. Sa «Parole» fait connaître « la glorieuse richesse » du dessein de Dieu, qui dit qu'il nous libère de nos péchés et que le Christ est au milieu de vous, lui, l'espérance de la gloire."
MJ
Posté le 10 avril 2009 à 20h06 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
"Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"
Posté le 10 avril 2009 à 12h01 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)
09 avril 2009
Prêtre au service de la Vérité
Dans son homélie lors de la Messe Chrismale de ce matin, Benoît XVI a longuement expliqué ce que signifie pour le prêtre le fait d'être consacré. Il conclu ainsi :
"A la veille de mon Ordination sacerdotale, il y a 58 ans, j'ai ouvert la Sainte Ecriture, parce que je voulais encore recevoir une Parole du Seigneur pour ce jour et pour le chemin que j'aurai à parcourir comme prêtre. Et mon regard est tombé sur ce passage : «Consacre-les par la vérité : ta parole est vérité» [Jn 17]. Alors j'ai su : le Seigneur est en train de parler de moi, et il est en train de me parler. C'est exactement ce qui arrivera pour moi demain. En dernière analyse, nous ne sommes pas consacrés par des rites, même s'il y a besoin de rites. Le bain dans lequel le Seigneur nous plonge, c'est Lui-même - la Vérité en personne. Ordination sacerdotale, veut dire : être immergés en Lui, dans la Vérité. Je lui appartiens d'une manière nouvelle et de cette manière j'appartiens aux autres, «pour que ton règne vienne». Chers amis, au moment du renouvellement des promesses, nous voulons prier le Seigneur afin qu'il fasse de nous des hommes de vérité, des hommes d'amour, des hommes de Dieu. Prions-le de nous attirer toujours plus en lui, afin que nous devenions véritablement prêtres de la Nouvelle Alliance. Amen."
Posté le 9 avril 2009 à 22h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
Hoc est enim corpus meum
Posté le 9 avril 2009 à 19h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)
08 avril 2009
O Crux, ave, spes unica
Extrait de l'Angélus du Pape aujourd'hui :
"La mort du Christ rappelle l'accumulation de douleurs et de maux qui pèsent sur l'humanité de tout temps : le poids écrasant de notre mort, la haine et la violence qui aujourd'hui encore, ensanglantent la terre. La passion du Seigneur se poursuit dans la souffrance des hommes. Comme l'écrit à juste titre Blaise Pascal : « Jésus sera à l'agonie jusqu'à la fin du monde, il ne faut pas dormir pendant ce temps » (Pensées, 553). Si le Vendredi saint est un jour plein de tristesse, il est donc dans le même temps un jour plus que jamais propice pour restaurer notre foi, renforcer notre espérance et le courage de porter chacun notre croix avec humilité, confiance et abandon en Dieu, assurés de son soutien et de sa victoire. La liturgie de ce jour chante: O Crux, ave, spes unica - Salut, ô croix, unique espérance ! ».
MJ
Posté le 8 avril 2009 à 21h46 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
De l'islamisme au catholicisme, en passant par le méthodisme
Témoignage d'un Algérien lu sur Famille Chrétienne :
"J’étais musulman pratiquant, sérieux. A l’époque j’étais un dur, j’ai même passé deux ans dans le maquis. J’avais une haine dans mon cœur. Et en 1998, un père de famille du village a commencé à me prêcher l’Evangile. Ce qui me choquait, c’est Jésus. Je savais qu’il était prophète, mais Fils de Dieu, ce n’était pas facile à admettre ! Ce voisin m’a donné une Bible en arabe et je l’ai lue. Finalement j’ai été baptisé chez les méthodistes de Wadia, en 1999. J’étais le deuxième chrétien du village. [...] Les gens du village nous ont persécutés. Il faut dire que j’allais prêcher à la sortie de la mosquée ! [...] A un moment, il y a un gars qui voulait me tuer. Il est venu me trouver avec son couteau. Je suis sorti avec lui dans la rue pour que les gens nous voient. Et je lui ai dit : "Est-ce que vous serez capable de me tuer ?" Alors je me suis mis à genoux et je lui ai dit : "Allez-y, ca sera pour la gloire de Dieu !" Il tremblait, puis il a baissé son couteau et est parti. [...]
A un moment, j’ai eu une querelle avec un pasteur et je lui ai demandé : "Qui t’a donné cette mission ?" Et j’ai vu qu’il y avait un problème d’organisation. Pendant des mois, je ne suis plus allé à l’église. Et puis j’ai prié le Seigneur en lui disant : "Tu m’as choisi, maintenant il faut que tu me trouves une place". Et là, j’ai rencontré un Père blanc. C’est un homme qui a consacré toute sa vie à Dieu et qui a beaucoup étudié la doctrine. Ce que je trouve bien chez les catholiques, c’est qu’il y a une doctrine, un règlement formidable. Et puis l’obéissance. Et cela fait un an que je connais la prière à la Vierge Marie."
Posté le 8 avril 2009 à 10h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)
05 avril 2009
Hosanna Filio David !
Posté le 5 avril 2009 à 11h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
02 avril 2009
Qu'est-ce qu'être catholique ?
Sur son blog, Cyril Brun a rédigé un test de 50 questions sur la catholicité. Puis il commente lui-même ce test :
"Se dire catholique ce n'est pas construire sa foi sur ses propres bases, mais recevoir la foi de Dieu et dans l'Eglise. Je pense qu'il faut expliquer la foi parce qu'elle est raisonnable, mais cesser de la brader et de la travestir. il faut également être vrai. Saint Cyprien dit à ceux qui vendent une fausse foi 'pauvre fou tu t'es mis à marcher en portant ton propre cadavre'. Il ne s'agit pas d'imposer la foi mais d'expliquer clairement qu'être catholique c'est adhérer à ces points et que le pape en est le sacrement de visibilité et d'unité. Ne pas adhérer à ces points de foi c'est être chrétien mais pas catholique. Ma petite expérience m'a souvent confronté à ces à peu près qui ne servent à personne. Je pense à Alain Juppé et Darcos qui se disent catholiques... Il faut être clair ce n'est pas vrai comme nombres de prêtres et d'évêques qui ne partagent pas la foi de l'Eglise. Avec Balthazar je pense que l'Eglise va vivre une crise identitaire douloureuse et que les schismes à venir seront plus rudes que ceux présents. Mais le Christ à clairement dit à saint Pierre 'ce que tu liera sur terre sera lié dans les cieux'. Peut on mentir et proposer un faux royaume ou laisser les hommes croire qu'ils sont proches de Dieu alors que non? Dénoncer l'erreur et le mensonge, lutter contre le mal n'est en rien lutter contre la personne elle même bien au contraire. La vraie charité n'est pas la tolérance, mais le respect et respecter une personne c'est d'abord lui devoir la vérité. [...]
Il ne s'agit pas de différencier un bon d'un mauvais chrétien. Nous sommes tous mauvais chrétiens, si nous voulions être phatrisiens justement, sauf les saints. Être catholique ce n'est pas être parfait, comme le pense le pharisien. au contraire, si vous regardez le publicain, il ne dit pas 'je sais mieux que les pharisiens où est la vérité', il dit 'la vérité tu me la donnes, mais c'est dur et je n'y arrive pas'. C'est ça le vrai catholique celui qui humblement reconnait que cette vérité le dépasse et qu'il a besoin de Dieu et de l'Eglise pour avancer. Le catholique, plus que n'importe quel chrétien est le publicain, précisément parce qu'il ne tente pas de minimiser sa faiblesse, sa responsabilité. C'est justement là et parce qu'il sait ça qu'il reconnait qu'il a besoin de ce don extraordinaire que sont les sacrements de l'Eglise. [...]
La foi n'est pas un ensemble de dogmes, mais la foi est une adhésion à des vérités qui sont exprimées par les dogmes et non un ressenti émotionnel. Ce n'est pas le dogme qui fait la foi, mais la foi a un contenu cohérent et intègre qu'expriment les dogmes. Ne pas adhérer à ces dogmes c'est adhérer à une autre foi. C'est le droit de tout le monde de ne pas adhérer à la foi catholique, mais ce n'est le droit de personne de modifier la foi catholique sous prétexte de vouloir être dans l'Eglise à sa façon."
MJ
Posté le 2 avril 2009 à 13h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)
17 février 2009
Le baptême, ce n'est pas automatique
Une paroisse a refusé de baptiser un nouveau-né parce que les parents ne respectaient déjà pas l'éveil à la foi de leur fille aînée. Agée de 9 ans et baptisée, cette dernière n'est pas inscrite au catéchisme car elle ne veut pas et les parents respectent sa décision...
La liberté cet absolu... On imagine les parents ne parlant jamais à leur fille pour ne pas lui "imposer" la langue française : après tout, quand elle sera 'grande', elle choisira la langue qu'elle voudra parler ! Le vicaire-épiscopal de Nantes a ainsi déclaré aux parents :
"Est-ce raisonnable pour les parents de faire de la liberté de leur enfant un absolu ? Et si la petite décrète un jour qu'elle ne veut plus aller à l'école parce qu'elle n'aime pas ça ?"
Les parents n'en sont pas revenus. Il est pourtant aisé de comprendre que l'Eglise ne tient pas à baptiser des enfants qui deviendront apostats. On lit ainsi sur le site du diocèse de Nanterre :
"Les parents ont pour mission d'assurer la transmission de la foi à leur enfant. Le baptême sans la transmission de la foi n'a pas de sens. En demandant le baptême pour leur enfant, les parents sont donc invités à réfléchir à leur motivation. Il ne suffit pas de dire :"Il ira au catéchisme s'il en a envie". [...] Pour qu'un prêtre puisse baptiser un enfant il faut qu'il ait un "espoir fondé" et des garanties sérieuses qu'une éducation chrétienne lui sera donnée. Il s'agit entre autres choses de l'engagement à envoyer l'enfant au catéchisme."
Posté le 17 février 2009 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (22)
04 février 2009
Qui a peur du Concile Vatican II ?
"Sur la reconnaissance de Vatican II, prenons garde de ne pas radicaliser les positions. Au demeurant l'acceptation de Vatican II n'était pas une condition nécessaire à la levée d'excommunication. Dans sa lettre du 15 décembre déjà évoquée, Mgr Fellay écrivait: "nous acceptons et faisons nôtres tous les conciles jusqu'à Vatican II au sujet duquel nous émettons des réserves". Des réserves, non un rejet global. Mgr Lefebvre, qui avait signé tous les textes du dernier concile, expliquait qu'il fallait l'interpréter à la lumière de la Tradition. Jean-Paul II usait des mêmes termes. Benoît XVI, dans son langage de théologien, parle d'une «herméneutique de la réforme, du renouveau dans la continuité" [Discours à la Curie, NDMJ]. N'avait-il pas émis très tôt des «réserves» - pour reprendre l'expression de Mgr Fellay - vis-à-vis de certains textes conciliaires : par exemple en affirmant que le concept de «monde» proposé dans Gaudium et spes est resté "à un stade pré-théologique" par son imprécision même, que ce document présentait "maintes insuffisances" et respirait "un optimisme étonnant" ?
Vatican II n'est pas le Coran, la parole incréée. Ce n'est pas un bloc de marbre. Certains de ses textes ont vieilli, d'autres ont fait l'objet de précisions ultérieures par le magistère (cf. Dominus Jesus, par exemple), d'autres encore restent à découvrir et à méditer, d'autres enfin sont en attente d'éclaircissements décisifs (liberté religieuse, oecuménisme, dialogue interreligieux... [on note tout de même la publication récente de 2 documents sur ces sujets : l'un sur l'oecuménisme, l'autre sur l'évangélisation, NDMJ]). Tous sont soumis aux normes de l'interprétation théologique qui exigent un discernement fin, distinguant les différents niveaux d'autorité des enseignements avec des modes d'assentiment correspondants."
Posté le 4 février 2009 à 13h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (22)
08 décembre 2008
8 décembre : solennité de l'Immaculée Conception
Nous fêtons aujourd'hui l'Immaculée conception :
"Nous déclarons, Nous prononçons et définissons que la doctrine qui enseigne que la Bienheureuse Vierge Marie, dans le premier instant de Sa Conception, a été, par une grâce et un privilège spécial du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain,
préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et par conséquent qu'elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles " (Bulle Ineffabilis Deus, 8 décembre 1854)
Posté le 8 décembre 2008 à 11h11 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)
01 décembre 2008
Nouvelles guérisons à Lourdes ?
Cinq cas de guérisons remarquables survenues à la suite de pèlerinages ont été annoncées par le Comité médical international de Lourdes (Cmil) à l'origine de ces observations. Plusieurs dossiers étudiés depuis 2004 ont permis aux membres du Cmil de sélectionner cinq cas de personnes françaises atteintes de diverses pathologies et âgées de 40 à 69 ans. L'un des cas concerne une femme actuellement âgée de 40 ans et "au départ incroyante", atteinte de sclérose en plaques depuis avril 1993.
"Le 20 mai 2004, lors d'un pèlerinage à Lourdes suscité par une amie (...) a constaté subitement aux piscines la disparition de l'impotence de ses membres inférieurs et des autres symptômes".
MJ
Posté le 1 décembre 2008 à 16h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
24 novembre 2008
Collaborer au règne de Notre Seigneur
"le visage du Christ, roi de l'univers, est celui du juge, parce que si Dieu est un pasteur bon et miséricordieux, il est aussi et un juge juste... Le critère de justice est décisif. Ce critère est l'amour, la charité concrète envers le prochain, en particulier les petits, et envers les personnes en difficulté... Le Christ s'identifie à ses frères plus petits et le Jugement final fera le compte-rendu de ce qui s'est passé dans notre vie terrestre... Les évènements de l'histoire n'intéressent pas Dieu qui veut régner dans le coeur des personnes et de là sur le monde. Il est le roi de l'univers tout entier mais c'est dans notre coeur que son règne court un risque, parce qu'il y rencontre notre liberté. Nous, et seulement nous pouvons faire obstacle à sa royauté sur le monde: dans la famille, dans la société, dans l'histoire... Voulant nous associer à sa royauté, Jésus nous invite à collaborer à l'avent de son règne d'amour, de justice et de paix. C'est à nous de lui répondre, non avec des mots mais par des actes. En choisissant la voie de l'amour actif et généreux envers le prochain, nous lui permettons d'étendre son pouvoir dans le temps et dans l'espace".
MJ
Posté le 24 novembre 2008 à 16h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
17 novembre 2008
Ne pas avoir peur de manifester sa foi par les oeuvres
Extrait des paroles prononcées par Benoît XVI lors de l'Angélus hier :
"Le passage de l'évangile raconte la célèbre parabole des talents, rapportée par saint Matthieu (25, 14-30) [...] le texte parle d'un « homme, qui partait en voyage » et qui « appela ses serviteurs et leur confia ses biens » (Mt 25, 14). L'homme de la parabole représente le Christ lui-même, les serviteurs sont les disciples et les talents sont les dons que Jésus leur confie. Par conséquent, ces talents ne représentent pas seulement les qualités naturelles mais aussi les richesses que le Seigneur Jésus nous a laissées en héritage, afin que nous les fassions fructifier : sa Parole, déposée dans le saint Evangile ; le Baptême, qui nous renouvelle dans l'Esprit Saint ; la prière - le « Notre Père » - que nous élevons à Dieu en tant que fils unis dans le Fils ; son pardon, qu'il a commandé de porter à tous ; le sacrement de son Corps immolé et de son Sang versé. En un mot : le Royaume de Dieu, qu'Il est Lui-même, présent et vivant au milieu de nous.
C'est le trésor que Jésus a confié à ses amis, au terme de sa brève existence terrestre. La parabole de ce jour insiste sur l'attitude intérieure avec laquelle il faut accueillir et valoriser ce don. L'attitude qu'il ne faut pas avoir est celle de la peur : le serviteur qui a peur de son patron et craint son retour cache la pièce de monnaie sous terre et celle-ci ne produit aucun fruit. Cela arrive par exemple à celui qui a reçu le Baptême, la Communion, la Confirmation, mais ensevelit ensuite ces dons sous une couche de préjugés, sous une fausse image de Dieu qui paralyse la foi et les œuvres. Ceci fait qu'il trahit les attentes du Seigneur. Mais la parabole souligne davantage les bons fruits portés par les disciples qui, heureux du don reçu, ne l'ont pas tenu caché jalousement et par peur, mais l'ont fait fructifier en le partageant. Oui, ce que le Christ nous a donné se multiplie en le donnant ! C'est un trésor fait pour être dépensé, investi, partagé avec tous, comme nous l'enseigne ce grand administrateur des talents de Jésus qu'est l'apôtre Paul.
L'enseignement évangélique que nous offre aujourd'hui la liturgie a également eu une influence au niveau historique et social en encourageant parmi les populations chrétiennes une mentalité active et entreprenante. Mais le message central porte sur l'esprit de responsabilité avec lequel il faut accueillir le Royaume de Dieu : une responsabilité envers Dieu et envers l'humanité."
MJ
Posté le 17 novembre 2008 à 09h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
10 novembre 2008
Prions-nous superficiellement ?
Lu sur l'Evangile de la vie :
"Une anecdote nous apprend que presque tous les hommes originaires d'Ars, partis à la Guerre 14-18, sont rentrés sains et saufs au village ! L'histoire rapporte que le curé d'Ars d'alors, Mgr Convert, avait déposé leurs noms, dès leur départ à la guerre, dans la châsse de Jean-Marie Vianney, et soir et matin, pendant quatre ans, un temps de prière était organisé pour eux ! Sur 66 partis, 60 sont revenus ! Cette proportion est tout à fait exceptionnelle. Puissance de la prière ! Dans sa Lettre pour le nouveau millénaire, Jean-Paul II appelait les chrétiens à se distinguer dans l'art de la prière. "On se tromperait, écrivait-il, si l'on pensait que les simples chrétiens peuvent se contenter d'une prière superficielle, qui serait incapable de remplir leur vie. Face notamment aux nombreuses épreuves que le monde d'aujourd'hui impose à la foi, ils seraient non seulement des chrétiens médiocres, mais des "chrétiens en danger". Ils courraient en effet le risque insidieux de voir leur foi progressivement affaiblie, et ils finiraient même par céder à la fascination de "succédanés", accueillant des propositions religieuses de suppléance et se prêtant même aux formes extravagantes de la superstition." Aujourd’hui, nous devons mettre la puissance de la prière au service des vocations sacerdotales et religieuses. La pénurie qui s'agrandit n'est-elle pas une cause équivalente à celle de ces hommes partis à la guerre et dont on tremble pour leur vie. L'intercession aurait-elle perdu de sa force ? Notre prière aurait-elle perdu de sa ferveur ?"
MJ
Posté le 10 novembre 2008 à 22h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)
02 novembre 2008
La vie éternelle est-elle encore un désir ?
Lors de l'Angélus, aujourd'hui, Benoît XVI a dit :
"Hier la fête de Tous les Saints nous a fait contempler «la ville du ciel, la Jérusalem céleste qui est notre mère». Aujourd'hui, avec l'esprit encore tourné vers cette dernière réalité, nous commémorons tous les fidèles défunts, qui «nous ont précédés avec le signe de la foi et dorment du sommeil de la paix». Il est très important que nous chrétiens vivions un rapport avec les défunts dans la vérité de la foi, et regardons la mort et l'au-delà dans la lumière de la Révélation. L'apôtre Paul, en écrivant aux premières communautés, exhortait déjà les fidèles « à ne pas être triste comme les autres qui n'ont pas d'espérance». «Si en effet - écrivait-il - nous croyons que Jésus est mort et qu'il est ressuscité, croyons aussi que Dieu ramènera par Jésus et avec lui ceux qui sont morts». Il est nécessaire aujourd'hui encore, d'évangéliser la réalité de la mort et de la vie éternelle, réalités particulièrement sujettes à des croyances superstitieuses et à des syncrétismes, pour que la vérité chrétienne ne risque pas d'être mêlée à des mythologies de divers genres.
Dans mon Encyclique sur l'espérance chrétienne, je me suis interrogé sur le mystère de la vie éternelle. Je me suis demandé : la foi chrétienne est-elle aussi pour nous aujourd'hui une espérance qui transforme et soutient notre vie ? Et plus radicalement : les hommes et les femmes de notre époque désirent-ils encore la vie éternelle ? Ou peut-être l'existence terrestre est-elle devenue leur unique horizon ? En réalité, comme Saint Augustin l'observait déjà, nous voulons tous « une vie heureuse », le bonheur. Nous ne savons pas bien ce que c'est ni comment c'est, mais nous nous sentons attirés vers lui. C'est là l'espérance universelle, commune aux hommes de tous les temps et de tous lieux. L'expression « vie éternelle » voudrait donner un nom à cette attente qu'on ne peut supprimer : non pas une succession sans fin, mais une immersion dans l'océan de l'Amour infini, dans lequel le temps, avant et après n'existe plus. Une plénitude de vie et de joie : c'est cela que nous espérons et attendons par la foi, par notre être avec le Christ. [...]
L'espérance chrétienne n'est cependant jamais seulement individuelle, elle est toujours aussi une espérance pour les autres. Nos existences sont profondément liées les unes aux autres et le bien et le mal que chacun accomplit touche toujours aussi les autres. Ainsi, la prière d'une âme pèlerine dans le monde peut aider une autre âme qui se purifie après la mort. Voilà pourquoi aujourd'hui, l'Église nous invite à prier pour nos chers défunts et à nous arrêter près de leur tombe dans les cimetières. Que Marie, étoile de l'espérance, rende plus forte et authentique notre foi dans la vie éternelle et soutienne notre prière de suffrage pour nos frères défunts."
MJ
Posté le 2 novembre 2008 à 19h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
01 novembre 2008
Gaudeamus omnes in Domino
En ce jour de la Toussaint, le Salon Beige souhaite une bonne fête à ses lecteurs toujours plus nombreux!
Posté le 1 novembre 2008 à 00h05 par François Caussart | Lien permanent | Commentaires (4)
31 octobre 2008
Mgr Patenôtre répond à L’Homme Nouveau
L’Homme Nouveau avait relevé les propos de Mgr Yves Patenôtre, archevêque de Sens-Auxerre, qui affirmait dans un éditorial intitulé "Il est venu confirmer ses frères dans la foi" que "le Pape n'est pas le chef de l'Eglise" :
Devant les vives réactions provoquées par cet éditorial, Mgr Patenôtre apporte la précision suivante :
S'il est exact que le pape est le chef du Collège des évêques, sa juridiction ne se limite pas à cela, comme l'indique le Canon 331 :
Posté le 31 octobre 2008 à 12h23 par François Caussart | Lien permanent | Commentaires (2)
29 octobre 2008
Benoît XVI explique la primauté de l'Oeuvre de Dieu : la liturgie
Dans les "Opera omnia" de Joseph Ratzinger théologien, l'ouverture est toute entière consacrée à la liturgie. Benoît XVI pape explique pourquoi :
"Le Concile Vatican II commença ses travaux par la discussion du schéma sur la sainte liturgie; le document, premier fruit de ces grandes assises de l’Eglise, fut voté solennellement le 4 décembre 1963, avec rang de constitution. [...] Ce qui pourrait, à première vue, sembler un hasard se révèle être aussi le meilleur choix intrinsèquement, quand on regarde la hiérarchie des thèmes et des missions de l’Eglise. En commençant par le thème "liturgie", on a mis en lumière, sans équivoque, la primauté de Dieu, la priorité du thème "Dieu". Dieu avant tout, c’est ce que nous dit le début de la constitution sur la liturgie. Quand le regard sur Dieu n’est pas déterminant, tout le reste perd son orientation. La formule de la règle bénédictine "Ergo nihil Operi Dei praeponatur" (43, 3: "Donc que rien ne soit préféré à l’Œuvre de Dieu") a une valeur spécifique pour le monachisme, mais aussi, en tant qu’ordre des priorités, une valeur pour la vie de l’Eglise et de chacun à sa manière respective. Il est peut-être utile de rappeler ici que, dans le mot "orthodoxie", la seconde moitié, "doxa", ne signifie pas "opinion", mais "splendeur", "glorification": il ne s’agit pas d’une "opinion" correcte sur Dieu, mais d’une manière appropriée de le glorifier, de lui donner une réponse. Parce que la question fondamentale de l’homme qui commence à se comprendre lui-même correctement est: comment dois-je rencontrer Dieu ? Donc, l’apprentissage de la bonne manière d’adorer - de l’orthodoxie – est ce qui nous est donné surtout par la foi.
Lorsque j’ai décidé, après quelques hésitations, d’accepter le projet d’une édition de mes œuvres complètes, j’ai aussitôt pensé qu’il fallait les présenter selon l’ordre des priorités du Concile. Le premier volume à être publié devait donc être celui qui réunirait mes écrits sur la liturgie. La liturgie de l’Eglise a été pour moi, depuis l’enfance, l’activité centrale de ma vie. Elle est aussi devenue, à l’école théologique de maîtres comme Schmaus, Söhngen, Pascher et Guardini, le centre de mon travail théologique. J’ai choisi d’étudier plus spécialement la théologie fondamentale, parce que je voulais avant tout explorer à fond la question: pourquoi croyons-nous? Mais, dès le début, cette question incluait celle de la bonne réponse à donner à Dieu et donc aussi celle du service de Dieu. C’est précisément en partant de là qu’il faut comprendre mes travaux sur la liturgie. Je n’étais pas intéressé par les problèmes spécifiques de la science liturgique, mais toujours par l’ancrage de la liturgie dans l’acte fondamental de notre foi et donc aussi par sa place dans toute notre existence humaine. [...]
[L]’idée que, dans la prière, le prêtre et le peuple devraient se faire face n’est née que dans le christianisme moderne, elle est tout à fait étrangère au christianisme ancien. Il est certain que le prêtre et le peuple prient tournés non pas l’un vers l’autre, mais vers l’unique Seigneur. Dans la prière, ils regardent donc dans la même direction: soit vers l’Orient, symbole cosmique du Seigneur qui vient, soit, si ce n’est pas possible, vers une image du Christ dans l’abside, vers une croix, ou simplement vers le ciel, comme l’a fait le Seigneur lors de la prière sacerdotale, le soir précédant sa Passion (Jean 17, 1). [...]
Je serais heureux si cette nouvelle édition de mes écrits liturgiques pouvait contribuer à faire voir les grandes perspectives de notre liturgie et à faire reléguer à leur juste place certaines controverses mesquines sur des formes extérieures. [...] Puisse tout cela contribuer à ce que la liturgie soit comprise de plus en plus profondément et célébrée dignement. "La joie du Seigneur est notre force" (Néhémie 8,10)."
Posté le 29 octobre 2008 à 13h58 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)
25 octobre 2008
Il ne faut plus prononcer le nom de Dieu en disant «Yavhé »
Par respect pour le Nom de Dieu, pour la Tradition de l'Eglise, pour le Peuple Juif, et pour des raisons philologiques, il ne faut plus prononcer le nom de Dieu en disant «Yavhé ».
Le synode des évêques sur la Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise a mis en pratique cette nouvelle disposition de la Congrégation romaine pour le culte divin qui demande - « par directive du Saint-Père » - qu'on n'emploie plus la transcription des quatre consonnes hébraïques - « le Tétragramme sacré » - vocalisées en « Yavhé » ou « Yahweh », dans les traductions, « les célébrations liturgiques, dans les chants, et dans les prières » de l'Eglise catholique.
MJ
Posté le 25 octobre 2008 à 10h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)
19 octobre 2008
"Tout est politique mais la politique est à Dieu"
De Don Le Gall, modérateur général de la Cté St Martin, à propos de l'Evangile de ce jour :
"La subordination du chrétien au pouvoir civil se prolonge par la subordination du pouvoir civil à Dieu. Rien de plus logique : notre monde est orienté vers sa fin qui est le Dieu Transcendant de qui tout tire son origine et vers qui tout tend pour y trouver son achèvement. Il s’agit donc de subordination et non de soumission du temporel au Transcendant dont le « Royaume n’est pas de ce monde » (Jn, 19, 36). C’est à une véritable réordination du politique que Jésus invite. D’abord à titre personnel, dans la gestion de nos propres affaires, puis au titre de la polis, de la cité, en fonction des engagements politiques de chacun pour le Bien commun. Oui, avant même de penser à évangéliser nos hommes politiques, pensons à la gestion de notre vie personnelle qu’il nous faut redresser en la ré-orientant sur un spirituel qui prime. Spirituel d’abord pourrions-nous dire en appliquant à notre relation aux biens terrestres la foi que nous disons avoir en Jésus et aussi l’espérance qui nous fait désirer le ciel.
« Ils le laissent et ils s’en vont ». Cette description sèche de Matthieu s’oppose à ce qu’au début les pharisiens disaient du Christ « le vrai chemin de Dieu ». Cela nous invite à réfléchir sur le sens que nous donnons à notre quotidien : orienté vers le Père avec Jésus qui est la Voie ? Ou sans Lui, orienté vers d’autres biens éphémères ? A nous de nous approprier cet enseignement, en nous rappelant que, selon ces mêmes pharisiens, Jésus est le « Maître toujours vrai » ! Il nous faut donc « vouloir ce qu’Il veut », comme nous l’avons prié dans la Collecte. Ainsi ferons-nous nôtre l’exhortation de Paul « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ et le Christ est à Dieu » !"
MJ
Posté le 19 octobre 2008 à 21h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
13 octobre 2008
Quelques nouvelles du synode
Mgr Ramzi Garmou, Archevêque chaldéen de Téhéran des Chaldéens, a déclaré :
"Toute la Bible, depuis la Genèse jusqu'à l'Apocalypse, nous dit que la fidélité à la Parole de Dieu conduit à la persécution. Le premier persécuté par excellence est Jésus lui-même, qui a connu la persécution dès les premiers jours de sa naissance et jusqu'à sa mort sur la croix. Selon l'Evangile, la persécution est considérée comme le signe le plus éloquent de la fidélité à la Parole de Dieu. La croissance de l'Eglise et son propres chemin de d'évangélisation des peuples est fruit de la persécution qu'elle a subie en tous les lieux et en tous les temps. Jésus, dans l'Evangile, nous parle avec beaucoup de clarté de la persécution. Prions l'Esprit, afin qu'il donne à l'Eglise du troisième millénaire et en cette année de saint Paul, la grâce et la joie de faire une réelle expérience de la persécution à cause de sa fidélité à la Parole de Dieu".
Mgr Joseph Vo Duc Minh, Coadjuteur de Nha Trang (Vietnam), a estimé :
"L'Eglise du Christ au Vietnam...a parcouru un chemin plein de croix. Á travers les hauts et les bas de leur histoire, comme les Juifs au temps de l'Exil, les catholiques vietnamiens comprenaient que seule la Parole de Dieu reste et ne déçoit jamais. Cette Parole...est devenue la source de consolation et de force qui donne la fermeté pour tous les membres du peuple de Dieu, et en même temps le point focal qui les aide à découvrir leur avenir... La Parole de Dieu aide à découvrir la figure véritable de Jésus-Christ, qui incarne l'amour rédempteur de Dieu, à travers le mystère de la croix. A cause de l'expérience douloureuse vécue par l'Eglise du Christ au Vietnam, le mystère de la Croix est devenu non seulement proche de la vie quotidienne, mais encore un élément essentiel qui rassemble le peuple de Dieu".
MJ
Posté le 13 octobre 2008 à 15h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
11 octobre 2008
Le catholicisme social
Directeur de l’hebdomadaire Les 4 vérités depuis mars 2008, Guillaume de Thieulloy est interrogé par Monde & Vie sur la doctrine sociale de l'Eglise. Extraits :
"La doctrine sociale est le discours que tient l’Eglise sur la société et sur la place de l’homme dans la société. A côté de la morale familiale, de la morale personnelle, il existe donc une « morale sociale », qu’on appelle la doctrine sociale de l’Eglise. Cette doctrine repose sur une vision de l’homme comme créature pécheresse et rachetée, comme « animal social » Nous pourrions résumer cette vision sociale en deux principes: premièrement, le bien commun de la société est supérieur au bien de chacun de ses membres. En conséquence, la société peut nous demander l’impôt de l’or ou du sang. Deuxièmement, l’homme, ayant une destinée surnaturelle, n’est pas soumis à l’Etat en tout et, en matière spirituelle, c’est donc la société temporelle qui est faite pour l’homme, et non l’homme pour la société. [...]
Confronté à la crise actuelle, Nicolas Sarkozy a récemment insisté sur la légitimité de l’intervention de l’Etat. Il semble que nous évoluions en permanence entre les logiques libérale et socialiste. Le catholicisme social peut-il représenter une troisième voie? Que peut-il apporter aujourd’hui ? Et s’y intéresse-t-on encore?
Je suis assez mal à l’aise avec l’idée du catholicisme social comme troisième voie entre le libéralisme et le socialisme, comme s’il faisait nombre avec eux. Cependant, il est certain qu’une pensée politique ni libérale, ni socialiste a un grand avenir devant elle : l’échec du communisme, les crises du libéralisme me semblent le montrer. Le problème est que les catholiques ne semblent pas très soucieux d’approfondir les trésors de doctrine de leur Eglise – sans compter qu’il n’est pas évident que les « élites » politico-médiatiques françaises attendent avec une impatience fébrile le retour des catholiques sociaux sur le devant de la scène !"
Posté le 11 octobre 2008 à 09h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
09 octobre 2008
Quelques nouvelles du Synode
Mgr Tomash Peta, Evêque de Sainte-Marie à Astana (Kazakhstan), a déclaré :
"[L]e chapelet est une forme simple et universelle d'écoute et de prière de la Parole. Je suis convaincu qu'à notre époque, il est important de rappeler et de promouvoir cette forme de prière parce qu'elle est le chemin vers Marie, elle qui a compris et s'est unie à la Parole de Dieu mieux que quiconque. Dans notre pays le Kazakhstan et en Asie centrale, une quantité innombrable de catholiques déportés dans cette région n'ont pas eu, durant des décennies, la possibilité d'accéder aux prêtres, aux églises, aux bibles ou aux sacrements (à l'exception du baptême des enfants qu'ils administraient eux-même), mais ils avaient le chapelet. Grâce à la prière du chapelet, ils ont réussi à conserver la foi, la compréhension des vérités fondamentales de la religion catholique, la dignité et l'espérance en des jours meilleurs".
MJ
Posté le 9 octobre 2008 à 16h38 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
08 octobre 2008
Quelques nouvelles du Synode
Voici un extrait des interventions qui ont eu lieu mardi :
- Le Cardinal Angelo Sodano, Doyen du Collège des Cardinaux a rappelé le vrai concept de Parole de Dieu, qui ne se limite pas à la Parole écrite, contenue dans la Bible, mais concerne aussi la Parole orale, contenue dans la Tradition de l’Église.
Mgr Broderick S. Pabillo, Évêque titulaire de Sitifi, Évêque auxiliaire de Manille (Philippines) a demandé l'établissement de directives pour aider les Catholiques à interpréter la Bible d’une manière correcte. Celles-ci pourraient inclure les critères suivants - Connaître la Bible ce n’est pas seulement connaître un livre, mais c’est connaître et se mettre en relation avec la Personne du Christ.
- La liturgie est le premier lieu de rencontre de la Bible comme Parole de Dieu.
- Une vraie compréhension de la Bible devrait être en accord avec la vie authentique (comme la vie des saints), les pratiques et les enseignements de l’Église.
- Une compréhension correcte des Saintes Écritures devrait être guidée, et par la foi et par l’étude.
- Chaque passage de la Bible doit être lu dans le contexte de l’unité profonde des Saintes Écritures.
- Une compréhension correcte de la Bible devrait tenir compte et s’adresser aux situations concrètes de notre temps.
- La lecture de la Bible ne doit pas se terminer par une simple connaissance; c’est un appel à la conversion et à la transformation.
- L’usage correct de la Bible devrait promouvoir l’unité au sein de l’Église et entre les Églises.
- Nous devons aborder la Bible avec un esprit d’humilité; cela nous permet d’estimer l’interprétation de la Bible par les pauvres.
Posté le 8 octobre 2008 à 14h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
La Parole Dieu et les sectes
Extraits de l'intervention de Mgr Laurent Monsengwo Pasinya, prononcée au nom de la conférence épiscopale nationale du Congo :
Mon intervention porte sur l’interprétation des Écritures et les sectes.
1. Il est communément admis que toute parole est un langage et que tout langage appelle une interprétation, surtout s’il s’agit d’un texte écrit. À cause du recul historique et de la distance spatiale, en effet, les mots et les signes, les métaphores et les symboles peuvent acquérir des surcroîts de sens et des harmoniques susceptibles d’orienter le lecteur vers des sens autres que ceux initialement voulus par l’auteur.
2. Tel est le cas pour les Écritures Saintes dont Dieu, l’auteur et l’inspirateur principal, destine le message à toutes les générations dans le temps et dans l’espace (cf. Mt 28,19-20 ; Mc 16,5). [...]
3. À ce sujet, il faut noter cependant que l’Écriture Sainte elle-même invite son interprète à beaucoup de prudence et d’“intelligence” (Lc 24,25). Ainsi, les mises en garde de l’Écriture interpellent-elles face au phénomène des sectes. Car celui-ci n’est pas nouveau: il remonte aux origines de l’Église. Dans sa première lettre (1 Jn, écrite vers 95 ap. J.C.), Jean mentionne déjà des dissidents qui ne confessent plus “Jésus venu dans la chair” (1 Jn 4,2-3), sont sortis de la communauté et se sont exclus de la foi apostolique (1 Jn 2,19-24).
4. Toutefois, loin de nous apaiser, la prolifération cancéreuse des sectes de tous genres et aux motivations les plus diverses a de quoi inquiéter les pasteurs de l’Église. D’autant que leur doctrine est généralement basée sur une interprétation fondamentaliste de l’Écriture Sainte. Pourtant plusieurs textes bibliques dissuadent une telle interprétation et incitent plutôt à recourir à des critères établis. Ainsi, par exemple, la réaction de Jésus lui-même face à la gifle du garde au palais du grand-prêtre Anne (Jn 18,22-23) montre-t-elle clairement que la présentation de l’autre joue dont parle Matthieu en 5,39, est une hyperbole à ne pas prendre au pied de la lettre. Mais Jésus, contrairement à la loi du talion (Mt 5,38), “ne rend pas le mal pour le mal”: il pardonne (cf. Rm 12,21). L’apôtre Pierre, pour sa part, parle des lettres que son “cher frère Paul” a écrites “ selon la sagesse qui lui a été donnée” et qui contiennent “des points obscurs, que les gens sans instruction et sans fermeté détournent de leur sens ...” (2 P 3,15-16). C’est dire qu’il y a des normes d’interprétation des Écritures, dont Pierre et les apôtres se portent garants (cf. 2 P 1,16-19). [...] Et Pierre de stigmatiser les “faux docteurs” et leurs “sectes pernicieuses”... Il faut dire que plusieurs des sectes actuelles répondent au profil décrit ici par le Prince des Apôtres: conduite douteuse, blasphème contre la vérité, cupidité, paroles trompeuses, trafic d’influences (2 P 2,2-3). Il s’ensuit que la meilleure voie de dialogue avec les sectes s’avère être une saine interprétation des Écritures Saintes.
5. Les textes susmentionnés nous fournissent les critères suivants pour l’interprétation de l’Écriture Sainte: l’Esprit Saint, la Tradition apostolique (norma normans), la communion avec le Corps de l’Ég1ise (cf. 1 Jn 1,3), la confession de la foi de l’Église (analogia fidei), la cohérence avec toute l’Écriture (analogia scripturae). Ces critères nous protègent d’une interprétation fondamentaliste et subjective de la Parole de Dieu. Il sied de s’y référer notamment dans les efforts communs d’oecuménisme."
L'intégralité des interventions de lundi est accessible.
Posté le 8 octobre 2008 à 10h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
07 octobre 2008
Quelques nouvelles du Synode (suite)
Le Cardinal Josip Bozanic, Archevêque de Zagreb (Croatie), a affirmé :
"Il existe un lien indissoluble entre la Bible et l'Europe. Tout ce qui a rendu grande la culture européenne et sa civilisation...trouve son point de départ dans la Bible. Par exemple, des thèmes tels que la dignité de la personne, la reconnaissance des droits de l'homme, la séparation entre l'Eglise et l'Etat trouvent leur source dans la Bible. La justice sociale, le droit, la critique de tout type d'idolâtrie, le rejet des fausses images de Dieu, ont leur fondement dans la Bible. Aujourd'hui en Europe, on perçoit les signes d'un intérêt renouvelé pour la Bible. Il est donc nécessaire de repartir de Dieu et de l'événement de sa Révélation et, en même temps, avoir le courage de proposer une Lectio Divina nouvelle et plus mûre".
"L'Europe sans Dieu risque de devenir un nid de préoccupations et de construire une civilisation de la peur. La Parole de Dieu rend l'espérance et la joie. L'Europe, en outre, entre en crise quand elle n'accepte pas la force interprétante de la Parole de Dieu qui trouve dans la foi et dans l'inspiration son fondement ultime. C'est une mission ardue pour toutes les disciplines scientifiques et spécialement pour la théologie. L'Europe se vante, avec juste raison, du développement de sa propre pensée théologique, mais il faut un effort supplémentaire pour une confrontation plus profitable avec les nouvelles interprétations et les nouvelles recherches scientifiques qui sont souvent volontairement séparées des paradigmes herméneutiques de la vérité chrétienne. Le refus de la Parole de Dieu comme instance interprétative conduit l'Europe vers la culture du découragement et de l'insécurité. En effet, une culture qui rompt avec la célébration chrétienne, c'est-à-dire avec la célébration du Mystère de la bonté de Dieu et du salut réalisé dans le Christ, risque sa propre joie et pousse l'Europe dans la civilisation de l'affliction et de la tristesse, qui sent le poids de la vieillesse et de la mort. La Parole de Dieu rend à l'homme européen la capacité de célébrer la vie. Là où on célèbre les mystères chrétiens, l'Eglise est jeune, et ceci garantit également la jeunesse de l'Europe".
Voici un extrait de l'intervention du Rabbin Shear Yashuv Cohen :
"Nous prions Dieu au moyen de ses propres paroles, telles que nous les rapportent l'Ecriture. Nous le louons avec des phrases tirées de la Bible. Nous implorons sa miséricorde en rappelant ce qu'il nous a promis, à nous et à nos pères. Tout ce que nous faisons est basé sur la règle consignée par nos rabbins et maîtres: Donnez-lui ce qui lui appartient car vous et ce que vous possédez est sien. Nous croyons que la prière est le langage de l'âme qui communie avec Dieu, et que notre âme est sienne puisqu'il nous l'a donnée".
Le Cardinal Francis George a déclaré :
"Le Concile Vatican II a appelé à un renouveau de la prédication qui implique la transformation du sermon, compris essentiellement comme une exposition de la doctrine catholique, de la dévotion et de la discipline, en une homélie comprise essentiellement comme une exposition et une application de l'Ecriture. Une telle modification n'a été accomplie qu'en partie. L'une des raisons de cette modification partielle est que la prédication a souvent tendance à considérer le kerygme comme acquis, et cela à un moment où le kerygme ne peut pas l'être au sein des cultures occidentales. Dans ce cas, le risque est de voir la prédication subir une réduction moraliste qui peut provoquer l'intérêt ou l'admiration, mais non la foi qui sauve... Une nouvelle évangélisation requiert une formulation et une proclamation nouvelles du kerygme en vue d'une prédication missionnaire plus puissante. Afin de promouvoir ce type de prédication, il faudrait préparer un Directoire général pour les homélies sur le modèle du Directoire général pour la catéchèse et de l'Instruction générale du Missel Romain."
Le Cardinal Erdo (Hongrie) a ajouté :
"Il est absolument nécessaire qu'une juste interprétation soit faite par l'Eglise au moment même de la première rencontre avec la Parole de Dieu. Les risques d'une interprétation arbitraire sont particulièrement élevés dans un environnement culturel comme le nôtre où les catégories élémentaires de la recherche de la vérité historique semblent avoir moins d'importance. Les publications plus sensationnelles que scientifiques peuvent générer une grande confusion dans l'esprit des fidèles et parfois aussi des prêtres. Le risque le plus grand ne réside pas dans le fait que certains ne sachent pas quel crédit accorder à un texte apocryphe comme par exemple l'évangile de Judas, mais plutôt dans ce que beaucoup n'ont aucune idée sur la façon de distinguer les sources crédibles de celles qui ne le sont pas dans l'histoire de Jésus-Christ. De plus, il semble que, pour beaucoup, il n'est pas important de rechercher quelle a été la véritable histoire parce qu'ils raisonnent de façon subjective et donc subjectiviste sur l'histoire".
Posté le 7 octobre 2008 à 16h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
Quelques nouvelles du Synode
Le cardinal Marc Ouellet (photo), archevêque de Québec et rapporteur général du Synode, a expliqué que le christianisme n'est pas la religion du Livre. La Parole de Dieu établit une relation d'amour avec l'homme car elle l'interpelle directement. Il a conclu en posant une question à laquelle le synode est invité à répondre : cette vision occupe-t-elle «la place qui lui revient dans la liturgie, la catéchèse et l'enseignement théologique ?»- Les travaux du synode ont commencé par une proposition importante : la demande au pape d'écrire une encyclique sur l'interprétation des Ecritures dans l'Eglise. Cette proposition part du constat que souvent, les Facultés de théologie et les Facultés bibliques divergent de la vision de la Bible donnée par le magistère du pape et des évêques.
- Le président du Conseil épiscopal latino américain, Mgr Raymundo Damasceno Assis, archevêque d'Aparecida (Brésil), souhaite parler de la Parole de Dieu dans la formation des futurs prêtres :
"Il est très important que toute notre action pastorale soit fondée sur la Parole de Dieu, qu'elle soit imprégnée, animée par la Parole de Dieu. Et il est important que dès le séminaire ceux qui deviendront prêtres cherchent à faire de la Parole de Dieu la nourriture de leur vie, qu'ils cherchent à étudier les Saintes Ecritures pas seulement d'un point de vue académique, et en vue de l'exercice d'une fonction précise. Ils doivent faire de la Parole de Dieu la nourriture de leur existence, apprendre à faire une lecture orante de la Parole, afin que cet amour et cette manière de vivre la Parole anime tout leur ministère à venir, et anime également toute la pastorale."
Posté le 7 octobre 2008 à 10h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)
04 octobre 2008
Respecter le Fils de Dieu
Extrait du commentaire de l'Evangile de demain (saint Matthieu 21, 33-43 - parabole des vignerons homicides) par le père Raniero Cantalamessa, prédicateur de la Maison pontificale :
"Cette parabole de Jésus est terriblement actuelle si on l'applique à notre Europe et au monde chrétien en général. Dans ce cas aussi il faut dire que Jésus a été « jeté hors de la vigne », expulsé par une culture qui se proclame post-chrétienne, ou même anti-chrétienne. Les paroles des vignerons résonnent - peut-être pas à travers des paroles mais à travers les faits - dans notre société sécularisée : « Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, nous aurons l'héritage ».
On ne veut plus entendre parler de racines chrétiennes de l'Europe, de patrimoine chrétien. L'homme sécularisé veut être lui-même l'héritier, le patron. Sartre met ces terribles déclarations dans la bouche d'un de ses personnages : «Il n'y a plus rien eu au ciel, ni Bien, ni Mal, ni personne pour me donner des ordres. [...] Je suis un homme et chaque homme doit inventer son chemin».
L'exemple que je viens de donner est un peu une application « à grande échelle » de la parabole. Mais les paraboles du Christ [...] s'appliquent à toute personne individuelle [...] Je me souviens qu'un jour j'écoutais, assez distraitement, cette parabole au cours d'une messe. Au moment où le patron de la vigne se dit : «Ils respecteront mon fils», je sursautais. Je compris que ces paroles s'adressaient directement à moi, à ce moment-là. Le Père céleste était sur le point de m'envoyer son Fils dans le sacrement de son corps et de son sang ; avais-je conscience de la grandeur de ce moment ? Etais-je prêt à l'accueillir avec respect, comme le Père s'y attendait ? Ces paroles m'arrachèrent brusquement à mes pensées..."
Posté le 4 octobre 2008 à 20h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)
10 septembre 2008
On n'est pas apôtre par soi-même
La catéchèse de l'audience générale a été consacrée par le Pape à un point fondamental de la vie de saint Paul. Le concept paulinien d'apostolat se caractérise par trois éléments.
- Le premier est avoir vu le Seigneur, avoir eu avec lui une rencontre déterminante pour l'orientation de sa vie... On ne se fait pas apôtre, c'est le Christ qui constitue l'apostolat. Ainsi l'apôtre est-il sans cesse contraint d'en référer au Seigneur.
- La seconde caractéristique est d'être envoyé.
"Le mot grec Apostolos signifie envoyé, représentant. Ici encore, c'est une initiative qui nous est étrangère, qui vient de Dieu en Jésus-Christ et constitue un devoir absolu...car il s'agit d'une mission à accomplir en son nom à l'exclusion de tout intérêt personnel".
- "L'annonce évangélique et la fondation d'Eglises en découlant" constituent le troisième point fondamental. "Apôtre ne saurait être un titre honoraire car cet état engage totalement l'existence de la personne touchée".Une caractéristique du véritable apôtre est son identification entre Evangile et évangélisateur, dont le destin est commun.
MJ
Posté le 10 septembre 2008 à 16h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)
24 août 2008
"Pour vous, qui suis-Je ?"
Extraits du commentaire de l'Evangile par le prédicateur de la Maison pontificale :
"On trouve dans la culture et dans la société d'aujourd'hui, un fait qui peut nous aider à comprendre l'Evangile de ce dimanche : le sondage d'opinion. Il est utilisé un peu partout, mais surtout dans le domaine politique et le domaine commercial. Jésus veut aussi un jour réaliser un sondage d'opinion [...] : « Le Fils de l'homme, qui est-il, d'après ce que disent les hommes ? ». [...] Mais Jésus n'était pas intéressé par son degré de popularité ou son niveau d'appréciation auprès des gens. Son but était bien différent. Il poursuit donc en demandant : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». [...]
La situation se répète aujourd'hui, pratiquement à l'identique. Aujourd'hui aussi « les gens », l'opinion publique, a ses idées sur Jésus. Jésus est à la mode. Voyons ce qu'il en est dans le monde de la littérature et du spectacle. Il ne se passe pas une année sans que soit publié un roman ou paraisse un film avec sa vision propre déformée et désacralisée du Christ. Le cas du Da Vinci Code de Dan Brown est le plus célèbre et suscite tant d'émules.
Puis l'on trouve ceux qui sont à mi-chemin, comme les gens de son temps, et qui considèrent Jésus comme « un des prophètes ». Une personne fascinante, que l'on place au niveau de Socrate, Gandhi, Tolstoï. Je suis sûr que Jésus ne méprise pas ces réponses, parce que de lui on dit que « le roseau froissé, il ne le brisera pas, et la mèche fumante, il ne l'éteindra pas », c'est-à-dire qu'il sait apprécier chaque effort honnête de la part de l'homme. Mais c'est une réponse qui ne tient pas, pas même dans la logique humaine. Gandhi ou Tolstoï n'ont jamais dit : « Je suis le chemin, la vérité et la vie », ou même « qui aime son père et sa mère et sa mère plus que moi n'est pas digne de moi ».
Avec Jésus on ne peut pas s'arrêter à mi-chemin : ou bien il est celui qu'il dit être, ou il n'est pas un grand homme, mais le plus grand fou exalté de l'histoire. Il n'y a pas de voie intermédiaire. [...] Mais laissons les réponses des personnes et venons en à nous, chrétiens. Il ne suffit pas de croire dans la divinité du Christ, il faut également en témoigner. Qui le connaît et ne témoigne pas de cette foi, et même la cache, est plus responsable devant Dieu que celui qui n'a pas cette même foi. Dans une scène de l'oeuvre dramatique de Paul Claudel : « Le père humilié », une enfant juive, très belle mais aveugle, faisant référence au double sens de la lumière, demande à son ami chrétien : « Vous qui voyez, quelle utilisation avez-vous fait de la lumière ? ». C'est une question adressée à chacun de nous qui nous disons croyants."
MJ
Posté le 24 août 2008 à 10h22 par Michel Janva | Lien permanent















