15 octobre 2017

29 octobre - 1er novembre : Session jeunes sur Humanae Vitae

La Famille Missionnaire de Notre-Dame invite les jeunes qui le désirent à une session importante du 29 octobre au 1er novembre 2017 afin de mieux comprendre les défis auxquels nous sommes affrontés en vue de l’édification de la civilisation de l’amour dans la vérité. L’un de ces premiers défis est l’éducation au bel amour dans la vérité.

Le 25 juillet 2018, nous commémorerons le 50e anniversaire de l’Encyclique prophétique “Humanae Vitae” de Paul VI du 25 juillet 1968. Ce Bienheureux Pape a eu le courage d’aller à contre-courant en promulguant cette Encyclique, qui a été contestée à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise. Saint Jean-Paul II n’a pas eu peur de rappeler aux jeunes qu’il était leur ami exigeant comme Jésus est exigeant. Il a conquis la génération Jean-Paul II parce qu’il l’a appelée à l’amour dans la vérité. Cette génération Jean-Paul II s’est levée avec la manif pour tous pour dire son ferme refus à la déconstruction du mariage et à la défiguration de la famille dans le plan de Dieu. Le Bienheureux Paul VI avait bien perçu le danger de la contraception artificielle. Les jeunes de notre temps ont besoin de connaître la vérité sur l’Encyclique prophétique Humanae Vitae. Puisse cette Session éclairer leur conscience et leur permettre de comprendre le plan de Dieu sur l’homme et sur la femme et sur l’amour dans la vérité.

Tout homme de bonne volonté reconnaîtra le bien-fondé de ces prophéties de Paul VI, le 25 juillet 1968 :

Graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité 17. Les hommes droits pourront encore mieux se convaincre du bien-fondé de la doctrine de l'Eglise en ce domaine, s'ils veulent bien réfléchir aux conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité. Qu'ils considèrent d'abord quelle voie large et facile ils ouvriraient ainsi à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité. Il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes - les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point - ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance. On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée. Qu'on réfléchisse aussi à l'arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d'appliquer à la solution des problèmes de la collectivité ce qui serait reconnu permis aux conjoints pour la solution d'un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d'imposer à leurs peuples, s'ils le jugeaient nécessaire, la méthode de contraception estimée par eux la plus efficace ? Et ainsi les hommes, en voulant éviter les difficultés individuelles, familiales ou sociales que l'on rencontre dans l'observation de la loi divine, en arriveraient à laisser à la merci de l'intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l'intimité conjugale. Si donc on ne veut pas abandonner à l'arbitraire des hommes la mission d'engendrer la vie, il faut nécessairement reconnaître des limites infranchissables au pouvoir de l'homme sur son corps et sur ses fonctions; limites que nul homme, qu'il soit simple particulier ou revêtu d'autorité, n'a le droit d'enfreindre. Et ces limites ne peuvent être déterminées que par le respect qui est dû à l'intégrité de l'organisme humain et de ses fonctions, selon les principes rappelés ci-dessus et selon la juste intelligence du " principe de totalité " exposé par Notre prédécesseur Pie XII.

L'Eglise garante des authentiques valeurs humaines

18. On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix - amplifiées par les moyens modernes de propagande - s'opposent à la voix de l'Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s'étonne pas d'être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un " signe de contradiction "; mais elle ne cesse pas pour autant de proclamer avec une humble fermeté, toute la loi morale, tant naturelle qu'évangélique. Ce n'est pas elle, qui a créé cette loi, elle ne saurait donc en être l'arbitre; elle en est seulement la dépositaire et l'interprète, sans pouvoir jamais déclarer licite une chose qui ne l'est pas à cause de son intime et immuable opposition au vrai bien de l'homme. En défendant la morale conjugale dans son intégralité, l'Eglise sait qu'elle contribue à l'instauration d'une civilisation vraiment humaine; elle engage l'homme à ne pas abdiquer sa responsabilité pour s'en remettre aux moyens techniques; elle défend par là même la dignité des époux. Fidèle à l'enseignement comme à l'exemple du Sauveur, elle se montre l'amie sincère et désintéressée des hommes, qu'elle veut aider, dès leur cheminement terrestre, " à participer en fils à la vie du Dieu vivant, Père de tous les homme".

Paul VI n’était pas naïf. Il savait bien, en promulguant cette Encyclique qu’il serait “signe de contradiction”. Imitons son grand courage !

31. Vénérables frères, chers fils, et vous tous, hommes de bonne volonté, grande est l'œuvre d'éducation, de progrès et d'amour à laquelle Nous vous appelons, sur le fondement de l'enseignement de l'Eglise, dont le successeur de Pierre est, avec ses frères dans l'épiscopat, le dépositaire et l'interprète. Grande œuvre, en vérité, Nous en avons l'intime conviction, pour le monde comme pour l'Eglise, puisque l'homme ne peut trouver le vrai bonheur, auquel il aspire de tout son être, que dans le respect des lois inscrites par Dieu dans sa nature et qu'il doit observer avec intelligence et amour. Sur cette œuvre Nous invoquons, comme sur vous tous, et de façon spéciale sur les époux, l'abondance des grâces du Dieu de sainteté et de miséricorde, en gage desquelles Nous vous donnons Notre Bénédiction apostolique.

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Posté le 15 octobre 2017 à 10h28 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2017

Père de Blignières - La nature et la grâce

Intervention du père Louis-Marie de Blignières, prieur de la Fraternité Saint Vincent Ferrier, lors de l'université d'Académia christiana

Posté le 13 octobre 2017 à 21h38 par Michel Janva | Lien permanent

01 octobre 2017

Rentrée du Café-caté le premier mardi de chaque mois à Paris

Café-caté 2017-2018 par le Père Henri-Marie Favelin de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

Le premier mardi de chaque mois à 20h30 au Sorbon 60, rue des Ecoles - 75006 Paris Métro Cluny-La Sorbonne pour étudiants et jeunes professionnels

Thème de l'année : « A la découverte des secrets de l’Evangile selon St Matthieu. Plongée historique, spirituelle et morale par un commentaire vivant du texte. »

Posté le 1 octobre 2017 à 08h48 par Michel Janva | Lien permanent

26 septembre 2017

29 septembre : conférence à Senlis sur l'amour humain

Conf-pereJB-amour

Posté le 26 septembre 2017 à 11h11 par Michel Janva | Lien permanent

25 septembre 2017

« Un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité »

Dimanche 17 septembre, dans l'église de la Trinité des Pèlerins, le RP de Blignières, fondateur des dominicains de Chéméré (et de nouveau Prieur depuis le 20 septembre), a prononcé le sermon de clôture du pèlerinage Summorum Pontificum. Paix Liturgique a diffusé son homélie :

Untitled"Le Concile de Trente, pour rendre raison des cérémonies du Saint Sacrifice de la Messe, rappelle que la nature de l’homme a besoin d’aides extérieures et de signes visibles afin de s’élever à la contemplation des choses divines. On peut en tirer une définition du rite : « un rite, c’est ce qui rend sensible une vérité ». Le rite du sacrifice de la messe, c’est ce qui met à la portée de la nature humaine la vérité sur Dieu, la vérité sur l’homme, et la vérité sur le Christ. En sa forme latine traditionnelle, il rend tangibles, avec une efficacité insurpassable, ses trois aspects.

La vérité sur Dieu : Dieu est Trinité

Celui qui assiste pour la première fois à la messe dans le rite traditionnel est tout de suite frappé par l’ambiance sacrée qui s’en dégage. L’architecture majestueuse, la disposition de l’espace avec un lieu réservé aux ministres et un autre aux fidèles, l’orientation de la célébration, l’attitude recueillie et hiératique du célébrant, les vêtements particuliers qu’il revêt, la langue inaccoutumée qu’il emploie, les gestes de révérence qu’il fait en direction du tabernacle et des oblats consacrés, notamment les nombreuses génuflexions, enfin le mystérieux silence du canon : tout porte à sortir du monde profane et à se mettre en présence de Quelqu’un qui dépasse le monde.

Mais si cet assistant prend la peine de suivre dans un missel ce que dit le prêtre, il est alors touché par un aspect étonnant de la prière. Certes, on y supplie avec grand respect celui que toutes les traditions de l’humanité appellent « Dieu », mais on le fait avec la certitude confiante d’un enfant s’adressant à son père. L’onction inimitable des très anciennes prières latines nous met en rapport, non avec un grand architecte impassible de l’Univers, mais avec une réalité mystérieuse et fascinante : la Trinité. On s’adresse à elle, étonnamment, comme si on était de la famille ! On lui parle avec une audace inouïe, on se présente à elle dans le voisinage de toute une nuée de saints personnages qui ont un grand crédit auprès d’elle. On ne cesse surtout de parler de son Fils, et chaque fois que l’on évoque son nom, on incline la tête.

Oui, les rites de la tradition latine soulignent fortement que c’est à la Trinité que l’on s’adresse, avec des gestes expressifs, et des paroles où se conjuguent l’adoration et l’amour. Ainsi l’offertoire de la messe dominicaine : « Recevez, sainte Trinité, cette offrande que je vous offre en mémoire de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et accordez qu’elle monte en votre présence et vous soit agréable, et qu’elle opère mon salut éternel et celui de tous les fidèles ».

La vérité sur l’homme : l’homme est « perdu »

Mais rapidement, une deuxième note se dégage, pour celui qui découvre les rites anciens. Ils rendent sensibles la vérité sur l’homme. Cette vérité, c’est que, laissé à lui-même, l’homme est « perdu ». La recherche d’un sens à une vie qui parait souvent absurde, le scandale du mal et spécialement celui de la souffrance des innocents, le sentiment, au moins confus, d’une culpabilité personnelle : quiconque réfléchit, au lieu de se « divertir », expérimente cela… Que devient cette angoisse existentielle, lorsqu’elle se confronte à un rite rempli de la sagesse des siècles catholiques ? Elle reçoit un nom : le péché. Tant dans les liturgies orientales que dans celles de l’occident, on remarque quelque chose de très émouvant : le prêtre, et avec lui les fidèles qui s’unissent au sacrifice, reconnaissent la vérité de leur misère.

Voyez le célébrant dans les prières préparatoires de la messe romaine : il semble hésiter à monter à l’autel avant d’avoir, de nombreuses manières, reconnu son indignité : par un psaume admirable, par une confession de ses fautes, par des versets qui ressemblent à des oraisons jaculatoires ! Voyez le prêtre au rit dominicain, comme il s’incline profondément durant les Confiteor, le sien et aussi celui des ministres, comme s’il voulait prendre aussi sur lui leurs péchés ! Voyez les prières du canon romain « si pur de toute erreur, qu’il n’est rien en lui qui ne respire grandement la sainteté et la piété », ce canon où le célébrant, à diverses reprises, prosterné, implore humblement, tel un pécheur qui ne peut s’appuyer sur ses mérites (Te igitur, Supplices te rogamus, Nobis quoque peccatoribus) ! Voyez les bouleversantes prières du prêtre avant la communion !

Une des raisons du rayonnement des rites anciens sur les convertis – je parle d’expérience –, c’est qu’ils assument, avec une clairvoyance convaincante, cette part de la vérité de l’homme trop souvent camouflée : il est pécheur et il a besoin de rédemption. Et ces rites ont le secret de mettre avec espérance cette misère au contact de la miséricorde.

La vérité sur le Christ : son sacrifice, offert par l’Église, réconcilie l’homme à Dieu

Par toute la tonalité d’une célébration selon un rite « d’usage vénérable et antique », l’assistant – combien de fois n’en avons-nous pas reçu la confidence ! – sent « qu’il se passe quelque chose ». Au cœur du silence sacré du canon, les gestes qui entourent la double consécration mettent comme sous ses yeux le mystère de la foi. Il remarque, dans son missel, que le célébrant, durant tout le canon, a désigné les oblats par des signes de croix. Il voit les fidèles recevoir l’hostie consacrée à genoux et sur les lèvres et demeurer ensuite en prière silencieuse. S’il interroge le prêtre après la messe, il est préparé à apprendre et à comprendre que l’essence de la messe est un sacrifice. Ce sacrifice de louange à la Trinité est un sacrifice propitiatoire « pour [son] salut éternel et celui de tous les fidèles ».

D’ailleurs il se rend compte, par les mouvements que fait le prêtre et par son orientation, que tout est axé, non sur le prêtre lui-même, mais sur le Christ, en sa présence au tabernacle et dans les oblats consacrés. Il voit comment le célébrant tient les doigts joints après avoir touché le Corps du Christ, et avec quelle amoureuse précaution il recueille sur le corporal toutes les parcelles consacrées. D’une part, le besoin de salut est fortement souligné ; d’autre part, les paroles et les gestes nous mettent sensiblement en contact avec le renouvellement mystique et non sanglant d’un sacrifice salutaire. Ainsi au rite dominicain, le célébrant, après la consécration, écarte largement les bras, comme le Christ sur la Croix. Pour le rite de la paix, il embrasse d’abord le calice contenant le précieux Sang du Christ et sur lequel il tient son Corps immaculé, pour bien signifier que la paix qu’il transmet aux ministres vient du sacrifice du Christ.

Les rites anciens conviennent encore à la nature de l’homme sous l’aspect où ils traduisent la médiation historique de l’Église. Le canon romain en particulier « est fait soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions des apôtres et des pieuses instructions des saints pontifes ». C’est une consolation de docilité filiale, pour un prêtre de rite latin, de savoir qu’il prie avec le même canon que saint Grégoire le Grand. C’est une grande sûreté doctrinale et une joie immense pour lui de s’effacer devant des rites utilisés au cours des siècles par de si nombreux saints, et de vivre des cérémonies qui ont sanctifiées des générations de fidèles. Il est très émouvant, par exemple, pour un dominicain, de savoir que les gestes et les paroles qu’il emploie en célébrant la sainte messe ont fait pleurer notre Père saint Dominique et le Docteur eucharistique saint Thomas d’Aquin.

Conclusion

Oui, le rite rend sensible la vérité, le rite latin traditionnel souligne merveilleusement la vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le sacrifice du Christ. Mais la vérité qui devient sensible, qu’est-ce que c’est, sinon la beauté ? Rendons grâces à Dieu de pouvoir « prier sur de la beauté ». Et remercions l’Église d’avoir, après une longue période de confusion et d’injustices, rendu « l’honneur qui lui est dû » à ce rite qui a suavement et fortement porté, et qui portera encore, sans doute jusqu’à la Parousie, tant d’hommes, vers le mystère insondable du sacrifice du Christ."

Posté le 25 septembre 2017 à 19h08 par Michel Janva | Lien permanent

24 septembre 2017

Du jamais vu depuis 1333 : une correction publique adressée au pape

Capture d’écran 2017-09-24 à 19.51.36Le 16 juillet 2017, plusieurs clercs et universitaires laïcs ont adressé au pape François une correctio filialis, correction filiale, rendue publique ce dimanche 24 septembre. Ils y relèvent sept hérésies contenues dans l’exhortation apostolique Amoris lætitia. On peut lire et télécharger ici le texte in extenso de la Correctio filialis. Un site a été spécialement créé : www.correctiofilialis.org

Parmi la soixantaine de signataires, on trouve des prêtres, des universitaires, des intellectuels, mais aussi Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, ainsi que le supérieur de district au Royaume-Uni, l'abbé Robert Brucciani, l'abbé Claude Barthe, le frère Jehan de Belleville, l'abbé Guy Pagès. Il y a aussi deux des six personnalités laïques qui se sont réunies à Rome le 22 avril dernier pour le séminaire d’études sur « Amoris laetitia » évoqué par le cardinal Carlo Caffarra dans sa dernière – et ignorée – lettre au Pape François. Il s’agit de Claudio Pierantoni, professeur de philosophie à l’Universidad de Chile de Santiago du Chili et d’Anna M. Silvas, une australienne spécialiste des Pères de l’Eglise et professeur à l’University of New England.

Cette critique très documentée fait suite aux Dubia sur Amoris lætitia (19 septembre 2016) des quatre cardinaux, Walter Brandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner et Carlo Caffarra. Ils y demandaient respectueusement au pape François de « faire la clarté » sur cinq points hétérodoxes d’Amoris lætitia. Les Dubia, restés sans réponse, furent suivis d’une demande d’audience de la part de leurs auteurs (25 avril 2017). Audience non accordée.

Le 29 juin 2016, 45 théologiens avaient fait parvenir au cardinal Angelo Sodano, doyen du Collège des Cardinaux une nouvelle étude critique portant sur 19 points d’Amoris lætitia. Critique, elle aussi, restée sans réponse.

Cette lettre de 26 pages affirme que le pape, par son Exhortation apostolique Amoris laetitia ainsi que par d’autres paroles, actions et omissions en rapport avec celle-ci, a effectivement soutenu sept propositions hérétiques par rapport au mariage, à la vie morale et à la réception des sacrements, et qu'il a été à l’origine de la diffusion de ces opinions hérétiques au sein de l’Eglise catholique. 

En voici le début :

« Très Saint-Père, C’est avec une profonde tristesse, mais poussés par la fidélité envers Notre Seigneur Jésus-Christ, par l’amour pour l’Eglise et pour la papauté, et par dévotion filiale envers votre personne nous sommes contraints d’adresser à Votre Sainteté une correction à cause de la propagation d’hérésies entraînée par l’exhortation apostolique ‘Amoris laetitia’ et par d’autres paroles, actions et omissions de Votre Sainteté. »

Il faut remonter à 1333 pour retrouver un épisode analogue, c’est-à-dire une « correction » publique adressée au pape pour des hérésies soutenues par lui et ensuite effectivement rejetées par le pape de l’époque, Jean XXII.

Cette lettre de correction comporte trois parties principales. Dans la première partie, les signataires expliquent pourquoi, en tant que catholiques croyants et pratiquants, ils ont le droit et le devoir d’adresser une telle correction au souverain pontife. Le droit ecclésiastique lui-même requiert que les personnes compétentes ne restent point silencieuses lorsque les pasteurs de l’Eglise induisent le troupeau en erreur. Cela n’entraîne aucun conflit avec le dogme catholique de l’infaillibilité pontificale, puisque l’Eglise enseigne qu'un pape doit satisfaire à des critères stricts pour que ses paroles puissent être considérées comme infaillibles. Le pape François n’a pas rempli ces critères. Il n’a pas déclaré que ces positions hérétiques sont des enseignements définitifs de l’Eglise, pas plus qu'il n’a déclaré que les catholiques devraient les croire avec l’assentiment de la foi. L'Eglise enseigne qu'aucun pape ne peut soutenir que Dieu lui aurait révélé quelque nouvelle vérité que les catholiques seraient obligés de croire. 

La deuxième partie de la lettre est la partie essentielle, puisqu’elle contient la « correction » proprement dite. Elle établit la liste des passages d’Amoris laetitia où des positions hérétiques sont insinuées ou encouragées, puis elle énumère les paroles, les actes et les omissions du pape François qui font comprendre, au-delà de tout doute raisonnable, que celui-ci veut voir les catholiques interpréter ces passages d’une manière qui est, de fait, hérétique. En particulier, le pape a directement ou indirectement approuvé les croyances selon lesquelles l’obéissance à la loi de Dieu peut se trouver être impossible ou non souhaitable, et selon lesquelles l’Eglise sait parfois accepter que l’adultère soit considéré comme compatible avec le fait d’être un catholique pratiquant.

La partie finale, sous le titre « Elucidation », aborde les deux causes de cette crise unique. L’une des causes est le « modernisme ». Théologiquement parlant, le modernisme est la croyance que Dieu n’a pas transmis à l’Eglise des vérités définitives qu'elle doit continuer d’enseigner dans un sens exactement identique jusqu’à la fin des temps. Les modernistes tiennent que Dieu ne communique à l’homme que des expériences, sur lesquelles les êtres humains peuvent réfléchir, de manière à affirmer des choses diverses sur Dieu, la vie et la religion ; mais de telles affirmations ne sont que provisoires, et ne sont jamais des dogmes fixes. Le modernisme a été condamné par le pape saint Pie X au début du XXe siècle, mais il a connu un regain au milieu de ce siècle. La confusion importante et persistante qui s’est installée dans l’Eglise catholique à travers le modernisme oblige les signataires à rappeler la vraie définition de la « foi », de l’« hérésie », de la « révélation » et du « magistère ».

Une deuxième cause de la crise est constituée par l’influence apparente des idées de Martin Luther sur le pape François. La lettre montre comment Luther, fondateur du protestantisme, avait sur le mariage, le divorce, le pardon et la loi divine des idées qui correspondent à celles promues par le pape en paroles, en actions et par omission. Elle met également en évidence la louange explicite et sans précédent qu’a faite le pape de l’hérésiarque allemand.

Les signataires ne s’aventurent pas à juger du degré de conscience avec lequel le pape François a propagé les sept hérésies qu'ils énumèrent. Mais ils insistent avec respect pour qu’il condamne ces hérésies, qu'il a directement ou indirectement soutenues.

Les signataires professent leur fidélité à la Sainte Eglise romaine, assurant le pape de leurs prières et implorant sa bénédiction apostolique.

Posté le 24 septembre 2017 à 19h53 par Michel Janva | Lien permanent

17 septembre 2017

Programme des conférences pour tous à Béziers

Affiche programme - copie

Posté le 17 septembre 2017 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

15 septembre 2017

L’écroulement de la liturgie a entraîné l’écroulement de la foi

Jeanne Smits évoque le colloque de l'association italienne Giovani e Tradizione, sur le thème « Une jeunesse renouvelée pour toute l’Eglise », qui s'est tenu jeudi, dans le cadre des célébrations marquant le 10e anniversaire du Motu proprio Summorum Pontificum. Extraits :

DJq81-IWAAA8j1J-1"Du cardinal Gerhard Müller, on retiendra qu’il a  d’emblée évoquer les « bénéfices apportés à l’Eglise » grâce au Motu proprio : « Pour cela nous sommes infiniment reconnaissants à Benoît XVI », a-t-il déclaré. Le thème central de son intervention : montrer que la liturgie est source de doctrine – Lex orandi, lex credendi. Ce caractère normatif implique évidemment la nécessité d’une rectitude doctrinale de l’ensemble des célébrations liturgiques dans le monde – implique ou exige…

Contrairement à la Gnose qui prétend transmettre la connaissance à une élite, l’Eglise expose sa foi dans sa liturgie publique et sa liturgie développe la compréhension de la foi, a en substance expliqué le cardinal Müller, donnant l’exemple de la formule du baptême qui explicite le dogme de la Trinité. Il s’agit de découvrir ce qui est vrai : « La théologie n’est pas une construction théorique de la réalité », a insisté le cardinal en ajoutant que ni le sola fide, ni le sola Scriptura ne peuvent satisfaire le catholique, ni la conception luthérienne de la messe qui « élimine idée du sacrifice ». Pas plus qu’on ne peut donner une priorité à la « praxis » : le rôle de la théologie pratique est de « mettre en avant et de décrire les éléments constitutifs de la vie et de la foi de l’Eglise », y compris dans la liturgie, «  source et sommet de la vie de l’Eglise ».

A ce titre, a insisté le cardinal, « la loi de la prière doit stabiliser la foi » dans l’ensemble du monde. Récusant tout paléochristianisme « cher aux théologiens libéraux du XIXe siècle », le cardinal a longuement insisté sur la nécessité de la rectitude doctrinale de la liturgie qui s’appuie sur l'ensemble de la tradition: « La Parole et l’Esprit de la révélation est toujours contenu dans la liturgie qui exprime de manière objective, telle qu’exprimée par le magistère de l’Eglise de manière définitive. » A ce titre, devait-il rappeler, l’exactitude des traductions est très importante. « L’écroulement de la liturgie » évoquée par Benoît XVI a entraîné l’écroulement de la foi, a conclu le cardinal, disant son espérance que « la liturgie grégorienne continue de la jeunesse à l’Eglise. »

Ces propos faisaient écho à ceux de Mgr Guido Pozzo qui a ouvert ses propos en rappelant que Summorum pontificum n’avait pas été une simple « concession aux traditionalistes » : se serait « réducteur et insuffisant de s’arrêter à ce type d’affirmation ». Comme les autres ecclésiastiques qui ont prient la parole jeudi, il a insisté sur le rôle de « réconciliation au sein de l’Eglise » qu'a voulu opérer le pape Benoît XVI. Pour lui le bilan est « en grande partie positif : la méfiance réciproque s’est progressivement réduite, surtout en France et aux Etats-Unis ». Il a également  salué « l’enthousiasme apostolique des Instituts » attachés aux rites traditionnels en donnant des exemples de développement du nombre de messes de formes extraordinaires dans des pays comme la France, l’Allemagne, les Etats-Unis, l’Italie. « Mais cela ne signifie pas que tous les problèmes sont résolus », a-t-il reconnu. En certains lieux c’est le manque de prêtres qu'il explique, mais il n’a pas nié l’existence de « préjugé de caractère idéologique ou pastoral de la part des évêques » qui parfois reculent devant des groupes qu’ils jugent comme isolés par rapport à la vie pastorale locale. « Mais cet isolement n’est pas nécessairement lié à l’ancien rite mais à des raisons que chaque diocèse devrait examiner », a noté Mgr Pozzo.

Celui-ci a encore souligné la sacralité du rite traditionnel qui attire tant de jeunes, et sur sa capacité à servir d’« antidote contre l’arbitraire créativité et les éléments qui conduisent à oublier la nature sacrificielle de la messe au nom de l’accessibilité du sacrement ». Pour lui, donc, la messe traditionnelle n’est pas un « perturbateur ou une menace pour l’unité de l’Eglise mais un don » –  voire une sorte de garantie.

Idée que l’on a entendue de la part de plusieurs orateurs ecclésiastiques lors du colloque – en cela ils n’étaient pas rejoints par les orateurs laïques – : « On ne peut exclure une convergence vers une forme unique du rite romain » au moyen d’une « croissance » dans l’Eglise tout entière «  et non d’une imposition bureaucratique ». Il appelle en quelque sorte de ses vœux une « fécondation des deux formes » du rite latin « sur le socle de la tradition de l’Eglise ». C’est le refus d’une « opposition irréductible entre le monde pré-conciliaire et le monde post-conciliaire » mais aussi d’une liturgie dont la « communauté » deviendrait le « véritable sujet ».

Renvoyant au catéchisme de l’Eglise catholique en son numéro 1069, Mgr Pozzo a tenu à rappeler que « la liturgie n’est pas faite pour le plaisir des prêtres…  toute œuvre liturgique est Opera Christi ». Il s’agit de lutter contre l’autoréférentialité des chrétiens – un clin d’œil au vocabulaire du pape François pour rappeler que ce qui compte, ce sont les « catégories christologique du peuple, corps du Christ ». Ainsi, selon Mgr Pozzo, dans la liturgie, le « silence, les génuflexions, la référence, l’infinie distance qui sépare la Terre du ciel » sont essentielles. Il a même suggéré  que cette manière de célébrer –  que l'on retrouve évidemment de manière privilégiée – dans la forme extraordinaire « oppose une nouvelle barrière à la sécularisation » du monde et à « l’humanisme antichrétien de notre siècle. « Célébrer dans le rite antique, c’est garder l’espérance dans l’Eglise. »

Il a a conclu en insistant sur le fait que ce n’est pas la « nostalgie du passé » qui mobilise les fidèles attachés à la forme extraordinaire mais « l’orientation des âmes vers ce qui est pérenne et toujours actuel » : ainsi « les jeunes prêtres sont intéressés » par la célébration du rite traditionnel. « Les difficultés ne doivent pas surprendre », a ajouté Mgr Pozzo qui voit leur source dans une certaine manière de comprendre Vatican II selon la « Vulgate » d’une discontinuité avec la tradition. Il estime que l’usus antiquior  est « un trésor à garder et à transmettre sans référence idéologique d’où que ce soit »."

Posté le 15 septembre 2017 à 14h10 par Michel Janva | Lien permanent

14 septembre 2017

La Croix et le Célibat sacerdotal

Voici une tribune de l'abbé François-Marie Blaïn du Poët, prêtre du diocèse d'Orléans, pour les lecteurs du Salon Beige :

En ce jour où la Sainte Eglise célèbre la Croix glorieuse, il me semble judicieux de rapprocher de ce grand mystère de notre foi celui si beau, et parfois si décrié de nos jours, du célibat sacerdotal.

Célébrer la Croix glorieuse peut sembler paradoxal. Comment la Croix, synonyme de souffrances atroces, peut-elle être glorieuse ? C’est le paradoxe de l’Evangile, celui des Béatitudes. La Croix sur laquelle le Christ, Fils de Dieu, est mort est certes un instrument de torture, mais elle est devenue, par la présence du divin supplicié, le signe du salut. De symbole de mort elle est devenue symbole de vie, et de Vie éternelle. Par sa mort sur la Croix, le Fils de Dieu a offert à son Père le seul sacrifice capable de réparer la faute originelle qui nous avait séparés de Dieu. Et par sa Résurrection, c’est-à-dire sa victoire sur la mort, Il nous a prouvé non seulement qu’Il était Dieu (seul Dieu peut ressusciter) mais également qu’Il a vaincu Satan sur le bois de la Croix en offrant sa vie sans prix pour nous libérer de son emprise et du mal du péché. Sans le sceau de la Résurrection, la Croix serait restée un scandale. « Si le Christ n’est pas ressuscité, nous dit St Paul, notre foi est vaine ». Oui, la Croix est vraiment glorieuse et elle est et sera toujours le signe par excellence des chrétiens, de ceux qui sont au Christ par le Baptême.

Voilà pourquoi la Croix et le Célibat sacerdotal sont intimement liés. Le célibat reste et restera toujours paradoxal, surtout dans nos sociétés qui perdent le sens de l’amour et du mariage. Le célibat, comme la Croix, est un scandale. Pris en lui-même, il apparaît souvent comme une amputation de ce qui est le plus légitime. Or il n’en est rien. Le célibat, comme la Croix, est glorieux parce qu’il tire tout son sens de cette Croix, comme d’ailleurs le Mariage. Le prêtre n’est pas un amputé. Il n’est pas célibataire pour le plaisir d’être seul. Il ne l’est pas parce que cela lui donne plus de temps. Tout cela n’est que convenance, mais ne suffit pas à en rendre raison. Le célibat sacerdotal, comme le sacrifice de la Croix dont le prêtre devient ministre spécialement dans la célébration de la Sainte Messe, est un don total, libre et amoureux. De même que le Fils de Dieu a été élevé de terre pour attirer à Lui par amour tous les hommes, le prêtre est en quelque sorte élevé de terre par son célibat pour attirer les hommes à Dieu. Comme le Christ a souffert sur la Croix en vérité et non en apparence, le célibat comporte en lui-même une forme de souffrance, de sacrifice. Mais il comporte surtout, comme pour le Christ sur la Croix, une immense joie. La joie du Fils de Dieu sur la Croix était celle du salut du monde qui s’accomplissait. La joie immense du prêtre célibataire est celle de la fécondité de sa vie en participant lui-même et en faisant participer tous ceux qui sont confiés à ses soins à ce même salut. Quoi de plus joyeux, quoi de plus glorieux !

Arrêtons de vouloir à tout prix marier les prêtres. Arrêtons de penser que cela résoudra les problèmes douloureux que l’Eglise traverse, notamment celui de la pédophilie. Ce sont de fausses solutions. La seule se trouve dans la Croix glorieuse dont le célibat sacerdotal tire toute sa gloire et son rayonnement. Demandons à Marie, Notre –Dame des Douleurs, debout au pied de la Croix de son Fils, de nous redonner la justesse de notre regard de foi sur la Croix et sur le Christ en Croix, et aussi la justesse de notre regard de foi sur le prêtre et sur le célibat qu’il a choisi librement et qui fait sa joie car il est en vue de la seule Gloire de Dieu.

Posté le 14 septembre 2017 à 12h24 par Michel Janva | Lien permanent

31 août 2017

Nouvelle formule pour le mensuel Transmettre

Couv194-213x300Voici la nouvelle formule du mensuel Transmettre !  Sa maquette, entièrement repensée, est plus aérée, plus agréable, mais sans brader l’essentiel. De nouvelles rubriques ont été créées. Retrouvez dans chaque numéro :

Dossier du mois
Lié au temps liturgique, un dossier pédagogique riche de contenu, de références et de pistes concrètes.

Un cahier central pour les enfants
Un livret à découper sur la vie d’un saint (cette année : les évangélisateurs de la France)
+ un carnet de prières ou une activité (calendrier de l’Avent, livret de Carême…).

Une rubrique de conseils éducatifs pour les parents.
Thème de l’année : les vertus.

Caté mode d’emploi
Une rubrique pour les catéchistes.

Les grandes prières
Pour mieux comprendre le Magnificat, le Je vous salue Marie…

Des conseils pratiques : A voir, à lire à faire…
Lectures, DVD, événements…

Exceptionnellement vous pouvez intégralement feuilleter ici le numéro 194.

Abonnez-vous (ou réabonnez-vous)  pour le recevoir.

Posté le 31 août 2017 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

28 août 2017

"Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle"

Extrait de l'homélie du moine bénédictin André Noël :

"Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Nous avons la pénible impression de nos jours, avec la crise actuelle, qui dure depuis plus de 50 ans, que l’Église est sur le point de disparaître. Mais la promesse de Jésus est infaillible. De nombreuses âmes prophétiques ont prédit ce que nous vivons maintenant, la passion de l’Église, la confusion doctrinale, spirituelle, disciplinaire, liturgique et pastorale que nous traversons. Mais quand tout sera humainement perdu, il y aura l'intervention du ciel, qui ramènera l'ordre et la paix. Une fois de plus, c'est Jésus qui ramènera le calme, comme il le fit sur le lac de Génésareth. Soyons donc sereins et pleins de confiance. L'histoire nous rapporte même hélas les faiblesses, les erreurs ou les fautes de certains papes. Mais cela n'a jamais empêché finalement l'Église de triompher, car Dieu tire toujours du bien du mal commis par les hommes."

Posté le 28 août 2017 à 07h26 par Michel Janva | Lien permanent

21 août 2017

Accueillir l'étranger ou offrir l'hospitalité le temps d'une étape ?

Extrait de l'intéressante homélie d'hier de l'abbé Pagès :

"[...] L’actualité ne nous met pas sous les yeux seulement les crimes commandés par Allah dans son Coran, mais aussi, hélas, des foules de migrants, musulmans surtout, que les Occidentaux s’imaginent devoir accueillir parce que Jésus aurait dit : « J’étais un étranger et vous M’avez accueilli. (Mt 25.35) ». Or, de même que le cinquième commandement n’est pas « Tu ne tueras pas. », mais « Tu ne commettras pas de meurtre. », ce qui n’est pas la même chose, de même, ce verset est mal traduit.

Le mot Xénos ―qui a donné xénophobe ―, traduit ici par étranger, signifie aussi hôte, la personne qui héberge ou celle qui est hébergée, et qui donc est de passage. Le latin de la Vulgate donne hospes, l’hôte, celui à qui on donne provisoirement l’hospitalité. C’est ce sens que l’on retrouve dans la Bible, lorsque par exemple saint Paul écrit aux Corinthiens : « J’irai chez vous, après avoir traversé la Macédoine […]. Peut-être séjournerai-je chez vous ou même y passerai-je l’hiver. (1 Co 16.5-6). », lorsqu’il écrit aux Colossiens : « Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue […] s’il vient chez vous, faites-lui bon accueil. (Col 4.10) », et enfin lorsqu’il écrit : « Gaïus, qui est mon hôte et celui de l’Église entière, vous salue. (Rm 16.23) », en grec : « Gaios ho xénos mou. », il ne dit pas que Gaïus est un étranger ! Bref, pas plus saint Paul que ses compagnons ne sont des migrants, ce sont des visiteurs.

L’idée n’est donc pas d’accueillir l’étranger à demeure, mais de lui offrir l’hospitalité le temps d’une étape. En fait le mot d’étranger au sens d’immigré, n’est pas utilisé dans l’Évangile, mais seulement dans l’Épitre aux Éphésiens, et de façon péjorative. Saint Paul écrit : « Vous n’êtes plus des hôtes ni des étrangers ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la Maison de Dieu. (Ep 2.19) ». Saint Paul utilise donc deux mots différents : « Xénoi kai Paroikoi » (en grec), « hospites et advenae » (en latin), pour embrasser entre ces deux termes, l’hôte de passage et l’immigré, la totalité des situations possibles en lesquelles les chrétiens ne se trouvent plus depuis qu’ils ont établi leur demeure en Jésus.

Bref, notre salut se joue sur l’hospitalité que nous accordons ou non à l’hôte de passage, mais non pas à l’envahisseur ! C’est si vrai que saint Jean commande : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine [c’est-à-dire l’Évangile, comme c’est le cas des musulmans], ne le recevez pas chez vous. Quiconque le salue participe à ses œuvres mauvaises. (2 Jn 1.7-11) »… Eh bien, que d’œuvres mauvaises de nos jours ! [...]"

La traduction de Lemaistre de Sacy indique en effet : "j’ai eu besoin de logement, et vous m’avez logé" ; et celle de Vigouroux : "J’étais sans asile, et vous M’avez recueilli".

Posté le 21 août 2017 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

Marie Reine du Ciel et de la Terre

Mardi 22 août, fête de sainte Marie Reine, Natalie Saracco (l'auteur de Pour ses beaux yeux) est invitée dans l'émission "Ecoute dans la nuit" sur Radio Notre Dame, de 22h à minuit. Le thème est  "Marie Reine du Ciel et de la Terre".

Revoici son dernier court-métrage, sous-titré en anglais, espagnol, polonais, allemand, italien, portugais, arabe, chinois !

Posté le 21 août 2017 à 10h34 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2017

Adveniat regnum tuum

I-Grande-22843-catechisme-de-la-famille-chretienne.netLes éditions DMM viennent de rééditer le Catéchisme de la famille chrétienne du père Emmanuel, curé du Mesnil Saint-Loup de 1849 à 1903. Le Père Emmanuel a composé sous la forme du dialogue d'un père et de ses deux enfants ce Catéchisme de la famille chrétienne. Devenir enfant de Dieu ne suffit pas. Il faut apprendre à connaître Dieu, il faut apprendre à croire. Apprendre avec son intelligence : Croire n'est pas sentir, ni penser, ni imaginer, ni avoir son opinion. C'est donner aux vérités révélées l'accord de son intelligence.

Le père de famille explique à ses enfants

"que tout d'abord ils avaient appris les mots du Credo sans y comprendre rien, que pendant bien des années, ils avaient récité cette prière comme les autres, avec un certain désir de faire une chose agréable à Dieu ; que dans la suite, ils avaient compris quelques-unes des vérités énoncées dans cette sublime prière et que maintenant le temps était venu pour eux d'acquérir une intelligence plus grande de ces vérités divines".

Voilà toutes les étapes de l'éducation chrétienne et le but du catéchisme.

Extrait sur la 2e demande du Pater, "Que Votre règne arrive" :

"L'Eglise est le royaume de Dieu, c'est dans l'Eglise et par l'Eglise que le règne de Dieu arrive, et que les âmes entrent dans le règne de Dieu. Alors, dans notre prière, nous demandons que toutes les erreurs et oppositions soient détruites : toutes erreurs, comme le paganisme, le mahométisme, le judaïsme, le protestantisme, le rationalisme, l'athéisme : nous demandons la destruction de tout ce qui est le règne du mal, le règne du mensonge, et de tout ce qui fait opposition au règne de Dieu : afin que, la vérité de Dieu régnant sur la terre, l'Eglise ait toute liberté et toute assurance de servir Dieu et de le faire servir à tous les hommes devenus ses enfants et les enfants de Dieu.

[...] comme je vous l'ai déjà dit, les mots sur la terre comme au ciel se rapportent à chacune des trois demandes, et nous ne demandons pas moins que cela : Que Dieu règne sur nous et en nous qui sommes ici-bas, comme il règne en ses anges et en ses saints qui sont dans le ciel."

Posté le 20 août 2017 à 14h44 par Michel Janva | Lien permanent

Vivre les béatitudes avec les dons du Saint-Esprit

I-Moyenne-31231-le-saint-esprit-dans-ma-vie.netLe père Louis-Marie de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, vient de publier un petit ouvrage intitulé Le Saint-Esprit dans ma vie. Préfacé par Mgr Macaire, archevêque de Saint-Pierre et Fort-de-France, cet ouvrage associe à la fois les béatitudes, les vertus et les dons de l'Esprit-Saint. Ainsi, l'auteur associe le don de force à la 4è béatitude :

"L'acte du don de force, c'est de faire des oeuvres difficiles pour le royaume de Dieu. Celui qui est naturellement fort a faim et soif, il a grand appétit de déployer son dynamisme. "La joie de l'âme est dans l'action", aimait à dire le Maréchal Lyautey. Les trois premières béatitudes (pauvreté, douceur et pleurs) m'éloignent du péché, la quatrième me fait entrer dans les oeuvres du royaume. Par mon action transformée par l'Esprit de Jésus, elle fait descendre la très sage volonté de Dieu sur la terre, comme elle règne dans les cieux.

La faim naturelle est un besoin vital, impérieux, sans cesse renaissant. Elle a quelques chose d'âpre, de dominateur et d'insatiable. La faim spirituelle, elle, creuse en moi le désir, elle accroît cette "capacité d'infini", qui est comme le "lieu de Dieu" en moi.Dans cette béatitude, comme dans les autres, je dois d'abord voir des actes du Christ. Dans la vie du Verbe incarné, une note dominante résonne : l'appel au sage plan de la providence voulu par son Père."

Posté le 20 août 2017 à 09h41 par Michel Janva | Lien permanent

15 août 2017

L’Apocalypse comme Fatima évoquent en même temps un combat âpre et terrible, subi par l’Église militante désignée comme le reste de sa descendance

Homélie du père abbé de Notre-Dame de Triors, Fr Hervé Courau, en la Solennité de l'Assomption :

Mes bien chers Frères, mes très chers Fils, Deux femmes conversent dans cette page d’évangile, mais en arrière-plan deux enfants à naître sont aussi eux-mêmes en conversation. Marie entre chez Élisabeth : une femme sous un toit, c’est, je crois, l’idéogramme qui, chez les chinois, indique la paix. Marie entre donc dans la paisible intimité de sa cousine, mais sa cousine perçoit en retour l’intimité pacifiante du mystère qui a pris place chez Marie depuis la récente visite de l’ange Gabriel. Et ce va-et-vient entre les deux femmes est accompagné du langage muet entre les deux enfants, à travers le tressaillement dans le Saint-Esprit : le nouvel Adam s’y entretient avec le fils du vieil Adam qui attend avec véhémence le salut : le ciel et la terre ne sont plus séparés, puisque le lien rompu aux origines se noue à nouveau.

Mais en ce jour d’Assomption, nous fêtons Marie entrant dans l’intimité divine avec toute son humanité, en corps et en âme. Un verset de S. Jean me semble souligner l’analogie de la situation avec celle de la Visitation : Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure (Jn. 14,23). La liturgie nous fait découvrir ce grand mystère qui nous dépasse tellement, éblouissant surtout les anges. Sur terre, derrière le voile, nous le devinons suffisamment pour y ancrer notre dévotion à Marie. De la même façon que Marie entra chez Élisabeth avec tant de paisible douceur, elle entre chez Dieu, un et trine, avec un accueil d’un autre ordre, mais qui encourage et stimule notre foi. Comment fut-elle accueillie ?

Élisabeth l’a accueillie chez elle par ces mots : D'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur vienne à moi ? (Luc 1,43). Bossuet analyse cet étonnement d’Élisabeth pour nous aider nous-mêmes à accueillir les visites divines dans la foi : Les âmes que Dieu aborde, écrit-il, étonnées de sa présence inespérée, le premier mouvement qu'elles font est de s'éloigner en quelque sorte comme indignes de cette grâce : Retirez-vous de moi, Seigneur, disait S. Pierre, parce que je suis un pécheur (Luc 5,8). Et le Centurion nous dicte ce que nous disons avant chaque communion : Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison (Mt. 8,8). Dans un semblable sentiment, mais plus doux, Élisabeth ne laisse pas d'être surprise de se voir approchée par le Seigneur d'une façon si admirable : D'où me vient ceci, que la Mère de mon Seigneur, et qui le porte dans son sein, vienne à moi ? Elle sent que c'est le Seigneur qui vient lui-même, mais qui vient et qui agit par sa sainte Mère.

Néanmoins ici c’est la sainte Mère de Dieu elle-même qui entre au ciel. Quelle fut alors son émotion, quelle fut alors sa sainte confusion ? Elle est reçue avec le respect du à une Reine, alors qu’elle est pure créature face à son Créateur. Le salut de l’ange l’avait mise en émoi naguère ; que dut lui faire alors l’accueil des myriades d’anges et surtout le salut de son Dieu et Fils ? L’émoi devant Gabriel fut sûrement au ciel mieux apaisé encore : Ne timeas Maria, ne craignez pas Marie (Luc 1,30). Dieu n’ôta pas cette crainte révérencielle qu’a spontanément l’ordre créé face à l’incréé, crainte que S. Thomas attribue même à la sainte humanité du Christ jusque dans l’éternité (IIIa, Qu.7, a.6), mais le Bon Dieu a alors exclu d’elle toute trace de ce trouble qu’évoque Bossuet avec les auteurs spirituels, pour que ne demeure que la joie et la paix béatifiques.

Le mystère des gloires de Marie se dévoile ainsi peu à peu aux yeux de la Mère Église. Elle y trouve une aide puissante pour affronter des temps qui n’aiment pas Jésus, boudant (au moins en apparence) le salut apporté par lui. Au XIXème s., elle put dire sa certitude de toujours que Marie était Immaculée Conception, et l’on sait le parti magnifique que le dogme a apporté à Lourdes ou au saint martyr fêté hier, le Père Kolbe. Puis au milieu du siècle passé, l’Église déclara avec la même solennité le mystère de ce jour, avant de proclamer au Concile Marie Mère de l’Église : trois gestes rares qui disent la vigueur de sa foi au moment où les signes visibles en sont devenus bien rares.

La situation de Notre Dame est à part, tout à fait singulière. Cela se justifie par son rôle exceptionnel dans l’Incarnation, sous l’influence et la proximité du Verbe Incarné. L’Immaculée Conception annonce l’entrée du Sauveur en ce monde, l’Assomption annonce sa sortie en vainqueur, son succès rejaillissant en premier lieu sur sa Mère. D’un bout à l’autre, le Fils triomphe en sa Mère, d’abord de façon cachée, puis aux yeux des anges, avant que le triomphe ne soit rendu évident à toute l’humanité lors du Jugement général. Ce triomphe devient nôtre grâce à notre lien avec Marie si profondément associée à l’œuvre de notre salut et entrée désormais au ciel en corps et en âme (Cf. Dom Roux, Marie, Mère et Reine, p. 110).

Marie entre au ciel : la femme entre sous le toit de l’éternité, la Reine de la paix, Regina pacis. Au delà de l’idéogramme chinois, c’est le signe grandiose décrit par S. Jean dans son Apocalypse (12;1s), prolongé à Fatima il y a juste un siècle. L’Apocalypse comme Fatima évoquent en même temps un combat âpre et terrible, subi par l’Église militante désignée comme le reste de sa descendance (Apoc. 12,17). Avec confiance, recommandons-nous à Elle, recommandons-lui en particulier la France qui lui est dédiée depuis 1639, associons-nous à la louange divine par son Magnificat, supplions-la pour chacun d’entre nous et plus spécialement pour la pureté de la foi et des mœurs dans le clergé dont la mission est d’attirer l’humanité à Jésus par Marie.

Trahe nos, Virgo Immaculata, amen.

Posté le 15 août 2017 à 10h25 par Michel Janva | Lien permanent

13 août 2017

Cardinal Burke : "la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise"

Le cardinal Raymond Burke a donné le 22 juillet une conférence au 32e Forum annuel « Church Teaches » (« L’Eglise enseigne »), à Louisville dans le Kentucky. Voici des extraits de la traduction du texte intégral de cette conférence, disponible ici dans sa version originale, par Jeaanne Smits (cette traduction n’a pas été officiellement validée par le cardinal Burke) :

[...] Nous vivons les temps les plus troublés qu’aient connus aussi bien le monde que l’Eglise. La sécularisation a ravagé la culture de nombreuses nations, spécialement en Occident, éloignant la culture de sa vraie source qui est Dieu, et de son plan pour nous et pour notre monde. Des attaques quotidiennes et généralisées visent la vie humaine innocente et sans défense, accompagnées d’une violence sans précédent qui en résulte au sein de la vie familiale et de la société en général. L’idéologie du genre toujours plus virulente répand une confusion totale à propos de notre identité en tant qu’homme ou femme, et conduit au malheur profond et même à la destruction de soi de nombreux membres de la société. On assiste également à la négation de la liberté de religion qui tente d’empêcher, sinon d’éteindre totalement, tout discours public à propos de Dieu et de notre nécessaire relation avec Lui. La négation de la liberté de religion s’accompagne de la tentative d’obliger les personnes qui craignent Dieu à agir contre leur conscience bien formée, c’est-à-dire contre la loi de Dieu inscrite dans le cœur de l’homme. Dans les pays supposés libres, le gouvernement impose de force à la société la pratique de l’avortement, de la stérilisation, de la contraception, de l’euthanasie, du manque de respect pour la sexualité humaine, allant même jusqu’à endoctriner les petits enfants au moyen de l’inique « théorie du genre ».

En même temps, le matérialisme athée et le relativisme conduisent à une recherche sans scrupules de la richesse, du plaisir et du pouvoir, tandis que le règne de la loi dictée par la justice est foulé aux pieds. Dans une situation aussi profondément désordonnée sur le plan culturel, on peut craindre à juste titre une confrontation globale dont la seule issue serait la destruction et la mort pour un grand nombre. A l’évidence, la situation présente du monde ne saurait perdurer sans conduire vers une annihilation totale.

Le monde n’a jamais eu autant qu’aujourd’hui besoin de l’enseignement solide et de la direction que Notre Seigneur, dans son amour sans mesure et sans fin de l’homme, veut donner au monde à travers son Eglise et spécialement à travers les pasteurs de celle-ci : le pontife romain, les évêques en communion avec le siège de Pierre, ainsi que leurs principaux collaborateurs, les prêtres. Mais de manière diabolique, la confusion et l’erreur qui ont conduit la culture humaine sur le chemin de la mort et de la destruction sont également entrées dans l’Eglise, de telle sorte que celle-ci s’approche de la culture semblant ne pas connaître sa propre identité et sa propre mission, semblant manquer de clarté et de courage pour l’annonce de l’Evangile de la vie et de l’Amour divin à la culture radicalement sécularisée. Par exemple, après la décision du 30 juin du parlement allemand d’accepter le soi-disant « mariage homosexuel », le président de la conférence des évêques d’Allemagne a déclaré que cette décision ne constituait pas un souci majeur pour l’Eglise qui, selon lui, doit s’inquiéter davantage de l’intolérance à l’égard des personnes souffrant d’une attraction homosexuelle. A l’évidence, dans une telle approche, on ne trouve plus la juste et nécessaire distinction entre l’amour que nous chrétiens devons toujours avoir pour la personne impliquée dans le péché, et la haine que nous devons également toujours avoir à l’égard des actes peccamineux. [...]

En réalité, la culture totalement matérialiste et relativiste, embrassée et puissamment soutenue par des moyens de communication du monde et par le lobbying politique des riches laïcistes, encourage la confusion et la division au sein de l’Eglise. Il y a quelque temps, un cardinal à Rome remarquait combien il est bon que les médias laïcistes n’attaquent plus l’Eglise, comme ils l’avaient fait si férocement au cours du pontificat du pape Benoît XVI. Ma réponse fut de dire que l’approbation des médias laïcistes est au contraire pour moi le signe que l’Eglise manque gravement à sa mission de témoignage clair et courageux vis-à-vis du monde, pour le salut du monde.

Allant de pair avec l’intérêt qu’ont les ennemis de l’Eglise à louer et à promouvoir la confusion et d’erreur au sein même de l’Eglise, il y a également une lecture politique mondaine de la gouvernance de l’Eglise. Pour les architectes d’une Eglise laïcisée est politisé, ceux qui affirment ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sont désormais les ennemis du pape. La doctrine et la discipline, qui, ensemble avec le culte divin, sont les dons essentiels que le Christ fait dans l’Eglise, sont aujourd’hui considérées comme les outils de supposés fondamentalistes rigides qui essaient d’entraver le soin pastoral des fidèles tel que le désire le pape François. Nous sommes même témoins d’une triste situation où des membres de la hiérarchie s’accusent publiquement les uns les autres d’avoir des objectifs politiques et mondains, à la manière des hommes politiques qui s’attaquent les uns les autres pour faire avancer leurs objectifs politiques.

A cet égard, la plénitude du pouvoir (plenitudo potestatis), essentiel à l’exercice de l’office du successeur de saint Pierre, est faussement présentée comme un pouvoir absolu, trahissant ainsi la primauté du successeur de saint Pierre qui est le premier d’entre nous par l’obéissance au Christ qui vit pour nous dans l’Eglise à travers la tradition apostolique. Des voix laïcistes font la promotion de l’image du pape en tant que réformateur qui serait en même temps un révolutionnaire, c’est-à-dire en tant que réformateur de l’Eglise œuvrant au moyen de la rupture avec la Tradition, avec la confession de la foi (regula fidei) et avec la règle de la loi correspondante (regula iuris). Mais l’office de saint Pierre n’a rien à voir avec la révolution, qui est avant tout un terme politique et mondain. Comme l’enseignait le concile Vatican II, le successeur de Pierre « est le principe perpétuel et visible et le fondement de l’unité qui lie entre eux soit les évêques, soit la multitude des fidèles » (Lumen Gentium 23). La plénitude du pouvoir, le libre exercice de la charge du pontife romain existent précisément pour le protéger de cette sorte de pensée mondaine et relativiste qui conduit à la confusion et à la division. Cela lui permet également d’annoncer et de défendre la foi dans son intégralité. En décrivant ce qui est désormais connu comme « le pouvoir des clefs », le Catéchisme de l’Eglise catholique nous rappelle qu’il se fonde sur la confession de saint Pierre affirmant que Notre Seigneur est Dieu le Fils incarné pour notre salut éternel ; il déclare :

« Pierre, en raison de la foi confessée par lui, demeurera le roc inébranlable de l’Église. Il aura mission de garder cette foi de toute défaillance et d’y affermir ses frères » (Catéchisme de l’Eglise catholique, 552).

Il est donc absurde de penser que le pape François puisse enseigner quoi que ce soit qui ne soit pas en accord avec ce que ses prédécesseurs, par exemple le pape Benoît XVI et saint Jean-Paul II, ont solennellement enseigné.

En ce qui concerne les fréquentes déclarations du pape François, s’est développée l’idée populaire selon laquelle chaque déclaration du Saint-Père doit être acceptée en tant qu’enseignement du pape ou du magistère. Les mass media ont sans conteste voulu faire leur choix parmi les déclarations du pape François, de manière à montrer que l’Eglise catholique subit une révolution et modifie actuellement de manière radicale son enseignement à propos de certaines questions clefs de foi, et spécialement de morale. L’affaire est compliquée parce que le pape François choisit régulièrement de s’exprimer de manière familière, que ce soit au cours d’interviews données en avion ou à divers médias, ou lors de remarques spontanées adressées à différents groupes. Cela étant, lorsque l’on place ses remarques dans le contexte approprié de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise, on peut se voir accuser de parler contre le Saint-Père. Je me rappelle comment l’un des éminents pères de la session extraordinaire du synode des évêques en octobre 2014 s’était approché de moi au cours d’une pause pour me dire : « Que se passe-t-il ? Ceux d’entre nous qui soutenons ce que l’Eglise a toujours enseigné et pratiqué sommes-nous désormais appelés ennemis du pape ? » Il en résulte que l’on est tenté de rester silencieux ou d’essayer d’expliquer doctrinalement un langage qui sème la confusion, voire contredit la doctrine.

La manière dont j’en suis venu à comprendre le devoir de corriger cette idée populaire par rapport à l’enseignement de l’Eglise et des déclarations du pape consiste à distinguer, ainsi que l’Eglise l’a toujours fait, entre les paroles de l’homme qui est pape, et les paroles du pape en tant que vicaire du Christ sur terre. Au Moyen Age, l’Eglise parlait des deux corps du pape : le corps de l’homme et le corps du vicaire du Christ. En fait, la vêture traditionnelle du pape, spécialement la mozzetta rouge avec l’étole représentant les apôtres saint Pierre et saint Paul, représente visiblement le vrai corps du pape lorsqu’il expose l’enseignement de l’Eglise.

Dans les temps récents, l’Eglise n’a pas eu l’habitude d’un pontife romain parlant publiquement de manière familière. En fait, on a toujours pris grand soin de faire ce qui était nécessaire pour que toute parole publiée du pape soit clairement en accord avec le magistère. Il y a quelques mois, je parlais avec un cardinal qui, jeune prélat, avait étroitement collaboré avec le bienheureux pape Paul VI. Paul VI était un prédicateur doué qui parlait souvent sans texte préparé. Ses sermons étaient par la suite retranscrits en vue de leur publication, mais le Paul VI ne permettait jamais la publication d’un de ses sermons sans étudier à fond le texte imprimé. Ainsi qu’il le dit au jeune prélat, je suis le vicaire du Christ sur terre, et j’ai la très grave responsabilité de vérifier qu’aucune de mes paroles puisse être interprétée de manière contraire à l’enseignement de l’Eglise.

Le pape François a choisi de parler souvent en son premier corps, le corps de l’homme qui est pape. En fait, même dans des documents qui par le passé ont constitué un enseignement plus solennel, il affirme clairement qu’il ne propose pas un enseignement magistériel mais sa propre pensée. Mais ceux qui ont l’habitude d’une manière de parler différente de la part du pape voudraient que chacune de ses déclarations fasse d’une certaine manière partie du magistère. Faire cela est contraire à la raison, contraire à ce que l’Eglise a toujours tenu. Il est tout simplement erroné et dommageable pour l’Eglise de recevoir chaque déclaration du Saint-Père comme l’expression d’un enseignement pontifical ou du magistère.

Faire la distinction entre les deux types de discours du pontife romain n’est en aucune façon le signe d’un manque de respect à l’égard de l’office pétrinien. Il s’agit encore moins d’une inimitié à l’égard du pape François. En fait, et au contraire, c’est faire preuve du plus grand respect à l’égard de l’office pétrinien et de l’homme auquel Notre Seigneur l’a confié. Sans cette distinction, nous pourrions facilement perdre le respect de la papauté ou être conduits à penser que, si nous ne sommes pas en accord avec les opinions personnelles de l’homme qui est le pontife romain, il nous faudrait rompre la communion avec l’Eglise.

En tout cas, toute déclaration du pontife romain doit être comprise dans le contexte de l’enseignement et de la pratique constante de l’Eglise, de peur que la confusion et la division à propos de l’enseignement et de la pratique de l’Eglise n’entrent dans son corps au grand détriment des âmes et au grand détriment de l’évangélisation du monde. Rappelez-vous les mots de saint Paul au début de la lettre aux Galates, une communauté de chrétiens des premiers temps où une confusion et une division grave avaient fait leur entrée. En tant que bon pasteur du troupeau, saint Paul a écrit les paroles suivantes face à cette situation très grave :

« Je m’étonne que vous vous détourniez si vite de celui qui vous a appelés à la grâce du Christ, pour passer à un autre Evangile. Non pas qu’il y en ait un autre ; mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile du Christ. Mais si quelqu’un, fût-ce nous-mêmes ou un ange du ciel, vous annonçait un autre Evangile que celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit anathème ! Je l’ai dit, et je le dis encore maintenant : Si quelqu’un vous annonçait un autre Evangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème ! Car, en ce moment, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes ? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur du Christ » (Galates, 1, 6-10).

Tout en maintenant fermement la foi catholique relative à l’office pétrinien, nous ne pouvons pas tomber dans une idolâtrie de la papauté qui ferait de chaque mot prononcé par le pape une doctrine, même s’il est interprété comme étant contraire à la parole même du Christ, par exemple, en ce qui concerne l’indissolubilité du mariage (cf. Matth. 19, 9). Bien plutôt, avec le successeur de Pierre, nous devons nous efforcer de comprendre davantage et plus pleinement la parole du Christ, de manière à la vivre de plus en plus parfaitement.

De manière choquante, il y a quelques mois, le supérieur général des jésuites a laissé entendre que nous ne pouvons pas savoir ce que le Christ a véritablement dit à propos de n’importe quel thème, puisque nous ne disposons pas d’enregistrement de ses discours. Hormis l’absurdité de cette affirmation, cela donne l’impression qu’il n’y a plus un enseignement et une pratique constants de la foi tels qu’ils nous ont été transmis, de manière ininterrompue, depuis le temps du Christ et des apôtres.

De même, il n’est pas question d’un soi-disant « pluralisme » légitime au sein de l’Eglise, c’est-à-dire d’une légitime différence d’opinion théologique. Les fidèles n’ont pas la liberté de suivre des opinions théologiques qui contredisent la doctrine contenue dans les Saintes Ecritures et dans la sainte Tradition, et confirmée par le magistère ordinaire, même si ces opinions rencontrent un large écho dans l’Eglise et qu’elles ne sont pas corrigées par les pasteurs de l’Eglise, comme il incombe pourtant à ces pasteurs.

En célébrant le centenaire des apparitions de Notre Dame de Fatima, nous devons nous rappeler comment son message, ou comme on l’appelle parfois, son secret, a pour principal objectif de répondre à une apostasie largement répandue dans l’Eglise et à la défaillance des pasteurs de l’Eglise quant à sa correction. Le triomphe du Cœur Immaculé de Marie est d’abord et avant tout le triomphe de la foi qui nous enseigne quelle est notre bonne relation avec Dieu et avec autrui.

[...] Quelle doit donc être notre réponse à ces temps extrêmement difficiles où nous vivons, des temps qui, de manière réaliste, semblent être apocalyptiques ? Ce doit être une réponse de foi, de foi en Notre Seigneur Jésus-Christ qui vit pour nous dans l’Eglise et qui ne manque jamais de nous enseigner, de nous sanctifier et de nous conduire dans l’Eglise, ainsi qu’Il a annoncé qu’Il resterait avec nous pour toujours, jusqu’à son retour au dernier jour pour inaugurer « de nouveaux cieux et une nouvelle terre » (2 Pierre 3, 13) pour accueillir ses fidèles au festin de noces de l’agneau. Nous savons ce que le Christ nous enseigne dans l’Eglise. Cela est contenu dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, dans l’enseignement officiel de l’Eglise. Son enseignement ne change pas. Au milieu de la confusion et de la division présentes, nous devons étudier plus attentivement les enseignements de la foi contenus dans le Catéchisme de l’Eglise catholique, et être prêts à défendre ces enseignements contre tout mensonge qui porterait atteinte à la foi et donc à l’unité de l’Eglise.

[...] La sérénité veut dire que nous ne cédons pas à une désespérance mondaine qui s’exprime de manière agressive et peu charitable. Notre confiance est dans le Christ. Oui, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour défendre notre foi catholique dans n’importe quelle circonstance où elle se trouve attaquée, mais nous savons que la victoire appartient finalement et uniquement au Christ. Ainsi, lorsque nous avons fait tout ce que nous pouvons faire, nous sommes en paix, même si nous reconnaissons que nous restons des « serviteurs inutiles ».

Il ne peut y avoir place dans notre façon de penser ou d’agir pour le schisme qui est toujours et partout erroné. Nous devons être prêts à accepter quelque souffrance qui puisse survenir, au nom du Christ et de son Corps mystique, notre Sainte Mère l’Eglise. Comme saint Athanase et les autres grands saints qui ont défendu la foi en des temps de graves épreuves au sein de l’église, nous devons être prêts à accepter le ridicule, l’incompréhension, la persécution, l’exil et même la mort, afin de rester un avec le Christ dans l’Eglise sous la protection maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie. Prions pour qu’au terme de notre pèlerinage terrestre, nous puissions dire avec Saint-Paul :

« J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Reste la couronne de justice qui m’est réservée, que le Seigneur, le juste juge, me rendra en ce jour-là ; et non seulement à moi, mais aussi à ceux qui auront attendu avec amour son avènement » (2 Tim. 4, 7-8).

Le schisme est le fruit d’une manière de penser mondaine, de penser que l’Eglise est entre nos mains plutôt qu’entre les mains du Christ. L’Eglise de notre temps a grand besoin d’être purifiée de toute forme de pensée mondaine. Plutôt, avec saint Paul qui a si grandement souffert pour la prédication de la foi à toutes les nations, nous devons nous réjouir de compléter dans notre chair les souffrances du Christ pour le bien de son Epouse, l’Eglise (cf. Col 1, 24-29). [...]"

Posté le 13 août 2017 à 11h41 par Michel Janva | Lien permanent

Catéchisme Le Chemin du Ciel avec Imprimatur de Mgr Rey

ImageLe catéchisme Le Chemin du Ciel propose un enseignement clair de la foi catholique, avec un langage simple et adapté aux enfants.

Cette 1ère année, destinée aux enfants de 7 à 10 ans, expose les vérités de la foi contenues dans le Credo à travers 21 chapitres magnifiquement illustrés par Joëlle d’Abbadie.

Imprimatur et préface de Mgr Dominique Rey.

Auteurs : Abbé Henri Forestier, Marie Cartier

Illustrations intérieures : Joëlle d'Abbadie - Illustration de la couverture : Anne-Charlotte Larroque.

Posté le 13 août 2017 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

11 août 2017

La crise de l’Eglise comparable à celle du IVe siècle, lorsque l’arianisme avait contaminé l’immense majorité de l’épiscopat

Jeanne Smits a traduit un texte de Mgr Athanasius Schneider sur la crise de l'Eglise et la nécessaire réflexion doctrinale à propos de Vatican II. Mgr Schneider a revu le texte français pour qu'il reflète exactement sa pensée :

"La situation de crise sans précédent où se trouve actuellement l’Eglise est comparable à la crise générale au IVe siècle, lorsque l’arianisme, ayant contaminé l’immense majorité de l’épiscopat, occupait une position dominante dans la vie de l’Eglise. Nous devons chercher à aborder cette situation avec réalisme, d’une part, et de l’autre, avec un esprit surnaturel – avec un profond amour de l’Eglise, notre mère, qui souffre la Passion du Christ en raison de cette confusion doctrinale, liturgique et pastorale formidable et généralisée.

Nous devons renouveler cette foi par laquelle nous croyons que l’Eglise est entre les mains très sûres du Christ, sachant qu'Il intervient toujours pour renouveler l’Eglise au moment où le navire de l’Eglise semble devoir couler, comme c’est évidemment le cas de nos jours.

En ce qui concerne l’attitude à l’égard du concile Vatican II, nous devons éviter deux extrêmes : le rejet complet (tel celui des sédévacantistes et d’une partie de la Fraternité Saint-Pie X, ou l’« infaillibilisation » de tout ce qui a été exprimé par le concile.

Vatican II était une assemblée légitime présidée par les papes et nous devons garder envers ce concile une attitude respectueuse. Néanmoins, cela ne signifie pas qu'il nous soit interdit d’exprimer des doutes bien fondés ou des suggestions respectueuses d’amélioration en ce qui concerne certains points spécifiques, en nous basant toujours sur l’ensemble de la Tradition et du Magistère constant de l’Eglise.

Les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère recouvrant une période de plusieurs siècles, ont préséance et constituent un critère de vérification par rapport à l’exactitude de déclarations magistérielles postérieures. Les nouvelles affirmations du Magistère doivent, en principe, être plus exactes et plus claires, et en aucun cas ambiguës et en contradiction apparente avec des affirmations magistérielles antérieures.

Les affirmations de Vatican II qui sont ambiguës doivent être lues et interprétées à la lumière des affirmations de la Tradition dans son ensemble et du Magistère constant de l’Eglise.

En cas de doute, les affirmations du Magistère constant (les conciles antérieurs et les documents des papes, dont le contenu est manifestement l’expression d’une tradition certaine et réitérée au cours des siècles dans le même sens) prévalent sur les affirmations objectivement ambiguës ou nouvelles de Vatican II, difficiles à accorder avec des affirmations spécifiques du Magistère antérieur constant (par exemple, le devoir de l'Etat de vénérer publiquement le Christ, Roi de toutes sociétés humaines, le sens véritable de la collégialité épiscopale par rapport à la primauté de Pierre et au gouvernement universel de l’église, la nocivité de toutes les religions non catholiques et le dangerosité qu’elles représentent pour le salut éternel des âmes).

Vatican II doit être considéré et reçu tel qu'il est, et tel qu’il était réellement : un concile avant tout pastoral. Ce concile n’avait pas pour intention de proposer des doctrines nouvelles ni de les proposer sous une forme définitive. Dans une grande partie de ses affirmations, le concile a confirmé la doctrine traditionnelle et constante de l’Eglise.

Parmi les nouvelles affirmations de Vatican II (par exemple, la collégialité, la liberté religieuse, le dialogue œcuménique et inter-religieux, l’attitude à l’égard du monde) certaines n’ont pas un caractère définitif, et comme elles se trouvent être en apparence ou en réalité en contradiction avec les affirmations traditionnelles et constantes du Magistère, elles doivent être complétées par des explications plus exactes et des suppléments plus précis, à caractère doctrinal. L’application aveugle du principe de l’« herméneutique de la continuité » n’est pas d’un réel secours puisqu’à travers celle-ci on fabrique des interprétations forcées qui ne sont pas convaincantes et qui n’aident pas à atteindre une compréhension plus claire des vérités immuables de la foi catholique et de leur application concrète.

Il y a eu des cas dans l’histoire où les affirmations non définitives de certains conciles œcuménique ont été par la suite – grâce à un débat théologique serein – précisées ou corrigées de manière tacite (par exemple, les affirmations du concile de Florence à propos de la matière du sacrement de l’ordre, à savoir que la matière serait constituée par la porrection des instruments, alors que la tradition plus sûre et constante affirmait que l’imposition des mains de l'évêque était suffisante, une vérité qui serait en fin de compte confirmée par Pie XII en 1947). Si après le concile de Florence les théologiens avaient aveuglément appliqué le principe de l’herméneutique de la continuité à cette affirmation concrète du concile de Florence (une affirmation objectivement erronée), en défendant la thèse selon laquelle la remise des instruments constituait la matière du sacrement de l'ordre était en accord avec le magistère constant, on ne serait probablement pas parvenu au consensus général des théologiens par rapport à la vérité qui affirme que seule l’imposition des mains de l’évêque constitue la matière réelle du sacrement de l’ordre.

Il est nécessaire de créer au sein de l’Eglise un climat serein de discussions doctrinales par rapport à celles des affirmations de Vatican II qui sont ambiguës ou qui ont été à l’origine d’interprétations erronées. Une telle discussion doctrinale n’a rien de scandaleux : au contraire, elle va contribuer à faire expliciter de manière plus sûre et complète le dépôt immuable de la foi de l’Eglise.

Il ne faut pas mettre à ce point l’accent sur un concile donné, qu’on en vienne à l’absolutiser et à le placer de fait sur le même pied que la parole de Dieu orale (la Tradition sacrée) ou écrite (l’Ecriture Sainte). Vatican II lui-même a très justement affirmé (cf. Dei Verbum, 10) que le Magistère (le pape, les conciles, le magistère ordinaire et universel) ne se situe pas au-dessus de la parole de Dieu mais en-dessous, lui étant subordonné: il est seulement son serviteur (serviteur de la Parole orale de Dieu, c’est-à-dire la Tradition sacrée, et de la Parole écrite de Dieu, c’est-à-dire l’Ecriture Sainte).

D’un point de vue objectif, les affirmations du Magistère (les papes et les conciles) qui ont un caractère définitif ont plus de valeur et de poids que les affirmations à caractère pastoral, dont la qualité est naturellement changeante et provisoire, sujette aux circonstances historiques ou apportant une réponse à des situations pastorales d’une période donnée, comme c’est le cas pour la plupart des affirmations de Vatican II.

L’apport original et précieux de Vatican II réside dans l’appel universel à la sainteté qui s’adresse à tous les membres de l’Eglise (chapitre 5 de Lumen Gentium), dans la doctrine relative au rôle central de Notre Dame dans la vie de l’Eglise (chapitre 8 of Lumen Gentium), dans l’importance du rôle des fidèles laïcs par rapport à la sauvegarde, la défense et la promotion de la foi catholique, et dans leur devoir d’évangéliser et de sanctifier les réalités temporelles conformément au sens pérenne de l’Eglise (chapitre 4 de Lumen Gentium), dans la primauté de l’adoration de Dieu dans la vie de l'Eglise et la célébration de la liturgie (Sacrosanctum Concilium n° 2 ; 5-10). Le reste peut être considéré jusqu’à un certain point comme secondaire, temporaire et sera, à l’avenir, probablement jugé oubliable, comme cela fut le cas pour certaines affirmations non définitives, pastorales et disciplinaires de divers conciles œcuméniques par le passé.

Les sujets suivants : Notre Dame, la sanctification par les laïcs de leur vie personnelle en même temps que la sanctification du monde selon le sens pérenne de l’Eglise, ainsi que la primauté de l’adoration de Dieu, sont les aspects les plus urgents qui doivent être vécus en notre temps. En cela Vatican II a un rôle prophétique qui, malheureusement, n’a pas encore été réalisé de manière satisfaisante.

Au lieu de vivre ces quatre aspects, une part considérable de la Nomenklatura théologique et administrative au sein de la vie de l’Eglise a promu au cours de ces cinquante dernières années, et continue de promouvoir des thèmes doctrinaux, pastoraux et liturgiques ambigus, altérant ainsi l’intention originelle du Concile ou en utilisant abusivement ses affirmations doctrinales moins claires, voire ambiguës, en vue de créer une autre Eglise – une Eglise de type relativiste ou protestant. Nous vivons de nos jours l’aboutissement de ce développement.

Le problème de la crise actuelle de l’Eglise consiste en partie dans le fait que certaines affirmations de Vatican II qui sont objectivement ambiguës, ou ses rares affirmations qui peuvent difficilement s’accorder avec la tradition magistérielle constante de l’Eglise ont été « infaillibilisées ». C’est par ce moyen qu'on a bloqué le sain débat assorti d’une nécessaire correction implicite ou tacite.

En même temps, on a encouragé la fabrication d’affirmations théologiques contrastant avec la tradition pérenne (par exemple, en ce qui concerne la nouvelle théorie d’un double sujet suprême ordinaire du gouvernement de l’Eglise, c’est-à-dire le pape seul et le collège épiscopal tout entier ensemble avec le Pape ; la doctrine de la neutralité de l’Etat par rapport au culte public qu'il doit rendre au vrai Dieu, qui est Jésus-Christ et qui est aussi Roi de chaque société humaine et politique ; la relativisation de la vérité selon laquelle l’Eglise catholique est l’unique chemin du salut, voulu et ordonné par Dieu).

Nous devons nous libérer des chaînes qui ont « absolutisé » et entièrement « infaillibilisé » Vatican II. Nous devons réclamer un climat de débat serein et respectueux, à partir de l’amour sincère pour l’Eglise et pour la foi immuable de l’Eglise.

Nous pouvons voir un signe positif dans le fait que le 2 août 2012, le pape Benoît XVI a écrit une préface au volume relatif à Vatican II dans l’édition de ses Opera Omnia. Dans cette préface, Benoît XVI exprime ses réserves par rapport à certains contenus spécifiques dans les documents Gaudium et spes et Nostra ætate. La teneur des paroles de Benoît XVI laisse voir que des défauts concrets au sein de certaines sections de ces documents ne sont pas susceptibles d’amélioration par « l’herméneutique de la continuité ».

Une FSSPX, canoniquement et pleinement intégrée dans la vie de l’Eglise, pourrait également apporter une précieuse contribution à ce débat – tout comme le souhaitait Mgr Marcel Lefebvre. La présence canonique plénière de la FSSPX dans la vie de l’Eglise en notre temps contribuerait également à créer le climat général d’un débat constructif, de telle sorte que ce qui a été cru toujours, partout et par tous les catholiques au cours de 2.000 ans puisse être cru de manière plus claire et plus sûre également aussi de nos jours, réalisant ainsi la véritable intention pastorale des Pères du concile Vatican II.

L'intention pastorale authentique vise le salut éternel des âmes – un salut qui ne sera réalisé que par la proclamation de la volonté tout entière de Dieu (cf. Actes 20: 27). L'ambiguïté dans la doctrine de la foi et dans son application concrète (dans la liturgie et dans la vie pastorale) constituerait une menace pour le salut éternel des âmes et serait par conséquent anti-pastoral, puisque la proclamation de la clarté et de l’intégrité de la foi catholique et de son application concrète fidèle constituent la volonté explicite de Dieu.

Seule l’obéissance parfaite à la volonté de Dieu – qui nous a révélée par le Christ, Verbe incarné, et par les Apôtres, la foi véritable, la foi interprétée et pratiquée de manière constante et dans le même sens par le Magistère de l’Eglise – amènera avec elle le salut des âmes.

+ Athanasius Schneider, Evêque auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie d’Astana au Kazakhstan

Posté le 11 août 2017 à 11h08 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2017

Le trésor du catéchisme

Petit-tresor-des-catechismes-diocesainsLe Petit Trésor des catéchismes diocésains est un concentré de trois siècles d’enseignement des évêques en leur diocèse depuis la création du Catéchisme diocésain jusqu’à sa suppression en 1937-1947. Le Catéchisme diocésain est un genre littéraire né à la suite du Concile de Trente, répondant à la mission d'enseignement de l'évêque. Ce qui est enseigné à tous les chrétiens, à toute époque et en tout lieu, telle est la définition du Magistère ordinaire qui, de par sa permanence, est signe d’absence d’erreur, le Saint-Esprit aidant. Loin d’opposer les catéchismes diocésains entre eux, l’unité de la catéchèse de la foi et de la morale permet cet assemblage pour former les véritables richesses de l’enseignement catholique.

Né en 1957, l'auteur, l'abbé Jean-Pierre Putois, est prêtre de la Fraternité des Cœurs de Jésus et Marie. Il a déjà publié un Éloge de la direction spirituelle sous forme d’anthologie (2e éd., Lethielleux, 2017) ; une anthologie de trois siècles de catéchismes diocésains : Le Trésor des catéchismes diocésains, T. 1, Dieu et les mystères de la foi (Via Romana, 2009), et une étude sur la crise des catéchismes au siècle dernier : Les Cahiers du Catéchisme, étude revue et augmentée, 2015. Ses travaux sur l’Ancien et le Nouveau Testament lui ont permis d’éditer une synopse des quatre Évangiles : L’Évangile aux mille couleurs (2005), ainsi que les Images des Évangiles dans la Liturgie romaine de Jérôme Nadal (2007).

Trouvera-t-on ici une de ces fameuses “méthodes pédagogiques” qui tirent leur origine de « l’école [dite] moderne » ? Non. L’Évangile, en sa pédagogie, n’a pas attendu ces méthodes-là : en effet, la Parole de Dieu écrite préside et transcende la leçon, et le principe des questions-réponses la synthétise afin de transmettre la divine Vérité. De même, la “scolarisation à outrance” de la catéchèse n’a-t-elle pas fait oublier que le catéchisme diocésain est pour toute génération ? Ainsi, on trouvera ici un enseignement assez ample pour tous les âges, et qui, entre les mains du catéchiste, lui permettra premièrement de nourrir son discours, puis de le mesurer à son auditoire.

Extrait sur le devoir électoral :

"Qu'est-ce que bien voter ?

C'est choisir des représentants :

Pourquoi est-ce un péché de mal voter aux élections ?

Parce qu'en votant mal aux élections, nous choisissons pour nous gouverner : 

Posté le 30 juillet 2017 à 09h32 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2017

Cardinal Müller : "Les Conciles n’ont jamais été des rassemblements harmonieux"

Extrait d'un entretien donné par le cardinal Müller :

Unknown-5Comprenez-vous les raisons qui ont amené les Cardinaux Burke, Brandmuller, Caffarra et Meisner, maintenant décédé, à présenter au Pape les cinq Dubia à propos de l'Exhortation [Amoris Laetitia] ?

« Je ne comprends pas pourquoi une discussion calme et sereine n'a pas commencé [encore]. Je ne comprends pas où sont les obstacles. Pourquoi permettre aux tensions d’émerger, même publiquement ? Pourquoi ne pas organiser une réunion pour parler ouvertement de ces thèmes qui sont fondamentaux ? Jusqu'à présent, je n'ai entendu que des invectives et des insultes contre ces Cardinaux. Mais ce n'est pas le ton, ni la manière d’aller de l'avant. Nous sommes tous frères dans la Foi et je ne peux pas accepter de parler de catégories comme « un ami du Pape » ou « un ennemi du Pape ». Pour un Cardinal, c’est absolument impossible d'être contre le Pape. Néanmoins nous, les Évêques, ont le droit, je dirais, le droit divin de discuter librement. Je voudrais rappeler à l'esprit que lors du premier Concile, tous les disciples parlaient franchement, même en favorisant des controverses. À la fin, Pierre a donné son explication dogmatique qui a été entière pour l'Église. Mais seulement après, à la fin d'une longue discussion animée. Les Conciles n’ont jamais été des rassemblements harmonieux ».

Le point est de savoir si Amoris Laetitia est ou non une forme de discontinuité en ce qui concerne l'enseignement précédent. L’est-il ou non ?

« Le Pape a plusieurs fois déclaré qu’il n'y a pas de changement dans la Doctrine dogmatique de l'Église, et cela est évident, comme ça pourrait être impossible aussi. François a voulu encore attirer ces gens qui se trouvent en situation irrégulière en ce qui concerne le mariage ; autrement dit, comment les rapprocher des sources de la grâce sacramentelle. Il existe des moyens —canoniques aussi. Dans tous les cas, ceux qui veulent communier et se retrouvent dans un état de péché mortel, doivent d'abord recevoir le Sacrement de la Réconciliation, qui consiste à la contrition sincère, avec un ferme propos de ne plus pécher, dans la confession des péchés et la conviction d'agir selon la Volonté de Dieu. Et personne ne peut modifier cet ordre sacramentel qui a été fixé par Jésus-Christ. S’il y a quoi que ce soit, nous pouvons changer les rites extérieurs, mais pas ce noyau central. L’ambiguïté dans Amoris Laetitia ? Il peut y en avoir et je ne sais pas si c’était voulu. Les ambiguïtés, si elles existent, sont liées à la complexité matérielle de la situation dans laquelle les hommes se trouvent aujourd'hui, dans la culture dans laquelle ils sont immergés. De nos jours, presque tous les fondamentaux et les éléments essentiels pour les populations qui se disent superficiellement Chrétiennes ne sont plus compréhensibles. De là, les problèmes surgissent. Nous avons deux défis à venir ; tout d'abord : préciser quelle est la Volonté rédemptrice de Dieu et nous interroger sur la façon d'aider pastoralement ces frères et aller sur le chemin indiqué par Jésus ».

La réception de la Communion par les divorcés/remariés était une vieille demande de l'épiscopat Allemand.

« C’est vrai, il y avait trois Évêques Allemands : Kasper, Lehmann et Saïer, qui ont lancé la proposition au début des années 1990. Mais la Congrégation de la Doctrine de la Foi l’a rejetée définitivement. Tous ont convenu que c’était nécessaire d’en discuter à nouveau et jusqu'à présent personne n'a abrogé le document ».

Posté le 26 juillet 2017 à 10h19 par Michel Janva | Lien permanent

"Va-t-en, Satan"

De Cyril Brun sur Infocatho :

Unknown-4"Alors que nous commémorons ces jours-ci le premier anniversaire de l’assassinat du Père Hamel et que certains discours politiques amalgament un peu rapidement faits, causes et conséquences, il n’est pas inutile de rappeler que c’est bien au nom de sa divinité que le terroriste (appelons les choses par leur nom) a égorgé, sur l’autel, le prêtre qui agissait en lieu et place du Christ, Dieu et fils de Dieu.

Il semble que l’affirmation de l’unicité de Dieu soit équivoque et laisse prise à de nombreuses interprétations. Mais avant tout autre chose pouvons-nous affirmer, en dehors de la révélation divine et de l’apport de la foi que Dieu est unique ? Aristote l’a fait il y a déjà fort longtemps. Son fameux premier moteur immobile est unique parce qu’il existe un être, non limité et infini. Deux infinis ne pouvant se trouver côte à côte, si Dieu est, il est forcément unique. L’objet ici n’étant pas de démontrer l’existence de Dieu, ni son unicité, je n’entrerai pas dans les arcanes de cette question. L’intérêt de cette unicité démontrée par le Philosophe est de poser un Dieu sans contraire, sans rival, si l’on veut et sans vis-à-vis. Dieu est et par ce fait même, il englobe la plénitude de l’être. S’il est unique, il n’a pas plusieurs visages qui correspondraient aux différentes religions.

De cette vérité fondamentale, se réclament tous les monothéismes, c’est-à-dire, toutes les religions qui croient en l’existence d’un seul Dieu. Toutes ces religions, qui ne sont pas si nombreuses que cela, reconnaissent donc non pas un même Dieu, mais le fait qu’il n’y ait qu’un seul Dieu, ce qui est évidemment fort différent. Croire qu’il n’y a qu’un seul Dieu, ne nous dit pas tout ce qu’est Dieu. Et à partir de cette vérité première et fondamentale, les religions monothéistes diffèrent quant à ce qu’elles comprennent être Dieu.

Toutefois, si Dieu est unique, il ne peut y avoir plusieurs dieux différents. Ce qui signifie que parmi ceux qui croient en l’unicité de Dieu certains se tournent vers Dieu et d’autres vers des images recomposées et erronées de Dieu. Autrement dit ce n’est pas parce que nous croyons que Dieu est unique que nous croyons en Dieu. Nous ne croyons qu’en un aspect de sa divinité. Pour pouvoir parler de Dieu à bon escient, c’est-à-dire mettre les bonnes « définitions » sous le mot Dieu, encore faut-il véritablement parler de Lui.

De sorte que deux voies se présentent à celui qui reconnait qu’il n’y a qu’un seul Dieu. Ou il se tourne vers Dieu, ou il se tourne vers une image recomposée, mais qui n’est pas Dieu. Au mieux c’est une idole, au pire c’est Satan. Une idole est, de façon métonymique, un dieu. Car Dieu est celui vers qui nous allons, celui qui guide et commande notre vie par adhésion, attrait, amour. En ce sens étroit, certains font de mille choses secondaires leur dieu. En ce sens, une vision erronée de Dieu tourne des âmes et des cœurs, vers un faux dieu, une idole.

En définitive, il n’y a guère que deux choix, Dieu ou le néant. On ne peut donc dire que partager la foi en un Dieu unique signifie avoir le même Dieu. Partager la foi en l’unicité de Dieu est avoir un point commun avec les autres religions monothéistes, mais en aucune façon, il ne s’agit du même Dieu, puisque d’un côté l’adhésion à Dieu suppose d’être effectivement tourné vers Dieu, de l’autre l’adhésion à une image erronée de Dieu, conduit à regarder dans une autre direction que celle où Dieu se trouve effectivement.

A partir du moment où Dieu est unique, il n’y a pas ici ou là des bouts de Dieu. Ceux qui professent Dieu dans sa vérité croient en Dieu, ceux qui prêtent à Dieu d’autres attributs que les siens, ne parlent pas de Dieu, mais de leurs idoles. C’est exactement le processus du peuple hébreux et du veau d’or. Et ce petit « écart » n’a guère plût à Yahvé.

Ainsi donc, l’Islam affirme que Dieu est unique, mais ce que les Musulmans vénèrent n’est pas Dieu, mais une idole, un faux dieu, quelque chose qu’ils croient être « comme un dieu ». N’est-ce pas sans nous rappeler la tentation d’Eve : Vous serez comme des dieux ? Car qui se cache derrière l’illusion ? Qui tente de tromper sur l’image divine ? Qui propose à Jésus de déplacer son amour pour Dieu vers des réalités idolâtrées, et plus explicitement vers lui-même ? Satan prince du mensonge est derrière cette confusion. Fidèle à son habitude, il part du vrai, pour détourner vers le faux. Il part de l’unicité de Dieu, pour proposer ses idoles à la vénération.

Dieu est unique signifie qu’il n’y a pas plusieurs dieux, mais aussi qu’Il n’a pas plusieurs visages. Croire au Dieu unique n’est pas simplement croire Dieu unique, c’est adhérer à Dieu lui-même. Adhérer, même en toute bonne foi, à une autre image, fut-elle unique, c’est adorer des idoles, inertes, nous rappelle le prophète Elie. En définitive, celui qui donne une illusion de vie à ces idoles, est celui qui manie l’illusion à la perfection, Satan. C’est du reste l’ultime avertissement du Christ par la bouche du Père Hamel, alors qu’il allait être égorgé.

De sorte que nous pouvons poser l’alternative suivante entre Dieu et Satan. Non pas un monde bipolaire où Satan serait le pendant mauvais de Dieu. Satan n’est pas Dieu, ni même un dieu. Il est une créature qui veut détourner l’Homme de Dieu et pour se faire se met, via l’idolâtrie, entre eux et Dieu.

La confusion relativiste actuelle, favorisée par l’amalgame, porte atteinte à l’intégrité même de la vérité divine, voile Dieu et fait passer devant Lui nombre d’idoles. Celui que vénèrent les musulmans n’est pas Dieu, mais une idole quoiqu’il en soit de la sincérité des fidèles. De même, le visage du Christ que suivent les Protestants est une défiguration de la vérité même du Fils de Dieu.

On me trouvera extrémiste, mais regardons les choses de plus près. Pourquoi serais-je catholique si je croyais que le Christ est autre que ce que l’Eglise enseigne ? Comment montrer le Christ, chemin vérité et vie, si je laissais croire qu’un visage déformé de Jésus est le chemin, la vérité, la vie ? Dénoncer une erreur n’est pas stigmatiser une personne. Cette conviction affective est un véritable frein au dévoilement du visage réel du Christ. On ne peut montrer le chemin vers Dieu qu’en étant tourné vers Dieu lui-même. Défendre l’intégrité de la Révélation divine, c’est présenter le chemin véritable en même temps le but ultime qui motive d’emprunter la route ardue : Dieu.

Telle est la véritable charité qui ne peut reposer que sur la vérité. Mentir à nos frères, à nos contemporains, sous prétexte de les respecter dans leur différence est fondamentalement contraire à la charité. Il ne s’agit pas d’asséner des vérités à coups de massues, mais il ne faudrait pas non plus diluer la vérité dans un acide relativiste et par nature corrosif pour la vérité, comme pour la charité."

Posté le 26 juillet 2017 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2017

Maria Valtorta : François-Michel Debroise répond à Yves Chiron

Suite à l'article d'Yves Chiron sur Maria Valtorta, François-Michel Debroise, mis en cause dans cet article, apporte quelques précisions intéressantes :

9782364630710"Me voilà donc, selon Y. Chiron, sectateur d'une œuvre anathème !

M. Chiron n'aime pas Maria Valtorta, moi si. C'est son droit et c'est le mien. Mais je ne le rangerais pas dans les lobbyistes dès lors qu'il émet une opinion différente de la mienne et qu’il l'exprime publiquement, ce qui est parfaitement respectable. Je me contenterais de combler quelques lacunes de son argumentaire, car j'ai connu Y. Chiron plus documenté.

Voilà que le cardinal Ratzinger exprimerait, selon ses sources, l'opinion de l’Église dans quelques "cartes postales" personnelles envoyées aux quatre coins du monde par son secrétaire, Mgr Clemens. Je l'ai connu différemment, le faisant toujours, et exclusivement, par la voie hiérarchique des évêques locaux et jamais directement à des particuliers, même quand on l'interrogeait sur Maria Valtorta.

Il a dû évoluer aussi avec son élection au siège de saint Pierre. Voilà qu'il accueille, en 2007, la pétition des évêques chinois préparant un synode sur "la Parole de Dieu" et réclamant, pour ce faire, la poursuite de la traduction de l'œuvre de Maria Valtorta en leur langue[1].

Ils rejoignaient ainsi la réaction des évêques du Kerala saluant unanimement,  en 1992, la traduction de cette œuvre en langue locale[2]. Sans doute ces pays évangélisateurs ont-ils une foi moins tétanisée par les "cartes postales".

C’est aussi SS. Benoît XVI qui béatifie, coup sur coup, dans la dernière année de son pontificat, deux soutiens affichés de Maria Valtorta. L’un, traducteur de la Bible en chinois, n’en finissait pas d’apprendre sur la vie en Palestine au temps de Jésus à la lecture d’une œuvre qu’il reconnaissait « venir de l’esprit Jésus »[3].

L’autre avait doté chacune des 35 maisons qu’elle avait fondées d’un exemplaire de « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé »[4]. Titre qui ne provient pas d’une proclamation anathème comme le suppose Y. Chiron, mais de la façon familière dont parlait Maria Valtorta de ses visions.

Ce serait une œuvre « subtilement sensuelle » ? Je ne sais si l’amour du Christ peut être rangé dans cette catégorie, mais c’est dommage pour Mère Teresa qui emmenait cette œuvre dans ses déplacements avec sa Bible et son bréviaire[5].

Ce serait aussi une œuvre bourrée « d’erreurs historiques et exégétiques ». On attend de savoir lesquelles, cela permettrait de corriger quelques avis émis sur la haute valeur de l’œuvre par des personnalités auxquelles je me fie plus sûrement qu’à M. Chiron ou que l’abbé Gérard Herrbach, qu’ils ne m’en veuillent pas. Telles :

  • Mgr Alfonso Carinci, Secrétaire de la Congrégation pour les Rites sacrés, pour qui il s’agit « d’une œuvre littérairement sublime, doctrinalement et spirituellement si élevée »,
  • Le cardinal Augustin Bea, alors confesseur de Pie XII et directeur de l’Institut biblique pontifical, qui se déclare « très impressionné par le fait que les descriptions archéologiques et topographiques sont faites avec une exactitude remarquable ».
  • Mgr Ugo Lattanzzi, recteur de l’université pontificale du Latran, pour qui l’œuvre requiert une "origine supranaturelle".

Le Père Gabriel M. Roschini, fondateur de l’Université pontificale de théologie "Marianum" et conseiller au Saint-Siège qui dans un livre envoyé à SS. Paul VI écrit qu’ « aucun autre écrit marial, pas même la somme de tous ceux que j'ai lus et étudiés, n'avait été en mesure de me donner sur Marie, chef-d'œuvre de Dieu, une idée aussi claire, aussi vive, aussi complète, aussi lumineuse et aussi fascinante, à la fois simple et sublime, que les écrits de Maria Valtorta. »

La Secrétairerie d’État répondit à cet envoi, au nom du souverain Pontife, par l'espoir « que vos efforts recueillent des fruits spirituels abondants. »

Le Père Yannik Bonnet, pour sa part, rapporte l’affirmation du secrétaire particulier de SS. Jean-Paul II selon laquelle le souverain Pontife avait l’œuvre de Maria Valtorta sur sa table de chevet[6].

Bref, voilà un extrait de la longue liste des "sectateurs" d’une œuvre anathème, sensuelle et bourrée d’erreurs historiques, exégétiques et sans doute théologiques.

La différence entre cette cohorte de "sectateurs" anathèmes et l’avis de MM. Chiron et Herrbach tient en ce que les premiers ont lu l’œuvre et pas les seconds. Dommage.

François-Michel Debroise

www.maria-valtorta.org

 

[1] Site du Vatican, préparation du synode sur la Parole de Dieu, contribution du 27 avril 2007, note n° 9.

[2] Copie des 7 courriers envoyés à cette occasion (bas de la page).

[3] Bienheureux G.M. Allegra (1907-1976), Critique, Macao juin 1970.

[4] Bienheureuse Mère Maria Inès du Très Saint Sacrement (1904-1981).  Lettre du 19 juillet 2001 à l’éditeur, de sœur Maria Uranga.

[5] Attestation sous serment du Père Leo Maasburg, Directeur national des Œuvres Pontificales Missionnaires en Autriche et confesseur de Mère Teresa pendant 4 ans, 2015.

Posté le 21 juillet 2017 à 19h04 par Michel Janva | Lien permanent

20 juillet 2017

Pour l’Église, les écrits de Maria Valtorta ne sont qu’une «vie de Jésus mal romancée»

D'Yves Chiron dans Aletheia :

"Maria Valtorta [1897-1961] est une mystique italienne dont les très abondants écrits (plus de 15 000 pages manuscrites) sont tenus par certains comme «révélés». Elle aurait notamment reçu la révélation d’une Vie de Jésus.

L’édition de ces écrits, à l’initiative des éditions Pisani, a commencé en 1956, sans nom d’auteur et sous le titre anodin : Il poema di Gesu pour le premier volume, puis sous le titre Il poema dell’Umo-Dio pour les suivants. Les quatre premiers volumes ont été mis à l’Index librorum prohibitorum (Index des livres interdits) par décret du Saint-Office en date du 5 janvier 1960 1.

Ne tenant aucun compte de cette condamnation, le même éditeur a poursuivi l’édition italienne, qui compta dix volumes, et a engagé des traductions en diverses langues. La première traduction étant celle en espagnol publiée à partir de 1976. La traduction française, en dix volumes, est parue à partir de 1979 sous un titre sensationnaliste : L’Évangile tel qui m’a été révélé. Le titre français, théologiquement inacceptable, sera repris désormais pour les autres traductions et pour la nouvelle édition italienne. L’édition des écrits de Maria Valtorta est devenue une véritable entreprise commerciale, l’éditeur Pisani assurant aussi la diffusion des livres dans les différents pays. En quelque soixante ans, quatre millions d’exemplaires de l’ouvrage auraient été vendus, en différentes langues.

Cet éditeur a décidé de faire réaliser une nouvelle traduction en français des écrits de Maria Valtorta. Il l’a confiée à Yves d’Horrer. Le premier volume de cette nouvelle traduction est paru en décembre 2016, les neuf autres ont suivi ou suivront. Pour vendre cette nouvelle édition de fausses révélations, l’éditeur Pisani a engagé de grands moyens financiers et il a développé une stratégie marketing qui s’avère très efficace. Aujourd’hui c’est un véritable lobby qui œuvre non seulement auprès des médias, mais aussi dans l’Église, pour faire connaître les écrits de Maria Valtorta.

Je ne relève que les principales étapes de cette action de propagande valtortiste :

•  Une conférence de presse a été organisée le 23 mars dernier, dans un salon de la mairie du VIe arrondissement de Paris, pour présenter le 1er volume de la nouvelle traduction française. Ont pris successivement la parole pour louer les écrits de Maria Valtorta : Benoît de Fleurac, qui fait office d’attaché de presse et de chargé de la communication pour cette nouvelle édition française; Daniel Fiorletta, représentant des éditions Pisani; Yves d’Horrer, le traducteur; François-Michel Debroise, qui a écrit deux livres consacrés à Maria Valtorta avec l’abbé René Laurentin; le Père Yannik Bonnet, qui a été pendant quarante ans chef d’entreprise avant d’être ordonné prêtre en 1999 – il a expliqué comment la lecture de Maria Valtorta « a changé sa vie » et il est un collaborateur régulier de L’Homme nouveau. Est intervenu aussi Florian Boucansaud, ancien footballeur professionnel, converti en 2013 – il a découvert l’œuvre de Maria Valtorta en 2015.

Cette conférence de presse a duré plus d’une heure et demie, en présence d’une dizaine de journalistes. L’action de Benoît de Fleurac n’a pas été sans effet puisque, entre autres, un prêtre, homme de grande culture et docteur en philosophie, l’a invité à parler de Maria Valtorta pendant une demi-heure dans son émission de radio, tout en reconnaissant n’avoir pas encore lu le livre...

• L’Association Maria Valtorta a organisé, en mai dernier, deux «Journées nationales» dans des paroisses parisiennes, selon un modèle bien établi: le matin, messe, rosaire, repas; l’après-midi, conférences et témoignages. L’entrée était gratuite. Le but était de faire connaître les écrits de Maria Valtorta et de les vendre. Outre la nouvelle traduction française de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, sont vendus une multitude de produits ”valtortistes“. Sont en cours de parution une édition adaptée et illustrée pour les enfants et une autre édition «simplifiée» (en 20 volumes!) «avec les dialogues authentiques, sans les longues descriptions ni les longs discours» (sic). Est en préparation encore une édition en bandes dessinées.

• Enfin, depuis le mois de juin, l’Association Maria Valtorta offre le tome 1 de la nouvelle traduction de L’Évangile tel qu'il m’a été révélé à tout prêtre qui en fera la demande. Il suffit d’envoyer un mail avec son adresse. L’association espère bien sûr que ces prêtres, devenus fervents admirateurs de Maria Valtorta, seront les meilleurs ambassadeurs de ses livres auprès de leurs fidèles.

Toute cette action de marketing pourrait être louable, tout cet effort serait admirable s’il s’agissait de messages dont l’Église avait reconnu le caractère surnaturel. Or, pour l’Église, les écrits de Maria Valtorta ne sont qu’une «vie de Jésus mal romancée». 

C’est le titre de l’article qui est paru dans L’Osservatore romano, le 6 janvier 1960, le jour-même où est paru le décret de mise à l’Index déjà mentionné. Le journal du Vatican estimait que «le lecteur qui lira attentivement ces volumes n’y découvrira rien d’autre qu’une longue et prolixe vie romancée de Jésus. [...] Avant tout, le lecteur sera frappé de l’étendue des discours attribués à Jésus et à la Très Sainte Vierge, des interminables dialogues entre les nombreux personnages qui pullulent dans ce livre.2» L’auteur relevait aussi «quelques pages plutôt scabreuses» qui «font penser à des descriptions et des scènes de romans modernes». Il signalait également «quelques perles qui ne brillent certainement pas par l’orthodoxie catholique».

À une date plus récente, le 9 septembre 1988, le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, interrogé par une fidèle canadienne, faisait répondre par son secrétaire privé, Mgr Clemens, que la grande œuvre de Maria Valtorta est «un ensemble de fantaisies enfantines, d’erreurs historiques et exégétiques, le tout présenté dans un contexte subtilement sensuel»

On signalera aussi que l’abbé Gérard Herrbach, de la Fraternité Saint-Pie X, avait donné une longue analyse critique des écrits de Maria Valtorta dans Des visions sur l’Évangile (Éditions du Communicantes, Québec, 1993, p. 84-156). L’ouvrage a été réédité par les éditions Fideliter en 1993.

Yves Chiron

 

  1. Acta Apostolicae Sedis, LII, 1960, p. 60; trad. fr. La Documentation catholique, n° 1321, 7 février 1960, col. 146.
  2. Les exégètes valtortistes se flattent que quelque 750 personnages soient évoqués ou cités dans L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, et qu’un tiers d’entre eux aient une existence attestée par des sources historiques.
  3. L’ouvrage est toujours disponible aux Éditions Clovis (B.P. 118, 92153 Suresnes Cedex), 164 pages, 10,50 €.

Posté le 20 juillet 2017 à 13h31 par Michel Janva | Lien permanent

13 juillet 2017

L’Eglise ne serait qu’une secte qui a réussi ?

Posté le 13 juillet 2017 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2017

Redécouvrons l’appel du Cœur Immaculé de Marie sur l’Enfer

De la Famille Missionnaire Notre-Dame :

Au début de cet été 2017, méditons cet extrait du quatrième mémoire de Sœur Lucie :

«Sacrifiez-vous pour les pécheurs, et dites souvent, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice : « O Jésus, c’est par amour pour vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie ». En disant ces dernières paroles, Elle (la Vierge Marie) ouvrit de nouveau les mains, comme les deux derniers mois. Le reflet parut pénétrer la terre et nous vîmes comme un océan de feu, et plongés dans ce feu, les démons et les âmes, comme s’ils étaient des braises, transparentes et noires, ou bronzées, ayant des formes humaines. Elles flottaient dans l’incendie, soulevées par les flammes qui sortaient d’elles-mêmes avec des nuages de fumée, tombant de tous côtés, semblables à la retombée des étincelles dans les grands incendies, sans poids ni équilibre, avec des cris et des gémissements de douleur et de désespoir qui horrifiaient et faisaient trembler de peur. (Ce fut sans doute à cette vue que j’ai dû pousser ce cri Aie… que l’on dit avoir entendu). Les démons se distinguaient par des formes horribles et répugnantes d’animaux effrayants et inconnus, mais transparents comme des charbons noirs embrasés. Effrayés, comme pour demander secours, nous avons levé les yeux vers Notre Dame qui nous dit avec bonté et tristesse : – Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix ».

Le message prophétique du 13 juillet ne se limite pas, cependant, à cette vision de l’Enfer. Mais du fait de la grave hérésie actuelle – l’Enfer n’existe pas ou, s’il existe, il n’y a personne dedans ! -, nous voulons centrer notre consigne de cordée sur cet appel angoissé du Cœur Immaculé de Marie, appel toujours actuel : des âmes vont en Enfer ! Pour les sauver, nous devons développer la dévotion au Cœur Immaculé de Marie, prier le rosaire et offrir des sacrifices.

Le 13 mai dernier, Monseigneur Marto, l’évêque de Leiria dont dépend Fatima, déclarait sur KTO : « La vision de l’enfer n’est pas une photo ou film en couleurs, c’est une vision symbolique à partir de l’imaginaire des enfants les voyants, de tout ce qu’ils ont appris au catéchisme, mais c’est pour montrer la monstruosité du mal. Les enfers qui sont présents dans l’histoire représentés par les guerres et les victimes innocentes ». Cette interprétation surprenante se fonderait, selon Mgr Marto, sur le commentaire du Cardinal Joseph Ratzinger sur la troisième partie du secret de Fatima. Avant de développer notre consigne de cordée, il est très important de connaître précisément ce que le Cardinal Joseph Ratzinger a vraiment écrit dans son commentaire théologique à la demande de Jean-Paul II.

Précisons d’abord que l’objet propre de ce commentaire n’était pas la vision de l’Enfer, mais la troisième partie du secret de Fatima. Le Cardinal Joseph Ratzinger a, toutefois, parlé de la vision de l’Enfer pour expliquer ce qu’était une vision imaginative :

« Il est clair que, dans les visions de Lourdes, Fatima, etc., il ne s’agit pas de la perception normale extérieure des sens : les images et les figures qui sont vues ne se trouvent pas extérieurement dans l’espace, comme s’y trouve par exemple un arbre ou une maison. Cela est absolument évident, par exemple, en ce qui concerne la vision de l’enfer (décrite dans la première partie du « secret » de Fatima) ou encore la vision décrite dans la troisième partie du « secret », mais cela peut se montrer très facilement aussi pour les autres visions, surtout parce que toutes les personnes présentes ne les voient pas, mais en réalité seulement les voyants ».

Que voulait signifier le Cardinal Ratzinger ? Tout simplement ceci : la perception d’une réalité spirituelle, immatérielle, ne se fait pas de la même manière que la perception d’un objet extérieur, matériel. La perception visuelle normale de l’homme se fait par l’image de l’objet extérieur dans l’œil. Des scientifiques comparent l’impression de cette image dans l’œil à celle qui est produite dans un appareil photo. Sans l’impression de l’image de l’objet en notre œil, nous ne pourrions pas voir. Il en est ainsi pour «la vision» d’une réalité spirituelle, le «voyant» a besoin d’une image. C’est ce que veut signifier le Cardinal Ratzinger en parlant de «vision imaginative» = vision grâce à une image qui permet au voyant de voir une réalité spirituelle. Cette image «a certainement pour le voyant, écrit le Cardinal Ratzinger, une force de présence, laquelle équivaut pour lui à la manifestation externe sensible». Pour le voyant, affirme le Cardinal Ratzinger, la perception intérieure, ou vision imaginative, est donc pratiquement identique à la perception visuelle d’un objet extérieur.

Le Cardinal Ratzinger précise encore afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté :

«Voir intérieurement ne signifie pas qu’il s’agit de fantaisies, ce qui serait seulement une expression de l’imagination subjective. Cela signifie plutôt que l’âme est effleurée par la touche de quelque chose de réel, même si c’est suprasensible, et qu’elle est rendue capable de voir le non-sensible, le non-visible par les sens – une vision avec les « sens internes ». Il s’agit de vrais « objets » qui touchent l’âme, bien qu’ils n’appartiennent pas à notre monde sensible habituel… Ce sont les enfants qui sont les destinataires privilégiés de telles apparitions: l’âme est encore peu altérée, sa capacité intérieure de perception est encore peu détériorée ».

Cette précision du Cardinal Ratzinger est très importante pour affirmer le réalisme de la vision imaginative de l’Enfer par les enfants de Fatima. Le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, connaissant les graves erreurs – pour ne pas dire hérésies ! – au sujet de l’Enfer, précisait encore: «Les images que les enfants de Fatima ont décrites ne sont pas une simple expression de leur fantaisie, mais le fruit d’une réelle perception d’origine supérieure et intérieure». Cette affirmation confirme l’origine de l’image qui a permis aux enfants de « voir l’Enfer » : non l’imaginaire mais une intervention « supérieure » (ange ou Dieu).

Le Cardinal Ratzinger a ensuite cherché à expliquer en quoi la vision de l’Enfer peut être dite « symbolique » :

«elles (les images) ne sont pas non plus à envisager comme si, pour un instant, le voile de l’au-delà avait été enlevé et que le ciel apparaissait dans ce qu’il a de purement essentiel, de la manière dont nous espérons le voir un jour dans l’union définitive avec Dieu. Les images sont plutôt, pour ainsi dire, une synthèse de l’impulsion qui provient d’En Haut et des possibilités de ce fait disponibles du sujet qui perçoit, en l’occurrence des enfants. C’est pour cela que le langage imaginatif de ces visions est un langage symbolique».

Le commentaire du Cardinal Ratzinger est complexe et difficile, mais on ne peut absolument pas l’interpréter comme si le langage symbolique de la vision de l’Enfer montrait la monstruosité du mal, les enfers présents dans l’histoire, représentés par les guerres et les victimes innocentes (cf. déclaration de l’évêque de Leiria). Le symbolisme de la vision de l’Enfer concerne la réalité spirituelle de l’Enfer, lui-même, lieu de damnation éternelle où sont les démons et les damnés et non le Mal qui serait dans le monde et les enfers que seraient les guerres et les actes terroristes.

La Vierge Marie, le 13 juillet 1917, avait donné la vraie interprétation de la vision imaginative de l’Enfer : «Vous avez vu l’Enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs». Le Cardinal Ratzinger, dans son commentaire théologique, a interprété fidèlement la vision de l’Enfer, en cohérence avec les paroles de la Vierge Marie : les enfants ont bien vu l’Enfer, mais ils n’ont pas pu le voir comme il est en réalité, ils l’ont vu à travers les images symboliques qui leur ont été communiquées d’En-Haut. Les démons ne sont pas des animaux, c’est évident, les âmes des damnés ne sont pas des braises, mais ces images, qui ont été imprimées en eux, symbolisaient des réalités spirituelles bien réelles ! L’Enfer existe, les démons existent, les damnés existent ! Paul VI fit cette confidence au Cardinal Jacques Martin : « Il y a deux lacunes dans ce Credo (du Peuple de Dieu): l’existence du diable et l’existence de l’enfer » (Cf. « Mes six Papes. Mame 1993. Page 141). Ce Bienheureux Pape était conscient de la gravité de la crise doctrinale et de la grande hérésie de notre temps : l’Enfer n’existe pas ou, s’il existe, il n’y a personne dedans !"

Posté le 9 juillet 2017 à 09h18 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2017

"Si Le Monde Savait"

Court-métrage de Natalie Saracco (auteur d'un ouvrage écrit suite à sa conversion):

Posté le 27 juin 2017 à 10h58 par Michel Janva | Lien permanent

21 juin 2017

Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres : neuvaine-pèlerinage de la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney

Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney propose une adoration eucharistique pour consoler le Cœur Sacerdotal de Jésus des outrages eucharistiques et des fautes sacerdotales.
A saint Joseph de Pont-du-Las entrée sur la gauche, de 20h à 22h jeudi 22 juin.
Les Adorations sont dirigées par l'abbé Lambilliotte, aumônier nommé par monseigneur Rey.
 
L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney vous fait part également de l'annonce ci-dessous :
 
Une neuvaine-pèlerinage de la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, patron de tous les curés de l'univers et des prêtres de France, aura lieu dans notre diocèse pour supplier le Ciel de nous accorder de nombreuses et saintes vocations.

du 6 au 15 novembre 2017
 
Ce pèlerinage est organisé par l'alliance Saint Jean-Marie Vianney. De plus amples informations vous seront communiquées en temps voulu.
 
 (Tél. secrétariat : 06.59.64.68.47 Mail : jeune.permanent@gmail.com

Posté le 21 juin 2017 à 12h42 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 juin 2017

“Amoris laetitia” : quatre cardinaux publient une lettre au pape François, faute d'avoir obtenu une audience

Les quatre cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner, viennent de rendre publique la lettre qu’ils ont adressée au pape François le 25 avril pour lui demander –  en vain –  une audience privée en vue de parler de la « confusion et de la désorientation » au sein de l’Eglise après la publication, il y a un an, de l’exhortation Amoris laetitia. Dans cette lettre, ils rappellent les cinq questions posées publiquement l’an dernier, demandant si l'exhortation est conforme à l’enseignement pérenne de l’Eglise. La lettre porte la signature du cardinal Carlo Caffarra, s'exprimant en son propre nom et au nom des trois autres signataires des « Dubia ». Les cinq questions posées pouvaient recevoir une réponse simple par oui ou par non ; à ce jour,  le pape n’a pas voulu donner une telle réponse alors que les questions correspondent aux ambiguïtés relevées dans son exhortation et que plusieurs conférences épiscopales  ont publié des documents d'application de celle-ci  qui vont dans un sens évidemment hétérodoxe.

Voici, pour rappel, le résumé des cinq questions que l’on trouvera in extenso ici :

  1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ?
  2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ?
  3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ?
  4. Un acte intrinsèquement mauvais peut-il devenir  un acte « subjectivement bon » en raison des « circonstances » ou des « intentions » ? Peut-on agir de manière contraire aux « normes morales absolues » connues «  qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais » en se fondant sur la « conscience » ?

En l’absence de réponse du Saint-Père, les quatre cardinaux ont « respectueusement et humblement » demandé une audience par lettre du 25 avril ; c’est l'absence de réponse qui justifie la publication de celle-ci. On trouvera sur le blog de Sandro Magister le texte italien de la lettre. En voici le texte complet (traduction de Jeanne Smits) :

"Très Saint-Père,

C’est avec une certaine trépidation je m'adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu'entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l'église de Dieu, qu'Il a acquise par son sang ».

Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,

Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s'agit pas seulement de l'accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

Carlo Card. Caffarra

Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste"

Thibaud Collin explique à L'Homme Nouveau :

"La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l'exhortation affirment qu'il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l'on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C'est par exemple l'interprétation de l'Institut Jean-Paul II. Pour d'autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d'adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l'encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu'une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l'encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur. S'il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s'opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu'il porterait davantage sur les modalités de l'accueil et de l'accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu'Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c'est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d'autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d'âmes peut-il laisser dans l'incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l'incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d'un auteur n'est-elle pas de s'assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd'hui plus que jamais, être capables d'exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruits se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n'est pas la simple manifestation d'un malaise et d'une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l'Eglise. »

On peut s'inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l'encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmée dans la critique d'Humanae vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l'encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd'hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l'Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l'Eglise. La pression du monde est si forte pour que l'Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l'individualisme libéral ! Au nom d'un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l'appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?"

Posté le 20 juin 2017 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent

19 juin 2017

20 juin à Béziers : l'Eglise aime les femmes

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Posté le 19 juin 2017 à 20h46 par Michel Janva | Lien permanent

14 juin 2017

Le diable agite l'Eglise

Le père Sante Babolin, professeur de philosophie à la retraite de la prestigieuse université jésuite la Grégorienne, a réagi publiquement contre les propos du supérieur général des Jésuites, qui estime que «Satan» n'est qu'un symbole. Il déclare au Figaro :

"Je suis un prêtre catholique et professeur émérite de l'Université pontificale grégorienne de Rome, où j'ai enseigné la philosophie pendant trente-trois ans. Mon évêque m'a confié la responsabilité d'accomplir le rite de l'exorcisme majeur. Depuis 2006, j'ai ainsi célébré 2300 rites d'exorcisme. C'est donc sur la base de cette expérience concrète que j'ai réagi.

Le diable existerait donc?

Pour tout vous dire, quand l'évêque m'a confié ce ministère, je ne croyais pas possible qu'un baptisé puisse être possédé par le démon… Mais j'ai dû me rendre à l'évidence! Les actions du diable sur l'homme peuvent être ordinaires: ce sont les tentations. Ou extraordinaires: ce sont les vexations, les obsessions et les possessions. La discipline de l'Église réserve l'exorcisme aux seules personnes possédées. Et avant d'exorciser une personne, nous demandons systématiquement une visite psychiatrique.

En quoi le père Arturo Sosa a-t-il tort, selon vous?

Le démon est diable, du grec diabolos, le «diviseur». Et non symbole, du grec simbolos, l'«unificateur». Le titre de symbole revient précisément à Jésus de Nazareth, en tant qu'il a uni l'humanité avec la divinité et la nature humaine avec la nature divine, dans la personne divine du Verbe de Dieu.

Que dit l'Église sur la question du diable?

Le pape Paul VI a donné une remarquable synthèse sur ce thème en 1972: «Nous trouvons, a-t-il dit, le mal dans le règne de la nature où beaucoup de ses manifestations mettent en évidence un désordre. Nous trouvons le mal dans les désordres humains où nous rencontrons la faiblesse, la fragilité, la douleur, la mort et quelque chose de pire: une double loi contradictoire, une loi voudrait le bien, l'autre loi se tourne vers le mal. Ce tourment, saint Paul l'explique pour démontrer à la fois la nécessité mais aussi la chance de la grâce salvatrice du salut apporté par le Christ… Ensuite nous trouvons aussi le péché, la perversion de la liberté humaine, cause profonde de la mort parce que détaché de Dieu qui est source de la vie. Et puis, parfois, nous trouvons un agent ennemi et obscur, le démon qui intervient en nous et dans notre monde. Le mal n'est plus alors seulement une déficience mais une efficience, un être vif, spirituel, perverti et pervertissant. Une terrible réalité. Mystérieuse et à craindre.»

Des théologiens catholiques estiment toutefois que le thème du diable est dépassé…

Moi aussi, j'étais de cet avis! Mais j'ai dû me rendre à l'évidence, non par le débat d'idées mais par cette expérience concrète et empirique d'exorciste. «Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent :« Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas»

Beaucoup de croyants et de non-croyants ne comprennent pas pourquoi un Dieu bon permettrait le mal…

Dieu nous a créés capables de répondre à l'amour par l'amour. Mais sans liberté, il n'est pas possible d'aimer. Les démons ont aussi été créés bons, mais libres également. Ils sont devenus mauvais par leur choix libre. Dieu ne peut rien faire pour eux parce qu'ils sont métaphysiquement obstinés dans le mal. Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent: «Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas.»

Pourquoi le pape François, jésuite, parle-t-il autant du diable?

Le pape François s'inscrit dans la tradition de l'Église. Quand il a inauguré une nouvelle statue dédiée à saint Michel Archange au Vatican, en 2013, il a dit: «Michel lutte pour rétablir la justice divine et défendre le peuple de Dieu de ses ennemis, et surtout de l'ennemi par excellence, le diable. Saint Michel gagne parce que Dieu agit en lui. Cette sculpture rappelle que le mal est vaincu parce que le salut est accompli une seule fois et pour toujours dans le sang du Christ. (…) En consacrant l'État de la cité du Vatican à saint Michel Archange, nous lui demandons qu'il nous défende du Malin et qu'il le jette dehors.»

Il semble que l'on ne croie plus, ou peu, au diable dans l'Église catholique…

Paul VI demandait: «Il y a des signes de la présence de l'action diabolique, mais quels sont-ils? Et quels sont les moyens de se défendre contre des périls aussi insidieux?» La réponse à la première question demande beaucoup de précautions, même si les signes du Malin semblent parfois se faire évidents… Mais tout l'enjeu est de répondre à la seconde question: tout ce qui nous protège du péché, de façon décisive, c'est la grâce de Dieu. Elle nous fortifie contre l'ennemi invisible."

I-Moyenne-24077-judas-est-il-en-enfer-reponse-a-hans-urs-von-balthasar-une-supplique-au-pape.netEn ce centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, où elle a montré l'Enfer aux trois enfants, lire aussi l'ouvrage de l'abbé Guy Pagès "Judas est-il en Enfer ?". Il est persuadé que si la Vierge est venu nous montrer l'Enfer, c'est parce que le rappel de ce dogme allait nous être nécessaire. Et en effet, la pensée de l'Enfer est aujourd'hui aussi absente de l'univers mental des chrétiens que ce qu'elle est présente en celui des musulmans. Y aurait-il dans la disproportion de ce rapport la raison de l'affaiblissement de la Foi en Occident et de l'invasion de celui-ci par l'islam ? L'abbé Pagès nous invite avec une impressionnante liberté et lucidité à revisiter ce dogme et à partager sa conviction aussi tragique que remplie d'espérance : Si les gens savaient qu'ils vont en Enfer, ils changeraient de vie.   

Posté le 14 juin 2017 à 21h00 par Michel Janva | Lien permanent

11 juin 2017

Jésus est avec nous chaque jour, jusqu’au dernier, jusqu’à la consommation des siècles

Homélie de Dom Courau, père abbé de Notre-Dame de Triors, en la solennité de la Très Sainte Trinité :

"Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

Nous venons d’entendre la conclusion de l’évangile selon S. Mathieu, avec son dernier mot si consolant, à savoir que Jésus est avec nous chaque jour, jusqu’au dernier, jusqu’à la consommation des siècles, jusqu’à la fin du monde (28,18-20). Cette présence encourage la mission de l’Église d’évangéliser le monde, quelques soient les avatars éventuels que lui réservel’actualité : elle a vocation, malgré tout ce qui tente de s’opposer à sa liberté, de baptiser chaque fils d’homme et de lui apprendre à vivre en conformité avec l’enseignement de Jésus. Tout est dit ainsi de ce qui se passe dans l’histoire depuis 2000 ans, tout est ramassé en ces trois versets.

Bien sûr, l’actualité est souvent déprimante, l’Église sainte et universelle en a pris l’habitude, elle ne craint plus les phobies sur l’avenir, et les menaces quotidiennes. Mais celles-ci entravent l’exercice de la foi chez les petites âmes : elle fait penser au grand nombre qu’on ne vit qu’à demi, comme si le Maître divin qui nous donne l’existence ne nous la donnait qu’à regret et y tolérait des chagrins indignes de sa Bonté souveraine. Une foi insuffisante ne sera jamais à la hauteur de la vie morale, n’acceptant la Grande Pensée du Bon Dieu qu’avec réticence. Elle s’arrête alors en chemin, bloquée par ce pauvre ressenti immédiat, prompt à l’illusion qui fait de celui-ci comme un unique nécessaire.

Les Anciens étaient plus simples dans leur foi, et donc plus entiers dans leur adhésion au plan de Dieu. À nous mettre à leur école nous plonge dans le Cœur de l’Église où l’on n’a pas peur, car Jésus a vaincu le Mauvais.Un Père grec lit notre évangile avec simplicité et justesse : Ne dites pas que les commandements que je vous fais ici sont difficiles, car je suis avec vous, moi qui rend toutes choses légères (S. Jean Chrysostome, Hom. in Mt., 90). L’objection perdure pourtant : Seigneur, vous nous dites cela, mais vous êtes parti au ciel, nous laissant à nos difficultés : où donc est votre Présence promise ? Bède le Vénérable se posait déjà la question : Comment le Sauveur a-t-il pu dire : Voici que je suis avec vous, alors qu’il dit dans un autre endroit qu’il s’en va vers Celui qui l’a envoyé ? C’est, se répond-il en substance, que les choses divines ont d’autres lois que les choses humaines. Oui, le Sauveur va vers son Père avec son humanité ; ilreste pourtant, concrètement, efficacement, avec ses disciples en cette nature divine par laquelle il n’a jamais cessé d’être l’égal de son Père. Quand il dit, ‘jusqu’à la consommation des siècles’, il use d’une expression finie, pour signifier l’infini, car il est évident que celui qui reste dans le siècle présent avec les élus pour les protéger, demeurera éternellement avec eux après la fin du monde, pour les récompenser. S. Jérôme voit en la promesse du Seigneur d’être avec ses disciples jusqu’à la fin, l’affirmation qu’ils vivront toujours, et que le Seigneur n’abandonnera jamais ceux qui croiront en lui. En montant au ciel, Il n’abandonne pas ceux qu’il a adoptés, dit de son côté S. Léon (Sermon de Pâques), au contraire, Il les fortifie en leur inspirant la patience sur terre, tout en les appelant à la gloire.

Les Pères rejoignent donc ainsi le cri confiant de la petite Thérèse de Lisieux qu’elle reçut de ses pieuses lectures (Arminjon) : à la fin, après nos petits efforts, Jésus nous dira : voilà, à mon tour ! Oui, tout homme appartient à Dieu et est sous la gouverne de sa Providence : a fortiori celui que le saint baptême a consacré au Père, au Fils et au Saint-Esprit. C’est là que s’enracine notre joie de conformer notre vie à la volonté divine : car notre liberté nous fait appartenir alors tout entier à Dieu. À Fatima la Sainte Mère de Dieu est venue il y a cent ans pour rendre l’humanité à Dieu en l’arrachant à ses démons qui lui font la vie sur terre si tragiquement difficile. L’ange qui prépara les trois enfants à son audience leur a appris à se courber devant la Très Sainte Trinité pour l’adorer et lui offrir la Présence Eucharistique, Présence jusqu’au dernier jour, et avec les enfants, offrons cette Présence en réparation pour les négligences et les profanations dont elle est elle-même l’objet : nous reconnaissons alors que Jésus est avec nous jusqu’à la consommation des siècles. Sans être théologienne, Sœur Lucie tirait de l’orange qui est bien une avec sa peau, sa pulpe et ses pépins une humble image du grand mystère de ce jour : dans une seule unité, l’orange, nous avons trois choses distinctes et qui ont différents buts… Alors pourquoi nous étonner qu'en un seul Dieu il y ait trois personnes distinctes : le Père, le Fils et l'Esprit Saint ? (Mémoires de Lucie).

Peu d’années avant Fatima, une carmélite de Dijon vivait intensément la vocation inscrite en son nom, Élisabeth de la Trinité : O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité ! Demain sera béatifié à La Spezia Itala Mela qui a vécu intensément de ce mystère ineffable dans les décennies qui ont suivi Fatima. Cet oblat bénédictin de S. Paul Hors-les-Murs a pourtant vécu loin de la foi avant 1917. Il devînt même farouche athée lors de la mort de son jeune frère après une maladie crucifiante. Néanmoins la dévotion à la Trinité le transforma totalement, plus précisément l’habitation de Dieu en son âme, ce mystère essentiel et fascinant de notre foi, disait-il, mystère mis en valeur à Fatima et solennisé en ce jour. Ses notes spirituelles nous encouragent maintenant : Vivre l'inhabitation c’est vivre son baptême : ce serait une grave erreur de voir là une ‘dévotion particulière’. Il s’agit pour tous de vivre la grâce que le baptême donne, pour pénétrer dans la réalité divine promise par Jésus : Nous viendrons et nous ferons en lui notre demeure (Ms. 4,52). Je n'oublierai jamais, écrit-il encore, que notre âme est la maison de la Sainte Trinité. Elle est là comme en un nouveau ciel. Bien souvent, nous cherchons à nous unir à Dieu par des moyens compliqués, sans nous rendre assez compte que par l’état de grâce l’invité divin est déjà là. En nous recueillant un instant en nous-mêmes dans les activités de la journée, nous sommes en contact avec l’auguste Trinité, qui daigne alors sanctifier nos cœurs, et bien vite nous découvrir ses trésors infinis (Ms 33, 219, 125 en L.).

S. Louis Marie, le Père de Montfort entraînait les âmes dans ses cantiques : Il a pris pour son temple / Et mon corps et mon cœur / C’est là que Sa grandeur / Nuit et jour se contemple. Mieux encore que tous les saints, Notre Dame ne cesse de nous encourager à cet acte de foi simple, Salve Regina, spes nostra salve, ostende nobis Jesum, amen.

Posté le 11 juin 2017 à 16h09 par Michel Janva | Lien permanent

03 juin 2017

L'Enfer existe et il n'est pas vide

Posté le 3 juin 2017 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2017

Apparitions de Notre Dame à Fatima : rappel des faits

Entretien avec l'abbé Alexis Garnier, aumônier général du pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 21 mai 2017 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.

De l'abbé Garnier, aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté :

Abbe-garnier"Lorsque la France tremblait devant l'invasion prussienne, et que s'effondrait le régime de Napoléon III, des âmes inquiètes venaient interroger la petite Bernadette, cherchant auprès de la « saintoune » une lumière au milieu de l'obscurité. Elle leur répondait paisiblement ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes».

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.

Paradoxe ? Jolie formule ? Non. C'est le prolongement dans la vie de l'Eglise et de nos âmes du Mystère de Jésus. Mais cette profondeur du mystère de bonté et d'iniquité nous étonne, nous déconcerte, nous effraie. Au bout des attentes messianiques, des enthousiasmes, des tentatives de couronnement terrestre, il y eut le retournement des foules, la couronne d'épines et la condamnation à mort. Au bout des enthousiasmes, des protestations de fidélité, il y eut les lâchetés et les abandons. Au bout des rayons de transfiguration, il y eut l'heure de la Puissance des ténèbres, l'obscurité dans l'âme de Jésus et dans les cieux à la sixième heure. Après le Thabor, il y eut Gethsemani et le Golgotha. « Ce que nous prenons pour la fin n'est que le commencement (1) ». Etait-ce la fin ? Non. Et l'âme de Jésus en croix, plongée en déréliction, chantait déjà en sa partie haute le salut accompli, l'Esperance affermie. Le prélude de la résurrection.

Quelle est donc la vraie hauteur de l'Espérance ?

L'espérance porte sur un bien, et sur le secours qui permet de l'obtenir. Le principal de l’espérance est la béatitude, Bien ultime, et la toute-puissance divine, la miséricorde divine secourable. L'Espérance est permise, ensuite, du côté des homme ou des créatures, des événements, des œuvres, des institutions. Parce que tout cela nous aide à rechercher les biens ordonnés à la béatitude (2). Donc la hauteur définitive de l’espérance est celle de Dieu. « In Te Domine speravi ».

Amis pèlerins, à quelle hauteur d'espérance vivons-nous ?

C'est la question de Jésus aux Apôtres abattus, aux lendemains de résurrection. C'est la question que nous posent les douloureux événements qui secouent la vie de l'Eglise, de nos pays, de nos familles, de nos communautés. Est-ce que notre espérance n'est pas à ce point tournée vers des biens temporels, des succès terrestres, que nous la voyons ensuite affaissée, effondrée avec l'échec ou la déconvenue à vue humaine ? Alors « l'espoir vaincu pleure (3) »... Et peut-être méritons-nous le sage conseil de la petite bigourdane ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes ».

Avec Notre Dame, à bonne hauteur d'espérance.

L'Espérance plantée en nos âmes et relevée...
C'est la grâce de Notre Dame !
C'est celle du pèlerinage !
C'est celle du temps pascal !
Etre affermis dans cette Espérance qui ne déçoit pas. « Spes non confundit (4) »

« In te Domine, speravi, non confundar in aeternum (5) »

L'Esperance est une toute petite fille, souriante et paisible, qui nous attend.
Elle nous attend !
… Au bout de nos attentes et de nos espoirs humains
… au bout de nos déceptions et de nos abattements d'âme.
Alors, chers amis pèlerins, soyez plus que jamais des porteurs, des éveilleurs de cette Espérance qui ne déçoit pas. Et pour cela, venez prier, marcher (pour ceux qui le peuvent), servir, offrir, aimer durant ces 3 jours de Pentecôte prochaine. Venez tremper vos âmes dans ce flot d'espérance vraie qui coule du Coeur ouvert du Seigneur, passant par les mains et le Coeur immaculé de Marie. Et vous serez plus forts pour les défis et les luttes de ce temps... Plus fort pour vous engager au service de l'Eglise, du pays, de la famille, de l'école, du scoutisme, … et de tant d'autres œuvres de résistance.

Dans cette attente, je vous assure de ma prière à toutes vos intentions.
« In Te Domine... En Vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance, je ne serai pas déçu pour l'éternité » !

Posté le 21 mai 2017 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

14 mai 2017

16 mai : conférence à Béziers sur la Sainte Vierge

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Posté le 14 mai 2017 à 20h52 par Michel Janva | Lien permanent

L'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec l'abbé Paul Giard, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 14 mai 2017 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

02 mai 2017

La Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz, vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 2 mai 2017 à 13h17 par Michel Janva | Lien permanent

23 avril 2017

La Virginité de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz, vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 23 avril 2017 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2017

La doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative

Dans L'Homme Nouveau, Philippe Maxence passe à la critique un dossier du quotidien La Croix :

Une-1637"Élection oblige, notre confrère La Croix s’est récemment souvenu qu’il existe une doctrine sociale de l’Église. Dans son numéro du 10 avril dernier, ce quotidien a voulu en rappeler les principes concernant la famille, l’Europe, l’immigration, l’emploi, la sécurité et le développement durable. Il n'est pas inintéressant de revenir sur quelques aspects évoqués dans ce numéro.

Une affaire d'opinion ?

À quoi sert cette doctrine sociale ? À lire le Père Henri Madelin, dans ce numéro de La Croix, la doctrine sociale de l’Église n’est là que pour aider à se construire une opinion. L’Église, qui a reçu du Christ la mission d’enseigner, est ainsi réduite à n’être qu’un organe de pression idéologique dans le grand débat démocratique. Une sorte de lobby, habillé seulement d'une antériorité et d'une expérience historique Il n’est nullement question ici de guider l’agir social et politique des catholiques pour qu’il régénère la société et la soumette au Christ-Roi.

De l’enseignement de Quas Primas et de la royauté sociale du Christ, rappelé dans le Catéchisme de l’Église catholique, il n’en est d’ailleurs nullement question. De la condamna­tion des grandes erreurs modernes (libéralisme, socialisme, etc.), quasiment pas davantage. Certains grands principes de cette doctrine de l’Église sont bien cités. C’est le cas notamment du « principe de subsidiarité », à propos de l’Europe. Alors que ce dossier de La Croix nous répète à l’envi que l’Église ne prend jamais position dans le débat politique, le jésuite Pierre de Charentenay souligne pourtant qu’elle « soutient sans réserve les deux piliers sur lesquels a été bâti l’édifice européen : la solidarité et la subsidiarité. » Oubliant (ou niant ?) au passage que le principe de subsidiarité dans sa version européiste répond à une logique inverse de celle de l’Église.

Évidemment, tout n’est pas faux dans cette présentation de la doctrine sociale de l’Église. Même à La Croix, on sent qu’une nouvelle génération – la fameuse génération Jean-Paul II – commence à prendre la relève. Elle n’hésite pas à rappeler l’opposition de l’Église à l’avortement et à l’euthanasie, souligne « le droit à ne pas émigrer » énoncé par Benoît XVI ou rappelle les critères de la guerre juste. Alors que manque-t-il ?

Un simple supplément d’âme ?

On ne reprochera pas au quotidien d’être incomplet. Impossible de ne pas l’être dans le cadre étroit d’un journal. Un quotidien n’est pas un traité. En revanche, il aurait été pertinent de rappeler que la doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative (« Elle est obligatoire ; nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi et les mœurs », Pie XII, 29 avril 1945) en ses principes mais qu’elle appartient dans son application au champ du jugement prudentiel. La Croix a préféré se placer dans le registre de l’opinion, critère propre à la démocratie moderne, issue des Lumières et de la négation de la vérité.

En outre, il aurait fallu souligner que cette doctrine sociale constitue un tout cohérent. Passer sous silence l’un de ses principes contribue à déséquilibrer l’ensemble et à fausser la vérité de ce qu’il contient. De la même façon, en ne la replaçant pas dans la perspective du règne du Christ et de la primauté du bien commun, on court le risque de la transformer en simple supplément d’âme d’un système profondément anti-chrétien et de ce fait anti-humain. Les catholiques ont-ils pour éternelle vocation de servir de bataillon d’appoint à un monde creux et vide ? Là aussi, il serait bon que, à l’imitation des Pèlerins d’Emmaüs, nos yeux s’ouvrent, en reconnaissant la souveraineté sans limite, ni politique ni sociale, du Christ ressuscité. La période est peut-être propice à un examen de conscience de ce côté-là ?"

Posté le 21 avril 2017 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent


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