07 mai 2013

La piété populaire est une manière légitime de vivre la foi

Dimanche, le Pape François a célébré Place St. Pierre une messe pour les confraternités, venues majoritairement d'Italie et d'Europe en pèlerinage pour l'Année de la foi. Il leur a dit :

"[...] La piété populaire, dont vos confraternités sont une importante manifestation, est un trésor que les évêques latino-américains ont défini comme une spiritualité, une mystique, un espace de rencontre avec Jésus Christ. Puisez toujours à la source inépuisable qu'est le Christ, renforcez votre foi, en ayant souci de la formation spirituelle, de la prière personnelle et communautaire, de la liturgie. Au fil des siècles, les confraternités ont été des foyers de sainteté pour beaucoup de personnes qui ont vécu avec simplicité une relation intense avec le Seigneur. Marchez avec résolution vers la sainteté. Ne vous contentez pas d’une vie chrétienne médiocre, mais que votre appartenance soit un stimulant, surtout pour vous, à aimer davantage Jésus-Christ... [...]
"Il y a un second élément que je voudrais vous rappeler à la suite de Benoît XVI, l’ecclésialité. La piété populaire est une voie qui conduit à l’essentiel si elle est vécue dans l’Eglise en profonde communion avec les pasteurs. L’Eglise vous aime! Soyez une présence active dans la communauté comme cellules vivantes, pierres vivantes. Les évêques latino-américains ont écrit que la piété populaire...est une manière légitime de vivre la foi, une façon de se sentir partie prenante de l’Eglise. N’est-ce pas beau! ... Aimez l’Eglise et laissez-vous guider par elle ! Dans les paroisses, dans les diocèses, soyez un vrai poumon de foi et de vie chrétienne, un air frais.... L’Eglise est riche de ses variétés et expressions qui reconduisent à l’unité. La diversité reconduit à l’unité et l’unité est la rencontre avec le Christ.
[...] Vous avez une mission spécifique et importante, celle de garder vivant le rapport entre la foi et les cultures des peuples auxquels vous appartenez, et vous le faites à travers la piété populaire. Quand vous portez en procession le crucifix avec tant de vénération et tant d’amour du Seigneur, vous ne faites pas un simple acte extérieur. Vous indiquez la centralité du mystère pascal du Seigneur, de sa Passion, Mort et Résurrection, qui nous a rachetés, et vous indiquez d’abord à vous-mêmes et à la communauté qu’il faut suivre le Christ sur le chemin concret de la vie pour qu’il nous transforme. De la même façon, quand vous manifestez une profonde dévotion envers la Vierge Marie, vous indiquez la plus haute réalisation de l’existence chrétienne... Cette foi, qui naît de l’écoute de la Parole de Dieu, vous la manifestez suivant des formes qui engagent les sens, les sentiments, les symboles des différentes cultures… Et en faisant ainsi, vous aidez à la transmettre au monde, et spécialement aux personnes simples, à celles que Jésus appelle les petits. Le fait de marcher ensemble vers les sanctuaires et de participer à d’autres manifestations de piété populaire, en amenant aussi les enfants ou en invitant d’autres personnes est en soi-même un geste évangélisateur... [...]"

Posté le 7 mai 2013 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2013

"Rendez donc à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu"

FLes éditions DMM ont réédité l'ouvrage du vénérable Mgr Fulton Sheen (1895-1979, son procès de béatification est en cours), La Vie du Christ. Connu mondialement comme un ouvrage classique de la foi chrétienne, la vie du Christ a été salué comme le plus éloquent des nombreux ouvrages de Fulton J Sheen. Il s´agit d´un dramatique et émouvant récit de la naissance, de la vie, de la Crucifixion et de la Résurrection du Christ, ainsi que d'un portrait passionné de l´Homme-Dieu. Ce volume de 610 pages se lit facilement, tant le style est agréable. Ce n’est pas un ouvrage « savant » au sens qu’on donne généralement à ce mot : il ne comporte ni notes, ni références, ni bibliographie. En voici un extrait, à propos du fameux passage tiré de l'Evangile de Matthieu sur le devoir de payer l'impôt à César :

"Une fois de plus Il déclarait que son Royaume n'était pas de ce monde, que la soumission à sa personne n'est pas incompatible avec la soumission au pouvoir séculier, et que la liberté politique n'est pas la seule liberté qui compte. Aux pharisiens qui haïssaient César il était recommandé de "rendre à César". Aux hérodiens qui, pour le service de César, oubliaient Dieu, était rappelé le principe fondamental : "rendez à Dieu". Si on avait rendu à Dieu ce qui Lui était dû, on ne se serait pas trouvé dans l'état d'avoir à donner trop à César. Jésus était venu pour restaurer d'abord les droits de Dieu. Il leur avait déjà dit, s'ils cherchaient d'abord le Royaume de Dieu et Sa justice, tout le reste, et notamment la liberté politique, leur serait donné par surcroît.

La pièce de monnaie portait l'effigie de César, mais quelle image portaient les questionneurs ? N'était-ce point l'image de Dieu Lui-même ? C'est cette image qu'Il s'appliquait à restaurer. Pour le moment, le régime politique pouvait rester ce qu'il était, et c'est pourquoi il ne lèverait pas le doigt pour changer leurs pièces de monnaie, tandis qu'Il était prêt à donner Sa vie pour les amener à rendre à Dieu ce qui est à Dieu".

Posté le 6 avril 2013 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

31 mars 2013

"Ai-je la foi ? Quelles sont les conséquences de cette foi sur ma vie, sur le déroulement de mes journées ?"

Extraits de l'homélie de Dom Jean Pateau, père Abbé de Notre-Dame de Fontgombault :

P"[...] La foi se trouve donc au centre d’un combat qui se livre en nous. D’un côté, il y a le mode naturel de connaissance de l’être humain, qui part du sensible, de ce que nous voyons, de ce que nous touchons, de ce que nous sentons, de ce que nous entendons, de ce que nous goûtons. Dieu, lui, a le “défaut” de n’être pas sensible. La foi se heurte ainsi au naturalisme, doctrine qui affirme que la nature n’a pas d’autre cause qu’elle-même et que rien n’existe en dehors d’elle. Si nous ne soutenons pas cet enseignement, une forme diminuée du naturalisme, le naturalisme pratique, n’a-t-il pas sa place dans notre cœur ?

Nous croyons en Dieu, mais au fond nous vivons comme si Dieu n’existait pas.

L’autre protagoniste dans le combat de la foi, c’est Dieu. Dieu qui, depuis le premier péché, depuis le jardin d’Éden, part constamment à la recherche de l’homme. L’homme, quant à lui, souvent se cache ou ferme les yeux. [...]

Alors que l’Année de la foi s’écoule, deux questions se posent à chacun d’entre nous.

Ai-je la foi ? Quelles sont les conséquences de cette foi sur ma vie, sur le déroulement de mes journées ? Le fait que Dieu existe, qu’il soit créateur du monde, qu’il m’ait sauvé à travers le mystère pascal, qu’il m’aime, engendre- t-il quelque chose de concret dans ma vie, ou, au contraire, Dieu doit-il se contenter d’une aumône, donnée comme à contrecœur, telle une participation occasionnelle à la Messe dominicale, une rare prière familiale, une prière jaillie d’un cœur préoccupé et dite sans attention ?

L’important dans la relation à Dieu n’est pas de se lancer dans des pratiques extraordinaires,comme dans des pèlerinages ou des sessions. Ces actions stimulent notre foi, certes, mais rien ne remplacera jamais l’incarnation dans notre présent de l’affirmation : Dieu est, il cherche à me rencontrer, il m’aime, alors moi aussi je cherche à le connaître et je l’aime. [...]"

Posté le 31 mars 2013 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent

Resurrexit, sicut dixit, alleluia

Fra Angelico

Posté le 31 mars 2013 à 00h00 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2013

Ostension télévisée du Linceul de Turin le 30 mars, Samedi Saint

Cadeau d'adieu de Benoît XVI :

"Par l'un des derniers actes de son pontificat, Benoît XVI a autorisé une ostension exceptionnelle du Saint Suaire le samedi 30 mars prochain, Samedi Saint et donc « le » jour du Linceul qui a contenu le Corps de notre Sauveur entre le moment de sa sépulture et sa Résurrection. Ce sera une « ostension technologique » puisque le linge sera déployé sur le lieu de sa conservation la cathédrale Saint-Jean de Turin et présenté à la télévision pendant une heure à la veille de Pâques. C'est la RAI Uno qui assurera la retransmission mais celle-ci sera probablement reprise par de nombreuses télévisions du monde entier et se fera également par internet.

Sans être une première, l'ostension télévisée prend une dimension exceptionnelle par le retentissement mondial de l'événement. Une seule ostension de ce type a eu lieu à ce jour, il y a quarante ans, le 23 novembre 1973, lorsque le Linceul avait été exposé verticalement dans le Salon des Suisses du Palais-Royal et que l'événement avait été filmé.
Il s'agit ici d'autre chose : c'est à l'occasion de l'année de la Foi que le pape a accepté de montrer ainsi la plus vénérable relique de la chrétienté au monde entier, appelant à la méditation sur la Mort du Christ et sa Résurrection dont le Linceul demeure l'émouvant témoin, maculé de son Sang rédempteur et portant l'empreinte de sa Sainte Face, de ses souffrances sans nom mais aussi de sa gloire. [...]"

Posté le 28 février 2013 à 16h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

18 février 2013

Credo : "de même nature" ou "consubstantiel" ?

La traduction du 'consubstantiálem Patri" du symbole de Nicée fait toujours polémique. Le terme consubstantiel, qui avait disparu des traductions, a fait son retour dans le missel romain aux Etats-Unis. Et en France ?

Lu ici :

"Ce que pointe Jacques Maritain (et, avec lui, beaucoup d’autres catholiques), ce n’est pas que la traduction « de même nature » est fausse; c’est qu’elle est incomplète. En latin, comme en grec, la profession de foi du concile de Nicée affirme que le Fils est « consubstantiel » au Père. Or, cela désigne une unité beaucoup plus forte que le « de même nature ».

Un père et un fils humains sont « de même nature »: ils partagent la même nature humaine, mais ils sont évidemment deux hommes bien distincts. Le Père et le Fils (et, d’ailleurs, le Saint-Esprit aussi), quant à eux, non seulement partagent la même nature divine, mais sont un seul Dieu. Si le Père et le Fils étaient de même nature, mais non consubstantiels, les musulmans auraient raison de croire que les chrétiens sont polythéistes. Mais, c’est faux: nous croyons en un seul Dieu (c’est même comme cela que commence notre profession de foi).

Les défenseurs de l’orthodoxie nicéenne, comme saint Athanase ou saint Hilaire, se sont battus contre une traduction assez proche, sur le fond, de ce « de même nature ». C’était une traduction « de compromis », qui cherchait à mettre d’accord ceux qui pensaient que le Fils était co-éternel au Père, tout-puissant comme le Père, etc. (c’est-à-dire les défenseurs de la foi chrétienne) et ceux qui pensaient qu’Il était inférieur au Père: on disait alors que le Fils était homoiousios (de substance semblable) au Père. Alors que la fois chrétienne affirme qu’Il est de même substance (homousios, sans iota). Comme le « de même nature » n’est pas faux, mais gravement incomplet, ce « de substance semblable » n’était pas faux, mais gravement incomplet."

Posté le 18 février 2013 à 15h38 par Michel Janva | Lien permanent

17 février 2013

Les chrétiens face au défi de l'évangélisation d'un monde sécularisé

Début janvier, le P. Raniero Cantalamessa, membre de l'Ordre des Frères Mineurs Capucins, prédicateur de la Maison apostolique, est intervenu à l'Institut catholique de Toulouse sur les grans défis actuels de l'évangélisation : scientisme, rationalisme, sécularisme. Son intéressante intervention (14 pages) est ici. En voici un extrait :

C"Face au sécularisme comme au scientisme et au rationalisme, la réponse la plus efficace ne consiste pas à combattre l'erreur contraire, mais à faire resplendir à nouveau pour les hommes la certitude de la vie éternelle, en jouant sur la force intrinsèque que possède la vérité quand elle est accompagnée par le témoignage de la vie. Nous devrions nous appuyer aussi sur la correspondance d'une telle vérité avec le désir le plus profond, même si réprimé, du coeur humain. A un ami qui lui reprochait sa soif d'éternité comme étant quasiment une forme d'orgueil et de présomption, Miguel de Unamuno, qui n'était certes pas un grand défenseur de la foi, répondit dans une lettre :

« Je ne dis pas que nous méritons un au-delà, ni que la logique nous le prouve ; je dis que j'en ai besoin, que je le mérite ou pas, rien de plus. Je dis que ce qui passe ne me satisfait pas, que j'ai soif d'éternité et que sans elle tout m'indiffère. J'en ai besoin, j'en ai besoin ! Sans elle, il n'y a pas de joie de vivre et la joie de vivre ne signifie rien. Il est trop commode de dire : "Il faut vivre, il faut se contenter de la vie". Et ceux qui ne s'en contentent pas ? ».

Ce n'est pas celui qui désire l'éternité, ajoutait-il en cette même occasion, qui méprise le monde et la vie ici-bas, mais au contraire celui qui ne la désire pas : « J'aime tant la vie que la perdre me paraît le pire des maux. Ceux qui jouissent de la vie au jour le jour, sans se soucier de savoir s'ils devront la perdre à jamais ou pas, ceux-là ne l'aiment pas ». Saint Augustin ne disait pas autre chose : Cui non datur semper vivere, quid prodest bene vivere ? « A quoi sert la bonne vie si elle n'aboutit à la vie éternelle ? ». « Tout au monde, excepté l'éternité, est vain », a chanté un poète italien. Aux hommes de notre temps qui cultivent au fond de leur coeur ce besoin d'éternité, sans peut-être avoir le courage de l'avouer aux autres, ni se l'avouer à eux-mêmes, nous pouvons redire ce que Paul disait aux Athéniens : « Ce que vous adorez sans le connaître, je viens, moi, vous l'annoncer ».

Pour le croyant, l'éternité n'est pas qu’une espérance, elle est aussi une présence. Nous en faisons l'expérience chaque fois que nous faisons un véritable acte de foi en Jésus Christ, car celui qui croit en lui « a la vie éternelle » ; chaque fois que nous recevons la communion dans laquelle « nous est donné le gage de la gloire future » (futurae gloriae nobis pignus datur) ; chaque fois que nous entendons les paroles de l'Evangile qui sont « paroles de vie éternelle ». Saint Thomas lui aussi dit que « la grâce est le commencement de la gloire ». [...]

Permettez moi de partager avec vous une petite histoire basée sur cette idée de la gestation. Il y avait donc deux jumeaux, l’un de sexe masculin l’autre de sexe féminin, tellement intelligents et précoces que, encore dans le sein maternel, ils parlaient entre eux. La petite fille demanda à son frère : « D'après toi, y a-t-il une vie après la naissance ? ». Il répondit : « Ne sois pas ridicule. Qu'est-ce qui te fait penser qu'il y a quelque chose en dehors de cet espace exigu et obscur où nous nous trouvons ? ». La petite fille, s'armant de courage, insista : « Qui sait, peut-être existe-t-il une mère, bref quelqu'un qui nous a mis ici et qui prendra soin de nous ? ». Et lui : « Tu vois une mère quelque part ? Ce que tu vois est tout ce qu'il y a ». Elle, à nouveau : « Ne sens-tu pas parfois, toi aussi, comme une pression sur la poitrine qui augmente de jour en jour et nous pousse en avant ? ». « A bien y réfléchir », répondit-il, c'est vrai ; je la sens tout le temps ». « Tu vois », conclut, triomphante, la petite soeur, « cette douleur ne peut pas être pour rien. Je pense qu'elle nous prépare à quelque chose de plus grand que notre petit espace ». Nous pourrions nous servir de cette charmante petite histoire quand nous voulons annoncer la vie éternelle à des gens qui n’y croient plus, tout en en ayant la nostalgie et attendant peut-être que l'Eglise, comme la petite fille, les aide à prendre conscience de leur désir."

Posté le 17 février 2013 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent

13 février 2013

Parier avec Pascal

Dans Parier avec Pascal, l'abbé Guillaume de Tanoüarn montre que toute personne doit parier dans sa vie, car la vérité nous dépasse :

P"Que nous dit Pascal ? C'est par le pari, et par le pari seulement, que nous nous installons dans la vérité... Pourquoi le Pari est-il nécessaire ? Il est nécessaire parce que la vérité n'est pas quelque chose qui serait accessible à la seule pensée. Il faut répéter ici : "vanité des sciences". La vérité n'est pas un pur savoir, qui serait seulement "savoir des choses extérieures", mais une pratique. "La science des choses extérieures ne nous consolera pas de l'ignorance de la morale au temps de l'affliction, mais la science des moeurs me consolera toujours de l'ignorance des sciences extérieures [...]

Que la vérité soit infinie, nous en avons nécessairement une première intuition à l'origine, non par l'esprit de géométrie, mais par l'esprit de finesse. Nous pressontons l'infini comme l'ambiance naturelle de notre esprit."

"C'est un autre extrait de son Commentaire de l'écriture [de Cajétan] qui peut nous mettre sur la voie, lorsqu'il explique ce passage du prologue de l'évangile desaint Jean : [Le Verbe] était la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde. [...] L'Evangéliste ne dit pas que le Verbe donne cette lumière à un tel, et à un autre non. Il déclare universellement : le Verbe illumine tout homme. C'est pour que nous saisissions qu'est naturelle la lumière (lumen) de l'intellect agent, à travers laquelle nous voyons immédiatement et sans application particulière la vérité des premiers principes, par l'intermédiaire desquels nous nous dressons jusqu'à voir les choses invisibles de Dieu, connus à travers ce qui a été fait."

Dans cette vidéo (47mn), l'abbé de Tanoüarn présente son ouvrage aux clients de La Procure.

Posté le 13 février 2013 à 15h47 par Michel Janva | Lien permanent

12 février 2013

Cardinal Scola : Jésus, avenir de l'homme

Henri Hude publie le compte-rendu d’un livre du cardinal italien Angelo Scola, archevêque de Milan : Jésus, Avenir de l’Homme. Extraits : 

S"Si l’homme parvient à renouveler son expérience anthropologique, il découvre la force de la vérité (ch.1) et, par là-même, il s’ouvre très spontanément à la Vérité du Christ. Celle-ci est, en effet, ce qu’il y a de plus fort en matière de vérité - ni système, ni mythe, ni légende. Cette Vérité, en effet, est vie. C’est la seule qui soit immédiatement vie, être et personne, événement et sens, réelle et temporelle, accomplie, à venir, présente et éternelle : c’est l’objet du chapitre 2.

Cette vie éternelle, nous nous y installons et elle prend corps en nous, parce que nous vivons en communion avec la chaîne immense de ceux qui ont vécu en communion avec ceux qui ont touché le Verbe de vie. La vie avec le Christ devient une vie dans l’Eglise, c'est à dire dans le Corps ressuscité total de l’homme-Dieu (ch.3).

Cette vie humaine dans le corps de l’homme-Dieu est une vie divine, une vie éternelle, et en même temps c’est la vie toute simple, la nature authentiquement divinisée, non par le fantasme de l’homme, mais par l’incarnation du Fils de Dieu. C'est une vie humaine ordinaire, mais en Jésus-Christ, la Vie, monté au cieux et présent avec nous, qui avons du coup notre conversation dans le ciel et cela au cœur de notre existence (ch.4).

AAprès cette élévation première, dans les quatre premiers chapitres, et à partir de la vie que nous avons découverte et retrouvée, nous pouvons relire, rétrospectivement, le drame de notre existence aliénée : le vertige de notre liberté, épuisée, mais sauvée de son nihilisme et redevenue capable d’engagement et d’adhésion (ch.5).

Notre poursuite pathétique et grandiose du bonheur, qui nous échappe si nous essayons de le capturer, qui nous comble si nous apprenons à le recevoir (ch.6).

Notre péché, la présomption fatale de nous sauver nous-mêmes, où notre être s’épuise en vain, et enfin l’accueil de cette miséricorde du Père, qui nous régénère (ch.7).

C’est dans cette perspective qu’il convient alors de situer la vie morale (ch.8).

Celle-ci n’atteint sa pleine signification que si elle est vécue comme vocation (ch.9).

L’évangélisation naît d’abord dans l’âme et pour chaque âme de l’intérieur, de l’Esprit, et elle se déploie dans le monde comme le feu se propage, car l’immense forêt humaine aspire à être embrasée par la Vie. L’âme rend naturellement témoignage au Christ, sa destinée, à condition qu’elle ait été rouverte. Le christianisme se répand alors comme un incendie par grand vent d’été, à condition que le christianisme soit vivant. Le rendre vivant, tel est la vertu et le but de tous les contenus présentés dans ce livre. Celui-ci n’est pas un texte théorique, mais il sculpte dans l'esprit la forme contemplative et mystagogique de la pensée et de la parole du chrétien devenu vivant, et il restaure dans toute sa plénitude l’expérience religieuse de l’humain, dans le Christ. Le Christ, vivant au cœur de chaque humain divinisé, et lui donnant vie, devient ainsi le cœur du monde (ch.10)."

Posté le 12 février 2013 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

28 janvier 2013

La crise de la foi porte une crise du mariage

Dans son discours au Tribunal de la Rote Romaine pour l'ouverture de l'année judiciaire, Benoît XVI a déclaré (traduction par benoît-et-moi) :

"[...] Dans le contexte de l'Année de la Foi, je voudrais m'arrêter en particulier, sur certains aspects de la relation entre la foi et le mariage, en notant que la crise actuelle de la foi qui affecte différentes parties du monde, porte avec elle une crise de la société conjugale, avec toutes la charge de souffrance et de difficultés que cela comporte pour les enfants. Nous pouvons prendre comme point de départ les racines linguistiques communes qu'ont en latin les termes fides et foedus, ce dernier mot étant celui par lesquel le Code de Droit Canonique se réfère à la réalité naturelle du mariage comme alliance irrévocable entre l'homme et la femme (cf. can. 1055 § 1). La confiance mutuelle, en fait, est le fondement indispensable de tout pacte ou alliance. Sur le plan théologique, la relation entre foi et mariage assume une signification encore plus profonde. Pour les baptisés, le lien sponsal, en effet, bien que réalité naturelle, a été élevé par le Christ à la dignité de sacrement (cf. ibid .)

Le pacte indissoluble entre l'homme et la femme, ne requiert pas, aux fins de la sacramentalité, la foi personnelle des fiancés; ce qui est requis, comme minimum nécessaire, est l'intention de faire ce que fait l'Église. Mais s'il est important de ne pas confondre la question de l'intention avec la foi personnelle des contractants, il n'est pas possible de les séparer complètement. Comme le faisait noter la Commission théologique internationale dans un document de 1977, «au cas où l'on ne perçoit aucune trace de foi en tant que telle (dans le sens du mot «croyance», disposition à croire), ni aucun désir de la grâce et du salut , se pose le problème, en fait, de savoir si l'intention générale et vraiment sacramentelle que nous avons mentionnée, est présente ou non, et si le mariage est contracté validement ou non» ( La doctrine catholique sur le sacrement du mariage [1977]). [...]

La culture contemporaine, marquée par un subjectivisme accentué, et un relativisme éthique et religieux, place la personne et la famille face à des défis pressants. En premier lieu, face à la question sur la capacité de l'être humain de se lier, et si un lien qui dure toute la vie est vraiment possible et correspond à la nature humaine, ou n'est pas au contraire, en opposition avec sa liberté et son auto-réalisation. Il fait partie d'une mentalité diffuse, en effet, de penser que la personne devient elle-même en restant «autonome» et en n'entrant en contact les uns avec les autres que par des relations qui peuvent être interrompues à tout moment.  [...]

Le refus de la proposition divine, en effet, conduit à un déséquilibre profond dans toutes les relations humaines, y compris celle matrimoniale, et facilite une interprétation erronée de la liberté et de la réalisation de soi, qui, combinée à un refus de supporter patiemment la souffrance, condamne l'homme à se refermer dans son égoïsme et son égocentrisme. Au contraire, l'accueil de la foi rend l'homme capable du don de soi, dans lequel seulement, «en s'ouvrant aux autres, aux autres, aux enfants, à la famille ... en laissant façonner par la souffrance, il découvre l'ampleur de l'être une personne humaine».

La foi en Dieu, soutenue par la grâce de Dieu, est donc un élément très important pour vivre la dévotion mutuelle et la fidélité conjugale (Catéchèse de l'audience générale [8 Juin 2011]). Il ne s'agit pas ici de dire que la fidélité, comme les autres propriétés [du mariage], ne sont pas possibles dans le contrat de mariage naturel entre non-baptisés. Celui-ci, en effet, n'est pas dépourvu de «ces biens qui viennent de Dieu Créateur et s'insèrent de manière inchoative dans l'amour sponsal qui unit le Christ et l'Eglise» (Commission théologique internationale, la doctrine catholique sur le sacrement du mariage [1977]). Toutefois, il est certain que la fermeture à Dieu ou le rejet de la dimension sacrée de l'union conjugale et de sa valeur dans l'ordre de la grâce rendent difficile l'incarnation concrète du modèle très haut de mariage conçu par l'Église selon le plan de Dieu, allant jusqu'à porter atteinte à la validité même de l'accord si, comme l'assume la jurisprudence de ce Tribunal, elle se traduit par un rejet du principe d'obligation matrimoniale de loyauté, c'est-à-dire des autre éléments ou propriétés essentielles du mariage. [...]"

Posté le 28 janvier 2013 à 07h21 par Michel Janva | Lien permanent

09 janvier 2013

Notre foi ne saurait se limiter à un sentiment ou à des émotions

Le Saint-Père a consacré la catéchèse de l'audience générale au sens du mot incarnation, qui caractérise la célébration de Noël. Saint Ignace d'Antioche et saint Irénée de Lyon, a rappelé Benoît XVI, ont

"utilisé ce terme pour commenter le prologue de l'Evangile de Jean, où figure l'expression: Le Verbe s'est fait chair. Ici, le mot chair indique l'homme dans son intégralité, sous l'aspect de la caducité temporelle, de sa pauvreté et de sa contingence. Cela indique que le salut apporté par Dieu incarné en Jésus touche l'homme dans toute sa réalité et dans la variété des conditions où il se trouve. Dieu a assumé la condition humaine pour la guérir de tout ce qui la sépare de lui, pour permettre à l'homme de l'appeler Père à travers son Fils Unique".

"Ce mode d'action de Dieu constitue un fort encouragement à nous interroger sur notre foi, qui ne saurait se limiter à un sentiment ou à des émotions et doit se concrétiser dans notre existence quotidienne pour l'orienter de manière pratique... La foi revêt un aspect fondamental qui intéresse l'esprit, le coeur et notre vie entière".

Posté le 9 janvier 2013 à 15h40 par Michel Janva | Lien permanent

01 janvier 2013

Bonne année de la foi !

De l'abbé de Tanouärn :

"Chers amis, j'ai cherché la manière la moins nunuche de vous souhaiter une bonne année et je crois que je nous dis quelque chose à chacun lorsque je nous souhaite une bonne année de la foi. Benoît XVI a souhaité consacrer un an à la foi, entre octobre 2012 et octobre 2013. Pourquoi la foi ? Parce que c'est là où le bât blesse, j'ai essayé d'expliquer comment dans les deux derniers posts...

Notre foi devrait nous porter, nous transporter et transporter des montagnes. Dans la triste réalité, beaucoup de chrétiens donnent l'impression, au contraire, de porter leur foi comme une croix, quitte à reconnaître finalement : je suis chrétien mais je me soigne. Il faudrait dire à l'inverse : c'est parce que je prends soin de moi que je suis chrétien.

La foi n'est pas une cuirasse trop lourde que nous nous fabriquons. La foi n'est pas un alibi que nous produisons, pour pouvoir ne pas vivre notre vie. La foi n'est pas une assurance vie, qui nous aurait coûté très cher et dont nous n'attendons de bénéfices que post mortem. La foi, parce qu'elle est vie avec Dieu, est l'oxygène que nous respirons, l'élan qui nous anime, la profondeur du réel dans notre vie, la beauté de nos engagements, la noblesse et la délicatesse de nos comportements au-delà de l'intérêt immédiat, la stabilité de notre assiette dans le curieux saut d'obstacles de notre existence. Elle est toujours déjà là, nous n'avons qu'à la saisir. "L'homme croit naturellement" disait Pascal. Et Dieu nous prévient surnaturellement, sa grâce nous est toujours déjà donnée. Il suffit de la vouloir !

Voilà pourquoi et comment cette année doit être pour nous une année de la foi. On la dit morose avant que n'ait brillé son deuxième matin. En tout état de cause, la morosité n'est pas le caractère de l'homme de foi. Ayons  à coeur cette année, quelles que soient les difficultés qui s'annoncent, de parier à nouveau pour le bien ! Pariant, misant, nous recevrons instantanément une part de notre récompense."

Posté le 1 janvier 2013 à 18h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

14 décembre 2012

Paul VI bientôt béatifié?

Lu ici :

"Selon Andrea Tornielli, le Pape Paul VI pourrait être béatifié durant l'année de la foi. La commission des cardinaux a voté oui à l'unanimité. Reste un miracle et la voie sera libre pour la béatification du Pape du Concile, mais aussi d'Humanae Vitae etc.

Après le bienheureux Jean XXII, initiateur du Grand Concile, ce sera au tour du Pape qui l'a porté à son achèvement. Son pontificat fut aussi un véritable martyre, qui fait du Pape Paul VI un grand précurseur du bienheureux Jean Paul II. 

L'Eglise catholique a connu une série de grands Papes depuis Saint Pie X ( Pie XII, Jean-Paul Ier... ). Nous sommes loin des Papes décadents dont l'histoire de l'Eglise a tant souffert. Pourtant ces Papes indignes n'ont rien jamais touché au mystère de la foi. Pierre est vraiment fondé sur le Rocher qu'est le Christ. La foi de Pierre ne déviera jamais, malgré les péchés personnels de Pierre". 

Posté le 14 décembre 2012 à 11h46 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

05 décembre 2012

L’homme est appelé à « l’obéissance de la foi », à une véritable conversion

Lors de l'audience, le Saint-Père a cité la prière de Paul contenue dans son épître aux Ephésiens, qui révèle le projet de Dieu pour l'humanité. Elle nous encourage à vivre l'avent dans le contexte de l'Année de la foi, avec bienveillance et joie. Saint Paul reconnaît

"l'action de Dieu dans l'histoire du salut, dont le sommet est constitué par l'incarnation, la mort et la résurrection de Jésus. Il admire que Dieu nous ait choisi en son Fils dès avant la création du monde pour être ses enfants adoptifs... La bienveillance divine, le dessein d'amour de Dieu comme l'appelle Paul, constitue le mystère de la volonté divine caché puis manifesté par le Christ et son oeuvre. Cette initiative de Dieu, qui précède toute réponse humaine, est un don gratuit de l'amour dont il nous entoure et par lequel il nous transforme".

"Dans le grand projet de la création et de l'histoire, le Christ se dresse au coeur du monde. Il en est l'axe et attire tout à lui pour...conduire le monde à la plénitude voulue par Dieu".

"Il n'a pas simplement communiqué un ensemble de vérités mais s'est totalement offert à nous en s'incarnant... Cette communion dans le Christ par l'action de l'Esprit, offerte par le Père à tous les hommes au moyen de la Révélation, ne se superpose pas à notre humanité mais est l'accomplissement de nos aspirations, de notre désir d'infini et de plénitude. Présente au plus profond de notre être, elle nous ouvre à un bonheur éternel et non fugace... La foi est ainsi la réponse de l'homme à la révélation divine, du Dieu qui révèle son dessein bienveillant envers une humanité...qui se laisse conquérir par la vérité qu'est Dieu, une vérité qui est l'amour... Ceci porte l'homme à un changement total de perception de la réalité, car il s'agit d'une...véritable conversion, d'un changement de mentalité. En se révélant dans le Christ, Dieu nous a fait connaître un projet qui nous attire à lui, qui soutient le sens de notre existence. Il est le rocher qui offre la stabilité".

"Il nous demande de devenir, nous aussi, des signes de son action dans le monde. Par notre foi, notre espérance et notre charité, Dieu veut sans cesse faire resplendir sa lumière dans la nuit".

Posté le 5 décembre 2012 à 21h52 par Michel Janva | Lien permanent

01 décembre 2012

L'objectif du "Parvis des gentils" : susciter chez les agnostiques ou les athées la recherche de Dieu

Lu sur Sandro Magister :

"Lorsqu’en 2009, à la veille de Noël, Benoît XVI lança l'idée du "Parvis des gentils", il indiqua tout de suite quelle en était la finalité : susciter chez les agnostiques ou les athées la recherche de Dieu, en tant que "premier pas" de leur évangélisation. Mais le pape n’en fixa pas les modalités d'exécution. Il confia la mise en œuvre de cette idée au président du conseil pontifical pour la culture, l'archevêque puis cardinal Gianfranco Ravasi, créateur compétent et expérimenté d’événements culturels.

Ravasi fit ses débuts à Paris les 24 et 25 mars 2010, en organisant une rencontre qui eut un impact notable. Benoît XVI lui-même y participa sous la forme d’un message vidéo qu’il adressa aux jeunes réunis sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame. En revanche, le pape est resté silencieux lors des événements ultérieurs. [...] Toutefois, parallèlement à ce crescendo, il s’est produit une baisse d’intérêt générale et notamment auprès des médias. Cette baisse est compréhensible. Le fait que des incroyants prennent la parole lors d’une rencontre organisée par le Saint-Siège n’était plus une nouvelle.

[...] Et s’il y a bien eu une nouvelle, lors de la toute dernière rencontre, qui a eu lieu les 16 et 17 novembre au Portugal, elle est venue d’ailleurs et d’en haut. Pour la première fois dans l’histoire du "Parvis des gentils" – mis à part le cas particulier de Paris – Benoît XVI a fait parvenir aux participants un message personnel. Un message dans lequel il a voulu ramener cette initiative à sa finalité originelle : celle de parler de Dieu à ceux qui en sont éloignés, en relançant les questions qui rapprochent de lui "au moins comme Inconnu".

Dans ce message - il est clair qu’il l’a rédigé personnellement - Benoît XVI a pris comme point de départ le thème principal du "Parvis des gentils" portugais : "l'aspiration commune à affirmer la valeur de la vie humaine". Mais, tout de suite, il a soutenu que la vie de chaque personne, et d’autant plus si celle-ci est aimée, ne peut pas ne pas "mettre Dieu en cause". Et il a poursuivi en affirmant :

"La valeur de la vie ne devient évidente que si Dieu existe. C’est pourquoi il serait beau que les incroyants veuillent vivre 'comme si Dieu existait'. Même s’ils n’ont pas la force de croire, ils devraient vivre sur la base de cette hypothèse ; dans le cas contraire, le monde ne fonctionne pas. Il y a beaucoup de problèmes qui doivent être résolus, mais ils ne le seront jamais complètement si l’on ne place pas Dieu au centre, si Dieu ne devient pas de nouveau visible dans le monde et déterminant dans notre vie".

En conclusion, Benoît XVI a cité une phrase du message adressé par le concile Vatican II aux penseurs et aux hommes de science :

"Heureux ceux qui, possédant la vérité, continuent à la chercher pour la renouveler, pour l’approfondir, pour en faire don aux autres".

Et il a ajouté, en une formule lapidaire : "Ils sont l’esprit et la raison d’être du Parvis des gentils". L’indiscutable rectification apportée au "Parvis des gentils" par Benoît XVI dans ce message n’a pas été remarquée par les médias, pas même ceux qui sont catholiques et les plus attentifs. Mais le cardinal Ravasi l'a certainement enregistrée et approuvée. On s’en rend compte à la lecture de ce passage du bilan du "Parvis" portugais qui a été publié dans "L'Osservatore Romano" du 23 novembre :

"À Guimarães, le public a posé une question : le caractère sacré de la vie présuppose quelque chose qui nous transcende. Comment pouvons-nous connaître Dieu ? On a ainsi atteint l’objectif pour lequel le 'Parvis des gentils' a été conçu : exprimer l’inquiétude à propos de Dieu. Vaste et complexe sujet sur lequel, a déclaré le cardinal Ravasi, le 'Parvis des gentils' reviendra de manière plus approfondie lors des prochaines rencontres".

[...] Ravasi a mis en route, dans "L'Osservatore Romano", une série d’articles consacrés à la rencontre/opposition entre la foi et l'incrédulité dans la culture contemporaine, en tant que contribution à l'Année de la foi décidée par le pape. Dans le premier de ces articles, qui a été publié le 28 novembre, le cardinal a laissé transparaître son exceptionnelle connaissance de la littérature, des arts et des sciences, à travers la luxuriante floraison d’auteurs qu’il a cités. Dans l’ordre : Aleksandr Blok, Franz Kafka, Emil Cioran, Jean Cocteau, Rudolf Bultmann, Blaise Pascal, Jan Dobraczynski, Robert Musil, Ludwig Wittgenstein, Luis de León, David Hume, Anatole France, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Alberto Moravia, Augusto Del Noce, Jacques Prévert, Eugenio Montale, Johann Wolfgang von Goethe. Soit, en une demi-page de journal, une vingtaine d’auteurs, qui étaient presque tous incroyants et qui se sont pourtant révélés "vulnérables" aux questions à propos de Dieu."

Posté le 1 décembre 2012 à 14h00 par Michel Janva | Lien permanent

25 novembre 2012

« Que personne ne devienne paresseux dans la foi. » (Benoît XVI, Porta fidei)

Dans le cadre de l'année de la foi, Notre Dame de Chrétienté vous propose de recevoir chaque semaine de l’année liturgique 2013, à partir du premier dimanche de l’Avent (2 décembre) jusqu’au 24 novembre 2013, une fiche de lecture du Catéchisme de l’Eglise Catholique.

C
Chaque fiche de trois pages portera sur un thème en lien avec l’année liturgique ; son envoi se fera avant chaque dimanche de l’année et avant les principales fêtes liturgiques (8 décembre, Noël, etc.). Chaque lettre présentera le thème par un choix des passages du CEC le concernant ; elle offrira des extraits, pour rester court et abordable par tous ; sa lecture demandera dix minutes ; elle comportera des renvois « pour aller plus loin » et quelques résolutions concrètes pour rayonner la foi mieux connue.

Pour vous inscrire à ce programme de formation, cliquez ici.

Posté le 25 novembre 2012 à 13h59 par Michel Janva | Lien permanent

Les trois aspects de l’évangélisation

De Jean Madiran dans Présent du 20 novembre :

"[...] La « nouvelle évangélisation » n’est pas la nouvelle et unique forme de l’évangélisation actuelle, explique Benoît XVI [dans son homélie du 7 octobre], elle n’en est que l’une des trois « branches ». Il y a en effet :

  1. L’activité ordinaire d’évangélisation dans les communautés chrétiennes.
  2. La missio ad gentes, qui est l’annonce missionnaire de l’Evangile à ceux qui ne connaissent pas encore Jésus-Christ et son message de salut.
  3. La « nouvelle évangélisation » est « orientée principalement vers les baptisés qui se sont éloignés de l’Eglise et vivent sans se référer à la pratique chrétienne ». 
La qualification de « nouvelle » ne signifie donc pas qu’elle se substitue à l’ancienne. Elle signifie qu’elle concerne les personnes qui ont été déjà évangélisées et baptisées, mais qui ont besoin d’être évangélisées à nouveau. Cette orientation particulière « ne doit pas diminuer l’activité des deux autres branches », dit Benoît XVI. En effet, ajoute-t-il, « les trois aspects de l’unique réalité de l’évangélisation se complètent et se fécondent réciproquement ». [...]"

Posté le 25 novembre 2012 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

22 novembre 2012

Foi et raison : la juste voie qui conduit à l’Absolu et à la réalisation de l’être humain

Lors de l'audience, hier, Benoît XVI a déclaré :

"La foi permet de connaître vraiment Dieu, et transforme toute la personne. Profondément touchés par la présence de l’Esprit de Jésus, nous réussissons à dépasser nos égoïsmes, pour nous ouvrir aux vraies valeurs de l’existence. Notre connaissance de Dieu dans la foi ne se fait pas sans notre raison. Dieu n’est pas absurde ! Il est « mystère » : c’est-à-dire surabondance de sens et de vérité, de lumière qui illumine la raison humaine.

La foi et la raison ne s’opposent, ni se combattent. Elles sont les conditions requises pour comprendre le sens et le message de la Révélation divine. La recherche de l’intelligence de la foi est un acte intérieur à la foi. Le rapport harmonieux entre la foi et la raison est la juste voie qui conduit à l’Absolu et à la réalisation de l’être humain.

En ce sens, la croix du Christ n’est pas un événement irrationnel, mais un fait salvifique qui se justifie par une nouvelle forme de rationalité basée sur la foi. L’homme est au centre de la création, non pas pour l’exploiter déraisonnablement, mais pour la protéger et la rendre habitable.

Si la science permet à la foi la compréhension du dessein de Dieu sur l’univers, la foi, pour sa part, permet à la science d’œuvrer pour le bien et la vérité de l’homme. Sans Dieu, l’homme se perd. Croire est raisonnable ! Seul le Christ satisfait totalement les désirs de vérité et de bien qui sont inscrits dans tout homme. [...]"

Posté le 22 novembre 2012 à 15h19 par Michel Janva | Lien permanent

13 novembre 2012

Encyclique sur la foi avant Pâques 2013

Lu ici :

"La 4e encyclique de Benoît XVI sera centrée sur Pâques et dédiée au thème de la foi, indique l’agence italienne Anas. Elle devrait être publiée avant Pâques 2013."

Posté le 13 novembre 2012 à 19h14 par Michel Janva | Lien permanent

09 novembre 2012

L'importance des missions étrangères

Sandro Magister revient sur la genèse du décret conciliaire "Ad gentes" et de l'encyclique de Jean-Paul II  "Redemptoris missio" de 1990 à partir des mémoires inédites du père Piero Gheddo, qui a travaillé à la rédaction de ces deux documents. Extraits :

G"Aujourd’hui, lorsque l’on observe les revues et les livres, les congrès, les campagnes organisées par des organismes missionnaires, on en vient à se demander si 'Redemptoris missio' est connue et vécue. Disons la vérité. La très grave diminution des vocations missionnaires tient également à la manière de présenter la figure du missionnaire et la mission vers les peuples.

"Il y a un demi-siècle, on organisait des veillées et des marches missionnaires à l’occasion desquelles on faisait parler les missionnaires de terrain ; on demandait à Dieu davantage de vocations pour la mission vers les peuples et on encourageait les jeunes à offrir leur vie pour les missions. Aujourd’hui, ce qui prédomine, c’est la mobilisation sur des thèmes tels que les ventes d’armes, la collecte de signatures contre la dette extérieure des pays africains, l’eau comme bien commun, la déforestation, etc. Lorsque des thèmes comme ceux-là sont ceux qui ont le plus de poids dans l'animation missionnaire, il est inévitable que le missionnaire soit réduit au rôle d’opérateur social e politique.

"Je pose la question : peut-on imaginer qu’un jeune homme ou une jeune femme se sentiront incités à devenir missionnaires, si leur éducation leur apprend à critiquer et à protester, à recueillir des signatures contre les armes ou contre la dette extérieure ? Pour qu’il y ait davantage de vocations missionnaires il faut fasciner les jeunes en leur faisant connaître l’Évangile et la vie de mission, faire en sorte qu’ils se mettent à aimer Jésus-Christ, la seule richesse que nous ayons. Tout le reste en découle".

TLors du synode des évêques sur la nouvelle évangélisation, le cardinal indien Telesphore Placidus Toppo a produit une forte impression quand il a critiqué ceux des ordres religieux qui agissent

"comme des multinationales pour répondre aux besoins matériels de l’humanité mais oublient que le principal objectif pour lequel ils ont été créés est de porter le 'kérygme', l’Évangile, à un monde perdu".

Avec Benoît XVI, la lutte contre le relativisme est passée au premier plan. Parmi les nombreux textes de ce pontificat, il y a la note doctrinale de la congrégation pour la doctrine de la foi relative à certains aspects de l’évangélisation. Commentaire du père Gheddo :

"Cette note a été voulue et approuvée par le pape ; elle a été publiée le 3 décembre 2007, fête du missionnaire par excellence qu’est saint François Xavier ; et pourtant elle a été presque passée sous silence par la presse catholique et missionnaire, alors que c’est un texte que les instituts missionnaires diocésains, la presse, les groupes et les associations missionnaires devraient connaître et discuter pour avoir un point de référence précis dans le climat de sécularisation et de relativisme qui risque de nous faire perdre le sens de la voie juste".

"Aujourd’hui, il y a trop de pessimisme quant à l’efficacité des missions auprès des non-chrétiens. La réalité est différente. Au cours de l’histoire bimillénaire de l’Église, il n’y a aucun continent qui se soit converti au Christ aussi rapidement que l’Afrique. En 1960, il y avait en Afrique quelque 35 millions de catholiques et 25 évêques locaux ; aujourd’hui, il y en a 172 millions et environ 400 évêques africains. D’après le Pew Research Center de Washington, les chrétiens comptent comme les musulmans un peu moins de 500 millions de fidèles dans l’ensemble de l’Afrique en 2010, mais dans la seule Afrique noire sub-saharienne il y a 470 millions de chrétiens et 234 millions de musulmans.

En 1960, il y avait en Asie 68 évêques asiatiques et dans aucun pays on n’enregistrait une croissance soutenue du nombre de baptisés. Il n’y a qu’en Inde que l’on trouvait un bon taux de conversions et aujourd’hui, dans ce pays, il y a au moins 30 millions de catholiques, soit deux fois plus que le chiffre déclaré. Il en est de même pour l’Indonésie, le Sri Lanka, la Birmanie, et aussi pour le Vietnam, un pays où les catholiques représentent déjà 10 % des 85 millions d’habitants et où les conversions et les vocations sont nombreuses. La Chine comptait, lorsque Mao est arrivé au pouvoir en 1949, 3,7 millions de catholiques ; aujourd’hui, en dépit de la persécution, on estime qu’il y en a de 12 à 15 millions et que les chrétiens dans leur ensemble sont de 45 à 50 millions. En Corée du Sud, pays où la religion est libre et les statistiques crédibles, les catholiques sont plus de 5 millions, soit 10,3 % de la population sud-coréenne, et les chrétiens dans leur ensemble 30 %."

Posté le 9 novembre 2012 à 09h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

07 novembre 2012

Comment réveiller en l'homme le désir de Dieu ?

Benoît-et-moi a traduit la catéchèse de Benoît XVI de ce matin. Extraits :

B"Le chemin de réflexion que nous faisons ensemble dans cette «Année de la foi» nous amène à réfléchir aujourd'hui sur un aspect fascinant de l'expérience humaine et chrétienne: l'homme porte en lui un désir mystérieux de Dieu. Très significativement, le Catéchisme de l’Église catholique s'ouvre avec la considération suivante: «Le désir de Dieu est inscrit dans le cœur de l'homme, car l'homme est créé par Dieu et pour Dieu; et Dieu ne cesse d'attirer à lui l'homme, et seulement en Dieu l'homme trouvera la vérité et le bonheur qu'il ne cesse de chercher»(n. 27). Une telle affirmation, qui, même aujourd'hui, dans de nombreux contextes culturels, semble tout à fait acceptable, presque évidente, pourrait au contraire sembler un défi dans le milieu de la culture occidentale sécularisée. Beaucoup de nos contemporains pourraient en effet objecter qu'ils ne ressentent nullement ce désir de Dieu. Pour de larges pans de la société, il n'est plus l'attendu, le souhaité, mais plutôt une réalité qui passe inaperçue, face à laquelle on n'a même pas besoin de faire l'effort de se prononcer.

En réalité, ce que nous avons défini comme «le désir de Dieu» n'a pas complètement disparu et apparaît encore aujourd'hui, à bien des égards, au cœur de l'homme. Le désir humain tend toujours à des bien concrets spécifiques, souvent bien loin d'être spirituels, et cependant se trouve face à la question de ce qu'est vraiment «le» bien, et donc à affronter quelque chose au-delà de soi, que l'homme ne peut pas construire, mais est appelé à reconnaître. Qu'est-ce qui peut vraiment satisfaire le désir humain?

Dans ma première encyclique, Deus Caritas est, j'ai essayé d'analyser comment ce dynamisme se réalise dans l'expérience de l'amour humain, une expérience qui à notre époque est plus facilement perçue comme un moment d'extase, de sortie de soi-même, comme un lieu où l'homme ressent le désir d'être traversé par un désir qui le dépasse. [...]
Des considérations similaires peuvent également être faites sur d'autres expériences humaines, telles que l'amitié, l'expérience de la beauté, l'amour de la connaissance: tout bien expérimenté par l'homme tend vers le mystère qui entoure l'homme lui-même; tout désir qui émerge dans le cœur de l'homme se fait l'écho d'un désir fondamental qui n'est jamais pleinement satisfait.

Indubitablement, à partir de ce désir profond, qui cache même quelque chose d'énigmatique, on ne peut pas accéder directement à la foi. En fin de compte, l'homme connaît bien ce qui ne le rassasie pas, mais il ne peut imaginer ou définir ce qui lui ferait expérimenter cette félicité dont il porte la nostalgie au coeur. On ne peut pas connaître Dieu uniquement à partir du désir de l'homme. De ce point de vue reste le mystère: l'homme reste chercheur d'absolu, un chercheur à pas petits et incertains. [...]

C'est pourquoi nous devons considérer qu'il est possible, même à notre époque, apparemment si réfractaire à la dimension transcendante, d'ouvrir un chemin vers l'authentique sens religieux de la vie, qui montre comment le don de la foi n'est pas absurde, n'est pas irrationnel. Il serait très utile à cet effet, de promouvoir une sorte de pédagogie du désir, à la fois pour le chemin de ceux qui ne croient pas encore, et pour ceux qui ont déjà reçu le don de la foi. Une pédagogie qui comprenne au moins deux aspects. [...]"

Posté le 7 novembre 2012 à 17h43 par Michel Janva | Lien permanent

30 octobre 2012

Benoît XVI : les 3 axes de la nouvelle évangélisation

B161Le Saint-Père les a définis dans son homélie de clotûre du synode des évêques :

"Tout l’Évangile de Marc est un itinéraire de foi, qui se développe graduellement à l’école de Jésus. Les disciples sont les premiers acteurs de ce parcours de découverte, mais il y a aussi d’autres personnages qui occupent un rôle important, et Bartimée est l’un d’eux. Sa guérison est la dernière guérison miraculeuse que Jésus accomplit avant sa passion, et ce n’est pas par hasard que c’est celle d’un aveugle, c’est-à-dire d’une personne dont les yeux ont perdu la lumière. Nous savons aussi par d’autres textes que la condition de cécité a une signification chargée de sens dans les Évangiles. Elle représente l’homme qui a besoin de la lumière de Dieu, la lumière de la foi, pour connaître vraiment la réalité et marcher sur le chemin de la vie. Il est essentiel de se reconnaître aveugles, de reconnaître qu’on a besoin de cette lumière, sans quoi on reste aveugle pour toujours (cf. Jn 9, 39-41).

À ce point stratégique du récit de Marc, Bartimée est donc présenté comme un modèle. Il n’est pas aveugle de naissance, mais il a perdu la vue : il est l’homme qui a perdu la lumière et en est conscient, mais il n’a pas perdu l’espérance, il sait accueillir la possibilité de la rencontre avec Jésus et se confie à lui pour être guéri. En effet, quand il entend que le Maître passe sur la route, il crie : « Jésus, Fils de David, aie pitié de moi ! » (Mc 10, 47), et il le répète avec force (v. 48). Et quand Jésus l’appelle et lui demande ce qu’il veut de lui, il répond, « Rabbouni, que je voie ! » (v. 51). Bartimée représente l’homme qui reconnaît son mal et crie vers le Seigneur, confiant d’être guéri. Son invocation, simple et sincère, est exemplaire, et en effet – comme celle du publicain au temple : « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis » (Lc 18, 13) – elle est entrée dans la tradition de la prière chrétienne. Dans la rencontre avec le Christ, vécue avec foi, Bartimée retrouve la lumière qu’il avait perdue et avec elle la plénitude de sa dignité : il se remet debout et reprend sa marche, qui à partir de ce moment a un guide, Jésus, et une route, la même que Jésus parcourt. L’évangéliste ne nous dira plus rien de Bartimée, mais en lui il nous présente qui est le disciple : celui qui, avec la lumière de la foi, suit Jésus « sur la route » (v. 52). (...)

Cette interprétation, que Bartimée soit une personne déchue d’une condition de « grande prospérité », nous fait penser ; elle nous invite à réfléchir sur le fait qu’il y a des richesses précieuses pour notre vie que nous pouvons perdre, et qui ne sont pas matérielles. Dans cette perspective, Bartimée pourrait représenter tous ceux qui vivent dans des régions d’ancienne évangélisation, où la lumière de la foi s’est affaiblie, et qui se sont éloignés de Dieu, ne le retenant plus comme important pour la vie : des personnes qui par conséquent ont perdu une grande richesse, sont « déchues » d’une haute dignité – non de celle qui est économique ou d’un pouvoir terrestre, mais de celle qui est chrétienne –, elles ont perdu l’orientation sûre et solide de la vie et sont devenues, souvent inconsciemment, mendiants du sens de l’existence. Ce sont les nombreuses personnes qui ont besoin d’une nouvelle évangélisation, c’est-à-dire d’une nouvelle rencontre avec Jésus, le Christ, le Fils de Dieu (cf. Mc 1, 1), qui peut ouvrir de nouveau leurs yeux et leur enseigner la route. Il est significatif que, tandis que nous concluons l’Assemblée synodale sur la Nouvelle Évangélisation, la Liturgie nous propose l’évangile de Bartimée. Cette parole de Dieu a quelque chose à nous dire de façon particulière à nous, qui en ces jours avons échangé sur l’urgence d’annoncer de façon nouvelle le Christ là où la lumière de la foi s’est affaiblie, là où le feu de Dieu est comme un feu de braises qui demande à être ravivé, pour qu’il soit la flamme vive qui donne lumière et chaleur à toute la maison.

B162La Nouvelle Évangélisation concerne toute la vie de l’Église. Elle se réfère, en premier lieu, à la pastorale ordinaire qui doit être toujours plus animée par le feu de l’Esprit, pour embraser les cœurs des fidèles qui fréquentent régulièrement la Communauté et qui se rassemblent le jour du Seigneur pour se nourrir de sa Parole et du Pain de la vie éternelle. Je voudrais ici souligner trois lignes pastorales qui ont émergé du Synode. La première porte sur les Sacrements de l’initiation chrétienne. L’exigence d’accompagner la préparation au Baptême, à la Confirmation et à l’Eucharistie avec une catéchèse appropriée a été réaffirmée. L’importance de la Pénitence, sacrement de la Miséricorde de Dieu a été aussi rappelée. À travers cet itinéraire sacramentel passe l’appel du Seigneur à la sainteté, adressé à tous les chrétiens. En effet, il a été répété plusieurs fois que les vrais protagonistes de la nouvelle évangélisation sont les saints : par l’exemple de leur vie et par leurs œuvres de charité ils parlent un langage compréhensible par tous.

B163En second lieu, la nouvelle évangélisation est essentiellement liée à la mission ad gentes. L’Église a le devoir d’évangéliser, d’annoncer le message de salut aux hommes qui ne connaissent pas encore Jésus Christ. Au cours des réflexions synodales, il a été aussi souligné qu’il existe beaucoup de milieux en Afrique, en Asie et en Océanie où des habitants attendent ardemment, parfois sans en être pleinement conscients, la première annonce de l’Évangile. Il convient par conséquent de prier l’Esprit Saint afin qu’il suscite dans l’Église un dynamisme missionnaire renouvelé dont les protagonistes soient, de manière spéciale, les agents pastoraux et les fidèles laïcs. La mondialisation a causé un important déplacement de population ; par conséquent, la première annonce s’impose aussi dans les pays d’ancienne évangélisation. Tous les hommes ont le droit de connaître Jésus Christ et son évangile ; et à cela correspond le devoir des chrétiens, de tous les chrétiens –prêtres, religieux et laïcs –, d’annoncer la Bonne Nouvelle.

Un troisième aspect concerne les personnes baptisées qui cependant ne vivent pas les exigences du Baptême. Au cours des travaux synodaux, il a été mis en lumière que ces personnes se trouvent sur tous les continents, spécialement dans les pays plus sécularisés. L’Église leur porte une attention particulière, afin qu’elles rencontrent de nouveau Jésus Christ, redécouvrent la joie de la foi et retournent à la pratique religieuse dans la communauté des fidèles. Au-delà des méthodes pastorales traditionnelles, toujours valables, l’Église cherche à utiliser de nouvelles méthodes, avec aussi le souci de nouveaux langages, appropriés aux différentes cultures du monde, proposant la vérité du Christ par une attitude de dialogue et d’amitié qui a son fondement en Dieu qui est Amour. En différentes parties du monde, l’Église a déjà entrepris ce chemin de créativité pastorale, pour se rendre proche des personnes éloignées ou en recherche du sens de la vie, du bonheur et, en définitive, de Dieu. Rappelons certaines missions citadines importantes, le « Parvis des gentils », la mission continentale, etc. Il n’y a pas de doute que le Seigneur, Bon Pasteur, bénira abondamment de tels efforts qui proviennent du zèle pour sa Personne et pour son Évangile (...)

Nous aussi, aujourd’hui, nous nous tournons vers le Seigneur Jésus, Redemptor hominis et Lumen gentium, avec une joyeuse reconnaissance, faisant nôtre une prière de Saint Clément d’Alexandrie : « Jusqu’à maintenant, j’ai erré dans l’espérance de trouver Dieu, mais puisque tu m’illumines, ô Seigneur, je trouve Dieu par toi, et je reçois le Père de toi, je deviens ton cohéritier, puisque tu n’as pas eu honte de m’avoir comme frère. Effaçons donc, effaçons l’oubli de la vérité, l’ignorance : et enlevant les ténèbres qui, comme un brouillard pour les yeux, nous empêchent de voir, contemplons le vrai Dieu... ; car une lumière du ciel a brillé sur nous qui étions plongés dans les ténèbres et prisonniers de l’ombre de la mort, [une lumière] plus pure que le soleil, plus douce que la vie d’ici-bas » (Protreptique, 113, 2-114, 1). Amen".

Posté le 30 octobre 2012 à 08h47 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

26 octobre 2012

Message final du synode sur la nouvelle évangélisation : la famille doit être soutenue par l’Eglise, la politique et la société

Ce midi, le Cardinal Giuseppe Betori, Archevêque de Florence et Président de la commission ad hoc, Mgr Pierre-Marie Carré, Archevêque de Montpellier et Secrétaire spécial, et Mgr Luis Antonio G.Tagle, Archevêque de Manille et Vice Président de la même commission, ont présenté le message final de la XIII Assemblée ordinaire du Synode des évêques, consacrée à la nouvelle évangélisation. Voici une synthèse de ce document:

"Au début les évêques évoquent le passage évangélique de Jean qui raconte la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. C’est l’image de l’homme contemporain, tenant une cruche vide, qui a soif et nostalgie de Dieu, et vers qui l’Eglise doit aller pour rendre présent le Seigneur. Comme la Samaritaine, celui qui rencontre Jésus ne peut pas ne pas devenir le témoin de l’annonce de salut et d’espérance de l’Évangile. Ensuite, en ce qui concerne plus spécifiquement le contexte de la nouvelle évangélisation, le Synode rappelle le besoin de raviver une foi qui risque de s’éclipser dans les contextes culturels actuels et qui s’affaiblit même chez de nombreux baptisés. La rencontre avec le Seigneur, qui révèle que Dieu est amour, ne peut avoir lieu que dans l’Eglise, comprise comme communauté accueillante et expérience de communion, à partir de quoi les chrétiens deviennent des témoins dans d’autres lieux aussi. Toutefois, l’Eglise confirme l’idée que pour évangéliser il faut tout d’abord être évangélisé et lance un appel à la conversion, à commencer par elle même, parce que les faiblesses des disciples de Jésus pèsent sur la crédibilité de la mission. Conscients du fait que le Seigneur est le guide de l’histoire et que le mal n’aura pas le dernier mot, les évêques invitent les chrétiens à vaincre la peur par la foi et à regarder le monde avec courage et sérénité car, bien que rempli de contradictions et de défis, ce monde demeure celui que Dieu aime. Pas de pessimisme. La mondialisation, la sécularisation et la nouvelle donne de la société, les migrations, avec toutes les difficultés et les souffrances qu’elles comportent, doivent représenter des opportunités d’évangélisation. En effet, il ne s’agit pas de trouver de nouvelles stratégies pour diffuser l’Evangile comme un produit de marché, mais de découvrir comment les personnes approchent Jésus".

"Le message considère la famille comme le lieu naturel de l’évangélisation et confirme qu’elle doit être soutenue par l’Eglise, par la politique et par la société. A l’intérieur de la famille, il souligne le rôle spécial que jouent les femmes et rappelle la situation douloureuse des personnes divorcées et remariées. Tout en confirmant la discipline relative à l’accès aux sacrements, il insiste que ces personnes ne sont pas abandonnées par le Seigneur, et que l’Eglise est une demeure accueillante pour tous. Le message cite également la vie consacrée, témoin du sens supraterrestre de l’existence humaine, et les paroisses comme centres d’évangélisation. Il rappelle l’importance de la formation permanente pour les prêtres et les religieux, et invite les laïcs (les mouvements et les nouvelles réalités ecclésiales) à évangéliser en restant en communion avec l’Eglise. La nouvelle évangélisation trouve une coopération souhaitable avec les autres Eglises et communautés ecclésiales, animées elles aussi par le même esprit d’annonce de l’Evangile. Une attention particulière est portée sur les jeunes dans une perspective d’écoute et de dialogue pour racheter, et non pas mortifier, leur enthousiasme".
"Le message considère ensuite le dialogue, décliné sous différentes formes, avec la culture, qui a besoin d’une nouvelle alliance entre foi et raison, avec l’éducation, avec la science qui, quand elle ne confine pas l’homme au matérialisme, devient une alliée de l’humanisation de la vie, avec l’art, avec le monde de l’économie et du travail, avec les malades et ceux qui souffrent, avec la politique, à laquelle un engagement désintéressé et transparent en faveur du bien commun est demandé, avec les autres religions. En particulier, le Synode confirme que le dialogue inter-religieux concourt à la paix, rejette le fondamentalisme et dénonce la violence à l’encontre des croyants. Le message rappelle les possibilités qu’offrent l’Année de la foi, la mémoire du concile Vatican II et le Catéchisme de l’Eglise catholique. Puis il indique deux expressions de la vie de foi particulièrement significatives pour la nouvelle évangélisation: la contemplation, où le silence permet d’accueillir au mieux la Parole de Dieu, et le service aux pauvres, dans l’optique de reconnaître le Christ sur leurs visages".
"Dans la dernière partie, le message se tourne vers les Eglises des différentes régions du monde et adresse à chacune d’entre elles des paroles d’encouragement pour l’annonce de l’Evangile. Aux Eglises d’Orient, il exprime le souhait qu’elles puissent pratiquer la foi dans des conditions de paix et de liberté religieuse; à l’Eglise d’Afrique, il recommande de développer l’évangélisation à travers la rencontre avec les anciennes et les nouvelles cultures, et fait appel aux gouvernements pour qu’ils mettent un terme aux conflits et aux violences. Les chrétiens d’Amérique du nord, qui vivent dans une culture où abondent les expressions qui éloignent de l’Evangile, doivent se tourner vers la conversion et être ouverts à accueillir les immigrés et les réfugiés. L’Amérique latine est invitée à vivre la mission permanente pour faire face aux défis actuels, comme la pauvreté, la violence même dans les nouvelles conditions de pluralisme religieux. L’Eglise en Asie, bien qu’étant une petite minorité, souvent placée en marge de la société et persécutée, est encouragée et exhortée à rester ferme dans la foi. L’Europe, bien que marquée par une sécularisation parfois agressive et blessée par les régimes passés, a créé une culture humaniste capable de donner un visage à la dignité de la personne et à l’édification du bien commun; les chrétiens européens ne doivent pas se laisser abattre par les difficultés du présent, mais ils doivent les percevoir comme un défi. A l’Océanie, enfin, il est demandé de s’engager encore à prêcher l’Evangile. Enfin, le message se termine en implorant l’intercession de Marie, l'Etoile de la nouvelle évangélisation".

Posté le 26 octobre 2012 à 15h30 par Michel Janva | Lien permanent

24 octobre 2012

La foi est un acte d’abandon libre

Lors de l'audience générale de ce matin, Benoît XVI est revenu sur la foi :

B"La foi est un acte d’abandon libre à Dieu le Père qui nous aime et s’est fait proche de chacun de nous dans son Fils incarné. Elle n’est pas une simple adhésion intellectuelle à des vérités particulières sur Dieu. Elle offre une certitude différente de celle de la technique et de la science. Croire, c’est rencontrer Dieu et s’abandonner à Lui comme un enfant. La foi est d’abord un don surnaturel. Nous ne pouvons pas croire tout seul, sans la grâce de l’Esprit Saint et sans les autres baptisés. La foi est aussi un acte profondément libre et humain qui implique la liberté et l’intelligence. Dans la foi, Dieu nous indique le vrai chemin qui conduit à la vraie liberté, à notre identité humaine, à la véritable joie du cœur et à la paix avec tous. La foi est un acte par lequel notre esprit et notre cœur disent ‘oui’ à Dieu. Ce ‘oui’ transforme la vie, lui donne une plénitude de sens et la renouvelle. Chers amis, laissons-nous saisir par le Christ ! Faisons croître notre foi grâce à une familiarité avec les Saintes Écritures et les Sacrements. Soyons comme des livres ouverts qui racontent l’expérience de notre vie renouvelée dans l’Esprit Saint."

Posté le 24 octobre 2012 à 15h45 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2012

La tiédeur des chrétiens est la conséquence de la dénaturation des vertus théologales

Vivien Hoch a interrogé Monseigneur Lantheaume, premier conseiller de nonciature à  Washington, membre de la communauté Saint-Martin. Extraits :

"L’amer constat d’un vide dans l’Eglise en France, suite aux cinquante ans du 2ème Concile du Vatican est un fait incontournable. Il faudrait être vraiment stupide ou de mauvaise foi pour ne pas le constater. Mais la question qu’on doit se poser est tout autre : à quoi cela est-il dû ? Est-ce dû au concile en lui-même ou bien à une interprétation fausse qui en est faite ? Avant de répondre, il faudrait se rappeler que « partim convenit, partim non convenit » le Concile de Trente a exigé plus d’un siècle avant d’être appliqué, car il devait non seulement être approuvé par les Parlements de France mais ensuite être diffusé et appliqué !!!

Donc, pour ce qui nous concerne, nous avons encore cinquante ans devant nous ! Et même si les moyens du XXème siècle sont certes différents de ceux du XVIème, force est de constater qu’on en est « au début », et que le 2ème  Concile du Vatican n’a pas encore été tout à fait « compris », car souvent peu appliqué dans certains endroits. On s’aperçoit au fil des réactions, qu’il n’a pas été lu et encore moins étudié. Ignoré par ceux qui le critiquent dans un sens ou dans l’autre, le Concile demeure une « inconnue » pour beaucoup de chrétiens qui n’en perçoivent que des apriori ou des idées reçues. On a fait l’application d’une « interprétation » du concile, mais pas du concile lui-même. A cela il faut ajouter une tendance dénoncée par le Pape : celle de l’herméneutique de la rupture. Certains font naître l’Eglise au moment du Concile, d’autres la font disparaître à la même époque. Une saine compréhension du concile voulait au contraire qu’on le considérât dans la continuité de ce qui précède, notamment des dispositions des autres Conciles Œcuméniques, dans un ensemble de traditions ecclésiales et de la Tradition ininterrompue au fil des siècles. Or, certains ne voient dans le 2ème concile du Vatican que des « germes » d’hérésies, notamment dans la définition de la « liberté religieuse ». Encore une fois, là aussi, il faut avoir recours à la pensée analogique. Il faut tenir pour répondre à cette critique, que l’enseignement des papes a toujours été circonstancié, il s’inscrit dans la réalité d’une époque : la liberté religieuse d’aujourd’hui n’est pas celle – plus violente et plus philosophique – du XIXème siècle ; le concept, l’objet en sont radicalement différents ; la liberté religieuse envisagée par les papes du XIXème siècle, menacée de toute part à l’époque, n’a jamais été celle à laquelle les Pères du 2ème Concile Vatican II ont réfléchi ; d’autre part, en aucun cas le 2ème concile du Vatican n’a admis ni adopté le « syncrétisme » sous le nom de ‘la liberté religieuse’, ce serait un contre-sens !

[...] Les Etats-Unis n’ont pas été épargnés par des conséquences regrettables dues à une fausse interprétation des textes du 2ème Concile du Vatican ; mais les catholiques américains ont dépassé ce stade, leur générosité et leur sens du sacré ont été conservés et ils connaissent aujourd’hui un « renouveau » qui est à la fois paisible et fécond. Ce renouveau s’inscrit aussi dans ‘l’herméneutique de la continuité’ comme l’a si bien défini le Pape Benoît XVI.

[...] Tout cela est dépassé aujourd’hui car les protagonistes du « printemps de l’Eglise » s’essoufflent, ils sont désormais âgés et ils n’ont guère d’héritiers sinon de doux nostalgiques d’une époque révolue. Leur agressivité politique de voir les choses fut tellement stérile qu’ils n’ont pas d’héritiers. La mollesse dont vous parlez et que le Pape a rappelée récemment sous le nom biblique de « tiédeur chez les chrétiens » est la conséquence « logique » de la dénaturation des vertus théologales. Cette tiédeur a été entretenue à souhait par la médiocratie de certains clercs des années 70/80 (diacres, prêtres, évêques confondus) qui considéraient l’ordre sacré dans lequel ils étaient institués comme une sorte de fonction d’animation sociale. Ces mêmes clercs ayant discrètement renoncé à leur visibilité, persistaient à croire qu’il n’y avait pas « péril en la demeure » quand bien même leurs églises se vidaient à vue d’œil ! Bien sûr, ils auraient toujours pu évoquer la qualité par rapport à la quantité. Ils affirmaient que les chrétiens, certes, il y en avait moins, mais ils étaient « meilleurs ». Alors comme répond Frossard « … et quand il n’y en aura plus, ils seront définitivement parfaits » !!! Certes la qualité est plus importante que la quantité, et le texte du concile sur la formation des prêtres (Optatam Totius) le répète à juste titre. Mais si l’on analyse objectivement la vie de certaines Eglises particulières de l’époque, on s’aperçoit qu’il n’y avait ni la qualité, ni la quantité ! Pour vous répondre : on ne peut pas lutter contre ceux qui nient toute forme de transcendance. On ne « doit » pas non plus, c’est du temps perdu. Le Cardinal Ratzinger l’a dit : « on n’attend pas qu’un idéologue se convertisse, on attend qu’il meurt » ! Lorsque la foi est rabaissée au rang d’idée, même à celui de conception philosophique et qu’elle n’est plus vécue comme une vertu théologale (‘théologale’, c’est-à-dire ‘qui vient de Dieu et nous porte à Dieu’), l’on ne peut rien faire, car il n’y a « rien » à faire ! le dialogue est impossible, on se situe sur deux plans ontologiquement différents! On parle de deux choses différentes…! L’adage paysan nous dit : « essayez de faire boire un âne qui n’a pas soif ».

[...] D’autre part, honnêtement, je n’ai jamais compris le terme de « chrétiens de gauche ». Ce terme relève d’une catégorie politique qui n’a rien de commun avec les promesses du baptême, et encore moins avec le contenu de la Révélation. Il s’oppose diamétralement à la mission du Christ. Car le Christ est venu sauver tous les hommes et pas une catégorie politique. Il a ordonné de prêcher à toutes les nations, et pas à une seule ! [...] Il n’y a pas des intégristes d’un côté et des progressistes de l’autre. Ce disjonctivisme d’ordre politique (R.P. Pinckears, OP) est un non-sens. Tout cela doit être dépassé. Il y a en réalité les fidèles catholiques qui répondent aux engagements de leur baptême et qui constituent un seul peuple, un seul troupeau, sous un seul Pasteur…Et il n’y a qu’un seul Peuple de Dieu. Comme saint Paul dit qu’il n’y a qu’une « seule foi, un seul baptême ». Affubler des chrétiens de titre politique, c’est déjà tomber dans les divisions, dans l’idéologie semeuse de zizanie et c’est quitter le domaine de la foi transcendante qui unifie et rassemble. [...]"

Posté le 22 octobre 2012 à 09h15 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2012

Beaucoup de musulmans rêvent de se convertir mais ne peuvent le faire par peur

Sandro Magister a relevé les interventions des évêques, lors du synode, à propos de la conversion des musulmans. Extraits :

"Tout le monde ne s’y attendait peut-être pas, mais la question de l’islam est l’une de celles qui sont revenues le plus souvent dans les exposés qui ont occupé les deux premières semaines du synode consacré à la nouvelle évangélisation. Le film que le cardinal ghanéen Peter Turkson, président du conseil pontifical Justice et Paix, a montré aux pères du synode au cours de l’assemblée générale du samedi 13 octobre a fait beaucoup de bruit. [...] L’annonce de la visite en Syrie d’une mission synodale dirigée par le cardinal secrétaire d’état Tarcisio Bertone, voulue par Benoît XVI, a également fait du bruit. [...] En revanche plusieurs prélats se sont exprimés en sourdine à propos d’un sujet qui est habituellement tabou dans le discours public de l’Église catholique. Celui des conversions de musulmans au christianisme. Ce sujet a été abordé par une bonne demi-douzaine de prélats venus d’autant de pays."

L’évêque assomptionniste Louis Pelâtre, vicaire apostolique d’Istanbul en Turquie :

P"Dans certaines circonstances l'annonce de Jésus-Christ devient également possible. Le Catéchisme de l'Église catholique a été traduit en turc, ainsi que d'autres publications. La jeune génération entre en contact avec la foi chrétienne sur internet. N'ayant pratiquement pas accès aux radios et télévisions publiques, nous pouvons cependant recourir aux réseaux privés, beaucoup plus utilisés par les protestants évangéliques que par les catholiques. D'où la nécessité d'avoir des ouvriers bien préparés et qualifiés pour la moisson qui nous attend. Cet apostolat spécifique ne peut se contenter de bonne volonté et d'improvisation".

Le jésuite Paul Desfarges, d’origine française, évêque de Constantine et de l’antique Hippone de saint Augustin, en Algérie, a souligné que le dialogue entre musulmans et chrétiens est actuellement mis à rude épreuve, certes "à cause des courants fondamentalistes", mais "également à cause d’une situation nouvelle, faite à la fois de joie et de souffrance".

"Dans certains de nos pays, la grâce nous est donnée d’accueillir des fidèles provenant de familles musulmanes. En général, ce sont des gens qui étaient en questionnement intérieur depuis longtemps. Parfois, dans leur propre famille, ces nouveaux disciples sont rejetés ou en tout cas contraints à une très grande discrétion.".

Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï :

"Dans les pays arabes, l’évangélisation est pratiquée d’une manière indirecte dans les écoles catholiques, dans les universités, dans les hôpitaux et les institutions sociales appartenant aux diocèses et aux ordres religieux, qui sont ouverts aux musulmans comme aux chrétiens. L’évangélisation indirecte est pratiquée surtout par le biais des moyens de communication sociale, en particulier catholiques, qui transmettent les célébrations liturgiques et divers programmes religieux. Nous constatons qu’il y a chez les musulmans des conversions secrètes au christianisme".

L’archevêque Joseph Absi, auxiliaire et protosyncelle à Damas des gréco-melkites de Syrie, a fait état de "l’ouverture de certains musulmans au christianisme, sans doute aidée par les moyens actuels de communication". Mais

"la plupart des musulmans sont convaincus que le relâchement des mœurs, l’exploitation des peuples pauvres et faibles, le mépris de la religion musulmane qu’ils constatent chez les occidentaux, proviennent des chrétiens ou de chrétiens".

"comment et quoi faire pour éviter que les musulmans ne confondent christianisme et Occident, chrétiens et occidentaux, et ne se sentent bafoués, frustrés ?".

Le lazariste italien Cristoforo Palmieri, évêque de Rrëshen, en Albanie, a en effet parlé de l’urgence de "l’évangélisation de nos frères musulmans qui avaient et ont encore des racines chrétiennes et qui se montrent ouverts à l’annonce". Mgr Raphaël Balla Guilavogui, évêque de N'Zérékoré en Guinée, a révélé que "même des musulmans participent" aux journées diocésaines de la jeunesse organisées dans son pays. Mgr John Ebebe Ayah, évêque d’Ogoja, au Nigeria, a souligné que

"beaucoup de nos frères et sœurs musulmans rêvent de se convertir à la foi chrétienne mais ne peuvent le faire par peur de perdre la vie".

Le cardinal Jean-Louis Tauran, président du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, a rappelé que

"le grand problème, c’est que, dans les pays où la loi musulmane est celle de la majorité, jusqu’à maintenant aucun musulman n’accepte que la liberté de changer de religion, ou d’en choisir, soit inscrite dans un texte juridique". "Dans toutes mes conversations avec des musulmans, souvent bien disposés, il s’agit d’un sujet tabou".

Posté le 20 octobre 2012 à 14h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

19 octobre 2012

Synode sur la nouvelle évangélisation : l'importance du catéchisme à l'école

Lors de la 13e congrégation générale du synode, le cardinal Kazimierz Nycz, Archevêque de Varsovie en Pologne, Ordinaire pour les fidèles de rite oriental dépourvue de rite ordinaire, a déclaré :

N"Les problèmes communs dans le monde globalisé demeurent sans aucun doute le sécularisme, le relativisme, le subjectivisme, tout comme la privatisation de la religion. En plus de ce qui est commun, on peut parler d’une géographie de la nouvelle évangélisation. Ce qui, en effet, différencie les diverses régions du monde, sont les destinataires de la nouvelle évangélisation. 

[...] Je voudrais maintenant m’arrêter un moment sur la catéchèse dans la paroisse et à l’école. En Pologne, c’est un instrument important de la nouvelle évangélisation. À la différence de beaucoup de pays européens, comme l’a rappelé le Cardinal Erdö, dans les écoles polonaises nous mettons en avant non seulement l’enseignement de la religion, mais nous essayons en plus d’y introduire la catéchèse.

Dans la plupart des régions polonaises, quatre-vingt dix pour cent des élèves participent au catéchisme. La disproportion entre les participants au catéchisme et les participants à la vie sacramentelle de l’Église est, pour la nouvelle évangélisation en Pologne, un grand défi, et pour la catéchèse à l’école une grande opportunité et responsabilité. Cela vaut aussi bien pour les jeunes que pour leurs parents. La catéchèse à l’école demeure quoi qu’il en soit un instrument non pleinement utilisé, d’évangélisation et de rencontre avec ceux qui, malgré le baptême, ont abandonné le Christ et l’Église. Que devons-nous aire pour ne pas gâcher cette opportunité? Il semblerait que soit nécessaire une nouvelle approche à la formation des catéchistes et des animateurs des groupes paroissiaux. Il ne suffit pas de les préparer à la pastorale et à la catéchèse. Une formation à l’évangélisation est nécessaire. En Pologne, dans le cadre de la nouvelle évangélisation et de la préparation à l’Année de la Foi, dans les diocèses et dans les académies ecclésiales et catholiques, de nombreuses écoles de nouvelle évangélisation ont vu le jour. Cela semble être un espoir pour la nouvelle évangélisation."

Posté le 19 octobre 2012 à 07h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

18 octobre 2012

Des médias présentent la foi et l’Eglise avec calomnies

Lors de la 2e Congrégation générale du synode, le Cardinal Péter Erdo, Archevêque d'Esztergom-Budapest, Président de la Conférence Épiscopale, Président du Conseil des Conférences Épiscopales d'Europe a déclaré :

E"L’Europe doit être évangélisée. Elle en a besoin. Deux Assemblées spéciales du Synode des Évêques ont déjà été consacrées au thème de l’Europe. La première après la chute du mur de Berlin, dans un climat d’enthousiasme. La seconde en 1999, à l’aube du Grand Jubilé. Les fruits de cette dernière ont été résumés dans l’Exhortation apostolique “Ecclesia in Europa” du Bienheureux Jean Paul II. Presque 13 années se sont écoulées depuis. Les espérances se sont-elles réalisées? Les problèmes se sont-ils résolus ou au contraire aggravés ?

Parmi les éléments d’inquiétude, le grand Pontife mentionnait la “disparition de la mémoire de l’hérédité chrétienne” (Ecclesia in Europa, 7). Ce processus est devenu encore plus évident ces dernières années. Malgré beaucoup d’expériences heureuses, dans la plus large partie du continent, c’est l’ignorance à propos de la foi chrétienne qui se répand. Beaucoup de mass-médias divulguent une présentation de la foi chrétienne et de l’histoire parfois débordante de calomnies, désinformant le public aussi bien sur le contenu de notre foi qu’à propos de la réalité de notre Église. [...]

La déchristianisation s’accompagne d’attaques juridiques répétées, et parfois physiques, contre la présence visible des manifestations de la foi. Parmi les signes préoccupants de l’hostilité systématique, l’Observatoire européen de la christianophobie a pris acte de beaucoup de cas de discrimination et de violence contre les chrétiens dans presque tous les pays européens. Il n’est pas non plus rare que les tribunaux refusent l’aide aux victimes chrétiennes de ces attaques. L’écrasante majorité des cas de violence et de discrimination pour appartenance religieuse a lieu en Europe contre les chrétiens, surtout les catholiques. [...]"

Posté le 18 octobre 2012 à 21h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

L'Eglise a besoin de valoriser les “voix” des catholiques présents dans les blogs

Lors de la 13e congrégation générale du synode, Mgr Claudio Maria Celli, Président du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, est intervenu. Voici le résumé de son intervention :

C"La nouvelle évangélisation nous demande d’être attentifs à la “nouveauté” du contexte culturel dans lequel nous sommes appelés à annoncer la Bonne Nouvelle, mais également à la “nouveauté” des méthodes à utiliser. Les nouveaux médias sont en train de changer radicalement la culture dans laquelle nous vivons et offrent de nouveaux chemins pour partager le message de l’Évangile. Les nouvelles technologies n’ont pas seulement changé la façon de communiquer, mais ont transformer la communication même, en créant une nouvelle infrastructure culturelle qui est en train d’influer sur l’environnement de la communication et nous ne pouvons pas faire ce que nous avons toujours fait, même avec les nouvelles technologies.

L’arène numérique n’est pas un espace “virtuel” moins important du monde “réel” et, si la Bonne Nouvelle n’est pas proclamée aussi de façon “numérique”, nous courons le risque d’abandonner beaucoup de personnes, pour lesquelles c’est celui-là, le monde dans lequel elles “vivent”. L’Église est déjà présente dans l’espace numérique, mais le prochain défi est de changer notre style communicatif pour rendre cette présence efficace, s’occupant surtout de la question du langage. Dans le forum numérique, le discours est spontané, interactif, et participatif; dans l’Église, nous sommes habitués à utiliser des textes écrits comme moyen normal de communication. Je ne sais pas si cette forme peut parler aux plus jeunes, habitués à un langage ancré dans la convergence de mots, sons et images. Nous sommes appelés à communiquer avec notre témoignage, en partageant dans les relations personnelles l’espoir qui nous habite. Nous ne pouvons diluer les contenus de notre foi, mais trouver de nouveaux moyens de l’exprimer dans sa plénitude.

Nous sommes obligés de nous exprimer de façon à impliquer les autres qui, à leur tour, partagent nos idées avec leurs amis et “followers”. Nous avons besoin de valoriser les “voix” des nombreux catholiques présents dans les blogs, afin qu’ils puissent évangéliser, présenter l’enseignement de l’Église et répondre aux questions des autres. Je pense à l’Église qui est appelée à instaurer un dialogue respectueux avec tous, à donner raison à l’espérance que tous portent dans leur coeur."

Posté le 18 octobre 2012 à 09h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

17 octobre 2012

L'année de la Foi des enfants et des parents avec Transmettre

"Benoît XVI nous invite à vivre une Année de la foi. Et cette Année de la foi est l'année du catéchisme, nous dit le pape, l'année de la redécouverte du Credo. Transmettre répond à cet appel en aidant tous les évangélisateurs de l'enfance" :

Chaque mois, la revue Transmettre propose :

Pendant toute l'Année de la foi, chaque dossier sera consacré à l'explication d'un article du Credo avec :

  • un rappel de l'enseignement de l'Eglise;
  • une leçon de caté adaptée aux enfants ;
  • une page d'activités (coloriage, texte à trous).

Chaque numéro comporte aussi :

  • Un carnet de prières à découper et monter.
  • Un commentaire d'un évangile du dimanche complété par un bricolage.
  • Des articles pour l'éveil à la foi, l'éducation et la catéchèse.
  • Une petite histoire de l'Eglise.

Transmettre, c'est aussi des guides pour l'éveil à la foi, la confession et la première communion, la profession de foi, la confirmation, l'explication de la Bible, l'éducation chrétienne etc. Et son site internet propose une centaine de dessins à colorier gratuits !

S'abonner.

Trs

Posté le 17 octobre 2012 à 16h26 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

Que les vérités chrétiennes éclairent et transforment la culture

Au cours de l'audience générale ce matin, Benoît XVI a inauguré un cycle de catéchèse consacré à la foi, qui se développera durant toute l'Année de la foi, une année

"destinée à relancer dans l'Eglise l'enthousiasme de croire en Jésus-Christ...à raviver la joie de reprendre le chemin qu'il nous a indiqué, de témoigner concrètement de la force de la foi".

La foi

"n'est pas quelque chose d'étranger, distinct de la vie quotidienne, car elle est l'âme. C'est une foi dans un Dieu d'amour qui, en s'incarnant s'est rapproché de l'homme, s'est offert sur la croix pour le racheter et lui ouvrir les portes du ciel. Dans l'amour seul, nous a-t-il enseigné, réside la plénitude de l'homme... Là où règne la domination, la possession, l'exploitation d'autrui...l'homme est appauvri, dégradé, défiguré. Forte dans l'espérance et active dans la charité, la foi chrétienne humanise la vie... [...] Née du Christ, l'Eglise est le porteur d'une nouvelle espérance... Mais dès l'origine s'est posé le problème des règles de foi, de la fidélité à l'Evangile..., à la vérité salvifique de Dieu". 

"Dans le credo réside la vie morale du chrétien, qui y trouve fondement et justification... Il est du devoir de l'Eglise de transmettre la foi, d'enseigner l'Evangile, afin que les vérités chrétiennes éclairent et transforment la culture, que les chrétiens soient capables de témoigner de l'espérance qu'ils portent. Nous vivons dans un monde en mutation profonde où la sécularisation et le relativisme marque fortement la mentalité générale... si l'individualisme et le relativisme semblent dominer chez nos contemporains, les croyants ne sont pas totalement immunes de ces dangers... L'enquête menée en vue du synode sur la nouvelle évangélisation a montré certains de ces dangers, tels une foi vécue passivement et de manière trop personnelle, le refus de l'éducation à la foi ou la fracture entre foi et vie. Souvent le chrétien ne connaît même pas le coeur de la foi catholique contenu dans le credo, mais se laisse gagner par un certain syncrétisme ou relativisme religieux, dénué de clarté quant à la vérité de croire et au caractère salvifique du christianisme... Il nous faut revenir à Dieu, au Dieu de Jésus-Christ, redécouvrir le message évangélique et le faire plus profondément entrer dans notre conscience et dans notre mode de vie. [...] Je voudrais qu'on voie clairement que les vérités de foi intéressent directement notre vécu, qu'elles réclament une conversion de vie, qu'elles engendrent un mode nouveau d'envisager et de croire en Dieu".

Posté le 17 octobre 2012 à 15h49 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2012

Une vidéo met le pavé de l'islam dans la mare du synode des évêques

I Media nous informe que les participants au Synode sur la nouvelle évangélisation au Vatican ont visionné samedi une vidéo particulièrement alarmiste (et réaliste) sur l’immigration musulmane en Europe. Plusieurs pères synodaux ont réagi et fait part de leur “perplexité“, mettant en doute certains chiffres de cette vidéo.

TC'est le cardinal du Ghana Peter Turkson, président du conseil pontifical «Justice et Paix», qui a ainsi invité les pères synodaux, auditeurs et experts, à voir un document de 7 minutes intitulé “Muslim demographics“. Ce document s’appuie sur un certain nombre de chiffres. Il affirme que “le monde change“ et présente “un rapport sur les changements de la démographie mondiale“ dans lequel est évoqué le taux de fécondité très bas des pays européens au regard du taux de fécondité très élevé des familles musulmanes.

“En quelques années seulement, l’Europe telle qu’on la connaît cessera d’exister mais sa population ne déclinera pas“.

la France sera une république islamique d’ici seulement 39 ans“.

Dès la fin de la diffusion de cette vidéo, plusieurs évêques ont mis en garde devant le risque de susciter “une guerre de religions“ avec un tel document. Mais, depuis le début du synode, de très nombreux prélats originaires du Moyen-Orient et du continent africain ont évoqué la difficulté de l’Eglise catholique à prêcher l’Evangile dans les pays où l’islam est majoritaire. Nombreux sont aussi ceux qui, de manière inédite, évoquent au cours du synode la délicate situation des musulmans souhaitant se convertir.

ACe dernier point crée une divergence d'analyse et d'attitude au sein de l'Eglise. Lors d'une discussion hier avec le député italien auprès du Parlement européen, Magdi Cristiano Allam, ancien musulman converti au christianisme et baptisé par Benoît XVI sous les caméras du monde entier, ce dernier a révélé que son baptême ne s'est pas fait sans difficultés. Certains prélats souhaitaient en effet qu'il se convertisse en secret par peur des représailles. Magdi Allam a dénoncé la peur qui habite les chrétiens d'Occident face à un islam conquérant. L’ancien rédacteur en chef du Corriere della Sera, dénonçant le terrorisme des coupe-langues, a un message clair : Aimons les musulmans, mais pas l’islam, qui en tant que religion prône la haine et punit de mort ceux qui le quittent, y compris en Europe. Lui-même vit entouré de gardes du corps depuis qu'une fatwa l'a condamné à mort. Il souhaite que les chrétiens n'aient pas peur de l'islam et osent accepter publiquement les milliers de convertis, qui aujourd'hui, en Europe, font semblant de vivre comme des musulmans et se cachent pour se rendre à la messe !

Posté le 15 octobre 2012 à 21h01 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (19)

14 octobre 2012

"Croire dans le Christ signifie être prêts aussi à souffrir avec Lui et pour Lui"

FbC'est le message de Benoît XVI en ce premier dimanche de l'année de la foi : 

"Hier, à Prague, Federico Bachstein et treize de ses confrères de l’ordre des Frères mineurs, ont été proclamés bienheureux.

Ils ont été tués en 1611 à cause de leur foi. Ce sont les premiers Bienheureux de l’Année de la foi et ce sont des martyrs : il nous rappellent que croire dans le Christ signifie être prêts aussi à souffrir avec lui et pour lui".

Écoutons le Pape nous adresser ces mots en français : 

"Chers pèlerins francophones, en ce début de l’Année de la Foi, l’Évangile de ce jour nous invite à tout abandonner pour suivre Jésus. N’ayons pas peur de vivre et de proclamer notre foi en Dieu. Aujourd’hui encore, vivre pour Dieu nous oblige à faire des choix pour avancer. Ils sont parfois difficiles.

Mais nous savons que Dieu nous accompagne et nous aide à faire le bien, car sa grâce nous devance toujours. En ce mois du Rosaire, tournons-nous vers la Vierge Marie. Elle a su accueillir et vivre de la Parole de Dieu. Confions-lui également nos familles et tous les participants rassemblés ici en Synode pour réfléchir et échanger sur la Nouvelle Évangélisation !"

Posté le 14 octobre 2012 à 17h10 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

13 octobre 2012

"Aggiornamento ne signifie pas une rupture de la tradition"

Hier, le Saint-Père a reçu les évêques pères concilaires venus à Rome, et les Présidents des Conférences épiscopales participant au Synode. Ayant été expert au concile Vatican II, Benoît XVI a évoqué les nombreux souvenirs de cette période :

"Sans m'étendre, je voudrais reprendre certains points de mon homélie d'hier en citant le mot que Jean XXII avait lancé comme une sorte de programme pour les travaux conciliaires, l'aggiornamento. Cinquante ans après l'ouverture du Concile, certains se demandent si la formule n'aurait pas d'emblée été malheureuse. On pourrait discuter des heures durant et n'aboutir qu'à des opinions discordantes. Je suis convaincu que l'intuition du Pape Jean exprimée par ce mot était et demeure exacte. Le christianisme n'est pas une chose du passé, vécue en regardant en arrière, puisque le Christ est d'hier, d'aujourd'hui et pour l'éternité. Il est marqué de la présence de l'Eternel, de Dieu entré dans le temps et présent à tout moment, le temps découlant de sa puissance créatrice, de son éternel aujourd'hui. C'est pourquoi le christianisme est toujours neuf. Il ne faut pas l'envisager comme un arbre pleinement développé à partir de la graine évangélique, qui aurait produit tous ses fruits et serait devenu vieux, au crépuscule de son énergie vitale. Le christianisme est un arbre...perpétuellement jeune. Cette actualité, cet aggiornamento, ne signifie pas une rupture de la tradition, mais une vitalité continue. Aggiornamento ne veut pas dire réduire la foi, la plier à l'air du temps, au bon plaisir de l'opinion. Tout au contraire. Et comme le firent les pères concilaires, il nous faut porter notre aujourd'hui dans le temps de Dieu".

Posté le 13 octobre 2012 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

12 octobre 2012

Hier à Rome

B
R
Source

Posté le 12 octobre 2012 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

11 octobre 2012

L'homélie de Benoît XVI pour l'ouverture de l'année de la Foi

Lu ici :

B162"La cohérence entre l’Année de la foi que nous ouvrons aujourd’hui et le chemin que l’Église a parcouru depuis les 50 dernières années est évidente : à commencer par le Concile, puis à travers le Magistère du Serviteur de Dieu Paul VI qui, déjà en 1967, avait proclamé une « Année de la foi », jusqu’au Grand Jubilée de l’an 2000 par lequel le Bienheureux Jean-Paul II a proposé à nouveau à toute l’humanité Jésus-Christ comme unique Sauveur, hier, aujourd’hui et pour toujours. Entre ces deux pontifes, Paul VI et Jean-Paul II, existe une convergence totale et profonde précisément au sujet du Christ, centre du cosmos et de l’histoire, ainsi qu’au regard du zèle apostolique qui les a portés à l’annoncer au monde. Jésus est le centre de la foi chrétienne. Le chrétien croit en Dieu par Jésus qui nous en a révélé le visage. Il est l’accomplissement des Écritures et leur interprète définitif. Jésus-Christ n’est pas seulement objet de la foi mais, comme le dit la Lettre aux Hébreux, il est « celui qui donne origine à la foi et la porte à sa plénitude » (He 12,2).

L’Évangile de ce jour nous dit que Jésus, consacré par le Père dans l’Esprit-Saint, est le sujet véritable et pérenne de l’évangélisation. « L’Esprit du Seigneur est sur moi pour cela il m’a consacré par l’onction et m’a envoyé annoncer aux pauvres une bonne nouvelle » (Lc 4,18). Cette mission du Christ, ce mouvement, se poursuit dans l’espace et dans le temps, il traverse les siècles et les continents. C’est un mouvement qui part du Père et, avec la force de l’Esprit, porte la bonne nouvelle aux pauvres de tous les temps, au sens matériel et spirituel. L’Église est l’instrument premier et nécessaire de cette œuvre du Christ parce qu’elle est unie à Lui comme le corps l’est à la tête. « Comme le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie » (Jn 20, 21) (...)

Le Concile Vatican II n’a pas voulu consacrer un document spécifique au thème de la foi. Pourtant, il a été entièrement animé par la conscience et le désir de devoir, pour ainsi dire, s’immerger à nouveau dans le mystère chrétien, afin d’être en mesure de le proposer à nouveau efficacement à l’homme contemporain. A cet égard, le Serviteur de Dieu Paul VI déclarait deux ans après la clôture de l’Assise conciliaire : « Si le Concile ne traite pas expressément de la foi, il en parle à chaque page, il en reconnait le caractère vital et surnaturel, il la répute entière et forte et établit sur elle toutes ses affirmations doctrinales. Il suffirait de rappeler quelques affirmations conciliaires […] pour se rendre compte de l’importance essentielle que le Concile, en cohérence avec la tradition doctrinale de l’Église, attribue à la foi, à la vraie foi, celle qui a pour source le Christ et pour canal le magistère de l’Eglise (Catéchèse de l’Audience générale du 8 mars 1967). Ainsi s’exprimait Paul VI.

Mais nous devons maintenant remonter à celui qui a convoqué le Concile Vatican II et qui l’ouvrit : le Bienheureux Jean XXIII. Dans son discours inaugural, celui-ci présenta le but principal du Concile en ces termes : « Voici ce qui intéresse le Concile Œcuménique : que le dépôt sacré de la doctrine chrétienne soit défendu et enseigné de façon plus efficace. (…) Le but principal de ce Concile n’est donc pas la discussion de tel ou tel thème de doctrine … pour cela il n’est pas besoin d’un Concile … Il est nécessaire que cette doctrine certaine et immuable, qui doit être fidèlement respectée, soit approfondie et présentée de façon à répondre aux exigences de notre temps » (AAS 54 [1962], 790.791-792) [cf. le message d'inauguratione du concile par Jean XXIII]

À la lumière de ces paroles, on comprend ce que j’ai moi-même eu l’occasion d’expérimenter : durant le Concile il y avait une tension émouvante face au devoir commun de faire resplendir la vérité et la beauté de la foi dans l’aujourd’hui de notre temps, sans pour autant sacrifier aux exigences du moment présent ni la confiner au passé : dans la foi résonne l’éternel présent de Dieu, qui transcende le temps et qui pourtant ne peut être accueillie par nous que dans notre aujourd’hui qui est unique. C’est pourquoi je considère que la chose la plus importante, surtout pour un anniversaire aussi significatif que celui-ci, est de raviver dans toute l’Église cette tension positive, ce désir d’annoncer à nouveau le Christ à l’homme contemporain. Mais afin que cet élan intérieur pour la nouvelle évangélisation ne reste pas seulement virtuel ou ne soit entaché de confusion, il faut qu’il s’appuie sur un fondement concret et précis, et ce fondement est constitué par les documents du Concile Vatican II dans lesquels il a trouvé son expression. Pour cette raison, j’ai insisté à plusieurs reprises sur la nécessité de revenir, pour ainsi dire, à la “ lettre ” du Concile – c’est-à-dire à ses textes – pour en découvrir aussi l’esprit authentique, et j’ai répété que le véritable héritage du Concile réside en eux. La référence aux documents protège des excès ou d’une nostalgie anachronique et ou de courses en avant et permet d’en saisir la nouveauté dans la continuité. Le Concile n’a rien produit de nouveau en matière de foi et n’a pas voulu en ôter ce qui est antique. Il s’est plutôt préoccupé de faire en sorte que la même foi continue à être vécue dans l’aujourd’hui, continue à être une foi vivante dans un monde en mutation.

B163Si nous acceptons la direction authentique que le Bienheureux Jean XXIII a voulu imprimer à Vatican II, nous pourrons la rendre actuelle durant toute cette Année de la foi, dans l’unique voie de l’Église qui veut continuellement approfondir le dépôt de la foi que le Christ lui a confié. Les Pères conciliaires entendaient présenter la foi de façon efficace. Et s’ils se sont ouverts dans la confiance au dialogue avec le monde moderne c’est justement parce qu’ils étaient sûrs de leur foi, de la solidité du roc sur lequel ils s’appuyaient. En revanche, dans les années qui ont suivi, beaucoup ont accueilli sans discernement la mentalité dominante, mettant en discussion les fondements même du depositum fidei qu’ils ne ressentaient malheureusement plus comme leurs dans toute leur vérité.

Si aujourd’hui l’Église propose une nouvelle Année de la foi ainsi que la nouvelle évangélisation, ce n’est pas pour célébrer un anniversaire, mais parce que c’est une nécessité, plus encore qu’il y a 50 ans ! Et la réponse à donner à cette nécessité est celle voulue par les Papes et par les Pères du Concile, contenue dans ses documents. L’initiative même de créer un Conseil Pontifical destiné à promouvoir la nouvelle évangélisation, que je remercie pour les efforts déployés pour l’Année de la foi, entre dans cette perspective. Les dernières décennies ont connu une « désertification » spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie, un monde sans Dieu, au temps du Concile, on pouvait déjà le percevoir à travers certaines pages tragiques de l’histoire, mais aujourd’hui nous le voyons malheureusement tous les jours autour de nous. C’est le vide qui s’est propagé. Mais c’est justement à partir de l’expérience de ce désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de nouveau la joie de croire, son importance vitale pour nous, les hommes et les femmes. Dans le désert on redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre ; ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables bien que souvent exprimés de façon implicite ou négative. Et dans le désert il faut surtout des personnes de foi qui, par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi tiennent en éveil l’espérance. La foi vécue ouvre le cœur à la Grâce de Dieu qui libère du pessimisme. Aujourd’hui plus que jamais évangéliser signifie rendre témoignage d’une vie nouvelle, transformée par Dieu, et ainsi indiquer le chemin. La première Lecture nous a parlé de la Sagesse du voyageur (cf. Sir 34,9-13) : le voyage est une métaphore de la vie et le voyageur sage est celui qui a appris l’art de vivre et est capable de le partager avec ses frères – comme c’est le cas pour les pèlerins sur le Chemin de Saint-Jacques ou sur les autres voies qui ont connu récemment, non par hasard, un regain de fréquentation. Comment se fait-il que tant de personnes ressentent le besoin de parcourir ces chemins ? Ne serait-ce pas parce qu’il trouvent là, ou au moins y perçoivent quelque chose du sens de notre être au monde ? Voici alors la façon dont nous pouvons penser cette Année de la foi : un pèlerinage dans les déserts du monde contemporain, au cours duquel il nous faut emporter seulement ce qui est essentiel : ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent et n’ayez pas deux tuniques – comme dit le Seigneur à ses Apôtres en les envoyant en mission (cf. Lc 9,3) – mais l’Évangile et la foi de l’Église dont les documents du Concile Œcuménique Vatican II sont l’expression lumineuse, comme l’est également le Catéchisme de l’Église catholique, publié il y a 20 ans maintenant.

Vénérés et chers Frères, le 11 octobre 1962 on célébrait la fête de la Vierge Marie, Mère de Dieu. C’est à elle que nous confions l’Année de la foi, comme je l’ai fait il y a une semaine lorsque je suis allé en pèlerinage à Lorette. Que la Vierge Marie brille toujours comme l’étoile sur le chemin de la nouvelle évangélisation. Qu’elle nous aide à mettre en pratique l’exhortation de l’Apôtre Paul : « Que la Parole du Christ habite en vous dans toute sa richesse ; instruisez-vous et reprenez-vous les uns les autres avec une vraie sagesse… Et tout ce que vous dites, tout ce que vous faites, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus Christ, en offrant par lui votre action de grâce à Dieu le Père » (Col 3,16-17)".

Posté le 11 octobre 2012 à 16h58 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

Le synode critique sans tabou les fruits du faux-esprit du Concile

Jean-Marie Guénois évoque le synode des évêques sur la nouvelle évangélisation, qui acommencé dimanche :

"À Rome, l'anniversaire du concile Vatican II n'est pas marqué par l'euphorie. Les cérémonies romaines, en ce 11 octobre, donneront le change mais, cinquante ans après l'ouverture de ce concile, le cœur n'y est pas. Car le bilan est plutôt sombre: l'“aggiornamento” de l'Église catholique voulu par Jean XXIII pose aujourd'hui plus de questions qu'il n'a pu en résoudre. Jusque-là relativement tabou, ou confisqué par les traditionalistes, le discours critique sur les fruits du concile est désormais publiquement porté par des évêques modérés. Une digue du silence semble même avoir cédé comme viennent de le démontrer les trois premiers jours de débat au synode sur «la nouvelle évangélisation» en cours à Rome jusqu'à la fin octobre.

[...] [L]'Église catholique souffre de «tiédeur» comme [Benoît XVI] l'a dénoncé lui-même en ouvrant les travaux lundi: «Le chrétien ne doit pas être tiède, a insisté le Pape. C'est le plus grand danger du chrétienIl a aussi fustigé une grande idée, fausse à ses yeux, mais issue de l'esprit de ce concile, selon laquelle les chrétiens pouvaient désormais «faire l'Église», c'est-à-dire inventer une nouvelle Église catholique. Nul ne peut «faire l'Église», a-t-il rétorqué en improvisant devant les membres du synode. Chacun doit seulement «faire connaître ce que le Christ a fait».[...] Il a encore insisté, mercredi matin, lors de l'audience générale: «Il faut revenir aux textes du concile en le libérant d'une masse de publications qui, souvent, au lieu de les faire connaître, les ont cachés

Redécouvrir donc le vrai concile mais, en attendant, le tableau dressé en introduction des travaux du synode par les rapporteurs continentaux sur la situation de l'Église catholique est inquiétant. Le cardinal Peter Erdö, archevêque de Budapest en Hongrie et président du Conseil des conférences épiscopales d'Europe, l'a constaté crûment: «Dans la plus large partie du continent, c'est l'ignorance à propos de la foi chrétienne qui se répand», avec «une perte de la mémoire et de l'héritage chrétiens».

De fait, ce sont «les évêques européens» qui apparaissent «les plus déprimés et les plus démoralisés», rapportent les observateurs du Vatican chargés de relater les débats à la presse. D'où la nécessité de retrouver une nouvelle vigueur, ce qui a poussé Benoît XVI à lancer en ce 11 octobre une «année de la foi» car il lui apparaît capital qu'un demi-siècle après le concile, les catholiques puissent redécouvrir leur foi qu'ils connaissent mal. Il en a confié l'animation à Mgr Rino Fisichella, un brillant prélat italien qui en a résumé l'esprit, mardi: «On a trop bureaucratisé la vie sacramentelle», assure-t-il. Conséquence: «nous apparaissons fatigués, répétant des formules obsolètes qui ne communiquent pas la joie de la rencontre avec le Christ et nous sommes incertains sur le chemin à prendre. Nous nous sommes renfermés sur nous-mêmes, montrant une autosuffisance qui empêche les autres de nous aborder comme une communauté vive et féconde, générant des vocations». Il précise: «nous avons perdu la crédibilité. Oppressés par le contrôle de notre langage, nous sommes craintifs dans nos prises de paroles». [...]"

Posté le 11 octobre 2012 à 14h24 par Michel Janva | Lien permanent

10 octobre 2012

La foi doit parler d’une façon plus incisive, sans faire de compromis

Lors de l'audience de ce matin, Benoît XVI a déclaré :

V"Nous sommes à la veille du jour où nous célèbrerons les cinquante ans de l’ouverture du concile œcuménique Vatican II et le début de l’Année de la foi. Je voudrais, dans ces catéchèses, commencer à réfléchir – à travers quelques brèves pensées – sur le grand événement d’Eglise qu’a été le Concile, événement dont j’ai été un témoin direct. [...]

Le bienheureux Jean-Paul II, au seuil du troisième millénaire, avait écrit : « je sens plus que jamais le devoir d'indiquer le Concile comme la grande grâce dont l'Église a bénéficié au vingtième siècle : il nous offre une boussole fiable pour nous orienter sur le chemin du siècle qui commence » (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 57). Je pense que cette image est éloquente. Il faut retourner aux documents du concile Vatican II, en les libérant de la masse de publications qui les ont souvent cachés au lieu de les faire connaître. Ils sont, pour notre temps aussi, une boussole qui permet au bateau de l’Eglise d’avancer en pleine mer, au milieu des tempêtes ou sur des eaux calmes et tranquilles, de naviguer en sécurité et d’arriver à bon port. [...]

Dans l’histoire de l’Eglise, comme vous le savez sûrement, divers conciles ont précédé Vatican II. En général, ces grandes assemblées ecclésiales ont été convoquées pour définir des éléments fondamentaux de la foi, surtout en corrigeant les erreurs qui la mettaient en danger. [...] La première question qui s’est posée dans la préparation de ce grand événement fut précisément de savoir comment le commencer, quel rôle lui attribuer.

CLe bienheureux Jean XXIII, dans son discours d’ouverture, le 11 octobre il y a cinquante ans, a donné une indication générale : la foi devait parler d’une façon « renouvelée », plus incisive – parce que le monde changeait rapidement – mais en gardant intacts tous ses contenus pérennes, sans renoncer à rien ni faire de compromis. Le pape désirait que l’Eglise réfléchisse sur sa foi, sur les vérités qui la guident. Mais à partir de cette réflexion sérieuse et approfondie sur la foi, devait se dessiner de manière nouvelle le rapport de l’Eglise avec l’ère moderne, du christianisme avec certains éléments essentiels de la pensée moderne, non pas pour s’y conformer mais pour présenter à notre monde, qui tend à s’éloigner de Dieu, l’exigence de l’Evangile dans toute sa grandeur et dans toute sa pureté (cf. Discours à la curie romaine pour la présentation des vœux de Noël, 22 décembre 2005). Le serviteur de Dieu Paul VI l’exprime très bien dans son homélie à la fin de la dernière session du concile, le 7 décembre 1965, par des paroles extraordinairement actuelles, quand il affirme que, pour bien évaluer cet événement, « il faut le voir dans l’époque où il s’est réalisé ».

« En effet, dit le pape, il a eu lieu à une époque où tout le monde reconnaît que les hommes sont davantage absorbés par le royaume de la terre que par le royaume des cieux ; à une époque où l’oubli de Dieu devient habituel, quasiment suscité par le progrès scientifique ; une époque où l’acte fondamental de la personne humaine, rendue plus consciente d’elle-même et de sa liberté, tend à revendiquer son autonomie absolue, s’affranchissant de toute loi transcendante ; une époque où le « laïcisme » est considéré comme la conséquence légitime de la pensée moderne et la norme la plus sage pour l’ordonnancement temporel de la société… C’est à cette époque-là qu’a été célébré notre concile à la louange de Dieu, au nom du Christ, sous l’inspiration de l’Esprit-Saint ». [...]

Nous voyons combien l’époque dans laquelle nous vivons continue d’être marqué par un oubli de Dieu et une surdité à son égard. Je pense que nous devons donc retenir la leçon la plus simple et la plus fondamentale du concile qui est que le christianisme, dans son essence, consiste dans la foi en Dieu, qui est amour trinitaire, et dans la rencontre, personnelle et communautaire, avec le Christ qui oriente et guide notre vie : tout le reste en découle. L’important, aujourd’hui – c’était aussi le désir des pères conciliaires – est que l’on voit, encore une fois, très clairement, que Dieu est présent, qu’il nous regarde, qu’il nous répond. Et qu’en revanche, lorsque la foi en Dieu est absente, l’essentiel s’écroule parce que l’homme perd sa dignité profonde et ce qui fait la grandeur de son humanité, contre tout réductionnisme. Le Concile nous rappelle que l’Eglise, dans toutes ses composantes, a le devoir, le mandat de transmettre la parole de l’amour de Dieu qui sauve, pour que soit écouté et accueilli cet appel divin qui contient en lui-même notre béatitude éternelle.

En regardant dans cette lumière la richesse contenue dans les documents de Vatican II, je voudrais simplement évoquer les quatre Constitutions, pour ainsi dire les quatre points cardinaux de la boussole capable de nous orienter. La Constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium nous indique comment, dans l’Eglise, au commencement, il y a l’adoration, il y a Dieu, il y a la centralité du mystère de la présence du Christ.

Et l’Eglise, Corps du Christ et peuple en pèlerinage dans le temps, a comme tâche fondamentale de glorifier Dieu, comme l’exprime la Constitution Lumen gentium. Le troisième document que je voudrais citer est la Constitution sur la révélation divine, Dei Verbum : la Parole vivante de Dieu convoque l’Eglise et la vivifie tout au long de son chemin dans l’histoire. Enfin, la manière dont l’Eglise apporte au monde entier la lumière qu’elle a reçue de Dieu pour qu’il soit glorifié constitue le thème de fond de la Constitution pastorale Gaudium et spes.

Le concile Vatican II est pour nous un appel fort à redécouvrir chaque jour la beauté de notre foi, à la connaître plus en profondeur pour avoir une relation plus intense avec le Seigneur, à vivre jusqu’au bout notre vocation chrétienne. Que la Vierge Marie, Mère du Christ et de toute l’Eglise, nous aide à réaliser et à porter à son achèvement ce que les pères conciliaires, animés par l’Esprit-Saint, gardaient dans leur cœur : le désir que tous puissent connaître l’évangile et rencontrer le Seigneur Jésus qui est le chemin, la vérité et la vie."

Posté le 10 octobre 2012 à 21h47 par Michel Janva | Lien permanent

Une année de la Foi pour sortir par le haut de l'après-Concile

D'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

F"En ouvrant l’Année de la foi, ce jeudi 11 octobre, pour le cinquantenaire de Vatican II, Benoît XVI s’inscrit manifestement dans les pas de ses prédécesseurs. Comme lui, Paul VI et Jean-Paul II ont souhaité sortir par le haut de l’ornière de l’après-Concile, tristement illustrée par les milliers de défections dans le clergé. Et pour en sortir, les différents papes ont voulu réaffirmer fortement la foi de l’Église. Pour Paul VI, ce fut la proclamation publique et solennelle, en 1968, du Credo du peuple de Dieu. Trois ans après la fin du Concile, le pape rappelait ainsi la doctrine de l’Église sur des questions aussi importantes que le péché originel ou la présence réelle du Christ dans l’eucharistie. Autant de notions contestées par les partisans du courant dit de « l’esprit du Concile », et qui fut plutôt, aux dires du cardinal Ratzinger, un « anti-esprit »…

Jean-Paul II pour sa part lança un chantier immense, celui d’une synthèse de référence de l’ensemble de la doctrine, accessible à tous. Chantier qui aboutit à la publication en 1992 – pour les 30 ans de Vatican II – du Catéchisme de l’Église catholique, sous la haute direction du même cardinal Ratzinger. Lequel, devenu pape, favorisera à son tour le lancement d’une version pour les plus jeunes, le Youcat. Ces deux ouvrages ont été, soulignons-le, des succès de librairie : preuve que « l’analphabétisme religieux » n’est pas une fatalité…[...] Benoît XVI en est si convaincu que dans la préface du Youcat, il demande instamment aux jeunes d’« étudier le catéchisme », et de le connaître avec autant de « précision » qu’un « bon musicien » qui maîtrise sa partition. Ceci pour éviter que beaucoup de jeunes s’éloignent de la pratique religieuse à l’adolescence, faute d’en avoir acquis l’intelligence. [...]"

Posté le 10 octobre 2012 à 09h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Le chrétien ne doit pas être tiède : l'Apocalypse nous dit que c'est le plus grand danger

Extraits de la méditation du Pape Benoît XVI au cours de la Première Congrégation générale du Synode des évêques, lundi 8 octobre, traduit par Benoît-et-moi :

B"[...] Le mot «Evangelium», «euangelisasthai», a une longue histoire. Il apparaît chez Homère: c'est l'annonce d'une victoire, et donc annonce de bien, de joie et de félicité. Il apparaît ensuite dans le Second Isaïe (cf. Is 40,9), comme une voix qui annonce la joie de Dieu, comme une voix qui fait comprendre que Dieu n'a pas oublié son peuple, que Dieu, qui, apparemment, s'est presque retiré de l'histoire, est là, qu'il est présent. Et Dieu a le ("du") pouvoir, Dieu donne la joie, il ouvre les portes de l'exil; après la longue nuit de l'exil, sa lumière apparaît et donne à son peuple la possibilité de retour, il renouvelle l'histoire du bien, l'histoire de son amour. Dans ce contexte de l'évangélisation, apparaissent en particulier trois mots: dikaiosyne, eirene, soteria - la justice, la paix et le salut. Jésus lui-même a repris les paroles d'Isaïe à Nazareth, parlant de cet «Evangile» qu'il porte aujourd'hui aux exclus, aux prisonniers, à ceux qui souffrent et aux pauvres.

Mais pour le sens du mot «Evangelium» dans le Nouveau Testament, en plus de cela - le deutéro-Isaïa (i.e. le second livre d'Isaïe), qui ouvre la porte - est également important l'usage du mot fait par l'Empire romain, à commencer par l'empereur Auguste. Ici, le terme «Evangelium» désigne un mot, un message qui vient de l'Empereur. Le message, donc, de l'Empereur - en tant que tel - apporte le bien: c'est le renouvellement du monde, c'est le salut. Message impérial, et à ce titre message de pouvoir et de puissance; c'est un message de salut, de renouvellement et de santé. Le Nouveau Testament accepte cette situation. Saint-Luc confronte explicitement l'empereur Auguste à l'Enfant né à Bethléem: «Evangelium - dit-il - oui, c'est un mot de l'Empereur, du vrai Empereur du monde. Le vrai Empereur du monde s'est fait entendre, il nous parle. Et ce fait, en tant que tel, est rédemption, parce que la grande souffrance humaine - à l'époque, comme aujourd'hui - est la suivante: derrière le silence de l'univers, derrière les nuages de l'histoire, y a-t-il Dieu, oui ou non? Et, s'il y a ce Dieu, nous connaît-il, a-t-il quelque chose à voir avec nous? Ce Dieu est-il bon, et la réalité du bien a-t-elle un pouvoir dans le monde, oui ou non? Cette question est aussi actuelle aujourd'hui qu'elle l'était à l'époque. Beaucoup de personnes se demandent: Dieu est-il une hypothèse ou non? Est-il une réalité ou non? Pourquoi ne se fait-il pas entendre?

«Évangile» signifie: Dieu a rompu son silence, Dieu a parlé, Dieu existe. Ce fait en tant que tel est rédemption: Dieu nous connaît, Dieu nous aime, il est entré dans l'histoire. Jésus est sa Parole, Dieu avec nous, le Dieu qui nous montre qu'il nous aime, qu'il souffre avec nous jusqu'à sa mort et est ressuscité. C'est cela, l'Evangile. Dieu a parlé, il n'est plus le grande inconnu, mais il se montre lui-même, et c'est cela, le salut.

La question pour nous est la suivante: Dieu a parlé, il a vraiment rompu le grand silence, il s'est montré, mais comment pouvons-nous faire arriver cette réalité à l'homme d'aujourd'hui, afin qu'elle devienne salut? En soi, le fait qu'il a parlé est le salut, la rédemption. Mais comment l'homme peut-il le savoir? Ce point me semble être une interrogation, mais aussi une question, un mandat pour nous: nous pouvons trouver la réponse en méditant l'Hymne de l'heure Tierce: «Nunc, Sancte, nobis Spiritus».

La première strophe dit: «Dignàre promptus ingeri nostro refusus, péctori», c'est-à-dire prions afin que vienne le Saint-Esprit, qu'il soit en nous et avec nous. En d'autres termes: nous ne pouvons pas faire l'Église, nous pouvons seulement faire connaître ce qu'il a fait Lui. L'Eglise ne commence pas avec notre «faire», mais avec le «faire» et le «parler» de Dieu. Ainsi, les apôtres n'ont pas dit, après quelques assemblées: maintenant nous voulons créer une Eglise, et sous la forme d'une Assemblée constituante, ils auraient élaboré une constitution. Non, ils ont prié et attendu dans la prière, parce qu'ils savaient que seul Dieu peut créer son Eglise, que Dieu est le premier agent: si Dieu n'agit pas, nos choses sont seulement les nôtres et elles ne sont pas suffisantes; Dieu seul peut témoigner que c'est lui qui parle et a parlé. La Pentecôte est la condition de la naissance de l'Eglise: ce n'est que parce que Dieu a d'abord agi, que les Apôtres peuvent agir avec lui et avec sa présence, et rendre présent ce que Lui a fait. Dieu «a parlé» et ce «a parlé» est le parfait de la foi, mais c'est toujours un présent: le parfait de Dieu n'est pas seulement un passé, parce que c'est un passé vrai qui porte toujours en soi le présent et l'avenir. Dieu a parlé veut dire: «Il parle». Et de même qu'à cette époque, ce n'est qu'avec l'initiative de Dieu que l'Église est née, que l'Évangile et le fait que Dieu a parlé et parle ont pu être connus, encore aujourd'hui, Dieu seul peut commencer, nous pouvons seulement coopérer, mais le début doit venir de Dieu.

C'est pourquoi ce n'est pas une simple formalité si nous commençons aujourd'hui notre Assemblée par la prière: cela correspond à la réalité elle-même. Seul le 'précèder' de Dieu rend possible notre 'cheminer', notre 'coopérer', qui est toujours un 'coopérer', et pas notre décision pure. C'est pourquoi il est toujours important de savoir que le premier mot, l'initiative elle-même, l'activité réelle vient de Dieu et que ce n'est qu'en nous insérant dans cette initiative divine, qu'en implorant cette initiative divine, que nous pouvons nous aussi devenir - avec Lui et en Lui - évangélisateurs. Dieu est toujours le commencement, et toujours Lui seul peut faire la Pentecôte, peut créer l'Église, il peut montrer la réalité de son 'être' avec nous. Mais d'un autre côté, cependant, ce Dieu, qui est toujours le début, veut aussi notre implication, veut aussi impliquer notre activité, afin que les activités soient théandriques, pour ainsi dire, faites par Dieu, mais avec notre participation et impliquant tout notre être, notre activité tout entière.

Ainsi, lorsque c'est nous qui faisons la nouvelle évangélisation, elle est toujours coopération avec Dieu, elle est avec Dieu, elle repose sur la prière et sa présence réelle. [...]

La foi a un contenu: Dieu se communique, mais ce «Moi» de Dieu se montre réellement dans la figure de Jésus et est interprété dans la «confession» qui nous parle de sa conception virginale, de la Nativité, la Passion, la Croix, la Résurrection. [...] Ici, il est important d'observer également une petite réalité philologique: «confession» dans le latin pré-chrétien se dirait non pas «confessio», mais «professio» : Il s'agit de présenter une réalité de manière positive. Au lieu de cela, le mot «confession» se réfère à la situation dans un tribunal, dans un procès où l'on ouvre son esprit et se confesse. En d'autres termes, le mot «confession», qui en latin chrétien a remplacé le mot «professio» porte en soi l'élément martyrologique, l'élément de témoigner devant des instances ennemies de la foi, témoigner, même dans des situations de passion et de danger de mort. A la confession chrétienne appartient essentiellement la disponibilité à souffrir: cela me semble très important. Toujours dans l'essence de la «confessio» de notre Credo, est également impliquée la disponibilité à la passion, à la souffrance, et même à donner sa vie. Est c'est justement ce qui assure la crédibilité: la «confessio» n'est pas une chose quelconque qu'on peut aussi laisser tomber; la «confessio» implique la disponibilité à donner ma vie, à accepter la passion. C'est précisément là que se vérifie la «confessio». Nous voyons que pour nous la «confessio» n'est pas un mot, c'est plus que la douleur, c'est plus que la mort. Pour la «confessio», cela vaut vraiment la peine de souffrir, cela vaut la peine de souffrir jusqu'à la mort. Celui qui fait cette «confessio» montre ainsi que réellement, ce qu'il confesse est plus que la vie: c'est la vie elle-même, le trésor, la perle précieuse et infinie. Dans la dimension martyrologique du mot «confessio», apparaît la vérité: elle ne se vérifie que dans une réalité pour laquelle il vaut la peine de souffrir, qui est plus forte même que la mort, et elle démontre qu'elle est la vérité que je tiens dans ma main, que je suis plus sûr, que je «porte» ma vie parce que je trouve la vie dans cette confession. [...]

Par saint Paul (Lettre aux Romains, 10), nous savons que l'emplacement de la «confession» est dans le cœur et dans la bouche: elle doit rester au plus profond du cœur, mais elle doit également être publique; la foi portée dans le cœur doit être annoncée: elle n'est jamais seulement une réalité dans le cœur, mais elle tend à être communiquée, à être vraiment confessée devant les yeux du monde entier. [...]

Jésus a dit: «Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé». Origène nous a transmis une parole du Seigneur: «Celui qui est près de moi est près du feu». Le chrétien ne doit pas être tiède. L'Apocalypse nous dit que c'est le plus grand danger pour un chrétien: qu'il ne dise pas non, mais un oui très tiède. Cette tiédeur, justement, discrédite le christianisme. La foi doit devenir en nous flamme de l'amour, une flamme qui réellement enflamme mon être, devient une grande passion de mon être, et ainsi enflamme le prochain. [...]"

Posté le 10 octobre 2012 à 07h22 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2012

Benoît XVI nous parle du mariage, "non seulement objet, mais sujet de la nouvelle évangélisation"

Dans son homélie de ce matin :

"Le thème du mariage, qui nous est proposé par l’Évangile et la première Lecture, mérite à ce propos une attention spéciale. On peut résumer le message de la Parole de Dieu dans l’expression contenue dans le Livre de la Genèse et reprise par Jésus lui-même : « à cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront qu’une seule chair » (Gn 2, 24 ; Mc 10, 7-8). Qu’est-ce que cette Parole nous dit aujourd’hui ?

Il me semble qu’elle nous invite à être plus conscients d’une réalité déjà connue mais peut-être pas valorisée pleinement : c’est-à-dire quele mariage en lui-même est un Évangile, une Bonne Nouvelle pour le monde d’aujourd’hui, particulièrement pour le monde déchristianisé. L’union de l’homme et de la femme, le fait de devenir « une seule chair » dans la charité, dans l’amour fécond et indissoluble, est un signe qui parle de Dieu avec force, avec une éloquence devenue plus grande de nos jours, car, malheureusement, pour diverses raisons, le mariage traverse une crise profonde justement dans les régions d’ancienne évangélisation. Et ce n’est pas un hasard. Le mariage est lié à la foi, non pas dans un sens générique. Le mariage, comme union d’amour fidèle et indissoluble, se fonde sur la grâce qui vient de Dieu, Un et Trine, qui, dans le Christ, nous a aimés d’un amour fidèle jusqu’à la Croix.

Aujourd’hui, nous sommes en mesure de saisir toute la vérité de cette affirmation, en contraste avec la douloureuse réalité de beaucoup de mariages qui malheureusement finissent mal. Il y a une correspondance évidente entre la crise de la foi et la crise du mariage. Et, comme l’Église l’affirme et en témoigne depuis longtemps, le mariage est appelé à être non seulement objet, mais sujet de la nouvelle évangélisation. Cela se vérifie déjà dans de nombreuses expériences, liées à des communautés et mouvements, mais se réalise aussi de plus en plus dans le tissu des diocèses et des paroisses, comme l’a montré la récente Rencontre Mondiale des Familles.

Une des idées fondamentales de la nouvelle impulsion que le Concile Vatican II a donnée à l’évangélisation est celle de l’appel universel à la sainteté, qui, comme tel, concerne tous les chrétiens (cf. Const. Lumen gentium, nn. 39-42). Les saints sont les vrais protagonistes de l’évangélisation dans toutes ses expressions. Ils sont aussi, d’une manière particulière, les pionniers et les meneurs de la nouvelle évangélisation : par leur intercession et par l’exemple de leur vie, attentive à la créativité de l’Esprit Saint, ils montrent aux personnes indifférentes et même hostiles, la beauté de l’Évangile et de la communion dans le Christ, et ils invitent les croyants tièdes, pour ainsi dire, à vivre dans la joie de la foi, de l’espérance et de la charité, à redécouvrir le « goût » de la Parole de Dieu et des Sacrements, particulièrement du Pain de vie, l’Eucharistie. Les saints et les saintes fleurissent parmi les missionnaires généreux qui annoncent la Bonne Nouvelle aux non-chrétiens, traditionnellement dans les pays de mission et actuellement en tout lieu où vivent des personnes non chrétiennes. La sainteté ne connaît pas de barrières culturelles, sociales, politiques, religieuses. Son langage – celui de l’amour et de la vérité – est compréhensible par tous les hommes de bonne volonté et les rapproche de Jésus Christ, source intarissable de vie nouvelle".

Posté le 7 octobre 2012 à 11h29 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

04 octobre 2012

La grâce de Dieu n’élimine pas la liberté

Extraits de l'homélie du Saint-Père en la fête de Saint François d'Assise, patron d'Italie, 4 octobre, lors de la Messe célébrée au sanctuaire de Lorette, en Italie, où se trouve la maison de Marie. Le 4 octobre 1962, le Pape Jean XXIII fit le même pélerinage, avant d'ouvrir le Concile Vatican II :

"[...] A cinquante ans de distance, après avoir été appelé par la divine Providence à succéder au siège de Pierre à ce Pape inoubliable, je suis venu ici moi aussi en pèlerin pour confier à la Mère de Dieu deux importantes initiatives ecclésiales : l’Année de la Foi, qui s’ouvrira dans une semaine, le 11 octobre, à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II, et l’Assemblée Générale ordinaire du Synode des Evêques que j’ai convoquée au mois d’octobre sur le thème « La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». [...]

La foi nous fait habiter, demeurer, mais nous fait aussi marcher sur le chemin de la vie. À ce propos aussi, la Sainte Maison de Lorette nous donne un enseignement important. Comme nous le savons, elle était située sur une route. La chose pourrait apparaître plutôt étrange : de notre point de vue en effet, la maison et la route semblent s’exclure. En réalité, justement sur cet aspect particulier, un message singulier est gardé dans cette maison. Elle n’est pas une maison privée, elle n’appartient pas à une personne ou à une famille, mais elle est au contraire une habitation ouverte à tous, qui est, pourrait-on dire, sur notre chemin à tous. Ainsi, nous trouvons ici à Lorette, une maison qui nous fait demeurer, habiter et qui en même temps nous fait cheminer, nous rappelle que nous sommes tous pèlerins, que nous devons toujours être en chemin vers une autre maison, vers la maison définitive, celle de la Cité éternelle, la demeure de Dieu avec l’humanité rachetée. (cf. Ap 21, 3).

Il y a encore un point important du récit évangélique de l’Annonciation que je voudrais souligner, un aspect qui ne finit pas de nous étonner : Dieu demande le « oui » de l’homme, il a crée un interlocuteur libre, il demande que sa créature Lui réponde en toute liberté. Saint Bernard de Clairvaux, dans un de ses sermons les plus célèbres, « représente » l’attente de la part de Dieu et de l’humanité du « oui » de Marie, en se tournant vers elle avec une supplique : « L’ange attend ta réponse, parce qu’il est déjà temps pour lui de retourner vers Dieu qui l'a envoyé. Donne ta réponse, ô Vierge, hâte-toi, ô Souveraine, donne cette réponse que la terre, que les enfers, que les cieux aussi attendent. Autant il a convoité ta beauté, autant il désire à cette heure le « oui » de ta réponse, ce oui par lequel il a résolu de sauver le monde. Lève-toi, cours, ouvre ! Lève-toi par la foi, cours par la ferveur, ouvre-lui par ton consentement (In laudibus Virginis Matris, Hom. IV, 8). Dieu demande la libre adhésion de Marie pour devenir homme. Certes, le « oui » de Marie est le fruit de la grâce divine. Mais la grâce n’élimine pas la liberté, au contraire elle la crée et la soutient. La foi n’enlève rien à la créature humaine, mais ne permet pas la pleine et définitive réalisation. [...]"

Posté le 4 octobre 2012 à 14h00 par Michel Janva | Lien permanent

Transmettre la foi

Dans Les Nouvelles de l'Ordre du Saint-Sépulcre, le général Bernard Fleuriot évoque l'année de la foi :

"Si l’on traduit habituellement Évangile par Bonne Nouvelle, il faut se rappeler qu’à l’origine de ce mot il y a angelos, qui veut dire «envoyé», et evangelismos qui désigne en grec l’Annonciation. Nous sommes donc, après soixante générations de chrétiens, envoyés pour annoncer. Et c’est ce que nous rappellent sans cesse, depuis l’an 2000, nos papes Jean-Paul II et Benoît XVI. En tant que chevaliers et dames du Saint Sépulcre, nous avons trois occasions de participer activement à la nouvelle évangélisation : la formation, la participation et le témoignage. [...]

La participation : dans une société qui se déchristianise chaque jour, notre présence visible et même ostensible aux offices de la Semaine sainte, aux vénérations, aux processions et à toutes les démonstrations publiques de la foi est une manifestation active de fidélité et d’espérance. [...]

Le témoignage : regardons autour de nous. Dans nos familles d’abord, sommes-nous bien certains de témoigner de tout notre coeur, par nos paroles et par nos actes ? Savons-nous trouver les mots pour nos proches, nos enfants et petits enfants, la foi est la chose la plus précieuse que nous puissions leur transmettre, y mettons nous tout notre coeur et toute notre force, discrète, de conviction ? Dans nos milieux de travail ou de loisir, avec nos relations, savons nous, osons nous dire notre foi, témoigner de notre espérance, manifester notre charité ? Sans ostentation ni agressivité, mais avec joie et tranquillité. [...]"

Posté le 4 octobre 2012 à 08h56 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

02 octobre 2012

Le Pape a terminé l'encyclique sur la Foi

Elle devrait être publiée en janvier 2013.

Posté le 2 octobre 2012 à 20h49 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

29 septembre 2012

L'Année de la Foi pour les enfants

AAu large ! est un jeu de société qui s'adresse aux familles, aux jeunes, aux catéchistes, aux animateurs... Au large ! a reçu l'imprimatur de Mgr Dominique Rey, évêque de Toulon-Fréjus :

"L'essentiel de la foi est fidèlement exposé. A l'école des saints, chaque jeune peut suivre le Christ, d'étape en étape." "Je recommande volontiers Au large ! aux familles... Ce jeu veut participer à la Nouvelle Evangélisation, en utilisant tous les ressorts pédagogiques que sont la curiosité, l'imagination, la stimulation mutuelle, afin d'éveiller chez l'enfant le goût de connaître."

La Secrétairerie d'Etat a également salué cette initiative.

Le but du jeu est de parvenir le premier à Rome avec son carnet de route complet. Il se compose des cartes auxquelles le joueur a bien répondu.

Pour l'année de la foi promulgué par le Saint Père, le jeu catéchétique Au Large! est réédité enrichi de références au Catéchisme de l'Eglise catholique. Une façon ludique d'enrichir sa foi.

Posté le 29 septembre 2012 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

23 septembre 2012

Le célibat des prêtres n'est pas une invention du XIIe siècle

Dans Le Célibat des prêtres est-il justifié ? (Editions de l'Emmanuel, 62 pages) le père Bernard Gallizia, prêtre dans le Loir-et-Cher, va à l'essentiel est expose les positions de l'Eglise à travers ses Conciles, montrant par là que le célibat ecclésiastique tire son origine des temps apostoliques et non d'une décision incompréhensible prise sur le tard. Extrait :

C"On écrit partout, ou on entend dire, que la discipline du célibat sacerdotal ne viendrait que du XIIe siècle... Qu'en est-il ? Il faut d'abord savoir qu'il y eut beaucoup d'abus dans l'Eglise au XI siècle, notamment avec le "nicolaïsme" qui était la violation généralisée du célibat des clercs. Laissons la parole au cardinal Stickler :

"Après des réformes régionales infructueuses, les papes s'occupèrent, pour toute l'Europe, de cette situation de détresse de l'Eglise et réussirent - avant tout, grâce à l'intervention décisive de Grégoire VII - à maîtriser ce grave danger qui avait touché tous les degrés supérieurs du clergé. C'est ainsi que ce danger précisément devint l'occasion non seulement de rétablir l'ancienne discipline de la continence, mais aussi de la maîtriser, pour l'essentiel, par un choix et une formation meilleurs, surtout en renonçant de plus en plus à admettre des candidats mariés, afin de revenir à l'observance de cette obligation pour tous. Une autre conséquence importante de cette réforme fut de décider solennellement, lors du deuxième concile du Latran (1139), que les mariages des clercs majeurs, tout comme celui des religieux - prononçant des voeus solennels - étaient non seulement non autorisés comme par-devant, mais également invalides. Ce qui a conduit au malentendu encore largement répandu de nos jours, selon lequel ce serait seulement le deuxième concile du Latran qui aurait introduit le célibat des clercs majeurs."

Posté le 23 septembre 2012 à 09h30 par Michel Janva | Lien permanent

21 septembre 2012

La foi au défi du relativisme et de l'individualisme

Le Père Serge-Thomas Bonino, secrétaire de la Commission théologique internationale, et « théologien du pape », est interrogé dans Famille chrétienne sur l'Année de la Foi. En voici des extraits :

B"[...] L’idée d’une nouvelle évangélisation est très liée au contexte occidental. L’Europe a été évangélisée en profondeur, et cette première évangélisation a donné naissance à une civilisation chrétienne d’une richesse exceptionnelle, au Moyen Âge puis aux temps modernes. Mais, peu à peu, pour des raisons fort complexes, le christianisme a cessé d’irriguer les cultures européennes jusqu’à la situation actuelle, à propos de laquelle Jean-Paul II n’hésitait pas à parler d’« apostasie silencieuse ». C’est un fait : même si nos contemporains continuent tant bien que mal à vivre inconsciemment de valeurs d’origine chrétienne, le christianisme n’est plus une référence vitale pour la plupart d’entre eux. [...]

Le christianisme dit « sociologique » a-t-il disparu ?

Il ne survivra pas longtemps. Dans le contexte actuel, où elle ne s’incarne plus dans les structures culturelles, la foi ne peut exister que si elle est vécue en vérité par des croyants qui la prennent au sérieux, et en font l’axe essentiel de leur vie. Sinon, le christianisme n’est plus qu’un vernis culturel, un héritage que l’on n’habite plus vraiment. Une coquille vide. Nos contemporains ne vivent-ils pas comme des étrangers dans leur propre culture ? [...]

La foi n’est jamais facile, et chaque époque connaît ses propres difficultés. Aujourd’hui, la foi est surtout menacée par le relativisme ambiant, qui méconnaît le caractère absolu de la Vérité. Nos contemporains ont du mal à comprendre que la foi n’est pas une simple opinion parmi d’autres. Or, quand la foi est vécue sous forme d’opinion, on en prend et on en laisse. L’enseignement de l’Église devient un vaste supermarché où chacun fait ses courses en fonction de ses désirs subjectifs : je prends ce qui me plaît ou me parle… et je laisse tomber le reste. Au lieu d’accepter que la parole de Dieu donne un sens à ma vie, c’est moi qui prétends lui donner un sens acceptable ! Or la foi est au contraire un accueil inconditionnel de la parole de Dieu comme vérité définitive sur Dieu et sur l’homme. [...]

L’acte de foi est la réponse de l’homme à la parole de Dieu, communiquée à travers la prédication de l’Église. Elle n’est pas un vague sentiment sans objet, mais une adhésion de l’intelligence à un contenu intellectuel, à un ensemble de vérités qui définit qui est Dieu et quel est son projet pour l’humanité. Mais cette adhésion de l’intelligence engage ma personne dans toutes ses dimensions. [...] [Sur cette déclaration, lire le 1er commentaire ci-dessous, NDMJ]

La foi et la croyance sont quand même deux notions très différentes…

Imaginez que je doive me rendre à la cathédrale d’Auch pour mon mariage. J’ai tout prévu pour être à l’heure. Mais voilà que, sur cette petite route de campagne, je me retrouve derrière un camion des Déménageurs bretons qui roule à 30 km/h. Impossible de doubler, je n’ai aucune visibilité. J’enrage. Mais au bout d’un moment, le chauffeur du camion me fait signe par sa fenêtre de le dépasser. Motivé par le désir de retrouver à temps ma promise, je décide de faire confiance au chauffeur, de le « croire », et de doubler. Ce faisant, je risque ma vie ! L’acte de foi ne fonctionne pas autrement. Par moi-même, je ne peux pas savoir si telle ou telle affirmation qui dépasse mon intelligence est vraie ou fausse. Mais je fais confiance à quelqu’un qui est mieux informé que moi. Croire, c’est tenir quelque chose pour vrai sur l’affirmation d’un témoin qualifié. Dans la foi, je fais confiance à Jésus qui sait mieux que moi ce dont Il parle. Notez bien que si je ne veux pas faire confiance, je trouverai toujours mille raisons de ne pas faire confiance. J’irai imaginer que le chauffeur du camion a la berlue, ou qu’il me veut du mal… Telle est la tentation de l’homme contemporain. [...]

La confiance est toujours difficile, car faire confiance, c’est prendre le risque de dépendre d’autrui, et donc de ne plus maîtriser parfaitement sa vie. Ainsi, par la foi, je cesse d’être le seul maître de ma vie pour la remettre au Seigneur. Mais il est vrai aussi que le développement contemporain de l’individualisme renforce cette difficulté. L’individualisme revendiqué isole les personnes. L’unique rapport possible avec autrui devient alors le contrat mutuel. D’où la dérive judiciaire qui, dans nos sociétés, s’infiltre partout et tend à se substituer aux rapports humains. On aimerait tant que toute la vie soit réglée par des contrats en bonne et due forme. On éviterait ainsi d’avoir à faire le saut de la confiance en autrui ! Mais, grâce à Dieu, c’est impossible."

Posté le 21 septembre 2012 à 07h34 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

22 août 2012

La Reine des cieux a une partie du monde entre ses mains

Devant plusieurs milliers de fidèles réunis ce mercredi pour l’Audience générale, Benoît XVI est revenu sur la figure de la Vierge Marie, 8 jours après la fête de l’Assomption. Le Pape a invité les fidèles à imiter la foi de Marie afin d’accueillir Jésus dans leur vie quotidienne. Il a également insisté sur le titre de Reine donné à Marie. A plusieurs reprises le Pape invoque Marie sous son titre de Reine : « Reine des cieux », « Reine des anges, des prophètes ou encore des patriarches ».

« Le titre de roi ou de reine peut avoir une connotation vulgaire, mais ce n’est pas le sens donné à Jésus ou à Marie (…) Le Christ est un roi qui n’a rien à voir avec les puissants sur cette terre, il sert ses serviteurs, comme il l’a toujours démontré toute sa vie ».

Cela vaut également pour Marie, précise Benoît XVI qui invite ainsi les fidèles à suivre son exemple.

Marie veille ainsi sur nous,

« sur ceux qui se tournent vers elle dans la prière pour demander sa protection maternelle ou son aide céleste après s’être égarés, oppressés par la douleur causée par les tristes vicissitudes de la vie. » « nous savons que la vierge Marie qui a une partie du destin du monde entre ses mains, nous aime et nous aide dans les moments difficiles. »

Posté le 22 août 2012 à 16h52 par Michel Janva | Lien permanent

20 juillet 2012

Doctrine sociale de l'Eglise et mission d’évangélisation

L’Eglise a-t-elle le droit de s’exprimer publiquement sur des sujets de société ou doit-elle s’adresser uniquement à ses fidèles ? Sa doctrine sociale fait-elle partie de sa mission d’évangélisation ? Extrait des réponses données par Pierre-Olivier Arduin :

"[...] La première précision de Benoît XVI dans Deus caritasest est fondamentale : « La doctrine sociale de l’Église argumente à partir de la raison et du droit naturel, c’est-à-dire à partir de ce qui est conforme à la nature de tout être humain ». La loi naturelle (lex naturalis) s’énonce en droit naturel (jus naturale) à partir du moment où l’on réfléchit aux relations de justice entre les personnes et dès lors que l’on aborde l’ordre politique de la société. Le droit naturel est l’ancrage des lois humaines dans la loi naturelle (cf. Commission théologique internationale, A la recherche d'une éthique universelle, n. 86, 88 et 89).

Le droit positif n’a pas pour prérogative de décider arbitrairement de ce qui est juste, le politique ne peut s’arroger le pouvoir de formuler le droit à sa convenance. Les normes d’une société juste ne sont pas la conséquence d’un contrat passé entre les hommes, mais elles trouvent leur source dans la nature même des êtres humains, laquelle est intelligible et porteuse d’un message moral que la raison peut actualiser. La personne étant une fin en elle-même, étant antérieure à la société, la société n’est juste que si le politique répond aux attentes inscrites dans la personne et assume les orientations données par sa nature.

Le droit naturel est donc fondé sur les exigences de la nature sociale de l’homme et de ses dynamismes naturels. L’Eglise considère ainsi que le droit naturel constitue l’horizon vers lequel est appelé à se mouvoir l’ordre politique, et que cet horizon n’est pas étranger à la raison. Comme l’a rappelé Benoît XVI devant le Parlement anglais le 17 septembre 2010, « la tradition catholique soutient que les normes objectives qui dirigent une action droite sont accessibles à la raison, même sans le contenu de la Révélation. Selon cette approche, le rôle de la religion dans le débat politique n’est pas tant de fournir ces normes, comme si elles ne pouvaient pas être connues par des non-croyants, encore moins de proposer des solutions politiques concrètes, mais plutôt d’aider à purifier la raison et de donner un éclairage pour la mise en œuvre de celle-ci dans la découverte de principes moraux objectifs ». L’Eglise, experte en humanité, présente donc les exigences du droit naturel, non pas comme des préceptes religieux à écouter avec soumission et valides uniquement à l’intérieur d’une communauté de croyants, mais comme des vérités morales sur le bien de la personne. Il ne s’agit donc pas d’abord d’une éthique d’interdits et d’obligations mais d’une éthique au service de la libération de l’homme.

C’est ce qu’a précisé Benoît XVI dans le discours qu’il a donné le 19 janvier 2012 à la conférence des évêques des Etats-Unis d’Amérique en visite « ad limina apostolorum » : « La défense par l’Eglise d’un raisonnement moral fondé sur le droit naturel se base sur sa conviction que ce droit n’est pas une menace à notre liberté, mais un «langage» qui nous permet de nous comprendre nous-mêmes et de comprendre la vérité de notre personne, et ainsi, d’édifier un monde plus juste et plus humain. C’est pourquoi elle propose son enseignement moral non comme un message de contrainte, mais de libération, et comme la base de l’édification d’un avenir certain ».

La conséquence en est que le témoignage de l’Eglise est de soi et par nature public : « L’Eglise cherche donc à convaincre en proposant des arguments rationnels dans le domaine public », conclut le Pape dans son discours aux évêques américains. [...]

Comment reconnaît-on ce qui est juste ? « Contrairement aux autres grandes religions, poursuit le Pape, le christianisme n’a jamais imposé à l’État et à la société un droit révélé, ni un règlement juridique découlant d’une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit – il a renvoyé à l’harmonie entre raison objective et subjective, une harmonie qui toutefois suppose le fait d’être toutes deux les sphères fondées dans la Raison créatrice de Dieu »."

Posté le 20 juillet 2012 à 14h57 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

19 juillet 2012

Année de la Foi : approfondissez vos connaissances

A l'approche de l'Année de la Foi, les Chevaliers de Colomb ont mis en ligne deux formations – la formation Luke E. Hart et la formation Veritas –. Inspirées des textes de ces livrets populaires, ces deux formations explorent le catholicisme et ses croyances sous-jacentes. Le tout, dans un format personnalisé et simple à comprendre.

Exemples avec ce livret de 52 pages sur les 10 commandements, feuilletable en ligne, ou cette leçon de 24 pages sur la création.

Posté le 19 juillet 2012 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)


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