21 octobre 2014

Cardinal de Paolis : ‘l’Eglise est gardienne d’une vérité de laquelle elle ne peut pas disposer"

Le Cardinal commente les événements du synode pour Infocatholica :

"j’ai participé à différents synodes et le mécanisme ne fonctionne pas bien. De plus cette fois-ci il y avait trop de questions en suspens. On commença sans certitudes et on ne peut pas discuter sur tout. L’Eglise est gardienne d’une vérité dont elle ne peut disposer."

Il pense qu’il y a eu ‘une erreur d’approche’, et nota ‘l’influence excessive de la crainte de ne pas être suivi par les gens, entraînant une emphase trop grande sur la rhétorique de la nouveauté."

"Les thèmes portant sur la famille nécessitent temps et réflexion. Rien à la va vite. Tous veulent intervenir durant le synode mais le temps est limité, de même que l’espace concédé à la discussion dans les cercles mineurs. Paul VI fonda le synode il y a un demi siècle comme agile instrument de collaboration avec la gouvernement de l’Eglise. Mais la confrontation doit être menée sur des thèmes étudiés, analysés et sur lesquels chaque père du synode a un avis précis à proposer.

Ce synode souffrit d’une évidente originalité d’approche. La décision de discuter un peu de tout se révéla néfaste, c’est comme si nous devions refonder tout. L’Eglise écoute les gens, mais a des certitudes qui demeurent dans le temps. Le synode répéta le scénario du Concile : conjuguer nouveauté et continuité.

Furent prises en considération trop de questions, sur lesquelles ont été nourries des attentes infondées. Et au final cela pesa négativement sur le synode. Tout ne peut pas être renouvelé. La vie de l’Eglise requiert une continuité pour progresser en vérité. C’est une question de fonds, philosophique. François demande de retourner à un Evangile qui, durant tout ce temps, a imprégné beaucoup de cultures. Le point final est la Parole de Dieu, un trésor que personne ne peut changer, pas même le Pape.

Nous expérimentons une confusion entre pastorale et doctrine qui est difficile de tenir à distance. On écoute davantage les gens que les vérités de foi. Mais l’Eglise doit communiquer une vérité reçue d’en haut, et pas contenter les orientations d’opinion publique. Durant le synode se firent trop de références à la pastorale. La pratique doit respecter les principes : on ne peut la concevoir éloignée de la doctrine. Si on avait été dans une salle de classe, on aurait insisté sur les vérités de foi, par exemple le fait que les concubins ne peuvent communier. Avec le temps le rôle de la religion a été en diminuant et la société n’accepte pas les influences de la foi. Nous vivons dans un monde qui craint la religion, la voyant comme source de conflits. L’opposition entre foi et raison nous rend schizophréniques. Ainsi, c’est l’Etat qui s’occupe de questions éthiques de nos jours. On ne peut espérer parler à l’encontre de la doctrine."

Posté le 21 octobre 2014 à 09h53 par Le Salon Beige | Lien permanent

20 octobre 2014

Humanae Vitae, l'encyclique prophétique du bienheureux Paul VI

Depuis hier, Paul VI compte au nombre des Bienheureux. Par son intercession, une mère, à qui il avait été conseillé d'avorter, a obtenu la guérison de son enfant malformé. Mais il est un autre miracle, dont on peut s'émerveiller : l'encyclique Humanae Vitae, que Paul VI signa le 25 juillet 1968, rappelant fermement l'enseignement de l'Eglise sur le mariage et la régulation des naissances. Le monde cria au scandale, une partie de l'épiscopat fit la sourde oreille, et pourtant... C'est sur cette lettre que se fonda saint Jean-Paul II pour développer sa théologie du corps. C'est elle que Benoît XVI présenta comme prophétique :

"La vérité exprimée dans Humanæ vitæ ne change pas ; au contraire, précisément à la lumière des nouvelles découvertes scientifiques, son enseignement se fait plus actuel."

Bref, cette encylique est à lire ou à relire. Et pour ceux qui auraient du mal à aller jusqu'au bout, une parenthèse qui peut piquer leur curiosité : Paul VI avait anticipé le problème posé par exemple par le fameux "sapin" de la place Vendôme. Bonne lecture !

"1. Le très grave devoir de transmettre la vie humaine, qui fait des époux les libres et responsables collaborateurs du Créateur, a toujours été pour ceux-ci source de grandes joies, accompagnées cependant parfois de bien des difficultés et des peines.

En tout temps, l'accomplissement de ce devoir a posé à la conscience des époux de sérieux problèmes; mais l'évolution récente de la société a entraîné des mutations telles que de nouvelles questions se sont posées: questions que l'Eglise ne pouvait ignorer, en un domaine qui touche de si près à la vie et au bonheur des hommes.

I. ASPECTS NOUVEAUX DU PROBLÈME ET COMPÉTENCE DU MAGISTÈRE

2. Les changements survenus sont effectivement notables et de plusieurs sortes. Il s'agit tout d'abord du rapide développement démographique. Beaucoup manifestent la crainte que la population mondiale n'augmente plus vite que les ressources à sa disposition ; il s'ensuit une inquiétude croissante pour bien des familles et pour des peuples en voie de développement, et grande est la tentation pour les autorités d'opposer à ce péril des mesures radicales. En outre, les conditions de travail et de logement, comme aussiles exigences accrues, dans le domaine économique et dans celui de l'éducation, rendent souvent difficile aujourd'hui la tâche d'élever convenablement un grand nombre d'enfants.

On assiste aussi à un changement, tant dans la façon de considérer la personne de la femme et sa place dans la société que dans la valeur à attribuer à l'amour conjugal dans le mariage, comme aussi dans la manière d'apprécier la signification des actes conjugaux par rapport à cet amour.

Enfin et surtout, l'homme a accompli d'étonnants progrès dans la maîtrise et l'organisation rationnelle des forces de la nature, au point qu'il tend à étendre cette maîtrise à son être lui-même pris dans son ensemble: au corps, à la vie physique, à la vie sociale et jusqu'aux lois qui règlent la transmission de la vie.

3. Un tel état de chose fait naître de nouvelles questions. Etant données les conditions de la vie moderne, étant donnée la signification des relations conjugales pour l'harmonie entre les époux et pour leur fidélité mutuelle, n'y aurait-il pas lieu de réviser les règles morales jusqu'ici en vigueur, surtout si l'on considère qu'elles ne peuvent être observées sans des sacrifices parfois héroïques ?

Etendant à ce domaine l'application du principe dit " de totalité ", ne pourrait-on admettre que l'intention d'une fécondité moins abondante, mais plus rationalisée, transforme l'intervention matériellement stérilisante en un licite et sage contrôle des naissances ? Ne pourrait-on admettre, en d'autres termes, que la finalité de procréation concerne l'ensemble de la vie conjugale, plutôt que chacun de ses actes ?

On demande encore si, étant donné le sens accru de responsabilités de l'homme moderne, le moment n'est pas venu pour lui de confier à sa raison et à sa volonté, plutôt qu'aux rythmes biologiques de son organisme, le soin de régler la natalité.  

4. De telles questions exigeaient du Magistère de l'Eglise une réflexion nouvelle et approfondie sur les principes de la doctrine morale du mariage doctrine fondée sur la loi naturelle, éclairée et enrichie par la Révélation divine.

Aucun fidèle ne voudra nier qu'il appartient au Magistère de l'Eglise d'interpréter aussi la loi morale naturelle. Il est incontestable, en effet, comme l'ont plusieurs fois déclaré Nos Prédécesseurs (1), que Jésus-Christ, en communiquant à Pierre et aux apôtres sa divine autorité, et en les envoyant enseigner ses commandements à toutes les nations (2), les constituait gardiens et interprètes authentiques de toute la loi morale: non seulement de la loi évangélique, mais encore de la loi naturelle, expression elle aussi de la volonté de Dieu, et dont l'observation fidèle est également nécessaire au salut (3).

Conformément à cette mission qui est la sienne, l'Eglise a toujours donné - et avec plus d'ampleur à l'époque récente - un enseignement cohérent, tant sur la nature du mariage que sur le juste usage des droits conjugaux et sur les devoirs des époux (4). [...]

II. PRINCIPES DOCTRINAUX

Une vision globale de l'homme

7. Comme tout autre problème concernant la vie humaine, le problème de la natalité doit être considéré, au-delà des perspectives partielles - qu'elles soient d'ordre biologique ou psychologique, démographique ou sociologique - dans la lumière d'une vision intégrale de l'homme et de sa vocation, non seulement naturelle et terrestre, mais aussi surnaturelle et éternelle. Et puisque, dans leur tentative de justifier les méthodes artificielles de contrôle des naissances, beaucoup ont fait appel aux exigences soit de l'amour conjugal, soit d'une " paternité responsable ", il convient de bien préciser la vraie conception de ces deux grandes réalités de la vie matrimoniale, en Nous référant principalement à ce qui a été récemment exposé à ce sujet, d'une manière hautement autorisée, par le IIème Concile du Vatican, dans la Constitution pastorale Gaudium et Spes.

L'amour conjugal

8. L'amour conjugal révèle sa vraie nature et sa vraie noblesse quand on le considère dans sa source suprême, Dieu qui est amour, " le Père de qui toute paternité tire son nom, au ciel et sur la terre (7) ".

Le mariage n'est donc pas l'effet du hasard ou un produit de l'évolution de forces naturelles inconscientes: c'est une sage institution du Créateur pour réaliser dans l'humanité son dessein d'amour. Par le moyen de la donation personnelle réciproque, qui leur est propre et exclusive, les époux tendent à la communion de leurs êtres en vue d'un mutuel perfectionnement personnel pour collaborer avec Dieu à la génération et à l'éducation de nouvelles vies.

De plus, pour les baptisés, le mariage revêt la dignité de signe sacramentel de la grâce, en tant qu'il représente l'union du Christ et de l'Eglise.

Ses caractéristiques

9. Dans cette lumière apparaissent clairement les notes et les exigences caractéristiques de l'amour conjugal, dont il est souverainement important d'avoir une idée exacte.

C'est avant tout un amour pleinement humain, c'est-à-dire à la fois sensible et spirituel. Ce n'est donc pas un simple transport d'instinct et de sentiment, mais aussi et surtout un acte de la volonté libre, destiné à se maintenir et à grandir à travers les joies et les douleurs de la vie quotidienne, de sorte que les époux deviennent un seul cœur et une seule âme et atteignent ensemble leur perfection humaine.

C'est ensuite un amour total, c'est-à-dire une forme toute spéciale d'amitié personnelle, par laquelle les époux partagent généreusement toutes choses, sans réserves indues ni calculs égoïstes. Qui aime vraiment son conjoint ne l'aime pas seulement pour ce qu'il reçoit de lui, mais pour lui-même, heureux de pouvoir l'enrichir du don de soi.

C'est encore un amour fidèle et exclusif jusqu'à la mort. C'est bien ainsi, en effet, que le conçoivent l'époux et l'épouse le jour où ils assument librement et en pleine conscience l'engagement du lien matrimonial. Fidélité qui peut parfois être difficile, mais qui est toujours possible et toujours noble et méritoire, nul ne peut le nier. L'exemple de tant d'époux à travers les siècles prouve non seulement qu'elle est conforme à la nature du mariage, mais encore qu'elle est source de bonheur profond et durable.

C'est enfin un amour fécond, qui ne s'épuise pas dans la communion entre époux, mais qui est destiné à se continuer en suscitant de nouvelles vies. " Le mariage et l'amour conjugal sont ordonnés par leur nature à la procréation et à l'éducation des enfants. De fait, les enfants sont le don le plus excellent du mariage et ils contribuent grandement au bien des parents eux-mêmes (8). "

La paternité responsable

10. L'amour conjugal exige donc des époux une conscience de leur mission de " paternité responsable ", sur laquelle, à bon droit, on insiste tant aujourd'hui, et qui doit, elle aussi, être exactement comprise. Elle est à considérer sous divers aspects légitimes et liés entre eux.

Par rapport aux processus biologiques, la paternité responsable signifie connaissance et respect de leurs fonctions: l'intelligence découvre, dans le pouvoir de donner la vie, des lois biologiques qui font partie de la personne humaine (9).

Par rapport aux tendances de l'instinct et des passions, la paternité responsable signifie la nécessaire maîtrise que la raison et la volonté doivent exercer sur elles.

Par rapport aux conditions physiques, économiques, psychologiques et sociales, la paternité responsable s'exerce soit par la détermination réfléchie et généreuse de faire grandir une famille nombreuse, soit par la décision, prise pour de graves motifs et dans le respect de la loi morale, d'éviter temporairement ou même pour un temps indéterminé une nouvelle naissance.

La paternité responsable comporte encore et surtout un plus profond rapport avec l'ordre moral objectif, établi par Dieu, et dont la conscience droite est la fidèle interprète. Un exercice responsable de la paternité implique donc que les conjoints reconnaissent pleinement leurs devoirs envers Dieu, envers eux-mêmes, envers la famille et envers la société, dans une juste hiérarchie des valeurs. Dans la tâche de transmettre la vie, ils ne sont par conséquent pas libres de procéder à leur guise, comme s'ils pouvaient déterminer de façon entièrement autonome les voies honnêtes à suivre, mais ils doivent conformer leur conduite à l'intention créatrice de Dieu, exprimée dans la nature même du mariage et de ses actes, et manifestée par l'enseignement constant de l'Eglise (10).

Respecter la nature et les finalités de l'acte matrimonial

11. Ces actes, par lesquels les époux s'unissent dans une chaste intimité, et par le moyen desquels se transmet la vie humaine, sont, comme l'a rappelé le Concile, " honnêtes et dignes (11) ", et ils ne cessent pas d'être légitimes si, pour des causes indépendantes de la volonté des conjoints, on prévoit qu'ils seront inféconds: ils restent en effet ordonnés à exprimer et à consolider leur union. De fait, comme l'expérience l'atteste, chaque rencontre conjugale n'engendre pas une nouvelle vie. Dieu a sagement fixé des lois et des rythmes naturels de fécondité qui espacent déjà par eux-mêmes la succession des naissances. Mais l'Eglise, rappelant les hommes à l'observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie (12).  

Deux aspects indissociables: union et procréation

12. Cette doctrine, plusieurs fois exposée par le Magistère, est fondée sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal: union et procréation. En effet, par sa structure intime, l'acte conjugal, en même temps qu'il unit profondément les époux, les rend aptes à la génération de nouvelles vies, selon des lois inscrites dans l'être même de l'homme et de la femme. C'est en sauvegardant ces deux aspects essentiels, union et procréation que l'acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour et son ordination à la très haute vocation de l'homme à la paternité. Nous pensons que les hommes de notre temps sont particulièrement en mesure de comprendre le caractère profondément raisonnable et humain de ce principe fondamental.

Fidélité au dessein de Dieu

13. On remarque justement, en effet, qu'un acte conjugal imposé au conjoint sans égard à ses conditions et à ses légitimes désirs, n'est pas un véritable acte d'amour et contredit par conséquent une exigence du bon ordre moral dans les rapports entre époux. De même, qui réfléchit bien devra reconnaître aussi qu'un acte d'amour mutuel qui porterait atteinte à la disponibilité à transmettre la vie, que le Créateur a attachée à cet acte selon des lois particulières, est en contradiction avec le dessein constitutif du mariage et avec la volonté de l'auteur de la vie. User de ce don divin en détruisant, fût-ce partiellement, sa signification et sa finalité, c'est contredire à la nature de l'homme comme à celle de la femme et de leur rapport le plus intime, c'est donc contredire aussi au plan de Dieu et à sa volonté. Au contraire, user du don de l'amour conjugal en respectant les lois du processus de la génération, c'est reconnaître que nous ne sommes pas les maîtres des sources de la vie humaine, mais plutôt les ministres du dessein établi par le Créateur. De même, en effet, que l'homme n'a pas sur son corps en général un pouvoir illimité, de même il ne l'a pas, pour une raison particulière, sur ses facultés de génération en tant que telles, à cause de leur ordination intrinsèque à susciter la vie, dont Dieu est le principe. " La vie humaine est sacrée, rappelait Jean XXIII; dès son origine, elle engage directement l'action créatrice de Dieu (13). "

Moyens illicites de régulation des naissances

14. En conformité avec ces points fondamentaux de la conception humaine et chrétienne du mariage, nous devons encore une fois déclarer qu'est absolument à exclure, comme moyen licite de régulation des naissances, l'interruption directe du processus de génération déjà engagé, et surtout l'avortement directement voulu et procuré, même pour des raisons thérapeutiques (14).

Est pareillement à exclure, comme le Magistère de l'Eglise l'a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu'elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l'homme que chez la femme (15).

Est exclue également toute action qui, soit en prévision de l'acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation (16).

Et on ne peut invoquer comme raisons valables, pour justifier des actes conjugaux rendus intentionnellement inféconds, le moindre mal ou le fait que ces actes constitueraient un tout avec les actes féconds qui ont précédé ou qui suivront, et dont ils partageraient l'unique et identique bonté morale. En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand (17) il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien (18), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et, par conséquent, une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux. C'est donc une erreur de penser qu'un acte conjugal rendu volontairement infécond et, par conséquent, intrinsèquement déshonnête, puisse être rendu honnête par l'ensemble d'une vie conjugale féconde.

Licéité des moyens thérapeutiques

15. L'Eglise, en revanche, n'estime nullement illicite l'usage des moyens thérapeutiques vraiment nécessaires pour soigner des maladies de l'organisme, même si l'on prévoit qu'il en résultera un empêchement à la procréation, pourvu que cet empêchement ne soit pas, pour quelque motif que ce soit, directement voulu (19).

Licéité du recours aux périodes infécondes

16. A cet enseignement de l'Eglise sur la morale conjugale, on objecte aujourd'hui, comme Nous l'observions plus haut (n. 3), que c'est la prérogative de l'intelligence humaine de maîtriser les énergies offertes par la nature irrationnelle et de les orienter vers un but conforme au bien de l'homme. Or, certains se demandent: dans le cas présent, n'est-il pas raisonnable, en bien des circonstances, de recourir au contrôle artificiel des naissances, si on obtient par là l'harmonie et la tranquillité du foyer et de meilleures conditions pour l'éducation des enfants déjà nés ?

A cette question, il faut répondre avec clarté l'Eglise est la première à louer et à recommander l'intervention de l'intelligence dans une œuvre qui associe de si près la créature raisonnable à son Créateur, mais elle affirme que cela doit se faire dans le respect de l'ordre établi par Dieu.

Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Eglise enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité sans porter atteinte aux principes moraux que Nous venons de rappeler (20).

L'Eglise est conséquente avec elle-même quand elle estime licite le recours aux périodes infécondes, alors qu'elle condamne comme toujours illicite l'usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses. En réalité, il existe entre les deux cas une différence essentielle: dans le premier cas, les conjoints usent légitimement d'une disposition naturelle; dans l'autre cas, ils empêchent le déroulement des processus naturels. Il est vrai que, dans l'un et l'autre cas, les conjoints s'accordent dans la volonté positive d'éviter l'enfant pour des raisons plausibles, en cherchant à avoir l'assurance qu'il ne viendra pas; mais il est vrai aussi que dans le premier cas seulement ils savent renoncer à l'usage du mariage dans les périodes fécondes quand, pour de justes motifs, la procréation n'est pas désirable, et en user dans les périodes agénésiques, comme manifestation d'affection et sauvegarde de mutuelle fidélité. Ce faisant, ils donnent la preuve d'un amour vraiment et intégralement honnête.

Graves conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité

17. Les hommes droits pourront encore mieux se convaincre du bien-fondé de la doctrine de l'Eglise en ce domaine, s'ils veulent bien réfléchir aux conséquences des méthodes de régulation artificielle de la natalité.

Qu'ils considèrent d'abord quelle voie large et facile ils ouvriraient ainsi à l'infidélité conjugale et à l'abaissement général de la moralité. Il n'est pas besoin de beaucoup d'expérience pour connaître la faiblesse humaine et pour comprendre que les hommes - les jeunes, en particulier, si vulnérables sur ce point - ont besoin d'encouragement à être fidèles à la loi morale, et qu'il ne faut pas leur offrir quelque moyen facile pour en éluder l'observance. On peut craindre aussi que l'homme en s'habituant à l'usage des pratiques anticonceptionnelles, ne finisse par perdre le respect de la femme et, sans plus se soucier de l'équilibre physique et psychologique de celle-ci, n'en vienne à la considérer comme un simple instrument de jouissance égoïste, et non plus comme sa compagne respectée et aimée.

Qu'on réfléchisse aussi à l'arme dangereuse que l'on viendrait à mettre ainsi aux mains d'autorités publiques peu soucieuses des exigences morales. Qui pourra reprocher à un gouvernement d'appliquer à la solution des problèmes de la collectivité ce qui serait reconnu permis aux conjoints pour la solution d'un problème familial ? Qui empêchera les gouvernants de favoriser et même d'imposer à leurs peuples, s'ils le jugeaient nécessaire, la méthode de contraception estimée par eux la plus efficace ? Et ainsi les hommes, en voulant éviter les difficultés individuelles, familiales ou sociales que l'on rencontre dans l'observation de la loi divine, en arriveraient à laisser à la merci de l'intervention des autorités publiques le secteur le plus personnel et le plus réservé de l'intimité conjugale.

Si donc on ne veut pas abandonner à l'arbitraire des hommes la mission d'engendrer la vie, il faut nécessairement reconnaître des limites infranchissables au pouvoir de l'homme sur son corps et sur ses fonctions; limites que nul homme, qu'il soit simple particulier ou revêtu d'autorité, n'a le droit d'enfreindre. Et ces limites ne peuvent être déterminées que par le respect qui est dû à l'intégrité de l'organisme humain et de ses fonctions, selon les principes rappelés ci-dessus et selon la juste intelligence du " principe de totalité " exposé par Notre prédécesseur Pie XII (21).

L'Eglise garante des authentiques valeurs humaines

18. On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix - amplifiées par les moyens modernes de propagande - s'opposent à la voix de l'Eglise. Celle-ci, à vrai dire, ne s'étonne pas d'être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un " signe de contradiction " (22); mais elle ne cesse pas pour autant de proclamer avec une humble fermeté, toute la loi morale, tant naturelle qu'évangélique. Ce n'est pas elle, qui a créé cette loi, elle ne saurait donc en être l'arbitre; elle en est seulement la dépositaire et l'interprète, sans pouvoir jamais déclarer licite une chose qui ne l'est pas à cause de son intime et immuable opposition au vrai bien de l'homme.

En défendant la morale conjugale dans son intégralité, l'Eglise sait qu'elle contribue à l'instauration d'une civilisation vraiment humaine; elle engage l'homme à ne pas abdiquer sa responsabilité pour s'en remettre aux moyens techniques; elle défend par là même la dignité des époux. Fidèle à l'enseignement comme à l'exemple du Sauveur, elle se montre l'amie sincère et désintéressée des hommes, qu'elle veut aider, dès leur cheminement terrestre, " à participer en fils à la vie du Dieu vivant, Père de tous les homme (23) ".

III. DIRECTIVES PASTORALES

L'Eglise " Mater et Magistra "

19. Notre parole ne serait pas l'expression adéquate de la pensée et de la sollicitude de l'Eglise, Mère et Maîtresse de toutes les nations, si, après avoir rappelé les hommes à l'observance et au respect de la toi divine au sujet du mariage, elle ne les encourageait pas dans la voie d'une honnête régulation de la natalité, même au milieu des difficiles conditions qui éprouvent aujourd'hui les familles et les peuples. L'Eglise, en effet, ne peut avoir, vis-à-vis des hommes, une conduite différente de celle du Rédempteur: elle connaît leur faiblesse, elle a compassion de la foule, elle accueille les pécheurs; mais elle ne peut renoncer à enseigner la loi qui est en réalité celle d'une vie humaine rendue à sa vérité originelle et conduite par l'esprit de Dieu (24).

Possibilité de l'observance de la loi divine

20. La doctrine de l'Eglise sur la régulation des naissances, qui promulgue la loi divine, pourra apparaître à beaucoup difficile, pour ne pas dire impossible à mettre en pratique. Et certes, comme toutes les réalités grandes et bienfaisantes, cette loi requiert une sérieuse application et beaucoup d'efforts, individuels, familiaux et sociaux. On peut même dire qu'elle ne serait pas observable sans l'aide de Dieu qui soutient et fortifie la bonne volonté des hommes. Mais si l'on réfléchit bien, on ne peut pas ne pas voir que ces efforts sont ennoblissants pour l'homme et bienfaisants pour la communauté humaine.

Maîtrise de soi

21. Une pratique honnête de régulation de la natalité exige avant tout des époux qu'ils acquièrent et possèdent de solides convictions sur les vraies valeurs de la vie et de la famille et qu'ils tendent à acquérir une parfaite possession d'eux-mêmes. La maîtrise de l'instinct par la raison et la libre volonté impose sans nul doute une ascèse pour que les manifestations affectives de la vie conjugale soient dûment réglées, en particulier pour l'observance de la continence périodique. Mais cette discipline, propre à la pureté des époux, bien loin de nuire à l'amour conjugal, lui confère au contraire une plus haute valeur humaine.

Elle exige un effort continuel, mais grâce à son influence bienfaisante, les conjoints développent intégralement leur personnalité, en s'enrichissant de valeurs spirituelles: elle apporte à la vie familiale des fruits de sérénité et de paix, et elle facilite la solution d'autres problèmes; elle favorise l'attention à l'autre conjoint, aide les époux à bannir l'égoïsme, ennemi du véritable amour, et approfondit leur sens de responsabilité.

Les parents acquièrent par là la capacité d'une influence plus profonde et plus efficace pour l'éducation des enfants; l'enfance et la jeunesse grandissent dans la juste estime des valeurs humaines et dans le développement serein et harmonieux de leurs facultés spirituelles et sensibles.

Créer un climat favorable à la chasteté

22. Nous voulons à cette occasion rappeler l'attention des éducateurs et de tous ceux qui ont des tâches de responsabilité pour le bien commun de la société sur la nécessité de créer un climat favorable à l'éducation à la chasteté, c'est-à-dire au triomphe de la saine liberté sur la licence par le respect de l'ordre moral.

Tout ce qui, dans les moyens modernes de communication sociale, porte à l'excitation des sens, au dérèglement des mœurs, comme aussi toute forme de pornographie ou de spectacles licencieux, doit provoquer la franche et unanime réaction de toutes les personnes soucieuses du progrès de la civilisation et de la défense des biens suprêmes de l'esprit humain. Et c'est en vain qu'on chercherait à justifier ces dépravations par de prétendues exigences artistiques ou scientifiques, ou à tirer argument de la liberté laissée en ce domaine par les autorités publiques.

Appel aux pouvoirs publics

23. Aux gouvernants, qui sont les principaux responsables du bien commun, et qui peuvent tant pour la sauvegarde des valeurs morales, Nous disons: ne laissez pas se dégrader la moralité de vos peuples; n'acceptez pas que s'introduisent, par voie légale, dans cette cellule fondamentale de la société qu'est la famille, des pratiques contraires à la loi naturelle et divine. Toute autre est la voie par laquelle les pouvoirs publics peuvent et doivent contribuer à la solution du problème démographique: c'est la voie d'une prévoyante politique familiale, d'une sage éducation des peuples, respectueuse de la loi morale et de la liberté des citoyens.

Nous sommes bien conscient des graves difficultés dans lesquelles se trouvent les pouvoirs publics à cet égard, spécialement dans les pays en voie de développement. A leur légitimes préoccupations, Nous avons consacré Notre encyclique Populorum progressio. Mais avec Notre prédécesseur Jean XXIII, Nous répétons: " Ces difficultés ne doivent pas être résolues par le recours à des méthodes et à des moyens qui sont indignes de l'homme, et qui ne trouvent leur explication que dans une conception purement matérialiste de l'homme et de sa vie. La vraie solution se trouve seulement dans le développement économique et dans le progrès social qui respectent et promeuvent les vraies valeurs humaines, individuelles et sociale (26). " Et l'on ne saurait, sans une grave injustice, rendre la divine Providence responsable de ce qui dépendrait au contraire d'un défaut de sagesse de gouvernement, d'un sens insuffisant de la justice sociale, d'un accaparement égoïste, ou encore d'une blâmable indolence à affronter les efforts et les sacrifices nécessaires pour assurer l'élévation du niveau de vie d'un peuple et de tous ses enfants (27).

Que tous les pouvoirs responsables - comme certains le font déjà si louablement - renouvellent généreusement leurs efforts. Et que l'entraide ne cesse de s'amplifier entre tous les membres de la grande famille humaine: c'est un champ d'action presque illimité qui s'ouvre là à l'activité des grandes organisations internationales.

Aux hommes de science

24. Nous voulons maintenant exprimer Nos encouragements aux hommes de science, qui " peuvent beaucoup pour la cause du mariage et de la famille et pour la paix des consciences si, par l'apport convergent de leurs études, ils s'appliquent à tirer davantage au clair les diverses conditions favorisant une saine régulation de la procréation humaine". Il est souhaitable, en particulier, que, selon le vœu déjà formulé par Pie XII, la science médicale réussisse à donner une base suffisamment sûre à une régulation des naissances fondée sur l'observation des rythmes naturels. Ainsi les hommes de science et, en particulier les chercheurs catholiques, contribueront à démontrer par les faits que, comme l'église l'enseigne, " il ne peut y avoir de véritable contradiction entre les lois divines qui règlent la transmission de la vie et celles qui favorisent un authentique amour conjugal (30) ".

Aux époux chrétiens

25. Et maintenant Notre parole s'adresse plus directement à Nos fils, particulièrement à ceux que Dieu appelle à le servir dans le mariage. L'église, en même temps qu'elle enseigne les exigences imprescriptibles de la loi divine, annonce le salut, et ouvre par les sacrements les voies de la grâce, laquelle fait de l'homme une nouvelle créature, capable de répondre dans l'amour et dans la vraie liberté au dessein de son Créateur et Sauveur, et de trouver doux le joug du Christ (31).

Que les époux chrétiens, dociles à sa voix, se souviennent donc que leur vocation chrétienne, commencée au baptême, s'est ensuite spécifiée et confirmée par le sacrement du mariage. Par lui, les époux sont affermis et comme consacrés pour accomplir fidèlement leurs devoirs, pour réaliser leur vocation jusqu'à la perfection et pour rendre chrétiennement le témoignage qui leur est propre en face du monde (32). C'est à eux que le Seigneur confie la tâche de rendre visibles aux hommes la sainteté et la douceur de la loi qui unit l'amour mutuel des époux à leur coopération à J'amour de Dieu auteur de la vie humaine.

Nous n'entendons aucunement dissimuler les difficultés, parfois graves, qui sont inhérentes à la vie des époux chrétiens: pour eux, comme pour chacun, " étroite est la porte et resserrée est la voie qui conduit à la vie (33) ". Mais l'espérance de cette vie doit illuminer leur chemin, tandis qu'ils s'efforcent courageusement de vivre avec sagesse, justice et piété dans le temps présent (34), sachant que la figure de ce monde passe (35).

Que les époux affrontent donc les efforts nécessaires, soutenus par la foi et par l'espérance qui " ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné (36) "; qu'ils implorent par une persévérante prière l'aide divine; qu'ils puisent surtout dans l'Eucharistie à la source de la grâce et de la charité. Et si le péché avait encore prise sur eux, qu'ils ne se découragent pas, mais qu'ils recourent avec une humble persévérance à la miséricorde de Dieu, qui est accordée dans le sacrement de pénitence. Ils pourront de cette façon réaliser la plénitude de la vie conjugale décrite par l'Apôtre : " Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Eglise ... 1. Les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Aimer sa femme, n'est-ce pas s'aimer soi-même ? Or, personne n'a jamais haï sa propre chair; il la nourrit, au contraire, et l'entretient, comme le Christ le fait pour son Eglise [... ]. Grand est ce mystère, je veux dire par rapport au Christ et à l'Eglise. Mais en ce qui vous concerne, que chacun aime son épouse comme lui-même et que l'épouse respecte son mari (37) ".

Apostolat entre foyers

26. Parmi les fruits qui proviennent d'un généreux effort de fidélité à la loi divine, l'un des plus précieux est que les conjoints eux-mêmes éprouvent souvent le désir de communiquer à d'autres leur expérience. Ainsi vient s'insérer dans le vaste cadre de la vocation des laïcs une nouvelle et très remarquable forme de l'apostolat du semblable par le semblable: ce sont les foyers eux-mêmes qui se font apôtres et guides d'autres foyers. C'est là sans conteste, parmi tant de formes d'apostolat, une de celles qui apparaissent aujourd'hui les plus opportune (38).

Aux médecins et au personnel sanitaire

27. Nous avons en très haute estime les médecins et les membres du personnel sanitaire, qui, dans l'exercice de leur profession, ont à cœur, plus que tout intérêt humain, les exigences supérieures de leur vocation chrétienne.

Qu'ils continuent à promouvoir en toute occasion les solutions inspirées par la foi et par la droite raison, et qu'ils s'efforcent d'en susciter la conviction et le respect dans leur milieu. Qu'ils considèrent aussi comme un devoir professionnel l'acquisition de toute la science nécessaire dans ce domaine délicat, afin de pouvoir donner aux époux qui les consultent les sages conseils et les saines directives que ceux-ci attendent d'eux à bon droit.

Aux prêtres

28. Chers fils prêtres, qui êtes par vocation les conseillers et les guides spirituels des personnes et des foyers, Nous Nous tournons maintenant vers vous avec confiance. Votre première tâche, spécialement pour ceux qui enseignent la théologie morale,, est d'exposer sans ambiguïté l'enseignement de l'Eglise sur le mariage.

Soyez les premiers à donner, dans l'exercice de votre ministère, l'exemple d'un assentiment loyal, interne et externe, au Magistère de l'Eglise. Cet assentiment est dû, vous le savez, non pas tant à cause des motifs allégués que plutôt en raison de la lumière de ]'Esprit Saint, dont les pasteurs de l'Eglise bénéficient à un titre particulier pour exposer la vérité (39). Vous savez aussi qu'il est de souveraine importance, pour la paix des consciences et pour l'unité du peuple chrétien, que dans le domaine de la morale comme dans celui du dogme, tous s'en tiennent au Magistère de l'Eglise et parlent un même langage. Aussi est-ce de toute Notre âme que Nous vous renouvelons l'appel angoissé du grand Apôtre Paul : " Je vous en conjure, frères, par le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ayez tous un même sentiment ; qu'il n'y ait point parmi vous de divisions, mais soyez tous unis dans le même esprit et dans la même pensée (40) ".

29. Ne diminuer en rien la salutaire doctrine du Christ est une forme éminente de charité envers les âmes. Mais cela doit toujours être accompagné de la patience et de la bonté dont le Seigneur lui-même a donné l'exemple en traitant avec les hommes. Venu non pour juger, mais pour sauver (41) il futcertes intransigeant avec le mal, mais miséricordieux envers les personnes. Au milieu de leurs difficultés, que les époux retrouvent toujours, dans la parole et dans le cœur du prêtre, l'écho de la voix et de l'amour du Rédempteur.

Parlez avec confiance, chers fils, bien convaincus que l'esprit de Dieu, en même temps qu'il assiste le Magistère dans l'exposition de la doctrine, éclaire intérieurement les cœurs des fidèles en les invitant à donner leur assentiment. Enseignez aux époux la voie nécessaire de la prière, préparez-les à recourir souvent et avec foi aux sacrements de l'eucharistie et de la pénitence, sans jamais se laisser décourager par leur faiblesse.

Aux évêques

30. Chers et vénérables frères dans l'épiscopat, avec qui Nous partageons de plus près le souci du bien spirituel du peuple de Dieu, c'est à vous que va Notre pensée respectueuse et affectueuse au terme de cette encyclique. A tous Nous adressons une pressante invitation. A la tête des prêtres, vos coopérateurs, et de vos fidèles, travaillez avec ardeur et sans relâche à la sauvegarde et à la sainteté du mariage, pour qu'il soit toujours davantage vécu dans toute sa plénitude humaine et chrétienne. Considérez cette mission comme l'une de vos plus urgentes responsabilités dans le temps présent. Elle comporte, comme vous le savez, une action pastorale concertée dans tous les domaines de l'activité humaine, économique, culturelle et sociale: seule, en effet, l'amélioration simultanée dans ces différents secteurs permettra de rendre non seulement tolérable, mais plus facile et plus joyeuse la vie des parents et des enfants au sein des familles, plus fraternelle et plus pacifique la vie en commun dans la société humaine, dans la fidélité au dessein de Dieu sur le monde.

 APPEL FINAL

31. Vénérables frères, chers fils, et vous tous, hommes de bonne volonté, grande est l'œuvre d'éducation, de progrès et d'amour à laquelle Nous vous appelons, sur le fondement de l'enseignement de l'Eglise, dont le successeur de Pierre est, avec ses frères dans l'épiscopat, le dépositaire et l'interprète. Grande œuvre, en vérité, Nous en avons l'intime conviction, pour le monde comme pour l'Eglise, puisque l'homme ne peut trouver le vrai bonheur, auquel il aspire de tout son être, que dans le respect des lois inscrites par Dieu dans sa nature et qu'il doit observer avec intelligence et amour. Sur cette œuvre Nous invoquons, comme sur vous tous, et de façon spéciale sur les époux, l'abondance des grâces du Dieu de sainteté et de miséricorde, en gage desquelles Nous vous donnons Notre Bénédiction apostolique.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, en la fête de l'apôtre saint Jacques, le 25 juillet de l'année 1968, de Notre pontificat la sixième."

Posté le 20 octobre 2014 à 12h08 par Louise Tudy | Lien permanent

Est-il possible de modifier le langage de l’Eglise sur la famille ?

Norberto González Gaitano, professeur à l’Université pontificale de la Sainte-Croix et coordinateur du groupe de recherche international Family and Media, répond à Famille chrétienne. Extrait :

"Au cours du Synode sur la famille, il a été plusieurs fois question d’adapter le langage de l’Eglise afin que sa doctrine sur la famille, le couple et la sexualité soit mieux comprise. La manière dont l’Eglise s’exprime est-elle un frein à l’acceptation de son enseignement ?

Il faut distinguer les textes du Magistère, ceux de la prédication et les témoignages. Les textes du Magistère sont très beaux et très vrais, pensons à Gaudium et spes, Familiaris consortio ou encore à l’encyclique Caritas in veritate. Mais personnellement, je ne connais personne qui ce soit converti par les textes du Magistère, à la différence de la Bible. Le problème se trouve au niveau du langage de la prédication et du témoignage. [...]

Certains participants au Synode ont émis le souhait de modifier des expressions comme « intrinsèquement désordonnés » ou « péché grave ». Si l’Eglise changeait certaines formulations, son message passerait-il mieux ?

On parle trop du langage. Le problème ne vient pas du langage, mais de la compréhension de la substance des choses. La vérité ne se réduit pas à des formules, mais elle est contenue dans les formules. Si je possède la vérité que quelques formules renferment, je possède la vérité et non ces formules. Mais si la personne n’est pas possédée par la vérité vers laquelle pointent les formules, elle ne sera pas en mesure de l’exprimer avec ses propres paroles. Elle risque alors de répéter des slogans, des stéréotypes, une doctrine morte. Il faut s’approprier la vérité recueillie dans les formules pour en témoigner. [...]

Est-il possible de modifier le langage de l’Eglise sur la famille sans diminuer la portée/la force de son enseignement ? Ne risque-t-on pas de tomber dans un certain relativisme ?

C’est un risque, parce qu’aujourd’hui les paroles ne signifient pas la réalité pour beaucoup de personnes. Or, les paroles ont des conséquences. Si les paroles ne signifient rien, elles n’ont pas de conséquences. Par exemple, quand je dis « je promets », je ne dis pas seulement une chose, mais je fais une chose. Quand les paroles se réfèrent à une action humaine, elles permettent de régler les relations humaines. [...]"

Et le commentaire sous cet entretien est intéressant :

""je ne connais personne qui se soit converti par les textes du Magistère"... Moi, si, j'en connais au moins une : moi-même, vers l'âge de 20 ans, en lisant "Evangelium Vitae", j'ai été ébloui par la 'splendeur de la vérité', par la géniale cohérence de la foi de l'Église. "Fides ex auditu", dit saint Paul : la foi naît de l'écoute de la Parole de Dieu... et de celle des apôtres qui la relaient et la déploient pour nous."

Posté le 20 octobre 2014 à 08h09 par Michel Janva | Lien permanent

19 octobre 2014

Le Credo du bienheureux Paul VI

En ce jour de béatification du pape Paul VI, voici son Credo du peuple de Dieu, publié sous forme de Motu Proprio le 30 juin 1968 :

P"Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle.

Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a révélé lui-même à Moïse; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne: en sorte que ces deux noms, Être et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, «habitant une lumière inaccessible», est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie.

Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine. Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité.

Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours «doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité».

Nous croyons en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu. Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, homoousios to Patri, et par lui tout a été fait. Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme: égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne. Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Évangile: pauvreté en esprit, douceur, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur. Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce. Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts, chacun selon ses mérites; ceux qui ont répondu à l’amour et à la miséricorde de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

Nous croyons en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les Prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Église; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à Sa grâce. Son action qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus: «Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait».

Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarné, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures.

Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort. C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous professons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, «non par imitation, mais par propagation», et qu’il est ainsi «propre à chacun».

Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, «là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé».

Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent «de l’eau et de l’Esprit-Saint» à la vie divine dans le Christ Jésus.

Nous croyons à l’Église une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le corps mystique du Christ, à la fois société visible constituée par des organes hiérarchiques et communauté spirituelle; elle est l’Église terrestre, le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Église comblée des biens célestes; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire. Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Église par les sacrements qui émanent de sa plénitude. C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action. Elle est donc sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce: c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit-Saint.
Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Écritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteurs dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a pour mission de garder, d’enseigner, d’expliquer et de répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus.

Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le Collège des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

Nous croyons que l’Église, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique. Au sein de cette Église, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage.

Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Église du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion avec l’unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur.

Nous croyons que l’Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Église31. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Évangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de Sa grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là aussi, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

Nous croyons que la Messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels. Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur à la Sainte Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle.

Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l’Église l’appelle d’une manière très appropriée transsubstantiation. Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui dès lors sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, exactementcomme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique.

L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c’est ce même amour qui porte l’Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes. Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux. L’intense sollicitude de l’Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Elle ne peut jamais signifier que l’Église se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du royaume éternel.

Nous croyons à la vie éternelle. Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps.

Nous croyons que la multitude des âmes qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est36 et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit: Demandez et vous recevrez38. Aussi est-ce avec foi et dans l’espérance que Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir.

Béni soit le Dieu trois fois saint. Amen."

Posté le 19 octobre 2014 à 15h36 par Michel Janva | Lien permanent

Pape François : "À la fin des temps nous serons pour toujours avec le Seigneur"

Audience générale, qui a eu lieu sur la place Saint-Pierre en présence de 50 000 fidèles.

 

Posté le 19 octobre 2014 à 11h31 par Marie Bethanie | Lien permanent

17 octobre 2014

L'eucharistie : un repas pris non pas avec les pécheurs, mais avec ceux qui se sont réconciliés

Intéressant texte de Nicola Bux, expert en liturgie et enseignant à la faculté de théologie de Bari, consulteur de la congrégation pour le culte divin et de la congrégation pour les causes des saints. Il a pris part au synode de 2005 consacré à l'eucharistie, dont il raconte ici un épisode intéressant :

"Dernièrement, le cardinal Walter Kasper s’est référé à la pratique des Églises orthodoxes en ce qui concerne les seconds mariages pour soutenir que les catholiques divorcés et remariés devraient eux aussi avoir la possibilité de communier. Toutefois il n’a peut-être pas prêté attention au fait que les orthodoxes ne communient pas lors du rite des seconds mariages, parce que ce qui est prévu dans le rite byzantin du mariage, ce n’est pas la communion, mais seulement l’échange de la coupe commune de vin, qui n’est pas du vin consacré.

Par ailleurs on entend dire, chez les catholiques, que les orthodoxes permettent les seconds mariages et que par conséquent ils tolèrent que l’on divorce de son premier conjoint. A vrai dire, il n’en est pas vraiment ainsi, parce qu’il ne s’agit pas de l'institution juridique moderne. L’Église orthodoxe est disposée à les seconds mariages pour des personnes dont le lien matrimonial a été dissous non pas par l’État, mais par elle-même, sur la base du pouvoir de “délier et de lier” qui a été donné à l’Église par Jésus, et à concéder une seconde opportunité de mariage dans certains cas particuliers (typiquement, les cas d’adultère durable, mais aussi, par extension, certains cas où le lien matrimonial est devenu une fiction). La possibilité d’un troisième mariage est également prévue, mais on cherche à décourager les candidats. Par ailleurs, la possibilité de se remarier, dans les cas de dissolution du mariage, n’est donnée qu’au conjoint innocent. [...] Le caractère non-sacramentel des seconds mariages trouve une confirmation dans le fait que la communion eucharistique a disparu des rites de mariage byzantins et qu’elle a été remplacée par la coupe, qui est considérée comme un symbole de la vie commune. Cela apparaît comme une tentative de "désacramentaliser" le mariage, peut-être à cause de l'embarras croissant qui est créé par les deuxièmes et troisièmes mariages, en raison de la dérogation qu’ils constituent par rapport au principe de l'indissolubilité du lien, qui est directement proportionnelle au sacrement de l'unité : l'eucharistie. [...]

Il s’agit donc d’un “quiproquo” qui peut être imputé, dans le monde catholique, à l’intérêt faible ou inexistant qu’inspire la doctrine, ce qui a eu comme résultat le développement de l'opinion, ou exactement de l’hérésie, selon laquelle la messe sans la communion n’est pas valide. Toute la préoccupation à propos de la communion pour les divorcés remariés, qui n’a pas grand-chose à voir avec la conception et la pratique orientale, est une conséquence de ce point.

Il y a de cela une dizaine d’années, alors que je collaborais à la préparation du synode consacré à l’eucharistie, synode auquel j’ai ensuite participé en tant qu’expert en 2005, cette "opinion" fut avancée par le cardinal Claudio Hummes, membre du conseil du secrétariat du synode. Sur l’invitation du cardinal Jan Peter Schotte, alors secrétaire général, j’ai dû rappeler à Hummes que les catéchumènes et les pénitents – parmi lesquels il y avait des bigames – aux divers degrés pénitentiels, participaient à la célébration de la messe ou à des parties de celle-ci, sans s’approcher de la communion. Cette "opinion" erronée est aujourd’hui très répandue chez les clercs et chez les fidèles. C’est pourquoi, comme l’a fait observer Joseph Ratzinger : “Il faut reprendre conscience de manière beaucoup plus claire du fait que la célébration eucharistique n’est pas dépourvue de valeur pour ceux qui ne communient pas. [...] Étant donné que l'eucharistie n’est pas un banquet rituel, mais la prière communautaire de l’Église, dans laquelle le Seigneur prie avec nous et s’associe à nous, elle reste quelque chose de précieux et de grand, un véritable don, même si nous n’avons pas la possibilité de communier. Si nous retrouvions une meilleure connaissance de ce fait et si nous percevions ainsi l'eucharistie elle-même de manière plus correcte, il y a plusieurs problèmes pastoraux, comme par exemple celui de la situation des divorcés remariés, qui perdraient automatiquement une grande partie de leur poids écrasant.

Ce qui vient d’être décrit est un effet de l’écart et même de l'opposition entre le dogme et la liturgie. L'apôtre Paul a demandé que ceux qui ont l’intention de communier s’examinent eux-mêmes, afin de ne pas manger et boire leur condamnation (1 Corinthiens 11, 29). Cela signifie : “Celui qui veut que le christianisme soit seulement une heureuse annonce, dans laquelle il ne doit pas y avoir la menace du jugement, le falsifie”. On se demande comment on est parvenu à ce point. Différents auteurs, au cours de la seconde moitié du siècle dernier, ont soutenu – rappelle Ratzinger – la théorie qui “fait découler l'eucharistie – de manière plus ou moins exclusive - des repas que Jésus prenait avec les pécheurs. […] Mais à partir de cette théorie on arrive ensuite à une idée de l'eucharistie qui n’a rien de commun avec la coutume de l’Église primitive”. Alors que Paul protège, en recourant à l'anathème, la communion de l'abus qui pourrait en être fait (1 Corinthiens 16, 22), la théorie ci-dessus propose “comme essence de l'eucharistie que celle-ci soit offerte à tout le monde sans aucune distinction et sans aucune condition préliminaire, […] même aux pécheurs, ou plus encore, même aux incroyants”.

Non, écrit encore Ratzinger : depuis les origines, l'eucharistie a été comprise comme un repas pris non pas avec les pécheurs, mais avec ceux qui s’étaient réconciliés : “Il existait aussi pour l'eucharistie, dès le début, des conditions d’accès bien définies [...] et de cette manière elle a construit l’Église”. Par conséquent l’eucharistie reste “le banquet des réconciliés, ce que la liturgie byzantine rappelle, au moment de la communion, par l'invitation "Sancta sanctis", les choses saintes pour les saints. Mais, malgré cela, la théorie selon laquelle une messe sans communion est invalide continue à influencer la liturgie actuelle."

Posté le 17 octobre 2014 à 08h27 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2014

Quand le Synode confirme « Humanae vitae »

Au moins une bonne nouvelle du Synode, donnée aujourd'hui par Famille chrétienne :

"En proposant de redécouvrir et d’approfondir l’enseignement de Paul VI sur la régulation naturelle de la fertilité, le Synode confirme la place centrale d’Humanae vitae dans la pastorale familiale. Et met un terme à 50 ans de débats."

Autre époque, autre polémique. Il y a tout juste 50 ans, le 23 octobre 1964, le pape Paul VI révélait aux Pères conciliaires réunis à Rome l’existence d’une commission pontificale – secrète – pour l’étude des problèmes de la population, de la famille et de la natalité, et ouvrait ainsi le tumultueux débat qui aboutira à la publication de la lettre encyclique Humanae vitae en juillet 1968.

Défection de clercs, éloignement de fidèles, contestation de certaines conférences épiscopales… La publication de cette encyclique majeure avait alors provoqué un séisme sans précédent dans l’Église, et même au-delà.

Un demi-siècle plus tard, alors que le Vatican se prépare à élever Paul VI au rang de bienheureux dimanche 19 octobre, Humanae vitae est aujourd’hui jugée « prophétique », et figure parmi les documents phares de l’enseignement moral de l’Église sur la famille."[...]

[suite de l'article]

Posté le 15 octobre 2014 à 17h56 par Marie Bethanie | Lien permanent

"Dieu a créé un homme et une femme, pas un homme et trois épouses"

Mgr Alexis Touabli Youlo, président de la Conférence des évêques de Côte d’Ivoire et membre du synode, interrogé par Aleteia, estime avec l'Eglise que la polygamie est un fléau et une régression :

"La polygamie est-elle vraiment une réalité du continent africain, où est-ce un cliché ?
Mgr Touabli Youlo :
La polygamie est présente en Afrique, c’est un indéniable. Mais cette présence n’est pas la même partout. Elle est plus forte là où dominent l’Islam  - comme au Mali ou au nord Guinée – ou la religion traditionnelle, que dans les pays marqués par l’évangélisation. De même, il y a une différence entre les zones rurales et urbaines. En ville, la vie coûte plus cher (loyer, eau, électricité) et ne permet pas aux hommes, qui gagnent en moyenne l’équivalent de 300 euros, d’avoir plusieurs épouses. En réalité, la polygamie concerne les deux extrêmes : une élite qui a les moyens et les milieux ruraux, où les contraintes économiques sont moindres. Enfin, en raison de l’urbanisation croissante et des progrès de la christianisation, elle n’a pas la même ampleur aujourd’hui qu’il y a cinquante ans.

Là où elle existe, comment est-elle considérée par la société africaine ?
Mgr Touabli Youlo :
Dans le contexte traditionnel, elle n’est pas regardée comme quelque chose de mauvais ou d’anormal. Dans ce contexte, personne n’est choqué qu’un roi ou un chef de tribu ait ou deux ou trois épouses. C’est le contraire qui choquerait. En zone urbaine, où les mentalités sont évoluées, on n’applaudit pas un polygame. Aucune femme qui a été à l’école n’accepterait d’être la deuxième ou la troisième épouse. En milieu musulman, par contre, à cause de la religion, la polygamie n’est pas un problème.

Quelles sont ses conséquences ? Quelles souffrances engendrent-elles ?
Mgr Touabli Youlo :
Autrefois, vu sous l’angle démographique, elle a pu peut-être avoir un effet positif sur le renouvellement des générations. En réalité, la polygamie est un fléau. Les pères ne s’occupent pas ou mal de leurs enfants car ils en ont trop. Or, chaque enfant a besoin d’un père et d’une mère pour grandir. Ce sont ces enfants, qui sont souvent abandonnés à eux même, qu’on arme quand il y a une rébellion, parce qu’ils n’ont ni père ni repère. Quant aux femmes, leur vie est souvent intenable. J’en ai des exemples tous les jours. La rivalité entre les épouses n’exclut pas les empoisonnements. Elles ont également recours à certaines pratiques fétichistes pour que leur mari les regarde plus que les autres. Elles souffrent aussi de ne pas avoir les moyens d’élever leurs enfants convenablement.

Quelle est la parole de l’Eglise d’Afrique sur la polygamie ?
Mgr Touabli Youlo :
Dieu a créé un homme et une femme, pas un homme et trois épouses : il veut le mariage monogamique. La parole de l’Eglise est claire : elle dit non à la polygamie. Même dans les cas où cela doit passer par un renoncement.

Que dites vous aux polygames qui veulent rentrer dans l’Eglise ? Et pour commencer, y en a-t-il ?
Mgr Touabli Youlo :
En Côte d’Ivoire, où le catholicisme est en progression constante, les cas sont de plus en plus fréquents. Il s’agit  en général de gens âgés de milieux ruraux et de religion traditionnelle, qui un jour, rencontrent le Christ et demandent le baptême. Les hommes le reçoivent alors avec la première épouse, que l’Eglise reconnaît comme légitime et tous deux se marient sacramentellement. Parallèlement, l’Eglise demande au mari de ne plus avoir de vie intime avec les autres épouses. Ces dernières continuent toutefois à faire partie de la famille élargie, qui subvient toujours à leurs besoins et celui de leurs enfants.

Qu’attendez-vous du synode par rapport à la polygamie ?
Mgr Touabli Youlo :
Qu’il condamne fermement cette pratique, dont il a d’ailleurs déjà été question à plusieurs reprises dans les débats. L’Eglise ne doit pas faire d’exception, par complaisance, vis-à-vis de l’Afrique. L’Eglise est une, ses enseignements et ses exigences sont les mêmes pour tous."

Posté le 15 octobre 2014 à 15h09 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (4)

13 octobre 2014

La question de l'accès à la communion ne se pose pas seulement pour les divorcés remariés

Jeudi dernier, alors qu'il introduisait les travaux de la 7e Congrégation générale du synode extraordinaire sur la famille, le cardinal André Vingt-Trois a posé le problème de l'accès à la communion pour les personnes ayant recours à la contraception :

"La connaissance et l’accueil du Magistère sur l’ouverture à la vie (123-125) sont essentiels. En effet, nombreux sont ceux qui ont des difficultés à saisir la distinction entre les méthodes naturelles de régulation de la fertilité et la contraception.(...)

Tout cela n’est pas sans conséquences sur la pratique sacramentelle (129) des couples qui, souvent, n’estiment pas que l’utilisation de méthodes anticonceptionnelles soit un péché et donc tendent à ne pas en faire une matière à confession et ainsi recevoir la communion sans problèmes.

Pour Sandro Magister, le sentiment d'exclusion de certains divorcés remariés découle du fait que tout le monde communie, tout le temps. Ne devrions-nous pas tous nous poser la question : "et moi, puis-je communier ?"

"Jusqu’au milieu du XXe siècle, dans les paroisses catholiques, l’interdiction de communier qui frappait les personnes en situation matrimoniale irrégulière ne posait pas de problèmes, parce qu’elle restait pratiquement invisible. Même dans les endroits où les fidèles se rendaient fréquemment à la messe, en effet, les gens qui communiaient chaque dimanche n’étaient pas nombreux. La communion fréquente n’était pratiquée que par des personnes qui, d’autre part, allaient fréquemment se confesser. On en trouve la preuve dans le double précepte de l’Église à l’usage de la grande masse des fidèles : il fallait se confesser "une fois par an" et communier "au moins à Pâques".

Par conséquent le fait de ne pas pouvoir accéder à la communion n’était pas une marque visible de punition ou de marginalisation. La principale raison qui éloignait de la communion fréquente une grande partie des fidèles était le très grand respect que l’on avait alors pour l'eucharistie, dont on ne devait s’approcher qu’après une préparation adéquate et toujours avec crainte et tremblement.

Tout cela va changer au cours des années du concile Vatican II et de l’après-concile. En résumé, la pratique de la confession s’effondre, tandis que la communion devient un phénomène de masse. Tout le monde, ou presque, communie, tout le temps. Parce que, dans le même temps, il y a un changement dans la perception du sacrement de l’eucharistie par la plupart des gens. La présence réelle du corps et du sang de Jésus dans le pain et le vin consacrés n’est plus qu’une présence symbolique. La communion devient, à l’instar du baiser de paix, un signe d’amitié, de partage, de fraternité, "dans la série : tout le monde fait comme ça, alors moi aussi", pour reprendre une formule du pape Benoît XVI, qui tenta de remettre à l’honneur le sens authentique de l'eucharistie, notamment en demandant que les fidèles à qui il distribuait la communion s’agenouillent pour recevoir l’hostie dans la bouche.

Dans un tel contexte, il était inévitable que l’interdiction de communier soit considérée parmi les divorcés remariés comme revenant à leur refuser publiquement un sacrement auquel tout le monde a "droit". Cette revendication émanait – et émane – d’un petit nombre de personnes, parce que la plupart des divorcés remariés sont éloignés de la pratique religieuse, tandis qu’il ne manque pas, parmi les catholiques pratiquants, de gens qui comprennent et qui respectent la discipline de l’Église."

Posté le 13 octobre 2014 à 21h29 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (13)

Divorcés-remariés : le dilemme

L'émission "Religions du monde" de RFI proposait hier un volet consacré aux personnes divorcées et remariées, dans le cadre du synode sur la famille. Trois personnes sont interrogées :

  • Le Père Ivan Maréchal, vicaire de la paroisse St Pierre du Gros Caillou. Il prépare tous les ans une cinquantaine de couples au mariage.
  • Le philosophe catholique Thibaut Collin, qui vient de publier "Divorcés remariés, l'Église va-t-elle (enfin) évoluer ?" (à 12'17")
  • Le Père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève (vers 9')

Ecouter l'émission

Posté le 13 octobre 2014 à 18h37 par Marie Bethanie | Lien permanent

09 octobre 2014

C'est le christianisme qui a inventé l'amour humain

De l'abbé de Tanoüarn à propos de l'objection "tarte à la crème" contre l'Eglise qui s'occupe de ce qui ne la regarde pas en amour :

"L'Eglise s'est toujours occupé des amours humaines. Voyez le chapitre 7 de la Première épître aux Corinthiens, entièrement consacré aux conseils que saint Paul donne aux unes et aux autres. Et il 'est pas commode, le saint Paul ! En revanche, il n'est pas aussi misogyne qu'un vain peuple pense : les obligations sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes. Et surtout il est tout près du Christ qui refuse clairement et la répudiation et le divorce lorsque il dit : "Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni" (Matth. 19).

Pourquoi le Christ s'est-il mêlé de donner son avis sur le divorce ? Et pourquoi l'Eglise doit-elle reprendre son enseignement ?

Je vous immédiatement deux raisons : la première c'est que l'amour divin ne peut pas rester étranger à l'amour humain. Le Christ nous prêcherait l'amour sans s'occuper de nos amours ? Mais de quoi aurait-il l'air ? D'un puceau qui ne connaît rien à la vie et s'enferme dans sa tour d'ivoire ? Mais personne ne connaît la vie, mieux que le Christ : "Il n'avait pas besoin qu'on lui rende témoignage de l'homme car il savait, lui, ce qu'il y a dans l'homme" (Jean 2). [...]

L'amour humain est quelque chose de foncièrement ambigu ou ambivalent, Dieu le sait. Platon disait que l'amour n'est pas un dieu mais un demi-dieu, le fils de Poros et de Pénia, d'abondance et de pauvreté. Il le voyait non pas comme les Latins imaginaient Cupidon, son arc et ses flèches, mais plutôt comme une sorte de clochard, qui vient déranger tout le monde, qui est exigeant à contre temps, laxiste quand il ne faut pas l'être, bref, quelqu'un de pas sortable. Et Platon a raison : depuis le péché originel, l'amour n'est pas fréquentable. Il y a de tout dans ce personnage. L'amour peut être le sommet de l'égoïsme, de la cruauté, de la possession, de la manipulation etc.

Nous disons, nous chrétien non seulement que l'amour est un dieu, mais que l'Amour est Dieu. C'est "l'Amour qui meut le soleil et les autres étoiles" comme chante Dante. Mais pour pouvoir prétendre cela, il faut que nous ait été révélé un amour extra-ordinaire, un amour purifié, où ne se trouve nulle jalousie et nul amour propre, un amour qui donne et qui pardonne, un amour qui s'oublie et qui se communique lui-même, un amour qui accepte de mourir pour l'autre car "il n'y a pas de plus grand amour".

Le développement de la première raison a amené la seconde : l'amour est quelque chose dont l'homme a l'intuition, mais qui est plus grand que lui. Il ne sait pas et il ne peut pas aimer seul. Le Christ est venu nous révéler la vraie nature de l'amour et sa grâce nous en donne la capacité. C'est pour cela qu'existe le sacrement de mariage : les époux ne sont pas seuls, s'ils s'aiment c'est dans et par le Christ.

C'est la raison pour laquelle on peut dire avec Denis de Rougemont dans L'amour et l'Occident que c'est le christianisme qui a inventé l'amour humain. Dans d'autres cultures l'amour relève du Kamasoutra, des Mille et une nuits, ou chez les Poètes latins exclusivement de la bagatelle. Cette immense histoire d'amour que tente de raconter la littérature occidentale, ce récit qui utilise le sexuel pour dévoiler l'âme, il provient du christianisme, qui a divinisé l'amour... qui en a fait la pierre de touche de la réussite et le plus grand signe du Bien (un signe quasi sacramentel, réalisant ce qu'il signifie). Si l'Eglise ne s'était pas occupé du mariage (quitte à rentrer parfois c'est vrai dans des détails désagréables), il n'y aurait pas la culture occidentale, il n'y aurait pas de véritable supériorité de l'Occident, il n'y aurait pas l'actuelle occidentalisation (christianisation) du monde."

Posté le 9 octobre 2014 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2014

Mois du Rosaire : "A l'école de la foi : le chapelet"

Qu'est-ce que le chapelet ? Où et quand le dit-on ? Quels en sont les effets ? Des enfants racontent ...

 

Posté le 7 octobre 2014 à 23h32 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

7 octobre, Victoire de Lépante, victoire du Rosaire : des "chapels" pour la Vierge Marie

Bernard Antony sur son blog fait un rappel bienvenu sur l'origine de la fête de Notre Dame du Saint Rosaire, née directement de la bataille de Lépante au XVI° siècle, bataille navale mémorable, qui a vu la flotte chrétienne commandée par Don Juan d'Autriche anéantir la flotte ottomane :

"Le 7 octobre 1571, à cinq heures de l’après-midi, le pape saint Pie V tient une réunion de travail au Vatican, entouré de plusieurs prélats.

Alors que le cardinal Bussoti, en quelque sorte son ministre des finances, expose une importante affaire, il se lève promptement, lui fait signe de s’interrompre et se précipite à la fenêtre, l’ouvre et demeure alors pendant quelques minutes immobile, les yeux fixés vers un coin du ciel en une contemplation silencieuse et profonde.
Son visage dénote ensuite une très vive et lumineuse émotion. Comme transporté d’une sainte allégresse, il s’adresse à ses prélats, s’écriant : « Assez parler des affaires, ce n’est pas le moment, courons plutôt rendre grâce à Dieu, notre armée est victorieuse ! »
Les ayant priés de sortir, il se précipite alors, les yeux baignés de larmes, pour se mettre à genoux dans son oratoire.
La victoire de Lépante ne marqua pas hélas la fin des invasions ottomanes en Europe. Mais la défaite de l’alliance constituée par l’énergique souverain pontife eut été catastrophique : c’était la route de Rome ouverte à Soliman, saint Pierre bientôt transformée en mosquée comme sainte Sophie dans ce qui avait été Constantinople.
En mémoire de ce grand événement, saint Pie V voulut que chaque année désormais on célébrât la fête de Notre-Dame du saint Rosaire le premier dimanche d’octobre. Car la Sainte Vierge avait exaucé les prières des chrétiens. L’Église reprenait ainsi une antique coutume romaine consistant à offrir en hommage aux grands personnages des couronnes de fleurs appelées « chapels ». Les fleurs étaient désormais, pour l’hommage à la Vierge Marie, les grains du chapelet."[...]

Posté le 7 octobre 2014 à 16h12 par Marie Bethanie | Lien permanent

Prendre au sérieux l’Evangile au sujet du mariage n’est pas ‘rigide’, c’est de l’amour

Le père Dorado, éditeur du livre «Demeurer dans la vérité du Christ : mariage et communion dans l’Eglise catholique» sur le mariage explique que l’enseignement de l’Evangile sur le divorce n’est pas rude ni méchant, mais une forme d’amour à la fois douce et ferme visant au salut des âmes. Miséricorde, vérité et justice doivent être en accord.

Un changement dans la discipline de l’Eglise introduirait la confusion devant la nature du péché et la contrition.

« Soyons clair, nous sommes tous pêcheurs, et ne démarquons pas les divorcés remariés civilement parce qu’ils pêchent. Nous pêchons tous. Les catholiques qui pêchent peuvent aller se confesser, être absous parce qu’ils regrettent leur péché, et prendre la résolution de ne plus pêcher. Nous ne pouvons pas permettre aux catholiques civilement remariés de recevoir une absolution sacramentelle sans qu’il y ait ferme résolution de mettre fin aux relations sexuelles, alors que sous les yeux du Christ ils sont encore mariés à leur premier conjoint. C’est ce qui rend le sacrement de pénitence inaccessible pour eux ».

Le Cardinal Kasper avertit du danger d’une vie « rigide » et rappela que l’Evangile n’est pas un « code pénal » ; Dorado répond :

« l’Evangile n’est pas un code pénal, mais c’est un code de loi divine et nous devons établir une distinction entre les lois humaines, les lois que l’Eglise instaure, et les lois divines. Lorsque Jésus dévoila son enseignement sur le mariage, il déclencha l’incrédulité chez ses disciples. Il leur expliqua que Moïse avait permis le divorce à cause de leur dureté de cœur, et ajouta qu’au commencement il n’en était pas ainsi. (Mat 19) Puis Jésus leur renvoya à Gen 2, 24, où l’on trouve l’enseignement originel de Dieu sur le mariage. Si Jésus cite les écritures pour corriger une pratique erronée et permissive du divorce, alors Il serait un fondamentaliste ? Jésus est-il rigide ? »

Avec quel sérieux regardons-nous l’Evangile ? que reste-t-il de l’Evangile si nous commençons à barrer des choses que Jésus a dites parce que nous ne voulons pas leur donner une interprétation ‘fondamentaliste et rigide’ ?

La miséricorde est un autre mot clé du débat :

« nous avons à prendre garde de ne pas confondre miséricorde et sentimentalisme ou romanticisme. Parfois l’amour est un amour de fermeté. Aussi nous trouvons la miséricorde en nous soumettant à la volonté du Christ, chacun de nous commençant par se regarder soi-même en tant que pêcheur appelé à se convertir et à opérer des changements dans sa vie.»

Le père Dorado exprime son espoir des bons fruits du synode sur la famille.

« Les thèmes du mariage et de la famille concernent tous les catholiques, et je pense qu’une partie de ce que le Pape François veut faire est mettre l’accent sur le rôle positif de la joie dans la vie chrétienne. »

Posté le 7 octobre 2014 à 10h23 par Michel Janva | Lien permanent

01 octobre 2014

26 agrégés scientifiques espagnols soutiennent la compatibilité entre foi et science

SLe livre « 60 questions sur la science et la foi » est sorti cette semaine (en espagnol, édition Stella Maris), répondant aux récentes déclarations du scientifique Hawkins, considérant celles-ci « idéologisées ». Ce livre a pour but de reprendre la supposée incompatibilité entre religion et science que soutiennent certains « scientifiques matérialistes ». Ce livre sort à peine une semaine après que durant le festival Starmus aux Canaries, Hawking affirma qu’il ne croyait ni en l’existence ni en la nécessité d’un Dieu qui créa l’univers.

Les scientifiques espagnols soutiennent que

« les données mises en avant par le savoir scientifique actuel, si elles se démunissent des interprétations matérialistes et athées, ne sont en aucune manière incompatibles avec la doctrine chrétienne. »

Ce qui s’est passé, selon le jugement de ces experts, c’est que « l’idéologie a poussé la science beaucoup plus loin que ce que les données empiriques ne permettent. »

Depuis soixante ans

« nous avons eu l’occasion de vérifier dans de divers domaines – notamment la cosmologie et les lois de la nature – que c’est la plus grande compréhension de la structure du monde, et non sa méconnaissance, qui donne racine aux lignes de pensées reliant science à théologie. »

Les auteurs soulignent dans ce livre que

« l’on peut affirmer que le scénario positiviste de la mort de la religion aux mains de la science ne s’est pas réalisé et n’est pas prêt de s’accomplir. Et ceci non pas par chance, ni parce que les scientifiques ne se sont pas encore rendu compte de comment ils devraient penser, sinon parce qu’il était faux de supposer que les points de départ de la pensée religieuses se situaient au creux de la science. »

Le livre tente de répondre aux principales questions lancées par l’athéisme à la religion à partir de supposée évidence scientifique. Neuroscience, biologie, cosmologie, statistiques ou physique quantique, parmi d’autres, sont les domaines que divers spécialistes épluchent en vue de défendre une position « aussi légitime au moins que celle des athées ».

Posté le 1 octobre 2014 à 14h17 par Le Salon Beige | Lien permanent

28 septembre 2014

Mois d'octobre : Rosaire pour tous !

Le mois d'octobre étant celui du Rosaire selon la tradition de l'Eglise, et nos temps plus que troublés nécessitant un recentrage sur l'essentiel, voici quelques arguments pour inciter les hésitants à se lancer dans la grande aventure du chapelet (ou du rosaire) quotidien :

  • La Sainte Vierge a fait 15 promesses à celui qui dit le rosaire, dont celle-ci, qui est particulièrement adaptée à notre temps :"La prière du Rosaire « sera un  bouclier puissant contre l’enfer, …, abattra  l’hérésie »".

 « Et  quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par  s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui  marche contre lui avec vingt mille ? (Lc, 14, 31).

  • L'affrontement, on y est. Marthe Robin disait : la France « criera vers Dieu et c’est  la Sainte  Vierge qui viendra la sauver ». Notre arme secrète, le rosaire, car la Sainte Vierge écrase la tête du serpent.

 

  • Il est urgent de lutter contre l'athéisme et le matérialisme qui transforment l'être humain en objet de convoitise, ainsi que contre le relativisme ambiant, obstacle majeur au règne de la Vérité (Catéchisme de l'Eglise catholique).

 

Il est temps d'obéir à la Sainte Vierge, confiants dans ses promesses. A chacun d'oeuvrer pour établir le rosaire partout où il le peut : dans les paroisses, comme l'a fait le Père Zanotti-Sorkine (et bien d'autres prêtres), dans les écoles, les aumôneries étudiantes, dans les familles, entre amis ...

A nos chapelets, n'ayons pas peur !

 

Posté le 28 septembre 2014 à 12h55 par Marie Bethanie | Lien permanent

Divorcés-remariés : l'Eglise manque-t-elle de miséricorde ?

Avec son dernier livre, à paraître, Divorcés remariés, l'Église va-t-elle (enfin) évoluer ?, Thibaud Collin introduit cette question au sein du débat philosophique sans occulter la vision chrétienne du mariage. Extrait d'un entretien donné à l'Homme Nouveau :

"[...] Par son refus actuel, l’Église manquerait de miséricorde, cœur normalement de sa charité. Mais au final, ce n’est pas d’être non moderne que l’on accuse l’Église, c’est d’être non-chrétienne.

Mais quel est le critère de la vie chrétienne ? La vie avec le Christ. Les paroles du Christ sur l’indissolubilité de ce que Dieu a uni sont très claires. Le problème est que certains considèrent que la vie chrétienne est une sorte de prolongement de la vie humaine en niant le péché et les blessures de notre humanité. Dans ce cas-là, le Christ n’avait pas besoin de nous sauver ! La miséricorde divine n’est pas la tolérance humaine. Les personnes divorcées-remariées sont appelées à la sainteté comme tout baptisé et la voie étroite de la sainteté est la conversion et l’accueil de la grâce dans sa totalité.

Face à ce sujet brûlant, l’Église, plutôt que d’amoindrir sa doctrine et la discipline qui lui correspond, ne devrait-elle pas susciter un véritable élan de ré-explication de la grandeur, de la beauté et de la cohérence de sa doctrine sacramentaire et morale ainsi que le sens exact du droit canon ?

Je suis convaincu que tel est l’objectif du Synode voulu par le Pape. N’oublions pas qu’il a dit lui-même qu’il est « rusé ». Après l’approfondissement de la doctrine du mariage et de la sexualité par saint Jean-Paul II pour traverser la crise d’Humanæ Vitæ, le Pape François a fait le constat que de nombreux catholiques refusent cet enseignement. Alors que faire ? Faire comme si de rien n’était ? Laisser le silence recouvrir cet appel à la sainteté ou bien convoquer l’Église, mettre les problèmes sur la table et les affronter jusqu’au bout ? Je crois que le ­Pape en surprendra plus d’un sur ce sujet !"

Posté le 28 septembre 2014 à 11h21 par Michel Janva | Lien permanent

La communion dans la main au cœur de la crise de l’Église

CMgr Athanasius Schneider est né en 1961, au Kirghizistan, de parents allemands déportés par les soviétiques. Docteur en Patrologie, évêque auxiliaire de l’archidiocèse d’Astana, capitale du Kazakhstan, président de la commission liturgique et secrétaire général de la conférence des évêques catholiques du Kazakhstan, il rejoint la conviction de la Bse Mère Térésa, à qui on demandait quel était son plus grand sujet d'inquiétude dans le monde. Elle avait répondu : "La communion dans la main".

C'est cette idée que développe Mgr Schneider dans un livre préfacé par le cardinal Raymond Leo Burke. Il estime notamment que la pieuse intention ne suffit pas, car elle doit s'incarner par une attitude :

"Quand il s'agit du culte divin, la disposition intérieure seule ne suffit pas car Dieu s'est fait homme et s'est rendu visible. Pendant la distribution de la communion, un culte rendu à la Sainte Hostie exclusivement ou même principalement de façon intérieure n'est pas cohérent avec l'Incarnation. Un tel culte est "platonique", protestant et fondamentalement gnostique. Par essence, l'homme est aussi un être visible et physique. Aussi, le culte rendu au corps eucharistique du Christ lors de la communion doit-il nécessairement être extérieur et physique. Un tel culte eucharistique est conforme à la dignité de l'homme, même si sa composante la plus importante, celle qui l'anime, demeure l'aspect intérieur. En fait, les deux composantes sont inséparables."

Un livre à faire connaître et à diffuser.

Posté le 28 septembre 2014 à 09h57 par Michel Janva | Lien permanent

Histoire d’une conversion

John C. Wright, marié avec trois enfants, fait les fins de mois en écrivant des manuels d’informatique, mais il est davantage connu comme écrivain de science fiction : sa trilogie « L’âge d’or » et la série La Guerre des Mondes.

Wright naquit en 1961 et eut une jeunesse « introvertie, pleine de livres, irreligieuse, nullement sportive ». Ses parents étaient luthériens mais cessèrent de le conduire à l’église quand il eut 7 ans, et seul demeurait un certain christianisme culturel. Il raconte :

W «Durant de nombreuses années j’ai été athée, et un athée véhément, argumentatif et prosélyte ; je ne voyais aucune autre possibilité dans une pensée logique. J’étais un champion de l’athéisme, je donnais des arguments en sa faveur si convaincants que trois de mes amis abandonnèrent leurs croyances religieuses à cause de ma force de persuasion, et mon père cessa d’aller à l’église. »

« Ma récente conversion au christianisme fut un miracle, causé par une révélation surnaturelle, qui apaisa mon scepticisme et sauva ma vie. A ma surprise, je découvris que je demeurais un penseur parfaitement logique. Je soutiens qu’il est insuffisant d’affirmer que vu que le raisonnement humain ne trouve pas d’évidence d’un Etre Divin, cet Etre n’existe pas. La conclusion adéquate serait que les hommes, sans l’assistance et l’intervention d’un être divin, ne peuvent parvenir à le connaître : une conclusion que même les athées, je pense, admettront. »

En novembre 2003, à 42 ans et après de nombreuses années de débats avec des amis athées, Wright en vint à une conclusion : sauf en ce qui concerne le surnaturel et l’existence de Dieu, « mes collègues athées se trompaient de façon affreusement comique dans n’importe quel point basique de philosophie, d’éthique et de logique, tandis que mes odieux ennemis chrétiens avaient raison. » ils avaient raison, sauf en référence à Dieu et à la religion.

«Etant un philosophe, non un pédant, je soumis le problème à une preuve empirique. Pour la première fois de ma vie j’ai prié ; je dis : « cher Dieu, il n’y a pas de forme logique selon laquelle tu puisses exister, et même si tu apparaissais devant moi en chair et en os, je te prendrais pour une hallucination. Il ne me vient aucune forme ou évidence, claire ou confuse, qui me démontre ton existence. Mais les chrétiens disent que tu es indulgent, mais que mon manque de foi en toi me condamnera inévitablement. Si, comme ils disent, mon salut t’importe, et si comme ils disent, tu es savant et tout puissant, tu peux me le démontrer bien que je sache que c’est logiquement impossible. Merci d’avance pour ta coopération dans cette affaire. John C. Wright. »

Trois jours passèrent. Wright était serein et satisfait de se trouver « logique, objectif et à l’esprit ouvert. » Et alors l’événement arriva. Selon ses mots :

«Sans préavis, j’ai eu une attaque au cœur, je tombai au sol, criant et moribond. Puis je fus sauvé d’une mort certaine par la foi. Après quoi je sentis que l’Esprit Saint entrait en mon corps, puis immédiatement je pris conscience de mon âme, une part de moi dont je ne connaissais pas encore l’existence. La Vierge Marie me visita, puis Son Fils, Son Père, sans mentionner d’autres esprits durant plusieurs jours, avec des périodes d’extase divine et une conscience de l’unité mystique de l’univers… »

« Et environ une semaine plus tard, je vécus une expérience religieuse par laquelle j’entrai dans l’esprit de Dieu et je vis l’indescriptible simplicité et complexité, amour, humour et majesté de Sa pensée, et je fus saisi d’un plaisir bien au-delà de toute compréhension, et je compris l’unité subjacente à toutes choses, et le paradoxe du déterminisme et de la volonté libre s’éclaircit pour moi, comme la nature symphonique de la prophétie. Me fut montrée la structure du temps et de l’espace. »

« Puis le Christ dans une vision me dit que Lui serait mon juge, et que Dieu ne juge pas l’homme. Je l’ai expliqué à mon épouse ; et un mois plus tard, alors que pour la première fois je lisais la Bible – au-delà du minimum requis à l’école – je trouvai le paragraphe de Jean (5,22) que jamais je n’avais vu avant, qu’aucun chrétien ne m’a mentionné, où il dit la même chose dans les mêmes mots. Puis j’ai vu comment des prières étaient exaucées miraculeusement, si bien que maintenant cela me paraît une chose routinière normale, plus qu’un acte extraordinaire de foi. »

« Ce que je vis fut simple comme l’amour lui-même, et tout aussi mystérieux. Ce ne fut pas une vague lumière ou une sensation diffuse que je trouvai, mais des personnes avec qui je parlai, un esprit, un apôtre, la Dame, le Paraclet, le Messie, et le Père. L’Esprit Saint entra en mon âme, je le sentis y pénétrer, et quelque chose changea en moi : la grâce fut versée en moi comme dans une petite coupe, un vin alchimique qui change le laiton en or. 

« Ce n’est pas une mais six expériences, dans un laps de plusieurs mois, et qui continuent encore aujourd’hui. J’ai eu des visions et expérimenté des miracles, j’ai vu des prières exaucées des choses encore plus extraordinaires arriver. Un seul événement surnaturel serait suffisant pour convaincre un athée honnête de l’existence de quelque chose dans l’univers qui ne pourrait être contenu dans le modèle matérialiste, scientifique. J’ai eu une demi douzaine de telles expériences, chacune différente dans leur nature, durée et types : une honteuse évidence ; accablante ; définitive. Je n’ai pas trouvé un dieu générique, le dieu des philosophes, ou quelconque Etre de Lumière de la New Age. J’ai trouvé trois personnes de la Trinité, l’une après l’autre.

Et Marie. J’ai parlé avec elle. Je voudrais pouvoir vous parler de sa tendresse, sa simple et modeste bonté de cœur. Elle est plus haute que toute autre reine, elle vit dans la joie éternelle, et les esprits lumineux l’entourent comme des chandelles votives, mais j’aimerais pouvoir faire quelque chose, n’importe quoi pour apaiser les douleurs qu’elle connut durant sa vie. Pauvre femme. Pauvre, pauvre femme. Si tout cela fut une hallucination, si tout ceci fut de la folie, même ainsi j’y croirais véritablement, seulement pour l’infime possibilité de la voir de nouveau dans le ciel, et tenir à nouveau sa main. Ses mains étaient les mains calleuses d’une esclave. »

Que se passe-t-il lorsqu’un homme se considérant logique et rationaliste, capable de s’asseoir pour méditer dans les hauteurs de la logique ou pour écrire d’ambitieuses histoires de science fiction, avec des argumentations détaillées, découvre Dieu par pure grâce mystique ? Une tentation est de tomber dans le fidéisme et de mépriser la pensée rationnelle. Mais Wright découvrit que dans le catholicisme la raison et la logique sont prise en compte, et que seuls les fondamentalistes (athées ou chrétiens) la méprisent.

«Le christianisme est en fait une meilleure philosophie que la philosophie même. C’est une vision du monde rationnel, auto suffisante et riche de sens, une vision qui promeut la vertu et l’honnêteté, et en même temps une attitude philosophique face à la souffrance. La philosophie païenne, comme celle d’Aristote et de Platon, appelait les hommes à vivre et à mourir comme des hommes aux âmes grandes, comme des stoïques, et à vivre de manière honnête et honorable, sans crainte : mais leur monde était tel que la peur est rationnelle et que le moteur immobile ne se bougera pas pour te sauver. Le stoïcisme, la doctrine d’Epictète et de Marc Aurèle, Sénèque et Cicéron, explique logiquement pourquoi est-il mieux de vivre suivant la Nature, mais ne prodigue pas à l’âme les armes nécessaires pour le faire. La philosophie moderne, les spéculations et passetemps de Rousseau, Nietsche, Sartres, Marx, Russell, Wittgenstein, c’est du déchet,  et un enfant à l’école peut déceler les contradictions, le manque d’humanité, et les postulats absurdes dans leur travail. Le christianisme fait tout ce que ces penseurs proposent de faire, et de plus il te délivre les cathédrales et la Passion selon St Jean, la Nativité et John Milton. »

« La religion chrétienne attribut une importance à la raison que les autres religions, sauf le judaïsme, ne partagent pas, ou pas au même niveau. Aucune d’elles ne mentionne le LOGOS, le principe rationnel, la parole, qui émane directement du Père. L’incarnation fait du Dieu chrétien un dieu plus humain et humanitaire que le Dieu que nous voyons dans l’Ancien Testament ou dans le Coran. Le Dieu de la Trinité n’est seul.

«Le christianisme semble s’ajuster davantage au mode de vie réelle, par rapport aux autres religions, du moins selon mon humble appréciation. Il y a une préoccupation et un amour pour les enfants que je n’ai pas remarqué dans les autres religions, une sainteté du mariage, une préoccupation pour la vie humaine, pour la monogamie, pour la valeur de l’individu, plus essentielle à la tradition chrétienne qu’aux traditions des autres religions. La chrétienté abolit l’esclavage dans le monde, elle inventa la science (l’argumente avec des clercs comme Copernic, Mendel, Lemaître, Albert Le Grand, Roger Bacon, Pierre Gassendi, Boskovich, Marin Mersenne, Grimaldi, Oresmes, Buridan, Grosseteste, Clavius, Nicolas Stenon, Atanasius Kircher et des laïcs catholiques comme Galilée, Descartes, Pasteur, Pascal, Ampère, Coulomb, Fermat, Lavoisier, Volta, Cauchy  et Pierre Duhem). Si le christianisme était ennemi de la science, l’occident serait la plus en retard des puissances technologiques, et les chinois, avec le pragmatique et mondain Confucius, seraient les leaders. »

Quant aux arguments que me donnèrent mes amis et connaissances athées en réponse à ce témoignage, ils demeurent décevants.

«J’étais l’un des vôtres et j’étais très bon à mon travail, et vous me faites honte avec la faiblesse et l’idiotie de vos tentatives pour réaliser ce qu’auparavant je réussissais aussi bien. »

« Poser comme argument que les miracles sont incroyables parce qu’on ne peut pas y croire, est moins persuasif qu’il aurait pu y sembler à première vue, surtout quand on le dit à un sceptique qui se retrouve pourtant témoin de plusieurs miracles, prières exaucées, visions, expériences religieuses, prémonitions de faits avant qu’ils aient eu lieu, etc… Evidemment, moi qui ai vu les miracles ex posteriori, ne peux adopter a priori la position de dire que les miracles ne peuvent exister, pas sans renoncer à mon intégrité de philosophe et mon honneur d’homme. » 

Bientôt 8 années ont passé depuis son expérience mystique et sa guérison miraculeuse de l’attaque au cœur. Wright continue à écrire des romans de science fiction (et des manuels d’informatique). Mais il a signé avec un éditeur le projet d’un livre d’apologétique chrétienne.

«Mon projet est de faire alterner dans chaque chapitre des lettres entre mon ancien moi et mon moi actuel ; ainsi pourra se développer un dialogue théiste-athée sans qu’interfère la personnalité du philosophe, c’est-à-dire ici la mienne. Pour l’instant le livre s’intitule « Livres du lendemain ».

Posté le 28 septembre 2014 à 08h04 par Le Salon Beige | Lien permanent

27 septembre 2014

Le problème majeur de la famille

F“L’espérance de la famille”, c'est le titre d'un petit livre sous forme de dialogue avec le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard-Ludwing Müller. Dans la préface de l’ouvrage, le P. Granados explique lui-même que l’idée de ce dialogue 

«est née d’un souci pastoral de rendre plus compréhensible aux fidèles chrétiens le sens de ce qui est commenté ces jours-ci sur le prochain Synode. Les paroles du Préfet pour la Doctrine de la foi éclairent le cadre dans lequel émergent les points d’interrogation d’aujourd’hui sur la famille».

La présentation du livre est du cardinal Fernando Sebastián Aguilar, qui affirme que le cardinal Müller rend un grand service, en proposant des idées et des suggestions pour repenser en profondeur et avec sérénité des questions sur la famille, au sein de la tradition et de la communion de l’Eglise :

« Le problème principal que nous avons dans l’Eglise concernant la famille ne réside pas tant dans le petit nombre des divorcés remariés  désireux de s’approcher de la communion eucharistique. Le grand nombre de baptisés qui se marient civilement et le grand nombre des baptisés et mariés sacramentalement qui ne vivent pas leur mariage ni leur vie matrimoniale en conformité avec la vie chrétienne et les enseignements de l’Eglise, voilà le problème."

Le cardinal Müller estime ainsi :

"Selon moi, l’objectif principal du prochain Synode devrait être de favoriser la ‘récupération’ de l’idée sacramentelle du mariage et de la famille, en insufflant aux jeunes qui sont disposés à entamer un chemin conjugal, ou à ceux qui sont déjà dedans, le courage dont ils  ont besoin. Au fond, il s’agit de leur dire qu’ils ne sont pas seuls sur ce chemin, que l’Eglise, toujours mère, les accompagne et les accompagnera."

Posté le 27 septembre 2014 à 08h33 par Michel Janva | Lien permanent

26 septembre 2014

A Okhlaoma City, 3000 catholiques assistent à l'Heure sainte en réparation pour une messe noire

Depuis des mois, Mgr Coakley, archevêque de la ville d’Oklahoma, bataillait ferme pour obtenir l'interdiction d'une messe noire qui devait avoir lieu dimanche dans un lieu public de la ville. Mais les autorités invoquaient la Constitution, qui autorise ce genre de manifestation dans un espace public. Adam Daniels, organisateur de la messe noire, avait même dérobé une hostie consacrée, qu'il avait dû remettre à l'archevêque lorsque celui-ci l'avait menacé de poursuites.

N'ayant pas pu faire interdire cette messe noire, l'archevêque a organisé une Heure sainte qui a rassemblé environ 3000 fidèles, alors que les satanistes n'étaient que 40.

  Topic

"Une guerre est engagée contre le diable, telle est la raison du rassemblement du 21 septembre à Oklahoma, a déclaré l’archevêque. Mais  « nous savons que le Christ a vaincu Satan. La guerre a été gagnée, le Christ a vaincu, malgré quelques escarmouches çà et là, jusqu’au jour où le Christ reviendra pour régner pour toujours ». Mgr Coakley, à la tête de l’archidiocèse de la ville d’Oklahoma, s’exprimait ainsi avant la messe noire prévue depuis des mois au sein d'un centre culturel public de la ville. Le rituel satanique est une sorte d'inversion   obscène de la messe catholique.

L'Eucharistie, un don irremplaçable
À partir de la lecture de l’évangile de saint Jean  sur l’institution de l’Eucharistie, Mgr Coakley a  rappelé durant l'Heure Sainte que l’Eucharistie est un don irremplaçable, un fait que même de nombreux catholiques ne reconnaissent pas. Mais Satan, lui, le reconnaît.  « De nombreuses personnes n’ont pas compris nos efforts constants ou la profondeur de l’outrage  parce qu’elles ne peuvent pas accepter ce que nous croyons être vrai, le plus grand don fait à l’Eglise ».[...]

Posté le 26 septembre 2014 à 13h15 par Marie Bethanie | Lien permanent

Communion aux "divorcés-remariés" : Benoît XVI avait déjà répondu en 2007

Ce n'est pas seulement l'exhortation apostolique Familiaris Consortio (et surtout le n°84) de saint Jean-Paul II que certains aimeraient voir partir aux oubliettes (ce texte date de 1981), c'est aussi l'exhortation de Benoît XVI Sacramentum Caritatis (publiée en 2007), qui indique dans son n°29 :

"Si l'Eucharistie exprime le caractère irréversible de l'amour de Dieu pour son Église dans le Christ, on comprend pourquoi elle implique, en relation au sacrement de Mariage, l'indissolubilité à laquelle tout véritable amour ne peut qu'aspirer. L'attention pastorale que le Synode a réservée aux situations douloureuses dans lesquelles se trouvent de nombreux fidèles qui, après avoir célébré le sacrement de Mariage, ont divorcé et contracté une nouvelle union, est donc plus que justifiée. Il s'agit d'un problème pastoral épineux et complexe, une vraie plaie du contexte social actuel, qui touche de manière croissante les milieux catholiques eux-mêmes. Par amour de la vérité, les Pasteurs sont obligés de bien discerner les diverses situations, pour aider spirituellement de la façon la plus appropriée les fidèles concernés. Le Synode des Évêques a confirmé la pratique de l'Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10, 2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l'union d'amour entre le Christ et l'Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l'Eucharistie. Toutefois, les divorcés remariés, malgré leur situation, continuent d'appartenir à l'Église, qui les suit avec une attention spéciale, désirant qu'ils développent, autant que possible, un style de vie chrétien, par la participation à la Messe, mais sans recevoir la Communion, par l'écoute de la Parole de Dieu, par l'adoration eucharistique et la prière, par la participation à la vie de la communauté, par le dialogue confiant avec un prêtre ou un guide spirituel, par le dévouement à la charité vécue et les œuvres de pénitence, par l'engagement dans l'éducation de leurs enfants.

Là où surgissent des doutes légitimes sur la validité du Mariage sacramentel qui a été contracté, il convient d'entreprendre ce qui est nécessaire pour en vérifier le bien-fondé. Il faut aussi s'assurer, dans le plein respect du droit canonique, de la présence sur le territoire de tribunaux ecclésiastiques, de leur caractère pastoral, de leur fonctionnement correct et rapide. Il importe qu'il y ait, dans chaque diocèse, un nombre suffisant de personnes préparées pour le bon fonctionnement des tribunaux ecclésiastiques. Je rappelle que « c'est une obligation grave que le travail institutionnel de l'Église réalisé dans les tribunaux soit rendu toujours plus proche des fidèles ». Il est cependant nécessaire d'éviter de comprendre la préoccupation pastorale comme si elle était en opposition avec le droit. On doit plutôt partir du présupposé que le point fondamental de rencontre entre le droit et la pastorale est l'amour de la vérité: cette dernière en effet n'est jamais abstraite, mais « elle s'intègre dans l'itinéraire humain et chrétien de tout fidèle ». Enfin, là où la nullité du lien matrimonial n'est pas reconnue et où des conditions objectives rendent de fait la vie commune irréversible, l'Église encourage ces fidèles à s'engager à vivre leur relation selon les exigences de la Loi de Dieu, comme amis, comme frère et sœur; ils pourront ainsi s'approcher de la table eucharistique, avec les attentions prévues par la pratique éprouvée de l'Église. Un tel chemin, pour qu'il soit possible et qu'il porte du fruit, doit être soutenu par l'aide des pasteurs et par des initiatives ecclésiales appropriées, en évitant, dans tous les cas, de bénir ces relations, pour que ne surgissent pas chez les fidèles des confusions autour de la valeur du Mariage.

Vu la complexité du contexte culturel dans lequel vit l'Église dans beaucoup de pays, le Synode a aussi recommandé d'avoir le plus grand soin pastoral pour la formation des fiancés et pour la vérification attentive de leurs convictions concernant les engagements prescrits pour la validité du sacrement de Mariage. Un sérieux discernement à ce sujet pourra éviter que des élans émotifs ou des raisons superficielles conduisent les deux jeunes à assumer des responsabilités qu'ils ne sauront ensuite honorer. Le bien que l'Église et la société tout entière attendent du mariage et de la famille fondée sur lui est trop grand pour qu'on ne s'engage pas totalement dans ce domaine pastoral spécifique. Mariage et famille sont des institutions qui doivent être promues et garanties de toute équivoque possible quant à leur vérité, parce que tout dommage qui leur est causé constitue de fait une blessure pour la convivialité humaine comme telle."

Comme demandé dans le 2e paragraphe de cette citation, le pape François a récemment créé une commission pour améliorer le fonctionnement de la reconnaissance de la nullité des mariages.

Posté le 26 septembre 2014 à 10h30 par Michel Janva | Lien permanent

25 septembre 2014

Cardinal Burke : les médias ont tenté de détourner le Synode

BLes préjugés des médias contre l’Eglise alimentent l’espoir d’un changement dans l’enseignement de l’Eglise, « ce qui est impossible » explique le Cardinal. Le synode sur la famille du mois prochain a subi une tentative de détournement par quelques médias, qui alimentent l’espoir que des changements impossibles seront fait à la doctrine de l’Eglise, dit le Cardinal Raymond Burke, préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique,  le bureau qui, parmi d’autres choses, s’occupe des reconnaissances d’annulation dans l’Eglise.

« Je ne pense pas que vous ayez besoin d’être brillant pour voir que les médias ont, depuis des mois, tenté de détourner ce synode ».

Les médias ont présenté le Pape François comme approuvant la distribution de la Sainte Communion aux divorcés remariés et d’autres propositions du genre, ce qui n’est pas le cas. Le danger est que

« les médias ont généré une situation où les gens attendent des changements majeurs qui, en réalité, constitueraient un changement intrinsèque à l’enseignement de l’Eglise, ce qui est impossible. » « Voilà pourquoi il est très important pour ceux qui sont à la tête d’avoir les idées très claires. ».

Le synode, prévu du 5 au 19 octobre, est devenu le centre d’un débat selon lequel l’Eglise devrait permettre aux divorcés remariés d’être à nouveau admis à recevoir la sainte Communion même si l’annulation du mariage n’a pas été obtenue.

L’enseignement de l’Eglise à ce sujet, dit le cardinal, est miséricordieux,

«parce qu’il respecte la vérité à savoir que la personne est en vérité liée par une première union dans laquelle elle ne vit plus, pour une raison ou une autre. L’Eglise maintient la personne dans la vérité de ce mariage, tout en lui démontrant compassion, comprenant la situation de la personne, l’accueillant dans la communauté paroissiale de façon appropriée et tâchant de l’aider à mener une vie aussi sainte possible, sans trahir la vérité de son mariage. Ceci, dit-il, est miséricordieux. »

« Parler de miséricorde quand on ne respecte pas la vérité n’a simplement pas de sens. Comment cela pourrait bien être de la miséricorde ? »

« Certainement, la culture est extrêmement désorientée et très erronée ». «Cependant, cela vaut aussi dans le sein de l’Eglise, où il y a ceux qui remettent en question la mise en application de Mathieu 19. Dans ce passage, Jésus dit qu’un homme qui divorce sa femme et épouse une autre commet l’adultère ; ceci est la base de la pratique catholique interdisant la réception de l’Eucharistie dans de telles circonstances. »

« Il est très important de nos jours de montrer la splendeur de la vérité de l’enseignement de l’Eglise à propos du mariage, qui est une fondation, bien sûr, pour la société et pour l’Eglise elle-même. Si nous nous trompons au sujet du mariage, il n’y a pas grand-chose d’autre que nous comprendrons clairement. »

Le Cardinale Burke ajoute que tandis que des demandes d’annulation augmentèrent de manière exponentielle après le Concile Vatican II, elles sont en déclin ces dernières années.

«Les évêques qui  nous visitent régulièrement à la Signature Apostolique disent que beaucoup de couples divorcés aujourd’hui ne se soucient plus de la question de la nullité. Ils prennent juste la décision de vivre avec quelqu’un d’autre, si c’est en fait ce qu’ils font réellement. Nous tâchons, autant que possible, d’aider les gens à comprendre que c’est grave et mal de vivre un semblant de mariage avec quelqu’un quand en fait on n’est pas libre de se marier. »

Pour ceux qui souhaitent la reconnaissance de nullité de leur mariage, dit-il, « l’Eglise doit avoir un processus apte pour déceler la vérité », selon laquelle il peut être établi qu’un mariage est nul ou pas.

« Mais d’avoir simplement des gens se présenter devant ce que l’on appelle un processus administratif ou un ‘processus pastoral’, où les gens se contentent de raconter leur histoire à un prêtre » qui ensuite prend la décision concernant leur accès aux sacrements – « comment un tel procédé respecte-t-il la vérité de l’enseignement de Notre Seigneur au sujet du mariage ?»

« Le procès de nullité de mariage est le fruit de siècles d’évolution par plusieurs canonistes experts, l’un des grands étant le Pape Benoît XIV. Pour nous, dire simplement maintenant qu’on n’a plus besoin de tout cela est le sommet de l’arrogance et donc de l’idiotie. »

En prévision du synode du mois d’octobre, le Cardinal Burke exprime l’espoir que

« ce synode mettra en avant la beauté de l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, dans tous ses aspects, en tant qu’union entre un homme et une femme, fidèle, indissoluble pour la vie, et procréative. »

« J’espère que cela sera l’occasion, spécialement rehaussée par la béatification du Pape Paul VI à la conclusion de ce synode, pour souligner l’enseignement de son encyclique courageuse et très sage, Humanae Vitae ».

En tant que prélat actuel de la Signature Apostolique, le rôle du Cardinal Burke à ce synode sera particulièrement consacré au procès de nullité de mariage, spécifiquement en réponse à la suggestion de raccourcir le procès d’annulation, le rendant plus rapide et plus facile.

« Je ne serais nullement opposé à toutes sortes de changements, sauf qu’une certaine densité de complexité est requise du fait de la complexité que représente la déclaration d’un mariage nul. Et vous ne pouvez simplement pas traiter ce genre de questions avec des processus faciles et légers. »

Prenant en compte toutes ces considérations, le Cardinal Burke dit que le synode peut être une bonne chose,

« tant qu’il est fermement enraciné dans la doctrine et la discipline de l’Eglise concernant le mariage. Mais on ne peut pas avoir une sorte d’approche sentimentale ou personnelle ne respectant pas l’objective réalité du mariage. »

Posté le 25 septembre 2014 à 12h06 par Le Salon Beige | Lien permanent

Divorce et le remariage : Demeurer dans la vérité du Christ

AAujourd'hui paraît en français l'ouvrage co-écrit par 5 cardinaux, Demeurer dans la vérité du Christ – Mariage et communion dans l’Eglise catholique (Artège éditions, 312 p., 19,90 €). Extraits :

Cardinal Velasio De Paolis, Président émérite de la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège :

« Souvent la miséricorde est présentée comme opposée à la loi, et même à la loi divine. Cette vision est inacceptable. Le commandement de Dieu est une manifestation de l’amour avec lequel Il nous indique la route à emprunter pour ne pas nous perdre sur le chemin de la vie. Opposer la miséricorde de Dieu à sa loi, c’est créer une contradiction inacceptable. » (p. 199)

« Ce qui précède montre que l’admission des divorcés remariés aux sacrements de la pénitence et de l’Eucharistie est une question sans issue, tant qu’ils demeurent dans cet état. Cela ne peut être attribué à la sévérité et à la rigueur de la loi, parce que nous n’avons pas affaire à des lois humaines qui pourraient être adoucies ou même abrogées, mais à des lois divines qui sont un bien pour l’homme et indiquent la route du salut montré par Dieu lui-même. » (p. 205)

Cardinal Raymond Leo Burke, Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique :

« Lors de son exposé au Consistoire extraordinaire des Cardinaux, le 20 février 2014, le Cardinal Walter Kasper a soulevé la question de la convenance d’une procédure judiciaire. Au sujet de la déclaration de nullité d’un mariage, il remarque :

Puisque le mariage en tant que sacrement a un caractère public, la décision sur sa validité ne peut pas être laissée simplement au jugement subjectif des parties concernées. Par contre, on peut se demander si le parcours juridique, qui n’est pas de droit divin, mais a subi un développement au cours de l’histoire, est le seul chemin vers la solution du problème, ou si l’on ne pourrait pas aussi concevoir d’autres procédures plus pastorales et spirituelles. Alternativement, on pourrait imaginer que l’évêque confie cette tâche à un prêtre fort d’une expérience spirituelle et pastorale, comme le pénitencier ou le vicaire épiscopal.’

« Il poursuit par une caricature du procès en nullité de mariage en deuxième et troisième instance, en posant la question rhétorique : ‘Est-il vraiment possible de prendre des décisions touchant au bonheur ou au malheur des personnes en deuxième ou troisième instance, uniquement au vu de dossiers, c’est-à-dire de papiers, sans connaître ni les personnes ni leur situation ?’ (p. 207-208)

Après une démonstration très documentée, le cardinal Burke conclut en ces termes :

« La procédure judiciaire de déclaration de nullité d’un mariage est essentielle pour découvrir la vérité en cas de contestation de la validité d’un consentement matrimonial. Compte tenu de la complexité de la nature humaine et du rôle qu’elle joue dans la plupart des cas de nullité de mariage, le seul moyen de parvenir à la vérité avec une certitude morale est la dialectique résultant du procès juridique tel qu’il a été soigneusement articulé et développé dans l’histoire de la discipline de l’Eglise. » (p. 233)

« En conclusion, la réponse à la question soulevée dans le Document préparatoire à propos de la procédure canonique se trouvera dans le respect absolu de la nature de la demande de nullité du mariage et de la nature du procès qui aboutit à la vérité et la déclare. Mon espoir est que le prochain Synode revalorise cette procédure et incite à en faire bénéficier les fidèles qui la demandent en son intégrité, par souci de leur salut éternel. » (p. 234)

Posté le 25 septembre 2014 à 09h18 par Michel Janva | Lien permanent

23 septembre 2014

«Le Pape nous dit qu’un divorcé remarié ne peut pas accéder aux sacrements»

DC'est ce qu'a déclaré l’évêque de Cordoue, Mgr Demetrio Fernandez, dans un entretien à Juan M. Niza pour le journal Córdoba dans lequel il aborde les principales questions d’actualité de son diocèse et du reste de l’Espagne et de l’Eglise. Concernant les établissements scolaires, il déclare :

« parfois on entend que seul l’enseignement public devrait exister, et notre position est une position inclusive. Il s’agit d’inclure tout type d’enseignement en fonction du choix des parents. La position qui réclame un enseignement exclusivement public est très dictatoriale et intolérante."

Au sujet de la titularisation de la cathédrale de Cordoue (que les musulmans voudraient occuper), il ne se lasse pas de défendre l’évidence :

« je pense que c’est une affaire très claire légalement, mais les médias et les politiques s’en donnent à cœur joie. Ici nous nous référons à la loi et toutes les opinions sont très respectables, surtout par des voies démocratiques, comme cela a été le cas avec la proposition du Parlement andalou. Que l’affaire suive son cours. La loi dira ce que la loi dit déjà. »

Sur le pape François, il répond : «Chaque Pape a apporté le meilleur de lui-même ».

«Chacun a son profil propre. Le Pape François a ce profil de l’homme direct, accessible, aux gestes très expressifs qui le rend très proche du peuple… comme le geste de s’approcher des immigrants dans l’île de Lampedusa. C’est un cri. Le Pape ne va pas résoudre le problème, pas plus que nous, mais il nous appelle à ne pas entrer dans l’indifférence globalisée. »

L’évêque de Cordoue fait une description crue de la réalité sociale de la vie de famille qui sera abordée au prochain synode :

«  nous avons actuellement en Espagne deux millions de couples séparés.  C’est beaucoup. Beaucoup de ces couples souffrent la rupture et la perte de l’amour. Nous avons une natalité en baisse qui ne garantit pas le renouvellement de génération. Tout ceci est une terrible alarme sociale. L’Eglise nous dit continuellement d’accueillir, de faire en sorte que les personnes ne se sentent pas exclues et nous pouvons toujours élargir ces voies d’accueil » « Maintenant, au Pape en personne nous le demandions et il nous répondit qu’une personne mariée devant l’Eglise, qui a divorcé et s’est remariée civilement, ne peut pas accéder aux sacrements. Le Pape dit que ‘ceci a été établi par Jésus-Christ et que lui-même en tant que Pape ne pouvait rien y changer. ‘ Je dis cela parce que souvent les gens disent que « tout va changer » et qu’il y a des choses qui peuvent changer. L’Eglise se doit à son Sauveur et son Sauveur reste vivant. »

Posté le 23 septembre 2014 à 14h54 par Michel Janva | Lien permanent

21 septembre 2014

La loi, la miséricorde et la conversion

Début septembre, Mgr Johan Bonny, l'évêque d'Anvers, présenté comme un proche du cardinal Kasper, dont il fut le collaborateur au Conseil Pontifical pour l'unité des chrétiens, a publié en vue du prochain Synode un argumentaire détaillé, traduit en plusieurs langues, dans lequel il se déclare en faveur d'une évolution du magistère. Le texte est en français ici.

Mgr Stefen Oster, le nouvel évêque de Passau (diocèse de Bavière) a publié sur Facebook (lu sur Benoît-et-moi), le 14 septembre, une réponse à son confrère belge. Extrait :

O"[...] Le problème de l'argumentation de Mgr Bonny et de tant d'autres consiste en ceci : On oublie que la Loi est plus qu'une simple loi. Jésus a expliqué à partir de l'Ancien Testament que c'est Dieu lui-même qui est l'auteur de la loi. Jésus ne prend pas le parti des personnes individuellement par rapport à une loi qui serait abstraite, mais Il est la personne de la réconciliation de la vérité avec l'amour, de la justice avec la miséricorde, de la sainteté qui sépare avec la proximité radicale vis à vis des hommes. Il ne se laisse pas abuser lorsqu'on veut l'opposer à la Loi. En sa personne, Il est la loi dans sa profondeur, la nouvelle loi ; en ce sens qu'il fait dont d'un amour inconditionnel et sans mérite, et cela à l'égard de tous et chacun. Et c'est vrai aussi qu'il se tourne personnellement vers chacun en particulier. Mais il ne sépare jamais son attitude envers chacun de l'invitation à donner une réponse à Son Amour qui est la réalité même. Car c'est un Amour qui ne devrait jamais être séparé de la splendeur de la vérité. Et Il nous invite à marcher sur ce chemin de la sainteté de l'amour, de ce renouveau, pour que nous puissions reconnaître par la force de sa grâce la lumière infinie de la vérité et de l'amour de son Père comme la véritable source de la Loi ; qui est en même temps l'origine de notre conscience et aussi celle de la loi naturelle qui lui correspond.

Autrement dit : Tout ce qui est contraire au salut, tout ce qui sépare de Dieu est venu dans le monde par la désobéissance envers Lui. Le chemin qui ramène au Père passe toujours par l'obéissance d'amour dans, avec et par le Christ. Il ne sert donc à rien de continuer à énumérer tous les passages de l'évangile qui vont aider l'Eglise en carence de Foi, à infléchir le Seigneur Jésus pour qu'il ne fasse jamais mal à personne, dans aucune situation, même dans celle que l'Ecriture nomme explicitement comme situation de péché.

Oui, Jésus aime le pécheur, mais lui et son Père haïssent les vices ! Et il ne sert à rien non plus d'omettre ou de passer sous silence tous les passages où Jésus nous invite à dire un Oui décisif pour Lui et dans lesquels Il nous invite à la fidélité envers Lui ; ou encore ceux dans lesquels il se manifeste comme notre Juge. Oui, Jésus nous cherche là où nous sommes, mais Il ne veut pas nous laisser là où nous en sommes ! Il nous aime comme nous sommes, mais Il ne veut pas que nous restions comme nous sommes.

Pour le dire simplement : c'est le baptême qui est le sacrement d'initiation de notre appartenance à Lui, à Son Eglise, et l'Eucharistie signifie que nous sommes prêts aussi à nous tenir avec Lui au pied de la Croix, et elle nous donne la force pour cela.

Il est bon de démontrer que le chemin de Jésus vers les hommes entraîne une nouvelle compréhension plus personnelle, plus subjective de la loi; mais le chemin de la sainteté reste toujours objectif, puisqu'il conduit jusqu'à la proximité du Père. A mon avis, il y a une carence théologique lorsqu'on veut parler en évitant la subjectivité. Nous avons assez entendu parler de cela. Il serait bon d'aujourd'hui de mettre l'accent sur l'objectivité du retour vers le Père comme chemin de sainteté.

Nous oublions tout simplement que la Révélation de Jésus plein de miséricorde n'a pas aboli la loi mais Il nous a plutôt démontré qu'il y a derrière un Auteur de la loi qui nous aime avec une profondeur insondable. Et c'est pour cela qu'Il nous a fait preuve de quelque sévérité en donnant la loi, pour que nous apprenions à répondre à la grandeur de cet Amour ; comme un bon Père, qui doit pendant un certain temps être sévère avec ses enfants. Mais il n'en reste pas moins que Dieu veut nous sauver, nous tous ! Mais la rédemption ne s'accomplit pas toute seule, comme dit l'Ecriture, elle a besoin de notre conversion.

Et j'ai beau chercher, je ne trouve dans le texte très documenté de Mgr Bonny aucune trace, aucune mention de la conversion."

Posté le 21 septembre 2014 à 19h23 par Michel Janva | Lien permanent

19 septembre 2014

Le lien indissociable entre l'Eucharistie et le mariage

Dans le cadre du débat sur le prochain Synode sur la famille convoqué par le Pape François, le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, a publié hier un article dans La Stampa. Cet article intervient quasi-simultanément à la publication de l'ouvrage sur le même sujet, publié par 5 cardinaux (parmi lesquels le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi). Traduction de l'article du cardinal Scola par Belgicatho :

S"Souvent, l'Eglise est accusée d'insensibilité et de manque de compréhension à l'égard de la réalité des divorcés remariés sans que l’on réfléchisse attentivement à la raison de cette position qu'elle considère fondée sur la révélation divine. 

En fait, il ne s’agit pas d’un jugement arbitraire du Magistère de l'Eglise, mais de la prise de conscience de la nature singulière de la différence sexuelle et du lien indissociable entre l'Eucharistie et le mariage.

Dans cette perspective, il faut rappeler deux éléments qu'il est nécessaire de continuer à approfondir. Certes, dans l'Eucharistie, à certaines conditions, il y a un aspect de pardon, mais cependant ce n'est pas un sacrement de guérison. La grâce du mystère eucharistique actualise l'unité de l'Église comme épouse et corps du Christ, ce qui exige de celui qui reçoit la communion sacramentelle la possibilité objective de se laisser incorporer parfaitement à lui.

À la lumière de cette relation intrinsèque, nous devons dire que ce qui empêche l'accès à la réconciliation sacramentelle et à l'Eucharistie n'est pas un seul péché toujours susceptible d’être pardonné quand la personne se repent et demande pardon à Dieu. Ce qui rend impossible l'accès à ces sacrements est en revanche «l'état» (la condition de vie) dans lequel ceux qui ont établi un nouveau lien se retrouvent. Une condition qui demande d’être modifiée pour pouvoir correspondre à ce qui se réalise dans les deux sacrements. 

Dans le même temps, il est important de mettre beaucoup mieux en évidence comment le non-accès aux sacrements de la Réconciliation et de l'Eucharistie pour ceux qui ont mis en place un nouveau lien ne doit pas être considéré comme une «punition» par rapport à leur état, mais comme l’indication d'un chemin possible, avec l'aide de la grâce de Dieu et de l’immanence dans la communauté ecclésiale. Pour cette raison, chaque communauté ecclésiale est appelée à mettre en place toutes les formes appropriées pour leur participation effective à la vie de l'Église, tout en respectant leur situation particulière et pour le bien de tous les fidèles.

Sans nier la douleur et la blessure, la non-accession au sacrement de l'Eucharistie invite à un chemin vers la pleine communion qui adviendra au moment et de la façon qui seront déterminés à la lumière de la volonté de Dieu

 

Dans le cadre d'une anthropologie adéquate, il est décisif ensuite d'examiner attentivement l'expérience commune : tout homme est défini comme «individualisé» dans la différence sexuelle, qui ne peut jamais être dépassée. Ne pas tenir compte du caractère indépassable de la différence sexuelle revient à confondre le concept de différence avec celui de diversité. Cela se produit souvent dans la culture contemporaine qui substitue au binôme «identité-différence» celui d’ «égalité-diversité».  

La diversité met en jeu la relation à l'autre («interpersonnelle»). Au contraire, ce que nous expérimentons dans la différence indique une dimension indépassable dans mon ego intérieur («intra-personnelle»). C'est quelque chose qui concerne l'identité constitutive de chaque sujet. 

Les causes de nullité matrimoniale  

Il convient également de prendre soigneusement en considération la condition de ceux qui croient en conscience que leur mariage n'a pas été valide. 

La singularité de la différence sexuelle et la relation intrinsèque entre le mariage et l'Eucharistie, imposent une réflexion approfondie sur les problématiques liées à la déclaration de nullité du mariage. Quand le besoin s’en fait sentir et que la requête est présentée par les époux, il devient essentiel de vérifier rigoureusement si le mariage était valide et donc s’il était indissoluble. Nous savons combien il est difficile pour les personnes concernées de revenir sur leur passé, marqué par des souffrances profondes.  A ce niveau également se manifeste l'importance de concevoir de façon unifiée la doctrine et la discipline canonique. 

Parmi les questions à approfondir, il faut mentionner la relation entre la foi et le sacrement du mariage, sur laquelle Benoît XVI est revenu à plusieurs reprises. En fait, l'importance de la foi dans la validité du sacrement de mariage est l'une des questions que la situation culturelle actuelle, en particulier en Occident, oblige à évaluer très attentivement. Aujourd'hui, au moins dans certains contextes déterminés, on ne peut pas tenir pour acquis que les époux lors de la célébration de leurs noces ont l’intention "de faire ce que l'Eglise entend faire." Un manque de  foi pourrait aujourd'hui conduire à exclure les bienfaits eux-mêmes du mariage. S'il est vrai qu’il n’est pas possible de juger ultimement de la foi d'une personne, on ne peut cependant pas nier la nécessité d'un minimum de foi sans lequel le sacrement du mariage n'est pas valable. 

Comme on peut le voir aussi dans l’Instrumentum laboris, il est souhaitable qu’à propos des procédures de nullité l’on s’efforce d'une certaine façon de non seulement gagner du temps – en respectant pleinement toutes les démarches nécessaires - mais de rendre plus évident le caractère pastoral intime de ces procédures. En ce sens, la réunion de la prochaine assemblée extraordinaire pourrait suggérer au pape de valoriser davantage le ministère de l'évêque. Concrètement, il pourrait suggérer de vérifier la faisabilité de l'hypothèse, sans doute complexe, pour donner vie à un procès canonique de caractère non-judiciaire et ayant comme référent ultime non pas pas un juge (ou un panel de juges), mais l'évêque ou son délégué. Je veux dire un processus régulé par la loi de l'Eglise, avec des modalités officielles pour l'obtention de preuves et pour leur évaluation.

A titre purement exemplatif, on pourrait envisager de recourir aux dispositifs suivants: la présence dans chaque diocèse (ou dans un ensemble de petits diocèses) d'un service à l'écoute de situations de fidèles ayant des doutes sur la validité de leur mariage ; auprès duquel on pourrait commencer une procédure d'évaluation de la validité du lien, rigoureuse dans la collecte des éléments de preuve, conduite par un responsable désigné à cet effet, à transmettre à l'évêque, avec l'avis du même responsable, du défenseur du lien et d’une personne assistant le demandeur. L'évêque serait appelé à se prononcer sur la nullité. Contre sa décision, il serait toujours possible de faire appel (par l'un ou l’autre des conjoints) au Saint-Siège. Cette hypothèse ne veut pas être un stratagème pour faire face à la situation délicate des divorcés remariés, mais vise à rendre plus évident le lien entre la doctrine, la pastorale et la discipline canonique."

Posté le 19 septembre 2014 à 13h51 par Michel Janva | Lien permanent

14 septembre 2014

Toutes les religions sont égales : faux, idiot, blasphématoire

Du P. Pedro Trevijano sur Infocatholica (traduction Le Salon Beige) :

"Dans un passage très connu de l’évangile de St Mathieu (16, 13-20), lorsque Jésus demande aux apôtres « qui suis-je pour les gens ? », et « pour vous, qui suis-je ? », Pierre lui répond « tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant » ; à cela Jésus répond donc « tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l’Enfer ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clés du Royaume des cieux ; ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. » Il fonde ainsi son Eglise sur un Pape, des apôtres et leurs successeurs, pour nous donner un signe distinctif reconnaissant cette unique Eglise et pas les autres.

Certes l’étude des autres religions peut nous conduire à la connaissance de grands trésors spirituels, vu que la part de vérité dans chacune de ces religions provient d’une manière ou d’une autre de Dieu. Elles attirent un grand nombre de gens, d’autant plus si nous considérons le relativisme proclamant haut et fort que non seulement toutes les religions sont égales, mais que c’est la seule position pacifique, tolérante et démocratique possible. A l’opposé nous catholiques, qui affirmons que l’Eglise Catholique fondée par Jésus Christ est le recueil officiel et unique de la Révélation divine, nous ne sommes ni plus ni moins que des fondamentalistes fanatiques.

Mais néanmoins la croyance que toutes les religions sont égales est fausse, idiote et blasphématrice, même si ce derniercomportement est peu conscient.

Fausse : Je vais poser une série de questions : Dieu existe-t-il ? Dieu est-il Créateur, oui ou non ? Jésus Christ est vrai Dieu et vrai Homme, oui ou non ? Dieu a-t-il parlé aux hommes à travers son Fils, Jésus Christ, oui ou non ? La Vierge fut-elle réellement vierge, oui ou non ? Jésus donna-t-il aux apôtres et à ses successeurs, les prêtres, le pouvoir de pardonner les péchés, oui ou non ? Jésus Christ est-il ressuscité, oui ou non ? Est-il réellement présent dans l’Eucharistie, oui ou non ? La vie humaine a-t-elle un sens, oui ou non ? La vie humaine et son sens ont-ils un lien avec l’amour, oui ou non ? Y a-t-il une Vérité objective, oui ou non ? La Loi Naturelle existe-t-elle, oui ou non ? Peut-on, au nom de la religion, tuer les non croyants et offrir des sacrifices humains, oui ou non ? Y a-t-il quelque chose après la mort, oui ou non ? La Résurrection existe-t-elle, oui ou non ? Le ciel, le purgatoire, et l’enfer, existent-ils, oui ou non ? Comme on peut l’imaginer, il serait possible de remplir des pages et des pages avec des questions de ce genre et il va de soi que répondre oui ou non à ces questions ne revient pas au même.

Idiote. Certes Jésus Christ s’est fait homme pour nous racheter, Il est mort sur la Croix pour nous sauver et nous ouvrir les portes du Ciel, endurant pour cela des souffrances terribles, mais il en résulte que sa Parole est de même valeur que celle de n’importe quel gourou ou grand manitou indien ou autre charlatan occidental ou oriental qui fonde une religion ; cette position ne vous semble-t-elle pas idiote? S’il en est ainsi, ne trouvez-vous pas que le jeu n’en valait pas la chandelle ? Ce qui est sûr c’est que quelqu’un est idiot, ou bien Jésus ou bien ceux qui mettent n’importe quel grand manitou à sa hauteur. Comme je ne crois pas que Jésus Christ soit idiot, les idiots sont les autres, ceux qui pensent que toutes les religions et croyances se valent.

Blasphématoire. Comme je l’ai démontré plus haut, on ne peut pas mettre au même niveau Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme, et un gourou. De plus la Sainte Ecriture nous dit : « il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui sommes fait, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes. » (1Cor, 8,6) Jésus Christ est le Seigneur, ainsi « il vient chez Lui, et les siens ne l’ont pas reçu », « mais à ceux qui l’ont reçu, Il leur donna le pouvoir de devenir enfants de Dieu. » (Jn, 1, 11-12) En conséquence, quel est votre, mon choix ? Dans la réponse, peut être en jeu le salut éternel.

Souvenons-nous, cependant, que le salut est ouvert à tous les hommes, et donc ce qui compte c’est de ne jamais nous détacher coupablement de Dieu et son offre de pardon."

Posté le 14 septembre 2014 à 11h31 par Le Salon Beige | Lien permanent

11 septembre 2014

Synode : On ne doit pas s’attendre à un changement

Le Cardinal Dolan ne voit pas comment il serait possible de donner la communion à des divorcés remariés sans changer dramatiquement la doctrine.

Le Cardinal Timothy Dolan, archevêque de New York et jusqu’à l’année précédente président de la Conférence épiscopale américaine, s’exprime sur les thèmes qui seront traités dans quelques semaines à Rome lors du Synode extraordinaire sur la famille.

« Les gens ne devraient pas s’attendre à quelconque changement sur la question de l’accès au sacrement de communion pour les divorcés remariés, question très en vogue les derniers mois en prévision du rendez-vous du Synode. »

Dans une longue interview devant Crux, nouveau portail américain qui informe sur les événements majeurs du monde catholique, le cardinal Dolan a déclaré :

« personnellement je ne vois pas comment il pourrait y avoir de changement dramatique sans aller à l’encontre de l’enseignement de l’Eglise. »

Le prélat des Etats Unis pense qu’il serait plus opportun que

« le Synode regarde le sujet de manière plus globale, tâchant de comprendre les moyens pour réorienter les personnes vers la beauté et l’aventure d’un mariage d’amour et de fidélité. »

Posté le 11 septembre 2014 à 09h27 par Michel Janva | Lien permanent

06 septembre 2014

Pourquoi le mariage catholique est-il pour toute la vie ?

L'Eglise dans sa grande sagesse prescrit l'indissolubilité des liens du mariage :

"1. Pourquoi le mariage est-il indissoluble ?  
Pour l'Eglise, il est clair que le Créateur, en offrant au couple la possibilité de se donner l’un à l’autre et de ne faire qu’une seule chair, a toujours voulu que l'union matrimoniale soit pour toujours. C'est aussi le désir de ceux qui s’aiment et s’unissent dans le mariage, car personne ne veut que son mariage soit un échec ou soit rompu. Ainsi, le Christ, sauveur du mal, a donné la possibilité aux époux de s’aimer d’un amour chrétien, autrement dit de faire de leur lien une alliance indissoluble, puisque basée  sur un engagement à aimer comme le Christ aime, avec le secours de la grâce divine, qui soutient toujours ceux qui veulent vivre leur amour.  
C’est pourquoi, élevé à la dignité de sacrement par le Christ, le mariage établit une union garantie par Dieu même, dont la sainteté et la force ne doivent être brisées par aucun homme (Mat 19:3-6). Saint Paul renforce cet enseignement en rappelant que c’est par la volonté de Jésus lui-même que les époux doivent rester unis  (1Cor 7, 10-11 y Ef. 5, 23-33).

Conformément à la Parole de Dieu, l'Eglise ne reconnaît pas le divorce civil, puisque l'Etat ne peut pas dissoudre ce qui est indissoluble, et invite à analyser toute la souffrance et les préjudices graves que le divorce entraîne pour les individus et les enfants (Catéchisme de l'Église catholique 2382-2386). L’unique façon qu’un lien matrimonial soit dissous par l’Eglise est d’apporter la preuve, moyennant une procédure de déclaration de nullité devant un Tribunal ecclésiastique, que le lien a toujours été nul ; autrement dit que, pour différentes raisons, il n’a jamais constitué un véritable mariage.  

2. Quelle différence entre le divorce civil et la séparation de corps dans l’Eglise ?  
Dans l’Eglise, et pour des cas extrêmes, existe la séparation, quand il est prouvé que la cohabitation est impossible et entraîne un préjudice grave pour l’un ou l’autre époux ou pour les enfants. Mais cette “séparation de corps” n’est pas un divorce, car le lien établi par le sacrement demeure toujours et que les époux ne peuvent pas se remarier (Code de Droit Canonique. No. 1155)."

La suite ici (Aleteia).

Posté le 6 septembre 2014 à 14h54 par Marie Bethanie | Lien permanent

05 septembre 2014

Des mères de prêtres lancent un appel pour le célibat des prêtres

Infovaticana présente la lettre écrite par des mères de prêtres au Pape François, lui demandant de lutter pour le célibat sacerdotal, en réponse à la lettre des « fiancées », envoyée au Pape au mois de mai. Vingt six femmes qui se faisaient appeler « fiancées » ou amantes des prêtres, écrivirent une lettre au Pape François lui demandant la dérogation pour contourner le célibat sacerdotal. Les « fiancées », exprimaient les souffrances qu’elles traversaient, et que personne ne prenait en compte, du fait d’aimer un homme avec lequel elles ne pouvaient pas se marier.

Une semaine avant que l’existence de cette lettre polémique devienne publique, le Pape François demanda aux prêtres « une fidélité renouvelée à leur unique épouse : l’Eglise ». De part le choix de ces mots, le Saint Père indiquait clairement être au courant de la lettre des « fiancées », et utilisait le même vocabulaire pour réaffirmer, de manière évidente, l’importance du célibat sacerdotal.

En réponse à la missive polémique, un groupe de mères, sœurs et collaborateurs de prêtres, s’empressèrent d’écrire au Pape François, lui faisant part de leur appui au sujet de la réaffirmation du célibat sacerdotal, et lui donnant comme témoignage le chemin de sainteté, trouvant sa source dans le célibat, par lequel elles ont vu passer leurs fils, frères et amis. Voici la lettre écrite au Saint Père :

"Très Saint Père

Nous sommes un groupe de mères spirituelles de prêtres, des mères de prêtres et de séminaristes, d’Espagne et d’autres nations, inspirées par l’Esprit Saint pour réagir face à la lettre que vous ont écrite les vingt six fiancées de prêtres et les six paroisses de Madrid. Se joignent à notre signature celle de prêtres et de catholiques qui tiennent à cœur le sacerdoce ministériel.

Le charisme de la maternité spirituelle de prêtres auquel la Sainte Eglise appelle la femme est l’amour maternel, un pur amour qui cherche uniquement à accomplir la volonté du Père, le bien du fils prêtre et celui de l’Eglise, avec le modèle de la Vierge Marie. Le Cardinal Piacenza ajouta que nous, mères et mères spirituelles des prêtres, sommes « participantes, à titre spécial, de la maternité de la Sainte Eglise, qui a son modèle et son accomplissement en la divine maternité de la Sainte Vierge.

Très Saint Père : si nous prenions connaissance de l’aventure hors mariage d’un fils ou d’un frère marié, jamais nous ne pourrions admettre les arguments de l’amante comme cause licite pour rompre le mariage canonique. De même, nous ne pouvons pas davantage admettre les arguments – erronés – des vingt six amantes des prêtres qui vous ont écrit pour demander un célibat optionnel.

Notre foi est claire : nous sommes des disciples du Christ crucifié, scandale et folie pour les gens du monde. Mais nous ne sommes pas du monde ; et nous les mères devons veiller à ce que nos fils et l’Eglise ne se mondanisent pas. Pour cela, en vertu de la participation, que nous arborons à titre spécial,  la maternité de la Sainte Eglise, nous vous supplions, Saint Père, de veiller à notre Maison et d’éviter que le grand don et trésor du célibat puisse être abîmé ; nous vous supplions de déclarer dans le plus bref délai – le mal qu’a entraîné la campagne médiatique de cette lettre est considérable – que pour l’Eglise Latine il n’existe pas de porte ouverte au célibat optionnel des prêtres, pas plus que pour l’ordination d’hommes mariés. Et nous vous supplions également de dénoncer publiquement, avec la détermination que vous devez avoir de chasser toute tentation, les pétitions des vingt six fiancées des prêtres et toutes les autres que vous puissiez avoir reçues.

La Vierge Marie, bien qu’elle ait expérimenté une souffrance qui fut – et est- la plus terrible qui puisse vivre une femme, ne se rebella pas contre Dieu le Père et n’incita pas Jésus Christ à laisser tomber la croix en plein milieu du Chemin de Croix. Dans la Ville Mystique de Dieu, la vénérable Marie Jesus de Agreda raconte que, en voyant Son Fils qui n’avait plus de force pour aller jusqu’à l’endroit où il devait se faire crucifier, elle pria pour demander l’aide d’un cyrénéen. C'est-à-dire que celle qui fut proclamée Mère de l’Apôtre, et par lui, de tous les prêtres et de toute l’humanité, ne pallia pas à la souffrance de son Fils ni à la sienne ; elle les offrit toutes deux, collaborant ainsi et devenant corrédemptrice aux côtés du Prêtre tout puissant et éternel dans l’accomplissement de la volonté du Père : mourir sur la Croix pour nous sauver.

Nous confions le Saint Père et tous les évêques et les prêtres à la Vierge du Pilar, à Saint Joseph, ainsi qu’à la Vierge de l’Oubli, du Triomphe et des Miséricordes, Patronne de la maternité spirituelle des prêtres. Au culte de son image prodigieuse la Vierge prodigue de nombreuses grâces – résumées dans l’image que nous vous remettons – entre autres la consolation du monde et la joie de l’Eglise Catholique.

Connaissant aussi votre dévotion à l’Esprit Saint nous vous envoyons un exemplaire du Dizainier de l’Esprit Saint, écrit par une simple couturière espagnole, qu’il vous plaira de connaître. Nous vous remettons aussi votre inscription à l’œuvre des Messes Perpétuelles en l’honneur de la Sainte Trinité.

En vous remerciant de l’attention que vous accorderez à cette lettre nous prenons congé de vous, Saint Père, respectueusement. Nous conservons dans notre cœur votre demande « priez pour moi », vous promettons d’intensifier notre oraison pour vous, et enfin vous demandons votre bénédiction paternelle pour tous les signataires de cette lettre, pour nos familles et nos communautés.

Madrid, le 29 juin 2014"

Posté le 5 septembre 2014 à 14h41 par Michel Janva | Lien permanent

26 août 2014

Le catéchisme « Les Trois Blancheurs » reçoit l’imprimatur

3Le 29 juin, Mgr Aillet, évêque de Bayonne, Lescar et Oloron a accordé son imprimatur aux deux premiers cycles du parcours catéchétique « Les Trois Blancheurs », une collection co-dirigée par deux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, les abbés Jacques Olivier et Alexis Garnier. Elle sort en librairie le 25 août dans une version entièrement modernisée.

Délivré par l’évêque, l’imprimatur est un certificat attestant la conformité d’une publication à l’enseignement de l’Église catholique. Elle est obligatoire pour l’édition de tout catéchisme ou tout écrit touchant à l’enseignement catéchétique (can. 827 du Code de droit canonique).

De pédagogie classique, chaque leçon comporte des questions à mémoriser par cœur. 

Mgr Aillet déclare à Famille chrétienne :

"Dans mon diocèse, de nombreuses familles utilisent « Les Trois blancheurs » pour transmettre la foi à leurs enfants. J’ai jugé nécessaire qu’elles aient la certitude que ces documents étaient conformes à la foi et à la morale catholiques, ce qu’atteste l’imprimatur. À la demande de l’un de ses auteurs, qui exerce son ministère de prêtre dans mon diocèse, j’ai pris connaissance du contenu de ce parcours catéchétique avant de le transmettre pour avis à la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat (CECC). J’ai ensuite transmis aux auteurs de cette collection le rapport d'expertise remis à la CECC par le Service national catéchèse et catéchuménat pour correction. Après avoir vérifié que les modifications demandées avaient bien été prises en compte, j’ai pris la décision d’accorder mon imprimatur à ces ouvrages.

Qu’est-ce qu’un bon catéchisme ?

C’est un catéchisme qui permet à chacun de rencontrer le Christ tel qu’il s’est manifesté et tel qu’il a été transmis par l’Église avec autorité à travers son magistère. Un bon catéchisme doit s’appuyer sur les quatre grands piliers de la catéchèse rappelés par le Catéchisme de l’Église catholique, à savoir :la profession de la foi, les sacrements, la vie de la foi, résumée dans les dix commandements, et la prière du croyant, c’est-à-dire le Notre Père. La catéchèse doit reposer à la fois sur l’acquisition d’un savoir, l’apprentissage de la prière et la découverte que la foi se vit, qu’elle implique un comportement chrétien.

Quel regard portez-vous sur les parcours catéchétiques actuellement utilisés dans les diocèses français ?

Il y a eu un recadrage. La plupart des documents publiés avec imprimatur s’appuient enfin sur le Catéchisme de l’Église catholique. Mais je regrette que l’on insiste encore trop souvent sur la pédagogie au détriment du contenu, même s’il faut reconnaître que beaucoup de progrès ont été faits de ce point de vue-là. Je ne suis pas sûr que la méthode des modules soit la mieux adaptée pour une croissance dans la foi parce qu’elle ne respecte pas le processus d’acquisition des savoirs et peut parfois induire de la confusion dans l’esprit des enfants. Nous sommes, certes, dans un contexte actuel d’évangélisation où les enfants inscrits au catéchisme n’ont pas appris la première annonce et les premiers gestes de la foi, mais cela ne doit pas être un prétexte pour occulter le contenu de la foi dont la transmission est la vocation première de toute catéchèse."

Posté le 26 août 2014 à 09h44 par Michel Janva | Lien permanent

25 août 2014

La Foi des chrétiens d’Irak reste sans faille, malgré les persécutions

En visitant les réfugiés en Kurdistan, une association de charité catholique témoigne de leur Foi intacte, même dans l’exil et dans de profondes souffrances.

la Foi est leur raison de vivre. Malgré les persécutions, les enfants portent des rosaires autour du cou et les gens ne cachent pas leurs tatouages des croix ni leurs médailles de chrétiens. »

Une femme âgée de 90 ans raconte que la seule chose qu’elle pouvait emporter lors de sa fuite était ses livres de prières. Elle montra ses livres comme ses trésors, écrits en Araméen à la main. Ce qui laisse à penser : « C’est précisément ce qu’ils veulent sauver : leur Foi ».

« L’église du camp des réfugiés était pleine à craquer, on ne pouvait même plus y entrer. Ils prient et chantent en Araméen ; c’est la voix qu’ils veulent étouffer en Irak. »

« Il faut faire en sorte qu’ils puissent continuer à prier sur cette terre et dans la langue araméenne. Nous ne pouvons pas demeurer des témoins silencieux d’une destruction qui prend la tournure de la chute d’une civilisation. Le problème ne concerne pas seulement l’Eglise mais toute l’humanité. Nous assistons en silence à un génocide culturel et humain aussi bien que religieux. Pour cette raison c’est notre devoir de lever nos voix et demander à nos gouvernements d’agir contre cette barbarie.»

Posté le 25 août 2014 à 14h38 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2014

L'islam face au prophète Jonas

De Gérard Leclerc dans Le Figaro :

"La destruction spectaculaire par les djihadistes du tombeau de Jonas à Mossoul a replacé brusquement au centre de l'actualité l'étonnant épisode biblique rapporté par l'Ancien Testament. Episode qui ne pouvait manquer de ranimer la mémoire des fidèles des trois monothéismes. Autant juifs, chrétiens que musulmans ont médité de tout temps sur la figure de ce personnage un peu décalé de la révélation et dont Dieu semble s'être joué pour mieux mettre en évidence sa volonté de salut et sa miséricorde infinie. De ce point de vue, il y a un contraste saisissant entre la leçon de Jonas et la violence extrême de ceux qui s'en sont pris à son tombeau. Certes, dans l'esprit des djihadistes, il ne s'agissait nullement d'effacer ou de stigmatiser une figure vénérée par l'islam. Leur intention était de mettre fin à un scandale idolâtrique qui détournait de la vraie piété musulmane. N'empêche que cette violence est significative en elle-même d'une orientation générale incompatible avec ce que Jonas dit de la personnalité de Dieu: «Je savais en effet que tu es un Dieu de pitié et de tendresse, lent à la colère, riche en grâce et se repentant du mal.» En l'espèce ce repentir divin concerne la volonté de châtier l'inconduite de la cité de Ninive!

Au cœur de l'Irak d'aujourd'hui, en pleine tourmente, nous est-il possible d'imaginer la splendeur de cette cité, qui fut capitale de l'Assyrie et dont l'archéologie nous détaille les incroyables richesses? Splendeurs éphémères, puisque Ninive fut détruite en 612 avant J.-C., alors qu'elle était à son apogée. Libre nous est possible de penser que, pour un enfant d'Israël de l'époque, elle constituait le mythe même de la ville, avec son immensité (il fallait à Jonas trois jours pour la parcourir), mais aussi le trouble attrait de ses parfums de cité païenne. Voilà le pauvre Jonas envoyé d'autorité par Yahvé, pour annoncer aux Ninivites que leur ville sera détruite dans quarante jours, s'ils ne se repentent pas de leurs fautes. On comprend qu'il ait voulu se dérober à une telle impossible mission et qu'il ait pris la fuite par la mer à destination de Tarsis.

Bien mal lui en a pris puisque le bateau où il a pris place se trouve au milieu de la tempête déchaînée et que les marins qui l'ont accueilli découvrent qu'il est la cause de la malédiction qui s'est portée sur eux. Jeté au fond de l'abîme, il a pourtant la chance insigne d'être recueilli dans les entrailles d'une «baleine». Le court récit biblique est soulevé par un lyrisme étonnant, qui façonne un vrai chef-d'œuvre littéraire: «Tandis qu'en moi, mon âme défaillait, je me suis souvenu de Yahvé et ma prière est allée jusqu'à Toi en Ton Saint Temple. Ceux qui servent des vanités trompeuses, c'est leur grâce qu'ils abandonnent. Moi, aux accents de la louange, je T'offrirai des sacrifices.»

Et Jonas est vomi sur le rivage, depuis le ventre du poisson. Il ne peut plus se dérober. Il affronte l'immense ville, son peuple, ses autorités, le roi lui-même! Nouveau miracle: il est entendu et compris, alors qu'Abraham n'avait pas trouvé les dix justes nécessaires pour sauver Sodome. «On se couvrira de sacs, on criera vers Dieu avec force, et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l'iniquité que commettent ses mains […] Aussi Dieu se repentit du mal dont il les avait menacés, il ne le réalisa pas.»

Jonas est furieux de ce retournement, il désire même sa propre mort! C'est vrai que cette découverte d'un Dieu qui se repent du mal qu'il voulait faire est plus que surprenante. Etonnant encore le fait que le salut soit ouvert aux païens d'une ville idolâtre. C'est l'immense horizon de la miséricorde divine qui se dévoile, avec l'universalisme qui englobe l'humanité entière, y compris les plus farouches ennemis d'Israël. Oui, décidément, ce tout petit texte biblique n'est pas anodin. Son style singulier, son propos didactique le mettent à part des livres prophétiques auxquels il est pourtant associé. C'est que sa leçon est forte, son symbolisme extraordinairement parlant. Le Christ lui-même se référera, selon l'Évangile de saint Matthieu, au seul signe de Jonas, alors qu'on lui réclame un signe décisif pour attester du caractère de sa mission. Il est vrai que Jésus désigne par là sa Résurrection à travers le séjour dans le ventre de la baleine et le retour à la lumière du jour. Il rappelle aussi la repentance des gens de Ninive.

Les djihadistes de Mossoul ont-ils quelque idée de la miséricorde divine et de l'universalité du salut? On se pose la question, non sans quelque frayeur, sachant le sort qu'ils réservent aux chrétiens, aux femmes et même aux fidèles de leur religion suspects d'idolâtrie. On ne les voit pas du tout dans le rôle de Jonas, et la terreur qu'ils font régner est à l'opposé d'un Dieu de pitié et de tendresse. On s'interroge aussi sur leur féroce entreprise iconoclaste qui se déchaîne contre les chefs-d'œuvre de l'art et les monuments témoins du plus insigne passé. Cette politique de la terre brûlée se rapporte à une certaine conception du divin, qui ignore que l'épiphanie de la transcendance peut briller dans des œuvres faites de main d'homme. Cette épiphanie est d'abord celle du visage humain, créé, selon la Genèse, à l'image de Dieu. Il faut craindre un régime de pensée où l'alliance entre Dieu et l'humanité ne se reflète plus dans cette beauté qui, selon Dostoïevski, sauvera le monde."

Posté le 2 août 2014 à 11h26 par Michel Janva | Lien permanent

31 juillet 2014

5 cardinaux préparent un ouvrage pour défendre le mariage

Lu ici :

C"Cinq éminents Cardinaux préparent un livre en défense du Magistère traditionnel sur le mariage et la vie sacramentelle: soutenez le projet.

Un livre de grande importance est en train de voir le jour. Il est disponible en PRÉ-COMMANDE avec une réduction substantielle. Il sera publié en octobre 2014, peu avant le prochain Synode des Évêques sur la famille.

Le livre, intitulé "Demeurer dans la Vérité du Christ", sera publié en plusieurs langues et puisera abondamment aux sources premières du christianisme. "J'en connais un rayon sur ce livre. Les cinq Cardinaux mentionnés dans la présentation vous plairont, lorsque leurs noms seront révélés", assure Father Zuhlsdorf.

Dans ce volume, cinq Cardinaux de l’Église et quatre autres universitaires répondent à l'appel lancé par le Cardinal Walter Kasper pour que l’Église 'harmonise' "la fidélité et la miséricorde dans sa pratique pastorale envers les personnes civilement divorcées et remariées".

Après une brève introduction, la première partie du livre est consacrée aux textes bibliques relatifs au divorce et au remariage, et la seconde partie est une étude de l'enseignement et de la pratique de l’Église primitive. Dans aucun de ces deux domaines, biblique ou patristique, ces universitaires ne trouvent des éléments en faveur du type de "tolérance" prônée par le Cardinal Kasper pour les remariages civils suite à un divorce. Ce livre examine également la pratique orientale orthodoxe de l'oikonomia (comprise comme une "miséricorde" impliquant une "tolérance") pour des cas de remariage après un divorce et dans le contexte de la question épineuse de la Communion eucharistique. Il retrace l'histoire multiséculaire de la résistance catholique à cette convention, révélant de sérieuses difficultés théologiques et canoniques inhérentes à la pratique passée et actuelle de l’Église orthodoxe.

Ainsi donc, dans la seconde partie du livre, les auteurs argumentent en faveur du maintien du principe théologique et canonique du lien intrinsèque entre la doctrine catholique traditionnelle et la discipline sacramentelle concernant le mariage et la communion.

Les diverses études de ce livre conduisent à la conclusion que la fidélité éprouvée de l’Église à la vérité du mariage constitue la fondation irrévocable de sa réponse miséricordieuse et aimante à l'individu qui est civilement divorcé et remarié."

L'éddition française sera publiée le 25 septembre par les éditions Artège.

Posté le 31 juillet 2014 à 15h26 par Michel Janva | Lien permanent

29 juillet 2014

Divorcés-remariés : la référence erronée à la miséricorde

Dans un récent et long entretien, le cardinal Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, déclare :

"Tout récemment, le problème des divorcés remariés a été de nouveau porté à l’attention de l’opinion publique. À partir d’une certaine interprétation de la Sainte Écriture, de la tradition patristique et des textes du magistère, des solutions qui proposent des innovations ont été suggérées. Peut-on s’attendre à un changement de la doctrine ?

Même un concile œcuménique ne peut pas modifier la doctrine de l’Église, parce que celui qui en est le fondateur, Jésus-Christ, a confié la garde fidèle de ses enseignements et de sa doctrine aux apôtres et à ses successeurs. En ce qui concerne le mariage, nous avons une doctrine argumentée et structurée, fondée sur ce qu’a dit Jésus, qui doit être offerte dans son intégrité. L’indissolubilité absolue d’un mariage valide est non pas une simple doctrine, mais bien un dogme divin et défini par l’Église. Dans le cas de la rupture de fait d’un mariage valide, un autre "mariage" civil n’est pas admissible. Dans le cas contraire, nous serions confrontés à une contradiction, parce que si la précédente union, le "premier" mariage - ou, pour mieux dire, le mariage - est véritablement un mariage, une autre union qui vient ensuite n’est pas un "mariage". Parler de premier et de second "mariage" c’est simplement jouer sur les mots. Le second mariage est possible uniquement lorsque le conjoint légitime est mort, ou bien lorsque le mariage a été déclaré invalide, parce que, dans ces cas-là, le lien précédent a été dissous. Dans le cas contraire, nous nous trouvons face à ce que l’on appelle "empêchement au lien".

À ce propos, je voudrais souligner que celui qui était alors le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la congrégation que je préside actuellement, avait dû intervenir expressément, avec l’approbation du pape d’alors, saint Jean-Paul II, pour repousser une hypothèse semblable à celle de votre question.

Cela n’empêche pas de parler du problème de la validité d’un très grand nombre de mariages dans l’actuel contexte sécularisé. Nous avons tous assisté à des mariages où l’on ne savait pas très bien si les personnes qui contractaient cette union avaient véritablement l’intention de "faire ce que fait l’Église" dans le rite du mariage. Benoît XVI avait demandé avec insistance, à de multiples reprises, que l’on réfléchisse au grand défi que représentent les baptisés qui ne sont pas croyants. La congrégation pour la doctrine de la foi a donc pris en compte cette préoccupation du pape et elle a mis au travail un bon nombre de théologiens et d’autres collaborateurs en vue de résoudre le problème de la relation entre foi explicite et foi implicite.

[...] On ne peut pas déclarer qu’un mariage est éteint sous prétexte que l’amour entre les époux est "mort". L'indissolubilité du mariage ne dépend pas des sentiments humains, permanents ou transitoires. Cette propriété du mariage est voulue par Dieu lui-même. Le Seigneur s’est impliqué dans le mariage entre l’homme et la femme, c’est pour cela que le lien existe et qu’il a son origine en Dieu. Voilà la différence.

Dans son intime réalité surnaturelle, le mariage inclut trois biens : le bien de la fidélité personnelle et exclusive des époux l’un envers l’autre (le "bonum fidei"), le bien de l’accueil des enfants et de leur formation à la connaissance de Dieu (le "bonum prolis"), et le bien de l’indissolubilité ou de l’indestructibilité du lien, qui a comme base permanente l’union indissoluble entre le Christ et l’Église, représentée sacramentellement par le couple (le "bonum sacramenti"). Par conséquent, même s’il est possible de suspendre la communion physique de vie et d’amour, par ce que l’on appelle "séparation de corps", il n’est pas licite pour un chrétien de contracter un nouveau mariage aussi longtemps que le premier époux est vivant, parce que le lien légitimement contracté est perpétuel. Le lien matrimonial indissoluble correspond en quelque sorte au caractère ("res et sacramentum") donné par le baptême, par la confirmation, par le sacrement de l’ordre.

À ce sujet on parle également beaucoup de l’importance de la "miséricorde". Est-il possible d’interpréter la miséricorde comme un "moyen de créer des exceptions" à la loi morale ?

Lorsque nous ouvrons l’Évangile, nous constatons que Jésus, lorsqu’il dialogue avec les pharisiens à propos du divorce, fait allusion, lui aussi, au binôme du "divorce" et de la "miséricorde" (cf. Mt 19, 3-12). Il accuse les pharisiens de ne pas être miséricordieux, étant donné que, dans leur interprétation sournoise de la Loi, ils avaient conclu que Moïse leur aurait accordé une permission présumée de répudier leurs épouses. Jésus leur rappelle que la miséricorde de Dieu existe contre notre faiblesse humaine. Dieu nous donne sa grâce de manière à ce que nous puissions être fidèles.

C’est là la véritable dimension de la miséricorde de Dieu. Dieu pardonne même un péché aussi grave que l’adultère ; cependant il ne permet pas un second mariage qui mettrait en doute un mariage sacramentel déjà existant, mariage qui exprime la fidélité de Dieu. Faire appel de cette manière à une présumée miséricorde absolue de Dieu revient à jouer sur les mots, ce qui n’aide pas à clarifier les termes du problème. En réalité, il me semble qu’il s’agit d’une façon de ne pas percevoir la profondeur de l’authentique miséricorde divine.

J’assiste avec un certain étonnement à l’utilisation, par certains théologiens, de ce même raisonnement relatif à la miséricorde comme prétexte pour favoriser l’admission des divorcés remariés civilement aux sacrements. Leur proposition de départ est que, dès lors que Jésus lui-même a pris le parti de ceux qui souffrent, en leur offrant son amour miséricordieux, la miséricorde est le signe spécial qui caractérise toute spiritualité chrétienne authentique. C’est en partie vrai. Cependant une référence erronée à la miséricorde comporte le risque grave de banaliser l’image de Dieu, en donnant à penser que Dieu ne serait pas libre, mais qu’il serait obligé de pardonner. Dieu ne se lasse jamais de nous offrir sa miséricorde : le problème, c’est que nous nous lassons, nous, de la lui demander en reconnaissant avec humilité notre péché, comme l’a rappelé avec insistance le pape François pendant les dix-huit premiers mois de son pontificat.

Les données de la Sainte Écriture révèlent que la sainteté et la justice appartiennent au mystère de Dieu, en plus de la miséricorde. Si nous occultons ces attributs divins et si la réalité du péché est banalisée, implorer la miséricorde de Dieu pour les êtres humains n’a aucun sens. On comprend dès lors pourquoi Jésus, après avoir traité la femme adultère avec beaucoup de miséricorde, a ajouté comme expression de son amour : "Va et désormais ne pèche plus" (Jn 8, 11). La miséricorde de Dieu n’est pas une dispense de respecter les commandements de Dieu et les enseignements de l’Église. C’est tout le contraire : Dieu, dans son infinie miséricorde, nous accorde la force de la grâce pour que nous puissions accomplir pleinement ses commandements et rétablir ainsi en nous, après la chute, son image parfaite de Père du Ciel."

N'éludant aucune difficulté, le cardinal aborde également l'opposition fréquente entre doctrine et pastorale :

"Le fait d’établir une séparation entre la vie et la doctrine est une caractéristique propre au dualisme gnostique, de même que celui de séparer la justice et la miséricorde, Dieu et le Christ, le Christ Maître et le Christ Pasteur, ou de séparer le Christ et l’Église. Il n’y a qu’un seul Christ. Le Christ est le garant de l’unité entre la Parole de Dieu, la doctrine et le témoignage donné par sa vie. Tous les chrétiens savent que c’est uniquement à travers la saine doctrine que l’on peut parvenir à la vie éternelle.

Les théories auxquelles vous faites allusion cherchent à transformer la doctrine catholique en une sorte de musée des théories chrétiennes : une espèce de réserve qui n’aurait d’intérêt que pour un petit nombre de spécialistes. La vie, quant à elle, n’aurait rien à voir avec Jésus-Christ tel qu’il est et tel que nous le présente l’Église. Le christianisme sévère se transformerait en une nouvelle religion civile, politiquement correcte, réduite à quelques valeurs tolérées par le reste de la société. C’est de cette façon que serait atteint l’objectif inavouable de certains : mettre de côté la Parole de Dieu afin de pouvoir diriger idéologiquement la société tout entière.

Jésus ne s’est pas incarné dans le but d’exposer quelques simples théories qui seraient rassurantes pour la conscience et qui, au fond, laisseraient les choses telles qu’elles sont. Le message de Jésus est une vie nouvelle. Si quelqu’un raisonnait et vivait en séparant la vie et la doctrine, non seulement il déformerait la doctrine de l’Église en la transformant en une espèce de pseudo-philosophie idéaliste, mais surtout il se tromperait lui-même. Vivre en chrétien implique de vivre à partir de la foi en Dieu. Porter atteinte à ce schéma veut dire que l’on réalise le redoutable compromis entre Dieu et le démon. [...]"

Posté le 29 juillet 2014 à 08h40 par Michel Janva | Lien permanent

27 juillet 2014

Divorcés-remariés : la belle analyse des Dominicains

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

"La revue thomiste Nova et Vetera publie un document très riche et très clair sur la question de « l’accompagnement pastoral des personnes divorcées remariées », dans la perspective du Synode extraordinaire sur la famille qui se réunira cet automne à la demande du pape François. [...] Huit dominicains, John Corbett, O.P., Andrew Hofer, O.P., Paul J. Keller, O.P., Dominic Langevin, O.P., Dominic Legge, O.P., Kurt Martens, Thomas Petri, O.P., et Thomas Joseph White, O.P, issus de la Faculté pontificale de l’Immaculée Conception au Centre d’études dominicain de Washington D.C., de l’Athénée de l’Ohio et de l’Ecole de droit canon de la Catholic University of America, co-signent ce document de 21 pages à paraître dans l’édition d’août 2014 dans la revue théologique internationale. Celle-ci a déjà publié en ligne cette étude très argumentée des Récentes propositions pour l’accompagnement pastoral des personnes divorcées remariées – Evaluation critique en anglais, allemand, espagnol, français et italien, accessibles ici. La version française est .

Après un rappel historique montrant que l’indissolubilité du mariage est un enseignement constant de l’Eglise qui n’a d’ailleurs jamais été facile à accepter, sans oublier de redire sa signification la plus profonde qui est de « servir de signe sacramentel de l’amour du Christ pour son Epouse, l’Eglise », le pères dominicains mettent en lumière ce qu’il y de vraiment nouveau dans les propositions du cardinal Kasper :

« Au cœur des propositions actuelles, il y a un doute sur la chasteté. C’est en effet la suppression de l’obligation de la chasteté pour les personnes divorcées qui est leur principale innovation, puisque les personnes divorcées remariées qui, pour une raison sérieuse (telle que l’éducation des enfants), continuent de vivre ensemble, sont autorisées par l’Église à recevoir la communion si elles acceptent de vivre en frère et sœur et s’il n’y a pas de risque de scandale. Jean-Paul II et Benoît XVI ont tous deux enseigné cela. 

En tous les cas, l’hypothèse des propositions en question est qu’une telle chasteté est  impossible pour les personnes divorcées. N’y a-t-il pas là un désespoir caché vis-à-vis de la chasteté et de la puissance de la grâce sur le péché et sur le vice ? Le Christ appelle toute personne à la chasteté, selon son état de vie, que celle-ci soit non mariée, célibataire, mariée ou séparée. Il promet la grâce d’une vie chaste. »

Le document note que l’autorisation de communier qui serait au contraire donnée à des couples qui font délibérément le choix de ne pas vivre dans la chasteté, ferait naître « un réel danger qu’ils soient confirmés dans leur vice », sans parvenir à comprendre leur « état de péché objectif », tout en décourageant la loyauté de ceux qui vivent chastement ou s’y efforcent, en reconnaissant leurs chutes et en demandant la grâce de l’absolution pour repartir dans une intention droite.

Il balaie les objections quant à une prétendue pratique des premiers temps de l’Eglise quant à un possible second mariage, en soulignant qu’il s’agissait de permettre le remariage de jeunes veufs et veuves, ou le remariage de l’adultère après une période de pénitence de sept ans – après la rupture de la relation adultère. Et ce nonobstant les glissements ultérieurs de la pratique orthodoxe orientale, auxquels les pères consacrent des pages sans ambiguïté.

« En outre, les propositions actuelles préconisent ce que même les orthodoxes orientaux n’accepteraient pas : la communion pour ceux qui vivent des unions civiles (adultères) non bénies. Les orthodoxes orientaux admettent les personnes divorcées remariées à la communion seulement si leur union ultérieure a été bénie au cours d’un rite orthodoxe oriental. En d’autres termes, l’admission de personnes divorcées remariées à la communion exigerait inévitablement de l’Église catholique qu’elle reconnaisse et bénisse les seconds mariages après un divorce, ce qui est clairement contraire au dogme catholique établi et à l’enseignement expresse du Christ. »

Il s’agit pour les pères dominicains de montrer que si débat il y a eu, il a toujours été résolu dans le même sens au sein de l’Eglise catholique, notamment de manière solennelle par le Concile de Trente en pleine tourmente de la Réforme.

Ne pas y adhérer, soulignent-ils, c’est ouvrir la voie à bien d’autres aberrations : divorce, contraception, accès d’homosexuels pratiquants à la communion, bénédiction d’unions de même sexe, comme le font aujourd’hui les anglicans. 

« Ainsi, l’Église a rendu, dans le monde contemporain, un témoignage consistant à la vérité tout entière sur la sexualité humaine et la complémentarité des sexes. Le bien de la sexualité humaine est intrinsèquement lié à son potentiel à engendrer une vie nouvelle et sa juste place se trouve dans une vie partagée de fidélité réciproque et aimante entre un homme et une femme. Ce sont des vérités salvifiques que le monde a besoin d’entendre ; l’Église catholique est de plus en plus une voix solitaire qui les proclame. »

Serait-ce acceptable d’adopter les propositions de Walter Kasper dans le cadre d’une simple pratique pastorale ? Non, répondent les pères dominicains : cela nécessiterait « que l’Eglise accepte en principe que l’activité sexuelle en dehors d’un mariage définitif et fidèle est compatible avec la communion avec le Christ ».

« Si elle accepte cela, toutefois, on voit mal comment l’Église pourrait refuser d’admettre à la sainte communion des couples non mariés cohabitant ou des personnes engagées dans une union homosexuelle, etc. En effet, la logique de cette position suggère que l’Église devrait bénir de telles relations (comme le fait maintenant la Communion anglicane), et même accepter toute la gamme que comporte la « libération » sexuelle contemporaine. La communion pour les personnes divorcées remariées n’est que le début. »

Ils ajoutent qu’il est « très bon d’encourager » le désir de communion sacramentelle qu’éprouvent des divorcés remariés parce que cela peut les conduire à « se convertir » de leur péché, en renonçant à ce qui y fait obstacle. Un regret global quant au mariage antérieur ou à la situation nouvelle ne saurait suffire : il faut « la résolution de ne plus pécher ». Prétendre le contraire pourrait entraîner pour les divorcés remariés qui communieraient sans vouloir changer de vie – le ferme propos de s’amender – « des conséquences potentielles de la plus haute gravité ». Penser cela aboutirait également à « saper la doctrine de l’eucharistie ».

Les pères n’oublient pas de rappeler que le remariage des divorcés est cause de scandale, auquel leur accès à la communion sans intention de vivre dans la continence ajoute un nouveau scandale, faisant d’eux les « tentateurs de leur prochain ». [...]

« On voit souvent l’approche pastorale comme opposée à l’approche canonique. C’est une  fausse dichotomie. Benoît XVI exhortait les séminaristes « à comprendre et – j’ose dire –à aimer le droit canon dans sa nécessité intrinsèque et dans les formes de son application pratique : une société sans droit serait une société privée de droits. Le droit est condition de l’amour. » L’approche canonique est pastorale par nature, parce qu’elle pose les conditions nécessaires en vérité pour changer les cœurs. Là où cela ne se produit pas, c’est le droit canon lui-même qui a été mal interprété. Malheureusement, ce qu’on appelle souvent approche pastorale mène à des décisions arbitraires et donc injustes. C’est le danger imminent lorsqu’on envisage d’abandonner les procédures tracées par le droit. » 

Pas question, ajoutent les pères, de s’en remettre au jugement de la conscience individuelle des protagonistes de ces affaires : parce qu’il est subjectif, mais aussi parce qu’il pourrait faire du tort au mari ou à la femme abandonnée après le premier mariage, ou aux enfants : un procès privé ne suffit pas. 

Que faire ? Pour les co-signataires de l’article, la première chose serait de remettre la chasteté à l’honneur. La deuxième, d’expliquer que le pardon et la miséricorde divines permettent réellement à l’homme de changer de l’intérieur pour « vivre libre du vice et du péché : ils guérissent. Mais pour cela, il faut « revitaliser la catéchèse sur ce point »… La troisième, de traiter les divorcés-remariés avec « respect » en les encourageant à continuer d’assister au « Sacrifice de la messe », à prier, à contribuer aux œuvres de charité, à « élever leurs enfants dans la foi chrétienne »… C’était là ce que demandait déjà Familiaris Consortio. La quatrième ? Mieux préparer au mariage. La cinquième : renforcer les tribunaux de première instance pour qu’ils puissent avoir les moyens de répondre aux demandes. Et enfin, montrer que l’enseignement de l’Eglise n’est pas intolérant mais vise le « bien authentique de toutes les personnes », et mène « au bonheur et à l’amour »."

Posté le 27 juillet 2014 à 12h40 par Michel Janva | Lien permanent

13 juillet 2014

Homélie du Père Abbé de Fontgombault pour la Saint Benoît

 

Homélie du Très Révérend Père Dom Jean Pateau, Abbé de Notre-Dame de Fontgombaultpour la fête de Saint Benoît et de Pierre de l'Etoile, le 11 juillet 2014

Saint benoît

 

Excellence,

Chers Frères et Sœurs, Mes très chers Fils,

L'Eglise invite à ce que tous se réjouissent dans le Seigneur, Gaudeamus omnes in Domino, en ce jour où elle fête saint Benoît.

Depuis plus de 1500 ans, des hommes se sont mis à l'école du saint Patriarche né à Nursie en Italie vers 480. Vivant une époque d’incertitudes (l'Empire romain d'Occident s'était effondré quatre ans avant sa naissance), de dangers (allées et venues de troupes, réquisitions, pillages, violences, renchérissement des denrées, restrictions, famines, épidémies), Benoît « a soutenu la maison du Seigneur durant sa vie » (cf. épître de la Messe).

Son exemple, sa Règle, ses monastères, ont été et demeurent une réponse proposée à l'homme de tous les temps, à «l’homme qui veut la vie et désire connaître des jours heureux. » (Ps 34/33, 13)

Paul VI, dans une allocution au Mont-Cassin, affirmait :

L’excitation, le bruit, l’agitation fébrile, l’extériorité, la foule, menacent l’intériorité de l’homme. Il lui manque le silence, avec son authentique parole intérieure, il lui manque l’ordre, la prière, la paix. Il lui manque lui-même. Pour retrouver la maîtrise et la joie spirituelle de lui-même, il a besoin de se remettre en face de soi, dans le cloître bénédictin. Dans la discipline monastique, l’homme est regagné à lui-même et à l’Eglise. (Allocution prononcée au Mont-Cassin le 24 octobre 1964).

Ces propos sont toujours actuels. Au sein d’un monde qui se cherche et qui cherche, Benoît rappelle l'essentiel : chercher Dieu.

Par la volonté de Dieu, qui veut associer l'homme à l'œuvre de sanctification de l'humanité, le Père des moines d'Occident est devenu pour beaucoup un maître sur le chemin de la sainteté. Alors que le monde a un besoin urgent d'apôtres, comment, à notre tour, suivre cette voie ?

Saint Bernard, dans un Sermon pour la Nativité de Notre-Dame, a bien précisé le rôle de la médiation humaine dans l'œuvre de sanctification, et le moyen pour devenir médiateur :

La Source de la Vie a été canalisée jusqu'à nous, et ses eaux se sont répandues sur nos places... C'est par un aqueduc qu'est descendu ce ruisseau céleste, en versant la grâce, goutte à goutte, sur nos cœurs desséchés...

Mais comment notre aqueduc peut-il atteindre une Source si élevée ? Comment, pensez-vous, sinon grâce à la véhémence de son désir, sinon par la ferveur de sa dévotion, sinon par la pureté de sa prière, comme en témoigne l'Ecriture : ''La prière du juste pénètre les cieux'' (Si 35, 21). Et qui est juste si Marie ne l'est pas, elle de qui s'est levé pour nous le Soleil de Justice ? Comment donc Marie a-t-elle rejoint cette inaccessible Majesté ? N'est-ce pas en frappant, en demandant, en cherchant ? (Sermon pour la Nativité de Marie, ou ''Sermon de l'Aqueduc'', n.3 et 5)

Si Marie, pour tout homme et de manière unique, est aqueduc de la grâce de Dieu, tout homme, à son tour, est appelé à être aqueduc pour son prochain, à être l'instrument de telle ou telle grâce, et en tous les cas, à offrir sa charité. Aqueduc, Saint Benoît l'a été pour ses fils. D'autres ont suivi son exemple, tel Pierre de l'Etoile, fondateur et premier Abbé de Fontgombault.

En venant s'établir au XIe siècle dans les lieux sanctifiés autrefois par l'ermite Gombaud et habités encore par quelques solitaires, Pierre fut associé à une étape essentielle de la vie monastique des bords de la Creuse. En 1091, probablement à cause du nombre croissant des solitaires, il transféra les lieux monastiques sur la rive droite de la rivière et choisit un mode de vie cénobitique. Les moines de Fontgombault vivront désormais dans un monastère, sous une Règle, celle de saint Benoît, et un Abbé. (cf. Règle de saint Benoît, c.1, Des diverses espèces de moines)

 (la suite)

Posté le 13 juillet 2014 à 10h00 par Marie Bethanie | Lien permanent

12 juillet 2014

L'(in)fidélité conjugale

L'infidélité conjugale semble être devenue banale à pleurer, à tel point que certains journaux féminins se penchent sur la question, et se demandent à partir de quand on peut considérer qu'il y a infidélité. Nos papes, à la suite du Christ, se sont occupés de régler le problème bien avant la presse féminine, et leur enseignement, très clair, ne laisse aucun doute sur le sujet:

Pie XI, "Casti Connubii":

" [...]pour assurer complètement l'inviolabilité des frontières sacrées de l'union conjugale, il [le Christ] a prohibé aussi les pensées et les désirs volontaires concernant toutes ces choses : « Et moi je vous dis que quiconque arrête sur une femme des regards de concupiscence a déjà commis l'adultère dans son cœur. » (23) Ces paroles de Notre-Seigneur ne peuvent être infirmées même par le consentement de l'autre conjoint ; elles promulguent, en effet, une loi divine et naturelle qu'aucune volonté humaine ne saurait enfreindre ou fléchir [...]

Saint Jean-Paul II, "Familiaris Consortio" :

"[...] l'amour conjugal comporte une totalité où entrent toutes les composantes de la personne - appel du corps et de l'instinct, force du sentiment et de l'affectivité, aspiration de l'esprit et de la volonté -; il vise une unité profondément personnelle, celle qui, au-delà de l'union en une seule chair, conduit à ne faire qu'un cœur et qu'une âme; il exige l'indissolubilité et la fidélité dans la donation réciproque définitive [...]

Saint Jean-Paul II aux membres du mouvement "Foyers des équipes Notre-Dame" (1982) :

" [...] Près du Seigneur ils apprennent à aimer “jusqu’au bout”, dans le don et le pardon. Et comme Il vit lui-même une Alliance indissoluble, ils apprendront de lui la fidélité sans faille à la parole et à la vie données. [...]

[...] Nous sommes très loin ici, bien sûr, d’une simple poussée instinctive ou d’un simple accord temporaire lié aux intérêts immédiats escomptés auxquels beaucoup de gens, aujourd’hui, tendent à réduire ce don du Seigneur qu’est l’amour! [...]

 [...] Transfiguré par l’Esprit, l’amour construit de l’éternité car “l’amour ne passe jamais” (1 Cor. 13, 8). Mais en même temps un amour conjugal authentique, pétri pourtant de tendresse et de fidélité, empêche de s’arrêter à son conjoint en une adoration indue : il conduit de l’alliance conjugale à l’Alliance divine et de l’image à sa Source. [...]

Evidemment, chacun mettra à profit ses vacances pour étoffer cette courte liste de citations, bien incomplète. Dommage que les journaux féminins n'utilisent pas la grande connaissance de la nature humaine qu'ont les papes pour écrire leurs articles : ils seraient beaucoup plus intéressants.

Posté le 12 juillet 2014 à 11h11 par Marie Bethanie | Lien permanent

03 juillet 2014

On ne solde pas la foi

D'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

"« On brade, 90 % sur tout ! » De telles soldes feraient rêver plus d’un lecteur ou lectrice de FC ! Il n’y a pourtant pas de quoi s’enthousiasmer quand il s’agit de la culture et de l’avenir de nos enfants. Et du bac en particulier, « diplôme bradé » (Le Figaro, 30 juin) avec un taux de réussite de 90 %…

Tendance qui gagne aussi hélas les domaines de la morale et de la foi. Et cela transparaît en filigrane dans la synthèse des questionnaires sur la famille remis à Rome, et qui servira de document de travail aux évêques lors du synode d’octobre prochain.

Ce qui en ressort, c’est en effet le décalage croissant entre l’enseignement de l’Église et la vie chrétienne vécue au quotidien. Et cela ne concerne pas uniquement les questions qui fâchent, sur la contraception et le mariage : la famille ne se réduit pas à la sexualité ! Il y a aussi, en bonne place dans ce document, tout ce qui a trait à la transmission de la foi. Avec le constat qu’en Europe, depuis  Mai 68, les parents n’osent plus vraiment pousser leurs enfants à la pratique religieuse, et cherchent à éviter la confrontation plutôt qu’à promouvoir intégralement les vérités de la foi.

Or, ces conflits avec le monde ne manqueront pas de se multiplier dans les années qui viennent, face à la culture ambiante du relativisme. Laquelle interdit toute prétention à connaître la vérité, et encore moins à l’enseigner. Avec des comportements dénoncés par le pape François comme étant du « bricolage », comme par exemple le fait de croire en Dieu, mais pas à l’Église, ou de faire le tri dans les dogmes de la foi.

Ce n’est pourtant pas une fatalité, mais cela nécessite de notre part une parole claire, pour réveiller les consciences endormies et sortir d’une confusion mentale qui laisse toute la place au père du mensonge… Comment ? En osant affirmer ce qui nous fait vivre, sans craindre cette fameuse mondanité qui constitue pour le pape François le plus grand danger de la vie chrétienne. Ensuite, en retrouvant le sens de l’émerveillement afin de « ré-enchanter le monde », comme l’affirme l’Académie d’éducation et d’études sociales dans sa dernière livraison (Pour une société plus humaine, F.-X de Guibert), et restaurer ainsi l’image de Dieu qui est en nous. « La vérité et la bonté existent ! », s’exclamait Benoît XVI lors de son homélie de Noël 2012. [...]"

Posté le 3 juillet 2014 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

23 juin 2014

Communiez !

En ce grand jour de la Fête Dieu, le mensuel Magnificat nous propose une courte exhortation du Père Jean Tauler (o.p.), mort en 1361, qui fut l'un des maîtres de la métaphysique rhénane. Il a laissé 83 sermons à des moniales et à des laïcs, témoignages de l'extraordinaire fécondité du courant spirituel dominicain alsacien au XIV° siècle.

FETE DIEU

"Bien que ce soit une bonne chose de s'abstenir de la communion par un sentiment d'humilité profonde et foncière, il vaut cependant infiniment plus et mieux communier par amour. Le malade a besoin du médecin et surtout d'un tel médecin dont l'assistance apporte la santé. L'humble crainte ne doit pas vous retenir. Si votre conscience vous reproche fortement vos fautes, c'est un signe certain que le Saint-Sacrement opère en vous. Quand une médecine chasse la maladie au-dehors, de telle sorte qu'il y ait éruption de boutons, c'est un signe que l'homme guérira et que le mal passera.

De même, quand un homme voit ses fautes apparaître grandes et graves au regard de sa raison, et qu'elles lui répugnent, c'est un grand et sûr présage que cet homme sera guéri à fond. Du moment qu'il sent en lui-même le désir de vivre selon la très chère volonté de Dieu, d'avoir une bonne et droite conduite, autant qu'il le peut, et s'il n'agit pas avec une sotte hardiesse et une audace aveugle, ou par une présomptueuse témérité, s'il ne trouve rien en lui de tout ce mauvais poison, il peut bien alors aller communier librement et en sécurité, pourvu qu'il regrette ce qu'il a fait de mal; et plus il communie souvent, plus la communion lui est bonne, utile et fructueuse."

Posté le 23 juin 2014 à 07h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

21 juin 2014

Cet été, bronzez spi

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Posté le 21 juin 2014 à 15h58 par Michel Janva | Lien permanent

11 juin 2014

Donner la communion à un divorcé-remarié c'est comme donner du sucre à un diabétique

Extrait d'un entretien donné par Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana :

"À ma connaissance et selon mon expérience, la blessure la plus profonde de la crise actuelle de l’Église est la blessure eucharistique, les abus au Saint-Sacrement.

Plusieurs gens reçoivent la Sainte Communion dans un état de péché mortel objectif…Ceci se répand dans l’Église surtout dans le monde occidental. Là-bas, les gens vont rarement à la Sainte Communion avec une préparation suffisante. [...]

Il y a aussi la question de la réception objectivement irrévérente de la Sainte Communion. La soi-disant manière nouvelle et moderne de recevoir la Sainte Communion directement dans la main est très sérieuse, car cela expose le Christ à une énorme banalité.  [...]

Nous ne pouvons pas continuer comme si, Jésus comme Dieu n’existait pas; comme si seulement le pain existait. Cette pratique moderne de Communion dans la main n’a rien a voir avec la pratique de l’Église primitive. La pratique moderne de recevoir la Communion dans la main contribue graduellement à une perte de la foi catholique en la présence réelle et en la transsubstantiation.

[...] La crise eucharistique due à l’usage moderne de la Communion dans la main est si évidente. Ce n’est pas une exagération. Il est temps que les évêques élèvent leurs voix pour le Jésus eucharistique qui n’a pas de voix pour ce défendre lui-même. Ici nous avons une attaque sur le Très Saint, une attaque sur la foi eucharistique.

Bien sûr, il y a des gens qui reçoivent la Communion dans la main avec beaucoup de dévotion et de foi, mais ils sont une minorité. La vaste multitude elle perd la foi par l’intermédiaire de cette manière très banale de prendre la Sainte Communion comme si l’on prenait de la simple nourriture comme une frite ou du gâteau. Une telle manière de recevoir le Très Saint ici sur Terre n’est pas sacrée et avec le temps, elle détruit la profonde conscience et la foi catholique en la présence réelle et en la transsubstantiation."

[...] Ceux parmi le clergé qui veulent admettre les divorcés-remariés à la Sainte Communion opèrent avec une fausse conception de la miséricorde. Cela est comparable à un docteur qui donne du sucre à un patient, bien qu’il sache que cela le tuera. Mais l’âme est plus importante que le corps. [...]"

Posté le 11 juin 2014 à 22h37 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2014

Mary Pierce parle de sa conversion

Lu ici :

"Mary Pierce est la dernière française à avoir remporté le tournoi de Roland Garros. Si elle n'a jamais annoncé officiellement sa retraite, la championne a toutefois arrêté sa carrière en 2006. Depuis, Mary Pierce s'est installée à l'Ile Maurice, mais elle revient chaque année à Paris, à l'occasion des Internationaux de France, où on peut la voir dans les gradins de la tribune présidentielle. [...] Cependant, aujourd'hui, ce n'est plus le tennis qui occupe la place la plus importante de sa vie, mais sa foi. "Depuis que j'ai connu le Seigneur en 2000, ma vie a complètement changé et seulement en bien", explique l'ancienne championne qui confie avoir trouvé "une paix" et "une joie intérieur" grâce à la religion. "Maintenant, ma vie est entièrement consacrée au Seigneur. Tout ce que je fais, c'est pour lui, qu'il s'agisse d'un entraînement ou d'une oeuvre caritative en Afrique", déclare la joueuse, qui précise toutefois vivre "une vie tout à fait normale". "Sauf que j'ai une relation personnelle avec Jésus. Je prie, je lis la Bible, je vais à l'église", conclut-elle."

Posté le 6 juin 2014 à 11h36 par Michel Janva | Lien permanent

04 juin 2014

Une miséricorde injuste n’est pas la miséricorde

L'abbé Juan José Perez Soba, théologien à l'Institut pontifical Jean-Paul II à Rome, répond au cardinal Kasper, au sujet de l'accès à la communion des divorcés remariés, dans le mensuel La Nef. Extraits :

S"Parfois, refuser la miséricorde est l’unique moyen de la défendre de ses falsifications. Le cardinal Kasper l’affirme avec grande clarté dans son livre Misericordia : « Un autre malentendu grave au sujet de la miséricorde est celui qui consiste à transgresser, au nom de la miséricorde, le commandement divin de la justice […]. Nous ne pouvons pas conseiller d’avorter au nom d’une fausse miséricorde ». Une miséricorde injuste n’est pas la miséricorde. On ne peut attenter à la dignité humaine au nom de la miséricorde. Par conséquent, pour parler de miséricorde concernant le mariage, il est très important de comprendre exactement quelle réalité de dignité humaine est impliquée dans cette institution. Il n’y aurait aucune miséricorde si l’on attentait à cette dignité. Ce bien est ce que la tradition chrétienne a appelé le lien, et c’est ce qui a précisément constitué le sujet réel de l’indissolubilité attribuée au mariage. C’est ainsi que le concile Vatican II définit le mariage comme une réalité transcendante : « En vue du bien des époux, des enfants et aussi de la société, ce lien sacré échappe à la fantaisie de l’homme » (GS 48) ; voilà pourquoi il le retient indissoluble (n. 50). [...]

En d’autres termes, lorsque l’on parle de justice concernant le rapport sacramentel entre homme et femme, on se réfère au respect de la dignité inviolable de ce « lien sacré ». Toute tentative d’approche de la pastorale matrimoniale usant de la parole de miséricorde, doit être en mesure de déterminer la réalité du lien ou bien de comprendre s’il existe ou non. Sans cette clarification préliminaire, toute attitude miséricordieuse éventuelle serait évidemment contraire à la justice. [...]

La défense du lien jusqu’à l’indissolubilité est donc la manière dont Dieu offre sa miséricorde au mariage. « Leur lien d’amour devient l’image et le symbole de l’Alliance qui unit Dieu et son peuple ». Cela unit de manière extrêmement directe le lien indissoluble du mariage et l’amour des époux, dans le cadre d’une évidente « primaireté » de la grâce (pour employer un néologisme forgé par le pape François), et comme moyen de guider leur liberté. Il reste cependant entendu que, pour un chrétien voulant vivre de sa foi, le fait de maintenir une nouvelle union, en opposition avec le « lien sacré » du mariage, est un acte de grave injustice à l’égard du lien divin qui demeure. En cette matière, il n’existe par conséquent pas de possibilité d’appliquer une prétendue miséricorde, qui serait injuste et, pour cela même, fausse. [...]"

Posté le 4 juin 2014 à 17h39 par Michel Janva | Lien permanent

25 mai 2014

"Il y a plusieurs demeures" et le relativisme

Voici un article sur le relativisme écrit par le père Guillaume de Menthière et paru dans le mensuel Magnificat de mai 2014 :

Relativisme

Posté le 25 mai 2014 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2014

Contre la victimisation : Foi et Force

Lu sur le site des Hommes adorateurs :

C"Selon Jean-Marie Apostolidès, depuis mai 68, la figure héroïque a été remplacée par l’exaltation victimaire multiculturaliste : toutes les communautés y ont naturellement besoin d’un ennemi infantile commun pour fonctionner : le « raciste » qui, dans notre société contemporaine, assume le même rôle que le diable au Moyen Âge.

« Par l’école, les valeurs de la victimisation sont transmises, discutées, valorisées. Bref, la génération candide a réalisé passivement le rêve de ses parents. Mais cette docilité de surface fait problème, car elle s’accompagne d’une fragilité psychologique se traduisant souvent par un sentiment d’impuissance à modifier le cours des choses. La génération candide se tient dans la dimension de la mémoire car l’Histoire lui fait peur ».

Jean-Marie Apostodès, Héroïsme et victimisation – 

Hélas, chez de nombreux chrétiens, pessimisme et victimisation ont été de rigueur durant de nombreuses années. Quelles peuvent être les raisons de ce pessimisme qui conduit à la victimisation ? Tentation à laquelle on succombe ? Manque de Foi ? Manque de Force ?

La tentation de la victimisation

Elle peut être réelle, et être un vrai combat que le Seigneur permet pour la sainteté de certaines personnes. Elle n’est pas un pêché,  car c’est le consentement qui conduit au pêché. Ne vous troublez point, ne culpabilisez pas si la tentation est là : la tentation est au contraire un occasion de se rapprocher de Dieu.

Saint Augustin nous dit à ce sujet que « La tentation est un feu, dans lequel l’or se purifie et la paille se consume, le juste se perfectionne et le pécheur trouve sa perte ; c’est une tempête qui jette l’un à bord et engloutit l’autre. «  (In ps. 62. Exhort. ad martyr.)

La solution : C’est Jésus qui nous la donne : « Veillez et priez pour ne pas succomber à la tentation ». Il nous demande donc de veiller comme de bons soldats

Un manque Foi

Notre Dieu est ressuscité ! Ne l’oublions jamais, et c’est Lui qui nous apporte l’Espérance, pas le monde ! Le chrétien qui consent au pessimisme et à la victimisation n’est, hélas, donc plus chrétien, mais mondain

Benoit XVI écrivait dans « Spe Salvi » : « En ce sens, il est vrai que celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf. Ep 2, 12). La vraie, la grande espérance de l’homme, qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu – le Dieu qui nous a aimés et qui nous aime toujours « jusqu’au bout », « jusqu’à ce que tout soit accompli » (cf. Jn 13, 1 et 19, 30) »

La solution : La Foi est une vertu théologale,c’est-à-dire un don de Dieu, une grâce qu’il n’appartient pas à l’homme de faire naître ou de produire. C’est une vertu surnaturelle qui ne nécessite pas d’être travaillée comme les vertus naturelles : on dit qu’elle est infuse. Il est simplement « nécessaire » de prier pour l’avoir et pour la renforcer ! « Seigneur augmente en nous la Foi »  (Lc 17,5-6) est une excellente prière quotidienne à avoir ! Ensuite le don appelle une réponse de l’homme.

Un manque de Force

La force est un don de l’Esprit-Saint (il faut donc la demander), mais est également une vertu (à travailler !) appelée « vertu des vertus ». [...] Le pape François évoquait le don de la Force lors de sa catéchèse du 14 mai 2014 : « Par ce quatrième don, l’Esprit de Dieu vient à notre secours, au secours de nos manquements. La force est un don des plus précieux (…) Ce don doit être la toile de fond de notre être chrétien. Il doit alimenter une sainteté vécue dans l’ordinaire de la vie quotidienne. » La solution : La Prière, encore la prière ! Suppliez l’Esprit-Saint de vous envoyer ce don !

La vertu de la force

La force est une vertu morale, c’est à dire acquise par l’éducation, par des actes délibérés et par une persévérance toujours reprise dans l’effort, comme l’indique le catéchisme de l’Eglise Catholique. Il précise également que cette vertu « dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1808)

Deux facultés caractérisent la vertu de force : « résister » et « entreprendre ».

  • La résistance aux difficultés est associée à la capacité d’offrande à Dieu d’offrande de celles-ci, en résistant au désir de se prendre pour une victime.
  •  Entreprendre nécessite de faire preuve d’initiative, de décider puis d’exécuter la décision

La solution : Mieux connaitre la vertu de la force, et la travailler, par exemple via un sport qui permet de se dépasser, de surmonter la fatigue. Si la personne n’est pas capable de se dépasser dans le domaine physique, il lui sera difficile de se dépasser dans sa lutte ascétique."

Posté le 21 mai 2014 à 07h22 par Michel Janva | Lien permanent

07 mai 2014

Le cardinal Müller accuse les religieuses rebelles des États-Unis de promotion de l'hérésie

Traduction de cet article, par les soins du Salon Beige :

"Son éminence Gerhard Müller, le cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accusé les religieuses des États-Unis de ne pas observer le programme de réformes ordonné par le Saint-Siège. Le cardinal affirme que les responsables de la Conférence des Supérieures des Religieuses (LCWR : Leadership Conference of Women Religious) font fi des procédures de choix des conférenciers qui participent à leurs assemblées annuelles, et se demande si les programmes de ces assemblées ne seront pas utilisés pour promouvoir l'hérésie.

Dans une rencontre des Supérieurs de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avec la Présidence de la Conférence de Leadership des Femmes Religieuses à Rome le 30 avril, le cardinal a déclaré aux religieuses que le choix des orateurs de la conférence annuelle et la documentation qu'elles mettent à la disposition de leurs membres, ainsi que leur attitude devant des erreurs doctrinales évidentes, l’amène à se demander si la LCWR a « réellement la capacité de vraiment sentire cum Ecclesia (être en union de sentiment avec l'Église) ».

Le cardinal est particulièrement critique envers la promotion des théories que défend Barbare Marx Hubbard, présidente de la Fondation pour l'Évolution Consciente, incompatibles avec la foi catholique carelles conduisent quasi nécessairement à des erreurs de fond par rapport à la toute-puissance de Dieu, l'incarnation du Christ, la réalité du péché originel, la nécessité du salut et le caractère définitif de l'action salvífique du Christ dans le mystère pascal.

Le cardinal accuse les religieuses de ne même pas permettre de réplique aux conférenciers qui participent à leurs conférences annuelles lorsqu’ils s'écartent de la doctrine de l'Église.

Réponse aux griefs

D'autre part, le prélat répond aux griefs des responsables de la LCWR, qui considèrent comme une sanction disciplinaire laparticipation du Délégué pontifical à l'élection de conférenciers. Le cardinal explique qu’au contraire cette participation montre l'intérêt du Saint-Siège à dialoguer avec les religieuses pour les aider à être en communion avec la foi de l'Église.

Provocation des religieuses

Le cardinal Müller met en avant l'exemple suivant de quelque chose qui ne doit se produire :

Un exemple pourrait nous aider à l'heure actuelle. Je suis triste d’apprendre que vous avez décidé d'accorder le Prix, via la Direction Extraordinaire, lors de l'Assemblée de cette année, à une théologie critiquée par les Évêques des États-Unis étant donné la gravité des erreurs doctrinales présentes dans ses documents. C'est une décision qui sera perçue comme une provocation ouverte contre le Saint-Siège et l'Évaluation Doctrinale. En outre, elle éloigne encore plus la LCWR des Évêques.

Le cardinal n’indique pas le nom de la théologienne, mais il s'agit d'Elizabeth Johnson, professeur de théologie à l'Université Fordham, un établissement universitaire de la Compagnie de Jésus à New York. E. Johnson a fait l'objet en mars 2011 d'une note de la commission épiscopale pour la Doctrine de la Foi du Concile des États-Unis.

Le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi assure être conscient de parler de façon très directe :

Je me rends compte que je parle avec beaucoup de franchise sur cette affaire, mais je le fais en sachant qu'il n'y a pas aucune autre manière d'interpréter la décision d'attribuer ce prix, ni à l'intérieur ni en dehors de l'Église.

Posté le 7 mai 2014 à 08h55 par Michel Janva | Lien permanent

04 mai 2014

Le plan de Dieu sur le règne animal

C'est à une méditation sur ce thème que nous invite l'Abbé de Tanoüarn. Extrait.

"Regarder l'animal en face, c'est accepter de considérer aussi la précarité de notre situation d'animaux plus ou moins raisonnables. Pour prétendre à être vraiment autre chose que l'animal, il faut nous laisser racheter. Nous ne nous sauvons pas nous-mêmes, pas tout seuls. Sans le Christ, qui nous fait vivre, que serions-nous?

Et lorsque l'on a éprouvé cette fraternité par le bas avec l'animal, lorsque l'on a compris que sans le Christ et sans son salut, nous sommes tous des bêtes, juste "des êtres pour la mort" (Heidegger), alors que nous reste-t-il à faire? Il nous faut sauver l'animal. Pourquoi cette oeuvre de Dieu n'aurait-elle pas droit à un salut ? Peut-on penser que Dieu fait toutes ces belles choses en vain ? Peut-on donner raison à l'Ecclésiaste qui ne voit en toutes choses que "vanité et poursuite du vent" ? Chaque animal, chaque végétal, chaque composition de paysage est une pensée de Dieu. En tant que telle, elle ne meurt pas. "Les concepts des créatures sont des concepts de Dieu" dit Cajétan sublimement en jouant sur le sens du génitif. Il avait compris la transcendance analogique du Logos mieux que beaucoup."

Posté le 4 mai 2014 à 20h38 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (3)

22 avril 2014

Dieu existe-t-il ?

Posté le 22 avril 2014 à 07h42 par Michel Janva | Lien permanent


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