02 mai 2016

La "Loi-Travail" (... selon saint Joseph)

Une belle méditation offerte par les Frères de Chémeré sur le mystère du travail humain et chrétien.

 

"En ce début du mois de mai, tous à vos rosaires pour honorer la Reine des Cieux!

PS. Du 5 au 13 mai, n'oubliez pas la neuvaine au Saint-Esprit pour la préparation à la Pentecôte ..."

Les Frères de Chémeré

Posté le 2 mai 2016 à 15h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

01 mai 2016

En quoi l'Esprit-Saint est-Il l'âme de l'Eglise ?

Entretien avec le Chanoine Tancrède Guillard, de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 1 mai 2016 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

29 avril 2016

Le mariage n'est pas un idéal

Dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau, le cardinal Burke livre ses réflexions sur l'exhortation Amoris laetitia. Il écrit notamment :

UNe-1613"[...] On fait fréquemment référence dans ce document à « l’idéal » du mariage. Décrire ainsi le mariage pourrait induire en erreur. Cela pourrait conduire le lecteur à s’imaginer le mariage comme une idée éternelle à laquelle, en raison de circonstances historiques changeantes, l’homme et la femme pourraient plus ou moins se conformer. Mais le mariage chrétien n’est pas une idée : c’est un sacrement qui confère à l’homme et à la femme la grâce de vivre dans un amour réciproque fidèle, permanent et procréatif. Tout couple chrétien qui se marie validement reçoit, dès l’instant du consentement échangé, de vivre l’amour qu’il s’est promis. Parce que nous souffrons tous des conséquences du péché originel, et parce que le monde dans lequel nous vivons défend une conception du mariage complètement différente, les époux subissent les tentations de trahir la réalité objective de leur amour. Mais le Christ leur donne sans cesse la grâce de demeurer fidèle à cet amour jusqu’à leur mort. La seule chose qui puisse limiter leur réponse fidèle c’est leur défaillance à répondre à la grâce qui leur a été donnée dans le sacrement des liens sacrés du mariage. Autrement dit, leur combat n’est pas contre quelque idée qui leur aurait été imposée par l’Église. Leur combat est avec les forces qui voudraient les amener à trahir la réalité de la vie du Christ entre eux. [...]

Certains disent qu’une telle réponse à la séparation ou au divorce relevait d’un héroïsme que le fidèle moyen ne saurait avoir, mais, en vérité, nous sommes, quel que soit notre état de vie, appelés à vivre héroïquement. Le saint pape Jean-Paul II au terme du Grand Jubilé de l’an 2000, et faisant référence aux paroles de Notre Seigneur qui termine le Sermon sur la montagne – « Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48) –, nous a enseigné la nature héroïque de notre vie quotidienne dans le Christ, de cette manière :

« Comme le Concile (de Vatican II) lui-même l’a expliqué, il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection comme s’il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques “génies” de la sainteté pourraient pratiquer (...). Il est temps de proposer de nouveau à tous, avec conviction, ce “haut degré” de la vie chrétienne ordinaire : toute la vie de la communauté ecclésiale et des familles chrétiennes doit mener dans cette direction » (Novo Millennio Ineunte, n. 31).

Ayant rencontré des hommes et des femmes qui, malgré une rupture de la vie maritale, sont demeurés fidèles à la grâce du sacrement du mariage, j’ai été le témoin de vies héroïques que la grâce rend possible pour nous chaque jour et tous les jours.

Saint Augustin d’Hippone, prêchant en l’année 417 le jour de la fête de saint Laurent, diacre et martyr, a eu une belle image pour nous encourager à coopérer à la grâce divine que Notre Seigneur nous a obtenue par Sa Passion et Sa mort. Il nous assure que dans le jardin du Seigneur il n’y a pas que les roses des martyrs, il y a aussi les lys des vierges, les lierres des époux et les violettes des veuves. Il conclut que, par conséquent, personne ne devrait désespérer de sa vocation car le « Christ est mort pour tous » (Sermon 304). Puisse la réception d’Amoris Lætitia, en fidélité au Magistère, confirmer les époux dans la grâce du sacrement de mariage, afin qu’ils puissent être un sacrement de l’amour fidèle et constant de Dieu pour nous « depuis le commencement », qui atteignit sa plus complète manifestation dans l’Incarnation rédemptrice de Dieu le Fils. Puisse le Magistère, comme clef de sa compréhension, faire le nécessaire pour que « le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère » (Catéchisme de l’Église catholique, n. 890)."

Posté le 29 avril 2016 à 08h24 par Michel Janva | Lien permanent

25 avril 2016

Comme au temps de la crise arienne la confusion est arrivée à son comble

Extrait d'un long commentaire de Mgr Athanasius Schneider à "Amoris laetitia" :

"[...] Depuis déjà un certain temps on constate dans la vie de l´Église dans quelques endroits et lieux le fait de l´abus tacite de l´admission des divorcés-remariés à la Sainte Communion sans leur demander de vivre en continence parfaite. Les affirmations peu claires dans le chapitre VIII de l´AL ont donnés un nouveau dynamisme aux propagateurs déclarés de l´admission des divorcés-remariés à la Sainte Communion en cas singulier. 

On constate maintenant le phénomène que l´abus commence à se répandre davantage dans la pratique en se sentant en quelque sorte légitimé. En outre on constate la confusion en respect de l´interprétation spécialement des affirmations concernées du chapitre VIII de l´AL. La confusion est arrivée à son comble en ce que tout le monde, tant les partisans de l´admission des divorcés-remariés à la Sainte Communion que leurs opposants déclarent : «La doctrine de l´Église en cette matière n´a pas été changée«. 

Tenant dûment compte de différences historiques et doctrinales, notre situation montre quelques semblances et analogies avec la situation de la confusion générale de la crise arienne dans le 4-ième siècle. À l´époque la foi apostolique et traditionnelle dans la vraie divinité du Fils de Dieu a été garantie en moyen de l´expression « consubstantiel« (« homoousios«), dogmatiquement proclamée par le Magistère universel du Concile de Nicée I. La profonde crise de la foi avec la confusion presque universelle a été provoquée principalement par le refus ou l´esquive d´user et professer la parole « consubstantiel« (« homoousios«). Au lieu de cela on a commencé au milieu du clergé et principalement de l'épiscopat de proposer des expressions alternatives qui en fin de compte étaient ambiguës et imprécises comme p.ex. « semblable dans la substance« (« homoiousios« ) ou simplement « semblable« (« homoios »). La formule « homoousios« du Magistère universelle de ce temps exprimait la pleine et vraie divinité du VERBE d´une façon tellement précise de ne laisser plus aucune espace à une interprétation équivoque. 

Dans les années 357 – 360 presque l´entier épiscopat était devenue arien o semi-arien à cause des faits suivants : en 357 le pape Libère a signé une des formules ambiguës de Sirmium, dans les quelles était écarte l´expression « homoousios«, en outre le pape a excommunié scandaleusement saint Athanase. Saint Hilaire de Poitiers était l`unique évêque qu´avait fait des graves répréhensions au pape Libère à cause de tels actes ambiguës. En 359 les synodes parallèles de l´épiscopat occidental en Rimini et celui de l´épiscopat oriental en Seuleukia avaient accepté des formules pleinement ariennes, qui étaient encore pire que la formule ambiguë signé par le pape Libère. Décrivant cette situation confuse de cette époque saint Jérôme avait formulé: «Tout le monde fut surpris de se voir devenu arien« («Imgemuit totus orbis, et arianum se esse miratus est« : Adv. Lucif., 19).

On peut dire que à notre époque si a déjà commencé à établir une confusion en regard de la discipline sacramentelle pour les divorcés-remariés. Existe donc un fondement réel que la confusion peut atteindre une ampleur vraiment vaste, si on évite de proposer et proclamer la suivante formule du Magistère universelle et infaillible : « La réconciliation par le sacrement de pénitence - qui ouvrirait la voie au sacrement de l'Eucharistie - ne peut être accordée qu'à ceux qui prennent l'engagement de vivre en complète continence, c'est-à-dire en s'abstenant des actes réservés aux époux« (S. Jean Paul II, Familiaris consortio, 84). Cette formule est malheureusement et incompréhensiblement absente dans l´AL. L`AL contient cependant inexplicablement la suivante affirmation: « Dans ces situations (des divorcés-remariés), connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘‘comme frère et sœur’’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis« (AL, 298, n. 329). Une telle affirmation laisse l´impression d´une contradiction avec l´enseignement pérenne du Magistère universel, tel comme il a été formulé dans le lieu cité de la Familiaris consortio 84.

Il est urgent que le Siège Apostolique confirme et proclame de nouveau peut-être sous la forme d´une interprétation authentique de l´AL la formule citée de Familiaris consortio 84. Cette formule peut être considérée dans une certaine mesure l´ »homoousios » de nos jours. L´absence d´une telle confirmation officielle et explicite de la formule de Familiaris consortio 84 de la part du Siège Apostolique pourrait contribuer à une majeure confusion dans la discipline sacramentelle avec ses répercussions graduelles et inévitables dans le domaine doctrinale. De cette manière serait crée une situation à laquelle on pourra appliquer en futur la suivante constatation: « Tout le monde fut surpris de se voir accepté en pratique le divorce« («Ingemuit totus orbis, et divortium in praxi se accepisse miratus est«).

Une confusion dans la discipline sacramentelle en regard des divorcés-remariés avec ses répercussions inévitablement doctrinales contredirait la nature de l´Église Catholique, telle comme elle étaient décrite par saint Irénée dans le deuxième siècle: «L'Église, ayant reçu cette prédication et cette foi, bien que dispersée dans le monde entier, les garde avec soin, comme n'habitant qu'une seule maison, elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et qu'un même cœur, et elle les prêche, les enseigne et les transmet d'une voix unanime, comme ne possédant qu'une seule bouche » (Adversus haereses, I, 10 , 2).

Le Siège de Pierre, c´est à dire le Souverain Pontife est le garant de l´unité de la foi et de la discipline sacramentelle apostolique. Tenant compte de la confusion dans la pratique sacramentelle en regard des divorcés-remariés et de l´interprétation de l´AL au milieu des prêtres et des évêques, on peut considérer légitime un appel à notre cher pape François, le Vicaire du Christ et « le doux Christ en terre« (sainte Catherine de Sienne), afin qu´il ordonne la publication d´une interprétation authentique de l´AL, laquelle devrait contenir nécessairement la proclamation explicite du principe disciplinaire du Magistère universel et infaillible en regard de l´admission des divorcés-remariés aux sacrements, tel comme il a été formulé dans Familiaris consortio 84. 

Dans la grande confusion arienne du 4-ième siècle saint Basile le Grand avait fait un appel urgent au pape de Rome d´exercer par sa parole une direction claire afin qu´il y aurait enfin unité dans la pensée de la foi et de la charité (cf. Ep. 70).

Une interprétation authentique de l´AL de la part du Siège Apostolique apportera pour toute l´Église une clarté dans la joie («claritatis laetitia«). Une telle clarté garantira un amour dans la joie («amoris laetitia«), un amour et une joie qui ne seraient pas « selon la pensée des hommes, mais selon la pensée de Dieu » (Mt 16, 24). Et c'est cela qui compte pour la joie, la vie et le salut éternel des divorcés-remariés et de tous les hommes."

Posté le 25 avril 2016 à 18h50 par Michel Janva | Lien permanent

24 avril 2016

Au temps des crises profondes, la Providence utilise les plus humbles pour sauver l'intégrité de la foi

ImagesJeanne Smits propose sur son blog une traduction d'un entretien accordé au mois de mars par Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (capitale du Kazakhstan), à l’association hongroise John Henry Newman. L'entretien est long mais très intéressant car il traite de sujets très divers mais cruciaux pour la vie de l'Eglise. Les passages que j'ai sélectionnés (même si tout l'entretien est à lire dans l'article original) concernent plus particulièrement ce que nous sommes : des laïcs catholiques, et leur place, et leur rôle dans l'Eglise, ainsi qu'un sujet crucial pour nous au quotidien : le rapport de la foi catholique avec l'islam.

[...] "Aujourd'hui, les fidèles catholiques font l'expérience de la faiblesse et des dysfonctionnements du magistère : sans exagération j'ose dire que dans les médias officiels catholiques on peut entendre lire et voire des erreurs grossières, des ambiguïtés, et même des hérésies de la bouche de prêtres de haut rang, hélas, et même d'évêques et des plus hauts dignitaires de l'Eglise, quasiment chaque jour. Une partie significative des déclarations officielles — même depuis les plus hautes sphères — sème la confusion, et contradictoire, trompant de nombreux fidèles. Que doivent faire les fidèles catholiques en ces temps difficiles ? Comment pouvons-nous rester fermes dans la foi dans cette situation ? Quel est notre devoir ?

— Au cours de l'histoire de l'Eglise il y a toujours eu des temps de crise profonde de la foi et de la morale. La crise la plus profonde, la plus dangereuse a été sans aucun doute la crise arienne au quatrième siècle. C'était une attaque mortelle contre le mystère de la très Sainte Trinité. En ces temps-là, ce furent quasiment les simples fidèles qui ont sauvé la foi catholique. Dans son analyse de cette crise, le bienheureux John Henry Newman a dit que c'était l’ecclesia docta (l'église enseignée, c'est-à-dire les fidèles qui reçoivent l'instruction du clergé) plutôt que l’ecclesia docens (ceux qui détiennent le magistère ecclésiastique) qui a sauvé l'intégrité de la foi catholique au quatrième siècle. Au temps de crises profondes la divine Providence aime à utiliser les plus simples et les plus humbles pour démontrer l'indestructibilité de son Eglise. Cette affirmation de saint Paul peut également être appliquée à la situation interne de l'Eglise : « Mais Dieu a choisi les moins sages selon le monde, pour confondre les sages ; il a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les puissants » (1 Cor 1, 27). Lorsque les simples fidèles constatent que les représentants du clergé, et même du haut clergé, laissent à l’écart la foi catholique et proclament l'erreur, ils doivent prier pour leur conversion, ils doivent réparer les fautes du clergé à travers le témoignage courageux de la foi. Parfois, les fidèles doivent également conseiller et corriger le clergé, mais toujours avec respect, c'est-à-dire en suivant le principe du sentire cum ecclesia, ainsi que l’ont fait par exemple sainte Catherine de Sienne ou sainte Brigitte de Suède. Dans l'Eglise nous constituons tous un seul corps, le corps mystique du Christ. Lorsque la tête (le clergé) est défaillant, les autres membres doivent essayer de renforcer le corps tout entier. En définitive, l'Eglise est guidée par la tête invisible qui est le Christ, et elle est animée par son âme invisible qui est le Saint-Esprit. C'est pourquoi l'Eglise est indestructible."[...]

Sur l'islam et les pseudo "religions du Livre" :

"L'islam est la religion la plus communément pratiquée au Kazakhstan. Traditionnellement, les Kazakhs ethniques sont des musulmans sunnites. Quelle est votre expérience du dialogue avec eux ? L'islam, dit-on, est similaire au christianisme ou au judaïsme parce qu'il croit en un seul Dieu, et ainsi le monothéisme est supposé constituer la base du dialogue. Mais est-ce réellement cela ? Est-il possible d'engager un dialogue théologique profond avec eux ? Allah est-il la même chose que la Sainte Trinité ? Peut-il y avoir une base de dialogue théologique si l'islam hait la foi en l'Incarnation ?

Il y a aussi de la confusion lorsque l'on dit que les Juifs, les musulmans et les chrétiens suivent des religions monothéistes. Cela porte vraiment à confusion. Pourquoi ? C’est que nous, chrétiens, nous croyons toujours non seulement en un seul Dieu, mais au Dieu trine, en Dieu, la très Sainte Trinité. Nous ne croyons pas seulement en un seul Dieu comme toute personne humaine peut le faire à la lumière de la raison naturelle. Les Juifs et les musulmans croient en un seul Dieu qui est une seule personne. C'est une hérésie, ce n'est pas vrai. Dieu n'est pas une personne, Dieu est trois personnes. Et qui plus est, ils n'ont pas la foi parce qu'ils croient seulement que Dieu est un, mais cela ne requiert pas la foi, seulement la raison naturelle. Il y a le dogme de la foi qui déclare qu'à la lumière naturelle de la raison naturelle chaque personne peut reconnaître que Dieu est un. Nous avons une foi surnaturelle, et c'est une différence substantielle.

Objectivement, Dieu, que nous connaissons par la raison, est évidemment la Sainte Trinité. Mais les Juifs et les musulmans n'acceptent pas la Sainte Trinité. Ainsi nous ne pouvons pas prier ensemble parce que leur culte manifeste leurs conviction qu'il y a un seul Dieu, une seule personne. Mais nous, chrétiens, nous adorons toujours Dieu en trois personnes. Toujours. Et donc nous ne pouvons pas rendre le même culte. Ce ne serait pas véridique. Ce serait une contradiction et un mensonge.[...]

Comment voyez-vous la crise des migrants en Europe ? Quelle est l'attitude catholique correcte à son égard ?

— C'est un problème plus ou moins politique. Ce n'est pas la première tâche des évêques que de faire des déclarations politiques. Mais en tant que personne privée, et non en tant qu'évêque, je dirais que la soi-disant « migration » a été planifiée et programmée de manière artificielle, on peut même parler d'une forme d'invasion. Certaines puissances politiques globales l’ont préparée il y a de longues années déjà, en créant la confusion et les guerres au Proche-Orient, en « aidant » ses terroristes ou sans s'y opposer de manière officielle ; ainsi – d'une certaine façon – elles ont contribué à cette crise. Déplacer une telle masse de gens, qui sont pour la plupart musulmans et qui appartiennent à une culture très différente vers le cœur de l'Europe, est problématique. Ainsi un conflit programmé se trouve-t-il en Europe et la vie civile et politique est déstabilisée. Cela doit être évident aux yeux de tous."[...]

(Lire tout l'entretien ici)

Posté le 24 avril 2016 à 17h12 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

21 avril 2016

Amoris laetitia : y a-t-il une bonne manière de vivre l’adultère ?

Dans le dernier numéro de L'Homme Nouveau, Thibaud Collin revient sur Amoris Laetitia. Extrait :

UNe-1613"[...] Ce texte pose bien sûr de nombreuses questions de compréhension. Tout d’abord le Pape utilise ici pour décrire la situation de personnes vivant dans l’infidélité conjugale un vocabulaire jusque-là réservé au mariage sacramentel (fidélité, don de soi généreux, engagement chrétien). La fin de la citation de Familiaris consortio renvoie elle-même à la note suivante censée l’expliciter : « Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter “comme frère et sœur” que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité “la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis” (Gaudium et spesn. 51) ». Le Pape semble donc légitimer le fait que la continence jusque-là exigée par l’Église aux divorcés remariés, justement dans le n. 84 de Familiaris consortio, puisse mettre en danger leur « fidélité », comme le dit la constitution conciliaire qui parle des époux et non des divorcés remariés !

Ma question est donc : y a-t-il un devoir de fidélité des divorcés remariés l’un envers l’autre, alors même qu’ils sont conscients d’être dans une situation irrégulière ? Autrement dit, y a-t-il une bonne manière de vivre l’adultère, bonne manière qui pourrait amener un discernement positif pour accéder aux sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie ? La continence demandée aux divorcés remariés par Familiaris consortio, rappelons-le, n’est pas une condition que l’Église met pour reconnaître la validité d’une nouvelle union (car cela remettrait ipso facto en question l’indissolubilité du mariage) ; c’est ce que l’Église demande pour que les divorcés remariés ne pouvant pas se séparer pour une grave raison (principalement l’éducation de leurs enfants) assument en vérité leur situation face à Dieu. Dans l’extrait cité plus haut (n. 298), le texte laisse entrapercevoir ce que certains, en 1968, nommaient un « conflit de devoirs » pour relativiser les exigences normatives d’Humanæ vitæ : « une grande difficulté à faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes. » On ne sait pas si le Pape ne fait que décrire le vécu psychologique de certains fidèles ou bien s’il reconnaît une possible contradiction entre les exigences morales et qu’ainsi seul l’accompagnement peut permettre au fidèle de discerner au cas par cas ce qui est bon pour lui. Le présupposé de tout ce problème est de voir la continence comme une exigence surnaturelle, réservée à ceux qui ont reçu un charisme de l’Esprit Saint pour la vivre. Or la continence est la manière ordinaire d’assumer sa sexualité en respectant la vérité du langage de son corps sexué lorsqu’on ne vit pas dans le mariage (veuvage, célibat, séparation). Penser le contraire implique, en réalité, une vision très élitiste de la continence vivable par ceux-là seuls qui sont appelés par Dieu mais impossible pour le plus grand nombre.

Un itinéraire d’accompagnement

Ensuite le Pape aborde, en reprenant le texte de la Relatio finalis 2015 (n. 86), cet itinéraire d’accompagnement et de discernement qui « oriente ces fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu. Le colloque avec le prêtre, dans le for interne, concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d’une participation plus entière à la vie de l’Église et sur les étapes à accomplir pour la favoriser et la faire grandir. Étant donné que, dans la loi elle-même, il n’y a pas de gradualité (cf. Familiaris consortio, n. 34), ce discernement ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église. Pour qu’il en soit ainsi, il faut garantir les conditions nécessaires d’humilité, de discrétion, d’amour de l’Église et de son enseignement, dans la recherche sincère de la volonté de Dieu et avec le désir de parvenir à y répondre de façon plus parfaite » (n. 300). Puis vient la liste de différentes circonstances atténuantes dans le discernement pastoral et l’affirmation classique de la distinction entre la moralité objective et l’imputabilité subjective. « Par conséquent, il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir uniquement avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les“valeurs comprises dans la norme” ou peut se trouver dans des conditions concrètes qui ne lui permettent pas d’agir différemment et de prendre d’autres décisions sans une nouvelle faute. » (n. 301)

Toute la question est de savoir si cette distinction peut réellement s’appliquer à des personnes divorcées et remariées, a priori conscientes et responsables de leur engagement, et si la non imputabilité subjective peut devenir une raison déterminante ouvrant à la réception des sacrements au terme d’un dialogue pastoral. N’est-ce pas, de plus, le rôle du pasteur que de rappeler les paroles du Christ sur le mariage et d’appeler à la conversion celui qui ne vit pas dans les commandements de Dieu ? Peut-il prendre la non imputabilité subjective du fidèle comme la norme objective de son accès aux sacrements ? Le Pape suivant toujours la Relatio finalis 2015 s’appuie ici sur un texte du Conseil pontifical pour les textes législatifs en en retournant le sens obvie.

Un simple jugement de la conscience

Remettons la citation dans son contexte, celui de l’interprétation à donner au canon 915 sur les conditions d’admission à la communion eucharistique : « La formule “et ceux qui persistent avec obstination dans un péché grave et manifeste” est claire et doit être comprise d’une façon qui n’en déforme pas le sens, en rendant la norme inapplicable. » Une des conditions requises est que « le péché grave soit compris objectivement, parce que de l’imputabilité subjective le ministre de la communion ne peut juger. » Ainsi ce qui était perçu jusque-là selon l’objectivité de l’ordre sacramentel semble pouvoir se contenter d’un jugement de la conscience au for interne. Comment comprendre dès lors l’articulation de ce que présuppose cette nouvelle méthode pastorale avec les fondements de la morale catholique telle qu’elle est exposée dans Veritatis splendor ? Cette question nous semble légitime. Ne doutons pas que la Congrégation pour la Doctrine de la foi donne des éclaircissements pour lire ce chapitre comme il doit être lu, dans sa continuité doctrinale."

Posté le 21 avril 2016 à 16h25 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2016

L’enfouissement des chrétiens en Occident, un crime contre l’humanité

Une très belle tribune de Cyril Brun, à lire en entier sur Riposte catholique :

[...] "Refoulé toujours plus dans une sphère privée de plus en plus étroite, ce qui a trait au religieux tousse çà et là et secoue de spasmes incontrôlés la vieille carcasse humaine que la camisole idéologique et doctrinale ne sait plus comment contenir ni maîtriser. Le sentiment religieux est une donnée naturelle de l’homme que l’athéisme, pas plus que la laïcité ne peuvent comprendre et moins encore admettre. Ce sentiment, cette religiosité n’est pas une donnée facultative de l’équation humaine, ni une variable d’ajustement d’un vivre ensemble rendu impossible par le relativisme même qu’impose la camisole athée.[...]

Voilà bien une chose que ne peuvent admettre les tenants de l’humanisme athée et leurs corolaires, moins humanistes et plus athées, l’homme ne peut être heureux sans Dieu. Et c’est de cette privation dont le monde étouffe, se noie et se suicide collectivement. Partout pourtant, c’est pour les hérauts de la laïcité que le glas s’est mis à sonner.  Marquant le pas lent et serein de la marche inexorable vers la fosse, la cloche funeste vibre de tous côtés, car de leurs tombeaux sortent les moribonds affamés de Dieu, privés de leur quête la plus précieuse. Les hommes, de plus en plus, hurlent leur besoin de Dieu. Distinctement ou non, directement ou non, consciemment ou pas, volontairement ou malgré eux, les créatures déshumanisées par des décennies, voire des siècles de privation de la présence divine, s’arrachent aux perfusions anesthésiantes des apprentis sorciers de tous crins.

Oui, bon gré mal gré, l’humanité secoue cette chape idéologique qui l’a dressée des années durant contre Dieu. Partout nous voyons se multiplier les revendications religieuses qu’elles soient catholiques, bouddhistes, musulmanes, protestantes ou encore shintoïstes. Le désir de Dieu refait surface et jusque dans la violence intégriste ou la simple quête intérieure. La laïcité n’a plus pour se défendre que des lois rigides, des gardes-chiourmes idéologiques du système carcéral post moderniste. C’est un fait, la laïcité a perdu. L’homme religieux s’en émancipe chaque jour davantage.

Les attentats du 13 novembre ne sont qu’une des éructations de ce soubresaut religieux. Les Manifs pour tous sont une douce démonstration de cette émancipation. La préoccupation des DRH quant au « fait religieux en entreprise » est un signe fort en miroir des couperets maçonniques anti-crèches.  Oui le monde, jusque-là anesthésié, se réveille petit à petit et cherche de plus en plus à respirer l’air divin.[...]

Dans ce monde en déshérence, où les hommes avancent à tâtons sans connaître ni le chemin, ni la destination, sans même voir l’un ou l’autre, il est urgent de multiplier les voix qui crient dans le désert. A l’heure où le désir de Dieu revient à fleur de peau, il est indispensable de montrer l’agneau dans sa gloire. Mettre la lampe sous le boisseau n’est rien moins que non-assistance à personne en danger. Il n’est pas de plus pressante urgence que de redonner Dieu au monde. La vocation du laïc, plus encore, de nos jours, que celle du prêtre, est d’éclairer le monde qui l’entoure, au travail, dans la société, en famille. Le pape François invite à aller aux périphéries. Mais soyons sérieux, ce n’est pas le monde qui se trouve à la périphérie, c’est nous qui sommes satellisés autour d’un monde que nous avons déserté, fui parfois, dont nous avons été peu à peu chassés. Pourtant ce monde nous y travaillons, nous côtoyons des centaines de personnes qui n’iraient jamais voir un prêtre. Bien souvent, nous sommes pour eux l’unique possibilité d’entrevoir cette lumière que leur cœur désir, à laquelle leur âme aspire.

« Vous êtes la lumière du monde » ! Ne soyons pas orgueilleux ou à l’inverse misérabilistes. Nous sommes la lumière du monde si nous reflétons, transmettons la gloire de Dieu, entendons, si nous la révélons aux hommes qui la cherchent dans la nuit. Ne nous y trompons pas, la doctrine sociale de l’Eglise c’est d’abord cette lumière qui brille dans la nuit. Du reste, son but n’est autre que de conduire l’homme à Dieu, parce que cette doctrine n’est pas un ensemble de recettes magiques ou miracles, c’est un éclat de cette lumière qui balise le chemin du Ciel.

Alors plus que jamais, au moment où nos contemporains laissent remonter du plus profond d’eux-mêmes, parfois avec violence, leur désir de Dieu, nous devons en finir avec cet enfouissement qui n’est autre qu’un crime contre l’humanité. Au contraire, vivons entre ciel et terre, toujours dans l’esprit de l’avent, contemplant sans cesse cette gloire pour y puiser la lumière que nous devons rayonner. Alors nous-mêmes deviendrons lumière, irradiée par la lumière. Alors nous aurons le pouvoir de changer le monde bien plus que par n’importe quel programme social ou politique. C’est même puisant à cette source divine que nous pourrons inspirer une politique nouvelle, elle-même entre ciel et terre, c’est-à-dire les pieds dans la glaise, l’âme tendue vers le ciel."

Posté le 19 avril 2016 à 21h59 par Marie Bethanie | Lien permanent

Toulon 22 avril : adoration de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney

445abf_9bec4780d0ee4d56bedb80c6ba4de50bAIMER,REPARER, CONSOLER LE COEUR SACERDOTAL DE JESUS
 
Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :
 
"L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney se réunit vendredi prochain, le 22 avril à 20h, à l'Immaculée Conception de Toulon, en réparation des fautes graves sacerdotales et des nombreuses profanations en France de ce mois-ci.
Notre évêque, Monseigneur Dominique Rey, nous accorde d'adorer en présence d'une relique de St Jean-Marie Vianney, une étole lui ayant appartenu.
Nous venons de recevoir la bénédiction de Mgr Aillet."
L'Alliance saint Jean-Marie Vianney consiste en un groupe de volontaires qui se relaient à tour de rôle toutes les 24h pour jeûner et prier en faveur des prêtres et de leur sacerdoce éternel, des diacres, des séminaristes, des religieux vivants ou au purgatoire et en réparation pour les outrages envers l'Eucharistie.

Posté le 19 avril 2016 à 16h38 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 avril 2016

Miracle eucharistique en Pologne

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"L’évêque de Legnica, Mgr Zbigniew Kiernikowski, a annoncé par le communiqué ci-dessus, daté du 10 avril, la reconnaissance d’un miracle eucharistique dans l’église Saint-Hyacinthe de la ville.

Le jour de Noël 2013, une hostie était tombée par terre au moment de la communion. Elle fut mise dans de l’eau, comme on le fait de plus en plus, afin qu’elle se dissolve. Mais au lieu de se dissoudre il apparut des taches rouges. Mgr Stefan Cichy, qui était alors l’évêque de Legnica, nomma une commission pour étudier le phénomène. Un fragment de l’hostie fut prélevé et envoyé au laboratoire de médecine légale. Lequel a conclu qu’il s’agissait d’un fragment de muscle strié « très similaire au myocarde avec des altérations qui apparaissent souvent pendant l’agonie ». L’analyse ADN a conclu qu’il s’agit de myocarde humain.

En janvier dernier, le nouvel évêque, Mgr Kiernikowski, a envoyé ces conclusions à la congrégation pour la doctrine de la foi. Et, conformément aux recommandations reçues de Rome, il a demandé au curé de la paroisse que soit aménagé un endroit approprié pour l’adoration de la « Relique ».

Il conclut : « J’espère que cela servira à approfondir le culte de l’Eucharistie et aura un effet en profondeur sur la vie des gens qui se trouveront en face de la Relique. Nous voyons le Signe mystérieux comme un acte extraordinaire d’amour et de bonté de Dieu, qui vient vers hommes dans une suprême humiliation. »"

Posté le 18 avril 2016 à 15h41 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

Amoris laetitia : l'analyse de l'Abbé de Tanoüarn

Maxresdefault-e1460645497491Cofondateur de l'Institut du Bon Pasteur à la demande de Benoît XVI, docteur en philosophie, l'Abbé de Tanoüarn est aujourd'hui directeur du Centre Saint-Paul et de Monde & Vie. Il livre sa lecture personnelle de l'exhortation apostolique Amoris Laetitia :

[...] "[F]ace à l’herméneutique de continuité qu’a proposé le pape Benoît, François propose lui une herméneutique de la miséricorde. Non pas la miséricorde qui ferait systématiquement moins cher, non pas la miséricorde qui chercherait à casser les prix pour prétendre que tout se vaut et conclure que rien ne vaut, non ! Mais la miséricorde qui est l’amour unique que Dieu porte à chacun d’entre nous, la miséricorde qui est une grâce et nous pousse en avant, la miséricorde qui non seulement ne casse pas les prix mais nous rend plus chers aux yeux de Dieu, qui que nous soyons. Il me semble que l’herméneutique de continuité, saluée à plusieurs reprises par le pape François, appelle cette herméneutique de la miséricorde, loin de lui être contraire. Il y a un secret providentiel dans la succession des deux derniers pontificats et dans leur profonde complémentarité dans la vérité. Il fallait toute l’insistance pédagogique de Benoît XVI pour se ressaisir de la vérité dans sa splendeur (Jean-Paul II) dans sa centralité. Mais maintenant, avec François, nous découvrons que « la vérité qui ne se tourne pas en amour est une idole ». Benoît XVI lui-même justement ne parlait-il pas de « la charité dans la vérité », caritas in veritate ?

Discerner ce qui est bon et s’en tenir

Jean-Paul II était, sans problème le Curé de l’univers et Dieu sait s’il a fait tourner la boutique ! Le pape François, de façon encore plus ambitieuse, conçoit son rôle comme celui d’un directeur de conscience universel. Il prêche au monde les exercices spirituels de saint Ignace. Il essaie de s’adresser à chacun et de lui dire ce qu’il doit faire pour avancer vers Dieu. Pas question de lui fermer la porte au nez ! Il faut le conduire, par un chemin personnel. Ce n’est pas facile pour un pape de prendre cette attitude, que l’on rencontre surtout au confessionnal.[...]

François veut être aussi l’homme de chacun, prenant les gens là où ils en sont. Son maître mot est celui de saint Ignace : le discernement. Il s’agit pour lui d’aider ceux qui s’approchent de lui, fidèles ou non, à discerner ce qui est bon dans leur vie et à s’y tenir. Il tend à les aider à faire l’expérience de Dieu, comme le fait le prédicateur des Exercices spirituels de saint Ignace, qui enseigne toujours la deuxième annotation de ces Exercices : « Ce n’est pas le fait de savoir beaucoup qui remplit et satisfait l’âme, mais le fait de sentir et de savourer les choses intérieurement » (AL 207).[...]

La maternité de l’Église

Au fond le document du Pontife semble bien faire l’unanimité. Il se rattache à la grande tradition jésuite de la casuistique, c’est-à-dire non du mépris de la loi, mais de l’application de la loi à chaque personne. Comme Dieu s’adresse à chaque personne dans un face-à-face amoureux, parce qu’il nous connaît personnellement et intimement, mieux encore que nous ne nous connaissons nous-mêmes, ainsi l’Église de François voudrait pouvoir s’adapter à chaque cas. Un long texte de saint Thomas d’Aquin est cité en ce sens : « Je demande avec insistance que nous nous souvenions toujours de cet enseignement et que nous apprenions à l’intégrer dans le ministère pastoral » (AL 304), insiste le Saint-Père. On peut résumer ce texte thomasien (IaIIae Q94 a4) en une phrase : « Plus on entre dans les détails plus les exceptions se multiplient ». On sait que ce qui intéresse le Pape, ce sont ces exceptions, ou plutôt c’est nous, dans le détail de notre vie intérieure, nous sommes tous des exceptions. La maternité de l’Église – c’est le pari du nouveau pontificat – est capable de traiter chaque personne de manière exceptionnelle, non seulement en appliquant la loi (qui reste toujours dans le général) mais en connaissant chacune de ses brebis à l’image du Bon Pasteur lui-même. « Un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations irrégulières comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés qui se cachent derrière les enseignements de l’Église pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité… » (AL 305). Une fois de plus, le pape s’en prend ici à ces chrétiens pharisiens, qui risquent de s’entendre dire : « Engeance de vipères… ».[...]

Enseigner de façon christique

On l’aura compris, ce qui est nouveau dans cette exhortation apostolique, ce n’est pas le fond, c’est l’esprit dans lequel l’enseignement millénaire est transmis. Cet esprit est un esprit plus évangélique, plus proche de chacun et en même temps plus imprégné de la certitude qu’il n’y a pas dans l’Église d’un côté les bons et de l’autre côté les pécheurs, mais que nous sommes tous pécheurs et que le Christ est venu « non pour les justes mais pour les pécheurs ». Pour François l’enjeu est considérable : il s’agit de montrer aux populations d’Amérique latine, tentées par l’évangélisme américain, que l’Église catholique est plus évangélique que les évangélistes. Elle garde sa morale millénaire, elle ne peut enseigner une autre morale que celle du Christ, mais elle doit l’enseigner de façon christique.

Certains adversaires de l’exhortation se sont focalisés sur deux lignes du numéro 305 et sur la note qui suit. Je cite : « Il est possible que dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Et la note poursuit : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements ». En omettant de lire la précision entre tirets, sur la situation objective de péché qui n’est pas subjectivement imputable, et en confondant « vivre dans la grâce », recevoir des grâces (actuelles) et « être en état de grâce », certains vont jusqu’à dire (je l’ai entendu de mes oreilles par un prêtre au cours d’une conférence donnée au Centre Saint Paul) que le Pape par ces quelques lignes, remet en question toute la théologie catholique de l’état de grâce et du péché mortel. Il ne parle pourtant ni de l’un ni de l’autre.

De l’importance de la subjectivité de chacun

En réalité, le Souverain Pontife veut s’adresser à chaque fidèle comme un sujet libre, qui a sa propre histoire, ses difficultés mais aussi sa lumière propre."[...]

Il est nécessaire d’envisager un double enseignement : d’une part le péché est objectif, le mal est objectif, le péché et le mal sont en cela une seule et même chose (ce que Mgr Lalanne avait paru oublier à propos de la pédophilie dans une émission récente de RCF) et voilà l’article six ; et d’autre part, nous devons avoir égard à la subjectivité pécheresse, soit qu’elle aggrave son propre péché par une intention plus mauvaise que l’acte matériel qui est le sien, soit qu’elle diminue ou même qu’elle excuse la gravité de son crime par une forme d’ignorance non-coupable de sa part, c’est le sens du terrible article cinq.

Le Pape, directeur de conscience universel, en ces temps de crise ecclésiale et de pénurie de prêtres, s’adresse ou veut s’adresser à chacun d’entre nous, car, comme le disait Benoît XVI dans un autre contexte, « nul n’est de trop dans l’Église ». Il prend chacun là où il est et ne songe pas à imposer d’emblée tout un code moral exigeant à ceux qui ne le connaitraient pas. Là encore, Thomas d’Aquin nous donne une grande leçon de souplesse, expliquant dans la IIIa Pars de sa Somme théologique, que tout homme est membre, au moins en puissance, du Corps mystique du Christ qui est l’Église.

C’est dans cette universalité ecclésiale revendiquée, c’est dans un esprit missionnaire (et non dans un confessionnalisme étriqué) qu’il faut lire l’exhortation apostolique sur la Joie de l’amour."

Posté le 18 avril 2016 à 14h50 par Marie Bethanie | Lien permanent

La miséricorde, atout cœur dans le jeu de Dieu

Pour ceux qui y étaient et ne rêvent que de le ré-entendre. Pour tous ceux qui, comme nous, n'ont pas pu être présents ce soir-là à Saint-Sulpice, voici l'enseignement donné par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine il y a quelques jours. A méditer sans modération !

 

Posté le 18 avril 2016 à 11h59 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (5)

17 avril 2016

Pourquoi l’Esprit-Saint peut-Il nous aider à devenir saint ?

Entretien avec l'abbé Guilhem de Labarre, de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 17 avril 2016 à 09h33 par Michel Janva | Lien permanent

15 avril 2016

Amoris Laetitia ne doit pas légitimer l’accès des personnes divorcées remariées à la communion

Le Père Bernard Domini, modérateur de la Famille Missionnaire de Notre-Dame nous communique des clés de lecture pour lire Amoris Laetitia :

Mqdefault"Le vendredi 8 avril a été publiée l’exhortation apostolique du Pape François Amoris Laetitia, La joie de l’amour. Elle a déjà beaucoup fait parler d’elle et a suscité des commentaires et des réactions très contradictoires.

Dans ce texte, le Pape François a voulu réaffirmer la beauté inestimable de la famille pour le monde d’aujourd’hui, et la valeur intangible du mariage indissoluble. Jésus l’a affirmé dans l’Évangile et a fait remonter cette indissolubilité au commencement de la Création. « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6). Cette vérité demeure aujourd’hui et pour tous les temps ; elle vaut partout et pour tous. Certains, pour bien des raisons, ont connu des blessures, et l’Église, comme elle l’a toujours fait, se penche avec amour sur toutes les familles blessées et divisées pour les aider et les soutenir.

Mais elle rappelle aussi le sixième commandement : « Tu ne commettras pas d’adultère. » Ce faisant, elle ne condamne personne, mais, « miséricordieuse comme le Père », elle invite à la conversion et à la guérison. Le Pape François nous demande d’aider toutes ces personnes à cheminer vers une plus authentique réalisation de la volonté de Dieu. En tant qu’apôtres de l’Amour, à la suite de nos Fondateurs, nous voulons y collaborer généreusement avec toute l’Église.

Si certains passages de l’exhortation peuvent laisser planer une certaine ambigüité, il n’est pas permis de les interpréter dans le sens contraire de ce qu’ont développé depuis plus de cinquante ans les Papes Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. C’est pourquoi on ne doit pas s’appuyer sur ce texte pour légitimer l’accès des personnes divorcées remariées à la communion eucharistique.

Le Père Bernard, Supérieur de la Famille Missionnaire de Notre Dame, a publié un texte de réflexion : « Marc 10, 11 : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre, est coupable d’adultère envers elle », clé de lecture pour lire « Amoris laetitia » de notre Pape François dans l’herméneutique de la continuité. » Nous vous invitons à l’approfondir, et nous redisons à tous nos amis notre confiance dans les grâces d’état du successeur de Pierre, aujourd’hui notre Pape François, ainsi que notre attachement indéfectible aux trois blancheurs : l’Eucharistie, la Vierge Marie et le Saint Père.

Nous prions la Vierge Marie, Notre Dame des Neiges, et la Sainte Famille pour l’Église et pour toutes les familles : celles- qui ont été blessées et celles qui s’efforcent de vivre jour après jour dans la fidélité à l’Évangile.

Dans la Splendeur de la vérité, vivons la Joie de l’amour !"

La réflexion du Père Bernard est davantage développée dans un texte de réflexion disponible ici.

Posté le 15 avril 2016 à 16h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (24)

14 avril 2016

Cal Sarah : ne nous laissons pas impressionner par certains membres du clergé qui prétendent changer l'enseignement de l'Eglise

Pour ceux qui n'ont pas le courage d'écouter l'homélie du cardinal Sarah à Argenteuil, en voici la version rédigée :

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Posté le 14 avril 2016 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent

12 avril 2016

Messe de clôture de l'ostension de la Sainte Tunique : sermon du Cardinal Sarah

L'auteur de la vidéo présente ses excuses pour les mouvements parfois désordonnés de sa caméra, qu'il tenait à bout de bras. Nous lui pardonnons volontiers car grâce à lui, ceux qui n'auront pu être présents auront pu écouter quand même cette belle homélie du Cardinal Sarah dimanche, lors de la messe de clôture de l'ostension de la Sainte Tunique d'Argenteuil.

 

Riposte Catholique :

" L’homélie du cardinal a été particulièrement appréciée. En effet, le cardinal a souligné que la Tunique sans couture était « un appel à ne pas briser l’unité de l’Eglise mais à nous souvenir qu’il n’y a qu’un Père, une foi, un baptême ». Dans ces temps troublés, elle est un signe d’espérance, surtout à un moment où le discours sur la famille n’est pas mis en cause qu’en dehors de l’Église. Plus de 200 000 pèlerins se sont rendus, au total, à Argenteuil, pendant les 17 jours de l’ostension de la Sainte Tunique. "[...]

Posté le 12 avril 2016 à 18h22 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (9)

"La seule clef d’interprétation correcte d’Amoris laetitia est l'enseignement constant de l'Eglise"

Jeanne Smits a traduit la réflexion du cardinal Raymond Burke à propos d'Amoris laetitia. En voici le début :

Unknown-56"Les médias séculiers et même certains médias catholiques ont décrit la récente exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia, sur l'amour dans la famille, comme une révolution au sein de l'Église, comme un changement radical de l'enseignement et de la pratique de l'Eglise sur le mariage et la famille telles qu'ils ont existé jusqu’à présent.

Une telle vision du document est à la fois source d'étonnement et de confusion pour les fidèles, et constitue potentiellement une source de scandale non seulement pour les fidèles mais pour d’autres personnes de bonne volonté qui attendent du Christ et son Eglise qu’ils enseignent et reflètent dans la pratique la vérité concernant le mariage et son fruit, la vie de famille, la première cellule de la vie de l'Eglise et de toute société. [Lire la suite]".

Posté le 12 avril 2016 à 07h13 par Michel Janva | Lien permanent

11 avril 2016

Amoris laetitia, gaudium de veritate

Voici un texte du frère Thomas Michelet, dominicain chargé de cours à l’Angelicum, sur l'exhortation du pape, pour Le Salon Beige :

Unknown-55Les documents du magistère doivent être toujours lus et interprétés à la lumière de la doctrine catholique. Si un enseignement précédent n’est pas rappelé, on ne peut pas supposer qu’il est rejeté. Au contraire, si tel était le cas, il faudrait un texte explicite pour l’établir. Et quand bien même, nous devrions alors nous efforcer de le comprendre non pas comme un changement, mais comme un approfondissement, un développement dans l’ordre de l’explicitation de ce que l’Église a toujours cru.

Avec l’exhortation apostolique Amoris laetitia faisant suite au délicat synode sur la famille, un tel rappel n’est sans doute pas inutile. Comme le disait de manière préventive le Cardinal Brandmüller, « L’exhortation post-synodale est donc à interpréter à la lumière des principes énoncés ci-dessus ; spécialement parce qu’une contradiction entre un document pontifical et le Catéchisme de l’Eglise catholique est inconcevable. »

Si nous lisons ce texte à charge, en soulignant d’abord ses déficiences, en interprétant ses silences, ses zones d’ombre ou ses ambiguités comme autant de preuves d’une remise en cause de la doctrine catholique, alors nous favoriserons en effet une « herméneutique de la discontinuité » qui donnera raison à ceux qui prétendent que tout a changé ou que tout va changer, nous serons des agents de division et de schisme. La révolution que nous craignons se produirait, et nous en serions en partie responsables.

Il nous faut donc à l’inverse lire ce texte selon une « interprétation charitable », une « herméneutique de la continuité » qui part du principe que cet enseignement est conforme au magistère précédent, que la doctrine de toujours n’est pas changée. Cela favorisera alors une réception vraiment catholique du texte, et nous aurons été des ferments d’unité et de paix. Peut-être est-ce là une tâche difficile, mais elle n’est pas impossible.

Pour autant, nous ne pouvons pas faire comme si de rien n’était, en partant du principe que rien n’a changé et donc que ce texte pourra gentiment retomber dans l’oubli après les émois médiatiques des quelques jours autour de sa publication. La réception n’est pas une passivité, mais une activité. Ce texte est long et difficile à cerner, et le pape invite à prendre le temps de le lire et de le comprendre. Si nous ne nous donnons pas la peine de l’interpréter correctement, d’autres le feront à notre place, pas forcément dans le même sens. Le risque étant de laisser se développer des « herméneutiques de rupture », faute d’en avoir donné une intelligence conforme à la tradition. Donc au travail !

Nous ne pouvons pas davantage nous contenter de réduire la portée du texte en déclarant qu’il est purement pastoral et que le pape s’est interdit de régler le débat doctrinal. Il est vrai qu’après avoir entendu les uns et les autres, il n’a pas voulu trancher. Ce n’est pas dans les habitudes des papes d’intervenir dans des débats théologiques lorsque les solutions ne sont pas mûres. Mais il a tout de même donné une ligne de conduite : on ne peut plus se contenter d’une approche purement “objectiviste”, qui jette à la face du fidèle infidèle la « situation objectivement désordonnée » dans laquelle il se trouve “en vérité” ; pas plus que d’une approche purement “subjectiviste” qui s’en tient à l’appréciation de la personne “en conscience”, sans relever que cette conscience peut être erronée, ce qui suppose une loi objective comme étalon pour l’éclairer et la corriger. Ces deux lignes voient bien chacune un aspect de la vérité de foi, autrement elles n’auraient pas chacune des partisans. Elles ont aussi chacune leurs limites. Le pape nous invite donc à dépasser l’opposition et les limites, à faire une synthèse complète vraiment catholique ; mais il ne nous dit pas comment.

Ce sera donc l’œuvre des théologiens que de trouver comment tenir les deux bouts de la chaîne, d’intégrer les deux approches non pas dans la contradiction d’une dialectique qui se réjouit des tensions censées être fécondes, ou dans un mélange tiède d’une solution moyenne médiocre qui ne veut fâcher personne et finalement dégoûte tout le monde, mais dans une synthèse authentique qui discerne la lumière de vérité et la dégage de la boue de l’erreur dans laquelle elle se trouve, qui dépasse les opposition par le sommet, en posant les distinctions qui s’imposent. Bref, là encore, il y a du travail.

Sans doute ce texte nous oblige-t-il à renoncer décidément à une « morale de la loi », qui réduit l’activité humaine au permis et au défendu, en se contentant de poser un jugement définitif sur les personnes, que ce soit dans le sens de la justification ou de la condamnation. De ce point de vue, les deux approches dans leurs extrêmes se rejoignent. Il nous faut au contraire retrouver une « morale de la vertu » qui est celle de S. Thomas d’Aquin, celle du dynamisme de l’action et de la croissance de la grâce en nous. La conscience est le « premier guide de l’agir », il n’est pas le dernier. On doit suivre sa conscience, mais on doit aussi l’éclairer lorsqu’elle est déformée. Ce travail de conversion ne peut se faire que par référence à une loi objective, qui doit être visée dans l’accompagnement spirituel comme le but à atteindre. Autrement, le discernement serait mensonger, on laisserait la conscience livrée à elle-même, prisonnière de son erreur, sans chercher à l’éclairer en profondeur, ce qui n’est pas la vraie miséricorde. Il faut reconnaître aussi qu’il faut du temps et des étapes pour aller à la vérité : c’est là que cet accompagnement se fait patient et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour.

Ceux qui ont l’expérience d’un tel accompagnement nous disent qu’une vraie conversion est possible, que des couples parviennent à se remettre en pleine conformité avec les exigences de l’Évangile qu’ils ont fini par intégrer comme leur bien propre. C’est possible, mais cela prend du temps ; entre dix et vingt ans nous dit-on. C’est là une véritable œuvre missionnaire : la moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux… Il est sans doute plus facile de s’en tenir à un jugement tout fait, instantané, de justification ou de condamnation, qui prend cinq minutes pour ne plus y revenir ensuite. Mais ce n’est certainement pas ce que le Seigneur nous demande, lui qui est venu non pas pour juger et condamner mais pour guérir et sauver ceux qui étaient perdus. Appeler les hommes à la vraie vie, en transformant les cœurs de l’intérieur et non par une justification extérieure, forensique. Lui qui a livré sa vie pour nous, alors que nous étions détournés, séparés de Dieu.

Fr. Thomas Michelet o.p. Docens incaricatus, Angelicum

Posté le 11 avril 2016 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2016

"Le mal, c’est la liberté du sujet spirituel qui se retourne contre son Créateur"

Histoiremal-51315Le Rouge et le Noir interrogeait l'Abbé de Tanoüarn sur le mal, sujet dont l'Abbé a traité dans un livre : Une histoire du mal (Via Romana). L'interview est vraiment passionnante et mérite d'être lue en entier sur le blog. En voici le début :

"Le Rouge & le Noir : Comment définir le mal ? Est-ce la négation du bien, l’opposition au bien, l’absence de Dieu ?

Abbé de Tanoüarn : On définit souvent le mal comme une absence de bien. Saint Augustin, qui venait du manichéisme, a particulièrement insisté sur ce point. Chez les manichéens en effet, le bien et le mal sont deux principes en lutte.
Du point de vue chrétien, on ne peut pas dire que le mal soit un principe. Dieu seul est Principe : « Écoute Israël, le Seigneur est ton Dieu, le Seigneur est un » C’est le « schema Israël » qu’on lit dans le Deutéronome et qui est tout aussi valable pour les chrétiens que pour les juifs.

Du coup, d’ailleurs, on ne peut pas dire que le mal absolu existe, parce que le mal absolu ne serait « que » mal et donc principe du mal. Si le mal absolu n’existe pas, cela signifie que le mal est toujours une sorte de « ratage », qui renvoie au bien. D’où cette autre formule simple d’Augustin : « S’il y a du mal, il y a du bien ». Le Pseudo-Denys, un peu plus tard, dit aussi : « Le mal est le compagnon du bien ».

Je pense à ce père de quatre enfants (dont le dernier est âgé de quelques mois), officier, bon père de famille, bon époux… Il meurt en une demi-heure après avoir fait un malaise : mal de nature. La mort est « voisine » de la vie éternelle. Ainsi le mal est le compagnon du bien. Mais comment comprendre parfois ce terrible compagnonnage ?

Avant de poser un jugement, il faut me semble-t-il préciser cette approche. Il y a deux sortes de maux, qui appellent deux explications différentes : le mal de nature et le mal de faute. Le mal de nature, ce sont tous les ratages de la nature : tremblements de terre, tsunamis, maladies, mort etc. Le mal de faute regroupe tous les ratages de la liberté humaine. Il faut bien distinguer ces deux domaines, car la liberté humaine n’est absolument pour rien dans les raz-de-marée. Lorsque des chrétiens expéditifs me disent qu’ils ont appris dans la Bible que la liberté est toujours la cause du mal, j’ai l’habitude de dire : « Les victimes de tsunamis apprécieront ».

Si l’on s’en tient à définir le mal de nature, il faut dire que ces ratages marquent clairement une imperfection de la nature. Malebranche, philosophe et prêtre catholique, va jusqu’à dire dans la septième Méditation chrétienne : « L’œuvre de Dieu est une œuvre négligée ». Quelle interprétation peut-on donner à cette « négligence » ? Le monde ne doit pas être trop parfait, car, rappellent chacun à leur manière Malebranche et Teilhard de Chardin, ce monde-ci n’est qu’une ébauche de l’autre : « Nous n’avons pas sur la terre une demeure permanente ». Il ne faut pas nous attacher excessivement à ce monde, car il nous reste à « habiter Dieu » comme dit Anne Lécu.

Si l’on aborde maintenant la question du mal de faute, c’est encore saint Augustin qui nous aide à le définir : le péché, c’est tout ce qui s’arrête à soi. Faire du moi (ou pire encore de l’image du moi) le but de l’existence, c’est commettre le mal. Et en même temps, trouver dans le moi son absolu, voilà l’athéisme, Sartre le dit très lucidement. L’absence de Dieu, dont vous parlez, tient donc au fait que l’on s’est choisi soi comme fin première et dernière."[...]

[Lire la suite sur le Rouge et le Noir]

Posté le 10 avril 2016 à 16h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

Chers prêtres, je vous en prie, formez-nous !

Le cri du coeur d'une étudiante aux prêtres :

[...] "Enseignez- nous !

Ce n’est pas que vous n’aimez pas nous former, mais vous estimez que vous n’avez pas le temps, pas la motivation, pas reçu l’appel pour cela, ni le charisme, ni les intuitions nécessaires, que cela n’entre pas dans le périmètre de votre ministère. Les quelques étudiants qui entendent vos homélies le dimanche ne vous entendent que là, pour la plupart. Les professeurs, eux, nous parlent durant des heures et des heures, cinq jours par semaine. Et vous, de combien de temps disposez-vous ? Dix, peut-être quinze minutes à consacrer à chacun ? Une fois par semaine au maximum ? C’est un défi sans doute impossible mais, je vous en prie, pendant ce temps dont vous disposez pour atteindre nos âmes, enseignez-nous quelque chose !

Vous trouvez peut-être que la seule façon d’inciter ces quelques jeunes à continuer d’aller à la messe est d’édulcorer le message : ne pas trop mentionner les règles, les exigences, les engagements… Me permettez-vous de vous dire ce que nous voulons vraiment entendre ? Oui ? Alors dites-nous que les règles sont importantes, proclamez quelles sont ces règles, montrez combien elles peuvent nous structurer et… donnez-nous l’exemple !

Dites-nous que Dieu nous aime. Dites-nous combien Il nous aime !
Dites-nous que Dieu veut que nous nous repentions de nos fautes et aidez-nous à recourir aux sacrements.
Dites-nous que, quoiqu’il arrive que Dieu ne nous abandonne pas.
Dites-nous que nous valons plus que la note que nous obtenons, ou que le nombre de nos amis.
Dites-nous que nous ne sommes pas dignes de l’amour de Dieu, mais que l’amour qu’il nous donne nous rend dignes du meilleur !
Dites-nous qu’en raison de cet amour nous valons mieux que tout ce que nous pourrions même imaginer.
Dites-nous que nous sommes ici pour une raison ; que Dieu a réservé pour nous quelque chose à faire ; qu’Il ne commet pas d’erreur et que, par conséquent, nous ne sommes pas une erreur dans le monde.
Dites-nous que la chose que Dieu désire le plus n’est pas que nous ne nous trompions jamais, mais que nous l’aimions toujours.
Dites-nous pourquoi ont été faits notre corps et notre esprit.
Dites-nous que Dieu nous a créés pour que nous soyons saints – et que nous pouvons être saints.
Dites-nous que les saints sont fascinants, qu’ils sont nos meilleurs exemples et nos amis célestes.
Enseignez-nous la miséricorde divine !
Enseignez-nous sur le ciel. Parlez-nous aussi de l’enfer et dites-nous que l’un et l’autre sont réels.
Enseignez-nous pourquoi ce que nous faisons a de l’importance et dites-nous ce qui est important toujours.
Enseignez-nous à imaginer la grandeur, la hauteur, la largeur et la profondeur de Dieu.
Dites-nous que Dieu est avec nous, toujours !

Nous avons besoin des bases mais pas seulement ! Aucun enfant n’a jamais décidé tout seul de se spécialiser dans les mathématiques après avoir appris que 2 + 2 = 4. Allez au-delà des notions de base. Parlez-nous des mystères à contempler et aidez-nous à réfléchir et à les approfondir ; dîtes-nous comment les mystères éduquent notre pensée, nous apprennent à nous poser des questions, à étudier et à aimer.

Combien de temps avez-vous passé au séminaire ? Parlez-nous un peu de ce que vous y avez appris ! Donnez-nous votre témoignage personnel et soyez nos exemples dans la vie quotidienne !
Nous commençons seulement à découvrir que rien sur terre ne peut nous satisfaire. Dites-nous pourquoi !
S’il vous plaît, enseignez-nous tout cela et beaucoup plus encore ! Je ne pense pas que les autres devraient essayer de découvrir tout cela, tout seuls. S’il vous plaît, enseignez-nous !"

J'en profite pour remercier tous les prêtres (et il y en a, beaucoup, même !) et les religieux qui donnent leur vie pour aider les parents souvent démunis dans l'enseignement religieux de nos enfants : qu'ils sachent que lorsqu'ils ont parlé clair et sans fard à nos enfants de la douce exigence de l'amour de Dieu, ils ont fait oeuvre de miséricorde ! Merci.

Posté le 10 avril 2016 à 10h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

Qui est l'Esprit-Saint ?

Entretien avec l'abbé Guilhem de Labarre, de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 10 avril 2016 à 07h06 par Michel Janva | Lien permanent

08 avril 2016

Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !

L'exhortation "Amoris Laetitia (intégrale ici) a déjà entraîné de nombreux commentaires dans les médias. Voici les premières impressions de Jeanne Smits :

Image001"Un texte très long, très bavard, et recelant beaucoup ambiguïtés par la multiplication de considérations casuistiques : voilà ma première impression de l’exhortation post-synodale sur la famille rendue publique ce vendredi à 12 heures. Une analyse approfondie – qui prendra du temps vu les 246 pages que compte la version française d’Amoris laetitiapermettra me semble-t-il de constater que bien des aspects inquiétants du rapport final y sont maintenus. Celui-ci est d’ailleurs largement cité. Mais des pans entiers de la question de la crise de la famille semble tragiquement absents.

Il en va ainsi de la contraception, évoquée surtout en tant que pratique imposée par les pouvoirs publics et non dans sa dimension omniprésente dans le monde occidental et ailleurs, y compris parmi la majorité des époux catholiques. Humanae vitae, trop brièvement cité, avait pourtant prophétiquement annoncé la destruction de la famille et l’effondrement de l’ordre social et du respect de la femme par cette pratique contraire aux lois de Dieu… mais peut-on encore parler des lois de Dieu ? Ne serait-il pas temps de dire le lien qui existe entre contraception et divorce ?

C’est particulièrement sur la question des divorcés « remariés » et de leur « intégration » dans l’Eglise, comme sur celle des éléments positifs à chercher dans les unions de fait, que le document suit, mais de manière ambiguë, les recommandations sur une plus grande ouverture. Le chapitre 8 sème la confusion et disqualifie au moins en apparence le discours trop « doctrinal ».

La question se pose même : va-t-on pouvoir se contenter de réclamer une lecture conforme à la tradition, comme l’a déjà fait le cardinal Brandmuller ? Ou se battre pied à pied contre le texte lui-même ? C’est une question dont il serait imprudent de faire l’économie.

Dès le paragraphe 3 le ton est donné :

« Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. »

C’est ce dont rêvaient les partisans de la communion pour les divorcés « remariés » après avoir constaté que la doctrine ne serait pas changée.

Le pape François « ne recommande pas une lecture générale hâtive » du document. La journaliste que je suis (...) se permettra tout de même de livrer des impressions immédiates. Il y a de belles choses, forcément. Des citations magnifiques. (...)  rejet clair en revanche de l’idéologie du genre, mais enfin Jean-Paul II l’a fait définitivement, et de quelle façon !

Le 8e chapitre est le plus contestable. Il présente des considérations qui relèvent de l’accompagnement spirituel personnel et se situe dans cette logique présentée de manière ambiguë. « La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » : rien à dire. Mais plus loin François écrit : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » J’ai dû mal le lire.

Il est indirectement suggéré (§297) que les personnes en situation matrimoniale irrégulière puissent faire le catéchisme, voire « prêcher » pourvu qu’elles ne fassent pas « ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien ». Le pape met en garde contre « les affirmations trop rigides » de la doctrine : alors qu’il est là pour enseigner la doctrine et que le confesseur est là pour l’appliquer avec discernement. Pas de « recettes simples », dit le pape. Demander à des divorcés remariés de vivre comme frère et sœur ? « Risqué », répond la note 329 citant Gaudium et spes. Il faut « discerner » si les exclusions liturgiques, pastorales, éducatives « peuvent être dépassées ».

La question de la communion des divorcés remaries est clairement ouverte et laissée à l’interprétation subjective dans la note 336. On retrouve dans le §300 la question du for interne, avec un appel à éviter la « double morale » mais un manque d’affirmation des règles d’accès à l’Eucharistie considérée comme médicament et non comme incorporation au Christ avec tout ce que cela suppose. D’où l’insistance sur les « circonstances atténuantes » dans le paragraphe suivant :

« Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir unique­ment avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme”. »

Et § 305 : « Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».

Le souci pastoral du pape François ne fait pas de doute. Il est question du salut certes, mais ici tout semble devenir acceptable comme chemin de salut. Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine, comme l’écrit François, à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !"

Posté le 8 avril 2016 à 13h05 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (33)

06 avril 2016

La pédophilie : un péché grave

Puisque Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise et par ailleurs responsable de la Cellule de veille de l’Eglise contre la pédophilie, a un peu de mal à savoir si la pédophilie est un péché, rafraichissons lui la mémoire :

CfYJYMrW4AETHmp

Ajoutons à l'adresse de nos sympathiques journalistes qui se sont rués sur la déclaration de Mgr Lalanne que l'Eglise définit également les actes homosexuels comme des péchés.

A ce propos, notre ami Mathieu Parbot réagit à cette affaire de péché médiatique :

"La pédophilie est un péché. Le diable porte pierre… On peut dire que, malgré leur haine contre l’Eglise, certains journalistes arrivent à faire de la bonne théologie morale.

Si l’on comprend que Mgr Lalanne souhaite répondre de manière précise et nuancée, on peut regretter que ses propos ne soit plus nets et sobres. « Que ton oui soit oui, que ton non soit non » nous dit le Seigneur. Cela fait tant d’années qu’en France des évêques ont du mal à affirmer clairement et à haute voix la doctrine de la foi… La situation de crise médiatique que vit l’Eglise en France est enfin l’occasion de se dire qu’il vaut mieux affirmer nettement et sans ambages ce qui est ou ce qui n’est pas. Il y a trois ans, lors des débats sur le mariage pour tous, on a rarement entendu, ni chez les journalistes, ni même chez la plupart des évêques, que l’homosexualité est un péché. Peut-on espérer maintenant que les journalistes cités plus haut en arrivent à de telles affirmations ?

Dans l’Evangile, le Christ n’a pas peur des mots qui disent ce qui est. Il ne craint pas de nommer par son nom l’adultère et de le déplorer ; il ne craint pas de prononcer des paroles et de poser des actes qui « clivent ». « Que ton oui soit oui, que ton non soit non ». Et nous, oserons-nous reprendre les propos du Seigneur, sans arrogance bien sûr, pour exhorter les pécheurs à la conversion ? Ce serait une belle œuvre spirituelle de miséricorde. Comme nous sommes tous pécheurs, il y a de quoi faire pour chacun...

Ne faisons pas de la Maison de Dieu une maison de trafic, de manipulation des mots, d’aggiornamento intempestif.

Il est heureux que, malgré les malheurs du temps, le peuple chrétien reprenne conscience de la gravité du péché. 

En cette année de la miséricorde où l’Eglise se rappelle la bonté de Dieu et la promesse du salut pour tous, les canards boiteux et leurs journalistes semblent annoncer le printemps du dogme."

Mgr Lalanne a publié ce communiqué rectifiant ses propos :

"La pédophilie, dans tous les cas, est un péché objectivement grave, « un crime atroce qui offense Dieu et blesse la dignité de la personne humaine créée à son image » (Benoît XVI).

La question difficile qui se pose pour chaque cas, c’est le degré de conscience et donc de responsabilité de celui qui commet des actes aussi atroces.

Dans tous les cas, l’acte est gravement condamnable. C’est une faute qui doit être sanctionnée car l’on ne peut jamais laisser faire ce qui blesse aussi profondément et aussi durablement un enfant.

Je sais, pour avoir rencontré, écouté et accompagné des victimes et leurs familles, que leur souffrance est très profonde et durable."

Posté le 6 avril 2016 à 22h06 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2016

Justice et Miséricorde : « il n’y a pas de pardon sans effusion de sang »

Lu sur Terre et famille :

"Il est de nos jours encore de bon ton d’opposer l’Ancien et le Nouveau Testaments, l’Ancienne et la Nouvelle Alliances, le Dieu de justice et Celui de miséricorde, l’Intéressé ne cessant pourtant d’affirmer, tout au long de l’Ecriture, sa parfaite immutabilité : Ego enim Dominus et non mutor (Malachie, III, 6). Dieu ne change pas ! Sa Loi ne change pas ! le Christ, de son propre aveu étant venu pour accomplir celle-ci et non pour l’abolir (Matthieu, V, 17).

Au fondement de la Loi, il y a l’Alliance conclue entre Dieu et les hommes par un sacrifice sanglant, sacrifice d’animaux perpétuellement renouvelé depuis Moïse jusqu’au sacrifice parfait et définitif du Christ sur la Croix. Comme nous l’enseigne l’Epitre aux Hébreux, ce parachèvement du sacrifice mosaïque dans le sacrifice chrétien repose sur le principe constant, établi par Dieu, selon lequel « il n’y a pas de pardon sans effusion de sang » (Hébreux, IX, 22). Qui dit pardon, suppose faute, violation de la Loi de Dieu, rupture de l’Alliance qui ne sera renouée que par une nouvelle effusion de sang, celui des animaux ou celui du Christ à travers les sacrements.

Si nous pouvons désormais invoquer la Miséricorde de Dieu, c’est parce que le Christ a satisfait pour nous à la Justice divine : « il a été blessé pour nos iniquités, il a été brisé pour nos crimes ; le châtiment qui nous procure la paix est tombé sur lui, et nous avons été guéris par ses meurtrissures » (Isaïe, LIII, 5) ;  « Celui qui n’a point connu le péché, Il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en Lui justice de Dieu (2Corinthiens, V, 21). La dimension expiatoire de la Croix se retrouve encore dans les visions de sainte Faustine qui, par la douloureuse Passion du Christ, arrêta le bras de l’ange exterminateur déjà levé sur le monde. Jésus Lui-même avertit la voyante que s’Il accordait un temps aux âmes pour profiter de Sa Miséricorde, c’est que bientôt viendrait le temps de Sa Justice.

Force est malheureusement de constater que la Miséricorde divine a quelque peu perdu de sa vigueur, compte-tenu du flou entretenu dans l’esprit de nos contemporains au sujet de l’infinie sainteté de Dieu, du péché de l’homme et de son châtiment. Le monde ne s’est en effet guère amendé depuis l’époque de sainte Faustine où la coupe de la colère de Dieu était déjà à deux doigts de déborder. Au-delà de l’apostasie quasi-générale des Etats et des peuples, « la terre demeure souillée par le sang impuni des innocents qu’on a répandu » (Nombres, XXV, 33a), le sang des enfants à qui l’on interdit de naître par centaines de milliers chaque année en France (par millions dans le monde). En l’espèce, si l’on peut se féliciter de la mobilisation pour la défense du mariage naturel, l’absence de bataillons comparables pour la défense de la vie à naître révèle l’endroit où le Serpent a frappé. S’il y a « changement de société », il ne date pas de la loi Taubira, conséquence logique des lois Neuwirth et Veil qui n’auraient pas été adoptées si les catholiques de France s’y étaient radicalement opposés. De nos jours, dans les paroisses les plus « engagées », demeure souvent un malaise diffus, un non-dit autour des questions de la contraception et de l’avortement : les fidèles peuvent adroitement louvoyer en confession comme le pasteur se garder de troubler les meilleures brebis qui lui restent. Et le Cri silencieux de l’innocent s’élève, de plus en plus assourdissant, jusqu’au trône de Dieu.

C’est ainsi que la perte du sens du péché, l’oubli qu’il s’agit là d’une question de vie ou de mort éternelles, nous rendent insensibles à l’urgence de la Miséricorde et nous privent de la joie profonde du pardon accordé, de la reconnaissance envers Dieu d’avoir échappé à l’Enfer. Comment dès lors trouver sans cette louange de Dieu la conviction nécessaire, la force surnaturelle qu’exige la défense pour la Vérité et la Vie face à des adversaires qui ne sont pas seulement de chair et de sang ? C’est renoncer à la radicalité du témoignage au nom du « pragmatisme politique » et rêver de « changer le monde » auprès d’élus qui, au mieux, se font un point d’honneur d’appliquer eux-mêmes dans leurs circonscriptions une loi qu’ils ont un temps combattue."

"La miséricorde sans la justice ne serait que la pire des cruautés" Ste Catherine de Sienne

Posté le 3 avril 2016 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent

Dimanche de la Divine Miséricorde : une fête instituée par Jésus

ImagesLa fête de la Miséricorde est célébrée le premier dimanche après Pâques ou le deuxième dimanche de Pâques, appelé actuellement Dimanche de la Divine Miséricorde. [...] Le 30 avril 2000, le deuxième dimanche de Pâques et le jour de la canonisation de sainte Faustine à Rome, le Souverain Pontife Jean Paul II l’a instituée pour l’Eglise universelle.

Qui est l’auteur de cette fête ? – Le Seigneur Jésus ! Il dit à Soeur Faustine : Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde (P. J. 299). Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces (P. J. 699). Jésus parlait de cette fête à Soeur Faustine dans plusieurs révélations. Il en a indiqué la date dans le calendrier liturgique de l’Eglise ; Il en a expliqué la motivation et le rôle à remplir ; Il a instruit l’Eglise sur la façon de la préparer et célébrer, et surtout Il a donné de grandes promesses dont la plus insolite est celle « d’une totale rémission de ses fautes et de leurs châtiments » à « qui s’approchera, ce jour-là de la Source de Vie » (cf. P. J. 300). Il faut donc recevoir pendant la fête de la Divine Miséricorde la sainte Communion après une bonne confession, c’est-à-dire sans avoir d’attache au moindre péché, et en toute confiance en la Miséricorde Divine et la miséricorde envers autrui. Jésus dit : toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition."

IndexSainte Faustine écrivait :

"J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi, pour soulager mon prochain."

[...]Qu’est-ce que c’est au juste que cette «miséricorde»? Pour nous catholiques, parler de miséricorde c’est d’abord parler du cœur transpercé de Jésus, source d’où jaillit la grande vague miséricordieuse se déversant sur l’humanité. De ce cœur ouvert, Sainte Faustyna Kowalska vit partir deux faisceaux de lumière qui illuminèrent le monde. «Les deux rayons, lui expliqua un jour Jésus lui-même, représentent le sang et l’eau». L’eau qui purifie et le sang qui sanctifie.

Disons-le avec simplicité, le mot même «miséricorde» est un très beau mot, l’un des plus beaux de notre langue. Etymologiquement, il signifie «qui a le cœur sensible au malheur». Cœur et malheur sont les mots clefs du sens de la miséricorde. Un cœur délicat, plein de compassion, de commisération, de pitié pour le malheur d’autrui renvoie bien sûr, de façon exemplaire, au cœur de Jésus sur la Croix, tout donné pour les pécheurs. Comme disait Jean-Paul II, «à travers le coeur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes».

Oui, Jésus est, selon les mots de Faustine, «l’Amour et la Miséricorde en personne». Pour le dire autrement, la miséricorde n’est pas un concept, une idée pieuse, mais une Personne! C’est fondamental. Cette miséricorde est le Christ qui se diffuse sur l’humanité par l’Esprit; lequel est dans la Trinité la Personne-Amour. Oui, la miséricorde, ce cœur sensible au malheur et à la souffrance, c’est le nom même de notre Dieu."[...]

Une veillée de prière pour «tous les baptisés adhérant à la spiritualité de la  Divine Miséricorde» s’est tenue ce samedi 2 avril 2016, Place St Pierre, en présence du Pape François, dans le cadre du Jubilé. Le Pape exhorte à vivre une miséricorde incarnée :

"Au terme d’une veillée ponctuée de lectures, de méditations et de chants, le Pape François a livré une méditation  centrée sur les nombreux visages de la miséricorde : «il est impossible de tous les décrire, parce que la miséricorde de Dieu est en croissance continuelle. Dieu ne se fatigue jamais de l’exprimer et nous ne devrions jamais nous habituer à la recevoir, à la rechercher et à la désirer. C’est quelque chose de toujours nouveau qui provoque étonnement et surprise en voyant la grande imagination créatrice de Dieu quand il vient à notre rencontre avec son amour».

La miséricorde de Dieu, manifestée par la proximité, la tendresse, compassion et partage, consolation et pardon, «ne peut nous laisser tranquilles» a encore assuré le Pape. «Nous avons écouté l’Évangile. Thomas ne croyait pas, et a trouvé la Foi en touchant les mains dans les plaies de Jésus. Une foi qui n’est pas capable de toucher les plaies du Christ n’est pas la Foi ! Une Foi qui n’est pas capable d’être miséricordieuse, n’est pas la Foi ! C’est une idée, une idéologie ! Notre Foi est incarnée ! Dieu s’est fait chair pour nous, a souffert pour nous! Et si nous voulons vraiment y croire, nous devons nous approcher des plaies du Seigneur, les caresser, baisser la tête, et laisser les autres caresser nos plaies», n’a pas hésité à affirmer avec force le Souverain Pontife, revenant sur l’Évangile proclamé quelques instants auparavant (Jn 20, 19-31)."[...]

 

Posté le 3 avril 2016 à 09h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 mars 2016

La puissance du Rosaire

IndexSe convaincre que prier le Rosaire est indispensable, puisque tous ceux qui ont eu à lutter contre le démon y ont eu recours et ont constaté sa puissance :

"Le père Gabriele Amorth est probablement l’exorciste le plus connu au monde. Dans l’introduction de son dernier livre « Il mio rosario » (Ed. San Paolo, Italie), il écrit : « Je pense que le Rosaire est la prière la plus puissante ». Le père Amorth a consacré une grande partie de ses écrits à la question des exorcismes et à la figure du diable. Aujourd’hui à la retraite, âgé de 90 ans, il décide enfin de nous révéler la source de sa force intérieure. Il la trouve dans la prière quotidienne du Chapelet et la méditation des vingt mystères. Une prière qui l’a soutenu dans son combat quotidien contre les manifestations les plus subtiles du mal, durant de longues années de travail au service du diocèse de Rome.[...]

Le Pape Jean-Paul I répond aux critiques faites au Rosaire :

« Certains contestent le Rosaire. Ils disent : c’est une prière infantile, superstitieuse, qui n’est pas digne de chrétiens adultes. Ou bien : c’est une prière qui tombe dans l’automatisme et qui se réduit à une répétition hâtive, monotone et ennuyeuse de « Je vous salue Marie ». Permettez-moi de vous livrer quelques impressions à ce sujet, en tant que pasteur. La Première : la crise du Rosaire vient dans un second temps. Elle est précédée aujourd’hui par une crise de la prière en général. Les gens sont entièrement absorbés par leurs intérêts matériels ; on ne pense plus guère à l’âme ; le bruit a envahi notre existence. Macbeth pourrait répéter : « J’ai tué le sommeil, j’ai tué le silence ! ». Nous avons bien du mal à trouver un petit moment pour la vie intérieure et pour la « dulcis sermocinatio » la douce conversation avec Dieu. (…) Deuxième impression : quand on parle de « chrétiens adultes » en prière, on exagère parfois. Personnellement, quand je parle seul à seul avec Dieu ou avec la Vierge Marie, plus qu’un adulte, je préfère me sentir comme un enfant. La mitre, la barrette, l’anneau disparaissent ; j’envoie en vacances l’adulte et l’Évêque, ainsi que le port grave, posé et pondéré, pour me laisser aller à la tendresse spontanée de l’enfant devant son papa ou sa maman. Être – au moins pendant quelques demi-heures – devant Dieu ce que je suis en réalité, avec ma misère et avec le meilleur de moi-même : je laisse surgir du fond de mon être l’enfant d’autrefois, qui veut aimer le Seigneur, et qui sent parfois le besoin de pleurer pour que lui soit accordée la miséricorde. Tout cela m’aide à prier. Le Rosaire, prière simple et facile, m’aide parfois à redevenir un enfant, et je n’en ai pas honte du tout. »

Dans l’encyclique Rosarium Virginis Mariae, le Pape Jean Paul II confirme sa dévotion spéciale à Marie, qui l’amène à intégrer les Mystères de la Lumière au Rosaire, et nous encourage à en reprendre la pratique quotidienne avec foi :

« L’histoire du Rosaire montre comment cette prière a été utilisée, spécialement par les Dominicains, dans un moment difficile pour l’Église à cause de la diffusion de l’hérésie. Aujourd’hui, nous nous trouvons face à de nouveaux défis. Pourquoi ne pas reprendre en main le chapelet avec la même foi que nos prédécesseurs ? Le Rosaire conserve toute sa force et reste un moyen indispensable dans le bagage pastoral de tout bon évangélisateur. »

Le Pape Jean-Paul II nous encourage à penser le Rosaire comme une contemplation du visage du Christ à l’école de sa très Sainte Mère, et à le réciter dans cet esprit et avec ce dévouement.

Le Pape Benoît XVI nous invite à redécouvrir la force et l’actualité du Rosaire :

« Le Saint Rosaire n’est pas une pratique reléguée au passé, comme une prière d’un autre temps à laquelle on pense avec nostalgie. Le Rosaire connaît en revanche un nouveau printemps. C’est sans aucun doute un des signes les plus éloquents de l’amour que les jeunes générations nourrissent pour Jésus et pour sa mère Marie. Dans le monde actuel qui est si fragmenté, cette prière nous aide à placer le Christ au centre, comme le faisait la Vierge, qui méditait intérieurement tout ce qui se disait sur son Fils, et ensuite ce qu’Il faisait et disait.[...]

Le Rosaire, quand il est prié de manière authentique, non d’une manière mécanique et superficielle, mais profonde, apporte en effet la paix et la réconciliation. Il contient en lui-même la puissance qui guérit du très saint Nom de Jésus, invoqué avec foi et amour au centre de chaque « Je vous salue Marie ». Le chapelet, lorsqu’il n’est pas une répétition mécanique de formules traditionnelles, est une méditation biblique qui nous fait parcourir les événements de la vie du Seigneur en compagnie de la Bienheureuse Vierge Marie. »

Selon le Pape François : « Le rosaire est la prière qui accompagne toute ma vie. C’est aussi la prière des simples et des saints. C’est la prière de mon cœur. »

Le père Amorth conclut en insistant sur le rôle central de la Vierge Marie dans la lutte contre le mal. Une lutte à laquelle il a été personnellement confronté comme exorciste, et qui représente le plus grand défi du monde moderne."[...]

Posté le 31 mars 2016 à 14h14 par Marie Bethanie | Lien permanent

Dimanche de la Divine Miséricorde

Entretien avec Dom Jean Pateau, Père Abbé de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Un entretien proposé par Notre-Dame de Chrétienté.

  

Posté le 31 mars 2016 à 13h11 par Marie Bethanie | Lien permanent

29 mars 2016

Communion, conversion et état de grâce

Le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal allemand Gerhard L. Müller, vient de publier un livre-entretien sur quelques questions brûlantes. Ce livre a été publié ces jours derniers en Espagne, aux éditions de la Biblioteca de Autores Cristianos, et il sera bientôt disponible également en italien, en anglais, en français et en allemand. Sandro Magister en publie quelques extraits. En voici un sur la communion :

Jpg_1351261.jpg"Le pape François dit dans son exhortation apostolique "Evangelii gaudium" (n° 47) que l'eucharistie "n’est pas un prix destiné aux parfaits mais un généreux remède et un aliment pour les faibles". Il vaut la peine d’analyser cette phrase en profondeur, afin de ne pas créer d’équivoques sur son sens.

En premier lieu, il faut noter que cette affirmation exprime la primauté de la grâce : la conversion ne constitue pas un acte autonome de l'homme, mais elle est, en elle-même, une action de la grâce. Cependant on ne peut pas déduire de cette remarque que la conversion serait une manifestation extérieure de gratitude pour ce que Dieu a fait en moi pour son propre compte, sans moi. Je ne peux pas non plus en conclure que n’importe qui peut se présenter afin de recevoir l'eucharistie, même lorsqu’il n’est pas en état de grâce et qu’il n’est pas dans les dispositions voulues, uniquement parce que l’eucharistie est un aliment pour les faibles.

Nous devrions nous demander avant tout : qu’est-ce que c’est que la conversion ? La réponse est qu’elle est un acte libre de l'homme et que, en même temps, elle est un acte motivé par la grâce de Dieu, qui précède toujours les actes des hommes. Pour cette raison, c’est un acte intégral, incompréhensible si l’on sépare l'action de Dieu de l'action de l'homme. […]

Dans le sacrement de pénitence, par exemple, on remarque de manière tout à fait claire la nécessité d’une réponse libre de la part du pénitent, exprimée dans la contrition de son cœur, dans sa ferme intention de se corriger, dans la confession de ses péchés et dans son acte de contrition. C’est pourquoi la théologie catholique nie que Dieu fasse tout et que l’homme soit uniquement le réceptacle des grâces divines. La conversion est la nouvelle vie qui nous est donnée par la grâce et en même temps elle est aussi une tâche qui nous est proposée comme condition pour que nous persévérions dans la grâce. […]

Il n’y a que deux sacrements qui constituent l’état de grâce : le baptême et le sacrement de la réconciliation. Lorsqu’une personne a perdu la grâce sanctifiante, cette personne a besoin du sacrement de la réconciliation pour retrouver cet état, non pas comme quelque chose qu’elle aurait mérité mais comme un cadeau, comme un don que Dieu lui fait sous la forme sacramentelle. L'accès à la communion eucharistique présuppose certainement la vie dans la grâce, il présuppose la communion dans le corps ecclésial, il présuppose également une vie ordonnée, en conformité avec le corps ecclésial afin de pouvoir dire "Amen". Saint Paul insiste sur le fait que quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement, aura à répondre du corps et du sang du Seigneur (1 Co 11. 27).

Saint Augustin affirme que "celui qui t’a créé sans toi ne te sauvera pas sans toi" (Sermo 169). Dieu me demande ma collaboration. Une collaboration qui est aussi un cadeau qu’il me fait, mais qui implique que j’accueille ce don.

Si les choses se présentaient autrement, nous pourrions tomber dans la tentation de concevoir la vie chrétienne à la manière des réalités automatiques. Le pardon, par exemple, serait transformé en quelque chose de mécanique, presque en une exigence, et non pas en une demande qui dépend aussi de moi, puisque c’est moi qui dois la formuler. Dans ce cas-là, j’irais recevoir la communion sans être dans l’état de grâce qu’elle requiert et sans avoir demandé le sacrement de la réconciliation. Je présenterais comme une certitude, sans pouvoir aucunement le prouver à partir de la Parole de Dieu, le fait que le pardon de mes péchés m’est accordé de manière privée par l’intermédiaire de cette même communion. Mais c’est une conception de Dieu qui est fausse, une façon de tenter Dieu. Elle porte également en elle une conception fausse de l’homme et elle sous-évalue ce que Dieu peut susciter en lui."

Posté le 29 mars 2016 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent

28 mars 2016

La résurrection : finalité de la miséricorde divine

La résurrection, finalité de la miséricorde divine, par l’abbé Fabrice Loiseau.

« Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d’entre les morts, donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Romains 8, 11.

 

Posté le 28 mars 2016 à 12h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

27 mars 2016

Pâques change tout !

Abbegrosjean2Un article de l'Abbé Grosjean en ce matin de Pâques vient nous montrer que Pâques change tout (extraits) :

Paques-620x310"[...] Pâques n’est pas une parenthèse pour « respirer » avant de « replonger » dans un quotidien difficile. Pâques change tout. Pourquoi ?

Le mal n’aura pas le dernier mot

Pâques ne vient pas supprimer le mal : nous en faisons l’expérience. Mais Pâques nous assure que ce mal n’aura pas le dernier mot. Que nos vendredis saints déboucheront eux-aussi sur un matin de Pâques. Pâques nous assure qu’au cœur même de ces épreuves, le Seigneur vivant nous rejoint pour que nous puissions grandir, avancer, nous accomplir. Il veut même se servir de ces épreuves et leur donner une mystérieuse mais réelle fécondité. Cette fécondité est la plus belle des victoires sur le mal. Une façon de le retourner. Ce qui devait nous détruire nous fait grandir, nous permet d’accueillir Jésus et participe à nous sauver.[...]

Dieu au coeur de nos épreuves

De même, chacune de nos épreuves peut devenir la faille par laquelle Dieu nous rejoint et vient nous visiter. Face à nos limites, dans nos fragilités, broyés par la souffrance, nous crions vers Dieu et nous le redécouvrons peu à peu à nos côtés. Alors, beaucoup de cœurs s’ouvrent et se laissent rejoindre. Certes la révolte est compréhensible : le mal reste un scandale. Et nos « pourquoi » sont légitimes. Mais Pâques nous aide à regarder de l’avant et nous offre l’espérance nécessaire pour avancer : ce que nous vivons n’est pas stérile, notre foi, notre charité, notre espérance dans les épreuves porteront du fruit. On passe du « pourquoi » sans réponse, au « comment » : comment je décide de vivre tout cela. Comment je veux avancer. Pâques m’assure que l’amour vécu jusqu’au bout n’est jamais inutile, mais sera toujours – d’une façon ou d’une autre – victorieux. Ces épreuves deviennent autant d’étapes sur mon chemin vers le Ciel.

Voilà pourquoi nous pouvons et devons, au cœur même de nos larmes, murmurer ou crier, chanter ou proclamer ce cri de victoire : Alleluia ! Ce chant fait trembler l’enfer : il rappelle au Mal – malgré son apparente puissance encore aujourd’hui – qu’il a définitivement perdu. Notre chant de victoire nous fait entrevoir l’aube de ce matin de Pâques, qui vient éclairer toute notre vie de l’intérieur et lui donner son vrai sens."

"Alleluia ! Ce chant fait trembler l'enfer" !

Posté le 27 mars 2016 à 09h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

23 mars 2016

La Semaine Sainte version Playmobil

Récit de la Semaine Sainte de Jésus (du Jeudi Saint au dimanche soir de Pâques) avec des Playmobil, par don Pascal, à une classe de maternelle dans une école privée. A montrer à nos tout-petits pour se plonger dans le mystère pascal.

Posté le 23 mars 2016 à 13h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 mars 2016

Comment faire pour éviter d'aller en enfer ?

Entretien avec le Père Ceslas-Marie, prêtre de la Fraternité Saint Vincent Ferrier du couvent de Chémeré-le-Roi :

Posté le 20 mars 2016 à 10h15 par Michel Janva | Lien permanent

13 mars 2016

Selon la manière dont l’homme prie

Dans son dernier livre traduit en français La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin, le cardinal Raymond L. Burke écrit :

La-sainte-eucharistie-sacrement-de-l-amour-divin"La lex orandi est toujours liée à la lex credendi [la loi de la prière est la loi de la foi, autrement dit, l’Église croit comme elle prie, NDMJ]. Selon la manière dont l’homme prie, bien ou pas bien, il croit, bien ou pas bien, et il se comporte, bien ou pas bien. La sainte liturgie est absolument le premier acte de la Nouvelle évangélisation. Si nous n’adorons pas Dieu en esprit et en vérité, si nous ne célébrons pas la liturgie avec la plus grande foi possible, spécialement dans l’action divine qui se déroule au cours de la messe, alors nous ne pouvons avoir l’inspiration et la grâce nécessaires pour participer à l’évangélisation. La sainte liturgie contient en somme la forme de l’évangélisation, dans la mesure où elle est une rencontre directe avec le mystère de la foi que nous avons à apporter aux âmes vers lesquelles Dieu nous dirige. Par elle-même, elle peut aussi conduire vers la connaissance des mystères de la foi. Si la sainte liturgie est célébrée d’une manière anthropocentrique, si elle n’est qu’une simple activité sociale, elle n’a pas d’impact durable sur la vie spirituelle. Une des manières de ramener les hommes vers la foi est de restaurer la dignité de la liturgie. Célébrer une messe avec vénération a toujours attiré des hommes vers le mystère de la Rédemption. C’est pourquoi je pense que la célébration de la messe en forme extraordinaire peut avoir un rôle très important dans la Nouvelle évangélisation en raison de l’accent qu’elle met sur la transcendance de la sainte liturgie. Elle souligne la réalité de l’union du Ciel et de la terre exprimée par la sainte liturgie. L’action du Christ à travers les signes du sacrement, à travers les prêtres, instruments du Christ, est très évidente dans la forme extraordinaire. Et d’ailleurs, elle nous aide aussi à être plus respectueux dans la célébration de la forme ordinaire.

Tous voient la nécessité de cette évangélisation dans ce monde qui vit aujourd’hui comme si Dieu n’existait pas. Il est important de lier cette Nouvelle évangélisation à la célébration la meilleure possible de la liturgie. J’ai rencontré beaucoup de gens athées ou non-chrétiens que j’ai vu expérimenter qu’ils étaient bien en présence de l’action de Dieu par la connaissance qu’ils prenaient de la messe en la forme extraordinaire. Et ensuite, cette expérience leur a permis de recevoir l’enseignement de la religion. Les hommes doivent comprendre que le prêtre agit en la Personne du Christ. Ils doivent comprendre que c’est le Christ lui-même qui descend sur l’autel pour renouveler le sacrifice de la Croix. Ils doivent comprendre qu’ils ont à unir leurs propres cœurs à son Cœur transpercé pour les purifier du péché et faire grandir en eux l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Nous devons donc catéchiser les hommes avec les profondes réalités de la messe, particulièrement au moyen de la forme extraordinaire du rite romain."

Posté le 13 mars 2016 à 15h17 par Michel Janva | Lien permanent

L'enfer existe-t-il vraiment ?

Entretien avec le Père Ceslas-Marie, prêtre de la Fraternité Saint Vincent Ferrier du couvent de Chémeré-le-Roi. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 13 mars 2016 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

08 mars 2016

Éclairer notre conscience sur le "moindre mal"

Réflexion trouvée sur le Centre Billings France :

« Il ne faut pas confondre le mal qui consiste à éviter la grossesse avec l’avortement. L’avortement n’est pas un mal mineur, c’est un crime. Au contraire, éviter la grossesse n’est pas un mal absolu » pape François, interviewé dans l’avion le 18 février 2016.

Le père Lombardi, porte-parole du Saint-Père a tâché d’éclairer la réponse donnée par celui-ci dans l’avion sur l’avortement et la contraception, dans le cas grave du virus Zika :

« L'exemple qu'il a donné de Paul VI et de l'autorisation d'utiliser la pilule pour des religieuses qui couraient le risque très sérieux et continuel de viol(ence) par les rebelles au Congo, à l'époque de la tragédie de la guerre du Congo, fait comprendre que ce n'était pas dans une situation normale que cela devait être pris en compte. Et aussi - rappelons-nous, par exemple - la discussion qui avait suivi un passage du livre entretien de Benoît XVI "Lumière du monde", dans lequel il parlait à propos de l'utilisation du préservatif dans les situations à risque de contamination, par exemple par le sida. Alors, la contraception ou le préservatif, dans des cas d'urgence et de gravité particulières, peuvent également faire l'objet d'un sérieux discernement de conscience. C'est cela qu'a dit le Pape » père Lombardi, radio Vatican, 21 février 2016.

Beaucoup de média ont conclu rapidement : Zika est une situation spéciale, un cas grave, où la contraception devient autorisée. Formons notre intelligence à la source :

Quelques textes contre la désinformation

Que dit le Bx Paul VI sur la licéité de la contraception au sein d’un couple, pour des problèmes sérieux, graves ?

Dans le cas du viol des religieuses il ne s’agit pas d’un acte conjugal ; comme cela ne l’est pas non plus dans la prostitution.

« Si donc il existe, pour espacer les naissances, de sérieux motifs dus, soit aux conditions physiques ou psychologiques des conjoints, soit à des circonstances extérieures, l'Église enseigne qu'il est alors permis de tenir compte des rythmes naturels, inhérents aux fonctions de la génération, pour user du mariage dans les seules périodes infécondes et régler ainsi la natalité sans porter atteinte aux principes moraux que Nous venons de rappeler. [...]

L'Église est conséquente avec elle-même quand elle estime licite le recours aux périodes infécondes, alors qu'elle condamne comme toujours illicite l'usage des moyens directement contraires à la fécondation, même inspiré par des raisons qui peuvent paraître honnêtes et sérieuses. » Humanæ Vitæ, §16

Voici ce dont parlait le pape Benoit XVI :

Et qui avait été clarifié à l’époque par une note de la Congrégation pour la Doctrine de la foi

« Comme il ressort de la lecture du passage en question, le Saint-Père ne parle ni de morale conjugale, ni même de norme morale sur la contraception. [...]

L’idée qu’on puisse déduire des paroles de Benoît XVI qu’il est licite, dans certains cas, de recourir à l’usage du préservatif pour éviter les grossesses non désirées, est tout à fait arbitraire et ne correspond ni à ses paroles ni à sa pensée. » Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Note sur la banalisation de la sexualité à propos de certaines interprétations de "lumière du monde"

Cet enseignement peut-il changer ? Le pape peut-il en décider différemment ?

« On peut prévoir que cet enseignement ne sera peut-être pas facilement accueilli par tout le monde: trop de voix - amplifiées par les moyens modernes de propagande - s'opposent à la voix de l'Église. Celle-ci, à vrai dire, ne s'étonne pas d'être, à la ressemblance de son divin Fondateur, un "signe de contradiction" ; mais elle ne cesse pas pour autant de proclamer avec une humble fermeté, toute la loi morale, tant naturelle qu'évangélique. Ce n'est pas elle, qui a créé cette loi, elle ne saurait donc en être l'arbitre; elle en est seulement la dépositaire et l'interprète, sans pouvoir jamais déclarer licite une chose qui ne l'est pas à cause de son intime et immuable opposition au vrai bien de l'homme. » Humanæ Vitæ, §18

Peut-on articuler "actes intrinsèquement mauvais" et circonstances ?

Sur les actes intrinsèquement mauvais, et en référence aux pratiques contraceptives par lesquelles l'acte conjugal est rendu intentionnellement infécond, St Jean-Paul II enseigne :

« En vérité, s'il est parfois licite de tolérer un moindre mal moral afin d'éviter un mal plus grand ou de promouvoir un bien plus grand, il n'est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu'il en résulte un bien (cf. Rm 3, 8), c'est-à-dire de prendre comme objet d'un acte positif de la volonté ce qui est intrinsèquement un désordre et par conséquent une chose indigne de la personne humaine, même avec l'intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux » Veritatis Splendor §80

« En montrant l'existence d'actes intrinsèquement mauvais, l'Église reprend la doctrine de l'Écriture Sainte. L'Apôtre Paul l'affirme catégoriquement : "Ne vous y trompez pas! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes, ni voleurs, ni cupides, pas plus qu'ivrognes, insulteurs ou rapaces, n'hériteront du Royaume de Dieu" (1 Co 6, 9-10). Si les actes sont intrinsèquement mauvais, une intention bonne ou des circonstances particulières peuvent en atténuer la malice, mais ne peuvent pas la supprimer. Ce sont des actes « irrémédiablement » mauvais ; par eux- mêmes et en eux-mêmes, ils ne peuvent être ordonnés à Dieu et au bien de la personne : « Quant aux actes qui sont par eux-mêmes des péchés (cum iam opera ipsa peccata sunt) — écrit saint Augustin —, comme le vol, la fornication, les blasphèmes, ou d'autres actes semblables, qui oserait affirmer que, accomplis pour de bonnes raisons (causis bonis), ils ne seraient pas des péchés ou, conclusion encore plus absurde, qu'ils seraient des péchés justifiés ? De ce fait, les circonstances ou les intentions ne pourront jamais transformer un acte intrinsèquement malhonnête de par son objet en un acte "subjectivement" honnête ou défendable comme choix. » Veritatis Splendor §81

Posté le 8 mars 2016 à 07h25 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2016

Que se passe-t-il après la mort ?

Entretien avec le Père Ceslas-Marie, prêtre de la Fraternité Saint Vincent Ferrier du couvent de Chémeré-le-Roi.

Posté le 28 février 2016 à 11h27 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2016

Kibeho au Rwanda : les apparitions de Notre Dame des Sept Douleurs

ImagesKibeho est dans le diocèse de Butaré au Rwanda. Le sanctuaire a pour origine une apparition mariale très récente, l'essentiel du message a été donné entre 1981 et 1983.

La Vierge apparaît à des pensionnaires du collège de Kibého, tout d'abord à Alphonsine Mumureke, qui a alors quinze ans et voit la Vierge pour la première fois le 28 novembre 1981, dans le réfectoire, puis à Nathalie Mumukamazimepaka, et ensuite à Marie-Claire Mukangango († tragiquement pendant le génocide rwandais).

Le 1er janvier 1988, l’archevêque de Kigali consacre le Rwanda à la Vierge et confie une commission d’enquête au père Augustin Misago, supérieur du séminaire de Butaré, entouré des théologiens de cette institution. Ses conclusions sont positives. Mgr Jean-Baptiste Gahamanyi, évêque de Butaré, autorise le culte public le 15 août 1988.

Malgré la guerre civile qui va troubler toute la décennie suivante, les fruits du pèlerinage à Kibeho sont nombreux et variés : conversions, guérisons, vocations religieuses en nombre, une vitalité de foi dans les Mouvements D'Action Catholique, Légion de Marie, Ligue du Sacré-Coeur de Jésus etc...

Mais les massacres de 1994 n’épargnent pas Kibeho. Un millier de personnes réfugiées dans l’église ont péri dans son incendie. Un autre massacre a suivi. Mais, certaines personnes ont attendu la mort en prière, unies à la Mère de Dieu, la priant pour le pardon des péchés personnels et celui des autres, en particulier celui des agresseurs.

Selon Marie-Claire, l’apparition se présente comme « Notre-Dame des Sept Douleurs », et demande de sortir de l'oubli le « chapelet des Sept Douleurs de la Vierge », dévotion ancienne parmi les servites de Marie, et de le prier.

Le 15 août 1982, la « Vierge Marie pleure », selon le témoignage des voyantes.

Le 19 août 1982, les voyants ont des visions terrifiantes qui préfigurent la guerre civile.

Le 15 août et le 28 novembre 1983, l’apparition demande à Alphonsine qu’une chapelle soit construite en son honneur. La première pierre de la chapelle du sanctuaire est posée le 28 novembre 1992.

Le nom donné au sanctuaire marial de Kibeho est "Sanctuaire de Notre-Dame des Douleurs", comme l'évêque l'a déjà préconisé à l'occasion de la pose de la première pierre, le 28 Novembre 1992, et repris dans son message du 15 Septembre 1996, avec de plus amples explications.
Après la guerre civile, Augustin Misago, promu évêque du nouveau diocèse de Gikongoro, s’est attaché au renouveau du pèlerinage et du sanctuaire où un chapelain réside depuis le 11 août 1996.

Les apparitions de Kibeho au Rwanda ont été reconnues officiellement par l'évêque du lieu le 29 juin 2001. Ce sont les premières apparitions officielles en Afrique.

 

Posté le 21 février 2016 à 16h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

17 février 2016

Quels sont les dons du Saint-Esprit ?

Entretien avec l'abbé Matthieu Raffray, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 17 février 2016 à 07h17 par Michel Janva | Lien permanent

16 février 2016

Est-il licite pour un catholique sincère d’être en désaccord avec un enseignement du pape ?

Extrait d'une tribune de Randall Smith, professeur de théologie à l’université Saint Thomas à Houston (Texas) sur l'infaillibilité, l'impeccabilité et la faillibilité personnelle de l’homme pêcheur qu’est le souverain pontife :

"[...] Il faut faire la différence. L’Eglise soutient que les pape peuvent, dans certains cas, quand ils désirent explicitement le faire, enseigner infailliblement en matière de foi et de morale. Dans toute l’histoire de l’Eglise, il y a peut-être huit proclamations qui réunissent les critères rigoureux pour prétendre à l’infaillibilité. La plupart des enseignements des papes font autorité mais ne sont pas infaillibles, n’exigeant pas un « consentement de la foi », comme le fait un enseignement infaillible, mais « la soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté ».

Est-il licite pour un catholique sincère d’être en désaccord avec un enseignement du pape donné avec autorité mais n’engageant pas l’infaillibilité ?

Mais oui. Si une personne a étudié avec attention l’enseignement en question et que, après suffisamment de prière et de réflexion, elle ressent que la correction fraternelle est de mise, alors elle doit exprimer publiquement son désaccord, du moment que : A) ses raisons sont sérieuses et bien fondées ; B) son désaccord ne remet pas en question le magistère de l’Eglise et que C) la nature du désaccord n’est pas de nature à créer un scandale.

J’ai d’ailleurs souvent pensé que ces quelques règles seraient un bon mode d’emploi pour gérer les désaccords avec à peu près n’importe qui. Vous devez avoir de bonnes raisons pour tenir votre position ; vous devez veiller à ne pas mettre en doute l’intégrité ou les bonnes intentions de votre interlocuteur, et vous devez argumenter de façon à ne pas créer le scandale. On a rarement la victoire sur les autres (y compris les spectateurs) en les persécutant ; généralement, on arrive seulement à donner mauvaise presse à son propre camp.

D’accord pour les enseignements papaux. Mais qu’en est-il des actions papales ? De concert avec le don d’infaillibilité, les papes ont-ils le don « d’impeccabilité » (du latin peccatum qui signifie péché), un charisme spécial garantissant qu’ils ne font jamais d’erreur ?

L’Eglise n’a jamais prétendu cela. Bien au contraire, les plus ardents défenseurs de l’infaillibilité l’ont toujours distingué de l’impeccabilité précisément parce que : A) il est clair que certains papes ont commis de graves péchés et que B) c’est un article de foi que chaque pape est un pécheur, exactement comme le reste d’entre nous, ayant besoin de la grâce salvatrice de Dieu, obtenue par la mort et la résurrection du Christ. Nous n’adorons pas l’homme, nous respectons la fonction, nous avons confiance dans la promesse du Christ d’être avec Son Eglise jusqu’à la fin des temps et d’envoyer Son Esprit Saint pour la guider et la protéger.

Il y a des années, quelqu’un m’a dit que Jean-Paul II ne donnait pas la communion dans la main, ce qui montrait qu’il condamnait cette pratique. Je prétend que si le pape voulait faire passer ce message, il avait pléthore de canaux officiels pour le faire. Il y a une sorte de papolâtrie qui, à long terme, est préjudiciable. Je me demande ce que mon ami dirait maintenant. S’il en est toujours à confondre les actions personnelles du Pape avec son enseignement officiel, il est probablement désorienté – et en colère.

Observer toute action d’un pape en fonction de sa signification politique, c’est la même sorte de folie que celle qui a poussé certains à condamner le Christ pour avoir mangé (non mais vous vous rendez compte !) avec des prostituées et des collecteurs d’impôt. De tels actes étaient réputés « causer du scandale », « semer la confusion » et « venir en aide aux ennemis de l’Eglise ». Peut-être que oui, peut-être que non. « Le temps nous dira où se situe la vraie sagesse. »

Certains papes ont fait des erreurs majeures. Mais tous les papes font des erreurs, ce ne sont que des humains après tout. Si vous voulez l’absolue perfection, vous cherchez une Église qui n’existe pas, une promesse creuse du Père du Mensonge, pas l’Église établie par Jésus-Christ.

Être déçu ou désorienté par un pape, c’est une situation assez commune dans l’histoire de l’Église. Mais les catholiques qui s’imaginent qu’ils ont l’autorité pour mettre en place les critères canoniques pour juger l’enseignement de quelque pape que ce soit démontrent simplement : A) qu’ils ont toujours été protestants, et B) que leur vision de l’autorité est celle qui caractérise trop bien la politique américaine contemporaine : le travail de l’autorité, c’est de faire ce que je dis et d’écraser mes contradicteurs.

L’Église n’a pas toujours été bien servie par ses papes. Mais je le redis encore, elle l’a été encore plus mal quand elle a prêté l’oreille aux voix bien pensantes et moralisatrices de la foule – tout spécialement quand elles crient « crucifie-le. »"

Posté le 16 février 2016 à 12h03 par Michel Janva | Lien permanent

14 février 2016

L'enracinement

Lu sur Terre et famille :

Unknown-58"[...] Parler d’enracinement évoque immédiatement en nous l’image de l’arbre centenaire, aux racines profondes et à l’imposante ramure. Elevée en absolu, cette belle analogie de la famille naturelle peut cependant nous enfermer dans une forme de naturalisme diffus voire de paganisme déclaré (on se souviendra notamment du hêtre de la scierie dans Un roi sans divertissement). C’est peut-être une des raisons pour lesquelles le Christ, pour parler d’enracinement, ne recourt pas à cette image mais essentiellement à celle de la semence, du froment et de la moisson. En effet, contrairement à l’arbre, le blé n’est pas supposé « s’enraciner pour s’élever », dans le sens de lever pour lui-même, pour se complaire de façon durable dans la perfection de sa nature, aussi belle et féconde soit-elle. Le froment s’enracine pour s’élever et être moissonné : il donne le meilleur de lui-même et de la terre, il se donne lui-même à une œuvre qui le dépasse. Il s’accomplit dans le renoncement de soi pour un plus grand que soi. Le blé s’enracine pour être broyé et devenir hostie consacrée, pour devenir Dieu Lui-même. En cela, ce renoncement n’est pas une perte mais un gain qu’aucun bien de ce monde ne pourrait équivaloir (Philippiens, I, 21 : « le Christ est ma vie et mourir m’est un gain »).

Notre nature a bien sûr toutes les raisons de frémir devant cette forme sublime d’anéantissement et c’est pourquoi l’enracinement de l’arbre, symbole de force, d’épanouissement paisible et durable, nous parait plus accessible, plus raisonnable, plus confortable. Mais à quoi bon s’enraciner et s’élever, si la terre et le ciel viennent à passer ? De quelle utilité seront alors pour l’arbre ses racines et ses branches ? Il n’aura d’autres choix en définitive que de disparaître ou de transcender sa nature pour se maintenir dans l’existence, à l’instar du blé.

Nous avons oublié que l’homme n’a pas été créé pour la terre, pas même pour le Jardin d’Eden mais pour le Ciel. Hélas, depuis le péché originel, nous souffrons tous de la « nostalgie du Paradis terrestre » (Père Marie-Dominique Philippe) :  nous sommes si déraisonnablement attachés à cette « vallée de larmes » que nous en venons à renoncer au Ciel. C’est pourquoi la considération de notre propre anéantissement ou de celui du monde peut être le dernier recours de Dieu pour nous inciter, comme un instinct de survie, à saisir la main qu’Il ne cesse de nous tendre à travers la mort.

Ce passage dans l’au-delà n’en relativise pas pour autant la profondeur et la pérennité de l’enracinement chrétien. En effet, la résurrection de la chair a pour conséquence d’entrainer dans l’éternité l’intégralité de notre humanité, non seulement notre âme mais aussi notre corps, ce corps par lequel nous avons aimé et souffert, ce corps issu d’une lignée, d’un peuple, nourri de la générosité d’une terre.

Le monde, l’Europe, la France ne sont pas éternels mais les hommes, les Européens, les Français le sont. Au nom de la « bio-diversité éternelle », nous devons défendre notre identité, notre pays, notre civilisation pour la variété des saints qu’ils suscitent, comme on défend une terre pour la qualité particulière de son blé ou de sa vigne. Ne redoutons pas la fin des nations que l’Ecriture nous annonce comme un signe de notre délivrance prochaine. Ne craignons pas même le martyre qui galvanise les pusillanimes, ébranle les sceptiques, assagit les téméraires : s’il éprouve l’Eglise militante sur le plan naturel, il la purifie sur le plan surnaturel et gonfle les rangs de l’Eglise triomphante. [...]"

Posté le 14 février 2016 à 12h11 par Michel Janva | Lien permanent

13 février 2016

Distinguer les personnes musulmanes de l'Islam

Lu ici. C'est le très louable et salutaire appel de Mgr Roland, qui allie détermination contre l'erreur et zèle apostolique pour les personnes. Soit les vraies conditions de la lutte contre l'amalgame, amalgame qui en bonne philosophie est un instrument de confusion, et en guerre de l'information un outil d'intoxication: distinguer pour unir étant le principe thomiste de la juste analyse, rappelé en son temps par Maritain.

Mgr roland

 

Mgr roland 2

Posté le 13 février 2016 à 15h34 par Paula Corbulon | Lien permanent

12 février 2016

Petite aide pour la confession

Via Famille chrétienne

Confession

Posté le 12 février 2016 à 15h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

09 février 2016

Quand le Christ s’invite au Superbowl

Gettyimages-456806222Les Panthers, équipe de joueurs de football américain de Caroline, sont réputés pour l'ardente foi catholique qui les anime. Avant de disputer un match du Superbowl, ils ne font pas les choses à moitié : à genoux dans un stade archi-comble pour recevoir la bénédiction de leur aumônier, ils offrent aux spectateurs le témoignage de leur foi. Quelques extraits d'un article d'Arthur Herlin (Aleteia) :

"Imaginez les plus grandes stars de foot du Paris Saint-Germain s’agenouiller avant de disputer la finale de la Coupe de la Ligue ? L’image peut faire sourire, et pourtant c’est à peu de choses près ce qui s’est passé aux États-Unis lors de la plus grande rencontre de football américain de l’année : le Superbowl. Match ou pas, l’équipe des Panthers de Caroline ne manquerait la messe dominicale pour rien au monde ! Après une célébration eucharistique organisée à leur hôtel, toute l’équipe, accompagnée de leur aumônier, s’est réunie pour prier à même la pelouse. Une scène incroyable contrastant avec l’incroyable show qui rythme habituellement la rencontre.[...]

Présent aux côtés de l’équipe depuis son entrée dans le championnat NFL (National Football League) en 1995, le prêtre d’origine irlandaise Joe Mulligan en est devenu l’aumônier en 2013. Depuis, il prie pour chacun des joueurs et leur famille qu’il accompagne spirituellement. Il célèbre par ailleurs la messe lors de chaque rencontre à domicile. Rien pourtant ne l’aurait préparé à les accompagner jusqu’au Super Bowl et les bénir avant un match disputé devant des dizaines de milliers de personnes. « Heureusement que j’étais assis lorsque j’ai décroché l’appel. J’ai habituellement beaucoup de choses à dire, mais là, j’étais comme muet. Le souffle coupé, empli de gratitude et de joie que l’on pense à moi pour suivre l’équipe », raconte-t-il au Catholic News Herald.

Dépasser ses limites

Pour mieux les préparer mentalement avant le match, le père Joe entend suivre la liturgie catholique à la lettre. « Je leur lis les lectures de la messe du jour. Je veux qu’ils se sentent en phase avec l’Église », confie-t-il."[...]

Posté le 9 février 2016 à 15h32 par Marie Bethanie | Lien permanent

07 février 2016

Qu'appelle-t-on les dons du Saint-Esprit?

Entretien avec l'abbé Matthieu Raffray, de l'Institut du Bon Pasteur. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 7 février 2016 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2016

Année de la Miséricorde : Saint Padre Pio et la confession

Saint Padre Pio, le capucin au stigmates mort en 1968 et canonisé par Jean-Paul II en 2002, est depuis vendredi soir, et pour la première fois, exposé dans la basilique Saint-Pierre. Escorté par des milliers de fidèles et de policiers, le caisson transparent contenant son corps a été porté en procession hier soir le long de l’avenue de la Conciliazione, en même temps que les reliques d’un capucin croate Saint Léopold Mandic. En cette Année de la Miséricorde, le Pape François a tenu à mettre en avant ces deux confesseurs inlassables. Ce samedi matin, 6 février 2016, c’est un hommage appuyé qu’il a rendu au Saint Pio.

«À travers le ministère de la confession, Padre Pio est devenu la caresse vivante du Père qui guérit les blessures du péché et rassure les cœurs. Il a vécu le grand mystère de la douleur et sa petit goutte est devenue un grand fleuve de miséricorde qui a irrigué les cœurs déserts et créé des oasis de vie dans de nombreux endroits du monde.»

Par ce geste, le pape montre la nature de la miséricorde : non cette guimauve relativiste, qui excuse tout et finit par nier jusqu'à l'existence du péché, mais au contraire cette bienveillance du Bon Dieu qui attend, inlassablement, que le pêcheur vienne confesser sa misère dans le secret du confessionnal, sans condamnation.

Citant le capucin italien, le Pape François a souligné que

«la prière est notre meilleure arme, la clef qui ouvre le cœur de Dieu. C’est sur la prière que repose la force de l’Église, pas sur l’argent ni sur le pouvoir». «La prière n’est ni une aspirine ni un commerce, pour obtenir une grâce ; c’est une œuvre de miséricorde spirituelle, une mission qui vise à tout remettre entre les mains de Dieu : l’Église, les personnes, les situations pour qu’il en prenne soin. Et dans ce sens, elle peut faire des miracles.»

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Posté le 6 février 2016 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2016

Choisir comme Jésus, ...

... pour entrer pleinement dans Sa Miséricorde !

 

Posté le 3 février 2016 à 10h31 par Paula Corbulon | Lien permanent

31 janvier 2016

Grande chose que l'Amour !

IndexUn très beau texte sur l'Amour en ce dimanche, de Saint Bernard de Clairvaux ("Moine à Cîteaux à l’âge de 22 ans, père abbé à 25, Bernard de Clairvaux fonde cinq abbayes avant d’avoir atteint sa trentième année. Réformateur des cisterciens, conseiller des rois et des papes, le saint, né en 1090 dans la décennie qui voit la première croisade, est également connu pour ses prédications lors de la deuxième croisade. Le rayonnement de ce docteur de l’Eglise est tel qu’on rédige sa biographie de son vivant. Certains le surnomment "le dernier des Pères de l’Eglise".)

"Certes, à Dieu seul l'honneur et la gloire (1 Tm 1, 17), mais Dieu n'acceptera ni l'un ni l'autre, s'ils n'ont pas été assaisonnés du miel de l'amour. L'amour se suffit à lui-même, il plaît par lui-même et pour lui-même.

Il est à lui-même son mérite, à lui-même sa récompense. L'amour ne cherche hors de lui-même ni sa cause ni son fruit, en jouir, voilà son fruit. J'aime parce que j'aime, j'aime pour aimer.

Grande chose que l'amour, si du moins il remonte à son principe, s'il retourne à son origine, s'il reflue vers sa source, pour y puiser sans cesse son éternel jaillissement. De tous les mouvements de l'âme, de ses sentiments et de ses affections, l'amour est le seul qui permette à la créature de répondre au Créateur, sinon d'égal à égal, du moins dans une réciprocité de ressemblance.

Quand Dieu aime, Il ne veut rien d'autre que d'être aimé. Car il n'aime que pour être aimé, sachant que ceux qui l'aimeront seront bienheureux par cet amour même.

Je trouve suspect un amour qui semble soutenir l'espoir d'obtenir autre chose que lui-même."

Posté le 31 janvier 2016 à 14h33 par Marie Bethanie | Lien permanent

Qu'est qu'un saint ? En quoi les saints nous sont utiles ?

Entretien avec Le Père Laurent-Marie, des Serviteurs de Jésus et Marie. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 31 janvier 2016 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

26 janvier 2016

"Flash Mob" en Hongrie au profit des Chrétiens d'Orient

Cela s'est passé le 13 décembre dernier à Budapest sur un marché de Noël.

 

Posté le 26 janvier 2016 à 08h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (18)

17 janvier 2016

Changement de régime

Lu dans Magnificat de janvier 2016 :

"L'écologie, la médecine, la sécurité publique, la laïcité, la mode nous font supporter placidement des interdits faramineux qu'aucune religion, jamais, n'eût osé imposer à ses adeptes. Dans ce contexte, comment ne pas entendre avec joie les paroles de l'Apôtre : "Tout m'est permis", dit-on, mais je dis "Tout n'est pas bon" (1 Co 6, 12).

Quand on y réfléchit bien, en effet, le christianisme est sans doute une des seules religions à professer une souveraine indifférence à ce que l'on mange, ce que l'ont boit, ce dont on s'habille... Avec une liberté qui frise la désinvolture, Jésus commence d'ailleurs l'initiation de ses premiers disciples par une noce avinée. Quand on songe que les pauvres André, Simon, Philippe, avaient été tout d'abord disciples du Baptiste ! A l'école de l'ascétique précurseur, ils se nourrissaient de sauterelles et de miel sauvage et ne buvaient ni vin ni boisson fermentée (cf. Lc 1, 15) ! Et voilà que ce nouveau rabbi de Nazareth mange et boit, s'invite à des fêtes villageoises et s'attire les inévitables rumeurs de la foule : Voilà un glouton et un ivrogne (Mt 11, 19). Quel virage à 180 degrés pour les disciples ! Comment leur estomac et leur coeur supporteraient-ils un changement si brusque de régime ?

Changement de régime, c'est le mot qui convient. Désormais nous ne sommes plus sous le joug pesant de la Loi, mais dans le souffle léger de la grâce. Les jarres de la purification et du légalisme sont vides, qu'il coule désormais le vin excellent de la joyeuse miséricorde ! Aucune modération n'est de mise pour la sobre ébriété de l'Esprit !"

Posté le 17 janvier 2016 à 18h47 par Marie Bethanie | Lien permanent

13 janvier 2016

Adoration en réparation pour l'outrage contre l'Eucharistie à Fontainebleau

ADORATION en faveur du SACERDOCE

Et en réparation contre les outrages envers l'Eucharistie, spécialement celui de Fontainebleau

OstensoirAvec l’alliance saint Jean-Marie Vianney

Vendredi 29 janvier

20h à l’Immaculée Conception

Adresse : 226 Boulevard Georges Richard, 83000 Toulon

Téléphone : 06.59.64.68.47

Posté le 13 janvier 2016 à 22h37 par Marie Bethanie | Lien permanent


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