21 juin 2017

Seigneur donnez-nous beaucoup de saints prêtres : neuvaine-pèlerinage de la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney

Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney propose une adoration eucharistique pour consoler le Cœur Sacerdotal de Jésus des outrages eucharistiques et des fautes sacerdotales.
A saint Joseph de Pont-du-Las entrée sur la gauche, de 20h à 22h jeudi 22 juin.
Les Adorations sont dirigées par l'abbé Lambilliotte, aumônier nommé par monseigneur Rey.
 
L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney vous fait part également de l'annonce ci-dessous :
 
Une neuvaine-pèlerinage de la relique du cœur de saint Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars, patron de tous les curés de l'univers et des prêtres de France, aura lieu dans notre diocèse pour supplier le Ciel de nous accorder de nombreuses et saintes vocations.

du 6 au 15 novembre 2017
 
Ce pèlerinage est organisé par l'alliance Saint Jean-Marie Vianney. De plus amples informations vous seront communiquées en temps voulu.
 
 (Tél. secrétariat : 06.59.64.68.47 Mail : jeune.permanent@gmail.com

Posté le 21 juin 2017 à 12h42 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 juin 2017

“Amoris laetitia” : quatre cardinaux publient une lettre au pape François, faute d'avoir obtenu une audience

Les quatre cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner, viennent de rendre publique la lettre qu’ils ont adressée au pape François le 25 avril pour lui demander –  en vain –  une audience privée en vue de parler de la « confusion et de la désorientation » au sein de l’Eglise après la publication, il y a un an, de l’exhortation Amoris laetitia. Dans cette lettre, ils rappellent les cinq questions posées publiquement l’an dernier, demandant si l'exhortation est conforme à l’enseignement pérenne de l’Eglise. La lettre porte la signature du cardinal Carlo Caffarra, s'exprimant en son propre nom et au nom des trois autres signataires des « Dubia ». Les cinq questions posées pouvaient recevoir une réponse simple par oui ou par non ; à ce jour,  le pape n’a pas voulu donner une telle réponse alors que les questions correspondent aux ambiguïtés relevées dans son exhortation et que plusieurs conférences épiscopales  ont publié des documents d'application de celle-ci  qui vont dans un sens évidemment hétérodoxe.

Voici, pour rappel, le résumé des cinq questions que l’on trouvera in extenso ici :

  1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ?
  2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ?
  3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ?
  4. Un acte intrinsèquement mauvais peut-il devenir  un acte « subjectivement bon » en raison des « circonstances » ou des « intentions » ? Peut-on agir de manière contraire aux « normes morales absolues » connues «  qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais » en se fondant sur la « conscience » ?

En l’absence de réponse du Saint-Père, les quatre cardinaux ont « respectueusement et humblement » demandé une audience par lettre du 25 avril ; c’est l'absence de réponse qui justifie la publication de celle-ci. On trouvera sur le blog de Sandro Magister le texte italien de la lettre. En voici le texte complet (traduction de Jeanne Smits) :

"Très Saint-Père,

C’est avec une certaine trépidation je m'adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu'entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l'église de Dieu, qu'Il a acquise par son sang ».

Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,

Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s'agit pas seulement de l'accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

Carlo Card. Caffarra

Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste"

Thibaud Collin explique à L'Homme Nouveau :

"La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l'exhortation affirment qu'il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l'on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C'est par exemple l'interprétation de l'Institut Jean-Paul II. Pour d'autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d'adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l'encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu'une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l'encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur. S'il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s'opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu'il porterait davantage sur les modalités de l'accueil et de l'accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu'Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c'est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d'autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d'âmes peut-il laisser dans l'incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l'incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d'un auteur n'est-elle pas de s'assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd'hui plus que jamais, être capables d'exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruits se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n'est pas la simple manifestation d'un malaise et d'une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l'Eglise. »

On peut s'inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l'encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmée dans la critique d'Humanae vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l'encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd'hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l'Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l'Eglise. La pression du monde est si forte pour que l'Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l'individualisme libéral ! Au nom d'un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l'appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?"

Posté le 20 juin 2017 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent

19 juin 2017

20 juin à Béziers : l'Eglise aime les femmes

Capture d’écran 2017-06-19 à 19.45.54

Posté le 19 juin 2017 à 20h46 par Michel Janva | Lien permanent

14 juin 2017

Le diable agite l'Eglise

Le père Sante Babolin, professeur de philosophie à la retraite de la prestigieuse université jésuite la Grégorienne, a réagi publiquement contre les propos du supérieur général des Jésuites, qui estime que «Satan» n'est qu'un symbole. Il déclare au Figaro :

"Je suis un prêtre catholique et professeur émérite de l'Université pontificale grégorienne de Rome, où j'ai enseigné la philosophie pendant trente-trois ans. Mon évêque m'a confié la responsabilité d'accomplir le rite de l'exorcisme majeur. Depuis 2006, j'ai ainsi célébré 2300 rites d'exorcisme. C'est donc sur la base de cette expérience concrète que j'ai réagi.

Le diable existerait donc?

Pour tout vous dire, quand l'évêque m'a confié ce ministère, je ne croyais pas possible qu'un baptisé puisse être possédé par le démon… Mais j'ai dû me rendre à l'évidence! Les actions du diable sur l'homme peuvent être ordinaires: ce sont les tentations. Ou extraordinaires: ce sont les vexations, les obsessions et les possessions. La discipline de l'Église réserve l'exorcisme aux seules personnes possédées. Et avant d'exorciser une personne, nous demandons systématiquement une visite psychiatrique.

En quoi le père Arturo Sosa a-t-il tort, selon vous?

Le démon est diable, du grec diabolos, le «diviseur». Et non symbole, du grec simbolos, l'«unificateur». Le titre de symbole revient précisément à Jésus de Nazareth, en tant qu'il a uni l'humanité avec la divinité et la nature humaine avec la nature divine, dans la personne divine du Verbe de Dieu.

Que dit l'Église sur la question du diable?

Le pape Paul VI a donné une remarquable synthèse sur ce thème en 1972: «Nous trouvons, a-t-il dit, le mal dans le règne de la nature où beaucoup de ses manifestations mettent en évidence un désordre. Nous trouvons le mal dans les désordres humains où nous rencontrons la faiblesse, la fragilité, la douleur, la mort et quelque chose de pire: une double loi contradictoire, une loi voudrait le bien, l'autre loi se tourne vers le mal. Ce tourment, saint Paul l'explique pour démontrer à la fois la nécessité mais aussi la chance de la grâce salvatrice du salut apporté par le Christ… Ensuite nous trouvons aussi le péché, la perversion de la liberté humaine, cause profonde de la mort parce que détaché de Dieu qui est source de la vie. Et puis, parfois, nous trouvons un agent ennemi et obscur, le démon qui intervient en nous et dans notre monde. Le mal n'est plus alors seulement une déficience mais une efficience, un être vif, spirituel, perverti et pervertissant. Une terrible réalité. Mystérieuse et à craindre.»

Des théologiens catholiques estiment toutefois que le thème du diable est dépassé…

Moi aussi, j'étais de cet avis! Mais j'ai dû me rendre à l'évidence, non par le débat d'idées mais par cette expérience concrète et empirique d'exorciste. «Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent :« Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas»

Beaucoup de croyants et de non-croyants ne comprennent pas pourquoi un Dieu bon permettrait le mal…

Dieu nous a créés capables de répondre à l'amour par l'amour. Mais sans liberté, il n'est pas possible d'aimer. Les démons ont aussi été créés bons, mais libres également. Ils sont devenus mauvais par leur choix libre. Dieu ne peut rien faire pour eux parce qu'ils sont métaphysiquement obstinés dans le mal. Il arrive, dans les exorcismes, que les démons me disent: «Je suis le mal. Je suis la haine, et même si je voulais aimer, je ne le peux pas.»

Pourquoi le pape François, jésuite, parle-t-il autant du diable?

Le pape François s'inscrit dans la tradition de l'Église. Quand il a inauguré une nouvelle statue dédiée à saint Michel Archange au Vatican, en 2013, il a dit: «Michel lutte pour rétablir la justice divine et défendre le peuple de Dieu de ses ennemis, et surtout de l'ennemi par excellence, le diable. Saint Michel gagne parce que Dieu agit en lui. Cette sculpture rappelle que le mal est vaincu parce que le salut est accompli une seule fois et pour toujours dans le sang du Christ. (…) En consacrant l'État de la cité du Vatican à saint Michel Archange, nous lui demandons qu'il nous défende du Malin et qu'il le jette dehors.»

Il semble que l'on ne croie plus, ou peu, au diable dans l'Église catholique…

Paul VI demandait: «Il y a des signes de la présence de l'action diabolique, mais quels sont-ils? Et quels sont les moyens de se défendre contre des périls aussi insidieux?» La réponse à la première question demande beaucoup de précautions, même si les signes du Malin semblent parfois se faire évidents… Mais tout l'enjeu est de répondre à la seconde question: tout ce qui nous protège du péché, de façon décisive, c'est la grâce de Dieu. Elle nous fortifie contre l'ennemi invisible."

I-Moyenne-24077-judas-est-il-en-enfer-reponse-a-hans-urs-von-balthasar-une-supplique-au-pape.netEn ce centenaire des apparitions de la Vierge Marie à Fatima, où elle a montré l'Enfer aux trois enfants, lire aussi l'ouvrage de l'abbé Guy Pagès "Judas est-il en Enfer ?". Il est persuadé que si la Vierge est venu nous montrer l'Enfer, c'est parce que le rappel de ce dogme allait nous être nécessaire. Et en effet, la pensée de l'Enfer est aujourd'hui aussi absente de l'univers mental des chrétiens que ce qu'elle est présente en celui des musulmans. Y aurait-il dans la disproportion de ce rapport la raison de l'affaiblissement de la Foi en Occident et de l'invasion de celui-ci par l'islam ? L'abbé Pagès nous invite avec une impressionnante liberté et lucidité à revisiter ce dogme et à partager sa conviction aussi tragique que remplie d'espérance : Si les gens savaient qu'ils vont en Enfer, ils changeraient de vie.   

Posté le 14 juin 2017 à 21h00 par Michel Janva | Lien permanent

11 juin 2017

Jésus est avec nous chaque jour, jusqu’au dernier, jusqu’à la consommation des siècles

Homélie de Dom Courau, père abbé de Notre-Dame de Triors, en la solennité de la Très Sainte Trinité :

"Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

Nous venons d’entendre la conclusion de l’évangile selon S. Mathieu, avec son dernier mot si consolant, à savoir que Jésus est avec nous chaque jour, jusqu’au dernier, jusqu’à la consommation des siècles, jusqu’à la fin du monde (28,18-20). Cette présence encourage la mission de l’Église d’évangéliser le monde, quelques soient les avatars éventuels que lui réservel’actualité : elle a vocation, malgré tout ce qui tente de s’opposer à sa liberté, de baptiser chaque fils d’homme et de lui apprendre à vivre en conformité avec l’enseignement de Jésus. Tout est dit ainsi de ce qui se passe dans l’histoire depuis 2000 ans, tout est ramassé en ces trois versets.

Bien sûr, l’actualité est souvent déprimante, l’Église sainte et universelle en a pris l’habitude, elle ne craint plus les phobies sur l’avenir, et les menaces quotidiennes. Mais celles-ci entravent l’exercice de la foi chez les petites âmes : elle fait penser au grand nombre qu’on ne vit qu’à demi, comme si le Maître divin qui nous donne l’existence ne nous la donnait qu’à regret et y tolérait des chagrins indignes de sa Bonté souveraine. Une foi insuffisante ne sera jamais à la hauteur de la vie morale, n’acceptant la Grande Pensée du Bon Dieu qu’avec réticence. Elle s’arrête alors en chemin, bloquée par ce pauvre ressenti immédiat, prompt à l’illusion qui fait de celui-ci comme un unique nécessaire.

Les Anciens étaient plus simples dans leur foi, et donc plus entiers dans leur adhésion au plan de Dieu. À nous mettre à leur école nous plonge dans le Cœur de l’Église où l’on n’a pas peur, car Jésus a vaincu le Mauvais.Un Père grec lit notre évangile avec simplicité et justesse : Ne dites pas que les commandements que je vous fais ici sont difficiles, car je suis avec vous, moi qui rend toutes choses légères (S. Jean Chrysostome, Hom. in Mt., 90). L’objection perdure pourtant : Seigneur, vous nous dites cela, mais vous êtes parti au ciel, nous laissant à nos difficultés : où donc est votre Présence promise ? Bède le Vénérable se posait déjà la question : Comment le Sauveur a-t-il pu dire : Voici que je suis avec vous, alors qu’il dit dans un autre endroit qu’il s’en va vers Celui qui l’a envoyé ? C’est, se répond-il en substance, que les choses divines ont d’autres lois que les choses humaines. Oui, le Sauveur va vers son Père avec son humanité ; ilreste pourtant, concrètement, efficacement, avec ses disciples en cette nature divine par laquelle il n’a jamais cessé d’être l’égal de son Père. Quand il dit, ‘jusqu’à la consommation des siècles’, il use d’une expression finie, pour signifier l’infini, car il est évident que celui qui reste dans le siècle présent avec les élus pour les protéger, demeurera éternellement avec eux après la fin du monde, pour les récompenser. S. Jérôme voit en la promesse du Seigneur d’être avec ses disciples jusqu’à la fin, l’affirmation qu’ils vivront toujours, et que le Seigneur n’abandonnera jamais ceux qui croiront en lui. En montant au ciel, Il n’abandonne pas ceux qu’il a adoptés, dit de son côté S. Léon (Sermon de Pâques), au contraire, Il les fortifie en leur inspirant la patience sur terre, tout en les appelant à la gloire.

Les Pères rejoignent donc ainsi le cri confiant de la petite Thérèse de Lisieux qu’elle reçut de ses pieuses lectures (Arminjon) : à la fin, après nos petits efforts, Jésus nous dira : voilà, à mon tour ! Oui, tout homme appartient à Dieu et est sous la gouverne de sa Providence : a fortiori celui que le saint baptême a consacré au Père, au Fils et au Saint-Esprit. C’est là que s’enracine notre joie de conformer notre vie à la volonté divine : car notre liberté nous fait appartenir alors tout entier à Dieu. À Fatima la Sainte Mère de Dieu est venue il y a cent ans pour rendre l’humanité à Dieu en l’arrachant à ses démons qui lui font la vie sur terre si tragiquement difficile. L’ange qui prépara les trois enfants à son audience leur a appris à se courber devant la Très Sainte Trinité pour l’adorer et lui offrir la Présence Eucharistique, Présence jusqu’au dernier jour, et avec les enfants, offrons cette Présence en réparation pour les négligences et les profanations dont elle est elle-même l’objet : nous reconnaissons alors que Jésus est avec nous jusqu’à la consommation des siècles. Sans être théologienne, Sœur Lucie tirait de l’orange qui est bien une avec sa peau, sa pulpe et ses pépins une humble image du grand mystère de ce jour : dans une seule unité, l’orange, nous avons trois choses distinctes et qui ont différents buts… Alors pourquoi nous étonner qu'en un seul Dieu il y ait trois personnes distinctes : le Père, le Fils et l'Esprit Saint ? (Mémoires de Lucie).

Peu d’années avant Fatima, une carmélite de Dijon vivait intensément la vocation inscrite en son nom, Élisabeth de la Trinité : O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité ! Demain sera béatifié à La Spezia Itala Mela qui a vécu intensément de ce mystère ineffable dans les décennies qui ont suivi Fatima. Cet oblat bénédictin de S. Paul Hors-les-Murs a pourtant vécu loin de la foi avant 1917. Il devînt même farouche athée lors de la mort de son jeune frère après une maladie crucifiante. Néanmoins la dévotion à la Trinité le transforma totalement, plus précisément l’habitation de Dieu en son âme, ce mystère essentiel et fascinant de notre foi, disait-il, mystère mis en valeur à Fatima et solennisé en ce jour. Ses notes spirituelles nous encouragent maintenant : Vivre l'inhabitation c’est vivre son baptême : ce serait une grave erreur de voir là une ‘dévotion particulière’. Il s’agit pour tous de vivre la grâce que le baptême donne, pour pénétrer dans la réalité divine promise par Jésus : Nous viendrons et nous ferons en lui notre demeure (Ms. 4,52). Je n'oublierai jamais, écrit-il encore, que notre âme est la maison de la Sainte Trinité. Elle est là comme en un nouveau ciel. Bien souvent, nous cherchons à nous unir à Dieu par des moyens compliqués, sans nous rendre assez compte que par l’état de grâce l’invité divin est déjà là. En nous recueillant un instant en nous-mêmes dans les activités de la journée, nous sommes en contact avec l’auguste Trinité, qui daigne alors sanctifier nos cœurs, et bien vite nous découvrir ses trésors infinis (Ms 33, 219, 125 en L.).

S. Louis Marie, le Père de Montfort entraînait les âmes dans ses cantiques : Il a pris pour son temple / Et mon corps et mon cœur / C’est là que Sa grandeur / Nuit et jour se contemple. Mieux encore que tous les saints, Notre Dame ne cesse de nous encourager à cet acte de foi simple, Salve Regina, spes nostra salve, ostende nobis Jesum, amen.

Posté le 11 juin 2017 à 16h09 par Michel Janva | Lien permanent

03 juin 2017

L'Enfer existe et il n'est pas vide

Posté le 3 juin 2017 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2017

Apparitions de Notre Dame à Fatima : rappel des faits

Entretien avec l'abbé Alexis Garnier, aumônier général du pèlerinage de Notre Dame de Chrétienté, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 21 mai 2017 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.

De l'abbé Garnier, aumônier général de Notre-Dame de Chrétienté :

Abbe-garnier"Lorsque la France tremblait devant l'invasion prussienne, et que s'effondrait le régime de Napoléon III, des âmes inquiètes venaient interroger la petite Bernadette, cherchant auprès de la « saintoune » une lumière au milieu de l'obscurité. Elle leur répondait paisiblement ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes».

Notre temps est celui des espoirs déçus. Et donc celui de l'Espérance relevée.

Paradoxe ? Jolie formule ? Non. C'est le prolongement dans la vie de l'Eglise et de nos âmes du Mystère de Jésus. Mais cette profondeur du mystère de bonté et d'iniquité nous étonne, nous déconcerte, nous effraie. Au bout des attentes messianiques, des enthousiasmes, des tentatives de couronnement terrestre, il y eut le retournement des foules, la couronne d'épines et la condamnation à mort. Au bout des enthousiasmes, des protestations de fidélité, il y eut les lâchetés et les abandons. Au bout des rayons de transfiguration, il y eut l'heure de la Puissance des ténèbres, l'obscurité dans l'âme de Jésus et dans les cieux à la sixième heure. Après le Thabor, il y eut Gethsemani et le Golgotha. « Ce que nous prenons pour la fin n'est que le commencement (1) ». Etait-ce la fin ? Non. Et l'âme de Jésus en croix, plongée en déréliction, chantait déjà en sa partie haute le salut accompli, l'Esperance affermie. Le prélude de la résurrection.

Quelle est donc la vraie hauteur de l'Espérance ?

L'espérance porte sur un bien, et sur le secours qui permet de l'obtenir. Le principal de l’espérance est la béatitude, Bien ultime, et la toute-puissance divine, la miséricorde divine secourable. L'Espérance est permise, ensuite, du côté des homme ou des créatures, des événements, des œuvres, des institutions. Parce que tout cela nous aide à rechercher les biens ordonnés à la béatitude (2). Donc la hauteur définitive de l’espérance est celle de Dieu. « In Te Domine speravi ».

Amis pèlerins, à quelle hauteur d'espérance vivons-nous ?

C'est la question de Jésus aux Apôtres abattus, aux lendemains de résurrection. C'est la question que nous posent les douloureux événements qui secouent la vie de l'Eglise, de nos pays, de nos familles, de nos communautés. Est-ce que notre espérance n'est pas à ce point tournée vers des biens temporels, des succès terrestres, que nous la voyons ensuite affaissée, effondrée avec l'échec ou la déconvenue à vue humaine ? Alors « l'espoir vaincu pleure (3) »... Et peut-être méritons-nous le sage conseil de la petite bigourdane ; « Il ne faut pas trop s'arrêter à la main des hommes ».

Avec Notre Dame, à bonne hauteur d'espérance.

L'Espérance plantée en nos âmes et relevée...
C'est la grâce de Notre Dame !
C'est celle du pèlerinage !
C'est celle du temps pascal !
Etre affermis dans cette Espérance qui ne déçoit pas. « Spes non confundit (4) »

« In te Domine, speravi, non confundar in aeternum (5) »

L'Esperance est une toute petite fille, souriante et paisible, qui nous attend.
Elle nous attend !
… Au bout de nos attentes et de nos espoirs humains
… au bout de nos déceptions et de nos abattements d'âme.
Alors, chers amis pèlerins, soyez plus que jamais des porteurs, des éveilleurs de cette Espérance qui ne déçoit pas. Et pour cela, venez prier, marcher (pour ceux qui le peuvent), servir, offrir, aimer durant ces 3 jours de Pentecôte prochaine. Venez tremper vos âmes dans ce flot d'espérance vraie qui coule du Coeur ouvert du Seigneur, passant par les mains et le Coeur immaculé de Marie. Et vous serez plus forts pour les défis et les luttes de ce temps... Plus fort pour vous engager au service de l'Eglise, du pays, de la famille, de l'école, du scoutisme, … et de tant d'autres œuvres de résistance.

Dans cette attente, je vous assure de ma prière à toutes vos intentions.
« In Te Domine... En Vous, Seigneur, j'ai mis mon espérance, je ne serai pas déçu pour l'éternité » !

Posté le 21 mai 2017 à 08h50 par Michel Janva | Lien permanent

14 mai 2017

16 mai : conférence à Béziers sur la Sainte Vierge

Capture d’écran 2017-05-14 à 10.55.55

Posté le 14 mai 2017 à 20h52 par Michel Janva | Lien permanent

L'Assomption de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec l'abbé Paul Giard, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 14 mai 2017 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

02 mai 2017

La Maternité divine de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz, vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 2 mai 2017 à 13h17 par Michel Janva | Lien permanent

23 avril 2017

La Virginité de la Très Sainte Vierge Marie

Entretien avec Monseigneur Rudolf Michael Schmitz, vicaire général de l'Institut du Christ Roi Souverain Prêtre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté

Posté le 23 avril 2017 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2017

La doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative

Dans L'Homme Nouveau, Philippe Maxence passe à la critique un dossier du quotidien La Croix :

Une-1637"Élection oblige, notre confrère La Croix s’est récemment souvenu qu’il existe une doctrine sociale de l’Église. Dans son numéro du 10 avril dernier, ce quotidien a voulu en rappeler les principes concernant la famille, l’Europe, l’immigration, l’emploi, la sécurité et le développement durable. Il n'est pas inintéressant de revenir sur quelques aspects évoqués dans ce numéro.

Une affaire d'opinion ?

À quoi sert cette doctrine sociale ? À lire le Père Henri Madelin, dans ce numéro de La Croix, la doctrine sociale de l’Église n’est là que pour aider à se construire une opinion. L’Église, qui a reçu du Christ la mission d’enseigner, est ainsi réduite à n’être qu’un organe de pression idéologique dans le grand débat démocratique. Une sorte de lobby, habillé seulement d'une antériorité et d'une expérience historique Il n’est nullement question ici de guider l’agir social et politique des catholiques pour qu’il régénère la société et la soumette au Christ-Roi.

De l’enseignement de Quas Primas et de la royauté sociale du Christ, rappelé dans le Catéchisme de l’Église catholique, il n’en est d’ailleurs nullement question. De la condamna­tion des grandes erreurs modernes (libéralisme, socialisme, etc.), quasiment pas davantage. Certains grands principes de cette doctrine de l’Église sont bien cités. C’est le cas notamment du « principe de subsidiarité », à propos de l’Europe. Alors que ce dossier de La Croix nous répète à l’envi que l’Église ne prend jamais position dans le débat politique, le jésuite Pierre de Charentenay souligne pourtant qu’elle « soutient sans réserve les deux piliers sur lesquels a été bâti l’édifice européen : la solidarité et la subsidiarité. » Oubliant (ou niant ?) au passage que le principe de subsidiarité dans sa version européiste répond à une logique inverse de celle de l’Église.

Évidemment, tout n’est pas faux dans cette présentation de la doctrine sociale de l’Église. Même à La Croix, on sent qu’une nouvelle génération – la fameuse génération Jean-Paul II – commence à prendre la relève. Elle n’hésite pas à rappeler l’opposition de l’Église à l’avortement et à l’euthanasie, souligne « le droit à ne pas émigrer » énoncé par Benoît XVI ou rappelle les critères de la guerre juste. Alors que manque-t-il ?

Un simple supplément d’âme ?

On ne reprochera pas au quotidien d’être incomplet. Impossible de ne pas l’être dans le cadre étroit d’un journal. Un quotidien n’est pas un traité. En revanche, il aurait été pertinent de rappeler que la doctrine sociale de l’Église n’est pas facultative (« Elle est obligatoire ; nul ne peut s’en écarter sans danger pour la foi et les mœurs », Pie XII, 29 avril 1945) en ses principes mais qu’elle appartient dans son application au champ du jugement prudentiel. La Croix a préféré se placer dans le registre de l’opinion, critère propre à la démocratie moderne, issue des Lumières et de la négation de la vérité.

En outre, il aurait fallu souligner que cette doctrine sociale constitue un tout cohérent. Passer sous silence l’un de ses principes contribue à déséquilibrer l’ensemble et à fausser la vérité de ce qu’il contient. De la même façon, en ne la replaçant pas dans la perspective du règne du Christ et de la primauté du bien commun, on court le risque de la transformer en simple supplément d’âme d’un système profondément anti-chrétien et de ce fait anti-humain. Les catholiques ont-ils pour éternelle vocation de servir de bataillon d’appoint à un monde creux et vide ? Là aussi, il serait bon que, à l’imitation des Pèlerins d’Emmaüs, nos yeux s’ouvrent, en reconnaissant la souveraineté sans limite, ni politique ni sociale, du Christ ressuscité. La période est peut-être propice à un examen de conscience de ce côté-là ?"

Posté le 21 avril 2017 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2017

Comment trouver la paix intérieure ?

ImageAller jusqu’au lieu profond de notre cœur pour y trouver Dieu et demeurer dans la paix. Tel est l’objectif de ce livre qui connut un immense succès et qui aujourd’hui n’a pas perdu une ride. Quelles que soient les épreuves qui nous affectent, il y a un chemin pour avancer vers la lumière.

La recette proposée par le Père Ambroise de Lombez, appelé « le saint François de Sales du XVIIIème », est constituée d’ingrédients très nourrissants comme le souligne Mgr Nicolas Brouwet dans la préface : « Comment retrouver la paix de l’âme ? Comment laisser le Seigneur faire en nous son œuvre de paix ? La paix nécessaire au discernement, à la compréhension des mouvements qui nous agitent, à la clarification nécessaire au moment des décisions, à la définition de nos priorités, à la sérénité des relations, à la recherche de l’amour de Dieu dans les gestes les plus quotidiens ? Voilà ce qu’enseigne le Père Ambroise de Lombez dans ce Traité. »

Avec cet ouvrage, le lecteur se trouve en possession d’un trésor pour la route. Le Père de Lombez, remarquable accompagnateur d’âmes et ermite mort en odeur de sainteté, en nous arrimant aux fondamentaux de la vie spirituelle, offre à ceux qui en ont soif une formidable occasion de vivre dans la véritable paix intérieure. Les extraits qui suivent pourront donner envie de lire cet ouvrage si profond et magnifique.

La paix et la tentation

« Quels secours cette paix ne nous fournit-elle pas contre les tentations ! Dans cet état de recueillement, d’attention sur notre intérieur, de possession de nous-mêmes, rien ne se passe en nous que nous n’apercevions d’abord. Nous voyons la tentation dès sa naissance, lorsqu’elle est encore sans force, et qu’il est facile d’en arrêter les progrès. Notre force et notre salut sont dans le repos et dans le silence. »

La voie de la foi est celle de la paix

« Entrez courageusement dans la voie de la foi à mesure que Dieu vous y attire, et marchez-y à grands pas, sans jamais souhaiter d’en sortir. Que son obscurité soit votre lumière, et que sa fermeté soit votre appui. Ces épaisses ténèbres vous feront horreur dans les commencements ; vous serez dans des inquiétudes continuelles ; vous souhaiterez de voir et de toucher, comme saint Thomas ; mais si vous êtes fidèle à calmer vos inquiétudes ; si, loin de demander des lumières, vous êtes content de voir toujours moins ; si vous fermez les yeux aux fausses lueurs de l’imagination, que vous seriez tenté de préférer aux plus utiles ténèbres ; si vous avancez toujours dans cette obscure carrière, où rien ne réjouit votre vue, et où rien ne console votre coeur, que l’accomplissement de la volonté de Dieu et l’espérance en ses miséricordes ; une paix intime et solide sera le fruit de votre travail et de votre patience. »

Se sentir bien en priant ?

« Il faut se comporter à l’égard de la dévotion et de la ferveur sensible, comme à l’égard de la paix ; la désirer sans empressement, la demander sans inquiétude, la posséder sans attachement, la perdre sans alarme, ne pas la regarder avec indifférence, puisque c’est un frein pour nos passions, un délassement pour notre faiblesse, un assaisonnement pour la nourriture de notre âme ; ne point perdre courage quand elle est ôtée, puisque la grâce du Seigneur est notre invisible appui, et l’accomplissement de sa volonté notre aliment, et puisque Dieu veut tenir lieu de tout à ceux qui ne tiennent qu’à lui. Il faut conserver précieusement la ferveur intime et solide des résolutions, mais ne pas s’occuper beaucoup de la ferveur variable des sentiments ; la cultiver quand Dieu la donne sans y trop réfléchir ; s’en passer quand il l’ôte, sans trop la regretter ; ne pas la perdre par sa faute, puisque c’est un vrai bien ; ne pas s’affliger jusqu’au trouble quand elle vient à manquer, de quelque manière que cela arrive, puisque ce serait un grand mal. Souhaitons le lait de la dévotion comme de jeunes enfants qui sentent combien il leur est utile ; mais souhaitons-le aussi comme des enfants déjà raisonnables qui savent s’en passer 2. Si cet aliment nous fait croître pour notre sanctification 1, l’attachement que nous y aurions ne retarderait pas peu ce grand ouvrage. »

Gardons courage !

« Vous perdez courage à la vue de vos rechutes malgré vos résolutions ; et moi j’espère beaucoup de vos résolutions, si vous les soutenez malgré vos rechutes ; et j’ose dire que le démon espère bien moins de celles-ci qu’il ne craint de celles-là, et que, s’il s’attache si fort à vous faire souvent retomber dans les mêmes fautes, c’est moins pour vous rendre criminel que pour vous rendre timide. C’est surtout à votre courage qu’il en veut. Il sera déconcerté si vous ne vous laissez point abattre, comme un ennemi fier, robuste et plusieurs fois vainqueur, est enfin intimidé de voir celui qu’il a souvent terrassé, se relever toujours, avec un nouveau courage, et revenir sur lui avec plus de feu. Ainsi, quand vous tomberiez plusieurs fois par jour dans les mêmes fautes, relevez-vous autant de fois avec le même courage, et ne craignez rien tant que de ne pas espérer assez. Eh ! pourquoi n’espéreriez-vous pas, puisque Dieu vous appelle encore ? Le désir que vous sentez d’aller à lui, dont lui seul peut être l’auteur, et qui serait encore plus vif si vous étiez moins timide, vous est garant de la volonté sincère où il est de vous sanctifier, malgré vos fautes et vos imperfections. »

Le livre s’achève sur une prière pour demander à Dieu la paix intérieure. En voici le début :

« Dieu tout-puissant, que rien ne peut empêcher de donner le calme à mon coeur ; Dieu tout bon, qui, avec fidélité à vos lois, ne nous demandez que le repos de nos âmes ; Dieu tout aimable, dont le règne en nous n’est qu’amour et que paix, formez vous-même dans mon âme ce silence que vous attendez pour vous communiquer à elle. »

Posté le 19 avril 2017 à 13h23 par Michel Janva | Lien permanent

16 avril 2017

Alleluia, alleluia Pascha nostrum immolátus est Christus

Resurrection

Posté le 16 avril 2017 à 08h11 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2017

Le peuple chrétien dans l'assistanat

I-Moyenne-10216-dieu-au-coeur-de-notre-famille.-des-outils-pour-l-intelligence-de-la-foi.aspxJean-Marie Élie Setbon, conférencier et formateur, se consacre à l’étude de la Bible. Il a raconté sa conversion du judaïsme au christianisme dans son livre De la kippa à la croix. Il Vient de publier Dieu au coeur de notre famille, Des outils pour l'intelligence de la foi. « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures ! » (Luc 24, 45). À notre époque, peut-être plus encore qu’il y a deux mille ans, il est urgent d’éduquer et nourrir notre intelligence à la compréhension des Écritures. Plus que jamais, un espace de dialogue sur des thèmes qui rejoignent l’être humain doit être ouvert, qui permette de réfléchir, de débattre, de discuter, d’échanger, de partager... dans le cadre familial, mais aussi au sein de la catéchèse, dans les aumôneries de collégiens, lycéens, étudiants, ou à l’université. Apprendre à argumenter sur la foi chrétienne en s’appuyant sur l’intelligence, tel est donc l’objet de cet ouvrage, avec comme finalité de se former pour être capable de transmettre à son tour ! Dans une réflexion dynamique, l’auteur nous propose une méthode singulière qui interroge, suscite l’intérêt et stimule le désir de comprendre, à partir d’une multitude de thématiques. Extrait :

"Je considère que le peuple chrétien est aujourd'hui dans l'assistanat. En effet, il prend des cours, va à des retraites, à l'église, au temple, il écoute des sermons, des homélies, mais il n'apprend plus à transmettre de lui-même à la maison. Sans vouloir jeter la pierre, à quel moment voit-on un papa, lorsqu'il rentre à la maison, prendre un petit livre de théologie ou la Bible pour l'expliquer à ses enfants ? Quel papa (ou maman) prépare parfois un petit enseignement, un petit dialogue à transmettre, lors du repas dominical par exemple, qui est le moment le plus convivial de la semaine, mais surtout le jour de la Résurrection du Christ ?"

Posté le 10 avril 2017 à 13h44 par Michel Janva | Lien permanent

07 avril 2017

Pèlerinage de Pentecôte 2017 : "Sainte Marie Mère de Dieu"

Ouverture des inscriptions le dimanche 9 avril.

Posté le 7 avril 2017 à 15h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

L'Immaculée Conception

Entretien avec l'abbé Paul Giard, prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Par ailleurs, les inscriptions au 35e pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté seront ouvertes en ligne dès dimanche 9 avril.

Posté le 7 avril 2017 à 11h06 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2017

Les contradictions de la culture de mort

Les-mangeurs-de-cendresLe père Jean-François Thomas, jésuite, fils spirituel du cardinal Henri de Lubac, fut pendant quinze ans missionnaire à Manille où il se consacra à la sauvegarde des enfants des rues. Dans ce petit traité spirituel, Les Mangeurs de cendres, il a voulu écrire un guide pour éclairer la voie de tout homme de bonne volonté au moment où les ténèbres de la culture de mort envahissent toutes les sphères de nos sociétés. Pour l’auteur, l’Espérance est plus que jamais à portée d’âme : « là où le mal abonde, la grâce surabonde » et l’antidote trouve sa source dans les eaux du Baptême et sa nourriture dans la pratique des sacrements. Le père Jean-François Thomas dénonce notamment l’œuvre de destruction révolutionnaire:

"Notre époque extraordinaire est championne toutes catégories dans l'art de soutenir sans sourciller, avec le plus grand sérieux, les contradictions les plus évidentes et les plus criantes.

Le même homme soutiendra jusqu'à l'extrême l'éminente dignité des animaux et n'hésitera pas à nier la valeur de la vie humaine. Il dénoncera toute forme de racisme et de ségrégation et continuera à écraser "l'infâme" à la suite de Voltaire. Il s'élèvera contre toute forme de guerre et encouragera la violence sociale et urbaine. Il condamnera la peine de mort pour les criminels et militera pour l'avortement des innocents. Il se réclamera du retour à la nature et sera incapable de sacrifier quoi que ce soit de ses paradis artificiels. Il défendra bec et ongles ses racines tribales et culturelles et louera l'uniformité de la mondialisation. Et ceci, à l'infini. Point d'équilibre dans ce cas, point de dépassement vers le haut, mais au contraire l'instauration du chaos, de la discordance, du désordre, signes que l'Ennemi est à l'oeuvre car il se plaît à semer le trouble et la dissonance."

Posté le 3 avril 2017 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

30 mars 2017

Si l’accueil de l’autre fait partie de l’ADN du catholique, la fidélité et l’amour préférentiel de son pays fait également partie de cet ADN

Laurent Dandrieu est interrogé par Réinformation.tv :

Laurent Dandrieu : "Eglise et immigration, le grand malaise" from Reinformation.tv on Vimeo.

Posté le 30 mars 2017 à 14h11 par Michel Janva | Lien permanent

28 mars 2017

La loi morale nous condamnerait-elle à l’impossible ?

Thibaud Collin critique longuement le livre du Père Bordeyne, Recteur de l’Institut catholique de Paris, intitulé Divorcés remariés Ce qui change avec François (Salvator, 2017), dans lequel il justifie l’admission à la réconciliation sacramentelle et à la communion eucharistique des fidèles remariés ne respectant pas les conditions énoncées par saint Jean Paul II dans Familiaris consortioExtrait :

Capture d’écran 2017-03-27 à 21.46.25« […] « Certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l’originalité d’une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d’accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d’intrinsèquement mauvais. Ainsi s’instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument “pastorales”, contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique “créatrice”, d’après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier. »

La loi morale nous condamnerait-elle alors à l’impossible ? Dieu poserait-il sur nos frêles épaules un fardeau trop lourd à porter ? Et faut-il par bonté pastorale alléger ce fardeau et proportionner les normes morales ? L’indissolubilité et l’exclusivité du mariage ne seraient-elles pas des exigences idéales vers lesquelles il faudrait tendre mais qui dépasseraient les capacités concrètes de la plupart des fidèles conditionnés par l’esprit du monde et blessés par de nombreuses structures de péché ? De telles questions sont légitimes mais elles ne sont pas nouvelles. La vie chrétienne s’identifie-t-elle à ce moralisme exigeant de faire usage de son libre-arbitre pour croître dans le respect des commandements ? Comment ne pas voir qu’une telle approche fait l’impasse sur la puissance de la grâce divine offerte simultanément aux commandements ? Paradoxalement une certaine conception de la miséricorde n’est que le complément de cette attitude foncièrement pélagienne, autrement dit la (fausse) solution à un problème mal posé. Dieu donnant des commandements trop difficiles à observer, il fermerait les yeux sur nos manquements. Qui ne voit qu’une telle miséricorde se nomme en réalité tolérance ? La patience de Dieu n’est pas pusillanimité. Dieu veut le vrai bien de l’homme et il lui donne la grâce de l’accomplir. La vocation universelle à la sainteté, centre névralgique de Vatican II, n’est pas une option facultative réservée à quelques happy few ou à quelques maximalistes à tendance pharisaïque.

« On peut vaincre les tentations, dit saint Jean Paul II, et l’on peut éviter les péchés, parce que, avec les commandements, le Seigneur nous donne la possibilité de les observer : “Ses regards sont tournés vers ceux qui le craignent, il connaît lui-même toutes les œuvres des hommes. Il n’a commandé à personne d’être impie, il n’a donné à personne licence de pécher” (Si 15, 19-20). […] »

Posté le 28 mars 2017 à 14h53 par Michel Janva | Lien permanent

26 mars 2017

Les visions de Maria Valtorta

Addendum : Mise en garde du cardinal Ratzinger en 1985.

Posté le 26 mars 2017 à 11h24 par Michel Janva | Lien permanent

De l'existence de Dieu et raisons de croire

Posté le 26 mars 2017 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

23 mars 2017

6 avril : conférence à Clermont-Ferrand sur la confession des enfants

Capture d’écran 2017-03-22 à 19.37.11

Posté le 23 mars 2017 à 17h36 par Michel Janva | Lien permanent

16 mars 2017

Ils veulent administrer les sacrements sur la base d’une acception erronée de la notion de miséricorde

Fils du philosophe catholique allemand Robert Spaemann, le docteur Christian Spaemann a réagi à la récente décision de la Conférence des évêques allemands d'élargir la possibilité de recevoir les sacrements aux fidèles se trouvant dans une situation irrégulière. Extrait de la traduction publiée sur L'Homme Nouveau :

Capture d’écran 2017-03-16 à 08.20.15"[...] Le communiqué des évêques allemands selon lequel « il faut faire appel au plus haut degré de conscience de toutes les personnes impliquées » pour pouvoir prendre une décision concernant la réception des sacrements dans des situations irrégulières, le discours des défenseurs de la nouvelle notion de miséricorde à l’égard des « situations complexes », et la déclaration selon laquelle il n’y aurait pas de « solution simple » semblent être des affirmations destinées à se protéger dans la nébulisation de situations simples en soi. Pourquoi serait-il compliqué pour les personnes concernées de déterminer s’il faut vivre dans la continence ou non ? De même, la question de savoir si un mariage sacramentel était valide ou non peut certainement être clarifiée avec un canoniste expérimenté sans qu’il soit nécessaire de trop solliciter la conscience. Dans l’une de ses dernières interviews, le sage Konrad Adenauer, interrogé à propos de son penchant pour la simplification, avait répondu qu’il fallait étudier les choses avec une profondeur telle qu’elles deviennent simples. Selon lui, si on se contente de rester à la surface des choses, elles ne sont pas simples, mais si on les approfondit, on voit alors la réalité, laquelle est toujours simple.

Ceux qui veulent assouplir la discipline catholique des sacrements ne peuvent pas, de ce point de vue, se fonder sur la miséricorde divine. Et ce n’est pas non plus favorable aux personnes concernées. Il est honteux de voir comment il est fait référence au journal de Sainte Sœur Faustine Kowalska dans ce domaine. C’est Jean-Paul II qui a reconnu l’importance de cet ouvrage et a canonisé cette religieuse si simple. J’ai moi-même étudié ce livre de manière approfondie il y a plusieurs années et n’y ai pas trouvé la plus petite trace d’encouragement à franchir la moindre limite en vertu de l’inestimable miséricorde divine. Au contraire, tant la lettre que l’esprit de cet ouvrage pointent dans une toute autre direction.

Tous les croyants qui vivent dans une situation irrégulière sur le plan de la sexualité, en particulier ceux qui sont des victimes, qui ont été blessés, délaissés, voire abusés et ont déjà tenté à maintes reprises de pratiquer la chasteté, c’est-à-dire tous ceux qui méritent particulièrement la compréhension de l’Église, sont invités à ne pas recourir aux nouvelles possibilités de recevoir les sacrements. En s’abstenant de communier, ils peuvent, à leur manière, rendre témoignage à la sainteté de Dieu et à ses commandements. Ils devraient ainsi être plus proches de Dieu que certains de ceux qui veulent administrer les sacrements sur la base d’une acception erronée de la notion de miséricorde."

Posté le 16 mars 2017 à 10h11 par Michel Janva | Lien permanent

05 mars 2017

Une théologie de qualité pour la joie de votre âme

Livre_abbe_lucienUn moine bénédictin recommande la série Théologie sacrée pour débutants et initiés, des livres publiés par l’abbé Bernard Lucien aux éditions Nuntiavit.

Déjà parus : 3 volumes d’initiation à la théologie catholique, pour la joie de notre âme :

  1. Qu’est-ce que la Théologie ?
  2. Révélation et Tradition
  3. Apologétique

Des lecteurs de ces livres témoignent. Un journaliste italien affirme :

« J’ai lu avec grande attention les volumes de l’Abbé Bernard Lucien, “Qu’est-ce que la Théologie ?” et “Révélation et Tradition” : ils sont un vrai remède pour l’âme ! Ils sont exemplaires, soit pour leur langage, accessible aussi pour les débutants, soit pour la méthode, absolument thomiste ».

Un prélat britannique déclare à propos des mêmes ouvrages :

« Je suis convaincu que ces livres offrent une synthèse dont nous avons grand besoin pour une introduction élémentaire à la théologie, qui pourrait être utilement consultée par les séminaristes et les prêtres, tout autant que par tous ceux qui entreprennent de sérieuses études de théologie. »

Une théologie pour la joie. Voilà une série de livres qui peut nous rendre joyeux, d’une joie qui n’est pas superficielle. Parce qu’elle nous fait connaître le message de Jésus avec une particulière qualité de profondeur, capable de mettre le feu dans notre âme, et qu’elle nous provoque à faire fructifier nos talents. Bref, au lieu du plaisir morbide du paresseux, nous trouvons la sainte délectation de la joie chrétienne. En effet, comme l’écrivait le futur Benoît XVI, la

« joie du Seigneur nous la trouvons lorsque nous avons le courage de nous laisser embraser par son message. Et lorsque nous l’avons trouvée, nous pouvons enflammer les autres, car nous sommes alors des serviteurs de la joie au sein d’un monde de mort (cf. 2 Cor 1, 24). ».

Un projet pour débutants ? Les outils pédagogiques foisonnent : un glossaire ; la présentation claire et méthodique de thèses ; des signaux, placés dans la marge, qui permettent de repérer du premier coup d’oeil les éléments fondamentaux, destinés à une première initiation, et les approfondissements (on verra, en effet, apparaître au long des pages un skieur, qui se laisse descendre sur la neige, pour attirer le débutant, ou un haltérophile, vers lequel se hâteront les lecteurs qui n’en sont pas à leurs premières armes). En somme, la série Théologie sacrée pour débutants et initiés accomplit ce tour de force de n’être pas réservée aux spécialistes : les débutants munis d’une culture minimale peuvent s’y nourrir sans difficulté. Que les jeunes ne se plaignent pas, toutefois, de l’abondante érudition, car les volumes d’une telle série doivent rester des livres de consultation pour la vie. 

Un projet très actuel. Que les jeunes, non plus, ne s’étonnent pas de l’ampleur que prend l’explication philosophique. N’est-ce pas là un moyen très puissant pour redonner vigueur à notre religion ? Écoutons à ce sujet le bx pape Paul VI. Aujourd’hui, s’interroge-t-il, qu’est-ce « qui vide de sa force (svigorisce l’energia) notre christianisme » (DC 1973, p. 107) ? Selon le souverain pontife, les « causes » de l’asthénie, « nous les trouverons principalement dans l’inconsistance de notre façon de penser, à laquelle manquent la force et la qualité de notre philosophia perennis, rationnelle sûre et normale. On l’a remplacée ou débilitée par certaines formes de pensée devenues à la mode. » (PAUL VI, DC 1973, p. 107). « L’homme moderne » auquel il faut porter remède est « enfermé dans sa propre mentalité, qui est toute tournée vers la connaissance phénoménologique des choses, et n’est plus éduquée à l’intelligence métaphysique de la Vérité, à la perception profonde de la Parole de Dieu » ; ses déviations prennent notamment « les formes imparfaites et caduques du nominalisme, du pragmatisme ou du sentimentalisme» (PAUL VI discours à la CTI, DC 1972, p. 973). Le mal ne semble guère s’atténuer au XXIe siècle, si l’on en croit le tableau brossé par saint Jean-Paul II en 2003 : en Europe, se sont « largement développés le nihilisme en philosophie, le relativisme en gnoséologie et en morale, et le pragmatisme, voire un hédonisme cynique, dans la manière d’aborder la vie quotidienne » (Ecclesia in Europa 9).

L’auteur : l’abbé Lucien. Son rayonnement international. L’abbé Bernard Lucien ne cherche pas la réclame. Ses moyens matériels (financement, diffusion) restent limités. Malgré tout il n’est pas inconnu au Saint-Siège, puisqu’un de ses anciens articles (montrant l’infaillibilité de la lettre Ordinatio sacerdotalis, de 1995, sur l’ordination sacerdotale réservée aux hommes) est disponible depuis longtemps sur le site de la Congrégation du Clergé, pour des lecteurs venus de tous les continents. En 2012, son grand article sur le Concile Vatican II (cliquer ici pour lire la présentation faite par la revue Sedes sapientiae) a bénéficié d’une audience sans doute plus large encore : chaude approbation et diffusion encouragée de divers côtés. Relevons des réactions très favorables à Rome et dans le monde francophone, parmi un groupe de prélats et d’évêques, auquel est venu se joindre un cardinal. Les écrits de l’abbé Lucien sont lus non seulement en France et en Italie, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en Suisse, en Espagne et même en Pologne (et, d’ailleurs, sans doute bien au delà).

En savoir plus sur l’auteur : quel homme se cache derrière le professeur ? Né en 1952, l’abbé Bernard Lucien achevait sa première année à l’École Nationale Supérieure des Mines de Saint-Etienne lorsqu’il répondit à l’appel du Seigneur vers le sacerdoce. Ordonné prêtre en 1978 à Ecône (Suisse), il se consacre pendant treize ans à l’apostolat et à l’étude doctrinale des problèmes soulevés par la crise de l’Église. En 1992, il peut régulariser dans la vérité sa situation canonique avec Rome. Depuis lors il dispense son enseignement dans diverses maisons de formation sacerdotales attachées à la pleine communion visible avec le pape ainsi qu’à la liturgie traditionnelle. Il travaille aussi à la formation des laïcs. L’abbé Lucien est prêtre de l’archidiocèse de Vaduz (Liechtenstein). Ses activités l’ont amené à étudier l’ensemble de la doctrine philosophique et théologique, dogmatique et morale, sans oublier — c’est essentiel pour ce prêtre qui n’a de cesse de souligner les rapports étroits que doivent entretenir la pensée et la vie humaines — ses répercussions spirituelles (par exemple, à travers les enseignements de la Bhse Élisabeth de la Trinité).

L’abbé Lucien n’a que 27 ans lorsqu’il dirige une revue de sciences religieuses à laquelle il apporte de multiples contributions substantielles. Dès les débuts de sa carrière et jusqu’à maintenant, il privilégie les questions fondamentales et décisives, en des domaines très variés : la vie même de la foi et le rôle qu’y joue le magistère de l’Église, les rapports entre la nature et la grâce (situation de l’ordre surnaturel), mais aussi la nature sacrificielle du sacrement de l’Eucharistie, et la place de la vraie religion dans la société (sa position sur la liberté religieuse a retenu l’attention d’un spécialiste de morale, mis au courant à l’occasion d’une intervention de l’auteur sur internet). Son érudition est vaste, comme le montrent les bibliographies internationales de ses ouvrages, mais… elle n’est jamais gratuite ! Au contraire, c’est à bon escient qu’elle se déploie, non par souci livresque d’exhaustivité, mais lorsqu’elle peut fournir un appoint déterminant. Sa pédagogie, qui ne dédaigne pas les ressources de l’informatique, celles d’une mise en page soignée, ou d’un précieux lexique des mots techniques, consiste avant tout en une remarquable précision (qui fait la chasse aux obscurités, pour mieux mettre en valeur la place du mystère et de l’adoration), mais aussi en l’art consommé de faire ressortir les lignes maîtresses. Jamais son lecteur ne sera enfoui sous une accumulation hétéroclite. Mais il découvrira progressivement les principes qui donnent leurs assises à un édifice. Il bénéficiera de trésors accumulés dans les ouvrages latins de la théologie classique, rendus facilement accessibles par une traduction française de l’abbé Lucien, et approfondis par ses soins en raison des exigences de la matière ou des objections contemporaines auxquelles il apprendra ainsi à faire face.

Ce lecteur en sortira solidement instruit, parce qu’intérieurement construit. Une aventure à ne pas manquer !

Achevons sur un registre plus modeste, avec quelques détails concernant l’abbé Lucien, qui ne présentent rien de très exceptionnel, mais qui permettent de caractériser davantage sa manière. Le scoutisme, école d’équilibre et de réalisme, a pris une part importante dans l’éducation qu’il a reçue puis donnée. Familier des hautes réalités divines et intellectuelles par sa vie de prières et d’études, il garde également les deux pieds sur terre et ne méprise pas les très humbles travaux manuels. Il s’efforce de ne pas se prendre au sérieux, de toujours garder une note d’humour. Lui qui se détend volontiers au moyen de saines bandes dessinées, on le verra citer avec à propos telle anecdote pleine de drôlerie, tirée d’Alice au pays des merveilles, au moment où il disserte avec profondeur sur l’analyse d’un texte magistériel. Bref, rien du professeur enfermé dans une tour d’ivoire ! A vous aussi, il peut être donné de recevoir les enseignements de l’abbé Lucien, à domicile.

Posté le 5 mars 2017 à 08h33 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2017

Dieu créateur du mal?

Lu sur Réponses catholiques :

"Si je pense que le mal a été créé par Dieu, par incapacité à faire autrement ou par choix, suis je chrétien?

Nous ne sommes pas là pour juger les personnes et dire qui est chrétien ou non, à partir du moment où la personne est baptisée. Nous nous efforçons en revanche de répondre aux questions des lecteurs en fonction de notre compréhension de l’Ecriture, de l’Enseignement de l’Eglise catholique et de la réflexion des théologiens.

Tout cela pour dire qu’effectivement, dans la foi chrétienne, Dieu n’est pas l’auteur du mal. Le chapitre 1 de la Genèse expose au contraire un Dieu qui crée un cosmos « bon », de la première créature (Gn 1, 4) à l’être humain, qui est même « très bon » (verset 31). En revanche, Il a créé l’homme libre et ce dernier a rapidement utilisé cette liberté pour commettre le mal (Gn 3). Un homme qui n’aurait pas la liberté de faire le mal ne serait pas vraiment libre et la liberté implique donc cette possibilité du mal.

On rétorquera que plusieurs textes de la Bible, surtout dans l’Ancien Testament, montrent Dieu faire des actes terribles. Quand on y regarde de près, ce sont soit des actes pour défendre Israël (ex : noyer l’armée égyptienne dans la Mer Rouge), soit une punition du pécheur (Samson faisant écrouler le temple de Dagon sur l’assemblée présente), soit, plus rarement, une mise à l’épreuve (Job).

Au fur et à mesure de l’évolution de la théologie, dans la Bible puis dans la Tradition chrétienne, on présente davantage le mal comme un enchaînement du péché que Dieu laisse éventuellement commettre. La pointe est qu’Il permet à la vie de traverser tout mal et qu’Il prend la défense du faible, même si c’est après coup. Cela s’applique à lui-même puisque le Christ meurt du mal déchainé contre lui. Mais Il le traverse et la vie en triomphe après-coup. Il ne nous abandonne pas dans le mal, Il est à nos côtés parce qu’Il en a lui-même été victime et Il nous précède pour le traverser, puisqu’Il est ressuscité.

Cela ne nous dit pas qui a créé le mal. La Bible dit clairement, en Gn 3 mais aussi dans le Livre de la Sagesse, Job, le Siracide, ou l’Apocalypse, qu’il y a une intelligence du mal, révoltée contre Dieu par jalousie de l’être humain, appelée parfois le Serpent, Satan (c’est-à-dire l’Accusateur), le Démon, le Dragon etc. Elle ne nous en dit pas beaucoup plus et c’est normal. Le Christ est le Logos, la Parole de Dieu, mot qui signifie « Raison » en grec. Si le Verbe de Dieu est Raison, le mal, qui est la coupure absolue de Dieu, est absurde. On n’explique pas l’absurde, on le combat."

Posté le 26 février 2017 à 08h48 par Michel Janva | Lien permanent

La place de Dieu et de l’argent chez les « ministres » et le peuple

Homélie du père Madros :

Saint Paul écrit aux Corinthiens (1 Cor 4, 1 s) : « Qu’on nous regarde comme serviteurs du Christ et intendants des mystères de Dieu ». Il s’agit des apôtres, de leurs disciples actifs dans l’évangélisation ; bref « des ministres de l’autel et de la chaire". “Ministres” ici signifie les serviteurs de l’Evangile, consacrés à cette mission. Serviteurs en principe et parfois, souvent, en fait, grâce à Dieu. Les  ministres dans la vie politique nationale sont, eux aussi, en principe serviteurs, mais la réalité nous indique que souvent ils se font servir et servent très mal leurs nations. Saint Paul utilise ici le mot « hyperétas υπηρέτας » : il dénote dans la particule « hypo » « en dessous » une certaine infériorité. Or, nous appelons nos responsables religieux « les supérieurs » ! L’autre vocable pour « intendants » : « oikonomous οικονόμους » signifie étymologiquement « économes ». Nous pouvons entrevoir la triple fonction apostolique, épiscopale et sacerdotale : la sanctification, l’enseignement et l’administration. « Or, ce qu’en fin de compte on demande à des intendants, c’est que chacun soit trouvé fidèle » ! Ah ça ! Là, nous le clergé, nous nous trouvons parfois dans de mauvais draps, précisément quand notre « fidélité », loyauté, allégeance ou honnêteté laissent beaucoup à désirer !

Tentation immédiate : de nous jeter la pierre, tout en cachant ou justifiant la négligence et les trahisons de certains laïcs, surtout les politiciens ! Le pape François ne cesse de nous fustiger. Et il a raison ! Un évêque, un prêtre pas fidèle, cela ne vaut pas la chandelle ! Nous critiquer peut être parfaitement « juste et bon », mais il y a pire : sous prétexte de notre « corruption », laisser l’Eglise et le Christianisme ! Là, ça ne va plus ! Là, la logique et une certaine honnêteté manquent dramatiquement. Ces « apostats », que nous traitons toujours gentiment, auraient raison de quitter l’Eglise et l’Evangile si ceux-ci incitaient à la malhonnêteté, à la cupidité effrénée, à la sensualité déchaînée, au terrorisme coupeur de gorges. Et ces personnes qui laissent l’Eglise rejoignent des religions ou des dénominations fondées exactement par des personnages de conduite peu reluisante qu’on se garde bien de leur faire connaître (et qu’il est « catholique » de taire, par amour du prochain !). Nous, les membres du clergé, nous portons, au moins partiellement, la responsabilité de l’ignorance de notre peuple. Mais, parfois celui-ci paralyse notre kérygme, en nous permettant à peine d’annoncer, et jamais de « dénoncer » l’erreur ! Pas étonnant que des personnes y tombent. Notre « charité mal ordonnée » aura ainsi contribué à cacher l’erreur, sous prétexte de respect et de tolérance.

Plus grave que le problème du comportement négatif de certains « ministres » de Dieu, il faut soulever la question de leur existence même ! Si vous voulez (et même si vous ne voulez pas), c’est quelque part, avec tout le respect dû à Notre-Seigneur, Maître et Sauveur, c’est sa faute à lui (!) d’avoir placé des ministres humains peccables, au lieu de continuer personnellement, du haut du ciel, à nous enseigner, sanctifier et diriger. Le premier, il avait pris le risque avec ses fameux Douze apôtres qu’on pourrait « cataloguer » ainsi (toujours avec révérence et non sans humour) : un traître et dix lâches ! Si cela vous scandalise, pensons ensemble au gros risque, le plus gros, que le bon Dieu a pris dans cette histoire de la procréation ! Le Créateur aurait pu créer directement l’humanité, comme il l’avait fait au premier « coup », avec au moins Adam ! Eh bien, il a opté pour la procréation ! Vous voyez ça d’ici ? Confier à des hommes, au masculin, plus ou moins vertueux et intelligents, et à des femmes, plus ou moins belles et vertueuses, intelligentes aussi) la transmission de la vie à des milliards de petits humains ! Pas évident que tous ces pères et ces mères (pas encore question d’éprouvette ou d’insémination) sont tous bons, beaux, saints…loin de là ! Vous n’avez qu’à voir la généalogie du Christ chez saint Matthieu : trois pécheresses de gros calibre et quelques étrangères parmi ces aïeules ! Et les aïeux (David, Salomon), ce n’est pas la fine fleur de l’ascétisme !

Morale : le Christ a voulu donner à des hommes faibles la continuation de son message de salut, de sainteté et d’annonce de la Bonne Nouvelle. Dieu continue toujours à confier à des hommes et des femmes la transmission de la vie. Et vous savez quoi : malgré tous les défauts, les vices et les péchés des parents (papa et maman bien entendu), leur union qui nous donne la vie nous fournit aussi l’équilibre et la tendresse dont nous avons besoin, ce qu’aucune éprouvette ne peut assurer, et encore moins l’union stérile entre deux personnes de même sexe (Voir le Catéchisme de l’Eglise Catholique, n. 2357).

Dieu ou « Mammon », l’Argent divinisé ! (Mt 6, 24- 34)

Jésus nous déclare : « Vous ne pouvez pas servir (ou : adorer) Dieu et Mammon. D’abord, le verbe « douleuein δουλεύειν », d’où « doulos » serviteur, esclave. Puisque seuls les esclaves travaillaient, le grec moderne appelle le travail « douleia δουλειά », esclavage.  Mais Jésus semble bien aller plus loin en utilisant probablement, en araméen, soit le verbe « ‘bad עבד » qui veut dire « faire, agir en esclave », ou, plus explicitement, comme le fait la Peshitta, « lemafleh », למפלח, « adorer, rendre un culte ». Probablement il faut prendre le mot فلاح « falah » dans l’appel du muezzin d’après l’araméen « le culte », non d’après l’arabe : « le fait de cultiver ou le succès » qui ne cadrent pas avec le contexte.

Mettant Mammon comme émule ou alternative de choix avec Dieu, Jésus nous en signale la gravité. Il est la seule chose à être dotée, même injustement et fallacieusement, de caractère divin, dans la prédication de Jésus. Il ne s’agit pas là de sa pensée, mais d’une critique implacable qu’il fait de trop d’hommes et de femmes au cours des siècles ! Et les choses ne semblent pas du tout s’arranger de nos jours, pas même dans certains cercles cléricaux, parfois haut placés! Et ce n’est pas le pape François qui va se gêner pour les dénoncer, les admonester, les surveiller et les corriger, autant que faire se peut. 

Que signifie « Mammon » ? De l’araméen « aman אמן », confier, déposer (comme l’arabe dialectal amaanah أمانة). D’autres savants rattachent le mot au verbe « taman טמן », « enfouir pour cacher », d’où la forme passive originale « matmoun », ce qui est enfoui. Toujours « l’avoir », l’argent, l’or, le « fric » (à ne pas confondre avec le froc !), le poignant. Et, avec Jean Gabin, « ne touchez pas au grisbi ! »

Dans le Siracide 31, 8, nous lisons : « Bienheureux le riche qui se garde sans tache et ne court pas après l’or ». Le substrat sémitique, hébreu et araméen, du mot « or » serait « mammon », mot indéfini. Jésus a eu l’initiative de le définir et de l’enfler (même dans un sens négatif). Rien de plus réaliste : les nations, les personnes, en général adorent l’or, l’argent, « nerf de la guerre ». Pourtant, la cupidité « racine de tous les maux » (d’après 1 Tim 6, 10), n’explique pas à elle seule le terrorisme pseudo-théocratique fondé directement sur des textes « sacrés » qui commandent de combattre et de tuer les infidèles au nom d’Allah, par exemple. Inutile de dire que de tels textes n’existent absolument pas dans le Nouveau Testament. Donc, personne n’est autorisé de parler de « terrorisme chrétien » même si des « chrétiens » ont utilisé la violence et pratiqué le terrorisme.

Conclusion

Que de « ministres » et de chefs d’Etats vendent leurs pays !

Quant à nous, ne nous attachons pas à l’argent : ni le clergé ni les laïcs. Et quand, par malheur, les ministres de Jésus crucifié comptent trop sur « l’or et l’argent », ils ne peuvent plus dire au monde paralysé : «  Lève-toi et marche ! » (Actes 3, 6).

Posté le 26 février 2017 à 08h44 par Michel Janva | Lien permanent

22 février 2017

Il y a 30 ans : Donum Vitae

Le 22 février 1987, la Congrégation pour la doctrine de la foi publiait l'instruction Donum Vitae sur le respect de la vie humaine. Extrait :

D"L'autorité politique est tenue de garantir à l'institution familiale, sur laquelle est fondée la société, la protection juridique à laquelle celle-ci a droit. Par le fait même qu'elle est au service des personnes, la société politique devra être aussi au service de la famille. La loi civile ne pourra accorder sa garantie à des techniques de procréation artificielle qui supprimeraient, au bénéfice de tierces personnes (médecins, biologistes, pouvoirs économiques ou gouvernementaux), ce qui constitue un droit inhérent à la relation entre les époux; elle ne pourra donc pas légaliser le don de gamètes entre personnes qui ne seraient pas légitimement unies en mariage.

La législation devra en outre proscrire, en vertu du soutien dû à la famille, les banques d'embryons, l'insémination post mortem et la maternité « de substitution ».

Il est du devoir de l’autorité publique d'agir de telle manière que la loi civile soit réglée sur les normes fondamentales de la loi morale pour tout ce qui concerne les droits de l'homme, de la vie humaine et de l'institution familiale. Les hommes politiques devront, par leur action sur l'opinion publique, s'employer à obtenir sur ces points essentiels le consensus le plus vaste possible dans la société, et à le consolider là où il risquerait d'être affaibli et amoindri.

Dans de nombreux pays, la législation sur l'avortement et la tolérance juridique des couples non-mariés rendent plus difficile d'obtenir le respect des droits fondamentaux rappelés dans cette Instruction. Il faut souhaiter que les États n'assument pas la responsabilité d'aggraver encore ces situations d'injustice socialement dommageables. Au contraire, il faut souhaiter que les nations et les États prennent conscience de toutes les implications culturelles, idéologiques et politiques liées aux techniques de procréation artificielle, et qu'ils sachent trouver la sagesse et le courage nécessaires pour promulguer des lois plus justes et plus respectueuses de la vie humaine et de l'institution familiale.

De nos jours, la législation civile de nombreux États confère aux yeux de beaucoup une légitimation indue à certaines pratiques; elle se montre incapable de garantir une moralité conforme aux exigences naturelles de la personne humaine et aux « lois non écrites » gravées par le Créateur dans le cœur de l'homme. Tous les hommes de bonne volonté doivent s'employer, spécialement dans leur milieu professionnel comme dans l'exercice de leurs droits civiques, à ce que soient réformées les lois civiles moralement inacceptables et modifiées les pratiques illicites. En outre, l'« objection de conscience » face à de telles lois doit être soulevée et reconnue. Bien plus, commence à se poser avec acuité à la conscience morale de beaucoup, notamment à celle de certains spécialistes des sciences biomédicales, l'exigence d'une résistance passive à la légitimation de pratiques contraires à la vie et à la dignité de l'homme."

Posté le 22 février 2017 à 09h44 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2017

Loin de gommer les identités nationales, la grâce les assume et les purifie

Le père de Blignières, fondateur de la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, livre une réflexion au sujet du catholicisme « identitaire » :

Unknown-4"Le plan de salut de Dieu aboutit à une religion dont le nom indique qu’elle est universelle : le catholicisme. Mais il commence par un homme (Abraham), un peuple (le peuple juif), une Loi (celle de Moïse). Dieu se coule dans une culture, et y tolère les rudes mœurs de l’Orient antique. En mettant un groupe singulier à part, il prépare la venue du plus singulier parmi les hommes : Jésus-Christ. La gloire fondamentale du peuple juif est de préparer singulièrement l’avènement de l’ouverture universelle maximale en l’Homme-Dieu (cf. Rm 9, 1-5). « Le monde n’est ouvert qu’à un endroit : en Jésus-Christ » (Romano Guardini, Le Seigneur).

Transcendance de la grâce et identités naturelles

Cette façon d’agir de Dieu manifeste que l’ordre surnaturel n’est réductible à aucun des aspects de l’ordre naturel. Dieu fait élection de tel peuple pour introduire dans le monde, comme un don – non comme le fruit d’un progrès de la civilisation –, le Royaume de la grâce. La grâce, qui ne sort pas de la nature, peut imprégner des formes culturelles diverses, sans rien perdre de sa transcendance. Loin de gommer les identités nationales, la grâce les assume et les purifie… avec plus ou moins de bonheur, en fonction de l’harmonie plus ou moins grande de cette civilisation avec la loi naturelle. Ainsi « la rencontre du message biblique et de la pensée grecque n’est pas un hasard » (Benoît XVI, Discours à Ratisbonne, 17 septembre 2006).

Quand saint Paul dit : « Il n’y a ni Juif ni Grec, il n’y a ni esclave ni homme libre, il n’y a ni homme ni femme ; car tous vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28), l’égalité qu’il évoque se réalise dans le Christ Jésus. Il ne nie pas les différences et la complémentarité entre l’homme et la femme (cf. 1 Co 11, 3-9 ; Ep 5, 23). Et l’égalité fondamentale des Juifs et des Grecs ne s’oppose pas au fait d’assumer leur diversité culturelle : « Avec les Juifs, j’ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs ; avec ceux qui sont sous la Loi, comme si j’étais sous la Loi, afin de gagner ceux qui sont sous la Loi » (1 Co 9, 20-21).

L’enseignement du Christ et de saint Paul

Le Christ affirme que l’ordre naturel est pleinement assumé par lui. « Je ne suis pas venu abolir mais accomplir » (Mt 5, 17), notamment le Décalogue, avec son quatrième commandement qui inculque la piété envers les parents et la patrie.

« Ce commandement implique et sous-entend les devoirs des parents, tuteurs, maîtres, chefs, magistrats, gouvernants, de tous ceux qui exercent une autorité sur autrui ou sur une communauté de personnes. […] Le quatrième commandement de Dieu nous ordonne aussi d’honorer tous ceux qui, pour notre bien, ont reçu de Dieu une autorité dans la société. Il éclaire les devoirs de ceux qui exercent l’autorité comme de ceux à qui elle bénéficie. […] L’amour et le service de la patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité » (Catéchisme de l’Église catholique, nn° 2199, 2234 et 2239).

La vertu de piété, annexe de la justice, si importante dans le monde antique, n’est donc nullement abolie par la révélation. « Que toute âme soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par lui. […] À qui l’impôt, l’impôt ; à qui le tribut, le tribut ; à qui la crainte, la crainte ; à qui l’honneur, l’honneur » (Rm 13, 1 et 7).

« L’homme est constitué débiteur à des titres différents vis-à-vis d’autres personnes, selon les différents degrés de perfection qu’elles possèdent et les bienfaits différents qu’il en a reçus. […] Après Dieu, l’homme est surtout redevable à ses père et mère et à sa patrie. […] Dans le culte de la patrie est compris le culte de tous les concitoyens et de tous les amis de la patrie. C’est pourquoi la piété s’étend à ceux-là par priorité » (Saint Thomas d’Aquin, Somme de théologie, 2a 2æ q. 101, a. 1).

La manière d’agir du Christ

Jean-Baptiste, le Précurseur, s’inscrit dans l’ordre de la société de son temps. Aux collecteurs d’impôts et aux soldats, il ne recommande pas de sortir violemment des « structures de péché », ni de se retirer au désert comme les esséniens, mais d’accomplir avec justice la mission qui leur est confiée (cf. Lc 3, 12-14).

Le Christ, tout en prêchant un Royaume qui ne tire pas son origine de ce monde (cf. Jn 18, 36), recommande l’obéissance aux autorités et le paiement de l’impôt ; il pratique le respect des coutumes de son peuple ; il observe l’intégrité d’une Loi à la fois religieuse, culturelle et politique ; il aime sa famille, ses concitoyens et sa patrie, sur laquelle il a pleuré (cf. Lc 19, 41).

« [Le Christ] a pris part aux noces de Cana, il s’est invité chez Zachée, il a mangé avec les publicains et les pécheurs. C’est en évoquant les réalités les plus ordinaires de la vie sociale, en se servant des mots et des images de l’existence la plus quotidienne, qu’il a révélé aux hommes l’amour du Père et la magnificence de leur vocation. Il a sanctifié les liens humains, notamment ceux de la famille, source de la vie sociale. Il s’est volontairement soumis aux lois de sa patrie. Il a voulu mener la vie même d’un artisan de son temps et de sa région » (Vatican II, Gaudium et spes, n° 32).

Jésus reconnaît le pouvoir des autorités de l’occupation romaine (cf. Lc 20, 25 et Jn 19, 11). Beaucoup de dignitaires de bonne volonté, civils, militaires et religieux, jalonnent l’histoire de sa vie publique, comme celle de Pierre et de Paul. Alors qu’il introduit la religion universelle, Jésus donne un bel exemple d’inculturation.

La grâce élève la nature dans toutes ses dimensions

La grâce ne détruit donc pas la nature ! Elle la purifie et s’en sert comme d’un instrument, dans toutes ses dimensions : famille, cité, profession, amitiés. Dans le recrutement des apôtres, les liens de famille ou de travail ont joué un rôle. André et Simon sont frères. Philippe est de leur ville, Bethsaïda. Jacques et Jean sont frères et associés professionnels de Simon. Le premier miracle a lieu lors d’une noce, fête par excellence de la famille et du village en Orient. Jésus est lié d’une amitié singulière avec une famille : celle de Lazare qu’il ressuscitera et de Madeleine qui sera témoin et apôtre de sa résurrection.

Dans le processus des conversions au christianisme, il y a souvent une préparation par l’amour conjugal, l’amitié, les œuvres, les courants philosophiques, les arts, les réalisations politiques ou sociales – véhiculés par la culture du futur converti. Les chrétiens doivent-ils se monter plus puristes que l’apôtre Paul sur ce chemin vers la foi que peut constituer l’amour de l’homme et de la femme (cf. 1 Co 7, 12-14) ?

On est impressionné par la variété des médiations naturelles que la grâce de Dieu daigne utiliser pour favoriser les conversions. Le grégorien et les primitifs italiens pour Willibrod Verkade (1863-1946) ; les processions de la Fête-Dieu pour Francis Jammes (1868-1938) ; Fra Angelico pour Henri Ghéon (1875-1944) ; l’attitude des catholiques devant la mort et la cohérence de la position catholique sur le magistère pour Kenyon Reynolds (1892-1989) ; la beauté de la messe et l’abnégation des chrétiens dans les bombardements de Londres pour Fred Copeman (1907-1983) ; la mosaïque de Côme et Damien pour Thomas Merton (1915-1968) ; la lecture de Maurras, Barrès et Bergson pour Henri Massis (1886-1970).

Refuser un fidéisme inhumain

S’indigner de ces cheminements comme de marques de duplicité, c’est insinuer que l’Évangile abolit la loi naturelle, qu’il balaye toutes les différences issues de cet ordre. C’est dénier le droit au Saint-Esprit d’utiliser des « signes de crédibilité » pour pénétrer les cœurs de la grâce de la foi. C’est oublier que « l’Église, à cause […] de son inépuisable fécondité en tout bien […], est par elle-même un grand et perpétuel motif de crédibilité et un témoignage irréfutable de sa mission divine » (Vatican I, Constitution dogmatique sur la foi). C’est glisser vers le fidéisme, comme si la foi ne pouvait être préparée par des signes extérieurs. Il y a là quelque chose d’inhumain.

Ce qui s’est passé dans l’histoire des hommes, depuis la venue du Christ, est bien différent : les diverses cultures, en entrant au contact du christianisme, ne se sont pas volatilisées !

« Les chrétiens, venus de tous les peuples et rassemblés dans l’Église, “ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par la langue, ni par leur façon de se comporter dans la cité” (Épître à Diognète) ; aussi doivent-ils vivre pour Dieu et le Christ selon les usages et le comportement de leur pays, pour cultiver vraiment et efficacement en bons citoyens l’amour de la patrie, pour éviter cependant de manière absolue le mépris à l’égard des races étrangères, le nationalisme exacerbé, et promouvoir l’amour universel des hommes. […] Toute apparence de syncrétisme et de faux particularisme sera repoussée, la vie chrétienne sera ajustée au génie et au caractère de chaque culture, les traditions particulières avec les qualités propres, éclairées par la lumière de l’Évangile, de chaque famille des nations, seront assumées dans l’unité catholique » (Vatican II, Ad gentes, nn° 15 et 22)

L’irruption du Royaume de Dieu dans l’histoire fait mesurer aux civilisations et leur valeur, et leur relativité. Elle n’enlève aux cultures, dans leur diversité, rien de ce qui est juste ou même indifférent pour le salut éternel des hommes. « Il n’enlève pas les royaumes temporels, celui qui donne les royaumes célestes » (Vêpres de la fête de l’Épiphanie).

L’homme est complexe, il est corporel et spirituel, et sa spiritualité elle-même est incarnée. La vie chrétienne sort (par les sacrements) de l’âme et du corps de Jésus-Christ, qui a pris toute notre humanité. Cette vie investit toute notre propre humanité. C’est ce que Charles Péguy suggère dans Ève : « Car le surnaturel est lui-même charnel / Et l’arbre de la grâce est raciné profond / Et plonge dans le sol et cherche jusqu’au fond / Et l’arbre de la race est lui-même éternel. »"

Posté le 21 février 2017 à 19h58 par Michel Janva | Lien permanent

Etranger, migrant... : les nuances de l'Ancien Testament

Extrait d'un article de Franck Jullié sur Nouvelles de France :

"La bible, dans la précision de son vocabulaire, distingue quatre mots pour décrire les étrangers : le ger (גֵּר), le toshabh (תּוֹשָׁב), le nekhar (נֵכָר), le zar (זָר).

Le ger est un habitant d’un pays qui n’est pas sa patrie. Abraham fut un ger au pays de Canaan (Gn 23.4), Moïse fut un ger au pays de Madian (Ex 2.22) et nomma son fils aîné Gershom car, dit-il, « je suis un immigré (ger) en terre étrangère (nekhar) ». Les Israélites furent des ger au pays d’Egypte (Gn 15.13).

[...]

Sur le plan spirituel nekhar peut désigner les dieux étrangers, les faux dieux (Gn 35.2,4 ; Dt 31.16 ; Jos 24.20,23 ; Jg 10.16 ; 1 S 7.3 ; 2 Ch 14.2). Ce qui comporte une connotation négative.

[...]

Le mot zar désigne ce qui est étranger dans le contexte où il est cité. Il peut signifier un sang étranger à une famille – un non Aaronite (Nb 16.40), un non-Lévite (Nb 1.51), un membre extérieur à une famille définie (Dt 25.5) – un laïc en opposition à un sacrificateur et sa famille (Lv. 22.10-13), les enfants illégitimes (Os 5.7), la courtisane assimilée à une étrangère (Pr 2.16), ce qui est profane par opposition à ce qui est saint (Ex 30.9).

[...]

Le statut de toshabh n’est pas très développé dans les Ecritures. Abraham se présente en Genèse 23.4 comme étranger (ger) et habitant (toshabh) parmi les fils de Heth : Je suis étranger (ger) et habitant (toshabh) parmi vous; donnez-moi la possession d’un sépulcre chez vous, pour enterrer mon mort et l’ôter de devant moi.

Il est possible que son sens se rapproche de celui de ger avec l’idée d’un séjour passager et non définitif. Le toshabh ne peut pas manger la Pâque (Ex 12.45) ni les choses saintes (Lévitique 22.10). La loi du Jubilé ne lui profite pas (Lv 25.45). Mais il est au bénéfice de la justice et de la protection des villes refuges en cas d’homicide involontaire (Nb 35.15).

[...]

Le théologien Eric Kayayan nous rappelle que « l’étude du contexte de l’emploi du mot ger dans l’Ancien Testament doit nous éclairer sur sa reprise contemporaine fallacieuse pour un accueil indiscriminé. En particulier le passage de Lévitique 19.33,34 se trouve cité à tout propos et surtout hors de propos dans certains cercles ecclésiastiques. Hors de propos et de contexte, dans la mesure où l’hospitalité et l’égalité de traitement avec l’étranger dans l’Ancien Testament sont intimement liées à son inclusion à divers degrés dans la communauté de l’Alliance, à sa participation aux rituels et fêtes religieuses, avec leurs interdits (Ex 12.19,48-49 ; Lv. 17.8,9 ; Nb 9.14, 15.15,26 etc.). En résumé, dans l’Ancien Testament l’immigrant est certes le bienvenu et ne saurait être opprimé (Ex. 23.9). S’il en exprime le désir (cela ne lui est pas imposé) il peut même participer à la Pâque du Seigneur dans les mêmes conditions que l’autochtone, mais en aucun cas il ne saurait devenir un vecteur d’idolâtrie, d’introduction d’une religion païenne qui contaminerait le peuple de l’Alliance. Dans Esdras 10 et Néhémie 13 une situation de paganisation de la petite communauté de Juda a atteint de telles proportions que les chefs de la communauté doivent réagir très fortement.

Il apparaît donc de ces données bibliques qu’un appel à quelques passages scripturaires plaqués artificiellement sur notre situation actuelle, occulte volontairement la dimension religieuse et cultuelle de l’assimilation de l’étranger dans l’Ancien Testament. A tout le moins ce décalque artificiel a pour but de remplacer la religion biblique et ses exigences éthiques et cultuelles (aussi bien pour l’autochtone que l’immigrant) par une religion humaniste sécularisée : dans la mesure où les lois de la République y font office de Loi suprême, les immigrants qui accepteraient de s’y soumettre peuvent (devraient) être mis sur le même pied que les immigrants dans l’Ancien Testament. Nous avons naturellement là affaire à un christianisme non-doctrinal étranger à la parole de Dieu »."

Posté le 21 février 2017 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

19 février 2017

21 février à Béziers : le péché peut-il être mignon ?

Capture d’écran 2017-02-19 à 19.56.18

Posté le 19 février 2017 à 21h54 par Michel Janva | Lien permanent

Mercredi 22 février : adoration de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney

Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney propose une adoration eucharistique pour consoler le Cœur Sacerdotal de Jésus des outrages eucharistiques et des fautes sacerdotales.
A saint Joseph de Pont-du-Las (entrée sur la gauche), mercredi 22 février, de 20h à 22h 
L'adoration est dirigée par l'abbé Lambilliotte, aumônier nommé par monseigneur Rey.
 
D'autre part, une récollection, ouverte à tous, est proposée également, le vendredi 7 avril  de 9h à 16h, toujours au Pont-du-Las. 2 conférences, messes, confessions, adorations.
Inscription au 06.59.64.68.47
TéléchargementRappel de ce qu'est l'Alliance St Jean-Marie Vianney, constituée de deux branches, les membres priants et les membres jeûneurs :
  1. Une prière quotidienne d’engagement unissant les différents membres. Cette prière est le seul engagement obligatoire à tous.
  2. Membres jeûneurs, pas plus d’une fois dans la semaine. Le jeûne est plus puissant que les discours.
  • Jeûne de l’Eglise,
  • Jeûne au pain et à l’eau,
  • Récitation de la prière de l’Alliance tous les jours.

       3. Les membres priants

  • Récitation de la prière de l’Alliance tous les jours (voir ci-dessous). Leurs prières ne sont pas exclusivement réservées pour le sacerdoce.
  • Offrande d’une journée de leur semaine pour les intentions de l’Alliance et tout spécialement pour demander de saintes et nombreuses vocations.
  • Les autres jours, ils peuvent continuer à faire de petits sacrifices. 
Prière de l'Alliance
 
Mon Dieu,
Avec saint Jean-Marie Vianney, je vous prie pour tous vos prêtres.
Je vous demande pour eux la sainteté.
Je vous demande qu'ils aiment profondément leur sacrifice et qu'ils le vivent avec amour.
Je vous demande pour eux l'obéissance, l'esprit de détachement, une inaltérable et limpide chasteté, ainsi que l'abnégation, l'humilité, la douceur, le zèle, le dévouement.
Je vous demande qu'aucune âme ne les approche sans vous aimer d'avantage.
Je vous demande, mon Dieu, de semer par eux dans le monde, des grâces mariales, qui révèlent à quel point Marie est notre Mère.
Et pour qu'il en soit ainsi, pour que votre règne s'étende et s'affermisse par eux sur la terre, Je vous promets, O Jésus, de m’immoler avec Vous, de tout mon cœur.
 Ainsi soit-il.

Posté le 19 février 2017 à 21h25 par Marie Bethanie | Lien permanent

Jésus : sagesse et salut ; l’Evangile : solution des conflits !

Homélie du P. Madros :

“Aime ton prochain”; “Ne hais pas ton frère”: ces deux recommandations ou commandements de Dieu dans le Lévitique signifiaient l’ordre de vouloir le bien du coreligionnaire et du compatriote. La base sociologique et ethnique hébraïque de cette solidarité et de cette bienveillance fraternelle réside dans l’arrière-fond de la vie pastorale. Le « prochain » (en araméen qriv קריב, et l’invariable grec πλησίον), pour les Hébreux, était le berger-compagnon (ou « copain ») : berger « ro’eh », prochain « r’eh » רעה. Et les deux vocables s’écrivent avec les mêmes voyelles. Nous voyons clairement la différence abyssale entre l’interprétation vétérotestamentaire et celle de Jésus pour qui tout être humain, même le Samaritain (proverbialement stupide, d’après Siracide 50, 26) est notre sœur et frère (Luc 10, 25 s), et les lointains deviennent proches « dans le sang du Christ » (Eph 2, 13) ! Comme le souhaitait saint Paul, « la bienveillance ou la modération  (des peuples de tradition chrétienne) est manifeste à tous les hommes » (Phili 4,5). Sans détours, les Etats chrétiens sont les plus philanthropiques, les plus altruistes (parfois sans discernement suffisant). Et « la charte universelle des droits de l’homme » a l’Evangile comme source, reconnue ou niée! En d’autres mots, « la civilisation (typiquement chrétienne et évangélique) de l’amour » (l’inoubliable Jean-Paul II).

La sagesse fallacieuse et folle de ce monde (1 Cor 3, 16 – 23)

Les peuples sont souvent les victimes de la « diplomatie » de leurs dirigeants ! En arabe, un proverbe dit : « La logique et le discours des villages ne conviennent pas à ceux des palais »"حكي القرايا بيجيش على حكي السرايا. Les citoyens veulent tout simplement vivre ; les chefs militaires faire des guerres ; les politiciens avoir des acquisitions, quitte à ruiner leurs peuples,  et obtenir des voix, « regardant plutôt les prochaines élections que les prochaines générations ». Là réside la différence entre « un homme d’Etat » et un politicien.

Au fond, ce n’est pas Jésus qui est un « illuminé » (mais l’Illuminateur) ; pas utopique ni rêveur inguérissable mais ce sont plutôt les « puissants de ce monde »  qui s’imaginent triompher en voulant  les biens  de ce monde non le bien des peuples ! Quelle folie que les guerres mondiales, internationales et civiles ! « Aimez vos ennemis » ne relève pas de la chimère ni d’un pacifisme ou irénisme béat mais du véritable secret de « vaincre le mal par le bien », « en tendant l’autre joue », non par faiblesse ni par lâcheté, mais comme provocation du mal et du méchant ! D’ailleurs, pas plus tard qu’il y quelques mois, un ministre hébreu n’a pas hésité à déclarer, en faisant allusion à l’Evangile : « Nous autres, nous ne tendons pas à tendre l’autre joue ». Alors quoi ? Toujours « l’œil pour œil » et le « dent pour dent »   de Hamourabi (18ème siècle avant Jésus-Christ) et de l’Exode (21, 23- 25). Et le fait que le Coran réaffirme la loi du talion ne facilite pas la réconciliation et le pardon.

« L’autre joue » !

Jésus a voulu dire qu’il ne faut pas répondre à l’agression et à la violence par l’agression et la violence, arrêtant la transgression à peine née. Le Christ a l’air de dire : « Provoquez le méchant en le regardant bien dans les yeux, en lui faisant sentir son tort, et jamais en descendant à son niveau (ce qu’il souhaite inconsciemment ou sciemment !) » Pas question d’être vil ou imbécile. Pas question de renoncer à nos droits moraux et religieux car ils sont ceux de Dieu. Pas question de laisser faire quand notre foi, notre dignité et notre honneur sont menacés. Notre réaction doit toujours être pacifique, mais ferme. Notre « amour pour le prochain » et le lointain ne doit pas dégénérer en suicide stupide et traître, étant tenus « à la perspicacité du serpent et à la douceur de la colombe » en faisant face aux « loups » (Mt 10, 16). Renonçant à l’épée « inique » de l’agression (saint Sophrone de Jérusalem décrivait ainsi l’invasion sarrasine de la Terre Sainte), nous avons droit à l’épée de la légitime défense (Luc 22, 36), sans laquelle nous serions non charitables mais bornés, non courageux mais téméraires, « tentant Dieu » !

Conclusion

Le président Trump utilise assez souvent la Bible. Nous lui conseillons timidement non seulement de citer l’évangile de ce jour, mais de veiller à son application. C’est d’ailleurs ce même « Evangile de la paix » qui, seul, a mis fin à des décades sinon des centenaires d’hostilité entre beaucoup de pays européens et américains ! Il suffit de penser à la France et l’Allemagne, d’un côté, et l’Angleterre, d’un autre. Jean-Jacques Walter l’a noté avec objectivité : « A la longue, les peuples suivent leurs religions qui, un peu à la fois, les changent en mieux ou en pire, selon l’éthique proclamée par leurs livres saints» !

Le nouveau président américain avait exprimé la ferme volonté de mettre fin au conflit israélo-palestinien, entre autres. La recette évangélique, idéale non utopique, reste valide : « aime ton ennemi, puisque, lui aussi, est ton prochain ; plus de vengeance ni vengeance de la vengeance, à n’en plus finir, mais  « pardonner soixante-dix fois sept fois ». Et pour parler anglais : « Forget, forgive » : « Oublier et pardonner ! » Laisser l’avenir vaincre le passé ; les vivants vaincre les morts, et « que la paix de Dieu (ce fameux  שלום« shalôm » plus souhaité que réalisé), qui dépasse toute intelligence (donc, inutile de faire les malins !) prenne sous sa garde vos /nos cœurs et nos/vos pensées » (Phili 4, 7). Notre ex-pharisien de Saul n’hésite pas à ajouter, en concluant « dans le Christ Jésus » ! La majorité des habitants de la Terre Sainte ne croient pas en Jésus-Christ ! Est-ce triomphaliste, exagéré et méchant de dire que c’est là précisément la cause de la perpétuité du conflit ? Et ceci peut s’appliquer aux autres guerres civiles de la région. En laissant à tous leur liberté religieuse, quelle splendeur si on prenait Jésus, pas nécessairement comme Seigneur et Sauveur, mais au moins maître de vie et de mort, théoricien et modèle de l’amour et de la paix !

Et au moins nous, « nous sommes ses témoins » !

Posté le 19 février 2017 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent

Quand on n’apprécie pas le pape est ce péché ?

De Réponses catholiques :

"Ce serait peut-être un peu audacieux de répondre « des goûts et des couleurs » pour ce qui est d’apprécier ou non le Pape mais l’appréciation prise au sens du sentiment est une passion humaine. Apprécier ou non le Pape n’a donc rien à voir avec la foi et, par conséquent, le péché. On peut beaucoup aimer tel Pape, moins un autre, trouver celui-là ennuyeux, cet autre incompréhensible ou encore un autre génial. Peu importe.

Ce qui relève tout de même de la foi catholique est d’abord le respect qu’on lui doit. L’attaquer, cela oui, c’est un péché. L’attaquer physiquement est même un péché très grave qui ne peut être pardonné que par une confession par un prêtre spécialement mandaté par la Curie, à Rome.

En outre, la foi catholique implique d’adhérer au Magistère de l’Eglise. Il y a des degrés d’importance dans les types de documents Magistère mais les enseignements du Pape en font partie. La tiédeur dans l’adhésion à ses commentaires footballistiques lors d’une interview ne sera peut-être pas prise au sérieux comme péché dans un confessionnal. Le rejet d’une exhortation apostolique ou d’une encyclique, cela est autrement plus grave.

Dans l’encyclique Veritatis splendor, Saint Jean-Paul II rappelle l’Enseignement constant de l’Eglise : chaque catholique agît, en dernière instance, selon sa conscience. Encore faut-il que cette conscience soit formée, le terme employé est même « conformée », à l’Enseignement de l’Eglise. Concrètement, avant d’être en désaccord avec le Magistère, le fidèle doit :

– Se former, lire les textes en question, le Catéchisme, les Ecritures etc

– S’informer, discuter avec des personnes compétentes telles qu’un prêtre, des théologiens, un accompagnateur spirituel

– Se conformer, prendre en compte ce que dit l’Eglise, et, si son opinion ne peut s’accorder avec le Magistère, voir ce qui contribue à scandaliser ses frères ou au contraire les édifier. Par exemple, exprimer son désaccord avec le Pape dans une lettre ouverte dans des media peu respectueux des chrétiens ou une pétition sur Twitter contre le Pape, ce n’est pas la même chose qu’un commentaire argumenté et appuyé sur des théologiens et des textes bibliques dans une séance de disputatio d’une faculté de théologie

Donc la question n’est pas d’apprécier ou non le Pape. Elle est de l’écouter."

Posté le 19 février 2017 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

18 février 2017

Dieu est désigné par le même mot en arabe et en français mais le Dieu du Coran n’est pas celui de la Bible

Dans le nouveau numéro de Clarifier, Annie Laurent revient sur la manière d’écrire « Dieu » lorsqu’il s’agit de celui des musulmans

Jesusissa2-450x255"(...) Autrement dit, en français, faut-il dire « Allah », comme le font la plupart des auteurs d’écrits relatifs à l’islam ? La réponse à cette question ne va pas de soi car l’écriture choisie – Dieu ou Allah – sous-entend une expression théologique spécifique. Nous prolongeons cette analyse en abordant un sujet connexe mais lié au précédent thème : que signifie Issa, retenu par le Coran pour désigner Jésus, Fils de Dieu pour les chrétiens ?

Si l’on veut respecter la logique linguistique, il convient de dire « Dieu » lorsqu’on s’exprime en français, comme on dit Deus en latin, Dio en italien, God en anglais, Gott en allemand, etc.

« Allah » est un terme sémitique antérieur à l’apparition de l’islam, au même titre qu’« Eloah » en hébreu (« Elohim » étant le pluriel de majesté) et « Elah » en araméen. Provenant de la racine étymologique El ou Al, il désigne toute divinité quelle qu’elle soit, sans rapport nécessaire avec le monothéisme. Il est parfois incorporé dans un prénom. Ainsi, selon la biographie de référence de Mahomet, rédigée par Ibn Hichâm, le père du prophète de l’islam, Mahomet, qui professait l’une des religions païennes en vigueur à La Mecque au VIIe siècle, se nommait Abdallah, c’est-à-dire « Serviteur du dieu ». (Cf. La vie du prophète Mahomet, Fayard, 2004).

Le nom « Allah » résulte de la contraction de l’article al- et du substantif ilâh (« divinité »). L’article semble avoir été ajouté pour signifier le caractère unique de ce Dieu (« Le Dieu ») et exprimer le monothéisme intégral, comme le suggère le Coran.

« Dis : “Lui, Dieu est Un, Dieu ! L’Impénétrable ! Il n’engendre pas ; Il n’est pas engendré, nul n’est égal à Lui” » (112, 1-4).

Ce verset comporte une réfutation implicite de la foi des chrétiens en la divinité de Jésus-Christ, le Verbe incarné, et en la Trinité. Dans un souci de cohérence théologique, les chrétiens de langue arabe, lorsqu’ils font le signe de la Croix, disent : « Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, le seul Dieu ». C’est aussi pour eux une manière de témoigner de leur foi monothéiste auprès des musulmans qui leur reprochent parfois leur « trithéisme ».

Allah n’est donc pas un nom propre à l’islam, c’est « Dieu » écrit en langue arabe. Comme leurs compatriotes musulmans, les chrétiens arabophones prient aussi Allah ; et ceci même si le nom ne reflète pas une réalité doctrinale identique puisque, dans l’islam, le Dieu unique est résumé par le dogme de l’unicité (Tawhîd) – un Dieu Un et seulement Un -, tandis que, dans le christianisme, Dieu s’est révélé comme Un en Trois Personnes, ainsi que l’exprime le dogme de la Trinité.

Pourtant, depuis plusieurs années, des militants islamistes contestent aux chrétiens le droit de dire « Allah ». Pour eux, ce nom doit être réservé au Dieu du Coran. En Malaisie, où les chrétiens représentent 9 % des 28 millions d’habitants, l’affaire a défrayé la chronique à partir de 2007, après une décision du ministère fédéral de l’Intérieur interdisant l’usage du vocable « Allah » dans le journal catholique The Herald. Suite à divers recours en justice introduits par l’Église locale, certains lui ayant donné satisfaction, la Cour suprême de Kuala Lumpur a tranché par un arrêt définitif du 21 janvier 2015, confirmant la décision du ministère.

Pour leur part, les traducteurs francophones du Coran écrivent tantôt « Dieu » (cf. Denise Masson, Folio-Gallimard ; M. Savary, Garnier Frères ; Sami Aldeeb Abou-Sahlieh, L’Aire), tantôt « Allâh » (cf. Régis Blachère, Maisonneuve & Larose ; Édouard Montet, Payot). Des traducteurs musulmans eux-mêmes écrivent « Dieu » (cf. Cheikh Boubakeur Hamza, Enag Éditions).

Cependant, afin d’éviter toute confusion théologique et toute vaine querelle, il nous semble aujourd’hui préférable d’utiliser le substantif « Allah » lorsqu’on évoque le Dieu des musulmans. Et ceci vaut pour toutes les langues. Mais, nous ne sommes plus ici dans une logique sémantique. 

Si les chrétiens arabophones prient Dieu avec le même nom que les musulmans, il n’en va pas de même pour Jésus. Tous refusent Issa (prononcer Aïssa) que le Coran donne à Jésus. Ce nom est pour eux une falsification, celui de Jésus en arabe étant Yasû’. Les chrétiens vivant en Arabie avant l’islam ont continué à appeler ainsi Jésus après l’apparition de cette nouvelle religion, et ceci jusqu’à leur disparition de ce territoire ; ceux du Levant, bien qu’arabisés, ont conservé le mot araméen en vigueur dans leur idiome antérieur, celui que parlait le Christ. Il s’agit de Yassouh ou Yessouah. Ce nom signifie « Yahvé sauve ». Jésus est donc Dieu. Cette vérité est d’ailleurs explicite dans l’Évangile selon saint Matthieu lorsque l’Ange du Seigneur dit en songe à saint Joseph : « Tu l’appelleras du nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21).

Pourquoi le Coran n’a-t-il pas adopté l’écriture arabe, Yasû’, pour nommer Jésus ? La raison en est fondamentale. Elle tient à l’identité que l’islam lui donne.

Dans les cultures sémitiques, le nom porté par une personne n’a rien d’anodin, comme l’a démontré le Père Antoine Moussali, lazariste libanais (1921-2003) :

 Donner un nom à quelqu’un ou à quelque chose, c’est nommer son essence, ce qui le caractérise en propre, ce qui le personnifie […]. L’emprise est tellement forte que l’on serait tenté de direque ce n’est pas l’individu qui porte le nom, mais le nom qui porte l’individu. Être, à la manière humaine, c’est être nommé. » (La croix et le croissant, Éditions de Paris, 1997, p. 43).

Or, le nom coranique de Jésus, Issa, est dépourvu de toute signification. Celui qui le porte n’est qu’un prophète parmi d’autres, même s’il jouit d’une position éminente et singulière. Le Coran le présente en effet comme « le Prophète de Dieu, sa Parole qu’il a jetée en Marie, un Esprit émanant de lui » (4, 171). Et, même s’il est décrit comme « Parole de Vérité » (19, 34, « fortifié par l’Esprit de sainteté » (2, 253), il s’efface devant Mahomet, le « sceau des prophètes » (33, 40), dont il annonce d’ailleurs la venue (61, 6).

L’intention qui préside à ce vide nominatif est évidente : Issa ne saurait donc prétendre à une mission salvifique, laquelle ne peut appartenir qu’à Dieu. Or, pour les musulmans, malgré ses attributs, Jésus n’est pas Fils de Dieu. Le Coran est intransigeant à ce sujet.

« Dieu est unique ! Gloire à Lui ! Comment aurait-il un fils ? » (4, 171) ;

« Créateur des cieux et de la terre, comment aurait-il un enfant, alors qu’il n’a pas de compagne, qu’il a créé toute chose et qu’il connaît tout ? » (6, 101) ;

« Il ne convient pas que Dieu se donne un fils » (19, 35).

Issa nie lui-même se faire passer pour une divinité. « Dieu dit : “Ô Jésus, fils de Marie ! Est-ce toi qui a dit aux hommes : Prenez, moi et ma mère, pour deux divinités, en dessous de Dieu ?” Jésus dit : “Gloire à toi ! Il ne m’appartient pas de déclarer ce que je n’ai pas le droit de dire. Tu l’aurais su, si je l’avais dit. Tu sais ce qui est en moi, et je ne sais ce qui est en toi” » (5, 116).

Par ailleurs, si « Messie » (Masîh) remplace Issa dans onze versets (p. ex. : « Ceux qui disent : “Dieu est, en vérité, le Messie, fils de Marie”, sont impies », 5, 17), cet attribut, interprété par certains commentateurs musulmans comme un titre d’honneur et par d’autres comme la marque d’une onction divine l’ayant préservé de l’influence de Satan (1), est étranger à la vocation de Jésus telle qu’elle est décrite dans les récits évangéliques. Pour l’académicien Roger Arnaldez (1911-2006), « cette qualification de Messie n’est plus alors en relation avec la mission que Jésus doit remplir parmi les hommes ; elle est une marque apposée sur lui dans sa relation avec Dieu et le monde angélique » (Jésus, fils de Marie, prophète de l’islam, Éd. Desclée, 1980, p. 87). Autrement dit, il s’agit d’un Messie sans messianisme. 

Dieu est désigné par le même vocable en arabe et en français, mais le Dieu du Coran n’est pas celui de la Bible.

Quant à Jésus, s’il n’est pas rare d’entendre des musulmans francophones affirmer qu’ils croient en lui, son nom coranique, Issa, ne désigne pas le Christ de l’Évangile.

Ces précisions peuvent être utiles à des chrétiens soucieux d’un dialogue sans confusion avec des musulmans. Il est certain que Jésus est au cœur d’une controverse doctrinale irréconciliable entre christianisme et islam. Mais, aujourd’hui, certains fidèles de cette religion sont fascinés par la figure énigmatique, voire mystérieuse, de Issa, qui se présente dans le Coran comme un prophète, certes musulman, mais aussi comme « un Signe pour les mondes » (21, 91), « illustre en ce monde et dans la vie future, il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu » (3, 45), ayant aussi bénéficié de privilèges exceptionnels, notamment sa conception miraculeuse dans le sein virginal de Marie (19, 20) et sa capacité à résister aux tentations du démon, avantages dont même Mahomet a été privé (2).

Posté le 18 février 2017 à 11h09 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (0)

17 février 2017

L'ouvrage "L'avortement vu par un prêtre exorciste" sera-t-il interdit ?

Livre_affiche_83Le Frère Christian de la Vierge publie ce mois-ci un témoignage sur l'avortement, vu par un prêtre que le ministère de compassion, confié par son évêque, a amené à rencontrer beaucoup de femmes blessées profondément dans leur cœur, leur psychisme, leur comportement familial et leur vie spirituelle, ne sachant d'où provenaient les troubles profonds qui les tourmentaient, les attribuant parfois à des causes occultes (sortilèges, maléfices ou "esprits mauvais").

Le livre se compose de deux parties :

  • Le point de vue psychologique (Les étapes de la guérison. Le repentir et le pardon. Doit-on garder le secret sur l'avortement ? La guérison des survivants de l'avortement dans la fratrie.) 
  • Essai théologique sur l'avortement (Gravité de l'acte. Atteinte à la paternité de Dieu. Atteintes à l'Immaculée Conception et à l'Incarnation…)

A la fin de l'ouvrage, figure une présentation de l'Association "Choisir la vie - Isère". Quelques informations pratiques sur les pèlerinages pour la vie dans deux sanctuaires. Prière pour les enfants à naître.

Cet ouvrage passera-t-il le cap de la censure instaurée par Laurence Rossignol ?

Posté le 17 février 2017 à 17h51 par Michel Janva | Lien permanent

12 février 2017

Le Seigneur de la gloire, crucifié, a accompli Loi et Prophètes

Homélie du père Madros :

"Les « princes de ce monde » (1 Cor 2, 6 s)

Ces « arkhontes αρχόντες » ne se rendent pas compte, en méprisant et en tuant Jésus de Nazareth qu’il est, lui, le « Principe » Αρχή « arkhè », de toute la création, le « Conseiller, le Dieu fort » prophétisé par Isaïe, « le prince de la paix » aussi (Is 9, 5). « S’ils avaient connu (la sagesse mystérieuse de Dieu), ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire » ! Ils ne seraient donc pas devenus « déicides ». Le mot est exact, puisque dans un seul Etre la divinité s’était incarnée. Mais, toujours attention ! On ne tue pas Dieu mais la nature humaine de Jésus « où habite toute la plénitude de la divinité corporellement » (Col 2, 9).

Une double falsification (supplémentaire) dans « la traduction du monde

Non seulement ce dernier verset a été falsifié chez les Témoins de Jéhovah, mais il faut encore relever dans 1 Cor 2, 8 deux manipulations  significatives, anti-croix et anti-divinité du Christ, dans ce passage de leur « Bible » : « S’ils l’avaient connue (la divine sagesse) ils n’auraient pas attaché sur un poteau (au lieu de : crucifié) le Seigneur glorieux » ! D’arrière-fond judéo-hébreu, la dénomination américaine a d’abord décidé d’évacuer, de balancer « la croix » et ses dérivatifs. Jésus n’aurait été qu’attaché, exactement comme le Talmud babylonien écrit (Sanhédrin 43 a), sur un « poteau » pas davantage identifié ! Ensuite, cette dénomination antichrétienne,  bien consciente que « le Roi de la gloire » (Ps 24 (23), 10), ne peut qu’être le Seigneur de la gloire : Yahvé lui-même, alors, dans leur version, elle ne fait du Christ qu’un Seigneur « glorieux » non plus le roi, le Seigneur par excellence de la gloire.

Puissants de ce monde et Christ crucifié !

Une autre conclusion pratique : la guerre menée par les « grands de ce monde » contre le Christ. Officiellement, ils avaient réussi à le bannir de la vie publique, sous prétexte de laïcité. Ils ont fait des lois contraires aux Dix Commandements et à l’Evangile. Beaucoup de personnes font le jeu de ces lois et de cet antichristianisme d’Etat. Mais, la voix de Jésus se fait toujours entendre dans les consciences, pour la bonne raison qu’elle est gravée dans le cœur humain, le bon sens et le b a ba de la décence. Sa grâce continue à toucher les cœurs les plus endurcis. Comme l’enfant prodigue, l’amertume de la déception, le malheur des plaisirs mondains, le vide, « la nausée », font revenir beaucoup de gens au Seigneur, surtout en l’occasion d’un désastre, d’une maladie, et à l’approche de la mort. N’est-ce pas le cas, sans triomphalisme, de citer l’aveu navré de l’empereur Julien l’Apostat : « Nazaréen, tu as vaincu ! » ? Mais le Seigneur compte aussi sur nous, sur notre prière, notre repentir, notre témoignage, et notre évangélisation, pour que « son règne vienne et que sa volonté soit faite ». Et « malheur à nous si nous n’évangélisons pas » !

Seigneur absolu de la gloire infinie, législateur de l’absolu des Commandements (Mt 5, 15 s)

« Je ne suis pas venu abolir la Loi ni les prophètes… je suis venu pour accomplir ». Ce verbe signifie « remplir » (d’après l’araméen), compléter ce qui manquait, non pas de la part de Dieu mais de la disponibilité humaine à l’accomplir pleinement. Il veut dire aussi « porter à la perfection » ce qui était imparfait, encore une fois pas de la part de Dieu mais de la part des hommes, spirituellement et moralement enfants.

« Tu ne tueras pas ! »

Jésus prend le mal à sa racine non pas seulement dans ses conséquences néfastes. Le meurtre résultant de la colère, le Christ s’empresse de condamner l’emportement générateur d’homicide et de génocide. Avec Jésus, les bémols, les concessions, les relativisations du Commandement tombent : en effet, dans la loi mosaïque, on pouvait et on devait tuer les apostats, les adultères mariés, ceux qui n’honorent pas leurs parents… Jésus n’abolit pas le Commandement mais lui rend son absolu : « Tu ne tueras jamais en aucun cas », d’où la lutte du Saint-Siège contre la peine de mort, l’avortement, l’euthanasie…

Un minimum d’objectivité nous oblige à constater, avec tout notre amour pour nos frères non chrétiens, que le commandement de tuer se trouve dans des Livres sacrés pour certaines religions. Il ne faut donc pas s‘étonner si des adeptes appliquent ces textes. Manifestement, ils n’ont pas eu la lumière du Christ. Prions et agissons dans la charité et la clairvoyance, annonçant discrètement « l’évangile de la paix » !

Conclusion

A lui seul, le commandement de tuer qui se trouve en dehors du Nouveau Testament devrait nous préoccuper. Persister à ignorer les textes ne résout pas le problème. Il y a un grave problème de conscience et un conflit incessant et crucial entre ce commandement et la bienveillance envers les autres, ainsi que le désir authentique d’intégration et d’évolution.

Que le Seigneur de la gloire nous aide vraiment non seulement à abolir de nouveau la crucifixion et les autres peines capitales, mais aussi à vivre en paix et à calmer et dissuader les personnes théocratiquement assoiffées de sang ! Répétons, comme dans chaque messe : « Délivre-nous, Seigneur, de tout mal, et donne la paix à notre temps ! »

Posté le 12 février 2017 à 10h23 par Michel Janva | Lien permanent

La Dévotion Mariale des Saints (2ème partie)

Une vidéoformation proposée par Notre Dame de chrétienté :

Posté le 12 février 2017 à 08h47 par Michel Janva | Lien permanent

09 février 2017

Ordination des femmes : une revue proche du pape sème la confusion

D'habitude, ce genre de confusion est diffusée par la presse moderniste voire non chrétienne. Mais là, il s'agit de la revue La Civilta Cattolica, dirigée par le jésuite Antonio Spadaro, proche du pape François. Normalement, les articles publiés dans cette revue sont systématiquement relus par la Secrétairerie d'Etat. La confusion est donc immense. Le pape François a déclaré, lors de son retour de Suède et des célébrations du cinq-centenaire de la révolte de Luther :

« Pour ce qui est de l’ordination des femmes dans l’Eglise catholique, saint Jean-Paul II a eu le dernier mot, et il reste d’actualité ».

Point final ? Dans la dernière livraison de La Civilta Cattolica, le rédacteur en chef délégué, le P. Giancarlo Pani conteste cette parole définitive, comme le suggère déjà le titre de son article : « On ne peut pas simplement se référer au passé ». Le P. Pani est très proche du père Spadaro. Voici son raisonnement.

Dans Ordinatio Sacerdotalis, rappelle le P. Pani, Jean-Paul II affirmait de manière « définitive » que l’Eglise n’a aucune autorité « pour conférer l’ordination sacerdotale aux femmes ». La Congrégation pour la doctrine de la foi, interpellée peu après, confirmait que cela appartient au dépôt de la foi, vérité infaillible à laquelle tous les fidèles sont tenus d’adhérer.

L’article du P. Pani évoque ensuite les « difficultés » liées à cette réponse à travers les « tensions dans les relations entre le magistère et la théologie à propos des problèmes liés » :

Unknown-22« Ceux-ci sont relatifs à la théologie fondamentale de l’infaillibilité. C’est la première fois dans l’histoire que la Congrégation a fait explicitement référence à la constitution Lumen Gentium n°25, qui proclame l’infaillibilité d’une doctrine enseignée comme liant définitivement les fidèles par les évêques dispersés à travers le monde, mais en communion à la fois entre eux et avec le successeur de Pierre. En outre, la question touche à la théologie des sacrements, parce qu’elle concerne le sujet du sacrement de l’ordre, qui traditionnellement est en effet l’homme, mais cela ne prend pas en compte les développements relatifs à la présence de la femme dans la famille dans la société au XXIe siècle. C’est une question de dignité ecclésiale, de responsabilité et de participation ».

« Le fait historique de l’exclusion de la femme du sacerdoce en raison de l’“impedimentum sexus” est indéniable. Néanmoins, dès 1948, est donc bien avant les des années 1960, le P. Congar avait souligné que “l’absence n’est pas un critère décisif permettant de conclure prudemment dans tous les cas que l’Eglise ne peut le faire et qu’elle ne fera jamais” ».

« En outre, ajoute un autre théologien, le “consensus fidelium” vieux de nombreux siècles a été remis en question au XXe siècle, principalement en raison des profonds changements socioculturels concernant la femme. Cela n’aurait pas de sens de soutenir que l’Eglise doit changer simplement parce que les temps ont changé, mais il reste vrai que doctrine proposée par l’Eglise a besoin d’être comprise par l’intelligence qui croit. La dispute sur les femmes prêtres aurait trouvé son parallèle dans d’autres moments de l’histoire de l’Eglise ; en tous les cas, aujourd’hui, pour la question du sacerdoce des femmes, les “auctoritates”, présentation officielle du magistère, sont clairs, mais de nombreux catholiques trouvent difficile de comprendre les “rationes” qui, plutôt que des expressions de l’autorité, semblent relever de l’autoritarisme. Aujourd’hui, il y a un malaise parmi ceux qui ne parviennent pas à comprendre comment l’exclusion de la femme du ministère de l’Eglise peut coexister avec l’affirmation et l’appréciation de son égale dignité ».

Sans plaider ouvertement pour l’ordination des femmes, l’article emploie un langage chargé : parler d’« autoritarisme » plutôt que de faire référence à tout l’enseignement profondément raisonné de l’Eglise, c’est un signe qui ne trompe pas. De même, le titre de l’article montre clairement la direction où l’on veut aller. Enfin, la remise en cause de l’infaillibilité et des certitudes théologiques montre que le père Pani veut aller beaucoup plus loin. Le P. Pani précise d’ailleurs :

« On ne peut pas toujours se référer au passé, comme si on ne pouvait trouver les indications de l’Esprit que dans le passé. Aujourd’hui aussi, l’Esprit guide l’Eglise et suggère la prise en compte courageuse de nouvelles perspectives ».

Posté le 9 février 2017 à 08h36 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2017

« Hors de l’Eglise point de salut »

Lu sur Réponses catholiques :

"« Hors de l’Eglise, point de salut ». Nombreux semblent omettre cet adage dogmatique qui les dérange, car non conforme à leur fausse conception de la vérité et de la miséricorde.

Il est important de remettre cette citation de St Cyprien de Carthage dans son contexte car, effectivement, elle en dérange plus d’un. Mais peut-être pas celui qu’on croit.

Rappel des faits : au IIIe siècle, une persécution très dure s’abat sur les chrétiens de Carthage. Plusieurs acceptent d’accomplir les rituels religieux pour l’Empereur, estimant que cela ne les engage pas à grand-chose vu qu’ils gardent la foi dans leur cœur. D’autres, effrayés, abandonnent effectivement le christianisme. L’évêque Cyprien part se mettre à l’abri à l’extérieur de la ville.

La situation se calmant, Cyprien revient et certains lapsi (ceux qui ont accepté de sacrifier dans les temples) reviennent aussi à l’église. Sauf qu’entretemps, des chrétiens fervents ont tenu bon dans la persécution et sont scandalisés que les lapsi soient réintégrés après avoir renié leur foi et que Cyprien reprenne sa charge d’évêque alors qu’il est allé « se planquer ». Ce groupe a d’ailleurs élu et ordonné un autre évêque. Ils sont donc de facto en schisme.

Après discernement, ce qui allait devenir l’Eglise catholique, la « Grande Eglise », comme disent les historiens, avait en effet accepté de réintégrer les lapsi repentants, après un temps de pénitence sévère. Au grand dam de groupes radicaux qui ont créé de ce fait plusieurs églises dissidentes et ont ouvert le champ à bien des hérésies (de Novatien, donatiste etc).

En disant « hors de l’Eglise point de salut », Cyprien vise deux publics :

–   Ceux qui sont tentés d’abandonner la foi chrétienne par peur des persécutions. Il leur signifie qu’ils ne trouveront rien répondant à leurs aspirations spirituelles ailleurs et que, certes, ils sauveront leur vie mais elle sera misérable et sans espérance

–  Ceux qui quittent une église qu’ils jugent trop laxiste. En devenant schismatiques, ils quittent les promesses de salut que le Christ a donné pour mandat de transmettre à son Eglise.

Notons qu’à aucun moment, il n’est question ici des païens et des Juifs. Leur salut est une autre affaire et n’est pas qualifié ici. C’est le Concile de Vatican II qui tranchera ce débat, en particulier avec Nostra Aetate. Partant du fait que ceux qui n’ont jamais été chrétiens ne sont pas concernés par ce genre d’assertion, il s’est fondé sur différents points :

–  Dieu a promis le salut au Peuple juif au Sinaï et Il ne revient jamais sur ses promesses. Dire qu’aucun Juif ne peut être sauvé signifie que Dieu ne tient pas parole

–  Dès l’Ancien Testament, des païens sont des justes (Job, Rahab). Comment ne pourraient-ils pas être sauvés ?

–  Jésus-Christ est venu pour le salut de tous. Cela ne signifie peut-être pas que tous sont sauvés mais que tous peuvent l’être. Quelqu’un qui n’a jamais eu accès à la Bonne Nouvelle de Jésus peut néanmoins être englobé dans son salut.

Pour en revenir à Cyprien, il en va différemment pour ceux qui étaient chrétiens. En l’occurrence ceux qui, soit apostasient, ce qui est un péché très grave, soit quittent l’Eglise en prétendant avoir mieux compris qu’elle ce qu’elle doit être. Ils ne trouveront rien de salvifique dans cette aventure et Cyprien les exhorte à se repentir et revenir à la communion. S’il ne nous est pas permis de spéculer sur leur salut, la mise en garde de Cyprien doit néanmoins être entendue avec le poids qu’elle mérite.

Précisons que, à une persécution suivante, Cyprien restera à Carthage et consommera sa charge épiscopale par le martyre."

Posté le 6 février 2017 à 21h40 par Michel Janva | Lien permanent

Le patriotisme est-il un péché ?

Dans l'émission Terres de Mision, Claude Rousseau, maître de conférence honoraire en philosophie morale et politique à l’Université de Paris-Sorbonne répond à la question : Qu’est-ce qu’une nation ? Il fait, en quelques instants, la synthèse de la conférence inaugurale qu’il prononça lors de la XVI Université d’été de Renaissance Catholique dont le recueil de conférences vient d’être publié sous le titre : Le patriotisme est-il un péché ? Ou lorsque la philosophie vient au secours du bon sens.

Posté le 6 février 2017 à 08h29 par Michel Janva | Lien permanent

05 février 2017

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney, soutien spirituel des prêtres - MàJ

Le Salon Beige relaie régulièrement les annonces de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney, mais aujourd'hui sa responsable a souhaité présenter cette belle oeuvre plus longuement à nos lecteurs :

Images

"Le plus beau sanctuaire, la plus brillante garde, le temple le plus majestueux est le prêtre. Toutes les églises du monde peuvent s'écrouler, si le prêtre survit, l'Eucharistie sera célébrée et le Christ recommencera à devenir physiquement présent." Cardinal Van Thuan

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney regroupe des prêtres, des religieuses et des laïcs qui se relaient pour jeûner et prier à tour de rôle pour les prêtres vivants et au purgatoire.

Ce mouvement international a deux fonctions :

  • le soutien du sacerdoce par le jeûne
  • la réparation par l'adoration

L'adoration est un moyen simple et accessible à tous. Spirituellement, elle nous permet d'aimer, consoler et réparer le coeur sacerdotal de Jésus, Souverain et Éternel Prêtre.

Nous partageons l'esprit de notre saint protecteur, Saint Jean-Marie Vianney, patron de tous les curés de l'univers et des prêtres de France.

Deux choses nous poussent à l'adoration de réparation :

  • les sacrilèges envers l'Eucharistie
  • les fautes sacerdotales. C'est aussi une façon d'aimer nos prêtres que de vouloir réparer la douleur infligée au coeur de Jésus-prêtre, à leur place.

C'est un acte de miséricorde qui s'impose aux membres de l'Alliance, mais ces adorations sont ouvertes à tous. Elles se dérouleront cette année aux dates suivantes :

22 février

24 mars

21 avril

26 mai

22 juin

de 20h à 22h00 à saint Joseph de Pont-du-Las.

Venez nous y rejoindre avec vos voisins et vos amis !

Il y a un temps d'accueil et de formation par l'aumônier, et une heure d'adoration de réparation, dirigée par l'Abbé Pascal Lambilliotte.

Jésus cherche des intercesseurs nécessaires à la miséricorde. Soyons nombreux à répondre à cet appel ! 

Contacts :

Posté le 5 février 2017 à 22h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

Plus de "Jésus-Christ", plus de crèche, plus de crucifix ?

Homélie du père Madros :

"Suppression des expressions "avant, après Jésus-Christ"

Il paraît que le gouvernement français, avant de finir son mandat, a imposé, d'une façon absolument pas démocratique, l'élimination systématique de la manière chrétienne ou philo-chrétienne de calculer le temps. Notons qu'elle est la seule dans le monde civilisé depuis au moins cinq siècles, sinon depuis 532 A.D., rétroactivement, grâce au pape Jean 1 er et au génie de moine scythe-arménien, Denys le Petit. En 1905 sortit un autre décret non démocratique, obligeant le peuple à la "laïcité" quand plus de 90 pour cent des Français étaient catholiques et croyants. Une oligarchie, un petit nombre, sans référendum, a décidé la laïcité. Par contre, ces mêmes courants "sécularisés" ont toujours fait preuve de "tolérance, accueil, respect" des dénominations non chrétiennes. Désormais, il devrait être clair que tous ces mouvements sont franchement antichrétiens. Mais le Christ et l'Eglise "en ont vu d'autres". Ils survivront. Ils approfondiront leur présence et leur mission, dans la discrétion et l'humilité.

Voilà donc, un petit exemple, Alexandre le Grand, mort en 323 avant "notre ère". A l'église, proclamons-le tout haut "avant Jésus-Christ". Et, même pour les adversaires les plus farouches, "notre ère" n'est rien d'autre que celle de " Jésus-Christ"!

Cette interdiction "peu" chrétienne et "peu" catholique continuera-t-elle après avril prochain, 2017 "de notre ère"? Pauvre "fille aînée de l'Eglise", bien malmenée! Par contre, à propos de terroristes non chrétiens et de "convertis" devenus carrément djihadistes, "pas d'amalgame": ce sont des "jeunes", des "marginalisés". Si nous avons bien compris, la mairie de Paris ne manque jamais de célébrer un beau banquet, chaque année, pour la fin du ramadan… Ouverture, accueil, tolérance, respect… unilatéraux. Alors, la mairie de Riadh ou de Rabat (Maroc) devrait donner un banquet pour Pâques, non?

Eh, le curé, où sont les lectures de ce dimanche?

Nous y étions, mais il faut expliciter la pensée! Saint Paul, n'en déplaise aux "philosophes" de Corinthe, aux rabbins ultra-monothéistes, donc à nos laïcistes d'aujourd'hui, n'hésite pas "à annoncer Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié"! Les "laïcs" païens de son temps, qui se gargarisaient d'éloquence et de sagesse (comme les nôtres qui se définissent comme "rationalistes"), rejettent "la folie de la croix" ou plutôt celle d'un jeune homme illuminé simplet crucifié. Les Juifs ne l'accueillent pas davantage! Pour eux, il constitue une "pierre" pas d'angle mais d'achoppement. Pas possible qu'il soit le Roi Messie sur un gibet!

Le prétexte change, mais le mouvement contre Jésus-Christ est le même! "On veut pas de symboles chrétiens parce qu'on est laïc! On veut pas du Crucifié parce qu'on est bien pensant grec et parce qu'on veut, en tant que Juif, un Messie glorieux"! Et quand "le vide religieux se fait", quelque peu comblé par un militantisme islamique violent, on fait semblant de n'avoir rien vu ni entendu. "Tout le monde il est beau, tout le monde, il est gentil!" Et "tout va très bien, Madame la Marquise!"

Pas de sagesse, pas d'éloquence!

On dirait que saint Paul avait prévu notre temps aussi, où on effectue des tergiversations des circonlocutions, des syllogismes plutôt des sophismes, jusqu'à faire interdire, indirectement, de dire "Joyeux Noël", aux Etats-Unis d'Obama. Il y a belle lurette que la croix et le crucifix ont été balancés (bien que "balance du monde", nous dit la Liturgie). Les Saoudiens, dans leur allergie anti-croix, ne savent toujours quoi faire avec le drapeau de la Suisse, entre autres. Plus que la "croix", les banques helvétiques leur conviennent! Là, on comprend mieux: le dieu Mammon vaut mieux que le Seigneur dénudé et crucifié; des "prophètes" sensuels, comme un Joseph Smith, les "arrangent mieux" qu'un Nazaréen chaste et pauvre!

Saint Paul reculerait-il aujourd'hui, en cachant crucifix et "petit Jésus"? Jamais de la vie! Et nous, au moins dans nos églises et nos maisons, devenues catacombes, et parfois obligées à la clandestinité, nous ne proclamerons que "Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié"!

Plus de Christ, plus de sel, plus de lumière, plus de bonheur (Mt 5-

Un ami Palestinien chrétien nous a récemment expliqué les béatitudes dans le sens d'une marche. Donc, "en avant les pauvres… en avant les affligés": ne vous découragez pas! Si vous permettez, cette explication semble plus raisonnable qu'une résignation laconique ou une joie, un peu malsaine, dans le malheur! L'hébreu "ashrei" signifierait donc: "En avant, en marche, ne traînez pas, les enfants matraqués, tenez bon! Vous serez satisfaits et récompensés!"

Nous aimons bien comprendre le "Vous êtes le sel de la terre" comme adressé à nous tous, pas seulement aux pauvre bougres! Après tout, nous aussi, sans fausse humilité, on est de braves gens! Oui, Jésus donne une saveur, un sens à la vie! Prétentieux? Non! Figurez-vous que, pour notre existence ici-bas, le seul sens (à savoir "signification" et "direction") réside dans l'acceptation de la souffrance et de la mort jusqu'à leur transformation en réalités porteuses de vie! Là, vous avez beau chercher: Platon, Aristote, les stoïciens (tiens, les fameux philosophes de Corinthe), le Talmud, Bouddha…Il n'y a rien à faire! Faut pas chercher midi à quatorze heures: seul le Crucifié nous libère magistralement de "l'absurde", de "la nausée", du "néant" des existentialistes athées! Seul le Crucifié nous sauve du suicide (celui des nantis blasés et des misérables désespérés) et du suicide-homicide qu'on appelle en japonais "kamikaze"!

Un exemple frustrant: une ville insipide et "cynique": San Francisco!

Au numéro un, semble-t-il, de la technologie, cette métropole, en principe chrétienne et de fondation franciscaine catholique, a plus de chiens que d'enfants! D'où l'adjectif ou l'épithète "cynique", du grec "kuon", chien! Celui-ci a beaucoup de "signification"! Mais, tout de même, un bébé humain, beaucoup plus, non?

Ici, nous tombons d'accord avec le fameux empereur romain Vespasien. Il avait inventé justement les "vespasiennes". A qui lui reprochait qu'il s'agissait d'une affaire peu élégante et peu propre, il n'a pas hésité à répondre, en faisant sentir l'argent qu'elles rapportaient: "Il ne sent pas mauvais, lui!" Oui, sauf, que l'argent absolutisé et divinisé ne sent pas du tout et il fait perdre toute sauveur, toute valeur aux personnes et aux choses!

Voyons la gravité de la situation: quand l'enfant, la famille ne veulent plus rien dire, supplantés par les animaux domestiques et les unions stériles! Quand un tour du monde (ou un téléviseur colossal) vaut mieux qu'une nouvelle vie dans le foyer! Quand la mort devient plus souhaitable que la vie (dans l'avortement et l'euthanasie), les sociétés non seulement ne goûtent plus la douceur de l'Evangile, la beauté du foyer, mais dégustent la mort des innocents, des malades, et se délectent dans les perversions de la sensualité et l'art du cynisme qui jubile en voyant les cadavres et criant "Allah est plus grand!"

Jésus n'a pas manqué de dénoncer "le prince de ce monde" de ténèbres, éminent menteur, et "homicide dès le début"! Il agit dans l'obscurité et a peur du soleil! Il cache ses intentions et camoufle ses procédés! Au lieu de "marcher" comme les bienheureux félicités par Jésus, le démon fait des détours, dans les "dissimulations honteuses", comme écrit Paul aux Corinthiens. Il dit une chose pour une autre. Il manipule individus et sociétés par la fausseté et le faux-semblant. Son "oui" signifie souvent "non" et vice versa! Et quand ses méfaits sont dénoncés, au grand jour, il les justifie par "la liberté", le "choix", le "respect de la dignité humaine", la "diversité", l'émancipation, "l'ouverture d'esprit"…

Conclusion

Il ne faut pas nous lasser, honnêtement, d'objecter à Jésus: "Maître, comment pouvons-nous, pauvres pécheurs, être la lumière du monde?" Et le Seigneur nous répond par son apôtre Paul, toujours aux Corinthiens: "Dieu, qui, des ténèbres a fait briller la lumière, a illuminé nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face du Christ" (2 Cor 4, 6).  

Posté le 5 février 2017 à 10h12 par Michel Janva | Lien permanent

9 février : conférence à Toulon sur la confession des enfants

Conf ingrid d'ussel toulon

Posté le 5 février 2017 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent

02 février 2017

Le cardinal Müller rappelle à l’ordre les évêques qui sur-interprétent le magistère

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard-Ludwig Müller, s’est exprimé sur le contenu des dubia – sans les nommer – au sujet de l’exhortation Amoris laetitia. Dans un entretien à la revue Il Timone de février 2017, le prélat rappelle à l’ordre les évêques qui sur-interprétent le magistère (notamment à Malte). Extraits :

208x275Peut-il y avoir une contradiction entre la doctrine et la conscience personnelle?

Non, c'est impossible. Par exemple, on ne peut pas dire qu'il existe des circonstances selon lesquelles un acte d'adultère ne constitue pas un péché mortel. Pour la doctrine catholique, il est impossible que le péché mortel coexiste avec la grâce sanctifiante. Pour surmonter cette absurde contradiction, le Christ a institué pour les fidèles le sacrement de pénitence et de réconciliation avec Dieu et avec l'Église.

C'est une question qui est largement discutée au sujet du débat entourant l'exhortation post-synodale «Amoris Laetitia».

"Amoris Laetitia" doit être clairement interprété à la lumière de toute la doctrine de l'Église. [...] Je n'aime pas, il n'est pas juste que tant d'évêques interprètent "Amoris Laetitia" selon leur façon de comprendre l'enseignement du pape. Cela ne respecte pas la ligne de la doctrine catholique. Le magistère du pape n'est interprété que par lui ou par la congrégation pour la doctrine de la foi. Le pape interprète les évêques, ce ne sont pas les évêques qui interprètent le pape, cela constituerait une inversion de la structure de l'Église catholique. A tous ceux qui parlent trop, je les exhorte à étudier d'abord la doctrine [des conciles] sur la papauté et l'épiscopat. L'évêque, en tant qu'enseignant de la Parole, doit lui-même être le premier à être bien formé pour ne pas tomber dans le risque que l'aveugle conduise l'aveugle. [...]

L'exhortation de Saint-Jean-Paul II, «Familiaris consortio», stipule que les couples divorcés et remariés qui ne peuvent se séparer pour recevoir les sacrements doivent s'engager à vivre dans la continence. Cette exigence est-elle toujours valable?

Bien sûr, il n'est pas dispensable, car il n'est pas seulement une loi positive de Jean-Paul II, mais il a exprimé un élément essentiel de la théologie morale chrétienne et la théologie des sacrements. La confusion sur ce point concerne aussi le refus d'accepter l'encyclique «Veritatis Splendor», avec la doctrine claire de la «intrinsèque malum» [...] Pour nous, le mariage est l'expression de la participation à l'unité entre le Christ le marié et L'Église son épouse. Ce n'est pas, comme certains l'ont dit au cours du Synode, une simple vague analogie. Non! C'est la substance du sacrement, et aucun pouvoir au ciel ou sur la terre, ni un ange, ni le pape, ni un conseil, ni une loi des évêques, n'a la faculté de le changer.

Comment peut-on résoudre le chaos qui est généré en raison des différentes interprétations qui sont données de ce passage d'Amoris Laetitia?

J'exhorte chacun à réfléchir, à étudier d'abord la doctrine de l'Église, à partir de la Parole de Dieu dans l'Ecriture Sainte, qui est très claire sur le mariage. Je vous conseille également de ne pas entrer dans une casuistique qui peut facilement générer des malentendus, surtout que selon lequel si l'amour meurt, alors le lien conjugal est mort. Ce sont des sophismes: la Parole de Dieu est très claire et l'Église n'accepte pas la sécularisation du mariage. La tâche des prêtres et des évêques n'est pas de créer la confusion, mais d'apporter la clarté. On ne peut pas se référer seulement aux petits passages présents dans "Amoris Laetitia", mais il doit être lu dans son ensemble, dans le but de rendre l'Évangile du mariage et de la famille plus attrayant pour les personnes. Ce n'est pas "Amoris Laetitia" qui a provoqué une interprétation confuse, mais quelques interprètes confus de celui-ci. Chacun d'entre nous doit comprendre et accepter la doctrine du Christ et de son Église et être en même temps prêt à aider les autres à le comprendre et à le mettre en pratique même dans des situations difficiles."

Posté le 2 février 2017 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

29 janvier 2017

La Dévotion Mariale des Saints

Entretien avec le Père Albéric, moine bénédictin à l'abbaye Sainte Madeleine du Barroux. Une vidéoformation proposée par Notre Dame de Chrétienté.

Posté le 29 janvier 2017 à 09h10 par Michel Janva | Lien permanent

Scolastique et âme de l’embryon

Lu sur Réponses Catholiques :

"La philosophie scolastique et aristotélicienne, nous laisse penser que durant les premiers temps de la grossesse, l’âme intellective, et donc spirituelle, n’est pas encore dans le corps du fœtus, quelle est la position de l’Eglise à ce sujet ?

Certains théologiens scolastiques ont effectivement été tentés de reprendre telle quelle la philosophie d’Aristote quant à l’arrivée de l’âme dans le corps de l’embryon à 40 jours de gestation. Mais ils ont été minoritaires et la scolastique n’a pas repris cette théorie. Ce n’est pas le Magistère de l’Eglise, qui a toujours enseigné que, par défaut, l’embryon devait être respecté comme être humain dès sa conception. La Didachè (fin Ier siècle-IIe siècle) insiste déjà sur le fait que les chrétiens n’ « exposent pas leurs enfants » – c’est-à-dire l’exposent dans la rue, comme c’était la coutume quand un père ne désirait pas son enfant – quel que soit leur âge et que ce soit avant ou après la naissance.

Nous avons répondu à plusieurs questions sur ce thème. Nous invitons le lecteur à s’y reporter :

–        Fausse couche

–       Islam et enfant à naître

–        Spéculations sur l’arrivée de l’âme dans le corps

Posté le 29 janvier 2017 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent

26 janvier 2017

L'universalité du christianisme est-il un appel au mondialisme ?

Non, répond Jean-Pierre Maugendre :

Arton576-fb2cd"[...] Il est un fait que le christianisme est une religion à vocation universelle. Citons Gal, III, 28 « Plus de Juif ni de Grec » ou Col III,11 : « Il n’y a plus ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni Barbare, Scythe, esclave ou homme libre mais, tout en tous, le Christ ». Est-ce là un appel à un mondialisme avant l’heure faisant fi des réalités nationales et identitaires ? Le texte précédemment cité de l’épître aux Galates s’éclaire mieux dans son contexte : « Tous en effet vous êtes fils de Dieu par la foi au Christ Jésus car vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ. Plus de Juif ni de Grec, plus d’esclave ni d’homme libre ; plus d’homme ni de femme, vous tous en effet vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus  ». L’Apôtre des Gentils se place clairement sur un plan surnaturel. Il ne prône pas la théorie du gender avant l’heure quand il affirme qu’il n’y a plus ni homme ni femme. Il annonce simplement que tous les baptisés sont appelés à une même dignité et pureté surnaturelle (Dom Delatte in Les épîtres de Saint Paul).

Dans sa conférence Qu’est-ce qu’une nation (in Le patriotisme est-il un péché ? éditions Contretemps), Claude Rousseau note que lors de la Pentecôte, après avoir reçu l’Esprit Saint, les apôtres se mirent à prêcher le Christ et chacun – Parthes, Mèdes, Élamites, etc. – les entendait parler la langue du pays où il était né. Le Saint-Esprit avalise ainsi les pauvres langues humaines post-babéliques et ainsi indirectement les nations dont elles sont un des éléments constitutifs majeurs. La diffusion de la Bonne Nouvelle n’implique pas la disparition des nations.

Le Christ a pleuré sur Jérusalem

Le Christ lui-même d’ailleurs a manifesté un attachement émouvant à sa nation en pleurant sur le sort à venir de Jérusalem. « Quand il fut proche de sa ville, en la voyant il pleura sur elle. (…) Le temps va venir pour toi où tes ennemis établiront contre toi des retranchements, t’investiront et t’enserreront de tous côtés. Ils te jetteront à terre, toi et tes enfants qui seront dans tes murs, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre parce que tu n’auras pas reconnu le moment où tu étais visité » (Lc XIX, 41).

De manière classique, la Cité, puis la nation, est une extension de la famille, une famille de familles. Elle repose sur une base biologique de populations installées sur un territoire donné. Les nations nomades, qui existent, sont inchoatives et incapables de se constituer en États. L’exemple le plus éclatant en est l’État d’Israël qui n’a pu se constituer que lorsqu’il put disposer d’une base territoriale. Cette dimension territoriale de la nation a toujours été confirmée par le christianisme. Ces éléments : une terre et un peuple constituent le corps de la nation. Ils n’en sont pas l’âme. Elle est ce qui différencie cette nation des autres : un patrimoine culturel, intellectuel, moral, esthétique, etc. constitué au fil du temps qui constitue le bien commun de cette nation. Elle est aussi le dessein propre que Dieu a sur chaque nation qu’il a confiée à la protection spéciale d’un ange gardien spécifique, saint Michel pour la France, l’ange gardien du Portugal qui apparaît aux voyants de Fatima, etc. Les nations comme les personnes ont un destin particulier dans le plan de Dieu.

Le patriotisme est une vertu

Étymologiquement la patrie c’est ce qui a rapport aux Pères, aux Anciens. C’est un héritage matériel et immatériel que chacun a reçu. La nation, c’est cet héritage en action menacé en interne par l’infidélité et de l’extérieur par la destruction, conséquence d’une invasion, d’une défaite militaire, d’un génocide, etc. C’est sans doute ce qui, sur le fond, différencie le plus Laurent Dandrieu de Erwan Le Morhedec : le campement bédouin installé, ce qu’à Dieu ne plaise, sur les pelouses du château de Versailles, ou la transformation de la cathédrale Notre-Dame de Paris en mosquée ne choquera sans doute pas notre blogueur breton, si c’est le prix à payer pour un harmonieux vivre ensemble alors que les yeux de Laurent Dandrieu se révulseraient à cette simple évocation. Deux notions antagonistes de la nation s’opposent ainsi irréductiblement. Pour les uns, la nation est une simple relation contractuelle entre vivants, faisant fi du passé. Pour les autres, elle est, selon l’expression de Renan, un plébiscite de tous les jours, le souvenir d’avoir fait de grandes choses ensemble et la volonté d’en faire encore. Elle est ainsi d’abord un héritage dont chacun est comptable à la fois devant les morts d’hier et devant les vivants à venir.

La nation contractualiste est celle du mantra du « vivre ensemble ». Elle est grosse de multiples conflits dans une société frappée d’insécurité identitaire et culturelle comme la nôtre. Un voisin, bien intentionné, vient de nous conseiller, alors qu’un camp de « migrants » – uniquement des hommes originaires d’Érythrée, du Soudan et d’Afghanistan – vient de s’installer à proximité de notre domicile, d’éviter « dans nos maisons, les signes judéo-chrétiens visibles de l’extérieur » et de promouvoir « les vêtements amples pour les femmes ». Est-il conscient, le malheureux, que la première réaction, à moins d’avoir déjà intégré son statut de dhimmi, c’est-à-dire de protégé de l’islam, est plutôt de demander un permis de port d’armes ?

Il est un fait, et un bienfait, que fidèles ou infidèles nous sommes toujours des héritiers. En 2006, la publication dans la presse de caricatures de Mahomet donna lieu dans le monde musulman à de nombreuses violences anti occidentales et anti chrétiennes. Les saucissonneurs du Vendredi Saint de Charlie Hebdo titrèrent alors : « C’est dur d’être aimé par des cons ». Dans leur haine permanente contre le christianisme, ils restaient pétris de christianisme – Dieu est amour – à l’encontre d’une religion dont le leitmotiv est la soumission, islam signifie soumission, et non l’amour.

La reconnaissance de cette dette insolvable envers nos anciens, et d’abord nos parents, porte le beau nom de piété. Elle est la vertu qui nous ouvre les portes de l’avenir car nous disant d’où nous venons elle explicite qui nous sommes et où nous pouvons légitimement ambitionner d’aller. Le reste est fétu de paille emporté par les vents dominants de l’instant présent, par nature changeants, éphémères et souvent trompeurs."

Posté le 26 janvier 2017 à 07h09 par Michel Janva | Lien permanent

23 janvier 2017

Sœur Lucie « La bataille finale entre Dieu et Satan portera sur la famille »

Au lendemain de cette magnifique Marche pour la Vie, Cyril Brun sur Infocatho rappelle opportunément cet entretien du cardinal Caffarra, président fondateur de l’Institut pontifical Jean Paul II d’études sur le mariage et la famille, à Téléradio en 2008. Le cardinal cite une lettre que lui avait écrite Soeur Lucie de Fatima :

Jean-paul-ii-et-soeur-lucie-1

"On peut trouver écrit dedans : « La bataille finale entre le Seigneur et le royaume de Satan portera sur le mariage et la famille ». Elle ajoute également : « N’ayez pas peur : tous ceux qui travaillent à la sainteté du mariage et de la famille seront toujours combattus et l’on s’opposera à eux de toutes les façons possibles, parce que ce sont des points décisifs ». Enfin, elle conclut : « Toutefois, Notre Dame lui a déjà écrasé la tête »."

[Article intégral ici]

Posté le 23 janvier 2017 à 15h36 par Marie Bethanie | Lien permanent


     Archives > L'Eglise : Foi , L'Eglise : L'Eglise en France

accueil | archives | index | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | © Copyright 2013 - Le Salon Beige

     Archives > L'Eglise : Foi , L'Eglise : L'Eglise en France