24 mars 2015

Défendre la vie signifie prendre part à l'alliance entre Dieu, l'homme et la femme

Le Conseil pontifical pour la famille organise aujourd'hui une commémoration de l'encyclique Evangelium Vitae, à vingt ans de sa publication par Jean-Paul II. Destinée à rendre grâce pour les fruits pastoraux de ce document, elle se déroulera sous la forme d'une veillée de prière et d'une messe en la Basilique Ste Marie Majeure.

A 17 h d'abord l'accueil sera l'occasion de présenter le document. 

A 18 h la récitation du chapelet (passages évangéliques traitant de la vie et brefs témoignages)

Puis la messe présidée par Mgr Vincenzo Paglia, Président du Conseil pontifical, lequel a précisé que cette commémoration devait dégager le lien étroit entre le mystère de la vie et l'expérience familiale.

"Défendre la vie signifie prendre part à l'alliance entre Dieu, l'homme et la femme".

La veillée de Ste Marie Majeure aura un caractère international par une liaison avec les sanctuaires mariaux de Fatima, Lourdes et Guadalupe, ainsi qu'avec Nazareth (où le chapelet pour la vie a été anticipé au 21 mars). La cérémonie sera retransmise par les télévisions catholiques des Etats-Unis, de France et d'Italie.

Posté le 24 mars 2015 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

20 mars 2015

24 mars : veillée pour la vie pour les 20 ans d'Evangelium Vitae

Lu sur I-Media :

"Une “veillée internationale pour la vie“ marquera le 20e anniversaire de l’Encyclique Evangelium Vitae  de Jean-Paul II dans la soirée du 24 mars 2015, à Rome (Italie). Cette commémoration romaine aura des échos dans les sanctuaires mariaux de Lourdes (France), Fatima (Portugal) et Guadalupe (Mexique)."

Cette encyclique est à (re)lire ici.

Posté le 20 mars 2015 à 18h14 par Michel Janva | Lien permanent

Un cardinal britannique renonce à son cardinalat

KLe Doyen du Collège des Cardinaux communique :

"Au terme d'un long parcours de prière, le Saint-Père a accepté la renonciation du Cardinal Keith Michael Patrick O'Brien, Archevêque émérite d'Edinburgh (GB) à ses droits et prérogatives cardinalices (canons 349, 353 et 356 du CIC). Entendant par là exprimer à tous les fidèles d'Ecosse sa sollicitude pastorale, le Pape les encourage à poursuivre avec décision leur cheminement de renouveau et de réconciliation."

Qu'un cardinal renonce à son cardinalat, c'est extrêmement rare.

Après avoir nié les « comportements indécents » dénoncés par trois prêtres et un ancien séminariste, il avait été contraint par le pape Benoît XVI à la démission après la publication de l'affaire dans The Observer. Mgr Keith O'Brien finit par reconnaître le 3 mars 2013, que son « comportement sexuel a été parfois en-deçà des standards qu'on attendait d'un prêtre, d'un archevêque et d'un cardinal ». Agé de 77 ans, il avait dû renoncer à participer au conclave de mars 2013.

Posté le 20 mars 2015 à 18h10 par Michel Janva | Lien permanent

17 mars 2015

"Même à l’intérieur de l’Église catholique se manifeste une certaine confusion"

Le cardinal Sarah a terminé sa tournée en France par une audience privée lundi matin avec le Pape François. Il répond à Radio Vatican :

"Ce qui me réjouit, c’est vraiment de voir que la fille aînée de l’Église, quelles que soient les difficultés qu’elle traverse, veut demeurer la fille aînée de l’Église, témoigner de sa foi dans un contexte difficile. Je vois cette volonté à travers les jeunes que j’ai vus, à travers les paroisses que j’ai visitées. J’ai trouvé une Église qui donne de l’espérance et en tout cas pour ma part, j’ai pu dire que l’Église de France est vivante et belle malgré le contexte difficile dans lequel les chrétiens vivent.

Quelles sont les préoccupations exprimées par les catholiques français ? Qu’avez-vous perçu ?

Je crois que nous pouvons sincèrement, humblement, reconnaître qu’il se développe aujourd’hui, notamment en Occident, en France, un relativisme moral et religieux, une grave perte des valeurs, une désorientation des esprits, provoqués, peut-être, par un libéralisme sans limites. Même à l’intérieur de l’Église catholique se manifeste une certaine confusion sur des questions doctrinales, morales ou disciplinaires fondamentales. Je pense que les chrétiens veulent vraiment entendre une parole forte, qui réconforte leurs convictions, leur foi. Benoît XVI avait dit, un mois je crois avant son élection, que la crise que traverse aujourd’hui l’Occident ne s’est jamais vérifiée au cours de l’histoire de l’humanité, le fait d'exclure Dieu. Je crois que la grande difficulté aujourd’hui, c’est de retrouver Dieu, ramener les hommes à Dieu parce que Dieu n’est pas éloigné, il n’est pas mort, il est avec nous. Mais c’est nous qui nous éloignons.

Vous avez senti ce manque de Dieu en France ? C’est particulièrement visible, plus qu’en Italie, par exemple ?

Je ne dirais pas qu’il y a une grande différence, même si, disons, l’Italie a encore plus de prêtres. Il y a peut-être une pratique plus soutenue mais je crois que les mêmes difficultés se retrouvent aussi en Italie. Moins peut-être. Ici, je crois que cette absence de Dieu se voit par exemple par cette volonté de vouloir légiférer à la place de Dieu sur des questions fondamentales comme le mariage, la vie conjugale, la famille. Ou bien maintenant, on va rediscuter sur l’euthanasie. On voit donc quand même une force qui s’oriente vers une absence de plus en plus significative de Dieu où l’homme prend la place de Dieu pour légiférer, en tout cas pour orienter la société comme si Dieu n’existait pas."

Posté le 17 mars 2015 à 19h48 par Michel Janva | Lien permanent

13 mars 2015

Accord entre le St Siège et la Chine au sujet de la nomination des évêques ?

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, a déclaré que le Saint-Siège était prêt à conclure un accord avec Pékin au sujet de la nomination des évêques en Chine continentale.

Selon Eglises d'Asie, les négociations auraient abouti à l’accord suivant : pour chaque siège épiscopal vacant, l’Administration d’Etat des Affaires religieuses – l’administration qui chapeaute les organisations religieuses en Chine – remettrait à Rome une liste de trois noms (au départ Pékin souhaitait une liste réduite à deux noms seulement), à charge pour le pape d’en accepter un ou de les récuser tous les trois ; en cas d’acceptation, le candidat à l’épiscopat serait nommé par le Saint-Père, la nomination étant reconnue par les autorités chinoises, avant la cérémonie d’ordination proprement dite.

Selon Joseph Cheng Yu-shek, catholique et professeur de sciences politiques à la City University of Hong Kong, Pékinn’est pas prêt à abandonner le contrôle qu’il exerce sur la nomination des évêques. 

« D’un côté, vous pouvez simplement considérer que les dirigeants chinois ne sont prêts à aucune concession. D’un autre côté, c’est là une tactique de négociation typique de la Chine : elle pose le cadre, c’est elle qui impose ses principes, à charge pour l’autre partie d’accepter de discuter dans le cadre ainsi posé. De ce point de vue, Pékin serait prêt à aller au-delà d’un simple refus opposé aux demandes de Rome. »

Les questions qui se posent sont nombreuses : quid des évêques emprisonnés ou empêchés d’exercer leur ministère ? Quelle situation pour les évêques de la partie « clandestine » de l’Eglise ? Quel avenir pour les évêques ordonnés de manière illégitime ou qui sont excommuniés ? De quel(s) moyen(s) disposera le Saint-Siège pour se renseigner sur le profil des candidats à l’épiscopat qui lui seront présentés par la Chine ?

Le 11 mars, le cardinal Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong, a déclaré :

« Pékin ne veut pas le dialogue. Leurs négociateurs mettent un document sur la table pour qu’il soit signé et, de notre côté, nous n’avons pas la capacité ou la force d’apporter des propositions différentes. Voulons-nous sacrifier la nomination et la consécration des évêques sur l’autel d’un dialogue creux ? »

Posté le 13 mars 2015 à 18h06 par Michel Janva | Lien permanent

10 mars 2015

Demande de rançon au Vatican

Le Vatican a annoncé avoir reçu une demande de rançon pour récupérer deux documents rares provenant du maitre italien de la Renaissance, Michel-Ange. Federico Lombardi, directeur du bureau de presse du Saint-Siège, a indiqué que le cardinal en charge de la basilique Saint-Pierre, Mgr Angelo Comastri,

«a reçu une proposition pour réacquérir, à un certain prix, deux documents, l'un écrit par Michel-Ange et l'autre portant sa signature». «Naturellement, le cardinal a refusé, puisqu'il s'agissait de documents volés".

La somme demandée avoisinerait les 100 000 euros.

La disparition de ces documents avait été signalée en 1997.

Posté le 10 mars 2015 à 10h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

09 mars 2015

Le cardinal Sarah soutient La Manif Pour Tous

Nouveau venu sur Twitter (son 1er tweet date... d'hier !), le cardinal Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, n'hésite pas à soutenir La Manif Pour Tous :

Posté le 9 mars 2015 à 21h39 par Michel Janva | Lien permanent

Cal Sarah : "Je fais partie de ceux – et ils sont très nombreux – qui ne laisseront pas la pastorale prendre le pas sur la doctrine"

Le JDD a mis en ligne l'intégralité de l'entretien avec le cardinal Sarah. Extraits :

"Divorces, mariage pour tous, unions libres, familles recomposées… La notion de famille change. Le Vatican vient d'envoyer un questionnaire aux chrétiens du monde entier pour les interroger sur ces questions. L'Église est-elle prête à une plus grande ouverture?

Mais l'Église est déjà ouverte! Les divorcés y ont leur place, leurs enfants également. Tout comme les homosexuels, qui doivent être accompagnés dans leur foi.

La question n'est pas là. L'Église doit-elle aller plus loin pour suivre les évolutions de la société?

Je pense souvent à l'histoire de Naboth, qui possédait une vigne que convoitait le roi Achab. Naboth est mort car il a refusé de vendre sa terre qui lui venait de son père et de ses ancêtres. L'héritage est un trésor à conserver même si en apparence cela ne représente rien. Pourquoi l'Église devrait-elle changer alors qu'elle vient d'entrer dans son troisième millénaire? Sur les questions que vous avez évoquées, Dieu est clair. Il considère que la matrice de la famille se compose d'un homme et d'une femme. Jean-Paul II s'est prononcé sans ambiguïté sur les remariés. Ils ne peuvent communier.

Vous faites partie de ceux qui ont fait entendre une voix dissidente, attachée à la tradition, lors du dernier synode sur la famille…

Le synode n'a aucun pouvoir doctrinal mais uniquement pastoral. Les évêques émettent des propositions discrètes au pape. Ce ne sont que des exhortations. Soigner quelqu'un, c'est du domaine de la pastorale mais la composition des médicaments relève de la doctrine. En dernier ressort, c'est le pape qui décide. Je fais partie de ceux – et ils sont très nombreux – qui ne laisseront pas la pastorale prendre le pas sur la doctrine. La doctrine, c'est la fondation sans laquelle la maison s'effondre.

Quitte à creuser un peu plus un fossé entre l'Église et la société?

Si l'on ne peut pas admettre la force de la doctrine, qu'on reste païen. Il y a dans le monde des martyrs au nom de cette doctrine, des prêtres tués au Pakistan, des coptes capturés pour leur foi. La vision du mariage que l'on veut nous imposer est ahurissante. J'ai voyagé beaucoup et je suis atterré par cette volonté de légiférer et d'imposer aux autres cette vision occidentale du monde. D'ailleurs, en France, vous avez manifesté contre ce diktat. [...]"

Posté le 9 mars 2015 à 07h57 par Michel Janva | Lien permanent

02 mars 2015

Le cardinal Sarah sur Europe 1


Cardinal Sarah : « On ne peut pas détruire un... par Europe1fr

Posté le 2 mars 2015 à 12h01 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2015

Pierre de Lauzun reçoit le Prix de la Fondation Centesimus Annus - Pro Pontifice

Ce matin, le Président de la Fondation Centesimus Annus - Pro Pontifice a présenté le bilan des deux dernières années d'activité, ainsi que l'attribution des prix du second concours Economie et Société. Ayant pour but de diffuser la doctrine sociale de l'Eglise, la fondation se prévaut de la collaboration d'économistes et d'experts financiers engagés dans la diffusion d'idées favorables à une économie de marché réformée.

LLe premier prix a été attribué à l'économiste français Pierre de Lauzun pour son livre: Finance, un regard chrétien. De la banque médiévale à la mondialisation financière, qui propose une réflexion à la lumière de la doctrine sociale de l'Eglise sur la moralité des acteurs du marché financier. Il invite à prendre en considération un ordre économique mondial qui ne serait plus fondé sur le profit et fonctionnerait en harmonie avec les réalités sociales et les exigences morales, non plus comme une fin mais comme un moyen.

Actuellement (depuis 2002) Délégué général de l’Association Française des Marchés Financiers AMAFI, qui regroupe les professionnels de la Bourse et de la Finance, Pierre de Lauzun, ancien élève de l’Ecole Polytechnique (1969) et l’Ecole Nationale d’Administration (1975), a travaillé principalement dans la banque et la finance.

Le deuxième prix couronne un chercheur autrichien, Alexander Stummvoll pour sa thèse intitulée: Une tradition vivante, le Saint-Siège, la doctrine sociale catholique et la politique globale, 1965 - 2000. Il y explique l'application de la doctrine sociale de l'Eglise face à la Guerre du Vietnam (recherche de la paix), la crise polonaise des années 1980 (face au monde communiste), les Conférences ONU du Caire et de Pékin (questions bioéthiques) et le Jubilé de l'An 2000 (critique du capitalisme sauvage).

Les deux récompenses seront remises par le Président du Jury de la Fondation Centesimus Annus - Pro Pontifice, le Cardinal Archevêque de Munich Reinhard Marx au cours de la prochaine conférence internationale qui se déroulera au Vatican du 25 au 27 mai (Repenser les références du système socio-économique).

En février 2014, Pierre de Lauzun avait répondu à l'objection de ceux qui demandaient pourquoi des manifs pour la vie ou le mariage, et pas sur les sujets sociaux ou économiques :

"Rappelons déjà qu’il y a des différences considérables entre ces domaines. La base légale d’abord : dans un cas on manifeste contre des lois bien précises, qui comportent une disposition inadmissible ; dans l’autre on conteste le dosage ou la pertinence de mesures qui ne sont pas manifestement immorales en soi. Les enjeux ensuite : dans un cas il s’agit d’affaires de vie ou de mort directe, au moins d’un principe de base de la société ; dans l’autre, c’est une affaire de degré mais il n’y a pas de désaccord franc sur les principes. [...]

Dans quels cas d’ailleurs pourrait-on manifester pour ou contre des lois sociales ou économiques, sauf pour défendre des intérêts précis ? Dans la plupart des cas visés la décision ne se pose pas clairement en termes de principes, avec une réponse en oui ou non. Le smic, le déficit budgétaire, les retraites, la séparation des banques etc. où est la limite exacte ? Il y a certes des cas dramatiques comme celui des Sdf, et le besoin d’agir est alors indiscutable ; mais quelle est la loi qui donne une réponse ? On manifesterait évidemment contre une loi prévoyant leur euthanasie, ou même les classant comme citoyens de seconde zone. Mais ce n’est pas le cas. Il s’agit de leur éviter la misère et de les aider par un hébergement ou une prise en charge etc. Cela ne se traite normalement pas par des manifestations. [...]

On peut objecter que d’autres ont moins de délicatesse. Ainsi les bonnets rouges sur l’écotaxe justement, les manifestations étudiantes contre le CPE du temps de Villepin, celles des taxis contre les voitures avec chauffeur, la contestation de la construction d’un aéroport à ND des Landes etc. Mais dans tous ces cas la manifestation ne procède pas d’une analyse de principe, du genre évoqué par la Doctrine sociale, et par la loi naturelle. Des personnes plus ou moins directement visées par une mesure la considèrent mauvaise, ou mal dosée, et ils manifestent pour le dire. Ce peut être légitime, mais pas par principe. Ni la Doctrine sociale de l’Eglise, ni la loi naturelle ne nous disent quelle est la bonne réponse en la matière. Quant à l’idée de manifester sur une idée générale, la lutte contre le réchauffement climatique ou la transition énergétique, cela n’aurait pas beaucoup de sens car ces objectifs en soi légitimes sont trop vagues.

[... ) En conclusion il y a donc bien à distinguer deux types de manifestations. Manifester dans le cadre des idées reçues du système, c’est utiliser ce moyen, qui est en fait une démonstration de force, pour soutenir des positions défendues par ailleurs par d’autres moyens : c’est la logique des innombrables manifestations sectorielles qu’on a évoquées. Souvent pas très justifiées, en tout cas limitées, elles ne nous intéressent pas ici. En revanche, manifester sur une position de principe est l’arme de qui n’a pas d’expression naturelle pour rappeler ces positions, ce qui conduit à revenir aux bases même du jeu politique, à l’expression d’une présence résolue qui ne se reconnaît pas dans les procédures installées, et proclame son attachement à des principes. Il n’est alors pas surprenant que cette expression s’impose là où la divergence avec le système politiquement dominant porte sur des questions essentielles, ce qui est à l’évidence aujourd’hui le cas en matière de mœurs, de famille et de respect de la vie.

Il est donc pleinement justifié de poursuivre ce combat sans état d’âme."

Posté le 26 février 2015 à 15h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

11 février 2015

Le retour de Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst

L’ancien évêque de Limbourg, en Allemagne, Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst, qui avait été contraint de démissionner après un scandale médiatique lié à certaines de ses dépenses, a été nommé délégué auprès du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation au Vatican, ce qui a surpris certains milieux, notamment ceux qui l'avaient contraint à démissionner.

Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst avait été nommé évêque de Limbourg par Benoît XVI afin de clore l'ère de son prédécesseur, peu orthodoxe sur des questions comme l'avortement, la doctrine sociale, l'ecclésiologie... 

L'évêque allemand est un proche du président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, Mgr Rino Fisichella. Théologien, Mgr Tebartz van-Elst est spécialiste de la catéchèse des adultes qu’il a étudiée à l'université Notre Dame de l'Indiana aux États-Unis. Il a été également un professeur réputé aux universités de Passau et de Münster, en Allemagne. Le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, depuis le 16 janvier 2013, est compétent pour les questions de catéchèse, autrefois du ressort de la Congrégation pour le clergé.

Posté le 11 février 2015 à 22h31 par Michel Janva | Lien permanent

27 janvier 2015

Mgr Mamberti : Les racines sont fondamentales pour toute personne

Mgr Mamberti, qui sera créé cardinal le 14 février, déclare :

Vous serez le seul cardinal français créé le 14 février. Diriez-vous que la France tient encore son rôle de fille ainée de l’Eglise ?

Sans_titre-643Cette expression a été utilisée en autres par le Pape Jean-Paul II en 1980 lors de son voyage en France à l’occasion de la fameuse homélie du Bourget. Je crois que dans l’esprit du Pape, c’est un rappel de la longue tradition et du grand héritage, en particulier de sainteté, que l’Eglise en France a apporté à l’Eglise universelle et c’est une exhortation pour les chrétiens d’aujourd’hui à puiser dans ce riche héritage pour y trouver de nouvelles forces.

Pour le reste, je suis sûr qu’il n’y a pas de droit de primo géniture dans l’Eglise. Le principe qui vaut dans ce domaine, c’est le principe évangélique selon lequel à qu’à ceux qui ont beaucoup reçu, on demandera également beaucoup. [...]

Les racines sont fondamentales pour toute personne et cela compte beaucoup pour les Corses. Le fait d’avoir été séminariste du Diocèse d’Ajaccio, d’avoir été ordonné prêtre pour ce diocèse, d’y être revenu régulièrement demeure quelque chose d’important pour moi. Je suis vraiment heureux de voir qu’à l’occasion de ma nomination comme cardinal beaucoup de Corses se sont manifestés pour me rappeler des souvenirs communs."

Posté le 27 janvier 2015 à 22h01 par Michel Janva | Lien permanent

06 janvier 2015

Les responsables musulmans doivent dénoncer les violences à la mosquée, à l’école, dans leur quartier

Président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, le cardinal Jean-Louis Tauran est interrogé dans La Croix à propos de l'État islamique en Irak et en Syrie. Extraits :

"Indéniablement, des responsables musulmans ont pris la situation au sérieux et se sont prononcés d’une manière courageuse. Mais il faut continuer et ne pas donner l’impression qu’on s’exprime uniquement quand la communauté internationale s’agite : ces responsables doivent dénoncer ces violences à la mosquée, à l’école, dans leur quartier… Depuis un an, nous essayons de mettre sur pied une petite commission gouvernementale de dialogue entre chrétiens et musulmans en Irak : le travail a été interrompu par les événements de l’été, mais j’espère que nous y parviendrons.

Les musulmans qui se sont exprimés lors des rencontres auxquelles j’ai assisté sont d’accords pour dire que c’est toute une culture qui a rendu possible ces exactions : dès leur plus jeune âge, les petits garçons sont habitués à jouer avec des armes ; et à l’école, dans leurs manuels d’histoire ou de géographie, les enfants apprennent que les chrétiens sont des « mécréants ». Seule l’éducation pourra changer les choses : l’éducation religieuse, mais aussi l’éducation en général dans les familles… [...]

Je vois bien qu’aujourd’hui l’islam fait peur : l’opinion publique ne comprend pas comment on peut dialoguer, d’un côté, alors que, de l’autre, certains commettent la violence au nom de la religion. A mes yeux, une partie du problème vient de l’ignorance réciproque : même après tant d’années, nous ne nous connaissons pas suffisamment ! D’où l’importance, là encore, de l’éducation à l’école, mais aussi dans les séminaires et les noviciats : on ne peut penser aujourd’hui être prêtre en France ou en Allemagne sans avoir un minimum de connaissances sur l’islam ! Nous chrétiens, par notre présence auprès des musulmans, nous devons leur poser question. C’est le sens, par exemple, des familles de l’association Le Rocher qui vivent dans des cités populaires : dans le monde dur dans lequel nous vivons, le témoignage d’une communauté chrétienne attire l’attention. [...] De toutes façons, il n’y a pas d’alternative : soit nous choisissons le dialogue, soit c’est la guerre…"

Posté le 6 janvier 2015 à 07h10 par Michel Janva | Lien permanent

27 décembre 2014

Les priorités des cardinaux chargés de la réforme de la Curie ne sont pas celles des journalistes

HondurasLe pape François a nommé neuf cardinaux pour le conseiller sur la réforme de la Curie romaine et chargé Mgr Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa au Honduras, de coordonner les travaux de ce "C9". Lors de son interview, la journaliste de Paris-Match n'a pas pu s'empêcher de demander à ce dernier si le mariage des prêtres ou celui des homosexuels faisaient partie des réformes à venir. Extrait :

"[...] Quelles sont les priorités de votre C9 ?

D’abord assainir la banque du Vatican, l’IOR, c’est-à-dire réformer l’économie interne pour plus de transparence. Après l’affaire VatiLeaks, il était essentiel de faire un audit – récemment on a encore fait d’étonnantes découvertes, ainsi ces quelque 57 millions d’euros oubliés dans les bilans officiels de l’IOR –, importait de se pencher sur les questions sociales, les mêmes que celles de la société civile d’aujourd’hui. Je reviens à nouveau sur la pauvreté qui, d’une façon plus générale, ne pénalise pas seulement les catholiques mais ceux qui souhaitent fonder une famille et n’ont même pas les moyens de se loger… Comment penser avoir des enfants lorsqu’on n’a pas de quoi manger, qu’on est au chômage ? La paix dans le monde est une autre priorité [...]. N’oublions pas le sort tragique des immigrés, et le geste du Pape à Lampedusa a commencé à alerter la communauté internationale sur ce drame. Sans oublier, en Amérique latine, le trafic des êtres humains, des enfants vendus autour de 5 000 dollars aux Etats-Unis… Sa Sainteté tient à dénoncer la corruption politique qui appauvrit nos pays [...]! Je ne reviens pas sur les problèmes de pédophilie, vivement combattus par le cardinal américain Sean Patrick O’Malley…

Et le mariage gay ?

C’est un sujet international récurrent, car les hommes politiques de bon nombre de pays craignent le lobby gay, qui représente un réel poids électoral. Le plus affligeant est que l’Onu, dont la première vocation devrait être le maintien de la paix et de la sécurité internationale, soit aujourd’hui une organisation en faveur de l’avortement et du mariage gay.

Parlez-moi des femmes dans l’Eglise.

Il va y en avoir davantage dans les dicastères [ministères du Vatican], concernant les questions familiales notamment. Des laïques seront demain dans des dicastères, mais pas à leur tête. J’espère aussi qu’elles occuperont des places dans les instances internationales catholiques.

Croyez-vous proche le mariage des prêtres ?

Quelle drôle de question ! Nous sommes mariés à l’Eglise, à laquelle nous consacrons notre vie. C’est un choix. Ne m’opposez pas le clergé catholique de rite oriental, qui correspond à une culture différente et à d’autres formes de vocation ! En Amérique latine, c’est le cas dans mon pays, je ne pourrais pas entretenir 150 prêtres diocésains s’ils avaient une famille. Sur ce continent, nous vivons de la charité publique, il n’y a pas de salaire minimum… D’ailleurs, les anciens pasteurs anglicans – qui, eux, peuvent être mariés – n’acceptent pas, quand ils sont convertis au catholicisme, d’aller dans les paroisses pauvres ou sur les terres de mission car leurs femmes ne sont pas prêtes à les suivre là où il n’y a pas d’école… Vous comprenez pourquoi je ne puis envisager le mariage pour les prêtres. [...]"

Posté le 27 décembre 2014 à 22h57 par Louise Tudy | Lien permanent

12 décembre 2014

La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain

Les lineamenta du prochain synode des évêques sont en ligne :

"Au terme de la IIIème Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques sur Les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation, célébrée en 2014, le Pape François a décidé de rendre publique la Relatio Synodi, document par lequel se sont conclus les travaux synodaux. Dans le même temps, le Saint-Père a indiqué que ce document formera les Lineamenta de la XIVème Assemblée Générale Ordinaire qui aura lieu du 4 au 25 octobre 2015 sur le thème La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain.

La Relatio Synodi, qui est envoyée comme Lineamenta, se conclut par ces mots: « Les réflexions proposées, fruit du travail synodal qui s’est déroulé dans une grande liberté et avec un mode d’écoute réciproque, entendent poser des questions et indiquer des perspectives qui devront mûrir et être précisées par la réflexion des Églises locales durant l’année qui nous sépare de l’Assemblée Générale Ordinaire du Synode des Évêques » (Relatio Synodi nº 62).

Aux Lineamenta s’ajoute une série de questions pour savoir comment le document a été reçu et pour solliciter l’approfondissement du travail entrepris au cours de l’Assemblée Extraordinaire. Il s’agit de « repenser avec une fraîcheur et un enthousiasme nouveaux à ce que la révélation, transmise dans la foi de l’Église, nous dit sur la beauté, sur le rôle et sur la dignité de la famille » (Relatio Synodi, nº 4). Dans cette perspective, nous sommes appelés à vivre « une année pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes aux nombreuses difficultés et innombrables défis que les familles doivent affronter » (Pape François, Discours de conclusion du Synode, 18 octobre 2014). Le résultat de cette consultation, de concert avec la Relatio Synodi, constituera la matière pour l’Instrumentum laboris de la XIVème Assemblée Générale Ordinaire de 2015.

Les Conférences épiscopales sont invitées à choisir les modalités adéquates pour cet objectif en impliquant toutes les composantes des Églises particulières et les  institutions académiques, les organisations, les associations de laïcs et les autres instances ecclésiales."

Posté le 12 décembre 2014 à 15h43 par Michel Janva | Lien permanent

La communion aux "divorcés-remariés" : une affaire d'argent ?

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, le cardinal Gerhard Müller a déclaré lors d’une récente réunion de la Commission théologique internationale :

« Chaque division entre “théorie” et “pratique” de la foi serait le reflet d’une subtile hérésie christologique »

Le cardinal Müller a rappelé que l’enseignement constant de l’Eglise est que la « connaissance de Dieu » est ordonnée à « la fin ultime de l’homme, pour la rédemption de l’homme » (concile Vatican I). Il ne peut jamais y avoir d’« hiatus ou de conflit entre la compréhension de la foi et la pastorale ou la pratique de la foi vécue » ; par conséquent, toute « théologie authentique » croît à partir de la « théorie » et reste en cohérence avec elle.

« Vous pourriez dure que toute la pensée théologique, toutes nos investigations scientifiques ont toujours une dimension pastorale profonde. Que ce soient les disciplines dogmatiques, morales ou théologiques, elles ont toutes leur propre dimension pastorale ».

Rappelant que la foi chrétienne « n’est pas irrationnelle », il a ajouté que la théologie « examine, dans un discours rationnel sur la foi, l’harmonie et la cohérence des diverses vérités de la foi, qui trouvent leur source dans le seul fondement de la révélation du Dieu Un et Trine ». La théologie n’est pas « une pure spéculation ou théorie détachée de la vie des croyants ».

Hilary White de LifeSite rapporte ces propos publiés par L’Osservatore Romano en italien il y a quelques jours. Elle observe que le cardinal allemand Müller a été l’un des principaux opposants à son compatriote le cardinal Kasper et sa proposition de donner la communion aux divorcés « remariés » dans certaines circonstances. Elle commente :

« La pression pour faire adopter ces changements est venue depuis l’Allemagne, où des milliers de personnes en situation d’“union irrégulière” décident chaque année de quitter le système gouvernemental de taxation au profit de l’Eglise duquel l’Eglise catholique d’Allemagne tire la plus grande part de ses revenus. »

Les déclarations du cardinal Müller sont particulièrement importantes dans la mesure où les tenants d’un changement de la pratique de l’Eglise à l’égard de certains divorcés « remariés » font mine de réclamer un simple changement de la « discipline » au nom d’un souci « pastoral » qui ne saurait changer la « doctrine » de l’Eglise.

Posté le 12 décembre 2014 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

03 décembre 2014

Communion aux divorcés-remariés : "je crois que le Pape ne le fera pas"

Le cardinal Angelo Scola, archevêque de Milan, a été interrogé par le "Corriere della Sera" le 2 décembre. Extrait :

"En ce qui concerne la question de l’accès des divorcés remariés à la communion, quelle est votre opinion ?

SJ’en ai discuté de manière approfondie, en particulier avec les cardinaux Marx, Danneels, Schönborn, qui faisaient partie du même “ groupe de travail” que moi, mais je n’arrive pas à percevoir les bonnes raisons d’une opinion qui, d’une part, affirme l’indissolubilité du mariage comme quelque chose d’indiscutable, mais qui, d’autre part, semble la nier dans les faits, presque comme si elle opérait une séparation entre la doctrine, la pastorale et la discipline. Cette manière de soutenir l’indissolubilité réduit celle-ci à une sorte d’idée platonique, située dans le monde céleste et qui n’entre pas dans la vie concrète. Et elle pose un grave problème d’éducation : comme pouvons-nous dire à des jeunes qui se marient aujourd’hui et pour qui le “pour toujours” est déjà très difficile, que le mariage est indissoluble, s’ils savent que, en tout état de cause, il y aura toujours un moyen d’en sortir ? C’est une question qui est peu abordée, ce qui m’étonne beaucoup.

Donc, au synode, vous avez voté avec la minorité ?

Plutôt avec la majorité, même si je ne raisonne pas de cette manière : en ce qui concerne les propositions qui n’ont pas recueilli les deux tiers des voix, il peut y avoir eu un vote transversal. Ce qui est sûr, c’est que l’opinion exprimée par le magistère m’a paru être nettement la plus suivie dans les rapports présentés par les “groupes de travail”.

Et si, à la fin du synode, le pape prenait une position avec laquelle vous ne soyez pas d’accord ?

Je crois vraiment qu’il ne le fera pas."

Posté le 3 décembre 2014 à 22h21 par Michel Janva | Lien permanent

24 novembre 2014

Les idéologues qui veulent changer les gens et la société, commencent par la famille

Extrait d'un entretien avec le cardinal Walter Brandmüller dans "Bild am sonntag", traduit par Benoît-et-moi :

B"[...] Les idéologues qui veulent changer les gens et la société, commencent par la famille et sa destruction. C'était la même chose avec Marx et Lénine. Les familles sont les cellules primordiales de toute communauté. Voilà pourquoi elles sont aussi si vulnérables. Il ne faudrait pas en faire l'objet d'expérimentations. Je ne parle pas de la dernière folie des ovules congelés ! Un incroyable combat s'est déclenché au sujet de la famille et aucun ne l'a défendue autant que l'Eglise. C'est ce que les Papes Paul VI et Jean Paul II, depuis des décennies, ont prophétiquement mis en lumière. [...]

L'Eglise catholique s'est trouvée en conflit avec Henri VIII au sujet de l'indissolubilité du mariage, ce qui a conduit en 1535 au schisme de l'Eglise anglicane. Est-ce que cela en valait le prix?

La question est mal posée. Aucun pape ni aucun concile ne peuvent passer au dessus des mots de Jésus sur le mariage. «Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas». La fidélité à la parole de Dieu était plus importante pour le Pape Clément VII que les menaces politiques du souverain anglais. L'Eglise n'a aucun titre pour modifier les sacrements. L'apôtre Paul dit que nous ne sommes que des administrateurs et que l'administrateur doit être fidèle. L'Eglise est une fondation, et la volonté du fondateur est tout ce qui compte.

Est ce que nous comprenons mieux la parole de Dieu avec les théologiens d'aujourd'hui ou avec ceux d'avant?

La parole de Dieu est inépuisable en forme et contenu. Il y a donc probablement une avancée dans la connaissance. Mais il n'est pas concevable que des découvertes plus récentes contredisent ce qui a été préalablement connu. Deux plus deux fait quatre. La vérité ne change pas, et l'Esprit de Dieu ne se contredit pas.

Une Eglise en bonne santé a-t-elle vraiment besoin d'une telle controverse?

Un certain ferment d'inquiétude fait du bien à toute communauté. Même les conservateurs ont besoin d'une surface de friction pour craquer leurs allumettes. L'erreur a son importance pour faire progresser la connaissance. [...]

Qu'est-ce qui est conservateur, Eminence?

En culture et en religion, conservateur n'a pas le même sens qu'en politique. Les relations sociales ou les formes de gouvernement comme par exemple la monarchie à conserver quelles que soient les circonstance, ce n'est pas conservateur. C'est pareil dans la vie. Le lézard peut perdre sa queue afin de sauver sa vie. Les vrais conservateurs le comprennent, qui écartent ce qui est de seconde importance afin de garder l'essentiel. Garder les choses sans valeur n'est pas conservateur. Ce n'est pas conservateur de garder des cendres, disait Jean XXIII, mais de surveiller la braise. Chez le dentiste il est conservateur de garder la racine et de ne pas extraire la dent. Nous avons besoin d'aliments en conserve: de la conservation du sang, des aliments en conserve. Les pompiers aussi sont conservateurs, quand ils arrivent à temps !"

Posté le 24 novembre 2014 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent

21 novembre 2014

«Avec les attaques contre le mariage nous assistons à un suicide de l’humanité»

Le colloque interreligieux sur la complémentarité homme-femme, réunissant de nombreuses communautés chrétiennes ainsi que 14 représentants d'autres religions, vient de se tenir à Rome.

Le cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi répond à Infocatholica. Il a remarqué que malgré la diversité des participants, il a été observé une unité notable concernant la nature du mariage.

M"Ce que nous avons en commun est ancré sur les données essentielles de l’existence humaine et la relation entre l’homme et la femme comme cellule et origine du bien du couple et des enfants.

La famille n’est pas un concept isolé. Elle évolue au sein d’une famille plus large, de son peuple, de son histoire, de sa région et de sa culture. Nous ne sommes pas des individus isolés, mais créés par Dieu pour vivre ensemble, responsables les uns des autres et des futures générations. Nous ne pouvons prétendre avoir une personnalité autonome, mais devons rendre grâce pour tant de personnes qui nous furent confiées : parents, frères, familles, maîtres et pasteurs. Il fut souligné dans le colloque que nous avons reçu énormément et de même, nous devons donner aux autres générations.

La famille est dévalorisée ou menacée de multiples façons et semble être au bord d’un précipice : il est temps de nous arrêter pour ne pas faire ce pas ultime et sans retour. Avec les attaques contre le mariage comme union complémentaire d’un homme et d’une femme, nous assistons à une espèce de suicide de l’humanité, en particulier dans l’Occident sécularisé, en Europe et Amérique du Nord. La différence homme-femme est une réalité positive, reflétant la volonté de Dieu dans la création, or la volonté de Dieu est bonne puisqu’elle fait vivre l’être humain en plénitude.

Beaucoup de gens luttent pour que soit redéfini le mariage. Néanmoins la discussion porte surtout sur la sexualité ou les relations brisées, mais on ne parle pas suffisamment de l’attirance entre un homme et une femme, de la façon dont ils se complètent et se complémentent. Or c’est cela qui intéresse l’immense majorité des gens : comment rendre le mariage plus beau, plus fort, plus enrichissant et vivifiant.

Cette majorité est jusqu’alors demeurée silencieuse car elle était accusée de ‘discrimination’ parce qu’elle défendait le modèle traditionnel. Pourtant nous ne pouvons pas dire que la relation de base entre un homme et une femme soit le seul produit d’une culture ou de règles sociales, d’une ‘concession’ du gouvernement ou d’une construction humaine, sinon bien plus d’un fondement. De même, la dignité personnelle et la liberté ne sont pas des fruits culturels ou sociaux, mais elles sont inscrites dans notre nature propre comme êtres humains créés à l’image de Dieu, dont le mariage en est la manifestation.

Les enfants non plus ne sont pas un produit de la société ou un simple fruit de l’action de l’Etat. Les gouvernements ne peuvent pas supplanter la responsabilité primordiale des parents envers leurs enfants, ni priver les enfants de leur droit de grandir avec un père et une mère.

Dans la tradition catholique, le mariage est basé sur la création qui exprime la volonté de Dieu. Le Christ, envoyé par Dieu pour notre salut, éleva à la dignité de sacrement le lien matrimonial naturel entre homme et femme, comme instrument de sa grâce et signe de sa relation avec l’Eglise. Le lien d’union entre un homme et une femme dans l’amour, dans le mariage, se comprend par l’amour de Jésus pour son Eglise. Il s’agit d’un amour qui se donne, un amour crucifié. Dans le sacrement du mariage, les époux bénéficient d’un moyen, d’un instrument, qui n’existe pas seulement pour leur propre sanctification, mais pour la divinisation de toutes les personnes qui à travers leur vie conjugale entrent en contact avec l’amour divin de la Trinité.

Si le mariage est un bien commun de l’humanité, alors il devient utile de partager cette réalité avec d’autres religions. Ensemble nous pouvons démontrer que le mariage n’est pas uniquement une préoccupation de l’Eglise Catholique, mais un projet profondément humain, un grand don pour toute l’humanité.

L’amour nuptial est aussi un signe d’espérance pour l’humanité, dans un monde qui a soif de ces signes. En donnant ensemble ce témoignage nous pouvons montrer que nous sommes frères et non ennemis.

 Il est nécessaire de contribuer aux échanges qui se produisent sur la sublime beauté du mariage comme union complémentaire, qui doit être nourrie et protégée pour qu’elle puisse prospérer."

Posté le 21 novembre 2014 à 11h00 par Michel Janva | Lien permanent

20 novembre 2014

La beauté et la nécessité du mariage pour l'avenir de l'humanité en 6 vidéos

La série Humanum a été projetée lors du colloque interreligieux sur la complémentarité homme-femme, qui s'est achevé hier au Vatican. Colloque durant lequel le Saint-Père a insisté pour que les jeunes s'engagent dans le mariage :

"il est important qu’ils ne se laissent pas impliquer par une mentalité nuisible du provisoire et qu’il soient révolutionnaires par le courage de chercher un amour fort et durable. C’est-à-dire aller à contre-courant."

Les deux derniers épisodes de la série, filmée aux quatre coins du monde, montrent les veilleurs et la Manif pour tous, preuve, s'il en était besoin, que la défense du mariage en France est citée en exemple par-delà les frontières. Les voici :

 

 

Posté le 20 novembre 2014 à 14h30 par Louise Tudy | Lien permanent

19 novembre 2014

Curie : le 24 novembre, le pape réunira l’ensemble des chefs des dicastères

Lu sur I-Media :

"Un peu moins de deux ans après avoir été élu par le collège cardinalice, le pape François devrait faire aboutir début 2015 la réforme de la curie romaine réclamée par nombre de cardinaux à la veille du conclave, a appris I.MEDIA de sources concordantes. Le 24 novembre 2014, révèle pour sa part le quotidien français La Croix, le pape réunira dans cet objectif l’ensemble des chefs des dicastères afin de les entendre sur un projet d’organigramme de la nouvelle curie romaine.

Avant une nouvelle réunion du Conseil des cardinaux chargés d’assister le pape dans le gouvernement de l’Eglise (C9) programmée du 9 au 11 décembre, le pontife réunira un ‘conseil des ministres’, confirme-t-on de sources vaticanes. Les préfets de congrégations et présidents de conseils pontificaux seront alors appelés à se prononcer sur le futur organigramme de la curie romaine.

Une nouvelle réunion du C9 aura lieu du 9 au 11 février 2015, lors de laquelle pourrait être adoptée la réforme de la curie romaine avec la publication d’une nouvelle constitution. La dernière réforme de l’appareil curial, sous le feu de nombreuses critiques après ‘l’affaire Vatileaks’ en 2012, remonte à 1988 avec la publication de la Constitution apostolique Pastor Bonus.

La réforme de la curie pourrait voir la fusion de certains dicastères mineurs, des conseils pontificaux, et pourquoi pas la disparition de certains d’entre eux. Deux dicastères importants pourraient alors voir le jour. L’un serait ainsi chargé des questions liées aux laïcs et à la famille, regroupant les deux conseils pontificaux concernés, l’autre serait en charge des différentes questions de société et rassemblerait alors au moins quatre conseils pontificaux : Justice et Paix, Cor Unum, la santé et les migrants.

La nouvelle constitution devra aussi définir avec plus de précisions les compétences précises des deux secrétariats placés à sa tête, la Secrétairerie d’Etat et le nouveau Secrétariat pour l’économie. D’aucuns jugent possible qu’un troisième secrétariat voit le jour pour englober les dicastères n’ayant pas trait aux affaires générales, à la diplomatie et à l’économie. Reste que la nouvelle constitution doit logiquement passer entre les mains du Conseil pontifical pour les textes législatifs."

Posté le 19 novembre 2014 à 13h35 par Michel Janva | Lien permanent

17 novembre 2014

Importante délégation à Rome au colloque sur la complémentarité Homme - Femme

Photo(1)À l'invitation du Cardinal Gerhard Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine pour la Foi, et du Conseil pontifical pour la famille, une importante délégation française est présente au Vatican, depuis lundi matin, pour assister au Colloquium "Humanum", sur la complémentarité de l'Homme et de la Femme :

  • Mgr Dominique Rey, évêque de Toulon,
  • Ludovine de La Rochère, Pdt de LMPT,
  • Tugdual Derville, Alliance Vita,
  • Jean-Marie Le Méné, Pdt de la Fondation Lejeune,
  • Grégoire Boucher, Pdt du Collectif Famille Mariage,
  • Farida Belghoul

C'est le Saint Père en personne qui a ouvert ce Colloque international qui réunit de très nombreux représentants du monde entiers et de toutes les religions autour de ce thème pourtant naturel mais mis à rude épreuve par les ennemis de la famille.

Suivez les actes du colloque sur le site Humanum.

En particulier le remarquable et très émouvant film "the Cradle of Life and Love" dans lequel des familles du monde entier témoignent de l'importance des racines familiales pour les enfants, et le rôle essentiel des parents comme modèle incomparable pour leurs enfants.

Posté le 17 novembre 2014 à 17h41 par Michel Janva | Lien permanent

14 novembre 2014

Revers pour Mgr Bruno Forte

Lu sur Riposte catholique :

"Les élections aux fonctions dirigeantes de la Conférence épiscopale italienne (CEI) ne soulèvent généralement pas un grand intérêt chez les Italiens. Chez les autres peuples on peut même dire que la curiosité est, au mieux, à peu près nulle. Pourtant, l’élection qui s’est déroulée le 10 novembre pour pourvoir à la fonction de vice-président de la région Centre de la CEI, a provoqué une énorme vague de commentaires en Italie et dans le monde. Pourquoi ?

Parce que parmi les candidat à ce poste de vice-président se trouvait l’archevêque Bruno Forte, nommé par le pape François secrétaire spécial du synode extraordinaire sur la famille qui s’est déroulé du 5 au 19 octobre, et auteur principal du “rapport intérimaire”, en tout cas des trois articles les plus controversés qui ont suscité, comme on sait, une véritable bronca dans l’aula synodale… Le résultat de l’élection n’a pas été très favorable au “protégé” du pape François, puisque Mgr Bruno Forte, archevêque de Chieti-Vasto, n’a obtenu que 60 suffrages alors que son concurrent, Mgr Mario Meini, évêque de Fiesole, en a récoltés 140… Une victoire écrasante de l’élu et une défaite tout aussi écrasante pour l’archevêque. Cela en dit long sur l’état d’esprit des évêques italiens…"

Posté le 14 novembre 2014 à 11h29 par Michel Janva | Lien permanent

Le Vatican internationalise la lettre de Mgr Reig dans laquelle il appelle le PP ‘structure de péché’

Objectif : éduquer tous les leaders de pastorale familiale, groupes familiaux et étudiants de la famille dans le monde catholique entier, concernant un cas de trahison de la vie et de la famille, celle du ‘gouvernement conservateur espagnol du parti populaire’, montrant sept réactions catholiques, y compris ‘la régénération des partis politiques majoritaires.’

La lettre de l’évêque de Alcalá de Henares, Juan Antonio Reig Pla, dans laquelle il qualifiait le PP (et d’autres partis permettant l’avortement) de ‘structure de péché’, est devenue internationale : le site web du Vatican du Conseil Pontifical de la Famille recommande cette lettre en cinq langues et en outre fait passer le message dans ses bulletins par mails, adressés aux leaders catholiques experts sur les thèmes de la famille dans le monde entier.

Voici le texte par lequel le Conseil Pontifical de la Famille recommande de lire l’analyse de Mgr Reig Pla :

« Huit points manifestant le désaccord. Ils sont écrits par Mgr Juan Antonio Reig Pla, évêque de Alcalá de Henares, se référant à la non réforme, en Espagne, des lois sur l’avortement. Le projet de loi de protection de la conception et des droits des femmes enceintes, promu par le gouvernement conservateur espagnol du Parti Populaire, a été retiré n’ayant pas reçu l’approbation nécessaire. L’évêque, profondément peiné, invite, dans ses réflexions, à « appeler les choses par leur nom », et s’adresse en particulier aux catholiques pour « maintenir ferme la finalité de l’évangélisation, insister dans l’éducation à l’amour, mobiliser les consciences, régénérer les partis politiques majoritaires, promouvoir l’adoption des lois pour protéger les enfants non-nés, la maternité et les familles. »

Posté le 14 novembre 2014 à 11h24 par Michel Janva | Lien permanent

08 novembre 2014

Le cardinal Burke nommé Patron de l'Ordre de Malte [Addendum]

Le bulletin de la Salle de presse du Saint-Siège de ce jour annonce la nomination du cardinal Burke comme patron de l'Ordre souverain militaire de Malte.

Il est remplacé par le Français Mgr Dominique Mamberti à la tête du Tribunal de la Signature apostolique. Ce prélat corse devrait normalement être créé cardinal. Jusqu'ici secrétaire pour les relations avec les Etats (ministre des Affaires étrangères), il est remplacé par le Britannique Paul Richard Gallagher, actuel nonce apostolique en Australie.

Addendum 12/11 : un lecteur me précise :

"Le Cardinal Burke est nommé « Cardinal Patron de l’Ordre », ce qui est différent. En latin, ‘patronus’ signifie protecteur, défenseur… pas patron au sens français moderne et familier. Le « Cardinalis Patronus" de l'Ordre de Malte n'en est pas "la tête".

La "tête » de l’Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint Jean de Jérusalem, dit de Rhodes, dit de Malte (nom complet), est son « 79ème Prince et Grand-Maître » (un religieux de l’Ordre), Fra' Mathew Festing. Ce dernier (élu en 2008) est ainsi le supérieur religieux élu de l’Ordre et (pour faire simple) le « chef » d’un « Etat sans territoire » (l’Ordre est une forme complexe de sujet international de droit public, indépendant du Saint Siège).

Le rôle de Cardinal Patron (datant de 1961) est assez lié à cette double nature de l’Ordre (remontant largement pour cette dernière à une Bulle pontificale de… 1113)  :

-Ordre Souverain à double titre (l’Ordre élit librement - entendre librement vis-à-vis du Saint Siège - son Supérieur ; de plus, une forme de souveraineté « quasi-étatique » est reconnue à l’Ordre par une centaine d’Etats qui entretiennent avec l’Ordre des relations diplomatiques bilatérales) : le Cardinal Patron représente le Saint-Siège auprès de l’Ordre

-Ordre religieux de l’Eglise Catholique (une part des membres de cet Ordre hospitalier, voué à la défense de la Foi et au Service des Pauvres, est constituée de religieux à part entière ayant fait vœu de pauvreté, chasteté et obéissance, les autres membres ayant d’autres formes d’engagement ou de promesse spéciale dans l’Ordre au service de l’Eglise et des pauvres ou malades) : le Cardinal Patron a pour mission de « promouvoir les intérêts spirituels de ses membres ».

C'est la fonction à laquelle le Cardinal Burke (membre de l’Ordre d’ailleurs) est appelé depuis samedi dernier en remplacement du Cardinal Sardi."

Posté le 8 novembre 2014 à 13h35 par Michel Janva | Lien permanent

30 octobre 2014

"Les chrétiens ne doivent pas être cause de scandale"

« L’Eglise est à la fois visible et spirituelle » : tel était le message central du Pape François lors de l’audience générale mercredi place Saint-Pierre. Le pape a appelé à devenir le signe visible de l'amour de Dieu pour toute l'humanité.

"Au terme de l’audience générale, le Pape a salué les pèlerins francophones. Parmi eux, le cardinal Philippe Barbarin, l’archevêque de Lyon, en pèlerinage avec des centaines de personnes de la région. François les a invité à demander à Dieu « le don de la foi, pour que nous puissions comprendre comment, malgré notre faiblesse et notre pauvreté, nous sommes appelés à être les signes visibles de l’amour de Dieu pour toute l’humanité ».

 

Message intégral du Pape ici.

Posté le 30 octobre 2014 à 10h04 par Marie Bethanie | Lien permanent

23 octobre 2014

Moyen-Orient : au lieu d'encourager l'émigration des chrétiens, il faut assurer leur sécurité

Au lendemain du synode sur la famille, 86 cardinaux et patriarches étaient réunis en consistoire autour du pape François, le 20 octobre, pour échanger sur la situation du Moyen-Orient. Le cardinal secrétaire d’État Mgr Pietro Parolin y a présenté un compte-rendu de la réunion des nonces apostoliques au Moyen-Orient qui avait eu lieu au début du mois (2-4 octobre).

Mgr Parolin a fait état d’une situation « inacceptable », induite notamment par les extrémistes de ‘l’État islamique’ en Irak et en Syrie,

« qui ont contraint des centaines de milliers de personnes à fuir de leurs maisons et à chercher refuge ailleurs dans des conditions de précarité, soumises à des souffrances physiques et morales ».

Ces conflits régionaux « constituent l’une des plus sérieuses menaces à la stabilité internationale ». Pour le Saint-Siège, « une solution politique, juste et durable, au conflit israélo-palestinien » contribuerait à « la paix et la stabilité de la région ».

Les participants ont aussi évoqué le rôle de l’Iran dans la résolution de la crise syrienne et irakienne, ainsi que la situation du Liban, qui ressent lourdement ces conflits, en accueillant un million et demi de réfugiés.

Dans ce contexte, la communauté internationale « doit garantir le droit des réfugiés à retourner et à vivre dans la dignité et la sécurité dans leur pays et leur environnement ». Elle est appelée à « prévenir de nouveaux génocides », à « assister les réfugiés » en impliquant les États de la région, et à oeuvrer pour « faire déposer les armes » et « dialoguer ».

« Il ne s’agit pas de protéger l’une ou l’autre communauté religieuse ou l’un ou l’autre groupe ethnique, mais de porter secours à des personnes qui font partie de l’unique famille humaine et dont les droits fondamentaux sont systématiquement violés ».

Quant au choix des moyens, s’il est « licite d’arrêter l’agresseur injuste », cela doit se faire « dans le respect du droit international ». Et « la résolution du problème ne peut être confiée à la seule force militaire ».

La communauté internationale est appelée à « affronter les causes du conflit », entre autres

« l’idéologie fondamentaliste et l’encouragement au terrorisme nourri par la politique, le commerce illégal de pétrole, la fourniture d’armes et de technologie, le trafic d’armes ».

« Nous ne pouvons nous résigner à penser le Moyen-Orient sans les chrétiens, qui jouent un rôle fondamental comme artisans de paix, de réconciliation et de développement. »

Au lieu d’encourager l’émigration en accordant des visas aux chrétiens persécutés, l’Église invite à les aider à « trouver des conditions de vie, de sécurité, de travail, d’avenir dans la région ».

Enfin, l’Église tente de faire mûrir les consciences sur un « problème de fond » représenté par « le nœud inextricable entre religion et politique, c’est-à-dire le manque de séparation entre religion et État, entre domaine religieux et domaine civil » au Moyen-Orient, « ce qui rend difficile la vie des minorités non musulmanes ».

Le cardinal a conclu en exhortant les chrétiens à

« ne pas oublier que tout dépend de Dieu et de sa grâce, mais à agir comme si tout dépendait de nous, de notre prière et de notre solidarité ».

Posté le 23 octobre 2014 à 07h24 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2014

Les chrétiens d'Orient au coeur du Consistoire à Rome

Ce matin, le Pape a présidé le consistoire ordinaire public pour la canonisation du bienheureux Joseph Vaz, prêtre et religieux indien, fondateur du sanctuaire de la Ste.Croix de Goa (Inde), évangélisateur de la côte du Karavali (Inde) et de Ceylan (Sri Lanka), et de la bienheureuse Maria Cristina de l'Immaculée, religieuse italienne, fondatrice des Sœurs expiatrices de Jésus Sacrement.

L'ouverture du Consistoire a été consacrée au Proche et Moyen Orient et, en particulier, à la situation des chrétiens.

"Nous partageons le désir de paix et de stabilité régionale et la volonté de favoriser la résolution des conflits à travers le dialogue, la réconciliation et l'engagement politique. En même temps, nous voudrions apporter la plus grande aide possible à la communauté chrétienne pour soutenir leur présence dans la région... Nous ne pouvons nous résigner à penser à l'Orient sans les chrétiens qui, depuis deux mille ans, y confessent le nom de Jésus".

"Nous assistons à un phénomène de terrorisme aux dimensions inimaginables. Nombre de nos frères sont persécutés et ont dû quitter leur maison de manière brutale. Il semble que l'on ait perdu la conscience de la valeur de la vie humaine, que la personne ne compte pas et que l'on puisse la sacrifier pour d'autres intérêts. Tout cela, malheureusement, dans l'indifférence de beaucoup. Cette situation injuste exige, en plus de notre prière constante, une réponse adéquate, également de la part de la communauté internationale. Je suis certain qu'avec l'aide du Seigneur, des réflexions et suggestions valables sortiront de la rencontre d'aujourd'hui pour aider nos frères qui souffrent et pour trouver une issue au drame de la réduction de la présence chrétienne sur la terre où est né et de laquelle s'est diffusé le christianisme".

Posté le 20 octobre 2014 à 16h01 par Michel Janva | Lien permanent

19 octobre 2014

Le document final du synode a été profondément remanié

Le document a été publié hier soir, uniquement en italien. Le pape a déclaré que ce document servirait de "Lineamenta", de fil rouge, pour la réflexion des conférences épiscopales dans la perspective du Synode de 2015. Ce n'est donc pas un document définitif du magistère. Jeanne Smits a examiné ce document et remarque notamment les profondes différences avec le document de lundi dernier :

"Dans le document final, le n° 14 qui était l'un des plus scandaleux a été profondément remanié pour intégrer l'ensemble de la réponse du Christ sur le divorce, alors que le rapport d'étape « oubliait » de rappeler sa conclusion : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas. » Les n°s 14 et suivants redisent la doctrine de l'Eglise, non sans oublier la miséricorde offerte à tous, mais non sans signaler que « le repentir et la conversion sont conditions du pardon ».

La « gradualité » a disparu. Le n° 17 qui en faisait une présentation erronée a été profondément remanié pour rappeler la doctrine de l'Eglise dans Gaudium et Spes, tandis que les approfondissements apportés par Humanae vitae et plusieurs textes de Jean-Paul II font leur entrée dès le n°18. C'est d'ailleurs d'une manière générale que le texte est enrichi de rappels doctrinaux qui n'ont rien de sec ou de lourd, avec la référence fréquente à la grâce que Dieu donne pour suivre sa loi. Le rappel sur la valeur du mariage naturel (n°22) dans la mesure où il est fondé sur « la relation stable et vraie entre un homme et une femme » n'est plus une justification de ce qu'il peut y avoir de désordonné dans les unions actuelles.

Le n°24 rappelle qu'il ne peut y avoir d'autre mariage que sacramentel pour les baptisés, et que toute « rupture est contraire à la volonté de Dieu », mais ajoute que l'Eglise est conscience de la « fragilité » de ses enfants qu'il faut « accompagner avec miséricorde et patience par les possibles étapes de croissance des personnes ». Voilà qui est déjà beaucoup moins ambigu.

Le n°25, sur les unions civiles et « remariages » n'a bénéficié que de 140 votes favorables et 39 contre [...] : le fait est que le progrès par rapport au rapport d'étape est notable puisqu'il est clairement dit que l'Eglise a pour rôle d'aider les personnes à connaître « la divine pédagogie de la grâce » pour atteindre la plénitude du plan de Dieu pour elles. Le texte cite la « grâce qui est à l'œuvre » dans ces couples y compris pour qu'ils prennent soin l'un de l'autre. [...]

Le n°28 rappelle la nécessité de la conversion et la demande à la femme adultère de ne plus pécher (152 pour, 27 contre).

L'urgence de l'annonce de l'Evangile de la Vie occupe les paragraphes suivants : avec notre responsabilité qui est de semer, non de récolter, la primauté de la grâce ; et le rappel que l'enseignement de l'Eglise sur la famille est « signe de contradiction ». Cette annonce suppose une« meilleure formation » des prêtres, catéchistes, diacres… Le n°39 évoque la « chasteté » comme « précieuse condition d'une vraie croissance de l'amour interpersonnel. » Et le 40 l'assistance à la messe dominicale, si importante notamment pour les jeunes mariés.

Le n°41, évoque ceux qui ne vivent plus dans le mariage : il faut un « dialogue pastoral pour mettre en évidence les éléments de leur vie qui peuvent les conduire à une plus grande ouverture à l'Evangile de la Vie dans sa plénitude ». Avec la recherche des éléments « positifs » dans ces situations [...].

On retrouve de nouveau un large consensus contre le lobbying en faveur des droits homosexuels (n°56), et sur les questions suivantes qui traitent de la dénatalité destructrice du tissu social et du refus de la vie. Le numéro 58 parle de la « beauté de l'ouverture inconditionnelle à la vie » : « C'est sur cette base que l'on peut appuyer un enseignement adéquat sur les méthodes naturelles pour la procréation responsable », dit-il, avec la « redécouverte du message d'Humanae vitae ». Le même paragraphe rappelle la fécondité particulière du « choix de l'adoption ».

Sur l'éducation (n°60), la déclaration finale reprend les mots du rapport d'étape, mais y ajoute que « les parents peuvent choisir librement le type d'éducation à donner à leurs enfants, selon leurs convictions. » Le 61 ajoute de son côté la nécessité de la « dévotion mariale ». [...]"

Posté le 19 octobre 2014 à 15h09 par Michel Janva | Lien permanent

18 octobre 2014

Synode : 3 paragraphes du rapport final n'ont pas été adoptés

Il fallait les deux tiers pour être votés :

Posté le 18 octobre 2014 à 19h12 par Michel Janva | Lien permanent

Message final de l'assemblée synodale

Ce midi près la Salle de Presse a été présenté le message final de la III assemblée extraordinaire du Synode des évêques consacrée aux problématiques de la famille. Ont pris la parole le Cardinal Raymundo Damasceno Assis, Archevèque d'Aparecida (Brésil) et Président délégué, le Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la culture et Président de la Commission pour le message, et le Cardinal Oswald Gracias, Archevêque de Bombay (Inde). Voici le texte des pères:

"Nous, Pères synodaux réunis à Rome autour du Pape François pour l'Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, nous nous adressons à toutes les familles des divers continents, et en particulier à celles qui suivent le Christ, Voie, Vérité et Vie. Nous manifestons notre admiration et notre gratitude pour le témoignage quotidien que vous nous offrez, ainsi qu’au monde, par votre fidélité, votre foi, votre espérance et votre amour. Nous aussi, pasteurs de l'Eglise, nous sommes nés et avons grandi dans des familles aux histoires et vicissitudes les plus diverses. En tant que prêtres et évêques, nous avons rencontré et avons vécu aux côtés de familles qui nous ont raconté en parole et révélé en actes toute une série de merveilles mais aussi de difficultés. La préparation même de cette assemblée synodale, à partir des réponses au questionnaire envoyé aux Eglises du monde entier, nous a permis de nous mettre à l’écoute de nombreuses expériences familiales. Notre dialogue durant les jours du Synode nous a ainsi enrichis mutuellement, nous aidant à regarder la réalité vivante et complexe dans laquelle évoluent les familles.

A vous, nous proposons cette parole du Christ: Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui. Je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Comme il le faisait durant ses pérégrinations sur les routes de la Terre Sainte, entrant dans les maisons des villages, Jésus continue à passer aussi aujourd’hui par les rues de nos villes. Dans vos foyers, vous faites l’expérience d’ombres et de lumières, de défis exaltants, mais parfois aussi d’épreuves dramatiques. L'obscurité se fait encore plus épaisse, jusqu'à devenir ténèbres, lorsque le mal et le péché s'insinuent au cœur même de la famille. Il y a, avant tout, le grand défi de la fidélité dans l'amour conjugal. L’affaiblissement de la foi et des valeurs, l'individualisme, l'appauvrissement des relations, le stress d’une frénésie qui empêche la réflexion marquent aussi la vie familiale. On assiste alors à de nombreuses crises matrimoniales, affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice. Ces échecs sont ainsi à l’origine de nouvelles relations, de nouveaux couples, de nouvelles unions et de nouveaux mariages, qui créent des situations familiales complexes et problématiques quant au choix de la vie chrétienne.

Parmi ces défis, nous souhaitons ensuite évoquer les épreuves de l’existence même. Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d'une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu'ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même. Nous pensons aux difficultés économiques causées par des systèmes pervers, par le fétichisme de l'argent et par la dictature d'une l’économie sans visage et sans un but véritablement humain, qui humilie la dignité de la personne. Nous pensons aux pères et aux mères sans emploi, impuissants face aux besoins les plus élémentaires de leur famille ; et à ces jeunes qui se trouvent devant des journées désœuvrées et sans espérance, proies potentielles des dérives de la drogue et de la criminalité.

Nous pensons enfin à la foule des familles pauvres, à celles qui s'agrippent à une barque pour atteindre des moyens de survie, aux familles de réfugiés qui émigrent sans espoir à travers des déserts, à celles qui sont persécutées simplement à cause de leur foi et de leurs valeurs spirituelles et humaines, à celles qui sont frappées par la brutalité des guerres et des oppressions. Nous pensons aussi aux femmes qui subissent la violence et sont soumises à l’exploitation, à la traite des personnes, aux enfants et aux jeunes victimes d’abus même de la part de ceux qui devraient en prendre soin et les faire grandir en confiance, aux membres de tant de familles humiliées et en difficulté. «La culture du bien-être nous anesthésie et toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon. Nous faisons appel aux gouvernements et aux organisations internationales pour promouvoir les droits de la famille en vue du bien commun. Le Christ a voulu que son Eglise soit une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne. Nous sommes ainsi reconnaissants envers les pasteurs, les fidèles et les communautés prêts à accompagner et à porter les déchirures internes et sociales des couples et des familles.

Cependant, il y a également la lumière qui brille le soir derrière les fenêtres dans les maisons des villes, dans les modestes résidences des périphéries ou dans les villages et même dans les baraquements. Celle-ci brille et réchauffe les corps et les âmes. Dans les vicissitudes de la vie nuptiale des conjoints, cette lumière s'allume grâce à une rencontre. Il s'agit d'un don, d'une grâce qui s'exprime, comme le dit la Genèse, lorsque deux visages se retrouvent face à face, comme une aide qui correspond à l'autre, c'est-à-dire à la fois semblable et complémentaire. L'amour de l'homme et de la femme nous enseigne que chacun des deux a besoin de l'autre pour être soi-même, chacun demeurant pourtant différent de l'autre dans son identité qui s'ouvre et se révèle dans le don réciproque. C’est ce qu’exprime de façon suggestive la femme du Cantique des Cantiques: Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui. Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi. Pour que cette rencontre soit authentique, le cheminement commence avec le temps des fiançailles, temps de l'attente et de la préparation. Il s'actualise pleinement dans le sacrement du mariage où Dieu appose son sceau, sa présence et sa grâce. Ce chemin passe aussi par la sexualité, la tendresse, la beauté, qui perdurent même au-delà de la vigueur et de la fraîcheur de la jeunesse. De par sa nature, l'amour tend à rimer avec toujours, jusqu'à donner sa vie pour la personne qu'on aime. A cette lumière, l'amour conjugal, unique et indissoluble, persiste malgré les nombreuses difficultés des limites humaines, c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aussi le plus commun. Cet amour se déploie au travers de la fécondité qui n'est pas seulement procréation mais aussi don de la vie divine dans le baptême, éducation et catéchèse des enfants. Il s'agit aussi d'une capacité à offrir la vie, de l'affection et des valeurs. Cette expérience est possible même pour ceux qui n'ont pu avoir d'enfant. Les familles qui vivent cette aventure lumineuse deviennent pour tous un témoignage, en particulier pour les jeunes.

Durant ce cheminement, qui s'avère parfois un sentier ardu avec ses difficultés et ses chutes, on retrouve toujours la présence et l'accompagnement de Dieu. La famille en fait l'expérience dans l'affection mutuelle et le dialogue entre époux et épouse, entre parents et enfants, entres frères et sœurs. Elle le vit aussi en se mettant ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu et en partageant la prière commune, petite oasis spirituelle à mettre en place à un moment chaque jour. Il y a aussi l'engagement quotidien de l'éducation à la foi, à la beauté de la vie évangélique et à la sainteté. Ce devoir est souvent partagé et exercé avec beaucoup d'affection et de dévouement aussi par les grands-parents. Ainsi la famille se présente comme une authentique Eglise domestique, qui s'ouvre sur cette famille de familles qu'est la communauté ecclésiale. Les époux chrétiens sont alors appelés à devenir des maîtres dans la foi et dans l'amour également auprès des jeunes couples. Il y a ensuite une autre expression de la communion fraternelle, celle de la charité, du don, de la proximité auprès des laissés pour compte, des marginalisés, des pauvres, des personnes seules, des malades, des étrangers, des familles en crise, gardant en mémoire la parole du Seigneur: Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Il s'agit d'un don de biens partagés, de présence, d'amour et de miséricorde et aussi d’un témoignage de vérité, de lumière, de sens donné à la vie. Le sommet qui recueille et récapitule tous ces liens de la communion avec Dieu et le prochain est l'Eucharistie dominicale, lorsque, avec toute l’Eglise, la famille prend place à la table du Seigneur. Lui-même se donne à nous tous, pèlerins de l'histoire en route vers la rencontre ultime lorsque le Christ sera tout en tous. Pour cela, dans la première étape de notre chemin synodal, nous avons réfléchi à l’accompagnement pastoral et à la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées.

Nous, pères synodaux, vous demandons de cheminer avec nous vers le prochain synode. Que demeure sur vous la présence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. Ensemble, tournés vers la Famille de Nazareth, faisons monter vers notre Père à tous notre invocation pour les familles de la terre:

Père, donne à toutes les familles la présence d'époux courageux et remplis de sagesse, qui soient source d'une famille libre et unie.

Père, donne aux parents d'avoir une maison où vivre dans la paix avec leur famille.

Père, donne aux enfants d'être signes de confiance et d'espérance, et aux jeunes le courage de l’engagement stable et fidèle.

Père, donne à tous de pouvoir gagner leur pain de leurs propres mains, de jouir de la sérénité d’esprit et de garder allumé le flambeau de la foi même dans les moments d'obscurité.

Père, donne-nous de voir fleurir une Eglise toujours plus fidèle et crédible, une cité juste et humaine, un monde qui aime la vérité, la justice et la miséricorde".

Posté le 18 octobre 2014 à 14h37 par Michel Janva | Lien permanent

17 octobre 2014

On ne peut pas savoir ce qu’il va ressortir des travaux du synode en général

Le cardinal Vingt-Trois répond à Aleteia. Extraits :

"Dans l’état actuel des travaux du synode, peut-on dire, comme certains médias l’affirment actuellement, que l’on s’achemine vers une ouverture, dans certains cas, de la communion aux divorcés remariés ?

Aujourd’hui, on ne peut rien dire de tel. On ne peut pas savoir non plus ce qu’il va ressortir des travaux du synode en général à ce sujet. Le travail du synode vient juste de commencer (ndlr : le synode extraordinaire de cette année sera suivi par un synode ordinaire en octobre 2015). Par ailleurs, le synode des évêques est un organe de réflexion et de proposition. Il n’a aucun pouvoir de décision. Il faudra attendre 2015 et l’exhortation apostolique du Pape pour avoir la réponse à cette question. [...]

Pour beaucoup de divorcés qui vivent une seconde union, le première question n’est pas celle de la communion, mais celle d’une souffrance, d’une culpabilité, qu’ils ne peuvent exprimer nulle part. Ils se demandent : Pourquoi mon mariage a-t-il échoué ? Quelle est ma part de responsabilité ? Le chemin est d’abord de faire la lumière là-dessus. Ensuite, on peut comprendre que pour diverses raisons (ndlr : des enfants nés de cette seconde union en particulier), certains ne puissent pas revenir en arrière. La question est alors : comment vit-on son baptême ? Quand les divorcés remariés sont des baptisés : comment vivent-ils leur baptême ? Quels moyens mettent-ils en oeuvre ? Le premier moyen n’est pas forcément la communion. Les divorcés remariés ne peuvent pas communier parce qu’on ne peut pas dire qu’on rompt la communion d’un côté et que de l’autre, on est dans la communion. Mais cette rupture n’empêche pas d’essayer de vivre la grâce du baptême. Et ce n’est pas parce qu’on ne peut pas communier qu’on ne peut pas progresser vers la sainteté. Il existe beaucoup d’autres moyens : se mettre au service des autres, combattre pour la justice etc."

Posté le 17 octobre 2014 à 12h23 par Michel Janva | Lien permanent

16 octobre 2014

Synode : "n’ayons ni l’esprit dur avec un cœur sec, ni le cœur tendre avec un esprit mou"

PmgLe message du père Jean-Michel Garrigues dans Famille Chrétienne est clair :

"« Avoir l’esprit dur et le cœur tendre. » Cette parole bien connue deMaritain à Cocteau, qui hantait l’héroïque Sophie Scholl en 1943 avant son exécution dans une prison nazie, me venait à l’esprit en constatant dans les médias la dialectique désastreuse dans laquelle les catholiques nous risquons de nous laisser enfermer dans le débat passionné suscité par le rapport du cardinal Erdö au Synode. À ce sujet, j’ai envie de filer la métaphore de Maritain et de dire à mon tour aux catholiques : n’ayons ni l’esprit dur avec un cœur sec, ni le cœur tendre avec un esprit mou. Car c’est bien ces deux attitudes qui tendent aujourd’hui à s’affronter dans une dialectique stérile.

Les tenants de la ligne « pastorale » semblent trop souvent ne pas juger nécessaire que le Synode rappelle encore une fois les vérités fondamentales, naturelles et surnaturelles, tenues et enseignées par le Magistère jusqu’aux derniers papes. Ils les déclarent suffisamment connues et même trop ressassées par le passé ; mais on voit percer dans leur discours qu’en fait ils les trouvent gênantes parce que, jugées « trop théoriques », elles entravent l’attitude compassionnelle et pédagogique de la démarche pastorale. De ce fait, ils sont soupçonnés de faire le lit du relativisme par les tenants de la ligne « doctrinale ».

Ceux-ci ont tellement peur que l’Église abandonne ces vérités fondamentales, surtout dans le contexte dissolvant de notre société occidentale, qu’ils ne veulent pas que le Magistère, en se penchant sur l’immense profusion de cas personnels souvent limites, en vienne à affaiblir la certitude des principes dans l’âme des fidèles. Ils sont soupçonnés par les autres de formalisme idéaliste et déconnecté de la vie et de la souffrance des hommes.

Je voudrais dire aux uns et aux autres que seule la vision binoculaire nous donne la perception du réel avec son relief concret. Dans l’esprit humain les deux yeux de la vision binoculaire correspondent à l’intelligence et au cœur dont parlait Maritain" (suite).

Posté le 16 octobre 2014 à 23h17 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

Synode : Beaucoup de bruits pour rien

Bon article de Théophane le Méné : 

"Les féministes se sont-elles réjouies lorsque Jorge Mario Bergoglio a affirmé que l'Eglise était obsédée par l'avortement tandis que les pro-life exultaient qu'il se rende à la marche pour la vie à Rome; les militants homosexuels ont apprécié que le souverain Pontife se refuse à les juger et les opposants au mariage homosexuel qu'il dénonce ce projet comme «une tentative pour détruire les intentions de Dieu» ; la gauche s'est félicitée que l'homme en blanc confesse ne jamais avoir été de droite et la droite lui a su gré de reconnaître qu'il n'était pas marxiste… En clair, tout le monde a vu midi à sa porte et chacun se demande désormais, entre conservatisme et progressisme, où les conduit le pape François. N'est-ce pas aussi cela l'universalisme de l'Eglise?

Depuis quelques jours, le Vatican est à nouveau au cœur du débat. La publication d'un document de travail établi à mi-chemin de la première session du Synode sur la famille remet le feu aux poudres. La nouvelle réalité de la famille postmoderne et la volonté de l'Eglise de réconcilier vérité et miséricorde, en laissant une grande liberté de parole dans la réflexion engagée, laissent les uns crier à la victoire et les autres hurler à la trahison. L'exploitation médiatique est à son comble et use de la méthode Coué en n'hésitant pas à caricaturer le message millénaire de l'Eglise, tout en érigeant le pape François en nouvelle égérie d'une tolérance qui ne s'appliquerait pas à tolérer l'intolérance (...)

Mais gageons que cette période de grâce n'est que provisoire. Vous avez adoré l'aimer, vous aimerez probablement le détester. Car rien de ce qui existait auparavant du point de vue dogmatique ne devrait changer. Et tout ce qui confortait jusque-là la bourgeoisie avide de privilèges dans un vernis catholique sera chassé du temple. Parions que le pape déplaira autant à ceux qui se veulent socialistes mais qui ne le sont pas qu'à ceux qui aiment trop l'argent".

Posté le 16 octobre 2014 à 21h59 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

La Relatio post Disceptationem révisée entièrement

Communiqué du Saint-Siège suite à la 12e congrégation générale du synode :

"La douzième Congrégation générale, qui s'est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli Minores: trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post Disceptationem, document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio Synodi, document final définitif. Bien qu'elle ait été légitime, on a mis en doute l'opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l'opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ce textes, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions.

On a d'abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l'Evangile de la famille, au fait que la mariage est un sacrement d'union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C'est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l'Eglise à l'institution familiale. Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu. On a suggéré d'inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l'adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. Il convient aussi d'être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne.

Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l'Eglise doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clairs sur la loi de gradualité qui ne doit pas devenir gradualité de la loi. Certains se sont dits perplexes du rapprochement fait avec la paragraphe 8 de Lumen Gentium car il risque de faire croire à une volonté de l'Eglise de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. D'autres ont exprimé le voeu d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser. Pour ce qui est de l'accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu'elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission inter-disciplinaire. Il faudrait également être plus attentifs aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal. On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Evangile. Sans qu'on puisse définir mariage l'union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d'une approbation de l'Eglise à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie. Les Circuli Minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio Synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d'octobre 2015."

Posté le 16 octobre 2014 à 21h09 par Michel Janva | Lien permanent

Synode : la relatio post disceptationem très critiquée et modifiée

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

"D’après LifeSiteNews, parmi les cardinaux qui se sont manifestés contre la relatio, outre les cardinaux Müller et Burke,se trouvent Goerge Pell, Marc Ouellet, Angelo Scola, André Vingt-Trois, Carlo Caffara, Timothy Dolan et Stanisław Ryłko. [...]

La main de Benoît XVI est-elle derrière la prise de parole par son secrétaire, Mgr Georg Gänswein ? Celui-ci a créé la surprise en donnant une interview au magazine Chi la semaine dernière où il a rappelé, comme si c’était nécessaire, que « l’Eglise a toujours déclaré, sur le fondement de l’Ecriture sainte et de la tradition, que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés… contraires à la loi naturelle parce qu’ils empêchent le don de la vie qui est la finalité de l’acte sexuel ». Il a également souligné que l’inclination homosexuelle est une épreuve et que ceux qui la vivent dont appelés à « unir leur sacrifice à celui de la croix du Seigneur, à travers les difficultés qu’ils rencontrent en raison de leur condition ».

Mgr Gänswein a également rappelé que si l’Eglise « ne ferme pas les yeux » sur la situation difficile de nombre de fidèles, notamment les divorcés remariés, « s’engager dans une nouvelle union est contraire à ce que Notre Seigneur a indiqué ». « L’Eglise doit proposer des réponses sincères qui renvoient non à l’esprit du temps mais à l’Evangile, à la parole de Jésus-Christ qui est le Fils de Dieu », a-t-il poursuivi."

Le Synode a annoncé que des modifications du rapport controversé ont eu lieu sur presque tous les chapitres. Une version finale du rapport sera publié samedi prochain.

Par ailleurs, les sujets évoqués dans cette relatio évoquent surtout les problèmes liés à l'Occident déchristianisé. De leur côté, les évêques africains, qui sont très nombreux au synode, soulèvent d'autres sujets non moins importants, tels que la polygamie, l'islam (les mariages mixtes), la propagande pro-mort venue de l'Occident (qui conditionne les aides au développement...), la pauvreté. Et ces évêques ont l'impression de ne pas être écoutés. Dans un entretien à Zénit, le cardinal Kasper prétend ainsi que les évêques africains "ne devraient pas être écoutés" au Synode sur la Famille !

Posté le 16 octobre 2014 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2014

Bataille rangée au Synode : un lundi de fou

Selon Rorate Coeli, c'est Mgr Bruno Forte qui composa les paragraphes controversés sur l’homosexualité.

L'Osservatore Romano a livré un compte-rendu de la bataille rangée qui a eu lieu lundi 13 lors de la lecture de “Relatio post disceptationem” par le Cardinal Peter Erdo, Rapporteur, avec la collaboration de Mgr Bruno Forte. De nombreuses protestations éclatèrent contre l’ouverture des sacrements aux seconds mariages. Mais surtout elles se référaient aux paragraphes sur l’homosexualité, afin que la formulation « prenne les gens en considération mais ne contredise en aucun cas la doctrine catholique sur le mariage et la famille. » Enfin, un message plus fort était proposé sur la tragédie de l’avortement et sur la reproduction assistée. Le message le plus fort était

« un grand encouragement prophétique envers toutes ces familles qui, même au prix de sacrifices énormes, témoignent chaque jour de la vérité du Christ et du mariage. En somme, cela a été dit, serait souhaitable une affirmation positive de l’amour marital et des valeurs sociales de la famille. »

Ce qui ressort, c’est que Mgr Bruno Forte a abusé de sa position et de la confiance du Cardinal Erdo et ajouté dans le résumé des éléments non discutés de cette façon au Synode, faisant croire que c’était la vision générale ; ces éléments ne représentaient en fait que son opinion personnelle sur l’homosexualité et les couples homosexuels. Voilà pourquoi le cardinal Erdo insista clairement sur le fait qu’il n’était nullement responsable de ce passage, et pourquoi la réponse des Pères du Synode fut explosive et furieuse. Mgr Forte agit comme Mgr Bugnini, inventant des choses pour satisfaire ses propres intérêts.

En présentant lundi la « Relatio post disceptationem » le Cardinal Erdo fut interrogé sur les paragraphes scandaleux sur l’homosexualité et l’éducation d’enfants par des homosexuels, qui suggèrent pour la plupart un demi tour à 180° par rapport à la doctrine.

« L’Eglise ne croit pas que le terme ‘famille’ puisse être utilisé à la fois pour l’union ouverte à la vie d’un homme et d’une femme et l’union de deux personnes du même sexe. Cela dit il est évident que les êtres humains ont différentes expériences et que leurs droits doivent tous être protégés. Il ne s’agit pas ici d’équation entre les deux, mais de chercher un moyen de décrire les droits des personnes unies de même sexe. Le but ici est d’être civilisé et de respecter la dignité de la personne. »

Voici, d’après Mgr Bruno Forte, le résumé des premières discussions du Synode. Puis il a été demandé à Mgr Forte si la référence aux « éléments de sanctification et de vérité » que l’on peut « trouver au dehors » du mariage traditionnel peut s’appliquer à l’union gay et aux mariages civils. Il répond :

« je pense que le document cherche des aspects positifs où l’on peut trouver ces éléments au sein de ces unions. Il est facile de rejeter une chose,  mais reconnaître et valoriser tout ce qui est positif, même au sein de ces expériences, est un exercice d’honnêteté intellectuelle et de charité spirituelle. »

« Des éléments de sanctification et de vérité » peuvent justifier tout et rien. L’Enfer peut avoir des éléments de sanctification, même pour les damnés, puisqu’il incite à un comportement meilleur... Mais cela n’a jamais encouragé l’Eglise à rechercher une éternité en Enfer ; de même toutes les aberrations et les crimes les plus horribles peuvent contenir, même si de façon infinitésimale, des « éléments de sanctification et de vérité» : il y aura toujours des aspects justes que le criminel pensait défendre. Et on aura du mal à trouver un mensonge qui est mensonge à 100%, la plupart des mensonges les plus nocifs ont « des éléments de vérité ». Pourtant l’Eglise n’a jamais cru de son devoir, jusqu’à ce lundi, d’accepter la « valeur » du mensonge dans ses « éléments de sanctification et de vérité. »

Jusqu’en 2005, le Pape Benoît XVI énonçait clairement que le pseudo-mariage n’est pas ‘sanctifiant’ mais licencieux et qu’il n’y avait pas de ‘droits’ à les protéger, seulement une ‘expression de liberté anarchique’. Les diverses formes d’érosion du mariage, telles que les unions libres et à l’essai, et les unions homosexuelles, sont une expression de liberté anarchique que l’on fait faussement passer pour une libération de l’homme. Cette pseudo liberté est basée sur la dévalorisation du corps et donc de la personne. Ses prémices : l’homme peut se faire tout ce qu’il veut, le corps est secondaire et peut être manipulé comme bon lui semble. La débauche, qui passe pour la découverte du corps et de sa valeur, est en fait un dualisme qui rend le corps méprisable, le détachant de l’authentique personne et de sa dignité.

Posté le 15 octobre 2014 à 16h20 par Le Salon Beige | Lien permanent

Cardinal Müller : le rapport est "indigne, honteux, complètement faux"

C'est une condamnation sans appel du rapport intermédiaire du synode qu'a prononcé le cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le même cardinal a dénoncé publiquement à plusieurs reprises, au cours de la semaine dernière, une certaine attitude réprobatrice à l'égard des orateurs qui ont pris la parole en défense de la doctrine catholique traditionnelle, et notamment sur l'indissolubilité du mariage. Cette position, qui a été exposée au cours du synode, a trouvé un écho assez limité dans Relatio. Il estime qu'il y a eu une censure dans la rédaction de ce rapport.

Posté le 15 octobre 2014 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

Vers une révolution de paradigme ?

Tribune de Thibaud Collin parue dans Le Figaro de ce jour :

"Le pape se tait. Mais beaucoup parlent pour lui. Un premier texte de synthèse des travaux du synode sur la famille circule. Ce document provisoire permet de mesurer à quel point la ligne critique, portée sous Jean-Paul II et Benoit XVI par les cardinaux Martini et Kasper, est désormais influente à Rome. Ce texte est, en effet, porteur d’une nouvelle méthode pastorale, qui part de la réalité de la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui en valorisant au maximum ce qu’elle contient. Fi d’une approche employant des gros mots tels que péché, vérité sur le bien, conversion, combat spirituel. Il faut que les pasteurs effectuent une « conversion missionnaire » et « une conversion du langage ». L’heure est au « prendre soin » (le care importé des études féministes anglo-saxonnes), à l’accueil inconditionnel des personnes ayant vécu des échecs et des blessures ; les divorcés remariés bien sûr auxquels dans certains cas on ne pourrait par miséricorde refuser la communion eucharistique et la réconciliation mais aussi « les personnes homosexuelles qui ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ».

Cette conversion consiste à poser un regard positif sur ces réalités autrefois considérées comme désordonnées et peccamineuses. Au cœur de cette nouvelle démarche, une méthode importée de l’œcuménisme : au lieu de voir les sujets qui divisent, au lieu de proclamer des anathèmes, chercher les convergences, les pierres d’attente pour un progrès vers l’unité et la plénitude de l’union à Dieu. Cette attitude inclusive tend à gommer le sens du péché, vu comme responsable du blocage que les hommes contemporains éprouvent relativement à l’Evangile. Pourquoi braquer les gens en leur assénant une vérité transcendante lorsqu’on peut les rejoindre là où ils sont et les inviter à gravir les degrés d’un chemin vers un idéal, horizon de la vie humaine telle que Dieu la désire ? Il s’agit par exemple de discerner dans la vie des concubins des réalités positives telles que la stabilité, l’affection profonde, la responsabilité envers les enfants qui peuvent être vues « comme un bourgeon à accompagner dans son développement vers le sacrement de mariage ». Cette méthode repose sur les sciences humaines et sociales et non plus sur une anthropologie philosophique et théologique telle qu’elle a été développée durant les deux derniers pontificats. Au lieu de voir l’homme dans sa vérité profonde, on le regarde tel qu’il est concrètement, c’est-à-dire blessé et imparfait. Ainsi « la vérité s’incarne dans la fragilité humaine non pas pour la condamner, mais pour la guérir ».

Comme ces mots sont doux aux oreilles de nos contemporains ! Mais comme ils risquent de produire des malentendus ! Nous sommes là au cœur d’une tension théologique qui traverse l’Eglise depuis des décennies. De quoi s’agit-il de guérir ? Le Christ est venu pour sauver les hommes et non pour soigner leurs souffrances psychologiques même si la grâce a une dimension thérapeutique par surabondance. Dès lors, comment la vérité peut-elle s’incarner dans la vie des hommes si ce n’est par leurs actes libres en réponse à l’appel de Dieu ? Ce lien entre vérité et liberté passe par la formation de la conscience morale, lieu même où la vérité sur son péché se révèle et permet de s’ouvrir à la miséricorde et à une juste réception des sacrements. Le texte souligne à juste titre que la miséricorde divine est offerte à tous mais il semble en déduire que le seul moyen de la rendre aimable est de valoriser l’état de fait dans lequel les gens vivent. Lorsque le Christ dit à la femme adultère « va et ne pêche plus », il n’enferme pas la personne dans son péché mais en le nommant il lui permet de s’en détacher. C’est donc toute l’économie de la miséricorde qui en contournant l’objectivation du péché, et donc de la liberté, risque de rendre superflue la conversion. Cette conception de la miséricorde ressemble étrangement à la tolérance au nom de laquelle la plupart des sociétés civiles occidentales ont, ces dernières décennies, rompu l’arrimage de la loi politique à la loi morale. En bonne logique, la légitimation de l’exception ruine tout simplement la norme. La norme rebaptisée idéal ne gêne plus personne puisqu’elle apparaît réservée à une élite. L’appel universel à la sainteté proclamé par Vatican II devient une option parmi d’autres. Ce texte en introduisant une nouvelle méthode déstabilise la doctrine en changeant son statut. La pastorale déconnectée de la doctrine est identifiée à l’art de faire des exceptions à une loi vue comme empêchant la miséricorde. Or qu’est-ce qu’un pasteur qui, pour être mieux reçu, édulcore l’exigence du message qu’il a à transmettre ?"

Posté le 15 octobre 2014 à 08h17 par Le Salon Beige | Lien permanent

14 octobre 2014

Changement majeur pour l'Eglise ? Pas si vite

Le Monde daté de demain exulte suite à la publication du rapport intermédiaire du synode :

  F

Et l'article en Une annonce la couleur :

"L'Eglise catholique se prépare à un changement majeur dans son rapport à la famille. C'est ce que préconise le rapport d'étape du synode sur la famille réuni à Rome par le pape François, rendu public lundi 13  octobre."

Mgr Stanislaw Gadecki, archevêque de Poznan, et président de la Conférence épiscopale polonaise estime que 

"C’est aussi un défaut de ce texte, qui devrait inciter à la fidélité, aux valeurs familiales, mais qui au lieu de cela semble tout accepter tel quel. Cela donne l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été sans miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde commençait seulement maintenant."

L’archevêque de Riga (Lettonie), Mgr Zbigniew Stankiewicz, diagnostique le « danger de danser sur la musique du monde » et de « se rendre à la pression des milieux laïcs ». Il ajoute que « la grande majorité des évêques » n’a « pas l'intention de lâcher prise ».

De son côté, Jeanne Smits a rédigé une longue critique de ce document et montre combien le lobby LGBT est satisfait. Francis DeBernardo, présent à Rome pour le « synode alternatif » des LGBT, a déclaré :

« Je cois que nous sommes en train de voir ce que nous attendions depuis très longtemps : la glace se craquelé. C’est le signe d’un premier pas. » « Je crois que le changement du langage provoque une réaction en chaîne : un changement du langage entraînera un changement de la pratique pastorale, ce qui provoquera un changement dans l’enseignement. »

Suite au nombreuses réactions, le Directeur de la Salle de Presse a déclaré pour le compte du Secrétariat général du Synode des évêques :

"A la suite des réactions et débats ayant suivi la publication de la Relatio post Disceptationem, à laquelle on a attribué un poids qui ne lui appartient pas, le Secrétariat rappelle qu'il s'agit d'un document de travail résumant les interventions et la discussion de la première semaine synodale. Ce texte est maintenant soumis à l'attention des Circuli Minores, en conformité au règlement du Synode. Le résultat des travaux des pères synodaux réunis en comités sera présenté à la Congrégation générale de jeudi matin prochain."

Prêtre du diocèse de Versailles, l'abbé Amar rappelle 3 choses :

"1. Il ne faut pas confondre le bilan d’étape publié par un évêque (fût-il cardinal !) avec le magistère de l’Eglise. Certes, les médias ne peuvent saisir cette subtilité. Certains se sont d’ailleurs jetés avec une troublante gourmandise sur le texte du cardinal Péter Erdö. Mais on est en droit d’attendre un peu plus de recul de la part des baptisés.

2. Oui, il y a des divergences d’approche pastorale parmi les évêques du monde entier. C’est logique, normal… et très bon signe ! L’Eglise est universelle. [...] On peut même rajouter que ces différences ne sont pas nouvelles. Thibaud Collin a déjà pu parler des divergences d’approche à propos de la morale sexuelle de l’Eglise. Et il ne faudrait pas oublier que durant le concile Vatican II, les débats ont parfois été assez toniques !

3. Les décisions du Pape et des évêques n’interviendront que dans un an, après encore beaucoup de travail. Qui sait que le synode actuellement en cours connaîtra une deuxième phase, en octobre 2015 ? Le thème a déjà été fixé : « la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde contemporain »."

Posté le 14 octobre 2014 à 16h19 par Le Salon Beige | Lien permanent

Synode : le document préliminaire fortement critiqué en Assemblée générale

Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, Consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour le monde de la santé, et Expert auprès du Synode sur la Famille, répond à Zénit, à propos du rapport intermédiaire sur le synode. Extraits :

"Le document préliminaire faisant la synthèse des travaux de la première semaine va être soumis aux discussions en carrefours linguistiques. Pour l’instant, il a été fortement critiqué lors de sa présentation en Assemblée générale et il ne fait pas l’unanimité des Pères. Il n’est pas assez fondé sur l’Ecriture et apparaît comme un discours sociologisant. Trop de confusions et de complaisances ne rendent pas compte de l’Enseignement de l’Église et de la pensée des Pères synodaux. Il a été demandé de revoir le texte dans sa structure et en ce qui concerne l’admission des divorcés remariés aux sacrements et l’homosexualité. Il a été jugé trop simpliste de laisser entendre que les unions de fait seraient un chemin possible de vie de couple (une façon d’accepter l’adultère ont dit certains Pères) et d’affirmer que « les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ». Le texte fait l’impasse ici sur une forme de sexualité que l’Église ne peut pas reconnaître et encore moins la présence d’enfants dans ce type de situation. Autrement dit, il ne faut pas confondre la personne homosexuelle et l’homosexualité qui ne représente aucune valeur sociale et encore moins une richesse pour l’Eglise. Il en va de même avec le concubinage même si c’est insuffisant de dire que pour certains il finit par un mariage. Il est indispensable de mentionner en premier le sens du mariage chrétien et de la famille tel qu’il a été souligné par les témoignages des laïcs présents au Synode.

Est-il vrai que des cardinaux s’opposent au Pape ?

Il n’y a pas d’opposition au Pape, dans la mesure où le Saint-Père ne fait qu’écouter, ne parle pas et ne donne aucun signe d’approbation ou de réprobation dans un sens ou un autre. Si à un moment précis, Le Saint-Père a évoqué la question des divorcés remariés qui n’ont pas accès aux sacrements, il n’a pas non plus donné de lignes directrices auxquelles le Synode doive aboutir. Il a simplement, au début des travaux, appelé les Pères du Synode à parler librement. Il reste donc très discret et très accueillant envers les uns et les autres. Nous pouvons nous adresser à lui pendant les temps de pause, partager un café et un sandwich, lui exprimer une interrogation en toute simplicité. Il est ainsi présent à tous nos travaux et il lui reviendra, après avoir entendu tous les Pères, et après le Synode ordinaire de 2015, de préparer, de rédiger et de publier une exhortation post-synodale sur la Famille. Bref, il y a une détermination de tous à se consacrer à la Nouvelle Évangélisation dans le cadre de la Famille. Le texte final de ce Synode, revu et corrigé, sera soumis au vote d’Assemblée le samedi 18 octobre 2014.

La question des divorcés remariés n’est-elle pas au centre des débats ?

Si la question a été reprise plusieurs fois, elle n’est pas le sujet central du Synode sur la Famille, car il s’agit avant tout d’une question sacramentelle qui concerne le rapport indissoluble entre le sacrement de mariage et l’eucharistie. Là encore, les médias, et souvent des médias catholiques, réduisent le Synode à cette seule question. Ils suscitent des attentes qui risquent d’être déçues. Nous sommes là dans un conditionnement qui dessert la vérité du sens du mariage avec laquelle l’Église ne peut pas tricher à moins de trahir le Christ. [...]

Les évêques africains apparaissent sages et déterminés dans leur questionnement ?

Oui, ils sortent les pays occidentaux de leur paresse spirituelle. De nombreux pays africains refusent cet arsenal et ils le condamnent. Ils disent avec raison : « Les pays occidentaux et les agences de l’ONU veulent profiter de notre misère, du dépouillement de nos ressources pour nous tuer ». À cela s’ajoute la volonté idéologique et politique de redéfinir le couple, le mariage et la parenté à partir de l’homosexualité qui n’a rien à voir avec la vie conjugale et familiale. Les législateurs créent des confusions en imposant dans la loi civile la légitimité des orientations sexuelles au détriment de la relation fondée entre un homme et une femme qui eux, et eux seuls, assurent le lien social et la transmission. [...]

Le chantier de la famille est immense, alors, comment interpréter cette réduction du Synode à la question des divorcés remariés ?

C’est la question symptomatique de l’époque actuelle de revendications subjectives vécues comme un droit. On ne s’inquiète pas du sens du mariage comme lien indissoluble mais conçu comme un contrat « jetable » selon l’expression du Pape François. Et ce symptôme de la déliaison est devenu un emblème de la presse catholique qui se répercute sur d’autres médias. Pourtant, il s’agit d’aller au-delà du symptôme et de savoir identifier ce qui se passe dans ces ruptures et comment l’éducation peut mieux préparer les jeunes.

D’autre part, l’autre objectif du Synode serait de savoir comment rendre possible l’accession aux sacrements pour des personnes qui sont dans des situations particulières ? Or, pour les Pères du Synode, la demande n’est pas si massive qu’on veut bien le faire entendre et la plupart de ces personnes n’ont pas toujours une pratique religieuse, à l’inverse d’autres qui, tout en sachant qu’elles ne peuvent ni recevoir le sacrement de la Réconciliation, ni celui de l’Eucharistie et ne peuvent pas avoir certaines responsabilités pastorales, participent tous les dimanches à la messe de leur paroisse. Au moment de la communion, elles se présentent devant le prêtre et sollicitent sa bénédiction en repliant leurs bras en croix sur leur poitrine. Le signe est compris et le prêtre les bénit en traçant sur leur front la Croix du Christ. Bref la communion eucharistique n’est pas un droit et ne peut être donnée sous n’importe quelles conditions.

D’ailleurs d’autres catholiques devraient être davantage conscients de savoir s’ils sont ou pas en état de grâce pour communier et, dans le cas contraire, recevoir le sacrement de la Réconciliation. Il y a aujourd’hui un déplacement du sens de la communion eucharistique : ce n’est pas tant au Christ que certains communient mais pour montrer leur communion à la communauté « hic et nunc ». Ce qui est une forme de psychologisation et de moralisation païennes de ce sacrement. D’où l’idée incongrue de se croire exclu de l’Église si l’on ne peut pas communier sacramentellement. [...]

Le Synode a-t-il parlé d’une « bénédiction » pour des « mariages » homosexuels ?

Les Pères n’ont pas abordé la question sous cet angle et le texte préliminaire ne reflète pas du tout la pensée des Pères synodaux. Il a été rappelé que l’on commet une erreur en mettant sur le même plan un couple formé par un homme et une femme, et un duo de personnes de même sexe. Ces derniers ne sont pas dans la logique de l’amour et de la vie conjugale et familiale. On ne peut donc en aucun cas « bénir » ce type de relation, ni reconnaître cette forme de sexualité, et encore moins confier des responsabilités pastorales dans le cadre de ce mode de vie. En revanche, l’accueil et l’accompagnement des personnes individuelles sont toujours privilégiés, mais pas en duo (le couple homosexuel n’existe pas), ni dans le cadre d’associations qui parfois se présentent comme « catholiques » alors qu’elles promeuvent un discours et un mode de vie en contradiction avec l’Enseignement de l’Église. Elles incitent l’Église à vouloir changer les mots et à réécrire le Catéchisme dans un sens plus neutre à l’égard de l’homosexualité. C’est la même stratégie - qui a été adoptée dans la société civile en réécrivant le code civil - que l’on veut appliquer à l’Eglise. Soyons alertés et vigilants face à ce nouveau terrorisme du langage qui veut changer les mots pour ne plus désigner ce qui est. Il y a ainsi un grave problème épistémologique, un virus de l’intelligence, qui empêche de penser en vérité. Une façon d’édulcorer la problématique.

Autrement dit, les personnes qui ont des attractions pour le même et le semblable ont à vivre et à assumer leur existence, comme tous chrétiens, selon les exigences de leur baptême. C’est en ce sens que le Pape François avait dit : Si une personne homosexuelle cherche le Seigneur, qui suis-je pour la juger ? C’est-à-dire, si cette personne est fidèle à sa foi et aux conséquences morales qu’elles impliquent, elle évite de se mettre dans des situations et des comportements contraires à la vie chrétienne, dans ce cas, moi, je ne suis pas juge de son destin au regard de Dieu. Pour vivre en chrétien, nous sommes tous appelés à nous convertir. Tel est chemin de la sainteté puisé aux sources du baptême. [...]"

Posté le 14 octobre 2014 à 11h01 par Michel Janva | Lien permanent

11 octobre 2014

Cardinal Burke : « la vérité du Christ est au cœur du mariage »

« Demeurer dans la vérité du Christ » est au cœur du Synode extraordinaire sur la famille. Le Cardinal Burke explique le message du Synode renforçant le mariage institué par le Christ et sa perspective face aux situations de mariage difficile. Il insiste sur la beauté de l’enseignement du Christ sur le mariage et la famille. Il met en avant certains facteurs allant à l’encontre de la sauvegarde du mariage chrétien :

  • l’appauvrissement du catéchisme qui génère un manque de connaissances des fidèles et surtout des jeunes sur le sacrement du mariage.
  • la théorie du « gender » et l’agenda homosexuel aliénant la sexualité humaine et son sens conjugal au sein d’une famille avec un père et une mère. Nous sommes confrontés à une culture occidentale sécularisée et dénaturée, où Dieu et son plan pour la création ne sont plus pris en compte. Nous avons l’arrogance de décider pour nous-mêmes du sens de nos vies et de nos destinées ; le sens chrétien de la famille est directement attaqué par les médias et internet, par une culture rejetant le Christ, et notamment par la pornographie destructrice.
  • une difficulté supplémentaire est le mariage en lui-même et la façon dont l’Eglise le présente. Le mariage est partie de notre nature humaine et est déjà contenu dans la loi naturelle. La foi vient illuminer la raison et nous fait voir la vérité dans toute sa richesse. Nous avons besoin d’aider les jeunes gens se préparant au mariage à le voir comme un appel magnifique, un chemin vers le salut éternel, pas simplement une voie de bonheur sur terre, et nous avons à les aider de tout notre pouvoir.

Il est de notre devoir d’aider tout particulièrement ceux qui en ont un grand besoin et qui traversent des difficultés au sein de leur mariage. Il s’agit de montrer à ceux qui sont divorcés remariés civilement qu’ils peuvent se convertir toujours plus au Christ et se conformer à lui. Ce n’est pas facile, c’est un des défis les plus durs qu’un chrétien peut rencontrer, mais la grâce leur vient en aide et les libère quand ils répondent en vérité à la volonté du Christ. Il serait une grave erreur de n’envisager la situation que du point de vue de l’accès aux sacrements ; c’est une contradiction en soi, ce serait passer à côté du soutien pastoral dont ces couples ont besoin. L’Eglise a une longue expérience de soutien aux couples en unions irrégulières.

Les médias ont hélas nourri le faux espoir que le Synode allait porter atteinte à l’indissolubilité du mariage et modifier l’accès aux sacrements, ces attentes sont irréelles. Le message clé envoyé par ce Synode est la fidélité au message du Christ et à sa vérité.

J’espère que le Synode poursuivra l’œuvre du Magistère papal, à commencer par Casti connubii (Pie XI), l’enseignement prophétique et héroïque Humanae Vitae du Pape Paul VI qui sera béatifié à la fin de ce Synode ; Familiaris Consortio (St Jean Paul II). Fondamentalement, le cardinal espère que de ce Synode émergera la belle vérité sur la personne humaine, inscrite dans la nature, qui est l’appel à l’union et à la communion entre un homme et une femme, union fidèle, indissoluble, procréatrice ; participant à la création de la vie humaine à l’image de Dieu, le don de la vie étant le couronnement de l’amour conjugal.

Ce Synode met l’accent sur la préparation au mariage, l’enseignement sur la planification naturelle d’une famille, et toutes les questions qui émergeront sur la splendeur et la vérité du mariage tel que Dieu l’a créé pour nous depuis le début.

Posté le 11 octobre 2014 à 19h22 par Le Salon Beige | Lien permanent

Synode : la proposition du cardinal Kasper rencontre peu d’échos

Selon Jean-Marie Dumont, envoyé de Famille chrétienne à Rome :

"la révolution annoncée autour de l’accès aux sacrements des divorcés remariés civilement n’aura pas lieu. Présentée par le cardinal Kasper à quelque cent cinquante cardinaux lors du consistoire sur la famille de février dernier, la proposition consistant à permettre aux divorcés ayant conclu un deuxième mariage civil, sous certaines conditions, de recevoir les sacrements de la pénitence et de l’eucharistie, a fait l’objet depuis six mois de prises de position toujours plus nombreuses indiquant qu’elles ne pourraient pas être acceptées par l’Église.

Cette évolution semble se confirmer au synode. Le nombre d’interventions s’opposant directement, pour des raisons théologiques et doctrinales, à cette proposition, entre mercredi soir et jeudi matin, y a été important. Ajoutées à un grand nombre d’interventions ne s’y opposant pas frontalement mais y contribuant de fait, en se limitant à des propositions d’ordre pastoral (mise en place de groupes d’accueil dédiés dans les paroisses, amélioration du processus permettant la reconnaissance d’une nullité de mariage, amélioration de la préparation au mariage), ces interventions mettent en évidence le fait que la proposition du cardinal Kasper rencontre finalement assez peu d’échos chez les Pères du synode."

Posté le 11 octobre 2014 à 13h09 par Michel Janva | Lien permanent

10 octobre 2014

"Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire"

Olivier et Xristilla Roussy, couple français responsable d’Amour et Vérité, branche apostolique de la communauté de l’Emmanuel consacrée aux couples, ont témoigné au synode le 9 octobre, lors de la journee consacrée à l'ouverture de la vie et Humanae vitae. Ils ont fait l’éloge des “méthodes naturelles“ de régulation des naissances devant les cardinaux et évêques réunis au Vatican.

Le couple Roussy a donné son expérience de façon très concrète sur ce sujet. Les époux ont tout d’abord évoqué la période où Xristilla avait utilisé la pilule suite à l’arrivée de leur 3e enfant et la grande fatigue qui avait suivi.

Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire, ont-ils affirmé, nous avons très mal vécu cette période“.

Nous n’étions plus unifiés, nous avons compris que nous avions fermé une porte au Seigneur dans notre vie conjugale“.

C’est ainsi que le couple a décidé de “reprendre une régulation naturelle des naissances“. Malgré les difficultés, Olivier et Xristilla Roussy ont fait part aux pères synodaux de leur “joie“ dans cette “aventure commune“.

“Nous avons expérimenté que ces méthodes sont fiables, même s’il nous faut témoigner qu’il nous est arrivé de ne pas contenir notre désir et qu’un enfant a vu le jour neuf mois plus tard“.

Le matin, le cardinal Vingt-Trois a encouragé

"une mentalité ouverte à la viepour contrecarrer la mentalité contraceptive et la diffusion d’un modèle anthropologique individualiste"

Un couple de Brésiliens avait lui aussi évoqué les méthodes naturelles de régulation des naissances, souvent peu connues, même parmi les catholiques. Ils avaient notamment demandé au clergé d’être plus clair concernant l’enseignement de l’Église sur la morale sexuelle.

Posté le 10 octobre 2014 à 18h54 par Michel Janva | Lien permanent

Le Synode veut recommander d'approfondir l'encyclique Humanae Vitae

Extrait du résumé de la 8e congrégation général du Synode sur la famille :

"Après avoir souligné que la vocation à la vie est l'élément fondant de la famille, les pères sont tombés d'accord pour recommander aux fidèles d'approfondir l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI, notamment le recours au méthodes naturelles de régulation de la fertilité et le rejet de la contraception. La procréation ne saurait être distincte de l'acte conjugal, et toute manipulation génétique, y compris la cryo-conservation des embryons, est absolument condamnée."

Les évêques africains ont également dénoncé le chantage de la culture de mort :

"On a critiqué les pays occidentaux et les organisations internationales qui, en Afrique notamment, présentent l'avortement et l'union homosexuelle comme des droits, et conditionnent avec insistance leur aide à leur acceptation. D'autant que le droit à la santé sexuelle et reproductive n'a même pas de définition précise en droit international. On mêle ainsi des principes contradictoires comme la condamnation de l'avortement forcé et la recommandation de l'avortement sécurisé, ou comme la protection de la maternité et celle de la contraception. Même sans force de loi, ces soi disant droits constituent un risque dans la mesure où ils déforment l'interprétation d'autres principes comme la lutte contre la discrimination féminine."

Posté le 10 octobre 2014 à 16h46 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2014

Le consistoire du 20 octobre consacré à la situation du proche et moyen Orient

C'est ce qu'a annoncé le Saint-Siège aujourd'hui à l'issue de la 3e congrégation générale du synode :

"Cette session a prolongé de débat général autours de: l'Evangile de la famille et la loi naturelle; et de La famille et la vocation de la personne dans le Christ.

En ouverture a été annoncé que le consistoire ordinaire du 20 octobre serait consacré à la situation du proche et moyen Orient, dans le sillage de la réunion tenue en début de semaine avec les nonces en poste dans la région. Les patriarches orientaux ainsi que le patriarche latin de Jérusalem y prendront part, et le Cardinal Secrétaire d'Etat en fera la présentation.

Les débats de ce matin on mis en exergue la nécessité d'une meilleure préparation pré-matrimoniale, solide et efficace. Il ne suffit pas d'envisager des remèdes aux échecs conjugaux mais élaborer les conditions de succès des mariages. Pour cela il est nécessaire d'offrir une vision du mariage qui ne se limite pas à sa réussite mais qui le présente comme un passage vers un but supérieur, au moyen d'une ascèse personnelle des couples qui soit force et énergie. Le mariage, qui est une vocation à part entière, implique la fidélité et la cohérence afin d'être un espace de progrès de l'humain. Les époux doivent donc être accompagnés par le biais d'une pastorale spécifique vigoureuse.

Personnalisée, la préparation sacramentale doit être longue et rigoureuse, même si cela risque de diminuer le nombre des noces à l'Eglise. On ne doit pas encombrer de causes matrimoniales les tribunaux ecclésiastiques.

Il a ensuite été question des media, dont la présence est parfois envahissante dans leur présentation d'idées opposées à la doctrine de l'Eglise en matière de mariage. Les fidèles doivent êtres mis en garde mais aussi mieux armés.

L'enseignement de l'Eglise doit être plus incisif et ne pas se limiter à des interdits. Comme Jésus, elle doit se faire proche des personnes. En agissant ainsi il sera possible de réduire la fracture entre doctrine et pratique, entre enseignement ecclésial et vie familiale. Il n'est pas question de choisir entre doctrine et miséricorde mais de développer une pastorale éclairée, encourageant des familles en crise qui souvent ne ne sentent plus appartenir à l'Eglise. Face aux couples en difficulté et aux divorcés remariés, l'Eglise soit présenter la vérité et non point un jugement. Avec compréhension, elle doit convaincre les intéressés à suivre la vérité, à suivre l'Eglise qui dit la vérité. C'est la miséricorde qui soigne et accompagne, d'autant que les familles en crise n'attendent pas des solutions pastorales rapides. Elles ne veulent pas être de simples statistiques mais se sentir comprises et aimées. Il faut accorder plus d'espace à la logique sacramentale qu'à la logique juridique. Pour ce qui est de l'Eucharistie aux divorcés remariés, il a été réaffirmé qu'il ne s'agit pas du sacrement des parfaits mais de qui chemine."

Posté le 7 octobre 2014 à 22h41 par Michel Janva | Lien permanent

La pauvreté, à l'origine de la séparation des couples

Lu ici :

"Alors que la question des divorcés remariés est au cœur des préoccupations des médias et d’une bonne part des participants au Synode sur la famille qui se tient à Rome du 5 au 19 octobre, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, rapporte qu’aux Philippines, c’est la pauvreté qui, à ses yeux, est principalement à l'origine de la séparation des couples.

Dans un entretien à Catholic News Service (CNS), le 6 octobre dernier, l’archevêque philippin, qui est l’un des trois présidents nommé par le pape François pour diriger l’assemblée synodale, explique espérer qu’au-delà des débats sur les couples divorcés remariés, l’assemblée du synode se penchera également sur l’impact de la pauvreté et de l’émigration sur les familles, aussi bien aux Philippines que dans la plupart des pays en développement.

« Il y a bien sûr beaucoup de défis concernant la famille aux Philippines, mais pour moi, il s’agit tout d’abord de la pauvreté, l’extrême pauvreté ; elle a un impact très réel sur la famille », a t-il également déclaré dans une vidéo enregistrée depuis le Vatican le 4 octobre dernier.

« Il ne faut pas considérer cette pauvreté comme un élément extérieur, à replacer dans un autre contexte : non, pour beaucoup de personnes aux Philippines, elle agit au cœur même de la famille et affecte toutes les relations entre ses membres », ajoute-t-il.

Parmi les conséquences de la pauvreté, l’une des plus dramatiques est bien souvent l’obligation pour l’un des deux parents d’émigrer à l’étranger afin de trouver du travail et de subvenir ainsi aux besoins de sa famille, explique le cardinal Tagle. « Les couples ne se séparent pas parce qu’ils veulent divorcer, ne s’entendent plus ou sont en conflit. Non, ils se quittent et se séparent de leurs enfants parce qu'ils s'aiment, et que la meilleure façon pour eux de s’occuper de leur famille et lde es faire vivre, est d’aller travailler à l’étranger ».

L’émigration philippine représente une part importante de l’économie du pays. Plus de 11 % de la population vit et travaille à l’étranger, principalement aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite, au Canada, aux Emirats Arabes Unis et en Australie. Mais des migrants économiques philippins se trouvent dans quasiment tous les pays de la planète.

La séparation des familles « crée indéniablement une blessure ouverte, qui ne se referme pas », poursuit le cardinal Tagle. « Les enfants souffrent de l’absence de leurs parents, et les parents souffrent de ne pas être présents dans la vie de leurs enfants, tout en devant rester fidèles à un conjoint qu’ils ne pourront pas revoir pendant des années. »

« Pour tout vous dire, l’aéroport est devenu un endroit traumatisant pour moi », avoue l’archevêque de Manille sur la vidéo de CNS. « Pas à cause des voyages ou d’éventuels dangers, mais parce que j’y vois, et j’y entends les parents, - les mères surtout -,  parler à leurs enfants, leur dire au-revoir, et que l’on voit qu’elles ont le cœur brisé. » Après un silence, il ajoute : « Vous vous demandez alors de quelle force ils auraient besoin [pour vivre cela], et vous ne pouvez que prier : ‘Seigneur, donne-leur Ta force’. »

Espérant que « ces réalités seront portées au synode », Mgr Tagle rappelle encore que si « l’émigration est un grave sujet de préoccupation pour de nombreux pays pauvres, elle est aussi un défi pour la pastorale ». Il faut que l’Eglise propose « une assistance, un accueil et un soutien pour toutes ces familles, en leur permettant notamment de maintenir leurs liens affectifs », conclut-il.

Posté le 7 octobre 2014 à 21h21 par Michel Janva | Lien permanent

06 octobre 2014

Synode : l'Evangile de la famille se présente comme un remède

Le rapport préliminaire aux débats synodaux a été lu ce matin par le Cardinal Peter Erdö, rapporteur général de l'assemblée. L'intégralité est ici. Ce rapport inclut déjà les interventions écrites des pères synodaux, préalablement envoyées au Secrétariat général du Synode. Ce Rapport invite à envisager la famille avec espérance et miséricorde, en annonçant sa valeur et sa beauté car malgré les nombreuses difficultés, celle-ci n'est pas un modèle dépassée.

"Nous vivons dans un monde fait de seules émotions dans lequel la vie n'est pas un projet mais une série de moments, et l'engagement stable semble redouté pour l'homme fragilisé par l'individualisme. Mais c'est justement ici, face à ces signes des temps, que l'Evangile de la famille se présente comme un remède, un véritable médicament, proposé en se plaçant du point de vue de ceux qui ont plus de difficultés à la reconnaître et à la vivre. Donc, non au catastrophisme ou à l'abdication à l'intérieur de l'Eglise car il existe un patrimoine de foi large et partagé. Par exemple, des formes idéologiques comme la théorie du gender ou la mise à égalité des unions homosexuelles et du mariage entre homme et femme, n'ont pas l'approbation de la grande majorité des catholiques, alors que le mariage et la famille sont encore largement entendus comme un patrimoine de l'humanité, à conserver, promouvoir et défendre.

Certes, entre les fidèles, la doctrine est souvent peu connue ou peu pratiquée, mais cela ne signifie pas qu'elle soit mise en discussion. Cela vaut en particulier pour l'indissolubilité du mariage et sa sacramentalité entre baptisés. La doctrine de l'indissolubilité du mariage en tant que telle n'est pas remise en question, celle-ci reste au contraire incontestée et dans la majeure partie observée aussi dans la praxis pastorale de l'Eglise, avec les personnes qui ont échoué dans leur mariage et qui cherche un nouveau départ. Ainsi, ce ne sont pas les questions doctrinales, mais les questions pratiques, inséparables d'autre part de la vérité de la foi, qui sont en discussion dans ce Synode, de nature exclusivement pastorales. D'où la nécessité d'une plus grande formation, surtout pour les fiancés, afin qu'ils soient clairement conscients tant de la dignité sacramentelle du mariage basé sur l'unicité, la fidélité et la fécondité, qu'il s'agit d'une institution de la société.

Egalement menacée par des facteurs désagrégeants comme le divorce, l'avortement, les violences, la pauvreté, les abus, le cauchemar de la précarité, le déséquilibre causé par les migrations, la famille reste toujours une école d'humanité. La famille est presque la dernière réalité humaine accueillante dans un monde déterminé presque exclusivement par la finance et la technologie. Une nouvelle culture de la famille peut être le point de départ d'une civilisation humaine renouvelée. C'est pourquoi soutient concrètement la famille, même si une telle aide ne peut faire abstraction d'un engagement effectif des Etats dans la protection et la promotion du bien commun, à travers des politiques adéquates".

"L'Eglise est une maison paternelle où une action de pastorale familiale renouvelée et adéquate est nécessaire à leur égard, surtout pour qu'ils sentent qu'ils sont aimés de Dieu et de la communauté ecclésiale, dans une optique de miséricorde qui n'efface pas, cependant, la vérité et la justice. La miséricorde n'enlève donc pas non plus les engagements qui naissent des exigences du lien matrimonial. Ceux-ci continuent de subsister même lorsque l'amour humain s'est affaibli ou a cessé. Cela signifie que dans le cas d'un mariage sacramentel (consommé), après un divorce, alors que le premier conjoint est encore en vie, un deuxième mariage reconnu par l'Eglise n'est pas possible".

"Quant aux divorcés remariés civilement, il serait trompeur de se concentrer seulement sur la question de la réception des sacrement. Il convient, en revanche, de prêter attention à un contexte plus large de préparation au mariage et de soutien aux époux, non bureaucratique, mais pastoral, pour les aider à comprendre les raisons de l'échec de leur première union et de déterminer d'éventuels éléments de nullité. Il faut tenir compte de la différence entre ceux qui ont par leur faute rompu un mariage et ceux qui ont été abandonnés. La pastorale de l'Eglise devrait prendre soin d'eux de façon particulière. Les divorcés remariés civilement appartiennent à l'Eglise. Ils ont besoin et ont le droit d'être accompagnés par leurs pasteurs, mais pas seulement. Vu le peu de conscience que l'on a aujourd'hui du sacrement de mariage et la mentalité de divorce diffuse, déclarer non valides des mariages célébrés dans l'Eglise ne relève pas du hasard. D'où la suggestion, contenue dans le Rapport, de revoir l'obligation de la double sentence conforme pour la nullité du lien, afin d'éviter de tomber dans l'automatisme, l'impression de concéder le divorce ou dans des solutions injustes et scandaleuses. Dans ce contexte. il semble nécessaire d'étudier la praxis des quelques Eglises orthodoxes qui prévoient la possibilité de deuxièmes et troisièmes noces, à caractère pénitentiel".

"L'existence va de la conception à la mort naturelle, et l'ouverture à la vie constitue une partie essentielle, une exigence intrinsèque de l'amour conjugal, alors qu'aujourd'hui, surtout en occident, qui choisit de ne pas avoir d'enfants ou qui en veut à tout prix, se voit écrasé par sa propre détermination. L'accueil de la vie, la prise de responsabilité en ce qui concerne la procréation et le soin de la vie, ne sont possibles que si la famille ne se conçoit pas comme un fragment isolé, mais se sent insérée dans un réseau de relations... Il devient de plus en plus important de ne pas laisser la famille, les familles seules, mais de les accompagner et de les soutenir dans leur chemin... Derrière les tragédies familiales, se cache souvent une solitude désespérée, un cri de souffrance que personne n'a su percevoir. Il est donc important de retrouver le sens d'une solidarité diffuse et concrète, de dépasser cette privatisation des affects qui vide de sens la famille et la confie au choix d'un seul. Il faut créer, au niveau institutionnel, des conditions qui facilitent l'accueil d'un enfant et l'assistance des personnes âgées, comme un bien social à protéger et favoriser. De son côté, l'Eglise doit consacrer un soin particulier à l'éducation de l'affectivité et de la sexualité, en expliquant leur valeur et en évitant les banalisations et superficialités".

"Le défi du Synode est de réussir à proposer de nouveau au monde, au-delà du cercle des catholiques pratiquants et au vu de la situation complexe de la société, la beauté du message chrétien sur le mariage et la famille, en donnant des réponses vraies et pleines de charité, parce que le monde a besoin du Christ".

Posté le 6 octobre 2014 à 17h02 par Michel Janva | Lien permanent

04 octobre 2014

Synode : les Bx parents de Ste Thérèse à Rome

Les reliques des Bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, étaient il y a tout juste un an à l'Evangile de la Vie. Elles arrivent à l'instant au Vatican; pour la durée du Synode.

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Posté le 4 octobre 2014 à 15h23 par Michel Janva | Lien permanent

Vatican: Le comité de l’Onu est une « arme contre la liberté de religion »

Lu ici : le Vatican est extrêmement sévère vis-à-vis du comité de l'ONU, qui se mêle de vouloir réformer l'Eglise catholique, rien que ça :

"Dans une réponse cinglante au comité de l’Onu, relayée par la presse vendredi dernier, le Vatican accuse un comité de l’Onu d’intolérance à l’égard des chrétiens, et d’interférence avec le libre exercice de la religion.

La réponse officielle du Vatican aux commentaire explosifs qu’avait osé faire le Comité sur les droits de l’enfants, mettant l’Eglise Catholique en demeure de changer ses enseignements sur l’avortement et l’attirance entre personnes de même sexe, s’écarte clairement de l’étiquette onusienne, car elle confronte clairement le comité, et sans mâcher ses mots.

Le Vatican est particulièrement rude vis-à-vis du comité du fait de la gravité de son interférence avec la liberté de religion, et parce qu’il sème la confusion et ne respecte pas le droit international. Le Saint Siège réprimande le comité pour avoir abusé de sa position d’autorité pour déprécier l’Eglise catholique tout au long de la procédure de soumission des rapports, conformément à la Convention sur les droits de l’enfant."[la suite]

Si le comité de l'ONU s'attendait à ce que l'Eglise "tende la joue gauche", il en sera pour ses frais.

Posté le 4 octobre 2014 à 14h10 par Marie Bethanie | Lien permanent


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