06 février 2016

Année de la Miséricorde : Saint Padre Pio et la confession

Saint Padre Pio, le capucin au stigmates mort en 1968 et canonisé par Jean-Paul II en 2002, est depuis vendredi soir, et pour la première fois, exposé dans la basilique Saint-Pierre. Escorté par des milliers de fidèles et de policiers, le caisson transparent contenant son corps a été porté en procession hier soir le long de l’avenue de la Conciliazione, en même temps que les reliques d’un capucin croate Saint Léopold Mandic. En cette Année de la Miséricorde, le Pape François a tenu à mettre en avant ces deux confesseurs inlassables. Ce samedi matin, 6 février 2016, c’est un hommage appuyé qu’il a rendu au Saint Pio.

«À travers le ministère de la confession, Padre Pio est devenu la caresse vivante du Père qui guérit les blessures du péché et rassure les cœurs. Il a vécu le grand mystère de la douleur et sa petit goutte est devenue un grand fleuve de miséricorde qui a irrigué les cœurs déserts et créé des oasis de vie dans de nombreux endroits du monde.»

Par ce geste, le pape montre la nature de la miséricorde : non cette guimauve relativiste, qui excuse tout et finit par nier jusqu'à l'existence du péché, mais au contraire cette bienveillance du Bon Dieu qui attend, inlassablement, que le pêcheur vienne confesser sa misère dans le secret du confessionnal, sans condamnation.

Citant le capucin italien, le Pape François a souligné que

«la prière est notre meilleure arme, la clef qui ouvre le cœur de Dieu. C’est sur la prière que repose la force de l’Église, pas sur l’argent ni sur le pouvoir». «La prière n’est ni une aspirine ni un commerce, pour obtenir une grâce ; c’est une œuvre de miséricorde spirituelle, une mission qui vise à tout remettre entre les mains de Dieu : l’Église, les personnes, les situations pour qu’il en prenne soin. Et dans ce sens, elle peut faire des miracles.»

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Posté le 6 février 2016 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2016

"Il y a quelques espoirs pour une reconnaissance canonique de la FSSPX"

Selon Mgr Schneider, dans un entretien traduit par Benoît-et-moi :

"Lorsque quelqu'un ou quelque chose n'a pas d'importance, personne ne le craint. Ceux qui craignent la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X craignent finalement les éternelles vérités catholiques et ses exigences dans la sphère morale et liturgique.

Lorsque la FSSPX s'efforce de croire, pratiquer le culte et vivre moralement comme nos ancêtres et les Saints les plus connus l'ont fait pendant une période millénaire, alors il faut considérer la vie et l'œuvre de ces prêtres catholique de la FSSPX comme un don pour l'Église de nos jours - voire un des nombreux instruments que la Divine Providence utilise pour remédier à l'énormité de l'actuelle crise générale de la foi, de la moralité et de la liturgie au sein de l'Église.

Dans quelques secteurs de la FSSPX, il y a toutefois, comme c’est le cas dans toute société humaine, des personnalités excentriques. Elles ont une méthode et une attitude qui manque de justice et de charité et par conséquence du vrai "sentire cum ecclesia", et le danger existe d'une autocéphalie ecclésiale et d'être la dernière instance judiciaire dans l'Église. À ma connaissance, toutefois, la partie saine correspond à la plus grande partie de la FSSPX et je considère que leur Supérieur Général, Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, est un vrai Évêque catholique, et de façon exemplaire. Il y a quelques espoirs pour une reconnaissance canonique de la FSSPX."

Posté le 3 février 2016 à 19h24 par Michel Janva | Lien permanent

02 février 2016

Selon Mgr Fellay, le pape François éprouve de la sympathie à l'égard de la FSSPX

Extraits d'une conférence de Mgr Fellay prononcée aux Etats-Unis à l’occasion de la Marche pour la vie de Washington le 21 janvier 2016 :

Sur la situation actuelle de l'Eglise après le synode sur la famille :

"Il y a un mot qui résume bien la situation de l’Eglise, c’est celui de confusion. Et le dernier synode sur la famille a été l’expression de cette confusion. Ce qui s’est passé autour du document final du synode est tout à fait caractéristique (…) Cela a abouti à un texte ambigu et au bout du compte, on ne sait pas quoi faire, quoi penser. Je crois que nous n’avons jamais été à ce degré de confusion dans l’Eglise. Plusieurs évêques progressistes ont exprimé des choses invraisemblables sur des notions fondamentales de morale, et ils n’ont pas du tout été repris par l’autorité qui les a laissé faire. A côté de cela, il y a des cardinaux, des évêques qui se sont dressés contre eux, ouvertement, publiquement. Cela aussi, c’est nouveau. Et nous pouvons nourrir l’espoir que c’est le début d’une vraie réaction, – mais il est grand temps ! »

Cette situation me rappelle le message de La Salette. La Très Sainte Vierge Marie a annoncé des temps difficiles pour l’Eglise : des évêques contre des évêques, des cardinaux contre des cardinaux. Et si vous regardez l’histoire de l’Eglise, jusqu’à maintenant, vous ne trouvez pas de pareille situation. C’est vraiment tragique. Comment les fidèles peuvent-ils s’y retrouver ? Et même si aujourd’hui, le Saint Père venait à publier un document clair et précis, ce serait trop tard. Le mal est fait. Quand quelque chose est cassé, pour le réparer, cela demande beaucoup plus d’effort. C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui"

Sur une éventuelle régularisation de la FSSPX :

"Il n’y a absolument aucun doute que le pape est personnellement impliqué dans notre dossier. Il nous connaît très bien et la façon dont il se comporte nous oblige à penser qu’il éprouve de la sympathie à notre égard… Cela peut sembler contradictoire ! Personnellement, je pensais vraiment que nous allions de nouveau être condamnés par Rome, mais c’est le contraire qui arrive (...)

Il nous connaît depuis l’Argentine. Nous avons été en relation avec lui car nous avions des soucis administratifs. En Argentine, un concordat permet aux prêtres étrangers d’obtenir un permis de séjour à la condition que l’évêque du lieu l’accepte. Ce qui est, en soi, tout à fait normal. Évidemment, nous avions un problème avec un évêque local qui ne voulait pas de notre présence. Nous aurions pu demander une reconnaissance directement à l’Etat argentin, mais il en était hors de question : nous sommes catholiques et nous ne voulions pas être traités comme une secte. Alors, le supérieur de district d’Amérique du Sud a rencontré le cardinal Bergoglio pour lui exposer le problème. Sa réponse a été très claire : ‘vous êtes catholiques, c’est évident, vous n’êtes pas schismatiques ; je vais vous aider.’ Et il l’a fait ! Il a pris contact avec Rome, il a écrit une lettre en notre faveur au gouvernement qui, dans le même temps, recevait une missive de la nonciature disant exactement le contraire ! Et nous étions dans cette situation lorsqu’il a été élu pape (...)

Il dit souvent publiquement qu’il ne faut pas se renfermer sur soi, qu’il ne faut pas rester entre nous mais prendre soin de ‘la périphérie’, etc. Et il voit que c’est exactement ce que nous faisons. Nous allons chercher les âmes là où elles se trouvent, nous essayons de les aider, et je suis à peu près sûr que le pape voit tout cela et qu’il en est satisfait. Peut-être qu’il n’est pas content de tout ce que nous faisons, mais de cet aspect-là, oui (...)

Parfois, en l’observant, nous sommes perdus. Personnellement, je n’ai pas toutes les réponses, j’observe juste les éléments de sa personnalité. Il est inclassable, il est impossible de le placer dans une catégorie, il est tellement imprévisible. Mais, au bout du compte, en tant que pape, il a personnellement réglé notre situation en Argentine. La Fraternité Saint-Pie X a une relation étroite avec lui, un accès direct à lui, ce qui peut sembler fou dans la situation actuelle.

Il est impossible de vous dire ce qui va se passer demain. Est-ce que nous allons être reconnus ? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Pourquoi ? A cause de la situation de l’Eglise ! A Rome même, certains veulent notre mort. Ils veulent que nous soyons condamnés ! Qui va l’emporter ? Le pape ou les autres ? Je suis navré de vous dire que je ne sais pas. Mais nous n’allons pas être paralysés par cette situation. Nous savons ce que nous avons à faire, alors nous continuons. Nous admettons que si certains éléments étaient acquis, comme la régularisation canonique, ce serait mieux. Il y a des discussions, il y a eu de nouvelles propositions, mais nous savons que nous avons des ennemis au sein du Vatican. Ce n’est pas nouveau."

Posté le 2 février 2016 à 08h49 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (19)

22 janvier 2016

Le cardinal Pell incite les catholiques à étudier l'économie de marché

Images-5Recevant des responsables religieux et économiques, le cardinal Pell, Préfet du Secrétariat pour l’économie du Saint-Siège, a reconnu que 

« l’économie de marché est ici pour rester, pour être étudiée (…) et améliorée, parce qu’il n’y a pas de meilleur modèle disponible pour le moment, parce que le marché a la capacité à se moderniser après des perturbations massives telles que la Grande dépression ou la Crise financière mondiale de 2007-2008, parce qu’il ne produit pas l’aliénation massive prédite par Marx. Nous pouvons avoir trop de sucre dans notre société, tel que le consumérisme, mais nous ne sommes pas en train d’être empoisonnés par des déserts de sel ».

Le cardinal Pell a aussi cité Margaret Thatcher pour qui si le bon samaritain n’avait pas eu de capital, il n’aurait pas pu porter assistance à l’homme volé et battu sur la route de Jéricho.

En outre, le cardinal Pell a souligné que l’autre grand défi pour la doctrine du catholicisme social est l’étude de l’économie de marché. Ces propos peuvent trancher avec une certaine rhétorique anti-capitaliste récurrente chez certains catholiques. 

Posté le 22 janvier 2016 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent

15 janvier 2016

Cardinal Maradiaga : il y a bien un lobby LGBT au Vatican

Dans un entretien au journal hondurien El Heraldo le mardi 12 janvier, le cardinal Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa, déclare :

Unknown-2« Qu'en est-il de l'infiltration de la communauté gay au sein du Vatican ? » 

« Il ne s'agit pas seulement d'une infiltration, le pape François a même parlé d'un lobby en ce sens. Peu à peu, le pape cherche à “purifier” cette situation. On peut comprendre les homosexuels, et la législation pastorale est là pour les assister, mais ce qui est erroné ne peut pas être la vérité. » 

« Nous devons comprendre que certaines choses peuvent être réformées et d'autres ne le peuvent pas ». «La loi naturelle ne peut pas être réformée. Dieu a conçu le corps humain, homme et femme, de manière à se compléter mutuellement et transmettre la vie. Le contraire n'est pas dans le plan de la création. Il y a des choses qui ne peuvent pas être modifiées ».

Posté le 15 janvier 2016 à 07h24 par Michel Janva | Lien permanent

14 janvier 2016

Cardinal Burke : "La réforme du procès de nullité matrimoniale nécessite une révision très sérieuse"

Extrait d'une interview du cardinal Burke à propos du Motu Proprio Mitis Iudex, simplifiant les procédures canoniques d'annulation du mariage et traduite en français par le site Benoit-et-moi.fr :

ImagesCAUIXRP3"Dans l'ensemble, et j'ai une longue expérience, ces cas sont très complexes et requièrent un examen approfondi de la part de ceux qui sont préparés pour ce travail. De nombreux évêques, en toute honnêteté et pas par leur faute, m'ont dit: «Je ne suis pas préparé pour juger des cas de nullité de mariage. À part des études de base en droit canonique je n'ai pas étudié cette matière. C'est pourquoi j'envoie des prêtres depuis des années se préparer à le faire». Ma réponse à ces évêques est: «La loi ne peut pas vous obliger à faire ce dont vous n'êtes pas capables; autrement dit, que vous ne pouvez pas honnêtement faire». La réponse à donner au fidèle est donc: «Je ne suis pas préparé pour émettre ce jugement, je renvoie donc votre cas au tribunal matrimonial qui est préparé pour produire un jugement équitable».

Je pense que toute la matière de la réforme du procès de nullité matrimoniale nécessite une révision très sérieuse, surtout en ce qui concerne les questions les plus critiques. Par exemple, il n'est à présent plus nécessaire d'avoir une deuxième 'sentence conforme positive' pour qu'une déclaration de nullité de mariage devienne exécutoire.L'argument souvent utilisé est que cette double sentence conforme n'a été introduite qu'au XVIIIème siècle par le Pape Benoît XIV, ce qui est vrai. Mais il l'a introduite pour une raison importante: il y avait des abus, déjà à cette époque, dans l'octroi des déclarations de nullité de mariage.

Toutefois, même à cette époque, avant qu'il n'introduisît la disposition de la double sentence conforme, les cas de nullité de mariage étaient jugés par un collège de juges. Trois à cinq juges (et même plus) étudiaient les cas et émettaient un jugement sur la demande de nullité. Afin qu'une déclaration de nullité fût émise, une majorité des juges devaient être favorables à la nullité. À présent, dans de nombreux diocèses, les cas de nullité de mariages sont jugés par un seul juge. Nous avons donc une situation où une demande de nullité de mariage peut être jugée affirmativement par un seul homme sans aucune vérification obligatoire. Ce n'est pas juste; ce n'est pas une procédure sérieuse pour juger des fondements mêmes de la vie de la société et de l'Église! Non seulement elle ne traite pas le cas d'une manière sérieuse, mais elle charge aussi le juge d'un poids injuste. Pour ma part, si j'étais un juge, je n'accepterais pas la responsabilité de juger ces cas. Je ne pense pas qu'une décision unique du juge donne une garantie suffisante de défense de la sainteté du mariage; mon unique jugement ne suffit pas dans une question aussi importante. Si quelqu'un a déjà travaillé dans un tribunal, il peut comprendre. Il y a cette idée qui est très naïve et sentimentale, centrée uniquement sur la personne qui s'est présentée disant: «Mon mariage est nul et je demande à l'Église de prononcer un jugement afin que je puisse célébrer un [nouveau] mariage». Cette personne doit être traitée avec la plus grande compassion, mais son mariage est un état public de vie dans l'Église et donc implique un partenaire et toute une série de relations dans la famille, y compris, en principe, des enfants.

Nous focaliser simplement sur la recherche d'une solution rapide pour cette personne, afin que lui ou elle puisse ou bien contracter un mariage, ou bien avoir la bénédiction d'un mariage déjà contracté, crée des dommages considérables à toute une série de personnes impliquées dans ce mariage, et non pas accessoirement, ou dans une sorte de manière pharisienne. C'est un engagement réel qui affecte de nombreuses personnes: parents, enfants frères et sœurs, amis, et ainsi de suite. Cela concerne ce que nous avons de plus sacré dans nos vies."

Posté le 14 janvier 2016 à 11h15 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

02 janvier 2016

Les médias confondent le jubilé de la miséricorde et le jubilé du business

Près d'un mois après son lancement, le Jubilé de la miséricorde déçoit : la presse parle de flop.

Par rapport à décembre 2014, selon les chiffres officiels du Vatican, le nombre des fidèles présents aux différentes rencontres avec le pape (audiences du mercredi, messes, et Angélus du dimanche) a chuté cette année d'environ 30%, passant de plus de 461 000 personnes à 324 000. En 2000, lors du précédent Jubilé, près de 150 pèlerins à la minute avaient franchi la Porte Sainte de la basilique Saint-Pierre, et plus de 32 millions de pèlerins-touristes avaient visité la Ville éternelle.

Et le pompom : selon la Fédération des hôteliers-restaurateurs de Rome, le taux de remplissage des hôtels en cette fin d'année n'est que de 70% contre 90% l'an dernier à la même époque.

Sauf que le jubilé de la Miséricorde ne rime ni avec pognon ni avec recettes.

François a voulu ce jubilé "local" : des portes saintes sont ouvertes partout dans le monde, dans chaque diocèse. Les pèlerins-consommateurs n'ont donc pas besoin de se rendre à Rome pour leur pèlerinage jubilaire...

Posté le 2 janvier 2016 à 12h30 par Michel Janva | Lien permanent

27 décembre 2015

Soyez écolo : confessez-vous

 Le cardinal Mauro Piacenza, pénitencier majeur de la Sainte Église catholique, a écrit une lettre aux confesseurs à l’occasion de Noël :

« C’est en fonction de la vérité de notre amour du Christ que nous serons jugés », « un amour qui n’exploite pas les autres pour servir ses propres intérêts mesquins ». « Mais nous savons que cet amour est blessé, pollué par le péché et qu’il a sans cesse besoin d’être purifié et sauvé. Or aucune structure sociale ou ecclésiale, aucune exhortation morale, aucune stratégie purement humaine ne peut libérer l’amour, le rendre authentiquement vrai. Seule la grâce du Christ détient un tel pouvoir. C’est Lui, l’accueil du mystère de la miséricorde qui peut rendre les hommes libres d’aimer vraiment et cela passe par la confession sacramentelle. L’absolution permet au pénitent de s’ouvrir à la grande Vérité du mystère du Christ, à la Vérité de sa Miséricorde. »

« C’est à partir du confessionnal que peut naître la seule paix dont le monde a vraiment besoin ; confession après confession, l’humanité sera sauvée du polluant le plus meurtrier, le péché. »

En convoquant une année sainte de la miséricorde, le Pape François a insisté pour que le sacrement de la réconciliation et le ministère de confesseur soient mis particulièrement à l'honneur.

Posté le 27 décembre 2015 à 17h00 par Michel Janva | Lien permanent

15 décembre 2015

Rome : messe pour la France à St Jean de Latran

Une messe pour la France est célébrée dans la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran, le 15 décembre 2015 en fin d’après-midi, par le cardinal vicaire de Rome Agostino Vallini.

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Cette messe est habituellement célébrée le 13 décembre, jour anniversaire de la naissance du roi Henri IV (1553-1610), en mémoire d’une donation faite par le roi de France au chapitre des chanoines du Latran après son accession au trône, le 2 août 1589. Cette année, le 13 décembre tombant un dimanche, la messe a été déplacée.

Posté le 15 décembre 2015 à 17h24 par Michel Janva | Lien permanent

13 décembre 2015

Vers une disputatio sur les rapports entre catholiques et juifs ?

La « Commission (pontificale) pour les relations religieuses avec le judaïsme », à l’occasion du cinquantième anniversaire de la déclaration conciliaire Nostra Ætate, a publié un document sur les rapports entre catholiques et juifs. Un paragraphe de la préface à ce document pourrait être méditée:

"Il ne s’agit ni d’un document magistériel, ni d’un enseignement doctrinal de l’Église catholique, mais d’une réflexion préparée par la Commission pour les relations religieuses avec le judaïsme sur quelques-unes des questions théologiques courantes développées depuis le Concile Vatican II. Ce document se propose comme point de départ d’un approfondissement de la pensée théologique destiné à enrichir et à intensifier la dimension théologique du dialogue juif-catholique."

Commentaire de Riposte catholique :

"Cette précision est bienvenue. Il est donc possible de critiquer, respectueusement, un document qui n’a pas de valeur doctrinale et qui, surtout, le reconnaît lui-même. C’est certainement une précision bienvenue pour les théologiens du futur qui seront confrontés aux différentes options adoptées par les responsables de l’Église à une période de son cheminement sur la terre. Autrement dit, le document se réserve lui-même la possibilité d’être critiqué. C’est peut-être ce débat qui a manqué depuis quelques décennies et qui aurait assurément évité des situations douloureuses."

Posté le 13 décembre 2015 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent

02 novembre 2015

Un collaborateur du pape en prison pour une affaire de fuites

Lu sur Riposte Catholique :

B"Deux nouvelles affaires de “fuites” de documents confidentiels viennent d’être révélées par le bureau de presse du Vatican signale aujourd’hui le site internet du Washington Post. Le communiqué du Vatican précise : « Dans le cadre d’enquêtes de police judiciaire menées par la gendarmerie du Vatican, et initiées depuis plusieurs mois en raison de la subtilisation et de la fuite [le Washington Post écrit lead, ce qui ne peut être qu’une coquille typographique pour leak] d’informations et de documents confidentiels, samedi [31 octobre] et dimanche [1er novembre] deux personnes [Monseigneur Lucio Angel Vallejo Balda et Mme Francesca Chaouqui] ont été cité à comparaître afin d’être interrogées sur la base des éléments et des preuves qui ont été rassemblés ». Le Monsignore, membre de l’Opus Dei, était secrétaire de la Préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège avant de devenir le n° 2 de la Commission pontificale de référence sur l’organisation de la structure économique et sociale du Saint-Siège, créée par le pape François le 20 juillet 2013, aujourd’hui défunte et remplacée par le Secrétariat pour l’Économie présidé par le cardinal George Pell. Le Monsignore, aujourd’hui en prison, était un collaborateur influent du Souverain Pontife. Mme Francesca Chaouqui travaillait dans cette même commission. L’inculpée a été laissée en liberté avant son procès, ayant collaboré avec les juges de l’instruction.

La semaine dernière, la presse italienne a également signalé qu’une information judiciaire était ouverte sur piratage de l’ordinateur de Libero Milone, contrôleur général du Saint-Siège, nommé par le pape François en juin dernier."

Posté le 2 novembre 2015 à 17h34 par Michel Janva | Lien permanent

30 octobre 2015

Une journaliste représentante de la France auprès du Saint-Siège ?

Le Vatican refusant depuis huit mois d'agréer le candidat officiel de la diplomatie française pour cause d'homosexualisme, l'Elysée s'est résolu à proposer... une journaliste de Paris Match :

En-tete-a-tete-avec-le-Saint-Pere-un-moment-inoubliable_article_landscape_pm_v8"Résolu à ne pas perdre la face en présentant malgré tout une candidature "différente", Paris étudie depuis plusieurs mois une "short list" composée de trois noms féminins. Et selon les informations de metronews, c'est finalement celui d'une journaliste de Paris Match qui retiendrait l'attention de François Hollande... Non, il ne s'agit pas de Valérie Trierweiler mais de Caroline Pigozzi."

Elle passe pour une spécialiste du Vatican (elle a interrogé le pape François dans un numéro récent de Paris Match) mais il y a encore peu, elle confondait la Bénédiction Urbi et Orbi de Noël avec l'Angelus...

Posté le 30 octobre 2015 à 08h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (38)

28 octobre 2015

Synode : les modernistes tentent d'obtenir par les médias ce qu'ils n'ont pas eu dans le texte

Giuseppe Rusconi est un vaticaniste de talent, suisse de langue italienne. Il fait partie de ceux qui voient dans le Synode une défaite des modernistes et parallèlement une victoire relative des conservateurs (ce qui le classe en opposition sur ce point avec Roberto de Mattei). Son article a été traduit par Benoît-et-moi. Si certains paragraphes de la Relatio finale sont ambigus, comme cela a déjà été analysé, ils peuvent néanmoins être interprétés selon une herméneutique de continuité avec le Magistère antérieur. Mais les modernistes répandent dans la presse une interprétation de rupture (ce qui nous rappelle le Concile des médias dénoncé par Benoît XVI, par opposition au Concile des textes). Extraits :

Images-9"Un bilan du second Synode sur la famille, où la majorité «conservatrice» ne s'est pas laissée intimider par une campagne médiatique d'une violence inouïe. Une Relatio finale équilibrée, approfondie, mais qui sur les divorcés remariés - dans le souci de ne pas porter atteinte à l'unité de l'Eglise - contient quelques commentaires qui peuvent sembler ambigus. Les «progressistes» déconfits essaient de renverser le résultat, imposant leur fausse lecture et provoquant déjà une grande confusion dans les paroisses.

[...] La Relation finale (sévèrement critiquée dans sa première version remise aux Pères, le jeudi soir, puis profondément modifiée) a été approuvée dans tous ses points à la majorité des deux tiers nécessaire, et elle a été remise, comme élément pour "un document sur la famille" au pape François. Lequel, dans son discours de clôture prononcé dans la Salle - certainement peu enthousiasmé par le document qui lui a été présenté - a choisi de fustiger durement ces Pères (nombreux, en fait la majorité) qui avaient montré avec courage qu'il ne partageaient pas certains de ses projets pour une église «rénovée». 

En fait, parcourant avec une honnêteté journalistique la Relation finale, on pourrait adapter aux "progressistes" - qui avaient abordé le début du Synode avec leur intrépidité habituelle, sûrs de leur évidente supériorité intellectuelle et morale - l'adage “[come i pifferi di montagna], andarono per suonare e furono suonati” (comme les joueurs de fifres, ils sont partis en claironnant, et ils sont rentrés sonnés), le tout se terminant en une retraite désastreuse des fifres, tambours, trompettiste, gazetiers, capitaines, fantassins et cavaliers avec leurs pauvres bourrins. Au point que samedi après-midi, dans le bureau de presse du Vatican, un progressiste au cuir tanné, et certes pas de seconde main, se lamentait inconsolable: «un échec, un échec ... A quoi ont servi ces deux ans d'effort ... Mais qu'ont fait les Pères synodaux pendant trois semaines? On n'a rien obtenu, rien!» 

LES THURIFÉRAIRES À L'OEUVRE

Et pourtant, immédiatement, d'autres "progressistes" médiatiques, souvent de seconde main, eux, imposaient leur lecture du document. Qui sont ces "autres"? Ils font partie d'une catégorie numériquement non négligeable dans le journalisme italien, celle qui est plus précisément définie comme les "thuriféraires". Le thuriféraire (du latin tus, turis - encens et fero, fers, tuli, latum, ferre - porter) est celui qui inonde le Pays du parfum d'encens du pouvoir. [...]

Eh bien ... quelle lecture ont donné les nombreux thuriféraires nichés dans les rédactions (y compris catholiques) de la presse papier, en ligne, à la radio et à la télévision? Quelques exemples à travers les titres imposés aux lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, Internet: "L'hostie aux divorcés passe à un vote du rejet", "Document final approuvé: le oui aux divorcés passe pour une voix", "Synode, la communion pour les divorcée remarié passe pour deux voix seulement"; "Synode, oui pour les divorcé par une voix", "Communion pour divorcée: le oui du Synode, pour un vote"... Notons tout de suite la désinvolture de l'utilisation du mot "divorcés", souvent sans la précision essentielle "remariés". Mais avant tout, il faut souligner la fausseté de la nouvelle, comme nous allons le voir bientôt.

Dans les commentaires, en général de satisfaction autocomplaisante, beaucoup de dérision et d'acidité envers les "conservateurs", déclarés vaincus. Là aussi, d'authentiques délires.

Quelques exemples: "Au Synode, marionnettistes et marionnettes médiatiques appliquent cette technique militaire méprisable et impitoyable". Laquelle? "La guérilla", autrement dit "le recours au terrorisme, disséminant des bombes, des embuscades et des pièges sur le chemin de l'ennemi promis au triomphe. Et ils le font en usurpant le nom de Dieu, comme en Afghanistan, en Irak et en Syrie". 

Vous pensez que c'est tout? Pas du tout, en voilà encore une autre: "Une fois de plus, athées dévots, theocons, soi-disant traditionalistes, réactionnaires, christianistes sans Christ, ultraconservateur et autres commensaux, tous avaient compté sans l'hôte" (on croit comprendre que l'hôte/épouvantail, c'est François). Et puis, parmi les thuriféraires, il y a ceux qui verraient bien le cardinal Sarah derrière les barreaux, en pyjama rayé: (à propos du Synode, des couples homosexuels et de l'Eglise) "Dans le meilleur des cas, il n'y a pas eu la volonté d'aborder la question, au pire, on a entendu dans la Salle du Synode des discours qui auraient eu des conséquences pénales dans certaines démocraties occidentales".

[...] Conseil du Synode: douze des quinze membres sont élus par le Synode, les trois autres par le Pape. Le vote, qui a eu lieu le 22 Octobre, a montré la confirmation de la force des "conservateurs": en tête l'archevêque de Philadelphie Chaput, puis les cardinaux Sarah, Pell, Napier (trois des signataires de la fameuse lettre, qui ont fait l'objet d'attaques frénétiques des thuriféraires ... un véritable boomerang pour les aspirants 'killers' médiatiques), le cardinal candien Ouellet (autre "conservateur"), l'africain du Gabon Madega Lebouakehan. Les autre, "centristes" ou "progressistes" plus ou moins modérés sont les cardinaux Rodriguez Maradiaga, Tagle, Gracias, Schönborn, Nichols, et l'Archevêque italien Bruno Forte, qui a profité '?) de la descente sur le terrain des deux candidats "conservateurs" italiens, les cardinaux Caffara et Scola.

[...] Relation finale: si on lit attentivement le texte approuvé, on remarque d'abord son ample souffle: la famille est considérée dans toute la complexité que l'on constate quotidiennement dans notre société, dans ses aspects positifs et dans les problèmes de toutes sortes auxquels elle est confrontée. Il est répété partout que la famille est formée par un homme et une femme ouverts à la vie. Les nombreuses familles qui vivent, luttent et souffrent de difficultés, grandes et petites, en essayant de rester fidèle à la doctrine catholique, sont mises en évidence. 

L'idéologie du 'gender', qui "vide le fondement anthropologique de la famille" est critiquée; au paragraphe 58 (approuvé par 247 voix contre 14), l'objection de conscience des éducateurs est légitimée "contre des projets de formation qui ont un contenu contraires à la vision humaine et chrétienne"; le paragraphe 76 (approuvé par 221 voix contre 37) réclame une attention pour les familles dans lesquelles "vivent des personnes homosexuelles ", et refuse une analogie même lointaine entre les unions homosexuelles et "le plan de Dieu pour le mariage et la famille"; et il considère "inacceptable" que les Eglises locales "subissent des pressions à ce sujet" et que "les organismes internationaux conditionnent l'aide financière aux pays pauvres à l'introduction de lois qui instituent le 'mariage' entre personnes de même sexe". Et au paragraphe 64 (approuvé par 247 voix contre 11), à propos de l'avortement, on note un fort rappel aux opérateurs sanitaires, leur rappelant "l'obligation morale de l'objection de conscience". [...]

Spectaculaire, ensuite, ce qui s'est produit dans le paragraphe 86 de la Relation finale 2015, qui énonce: 

Le parcours d'accompagnement et de discernement oriente ces fidèles (NdR: les "divorcés remariés") vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. L'entretien avec le prêtre, au for interne (NdR: lire "en confession"), concourt à la formation d'un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d'une participation plus pleine à la vie de l'Église et sur les mesures qui peuvent la favoriser et la faire grandir. Étant donné que dans la loi elle-même, il n'y a pas de gradualité, ce discernement ne pourra jamais faire abstraction des exigences de vérité et de charité de l'Evangile proposées par l'Eglise. (…). 

Une question: regardez bien… voyez-vous dans le texte une mention quelconque de l'admission des divorcés remariés à la Communion ? Et pourtant le paragraphe 86 s'inspire d'un passage de la relation du cercle mineur de langue allemande sur la troisième partie de l'Instrumentum Laboris: "Ce chemin de réflexion et de pénitence, dans l'examen objectif du dialogue avec le confesseur, peut contribuer, dans le for interne, à prendre conscience et à clarifier dans quelle mesure l'accès aux sacrements est possible. (…)"On ne peut pas ne pas remarquer que toute référence à l'accès aux sacrements a disparu du texte synodal. Pourquoi? Non seulement elle n'aurait jamais obtenu la majorité qualifiée, mais même pas celle absolue.

[...] Mais le terme discernement et l'expression for interne ont sans doute offert la possibilité aux "progressistes" de forcer la main, avec l'aide de nombreux thuriféraires médiatiques. Si bien que le Général des Jésuites, le père Adolfo Nicolas, annonçait déjà lundi 26 au Corriere della Sera, à propos de la Relation finale: "C'est un document qui laisse les mains libres à François. Le Pape peut faire ce qu'il considère bon, opportun ou nécessaire. Dans l'esprit de tous, dans la commission il y avait l'idée de préparer un document laissant les portes ouvertes: afin que le Pape puisse entrer ou sortir, faire comme il le pense".

En attendant, un grave dégât, les thuriféraires l'ont déjà provoqué avec les contre-vérités répandues pour le bien de la "Cause": dans plusieurs paroisses les curés ne savent pas comment répondre à ceux qui, dans une situation canoniquement irrégulière, demandent de pouvoir recevoir la Communion. S'ils répondaient que cela n'est pas possible, ils risqueraient certes d'être immédiatement catalogués parmi les "durs de cœur", les "anti-François". C'est une situation objectivement de grande confusion, qui crée d'ailleurs de fortes réactions négatives chez de nombreux catholiques pratiquants qui se sont jusqu'ici toujours efforcés de se conformer, même avec mille difficultés, à la doctrine catholique en vigueur. [...]"

Posté le 28 octobre 2015 à 21h29 par Michel Janva | Lien permanent

26 octobre 2015

Les confusions et ambiguïtés du rapport synodal

Aline Lizotte, docteur canonique en philosophie et directrice de l'Institut Karol Wojtyla, analyse le texte issu du synode sur la famille pour le Figarovox :

"Même s'il n'a pas pris position pour éviter un vote négatif d'une partie des évêques, le synode a suggéré au pape, et cela a été voté, que la question de la communion des divorcés remariés ne soit plus réglée par un oui ou par un non, mais à travers un «discernement» au cas par cas, selon des critères préétablis par l'Eglise: est-ce une évolution notable de la théologie morale catholique?

Les numéros 84, 85 et 86 de la relation synodale sont pour le moins confus sinon ambigus. On n'y parle pas directement d'interdiction ou de permission de communier, mais de trouver les divers modes d'intégration en vue d'une meilleure participation à la vie communautaire chrétienne.

Parmi ces différents modes d'intégration, il y aurait la permission de devenir parrains, de faire la catéchèse, de lire les textes à la messe, bref, de participer aux actes qui préparent à la vie sacramentelle.

Mais il y a aussi la possibilité de communier. Jean Paul II n'était pas allé aussi loin. Tout en refusant fermement la possibilité de participer à la communion, il avait, lui aussi, bien affirmé que les divorcés faisaient partie de la communauté chrétienne - ils n'étaient pas excommuniés - et qu'ils devaient s'unir à la prière de l'Eglise, participer au sacrifice eucharistique et prendre part aux oeuvres de charité sociales.

Aujourd'hui le numéro 84 du document final va plus loin, puisqu'il parle de «dépasser» les «exclusions» dans le domaine liturgique, éducatif, pastoral et … «institutionnel». Ce mot est vague mais il est très important car il peut tout désigner dans l'Eglise. Qu'est ce qui empêcherait en effet un divorcé remarié de devenir diacre…

Quant au numéro 85, il exagère une distinction capitale pourtant clairement établie par Jean-Paul II et qui appartient depuis toujours à la théologie morale: cette distinction, exprimée dans Veritatis Splendor (nos 54-64) et dans la somme théologique de saint Tomas d'Aquin Ia-IIae, q.18, a.3, permet de faire une différence entre ce qui est «objectif» dans un choix moral et ce qui dépend des «circonstances». Mais, le document final donne, aux circonstances, une importance démesurée qu'elle n'a pas dans l'équilibre classique de la théologie morale.

On introduit donc un déséquilibre?

On veut donner plus de place, désormais, aux circonstances. Or la distinction classique montre qu'il y a des actes moraux qui sont objectivement graves, même si, effectivement, certaines circonstances, propres à la personne, permettent d'en diminuer la responsabilité, voire de l'annuler.

Il y a donc une différence entre la réalité objective d'un acte et ce que l'on appelle «l'imputabilité» de l'acte, sa charge morale, si je puis dire, qui repose, ou non, sur les épaules de celui qui a commis cet acte. C'est ce qu'enseigne le Catéchisme de l'Eglise Catholique (no 1735). Jean-Paul II a d'ailleurs appliqué cette distinction au discernement pastoral des pasteurs et des confesseurs lors de la direction spirituelle des consciences.

Et cette distinction - appliquée à l'échec d'un mariage et le divorce - éclaire la culpabilité dans la conscience morale. Car une chose est une séparation qui aboutit à un divorce dont l'auteur a tout fait pour plaquer son conjoint en l'abandonnant à sa solitude avec la charge de ses enfants ; une autre chose est l'état du conjoint «ainsi répudié» qui a tout tenté pour conserver son engagement matrimonial et qui se trouve acculé à un état de vie, difficile ou quasi impossible. Un état dont il ne porte pas la responsabilité. C'est une victime.

Surgit alors cette question cruciale: cette personne - homme ou femme - en se remariant commet-elle un péché «d'adultère» qui, en tant que péché, l'entrainerait à s'éloigner de la communion? Et peut-on la juger de la même manière que son conjoint qui l'a plaquée et qui s'est remarié?

Que répond sur ce point le Synode?

Sur ce point la relation synodale est loin d'être claire…Elle est même ambigüe!

Pourquoi?

Nous sommes, en effet, face à deux actes objectivement différents: Une chose est de ne pas se juger coupable, au for interne, c'est-à-dire dans sa conscience, de l'échec de son mariage et même d'aller jusqu'à la conclusion intime que ce mariage était invalide. Autre chose est de s'appuyer sur cette seule conscience - même assisté par un conseiller spirituel, voire d'un évêque - pour prendre la décision de se remarier. En se disant, en somme, je ne suis pas coupable - en conscience - de l'échec de mon mariage, j'ai même la conviction intime que mon premier mariage est invalide ; en me remariant, je ne commets donc pas un adultère ainsi je peux communier.

Or, et c'est là le fond du problème, la condition de commettre, ou de ne pas commettre un adultère, ne dépend pas uniquement des conditions intérieures du jugement de conscience mais elle dépend de la validité, ou de la non validité du premier mariage.

Ce qui ne relève pas uniquement du for interne de l'un des conjoints, ou, autrement dit de sa seule conscience profonde, mais du for externe, c'est-à-dire des critères objectifs de la loi! Donc, déterminer de la validité ou non, d'un consentement - fondateur du mariage - n'est pas une question de conscience qui n'appartiendrait qu'à un seul des deux conjoints. Ce sont les deux personnes qui sont engagées.

Il ne s'agit pas simplement de se dire: «je sens, j'ai toujours pensé, que mon mariage n'était pas valide»... Certes, la conscience peut-être loyale, mais elle peut-être aussi objectivement erronée. En ce sens, il est inexact de dire comme le proclame Mgr Cupich, l'archevêque de Chicago, que la conscience est toujours inviolable.

Je parle donc d'ambiguïté parce que les critères donnés au n°85 du document final du synode sont justement prévus pour aider la personne, son confesseur et même son évêque à juger de la droiture et de l'honnêteté de sa conscience. Mais, je regrette, ces critères ne sont pas suffisants pour conclure avec certitude de la validité ou de la non validité du premier mariage.

Quels risques voyez-vous?

Agir dans ce sens va conduire à mettre en place une sorte de système de «consulting spirituel», de coaching interne qui aideront les consciences à ne plus se sentir coupables d'un remariage. Fortes de leur subjectivité elles estimeront avoir le droit à un remariage en bonne et due forme. Ce n'est pas par hasard que Jean-Paul II, pour énoncer l'interdiction de la communion pour les divorcés remariés, avait bien pris soin d'établir cette distinction qui démontrait que «l'examen de conscience» dont parle aujourd'hui le document final n'est pas suffisant pour évaluer la situation objective et la situation du conjoint lésé.

Cette ouverture, doublée de la facilitation des procédures d'annulation canonique du lien du mariage décidée par le pape François en septembre dernier, ne contribue-t-elle pas à créer, dans l'opinion, l'idée que l'Eglise vient d'inventer le «divorce catholique»?

Pour l'Église catholique le problème auquel elle doit faire face n'est pas celui des divorcés remariés mais celui de la crédibilité de son mariage. En quoi sa doctrine du mariage a-t-elle encore une influence sur la vie des gens et même sur ses propres fidèles… Mais d'où vient le problème? Vient-il du changement sociétal, assez impressionnant ou vient-il des insuffisances d'une pastorale inadéquate? On pensait la doctrine acquise, on s'aperçut que ce ne l'était pas. Dans cette perspective, il faut bien comprendre que le problème des divorces remariés apparaît comme un cas type, sur lequel on réfléchit comme sur un cas le plus difficile à résoudre. On a espéré le résoudre uniquement par la voie pastorale… sans changer les affirmations doctrinales. Mais cela touche à la quadrature du cercle car la pastorale découle de la doctrine! Elle est, en prudence, son application. Changer une pastorale sans changer de doctrine dans les points essentiels de cette doctrine, c'est un problème impossible à résoudre. La doctrine de l'Église catholique est en effet claire et ferme: un mariage validement célébré (ratum) et consommé (consumatum) est indissoluble. J'ajoute que la facilité que donnent les législations civiles, divorce à l'amiable, pacs, admission du concubinage, rend l'engagement absolu et pour toute la vie moins tentant. Les difficultés conjugales s'amoncelant on recourt donc à une législation civile pour rompre un mariage et même en contracter un second ou un troisième. Mais, en doctrine, ces mariages, sont pour l'Église, «nuls» au sens juridique et aucun ne rompt la validité du premier mariage si ce dernier est déclaré valide.

Si l'ouverture qu'amorce ce synode sur le jugement de conscience, jointe à la facilité des procédures qui sera mis en vigueur par le Motu Proprio Mitis Iudex Dominus Iesus e Mitis et Misericors Iesus du 8 septembre 2015, pour l'obtention d'un décret de nullité on risque d'aller en pratique, non vers un «divorce à la catholique» mais vers une sorte de conception protestante de la liberté de conscience. Car la conscience, comme je viens de l'expliquer ne peut pas seulement se fonder sur le seul ressenti qu'elle perçoit, ou non, de la gravité de ses actes, mais sur des critères objectifs de la loi morale. [...]

Oui, il faut une pastorale nouvelle pour les divorcés remariés, comme il en faut une pour les concubins qui demandent le mariage, comme il en faut une pour ceux qui sont civilement mariés et qui «veulent se mettre en règle». Il faut une pastorale qui fasse comprendre que le mariage sacramentel n'est pas une permission de «coucher ensemble» sans faire de péché. Mais que le sacrement de mariage donne, aux époux, une participation particulière à entrer dans le mystère d'alliance proposé par Dieu à toute l'humanité. Mystère dont le Christ est le garant en devenant l'Epoux de l'Église. La vérité du sacrement de mariage doit être proposée à toute personne qui passe d'une situation irrégulière à une situation de grâce. [Lire la suite]

Posté le 26 octobre 2015 à 22h46 par Michel Janva | Lien permanent

Succès du pèlerinage Summorum Pontificum à Rome

Lu sur Riposte Catholique :

2SP-20151"Samedi 24 octobre à midi, pendant que les Pères synodaux continuaient à voter les résolutions finales dans la Salle du Synode, à quelques centaines de mètres de là, dans la basilique vaticane, à l’autel de la Chaire, commençait la messe pontificale selon la forme traditionnelle, sommet annuel du pèlerinage Summorum Pontificum.

Les pèlerins, plus nombreux que les années précédentes, s’étaient avancés dans les rues de Rome, puis Via della Conciliazion, derrière 200 prêtres et séminaristes, dans une longue procession que présidait Dom Jean Pateau, Père Abbé de Fontgombault. La messe de Saint Raphaël a alors été célébrée par Mgr Juan Rodolfo Laise, un évêque émérite d’Argentine, et l’homélie a été donnée d’abondance par l’archevêque de Ferrare, Mgr Luigi Negri, un des grands prédicateurs d’Italie sur le thème : la foi nous pousse à témoigner avec force de ce dont nous sommes rendus capables par la grâce, elle nous oblige à dire : possumus ; elle nous conduit aussi à témoigner de ce qu’il ne nous est pas permis de faire en raison de notre fidélité au Christ, elle nous oblige à dire : non possumus, dans une société sécularisée qui voudrait éliminer l’Église et la vigueur de l’Evangile.

Relevait aussi de l’institutionnalisation de ce pèlerinage le Message Pape, rédigé et adressé selon l’usage par la Secrétairerie d’État. Dans l’atmosphère de fin de Synode, à ces pèlerins, « qui maintiennent vivante dans l’Église l’antique liturgie de l’Église », il souhaitait « un élan renouvelé pour le témoignage du message pérenne de la foi chrétienne ». [...]"

Posté le 26 octobre 2015 à 21h00 par Michel Janva | Lien permanent

25 octobre 2015

Le rapport final du synode des évêques sur la famille

Jeanne Smits a lu le rapport final (ici en italien uniquement) du synode des évêques. Extraits de son analyse :

"[...] On est frappé par son classicisme certain qui contraste fortement avec la teneur des conférences de presse servies quotidiennement à la Salle de presse du Vatican, où les positions les plus hétérodoxes ont été amplement présentées par de nombreux invités. Et qui ont justifié les inquiétudes des catholiques inquiets de voir menacée la doctrine de l’Eglise sur le mariage et la sexualité. [...]

Le document final, la relatio synodi présente des réflexions qui embrassent un grand nombre de sujets, depuis l’impossibilité de séparer la fin unitive et procréative du mariage institué dès l’origine par Dieu, mariage fidèle et indissoluble, jusqu’à la dénonciation de l’idéologie du genre, le rappel de liberté éducative des parents, le devoir de respecter la vie, le constat de l’existence d’une « mentalité abortive et contraceptive », la confirmation de l’enseignement de Humanae vitae, le drame de la dénatalité… Il propose même la re-création de l’« ordo viduarum », l’ordre des veuves, c’est dire. [...]

Sur l’ouverture aux homosexuels, si présente dans les conférences de presse et certaines déclarations au sein du synode, le paragraphe 76 (adopté par 221 voix contre 37) est marqué par la prudence : il rappelle que les personne ayant cette tendance ne doivent pas faire l’objet de « discriminations injustes » comme le disait la Congrégation pour la doctrine de la Foi ; qu’il faut « accompagner les familles où vivent des personnes ayant des tendances homosexuelles », et qu’on ne peut établir « aucune analogie, même lointaine, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». [...]

Les paragraphes les moins bien adoptés concernent ceux sur les divorcés remariés. « Accompagnement » toujours, avec des approches « différenciées » (n° 77), les couples divorcés « remariés civilement » doivent être « intégrés dans la communauté chrétiennes selon les divers modes possibles, en évitant toute occasion de scandale », puisqu’ils peuvent avoir une « joyeuse et féconde espérance » (n° 84, 187 voix contre 72). « Il faut discerner quelles formes d’exclusion actuellement pratiquées dans le domaine liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel peuvent être dépassées ».

Le paragraphe 85 a été adopté avec une majorité d’une seule voix : 178-80, s’appuyant sur des ouvertures attribuées à saint Jean-Paul II et Benoît XVI : il s’agit essentiellement de la voie de la « conscience » et de la reconnaissance que les situations des divorcés remariés sont très diverses. On y lit (traduction d’Yves Daoudal) : « Tout en soutenant une règle générale, il faut reconnaître que la responsabilité face à certains actes ou certaines décisions ne sont pas les mêmes dans tous les cas. Le discernement pastoral, tout en tenant compte de la conscience bien formée de la personne, doit assumer ces situations. Les conséquences des actes ne sont pas nécessairement les mêmes dans tous les cas. »

Le paragraphe clef est le 86 (190 voix contre 64) : Yves Daoudal l’a traduit là encore – « Le processus d’accompagnement et de discernement oriente ces fidèles vers la prise de conscience de leur situation devant Dieu. L’entretien avec le prêtre, au for interne, contribue à la formation d’un jugement correct sur ce qui fait obstacle à la possibilité d’une plus pleine participation à la vie de l’Eglise et de mesures qui peuvent la favoriser et la faire grandir. » [...]

Ce rapport final est à comprendre comme l’élément d’un processus. Le pape peut d’ailleurs prendre d’autres voies que celles exprimées par les pères synodaux, choisir un autre équilibre. [...]"

Quelques extraits du rapport :

« La famille fondée sur le mariage de l'homme et de la femme est le lieu magnifique et irremplaçable de l'amour personnel qui transmet la vie (...). La famille, dans sa vocation et dans sa mission, est un trésor de l'Eglise ».

« Le mariage chrétien ne peut pas se réduire à une tradition culturelle ou à une simple convention juridique : c'est un véritable appel de Dieu qui exige un discernement attentif, une prière constante et une maturation adéquate. Il faut donc des parcours de formation qui accompagnent la personne et le couple ».

« Dans le monde actuel, ne manquent pas les tendances culturelles qui visent à imposer une sexualité sans limites dont il s'agit d'explorer tous les versants, même les plus complexes. La grande diffusion de la pornographie et de la commercialisation du corps, favorisées aussi par un mauvais usage d'internet, doivent être dénoncées avec fermeté ».

- Divorcés non remariés - « Le témoignage de ceux et celles qui, même dans des conditions difficiles, ne concluent pas une nouvelle union, restant fidèles au lien sacramentel, méritent l'appréciation et le soutien de l'Eglise ».

« Il n'y a aucun fondement pour établir des analogies, mêmes lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage ».

« La chute démographique, due à une mentalité antinataliste et promue par des politiques mondiales de santé reproductive, menace le lien entre les générations. Il en résulte un appauvrissement économique et une perte d'espérance généralisée ».

Posté le 25 octobre 2015 à 12h01 par Michel Janva | Lien permanent

22 octobre 2015

Nouveau dicastère pour les laïcs et la famille

Aujourd'hui, au début de la congrégation générale du Synode sur la famille, le Saint-Père a fait l'annonce suivante :

« J'ai décidé d'instituer un nouveau dicastère, avec compétence sur les laïcs, la famille et la vie, qui se substituera au Conseil pontifical pour les Laïcs et au Conseil pontifical pour la Famille, auquel sera relié l'Académie pontificale pour la Vie. Dans cet objectif, j'ai constitué une commission qui rédigera un texte qui déclinera canoniquement les compétences du nouveau dicastère, qui seront soumises à la discussion du Conseil des cardinaux, qui se tiendra dans le prochain mois de décembre. »

Posté le 22 octobre 2015 à 22h26 par Michel Janva | Lien permanent

Accès des divorcés remariés à la communion : flop au synode

Lu sur Riposte catholique :

"Même s’il convient de rester prudent sur les dénouements du synode romain sur la famille, il faut bien noter que les propositions kaspériennes ne prennent pas. Ainsi, on apprend que la possibilité pour les divorcés dits remariés d’accéder à la communion eucharistique a été écartée. Il semblerait que seul le quart des évêques a été favorable à cette mesure. Même La Croix le reconnaît, qui parle de « déconvenue manifeste » et reconnaît l’échec du groupe germanophone, dont on avait cru que sa réflexion convaincrait… (Curieusement – ou non… -, le site de Radio Vatican est moins prolixe et préfère user d’un langage plus consensuel). Les pères synodaux ne l’ont pas entendu de cette oreille. Ils ont écarté toutes les propositions, y compris celles qui définissaient un régime restrictif (possibilité pour les divorcés remariés de communier après… plusieurs années de pénitence, comme cela avait été proposé par un orthodoxe). Le chemin pénitentiel, même dans sa version élitiste et draconienne, n’a pas convaincu. Le patriarche melkite catholique, Grégoire III Laham, a indiqué que « le synode ne peut pas dresser la liste des cas particuliers », préférant le rappel de la doctrine classique.

Si l’on analyse dans le détail le travail des différents groupes linguistiques, la plupart ne sont guère favorables à des possibilités, y compris limitées, d’accès à la communion eucharistique des divorcés dits remariés. Même le groupe allemand n’ pas obtenu de consensus sur la solution kaspérienne. C’est tout un symbole. Le seul groupe « ouvert » aurait été le groupe espagnol qui semblerait admettre l’idée d’un chemin pénitentiel, sans pour autant cacher sa réticence. Les trois groupes italiens auraient récusé la solution kaspérienne, tout comme la totalité des groupes français. Ce qui apparaît aussi, c’est le rôle-clé joué par les évêques africains. Il y a des enseignements à tirer pour la suite. Et pas seulement pour le synode lui-même… [...]"

Posté le 22 octobre 2015 à 08h19 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2015

Cardinal Burke : "Les catholiques doivent intervenir davantage dans le débat politique"

Extraits de l'interview accordé par le cardinal Burke à Valeurs Actuelles :

Burke"Il y a eu beaucoup de confusion pendant toute la période de préparation de la première partie du synode, comme entre les deux sessions. J’espère qu’il y aura une clarté sur ce qu’est la vérité du mariage et un renforcement de l’enseignement sur ce point, pour inspirer et encourager les couples chrétiens à vivre la grâce du mariage, qui est la grâce d’un amour fidèle, indissoluble et procréatif. Mais la sécularisation de la culture a étendu son influence jusque dans l’Église même ; et les idées fausses de la culture relativiste ambiante peuvent entrer dans l’Église et corrompre son enseignement (...)

Dans ce débat, selon mon jugement, il y a de la confusion dans la pensée de certains qui disent qu’on peut changer la discipline sans changer la doctrine. Or, dans l’Église, la discipline est intimement liée à la doctrine : la discipline existe pour protéger, sauvegarder et promouvoir la doctrine, la vérité. On ne peut pas dire : nous allons changer la discipline, nous admettrons désormais les personnes qui vivent des unions irrégulières à la communion mais nous n’allons pas changer la doctrine. Il est impossible pour une personne qui est liée à une autre par le mariage de cohabiter avec une seconde personne dans le mode matrimonial et de recevoir les sacrements. Si le mariage est indissoluble, l’union dans laquelle vit cette personne est un adultère public. Et depuis les premiers siècles, les personnes qui vivent dans l’adultère sont exclues de la réception des sacrements (...)

J’ai vu dans la Manif pour tous une réaction des chrétiens et des personnes de bonne volonté contre une loi injuste qui s’oppose à la loi naturelle ; en même temps cela annonce une levée des consciences chrétiennes sur d’autres sujets, d’autres questions de morale ou d’éthique. Ainsi, la Manif pour tous en Italie a fait une manifestation contre l’enseignement du gender à l’école. Les catholiques doivent intervenir davantage dans le débat politique, parce que c’est la mission de l’Église de transformer la culture. Le monde a besoin que les catholiques témoignent de leur foi aussi dans le débat public. Pour différentes raisons nous avons accepté une séparation entre la foi et la vie publique, mais c’est impossible : un catholique doit manifester sa foi dans la vie publique."

Posté le 20 octobre 2015 à 11h48 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (9)

16 octobre 2015

Les fumées de Satan au Synode des évêques

Intervention de Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana au Kazakhstan, au synode ordinaire sur la famille, le 10 octobre, traduit par Jeanne Smits :

« Le bienheureux Paul VI a dit en 1972 : “Par quelque fissure, les fumées de Satan sont entrées dans le temple de Dieu.”Je suis convaincu que c’étaient là des paroles prophétiques du saint pape, l’auteur d’Humanæ vitæ. Au moment du synode l’an dernier, “les fumées de Satan” tentaient d’entrer dans l’Aula Paul VI.

Explication :

1. La proposition de permettre l’accès à la sainte communion aux divorcés vivant au sein d’une nouvelle union civile.

2. L’affirmation selon laquelle la cohabitation est une union qui peut avoir en elle-même certaines valeurs.

3. Le plaidoyer pour l’homosexualité en tant que chose soi-disant normale.

Certains pères synodaux n’ont pas correctement compris l’appel du pape François à la discussion ouverte et ont commencé à mettre en avant des idées qui contredisent la Tradition bi-millénaire de l’Eglise, enracinée dans la Parole éternelle de Dieu. Hélas, on perçoit encore l’odeur de ces « fumées de Satan » dans certains paragraphes de l’Instrumentum laboris ainsi que dans les interventions de certains pères synodaux cette année.

A mon sens, la tâche principale du synode consiste à recentrer l’attention de nouveau sur l’Evangile de la famille, et cela veut dire : sur l’enseignement de Notre Sauveur. Il n’a pas le droit de détruire les fondations – de détruire le roc.

Que le Saint-Esprit, qui l’emporte toujours dans l’Eglise, nous éclaire tous dans la recherche du vrai bien, pour les familles et pour le monde.

Marie, Mère de l’Eglise, priez pour nous !

+ Tomasz Peta Archevêque d’Astana (Kazakhstan)

Posté le 16 octobre 2015 à 11h54 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2015

Le cardinal Pell parle des inquiétudes des Pères synodaux à propos de la conduite du synode

Le cardinal George Pell a fait une mise au point sur la « Lettre des 13 cardinaux ». Sans confirmer le texte de la lettre, le cardinal Pell parle des inquiétudes des Pères synodaux à propos de la conduite du synode.

« Lundi 12 octobre 2015 

Unknown-10Un porte-parole du cardinal Pell a déclaré qu'il y a un fort degré d'accord au synode sur la plupart des points mais qu'il existe à l'évidence quelque désaccord en raison d'éléments minoritaires qui veulent changer l'enseignement de l'Eglise sur les dispositions requises pour la réception de la communion. 

Il n'y a évidemment aucune possibilité de changement de cette doctrine. 

Une lettre privée doit demeurer privée mais il semble qu'il y ait des erreurs à la fois dans le contenu et dans la liste des signataires. 

Le cardinal est conscient qu'il subsiste des inquiétudes parmi de nombreux pères synodaux au sujet de la composition du comité chargé de la rédaction de la relatio finale et du processus aux termes desquels elle sera présentée aux pères synodaux et soumise au vote. »

Le cardinal Wilfrid Napier a fait une déclaration semblable : il a souligné sur cruxnow.com qu'il a signé une lettre qui n'est pas celle publiée par Sandro Magister où il est question d'un

« nouveau processus qui semble taillé sur mesure pour faciliter l'obtention de résultats prédéterminés sur des questions disputées importantes ».

Le cardinal Napier explique avoir signé une lettre qui portait spécifiquement sur la commission de dix membres désignée pour préparer le document final du synode. Il a souligné au cours de cet entretien, évoquant le rapport d'étape de 2014, qu'il

« n'aimerait pas voir le même genre de personnes dans ce comité que ceux qui en faisaient partie la dernière fois, et qui nous ont causé les soucis que nous avons eus ».

Il a précisé qu'il s'inquiète de ce que l'Instrumentum laboris puisse avoir trop d'influence sur le résultat final, au détriment des discussions réelles qui ont lieu au synode.

« C'est presque comme si l'Instrumentum laboris était le texte de base, et non pas ce qui sort des discussions des groupes et qui constituent les vraies questions qui doivent être mises en avant en tant que propositions à porter au pape dans le document final ».

Posté le 13 octobre 2015 à 07h26 par Michel Janva | Lien permanent

10 octobre 2015

Synode : de la crise de la famille à la crise de foi

Jeanne Smits rapporte l'intervention du cardinal Stanisław Ryłko, président du Conseil pontifical pour les laïcs, au synode :

Unknown-26"Il est dit que l’Eglise devrait être comme « un hôpital de campagne », mais il n’y en a pas beaucoup dans cette situation qui veulent être obligés d’aller à l’hôpital. 

St. Augustin demande à ceux qui veulent de l’aide mais ne veulent pas se convertir : « Pourquoi nous cherchez-vous ? » 

C’est ainsi que se comportent certains baptisés qui sont en situation irrégulière, mais ne veulent pas recevoir le sacrement de la pénitence

Ainsi, nous avons non seulement une crise du mariage et de la famille, mais aussi une crise de la foi. 

2 Tm 4,2-5 dit : « Proclame la parole, insiste à temps et à contretemps, réfute, menace, exhorte, avec une patience inlassable et le souci d’instruire. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine, mais au contraire, au gré de leurs passions et l’oreille les démangeant, ils se donneront des maîtres en quantité et détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. Pour toi, sois prudent en tout, supporte l’épreuve, fais oeuvre de prédicateur de l’Evangile, acquitte-toi à la perfection de ton ministère ! »"

Posté le 10 octobre 2015 à 12h28 par Michel Janva | Lien permanent

Ambassadeur : le Saint-Siège remporte son bras de fer contre la France

Unknown-25Laurent Stefanini, le chef du protocole de l’Elysée, que Hollande voulait nommer ambassadeur à Rome en raison de son homosexualité, ne sera pas ambassadeur de France auprès du Saint-Siège. Sans le dire publiquement, le gouvernement a pris acte du refus du Vatican.

Vexé, François Hollande «ne présentera pas un autre ambassadeur jusqu’en 2017», confirme-t-on au sommet de l’Etat. 

Selon des sources bien informées, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat du pape, a signifié aux autorités françaises, lors de son passage à Paris, fin mai, que Laurent Stefanini ne serait pas accrédité auprès du Saint-Siège.

Posté le 10 octobre 2015 à 12h13 par Michel Janva | Lien permanent

09 octobre 2015

Synode : l’idéologie du gender a fait l’objet d’une ample dénonciation

Tous les groupes quasiment sans exception appellent à « une réflexion sérieuse sur l’idéologie du gender ». Dans le groupe francophone présidé par le cardinal Sarah, « la théorie du genre a fait l’objet d’une ample discussion » pour décrier son caractère « idéologique notamment quand elle est diffusée voire imposée par certaines organisations internationales ».

Cette nouvelle idéologie est l’un des deux défis majeurs identifiés par un groupe francophone, avec le développement de technologies bioéthiques « qui permettent de décomposer et de recomposer le vivant lui-même » (clonage, mères porteuses, manipulation génétique etc).

La plupart des groupes pointent « la responsabilité des politiques publiques » à l’égard des familles. Un groupe hispanophone dénonce même des « politiques anti-familles ».

Le groupe présidé par le cardinal Sarah souhaite que le document du synode commence par

« rappeler que ‘la famille est le pilier incontournable et irremplaçable de la vie en société’».

Posté le 9 octobre 2015 à 20h35 par Michel Janva | Lien permanent

06 octobre 2015

Le cardinal Erdö encourage la diffusion de l’enseignement des méthodes naturelles pour la procréation responsable

Unknown-15Le rapporteur général du Synode sur la famille, le cardinal Peter Erdö, a lu une longue relation introductive à l’ensemble des pères synodaux. Il a abordé trois points essentiels : les défis, la vocation et la mission de la famille.

Les migrations, les injustices sociales, les bas salaires, la mobilité professionnelle, la dénatalité, la violence contre les femmes, souvent contraintes à avorter, les stérilisations forcées, la gestation pour autrui pour satisfaire les désirs d’enfant à tout prix : voici quelques-uns des défis que les familles doivent affronter selon l’archevêque de Budapest. L’individualisme croissant est également pointé du doigt, ainsi que la société de consommation qui sépare la sexualité et la procréation.

Le cardinal Erdö souligne que l’indissolubilité du mariage est un don, car le mariage et la famille expriment de manière spéciale que « l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu », et que la différence entre l’homme et la femme est « pour la communion et la génération ».

Le rapporteur du synode rappelle l’importance de la bonne formation des époux et des prêtres qui accompagnent les familles « avec une maturation affective et psychologique ».

Les familles sont appelées à collaborer avec les institutions publiques, surtout dans les pays où le « concept officiel de famille ne coïncide pas avec celui des chrétiens ou avec son sens naturel ». 

Concernant la mission « délicate et exigeante » de l’Eglise pour intégrer ecclésialement les familles blessées, l’approche doit être miséricordieuse et accueillante et présenter clairement la vérité sur le mariage. 

« La miséricorde la plus grande est de dire la vérité avec amour. Allons au-delà de la compassion parce que l’amour miséricordieux attire et unit, transforme et élève, invite à la conversion ».

Le cardinal a dressé une série de suggestions :

  • une saine pédagogie qui guide les concubins « à la plénitude du plan de Dieu »,
  • la création de centres d’écoute diocésains pour aider les conjoints dans les moments de crise pour les divorcés non remariés, soutenant ainsi les enfants « victimes de ces situations » et sans négliger « le chemin du pardon et de la réconciliation si possible ».
  • Pour les divorcés-remariés, il demande « une réflexion approfondie », tenant en compte un principe important : l’indissolubilité du mariage enseignée par Jésus lui-même. « La miséricorde de Dieu offre au pécheur le pardon mais réclame la conversion ».

Cette relation introductive s’arrête sur la « voie pénitentielle » qui peut se référer aux divorcés remariés qui pratiquent la continence et qui 

« pourront accéder même aux sacrements de la pénitence et de l’eucharistie, évitant seulement de provoquer le scandale ».

Cette voie peut aussi faire référence à la pratique traditionnelle de l’Eglise latine qui permettait aux prêtres d’entendre en confession les divorcés remariés, donnant l’absolution seulement à ceux qui, de fait, promettaient de changer de vie.

Le cardinal Erdö dédie un paragraphe aux homosexuels qui doivent être accueillis « avec respect et délicatesse », évitant toute discrimination injuste. Mais il rappelle qu’il n’existe

 « aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, pas même éloignées, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ».

Il dénonce les pressions exercées sur les évêques et 

« les organisations internationales qui conditionnent leurs aides financières aux pays pauvres à l’introduction de lois qui instituent le mariage entre personnes de même sexe ».

Dans les derniers paragraphes, le cardinal Erdö rappelle le caractère inviolable de la vie, de sa conception naturelle à la mort naturelle. Il encourage également la diffusion de l’enseignement des « méthodes naturelles pour la procréation responsable », ainsi que l’adoption. 

Posté le 6 octobre 2015 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

05 octobre 2015

"Le Synode n'est pas un congrès ou un parloir"

Le Saint-Père a pris la parole pour introduire les travaux de la première journée, expliquant que

"le Synode n'est pas un congrès ou un parloir, il n'est pas un parlement ou un sénat, où l'on se met d'accord. Le Synode, au contraire, est une expression ecclésiale, c'est-à-dire que c'est l'Eglise qui chemine ensemble pour lire la réalité avec les yeux de la foi et avec le cœur de Dieu; c'est l'Eglise qui s'interroge sur sa fidélité au dépôt de la foi, qui pour celle-ci n'est pas un musée à visiter ou même à sauvegarder, mais une source vive à laquelle l'Eglise se désaltère pour désaltérer et éclairer le dépôt de la vie. Le Synode, en outre, est un espace protégé où l'Eglise expérimente l'action de l'Esprit saint. Dans le Synode, l'Esprit parle à travers la langue de toutes les personnes qui se laissent guider par Dieu qui surprend toujours, par Dieu qui révèle aux petits ce qui est caché aux sages et aux savants, par Dieu qui a créé la loi et le samedi pour l'homme et non le contraire, par Dieu qui laisse les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour chercher la brebis perdue, par Dieu qui est toujours plus grand que nos logiques et nos calculs.

Rappelons nous toutefois que le Synode pourra être un espace d'action de l'Esprit Saint seulement si nous, participants, nous revêtons de courage apostolique, d'humilité évangélique et de prière confiante. Le courage apostolique qui ne s'effraie pas face aux séductions du monde qui tendent à éteindre dans le cœur des hommes la lumière de la vérité en la remplaçant avec de petites lumières temporaires, ni face à l'endurcissement de quelques cœurs qui, malgré e bonnes intentions, éloignent les personnes de Dieu.

L'humilité évangélique qui sait se vider de ses propres conventions et préjugés pour écouter nos frères évêques et se remplir de Dieu. Humilité qui conduit à ne pas pointer les autres du doigt pour les juger, mais à leur tendre la main pour les relever sans jamais se sentir supérieur à eux. La prière confiante est l'action du cœur quand il s'ouvre à Dieu, quand nous faisons taire nos humeurs pour écouter la douce voix de Dieu qui parle dans le silence. Si nous n'écoutons pas Dieu, toutes nos paroles ne seront que des mots qui ne rassasient ni ne servent. Si nous ne nous laissons pas guider par l'Esprit, toutes nos décisions seront seulement des décorations qui, au lieu de glorifier l'Evangile, le recouvrent et le cachent. Chers frères, comme je l'ai dit, le Synode n'est pas un parlement où pour arriver à un consensus ou à un accord commun on recourt à la négociation, au pacte ou aux compromis. La seule méthode du Synode est de s'ouvrir à l'Esprit saint avec un courage apostolique, une humilité évangélique, avec une prière confiante, afin que ce soit lui qui nous guide, nous éclaire et nous mette sous les yeux non nos avis personnels, mais la foi en Dieu, la fidélité au magistère, le bien de l'Eglise et le salut des âmes".

Posté le 5 octobre 2015 à 20h31 par Michel Janva | Lien permanent

Le synode n'est pas une épreuve de force devant les micros et les caméras

Le mot d'ouverture au Synode, du Cardinal Vingt-Trois :

"Très Saint-Père,

J’ai l’honneur et la joie de vous adresser les salutations respectueuses et cordiales de tous les participants à cette session ordinaire du synode des évêques. Ce sont les évêques, les auditeurs, les experts et tous les participants qui vous expriment par ma voix leur intention et leur résolution de travailler sous votre conduite pour que l’Église soit toujours plus fidèle à sa mission pastorale.

Votre décision de tenir deux sessions du synode des évêques sur la mission de la famille dans le monde contemporain a porté ses fruits. Nous en avons été les témoins. Nos églises particulières se sont efforcées d’apporter leur contribution au travail commun en répondant au questionnaire qui devait alimenter l’Instrumentum Laboris. Notre synode est porté par l’Église.

Le Motu Proprio Mitis Iudex Dominus Iesus par lequel vous avez réformé les procédures concernant les procès canoniques sur la validité sacramentelle des mariages donne une indication précieuse sur l’esprit dans lequel nous abordons cette phase du travail.

Sans mettre en doute la tradition sacramentelle de notre Église ni sa doctrine sur l’indissolubilité du mariage, vous nous invitez à partager nos expériences pastorales et à mieux mettre en œuvre les chemins de la miséricorde par lesquels le Seigneur invite tous ceux qui le souhaitent et qui le peuvent à entrer dans une démarche de conversion en vue du pardon.

L’année de la Miséricorde que vous avez promulguée pour toute l’Église est déjà sans aucun doute un signe d’espérance pour ceux qui sont accablés par la vie et qui aspirent à connaître une véritable libération. Déjà nos diocèses se réjouissent d’être renouvelés dans leur mission d’annoncer la Bonne Nouvelle: Jésus est venu appeler et sauver les pécheurs et il a été jusqu’à l’extrême de l’amour pour que les chemins de la grâce soient ouverts à tous ceux qui se tournent vers lui et qui s’avancent humblement vers les conditions d’une vie nouvelle.

Pour chacun d’entre nous, ces trois semaines de travail intense seront une expérience d’Église importante: chercher avec conviction et humilité à faire grandir la communion. Malgré nos différences, nous ne voulons pas vivre ce temps comme une épreuve de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres. Nous voulons le vivre comme un temps de conversion commune dans la force de la communion dont vous êtes, Très Saint Père, le gardien et le serviteur.

Par l’intercession de la Sainte Famille, nous prions l’Esprit du Seigneur de nous éclairer et de nous donner la force de désirer ce qui plaît à Dieu."

Posté le 5 octobre 2015 à 20h25 par Michel Janva | Lien permanent

03 octobre 2015

La chute d’un prêtre : prions pour tous les prêtres...

Un billet de l'Abbé Roland-Gosselin sur Padreblog, au sujet du coming-out de Mgr Krzysztof Charamsa :

Portrait_rollandgosselin[...]"La première question est le cas personnel de ce prêtre. Qu’il soit homosexuel ou qu’il se reconnaisse comme tel n’est pas ce qui est d’abord mis en cause. En revanche, qu’il reconnaisse vivre en couple, qu’il revendique manquer à la chasteté, qu’il n’assume pas d’être fidèle à l’obligation du célibat prise le jour de son ordination diaconale, est un point beaucoup plus douloureux. Qu’en plus il s’autorise à entrer dans le jeu médiatique pour être une icône de la presse à la veille de l’ouverture du Synode sur la famille est une chose très grave. Le Vatican a raison de manifester sa large désapprobation en le démettant de ses diverses fonctions.

La tentative ridicule et malhabile de justification du prêtre est odieuse. Dire que le clergé est largement homosexuel et homophobe, dressant ainsi le portrait de ses frères prêtres comme étant des gens frustrés et meurtris par une loi de l’Eglise apparaissant inique, est faux, profondément injuste. C’est un grave scandale dans lequel nous ne pouvons pas tomber.

Nous ne jugeons pas le cœur de ce prêtre. Nous sommes tous de pauvres pécheurs. Nous pouvons comprendre qu’il parte, s’il ne peut plus tenir son engagement – Il pouvait partir humblement, discrètement, personne ne l’aurait jugé – mais nous pouvons lui demander de ne pas scandaliser tous ceux qui font confiance aux prêtres, de ne pas abîmer le sacerdoce qu’il a reçu et que nous avons en commun, de ne pas diffuser le poison du doute et de la suspicion qui rejaillira sur tous ses frères. Quand on est tombé, on se retire humblement dans le silence, et on demande pardon. On ne renverse pas les rôles en accusant l’Eglise ! Imaginez un homme qui tromperait sa femme, et qui – au lieu de présenter ses excuses pour sa trahison – justifierait son adultère en accusant celle-ci ![...]

Est-il nécessaire de rappeler que la doctrine ne changera pas en ce domaine au cours du Synode ? On cite souvent la réponse du Pape François quand on l’interrogeait sur sa possible réaction face à une personne homosexuelle qui cherche Dieu : « qui suis-je pour juger ? ». On rappelle qu’il a rencontré lors d’une audience privée un de ses amis argentins, qui est venu avec son compagnon, etc… Mais notre Pape exerce simplement la charité dans sa dimension d’accueil de toute personne qui vient à sa rencontre. Dans chacune de ces personnes, le chrétien doit chercher les signes de l’amour de Dieu et voir comment notre Seigneur cherche à faire alliance avec chacun d’entre nous où que nous en soyons. C’est ce que nous faisons, nous prêtres, quand nous recevons et accompagnons des personnes homosexuelles ; et nous sommes nombreux à servir ainsi ces personnes, sans faire de bruit… Cependant, cette règle de l’émerveillement et de la charité active n’est pas synonyme de caution morale. Parler de manière individuelle avec une personne ne revient pas à ériger un comportement en exemple. Aimer les personnes de façon inconditionnelle, ne pas juger ni condamner ces personnes, ne veut pas dire légitimer leurs actes ! Heureusement qu’on ne réduit jamais quelqu’un à ses actes ! C’est vrai pour chacun de nous, quelques soient nos actes ! Jésus dans l’évangile nous montre l’exemple, conciliant accueil inconditionnel des personnes, telles qu’elles sont, et une même exigence pour tous. Charité et vérité sont indissociables.

Prions pour les journalistes et leurs responsables. Qu’ils aient l’honnêteté de ne pas se faire les instruments de toutes ces manipulations médiatiques pourtant si évidentes ! Confions aussi au Seigneur, pendant le Synode, nos évêques, notre Pape. Que ce synode soit le lieu d’une libération divine et non pas d’un emprisonnement idéologique. Seule la Vérité rend libre.

Enfin, prions pour ce frère prêtre. Prions pour tous les prêtres, plus que jamais. Ceux qui sont heureux et ceux qui peinent. Ceux qui tombent et ceux qui tiennent. Ceux qui ont pu nous blesser, et ceux qui nous ont relevés. Tous un jour ont librement dit « oui » pour servir…"

Posté le 3 octobre 2015 à 20h15 par Marie Bethanie | Lien permanent

Kim Davis dément le communiqué du père Lombardi

Nous nous étions étonné de l'étrange communication du Vatican, relativisant la rencontre entre le pape et Kim Davis, emprisonnée pour avoir refusée de "marier" des personnes de même sexe.

Liberty Counsel, conseil juridique de Kim Davis, a publié un communiqué intitulé « Les faits sur la rencontre de Kim Davis et du pape » :

Unknown-3« [...] La rencontre avec Kim Davis a été initiée le 14 septembre. Bien que nous ne connaissons pas toutes les personnes qui ont pris part à cette invitation, nous savons tout à fait que le nonce apostolique du Saint-Siège, l’archevêque Carlo Maria Vigano, s’est personnellement entretenu avec Kim Davis sur cette invitation. Cette invitation portait sur une rencontre privée avec le pape François à l’ambassade du Vatican à Washington D.C. le jeudi 24 septembre dans l’après-midi. Il s’agissait une rencontre privée. Aucun autre membre du public [invité] n’y était présent.

[...] À 13 h 15, Staver a accompagné Kim et Joe Davis pour leur faire rencontrer deux hommes du service de sécurité vêtus de costumes et dotés d’oreillettes. Staver a confirmé qu’ils venaient chercher Kim Davis. Ils s’exprimaient avec un très fort accent italien. Staver a accompagné Kim et Joe vers une fourgonnette qui les attendait et est resté à l’hôtel tout en se tenant en contact permanent avec Kim.

Kim et Joe ont été introduits dans une pièce [un salon de la nonciature] dans laquelle il n’y avait aucune autre personne présente. Plus tard, le pape y est entré : il n’était accompagné que d’une seule personne de la sécurité du Vatican ou de l’ambassade. [Le pape] lui a tendu les mains. Kim les lui a saisies et il lui a demandé de prier pour lui. Elle lui a répondu qu’elle le ferait puis a demandé au Pontife de prier pour elle ce à quoi le pape a répondu qu’il le ferait. Le pape François a alors remercié Kim pour “son courage”. Ils se sont étreints. Le pape a déclaré : “Restez forte”. Puis il a offert à Kim et à Joe deux chapelets.

Il n’y avait pas de gens faisant la queue ou d’autres personnes du public visibles quelque part. Kim étant si reconnaissable, il aurait été impossible de garder secrète cette rencontre si d’autres personnes invitées s’étaient trouvées quelque part à proximité du pape ou de Kim Davis.

L’encouragement donné par le pape à Kim et son avertissement à “rester forte” souligne le fait que le pape et d’autres responsables du Vatican connaissaient sa défense de la liberté religieuse. La réponse du pape faite à la question d’un journaliste [à bord de l’avion qui le ramenait à Rome] pour savoir si un fonctionnaire gouvernemental avait le droit à l’objection de conscience pour la délivrance de certificats de mariage, correspond bien à la connaissance [qu’en avait le pape] »."

Alors pourquoi le père Lombardi a-t-il minimisé cette rencontre et a-t-il au contraire valorisé une rencontre entre le pape et 2 homosexuels ? Est-ce pour aider le lobby LGBT du Vatican à sortir du bois ?

Posté le 3 octobre 2015 à 17h04 par Michel Janva | Lien permanent

Le lobby LGBT du Vatican sort du bois la veille du synode

Unknown-2Mgr Krzysztof Charamsa a fait son coming out LGBT dans les colonnes du Corriere della Sera ce samedi matin, à quelques heures de l’ouverture du synode. L'affaire a été préparée et il est probable qu'il y en ait d'autres.  Il s'agit d'un prélat polonais de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il  a écrit des livres de théologie, de spiritualité, de poésie. Il avoue vivre avec un homme et diffuse un manifeste ouvertement LGBT.

La réponse du Vatican n’a pas tardé : le P. Federico Lombardi a fait paraître un communiqué pour annoncer que Mgr Charamsa ne pourra continuer à travailler à son poste actuel :

« A propos des déclarations et des interviews accordées par Mgr Krzysztof Charamsa il faut observer que – nonobstant le respect dû au vécu et aux situations personnelles, et les réflexions sur ceux-ci – le choix de se manifester de manière aussi bruyante à la veille de l’ouverture du synode apparaît comme très grave et irresponsable, parce qu’il vise à soumettre l’assemblée synodale à une pression médiatique indue. Certainement, Mgr Charamsa ne pourra pas continuer à assumer son service au près de la Congrégation pour la doctrine de la foi et des universités pontificales, tandis que les autres aspects relatifs à sa situations sont de la compétence de son ordinaire diocésain. »

Mgr Charamsa doit participer ce soir à la réunion internationale des « Catholiques LGBT » organisée par le Global Network of Rainbow Catholics pour faire entendre ces revendications au moment du synode.

Théologien, professeur à la Grégorienne et à Regina Apostolorum à Rome, membre de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 2003, secrétaire assistant de la Commission théologique internationale, Krzysztof Charamsa tient des rôles de premier plan.

Posté le 3 octobre 2015 à 16h44 par Michel Janva | Lien permanent

02 octobre 2015

«Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

BCe matin, le Cardinal Lorenzo Baldisseri a présenté la XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques, qui s'ouvre samedi soir, Place St Pierre. La veillée de prière en présence des pères synodaux sera présidée par le Pape qui, dimanche matin, célébrera la messe d'ouverture de l'Assemblée générale. L’Évangile de ce dimanche (forme ordinaire) est celui tiré de saint Marc (10,2-16), dans lequel Notre-Seigneur répond aux pharisiens qui veulent changer la loi divine :

« C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »

Les pères synodaux sont 270 : 42 ex officio, 183 élus et 45 de nomination papale (54 d'Afrique, 64 d'Amérique, 36 d'Asie, 107 d'Europe et 9 d'Océanie. Parmi eux 74 Cardinaux (y compris 2 Archevêques majeurs), 6 Patriarches, 1 Archevêque majeur, 72 archevêques (dont 3 titulaires), 102 Evêques (y compris 6 Auxiliaires, 3 Vicaires apostoliques et 1 Evêque émérite), 2 curés et 13 religieux.

Prennent part également à cette assemblée 24 experts et collaborateurs du Secrétariat spécial, 51 auditeurs et auditrices, 14 délégués fraternels. En raison du thème, on a donné une certaine importance aux conjoints, parents et chefs de famille (18).

Le Secrétariat général du Synode a développé une nouvelle méthodologie. Les interventions en séance alterneront avec les séances de travail dans le cadre des Circuli Minores. Il y aura également des témoignages. A la fin des réunions des groupes de travail linguistiques, dans lequel les pères réfléchiront sur le texte de base enrichi par les contributions faites en séance, les modérateurs rédigeront un bref rapport sur le travail effectué, qui sera inséré dans le texte de base. Ces rapports des Circuli Minores seront rendus publics.

La commission pour l'élaboration de la Relatio finale suivra chaque étape des assises synodales et se réunira à la fin des travaux pour procéder au montage final du texte qui sera présenté samedi 24 octobre en séance plénière pour être soumis au vote de l'Assemblée.

Compte tenu du grand nombre de ceux qui ont droit d'intervenir (au total 318 personnes), chacun aura droit à trois minutes en séance, étant possible de s'exprimer largement dans les Circuli. Il sera toujours possible de soumettre au Secrétariat général, en plus de la version papier et numérique des interventions, d'autres textes écrits.

Les pères synodaux sont libres de communiquer avec les médias, sous leur responsabilité propre. Ceci étant, les différentes étapes de l'élaboration du document restent confidentielles.

Dimanche, 18 à 10h30 la Basilique vaticane, le Synode se conclura par une messe de canonisation des parents de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. A Ste Marie Majeure, les fidèles sont invités à accompagner par la prière le travail du Synode, en invoquant la protection de la Salus Populi Romani et des saints époux Martin. Chaque jour, chapelet à 17 h et messe à 18 h (première semaine, prière pour les enfants, deuxième pour les parents, troisième pour les grands-parents). Près de la salle du Synode une chapelle est à disposition des participants, où sont exposées des reliques de Ste.Thérèse de l'Enfant-Jésus, de ses parents et des époux Beltrame Quattrocchi.

Posté le 2 octobre 2015 à 16h06 par Michel Janva | Lien permanent

Etrange communication vaticane

Ce communiqué du père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, est étonnant :

L"La brève rencontre entre Mme Kim Davis et François à la nonciature apostolique à Washington DC a provoqué des commentaires et discussions. Afin de contribuer à une compréhension objective de ce qui a transpiré je suis capable de clarifier les points suivants :

François a rencontré plusieurs dizaines de personnes qui avaient été invitées par la Nonciature pour le saluer comme il se préparait à quitter Washington pour New York. Ces brèves rencontres se produisent sur toutes les visites papales et sont dues à la gentillesse et la disponibilité caractéristique du Pape. La seule vraie audience accordée par le pape à la nonciature était avec un de ses anciens élèves et sa famille.

Le pape n'est pas entré dans les détails de la situation de Mme Davis et sa rencontre avec elle ne doit pas être considérée comme une forme de soutien de sa position dans l'ensemble de ses aspects particuliers et complexes."

On aimerait que les services du père Lombardi adressent également des communiqués pour préciser que prendre comme lecteur à la messe pontificale à New York un ardent militant LGBT (Mo Rocca), rencontrer Mgr Gaillot et adresser ses "sentiments de spéciale considération et de respect" à Fidel Castro n'est pas non plus à interpréter comme un soutien...

Posté le 2 octobre 2015 à 14h16 par Michel Janva | Lien permanent

Rétablissement d’un « ordre des pénitents » ?

Le Père Thomas Michelet, dominicain de la province de Toulouse, est interrogé dans Famille chrétienne :

S"En quoi la « voie pénitentielle » que vous proposez permettrait-elle de mieux accompagner les divorcés remariés ?

L’« ordo paenitentium » dont je propose la redécouverte part de l’idée que certaines personnes ont besoin de temps pour se convertir. On pourrait s’inspirer des quatre étapes selon lesquelles dans l’Antiquité l’ordre des pénitents accompagnait les personnes vers la réconciliation avec Dieu.

Première étape, aller chercher celles qui ont l’impression d’être loin de l’Église, et les écouter.

Deuxième étape, on leur propose d’écouter ce que le Christ veut leur dire, la parole de Dieu.

Puis vient l’inscription proprement dite dans l’ordre, avec l’imposition des cendres le mercredi des Cendres : la personne peut y entrer lorsqu’elle reconnaît son état de péché.

La quatrième étape, lorsqu’elle en tire toutes les conséquences pratiques et qu’elle s’engage à changer de vie. Cette étape s’achève par la réconciliation solennelle, le Jeudi saint.

Combien de temps pourrait durer ce parcours de « pénitent » ?

Un temps très variable, selon la situation spirituelle des personnes. Il s’agit d’un lieu de sanctification qui prépare à rentrer en grâce avec le Seigneur. En prenant le temps qu’il faut. Le catéchuménat, lui, dure trois ans.

Cet « ordre » jalonné d’étapes fait en effet penser au catéchuménat…

Je pense qu’il y a de vrais points communs. L’ordre des pénitents pourrait être organisé de manière comparable. Après la restauration de l’ordre des catéchumènes adultes, réalisée depuis le Concile, la redécouverte de l’ordre des pénitents ?"

Cette proposition sera reprise par l'un des évêques présents au synode. Sera-t-elle reprise dans les conclusions ?

Posté le 2 octobre 2015 à 11h22 par Michel Janva | Lien permanent

29 septembre 2015

790 190 personnes, dont 201 prélats, demandent au Pape une parole éclairante

Communiqué concernant la filiale supplique en vue du synode :

F"La Filiale Supplique au Pape François sur le futur de la famille, dont les signatures proviennent de 178 pays, a été délivrée ce matin au Vatican.

En vue de l’ouverture prochaine du Synode ordinaire sur la famille, 790 190 personnes, parmi lesquelles 201 cardinaux, archevêques et évêques, demandent au Pape François de prononcer une « parole éclairante » pour dissiper la « désorientation généralisée causée par l’éventualité qu’au sein de l’Église  soit ouverte une brèche permettant l’acceptation de l’adultère – par  l’admission à l’Eucharistie de couples divorcés civilement remariés – ainsi que l’acceptation virtuelle des unions homosexuelles, pratiques condamnées de façon catégorique comme contraires à la loi divine et naturelle ».

Seule une  intervention suprême du Souverain Pontife peut en effet être à même d’aider les fidèles désorientés à sortir de la confusion qui s’est créée au fil des années et qui s’est aggravée dernièrement de façon dramatique.

Le porte-parole de cette initiative, le professeur Tommaso Scandroglio, professeur d’Éthique et de Bioéthique à l’Université Européenne de Rome a fait remarquer que la Supplique « a déjà eu un large écho dans la presse italienne et internationale », et a  ajouté  que « ses répercussions dans les médias, ainsi que la quantité d’adhésions et le grand nombre de personnalités du monde ecclésial, civil et académique l’ayant  signée  démontrent qu’il y a tout un peuple de croyants très préoccupé par le développement croissant  d’un certain courant théologique dans l’Église ».

SSelon Scandroglio, « l’initiative s’insère de façon constructive dans le climat de discussion et de dialogue autour de ces sujets, dont une preuve est le Vadémécum, Une option préférentielle pour la famille - 100 questions et 100 réponses autour du Synode,  qui a donné un appui doctrinal à la collecte de signatures et qui se veut un instrument de diffusion du Magistère catholique sur les thèmes en discussion. Ce Vadémécum, œuvre de trois évêques, a été demandé par des dizaines de milliers de fidèles du monde entier ».

Parmi les nombreux signataires du monde ecclésial on trouve les cardinaux Jorge Medina Estévez, préfet émérite de la Congrégation du Culte divin, Geraldo Majella Agnelo, ancien primat du Brésil et ex-secrétaire de la même congrégation et Gaudencio Rosales, archevêque émérite de Manille  ; les évêques aux armées des Etats-Unis et du Brésil, Mgrs Timothy Broglio et Fernando Guimaraes ; le président de la Conférence épiscopale de Madagascar et archevêque de Tamatave (Toamasina), Mgr Désiré Tsarahasana, et encore plusieurs prélats dirigeant de grands diocèses tels que Mgr Ramón Arguelles, archevêque de Lipa aux Philippines (2 700 000 fidèles), Mgr Alfredo Zecca, archevêque de Tucumán en Argentine, et Mgr Aldo di Cillo Pagotto, archevêque de Paraíba au Brésil dont les diocèses rassemblent plus d’un million de fidèles, Mgr Gonzalo Restrepo, archevêque de Manizales en  Colombie (plus de 800 000 fidèles).

En Afrique, on peut également mentionner parmi les signataires Mgr Francis Chimoio,  archevêque ordinaire du diocèse de Maputo au Mozambique (plus de 1 200 000 fidèles) et son prédécesseur le cardinal Alexandre dos Santos. En Asie, ont aussi signé parmi d’autres Mgr Tomasz Peta, archevêque d’Astana au Kazakhstan, et Mgr Calis Soosa Pakiam, archevêque de Trivandrum en Inde. De nombreux archevêques et évêques européens et différents éparques et évêques de rite oriental ont également signé la Supplique

Dans le monde politique et civil, on trouve parmi les signataires M. Alejandro Ordóñez Maldonado, procureur général de Colombie, Rick Santorum, ancien sénateur américain, le prince Luiz d’Orléans-Bragance, chef de la Maison impériale du Brésil, les eurodéputés Anna Zaborska (Slovaquie) et Ruza Tomasic (Croatie).

IMG_9114aLa Supplique a aussi été signée par différents membres de l’Académie pontificale pour la vie tels que Josef Seifert, ex-président de l’International Academy of Philosophy, Luke Gormally, directeur émérite du Linacre Centre for Healthcare Ethics, et Wolfgang Waldstein, professeur émérite de l’Université de Salzbourg. A noter également parmi les signataires des  figures académiques de renom telles que le Pr Stephan Kampowski, de l’Institut pontifical Jean-Paul II d’études sur le mariage et la famille, et le Pr Massimo de Leonardis, directeur de la faculté de sciences-politiques de l’Université Catholique du Sacré-Cœur de Milan.

Enfin de nombreux  dirigeants de mouvements pro-famille et pro-vie de tous les continents ont aussi adhéré à cette initiative."

Posté le 29 septembre 2015 à 17h16 par Michel Janva | Lien permanent

23 septembre 2015

La photo du jour

C'est la reproduction de la basilique Saint-Pierre de Rome reconstituée par un prêtre de Philadelphie aux Etats-Unis avec ... un demi-million de pièces de Lego. L'œuvre va être exposée du 19 septembre au 15 février 2016 au Franklin Institute de Philadelphie où le pape François viendra l'admirer.

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Posté le 23 septembre 2015 à 09h39 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

18 septembre 2015

Immigrants : une famille catholique syrienne accueillie au Vatican

CPL04czWgAAJmr7Charité bien ordonnée commence par soi-même : 

"Une première famille syrienne, chrétienne, est installée depuis quelques jours dans un appartement du Vatican, en réponse à la promesse du pape d'accueillir deux familles de réfugiés dans le petit Etat, a annoncé vendredi l'Aumônerie pontificale.

Originaires de Damas et membres de l'Eglise grecque-catholique melkite, le père, la mère et leurs deux fils sont hébergés près de la basilique Saint-Pierre, a précisé l'Aumônerie dans un communiqué".

Posté le 18 septembre 2015 à 14h34 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (9)

11 septembre 2015

Guerre contre la famille : appel aux pères synodaux

« Demeurer dans la vérité du Christ » est le titre du colloque international qui se tiendra à l’Université Pontificale Saint-Thomas d’Aquin, le 30 septembre en préparation du Synode sur la Famille s’ouvrant quatre jours après. Les conférenciers (le cardinal Carlo Caffarra, le cardinal Raymond Leo Burke, Mgr Cyril Vasil’, le professeur Stephan Kampowski) demanderont une réaffirmation claire et intégrale de la tradition catholique sur les problèmes de la vie, de la famille et de l’éducation. Le colloque organisé par La Nuova Bussola Quotidiana, Il Timone, L’Homme nouveau, Dignitatis Humanæ Institute, Infovaticana, se terminera par la présentation de l’Appel au Synode, appel soutenu par le cardinal Sarah. Voici cet appel :

"Chers Pères synodaux,

SIl est clair que « la famille et le mariage n’ont jamais été aussi agressés qu’ils ne le sont de nos jours », et que la culture dominante et le pouvoir exercé par les médias « s’attaquent à la famille de toutes parts et la laissent couverte de blessures » (Pape François, le 25 octobre 2014). La raison principale est celle-ci : du fait de son identité, de sa responsabilité éducative, et de ses finalités, la famille empêche que s’exerce un contrôle social de ses membres, en même temps qu’elle représente l’institution qui résiste le mieux au pouvoir dominant.

L’enjeu pour l’humanité tout entière est considérable : « Les ténèbres qui entourent aujourd’hui la conception même de l’homme, assombrissent en premier lieu et directement la réalité et les expressions qui lui sont connaturelles. La personne et la famille vont de pair en ce qui concerne tant l’estime et la reconnaissance de leur dignité, que les attaques et les tentatives de désagrégation à leur égard. La grandeur et la sagesse de Dieu se manifestent dans ses œuvres. Toutefois, il semble aujourd’hui que les ennemis de Dieu, plutôt que d’attaquer en face l’Auteur de la création, préfèrent Le frapper à travers ses œuvres. Et l’homme est le point culminant, le sommet de ses œuvres visibles. [...] Parmi les vérités obscurcies dans le cœur de l’homme en raison de la sécularisation croissante et de l’hédonisme dominant, celles qui concernent la famille sont particulièrement touchées. Autour de la famille et de la vie se déroule aujourd’hui la lutte fondamentale pour la dignité de l’homme » (Jean-Paul II, 3 octobre 1997). La guerre contre la famille n’est pas seulement culturelle : c’est aussi une guerre sociale, économique, juridique, doctrinale, qui vise même le domaine sacramentel. Si bien que sa défense exige un magistère spécifique, fort et clair. Un magistère qui réaffirme les préceptes de la loi naturelle – que l’Evangile n’abolit pas mais perfectionne – et qui conduise les catholiques à la nécessaire défense de la famille, qui leur revient, en outre, en raison de leur responsabilité concernant le bien commun de la société et de tous ceux qui la composent.

La réflexion profonde à laquelle se livre actuellement l’Eglise au sujet de la famille, avec deux Synodes consacrés à ce thème, représente le nœud du moment historique présent. Ce serait une grave erreur d’accepter le statut que les forces aujourd’hui dominantes dans le monde (l’idéologie dominante anti-chrétienne, l’agression des sectes protestantes les plus radicales, les autres religions) voudraient imposer à l’Église, en la cantonnant à des pratiques de dévotion et de bienfaisance, mais en considérant comme intolérable qu’elle prétende délivrer une proposition globale pour l’existence de l’homme comme tel.

Rien n’est plus nécessaire aujourd’hui pour la société que l’Église et que les chrétiens vivent la nouveauté de la famille chrétienne et en expriment les convictions profondes ou la doctrine qui est impliquée dans l’expérience familiale. « Ce qui nous est demandé, c’est de reconnaître combien il est beau, vrai et bon de former une famille, d’être une famille aujourd’hui ; combien c’est indispensable pour la vie du monde, pour l’avenir de l’humanité. Il nous est demandé de mettre en évidence le plan lumineux de Dieu sur la famille et d’aider les conjoints à le vivre avec joie dans leur existence, en les accompagnant au milieu de toutes leurs difficultés, avec une pastorale intelligente, courageuse, pleine d’amour » (Pape François, Consistoire du 20 février 2014).

C’est pourquoi, Chers Pères synodaux, nous vous demandons de faire en sorte que de ce Synode émane une nouvelle proposition de l’intégralité de la tradition catholique sur les problèmes de la vie, de la famille, de l’éducation, pour permettre au peuple chrétien d’aujourd’hui d’approfondir son identité propre afin de s’acquitter adéquatement de sa mission. Comme l’a rappelé Jean-Paul II : « A la base de tout l’ordre social se trouve donc ce principe d’unité et d’indissolubilité du mariage, principe sur lequel se fonde l’institution de la famille et toute la vie familiale » (4 octobre 1997). Cette prise de conscience implique un jugement culturel sur la mentalité dominante, sans lequel il est difficile d'être authentiquement charitable.

Nous vous demandons de dépasser l’opposition abstraite entre vérité et charité, entre doctrine et pastorale, qui n’a aucun fondement du point de vue de l’expérience de l’Eglise, parce que la vérité s’exprime dans le monde tant comme jugement sur les positions que comme charité pour les personnes.

Nous vous demandons d’entrer dans toutes les problématiques particulières, y compris les plus douloureuses, prises non comme des points totalisants mais comme des points qui expriment chacun la totalité de la position. En particulier, il est impensable que l’Église assume l’équivalence de fait, et encore moins de droit, entre une relation et un couple hétérosexuel et un rapport de nature homosexuelle, car ce serait la subversion de la loi naturelle et du plan d’amour du Dieu créateur.

Nous vous demandons de donner, lors du Synode, la place qui lui revient, à l’expérience de ces familles qui vivent et qui témoignent de la beauté d’un amour indissoluble, et qui sont capables d’attirer et d’éclairer les nombreuses familles vivant dans les ténèbres."

L'homme Nouveau vous invite vivement à vous joindre à l’Appel au Synode en faisant part de votre adhésion : communication@hommenouveau.fr

Posté le 11 septembre 2015 à 17h09 par Michel Janva | Lien permanent

06 juillet 2015

Nommé Prélat de l'Ordre de Malte, Mgr Laffitte demeurera secrétaire du Conseil pontifical pour la famille

Contrairement à ce que certains avaient pu imaginer, sa nouvelle nomination n'empêchera pas Mgr Laffitte de continuer à oeuvrer au sein du Conseil pontifical pour la famille.

Posté le 6 juillet 2015 à 17h19 par Louise Tudy | Lien permanent

05 juillet 2015

Mgr Laffitte nommé Prélat de l'Ordre de Malte

Le Pape François a nommé un évêque français au poste de Prélat de l’Ordre de Malte. Il s’agit de Mgr Jean Laffitte. Agé de 63 ans, membre de la Communauté de l’Emmanuel, il avait été nommé secrétaire du Conseil pontifical pour la Famille en 2009.

Au sein de cet Ordre de chevalerie, le Prélat est le supérieur religieux du clergé. Il assiste le cardinal Patron, le cardinal Burke, dans l’exercice de ses fonctions. Il veille à ce que la vie et l’apostolat des aumôniers soient conformes à la discipline et à l’esprit de l’ordre. Il aide le Grand Maître et le Grand Commandeur à superviser la vie religieuse et la dévotion des membres de l’Ordre et les assiste dans tous les domaines liés à la nature spirituelle des initiatives de l’Ordre.

Le Saint-Père a récemment reçu à l’occasion de la fête de Saint Jean-Baptiste le Grand Maître fra’ Matthew Festing qui lui a exposé les nombreux projets actuels de secours médical pour les réfugiés fuyant les guerres, la violence et la pauvreté, mais aussi les actions mises en place pour apporter un soutien social aux réfugiés dans les pays de destination comme la France ou l’Allemagne.

Posté le 5 juillet 2015 à 16h15 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2015

La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain

Le document qui servira de base de travail au deuxième Synode sur la famille, publié par le Saint-Siège le 23 juin, est désormais disponible en français. Les paragraphes en italiques sont directement issus du rapport du synode de l'an passé. Extrait :

"122. (52) La réflexion a porté sur la possibilité pour les divorcés remariés d’accéder aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie. Plusieurs Pères synodaux ont insisté pour maintenir la discipline actuelle, en vertu du rapport constitutif entre la participation à l’Eucharistie et la communion avec l’Église et son enseignement sur le mariage indissoluble. D’autres se sont exprimés en faveur d’un accueil non généralisé au banquet eucharistique, dans certaines situations particulières et à des conditions bien précises, surtout quand il s’agit de cas irréversibles et liés à des obligations morales envers les enfants qui viendraient à subir des souffrances injustes. L’accès éventuel aux sacrements devrait être précédé d’un cheminement pénitentiel sous la responsabilité de l’évêque diocésain. La question doit encore être approfondie, en ayant bien présente la distinction entre la situation objective de péché et les circonstances atténuantes, étant donné que «l’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées» par divers «facteurs psychiques ou sociaux» (CEC, 1735).

123. Pour affronter ce thème, un commun accord existe sur l’hypothèse d’un itinéraire de réconciliation ou voie pénitentielle, sous l’autorité de l’évêque, pour les fidèles divorcés et remariés civilement, qui se trouvent dans une situation de concubinage irréversible. En référence à Familiaris Consortio 84, un parcours de prise de conscience de l’échec et des blessures qu’il a produit est suggéré, avec le repentir et la vérification de l’éventuelle nullité du mariage, l’engagement à la communion spirituelle et la décision de vivre dans la continence.

D’autres, par voie pénitentielle entendent un processus de clarification et de nouvelle orientation, après l’échec vécu, accompagné d’un prêtre député à cela. Ce processus devrait conduire l’intéressé à un jugement honnête sur sa propre condition, où ce même prêtre puisse faire mûrir son évaluation pour pouvoir faire usage du pouvoir de lier et de dissoudre en fonction de la situation.

Pour ce qui est de l’approfondissement de la situation objective de péché et de l’imputabilité morale, certains suggèrent de prendre en considération la Lettre aux évêques de l’Église catholique sur l’accès à la Communion eucharistique de la part des fidèles divorcés remariés de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (14 septembre 1994) et la Déclaration sur l’admissibilité des divorcés remariés à la Communion eucharistique du Conseil Pontifical pour les Textes Législatifs (24 juin 2000).

La participation spirituelle à la communion ecclésiale

124. (53) Certains Pères ont soutenu que les personnes divorcées et remariées ou vivant en concubinage peuvent recourir de manière fructueuse à la communion spirituelle. D’autres Pères se sont demandés pourquoi, alors, elles ne pouvaient accéder à la communion sacramentelle. Un approfondissement de cette thématique est donc requis afin de permettre de faire ressortir la spécificité de ces deux formes et leur lien avec la théologie du mariage. 

125. Pour les fidèles divorcés et remariés civilement, le chemin ecclésial d’incorporation au Christ, commencé lors du Baptême, se réalise aussi par étapes à travers la conversion permanente. Au long de ce parcours, il existe diverses modalités grâce auxquelles ils sont invités à conformer leur vie au Seigneur Jésus qui, par sa grâce, les garde dans la communion ecclésiale. Comme le suggère encore Familiaris Consortio 84, parmi ces formes de participation, on recommande l’écoute de la Parole de Dieu, la participation à la célébration eucharistique, la persévérance dans la prière, les œuvres de charité, les initiatives communautaires en faveur de la justice, l’éducation des enfants dans la foi, l’esprit de pénitence, le tout soutenu par la prière et par le témoignage accueillant de l’Église. Le fruit de cette participation est la communion du croyant avec l’ensemble de la communauté, expression de l’insertion réelle dans le Corps ecclésial du Christ. En ce qui concerne la communion spirituelle, il faut rappeler que celle-ci suppose la conversion et l’état de grâce et qu’elle est liée à la communion sacramentelle."

Posté le 2 juillet 2015 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2015

Une clef pour le redressement de l’Eglise

Tribune proposée par Pierre Moreau, au nom d'un collectif de fidèles et de prêtres (suite à celle-ci) :

"Alors que nous apprenons la démission d'un évêque mexicain mis en cause dans sa gestion d'une affaire de pédophilie, (cf VIS, 25 juin 2015), il est difficile de ne pas s’interroger à frais nouveaux sur la crise « managériale » vécue par un grand nombre de successeurs des Apôtres. C’est parce que le problème a été médiatisé que la discipline ecclésiastique s’est mise en mouvement. Malheureusement, l’anticléricalisme s’est nourri ou a été à l’origine des campagnes polémiques, fondées ou non ; pour autant il faut bien reconnaître que l’effet a été radical : les autorités vaticanes ont pris des décisions sévères et d’une efficacité redoutable.

La question de la gestion des affaires de pédophilie est véritablement un cas d’école car elle manifeste l’immaturité de bien des évêques ; et de leur grave irresponsabilité vis-à-vis des brebis les plus jeunes dans leur troupeau, victimes potentielles, de leurs collaborateurs prêtres, victimes collatérales blessées dans le regard porté sur eux, de la foule des non-croyants s’écartant encore plus loin des rives du salut. Avec Vittorio Messori, nous pensons que le relativisme moral post 68 est largement responsable de ce drame (cf. Il Corriere della Sera, 11/3/2010) et qu’il a pénétré de nombreuses institutions ecclésiales. Le modèle managérial épiscopal, au moins en Occident, emprunte largement à l’idéologie relativiste qui, en doctrine comme en morale, étend son règne en bien des séminaires et universités dites catholiques. La contestation de l’autorité, l’amoindrissement de la vérité, était le cadre dans lequel l’écrasante majorité des évêques de France a reçu ce que l’on a du mal à appeler leur formation. Certains, rares, ont résisté mais se sont fait mal. Les autres, sans se poser plus de questions, ont suivi le mouvement comme le tronc d’arbre descend la rivière. S’il faut reconnaître qu’ils sont restés fidèles à leur sacerdoce tandis que d’autres ont déserté, il est difficile de ne pas déplorer leur alignement sur une pensée unique, cette fameuse langue de buis, dont les mots clefs sont devenus les talismans de l’ethos ecclesiasticus modernus.

Que faut-il en conclure ? Il suffit que Rome donne un tour de vis et exige « sous peine de » pour que les évêques se ressaisissent. Dans les relations familiales, il arrive que les adolescents provoquent l’autorité, non pour la détruire, mais pour se situer vis-à-vis d’elle en adulte potentiel et partenaire. La bonne réponse est alors dans la fermeté et la tendresse. Ce n’est qu’une analogie. Mais le Père qui laisserait tout faire porterait une grave responsabilité : il porterait pour une part la culpabilité du naufrage de son enfant. Dans l’Eglise c’est la même chose.

Une question majeure reste en suspens : Si Rome serre la vis en ce qui concerne la pédophilie, qu’en est-il des affaires au moins aussi grave, voire plus, qui ont trait à l’avortement et au respect dû à Dieu dans les sacrements ? Les silences de certains couloirs de la Curie ou de tant d’évêchés, sans parler des administrations des conférences épiscopales – mais n’accordons pas trop d’importance à ces dernières -, pourraient alors parler plus fort pour qui sait entendre que les sirènes médiatiques hurlant au scandale après une déclaration pontificale politiquement incorrecte.

Dans son fonctionnement, l’Eglise doit se rapprocher d’une certaine « praxis » profane en rétablissant, comme le pape François vient de le faire, une autorité forte dans les domaines qui l’exigent et des sanctions proportionnées. Sans oublier la prière, et la conversion personnelle, il y a certainement là un point d’appui pour le relèvement de l’Occident."

Posté le 1 juillet 2015 à 07h11 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2015

Vatican : création du Secrétariat pour la communication

Depuis aujourd'hui, le Saint-Siège possède un nouveau dicastère consacré aux médias et à la communication. C’est ce qu’annonce un motu proprio du Pape François instaurant un Secrétariat pour la communication. Différents organismes convergeront vers cette nouvelle structure :

  • le conseil pontifical pour les communications sociales,
  • la Salle de Presse du Saint-Siège,
  • le service internet du Vatican,
  • Radio Vatican,
  • le Centre télévisuel du Vatican (CTV),
  • l’Osservatore Romano,
  • la Typographie vaticane,
  • le service photographique,
  • la Librairie éditrice vaticane(LEV). 

Chacun de ces organismes poursuivra son travail en tenant en compte dorénavant des indications données par le Secrétariat.

Le nouveau Secrétariat commencera officiellement à fonctionner lundi 29 juin et aura comme siège provisoire Palazzo Pio, autrement le siège de Radio Vatican.

Mgr Dario Edoardo Viganò, actuel directeur du CTV, sera le préfet du nouveau Secrétariat. Mgr Lucio Adrian Ruiz, chef du Bureau du service internet du Vatican sera le secrétaire. Paolo Nusiner, le directeur général de l’Avvenire, sera le directeur général. Giacomo Ghisani, chef du bureau des relations internationales et des affaires légales de Radio Vatican sera le vice-directeur général.

Posté le 27 juin 2015 à 15h31 par Michel Janva | Lien permanent

25 juin 2015

"La liturgie est une réalité fondamentalement mystique et contemplative"

L'Homme Nouveau a traduit et publié un article du cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin et auteur du livre remarquable Dieu ou rien, paru dans L’Osservatore Romano le 12 juin. Nous l'avions brièvement évoqué le 15 juin. Extrait :

"[...] La participatio actuosa à l’œuvre du Christ suppose donc de quitter le monde profane pour entrer dans « l’action sacrée par excellence » (S.C., n. 7). Car « nous prétendons, avec une certaine arrogance, rester dans l’humain pour entrer dans le divin ». En ce sens, il est regrettable que le sanctuaire de nos églises ne soit pas un lieu strictement réservé au culte divin, qu’on y pénètre en habits profanes, que l’espace sacré ne soit pas clairement délimité par l’architecture. De même si, comme l’enseigne le Concile, le Christ est présent dans sa Parole quand elle est proclamée, il est dommageable que les lecteurs n’aient pas une tenue appropriée qui manifeste qu’ils ne prononcent pas des mots humains mais une parole divine.

La liturgie est une réalité fondamentalement mystique et contemplative, et par conséquent hors d’atteinte de notre action humaine, aussi la participatio est-elle une grâce de Dieu. Pourtant, elle suppose de notre part une ouverture au mystère célébré. Ainsi, la Constitution tout à la fois recommande la pleine intelligence des rites (S.C., n. 34), et prescrit « que les fidèles puissent dire ou chanter ensemble en langue latine les parties de l’ordinaire qui leur reviennent » (S.C., nn. 36 et 54). En effet, l’intelligence des rites n’est pas l’œuvre de la raison humaine laissée à elle seule, qui devrait tout saisir, tout comprendre, tout maîtriser. L’intelligence des rites sacrés est celle du sensus fidei, qui exerce la foi vive à travers le symbole et qui connaît par syntonie plus que par concept. Cette intelligence suppose d’approcher le mystère avec humilité. Mais aura-t-on le courage de suivre le Concile jusque-là ? [...]"

Posté le 25 juin 2015 à 07h12 par Michel Janva | Lien permanent

18 juin 2015

“Laudato sii” : la première version pilonnée ? L'encyclique du pape François révisée ?

Question de Jeanne Smits sur son blog, qui explique que selon des sources italiennes, l'impression de la première version de l'encyclique aurait été stoppée et tous les exemplaires déjà édités mis au pilon.

D'autre part, il se pourrait que les "fuites" de ce qui était présenté comme étant la première version de l'encyclique ne soient pas du simple fait de Sandro Magister comme nous l'écrivions hier, puisque le journaliste lui-même explique que c'est plutôt sa direction qui a obtenu le texte et aurait décidé de le publier.

Posté le 18 juin 2015 à 08h53 par Marie Bethanie | Lien permanent

17 juin 2015

Le célèbre vaticaniste Sandro Magister se voit retirer son accréditation par le Vatican

Le journaliste s'est vu retirer son accréditation pour avoir publié une version volée de la prochaine encyclique du pape Laudato Si, quelques jours avant sa publication. Médias-Presse-Info :

[...] "Il est vrai que de telles méthodes sont graves et répréhensibles : le vol de documents et leur publication peut se justifier lorsqu’il s’agit de dénoncer une manipulation grave et de contrer une atteinte grave au bien commun, et une telle décision ne peut être personnelle sans consultation. La décision du Vatican est donc totalement justifiée, car en l’occurrence, dévoiler avec quelques jours d’avance un texte qui sera de toute façon rendu public n’a aucun intérêt si ce n’est vénal.

On touche là à une grave dérive de la profession de journaliste qui se croit tout permis et s’estime en droit de pouvoir diffuser tout et n’importe quoi. Le fait par exemple, que lors d’enquêtes judiciaires, des journalistes se permettent, sans être inquiétés, de diffuser des pièces pourtant protégées par le secret de l’instruction, est terriblement destructeur pour l’ordre public."[...]

Posté le 17 juin 2015 à 20h22 par Marie Bethanie | Lien permanent

15 juin 2015

L'offertoire du Missel de 1962 dans la forme ordinaire ?

C'est la proposition du cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et ce n'est pas la seule... :

"Contrairement à ce qui a parfois été avancé, il est entièrement compatible avec la Constitution conciliaire, il est même opportun que, durant le rite de pénitence, le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique, tous, prêtre et fidèles, se tournent ensemble vers l'Orient, pour exprimer leur volonté de participer à l'oeuvre de culte et de rédemption accomplie par le Christ. Cette façon de faire pourrait opportunément être mise en acte dans les cathédrales, où la vie liturgique doit être exemplaire».

«Il serait également souhaitable que s'insère en annexe dans une prochaine édition du Missel [ordinaire] le rite de la pénitence et l'offertoire de l'usus antiquiorafin de souligner que les deux formes liturgiques s'éclairent mutuellement, en continuité et sans opposition».

Source : Benoît-et-moi

Posté le 15 juin 2015 à 20h37 par Michel Janva | Lien permanent

12 juin 2015

La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a répondu concernant l'alimentation et l'hydratation artificielle

Approuvé par Benoit XVI en 2007 et consultable sur le site du Vatican, ce document de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi intitulé, "Réponse aux questions de la conférence épiscopale des Etats-Unis concernant l'alimentation et l'hydratation artificielle".

Première question : L’administration de nourriture et d’eau (par des voies  naturelles ou artificielles) au patient en "état végétatif", à moins que ces  aliments ne puissent pas être assimilés par le corps du patient ou qu’ils ne  puissent pas lui être administrés sans causer une privation grave sur le plan  physique, est-elle moralement obligatoire?

Réponse : Oui. L’administration de nourriture et d’eau, même par des voies  artificielles, est en règle générale un moyen ordinaire et proportionné de  maintien de la vie. Elle est donc obligatoire dans la mesure et jusqu’au moment  où elle montre qu’elle atteint sa finalité propre, qui consiste à hydrater et à  nourrir le patient. On évite de la sorte les souffrances et la mort dues à l’inanition et à la déshydratation.

Seconde question : Peut-on interrompre la nourriture et l’hydratation fournies  par voies artificielles à un patient en "état végétatif permanent", lorsque des  médecins compétents jugent avec la certitude morale que le patient ne reprendra  jamais conscience?

Réponse : Non. Un patient en "état végétatif permanent" est une personne, avec  sa dignité humaine fondamentale, à laquelle on doit donc procurer les soins  ordinaires et proportionnés, qui comprennent, en règle générale,  l’administration d’eau et de nourriture, même par voies artificielles.

Il est difficile d'être plus clair. Ce document pourrait être assez facilement distribué ou lu aux fidèles dans les églises pour éclairer les catholiques en France. Ce serait une belle œuvre de pédagogie au profit de la vérité.

Posté le 12 juin 2015 à 17h04 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

10 juin 2015

Une solution au conflit en Syrie passe inévitablement par la Russie

Jean-François Colosimo déclare au Figarovox :

"C'est la position informée, judicieuse et raisonnée à adopter face à la situation du Levant. Il est regrettable que ce réalisme de la diplomatie vaticane fasse défaut à l'Elysée et, plus largement, à l'Union Européenne. 

Il ne peut en effet y avoir de résolution durable au conflit qui enflamme désormais le Proche-Orient sans le concours de la Russie et de l'Iran. Ces deux puissances régionales ont une longue histoire, une diplomatie séculaire, et des réseaux dans la région parce qu'elles y possèdent des intérêts stratégiques, voire vitaux.

Depuis que la Russie est entrée dans l'espace des relations internationales au XVIIIe siècle, elle a voulu garantir son accès aux mers chaudes et a agi, en Orient, à travers les communautés orthodoxes. Cette politique d'influence a été continuée par l'URSS via les régimes socialistes arabes. Moscou, qui dispose de bases militaires en Syrie, représente non seulement un soutien actif au régime de Bachar el-Assad, mais est, de surcroît, un interlocuteur de premier plan avec Téhéran. Or, les États-Unis eux-mêmes viennent de se rendre compte du caractère indispensable de la participation de l'Iran pour régler, sur le terrain, l'avancée de Da'ech que ne peuvent endiguer les seuls bombardements.

Posté le 10 juin 2015 à 23h10 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2015

Le cardinal Sarah encourage les veillées pour la vie

Dans un courrier adressé aux animateurs du blog recensant les veillées pour la vie, le Préfet de la Congrégation pour le culte divin écrit :

« Je rends grâce que des jeunes catholiques se mobilisent comme vous le faites pour prier pour la vie. Il est vrai que le thème du respect et de la promotion de la vie, qui est essentiel pour l’avenir des familles, en particulier dans votre pays, ne peut-être abordé sans y associer la prière. C’est pourquoi je me permets de vous encourager à continuer avec courage en vous assurant de mon propre soutien spirituel ».

Posté le 6 juin 2015 à 19h14 par Michel Janva | Lien permanent

02 juin 2015

Cabales contre le cardinal Pell

Le préfet du nouveau Secrétariat à l'économie semble déranger :

P"En février dernier, on avait lancé le scandale de ses dépenses somptuaires en tant que préfet du secrétariat pour l’économie : une insulte à l’Eglise des pauvres et à son pape... « Tant de luxe pour le moralisateur du Vatican : un demi-million de dépenses en quelques mois de la part du cardinal australien en charge de l’examen des dépenses.. »

Mais l’affaire avait très vite fait pschitt : non seulement les dépenses étaient justifiées, mais elles étaient inférieures au budget prévisionnel du nouveau secrétariat.

Alors il a fallu trouver autre chose. D’autant que, le 10 mai dernier, il a gravement récidivé en affirmant que le prochain synode « soutiendra massivement la tradition ».

Quoi de mieux pour détruire une réputation que les affaires d’abus sexuels sur mineurs ? Et hop. Un certain Peter Saunders, ancienne victime d’abus sexuels de la part de prêtres, bombardé par François membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs, a longuement accusé, à la télévision australienne, le cardinal Pell d’avoir agi avec froideur et indifférence, voire « comme un sociopathe », envers les victimes d'agressions sexuelles, d’avoir fait passer d’une paroisse à une autre un prêtre coupable et d’avoir tenté de soudoyer une de ses victimes pour qu’elles ne parle pas… Son autorité est immense au Vatican, a ajouté Peter Saunders, et ce serait une grosse épine dans le pied du pape François s'il devait être autorisé à rester en fonction. Le Souverain Pontife devrait le renvoyer en Australie et prendre les mesures les plus sévères à son encontre…

Mais il est peu probable que l’attaque de Saunders ait un autre effet… que sa condamnation en justice pour ses calomnies.

Le Saint-Siège, par la voix du P. Lombardi, s’est aussitôt désolidarisé de l’accusateur, soulignant que celui-ci parlait à titre strictement personnel, et que le cardinal Pell s’était déjà expliqué sur ces affaires de façon indiscutable.

Le secrétariat du cardinal Pell rappelle pour sa part qu'à aucun moment l’archevêque de Sydney n'a fermé les yeux ni cherché à protéger les agresseurs, et qu’au contraire il avait mis en place des procédures permettant d'instruire des plaintes et de mener des enquêtes indépendantes.

Quant au cardinal lui-même il a déjà répondu, dans une déclaration publique, le 21 mai, aux calomnies qui ont été de nouveau colportées contre lui lors des audiences de la commission ad hoc à Ballarat. A propos de Gerald Ridsdale, prêtre condamné pour avoir agressé une cinquantaine de garçons (dont son propre neveu David), il rappelle qu’il n’avait pas pu le faire changer d’affectation pour la bonne raison qu’il n’avait alors aucune autorité pour le faire. Et en ce qui concerne le neveu, il affirme une nouvelle fois qu’il n’a pas pu chercher à le soudoyer, car au moment où ils ont été en contact la police enquêtait déjà sur les agissements du prêtre, et que lui, George Pell, soutenait ces enquêtes. Et il se dit de nouveau à la pleine et entière disposition de la commission."

Posté le 2 juin 2015 à 16h54 par Michel Janva | Lien permanent


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