10 juillet 2017

L'enseignement social de l'Église doit être également appliqué à la façon dont les employés sont traités au Vatican

Unknown-11Le cardinal Gerhard Müller (69 ans) a critiqué la façon "inacceptable" avec laquelle le souverain pontife l'a récemment congédié en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF).

"Le dernier jour de mon mandat en tant que préfet de la CDF, le pape m'a informé en une minute de sa décision de ne pas prolonger mon mandat. Il n'a pas donné de raisons - tout comme il n'a donné aucune raison au rejet de trois membres hautement compétents de la CDF quelques mois plus tôt ». « Je ne peux pas accepter cette façon de faire les choses. En tant qu'évêque, on ne peut pas traiter les gens de cette façon"." Je l'ai déjà dit: l'enseignement social de l'Église doit être également appliqué à la façon dont les employés sont traités ici au Vatican".

Mgr Müller a déclaré que le cardinal Joachim Meisner était "particulièrement bouleversé" en apprenant la décision :

"Cela l'a perturbé et blessé personnellement. Il a pensé que cela nuirait à l'Église". "Cela parle naturellement pour moi - mais c'est un fait - c'est la façon dont il l'a exprimé".

Les deux cardinaux se sont entretenus à 20h30 et Meisner est mort de façon inattendue pendant son sommeil un peu plus tard dans nuit.

Posté le 10 juillet 2017 à 19h39 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2017

Lettre circulaire aux Evêques sur le pain et le vin pour l’Eucharistie

La Congrégation pour le culte divin demande aux évêques de veiller au respect absolu des normes pour la production du pain et du vin eucharistiques. La lettre circulaire ignée du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, et de son secrétaire Mgr Arthur Roche, suggère également une autorité de contrôle dans chaque pays :

1. La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, à la demande du Saint Père François, s’adresse aux Evêques diocésains (et à ceux qui leur sont équiparés en droit) pour leur rappeler qu’il leur appartient, en premier lieu, de pourvoir dignement à ce qui est nécessaire pour la célébration de la Cène du Seigneur (cf. Lc 22,8.13). C’est à l’Evêque, premier dispensateur des mystères de Dieu, modérateur, promoteur et gardien de la vie liturgique dans l’Eglise qui lui est confiée (cf. CIC can. 835 §1), que revient de veiller sur la qualité du pain et du vin destinés à l’Eucharistie et, donc, sur ceux qui les préparent. On rappelle ici, dans le but d’être utile, les dispositions en vigueur, et on suggère quelques indications pratiques.

2. Alors que jusqu’à maintenant, d’une manière générale, quelques communautés religieuses ont pris soin de confectionner le pain et le vin pour la célébration de l’Eucharistie, aujourd’hui on les trouve en vente aussi dans les supermarchés, dans d’autres magasins et sur le réseau Internet. Afin d’éviter tout doute sur la validité de la matière eucharistique, ce Dicastère suggère aux Ordinaires de donner des indications à ce propos, par exemple en garantissant la matière eucharistique par des certificats appropriés.

L’Ordinaire est tenu à rappeler aux prêtres, en particulier aux curés et aux recteurs d’églises, leur responsabilité de vérifier qui sont les personnes qui procurent le pain et le vin pour la célébration, ainsi que l’idonéité de la matière.

Il appartient en outre à l’Ordinaire d’informer et de rappeler la nécessité du respect absolu des normes de la part des producteurs de vin et de pain pour l’Eucharistie.

3. Les normes à propos de la matière eucharistique, indiquées dans le canon 924 du CIC et aux numéros 319-323 de la Présentation générale du Missel romain, ont déjà été expliquées dans l’Instruction Redemptionis Sacramentumde cette Congrégation (25 mars 2004) :

a) “Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du pain azyme, de pur froment et confectionné récemment en sorte qu’il n’y ait aucun risque de corruption. Par conséquent, le pain fabriqué avec une autre matière, même s’il s’agit d’une céréale, ou le pain, auquel on a ajouté une autre matière que le froment, dans une quantité tellement importante que, selon l’opinion commune, on ne peut pas le considérer comme du pain de froment, ne constitue pas la matière valide de la célébration du Sacrifice et du Sacrement de l’Eucharistie. Le fait d’introduire d’autres substances dans la fabrication du pain destiné à l’Eucharistie, telles que des fruits, du sucre ou du miel, constitue un grave abus. Il est évident que les hosties doivent être fabriquées par des personnes qui, non seulement se distinguent par leur intégrité, mais encore sont compétentes dans ce domaine, et emploient les instruments appropriés” (n. 48).

b) “Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères. […] Il faut prendre soin de conserver en parfait état le vin destiné à l’Eucharistie, et de veiller à ce qu’il ne s’aigrisse pas. Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses: en effet, l’Église exige la certitude au sujet des conditions nécessaires pour la validité des sacrements. Aucun prétexte ne peut justifier le recours à d’autres boissons, quelles qu’elles soient, qui ne constituent pas une matière valide” (n. 50).

4. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans sa Lettre circulaire aux Présidents des Conférences Episcopales sur l’usage du pain pauvre en gluten et du moût comme matière eucharistique (24 juillet 2003,  Prot. N. 89/78 – 17498), a rendu publiques les normes qui regardent les personne qui, pour des motifs graves et divers, ne peuvent absorber du pain normalement confectionné ou du vin normalement fermenté.

a) “Les hosties totalement privées de gluten sont une matière invalide pour la célébration de l’Eucharistie. Sont, par contre, matière valide, les hosties partiellement privées de gluten et celles qui contiennent la quantité de gluten suffisante pour obtenir la panification, sans que l’on y ajoute des matières étrangères et qui n’ont pas été confectionnées selon des procédés susceptibles de dénaturer la substance du pain” (A. 1-2).

b) “Le moût c’est-à-dire le jus de raisin, frais ou conservé, dont on suspend la fermentation grâce à des procédés qui n’en altèrent pas la nature (par exemple dans le cas de la congélation), est une matière valide pour l’Eucharistie” (A. 3).

c) “Les Ordinaires sont compétents pour concéder, aux prêtres ou aux fidèles, la licence d’utiliser comme matière eucharistique du pain comportant une faible teneur de gluten ou du moût. Cette licence peut être concédée, de manière habituelle, tant que dure la situation qui l’a motivée” (C.1).

5. De plus, la même Congrégation a décidé que la matière eucharistique préparée avec des organismes génétiquement modifiés peut être considérée une matière valide (cf. Lettre au Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, 9 décembre 2013, Prot. N. 89/78 – 44897).

6. Ceux qui confectionnent le pain et produisent le vin pour la célébration doivent être vivement conscients que leur œuvre est orientée au Sacrifice Eucharistique, et ceci demande, de leur part, honnêteté, responsabilité et compétence.

7. En vue de l’observance de ces normes générales, les Ordinaires peuvent, s’ils le jugent opportun, se mettre d’accord au sein des Conférences Episcopales, en donnant des indications concrètes. En tenant compte de la complexité des situations et des circonstances, de même que de la disparition du respect pour les choses sacrées, on sent qu’il est devenu nécessaire, du point de vue pratique, qu’il y ait quelqu’un qui puisse garantir effectivement, à la demande de l’Autorité compétente, l’authenticité de la matière eucharistique de la part des producteurs, ainsi qu’une distribution et vente qui soient convenables.

On suggère, par exemple, qu’une Conférence Episcopale puisse demander à une ou plusieurs Congrégations religieuses, ou encore à un autre Organisme idoine, de vérifier la production, la conservation et la vente du pain et du vin pour l’Eucharistie dans un pays donné ainsi que dans les autres pays où ces produits seraient exportés. On recommande en outre que, dans les lieux de vente, le pain et le vin destinés à l’Eucharistie soient traités de la manière qui convient à leur usage."

Posté le 8 juillet 2017 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent

Le petit Charlie va finalement être maintenu en vie

L’hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé vendredi qu’il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter un bébé atteint d’une maladie rare, quelques jours après les interventions du Pape et du président américain Donald Trump.

L’hôpital devait cesser de maintenir en vie le bébé, Charlie Gard, à la suite d’une décision de justice, mais contre l’avis de ses parents.

«Deux hôpitaux internationaux et leurs chercheurs nous ont indiqué ces dernières 24 heures qu’ils avaient de nouveaux éléments pour le traitement expérimental qu’ils avaient proposé». «Nous estimons, tout comme les parents de Charlie, qu’il est juste d’explorer ces éléments».

Le Vatican s'est dit prêt à lui accorder la nationalité vaticane et faciliter son transfert dans les services de l’hôpital pédiatrique du Saint siège, Bambino Gesu.

Posté le 8 juillet 2017 à 14h58 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2017

Cardinal Sgreccia : 10 points critiques concernant le cas du petit Charlie Gard

Analyse du Cardinal Elio Sgreccia, publiée en italien sur http://www.ildonodellavita.it et traduite en français par Aude Dugast :

Alors que le dernier recours en justice, auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) des parents de Charlie Gard vient de donner raison aux différentes cours britanniques qui ont décidé de suspendre la vie de leur enfant, le Cardinal Elio Sgreccia, ancien président de l’Académie pontificale pour la vie, publie une analyse soulignant les points d’interrogations qui demeurent dans cette affaire. Gènéthique en publie l’intégralité. Dans le même temps, la présidente de l'hôpital pédiatrique Bambino Gesù (Enfant Jésus) qui dépend du Vatican, Mme Mariella Enoc, s'est déclarée prête à « accueillir Charlie Gard à Rome, si ses parents le souhaitent et si son état le permet ».

En ces heures dramatiques nous assistons, avec douleur et impuissance, aux derniers développements et aux funestes contours de l’affaire du petit Charlie Gard, ce nouveau-né de 10 mois, affecté par le syndrome de l’encéphalopathie mitochondriale de forme infantile, lequel, sur la base de différentes décisions judiciaires émises par trois différentes Cours anglaises, de degré divers, et finalement par la Cour européenne des Droits de l’Homme elle-même, devrait être accompagné à la mort par le débranchement de la machine qui assure sa ventilation mécanique et par l’interruption de l’alimentation et l’hydratation artificielles, après lui avoir administré une sédation profonde.

Dans les décisions judiciaires des différents degrés, les Cours anglaises ont répété (souligné) que le processus de dégradation générale des conditions cliniques de Charlie, et en même temps, la détérioration progressive et inexorable du fonctionnement des organes nécessaires aux fonctions vitales, dont les premières sont celles de la respiration, conduisent à croire que tout décision relative à une action ultérieure qui pourrait prolonger de semblables conditions de vie, devrait être jugée illégitime, à partir du moment où elle n’est pas engagée pour le plus grand intérêt du petit, mais plutôt qu’elle conduit à augmenter, dans le temps et l’intensité, la douleur et la souffrance de l’enfant. Ce qui surprend le plus c’est que l’idée de soumettre  Charlie à un protocole expérimental de thérapie nucleosidique qui est en train d’être mis au point aux Etats-Unis, proposé à plusieurs reprises par les parents, a été considérée irréalisable, encore mieux « futile », par les conseillers médicaux questionnés par les juges, par rapport à l’exigence, celle-là qui s’impose, de vouloir donner une exécution  immédiate et définitive aux dispositions unanimes des sentences prononcées jusqu’à maintenant.

Il semble que tout ait concouru, dans les six derniers mois, à réaliser une sorte « d’acharnement thanatologique » (mort illicite) contre le petit Charlie, une  compétition, de la part des juges et des médecins, visant à s’assurer de la solution la plus rapide dans son cas, faisant taire tout élan d’espérance des parents, écrasant toute lueur provenant d’une possibilité de succès d’une thérapie, qui, bien qu'expérimentée seulement sur les souris et pour quelques autres maladies différentes de celle de Charlie, selon les mots du Professeur responsable des essais en cours aux Etats-Unis, interrogé ad hoc par les parents de Charlie, aurait pu, au moins théoriquement, apporter des bénéfices à ses conditions générales de santé. Il est vrai qu’après la demande d’autorisation de procéder à l’essai thérapeutique sur Charlie, en janvier dernier, l’encéphalopathie épileptique dont il souffre a créé, par des crises successives, des dommages cérébraux supplémentaires et graves ; cependant, ce qui doit être discuté ici concerne plutôt, et toujours, la possibilité de décider quand et comment mettre fin à la vie d’un être humain sans défense. A cet effet, il semble opportun de considérer quelques points critiques qui apparaissent dans  l’étude globale de ce dossier, sous de nombreux aspects paradigmatiques.

1/ L’incurabilité ne peut jamais être confondue avec l’impossibilité de soin : une personne affectée d‘un mal, en l’état actuel de la médecine, incurable, est, paradoxalement, le sujet qui, plus que tout autre, a le droit de demander et d’obtenir assistance et soin, attention et dévouement continus : il s’agit du principal fondement de l’éthique de soin, qui vise justement d’abord ceux qui sont en état de vulnérabilité, de minorité, de fragilité majeure. Et Charlie est l’exemple vivant paradigmatique de qui a le droit d’être assisté à toutes les phases de sa maladie, en raison de son état de nécessité, lié à l’âge et la maladie. Le visage humain de la médecine se manifeste justement dans la pratique clinique du ‘prendre soin’ de la vie de la personne souffrante et malade.

2/ Le droit d’être continuellement objet, ou mieux encore, sujet des attentions et des soins de la part de la famille et des tiers, réside dans la dignité dont toute personne humaine, même nouvellement née, même malade et souffrante, ne cesse jamais d’être titulaire. C’est l’être substantiel de l’homme, et ses puissances, qui fondent cette dignité, pas seulement son actualisation concrète et accidentelle. C’est ce qui s’entend par ‘dignité purement ontologique de la personne’, un statut qui est complètement indépendant de la capacité d’utiliser activement les facultés éminemment propres à l’être raisonnable, il suffit que ces mêmes facultés de cet être raisonnable, existent comme potentialités actuelles, et éventuellement réalisables.

3/ L’alimentation-hydratation artificielle, par sonde nasogastrique, ne pourra en aucun cas être considérée comme un traitement. Elle ne l’est pas en raison du moyen utilisé pour l’administrer, puisque n’est pas considéré thérapeutique le fait de donner du lait à un nouveau-né à l’aide d’un biberon. Elle ne l’est pas en raison des procédés de production de ces aliments, puisque n’est pas considéré thérapeutique le lait en poudre, par exemple, dont la production suit un procédé industriel long et complètement mécanisé. Elle ne l’est pas au motif que la poche parentérale est prescrite par un spécialiste médical, puisque le même achat de lait artificiel est soumis à la prescription médicale du pédiatre. L’eau et la nourriture ne deviennent pas des prescriptions médiales par le seul fait qu’elles sont administrées artificiellement, par conséquent, les interrompre n’est pas comme suspendre un traitement, mais c’est laisser mourir de faim et de soif qui n’est simplement pas en état de s’alimenter de façon autonome.

4/ L’idée maîtresse qui fonde le consentement éclairé a à voir avec le principe par lequel le patient n’est jamais un individu anonyme à qui on applique des connaissances techniques déterminées, mais un sujet conscient et responsable qui doit être appelé à participer à la mise au point de ce qui est nécessaire pour améliorer sa propre santé et, éventuellement, pour atteindre un objectif de guérison et de soin. Cela nécessite qu’il soit impliqué dans les processus décisionnels qui le regardent, dans une relation de dialogue afin d’éviter qu’il ne se trouve dans des conditions de devoir subir passivement des décisions et des choix pris par des tiers. L’affaire du petit Charlie, prouve au contraire que s’est installée, au cours du temps, une dynamique qui a grandement détaché l’équipe médicale de la volonté des parents, comme on voit à l’évidence avec cet ultime interdit qui leur a été imposé, face à leur désir de pouvoir transporter, pour voir mourir, dans leur maison, leur propre fils.

5/ L’interdiction du traitement expérimental pour Charlie ne peut, en aucun cas, être justifiée en faisant appel à l’état de souffrance dans lequel il vit actuellement. Il est bien possible que la thérapie expérimentale n’aurait pas donné les résultats médicaux attendus, mais il est tout aussi vrai que les souffrances de Charlie demandent une approche palliative intégrale et systématique qui aurait pu, hypothétiquement, accompagner l’expérimentation elle-même. L’exclusion d’accès à cette thérapie a été motivée tant au nom du pronostic de leur inutilité - dont l’aléa rentre dans les paramètres d’incertitude, absolument et ordinairement propres à chaque essai thérapeutique - tant au nom de la nécessité de lui éviter les souffrances ultérieures que le prolongement d’une vie en de telles conditions aurait pu générer : de ce fait, la perspective, même lointaine, de laisser en vie Charlie, voire de prolonger le temps de sa vie au moyen d’une thérapie expérimentale, a été considérée a priori comme une solution inenvisageable, au nom de la nécessité de lui éviter des souffrances ultérieures, et cela, non grâce à une solution palliative adéquate mais par le moyen d’une mort provoquée.

6/ Le principe de l’intérêt supérieur du mineur, que les documents internationaux posent au centre des mécanismes de tutelle des mineurs, que les Cours anglaises elles-mêmes ont invoqué comme justification majeure de leurs décisions, nous croyons qu’il implique, ou mieux, qu’il légitime une forme d’euthanasie passive comme celle qu’on a décidé de pratiquer sur le petit Charlie. Nous croyons que son intérêt supérieur va dans le sens d’une prise en charge qui lui assure une existence la plus digne possible, à l’aide d’une opportune stratégie antalgique qui lui permette de maîtriser la douleur, si vraiment, on devait tenir pour impossible de parcourir le chemin menant au protocole expérimentale déjà en cours aux Etats-Unis. Ce qui est exactement ce que les parents de Charlie ont demandé sans arrêt jusqu’à maintenant.

7/ La Cour européenne des Droits de l’Homme, a incroyablement glissé sur tous ces aspects de fonds détaillés ici et même, elle semble être allée plus loin, assumant une posture purement procédurale, au nom du principe de ‘la marge d’appréciation’. Si d’un côté elle fait observer, dans la sentence du 28 juin dernier, que les décisions des Cours nationales anglaises, ne violaient pas les articles 2, 6, 8, de la Convention européenne des Droits de l’Homme, confirmant de fait l’exactitude formelle de leur action, d’un autre côté elle a retenu ne pas devoir étudier le fond de la question de la suspension de l’alimentation-hydratation-respiration artificielles au nom de l’autonomie souveraine des Etats membres ce qui l’autoriserait à réglementer à son gré des thèmes plus compliqués sur le plan éthique, comme le cas d’une euthanasie passive sur un nouveau-né. Et ceci en dépit du fait que les dispositions combinées des articles 2 et 8 de la Convention statuent très clairement l’interdit de priver délibérément qui que ce soit du bien fondamental de la vie.

8/ A personne n’échappe le fait que derrière toute cette affaire, se cache, bien que jamais mentionnée, l’idée d’efficacité de gestion des ressources sanitaires, efficacité qui conduit à en disposer d’une façon qui ne peut pas ne pas générer une sournoise culture du déchet. Dans une société qui devra faire face à un phénomène croissant de médicalisation des maladies en même temps  qu’à un nombre croissant de personnes âgées, avec le suivi des maladies dégénératives liés à ces personnes âgées, la limitation toujours croissante des ressources destinées au système sanitaire par les gouvernements nationaux, alimente une culture d’entreprise qui fait de l’efficacité à tout prix son premier objectif vital et exclusif, élargissant de fait le nombre de ceux qui, marginalisés en raison de leur faible espérance de vie, sont identifiés comme des déchets à éliminer, si possible.

9/ Encore plus inquiétante est la légèreté avec laquelle on accepte le paradigme de ‘qualité de vie’, autrement dit, ce modèle culturel qui conduit à reconnaître la non dignité de certaines existences humaines, complètement identifiées et confondues avec la maladie dont elles sont porteuses et la souffrance qui l’accompagne. Jamais un malade ne peut être réduit à sa pathologie, puisque aucun être humain ne cesse un seul instant et en dépit de sa condition de malade et/ou sa souffrance, d’être un univers incommensurable de sens qui mérite à chaque instant, l’attention délicate de qui veut inconditionnellement son bien sans se résoudre à la considérer comme une existence de série B par le seul fait d’être dans le besoin, dans la nécessité, ou en souffrance. Une existence à laquelle on ferait une faveur en la supprimant définitivement. Et ceci vaut d’autant plus dans le cas de ceux qui ne peuvent pas, ou ne peuvent plus, exprimer ce qu’ils sont et ce qu’ils sentent, comme dans le cas du petit Charlie.

10/ A travers les postures schizophréniques liées à ces nouveaux paradigmes culturels, on peut saisir l’ambivalence de ceux qui tout en revendiquant la liberté d’accès totale et sans discrimination à l’euthanasie, sur la base de la prépondérance exclusive de l’autonomie individuelle, nient en même temps cette autonomie de décision pour les autres cas, comme celui-ci, où l’on estime que seuls les médecins sont légitimes à prendre la décision, sans aucune participation des parents. L’ambivalence de ceux qui pensent qu’il est juste que les médecins soient en condition de pouvoir donner un peu plus de temps aux parents pour les aider à se détacher de leur fils, en leur consentant de rester en sa compagnie, mais qui ne pensent pas à quel point ce serait nécessaire pour les mères porteuses qui seront privées de leur fœtus, immédiatement après la naissance, pour satisfaire les désirs des ‘loueurs de ventre’. L’ambivalence de ceux qui pensent à protéger la dignité de la vie d’un sujet en lui niant la vie même, qui est l’assise du principe non seulement de la dignité humaine mais de tout autre reconnaissance qui pourrait être faite en sa faveur. L’ambivalence de ceux qui se battent pour la défense judiciaire, institutionnelle, internationale des droits des plus faibles, dans le cadre des régimes démocratiques, et puis accepte de bon gré de voir légalisée ou judiciarisée l’euthanasie, pratiquée sur les plus petits, les plus faibles, les plus nécessiteux.

Posté le 4 juillet 2017 à 18h45 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2017

Congrégation pour la doctrine de la Foi : le cardinal Müller remplacé par Mgr Ferrer

LadariaNuevoPrefectoDoctrina1juklDanielIbanezACIPrensaFrançois a remplacé le cardinal Gerhard Müller au terme de son mandat de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Et il a nommé à ce poste Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, un jésuite (espagnol) qui était jusqu’ici le secrétaire de la Congrégation (nommé par Benoît XVI en 2008).

Le site de la revue des jésuites des Etats-Unis, America Magazine, avance que ses déclarations favorables à une interprétation d'Amoris laetitia selon la doctrine traditionnelle de l'Eglise sont la cause du non-renouvellement de sa charge de préfet. Le cardinal Müller, dans un entretien avec Raymond Arroyo diffusé le 12 mai dernier sur la chaîne catholique américaine EWTN, avait répété que Amoris laetitia n'ouvre pas la porte à la réception de la communion par les catholiques divorcés et « remariés », peu après que les conférences épiscopales d'Allemagne, d'Argentine et de Malte eurent publié des directives autorisant cette réception dans certaines situations. Le cardinal Müller a soutenu le droit des quatre cardinaux – Brandmüller, Burke, Caffarra, Meisner – d'exposer leurs Dubia au pape mais en affirmant qu'il n'était pas favorable au fait d'avoir rendu la démarche publique.

Mgr Ladaria Ferrer se disait en 2008 adepte d’une « voie moyenne » entre les traditionalistes et les progressistes. François l’a nommé à la tête de la commission d’étude sur le diaconat féminin. Il avait participé aux discussions doctrinales avec la Fraternité Saint Pie X.

Posté le 1 juillet 2017 à 15h11 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2017

La Rome d’aujourd’hui est-elle tombée plus bas que la Rome des Borgia ?

Cet article de Riposte catholique fait froid dans le dos :

"Après la lamentable affaire Krzysztof Charamsa, ce Monsignore polonais, secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, qui annonça publiquement son homosexualité, en 2015, à la veille du Synode sur la Famille, la Curie croyait avoir bu le calice de fiel jusqu’à la lie. Que nenni !

Orgie dans les palais apostoliques…

Voici que Monsignore Luigi Capozzi, du diocèse de Palestrina, secrétaire du cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pour les textes législatifs, soutien fervent du pape François, a été arrêté en flagrant délit, lors d’une opération éclair de la gendarmerie vaticane qui est “tombée” sur une orgie homosexuelle. C’était il y a deux mois environ, mais l’affaire fut tenue très secrète. Et cela se passa dans l’austère palais du Saint-Office ! Car c’est là que se trouvait l’appartement de fonction de don Luigi, qui lui servait à organiser des soirées gays à base de drogue. Cependant qu’il utilisait sa BMW, préservée des contrôles policiers par son immatriculation SCV de l’État du Vatican, pour transporter de la poudre blanche. Et pour faire bonne mesure, on apprend que ce Monsignore, fort bien en cour à Santa Marta, était à la veille d’être nommé évêque sur la recommandation de Coccopalmerio. Du coup, les déclarations de Coccopalmerio, à propos des « aspects positifs » de couples homosexuels (site Rossoporpora, 23 octobre 2014) acquièrent aujourd’hui une étrange résonnance. On croit rêver : en plus minable, la Rome d’aujourd’hui semble être tombée plus bas que la Rome des Borgia.

Pell en Australie, pagaille à Rome…

Même si cette affaire alourdit considérablement le climat curial, on se gardera de mettre sur le même plan l’affaire du cardinal Pell (voir ici et ), mis en examen en Australie sur des accusations de pédophilie, dont il nie farouchement la véracité. Selon les usages désormais en vigueur dans les bureaux de l’administration pontificale, avec règlements de compte où tout est permis, la défenestration morale du cardinal Pell, chargé de la remise aux normes des finances des diverses instances financières vaticanes, peu de temps après la démission de Libero Milone, auditeur général des finances, est pour le moins étrange. À vrai dire, les enjeux, les mécanismes, les manœuvres, concernant l’IOR (la banque vaticane), l’APSA (Administration du Patrimoine du Siège Apostolique), et autres, sont devenus incompréhensibles depuis 2013 aux meilleurs observateurs. D’où il résulte que la fameuse réforme de la Curie du pape François n’était en réalité qu’une modification du mode de gouvernement, qui s’est personnalisé à l’extrême, usant, pour mieux régner, des divisions de coteries et des oppositions personnelles, court-circuitant en permanence les voies hiérarchiques ordinaires, méprisant les procédures juridiques au bénéfice des décisions arbitraires et de faveur. C’est une sorte d’administration par le chaos, où les hommes du pouvoir – quelli a Santa Marta – se comportent comme des chefs de clans à la barre d’une institution à la dérive, où les affaires de mœurs, contenues sous les pontificats précédents, se manifestent au grand jour.

Humanæ vitæ : vers une révision ?

Mais là n’est pas le pire. Le pire aujourd’hui concerne la doctrine. Quelli a Santa Marta organisent l’alignement sur la ligne d’Amoris lætitia de tous les organismes représentant la voix morale de l’Église : le Conseil pour la Famille, l’Institut Jean-Paul II pour la Famille, l’Académie Pontificale pour la Vie. Avec une opération très bien organisée, malgré tous les démentis jusqu’au plus haut niveau, d’une « réinterprétation » de l’encyclique Humanæ vitæ, sous la houlette du cardinal Lorenzo Baldisseri, un des hommes de toute confiance du pontificat, organisateur des synodes qui ont préparé la révolution d’Amoris lætitia, et de l’incontournable Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie Pontificale pour la Vie et grand-chancelier de l’Institut Jean-Paul II (le même Paglia qui, évêque de Terni, avait fait réaliser dans sa cathédrale, par un Michel Ange de pacotille, une immense fresque aux motifs masculins malsains, dans laquelle il s’était fait représenter). Le « groupe de travail » qu’ils ont constitué, et dont les principaux membres sont connus, s’est déjà mis à l’œuvre. Nous y reviendrons.

La concélébration “obligatoire” ?

Le pire touche aussi à la liturgie. Un autre « groupe de travail », dépendant de la Congrégation pour le clergé, dirigé par cet autre potentat qu’est le cardinal Beniamino Stella, a envoyé sur un document à en-tête de la Congrégation destiné à tous les collèges romains accueillant des séminaristes ou des prêtres qui résident à Rome pour études. Faisant fi du canon 902, qui laisse pleine liberté à tout prêtre de ne pas concélébrer (comme le faisait d’ailleurs le n. 47 de l’Instruction de 1967, Eucharisticum mysterium, pour les « communautés de prêtres »), le document demande aux recteurs de ces collèges que la concélébration soit toujours préférée à la célébration individuelle. Ce n’est pas une obligation formelle – qui serait impossible à formuler – mais une lourde pression morale, en fait un ordre pour qui connaît le langage de l’actuelle Curie ou aucun débat n’est toléré, en direction des supérieurs de maison, pour qu’à leur tour ces derniers fassent une intense pression morale sur leurs sujets. En clair, comme le cas s’est déjà produit, si tel prêtre ne concélèbre pas, il sera dénoncé à son évêque et prié d’aller chercher un logis ailleurs.

Ce document fait dire au canon 902 et aux nn. 199-201 de la dernière version de l’Instruction Générale du Missel Romain de 2000-2004 ce qu’ils ne disent pas. Jamais le canon 902 n’empêche les célébrations individuelles, même simultanées dans la même église ou le même oratoire. Jamais l’Instruction générale, nn. 200-201, ne recommande la concélébration pour les collèges, se limitant à dire qu’elle ne doit pas être empêchée. On est en plein régime idéologique. Quelli a Santa Marta visent ces jeunes prêtres classiques, nombreux à Rome, qui répugnent à concélébrer, certains préférant même – horresco referens – dire la messe traditionnelle. Esprits aliénés, ils doivent être contraints pour leur bien de se « libérer ». Air connu…

« Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! », s’écriait le cardinal Ratzinger, peu de temps avant de devenir pape, lors du chemin de Croix au Colisée du Vendredi Saint de 2005. Dans la suite du propos, il faisait allusion à l’eucharistie que ces prêtres continuaient à célébrer et à la confession, que sans doute ils ne fréquentaient plus. « La crainte de Dieu a disparu », disait encore le cardinal. Les mœurs infâmes de certains prélats ne sont que le symptôme d’une bien plus grave dérive : ce sont des parties entières d’une administration qui semble désormais avoir perdu toute boussole doctrinale."

Posté le 30 juin 2017 à 18h06 par Michel Janva | Lien permanent

Le cardinal Pell rentre en Australie pour répondre des poursuites contre lui

Communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège, 29 juin (traduction non officielle en français par Riposte catholique à partir de la version originale en anglais) :

Unknown-6"Le Saint-Siège a appris avec regret l’information sur les poursuites engagées contre le cardinal George Pell pour des faits remontant à des décennies, et qui lui ont été attribués.

Ayant appris ces poursuites, le cardinal Pell, agissant dans le plein respect des lois civiles, a décidé de rentrer dans son pays pour répondre des poursuites contre lui, considérant sa participation importante pour s’assurer que le procès sera mené équitablement et pour favoriser la recherche de la vérité.

Le Saint Père, ayant été informé par le cardinal Pell, lui a accordé un congé exceptionnel afin qu’il puisse se défendre.

Pendant l’absence du préfet, la Secrétariat pour l’économie poursuivra ses tâches institutionnelles. Les secrétaires demeureront à leurs postes pour traiter des affaires courantes du dicastère, donec aliter provideatur.

Le Saint Père qui a apprécié l’honnêteté du cardinal Pell pendant les trois années de son travail à la Curie romaine, est reconnaissant de sa collaboration particulièrement de son dévouement énergique aux réformes du secteur administratif et économique, et aussi de sa participation active au Conseil des cardinaux (C9).

Le Saint-Siège exprime son respect au système judiciaire australien qui devra décider de la pertinence des questions soulevées. En même temps, il est important de rappeler que le cardinal Pell a ouvertement et constamment condamné comme immoraux et intolérables les abus perpétrés contre des mineurs, qu’il a coopéré par le passé avec les autorités australiennes – par exemple lors de ses dépositions devant la Commission royale –, qu’il a soutenu la Commission pontificale pour la protection des mineurs, et enfin qu’en tant qu’évêque diocésain en Australie il a introduit des systèmes et des procédures destinés à la fois à la protection des mineurs et à l’aide aux victimes d’abus."

Posté le 30 juin 2017 à 07h04 par Michel Janva | Lien permanent

20 juin 2017

“Amoris laetitia” : quatre cardinaux publient une lettre au pape François, faute d'avoir obtenu une audience

Les quatre cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner, viennent de rendre publique la lettre qu’ils ont adressée au pape François le 25 avril pour lui demander –  en vain –  une audience privée en vue de parler de la « confusion et de la désorientation » au sein de l’Eglise après la publication, il y a un an, de l’exhortation Amoris laetitia. Dans cette lettre, ils rappellent les cinq questions posées publiquement l’an dernier, demandant si l'exhortation est conforme à l’enseignement pérenne de l’Eglise. La lettre porte la signature du cardinal Carlo Caffarra, s'exprimant en son propre nom et au nom des trois autres signataires des « Dubia ». Les cinq questions posées pouvaient recevoir une réponse simple par oui ou par non ; à ce jour,  le pape n’a pas voulu donner une telle réponse alors que les questions correspondent aux ambiguïtés relevées dans son exhortation et que plusieurs conférences épiscopales  ont publié des documents d'application de celle-ci  qui vont dans un sens évidemment hétérodoxe.

Voici, pour rappel, le résumé des cinq questions que l’on trouvera in extenso ici :

  1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ?
  2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ?
  3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ?
  4. Un acte intrinsèquement mauvais peut-il devenir  un acte « subjectivement bon » en raison des « circonstances » ou des « intentions » ? Peut-on agir de manière contraire aux « normes morales absolues » connues «  qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais » en se fondant sur la « conscience » ?

En l’absence de réponse du Saint-Père, les quatre cardinaux ont « respectueusement et humblement » demandé une audience par lettre du 25 avril ; c’est l'absence de réponse qui justifie la publication de celle-ci. On trouvera sur le blog de Sandro Magister le texte italien de la lettre. En voici le texte complet (traduction de Jeanne Smits) :

"Très Saint-Père,

C’est avec une certaine trépidation je m'adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu'entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l'église de Dieu, qu'Il a acquise par son sang ».

Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,

Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s'agit pas seulement de l'accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

Carlo Card. Caffarra

Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste"

Thibaud Collin explique à L'Homme Nouveau :

"La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l'exhortation affirment qu'il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l'on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C'est par exemple l'interprétation de l'Institut Jean-Paul II. Pour d'autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d'adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l'encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu'une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l'encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur. S'il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s'opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu'il porterait davantage sur les modalités de l'accueil et de l'accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu'Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c'est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d'autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d'âmes peut-il laisser dans l'incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l'incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d'un auteur n'est-elle pas de s'assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd'hui plus que jamais, être capables d'exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruits se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n'est pas la simple manifestation d'un malaise et d'une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l'Eglise. »

On peut s'inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l'encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmée dans la critique d'Humanae vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l'encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd'hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l'Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l'Eglise. La pression du monde est si forte pour que l'Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l'individualisme libéral ! Au nom d'un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l'appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?"

Posté le 20 juin 2017 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent

16 mai 2017

Le pape François rappelle à Emmanuel Macron les racines chrétiennes de la France

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Posté le 16 mai 2017 à 13h40 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

19 avril 2017

Comment votent les catholiques de France ?

Petite synthèse réalisée pour les intentions de vote en 2017 et le vote de 2012 :

L'émission "L'Heure des Pros" sur CNews a organisé un débat sur ce thème. Malheureusement, malgré un plateau pour une fois équilibré, le sujet n'a pas été traité correctement sur le fond sans même aborder les statistiques pourtant connues et citées dans la vidéo ci-dessus. Pire, la polémique sur l'avortement mise en scène par Bruno Roger-Petit de manière hystérique a plombé le débat, telle une Femen surgissant et faisant oublier le thème du débat


L'Heure des Pros du 17/04/2017 by CNEWS

Il est toujours surprenant de voir ce sujet abordé sans évoquer au minimum les textes de l'Eglise elle-même. C'est ce qu'aurait du faire le prêtre présent sur la plateau de télévision. Ensuite, il est évident que l'électorat catholique se répartit de manière très diverse en fonction du niveau de pratique et de sensibilité personnelle. Il y a néanmoins une tendance au vote à droite au grand désarrois des "cathos de gauche".

Le 30 mars 2006, le pape Benoit XVI évoquait la notion de points non négociables lors d'un discours faisant aujourd'hui référence en termes d'engagement des catholiques en politique :

"En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:

Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité".

Ces points non négociables sont à nouveau évoqués dans l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis (22 février 2007) au paragraphe 83 :

"Cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié."

Enfin, la "Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique" publiée sous l'autorité du Cardinal Ratzinger (24 novembre 2002) est un document de référence pour tout catholique voulant mettre en conformité son vote avec l'enseignement de l'Eglise.

Est-ce trop demander aux journalistes que de s'intéresser à leur sujet de manière approfondie et sérieuse plutôt que de le traiter de manière superficielle ?

Posté le 19 avril 2017 à 13h06 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

04 avril 2017

Cardinal Turkson : « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Unknown-30Face à l’émigration massive, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Dicastère au service du développement humain intégral, a plaidé pour la promotion du développement des pays de provenance des migrants, le 30 mars 2017. Présentant au Vatican le Congrès organisé par le dicastère les 3 et 4 avril, sur le thème “Perspectives pour le service du développement humain intégral à 50 ans de Populorum progressio”, le cardinal ghanéen a évoqué la crise actuelle de façon très politiquement incorrecte :

« L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet ».

Le cardinal Turkson a estimé que la « préoccupation » des pays d’accueil était due à leur baisse démographique :

« là où il y a plus d’hôtes que d’enfants, il y a toujours une tension ».

Pour donner asile, il faut en effet « une sécurité dans la démographie locale ». D’où aussi la montée des « nationalismes », exprimant « la préoccupation d’un pays d’être englouti par l’arrivée en masse de nouvelles populations ».

Posté le 4 avril 2017 à 18h50 par Michel Janva | Lien permanent

Le pape autorise la FSSPX à célébrer les mariages

Lettre de la Commission Ecclesia Dei aux conférences épiscopales :

Éminence,

Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.

Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint PieX, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.

Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.

En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.

Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.

Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.

Gerhard Card. L. Müller Président

+ Guido Pozzo Archevêque titulaire de Bagnoregio Secrétaire

AddendumCommuniqué de la Maison générale sur la lettre de la Commission Ecclesia Dei au sujet des mariages des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X

"Comme pour les dispositions prises par le pape François accordant la faculté de confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour l’Année Sainte (1er septembre 2015), et étendant cette faculté au-delà de l’Année Sainte (20 novembre 2015), la Maison Générale apprend que le Saint-Père a décidé « d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ». (Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, publiée ce 4 avril)

Cette décision du Souverain Pontife prévoit que : « Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. »

Mais elle dispose également que : « En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du sacrement. »

La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans aucune inquiétude sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale.

Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise."

Posté le 4 avril 2017 à 16h09 par Le Salon Beige | Lien permanent

02 avril 2017

Motu Proprio Sanctuarium in Ecclesia

Les sanctuaires ne dépendront plus de la Congrégation pour le clergé, mais du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation selon un Motu Proprio signé le 11 février et rendu public ce samedi 1er avril (non disponible en français). Le Pape François y officialise un transfert de compétence, en expliquant que les sanctuaires sont des lieux d’évangélisation.

Mgr Rino Fisichella, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, explique à Radio Vatican :

Unknown-26"Depuis toujours, les pèlerinages ont emmené les croyants sur les origines de la foi. Les premiers pèlerins allaient voir le tombeau du Christ à Jérusalem, puis plus tard, la tombe des apôtres, avant qu’au fil des siècles ces pèlerinages s’élargissent aux hauts lieux des apparitions de la Vierge Marie, ou des lieux liés à la vie des Saints et des Bienheureux. Pour le Pape François, c’est un important témoignage de piété populaire, expression de la foi simple et humble des croyants.

Les sanctuaires attirent aussi ceux qui viennent chercher un temps de pause, de silence et de contemplation pour rompre avec le rythme frénétique de leur vie quotidienne. Ces personnes viennent se ressourcer et peuvent se redécouvrir à travers ces pèlerinages. Pour le Saint-Père, cette démarche exprime un «acte d’évangélisation qui mérite d’être valorisé». «Le sanctuaire est un lieu sacré», écrit François dans son Motu Proprio, «un lieu d’évangélisation où se manifeste l’action puissante de la miséricorde de Dieu».

Quant à la spiritualité de chaque sanctuaire, elle permet de guider le pèlerin dans une «pédagogie de l’évangélisation» vers un engagement toujours plus responsable. Le sanctuaire contribue de façon significative à l’engagement catéchétique de la communauté chrétienne. Il enrichit la vie des croyants. Il ouvre aussi grand ses portes aux malades, aux personnes handicapées et surtout aux pauvres, aux marginaux, aux réfugiés et aux migrants. C’est donc pour renforcer un significatif aspect pastoral des pèlerinages aux sanctuaires et aux lieux de dévotion que le Saint-Père a décidé ce transfert de compétence.

Le Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation sera dorénavant chargé de l’érection des nouveaux sanctuaires, d’en approuver les statuts, de favoriser leur rôle d’évangélisateurs, de promouvoir les rencontres afin de favoriser un travail commun de renouvellement de la pastorale de la piété populaire, d’assurer la valorisation artistique et culturelle des sanctuaires selon la Via Puchritudinis (chemin privilégié d’évangélisation et de dialogue), de la formation du personnel des sanctuaires, et de garantir au pèlerin une assistance spirituelle cohérente et soutenue."

Posté le 2 avril 2017 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2017

L'Académie des sciences du Vatican se désolidarise des théories sur le contrôle de population

L'Académie pontificale pour la Science réfute les théories de contrôle de population à la fin d'une conférence sur l'extinction biologique comportant des promoteurs du contrôle de la population. Monseigneur Marcelo Sanchez Sorondo, porte-parole de l'Académie pontificale des sciences, a déclaré :

"Ce n'est pas la population qui produit du dioxyde de carbone. C'est l'activité humaine qui consomme de l'énergie et contamine l'environnement ".

Capture d’écran 2017-03-03 à 08.41.55Après le colloque de trois jours soulignant que la croissance démographique est un défi pour préserver la biodiversité, Mgr Sanchez Sorondo a insisté sur le fait que ce qui était «crucial» pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité qui en résultait, c'est un changement de modes de consommation et une répartition plus équitable des richesses et non un contrôle de la population.

Il faut souligner que l'invitation par le Vatican des promoteurs du contrôle de la population (notamment par l'avortement) et des théoriciens de la bombe humaine avait provoqué de nombreuses critiques. Notamment Ehrlich (photo), qui plaide pour un contrôle coercitif de la population par l'avortement et la stérilisation, l'avortement sélectif des filles. Ce bonimenteur a faussement prédit des famines et des guerres en raison de la pénurie de ressources provoquée par la surpopulation dans son livre de 1969 The Population Bomb.

Robert Royal, président de l'Institut Faith & Reason et membre du conseil d'administration de C-Fam, a déploré que les spécialistes pro-vie n'étaient pas présent à ce colloque :

"Ce qui manquait à la conférence était l'accent mis sur l'ingéniosité humaine".

Posté le 3 mars 2017 à 08h44 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2017

Jubilé de la création du Tribunal administratif de l'Eglise

9782343110493fCette année la 2ème section du Tribunal suprême de la Signature apostolique, créé en 1967 en vue de « trancher les contestations nées de l’exercice du pouvoir administratif ecclésiastique », célèbre son jubilé dans le plus grand silence alors qu'elle a déjà traité près de 1500 causes faisant jurisprudence.

Yves-Alain Ducass, licencié en droit canonique et directeur de "Canonistes sans frontières", témoigne dans un livre intitulé "La justice administrative de l'Eglise catholique". Il évoque les progrès accomplis par l’Église catholique en cinquante années d’exercice de la justice administrative, illustre sa mise en oeuvre pratique par une centaine d’exemples de conflits et de jurisprudence ; fait connaître aux différentes catégories de fidèles leurs droits et obligations vis-à-vis de la hiérarchie de l’Église, ainsi que les moyens de les défendre ; apporte une contribution scientifique au monde des canonistes, à partir d’une base de données inédite sur la jurisprudence administrative ; contribue à la communion ecclésiale en célébrant dans la joie le jubilé de la justice administrative de l’Église, et en proposant des pistes d’améliorations.

Il écrit notamment : 

"il ne suffit pas que les procédures canoniques de résolution des conflits internes à l'Eglise soient opérationnelles, encore faut-il qu'elles soient connues des personnes concernées. [...]

Les fidèles catholiques, pourront mieux connaître leurs droits et les moyens de les faire valoir, ainsi que leurs obligations, et ils pourront en parler lors de conversations privées, ou par ses témoignages écrits dans la feuille paroissiale, le journal de leur association ou dans un commentaire sur les réseaux sociaux.

les responsables des organes de presse, pourront évoquer la mise en oeuvre des droits et obligations des fidèles catholiques, spécialement au cours de l'année 2017 qui marque le jubilé de la création du Tribunal administratif de l'Eglise."

Posté le 28 février 2017 à 09h31 par Michel Janva | Lien permanent

27 février 2017

Des partisans de l'avortement et du contrôle des naissances en séminaire au... Vatican

Capture d’écran 2017-02-27 à 09.18.01L'Académie Pontificale des Sciences organise un Séminaire sur l'extinction biologique («Comment sauver l'environnement naturel dont nous dépendons») à Rome du 27 février jusqu'au mercredi 1er mars. Plusieurs experts et journalistes avaient demandé au président de l'APS, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, la possibilité de participer, mais tous se sont vu opposer un refus ferme: «La conférence est réservée aux orateurs et à leurs invités»...

Pourquoi cette discrétion ? Parce que sont invités les principaux représentants du mouvement anti-nataliste (programme). 

Comme John Bongaarts, vice-président du Population Council, qui, il y a tout juste un an, le 24 février 2016, écrivait dans la revue Nature que l'augmentation de la population dans les régions les plus pauvres du monde «est un obstacle à leur développement qui rend difficile d'être optimiste quant à leur avenir». Plus encore: la croissance de la population «a des effets négatifs galopants sur la société et sur les écosystèmes de la planète». John Bongaarts prononcera son exposé au Vatican le mardi 28 février, titre: «Population: situation actuelle et perspectives futures».

Il y aura aussi un autre champion de l'anti-natalisme, Mathis Wackernagel, «inventeur» de l'empreinte écologique. L'empreinte écologique est définie comme

«la superficie de terres et d'eau dont une population humaine a besoin pour produire les ressources qu'elle consomme et pour éliminer ses déchets».

C'est un moyen subtil pour établir scientifiquement l'idée que le monde est surpeuplé. Si nous voulons sauver la planète, il faut contrôler les naissances...

Mais les plus fortes protestations des associations pro-vie ont été enregistrées à propos de la présence au séminaire du Vatican du biologiste américain Paul Ehrlich qui parlera sur le thème «Sixième extinction». Ehrlich est le principal penseur de la propagation du mythe de la surpopulation, avec son livre The population Bomb, si bien que pour lui, stérilisations et avortements forcés sont des thérapies évidentes. 

(via Benoît-et-moi).

Posté le 27 février 2017 à 09h21 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2017

Deux députés européens FN rencontrent le cardinal Sarah au Vatican

Edouard Ferrand est Vice-président du groupe ENL (Europe des nations et des libertés) et Chef de la Délégation FN/RBM au Parlement européen, et Sylvie Goddyn est Député français du FN au Parlement européen, membre du groupe ENL. Tous deux ont rencontré le cardinal Sarah au Vatican le 24 février, avec qui ils ont évoqué leur attachement à la défense de la famille.

 

Posté le 26 février 2017 à 21h17 par Marie Bethanie | Lien permanent

27 janvier 2017

Démission du Grand Maître de l'Ordre de Malte : une décision sans précédent

ImagesLe 6 décembre 2016, Fra’ Matthew Festing, Grand Maître de l'Ordre de Malte, exige la démission du grand chancelier allemand Albrecht Von Boeselager, numéro trois de l’organisation et membre de l’ordre depuis quarante ans. Il avait en effet couvert la distribution de préservatifs par un dispensaire de l’Ordre de Malte. Alors qu’Albrecht Von Boeselager refuse de démissionner, Fra’ Matthew Festing le démet de ses fonctions. Ayant appris cette nouvelle, le Pape décide de nomme une commission pour enquêter auprès de l’Ordre de Malte, enquête à laquelle s’est fermement opposé le grand maître de l’Ordre, l’Ordre étant totalement souverain. 4 des 5 membres de cette commission sont des membres de l’Ordre de Malte et 3 d’entre eux sont des amis de l’ex-grand chancelier.

Le pape François a alors demandé à Fra 'Matthew Festing, Grand Maître de l'Ordre de Malte, de démissionner et il a accepté le 23 janvier. Riccardo Cascioli commente cette décision extraordinaire dans un article traduit par Benoît et moi :

"[...] Il s'agit d'une décision sans précédent qui a provoqué une grande confusion et ne manquera pas d'avoir des répercussions internationales: l'Ordre de Malte est en effet un Etat souverain, un Etat sans territoire, qui a aussi accrédité un ambassadeur auprès du Saint-Siège. Comme l'a noté l'hebdomadaire britannique The Catholic Heraldla décision du pape équivaut à une annexion pure et simple, une violation flagrante du droit international qui, en fin de compte, menace même l'indépendance du Saint-Siège. Avec un précédent de ce genre, comment pourrait-on en effet légitimement défendre le Saint-Siège, si par exemple, un jour «le gouvernement italien choisissait de voir l'indépendance de la Cité du Vatican comme une formalité anachronique»? 

Pendant ce temps, dans le présent, la décision risque de détruire l'activité millénaire de l'Ordre de Malte, présent dans le monde entier avec des «œuvres de miséricorde envers les malades, les pauvres et les personnes privées de patrie», comme il est dit dans la Constitution. La présence de l'Ordre de Malte dans plus de cent pays est garantie par la représentation diplomatique, qui pourrait désormais être mise en discussion pour cette perte de souveraineté."

Roberto de Mattei ajoute :

"En agissant ainsi, le pape Bergoglio a exercé un acte d'empire ouvertement contraire à l'esprit de dialogue qui a été le leitmotiv de l'année de miséricorde. Mais, ce qui est plus grave, l'intervention est advenue pour «punir» le courant qui dans l'Ordre est plus fidèle au Magistère immuable de l'Eglise et soutenir au contraire l'aile laïque, qui voudrait transformer les Chevaliers de Malte en une ONG humanitaire, distributrice «pour le bien», de préservatifs et de produits abortifs. La prochaine victime désignée apparaît être le Cardinal patron Raymond Leo Burke, qui a la double faute d'avoir défendu l'orthodoxie catholique au sein de l'Ordre et d'être l'un des quatre cardinaux qui ont critiqué les erreurs théologiques et morales de l'Exhortation bergoglienne Amoris laetitia. Lors de sa rencontre avec le Grand Maître, François lui a annoncé son intention de «réformer» l'Ordre, c'est-à-dire la volonté de dénaturer son caractère religieux, même si c'est précisément au nom de l'autorité papale, qu'il veut commencer son émancipation des normes religieuses et morales. [...]"

Cette affaire vient confirmer cet article publié avant Noël, sur la lourde ambiance qui règne au Vatican.

Posté le 27 janvier 2017 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

25 janvier 2017

Le théoricien de la bombe démographique et de l’avortement forcé au Vatican

Pas vraiment "Laudato si" :

Images-7"L’homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c’est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre « The Population Bomb », la bombe démographique. Ce fut le début d’une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l’homme était la véritable cible.

En instillant la peur d’une explosion démographique incontrôlée, Ehrlich et combien d’autres qui l’ont suivi ont incité les gouvernements et les organisations internationales à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population : la stérilisation et l’avortement forcé sont depuis devenus normaux dans les pays en voie de développement. Pour ne citer qu’un exemple, on estime à 400 millions le nombre des enfants qui ne sont pas nés en Chine grâce aux suggestions d’Ehrlich et compagnie, et des dizaines de millions de filles ont été victimes d’avortements sélectifs (étant donné le choix, en Chine mais aussi en Inde et dans d’autres pays, où, pour des raisons culturelles et économiques, les familles donnent la préférence aux garçons).

S’il y avait une justice, le Dr Ehrlich devrait être jugé pour crimes contre l’humanité mais bien au contraire, 39 ans après, il reçoit l’honneur d’entrer en grandes pompes au Vatican, invité par les Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales guidées par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo. L’occasion est un symposium au sujet de l’extinction biologique : « Comment sauver le monde naturel dont nous dépendons » tel est le titre de ce symposium qui aura lieu du 27 février au 1 mars.

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d’associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l’époque avec tant de complaisance ? « La bataille pour nourrir l’humanité tout entière est définitivement perdue », ainsi commençait le livre « The Population Bomb », qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l’explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d’environ 3 milliards d’êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans ; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c’est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican. Il est donc juste – comme le demande une pétition lancée aux Etats-Unis – d’exiger que le Saint-Siège retire l’invitation adressée à ce sinistre personnage.

Mais nous devons reconnaître que le vrai problème n’est pas la présence d’Ehrlich : il est normal qu’il soit sous le feu des critiques en raison de sa notoriété et du fait qu’il est le symbole de certaines batailles menées pour éliminer les hommes de la face de la terre. Mais le vrai problème réside dans le colloque lui-même, dans son approche des problèmes de la création : de telle façon que les autres intervenants sont – plus ou moins – sur la même ligne d’Ehrlich. Certains sont même célèbres au-delà du milieu universitaire, comme Mathis Wackernagel, inventeur avec William Rees de l’empreinte écologique (Ecological Footprint), une tentative pour établir scientifiquement la nocivité de l’homme pour la Terre. [...]"

Posté le 25 janvier 2017 à 20h28 par Michel Janva | Lien permanent

19 décembre 2016

Lourd climat au Vatican

Selon un article de Lifesitenews (merci à JM pour la traduction) :

Fear-in-Rome_810_500_55_s_c1"Notre visite à Rome du 16 au 23 novembre a été la plus dramatiques des nombreuses visites bisannuelles que nous y avons faites au cours de ces dix dernières années. Après avoir rencontré des cardinaux, des évêques et d'autres membres des dicastères et institutions vaticanes, John-Henry Western, notre nouveau journaliste à Rome, Jan Bentz et moi-même avons observé une tendance générale et omniprésente à l'anxiété et à une peur bien réelle chez les fidèles serviteurs de l'Eglise.

Beaucoup redoutaient de perdre leur position, d'être licenciés de leurs emplois dans les institutions vaticanes ou bien de souffrir de graves réprimandes publiques ou d'accusations personnels de la part de l'entourage du pape ou même de François lui-même. Ils ressentent également un grand stress et de la peur devant les dommages occasionnés à l'Eglise, dommages qu'ils sont incapables d'arrêter.

Vers la fin de notre visite, un clerc de haut rang a confirmé nos observations. Il a ajouté "On peut sentir la peur. Elle est tangible." Un autre, qui avait toujours été disponible pour aborder les crises difficiles, nous a immédiatement prévenu qu'il ne discuterait pas, même hors micro, des controverses actuelles. Il nous a été demandé de ne lui poser aucune question sur ces sujets. Vers la fin de notre visite nous avons pu aborder l'une de ces controverses et l'ampleur des informations qui lui étaient inconnues a pu être évaluée.

La publication des lettres "dubia" par ceux que nous savons maintenant être six courageux cardinaux, silencieusement soutenus par 20 à 30 cardinaux, a très clairement initié une atmosphère accrue de peur et d'intimidation au Vatican.

Le 23 novembre, le journaliste de LifeSiteNews Pete Baklinski a rapporté que l'évêque Athanasius Schneider a raconté avoir ressenti une "grande stupéfaction" devant ce qu'il a appelé la nature "inhabituelle ment violente et intolérante" de la réaction à ces lettres, ajoutant qu'une telle réaction est contraire à l'appel du Pape pour le "dialogue et l'accueil d'une légitime pluralité d'opinions".

La papauté de François a créé à Rome une atmosphère très différente de celle des papes Saint Jean-Paul II et Benoît XVI, sous lesquels Rome était un lieu considérablement plus accueillant pour les guerriers de la Culture Catholique de la Vie que nous sommes.

Un autre billet du 23 novembre informait que les cardinaux Burke et Pell ont été officiellement exclus de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et que "la composition de la Congrégation a récemment été saignée, tandis que de nombreux progressistes ont été nommés en remplacement". Ceci a efficacement neutralisé et rendu silencieux le très orthodoxe Cardinal Sarah, dirigeant de la Congrégation.

Le Cardinal Ouellet, chef de la Congrégation des Evêques, n'a également plus d'autorité réelle, alors que des exécutants nommés par François ont maintenant la haute main sur la nomination des évêques. Les évêques nommés actuellement sont pour la plupart tenants des vues les plus radicalement libérales, tels que les désormais cardinaux Cupich et Farell ou encore l'évêque de San Diego Robert McEltoy. Et bien entendu, il a été fait interdiction au Cardinal Pell de poursuivre sa pourtant nécessaire réforme des institutions et procédures financières du Vatican, toujours minées par la corruption (cette information provient d'une source indiscutable).

L'Académie pontificale pour la vie, à l'origine fondée personnellement par le pape Saint Jean-Paul II et le non moins saint Professeur Jérôme Lejeune, a été transformée en profondeur et l'archevêque kasperite Vincenzo Paglia a été choisi par le pape François pour en prendre la tête. La condition originelle établie par Saint Jean-Paul II et par le Professeur Lejeune selon laquelle les membres de l'Académie devaient signer une déclaration affirmant qu'ils défendaient l'enseignement pro-vie de l'Eglise a été supprimée ; le mandat de l'Académie a été changé en un assortiment harmonieux se concentrant désormais sur les questions environnementales. L'appartenance à vie de beaucoup des éminents membres originaux de l'Académie a été révoquée. Ce n'est sans doute pas une coïncidence qu'un nombre significatif de ces membres d'origine, amis chers à Jean-Paul II et au Professeur Lejeune, ont été permis les critiques les plus sévères et les plus pointus du pape François.

Claire Chretien a rapporté le 23 novembre que le pape François a encensé le théologien moral allemand Bernard Häring, l'un des plus importants opposants à l'encyclique Humanae Vitae du Pape Paul VI en 1968, pour sa nouvelle moralité, dont le pape a affirmé qu'elle aidait "la théologie morale à prospérer". Pouvez-vous imaginer l'impact de cette déclaration de François sur tous ceux à la curie et dans les institutions vaticanes, et sur tous les pasteurs du monde entier, qui tous ont reçu des papes Saint Jean-Paul II et Benoît XVI la consigne de défendre fermement Humanae Vitae ? Que va-t-il advenir d'eux désormais, dans le climat actuel de grave intimidation, s'ils poursuivent ce qui a pour eux été naturel durant des décennies en union avec les enseignements magistraux Catholiques sur le sujet de la contraception, enseignements qui courent depuis l'extrême origine de l'Eglise ?

Dans son éditorial du prochain numéro du magazine de LifeSite Faithful Insight, John-Henry Westen expose d'autres choses qu'il a découvertes.

"... Les universités catholiques de Rome sont observées et les enseignements des professeurs sont examinés pour s'assurer de ce qu'ils sont en conformité avec l'interprétation libérale d'Amortis Laetitia. Les clercs sont dénoncés à leurs supérieurs si on les a entendus exprimer quelque inquiétude au sujet du pape François. Beaucoup ont peur de parler ouvertement, même ceux qui, par le passé, étaient toujours prêts à le faire. Des journalistes du Vatican nous ont dit avoir été avertis de nombreuses fois de ne pas avoir à parler des lettres dubia."

C'est comme si la Rome catholique s'était changée en un état religieux policier en raison de ce que les lettres dubia sont perçues comme une grande menace pour certains agendas politiques.

Le 1" décembre, dans un article sur le site OnePeterFive, le vaticaniste Maike Hickson a écrit :

"J'ai entendu des témoignages selon lesquels le Vatican est comme un Etat occupé. Certaines des sources avec qui j'ai parlé craignent que les communications avec des officiels du Vatican soient espionnées ; certains ont même rapporté d'étranges anomalies lors de certaines conversations téléphoniques, lesquelles, après une interruption de l'appel, se poursuivaient par une boucle audio répétée encore et encore des derniers instants de la conversation. Certaines personnes qui travaillent au Vatican conseillent à leurs contacts extérieurs de ne pas partager d'informations sensibles par mail ou via les téléphones mis à disposition par le Vatican."

Hickson poursuit en citant la réponse de l'estimé correspondant vaticaniste Ed Pentin à l'occasion d'une longue interview au site Reginamag.com et intitulée "Y a-t-il un règne de la terreur au Vatican ?" :

"La réaction du pape, qui est allé jusqu'à mettre en cause la santé mentale des quatre cardinaux, a été interprétée comme une manifestation de sa propre colère d'avoir son agenda politique perturbé. Et au lieu de prendre les quatre cardinaux au mot (lesquels ont dit avoir agit avant tout par devoir de charité envers le Saint Père, par équité et par une profonde inquiétude pastorale), ceux-ci sont vus comme des adversaires. A ce que je sais, le Pape a également travaillé derrière la scène pour s'assurer de ce que son agenda politique ne serait pas contrarié. A partir d'article publiés stratégiquement dans l'Osservatore Romano ou par des réponses ambigües à ceux qui l'interrogent si ceux qui critiquent publiquement les dubia l'ont fait à sa demande, François se comporte, ainsi qu'un observateur a pu le dire, comme "un lobbyiste politique en coulisse". Dans les trois semaines qui ont suivi la publication des dubia, le pape a donné trois interviews aux médias planétaires, toutes ayant pour objectif de légitimer sa position et dénigrer ses critiques.

Enfin, il est important de noter qu'en juxtaposant simplement les déclarations du pape et de ses alliés il est clair qu'il y a de considérables mensonges et tromperies à l'oeuvre en ce moment, ainsi que des calomnies et des atteintes à la réputation de ceux qui sont étiquetés "à droite" simplement parce qu'ils ont ouvertement critiqués Amoris Laetitia, ou même simplement évoqué ces critiques. Cela me peine sincèrement de dire tout ceci, parce qu'en tant que journaliste catholique l'on ne souhaite aucunement porter atteinte au ministère de Pierre, mais je pense que j'ai une obligation de rapporter ce qui est en train de se produire."

Ce sont là des mots très forts de la part de ce vaticaniste impeccable, habituellement pondéré et très doux.

Dans un autre article sur LifeSiteNews, nous nous étions fait l'écho des propos de Monseigneur Athanasius sur la détérioration de la situation à Rome :

"La réaction aux dubia est la preuve de l'atmosphère dans laquelle nous vivons actuellement au sein de l'Eglise. Nous vivons dans un climat de menaces et de négation du dialogue à l'encontre de groupes spécifiques.

Schneider a poursuivi en disant que "le dialogue ne semble être accepté que si vous pensez comme tout le monde - il s'agit quasiment d'une dictature."

Schneider a évoqué son expérience de Russie, où il est né durant l'ère soviétique. Ses parents ont été envoyés en camp de travail, ou "goulags", par Staline après la seconde guerre mondiale. "Si vous ne suiviez pas la ligne du Parti, ou que vous la mettiez en doute, vous ne pouviez même pas poser de question. Il s'agit pour moi d'un parallèle très clair avec ce qui est en train de se produire actuellement lors des réactions aux dubia - c'est à dire aux questions des cardinaux."

Lors du petit rassemblement de presse avec le cardinal Cupich au North American College immédiatement après le consistoire, il y a eu un incident lié à ma question à Cupich pour LifeSiteNews.

Après les réponses insatisfaisantes du cardinal fraîchement nommé à deux questions d'Ed Pentin, mon tour de question est venu. Tandis que j'introduisais brièvement ma question, j'ai été brutalement interrompu par un officier de presse du Vatican, lequel m'intima : "posez la question !" Etant donné que cette introduction était brève, que la questions allait tout juste être posée et qu'il n'y avait que quelques journalistes dans la salle, cette interruption était totalement inappropriée.

J'ai immédiatement posé la question de l'animosité à laquelle ont été confrontés les critiques respectueux de François, question à laquelle le cardinal a étonnamment répondu en niant avoir connaissance d'une telle chose. Puis, quand John-Henry Westen a levé la main pour poser une question, une règle a été spontanément annoncée par le responsable de la presse : il a refusé de laisser John-Henry poser sa question en arguant de ce qu'une seule question était autorisée par agence de presse.

Cette soudaine nouvelle règle a provoqué un malaise parmi les représentants des autres médias. Quatre d'entre eux consécutivement n'ont pas pu non plus poser de nouvelle question en raison de cette nouvelle règle. Lorsque le dernier d'entre eux se fut à son tour vu opposer un refus, le cardinal Cupich lui dit "Pourquoi pas, puisque vos questions sont amicales ?" Et la question innocente fut autorisée.

L'hostilité croissante aux médias fidèles qui osent même questionner respectueusement les actions et les déclarations du Pape François et de son entourage a été particulièrement mise en évidence dans une dépêche Reuters du 7 décembre.

Reuters écrit : "Faisant usage de termes psychologiques précis, le pape François a dit que les médias à scandale risquaient de tomber victimes de coprophilie, ou excitation aux excréments, et que les utilisateurs de ces médias risquaient la coprophagie, ou ingestion d'excréments."

Ainsi, désormais, si cette traduction est correcte, comme la plupart le sont, si nous osons voir et rapporter des informations indubitablement intéressantes qui ne mettent pas le pape ou ses proches collaborateurs en valeur, nous sommes de la "presse à scandale", nous "mangeons des excréments" et sommes sexuellement excités par l'excrément consistant à rapporter des vérités inconfortables.

Comme un pape, le Vicaire du Christ, peut-il se livrer à des accusations aussi viles ? Qu'est-il donc advenu de "qui suis-je pour juger" ?

Cet article pourrait continuer encore et encore, avec de nombreux autres exemples, telle que cette information selon laquelle l'évêque catholique de rite grec Frangiskos Papamanolis, maintenant retraité, a accusé les quatre cardinaux des péchés d' "apostasie" et de "scandale", affirmant qu'ils reçoivent la communion de manière "sacrilège" puisqu'ils accroissent l'inquiétude à l'égard de l'écrit du Pape. Ou encore la réponse très libérale du Cardinal Cupich selon lequel les quatre saint cardinaux ont "besoin de se convertir".

Chaque jour, semble-t-il, il y a plus et pire hostilité orchestrée contre toute personne qui oserait soutenir respectueusement les loyaux cardinaux des dubia, contre toute personne qui oserait respectueusement questionner les actes et les déclarations du pape François, et contre toute personne qui oserait mentionner les enseignements limpides du Christ sur les absolus moraux, merveilleusement et excessivement développés par le pape Saint Jean-Paul II dans Faliliaris Consortio et dans Veritatis Splendor.

Nous devons nous demander vers quoi tout ceci nous mène. Tout ceci est profondément inquiétant. La phrase que nous avons entendu toute cette semaine à Rome est qu'il y a une "guerre" à l'oeuvre au sein de l'Eglise - une guerre des progressistes de "l'Esprit de Vatican II" contre les catholiques orthodoxes. Personne après personne, nous avons entendu ce mot être dit.

Je n'ai jamais rien expérimenté de tel de toute ma vie et je suis sûr que la plupart, sinon tous les lecteurs réguliers de LifeSiteNews, peuvent en dire autant."

Posté le 19 décembre 2016 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent

11 décembre 2016

Le don de la vocation presbytérale

En la Solennité de l’Immaculée Conception, la Congrégation pour le Clergé a promulgué la nouvelle Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis, un instrument pour la formation des prêtres. Le cardinal Stella explique :

"La dernière Ratio Fundamentalis remonte à 1970, même s’il y a eu une mise à jour en 1985. Pendant ce temps, comme nous le savons bien, sous l’effet de l’évolution rapide du monde aujourd’hui, le contexte historique, socioculturel et ecclésial, dans lequel le prêtre est appelé à incarner la mission du Christ et de l’Église, a changé, non sans provoquer des mutations significatives sous d’autres aspects : l’image ou la vision du prêtre, les besoins spirituels du Peuple de Dieu, les défis de la nouvelle évangélisation, les langages de la communication, et d’autres encore. Il nous a semblé que la formation des prêtres avait besoin d’être relancée, renouvelée et remise en valeur ; nous avons été encouragés et éclairés par le Magistère du Pape François : avec la dimension spirituelle et prophétique de sa parole, le Saint Père s’est adressé souvent aux prêtres, en leur rappelant qu’ils ne sont pas des fonctionnaires, mais des pasteurs marqués par l’onction en faveur du Peuple de Dieu, qui ont le cœur plein de la compassion et de la miséricorde du Christ pour les foules désemparées et abattues. Les paroles et les admonestations du Saint Père, dont certaines visent les tentations liées à l’argent, à l’exercice autoritaire du pouvoir, à une rigidité légaliste ou à la vanité, nous montrent combien le souci des prêtres et de leur formation est un aspect fondamental de l’action ecclésiale de ce pontificat et doit le devenir toujours davantage pour chaque Évêque et chaque Église locale."

Extrait :

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Posté le 11 décembre 2016 à 18h13 par Michel Janva | Lien permanent

21 novembre 2016

Le pape confirme l'autorisation de confesser pour les prêtres de la FSSPX

Dans sa lettre Misericordia et Misera, présentée par Mgr Fisichella ce matin

"pour répondre aux besoins des fidèles, le Saint-Père "confiant dans la bonne volonté de leur prêtres d'atteindre, avec l'aide de Dieu, la pleine communion avec l'Église catholique »(MM 12) stipule que ceux qui fréquentent les églises desservies par les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X peut valablement et légalement recevoir l'absolution sacramentelle."

Par ailleurs, le pape étend à tous les prêtres le pouvoir d'absoudre le péché d'avortement.

Posté le 21 novembre 2016 à 11h58 par Michel Janva | Lien permanent

09 novembre 2016

Climat : questions à l'Académie Pontificale des Sciences

Intervention de Stanislas de Larminat à Rome, invité par le Cardinal Turkson, président du Conseil Pontifical Justice et Paix, à participer au  séminaire organisé conjointement par l'Académie Pontificale des Sciences et intitulé  «'Laudato si' and the path to COP22 ».

"Mr et Mme les Présidents, Éminences, distingués participants... Je voudrais d’abord remercier spécialement SE le Cardinal Cardinal Turkson de m’avoir invité aujourd’hui. Je suis très honoré d’avoir l’opportunité de dire quelques mots que je voudrais résumer par deux courtes questions :

1- Considération préalable

SIl n’est pas clair dans mon esprit s’il y a un large consensus dans cette assemblée sur la cause anthropique de la récente période chaude climatique. En climatologie, la complexité est extrême. Beaucoup d’entre vous sont climatologistes, océanographes, thermophysiciens, glaciologues , agronomes, biologistes, mathématiciens, chimistes, astronomes, hélio-sismologies, , etc... Mais qu’y a-t-il de commun entre chacune de ces spécialités, entre la recherche sur les facteurs causaux ou résultants de la variation climatique ? Quelle science est légitime pour quantifier les relations de cause à effet ? Une telle méthodologie existe. Il s’agit de la dite « identification  des systèmes dynamiques et complexes ». Après une étude approfondie, un pionnier de ces techniques a conclu en 2015 que: « L’hypothèse, selon laquelle l’activité humaine n’aurait pas d’effet significatif, ne peut pas être exclue... Avec un taux de certitude significatif de 90%...  on doit considérer comme un fait établi que l’activité solaire, en tant que variable explicative causale, constitue effectivement l’explication première du changement climatique » (p. 126-128). 

Cette conclusion remet-elle en cause le consensus du GIEC et que signifie ce consensus ? Mr. Hans Corell, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires juridiques, expliquait en 2002 que : « dans la pratique des Nations Unies, les expressions “sans vote”, “par consensus” ... sont... synonymes et donc interchangeables ». Est-ce que le "GIEC travaille par consensus" comme c’est écrit dans le communiqué de presse du GIEC n° 2015/19 ? Le "Résumé pour les décideurs" du GIEC a-t-il été adopté par votes ou non ?

De toutes les façons, ni les votes, ni quelque consensus que ce soit, n’ont la moindre signification pratique en science. En la matière, seules les preuves importent. La méthode par identification peut résoudre le paradoxe de cette affirmation du GIEC : « Les probabilités "Objectives" et "Subjectives"  ne sont pas toujours explicitement distinguées »  (AR5 GT2, § 2.6.2 <http://www.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg2/index.php?idp=106>).

Pour attribuer le réchauffement global à des causes humaines, le GIEC utilise une méthode dite « détection et attribution » (D&A), plutôt que l’identification. Il l’a développée dans le seul objectif de la science climatologique. Il en existe moins de dix spécialistes dans le monde, tous menés par la Pr Gabriele Hegerl. Pourtant , les techniques d’identification sont largement reconnues et ont été développées depuis des décades pour identifier les comportements des systèmes complexes dans un très large spectre d’applications, et par des milliers d’exerts dans le monde. C’est pourquoi j’ai une suggestion à proposer, et

2 - C’est ma première question à l’attention de votre Académie Pontificale

L’Académie Pontificale pourrait-elle inviter la communauté scientifique à mener des travaux de recherche utilisant les pratiques internationales de l’identification afin de quantifier les facteurs anthropiques et solaires sur les variations climatiques et de confirmer ou infirmer l’impact humain ? Leur association, l’IFAC (International Federation of Automatic Control), rassemble des milliers de spécialistes de l’identification. L’Académie Pontificale pourrait-elle demander à l’équipe du Professeur Gabriele Hegerl de se confronter à ces spécialistes dans une session spéciale ?  Cela ne contribuerait-il pas à une meilleure compréhension de la science climatique ? Si c’est utile, je serais heureux de participer à la préparation de la  « concept note » appelant à une telle requête.

3- Seconde question destinée au Conseil Pontifical Justice et Paix

Laudato si précise « que l’Église n’ a pas la prétention de juger des questions scientifiques » (Laudato si § 188).

Il y a là une cohérence avec le concile  Vatiacn II : Les laïcs ne doivent pas « attendre de leurs pasteurs qu’ils aient une compétence telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission ». (Gaudium et spes § 43.2).

Ma question concerne la perspective de la COP22, dans la mesure où, en science, les débats ne sont jamais clos :  pourquoi ne pas être plus prudent dans nos commentaires scientifiques ? Mon sentiment est que la Doctrine Sociale de l’Église est suffisamment robuste pour appeler le monde à plus de justice, à plus de solidarité avec les pays en voie de développement. De nouveaux éléments de langages pour l’Église dans la perspective de la COP22 ne remettraient pas en cause le merveilleux message doctrinal de Laudato si. Quelques soient les causes des variations climatiques, il reste vrai que : "tout est lié" (§ 137), "tout est don" (§ 76), toute créature est "sacrement" (§ 9) tout est "grâce divine" (§ 233 -236) et tout est "Trinitaire" (§ 239).

Si certains d’entre vous jugent que ces deux questions méritent attention, je reste à votre disposition, après cette session, pour débattre informellement avec vous de ces sujets."

Posté le 9 novembre 2016 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent

29 octobre 2016

Purge de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements

A l'exception du cardinal Sarah (qui a reçu récemment un soutien de Benoît XVI pour la célébration ad orientem de la messe), tous les membres, soit 27, de la Congrégation pour la culte divin et la discipline des sacrements ont été remplacés aujourd'hui par le pape François.

Parmi les sortants : les cardinaux Burke, Ranjith, Pell, Piacenza, Scola, Ouellet, Bagnasco.

Parmi les entrants : le cardinal Ravasi, le secrétaire d’Etat Pietro Parolin, Mgr Aubertin, Mgr Piero Marini, ancien secrétaire du principal artisan de la révolution liturgique Annibale Bugnini.

De son côté, le Cardinal Robert Sarah préside actuellement le grand rassemblement des routiers scouts d'Europe à Vézelay. Le Figaro vient d'établir son portrait :

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Posté le 29 octobre 2016 à 17h21 par Michel Janva | Lien permanent

12 octobre 2016

La célébration « face au peuple » demeure, en droit, une exception

Cyrille Dounot, Professeur d'histoire du droit (Université d'Auvergne) et avocat ecclésiastique près l'Officialité de Lyon, écrit pour L'Homme Nouveau un texte en défense de la célébration ad orientem promue par le cardinal Sarah. Extrait :

Une-1623"[...] Le numéro 299 [de la Présentation générale du Missel romain est ], consacré à la construction et à l’aménagement des églises. Au sein de ce chapitre, il prend place dans une section intitulée « Disposition du sanctuaire pour la célébration communautaire ». Il reprend ici l’instruction Inter oecumenici du 25 septembre 1964 (n. 91), dans le passage intitulé « Comment construire les églises et les autels ». Il concerne donc directement l’aménagement spatial de l’autel, et indirectement la célébration de la messe. De ce point de vue, il ne fait que rendre possible une nouvelle forme de célébration « face au peuple ». Le texte latin en fait foi, voulant que tout nouvel autel soit séparé du mur « pour qu’il soit plus facile d’en faire le tour, et que la célébration face au peuple puisse (possit) s’y accomplir ». C’est une possibilité offerte légalement depuis 1964, et rien d’autre. Cela veut donc dire que la règle d’une célébration « face à Dieu » n’a pas été abrogée ; elle comporte une exception depuis 1964, permettant un autre type de célébration « face au peuple ».

Une exception

Cette exception demeure, en droit, une exception. Si, dans les faits, l’exception a remplacé le principe, cela n’est qu’un détournement des règles édictées par le Saint-Siège. La partie directement consacrée à la « célébration de la messe » (chapitre IV, nn. 115-287) confirme pleinement que le missel de Paul VI, et les règles qui l’accompagnent, n’ont pas changé l’usage d’une célébration orientée. Examinons ce quatrième chapitre. À toutes les étapes de la messe, il est indiqué explicitement quand le prêtre doit se retourner vers les fidèles pour leur adresser la parole, précision qui serait évidemment superflue si le mode normal (normatif) de célébration était « face au peuple ».

Le n. 124, al. 2, indique la manière de débuter la messe, par le chant d’entrée et le signe de la croix, « Puis, tourné vers le peuple et étendant les mains, le prêtre le salue avec une des formules proposées ». Pendant l’offertoire, selon le n. 146, « le prêtre, en se tournant vers le peuple, et en étendant puis en joignant les mains, invite le peuple à la prière en disant: “Orate, fratres” ». Après le canon et le Pater, « il étend puis joint les mains et il dit, tourné vers le peuple “Pax Domini sit semper vobiscum” » (n. 154). Une fois l’Agnus Dei récité, et avant sa propre communion, « le prêtre fait la génuflexion, prend l’hostie consacrée à cette même messe et, la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit : “Ecce Agnus Dei” » (n. 157). Le numéro suivant indique la position du prêtre au moment de se communier, « demeurant tourné vers l’autel » (stans ad altare conversus), le participe présent ainsi que le verbe stare renforcent le caractère habituel et normatif de cette position. Surtout, une telle indication n’aurait aucun sens si le mode ordinaire de célébration était « face au peuple », le peuple et l’autel étant toujours face au prêtre (idem au n. 244). Après la communion des fidèles, et le chant de communion, « le prêtre tourné vers le peuple dit, les mains jointes : “Oremus”, puis il prononce, les mains étendues, la prière après la communion » (n. 165).

Pour « la messe avec diacre », de semblables indications existent, montrant elles aussi que la célébration normale se fait face à Dieu, et que le clergé doit, à certains moments seulement, se tourner vers son peuple. Ainsi, à la conclusion du canon, le diacre « invite à la paix en disant, les mains jointes et tourné vers le peuple : “Offerte vobis pacem” » (n. 181), et pour rite de conclusion, « le diacre envoie le peuple en disant, les mains jointes et tourné vers lui : “Ite, missa est” » (n. 185).

Pour la messe concélébrée (dont il serait bon de relire les rares cas où elle est recommandée, au n. 199, al. 2), « le célébrant principal prend l’hostie consacrée à cette messe et, en la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit: “Ecce Agnus Dei” » (n. 243). Les règles pour la messe « avec participation d’un seul ministre » reprennent ces recommandations. [...]

L’ensemble de ces règles, inscrites dans la partie de la Présentation générale du Missel romain décrivant ce qu’il faut faire pendant la messe (et non seulement l’emplacement de l’autel), éclaire d’une lumière « juridique » la lumineuse tradition liturgique et symbolique d’un positionnement commun du prêtre et des fidèles vers l’Orient. Malheureusement, elles sont souvent oubliées ou méprisées par ceux-là même qui devraient les offrir au peuple de Dieu. La question de l’orientation rejoint, à son corps défendant, d’autres aspects du culte extérieur qui ont subi les coups d’une triste révolution anti-liturgique. À titre d’exemple, cette PGMR impose (vainement ?) que « tous ceux qui passent devant le Saint-Sacrement font la génuflexion sauf s’ils s’avancent en procession » (n. 274, al. 4).

Ces règles méconnues en rejoignent d’autres, pourtant traitées avec autorité par le concile Vatican II : celle de l’usage de la langue latine, qui « sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (Sacrosanctum concilium, n. 36, al. 1) ; celle du chant grégorien, que l’Église reconnaît comme « le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place » (Sacrosanctum concilium, n. 116). On sait ce qu’il est advenu de ces prescriptions conciliaires. On aimerait, avec le cardinal Sarah, que la liturgie retrouve sa splendeur, fut-ce avant le premier dimanche de l’Avent…"

Posté le 12 octobre 2016 à 12h57 par Michel Janva | Lien permanent

06 octobre 2016

«Les jeunes, la foi et le discernement des vocations»

C'est le thème du prochain synode des évêques, qui se tiendra en 2018.

SCe thème, signe de la sollicitude de l’Église envers les jeunes, est en continuité avec les conclusions des précédents synodes sur la famille et avec la continuité de l’Exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, précise le Vatican dans un communiqué. L’objectif est d’accompagner les jeunes dans leur chemin existentiel, et vers la maturité, afin qu’à travers un processus de discernement, ils puissent découvrir leurs projets de vie pour pouvoir les réaliser avec joie, apprendre de la rencontre avec Dieu et des hommes qui participent activement à l’édification de l’Église et de la société.

Le Pape François a choisi ce thème après avoir consulté les Conférences épiscopales, les Églises orientales catholiques sui iuris et l’Union des Supérieurs générales, ainsi que les suggestions des Pères de la précédente Assemblée synodale.

Dans l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia sur la famille, le pape François évoque les jeunes dès le préambule : «le désir de famille reste vif, spécialement chez les jeunes, et motive l’Église». Dans un monde où parfois «la maturation des jeunes est tardive» (217), le pape appelle à «prendre les jeunes au sérieux» et à ne pas les « tromper » (284).

Lors de ses rencontres avec la jeunesse, le pape argentin les a souvent exhortés à ne pas se laisser «voler l’espérance» et à miser sur «de grands idéaux». Encore récemment, en juillet dernier, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie, il les encouragés à ne pas être des «jeunes-divans» étourdis et abrutis végétant devant l’ordinateur, mais des jeunes en marche et libres de décider de leur propre avenir. Au cours des audiences générales, il les invite régulièrement à avoir le courage de témoigner de leur foi.

Posté le 6 octobre 2016 à 18h17 par Michel Janva | Lien permanent

04 octobre 2016

Cardinal Burke : "L’islam est une menace car, pour un vrai musulman, Allah doit gouverner le monde"

Traduction d'une interview donnée par le cardinal Raymond Burke, patron de l’Ordre de Malte et membre de la Congrégation pour la cause des saints, au quotidien italien Il Giornale.it :

Cardinal-Raymond-Burke-2014En 2016, les chrétiens sont-ils encore persécutés ?

"Dans certaines parties du monde ils sont persécutés et aussi expulsés de leur terre. Cela advient dans des pays historiquement importants du point de vue religieux, comme l’Irak, où arriva Abraham, terre des Chaldéens. Mais aussi dans des pays du nouveau monde, par exemple dans mon pays (les États-Unis, ndlr), il y a une tentative de nier aux chrétiens le droit de suivre leur propre conscience. Et de résister à l’avortement, à la stérilisation ou à d’autres pratiques médicales qui procurent la mort. Les problèmes pour les chrétiens ne concernent pas seulement le Moyen-Orient mais aussi l’Occident."

L’Union Européenne elle-même, au nom du politiquement correct, souvent ferme les yeux sur les menaces envers les chrétiens. Qu’en pensez-vous ?

"C’est clair que les musulmans ont comme objectif final de conquérir le pouvoir sur le monde. L’islam à travers la charia, leur loi, doit gouverner le monde et il permet des actes de violences contre les infidèles, comme les chrétiens. Mais nous avons peine à reconnaître cette réalité et à réagir en défendant la foi chrétienne."

Pensez-vous que nous fermons les yeux ?

"Oui et je pense que les raisons en sont multiples. Beaucoup ne comprenne pas ce qu’est vraiment l’islam. Et ils créent ces slogans, que nous croyons tous au même Dieu, que nous sommes tous unis par l’amour et ainsi de suite. Ce n’est pas vrai. Une autre raison est que les chrétiens ont beaucoup négligé une vérité fondamentale : il n’y a qu’un Sauveur du monde, Jésus-Christ. Nous ne devons pas faire de prosélytisme en imposant la chrétienté, mais si nous croyons en Jésus c’est notre devoir d’en porter témoignage. Je pense aussi que ce témoignage n’est plus très fort dans les pays qui dans le passé étaient appelés chrétiens, comme les nations européennes."

Vous avez récemment écrit un livre, « Espoir pour le monde : Unir toutes choses en Christ », qui parle aussi de l’islam.

"L’islam est une menace dans le sens, que pour un vrai musulman, Allah doit gouverner le monde. Le Christ dans l’Évangile a dit de rendre à César ce qui est à César. Au contraire la religion islamique qui se base sur le loi du Coran veut gouverner dans le pays où se trouvent les musulmans. Tant qu’ils sont une minorité, ils ne peuvent pas insister, mais quand ils deviennent la majorité ils doivent appliquer la charia. Aujourd’hui il y a des enclaves, des quartiers entiers, en Europe où de fait le régime musulmans s’impose.

Vous vous référez à Molenbeek, aux banlieues, aux quartiers en Angleterre et dans les pays du Nord, à des villages de Bosnie. Est-ce qu’ils représentent l’échec des tentatives d’intégration ?

C’est un échec parce qu’il s’agit d’un État dans l’État. Le problème c’est que les musulmans travaillent à leur expansion. Toute l’histoire de la présence islamique en Europe est une tentative de la conquérir. Nous avons à peine célébré le 8 septembre la victoire des chevaliers de Malte après trois mois de siège par les musulmans en 1565. Malte aurait été leur tremplin de lancement vers l’Europe.

Sur les murs de Syrte, ex-bastion des drapeaux noirs en Libye, il y avait de nombreuses inscriptions sur la conquête de Rome par l’État islamique.

C’est une danger réel. L’islam se réalise dans la conquête. Et quelle est la conquête la plus importante par rapport aux chrétiens ? Rome.

En Syrie et en Irak, les chrétiens risquent-ils de disparaître ?

Certainement. Il existe un plan pour les déraciner. Les pays soi-disant chrétiens insistent sur la liberté religieuse pour toutes les religions, mais dans certaines nations musulmanes on ne peut même pas construire une église ou professer son credo en public.

Contre l’État islamique faut-il intervenir militairement ?

Il faut l’arrêter avec les justes moyens mis à notre disposition en les considérant des criminels de la pire espèce.

Notre journal a lancé une campagne avec le soutien de ses lecteurs pour raconter la tragédie actuelle des chrétiens. Qu’en pensez-vous ?

J’apprécie ce que Il Giornale est en train de faire pour faire connaître la persécution des chrétiens. Le vrai service des médias n’est pas de répéter les choses qui plaisent à la majorité, mais de chercher la vérité des faits. Aux États-Unis, mais pas seulement, les gens n’entendent jamais une voix différentes, à contre-courant.

L’immigration est-elle une ressource ou un danger ?

J’ai entendu plusieurs fois des islamistes qui expliquaient : ce que nous n’avons pas réussi à faire avec les armes dans le passé nous sommes en train de le faire avec la natalité et l’immigration. La population est en train de changer. Si on continue ainsi, dans des pays comme l’Italie, la majorité sera musulmane.

Si c’est ainsi est-ce parce que nous sommes trop faibles ?

Tout cela arrive à cause de la corruption de l’Occident. Il n’y a plus de familles suffisamment nombreuses. De manière passive, nous acceptons des praxis qui sont contraires à la loi naturelle comme l’avortement ou les soi-disant mariage entre personnes de même sexe. C’est la démonstration que nous ne sommes plus forts dans la foi. Et une proie facile pour la conquête.

Vous êtes américain. Vladimir Poutine, le président russe, ex-officier du KGB, est-il une menace ou l’ultime défenseur des valeurs traditionnelles ?

Je suis très satisfait de sa défense de la vie et de la famille, que Dieu a créé dès le début avec un homme et une femme. Nous ne pouvons pas nier à une personne comme Poutine la conversion. C’est possible qu’aujourd’hui il ait compris ce qu’il ne comprenait pas il y a 30 ans (au temps du KGB, ndlr). »

[Via MPI]

Posté le 4 octobre 2016 à 11h24 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

01 septembre 2016

Le pape crée un Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral

Voici le Motu Proprio publié hier :

Unknown-40"Dans tout son être et par tout son agir, l’Église est appelée à promouvoir le développement intégral de l’homme à la lumière de l’Évangile. Ce développement se réalise à travers le soin que l’on porte aux biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création. Le Successeur de l’Apôtre Pierre, dans son action en faveur de l’affirmation de ces valeurs, adapte continuellement les organismes qui collaborent avec lui, afin qu’ils puissent mieux correspondre aux exigences des hommes et des femmes que ces organismes sont appelés à servir.

Par conséquent, dans le but de mettre en œuvre la sollicitude du Saint-Siège dans les domaines sus mentionnés, et aussi dans les domaines qui touchent la santé et les œuvres de charité, j’institue le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral. Ce Dicastère sera particulièrement compétent pour les questions qui concernent les migrations, les personnes dans le besoin, les malades et les exclus, les personnes marginalisées et les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles, les détenus, les chômeurs et les victimes de toute forme d’esclavage et de torture. 

Dans le nouveau Dicastère, régi par les Statuts que j’approuve en ce jour ad experimentum, seront regroupées, à partir du 1erjanvier 2017, les compétences des Conseils pontificaux actuels suivants : le Conseil Pontifical Justice et Paix, le Conseil Pontifical Cor Unum, le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, et le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Services de Santé. A la date sus indiquée, ces quatre Dicastères cesseront leurs fonctions et seront supprimés, et les articles 142 à 153 de la Constitution Apostolique Pastor Bonus seront abrogés. 

J’ordonne que tout ce qui a été décidé par cette présente Lettre Apostolique sous forme de Motu proprio, ait pleine et stable valeur, nonobstant toute chose contraire même digne de mention particulière, et soit promulgué par publication dans l’Osservatore Romano, et publié dans les ActaApostolicae Sedis, entrant en vigueur le 1er janvier 2017."

Un préfet a été nommé, le cardinal ghanéen Peter Turkson (photo), actuel président de Justice et Paix. Avec un secrétaire et au moins un sous-secrétaire, il supervisera trois commissions centrées sur la charité, l’écologie et les opérateurs sanitaires. Une section sera spécifiquement consacrée aux phénomènes migratoires et c’est le Pape en personne qui la conduira ad tempus, de manière provisoire.

Posté le 1 septembre 2016 à 08h14 par Michel Janva | Lien permanent

26 août 2016

Les contacts entre le Saint-Siège et la Chine se poursuivent

Dans un entretien publié le 24 août par le quotidien de la conférence épiscopale italienne Avvenire, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Vatican, souhaite que soit trouvées « des solutions réalistes » pour un accord entre la Chine et le Saint-Siège, sans relations diplomatiques depuis 1951.

Images-15« Les contacts entre le Saint-Siège et la Chine continuent dans un esprit de bonne volonté des deux parties ». « Le cheminement de la connaissance et de la confiance réciproque demande du temps, de la patience et de la clairvoyance de la part des deux parties ».

« Ce qui tient particulièrement à cœur au Saint-Siège, c’est que les catholiques chinois puissent vivre positivement leur appartenance à l’Église et, en même temps, être de bons citoyens et contribuer à renforcer l’harmonie dans la société chinoise entière ».

Concernant la situation des deux communautés catholiques chinoises communément appelées Eglise « officielle » et Eglise « clandestine », il affirme que ne sont pas « deux Églises différentes », mais « deux communautés toutes les deux désireuses de vivre en pleine communion avec le Successeur de Pierre ».

« Chacune d’elles porte avec elle le bagage historique de moments de grand témoignage et de souffrance ». « Le souhait du Saint-Siège est de voir, dans un futur pas trop éloigné, ces deux communautés se réconcilier, s’accueillir, donner et recevoir la miséricorde pour une annonce commune de l’Évangile ». « Le pape François a à cœur que les tensions et les divisions du passé soient dépassées pour pouvoir écrire une page nouvelle de l’histoire de l’Église en Chine. »

Le 4 août, le cardinal John Tong Hon publiait un texte en anglais et en chinois sur le Sunday Examiner et le Kung Kao Po, les deux journaux du diocèse de Hongkong. Intitulé « La communion de l’Eglise en Chine avec l’Eglise universelle », le texte semble s’adresser autant aux catholiques de Chine qu’aux dirigeants chinois. Celui qui a succédé en 2009 au cardinal Zen à la tête du diocèse de Hongkong propose ses réponses aux questions suivantes : 

« Pourquoi le Saint-Siège persiste-t-il avec insistance à dialoguer avec le gouvernement chinois plutôt qu’à l’affronter ? Que signifie la communion entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle ? Sur quels critères les évêques des Eglises locales en Chine continentale devraient-ils être nommés ? Quel est le rôle de ce qui tient lieu aujourd’hui de Conférence des évêques catholiques en Chine ? Quelle(s) relation(s) cette dernière entretient-elle avec les diocèses ? ».

Sur ces questions, le cardinal Zen ne cache pas son pessimisme. Dans son texte, le cardinal Tong écrit notamment que 

« bien que les termes précis d’un accord [entre la Chine et le Saint-Siège] n’ont pas encore été rendus public, nous croyons que le pape François, en tant que protecteur de l’unité et de la communion de l’Eglise universelle, n’acceptera pas un texte qui nuirait à l’intégrité de la foi de l’Eglise universelle ou à la communion entre l’Eglise catholique en Chine et l’Eglise universelle ».

Le 25 juillet, alors que les jeunes catholiques du monde entier se réunissaient à Cracovie pour les 31e Journées mondiales de la jeunesse, à l’aéroport de Pékin, les autorités ont fait stopper un avion qui roulait déjà sur le tarmac pour s’envoler vers la Pologne. Elles en ont fait descendre une cinquantaine de jeunes catholiques chinois pour « violation de la réglementation sur les voyages à l’étranger », avant de les renvoyer dans leurs foyers avec interdiction de parler aux médias.

Posté le 26 août 2016 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

17 août 2016

Le pape François institue un dicastère pour les laïcs, la famille et la Vie

Le Motu Proprio Sedula Mater publié ce matin marque une nouvelle étape dans le processus de réforme de la Curie romaine. Il fait suite à l’institution des dicastères pour l’Économie, en février 2014, et pour la Communication en juin 2015.

Les statuts de ce Dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie avaient été approuvés le 4 juin dernier. Il aura pour vocation de promouvoir le sacrement du mariage et la protection de la vie, tout en proposant un accompagnement pour les couples en difficulté ou pour les femmes ayant avorté.

Le Pape précise dans un court texte de présentation :

«Nous désirons offrir soutien et aide» aux familles, afin qu’elles soient «un témoignage actif de l’Évangile dans notre temps et expression de la bonté du Rédempteur»

«L’Église, mère attentionnée, a toujours, au long des siècles» pris soin des «laïcs, de la famille et de la vie, en manifestant l’amour du Sauveur miséricordieux envers l’humanité».

Le préfet de ce nouveau dicastère sera Mgr Kevin Farell, 69 ans, ancien légionnaire du Christ, un évêque américain d’origine irlandaise. Il était évêque de Dallas depuis 2007, après avoir été évêque auxiliaire de Washington durant six ans. D’autres nominations devraient suivre, secrétaires, sous-secrétaires et consulteurs.

Ce nouveau dicastère crée quelques autres changements au sein de la Curie romaine. Mgr Vincenzo Paglia, qui était président du Conseil pontifical pour la Famille, devient président de l’Académie pontificale pour la Vie et Grand Chancelier de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur les études sur le mariage et la famille, dont le président sera un autre prélat italien, Mgr Pierangelo Sequeri, qui jusqu’à présent dirigeait la Faculté théologique de Milan.

Le cardinal polonais Stanislaw Rylko, qui présidait le Conseil pontifical pour les Laïcs, n’a pas encore de nouvelle affectation précise mais il devrait être nommé archevêque de Cracovie.

Posté le 17 août 2016 à 15h05 par Michel Janva | Lien permanent

12 août 2016

Le Vatican lance un site internet sur l’éducation sexuelle des jeunes

Le Vatican a lancé récemment un site internet sur l’éducation sexuelle des jeunes, intitulé “le lieu de la rencontre“. Avec cette citation en exergue :

« Il est difficile de penser l’éducation sexuelle, à une époque où la sexualité tend à se banaliser et à s’appauvrir. Elle ne peut être comprise que dans le cadre d’une éducation à l’amour, au don de soi réciproque ». Pape François, Amoris Laetitia 280

L’initiative est promue par le Conseil pontifical pour la famille, avec la contribution de Mgr Mario Iceta, évêque de Bilbao (Espagne) et président de la sous-commission pour la famille et la défense de la vie de la conférence épiscopale espagnole.

Le site est disponible en cinq langue. Il se base sur une métaphore générale, celle de la tente de camping, et se divise ensuite en 6 unités (tente, tige et bâtons, piquets, etc.). Chaque unité propose des fiches pour l’enseignant et pour l’élève. Cette formation, qui s’appuie aussi sur une liste d’extraits de films, a pour but de proposer “un itinéraire d’éducation à l’amour qui aide les jeunes à découvrir la beauté du don de soi réciproque et la recherche du bonheur à travers le don du corps et de l’esprit“, est-il expliqué en introduction. Extrait de la 1ère fiche :

Dieu origine et destin des hommes. Il s’agit du premier pas de l’itinéraire que nos jeunes réaliseront. Apprendre à se mesurer, à se définir en tant que personne, à partir de l’observation, de l’émerveillement et de leur propre expérience. En connaissant et en conduisant leur propre intelligence, leur propre volonté, leurs propres désirs et leurs propres sentiments, et leur propre spiritualité. En acceptant leur propre corps et en le reconnaissant comme expression personnelle, où sont gravés l’origine et le destin de chaque homme et de chaque femme.

  • Les questions les plus importantes sur la signification de la vie et de notre être.
  • La condition de créature rapportée à Dieu.
  • La condition d’enfant, comme condition fondamentale de tout être humain.
  • Chaque être humain est unique et irremplaçable.
  • L’être humain est composé d’une âme spirituelle et d’un corps.
  • La croissance et la maturation du corps.
  • La double condition du corps humain : nous avons un corps et nous sommes un corps.
  • Le corps comme expression de ma personne : la découverte de la signification de notre vie à travers notre corps.
  • La découverte du langage objectif inhérent au corps humain.
  • La découverte du corps humain, comme corps d’une personne essentiellement orienté à l’amour.
  • Le corps, élément inaliénable de l’amour humain.
  • Le corps comme lieu d’insertion et d’expression de notre propre identité.
  • La puberté comme parcours de maturation personnelle et sociale, orientée à la plénitude personnelle. La plénitude personnelle consiste à apprendre à savoir aimer et à être aimé.

Posté le 12 août 2016 à 11h27 par Michel Janva | Lien permanent

08 août 2016

Accord entre la Chine et le Saint-Siège

Dans un long texte publié dans l’hebdomadaire diocésain de Hong Kong, le cardinal de Hong Kong Mgr John Tong revient sur l’accord concernant le processus de nomination des évêques en Chine signé entre la Chine et le Vatican.

Intitulé « Communion de l’Église de Chine avec l’Église universelle ", ce texte indique qu'en février dernier un premier « accord de travail » prévoyait que le pape sélectionnerait lui-même un nom sur une liste de personnalités agréées proposée par la Chine. Plusieurs listes seraient déjà en attente sur le bureau du pape pour choisir un évêque dans plusieurs diocèses vacants.

On ne sait pas clairement quel pourra être le destin de certains évêques clandestins reconnus par Rome mais non par Pékin. À l’inverse, l’accord ne dit rien sur l’avenir des évêques illégitimes élus par Pékin et que Rome ne reconnaît pas. Enfin, on ne sait pas ce qu’il pourrait advenir si aucun des noms proposés par Pékin n’est acceptable pour le pape.

Le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong, Kong, s’est toujours montré très réservé sinon très critique à l’égard du moindre accord. À ses yeux, on ne peut pas faire confiance au régime communiste de Pékin et il redoute qu’une reprise des relations diplomatiques entre Rome et Pékin ne se fasse qu’en sacrifiant certains dogmes et les nombreux fidèles, prêtres et évêques de l’Église souterraine chinoise qui n’a jamais voulu faire le moindre compromis avec le régime. Les catholiques chinois

« vivent dans la crainte (…) ; j’ai des contacts quotidiens avec eux et peux dire qu’ils ont peur d’un accord entre le Vatican et la Chine ».

« Je ne sais pas comment on peut être optimiste en ce moment ! Il n’y a aucune raison, c’est sans fondement » « Pour cela, il faudrait que les Chinois cèdent beaucoup de terrain. C’est impossible. Pourquoi cèderaient-ils après avoir tout conquis ? Ils veulent encore plus. Ils viennent parler pour obtenir davantage, pas pour céder. Penser qu’ils viennent vraiment pour négocier est irréaliste. »

En mai dernier, dans un entretien à Famille Chrétienne en partenariat avec Églises d’Asie, il avait réagi négativement aux propos « admiratifs » du Pape envers la Chine, dans une interview accordée au site Asia Times (Hong Kong), mais sans jamais aborder la situation des catholiques dans le pays et la question de la nomination des évêques par Rome :

« Tout le monde admire les efforts déployés par le Pape. Il fait preuve de tant de bonne volonté. (…) Mais j’ai été déçu car la religion a été exclue du champ de l’interview : comment imaginer interviewer le Pape et ne pas parler de religion ? »

Posté le 8 août 2016 à 11h34 par Michel Janva | Lien permanent

12 juillet 2016

45 théologiens, philosophes et pasteurs ont remis à Rome une critique d'Amoris laetitia

Un groupe de 45 théologiens, philosophes et pasteurs d’âmes de différentes nationalités ont remis ces derniers jours au Cardinal Angelo Sodano, Doyen du Sacré Collège, une forte critique de l’Exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia. Dans les prochaines semaines le document, en diverses langues, sera envoyé aux 218 Cardinaux et aux Patriarches des Églises Orientales, leur demandant d’intervenir auprès du Pape François pour retirer ou corriger les propositions erronées de ce document. 

Décrivant l’exhortation comme contenant «une série d’affirmations qui peuvent être comprises dans un sens contraire à la foi et à la morale catholique», les signataires ont présenté avec cet appel une liste de censures théologiques applicables au document, en spécifiant «la nature et le degré des erreurs qui pourraient être imputées à Amoris laetitia».

Parmi les 45 signataires figurent des prélats catholiques, des chercheurs , des professeurs, des auteurs et prêtres de différentes universités pontificales, séminaires, collèges, instituts théologiques, ordres religieux et diocèses du monde entier.  Ils ont demandé au Collège des Cardinaux que, dans leur rôle de conseillers officiels du pape, ils adressent au Saint Père la demande de rejeter

«les erreurs listées dans le document, de manière définitive et finale et d’affirmer avec autorité qu’Amoris lætitia n’exige pas qu’aucune d’elles soient crue ou considérée comme pouvant être vraie». 

Le porte-parole des auteurs de cet appel, Joseph Shaw, déclare :

«Nous n’accusons pas le pape d’hérésie, mais nous estimons que de nombreuses propositions d’Amoris Lætitia peuvent être interprétées comme hérétiques sur la base d’une simple lecture du texte. Des affirmations ultérieures tomberaient sous d’autres censures théologiques précises, telles que, notamment, “scandaleuse”, “erronée dans la foi” et “ambiguë”».

Le code de Droit Canon de 1983 affirme que

«de façon proportionnée à leur science, compétence et au prestige dont ils jouissent, ils [les fidèles] ont le droit, et même parfois aussi le devoir, de manifester aux Pasteurs sacrés leur pensée sur ce qui regarde le bien de l’Eglise, et de la faire connaître aux autres fidèles» (CIC, can. 212 §3).

Le document de 13 pages cite 19 passages de l’exhortation qui seraient contraires aux doctrines catholiques. Selon les auteurs, l’imprécision ou l’ambiguïté de nombreuses affirmations d’Amoris laetitia permettent des interprétations dont la signification naturelle semble être contraire à la foi ou à la morale. C’est pourquoi le porte-parole a déclaré :

«C’est notre espoir qu’en demandant à notre Saint Père une condamnation définitive de ces erreurs nous puissions aider à dissiper la confusion qu’Amoris Laetitia a déjà provoquée chez les pasteurs et les fidèles laïcs. Une telle confusion ne peut en effet être efficacement dissipée que par une affirmation explicite de l’authentique enseignement catholique de la part du Successeur de Pierre».

Posté le 12 juillet 2016 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

Liturgie : pas de "réforme de la réforme"

En réponse à l'appel du Cardinal Sarah à célébrer la messe ad orientem, le père Federico Lombardi fait une mise au point :

"Dans un communiqué publié en fin de journée, deux jours après que le pape François ait reçu en audience le cardinal Sarah, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège rectifie des propos prononcés par le cardinal guinéen lors d’une conférence à Londres : « certaines de ses expressions ont été mal interprétées, comme si elles annonçaient de nouvelles indications différentes de celles qui ont été données jusqu’alors dans les normes liturgiques et dans les paroles du pape sur la célébration face au peuple et sur le rite ordinaire de la messe ».

Durant cette conférence très médiatisée, le 5 juillet, le chef du dicastère de la liturgie a proposé aux prêtres, à partir de l’Avent prochain, de célébrer vers l’orient, ce qui signifie concrètement, d’après l’orientation des églises, célébrer dos à l’assemblée.

Le père Lombardi précise donc qu’aucune nouvelle directive liturgique n’est prévue pour l’Avent et que les indications générales du Missel romain, qui contient les normes relatives à la célébration eucharistique, sont « toujours pleinement en vigueur ». On lit ainsi au n.299 : « Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer face au peuple. On lui donnera l’emplacement qui en fera le centre où converge spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles ».

Si le cardinal Sarah « s’est toujours préoccupé de la dignité de la célébration de la messe », le « porte-parole » du Saint-Siège rappelle par cette note que c’est au pape qu’il revient de décider des normes liturgiques. Deux jours plus tôt, en recevant le cardinal guinéen, le pape François s’est d’ailleurs exprimé en ce sens, assure le père Lombardi. Pas de « réforme de la réforme » à l’ordre du jour en matière de liturgie, ajoute-t-il.

En outre, « lors de sa visite au dicastère, le pape François a rappelé expressément que la forme “ordinaire” de la célébration de la messe est celle prévue par le Missel promulgué par Paul VI, tandis que (la forme) “extraordinaire”, qui a été permise par le pape Benoît XVI selon (…) les modalités expliquées dans le Motu Proprio Summorum Pontificum, ne doit pas prendre la place de la forme “ordinaire” »."

Posté le 12 juillet 2016 à 11h32 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 juillet 2016

Réorganisation de la communication du Saint-Siège

Images-5Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, 73 ans, a donné sa démission qui a été acceptée par le Pape François. Le voyage du Pape François en Pologne à l’occasion des JMJ sera sa dernière occasion de collaborer étroitement avec les journalistes qui suivent l’actualité du Pape et de l’Église. A partir du 1er août il sera remplacé par Greg Burke, son actuel bras droit. Ce dernier sera à son tour remplacé par la journaliste espagnole Paloma Garcia Ovejero.

Greg Burke, 57 ans, numéraire de l’Opus Dei, travaille à Rome depuis plus de vingt-cinq ans. D’abord correspondant du National Catholic Register, il travailla ensuite pour Fox News, la chaine d’info américaine si décriée par la bien-pensance française. En 2012, il devint consultant en communication de la Secrétairerie d’État. Depuis le 21 décembre, il occupait le poste de numéro deux de la salle de presse.

A ses côtés, Paloma Garcia Ovejero, 41 ans, journaliste à Rome depuis 2012 pour la radio espagnole Cadena Cope, la radio des évêques espagnols et pour d’autres médias.

Un Américain et une Espagnole : choix effectué au regard de l’importance des langues anglaise et espagnole dans le monde catholique d’aujourd’hui.

Posté le 11 juillet 2016 à 21h38 par Michel Janva | Lien permanent

05 juillet 2016

Le procès Vatileaks touche à sa fin

Le procès « Vatileaks 2 » pour le vol et la diffusion de documents confidentiels concernant les finances du Saint-Siège a connu sa 18e audience le 4 juillet. Le promoteur de justice du Tribunal du Vatican a formulé son réquisitoire, demandant des peines de prison allant d’un an à plus de trois ans pour quatre accusés.

Les cinq inculpés étaient présents à cette audience qui se rapproche du verdict final après sept mois de procès. Il s’agit de Mgr Angel Lucio Vallejo Balda, ancien membre de la Commission préparatoire à la réforme économique et financière de la curie romaine (COSEA), deux laïcs parmi ses anciens collaborateurs, Francesca Immacolata Chaouqui et Nicola Maio, ainsi que deux journalistes italiens ayant publié des livres utilisant ces documents, Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi.

Le procureur a demandé la condamnation de Mgr Vallejo Balda et de ses deux collaborateurs pour « délit d’association criminelle » dans le but de divulguer « des documents concernant les intérêts fondamentaux de l’Etat ». Trois ans et neuf mois de réclusion, la peine la plus lourde, ont été requis à l’encontre de Francesca Chaouqui, en tant qu’« inspiratrice et responsable des conduites contestées ». Trois ans et un mois de réclusion ont été requis pour Mgr Vallejo Balda, et un an et neuf mois pour Nicola Maio.

Les journalistes sont quant à eux accusés de « concours » dans la divulgation de ces documents à travers la publication de leurs ouvrages. Le procureur a requis un an avec sursis pour Gianluigi Nuzzi et « l’absolution » d’Emiliano Fittipaldi pour « insuffisance de preuves ».

Les prochaines audiences, des 5 et 6 juillet, seront consacrées au plaidoyer des avocats de la défense.

Posté le 5 juillet 2016 à 07h52 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2016

Rome travaille à la reconnaissance canonique de la FSSPX

Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale "Ecclesia Dei", est interrogé par Radio Vatican, suite au communiqué de Mgr Fellay, publiées le 29 juin dernier en la solennité des saints Pierre et Paul :

"Comment interprétez-vous ce communiqué ?

Il ne dit rien de nouveau au regard de positions déjà bien connues de la fraternité, au sujet de la situation de l’Église aujourd’hui. Je peux éventuellement ajouter que lorsqu’on se réfère au manque de reconnaissance canonique, que la fraternité ne considère pas comme primordiale en ce moment, et bien, je peux dire que la reconnaissance canonique du Saint-Siège est une condition essentielle pour qu’une œuvre catholique soit en pleine communion ecclésiale, selon le Droit (canon). Cette reconnaissance n’existe pas encore, mais nous travaillons à cette fin.

Benoît XVI tenait beaucoup à ce travail afin de parvenir à l’unité avec la fraternité Saint-Pie X. Le Pape François est-il dans la même optique ?

Oui, absolument. Le Pape François a l’unité de l’Église à cœur, ainsi que toute ce qui peut y contribuer. Il est disponible, et cela, je le crois, a été perçu par Mgr Fellay. Mais nous ne pouvons nier qu’il reste des problèmes à résoudre, à affronter.

Donc, de la part du Saint-Siège et de votre commission Ecclesia Dei, il y a ouverture et fermeté…

La fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique. De ce point de vue, il n’y a aucun changement. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse ici de fermeté. On parle juste d’affronter les problèmes et de les résoudre, de les résoudre ensemble. L’ouverture est dans ce sens. Nous avons identifié les questions à traiter, nous sommes en train d’y travailler, il faudra du temps, ainsi qu’une disponibilité réciproque."

Posté le 1 juillet 2016 à 16h26 par Michel Janva | Lien permanent

16 juin 2016

Pour combattre l'ennemi, il faut le nommer

Yves Daoudal rejoint l'analyse de Pierre Henri sur la frilosité à désigner l'ennemi et la responsabilité de l'islam :

"L’envoyé de BFM à Magnanville parle du double meurtre « incompréhensible ». Je sais bien qu’il s’agit seulement d’un journaliste, mais il est donc censé informer les gens, et parler d’un acte « incompréhensible », c’est de la désinformation.

Et bien sûr il n’a pas inventé ce mot. Braves gens, c’est incompréhensible. Donc ne cherchez pas à comprendre. Et préparez-vous pour la prochaine et bientôt quotidienne « minute de silence ».Si vous voulez connaître quelque chose de la suite, Larossi Abbala vous en parle. Et c'est tout sauf incompréhensible."

 

"Je ne voulais pas lire la réaction du Saint-Siège à la tuerie d’Orlando, sachant qu’elle ne pouvait être que du baratin sentimental et politiquement correct – cet alignement de la communication du Saint-Siège sur les autorités mondaines rendant d’ailleurs sa voix inaudible. Pour dire des stupidités, Obama suffit.

Mais voici que j’ai vu de nouveau le texte passer devant mes yeux, et je m’y suis arrêté. Donc, il y est question d’un « terrible massacre » qui est une « nouvelle manifestation d’une folie meurtrière et d’une haine insensée », bla-bla-bla, qui suscite des sentiments « d’exécration et de condamnation, de douleur, de trouble », bla-bla-bla. Mais la suite est plus intéressante :

Nous souhaitons tous que les causes de cette violence horrible et absurde, qui trouble profondément le désir de paix du peuple américain et de toute l’humanité, puissent être déterminées et combattues efficacement et au plus vite.

Vraiment ? Alors ça ce n’est pas difficile. Les causes sont dans les livres de l’islam et dans les prêches des imams qui s’inspirent des livres de l’islam. Mais pour les combattre, il faudrait d’abord les nommer…"

Posté le 16 juin 2016 à 07h48 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

04 juin 2016

Création d'un nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Ce samedi 4 juin 2016, le Pape François a, sur proposition du conseil des cardinaux, approuvé ad experimentum, les statuts qui donneront naissance le 1er septembre prochain à ce nouveau dicastère. Il réunira les actuels conseils pontificaux pour les laïcs et pour la famille qui cesseront de fait, d’exister, les articles 131-134 et 139-141 de la constitution Pastor Bonus étant abrogés. L’Académie pour la Vie, elle, ne sera pas abrogée, mais reliée au nouveau dicastère.

Ce nouveau dicastère aura à sa tête un préfet et un secrétaire, qui pourrait être un laïc, assistés de trois sous-secrétaires, tous laïcs, et en charge des sections dédiées aux laïcs, à la famille et à la santé. Le texte officiel précise bien que ses membres seront issus du clergé, mais aussi des fidèles laïcs, hommes et femmes, célibataires ou mariés, engagés dans divers champs d’activité et venant des quatre coins du monde.

Son rôle sera de promouvoir et d’organiser des conférences internationales et autres initiatives concernant l’apostolat des laïcs, l’institution du mariage et la réalité de la famille et de la vie dans le milieu ecclésial et dans la société.

Ce dicastère encouragera la promotion des vocations et de la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde, ainsi que la conscience de la coresponsabilité pour la vie et la mission de l’Église. Il devra ainsi promouvoir la participation des laïcs au catéchisme, à la vie liturgique et sacramentelle, à l’action missionnaire, aux œuvres de miséricorde, de charité et de promotion humaine et sociale. La présence active et responsable dans les organes consultatif de l’Église doit également être soutenue.

Concernant la famille, le nouveau dicastère protègera la dignité et le bien de la famille basés sur le sacrement du mariage. Il offrira des lignes directrices sur la préparation au mariage, sur les programmes pastoraux qui soutiennent la famille dans la formation des jeunes à la vie de la foi et à la vie ecclésiale et civile, en prêtant une attention toute particulière aux pauvres et aux laissés pour compte.

Le décret précise que ce dicastère aura un lien direct avec l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, «pour promouvoir une direction commune dans les études sur le mariage, la famille et la vie».

Il soutiendra et coordonnera des «initiatives en faveur de la procréation responsable» et sur «la protection de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa fin naturelle». Il

 «encouragera les organisations et associations qui aident la femme et la famille à accueillir et à prendre soin du don de la vie, spécialement dans les cas de grossesse difficile, et à prévenir le recours à l’avortement»

Il soutiendra aussi les initiatives vouées à aider les femmes qui auraient avorté.

Enfin il est précisé que ce dicastère développera une formation «sur la base de la doctrine morale catholique et du Magistère de l’Église» sur les questions de bioéthique et de droit à la vie, notamment concernant les idéologies qui se développent concernant la vie et le genre.

Posté le 4 juin 2016 à 13h56 par Michel Janva | Lien permanent

01 juin 2016

Saint Siège : il n’existe pas de droit international à l’avortement

Lu ici :

"Lors du sommet mondial de l’ONU à Istanbul qui se déroule cette semaine, le Saint Siège a rappelé « qu’il n’existe pas de droit international à l’avortement » et il a « rejeté les propositions européennes pour créer un nouveau droit à l’avortement ». Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat du Vatican a déclaré :

« Le Saint Siège souligne qu’il n’y a pas de droit à l’avortement en vertu du droit international des droits de l’homme ou du droit international humanitaire et répète l’exhortation du Secrétaire général que les parties étatiques et non-étatiques aux conflits armés doivent s’abstenir de faire des ‘interprétations larges et litigieuses’ du droit international’ ». 

La discussion portait particulièrement sur les enfants à naître conçus à la suite de violences sexuelles lors de conflits. Selon la déclaration, ils seraient définis comme « blessure de guerre » devant être supprimée afin de « guérir » la mère. Les défenseurs de ces enfants « soulignent que l’accent  mis sur l’avortement de ces enfants rend beaucoup plus difficile l’aide qu’on voudrait leur apporter à eux, ainsi qu’à leur mère ». Ces enfants souffrent de « stigmatisation et de discrimination en raison des circonstances de leur naissance »

Enfin, le Saint Siège a encouragé « les institutions religieuses et les organisations catholiques à accompagner les victimes de viol dans les situations de crise, qui à leur tour, ont besoin d’une assistance efficace et continue tant psychologique que spirituelle et matérielle pour elles-mêmes ainsi que leurs enfants, conçus et nés de viol »."

Posté le 1 juin 2016 à 19h31 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)


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