20 octobre 2014

Les chrétiens d'Orient au coeur du Consistoire à Rome

Ce matin, le Pape a présidé le consistoire ordinaire public pour la canonisation du bienheureux Joseph Vaz, prêtre et religieux indien, fondateur du sanctuaire de la Ste.Croix de Goa (Inde), évangélisateur de la côte du Karavali (Inde) et de Ceylan (Sri Lanka), et de la bienheureuse Maria Cristina de l'Immaculée, religieuse italienne, fondatrice des Sœurs expiatrices de Jésus Sacrement.

L'ouverture du Consistoire a été consacrée au Proche et Moyen Orient et, en particulier, à la situation des chrétiens.

"Nous partageons le désir de paix et de stabilité régionale et la volonté de favoriser la résolution des conflits à travers le dialogue, la réconciliation et l'engagement politique. En même temps, nous voudrions apporter la plus grande aide possible à la communauté chrétienne pour soutenir leur présence dans la région... Nous ne pouvons nous résigner à penser à l'Orient sans les chrétiens qui, depuis deux mille ans, y confessent le nom de Jésus".

"Nous assistons à un phénomène de terrorisme aux dimensions inimaginables. Nombre de nos frères sont persécutés et ont dû quitter leur maison de manière brutale. Il semble que l'on ait perdu la conscience de la valeur de la vie humaine, que la personne ne compte pas et que l'on puisse la sacrifier pour d'autres intérêts. Tout cela, malheureusement, dans l'indifférence de beaucoup. Cette situation injuste exige, en plus de notre prière constante, une réponse adéquate, également de la part de la communauté internationale. Je suis certain qu'avec l'aide du Seigneur, des réflexions et suggestions valables sortiront de la rencontre d'aujourd'hui pour aider nos frères qui souffrent et pour trouver une issue au drame de la réduction de la présence chrétienne sur la terre où est né et de laquelle s'est diffusé le christianisme".

Posté le 20 octobre 2014 à 16h01 par Michel Janva | Lien permanent

19 octobre 2014

Le document final du synode a été profondément remanié

Le document a été publié hier soir, uniquement en italien. Le pape a déclaré que ce document servirait de "Lineamenta", de fil rouge, pour la réflexion des conférences épiscopales dans la perspective du Synode de 2015. Ce n'est donc pas un document définitif du magistère. Jeanne Smits a examiné ce document et remarque notamment les profondes différences avec le document de lundi dernier :

"Dans le document final, le n° 14 qui était l'un des plus scandaleux a été profondément remanié pour intégrer l'ensemble de la réponse du Christ sur le divorce, alors que le rapport d'étape « oubliait » de rappeler sa conclusion : « Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas. » Les n°s 14 et suivants redisent la doctrine de l'Eglise, non sans oublier la miséricorde offerte à tous, mais non sans signaler que « le repentir et la conversion sont conditions du pardon ».

La « gradualité » a disparu. Le n° 17 qui en faisait une présentation erronée a été profondément remanié pour rappeler la doctrine de l'Eglise dans Gaudium et Spes, tandis que les approfondissements apportés par Humanae vitae et plusieurs textes de Jean-Paul II font leur entrée dès le n°18. C'est d'ailleurs d'une manière générale que le texte est enrichi de rappels doctrinaux qui n'ont rien de sec ou de lourd, avec la référence fréquente à la grâce que Dieu donne pour suivre sa loi. Le rappel sur la valeur du mariage naturel (n°22) dans la mesure où il est fondé sur « la relation stable et vraie entre un homme et une femme » n'est plus une justification de ce qu'il peut y avoir de désordonné dans les unions actuelles.

Le n°24 rappelle qu'il ne peut y avoir d'autre mariage que sacramentel pour les baptisés, et que toute « rupture est contraire à la volonté de Dieu », mais ajoute que l'Eglise est conscience de la « fragilité » de ses enfants qu'il faut « accompagner avec miséricorde et patience par les possibles étapes de croissance des personnes ». Voilà qui est déjà beaucoup moins ambigu.

Le n°25, sur les unions civiles et « remariages » n'a bénéficié que de 140 votes favorables et 39 contre [...] : le fait est que le progrès par rapport au rapport d'étape est notable puisqu'il est clairement dit que l'Eglise a pour rôle d'aider les personnes à connaître « la divine pédagogie de la grâce » pour atteindre la plénitude du plan de Dieu pour elles. Le texte cite la « grâce qui est à l'œuvre » dans ces couples y compris pour qu'ils prennent soin l'un de l'autre. [...]

Le n°28 rappelle la nécessité de la conversion et la demande à la femme adultère de ne plus pécher (152 pour, 27 contre).

L'urgence de l'annonce de l'Evangile de la Vie occupe les paragraphes suivants : avec notre responsabilité qui est de semer, non de récolter, la primauté de la grâce ; et le rappel que l'enseignement de l'Eglise sur la famille est « signe de contradiction ». Cette annonce suppose une« meilleure formation » des prêtres, catéchistes, diacres… Le n°39 évoque la « chasteté » comme « précieuse condition d'une vraie croissance de l'amour interpersonnel. » Et le 40 l'assistance à la messe dominicale, si importante notamment pour les jeunes mariés.

Le n°41, évoque ceux qui ne vivent plus dans le mariage : il faut un « dialogue pastoral pour mettre en évidence les éléments de leur vie qui peuvent les conduire à une plus grande ouverture à l'Evangile de la Vie dans sa plénitude ». Avec la recherche des éléments « positifs » dans ces situations [...].

On retrouve de nouveau un large consensus contre le lobbying en faveur des droits homosexuels (n°56), et sur les questions suivantes qui traitent de la dénatalité destructrice du tissu social et du refus de la vie. Le numéro 58 parle de la « beauté de l'ouverture inconditionnelle à la vie » : « C'est sur cette base que l'on peut appuyer un enseignement adéquat sur les méthodes naturelles pour la procréation responsable », dit-il, avec la « redécouverte du message d'Humanae vitae ». Le même paragraphe rappelle la fécondité particulière du « choix de l'adoption ».

Sur l'éducation (n°60), la déclaration finale reprend les mots du rapport d'étape, mais y ajoute que « les parents peuvent choisir librement le type d'éducation à donner à leurs enfants, selon leurs convictions. » Le 61 ajoute de son côté la nécessité de la « dévotion mariale ». [...]"

Posté le 19 octobre 2014 à 15h09 par Michel Janva | Lien permanent

18 octobre 2014

Synode : 3 paragraphes du rapport final n'ont pas été adoptés

Il fallait les deux tiers pour être votés :

Posté le 18 octobre 2014 à 19h12 par Michel Janva | Lien permanent

Message final de l'assemblée synodale

Ce midi près la Salle de Presse a été présenté le message final de la III assemblée extraordinaire du Synode des évêques consacrée aux problématiques de la famille. Ont pris la parole le Cardinal Raymundo Damasceno Assis, Archevèque d'Aparecida (Brésil) et Président délégué, le Cardinal Gianfranco Ravasi, Président du Conseil pontifical pour la culture et Président de la Commission pour le message, et le Cardinal Oswald Gracias, Archevêque de Bombay (Inde). Voici le texte des pères:

"Nous, Pères synodaux réunis à Rome autour du Pape François pour l'Assemblée générale extraordinaire du Synode des évêques, nous nous adressons à toutes les familles des divers continents, et en particulier à celles qui suivent le Christ, Voie, Vérité et Vie. Nous manifestons notre admiration et notre gratitude pour le témoignage quotidien que vous nous offrez, ainsi qu’au monde, par votre fidélité, votre foi, votre espérance et votre amour. Nous aussi, pasteurs de l'Eglise, nous sommes nés et avons grandi dans des familles aux histoires et vicissitudes les plus diverses. En tant que prêtres et évêques, nous avons rencontré et avons vécu aux côtés de familles qui nous ont raconté en parole et révélé en actes toute une série de merveilles mais aussi de difficultés. La préparation même de cette assemblée synodale, à partir des réponses au questionnaire envoyé aux Eglises du monde entier, nous a permis de nous mettre à l’écoute de nombreuses expériences familiales. Notre dialogue durant les jours du Synode nous a ainsi enrichis mutuellement, nous aidant à regarder la réalité vivante et complexe dans laquelle évoluent les familles.

A vous, nous proposons cette parole du Christ: Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui. Je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Comme il le faisait durant ses pérégrinations sur les routes de la Terre Sainte, entrant dans les maisons des villages, Jésus continue à passer aussi aujourd’hui par les rues de nos villes. Dans vos foyers, vous faites l’expérience d’ombres et de lumières, de défis exaltants, mais parfois aussi d’épreuves dramatiques. L'obscurité se fait encore plus épaisse, jusqu'à devenir ténèbres, lorsque le mal et le péché s'insinuent au cœur même de la famille. Il y a, avant tout, le grand défi de la fidélité dans l'amour conjugal. L’affaiblissement de la foi et des valeurs, l'individualisme, l'appauvrissement des relations, le stress d’une frénésie qui empêche la réflexion marquent aussi la vie familiale. On assiste alors à de nombreuses crises matrimoniales, affrontées souvent de façon expéditive, sans avoir le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice. Ces échecs sont ainsi à l’origine de nouvelles relations, de nouveaux couples, de nouvelles unions et de nouveaux mariages, qui créent des situations familiales complexes et problématiques quant au choix de la vie chrétienne.

Parmi ces défis, nous souhaitons ensuite évoquer les épreuves de l’existence même. Pensons à la souffrance qui peut apparaître lorsque qu’un enfant est handicapé, lors d’une grave maladie, lors de la dégénérescence neurologique due à la vieillesse, lors de la mort d'une personne chère. La fidélité généreuse de tant de familles qui vivent ces épreuves avec courage, foi et amour est admirable, lorsqu’elles les considèrent non comme quelque chose qui leur a été arrachée ou imposée, mais comme quelque chose qui leur a été donné et qu'ils offrent à leur tour, voyant en toutes ces personnes éprouvées le Christ souffrant lui-même. Nous pensons aux difficultés économiques causées par des systèmes pervers, par le fétichisme de l'argent et par la dictature d'une l’économie sans visage et sans un but véritablement humain, qui humilie la dignité de la personne. Nous pensons aux pères et aux mères sans emploi, impuissants face aux besoins les plus élémentaires de leur famille ; et à ces jeunes qui se trouvent devant des journées désœuvrées et sans espérance, proies potentielles des dérives de la drogue et de la criminalité.

Nous pensons enfin à la foule des familles pauvres, à celles qui s'agrippent à une barque pour atteindre des moyens de survie, aux familles de réfugiés qui émigrent sans espoir à travers des déserts, à celles qui sont persécutées simplement à cause de leur foi et de leurs valeurs spirituelles et humaines, à celles qui sont frappées par la brutalité des guerres et des oppressions. Nous pensons aussi aux femmes qui subissent la violence et sont soumises à l’exploitation, à la traite des personnes, aux enfants et aux jeunes victimes d’abus même de la part de ceux qui devraient en prendre soin et les faire grandir en confiance, aux membres de tant de familles humiliées et en difficulté. «La culture du bien-être nous anesthésie et toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon. Nous faisons appel aux gouvernements et aux organisations internationales pour promouvoir les droits de la famille en vue du bien commun. Le Christ a voulu que son Eglise soit une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne. Nous sommes ainsi reconnaissants envers les pasteurs, les fidèles et les communautés prêts à accompagner et à porter les déchirures internes et sociales des couples et des familles.

Cependant, il y a également la lumière qui brille le soir derrière les fenêtres dans les maisons des villes, dans les modestes résidences des périphéries ou dans les villages et même dans les baraquements. Celle-ci brille et réchauffe les corps et les âmes. Dans les vicissitudes de la vie nuptiale des conjoints, cette lumière s'allume grâce à une rencontre. Il s'agit d'un don, d'une grâce qui s'exprime, comme le dit la Genèse, lorsque deux visages se retrouvent face à face, comme une aide qui correspond à l'autre, c'est-à-dire à la fois semblable et complémentaire. L'amour de l'homme et de la femme nous enseigne que chacun des deux a besoin de l'autre pour être soi-même, chacun demeurant pourtant différent de l'autre dans son identité qui s'ouvre et se révèle dans le don réciproque. C’est ce qu’exprime de façon suggestive la femme du Cantique des Cantiques: Mon bien-aimé est à moi, et moi, je suis à lui. Je suis à mon bien-aimé, mon bien-aimé est à moi. Pour que cette rencontre soit authentique, le cheminement commence avec le temps des fiançailles, temps de l'attente et de la préparation. Il s'actualise pleinement dans le sacrement du mariage où Dieu appose son sceau, sa présence et sa grâce. Ce chemin passe aussi par la sexualité, la tendresse, la beauté, qui perdurent même au-delà de la vigueur et de la fraîcheur de la jeunesse. De par sa nature, l'amour tend à rimer avec toujours, jusqu'à donner sa vie pour la personne qu'on aime. A cette lumière, l'amour conjugal, unique et indissoluble, persiste malgré les nombreuses difficultés des limites humaines, c’est l’un des plus beaux miracles, bien qu’il soit aussi le plus commun. Cet amour se déploie au travers de la fécondité qui n'est pas seulement procréation mais aussi don de la vie divine dans le baptême, éducation et catéchèse des enfants. Il s'agit aussi d'une capacité à offrir la vie, de l'affection et des valeurs. Cette expérience est possible même pour ceux qui n'ont pu avoir d'enfant. Les familles qui vivent cette aventure lumineuse deviennent pour tous un témoignage, en particulier pour les jeunes.

Durant ce cheminement, qui s'avère parfois un sentier ardu avec ses difficultés et ses chutes, on retrouve toujours la présence et l'accompagnement de Dieu. La famille en fait l'expérience dans l'affection mutuelle et le dialogue entre époux et épouse, entre parents et enfants, entres frères et sœurs. Elle le vit aussi en se mettant ensemble à l’écoute de la Parole de Dieu et en partageant la prière commune, petite oasis spirituelle à mettre en place à un moment chaque jour. Il y a aussi l'engagement quotidien de l'éducation à la foi, à la beauté de la vie évangélique et à la sainteté. Ce devoir est souvent partagé et exercé avec beaucoup d'affection et de dévouement aussi par les grands-parents. Ainsi la famille se présente comme une authentique Eglise domestique, qui s'ouvre sur cette famille de familles qu'est la communauté ecclésiale. Les époux chrétiens sont alors appelés à devenir des maîtres dans la foi et dans l'amour également auprès des jeunes couples. Il y a ensuite une autre expression de la communion fraternelle, celle de la charité, du don, de la proximité auprès des laissés pour compte, des marginalisés, des pauvres, des personnes seules, des malades, des étrangers, des familles en crise, gardant en mémoire la parole du Seigneur: Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir. Il s'agit d'un don de biens partagés, de présence, d'amour et de miséricorde et aussi d’un témoignage de vérité, de lumière, de sens donné à la vie. Le sommet qui recueille et récapitule tous ces liens de la communion avec Dieu et le prochain est l'Eucharistie dominicale, lorsque, avec toute l’Eglise, la famille prend place à la table du Seigneur. Lui-même se donne à nous tous, pèlerins de l'histoire en route vers la rencontre ultime lorsque le Christ sera tout en tous. Pour cela, dans la première étape de notre chemin synodal, nous avons réfléchi à l’accompagnement pastoral et à la question de l’accès aux sacrements des personnes divorcées-remariées.

Nous, pères synodaux, vous demandons de cheminer avec nous vers le prochain synode. Que demeure sur vous la présence de la famille de Jésus, Marie et Joseph réunis dans leur modeste maison. Ensemble, tournés vers la Famille de Nazareth, faisons monter vers notre Père à tous notre invocation pour les familles de la terre:

Père, donne à toutes les familles la présence d'époux courageux et remplis de sagesse, qui soient source d'une famille libre et unie.

Père, donne aux parents d'avoir une maison où vivre dans la paix avec leur famille.

Père, donne aux enfants d'être signes de confiance et d'espérance, et aux jeunes le courage de l’engagement stable et fidèle.

Père, donne à tous de pouvoir gagner leur pain de leurs propres mains, de jouir de la sérénité d’esprit et de garder allumé le flambeau de la foi même dans les moments d'obscurité.

Père, donne-nous de voir fleurir une Eglise toujours plus fidèle et crédible, une cité juste et humaine, un monde qui aime la vérité, la justice et la miséricorde".

Posté le 18 octobre 2014 à 14h37 par Michel Janva | Lien permanent

17 octobre 2014

On ne peut pas savoir ce qu’il va ressortir des travaux du synode en général

Le cardinal Vingt-Trois répond à Aleteia. Extraits :

"Dans l’état actuel des travaux du synode, peut-on dire, comme certains médias l’affirment actuellement, que l’on s’achemine vers une ouverture, dans certains cas, de la communion aux divorcés remariés ?

Aujourd’hui, on ne peut rien dire de tel. On ne peut pas savoir non plus ce qu’il va ressortir des travaux du synode en général à ce sujet. Le travail du synode vient juste de commencer (ndlr : le synode extraordinaire de cette année sera suivi par un synode ordinaire en octobre 2015). Par ailleurs, le synode des évêques est un organe de réflexion et de proposition. Il n’a aucun pouvoir de décision. Il faudra attendre 2015 et l’exhortation apostolique du Pape pour avoir la réponse à cette question. [...]

Pour beaucoup de divorcés qui vivent une seconde union, le première question n’est pas celle de la communion, mais celle d’une souffrance, d’une culpabilité, qu’ils ne peuvent exprimer nulle part. Ils se demandent : Pourquoi mon mariage a-t-il échoué ? Quelle est ma part de responsabilité ? Le chemin est d’abord de faire la lumière là-dessus. Ensuite, on peut comprendre que pour diverses raisons (ndlr : des enfants nés de cette seconde union en particulier), certains ne puissent pas revenir en arrière. La question est alors : comment vit-on son baptême ? Quand les divorcés remariés sont des baptisés : comment vivent-ils leur baptême ? Quels moyens mettent-ils en oeuvre ? Le premier moyen n’est pas forcément la communion. Les divorcés remariés ne peuvent pas communier parce qu’on ne peut pas dire qu’on rompt la communion d’un côté et que de l’autre, on est dans la communion. Mais cette rupture n’empêche pas d’essayer de vivre la grâce du baptême. Et ce n’est pas parce qu’on ne peut pas communier qu’on ne peut pas progresser vers la sainteté. Il existe beaucoup d’autres moyens : se mettre au service des autres, combattre pour la justice etc."

Posté le 17 octobre 2014 à 12h23 par Michel Janva | Lien permanent

16 octobre 2014

Synode : "n’ayons ni l’esprit dur avec un cœur sec, ni le cœur tendre avec un esprit mou"

PmgLe message du père Jean-Michel Garrigues dans Famille Chrétienne est clair :

"« Avoir l’esprit dur et le cœur tendre. » Cette parole bien connue deMaritain à Cocteau, qui hantait l’héroïque Sophie Scholl en 1943 avant son exécution dans une prison nazie, me venait à l’esprit en constatant dans les médias la dialectique désastreuse dans laquelle les catholiques nous risquons de nous laisser enfermer dans le débat passionné suscité par le rapport du cardinal Erdö au Synode. À ce sujet, j’ai envie de filer la métaphore de Maritain et de dire à mon tour aux catholiques : n’ayons ni l’esprit dur avec un cœur sec, ni le cœur tendre avec un esprit mou. Car c’est bien ces deux attitudes qui tendent aujourd’hui à s’affronter dans une dialectique stérile.

Les tenants de la ligne « pastorale » semblent trop souvent ne pas juger nécessaire que le Synode rappelle encore une fois les vérités fondamentales, naturelles et surnaturelles, tenues et enseignées par le Magistère jusqu’aux derniers papes. Ils les déclarent suffisamment connues et même trop ressassées par le passé ; mais on voit percer dans leur discours qu’en fait ils les trouvent gênantes parce que, jugées « trop théoriques », elles entravent l’attitude compassionnelle et pédagogique de la démarche pastorale. De ce fait, ils sont soupçonnés de faire le lit du relativisme par les tenants de la ligne « doctrinale ».

Ceux-ci ont tellement peur que l’Église abandonne ces vérités fondamentales, surtout dans le contexte dissolvant de notre société occidentale, qu’ils ne veulent pas que le Magistère, en se penchant sur l’immense profusion de cas personnels souvent limites, en vienne à affaiblir la certitude des principes dans l’âme des fidèles. Ils sont soupçonnés par les autres de formalisme idéaliste et déconnecté de la vie et de la souffrance des hommes.

Je voudrais dire aux uns et aux autres que seule la vision binoculaire nous donne la perception du réel avec son relief concret. Dans l’esprit humain les deux yeux de la vision binoculaire correspondent à l’intelligence et au cœur dont parlait Maritain" (suite).

Posté le 16 octobre 2014 à 23h17 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

Synode : Beaucoup de bruits pour rien

Bon article de Théophane le Méné : 

"Les féministes se sont-elles réjouies lorsque Jorge Mario Bergoglio a affirmé que l'Eglise était obsédée par l'avortement tandis que les pro-life exultaient qu'il se rende à la marche pour la vie à Rome; les militants homosexuels ont apprécié que le souverain Pontife se refuse à les juger et les opposants au mariage homosexuel qu'il dénonce ce projet comme «une tentative pour détruire les intentions de Dieu» ; la gauche s'est félicitée que l'homme en blanc confesse ne jamais avoir été de droite et la droite lui a su gré de reconnaître qu'il n'était pas marxiste… En clair, tout le monde a vu midi à sa porte et chacun se demande désormais, entre conservatisme et progressisme, où les conduit le pape François. N'est-ce pas aussi cela l'universalisme de l'Eglise?

Depuis quelques jours, le Vatican est à nouveau au cœur du débat. La publication d'un document de travail établi à mi-chemin de la première session du Synode sur la famille remet le feu aux poudres. La nouvelle réalité de la famille postmoderne et la volonté de l'Eglise de réconcilier vérité et miséricorde, en laissant une grande liberté de parole dans la réflexion engagée, laissent les uns crier à la victoire et les autres hurler à la trahison. L'exploitation médiatique est à son comble et use de la méthode Coué en n'hésitant pas à caricaturer le message millénaire de l'Eglise, tout en érigeant le pape François en nouvelle égérie d'une tolérance qui ne s'appliquerait pas à tolérer l'intolérance (...)

Mais gageons que cette période de grâce n'est que provisoire. Vous avez adoré l'aimer, vous aimerez probablement le détester. Car rien de ce qui existait auparavant du point de vue dogmatique ne devrait changer. Et tout ce qui confortait jusque-là la bourgeoisie avide de privilèges dans un vernis catholique sera chassé du temple. Parions que le pape déplaira autant à ceux qui se veulent socialistes mais qui ne le sont pas qu'à ceux qui aiment trop l'argent".

Posté le 16 octobre 2014 à 21h59 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

La Relatio post Disceptationem révisée entièrement

Communiqué du Saint-Siège suite à la 12e congrégation générale du synode :

"La douzième Congrégation générale, qui s'est tenue ce matin en présence du Saint-Père, a vu la présentation des rapports des dix Circuli Minores: trois en anglais, deux en espagnol, deux en français, trois en italien. Ces textes proposent une évaluation de la Relatio post Disceptationem, document provisoire de mi-parcours synodal, ainsi que propositions pour la Relatio Synodi, document final définitif. Bien qu'elle ait été légitime, on a mis en doute l'opportunité de publier la RDP car ce document de travail ne présente pas l'opinion partagée par les pères synodaux. Saluant les efforts déployés comme le contenu de ce textes, les groupes linguistiques ont exposé leurs suggestions.

On a d'abord souligné que la RDP regroupait les préoccupations des familles en crise, sans toucher plus largement au message de l'Evangile de la famille, au fait que la mariage est un sacrement d'union indissoluble entre un homme et une femme, et que de très nombreux couples y croient toujours. C'est pourquoi la RS devra contenir un fort encouragement et soutien de l'Eglise à l'institution familiale. Dans ce sens il est essentiel de mieux exposer la doctrine du mariage comme don de Dieu. On a suggéré d'inclure dans la RS des éléments qui ne figurent pas dans la RDP comme l'adoption, pour lesquelles il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. Il convient aussi d'être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne.

Quant aux situations difficiles, les Circuli ont rappelé que l'Eglise doit être un espace de compréhension pour tous, de manière à ce que personne ne se sente exclu. Pour éviter toute confusion, des approximations comme des euphémismes, il faut être très clairs sur la loi de gradualité qui ne doit pas devenir gradualité de la loi. Certains se sont dits perplexes du rapprochement fait avec la paragraphe 8 de Lumen Gentium car il risque de faire croire à une volonté de l'Eglise de légitime les situations familiales irrégulières, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. D'autres ont exprimé le voeu d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser. Pour ce qui est de l'accès des divorcés remariés à la communion, on souhaite que la doctrine demeure ce qu'elle est tout en envisageant des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Ceci, à des conditions précises. Il faudrait soumettre la question à une commission inter-disciplinaire. Il faudrait également être plus attentifs aux divorcés non remariés, qui sont souvent des témoins héroïques de la fidélité conjugale. Les procédures de reconnaissance de la nullité ou de la validité doivent être accélérées. Et il faut que les enfants soient considérés non comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal. On a recommandé une meilleure orientation christocentrique du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Evangile. Sans qu'on puisse définir mariage l'union homosexuelle, les personnes impliquées doivent être suivis pastoralement et leur dignité respectée. Il ne doit pas être question d'une approbation de l'Eglise à leur mode de vie. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie. Les Circuli Minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. La Relatio Synodi sera en tout cas le document préparatoire aux assises synodales d'octobre 2015."

Posté le 16 octobre 2014 à 21h09 par Michel Janva | Lien permanent

Synode : la relatio post disceptationem très critiquée et modifiée

Lu sur le blog de Jeanne Smits :

"D’après LifeSiteNews, parmi les cardinaux qui se sont manifestés contre la relatio, outre les cardinaux Müller et Burke,se trouvent Goerge Pell, Marc Ouellet, Angelo Scola, André Vingt-Trois, Carlo Caffara, Timothy Dolan et Stanisław Ryłko. [...]

La main de Benoît XVI est-elle derrière la prise de parole par son secrétaire, Mgr Georg Gänswein ? Celui-ci a créé la surprise en donnant une interview au magazine Chi la semaine dernière où il a rappelé, comme si c’était nécessaire, que « l’Eglise a toujours déclaré, sur le fondement de l’Ecriture sainte et de la tradition, que les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés… contraires à la loi naturelle parce qu’ils empêchent le don de la vie qui est la finalité de l’acte sexuel ». Il a également souligné que l’inclination homosexuelle est une épreuve et que ceux qui la vivent dont appelés à « unir leur sacrifice à celui de la croix du Seigneur, à travers les difficultés qu’ils rencontrent en raison de leur condition ».

Mgr Gänswein a également rappelé que si l’Eglise « ne ferme pas les yeux » sur la situation difficile de nombre de fidèles, notamment les divorcés remariés, « s’engager dans une nouvelle union est contraire à ce que Notre Seigneur a indiqué ». « L’Eglise doit proposer des réponses sincères qui renvoient non à l’esprit du temps mais à l’Evangile, à la parole de Jésus-Christ qui est le Fils de Dieu », a-t-il poursuivi."

Le Synode a annoncé que des modifications du rapport controversé ont eu lieu sur presque tous les chapitres. Une version finale du rapport sera publié samedi prochain.

Par ailleurs, les sujets évoqués dans cette relatio évoquent surtout les problèmes liés à l'Occident déchristianisé. De leur côté, les évêques africains, qui sont très nombreux au synode, soulèvent d'autres sujets non moins importants, tels que la polygamie, l'islam (les mariages mixtes), la propagande pro-mort venue de l'Occident (qui conditionne les aides au développement...), la pauvreté. Et ces évêques ont l'impression de ne pas être écoutés. Dans un entretien à Zénit, le cardinal Kasper prétend ainsi que les évêques africains "ne devraient pas être écoutés" au Synode sur la Famille !

Posté le 16 octobre 2014 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2014

Bataille rangée au Synode : un lundi de fou

Selon Rorate Coeli, c'est Mgr Bruno Forte qui composa les paragraphes controversés sur l’homosexualité.

L'Osservatore Romano a livré un compte-rendu de la bataille rangée qui a eu lieu lundi 13 lors de la lecture de “Relatio post disceptationem” par le Cardinal Peter Erdo, Rapporteur, avec la collaboration de Mgr Bruno Forte. De nombreuses protestations éclatèrent contre l’ouverture des sacrements aux seconds mariages. Mais surtout elles se référaient aux paragraphes sur l’homosexualité, afin que la formulation « prenne les gens en considération mais ne contredise en aucun cas la doctrine catholique sur le mariage et la famille. » Enfin, un message plus fort était proposé sur la tragédie de l’avortement et sur la reproduction assistée. Le message le plus fort était

« un grand encouragement prophétique envers toutes ces familles qui, même au prix de sacrifices énormes, témoignent chaque jour de la vérité du Christ et du mariage. En somme, cela a été dit, serait souhaitable une affirmation positive de l’amour marital et des valeurs sociales de la famille. »

Ce qui ressort, c’est que Mgr Bruno Forte a abusé de sa position et de la confiance du Cardinal Erdo et ajouté dans le résumé des éléments non discutés de cette façon au Synode, faisant croire que c’était la vision générale ; ces éléments ne représentaient en fait que son opinion personnelle sur l’homosexualité et les couples homosexuels. Voilà pourquoi le cardinal Erdo insista clairement sur le fait qu’il n’était nullement responsable de ce passage, et pourquoi la réponse des Pères du Synode fut explosive et furieuse. Mgr Forte agit comme Mgr Bugnini, inventant des choses pour satisfaire ses propres intérêts.

En présentant lundi la « Relatio post disceptationem » le Cardinal Erdo fut interrogé sur les paragraphes scandaleux sur l’homosexualité et l’éducation d’enfants par des homosexuels, qui suggèrent pour la plupart un demi tour à 180° par rapport à la doctrine.

« L’Eglise ne croit pas que le terme ‘famille’ puisse être utilisé à la fois pour l’union ouverte à la vie d’un homme et d’une femme et l’union de deux personnes du même sexe. Cela dit il est évident que les êtres humains ont différentes expériences et que leurs droits doivent tous être protégés. Il ne s’agit pas ici d’équation entre les deux, mais de chercher un moyen de décrire les droits des personnes unies de même sexe. Le but ici est d’être civilisé et de respecter la dignité de la personne. »

Voici, d’après Mgr Bruno Forte, le résumé des premières discussions du Synode. Puis il a été demandé à Mgr Forte si la référence aux « éléments de sanctification et de vérité » que l’on peut « trouver au dehors » du mariage traditionnel peut s’appliquer à l’union gay et aux mariages civils. Il répond :

« je pense que le document cherche des aspects positifs où l’on peut trouver ces éléments au sein de ces unions. Il est facile de rejeter une chose,  mais reconnaître et valoriser tout ce qui est positif, même au sein de ces expériences, est un exercice d’honnêteté intellectuelle et de charité spirituelle. »

« Des éléments de sanctification et de vérité » peuvent justifier tout et rien. L’Enfer peut avoir des éléments de sanctification, même pour les damnés, puisqu’il incite à un comportement meilleur... Mais cela n’a jamais encouragé l’Eglise à rechercher une éternité en Enfer ; de même toutes les aberrations et les crimes les plus horribles peuvent contenir, même si de façon infinitésimale, des « éléments de sanctification et de vérité» : il y aura toujours des aspects justes que le criminel pensait défendre. Et on aura du mal à trouver un mensonge qui est mensonge à 100%, la plupart des mensonges les plus nocifs ont « des éléments de vérité ». Pourtant l’Eglise n’a jamais cru de son devoir, jusqu’à ce lundi, d’accepter la « valeur » du mensonge dans ses « éléments de sanctification et de vérité. »

Jusqu’en 2005, le Pape Benoît XVI énonçait clairement que le pseudo-mariage n’est pas ‘sanctifiant’ mais licencieux et qu’il n’y avait pas de ‘droits’ à les protéger, seulement une ‘expression de liberté anarchique’. Les diverses formes d’érosion du mariage, telles que les unions libres et à l’essai, et les unions homosexuelles, sont une expression de liberté anarchique que l’on fait faussement passer pour une libération de l’homme. Cette pseudo liberté est basée sur la dévalorisation du corps et donc de la personne. Ses prémices : l’homme peut se faire tout ce qu’il veut, le corps est secondaire et peut être manipulé comme bon lui semble. La débauche, qui passe pour la découverte du corps et de sa valeur, est en fait un dualisme qui rend le corps méprisable, le détachant de l’authentique personne et de sa dignité.

Posté le 15 octobre 2014 à 16h20 par Le Salon Beige | Lien permanent

Cardinal Müller : le rapport est "indigne, honteux, complètement faux"

C'est une condamnation sans appel du rapport intermédiaire du synode qu'a prononcé le cardinal Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Le même cardinal a dénoncé publiquement à plusieurs reprises, au cours de la semaine dernière, une certaine attitude réprobatrice à l'égard des orateurs qui ont pris la parole en défense de la doctrine catholique traditionnelle, et notamment sur l'indissolubilité du mariage. Cette position, qui a été exposée au cours du synode, a trouvé un écho assez limité dans Relatio. Il estime qu'il y a eu une censure dans la rédaction de ce rapport.

Posté le 15 octobre 2014 à 10h43 par Michel Janva | Lien permanent

Vers une révolution de paradigme ?

Tribune de Thibaud Collin parue dans Le Figaro de ce jour :

"Le pape se tait. Mais beaucoup parlent pour lui. Un premier texte de synthèse des travaux du synode sur la famille circule. Ce document provisoire permet de mesurer à quel point la ligne critique, portée sous Jean-Paul II et Benoit XVI par les cardinaux Martini et Kasper, est désormais influente à Rome. Ce texte est, en effet, porteur d’une nouvelle méthode pastorale, qui part de la réalité de la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui en valorisant au maximum ce qu’elle contient. Fi d’une approche employant des gros mots tels que péché, vérité sur le bien, conversion, combat spirituel. Il faut que les pasteurs effectuent une « conversion missionnaire » et « une conversion du langage ». L’heure est au « prendre soin » (le care importé des études féministes anglo-saxonnes), à l’accueil inconditionnel des personnes ayant vécu des échecs et des blessures ; les divorcés remariés bien sûr auxquels dans certains cas on ne pourrait par miséricorde refuser la communion eucharistique et la réconciliation mais aussi « les personnes homosexuelles qui ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ».

Cette conversion consiste à poser un regard positif sur ces réalités autrefois considérées comme désordonnées et peccamineuses. Au cœur de cette nouvelle démarche, une méthode importée de l’œcuménisme : au lieu de voir les sujets qui divisent, au lieu de proclamer des anathèmes, chercher les convergences, les pierres d’attente pour un progrès vers l’unité et la plénitude de l’union à Dieu. Cette attitude inclusive tend à gommer le sens du péché, vu comme responsable du blocage que les hommes contemporains éprouvent relativement à l’Evangile. Pourquoi braquer les gens en leur assénant une vérité transcendante lorsqu’on peut les rejoindre là où ils sont et les inviter à gravir les degrés d’un chemin vers un idéal, horizon de la vie humaine telle que Dieu la désire ? Il s’agit par exemple de discerner dans la vie des concubins des réalités positives telles que la stabilité, l’affection profonde, la responsabilité envers les enfants qui peuvent être vues « comme un bourgeon à accompagner dans son développement vers le sacrement de mariage ». Cette méthode repose sur les sciences humaines et sociales et non plus sur une anthropologie philosophique et théologique telle qu’elle a été développée durant les deux derniers pontificats. Au lieu de voir l’homme dans sa vérité profonde, on le regarde tel qu’il est concrètement, c’est-à-dire blessé et imparfait. Ainsi « la vérité s’incarne dans la fragilité humaine non pas pour la condamner, mais pour la guérir ».

Comme ces mots sont doux aux oreilles de nos contemporains ! Mais comme ils risquent de produire des malentendus ! Nous sommes là au cœur d’une tension théologique qui traverse l’Eglise depuis des décennies. De quoi s’agit-il de guérir ? Le Christ est venu pour sauver les hommes et non pour soigner leurs souffrances psychologiques même si la grâce a une dimension thérapeutique par surabondance. Dès lors, comment la vérité peut-elle s’incarner dans la vie des hommes si ce n’est par leurs actes libres en réponse à l’appel de Dieu ? Ce lien entre vérité et liberté passe par la formation de la conscience morale, lieu même où la vérité sur son péché se révèle et permet de s’ouvrir à la miséricorde et à une juste réception des sacrements. Le texte souligne à juste titre que la miséricorde divine est offerte à tous mais il semble en déduire que le seul moyen de la rendre aimable est de valoriser l’état de fait dans lequel les gens vivent. Lorsque le Christ dit à la femme adultère « va et ne pêche plus », il n’enferme pas la personne dans son péché mais en le nommant il lui permet de s’en détacher. C’est donc toute l’économie de la miséricorde qui en contournant l’objectivation du péché, et donc de la liberté, risque de rendre superflue la conversion. Cette conception de la miséricorde ressemble étrangement à la tolérance au nom de laquelle la plupart des sociétés civiles occidentales ont, ces dernières décennies, rompu l’arrimage de la loi politique à la loi morale. En bonne logique, la légitimation de l’exception ruine tout simplement la norme. La norme rebaptisée idéal ne gêne plus personne puisqu’elle apparaît réservée à une élite. L’appel universel à la sainteté proclamé par Vatican II devient une option parmi d’autres. Ce texte en introduisant une nouvelle méthode déstabilise la doctrine en changeant son statut. La pastorale déconnectée de la doctrine est identifiée à l’art de faire des exceptions à une loi vue comme empêchant la miséricorde. Or qu’est-ce qu’un pasteur qui, pour être mieux reçu, édulcore l’exigence du message qu’il a à transmettre ?"

Posté le 15 octobre 2014 à 08h17 par Le Salon Beige | Lien permanent

14 octobre 2014

Changement majeur pour l'Eglise ? Pas si vite

Le Monde daté de demain exulte suite à la publication du rapport intermédiaire du synode :

  F

Et l'article en Une annonce la couleur :

"L'Eglise catholique se prépare à un changement majeur dans son rapport à la famille. C'est ce que préconise le rapport d'étape du synode sur la famille réuni à Rome par le pape François, rendu public lundi 13  octobre."

Mgr Stanislaw Gadecki, archevêque de Poznan, et président de la Conférence épiscopale polonaise estime que 

"C’est aussi un défaut de ce texte, qui devrait inciter à la fidélité, aux valeurs familiales, mais qui au lieu de cela semble tout accepter tel quel. Cela donne l’impression que l’enseignement de l’Eglise a été sans miséricorde jusqu’ici, comme si l’enseignement de la miséricorde commençait seulement maintenant."

L’archevêque de Riga (Lettonie), Mgr Zbigniew Stankiewicz, diagnostique le « danger de danser sur la musique du monde » et de « se rendre à la pression des milieux laïcs ». Il ajoute que « la grande majorité des évêques » n’a « pas l'intention de lâcher prise ».

De son côté, Jeanne Smits a rédigé une longue critique de ce document et montre combien le lobby LGBT est satisfait. Francis DeBernardo, présent à Rome pour le « synode alternatif » des LGBT, a déclaré :

« Je cois que nous sommes en train de voir ce que nous attendions depuis très longtemps : la glace se craquelé. C’est le signe d’un premier pas. » « Je crois que le changement du langage provoque une réaction en chaîne : un changement du langage entraînera un changement de la pratique pastorale, ce qui provoquera un changement dans l’enseignement. »

Suite au nombreuses réactions, le Directeur de la Salle de Presse a déclaré pour le compte du Secrétariat général du Synode des évêques :

"A la suite des réactions et débats ayant suivi la publication de la Relatio post Disceptationem, à laquelle on a attribué un poids qui ne lui appartient pas, le Secrétariat rappelle qu'il s'agit d'un document de travail résumant les interventions et la discussion de la première semaine synodale. Ce texte est maintenant soumis à l'attention des Circuli Minores, en conformité au règlement du Synode. Le résultat des travaux des pères synodaux réunis en comités sera présenté à la Congrégation générale de jeudi matin prochain."

Prêtre du diocèse de Versailles, l'abbé Amar rappelle 3 choses :

"1. Il ne faut pas confondre le bilan d’étape publié par un évêque (fût-il cardinal !) avec le magistère de l’Eglise. Certes, les médias ne peuvent saisir cette subtilité. Certains se sont d’ailleurs jetés avec une troublante gourmandise sur le texte du cardinal Péter Erdö. Mais on est en droit d’attendre un peu plus de recul de la part des baptisés.

2. Oui, il y a des divergences d’approche pastorale parmi les évêques du monde entier. C’est logique, normal… et très bon signe ! L’Eglise est universelle. [...] On peut même rajouter que ces différences ne sont pas nouvelles. Thibaud Collin a déjà pu parler des divergences d’approche à propos de la morale sexuelle de l’Eglise. Et il ne faudrait pas oublier que durant le concile Vatican II, les débats ont parfois été assez toniques !

3. Les décisions du Pape et des évêques n’interviendront que dans un an, après encore beaucoup de travail. Qui sait que le synode actuellement en cours connaîtra une deuxième phase, en octobre 2015 ? Le thème a déjà été fixé : « la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde contemporain »."

Posté le 14 octobre 2014 à 16h19 par Le Salon Beige | Lien permanent

Synode : le document préliminaire fortement critiqué en Assemblée générale

Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, Consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour le monde de la santé, et Expert auprès du Synode sur la Famille, répond à Zénit, à propos du rapport intermédiaire sur le synode. Extraits :

"Le document préliminaire faisant la synthèse des travaux de la première semaine va être soumis aux discussions en carrefours linguistiques. Pour l’instant, il a été fortement critiqué lors de sa présentation en Assemblée générale et il ne fait pas l’unanimité des Pères. Il n’est pas assez fondé sur l’Ecriture et apparaît comme un discours sociologisant. Trop de confusions et de complaisances ne rendent pas compte de l’Enseignement de l’Église et de la pensée des Pères synodaux. Il a été demandé de revoir le texte dans sa structure et en ce qui concerne l’admission des divorcés remariés aux sacrements et l’homosexualité. Il a été jugé trop simpliste de laisser entendre que les unions de fait seraient un chemin possible de vie de couple (une façon d’accepter l’adultère ont dit certains Pères) et d’affirmer que « les personnes homosexuelles ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne ». Le texte fait l’impasse ici sur une forme de sexualité que l’Église ne peut pas reconnaître et encore moins la présence d’enfants dans ce type de situation. Autrement dit, il ne faut pas confondre la personne homosexuelle et l’homosexualité qui ne représente aucune valeur sociale et encore moins une richesse pour l’Eglise. Il en va de même avec le concubinage même si c’est insuffisant de dire que pour certains il finit par un mariage. Il est indispensable de mentionner en premier le sens du mariage chrétien et de la famille tel qu’il a été souligné par les témoignages des laïcs présents au Synode.

Est-il vrai que des cardinaux s’opposent au Pape ?

Il n’y a pas d’opposition au Pape, dans la mesure où le Saint-Père ne fait qu’écouter, ne parle pas et ne donne aucun signe d’approbation ou de réprobation dans un sens ou un autre. Si à un moment précis, Le Saint-Père a évoqué la question des divorcés remariés qui n’ont pas accès aux sacrements, il n’a pas non plus donné de lignes directrices auxquelles le Synode doive aboutir. Il a simplement, au début des travaux, appelé les Pères du Synode à parler librement. Il reste donc très discret et très accueillant envers les uns et les autres. Nous pouvons nous adresser à lui pendant les temps de pause, partager un café et un sandwich, lui exprimer une interrogation en toute simplicité. Il est ainsi présent à tous nos travaux et il lui reviendra, après avoir entendu tous les Pères, et après le Synode ordinaire de 2015, de préparer, de rédiger et de publier une exhortation post-synodale sur la Famille. Bref, il y a une détermination de tous à se consacrer à la Nouvelle Évangélisation dans le cadre de la Famille. Le texte final de ce Synode, revu et corrigé, sera soumis au vote d’Assemblée le samedi 18 octobre 2014.

La question des divorcés remariés n’est-elle pas au centre des débats ?

Si la question a été reprise plusieurs fois, elle n’est pas le sujet central du Synode sur la Famille, car il s’agit avant tout d’une question sacramentelle qui concerne le rapport indissoluble entre le sacrement de mariage et l’eucharistie. Là encore, les médias, et souvent des médias catholiques, réduisent le Synode à cette seule question. Ils suscitent des attentes qui risquent d’être déçues. Nous sommes là dans un conditionnement qui dessert la vérité du sens du mariage avec laquelle l’Église ne peut pas tricher à moins de trahir le Christ. [...]

Les évêques africains apparaissent sages et déterminés dans leur questionnement ?

Oui, ils sortent les pays occidentaux de leur paresse spirituelle. De nombreux pays africains refusent cet arsenal et ils le condamnent. Ils disent avec raison : « Les pays occidentaux et les agences de l’ONU veulent profiter de notre misère, du dépouillement de nos ressources pour nous tuer ». À cela s’ajoute la volonté idéologique et politique de redéfinir le couple, le mariage et la parenté à partir de l’homosexualité qui n’a rien à voir avec la vie conjugale et familiale. Les législateurs créent des confusions en imposant dans la loi civile la légitimité des orientations sexuelles au détriment de la relation fondée entre un homme et une femme qui eux, et eux seuls, assurent le lien social et la transmission. [...]

Le chantier de la famille est immense, alors, comment interpréter cette réduction du Synode à la question des divorcés remariés ?

C’est la question symptomatique de l’époque actuelle de revendications subjectives vécues comme un droit. On ne s’inquiète pas du sens du mariage comme lien indissoluble mais conçu comme un contrat « jetable » selon l’expression du Pape François. Et ce symptôme de la déliaison est devenu un emblème de la presse catholique qui se répercute sur d’autres médias. Pourtant, il s’agit d’aller au-delà du symptôme et de savoir identifier ce qui se passe dans ces ruptures et comment l’éducation peut mieux préparer les jeunes.

D’autre part, l’autre objectif du Synode serait de savoir comment rendre possible l’accession aux sacrements pour des personnes qui sont dans des situations particulières ? Or, pour les Pères du Synode, la demande n’est pas si massive qu’on veut bien le faire entendre et la plupart de ces personnes n’ont pas toujours une pratique religieuse, à l’inverse d’autres qui, tout en sachant qu’elles ne peuvent ni recevoir le sacrement de la Réconciliation, ni celui de l’Eucharistie et ne peuvent pas avoir certaines responsabilités pastorales, participent tous les dimanches à la messe de leur paroisse. Au moment de la communion, elles se présentent devant le prêtre et sollicitent sa bénédiction en repliant leurs bras en croix sur leur poitrine. Le signe est compris et le prêtre les bénit en traçant sur leur front la Croix du Christ. Bref la communion eucharistique n’est pas un droit et ne peut être donnée sous n’importe quelles conditions.

D’ailleurs d’autres catholiques devraient être davantage conscients de savoir s’ils sont ou pas en état de grâce pour communier et, dans le cas contraire, recevoir le sacrement de la Réconciliation. Il y a aujourd’hui un déplacement du sens de la communion eucharistique : ce n’est pas tant au Christ que certains communient mais pour montrer leur communion à la communauté « hic et nunc ». Ce qui est une forme de psychologisation et de moralisation païennes de ce sacrement. D’où l’idée incongrue de se croire exclu de l’Église si l’on ne peut pas communier sacramentellement. [...]

Le Synode a-t-il parlé d’une « bénédiction » pour des « mariages » homosexuels ?

Les Pères n’ont pas abordé la question sous cet angle et le texte préliminaire ne reflète pas du tout la pensée des Pères synodaux. Il a été rappelé que l’on commet une erreur en mettant sur le même plan un couple formé par un homme et une femme, et un duo de personnes de même sexe. Ces derniers ne sont pas dans la logique de l’amour et de la vie conjugale et familiale. On ne peut donc en aucun cas « bénir » ce type de relation, ni reconnaître cette forme de sexualité, et encore moins confier des responsabilités pastorales dans le cadre de ce mode de vie. En revanche, l’accueil et l’accompagnement des personnes individuelles sont toujours privilégiés, mais pas en duo (le couple homosexuel n’existe pas), ni dans le cadre d’associations qui parfois se présentent comme « catholiques » alors qu’elles promeuvent un discours et un mode de vie en contradiction avec l’Enseignement de l’Église. Elles incitent l’Église à vouloir changer les mots et à réécrire le Catéchisme dans un sens plus neutre à l’égard de l’homosexualité. C’est la même stratégie - qui a été adoptée dans la société civile en réécrivant le code civil - que l’on veut appliquer à l’Eglise. Soyons alertés et vigilants face à ce nouveau terrorisme du langage qui veut changer les mots pour ne plus désigner ce qui est. Il y a ainsi un grave problème épistémologique, un virus de l’intelligence, qui empêche de penser en vérité. Une façon d’édulcorer la problématique.

Autrement dit, les personnes qui ont des attractions pour le même et le semblable ont à vivre et à assumer leur existence, comme tous chrétiens, selon les exigences de leur baptême. C’est en ce sens que le Pape François avait dit : Si une personne homosexuelle cherche le Seigneur, qui suis-je pour la juger ? C’est-à-dire, si cette personne est fidèle à sa foi et aux conséquences morales qu’elles impliquent, elle évite de se mettre dans des situations et des comportements contraires à la vie chrétienne, dans ce cas, moi, je ne suis pas juge de son destin au regard de Dieu. Pour vivre en chrétien, nous sommes tous appelés à nous convertir. Tel est chemin de la sainteté puisé aux sources du baptême. [...]"

Posté le 14 octobre 2014 à 11h01 par Michel Janva | Lien permanent

11 octobre 2014

Cardinal Burke : « la vérité du Christ est au cœur du mariage »

« Demeurer dans la vérité du Christ » est au cœur du Synode extraordinaire sur la famille. Le Cardinal Burke explique le message du Synode renforçant le mariage institué par le Christ et sa perspective face aux situations de mariage difficile. Il insiste sur la beauté de l’enseignement du Christ sur le mariage et la famille. Il met en avant certains facteurs allant à l’encontre de la sauvegarde du mariage chrétien :

  • l’appauvrissement du catéchisme qui génère un manque de connaissances des fidèles et surtout des jeunes sur le sacrement du mariage.
  • la théorie du « gender » et l’agenda homosexuel aliénant la sexualité humaine et son sens conjugal au sein d’une famille avec un père et une mère. Nous sommes confrontés à une culture occidentale sécularisée et dénaturée, où Dieu et son plan pour la création ne sont plus pris en compte. Nous avons l’arrogance de décider pour nous-mêmes du sens de nos vies et de nos destinées ; le sens chrétien de la famille est directement attaqué par les médias et internet, par une culture rejetant le Christ, et notamment par la pornographie destructrice.
  • une difficulté supplémentaire est le mariage en lui-même et la façon dont l’Eglise le présente. Le mariage est partie de notre nature humaine et est déjà contenu dans la loi naturelle. La foi vient illuminer la raison et nous fait voir la vérité dans toute sa richesse. Nous avons besoin d’aider les jeunes gens se préparant au mariage à le voir comme un appel magnifique, un chemin vers le salut éternel, pas simplement une voie de bonheur sur terre, et nous avons à les aider de tout notre pouvoir.

Il est de notre devoir d’aider tout particulièrement ceux qui en ont un grand besoin et qui traversent des difficultés au sein de leur mariage. Il s’agit de montrer à ceux qui sont divorcés remariés civilement qu’ils peuvent se convertir toujours plus au Christ et se conformer à lui. Ce n’est pas facile, c’est un des défis les plus durs qu’un chrétien peut rencontrer, mais la grâce leur vient en aide et les libère quand ils répondent en vérité à la volonté du Christ. Il serait une grave erreur de n’envisager la situation que du point de vue de l’accès aux sacrements ; c’est une contradiction en soi, ce serait passer à côté du soutien pastoral dont ces couples ont besoin. L’Eglise a une longue expérience de soutien aux couples en unions irrégulières.

Les médias ont hélas nourri le faux espoir que le Synode allait porter atteinte à l’indissolubilité du mariage et modifier l’accès aux sacrements, ces attentes sont irréelles. Le message clé envoyé par ce Synode est la fidélité au message du Christ et à sa vérité.

J’espère que le Synode poursuivra l’œuvre du Magistère papal, à commencer par Casti connubii (Pie XI), l’enseignement prophétique et héroïque Humanae Vitae du Pape Paul VI qui sera béatifié à la fin de ce Synode ; Familiaris Consortio (St Jean Paul II). Fondamentalement, le cardinal espère que de ce Synode émergera la belle vérité sur la personne humaine, inscrite dans la nature, qui est l’appel à l’union et à la communion entre un homme et une femme, union fidèle, indissoluble, procréatrice ; participant à la création de la vie humaine à l’image de Dieu, le don de la vie étant le couronnement de l’amour conjugal.

Ce Synode met l’accent sur la préparation au mariage, l’enseignement sur la planification naturelle d’une famille, et toutes les questions qui émergeront sur la splendeur et la vérité du mariage tel que Dieu l’a créé pour nous depuis le début.

Posté le 11 octobre 2014 à 19h22 par Le Salon Beige | Lien permanent

Synode : la proposition du cardinal Kasper rencontre peu d’échos

Selon Jean-Marie Dumont, envoyé de Famille chrétienne à Rome :

"la révolution annoncée autour de l’accès aux sacrements des divorcés remariés civilement n’aura pas lieu. Présentée par le cardinal Kasper à quelque cent cinquante cardinaux lors du consistoire sur la famille de février dernier, la proposition consistant à permettre aux divorcés ayant conclu un deuxième mariage civil, sous certaines conditions, de recevoir les sacrements de la pénitence et de l’eucharistie, a fait l’objet depuis six mois de prises de position toujours plus nombreuses indiquant qu’elles ne pourraient pas être acceptées par l’Église.

Cette évolution semble se confirmer au synode. Le nombre d’interventions s’opposant directement, pour des raisons théologiques et doctrinales, à cette proposition, entre mercredi soir et jeudi matin, y a été important. Ajoutées à un grand nombre d’interventions ne s’y opposant pas frontalement mais y contribuant de fait, en se limitant à des propositions d’ordre pastoral (mise en place de groupes d’accueil dédiés dans les paroisses, amélioration du processus permettant la reconnaissance d’une nullité de mariage, amélioration de la préparation au mariage), ces interventions mettent en évidence le fait que la proposition du cardinal Kasper rencontre finalement assez peu d’échos chez les Pères du synode."

Posté le 11 octobre 2014 à 13h09 par Michel Janva | Lien permanent

10 octobre 2014

"Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire"

Olivier et Xristilla Roussy, couple français responsable d’Amour et Vérité, branche apostolique de la communauté de l’Emmanuel consacrée aux couples, ont témoigné au synode le 9 octobre, lors de la journee consacrée à l'ouverture de la vie et Humanae vitae. Ils ont fait l’éloge des “méthodes naturelles“ de régulation des naissances devant les cardinaux et évêques réunis au Vatican.

Le couple Roussy a donné son expérience de façon très concrète sur ce sujet. Les époux ont tout d’abord évoqué la période où Xristilla avait utilisé la pilule suite à l’arrivée de leur 3e enfant et la grande fatigue qui avait suivi.

Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire, ont-ils affirmé, nous avons très mal vécu cette période“.

Nous n’étions plus unifiés, nous avons compris que nous avions fermé une porte au Seigneur dans notre vie conjugale“.

C’est ainsi que le couple a décidé de “reprendre une régulation naturelle des naissances“. Malgré les difficultés, Olivier et Xristilla Roussy ont fait part aux pères synodaux de leur “joie“ dans cette “aventure commune“.

“Nous avons expérimenté que ces méthodes sont fiables, même s’il nous faut témoigner qu’il nous est arrivé de ne pas contenir notre désir et qu’un enfant a vu le jour neuf mois plus tard“.

Le matin, le cardinal Vingt-Trois a encouragé

"une mentalité ouverte à la viepour contrecarrer la mentalité contraceptive et la diffusion d’un modèle anthropologique individualiste"

Un couple de Brésiliens avait lui aussi évoqué les méthodes naturelles de régulation des naissances, souvent peu connues, même parmi les catholiques. Ils avaient notamment demandé au clergé d’être plus clair concernant l’enseignement de l’Église sur la morale sexuelle.

Posté le 10 octobre 2014 à 18h54 par Michel Janva | Lien permanent

Le Synode veut recommander d'approfondir l'encyclique Humanae Vitae

Extrait du résumé de la 8e congrégation général du Synode sur la famille :

"Après avoir souligné que la vocation à la vie est l'élément fondant de la famille, les pères sont tombés d'accord pour recommander aux fidèles d'approfondir l'encyclique Humanae Vitae de Paul VI, notamment le recours au méthodes naturelles de régulation de la fertilité et le rejet de la contraception. La procréation ne saurait être distincte de l'acte conjugal, et toute manipulation génétique, y compris la cryo-conservation des embryons, est absolument condamnée."

Les évêques africains ont également dénoncé le chantage de la culture de mort :

"On a critiqué les pays occidentaux et les organisations internationales qui, en Afrique notamment, présentent l'avortement et l'union homosexuelle comme des droits, et conditionnent avec insistance leur aide à leur acceptation. D'autant que le droit à la santé sexuelle et reproductive n'a même pas de définition précise en droit international. On mêle ainsi des principes contradictoires comme la condamnation de l'avortement forcé et la recommandation de l'avortement sécurisé, ou comme la protection de la maternité et celle de la contraception. Même sans force de loi, ces soi disant droits constituent un risque dans la mesure où ils déforment l'interprétation d'autres principes comme la lutte contre la discrimination féminine."

Posté le 10 octobre 2014 à 16h46 par Michel Janva | Lien permanent

07 octobre 2014

Le consistoire du 20 octobre consacré à la situation du proche et moyen Orient

C'est ce qu'a annoncé le Saint-Siège aujourd'hui à l'issue de la 3e congrégation générale du synode :

"Cette session a prolongé de débat général autours de: l'Evangile de la famille et la loi naturelle; et de La famille et la vocation de la personne dans le Christ.

En ouverture a été annoncé que le consistoire ordinaire du 20 octobre serait consacré à la situation du proche et moyen Orient, dans le sillage de la réunion tenue en début de semaine avec les nonces en poste dans la région. Les patriarches orientaux ainsi que le patriarche latin de Jérusalem y prendront part, et le Cardinal Secrétaire d'Etat en fera la présentation.

Les débats de ce matin on mis en exergue la nécessité d'une meilleure préparation pré-matrimoniale, solide et efficace. Il ne suffit pas d'envisager des remèdes aux échecs conjugaux mais élaborer les conditions de succès des mariages. Pour cela il est nécessaire d'offrir une vision du mariage qui ne se limite pas à sa réussite mais qui le présente comme un passage vers un but supérieur, au moyen d'une ascèse personnelle des couples qui soit force et énergie. Le mariage, qui est une vocation à part entière, implique la fidélité et la cohérence afin d'être un espace de progrès de l'humain. Les époux doivent donc être accompagnés par le biais d'une pastorale spécifique vigoureuse.

Personnalisée, la préparation sacramentale doit être longue et rigoureuse, même si cela risque de diminuer le nombre des noces à l'Eglise. On ne doit pas encombrer de causes matrimoniales les tribunaux ecclésiastiques.

Il a ensuite été question des media, dont la présence est parfois envahissante dans leur présentation d'idées opposées à la doctrine de l'Eglise en matière de mariage. Les fidèles doivent êtres mis en garde mais aussi mieux armés.

L'enseignement de l'Eglise doit être plus incisif et ne pas se limiter à des interdits. Comme Jésus, elle doit se faire proche des personnes. En agissant ainsi il sera possible de réduire la fracture entre doctrine et pratique, entre enseignement ecclésial et vie familiale. Il n'est pas question de choisir entre doctrine et miséricorde mais de développer une pastorale éclairée, encourageant des familles en crise qui souvent ne ne sentent plus appartenir à l'Eglise. Face aux couples en difficulté et aux divorcés remariés, l'Eglise soit présenter la vérité et non point un jugement. Avec compréhension, elle doit convaincre les intéressés à suivre la vérité, à suivre l'Eglise qui dit la vérité. C'est la miséricorde qui soigne et accompagne, d'autant que les familles en crise n'attendent pas des solutions pastorales rapides. Elles ne veulent pas être de simples statistiques mais se sentir comprises et aimées. Il faut accorder plus d'espace à la logique sacramentale qu'à la logique juridique. Pour ce qui est de l'Eucharistie aux divorcés remariés, il a été réaffirmé qu'il ne s'agit pas du sacrement des parfaits mais de qui chemine."

Posté le 7 octobre 2014 à 22h41 par Michel Janva | Lien permanent

La pauvreté, à l'origine de la séparation des couples

Lu ici :

"Alors que la question des divorcés remariés est au cœur des préoccupations des médias et d’une bonne part des participants au Synode sur la famille qui se tient à Rome du 5 au 19 octobre, le cardinal Luis Antonio Tagle, archevêque de Manille, rapporte qu’aux Philippines, c’est la pauvreté qui, à ses yeux, est principalement à l'origine de la séparation des couples.

Dans un entretien à Catholic News Service (CNS), le 6 octobre dernier, l’archevêque philippin, qui est l’un des trois présidents nommé par le pape François pour diriger l’assemblée synodale, explique espérer qu’au-delà des débats sur les couples divorcés remariés, l’assemblée du synode se penchera également sur l’impact de la pauvreté et de l’émigration sur les familles, aussi bien aux Philippines que dans la plupart des pays en développement.

« Il y a bien sûr beaucoup de défis concernant la famille aux Philippines, mais pour moi, il s’agit tout d’abord de la pauvreté, l’extrême pauvreté ; elle a un impact très réel sur la famille », a t-il également déclaré dans une vidéo enregistrée depuis le Vatican le 4 octobre dernier.

« Il ne faut pas considérer cette pauvreté comme un élément extérieur, à replacer dans un autre contexte : non, pour beaucoup de personnes aux Philippines, elle agit au cœur même de la famille et affecte toutes les relations entre ses membres », ajoute-t-il.

Parmi les conséquences de la pauvreté, l’une des plus dramatiques est bien souvent l’obligation pour l’un des deux parents d’émigrer à l’étranger afin de trouver du travail et de subvenir ainsi aux besoins de sa famille, explique le cardinal Tagle. « Les couples ne se séparent pas parce qu’ils veulent divorcer, ne s’entendent plus ou sont en conflit. Non, ils se quittent et se séparent de leurs enfants parce qu'ils s'aiment, et que la meilleure façon pour eux de s’occuper de leur famille et lde es faire vivre, est d’aller travailler à l’étranger ».

L’émigration philippine représente une part importante de l’économie du pays. Plus de 11 % de la population vit et travaille à l’étranger, principalement aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite, au Canada, aux Emirats Arabes Unis et en Australie. Mais des migrants économiques philippins se trouvent dans quasiment tous les pays de la planète.

La séparation des familles « crée indéniablement une blessure ouverte, qui ne se referme pas », poursuit le cardinal Tagle. « Les enfants souffrent de l’absence de leurs parents, et les parents souffrent de ne pas être présents dans la vie de leurs enfants, tout en devant rester fidèles à un conjoint qu’ils ne pourront pas revoir pendant des années. »

« Pour tout vous dire, l’aéroport est devenu un endroit traumatisant pour moi », avoue l’archevêque de Manille sur la vidéo de CNS. « Pas à cause des voyages ou d’éventuels dangers, mais parce que j’y vois, et j’y entends les parents, - les mères surtout -,  parler à leurs enfants, leur dire au-revoir, et que l’on voit qu’elles ont le cœur brisé. » Après un silence, il ajoute : « Vous vous demandez alors de quelle force ils auraient besoin [pour vivre cela], et vous ne pouvez que prier : ‘Seigneur, donne-leur Ta force’. »

Espérant que « ces réalités seront portées au synode », Mgr Tagle rappelle encore que si « l’émigration est un grave sujet de préoccupation pour de nombreux pays pauvres, elle est aussi un défi pour la pastorale ». Il faut que l’Eglise propose « une assistance, un accueil et un soutien pour toutes ces familles, en leur permettant notamment de maintenir leurs liens affectifs », conclut-il.

Posté le 7 octobre 2014 à 21h21 par Michel Janva | Lien permanent

06 octobre 2014

Synode : l'Evangile de la famille se présente comme un remède

Le rapport préliminaire aux débats synodaux a été lu ce matin par le Cardinal Peter Erdö, rapporteur général de l'assemblée. L'intégralité est ici. Ce rapport inclut déjà les interventions écrites des pères synodaux, préalablement envoyées au Secrétariat général du Synode. Ce Rapport invite à envisager la famille avec espérance et miséricorde, en annonçant sa valeur et sa beauté car malgré les nombreuses difficultés, celle-ci n'est pas un modèle dépassée.

"Nous vivons dans un monde fait de seules émotions dans lequel la vie n'est pas un projet mais une série de moments, et l'engagement stable semble redouté pour l'homme fragilisé par l'individualisme. Mais c'est justement ici, face à ces signes des temps, que l'Evangile de la famille se présente comme un remède, un véritable médicament, proposé en se plaçant du point de vue de ceux qui ont plus de difficultés à la reconnaître et à la vivre. Donc, non au catastrophisme ou à l'abdication à l'intérieur de l'Eglise car il existe un patrimoine de foi large et partagé. Par exemple, des formes idéologiques comme la théorie du gender ou la mise à égalité des unions homosexuelles et du mariage entre homme et femme, n'ont pas l'approbation de la grande majorité des catholiques, alors que le mariage et la famille sont encore largement entendus comme un patrimoine de l'humanité, à conserver, promouvoir et défendre.

Certes, entre les fidèles, la doctrine est souvent peu connue ou peu pratiquée, mais cela ne signifie pas qu'elle soit mise en discussion. Cela vaut en particulier pour l'indissolubilité du mariage et sa sacramentalité entre baptisés. La doctrine de l'indissolubilité du mariage en tant que telle n'est pas remise en question, celle-ci reste au contraire incontestée et dans la majeure partie observée aussi dans la praxis pastorale de l'Eglise, avec les personnes qui ont échoué dans leur mariage et qui cherche un nouveau départ. Ainsi, ce ne sont pas les questions doctrinales, mais les questions pratiques, inséparables d'autre part de la vérité de la foi, qui sont en discussion dans ce Synode, de nature exclusivement pastorales. D'où la nécessité d'une plus grande formation, surtout pour les fiancés, afin qu'ils soient clairement conscients tant de la dignité sacramentelle du mariage basé sur l'unicité, la fidélité et la fécondité, qu'il s'agit d'une institution de la société.

Egalement menacée par des facteurs désagrégeants comme le divorce, l'avortement, les violences, la pauvreté, les abus, le cauchemar de la précarité, le déséquilibre causé par les migrations, la famille reste toujours une école d'humanité. La famille est presque la dernière réalité humaine accueillante dans un monde déterminé presque exclusivement par la finance et la technologie. Une nouvelle culture de la famille peut être le point de départ d'une civilisation humaine renouvelée. C'est pourquoi soutient concrètement la famille, même si une telle aide ne peut faire abstraction d'un engagement effectif des Etats dans la protection et la promotion du bien commun, à travers des politiques adéquates".

"L'Eglise est une maison paternelle où une action de pastorale familiale renouvelée et adéquate est nécessaire à leur égard, surtout pour qu'ils sentent qu'ils sont aimés de Dieu et de la communauté ecclésiale, dans une optique de miséricorde qui n'efface pas, cependant, la vérité et la justice. La miséricorde n'enlève donc pas non plus les engagements qui naissent des exigences du lien matrimonial. Ceux-ci continuent de subsister même lorsque l'amour humain s'est affaibli ou a cessé. Cela signifie que dans le cas d'un mariage sacramentel (consommé), après un divorce, alors que le premier conjoint est encore en vie, un deuxième mariage reconnu par l'Eglise n'est pas possible".

"Quant aux divorcés remariés civilement, il serait trompeur de se concentrer seulement sur la question de la réception des sacrement. Il convient, en revanche, de prêter attention à un contexte plus large de préparation au mariage et de soutien aux époux, non bureaucratique, mais pastoral, pour les aider à comprendre les raisons de l'échec de leur première union et de déterminer d'éventuels éléments de nullité. Il faut tenir compte de la différence entre ceux qui ont par leur faute rompu un mariage et ceux qui ont été abandonnés. La pastorale de l'Eglise devrait prendre soin d'eux de façon particulière. Les divorcés remariés civilement appartiennent à l'Eglise. Ils ont besoin et ont le droit d'être accompagnés par leurs pasteurs, mais pas seulement. Vu le peu de conscience que l'on a aujourd'hui du sacrement de mariage et la mentalité de divorce diffuse, déclarer non valides des mariages célébrés dans l'Eglise ne relève pas du hasard. D'où la suggestion, contenue dans le Rapport, de revoir l'obligation de la double sentence conforme pour la nullité du lien, afin d'éviter de tomber dans l'automatisme, l'impression de concéder le divorce ou dans des solutions injustes et scandaleuses. Dans ce contexte. il semble nécessaire d'étudier la praxis des quelques Eglises orthodoxes qui prévoient la possibilité de deuxièmes et troisièmes noces, à caractère pénitentiel".

"L'existence va de la conception à la mort naturelle, et l'ouverture à la vie constitue une partie essentielle, une exigence intrinsèque de l'amour conjugal, alors qu'aujourd'hui, surtout en occident, qui choisit de ne pas avoir d'enfants ou qui en veut à tout prix, se voit écrasé par sa propre détermination. L'accueil de la vie, la prise de responsabilité en ce qui concerne la procréation et le soin de la vie, ne sont possibles que si la famille ne se conçoit pas comme un fragment isolé, mais se sent insérée dans un réseau de relations... Il devient de plus en plus important de ne pas laisser la famille, les familles seules, mais de les accompagner et de les soutenir dans leur chemin... Derrière les tragédies familiales, se cache souvent une solitude désespérée, un cri de souffrance que personne n'a su percevoir. Il est donc important de retrouver le sens d'une solidarité diffuse et concrète, de dépasser cette privatisation des affects qui vide de sens la famille et la confie au choix d'un seul. Il faut créer, au niveau institutionnel, des conditions qui facilitent l'accueil d'un enfant et l'assistance des personnes âgées, comme un bien social à protéger et favoriser. De son côté, l'Eglise doit consacrer un soin particulier à l'éducation de l'affectivité et de la sexualité, en expliquant leur valeur et en évitant les banalisations et superficialités".

"Le défi du Synode est de réussir à proposer de nouveau au monde, au-delà du cercle des catholiques pratiquants et au vu de la situation complexe de la société, la beauté du message chrétien sur le mariage et la famille, en donnant des réponses vraies et pleines de charité, parce que le monde a besoin du Christ".

Posté le 6 octobre 2014 à 17h02 par Michel Janva | Lien permanent

04 octobre 2014

Synode : les Bx parents de Ste Thérèse à Rome

Les reliques des Bienheureux Louis et Zélie Martin, parents de Ste Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, étaient il y a tout juste un an à l'Evangile de la Vie. Elles arrivent à l'instant au Vatican; pour la durée du Synode.

S

Posté le 4 octobre 2014 à 15h23 par Michel Janva | Lien permanent

Vatican: Le comité de l’Onu est une « arme contre la liberté de religion »

Lu ici : le Vatican est extrêmement sévère vis-à-vis du comité de l'ONU, qui se mêle de vouloir réformer l'Eglise catholique, rien que ça :

"Dans une réponse cinglante au comité de l’Onu, relayée par la presse vendredi dernier, le Vatican accuse un comité de l’Onu d’intolérance à l’égard des chrétiens, et d’interférence avec le libre exercice de la religion.

La réponse officielle du Vatican aux commentaire explosifs qu’avait osé faire le Comité sur les droits de l’enfants, mettant l’Eglise Catholique en demeure de changer ses enseignements sur l’avortement et l’attirance entre personnes de même sexe, s’écarte clairement de l’étiquette onusienne, car elle confronte clairement le comité, et sans mâcher ses mots.

Le Vatican est particulièrement rude vis-à-vis du comité du fait de la gravité de son interférence avec la liberté de religion, et parce qu’il sème la confusion et ne respecte pas le droit international. Le Saint Siège réprimande le comité pour avoir abusé de sa position d’autorité pour déprécier l’Eglise catholique tout au long de la procédure de soumission des rapports, conformément à la Convention sur les droits de l’enfant."[la suite]

Si le comité de l'ONU s'attendait à ce que l'Eglise "tende la joue gauche", il en sera pour ses frais.

Posté le 4 octobre 2014 à 14h10 par Marie Bethanie | Lien permanent

01 octobre 2014

Le Vatican plaide pour une réforme de l'ONU

Le Cardinal Parolin, Secrétaire d'Etat du Saint-Siège, est intervenu devant la 69 assemblée générale des Nations-Unies, qui débat notamment de la réforme de l'institution qui sera engagée l'an prochain. Répétant l'appel que le Pape a lancé en août à la communauté internationale à propos de la tragédie du nord Irak, le Cardinal a évoqué la situation irakienne et syrienne, qui

"présentent un phénomène nouveau puisqu'une organisation terroriste menaçant l'ensemble des états entend dissoudre ces pays au profit d'un pouvoir mondial soi-disant religieux". "Ces gens prétendent soumettre les consciences, persécutant et tuant au nom de Dieu. Ces violences, qui frappent des groupes ethniques, des populations et des cultures anciennes, découlent d'un mépris de Dieu et d'une fausse interprétation religieuse... Dans un monde de la communication globale ce phénomène trouve des adeptes un peu partout, généralement des jeunes révoltés contre l'indifférence et le défait de valeurs des sociétés les plus développées. Cet enjeu doit engager la communauté internationale à élaborer des réponses communes sur la base de critères juridiques clairs et d'une volonté commune de collaborer".

C'est pourquoi le Saint-Siège

"considère nécessaire d'être attentifs aux origines culturelles et politiques des phénomènes, dans la perspective de stratégies nouvelles". "Il convient également de revoir l'efficacité du droit international actuel et d'envisager un accroissement des mécanismes onusiens pour éviter les conflits, arrêter les agresseurs, protéger les populations impliquées et assister les victimes. Le contexte mondial exige une meilleure compréhension du droit et du devoir de protection".

"Pour sauver la paix les Nations-Unies doivent être modernisées. La gravité de la situation constitue donc pour ses membres une occasion pour dresser l'esprit de la Charte de l'ONU face aux terribles conflits qui désagrègent pays et états. Malheureusement, la communauté internationale pèche par des positions contradictoires mais aussi par des silences notamment devant les drames de la Syrie, du Moyen Orient ou de l'Ukraine. Il est de la plus grande importance de trouver une unité d'action qui évite le blocage des veto. La promotion d'une culture de la paix exige de redoubler d'efforts en faveur du dialogue de la coopération, du respect des cultures et des diversités. En dernier lieu, il compte d'avoir une solide volonté de mettre en oeuvre complètement les mécanismes actuels tous en les adaptant aux enjeux actuels. Ceci implique un effort multilatéral au service de la dignité de l'homme et du progrès de l'humanité".

Posté le 1 octobre 2014 à 09h46 par Michel Janva | Lien permanent

27 septembre 2014

Prière pour la IIIe Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques

Le Dimanche 28 septembre 2014 sera consacré à la prière pour la III Assemblée Générale Extraordinaire du Synode des Évêques qui se déroulera du 5 au 19 octobre et qui a pour thème « les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l'évangélisation ».

Les Églises particulières, les communautés paroissiales, les Instituts de vie consacrée, les associations et les mouvements sont invités à prier lors des Célébrations Eucharistiques et en d’autres moments de célébration, les jours précédents et durant les travaux synodaux. À Rome, on priera chaque jour en la Chapelle de la Salus Populi Romani de la Basilique Sainte Marie Majeure. Les fidèles, surtout les familles, peuvent s’unir à cette intention dans leur prière personnelle.

Il est suggéré que la Prière à la Sainte Famille pour le Synode, composée par le Pape François, et quelques intentions indicatives pour la prière universelle puissent être adoptées lors des Messes dominicales du 28 septembre, ainsi que lors du déroulement du Synode. On peut ajouter une intention aux Invocations des Laudes et aux Intercessions des Vêpres. On recommande, en outre, de prier aussi le Chapelet pour les travaux synodaux.

Prière du Papeà la Sainte Famille pour le Synode

Jésus, Marie et Joseph
en vous nous contemplons
la splendeur de l’amour véritable,
à vous nous nous adressons avec confiance.

Sainte Famille de Nazareth,
fais aussi de nos familles
des lieux de communion et des cénacles de prière,
des écoles authentiques de l’Évangile
et des petites Églises domestiques.

Sainte Famille de Nazareth,
que jamais plus dans les familles on fasse l’expérience
de la violence, de la fermeture et de la division :
que quiconque a été blessé ou scandalisé
connaisse rapidement consolation et guérison.

Sainte Famille de Nazareth,
que le prochain Synode des Évêques
puisse réveiller en tous la conscience
du caractère sacré et inviolable de la famille,
sa beauté dans le projet de Dieu.

Jésus, Marie et Joseph
écoutez-nous, exaucez notre prière.

Posté le 27 septembre 2014 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent

17 septembre 2014

"Exil à Malte pour le cardinal Burke"

Ainsi titre Sandro Magister : 

"L’impeccable préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique est sur le point d’être réduit au rôle purement honorifique de "patron" d’un ordre de chevalerie. C’est le pape François qui le veut (...)

La prochaine victime serait en effet le cardinal américain Raymond Leo Burke, préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique. Au lieu d’être promu – comme l’ont inventé certains internautes – au poste difficile mais prestigieux d’archevêque de Chicago, il serait réduit au titre pompeux – mais très modeste au point de vue ecclésiastique – de “cardinal patron” de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte, succédant ainsi au titulaire actuel, Paolo Sardi, qui vient de fêter son 80e anniversaire.

Si cela se confirmait, l'exil de Burke serait encore plus drastique que celui qui a été imposé au cardinal Piacenza. En effet ce dernier a certes été transféré de l’importante congrégation pour le clergé à la marginale pénitencerie apostolique, mais il reste tout de même à la tête d’un dicastère de la curie.

Au contraire, dans le cas du changement de poste qui se préparerait, Burke serait complètement exclu de la curie et il occuperait une fonction purement honorifique, dépourvue de toute influence sur le gouvernement de l’Église universelle.

On aurait donc affaire, dans ce cas, à une nomination qui paraît ne pas avoir de précédent".

Posté le 17 septembre 2014 à 20h02 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (15)

09 septembre 2014

Le Vatican publie la liste des participants au synode sur la famille

Présidé par le Pape François, le synode, qui se tiendra du 5 au 19 octobre sur le thème : «  les défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’Evangélisation », réunira 253 participants, dont :

  • 114 présidents des conférences épiscopales
  • 13 chefs des Eglises catholiques orientales
  • 25 chefs de dicastères de la Curie romaine
  • 3 religieux élus au sein de l’Union des supérieurs généraux
  • 38 auditeurs : 13 couples mariés et 16 experts

Côté français,

"on peut noter la présence en tant qu’expert de Mgr Tony Anatrella, consulteur pour le Conseil Pontifical pour la famille, ainsi que celle du père Gérard Berliet, professeur au séminaire de Lyon et responsable de la pastorale des fidèles divorcés-remariés au sein du diocèse de Dijon. Parmi les laïques, ont été invités Olivier et Christilla de Roussy, d’Amour et Vérité, une préparation au mariage qui dépend de la communauté de l’Emmanuel, et Michèle Taupin, présidente d’Espérance et Vie, un mouvement chrétien qui accompagne les personnes qui vivent le veuvage."

Le cardinal André Vingt-Trois sera l'un des trois présidents délégués.

Posté le 9 septembre 2014 à 13h48 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

30 août 2014

Le journal La Vie hostile au Pape

A l'occasion de la nomination du cardinal Canizares, préfet de la Congrégation pour le culte divin, dans son diocèse d'origine à Valence, en Espagne, le directeur de La Vie laisse transparaître sa haine :

C’est Mgr Osoro Sierra, archevêque de Valence, qui devient archevêque de Madrid, d’où se retire le cardinal Rouco Varela, président de la Conférence épiscopale espagnole. C’est semble-t-il le désir du cardinal Rouco qui a prévalu : il laisse son siège à Mgr Osoro, vice-président de la Conférence épiscopale et probablement son prochain président. Mgr Osoro est connu pour être un ardent défenseur du mariage traditionnel et un opposant  à l’avortement. Quant au cardinal Canizares, c'est lui-même qui  avait demandé au pape de retourner dans son diocèse et le pape a accepté son désir.

Posté le 30 août 2014 à 10h37 par Michel Janva | Lien permanent

17 août 2014

Programme du 3ème pèlerinage international Summorum Pontificum

Organisé par le Coetus internationalis Summorum Pontificum (Giuseppe Capoccia, délégué général, l’abbé Claude Barthe, aumônier, Guillaume Ferluc, secrétaire général), voici le programme de ce pèlerinage à Rome :

Jeudi 23 octobre

  • 19h15 : Vêpres solennelles et accueil des pèlerins à la Trinité-des-Pèlerins par Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei

Vendredi 24 octobre

  • 8h45 : Chapelet pour les enfants à naître en la basilique Sant’Agostino, suivi de visites culturelles et spirituelles libres ou par groupes
  • 11 heures : Rencontre sacerdotale (pour le clergé)
  • 15 heures : Via Crucis sur le Palatin
  • 18h30 : Messe pontificale à la Trinité des Pèlerins célébrée par le cardinal George Pell pour les 10 ans de Juventutem

Samedi 25 octobre

  • à partir de 9h30 : Adoration eucharistique à Santa Maria in Vallicella, suivie de la procession vers la basilique Saint-Pierre
  • midi : Messe pontificale en la basilique Saint-Pierre célébrée par le cardinal Raymond Burke

Dimanche 26 octobre

  • midi : Messe pontificale célébrée par le cardinal Brandmüller pour la fête du Christ-Roi à Nurcie, déjeuner avec les moines (OSB)
  • Pour les pèlerins qui resteront à Rome : Messe pontificale à la Trinité des Pèlerins à 11 heures, célébrée par Mgr François Bacqué, Nonce Apostolique

Posté le 17 août 2014 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2014

Irak : tous ceux qui ont des responsabilités politiques doivent n’épargner aucun effort

Le Secrétaire du Saint-Siège pour les Rapports avec les Etats, le Français Mgr Dominique Mamberti affirme que la Secrétairerie d’Etat a envoyé, en ce début de semaine, une note à toutes les ambassades accréditées près le Saint-Siège, avec le texte des derniers appels du Pape concernant la situation au Moyen-Orient. La Secrétairerie d’Etat demande à chaque ambassade de faire parvenir ce message à leurs gouvernements respectifs.

M"Bien évidemment, la Secrétairerie d’Etat suit avec une très grande préoccupation la situation des communautés chrétiennes au Moyen-Orient. Les communautés chrétiennes souffrent injustement. Elles ont peur et de très nombreux chrétiens ont été contraints d’émigrer. En ce qui concerne la seule ville de Mossoul, quelques trente églises et monastères ont été occupés et saccagés par les extrémistes. La croix a été enlevée des édifices. Pour la première fois en tant d’années, la Sainte Messe du dimanche n’a pas pu être célébrée. Il faut rappeler qu’en Irak, comme dans d’autres pays du Moyen-Orient, les chrétiens sont présents depuis le début de l’histoire de l’Eglise et ils ont eu un rôle significatif dans le développement de la société. Les chrétiens souhaitent simplement continuer à être présents, en tant qu’artisans de paix et de réconciliation.

Que fait le Saint-Siège pour tenter de remédier à cette situation ?

Le Saint-Siège agit à différent niveaux. Tout d’abord, le Saint-Père lui-même a manifesté, à diverses occasions et de manière touchante, sa proximité aux communautés chrétiennes en particulier aux familles de Mossoul, nous invitant tous à prier pour elles. Il leur a personnellement exprimé sa proximité, en contactant certains de leurs responsables religieux dont le Patriarche de Babylone des Chaldéens et le Patriarche d’Antioche des Syriens, encourageant pasteurs et fidèles à se montrer forts dans l’espérance. Il a envoyé également un soutien d’ordre économique aux familles, via le Conseil pontifical Cor Unum, afin de venir au-devant de leurs besoins humanitaires.

Pour notre part, la Secrétairerie d’Etat, via ses propres canaux diplomatiques, continue à stimuler l’attention des autorités internationales et des gouvernements sur le sort de nos frères et nous avons envoyé hier et aujourd’hui même, une note verbale à toutes les ambassades accréditées près le Saint-Siège avec le texte des derniers appels du Pape concernant la situation plus largement du Moyen-Orient, demandant de faire parvenir ce message à leurs gouvernements respectifs. Et c’est notre souhait le plus cher que la communauté internationale prenne à cœur la question, puisque sont en jeu des principes fondamentaux pour la dignité humaine, le respect des droits de toute personne, pour une cohabitation pacifique et harmonieuse des personnes et des peuples. L’Irak et les autres pays du Moyen-Orient sont appelés à être des modèles de coexistence entre différentes communautés, autrement ce serait une grande perte et un présage sombre pour le monde entier. [...]

Je voudrais rappeler que l’appel du Pape à tous ceux qui ont des responsabilités politiques au niveau local et international à n’épargner aucun effort pour faire cesser les hostilités et obtenir la paix désirée pour le bien de tous. Comme le dit le pape François lui-même, il faut plus de courage pour faire la paix que pour faire la guerre. En outre, le bien commun et le respect de chaque personne humaine devrait être placés au centre de chaque décision, et non les intérêts particuliers."

Posté le 30 juillet 2014 à 08h41 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2014

Summorum Pontificum revêt une valeur cruciale pour l'oecuménisme

Paix Liturgique propose la suite de la traduction de la préface rédigée par le cardinal Canizares, préfet de la Congrégation pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements, à la thèse que vient de publier le père Alberto Soria Jiménez, un bénédictin espagnol, sur les principes d'interprétation du Motu Proprio Summorum Pontificum. Extraits :

"[...] nous observons que lorsque sont dénoncées des attitudes ou des positions de « refus du Concile », c'est toujours à sens unique, c'est-à-dire à propos de ceux qui n'acceptent pas l'état actuel de la liturgie alors que, la plupart du temps, les comportements et pratiques qui provoquent ce refus ne viennent pas du Concile en soi, pas plus qu'il ne s'agit de mises en œuvre de ses principes mais, au contraire, de comportements et de pratiques qui le trahissent en ce qu'ils sont diamétralement opposés à ce qu'exprima l'assemblée conciliaire. Personne ne parle, en revanche, ou alors avec bien moins de sévérité, de la désobéissance et du « refus », malheureusement si fréquents, opposés aux grands principes clairement exposés par le Concile. C'est pour cela que l'alors cardinal Ratzinger en arriva à dire que « l'obstacle majeur à l'acceptation pacifique du renouvellement de la structure liturgique réside dans le fait que la liturgie a été abandonnée à l'inventivité de chacun ». Ailleurs, il expliquait, parlant de la libéralisation de la célébration de la liturgie traditionnelle, qu'il « ne s'agit pas d'une attaque contre le Concile mais d'une mise en œuvre de celui-ci, encore plus fidèle, si j'ose dire, que celle que l'on nous présente habituellement ».

Un autre aspect sur lequel ce livre que nous introduisons attire notre attention et qu'il est important de ne pas perdre de vue, c'est l'impact négatif que nos discussions intra-ecclésiales peuvent avoir sur l'œcuménisme. Souvent, nul ne prête attention au fait que les critiques faites au rite hérité de la tradition romaine touchent aussi les autres traditions, en particulier celle orthodoxe : presque tous les aspects liturgiques fortement attaqués par ceux qui s'opposent à la conservation de l'ancien missel romain sont précisément ceux que nous avons en commun avec la tradition orientale ! Une preuve nous en est donnée par les réactions extrêmement positives arrivées du monde oriental lors de la publication du Motu Proprio. Ce document revêt ainsi une valeur cruciale pour la « crédibilité » de l'œcuménisme dès lors que, selon l'expression du président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, le cardinal Kurt Koch, « il promeut, en réalité, si l'on peut dire, un œcuménisme intra-catholique ». Nous pourrions dire, par conséquent, que la prémisse « ut unum sint » suppose le « ut unum maneant » de sorte que, comme l'écrit le Cardinal, « si l’œcuménisme intra-catholique échoue, la controverse catholique sur la liturgie s’étendra aussi à l’œcuménisme ». [...]

Posté le 26 juillet 2014 à 09h13 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2014

Jean-Baptiste de Franssu à la tête de l'Institut pour les oeuvres de religion

FCe Français spécialiste de la finance a été nommé à la tête de l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR), qui gère le patrimoine du Saint-Siège. Il devra assurer la mise en oeuvre de la réforme de ses statuts. Membre bénévole du nouveau conseil économique, il avait été repéré par Mgr Vallejo Balda, numéro deux de la préfecture pour les affaires économiques et membre de l'Opus Dei.

Agé de 51 ans, ce catholique (partiquant comme disent les médias) est un spécialiste de la finance, preuve que l'on peut être à la fois être engagé à la fois à la suite du Christ et dans la finance, contrairement à l'idée qui règne dans certains milieux 'cathos'.

Père de 4 enfants, il est membre du Conseil d'administration de la World Youth Alliance, une organisation internationale basée aux États-Unis qui défend la dignité de la personne humaine au sein d'instances internationales comme l'ONU ou le Parlement européen.

Attaché à la spiritualité de Charles de Foucauld, Jean-Baptiste de Franssu est un amoureux de l'Afrique, où il a passé son enfance : Sénégal, Gabon, Côte d'Ivoire, Soudan, Somalie, Tanzanie et Zambie. 

Diplômé de l'école de commerce de Reims, complété dans une université anglaise et une spécialisation en actuariat à Paris, il est entré à la Caisse des dépôts, puis dans le groupe américain Invesco de placements financiers à long terme où il reste plus de vingt ans. Il lance cette entreprise en France, puis est chargé de son management en Europe pour terminer dans le comité de direction mondiale. Il a fondé un cabinet de conseil en fusions-acquisitions, Incipit, basé à Bruxelles

Il est également président de l'Association européenne des sociétés de gestion, qui regroupe les gestionnaires d'actifs de l'Europe entière.

En mai 2014, il était interrogé par KTO :

 

Posté le 9 juillet 2014 à 19h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Nouvelles réformes au Vatican

Par un Motu Proprio publié aujourd'hui, le Pape François dispose le transfert de la Section ordinaire de l'APSA au Secrétariat pour l'économie :

"Confirmant une tradition qui remonte à plusieurs siècles, le Concile Vatican II a réaffirmé la nécessité de conformer l'organisation du Saint-Siège aux nécessités du moment et aux besoins constants de l'Eglise, notamment par une adaptation de la structure des dicastères de la Curie Romaine, leur nombre, leur désignation et leurs compétences, leurs procédures et leur coordination. En application de ces principes, le Motu Proprio Fidelis et Dispensator Prudens du 24 février dernier a institué le Secrétariat pour l'économie comme dicastère de la Curie. Lequel, tenant compte des dispositions du Conseil, dispose des pouvoirs de contrôle économique et de surveillance sur les dicastères et les administrations du Saint-Siège et de l'Etat de la Cité du Vatican.

En considération de cela et des avis des chefs des organismes concernés, il est apparu opportun que le Conseil pour l'économie assume désormais, selon les modalités et délais fixés par le Cardinal Préfet, les compétences jusqu'ici attribuées à la Section ordinaire de l'Administration du patrimoine du siège apostolique. Par conséquent, cette décision implique le transfert des compétences que la Constitution apostolique Pastor Bonus du 28 Juin 1988 avait conféré à cette section administrative de l'APSA. L'Administration du patrimoine, qui ne sera plus divisé en sections, effectuera désormais uniquement les tâches qui étaient auparavant la responsabilité de la Section spéciale."

Le Cardinal George Pell, Préfet du Secrétariat pour l'économie, a annoncé d'importantes initiatives visant à améliorer la gestion économique et administrative du Saint-Siège et l'Etat de la Cité du Vatican. Les changements concernent la Section ordinaire de l'APSA, le Fonds de pension, les media vaticans et l'IOR.

Le Conseil pour l'Economie a nommé un comité technique pour étudier la situation du fonds de pension et lui faire des propositions d'ici la fin de l'année. Les retraites en cours comme celles de la prochaine génération sont en sécurité, mais il convient de s'assurer d'une disponibilité suffisante pour les générations à venir. Beaucoup de pays occidentaux sont confrontés à des difficultés de leur système de retraite. De nouveaux statuts seront préparés afin d'adapter l'organisation de ce fonds à la nouvelle structure économique et administrative du Saint-Siège et de l'Etat du Vatican. Quatre experts laïcs y apporteront leur expérience dont le français Antoine de Salins.

Un comité ad hoc a été désigné pour proposer une réforme des media du Vatican. Il s'agit d'adapter les media du Saint-Siège aux nouvelles tendances de la consommation, d'améliorer leur coordination et d'assurer de manière progressive et significative une économie financière. Sur la base des récentes expériences positives comme le compte Twitter du Saint-Père, les applications et les réseaux numériques seront renforcés afin de s'assurer que le message du Saint-Père atteigne un plus grand nombre de fidèles à travers le monde, en particulier de jeunes. Parmi les membres du comité on trouve le dominicain français Eric Salobir.

Côté IOR, il a été a annoncé un plan pour sa prochaine phase de restructuration, qui sera réalisé par une nouvelle équipe dirigée par le français Jean-Baptiste de Franssu.

Posté le 9 juillet 2014 à 17h18 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2014

Bilans financiers du Saint-Siège et de la Cité du Vatican

Samedi 5 juillet, la Préfecture pour les affaires économiques du Saint-Siège a rendu le bilan définitif consolidé du Saint-Siège pour 2013 et celui relatif au Governorat de la Cité du Vatican.

Le bilan du Saint-Siège enregistre un déficit de 24.470.549 euro, causé principalement (environ 14 millions) par les fluctuations du cours de l'or. Les postes de dépense majeure sont le personnel (2886 personnes pour environ 125 millions), et l'imposition sur les biens immobiliers en Italie (plus de 15 millions).

Le bilan de l'Etat de la Cité du Vatican, qui est autonome par rapport au Saint-Siège (1951 personnes en service), présente un bénéfice de 33.040.583 euro, en augmentation d'une dizaine de millions d’euro par rapport à l’année précédente.

La contribution due par les diocèses pour la gestion de la Curie Romaine au service de l'Eglise universelle est passée de 22.347.426 à 22.435.359 euro de 2012 à 2013.

Posté le 8 juillet 2014 à 15h27 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2014

Vatican : un Français à la tête de l'IOR ?

FA l’Institut pour les Œuvres de Religion, surnommé la Banque du Vatican, son directeur Ernst von Freybergvient de donner sa démission.

C’est un Français, le financier Jean-Baptiste de Franssu, qui devrait prendre sa succession. Depuis mars 2014, il siège au sein du Conseil pour l’économie, créé par le Pape François. En sus de ce travail bénévole, Jean-Baptiste de Franssu dirige un cabinet bruxellois spécialisé dans les fusions-acquisitions. Diplômé de Sup de Co Reims, il a travaillé au sein de grands groupes financiers, tels que Invesco ou Carmignac Gestion. Il soutient des O.N.G. comme l’Alliance mondiale de la jeunesse, engagée pour défendre la famille.

Posté le 7 juillet 2014 à 07h35 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2014

Argentine vs Suisse au Vatican

Il était évident que les Suisses n'avaient aucune chance.

A

Posté le 2 juillet 2014 à 22h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

26 juin 2014

Instrument de travail du Synode d'octobre 2014, sur les défis pastoraux de la famille

Ce document préparatoire est en ligne. Extrait :

"Contestation pratique de la loi naturelle sur l’union entre l’homme et la femme

27. Étant donné que de nombreux organismes académiques n’ont plus que faiblement recours à la loi naturelle, les principales contestations proviennent de la pratique massive du divorce, du concubinat, de la contraception, des procédés artificiels de procréation et des unions homosexuelles. Parmi les populations les plus pauvres et les moins influencées par la pensée occidentale – il est fait ici particulièrement référence à certains États africains – d’autres types de contestation de cette loi ont été mis en évidence, comme le phénomène du machisme, de la polygamie, des mariages entre adolescents et préadolescents, du divorce en cas de stérilité, d’absence de descendance masculine, mais aussi de l’inceste et d’autres pratiques aberrantes.

28. Dans presque toutes les réponses, y compris les observations, on enregistre un nombre croissant de familles “élargies”, surtout par la présence d’enfants nés de différents partenaires. Dans la société occidentale, les cas sont désormais nombreux où les enfants, en plus d’avoir des parents séparés ou divorcés, remariés ou non, ont également des grands-parents dans la même situation. En outre, spécialement en Europe et en Amérique du Nord (mais aussi dans les États d’Asie orientale), on trouve une augmentation de cas d’unions conjugales non ouvertes à la vie, ainsi que de personnes qui adoptent une vie de célibataires ou singles. Les familles monoparentales sont, elles aussi, en nette croissance. Sur ces mêmes continents, on assiste pareillement à une hausse vertigineuse de l’âge du mariage. Très souvent, spécialement dans les États d’Europe du Nord et d’Amérique du Nord, les enfants sont perçus comme représentant une entrave au bien-être de la personne et du couple.

29. Il faut encore mentionner la volonté de reconnaître au niveau civil, en particulier dans certaines régions d’Asie, des unions dites “pluripersonnelles” entre individus d’orientations et d’identités sexuelles différentes, basées sur les besoins particuliers et sur les nécessités individuelles et subjectives. En résumé, on tend à accentuer le droit à la liberté individuelle sans compromis: les personnes ne se “construisent” que sur la base de leurs désirs individuels. Ce que l’on juge pouvoir devenir “naturel” est plus qu’autre chose une référence à soi-même et à la gestion de ses propres désirs et aspirations. L’influence martelante des mass médias et du style de vie affiché par certains personnages du sport et du spectacle y contribue lourdement; ces aspect exercent aussi leur influence dans les pays où la culture familiale traditionnelle semble avoir davantage résisté (Afrique, Moyen-Orient et Asie centrale et du Sud)."

Posté le 26 juin 2014 à 12h59 par Michel Janva | Lien permanent

05 juin 2014

D-Day : l'exclusion de Dieu de la vie des sociétés ne peut apporter que mort et malheur

Le Secrétaire d'Etat du Saint-Siège, le cardinal Parolin, a publié ce message au nom du pape :

"Sa Sainteté le Pape François s'unit de grand cœur à l'intercession des personnes venues commémorer les évènements dramatiques qui se sont déroulés en ces lieux il y a soixante-dix ans et prier pour la paix. Il adresse son cordial salut à Monsieur le Cardinal André Vingt-Trois, Archevêque de Paris, à Monseigneur Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux, ainsi qu'aux représentants des autres communautés ecclésiales et à toutes les personnes rassemblées.

Le Saint-Père rend hommage aux nombreux soldats qui ont quitté leur pays pour débarquer sur les plages de Normandie, afin de lutter contre la barbarie nazie et libérer la France occupée. Il n'oublie pas non plus les soldats allemands entraînés dans ce drame, ainsi que toutes les victimes de cette guerre. Il convient que les générations présentes expriment leur reconnaissance à tous ceux qui ont consenti à de si lourds sacrifices. C'est par la transmission de la mémoire et par l'éducation des nouvelles générations au respect de tout homme créé à l'image de Dieu qu'il est possible d'envisager, dans l'espérance, un avenir meilleur.

Cette commémoration nous rappelle que l'exclusion de Dieu de la vie des personnes et des sociétés ne peut apporter que mort et malheur. Les nations européennes peuvent trouver dans l'Evangile du Christ, Prince de la paix, la racine de leur histoire et une source d'inspiration pour nouer entre elles des relations toujours plus fraternelles et solidaires.

Le Saint-Père souhaite que Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, co-patronne de l'Europe, qui donne son nom à la cloche bénie en cette occasion, soit un guide et une protectrice pour avancer sur le chemin de la paix. Confiant chacun des participants à la protection de la Vierge Marie, il leur accorde de grand cœur la Bénédiction apostolique.

Posté le 5 juin 2014 à 23h08 par Michel Janva | Lien permanent

04 juin 2014

Donner des prénoms de saints aux enfants

Alors qu’il présidait une messe pour la France dans la basilique Saint-Pierre au Vatican, messe “pro felice statu gallicae nationis“ célébrée dans la chapelle Sainte-Pétronille, 3 jours après la fête de sainte Pétronille, l’une des saintes patronnes de la France, dans la matinée du 3 juin 2014, Mgr Jean-Louis Bruguès a invité à donner des prénoms de saints aux enfants afin de les faire entrer dans la “grande“ famille de l’Eglise. Le prélat français, archiviste et bibliothécaire de la Sainte Eglise romaine, a regretté la multiplication des “prénoms insignifiants“ dans les registres de baptême

La messe était célébrée en présence d’une trentaine de prêtres et prélats, dont de nombreux Français travaillant dans la curie romaine, ainsi que l’ambassadeur de France auprès du Saint-Siège, Bruno Joubert, à l’initiative de cette messe.

Dans son homélie, Mgr Bruguès a médité sur l’importance du culte des saints, qu’il faudrait remettre au goût du jour. Etre proche de ceux qui ont “approché“ le Christ “revient à se rendre proche du Christ lui-même“.

“Voilà pourquoi l’Eglise éprouve le besoin de confier chacun de ses enfants à un ou plusieurs saints“.

“Le calendrier chrétien ne ferait-il plus recette ? Pourquoi cette ombre immense portée sur nos saints ?“ “Le temps n’est-il pas venu de redonner aux saints la place qui leur revient ?“

Pour Mgr Bruguès, donner un nom de saint à un enfant signifie le faire entrer “dans une famille plus grande“.

“C’est lui donner un frère ou une sœur aînés dans la foi, dans l’histoire, dans l’avenir“. “Le prénom reçu au moment du baptême n’est pas seulement un signe de reconnaissance sociale, il agit d’une manière qui nous reste mystérieuse, mais que l’Eglise assure être efficace, dans la construction même de notre personnalité psychologique et morale“.

Posté le 4 juin 2014 à 07h48 par Michel Janva | Lien permanent

24 mai 2014

L'ONU reconnaît l'action du St-Siège contre les abus sexuels

Communiqué du Saint-Siège :

"Le Comité des Nations-Unies relatif à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (CAT), a anticipé la publication de ses conclusions définitives sur le rapport déposé par le Saint-Siège. Reconnaissant les efforts substantiels accomplis, ainsi que le bonne volonté manifestée, le Comité constate que le Saint-Siège, s'est largement engagé dans la voie de la prévention des abus sexuels sur mineurs, mais aussi de l'attention aux victimes. Saluant la franchise du dialogue établi avec sa délégation, et sans considérer qu'il ait enfreint la Convention, le Comité reconnaît que le Saint-Siège, les diocèses et les congrégations religieuses catholiques s'efforcent de prévenir ces crimes, mais aussi qu'ils ont mis en place des dédommagements en faveur des victimes. Enfin, le Comité ne prend pas en considération le fait que la protection absolue de l'enfant à naître puisse constituer de la part du Saint-Siège un des cas de violation de la CAT. Ceci sauvegarde le principe du droit fondamental à la vie et la liberté religieuse de proclamer et défendre ce droit de la part de l'Eglise."

Posté le 24 mai 2014 à 16h52 par Michel Janva | Lien permanent

22 mai 2014

La responsable de "Wir sind Kirche" a été excommuniée

L'Autrichienne Martha Heizer, chef de file du mouvement réformiste "Wir sind Kirche", vient d'être excommuniée, ainsi que son mari. C'est l'épilogue d'un long bras de fer entre le mouvement Wir sind Kirche ("Nous sommes l'Eglise") et l'Eglise.

L'évêque d'Innsbrück, Mgr Manfred Scheuer, “a tenu à présenter personnellement le décret au couple mercredi 21 mai au soir”.

Le couple a refusé d'admettre la sanction.

Il sosnt excommuniés pour des messes privées célébrées sans prêtre. Ces simulations constituent des delicta graviora (délits graves) aux yeux de l'Eglise catholique.

Âgée de 67 ans, Martha Heizer est connue pour ses prises de position pour l'ordination des femmes et “un renouvellement de l'Eglise grâce aux laïcs”, précise Die Welt. Depuis 2012, elle dirige l'International Movement We are Church (IMWAC), le mouvement international Nous sommes l'Eglise.

Jeudi en début d'après-midi, le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, précise à l'agence I.Media que cette excommunication “a été prononcée par le diocèse d’Innsbruck et non directement par Rome”. Le père Federico Lombardi explique qu'il s'agit d’une excommunication automatique (“latae sententiae”), déclenchée par “l’acte grave” que représente “la célébration de l’Eucharistie par une personne non ordonnée”.

Posté le 22 mai 2014 à 15h43 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2014

Divorcés-remariés : Rome demande aux évêques de communiquer sur le Magistère

Dans cette période de confusion doctrinale, pour éviter de croire à de fausses attentes, la Congrégation pour la doctrine de la Foi a demandé aux évêques, à travers les conférences épiscopales, de mettre en ligne les documents du Magistère de l'Église sur les "questions sur la pastorale des fidèles divorcés remariés".

Suite à cette demande, on remarque que les diocèses d'Espagne (comme ici) ont mis en ligne un site spécifique afin d'informer les fidèles sur ces sujets. La Conférence des évêques espagnols a créé une page spécifique sur ce sujet. On y retrouve des textes fondamentaux de saint Jean-Paul II, de Benoît XVI, de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, du Conseil pontifical pour les Textes législatifs, du Synode des évêques de 2012 et un article du cardinal Gerhard L. Müller, actuel préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

En France, la Conférence épiscopale n'a rien mis en ligne pour le moment.

Posté le 21 mai 2014 à 17h41 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2014

Il ne peut y avoir de développement sans la famille

C’est en substance le message lancé à la tribune de l’ONU par Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, dans le cadre de la Journée internationale des familles. La famille, a-t-il réaffirmé, est un point essentiel du magistère de l’Eglise ; il faut redécouvrir sa place centrale dans la société, en tant que modèle social unique, école d’éducation à l’altérité et à l’amour de l’autre.

Mgr Paglia n’a pas minimisé l’ampleur de la crise que traverse l’institution familiale et qui se traduit par l’augmentation des divorces et des naissances hors-mariage.

Reste que le rôle de la famille est déterminant pour un développement authentique, surtout quand il s’agit de combattre les injustices et de s’opposer à l’économie de l’exclusion. 

Posté le 17 mai 2014 à 19h37 par Michel Janva | Lien permanent

10 mai 2014

ONU : le Vatican déclare que l’avortement est une torture

La meilleur défense c'est l'attaque : c'est la stratégie qu'a employé le Saint-Siège, mis en cause par une agence de l'ONU, en retournant l'accusation dont il était victime :

"« Le Saint Siège condamne la torture de quiconque,  y compris ceux qui sont torturés et tués avant même de naître », a déclaré Mgr Silvano Tomasi, Nonce apostolique des Nations Unies à Genève.

C’est la deuxième fois cette année qu’une délégation du Vatican est invitée à discuter de ses obligations de droit international avec les experts de l’ONU. C’est également la deuxième fois que la doctrine Catholique est victime de médisances à cause de l’avortement. Cet obscur comité attire ainsi à lui l’attention des médias et des critiques.

« L’avortement tardif est une torture », rétorquait Mgr Tomasi à Felice Gaer, une experte américaine.

Il a accusé le Canada et le Royaume-Uni d’être coupable de torture puisqu’ils permettent l’avortement tardif, laissant des enfants mourir sans soins alors qu’ils sont nés vivants.

L’archevêque a ajouté que le Vatican n’avait pas le pouvoir d’imposer ses doctrines, mais que les Catholiques du monde entier procurent des soins de santé maternelle, des alternatives à l’avortement, et aident les femmes physiquement et spirituellement après leur avortement. Il a aussi mis en garde le comité contre les atteintes à la liberté religieuse.

[...] Certains experts se sont montrés plus conciliants après les commentaires de Mgr Tomasi. [...] Le président du Comité, Claudio Grossman, s’est lui aussi montré conciliant. Il a également nié l’existence d’un conflit d’intérêts après la publication dans la presse  d’une rumeur selon laquelle son impartialité avait été compromise à cause de son soutien militant pour le mariage homosexuel et l’avortement.

Felice Gaer pour sa part est restée inflexible. La vice présidente du comité a déclaré que la position morale de l’Eglise sur l’avortement était « inquiétante »."

Posté le 10 mai 2014 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

08 mai 2014

“L’Osservatore Romano” accueille un auteur qui nie la Résurrection

Affaire étrange :

"Pour la deuxième fois en un mois, Marco Vannini a signé, le 4 mai, un article d’une page entière intitulé « Cosa serve per pensare ». Ce qui étonne Sandro Magister, c’est la « distance abyssale entre [s]es conceptions [de Vannini] et celles qui fondent le Credo chrétien ». Magister signale un précédent article de Vannini, paru Vendredi Saint 18 avril dans le quotidien La Reppublica. L’auteur donne son sentiment sur la signification que Pâque a pour lui. Après avoir rappelé que la résurrection d’entre les morts était « une vieille fantaisie apocalyptique juive », Vannini écrit que la résurrection du Christ « fut plus une construction théologique qu’un fait réel », une « expérience spirituelle » qui ne peut être vécue que de l’intérieur et non pas de la manière dont l’a soutenue saint Paul « dont le cerveau malade, comme l’a écrit Nietzche, n’a pas compris le message évangélique sur la mort de l’âme et sa renaissance dans l’esprit (…) L’affirmation paulinienne que notre foi est vaine si le Christ n’est pas ressuscité (…) est [la] plus antiévangélique qui soit ». Bon, c’est une opinion… mais dans L’Osservatore Romano ?"

Posté le 8 mai 2014 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent

07 mai 2014

Le cardinal Müller accuse les religieuses rebelles des États-Unis de promotion de l'hérésie

Traduction de cet article, par les soins du Salon Beige :

"Son éminence Gerhard Müller, le cardinal Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accusé les religieuses des États-Unis de ne pas observer le programme de réformes ordonné par le Saint-Siège. Le cardinal affirme que les responsables de la Conférence des Supérieures des Religieuses (LCWR : Leadership Conference of Women Religious) font fi des procédures de choix des conférenciers qui participent à leurs assemblées annuelles, et se demande si les programmes de ces assemblées ne seront pas utilisés pour promouvoir l'hérésie.

Dans une rencontre des Supérieurs de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avec la Présidence de la Conférence de Leadership des Femmes Religieuses à Rome le 30 avril, le cardinal a déclaré aux religieuses que le choix des orateurs de la conférence annuelle et la documentation qu'elles mettent à la disposition de leurs membres, ainsi que leur attitude devant des erreurs doctrinales évidentes, l’amène à se demander si la LCWR a « réellement la capacité de vraiment sentire cum Ecclesia (être en union de sentiment avec l'Église) ».

Le cardinal est particulièrement critique envers la promotion des théories que défend Barbare Marx Hubbard, présidente de la Fondation pour l'Évolution Consciente, incompatibles avec la foi catholique carelles conduisent quasi nécessairement à des erreurs de fond par rapport à la toute-puissance de Dieu, l'incarnation du Christ, la réalité du péché originel, la nécessité du salut et le caractère définitif de l'action salvífique du Christ dans le mystère pascal.

Le cardinal accuse les religieuses de ne même pas permettre de réplique aux conférenciers qui participent à leurs conférences annuelles lorsqu’ils s'écartent de la doctrine de l'Église.

Réponse aux griefs

D'autre part, le prélat répond aux griefs des responsables de la LCWR, qui considèrent comme une sanction disciplinaire laparticipation du Délégué pontifical à l'élection de conférenciers. Le cardinal explique qu’au contraire cette participation montre l'intérêt du Saint-Siège à dialoguer avec les religieuses pour les aider à être en communion avec la foi de l'Église.

Provocation des religieuses

Le cardinal Müller met en avant l'exemple suivant de quelque chose qui ne doit se produire :

Un exemple pourrait nous aider à l'heure actuelle. Je suis triste d’apprendre que vous avez décidé d'accorder le Prix, via la Direction Extraordinaire, lors de l'Assemblée de cette année, à une théologie critiquée par les Évêques des États-Unis étant donné la gravité des erreurs doctrinales présentes dans ses documents. C'est une décision qui sera perçue comme une provocation ouverte contre le Saint-Siège et l'Évaluation Doctrinale. En outre, elle éloigne encore plus la LCWR des Évêques.

Le cardinal n’indique pas le nom de la théologienne, mais il s'agit d'Elizabeth Johnson, professeur de théologie à l'Université Fordham, un établissement universitaire de la Compagnie de Jésus à New York. E. Johnson a fait l'objet en mars 2011 d'une note de la commission épiscopale pour la Doctrine de la Foi du Concile des États-Unis.

Le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi assure être conscient de parler de façon très directe :

Je me rends compte que je parle avec beaucoup de franchise sur cette affaire, mais je le fais en sachant qu'il n'y a pas aucune autre manière d'interpréter la décision d'attribuer ce prix, ni à l'intérieur ni en dehors de l'Église.

Posté le 7 mai 2014 à 08h55 par Michel Janva | Lien permanent

05 mai 2014

Vatican : vers la création d'un secrétariat à la communication ?

Lu sur Benoît-et-moi :

"Dans le plan de réorganisation de la Curie, la création d'une coordination centrale sur le modèle de la nouvelle structure vaticane de l'Economie est à l'étude. Les compétences (aujourd'hui partagées entre différents bureaux de la Curie: Salle de presse, Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, CTV, Radio Vatican, L'Osservatore Romano) seraient centralisées dans une seule entité. 

Mercredi, le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi est intervenu lors du séminaire professionnel organisé par la Faculté de communication institutionnelle de l'Université Pontificale de la Sainte Croix, sur le thème «Stratégies créatives pour le changement culturel» (cf. Le Père Lombardi et la communication du Pape). Dans son discours, il a annoncé une mise à jour dans la «communication du message du Saint-Père pour le monde»."

Posté le 5 mai 2014 à 07h41 par Michel Janva | Lien permanent

02 mai 2014

Le site internet du Saint-Siège fait peau neuve

A découvrir ici

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Posté le 2 mai 2014 à 15h24 par Michel Janva | Lien permanent

28 avril 2014

De nombreuses photos des canonisations

A retrouver ici.

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Posté le 28 avril 2014 à 00h19 par Michel Janva | Lien permanent

27 avril 2014

Manuel Valls a aussi été hué hier soir

Devant le château Saint-Ange :

Photo 1

Photo 2

Posté le 27 avril 2014 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (39)


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