19 avril 2017

Comment votent les catholiques de France ?

Petite synthèse réalisée pour les intentions de vote en 2017 et le vote de 2012 :

L'émission "L'Heure des Pros" sur CNews a organisé un débat sur ce thème. Malheureusement, malgré un plateau pour une fois équilibré, le sujet n'a pas été traité correctement sur le fond sans même aborder les statistiques pourtant connues et citées dans la vidéo ci-dessus. Pire, la polémique sur l'avortement mise en scène par Bruno Roger-Petit de manière hystérique a plombé le débat, telle une Femen surgissant et faisant oublier le thème du débat


L'Heure des Pros du 17/04/2017 by CNEWS

Il est toujours surprenant de voir ce sujet abordé sans évoquer au minimum les textes de l'Eglise elle-même. C'est ce qu'aurait du faire le prêtre présent sur la plateau de télévision. Ensuite, il est évident que l'électorat catholique se répartit de manière très diverse en fonction du niveau de pratique et de sensibilité personnelle. Il y a néanmoins une tendance au vote à droite au grand désarrois des "cathos de gauche".

Le 30 mars 2006, le pape Benoit XVI évoquait la notion de points non négociables lors d'un discours faisant aujourd'hui référence en termes d'engagement des catholiques en politique :

"En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:

  • la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle;
  • la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable;
  • la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.

Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité".

Ces points non négociables sont à nouveau évoqués dans l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis (22 février 2007) au paragraphe 83 :

"Cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié."

Enfin, la "Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique" publiée sous l'autorité du Cardinal Ratzinger (24 novembre 2002) est un document de référence pour tout catholique voulant mettre en conformité son vote avec l'enseignement de l'Eglise.

Est-ce trop demander aux journalistes que de s'intéresser à leur sujet de manière approfondie et sérieuse plutôt que de le traiter de manière superficielle ?

Posté le 19 avril 2017 à 13h06 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

04 avril 2017

Cardinal Turkson : « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Unknown-30Face à l’émigration massive, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Dicastère au service du développement humain intégral, a plaidé pour la promotion du développement des pays de provenance des migrants, le 30 mars 2017. Présentant au Vatican le Congrès organisé par le dicastère les 3 et 4 avril, sur le thème “Perspectives pour le service du développement humain intégral à 50 ans de Populorum progressio”, le cardinal ghanéen a évoqué la crise actuelle de façon très politiquement incorrecte :

« L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet ».

Le cardinal Turkson a estimé que la « préoccupation » des pays d’accueil était due à leur baisse démographique :

« là où il y a plus d’hôtes que d’enfants, il y a toujours une tension ».

Pour donner asile, il faut en effet « une sécurité dans la démographie locale ». D’où aussi la montée des « nationalismes », exprimant « la préoccupation d’un pays d’être englouti par l’arrivée en masse de nouvelles populations ».

Posté le 4 avril 2017 à 18h50 par Michel Janva | Lien permanent

Le pape autorise la FSSPX à célébrer les mariages

Lettre de la Commission Ecclesia Dei aux conférences épiscopales :

Éminence,

Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.

Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint PieX, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.

Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.

En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.

Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.

Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.

Gerhard Card. L. Müller Président

+ Guido Pozzo Archevêque titulaire de Bagnoregio Secrétaire

AddendumCommuniqué de la Maison générale sur la lettre de la Commission Ecclesia Dei au sujet des mariages des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X

"Comme pour les dispositions prises par le pape François accordant la faculté de confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour l’Année Sainte (1er septembre 2015), et étendant cette faculté au-delà de l’Année Sainte (20 novembre 2015), la Maison Générale apprend que le Saint-Père a décidé « d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ». (Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, publiée ce 4 avril)

Cette décision du Souverain Pontife prévoit que : « Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. »

Mais elle dispose également que : « En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du sacrement. »

La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans aucune inquiétude sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale.

Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise."

Posté le 4 avril 2017 à 16h09 par Le Salon Beige | Lien permanent

02 avril 2017

Motu Proprio Sanctuarium in Ecclesia

Les sanctuaires ne dépendront plus de la Congrégation pour le clergé, mais du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation selon un Motu Proprio signé le 11 février et rendu public ce samedi 1er avril (non disponible en français). Le Pape François y officialise un transfert de compétence, en expliquant que les sanctuaires sont des lieux d’évangélisation.

Mgr Rino Fisichella, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, explique à Radio Vatican :

Unknown-26"Depuis toujours, les pèlerinages ont emmené les croyants sur les origines de la foi. Les premiers pèlerins allaient voir le tombeau du Christ à Jérusalem, puis plus tard, la tombe des apôtres, avant qu’au fil des siècles ces pèlerinages s’élargissent aux hauts lieux des apparitions de la Vierge Marie, ou des lieux liés à la vie des Saints et des Bienheureux. Pour le Pape François, c’est un important témoignage de piété populaire, expression de la foi simple et humble des croyants.

Les sanctuaires attirent aussi ceux qui viennent chercher un temps de pause, de silence et de contemplation pour rompre avec le rythme frénétique de leur vie quotidienne. Ces personnes viennent se ressourcer et peuvent se redécouvrir à travers ces pèlerinages. Pour le Saint-Père, cette démarche exprime un «acte d’évangélisation qui mérite d’être valorisé». «Le sanctuaire est un lieu sacré», écrit François dans son Motu Proprio, «un lieu d’évangélisation où se manifeste l’action puissante de la miséricorde de Dieu».

Quant à la spiritualité de chaque sanctuaire, elle permet de guider le pèlerin dans une «pédagogie de l’évangélisation» vers un engagement toujours plus responsable. Le sanctuaire contribue de façon significative à l’engagement catéchétique de la communauté chrétienne. Il enrichit la vie des croyants. Il ouvre aussi grand ses portes aux malades, aux personnes handicapées et surtout aux pauvres, aux marginaux, aux réfugiés et aux migrants. C’est donc pour renforcer un significatif aspect pastoral des pèlerinages aux sanctuaires et aux lieux de dévotion que le Saint-Père a décidé ce transfert de compétence.

Le Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation sera dorénavant chargé de l’érection des nouveaux sanctuaires, d’en approuver les statuts, de favoriser leur rôle d’évangélisateurs, de promouvoir les rencontres afin de favoriser un travail commun de renouvellement de la pastorale de la piété populaire, d’assurer la valorisation artistique et culturelle des sanctuaires selon la Via Puchritudinis (chemin privilégié d’évangélisation et de dialogue), de la formation du personnel des sanctuaires, et de garantir au pèlerin une assistance spirituelle cohérente et soutenue."

Posté le 2 avril 2017 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2017

L'Académie des sciences du Vatican se désolidarise des théories sur le contrôle de population

L'Académie pontificale pour la Science réfute les théories de contrôle de population à la fin d'une conférence sur l'extinction biologique comportant des promoteurs du contrôle de la population. Monseigneur Marcelo Sanchez Sorondo, porte-parole de l'Académie pontificale des sciences, a déclaré :

"Ce n'est pas la population qui produit du dioxyde de carbone. C'est l'activité humaine qui consomme de l'énergie et contamine l'environnement ".

Capture d’écran 2017-03-03 à 08.41.55Après le colloque de trois jours soulignant que la croissance démographique est un défi pour préserver la biodiversité, Mgr Sanchez Sorondo a insisté sur le fait que ce qui était «crucial» pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité qui en résultait, c'est un changement de modes de consommation et une répartition plus équitable des richesses et non un contrôle de la population.

Il faut souligner que l'invitation par le Vatican des promoteurs du contrôle de la population (notamment par l'avortement) et des théoriciens de la bombe humaine avait provoqué de nombreuses critiques. Notamment Ehrlich (photo), qui plaide pour un contrôle coercitif de la population par l'avortement et la stérilisation, l'avortement sélectif des filles. Ce bonimenteur a faussement prédit des famines et des guerres en raison de la pénurie de ressources provoquée par la surpopulation dans son livre de 1969 The Population Bomb.

Robert Royal, président de l'Institut Faith & Reason et membre du conseil d'administration de C-Fam, a déploré que les spécialistes pro-vie n'étaient pas présent à ce colloque :

"Ce qui manquait à la conférence était l'accent mis sur l'ingéniosité humaine".

Posté le 3 mars 2017 à 08h44 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2017

Jubilé de la création du Tribunal administratif de l'Eglise

9782343110493fCette année la 2ème section du Tribunal suprême de la Signature apostolique, créé en 1967 en vue de « trancher les contestations nées de l’exercice du pouvoir administratif ecclésiastique », célèbre son jubilé dans le plus grand silence alors qu'elle a déjà traité près de 1500 causes faisant jurisprudence.

Yves-Alain Ducass, licencié en droit canonique et directeur de "Canonistes sans frontières", témoigne dans un livre intitulé "La justice administrative de l'Eglise catholique". Il évoque les progrès accomplis par l’Église catholique en cinquante années d’exercice de la justice administrative, illustre sa mise en oeuvre pratique par une centaine d’exemples de conflits et de jurisprudence ; fait connaître aux différentes catégories de fidèles leurs droits et obligations vis-à-vis de la hiérarchie de l’Église, ainsi que les moyens de les défendre ; apporte une contribution scientifique au monde des canonistes, à partir d’une base de données inédite sur la jurisprudence administrative ; contribue à la communion ecclésiale en célébrant dans la joie le jubilé de la justice administrative de l’Église, et en proposant des pistes d’améliorations.

Il écrit notamment : 

"il ne suffit pas que les procédures canoniques de résolution des conflits internes à l'Eglise soient opérationnelles, encore faut-il qu'elles soient connues des personnes concernées. [...]

Les fidèles catholiques, pourront mieux connaître leurs droits et les moyens de les faire valoir, ainsi que leurs obligations, et ils pourront en parler lors de conversations privées, ou par ses témoignages écrits dans la feuille paroissiale, le journal de leur association ou dans un commentaire sur les réseaux sociaux.

les responsables des organes de presse, pourront évoquer la mise en oeuvre des droits et obligations des fidèles catholiques, spécialement au cours de l'année 2017 qui marque le jubilé de la création du Tribunal administratif de l'Eglise."

Posté le 28 février 2017 à 09h31 par Michel Janva | Lien permanent

27 février 2017

Des partisans de l'avortement et du contrôle des naissances en séminaire au... Vatican

Capture d’écran 2017-02-27 à 09.18.01L'Académie Pontificale des Sciences organise un Séminaire sur l'extinction biologique («Comment sauver l'environnement naturel dont nous dépendons») à Rome du 27 février jusqu'au mercredi 1er mars. Plusieurs experts et journalistes avaient demandé au président de l'APS, Mgr Marcelo Sanchez Sorondo, la possibilité de participer, mais tous se sont vu opposer un refus ferme: «La conférence est réservée aux orateurs et à leurs invités»...

Pourquoi cette discrétion ? Parce que sont invités les principaux représentants du mouvement anti-nataliste (programme). 

Comme John Bongaarts, vice-président du Population Council, qui, il y a tout juste un an, le 24 février 2016, écrivait dans la revue Nature que l'augmentation de la population dans les régions les plus pauvres du monde «est un obstacle à leur développement qui rend difficile d'être optimiste quant à leur avenir». Plus encore: la croissance de la population «a des effets négatifs galopants sur la société et sur les écosystèmes de la planète». John Bongaarts prononcera son exposé au Vatican le mardi 28 février, titre: «Population: situation actuelle et perspectives futures».

Il y aura aussi un autre champion de l'anti-natalisme, Mathis Wackernagel, «inventeur» de l'empreinte écologique. L'empreinte écologique est définie comme

«la superficie de terres et d'eau dont une population humaine a besoin pour produire les ressources qu'elle consomme et pour éliminer ses déchets».

C'est un moyen subtil pour établir scientifiquement l'idée que le monde est surpeuplé. Si nous voulons sauver la planète, il faut contrôler les naissances...

Mais les plus fortes protestations des associations pro-vie ont été enregistrées à propos de la présence au séminaire du Vatican du biologiste américain Paul Ehrlich qui parlera sur le thème «Sixième extinction». Ehrlich est le principal penseur de la propagation du mythe de la surpopulation, avec son livre The population Bomb, si bien que pour lui, stérilisations et avortements forcés sont des thérapies évidentes. 

(via Benoît-et-moi).

Posté le 27 février 2017 à 09h21 par Michel Janva | Lien permanent

26 février 2017

Deux députés européens FN rencontrent le cardinal Sarah au Vatican

Edouard Ferrand est Vice-président du groupe ENL (Europe des nations et des libertés) et Chef de la Délégation FN/RBM au Parlement européen, et Sylvie Goddyn est Député français du FN au Parlement européen, membre du groupe ENL. Tous deux ont rencontré le cardinal Sarah au Vatican le 24 février, avec qui ils ont évoqué leur attachement à la défense de la famille.

 

Posté le 26 février 2017 à 21h17 par Marie Bethanie | Lien permanent

27 janvier 2017

Démission du Grand Maître de l'Ordre de Malte : une décision sans précédent

ImagesLe 6 décembre 2016, Fra’ Matthew Festing, Grand Maître de l'Ordre de Malte, exige la démission du grand chancelier allemand Albrecht Von Boeselager, numéro trois de l’organisation et membre de l’ordre depuis quarante ans. Il avait en effet couvert la distribution de préservatifs par un dispensaire de l’Ordre de Malte. Alors qu’Albrecht Von Boeselager refuse de démissionner, Fra’ Matthew Festing le démet de ses fonctions. Ayant appris cette nouvelle, le Pape décide de nomme une commission pour enquêter auprès de l’Ordre de Malte, enquête à laquelle s’est fermement opposé le grand maître de l’Ordre, l’Ordre étant totalement souverain. 4 des 5 membres de cette commission sont des membres de l’Ordre de Malte et 3 d’entre eux sont des amis de l’ex-grand chancelier.

Le pape François a alors demandé à Fra 'Matthew Festing, Grand Maître de l'Ordre de Malte, de démissionner et il a accepté le 23 janvier. Riccardo Cascioli commente cette décision extraordinaire dans un article traduit par Benoît et moi :

"[...] Il s'agit d'une décision sans précédent qui a provoqué une grande confusion et ne manquera pas d'avoir des répercussions internationales: l'Ordre de Malte est en effet un Etat souverain, un Etat sans territoire, qui a aussi accrédité un ambassadeur auprès du Saint-Siège. Comme l'a noté l'hebdomadaire britannique The Catholic Heraldla décision du pape équivaut à une annexion pure et simple, une violation flagrante du droit international qui, en fin de compte, menace même l'indépendance du Saint-Siège. Avec un précédent de ce genre, comment pourrait-on en effet légitimement défendre le Saint-Siège, si par exemple, un jour «le gouvernement italien choisissait de voir l'indépendance de la Cité du Vatican comme une formalité anachronique»? 

Pendant ce temps, dans le présent, la décision risque de détruire l'activité millénaire de l'Ordre de Malte, présent dans le monde entier avec des «œuvres de miséricorde envers les malades, les pauvres et les personnes privées de patrie», comme il est dit dans la Constitution. La présence de l'Ordre de Malte dans plus de cent pays est garantie par la représentation diplomatique, qui pourrait désormais être mise en discussion pour cette perte de souveraineté."

Roberto de Mattei ajoute :

"En agissant ainsi, le pape Bergoglio a exercé un acte d'empire ouvertement contraire à l'esprit de dialogue qui a été le leitmotiv de l'année de miséricorde. Mais, ce qui est plus grave, l'intervention est advenue pour «punir» le courant qui dans l'Ordre est plus fidèle au Magistère immuable de l'Eglise et soutenir au contraire l'aile laïque, qui voudrait transformer les Chevaliers de Malte en une ONG humanitaire, distributrice «pour le bien», de préservatifs et de produits abortifs. La prochaine victime désignée apparaît être le Cardinal patron Raymond Leo Burke, qui a la double faute d'avoir défendu l'orthodoxie catholique au sein de l'Ordre et d'être l'un des quatre cardinaux qui ont critiqué les erreurs théologiques et morales de l'Exhortation bergoglienne Amoris laetitia. Lors de sa rencontre avec le Grand Maître, François lui a annoncé son intention de «réformer» l'Ordre, c'est-à-dire la volonté de dénaturer son caractère religieux, même si c'est précisément au nom de l'autorité papale, qu'il veut commencer son émancipation des normes religieuses et morales. [...]"

Cette affaire vient confirmer cet article publié avant Noël, sur la lourde ambiance qui règne au Vatican.

Posté le 27 janvier 2017 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

25 janvier 2017

Le théoricien de la bombe démographique et de l’avortement forcé au Vatican

Pas vraiment "Laudato si" :

Images-7"L’homme, figure phare du contrôle des naissances, vient donner des leçons au Vatican sur la façon de sauver la planète en sacrifiant les hommes. Cela semble incroyable et pourtant c’est vrai. Nous parlons de Paul R. Ehrlich, biologiste américain devenu célèbre en 1968 avec le livre « The Population Bomb », la bombe démographique. Ce fut le début d’une gratifiante (pour leurs auteurs) saison de publications éco-catastrophique dans lesquelles l’homme était la véritable cible.

En instillant la peur d’une explosion démographique incontrôlée, Ehrlich et combien d’autres qui l’ont suivi ont incité les gouvernements et les organisations internationales à prendre des mesures drastiques de contrôle de la population : la stérilisation et l’avortement forcé sont depuis devenus normaux dans les pays en voie de développement. Pour ne citer qu’un exemple, on estime à 400 millions le nombre des enfants qui ne sont pas nés en Chine grâce aux suggestions d’Ehrlich et compagnie, et des dizaines de millions de filles ont été victimes d’avortements sélectifs (étant donné le choix, en Chine mais aussi en Inde et dans d’autres pays, où, pour des raisons culturelles et économiques, les familles donnent la préférence aux garçons).

S’il y avait une justice, le Dr Ehrlich devrait être jugé pour crimes contre l’humanité mais bien au contraire, 39 ans après, il reçoit l’honneur d’entrer en grandes pompes au Vatican, invité par les Académies pontificales des Sciences et des Sciences Sociales guidées par Mgr Marcelo Sanchez Sorondo. L’occasion est un symposium au sujet de l’extinction biologique : « Comment sauver le monde naturel dont nous dépendons » tel est le titre de ce symposium qui aura lieu du 27 février au 1 mars.

Tout naturellement, la présence de Ehrlich au Vatican a déjà suscité des protestations de la part de groupes pro-vie et d’associations américaines pro-famille, et pas seulement pour des raisons morales, mais aussi pour des raisons scientifiques : que pourrait jamais dire de si intéressant un Ehrlich qui a eu tout faux dans toutes les prévisions faites à l’époque avec tant de complaisance ? « La bataille pour nourrir l’humanité tout entière est définitivement perdue », ainsi commençait le livre « The Population Bomb », qui annonçait dix millions de décès dûs à la faim, chaque année, aux États-Unis dès les années 70 du siècle dernier, ainsi que des centaines de millions qui auraient dû se produire en Chine et en Inde en raison de l’explosion démographique. Pourtant, si la population mondiale était à cette époque d’environ 3 milliards d’êtres humains, cette population a plus que doublé depuis près de quarante ans ; non seulement ces sombres prédictions ne se sont pas vérifiées, mais on observe également que la population souffrant de malnutrition et de sous-alimentation a diminué en termes absolus et en pourcentage.

Un charlatan donc, mais aux yeux des Académies pontificales évoquées ci-dessus, c’est un scientifique qui peut apporter une contribution importante à la sauvegarde de la planète, chose qui semble être maintenant la principale préoccupation des instances du Vatican. Il est donc juste – comme le demande une pétition lancée aux Etats-Unis – d’exiger que le Saint-Siège retire l’invitation adressée à ce sinistre personnage.

Mais nous devons reconnaître que le vrai problème n’est pas la présence d’Ehrlich : il est normal qu’il soit sous le feu des critiques en raison de sa notoriété et du fait qu’il est le symbole de certaines batailles menées pour éliminer les hommes de la face de la terre. Mais le vrai problème réside dans le colloque lui-même, dans son approche des problèmes de la création : de telle façon que les autres intervenants sont – plus ou moins – sur la même ligne d’Ehrlich. Certains sont même célèbres au-delà du milieu universitaire, comme Mathis Wackernagel, inventeur avec William Rees de l’empreinte écologique (Ecological Footprint), une tentative pour établir scientifiquement la nocivité de l’homme pour la Terre. [...]"

Posté le 25 janvier 2017 à 20h28 par Michel Janva | Lien permanent

19 décembre 2016

Lourd climat au Vatican

Selon un article de Lifesitenews (merci à JM pour la traduction) :

Fear-in-Rome_810_500_55_s_c1"Notre visite à Rome du 16 au 23 novembre a été la plus dramatiques des nombreuses visites bisannuelles que nous y avons faites au cours de ces dix dernières années. Après avoir rencontré des cardinaux, des évêques et d'autres membres des dicastères et institutions vaticanes, John-Henry Western, notre nouveau journaliste à Rome, Jan Bentz et moi-même avons observé une tendance générale et omniprésente à l'anxiété et à une peur bien réelle chez les fidèles serviteurs de l'Eglise.

Beaucoup redoutaient de perdre leur position, d'être licenciés de leurs emplois dans les institutions vaticanes ou bien de souffrir de graves réprimandes publiques ou d'accusations personnels de la part de l'entourage du pape ou même de François lui-même. Ils ressentent également un grand stress et de la peur devant les dommages occasionnés à l'Eglise, dommages qu'ils sont incapables d'arrêter.

Vers la fin de notre visite, un clerc de haut rang a confirmé nos observations. Il a ajouté "On peut sentir la peur. Elle est tangible." Un autre, qui avait toujours été disponible pour aborder les crises difficiles, nous a immédiatement prévenu qu'il ne discuterait pas, même hors micro, des controverses actuelles. Il nous a été demandé de ne lui poser aucune question sur ces sujets. Vers la fin de notre visite nous avons pu aborder l'une de ces controverses et l'ampleur des informations qui lui étaient inconnues a pu être évaluée.

La publication des lettres "dubia" par ceux que nous savons maintenant être six courageux cardinaux, silencieusement soutenus par 20 à 30 cardinaux, a très clairement initié une atmosphère accrue de peur et d'intimidation au Vatican.

Le 23 novembre, le journaliste de LifeSiteNews Pete Baklinski a rapporté que l'évêque Athanasius Schneider a raconté avoir ressenti une "grande stupéfaction" devant ce qu'il a appelé la nature "inhabituelle ment violente et intolérante" de la réaction à ces lettres, ajoutant qu'une telle réaction est contraire à l'appel du Pape pour le "dialogue et l'accueil d'une légitime pluralité d'opinions".

La papauté de François a créé à Rome une atmosphère très différente de celle des papes Saint Jean-Paul II et Benoît XVI, sous lesquels Rome était un lieu considérablement plus accueillant pour les guerriers de la Culture Catholique de la Vie que nous sommes.

Un autre billet du 23 novembre informait que les cardinaux Burke et Pell ont été officiellement exclus de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et que "la composition de la Congrégation a récemment été saignée, tandis que de nombreux progressistes ont été nommés en remplacement". Ceci a efficacement neutralisé et rendu silencieux le très orthodoxe Cardinal Sarah, dirigeant de la Congrégation.

Le Cardinal Ouellet, chef de la Congrégation des Evêques, n'a également plus d'autorité réelle, alors que des exécutants nommés par François ont maintenant la haute main sur la nomination des évêques. Les évêques nommés actuellement sont pour la plupart tenants des vues les plus radicalement libérales, tels que les désormais cardinaux Cupich et Farell ou encore l'évêque de San Diego Robert McEltoy. Et bien entendu, il a été fait interdiction au Cardinal Pell de poursuivre sa pourtant nécessaire réforme des institutions et procédures financières du Vatican, toujours minées par la corruption (cette information provient d'une source indiscutable).

L'Académie pontificale pour la vie, à l'origine fondée personnellement par le pape Saint Jean-Paul II et le non moins saint Professeur Jérôme Lejeune, a été transformée en profondeur et l'archevêque kasperite Vincenzo Paglia a été choisi par le pape François pour en prendre la tête. La condition originelle établie par Saint Jean-Paul II et par le Professeur Lejeune selon laquelle les membres de l'Académie devaient signer une déclaration affirmant qu'ils défendaient l'enseignement pro-vie de l'Eglise a été supprimée ; le mandat de l'Académie a été changé en un assortiment harmonieux se concentrant désormais sur les questions environnementales. L'appartenance à vie de beaucoup des éminents membres originaux de l'Académie a été révoquée. Ce n'est sans doute pas une coïncidence qu'un nombre significatif de ces membres d'origine, amis chers à Jean-Paul II et au Professeur Lejeune, ont été permis les critiques les plus sévères et les plus pointus du pape François.

Claire Chretien a rapporté le 23 novembre que le pape François a encensé le théologien moral allemand Bernard Häring, l'un des plus importants opposants à l'encyclique Humanae Vitae du Pape Paul VI en 1968, pour sa nouvelle moralité, dont le pape a affirmé qu'elle aidait "la théologie morale à prospérer". Pouvez-vous imaginer l'impact de cette déclaration de François sur tous ceux à la curie et dans les institutions vaticanes, et sur tous les pasteurs du monde entier, qui tous ont reçu des papes Saint Jean-Paul II et Benoît XVI la consigne de défendre fermement Humanae Vitae ? Que va-t-il advenir d'eux désormais, dans le climat actuel de grave intimidation, s'ils poursuivent ce qui a pour eux été naturel durant des décennies en union avec les enseignements magistraux Catholiques sur le sujet de la contraception, enseignements qui courent depuis l'extrême origine de l'Eglise ?

Dans son éditorial du prochain numéro du magazine de LifeSite Faithful Insight, John-Henry Westen expose d'autres choses qu'il a découvertes.

"... Les universités catholiques de Rome sont observées et les enseignements des professeurs sont examinés pour s'assurer de ce qu'ils sont en conformité avec l'interprétation libérale d'Amortis Laetitia. Les clercs sont dénoncés à leurs supérieurs si on les a entendus exprimer quelque inquiétude au sujet du pape François. Beaucoup ont peur de parler ouvertement, même ceux qui, par le passé, étaient toujours prêts à le faire. Des journalistes du Vatican nous ont dit avoir été avertis de nombreuses fois de ne pas avoir à parler des lettres dubia."

C'est comme si la Rome catholique s'était changée en un état religieux policier en raison de ce que les lettres dubia sont perçues comme une grande menace pour certains agendas politiques.

Le 1" décembre, dans un article sur le site OnePeterFive, le vaticaniste Maike Hickson a écrit :

"J'ai entendu des témoignages selon lesquels le Vatican est comme un Etat occupé. Certaines des sources avec qui j'ai parlé craignent que les communications avec des officiels du Vatican soient espionnées ; certains ont même rapporté d'étranges anomalies lors de certaines conversations téléphoniques, lesquelles, après une interruption de l'appel, se poursuivaient par une boucle audio répétée encore et encore des derniers instants de la conversation. Certaines personnes qui travaillent au Vatican conseillent à leurs contacts extérieurs de ne pas partager d'informations sensibles par mail ou via les téléphones mis à disposition par le Vatican."

Hickson poursuit en citant la réponse de l'estimé correspondant vaticaniste Ed Pentin à l'occasion d'une longue interview au site Reginamag.com et intitulée "Y a-t-il un règne de la terreur au Vatican ?" :

"La réaction du pape, qui est allé jusqu'à mettre en cause la santé mentale des quatre cardinaux, a été interprétée comme une manifestation de sa propre colère d'avoir son agenda politique perturbé. Et au lieu de prendre les quatre cardinaux au mot (lesquels ont dit avoir agit avant tout par devoir de charité envers le Saint Père, par équité et par une profonde inquiétude pastorale), ceux-ci sont vus comme des adversaires. A ce que je sais, le Pape a également travaillé derrière la scène pour s'assurer de ce que son agenda politique ne serait pas contrarié. A partir d'article publiés stratégiquement dans l'Osservatore Romano ou par des réponses ambigües à ceux qui l'interrogent si ceux qui critiquent publiquement les dubia l'ont fait à sa demande, François se comporte, ainsi qu'un observateur a pu le dire, comme "un lobbyiste politique en coulisse". Dans les trois semaines qui ont suivi la publication des dubia, le pape a donné trois interviews aux médias planétaires, toutes ayant pour objectif de légitimer sa position et dénigrer ses critiques.

Enfin, il est important de noter qu'en juxtaposant simplement les déclarations du pape et de ses alliés il est clair qu'il y a de considérables mensonges et tromperies à l'oeuvre en ce moment, ainsi que des calomnies et des atteintes à la réputation de ceux qui sont étiquetés "à droite" simplement parce qu'ils ont ouvertement critiqués Amoris Laetitia, ou même simplement évoqué ces critiques. Cela me peine sincèrement de dire tout ceci, parce qu'en tant que journaliste catholique l'on ne souhaite aucunement porter atteinte au ministère de Pierre, mais je pense que j'ai une obligation de rapporter ce qui est en train de se produire."

Ce sont là des mots très forts de la part de ce vaticaniste impeccable, habituellement pondéré et très doux.

Dans un autre article sur LifeSiteNews, nous nous étions fait l'écho des propos de Monseigneur Athanasius sur la détérioration de la situation à Rome :

"La réaction aux dubia est la preuve de l'atmosphère dans laquelle nous vivons actuellement au sein de l'Eglise. Nous vivons dans un climat de menaces et de négation du dialogue à l'encontre de groupes spécifiques.

Schneider a poursuivi en disant que "le dialogue ne semble être accepté que si vous pensez comme tout le monde - il s'agit quasiment d'une dictature."

Schneider a évoqué son expérience de Russie, où il est né durant l'ère soviétique. Ses parents ont été envoyés en camp de travail, ou "goulags", par Staline après la seconde guerre mondiale. "Si vous ne suiviez pas la ligne du Parti, ou que vous la mettiez en doute, vous ne pouviez même pas poser de question. Il s'agit pour moi d'un parallèle très clair avec ce qui est en train de se produire actuellement lors des réactions aux dubia - c'est à dire aux questions des cardinaux."

Lors du petit rassemblement de presse avec le cardinal Cupich au North American College immédiatement après le consistoire, il y a eu un incident lié à ma question à Cupich pour LifeSiteNews.

Après les réponses insatisfaisantes du cardinal fraîchement nommé à deux questions d'Ed Pentin, mon tour de question est venu. Tandis que j'introduisais brièvement ma question, j'ai été brutalement interrompu par un officier de presse du Vatican, lequel m'intima : "posez la question !" Etant donné que cette introduction était brève, que la questions allait tout juste être posée et qu'il n'y avait que quelques journalistes dans la salle, cette interruption était totalement inappropriée.

J'ai immédiatement posé la question de l'animosité à laquelle ont été confrontés les critiques respectueux de François, question à laquelle le cardinal a étonnamment répondu en niant avoir connaissance d'une telle chose. Puis, quand John-Henry Westen a levé la main pour poser une question, une règle a été spontanément annoncée par le responsable de la presse : il a refusé de laisser John-Henry poser sa question en arguant de ce qu'une seule question était autorisée par agence de presse.

Cette soudaine nouvelle règle a provoqué un malaise parmi les représentants des autres médias. Quatre d'entre eux consécutivement n'ont pas pu non plus poser de nouvelle question en raison de cette nouvelle règle. Lorsque le dernier d'entre eux se fut à son tour vu opposer un refus, le cardinal Cupich lui dit "Pourquoi pas, puisque vos questions sont amicales ?" Et la question innocente fut autorisée.

L'hostilité croissante aux médias fidèles qui osent même questionner respectueusement les actions et les déclarations du Pape François et de son entourage a été particulièrement mise en évidence dans une dépêche Reuters du 7 décembre.

Reuters écrit : "Faisant usage de termes psychologiques précis, le pape François a dit que les médias à scandale risquaient de tomber victimes de coprophilie, ou excitation aux excréments, et que les utilisateurs de ces médias risquaient la coprophagie, ou ingestion d'excréments."

Ainsi, désormais, si cette traduction est correcte, comme la plupart le sont, si nous osons voir et rapporter des informations indubitablement intéressantes qui ne mettent pas le pape ou ses proches collaborateurs en valeur, nous sommes de la "presse à scandale", nous "mangeons des excréments" et sommes sexuellement excités par l'excrément consistant à rapporter des vérités inconfortables.

Comme un pape, le Vicaire du Christ, peut-il se livrer à des accusations aussi viles ? Qu'est-il donc advenu de "qui suis-je pour juger" ?

Cet article pourrait continuer encore et encore, avec de nombreux autres exemples, telle que cette information selon laquelle l'évêque catholique de rite grec Frangiskos Papamanolis, maintenant retraité, a accusé les quatre cardinaux des péchés d' "apostasie" et de "scandale", affirmant qu'ils reçoivent la communion de manière "sacrilège" puisqu'ils accroissent l'inquiétude à l'égard de l'écrit du Pape. Ou encore la réponse très libérale du Cardinal Cupich selon lequel les quatre saint cardinaux ont "besoin de se convertir".

Chaque jour, semble-t-il, il y a plus et pire hostilité orchestrée contre toute personne qui oserait soutenir respectueusement les loyaux cardinaux des dubia, contre toute personne qui oserait respectueusement questionner les actes et les déclarations du pape François, et contre toute personne qui oserait mentionner les enseignements limpides du Christ sur les absolus moraux, merveilleusement et excessivement développés par le pape Saint Jean-Paul II dans Faliliaris Consortio et dans Veritatis Splendor.

Nous devons nous demander vers quoi tout ceci nous mène. Tout ceci est profondément inquiétant. La phrase que nous avons entendu toute cette semaine à Rome est qu'il y a une "guerre" à l'oeuvre au sein de l'Eglise - une guerre des progressistes de "l'Esprit de Vatican II" contre les catholiques orthodoxes. Personne après personne, nous avons entendu ce mot être dit.

Je n'ai jamais rien expérimenté de tel de toute ma vie et je suis sûr que la plupart, sinon tous les lecteurs réguliers de LifeSiteNews, peuvent en dire autant."

Posté le 19 décembre 2016 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent

11 décembre 2016

Le don de la vocation presbytérale

En la Solennité de l’Immaculée Conception, la Congrégation pour le Clergé a promulgué la nouvelle Ratio Fundamentalis Institutionis Sacerdotalis, un instrument pour la formation des prêtres. Le cardinal Stella explique :

"La dernière Ratio Fundamentalis remonte à 1970, même s’il y a eu une mise à jour en 1985. Pendant ce temps, comme nous le savons bien, sous l’effet de l’évolution rapide du monde aujourd’hui, le contexte historique, socioculturel et ecclésial, dans lequel le prêtre est appelé à incarner la mission du Christ et de l’Église, a changé, non sans provoquer des mutations significatives sous d’autres aspects : l’image ou la vision du prêtre, les besoins spirituels du Peuple de Dieu, les défis de la nouvelle évangélisation, les langages de la communication, et d’autres encore. Il nous a semblé que la formation des prêtres avait besoin d’être relancée, renouvelée et remise en valeur ; nous avons été encouragés et éclairés par le Magistère du Pape François : avec la dimension spirituelle et prophétique de sa parole, le Saint Père s’est adressé souvent aux prêtres, en leur rappelant qu’ils ne sont pas des fonctionnaires, mais des pasteurs marqués par l’onction en faveur du Peuple de Dieu, qui ont le cœur plein de la compassion et de la miséricorde du Christ pour les foules désemparées et abattues. Les paroles et les admonestations du Saint Père, dont certaines visent les tentations liées à l’argent, à l’exercice autoritaire du pouvoir, à une rigidité légaliste ou à la vanité, nous montrent combien le souci des prêtres et de leur formation est un aspect fondamental de l’action ecclésiale de ce pontificat et doit le devenir toujours davantage pour chaque Évêque et chaque Église locale."

Extrait :

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Posté le 11 décembre 2016 à 18h13 par Michel Janva | Lien permanent

21 novembre 2016

Le pape confirme l'autorisation de confesser pour les prêtres de la FSSPX

Dans sa lettre Misericordia et Misera, présentée par Mgr Fisichella ce matin

"pour répondre aux besoins des fidèles, le Saint-Père "confiant dans la bonne volonté de leur prêtres d'atteindre, avec l'aide de Dieu, la pleine communion avec l'Église catholique »(MM 12) stipule que ceux qui fréquentent les églises desservies par les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X peut valablement et légalement recevoir l'absolution sacramentelle."

Par ailleurs, le pape étend à tous les prêtres le pouvoir d'absoudre le péché d'avortement.

Posté le 21 novembre 2016 à 11h58 par Michel Janva | Lien permanent

09 novembre 2016

Climat : questions à l'Académie Pontificale des Sciences

Intervention de Stanislas de Larminat à Rome, invité par le Cardinal Turkson, président du Conseil Pontifical Justice et Paix, à participer au  séminaire organisé conjointement par l'Académie Pontificale des Sciences et intitulé  «'Laudato si' and the path to COP22 ».

"Mr et Mme les Présidents, Éminences, distingués participants... Je voudrais d’abord remercier spécialement SE le Cardinal Cardinal Turkson de m’avoir invité aujourd’hui. Je suis très honoré d’avoir l’opportunité de dire quelques mots que je voudrais résumer par deux courtes questions :

1- Considération préalable

SIl n’est pas clair dans mon esprit s’il y a un large consensus dans cette assemblée sur la cause anthropique de la récente période chaude climatique. En climatologie, la complexité est extrême. Beaucoup d’entre vous sont climatologistes, océanographes, thermophysiciens, glaciologues , agronomes, biologistes, mathématiciens, chimistes, astronomes, hélio-sismologies, , etc... Mais qu’y a-t-il de commun entre chacune de ces spécialités, entre la recherche sur les facteurs causaux ou résultants de la variation climatique ? Quelle science est légitime pour quantifier les relations de cause à effet ? Une telle méthodologie existe. Il s’agit de la dite « identification  des systèmes dynamiques et complexes ». Après une étude approfondie, un pionnier de ces techniques a conclu en 2015 que: « L’hypothèse, selon laquelle l’activité humaine n’aurait pas d’effet significatif, ne peut pas être exclue... Avec un taux de certitude significatif de 90%...  on doit considérer comme un fait établi que l’activité solaire, en tant que variable explicative causale, constitue effectivement l’explication première du changement climatique » (p. 126-128). 

Cette conclusion remet-elle en cause le consensus du GIEC et que signifie ce consensus ? Mr. Hans Corell, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les affaires juridiques, expliquait en 2002 que : « dans la pratique des Nations Unies, les expressions “sans vote”, “par consensus” ... sont... synonymes et donc interchangeables ». Est-ce que le "GIEC travaille par consensus" comme c’est écrit dans le communiqué de presse du GIEC n° 2015/19 ? Le "Résumé pour les décideurs" du GIEC a-t-il été adopté par votes ou non ?

De toutes les façons, ni les votes, ni quelque consensus que ce soit, n’ont la moindre signification pratique en science. En la matière, seules les preuves importent. La méthode par identification peut résoudre le paradoxe de cette affirmation du GIEC : « Les probabilités "Objectives" et "Subjectives"  ne sont pas toujours explicitement distinguées »  (AR5 GT2, § 2.6.2 <http://www.ipcc.ch/ipccreports/tar/wg2/index.php?idp=106>).

Pour attribuer le réchauffement global à des causes humaines, le GIEC utilise une méthode dite « détection et attribution » (D&A), plutôt que l’identification. Il l’a développée dans le seul objectif de la science climatologique. Il en existe moins de dix spécialistes dans le monde, tous menés par la Pr Gabriele Hegerl. Pourtant , les techniques d’identification sont largement reconnues et ont été développées depuis des décades pour identifier les comportements des systèmes complexes dans un très large spectre d’applications, et par des milliers d’exerts dans le monde. C’est pourquoi j’ai une suggestion à proposer, et

2 - C’est ma première question à l’attention de votre Académie Pontificale

L’Académie Pontificale pourrait-elle inviter la communauté scientifique à mener des travaux de recherche utilisant les pratiques internationales de l’identification afin de quantifier les facteurs anthropiques et solaires sur les variations climatiques et de confirmer ou infirmer l’impact humain ? Leur association, l’IFAC (International Federation of Automatic Control), rassemble des milliers de spécialistes de l’identification. L’Académie Pontificale pourrait-elle demander à l’équipe du Professeur Gabriele Hegerl de se confronter à ces spécialistes dans une session spéciale ?  Cela ne contribuerait-il pas à une meilleure compréhension de la science climatique ? Si c’est utile, je serais heureux de participer à la préparation de la  « concept note » appelant à une telle requête.

3- Seconde question destinée au Conseil Pontifical Justice et Paix

Laudato si précise « que l’Église n’ a pas la prétention de juger des questions scientifiques » (Laudato si § 188).

Il y a là une cohérence avec le concile  Vatiacn II : Les laïcs ne doivent pas « attendre de leurs pasteurs qu’ils aient une compétence telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission ». (Gaudium et spes § 43.2).

Ma question concerne la perspective de la COP22, dans la mesure où, en science, les débats ne sont jamais clos :  pourquoi ne pas être plus prudent dans nos commentaires scientifiques ? Mon sentiment est que la Doctrine Sociale de l’Église est suffisamment robuste pour appeler le monde à plus de justice, à plus de solidarité avec les pays en voie de développement. De nouveaux éléments de langages pour l’Église dans la perspective de la COP22 ne remettraient pas en cause le merveilleux message doctrinal de Laudato si. Quelques soient les causes des variations climatiques, il reste vrai que : "tout est lié" (§ 137), "tout est don" (§ 76), toute créature est "sacrement" (§ 9) tout est "grâce divine" (§ 233 -236) et tout est "Trinitaire" (§ 239).

Si certains d’entre vous jugent que ces deux questions méritent attention, je reste à votre disposition, après cette session, pour débattre informellement avec vous de ces sujets."

Posté le 9 novembre 2016 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent

29 octobre 2016

Purge de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements

A l'exception du cardinal Sarah (qui a reçu récemment un soutien de Benoît XVI pour la célébration ad orientem de la messe), tous les membres, soit 27, de la Congrégation pour la culte divin et la discipline des sacrements ont été remplacés aujourd'hui par le pape François.

Parmi les sortants : les cardinaux Burke, Ranjith, Pell, Piacenza, Scola, Ouellet, Bagnasco.

Parmi les entrants : le cardinal Ravasi, le secrétaire d’Etat Pietro Parolin, Mgr Aubertin, Mgr Piero Marini, ancien secrétaire du principal artisan de la révolution liturgique Annibale Bugnini.

De son côté, le Cardinal Robert Sarah préside actuellement le grand rassemblement des routiers scouts d'Europe à Vézelay. Le Figaro vient d'établir son portrait :

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Posté le 29 octobre 2016 à 17h21 par Michel Janva | Lien permanent

12 octobre 2016

La célébration « face au peuple » demeure, en droit, une exception

Cyrille Dounot, Professeur d'histoire du droit (Université d'Auvergne) et avocat ecclésiastique près l'Officialité de Lyon, écrit pour L'Homme Nouveau un texte en défense de la célébration ad orientem promue par le cardinal Sarah. Extrait :

Une-1623"[...] Le numéro 299 [de la Présentation générale du Missel romain est ], consacré à la construction et à l’aménagement des églises. Au sein de ce chapitre, il prend place dans une section intitulée « Disposition du sanctuaire pour la célébration communautaire ». Il reprend ici l’instruction Inter oecumenici du 25 septembre 1964 (n. 91), dans le passage intitulé « Comment construire les églises et les autels ». Il concerne donc directement l’aménagement spatial de l’autel, et indirectement la célébration de la messe. De ce point de vue, il ne fait que rendre possible une nouvelle forme de célébration « face au peuple ». Le texte latin en fait foi, voulant que tout nouvel autel soit séparé du mur « pour qu’il soit plus facile d’en faire le tour, et que la célébration face au peuple puisse (possit) s’y accomplir ». C’est une possibilité offerte légalement depuis 1964, et rien d’autre. Cela veut donc dire que la règle d’une célébration « face à Dieu » n’a pas été abrogée ; elle comporte une exception depuis 1964, permettant un autre type de célébration « face au peuple ».

Une exception

Cette exception demeure, en droit, une exception. Si, dans les faits, l’exception a remplacé le principe, cela n’est qu’un détournement des règles édictées par le Saint-Siège. La partie directement consacrée à la « célébration de la messe » (chapitre IV, nn. 115-287) confirme pleinement que le missel de Paul VI, et les règles qui l’accompagnent, n’ont pas changé l’usage d’une célébration orientée. Examinons ce quatrième chapitre. À toutes les étapes de la messe, il est indiqué explicitement quand le prêtre doit se retourner vers les fidèles pour leur adresser la parole, précision qui serait évidemment superflue si le mode normal (normatif) de célébration était « face au peuple ».

Le n. 124, al. 2, indique la manière de débuter la messe, par le chant d’entrée et le signe de la croix, « Puis, tourné vers le peuple et étendant les mains, le prêtre le salue avec une des formules proposées ». Pendant l’offertoire, selon le n. 146, « le prêtre, en se tournant vers le peuple, et en étendant puis en joignant les mains, invite le peuple à la prière en disant: “Orate, fratres” ». Après le canon et le Pater, « il étend puis joint les mains et il dit, tourné vers le peuple “Pax Domini sit semper vobiscum” » (n. 154). Une fois l’Agnus Dei récité, et avant sa propre communion, « le prêtre fait la génuflexion, prend l’hostie consacrée à cette même messe et, la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit : “Ecce Agnus Dei” » (n. 157). Le numéro suivant indique la position du prêtre au moment de se communier, « demeurant tourné vers l’autel » (stans ad altare conversus), le participe présent ainsi que le verbe stare renforcent le caractère habituel et normatif de cette position. Surtout, une telle indication n’aurait aucun sens si le mode ordinaire de célébration était « face au peuple », le peuple et l’autel étant toujours face au prêtre (idem au n. 244). Après la communion des fidèles, et le chant de communion, « le prêtre tourné vers le peuple dit, les mains jointes : “Oremus”, puis il prononce, les mains étendues, la prière après la communion » (n. 165).

Pour « la messe avec diacre », de semblables indications existent, montrant elles aussi que la célébration normale se fait face à Dieu, et que le clergé doit, à certains moments seulement, se tourner vers son peuple. Ainsi, à la conclusion du canon, le diacre « invite à la paix en disant, les mains jointes et tourné vers le peuple : “Offerte vobis pacem” » (n. 181), et pour rite de conclusion, « le diacre envoie le peuple en disant, les mains jointes et tourné vers lui : “Ite, missa est” » (n. 185).

Pour la messe concélébrée (dont il serait bon de relire les rares cas où elle est recommandée, au n. 199, al. 2), « le célébrant principal prend l’hostie consacrée à cette messe et, en la tenant un peu élevée au-dessus de la patène ou du calice, tourné vers le peuple, il dit: “Ecce Agnus Dei” » (n. 243). Les règles pour la messe « avec participation d’un seul ministre » reprennent ces recommandations. [...]

L’ensemble de ces règles, inscrites dans la partie de la Présentation générale du Missel romain décrivant ce qu’il faut faire pendant la messe (et non seulement l’emplacement de l’autel), éclaire d’une lumière « juridique » la lumineuse tradition liturgique et symbolique d’un positionnement commun du prêtre et des fidèles vers l’Orient. Malheureusement, elles sont souvent oubliées ou méprisées par ceux-là même qui devraient les offrir au peuple de Dieu. La question de l’orientation rejoint, à son corps défendant, d’autres aspects du culte extérieur qui ont subi les coups d’une triste révolution anti-liturgique. À titre d’exemple, cette PGMR impose (vainement ?) que « tous ceux qui passent devant le Saint-Sacrement font la génuflexion sauf s’ils s’avancent en procession » (n. 274, al. 4).

Ces règles méconnues en rejoignent d’autres, pourtant traitées avec autorité par le concile Vatican II : celle de l’usage de la langue latine, qui « sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins » (Sacrosanctum concilium, n. 36, al. 1) ; celle du chant grégorien, que l’Église reconnaît comme « le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place » (Sacrosanctum concilium, n. 116). On sait ce qu’il est advenu de ces prescriptions conciliaires. On aimerait, avec le cardinal Sarah, que la liturgie retrouve sa splendeur, fut-ce avant le premier dimanche de l’Avent…"

Posté le 12 octobre 2016 à 12h57 par Michel Janva | Lien permanent

06 octobre 2016

«Les jeunes, la foi et le discernement des vocations»

C'est le thème du prochain synode des évêques, qui se tiendra en 2018.

SCe thème, signe de la sollicitude de l’Église envers les jeunes, est en continuité avec les conclusions des précédents synodes sur la famille et avec la continuité de l’Exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia, précise le Vatican dans un communiqué. L’objectif est d’accompagner les jeunes dans leur chemin existentiel, et vers la maturité, afin qu’à travers un processus de discernement, ils puissent découvrir leurs projets de vie pour pouvoir les réaliser avec joie, apprendre de la rencontre avec Dieu et des hommes qui participent activement à l’édification de l’Église et de la société.

Le Pape François a choisi ce thème après avoir consulté les Conférences épiscopales, les Églises orientales catholiques sui iuris et l’Union des Supérieurs générales, ainsi que les suggestions des Pères de la précédente Assemblée synodale.

Dans l’exhortation apostolique post-synodale Amoris Laetitia sur la famille, le pape François évoque les jeunes dès le préambule : «le désir de famille reste vif, spécialement chez les jeunes, et motive l’Église». Dans un monde où parfois «la maturation des jeunes est tardive» (217), le pape appelle à «prendre les jeunes au sérieux» et à ne pas les « tromper » (284).

Lors de ses rencontres avec la jeunesse, le pape argentin les a souvent exhortés à ne pas se laisser «voler l’espérance» et à miser sur «de grands idéaux». Encore récemment, en juillet dernier, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie, il les encouragés à ne pas être des «jeunes-divans» étourdis et abrutis végétant devant l’ordinateur, mais des jeunes en marche et libres de décider de leur propre avenir. Au cours des audiences générales, il les invite régulièrement à avoir le courage de témoigner de leur foi.

Posté le 6 octobre 2016 à 18h17 par Michel Janva | Lien permanent

04 octobre 2016

Cardinal Burke : "L’islam est une menace car, pour un vrai musulman, Allah doit gouverner le monde"

Traduction d'une interview donnée par le cardinal Raymond Burke, patron de l’Ordre de Malte et membre de la Congrégation pour la cause des saints, au quotidien italien Il Giornale.it :

Cardinal-Raymond-Burke-2014En 2016, les chrétiens sont-ils encore persécutés ?

"Dans certaines parties du monde ils sont persécutés et aussi expulsés de leur terre. Cela advient dans des pays historiquement importants du point de vue religieux, comme l’Irak, où arriva Abraham, terre des Chaldéens. Mais aussi dans des pays du nouveau monde, par exemple dans mon pays (les États-Unis, ndlr), il y a une tentative de nier aux chrétiens le droit de suivre leur propre conscience. Et de résister à l’avortement, à la stérilisation ou à d’autres pratiques médicales qui procurent la mort. Les problèmes pour les chrétiens ne concernent pas seulement le Moyen-Orient mais aussi l’Occident."

L’Union Européenne elle-même, au nom du politiquement correct, souvent ferme les yeux sur les menaces envers les chrétiens. Qu’en pensez-vous ?

"C’est clair que les musulmans ont comme objectif final de conquérir le pouvoir sur le monde. L’islam à travers la charia, leur loi, doit gouverner le monde et il permet des actes de violences contre les infidèles, comme les chrétiens. Mais nous avons peine à reconnaître cette réalité et à réagir en défendant la foi chrétienne."

Pensez-vous que nous fermons les yeux ?

"Oui et je pense que les raisons en sont multiples. Beaucoup ne comprenne pas ce qu’est vraiment l’islam. Et ils créent ces slogans, que nous croyons tous au même Dieu, que nous sommes tous unis par l’amour et ainsi de suite. Ce n’est pas vrai. Une autre raison est que les chrétiens ont beaucoup négligé une vérité fondamentale : il n’y a qu’un Sauveur du monde, Jésus-Christ. Nous ne devons pas faire de prosélytisme en imposant la chrétienté, mais si nous croyons en Jésus c’est notre devoir d’en porter témoignage. Je pense aussi que ce témoignage n’est plus très fort dans les pays qui dans le passé étaient appelés chrétiens, comme les nations européennes."

Vous avez récemment écrit un livre, « Espoir pour le monde : Unir toutes choses en Christ », qui parle aussi de l’islam.

"L’islam est une menace dans le sens, que pour un vrai musulman, Allah doit gouverner le monde. Le Christ dans l’Évangile a dit de rendre à César ce qui est à César. Au contraire la religion islamique qui se base sur le loi du Coran veut gouverner dans le pays où se trouvent les musulmans. Tant qu’ils sont une minorité, ils ne peuvent pas insister, mais quand ils deviennent la majorité ils doivent appliquer la charia. Aujourd’hui il y a des enclaves, des quartiers entiers, en Europe où de fait le régime musulmans s’impose.

Vous vous référez à Molenbeek, aux banlieues, aux quartiers en Angleterre et dans les pays du Nord, à des villages de Bosnie. Est-ce qu’ils représentent l’échec des tentatives d’intégration ?

C’est un échec parce qu’il s’agit d’un État dans l’État. Le problème c’est que les musulmans travaillent à leur expansion. Toute l’histoire de la présence islamique en Europe est une tentative de la conquérir. Nous avons à peine célébré le 8 septembre la victoire des chevaliers de Malte après trois mois de siège par les musulmans en 1565. Malte aurait été leur tremplin de lancement vers l’Europe.

Sur les murs de Syrte, ex-bastion des drapeaux noirs en Libye, il y avait de nombreuses inscriptions sur la conquête de Rome par l’État islamique.

C’est une danger réel. L’islam se réalise dans la conquête. Et quelle est la conquête la plus importante par rapport aux chrétiens ? Rome.

En Syrie et en Irak, les chrétiens risquent-ils de disparaître ?

Certainement. Il existe un plan pour les déraciner. Les pays soi-disant chrétiens insistent sur la liberté religieuse pour toutes les religions, mais dans certaines nations musulmanes on ne peut même pas construire une église ou professer son credo en public.

Contre l’État islamique faut-il intervenir militairement ?

Il faut l’arrêter avec les justes moyens mis à notre disposition en les considérant des criminels de la pire espèce.

Notre journal a lancé une campagne avec le soutien de ses lecteurs pour raconter la tragédie actuelle des chrétiens. Qu’en pensez-vous ?

J’apprécie ce que Il Giornale est en train de faire pour faire connaître la persécution des chrétiens. Le vrai service des médias n’est pas de répéter les choses qui plaisent à la majorité, mais de chercher la vérité des faits. Aux États-Unis, mais pas seulement, les gens n’entendent jamais une voix différentes, à contre-courant.

L’immigration est-elle une ressource ou un danger ?

J’ai entendu plusieurs fois des islamistes qui expliquaient : ce que nous n’avons pas réussi à faire avec les armes dans le passé nous sommes en train de le faire avec la natalité et l’immigration. La population est en train de changer. Si on continue ainsi, dans des pays comme l’Italie, la majorité sera musulmane.

Si c’est ainsi est-ce parce que nous sommes trop faibles ?

Tout cela arrive à cause de la corruption de l’Occident. Il n’y a plus de familles suffisamment nombreuses. De manière passive, nous acceptons des praxis qui sont contraires à la loi naturelle comme l’avortement ou les soi-disant mariage entre personnes de même sexe. C’est la démonstration que nous ne sommes plus forts dans la foi. Et une proie facile pour la conquête.

Vous êtes américain. Vladimir Poutine, le président russe, ex-officier du KGB, est-il une menace ou l’ultime défenseur des valeurs traditionnelles ?

Je suis très satisfait de sa défense de la vie et de la famille, que Dieu a créé dès le début avec un homme et une femme. Nous ne pouvons pas nier à une personne comme Poutine la conversion. C’est possible qu’aujourd’hui il ait compris ce qu’il ne comprenait pas il y a 30 ans (au temps du KGB, ndlr). »

[Via MPI]

Posté le 4 octobre 2016 à 11h24 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (13)

01 septembre 2016

Le pape crée un Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral

Voici le Motu Proprio publié hier :

Unknown-40"Dans tout son être et par tout son agir, l’Église est appelée à promouvoir le développement intégral de l’homme à la lumière de l’Évangile. Ce développement se réalise à travers le soin que l’on porte aux biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création. Le Successeur de l’Apôtre Pierre, dans son action en faveur de l’affirmation de ces valeurs, adapte continuellement les organismes qui collaborent avec lui, afin qu’ils puissent mieux correspondre aux exigences des hommes et des femmes que ces organismes sont appelés à servir.

Par conséquent, dans le but de mettre en œuvre la sollicitude du Saint-Siège dans les domaines sus mentionnés, et aussi dans les domaines qui touchent la santé et les œuvres de charité, j’institue le Dicastère pour le Service du Développement Humain Intégral. Ce Dicastère sera particulièrement compétent pour les questions qui concernent les migrations, les personnes dans le besoin, les malades et les exclus, les personnes marginalisées et les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles, les détenus, les chômeurs et les victimes de toute forme d’esclavage et de torture. 

Dans le nouveau Dicastère, régi par les Statuts que j’approuve en ce jour ad experimentum, seront regroupées, à partir du 1erjanvier 2017, les compétences des Conseils pontificaux actuels suivants : le Conseil Pontifical Justice et Paix, le Conseil Pontifical Cor Unum, le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Migrants et des Personnes en Déplacement, et le Conseil Pontifical pour la Pastorale des Services de Santé. A la date sus indiquée, ces quatre Dicastères cesseront leurs fonctions et seront supprimés, et les articles 142 à 153 de la Constitution Apostolique Pastor Bonus seront abrogés. 

J’ordonne que tout ce qui a été décidé par cette présente Lettre Apostolique sous forme de Motu proprio, ait pleine et stable valeur, nonobstant toute chose contraire même digne de mention particulière, et soit promulgué par publication dans l’Osservatore Romano, et publié dans les ActaApostolicae Sedis, entrant en vigueur le 1er janvier 2017."

Un préfet a été nommé, le cardinal ghanéen Peter Turkson (photo), actuel président de Justice et Paix. Avec un secrétaire et au moins un sous-secrétaire, il supervisera trois commissions centrées sur la charité, l’écologie et les opérateurs sanitaires. Une section sera spécifiquement consacrée aux phénomènes migratoires et c’est le Pape en personne qui la conduira ad tempus, de manière provisoire.

Posté le 1 septembre 2016 à 08h14 par Michel Janva | Lien permanent

26 août 2016

Les contacts entre le Saint-Siège et la Chine se poursuivent

Dans un entretien publié le 24 août par le quotidien de la conférence épiscopale italienne Avvenire, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Vatican, souhaite que soit trouvées « des solutions réalistes » pour un accord entre la Chine et le Saint-Siège, sans relations diplomatiques depuis 1951.

Images-15« Les contacts entre le Saint-Siège et la Chine continuent dans un esprit de bonne volonté des deux parties ». « Le cheminement de la connaissance et de la confiance réciproque demande du temps, de la patience et de la clairvoyance de la part des deux parties ».

« Ce qui tient particulièrement à cœur au Saint-Siège, c’est que les catholiques chinois puissent vivre positivement leur appartenance à l’Église et, en même temps, être de bons citoyens et contribuer à renforcer l’harmonie dans la société chinoise entière ».

Concernant la situation des deux communautés catholiques chinoises communément appelées Eglise « officielle » et Eglise « clandestine », il affirme que ne sont pas « deux Églises différentes », mais « deux communautés toutes les deux désireuses de vivre en pleine communion avec le Successeur de Pierre ».

« Chacune d’elles porte avec elle le bagage historique de moments de grand témoignage et de souffrance ». « Le souhait du Saint-Siège est de voir, dans un futur pas trop éloigné, ces deux communautés se réconcilier, s’accueillir, donner et recevoir la miséricorde pour une annonce commune de l’Évangile ». « Le pape François a à cœur que les tensions et les divisions du passé soient dépassées pour pouvoir écrire une page nouvelle de l’histoire de l’Église en Chine. »

Le 4 août, le cardinal John Tong Hon publiait un texte en anglais et en chinois sur le Sunday Examiner et le Kung Kao Po, les deux journaux du diocèse de Hongkong. Intitulé « La communion de l’Eglise en Chine avec l’Eglise universelle », le texte semble s’adresser autant aux catholiques de Chine qu’aux dirigeants chinois. Celui qui a succédé en 2009 au cardinal Zen à la tête du diocèse de Hongkong propose ses réponses aux questions suivantes : 

« Pourquoi le Saint-Siège persiste-t-il avec insistance à dialoguer avec le gouvernement chinois plutôt qu’à l’affronter ? Que signifie la communion entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle ? Sur quels critères les évêques des Eglises locales en Chine continentale devraient-ils être nommés ? Quel est le rôle de ce qui tient lieu aujourd’hui de Conférence des évêques catholiques en Chine ? Quelle(s) relation(s) cette dernière entretient-elle avec les diocèses ? ».

Sur ces questions, le cardinal Zen ne cache pas son pessimisme. Dans son texte, le cardinal Tong écrit notamment que 

« bien que les termes précis d’un accord [entre la Chine et le Saint-Siège] n’ont pas encore été rendus public, nous croyons que le pape François, en tant que protecteur de l’unité et de la communion de l’Eglise universelle, n’acceptera pas un texte qui nuirait à l’intégrité de la foi de l’Eglise universelle ou à la communion entre l’Eglise catholique en Chine et l’Eglise universelle ».

Le 25 juillet, alors que les jeunes catholiques du monde entier se réunissaient à Cracovie pour les 31e Journées mondiales de la jeunesse, à l’aéroport de Pékin, les autorités ont fait stopper un avion qui roulait déjà sur le tarmac pour s’envoler vers la Pologne. Elles en ont fait descendre une cinquantaine de jeunes catholiques chinois pour « violation de la réglementation sur les voyages à l’étranger », avant de les renvoyer dans leurs foyers avec interdiction de parler aux médias.

Posté le 26 août 2016 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

17 août 2016

Le pape François institue un dicastère pour les laïcs, la famille et la Vie

Le Motu Proprio Sedula Mater publié ce matin marque une nouvelle étape dans le processus de réforme de la Curie romaine. Il fait suite à l’institution des dicastères pour l’Économie, en février 2014, et pour la Communication en juin 2015.

Les statuts de ce Dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie avaient été approuvés le 4 juin dernier. Il aura pour vocation de promouvoir le sacrement du mariage et la protection de la vie, tout en proposant un accompagnement pour les couples en difficulté ou pour les femmes ayant avorté.

Le Pape précise dans un court texte de présentation :

«Nous désirons offrir soutien et aide» aux familles, afin qu’elles soient «un témoignage actif de l’Évangile dans notre temps et expression de la bonté du Rédempteur»

«L’Église, mère attentionnée, a toujours, au long des siècles» pris soin des «laïcs, de la famille et de la vie, en manifestant l’amour du Sauveur miséricordieux envers l’humanité».

Le préfet de ce nouveau dicastère sera Mgr Kevin Farell, 69 ans, ancien légionnaire du Christ, un évêque américain d’origine irlandaise. Il était évêque de Dallas depuis 2007, après avoir été évêque auxiliaire de Washington durant six ans. D’autres nominations devraient suivre, secrétaires, sous-secrétaires et consulteurs.

Ce nouveau dicastère crée quelques autres changements au sein de la Curie romaine. Mgr Vincenzo Paglia, qui était président du Conseil pontifical pour la Famille, devient président de l’Académie pontificale pour la Vie et Grand Chancelier de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur les études sur le mariage et la famille, dont le président sera un autre prélat italien, Mgr Pierangelo Sequeri, qui jusqu’à présent dirigeait la Faculté théologique de Milan.

Le cardinal polonais Stanislaw Rylko, qui présidait le Conseil pontifical pour les Laïcs, n’a pas encore de nouvelle affectation précise mais il devrait être nommé archevêque de Cracovie.

Posté le 17 août 2016 à 15h05 par Michel Janva | Lien permanent

12 août 2016

Le Vatican lance un site internet sur l’éducation sexuelle des jeunes

Le Vatican a lancé récemment un site internet sur l’éducation sexuelle des jeunes, intitulé “le lieu de la rencontre“. Avec cette citation en exergue :

« Il est difficile de penser l’éducation sexuelle, à une époque où la sexualité tend à se banaliser et à s’appauvrir. Elle ne peut être comprise que dans le cadre d’une éducation à l’amour, au don de soi réciproque ». Pape François, Amoris Laetitia 280

L’initiative est promue par le Conseil pontifical pour la famille, avec la contribution de Mgr Mario Iceta, évêque de Bilbao (Espagne) et président de la sous-commission pour la famille et la défense de la vie de la conférence épiscopale espagnole.

Le site est disponible en cinq langue. Il se base sur une métaphore générale, celle de la tente de camping, et se divise ensuite en 6 unités (tente, tige et bâtons, piquets, etc.). Chaque unité propose des fiches pour l’enseignant et pour l’élève. Cette formation, qui s’appuie aussi sur une liste d’extraits de films, a pour but de proposer “un itinéraire d’éducation à l’amour qui aide les jeunes à découvrir la beauté du don de soi réciproque et la recherche du bonheur à travers le don du corps et de l’esprit“, est-il expliqué en introduction. Extrait de la 1ère fiche :

Dieu origine et destin des hommes. Il s’agit du premier pas de l’itinéraire que nos jeunes réaliseront. Apprendre à se mesurer, à se définir en tant que personne, à partir de l’observation, de l’émerveillement et de leur propre expérience. En connaissant et en conduisant leur propre intelligence, leur propre volonté, leurs propres désirs et leurs propres sentiments, et leur propre spiritualité. En acceptant leur propre corps et en le reconnaissant comme expression personnelle, où sont gravés l’origine et le destin de chaque homme et de chaque femme.

  • Les questions les plus importantes sur la signification de la vie et de notre être.
  • La condition de créature rapportée à Dieu.
  • La condition d’enfant, comme condition fondamentale de tout être humain.
  • Chaque être humain est unique et irremplaçable.
  • L’être humain est composé d’une âme spirituelle et d’un corps.
  • La croissance et la maturation du corps.
  • La double condition du corps humain : nous avons un corps et nous sommes un corps.
  • Le corps comme expression de ma personne : la découverte de la signification de notre vie à travers notre corps.
  • La découverte du langage objectif inhérent au corps humain.
  • La découverte du corps humain, comme corps d’une personne essentiellement orienté à l’amour.
  • Le corps, élément inaliénable de l’amour humain.
  • Le corps comme lieu d’insertion et d’expression de notre propre identité.
  • La puberté comme parcours de maturation personnelle et sociale, orientée à la plénitude personnelle. La plénitude personnelle consiste à apprendre à savoir aimer et à être aimé.

Posté le 12 août 2016 à 11h27 par Michel Janva | Lien permanent

08 août 2016

Accord entre la Chine et le Saint-Siège

Dans un long texte publié dans l’hebdomadaire diocésain de Hong Kong, le cardinal de Hong Kong Mgr John Tong revient sur l’accord concernant le processus de nomination des évêques en Chine signé entre la Chine et le Vatican.

Intitulé « Communion de l’Église de Chine avec l’Église universelle ", ce texte indique qu'en février dernier un premier « accord de travail » prévoyait que le pape sélectionnerait lui-même un nom sur une liste de personnalités agréées proposée par la Chine. Plusieurs listes seraient déjà en attente sur le bureau du pape pour choisir un évêque dans plusieurs diocèses vacants.

On ne sait pas clairement quel pourra être le destin de certains évêques clandestins reconnus par Rome mais non par Pékin. À l’inverse, l’accord ne dit rien sur l’avenir des évêques illégitimes élus par Pékin et que Rome ne reconnaît pas. Enfin, on ne sait pas ce qu’il pourrait advenir si aucun des noms proposés par Pékin n’est acceptable pour le pape.

Le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong, Kong, s’est toujours montré très réservé sinon très critique à l’égard du moindre accord. À ses yeux, on ne peut pas faire confiance au régime communiste de Pékin et il redoute qu’une reprise des relations diplomatiques entre Rome et Pékin ne se fasse qu’en sacrifiant certains dogmes et les nombreux fidèles, prêtres et évêques de l’Église souterraine chinoise qui n’a jamais voulu faire le moindre compromis avec le régime. Les catholiques chinois

« vivent dans la crainte (…) ; j’ai des contacts quotidiens avec eux et peux dire qu’ils ont peur d’un accord entre le Vatican et la Chine ».

« Je ne sais pas comment on peut être optimiste en ce moment ! Il n’y a aucune raison, c’est sans fondement » « Pour cela, il faudrait que les Chinois cèdent beaucoup de terrain. C’est impossible. Pourquoi cèderaient-ils après avoir tout conquis ? Ils veulent encore plus. Ils viennent parler pour obtenir davantage, pas pour céder. Penser qu’ils viennent vraiment pour négocier est irréaliste. »

En mai dernier, dans un entretien à Famille Chrétienne en partenariat avec Églises d’Asie, il avait réagi négativement aux propos « admiratifs » du Pape envers la Chine, dans une interview accordée au site Asia Times (Hong Kong), mais sans jamais aborder la situation des catholiques dans le pays et la question de la nomination des évêques par Rome :

« Tout le monde admire les efforts déployés par le Pape. Il fait preuve de tant de bonne volonté. (…) Mais j’ai été déçu car la religion a été exclue du champ de l’interview : comment imaginer interviewer le Pape et ne pas parler de religion ? »

Posté le 8 août 2016 à 11h34 par Michel Janva | Lien permanent

12 juillet 2016

45 théologiens, philosophes et pasteurs ont remis à Rome une critique d'Amoris laetitia

Un groupe de 45 théologiens, philosophes et pasteurs d’âmes de différentes nationalités ont remis ces derniers jours au Cardinal Angelo Sodano, Doyen du Sacré Collège, une forte critique de l’Exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia. Dans les prochaines semaines le document, en diverses langues, sera envoyé aux 218 Cardinaux et aux Patriarches des Églises Orientales, leur demandant d’intervenir auprès du Pape François pour retirer ou corriger les propositions erronées de ce document. 

Décrivant l’exhortation comme contenant «une série d’affirmations qui peuvent être comprises dans un sens contraire à la foi et à la morale catholique», les signataires ont présenté avec cet appel une liste de censures théologiques applicables au document, en spécifiant «la nature et le degré des erreurs qui pourraient être imputées à Amoris laetitia».

Parmi les 45 signataires figurent des prélats catholiques, des chercheurs , des professeurs, des auteurs et prêtres de différentes universités pontificales, séminaires, collèges, instituts théologiques, ordres religieux et diocèses du monde entier.  Ils ont demandé au Collège des Cardinaux que, dans leur rôle de conseillers officiels du pape, ils adressent au Saint Père la demande de rejeter

«les erreurs listées dans le document, de manière définitive et finale et d’affirmer avec autorité qu’Amoris lætitia n’exige pas qu’aucune d’elles soient crue ou considérée comme pouvant être vraie». 

Le porte-parole des auteurs de cet appel, Joseph Shaw, déclare :

«Nous n’accusons pas le pape d’hérésie, mais nous estimons que de nombreuses propositions d’Amoris Lætitia peuvent être interprétées comme hérétiques sur la base d’une simple lecture du texte. Des affirmations ultérieures tomberaient sous d’autres censures théologiques précises, telles que, notamment, “scandaleuse”, “erronée dans la foi” et “ambiguë”».

Le code de Droit Canon de 1983 affirme que

«de façon proportionnée à leur science, compétence et au prestige dont ils jouissent, ils [les fidèles] ont le droit, et même parfois aussi le devoir, de manifester aux Pasteurs sacrés leur pensée sur ce qui regarde le bien de l’Eglise, et de la faire connaître aux autres fidèles» (CIC, can. 212 §3).

Le document de 13 pages cite 19 passages de l’exhortation qui seraient contraires aux doctrines catholiques. Selon les auteurs, l’imprécision ou l’ambiguïté de nombreuses affirmations d’Amoris laetitia permettent des interprétations dont la signification naturelle semble être contraire à la foi ou à la morale. C’est pourquoi le porte-parole a déclaré :

«C’est notre espoir qu’en demandant à notre Saint Père une condamnation définitive de ces erreurs nous puissions aider à dissiper la confusion qu’Amoris Laetitia a déjà provoquée chez les pasteurs et les fidèles laïcs. Une telle confusion ne peut en effet être efficacement dissipée que par une affirmation explicite de l’authentique enseignement catholique de la part du Successeur de Pierre».

Posté le 12 juillet 2016 à 14h45 par Michel Janva | Lien permanent

Liturgie : pas de "réforme de la réforme"

En réponse à l'appel du Cardinal Sarah à célébrer la messe ad orientem, le père Federico Lombardi fait une mise au point :

"Dans un communiqué publié en fin de journée, deux jours après que le pape François ait reçu en audience le cardinal Sarah, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège rectifie des propos prononcés par le cardinal guinéen lors d’une conférence à Londres : « certaines de ses expressions ont été mal interprétées, comme si elles annonçaient de nouvelles indications différentes de celles qui ont été données jusqu’alors dans les normes liturgiques et dans les paroles du pape sur la célébration face au peuple et sur le rite ordinaire de la messe ».

Durant cette conférence très médiatisée, le 5 juillet, le chef du dicastère de la liturgie a proposé aux prêtres, à partir de l’Avent prochain, de célébrer vers l’orient, ce qui signifie concrètement, d’après l’orientation des églises, célébrer dos à l’assemblée.

Le père Lombardi précise donc qu’aucune nouvelle directive liturgique n’est prévue pour l’Avent et que les indications générales du Missel romain, qui contient les normes relatives à la célébration eucharistique, sont « toujours pleinement en vigueur ». On lit ainsi au n.299 : « Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer face au peuple. On lui donnera l’emplacement qui en fera le centre où converge spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles ».

Si le cardinal Sarah « s’est toujours préoccupé de la dignité de la célébration de la messe », le « porte-parole » du Saint-Siège rappelle par cette note que c’est au pape qu’il revient de décider des normes liturgiques. Deux jours plus tôt, en recevant le cardinal guinéen, le pape François s’est d’ailleurs exprimé en ce sens, assure le père Lombardi. Pas de « réforme de la réforme » à l’ordre du jour en matière de liturgie, ajoute-t-il.

En outre, « lors de sa visite au dicastère, le pape François a rappelé expressément que la forme “ordinaire” de la célébration de la messe est celle prévue par le Missel promulgué par Paul VI, tandis que (la forme) “extraordinaire”, qui a été permise par le pape Benoît XVI selon (…) les modalités expliquées dans le Motu Proprio Summorum Pontificum, ne doit pas prendre la place de la forme “ordinaire” »."

Posté le 12 juillet 2016 à 11h32 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 juillet 2016

Réorganisation de la communication du Saint-Siège

Images-5Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, 73 ans, a donné sa démission qui a été acceptée par le Pape François. Le voyage du Pape François en Pologne à l’occasion des JMJ sera sa dernière occasion de collaborer étroitement avec les journalistes qui suivent l’actualité du Pape et de l’Église. A partir du 1er août il sera remplacé par Greg Burke, son actuel bras droit. Ce dernier sera à son tour remplacé par la journaliste espagnole Paloma Garcia Ovejero.

Greg Burke, 57 ans, numéraire de l’Opus Dei, travaille à Rome depuis plus de vingt-cinq ans. D’abord correspondant du National Catholic Register, il travailla ensuite pour Fox News, la chaine d’info américaine si décriée par la bien-pensance française. En 2012, il devint consultant en communication de la Secrétairerie d’État. Depuis le 21 décembre, il occupait le poste de numéro deux de la salle de presse.

A ses côtés, Paloma Garcia Ovejero, 41 ans, journaliste à Rome depuis 2012 pour la radio espagnole Cadena Cope, la radio des évêques espagnols et pour d’autres médias.

Un Américain et une Espagnole : choix effectué au regard de l’importance des langues anglaise et espagnole dans le monde catholique d’aujourd’hui.

Posté le 11 juillet 2016 à 21h38 par Michel Janva | Lien permanent

05 juillet 2016

Le procès Vatileaks touche à sa fin

Le procès « Vatileaks 2 » pour le vol et la diffusion de documents confidentiels concernant les finances du Saint-Siège a connu sa 18e audience le 4 juillet. Le promoteur de justice du Tribunal du Vatican a formulé son réquisitoire, demandant des peines de prison allant d’un an à plus de trois ans pour quatre accusés.

Les cinq inculpés étaient présents à cette audience qui se rapproche du verdict final après sept mois de procès. Il s’agit de Mgr Angel Lucio Vallejo Balda, ancien membre de la Commission préparatoire à la réforme économique et financière de la curie romaine (COSEA), deux laïcs parmi ses anciens collaborateurs, Francesca Immacolata Chaouqui et Nicola Maio, ainsi que deux journalistes italiens ayant publié des livres utilisant ces documents, Gianluigi Nuzzi et Emiliano Fittipaldi.

Le procureur a demandé la condamnation de Mgr Vallejo Balda et de ses deux collaborateurs pour « délit d’association criminelle » dans le but de divulguer « des documents concernant les intérêts fondamentaux de l’Etat ». Trois ans et neuf mois de réclusion, la peine la plus lourde, ont été requis à l’encontre de Francesca Chaouqui, en tant qu’« inspiratrice et responsable des conduites contestées ». Trois ans et un mois de réclusion ont été requis pour Mgr Vallejo Balda, et un an et neuf mois pour Nicola Maio.

Les journalistes sont quant à eux accusés de « concours » dans la divulgation de ces documents à travers la publication de leurs ouvrages. Le procureur a requis un an avec sursis pour Gianluigi Nuzzi et « l’absolution » d’Emiliano Fittipaldi pour « insuffisance de preuves ».

Les prochaines audiences, des 5 et 6 juillet, seront consacrées au plaidoyer des avocats de la défense.

Posté le 5 juillet 2016 à 07h52 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2016

Rome travaille à la reconnaissance canonique de la FSSPX

Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale "Ecclesia Dei", est interrogé par Radio Vatican, suite au communiqué de Mgr Fellay, publiées le 29 juin dernier en la solennité des saints Pierre et Paul :

"Comment interprétez-vous ce communiqué ?

Il ne dit rien de nouveau au regard de positions déjà bien connues de la fraternité, au sujet de la situation de l’Église aujourd’hui. Je peux éventuellement ajouter que lorsqu’on se réfère au manque de reconnaissance canonique, que la fraternité ne considère pas comme primordiale en ce moment, et bien, je peux dire que la reconnaissance canonique du Saint-Siège est une condition essentielle pour qu’une œuvre catholique soit en pleine communion ecclésiale, selon le Droit (canon). Cette reconnaissance n’existe pas encore, mais nous travaillons à cette fin.

Benoît XVI tenait beaucoup à ce travail afin de parvenir à l’unité avec la fraternité Saint-Pie X. Le Pape François est-il dans la même optique ?

Oui, absolument. Le Pape François a l’unité de l’Église à cœur, ainsi que toute ce qui peut y contribuer. Il est disponible, et cela, je le crois, a été perçu par Mgr Fellay. Mais nous ne pouvons nier qu’il reste des problèmes à résoudre, à affronter.

Donc, de la part du Saint-Siège et de votre commission Ecclesia Dei, il y a ouverture et fermeté…

La fermeté porte sur ce qui est essentiel pour être catholique. De ce point de vue, il n’y a aucun changement. Mais je ne crois pas qu’il s’agisse ici de fermeté. On parle juste d’affronter les problèmes et de les résoudre, de les résoudre ensemble. L’ouverture est dans ce sens. Nous avons identifié les questions à traiter, nous sommes en train d’y travailler, il faudra du temps, ainsi qu’une disponibilité réciproque."

Posté le 1 juillet 2016 à 16h26 par Michel Janva | Lien permanent

16 juin 2016

Pour combattre l'ennemi, il faut le nommer

Yves Daoudal rejoint l'analyse de Pierre Henri sur la frilosité à désigner l'ennemi et la responsabilité de l'islam :

"L’envoyé de BFM à Magnanville parle du double meurtre « incompréhensible ». Je sais bien qu’il s’agit seulement d’un journaliste, mais il est donc censé informer les gens, et parler d’un acte « incompréhensible », c’est de la désinformation.

Et bien sûr il n’a pas inventé ce mot. Braves gens, c’est incompréhensible. Donc ne cherchez pas à comprendre. Et préparez-vous pour la prochaine et bientôt quotidienne « minute de silence ».Si vous voulez connaître quelque chose de la suite, Larossi Abbala vous en parle. Et c'est tout sauf incompréhensible."

 

"Je ne voulais pas lire la réaction du Saint-Siège à la tuerie d’Orlando, sachant qu’elle ne pouvait être que du baratin sentimental et politiquement correct – cet alignement de la communication du Saint-Siège sur les autorités mondaines rendant d’ailleurs sa voix inaudible. Pour dire des stupidités, Obama suffit.

Mais voici que j’ai vu de nouveau le texte passer devant mes yeux, et je m’y suis arrêté. Donc, il y est question d’un « terrible massacre » qui est une « nouvelle manifestation d’une folie meurtrière et d’une haine insensée », bla-bla-bla, qui suscite des sentiments « d’exécration et de condamnation, de douleur, de trouble », bla-bla-bla. Mais la suite est plus intéressante :

Nous souhaitons tous que les causes de cette violence horrible et absurde, qui trouble profondément le désir de paix du peuple américain et de toute l’humanité, puissent être déterminées et combattues efficacement et au plus vite.

Vraiment ? Alors ça ce n’est pas difficile. Les causes sont dans les livres de l’islam et dans les prêches des imams qui s’inspirent des livres de l’islam. Mais pour les combattre, il faudrait d’abord les nommer…"

Posté le 16 juin 2016 à 07h48 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (11)

04 juin 2016

Création d'un nouveau dicastère pour les laïcs, la famille et la vie

Ce samedi 4 juin 2016, le Pape François a, sur proposition du conseil des cardinaux, approuvé ad experimentum, les statuts qui donneront naissance le 1er septembre prochain à ce nouveau dicastère. Il réunira les actuels conseils pontificaux pour les laïcs et pour la famille qui cesseront de fait, d’exister, les articles 131-134 et 139-141 de la constitution Pastor Bonus étant abrogés. L’Académie pour la Vie, elle, ne sera pas abrogée, mais reliée au nouveau dicastère.

Ce nouveau dicastère aura à sa tête un préfet et un secrétaire, qui pourrait être un laïc, assistés de trois sous-secrétaires, tous laïcs, et en charge des sections dédiées aux laïcs, à la famille et à la santé. Le texte officiel précise bien que ses membres seront issus du clergé, mais aussi des fidèles laïcs, hommes et femmes, célibataires ou mariés, engagés dans divers champs d’activité et venant des quatre coins du monde.

Son rôle sera de promouvoir et d’organiser des conférences internationales et autres initiatives concernant l’apostolat des laïcs, l’institution du mariage et la réalité de la famille et de la vie dans le milieu ecclésial et dans la société.

Ce dicastère encouragera la promotion des vocations et de la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde, ainsi que la conscience de la coresponsabilité pour la vie et la mission de l’Église. Il devra ainsi promouvoir la participation des laïcs au catéchisme, à la vie liturgique et sacramentelle, à l’action missionnaire, aux œuvres de miséricorde, de charité et de promotion humaine et sociale. La présence active et responsable dans les organes consultatif de l’Église doit également être soutenue.

Concernant la famille, le nouveau dicastère protègera la dignité et le bien de la famille basés sur le sacrement du mariage. Il offrira des lignes directrices sur la préparation au mariage, sur les programmes pastoraux qui soutiennent la famille dans la formation des jeunes à la vie de la foi et à la vie ecclésiale et civile, en prêtant une attention toute particulière aux pauvres et aux laissés pour compte.

Le décret précise que ce dicastère aura un lien direct avec l’Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, «pour promouvoir une direction commune dans les études sur le mariage, la famille et la vie».

Il soutiendra et coordonnera des «initiatives en faveur de la procréation responsable» et sur «la protection de la vie humaine de sa conception jusqu’à sa fin naturelle». Il

 «encouragera les organisations et associations qui aident la femme et la famille à accueillir et à prendre soin du don de la vie, spécialement dans les cas de grossesse difficile, et à prévenir le recours à l’avortement»

Il soutiendra aussi les initiatives vouées à aider les femmes qui auraient avorté.

Enfin il est précisé que ce dicastère développera une formation «sur la base de la doctrine morale catholique et du Magistère de l’Église» sur les questions de bioéthique et de droit à la vie, notamment concernant les idéologies qui se développent concernant la vie et le genre.

Posté le 4 juin 2016 à 13h56 par Michel Janva | Lien permanent

01 juin 2016

Saint Siège : il n’existe pas de droit international à l’avortement

Lu ici :

"Lors du sommet mondial de l’ONU à Istanbul qui se déroule cette semaine, le Saint Siège a rappelé « qu’il n’existe pas de droit international à l’avortement » et il a « rejeté les propositions européennes pour créer un nouveau droit à l’avortement ». Le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat du Vatican a déclaré :

« Le Saint Siège souligne qu’il n’y a pas de droit à l’avortement en vertu du droit international des droits de l’homme ou du droit international humanitaire et répète l’exhortation du Secrétaire général que les parties étatiques et non-étatiques aux conflits armés doivent s’abstenir de faire des ‘interprétations larges et litigieuses’ du droit international’ ». 

La discussion portait particulièrement sur les enfants à naître conçus à la suite de violences sexuelles lors de conflits. Selon la déclaration, ils seraient définis comme « blessure de guerre » devant être supprimée afin de « guérir » la mère. Les défenseurs de ces enfants « soulignent que l’accent  mis sur l’avortement de ces enfants rend beaucoup plus difficile l’aide qu’on voudrait leur apporter à eux, ainsi qu’à leur mère ». Ces enfants souffrent de « stigmatisation et de discrimination en raison des circonstances de leur naissance »

Enfin, le Saint Siège a encouragé « les institutions religieuses et les organisations catholiques à accompagner les victimes de viol dans les situations de crise, qui à leur tour, ont besoin d’une assistance efficace et continue tant psychologique que spirituelle et matérielle pour elles-mêmes ainsi que leurs enfants, conçus et nés de viol »."

Posté le 1 juin 2016 à 19h31 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (1)

Prier pour la France et ceux qui y ont des responsabilités particulières est un devoir

Le cardinal Dominique Mamberti a célébré la traditionnelle “messe pour la France“ dans la chapelle Sainte-Pétronille de la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 31 mai 2016.

Le préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique a notamment assuré que prier pour la France et ceux qui y ont “des responsabilités particulières“ était “un devoir“. Dans un monde “qui cherche à évacuer Dieu de son horizon“, le cardinal a aussi invité les catholiques français à être “des signes de l’amour de Dieu (…) sans cacher ni taire (leur) identité“.

Posté le 1 juin 2016 à 09h13 par Michel Janva | Lien permanent

24 mai 2016

Rencontre entre le pape François et l'imam d'Al-Azhar : dialogue à sens unique ?

2016-05-23t115302z_1206890470_d1aetfrqywaa_rtrmadp_3_pope-vatican_0Atlantico interrogeait Jean-Baptiste Noé, historien et écrivain, et Alexandre Del Valle sur la rencontre au sommet entre le pape François et l'imam d'Al-Azhar, qui a eu lieu hier au Vatican.

Atlantico : Ce lundi, le pape François reçoit au Vatican l'imam de la mosquée Al-Azhar du Caire, la plus haute autorité de l'islam sunnite dans le monde. Quel est l'objectif affiché de cette rencontre historique entre les deux autorités et que peut-on en attendre ?

Jean-Baptiste Noé : Les relations entre le Vatican et Al-Azhar ont été rompues en janvier 2011. En effet, le 31 décembre 2010, un attentat dans une église copte avait causé la mort d’une trentaine de chrétiens. Benoît XVI avait vivement réagi à cet attentat et demandé aux autorités égyptiennes de prendre des mesures pour éviter que cela ne se reproduise. Al-Azar avait considéré cette réaction comme une offense à l’islam et avait dès lors cessé tout dialogue avec le Vatican. Cette rencontre est donc un moyen de renouer les contacts officiels et de retisser les liens du dialogue après cinq ans d’interruption.

Sur le fond, rien de nouveau ne sortira de cette rencontre. Il ne faut pas s’attendre à des transformations profondes. Les choses se font petit à petit. Cela tient aussi à la structure même de l’islam, qui est très divisé. Chaque autorité parle pour elle-même et non pas au nom de l’ensemble des musulmans. Mais pour les relations entre le Saint-Siège et l’Égypte, c’est une très bonne chose.

Alexandre del Valle : [...] Déjà, le 3 décembre 2014, avait été organisée une grande réunion œcuménique au Caire à Al-Azhar entre religieux chiites, sunnites et chrétiens visant à dénoncer "l'extrémisme et le terrorisme". Ensuite, n'oublions pas qu'en Egypte, le Grand Imam est un fonctionnaire égyptien, porte-parole des autorités présidentielles. Or, Abdel Fatah Al-Sissi est en guerre avec les islamistes depuis 2013, notamment les Frères musulmans mais aussi les terroristes en Libye ou dans le Sud de l'Egypte.

De son coté, le Pape essaie d'améliorer l'entente entre musulmans et chrétiens et il semble bien moins attaché à parler des "choses qui fâchent" que son prédécesseur qui faisait primer la Vérité sur la diplomatie. François a certes condamné la violence terroriste, mais il n'a pas osé aborder la théologie musulmane sunnite anti-chrétienne comme Benoît XVI. Par ailleurs, François essaie depuis son arrivée de se rapprocher des instances musulmanes les plus raisonnables dans un souci de protection des chrétiens d'Orient, qu'il estime être les premières victimes en cas de mauvaise entente entre le monde musulman et la chrétienté. Il croit peut être sincèrement que son attitude ouverte calmera la haine antichrétienne en terre d'islam, mais rien n'est moins sûr hélas.[...]

[J]e ne pense pas que l'on puisse attendre grand chose de cette rencontre très diplomatico-politique, puisque les islamistes qui s'en prennent aux chrétiens en général – et aux catholiques en particulier – sont eux-même en guerre contre Abdel Fatah Al-Sissi et que, mis à part son imam aux ordres du président égyptien, Al-Azhar demeure un réservoir d'orthodoxie sunnite obscurantiste qui est très loin d'avoir entamé la "réforme" radicale de la religion qu'a appelé de ses vœux le courageux al-Sissi, bien incapable de faire bouger les lignes théologiques à lui seul. D'une certaine manière, j'ai même bien peur que la rencontre entre l'imam et le pape - pas du tout souhaitée par la plupart des juristes-théologiens d'Al-Azhar et dénoncée par les islamistes - renforce la haine des islamistes envers les chrétiens et les autorités égyptiennes accusées de "compromission" avec les "forces croisées", sachant qu'Al-Sissi a fait emprisonner et tuer de nombreux militants des Frères musulmans en guerre contre lui et ses alliés "mécréants" ou "apostats".[...]

Si la volonté de dialogue inter-religieux est unanimement saluée, la stratégie d'ouverture tous azimuts de François ne risque-t-elle pas d'isoler le pape au sein même de l'Eglise, à commencer par le Vatican ? Qu'en pensent les cardinaux ?

Jean-Baptiste Noé : Cette rencontre est organisée par le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, elle n’est pas le fait de la seule initiative du pape. À Rome, tout le monde s’accorde sur l’importance qu’il y a à avoir des échanges avec Al-Azhar. Il y a un consensus sur ce sujet.

Alexandre del Valle : Je ne pense pas que cette stratégie soit mal vue au Vatican. Depuis le concile Vatican II et la fameuse déclaration Nostra aetate, le Vatican est à fond impliqué dans l'œcuménisme, souvent d'ailleurs de façon assez naïve, souvent contre-productive et à sens unique. Tous les papes successifs depuis les années 1960, à l'exception peut-être de Benoît XVI – et encore –, ont déclaré leur grand attachement à l'oecuménisme et au dialogue souvent unilatéralement profitable avec les instances musulmanes. De ce fait, la pseudo "amitié islamo-chrétienne" ne représente rien de solide. Elle est fondée sur une diplomatie superficielle et des déclarations de principe et non sur la moindre réciprocité ou la vérité...[...]

Personnellement, je suis donc persuadé que cette rencontre s'inscrit tout à fait dans la tradition de dialogue interreligieux souhaité par le Vatican depuis une cinquantaine d'années, quitte à passer sous silence la persécution croissante des chrétientés en terre d'islam, dont la mémoire est sacrifiée en quelque sorte sur l'autel de l'oecuménisme béat et la "politique d'apaisement" d'essence capitularde.

En adoptant une telle politique de la main tendue à la branche sunnite de l'islam, aujourd'hui conquérante et liée à de terribles exactions dans de nombreux pays, le pape ne complique-t-il pas la situation des chrétiens d'Orient ? 

Jean-Baptiste Noé : Al-Azhar et son grand imam, le cheik Ahmed Al-Tayeb, ont prononcé une condamnation sans précédent contre l’EI. En février 2015, réagissant à la décapitation d’un pilote jordanien par l’EI, Al-Azhar a condamné l’EI en utilisant des mots très forts dans son communiqué : "[nous condamnons] cet acte terroriste lâche, qui nécessite la punition prévue dans le Coran pour ces agresseurs corrompus qui combattent Dieu et son prophète : la mort, la crucifixion ou l'amputation de leurs mains et de leurs pieds".

Ils ont également appelé à "crucifier et démembrer les membres de l’EI". C’est la première fois que l’université égyptienne prononçait une condamnation aussi violente à l’égard d’un groupe terroriste musulman. Il y a donc une convergence de vue entre le Saint-Siège et Al-Azhar dans la nécessité de lutter contre Daesh et le terrorisme. De même, c’est à Al-Azhar, devant le cheik et l’ensemble des dignitaires religieux de l’université, que le président Al-Sissi a prononcé en décembre 2014 un discours particulièrement vindicatif à l’égard des fanatiques. "Nous devons changer notre religion", a-t-il notamment dit. L’Égypte est un pays essentiel dans la lutte contre l’islamisme. D’où l’importance de la rencontre entre les deux autorités.

Alexandre del Valle : Je pense effectivement qu'il va la compliquer, même sans le vouloir, sauf peut-être en Egypte où Al-Sissi veut sincèrement combattre la persécution anti-chrétienne. En effet, du point de vue très différent et dissident des Frères musulmans et des islamistes en général qui détestent tout ce que fait et représente le président Al-Sissi, le fait que le pape François se rapproche de l'instance sunnite la plus proche et la plus contrôlée par le Raïs égyptien, bête noire majeure des islamistes avec Vladimir Poutine et Bachar el-Assad, ne risque pas d'améliorer le sort des chrétiens et de leur pape, qui va ainsi être perçu comme "ami" du pouvoir "apostat" égyptien qui massacre les Frères musulmans...[...]

Si le grand imam d'Al-Azhar est enclin à dialoguer avec le pape, rien n'indique en revanche qu'il ait ne serait-ce que débuté une nécessaire réforme de l'islam visant à changer l'enseignement du mépris théologique envers les chrétiens "trinitaires" et leur foi "associationniste". Or, ce travail de réforme théologique est la condition sine qua non sans laquelle les chrétiens seront toujours persécutés de façon "conforme" à la vision que donne d'eux la jurisprudence islamique orthodoxe, hélas jamais réformée depuis le Xème siècle. Tout le problème est là. Un vrai dialogue d'amitié islamo-chrétienne devrait, selon moi, aborder en vérité et en toute franchise, vrai gage d'amitié, cette question fondamentale pour ne pas dire fondatrice de la christianophobie islamique.[...]

Depuis 50 ans, le dialogue islamo-chrétien est demeuré hélas un dialogue de sourds, unilatéral. Il n'a globalement et objectivement profité qu'à la partie islamique qui s'étend en Europe avec l'appui de l'Eglise elle-même (elle fut la première dans les années 1970 à donner des terrains aux Frères musulmans pour construire des mosquées). Le dialogue "islamo-chrétien" autour des tasses de thé à la menthe est fort sympathique, mais il a trop souvent servi de cache-sexe et d'alibi pour les leaders musulmans désireux d'apparaître "respectueux de la tolérance" par des belles déclarations qui ne coûtent rien. Pendant ce temps, dans le monde musulman et leurs propres pays, les persécutions légales de chrétiens et de non-musulmans en général se sont accrues, intensifiées même, du Pakistan à la Turquie, en passant par les pays du Golfe, l'Egypte, l'Irak, et le Maghreb, et ces leaders musulmans ne les condamnent pas. Ils condamnent certes les cas extrêmes d'attentats terroristes anti-chrétiens, mais jamais les persécutions légales basées sur la loi islamique. Ces pays qui financent tant de mosquées en Europe au nom de la tolérance, renforcent chez eux des législations condamnant les conversions au christianisme. Ces lois condamnant le prosélytisme chrétien ont été partout renforcées au nom de la loi islamique... Etonnamment, on constate même que depuis 60 ans, plus les chrétiens dialoguent avec les musulmans de façon diplomatique et sans réciprocité exigée, plus les chrétientés d'Orient sont persécutées, tuées, bafouées, brimées, etc."[...]

Posté le 24 mai 2016 à 23h56 par Marie Bethanie | Lien permanent

22 avril 2016

Finances du Saint-Siège : suspension de l'audit

Seg-backgroundL'audit confié en décembre à la société PricewaterhouseCooper (PwC) sur les bilans du Vatican a été suspendu sur ordre de la Secrétairerie d'Etat pour vérifier la validité des procédures d'attribution du contrat... Ce contrat de trois millions de dollars avait été signé par le cardinal australien George Pell, secrétaire à l'Economie, pour trois ans de contrôles des budgets.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat, et son substitut Mgr Angelo Becciu, ont adressé deux courriers ces derniers jours à PwC pour signifier la suspension de ses activités. 

Le bureau de Mgr Pell a publié hier un communiqué précisant que le cardinal, qui a été reçu jeudi par le pape, était un peu surpris par ces lettres mais s'attendait à ce que le travail de PwC reprenne rapidement, après discussions et clarification de certaines questions.

Cette suspension a été motivée par des manquements dans les procédures ayant abouti à la signature du contrat. Le cardinal Pell n'aurait pas mené les consultations préalables exigées par les nouveaux statuts et plusieurs membres du Conseil de l'Economie n'ont pas été informés. Selon certains, il revenait à ce Conseil de l'Economie, dirigé par le cardinal allemand Reinhard Marx, et non à Mgr Pell, de signer le contrat. C'est là que ces deux structures parallèles semblent avoir des conflits de compétences, voire d'intérêts...

Malgré la simplification engagée par le pape pour réformer la Curie, il existe aujourd'hui deux dicastères, dont les compétences mutuelles ne semblent pas clairement définies :

Dans l'organigramme de la Curie, le Secrétariat semble se situer "au-dessus" du Conseil, qui n'est qu'un service administratif. Ces deux structures sont régies par le même Motu Proprio, qui indique que

"Le Cardinal Préfet est responsable de la rédaction des Statuts définitifs du Conseil pour l’Économie"

Posté le 22 avril 2016 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent

18 avril 2016

Accueil de 12 immigrés musulmans au Vatican : Marion Maréchal-Le Pen gênée mais pas ébranlée

Suite à l'accueil de 12 immigrés musulmans au Vatican par le pape François, le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI a demandé à Marion Maréchal-Le Pen en tant que catholique et femme politique :

 

Posté le 18 avril 2016 à 08h36 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (35)

Pour le Pape François, on peut parler d’un changement de discipline pour les divorcés-remariés

Radio Vatican rapporte les propos du pape François tenu dans l'avion qui le ramenait de Lesbos :

"Les dernières questions ont eu trait à l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, publiée le vendredi 8 avril dernier. Peut-on parler d’un changement de discipline pour les divorcés-remariés ?

« Je peux dire que oui, a répondu le Pape, mais ce serait une réponse trop courte : je vous conseille de lire la présentation faite par le Cardinal Schönborn, c’est un grand théologien, et dans cette présentation vous trouverez la réponse à votre question ». Mais le Pape ne s’est pas fait faute de déplorer cette trop grande attention des médias pour la question des divorcés-remariés. « Cela m’attriste. Car le média qui pense que cette question est la plus importante ne se rend pas compte que ce n’est justement pas le problème le plus important, il ne se rend pas compte que la famille est partout en crise, qu’elle est la base de la société, il ne se rend pas compte que les jeunes ne veulent plus se marier, il ne se rend pas compte que le taux de natalité en Europe est à pleurer, il ne se rend pas compte du manque de travail, qui oblige les pères et les mères à avoir deux activités professionnelles, et que les enfants grandissent seuls, et n’apprennent plus à grandir avec leurs parents »."

Sur son blog, Jeanne Smits a donc repris les propos du cardinal Schönborn et essaye d'analyser et de comprendre :

"(...) il importe plus que jamais de rechercher la vérité, et d’essayer de l’exposer et de la rappeler avec respect et fermeté. Dans les semaines qui viennent, on peut espérer que des évêques et des cardinaux le feront. En attendant, aucun catholique n’en est dispensé (...) Qu’avait donc dit le cardinal Schönborn (...) Ses propos que l’on pouvait jusqu’ici aborder de manière plus détendue ont acquis un poids plus lourd, les voici :

Naturellement cela pose la question : que dit le pape par rapport à l'accès aux sacrements pour les personnes vivant en situation « irrégulière » ? Le pape Benoît XVI avait déjà dit qu'il n'y a pas de « recettes faciles » (Amoris laetitia 298, note 333 ». Le pape François redit la nécessité de discerner la situation avec soin, dans la continuité de Familiaris consortio de saint Jean-Paul II (84) (AL 298). «  Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. » (AL 305). Il nous rappelle également une phrase importante d’Evangelii gaudium, 44 : « Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés » (AL 305). Dans le sens de cette « via caritatis » (AL 306), le pape affirme, d'une manière humble et simple, dans une note (351) que l'aide des sacrements peut également être donnée « dans certains cas ». Mais à cette fin il ne nous propose pas d'études de cas ni de recettes, mais au lieu de cela nous rappelle simplement deux de ses phrases les plus célèbres : « Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » (EG 44), et que l'Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (EG 47).

Est-ce un défi trop lourd pour les pasteurs, pour les guides spirituels et pour les communautés si le « discernement des situations » n'est pas régulé de manière plus précise ? Le pape François reconnaît l'existence d'une inquiétude : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. » (AL 308). Cependant il remet cela en question, remarquant que « Nous posons tant de conditions à la miséricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification réelle, et c’est la pire façon de liquéfier l’Évangile » (AL 311).

Posté le 18 avril 2016 à 05h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (17)

15 avril 2016

Bernie Sanders au Vatican : précisions du Saint-Siège

Lu ici :

"Contrairement à ce que certains médias ont laissé entendre, Bernie Sanders n’a pas été invité personnellement par le Pape François, au colloque sur Centesimus annus. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a indiqué qu’aucune audience n’était prévue. Le Saint-Père ne devrait pas non plus rencontrer le président Correa. En revanche, un entretien est prévu avec Evo Morales, le président de la Bolivie."

Posté le 15 avril 2016 à 10h20 par Michel Janva | Lien permanent

13 avril 2016

François Hollande propose un nouvel ambassadeur au Saint-Siège

Lu dans La Lettre A :

ALa biographie de Philippe Zeller est ici.

Posté le 13 avril 2016 à 15h35 par Michel Janva | Lien permanent

07 avril 2016

FSSPX : Mgr Pozzo précise ce qui est demandé et ce qui est discutable

Quelques jours après la rencontre entre le pape François et le supérieur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Mgr Guido Pozzo secrétaire de la commission Ecclesia Dei, indique à La Croix les trois points essentiels qui font d’une personne un catholique :

« l’adhésion à la profession de foi, le lien des sacrements et la communion hiérarchique avec le pape ».

C’est ce que contiendra la Déclaration doctrinale « qui sera soumise à l’adhésion de la FSSPX au moment opportun ».

« En ce qui concerne le Concile Vatican II, le parcours mené dans les entretiens des dernières années a conduit à une clarification importante : le Concile Vatican II ne peut être compris de façon adéquate que dans le contexte de la Tradition entière de l’Église et de son magistère constant ».

« Les affirmations des vérités de foi et de doctrine catholique sûre contenues dans les documents du Concile Vatican II doivent être accueillies selon le degré d’adhésion requis ».

Il distingue le dogme de certains décrets ou déclarations contenant des

« directives pour l’action pastorale, des orientations et suggestions ou des exhortations de caractère pratico-pastoral ».

Celles-ci

« constitueront, y compris après la reconnaissance canonique, un sujet de discussion et d’approfondissement en vue d’une plus grande précision, afin d’éviter les malentendus ou équivoques qui, nous le savons, sont répandus dans le monde ecclésial actuel ».

« Les difficultés soulevées par la FSSPX au sujet des questions de la relation Église-État et de la liberté religieuse, de la pratique de l’œcuménisme et du dialogue avec les religions non chrétiennes, de certains aspects de la réforme liturgique et de son application concrète, demeurent objet de discussion et de clarification mais ne constituent a pas un obstacle pour la reconnaissance canonique et juridique de la FSSPX ».

Il est demandé à la FSSPX

« d’accepter que le magistère de l’Église soit le seul à qui est confié le dépôt de la foi pour être gardé, défendu et interprété ». « Je crois que cette clarification peut constituer un point fixe pour la FSSPX ».

Posté le 7 avril 2016 à 17h23 par Michel Janva | Lien permanent

Pape François 1 - 0 Hollande

François Hollande a cédé face à la détermination du pape. La France a abandonné l'idée de nommer Laurent Stefanini ambassadeur auprès du Saint-Siège. Une véritable provocation car l'individu, connu pour son homosexualité, a été nommé pour cette raison par François Hollande.

Ce n'est pas encore la fin de crise entre le Saint-Siège et la France car il n'y a toujours pas d'ambassadeur français auprès du Saint-Siège.

Laurent Stefanini, refusé par le Saint-Siège, a finalement été nommé au poste d'ambassadeur auprès de l'Unesco. Lors du Conseil des ministres, le président de la République a fini par comprendre et admettre que le Vatican ne donnerait jamais son agrément à ce diplomate qu'il avait pourtant nommé à l'ambassade de France près le Saint-Siège, le 5 janvier 2015.

Posté le 7 avril 2016 à 11h57 par Michel Janva | Lien permanent

31 mars 2016

Amoris laetitia

La Joie de l’amour : tel est le titre de l’exhortation apostolique « post-synodale » du pape François sur l’amour dans la famille qui sera présentée vendredi 8 avril par le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode des évêques, par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, par les époux Francesco Miano (professeur de philosophie morale, Rome, Tor Vergata) et Giuseppina De Simone Miano (professeur de philosophie, Naples).

Le texte sera disponible le 8 à midi, en français, italien, anglais, allemand, espagnol, et portugais. C’est le 19 mars, en la fête de saint Joseph, que le pape a signé ce document.

Le Conseil pontifical pour la famille a manifesté son souci de la réception du document dans les Eglises locales : il a demandé aux évêques du monde entier, par courriel, avant Pâques, de prévoir une présentation du document dans leurs diocèses, par un expert en pastorale familiale, un théologien ou par des époux catholiques formés dans ce domaine.

Posté le 31 mars 2016 à 16h38 par Michel Janva | Lien permanent

15 mars 2016

Mère Teresa sera canonisée le 4 septembre

Le Vatican a annoncé ce matin la canonisation de Mère Teresa le 4 septembre :

4883177_6_946e_mere-teresa-et-le-pape-jean-paul-ii-le-3_6ea328fa2a1c0e0020fe0594a83c015a

"Mère Teresa sera canonisée le 4 septembre : l’annonce a été faite ce mardi matin, 15 mars 2016, lors de la tenue du consistoire ordinaire public, la réunion des cardinaux qui permet de décréter l’organisation des canonisations.

La fondatrice des missionnaires de la charité, décédée en 1997, avait été béatifiée par Jean-Paul II en 2003, dans un délai exceptionnellement rapide. Sa canonisation coïncidera avec le Jubilé des opérateurs et des volontaires de la Miséricorde."[...]

Deux miracles étaient nécessaires à sa canonisation. Un premier miracle avait été reconnu par l'Eglise : une jeune femme de 30 ans qui souffrait d'une tumeur abdominale avait été guérie miraculeusement après que Mère Teresa ait placé une médaille miraculeuse sur la jeune femme. Le deuxième miracle, plus récent, a eu lieu grâce à l'intercession de Mère Teresa :

"Selon l'archevêque de Calcutta Thomas D'Souza, ce miracle est la guérison d'un homme de 35 ans, atteint de multiples tumeurs au cerveau en 2008, soit 10 ans après la mort de la «petite sœur des pauvres». C'est une femme qui a prié pour que mère Teresa vienne en aide à ce Brésilien, selon le site Avvenire. Alors qu'il était tombé dans le coma en salle opératoire, l'intervention avait été retardée d'une demi-heure. En revenant, le chirurgien avait découvert son patient assis, réveillé, guéri, lui demandant: «Qu'est-ce que je fais ici?», selon le site Vatican Insider. Une commission médicale, réunie au Vatican le 10 septembre, a déclaré cette guérison inexplicable à l'unanimité notamment parce que la masse cancéreuse avait totalement disparu. Une commission théologique a ensuite reconnu, le 15 décembre, également à l'unanimité, le lien entre la guérison et l'intercession de Mère Teresa."

Posté le 15 mars 2016 à 15h31 par Marie Bethanie | Lien permanent

15 février 2016

Mise au point du Vatican suite à la désinformation autour de Mgr Anatrella

Aujourd'hui, la Commission pontificale pour la protection des mineurs, présidée par le Cardinal Sean O'Malley, a diffusé une déclaration quant à l'obligation de dénoncer à la justice tout possible cas d'abus sexuels.

Le Pape François a clairement dit que les crimes et péchés que sont les abus sexuels sur mineurs ne doivent pas être scellés par le secret. Le 27 septembre dernier, s'engageant personnellement, il a affirmé que l'Eglise devait exercer une diligente surveillance afin de protéger les enfants, assurant aussi que tout responsable devrait rendre des comptes. Le Président et les Membres de la Commission affirment qu'ils respecteront les obligations de la loi mais aussi que, au-delà des contraintes juridiques, ils assumeront leur devoir moral de signaler aux autorités judiciaires en charge de la protection sociale tout mauvais traitement, même présumé.

Aux Etats-Unis, la charte des évêques énonce clairement l'obligation pour tous les diocèses et autres circonscriptions, comme pour tout le personnel de signaler toute suspicion en la matière. Chaque année, lors des sessions de formation pour les nouveaux évêques, cette obligation est réaffirmée de manière explicite. Contrairement à ce qui est colporté depuis quelques jours dans les médias.

Posté le 15 février 2016 à 16h35 par Michel Janva | Lien permanent

L’intolérance religieuse en Europe inquiète le saint Siège

Lors de la session de l’OSCE, Mgr Urbanczyck, représentant permanent du Saint-Siège, est intervenu. Extrait :

"[...] En ce qui concerne plus particulièrement l’intolérance religieuse, ma délégation considère que toute forme d’intolérance et de discrimination religieuses doit être soigneusement identifiée et traitée, évitant toute sélectivité inappropriée ou partialité hiérarchique. Dans ce contexte, la promotion des engagements de l’OSCE, à travailler pour mettre fin à l’intolérance et à la discrimination basées sur des motifs religieux, demeure une priorité et le Saint-Siège attend avec impatience la nomination des deux derniers Représentants personnels du président en exercice sur Intolérance et Discrimination, et leur participation active à la fois au Conseil Permanent et au Comité de la dimension humaine. [...]"

Posté le 15 février 2016 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

10 février 2016

1071 prêtres envoyés aujourd’hui en mission

Ca3XGXKWEAIAbiELe Saint-Père a envoyé, à l’occasion de la messe des Cendres, 1071 prêtres du monde entiers, institués missionnaires de la miséricorde. C’est un des signes les plus forts de cette Année sainte de la Miséricorde : «le signe de la sollicitude maternelle de l’Église à l’égard du peuple de Dieu», explique le Pape François dans sa Bulle d’indiction pour le Jubilé, Misericordiae Vultus. Ces prêtres sont en mission pour qu’ils soient dans leur Église locale des témoins privilégiés du caractère extraordinaire de l’événement jubilaire.

Jusqu’à la fin de l’Année sainte, le 20 novembre 2016, ces « Missionnaires de la Miséricorde » auront pour tâche d’annoncer la beauté de la Miséricorde de Dieu et d’être des confesseurs humbles et sages, capables de pardonner largement, ceux qui s’approchent de la Confession. Ces prêtres viennent de tous les continents de Chine ou de Thaïlande, des Emirats arabes unis ou du Zimbabwe, mais également de France.

Le Pape les a reçu mardi soir et les a invités à exercer avec enthousiasme le ministère de confesseur, non pas en agissant en leur propre nom mais bien au nom de Jésus.

Ca3igHXWIAARA7u«En entrant dans le confessionnal, souvenons-nous toujours que c’est le Christ qui accueille, c’est le Christ qui écoute, c’est le Christ qui pardonne, c’est le Christ qui donne la paix». «Être missionnaire de la miséricorde est une responsabilité qui vous est confiée pour être (…) témoins de la proximité de Dieu et de sa façon d’aimer».

«Nous ne sommes pas appelés à juger, avec un sentiment de supériorité…» «Il s’agit au contraire de couvrir le pécheur avec la couverture de la miséricorde.»

Le Pape a conclu en invitant les prêtres à vivre cette «aventure missionnaire» en suivant les exemples de saint Padre Pio et saint Leopold Mandic, les deux grands confesseurs capucins dont les corps sont actuellement exposés à la basilique Saint-Pierre. 

«Quand vous sentirez le poids des péchés qui vous sont confessés, et les limites de votre personne et de vos paroles, faites confiance à la force de la miséricorde qui va à la rencontre de tous avec amour et qui ne connait pas de frontières».

Posté le 10 février 2016 à 20h19 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2016

Année de la Miséricorde : Saint Padre Pio et la confession

Saint Padre Pio, le capucin au stigmates mort en 1968 et canonisé par Jean-Paul II en 2002, est depuis vendredi soir, et pour la première fois, exposé dans la basilique Saint-Pierre. Escorté par des milliers de fidèles et de policiers, le caisson transparent contenant son corps a été porté en procession hier soir le long de l’avenue de la Conciliazione, en même temps que les reliques d’un capucin croate Saint Léopold Mandic. En cette Année de la Miséricorde, le Pape François a tenu à mettre en avant ces deux confesseurs inlassables. Ce samedi matin, 6 février 2016, c’est un hommage appuyé qu’il a rendu au Saint Pio.

«À travers le ministère de la confession, Padre Pio est devenu la caresse vivante du Père qui guérit les blessures du péché et rassure les cœurs. Il a vécu le grand mystère de la douleur et sa petit goutte est devenue un grand fleuve de miséricorde qui a irrigué les cœurs déserts et créé des oasis de vie dans de nombreux endroits du monde.»

Par ce geste, le pape montre la nature de la miséricorde : non cette guimauve relativiste, qui excuse tout et finit par nier jusqu'à l'existence du péché, mais au contraire cette bienveillance du Bon Dieu qui attend, inlassablement, que le pêcheur vienne confesser sa misère dans le secret du confessionnal, sans condamnation.

Citant le capucin italien, le Pape François a souligné que

«la prière est notre meilleure arme, la clef qui ouvre le cœur de Dieu. C’est sur la prière que repose la force de l’Église, pas sur l’argent ni sur le pouvoir». «La prière n’est ni une aspirine ni un commerce, pour obtenir une grâce ; c’est une œuvre de miséricorde spirituelle, une mission qui vise à tout remettre entre les mains de Dieu : l’Église, les personnes, les situations pour qu’il en prenne soin. Et dans ce sens, elle peut faire des miracles.»

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Posté le 6 février 2016 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 février 2016

"Il y a quelques espoirs pour une reconnaissance canonique de la FSSPX"

Selon Mgr Schneider, dans un entretien traduit par Benoît-et-moi :

"Lorsque quelqu'un ou quelque chose n'a pas d'importance, personne ne le craint. Ceux qui craignent la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X craignent finalement les éternelles vérités catholiques et ses exigences dans la sphère morale et liturgique.

Lorsque la FSSPX s'efforce de croire, pratiquer le culte et vivre moralement comme nos ancêtres et les Saints les plus connus l'ont fait pendant une période millénaire, alors il faut considérer la vie et l'œuvre de ces prêtres catholique de la FSSPX comme un don pour l'Église de nos jours - voire un des nombreux instruments que la Divine Providence utilise pour remédier à l'énormité de l'actuelle crise générale de la foi, de la moralité et de la liturgie au sein de l'Église.

Dans quelques secteurs de la FSSPX, il y a toutefois, comme c’est le cas dans toute société humaine, des personnalités excentriques. Elles ont une méthode et une attitude qui manque de justice et de charité et par conséquence du vrai "sentire cum ecclesia", et le danger existe d'une autocéphalie ecclésiale et d'être la dernière instance judiciaire dans l'Église. À ma connaissance, toutefois, la partie saine correspond à la plus grande partie de la FSSPX et je considère que leur Supérieur Général, Son Excellence Monseigneur Bernard Fellay, est un vrai Évêque catholique, et de façon exemplaire. Il y a quelques espoirs pour une reconnaissance canonique de la FSSPX."

Posté le 3 février 2016 à 19h24 par Michel Janva | Lien permanent

02 février 2016

Selon Mgr Fellay, le pape François éprouve de la sympathie à l'égard de la FSSPX

Extraits d'une conférence de Mgr Fellay prononcée aux Etats-Unis à l’occasion de la Marche pour la vie de Washington le 21 janvier 2016 :

Sur la situation actuelle de l'Eglise après le synode sur la famille :

"Il y a un mot qui résume bien la situation de l’Eglise, c’est celui de confusion. Et le dernier synode sur la famille a été l’expression de cette confusion. Ce qui s’est passé autour du document final du synode est tout à fait caractéristique (…) Cela a abouti à un texte ambigu et au bout du compte, on ne sait pas quoi faire, quoi penser. Je crois que nous n’avons jamais été à ce degré de confusion dans l’Eglise. Plusieurs évêques progressistes ont exprimé des choses invraisemblables sur des notions fondamentales de morale, et ils n’ont pas du tout été repris par l’autorité qui les a laissé faire. A côté de cela, il y a des cardinaux, des évêques qui se sont dressés contre eux, ouvertement, publiquement. Cela aussi, c’est nouveau. Et nous pouvons nourrir l’espoir que c’est le début d’une vraie réaction, – mais il est grand temps ! »

Cette situation me rappelle le message de La Salette. La Très Sainte Vierge Marie a annoncé des temps difficiles pour l’Eglise : des évêques contre des évêques, des cardinaux contre des cardinaux. Et si vous regardez l’histoire de l’Eglise, jusqu’à maintenant, vous ne trouvez pas de pareille situation. C’est vraiment tragique. Comment les fidèles peuvent-ils s’y retrouver ? Et même si aujourd’hui, le Saint Père venait à publier un document clair et précis, ce serait trop tard. Le mal est fait. Quand quelque chose est cassé, pour le réparer, cela demande beaucoup plus d’effort. C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui"

Sur une éventuelle régularisation de la FSSPX :

"Il n’y a absolument aucun doute que le pape est personnellement impliqué dans notre dossier. Il nous connaît très bien et la façon dont il se comporte nous oblige à penser qu’il éprouve de la sympathie à notre égard… Cela peut sembler contradictoire ! Personnellement, je pensais vraiment que nous allions de nouveau être condamnés par Rome, mais c’est le contraire qui arrive (...)

Il nous connaît depuis l’Argentine. Nous avons été en relation avec lui car nous avions des soucis administratifs. En Argentine, un concordat permet aux prêtres étrangers d’obtenir un permis de séjour à la condition que l’évêque du lieu l’accepte. Ce qui est, en soi, tout à fait normal. Évidemment, nous avions un problème avec un évêque local qui ne voulait pas de notre présence. Nous aurions pu demander une reconnaissance directement à l’Etat argentin, mais il en était hors de question : nous sommes catholiques et nous ne voulions pas être traités comme une secte. Alors, le supérieur de district d’Amérique du Sud a rencontré le cardinal Bergoglio pour lui exposer le problème. Sa réponse a été très claire : ‘vous êtes catholiques, c’est évident, vous n’êtes pas schismatiques ; je vais vous aider.’ Et il l’a fait ! Il a pris contact avec Rome, il a écrit une lettre en notre faveur au gouvernement qui, dans le même temps, recevait une missive de la nonciature disant exactement le contraire ! Et nous étions dans cette situation lorsqu’il a été élu pape (...)

Il dit souvent publiquement qu’il ne faut pas se renfermer sur soi, qu’il ne faut pas rester entre nous mais prendre soin de ‘la périphérie’, etc. Et il voit que c’est exactement ce que nous faisons. Nous allons chercher les âmes là où elles se trouvent, nous essayons de les aider, et je suis à peu près sûr que le pape voit tout cela et qu’il en est satisfait. Peut-être qu’il n’est pas content de tout ce que nous faisons, mais de cet aspect-là, oui (...)

Parfois, en l’observant, nous sommes perdus. Personnellement, je n’ai pas toutes les réponses, j’observe juste les éléments de sa personnalité. Il est inclassable, il est impossible de le placer dans une catégorie, il est tellement imprévisible. Mais, au bout du compte, en tant que pape, il a personnellement réglé notre situation en Argentine. La Fraternité Saint-Pie X a une relation étroite avec lui, un accès direct à lui, ce qui peut sembler fou dans la situation actuelle.

Il est impossible de vous dire ce qui va se passer demain. Est-ce que nous allons être reconnus ? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Pourquoi ? A cause de la situation de l’Eglise ! A Rome même, certains veulent notre mort. Ils veulent que nous soyons condamnés ! Qui va l’emporter ? Le pape ou les autres ? Je suis navré de vous dire que je ne sais pas. Mais nous n’allons pas être paralysés par cette situation. Nous savons ce que nous avons à faire, alors nous continuons. Nous admettons que si certains éléments étaient acquis, comme la régularisation canonique, ce serait mieux. Il y a des discussions, il y a eu de nouvelles propositions, mais nous savons que nous avons des ennemis au sein du Vatican. Ce n’est pas nouveau."

Posté le 2 février 2016 à 08h49 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (19)

22 janvier 2016

Le cardinal Pell incite les catholiques à étudier l'économie de marché

Images-5Recevant des responsables religieux et économiques, le cardinal Pell, Préfet du Secrétariat pour l’économie du Saint-Siège, a reconnu que 

« l’économie de marché est ici pour rester, pour être étudiée (…) et améliorée, parce qu’il n’y a pas de meilleur modèle disponible pour le moment, parce que le marché a la capacité à se moderniser après des perturbations massives telles que la Grande dépression ou la Crise financière mondiale de 2007-2008, parce qu’il ne produit pas l’aliénation massive prédite par Marx. Nous pouvons avoir trop de sucre dans notre société, tel que le consumérisme, mais nous ne sommes pas en train d’être empoisonnés par des déserts de sel ».

Le cardinal Pell a aussi cité Margaret Thatcher pour qui si le bon samaritain n’avait pas eu de capital, il n’aurait pas pu porter assistance à l’homme volé et battu sur la route de Jéricho.

En outre, le cardinal Pell a souligné que l’autre grand défi pour la doctrine du catholicisme social est l’étude de l’économie de marché. Ces propos peuvent trancher avec une certaine rhétorique anti-capitaliste récurrente chez certains catholiques. 

Posté le 22 janvier 2016 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent

15 janvier 2016

Cardinal Maradiaga : il y a bien un lobby LGBT au Vatican

Dans un entretien au journal hondurien El Heraldo le mardi 12 janvier, le cardinal Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa, déclare :

Unknown-2« Qu'en est-il de l'infiltration de la communauté gay au sein du Vatican ? » 

« Il ne s'agit pas seulement d'une infiltration, le pape François a même parlé d'un lobby en ce sens. Peu à peu, le pape cherche à “purifier” cette situation. On peut comprendre les homosexuels, et la législation pastorale est là pour les assister, mais ce qui est erroné ne peut pas être la vérité. » 

« Nous devons comprendre que certaines choses peuvent être réformées et d'autres ne le peuvent pas ». «La loi naturelle ne peut pas être réformée. Dieu a conçu le corps humain, homme et femme, de manière à se compléter mutuellement et transmettre la vie. Le contraire n'est pas dans le plan de la création. Il y a des choses qui ne peuvent pas être modifiées ».

Posté le 15 janvier 2016 à 07h24 par Michel Janva | Lien permanent


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