18 mai 2018

Les Etats doivent sortir de la spirale de la dette publique

Autre extrait du document publié jeudi par la Congrégation pour la doctrine de la foi sur certains aspects du système économique et financier actuel :

4ab0ae92c599e4c666d09b7c82f13ca0-1024x1024"Cependant, il est bon de noter que la dette publique est aussi souvent générée par une gestion maladroite – peut-être intentionnellement – du système d’administration publique. Cette dette, c’est-à-dire l’ensemble des passifs financiers qui pèse sur les États, est aujourd’hui l’un des plus grands obstacles au bon fonctionnement et à la croissance des différentes économies nationales. Nombreuses d’entre elles sont en effet accablées par le devoir de faire face aux paiements d’intérêts provenant de cette dette et doivent donc procéder à cet effet à des ajustements structurels.

Face à tout cela, les États sont appelés d’une part, à remédier à cette situation au moyen d’adéquates gestions du système public par le biais de réformes structurelles sages, et par la répartition judicieuse des dépenses et des investissements ciblés ; d’autre part, au plan international, en mettant chaque pays face à ses responsabilités incontournables, il faut également permettre et encourager de manière raisonnable les voies judicieuses de sortie de la spirale de la dette, en ne faisant pas porter aux États – et donc à leurs concitoyens, en clair à des millions de familles – le fardeau de ce qui de fait se révèle insoutenable.

Cela suppose également des politiques de réduction raisonnable et harmonisée de la dette publique, en particulier lorsque celle-ci est détenue par des entités d’une telle consistance économique qu’elles sont en mesure d’offrir cette réduction. Des solutions similaires sont nécessaires à la santé du système économique international, afin d’éviter la propagation de crises qui pourraient l’affecter tout entier, et à la poursuite de la recherche du bien commun des nations dans leur ensemble."

Posté le 18 mai 2018 à 16h49 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2018

Sur certains aspects du système économique et financier actuel

Extrait de la note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi parue ce jour :

"[...] 7. Certaines considérations élémentaires sont aujourd’hui évidentes aux yeux de tous ceux qui, au-delà de toute théorie ou école de pensée, veulent prendre acte, de manière loyale, de la situation historique dans laquelle nous vivons. Ce document n’entend pas intervenir dans de légitimes discussions d’écoles, mais plutôt contribuer au dialogue, conscient que, de toute façon, il n’existe pas de recettes économiques valables en tout lieu et en tout temps.

8. Toute réalité ou activité humaine, vécue sur l’horizon d’une juste éthique, c’est-à-dire dans le respect de la dignité humaine et orientée vers le bien commun, est une chose positive. Cela vaut pour toutes les institutions que suscite la société humaine, même en ce qui concerne les marchés, à tous les niveaux, y compris financiers.

À ce propos, il faut souligner que même les systèmes créés par les marchés, avant de reposer sur des dynamiques anonymes, élaborées grâce à des technologies de plus en plus sophistiquées, sont basées sur des relations qui ne pourraient être instaurées sans la participation de la liberté des individus. Il est donc clair que, « pour fonctionner correctement, l’économie », tout comme les autres sphères de l’activité humaine, « a besoin de l’éthique ; non pas d’une éthique quelconque, mais d’une éthique amie de la personne ».

9. Il apparaît donc clairement que, sans une juste vision de l’homme, on ne peut fonder ni une éthique ni une pratique à la hauteur de sa dignité et du vrai bien commun. En fait, dire que l’action humaine est neutre ou dégagée de toute conception fondamentale – même dans la sphère économique – c’est toujours impliquer une compréhension de l’homme et du monde, qui révèle ou non sa positivité à travers les effets et le développement produits.

Dans cette ligne, notre époque a montré l’essoufflement d’une vision individualiste de l’homme pris surtout comme un consommateur, dont le profit consisterait avant tout à optimiser ses gains pécuniaires. En réalité, la personne humaine est dotée singulièrement d’un caractère relationnel et d’une rationalité continuellement à la recherche d’un gain et d’un bien-être entiers et non réductibles à une logique de consommation ou aux aspects économiques de la vie.

Ce caractère relationnel fondamental de l’homme est essentiellement marqué par une rationalité qui résiste à toute réduction chosifiant ses besoins fondamentaux. À ce sujet, il n’est plus possible de passer sous silence qu’il existe de nos jours une tendance à déshumaniser tous les échanges de « biens », en les réduisant à de simples échanges de « choses ».

En réalité, il est évident que l’enjeu de la transmission des biens entre des personnes n’est pas seulement d’ordre matériel, car les biens matériels sont souvent le véhicule de biens immatériels, dont la présence ou l’absence effective détermine de manière décisive la qualité même des rapports économiques (par exemple, la confiance, l’équité, la coopération…). C’est précisément à ce niveau que la logique du don sans contrepartie peut se comprendre non comme une alternative, mais comme une réalité inséparable et complémentaire de celle de l’échange de biens équivalents. [...]"

Posté le 17 mai 2018 à 15h46 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2018

En Arabie, le cardinal Tauran réclame la liberté religieuse

SaoudLe cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, se trouve depuis le 13 avril dans la capitale d’Arabie Saoudite où il restera jusqu’au 20 avril pour rendre la visite faite au Vatican, le 20 septembre 2017, par le Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, le Sheikh Mohammed Abdul Karim Al-Issa. Accueilli par le principe Mohammed ben Abderrahmane ben Abdelaziz, vice-gouverneur de Ryad, le cardinal Tauran a tenu au siège de la Ligue Musulmane, pendant sa rencontre avec le Sheikh Al-Issa, un discours sans précédent dans l’histoire des rapports entre le christianisme et l’islam, non pas pour les choses qu’il a dites mais bien pour le lieu dans lesquelles il les a dites. C’est en effet la première fois qu’en Arabie Saoudite, dans la patrie du wahhabisme, c’est-à-dire de l’un des courants les plus radicaux de l’islam, un haut représentant de l’Eglise catholique s’exprime publiquement et avec netteté sur des questions cruciales telles que la liberté de religion et l’égalité des droits entre les croyants de toutes confessions.

Extraits de ses déclarations:

« La religion peut être proposée mais jamais imposée, et ensuite acceptée ou refusée ». « Toutes les religions doivent être traitées de la même manière, sans discrimination, parce que leurs fidèles, tout comme des citoyens qui ne professent aucune religion, doivent être traités de la même manière ».

« Les leaders spirituels ont un devoir : celui d’éviter que les religions soient au service d’une idéologie et être capable de reconnaître que certains de nos coreligionnaires, comme les terroristes, ne se comportent pas correctement. Le terrorisme représente une menace constante, c’est pourquoi nous devons être clairs et ne jamais le justifier.  Les terrorismes veulent démontrer l’impossibilité du vivre-ensemble.  Nous croyons exactement le contraire.  Nous devons éviter l’agression et le dénigrement. »

« Tout dialogue interreligieux authentique commence par la proclamation de sa propre foi. Nous ne disons pas que toutes les religions se valent mais que tous les croyants, ceux qui cherchent Dieu et toutes les personnes de bonne volonté qui n’ont pas d’affiliation religieuse, sont d’égale dignité.  Chacun doit être laissé libre d’embrasser la religion qu’il veut ».

Posté le 19 avril 2018 à 11h15 par Michel Janva | Lien permanent

18 avril 2018

Le Vatican rappelle l'interdiction de la communion pour les Protestants

Accès-communion-époux-protestants-évêques-Allemagne-couples-mixtes-e1519487145739La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rejeté le projet des évêques allemands d'autoriser les époux protestants d'un conjoint catholique à recevoir la Sainte Communion.

En février, les évêques avaient voté à une large majorité en faveur de ce sacrilège. La décision avait été annoncée le 22 février au nom de la conférence des évêques par le cardinal Reinhard Marx. Toutefois, sept évêques avaient interrogé le Vatican sur ce sujet. La Congrégation a rejeté l'idée allemande avec l'approbation du Pape François. Cette décision négative a déjà été transmise aux évêques allemands.

Posté le 18 avril 2018 à 19h12 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2018

Cette façon de jouer avec la foi et la doctrine, au plus haut niveau de l'Église, est un scandale

En marge d'un congrès qui se tiendra à Rome demain en mémoire du cardinal Caffara, et lors duquel interviendront plusieurs cardinaux, Riccardo Cascioli s'entretient avec le cardinal Burke. Extrait de la traduction de Benoît-et-moi :

Unknown-14"[...] Ce qui s'est passé avec la dernière interview donnée à Eugenio Scalfari pendant la Semaine Sainte et rendue publique le Jeudi Saint est allé au-delà du tolérable. Qu'un athée notoire prétende annoncer une révolution dans l'enseignement de l'Église catholique, considérant qu'il parle au nom du Pape, niant l'immortalité de l'âme humaine et l'existence de l'enfer, a été source de profond scandale non seulement pour beaucoup de catholiques mais aussi pour beaucoup de laïcs qui respectent l'Église catholique et ses enseignements, même s'ils ne les partagent pas. De plus, le Jeudi Saint est l'un des jours les plus saints de l'année, le jour où le Seigneur a institué le Saint Sacrement de l'Eucharistie et du sacerdoce, afin qu'il puisse nous offrir toujours le fruit de sa passion rédemptrice et de sa mort pour notre salut éternel. En outre, la réponse du Saint-Siège aux réactions scandalisées du monde entier a été très insuffisante. Au lieu d'annoncer à nouveau clairement la vérité sur l'immortalité de l'âme humaine et sur l'enfer, le démenti affirme seulement que certaines des paroles citées ne viennent pas du Pape. Il ne dit pas que les idées erronées, voire hérétiques, exprimées par ces paroles ne sont pas partagées par le Pape et que le Pape rejette ces idées comme étant contraires à la foi catholique. Cette façon de jouer avrc la foi et la doctrine, au plus haut niveau de l'Église, laisse à juste titre les pasteurs et les fidèles scandalisés.

Si ces choses sont très graves et source d'embarras, le silence de nombreux Pasteurs est surprenant.

Certes, la situation s'est encore aggravée par le silence de nombreux évêques et cardinaux qui partagent avec le Pontife romain sa préoccupation pour l'Église universelle. Certains sont tout simplement silencieux. D'autres prétendent qu'il n'y a rien de grave. D'autres répandent la fiction d'une nouvelle Église, d'une Église qui prend une direction totalement différente du passé, imaginant par exemple un «nouveau paradigme» pour l'Église ou une conversion radicale de la pratique pastorale de l'Église, la rendant complètement nouvelle. Et puis, il y a ceux qui sont des promoteurs enthousiastes de la soi-disant révolution dans l'Église catholique. Pour les fidèles qui comprennent la gravité de la situation, le manque de direction doctrinale et disciplinaire de la part de leurs pasteurs les laisse perdus. Pour les fidèles qui ne comprennent pas la gravité de la situation, ce manque les laisse dans la confusion et peut-être victimes d'erreurs nuisibles à leur âme. Beaucoup de ceux qui sont entrés en pleine communion avec l'Église catholique, ayant été baptisés dans une communion ecclésiale protestante parce que leurs communautés ecclésiales ont abandonné la foi apostolique, souffrent intensément de la situation: percevant que l'Église catholique suit le même chemin d'abandon de la foi.

Ce que vous dépeignez là est une situation apocalyptique...

Toute cette situation m'amène à réfléchir de plus en plus sur le message de Notre-Dame de Fatima qui nous met en garde contre le mal - encore plus grave que les maux très graves subis à cause de la propagation du communisme athée - qu'est l'apostasie de la foi au sein de l'Église. Le §675 du Catéchisme de l'Église catholique nous enseigne que «avant la venue du Christ, l'Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants», et que «la persécution qui accompagne son pèlerinage [de l'Église] sur terre révélera le "mystère d'iniquité" sous la forme d'une imposture religieuse qui offre aux hommes une solution apparente à leurs problèmes, au prix de l'apostasie de la vérité».

Dans une telle situation, les évêques et les cardinaux ont le devoir de proclamer la vraie doctrine. Dans le même temps, ils ont le devoir de conduire les fidèles à réparer les offenses contre le Christ et les blessures infligées à son Corps mystique, l'Église, quand la foi et la discipline ne sont pas correctement sauvegardées et promues par les pasteurs. Le grand canoniste du XIIIe siècle, Henri de Suse, confronté à la difficile question de savoir comment corriger un Pontife romain qui agirait d'une manière contraire à sa charge, affirme que le Collège des Cardinaux constitue un contrôle de facto contre l'erreur papale. [...]

Le Pape n'est certainement pas un souverain absolu, mais aujourd'hui, il est beaucoup perçu de cette façon. «Si c'est le Pape qui le dit...» est le moyen courant de couper cout à toute question ou tout doute sur certaines déclarations. Il y a une sorte de papolâtrie. Comment réagissez-vous à cela ?

La notion de la plénitude du pouvoir du Souverain Pontife a déjà été clairement énoncée par le Pape Saint Léon le Grand. Les canonistes du Moyen Âge ont grandement contribué à l'approfondissement du pouvoir inhérent à l'Office pétrinien. Leur contribution reste valable et importante. La notion est très simple. Le Pape, par la volonté divine, jouit de tout le pouvoir nécessaire pour sauvegarder et promouvoir la vraie foi, le vrai culte divin et la saine discipline requise. Ce pouvoir n'appartient pas à sa personne, mais à sa charge de successeur de saint Pierre. Dans le passé, la plupart du temps, les papes n'ont pas rendu publics leurs actes personnels ou leurs opinions, précisément pour ne pas risquer que les fidèles soient entraînés dans la confusion sur ce que fait et pense le successeur de saint Pierre. Actuellement, il y a une confusion dangereuse et même nuisible entre la personne du Pape et sa charge, qui a pour conséquence l'obscurcissement de l'Office pétrinien et une conception "mondaine" et politique du service du Pontife romain dans l'Église. L'Église existe pour le salut des âmes. Tout acte d'un Pape qui sape la mission salvifique du Christ dans l'Église, qu'il s'agisse d'un acte hérétique ou d'un acte peccamineux en soi, est tout simplement vide du point de vue de l'Office pétrinien. Par conséquent, même s'il cause clairement des dommages très graves aux âmes, elle [l'Eglise] ne commande pas l'obéissance des pasteurs et des fidèles. Il faut toujours distinguer le corps de l'homme qui est le Pontife romain du corps du Pontife romain, c'est-à-dire de l'homme qui exerce l'office de saint Pierre dans l'Église. Ne pas faire la distinction, c'est de la papolâtrie, cela se termine par la perte de la foi dans l'Office Pétrinien divinement fondé et soutenu.

Dans la relation avec le Pape, à quoi un catholique doit-il tenir le plus?

Le catholique doit toujours respecter, de manière absolue, l'Office pétrinien en tant que partie essentielle de l'institution de l'Église par le Christ. Dès l'instant où le catholique ne respecte plus l'office pétrinien, il se dispose soit au schisme, soit à l'apostasie de la foi. Dans le même temps, les catholiques doivent respecter l'homme en charge de l'office, ce qui signifie attention portée à son enseignement et à sa direction pastorale. Ce respect inclut aussi le devoir d'exprimer au Pape le jugement d'une conscience correctement formée, lorsqu'il s'écarte ou semble s'écarter de la vraie doctrine et de la saine discipline ou abandonne les responsabilités inhérentes à sa charge. Par la loi naturelle, par les évangiles et la tradition disciplinaire constante de l'Église, les fidèles sont tenus d'exprimer à leurs pasteurs leur sollicitude pour l'état de l'Église. Ils ont ce devoir, auquel correspond le droit de recevoir une réponse de leurs pasteurs. [...]"

Posté le 6 avril 2018 à 09h38 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2018

Christophe Dickès nous dévoile les secrets du Vatican

Christophe Dickès présente son dernier ouvrage sur Le Vatican dans lequel il évoque les mystères qui entourent depuis toujours les Etats pontificaux autour de sujets comme le pouvoir, l’argent, les relations internationales ou encore la question des archives secrètes…

Posté le 3 avril 2018 à 20h19 par Michel Janva | Lien permanent

02 avril 2018

Pape, infaillibilité, conclave... Tout savoir sur le Vatican

Déjà auteur d’un remarquable Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège, Christophe Dickès s’est cette fois-ci attaqué aux légendes qui circulent sur la papauté, le Vatican et l’Église. L’historien, spécialiste d’autre part de Jacques Bainville, suit l’actualité de l’Église avec passion et rigueur. A travers 23 questions, Christophe Dickès aborde des sujets tant historiques (l’accord Pie XI-Mussolini ; l’Église et la Shoah ; la mort de Jean-Paul Ier, etc.), que structurels (la richesse du Vatican, la réforme de la Curie, la misogynie du Vatican, le secret de ses archives, etc.).

Posté le 2 avril 2018 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

21 mars 2018

Communication du Vatican : Mgr Vigano démissionne

Suite à l'utilisation scandaleuse d'un courrier privé et personnel de Benoît XVI, Mgr Vigano, préfet du Secrétariat à la communication, a présenté le 19 mars sa démission au pape François. Son courrier et la réponse du pape sont en ligne.

Le pape François accepte cette démission et lui demande... de devenir assistant de ce dicastère. Curieuse démission.

Posté le 21 mars 2018 à 14h52 par Michel Janva | Lien permanent

17 mars 2018

A Rome, les prélats rappellent aux élus que l'accueil des immigrés doit se faire avec prudence et discernement

Hervé de Lépinau, Conseiller départemental Front National de Vaucluse, conseiller municipal de Carpentras, était à Rome avec les 200 élus emmenés par les évêques du sud de la France. Il témoigne sur Boulevard Voltaire :

PQ6HM7NI_400x400"[...] Le moment fort a évidemment été l’audience privée avec le Saint-Père. J’ai eu l’occasion avec mon épouse d’échanger avec le Saint-Père et de lui confier des intentions de prière. Chaque participant a pu avoir un bref échange avec le pape. 

Nous avons également rencontré son secrétaire d’État, le cardinal Parolin, le Monsignore qui fait office de ministre des Affaires étrangères. Nous avons débattu des thèmes qui font l’actualité dans le monde, et plus particulièrement en Europe, et notamment la question des migrants et celles de bioéthique. Il était très intéressant de constater que l’Église reste fidèle à une approche permanente dans les fondements de l’analyse sur ces deux sujets. Sur les migrants, il y a bien un message évangélique d’accueil du migrant, de la personne en difficulté, mais les prélats nous ont rappelés que cet accueil doit se faire avec prudence et discernement, et en fonction des capacités d’accueil du pays concerné. On n’est donc absolument pas dans cette approche angélique et donc tronquée du discours du Saint-Père sur la question des migrants repris par les mouvements de gauche et la presse mainstream en France.

Ce voyage d’élus de sensibilités différentes a-t-il donné lieu a des relations cordiales ?

Nous avions en effet une parfaite transversalité sur l’échiquier politique. Nous avions le maire d’Arles qui est communiste, si je ne me trompe pas, jusqu’à notre ami Philippe Vardon du Rassemblement national et représentant du courant identitaire. Nous avions un panel représentatif de ce qu’est le paysage politique français. Je dirais qu’il a soufflé quasi miraculeusement un vent de concorde. Les participants sont tous venus dans une démarche d’écoute et non de démonstration. C’est plutôt une très bonne chose. [...]"

Posté le 17 mars 2018 à 17h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

03 mars 2018

Pas question de recevoir des militants LGBT au Vatican

Unknown-27Le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie est revenu le 1er mars sur la polémique autour de l′organisation d’une conférence au Vatican intégrant des militants LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Le 8 mars, l′association Voices of Faith (Voix de la Foi) organisera à Rome une conférence autour de la place de la femme dans l′Eglise. L’objectif de cette manifestation est de “donner aux femmes catholiques les moyens de prendre part” aux décisions dans l’Eglise. La date de la conférence est choisie en fonction de la célébration de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Originellement, la conférence aurait dû se tenir à la Casina Pio  IV, au Vatican. Le 2 février, deux participantes et militantes LGBT avaient été refusées par le cardinal Farrell en raison de leur position “contraire à l’enseignement de l’Eglise” :

Toutes deux ont été barrées de la liste des noms par le cardinal Farrell.

Le fils de Mary McAleese, Justin, est un homosexuel connu, catholique et militant de premier plan lors du référendum sur le mariage homosexuel de mai 2015 en République d’Irlande.

“Ce n′est pas que nous ne voulons pas écouter” ni dialoguer, a assuré le cardinal américain. Mais il faut savoir distinguer “ce qui est à l′intérieur et hors du Vatican”. C′est un point “très important” qui “semble avoir été oublié”. 

En réaction à cette décision du cardinal Farrell, l’association a déplacé sa conférence au siège des Jésuites, à Rome, à 500 m du Vatican.

Posté le 3 mars 2018 à 17h03 par Michel Janva | Lien permanent

Marie Mère de l'Eglise, désormais fêtée le lundi de Pentecôte

Décret de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Eglise dans le Calendrier Romain Général :

DXXHb2XXUAANZmM"La joyeuse vénération dédiée à la Mère de Dieu dans l’Eglise contemporaine, à la lumière de la réflexion sur le mystère du Christ et sur sa propre nature, ne pouvait pas oublier cette figure de Femme (cf. Gal 4, 4), la Vierge Marie, qui est à la fois Mère du Christ et Mère de l’Eglise.

Ceci était déjà en quelque sorte présent dans la pensée de l’Eglise à partir des paroles prémonitoires de saint Augustin et de saint Léon le Grand. Le premier, en effet, dit que Marie est la mère des membres du Christ, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la renaissance des fidèles dans l’Eglise; puis l’autre, quand il dit que la naissance de la Tête est aussi la naissance du Corps, indique que Marie est en même temps mère du Christ, Fils de Dieu, et mère des membres de son Corps mystique, c’est-à-dire de l’Eglise. Ces considérations dérivent de la maternité de Marie et de son intime union à l’œuvre du Rédempteur, qui a culminé à l’heure de la croix.

La Mère en effet, qui était près de la croix (Jn 19, 25), accepta il testament d’amour de son Fils et accueillit tous les hommes, personnifiés par le disciple bien-aimé, comme les enfants qui doivent renaître à la vie divine, devenant ainsi la tendre mère de l’Eglise que le Christ a générée sur la croix, quand il rendait l’Esprit. A son tour, dans le disciple bien-aimé, le Christ choisit tous les disciples comme vicaires de son amour envers la Mère, la leur confiant afin qu’ils l’accueillent avec affection filiale.

Guide prévoyante de l’Eglise naissante, Marie a donc commencé sa propre mission maternelle déjà au cénacle, priant avec les Apôtres dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint (cf. Ac 1,14). Dans ce sentiment, au cours des siècles, la piété chrétienne a honoré Marie avec les titres, en quelque sorte équivalents, de Mère des disciples, des fidèles, des croyants, de tous ceux qui renaissent dans le Christ, et aussi de “Mère de l’Eglise”, comme il apparaît dans les textes d’auteurs spirituels ainsi que dans le Magistère de Benoît XIV et de Léon XIII.

De ce qui précède on voit clairement le fondement sur lequel le bienheureux pape Paul VI, en concluant, le 21 novembre 1964, la troisième session du Concile Vatican II, a déclaré la bienheureuse Vierge Marie “Mère de l’Eglise, c’est-à-dire Mère de tout le peuple chrétien, aussi bien des fidèles que des Pasteurs, qui l’appellent Mère très aimable”, et a établi que “le peuple chrétien tout entier honore toujours et de plus en plus la Mère de Dieu par ce nom très doux”.

-ztlN-KfLe Siège apostolique a ainsi proposé, à l’occasion de l’Année Sainte de la Réconciliation (1975), une messe votive en l’honneur de la bienheureuse Marie Mère de l’Eglise, insérée par la suite dans le Missel Romain; il a aussi accordé la faculté d’ajouter l’invocation de ce titre dans les Litanies Laurétanes (1980) et il a publié d’autres formules dans le recueil des messes de la bienheureuse Vierge Marie (1986). Pour certaines nations, diocèses et familles religieuses qui en ont fait la demande, il a concédé d’ajouter cette célébration dans leur Calendrier particulier.

Le Souverain Pontife François, considérant avec attention comment la promotion de cette dévotion peut favoriser, chez les Pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Eglise et de la vraie piété mariale, a décidé que la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, soit inscrite dans le Calendrier Romain le lundi de la Pentecôte, et célébrée chaque année.

Cette célébration nous aidera à nous rappeler que la vie chrétienne, pour croître, doit être ancrée au mystère de la Croix, à l’oblation du Christ dans le banquet eucharistique et à la Vierge offrante, Mère du Rédempteur et de tous les rachetés.

Une telle mémoire devra donc apparaître dans tous les Calendriers et les Livres liturgiques pour la célébration de la Messe et de la Liturgie des Heures; les textes liturgiques nécessaires à ces célébrations sont joints à ce décret et leurs traductions, approuvées par les Conférences Episcopales, seront publiées après la confirmation de ce Dicastère.

Là où la célébration de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, est déjà célébrée, selon les normes du droit particulier approuvé, à un jour différent avec un degré liturgique supérieur, même dans le futur, peut être célébrée de la même manière.

Nonobstant toutes choses contraires.

Du siège de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le 11 février 2018, en la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie de Lourdes.

Robert Cardinal Sarah, Préfet"

Le lundi de Pentecôte prochain, le cardinal Sarah célèbrera la messe selon la forme extraordinaire du rite romain en la cathédrale Notre-Dame de Chartres pour la clôture du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté.

Posté le 3 mars 2018 à 15h03 par Michel Janva | Lien permanent

02 mars 2018

Dans les phases finales de la vie, le réseau familial constitue toujours un élément fondamental

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a envoyé une lettre au président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Paglia, à l’occasion d’un congrès international intitulé « Soins palliatifs : partout et par tout le monde. Soins palliatifs dans toutes les régions. Soins palliatifs dans toutes les religions ou croyances ». Organisé par l’Académie pontificale pour la vie, il se tient à Rome les 28 février et 1er mars 2018.

Traduction de la lettre par Zénit :

"Excellence,

Unknown-24Au nom du Saint-Père François et en mon nom personnel, je vous adresse mes salutations cordiales, ainsi qu’aux organisateurs et aux participants au congrès sur les soins palliatifs. Il s’agit de questions qui concernent les derniers moments de notre vie terrestre et qui mettent l’être humain face à une limite qui semble insurmontable pour la liberté, suscitant parfois rébellion et angoisse. C’est pourquoi, dans la société actuelle, on cherche de nombreuses manières à l’éviter et à le supprimer, négligeant d’écouter l’indication inspirée du psaume : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. » (89,12). Nous nous privons ainsi de la richesse qui, précisément se cache dans la finitude et d’une occasion de mûrir une manière de vivre plus sensée sur le plan personnel et social.

Les soins palliatifs, au contraire, ne cèdent pas à ce renoncement à la sagesse de la finitude et c’est là un autre motif de l’importance de ces thèmes. Ils indiquent en effet une redécouverte de la vocation plus profonde de la médecine, qui consiste avant tout à prendre soin : leur tâche est de toujours soigner, même s’il n’est pas toujours possible de guérir. Certes, l’entreprise médicale se base sur un engagement inlassable à acquérir de nouvelles connaissances et à combattre un nombre toujours plus grand de maladies. Mais les soins palliatifs attestent, à l’intérieur de la pratique clinique, de la conscience que la limite requiert non seulement d’être combattue et dépassée, mais aussi reconnue et acceptée. Et cela signifie de ne pas abandonner les personnes malades, mais au contraire d’être proche d’elles et de les accompagner dans la difficile épreuve qui se manifeste à la fin de la vie. Quand toutes les ressources du « faire » semblent épuisées, c’est précisément alors qu’émerge l’aspect le plus important dans les relations humaines, qui est celui de l’ « être » : être présent, être proche, être accueillant. Cela comporte aussi de partager l’impuissance de celui qui atteint le point extrême de sa vie. Alors la limite peut changer de signification : non plus le lieu de la séparation et de la solitude, mais une occasion de rencontre et de communion. La mort elle-même est introduite dans un horizon symbolique à l’intérieur duquel elle peut apparaît non pas tant comme le terme contre lequel la vie se brise et succombe, mais plutôt comme l’accomplissement d’une existence gratuitement reçue et amoureusement partagée.

La logique des soins rappelle en effet cette dimension de mutuelle dépendance d’amour qui émerge, certes, avec une particulière évidence dans les moments de maladie et de souffrance, surtout à la fin de la vie, mais qui en réalité traverse toutes les relations humaines et en constitue même la caractéristique la plus spécifique. « N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi » (Rm 13,8) : c’est ainsi que nous avertit et nous réconforte l’apôtre. Il semble alors raisonnable de jeter un pont entre ces soins que l’on a reçus depuis le début de la vie et qui ont permis à celle-ci de se déployer pleinement et les soins à offrir de manière responsable aux autres, au long des générations jusqu’à embrasser toute la famille humaine. C’est sur ce chemin que peut s’allumer l’étincelle qui relie l’expérience du partage plein d’amour de la vie humaine jusqu’à son mystérieux départ, avec l’annonce évangélique qui voit tout le monde comme des enfants du même Père et qui reconnaît en chacun son image inviolable. Ce lien précieux défend une dignité humaine et théologale qui ne cesse de vivre, pas même avec la perte de la santé, du rôle social et du contrôle sur son propre corps. C’est alors que les soins palliatifs montrent leur valeur, non seulement pour la pratique médicale – pour que, même lorsqu’ils agissent avec efficacité en réalisant des guérisons parfois spectaculaires, on n’oublie pas cette attitude de fond qui est à la racine de toute relation de soins – mais aussi plus généralement pour toute la coexistence humaine.

Votre programme de ces journées met bien en évidence la multiplicité des dimensions qui entrent en jeu dans la pratique des soins palliatifs. Une tâche qui mobilise de nombreuses compétences scientifiques et d’organisation, relationnelles et communicationnelles, incluant l’accompagnement spirituel et la prière. Outre les différentes figures professionnelles, il faut souligner l’importance de la famille pour ce parcours. Elle revêt un rôle unique comme lieu où la solidarité entre les générations se présente comme constitutive de la communication de la vie  et où l’aide réciproque s’expérimente aussi dans les moments de souffrance et de maladie. Et c’est précisément pour cela que, dans les phases finales de la vie, le réseau familial, pour fragile et désagrégé qu’il puisse apparaître dans le monde actuel, constitue cependant toujours un élément fondamental. Nous pouvons certainement apprendre beaucoup sur ce point des cultures où la cohésion familiale, même dans les moments de difficulté, est tenue en grande considération.

Un thème très actuel, pour les soins palliatifs, est celui de la thérapie de la douleur. Déjà le pape Pie XII avait clairement légitimé, la distinguant de l’euthanasie, l’administration d’analgésiques pour alléger des douleurs insupportables impossibles à traiter autrement, même si, dans la phase de mort imminente, ils devaient être la cause d’un raccourcissement de la vie (cf. Acta Apostolicae Sedis XLIX [1957],129-147). Aujourd’hui, après de nombreuses années de recherche, le raccourcissement de la vie n’est plus un effet collatéral fréquent mais la même interrogation est soulevée avec de nouveaux produits pharmaceutiques qui agissent sur l’état de conscience et rendent possible différentes formes de sédation. Le critère éthique ne change pas, mais l’emploi de ces procédures requiert toujours un discernement attentif et beaucoup de prudence. Elles sont en effet très exigeantes pour les malades comme pour les proches et pour les soignants : avec la sédation, surtout quand elle est prolongée et profonde, cette dimension relationnelle et communicative, que nous avons vu être cruciale dans l’accompagnement des soins palliatifs, est annulée. La sédation est donc toujours au moins en partie insuffisante, de sorte qu’elle doit être considérée comme un remède extrême, après avoir examiné et clarifié avec attention les indications.

La complexité et l’aspect délicat des thèmes présents dans les soins palliatifs demandent de continuer la réflexion et d’en diffuser la pratique pour en faciliter l’accès : un devoir où les croyants peuvent trouver des compagnons de route dans de nombreuses personnes de bonne volonté. Et il est significatif que, dans cette perspective, soient présents à votre rencontre des représentants de différentes religions et de différentes cultures, dans un effort d’approfondissement et dans un engagement partagé. Dans la formation des professionnels de la santé aussi, de ceux qui ont des responsabilités publiques et dans toute la société, il est important que ces efforts soient fournis ensemble.

Tout en recommandant de prier pour son ministère, le Saint-Père vous envoie de tout cœur, Excellence, ainsi qu’à tous les participants au congrès, la bénédiction apostolique. J’y unis mes vœux personnels et je vous adresse mes sentiments les plus sincères."

Posté le 2 mars 2018 à 16h01 par Michel Janva | Lien permanent

01 mars 2018

Lettre Placuit Deo sur certains aspects du salut chrétien

Extrait de cette lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, datée du 22 février :

"[...] Dans son magistère ordinaire, le Pape François s’est souvent référé à deux tendances qui représentent les deux déviances mentionnées ci-dessus, lesquelles ressemblent par certains aspects à deux hérésies de l’Antiquité, le pélagianisme et le gnosticisme. Notre époque est envahie par un néo-pélagianisme, qui donne à l’individu, radicalement autonome, la prétention de se sauver lui-même, sans reconnaître qu’au plus profond de son être, il dépend de Dieu et des autres. Le salut repose alors sur les forces personnelles de chacun ou sur des structures purement humaines, incapables d’accueillir la nouveauté de l’Esprit de Dieu. De son côté, un certain néo-gnosticisme présente un salut purement intérieur, enfermé dans le subjectivisme. Ce salut consiste à s’élever « par l’intelligence au-delà de la chair de Jésus jusqu’aux mystères de la divinité inconnue ». On prétend libérer la personne du corps et du monde matériel, où ne se voient plus les traces de la main secourable du Créateur, mais seulement une réalité privée de sens, étrangère à l’identité ultime de la personne et manipulable au gré des intérêts de l’homme. Il est clair, d’autre part, que la comparaison avec les hérésies pélagienne et gnostique ne peut évoquer que des traits communs généraux, sans entrer dans des jugements sur la nature exacte des erreurs antiques. En effet, il existe une grande différence entre le contexte sécularisé d’aujourd’hui et celui des premiers siècles chrétiens au cours desquels sont nées ces hérésies. Toutefois, dans la mesure où le gnosticisme et le pélagianisme représentent des dangers permanents de déformation de la foi biblique, il est possible de leur trouver une certaine ressemblance avec les mouvements contemporains que l’on vient de décrire.

4. L’individualisme néo-pélagien et le mépris néo-gnostique du corps défigurent la confession de foi au Christ, Sauveur unique et universel. Comment le Christ pourrait-il être le médiateur de l’Alliance avec toute la famille humaine, si l’homme est un individu isolé qui s’auto-réalise par ses seules forces, tel que le présente le néo-pélagianisme ? Comment le salut pourrait-il nous parvenir par l’Incarnation de Jésus, sa vie, sa mort et sa résurrection dans son véritable corps, s’il ne s’agissait que de libérer l’intériorité de l’homme des limites du corps et de la matière, selon la vision néo-gnostique ? Face à ces tendances, la présente Lettre veut redire que le salut consiste dans notre union avec le Christ qui, par son Incarnation, sa vie, sa mort et sa résurrection, a fait naître un nouvel ordre de relations avec le Père et entre les hommes, et nous a introduits dans cet ordre grâce au don de son Esprit, afin que nous puissions nous unir au Père comme fils dans le Fils, et devenir un seul corps dans « le premier-né de nombreux frères » (Rm 8, 29).

III. L’aspiration humaine au salut

5. L’homme perçoit, directement ou indirectement, qu’il est une énigme : qui suis-je, moi qui existe sans avoir en moi le principe de mon être ? Toute personne recherche le bonheur à sa manière et tente de l’atteindre en ayant recours aux ressources dont elle dispose. Toutefois, cette aspiration universelle n’est pas nécessairement exprimée ou déclarée ; au contraire, elle est plus secrète et cachée qu’il n’y paraît, prête à se révéler face à des urgences particulières. Très souvent, elle coïncide avec l’espoir de la santé physique ; parfois, elle prend la forme du désir anxieux d’un plus grand bien-être économique ; de manière diffuse, elle s’exprime par le besoin d’une paix intérieure et d’une vie pacifique avec le prochain. D’autre part, tout en se présentant comme le désir d’un bien plus grand, la recherche du salut garde aussi un caractère de résistance et de dépassement de la douleur. À la lutte pour la conquête du bien se joint la lutte contre le mal, mal de l’ignorance et de l’erreur, mal de la fragilité et de la faiblesse, mal de la maladie et de la mort.

6. Par son refus de toute prétention à l’auto-réalisation, la foi au Christ nous l’apprend, ces aspirations ne peuvent trouver leur accomplissement plénier que si Dieu lui-même les rend possibles, en nous attirant à Lui. Le salut total de la personne ne consiste pas en ce que l’homme pourrait obtenir par lui-même, comme la richesse ou le bien-être matériel, la science ou la technique, le pouvoir ou l’influence sur les autres, la bonne réputation ou l’auto-satisfaction. Rien de créé ne peut satisfaire entièrement l’homme, parce que Dieu nous a destinés à être en communion avec Lui, et notre cœur sera sans repos tant qu’il ne reposera pas en Lui. « La vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine ». Ainsi la révélation ne se limite-t-elle pas à annoncer le salut comme une réponse à l’attente contemporaine. « S’il fallait, à l’inverse, juger ou évaluer la rédemption d’après les besoins existentiels des hommes, comment pourrions-nous échapper au soupçon d’avoir simplement créé un Dieu-Rédempteur à l’image de nos propres besoins ? »

7. En outre, il est nécessaire d’affirmer que, pour la foi biblique, l’origine du mal ne se trouve pas dans le monde matériel et corporel, vu comme une limite ou comme une prison auxquelles nous devrions échapper. Au contraire, la foi proclame que tout le cosmos, créé par Dieu (cf. Gn 1, 31 ; Sg 1, 13-14 ; 1 Tm 4, 4), est bon, et que le mal le plus nuisible à l’homme est celui qui procède de son cœur (cf. Mt 15, 18-19 ; Gn 3, 1-19). En péchant, l’homme a abandonné la source de l’amour, et il se perd dans des formes corrompues de l’amour, qui l’enferment toujours plus en lui. Cette séparation de Dieu –– de Celui qui est la source de communion et de vie –– porte à la perte de l’harmonie des hommes avec le monde et entre eux, en introduisant la domination de la désagrégation et de la mort (cf. Rm 5, 12). Par conséquent, le salut que la foi nous annonce ne concerne pas seulement notre intériorité, mais l’intégralité de notre être. C’est toute la personne, en effet, corps et âme, qui a été créée par l’amour de Dieu à son image et à sa ressemblance, et qui est appelée à vivre en communion avec Lui.

IV. Le Christ, Sauveur et Salut

8. À aucun moment du chemin de l’homme Dieu n’a cessé d’offrir son salut aux fils d’Adam (cf. Gn 3, 15), en établissant une alliance avec tous les hommes en Noé (cf. Gn 9, 9) et, plus tard, avec Abraham et sa descendance (cf. Gn 15, 18). Le salut donné par Dieu assume ainsi l’ordre du créé que partagent tous les hommes, et il parcourt leur chemin concret dans l’histoire. En se choisissant un peuple auquel il a offert les moyens nécessaires pour lutter contre le péché et s’approcher de Lui, Dieu a préparé la venue d’« une force qui nous sauve, dans la maison de David, son serviteur » (Lc 1, 69). À la plénitude des temps, le Père a envoyé au monde son Fils, qui a annoncé le Royaume de Dieu, en guérissant toute sorte de maladie (cf. Mt 4, 23). Les guérisons opérées par Jésus, manifestations de la Providence de Dieu, étaient des signes qui renvoyaient à sa personne, à Celui qui s’est pleinement révélé comme Seigneur de la vie et de la mort dans son événement pascal. Selon l’Évangile, le salut pour tous les peuples commence avec l’accueil de Jésus : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison » (Lc 19, 9). La bonne nouvelle du salut a un nom et un visage : Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur. « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et, par-là, son orientation décisive ».

9. Au long de sa tradition séculaire, par le biais de multiples figures, la foi chrétienne a mis en lumière cette œuvre salvifique du Fils incarné. Elle l’a fait sans jamais séparer l’aspect de guérison que procure le salut, par où le Christ nous rachète du péché, de l’aspect d’élévation, par où Il nous rend fils de Dieu, participants de sa nature divine (cf. 2 P 1, 4). Si l’on considère la perspective salvifique en un sens descendant (à partir de Dieu qui vient racheter les hommes), Jésus illumine et révèle, rachète et libère, divinise l’homme et le justifie. Si l’on prend la perspective ascendante (à partir des hommes qui s’adressent à Dieu), Il est Celui qui, en Souverain Prêtre de la Nouvelle Alliance, offre au Père le culte parfait au nom des hommes : Il se sacrifie, expie les péchés et reste toujours vivant pour intercéder en notre faveur. Ainsi apparaît, dans la vie de Jésus, une admirable synergie de l’agir divin avec l’agir humain, qui montre que la perspective individualiste est sans fondement. D’une part, en effet, le sens descendant témoigne de la primauté absolue de l’action gratuite de Dieu ; avant toute action de notre part, il est essentiel de recevoir les dons de Dieu avec humilité, pour pouvoir répondre à son amour salvifique. D’autre part, le sens ascendant nous rappelle que, par le biais de l’agir pleinement humain de son Fils, le Père a voulu régénérer notre agir, afin qu’assimilés au Christ, nous puissions accomplir « les bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous cheminions en elles » (Ep 2, 10).

10. En outre, il est clair que le salut apporté par Jésus en sa personne même n’advient pas de manière purement intérieure. En effet, pour pouvoir communiquer à toute personne la communion salvifique avec Dieu, le Fils s’est fait chair (cf. Jn 1, 14). C’est précisément en assumant la chair (cf. Rm 8, 3 ; He 2, 14 ; 1 Jn 4, 2) et en naissant d’une femme (cf. Ga 4, 4) que « le Fils de Dieu s’est fait fils de l’homme »[15] et notre frère (cf. He 2, 14). Ainsi, en tant qu’Il est venu faire partie de la famille humaine, « Il s’est uni en quelque sorte à tout homme » et Il a établi, avec Dieu, son Père, et avec tous les hommes, un nouvel ordre de rapports, dans lequel nous pouvons être incorporés pour participer à sa vie même. Par conséquent, l’assomption de la chair, loin de limiter l’action salvifique du Christ, lui permet d’être concrètement médiateur du salut de Dieu pour tous les fils d’Adam.

11. En conclusion, pour répondre tant au réductionnisme individualiste de tendance pélagienne qu’au néo-gnosticisme qui promet une libération purement intérieure, il faut reconnaître la manière dont Jésus est Sauveur. Il ne s’est pas borné à nous montrer le chemin de la rencontre de Dieu, un chemin que nous pourrions parcourir ensuite par nous-mêmes, en obéissant à ses paroles et en imitant son exemple. Pour nous ouvrir la porte de la libération, le Christ a préféré devenir Lui-même le chemin : « Je suis le chemin » (Jn 14, 6). En outre, ce chemin n’est pas un parcours purement intérieur, en marge de nos rapports avec les autres et avec le monde créé. Au contraire, Jésus nous a donné un « chemin nouveau et vivant qu’Il a inauguré pour nous à travers [...] sa chair » (He 10, 20). En somme, le Christ est Sauveur dans la mesure où Il a assumé l’intégralité de notre humanité et a vécu une vie humaine en pleine communion avec le Père et avec ses frères. Le salut consiste à nous incorporer à cette vie qui est la sienne, en recevant Son Esprit (cf. 1 Jn 4, 13). Il est devenu ainsi, « d’une certaine manière, le principe de toute grâce selon l’humanité ».[18] Il est en même temps le Sauveur et le Salut. [...]"

Posté le 1 mars 2018 à 14h44 par Michel Janva | Lien permanent

08 février 2018

Nous assistons à une offensive homosexuelle sans précédent dans l'Eglise

Unknown-13L'affaire de Mgr Juan Barros évêque d'Osorno au Chili, soupçonné d'avoir tu les agissements d'un prêtre pédophile, révèle que le lobby gay a bien pénétré l'Eglise. Dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape François avait notamment déclaré que le Vatican avait enquêté sur Mgr Barros, sans trouver "d'élément pour le condamner".

"Vous me dites qu'il y a des victimes, mais je ne les ai pas vues, elles ne se sont pas présentées à moi".

Et il s'est déclaré "convaincu" de l'innocence de l'évêque.

JuanBarrosMadrid_CEChile-800x450Or, le 12 avril 2015, l'Irlandaise Marie Collins, elle-même "rescapée" d'abus sexuels, qui a finalement claqué en 2017 la porte de la commission papale de lutte contre la pédophilie, est venue spécialement à Rome porteuse d'une lettre d'un Chilien victime d'abus, Juan Carlos Cruz. Mgr Juan Barros [photo], nommé par le pape à la tête du diocèse d'Osorno, en 2015, est soupçonné d'avoir passé sous silence les actes du père Fernando Karadima. Ce prêtre octogénaire a été reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d'avoir commis des actes pédophiles dans les années 1980 et 1990. Selon Marie Collins, au moins trois victimes directes de Karadima accusent Mgr Barros d'avoir été témoin de certains actes. Mgr Barros nie ces accusations. Cette lettre a été remise en avril 2015 au cardinal Sean O’Malley, proche du pape, qui assure que la lettre a été transmise au pape.

Riccardo Cascioli commente dans un texte traduit par benoît-et-moi :

"Le scandale des abus sexuels au Chili est aujourd'hui une mine qui risque d'exploser à Rome. Les faits sont maintenant bien connus et tournent autour des excellentes couvertures - chiliennes d'abord, mais aussi romaines - d'un célèbre prêtre chilien, le Père Fernando Karadima, leader d'une communauté dont sont sortis plusieurs prêtres et évêques, dont le très discuté Juan Barros, au centre de l'histoire qui voit aujourd'hui comme protagoniste le Pape François lui-même.

[...] Déjà dans le collimateur pour avoir nommé Barros évêque d'Osorno en janvier 2015, malgré la forte opposition d'une partie de l'épiscopat chilien et des fidèles de ce diocèse, les déclarations du Pape François à la fin de la visite au Chili ont suscité un véritable tollé. A ceux qui lui demandaient de rendre compte de cette nomination, le Pape - avec des mots forts - a répondu en parlant de calomnie et d'absence de preuves contre Mgr Barros, argument répété ensuite dans la conférence de presse en vol, même s'il a au moins essayé de corriger la terminologie (mais après un communiqué de censure publique signé par le Cardinal O'Malley, l'un des neuf conseillers appelés par le Pape à remanier la Curie romaine, qui est également à la tête de la Commission vaticane pour la protection des mineurs). En outre, le pape François avait déclaré qu'il n'avait jamais rien reçu des victimes présumées d'abus sexuels qui accusaient Barros. Or, le document publié il y a deux jours par l'Associated Press démontre exactement le contraire: ce serait le Cardinal O'Malley lui-même qui aurait remis au Pape en avril 2015 une lettre de huit pages dans laquelle l'une des victimes du Père Karadima relate en détail les abus subis et la responsabilité directe de Barros.

Unknown-14De plus, ce démenti de la version du Pape semble être la cerise sur le gâteau d'une attitude qui avait déjà suscité une forte perplexité. En 2014, en effet, le Pape François avait déjà disposé que Mgr Barros devait renoncer au ministère épiscopal avant de revenir sur ses pas, de le nommer évêque d'Osorno et de défendre sa nomination avec bec et ongles, malgré les critiques de la Conférence épiscopale chilienne. Le Pape n'a pas non plus expliqué la raison de ce brusque changement d'orientation à son retour du Chili, mais des sources du Vatican citent le cardinal Francisco Javier Errazuriz comme la véritable cause de la volte-face. L'ex-archevêque de Santiago [photo] est en effet dans le fameux C9 (Conseil des neuf cardinaux) qui accompagne le Pape dans le projet de réforme de la Curie. Errazuriz jouit certainement de la confiance et de l'estime du Pape François, qui l'a en effet voulu au C9, mais au Chili il est considéré comme le grand "enterreur", celui qui pendant des années a empêché que des mesures soient prises contre Karadima et retardé l'établissement de la vérité. Il est facile de penser que le rôle du vieux cardinal chilien a joué un rôle majeur dans l'attitude du Pape.

Mais en dehors de la reconstruction de l'affaire Barros, le cas du Chili est important car il confirme ce qui est déjà connu mais toujours censuré. En d'autres termes, les cas dits de pédophilie sont en fait dans la grande majorité des problèmes d'homosexualité. Comme on le sait, la pédophilie elle-même concerne l'attirance des adultes pour les enfants prépubères. Quand il s'agit d'adolescents, on doit en revanche parler d''éphébophilie et elle a des homosexuels comme protagonistes. C'est de cela que nous parlons pour le Chili, mais cela concerne au moins 80% des cas qui passent dans la chronique de façon erronée comme des cas de pédophilie dans l'Église. C'est du moins ce qui ressort des rapports du John Jay College sur les cas enregistrés dans l'Église américaine.

Cela peut sembler une différence mineure - il s'agit toujours d'abus sur mineurs, pourrait-on dire - et au contraire, c'est un point fondamental, parce qu'il permet de dire clairement que le problème dans l'Église n'est pas la pédophilie mais l'homosexualité. C'est une réalité que l'on veut dissimuler parce qu'elle est désagréable pour le lobby gay engagé à promouvoir la normalisation de l'homosexualité dans l'Église. Surtout au cours de ces toutes dernières années, nous assistons à une offensive homosexuelle sans précédent, qui s'attaque maintenant au Catéchisme, comme nous l'avons vu ces derniers jours. Le cas des cours pour fiancés homosexuels à Turin - aujourd'hui suspendus après la réaction suscitée - et la bénédiction pour les couples homosexuels soutenue par le Cardinal Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, ne sont que les derniers épisodes. Il est clair qu'on joue sur le malentendu de l'accueil des personnes avec des tendance homosexuelle - ce qui est normal - pour faire passer l'homosexualité, qui est au contraire «un désordre objectif». Ce n'est pas par hasard que dans l'Église italienne, par exemple, les expériences d'accompagnement qui s'inscrivent dans le sillage de l'enseignement de l'Eglise - comme Courage et l'Associazione Lot - sont entravées, pour faire place aux associations qui promeuvent l'expérience LGBT, et qui prétendent que l'homosexualité est une orientation sexuelle équivalente à l'hétérosexualité.

C'est la preuve que le lobby homosexuel s'est maintenant enraciné dans l'Église; et même, nous pouvons affirmer avec certitude qu'une escalade est en cours au sein de la hiérarchie ecclésiastique, avec l'occupation de postes clés au Vatican et dans de nombreux diocèses et organismes ecclésiaux (sans parler des médias, voir le cas d'Avvenire). On peut dire sans se tromper que le lobby gay n'a jamais été aussi puissant dans l'Église, et l'imbroglio chilien est lui aussi fils de cet étrange tissage de liens troubles et de chantages.

C'est justement ce facteur qui risque de rendre vaine une grande partie du travail accompli pendant les pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI pour frapper les abus sexuels sur mineurs. Un fait qui est également démontré par l'affaiblissement récent de la section disciplinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi appelée à traiter les cas d'abus sexuels commis par le clergé: jusqu' à il y a quelques mois, dix fonctionnaires de la Congrégation étaient chargés de traiter les volumineux dossiers à cet égard; précisément en raison de la charge de travail, une augmentation des effectifs avait été promise, alors que le licenciement soudain de trois prêtres par le Pape (sans donner de raisons, avait dénoncé Gerhard Müller, le préfet de l'époque) réduisait à sept le nombre des responsables, sans personne ayant pour langue maternelle le français et l'anglais. Autrement dit, l'affaire Barros n'est pas un épisode isolé, elle n'est que la pointe de l'iceberg."

Posté le 8 février 2018 à 18h47 par Michel Janva | Lien permanent

27 janvier 2018

Le pape reconnaît les vertus héroïques de Madeleine Delbrêl

Unknown-24Par le même décret de ce matin, la Congrégation pour l cause des saints reconnaît les vertus héroïques de Madeleine Delbrêl, laïque, née à Mussidan en 1904 et décédée à Ivry-sur-Seine en 1964.

Pour mieux la connaître, vous pouvez parcourir ce site.

Madeleine Delbrêl naît dans une famille athée. Son père et son grand-père sont cheminots. À l'âge de dix-sept ans, sa profession d'athéisme est radicale et profonde mais, en trois ans, à la suite de la rencontre d'un groupe d'amis chrétiens et de l'entrée chez les dominicains du garçon qu'elle aimait, elle entame une conversion qui aboutit à la foi à l'âge de vingt ans. Le 19 mars 1924, "éblouie par Dieu", lors d'un passage en l'Église Saint-Dominique de Paris (14è arrondissement), elle se convertit.

Par le scoutisme elle devient une assistante sociale très active, elle s'installe avec quelques amies et travaille dans la banlieue ouvrière, à Ivry-sur-Seine, seule municipalité communiste de France en 1933. Elle se confronte alors avec l'athéisme marxiste, n'hésitant pas, à contre-courant, à annoncer l'Évangile.

Elle fonde une communauté de jeunes femmes qui se sont nommées « la Charité », avant d'être connues comme « Équipes Madeleine Delbrêl ». Il s'agit « d'y être le Christ » et non « d'y travailler pour le Christ ». La méthode ? rencontrer les gens où ils vivent, devenir leur ami, les recevoir chez soi, s'entraider. En matière de travail social, elle rappelle la nécessité de développer des actions collectives en vue de faire évoluer les politiques sociales. Elle écrit en 1937 :

« Il est peut-être plus touchant de visiter, dans sa journée, cinq ou dix familles nombreuses, de leur obtenir à grand renfort de démarches tel ou tel secours ; il serait sans doute moins touchant mais plus utile, de préparer le chemin à tel texte légal qui améliorerait l’état familial de toutes les familles nombreuses connues ou inconnues de nous. »

Posté le 27 janvier 2018 à 12h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

07 janvier 2018

Le collège cardinalice compte 120 cardinaux électeurs

Lu ici :

Unknown-5"Au 20 décembre 2017, le collège cardinalice compte 120 cardinaux électeurs dont 20 créés par Jean-Paul II, 51 par Benoît XVI et 49 par le pape François. Des chiffres amenés à évoluer dans les prochains mois.

En effet, d’ici la fin du mois de mars 2018, le nombre des électeurs potentiels du futur pape va baisser à 114 : six cardinaux auront atteint la limite de l’âge canonique fixé à 80 ans pour voter lors du conclave.

Il s’agit des cardinaux Antonio Maria Vegliò (Italie), président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, né le 3 février 1938 ; Paolo Romeo (Italie), archevêque émérite de Palerme (Italie) né le 20 février 1938 ; Francesco Coccopalmerio (Italie), président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, né le 6 mars 1938 ; Manuel Monteiro de Castro (Portugal), grand pénitencier émérite, né le 29 mars 1938 ; Pierre Nguyễn Văn Nhơn, (Vietnam), archevêque de Hanoi, né le 1er avril 1938 et Angelo Amato (Italie), préfet de la Congrégation pour les causes des saints, né le 8 juin 1938.

Le collège des cardinaux compte encore 92 cardinaux non-électeurs.

L’élection du Pontife romain est réglée par la Constitution apostolique Universi dominici gregis promulguée par Jean-Paul II et qui fixe à 120 le nombre maximal de cardinaux électeurs."

Posté le 7 janvier 2018 à 09h56 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

20 décembre 2017

Le Vatican ouvre un nouveau portail d’information : « Vatican News »

A découvrir ici :

V

Posté le 20 décembre 2017 à 16h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

19 décembre 2017

Enquête du synode pour les Jeunes

L'enquête est en ligne ici.

"L’objectif de cette enquête – qui s’adresse aux jeunes du monde entier ayant entre 16 et 29 ans – est celui de te donner l’opportunité de faire entendre ta voix, de t’exprimer, de raconter qui tu es et ce que tu veux faire connaître de toi."

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Posté le 19 décembre 2017 à 12h38 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

30 octobre 2017

Des laïcs catholiques ressuscitent l'Académie pour la Vie de Jean-Paul II

Lu ici :

"Des laïcs catholiques ont ressuscité l'Académie pour la vie de Jean-Paul II après que le Pape François a nommé des apologistes de l'avortement à l'Académie pour la Vie parrainée par le Vatican.

L'annonce a été faite par le professeur Josef Seifert lors d'une conférence sur Humanae Vitae à Rome le 28 octobre.

Le professeur Seifert est le premier président de l'Académie, nommée Académie Jean-Paul II pour la vie humaine et la famille. Elle servira les mêmes objectifs que l'originale, à savoir la "défense de la vie humaine dans toutes ses étapes" et "l'étude du mariage". Ce sera une organisation non gouvernementale indépendante mais, contrairement à l'Académie de la vie du Vatican, elle agira en stricte conformité avec la foi catholique."

Posté le 30 octobre 2017 à 13h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

25 octobre 2017

Rebondissement à l'Ordre de Malte : Boeslager est vraiment coupable

Dans L'Homme Nouveau, Daniel Hamiche rapporte

Images-3"[...] Pour avoir demandé et obtenu la révocation d’Albrecht von Boeselager, Grand Chancelier de l’Ordre, convaincu d’avoir fait distribuer des préservatifs dans le cadre des interventions de Malteser International dont il était le dirigeant, c’est le Grand Maître Matthew Festing qui fut contraint à la démission. [...] Albrecht von Boeslager, quant à lui, était réintégré dans l’Ordre et dans ses hautes fonctions à la demande du Pape et du secrétaire d’État.

La réintégration triomphale de Boeslager n’a pas éteint en lui l’esprit de vengeance contre la presse catholique jugée par lui coupable d’avoir rapporté les actions peu flatteuses de Malteser International. [...] En mars dernier, Kath.net reçut une mise en demeure de l’avocat allemand de Boeslager, en sa qualité de Grand Chancelier de Malte, pour avoir notamment signalé aussi, en décembre 2016, une donation de 30 millions de francs suisses, acceptée par Boeslager. La lettre de mise en demeure exigeait une rétractation de ­Kath.net, à défaut de laquelle l’agence catholique serait traînée devant les tribunaux. [...] Kath.net proposa une tribune libre à l’avocat pour expliquer la position et les remarques de Malte. Ce fut refusé et l’avocat déposa au nom de son client une plainte au tribunal du Land de Hambourg.

Ce dernier a rendu son jugement le 6 juin et les attendus ont été communiqués à ­Kath.net qui les a reçus le 12 septembre dernier. Ils sont accablants pour Boeslager. Dans un article du 20 septembre titré : « Malteser : Boeslager perd un point décisif au tribunal », Kath.net commente :

« La cour a ainsi reconnu le fait que Malteser International a continué son programme d’aide pendant plusieurs mois même après qu’il ait été rendu public que les produits de secours ainsi que des préservatifs dans un programme au Myanmar [avaient été distribués], et que cela s’est passé aussi à la connaissance et avec la volonté de M. von Boeslager. Avec cette décision, l’injonction provisoire – que Boeslager a fait signifier après la publication d’un rapport sur ­Kath.net – a été annulée sur ce point décisif. (…)

Dans les attendus du jugement du tribunal de Hambourg (…) il est statué, relativement à l’article de Kath.net de décembre 2016, contre lequel Boesleger s’est pourvu en justice : “Dans son ensemble, le troisième paragraphe de l’article traite de manière critique de différents aspects du travail du plaignant (Boeslager) en tant qu’Hospitalier, de manière à démontrer la thèse qui était placée à son début, à savoir qu’un petit cercle du groupe germanophone (de Malte) veut préserver les avantages du caractère exclusif et souverain (de Malte) tout en desserrant les liens avec l’enseignement catholique et le pape, qui sont à ses yeux (du petit cercle) trop étroits. Pour le lecteur, les conclusions irréfutables sont, selon la conviction de la chambre [cour], que le plaignant est lui-même responsable des accusations ci-dessus mentionnées, ce qui implique aussi nécessairement qu’il était au fait de toutes les circonstances pertinentes” (…) ».

Kath.net s’interroge : « Le ­Pape a-t-il été mal informé ? Festing était-il dans son droit et a-t-il été injustement contraint à la démission ? Est-ce que la position de Boeslager comme Grand Chancelier d’un ordre catholique, est tenable ? ». On partage ces interrogations…"

Posté le 25 octobre 2017 à 10h38 par Michel Janva | Lien permanent

Le Saint-Siège refuse un ambassadeur franc-maçon

1012467-180988828762743-1382144188-n12014-01-15-1046312014-02-06-114048Selon le quotidien italien Il Messaggero, le Saint-Siège refuse de valider la nomination de Johnny Ibrahim à l’ambassade du Liban près du Saint-Siège, en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie.

Johnny Ibrahim, 48 ans, était consul général à Los Angeles depuis 2012, marié et père de 3 enfants. Le pape François aurait refusé de donner son approbation pour deux raisons :

  • le nom de Johnny Ibrahim a été divulgué dans des médias locaux et les cercles ecclésiastiques avant que le Saint-Siège ait donné son agrément. Or de telles fuites, qui vont à l’encontre des protocoles diplomatiques, sont généralement interprétées de manière négative.
  • Johnny Ibrahim serait engagé dans la franc-maçonnerie, une secte hostile à l'Eglise catholique.

De source diplomatique au Liban, on confirme la raison de ce refus du Saint-Siège.

Posté le 25 octobre 2017 à 09h38 par Michel Janva | Lien permanent

08 octobre 2017

28 octobre : congrès sur Humanae Vitae à Rome

Le mois de juillet 2018 marquera le 50e anniversaire de la promulgation de la lettre encyclique Humanae Vitae de Paul VI (25 juillet 1968). Cette encyclique est à lire ici. Paul VI avait prévenu dans Humanae Vitae que l’acceptation du contrôle artificiel des naissances aurait comme conséquence

Cinquante ans plus tard, non seulement ces prévisions se sont réalisées, mais nous en sommes arrivés à un tel point que désormais la société accepte largement de dissocier dans le mariage les relations sexuelles d’avec la procréation.

Voice of the Family, une coalition regroupant 25 associations pro-vie et pro-famille, fondée pour défendre l’enseignement catholique sur la famille, organise un congrès à Rome qui veut donner l’occasion d’étudier Humanae Vitae dans le contexte de son époque ainsi que dans la nôtre, en montrant sa conformité à la doctrine pérenne de l’Eglise, confirmée au 14e paragraphe de l’encyclique, et son actualité pour les catholiques d’aujourd’hui. Le congrès 50e anniversaire d’Humanae Vitae: où en sommes-nous ? aura lieu le 28 octobre 2017, à l’Université pontificale S. Thomas d’Aquin (Largo Angelicum 1, Rome).

Les conférences seront données en français, anglais ou italien avec traduction simultanée dans les trois langues.

Pour réserver contacter l’Association FamigliaDomani : info@famigliadomani.it; tel.: 0039-06-3220291 ou aller sur le lien.

HV-conference-2017-FR

Posté le 8 octobre 2017 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

30 septembre 2017

Le cardinal Burke de retour au Tribunal suprême de la Signature apostolique

Unknown-9Le cardinal Raymond Leo Burke, né le 30 juin 1948, fut évêque de La Crosse, puis archevêque de Saint-Louis. En 2010, le pape Benoît XVI le nomme préfet du tribunal suprême de la Signature apostolique. Le pape l'a démis de cette fonction en 2014 pour le nommer à l'Ordre Souverain de Malte.

Aujourd'hui, le pape François a nommé cinq nouveaux membres du Tribunal suprême de la Signature apostolique. Dont… le cardinal Raymond Burke.

Posté le 30 septembre 2017 à 15h29 par Michel Janva | Lien permanent

19 septembre 2017

Motu proprio Summa familiae cura

Le service de presse du Vatican vient de rendre public un Motu proprio intitulé Summa familiae cura, daté du 8 septembre, soit deux jours après la mort du Cardinal Caffara, par lequel le souverain pontife met pratiquement fin à l’Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille que saint Jean-Paul II avait créé pour répondre à la crise morale traversée par tant de sociétés contemporaines au cœur de leurs cellules vivantes que sont les familles. Présenté comme « un nouveau pas sur le chemin synodal » ouvert par Jean-Paul II en 1980 et qui avait donné lieu à l’exhortation apostolique Familiaris consortio, Summa familiae cura présente « la nouvelle étape synodale » comme un événement qui a « conduit l’Eglise à une conscience renouvelée de l’Evangile de la famille et des nouveaux défis pastoraux auquel la communauté chrétienne est appelée à répondre ». Jeanne Smits analyse :

Capture d’écran 2017-09-19 à 19.07.02"Le nouveau Motu proprio repose sur ce principe d’attention aux situations concrètes ; il cite largement Amoris laetitia et insiste sur « le changement anthropologique et culturel » actuel qui requiert de nouvelles réponses. On veut regarder « la réalité de la famille aujourd’hui, dans toute sa complexité, dans ses lumières et ses ombres ». Fort de tout cela, le pape François a décidé de son propre mouvement de modifier les attributions de l’Institut Jean-Paul II sur le mariage et la famille, notamment en modifiant son titre : l’Institut théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage de la famille aura un champ d’intérêt plus large avec « le développement des sciences humaines et de la culture anthropologique dans un domaine aussi fondamental pour la culture de vie ».

Remplacement, donc, et d’emblée, référence au souci écologique. L’article 2 de Summa familiae cura l’explicite : « Le nouvel Institut sera, dans le contexte des institutions pontificales, un centre académique de référence, au service de la mission de l’Eglise universelle, dans le domaine des sciences qui ont un rapport avec le mariage et la famille, et par rapport aux thèmes associés à l’alliance fondamentale de l’homme et de la femme pour la garde et la génération de la création ». Le tout en lien étroit avec l’université pontificale du Latran.

De nouveaux statuts sont annoncés ; en attendant, ceux de l’Institut Jean-Paul II restent provisoirement en vigueur « pour autant qu’ils ne sont pas contraires au présent Motu proprio ».

Si dans l’ensemble, les articles de Summa familiae cura ne laissent pas présager avec certitude une révolution par rapport à ce qu’a fait jusqu’ici l’Institut Jean-Paul II pour le mariage et la famille – profondément attaché depuis le début à la plus solide doctrine du mariage et des obligations morales qui s’y attachent – c’est le préambule qui donne le ton et qui laisse comprendre la volonté de modifier l’approche pastorale en tenant compte non plus de cette réalité du mariage qu’Amoris laetitia qualifie volontiers d’« idéale », mais de la multiplicité des situations et de la volonté de considérer le « bien » qui se trouve dans chacune d’entre elles. C’est la fameuse approche « analytique et diversifiée » d’Amoris laetitia que le Motu proprio reprend à son compte.

Mgr Vincenzo Paglia, actuel Grand chancelier de l’Institut pontifical Jean-Paul II, a salué les modifications apportées par le pape François lors d’un point de presse à la Salle de presse du Vatican, les résumant avec ces mots révélateurs : « Amoris laetitia devient la nouvelle Magna Carta. » C’est dire que l’Exhortation post-synodale, loin d’être un simple encouragement aux familles, et considéré est utilisé comme un document fondateur, en vue d’un changement fondamental.

« Pour le pape François, la famille n’est pas simplement un idéal abstrait : ce sont toutes les familles, sans distinction, qui doivent être aidées et accompagnées afin de redécouvrir leur mission historique, que ce soit dans l’Eglise ou dans la société, et cela lie l’Institut de manière particulière au dernier de synode », a indiqué Mgr Paglia, promoteur à titre personnel de la communion pour les divorcés remariés dès avant sa nomination à la tête du conseil pontifical pour la famille, puis de l’Académie pontificale pour la vie et de l’institut Jean-Paul II.

L’approche sociologique, il ne faut jamais l’oublier, est aux antipodes de l’approche normative et juridique dont on peut supposer qu’elle sera mise au ban par dans les hautes sphères de cet Institut bouleversé par la rénovation. « Tanti saluti à Wojtyla et Caffarra », titre Sandro Magister, évoquant ce nouveau « tremblement de terre ». Adieu, salut les amis, tant pis pour eux : l’expression italienne veut dire tout cela. Le cardinal Caffarra n’aura pas eu le temps de voir le désastre…"

Le corps professoral de l'Institut Jean-Paul II, qui s'était signalé par une interprétation d'Amoris laetitia strictement conforme à Veritatis Splendor et Familiaris consortio, sera-t-il repris dans la nouvelle structure, ou bien va-t-on assister à une certaine purge, à laquelle on s'attendait en fait depuis un an avec le remplacement du jour au lendemain de son président Mgr Livio Melina?

Posté le 19 septembre 2017 à 19h10 par Michel Janva | Lien permanent

28 août 2017

Un attentat au Vatican n’est qu’une question de temps…

Quelque 450 anciens membres de la Garde suisse pontificale, et des membres de leurs familles, viennent de participer à leur 27ème assemblée générale à Soleure. Voici un extrait d’un article que cath.ch, le portail catholique suisse, consacre à l’événement avec une déclaration du commandant de la Garde :

[…] Outre l’aspect de rencontre festive et amicale entre les anciens gardes, l’assemblée générale a aussi permis d’évoquer les sujets du moment notamment la formation religieuse et spirituelle des gardes ou la sécurité au Vatican. Le commandant Christoph Graf, en poste depuis 2015, a rappelé que les gardes ne sont pas seulement un sujet photographique pour les touristes avec leur costume pittoresque, leurs épées et leurs hallebardes. Ils forment réellement une troupe de protection formée aux techniques les plus modernes. Ce qui est toujours plus nécessaire face aux attentats comme celui de Barcelone. « Ce n’est peut-être qu’une question de temps avant qu’un tel attentat se produise à Rome, admet-il. Mais nous y sommes préparés. »

La Garde adapte constamment sa formation aux défis actuels. Ainsi, l’école de recrue initiale a été portée de deux à quatre mois et organisée en collaboration avec la police cantonale du Tessin. Des thèmes comme l’entraînement au tir, la sécurité rapprochée, la protection incendie, les premiers secours ou les questions juridiques sont au programme.

Posté le 28 août 2017 à 08h02 par Michel Janva | Lien permanent

19 août 2017

Le secrétaire d’État du Vatican en Russie

Communiqué de la salle de presse du Vatican :

Images"Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, se rendra en visite dans la Fédération russe, sur l’invitation des autorités du pays, du 21 au 24 août 2017. Il sera accompagné par Mgr Visvaldas Kulbokas, conseiller de nonciature, officiel de la Section pour les Relations avec les États de la Secrétairerie d’État.

Le but de la visite est de rencontrer les plus hautes autorités civiles et les dirigeants de l’Église orthodoxe russe. Ce sera aussi l’occasion de manifester la proximité spirituelle du pape à la communauté catholique locale.

Au cours des divers entretiens, outre les thèmes relatifs aux questions d’intérêt bilatéral, figurent les questions concernant la situation internationale et, en particulier, la recherche de solutions pacifiques aux conflits en cours, avec une attention principale aux aspects de caractère humanitaire.

Le programme de lundi 21 août prévoit une réunion du cardinal avec les évêques catholiques du pays et, en soirée, la messe dans la cathédrale de l’Immaculée Conception de Moscou, suivie d’un moment convivial avec les représentants du clergé et des laïcs. Le même jour est prévu un entretien avec le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du Département pour les Relations étrangères du Patriarcat de Moscou.

La journée du mardi 22 août sera consacrée à une session de travail avec le ministre des Affaires étrangères Sergey Lavrov et, dans l’après-midi, à la visite au patriarche Cyrille de Moscou. Mercredi 23 août, le Secrétaire d’État se rendra à Sochi pour une rencontre avec le président Vladimir Poutine. Le cardinal Parolin rentrera à Rome dans la matinée du jeudi 24 août."

100 ans après les apparitions de Fatima, le Coeur Immaculée de Marie semble triompher...

Posté le 19 août 2017 à 14h27 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2017

L'enseignement social de l'Église doit être également appliqué à la façon dont les employés sont traités au Vatican

Unknown-11Le cardinal Gerhard Müller (69 ans) a critiqué la façon "inacceptable" avec laquelle le souverain pontife l'a récemment congédié en tant que chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF).

"Le dernier jour de mon mandat en tant que préfet de la CDF, le pape m'a informé en une minute de sa décision de ne pas prolonger mon mandat. Il n'a pas donné de raisons - tout comme il n'a donné aucune raison au rejet de trois membres hautement compétents de la CDF quelques mois plus tôt ». « Je ne peux pas accepter cette façon de faire les choses. En tant qu'évêque, on ne peut pas traiter les gens de cette façon"." Je l'ai déjà dit: l'enseignement social de l'Église doit être également appliqué à la façon dont les employés sont traités ici au Vatican".

Mgr Müller a déclaré que le cardinal Joachim Meisner était "particulièrement bouleversé" en apprenant la décision :

"Cela l'a perturbé et blessé personnellement. Il a pensé que cela nuirait à l'Église". "Cela parle naturellement pour moi - mais c'est un fait - c'est la façon dont il l'a exprimé".

Les deux cardinaux se sont entretenus à 20h30 et Meisner est mort de façon inattendue pendant son sommeil un peu plus tard dans nuit.

Posté le 10 juillet 2017 à 19h39 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2017

Lettre circulaire aux Evêques sur le pain et le vin pour l’Eucharistie

La Congrégation pour le culte divin demande aux évêques de veiller au respect absolu des normes pour la production du pain et du vin eucharistiques. La lettre circulaire ignée du cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin, et de son secrétaire Mgr Arthur Roche, suggère également une autorité de contrôle dans chaque pays :

1. La Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, à la demande du Saint Père François, s’adresse aux Evêques diocésains (et à ceux qui leur sont équiparés en droit) pour leur rappeler qu’il leur appartient, en premier lieu, de pourvoir dignement à ce qui est nécessaire pour la célébration de la Cène du Seigneur (cf. Lc 22,8.13). C’est à l’Evêque, premier dispensateur des mystères de Dieu, modérateur, promoteur et gardien de la vie liturgique dans l’Eglise qui lui est confiée (cf. CIC can. 835 §1), que revient de veiller sur la qualité du pain et du vin destinés à l’Eucharistie et, donc, sur ceux qui les préparent. On rappelle ici, dans le but d’être utile, les dispositions en vigueur, et on suggère quelques indications pratiques.

2. Alors que jusqu’à maintenant, d’une manière générale, quelques communautés religieuses ont pris soin de confectionner le pain et le vin pour la célébration de l’Eucharistie, aujourd’hui on les trouve en vente aussi dans les supermarchés, dans d’autres magasins et sur le réseau Internet. Afin d’éviter tout doute sur la validité de la matière eucharistique, ce Dicastère suggère aux Ordinaires de donner des indications à ce propos, par exemple en garantissant la matière eucharistique par des certificats appropriés.

L’Ordinaire est tenu à rappeler aux prêtres, en particulier aux curés et aux recteurs d’églises, leur responsabilité de vérifier qui sont les personnes qui procurent le pain et le vin pour la célébration, ainsi que l’idonéité de la matière.

Il appartient en outre à l’Ordinaire d’informer et de rappeler la nécessité du respect absolu des normes de la part des producteurs de vin et de pain pour l’Eucharistie.

3. Les normes à propos de la matière eucharistique, indiquées dans le canon 924 du CIC et aux numéros 319-323 de la Présentation générale du Missel romain, ont déjà été expliquées dans l’Instruction Redemptionis Sacramentumde cette Congrégation (25 mars 2004) :

a) “Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du pain azyme, de pur froment et confectionné récemment en sorte qu’il n’y ait aucun risque de corruption. Par conséquent, le pain fabriqué avec une autre matière, même s’il s’agit d’une céréale, ou le pain, auquel on a ajouté une autre matière que le froment, dans une quantité tellement importante que, selon l’opinion commune, on ne peut pas le considérer comme du pain de froment, ne constitue pas la matière valide de la célébration du Sacrifice et du Sacrement de l’Eucharistie. Le fait d’introduire d’autres substances dans la fabrication du pain destiné à l’Eucharistie, telles que des fruits, du sucre ou du miel, constitue un grave abus. Il est évident que les hosties doivent être fabriquées par des personnes qui, non seulement se distinguent par leur intégrité, mais encore sont compétentes dans ce domaine, et emploient les instruments appropriés” (n. 48).

b) “Le saint Sacrifice eucharistique doit être célébré avec du vin naturel de raisins, pur et non corrompu, sans mélange de substances étrangères. […] Il faut prendre soin de conserver en parfait état le vin destiné à l’Eucharistie, et de veiller à ce qu’il ne s’aigrisse pas. Il est absolument interdit d’utiliser du vin dont l’authenticité et la provenance seraient douteuses: en effet, l’Église exige la certitude au sujet des conditions nécessaires pour la validité des sacrements. Aucun prétexte ne peut justifier le recours à d’autres boissons, quelles qu’elles soient, qui ne constituent pas une matière valide” (n. 50).

4. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dans sa Lettre circulaire aux Présidents des Conférences Episcopales sur l’usage du pain pauvre en gluten et du moût comme matière eucharistique (24 juillet 2003,  Prot. N. 89/78 – 17498), a rendu publiques les normes qui regardent les personne qui, pour des motifs graves et divers, ne peuvent absorber du pain normalement confectionné ou du vin normalement fermenté.

a) “Les hosties totalement privées de gluten sont une matière invalide pour la célébration de l’Eucharistie. Sont, par contre, matière valide, les hosties partiellement privées de gluten et celles qui contiennent la quantité de gluten suffisante pour obtenir la panification, sans que l’on y ajoute des matières étrangères et qui n’ont pas été confectionnées selon des procédés susceptibles de dénaturer la substance du pain” (A. 1-2).

b) “Le moût c’est-à-dire le jus de raisin, frais ou conservé, dont on suspend la fermentation grâce à des procédés qui n’en altèrent pas la nature (par exemple dans le cas de la congélation), est une matière valide pour l’Eucharistie” (A. 3).

c) “Les Ordinaires sont compétents pour concéder, aux prêtres ou aux fidèles, la licence d’utiliser comme matière eucharistique du pain comportant une faible teneur de gluten ou du moût. Cette licence peut être concédée, de manière habituelle, tant que dure la situation qui l’a motivée” (C.1).

5. De plus, la même Congrégation a décidé que la matière eucharistique préparée avec des organismes génétiquement modifiés peut être considérée une matière valide (cf. Lettre au Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, 9 décembre 2013, Prot. N. 89/78 – 44897).

6. Ceux qui confectionnent le pain et produisent le vin pour la célébration doivent être vivement conscients que leur œuvre est orientée au Sacrifice Eucharistique, et ceci demande, de leur part, honnêteté, responsabilité et compétence.

7. En vue de l’observance de ces normes générales, les Ordinaires peuvent, s’ils le jugent opportun, se mettre d’accord au sein des Conférences Episcopales, en donnant des indications concrètes. En tenant compte de la complexité des situations et des circonstances, de même que de la disparition du respect pour les choses sacrées, on sent qu’il est devenu nécessaire, du point de vue pratique, qu’il y ait quelqu’un qui puisse garantir effectivement, à la demande de l’Autorité compétente, l’authenticité de la matière eucharistique de la part des producteurs, ainsi qu’une distribution et vente qui soient convenables.

On suggère, par exemple, qu’une Conférence Episcopale puisse demander à une ou plusieurs Congrégations religieuses, ou encore à un autre Organisme idoine, de vérifier la production, la conservation et la vente du pain et du vin pour l’Eucharistie dans un pays donné ainsi que dans les autres pays où ces produits seraient exportés. On recommande en outre que, dans les lieux de vente, le pain et le vin destinés à l’Eucharistie soient traités de la manière qui convient à leur usage."

Posté le 8 juillet 2017 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent

Le petit Charlie va finalement être maintenu en vie

L’hôpital pour enfants de Great Ormond street à Londres a annoncé vendredi qu’il allait examiner de nouvelles possibilités pour traiter un bébé atteint d’une maladie rare, quelques jours après les interventions du Pape et du président américain Donald Trump.

L’hôpital devait cesser de maintenir en vie le bébé, Charlie Gard, à la suite d’une décision de justice, mais contre l’avis de ses parents.

«Deux hôpitaux internationaux et leurs chercheurs nous ont indiqué ces dernières 24 heures qu’ils avaient de nouveaux éléments pour le traitement expérimental qu’ils avaient proposé». «Nous estimons, tout comme les parents de Charlie, qu’il est juste d’explorer ces éléments».

Le Vatican s'est dit prêt à lui accorder la nationalité vaticane et faciliter son transfert dans les services de l’hôpital pédiatrique du Saint siège, Bambino Gesu.

Posté le 8 juillet 2017 à 14h58 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2017

Cardinal Sgreccia : 10 points critiques concernant le cas du petit Charlie Gard

Analyse du Cardinal Elio Sgreccia, publiée en italien sur http://www.ildonodellavita.it et traduite en français par Aude Dugast :

Alors que le dernier recours en justice, auprès de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) des parents de Charlie Gard vient de donner raison aux différentes cours britanniques qui ont décidé de suspendre la vie de leur enfant, le Cardinal Elio Sgreccia, ancien président de l’Académie pontificale pour la vie, publie une analyse soulignant les points d’interrogations qui demeurent dans cette affaire. Gènéthique en publie l’intégralité. Dans le même temps, la présidente de l'hôpital pédiatrique Bambino Gesù (Enfant Jésus) qui dépend du Vatican, Mme Mariella Enoc, s'est déclarée prête à « accueillir Charlie Gard à Rome, si ses parents le souhaitent et si son état le permet ».

En ces heures dramatiques nous assistons, avec douleur et impuissance, aux derniers développements et aux funestes contours de l’affaire du petit Charlie Gard, ce nouveau-né de 10 mois, affecté par le syndrome de l’encéphalopathie mitochondriale de forme infantile, lequel, sur la base de différentes décisions judiciaires émises par trois différentes Cours anglaises, de degré divers, et finalement par la Cour européenne des Droits de l’Homme elle-même, devrait être accompagné à la mort par le débranchement de la machine qui assure sa ventilation mécanique et par l’interruption de l’alimentation et l’hydratation artificielles, après lui avoir administré une sédation profonde.

Dans les décisions judiciaires des différents degrés, les Cours anglaises ont répété (souligné) que le processus de dégradation générale des conditions cliniques de Charlie, et en même temps, la détérioration progressive et inexorable du fonctionnement des organes nécessaires aux fonctions vitales, dont les premières sont celles de la respiration, conduisent à croire que tout décision relative à une action ultérieure qui pourrait prolonger de semblables conditions de vie, devrait être jugée illégitime, à partir du moment où elle n’est pas engagée pour le plus grand intérêt du petit, mais plutôt qu’elle conduit à augmenter, dans le temps et l’intensité, la douleur et la souffrance de l’enfant. Ce qui surprend le plus c’est que l’idée de soumettre  Charlie à un protocole expérimental de thérapie nucleosidique qui est en train d’être mis au point aux Etats-Unis, proposé à plusieurs reprises par les parents, a été considérée irréalisable, encore mieux « futile », par les conseillers médicaux questionnés par les juges, par rapport à l’exigence, celle-là qui s’impose, de vouloir donner une exécution  immédiate et définitive aux dispositions unanimes des sentences prononcées jusqu’à maintenant.

Il semble que tout ait concouru, dans les six derniers mois, à réaliser une sorte « d’acharnement thanatologique » (mort illicite) contre le petit Charlie, une  compétition, de la part des juges et des médecins, visant à s’assurer de la solution la plus rapide dans son cas, faisant taire tout élan d’espérance des parents, écrasant toute lueur provenant d’une possibilité de succès d’une thérapie, qui, bien qu'expérimentée seulement sur les souris et pour quelques autres maladies différentes de celle de Charlie, selon les mots du Professeur responsable des essais en cours aux Etats-Unis, interrogé ad hoc par les parents de Charlie, aurait pu, au moins théoriquement, apporter des bénéfices à ses conditions générales de santé. Il est vrai qu’après la demande d’autorisation de procéder à l’essai thérapeutique sur Charlie, en janvier dernier, l’encéphalopathie épileptique dont il souffre a créé, par des crises successives, des dommages cérébraux supplémentaires et graves ; cependant, ce qui doit être discuté ici concerne plutôt, et toujours, la possibilité de décider quand et comment mettre fin à la vie d’un être humain sans défense. A cet effet, il semble opportun de considérer quelques points critiques qui apparaissent dans  l’étude globale de ce dossier, sous de nombreux aspects paradigmatiques.

1/ L’incurabilité ne peut jamais être confondue avec l’impossibilité de soin : une personne affectée d‘un mal, en l’état actuel de la médecine, incurable, est, paradoxalement, le sujet qui, plus que tout autre, a le droit de demander et d’obtenir assistance et soin, attention et dévouement continus : il s’agit du principal fondement de l’éthique de soin, qui vise justement d’abord ceux qui sont en état de vulnérabilité, de minorité, de fragilité majeure. Et Charlie est l’exemple vivant paradigmatique de qui a le droit d’être assisté à toutes les phases de sa maladie, en raison de son état de nécessité, lié à l’âge et la maladie. Le visage humain de la médecine se manifeste justement dans la pratique clinique du ‘prendre soin’ de la vie de la personne souffrante et malade.

2/ Le droit d’être continuellement objet, ou mieux encore, sujet des attentions et des soins de la part de la famille et des tiers, réside dans la dignité dont toute personne humaine, même nouvellement née, même malade et souffrante, ne cesse jamais d’être titulaire. C’est l’être substantiel de l’homme, et ses puissances, qui fondent cette dignité, pas seulement son actualisation concrète et accidentelle. C’est ce qui s’entend par ‘dignité purement ontologique de la personne’, un statut qui est complètement indépendant de la capacité d’utiliser activement les facultés éminemment propres à l’être raisonnable, il suffit que ces mêmes facultés de cet être raisonnable, existent comme potentialités actuelles, et éventuellement réalisables.

3/ L’alimentation-hydratation artificielle, par sonde nasogastrique, ne pourra en aucun cas être considérée comme un traitement. Elle ne l’est pas en raison du moyen utilisé pour l’administrer, puisque n’est pas considéré thérapeutique le fait de donner du lait à un nouveau-né à l’aide d’un biberon. Elle ne l’est pas en raison des procédés de production de ces aliments, puisque n’est pas considéré thérapeutique le lait en poudre, par exemple, dont la production suit un procédé industriel long et complètement mécanisé. Elle ne l’est pas au motif que la poche parentérale est prescrite par un spécialiste médical, puisque le même achat de lait artificiel est soumis à la prescription médicale du pédiatre. L’eau et la nourriture ne deviennent pas des prescriptions médiales par le seul fait qu’elles sont administrées artificiellement, par conséquent, les interrompre n’est pas comme suspendre un traitement, mais c’est laisser mourir de faim et de soif qui n’est simplement pas en état de s’alimenter de façon autonome.

4/ L’idée maîtresse qui fonde le consentement éclairé a à voir avec le principe par lequel le patient n’est jamais un individu anonyme à qui on applique des connaissances techniques déterminées, mais un sujet conscient et responsable qui doit être appelé à participer à la mise au point de ce qui est nécessaire pour améliorer sa propre santé et, éventuellement, pour atteindre un objectif de guérison et de soin. Cela nécessite qu’il soit impliqué dans les processus décisionnels qui le regardent, dans une relation de dialogue afin d’éviter qu’il ne se trouve dans des conditions de devoir subir passivement des décisions et des choix pris par des tiers. L’affaire du petit Charlie, prouve au contraire que s’est installée, au cours du temps, une dynamique qui a grandement détaché l’équipe médicale de la volonté des parents, comme on voit à l’évidence avec cet ultime interdit qui leur a été imposé, face à leur désir de pouvoir transporter, pour voir mourir, dans leur maison, leur propre fils.

5/ L’interdiction du traitement expérimental pour Charlie ne peut, en aucun cas, être justifiée en faisant appel à l’état de souffrance dans lequel il vit actuellement. Il est bien possible que la thérapie expérimentale n’aurait pas donné les résultats médicaux attendus, mais il est tout aussi vrai que les souffrances de Charlie demandent une approche palliative intégrale et systématique qui aurait pu, hypothétiquement, accompagner l’expérimentation elle-même. L’exclusion d’accès à cette thérapie a été motivée tant au nom du pronostic de leur inutilité - dont l’aléa rentre dans les paramètres d’incertitude, absolument et ordinairement propres à chaque essai thérapeutique - tant au nom de la nécessité de lui éviter les souffrances ultérieures que le prolongement d’une vie en de telles conditions aurait pu générer : de ce fait, la perspective, même lointaine, de laisser en vie Charlie, voire de prolonger le temps de sa vie au moyen d’une thérapie expérimentale, a été considérée a priori comme une solution inenvisageable, au nom de la nécessité de lui éviter des souffrances ultérieures, et cela, non grâce à une solution palliative adéquate mais par le moyen d’une mort provoquée.

6/ Le principe de l’intérêt supérieur du mineur, que les documents internationaux posent au centre des mécanismes de tutelle des mineurs, que les Cours anglaises elles-mêmes ont invoqué comme justification majeure de leurs décisions, nous croyons qu’il implique, ou mieux, qu’il légitime une forme d’euthanasie passive comme celle qu’on a décidé de pratiquer sur le petit Charlie. Nous croyons que son intérêt supérieur va dans le sens d’une prise en charge qui lui assure une existence la plus digne possible, à l’aide d’une opportune stratégie antalgique qui lui permette de maîtriser la douleur, si vraiment, on devait tenir pour impossible de parcourir le chemin menant au protocole expérimentale déjà en cours aux Etats-Unis. Ce qui est exactement ce que les parents de Charlie ont demandé sans arrêt jusqu’à maintenant.

7/ La Cour européenne des Droits de l’Homme, a incroyablement glissé sur tous ces aspects de fonds détaillés ici et même, elle semble être allée plus loin, assumant une posture purement procédurale, au nom du principe de ‘la marge d’appréciation’. Si d’un côté elle fait observer, dans la sentence du 28 juin dernier, que les décisions des Cours nationales anglaises, ne violaient pas les articles 2, 6, 8, de la Convention européenne des Droits de l’Homme, confirmant de fait l’exactitude formelle de leur action, d’un autre côté elle a retenu ne pas devoir étudier le fond de la question de la suspension de l’alimentation-hydratation-respiration artificielles au nom de l’autonomie souveraine des Etats membres ce qui l’autoriserait à réglementer à son gré des thèmes plus compliqués sur le plan éthique, comme le cas d’une euthanasie passive sur un nouveau-né. Et ceci en dépit du fait que les dispositions combinées des articles 2 et 8 de la Convention statuent très clairement l’interdit de priver délibérément qui que ce soit du bien fondamental de la vie.

8/ A personne n’échappe le fait que derrière toute cette affaire, se cache, bien que jamais mentionnée, l’idée d’efficacité de gestion des ressources sanitaires, efficacité qui conduit à en disposer d’une façon qui ne peut pas ne pas générer une sournoise culture du déchet. Dans une société qui devra faire face à un phénomène croissant de médicalisation des maladies en même temps  qu’à un nombre croissant de personnes âgées, avec le suivi des maladies dégénératives liés à ces personnes âgées, la limitation toujours croissante des ressources destinées au système sanitaire par les gouvernements nationaux, alimente une culture d’entreprise qui fait de l’efficacité à tout prix son premier objectif vital et exclusif, élargissant de fait le nombre de ceux qui, marginalisés en raison de leur faible espérance de vie, sont identifiés comme des déchets à éliminer, si possible.

9/ Encore plus inquiétante est la légèreté avec laquelle on accepte le paradigme de ‘qualité de vie’, autrement dit, ce modèle culturel qui conduit à reconnaître la non dignité de certaines existences humaines, complètement identifiées et confondues avec la maladie dont elles sont porteuses et la souffrance qui l’accompagne. Jamais un malade ne peut être réduit à sa pathologie, puisque aucun être humain ne cesse un seul instant et en dépit de sa condition de malade et/ou sa souffrance, d’être un univers incommensurable de sens qui mérite à chaque instant, l’attention délicate de qui veut inconditionnellement son bien sans se résoudre à la considérer comme une existence de série B par le seul fait d’être dans le besoin, dans la nécessité, ou en souffrance. Une existence à laquelle on ferait une faveur en la supprimant définitivement. Et ceci vaut d’autant plus dans le cas de ceux qui ne peuvent pas, ou ne peuvent plus, exprimer ce qu’ils sont et ce qu’ils sentent, comme dans le cas du petit Charlie.

10/ A travers les postures schizophréniques liées à ces nouveaux paradigmes culturels, on peut saisir l’ambivalence de ceux qui tout en revendiquant la liberté d’accès totale et sans discrimination à l’euthanasie, sur la base de la prépondérance exclusive de l’autonomie individuelle, nient en même temps cette autonomie de décision pour les autres cas, comme celui-ci, où l’on estime que seuls les médecins sont légitimes à prendre la décision, sans aucune participation des parents. L’ambivalence de ceux qui pensent qu’il est juste que les médecins soient en condition de pouvoir donner un peu plus de temps aux parents pour les aider à se détacher de leur fils, en leur consentant de rester en sa compagnie, mais qui ne pensent pas à quel point ce serait nécessaire pour les mères porteuses qui seront privées de leur fœtus, immédiatement après la naissance, pour satisfaire les désirs des ‘loueurs de ventre’. L’ambivalence de ceux qui pensent à protéger la dignité de la vie d’un sujet en lui niant la vie même, qui est l’assise du principe non seulement de la dignité humaine mais de tout autre reconnaissance qui pourrait être faite en sa faveur. L’ambivalence de ceux qui se battent pour la défense judiciaire, institutionnelle, internationale des droits des plus faibles, dans le cadre des régimes démocratiques, et puis accepte de bon gré de voir légalisée ou judiciarisée l’euthanasie, pratiquée sur les plus petits, les plus faibles, les plus nécessiteux.

Posté le 4 juillet 2017 à 18h45 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2017

Congrégation pour la doctrine de la Foi : le cardinal Müller remplacé par Mgr Ferrer

LadariaNuevoPrefectoDoctrina1juklDanielIbanezACIPrensaFrançois a remplacé le cardinal Gerhard Müller au terme de son mandat de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Et il a nommé à ce poste Mgr Luis Francisco Ladaria Ferrer, un jésuite (espagnol) qui était jusqu’ici le secrétaire de la Congrégation (nommé par Benoît XVI en 2008).

Le site de la revue des jésuites des Etats-Unis, America Magazine, avance que ses déclarations favorables à une interprétation d'Amoris laetitia selon la doctrine traditionnelle de l'Eglise sont la cause du non-renouvellement de sa charge de préfet. Le cardinal Müller, dans un entretien avec Raymond Arroyo diffusé le 12 mai dernier sur la chaîne catholique américaine EWTN, avait répété que Amoris laetitia n'ouvre pas la porte à la réception de la communion par les catholiques divorcés et « remariés », peu après que les conférences épiscopales d'Allemagne, d'Argentine et de Malte eurent publié des directives autorisant cette réception dans certaines situations. Le cardinal Müller a soutenu le droit des quatre cardinaux – Brandmüller, Burke, Caffarra, Meisner – d'exposer leurs Dubia au pape mais en affirmant qu'il n'était pas favorable au fait d'avoir rendu la démarche publique.

Mgr Ladaria Ferrer se disait en 2008 adepte d’une « voie moyenne » entre les traditionalistes et les progressistes. François l’a nommé à la tête de la commission d’étude sur le diaconat féminin. Il avait participé aux discussions doctrinales avec la Fraternité Saint Pie X.

Posté le 1 juillet 2017 à 15h11 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2017

La Rome d’aujourd’hui est-elle tombée plus bas que la Rome des Borgia ?

Cet article de Riposte catholique fait froid dans le dos :

"Après la lamentable affaire Krzysztof Charamsa, ce Monsignore polonais, secrétaire adjoint de la Commission théologique internationale, qui annonça publiquement son homosexualité, en 2015, à la veille du Synode sur la Famille, la Curie croyait avoir bu le calice de fiel jusqu’à la lie. Que nenni !

Orgie dans les palais apostoliques…

Voici que Monsignore Luigi Capozzi, du diocèse de Palestrina, secrétaire du cardinal Francesco Coccopalmerio, président du Conseil pour les textes législatifs, soutien fervent du pape François, a été arrêté en flagrant délit, lors d’une opération éclair de la gendarmerie vaticane qui est “tombée” sur une orgie homosexuelle. C’était il y a deux mois environ, mais l’affaire fut tenue très secrète. Et cela se passa dans l’austère palais du Saint-Office ! Car c’est là que se trouvait l’appartement de fonction de don Luigi, qui lui servait à organiser des soirées gays à base de drogue. Cependant qu’il utilisait sa BMW, préservée des contrôles policiers par son immatriculation SCV de l’État du Vatican, pour transporter de la poudre blanche. Et pour faire bonne mesure, on apprend que ce Monsignore, fort bien en cour à Santa Marta, était à la veille d’être nommé évêque sur la recommandation de Coccopalmerio. Du coup, les déclarations de Coccopalmerio, à propos des « aspects positifs » de couples homosexuels (site Rossoporpora, 23 octobre 2014) acquièrent aujourd’hui une étrange résonnance. On croit rêver : en plus minable, la Rome d’aujourd’hui semble être tombée plus bas que la Rome des Borgia.

Pell en Australie, pagaille à Rome…

Même si cette affaire alourdit considérablement le climat curial, on se gardera de mettre sur le même plan l’affaire du cardinal Pell (voir ici et ), mis en examen en Australie sur des accusations de pédophilie, dont il nie farouchement la véracité. Selon les usages désormais en vigueur dans les bureaux de l’administration pontificale, avec règlements de compte où tout est permis, la défenestration morale du cardinal Pell, chargé de la remise aux normes des finances des diverses instances financières vaticanes, peu de temps après la démission de Libero Milone, auditeur général des finances, est pour le moins étrange. À vrai dire, les enjeux, les mécanismes, les manœuvres, concernant l’IOR (la banque vaticane), l’APSA (Administration du Patrimoine du Siège Apostolique), et autres, sont devenus incompréhensibles depuis 2013 aux meilleurs observateurs. D’où il résulte que la fameuse réforme de la Curie du pape François n’était en réalité qu’une modification du mode de gouvernement, qui s’est personnalisé à l’extrême, usant, pour mieux régner, des divisions de coteries et des oppositions personnelles, court-circuitant en permanence les voies hiérarchiques ordinaires, méprisant les procédures juridiques au bénéfice des décisions arbitraires et de faveur. C’est une sorte d’administration par le chaos, où les hommes du pouvoir – quelli a Santa Marta – se comportent comme des chefs de clans à la barre d’une institution à la dérive, où les affaires de mœurs, contenues sous les pontificats précédents, se manifestent au grand jour.

Humanæ vitæ : vers une révision ?

Mais là n’est pas le pire. Le pire aujourd’hui concerne la doctrine. Quelli a Santa Marta organisent l’alignement sur la ligne d’Amoris lætitia de tous les organismes représentant la voix morale de l’Église : le Conseil pour la Famille, l’Institut Jean-Paul II pour la Famille, l’Académie Pontificale pour la Vie. Avec une opération très bien organisée, malgré tous les démentis jusqu’au plus haut niveau, d’une « réinterprétation » de l’encyclique Humanæ vitæ, sous la houlette du cardinal Lorenzo Baldisseri, un des hommes de toute confiance du pontificat, organisateur des synodes qui ont préparé la révolution d’Amoris lætitia, et de l’incontournable Mgr Vincenzo Paglia, président de l’Académie Pontificale pour la Vie et grand-chancelier de l’Institut Jean-Paul II (le même Paglia qui, évêque de Terni, avait fait réaliser dans sa cathédrale, par un Michel Ange de pacotille, une immense fresque aux motifs masculins malsains, dans laquelle il s’était fait représenter). Le « groupe de travail » qu’ils ont constitué, et dont les principaux membres sont connus, s’est déjà mis à l’œuvre. Nous y reviendrons.

La concélébration “obligatoire” ?

Le pire touche aussi à la liturgie. Un autre « groupe de travail », dépendant de la Congrégation pour le clergé, dirigé par cet autre potentat qu’est le cardinal Beniamino Stella, a envoyé sur un document à en-tête de la Congrégation destiné à tous les collèges romains accueillant des séminaristes ou des prêtres qui résident à Rome pour études. Faisant fi du canon 902, qui laisse pleine liberté à tout prêtre de ne pas concélébrer (comme le faisait d’ailleurs le n. 47 de l’Instruction de 1967, Eucharisticum mysterium, pour les « communautés de prêtres »), le document demande aux recteurs de ces collèges que la concélébration soit toujours préférée à la célébration individuelle. Ce n’est pas une obligation formelle – qui serait impossible à formuler – mais une lourde pression morale, en fait un ordre pour qui connaît le langage de l’actuelle Curie ou aucun débat n’est toléré, en direction des supérieurs de maison, pour qu’à leur tour ces derniers fassent une intense pression morale sur leurs sujets. En clair, comme le cas s’est déjà produit, si tel prêtre ne concélèbre pas, il sera dénoncé à son évêque et prié d’aller chercher un logis ailleurs.

Ce document fait dire au canon 902 et aux nn. 199-201 de la dernière version de l’Instruction Générale du Missel Romain de 2000-2004 ce qu’ils ne disent pas. Jamais le canon 902 n’empêche les célébrations individuelles, même simultanées dans la même église ou le même oratoire. Jamais l’Instruction générale, nn. 200-201, ne recommande la concélébration pour les collèges, se limitant à dire qu’elle ne doit pas être empêchée. On est en plein régime idéologique. Quelli a Santa Marta visent ces jeunes prêtres classiques, nombreux à Rome, qui répugnent à concélébrer, certains préférant même – horresco referens – dire la messe traditionnelle. Esprits aliénés, ils doivent être contraints pour leur bien de se « libérer ». Air connu…

« Que de souillures dans l’Église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ! », s’écriait le cardinal Ratzinger, peu de temps avant de devenir pape, lors du chemin de Croix au Colisée du Vendredi Saint de 2005. Dans la suite du propos, il faisait allusion à l’eucharistie que ces prêtres continuaient à célébrer et à la confession, que sans doute ils ne fréquentaient plus. « La crainte de Dieu a disparu », disait encore le cardinal. Les mœurs infâmes de certains prélats ne sont que le symptôme d’une bien plus grave dérive : ce sont des parties entières d’une administration qui semble désormais avoir perdu toute boussole doctrinale."

Posté le 30 juin 2017 à 18h06 par Michel Janva | Lien permanent

Le cardinal Pell rentre en Australie pour répondre des poursuites contre lui

Communiqué de la Salle de presse du Saint-Siège, 29 juin (traduction non officielle en français par Riposte catholique à partir de la version originale en anglais) :

Unknown-6"Le Saint-Siège a appris avec regret l’information sur les poursuites engagées contre le cardinal George Pell pour des faits remontant à des décennies, et qui lui ont été attribués.

Ayant appris ces poursuites, le cardinal Pell, agissant dans le plein respect des lois civiles, a décidé de rentrer dans son pays pour répondre des poursuites contre lui, considérant sa participation importante pour s’assurer que le procès sera mené équitablement et pour favoriser la recherche de la vérité.

Le Saint Père, ayant été informé par le cardinal Pell, lui a accordé un congé exceptionnel afin qu’il puisse se défendre.

Pendant l’absence du préfet, la Secrétariat pour l’économie poursuivra ses tâches institutionnelles. Les secrétaires demeureront à leurs postes pour traiter des affaires courantes du dicastère, donec aliter provideatur.

Le Saint Père qui a apprécié l’honnêteté du cardinal Pell pendant les trois années de son travail à la Curie romaine, est reconnaissant de sa collaboration particulièrement de son dévouement énergique aux réformes du secteur administratif et économique, et aussi de sa participation active au Conseil des cardinaux (C9).

Le Saint-Siège exprime son respect au système judiciaire australien qui devra décider de la pertinence des questions soulevées. En même temps, il est important de rappeler que le cardinal Pell a ouvertement et constamment condamné comme immoraux et intolérables les abus perpétrés contre des mineurs, qu’il a coopéré par le passé avec les autorités australiennes – par exemple lors de ses dépositions devant la Commission royale –, qu’il a soutenu la Commission pontificale pour la protection des mineurs, et enfin qu’en tant qu’évêque diocésain en Australie il a introduit des systèmes et des procédures destinés à la fois à la protection des mineurs et à l’aide aux victimes d’abus."

Posté le 30 juin 2017 à 07h04 par Michel Janva | Lien permanent

20 juin 2017

“Amoris laetitia” : quatre cardinaux publient une lettre au pape François, faute d'avoir obtenu une audience

Les quatre cardinaux Brandmüller, Burke, Caffarra et Meisner, viennent de rendre publique la lettre qu’ils ont adressée au pape François le 25 avril pour lui demander –  en vain –  une audience privée en vue de parler de la « confusion et de la désorientation » au sein de l’Eglise après la publication, il y a un an, de l’exhortation Amoris laetitia. Dans cette lettre, ils rappellent les cinq questions posées publiquement l’an dernier, demandant si l'exhortation est conforme à l’enseignement pérenne de l’Eglise. La lettre porte la signature du cardinal Carlo Caffarra, s'exprimant en son propre nom et au nom des trois autres signataires des « Dubia ». Les cinq questions posées pouvaient recevoir une réponse simple par oui ou par non ; à ce jour,  le pape n’a pas voulu donner une telle réponse alors que les questions correspondent aux ambiguïtés relevées dans son exhortation et que plusieurs conférences épiscopales  ont publié des documents d'application de celle-ci  qui vont dans un sens évidemment hétérodoxe.

Voici, pour rappel, le résumé des cinq questions que l’on trouvera in extenso ici :

  1. Les personnes vivant dans un état d’adultère habituel peuvent-elles recevoir la sainte communion ?
  2. Existe-t-il des normes morales absolues qu'il faut respecter « sans exception » ?
  3. Est-il encore possible d’affirmer qu’une personne qui vit habituellement en contradiction avec un commandement de la loi de Dieu, comme par exemple celui qui interdit l’adultère (cf. Mt 19, 3-9), se trouve dans une situation objective de péché grave habituel ?
  4. Un acte intrinsèquement mauvais peut-il devenir  un acte « subjectivement bon » en raison des « circonstances » ou des « intentions » ? Peut-on agir de manière contraire aux « normes morales absolues » connues «  qui interdisent des actes intrinsèquement mauvais » en se fondant sur la « conscience » ?

En l’absence de réponse du Saint-Père, les quatre cardinaux ont « respectueusement et humblement » demandé une audience par lettre du 25 avril ; c’est l'absence de réponse qui justifie la publication de celle-ci. On trouvera sur le blog de Sandro Magister le texte italien de la lettre. En voici le texte complet (traduction de Jeanne Smits) :

"Très Saint-Père,

C’est avec une certaine trépidation je m'adresse à votre sainteté, pendant cette période du temps pascal. Je le fais au nom des très éminents cardinaux, Walter Bandmüller, Raymond L. Burke, Joachim Meisner, et en mon propre nom.

Nous voulons d’emblée renouveler notre dévouement absolu et notre amour inconditionnel pour la chaire de Pierre et pour votre auguste personne, en laquelle nous reconnaissons le successeur de Pierre et le vicaire de Jésus : le « Doux Christ en terre », ainsi que sainte Catherine de Sienne aimait à le dire. Nous ne partageons en rien la position de ceux qui considèrent que le siège de Pierre est vacant, ni celle de personnes qui veulent attribuer à d’autres la responsabilité indivisible du munus pétrinien. Nous sommes mus seulement par la conscience de la grave responsabilité qu'entraîne le munus des cardinaux : être des conseillers du successeur de Pierre en son ministère souverain. Et du sacrement de l’épiscopat, qui nous a « établis évêques, pour gouverner l'église de Dieu, qu'Il a acquise par son sang ».

Le 19 septembre 2016, nous avons remis à Votre Sainteté et à la Congrégation pour la Doctrine de la foi cinq dubia, vous demandant de résoudre des incertitudes et d’apporter la clarté sur certains points de l’exhortation apostolique post-synodale, Amoris laetitia.

N’ayant reçu aucune réponse de Votre Sainteté, nous avons pris la décision de vous demander, respectueusement et humblement, de nous accorder une audience, ensemble si Votre Sainteté le désirait. Nous joignons, comme c’est l’usage, une feuille d’audience dans laquelle nous présentons les deux points dont nous voudrions nous entretenir avec vous.

Très Saint-Père,

Un an a donc passé depuis la publication d’Amoris laetitia. Pendant ce laps de temps, des interprétations de certains passages objectivement ambigus de l’exhortation postent synodales ont été publiquement données, qui ne sont pas divergentes par rapport au magistère permanent de l’Eglise, mais qui lui sont contraires. Malgré le fait que le Préfet de la Doctrine de la foi a déclaré de manière répétée que la doctrine de l’Eglise n’a pas changé, de nombreuses déclarations ont paru, de la part d’évêques individuels, de cardinaux et même de conférences épiscopales, approuvant ce que le magistère de l’Eglise n’a jamais approuvé. Il ne s'agit pas seulement de l'accès à la Sainte Eucharistie pour ceux qui vivent objectivement et publiquement dans un état de péché grave, et qui ont l’intention d’y demeurer, mais aussi une conception de la conscience morale qui est contraire à la tradition de l’Eglise. Et donc il advient –  combien douloureux est-il de le constater ! –  que ce qui est péché en Pologne est bon en Allemagne, que ce qui est interdit dans l’archidiocèse de Philadelphie est autorisé à Malte. Et ainsi de suite. Cela remet en mémoire l’amère observation de B. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

De nombreux fidèles laïcs compétents, profondément amoureux de l’Eglise et indéfectiblement loyaux à l’égard du siège apostolique, se sont tournés vers leurs pasteurs et vers Votre Sainteté afin d’être confirmés dans la sainte doctrine en ce qui concerne les trois sacrements du mariage, de la confession, et de l’eucharistie. Et en ces jours-même, à Rome, six fidèles laïcs, de chaque continent, ont présenté un séminaire d’études très fréquenté sous le titre significatif : « Apporter la clarté. » Face à cette grave situation, qui fait que de nombreuses communautés chrétiennes sont en train d’être divisés, nous ressentons le poids de notre responsabilité, et notre conscience nous oblige à demander humblement et respectueusement une audience.

Que Votre Sainteté se souvienne de nous dans vos prières, de même que nous nous engageons à nous souvenir de vous dans les nôtres, et nous demandons le don de votre bénédiction apostolique.

Carlo Card. Caffarra

Rome, 25 avril 2017
Fête de Saint Marc l’évangéliste"

Thibaud Collin explique à L'Homme Nouveau :

"La plupart des commentateurs du chapitre 8 de l'exhortation affirment qu'il est dans la continuité du magistère antérieur. Mais cette unanimité de façade se fissure dès que l'on rentre dans le détail des lectures proposées. Pour certains, Amoris laetitia ne change rien à la discipline sacramentelle concernant les divorcés et remariés civilement. C'est par exemple l'interprétation de l'Institut Jean-Paul II. Pour d'autres, il y a changement entre Amoris laetitia et Familiaris consortio (dans certains cas, les personnes en état d'adultère pourraient communier) mais ce changement serait un développement homogène de la doctrine. Le plus délicat est que de nombreux théologiens et évêques qui tiennent cette ligne utilisent des arguments qui avaient été produits par les théologiens contestataires de l'encyclique Humane vitae sur la régulation des naissances (1968). Rappelons qu'une bonne partie du travail doctrinal et pastoral de saint Jean-Paul II a consisté à réfuter de tels arguments et à donner une assise anthropologique, morale et spirituelle à l'encyclique du Bienheureux Paul VI. Il me semble donc que ceux qui comprennent le changement de la discipline sacramentelle comme étant un développement homogène par rapport à Familiaris consortio se trompent. Un développement homogène ne peut pas entrer en contradiction avec le magistère antérieur. S'il y a un développement homogène dans Amoris laetitia, il ne peut s'opposer à la discipline sacramentelle dont les fondements dans le magistère antérieur sont clairs. Il me semble qu'il porterait davantage sur les modalités de l'accueil et de l'accompagnement des fidèles dans des situations objectives de péché grave. Il y a sûrement une inventivité pastorale à mettre en œuvre. Mais la pastorale ne consiste pas à proportionner « un évangile crédible » aux capacités humaines. Dieu donne toujours la grâce de ce qu'Il commande par amour pour nous. Le pasteur a à aider le fidèle à se disposer à recevoir pleinement cette grâce.

Les cardinaux ont présenté leur dubia le 19 septembre 2016, sans avoir de réponse. Ils ont demandé une audience le 25 avril dernier, sans avoir davantage de réponse. Par cette publication de leur demande d’audience non accordée, les cardinaux préparent-ils d’autres démarches ?

Il faudrait leur demander directement ! Ce qui est sûr, c'est que le silence du pape que certains trouvent normal apparaît à d'autres de plus en plus étrange. Comment un pasteur qui par définition a charge d'âmes peut-il laisser dans l'incertitude ses brebis sur des points si importants ? Je parle de l'incertitude concernant le sens de certains passages puisque ces mêmes passages ont reçu des interprétations contradictoires. La responsabilité d'un auteur n'est-elle pas de s'assurer que sa pensée a bien été comprise ? Un texte pastoral offrant des lectures contradictoires contribue objectivement à la relativisation de la vérité pratique. Il en va ici du salut des âmes.

Les cardinaux sont les électeurs du pape, qui semblent lui rappeler qu’ils l’ont élu pour « confirmer ses frères ». Ne vont-ils pas un peu loin ?

Il me revient en tête ces mots très forts du bienheureux Paul VI dans son homélie prononcée en la fête de saint Pierre et saint Paul (29 juin 1972) :

«  Nous voudrions, aujourd'hui plus que jamais, être capables d'exercer la fonction, confiée par Dieu à Pierre, de confirmer nos frères dans la foi. Nous voudrions vous communiquer ce charisme de la certitude que le Seigneur donne à celui qui le représente sur cette terre, quelle que soit son indignité. »

Espérons que notre Saint-Père fasse mémoire des paroles de son prédécesseur, prononcées dans une période elle aussi de grande confusion !

Beaucoup de bruits se fait actuellement également autour d’une réintéprétation possible, à la lumière d’Amoris laetita, d’Humanae vitae, la célèbre encyclique de Paul VI, préparée en partie par le cardinal Wojtyla, futur Jean-Paul II. Ne serions-nous pas ici dans une logique inverse de l’herméneutique catholique qui implique que le texte plus récent soit conforme ou rendu conforme à la Tradition et non l’inverse ?

Effectivement une commission aurait été nommée dont le coordinateur serait Mgr Gilfredo Marengo. Certes, Mgr Paglia, président de l’Académie pontificale pour la vie, vient de le démentir, mais ce démenti est lui-même très inquiétant :

« Il n’y a aucune commission pontificale appelée à relire ou à réinterpréter Humanæ vitæ. Cependant, nous devrions examiner positivement sur l’ensemble de ces initiatives, comme celle du professeur Marengo de l’Institut Jean-Paul II, qui ont pour but d’étudier et d’approfondir ce document en vue du 50e anniversaire de sa publication ».

Le fait est que Gilfredo Marengo, a lui-même établi un parallèle entre Amoris laetitia et Humane vitae ; il se demande si

« le jeu polémique “pilule oui/pilule non”, tout comme celui actuel “communion pour les divorcés oui/communion pour les divorcés non”, n'est pas la simple manifestation d'un malaise et d'une difficulté bien plus décisifs dans le tissu de la vie de l'Eglise. »

On peut s'inquiéter en lisant de tels propos quant à la volonté de cette commission de mettre en lumière la vérité libératrice de l'encyclique de Paul VI. La crise de la théologie morale contemporaine a trouvé son acmée dans la critique d'Humanae vitae. Comme je le disais plus haut les catéchèses sur la théologie du corps, Familiaris consortio et Veritatis splendor sont les jalons essentiels pour servir à la juste réception doctrinale et pastorale de l'encyclique de Paul VI. Il est évident que nous assistons aujourd'hui à un retour du proportionnalisme qui tend à émousser la radicalité de « l'Evangile du mariage », et ce aux plus hauts niveaux de l'Eglise. La pression du monde est si forte pour que l'Eglise obtempère aux nouvelles normes de la morale sexuelle de l'individualisme libéral ! Au nom d'un souci soi-disant pastoral, certains cherchent donc à noyer la radicalité de l'appel à la sainteté (et donc au bonheur) que Dieu adresse à tous, notamment aux époux. La réponse à cet appel ne peut passer que par une vie conjugale fondée sur le vrai bien des époux. « Tout est lié » nous rappelle le pape François. Malgré le travail colossal de saint Jean-Paul II, la confusion morale qui traverse des pans entiers du peuple chrétien depuis plusieurs décennies perdure. Va-t-on assister à une nouvelle étape de cette crise systémique ?"

Posté le 20 juin 2017 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent

16 mai 2017

Le pape François rappelle à Emmanuel Macron les racines chrétiennes de la France

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Posté le 16 mai 2017 à 13h40 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

19 avril 2017

Comment votent les catholiques de France ?

Petite synthèse réalisée pour les intentions de vote en 2017 et le vote de 2012 :

L'émission "L'Heure des Pros" sur CNews a organisé un débat sur ce thème. Malheureusement, malgré un plateau pour une fois équilibré, le sujet n'a pas été traité correctement sur le fond sans même aborder les statistiques pourtant connues et citées dans la vidéo ci-dessus. Pire, la polémique sur l'avortement mise en scène par Bruno Roger-Petit de manière hystérique a plombé le débat, telle une Femen surgissant et faisant oublier le thème du débat


L'Heure des Pros du 17/04/2017 by CNEWS

Il est toujours surprenant de voir ce sujet abordé sans évoquer au minimum les textes de l'Eglise elle-même. C'est ce qu'aurait du faire le prêtre présent sur la plateau de télévision. Ensuite, il est évident que l'électorat catholique se répartit de manière très diverse en fonction du niveau de pratique et de sensibilité personnelle. Il y a néanmoins une tendance au vote à droite au grand désarrois des "cathos de gauche".

Le 30 mars 2006, le pape Benoit XVI évoquait la notion de points non négociables lors d'un discours faisant aujourd'hui référence en termes d'engagement des catholiques en politique :

"En ce qui concerne l'Église catholique, l'objet principal de ses interventions dans le débat public porte sur la protection et la promotion de la dignité de la personne et elle accorde donc volontairement une attention particulière à certains principes qui ne sont pas négociables. Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:

Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l'humanité".

Ces points non négociables sont à nouveau évoqués dans l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis (22 février 2007) au paragraphe 83 :

"Cela vaut pour tous les baptisés, mais s'impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l'Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs; cela fait partie de leur responsabilité à l'égard du troupeau qui leur est confié."

Enfin, la "Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique" publiée sous l'autorité du Cardinal Ratzinger (24 novembre 2002) est un document de référence pour tout catholique voulant mettre en conformité son vote avec l'enseignement de l'Eglise.

Est-ce trop demander aux journalistes que de s'intéresser à leur sujet de manière approfondie et sérieuse plutôt que de le traiter de manière superficielle ?

Posté le 19 avril 2017 à 13h06 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (4)

04 avril 2017

Cardinal Turkson : « L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet »

Unknown-30Face à l’émigration massive, le cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, président du Dicastère au service du développement humain intégral, a plaidé pour la promotion du développement des pays de provenance des migrants, le 30 mars 2017. Présentant au Vatican le Congrès organisé par le dicastère les 3 et 4 avril, sur le thème “Perspectives pour le service du développement humain intégral à 50 ans de Populorum progressio”, le cardinal ghanéen a évoqué la crise actuelle de façon très politiquement incorrecte :

« L’immigration c’est comme l’eau qui coule du robinet : il ne faut pas seulement essuyer, mais fermer le robinet ».

Le cardinal Turkson a estimé que la « préoccupation » des pays d’accueil était due à leur baisse démographique :

« là où il y a plus d’hôtes que d’enfants, il y a toujours une tension ».

Pour donner asile, il faut en effet « une sécurité dans la démographie locale ». D’où aussi la montée des « nationalismes », exprimant « la préoccupation d’un pays d’être englouti par l’arrivée en masse de nouvelles populations ».

Posté le 4 avril 2017 à 18h50 par Michel Janva | Lien permanent

Le pape autorise la FSSPX à célébrer les mariages

Lettre de la Commission Ecclesia Dei aux conférences épiscopales :

Éminence,

Excellence Révérendissime,

Comme vous le savez, différents types de rencontres et d’initiatives sont en cours depuis longtemps pour ramener la Fraternité sacerdotale Saint Pie X dans la pleine communion. Ainsi le Saint-Père a-t-il récemment décidé d’accorder à tous les prêtres de cet institut les pouvoirs de confesser validement les fidèles (Lettre Misericordia et misera, n. 12), de manière à assurer la validité et la licéité du sacrement qu’ils administrent et à ne pas laisser les personnes dans le doute.

Dans la même ligne pastorale, qui veut contribuer à rasséréner la conscience des fidèles, malgré la persistance objective, pour le moment, de la situation canonique d’illégitimité dans laquelle se trouve la Fraternité Saint PieX, le Saint-Père, sur proposition de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et de la Commission Ecclesia Dei, a décidé d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité, selon les modalités suivantes.

Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du Sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité.

En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du Sacrement.

Certaine que, de cette façon aussi, on pourra éviter les débats de conscience chez les fidèles qui adhèrent à la FSSPX et les doutes sur la validité du sacrement de mariage, tout en facilitant le chemin vers la pleine régularisation institutionnelle, cette Congrégation sait qu’elle peut compter sur votre collaboration.

Au cours de l’audience du 24 mars 2017 accordée au Cardinal Président soussigné, le Souverain Pontife François a approuvé la présente Lettre et en a ordonné la publication.

Rome, au siège de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, 27 mars 2017.

Gerhard Card. L. Müller Président

+ Guido Pozzo Archevêque titulaire de Bagnoregio Secrétaire

AddendumCommuniqué de la Maison générale sur la lettre de la Commission Ecclesia Dei au sujet des mariages des fidèles de la Fraternité Saint-Pie X

"Comme pour les dispositions prises par le pape François accordant la faculté de confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X pour l’Année Sainte (1er septembre 2015), et étendant cette faculté au-delà de l’Année Sainte (20 novembre 2015), la Maison Générale apprend que le Saint-Père a décidé « d’autoriser les Ordinaires du lieu à concéder aussi des permissions pour la célébration de mariages de fidèles qui suivent l’activité pastorale de la Fraternité ». (Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 27 mars 2017, publiée ce 4 avril)

Cette décision du Souverain Pontife prévoit que : « Dans la mesure du possible, la délégation de l’Ordinaire pour assister au mariage sera donnée à un prêtre du diocèse (ou du moins à un prêtre pleinement régulier) pour qu’il reçoive le consentement des parties dans le rite du sacrement qui, dans la liturgie du Vetus ordo, a lieu au début de la Sainte Messe ; suivra alors la célébration de la Sainte Messe votive par un prêtre de la Fraternité. »

Mais elle dispose également que : « En cas d’impossibilité ou s’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties, l’Ordinaire peut concéder directement les facultés nécessaires au prêtre de la Fraternité qui célébrera aussi la Sainte Messe, en lui rappelant qu’il a le devoir de faire parvenir au plus vite à la Curie diocésaine la documentation qui atteste la célébration du sacrement. »

La Fraternité Saint-Pie X remercie profondément le Saint-Père pour sa sollicitude pastorale, telle qu’elle s’exprime à travers la lettre de la Commission Ecclesia Dei, dans le but de lever « les doutes quant à la validité du sacrement de mariage ». Le pape François veut manifestement que, comme pour les confessions, tous les fidèles qui souhaitent se marier en présence d’un prêtre de la Fraternité Saint-Pie X, puissent le faire sans aucune inquiétude sur la validité du sacrement. Il est à souhaiter que tous les évêques partagent la même sollicitude pastorale.

Les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X s’emploieront fidèlement, comme ils le font depuis leur ordination, à préparer au mariage les futurs époux, selon la doctrine immuable du Christ sur l’unité et l’indissolubilité de cette union (cf. Mt 19, 6), avant de recevoir les consentements dans le rite traditionnel de la Sainte Eglise."

Posté le 4 avril 2017 à 16h09 par Le Salon Beige | Lien permanent

02 avril 2017

Motu Proprio Sanctuarium in Ecclesia

Les sanctuaires ne dépendront plus de la Congrégation pour le clergé, mais du Conseil pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation selon un Motu Proprio signé le 11 février et rendu public ce samedi 1er avril (non disponible en français). Le Pape François y officialise un transfert de compétence, en expliquant que les sanctuaires sont des lieux d’évangélisation.

Mgr Rino Fisichella, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, explique à Radio Vatican :

Unknown-26"Depuis toujours, les pèlerinages ont emmené les croyants sur les origines de la foi. Les premiers pèlerins allaient voir le tombeau du Christ à Jérusalem, puis plus tard, la tombe des apôtres, avant qu’au fil des siècles ces pèlerinages s’élargissent aux hauts lieux des apparitions de la Vierge Marie, ou des lieux liés à la vie des Saints et des Bienheureux. Pour le Pape François, c’est un important témoignage de piété populaire, expression de la foi simple et humble des croyants.

Les sanctuaires attirent aussi ceux qui viennent chercher un temps de pause, de silence et de contemplation pour rompre avec le rythme frénétique de leur vie quotidienne. Ces personnes viennent se ressourcer et peuvent se redécouvrir à travers ces pèlerinages. Pour le Saint-Père, cette démarche exprime un «acte d’évangélisation qui mérite d’être valorisé». «Le sanctuaire est un lieu sacré», écrit François dans son Motu Proprio, «un lieu d’évangélisation où se manifeste l’action puissante de la miséricorde de Dieu».

Quant à la spiritualité de chaque sanctuaire, elle permet de guider le pèlerin dans une «pédagogie de l’évangélisation» vers un engagement toujours plus responsable. Le sanctuaire contribue de façon significative à l’engagement catéchétique de la communauté chrétienne. Il enrichit la vie des croyants. Il ouvre aussi grand ses portes aux malades, aux personnes handicapées et surtout aux pauvres, aux marginaux, aux réfugiés et aux migrants. C’est donc pour renforcer un significatif aspect pastoral des pèlerinages aux sanctuaires et aux lieux de dévotion que le Saint-Père a décidé ce transfert de compétence.

Le Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation sera dorénavant chargé de l’érection des nouveaux sanctuaires, d’en approuver les statuts, de favoriser leur rôle d’évangélisateurs, de promouvoir les rencontres afin de favoriser un travail commun de renouvellement de la pastorale de la piété populaire, d’assurer la valorisation artistique et culturelle des sanctuaires selon la Via Puchritudinis (chemin privilégié d’évangélisation et de dialogue), de la formation du personnel des sanctuaires, et de garantir au pèlerin une assistance spirituelle cohérente et soutenue."

Posté le 2 avril 2017 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2017

L'Académie des sciences du Vatican se désolidarise des théories sur le contrôle de population

L'Académie pontificale pour la Science réfute les théories de contrôle de population à la fin d'une conférence sur l'extinction biologique comportant des promoteurs du contrôle de la population. Monseigneur Marcelo Sanchez Sorondo, porte-parole de l'Académie pontificale des sciences, a déclaré :

"Ce n'est pas la population qui produit du dioxyde de carbone. C'est l'activité humaine qui consomme de l'énergie et contamine l'environnement ".

Capture d’écran 2017-03-03 à 08.41.55Après le colloque de trois jours soulignant que la croissance démographique est un défi pour préserver la biodiversité, Mgr Sanchez Sorondo a insisté sur le fait que ce qui était «crucial» pour lutter contre le changement climatique et la perte de biodiversité qui en résultait, c'est un changement de modes de consommation et une répartition plus équitable des richesses et non un contrôle de la population.

Il faut souligner que l'invitation par le Vatican des promoteurs du contrôle de la population (notamment par l'avortement) et des théoriciens de la bombe humaine avait provoqué de nombreuses critiques. Notamment Ehrlich (photo), qui plaide pour un contrôle coercitif de la population par l'avortement et la stérilisation, l'avortement sélectif des filles. Ce bonimenteur a faussement prédit des famines et des guerres en raison de la pénurie de ressources provoquée par la surpopulation dans son livre de 1969 The Population Bomb.

Robert Royal, président de l'Institut Faith & Reason et membre du conseil d'administration de C-Fam, a déploré que les spécialistes pro-vie n'étaient pas présent à ce colloque :

"Ce qui manquait à la conférence était l'accent mis sur l'ingéniosité humaine".

Posté le 3 mars 2017 à 08h44 par Michel Janva | Lien permanent


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