02 mai 2013

Réforme de la Curie : il est totalement prématuré d’avancer quelque hypothèse

Le 13 avril a été annoncée la constitution d'un groupe de huit Cardinaux chargés de conseiller le Pape et de travailler à un projet de réforme de la constitution apostolique Pastor Bonus réglant le fonctionnement de la Curie Romaine. Hier sur L'Osservatore Romano, Mgr.Angelo Becciu, Substitut de la Secrétairerie d'Etat, a tenu à préciser ce qui suit:

On a beaucoup entendu de chose à propos d'une réforme de la Curie, de rééquilibrage de pouvoirs, de coordinateurs et d'un super ministère de l'économie.

BC'est effectivement quelque peu étrange. Le Pape n’a pas encore rencontré ses conseillers que déjà les conseils pleuvent. Après avoir parlé avec le Saint-Père, je peux dire qu'il est totalement prématuré d’avancer quelque hypothèse que ce soit sur la future organisation de la Curie. Si le Pape François est à l'écoute de tout le monde, il voudrait avant tout entendre ceux qu’il a choisis comme conseillers. Ensuite sera mis sur pied un projet de réforme de la Pastor bonus, qui bien sûr devra suivre toute une procédure.
Il a aussi beaucoup été question du IOR, l’Institut pour les œuvres de religion, certains allant même jusqu’à prévoir sa suppression.
Le Pape a été très surpris de se voir attribuer des phrases qu’il n’a jamais prononcées et qui ne sont pas en accord avec sa pensée. L’unique évocation à ce sujet fut lors d’une homélie improvisée, dans laquelle il a rappelé avec passion que l’essence de l’Eglise consiste en une histoire d’amour entre Dieu et les hommes, et que les diverses structures humaines, au nombre desquelles le IOR, sont moins importantes. La référence a été faite sur le ton de la plaisanterie, motivé par la présence à la messe de quelques employés de l’institut, dans le contexte d’une invitation sérieuse à ne jamais perdre de vue le caractère essentiel de l’Eglise.
Peut-on penser qu’une réorganisation structurelle des dicastères n’est pas imminente?
Je ne peux pas prévoir les délais. Le Pape a toutefois demandé à tous les responsables de la Curie de poursuivre leur service, mais sans vouloir procéder, pour le moment, à aucune confirmation des charges. Ceci vaut plus largement pour les membres des congrégations et des conseils pontificaux. Les confirmations ou les nominations, qui ont lieu à l’échéance des mandats quinquennaux, sont pour le moment suspendues jusqu’à nouvel ordre (donec aliter provideatur). Cela indique la volonté du Saint-Père de prendre le temps nécessaire, de prière et de réflexion, pour se former une idée approfondie de la situation.
A propos des Cardinaux conseillers, certains sont arrivés à soutenir qu’un tel choix peut mettre en discussion le primat du Pape?
Ce groupe est un organe consultatif, non décisionnel, et je ne vois vraiment pas comment le choix du Saint-Père pourrait mettre en discussion son primat. En revanche, il s’agit effectivement d’une décision de grande importance, qui veut donner un signal précis quant aux modalités selon lesquelles le Saint-Père voudra exercer son ministère. En effet, nous ne devons pas oublier que la première tâche assignée au groupe des huit Cardinaux est d'assister le Souverain Pontife dans le gouvernement de l’Eglise universelle. Je ne voudrais pas que la curiosité pour l’organisation et les structures de la Curie Romaine fasse passer au second plan le sens profond du geste accompli par le Pape François.
Mais le mot de conseiller n’est-il pas trop vague?
Au contraire, conseiller est une action importante, qui dans l’Eglise est définie théologiquement et trouve son expression à de nombreux niveaux. Que l’on pense aux organismes de participation dans les diocèses et dans les paroisses, ou aux conseils des supérieurs, provinciaux et généraux, dans les instituts de vie consacrée. La fonction de conseiller doit être interprétée dans un sens théologique. Dans l'optique du monde nous devrions dire qu’un conseil sans pouvoir délibératif est sans importance, mais cela signifierait rendre l’Eglise équivalente à une entreprise. En revanche, théologiquement, le fait de conseiller possède une fonction d’une importance absolue, celle d'aider le supérieur dans l'œuvre de discernement, c’est à dire à comprendre ce que l’Esprit demande à l’Eglise à un moment précis de l'histoire. Sans cette référence, on ne comprendrait rien non plus à la signification authentique de l’action de gouvernement de l’Eglise."

Posté le 2 mai 2013 à 15h11 par Michel Janva | Lien permanent

13 avril 2013

8 cardinaux nommés pour réformer la Curie

Le pape François a constitué ce matin un groupe de huit cardinaux de tous les continents pour "le conseiller dans le gouvernement de l'Eglise" et étudier un projet de réforme de la Constitution sur la Curie, a annoncé le Vatican.

Les cardinaux nommés sont : Bertello, Errázuriz Ossa, Gracias, Marx, Monsengwo Pasinya, O’Malley, Pell, Rodríguez Maradiaga. Ils doivent travailler à la révision de la Constitution apostolique "Pastor Bonus" sur la Curie Romaine. La première réunion de ce groupe est fixée du 1er au 3 octobre.

Posté le 13 avril 2013 à 12h51 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2013

Première nomination à la curie romaine : un franciscain

CLe pape François a nommé au poste de secrétaire de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de vie apostolique le Ministre général de l'Ordre Franciscain des Frères Mineurs, le Père José Rodríguez Carballo, 59 ans, l'élevant à la dignité d'archevêque. Espagnol originaire de Lodoselo, le nouvel évêque a commencé son éducation religieuse à Saint-Jacques-de-Compostelle, et pendant plusieurs années a poursuivi ses études à Jérusalem à la Custodie de Terre Sainte. A Nazareth, en 1977, il a été ordonné prêtre dans l'église de San Salvatore.

En Espagne, il a été recteur du couvent de Saint-François à Saint-Jacques-de-Compostelle et enseignant des frères de profession temporaire. Il a enseigné la théologie de la vie consacrée. En 1992, il a été élu Ministre provincial de Saint Jacques de Compostelle, et de 1993 à 1997 il a été président des ministres provinciaux franciscains d'Europe. Le 5 Juin 2003, il a été élu Ministre Général de l'Ordre des Frères Mineurs, en tant que 119ème successeur de saint François d'Assise, nomination confirmée en 2009 pour six ans. À la fin 2012, il a été élu président de l'Union des Supérieurs Généraux.

Déjà membre de la Congrégation pour l'Evangélisation des Peuples et pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de vie apostolique, il a participé aux Synodes des évêques de 2005, 2008 et 2012, et à celui pour le Moyen-Orient en 2010. Polyglotte, il parle l’espagnol, l’anglais, le français, l’italien et le portugais et connaît le latin, l'hébreu biblique et le grec biblique.

Le poste était occupé par l'Américain Mgr Joseph William Tobin.

Posté le 6 avril 2013 à 12h48 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2013

Soutien du Conseil pontifical pour la famille à la Marche pour le mariage

Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la Famille, a adressé un courrier aux évêques américains les encourageant de leur soutien à la March for Marriage qui s’est déroulée à Washington D.C. le 26 mars dernier. En voici la traduction de Daniel Hamiche :

"Excellences,

PJ’ai lu la lettre que vous avez envoyée le 25 février 2013 aux évêques des États-Unis relativement à la March for Marriage [Marche pour le Mariage] prévue le 26 mars à Washington D.C., et je suis très reconnaissant de votre témoignage sur la beauté et la valeur de la croyance et de la pratique catholiques voyant dans le mariage et la famille une ressource irremplaçable pour le bien de toute l’humanité.

Je suis convaincu que le soutien qu’accorde la Conférence des évêques catholiques des États-Unis [United States Conference of Catholic Bishops – USCCB] via le patronage de l’initiative de l’USCCB “Marriage : Unique for a Reason” constituera un facteur déterminant de son succès.

Il est aussi très encourageant de remarquer, selon la liste des soutiens à la Marche que j’ai vue, l’importante composante œcuménique religieuse de cette initiative dont l’objet est de faire prendre conscience à la population de l’importance des questions relatives au mariage dont la Cour suprême des États-Unis va débattre le jour de la Marche et par la suite, et d’encourager « à la prière, au témoignage et au sacrifice » relativement à ces questions.

Je pense aussi qu’il est important que cette Marche se déroule pendant la Semaine Sainte, car ce temps dans la vie de l’Église non seulement nous rend plus conscients du grand sacrifice que Jésus a consenti en offrant Sa vie pour nous, mais il révèle aussi comment Il l’a fait dans le contexte d’une relation qui se réfléchit dans la vie de chaque famille : l’amour obéissant du Fils pour son Père, l’amour prévoyant dans le plan du Père pour le salut qui amènera le Fils par ses souffrances à la gloire, la fidélité de l’amour maternel à l’instar de Marie au pied de la croix sur laquelle son Fils mourait, et l’amour protecteur, appris de saint Joseph, que Jésus a montré à sa mère quand, sur le point de mourir, il l’a confiée à saint Jean et lui a confié saint Jean, comme mère et fils.

Soyez assuré que le Conseil pontifical pour la Famille demeurera toujours prêt à vous aider ainsi que tous les évêques, dans votre annonce de l’Évangile aux familles qui ont été confiées à vos soins afin de les renforcer dans leur amour et leur engagement réciproque et à Jésus.

En vous promettant mes prières pour la fécondité de votre ministère et mes meilleurs vœux de saint et joyeux temps de Pâques"

Posté le 29 mars 2013 à 13h37 par Michel Janva | Lien permanent

15 mars 2013

Le Pape François avec le Pape émérite Benoît XVI (erratum)

La photo qui figurait ici n'est pas un original malgré sa source indiscutable. La réactivité induit parfois des erreurs. Le tout est de savoir les reconnaître.

Promis, on affichera ici de belles photos de cette rencontre tant attendue.

Posté le 15 mars 2013 à 19h36 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

14 mars 2013

Le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine et le cardinal Bergoglio

Une certaine complicité :

 

Posté le 14 mars 2013 à 23h30 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (14)

Le cardinal Vingt-Trois, secrétaire d'Etat du Saint-Siège ?

Lu ici :

"Le cardinal archevêque de Paris donnera une conférence de presse à 11 heures. Son nom circule pour devenir le secrétaire d'État  du Pape. Son intelligence stratégique et ses qualités de capitaine de tempête ont fait sensation à Rome ces derniers jours. Il est un des rares hommes aptes à conduire avec souplesse et surtout efficacement une réforme de la curie, sans en être, justement."

Posté le 14 mars 2013 à 12h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (27)

"Un acte aussi surprenant que génial"

Selon Sandro Magister :

B"En élisant pape, au cinquième tour de scrutin, Jorge Mario Bergoglio, l'archevêque de Buenos Aires, le conclave a accompli un acte aussi surprenant que génial. Surprenant pour ceux – presque tout le monde – qui n’avaient pas remarqué, ces jours derniers, que son nom revenait vraiment dans les conversations entre cardinaux. Son âge relativement avancé, 76 ans et trois mois, incitait à le classer plutôt parmi les grands électeurs que parmi les élus possibles.

Au conclave de 2005 c’est le contraire qui lui était arrivé. Bergoglio était l’un de ceux qui souhaitaient le plus que Joseph Ratzinger soit élu pape. Et il avait recueilli, contre son gré, précisément les voix de ceux qui voulaient empêcher l’élection de Benoît XVI. Il est de fait que l’un et l’autre sont devenus papes. Bergoglio sous le nom inédit de François. Un nom qui est le reflet de sa vie humble. Devenu archevêque de Buenos Aires en 1998, il ne s’est pas installé dans le riche archevêché adjacent à la cathédrale. Il est allé habiter dans un petit appartement tout proche, avec un autre évêque âgé. Le soir c’est lui qui faisait la cuisine. Il se déplaçait peu en voiture et prenait l’autobus en soutane de simple prêtre.

Mais c’est aussi un homme qui sait gouverner. Avec fermeté et à contre-courant. C’est un jésuite – le premier à être devenu pape – et, dans les terribles années Soixante-Dix, alors que la dictature faisait rage et que certains de ses confrères étaient prêts à prendre les armes et à appliquer les leçons de Marx, il s’opposa énergiquement à cette dérive, en tant que provincial de la Compagnie de Jésus en Argentine. Il s’est toujours soigneusement tenu à distance de la curie romaine. Il est certain qu’il voudra qu’elle soit allégée, propre et loyale.

C’est un pasteur à la doctrine solide et au réalisme concret. Aux Argentins qui souffraient de la faim il a donné beaucoup plus que du pain. Il les a invités à reprendre aussi en main le catéchisme. Celui des dix commandements et des béatitudes. "Le chemin de Jésus, c’est cela", disait-il. Et ceux qui suivent Jésus comprennent que "fouler aux pieds la dignité d’une femme, d’un homme, d’un enfant, d’une personne âgée, est un péché grave qui crie vengeance au ciel", et ils décident de ne plus le faire. La simplicité de sa vision, on peut la percevoir dans la sainteté de sa vie. En quelques mots simples, les premiers qu’il ait prononcés en tant que pape, il a tout de suite conquis la foule qui remplissait la place Saint-Pierre. Il l’a fait prier en silence. Et il l’a également fait prier pour son prédécesseur Benoît XVI, qu’il n’a pas appelé "pape", mais "évêque". On n’en est qu’au début des surprises."

Posté le 14 mars 2013 à 01h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (17)

13 mars 2013

5 votes auront suffi

V

Posté le 13 mars 2013 à 19h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Le cardinal Luis Antonio Tagle, le benjamin

L'archevêque de Manille, primat des Philippines, membre de la Congrégation pour l'éducation catholique, a été créé cardinal lors du dernier consistoire, le 24 novembre 2012. Membre du comité de présidence du conseil pontifical pour la famille et de celui pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, le cardinal Tagle n'est apparu que dans un seul post du Salon Beige, celui relatant son élévation au cardinalat, avec une photo montrant son émotion :

T
Agé de 55 ans, il est presque le plus jeune, après le cardinal indien Baselios Cleemis, Archevêque de Trivandrum des Syro-malankares (53 ans).

Posté le 13 mars 2013 à 17h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Benoît XVI suit attentivement les événements

Lu sur le VIS :

"A 7 h 45' les 115 Cardinaux électeurs ont quitté la Domus Sanctae Marthae pour concélébrer la messe en la Chapelle Pauline et, à 9 h 30' se sont rendus à la Chapelle Sixtine pour procéder à deux scrutins. A 11 h 40', la fumée noire a averti la foule de l'échec du second et troisième vote. En début d'après-midi, le Directeur de la Salle de Presse s'est rendu au Media Center pour rencontrer l'ensemble des journalistes et opérateurs accrédités pour le conclave. Le P.Lombardi a évoqué le caractère unique du mois déjà passé depuis l'annonce de la renonciation de Benoît XVI au pontificat, soulignant l'intensité du climat qui règne à Rome, parfaitement illustré par la quantité de personnes qui dès hier après-midi s'est rassemblée Place St.Pierre, et qui afflue à pied vers le Vatican malgré le trafic automobile et la carence des services publics. Malgré ces inconvénients, la population, les fidèles et les visiteurs attendent avec attention l'élection du nouveau Pape. Commentant l'échec des premiers scrutins, il a rappelé que pratiquement personne n'attendait une fumée blanche hier soir. Pour ne parler que des conclaves du siècle dernier, seul Pie XII fut élu au premier tour. On était il est vrai à la veille de la seconde guerre mondiale. Ensuite il a précisé qu'on ne comptait aucun Cardinal n'était malade, ce qui n'a pas retardé le déroulement des scrutins. Beaucoup ont été surpris par l'abondance de la fumée rejetée hier soir, due à un procédé chimique expliqué hier par le VIS. Le Directeur de la Salle de Presse a exclu que cette fumée ait été polluante ou dangereuse pour les fresques de la Sixtine, qu'elle ait pu indisposer les hôtes de la chapelle. Le Préfet de la Maison pontificale Mgr.Gänswein, qui est présent depuis hier au Vatican, a confié que Benoît XVI suit attentivement les événements grâce aux media. Il a pris part à la messe Pro Eligendo et demeurera au Vatican jusqu'à la fin du conclave. Il a été précisé que, par respect, le Pape émérite n'assistera pas à la messe d'intronisation de son successeur. De manière à donner aux journalistes une idée de l'ambiance interne à la Chapelle Sixtine, le P.Lombardi a cité l'interview du Cardinal Lehman qui a participé au précédent conclave, insistant sur la solennité et la spiritualité de l'événement, mais aussi sur le caractère familier et simple des rapports. Quant au temps que passent les Cardinaux électeurs à la résidence Ste.Marthe, il est librement occupé entre prière, repos, repas et rencontres."

Posté le 13 mars 2013 à 17h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Les pages « religieuses » des journaux français ressemblent à « Paris Turf »

Lu dans Minute :

"Les journalistes sont épatants. Près de quatre mille d’entre eux se sont fait accréditer par le Vatican. Ils bouffent du curé à longueur d’année, mais ne rateraient pour rien au monde l’élection du successeur de Benoît XVI. Crise alimentaire oblige, ils ont dû un peu trop se gaver de steak de cheval. C’est ça, de ne pas faire Carême. Du coup, voilà qu’ils confondent la chapelle Sixtine avec un hippodrome. Les 115 cardinaux électeurs, toques et casaques rouges, n’étaient pas encore entrés en conclave que les pages « religieuses » des journaux français ressemblaient déjà à « Paris Turf ». Je ne serais pas étonné que quelques bookmakers ne croyant ni à Dieu ni à diable profitent de cette trop rare occasion pour engranger les sesterces. « L’expérience est une lanterne sourde qui n’éclaire que celui qui la porte », disait un auteur très modérément catholique. Et encore… Le Bon Dieu est trop bon. Les vaticanistes autoproclamés qui sévissent depuis des décennies sont légion (romaine). N’est-ce pas Henri Tincq qui vient encore de nous pondre une liste de « trois favoris et sept outsiders » qui, tous, seraient des « conservateurs éclairés » (sic) – le concept a certes l’avantage d’être novateur, dommage que sa définition ne soit pas fournie… – et « ont le bon âge pour un pontificat qui ne soit ni trop court ni trop long ». Parce qu’il ne faudrait pas non plus que le pape s’attardât trop, genre Léon XII ou Jean Paul II (plus d’un quart de siècle, ça lasse), ou passât telle une étoile filante sans qu’on ait eu le temps de se familiariser avec lui, comme Jean Paul 1er, rappelé à Dieu trente-trois jours après son élection. Elu à 65 ans, il ne devait pas avoir le « bon âge »

Favoris? Outsiders? Le 16 octobre 1978 à 18h43, quand le cardinal Pericle Felici a proclamé « Habemus Papam » et annoncé qu’il s’agissait d’un certain Karol Wojtyla, celui-ci n’était ni favori, ni outsider, juste… inconnu. Au point que, lorsque celui qui était arrivé au conclave en autostop (il avait manqué l’autobus!) est apparu au balcon de la place Saint- Pierre, ce fut nouvelle stupéfaction de voir que Jean Paul II, dont le patronyme se prononçait Voïtioua, n’était pas noir. Zut de flûte, il était Polack. Et re-zut de flûte, le suivant fut Teuton. Peut-être, quand cette chronique paraîtra, le nom du 265e successeur de saint Pierre sera-t-il connu. Peut-être pas. Les successeurs de Léon Zitrone formés à l’école Canal +, qui est au journalisme ce que Marcela Iacub est à l’amour courtois, rêvent d’une fumée blanche annonçant l’élection d’un pape noir, le Noir étant, par essence, a minima un « conservateur éclairé », plus sûrement un « progressiste », bref de gauche. Tabernacle! Il pourrait aussi être québécois. Mais recherches faites par un stagiaire envoyé à la documentation en toute hâte, il semblerait que tout ce que la diversité planétaire pourrait fournir comme pape, et cela jusqu’à Polgahawela, Sri-Lanka, ne réussisse pas à produire autre chose qu’un pape catholique. Il y a des accrédités qui doivent se dire que le monde est mal fait…"

Posté le 13 mars 2013 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

Le cardinal Gianfranco Ravasi, l'alliance de la foi et de la culture

En 2007, méditant le chemin de Croix au Colisée, Mgr Gianfranco Ravasi déclarait :

G"Sous la pression de l’opinion publique, Pilate incarne alors une attitude qui semble dominer de nos jours, celle de l’indifférence, du manque d’intérêt, du primat de l’opportunisme. Pour vivre tranquillement et à son avantage, il n’hésite pas à fouler aux pieds vérité et justice. L’immoralité explicite, elle, engendre au moins un sursaut ou une réaction ; cette attitude, en revanche, est pure amoralité ; elle paralyse la conscience, elle éteint le remords et elle émousse l’intelligence. L’indifférence est la mort lente de l’humanité véritable. Le résultat se retrouve dans le choix final de Pilate. Comme le disaient les auteurs latins anciens, une justice hypocrite et tiède est comme une toile d’araignée dans laquelle les moucherons se prennent et meurent, mais que les oiseaux déchirent par la force de leur vol. Jésus, un des petits de la terre, incapable de prononcer une parole, est étouffé par ce filet. Et comme nous le faisons souvent nous aussi, Pilate regarde de l’autre côté, s’en lave les mains et lance comme alibi – selon l’évangéliste Jean – l’éternelle question propre à tout scepticisme et à tout relativisme éthique : « Qu’est-ce que la vérité ? »."

En novembre 2007, l'ancien préfet de la Bibliothèque ambrosienne de Milan, prestigieuse institution de recherche théologique italienne, le membre de la commission biblique pontificale, devenu Président du Conseil Pontifical pour la Culture a adressé un message aux participants au Congrès "Ontogenèse et vie humaine", qui se déroulait à Rome :

R"[Pour] la Bible, la finalité de l'embryon est nette : il s'agit d'une unité, inséparable, d'un processus unitaire et cohérent, compact et harmonieux avec la finalité à rejoindre, celle de la pesonne humaine".

Dans les Psaumes, indique Mgr Ravasi, on trouve "un terme hébreux  très rare : "golmi", qui indique quelque chose d'enroulé ou cylindrique : c'est la dénomination symbolique de ce que nous appelons "embryon". Dans le sein maternel, il y a par conséquent, une présence efficace de Dieu qui intervient dans la formation de l'être humain".

C'est une "espèce de création continuelle, termine Mgr Ravasi, qui voit dans la conception et dans le dévelopement de l'embryon la participation du Créateur qui a finalisé la créature vers sa plénitude."

En 2008, il lance l'initiative consistant à lire en direct, sans interruption et sans commentaire la Bible à la télévision. En 2009, il dénonçait le pseudo-art contemporain :

1"Un grand artiste américain me disait dernièrement : «Les artistes contemporains excluent deux choses : la beauté et le message.» C’est cet horizon contemporain que nous voulons considérer, tel qu’il est. Sur ce point, on peut vraiment parler de divorce avec l’Église. Car l’art contemporain semble pour une grande part avoir exploré toutes les voies de la déconstruction, du nihilisme, pour nous amener à constater l’inconsistance de l’être, démontrant que plus rien ne vaut rien, jouant de la provocation sur l’absence de sens de notre réalité. Mais, affronté à cet itinéraire, ce même art se trouve automatiquement en passe de se détruire, car l’objectif ultime ne peut être que le silence de la mort, du suicide. [...]

Il nous a donc semblé que le moment était venu pour une nouvelle proposition : engager les artistes à se réapproprier les grands symboles, les grandes narrations, les grands thèmes, les grandes figures. [...] Ainsi, le Saint-Siège va inviter des artistes à la Biennale de Venise, leur proposant de travailler sur les onze premiers chapitres de la Genèse, qui portent en eux toute la vie de l’humanité. [...] L’artiste ne doit pas faire une œuvre directement catéchétique. L’esthétique authentique, lorsqu’elle touche les grands thèmes, peut s’interroger et nous interroger sur le sens de la vie, même si elle ne prend pas en compte le message évangélique. Une esthétique artistique authentique, par nature, touche l’éthique. [...]

Nous croyons à la possibilité d’une rencontre entre la foi et l’art, pourvu que l’art sorte de son impuissance provocatrice. De même, l’Église ne doit plus s’en tenir à une récupération hasardeuse de styles anciens et à des productions artisanales sans ambition. Elle doit accepter la confrontation avec ces nouvelles grammaires, à ces nouvelles modalités d’expression. Ce dialogue-là serait fécond pour elle."

En février 2011, il a lancé des attaques contre ces églises modernes

"dans lesquelles on se sent perdu comme dans une salle de congrès, distrait comme dans un palais des sports, écrasé comme dans un sphéristère, abruti comme dans une maison prétentieuse et vulgaire".

En mars 2011, il présentait le parvis des gentils :

2"Il existe dans notre monde des croyants qui croient croire et des non-croyants qui croient ne pas croire

s’interroger sur la signification ultime de l’existence ne concerne pas le sceptique sardonique et sarcastique qui ne vise qu’à ridiculiser les assertions religieuses. Par ailleurs, une personne qui s’y entendait pour parler d’athéisme, le philosophe Nietzsche, n’hésitait pas à écrire dans le Crépuscule des idoles (1888) que «ce n’est que si un homme a une foi robuste, qu’il peut s’adonner au luxe du scepticisme». Le rationaliste, enveloppé dans le manteau glorieux de son autosuffisance cognitive, ne veut pas lui non plus courir le risque de s’avancer sur les sentiers de montagne de la sagesse mystique, selon une grammaire nouvelle qui participe du langage de l’amour, qui est bien différent de l’épée de glace de la raison pure, aussi importante soit-elle par ailleurs (...)

La rencontre entre croyants et non-croyants a lieu lorsque l’on laisse derrière soi les apologétiques féroces et les désacralisations dévastantes et qu’on ôte le voile gris de la superficialité et de l’indifférence, qui saborde l’élan profond à la recherche, et que se révèlent en revanche les raisons profondes de l’espérance du croyant et de l’attente de l’agnostique. Voilà pourquoi on a imaginé le «Parvis des Gentils», inauguré à Bologne, dans son antique université, et à Paris à la Sorbonne, à l’Unesco et à l’Académie française. Laissons de côté la dénomination historique qui n’a qu’une fonction symbolique, évoquant l’atrium qui dans le temple de Jérusalem était réservé aux «gentils», les non-juifs en visite à la ville sainte et à son sanctuaire. Arrêtons-nous en revanche sur son aspect thématique, que fait briller Dagerman. L’un des intellectuels juifs les plus ouverts du ier siècle, Philon d’Alexandrie, artisan d’un dialogue entre le judaïsme et l’hellénisme — c’est-à-dire selon les canons de l’époque, entre les fidèles yahvistes et les païens idolâtres — définissait le sage avec l’adjectif methòrios, c’est-à-dire celui qui est sur la frontière. Il a les pieds plantés dans sa région, mais son regard va au-delà de cette frontière et son oreille écoute les raisons de l’autre.

Pour réaliser une telle rencontre, il faut s’armer non d’épées dialectiques, comme dans le duel entre le jésuite et le janséniste dans le film La Voie lactée (1968) de Buñuel, mais de cohérence et de respect : cohérence avec notre propre vision de l’être et de l’existence, sans déformations syncrétistes, débordements fondamentalistes ou approximations propagandistes ; respect pour la vision d’autrui à laquelle il faut réserver de l’attention et qu’il faut aller vérifier (...)

En dernière analyse, il n’y a peut-être qu’un seul obstacle à ce dialogue-rencontre, celui de la superficialité qui délave la foi en une vague spiritualité et réduit l’athéisme à une négation banale ou sarcastique (...)

Tel est le grand risque qui met en difficulté une recherche réciproque, en enveloppant le croyant d’une mince aura de religiosité, de dévotion, de ritualisme traditionnel, et le non-croyant plongé dans le réalisme pesant des choses, de l’immédiat, de l’intérêt. Comme l’annonçait déjà le prophète Isaïe, l’on se retrouve dans un état d’atonie: «et je regarde: personne! Parmi eux, pas un qui donne un avis, que je puisse interroger et qui réponde!» (41, 28). Le dialogue sert justement à faire pousser la tige des questions mais aussi à faire fleurir la corolle des réponses. Tout au moins de quelques réponses authentiques et profondes".

En juillet 2011, il saluait l'intérêt de Twitter :

"Le langage synthétique et incisif de Twitter peut beaucoup enseigner à la communication religieuse".

En novembre 2011, il invitait les prédicateurs à prendre en compte les nouveaux langages pour capter l'attention des fidèles et aussi à ne pas craindre "le scandale" que crée la parole de la Bible.

"Nous devons retrouver cette dimension de la parole qui offense, qui inquète, qui juge".

Il a aussi invité les prêtres à suivre "la révolution dans la communication" :

"L'information télévisée et informatique demande à être incisif, de recourir à l'essentiel, à la couleur, à la narration".

En septembre 2012, il annonce la création de l'Académie pontificale latine, parrainée par le Conseil pontifical pour la culture.

Posté le 13 mars 2013 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

12 mars 2013

Foule dense place Saint-Pierre

SLe cardinal (non électeur) maltais Prosper Grech, spécialiste des Pères de l'Eglise, a prononcé une méditation dans la chapelle Sixtine pour éclairer les électeurs. Ces derniers pourraient procéder ensuite à un premier scrutin.

Place Saint-Pierre, malgré la pluie fine, la foule guette la cheminée. On ne distingue plus la cheminée, dans la nuit, mais les écrans géants de la place Saint Pierre proposent un plan fixe.

Posté le 12 mars 2013 à 19h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Mgr Marini vient de prononcer l'"Extra omnes !"

Tous dehors !O

V

Posté le 12 mars 2013 à 17h35 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Les yeux fixés sur la cheminée

De Jean-Marie Guénois :

C"Aujourd'hui un premier tour aura sans doute lieu vers 18 heures. Ce scrutin préliminaire qui a valeur de primaire ne désigne jamais un pape. Lors du précédent conclave de 2005, la première fumée noire est apparue à 20h04.

À partir de demain, mercredi, les cardinaux seront en conclave toute la journée. [...]

Horaire des fumées noires en l'absence de consensus : midi et 19 heures. Ces créneaux correspondent à la combustion des bulletins des deux tours de la demi journée) :

Si une élection se produit au premier scrutin de la demi journée cela donne une fumée blanche pour : 10h30 – 11h00 puis  17h30 – 18h00

Pour mémoire, en 2005, la fumée noire de la première matinée était apparue à 11h52, la fumée blanche du vote en faveur du cardinal Ratzinger était apparue à la fin du premier tour de l’après midi, à 17h50. Le nouveau Pape était apparu au balcon 45 minutes plus tard."

Posté le 12 mars 2013 à 12h32 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

Le cardinal Robert Sarah, la charité c'est d'évangéliser

Le cardinal Robert Sarah a été archevêque de Conakry et secrétaire de la Congrégation romaine pour l'évangélisation des peuples, avant de devenir président du Conseil pontifical Cor Unum. En 2009, il dénonçait l'idéologie du genre, au cours du synode :

R"La théorie du genre est une idéologie sociologisante occidentale des relations hommes-femmes, qui s'attaque à l'identité sponsale de la personne humaine, à la complémentarité anthropologique entre l'homme et la femme, au mariage, à la maternité et à la paternité, à la famille et à la procréation (...) elle est contraire à la culture africaine et aux vérités humaines éclairées par la Révélation divine en Jésus Christ ».

[L'idéologie du genre] sépare le sexe biologique de l'identité masculine ou féminine en affirmant que celle-ci n'est pas intrinsèque à la personne mais qu'elle est une construction sociale (...) Cette identité peut - et doit - être déconstruite pour permettre à la femme d'accéder à une égalité de pouvoir social avec l'homme et à l'individu de "choisir" son orientation sexuelle (...) les relations hommes-femmes seraient gouvernées par une lutte de pouvoir (...) [Cette] idéologie irréaliste et désincarnée dénie le dessein de Dieu [en affirmant qu'au départ les individus sont] indéterminés [et que] c'est la société qui façonne le genre masculin et féminin au gré des choix changeants de l'individu".

« La nouvelle idéologie est dynamique et s'impose à la fois aux cultures et aux politiques. Elle exerce une pression sur le législateur pour qu'il prescrive des lois favorables à l'accès universel aux informations et aux services contraceptifs et abortifs (concept de "santé reproductive") ainsi qu'à l'homosexualité ».

« Dans la culture africaine, l'homme n'est rien sans la femme et la femme n'est rien sans l'homme ». « L'un et l'autre ne sont rien si l'enfant n'est pas au centre de la famille, constituée par un homme et une femme et cellule de base de la société ».« l'idéologie du genre déstabilise le sens de la vie conjugale et familiale que l'Afrique a su préserver jusqu'à présent ».

« L'Afrique doit se protéger de la contamination du cynisme intellectuel de l'Occident. Il est de notre responsabilité pastorale d'éclairer la conscience des africains quant aux dangers de cette idéologie meurtrière ».

En 2010, il répondait à Khadafi, qui voyait l'Afrique islamisée :

"Parler d'un continent européen converti en bloc à l'islam n'a aucun sens parce que ce sont les personnes qui décident seules et en toute conscience d'être chrétiens, musulmans ou de suivre d'autres religions".

Mgr Sarah a affirmé ne pas être spécialement "inquiet des propos de Kadhafi" qui ne sont qu'une "provocation manquant de sérieux et gratuite".

"[Le] vrai danger pour les Européens, c'est le relativisme, le manque d'attention à la foi, la faiblesse de la religion, l'indifférence au sacré [...] véritables ennemis pour notre foi qui pourraient créer un terrain fertile pour l'éventuelle pénétration future de l'islam dans toute l'Europe".

Mgr Sarah, ancien archevêque de Conakry (Guinée), a également déploré un manque de "réciprocité entre pays musulmans et Occident" et des problèmes quant à "la liberté religieuse dans les zones musulmanes".

En mai 2011, devenu président du Conseil Pontifical Cor Unum qui gère toutes les initiatives charitables du Saint Siège et chapeaute à ce titre Caritas Internationalis, il a recadré la Caritas Internationalis durant son Assemblée générale à Rome. Il a déclaré aux participants :

2"Aujourd’hui, chers amis, le drame de l’homme moderne, ce n’est pas de manquer de vêtements ou d’habitat, la faim la plus tragique et l’angoisse la plus terrible de notre monde, ce n’est pas de manquer de nourriture : c’est bien plus l’absence de Dieu et le manque d’amour véritable, cet amour qui nous a été révélé sur la Croix. Voilà pourquoi nous tous sommes appelés personnellement à ne pas transformer la charité en une simple “profession”, mais à être conscients que nous sommes personnellement porteurs d’un don : le trésor de la Parole et de l’Amour de Dieu qui nous transcende. Voilà le sens du mot témoin : être là pour Quelqu’un, et non pour soi-même. Saint Maxime le Confesseur est tranchant sur ce point : “Non seulement l’Amour se manifeste en distribuant les richesses, mais bien davantage en distribuant la Parole de Dieu et en se mettant personnellement au service d’autrui” au nom de Dieu notre Père. Le pain est important, la liberté est importante, mais la chose la plus importante de toutes est notre Foi au Dieu d’Amour et notre agenouillement pour l’adorer et le servir en servant les pauvres."

En juin 2011, il célébrait des ordinations à la communauté St Martin. Dans son homélie :

C"[N]ous vivons dans un monde où Dieu est de plus en plus absent et où nous ne savons plus quelles sont nos valeurs et quels sont nos repères. Il n’y a plus de références morales communes. On ne sait plus ce qui est mal et ce qui est bien. Il existe une multitude de points de vue. Aujourd’hui, on appelle blanc ce qu’hier on appelait noir, ou vice versa. Ce qui est grave, ce n’est pas de se tromper ; c’est de transformer l’erreur en règle de vie. Dans ce contexte, comme prêtres, pasteurs et guides du Peuple de Dieu, vous devez avoir la préoccupation constante d’être toujours loyaux envers la Doctrine du Christ. Il vous faut constamment lutter pour acquérir la délicatesse de conscience, le respect fidèle envers le Dogme et la Morale, qui constituent le dépôt de la foi et le patrimoine commun de l’Eglise du Christ [...]

Si nous avons peur de proclamer la vérité de l’Evangile, si nous avons honte de dénoncer les déviations graves dans le domaine de la morale, si nous nous accommodons à ce monde de relâchement des mœurs et de relativisme religieux et éthique, si nous avons peur de dénoncer énergiquement les lois abominables sur la nouvelle éthique mondiale, sur le mariage, la famille sous toutes ses formes, l’avortement, lois en totale opposition aux lois de la nature et de Dieu, et que les Nations et les cultures occidentales promeuvent et imposent grâce aux mass-média et à leurs puissances économiques, alors les paroles prophétiques d’Ezéchiel tomberont sur nous comme un grave reproche divin. « Fils d’homme, prophétise contre les Pasteurs d’Israël qui se paissent eux-mêmes. Les pasteurs ne doivent-ils pas paitre le troupeau ? Vous vous êtes nourris de lait, vous vous êtes vêtus de laine… Vous n’avez pas fortifié les brebis chétives, soigné celle qui était malade, pansé celle qui était blessée. Vous n’avez pas ramené celle qui s’égarait, cherché celle qui était perdue. Mais vous les avez gouvernés avec violence et dureté » (Ez 34, 2-4)."

Posté le 12 mars 2013 à 12h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

"Ut sacrosánctæ Románæ Ecclésiæ concédat Pontíficem illum tua imménsa píetas"

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"Dans les diocèses où l’évêque l’a demandé, on dit, en ce premier jour du conclave, la messe « pro eligendo summo pontifice ».

Súpplici, Dómine, humilitáte depóscimus : ut sacrosánctæ Románæ Ecclésiæ concédat Pontíficem illum tua imménsa píetas ; qui et pio in nos stúdio semper tibi plácitus, et tuo pópulo pro salúbri regímine sit assidue ad glóriam tui nóminis reveréndus.

Suppliants et humbles, nous Vous implorons, Seigneur : que votre immense bonté donne à la sacro-sainte Église Romaine un Pontife tel qu’il Vous plaise toujours par son zèle surnaturel envers nous et qu’il mérite la vénération de votre peuple par son sage gouvernement à la gloire de votre Nom.

Nous confions cette élection à Marie Mère de l'Eglise, et au grand pape, grand docteur et grand liturge saint Grégoire le Grand, dont la fête prime le carême dans les monastères bénédictins. (Saint Grégoire était moine : avant d'être pape il avait fondé sept monastères, le septième étant celui de Rome.)"

Posté le 12 mars 2013 à 10h38 par Michel Janva | Lien permanent

Le cardinal Mauro Piacenza, défenseur du sacerdoce

Autre cardinal "siriste" (ordonné prêtre par le cardinal Siri) avec Angelo Bagnasco, le cardinal Mauro Piacenza était le préfet de la Congrégation pour le clergé sous Benoît XVI, après avoir présidé la Commission pontificale pour les biens culturels de l'Église et la Commission pontificale d'archéologie chrétienne.

En mars 2010, en pleine année du sacerdoce, il fait réaliser 3  vidéos sur le sacerdoce. Elles sont très belles, avec une méditation sur la spiritualité sacerdotale, l'importance du sacrifice de la messe, de l'adoration eucharistique, du ministère de la confession, de l'habit ecclésiastique, le tout en référence constante au saint curé d'Ars. Lors de la clôture de cette année sacerdotale, en juin 2010, Mgr Mauro Piacenza a accueilli les milliers de prêtres venus à Rome, au Latran :

P"En ces jours, implorons le don du renouveau spirituel qui est la raison même pour laquelle cette Année Sacerdotale est célébrée. Demandons à la Bienheureuse Vierge Marie que ne s'éteignent jamais notre soif de renouveau et notre désir de sainteté ; là se trouve la vraie - et au fond l'unique ! - racine de la Mission. [...] Tout a commencé, il y a plus de deux mille ans, avec douze pêcheurs de Galilée. Totalement saisis par le Seigneur et livrés à sa Divine Volonté, ils ont incendié le monde et changé définitivement le cours de l'histoire. Nous sommes plus de dix mille à Rome et plus de quatre cent mille dans le monde : si nous sommes ce que nous devons être, la Mission ne manquera pas d'être efficace ! Que le Seigneur nous soutienne et que la Vierge nous protège tous !"

Certains l'ont alors qualifié de "mousquetaire du pape" :

M"Formé à l'école de l'archevêque de Gênes(son Eminence le cardinal Giuseppe Siri, qui fut longtemps le chef de file des conservateurs au sein du Sacré Collège), Mauro Piacenza est un exemple assez rare, pour ne pas dire unique, d'un simple official comme on a coutume de dire au Vatican pour désigner les bureaucrates au sein des dicastères parvenu à gravir tous les échelons de son ministère. [...] En pleine crise des prêtres pédophiles, c'est lui qui a eu l'idée de promouvoir dans tous les diocèses de l'Eglise une campagne d'adoration perpétuelle pour la sanctification du clergé. C'est encore lui qui pilota l'année sacerdotale qui vient de s'achever. [...]

En mars 2011, il a déclaré dans une homélie que l'Europe est actuellement au centre d'un «défi dramatique» :

 "ou elle retrouve son identité, nécessairement chrétienne, ou elle risque simplement de ne plus exister comme Europe".

A propos des crucifix dans les écoles publiques, il a rappelé qu'ils ne constitue pas un «endoctrinement» mais «manifestent l'identité culturelle et nationale des pays de tradition chrétienne».

"Le crucifix, qui est le principe vivifiant de l'immense œuvre bénédictine, a non seulement été reconnu comme un principe unificateur de l'Italie, en coïncidence avec le 150e anniversaire de son unité politique, mais aussi comme un principe identitaire vers lequel les pays européens peuvent se tourner !".

«Pour pouvoir vivre et fonctionner», la démocratie en Europe

1"a besoin d'une plate-forme solide de valeurs partagées, sans laquelle il est simplement impossible que les systèmes sociaux fonctionnent. En Europe, cette plate-forme de valeurs partagées est indiscutablement fournie par le christianisme, d'un point de vue historique comme d'un point de vue social".

"L'homme ne peut et ne doit en aucun cas être instrumentalisé à des fins économiques, politiques ou de pouvoir. Il est une fin, et non un moyen, et donc l'économie, le droit et la politique doivent être conçus comme des instruments indispensables au service de l'homme, de son bien véritable, de son progrès réel, qui coïncide toujours avec le bien commun".

En septembre 2011, il s'en prenait aux mouvements contestataires au sein de l'Eglise :

"Il y a toujours eu dans l’histoire de l’Église des «mouvements centrifuges», tendant à «normaliser» le caractère exceptionnel de la vie du Christ et de son corps vivant dans l’histoire, qui est justement l’Eglise. Une «Eglise normalisée» perdrait toute sa force prophétique, ne dirait plus rien à l’homme et au monde et, de fait, trahirait Son Seigneur.

2La grande différence de l’époque contemporaine est à la fois doctrinale et médiatique. Pour ce qui concerne la doctrine, on prétend justifier le péché, non pas en s’en remettant à la miséricorde, mais en ayant confiance en cette dangereuse autonomie dont la saveur est proche de l’athéisme pratique ; d’un point de vue médiatique, au cours des dernières décennies, les « forces centrifuges » physiologiques, sont l'objet d'attention et sont amplifiées de manière inopportune par les outils d’information qui, d’une certaine façon, vivent de contrastes. [...]

Je pense par ailleurs qu’avoir ôter de sa valeur au grand mystère de la maternité, comme le fait la culture dominante, a vraiment joué dans la désorientation générale concernant la femme. En ne reconnaissant pas que ces dernières peuvent, sans discussions, apporter une plus grande contribution à la société et au monde, l’idéologie du profit a réduit et instrumentalisé la femme.

Et puis, l’Eglise n’est pas un gouvernement politique dans lequel il est juste de revendiquer des postes de représentation. L’Eglise c’est tout autre chose. L’Eglise est le Corps du Christ et en son sein, chacun est membre selon ce qui a été établi par le Christ. Par ailleurs, dans l’Église il n’est pas question de rôles masculins et de rôles féminins mais plutôt de rôles qui supposent, par volonté divine, une ordination ou pas. Tout ce que peut faire un fidèle laïc homme, une femme laïque peut le faire. L’important est d’avoir la préparation spécifique et l’aptitude ; après, que l’on soit un homme ou une femme n’a pas d’importance. [...]

L’Eglise doit être regardée à partir de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II où est décrite l’Eglise des origines, l’Eglise des Pères, l’Eglise de tous les siècles, qui est notre Eglise d’aujourd’hui, sans discontinuité ; qui est l’Eglise du Christ. Rome est appelée à présider dans la charité et dans la vérité, uniques sources concrètes de l’authentique paix chrétienne. L’unité de l’Eglise n’est pas un compromis avec le monde et sa mentalité, mais plutôt le résultat, donné par le Christ, de notre fidélité à la vérité et à la charité que nous serons capable de vivre. Le meilleur exemple à cet égard est le fait qu’aujourd’hui seule l’Eglise, comme personne, défende l’homme et sa raison, sa capacité à connaître le réel et à entrer en relation avec lui, en somme l’homme dans son intégralité. [...]

Le problème n’est pas le célibat, et les infidélités et la faiblesse de certains prêtres ne peuvent, eux non plus, être le critère de jugement. Du reste les statistiques nous disent que plus de 40% des mariages sont un échec. Parmi les prêtres nous sommes à moins de 2%. La solution ne réside donc absolument pas dans le caractère optionnel du célibat sacré. Ne faudrait-il pas plutôt arrêter d’interpréter la liberté en termes d’ « absence de liens », de « principe définitif  », et commencer à redécouvrir que c’est précisément dans le don définitif de soi à l’autre et à Dieu que réside la vraie réalisation et le bonheur humain ?"

En décembre 2011, l'Aide à l'Eglise en Détresse, « Association Publique universelle de droit pontifical » depuis 1984, est devenue Fondation pontificale, avec à sa présidence le cardinal Mauro Piacenza.

Posté le 12 mars 2013 à 07h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Cardinaux : quelques portraits

Suite à la demande de quelques lecteurs, voici un post rassemblant les liens des portraits de certains cardinaux, réalisé à partir des archives du Salon Beige :

Posté le 12 mars 2013 à 00h24 par Michel Janva | Lien permanent

11 mars 2013

Premier conclave depuis 1829 à avoir lieu en Carême

La dixième et dernière congrégation générale s'est tenue ce matin en présence de 152 Cardinaux. Il y a eu 28 interventions, ce qui porte à 161 le total au long des congrégations générales. Il a été question notamment de la question du IOR et le cardinal Bertone, Président du Comité de surveillance, a fait un exposé sur l'activité de l'institut et sa mise en conformité aux normes internationales. Mais il a surtout été question du profil du Pape à venir et de ce qu'on attend de lui.

La messe Pro Eligendo Romano Pontefice aura lieu demain à 10 h en la Basilique vaticane. La concélébration sera présidée par le Cardinal Doyen, les non électeurs étant conviés. Un motet de Palestrina sera exécuté à l'offertoire. Une caméra du CTV sera pointée sur la cheminée de la Chapelle Sixtine, dans laquelle chaque place est dotée d'un exemplaire de la constitution apostolique sur le conclave, de l'ordo et du bréviaire.

Cette fois une nouveauté a été introduite, après l'élection : avant de gagner la loggia des bénédictions, le nouveau Pape s'arrête prier dans la Chapelle Pauline devant le Saint Sacrement. Puis il apparaît, salue le public et donne la bénédiction solennelle Urbi et Orbi.

Demain, Mgr. Georg Gänswein, Préfet de la Maison pontificale, sera  présent à l'entrée en conclave.

A 17 h 30 se déroulera en la Chapelle Pauline le serment de tous les officials et attachés du conclave, ecclésiastiques et laïcs approuvés par le Camerlingue et les trois Cardinaux assistants. Prêteront le serment prévu par la constitution apostolique Universi Dominici Gregis et y souscriront: Le Secrétaire du Sacré Collège, le Maître des cérémonies, les Cérémoniaires, l'Assistant du Cardinal Doyen, les religieux et religieuses de la Sacristie papale, les confesseurs, les médecins et infirmiers, le personnel de bouche et d'entretien, le personnel technique, les chauffeurs et les ascensoristes, les Prêtres assistant certains Cardinaux, le Commandant et la Major de la Garde Suisse, chargée de la surveillance de la Chapelle Sixtine, le Directeur de la Gendarmerie et certains de ses collaborateurs.

La logistique d'un conclave n'est soumise à aucune improvisation. Le Livre des Rites du Conclave prévoit tout. Durant la procession les Cardinaux chantent la litanie des saints -prière qui dans les célébrations de la liturgie latine est d'une particulière importance et dans laquelle on évoque quelques saints d'orient et d'occident- avant de conclure par l'hymne Veni Creator Spiritus, quand les Cardinaux sont réunis dan la Chapelle Sixtine. Dans la Litanie des saints ont été introduits des noms qui ne sont pas cités habituellement mais qui correspondent à l'Eglise universelle comme les patriarches et prophètes Abraham, Moïse et Elie, saint Maron du Liban, saint Frumence d'Ethiopie et d'Erythrée, sainte Nina de Georgie, saint Grégoire l'Illuminateur d'Arménie, saint Patrick d'Irlande et d'autres saints représentants d'autres peuples du monde comme les martyrs du Canada, d'Ouganda, de Corée, d'Océanie, sainte Rose de Lima pour l'Amérique latine et quelques Papes dont saint Pie X.

Le conclave le plus long de l'histoire moderne se déroula en 1740 pour l'élection de Benoît XIV. Il dura du 18 février au 17 août, soit 181 jours.

  • En 1758 le conclave pour l'élection de Clément XIII dura du 15 mai au 6 juillet (53 jours). Il comptait 45 cardinaux électeurs à son ouverture mais lors de la votation finale seuls 44 étaient présents.
  • L'élection de Clément XIV au conclave de 1769, dura 94 jours, du 15 février au 19 mai et compta 46 électeurs.
  • Le Pape Pie VI fut élu en un conclave qui se déroula du 5 octobre 1774 au 15 février 1775 (133 jours).
  • L'élection de Pie VII eut lieu à Venise, Rome étant occupée par les troupes françaises. Le conclave dura du 1 décembre 1799 au 14 mars 1800 (105 jours). Ce fut le dernier conclave en dehors de Rome, auquel participèrent 34 électeurs.
  • En 1823, le Pape Léon XII fut élu au bout de 27 jours (2 septembre-28 septembre) par 49 cardinaux électeurs.
  • En 1829, le conclave pour l'élection de Pie VIII dura 36 jours, du 24 février au 31 mars. Il comptait 50 électeurs.
  • Grégoire XVI fut le dernier cardinal non évêque élu Pape. Le conclave pour son élection dura 51 jours, du 14 décembre 1830 au 2 février 1831, avec 45 cardinaux.
  • Les conclaves “courts” commencèrent en 1846 avec l'élection de Pie IX (50 cardinaux) à l'issue d'un conclave qui dura 3 jours, du 14 au 16 juin.
  • En 1878, Léon XIII fut élu après un conclave de 3 jours, du 18 au 20 février, auquel participèrent 61 électeurs. 
  • En 1903 fut élu Pie X. Le conclave dura 5 jours du 31 juillet au 4 août.
  • En 1914 le conclave qui élit Benoît XV dura 4 jours, du 31 août au 4 septembre. 
  • En 1922, durant le conclave qui élit Pie XI, le conclave dura 5 jours, du 2 au 6 février et il y eut 7 scrutins.
  • Le conclave qui élit Pie XII en 1939 connut pour la première fois la participation d'un patriarche de rite oriental. Ce conclave qui fut le plus court, dura deux jours, du 1 au 2 mars. Il compta 62 électeurs et 3 scrutins.
  • Jean XXIII fut élu en 1958. Pour la première fois, participèrent au conclave des cardinaux chinois, indiens et africains. Il y eut 51 électeurs. Il dura 4 jours, du 25 au 28 octobre, avec 11 scrutins.
  • En 1963, le conclave dura 3 jours, du 19 au 21 juin, et 80 électeurs y élirent Paul VI après 6 scrutins.
  • En 1978, le conclave qui élit Jean-Paul I fut le premier auquel ne participèrent pas les cardinaux de plus de 80 ans. Le conclave dura deux jours, du 25 au 26 août, avec 4 scrutins et 111 électeurs.
  • Lors du second conclave de 1978, du 14 au 16 octobre, (3 jours) 111 électeurs élirent Jean-Paul II au bout de huit scrutins.
  • En 2005 Benoît XVI fut élu Pape au quatrième scrutin d'un conclave qui dura 2 jours, du 18 au 19 avril et qui compta le plus grand nombre de cardinaux électeurs de l'histoire: 115.
  • Le conclave qui s'ouvre demain, 12 mars, sera le premier depuis 1829 à avoir lieu en Carême.

Posté le 11 mars 2013 à 20h43 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

Le cardinal Angelo Scola, défenseur du rôle public de la religion

La première fois que Le Salon Beige croisait le cardinal Scola, c'était en mai 2005. Il était patriarche de Venise et réagissait dans la presse sur le problème du clonage, rappelant les deux fondamentaux que tout catholique doit avoir à l'esprit quand il aborde le problème de la vie :

A"Le principe de base est que l'être conçu ne peut jamais devenir un instrument pour sauver une autre vie humaine".

Concernant la vie de manière générale (pour condamner l'avortement et l'euthanasie) :

"nous avons le devoir de respecter la vie humaine de la conception à la mort naturelle".

En 2006, il signait une tribune dans Le Figaro, sur l'épineux concept de laïcité :

S"Selon des principes qui varient d'un pays à l'autre, que ce soit en France, en Italie et en Espagne - des pays dans lesquels le débat sur la laïcité est particulièrement fiévreux -, on explique normalement que l'État contemporain doit être laïc et neutre. Mais il convient de bien interpréter cette formule. Dans ses acceptions les plus communes, en effet, l'adjectif «laïc» ne signifie pas seulement «areligieux», mais il résonne parfois comme un synonyme d'«antireligieux». [...] Obliger les croyants à se comporter et si Deus non daretur [...] n'est-ce pas un prix trop élevé pour vivre en société ? Il n'est pas possible d'exclure, du moins dans les principes, que la motivation religieuse puisse être importante dans l'espace public. Il est acquis que la marginalisation de la religion dans la sphère sociale n'est pas acceptable pour les cultures non européennes. Pour ces dernières, en effet, la religion est fondamentalement un acte public. [...]

Que pourrait être alors le nouveau profil public que les circonstances historiques actuelles exigent des religions, du moins en Occident ? Avant tout, il me semble souhaitable d'affirmer la nécessité d'une sphère publique plurielle et religieusement qualifiée, dans laquelle les religions rempliraient un rôle public, bien différencié des institutions de l'État et distinct de la société civile elle-même. Le dialogue entre les grandes religions a plus que jamais besoin de cette nouvelle physionomie sociale. Il exige que le pouvoir politique, face aux religions, passe d'un comportement de tolérance passive à une attitude d'«ouverture active», qui ne réduit pas l'importance publique de la religion aux espaces accordés par l'État."

En mars 2007, il dénonçait les "pressions" exercées par l'UE sur les pays membres dans les domaines de la famille et de la bioéthique :

"Il n'est pas opportun que l'actuel parlement européen se prononce sans arrêt sur des questions telles que le mariage, la famille et la vie, exerçant de fait des pressions sur les pays de l'Union dont la sensibilité et la culture sont très diverses".

Le cardinal Scola a estimé que "sur des sujets aussi délicats" que la famille ou la bioéthique, "le principe de subsidiarité" régissant le fonctionnement de l'Europe "implique que l'on respecte les traditions de chaque peuple et que l'on évite de forcer la main à des sociétés civiles très diverses".

En avril 2007, il s'en prenait à l'UE, suite au vote d'une résolution du parlement européen condamnant "les commentaires discriminatoires formulés par des dirigeants politiques et religieux à l’égard des homosexuels", invitant les Etats membres à autoriser les gay pride. Le cardinal Angelo Scola a alors rappelé que l’Eglise respecte les personnes homosexuelles. Pour ce qui concerne le parlement européen, il a déclaré

"Il est nécessaire qu’il y ait davantage de respect pour les orientations de nos peuples".

En 2009, il justifiait de nouveau le rôle de l'Eglise dans la société :

M"L'Occident doit se décider à comprendre quel est le poids de la foi dans la vie publique de ses citoyens, il ne peut pas supprimer le problème [...] Je crois que l’on perd souvent de vue le cœur de la question: toute foi fait l’objet d’une interprétation culturelle publique. C’est un fait inévitable. D’abord parce que, pour citer Jean-Paul II, "une foi qui ne deviendrait pas culture ne serait pas pleinement accueillie, entièrement pensée, fidèlement vécue". Ensuite la foi – juive et chrétienne – venant d’un Dieu qui s’est compromis avec l’histoire, a forcément un lien avec le côté concret de la vie et de la mort, de l'amour et de la souffrance, du travail et du repos, de l'action civique. [...] Un seul exemple: si je crois que l’homme est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, j’aurai une certaine conception de la naissance et de la mort, du rapport entre l’homme et la femme, du mariage et de la famille. [...] Même si l’on respecte le rôle spécifique des fidèles laïcs dans le domaine politique, il est néanmoins évident que, si chaque fidèle, du pape jusqu’au dernier des baptisés, ne mettait pas en commun les réponses qu’il considère comme bonnes aux questions qui agitent chaque jour le cœur de l'homme, c’est-à-dire s’il n’expliquait pas les implications pratiques de sa foi, il enlèverait quelque chose aux autres. [...] Dans une telle confrontation, qui amène les chrétiens, pape et évêques compris, à dialoguer humblement mais tenacement avec tous, on voit que l’action de l’Eglise n’a pas l'hégémonie comme but, qu’elle ne cherche pas à utiliser l'idéal de la foi pour obtenir un pouvoir. Son vrai but est, suivant l’exemple de son Fondateur, d’offrir à tous la consolante espérance de la vie éternelle."

Il semble que ce soit lui qui ait soumis à Benoît XVI le projet de créer un dicastère consacré à la nouvelle évangélisation de l'Occident. Il a aussi participé à la rédaction de l'ouvrage de référence du Conseil pontifical pour la famille sur le gender.

Dans une intervention en 2011, il abordait l'intéressant sujet de la démographie, que certains osent lier au problème alimentaire :

Z"Contrairement aux visions catastrophistes, qui servent souvent de prétexte pour justifier une inertie politique dangereuse, le Pape a clairement réaffirmé "l'absence d'une relation de cause à effet entre la croissance démographique et la faim", comme le démontre également "la déplorable destruction de denrées alimentaires à des fins de profits économiques ".

Se référant directement au § 27 de Caritas in Veritate, le pape a ajouté de manière significative que "la faim ne dépend pas tant de la rareté de la matière, que d'un manque de ressources sociales, dont la plus importante est d'ordre institutionnel. C'est à dire qu'il manque un ensemble d'institutions économiques capables de garantir à la fois un accès à la nourriture et à l'eau régulier et adéquat ... et de répondre aux nécessités liés aux besoins essentiels et aux urgences de la crise alimentaire actuelle (§ 2). Il y a une «écologie humaine» à penser, avant une écologie de l'environnement, dès lors que la dégradation ou non de l'environnement est étroitement liée à «la culture qui façonne la cohabitation humaine» (§ 9).

Pour offrir un modèle alternatif à l'égoïsme, il est donc nécessaire de repenser la nature même du besoin. Trop souvent interprété comme droit exclusif au bien-être, le besoin est au contraire avant tout signe de fragilité. Dans le cas contraire, le besoin se transforme en exigence et devient source de domination. [...] L'habitabilité présente et future du monde dépend non seulement de la disponibilité des ressources, mais de l'horizon de reconnaissance mutuelle au sein de laquelle les ressources seront réparties. On peut ainsi comprendre l'insistance du Pape Benoît XVI à dire qu'il ne peut y avoir aucune véritable coopération internationale sans solidarité et subsidiarité, parce qu'aucune aide humanitaire, aucune redistribution de la richesse n'est vraiment bonne si elle n'honore / accueille l'humain qui est commun à chacun de nous."

Nommé archevêque de Milan, le plus grand diocèse d'Italie, il s'en est pris à la pièce de Castellucci, qui a fait couler tant d'encre en France :

L"«En accueillant les paroles de la metteuse en scène et directrice du théâtre Parenti de Milan, Andrée Ruth Shamma, à notre tour nous demandons que soient reconnus et respectés les sentiments de beaucoup de citoyens de Milan, et ils ne sont certes pas peu nombreux, qui voient dans le visage du Christ l'Incarnation de Dieu, la plénitude de l'humain et la raison de leur propre existence».

Justement parce que Milan est une «ville qui a toujours représenté la pensée éclairée, la religiosité élevée, le dialogue et l'ouverture», nous invitons à considérer que la liberté d'expression, comme toute liberté, possède toujours, en plus de celle personnelle, une valeur social essentielle.

Ceci doit être pris en compte en particulier par ceux qui dirigent des institutions d'importance publique (ndt: parmi lesquels le Théâtre Parent!), pour éviter qu'une exaltation unilatérale de la dimension individuelle de la liberté d'expression conduise à un «tous contre tous» idéologique qui devient alors difficile à contrôler. A cette dimension sociale de la liberté d'expression, la direction du théâtre aurait donc dû porter plus d'attention au moment de la programmation.

La prière pour exprimer son propre désaccord ne peut être accompagné d'aucun excès, même seulement verbal."

Invité en 2012 à prononcer une conférence de carême à Notre-Dame de Paris, il a abordé la doctrine sociale de l'Eglise, et notamment le sens du terme solidarité, trop souvent galvaudé :

1"Parler de manière crédible de la solidarité [...] signifie contourner deux obstacles majeurs, qui sont désormais des lieux communs du discours dominant : d’une part, la solidarité comme un terme purement rhétorique, sentimental, une invitation à « faire du bien », et, d’autre part, la solidarité comme un faux nez du capitalisme, une sorte d’étiquette destinée à maquiller un modèle économique souvent brutal, en échangeant des richesses contre des «aides humanitaires». Il est bien évident, dans un cas comme dans l’autre, qu’il ne se trouve aucune exigence éthique, et encore moins d’espérance spirituelle [...]. Les principes de la doctrine sociale de l’Église, comme le rappelle le Compendium (§ 162-163), principes au nombre desquels se trouve évidemment la solidarité, doivent toujours être compris dans leur unité, leur interaction et leur articulation. Considérer à part le seul concept de solidarité est donc déjà une erreur : c’est pour cela que le pape Benoît XVI, à la quatorzième session de l’Académie pontificale des sciences sociales, a souligné que la solidarité était indissociable de trois autres concepts fondamentaux de la doctrine sociale : le bien commun, la subsidiarité et la dignité humaine.

L’idée est en effet la suivante : pour qu’on puisse parler de solidarité, il faut reconnaître un bien social commun, qui est surtout le bien de l’être-ensemble (en commun). La solidarité est l’expression du partage de ce bien commun dans les profits et les charges sociaux. D’autre part, si nous voulons jouir de ce bien commun sans léser la dignité humaine, il convient de ne pas mépriser (de façon paternaliste) les acteurs sociaux : c’est à cela que sert la subsidiarité, qui exprime l’initiative (personnelle ou collective), fondamentale, et ne pouvant pas se réduire à la société prise dans son ensemble. La construction articulée qui en ressort est en forme de croix ; Benoît XVI a même dit : «Nous pouvons tracer les interconnections entre ces quatre principes en plaçant la dignité de la personne au point d’intersection de deux axes, un axe horizontal qui représente la « solidarité » et la « subsidiarité », et un axe vertical, qui représente le bien commun ».

Ce schéma contient donc deux axes que nous devons suivre si nous voulons abolir les lieux communs du discours sur la solidarité.

  1. sur l’axe horizontal : on ne peut pas respecter la dignité humaine (autre lieu commun) si l’on n’est pas solidaire de ceux qui sont en difficulté : mais une solidarité authentique doit respecter la liberté d’initiative des personnes. Si la subsidiarité est la garantie du droit irréductible de la personne à être un acteur et non pas un objet dans la société, la solidarité est la garantie de l’appartenance à cette société : c’est une double dimension, qu’il convient d’exprimer et de respecter si l’on veut garder à la personne humaine toute sa dignité dans les relations sociales.
  2. sur l’axe vertical : le bien commun est le bien partagé dans l’agir social, qui n’est pas directement perçu comme un bien possédé, mais qui doit être voulu et recherché : la société est maxime opus rationis, elle est principalement une œuvre de la raison. Au fondement de la société se trouve un bien personnel qui fonde et excède à la fois le bien commun : le bien commun des personnes, ainsi compris, ne s’épuise pas dans un bien historique, mais il reste ouvert en permanence comme le bien des personnes considérées en tant que telles ! De sorte qu’on ne peut pas respecter la dignité humaine dans son intégralité sans esquisser une perspective eschatologique d’achèvement de la personne et de toutes les personnes. [...]"
En décembre dernier, le cardinal Scola critiquait le laïcisme, notamment français :

2"Avec l'édit de Milan apparaissent pour la première fois dans l'histoire ces deux dimensions que nous appelons aujourd'hui "liberté de religion" et "laïcité de l'Etat". Ce sont deux aspects décisifs pour la bonne organisation de la société politique. Une confirmation intéressante de ce fait peut être trouvée dans deux enseignements importants de saint Ambroise. D'une part, l'archevêque n'a jamais hésité à appeler les chrétiens à être loyaux envers l'autorité civile, qui à son tour devait garantir aux citoyens la liberté à la fois personnelle et sociale. Etait ainsi reconnu l'horizon du bien public auquel les citoyens et les autorités sont appelés à concourir» [...]

Scola identifie ensuite plusieurs noeuds à résoudre. [...] Un deuxième point «encore plus plus complexe» est le lien entre liberté religieuse et orientation de l'État envers les communautés religieuses présentes dans la société civile. «L'évolution des Etats démocratico-libéraux n'a cessé de modifier l'équilibre sur lequel reposait traditionnellement le pouvoir politique. Jusqu'à il y a quelques décennies, on se référait en substance, et de façon explicite à des structures anthropologiques généralement reconnues, au moins dans un sens large, comme des dimensions constitutives de l'expérience religieuse: la naissance, le mariage, la génération, l'éducation, la mort» «Que s'est-il passé quand cette référence, identifiée par son origine religieuse, a été remise en question et considérée comme inutilisable? On a absolutisé en politique des procédures décisionnelles qui tendent à s'auto-justifier. Ceci est confirmé par le fait que le problème classique du jugement moral sur la loi s'est transformé de plus en plus en une question de liberté religieuse».

La question se fait pressante: l'archevêque attribue le principe théorique de l'évolution, «au modèle français de 'laïcité' (en français dans le texte), qui a semblé à la plupart des gens la réponse adéquate pour assurer la pleine liberté religieuse, en particulier pour les groupes minoritaires. Il est basé sur l'idée de l''in-différence', définie comme la "neutralité" des institutions de l'État à l'égard du phénomène religieux et cela semble à première vue comme étant adapté à construire un milieu favorable pour la liberté religieuse de tous. Il s'agit d'un concept désormais largement répandu dans la culture juridique et politique européenne dans lequel, cependant, à bien y regarder, les catégories de la liberté religieuse et de la soi-disant "neutralité" de l'Etat se chevauchent de plus en plus, au point de finir par se confondre».

Donc une "laïcité" qui a fini par devenir un modèle «mal disposé» à l'égard du phénomène religieux. Pourquoi? «Tout d'abord, l'idée même de "neutralité" s'est avérée très problématique, surtout parce qu'elle n'est pas applicable à la société civile, dont l'Etat doit toujours respecter la priorité, se limitant à la gouverner et ne prétendant pas la gérer.

Respecter la société civile implique la reconnaissance d'un fait objectif: aujourd'hui dans les sociétés civiles occidentales, en particulier en Europe, les divisions les plus profondes sont celles entre culture laïque et phénomène religieux, et non pas - comme on le pense souvent à tort - entre croyants de différentes religions. En ignorant ce fait, la juste et nécessaire a-confessionalité de l'État en est venue à dissimuler, sous l'idée de "neutralité", le soutien de l'État à une vision du monde fondée sur l'idée séculariste et sans Dieu. Mais celle-ci n'est qu'une parmi les visions culturelles qui peuplent la société plurielle. De cette manière, l'Etat soi-disant "neutre", loin d'être tel, fait sienne une culture spécifique, celle séculariste, qui à travers la législation devient culture dominante et finit par exercer un pouvoir négatif par rapport à d'autres identités, surtout celles religieuses, présentes dans la société civile, tendant à les marginaliser, sinon à les exclure du domaine public».

Une société plurielle qui subit en fait l'hégémonie d'une culture laïciste: «Sous un semblant de neutralité et d'objectivité des lois, se cache et se répand - du moins en pratique - une culture fortement marquée par une vision sécularisée de l'homme et du monde, privée d'ouverture au transcendant. Dans une société plurielle, une telle culture est légitime en soi, mais seulement comme une parmi les autres. Si toutefois l'État la fait sienne, il finit inévitablement par restreindre la liberté religieuse». [...]"

Posté le 11 mars 2013 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Le cardinal Stanislaw Rylko et la promotion du laïcat dans la vie publique

RLe cardinal polonais Stanislaw Rylko est président du Conseil pontifical pour les laïcs. A ce titre, il est intervenu plusieurs fois pour définir le rôle des laïcs au sein de l'Eglise. En 2006, le thème de la 22ème assemblée plénière du Conseil pontifical pour les laïcs était "Vers un renouveau de la paroisse".

Au cours d'une visite en Inde en février 2008, pour assister à l’assemblée plénière des évêques indiens, il a mis l’accent sur la plaie du fœticide et de l’infanticide des filles.

En juin 2008, il avait approuvé les nouveaux statuts du Chemin néo-catéchuménal, leur donnant 3 orientations particulières :

En novembre 2008, le cardinal Stanislaw Rylko analysait la situation actuelle des sociétés occidentales, caractérisée par la  «dictature du relativisme», et a dénoncé l'apparition d'un «nouvel antichristianisme» qui

"fait passer pour politiquement correct le fait de combattre les chrétiens, et en particulier les catholiques [...] celui qui veut vivre et agir en conformité avec l'Evangile du Christ doit en payer le prix, même dans les démocraties occidentales ultra-libérales [...] La prétention de créer un ‘homme nouveau', totalement déraciné de la tradition judéo-chrétienne, un ‘nouvel ordre mondial', est en train de gagner du terrain".

Le problème n'est pas d' 

"être minoritaires, mais d'être devenus délibérément marginaux, insignifiants, par manque de courage, pour avoir la paix, par médiocrité".

L' «heure du laïcat» a sonné, avait-il annoncé, celle de sa responsabilité dans les domaines multiples et variés de la vie publique : de la politique à la promotion de la vie et de la famille, du travail à l'économie, de l'éducation à la formation des jeunes.

En février 2010, il insistait sur le rôle des laïcs :

"Parmi les nombreux fruits générés par le Concile Vatican II dans la vie des fidèles laïcs, l'Exhortation apostolique Christifideles laici (Les fidèles laïcs) inclut le "nouveau style" de collaboration entre laïcs et prêtres au service de la mission de l'Eglise. En quoi consiste ce "nouveau style" ? [...] Il ne s'agit certes pas d'un nouveau "manuel du savoir-vivre ecclésiastique" à usage des prêtres et laïcs. La question doit être prise beaucoup plus au sérieux  : elle plonge ses racines dans l'ecclésiologie conciliaire, qui présente l'Église comme mystère de communion missionnaire dans lequel vaut le principe de la diversité des vocations, des offices et ministères, et de l'unité qui découle de la dignité baptismale et de la mission confiée par le Seigneur à tout le peuple de Dieu : « Allez dans le monde entier, proclamez l'Evangile à toute la création » (Mc 16, 15) (...) Le "nouveau style" de collaboration entre prêtres et laïcs implique donc que les prêtres reconnaissent l'identité propre des fidèles laïcs et valorisent de fait leur mission dans l'Église et dans le monde, en se gardant d'une part d'entretenir de la méfiance à leur égard et d'adopter des attitudes paternalistes et autoritaires dans la gérance des communautés paroissiales et, de l'autre, de favoriser une équivoque promotion du laïcat qui, ne respectant pas la vocation laïque spécifique, risque alors de devenir pour eux un alibi pour se désengager et renoncer à leurs propres devoirs pastoraux envers la communauté chrétienne. Ce « nouveau style » demande aux laïcs, pour leur part, un sens vif d'appartenance ecclésiale ainsi que la conscience de leur propre co-responsabilité et de leur participation nécessaire à la vie et à la mission de l'Eglise ; et pour cela, de sortir de leur indifférence, en évitant, toutefois, ou un repliement excessif sur les affaires intra ecclésiales au détriment de la mission, ou le piège dangereux d'une certaine mentalité hostile à l'institution ecclésiale et contaminée par la logique du monde de la lutte pour le pouvoir, ou encore un corporatisme agressif et contestataire vis-à-vis du Magistère ecclésial. Facteur décisif pour le réveil missionnaire de tout le peuple de Dieu dans un monde où se propagent laïcisme et néo-paganisme et où Dieu est chaque jour davantage le Grand Exclu, le "nouveau style" de collaboration entre Pasteurs et laïcs inauguré par le Concile Vatican II se présente toujours comme un but à atteindre et vers lequel tendre ensemble, et souvent comme un véritable défi à saisir. Mais « il n'est permis à personne de rester sans rien faire », écrivait Jean-Paul II. Chacun doit jouer son rôle : prêtres et laïcs".

En octobre 2010, lors de la présentation des JMJ de Madrid de 2011, il déclarait :

"le Pape insiste beaucoup sur le fait que les JMJ ne doivent pas être réduites à un moment de fête. La préparation de ce grand événement et sa continuité nécessaire dans la pastorale ordinaire en font partie intégrante et décisive. La fête, l'évènement en lui-même, agit comme une sorte de catalyseur qui facilite un processus éducatif déjà en cours. C'est pourquoi, Benoît XVI voit dans ces JMJ une réponse prophétique à la priorité éducative du monde post-moderne". "les Journées mondiales de la jeunesse sont une proposition claire d'approche du Christ et de son Eglise pour toute la société espagnole... En continuant de montrer la beauté de la foi, de nombreux jeunes et moins jeunes découvriront ou redécouvriront l'orgueil et le privilège immérité d'être catholiques et la responsabilité que nous avons de transformer notre monde en un lieu meilleur pour tous".

En juin 2011, il précisait :

"Chaque JMJ est une expérience extraordinaire pour une Eglise amie des jeunes. Participant à leurs problèmes, elle se met au service des nouvelles générations. Cette expérience unique de l'Eglise universelle montre sa jeunesse, son enthousiasme et son élan missionnaire. Il s'agit d'une épiphanie de la foi de dimension planétaire. Tout spécialement dans notre vieille Europe sécularisée, les jeunes ont besoin de cela".

Posté le 11 mars 2013 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

10 mars 2013

Conclave : 7 façons de se tromper

Article intéressant de Jean-Marie Guénois pour ceux qui font des pronostics.

Posté le 10 mars 2013 à 12h32 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Le cardinal Malcom Ranjith, le liturgiste qui veut faire obéir les évêques

Poursuivons notre tour d'horizon cardinalice avec un cardinal sri-lankais, monseigneur Malcom Ranjith Patabendig, archevêque de Colombo, ancien secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, qui déclarait en 2006 :

R"Je crois que la réforme liturgique de Vatican II n’a jamais décollé. D’ailleurs, cette réforme ne date pas de Vatican II : elle a en réalité précédé le Concile, elle est née avec le mouvement liturgique au début du XXe siècle. Si l’on s’en tient au décret Sacrosanctum Concilium de Vatican II, il s’agissait de faire de la liturgie la voie d’accès à la foi, et les changements en la matière devaient émerger de manière organique, en tenant compte de la tradition, et non de manière précipitée. Il y eut de nombreuses dérives, qui ont fait perdre de vue le véritable sens de la liturgie. On peut dire que l’orientation de la prière liturgique dans la réforme postconciliaire n’a pas été toujours le reflet des textes de Vatican II, et en ce sens, on peut parler d’une correction nécessaire, d’une réforme dans la réforme."

"Aujourd’hui, les problèmes de la liturgie tournent autour de la langue (vernaculaire ou latin), et de la position du prêtre, tourné vers l’assistance ou tourné vers Dieu. Je vais vous surprendre [il s'agit du journaliste de La Croix.] : nulle part, dans le décret conciliaire, on n’indique qu’il faut que le prêtre désormais se tourne vers l’assistance, ni qu’il est interdit d’utiliser le latin ! Si l’usage de la langue courante est consenti, notamment pour la liturgie de la Parole, le décret précise bien que l’usage de la langue latine sera conservé dans le rite latin. Sur ces sujets, nous attendons que le pape nous donne ses indications."

En 2006, il annonçait des mesures en faveur de la liturgie, indiquant que Benoît XVI allait "prendre des mesures pour nous indiquer avec quel sérieux nous devons célébrer la liturgie". La réforme des liturgies pontificales nous en a donné ensuite l'exemple. Il précisait par ailleurs que la forme latine de la messe célébrée face à Dieu était la forme "normale" (ordinaire ou extraordinaire) de la messe.

En 2007, il s'en prenait aux évêques qui désobéissent au Pape :

"On remarque que dans quelques pays ou diocèses, des règles qui pratiquement annulent ou déforment l'intention du Pape, ont émanées des Évêques. Un tel comportement n'est pas concevable avec la dignité et la noblesse de la vocation des pasteurs de l'Église".

De même à propos du Motu Proprio Summorum Pontificum :

M"Il y a eu critiques et prises de positions contraires. Franchement, je ne comprends pas ces manières d'éloigner et pourquoi pas même, de rébellion au Pape. J'invite tous, surtout les Pasteurs, à obéir au Pape, qui est le Successeur de Pierre. Les Evêques, en particulier, ont juré fidélité au Saint-Père : qu'ils soient cohérents et fidèles à leur engagement.

Vous savez bien que, de la part de certains diocèses, il y a même eu des documents interprétant [le Motu Proprio], qui visent de manière inexpliquée à limiter le Motu proprio du Pape. Derrière ces actions se cachent d'une part des préjugés de type idéologique et d'autre part, l'orgueil, un des péchés les plus graves. Je répète : j'invite tous à obéir au Pape. Si le Saint-Père a retenu de devoir émettre le Motu Proprio, il a eu ses raisons que je partage pleinement."

"Je suis opposé aux bals et applaudissements dans le cours des Messes, qui ne sont ni un cirque, si un stade."

"J'invite les prêtres, les Evêques et Cardinaux à l'obéissance, laissant de côté tout type d'orgueil ou de préjugé".

En 2008, il s'opposait à la réception de la communion dans la main, que n'a jamais voulu la constitution du Concile Vatican II "Sacrosanctum Concilium". Et en 2010, de retour (triomphal) au Sri-Lanka, il précisait sur le même sujet :

"La Très Sainte Eucharistie doit être administrée avec le plus grand soin et le plus grand respect, et ce uniquement par ceux qui sont autorisés à le faire. Tous les ministres, habituels comme extraordinaires, doivent être revêtus des ornements liturgiques corrects. Je recommande à tous les fidèles, y compris aux religieux, de communier avec respect, à genoux et sur la langue. La pratique de l'auto-communion est interdite et je demanderais humblement à tout prêtre qui la permettrait de suspendre immédiatement cette pratique."

Ancien sous-secrétaire de la Congrégation pour l'évangélisation des peuples avant d'être nommé nonce en Indonésie et au Timor-Oriental, puis secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements jusqu'en 2009 aux côtés du cardinal Cañizares, Mgr Ranjith connaît bien la curie, tout en ayant été un évêque de terrain (il fut interrogé par L'Homme nouveau sur l'état florissant de l'Eglise du Sri-Lanka), un pasteur qui sait se rendre disponible à tous. Droit sur le dogme, liturgiste passionné, coeur généreux et attendrissant, représentant de l'Eglise du tiers monde, ratzingérien «pur jus», l'un de ceux que l'on considérait comme mousquetaire de Benoît XVI, Mgr Ranjith est ce qu'on appelle un "homme fort". Récemment, il considérait Benoît XVI comme son "grand-père dans la foi".

Posté le 10 mars 2013 à 11h38 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (24)

Le cardinal Peter Erdo, défenseur de la liberté des chrétiens

Le cardinal Peter Erdo, archevêque d'Eszergom-Budapest, président du CCEE (Conseil des Conférences épiscopales d’Europe), est l'unique cardinal hongrois. Il est apparu la première fois dans un post du Salon Beige en 2008, lors du synode sur la parole de Dieu. Il avait mis en garde contre certaines interprétations de l'Ecriture :

E"Il est absolument nécessaire qu'une juste interprétation soit faite par l'Eglise au moment même de la première rencontre avec la Parole de Dieu. Les risques d'une interprétation arbitraire sont particulièrement élevés dans un environnement culturel comme le nôtre où les catégories élémentaires de la recherche de la vérité historique semblent avoir moins d'importance. Les publications plus sensationnelles que scientifiques peuvent générer une grande confusion dans l'esprit des fidèles et parfois aussi des prêtres. Le risque le plus grand ne réside pas dans le fait que certains ne sachent pas quel crédit accorder à un texte apocryphe comme par exemple l'évangile de Judas, mais plutôt dans ce que beaucoup n'ont aucune idée sur la façon de distinguer les sources crédibles de celles qui ne le sont pas dans l'histoire de Jésus-Christ. De plus, il semble que, pour beaucoup, il n'est pas important de rechercher quelle a été la véritable histoire parce qu'ils raisonnent de façon subjective et donc subjectiviste sur l'histoire".

Nous l'avons retrouvé en France en 2009, lors de la visite d'une délégation du Conseil des conférences épiscopales d'Europe, qu'il présidait, à Nicolas Sarkozy, à qui il avait remis un exemplaire de l'encyclique Caritas in veritate, dédicacée par Benoît XVI. Le même mois, il béatifiait à Budapest le premier religieux victime des persécutions staliniennes.

En septembre 2012, il lançait un appel à la liberté religieuse des chrétiens, y compris en Europe :

"Aujourd’hui, tous les spécialistes qui étudient la situation de la liberté religieuse dans le monde sont d’accord pour affirmer que les chrétiens sont les plus persécutés à cause de leur foi. Ceci nous préoccupe énormément. Il n’existe pas une véritable sécurité et une véritable solidarité lorsque n’est pas présent le plein respect du droit à la liberté religieuse (...) [En pensant à] tous les chrétiens qui sont persécutés dans différentes parties du monde, Votre situation difficile nous est connue et nous ne vous oublierons jamais ! (...)

Dans le même temps, nous demandons aux gouvernements démocratiques et à l’Union européenne, qui ont démontré tant de fois leur engagement en faveur de la défense des droits de l’homme, d’être plus exigeants envers les gouvernements des pays où la liberté religieuse n’est pas respectée. Le fait qu’en Europe aujourd’hui ne se présentent pas souvent des cas aussi éclatants de persécutions ne doit cependant pas nous faire oublier qu’ici aussi, l’environnement social n’est pas exempt de problèmes. Il suffit de parcourir les faits mentionnés par l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe pour être déconcertés du nombre de cas présents en Europe de personnes discriminées, de manière voilée ou évidente, sur leurs lieux de travail ou dans les différents milieux de la vie sociale seulement parce qu’elles sont chrétiennes (...)

l’influence d’une certaine attitude anti-chrétienne se diffuse systématiquement dans les moyens de communication sociale, dans les manuels scolaires ou dans l’opinion publique… Dans tous ces cas, la foi chrétienne ou l’Eglise sont souvent traitées de manière injuste et uninformative. Il est en outre préoccupant de constater comment dans le cadre des réseaux sociaux, les pages ayant des contenus chrétiens sont souvent systématiquement exclues ou censurées. Nous ne pouvons nous taire face aux attaques portées contre la liberté religieuse, où qu’elles interviennent (...)».

En octobre 2012, il avait dénoncé les calomnies des médias, lors du synode sur la nouvelle évangélisation :

"L’Europe doit être évangélisée. Elle en a besoin. Deux Assemblées spéciales du Synode des Évêques ont déjà été consacrées au thème de l’Europe. La première après la chute du mur de Berlin, dans un climat d’enthousiasme. La seconde en 1999, à l’aube du Grand Jubilé. Les fruits de cette dernière ont été résumés dans l’Exhortation apostolique “Ecclesia in Europa” du Bienheureux Jean Paul II. Presque 13 années se sont écoulées depuis. Les espérances se sont-elles réalisées? Les problèmes se sont-ils résolus ou au contraire aggravés ?

Parmi les éléments d’inquiétude, le grand Pontife mentionnait la “disparition de la mémoire de l’hérédité chrétienne” (Ecclesia in Europa, 7). Ce processus est devenu encore plus évident ces dernières années. Malgré beaucoup d’expériences heureuses, dans la plus large partie du continent, c’est l’ignorance à propos de la foi chrétienne qui se répand. Beaucoup de mass-médias divulguent une présentation de la foi chrétienne et de l’histoire parfois débordante de calomnies, désinformant le public aussi bien sur le contenu de notre foi qu’à propos de la réalité de notre Église. [...]

La déchristianisation s’accompagne d’attaques juridiques répétées, et parfois physiques, contre la présence visible des manifestations de la foi. Parmi les signes préoccupants de l’hostilité systématique, l’Observatoire européen de la christianophobie a pris acte de beaucoup de cas de discrimination et de violence contre les chrétiens dans presque tous les pays européens. Il n’est pas non plus rare que les tribunaux refusent l’aide aux victimes chrétiennes de ces attaques. L’écrasante majorité des cas de violence et de discrimination pour appartenance religieuse a lieu en Europe contre les chrétiens, surtout les catholiques. [...]"

Posté le 10 mars 2013 à 07h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

09 mars 2013

Mardi 12 mars : messe Pro Eligendo Romano Pontifice, place St. Pierre à 10h

La neuvième congrégation générale s'est déroulée ce matin et il a été question du transfert des électeurs à la Domus Sanctae Marthae. A majorité, le collège électeur a décidé de s'y rendre à partir de 7 h le matin même de l'entrée en conclave. Les logements des cardinaux seront tirés au sort. Ensuite les cardinaux célébreront mardi autour du doyen la messe Pro Eligendo Romano Pontifice, Place St. Pierre à 10h.

Ce matin 17 cardinaux sont intervenus pour évoquer le profil idéal du futur Pape, l'avenir de l'Eglise de par le monde. Il y a eu à ce jour 133 interventions et avec la congrégation de lundi matin prochain, on parviendra à 150 probablement. La réunion a permis également de fixer les horaires du conclave. Mardi prochain, les cardinaux électeurs quitteront la Domus à 15h44 pour gagner dans le palais pontifical la Chapelle Pauline. Après un temps de prière, ils gagneront à 16h30 la Chapelle Sixtine où il procéderont au serment du secret. Après le Extra Omnes, les électeurs restés seuls dans la chapelle écouteront la méditation du Cardinal Grech, puis procéderont au premier scrutin. Après vêpres, ils regagneront leur résidence à 19h30.

Le lendemain 13 mars, ils reprendront à 7h45 le chemin du palais où, dans la Chapelle Pauline, ils entendront la messe, avant d'entrer dans la Sixtine à 9h30. Après tierce, les électeurs voteront. Après avoir déjeuné à Ste. Marthe, ils rentreront à nouveau dans la Chapelle Sixtine à 16 h et procéderont à un scrutin jusqu'à 19 h.

Les fumées suivant les votes sont prévues en fin de matinée et en fin d'aprés-midi, vers 12 h et vers 19 h. Si l'élection survenait lors d'un scrutin intermédiaire, la fumée blanche sortirait en milieu de matinée ou en milieu d'après-midi.

Demain dimanche, la plupart des cardinaux titulaires d'églises romaines rejoindront les communautés de fidèles pour la messe et pour prier en faveur de l'élection pontificale.

Posté le 9 mars 2013 à 23h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

Qui saura réformer la curie ?

Lu sur Riposte catholique :

"la “gouvernance” de l’Église et la réforme de la Curie sont au centre des discussions des congrégations générales et seront au centre des travaux du conclave. La seule question à laquelle personne ne peut encore répondre, ni les cardinaux ni les journalistes, c’est quel est le cardinal qui saura, voudra et pourra, comme Pape, mener cette réforme… Sur le choix, les avis divergent, mais le conclave n’est pas encore ouvert, les congrégations générales se poursuivent, pour ne rien dire des colloques des cardinaux entre eux… Work in Progress comme on dit aux États-Unis !

[...] Allen signale, par exemple, le sentiment exprimé par certains cardinaux : si Benoît XVI avait pu bénéficier d’un meilleur soutien “administratif” (entendons curial…), peut-être ne se serait-il pas senti obligé d’abdiquer… Mardi, un autre cardinal, toujours sous couvert d’anonymat, confiait à Allen qu’il était intervenu lors des congrégations générales et avait demandé si les cardinaux avaient fait tout leur possible pour aider Benoît XVI… En clair, pour coordonner les efforts des ratzinguériens de la Curie ! Une interrogation que se posent de nombreux cardinaux “résidentiels”, ceux qui ne sont pas à demeure au Vatican, dès lors qu’arrivant à Rome ils y furent “salués” par l’explosion de la campagne médiatique sur le “réseau homosexuel” du Vatican qui serait dans le rapport dans trois cardinaux chargés d’enquêter sur l’affaire des fuites, le Vatileaks… De quoi refroidir les plus belles ardeurs. Il faut comprendre que ce monde d’embrouilles et de ragots, d’enfumages et de règlements de compte, de croche-pieds et de savonnage de planche qui est souvent le quotidien romain ne se passe plus en vase clos, mais est immédiatement connu aux quatre coins de la planète comme le serait la chute de la bourse de Tokyo ou l’attribution de l’Oscar du meilleur acteur… Et se mettre à la place d’un cardinal archevêque d’une grande Église locale à New York, Manille, Sydney ou Lyon, voire de l’évêque d’un diocèse plus modeste, apprenant par la presse une “grosse affaire” romaine et pressé par les médias locaux de la commenter sur le champ alors qu’il en est à peu près totalement ignorant… On comprend dès lors que le mot d’ordre des cardinaux “résidentiels” électeurs soit la réforme de la Curie romaine…

Mais qu’entendre exactement par « réforme de la Curie romaine » ? Allen croit pouvoir la synthétiser en trois points que j’ai traduits :

Transparence. En interne, [les partisans de la réforme] veulent une Curie qui soit plus transparente sur la logique de ses décisions et sur ceux qui les prennent. En externe, ils attendent du Vatican [le mot Saint-Siège serait plus approprié] un meilleur travail de communication vis-à-vis du monde extérieur, un peu plus de jugeote sur la manière de s’adresser aux médias.

Responsabilité. Les cardinaux veulent que la bonne personne soit à la bonne place, et qu’elle soit tenue pour responsable en cas de mauvais résultats. (En privé beaucoup de cardinaux admettent que ce n’était pas le point fort de Benoît XVI, notant qu’il a maintenu son secrétaire d’État, le cardinal Tarcisio Bertone, alors que depuis longtemps nombre d’entre eux étaient convaincus qu’il avait dépassé sa date de péremption).

Modernisation. Les cardinaux veulent une Curie qui soit plus en harmonie avec les critères de gestion des affaires du XXIe siècle, ce qui comprend la capacité de gérer les affaires en temps opportun. Le cardinal Francis George [archevêque] de Chicago avait par exemple déclaré à NCR lors d’un entretien que l’Église ne pouvait plus se permettre sa traditionnelle allure de tortue parce qu’on est devenu « moins patient et que le monde avance plus vit qu’autrefois ».

Posté le 9 mars 2013 à 10h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

La chapelle Sixtine version conclave

Luoghi-conclave
source.

Posté le 9 mars 2013 à 10h15 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Le cardinal Antonio Cañizares, le "petit Ratzinger"

CToujours avec les archives du Salon Beige, je vous propose aujourd'hui le portrait du cardinal espagnol Antonio Canizares, surnommé le "petit Ratzinger".

En mai 2009, il avait provoqué un certain émoi médiatique en Espagne pour avoir osé suggéré que l'avortement est pire que les abus sexuels. De fait : il n'y a rien de pire que le crime abominable de l'avortement.

En juillet 2009, il a rappelé aux évêques américains leurs responsabilités face aux politiciens catholiques pro-avortement, comme la possibilité de leur refuser la communion. Il a expliqué que, selon l'enseignement de l'Eglise, ceux qui insistent pour recevoir la communion alors qu'ils sont dans un état de péché sérieux sont dans un danger spirituel grave, et le refus de la communion est signifié pour le salut spirituel de la personne. 

"je pense que les mots les plus forts sont trouvés à St Paul : un qui va à l'eucharistie et n'est pas correctement préparé, dûment préparé, «il mange sa propre condamnation». C'est la chose la plus forte que nous pouvons dire et ce qui est le rapport le plus véridique." 

"Quand [les politiciens] approuvent des lois contre la vie, en faveur de l'avortement ou de l'euthanasie, les prêtres et les évêques devraient dire ceci." 

"Ce principe, caritas in veritate, devrait être le principe employé, d'abord par des politiciens quand ils viennent à la communion, et en second lieu ce devrait être la règle pour des évêques quand ils décident s'ils peuvent donner ou refuser la communion."

Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, il a célébré plusieurs fois la forme extraordinaire du rite romain, dont une fois en la basilique St Pierre de Rome. Il a aussi procédé à des ordinations à la Fraternité Saint-Pierre.

Posté le 9 mars 2013 à 07h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

08 mars 2013

La date d'ouverture du conclave pourrait être annoncée ce soir

C'est ce qu'a déclaré le père Lombardi, porte-parole du Saint-Siège. La date serait arrêtée lors de la congrégation générale de cette après-midi. Probablement entre le 11 et le 13 mars prochain.

153 Cardinaux ont pris part ce matin à la septième congrégation générale, qui s'est ouverte par le constat et l'acceptation de la renonciation de deux Cardinaux électeurs à leur droit de vote, le Cardinal Juilius Riyadi Darmaatmadja, Archevêque émérite de Jakarta (Indonésie) pour raisons de santé, et le Cardinal Edward Frederick O'Brien, ex Archevêque d'Edinburgh (Ecosse/GB) pour raisons personnelles.

Ensuite le Cardinal Doyen a distribué à l'assemblée l'article 38 de Universi Dominici Gregis récemment modifié par Benoît XVI qui autorise le Collège cardinalice à anticiper la date d'entrée en conclave avant le quinzième jours de la vacance du siège apostolique, avec la faculté de la retarder de quelques jours pour motifs graves. Le collège électeur est donc désormais en mesure de fixer cette date.

Les cardinaux ont commenté l'initiative de prière mondiale web lancée par Adopte un Cardinal, à laquelle ont déjà adhéré 220000 fidèles ayant reçu sans le choisir le nom d'un électeur ou non électeur pour qui prier ces jours-ci. Cette congrégation générale a permis 18 nouvelles interventions, ayant touché au dialogue inter-religieux et à la culture, à la bioéthique et à la justice dans le monde. L'importance de la collégialité et d'une annonce positive de l'Evangile ont été rappelés, ainsi que de la place de la femme dans l'Eglise. A ce jour une centaine de Cardinaux a pris la parole, les autres étant inscrits pour les prochaines sessions.

Posté le 8 mars 2013 à 14h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Le cardinal Angelo Bagnasco, primat de l'Eglise italienne

BPoursuivons le tour d'horizon des cardinaux avec un Italien cette fois, le premier d'entre eux puisqu'il est le président de la conférence épiscopale d'Italie (choisi directement par le pape) : le cardinal Angelo Bagnasco. Successeur du cardinal Ruini, l'archevêque de Gênes n'a pas la langue dans sa poche, au point d'avoir été maintes fois l'objet de menaces, qui ont entrainé sa protection rapprochée.

En mars 2007, à quelques heures d'une manifestation à Rome en faveur de la reconnaissance des unions civiles, il déclarait :

"La famille, et c'est ce que dit aussi la constitution italienne, est fondée sur le mariage entre un homme et une femme. C'est une valeur qui a traversé les millénaires et les cultures aux quatre coins du monde. Quand le concept de la vie est en jeu, sa défense de la naissance à la mort ; le concept de famille fondée sur le mariage ; la justice ; la paix : ce sont des choses qui touchent à la personne et qui ne sont pas accessoires. Et pour cette raison, selon nous, elles ne peuvent pas être discutables, car c'est la dignité et la valeur de la personne qui sont en jeu". "[S]ur certains points nous ne pouvons pas faillir: ce serait trahir l'homme. Nous n'avons aucune intention d'ingérence, d'intérêt ou d'hégémonie. Nous parlons de la valeur de l'être humain, et sur ce terrain l'Eglise a beaucoup à dire".

Récemment, il a réagi au vote en première lecture du projet de loi Taubira.

«de nombreux pays européens qui ont déjà adopté des lois erronées sur la vie, la famille, la liberté, démontrent qu'elles ne les acquièrent pas en termes de civilisation plus humaine et solidaire, mais au contraire plus individualiste et plus régressive».

Diplômé en philosophie et en théologie, avec la spécialisation «métaphysique et athéisme contemporain», il dénonce aussi le laïcisme :

"La laïcité, c’est l’autonomie de la sphère civile et politique par rapport à la sphère religieuse, mais pas par rapport à la sphère morale".

Il s'en est également pris à la presse :

"[Même si] résumer une encyclique en un article est difficile, on ne peut accepter les ‘précompréhensions' de la part des médias".

"Il n'existe aucune forme et volonté d'ingérences dans les choses publiques. Les évêques exercent tout simplement leur magistère sur des thèmes d'éthique. Pour comprendre cela, il faut que les faits soient rapportés de manière sereine et objective". 

Ce qui l'a conduit à défendre le pape, ici en 2009 sur l'affaire du préservatif en Afrique :

"Nous n'accepterons pas que le pape fasse l'objet de moqueries et d'offenses sur les médias ou ailleurs. Il représente pour tous une autorité morale que ce voyage a fait davantage apprécier encore". [...] "Ce n'est pas un hasard si les médias africains n'ont porté aucun intérêt particulier si ce n'est pour l'insistance pleine de préjugés des agences internationales et pour les déclarations de certains hommes politiques européens".

Il a aussi vivement rappelé les principes non négociables, qui doivent être à la base du discernement politique. L'archevêque de Gênes a souligné en 2008 la nécessité de faire face avec détermination et clarté d'intentions au

"danger d'options politiques et législatives en contradiction avec des valeurs fondamentales et des principes anthropologiques et éthiques enracinés dans la nature de l'être humain".

Le président de la CEI a rappelé l'appel du pape concernant

A"la défense de la vie humaine dans toutes ses étapes, de la conception à la mort naturelle, et la promotion de la famille fondée sur le mariage, refusant d'introduire dans la législation publique d'autres formes d'union qui contribueraient à la déstabiliser, en occultant son caractère particulier et son rôle social irremplaçable. C'est à la lumière de telles valeurs fondamentales que chaque personne est appelée à exercer son discernement, car il s'agit de valeurs qui constituent depuis toujours l'être même de la personne humaine [...] il n'y a pas de quoi s'étonner ou être scandalisé si l'Eglise réaffirme les valeurs morales qui jaillissent de la foi chrétienne, et que la raison, qui ne cesse d'enquêter sur ce qu'est l'homme, - selon l'expérience universelle - découvre souvent elle-même. Ce sont ces valeurs qui ont inspiré l'histoire de notre peuple, sa civilisation, ses horizons d'ouverture et de cohésion. [...] l'Eglise apprécie le grand bien de la raison [et la défend] aussi bien de toute prétention rationaliste qui tendrait à réduire les horizons, que de la prétention de certains fidéismes qui refusent de se donner la peine de penser".

"le Saint Synode mettait l'accent sur une série de dangers, que nous qualifierions aujourd'hui de non négociables, dans la mesure où ils minent le bien constitutif de la personne, soit tout ce qui porte atteinte à la vie même, comme toute sorte d'homicides, le génocide, l'avortement, l'euthanasie, voire le suicide. Dans cette même ligne, le Concile a longuement parlé du bien fondamental et inégalable de la famille fondée sur le mariage entre un homme et une femme. Tout comme il a parlé de l'éducation et de son extrême importance, et de la liberté que celle-ci suppose, consacrant à ce thème tout un document : la déclaration Gravissimum educationis. Vraiment, il n'y a absolument rien d'improvisé dans ce que l'Eglise aujourd'hui rappelle aux hommes et aux femmes de bonne volonté".

Sur l'éducation, le cardinal Bagnasco a invité les adultes à être des « témoins crédibles », des « points de référence » pour que les jeunes puissent regarder l'avenir « avec confiance » (...)

1« Le problème fondamental des jeunes, ce sont les adultes, c'est nous [...] il est nécessaire d'avoir des critères éducatifs clairs, solides, qui aillent si besoin à contre-courant, contre les modes dominantes [...] Il est possible d'éduquer, nous ne devons pas baisser les bras, parce que ce sont les jeunes eux-mêmes qui nous demandent cette aide à nous, adultes ». « Dans une culture fortement marquée par le relativisme et l'individualisme, on vit dans une atmosphère où l'unité de la personne s'est perdue ». « Actuellement, entre le broyage, la division de la personne et donc de la société, personne ne vit bien ».

Et il s'est opposé à l'enseignement de l'islam à l'école :

"L'heure de religion catholique se justifie par le fait qu'elle fait partie de notre histoire et de notre culture. La connaissance du fait religieux catholique est indispensable pour la compréhension de notre culture. Il ne ne me semble pas que l'heure de religion envisagée (par le gouvernement pour la religion musulmane) corresponde à cette motivation raisonnable et reconnue".

Sur l'immigration, lors de l'assemblée générale de la Conférence épiscopale italienne de 2009, Mgr Bagnasco a expliqué que, l'immigration doit être gouvernée, autrement «on finit par la subir». Le cardinal indique deux voies à suivre : celle de la coopération internationale, qui «doit devenir un repère transversal de la politique italienne et même européenne», et celle du processus d'intégration. Il convient en effet d'éviter la formation d'enclaves d'ethniques, en conjurant les micro-conflits répandus dans notre territoire :

"Prenons garde à ne pas sous-estimer les signaux d'alarme qui ici et là ont été enregistrés dans le Pays".

Intégration ne signifie pas «juxtaposition d'ethnies qui ne dialoguent pas», il faut au contraire

"que se déclenchent les mécanismes d'une cohabitation, qui, à partir de l'identité séculaire de notre peuple, se construise non pas sur la base de modalités auto-rérérentielles et d'opposition" [mais devienne capable] de rencontrer d'autres identités".

Il a qualifié la crise démographique de catastrophe culturelle :

2"Il peut paraître étrange de parler du rapport entre la démographie et la démocratie, mais il faut quand même reconnaître que l'équilibre démographique n'est pas seulement nécessaire à la survie physique d'une communauté – sans enfants il n'y a pas d'avenir ! – mais qu'il est la condition pour cette alliance entre les générations qui est essentielle à une dialectique démocratique normale. C'est pourquoi l'Eglise, depuis longtemps, dit qu'en Occident, derrière la baisse démographique se trouve une grave catastrophe culturelle. Je ne vais en souligner qu'un aspect.

Le manque d'enfants n'annonce pas seulement un avenir automnal : dès maintenant il a créé un déséquilibre entre les générations, il est la cause d'une pauvreté éducative, pas seulement parce que nous autres adultes, nous soustrayons à notre charge éducative, mais aussi parce que nous ne sommes plus éduqués nous-mêmes. Les enfants et les jeunes, en effet, nous obligent à nous remettre en question ; ils nous obligent à sortir de nous-mêmes alors que l'âge et les infirmités nous incitent à nous replier sur nos propres besoins immédiats. Ce ne sont pas seulement les parents qui, ayant des enfants, doivent changer leur manière de voir l'avenir et leur style, et doivent aussi penser et s'organiser en fonction des différents âges de leurs enfants. C'est la société dans son ensemble qui doit se penser et s'organiser en ce sens. [...]"

Face à la crise économique, il a lancé une initiative pour aider les familles.

Sur la pédophilie,

"nous devons tous nous interroger, en rejetant désormais tout faux-fuyant, à propos d’une culture qui, de nos jours, règne incontestée et favorisée, et qui tend progressivement à effilocher le tissu conjonctif de toute la société, en se moquant, le cas échéant, de ceux qui résistent et tentent de s’opposer : c’est l’attitude de ceux qui cultivent une autonomie absolue vis-à-vis des critères du jugement moral et qui propagent comme bons et séduisants des comportements inspirés de désirs individuels et d’instincts parfois effrénés. Mais l’exacerbation de la sexualité détachée de son sens anthropologique, l’hédonisme à tout va et le relativisme qui n’admet ni barrières ni sursauts font beaucoup de mal parce qu’ils sont spécieux et parfois, sans que l’on s’en rende compte, omniprésents."

En 2010, il rappela avant des élections, le critère des principes non négociables. Avec succès.

Sur l'attitude de certains politiciens,

4"Nous dénonçons des styles de vie difficilement compatibles avec la dignité humaine, le respect des institutions et de la vie publique. Nous sommes mortifiés de devoir prendre acte de comportements intrinsèquement tristes et vains. Qui choisit de s'engager dans la vie politique doit être conscient de la mesure, de la discipline et du sens de l'honneur que cela implique."

Et il a engagé, à plusieurs reprise, les laïcs à s'investir : 

"Il faut s'engager encore plus largement partout où le monde contemporain affronte des questions inédites et décisives comme la conception de la personne, l'existence et le fondement des valeurs universelles, la défense et la promotion de la vie, dès sa conception à sa fin naturelle, la liberté de l'éducation, l'importance incomparable de la famille fondée sur le mariage".

Dans une récente homélie pour les élus, il leur a dit :

"La dimension politique, inspirée par un cadre éthique fort, est un élément incontournable de la vie de tout pays et de la démocratie ; et nous devons honorer ceux qui - ils sont nombreux - font leur devoir dans un esprit de service authentique, en se prodiguant, non pour des intérêts personnels ou partisans, mais pour la justice qui assure à tous et à chacun les conditions de réalisation du bien. Notre peuple regarde aujourd’hui le monde politique avec une exigence légitime ; que ce regard soit toujours plus exigeant et jamais résigné. [...] L’évangile que nous avons écouté raconte précisément la naissance du Précurseur et en dessine la mission : ramener les cœurs des pères vers leurs fils ! En général, on dit que les fils doivent aller vers leurs pères, vers leur sagesse. Mais ici, c’est le contraire ! Les fils, en effet, doivent voir dans leurs pères, dans les adultes, dans la société, non pas leurs propres intempérances naturelles, leurs incertitudes ou les égarements propres aux années de jeunesse. Mais ils veulent reconnaître des points de références vrais, et non pas les aventures inconsidérées ou des élans vers des modes de pensée dénués de critères, qui ne les aident pas à grandir pour affronter la merveilleuse, mais sérieuse, aventure de la vie. Voici alors la parole évangélique : les anciens s’étaient détournés de la véritable attente du Messie, ils l’attendaient comme un vainqueur glorieux et non pas comme celui qui allait sauver son peuple en livrant sa propre vie. Oui, le cœur des pères devaient retourner vers leur fils, vers les jeunes qui ne cherchent pas des illusions mais la vérité des choses qui comptent, celles que nos parents ont vécues dans la dignité et dans un esprit de sacrifice, avec honneur et fierté, en des temps difficiles et incertains, pauvres matériellement, mais riches d’espérance. S’éloigner de la voie de ces pères signifie faire illusion, condamner au malheur les générations futures, construire une société d’apparences, un peuple sans âme parce que privé de valeurs belles, même si elles sont sévères. Ce serait une trop grande responsabilité. [...]"

Sur la persécution des chrétiens au Moyen-Orient :

"il apparaît désormais clairement que tout a été déclenché parce que les chrétiens font actuellement œuvre de promotion humaine auprès de ceux qui, dans ces régions, se trouvent au bas de l'échelle sociale, une initiative jugée déstabilisante pour un certain équilibre social et de pouvoir". "les actes de violence se sont succédé pendant des semaines, au mépris des lois, dans l'impunité des coupables, dans la désinformation de la presse nationale, dans l'embarras des hommes politiques locaux et presque dans le silence de la communauté internationale". 

Le cardinal Bagnasco a insisté sur les risques qui paraissent également toucher l'Europe, relevant

"un certain détachement entre la religion et la raison, la deuxième reléguant la première à la sphère exclusive des sentiments, et une séparation entre la religion et la vie publique. On a là une dérivation conceptuelle entre la pratique désinvolte du relativisme, les excès antireligieux et antichrétiens et la régression culturelle et éthique des sociétés".

En Europe aussi, la persécution se fait sentir :

«une lente et sourde marginalisation du christianisme, où les discriminations apparaissent parfois de manière évidentes mais aussi sous forme silencieuse en étouffant les libertés fondamentales». «Marginaliser des symboles, isoler des contenus, dénigrer des personnes, est une arme pour induire au conformisme, pour calmer les positions qui dérangent, c’est troubler les sujets porteurs d’un témoignage en faveur de valeurs auxquelles ils croient librement».

Posté le 8 mars 2013 à 12h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)

Conclave : les cardinaux qui voulaient du temps ont gagné

De Jean-Marie Guénois :

"[A] l'intérieur du préconclave, les confrontations n'ont rien d'une promenade de santé. La liste des «demandes de prises de parole» s'allonge, car les 152 cardinaux réunis doivent s'inscrire pour parler à tour de rôle. La curie ne s'attendait pas à cet afflux. Il est le signe inédit d'une forte exigence d'explications.

Ce qui repousse encore la date d'entrée en conclave. L'arrivée du dernier cardinal électeur, un Vietnamien, jeudi soir, ne changera pas la donne. Même si le quorum des 11[5] électeurs est atteint, les esprits, eux, ne sont pas prêts pour se laisser piéger par un compte à rebours qui limiterait ce temps de mise au point. Les cardinaux qui voulaient du temps ont donc gagné cette première manche.

Le cardinal Sodano, doyen du Sacré Collège, qui mène le jeu du préconclave, a même fait savoir, jeudi, de façon informelle mais précise, via le porte-parole du Vatican, que, contrairement à ses déclarations préalables, il ne s'agissait plus de hâter l'entrée en conclave mais de «laisser le temps» aux échanges. Ceux-ci sont sans concession. À ce rythme, le conclave pourrait ne se réunir qu'en seconde partie de la semaine prochaine.

Autre nouveauté, le Vatican a implicitement reconnu, jeudi, que les cardinaux parlaient - soudainement - des «problèmes» de gestion de «la curie romaine»… Un secret de polichinelle qu'il devenait ridicule de ne pas reconnaître à moins de prendre les fidèles catholiques pour des imbéciles.

Mais la grande affaire en cours, révélée dès jeudi dans Le Figaro , se confirme d'heure en heure. Devant la puissance de la bronca des cardinaux étrangers excédés par les «affaires» de la curie, le «parti romain» comme l'on dit ici, curialiste, s'est ressoudé. Finie «la querelle des deux secrétaires d'État», ancien et nouveau, Sodano et Bertone. La curie travaille à réussir l'élection d'un pape, certes réformateur, mais «italien». La cote du cardinal Scola, archevêque de Milan, remonte donc en flèche."

Posté le 8 mars 2013 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

Le cardinal Scherer et le rôle des laïcs catholiques

Suite de notre aperçu des personnalités du Sacré Collège à la lumière des archives de votre blog préféré, avec le cardinal brésilien Odilo Scherer.

SEn 2007, l'archevêque métropolitain de São Paulo, au Brésil, précisait le rôle des laïcs catholiques :

"Les laïcs sont des missionnaires de l'Evangile quand ils font bien leur métier et remplissent leur mission dans un esprit chrétien. Les laïcs ont dans la société une grande mission à remplir : ils sont la présence de l'Evangile au cœur du monde. Ils apportent la lumière, le sel, le levain de l'Evangile partout où ils se trouvent. [...]

La perspective missionnaire ne peut être uniquement superficielle et occasionnelle, mais elle doit être toujours présente dans la vie de l'Eglise, dans tout ce que nous faisons et organisons. Nous ne devons pas nous préoccuper uniquement de la vie ecclésiale déjà établie ; nous devons nous rappeler que l'Eglise existe pour la mission  et que la mission existe pour construire l'Eglise. Sans une attitude missionnaire permanente, notre Eglise vieillit et perd de sa vitalité.

Ainsi, l'Eglise attend des laïcs qu'ils s'organisent en fonction de leur tâches respectives, de leurs capacités, selon les dons reçus pour pouvoir remplir leur rôle, selon leurs compétences et leur vocation dans le monde".

En octobre 2010, à l'approche du second tour de l'élection présidentielle au Brésil, a eu lieu la «semaine pour la vie», organisée par l’Eglise catholique. Le cardinal Odilo Scherer a publié un article expliquant que la semaine pour la vie doit être une «manifestation de mise en garde contre toute dépréciation, tout irrespect, toute agression contre la vie humaine». Et spécialement «l'avortement provoqué qui met fin à des vies innocentes et sans défense». Le cardinal souhaitait donc que «l'Etat ne se montre pas laxiste et qu'il applique la loi existante, surtout à l'égard des cliniques clandestines (et moins clandestines) qui exploitent le marché de l'avortement», et que des mesures soient prises «pour permettre aux femmes enceintes et à leurs enfants de vivre dans la dignité et la sécurité».

En juin 2012, alors délégué du Saint-Siège à la conférence de Rio, le cardinal Odilo Scherer, a dénoncé les manoeuvres des lobbys pro-avortement :

"Alors que le Saint-Siège a cherché à promouvoir une conclusion qui respecte la dignité de la personne humaine, nous continuons de voir certaines délégations tenter de promouvoir des thèmes comme la “dynamique de population” ou les “droits reproductifs” comme une forme de développement durable. Ces propositions sont basées sur l’idée erronée selon laquelle le développement durable et la protection de l’environnement ne peuvent être atteints qu’avec la garantie qu’il y ait moins d’hommes sur notre planète. Fondée sur une herméneutique de la suspicion qui blesse profondément la solidarité humaine, cette idéologie a provoqué une alarmante destruction de la famille et, fondamentalement, elle prive la planète de sa plus grande ressource, la personne humaine, qui est au centre du développement durable."

Posté le 8 mars 2013 à 07h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

Depuis 1831, aucun conclave n’a duré plus de quatre jours

Le Figaro Magazine de ce week-end consacre un dossier au conclave, avec notamment un article de Jean Sévillia. Extraits :

"Aujourd’hui, le Collège cardinalice compte 207 prélats, dont 117 électeurs. Deux de ces derniers ayant annoncé leur ­absence à Rome, le successeur de Benoît XVI sera un de ces 115 cardinaux, parmi lesquels on compte 60 Européens (dont 28 Italiens), 14 Américains du Nord, 19 Latino-Américains, 11 Africains, 10 Asiatiques et un ­représentant de l’Océanie. Au conclave, ce facteur de la nationalité, qui polarise l’attention des médias, est ­cependant très secondaire. Au sein de la curie, il n’y a pas non plus, au rebours des années 1960-1970, d’antagonismes marqués entre conservateurs et progressistes : tous les élus potentiels au pontificat sont, avec des nuances, des fils de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Si le futur pape est un Italien ou un Africain, ce ne sera donc pas en raison de la couleur de sa peau (concept étranger à l’Eglise) ou de son orientation idéologique (facteur hors de propos), mais de ses qualités personnelles, et d’abord de ses qualités spirituelles.

Là encore, le regard médiatique et les spéculations sur les papabile pourraient faire oublier l’essentiel : le pape, vicaire du Christ, est d’abord un chef religieux, et le conclave, qui se déroule sous le signe de la prière, a quelque chose d’une liturgie. Des gardes suisses postés devant les portes fermées [...].

Depuis 1831, aucun conclave n’a duré plus de quatre jours. [...] Ce qui est nouveau, cette année, c’est que pendant tout ce temps, à Castel Gandolfo, un autre homme en blanc, pape émérite, portera par la prière la désignation de son successeur. L’émotion du résultat lui tirera sans doute quelques larmes, mais nul ne les verra."

Posté le 8 mars 2013 à 07h26 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

07 mars 2013

Pause sourire

Le cardinal Barbarin pique la place du cardinal-doyen Angelo Sodano :

B

Posté le 7 mars 2013 à 19h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (25)

Mercredi dans Saint-Pierre de Rome

C
Les cardinaux en prière (autres photos).

Posté le 7 mars 2013 à 17h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

Le dernier cardinal électeur arrive cet après-midi à Rome

Lors du point de presse, le Directeur de la Salle de Presse a démenti une agence de presse annonçant que les cérémoniaires pontificaux auraient réservé la Basilique vaticane pour lundi après-midi afin d'y célébrer la messe Pro Eligendo Romano Pontifice, qui précède l'entrée en conclave des cardinaux électeurs.

A la cinquième congrégation tenue ce matin ont pris part 152 Cardinaux. Ont prêté serment le Cardinal électeur Kazimiercz Nycz, Archevêque de Varsovie (Pologne), et le Cardinal non électeur Giovanni Coppa (Italie). Des électeurs ne manque plus que le Cardinal Jean-Baptiste Pham Minh Man, Archevêque d'Hôchiminville (Vietnam), qui arrivera cet après-midi à Rome. Les cardinaux pourront alors décider d'une date d'entrée en conclave.

Au cours de la matinée 16 Cardinaux ont pris la parole, ainsi que les responsables des finances et du patrimoine du siège apostolique. Les autres interventions ont touché à des thèmes ecclésiaux comme la nouvelle évangélisation, le Saint-Siège et son fonctionnement, le profil du nouveau Pape, l'oecuménisme ou la mission caritative de l'Eglise. En plus des interventions, les cardinaux ont comme à l'habitude échangé leurs opinions.

La sixième congrégation générale se tiendra entre 17 et 19 h.

Posté le 7 mars 2013 à 15h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Pré-conclave : attention aux coups bas

Des informations sortent et vont certainement continuer à sortir dans la presse, à mesure que le conclave se rapproche, avec peu de fondement, voire totalement délirantes. Ainsi cette liste de 12 cardinaux qualifiés sobrement de "salopards", car ils auraient minimisé ou couvert le scandale des prêtres pédophiles. Or dans cette liste, on trouve notamment le cardinal américain O'Malley, alors que celui-ci a justement succédé au cardinal Law, archevêque de Boston (dont la publication de courriers internes prouvait qu'il avait couvert les agissements de plusieurs prêtres pédophiles). En 10 ans, Mgr O'Malley a redressé la situation : le diocèse de Boston a retrouvé son équilibre, les séminaristes affluent, la confiance est rétablie.

Ce genre d'informations non étayée montre la mauvaise fois de certains, l'envie de salir pour éviter l'élection de cardinaux, et ceci, il faut bien le dire, avec la complicité de certains cardinaux de la curie. Les manoeuvres de ces derniers est assez bien analysée par Sandro Magister :

"[...] D’un côté, il y avait les féodaux de la curie, défendant avec acharnement leurs centres de pouvoir respectifs. De l’autre, il y avait l'œcoumène d’une Église qui ne supporte plus que l'annonce de l’Évangile dans le monde et le lumineux magistère du pape Benoît soient obscurcis par les tristes descriptions de la Babylone romaine. [...] Dolan est le candidat-type qui représente le tournant purificateur. Il n’est pas le seul mais il est certainement le plus représentatif et le plus audacieux.

Toutefois, du côté opposé, les magnats de la curie font barrage et contre-attaquent. Ils ne poussent pas en avant l’un des leurs, car ils savent que, s’ils agissaient ainsi, la partie serait perdue dès le départ. Ils essaient de percevoir l’atmosphère du collège cardinalice et parient eux aussi sur un endroit éloigné de Rome, au-delà de l'Atlantique, non pas dans la partie nord mais dans la partie sud de l'Amérique. Ils regardent en direction de São Paulo, au Brésil, où se trouve un cardinal né d’émigrés allemands, Odilo Pedro Scherer, 64 ans. Bien connu à la curie, celui-ci a passé plusieurs années à Rome, où il a été le collaborateur du cardinal Giovanni Battista Re lorsque celui-ci était préfet de la congrégation pour les évêques, et aujourd’hui il fait partie du conseil cardinalice de contrôle de l’IOR, la "banque" du Vatican, fonction dans laquelle il a été confirmé il y a quelques jours et pour laquelle il a Bertone comme président. Scherer est le candidat idéal pour cette manœuvre tout à fait romaine et curiale. [...]

Pour une curie ayant de telles idées, l’hypothèse de l’élection de Dolan suffit à elle seule à faire naître la terreur. Mais si Dolan était élu pape, il imprimerait également une secousse à cette Église faite d’évêques, de prêtres, de fidèles qui n’ont jamais accepté le magistère de Benoît XVI, son retour énergique aux articles du "Credo", aux fondamentaux de la foi chrétienne, au sens du mystère dans la liturgie. Doté d’un grand talent pour la communication, Dolan est un ratzingerien à 100 % en matière de doctrine, mais aussi en ce qui concerne la vision de l’homme et du monde et le rôle public que l’Église est appelée à exercer dans la société. [...]"

Posté le 7 mars 2013 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

06 mars 2013

La réforme de la curie romaine au menu des congrégations générales

De Jean-Marie Guénois :

"Premier vrai coup de théâtre du conclave. Les cardinaux américains, qui tenaient chaque après-midi une passionnante conférence de presse à deux pas du Vatican, juste après le briefing média officiel du Saint-Siège, ont renoncé. Ou ont dû renoncer, comme le prouve l'annulation de dernière minute du rendez-vous. La religieuse américaine travaillant pour la conférence épiscopale des États-Unis, sœur Mary Ann Walsh, qui coordonnait ces échanges, a donné cette explication: «Des remarques ont été formulées dans le cadre des congrégations générales à la suite de fuites d'informations confidentielles dans la presse italienne. À titre de précautions, les cardinaux (des États-Unis) ont accepté de ne plus donner d'interviews.»

Le comble de l'histoire est qu'aucun des quatre cardinaux américains, deux par jour jusque-là, qui ont donné ces conférences de presse devant une centaine de médias - dont des télévisions en direct, sans filet - n'a strictement enfreint aucun secret. Ils commentaient aimablement cette actualité de l'Église en s'excusant poliment de ne pouvoir répondre à certaines questions dès lors qu'elles touchaient le contenu des débats. Les «fuites» dont il est question viennent de confrères italiens qui les tiennent de… cardinaux italiens - et autres -, bien anonymes ceux-là, mais peu soucieux, semble-t-il, du serment de secret qu'ils ont prononcé.

Cette anicroche médiatique révèle, en fait, un bras de fer en cours parmi les sénateurs de l'Église entre les épiscopats américains et allemands et d'autres plus discrets qui n'entendent pas se laisser mener comme des enfants de chœur par une curie toute puissante qui voudrait, de facto, contrôler la succession de Benoît XVI, qui lui a échappé. [...]

Le cardinal Angelo Sodano, doyen du Sacré Collège, n'a jamais caché sa volonté d'aller vite. Ce qui explique les ralliements actuels dans le «camp» italien. [...] On devrait savoir aujourd'hui, jeudi, où deux séances de travail sont prévues, l'une le matin et l'autre l'après-midi, qui va l'emporter. Les 115 cardinaux électeurs seront normalement tous présents. [...] Bref, avec ce quorum atteint, les cardinaux pourront voter, à la majorité simple, s'ils anticipent ou pas - comme Benoît XVI en a ouvert la possibilité en modifiant le règlement la semaine dernière avant de s'en aller - la date d'entrée en conclave. Il pourrait débuter lundi soir 11 mars ou le 15 mars, voire plus tard. Certains imaginant une élection le 19 mars, jour de la Saint-Joseph, une date très importante dans l'Église catholique. [...]

Mais ce différend de calendrier est le symptôme d'une tension beaucoup plus profonde qui s'exprime comme jamais entre cardinaux. Ce ne sont pas des querelles théologiques ou de sensibilités politiques qui sont en jeu. Ni un débat entre conservateurs et progressistes, comme à une époque encore récente. La crise de gouvernance de la curie romaine et la renonciation du Pape sont vraiment passées par là. Beaucoup de cardinaux pensent que l'heure est venue de revoir de fond en comble le fonctionnement de la curie. Ils veulent une réforme de système: un secrétaire d'État avec moins de pouvoirs ; un Conseil des ministres effectif autour du pape ; un Vatican conçu comme un lieu de service des Églises continentales et non comme un lieu de pouvoir. [...]"

Le cardinal américain DiNardo ne trouve pas normal que les différents patrons de la Curie romaine ne se rencontrent pas fréquemment. De son côté, le cardinal Barbarin estime qu'il faut un homme de gouvernement.

Posté le 6 mars 2013 à 21h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

Il manque encore deux cardinaux

La quatrième congrégation générale a débuté à 9 h par l'office de tierce, en présence de 153 Cardinaux dont 113 électeurs. Les Cardinaux électeurs Karl Lehman, Archevêque de Mayence (Allemagne), Antonios Naguib, Patriarche copte émérite, et Hon John Tong, Evêque de Hong Kong (Chine), ont prêté serment, ainsi que le Cardinal non électeur Friedrich Wetter, Archevêque émérite de Munich (Allemagne). Ne manquent plus à ce jour que le Cardinal Kazimiercz Wycz, Archevêque de Varsovie (Pologne), qui arrivera dans la soirée, et le Cardinal Jean Baptiste Pham Minh Man, Archevêque de Hochiminville (Vietnam), qui arrivera demain.

Le Directeur de la Salle de Presse a indiqué que le Cardinal Doyen a souhaité bon anniversaire aux Cardinaux Walter Kasper (80 ans hier), Francesco Coccopalmeiro (75 aujourd'hui) et Julio Sandoval Terrazas (77 demain). Bien qu'ayant 80 ans, le Cardinal Kasper entrera en conclave car le seuil d'âge ne vaut qu'avant le premier jour de vacance du siège apostolique.

Les 18 interventions de ce matin ont porté sur des thèmes généraux touchant à l'Eglise et au monde contemporain, sur la nouvelle évangélisation tout particulièrement, mais aussi sur le fonctionnement du Saint-Siège et ses relations avec les épiscopats. Il a aussi été question du profil que devrait avoir le prochain Pape pour un bon gouvernement de l'Eglise. A ce jour il y a eu 53 interventions de Cardinaux, limitées en principe à 5 minutes en raison du nombre des Cardinaux désireux d'intervenir.

Quant à la date d'entrée en conclave, elle n'est toujours pas fixée, les Cardinaux désirant se préparer à fond et sans hâte. Il ne leur a pas semblé utile à ce jour de fixer une date, une grande partie du Collège estimant que cela forcerait leur dynamique de réflexion. De toute manière, il manque encore 2 cardinaux pour que le Collège puisse décider de l'entrée en conclave.

Posté le 6 mars 2013 à 16h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

05 mars 2013

Les poêles sont installés dans la chapelle Sixtine

Le cardinal Camerlingue, Mgr Tarcisio Bertone, a donné le feu vert aux travaux de la Chapelle Sixtine. Les travaux ont commencé pour installer la Chapelle Sixtine en vue du Conclave. Les travaux concernent quatre éléments essentiellement : les deux poêles – déjà en place ce 5 mars, un pour brûler les bulletins après chaque scrutin, et l'autre pour fabriquer la fumée de la couleur correcte, noire ou blanche - et le conduit de cuivre de la cheminée, la construction d'un plancher surélevé pour avoir un même niveau partout, l’installation des tables et des sièges.

Posté le 5 mars 2013 à 21h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Mercredi 17h : messe des cardinaux à St Pierre de Rome

Les cardinaux célébreront une messe dans la basilique Saint Pierre, à l'Autel de la Chaire, mercredi après-midi à 17 heures, pour prier pour l'Eglise et la préparation de l'élection du Souverain Pontife. Les membres du Collège cardinalice ont été invités à participer selon leurs possibilités.

Radio Espérance vous invite à vous associer à cet événement : Mercredi 6 mars à partir de 17h, en direct de Rome.

Posté le 5 mars 2013 à 21h05 par Michel Janva | Lien permanent

Les cardinaux membres d'un ordre religieux

Sandro Magister a dressé la liste des 115 cardinaux électeurs, leur année de naissance, et note, parmi d'autres remarques :

"Parmi les cardinaux appartenant à des ordres religieux, 19 participeront au conclave (15 autres sont âgés de plus de 80 ans). Les plus nombreux sont les salésiens, avec 4 cardinaux : Amato, Bertone, Farina, Rodriguez Maradiaga. Viennent en seconde position les frères mineurs franciscains avec 3 représentants : Amigo Vallejo, Hummes, Napier. Les dominicains en comptent 2 : Schönborn et Duka. Il n’y aura qu’un seul cardinal électeur chez les jésuites (Bergoglio), les lazaristes (Rodé), les rédemptoristes (Terrazas), les capucins (O’Malley), les oblats (George), les sulpiciens (Ouellet) et l’Institut de Schönstatt (Errazuriz Ossa).

Le collège des électeurs du pape comprend aussi un membre de l’Opus Dei (Cipriani Thorne), un représentant historique de Communion et Libération (Scola), et au moins deux amis du mouvement des Focolari (Antonelli et Braz de Aviz). Filoni, Cordes et Cañizares sont fortement sympathisants des Néocatéchumènes. Dias est proche du mouvement charismatique."

Posté le 5 mars 2013 à 18h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Plus de 5000 journalistes pour suivre le conclave

La troisième congrégation générale (148 participants) s'est tenue aujourd'hui de 9h30 à 12h40. Il a été procédé au serment du Cardinal Antonio María Rouco Varela, Archevêque de Madrid (Espagne), du Cardinal Zenon Grocholewski, Préfet émérite de la Congrégation pour l'éducation catholique, et de cinq autres Cardinaux non électeurs.

11 Cardinaux ont pris la parole et traité du fonctionnement du Saint-Siège, de ses rapports avec les épiscopats, de l'état de l'Eglise et de sa réforme à la lumière de Vatican II, de la nouvelle évangélisation et du dialogue avec les cultures.

L'article 37 du Motu Proprio de Benoît XVI, relatif à l'entrée en conclave, a été expliqué mais aucune décision n'a été prise sur la date. La proposition de consacrer l'après-midi de demain à la prière a été acceptée. Le Cardinal Doyen guidera la cérémonie en la Basilique vaticane, à laquelle est invitée à s'associer toute l'Eglise. Les travaux d'aménagement de la Chapelle Sixtine débutant dans l'après-midi, elle sera désormais inaccessible au public.

Les journalistes accrédités pour le conclave sont 4432, qui s'ajoutent aux 600 permanents, soit 1004 journaux et publications, de 65 pays et 24 langues.

A la fin de la session, a été approuvé le texte que, au nom du Sacré Collège, le Cardinal Doyen Sodano fera parvenir à Benoît XVI:

"Réunis au Vatican pour leurs congrégations générales en vue du conclave, les Cardinaux vous adressent un salut choral et révérend. Ils vous redisent leur gratitude pour votre lumineux pontificat et l'exemple de généreuse sollicitude que vous leur avez offert pour le bien de l'Eglise et du monde. Elle veut exprimer la reconnaissance de l'Eglise entière pour votre labeur accompli dans la Vigne du Seigneur. Le Collège cardinalice compte sur vos prières, à leur intention comme à celle de toute l'Eglise".

Posté le 5 mars 2013 à 17h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

La Chapelle Sixtine est fermée au public

A compter du 5 mars à 13 heures, la Chapelle Sixtine est fermée au public, ont annoncé les Musées du Vatican. Les travaux d’aménagement pour permettre aux cardinaux d’élire le successeur de Benoît XVI pourront alors commencer. En outre, les touristes ne pourront plus visiter l’Appartement Borgia et la collection d’art contemporain des célèbres musées, trop proches de la chapelle.

Les cardinaux se sont retrouvés pour la 3e Congrégation générale préparatoire au conclave, dans la matinée. Plusieurs cardinaux absents lors de la première rencontre sont désormais arrivés à Rome et le collège des électeurs devrait, probablement le 6 mars, décider de la date d’ouverture du conclave.

Posté le 5 mars 2013 à 13h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Fausse campagne électorale à Rome

TUne campagne d’affichage de style politique en faveur du cardinal Peter Turkson, président du Conseil pontifical Justice et Paix, a couvert les murs de Rome et les panneaux électoraux, vendredi dernier. On pouvait voir de grandes affiches en couleurs du cardinal ghanéen avec l’invitation : « Au conclave, votez Peter Kodwo Appiah Turkson ».

Cette campagne est signée par le collectif "ZeroZeroKappaKappa", qui s'est déjà illustré avec des affiches à l'aspect officiel protestant contre la hausse des prix de la cocaïne, de l'héroïne et de la marijuana...

Sans entrer dans le jeu incertain des papabile, votre blog vous propose de mieux connaître certains de nos cardinaux. Ainsi, pour le cardinal Turkson, 64 ans, on se souvient :

Posté le 5 mars 2013 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (16)

Adoration perpétuelle à Saint-Pierre de Rome avant le conclave

Dans la chapelle du Très-Saint-Sacrement de la basilique Saint-Pierre, trois religieuses contemplatives du Mexique se relaient devant pour l’adoration perpétuelle. Cette adoration fait partie des activités de préparation au conclave, tout comme la prière spéciale et la profession de foi qui sont organisées à la basilique, avant la messe du soir, pour le Collège des cardinaux.

Posté le 5 mars 2013 à 07h39 par Michel Janva | Lien permanent

04 mars 2013

4 cardinaux électeurs ont rejoint Rome

La deuxième congrégation générale des cardinaux s'est tenue dans l'après-midi au Vatican. Le Prédicateur de la maison pontificale, le P. Raniero Cantalamessa,c apucin italien, a donné la première des méditations prévues par la Constitution apostolique de Jean-Paul II "Universi Dominici Gregis" de 1996.

Quatre cardinaux arrivés dans la journée ont prêté serment - ce sont quatre "électeurs" -: le patriarche maronite Béchara Boutros Raï, l'archevêque de Cologne, le card. Joachim Meisner, l'archevêque de Berlin, le card. Rainer Maria Woelki, et l'archevêque de Dakar (Sénégal), le cardinal Théodore Adrien Sarr.

Les cardinaux ont décidé de ne se réunir que le matin, demain, mardi 5 mars, et après-demain, mercredi 6 mars.

Posté le 4 mars 2013 à 21h30 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Il manque 12 cardinaux électeurs à Rome

CComme prévu la première congrégation générale du Collège cardinalice s'est ouverte ce matin à 9h30 dans la Salle du Synode, sous la présidence du Cardinal Doyen Sodano, assisté de Mgr. Baldisseri, Secrétaire du Sacré Collège. Les Cardinaux ont pris place selon leur ordre et leur préséance. Après la récitation du Veni Creator, le Cardinal Angelo Sodano a pris la parole pour prendre formellement acte de la renonciation de Benoît XVI et expliquer le mécanisme des démarches prévues par la constitution Universis Dominici Gregis et les deux Motu Proprio successifs, et les dispositions techniques (utilisation des micros, table de vote, traductions simultanées).

Les Cardinaux étaient 142 sur les 207, dont 103 votants. Les 12 autres Cardinaux votants devraient arriver d'ici demain.

Le Cardinal O'Brien (Ecosse) et le Cardinal Darmaatmadja (Indonésie) ont confirmé leur absence, ce qui porte le nombre des électeurs à 115.

Ensuite il a été procédé au serment, dont le Cardinal Doyen avait lu le texte latin. Chaque Cardinal est venu jurer sur l'Evangile, ce qui a occupé la majeure part du temps. Ont également été tirés au sort les trois Cardinaux devant assister le Camerlingue: le Cardinal Re pour l'ordre des évêques, le Cardinal Sepe pour celui des prêtres et le Cardinal Rodé pour celui des diacres. Leur mandat est de trois jours renouvelable.

Le P. Raniero Cantalamessa, OFM.Cap, Prédicateur de la Maison pontificale viendra proposer une méditation durant la seconde congrégation, prévue à 17 h. Le Cardinal Doyen a proposé au Collège d'adresser un message au Pape émérite, lequel sera rédigé au cours des congrégations successives. Les Cardinaux se sont accordé une pause de 45 minutes qui leur a permis de discuter librement au service de restauration installé dans le hall de la Salle Paul VI.

Entre 11h45 et 12h30 ils ont commencé à prendre la parole en séance, et 13 Cardinaux se sont exprimés sur divers sujets relatifs à la programmation des travaux, notamment pour savoir si les congrégations se tiendraient ou non seulement le matin.

Posté le 4 mars 2013 à 16h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)


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