Le Saint-Siège était au courant des turpitudes de l’archevêque McCarrick depuis 2000

20180907t1513-0578-cns-mccarrick-sandri-ramsey_800Dans son témoignage, Mgr Carlo Maria Viganò écrivait :

« selon ce qu’a écrit le nonce Pietro Sambi, la lettre du père Boniface Ramsey, O.P., datée du 22 novembre 2000, a été rédigée à la demande du défunt nonce Montalvo. Dans cette lettre, le père Ramsey, professeur au séminaire diocésain de Newark de la fin des années 1980 jusqu’à 1996, affirme qu’une rumeur récurrente au séminaire disait que l’archevêque “partageait son lit avec des séminaristes” […] Le bureau que j’occupais à l’époque n’a été informé d’aucune mesure prise par le Saint-Siège après que le nonce Montalvo eut porté ces accusations à la fin de 2000, alors que le cardinal Angelo Sodano était secrétaire d’État […] jusqu’en septembre 2006 : toutes les informations lui ont été communiquées. En novembre 2000, le nonce Montalvo lui envoya son rapport, lui transmettant la lettre susmentionnée du père Boniface Ramsey dans laquelle celui-ci dénonçait les graves exactions commises par McCarrick ».

Catholic News Service (CNS), agence d’information officielle de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) a confirmé le 7 septembre dernier, cette affirmation de Mgr Viganò en publiant le facsimile de la lettre que l’archevêque Leonardo Sandri, alors substitut de la secrétairerie d’État, a écrite au Père James Ramsey en date du 11 octobre 2006. Le substitut y précise bien la réception de la lettre du Père Ramsey « en novembre 2000 ». La lettre du substitut n’évoque pas McCarrick, mais le Père Ramsey à précisé à CNS : « Ma lettre du 22 novembre 2000, était sur McCarrick et elle n’accusait pas des séminariste de quoi que ce soit : elle accusait McCarrick ».


S'opposer au cléricalisme? Oui, et surtout à ce «cléricalisme d'un seul»

Traduction par Jan Laarman d'un article de Douglas Farrow, professeur de théologie à McGill (Canada), sur The Catholic World Report :

Unknown-14Le Père Thomas Rosica [Canadien comme l'atour de l'article, NDMJ], assistant du service de presse du Vatican pour les pays anglophones, a récemment eu ces motsétonnamment francs:

« Le pape François rompt avec les traditions catholiques quand il le veut parce qu'il est exempt d'attachements désordonnés. Notre Église est en effet entrée dans une nouvelle phase: avec l'avènement du premier pape jésuite, elle est gouvernée par un individu plutôt que par l’autorité de l'Écriture seule, ou même par l’autorité de la Tradition plus les Écritures. »

Le propos se voulait à la fois flatteur et prophétique. François est le pape qui fait voguer l’Eglise au vent de l’Esprit, sans laisser les anciennes cartes et journaux de bord dicter son cours. Il est l’homme désigné par Dieu pour faire passer l’Eglise d'un cléricalisme lointain à une nouvelle relation plus libre avec le monde moderne, pour instiller en elle une « ouverture à l’avenir », pour lancer « un appel à avancer au large ». Peu importe si, comme certains le disent, ses méthodes et ses manières rappellent celles du péronisme. Selon le Père Rosica, ceux qui osent critiquer ce chef divinement choisi doivent faire pénitence et tenir leur langue.

Eh bien, puisqu'on doit être franc, permettez-moi de dire qu’on ne peut pas trouver d'exemple plus précis « d’attachement désordonné ». Cette mission de François ne ressemble pas à celle du successeur de ce Pierre, dont le seul mandat est de confesser le Christ et de garder les sacrements de l'Évangile, paissant le troupeau et confirmant ses frères. Il est plutôt présenté comme Jésus lui-même s'est présenté - celui qui est rempli de l'Esprit avec autorité sur les Écritures et la Tradition. Et cette idée, si on la prend au sérieux, est une hérésie des plus grossières.

Ce "cléricalisme d'un seul", si je puis dire, est une flagornerie du Père Rosica qui confond Pierre avec Christ. En outre, il reflète une confusion évidente chez François lui-même qui, en entendant cela, aurait dû déchirer ses vêtements et renvoyer Rosica. Peut-être, cependant, était-il trop préoccupé par ses propres efforts pour nous persuader d'avancer au large, « de nous ouvrir sans crainte, sans rigidité, pour être malléables à l'Esprit et pas momifiés dans les structures qui nous enferment ».

Oserais-je maintenant dire que, dans le contexte de la crise actuelle autour de l’éphébophilie, les paroles de François que je viens de citer, utilisées pour exprimer sa reconnaissance à José Tolentino Mendonça, un prêtre (maintenant évêque) qui ne s'est pas retenu de défendre la cause LGBT, prennent désormais un sens sinistre? On peut très bien imaginer ces mots utilisés pendant que l' «Oncle Ted» McCarrick câlinait de jeunes séminaristes.

Je ne doute pas que l’esprit de François était loin de cette référence! Mais rappelez-vous qu'il s'agit du pape qui, comme ses prédécesseurs, ne s'est pas simplement trompé en nommant des hommes au caractère douteux à des postes élevés, sous la pression d'autres hommes semblables de la bureaucratie vaticane. C'est le pape qui s'est délibérément entouré de tels hommes (dont les noms, absents ici, ont été nommés par quelqu'un en mesure de les nommer). C’est le même pape qui aurait levé les légères sanctions imposées par Benoît XVI à McCarrick et qui aurait, semble-t-il, suivi les conseils de ce dernier pour procéder à des nominations épiscopales majeures. C'est toujours le même pape qui, confronté à tout cela, a dit qu'il ne répondrait pas un mot, mais qui a clairement indiqué que les critiques, aussi graves soient-elles, ne sont que des semences de division, une "meute de chiens sauvages", qui cherchent à détruire la paix d'un homme de prière.

Le scandale McCarrick, admettons-le tous, n’est qu’un coup de vent dans l'ouragan qui entoure maintenant François et qui menace de faire chavirer à la fois son pontificat et la barque de Pierre. Si l'homme sur le pont ne répond pas, ce n'est pas parce qu'il est plongé dans la prière, comme le prétend le pape. C'est parce que le pont lui-même est maintenant rongé par les vers de la corruption sexuelle et financière. La cupidité et la convoitise, en particulier la convoitise homosexuelle, font à l'Église ce qu'elles ont fait ailleurs dans la société humaine - détruisant son sens même de l'orientation et sa capacité de distinguer la vérité de l'erreur, le bien du mal, l'innocent du coupable, la raison de la folie. Dans une telle situation, baisser la tête et écoper, écoper, écoper encore, comme le conseille Rosica, n’est pas une solution.

Alors, quelle est la solution? S'opposer au cléricalisme? Oui, et surtout ce «cléricalisme d'un seul» qui place le pape au-dessus de toute critique et de toute responsabilité. Cela ne suffira pas, mais ce sera un bon début. Car si le pape ne peut être soumis à aucune autorité terrestre, il reste soumis à l'autorité de Christ, dont il n'est nullement le seul dépositaire, ni, dans la plupart des cas, l'unique interprète.

Certains pensent que François montre des signes d'une personnalité désordonnée, comme sans doute David le pensait du roi Saül. Mais les jugements subjectifs de ce type, bien qu'ils soient plus pertinents dans un régime qui fait résider l'autorité dans la personne plutôt que dans la fonction, ne sont pas ici la question. Il est erroné de considérer François - ou tout pape - comme s’il était un roi comme Saül, un souverain absolu contre lequel il ne faudrait jamais lever la main, à part pour couper un bout de l'ourlet de son vêtement, de peur qu'on ne soit trouvé coupable de pécher contre l'Oint du Seigneur.

Le premier pape jésuite sera probablement le dernier. En tout état de cause, le modèle militaire d’obéissance voulu par Ignace de Loyola ne doit pas être transféré aux structures papales et institutionnelles de l’Église. L'espèce de modestie dont François a fait un spectacle ne devrait tromper. C'est comme s'il voulait briser ce modèle militaire par quelque chose de plus spontané, de plus charismatique, de plus franciscain (c’est-à-dire de plus laïc). C'est justement ce qui conduit à l'erreur de la personnalisation papale. De son inclinaison sur le balcon le soir de son élection à son « qui suis-je pour juger? », à son récent « faites-vous votre propre opinion », François a détourné l'attention de la juste autorité papale pour augmenter ou protéger son autorité personnelle - cette autorité si bien décrite par le Père Rosica.

À cette étape, consultons les cartes maritimes. Le canon 331 déclare:

L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre ; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement.

Cela ressemble certainement à de la souveraineté, mais à quelle sorte de souveraineté? En tout cas pas le genre de souveraineté personnalisée qui a la faveur de Rosica, ni même le genre de souveraineté politique que le peuple d'Israël avait en tête quand il a exigé qu'un roi soit nommé sur eux, pas plus que le genre militaire promu par Ignace de Loyola.

Notez bien ici que l'évêque de Rome est le vicaire du Christ, et non le vicaire de Dieu. Dieu n’a plus qu’un Vicaire, l’Homme-Dieu lui-même, qui est le véritable Chef de l’Eglise et son seul Souverain et Grand-Prêtre. Pierre exerce quelque chose de la souveraineté conférée par Dieu en Christ, car le Christ a à son tour investi en lui et dans ses successeurs, avec le collège apostolique, un pouvoir d’enseignement et une autorité juridique contraignante dans la vie quotidienne de l'Église. Mais Pierre n'est pas lui-même un souverain proprement dit. Il n'est qu'un régisseur, avec des responsabilités très spécifiques. C'était, et c'est une erreur, que ce soit par des titres, des coutumes, des lois ou des scrupules - et nous pouvons en effet contester certains de ces titres corrigés à juste titre par le Concile Vatican II - de le considérer comme s'il était autre chose, ou plus que cela.

N'avons-nous pas appelé l'Église "la barque de Pierre"? Oui, mais le génitif n'est pas un possessif. Si nous voulons le rendre possessif, nous devons nous référer à la barque du Christ. Rappelez-vous la fois où les Douze sont sortis en bateau avec le vent contre eux, alors que Jésus était aussi sorti - marchant sur la mer dans la tempête. Quand il les eut rejoints et qu'il fut monté dans le bateau, le vent et la mer et le bateau lui-même lui obéirent, bien qu'ils n'obéirent pas à Pierre ou aux Douze. Il y a une leçon dans tout cela. L'Église n'est la barque de Pierre que dans le sens où il est demandé à Pierre de rester vigilant sur le pont. Il n'est certainement pas invité à prendre la barre et à diriger le navire sur son propre chemin, imaginant que sa navigation est poussée par l'Esprit.

Alors, soyons francs. Mais laissons de côté les absurdités du Père Rosica. Si François fait ce que Rosica dit qu'il fait - et j'ai peur que ça soit difficile à nier - alors François ne remplit pas du tout les fonctions de son office pétrinien. Il conduit plutôt la barque sur les hauts-fonds. Il est grand temps que le reste des Douze (je parle bien sûr du collège apostolique) le dise, comme le font d'ailleurs ses membres les plus alertes. Cette tempête passera et l'air dans l'Église sera plus frais pour elle. La barque voguera et atteindra soudain sa destination. Mais les mâts brisés et les planches pourries doivent d'abord être remplacés ou réparés. Pour cela, il faut consulter à nouveau non seulement les cartes, mais aussi les plans du navire.


Scandales Maciel et McCarrick : suivez l'argent

Extrait de la traduction d'un article d'Aldo Maria Valli par Benoît-et-moi :

"Question : Qu'ont en commun le père Marcial Maciel et l'archevêque Theodore McCarrick ?

Unknown-8Pour ceux qui s'occupent des choses du Vatican, la réponse est facile. Marcial Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, et le cardinal McCarrick, archevêque de Washington de 2000 à 2006, ont malheureusement été au centre d'événements graves relatifs à des abus sexuels. En 2006, Marcial Maciel a été sanctionnée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi avec la peine canonique de renoncer à tout ministère public, pour abus sexuels et délits de pédophilie qui se sont poursuivis pendant des décennies. Quant à McCarrick, nous savons que, reconnu coupable d'abus sur des séminaristes, en juillet de cette année, il a présenté sa démission du Collège des Cardinaux et le Pape François l'a acceptée.

Mais, au-delà des scandales d'abus sexuels, tous deux ont en commun un autre élément: ils étaient tous deux de grands financeurs du Vatican. Quand on dit "grand", il faut penser à d'énormes sommes. Et c'est probablement aussi pour cette raison que, malgré leurs péchés, ils ont bénéficié de plusieurs protections.

Marcial Maciel est mort en 2008. McCarrick, en revanche, est vivant et récemment, avec le mémorandum explosif diffusé par Mgr Carlo Maria Viganò, il est au centre d'un millier de questions. Deux surtout: pourquoi le Pape François, qui a été averti par Viganò des abus de McCarrick en juin 2013, n'est intervenu qu'en juillet de cette année, en acceptant la démission du cardinal? Et pourquoi, bien qu'il semble que tout le monde connaissait la conduite morale du cardinal, l'affaire a-t-elle explosé si tard ?

L'hypothèse est que, plus que par l'Esprit Saint, McCarrick était protégé par les millions de dollars qu'il envoyait régulièrement au Vatican à travers la Papal Foundation, fondée en 1988 précisément par lui, avec le cardinal John Krol et le cardinal John O'Connor. La Papal Foundation fonctionne selon un principe simple: «Les donateurs peuvent être des individus, des fondations ou des groupes fraternels. L'adhésion commence par la promesse de donner 1 million de dollars sur une période maximale de dix ans, avec un don minimum de 100.000 $ par an. Ceux qui choisissent de prendre cet engagement deviennent Stewards of Saint Peter et se joignent à un réseau croissant de catholiques américains dévoués au service du Successeur de Pierre». Sur son site Web, la fondation affirme que depuis 1990, elle a recueilli plus de 215 millions de dollars. Un joli pactole, très important pour les comptes du Saint-Siège.

Lorsque la Papal Foundation a vu le jour, le Vatican sortait, les os brisés, de l'affaire Ior-Marcinkus et du scandale de la Banco Ambrosiano. L'idée était d'impliquer les riches laïcs américains, afin d'assurer au Pape des revenus en éveillant leur générosité. Une excellente idée. Dans le cadre de cette activité, McCarrick s'est avéré être un formidable collecteur de fonds. Comme l'écrit Michelle Boorstein dans le Washington Post, depuis son arrivée à Washington, en provenance de Newark, l'«Oncle Ted» s'est révélé habile à fréquenter des gens qui comptent et peuvent donner de l'argent. Il suffit de dire que le président George W. Bush, au début de son mandat en 2001, s'est rendu pour la première fois à un dîner privé au domicile de l'archevêque, qui venait d'arriver à Washington. [...]

McCarrick a réussi à se mettre au centre d'un réseau de relations et d'amitiés qui lui a permis de continuer sans être dérangé la pratique homosexuelle, avec une préférence marquée pour les séminaristes. La tactique utilisée par McCarrick pour se mettre à l'abri n'est pas nouvelle, mais elle est toujours valide. Lors des auditions des personnes qui ont témoigné contre lui, certains ont dit qu'ils étaient au courant de rumeurs et d'accusations contre l'archevêque, mais l'«oncle Ted» était si populaire que les accusateurs potentiels s'autocensuraient: comment aller contre un homme si admiré? Dans le monde ecclésial, le CV de McCarrick, avec son ascension constante vers des positions toujours plus élevées, bloquait dans l'oeuf toute possible contestation. Comment faire des observations à un tel personnage, ami de tant de gens puissants et auquel on rendait hommage partout? [...] Une personne qui a travaillé longtemps avec le cardinal a dit au Washington Post que McCarrick a tout fait pour s'attirer les bonnes grâces de Jean-Paul II. Partout où le pape Wojtyla est allé, McCarrick était là. A Cuba, au Mexique, partout. «Il cherchait à se faire remarquer». C'est pour cette raison qu'il devint l'ami du secrétaire du pape, Stanislaw Dziwisz. Et c'est pour cette raison que, quand Jean-Paul II s'est rendu aux États-Unis en 1995, la première étape du voyage fut Newark, la ville dont McCarrick était alors évêque et où le pape a été accueilli par le président Clinton. [...]

Une autre de ses forces était qu'il recueillait des fonds pour tout le monde, aidait tout le monde et établissait des relations avec tout le monde, conservateurs et progressistes, pour toutes sortes de causes nobles, y compris les politiques visant à prévenir les abus sexuels du clergé. [...] C'est à la fin du pontificat de Jean-Paul II que les rumeurs sur le comportement sexuel de l'oncle Ted ont commencé à circuler avec plus d'insistance, depuis les séminaires jusqu'aux palais sacrés romains. «Le cardinal met les séminaristes dans son lit», chuchotait-on. Mais dans ces cas, il y avait toujours quelqu'un prêt à le défendre en disant: des voix malveillantes, que font circuler les traditionalistes pour dénigrer un archevêque considéré comme trop libéral. [...]

Alors, pendant toutes ces années, l'oncle Ted s'en est-il tiré grâce à l'argent qu'il a versé dans les coffres du Vatican par l'intermédiaire de la Papal Foundation?

A propos de la Papal Foundation, il est nécessaire de rappeler un événement récent et retentissant: la première querelle entre la fondation et le Pape François. Nous sommes à l'été 2017 quand parvient à la Papal Foundation, venant du Pape, la requête d'allouer une partie des fonds disponibles à la fondation au profit de l'IDI de Rome, l'Istituto Dermopatico dell'Immacolata, propriété du Vatican, pour assainir les caisses dévastés (un crash de 845 millions d'euros, avec vingt-quatre inculpations pour faillite frauduleuse, émission et utilisation de fausses factures, dissimulation d'écritures comptables, détournement de fonds publics et blanchiment d'argent). La requête du Pape est péremptoire: 25 millions de dollars en trois ans. Une somme énorme, si l'on pense que la fondation ne donne généralement jamais plus de 200.000 $ par projet. C'est pourquoi, face à la demande qui vient de Rome, il y a une révolte au sein de la fondation: nous aidons volontiers le pape, disent les riches stewards, pour ses œuvres de charité et d'aide à l'Église, mais il ne semble pas juste de subventionner un hôpital qui, dans le passé, était très mal géré. Cependant, comme c'est le Pape lui-même qui demande l'argent, la fondation finit par payer: 8 millions de dollars immédiatement, puis 5 millions de dollars en janvier de cette année. Le reste, selon le comité, sera envoyé plus tard. Mais le mécontentement est palpable. Le président de la commission qui s'occupe de la révision des comptes prend plume et papier et rédige un rapport dénonçant l'anomalie d'une procédure «négligente», «imparfaite» et «contraire à l'esprit de la fondation». Entre autres choses, ajoute-t-il, les huit premiers millions ont été versés sans même avoir de documentation sur l'utilisation future de l'argent par l'IDI. «Si dans nos carrières personnelles - ajoute-t-il - nous avions consenti une telle imprudence, nous n'aurions jamais atteint les exigences pour faire partie de la Papal Foundation». En somme, la Papal Foundation verse l'argent obtorto collo [contrainte et forcée]. Et qui fait pression pour cela? Le cardinal Donald Wuerl, successeur de McCarrick comme archevêque de Washington, ami de McCarrick et président du conseil d'administration de la fondation. Le réviseur des comptes de la fondation démissionne en signe de protestation, mais les dés sont jetés. Restent pourtant les grognements: donner de l'argent à l'IDI à Rome, rappellent les riches financiers, c'est faire un usage abusif de la fondation, qui s'occupe généralement de causes très différentes et plus nobles, comme la lutte contre la pauvreté et la construction d'écoles, de bibliothèques et de centres médicaux dans les pays qui en ont le plus besoin. De plus, pour la première fois, la Papal Foundation se scinde en deux. D'un côté, les évêques qui étaient membres du conseil d'administration, en faveur de la demande du Pape, et de l'autre, les laïcs, clairement opposés. Et François comment a-t-il réagi? Il a annulé l'audience annuelle accordée aux administrateurs de la fondation.

À ce stade, la question est la suivante: peut-on imaginer que ces tensions ont joué un rôle dans la fin du silence et du soutien dont McCarrick jouit depuis si longtemps?

Le nom du cardinal a évidemment disparu de la liste des membres de la fondation. Mais est-il possible que quelqu'un, en guise de représailles pour l'utilisation abusive des ressources de la Papal Foundation, se soit adressé à Mgr Viganò et lui ait demandé de sortir à découvert avec la nouvelle que le pape, depuis juin 2013, était au courant de la conduite immorale de McCarrick ? Trop tordu, tout cela? C'est possible. Mais la piste mérite d'être explorée. Rod Dreher dans une reconstruction qui a sa propre logique écrit: «L'hypothèse est que Viganò dit la vérité sur le sexe gay, l'implication de la hiérarchie catholique et une dissimulation papale, mais que ses révélations pourraient être liées à une lutte acharnée pour l'argent». Interrogé par nous à ce sujet, Mgr Viganò a déclaré: «Personne de la Papal Foundation ou des cercles qui lui sont proches na m'a jamais contacté». Quoi qu'il en soit, la vieille règle qui recommande, pour atteindre la vérité, "suivez l'argent", reste valide."


Abus sexuels : plusieurs évêques demandent un synode extraordinaire

Plusieurs évêques ont demandé au pape François de convoquer un synode extraordinaire sur le thème des abus sexuels :

  • Unknown-9Mgr Philipp Egan, évêque de Portsmouth (Royaume-Uni), a écrit au pape le 22 août pour lui demander de convoquer un synode extraordinaire sur “la vie et le ministère du clergé”. Le prélat britannique suggérait que la rencontre couvre des sujet tels que “l’identité du prêtre et de l’évêque”, le “mode de vie et les soutiens au célibat”, ou encore “d’éventuelles règles de vie pour les prêtres et les évêques”.
  • Une semaine plus tard, Mgr Edward Burns, évêque de Dallas (Etats-Unis), a transmis au pontife une lettre proposant de centrer les discussions sur la protection des enfants et des personnes vulnérables, ainsi que sur la formation des prêtres et des religieux.
  • Fin août, l’archevêque de Philadelphie (Etats-Unis), Mgr Charles Chaput, annonçait avoir demandé au pape François l’annulation du synode des évêques sur la jeunesse et de “commencer à la place l’organisation d’un synode sur la vie des évêques”.

La Tactique du Diable

Texte reçu d'un prêtre ami :

Face à la « bombe Vigano », qu’il faudrait plutôt appeler la trompette apocalyptique « an-noncia-trice », tant le message fracasse certitudes, positions dominantes et fausses idoles… Elle secoue l’assoupissement de l’Église, en la personne de plusieurs de ses plus éminents responsables. Face à cette interpellation universelle, pour un redressement de la foi et des mœurs, en passant par le creuset de la difficile purification, au-delà même de la personne de l’auteur et des détails de ses accusations, au milieu du chaos et de la panique générale, au lieu d’un élan unanime d’union autour du désir de faire la vérité et de se ressaisir, à l’inverse un vent mauvais se lève… La réaction s’organise, eaux troubles où le démon va pouvoir, comme d’habitude, pêcher librement.

Sa tactique, telle qu’elle commence à se dessiner, porte sur quatre axes, en vertu du vieux principe que les meilleurs mensonges se drapent dans les plis de la vérité :

Images1. Confondre « pédophilie » et homosexualité (ou pédérastie). « Embrouillez-moi la question », disait l’autre. Mettre en avant de façon obsessionnelle une abomination réelle mais marginale, pour masquer la réalité concrète des faits majoritaires graves qui gangrènent le clergé catholique, c’est sa première tactique. C’est cacher la forêt grâce à l’arbre. Même les plus désireux d’aller dans la bonne direction, même ceux qui dénoncent à juste titre les connexions douteuses entre mauvaises mœurs et mauvaise théologie, s’y laissent prendre. Mais qui osera le dire comme le fit, en l’an mil, saint Pierre Damien, dans son Liber Gommorhus, ouvrage tellement explicite sur les mœurs invertis du clergé romain qu’il finira à l’Index ? Le diable aime les faux semblants, des demi vérités et la confusion, c’est son fonds de commerce. Il est le diviseur. Nous devons cesser d’entretenir cette confusion. Cette tactique trouve de nombreux complices chez ceux que terrorise l’idée de s’attaquer à la coterie gay, puissante et agressive. Résultat : double effet de sidération.

2. Donner le change, en prétendant trouver les fondements du mal dénoncé dans le « cléricalisme », en recyclant pour faire bonne mesure les vieux serpents de mer de l’ordination des femmes ou du mariage des prêtres, qui constitueraient des remèdes appropriés. C’est la tactique reprise par le journal La Croix. C’est un leurre plus subtil que le premier. Il relève de la tactique de l’obstruction : dévier le coup ou multiplier les objections secondaires. Un grand classique. Le quotidien est sûr ainsi d’attirer tous les nostalgiques de mai 68. Or, le mal n’est pas le cléricalisme, c’est le relativisme moral, contraire à l’Évangile, ayant entraîné la corruption d’abord des esprits, puis des mœurs, au nom de la tolérance et de la liberté ; c’est l’indulgence coupable vis-à-vis de l’homosexualité (et non des personnes à tendance homosexuelle) par conformisme envers les idées ambiantes.

3. Dénoncer un complot ourdi par les franges les plus réactionnaires du catholicisme, par esprit de vengeance ou d’ambitions déçues. MM. de Plunkett ou Le Morhedec, sont à la manœuvre en France, mais ne trompent personne. Nous n’avons pas encore eu droit à la thèse du complot russe (Poutine ou son complice le patriarche de Moscou), mais on va y venir très vite. La ficelle est grosse, mais efficace, si on y ajoute une bonne poignée de calomnies personnelles sur le « lanceur d’alerte ». En cas de panique, comme actuellement, tous les moyens sont bons. Tapez au plus bas pour déconsidérer moralement l’adversaire. Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose.

4. En appeler à l’unité, autour du pape (ou des évêques), contre les soi-disant diviseurs, ou laisser la résolution de la question à la « maturité des journalistes », parce que ce chaos blesse l’Église. C’est l’argument universel et perpétuel des autorités lorsque la marée critique commence à déborder. Cela évite de répondre à la question. Il a été servi au moment de la crise liturgique, depuis le début de celle des vocations, à chaque fois que nos pasteurs prenaient des positions contestables ou ne prenaient pas celles qui s’imposaient. C’est l’argument d’autorité : « je ne veux voir qu’une seule tête », qui sacrifie bien aisément la vérité sur l’autel du consensus. La « culture du déni et de l’obstruction », au nom de la désirable unité. Telle est l’ultime tactique du diable.

Pour conclure, la parole est donnée à l’archevêque de San Francisco, Salvatore Cordileone (cela ne s’invente pas : « Sauveur Cœur-de-lion ») :

« Les déclarations [de Mgr Vigano] doivent donc être prises au sérieux. Les rejeter à la légère ce serait vouloir continuer une culture de déni et d’obstruction. Bien entendu, pour valider ses déclarations en détail, il faudra mener une enquête formelle, approfondie et objective… je me joins (à l’appel) d’autres évêques pour réclamer une telle enquête et prendre toute mesure corrective nécessaire, à la lumière de ses conclusions. »

Parce que nous aimons l’Eglise plus que jamais, nous ne demandons rien d’autre, Plus de commissions impuissantes, plus de repentances stéréotypées, plus de silence, plus d’obstruction, plus de faux-semblants. La vérité, rien que la vérité et toute la vérité. Saint Pierre Damien, priez pour l’Église !


Transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau

D'Hubert Champrun dans Infovaticana :

Unknown-5"Huit jours après, voici quelques remarques inspirées à la fois par la lettre de Mgr Viganò et par les réactions à ce rarissime acte d’accusation formulé publiquement par un diplomate du Saint-Siège. Elles sont bien incomplètes. Mais transformer le grand scandale dénoncé par Viganò – celui de la corruption (homo)sexuelle au sein de l’Église et de l’impunité dont elle semble jouir – en petit scandale Viganò, c’est filtrer le moucheron et laisser passer le chameau (Mt 23, 13-24). [...]

5. Viganò ne rapporterait que des faits invérifiables, des on-dit, des conversations privées… alors qu’il fait mention de rapports remis et archivés. Dire cela, c’est volontairement oublier ce qui est objectif. Les documents évoqués par Viganò existent – ou pas. Donc, si l’Église veut, elle peut les rendre public. Elle s’y est toujours refusé jusqu’à maintenant, se mettant ainsi, et de plus en plus lourdement à chaque fois, en défaut vis-à-vis des autorités civiles quand il était avéré que les reproches étaient fondés.

6. Benoît XVI n’aurait pas confirmé les dires de Mgr Viganò, contrairement à ce que certains journalistes ont prétendu : il ne les a pas non plus infirmés, contrairement à ce que certains journalistes ont prétendu. François non plus, d’ailleurs, ne les a ni confirmés ni infirmés. Il est piquant que ceux qui reprochent à Viganò d’extrapoler à partir de conversations privées extrapolent eux-mêmes à partir de silences privés et publics.

7. Viganò est de la caste de ceux qu’il dénonce et, à ce titre, serait aussi compromis que ses pairs… sauf qu’il est le seul à pouvoir être accusé des péchés de sa caste ! La Curie romaine est réputée être un nid de vipères, lubriques et avides. Du moins les ennemis de l’Église la présentent-ils comme telle, ne reprenant bien souvent que ce que l’Église elle-même dit et révèle : en effet, les trois ou quatre derniers papes, François compris, l’ont laissé entendre et l’ont dénoncé. Benoît XVI et François ont même fait de la réforme de la Curie l’un des chantiers de leurs pontificats. François avait soulevé un grand espoir, notamment en pointant du doigt la corruption et en expliquant fort bien qu’il s’agissait de l’habitude au péché. Force est de constater que, au bout de cinq ans, son bilan est si faible que même ses partisans, comme ici Henri Tincq, le déplorent. Ce point est important car les accusations du nonce Viganò sont censées être sujettes à caution :
• au motif qu’il est dévoré d’ambition : or, précisément, il a 77 ans – les soutiens de McCarrick étant, eux, bien plus en position de gagner de nouveaux honneurs et un surcroît de pouvoir, comme le cardinal Cupich, 69 ans, nommé archevêque de Chicago et cardinal par François ;
• au motif qu’il a appartenu à la Curie : or, précisément, il en a été chassé après avoir dénoncé d’autres prévarications ;
• au motif que sa lettre ouverte ne respecte pas les formes d’obéissance convenables : or, précisément, quand le scandale implique toute la hiérarchie, le devoir de dénonciation consiste-t-il à se contenter d’avertir la hiérarchie (chose que Viganò a faite) puis à ne plus rien faire (chose à laquelle il n’a pu se résoudre) ou à porter l’affaire sur la place publique ?
• au motif qu’il serait un sournois adversaire politique et religieux du pape François : or, précisément, dans ses précédentes oppositions, il a respecté les formes d’expression – ce qui n’a pas empéché François de n’y répondre que par le silence ;
• au motif que McCarrick n’aurait pu être préalablement puni par Benoît XVI puisqu’il ne respectait pas les conditions de sa supposée punition (abstention de célébrer en public, etc.) : or, précisément, Benoît XVI n’a-t-il démissionné parce qu’il répugnait à exercer son autorité (qui s’arrêtait aux portes de son bureau, comme il l’a dit), une autorité dont il voyait qu’elle était constamment bafouée sur tous les plans ? Il suffit de penser au fameux « à Rome le pape fait ce qu’il veut mais, ici, je suis pape dans mon diocèse » de nombre d’évêques au moment du motu proprio Summorum Pontificum sur la liturgie traditionnelle ; on sait néanmoins aujourd’hui que les sanctions privées évoquées par Viganò, et d’abord présentées par ses adversaires comme une méchante élucubration, ont bel et bien été prononcées, transmises – et ignorées ;
• au motif qu’on l’a vu être aimable avec McCarrick dont il connaissait pourtant et les fautes et les sanctions dont il était supposé avoir été frappé : il apparaîtrait, aux yeux des observateurs innocents des mœurs ecclésiales, qu’à un certain niveau de la hiérarchie on pratiquerait diplomatiquement la dissimulation au lieu d’insulter en public ? C’est en effet stupéfiant. Il leur reste à nous expliquer que McCarrick est innocent puisqu’il n’a pas lui-même confessé en chaire ses exactions ;
• au motif que Viganò aurait lui-même couvert un scandale sexuel : outre le fait qu’il a réfuté ces accusations mensongères, outre le fait que sa prétendue dissimulation était sans commune mesure avec l’objet de sa dénonciation, il est inquiétant que dans une affaire d’Église on puisse écarter celui qui dénonce le scandale au motif qu’il n’est pas lui-même un modèle de vertu, et qu’on s’acharne plus à enquêter sur sa personnalité que sur ce qu’il dénonce, traitant son exigence de vérité comme un despote au pouvoir traite ses opposants. Les rapports entre chrétiens ne sauraient tomber au niveau de ceux qui caractérisent la vie politique ou médiatique…
Le seul motif qu’on n’invoque pas, c’est la rigueur implacable de François en la matière. Effectivement, elle ne peut être invoquée puisque François a donné des exemples de sa miséricorde en la matière, en commençant par Mgr Ricca, qu’il a choisi et confirmé comme homme de confiance auprès de l’IOR en dépit de sa vie en couple homosexuel lorsqu’il était en poste en Uruguay, voire de sa cécité obstinée comme dans le cas de Mgr Barros, nommé évêque d’Osorno au Chili en 2015 en dépit des protestations publiques, et défendu sans sourciller pendant près de trois ans.

8. Un dernier motif invoqué peut se résumer ainsi : « rien à foutre ». Le cardinal Cupich a ainsi expliqué que le pape a autre chose à faire que de s’intéresser aux allégations de Viganò : parler de l’environnement et protéger les migrants. Le fait que la parole du pape et de l’Église (qui a commencé avant François et, vraisemblablement, continuera après lui) puisse être moins audible du fait des scandales n’a pas l’air d’éveiller l’attention de Cupich. Il n’a pas l’air de saisir que dix et vingt ans de scandales incessants ont gravement entamé la crédibilité de l’Église, et que le spectacle d’une cacophonique pétaudière n’encourage pas à écouter les graves appels à la frugalité énergétique (certes nécessaires, mais d’autres personnes, aussi autorisées que l’Église, en expliquent déjà la nécessité). [...]

L’Église dissimule. C’est sa culture. Et c’est souvent un rempart : du secret de la confession aux persécutions forçant à la clandestinité, l’ordre divin n’est pas l’ordre humain. De la Rome antique à la Chine d’aujourd’hui, en passant par la France de la Terreur, de nombreux régimes ont su montrer à l’Église qu’ils entendaient qu’elle se soumette, et qu’elle soumette ses fidèles à l’État. Mais cette culture de la dissimulation est aussi la culture des puissants, qui n’entendent pas être jugés selon la morale ordinaire, et la culture des partisans, qui considèrent que le bien du Parti justifie qu’on protège les partisans, quelques méfaits qu’ils aient pu commettre. Mgr Viganò fait partie de cette Église et, en tant que diplomate, chez lui, la culture du secret se double d’une nécessité, d’un impératif professionnel. Il s’est senti triplement affranchi de la nécessité du silence à cause de la lenteur de l’institution à se corriger, à cause des postes d’autorité – et donc de la situation d’abus d’autorité – qu’occupent ceux qu’il dénonce, enfin à cause de sa mort toujours plus prochaine. Ses adversaires font partie de la même Église et, pour au moins l’un d’entre eux, McCarrick, ont donné la preuve de leurs capacités de dissimulation. Là, plus question d’ordre divin. Les dénégations des adversaires de Viganò sont elles aussi à jauger en fonction de cet habitus de dissimulation. Qu’un des accusés, Wuerl, explique que son accusateur, Viganò, ment, est-ce vraiment une preuve apportée pour confirmer ou infirmer le mensonge ? Non. Ceux qui sont en place se défendent.

Sur le pape

11. Relayer ce que dit Mgr Viganò, ce n’est ni attenter à l’honneur de l’Église, ni attenter au pape. L’honneur de mon Église c’est que je puisse lui dire à voix haute qu’elle erre. Je le dis à ma place, comme tant d’autres avant moi, y compris de bien plus grands et de bien plus saints, de bien plus autorisés et de bien plus compétents. Mon Église ne peut exiger de moi que je me taise au motif du tort que je lui ferais, car ce sont ses mauvais pasteurs et son silence qui ont causé les plus grands troubles. Quant à l’honneur du pape, c’est lui qui en fixe les conditions, de même qu’il a fixé les conditions de l’honneur de ceux qu’il a condamnés et de ceux qu’il a épargnés. Le pape François aussi a des adversaires envers qui il a usé de son autorité légitime, ignorant Mgr Léonard, destituant Burke et renvoyant Müller, autrement dit exerçant facilement et à bon droit son autorité sans jamais, par ailleurs, expliquer ses décisions, jetant ainsi la suspicion sur les prélats concernés alors que ceux-ci n’ont jamais dévié ni doctrinalement ni moralement.

12. Enfin, le pape choisit qui il veut pour mener sa politique, y compris des êtres faillibles, car on ne conduit pas une société comme l’Église uniquement avec des saints. Ils sont rares les évêques et les papes à avoir été canonisés – même si Benoît XVI et François semblent avoir décidé de vouloir canoniser presque tous leurs prédécesseurs. Mais en même temps, comment un pape peut-il simultanément s’appuyer sur des planches pourries (McCarrick n’étant que la dernière en date) tout en dénonçant régulièrement les maladies spirituelles voire les péchés du clergé et de ses cardinaux, dont il a dressé en 2014 le catalogue précis ? Lui aussi est et sera jugé à l’aune des vertus qu’il proclame."


Suite au témoignage de Mgr Vigano, la réaction très... cléricale de l'entourage du pape

Sur Causeur, Richard de Sèze analyse les réactions suite au témoignage de Mgr Vigano :

Unknown-4"[...] La presse, à qui François a demandé de faire son métier, s’est appliqué à le faire avec l’intelligence sur laquelle tablait François : puisque c’est un réactionnaire qui dénonce le scandale et implique ce pape progressiste, attaquons le réactionnaire et n’inquiétons (pour le moment) ni ce bon pape ni ses soutiens progressistes (lorsque Jean-Paul II et Benoit XVI régnaient, papes réputés réactionnaires, il était tout aussi nécessaire et moral d’attaquer sans relâche l’Église et de faire remonter chaque manquement individuel jusqu’au pape). Une partie des gazettes catholiques se signale par son zèle à discréditer Vigano (qui se défend bien, hélas), selon ce saint principe qu’au nom de la défense de l’institution il faut considérer tous les possibles fautifs comme innocents jusqu’à ce que leur culpabilité soit définitivement établie, et tous les dénonciateurs comme de fieffés menteurs jusqu’à ce que la réalité de leurs dénonciations soit absolument établie. Vigano est donc calomnié et diffamé, d’une part, et d’autre part le Vatican aligne, avec une charmante ingénuité, la liste des soutiens de François : on se croirait dans un film américain avec le décompte angoissant des voix des sénateurs favorables à un projet de loi.

Il faut ajouter que ce que dénonce Vigano a en fait tout pour plaire : il affirme que les hauts dignitaires de l’Église, les responsables de la nomination des évêques et des cardinaux, ceux qui ont la charge du recrutement et de l’éducation des prêtres, sont des personnes pour qui la chasteté est un vain mot et l’homosexualité un amour de similitude. Autrement dit, Vigano dénonce la lente mais certaine constitution d’une Église dirigeante qui va bientôt pouvoir trancher avec le prétendu ordre moral moisi prétendument défendu par l’Église (moisie). On voit mal pourquoi la presse-pas-moisie s’empresserait d’accabler François et ses soutiens.

Dans cette affaire, la presse, François et ses soutiens ont donc tous une approche politique du problème des agressions sexuelles homosexuelles à variante parfois pédophiles – la même approche politique qu’ils reprochent à Vigano (mais lui, c’est pas pareil). Tous. Pas un, Cupich en tête, qui considère que révéler une vaste entreprise de harcèlement et d’agressions mérite mieux que de dénoncer le caractère réactionnaire du lanceur d’alerte, de réduire toute l’affaire à une seule et méchante querelle de personnes (au mieux Vigano est un raté, au pire il tente un putsch). L’Église répond à l’interpellation en considérant qu’il ne s’agit que d’une attaque personnelle contre François. Sa réponse est doublement personnalisée, dénonçant les tares de Vigano (fourbe, menteur, ambitieux) et exaltant les vertus de François, à titre personnel et en tant que souverain pontife. Attitude évidemment très cléricale, péché que François dénonce facilement chez ses adversaires. Mais ne considérer que Vigano et mépriser ses accusations, c’est oublier les victimes et la nature clanique de leurs agresseurs.

Parce qu’enfin, il est là, le vrai problème : dans le fait qu’une caste, une fois de plus, et une fois de plus dans l’histoire de l’Église, s’arroge le droit d’opprimer et d’agresser les fidèles. D’opprimer et d’agresser les fidèles. C’est de cela qu’il s’agit. Ce scandale que dénonce Vigano, ce serait d’abord une histoire gravissime d’abus d’autorité médités, organisés, en réseau et couverts. Il ne s’agit pas d’expliquer, pour rendre justice à la chose, que l’Église ferait mieux de parler d’autre chose que de fesses (et certainement l’Église a d’autres choses à dire – même si notre époque paraît avoir un sérieux problème de fesses). Le scandale Clinton n’était pas ses relations avec sa stagiaire mais le fait qu’il ait menti devant la justice de son pays. Le scandale McCarrick n’est pas ses inclinations homosexuelles mais le fait qu’il ait constamment cédé à la tentation, constamment manqué à la chasteté, constamment mené une vie de débauche organisée et constamment fait en sorte que rien ne lui soit reproché. Que Vigano soit à la fois indigné et politique, oui : doit-on pour autant oublier les causes de son indignation ? Non.

Mais l’Église, aidée par la presse, est bien prête à oublier (nonobstant des réactions nombreuses en faveur soit de Mgr Vigano, soit en faveur de la vérité des faits qu’il dénonce, soit en faveur d’une véritable enquête). Sur la vérité fondamentale des faits, McCarrick a enfin été sanctionné par François (et les sanctions qu’aurait prononcées Benoit XVI à son égard, et qu’il n’aurait pas suivies, ne sont plus présentées comme une folle forgerie de Vigano). Pour cette affaire comme pour d’autres, François finit par sanctionner en y mettant toute la mauvaise grâce possible, sous prétexte de miséricorde, au nom du pasteur qui va chercher la brebis perdue. C’est d’ailleurs la lenteur de ses condamnations, la route tortueuse qu’empruntent ses sanctions, que Vigano dénonce. Ce pape, qu’on sait prompt à condamner et roide dans ses condamnations, est, en ces matières, et quand il s’agit d’un clergé acquis à sa pastorale, d’une lenteur si prudente qu’on le croirait immobile.

Venons-en aux dernières réactions : celles des fidèles. Les uns sont écœurés, les autres ne veulent considérer que le plus grand bien de l’Église. Ceux qui ne veulent que le bien de l’Église ont entonné un hymne curieux et touchant (et prodigieusement irritant). On nous dit qu’attaquer le pape c’est attaquer toute l’Église, que se faire le relais des choses qui l’accablent c’est l’accabler soi-même, on nous dit qu’il faut pardonner, on nous dit que l’amour est plus fort, bref on nous engloutit ou dans l’oubli ou dans une obéissance servile à des clercs qui incarneraient mieux que nous l’Église. Le pardon, oui, mais en quoi le pardon (et les demandes de pardon qui se multiplient et finissent par devenir, en fait, des absolutions…) émancipe-t-il les coupables de répondre de leur faute ? Pardonnons-leur et aidons les victimes dans leur quête de justice. Voilà qui est charitable. Ou notre charité ne devrait-elle choisir de s’exercer que pour les coupables et non pour les victimes ? Et cette charité qui voudrait qu’on n’examine rien, qu’on n’agisse pas, qu’on détourne le regard, cette charité si hiérarchisée serait une manifestation d’amour divin ?

Quant au bien que peut faire l’Église, il se fait par ses fidèles et par ses clercs. Comment Mgr Cupich croit-il qu’est reçue la parole des fidèles et des clercs ? Pense-t-il vraiment faire rayonner l’Évangile en expliquant que les petits, les humbles et les faibles, les affaiblis, les humiliés et les rapetissés ne sont que poussières aux yeux d’un Vatican tout enflé de grandes pensées sur l’environnement et la migration ? Croit-il que nous aurons une incroyable audience en tant que catholiques quand nous prendrons la parole ? Ou compte-t-il que nous n’annoncions plus rien que le nouvel Évangile du tri sélectif en laissant de côté tout ce qui sent un peu fort, le Christ en premier lieu ?

[...] Nous refusons donc que la hiérarchie nous évince en exigeant obéissance, soumission, discrétion et esprit de charité, se réservant le droit de se juger elle-même et de méjuger ou déjuger les victimes jusqu’à ce que la justice civile se charge de leur rendre justice. Nous refusons l’Église des clercs cléricaux. Il nous semble que l’honneur de l’Église est mieux dans nos mains, quitte à ce que ce combat soit une lutte décevante. Il nous semble que nous savons mieux qu’eux défendre les pauvres honneurs des maisons paternelles que nous habitons."


Le témoignage de Mgr Vigano : un message important sur les risques d’une infiltration homosexuelle

Aline Lizotte fait son travail de journaliste et, à partir des faits, interroge :

Images"[...] comment des dispositions aussi claires et obligatoires n’ont-elles pas été suivies d’actes ? Monseigneur Viganò prend son poste de nonce le 19 octobre 2011 et, lors du premier entretien qu’il a avec le cardinal Theodore McCarrick, il lui répète les dispositions auxquelles Benoît XVI lui aurait demandé d’obéir. Le cardinal s’en étonne, admet qu’il a peut-être dormi dans le même lit de quelques séminaristes et que, de toute façon, cela n’a aucune importance. Ce qui signifie en clair : pourquoi et comment a-t-il pu passer outre aux demandes de Benoît XVI ? C’est la deuxième révélation du témoignage de Carlo Maria Viganò, et elle porte sur un certain fonctionnement de la Curie.

En 2000, le nonce Montarlo envoie un rapport au secrétaire d’État, qui est alors Angelo Sodano, et qui le sera jusqu’en 2006. Ce rapport est appuyé, comme on l’a vu, par le Père Ramsey. Or rien ne bouge, et ce qui fait bouger Benoît XVI, c’est la supplique de Richard Sipe. Ce qui signifie que, probablement, la secrétairerie d’État n’a rien transmis au pape. On sait plus ou moins clairement aujourd’hui que Sodano aurait essayé de protéger Maciel, lequel – comme que le révéla à l’époque le National Catholic Reporter – l’aurait pourvu d’aide financière… Pourquoi n’en aurait-il pas fait autant pour Theodore McCarrick et pour la même raison ? Il suffit qu’un maillon soit inopérant pour que toute la chaîne se brouille. Il est toujours possible de dire que l’on ne sait pas, que l’on n’a jamais su, que l’on ne voit pas, quand aucune information n’est formellement transmise. C’est plausible, mais impossible à prouver.

C’est là où les arguments de Carlo Maria Viganò faiblissent, non parce qu’ils sont faux, mais parce qu’ils ne sont que vraisemblables et que, comme tels, ils ne sont que des présomptions. Il faudrait un véritable procès que l’on sait si bien faire dans le civil, mais qu’il est impossible de réaliser dans l’Église sans l’accord explicite du pape, qui est l’unique sujet absolu et suprême des trois pouvoirs de gouvernement : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Encore faut-il que le pape soit informé et que, même informé, on lui obéisse !

La troisième chose dont Carlo Maria Viganò veut nous faire prendre conscience concerne l’attitude du pape lui-même. Il y a traditionnellement à Rome une réunion des nonces. Le 21 juin 2013, le pape François reçoit tous les nonces, en la première année de son pontificat. Le nonce de Washington s’y rend, comme il convient, et découvre une longue amitié de Theodore McCarrick avec Jorge Bergoglio. Au début de la rencontre, l’archevêque de Washington rencontre, au tournant d’un couloir, Theodore McCarrick, qui lui annonce fièrement qu’il est envoyé par le pape en Chine. La phrase est provocante ; elle signifie que François ne tient aucun compte des dispositions de Benoît XVI le concernant. Il a la confiance du pape ; la preuve, il l’envoie en Chine ! Or Theodore McCarrick ne devrait pas voyager ! Après l’entretien officiel, chaque nonce se présente au pape. Carlo Maria Viganò est le dernier et se présente comme nonce à Washington. Il s’entend dire par François : «Les évêques des États-Unis doivent être des pasteurs et non des idéologues.» Phrase surprenante, pour laquelle le nonce demandera des explications au pape dans un entretien personnel accordé plus tard.

Le pape reprend : «Oui, les évêques aux États-Unis ne doivent pas être des idéologues, il ne doivent pas être de “droite” comme l’est l’évêque de Philadelphie ; ni de gauche, et quand je dis de “gauche”, je veux dire homosexuels.» Devant cette phrase sibylline, le nonce se tait, mais en profite pour dire qu’il ne savait pas quelle était l’amitié qui unissait Bergolio et McCarrick, mais qu’il y avait un dossier lourd décrivant son activité de corruption de la jeunesse. François ne bouge pas et ne fait aucun commentaire et n’interroge pas sur le contenu du dossier. Pour lui, était-ce une révélation ou connaissait-il bien la situation ? Nul ne le sait et nul ne peut le dire. Mais ce que comprendra plus tard le nonce apostolique, c’est que les mots qu’il s’était entendu dire sur les évêques américains «qui doivent être des pasteurs et non des idéologues» venaient en fait de Theodore McCarrick et manifestaient son opposition aux nominations par Benoît XVI de certain sièges épiscopaux tels que Philadelphie, Baltimore, Denver et San Francisco. Si l’on est attentif aux faits, on peut voir aujourd’hui d’où viennent les soutiens et les critiques qui émergent comme une marée contre Viganò et ses révélations.

Que valent donc les révélations de Carlo Maria Viganò ? Les premières sont des faits incontestables : Benoît XVI a fini par apprendre la nature des actes de Theodore McCarrick et, sans tergiverser, il a fait ce qu’il fallait faire : lui ordonner de quitter toute tâche apostolique et de se retirer dans un monastère pour prier et faire pénitence. C’est aujourd’hui ce que l’on impose à tout jeune prêtre pour lequel il n’y a qu’un soupçon vraisemblable d’actes inappropriés. Or pour l’ex-cardinal Theodore McCarrick, il y avait plus que des soupçons d’actes inappropriés, il y avait de véritables accusations, plusieurs, et de plusieurs sources. Cependant, Theodore McCarrick n’est pas le petit prêtre d’un village obscur qui n’a pour se défendre que sa bonne foi. Il est un homme riche et très influent, et son influence, il l’a longuement cultivée. Comment a-t-il pu soumettre tant de personnes à son jeu ? Et quels ont été les motifs pour lesquels ces personnes ont accepté de couvrir ses actes ? Nous ne le saurons sans doute jamais, car pour le savoir, il faudrait un vrai procès canonique, lequel n’aura sans doute jamais lieu étant donné l’âge du suspect. De plus, s’il avait lieu, ces procès sont secrets. Mais avons-nous besoin de le savoir ?

Pour le moment nous pouvons accepter de penser que Carlo Maria Viganò est un homme intègre, loyal, courageux et compétent. Telle est l’opinion que ceux qui le connaissent bien ont de lui. Nous pensons que ce qu’il dit est vrai. Et nous le pensons en raison de son intégrité. C’est cette intégrité que l’on attaque actuellement, et on l’attaque à coup de boutoir de haine et de violence. Il est devenu dans la Presse (voir notre Revue de presse) le «salaud» qu’il faut descendre à tout prix. Il faut le discréditer radicalement, qu’il ne puisse plus dire un mot, qu’il soit interdit de parole à tout jamais. C’est peut-être une preuve que ce qu’il dit pourrait être vrai et que cela fait mal.

Pourquoi Carlo Maria Viganò a-t-il écrit ce qu’il a écrit ? Après tout, homme cultivé, ayant terminé sa carrière, à l’aise matériellement, il pourrait bien se retirer quelque part en Italie, où il fait si bon vivre. Mais Viganò ne pense pas comme cela. Il veut nous faire entendre un message et un message urgent : l’Église catholique est menacée par le mouvement homosexuel et non par la pédophilie. Car, contrairement à ce que l’on répand, Carlo Maria Viganò ne confond pas pédophilie et homosexualité, loin de là. Les agressions sexuelles dont il parle et qu’il reproche à Theodore McCarrick de les avoir commises sont des actes homosexuels – à notre connaissance les séminaristes ne sont pas des enfants dépourvus des signes de la puberté –, des actes qui, pour lui, n’ont pas d’importance ! À l’heure actuelle, dans l’Église, ne cherche-t-on pas a faire admettre l’opinion que l’homosexualité est de même nature que l’hétérosexualité, car ces tendances auraient les mêmes sources : la recherche de la tendresse et une satisfaction modérée de la sensualité. Alors que la pédophilie se rapprocherait de l’abus d’autorité !

Le cardinal Cupich se bat pour dire que le vrai problème, c’est le cléricalisme défini comme un abus d’autorité et portant en lui-même la tendance pédophilienne. Car, pour lui, ce qui définit le pédophile, c’est le besoin de dominer, c’est le fort contre le faible ! Au contraire, ce qui définit l’homosexualité, c’est la recherche naturelle égale et non dominatrice de la la tendresse, et le réconfort d’une amitié avec son semblable (same sex). Il faudrait réhabiliter l’homosexualité ! Rien que cela ! Sous l’influence du Père James Martin, s. j., qui vient d’être nommé consultant au Service de la Communication, faudra-t-il changer le texte du Catéchisme et, au lieu d’appeler l’acte homosexuel un «grave désordre», l’appeler maintenant, un «ordre différent» ?

Certes, Carlo Maria Viganò a renoncé à tout retranchement en désignant trop de personnes connues à la Curie et dans l’entourage du pape, comme emprisonnées sous l’influence des réseaux homosexuels. Parle-t-il dans le vent, sans connaissance de cause ? Il ne faut pas oublier qu’il a été gouverneur de la Cité du Vatican et qu’il connaît plus de personnes que nous ne pouvons le penser et vu plus de situations délictueuses que nous ne pouvons l’imaginer. Seulement, comme il n’apporte pas de «preuves» – et, pour qu’il y en ait, il faudrait une enquête ou des enquêtes canoniques serrées et un vrai procès ecclésiastique –, il prête le flanc à la démolition haineuse et violente. Mais si personne ne fait attention à l’alerte qu’il donne, où irons-nous ? Jusqu’à hisser un jour le drapeau du LGBT aux mâts du Vatican ?

Prendre connaissance de ces nouveaux faits, ce n’est pas percevoir un nouvelle réalité, un nouveau problème. Il y a, surtout dans la littérature américaine catholique, de nombreux auteurs qui multiplient les mises en garde contre l’infiltration de l’homosexualité dans l’Église et ailleurs, que l’on pense à Janet Smith, à Judith Reisman, à Richard Spite, au Père Enrique T. Rueda (The Homosexual Network, The devin Adair Compagny, Connecticut, 1982). [...]"

En attendant, le déballage se poursuit. Selon le vaticaniste Sandro Magister, le Pape aurait également couvert Mgr Ricca, en le promouvant à la direction de l’IOR (la “banque vaticane”) qui, lui aussi, est connu pour être un membre de la mafia LGBT. Plusieurs personnes auraient alors alerté le Pape sur les antécédents du sulfureux personnage, mais en vain (Sandro Magister lui-même avait déjà écrit un article sur lui, dès juillet 2013, intitulé sans ambiguïté: “Le prélat du lobby gay“).


Terres de Mission : Les scandales sexuels aux Etats-Unis secouent l’Eglise

Le 14 août dernier le procureur de Pennsylvanie rendait public un rapport dénonçant les abus sexuels commis par des prêtres et dissimulés par leur hiérarchie pendant 70 années. 300 prêtres sont accusés d’avoir commis des abus sexuels sur plus de 1 000 personnes. En réaction le 20 août, le pape François publiait une lettre au peuple de Dieu dénonçant le… cléricalisme. Le 25 août était rendu public un texte de Mgr Vigano, ancien nonce aux Etats-Unis, dénonçant les hautes protections dont aurait bénéficié pendant des années le cardinal MacCarrick, démissionnaire en juillet de sa charge cardinalice. Il demande ni plus ni moins que la démission du pape François, coupable à ses yeux d’avoir couvert ces ignominies. Daniel Hamiche, administrateur du blog Riposte catholique, analyse ces faits.


Mgr Carlo Maria Viganò voulait-il devenir cardinal ?

Suite à l'impressionnant témoignage de Mgr Vigano, la stratégie de certains est de taper sur l'auteur. Ce qui finira par se retourner contre eux... En effet, Mgr Vigano n'a pas l'intention de se laisser faire. Le journaliste Aldo Maria Valli l'a interrogé pour faire le point sur les différentes accusation qui courent contre lui. Riposte catholique l'a traduit

Vigano2Monseigneur, comment allez-vous?

Grâce à Dieu, je vais très bien, avec beaucoup de sérénité et une conscience en paix – c’est la récompense de la vérité. La lumière surpasse toujours les ténèbres. Elle ne peut pas être supprimée, en particulier pour celui qui a la foi. Par conséquent, j’ai beaucoup de foi et d’espérance pour l’Église.

Comment jugez-vous les différentes réactions à la publication de votre mémoire?

Comme vous le savez, les réactions sont contradictoires. Il y a ceux qui ne peuvent pas cesser de chercher des endroits où puiser du poison pour détruire ma crédibilité. Quelqu’un a même écrit que j’avais été hospitalisé deux fois avec un traitement obligatoire (TSO) pour usage de drogue. Il y a ceux qui imaginent des complots, des complots politiques, des complots de toutes sortes, etc. Mais il y a aussi beaucoup d’articles appréciant mon mémoire, et j’ai eu la chance de voir des messages de prêtres et de fidèles qui me remerciaient car mon témoignage avait été pour eux une lueur d’espoir pour l’Église.

Que répondez-vous à ceux qui, ces jours-ci, objectent que vous devez avoir des motifs de rancune personnelle contre le pape et que c’est pour cette raison que vous avez décidé d’écrire et de faire circuler votre mémoire?

Peut-être parce que je suis naïf et habitué à toujours penser du bien des gens – mais je reconnais en fait que c’est principalement là un cadeau que le Seigneur m’a donné –, je n’ai jamais eu d’esprit vengeance ou de rancœur durant toutes ces années où j’ai été mis à l’épreuve par tant de calomnies et de mensonges prononcés contre moi. Comme je l’ai écrit au début de mon témoignage, j’ai toujours pensé que la hiérarchie de l’Église aurait dû trouver en elle-même les ressources nécessaires pour guérir toute la corruption. Je l’ai également écrit dans ma lettre aux trois cardinaux désignés par le pape Benoît pour enquêter sur l’affaire Vatileaks, une lettre accompagnant le rapport que je leur ai remis. « Beaucoup d’entre vous, ai-je écrit, savaient, mais sont restés silencieux. Au moins, maintenant que Benoît XVI vous a confié cette mission, vous aurez peut-être le courage de rapporter avec précision ce qui vous a été révélé à propos de tant de situations de corruption. »

Pourquoi avez-vous décidé de publier et de diffuser votre témoignage?

J’ai parlé parce que, plus que jamais, la corruption s’est étendue aux plus hauts niveaux de la hiérarchie de l’Église. Je demande aux journalistes : pourquoi ne demandez-vous pas ce qui est arrivé aux documents secrets qui, comme nous l’avons tous vu, ont été remis au pape François par le pape Benoît XVI à Castel Gandolfo? Était-ce entièrement inutile? Il aurait suffi de lire mon rapport et la transcription de ma déposition devant les trois cardinaux chargés d’enquêter sur l’affaire Vatileaks (Julian Herranz, Jozef Tomko et Salvatore De Giorgi) pour commencer à nettoyer la curie. Mais savez-vous ce que le cardinal Herranz m’a dit quand je l’ai appelé de Washington, inquiet de ce que tant de temps se soit écoulé depuis que la commission d’enquête avait été nommée par le pape Benoît et que personne ne m’ait encore contacté ? Nous parlions ensemble et je lui ai dit : « Ne croyez-vous pas que peut-être, moi aussi, j’aurais quelque chose à dire concernant mes lettres, qui ont été publiées à mon insu?» Il m’a répondu : «Ah, si vous y tenez vraiment… »

Comment répondriez-vous à ceux qui disent que vous êtes un corbeau ou l’un des corbeaux à l’origine de l’affaire Vatileaks?

Je suis un corbeau? Comme vous l’avez vu avec mon témoignage, je fais habituellement les choses à la lumière ! À l’époque, j’étais à Washington et j’avais certainement d’autres sujets de préoccupation. D’autre part, j’ai toujours eu l’habitude de me plonger complètement dans ma nouvelle mission. C’est ce que j’ai fait quand j’ai été envoyé au Nigeria: je ne lisais plus les nouvelles italiennes – au point que, six ans plus tard, quand saint Jean-Paul II m’a rappelé pour travailler à la Secrétairerie d’État, j’ai mis plusieurs mois pour me réorienter, même si j’avais déjà travaillé pendant onze ans à la Secrétairerie d’État entre 1978 et 1989.

Comment répondez-vous à ceux qui affirment que vous avez été chassé du Gouvernorat du Vatican et que c’est pour cela que vous auriez des sentiments de rancœur et de vengeance?

Comme je l’ai déjà dit, la rancœur et la vengeance ne sont pas des sentiments que je ressens. Ma résistance à quitter mon poste au gouvernement était motivée par le profond sentiment d’injustice d’une décision que je savais ne pas correspondre à la volonté du pape Benoît, dont il m’avait lui-même parlé. Afin de me jeter à la porte, le cardinal Bertone avait commis une série de graves abus d’autorité: il avait dissous la première commission de trois cardinaux que le pape Benoît avait nommée pour enquêter sur les graves accusations portées par moi en tant que secrétaire général et par le vice-secrétaire général, Mgr Giorgio Corbellini, concernant les exactions commises par Mgr Paolo Nicolini; à la place de cette commission cardinale, il avait créé une commission disciplinaire, modifiant dans sa constitution la commission institutionnelle du gouvernement; avant même de créer cette commission, il m’avait convoqué pour me dire que le Saint-Père m’avait nommé nonce à Washington. Bien que la commission disciplinaire ait décidé le 16 juillet 2011 de démettre Mgr Paolo Nicolini, il a annulé cette décision de manière abusive et l’a empêchée d’être rendue publique. Ce faisant, il m’a empêché de poursuivre le travail de guérison de la corruption présente dans la gestion du gouvernorat.

Que dites-vous à ceux qui parlent de votre «fixation» sur votre désir de devenir cardinal et qui soutiennent que vous attaquez maintenant le pape parce que vous n’avez pas reçu cet honneur?

Je peux affirmer avec sincérité devant Dieu que j’ai rejeté l’opportunité de devenir cardinal. Après ma première lettre au cardinal Bertone, que j’ai envoyée au pape Benoît pour qu’il puisse faire ce qu’il pensait le mieux, le pape m’a convoqué et reçu en audience le 4 avril 2011 et il m’a immédiatement dit ces mots: « Je crois que la mission dans laquelle vous pouvez le mieux servir le Saint-Siège est celle de président de la préfecture des affaires économiques à la place du cardinal Velasio De Paolis. »J’ai remercié le pape pour la confiance qu’il me manifestait et j’ai ajouté : « Saint-Père, pourquoi n’attendez-vous pas six mois ou un an ? Parce que si vous me promouvez en ce moment, l’équipe qui a eu confiance en moi et qui a travaillé pour remédier à la situation dans le gouvernorat sera immédiatement dispersée et persécutée » (comme cela s’est produit).

J’ai aussi ajouté un autre argument. Étant donné que le cardinal de Paolis n’avait été nommé que récemment pour traiter de la situation délicate des légionnaires du Christ (le cardinal de Paolis m’avait d’ailleurs consulté avant d’accepter cette mission), j’ai dit au pape qu’il serait préférable qu’il continue à avoir une position institutionnelle qui lui donnerait une plus grande autorité en tant que personne et donc dans son action avec les légionnaires. À la fin de l’audience, le pape Benoît m’a dit une fois de plus: «Je reste cependant d’avis que la position dans laquelle vous pouvez le mieux servir le Saint-Siège est celle de président de la préfecture des affaires économiques. Le cardinal Re peut confirmer ce récit. Par conséquent, j’ai renoncé au cardinalat pour le bien de l’Église.

Que répondez-vous à ceux qui évoquent votre famille dans cette affaire en parlant de la «saga» sous le signe d’intérêts économiques énormes?

Le 20 mars 2013, mes frères et sœurs avaient préparé une déclaration pour la presse, à laquelle je m’opposais pour éviter d’impliquer toute la famille. Parce que l’accusation contre mon frère Lorenzo se répète maintenant – à savoir que j’ai menti au pape Benoît en lui écrivant pour demander un congé pour prendre soin de mon frère malade –, j’ai décidé de rendre ce communiqué public. En le lisant, il devient évident que j’ai ressenti une grave responsabilité morale de prendre soin de mon frère et de le protéger."

Parmi les témoignages en faveur de Mgr Vigano, il y a celui de George Weigel, qui a écrit nombre de livres sur l’Eglise, dont plusieurs sur Jean-Paul II et un sur Benoît XVI. Il a publié en février 2013 Le catholicisme évangélique : la profonde réforme de l’Église au XXIesiècle. Et pour écrire ce livre il avait longuement rencontré le cardinal Bergoglio. Quelques semaines plus tard il publiait un article de joie sur l’élection pontificale : « Le tournant du catholicisme pour un avenir évangélique ». Et c’est ce George Weigel, qu’on ne peut vraiment pas soupçonner d’être un critique de François, qui écrit un article d’éloge de Mgr Carlo Maria Viganò, dont voici quelques extraits :

« Premièrement, l’archevêque Viganò est un réformateur courageux, qui a été délogé du Vatican par ses supérieurs immédiats parce qu’il était déterminé à faire face à la corruption financière du Governatorato, l’administration de l’État de la Cité du Vatican.

Deuxièmement, l’archevêque Viganò est, d’après mon expérience, un homme honnête. Nous avons souvent parlé de beaucoup de choses, grandes et petites, et je n'ai jamais eu l'impression qu’il me livre autre chose que ce qu'il croyait en conscience être la vérité.

Troisièmement, l'archevêque Viganò est un fidèle homme d’Eglise d'une certaine génération et d'une certaine formation, élevé dans une véritable piété vis à vis de la papauté. Sa formation au service diplomatique papal le conduit instinctivement à faire de la défense du pape sa première, deuxième, troisième et centième priorité. S'il croit que ce qu'il a dit maintenant est vrai et que l'Église a besoin d'apprendre cette vérité pour se purifier de ce qui entrave sa mission évangélique, alors il déroge à ses instincts les plus enracinés pour les plus graves raisons. »

Alors il serait temps que certains cessent de se ridiculiser en cherchant des poux à Mgr Vigano et réclament la vérité, comme ces évêques américains. Mgr Steven Lopes, évêque aux Armées des États-Unis, a déclaré qu’il ne croyait pas ses frères dans l’épiscopat qui disent ignorer les turpitudes de l’archevêque McCarrick. Il déclare qu’un type de réaction aux révélations sur McCarrick ne fut

« pas fameux. Celui du défilé de cardinaux et d’évêques courant devant les caméras de télévision, étreignant leurs croix pectorales et disant : “Je n’en savais rien”. Je ne crois pas cela et pourtant je suis l’un d’eux ».

Mgr Bernard A. Hebda, archevêque de St. Paul et Minneapolis (Minnesota), déclare :

« Pour ce qui est du fait que les évêques, partout dans le monde, doivent répondre de leurs actes, je soutiens totalement l’idée de l’engagement de responsables laïcs. Les dirigeants ecclésiastiques doivent être jugés par des gens extérieurs à l’institution, et qui aient l’indépendance, l’objectivité et l’expertise afin d’être honnêtes et crédibles. Nous devons avoir la garantie que tout clerc – qu’il soit un prêtre nouvellement ordonné ou le Pape –  qui a abusé un mineur ou qu’il ait sciemment protégé ou favorisé de tels auteurs de maltraitance, réponde de ses actes. La même évidence s’impose à ceux qui ont abusé de leur position pour en tirer avantage envers des adultes vulnérables, des personnes recevant des soins spirituels ou des séminaristes. »

Le Père Raymond J de Souza, prêtre de l'archidiocèse de Kingston, au Canada, écrit aussi :

''Bien qu’il ne soit pas proportionnel au témoignage de Viganò, il existe un précédent concernant un nonce à la retraite qui a critiqué un pontife régnant. En 2010, l’ancien nonce en Belgique, l’archevêque Karl-Josef Rauber, a accordé une interview incendiaire à Il Regno dans lequel il a fustigé le choix de Benoît XVI dans la succession au cardinal Godfried Danneels à Bruxelles. Il a en outre observé que le cardinal Ratzinger s'était souvent plaint de son service en tant que diplomate. L'attaque la moins diplomatique contre Benoît XVI n'est pas passée inaperçue à Rome. Alors que Rauber était considéré avec suspicion par Benoît XVI, le Pape François a récompensé Rauber pour son attaque contre le pape émérite en le nommant cardinal en 2015. Sans doute, Viganò, toujours nonce à Washington, en a pris acte. Que se passera-t-il prochainement suite à l'intervention de Viganò? Personne ne le sait aujourd'hui. Cela provoquera beaucoup de turbulences à court terme. Cela pourrait conduire à de sérieuses réformes à long terme. Mais à moyen terme, le prochain pape va-t-il créer Viganò cardinal pour contrecarrer François, tout comme François a élevé Rauber dans une rebuffade apparente à Benoît XVI? Un futur cardinal Viganò ne peut être exclu.''


Tempête sur le Vatican

De François Billot de Lochner :

Unknown-16"Toute analyse lucide, se fondant sur la seule recherche de la vérité, se gardant de succomber à l’émotion ou à la passion, ne peut qu’aboutir à la conclusion suivante : le Vatican est en train de vivre une période exceptionnellement meurtrière. Les incompréhensions, les doutes, les contradictions, les divisions se multiplient au sein du monde catholique, ayant pour cause, notamment, les positions du pape. Citons quelques exemples.

Les propos répétitifs de François, concernant l’islam qui n’aurait rien à voir avec le terrorisme, deviennent, pour beaucoup, un véritable problème, voire un scandale. La persécution ou la mort de nombreux chrétiens, du Nigéria à l’Inde, du Soudan au Pakistan, du Moyen-Orient aux Maldives, de l’Europe occidentale à l’Indonésie, de l’Australie à l’Amérique latine montre à l’évidence que l’islam a tout à voir avec le terrorisme, et a concrètement déclenché une guerre mondiale contre le monde chrétien. Les dénégations du pape sont désormais, pour beaucoup, irrecevables.

Les déclarations alambiquées de François sur l’homosexualité, tout au long de cet été, ne conviennent plus à grand monde : les homosexualistes  les trouvent trop timorées, et les catholiques fidèles à la doctrine traditionnelle de l’Eglise, sur ce sujet d’une extrême gravité, les trouvent incompréhensibles. Oui ou non, se demandent de nombreux catholiques, l’homosexualité reste-t-elle un désordre très grave, comme le dit très explicitement le Catéchisme de l’Eglise catholique ? Si le lobby LGBT ne doit plus être condamné, et doit même être choyé, que le Vatican le dise clairement, et que le catéchisme soit modifié en conséquence. Aujourd’hui, le brouillard entourant cette question perturbe, divise et scandalise une partie importante du monde catholique.

La récente modification du Catéchisme de l’Eglise catholique relative à la peine de mort est choquante, tant sur le fond que sur la forme. Elle est intervenue au milieu de l’été, sans aucune concertation, sur une décision autoritaire de François : voilà pour la forme. Sur le fond, le texte rédigé après des années de réflexion sous l’autorité du pape Jean-Paul II, remarquablement ciselé et mesuré, est remplacé brutalement par un texte dont l’écriture laisse à désirer et qui affiche une contradiction patente avec le texte d’origine. Ce qui signifie donc que saint Jean-Paul II s’était fourvoyé sur ce sujet, puisque les conditions générales prises en compte pour l’élaboration du texte n’ont pas réellement changé. Notons cependant que de nombreux commentateurs ont souligné que si le texte initial devait être modifié, il aurait été plus réaliste de le durcir, plutôt que de l’abroger... Comme la modification introduite en catimini par le pape n’a souffert aucune discussion, le nécessaire débat fondamental sur un tel sujet n’aura pas lieu. Quoi qu’il en soit, cette partie nouvelle du catéchisme peut avoir de très graves conséquences tout au long du siècle, comme l’ont souligné un certain nombre de dirigeants politiques ou religieux du monde entier. Une fois de plus, le doute, l’incompréhension et la division sont à l’œuvre.

Tout récemment, l’affaire McCarrick, du nom du plus que sulfureux cardinal de Washington, très proche du pape, met directement en cause ce dernier. Les lignes de défense de ses soutiens sont pour le moins catastrophiques, car basées soit sur l’inexactitude, soit sur le mensonge. L’on a vu notamment des catholiques, considérés comme des intellectuels fiables, indiquer, pêle-mêle, que : les accusateurs du pape, notamment le nonce apostolique au cœur des révélations sur les dramatiques dérèglements sexuels de McCarrick, ne sont pas blancs comme neige ; les catholiques conservateurs utilisent cette affaire pour déstabiliser le pape ; ce dernier agit avec prudence et intelligence, et l’on doit lui en être gré etc. Cette façon d’agir, basée sur le seul jugement de valeur subjectif, voire sur le mensonge pur et simple, consiste à fuir, pour des raisons bassement idéologiques, l’implacable réalité. Tout cela est hautement problématique, venant de milieux dits catholiques, qui devraient donc avoir pour seul objectif la recherche de la Vérité, quel qu’en soit le prix à payer. Cela dit, François se trouve au cœur d’un ouragan ravageur pour lui, sa propre communication sur ce sujet étant elle aussi on ne peut plus contestable. En effet, sa réponse sur le rapport du nonce Vigano fut la suivante : "J'ai lu ce matin ce communiqué, je l'ai lu et je dirai sincèrement que je dois vous dire ceci, à vous et à tous ceux d'entre vous qui sont intéressés : lisez attentivement le communiqué et faites vous votre propre jugement. Je ne dirai pas un mot là-dessus." Une telle réponse va à rebours de toute la communication pontificale sur la transparence et l'exigence de vérité, et laisse les observateurs comme les croyants perplexes ou consternés.

Le cardinal Müller, le très remarquable préfet pour la Congrégation de la Doctrine de la foi, mis sur la touche par le pape en 2017, indiquait dans un entretien récent que le risque de schisme dans l’Eglise devenait préoccupant. Il est vrai que les positions de François sur de nombreux sujets deviennent illisibles.

Puisse l’Eglise catholique, composée de tant de saints prêtres et laïcs, apparaissant désormais comme le dernier rempart contre les forces de destruction de la Création, conserver ou retrouver une clarté de doctrine et de pratique si malmenées actuellement."


Le procureur de l’Etat de Pennsylvanie montre que le Vatican était informé des abus sexuels

Capture d’écran 2018-08-30 à 07.52.20Le procureur de l’Etat de Pennsylvanie Josh Shapiro a fait savoir mardi que le Vatican était au courant des exactions commises aux Etats-Unis sur des enfants par près de 300 prêtres. Mais il a également participé à l'omerta. En s’appuyant sur des archives conservées par le diocèse, la justice a pu comprendre que les autorités épiscopales documentaient tous les cas d’abus sexuels perpétrés dans l’Etat avant de les transmettre au Saint-Siège.

"Les prêtres mentaient aux paroissiens, mentaient aux forces de l'ordre, au public, mais après ils documentaient tous les abus dans des archives secrètes qu'ils partageaient souvent avec le Vatican".

Et que sont devenues ces notes envoyées au Saint-Siège ? Qui a bloqué ces notes ?


Abus sexuels : le scandale de l'homosexualité dans l'Eglise

Deux jours après la publication d’un rapport sur les abus sexuels sur mineurs dans six diocèses de Pennsylvanie, le Saint-Siège a condamné ces actes antérieurs à 1990. Plus de 300 prêtres, 1000 enfants victimes, des prélats coupables... c'est un phénomène d'ampleur qui est décrit par le rapport publié mardi 14 août par le procureur de Pennsylvanie. Épais de 884 pages, ce rapport est le fruit de deux ans d'enquête et porte sur une période de 70 ans. Il se fonde notamment sur des archives conservées par les diocèses.

Dans un communiqué, le Saint-Siège indique que le Pape François se tient résolument et fermement du côté des victimes. Le Saint-Siège a tenu à saluer les efforts de réformes entrepris par l'Église catholique américaine depuis les années 2000:

«Les conclusions du Grand Jury sont cohérentes avec les précédentes études, montrant que les réformes faites par l'Église catholique aux États-Unis ont réduit drastiquement l'incidence des abus commis par le clergé».

Le Saint-Père encourage à «de constantes réformes et à une vigilance à tous les niveaux de l'Église catholique».

Une semaine après l’affaire McCarrick, archevêque émérite de Washington accusé d’abus sexuels, l’Église catholique américaine est donc une nouvelle fois dans la tourmente.

Sur son blog, Philippe Arino rappelle qu'il ne s'agit pas seulement d'abus sexuels sur mineurs, mais aussi de l'homosexualité pratiquée au sein de l'Eglise :

"L’actuel scandale des 300 prêtres dits « pédophiles » aux États-Unis est présenté de manière particulièrement malhonnête et hypocrite par les mass médias qui jettent toute la faute non seulement aux prêtres directement concernés (et pour la plupart décédés) mais aussi à la hiérarchie ecclésiale qui les aurait couverts et aurait volontairement fermé les yeux. Car qui a justifié les actes pédophiles en les appelant « homosexuels », si ce n’est la société civile et les libertaires anti-pédophilie mais pro-gays ? Tant pis si je vous choque en disant cela, mais je me base sur les faits : bien souvent la pédophilie n’est que le faux nez de l’homosexualité. Pédérastie et homosexualité se télescopent régulièrement et de manière non causale, non systématique, mais réelle et récurrente : le cas tout récent de Mgr McCarrick, où on nous parle de pédophilie sacerdotale alors qu’il s’agit plutôt d’homosexualité sacerdotale – les prêtres et séminaristes qui sont allés dans son lit étaient majoritairement adultes et « consentants », et l’abus sur l’adolescent est une exception dans le parcours sexuel et amoureux de ce cardinal ! – le prouve. Notre monde condamne par devant (la pédophilie, l’inceste, le viol) ce qu’il promeut par derrière (homosexualité, jeunisme, « l’amour qui n’a pas d’âge ni de sexe »).

Donc NON, ce ne sont pas certains membres de l’Église d’en haut uniquement qui protègent les prêtres pédophiles : c’est surtout le monde profane, anticlérical et païen qui condamne les conséquences (la pédophilie) dont il chérit les causes (la croyance en « l’Amour sans Foi ni lois » reposant principalement sur la croyance en « l’identité » et en « l’amour » homosexuels). Et quand on nous annonce en ce moment énormément de démissions remises au Pape François par des évêques ou des cardinaux pour avoir « couvert des actes pédophiles », en réalité, détrompez-vous, ce ne sont pas souvent des actes pédophiles qui sont couverts mais bien des actes homosexuels (malgré l’annonce publique)."

Le lobby gay est bien actif au plus hauts niveaux de l'Eglise, comme le montre l'ouvrage d'Henry Sire, récemment traduit en français. Janet Smith, professeur de théologie morale au séminaire de Détroit explique :

« Trop de clercs et de laïcs croient qu’il suffit que quelques têtes tombent et que quelques mécanismes soient institués pour dénoncer les évêques corrompus et qu’on puisse passer à autre chose. Mais c’est faux ! » « Le problème de fond réside dans l’existence de réseaux homosexuels dans l’Eglise, probablement dans à peu près tous les diocèses et certainement à la Curie ».

Le cardinal hondurien Oscar Rodriguez Maradiaga, confident influent du pape François, est soupçonné de défaillances dans la gestion de la crise impliquant une homosexualité généralisée dans le principal séminaire de son diocèse. Le journaliste Edward Pention, du National Catholic Register, a révélé qu’au Honduras

« tous les séminaristes homosexuels ont été renvoyés, sauf ceux de l’archidiocèse de Tegucigalpa qui plaisantent en disant qu’ils ont un puissant et très influent saint patron : ‘’Maradiaga’’».

En juillet, le magazine révélait que 50 séminaristes de Tegucigalpa avaient cosigné une lettre dénonçant « une lourde ambiance d’homosexualité ». Mgr Maradiaga aurait ignoré des preuves d’actes homosexuels de l’évêque Pineda, démissionnaire le 20 juillet. Cerise sur le gâteau, le Chilien Francisco Javier Errazuriz Ossa, membre du conseil rapproché de neuf cardinaux du pape François pourrait, comme Mgr McCarrick, devoir démissionner suite aux poursuites dont il est l’objet pour abus sexuels.


Saint-Siège : le Secrétariat pour la communication est élevé au rang de Dicastère

Le 23 juin, le bulletin quotidien de la Salle de presse du Saint-Siège a rendu public la nouvelle du rescrit pontifical selon lequel le Secrétariat pour la communication est élevé au rang de Dicastère. Le Saint-Père affirme avoir pris en compte l’avis du Conseil des cardinaux (C9) afin de promouvoir le Secrétariat pour la communication au rang de Dicastère, ou « organe au service du Pontife romain dans l’exercice de son pouvoir suprême ». Cette décision manifeste la place grandissante prise par les organismes de communication au service du Saint-Siège, ainsi que leur évolution qui demeure au cœur du processus de réforme entrepris par le pape François et le C9. Le nouveau Dicastère restructure et fusionne peu à peu en son sein les anciens organismes de communication du Vatican qui fonctionnaient autrefois de façon plus autonome, à savoir :

  • le Centre Télévisé du Vatican
  • la Librairie Éditrice Vaticane
  • L'Osservatore Romano (l’édition quotidienne en italien demeurant sous la houlette de la secrétairerie d’Etat)
  • le Conseil pontifical des Communications sociales
  • Radio Vatican
  • la Salle de Presse du Saint-Siège
  • le Service photographique
  • le Service internet du Vatican
  • la Typographie vaticane 

Directives vaticanes sur le devenir des églises désaffectées

Capture d’écran 2018-07-12 à 23.56.11Le Conseil pontifical pour la culture, en partenariat avec l’université pontificale grégorienne et la conférence des évêques d’Italie, lance une conférence internationale qui a pour but d’aider les diocèses à mieux gérer la question du devenir des églises désaffectées. De nouvelles directives en gestation visent à promouvoir la collaboration avec les communautés locales pour trouver des solutions « appropriées » pour les églises désacralisées.

« Dieu ne demeure-t-Il plus ici ? » Tel est le titre de cette conférence qui se tiendra les 29 et 30 novembre à Rome, avec un sous-titre parlant : « La désaffectation des lieux de culte et la gestion intégrée de l’héritage culturel ecclésiastique. »


Gallicanisme et ultra-montanisme

Extrait d'un article intéressant de Benoît Dumoulin dans l'Incorrect :

Images-4"[...] Que signifie être ultramontain? C’est regarder au-delà des monts que sont les Alpes et prôner la souveraineté absolue du pape, à la fois sur le pouvoir politique et sur les dignitaires de l’Église locale que sont les évêques. L’inverse du gallicanisme qui consiste, au contraire, à faire primer les traditions de l’Église locale sur les injonctions pontificales (gallicanisme ecclésiastique) ou à donner la primauté au souverain temporel en cas de conflit avec le Souverain Pontife (gallicanisme politique, très pratiqué sous l’Ancien Régime).

Le gallicanisme politique est mort avec la Révolution française. L’Église de France (dite Église gallicane) ne voit plus l’intérêt de solliciter la protection d’un pouvoir qui la persécute ou au mieux l’ignore : « La République, qui a remplacé la Monarchie chrétienne, n’a plus de croyance religieuse, explique l’historien Adrien Dansette; elle subventionne plusieurs cultes [sous le Concordat napoléonien] et elle constate seulement que l’un d’eux est celui de la majorité des Français. Le Roi incarnait un aspect de la mystique chrétienne; évêque de l’extérieur, son rôle était de réaliser le règne de Dieu dans le temporel. [...] Si la Monarchie chrétienne a disparu, l’Église gallicane n’est plus que l’ombre d’elle-même. [...] Livrés à l’État, incapables de s’unir entre eux, les évêques demanderont protection à Rome ».

La mort du Roi Très-Chrétien et l’avènement d’un État omnipotent et sécularisé ont conduit l’Église de France à chercher, tout au long du XIXe siècle, la protection d’une puissance qui pouvait limiter les empiétements et abus du pouvoir civil. C’est le courant ultramontain qui triomphera avec le pape Pie IX. De cette époque date l’importance de la figure pontificale dans la vie politique française. Importance doublée d’un combat idéologique puisque l’Église romaine est à la pointe du combat contre les idées révolutionnaires qui pullulent en Europe. Les grandes figures de la papauté au XXe siècle, de saint Pie X à Benoît XVI, en passant par Pie XII et saint Jean-Paul II, ne sont pas pour rien dans l’émergence de cette tradition ultra-montaine.

Bien sûr, on ne parle pas ici de l’autorité du pape dans les questions qui relèvent de la foi et des mœurs mais plutôt de la légitimité attachée à ses propos dans la conduite des affaires publiques : saint Pie X encourageant les catholiques français à refuser la séparation de l’Église et de l’État, Pie XII luttant contre le nazisme et le communisme, saint Jean-Paul II combattant inlassablement la culture de mort, Benoît XVI mettant en garde contre le relativisme intellectuel et moral.

Mais avec la multiplication des propos peu convaincants du pape François sur l’immigration, l’Europe ou l’islam, ne verra-t-on pas ressurgir un sentiment gallican, émanant de la frange du catholicisme français a aché à la conservation de son identité nationale et peu soucieux de se fondre dans le brassage des peuples et des cultures, fût- il prôné par le successeur de Pierre? L’avenir seul le dira."


Le cardinal Jean-Louis Tauran est décédé cette nuit

DhYHl8oXkAItQxjLe cardinal Jean-Louis Tauran, âgé de 75 ans, l'avant-dernier cardinal français encore en poste à la Curie romaine, président du conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, est décédé.

Prêtre à Bordeaux en 1969, il fut appelé en 1975 dans les services diplomatiques du Saint-Siège. Il a ainsi servi dans les nonciatures apostoliques de la République dominicaine, puis du Liban, avant de représenter le Saint-Siège auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). En 1988, il est nommé sous-secrétaire du Conseil pour les affaires publiques de l’Église. Polyglotte, il est nommé Secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États à la Secrétairerie d’État et archevêque en 1991. 

Créé cardinal par Jean-Paul II lors du consistoire du 21 octobre 2003, il est nommé cardinal archiviste et bibliothécaire. Le 1er septembre 2007, il devient président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux. 

Le 13 mars 2013, à l’issue du conclave chargé d’élire un successeur au pape Benoît XVI, il prononce l'Habemus papam, annonçant au monde l’élection du cardinal Jorge Mario Bergoglio.

Le cardinal Jean-Louis Tauran souffrait de la maladie de Parkinson.


L'antipopulisme nourrit l’antichristianisme

Bernard Antony évoque la visite d'Emmanuel Macron au Vatican :

Unknown-7"[...] Dans la délégation officielle accompagnant Emmanuel Macron était bien sûr son épouse Brigitte et les deux ministres plus particulièrement en charge du suivi des relations avec le Vatican, Gérard Collomb le ministre de l’Intérieur, en charge des cultes, et Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères.

Des moments sans doute captivants pour ces deux hommes par ailleurs fieffés francs-maçons depuis longtemps et à un haut niveau, adeptes du Grand-Orient de France, une des obédiences essentielles de la secrète religion de la République, la franc-maçonnerie.

Si les propos de considération du fait religieux catholique par Emmanuel Macron ont pu déplaire au Grand Orient et aux autres obédiences laïcardocratiques, il semble qu’ils n’aient pourtant pas motif à grande récrimination sur ce qui est essentiel pour elles, à savoir les réformes sociétales, autrement dit la continuité des avancées de la « culture de mort » dénoncée jadis par Jean-Paul II.

Sur ce plan, aucune expression de la moindre tension entre François et Emmanuel Macron n’a filtré alors que les signes de complicité, avec même une exceptionnelle et chaleureuse accolade, ont été largement médiatisés. Et ce qui a été bien sûr voulu par les deux hommes, c’est ce qu’on peut appeler leur « pacte antipopuliste ». Macron, radieux, a exprimé en effet avoir partagé avec François la même ambition d’être « avec les peuples et contre les populistes ». Somme toute, en quelque sorte, une nouvelle forme d’union sacrée : entre la République de la franc-macronnerie et ce que l’on peut appeler en langue hybride, latino, la « francescocratie ».

Qu’Emmanuel Macron soit farouchement contre ce que l’on appelle le populisme – sans que l’on en donne jamais une claire définition – c’est compréhensible. Le populisme, c’est, en gros, tout ce qui va à l’encontre de sa connivence avec Angela Merkel et quelques autres en fin de course, pour la perpétuation du projet de l’utopie constructiviste eurocratique. Ce projet rencontre maintenant non seulement l’opposition de forts pourcentages de tous les électorats d’Europe mais celle de plusieurs États : Autriche – Hongrie – Pologne – Tchéquie, et nonobstant les positions de François, celle de l’Italie.

Certains catholiques pourraient alors prioritairement invoquer que cela n’est simplement pas bon pour l’Église si numériquement minoritaire voire résiduelle dans plusieurs pays d’Europe, mais désormais politiquement très coupée de ses peuples les plus proches : Italie, Autriche, Pologne, Hongrie… François peut bien comminatoirement multiplier les appels à l’accueil de l’immigration, ces peuples ont en leur longue mémoire les séculaires occupations ou menaces de l’empire ottoman. Pour eux, sous ce que nous appelons la « tsunamigration » est l’extension de ce que nous appelons encore « l’islamigration ». Et ces peuples ne comprennent guère que François, si prompt à manifester dans les gestes de sa « praxis » - concept marxiste qui lui est cher – un accueil prioritaire pour les musulmans, ne semble jamais se soucier d’en appeler pour eux à la solidarité des riches États islamiques de la péninsule arabique, de même culture. Certains diront qu’un pareil immigrationnisme à sens unique est dangereux pour l’Église catholique se coupant ainsi, de plus en plus, d’un grand nombre de ses fidèles. Sans doute, mais l’argument de ce danger n’est pas le seul. Il est certes bien triste qu’en bien des pays, et d’abord en Italie, l’Église catholique étant de plus en plus perçue comme un élément de déracinement, de non-résistance, de démobilisation, un grand nombre des jeunes défenseurs de l’identité de leurs peuples se tournent vers un regain de néo-paganisme.

Mais le plus triste en cette affaire, c’est que l’immigrationnisme de François et de tant d’autres derrière lui se développe sur un système, si ce n’est de mensonges délibérés, de contre-vérités flagrantes. Ainsi entendons-nous sans cesse médiatiquement déferler celle selon laquelle le pourcentage des « migrants » est dérisoire par rapport aux cinq cent millions de citoyens européens. Et ainsi, on nous assène sans vergogne des chiffres dérisoires de pourcentages de population immigrées, ou du nombre des demandeurs d’asile. François martèle : « L’Europe se ferme, se ferme, se ferme ». Peut-être en est-il ainsi de son Vatican qui nous semble en effet bien plus chrétiennement homogène que désormais la plupart de nos villes et banlieues, encore que certaines sont de plus en plus… homogènes mais islamiquement.

Le mensonge, chimiquement pur mais bâti sur une vérité statistique, c’est celui d’une non-évolution du pourcentage des immigrés. En effet, on naturalise « français » autant que l’on reçoit de nouveaux immigrés. Pour ce qui est de la France, deux cent mille environ chaque année, soit bien plus de deux millions tous les dix ans, bien plus de cinq millions tous les vingt ans compte tenu de la réalité démographique de ces populations majoritairement peu prédestinées à une assimilation culturelle et morale. Et certains, peut-être persuadés d’être de bons catholiques de cœur mais aussi de doctrine, diront ingénument qu’il faut bien remplacer les vides de la dénatalité par de nouveaux arrivants.

Peut-on professer ainsi pareil mépris matérialiste de la diversité humaine ? Comme si les hommes n’étaient que des masses de populations indifférenciées, interchangeables, sans spécificités religieuses, nationales, culturelles, morales ? À vrai dire, est-on là pas si loin des conceptions lénino-staliniennes ou des pires conceptions capitalistes selon lesquelles les évolutions des peuples peuvent toujours se résoudre par de grands transferts par wagons ?"


Déclaration imbécile sur les Bretons

Voulant plaisanter avec le pape, Emmanuel Macron, en présentant le ministre Jean-Yves Le Drian, a déclaré que les Bretons sont la mafia française. Le pape ne semble pas bien comprendre l'humour du président français :

Il aurait du se souvenir que le pape François avait eu à plusieurs reprises des propos très durs contre la mafia. Le Vatican réfléchit à une mesure pour excommunier tous les mafieux. Le pape François avait déjà excommunié en juin 2014 la Ndrangheta, la puissante mafia calabraise. 


Les Etats doivent sortir de la spirale de la dette publique

Autre extrait du document publié jeudi par la Congrégation pour la doctrine de la foi sur certains aspects du système économique et financier actuel :

4ab0ae92c599e4c666d09b7c82f13ca0-1024x1024"Cependant, il est bon de noter que la dette publique est aussi souvent générée par une gestion maladroite – peut-être intentionnellement – du système d’administration publique. Cette dette, c’est-à-dire l’ensemble des passifs financiers qui pèse sur les États, est aujourd’hui l’un des plus grands obstacles au bon fonctionnement et à la croissance des différentes économies nationales. Nombreuses d’entre elles sont en effet accablées par le devoir de faire face aux paiements d’intérêts provenant de cette dette et doivent donc procéder à cet effet à des ajustements structurels.

Face à tout cela, les États sont appelés d’une part, à remédier à cette situation au moyen d’adéquates gestions du système public par le biais de réformes structurelles sages, et par la répartition judicieuse des dépenses et des investissements ciblés ; d’autre part, au plan international, en mettant chaque pays face à ses responsabilités incontournables, il faut également permettre et encourager de manière raisonnable les voies judicieuses de sortie de la spirale de la dette, en ne faisant pas porter aux États – et donc à leurs concitoyens, en clair à des millions de familles – le fardeau de ce qui de fait se révèle insoutenable.

Cela suppose également des politiques de réduction raisonnable et harmonisée de la dette publique, en particulier lorsque celle-ci est détenue par des entités d’une telle consistance économique qu’elles sont en mesure d’offrir cette réduction. Des solutions similaires sont nécessaires à la santé du système économique international, afin d’éviter la propagation de crises qui pourraient l’affecter tout entier, et à la poursuite de la recherche du bien commun des nations dans leur ensemble."


Sur certains aspects du système économique et financier actuel

Extrait de la note de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi parue ce jour :

"[...] 7. Certaines considérations élémentaires sont aujourd’hui évidentes aux yeux de tous ceux qui, au-delà de toute théorie ou école de pensée, veulent prendre acte, de manière loyale, de la situation historique dans laquelle nous vivons. Ce document n’entend pas intervenir dans de légitimes discussions d’écoles, mais plutôt contribuer au dialogue, conscient que, de toute façon, il n’existe pas de recettes économiques valables en tout lieu et en tout temps.

8. Toute réalité ou activité humaine, vécue sur l’horizon d’une juste éthique, c’est-à-dire dans le respect de la dignité humaine et orientée vers le bien commun, est une chose positive. Cela vaut pour toutes les institutions que suscite la société humaine, même en ce qui concerne les marchés, à tous les niveaux, y compris financiers.

À ce propos, il faut souligner que même les systèmes créés par les marchés, avant de reposer sur des dynamiques anonymes, élaborées grâce à des technologies de plus en plus sophistiquées, sont basées sur des relations qui ne pourraient être instaurées sans la participation de la liberté des individus. Il est donc clair que, « pour fonctionner correctement, l’économie », tout comme les autres sphères de l’activité humaine, « a besoin de l’éthique ; non pas d’une éthique quelconque, mais d’une éthique amie de la personne ».

9. Il apparaît donc clairement que, sans une juste vision de l’homme, on ne peut fonder ni une éthique ni une pratique à la hauteur de sa dignité et du vrai bien commun. En fait, dire que l’action humaine est neutre ou dégagée de toute conception fondamentale – même dans la sphère économique – c’est toujours impliquer une compréhension de l’homme et du monde, qui révèle ou non sa positivité à travers les effets et le développement produits.

Dans cette ligne, notre époque a montré l’essoufflement d’une vision individualiste de l’homme pris surtout comme un consommateur, dont le profit consisterait avant tout à optimiser ses gains pécuniaires. En réalité, la personne humaine est dotée singulièrement d’un caractère relationnel et d’une rationalité continuellement à la recherche d’un gain et d’un bien-être entiers et non réductibles à une logique de consommation ou aux aspects économiques de la vie.

Ce caractère relationnel fondamental de l’homme est essentiellement marqué par une rationalité qui résiste à toute réduction chosifiant ses besoins fondamentaux. À ce sujet, il n’est plus possible de passer sous silence qu’il existe de nos jours une tendance à déshumaniser tous les échanges de « biens », en les réduisant à de simples échanges de « choses ».

En réalité, il est évident que l’enjeu de la transmission des biens entre des personnes n’est pas seulement d’ordre matériel, car les biens matériels sont souvent le véhicule de biens immatériels, dont la présence ou l’absence effective détermine de manière décisive la qualité même des rapports économiques (par exemple, la confiance, l’équité, la coopération…). C’est précisément à ce niveau que la logique du don sans contrepartie peut se comprendre non comme une alternative, mais comme une réalité inséparable et complémentaire de celle de l’échange de biens équivalents. [...]"


En Arabie, le cardinal Tauran réclame la liberté religieuse

SaoudLe cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, se trouve depuis le 13 avril dans la capitale d’Arabie Saoudite où il restera jusqu’au 20 avril pour rendre la visite faite au Vatican, le 20 septembre 2017, par le Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, le Sheikh Mohammed Abdul Karim Al-Issa. Accueilli par le principe Mohammed ben Abderrahmane ben Abdelaziz, vice-gouverneur de Ryad, le cardinal Tauran a tenu au siège de la Ligue Musulmane, pendant sa rencontre avec le Sheikh Al-Issa, un discours sans précédent dans l’histoire des rapports entre le christianisme et l’islam, non pas pour les choses qu’il a dites mais bien pour le lieu dans lesquelles il les a dites. C’est en effet la première fois qu’en Arabie Saoudite, dans la patrie du wahhabisme, c’est-à-dire de l’un des courants les plus radicaux de l’islam, un haut représentant de l’Eglise catholique s’exprime publiquement et avec netteté sur des questions cruciales telles que la liberté de religion et l’égalité des droits entre les croyants de toutes confessions.

Extraits de ses déclarations:

« La religion peut être proposée mais jamais imposée, et ensuite acceptée ou refusée ». « Toutes les religions doivent être traitées de la même manière, sans discrimination, parce que leurs fidèles, tout comme des citoyens qui ne professent aucune religion, doivent être traités de la même manière ».

« Les leaders spirituels ont un devoir : celui d’éviter que les religions soient au service d’une idéologie et être capable de reconnaître que certains de nos coreligionnaires, comme les terroristes, ne se comportent pas correctement. Le terrorisme représente une menace constante, c’est pourquoi nous devons être clairs et ne jamais le justifier.  Les terrorismes veulent démontrer l’impossibilité du vivre-ensemble.  Nous croyons exactement le contraire.  Nous devons éviter l’agression et le dénigrement. »

« Tout dialogue interreligieux authentique commence par la proclamation de sa propre foi. Nous ne disons pas que toutes les religions se valent mais que tous les croyants, ceux qui cherchent Dieu et toutes les personnes de bonne volonté qui n’ont pas d’affiliation religieuse, sont d’égale dignité.  Chacun doit être laissé libre d’embrasser la religion qu’il veut ».


Le Vatican rappelle l'interdiction de la communion pour les Protestants

Accès-communion-époux-protestants-évêques-Allemagne-couples-mixtes-e1519487145739La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a rejeté le projet des évêques allemands d'autoriser les époux protestants d'un conjoint catholique à recevoir la Sainte Communion.

En février, les évêques avaient voté à une large majorité en faveur de ce sacrilège. La décision avait été annoncée le 22 février au nom de la conférence des évêques par le cardinal Reinhard Marx. Toutefois, sept évêques avaient interrogé le Vatican sur ce sujet. La Congrégation a rejeté l'idée allemande avec l'approbation du Pape François. Cette décision négative a déjà été transmise aux évêques allemands.


Cette façon de jouer avec la foi et la doctrine, au plus haut niveau de l'Église, est un scandale

En marge d'un congrès qui se tiendra à Rome demain en mémoire du cardinal Caffara, et lors duquel interviendront plusieurs cardinaux, Riccardo Cascioli s'entretient avec le cardinal Burke. Extrait de la traduction de Benoît-et-moi :

Unknown-14"[...] Ce qui s'est passé avec la dernière interview donnée à Eugenio Scalfari pendant la Semaine Sainte et rendue publique le Jeudi Saint est allé au-delà du tolérable. Qu'un athée notoire prétende annoncer une révolution dans l'enseignement de l'Église catholique, considérant qu'il parle au nom du Pape, niant l'immortalité de l'âme humaine et l'existence de l'enfer, a été source de profond scandale non seulement pour beaucoup de catholiques mais aussi pour beaucoup de laïcs qui respectent l'Église catholique et ses enseignements, même s'ils ne les partagent pas. De plus, le Jeudi Saint est l'un des jours les plus saints de l'année, le jour où le Seigneur a institué le Saint Sacrement de l'Eucharistie et du sacerdoce, afin qu'il puisse nous offrir toujours le fruit de sa passion rédemptrice et de sa mort pour notre salut éternel. En outre, la réponse du Saint-Siège aux réactions scandalisées du monde entier a été très insuffisante. Au lieu d'annoncer à nouveau clairement la vérité sur l'immortalité de l'âme humaine et sur l'enfer, le démenti affirme seulement que certaines des paroles citées ne viennent pas du Pape. Il ne dit pas que les idées erronées, voire hérétiques, exprimées par ces paroles ne sont pas partagées par le Pape et que le Pape rejette ces idées comme étant contraires à la foi catholique. Cette façon de jouer avrc la foi et la doctrine, au plus haut niveau de l'Église, laisse à juste titre les pasteurs et les fidèles scandalisés.

Si ces choses sont très graves et source d'embarras, le silence de nombreux Pasteurs est surprenant.

Certes, la situation s'est encore aggravée par le silence de nombreux évêques et cardinaux qui partagent avec le Pontife romain sa préoccupation pour l'Église universelle. Certains sont tout simplement silencieux. D'autres prétendent qu'il n'y a rien de grave. D'autres répandent la fiction d'une nouvelle Église, d'une Église qui prend une direction totalement différente du passé, imaginant par exemple un «nouveau paradigme» pour l'Église ou une conversion radicale de la pratique pastorale de l'Église, la rendant complètement nouvelle. Et puis, il y a ceux qui sont des promoteurs enthousiastes de la soi-disant révolution dans l'Église catholique. Pour les fidèles qui comprennent la gravité de la situation, le manque de direction doctrinale et disciplinaire de la part de leurs pasteurs les laisse perdus. Pour les fidèles qui ne comprennent pas la gravité de la situation, ce manque les laisse dans la confusion et peut-être victimes d'erreurs nuisibles à leur âme. Beaucoup de ceux qui sont entrés en pleine communion avec l'Église catholique, ayant été baptisés dans une communion ecclésiale protestante parce que leurs communautés ecclésiales ont abandonné la foi apostolique, souffrent intensément de la situation: percevant que l'Église catholique suit le même chemin d'abandon de la foi.

Ce que vous dépeignez là est une situation apocalyptique...

Toute cette situation m'amène à réfléchir de plus en plus sur le message de Notre-Dame de Fatima qui nous met en garde contre le mal - encore plus grave que les maux très graves subis à cause de la propagation du communisme athée - qu'est l'apostasie de la foi au sein de l'Église. Le §675 du Catéchisme de l'Église catholique nous enseigne que «avant la venue du Christ, l'Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants», et que «la persécution qui accompagne son pèlerinage [de l'Église] sur terre révélera le "mystère d'iniquité" sous la forme d'une imposture religieuse qui offre aux hommes une solution apparente à leurs problèmes, au prix de l'apostasie de la vérité».

Dans une telle situation, les évêques et les cardinaux ont le devoir de proclamer la vraie doctrine. Dans le même temps, ils ont le devoir de conduire les fidèles à réparer les offenses contre le Christ et les blessures infligées à son Corps mystique, l'Église, quand la foi et la discipline ne sont pas correctement sauvegardées et promues par les pasteurs. Le grand canoniste du XIIIe siècle, Henri de Suse, confronté à la difficile question de savoir comment corriger un Pontife romain qui agirait d'une manière contraire à sa charge, affirme que le Collège des Cardinaux constitue un contrôle de facto contre l'erreur papale. [...]

Le Pape n'est certainement pas un souverain absolu, mais aujourd'hui, il est beaucoup perçu de cette façon. «Si c'est le Pape qui le dit...» est le moyen courant de couper cout à toute question ou tout doute sur certaines déclarations. Il y a une sorte de papolâtrie. Comment réagissez-vous à cela ?

La notion de la plénitude du pouvoir du Souverain Pontife a déjà été clairement énoncée par le Pape Saint Léon le Grand. Les canonistes du Moyen Âge ont grandement contribué à l'approfondissement du pouvoir inhérent à l'Office pétrinien. Leur contribution reste valable et importante. La notion est très simple. Le Pape, par la volonté divine, jouit de tout le pouvoir nécessaire pour sauvegarder et promouvoir la vraie foi, le vrai culte divin et la saine discipline requise. Ce pouvoir n'appartient pas à sa personne, mais à sa charge de successeur de saint Pierre. Dans le passé, la plupart du temps, les papes n'ont pas rendu publics leurs actes personnels ou leurs opinions, précisément pour ne pas risquer que les fidèles soient entraînés dans la confusion sur ce que fait et pense le successeur de saint Pierre. Actuellement, il y a une confusion dangereuse et même nuisible entre la personne du Pape et sa charge, qui a pour conséquence l'obscurcissement de l'Office pétrinien et une conception "mondaine" et politique du service du Pontife romain dans l'Église. L'Église existe pour le salut des âmes. Tout acte d'un Pape qui sape la mission salvifique du Christ dans l'Église, qu'il s'agisse d'un acte hérétique ou d'un acte peccamineux en soi, est tout simplement vide du point de vue de l'Office pétrinien. Par conséquent, même s'il cause clairement des dommages très graves aux âmes, elle [l'Eglise] ne commande pas l'obéissance des pasteurs et des fidèles. Il faut toujours distinguer le corps de l'homme qui est le Pontife romain du corps du Pontife romain, c'est-à-dire de l'homme qui exerce l'office de saint Pierre dans l'Église. Ne pas faire la distinction, c'est de la papolâtrie, cela se termine par la perte de la foi dans l'Office Pétrinien divinement fondé et soutenu.

Dans la relation avec le Pape, à quoi un catholique doit-il tenir le plus?

Le catholique doit toujours respecter, de manière absolue, l'Office pétrinien en tant que partie essentielle de l'institution de l'Église par le Christ. Dès l'instant où le catholique ne respecte plus l'office pétrinien, il se dispose soit au schisme, soit à l'apostasie de la foi. Dans le même temps, les catholiques doivent respecter l'homme en charge de l'office, ce qui signifie attention portée à son enseignement et à sa direction pastorale. Ce respect inclut aussi le devoir d'exprimer au Pape le jugement d'une conscience correctement formée, lorsqu'il s'écarte ou semble s'écarter de la vraie doctrine et de la saine discipline ou abandonne les responsabilités inhérentes à sa charge. Par la loi naturelle, par les évangiles et la tradition disciplinaire constante de l'Église, les fidèles sont tenus d'exprimer à leurs pasteurs leur sollicitude pour l'état de l'Église. Ils ont ce devoir, auquel correspond le droit de recevoir une réponse de leurs pasteurs. [...]"


Pape, infaillibilité, conclave... Tout savoir sur le Vatican

Déjà auteur d’un remarquable Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège, Christophe Dickès s’est cette fois-ci attaqué aux légendes qui circulent sur la papauté, le Vatican et l’Église. L’historien, spécialiste d’autre part de Jacques Bainville, suit l’actualité de l’Église avec passion et rigueur. A travers 23 questions, Christophe Dickès aborde des sujets tant historiques (l’accord Pie XI-Mussolini ; l’Église et la Shoah ; la mort de Jean-Paul Ier, etc.), que structurels (la richesse du Vatican, la réforme de la Curie, la misogynie du Vatican, le secret de ses archives, etc.).


A Rome, les prélats rappellent aux élus que l'accueil des immigrés doit se faire avec prudence et discernement

Hervé de Lépinau, Conseiller départemental Front National de Vaucluse, conseiller municipal de Carpentras, était à Rome avec les 200 élus emmenés par les évêques du sud de la France. Il témoigne sur Boulevard Voltaire :

PQ6HM7NI_400x400"[...] Le moment fort a évidemment été l’audience privée avec le Saint-Père. J’ai eu l’occasion avec mon épouse d’échanger avec le Saint-Père et de lui confier des intentions de prière. Chaque participant a pu avoir un bref échange avec le pape. 

Nous avons également rencontré son secrétaire d’État, le cardinal Parolin, le Monsignore qui fait office de ministre des Affaires étrangères. Nous avons débattu des thèmes qui font l’actualité dans le monde, et plus particulièrement en Europe, et notamment la question des migrants et celles de bioéthique. Il était très intéressant de constater que l’Église reste fidèle à une approche permanente dans les fondements de l’analyse sur ces deux sujets. Sur les migrants, il y a bien un message évangélique d’accueil du migrant, de la personne en difficulté, mais les prélats nous ont rappelés que cet accueil doit se faire avec prudence et discernement, et en fonction des capacités d’accueil du pays concerné. On n’est donc absolument pas dans cette approche angélique et donc tronquée du discours du Saint-Père sur la question des migrants repris par les mouvements de gauche et la presse mainstream en France.

Ce voyage d’élus de sensibilités différentes a-t-il donné lieu a des relations cordiales ?

Nous avions en effet une parfaite transversalité sur l’échiquier politique. Nous avions le maire d’Arles qui est communiste, si je ne me trompe pas, jusqu’à notre ami Philippe Vardon du Rassemblement national et représentant du courant identitaire. Nous avions un panel représentatif de ce qu’est le paysage politique français. Je dirais qu’il a soufflé quasi miraculeusement un vent de concorde. Les participants sont tous venus dans une démarche d’écoute et non de démonstration. C’est plutôt une très bonne chose. [...]"


Pas question de recevoir des militants LGBT au Vatican

Unknown-27Le cardinal Kevin Farrell, préfet du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie est revenu le 1er mars sur la polémique autour de l′organisation d’une conférence au Vatican intégrant des militants LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Le 8 mars, l′association Voices of Faith (Voix de la Foi) organisera à Rome une conférence autour de la place de la femme dans l′Eglise. L’objectif de cette manifestation est de “donner aux femmes catholiques les moyens de prendre part” aux décisions dans l’Eglise. La date de la conférence est choisie en fonction de la célébration de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Originellement, la conférence aurait dû se tenir à la Casina Pio  IV, au Vatican. Le 2 février, deux participantes et militantes LGBT avaient été refusées par le cardinal Farrell en raison de leur position “contraire à l’enseignement de l’Eglise” :

  • l’ancienne présidente d’Irlande Mary McAleese, une catholique qui a étudié le droit canon à Rome,
  • l’avocate ougandaise Ssenfuka Juanita Warry, fondatrice d’une association de défense des personnes LGBT en Ouganda.

Toutes deux ont été barrées de la liste des noms par le cardinal Farrell.

Le fils de Mary McAleese, Justin, est un homosexuel connu, catholique et militant de premier plan lors du référendum sur le mariage homosexuel de mai 2015 en République d’Irlande.

“Ce n′est pas que nous ne voulons pas écouter” ni dialoguer, a assuré le cardinal américain. Mais il faut savoir distinguer “ce qui est à l′intérieur et hors du Vatican”. C′est un point “très important” qui “semble avoir été oublié”. 

En réaction à cette décision du cardinal Farrell, l’association a déplacé sa conférence au siège des Jésuites, à Rome, à 500 m du Vatican.


Marie Mère de l'Eglise, désormais fêtée le lundi de Pentecôte

Décret de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie Mère de l’Eglise dans le Calendrier Romain Général :

DXXHb2XXUAANZmM"La joyeuse vénération dédiée à la Mère de Dieu dans l’Eglise contemporaine, à la lumière de la réflexion sur le mystère du Christ et sur sa propre nature, ne pouvait pas oublier cette figure de Femme (cf. Gal 4, 4), la Vierge Marie, qui est à la fois Mère du Christ et Mère de l’Eglise.

Ceci était déjà en quelque sorte présent dans la pensée de l’Eglise à partir des paroles prémonitoires de saint Augustin et de saint Léon le Grand. Le premier, en effet, dit que Marie est la mère des membres du Christ, parce qu’elle a coopéré par sa charité à la renaissance des fidèles dans l’Eglise; puis l’autre, quand il dit que la naissance de la Tête est aussi la naissance du Corps, indique que Marie est en même temps mère du Christ, Fils de Dieu, et mère des membres de son Corps mystique, c’est-à-dire de l’Eglise. Ces considérations dérivent de la maternité de Marie et de son intime union à l’œuvre du Rédempteur, qui a culminé à l’heure de la croix.

La Mère en effet, qui était près de la croix (Jn 19, 25), accepta il testament d’amour de son Fils et accueillit tous les hommes, personnifiés par le disciple bien-aimé, comme les enfants qui doivent renaître à la vie divine, devenant ainsi la tendre mère de l’Eglise que le Christ a générée sur la croix, quand il rendait l’Esprit. A son tour, dans le disciple bien-aimé, le Christ choisit tous les disciples comme vicaires de son amour envers la Mère, la leur confiant afin qu’ils l’accueillent avec affection filiale.

Guide prévoyante de l’Eglise naissante, Marie a donc commencé sa propre mission maternelle déjà au cénacle, priant avec les Apôtres dans l’attente de la venue de l’Esprit Saint (cf. Ac 1,14). Dans ce sentiment, au cours des siècles, la piété chrétienne a honoré Marie avec les titres, en quelque sorte équivalents, de Mère des disciples, des fidèles, des croyants, de tous ceux qui renaissent dans le Christ, et aussi de “Mère de l’Eglise”, comme il apparaît dans les textes d’auteurs spirituels ainsi que dans le Magistère de Benoît XIV et de Léon XIII.

De ce qui précède on voit clairement le fondement sur lequel le bienheureux pape Paul VI, en concluant, le 21 novembre 1964, la troisième session du Concile Vatican II, a déclaré la bienheureuse Vierge Marie “Mère de l’Eglise, c’est-à-dire Mère de tout le peuple chrétien, aussi bien des fidèles que des Pasteurs, qui l’appellent Mère très aimable”, et a établi que “le peuple chrétien tout entier honore toujours et de plus en plus la Mère de Dieu par ce nom très doux”.

-ztlN-KfLe Siège apostolique a ainsi proposé, à l’occasion de l’Année Sainte de la Réconciliation (1975), une messe votive en l’honneur de la bienheureuse Marie Mère de l’Eglise, insérée par la suite dans le Missel Romain; il a aussi accordé la faculté d’ajouter l’invocation de ce titre dans les Litanies Laurétanes (1980) et il a publié d’autres formules dans le recueil des messes de la bienheureuse Vierge Marie (1986). Pour certaines nations, diocèses et familles religieuses qui en ont fait la demande, il a concédé d’ajouter cette célébration dans leur Calendrier particulier.

Le Souverain Pontife François, considérant avec attention comment la promotion de cette dévotion peut favoriser, chez les Pasteurs, les religieux et les fidèles, la croissance du sens maternel de l’Eglise et de la vraie piété mariale, a décidé que la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, soit inscrite dans le Calendrier Romain le lundi de la Pentecôte, et célébrée chaque année.

Cette célébration nous aidera à nous rappeler que la vie chrétienne, pour croître, doit être ancrée au mystère de la Croix, à l’oblation du Christ dans le banquet eucharistique et à la Vierge offrante, Mère du Rédempteur et de tous les rachetés.

Une telle mémoire devra donc apparaître dans tous les Calendriers et les Livres liturgiques pour la célébration de la Messe et de la Liturgie des Heures; les textes liturgiques nécessaires à ces célébrations sont joints à ce décret et leurs traductions, approuvées par les Conférences Episcopales, seront publiées après la confirmation de ce Dicastère.

Là où la célébration de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Eglise, est déjà célébrée, selon les normes du droit particulier approuvé, à un jour différent avec un degré liturgique supérieur, même dans le futur, peut être célébrée de la même manière.

Nonobstant toutes choses contraires.

Du siège de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, le 11 février 2018, en la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie de Lourdes.

Robert Cardinal Sarah, Préfet"

Le lundi de Pentecôte prochain, le cardinal Sarah célèbrera la messe selon la forme extraordinaire du rite romain en la cathédrale Notre-Dame de Chartres pour la clôture du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté.


Dans les phases finales de la vie, le réseau familial constitue toujours un élément fondamental

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, a envoyé une lettre au président de l’Académie pontificale pour la vie, Mgr Paglia, à l’occasion d’un congrès international intitulé « Soins palliatifs : partout et par tout le monde. Soins palliatifs dans toutes les régions. Soins palliatifs dans toutes les religions ou croyances ». Organisé par l’Académie pontificale pour la vie, il se tient à Rome les 28 février et 1er mars 2018.

Traduction de la lettre par Zénit :

"Excellence,

Unknown-24Au nom du Saint-Père François et en mon nom personnel, je vous adresse mes salutations cordiales, ainsi qu’aux organisateurs et aux participants au congrès sur les soins palliatifs. Il s’agit de questions qui concernent les derniers moments de notre vie terrestre et qui mettent l’être humain face à une limite qui semble insurmontable pour la liberté, suscitant parfois rébellion et angoisse. C’est pourquoi, dans la société actuelle, on cherche de nombreuses manières à l’éviter et à le supprimer, négligeant d’écouter l’indication inspirée du psaume : « Apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. » (89,12). Nous nous privons ainsi de la richesse qui, précisément se cache dans la finitude et d’une occasion de mûrir une manière de vivre plus sensée sur le plan personnel et social.

Les soins palliatifs, au contraire, ne cèdent pas à ce renoncement à la sagesse de la finitude et c’est là un autre motif de l’importance de ces thèmes. Ils indiquent en effet une redécouverte de la vocation plus profonde de la médecine, qui consiste avant tout à prendre soin : leur tâche est de toujours soigner, même s’il n’est pas toujours possible de guérir. Certes, l’entreprise médicale se base sur un engagement inlassable à acquérir de nouvelles connaissances et à combattre un nombre toujours plus grand de maladies. Mais les soins palliatifs attestent, à l’intérieur de la pratique clinique, de la conscience que la limite requiert non seulement d’être combattue et dépassée, mais aussi reconnue et acceptée. Et cela signifie de ne pas abandonner les personnes malades, mais au contraire d’être proche d’elles et de les accompagner dans la difficile épreuve qui se manifeste à la fin de la vie. Quand toutes les ressources du « faire » semblent épuisées, c’est précisément alors qu’émerge l’aspect le plus important dans les relations humaines, qui est celui de l’ « être » : être présent, être proche, être accueillant. Cela comporte aussi de partager l’impuissance de celui qui atteint le point extrême de sa vie. Alors la limite peut changer de signification : non plus le lieu de la séparation et de la solitude, mais une occasion de rencontre et de communion. La mort elle-même est introduite dans un horizon symbolique à l’intérieur duquel elle peut apparaît non pas tant comme le terme contre lequel la vie se brise et succombe, mais plutôt comme l’accomplissement d’une existence gratuitement reçue et amoureusement partagée.

La logique des soins rappelle en effet cette dimension de mutuelle dépendance d’amour qui émerge, certes, avec une particulière évidence dans les moments de maladie et de souffrance, surtout à la fin de la vie, mais qui en réalité traverse toutes les relations humaines et en constitue même la caractéristique la plus spécifique. « N’ayez de dette envers personne, sauf celle de l’amour mutuel, car celui qui aime les autres a pleinement accompli la Loi » (Rm 13,8) : c’est ainsi que nous avertit et nous réconforte l’apôtre. Il semble alors raisonnable de jeter un pont entre ces soins que l’on a reçus depuis le début de la vie et qui ont permis à celle-ci de se déployer pleinement et les soins à offrir de manière responsable aux autres, au long des générations jusqu’à embrasser toute la famille humaine. C’est sur ce chemin que peut s’allumer l’étincelle qui relie l’expérience du partage plein d’amour de la vie humaine jusqu’à son mystérieux départ, avec l’annonce évangélique qui voit tout le monde comme des enfants du même Père et qui reconnaît en chacun son image inviolable. Ce lien précieux défend une dignité humaine et théologale qui ne cesse de vivre, pas même avec la perte de la santé, du rôle social et du contrôle sur son propre corps. C’est alors que les soins palliatifs montrent leur valeur, non seulement pour la pratique médicale – pour que, même lorsqu’ils agissent avec efficacité en réalisant des guérisons parfois spectaculaires, on n’oublie pas cette attitude de fond qui est à la racine de toute relation de soins – mais aussi plus généralement pour toute la coexistence humaine.

Votre programme de ces journées met bien en évidence la multiplicité des dimensions qui entrent en jeu dans la pratique des soins palliatifs. Une tâche qui mobilise de nombreuses compétences scientifiques et d’organisation, relationnelles et communicationnelles, incluant l’accompagnement spirituel et la prière. Outre les différentes figures professionnelles, il faut souligner l’importance de la famille pour ce parcours. Elle revêt un rôle unique comme lieu où la solidarité entre les générations se présente comme constitutive de la communication de la vie  et où l’aide réciproque s’expérimente aussi dans les moments de souffrance et de maladie. Et c’est précisément pour cela que, dans les phases finales de la vie, le réseau familial, pour fragile et désagrégé qu’il puisse apparaître dans le monde actuel, constitue cependant toujours un élément fondamental. Nous pouvons certainement apprendre beaucoup sur ce point des cultures où la cohésion familiale, même dans les moments de difficulté, est tenue en grande considération.

Un thème très actuel, pour les soins palliatifs, est celui de la thérapie de la douleur. Déjà le pape Pie XII avait clairement légitimé, la distinguant de l’euthanasie, l’administration d’analgésiques pour alléger des douleurs insupportables impossibles à traiter autrement, même si, dans la phase de mort imminente, ils devaient être la cause d’un raccourcissement de la vie (cf. Acta Apostolicae Sedis XLIX [1957],129-147). Aujourd’hui, après de nombreuses années de recherche, le raccourcissement de la vie n’est plus un effet collatéral fréquent mais la même interrogation est soulevée avec de nouveaux produits pharmaceutiques qui agissent sur l’état de conscience et rendent possible différentes formes de sédation. Le critère éthique ne change pas, mais l’emploi de ces procédures requiert toujours un discernement attentif et beaucoup de prudence. Elles sont en effet très exigeantes pour les malades comme pour les proches et pour les soignants : avec la sédation, surtout quand elle est prolongée et profonde, cette dimension relationnelle et communicative, que nous avons vu être cruciale dans l’accompagnement des soins palliatifs, est annulée. La sédation est donc toujours au moins en partie insuffisante, de sorte qu’elle doit être considérée comme un remède extrême, après avoir examiné et clarifié avec attention les indications.

La complexité et l’aspect délicat des thèmes présents dans les soins palliatifs demandent de continuer la réflexion et d’en diffuser la pratique pour en faciliter l’accès : un devoir où les croyants peuvent trouver des compagnons de route dans de nombreuses personnes de bonne volonté. Et il est significatif que, dans cette perspective, soient présents à votre rencontre des représentants de différentes religions et de différentes cultures, dans un effort d’approfondissement et dans un engagement partagé. Dans la formation des professionnels de la santé aussi, de ceux qui ont des responsabilités publiques et dans toute la société, il est important que ces efforts soient fournis ensemble.

Tout en recommandant de prier pour son ministère, le Saint-Père vous envoie de tout cœur, Excellence, ainsi qu’à tous les participants au congrès, la bénédiction apostolique. J’y unis mes vœux personnels et je vous adresse mes sentiments les plus sincères."


Lettre Placuit Deo sur certains aspects du salut chrétien

Extrait de cette lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, datée du 22 février :

"[...] Dans son magistère ordinaire, le Pape François s’est souvent référé à deux tendances qui représentent les deux déviances mentionnées ci-dessus, lesquelles ressemblent par certains aspects à deux hérésies de l’Antiquité, le pélagianisme et le gnosticisme. Notre époque est envahie par un néo-pélagianisme, qui donne à l’individu, radicalement autonome, la prétention de se sauver lui-même, sans reconnaître qu’au plus profond de son être, il dépend de Dieu et des autres. Le salut repose alors sur les forces personnelles de chacun ou sur des structures purement humaines, incapables d’accueillir la nouveauté de l’Esprit de Dieu. De son côté, un certain néo-gnosticisme présente un salut purement intérieur, enfermé dans le subjectivisme. Ce salut consiste à s’élever « par l’intelligence au-delà de la chair de Jésus jusqu’aux mystères de la divinité inconnue ». On prétend libérer la personne du corps et du monde matériel, où ne se voient plus les traces de la main secourable du Créateur, mais seulement une réalité privée de sens, étrangère à l’identité ultime de la personne et manipulable au gré des intérêts de l’homme. Il est clair, d’autre part, que la comparaison avec les hérésies pélagienne et gnostique ne peut évoquer que des traits communs généraux, sans entrer dans des jugements sur la nature exacte des erreurs antiques. En effet, il existe une grande différence entre le contexte sécularisé d’aujourd’hui et celui des premiers siècles chrétiens au cours desquels sont nées ces hérésies. Toutefois, dans la mesure où le gnosticisme et le pélagianisme représentent des dangers permanents de déformation de la foi biblique, il est possible de leur trouver une certaine ressemblance avec les mouvements contemporains que l’on vient de décrire.

4. L’individualisme néo-pélagien et le mépris néo-gnostique du corps défigurent la confession de foi au Christ, Sauveur unique et universel. Comment le Christ pourrait-il être le médiateur de l’Alliance avec toute la famille humaine, si l’homme est un individu isolé qui s’auto-réalise par ses seules forces, tel que le présente le néo-pélagianisme ? Comment le salut pourrait-il nous parvenir par l’Incarnation de Jésus, sa vie, sa mort et sa résurrection dans son véritable corps, s’il ne s’agissait que de libérer l’intériorité de l’homme des limites du corps et de la matière, selon la vision néo-gnostique ? Face à ces tendances, la présente Lettre veut redire que le salut consiste dans notre union avec le Christ qui, par son Incarnation, sa vie, sa mort et sa résurrection, a fait naître un nouvel ordre de relations avec le Père et entre les hommes, et nous a introduits dans cet ordre grâce au don de son Esprit, afin que nous puissions nous unir au Père comme fils dans le Fils, et devenir un seul corps dans « le premier-né de nombreux frères » (Rm 8, 29).

III. L’aspiration humaine au salut

5. L’homme perçoit, directement ou indirectement, qu’il est une énigme : qui suis-je, moi qui existe sans avoir en moi le principe de mon être ? Toute personne recherche le bonheur à sa manière et tente de l’atteindre en ayant recours aux ressources dont elle dispose. Toutefois, cette aspiration universelle n’est pas nécessairement exprimée ou déclarée ; au contraire, elle est plus secrète et cachée qu’il n’y paraît, prête à se révéler face à des urgences particulières. Très souvent, elle coïncide avec l’espoir de la santé physique ; parfois, elle prend la forme du désir anxieux d’un plus grand bien-être économique ; de manière diffuse, elle s’exprime par le besoin d’une paix intérieure et d’une vie pacifique avec le prochain. D’autre part, tout en se présentant comme le désir d’un bien plus grand, la recherche du salut garde aussi un caractère de résistance et de dépassement de la douleur. À la lutte pour la conquête du bien se joint la lutte contre le mal, mal de l’ignorance et de l’erreur, mal de la fragilité et de la faiblesse, mal de la maladie et de la mort.

6. Par son refus de toute prétention à l’auto-réalisation, la foi au Christ nous l’apprend, ces aspirations ne peuvent trouver leur accomplissement plénier que si Dieu lui-même les rend possibles, en nous attirant à Lui. Le salut total de la personne ne consiste pas en ce que l’homme pourrait obtenir par lui-même, comme la richesse ou le bien-être matériel, la science ou la technique, le pouvoir ou l’influence sur les autres, la bonne réputation ou l’auto-satisfaction. Rien de créé ne peut satisfaire entièrement l’homme, parce que Dieu nous a destinés à être en communion avec Lui, et notre cœur sera sans repos tant qu’il ne reposera pas en Lui. « La vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine ». Ainsi la révélation ne se limite-t-elle pas à annoncer le salut comme une réponse à l’attente contemporaine. « S’il fallait, à l’inverse, juger ou évaluer la rédemption d’après les besoins existentiels des hommes, comment pourrions-nous échapper au soupçon d’avoir simplement créé un Dieu-Rédempteur à l’image de nos propres besoins ? »

7. En outre, il est nécessaire d’affirmer que, pour la foi biblique, l’origine du mal ne se trouve pas dans le monde matériel et corporel, vu comme une limite ou comme une prison auxquelles nous devrions échapper. Au contraire, la foi proclame que tout le cosmos, créé par Dieu (cf. Gn 1, 31 ; Sg 1, 13-14 ; 1 Tm 4, 4), est bon, et que le mal le plus nuisible à l’homme est celui qui procède de son cœur (cf. Mt 15, 18-19 ; Gn 3, 1-19). En péchant, l’homme a abandonné la source de l’amour, et il se perd dans des formes corrompues de l’amour, qui l’enferment toujours plus en lui. Cette séparation de Dieu –– de Celui qui est la source de communion et de vie –– porte à la perte de l’harmonie des hommes avec le monde et entre eux, en introduisant la domination de la désagrégation et de la mort (cf. Rm 5, 12). Par conséquent, le salut que la foi nous annonce ne concerne pas seulement notre intériorité, mais l’intégralité de notre être. C’est toute la personne, en effet, corps et âme, qui a été créée par l’amour de Dieu à son image et à sa ressemblance, et qui est appelée à vivre en communion avec Lui.

IV. Le Christ, Sauveur et Salut

8. À aucun moment du chemin de l’homme Dieu n’a cessé d’offrir son salut aux fils d’Adam (cf. Gn 3, 15), en établissant une alliance avec tous les hommes en Noé (cf. Gn 9, 9) et, plus tard, avec Abraham et sa descendance (cf. Gn 15, 18). Le salut donné par Dieu assume ainsi l’ordre du créé que partagent tous les hommes, et il parcourt leur chemin concret dans l’histoire. En se choisissant un peuple auquel il a offert les moyens nécessaires pour lutter contre le péché et s’approcher de Lui, Dieu a préparé la venue d’« une force qui nous sauve, dans la maison de David, son serviteur » (Lc 1, 69). À la plénitude des temps, le Père a envoyé au monde son Fils, qui a annoncé le Royaume de Dieu, en guérissant toute sorte de maladie (cf. Mt 4, 23). Les guérisons opérées par Jésus, manifestations de la Providence de Dieu, étaient des signes qui renvoyaient à sa personne, à Celui qui s’est pleinement révélé comme Seigneur de la vie et de la mort dans son événement pascal. Selon l’Évangile, le salut pour tous les peuples commence avec l’accueil de Jésus : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison » (Lc 19, 9). La bonne nouvelle du salut a un nom et un visage : Jésus Christ, Fils de Dieu Sauveur. « À l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et, par-là, son orientation décisive ».

9. Au long de sa tradition séculaire, par le biais de multiples figures, la foi chrétienne a mis en lumière cette œuvre salvifique du Fils incarné. Elle l’a fait sans jamais séparer l’aspect de guérison que procure le salut, par où le Christ nous rachète du péché, de l’aspect d’élévation, par où Il nous rend fils de Dieu, participants de sa nature divine (cf. 2 P 1, 4). Si l’on considère la perspective salvifique en un sens descendant (à partir de Dieu qui vient racheter les hommes), Jésus illumine et révèle, rachète et libère, divinise l’homme et le justifie. Si l’on prend la perspective ascendante (à partir des hommes qui s’adressent à Dieu), Il est Celui qui, en Souverain Prêtre de la Nouvelle Alliance, offre au Père le culte parfait au nom des hommes : Il se sacrifie, expie les péchés et reste toujours vivant pour intercéder en notre faveur. Ainsi apparaît, dans la vie de Jésus, une admirable synergie de l’agir divin avec l’agir humain, qui montre que la perspective individualiste est sans fondement. D’une part, en effet, le sens descendant témoigne de la primauté absolue de l’action gratuite de Dieu ; avant toute action de notre part, il est essentiel de recevoir les dons de Dieu avec humilité, pour pouvoir répondre à son amour salvifique. D’autre part, le sens ascendant nous rappelle que, par le biais de l’agir pleinement humain de son Fils, le Père a voulu régénérer notre agir, afin qu’assimilés au Christ, nous puissions accomplir « les bonnes œuvres, que Dieu a préparées d'avance, afin que nous cheminions en elles » (Ep 2, 10).

10. En outre, il est clair que le salut apporté par Jésus en sa personne même n’advient pas de manière purement intérieure. En effet, pour pouvoir communiquer à toute personne la communion salvifique avec Dieu, le Fils s’est fait chair (cf. Jn 1, 14). C’est précisément en assumant la chair (cf. Rm 8, 3 ; He 2, 14 ; 1 Jn 4, 2) et en naissant d’une femme (cf. Ga 4, 4) que « le Fils de Dieu s’est fait fils de l’homme »[15] et notre frère (cf. He 2, 14). Ainsi, en tant qu’Il est venu faire partie de la famille humaine, « Il s’est uni en quelque sorte à tout homme » et Il a établi, avec Dieu, son Père, et avec tous les hommes, un nouvel ordre de rapports, dans lequel nous pouvons être incorporés pour participer à sa vie même. Par conséquent, l’assomption de la chair, loin de limiter l’action salvifique du Christ, lui permet d’être concrètement médiateur du salut de Dieu pour tous les fils d’Adam.

11. En conclusion, pour répondre tant au réductionnisme individualiste de tendance pélagienne qu’au néo-gnosticisme qui promet une libération purement intérieure, il faut reconnaître la manière dont Jésus est Sauveur. Il ne s’est pas borné à nous montrer le chemin de la rencontre de Dieu, un chemin que nous pourrions parcourir ensuite par nous-mêmes, en obéissant à ses paroles et en imitant son exemple. Pour nous ouvrir la porte de la libération, le Christ a préféré devenir Lui-même le chemin : « Je suis le chemin » (Jn 14, 6). En outre, ce chemin n’est pas un parcours purement intérieur, en marge de nos rapports avec les autres et avec le monde créé. Au contraire, Jésus nous a donné un « chemin nouveau et vivant qu’Il a inauguré pour nous à travers [...] sa chair » (He 10, 20). En somme, le Christ est Sauveur dans la mesure où Il a assumé l’intégralité de notre humanité et a vécu une vie humaine en pleine communion avec le Père et avec ses frères. Le salut consiste à nous incorporer à cette vie qui est la sienne, en recevant Son Esprit (cf. 1 Jn 4, 13). Il est devenu ainsi, « d’une certaine manière, le principe de toute grâce selon l’humanité ».[18] Il est en même temps le Sauveur et le Salut. [...]"


Nous assistons à une offensive homosexuelle sans précédent dans l'Eglise

Unknown-13L'affaire de Mgr Juan Barros évêque d'Osorno au Chili, soupçonné d'avoir tu les agissements d'un prêtre pédophile, révèle que le lobby gay a bien pénétré l'Eglise. Dans l'avion qui le ramenait à Rome, le pape François avait notamment déclaré que le Vatican avait enquêté sur Mgr Barros, sans trouver "d'élément pour le condamner".

"Vous me dites qu'il y a des victimes, mais je ne les ai pas vues, elles ne se sont pas présentées à moi".

Et il s'est déclaré "convaincu" de l'innocence de l'évêque.

JuanBarrosMadrid_CEChile-800x450Or, le 12 avril 2015, l'Irlandaise Marie Collins, elle-même "rescapée" d'abus sexuels, qui a finalement claqué en 2017 la porte de la commission papale de lutte contre la pédophilie, est venue spécialement à Rome porteuse d'une lettre d'un Chilien victime d'abus, Juan Carlos Cruz. Mgr Juan Barros [photo], nommé par le pape à la tête du diocèse d'Osorno, en 2015, est soupçonné d'avoir passé sous silence les actes du père Fernando Karadima. Ce prêtre octogénaire a été reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d'avoir commis des actes pédophiles dans les années 1980 et 1990. Selon Marie Collins, au moins trois victimes directes de Karadima accusent Mgr Barros d'avoir été témoin de certains actes. Mgr Barros nie ces accusations. Cette lettre a été remise en avril 2015 au cardinal Sean O’Malley, proche du pape, qui assure que la lettre a été transmise au pape.

Riccardo Cascioli commente dans un texte traduit par benoît-et-moi :

"Le scandale des abus sexuels au Chili est aujourd'hui une mine qui risque d'exploser à Rome. Les faits sont maintenant bien connus et tournent autour des excellentes couvertures - chiliennes d'abord, mais aussi romaines - d'un célèbre prêtre chilien, le Père Fernando Karadima, leader d'une communauté dont sont sortis plusieurs prêtres et évêques, dont le très discuté Juan Barros, au centre de l'histoire qui voit aujourd'hui comme protagoniste le Pape François lui-même.

[...] Déjà dans le collimateur pour avoir nommé Barros évêque d'Osorno en janvier 2015, malgré la forte opposition d'une partie de l'épiscopat chilien et des fidèles de ce diocèse, les déclarations du Pape François à la fin de la visite au Chili ont suscité un véritable tollé. A ceux qui lui demandaient de rendre compte de cette nomination, le Pape - avec des mots forts - a répondu en parlant de calomnie et d'absence de preuves contre Mgr Barros, argument répété ensuite dans la conférence de presse en vol, même s'il a au moins essayé de corriger la terminologie (mais après un communiqué de censure publique signé par le Cardinal O'Malley, l'un des neuf conseillers appelés par le Pape à remanier la Curie romaine, qui est également à la tête de la Commission vaticane pour la protection des mineurs). En outre, le pape François avait déclaré qu'il n'avait jamais rien reçu des victimes présumées d'abus sexuels qui accusaient Barros. Or, le document publié il y a deux jours par l'Associated Press démontre exactement le contraire: ce serait le Cardinal O'Malley lui-même qui aurait remis au Pape en avril 2015 une lettre de huit pages dans laquelle l'une des victimes du Père Karadima relate en détail les abus subis et la responsabilité directe de Barros.

Unknown-14De plus, ce démenti de la version du Pape semble être la cerise sur le gâteau d'une attitude qui avait déjà suscité une forte perplexité. En 2014, en effet, le Pape François avait déjà disposé que Mgr Barros devait renoncer au ministère épiscopal avant de revenir sur ses pas, de le nommer évêque d'Osorno et de défendre sa nomination avec bec et ongles, malgré les critiques de la Conférence épiscopale chilienne. Le Pape n'a pas non plus expliqué la raison de ce brusque changement d'orientation à son retour du Chili, mais des sources du Vatican citent le cardinal Francisco Javier Errazuriz comme la véritable cause de la volte-face. L'ex-archevêque de Santiago [photo] est en effet dans le fameux C9 (Conseil des neuf cardinaux) qui accompagne le Pape dans le projet de réforme de la Curie. Errazuriz jouit certainement de la confiance et de l'estime du Pape François, qui l'a en effet voulu au C9, mais au Chili il est considéré comme le grand "enterreur", celui qui pendant des années a empêché que des mesures soient prises contre Karadima et retardé l'établissement de la vérité. Il est facile de penser que le rôle du vieux cardinal chilien a joué un rôle majeur dans l'attitude du Pape.

Mais en dehors de la reconstruction de l'affaire Barros, le cas du Chili est important car il confirme ce qui est déjà connu mais toujours censuré. En d'autres termes, les cas dits de pédophilie sont en fait dans la grande majorité des problèmes d'homosexualité. Comme on le sait, la pédophilie elle-même concerne l'attirance des adultes pour les enfants prépubères. Quand il s'agit d'adolescents, on doit en revanche parler d''éphébophilie et elle a des homosexuels comme protagonistes. C'est de cela que nous parlons pour le Chili, mais cela concerne au moins 80% des cas qui passent dans la chronique de façon erronée comme des cas de pédophilie dans l'Église. C'est du moins ce qui ressort des rapports du John Jay College sur les cas enregistrés dans l'Église américaine.

Cela peut sembler une différence mineure - il s'agit toujours d'abus sur mineurs, pourrait-on dire - et au contraire, c'est un point fondamental, parce qu'il permet de dire clairement que le problème dans l'Église n'est pas la pédophilie mais l'homosexualité. C'est une réalité que l'on veut dissimuler parce qu'elle est désagréable pour le lobby gay engagé à promouvoir la normalisation de l'homosexualité dans l'Église. Surtout au cours de ces toutes dernières années, nous assistons à une offensive homosexuelle sans précédent, qui s'attaque maintenant au Catéchisme, comme nous l'avons vu ces derniers jours. Le cas des cours pour fiancés homosexuels à Turin - aujourd'hui suspendus après la réaction suscitée - et la bénédiction pour les couples homosexuels soutenue par le Cardinal Marx, président de la Conférence épiscopale allemande, ne sont que les derniers épisodes. Il est clair qu'on joue sur le malentendu de l'accueil des personnes avec des tendance homosexuelle - ce qui est normal - pour faire passer l'homosexualité, qui est au contraire «un désordre objectif». Ce n'est pas par hasard que dans l'Église italienne, par exemple, les expériences d'accompagnement qui s'inscrivent dans le sillage de l'enseignement de l'Eglise - comme Courage et l'Associazione Lot - sont entravées, pour faire place aux associations qui promeuvent l'expérience LGBT, et qui prétendent que l'homosexualité est une orientation sexuelle équivalente à l'hétérosexualité.

C'est la preuve que le lobby homosexuel s'est maintenant enraciné dans l'Église; et même, nous pouvons affirmer avec certitude qu'une escalade est en cours au sein de la hiérarchie ecclésiastique, avec l'occupation de postes clés au Vatican et dans de nombreux diocèses et organismes ecclésiaux (sans parler des médias, voir le cas d'Avvenire). On peut dire sans se tromper que le lobby gay n'a jamais été aussi puissant dans l'Église, et l'imbroglio chilien est lui aussi fils de cet étrange tissage de liens troubles et de chantages.

C'est justement ce facteur qui risque de rendre vaine une grande partie du travail accompli pendant les pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI pour frapper les abus sexuels sur mineurs. Un fait qui est également démontré par l'affaiblissement récent de la section disciplinaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi appelée à traiter les cas d'abus sexuels commis par le clergé: jusqu' à il y a quelques mois, dix fonctionnaires de la Congrégation étaient chargés de traiter les volumineux dossiers à cet égard; précisément en raison de la charge de travail, une augmentation des effectifs avait été promise, alors que le licenciement soudain de trois prêtres par le Pape (sans donner de raisons, avait dénoncé Gerhard Müller, le préfet de l'époque) réduisait à sept le nombre des responsables, sans personne ayant pour langue maternelle le français et l'anglais. Autrement dit, l'affaire Barros n'est pas un épisode isolé, elle n'est que la pointe de l'iceberg."


Le pape reconnaît les vertus héroïques de Madeleine Delbrêl

Unknown-24Par le même décret de ce matin, la Congrégation pour l cause des saints reconnaît les vertus héroïques de Madeleine Delbrêl, laïque, née à Mussidan en 1904 et décédée à Ivry-sur-Seine en 1964.

Pour mieux la connaître, vous pouvez parcourir ce site.

Madeleine Delbrêl naît dans une famille athée. Son père et son grand-père sont cheminots. À l'âge de dix-sept ans, sa profession d'athéisme est radicale et profonde mais, en trois ans, à la suite de la rencontre d'un groupe d'amis chrétiens et de l'entrée chez les dominicains du garçon qu'elle aimait, elle entame une conversion qui aboutit à la foi à l'âge de vingt ans. Le 19 mars 1924, "éblouie par Dieu", lors d'un passage en l'Église Saint-Dominique de Paris (14è arrondissement), elle se convertit.

Par le scoutisme elle devient une assistante sociale très active, elle s'installe avec quelques amies et travaille dans la banlieue ouvrière, à Ivry-sur-Seine, seule municipalité communiste de France en 1933. Elle se confronte alors avec l'athéisme marxiste, n'hésitant pas, à contre-courant, à annoncer l'Évangile.

Elle fonde une communauté de jeunes femmes qui se sont nommées « la Charité », avant d'être connues comme « Équipes Madeleine Delbrêl ». Il s'agit « d'y être le Christ » et non « d'y travailler pour le Christ ». La méthode ? rencontrer les gens où ils vivent, devenir leur ami, les recevoir chez soi, s'entraider. En matière de travail social, elle rappelle la nécessité de développer des actions collectives en vue de faire évoluer les politiques sociales. Elle écrit en 1937 :

« Il est peut-être plus touchant de visiter, dans sa journée, cinq ou dix familles nombreuses, de leur obtenir à grand renfort de démarches tel ou tel secours ; il serait sans doute moins touchant mais plus utile, de préparer le chemin à tel texte légal qui améliorerait l’état familial de toutes les familles nombreuses connues ou inconnues de nous. »


Le collège cardinalice compte 120 cardinaux électeurs

Lu ici :

Unknown-5"Au 20 décembre 2017, le collège cardinalice compte 120 cardinaux électeurs dont 20 créés par Jean-Paul II, 51 par Benoît XVI et 49 par le pape François. Des chiffres amenés à évoluer dans les prochains mois.

En effet, d’ici la fin du mois de mars 2018, le nombre des électeurs potentiels du futur pape va baisser à 114 : six cardinaux auront atteint la limite de l’âge canonique fixé à 80 ans pour voter lors du conclave.

Il s’agit des cardinaux Antonio Maria Vegliò (Italie), président émérite du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants, né le 3 février 1938 ; Paolo Romeo (Italie), archevêque émérite de Palerme (Italie) né le 20 février 1938 ; Francesco Coccopalmerio (Italie), président du Conseil pontifical pour les textes législatifs, né le 6 mars 1938 ; Manuel Monteiro de Castro (Portugal), grand pénitencier émérite, né le 29 mars 1938 ; Pierre Nguyễn Văn Nhơn, (Vietnam), archevêque de Hanoi, né le 1er avril 1938 et Angelo Amato (Italie), préfet de la Congrégation pour les causes des saints, né le 8 juin 1938.

Le collège des cardinaux compte encore 92 cardinaux non-électeurs.

L’élection du Pontife romain est réglée par la Constitution apostolique Universi dominici gregis promulguée par Jean-Paul II et qui fixe à 120 le nombre maximal de cardinaux électeurs."