25 mai 2016

Le cardinal Sarah demande de célébrer la messe vers l'orient

Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, est interrogé par Famille chrétienne. Extrait :

"Je souhaite engager une grande réflexion sur cette question, afin de remettre l’eucharistie au centre de notre vie. Je constate que beaucoup de nos liturgies deviennent des spectacles. Souvent, le prêtre ne célèbre plus l’amour du Christ à travers son sacrifice, mais une rencontre entre amis, un repas convivial, un moment fraternel. En cherchant à inventer des liturgies créatives ou festives, nous courons le risque d’un culte trop humain, à la hauteur de nos désirs et des modes du moment. Peu à peu, les fidèles s’éloignent de ce qui nous donne la Vie. Pour les chrétiens, l’eucharistie, c’est une question de vie ou de mort !

Comment remettre Dieu au centre ?

La liturgie est la porte de notre union à Dieu. Si les célébrations eucharistiques se transforment en autocélébrations humaines, le péril est immense, car Dieu disparaît. Il faut commencer par replacer Dieu au centre de la liturgie. Si l’homme en est le centre, l’Église devient une société purement humaine, une simple ONG, comme l’a dit le pape François. Si, à l’inverse, Dieu est au cœur de la liturgie, alors l’Église retrouvera sa vigueur et sa sève ! « Dans notre rapport avec la liturgie se joue le destin de la foi et de l’Église », écrivait de manière prophétique le cardinal Joseph Ratzinger.

Quel remède recommandez-vous ?

La reconnaissance de la liturgie comme œuvre de Dieu suppose une vraie conversion du cœur. Le concile Vatican II insistait sur un point majeur : dans ce domaine, l’important n’est pas ce que nous faisons, mais ce que Dieu fait. Aucune œuvre humaine ne pourra jamais réaliser ce qui se trouve au cœur de la messe : le sacrifice de la croix.

La liturgie nous permet de sortir des murs de ce monde. Retrouver la sacralité et la beauté de la liturgie requiert donc un travail de formation pour les laïcs, les prêtres et les évêques. Il s’agit d’une conversion intérieure.

Pour remettre Dieu au centre de la liturgie, il faut aussi le silence : cette capacité de se taire pour écouter Dieu et sa parole. J’affirme que nous ne rencontrons Dieu que dans le silence et l’approfondissement de sa parole dans les profondeurs de notre cœur.

Comment faire concrètement ?

Se convertir, c’est se tourner vers Dieu. Je suis profondément convaincu que nos corps doivent participer à cette conversion. Le meilleur moyen est certainement de célébrer – prêtres et fidèles – tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient. Il ne s’agit pas, comme on l’entend parfois, de célébrer le dos tourné aux fidèles ou face à eux. Le problème n’est pas là. Il s’agit de se tourner ensemble vers l’abside qui symbolise l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité.

Par cette manière de célébrer, nous expérimenterons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration. Nous comprendrons que la liturgie est d’abord notre participation au sacrifice parfait de la croix. J’en ai fait personnellement l’expérience ; en célébrant ainsi, l’assemblée, avec le prêtre à sa tête, est comme aspirée par le mystère de la croix au moment de l’élévation.

Mais cette manière de faire est-elle autorisée ?

Elle est légitime et conforme à la lettre et à l’esprit du Concile. En tant que préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, je tiens à rappeler que la célébration versus orientem est autorisée par les rubriques du Missel, qui précisent les moments où le célébrant doit se retourner vers le peuple. Il n’est donc pas besoin d’autorisation particulière pour célébrer face au Seigneur. Ainsi, dans une tribune publiée par L’Osservatore Romano, en juin 2015, j’ai proposé que les prêtres et les fidèles se tournent vers l’Orient au moins pendant le rite de la pénitence, pendant le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique.

Dans l’esprit de beaucoup, le changement d’orientation de l’autel est lié à Vatican II. Est-ce vrai ?

Plus de cinquante ans après la clôture de Vatican II, il devient urgent que nous lisions ses textes ! Le Concile n’a jamais demandé de célébrer face au peuple ! Cette question n’est pas même abordée par la constitution Sacrosanctum concilium… Bien plus, les Pères du Concile voulaient souligner la nécessité pour tous d’entrer en participation du mystère célébré. Dans les années qui ont suivi Vatican II, l’Église a cherché les moyens de mettre en œuvre cette intuition.

Ainsi, célébrer face au peuple est devenu une possibilité, mais pas une obligation. La liturgie de la Parole justifie le face-à-face du lecteur et des auditeurs, le dialogue et la pédagogie entre le prêtre et son peuple. Mais dès que nous arrivons au moment où l’on s’adresse à Dieu – à partir de l’offertoire –, il est essentiel que le prêtre et les fidèles se tournent ensemble vers l’Orient. Cela correspond tout à fait à ce qu’ont voulu les Pères conciliaires.

Je crois qu’il faut revenir au texte du Concile. Certaines adaptations à la culture locale n’ont probablement pas été assez mûries. Je pense à la traduction du Missel romain. Dans certains pays, des éléments importants ont été supprimés, notamment au moment de l’offertoire. En français, la traduction de l’Orate fratres a été tronquée. Le prêtre devrait dire : « Priez mes frères pour que mon sacrifice qui est aussi le vôtre soit agréable à Dieu le Père tout-puissant. » Et les fidèles de répondre : « Que le Seigneur reçoive de vos mains ce sacrifice pour la louange et la gloire de son nom, pour notre bien et celui de toute sa sainte Église. » À l’audience qu’il m’a accordée, le samedi 2 avril, le pape m’a confirmé que les nouvelles traductions du Missel romain doivent impérativement respecter le texte latin. [...]"

Posté le 25 mai 2016 à 17h08 par Michel Janva | Lien permanent

Avec l'Alliance Saint Jean-Paul II, jeûne permanent pour soutenir les familles

L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney, qui depuis 2012 effectue un jeûne permanent en faveur du sacerdoce et des adorations mensuelles pour réparer les fautes graves sacerdotales et les profanations, a une nouvelle branche : l'Alliance Saint Jean-Paul II qui effectue un jeûne permanent pour soutenir les familles.

878a73_aa7e8bf1a6794c54a46de8cb280b2b65Voici quelques-unes des propositions d'engagement pour soutenir activement les familles :

"Nous vous proposons, en fonction de vos possibilités et de la grâce reçue, plusieurs types d'engagements, que nous détaillons dans les différentes pages de ce blog.

Une personne peut choisir plusieurs engagements. Si vous pratiquez déjà ces engagements, il suffit d'ajouter les intentions de l'Alliance à votre jeûne ou vos prières.

Choix n°1 : permet de consacrer entièrement une journée en faveur de la famille, à la manière des moines et des moniales qui consacrent toute leur vie à Dieu. Il est possible également possible d'y consacrer ses souffrances.

Choix n°2 : le jeûne de l'Eglise, un repas par jour.

Choix n°3 : le jeûne où l'on consomme à volonté (autant que l'on veut) le pain et l'eau.

Choix n°4 : la prière du chapelet ou du rosaire ou une ou plusieurs dizaines de chapelet."[...]

 

Posté le 25 mai 2016 à 14h05 par Marie Bethanie | Lien permanent

Conférence de JF Poisson sur les chrétiens d'Orient à l'école St Dominique le 26 mai

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Posté le 25 mai 2016 à 07h09 par Michel Janva | Lien permanent

24 mai 2016

Réparation pour les sacrilèges dans le diocèse de Toulon

Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :

Images"Ces deux derniers dimanches, trois événements concernant l’Eglise à Martigues ont blessé les catholiques, et au-delà, notre ville. En premier lieu un incendie volontaire dans l’église de la Madeleine à l’île ; puis une agression du père Benoît, curé de la paroisse, dans cette même église par une personne qui cherchait à y commettre un forfait ; enfin un acte de profanation du tabernacle contenant des hosties consacrées dans l’église de Jonquières. Trois actes graves contre des biens, des personnes et des symboles de l’Eglise catholique.

Nous savons combien les agressions envers les signes et les personnes à cause de leur foi sont graves car portant atteinte à la dignité des personnes et à un pacte social hélas fragilisé. La foi catholique, ses symboles et ceux qui la professent méritent le respect comme toute forme d'expression religieuse ne troublant pas l'ordre public.

Pour porter ces événements ensemble et dans la foi, nous invitons à nous rassembler jeudi 26 mai à 20h30, dans l’église Saint Genest de Jonquières, pour un temps de prière. Nous allons aussi voir avec la mairie pour une vidéosurveillance des églises."

Deux dates à retenir pour réparer ces sacrilèges :

  • Jeudi 26 mai à 20h30, dans l’église Saint Genest de Jonquières, pour un temps de prière
  • Vendredi 27 mai à 20h à l'Immaculée Conception de Toulon (adoration mensuelle pour réparer les fautes graves sacerdotales et les sacrilèges.

Posté le 24 mai 2016 à 13h48 par Marie Bethanie | Lien permanent

23 mai 2016

Prélature personnelle pour la FSSPX : une bonne solution selon l'Opus Dei

Fernando_ocarizTandis que le Saint-Père a déjà indiqué qu’il était disposé à concéder à la Fraternité Saint Pie X le statut de prélature personnelle, cette dernière vient d'avoir le soutien du vicaire auxiliaire de l'Opus Dei. En effet, jusqu’ici, le statut de prélature personnelle, créé par le concile Vatican II (n°10 du décret Presbyterorum ordinis du 7 décembre 1965, Code de droit canonique), n’a été appliqué que dans le cas de la Prélature de la Sainte-Croix - Opus Dei, érigée par le pape Jean-Paul II en 1982. La FSSPX pourrait devenir la seconde prélature personnelle de l’histoire de l’Église.

Le vicaire auxiliaire de l’Opus Dei, Mgr Fernando Ocáriz Braña, a été interrogé à propos de la possibilité d’octroyer une prélature personnelle à la FSSPX. Il assure que ce serait « une bonne solution ». Le vicaire auxiliaire de l’Opus Dei soutient que

« devant la réalité de centaines de prêtres et de milliers de fidèles dans différents pays, la prélature personnelle apporterait une solution adéquate, car elle est constituée d’un prélat comme ordinaire propre, d'un clergé et de fidèles laïcs » et, par ailleurs, « une structure hiérarchique, avec juridiction ordinaire, sans pour autant constituer une Église particulière ». [...]

Posté le 23 mai 2016 à 21h24 par Michel Janva | Lien permanent

La fête de "l'amour" à l'église...

Un lecteur de Riposte catholique signale la parution d’une petite nouveauté sur la feuille paroissiale de Ste-Anne dans le diocèse de Chicoutimi, au Québec :

"Depuis de nombreuses années, les paroissiens étaient habitués à la fête de la fidélité. Quoi de plus merveilleux, dans un monde de produits consommables, que d’encourager et de célébrer la fidélité, n’en déplaise aux différents sites échangistes qui ont désormais pignons sur rue ?

Or cette année la feuille paroissiale annonce une bonne nouvelle : Adieu la fête de la fidélité, longue vie à la fête de l’Amour. En soit, rien à redire. Un choix thématique comme un autre, pour mettre en relief le sens profond de l’amour. Une manière de se glisser dans la dynamique d’Amoris laetitia.

Sauf que la bonne nouvelle nouvelle de la paroisse Sainte-Anne, sans se référer à l’exhortation pontificale, invite à célébrer l’amour de tous les couples qu’ils aient un ou 62 ans de fidélité, qu’ils soient mariés à l’Eglise ou pas, qu’ils soient de même sexe ou pas. Seule restriction : un couple c’est deux personnes.

On sait le Quebec très en avance sur la modernité. Mais n’est-ce pas là tordre le message du pape, fut-il lui-même très ouvert ? En tout cas, il semble qu’il n’y ait eu aucune réaction du diocèse de Chicoutimi (à confirmer cependant)."

Il est possible d'avoir l'avis du diocèse en le lui demandant ici.

Posté le 23 mai 2016 à 16h43 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2016

Quelques termes de l'accord entre Rome et la Fraternité Sain Pie X

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, a été longuement interrogé dans le National Catholic Register le 13 mai. Dici a transcrit l'entretien par écrit. Extraits :

Bernard-fellay-national-catholic-register[...] il y a deux lignes maintenant : il faut distinguer entre la position du pape qui est une chose, et celle de la Congrégation de la foi. Ils n’ont pas la même approche, mais seulement la même conclusion qui est : finissons-en avec ce problème en accordant la reconnaissance canonique à la Fraternité. Mais je suis persuadé, au moins en partie, qu’il y a encore une autre approche, qui pourrait finalement revenir au même, et qui consiste à donner moins d’importance au problème que nous considérons comme important, le Concile : autrement dit, à réduire l’obligation du Concile.

Vous dites que ce sont maintenant des « questions ouvertes » ?

Je dis cela par provocation. Ils ne disent pas ainsi, mais ce qu’ils disent est que la question de la liberté religieuse, de Nostra Aetate, des rapports avec les autres religions, de l’œcuménisme, et plus encore la question de la réforme liturgique ne sont plus une cause de séparation d’avec l’Eglise. Autrement dit, vous pouvez remettre ces choses en question tout en restant catholiques. Cela veut aussi dire que le critère qu’ils veulent nous imposer pour prouver que nous sommes catholiques ne portera plus sur ces points. Pour nous, cela est très important. [...]

Et vous avez vu des garanties que vous pouvez accepter ou pas encore ?

Je pense que plus cela va, plus Rome devient indulgente. Et c’est pourquoi nous commençons à parler de rapprochement, parce que Rome accorde petit à petit ce que nous voyons comme une nécessité, et qu’ils commencent à voir comme une nécessité étant donné la situation de l’Eglise. Mais ce n’est pas Rome en son entier, c’en est une partie, ce sont les conservateurs qui sont ahuris par ce qui se passe dans l’Eglise.

Vu la confusion actuelle dans l’Eglise et le mécontentement de ceux qui sont du côté conservateur, comme vous dites, est-ce que vous vous voyez peut-être comme venant au secours de l’Eglise ? 

Il y en a à Rome qui nous disent cela ; il y en a qui utilisent non pas le mot « secours » mais « aide », et en définitive, même dans le document proposé pour une régularisation, c’est mentionné. Ainsi ce n’est pas nous qui l’inventons. La situation dans l’Eglise est vraiment catastrophique. Et je dirais qu’enfin maintenant, dans cette catastrophe qui va en empirant, vous avez des voix qui commencent à parler, des gens qui s’approchent de nous et qui essaient de voir notre position comme n’étant pas aussi mauvaise qu’on le croyait auparavant. [...]

Et si cela se réalise, dans les termes d’une régularisation, la Fraternité serait-elle prête à céder à Rome le droit de choisir ses propres candidats pour un sacre épiscopal, en rejetant vos propres souhaits ?

Ce n’est pas ce qu’ils demandent. Rome demande que, dans le choix ou la nomination du supérieur de la nouvelle structure canonique, nous présentions trois noms parmi lesquels le pape choisirait le supérieur qui deviendrait alors évêque.

Et s’il en choisissait un que vous ne vouliez pas, alors que vous préfériez quelqu’un d’autre, serait-ce un problème ?

Nous ne pouvons pas entrer dans toutes les situations négatives possibles. Si nous pouvons choisir trois personnes, je pense que c’est à nous de choisir les bonnes. [...]

Et si vous êtes régularisés, quelles garanties y aura-t-il que vous pourrez continuer à être aussi critiques qu’avant, si vous croyez devoir le faire ?

Eh bien, ce qui se passe à présent c’est que d’autres voix se lèvent depuis deux ans maintenant. Ce fait est une garantie pratique. Nous ne sommes plus les seuls. Si nous étions les seuls à critiquer, ç’aurait pu être un souci, mais à présent, maintenant que beaucoup d’autres voix s’expriment, cela devient une habitude et une évidence. Et les autorités perdent presque du terrain, tellement la situation est grave. Alors je pense qu’elles seront satisfaites de toute voix qui commence à désigner correctement la situation.

Une autre condition suggérée est que le supérieur de la Fraternité devienne cardinal. Insisterez-vous là-dessus ?

Non, c’est vraiment au pape de décider et de choisir ses conseillers, puisque les cardinaux sont censés être ses conseillers. Alors non, pour moi nous avons un devoir. Notre devoir est de rester à notre place, de faire notre devoir à notre place et non pas de rêver. Je ne pense pas que devenir cardinal changerait quoi que ce soit. Quel que soit le poste, la charge ou la mission que l’on reçoit, il faut s’en acquitter devant Dieu, et c’est tout.

A propos des problèmes que vous pose le Concile, laisserez-vous ces problèmes en l’état, si vous êtes régularisés, ou insisterez-vous pour qu’ils soient supprimés ou amendés ?

Rome nous oblige à continuer les discussions sur ces points. Oui, bien sûr, nous maintiendrons l’urgence des corrections, et je dirais qu’ils commencent en partie à reconnaître cette urgence. [...] 

Ne craignez-vous pas parfois, comme le pensent certains, qu’il ne veuille simplement vous neutraliser et vous faire taire ?

Ce n’est pas sa perspective. Je dirais le contraire. Il serait du genre à voir l’avantage de cette controverse. Il est lui-même très amateur de polémique. Je le verrais plutôt désirer que nous soyons polémiques, pour provoquer et créer une nouvelle situation qui pourrait, de façon hégélienne, mener à une meilleure situation. Evidemment nous sommes contre une telle approche dialectique, mais cela pourrait en être une. Mais sur ce point, je ne suis pas sûr de pouvoir conclure. [...]"

Posté le 21 mai 2016 à 18h26 par Michel Janva | Lien permanent

25 mai 2016 : Café Histoire de Toulon

Communiqué du Café Histoire de Toulon :

"Bonjour,

Tout d'abord le Café Histoire de Toulon vous propose en pièce jointe, le texte (pdf - 20 pages ) de la causerie de Pierre Gourinard sur " L'Algérie chrétienne de 1830 à 1962 : une identité déracinée ".

Ensuite,  le Café Histoire de Toulon vous rappelle sa prochaine causerie du mercredi 25 mai 2016 devant les Amis du Pub Le Graal. Cette causerie (chaque dernier mercredi du mois), animée par Christine Terrenoir, licence canonique en théologie, portera sur le thème : " Mieux lire l'Ancien Testament, la géographie comme outil. "

2016 4 CHT christine Terrenoir

Christine Terrenoir exposera comment la géographie permet de mieux appréhender les thèmes et personnages majeurs de l'Ancien Testament . Cette cinquième causerie 2016 est adaptée à toute personne désireuse de s'initier a la connaissance de ce texte sacré très complexe, afin de mieux revendiquer l'héritage d'Athènes, de Rome et de Jérusalem; véritable socle des racines chrétiennes de la France, remises au goût du jour par la soif de repères et d'identité de nos compatriotes.

Sur place l'auteur, pourra dédicacer L'essentiel de la Bible.  Il sera possible de se procurer l'ouvrage (50 fiches claires et précises ) auprès de la Librairie de l'Enfant Jésus, présente à la causerie. Entrée gratuite. La soirée pourra se poursuivre autour d’une pizza (Participation aux frais)."

Posté le 21 mai 2016 à 11h39 par Marie Bethanie | Lien permanent

19 mai 2016

Procession de Saint Willibrord, à Echternach (Luxembourg) le 17 mai

IMG_3207Cette procession se déroule chaque année le mardi de Pentecôte et attire de nombreux pèlerins venus surtout du Luxembourg, de Belgique, d’Allemagne et des Pays-Bas.

Sous un soleil assez généreux mais une température fraîche elle a attiré cette année près de 10000 personnes, dont des pèlerins du diocèse de Metz conduits par leur évêque, monseigneur Lagleize.

IMG_3213Comme chaque année elle était présidée par l’archevêque de Luxembourg, monseigneur Hollerich. Parmi les prélats figuraient notamment le cardinal-archevêque d’Utrecht et le nonce apostolique au Luxembourg.

Cet événement est très important dans la vie religieuse au Benelux et dans les länder allemands voisins. Mais il est quasiment inconnu en France. La procession est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Galerie photos ici.

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Posté le 19 mai 2016 à 07h28 par Michel Janva | Lien permanent

18 mai 2016

A Rome, ceux qui négocient avec la Chine ne comprennent pas les communistes chinois

Le cardinal Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong, qu’il a dirigé de 2002 à 2009, répond à Famille chrétienne. Extrait :

"Peu avant le Nouvel An chinois, le pape François a donné un entretien, publié à Hongkong, au sujet de la Chine. Comment avez-vous accueilli ses propos ?

CTout le monde admire les efforts déployés par le pape. Il fait preuve de tant de bonne volonté dans l’expression de son désir de se rendre un jour en visite en Chine. Mais je ne peux pas cacher que j’ai été déçu par cette interview, car la religion a été exclue du champ de l’interview : comment imaginer interviewer le pape et ne pas parler de religion ?

Le pape parle de culture. Très bien. J’entends des personnes dire qu’il met ses pas dans ceux du jésuite Matteo Ricci, auteur en 1595 d’un Traité de l’amitié à l’adresse des Chinois et de l’empereur. De grâce, laissez Matteo Ricci en paix ! Matteo Ricci avait affaire à un empereur. Nous avons affaire à un Parti communiste. Chacun sait que les communistes chinois ont piétiné plus que n’importe qui la culture. Ils ne défendent que la culture socialiste.

De même, le pape dit qu’il ne faut pas avoir peur de la Chine. Mais, ici, à Hongkong, les gens rient lorsqu’ils lisent cela. Rome est loin de la Chine, nous en sommes tout près ici, et tous, nous avons peur. Alors, pourquoi donner une telle interview ?

La réponse de Pékin est venue, très claire : les journaux chinois officiels ont répondu : « Nous voulons des faits », autrement dit : « Rendez les armes ! Soumettez-vous aux demandes de Pékin ! » Et on peut bien comprendre pourquoi la Chine n’a aucune raison de faire des compromis. Ils dominent la partie « officielle » de l’Église et maintenant, ils veulent que l’autre partie, la partie « clandestine », se fonde dans la partie « officielle ». Et ils veulent que le Saint-Père donne sa bénédiction à l’Association patriotique !

Mais la politique du kowtow, à savoir s’abaisser devant le pouvoir central chinois, ne peut porter de bons fruits. Le pape parle d’adopter une attitude humble. Très bien, l’humilité est une vertu cardinale, mais il ne faut pas le faire en abandonnant toute dignité, la dignité de notre foi, la dignité de l’Église. Nous ne devons pas « faire kowtow ». Or, je pense que cette interview ne peut que convaincre le pouvoir chinois à Pékin que le Saint-Siège est prêt à tout pour parvenir à un accord.

On entend dire qu’en décembre 2016, le gouvernement chinois va convoquer à Pékin l’Assemblée nationale des représentants catholiques. Comment l’interpréter ?

La tenue de cette assemblée serait le signe le plus éclatant que nous sommes en présence d’une Église schismatique. J’espère que le Saint-Père ne se fait pas d’illusions, mais à Rome, ceux qui négocient ne comprennent pas les communistes chinois. Cela renvoie à l’Ostpolitik, qui certes avait trait aux négociations entre Rome et les régimes communistes d’Europe de l’Est et en Russie. Certains à Rome se scandalisent que j’en parle pour qualifier les négociations avec Pékin. Mais je dois rappeler ici que l’Ostpolitik a été un échec. Les Églises en Europe de l’Est n’ont pas gagné une once de liberté grâce aux négociations menées par Rome. Elles ont eu la liberté quand le Rideau de fer est tombé. Alors, comment militer aujourd’hui pour une Ostpolitik en direction de la Chine ? Pourquoi reprendre des méthodes qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité ?

Les personnes qui n’ont pas vécu sous un système dictatorial ne peuvent pas comprendre. Jean-Paul II avait vécu sous le nazisme et le communisme, il comprenait. Le pape actuel vient d’Amérique du Sud, et ces pays ont eux aussi connu des dictatures dominées par les militaires, les classes riches et l’impérialisme américain. Les gens ont souffert sous ces régimes et ils se sont tournés vers le marxisme, qui avait là un « marché » à prendre. Même parmi les catholiques, la tentation a été forte, avec la théologie de la libération.

Pour sûr, le Père Bergoglio à l’époque n’a jamais fait sienne la théologie de la libération, mais on peut penser que lui et ses amis jésuites ont eu à souffrir des régimes militaires. Dès lors que vous vouliez aider les pauvres, vous étiez soupçonnés, accusés d’être communiste. Il est donc naturel que le pape ait une certaine sympathie pour les communistes, car il n’a connu que le communisme persécuté sous la botte des militaires. Mais il n’a pas connu les communistes qui ont tué des millions et des millions d’innocents. Il n’a pas connu ces communistes-là ! Et, à Rome, ils ne connaissent pas la Chine, ils ne parlent ni ne lisent le chinois, ils n’ont pas pratiqué les communistes chinois.

Mes craintes sont donc fortes, même si le Saint-Père n’a pas encore pris position clairement [au sujet du « dossier chinois »]. J’ai très souvent écrit au pape François. Ce que j’espère, c’est qu’il écoute, qu’il écoute tout le monde, tous ceux qui ont des avis divergents sur cette question des rapports avec la Chine. Mais je ne cache pas que la situation actuelle est lourde de dangers, car il y a tant de gens autour de lui qui poussent à conclure un accord avec Pékin. Des personnes qui ne rêvent qu’à une chose : pouvoir dire enfin, urbi et orbi, qu’un accord a été conclu avec la Chine !

Est-il envisageable que Pékin amende sa politique religieuse ?

Comment la Curie romaine pourrait-elle penser qu’elle aboutira à un accord pour les catholiques chinois alors que les autres religions restent soumises au contrôle du gouvernement ? C’est une illusion.

Quand il n’y a pas de dialogue, paradoxalement, vous pouvez tolérer beaucoup de choses. Il y a eu ainsi, les années passées, des ordinations épiscopales pour des évêques qui avaient été acceptés par les deux parties, Rome et Pékin. Chacun disait avoir donné son accord, tout en prétendant ignorer ce que faisait ou disait l’autre partie. Tant que les choses étaient laissées dans un certain flou, vous pouviez vous satisfaire de la situation, mais du moment où vous fixez les choses dans un document, fruit d’une négociation, l’équivoque n’est plus possible. Or, il n’y a aucun signe que Pékin va changer.

Un temps, je me suis dit que la situation pourrait s’améliorer avec le nouveau président Xi Jinping [au pouvoir depuis fin 2012]. Je me disais que peut-être qu’une fois qu’il aurait tous les leviers du pouvoir en main, il ferait bouger les choses dans un sens positif. Mais ce « peut-être », je le crains, était une illusion ! Le pouvoir se raidit de toutes parts.

Un prêtre de Chine continentale, mort récemment dans des circonstances non élucidées (les autorités disent qu’il s’est « suicidé », mais sans rien apporter à l’appui de leurs dires), a écrit qu’il n’y avait aucun espoir que la situation s’améliore dans un proche avenir. Il ajoutait qu’il fallait donc attendre. Selon lui, l’Église pouvait attendre. L’Église primitive a bien attendu trois cents ans pour convertir l’empire romain ! Mais ce qu’il nous est impossible de faire, c’est de nous trahir nous-mêmes."

Posté le 18 mai 2016 à 09h33 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2016

Nouveau miracle du soleil près de Fatima ?

Les faits se sont déroulés à l'issue d'une nuit de prières devant la Vierge pélerine de Fatima, après la messe, vers 8h du matin le 4 mai 2016, alors que l'assemblée accompagnait la Vierge pélerine pour son départ d'Ourém (situé à 11 km de Fatima).

Une centaine de personnes environ ont affirmé voir le soleil tourner à grande vitesse avec une grande clarté et tour à tour entouré de couleurs rouge et jaune. Les descriptions ressemblent beaucoup au miracle du soleil d'octobre 1917.

Le diocèse a précisé ne pas vouloir faire d'enquête sur le phénomène.

Sources en portugais : article et JT.

Posté le 17 mai 2016 à 08h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (25)

14 mai 2016

Tournée de l’archevêque de Mossoul en France

Monseigneur Nicodemus Daoud Sharaf viendra en France du 18 au 27 mai 2016.

Dernier archevêque à quitter Mossoul en juin 2014, alors que la ville tombait aux mains de l’organisation terroriste Etat islamique, l’archevêque syriaque orthodoxe témoignera du martyre des chrétiens d’Irak. Outre un cycle de conférences dans différentes villes de France, il rencontrera plusieurs personnalités religieuses et politiques afin de les sensibiliser sur le drame des chrétiens d’Orient.

Cette visite tout à fait exceptionnelle permettra aux professionnels de l’information de bénéficier d’un témoignage inédit, vécu au plus proche du terrain. N'hésitez pas à nous contacter pour toute demande d'entretien ou d'informations.

Dates de la tournée :

  • Paris : 19 mai
  • Nancy : 20 mai
  • Strasbourg : 21 mai
  • Montfermeil : 22 mai
  • Lille : 23 mai
  • Bruxelles : 24 mai 

Posté le 14 mai 2016 à 10h56 par Michel Janva | Lien permanent

29 mai 2016 : Grand Sacre d'Angers pour la Fête Dieu

Départ de la procession à 16h, Esplanade du Quai Ligny.

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Posté le 14 mai 2016 à 10h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

12 mai 2016

Election abbatiale du Très Révérend Père Xavier Perrin à l'Abbaye de Quarr (Grande-Bretagne)

Communiqué de l'Abbaye bénédictine Notre-Dame de Quarr (ïle de Wight, sud de la Grande-Bretagne) :

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+
Chers tous

c'est avec beaucoup de joie que nous vous annonçons l’élection abbatiale du
Très Révérend Père Xavier Perrin
  en la fête des Saint Abbés de Cluny

   le mercredi 11 mai 2016

     à l'abbaye de Quarr en Angleterre

   Nous le confions à Notre Dame de Quarr et sous le Regard de Sainte Anne


Frère Tugdual +

 

Nous présentons tous nos voeux au Très Révérend Père Xavier Perrin et nous nous associons à la joie de tous les moines de l'Abbaye.

Dom Perrin était Prieur de l'Abbaye sainte Anne de Kergonan, jusqu'au printemps 2013. (Père Abbé : Dom Piron). A la demande Père Abbé de Solesmes, il a accepté la charge de Prieur-Administrateur de Quarr.

L'Abbaye de Quarr : "Ce monastère a été fondé par la congrégation bénédictine Saint-Pierre de Solesmes en France au début du XXe siècle, alors en exil, en raison de la loi 1901 sur les associations et les congrégations religieuses. Le premier abbé fut Dom Paul Delatte (1848-1937).[...] Elle se trouve à côté d'une ancienne abbaye cistercienne en grande partie démolie à la suite de la dissolution des monastères dans les années 1530."

Posté le 12 mai 2016 à 15h51 par Marie Bethanie | Lien permanent

08 mai 2016

Dans sa recherche d’une pastorale de la miséricorde, Amoris laetitia est à certains endroits marqué par le subjectivisme et le relativisme moral

Déclaration de la Fraternité Saint Pie X sur Amoris laetitia :

  1. Parmi les nombreuses prises de position, explications et commentaires publiés sur Amoris lætitia, trois études faites par des prêtres de notre Fraternité ont récemment paru : L’exhortation post-synodale Amoris lætitia : une victoire du subjectivisme de l’abbé Matthias Gaudron; Brèves considérations sur le chapitre 8 de l’Exhortation pontificale Amoris lætitia de l’abbé Jean-Michel Gleize; Après le Synode : l’indissolubilité en question de l’abbé Christian Thouvenot. La Maison générale approuve ces études et y souscrit entièrement. Elles se complètent harmonieusement et donnent une vue d’ensemble du document du pape François.
  1. La procédure suivie lors des deux synodes et les circonstances qui les ont entourés, ont déjà soulevé de nombreuses interrogations : au consistoire extraordinaire de février 2014, seul le cardinal Walter Kasper avait été invité à préciser le thème du synode, alors qu’il est notoire qu’il militait depuis des années pour la levée de l’interdiction de droit divin de donner le Corps du Christ aux pécheurs publics. Le rapport intermédiaire, Relatio post disceptationem, publié en octobre 2014 pendant le premier synode, ne correspondait pas aux résultats des discussions. Dans le rapport final, des thèmes se trouvèrent intégrés, alors qu’ils n’avaient pas été approuvés par le synode. Juste avant le deuxième synode ordinaire, le pape publiait deux Motu proprio qui concernaient exactement le sujet du synode, en facilitant la procédure canonique des déclarations de nullité des mariages. Et une lettre confidentielle de 13 cardinaux qui exprimait des craintes sur le résultat du synode, était publiquement qualifiée de « conspiration ».
  1. La question de l’admission des divorcés « remariés » à la Sainte Communion a déjà été traitée plusieurs fois par l’Eglise, qui y a répondu clairement, et même encore ces derniers temps. Une nouvelle discussion sur l’enseignement constant et la pratique de l’Eglise ne pouvait donc être que préjudiciable et de nature à les obscurcir, plutôt qu’à les mettre en lumière. C’est ce qui est arrivé.
  1. Dans un document pontifical on s’attend à trouver un exposé clair du magistère de l’Eglise et de la vie chrétienne. Or, comme d’autres l’ont fait remarquer avec raison, Amoris lætitia est davantage « un traité de psychologie, de pédagogie, de théologie morale et pastorale, et de spiritualité ». L’Eglise a la mission de proclamer l’enseignement de Jésus-Christ à temps et à contretemps et de donner les conclusions qui s’imposent pour le bien des âmes. Il lui incombe de rappeler la Loi de Dieu, et non pas de la minimiser ni d’expliquer comment, en certains cas, elle serait inapplicable. Elle se doit d’affirmer les principes dont elle laisse l’application concrète au pasteur des âmes, au confesseur, ainsi qu’à la conscience éclairée par la foi, règle prochaine de l’agir humain.
  1. Dans sa recherche d’une pastorale de la miséricorde, le texte est à certains endroits marqué par le subjectivisme et le relativisme moral. La règle objective est remplacée, à la manière protestante, par la conscience personnelle. Ce poison prend ses racines, entre autres, dans le personnalisme, qui, dans la pastorale familiale, ne met plus le don de la vie et le bien de la famille au premier plan, mais l’épanouissement personnel et le développement spirituel des époux. A ce sujet, on ne peut que déplorer, une fois de plus, l’inversion des fins du mariage esquissée dans la constitution pastorale Gaudium et seps du concile Vatican II, inversion que l’on retrouve aussi dans Amoris lætitia. La soi-disant « loi de gradualité » met la morale catholique sens dessus dessous.
  1. Les conséquences d’Amoris lætitia se font déjà sentir dans l’Eglise : un curé, conformément à son devoir, refuse de donner le Corps du Christ aux pécheurs publics, tandis qu’un autre invite tout le monde à la sainte Communion. Le Président de la Conférence épiscopale des Philippines a déclaré qu’Amoris lætitia serait immédiatement mis en pratique dans son pays et que par conséquent, dans certains cas, des personnes divorcées et « remariées » recevront la Communion. Une division profonde se dessine au sein de l’épiscopat et du Sacré Collège. Les fidèles sont désorientés, toute l’Eglise souffre de cette déchirure. Remettre en question l’obligation d’observer en tous les cas les commandements de Dieu, en particulier celui de la fidélité conjugale, c’est capituler devant le diktat des faits et de l’esprit du temps : en de nombreux pays déjà – comme en Allemagne, par exemple –, on foule aux pieds depuis bien longtemps la pratique qui découle du commandement divin. Au lieu d’élever ce qui est au niveau de ce qui doit être, on rabaisse ce qui doit être à ce qui est, à la morale permissive des modernistes et des progressistes. Les fidèles dont le mariage est brisé, mais qui, dans cette situation, sont restés fidèles à la promesse qu’ils ont faite devant l’autel, de façon très vertueuse et parfois héroïque, se sentent trahis. C’est à en pleurer.
  1. Nous implorons le Saint Père humblement, mais résolument, de réviser l’Exhortation Amoris lætitia et tout particulièrement son chapitre 8. Comme dans les textes de Vatican II, ce qui est ambigu doit être interprété de façon claire, et ce qui est en contradiction avec la doctrine et la pratique constante de l’Eglise doit être retiré, pour la gloire de Dieu, pour le bien de toute l’Eglise, pour le salut des âmes, spécialement de celles qui sont en danger de se laisser tromper par l’apparence d’une fausse miséricorde."

Posté le 8 mai 2016 à 14h53 par Michel Janva | Lien permanent

07 mai 2016

Alep : "Français, les médias vous manipulent"

Charlotte d’Ornellas a pu joindre le Père Georges Sabé, qui est resté à Alep (Syrie). Entre deux bombardements, il raconte le calvaire quotidien des Syriens restés sur place et comment ces derniers ont le sentiment que les médias occidentaux, notamment français, ne reflètent qu’une partie de la réalité. Un témoignage poignant.

"Moi je voudrais aussi qu'au Vatican on agisse pour montrer tout ce qui est en train d'être vécu à Alep et en Syrie; qu'à l'intérieur des rencontres diplomatiques et politiques que le Vatican a, qu'il puisse défendre un peu notre réalité et nous aider à rester."

 

Posté le 7 mai 2016 à 23h49 par Marie Bethanie | Lien permanent

05 mai 2016

23 mai : témoignage de l'archevêque de Mossoul à Lille

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Posté le 5 mai 2016 à 09h51 par Michel Janva | Lien permanent

01 mai 2016

A la rencontre des Chrétiens de Syrie

"Livre Professeur TillementA la rencontre des Chrétiens de Syrie" Carnet de voyage de Pâques, du 4 au 12 avril 2015.

Ecrit par le Professeur Jean-Paul Tillement, ce livre retrace le voyage d’un petit groupe de volontaires français et belges à la rencontre de ces populations menacées et mal défendues.

Préface de Benjamin Blanchard cofondateur et directeur général de SOS Chrétiens d'Orient. Aux éditions Fiacre.

PU : 15 euros + 3 euros de frais de port. Possibilité de l’acheter en ligne : http://www.soschretiensdorient.fr/boutique/ 

Posté le 1 mai 2016 à 10h29 par Michel Janva | Lien permanent

25 avril 2016

Dissolution de la Fraternité du père Zanotti-Sorkine [Démenti]

Lu sur Belgicatho :

"Ce dimanche nous apprenons avec stupéfaction - via une fuite au sein de la conférence épiscopale [belge]- que la décision de la fermeture de Sainte-Catherine a été prise et sera communiquée à la fin de cette semaine. 

De plus, la même source nous apprend que les évêques [belges] ont pris la décision, au cours de la réunion épiscopale de ce vendredi 22 avril 2016, de dissoudre la Fraternité des Saints Apôtres.

L'Eglise Sainte-Catherine est pleine tous les dimanches et en équilibre. Les riverains et les commerçants apprécient cette église et toute la vie qu’elle a ramenée dans le quartier. Il va sans dire que cette décision va entraîner des réactions fermes et une grande mobilisation. En effet, les fidèles ne vont pas comprendre cette décision unilatérale et brutale des évêques."

La Fraternité des Saints Apôtres est une oeuvre sacerdotale fondée par Monseigneur André-Joseph Léonard et inspirée par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Les futurs prêtres de la Fraternité des Saints Apôtres logent à l'abbaye de Marche-les-Dames (Belgique) ou à l'évêché de Bayonne (France). Ils reçoivent leur formation doctrinale au Séminaire Notre-Dame de Namur (Belgique) ou au Séminaire des Saints Cœurs de Jésus et de Marie de Bayonne (France).

Addendum : Le porte-parole des évêques de Belgique dément cette information.

Posté le 25 avril 2016 à 16h31 par Michel Janva | Lien permanent

24 avril 2016

1er mai, jubilé du Père Elian Nasrallah, chantre de l’amitié franco-libanaise

On me prie de communiquer ce qui suit :

Image001"Le Père Elian Nasrallah est un serviteur du Christ infatigable quand il s'agit de venir en aide aux plus démunis, mais aussi un bâtisseur d'espérance qui imagine et met en oeuvre en permanence des projets de développement culturels, sociaux et économiques pour son village.

Le Père Elian est enfin un chantre de l'amitié franco-libanaise apprécié et un inlassable bâtisseur de paix et de concorde dans l'une des régions les plus éprouvées et les plus difficiles du Liban (le village d'El Qaa est situé à la frontière libano-syrienne, dans une des régions les plus dangereuses du Liban)."

Fran--ais[1]Nous présentons au Père Elian tous nos voeux pour son jubilé.

Posté le 24 avril 2016 à 20h58 par Marie Bethanie | Lien permanent

Au temps des crises profondes, la Providence utilise les plus humbles pour sauver l'intégrité de la foi

ImagesJeanne Smits propose sur son blog une traduction d'un entretien accordé au mois de mars par Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (capitale du Kazakhstan), à l’association hongroise John Henry Newman. L'entretien est long mais très intéressant car il traite de sujets très divers mais cruciaux pour la vie de l'Eglise. Les passages que j'ai sélectionnés (même si tout l'entretien est à lire dans l'article original) concernent plus particulièrement ce que nous sommes : des laïcs catholiques, et leur place, et leur rôle dans l'Eglise, ainsi qu'un sujet crucial pour nous au quotidien : le rapport de la foi catholique avec l'islam.

[...] "Aujourd'hui, les fidèles catholiques font l'expérience de la faiblesse et des dysfonctionnements du magistère : sans exagération j'ose dire que dans les médias officiels catholiques on peut entendre lire et voire des erreurs grossières, des ambiguïtés, et même des hérésies de la bouche de prêtres de haut rang, hélas, et même d'évêques et des plus hauts dignitaires de l'Eglise, quasiment chaque jour. Une partie significative des déclarations officielles — même depuis les plus hautes sphères — sème la confusion, et contradictoire, trompant de nombreux fidèles. Que doivent faire les fidèles catholiques en ces temps difficiles ? Comment pouvons-nous rester fermes dans la foi dans cette situation ? Quel est notre devoir ?

— Au cours de l'histoire de l'Eglise il y a toujours eu des temps de crise profonde de la foi et de la morale. La crise la plus profonde, la plus dangereuse a été sans aucun doute la crise arienne au quatrième siècle. C'était une attaque mortelle contre le mystère de la très Sainte Trinité. En ces temps-là, ce furent quasiment les simples fidèles qui ont sauvé la foi catholique. Dans son analyse de cette crise, le bienheureux John Henry Newman a dit que c'était l’ecclesia docta (l'église enseignée, c'est-à-dire les fidèles qui reçoivent l'instruction du clergé) plutôt que l’ecclesia docens (ceux qui détiennent le magistère ecclésiastique) qui a sauvé l'intégrité de la foi catholique au quatrième siècle. Au temps de crises profondes la divine Providence aime à utiliser les plus simples et les plus humbles pour démontrer l'indestructibilité de son Eglise. Cette affirmation de saint Paul peut également être appliquée à la situation interne de l'Eglise : « Mais Dieu a choisi les moins sages selon le monde, pour confondre les sages ; il a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les puissants » (1 Cor 1, 27). Lorsque les simples fidèles constatent que les représentants du clergé, et même du haut clergé, laissent à l’écart la foi catholique et proclament l'erreur, ils doivent prier pour leur conversion, ils doivent réparer les fautes du clergé à travers le témoignage courageux de la foi. Parfois, les fidèles doivent également conseiller et corriger le clergé, mais toujours avec respect, c'est-à-dire en suivant le principe du sentire cum ecclesia, ainsi que l’ont fait par exemple sainte Catherine de Sienne ou sainte Brigitte de Suède. Dans l'Eglise nous constituons tous un seul corps, le corps mystique du Christ. Lorsque la tête (le clergé) est défaillant, les autres membres doivent essayer de renforcer le corps tout entier. En définitive, l'Eglise est guidée par la tête invisible qui est le Christ, et elle est animée par son âme invisible qui est le Saint-Esprit. C'est pourquoi l'Eglise est indestructible."[...]

Sur l'islam et les pseudo "religions du Livre" :

"L'islam est la religion la plus communément pratiquée au Kazakhstan. Traditionnellement, les Kazakhs ethniques sont des musulmans sunnites. Quelle est votre expérience du dialogue avec eux ? L'islam, dit-on, est similaire au christianisme ou au judaïsme parce qu'il croit en un seul Dieu, et ainsi le monothéisme est supposé constituer la base du dialogue. Mais est-ce réellement cela ? Est-il possible d'engager un dialogue théologique profond avec eux ? Allah est-il la même chose que la Sainte Trinité ? Peut-il y avoir une base de dialogue théologique si l'islam hait la foi en l'Incarnation ?

Il y a aussi de la confusion lorsque l'on dit que les Juifs, les musulmans et les chrétiens suivent des religions monothéistes. Cela porte vraiment à confusion. Pourquoi ? C’est que nous, chrétiens, nous croyons toujours non seulement en un seul Dieu, mais au Dieu trine, en Dieu, la très Sainte Trinité. Nous ne croyons pas seulement en un seul Dieu comme toute personne humaine peut le faire à la lumière de la raison naturelle. Les Juifs et les musulmans croient en un seul Dieu qui est une seule personne. C'est une hérésie, ce n'est pas vrai. Dieu n'est pas une personne, Dieu est trois personnes. Et qui plus est, ils n'ont pas la foi parce qu'ils croient seulement que Dieu est un, mais cela ne requiert pas la foi, seulement la raison naturelle. Il y a le dogme de la foi qui déclare qu'à la lumière naturelle de la raison naturelle chaque personne peut reconnaître que Dieu est un. Nous avons une foi surnaturelle, et c'est une différence substantielle.

Objectivement, Dieu, que nous connaissons par la raison, est évidemment la Sainte Trinité. Mais les Juifs et les musulmans n'acceptent pas la Sainte Trinité. Ainsi nous ne pouvons pas prier ensemble parce que leur culte manifeste leurs conviction qu'il y a un seul Dieu, une seule personne. Mais nous, chrétiens, nous adorons toujours Dieu en trois personnes. Toujours. Et donc nous ne pouvons pas rendre le même culte. Ce ne serait pas véridique. Ce serait une contradiction et un mensonge.[...]

Comment voyez-vous la crise des migrants en Europe ? Quelle est l'attitude catholique correcte à son égard ?

— C'est un problème plus ou moins politique. Ce n'est pas la première tâche des évêques que de faire des déclarations politiques. Mais en tant que personne privée, et non en tant qu'évêque, je dirais que la soi-disant « migration » a été planifiée et programmée de manière artificielle, on peut même parler d'une forme d'invasion. Certaines puissances politiques globales l’ont préparée il y a de longues années déjà, en créant la confusion et les guerres au Proche-Orient, en « aidant » ses terroristes ou sans s'y opposer de manière officielle ; ainsi – d'une certaine façon – elles ont contribué à cette crise. Déplacer une telle masse de gens, qui sont pour la plupart musulmans et qui appartiennent à une culture très différente vers le cœur de l'Europe, est problématique. Ainsi un conflit programmé se trouve-t-il en Europe et la vie civile et politique est déstabilisée. Cela doit être évident aux yeux de tous."[...]

(Lire tout l'entretien ici)

Posté le 24 avril 2016 à 17h12 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

19-28 mai : pèlerinage en Terre Sainte avec un abbé de la Fraternité Saint Pierre

TS FSSP 2016 05

Posté le 24 avril 2016 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

22 avril 2016

Elle a sauvé le Saint Sacrement du tremblement de terre équatorien

Terremoto-ecuadorwebUne des Sœurs de la communauté "El Hogar de la Madre" (Foyer de la Mère) a échappé à la mort dans le tremblement de terre en Equateur parce qu'elle a couru dans la chapelle de sa communauté sauver le Saint Sacrement. Cette Sœur, Estela Morales, est espagnole, a 40 ans, et est supérieure de la Communauté des Servantes de "El Hogar de la Madre" de Playa Prieta, ville équatorienne, située à 200 kms de la capitale, Guayaquil.

Le jour du tremblement de terre, elle et les autres religieuses de la communauté sont restées coincées sous les décombres de leur logement qui se trouvait au second étage du collège qu'elles dirigent. Quand les autres communautés d'Espagne, d'Italie et des Etats Unis furent au courant de la situation en plein milieu de la nuit, elles se mirent à prier de manière ininterrompue devant le Saint Sacrement. 

Les voisins sauvèrent sœur Thérèse Ryan, irlandaise. Puis ils entendirent plus tard la voix de Sœur Estela à travers les décombres. Elle était blessée à la cheville mais vivante. "En ressentant les effet du tremblement, Soeur Estela sortit en courant jusqu'à la chapelle pour sauver le Saint Sacrement", raconte le site web des religieuses.

"Alors qu'elle tenait le Seigneur entre ses mains, tout s'effondra autour d'elle, et s'écroula au rez de chaussée. Elle a pensé à sauver le Seigneur avant sa propre vie, et le Seigneur l'a protégé, nous en sommes sûrs". "Les volontaires, raconte le texte, entendirent aussi Soeur Merly et deux postulantes et il leur fallut beaucoup d'efforts pour arriver jusqu'à elles. Elles s'encourageaient mutuellement en priant et en chantant le Seigneur, surtout quand elles se sentaient suffoquer à cause du manque d'oxygène".

Un mur s'effondra sur la tête de Soeur Merly, il en résulta une grave lésion, alors que Guadalupe et Mercedes ont eu des blessures légères. Dans le tremblement de terre six sœurs de la Congrégation sont décédées. Une Sœur professe, Clare Crockette, irlandaises de 33 ans, d'un dynamisme débordant, et cinq postulantes de la ville qui se préparaient à entrer au noviciat : Mayra, Valeria, Jazmina, Catlina et Maria Augusta. 

Sœur Clare (irlandaise) décédée dimanche dernier pendant le tremblement de terre.

Les religieuses travaillaient depuis 8 ans dans l'école, et avaient un vrai souci d'évangélisation. L'école, comptant 500 élèves, s'est totalement effondrée suite à la catastrophe. Il ne reste plus rien. Il est possible de faire un don via l'Aide à l'Eglise en Détresse (indiquer Equateur).

Le tremblement de terre du samedi 16 avril compte 525 morts, 1700 disparus et 4027 blessés.

Posté le 22 avril 2016 à 16h02 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2016

"Le moment d’une normalisation de la Fraternité Saint-Pie X est arrivé"

Unknown-68Ce propos est de l'abbé Franz Schmidberger, supérieur du séminaire FSSPX de Zaitzkofen (Allemagne), successeur de Mgr Marcel Lefebvre à la tête de cette Fraternité (et prédécesseur de Mgr Fellay). Il a joué un grand rôle dans la FSSPX et donc son propos n'est pas anodin : il a participé avec Mgr Lefebvre au choix des évêques de 1988, prêché lors des obsèques du fondateur en 1991 et il était présent aux côtés de Mgr Fellay pour rencontrer Benoît XVI en 2005.

Dans cette note adressée à ses confrères, il indique que les textes comme le contexte ont changé. Les textes qui sont proposés par Rome ne sont plus les mêmes qu’il y a vingt-cinq ans. Désormais, le Saint-Siège accorde une « prélature personnelle », structure qui « n’a été offerte à aucune autre congrégation. » Et il pointe surtout un danger, inhérent à l'état d'"apesanteur" canonique de la FSSPX :

« Si les fidèles ou des membres de la Fraternité trouvent confortable cette situation de liberté de dépendance de la hiérarchie, alors cela implique une perte graduelle du sensus ecclesiae ».

Posté le 21 avril 2016 à 16h35 par Michel Janva | Lien permanent

“Amoris Laetitia” : entretien avec Roberto de Mattei

Par Réinformation.tv :

Amoris Laetitia : entretien avec Roberto de Mattei from Reinformation.tv on Vimeo.

Posté le 21 avril 2016 à 12h35 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2016

Toulon 22 avril : adoration de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney

445abf_9bec4780d0ee4d56bedb80c6ba4de50bAIMER,REPARER, CONSOLER LE COEUR SACERDOTAL DE JESUS
 
Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :
 
"L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney se réunit vendredi prochain, le 22 avril à 20h, à l'Immaculée Conception de Toulon, en réparation des fautes graves sacerdotales et des nombreuses profanations en France de ce mois-ci.
Notre évêque, Monseigneur Dominique Rey, nous accorde d'adorer en présence d'une relique de St Jean-Marie Vianney, une étole lui ayant appartenu.
Nous venons de recevoir la bénédiction de Mgr Aillet."
L'Alliance saint Jean-Marie Vianney consiste en un groupe de volontaires qui se relaient à tour de rôle toutes les 24h pour jeûner et prier en faveur des prêtres et de leur sacerdoce éternel, des diacres, des séminaristes, des religieux vivants ou au purgatoire et en réparation pour les outrages envers l'Eucharistie.

Posté le 19 avril 2016 à 16h38 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 avril 2016

Amoris laetitia : l'analyse de l'Abbé de Tanoüarn

Maxresdefault-e1460645497491Cofondateur de l'Institut du Bon Pasteur à la demande de Benoît XVI, docteur en philosophie, l'Abbé de Tanoüarn est aujourd'hui directeur du Centre Saint-Paul et de Monde & Vie. Il livre sa lecture personnelle de l'exhortation apostolique Amoris Laetitia :

[...] "[F]ace à l’herméneutique de continuité qu’a proposé le pape Benoît, François propose lui une herméneutique de la miséricorde. Non pas la miséricorde qui ferait systématiquement moins cher, non pas la miséricorde qui chercherait à casser les prix pour prétendre que tout se vaut et conclure que rien ne vaut, non ! Mais la miséricorde qui est l’amour unique que Dieu porte à chacun d’entre nous, la miséricorde qui est une grâce et nous pousse en avant, la miséricorde qui non seulement ne casse pas les prix mais nous rend plus chers aux yeux de Dieu, qui que nous soyons. Il me semble que l’herméneutique de continuité, saluée à plusieurs reprises par le pape François, appelle cette herméneutique de la miséricorde, loin de lui être contraire. Il y a un secret providentiel dans la succession des deux derniers pontificats et dans leur profonde complémentarité dans la vérité. Il fallait toute l’insistance pédagogique de Benoît XVI pour se ressaisir de la vérité dans sa splendeur (Jean-Paul II) dans sa centralité. Mais maintenant, avec François, nous découvrons que « la vérité qui ne se tourne pas en amour est une idole ». Benoît XVI lui-même justement ne parlait-il pas de « la charité dans la vérité », caritas in veritate ?

Discerner ce qui est bon et s’en tenir

Jean-Paul II était, sans problème le Curé de l’univers et Dieu sait s’il a fait tourner la boutique ! Le pape François, de façon encore plus ambitieuse, conçoit son rôle comme celui d’un directeur de conscience universel. Il prêche au monde les exercices spirituels de saint Ignace. Il essaie de s’adresser à chacun et de lui dire ce qu’il doit faire pour avancer vers Dieu. Pas question de lui fermer la porte au nez ! Il faut le conduire, par un chemin personnel. Ce n’est pas facile pour un pape de prendre cette attitude, que l’on rencontre surtout au confessionnal.[...]

François veut être aussi l’homme de chacun, prenant les gens là où ils en sont. Son maître mot est celui de saint Ignace : le discernement. Il s’agit pour lui d’aider ceux qui s’approchent de lui, fidèles ou non, à discerner ce qui est bon dans leur vie et à s’y tenir. Il tend à les aider à faire l’expérience de Dieu, comme le fait le prédicateur des Exercices spirituels de saint Ignace, qui enseigne toujours la deuxième annotation de ces Exercices : « Ce n’est pas le fait de savoir beaucoup qui remplit et satisfait l’âme, mais le fait de sentir et de savourer les choses intérieurement » (AL 207).[...]

La maternité de l’Église

Au fond le document du Pontife semble bien faire l’unanimité. Il se rattache à la grande tradition jésuite de la casuistique, c’est-à-dire non du mépris de la loi, mais de l’application de la loi à chaque personne. Comme Dieu s’adresse à chaque personne dans un face-à-face amoureux, parce qu’il nous connaît personnellement et intimement, mieux encore que nous ne nous connaissons nous-mêmes, ainsi l’Église de François voudrait pouvoir s’adapter à chaque cas. Un long texte de saint Thomas d’Aquin est cité en ce sens : « Je demande avec insistance que nous nous souvenions toujours de cet enseignement et que nous apprenions à l’intégrer dans le ministère pastoral » (AL 304), insiste le Saint-Père. On peut résumer ce texte thomasien (IaIIae Q94 a4) en une phrase : « Plus on entre dans les détails plus les exceptions se multiplient ». On sait que ce qui intéresse le Pape, ce sont ces exceptions, ou plutôt c’est nous, dans le détail de notre vie intérieure, nous sommes tous des exceptions. La maternité de l’Église – c’est le pari du nouveau pontificat – est capable de traiter chaque personne de manière exceptionnelle, non seulement en appliquant la loi (qui reste toujours dans le général) mais en connaissant chacune de ses brebis à l’image du Bon Pasteur lui-même. « Un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations irrégulières comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés qui se cachent derrière les enseignements de l’Église pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité… » (AL 305). Une fois de plus, le pape s’en prend ici à ces chrétiens pharisiens, qui risquent de s’entendre dire : « Engeance de vipères… ».[...]

Enseigner de façon christique

On l’aura compris, ce qui est nouveau dans cette exhortation apostolique, ce n’est pas le fond, c’est l’esprit dans lequel l’enseignement millénaire est transmis. Cet esprit est un esprit plus évangélique, plus proche de chacun et en même temps plus imprégné de la certitude qu’il n’y a pas dans l’Église d’un côté les bons et de l’autre côté les pécheurs, mais que nous sommes tous pécheurs et que le Christ est venu « non pour les justes mais pour les pécheurs ». Pour François l’enjeu est considérable : il s’agit de montrer aux populations d’Amérique latine, tentées par l’évangélisme américain, que l’Église catholique est plus évangélique que les évangélistes. Elle garde sa morale millénaire, elle ne peut enseigner une autre morale que celle du Christ, mais elle doit l’enseigner de façon christique.

Certains adversaires de l’exhortation se sont focalisés sur deux lignes du numéro 305 et sur la note qui suit. Je cite : « Il est possible que dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Et la note poursuit : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements ». En omettant de lire la précision entre tirets, sur la situation objective de péché qui n’est pas subjectivement imputable, et en confondant « vivre dans la grâce », recevoir des grâces (actuelles) et « être en état de grâce », certains vont jusqu’à dire (je l’ai entendu de mes oreilles par un prêtre au cours d’une conférence donnée au Centre Saint Paul) que le Pape par ces quelques lignes, remet en question toute la théologie catholique de l’état de grâce et du péché mortel. Il ne parle pourtant ni de l’un ni de l’autre.

De l’importance de la subjectivité de chacun

En réalité, le Souverain Pontife veut s’adresser à chaque fidèle comme un sujet libre, qui a sa propre histoire, ses difficultés mais aussi sa lumière propre."[...]

Il est nécessaire d’envisager un double enseignement : d’une part le péché est objectif, le mal est objectif, le péché et le mal sont en cela une seule et même chose (ce que Mgr Lalanne avait paru oublier à propos de la pédophilie dans une émission récente de RCF) et voilà l’article six ; et d’autre part, nous devons avoir égard à la subjectivité pécheresse, soit qu’elle aggrave son propre péché par une intention plus mauvaise que l’acte matériel qui est le sien, soit qu’elle diminue ou même qu’elle excuse la gravité de son crime par une forme d’ignorance non-coupable de sa part, c’est le sens du terrible article cinq.

Le Pape, directeur de conscience universel, en ces temps de crise ecclésiale et de pénurie de prêtres, s’adresse ou veut s’adresser à chacun d’entre nous, car, comme le disait Benoît XVI dans un autre contexte, « nul n’est de trop dans l’Église ». Il prend chacun là où il est et ne songe pas à imposer d’emblée tout un code moral exigeant à ceux qui ne le connaitraient pas. Là encore, Thomas d’Aquin nous donne une grande leçon de souplesse, expliquant dans la IIIa Pars de sa Somme théologique, que tout homme est membre, au moins en puissance, du Corps mystique du Christ qui est l’Église.

C’est dans cette universalité ecclésiale revendiquée, c’est dans un esprit missionnaire (et non dans un confessionnalisme étriqué) qu’il faut lire l’exhortation apostolique sur la Joie de l’amour."

Posté le 18 avril 2016 à 14h50 par Marie Bethanie | Lien permanent

La miséricorde, atout cœur dans le jeu de Dieu

Pour ceux qui y étaient et ne rêvent que de le ré-entendre. Pour tous ceux qui, comme nous, n'ont pas pu être présents ce soir-là à Saint-Sulpice, voici l'enseignement donné par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine il y a quelques jours. A méditer sans modération !

 

Posté le 18 avril 2016 à 11h59 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (5)

Pour le Pape François, on peut parler d’un changement de discipline pour les divorcés-remariés

Radio Vatican rapporte les propos du pape François tenu dans l'avion qui le ramenait de Lesbos :

"Les dernières questions ont eu trait à l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, publiée le vendredi 8 avril dernier. Peut-on parler d’un changement de discipline pour les divorcés-remariés ?

« Je peux dire que oui, a répondu le Pape, mais ce serait une réponse trop courte : je vous conseille de lire la présentation faite par le Cardinal Schönborn, c’est un grand théologien, et dans cette présentation vous trouverez la réponse à votre question ». Mais le Pape ne s’est pas fait faute de déplorer cette trop grande attention des médias pour la question des divorcés-remariés. « Cela m’attriste. Car le média qui pense que cette question est la plus importante ne se rend pas compte que ce n’est justement pas le problème le plus important, il ne se rend pas compte que la famille est partout en crise, qu’elle est la base de la société, il ne se rend pas compte que les jeunes ne veulent plus se marier, il ne se rend pas compte que le taux de natalité en Europe est à pleurer, il ne se rend pas compte du manque de travail, qui oblige les pères et les mères à avoir deux activités professionnelles, et que les enfants grandissent seuls, et n’apprennent plus à grandir avec leurs parents »."

Sur son blog, Jeanne Smits a donc repris les propos du cardinal Schönborn et essaye d'analyser et de comprendre :

"(...) il importe plus que jamais de rechercher la vérité, et d’essayer de l’exposer et de la rappeler avec respect et fermeté. Dans les semaines qui viennent, on peut espérer que des évêques et des cardinaux le feront. En attendant, aucun catholique n’en est dispensé (...) Qu’avait donc dit le cardinal Schönborn (...) Ses propos que l’on pouvait jusqu’ici aborder de manière plus détendue ont acquis un poids plus lourd, les voici :

Naturellement cela pose la question : que dit le pape par rapport à l'accès aux sacrements pour les personnes vivant en situation « irrégulière » ? Le pape Benoît XVI avait déjà dit qu'il n'y a pas de « recettes faciles » (Amoris laetitia 298, note 333 ». Le pape François redit la nécessité de discerner la situation avec soin, dans la continuité de Familiaris consortio de saint Jean-Paul II (84) (AL 298). «  Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. » (AL 305). Il nous rappelle également une phrase importante d’Evangelii gaudium, 44 : « Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés » (AL 305). Dans le sens de cette « via caritatis » (AL 306), le pape affirme, d'une manière humble et simple, dans une note (351) que l'aide des sacrements peut également être donnée « dans certains cas ». Mais à cette fin il ne nous propose pas d'études de cas ni de recettes, mais au lieu de cela nous rappelle simplement deux de ses phrases les plus célèbres : « Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » (EG 44), et que l'Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (EG 47).

Est-ce un défi trop lourd pour les pasteurs, pour les guides spirituels et pour les communautés si le « discernement des situations » n'est pas régulé de manière plus précise ? Le pape François reconnaît l'existence d'une inquiétude : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. » (AL 308). Cependant il remet cela en question, remarquant que « Nous posons tant de conditions à la miséricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification réelle, et c’est la pire façon de liquéfier l’Évangile » (AL 311).

Posté le 18 avril 2016 à 05h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (17)

16 avril 2016

24 avril : le cardinal Burke dans les Landes

Invité par le Cercle de la Providence, le Cardinal Burke, Patronus de l'Ordre de Malte, de passage dans le Sud-Ouest sera le dimanche 24 avril au soir au château de Baure à Clermont (15km à l'est de Dax), pour donner une conférence à l'occasion de la sortie de son livre d'entretiens avec Guillaume d'Alançon "Un Cardinal au coeur de l'Eglise".
« Echange avec un Cardinal au cœur de l’Eglise»
Dimanche 24 avril - 19h30 - buffet froid
 par Cardinal Raymond Burke,
Il abordera les principaux sujets brûlants de l’Église aujourd’hui, à sa manière à la fois franche et très simple : le mariage, la filiation, la famille, et l’amour, qui résume tout. « L’amour authentique vient du cœur sacré de Jésus qui nous enseigne l’amour vrai, jusqu’à donner sa vie pour l’autre. »  

Il dédicacera 2 de ses livres : « Un cardinal au cœur de l’église » entretien avec G. d’Alançon, Edition Artège, et « La sainte eucharistie, sacrement de l’amour divin », Ed via Romana

Posté le 16 avril 2016 à 08h21 par Michel Janva | Lien permanent

14 avril 2016

Documentaire sur la 4ème édition du pèlerinage Populus Summorum Pontificum

Ad Petri Sedem VOSTFR from Les Films du Lutrin on Vimeo.

Posté le 14 avril 2016 à 19h05 par Michel Janva | Lien permanent

13 avril 2016

Pour comprendre la doctrine sociale de l'Eglise

De Cyril Brun sur Riposte Catholique :

"Dans l’édito de la lettre du diocèse de Troye, Michel de la Patellière, délégué épiscopal à l’information et à la communication se livre à une lecture quelque peu réductrice de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

A l’heure du déclin des idéologies totalitaires, largement dénoncées, il reste un tabou dans certains milieux chrétiens, celui de la saine critique du libéralisme économique comme un des agents de cette course effrénée aux profits immédiats, sans contrôle ni retenue. N’y aurait-il pas là une sorte d’incohérence de ces milieux chrétiens au regard de ces mêmes valeurs évangéliques de partage et de solidarité ?

C’est malheureusement le lot commun de qui réduit la DSE à une idéologie. L’un des problèmes de la Doctrine Sociale de l’Eglise est que le mot doctrine fait peur aux gens dits de gauche et le mot social à ceux dits de droite, tandis que le mot Eglise fait peur à tous les autres.

Le mot social est malheureusement compris dans son acception actuelle qui se cantonnerait à « faire du social ». Pour dire les choses de façon nette, social serait tout ce qui touche à l’attention aux plus démunis. C’est une erreur lourde de conséquences. Social a trait à la vie en société et recouvre donc tous les aspects moraux de celle-ci. L’attention préférentielle aux pauvres « n’est qu’un  » des piliers traditionnels de la DSE.

Pour comprendre la doctrine sociale, il faut la situer dans la continuité de la théologie morale, en ce sens qu’elle est l’agir chrétien dans la vie de la cité. C’est une clef de lecture concrète à la lumière de l’Évangile et non un discours « social ».

La Doctrine Sociale n’est pas une alternative au libéralisme, au capitalisme, ni même au marxisme. C’est une voie à part, unique à la croisée de nombre de réalités concrètes et théologiques. Réduire la doctrine sociale à du social c’est considérablement l’appauvrir et en faire une idéologie partisane.

Alors oui, lire et relire les documents du magistère dits de doctrine sociale, mais les remettre dans le fleuve plus large de la théologie de la Création et du salut.

Qu’il faille faire une critique du libéralisme est une chose, encore faut-il savoir précisément ce que signifie libéralisme. Or là la mosaïque libérale invite à nous tenir loin des poncifs généraux.

La doctrine sociale ne devrait pas un être un clivage gauche droite, mais au contraire un hémistiche anthropologique."

Posté le 13 avril 2016 à 11h18 par Michel Janva | Lien permanent

12 avril 2016

Messe de clôture de l'ostension de la Sainte Tunique : sermon du Cardinal Sarah

L'auteur de la vidéo présente ses excuses pour les mouvements parfois désordonnés de sa caméra, qu'il tenait à bout de bras. Nous lui pardonnons volontiers car grâce à lui, ceux qui n'auront pu être présents auront pu écouter quand même cette belle homélie du Cardinal Sarah dimanche, lors de la messe de clôture de l'ostension de la Sainte Tunique d'Argenteuil.

 

Riposte Catholique :

" L’homélie du cardinal a été particulièrement appréciée. En effet, le cardinal a souligné que la Tunique sans couture était « un appel à ne pas briser l’unité de l’Eglise mais à nous souvenir qu’il n’y a qu’un Père, une foi, un baptême ». Dans ces temps troublés, elle est un signe d’espérance, surtout à un moment où le discours sur la famille n’est pas mis en cause qu’en dehors de l’Église. Plus de 200 000 pèlerins se sont rendus, au total, à Argenteuil, pendant les 17 jours de l’ostension de la Sainte Tunique. "[...]

Posté le 12 avril 2016 à 18h22 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (9)

11 avril 2016

21 avril : soirée de remerciement suite au Semi-Marathon de Paris

Soiree remerciement 21 avril Anselme - foule coureurs

Posté le 11 avril 2016 à 17h42 par Michel Janva | Lien permanent

On est frappé de la mauvaise qualité de l’enseignement de nombre d’universités catholiques

L'Homme Nouveau consacre un dossier à la Fraternité Saint-Vincent Ferrier. Prieur de la Fraternité depuis 2011, le Père Dominique-Marie de Saint Laumer déclare :

UNe-1612"La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier est née dans un contexte difficile pour l’Église. La situation vous semble-t-elle avoir évolué ?

Il est difficile de porter un jugement équilibré, tant les facteurs de contraste sont nombreux. Il est certain que, depuis 1979, avec les pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI, avec la dissipation des illusions d’un « printemps postconciliaire », avec la montée d’une jeunesse avide de spiritualité et de points de repère dans une société de plus en plus désaxée, beaucoup de choses ont évolué.

Du point de vue de la doctrine, le Catéchisme de l’Église catholique et plusieurs documents magistériels ont clarifié certaines questions. Du point de vue liturgique, les actes de Benoît XVI ont rendu justice à la tradition latine et apaisé la situation. Mais, sur l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, les rapports avec la société civile, la théologie du mariage, la question de l’autonomie de la conscience, une grande confusion persiste. On est frappé en particulier de la mauvaise qualité de l’enseignement de nombre d’universités catholiques et de la force d’un courant progressiste, qui relève singulièrement la tête depuis l’élection du Pape François. Ce courant semble s’obstiner dans la voie qui a contribué à affaiblir la foi et à diminuer la pratique en Europe depuis un demi-siècle."

Posté le 11 avril 2016 à 13h12 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2016

"Le mal, c’est la liberté du sujet spirituel qui se retourne contre son Créateur"

Histoiremal-51315Le Rouge et le Noir interrogeait l'Abbé de Tanoüarn sur le mal, sujet dont l'Abbé a traité dans un livre : Une histoire du mal (Via Romana). L'interview est vraiment passionnante et mérite d'être lue en entier sur le blog. En voici le début :

"Le Rouge & le Noir : Comment définir le mal ? Est-ce la négation du bien, l’opposition au bien, l’absence de Dieu ?

Abbé de Tanoüarn : On définit souvent le mal comme une absence de bien. Saint Augustin, qui venait du manichéisme, a particulièrement insisté sur ce point. Chez les manichéens en effet, le bien et le mal sont deux principes en lutte.
Du point de vue chrétien, on ne peut pas dire que le mal soit un principe. Dieu seul est Principe : « Écoute Israël, le Seigneur est ton Dieu, le Seigneur est un » C’est le « schema Israël » qu’on lit dans le Deutéronome et qui est tout aussi valable pour les chrétiens que pour les juifs.

Du coup, d’ailleurs, on ne peut pas dire que le mal absolu existe, parce que le mal absolu ne serait « que » mal et donc principe du mal. Si le mal absolu n’existe pas, cela signifie que le mal est toujours une sorte de « ratage », qui renvoie au bien. D’où cette autre formule simple d’Augustin : « S’il y a du mal, il y a du bien ». Le Pseudo-Denys, un peu plus tard, dit aussi : « Le mal est le compagnon du bien ».

Je pense à ce père de quatre enfants (dont le dernier est âgé de quelques mois), officier, bon père de famille, bon époux… Il meurt en une demi-heure après avoir fait un malaise : mal de nature. La mort est « voisine » de la vie éternelle. Ainsi le mal est le compagnon du bien. Mais comment comprendre parfois ce terrible compagnonnage ?

Avant de poser un jugement, il faut me semble-t-il préciser cette approche. Il y a deux sortes de maux, qui appellent deux explications différentes : le mal de nature et le mal de faute. Le mal de nature, ce sont tous les ratages de la nature : tremblements de terre, tsunamis, maladies, mort etc. Le mal de faute regroupe tous les ratages de la liberté humaine. Il faut bien distinguer ces deux domaines, car la liberté humaine n’est absolument pour rien dans les raz-de-marée. Lorsque des chrétiens expéditifs me disent qu’ils ont appris dans la Bible que la liberté est toujours la cause du mal, j’ai l’habitude de dire : « Les victimes de tsunamis apprécieront ».

Si l’on s’en tient à définir le mal de nature, il faut dire que ces ratages marquent clairement une imperfection de la nature. Malebranche, philosophe et prêtre catholique, va jusqu’à dire dans la septième Méditation chrétienne : « L’œuvre de Dieu est une œuvre négligée ». Quelle interprétation peut-on donner à cette « négligence » ? Le monde ne doit pas être trop parfait, car, rappellent chacun à leur manière Malebranche et Teilhard de Chardin, ce monde-ci n’est qu’une ébauche de l’autre : « Nous n’avons pas sur la terre une demeure permanente ». Il ne faut pas nous attacher excessivement à ce monde, car il nous reste à « habiter Dieu » comme dit Anne Lécu.

Si l’on aborde maintenant la question du mal de faute, c’est encore saint Augustin qui nous aide à le définir : le péché, c’est tout ce qui s’arrête à soi. Faire du moi (ou pire encore de l’image du moi) le but de l’existence, c’est commettre le mal. Et en même temps, trouver dans le moi son absolu, voilà l’athéisme, Sartre le dit très lucidement. L’absence de Dieu, dont vous parlez, tient donc au fait que l’on s’est choisi soi comme fin première et dernière."[...]

[Lire la suite sur le Rouge et le Noir]

Posté le 10 avril 2016 à 16h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

FSSPX : le pape étendra la validité de confessions de ses prêtres au-delà de l'année de la miséricorde

20160410_111600Plusieurs milliers de personnes (4000 selon L'Eveil - photos sur ce fil du Forum catholique) se sont retrouvées au Puy-en-Velay (Haute-Loire) lors du pèlerinage qu'organisait ce week-end la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) à l'occasion de l'année jubilaire liée à ce haut lieu de la Chrétienté. L'abbé Christian Bouchacourt, supérieur du district de France, a rappelé lors de la messe célébrée samedi à Saint-Paulien (Haute-Loire) que ce pèlerinage consistait à prier pour notre pays. Il a rappelé que de nombreux saints étaient liés à cet endroit béni (Jeanne d'Arc, Louis-Marie Grignon de Montfort, Jean-François Régis, etc.) et il a engagé les fidèles a réciter chaque jour l'Angelus aux intentions des Musulmans afin qu'ils puissent connaître, aimer et servir Jésus Christ.

Pendant les deux jours, il a fallu étaler selon des crénaux horaires stricts l'accès des pèlerins dans la cathédrale pour que chacun puisse bénéficier des grâces de l'Indulgence plénière accordée au cours de ce Jubilé le plus ancien de notre histoire.

Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la FSSPX a célébré, en présence de ses deux assistants généraux, la messe du dimanche du Bon-Pasteur.

Quelques jours auparavant, il avait rencontré le pape François au cours d'un entretien très positif qui a resserré les liens entre le Saint-Siège et la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Malgré la publication de l'exhortation post-synodale, laquelle "nous fait pleurer", il a révélé quelques "joies" issues de cet entretien :

  • le pape a confirmé que la FSSPX était catholique à ses yeux
  • Il a confirmé que jamais il ne la condamnerait.
  • Il a confié vouloir étendre les facultés de la FSSPX,  à commencer par le pouvoir de confesser de ses prêtres

Enfin, au cours de ses entretiens à Rome, Mgr Fellay a été encouragé à fonder un séminaire en Italie.

Posté le 10 avril 2016 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

08 avril 2016

Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !

L'exhortation "Amoris Laetitia (intégrale ici) a déjà entraîné de nombreux commentaires dans les médias. Voici les premières impressions de Jeanne Smits :

Image001"Un texte très long, très bavard, et recelant beaucoup ambiguïtés par la multiplication de considérations casuistiques : voilà ma première impression de l’exhortation post-synodale sur la famille rendue publique ce vendredi à 12 heures. Une analyse approfondie – qui prendra du temps vu les 246 pages que compte la version française d’Amoris laetitiapermettra me semble-t-il de constater que bien des aspects inquiétants du rapport final y sont maintenus. Celui-ci est d’ailleurs largement cité. Mais des pans entiers de la question de la crise de la famille semble tragiquement absents.

Il en va ainsi de la contraception, évoquée surtout en tant que pratique imposée par les pouvoirs publics et non dans sa dimension omniprésente dans le monde occidental et ailleurs, y compris parmi la majorité des époux catholiques. Humanae vitae, trop brièvement cité, avait pourtant prophétiquement annoncé la destruction de la famille et l’effondrement de l’ordre social et du respect de la femme par cette pratique contraire aux lois de Dieu… mais peut-on encore parler des lois de Dieu ? Ne serait-il pas temps de dire le lien qui existe entre contraception et divorce ?

C’est particulièrement sur la question des divorcés « remariés » et de leur « intégration » dans l’Eglise, comme sur celle des éléments positifs à chercher dans les unions de fait, que le document suit, mais de manière ambiguë, les recommandations sur une plus grande ouverture. Le chapitre 8 sème la confusion et disqualifie au moins en apparence le discours trop « doctrinal ».

La question se pose même : va-t-on pouvoir se contenter de réclamer une lecture conforme à la tradition, comme l’a déjà fait le cardinal Brandmuller ? Ou se battre pied à pied contre le texte lui-même ? C’est une question dont il serait imprudent de faire l’économie.

Dès le paragraphe 3 le ton est donné :

« Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. »

C’est ce dont rêvaient les partisans de la communion pour les divorcés « remariés » après avoir constaté que la doctrine ne serait pas changée.

Le pape François « ne recommande pas une lecture générale hâtive » du document. La journaliste que je suis (...) se permettra tout de même de livrer des impressions immédiates. Il y a de belles choses, forcément. Des citations magnifiques. (...)  rejet clair en revanche de l’idéologie du genre, mais enfin Jean-Paul II l’a fait définitivement, et de quelle façon !

Le 8e chapitre est le plus contestable. Il présente des considérations qui relèvent de l’accompagnement spirituel personnel et se situe dans cette logique présentée de manière ambiguë. « La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » : rien à dire. Mais plus loin François écrit : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » J’ai dû mal le lire.

Il est indirectement suggéré (§297) que les personnes en situation matrimoniale irrégulière puissent faire le catéchisme, voire « prêcher » pourvu qu’elles ne fassent pas « ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien ». Le pape met en garde contre « les affirmations trop rigides » de la doctrine : alors qu’il est là pour enseigner la doctrine et que le confesseur est là pour l’appliquer avec discernement. Pas de « recettes simples », dit le pape. Demander à des divorcés remariés de vivre comme frère et sœur ? « Risqué », répond la note 329 citant Gaudium et spes. Il faut « discerner » si les exclusions liturgiques, pastorales, éducatives « peuvent être dépassées ».

La question de la communion des divorcés remaries est clairement ouverte et laissée à l’interprétation subjective dans la note 336. On retrouve dans le §300 la question du for interne, avec un appel à éviter la « double morale » mais un manque d’affirmation des règles d’accès à l’Eucharistie considérée comme médicament et non comme incorporation au Christ avec tout ce que cela suppose. D’où l’insistance sur les « circonstances atténuantes » dans le paragraphe suivant :

« Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir unique­ment avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme”. »

Et § 305 : « Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».

Le souci pastoral du pape François ne fait pas de doute. Il est question du salut certes, mais ici tout semble devenir acceptable comme chemin de salut. Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine, comme l’écrit François, à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !"

Posté le 8 avril 2016 à 13h05 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (33)

06 avril 2016

Islam : Benoît XVI fut prophétique à Ratisbonne mais il n'est pas suivi

L'ancien président du Sénat Marcello Pera, proche de Benoît XVI avec qui il avait écrit un livre, dénonce le silence de l'Occident face à l'avancée de l'Islam. Entretien traduit par Benoît-et-moi :

P"Président Pera, le pape émérite, dont vous êtes proche, dans le discours désormais historique de Ratisbonne, a lancé l'alarme sur l'Islam. Mais il ne fut pas écouté, au contraire ...

« Vous êtes bien bon, parce que non seulement il n'a pas été écouté, mais il a même été insulté. Ce discours, qui devrait être étudié, fut prophétique. Il a été durement attaqué par le monde musulman, avec des manifestations violentes et c'était prévisible. Mais il y eut un silence honteux de la part de ceux qui comptent en Europe, ils l'ont laissé seul et l'on est déconcerté par un certain profil bas de l'Eglise catholique qui ne l'a pas défendu comme cela aurait été juste. Bref, Ratzinger n'a pas été protégé».

On peut dialoguer avec l'Islam?

« Il faut le faire, ça oui. Mais en restant ferme dans la vérité sans renoncer à nos racines et à notre identité, solides dans nos positions, auxquelles peu à peu, il semble que nous renoncions sans coup férir. Retomber dans le "buonisme" ne sert à rien, et même de nombreux musulmans le prennent pour de la peur ou de la soumission. Bien sûr, tous les musulmans ne sont pas des terroristes et tout l'Islam n'est pas violent, mais après les attentats de Paris et de Bruxelles, je n'ai pas vu de manifestations vives, ni d'indignation réelle des soi-disant musulmans modérés. En un mot, je n'ai pas assisté à des prises de positions qui laissent bien espérer».

Prophétique, Benoît XVI ?

« Il le fut. Il a eu la force de parler clair, chose qu'il a toujours fait et c'est une qualité qui parfois fait défaut aux hommes d'Eglise, dans de nombreuses circonstances. J'ai entendu après Paris et Bruxelles beaucoup de discours d'évêques, et pas seulement d'évêques, dans aucun d'eux le mot Islam n'apparaît, comme si c'était un gros mot. Alors de quoi sont-ils mort à Paris et à Bruxelles? De mort naturelle, ou dans une catastrophe? Ou bien l'Islam est derrière?. Je suis désolé de le dire, mais même le Pape n'a pas mentionné le terrorisme islamique, probablement que c'est un tabou».

L'évêque Polonais Pieronek parle d'islamisation de l'Occident, vous êtes d'accord?

« Je suis d'accord. L'Occident, au nom d'une tolérance feinte et erronée, renonce à défendre ses valeurs et ses principes, alors que nous devrions plutôt faire le contraire et en être fiers. Les musulmans prient, manifestent leur foi, nous sommes timides et absents. L'Eglise s'occupe de forages et d'écologie, mais la doctrine est laissée de côté. Un exemple? L'attitude ambiguë de l'Eglise sur Cirinnà (l'auteur du projet de loi sur les unions gays, ndt). Sauf exceptions louables, et je pense à Bagnasco, l'Eglise catholique italienne a peu parlé, peut-être résignée à la défaite et n'a pas voulu risquer de perdre la face, connaissant le résultat, mais de cette façon, on ne fait pas de témoignage, seulement du calcul. À l'heure actuelle en Europe, je ne vois que l'Eglise polonaise, les paroles de Pieronek le prouvent, courageuse et prophétique, décidée. Mais elle ne plaît pas à (celui/ceux) qui commande(nt)».

Vous êtes en contact avec le pape émérite, il est préoccupé?

« Je lui téléphone souvent, mais je ne peux pas révéler ce qu'il me dit. Il est très lucide et suit tout»

Posté le 6 avril 2016 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

05 avril 2016

Affaire Barbarin: l’hystérie médiatique incompatible avec la justice

Affaire-barbarin-hysterie-mediatique-justice-pedophilieUn article très intéressant de Florence Rault, avocat à la cour, spécialisée dans la protection de l’enfance et le traitement de la délinquance sexuelle. Elle s'insurge contre le parasitage politico-médiatique du travail de la justice, en particulier dans l'affaire mettant en cause le Cardinal Barbarin :

"Il semblerait que les questions sociétales ne puissent plus être traitées qu’au travers de débats hystériques et par l’instrumentalisation de la justice pénale. L’affaire Sauvage il y a peu et maintenant  l’affaire Barbarin en sont de tristes exemples. Dans les deux cas les questions de fond passent au second plan, au profit de manœuvres directement politiques conduites par des lobbys, manœuvres auxquelles se joignent des règlements de compte plus ou moins obscurs. Les violences faites aux femmes, et les atteintes sexuelles sur mineurs, dans l’Église ou ailleurs, mériteraient pourtant des traitements plus civilisés.

L’évêque de Lyon qui paye là ses engagements sur le mariage gay, a bénéficié d’un répit illusoire avec les attentats de Bruxelles. Mais les pancartes « Je suis Belge » ont été rapidement remisées pour revenir aux affaires sérieuses : taper sur les curés.[...]

La justice pénale n’est pas là pour garantir « le plus jamais ça »

La première question délicate est celle du rôle de la justice pénale dans les affaires d’atteintes sexuelles. Quelles que soient les questions posées aujourd’hui, et c’est une banalité de le dire, on demande au juge d’y répondre, même si c’est impossible, et de tout régler pour « réparer ». Soyons claire et ferme, il n’est pas là pour ça. Il n’en a pas les moyens et ce n’est pas son rôle.

La justice pénale doit traiter des faits et juger des individus qui ont transgressé la règle sociale édictée par la loi. Ils doivent recevoir, après une procédure scrupuleusement prévue et organisée, et s’ils sont reconnus coupables au terme d’un procès équitable,  la punition infligée par l’État. Et c’est tout. La justice pénale n’est pas là pour permettre de « faire son deuil », « se reconstruire », accéder au statut de « victime », se débarrasser d’un adversaire politique, garantir « le plus jamais ça », et même établir une « vérité objective et incontestable ».

Le débat qui doit être contradictoire, loyal et dans l’égalité des armes, fait émerger une « vérité judiciaire ». Relative, c’est celle qui permet au juge d’user de la violence légitime, celle du pouvoir sur les corps. Présomption d’innocence, charge de la preuve, bénéfice du doute, double degré de juridiction, et d’autres règles procédurales essentielles encore, sont là pour donner à la décision qui sera prise la légitimité qui lui donnera sa force exécutoire. Cette rigueur est le prix de la protection de l’innocence et des libertés. Il est dommage d’être contraint à rappeler ces évidences.

Et l’on voit bien la difficulté dans ces conditions d’appréhender ce qui relève des atteintes sexuelles, en particulier sur les mineurs. À commencer par la question de la preuve dans un domaine où l’accusation relèvera souvent du « parole contre parole ». La charge de la preuve pesant sur l’accusation, la simple parole du plaignant pèse moins lourd que celle de l’accusé.[...] Le recueil de la parole des victimes d’abus sexuels devrait recevoir le même traitement que le recueil de la parole des victimes de n’importe quelle autre infraction. Plus elle est recueillie tard, plus elle est fragile et invérifiable.[...] Cette parole ne doit pas être sacralisée mais écoutée et prise en compte dans le respect des règles du procès pénal.[...]

L’instrumentalisation de la justice pénale dessert une cause légitime

Le viol et les agressions sexuelles sont des fautes pénales gravissimes méritant sanction. Il est nécessaire de regarder en face la question de la pédophilie. Sortie du monde du silence qui ne régnait pas que dans l’Église il y a vingt-cinq ans, c’est une perversion malheureusement plus répandue qu’on imagine et la question est moins celle de sa répression que de sa prévention et de son traitement. Questions qui ne relèvent pas du juge. C’est la raison pour laquelle l’instrumentalisation de la justice pénale à laquelle nous assistons dessert une cause légitime.

Si l’on s’en réfère à la lecture des journaux toutes les infractions reprochées au père Preynat sont aujourd’hui prescrites. Quant aux incriminations invoquées à l’encontre de l’évêque de Lyon, elles ne résistent pas à une analyse factuelle et juridique sérieuse.

Le procès fait à l’Église catholique pour son attitude dans la gestion du phénomène pédophile dans ses rangs est peut-être légitime, mais la façon dont se déroule actuellement le débat est pour le moins curieuse.

Personne ne conteste qu’il existe des victimes des agissements du père Preynat. Mais ce statut s’il mérite le respect et donne des droits, ne dispense pas des devoirs. Le premier, s’agissant aujourd’hui d’adultes âgés de 40 à 50 ans, est de répondre dans le cadre d’un débat contradictoire à deux questions incontournables. Pourquoi ces vingt-cinq ans de silence au moins ? Pourquoi n’avoir pas saisi la justice, seule façon d’interrompre la prescription ?

L’association très active rassemblant  nombre de plaignants semble-t-il, s’est nommée  « La parole libérée » ? Mais qui ou quoi retenait cette parole prisonnière ? Il faut nous le dire.

« On ne s’arrêtera pas. On va faire péter le diocèse »

Qu’est-ce qui a empêché pendant vingt ou trente ans d’une vie d’adulte actif de prendre ses responsabilités ?  Ne serait-ce que pour éviter à d’autres de subir les agissements de celui qu’on qualifie aujourd’hui de prédateur. Silencieux alors qu’on savait, qu’on avait le pouvoir de saisir la justice. Comment se plaindre que l’évêque de Lyon, qui ne le pouvait, n’ait pas fait ce qu’eux-mêmes n’ont su entreprendre ?

Il faudra répondre à ces questions et à une autre : pourquoi maintenant ? Pourquoi ce déchaînement soudain, ces exhibitions médiatiques qui renvoient au triste fonctionnement de la société du spectacle ? La presse et les réseaux nous préviennent que le porte-parole du ministère de l’Intérieur, « voudrait la tête du cardinal et faire un exemple » et qu’il entretiendrait des liens avec l’association « La parole libérée ».  Il aurait lui-même déposé une plainte pour « mise en danger délibéré d’autrui et provocation au suicide », libellé qui démontre bien qu’on bascule dans le délire. Et le Monde nous confirme que l’objectif de celui qui anime l’association est très clair : « Eh bien non,  on ne s’arrêtera pas. On va faire péter le diocèse ». Et instrumentaliser la justice pour y parvenir ?

Le Premier ministre au mépris de la séparation des pouvoirs, suivi par une cohorte de politiques et de peoples, est bruyamment intervenu dans une affaire qui aurait mérité de sa part un maximum de prudence. Et c’est maintenant la bousculade pour demander la démission du prélat, alors que la plupart des intempestifs n’étant pas catholiques, ne sont pas concernés.

Nous avions vu il y a quelques semaines comment la justice pénale condamnant Jacqueline sauvage, s’était vue traînée dans la boue, et insultée parce qu’elle ne répondait pas aux injonctions des lobbys et de la clameur. Espérons que les magistrats lyonnais sauront rester fermes, sourds à la pression et à ces manipulations, restant fidèles à ce qui est leur principale mission, le respect du droit."

Posté le 5 avril 2016 à 20h38 par Marie Bethanie | Lien permanent

Nouveau nom de domaine en « .catholic »

C’est le nom du nouveau nom de domaine internet voulu par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.

Seuls les organismes, institutions, communautés, dicastères romains, diocèses, ordres religieux, associations, universités, ONG, hôpitaux et autres entités liées à l’Eglise catholique pourront choisir ce domaine.

Ce nom de domaine international, le Saint-Siège l’avait déjà déposé fin 2013 pour donner une meilleure visibilité à l’Eglise sur la toile et pour octroyer comme un sceau de fiabilité à ceux qui le déclineront.

Posté le 5 avril 2016 à 15h34 par Michel Janva | Lien permanent

Pérou : un archevêque dénonce les candidats de la culture de mort

Lu sur Le Forum catholique’:

P"Monseigneur Del Rio Alba, archevêque d'Arequipa, deuxième plus grande ville du Pérou, a eu le courage de défendre la vie et de s'opposer à l'union civile (pré mariage gay) en nommant, après la messe de dimanche lors des annonces, les candidats aux élections présidentielles pour qui il ne faut pas voter car ils défendent des anti valeurs qui sont contre Dieu."

La prochaine élection présidentielle aura lieu le 10 avril. Il a déclaré dimanche :

"J'ai le droit d'informer la paroisse sur les orientations des candidats qui peuvent aller à l'encontre de la morale catholique".

Les candidats Veronika Mendoza, du parti "Frente Amplio", et Alfredo Barnechea, d'"Accion Popular", (troisième et quatrième dans les sondages) se sont déclaré en faveur de l'avortement et du mariage entre personnes du même sexe.

Au Pérou, l'avortement est autorisé uniquement en cas de malformation grave du foetus ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Posté le 5 avril 2016 à 11h28 par Michel Janva | Lien permanent

04 avril 2016

Les chrétiens doivent envahir les écrans !

Suite au décès de Mother Angelica, fondatrice de la chaîne de télévision EWTN, Famille chrétienne publie l'extrait d'un entretien daté de 1992 :

Unknown-48"Les écrans envahissent les foyers, même les plus chrétiens. Que doivent faire les catholiques ?

Envahir les écrans ! Il y a dans la TV un contact personnel avec les gens, qui peut être utilisé pour le meilleur ou pour le pire. Elle vient prendre la personne au cœur de son foyer, dans son intimité, les yeux dans les yeux. Nous avons reçu récemment cette lettre : « J’avais réservé une chambre d’hôtel pour me suicider. Le locataire précédent avait oublié d’éteindre le poste. J’ai regardé : c’était votre chaine. Une émission sur l’espérance. Vous m’avez sauvé la vie. Merci. » La télévision est un média : elle peut détruire comme elle peut sauver.

Vous êtes un peu « révolutionnaire » dans l’Eglise ?

Je vous cite ce que nous a déclaré le cardinal Odi après avoir visité nos studios : « Les gens sont plus vite convaincus par ce qu’ils voient et entendent par la télé que par les paroles du prêtre derrière son pupitre. La télévision accède plus facilement à l’esprit humain. Non seulement elle permet de toucher un grand nombre de gens et de s’introduire dans des familles qui n’auraient pas directement accès à la doctrine de l’Eglise, mais elle bénéficie en plus d’une certaine crédibilité intérieure qui peut parfois rendre l’Evangile plus désirable à ceux qui ne pensaient pas comme elle. »

La médiatisation n’oblige-t-elle pas à faire certaines simplifications, des concessions sur le Message ?

Nous n’avons jamais fait de concession sur la doctrine de l’Eglise, et nous n’en ferons jamais. Les premiers à le reprocher seraient les protestants qui travaillent avec nous ! Nous ne peignons pas la vie en rose et l’Eglise en bleu. Nous disons aux gens qu’ils sont sur la mauvaise voie, et ils aiment ça. Nous nous sommes éloignés de la discipline, de la maitrise de soi, de Dieu… Plus nous servons aux gens de la bouillie, plus nous essayons d’enrober la vérité de sucre pour ne pas les blesser,  plus nous commettons une grande injustice. « Je veux être une épine dans votre flanc, dis-je à certaines personnes. Je veux, lorsque vous êtes sur le point de commettre une faute, que vous vous souveniez de ce que vous avez entendu à EWTN. » Aujourd’hui plus personne n’appelle un chat un chat ; or c’est ce dont les gens ont besoin. Un jour un homme m’a appelé pour me dire qu’il me trouvait odieuse. Je lui ai répondu que tout le monde me disait ça et qu’il n’était pas obligé d’écouter. « Vous m’irritez ! » ajoute-t-il. Je réponds : « Changez de chaine ! » – « Je ne peux pas ! » – « Pourquoi ? » – « Vous me fascinez ! »

Quelle vous semble être, aujourd’hui, la priorité dans l’évangélisation ?

L’annonce toute simple. Pas la haute théologie, juste les bases de la Foi. Nos frères ne connaissent pas Dieu. Invitons-les : « Jésus est dans l’Eucharistie, venez-voir, venez-voir Jésus ; écoutez sa voix dans la profondeur de votre cœur, touchez sa main ». Où sont notre foi et notre amour pour l’Eucharistie ? Quand avons-nous dit pour la dernière fois à quelqu’un en détresse, ou qui avait des problèmes : « Venez, nous allons en parler à Jésus ? »

Et puis ne plus avoir peur. C’est maintenant l’heure d’être courageux et de prendre des risques pour le Christ. Ca ne nous dérange pas d’être chrétien, mais nous ne voulons pas être fous pour Jésus parce que nous avons perdus l’audace des martyrs. Alors, d’autre le font… La tradition dénombre sept dons de l’Esprit Saint, moi j’en ajoute un huitième : l’audace ! C’est le courage de prendre des risques quand tout le monde pense que vous avez perdu la tête !"

Posté le 4 avril 2016 à 22h05 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2016

Le scandale causé par les hommes politiques catholiques qui communient et soutiennent la culture de mort

Dans La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin (déjà évoqué ici et ici), le cardinal Burke écrit notamment :

6a00d83451619c69e201b7c8237ad9970b-250wi"La participation à la Sainte Eucharistie exige que nous portions témoignage à la vérité et à l'amour que le Christ nous enseigne. La responsabilité de donner un témoignage public de notre foi est tout spécialement grave pour ceux "qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes." Le Saint-Père s'adresse en particulier aux hommes politique catholiques, qui, en vertu de leur communion avec le Christ dans la Sainte Eucharistie, doivent promouvoir et soutenir des lois qui respectent la loi naturelle inscrite par Dieu dans chaque coeur humain. Nous sommes témoins du scandale causé par les hommes politiques catholiques qui se présentent pour recevoir la Sainte Communion et qui, en même temps, soutiennent régulièrement la législation qui viole la loi morale naturelle - par exemple, la législation qui permet l'avortement, le clonage humain, la recherche avec les cellules souches d'embryons, l'euthanasie ou "le suicide assisté", le mariage dit "mariage de personnes du même sexe", et autres violations des droits humains fondamentaux."

Posté le 3 avril 2016 à 11h27 par Michel Janva | Lien permanent

Dimanche de la Divine Miséricorde : une fête instituée par Jésus

ImagesLa fête de la Miséricorde est célébrée le premier dimanche après Pâques ou le deuxième dimanche de Pâques, appelé actuellement Dimanche de la Divine Miséricorde. [...] Le 30 avril 2000, le deuxième dimanche de Pâques et le jour de la canonisation de sainte Faustine à Rome, le Souverain Pontife Jean Paul II l’a instituée pour l’Eglise universelle.

Qui est l’auteur de cette fête ? – Le Seigneur Jésus ! Il dit à Soeur Faustine : Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde (P. J. 299). Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces (P. J. 699). Jésus parlait de cette fête à Soeur Faustine dans plusieurs révélations. Il en a indiqué la date dans le calendrier liturgique de l’Eglise ; Il en a expliqué la motivation et le rôle à remplir ; Il a instruit l’Eglise sur la façon de la préparer et célébrer, et surtout Il a donné de grandes promesses dont la plus insolite est celle « d’une totale rémission de ses fautes et de leurs châtiments » à « qui s’approchera, ce jour-là de la Source de Vie » (cf. P. J. 300). Il faut donc recevoir pendant la fête de la Divine Miséricorde la sainte Communion après une bonne confession, c’est-à-dire sans avoir d’attache au moindre péché, et en toute confiance en la Miséricorde Divine et la miséricorde envers autrui. Jésus dit : toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition."

IndexSainte Faustine écrivait :

"J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi, pour soulager mon prochain."

[...]Qu’est-ce que c’est au juste que cette «miséricorde»? Pour nous catholiques, parler de miséricorde c’est d’abord parler du cœur transpercé de Jésus, source d’où jaillit la grande vague miséricordieuse se déversant sur l’humanité. De ce cœur ouvert, Sainte Faustyna Kowalska vit partir deux faisceaux de lumière qui illuminèrent le monde. «Les deux rayons, lui expliqua un jour Jésus lui-même, représentent le sang et l’eau». L’eau qui purifie et le sang qui sanctifie.

Disons-le avec simplicité, le mot même «miséricorde» est un très beau mot, l’un des plus beaux de notre langue. Etymologiquement, il signifie «qui a le cœur sensible au malheur». Cœur et malheur sont les mots clefs du sens de la miséricorde. Un cœur délicat, plein de compassion, de commisération, de pitié pour le malheur d’autrui renvoie bien sûr, de façon exemplaire, au cœur de Jésus sur la Croix, tout donné pour les pécheurs. Comme disait Jean-Paul II, «à travers le coeur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes».

Oui, Jésus est, selon les mots de Faustine, «l’Amour et la Miséricorde en personne». Pour le dire autrement, la miséricorde n’est pas un concept, une idée pieuse, mais une Personne! C’est fondamental. Cette miséricorde est le Christ qui se diffuse sur l’humanité par l’Esprit; lequel est dans la Trinité la Personne-Amour. Oui, la miséricorde, ce cœur sensible au malheur et à la souffrance, c’est le nom même de notre Dieu."[...]

Une veillée de prière pour «tous les baptisés adhérant à la spiritualité de la  Divine Miséricorde» s’est tenue ce samedi 2 avril 2016, Place St Pierre, en présence du Pape François, dans le cadre du Jubilé. Le Pape exhorte à vivre une miséricorde incarnée :

"Au terme d’une veillée ponctuée de lectures, de méditations et de chants, le Pape François a livré une méditation  centrée sur les nombreux visages de la miséricorde : «il est impossible de tous les décrire, parce que la miséricorde de Dieu est en croissance continuelle. Dieu ne se fatigue jamais de l’exprimer et nous ne devrions jamais nous habituer à la recevoir, à la rechercher et à la désirer. C’est quelque chose de toujours nouveau qui provoque étonnement et surprise en voyant la grande imagination créatrice de Dieu quand il vient à notre rencontre avec son amour».

La miséricorde de Dieu, manifestée par la proximité, la tendresse, compassion et partage, consolation et pardon, «ne peut nous laisser tranquilles» a encore assuré le Pape. «Nous avons écouté l’Évangile. Thomas ne croyait pas, et a trouvé la Foi en touchant les mains dans les plaies de Jésus. Une foi qui n’est pas capable de toucher les plaies du Christ n’est pas la Foi ! Une Foi qui n’est pas capable d’être miséricordieuse, n’est pas la Foi ! C’est une idée, une idéologie ! Notre Foi est incarnée ! Dieu s’est fait chair pour nous, a souffert pour nous! Et si nous voulons vraiment y croire, nous devons nous approcher des plaies du Seigneur, les caresser, baisser la tête, et laisser les autres caresser nos plaies», n’a pas hésité à affirmer avec force le Souverain Pontife, revenant sur l’Évangile proclamé quelques instants auparavant (Jn 20, 19-31)."[...]

 

Posté le 3 avril 2016 à 09h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 mars 2016

Le nonce favorable à la suppression des paroisses sans prêtre

En Suisse :

"Pour le nouveau nonce apostolique en Suisse, l’Américain Thomas Gullickson, la suppression de paroisses n’est pas un sujet tabou. “Fait-il sens de maintenir une paroisse là où la messe n’est plus dite, alors que l’Eglise catholique se définit par les sacrements?” s’interroge-t-il dans une interview au quotidien zurichois “Tages Anzeiger”.

Le nonce arrivé en Suisse en octobre dernier relève que dans son diocèse d’origine de Sioux Falls aux Etats-Unis, le nombre des paroisses a été réduit de 150 à 80. Il avoue réfléchir en Américain pragmatique. “Certaines personnes pleurent et demandent de leur laisser leur église. Mais l’argent manque.” En Suisse il y a certes l’impôt ecclésiastique, mais pourquoi attendre si on ne reçoit jamais de prêtre. “On ne peut pas maintenir de vraie communauté avec cinq ou six personnes. En campagne, il serait mieux d’acheter un minibus et de conduire les quelques grand-mères jusqu’à une plus grande paroisse, plutôt que de les laisser pleurer seules sur leur banc, puisque personne n’est là.”

Interrogé sur le synode sur la famille, le prélat reconnaît être dans l’expectative. ” Nous ne savons pas quelles sont les intentions du Saint-Père. Mais il y a des gens qui croient le savoir.” Lui-même pense que “l’Eglise doit faire briller l’image du mariage à laquelle manque aujourd’hui l’ouverture aux enfants et à la famille. Beaucoup de personnes jusqu’à quarante ans veulent partir en vacances avec leur auto et leur chien, puis seulement ensuite avoir deux enfants beaux et intelligents. Mais tout à coup arrivent la tragédie, la maladie et la solitude.” Il n’entrevoit pas de changement de la doctrine concernant l’accès à la communion des divorcés-remariés, le mariage homosexuel ou l’intercommunion avec les réformés. [...]"

Posté le 31 mars 2016 à 16h40 par Michel Janva | Lien permanent

Dimanche de la Divine Miséricorde

Entretien avec Dom Jean Pateau, Père Abbé de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Un entretien proposé par Notre-Dame de Chrétienté.

  

Posté le 31 mars 2016 à 13h11 par Marie Bethanie | Lien permanent

L’indépendance irlandaise et l’Église

Tallandier-2-149e7A l'occasion de la sortie du dernier livre d'Alexandra Slaby, Histoire de l’Irlande. De 1912 à nos jours (éditions Tallandier), Thibault Corsaire du blog Le Rouge et le Noir mène un entretien très intéressant avec l'auteur, sur les liens entre l'indépendance irlandaise et l'Eglise catholique. Quelques extraits :

"(Alexandra Slaby est universitaire. Maître de conférences en anglais à l’Université de Caen Normandie, elle a consacré sa thèse aux politiques culturelles irlandaises. Cette thèse fut à l’origine d’un ouvrage intitulé L’État et la culture en Irlande, préfacé par le Président irlandais Michael D. Higgins. Mme Slaby est également rédactrice en chef de la revue universitaire Études irlandaises.)

[...]Le Rouge & le Noir : En plein milieu de ce conflit mondial, l’insurrection nationaliste éclate à Dublin le 24 avril 1916. Comment réagit l’Église face à ces événements dramatiques ? Observe-t-on des différences entre la hiérarchie et le clergé ordinaire ?

Alexandra Slaby : L’Église avait d’abord excommunié les membres de l’Irish Republican Brotherhood (IRB), l’organisation secrète vouée à l’indépendance de l’Irlande au prix de la lutte armée. Les organisateurs de l’insurrection du lundi de Pâques 1916 appartiennent à l’IRB. Mais la répression disproportionnée par l’armée britannique (6000 soldats face à 1600 insurgés, Dublin bombardée) et l’exécution des leaders de l’insurrection marquent un tournant dans par perception de l’insurrection et des insurgés. Le Vatican appelle au retour au calme et la hiérarchie ne peut soutenir la violence. Elle condamne comme non-orthodoxe l’appropriation du sacrifice christique par Patrick Pearse, le leader de l’insurrection qui lit sur le pas de la Grand-Poste de Dublin la Proclamation de la République irlandaise, texte pétri de son catholicisme mystico-nationaliste. Mais seuls 7 évêques sur 31 condamnent ouvertement l’insurrection de Pâques 1916. Les autres gardent le silence. Pendant ce temps, les prêtres embrassent ouvertement les idéaux de 1916 et disent des messes pour le repos de l’âme des rebelles exécutés. Et on commence à prier « Saint Pearse », en un processus de véritable sanctification populaire des insurgés devenus héros et martyrs. L’Eglise est en première ligne dans le combat contre l’imposition de la conscription en 1918 et dans la presse catholique les prières pour « les braves Tommies irlandais » laissent place insensiblement aux prières « pour nos braves prisonniers du Sinn Féin ».

Le Rouge & le Noir : Parmi les grandes figures de l’insurrection de Pâques, toutes ne sont pas catholiques, mais la plupart le sont. La Proclamation de la République évoque Dieu au début et à la fin. Quelle est la place du catholicisme dans la foi nationale des insurgés, et quelle est leur foi tout court ?

Alexandra Slaby : Le concept de « foi nationale » est très intéressant et fécond tant il s’applique à la situation irlandaise au début du vingtième siècle, et à Patrick Pearse en particulier, le père spirituel des insurgés et le père spirituel de l’IRA des années plus tard dans le Nord... On l’a vu, l’Église condamne la récupération de la doctrine du sacrifice christique par les insurgés républicains en 1916. Patrick Pearse affiche un catholicisme ascético-mystique pas tout à fait orthodoxe. Il incarne véritablement une « foi nationale » dans la mesure où il s’imagine en Christ-Cuchulainn (du nom du héros de la mythologie celtique), défenseur de la race irlandaise. Et à cet égard, la Proclamation qu’il a rédigée peut être vue comme la profession de cette foi nationale. Si les organisateurs du soulèvement ont été excommuniés en tant que membres de l’IRB, ils restent attachés à leur foi catholique et récitent le chapelet dans la Grand Poste de Dublin et dans les autres bâtiments de la capitale qu’ils prennent d’assaut. Parmi eux, on compte un agnostique mais aucun protestant.

Le Rouge & le Noir : Quel rôle l’Église catholique occupera-t-elle dans la politique et la société irlandaises au cours des années suivantes, depuis le traité de Londres (décembre 1921) jusqu’à la Constitution conservatrice de de Valera (1937) ?

Alexandra Slaby : Un rôle prépondérant. Elle dispose de moyens matériels, humains et spirituels. Elle subvient aux besoins d’un nouvel État indépendant et impécunieux en prenant en charge la santé publique et l’éducation nationale. En chaire, les prêtres donnent des consignes de vote et peuvent faire et défaire les réputations. Ils ont un moyen de pression redoutable : l’administration des sacrements. Les tensions récentes, les excommunications et autres condamnations de violences révolutionnaires sont vite oubliées.
Les politiques s’empressent donc de poser auprès des prélats et affichent maintes démonstrations de piété. On le voit notamment lors de la tenue à Dublin du Congrès Eucharistique de 1932. On vient de fêter le centenaire de l’émancipation catholique de 1829. La préparation et les moyens mis en œuvre pour célébrer ce mariage de l’État et de l’Église sont considérables. Un million de participants, plus de 315 millions d’heures de messes, prières et d’adoration… G. K. Chesterton en a été fort impressionné ; il faut lire son Christendom in Dublin et ses Dublin Impressions (non traduits hélas mais qui valent l’effort) dans les œuvres complètes. Par la suite, l’Église catholique tentera de combattre les tentations centralisatrices et dirigistes des gouvernements irlandais notamment lorsqu’ils sont dirigés par Eamon de Valera qui, tout en étant fervent catholique lui-même, est soucieux de montrer qui gouverne. De Valera fonde le parti Fianna Fáil. Le parti d’opposition, Cumann na nGaedhael, qui devient Fine Gael, est plus soucieux de suivre la doctrine sociale de l’Eglise et notamment le corporatisme et la subsidiarité qui limitent le rôle de l’Etat au profit de corps intermédiaires. Ces idées seront bientôt marginalisées, le Fianna Fáil prenant l’ascendant.

Mais sur les questions morales, les deux partis dominants se retrouvent dans la condamnation de la culture matérialiste, sensualiste et décadente en provenance d’Angleterre, la condamnation du divorce, de la contraception et de l’avortement. Il y a un consensus sur la destinée de l’Irlande d’être « un havre de vertu dans une mer de vice ». La contraception ne sera autorisée qu’en 1980 et avec de fortes restrictions, l’homosexualité est décriminalisée en 1993, le divorce est permis en 1995, et l’avortement n’est encore autorisé que si la vie de la mère est en danger. C’est dire si la Constitution de de Valera a façonné la culture irlandaise de manière durable.
De Valera avait soin de ne pas faire du catholicisme la religion d’État, mais les églises sont pleines, les séminaires et les écoles aussi"[...]

[Lire l'article entier sur Le Rouge et le Noir]

Posté le 31 mars 2016 à 12h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

30 mars 2016

Père Uzhunnalil : déclaration officielle de la Congrégation des Salésiens

IndexLe Père Uzhunnalil, dont une rumeur prétendait qu'il avait été crucifié Vendredi Saint par les islamistes, est a priori toujours en vie. L'Observatoire de la Christianophobie publie la déclaration du Conseil général de la Congrégation des Salésiens, à laquelle appartient le Père Uzhunnalil :

"En relation avec le sort du Père Tom Uzhunnalil, enlevé le 4 mars dernier à Aden, Yémen, il est confirmé que, pour l’heure, il n’y a pas d’autres nouvelles que ce qui a déjà été dit.

Nous attendons des informations, dont nous espérons qu’elles seront positives, de ceux qui suivent au plus près cette affaire : le gouvernement indien, le vicariat apostolique pour l’Arabie méridionale et la province salésienne de Bangalore.

La Congrégation salésienne continue à suivre la situation avec des sentiments de solidarité et de proximité dans la prière.

Père Filiberto González Plasencia, SDB, conseiller générale pour la communication sociale

Source : Independent Catholic News, 30 mars"

Posté le 30 mars 2016 à 10h40 par Marie Bethanie | Lien permanent

29 mars 2016

Retour d'un évêque à Genève ?

Lu dans Le Point :

"Il s'appelle Pascal Desthieux. Né à Genève il y a 45 ans, il a toujours voulu être prêtre. Ordonné à Lausanne en 1997, ce docteur en théologie vient d'être nommé vicaire épiscopal, avec pour mission de créer un évêché dans la ville du bout du lac. La tâche sera loin d'être facile. Pierre de La Baume, le dernier prélat de Genève, a été chassé par la population en 1533. Beaucoup plus tard, en 1865, le pape Pie IX avait bien tenté d'imposer l'abbé Mermillod comme évêque auxiliaire de Genève. Mais le pauvre religieux n'aura tenu que du 30 novembre au 7 décembre 1865, le temps que le Conseil fédéral (le gouvernement) l'expulse de Suisse…

En 1874, Berne inscrit même dans sa Constitution qu'un évêché ne peut pas être érigé sur son territoire sans sa bénédiction. Depuis, les relations se sont réchauffées avec le Vatican, et l'article 72 a finalement été abrogé en 2001. Malgré tout, l'Église catholique avance encore avec une extrême prudence. Genève est encore considérée par beaucoup de réformés comme la Rome protestante. L'année dernière, Charles Morerod, l'évêque de Fribourg, profite de son voyage au Vatican pour expliquer au pape François qu'il est difficile d'être proche des fidèles quand on supervise un si grand diocèse.

La hache de guerre n'est pas déterrée

En effet, l'évêché est installé dans la petite ville de Fribourg (30 000 habitants), près de Berne, à 140 kilomètres de Genève. Le message est limpide : pour mieux faire, il faut une proximité pastorale. Le pape François laisse filtrer le message… et observe les réactions. Contrairement au passé, l'Église protestante de Genève n'entend pas déterrer la hache de guerre. Son président, le pasteur Emmanuel Fuchs, se contente de déclarer dans la presse : « Il faudra que nous discutions de l'impact que cela pourra avoir. Tout dépend si le nouvel évêque est une personne du cru, qui connaît l'histoire religieuse de Genève et saura s'inscrire dans sa longue tradition œcuménique. »

Message reçu. Pascal Desthieux est justement né à Genève, dans le quartier des Eaux-Vives. Après avoir été curé à Romont, dans le canton de Fribourg, il est revenu à Genève en 2011 pour s'occuper de la paroisse Saint-Joseph aux Eaux-Vives. À peine nommé vicaire épiscopal, Pascal Desthieux n'a pas caché que sa mission était effectivement de plancher sur la création d'un évêché à Genève (500 000 habitants). [...]"

Posté le 29 mars 2016 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent


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