20 avril 2014

Noli me tangere

NFra Angelico

"Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »" Jn XX, 11-18

Posté le 20 avril 2014 à 00h00 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2014

Exsúltet iam angélica turba cælórum !

 

Posté le 19 avril 2014 à 20h57 par Michel Janva | Lien permanent

Aucun homme ne décide de servir Satan, sans raison

Vendredi, dans le basilique St Pierre, le père Cantalamessa a donné l'homélie. Extrait :

"Judas a été choisi dès la première heure pour être l’un des Douze. En insérant son nom dans la liste des apôtres l’évangéliste Luc écrit « Judas Iscariote qui devint (egeneto) un traître » (Lc 6, 16). Donc Judas n’était pas né traître et il ne l’était pas au moment où Jésus l’a choisi; il le devint ! Nous sommes devant un des drames les plus sombres de la liberté humaine.

Pourquoi le devint-il ? Il n’y a pas si longtemps, quand la thèse de Jésus « révolutionnaire » était à la mode, on a cherché à donner à son geste des motivations idéales. Certains ont vu dans son surnom « Iscariote » une déformation du mot « sicariote », c’est-à-dire faisant partie du groupe de zélotes extrémistes qui prônaient l’emploi du glaive (sica) contre les Romains; d’autres ont pensé que Judas a été déçu de la façon dont Jésus suivait son idée du « royaume de Dieu » et qu’il voulait lui forcer la main, en le poussant à agir aussi au plan politique contre les païens. C’est le Judas du célèbre « Jésus Christ Superstar » et d’autres spectacles et romans récents. Un Judas pas loin d’un autre célèbre traître de son bienfaiteur : Brutus, qui tua Jules César, en pensant de sauver ainsi la république !

Ces reconstructions sont respectables quand elles revêtent quelque dignité littéraire ou artistique, mais elles n’ont aucun fondement historique. Les évangiles – seules sources dignes de foi que nous ayons sur le personnage – parlent d’un motif plus terre-à-terre : l’argent. Judas avait reçu la garde de la bourse commune du groupe; à l’occasion de l’onction de Béthanie il avait protesté contre le gaspillage du précieux parfum versé par Marie sur les pieds de Jésus, non pas par souci des pauvres, relève Jean, mais parce que « c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait » (Jn 12,6). Sa proposition aux chefs des prêtres est explicite: « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent » (Mt 26, 15).

Mais pourquoi être surpris par cette explication et la trouver trop banale ? N’est-ce pourtant pas presque toujours comme ça aujourd’hui ? Mammon, l’argent, n’est pas une idole parmi tant d’autres; c’est l’idole par antonomase : littéralement, « l’idole en métal fondu » (cf. Ex 34, 17). Et l’on comprend pourquoi. Qui est, objectivement, sinon subjectivement (autrement dit, dans les faits, si non dans les intentions), le vrai ennemi, le concurrent de Dieu, dans ce monde ? Satan ? Mais aucun homme ne décide de servir Satan, sans raison. S’il le fait c’est parce qu’il croit obtenir de lui quelque pouvoir ou quelque bénéfice temporel. Qui est, dans les faits, l’autre-maître, l’anti-Dieu, Jésus nous le dit clairement: « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6, 24). L’argent est le « dieu visible », contrairement au vrai Dieu qui est invisible.

Mammon est l’anti-dieu car il crée un univers spirituel alternatif, donne un autre objet aux vertus théologales. La foi, l’espérance et la charité ne reposent plus sur Dieu, mais sur l’argent. Une affreuse inversion de toutes les valeurs se met en marche. « Tout est possible pour celui qui croit », disent les Ecritures (Mc 9, 23); or le monde dit : « Tout est possible pour celui qui a de l’argent ». Et, à un certain niveau, tous les faits semblent lui donner raison.

« La racine de tous les maux – disent les Ecritures - c’est l’amour de l’argent » (1 Tm 6,10). Derrière chaque mal de notre société il y a l’argent, ou du moins il y a aussi l’argent. Celui-ci est le Moloch de la Bible, auquel on sacrifiait les petits garçons et les petites filles (cf. Jr 32, 35), soit le dieu aztèque, auquel il fallait offrir quotidiennement un certain nombre de cœurs humains. Qu’y a-t-il derrière le commerce de la drogue qui détruit tant de vies humaines, l’exploitation de la prostitution, le phénomène des différentes mafias, la corruption politique, la fabrication et le commerce des armes, voire même – chose horrible à se dire – derrière la vente d’organes humains enlevés à des enfants ? Et la crise financière que le monde a traversé et que ce pays traverse encore, n’est-elle pas due en bonne partie à cette « exécrable avidité d’argent », l’auri sacra fames, de la part de quelques uns ? Judas commença par soutirer un peu d’argent de la caisse commune. Cela ne dit-il rien à certains administrateurs de l’argent public ? [...] 

Comme chaque année, à l’approche de Pâques, j’ai voulu réécouter la « Passion selon saint Matthieu » de Bach. Il y a un détail qui me fait sursauter à chaque fois. A l’annonce de la trahison de Judas, tous les apôtres demandent à Jésus: « Serait-ce moi, Seigneur ? » « Herr, bin ich’s ? » Mais avant de nous faire écouter la réponse du Christ, annulant toute distance entre l’événement et sa commémoration, le compositeur insère un chœur qui commence ainsi: « C’est moi, c’est moi le traître ! Je dois faire pénitence ! », « Ich bin’s, ich sollte büßen ». Comme tous les chœurs de cette œuvre, celui-ci exprime les sentiments du peuple qui écoute; il est une invitation à confesser nous aussi nos péchés.

[...] Voilà à quoi l’histoire de notre frère Judas doit nous pousser: à nous rendre à celui qui volontiers pardonne, à nous jeter nous aussi dans les grands bras du crucifié. Dans l’histoire de Judas, ce qui importe le plus, ce n’est pas sa trahison, mais la réponse que Jésus lui donne. Il savait bien ce qui était en train de mûrir dans le cœur de son disciple ; mais il ne l’expose pas, il veut lui donner la possibilité jusqu’à la fin de revenir en arrière, comme s’il le protégeait. Il sait pourquoi il est venu, mais il ne refuse pas, dans le Jardin des oliviers, son baiser de glace, allant même jusqu’à l’appeler mon ami (Mt 26, 50). De même qu'il chercha le visage de Pierre après son reniement pour lui donner son pardon, qui sait s’il n’aura pas cherché aussi celui de Judas à quelque tournant de son chemin de croix! Quand sur la croix il prie: « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34), il n’exclut certainement pas Judas.

Alors, nous, que ferons-nous ? Qui suivrons-nous, Judas ou Pierre ? Pierre eut des remords de ce qu’il avait fait, mais Judas eut lui aussi un tel remord qu’il s’écria : « J’ai trahi le sang innocent !» et il rendit les trente pièces d’argent. Alors, où est la différence ? En une seule chose : Pierre eut confiance en la miséricorde du Christ, pas Judas ! Le plus grand péché de Judas ne fut pas d’avoir trahi Jésus, mais d’avoir douté de sa miséricorde. [...]"

Posté le 19 avril 2014 à 20h29 par Michel Janva | Lien permanent

18 avril 2014

Ecce homo

H

Posté le 18 avril 2014 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

17 avril 2014

"Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres." (Jn 13,14)

L

Posté le 17 avril 2014 à 19h27 par Michel Janva | Lien permanent

Vers la béatification de "l'évêque des Papous"

Le pape François a reconnu les «vertus héroïques» d’un missionnaire français en Papouasie du début du 20e siècle, Mgr Alain Marie Guynot de Boismenu, évêque breton évangélisateur des Papous. Mgr Alain de Boismenu a ordonné en 1937 le premier prêtre indigène papou.

Posté le 17 avril 2014 à 07h36 par Michel Janva | Lien permanent

13 avril 2014

Visite apostolique ordinaire au sein de la Fraternité Saint Pierre

SLa Commission Ecclesia Dei, dont la compétence est de veiller sur la vie des instituts érigés sous sa responsabilité, vient de nommer trois visiteurs qui vont, avant la fin de l’année 2014, effectuer une visite apostolique ordinaire de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre. L’objet de cette visite est de vérifier la fidélité des membres de la Fraternité à leurs Constitutions et aux missions qui leur sont confiées.

Le visiteur principal est Mgr Vitus Huonder, évêque de Coire (Suisse). Mgr Huonder connaît bien la Fraternité Saint-Pierre puisqu’il est un hôte régulier du Séminaire Saint-Pierre depuis quelques années. 

Les autres visiteurs sont Dom Hervé Courau, Père abbé de Notre-Dame de Triors, et Mgr Fabian Bruskewitz, évêque émérite de Lincoln (États-Unis).

La Fraternité Saint-Pierre fera ordonner 4 nouveaux prêtres français le 28 juin prochain, à 9h30, en la cathédrale de Chartres. Cette année, c'est Mgr Marc Aillet qui confèrera les ordinations. 7 autres séminaristes de la Fraternité Saint-Pierre seront ordonnés prêtres durant les mois de mai et de juin.

Le 15 février dernier, 9 séminaristes de Wigratzbad, dont 4 Français, ont reçu le sous-diaconat. Le diaconat sera conféré le samedi 31 mai par Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei.

A noter que Mgr Aillet  l'évêque de Bayonne, célèbrera aussi la messe de clôture du pèlerinage de Chrétienté, le lundi de Pentecôte (9 juin à 15h), dans la cathédrale de Chartres. Les inscriptions en ligne sont ouvertes le 13 avril.

Posté le 13 avril 2014 à 08h20 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2014

Chant grégorien : Una Voce lance un appel à candidatures

À l’ occasion du Jubilé d’Una Voce qui va se dérouler les 4 et 5 octobre 2014, l’association lance un appel à candidature pour des chorales chantant du grégorien. Durant les deux jours du Jubilé, une sélection de choeurs aura l’occasion de se produire durant les conférences et les offices. Le thème du Cinquantenaire est « Le chant grégorien, chant liturgique paroissial ». 

S'adresser avant le 21 juin 2014 à Philippe Nikolov philippe@pnikolov.com ou Una Voce, 42, rue de la Procession, 75015 Paris. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 21 juin 2014. Après étude des dossiers de candidature complets, les choeurs invités à participer au Jubilé seront sélectionnés et informés par le comité d’organisation des 50 ans d’ Una Voce.  Les sélectionnés seront mis en relation avec les conférenciers pour convenir de la pièce qui sera chantée par le choeur. Certains choeurs chanteront des pièces du propre pour la messe en forme ordinaire le samedi et pour la messe en forme extraordinaire du dimanche. Les choeurs seront présentés durant les deux jours du Jubilé grâce à des panneaux affichés dans la salle de conférence.

Sous le nom « Chant Grégorien, Prière chantée », Patrick Banken, président de Una Voce, fait entendre du chant grégorien et présente les chants de la messe du dimanche ainsi que parfois de l’office, ou bien encore d’une fête de la semaine suivante, d’un kyriale, d’un credo, etc... Un commentaire explique l'origine de ces pièces, analyse leur texte et de quelle façon la mélodie l’exprime. L’émission est diffusée sur Radio-Courtoisie le vendredi à 23h00 et le dimanche matin à 7h00 et 11h00.

Posté le 6 avril 2014 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

04 avril 2014

Nos évêques plaident pour le projet européen. Lequel ?

NefCoup de gueule de Loïc Merian, dans le numéro du mensuel La Nef qui vient de paraître, à propos de « la déclaration de la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) relative aux prochaines élections européennes », publiée le 20 mars :

"Il arrive un moment où il faut dire stop ! Voilà un texte qui est certes pétri de bonnes intentions où l’on prône la solidarité, la subsidiarité, le respect de la dignité humaine, du dimanche, des migrants, de la couche d’ozone… Mais enfin à quoi ce genre de texte peut-il donc servir ? Qui peut-il influencer ? Qui est contre la solidarité ? « Nous, les évêques catholiques, plaidons pour que le projet européen ne soit pas mis en danger ni abandonné » ! Mais quel « projet européen » ? Celui qui impose la propagande gay et lesbienne aux politiques publiques à travers la directive Lunacek votée le 4 février ? Celui qui promeut l’avortement et interdit l’objection de conscience ? Celui qui dénonce les références chrétiennes de la constitution hongroise ? Celui qui encourage l’euthanasie pour tous ? Celui qui finance à millions l’idéologie du genre ?

Ce « projet européen », nous le voyons se déployer sous nos yeux depuis des années, c’est celui d’une « culture de mort », dénoncée à temps et à contre-temps par les papes, de Jean-Paul II à François, qui s’étend partout en Europe et dont l’UE est un vecteur. Cette culture de mort contre laquelle les laïcs en masses se sont élevés, en France, en Espagne, en Italie, que ce soit sur la question du mariage homosexuel ou de l’avortement, que ce soit par l’initiative Un de nous qui a réuni près de 2 millions de signatures dans toute l’Europe en faveur de la protection des embryons. Et qu’en dit ce texte ? Rien ! Pas un mot, ni sur les avancées inquiétantes de cette « culture de mort » dominante en Europe, ni sur les courageuses réactions des peuples ! Rien que de belles pensées sur la solidarité.
Bien sûr ce texte dit qu’il faut protéger la famille, mais sans même évoquer le fait qu’elle est attaquée de toutes parts ! Alors qu’un combat titanesque se déroule sous nos yeux, la COMECE publie un communiqué totalement inodore comme si tout allait pour le mieux ! Les fidèles catholiques sont en droit d’attendre d’être défendus et soutenus par leurs pasteurs, qui devraient même être en première ligne en se référant à Dieu et non pas sombrer dans un discours d’un horizontalisme affligeant que n’importe qui pourrait tenir !
La société s’effondre sous les assauts d’idéologues destructeurs du genre humain et négateurs de Dieu, et la COMECE discute de la couche d’ozone, le nouveau sexe des anges ! Au fait, dans ce texte, savez-vous qu’il y a un mot qui n’est jamais cité ? Vous l’avez sans doute deviné, c’est Dieu."

Posté le 4 avril 2014 à 22h14 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

02 avril 2014

Rome : rite dominicain à la Trinité des Pèlerins

On me prie d'annoncer :

"Messe chantée en rite traditionnel dominicain samedi 5 avril 2014 à 11.00 à la Trinité des pèlerins. C'est le premier samedi du mois et la fête de Saint Vincent Ferrier. La messe sera chantée par les soeurs franciscaines de l'Immaculée"

Posté le 2 avril 2014 à 21h15 par Michel Janva | Lien permanent

29 mars 2014

Les blogueurs ont porté un sérieux coup de canif à la langue de buis

Un article intéressant dans La Vie. Extrait :

"[...] [L]es blogueurs ont changé l'ambiance de l'Eglise car ils ont libéré la parole et porté un sérieux coup de canif à la langue de buis. Leur avis a un poids. On ne parle ni n'écrit plus de la même manière depuis l'émergence des réseaux sociaux.

Côté institution, l'heure est à la méfiance. Le sujet est sensible. Il suffit de constater la polémique en France, sur le rôle joué du Salon Beige dans la déprogrammation de la philosophe Fabienne Brugère à une formation des délégués de la pastorale familiale à la Conférence des évêques de France, pour s'en convaincre. Prudent, le Magistère s'accorde à reconnaître Internet comme un espace d'évangélisation mais il pointe le risque de la désinformation et de l'approximation. Au Royaume-Uni, un évêque a sommé un diacre, Nick Donnelly, de cesser d'écrire des posts sur son blog. Depuis, de nouveaux posts ont vu le jour, signés... par sa femme ! L'affaire a fait grand bruit et un autre prêtre blogueur très influent a déclaré que les évêques ne devaient pas essayer de censurer la blogosphère : « Comme des internautes militants l'ont déjà fait remarquer il y a quelques années, la censure est un peu comme un bug auquel il suffit de trouver une solution de contournement. Le danger est que les internautes censurés soient encore moins enclins à la modération. »

Dans un édito, le Catholic Herald estime que « l'émergence de la blogosphère catholique est l'un des développements les plus importants dans l'Eglise du 21ème siècle »  et que les évêques devraient inviter les blogueurs à leur table pour discuter : 

« Les blogs offrent non seulement un nouvel espace pour le libre échange de l'opinion catholique, mais plus profondément, ils entraînent l'Église dans le monde en ligne où un nombre croissant de gens passent la plupart de leur vie. Les blogs catholiques, dans ce qu'ils ont de meilleur, développent une sorte de dimension prophétique. (…) S'ils nous aident à réfléchir de manière critique sur la façon dont nous utilisons l'autorité que nous pouvons avoir dans l'Église, ils effectuent un service important. » [...]

Posté le 29 mars 2014 à 18h18 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

Famille : ce que dit le cardinal Müller n'est pas une opinion privée

Le cardinal Gerhard L. Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a accordé une entrevue aux responsables de l'édition allemande de Radio Vatican, dans laquelle il clarifie son rôle par rapport au débat sur la possible admission à la communion des divorcés remariés. Traduction par Le Salon Beige.

Le prélat a assuré qu’il ne formule pas là des opinions personnelles mais indique le magistère de l'Église sur cette question, et il précise :

« Nous ne pouvons pas nous taire ni faire des concessions pour tenter de séduire l'opinion publique ». 

Cardinal – le Pape veut un débat. Il veut l'introduire dans deux synodes sur le mariage et la famille. Comment voyez-vous le rôle de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dans ce débat ?

MLa CDF défend simplement sur ce point, et naturellement sur tous les points de la doctrine catholique, la vérité de la foi. Je crois qu'il est important que l'opinion publique cesse de se restreindre à un seul sujet, comme s’il était la clé de tout. Essentiellement, il s'agit de resituer la doctrine de l'Église sur le mariage et la famille dans son rôle central dans la conscience catholique de la foi, car ce n’est qu’en parlant du mariage et de la famille, et si nous faisons des efforts pour cela, que nous pouvons obtenir des résultats positifs.

Dans l'opinion publique vous êtes fréquemment perçu et présenté comme celui qui freine et qui dit non lorsqu’il s'agit d’une initiative du Pape. Est-ce que cela vous affecte personnellement?

Bien évidemment, ceci entre actuellement dans le cadre d’une propagande dans le but de me constituer une opposition par rapport à ce que doit faire le préfet de la CDF, ou la CDF dans son ensemble, puisque le préfet n'est guère qu'un primus inter pares. Ceci est aussi défini très clairement dans les statuts.

Or, c’est aussi notre tâche de veiller à ce que personne ne s'approprie le Pape pour certains buts. Et précisément il est intéressant de constater que justement en ce moment, tant de groupes s'en remettent au Pape alors que pratiquement ils ont précédemment rejeté la papauté. En tout cas, en ce qui nous concerne, il s'agit de servir le Pape et l'Église, au lieu de se nous servir du Pape.

Vous participez aussi au débat que vous venez de mentionner et qui a été lancé par le Pape. Il y a des cercles, surtout dans les médias italiens, comme Il Foglio, un journal qui, pour le dire franchement et clairement, mènent depuis plusieurs jours une campagne contre le cardinal Kasper. Quelle est votre position dans le débat ? Que demandez-vous pour ce prochain débat qui va au-delà des congrégations du Vatican ?

Je n’y participe pas en tant que théologien privé, mais précisément de par ma fonction [de Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi]. La CDF est la seule congrégation qui participe directement au magistère du Pape [N.d.T espagnol : voir la Constitution Pastor Bonus, arts. 48 et suiv.], tandis que d'autres qui prennent la parole, même s'ils ont le rang de cardinal, ne parlent qu’à titre personnel, et ne peuvent pas faire de déclarations officielles.

Allons plus loin. Non seulement des cardinaux participent au débat, mais il y a un questionnaire qui a produit beaucoup d'espoirs. Posons la question cette fois de manière positive : Quel effet cela peut-il avoir considérant l’internationalisation du débat ? Quelle contribution positive cela peut-il apporter ?

Je crois que cela peut contribuer très positivement à ce que les catholiques s'occupent à nouveau de leur propre foi, et non prennent simplement tel ou tel aspect de la liturgie et de la doctrine de l'Église. Nous devons nous rendre compte de la relation entre l'Annonce et la charge d'âmes, et la doctrine de l'Église, ainsi que la Diaconíe. Puis-je choisir d’être très engagé socialement ou d’être très actif dans les tâches caritatives de l'Église mais sans m’intéresser personnellement à l'adoration de Dieu ou la célébration des sacrements ? Mais le questionnaire comme tel n’est pas du tout un dogme, et n'a pas d'autre valeur que la qualité de ses questions ou les corrélations qu'il fournit ou non.

Vous êtes un homme qui a du franc-parler, comme nous venons d’en avoir la preuve. Je crois que ceci vient de très loin dans votre biographie. Est-il approprié que la CDF parle maintenant de la manière dont parle Gerhard Ludwig Müller ?

La CDF a la mission claire de promouvoir la foi catholique, mais aussi de la protéger. Mais cela n’est pas différent de la tâche qu'a reçue de Jésus-Christ le Pape lui-même, et sur ce point, je crois que nous ne pouvons pas nous taire ni faire des concessions et tenter de séduire l'opinion publique. C’est facile quand on a le vent en poupe ; peut-être a-t-on alors un certain orgueil. Mais il me semble que chaque évêque et chaque prêtre doit résister à cette tentation, qu’il aime se l'entendre dire ou non.

Posté le 29 mars 2014 à 10h07 par Michel Janva | Lien permanent

25 mars 2014

La plupart des cardinaux sont hostiles au rapport du cardinal Kasper

Dans un article paru dans La Stampa, Marco Tosatti révèle que le plaidoyer du cardinal Kasper en faveur de l'accès à la communion des divorcés-remariés a provoqué une levée de boucliers au sein du Sacré-Collège. Traduction du Salon Beige :

"Dans le Consistoire Secret où l’on a discuté des divorcés remariés et de l'eucharistie, le « théorème Kasper » a reçu très peu d’approbations et beaucoup de critiques. Voici une reconstitution de quelques-unes des interventions les plus significatives et les plus importantes. « Ce serait une erreur fatale » a dit un intervenant, de vouloir parcourir le chemin de la pastorale sans faire référence à la doctrine.

KIl devait être secret, ce Consistoire du 22 février réuni pour discuter de la famille. Mais au contraire, il a été décidé en haut lieu qu'il était opportun de rendre public le long rapport du cardinal Walter Kasper sur le thème de l’eucharistie à des divorcés-remariés – probablement pour ouvrir la voie, en vue du Synode d'octobre sur la famille. Mais une moitié du Consistoire est restée secrète : celle qui concernait les interventions des cardinaux. Ce n’est peut-être pas fortuit, car après que le cardinal Kasper ait présenté sa longue (et apparemment pas très légère, tel que prononcé) intervention, plusieurs voix se sont levées pour la critiquer. Au point que, l'après-midi, lorsque le Pape lui a demandé de répondre, beaucoup ont trouvé au prélat allemand un ton vexé, voire irrité.

L'opinion courante est que le « théorème Kasper » tend à faire en sorte que de manière générale les divorcés remariés puissent communier sans que le précédent mariage soit reconnu nul. Actuellement ceci n’est pas le cas, sur la base des mots de Jésus, très sévères et explicites sur le divorce. Celui qui a une vie matrimoniale complète sans que le premier lien soit considéré non valable par l'Église se trouve, selon la doctrine actuelle, en situation permanente de péché. 

C’est en ce sens qu’ont parlé clairement le cardinal de Bologne, Mgr Caffarra [voir notre traduction, NDMJ], ainsi que le Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal allemand Müller. Tout aussi explicite a été le cardinal Walter Brandmüller (« Ni la nature humaine, ni les Commandements, ni l'Évangile n’ont une date d'expiration… Il est bon d’avoir le courage d'énoncer la vérité, même contre les usages du moment. Un courage que toute personne qui parle au nom de l'Église doit posséder, si elle ne veut pas manquer à sa vocation… le désir d'obtenir l’approbation et l’adhésion est une tentation toujours présente dans la diffusion de l'enseignement religieux… » – des paroles qu’il a ensuite rendues publiques). Même le président des évêques italiens, le cardinal Bagnasco, s’est exprimé de manière critique sur le « théorème Kasper » ; ainsi que le cardinal africain Robert Sarah, responsable de « Cor unum », qui a rappelé, en conclusion de son intervention, qu’au cours des siècles, même sur des questions dramatiques, il y a eu des divergences et des controverses au sein de l'Église, mais que le rôle de la Papauté a toujours été de défendre la doctrine.

Le cardinal Re, un des grands électeurs de Bergoglio, a fait une très brève intervention, qui peut se résumer ainsi : « Je prends la parole un instant, parce qu'ici se trouvent les futurs nouveaux cardinaux, et peut-être que certains d'entre eux n'ont pas le courage de le dire – alors je le dis, moi : je suis totalement contre ce rapport ». Même le Préfet de la Penitenzieria, le cardinal Piacenza, s'est déclaré contre, disant à peu près : « Nous sommes ici maintenant, et nous serons ici en octobre pour un Synode sur la Famille, et si nous voulons faire un Synode positif, je ne vois pas pourquoi nous devrions aborder seulement le thème de la communion pour les divorcés. Et il a ajouté : Pour tenir un discours pastoral, il me semble que nous devrions prendre acte d'un pansexualisme très largement diffusé et d'une agression de l'idéologie du gender qui tend à détruire [littéralement : sortir de ses gonds] la famille telle que nous l’avons toujours connue. Il serait providentiel que nous soyons la Lumen gentium pour expliquer dans quelle situation nous nous trouvons et ce qui peut détruire la famille. » Il a conclu en exhortant à reprendre en main les catéchèses de Jean-Paul II sur la corporéité parce qu'elles contiennent de nombreux éléments positifs sur la sexualité, sur l'être homme, l'être femme, la procréation et l'amour.

Le cardinal Tauran, du Dialogue Interreligieux, a repris le thème de l'agression contre la famille, y compris sous l’angle des rapports avec l’islam. Et le cardinal de Milan lui-même, Mgr Scola, a formulé des doutes théologiques et doctrinaux.

Une forte critique est venue du cardinal Camillo Ruini: « Je ne sais pas si j'ai bien noté, mais jusqu'ici 85 pour cent environ des cardinaux qui se sont exprimés semblent contre à la position du rapport », ajoutant que parmi ceux qui n'avaient rien dit et ne pouvaient pas être classifiés, il avait observé des silences « qui [lui] semblaient embarrassés ».

Le cardinal Ruini a ensuite cité le Bon Pape, disant en substance : « Lorsque Jean XXIII a prononcé le discours d'ouverture du Concile Vatican II, il a dit qu'on pouvait tenir un Concile pastoral parce que, heureusement, la doctrine était pacifiquement acceptée par tous et qu’il n’y avait pas de controverses ; donc on pouvait prendre une approche pastorale sans crainte d'être mal compris, puisque la doctrine restait très claire. Si Jean XXIII a eu raison à cet instant, a noté le prélat, Dieu seul le sait, mais apparemment cela était peut-être vrai en grande partie. Aujourd'hui, cela ne pourrait plus être dit de manière aussi absolue, parce que la doctrine non seulement n'est pas partagée, mais elle est combattue. Ce serait une erreur fatale de vouloir parcourir le chemin de la pastorale sans faire référence à la doctrine. » 

Il est donc compréhensible que le cardinal Kasper ait paru être un peu vexé dans l'après-midi lorsque le pape Bergoglio lui a permis de répondre, sans cependant permettre de susciter une vraie contradiction : seul Kasper a parlé. Aux critiques formulées en Consistoire envers le « théorème Kasper », il s’en ajoute d’autres, formulés en privé au Pape, ou publiques, de la part de cardinaux de chaque partie du monde. Des cardinaux allemands, qui connaissent bien Kasper, disent qu'il se passionne pour ce thème depuis les années 70. Le problème soulevé par beaucoup de voix critiques est que sur ce point l'Évangile est très explicite. Et ne pas en tenir compte (c’est cela que l’on craint) rendrait très instable, et modifiable à loisir, n’importe quel autre point de doctrine basé sur les Évangiles."

Posté le 25 mars 2014 à 18h16 par Michel Janva | Lien permanent

L'esprit qui doit animer le chrétien face aux forces du mal

Dans un passage de son livre Les sept paroles du Christ en Croix, le cardinal Journet résume l'esprit qui doit animer le chrétien face aux forces du mal. Extrait via L'Homme Nouveau :

« Dans la lutte sauvage que la volonté de puissance de l'athéisme, ivre de ses violences, de ses victoires politiques, de ses mensonges, livre aujourd'hui à tout ce qui porte encore un signe de la foi en Dieu, le devoir du chrétien est de combattre jusqu'au bout sur le plan humain, au nom de la justice, de la droiture, de la dignité inaliénable de l'homme et de son âme immortelle. Quand la machine du mal l'a vaincu, quand on l'a condamné aux camps de l'esclavage et de la mort lente, quand on l'a fait descendre dans les cellules d'une prison souterraine où il comprend qu'on travaille, par un sûr dosage de la torture, à dégrader son psychisme humain, quand on lui a volé ses enfants pour arracher de leur âme la foi de leur baptême et y verser la haine de Dieu, quand il n'a plus aucun recours possible contre le déferlement de l'océan du mal, alors il lui reste de tourner une dernière fois son cœur vers les profondeurs silencieuses du royaume de Dieu, et de dire, lui aussi, en Jésus: « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ! À cet instant, il a tout vaincu, pour l'éternité. »"

Posté le 25 mars 2014 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

23 mars 2014

Un projet humanitaire sans Dieu, cela ne sert à rien

Dans Le prodigieux mystère de la joie, le père Matthieu Dauchez raconte comment les enfants des rues de Manille, aux Philippines, vivent dans la joie, malgré leurs malheurs, malgré leurs épreuves, parfois abominables. Joie surnaturelle incompréhensible pour un esprit rationaliste ou matérialiste, ce qui amène le père Dauchez à écrire :

P"Nous pouvons multiplier les projets humanitaires et décupler d'idées pour enrayer la misère de nos sociétés ; si Dieu ne vient pas lui-même guérir les coeurs blessés, cela ne sert de rien. Nous pouvons redoubler d'efforts pour répondre aux besoins des plus pauvres et sensibiliser les grands de ce monde au sort des plus petits ; si l'Amour ne vient pas imprégner toutes nos actions, cela ne portera aucun fruit. La prière n'est donc pas une option religieuse, mais l'essence même de toute oeuvre du missionnaire qui a compris l'inutilité de ses actes - au sens évangélique du terme - mais en connaît la dignité. Un disciple de saint Ignace résume cela par une expression devenue célèbre :

"Crois en Dieu comme si tout le cours des choses dépendait de toi, en rien de Dieu. Cependant mets tout en oeuvre en elles, comme si rien ne devait être fait par toi, et tout de Dieu seul".

Posté le 23 mars 2014 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

22 mars 2014

Evénement historique en Thaïlande : premier monastère bénédictin

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"L’inauguration a eu lieu le 18 janvier (d'après ce que nous dit aujourd'hui Asianews), en présence de Mgr Vira Arpondranata, évêque de Chiang Mai (où est implanté le monastère), et de Mgr Mattiazzo, archevêque de Padoue, qui avait suggéré et soutenu le projet.

Les moines sont en fait vietnamiens. Car les trois monastères bénédictins du Vietnam regorgent de vocations, mais le pouvoir verrait d’un mauvais œil la création d’un quatrième monastère."

Posté le 22 mars 2014 à 14h21 par Michel Janva | Lien permanent

19 mars 2014

A la suite des veilleurs et des Sentinelles, voici les "Précurseurs"

PrécurseursObjectif de ce nouveau mouvement :  "que les Chrétiens soient acteurs, à visage découvert, du combat de civilisation qui se joue" et répondent ainsi aux appels répétés de nos trois derniers papes.

Deux modes d'action :

"- Les Précurseurs vont adresser une supplique à chacun de leurs évêques pour leur demander d’être pour les chrétiens les pasteurs dont ils ont besoin pour défendre la dignité de l’homme si menacée en ce XXIe siècle. Ils seront des Sentinelles de Dieu, visibles, ancrés dans l’Espérance. Ils souhaitent solliciter l’attention de leur pasteur et montrer leur désir d’être le sel de la terre dont ce monde a tant besoin.

- Les Précurseurs iront aussi veiller au cœur des cités, pour être témoins de la Lumière auprès de ceux qui ne connaissent pas encore le Christ."

Posté le 19 mars 2014 à 18h02 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Qu'attendre des deux prochains synodes sur la famille ?

MattheeuwsLe Père Mattheeuws, jésuite et docteur en théologie morale et sacramentaire, dont le domaine de recherche concerne le sacrement du mariage, répond à Zénit. Il distingue le fameux "questionnaire" qui a fait couler beaucoup d'encre d'un "instrument de travail" synodal, qui viendra en 2015.

  • Que penser du questionnaire adressé aux chrétiens et des synthèses qui en ont découlé ?

Bien sûr, ce n’est ni un référendum ni un relevé statistique, mais il a intéressé de nombreux chrétiens, stimulé une certaine réflexion, donné la parole à beaucoup qui le désiraient. (...) La passion, les questions, les réponses, les avis, montrent qu’il y a une grande attente et une grande soif à propos des réalités de l’amour, du lien conjugal et de la fécondité familiale. Le matériel est immense et fera date. (...)

Ce n’est pas toujours facile de se situer devant des avis contradictoires ou des demandes fortes et des désirs irréalistes. Mais par les synthèses [qui en ont découlé] nous nous éclairons mutuellement sur les souffrances, les incompréhensions, les ignorances de ceux et de celles qui ont participé. Le mystère de l’amour se dit un peu tel qu’il est dans l’histoire d’aujourd’hui. (...) Il est inévitable qu’en première réaction, on ne voie pas facilement les dons de Dieu, ce qui va bien et surtout la beauté du thème. Il est normal que l’on insiste surtout sur ce qui apparaît devoir être changé dans les problèmes que l’on nomme. L’illusion serait de croire que des solutions miracles puissent apparaître rapidement. Croire qu’un cardinal ou même le Pape pourrait changer tout d’un coup certains points d’un enseignement profondément inscrit dans la Tradition, semble déplacé. Le danger serait de ne vivre qu’au moment présent, d’ignorer l’histoire du sacrement de mariage et ses fondements, de manquer d’espérance en l’intelligence humaine et la puissance de l’Esprit, de méconnaître le sens profond d’une « conscience ecclésiale », celle de l’Eglise qui n’est pas une organisation comme une autre, mais un Corps : celui du Christ Sauveur.

  • Ce serait une erreur de confondre cette enquête et l’Instrumentum laboris ?

C’est en effet l’écueil à éviter. (...) L’expérience (positive ou négative) ne peut pas être l’unique base de référence à la théologie pastorale sinon on glisse facilement dans l’émotivisme. Ensuite, réfléchir à partir du manque, des faiblesses, des peurs, des difficultés, des obstacles, des péchés ne peut pas être un chemin profond de compréhension du plan de Dieu. La négativité dans le réel n’est jamais le dernier mot de l’action de l’Esprit. Il convient toujours de considérer non pas l’idéal, mais la bonté de la volonté divine et la puissance de son action plus que l’incapacité de nos libertés à y correspondre. « Je suis venu pour qu’ils aient la vie en abondance », dit le Christ : et il le montre comme ressuscité dans ses sacrements.

  • Quel est l’enjeu concret pour le couple ?

Le couple et la famille sont des lieux de salut. Là se trouve le véritable enjeu ! On doit le comprendre de deux manières : l’amour lui-même est sauvé par le Christ à chaque instant. Ensuite, l’amour des conjoints dans une famille est une lumière, une preuve, un témoignage de cette action divine dans notre histoire concrète. La famille est un lieu privilégié du salut. Cela reste vrai à travers les drames que chacun de nous est amené à y vivre ou dont nous sommes témoins. Et l’Eglise vit de ce mystère du salut.

  • Les questions de la contraception et des divorcés remariés restent encore des sujets délicats et de discorde. Faut-il en parler ?

Bien sûr qu’il faut en parler: ce sont des points chauds, complexes, de grande souffrance. Et d’incompréhension. (...) Mais ce que j’ai entendu et lu jusqu’à présent me laisse perplexe. Il ne s’agit pas de mettre des rustines usagées sur une vieille chambre à air de vélo. Une casuistique « nouvelle » (nouvelle manière de traiter les questions morales cas par cas), même avec la rigueur nécessaire et propre à l’Occident, rejoint pourtant le courant légaliste de nos sociétés : elle ne servira à rien et elle ne tiendra que quelques dizaines d’années. De même penser à des guides-lines pour faire un excellent mariage et à un nouveau coaching des époux pour durer dans l’amour et dans leur promesse nous semble inadéquat pour ce type de sacrement ! Par ailleurs, l’hypothèse plus pragmatique d’une amélioration des reconnaissances en nullité est un traitement utile en soins palliatifs ! Mais cela ne construit aucun avenir fort. Le silence sur les fondements anthropologiques et théologiques de l’indissolubilité est sidérant : il montre l’ampleur et la nécessité d’une formation qui n’est pas offerte peut-être ; ou bien le hiatus des langages suivant les cultures et les formations. (...)

  • On doit s’attendre à de nombreux changements ?

Je ne suis pas prophète. Mais les médias et les avis de certains chrétiens laissent entendre que l’on peut non seulement parler de tout, réfléchir à tout, mais surtout réfléchir à frais nouveaux et tout changer. C’est une illusion. C’est un désir d’intellectuel. C’est une expression d’une grande souffrance ou d’une frustration idéaliste. Ce n’est pas ainsi que Dieu est entré dans l’histoire et qu’il nous a sauvés : Création, Incarnation, Rédemption, voilà des termes techniques compliqués mais la réalité biblique qu’ils visent, est simple et concrète. Il n’y a pas de no man’s land de nos vies où Dieu ne pourrait pas être présent. Dieu nous connaît mieux que nous-mêmes. De plus, la mémoire de l’Eglise est la plus longue mémoire institutionnelle de nos sociétés. Elle contient des richesses inouïes. Cette transmission des données de la foi et des mœurs n’est pas là pour nous bloquer dans nos réflexions. Elle est un dynamisme, un renouvellement permanent et vivifiant, sous la conduite de l’Esprit qui nous stimule dans l’approfondissement des questions et l’intégration d’une révélation de Dieu sur l’amour humain dans sa logique de don de lui-même.

  • L’Eglise ne devrait-elle pas s’adapter ?

Oui, mais à partir du mystère de Dieu dont elle vit, pas à partir d’elle-même puisqu’elle n’a pas sa finalité en elle. Il faut toujours « chercher les mots les plus adéquats » à la vérité à vivre. On n’a pas dit le dernier mot sur le sacrement de mariage, mais l’Eglise n’est pas restée muette sur cette question depuis 2000 ans. (...)

  • Dans ce contexte, avez-vous des suggestions, des souhaits ?

Comme prêtre, je souhaiterais que l’on mette mieux mettre en valeur la réalité sacramentelle du lien du mariage. Comment découvrir les effets et les conditions de sa permanence, la présence divine dans le consentement, l’assurance théologale des époux qui s’engagent, la puissance de la vie et de ses diverses significations. Et si possible, que l’Eglise se mette en route pour mieux accompagner et préparer ce sacrement de la mission qu’est le mariage : préparation lointaine, prochaine et immédiate d’un don mutuel qui est beau aux yeux de Dieu, qui est bon pour l’Eglise et le monde, qui est unique pour ceux qui s’aiment en vérité. Dans de nombreux cas, c’est un véritable parcours catéchuménal qu’il faudrait promouvoir et décider de commun accord. (...)"

Posté le 19 mars 2014 à 12h39 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

18 mars 2014

Cardinal Caffara : le mariage n'est pas un "idéal" mais une vérité à enseigner

Deux semaines après le consistoire sur la famille, le cardinal archevêque de Bologne, Mgr Carlo Caffarra, aborde avec Il Foglio les thèmes à l'ordre du jour du Synode extraordinaire d'octobre prochain et du Synode ordinaire de 2015 : mariage, famille, doctrine de Humanae Vitae, pénitence. A propos de l'accès à la communion des personnes qui vivent en situation d'adultère (et que l'on nomme abusivement les 'divorcés-remariés'), il rappelle le travail indépassable qu'avait effectué Jean-Paul II et que semblent avoir oublié même des princes de l'Eglise, à l'heure même où le pape polonais va être canonisé. Notre traduction.

 « Familiaris Consortio » de Jean-Paul II est l’objet d’un tir croisé. D'une part on dit qu'elle est la fondation de l'Évangile de la famille, de l'autre que c’est un texte dépassé. Son actualisation est-elle concevable ?

CSi l’on parle du gender et du soi-disant mariage homosexuel, il est vrai qu'au temps de Familiaris Consortio on n'en parlait pas. Mais tous les autres problèmes, surtout celui des divorcés remariés, on en parle depuis longtemps. J’en suis un témoin direct, puisque que j'étais un des consultants du Synode de 1980. Dire que Familiaris Consortio est née dans un contexte historique complètement différent de celui d'aujourd'hui est erroné. Cette précision étant faite, je dis qu'avant tout Familiaris Consortio nous a enseigné une méthode avec laquelle on doit affronter les questions du mariage et de la famille. À l’utilisation de cette méthode est associée une doctrine qui reste un point de référence inéliminable. Quelle méthode ? Lorsqu’il fut demandé à Jésus à quelles conditions le divorce était licite, la licéité comme telle ne se discutait pas à cette époque. Jésus n'entre pas dans la problématique casuiste dont émanait la question, mais indique dans quelle direction on doit regarder pour comprendre ce qu'est le mariage et par conséquent la vérité de l'indissolubilité matrimoniale. C’était comme si Jésus avait dit : « Voyez-vous, vous devez sortir de cette logique casuiste et regarder dans une autre direction, celle du Principe ». C'est-à-dire : vous devez regarder là où l'homme et la femme viennent à l'existence dans la pleine vérité de leur être d’homme et femme appelés à devenir une seule chair. Dans une catéchèse, Jean-Paul II dit : « Survient alors, lorsque l'homme se trouve pour la première fois face à la femme, la personne humaine dans la dimension du don réciproque dont l'expression (qui est l'expression même de son existence en tant que personne) est le corps humain dans toute la vérité originaire de sa masculinité et de la féminité ». Celle-ci est la méthode du Familiaris Consortio.

Quelle est la signification plus profonde et actuelle  de « Familiaris Consortio » ?

C« Pour avoir des yeux capables de regarder dans la lumière du Principe », Familiaris Consortio affirme que l'Église a un sens surnaturel de la foi, qui ne consiste pas seulement ou nécessairement dans le consentement des fidèles. L'Église, en suivant le Christ, cherche la vérité, qui ne coïncide pas toujours avec l'opinion de la majorité. Elle écoute la conscience et pas le pouvoir. Et en cela elle défend les pauvres et les méprisés. L'Église peut aussi apprécier la recherche sociologique et statistique, lorsqu’elle s’avère utile pour situer le contexte historique. Cependant, il ne faut pas penser qu’une telle recherche est purement et simplement l'expression du sens de la foi (FC 5). J'ai parlé de vérité du mariage. Je voudrais préciser que cette expression ne désigne pas une règle idéale du mariage. Elle indique ce que Dieu, par son acte créateur, a inscrit dans la personne de l'homme et de la femme. Le Christ dit qu'avant de considérer les cas, il faut savoir de quoi nous parlons. Il ne s’agit pas d'une règle qui admet ou pas des exceptions, d'un idéal auquel nous devons tendre. Nous parlons de ce que sont le mariage et la famille. Avec cette méthode, Familiaris Consortio détermine ce que sont le mariage et la famille et ce qui est son « génome »; il emploie l'expression du sociologue Donati, que ce n'est pas un génome naturel, mais un génome social et de communion. C’est dans cette perspective que l'Exhortation détermine le sens plus profond de l'indissolubilité du mariage (cf FC 20). Familiaris Consortio a donc représenté un immense développe doctrinal, rendu possible à partir du cycle de catéchèses de Jean-Paul II sur l'amour humain. Dans la première de ces catéchèses, celle du 3 septembre 1979, Jean-Paul II il dit qu'il veut accompagner comme à distance les travaux préparatoires du Synode qui va se tenir l'année suivante. Il ne l'a pas fait en affrontant directement des thèmes des sessions synodales, mais en dirigeant l'attention vers les racines profondes. C’est comme s'il avait dit : Moi, Jean-Paul II, je veux aider les pères synodaux. Comment les aider ? En les amenant à la racine des questions. C’est de ce retour aux racines que naît la grande doctrine sur le mariage et la famille donnée à l'Église par le Familiaris Consortio. Et il n'a pas ignoré les problèmes concrets. Il a aussi parlé du divorce, de l’union libre, du problème de l'admission de divorcés-remariés à l'Eucharistie. L'image donc d'une Familiaris Consortio qui appartient au passé, qui n'a plus rien à dire au présent, est caricaturale. Ou bien c’est une considération venant de personnes qui ne l'ont pas lue.

De nombreuses conférences épiscopales ont souligné que des réponses aux questionnaires en préparation des deux prochains Synodes, il émerge que la doctrine des « Humanae Vitae » crée maintenant seulement confusion. Est-ce le cas, ou est-ce que cela a été un texte prophétique ?

 

 

Le 28 juin 1978, un peu plus qu'un mois avant de mourir, Paul VI disait : « Pour Humanae Vitae, vous remercierez Dieu et moi-même ». Quarante-six ans après, nous voyons synthétiquement ce qui est arrivé à l'institution du mariage et on se rend à quel point ce document a été prophétique. En niant le lien indissoluble entre la sexualité conjugale et la procréation, c'est-à-dire en niant l'enseignement d’Humanae Vitae, on a ouvert la voie à l’incohérence réciproque entre la procréation et la sexualité conjugalefrom sex without babies to babies without sex. La fondation de la procréation humaine sur le terrain de l'amour conjugal s’est progressivement assombrie, et on a graduellement construit l'idéologie que n'importe qui peut avoir un enfant. Le célibataire homme ou femme, l’homosexuel, éventuellement en remplaçant la maternité. Donc, de façon cohérente, on est passé de l'idée de l’enfant attendu comme un don à l’enfant programmé comme un droit : on dit qu'il existe le droit à avoir un enfant. Qu’on pense à la récente décision du tribunal de Milan qui a affirmé le droit à la parentalité, comme s’il énonçait le droit à avoir une personne. C’est incroyable. J'ai le droit d’avoir des choses, pas des personnes. On a construit progressivement un code symbolique, à la fois éthique et juridique, qui relègue maintenant la famille et le mariage dans la pure affectivité privée, sans égard pour les effets sur la vie sociale. Il n'y a pas de doute que lorsque Humanae Vitae a été publiée, l'anthropologie qui la sous-tendait était très fragile et n'était pas dénuée d’un certain biologisme dans l'argumentation. Le magistère de Jean-Paul II a eu le grand mérite de construire une anthropologie adaptée à la base de Humanae Vitae. La question qu’il faut se poser n'est pas de savoir si Humanae Vitae est applicable aujourd'hui et dans quelle mesure, ou si par contre elle est source de confusion. À mon avis, la vraie question est autre.

Laquelle ?  Humanae Vitae dit la vérité sur le bien inhérent dans la relation conjugale ? Dit-elle la vérité sur le bien qui est présent dans l'union des personnes des deux conjoints dans l'acte sexuel ?

En effet, l'essence des propositions normatives de la morale et du droit se trouve dans la vérité du bien qui, par essence, est objectivée. Si on ne se met pas dans cette perspective, on tombe dans la casuistique des Pharisiens. Et on n'en sort plus, parce qu'on arrive dans une impasse au bout de laquelle on est forcé de choisir entre la règle morale et la personne. Si on sauve l'une, on ne sauve pas l'autre. La question du berger est donc la suivante : comment puis-je guider les conjoints à vivre leur amour conjugal dans la vérité ? Le problème n'est pas de vérifier si les conjoints se trouvent dans une situation qui les exempte d'une règle, mais quel est le bien du rapport conjugal. Quelle est sa vérité intime. Je m'étonne qu’on dise que Humanae Vitae crée de la confusion. Qu’est-ce que cela veut dire ? Connaissent-ils au moins ce qu’a fondé Jean-Paul II sur Humanae Vitae? J'ajouterai une remarque. Je suis profondément étonné par le fait que, dans ce débat, même d’éminents cardinaux ne tiennent pas compte des cent quatre catéchèses sur l'amour humain. Jamais aucun Pape n’en avait autant parlé. Ce Magistère n’est pas accepté, comme s'il n'existait pas. Crée-t-il de la confusion ? Celui qui affirme cela est-il au moins au courant de tout ce qui a été sur le plan scientifique sur une régulation naturelle des conceptions ? Est-il au courant des innombrables couples qui, dans le monde, vivent avec joie la vérité de Humanae Vitae ? Même le cardinal Kasper souligne qu'il y a des grandes attentes dans l'Église en vue du Synode et qu'on court le risque d'une très grande déception si celles-ci n’étaient pas satisfaites. Un risque concret, d’après lui? Je ne suis pas un prophète ni un fils de prophètes. Il arrive un événement admirable. Lorsque le berger ne prêche pas son opinion ou celle du monde, mais l'Évangile du mariage, ses paroles frappent les oreilles des auditoires, mais dans leur cœur le Saint-Esprit agit et l'ouvre aux mots du berger. Ensuite, je me demande de quelles attentes nous parlons. Une grande chaîne de télévision américaine a réalisé une enquête sur des communautés catholiques du monde entier. C’est une photographie d’une réalité beaucoup diverse que les réponses au questionnaire recueillies en Allemagne, en Suisse et en Autriche. Un seul exemple. 75 pour cent des catholiques dans la plupart des pays africains sont contre l'admission des divorcés remariés à l'Eucharistie. Je le répète encore : de quelles attentes parlons-nous ? De celles de l'Occident ? L'Occident est-il donc le paradigme fondamental de l’annonce de l'Église ? Sommes-nous encore à ce point ? Allons écouter un peu les pauvres aussi. Je suis très perplexe et pensif lorsque on dit qu’ou bien on va dans une certaine direction, ou bien il serait préférable de ne pas tenir le Synode. Quelle direction ? La direction que, censément, ont indiquée les communautés de la Mitteleuropa ? Et pourquoi pas la direction indiquée par les communautés africaines ?

Le cardinal Müller a dit qu'il est déplorable que les catholiques ne connaissent pas la doctrine de l'Église et que ce manque ne peut pas justifier l'exigence d'adapter l'enseignement catholique à l'esprit du temps. Manque-il une pastorale familiale ?

Elle manque. C’est une très grave responsabilité pour nous, les bergers, de tout réduire aux cours prénuptiaux. Et l'éducation à l'affectivité des adolescents, des jeunes ? Quel berger des âmes parle encore de chasteté ? Quant à moi je constate un silence presque total là-dessus, depuis des années. Veillons à l'accompagnement des jeunes couples : demandons-nous si nous avons annoncé vraiment l'Évangile du mariage, si nous l'avons annoncé comme l’a demandé Jésus. Et ensuite, pourquoi on ne demande pourquoi les jeunes ne se marient pas plus. Ce n'est pas toujours pour des raisons économiques, comme on le dit habituellement . Je parle de la situation de l'Occident. Si on fait une comparaison entre les jeunes qui se mariaient jusqu'il y a trente ans et aujourd'hui, les difficultés qu’ils avaient il y a trente ou quarante ans étaient mineures par rapport à aujourd'hui. Mais ceux-là construisaient un projet, avaient une espérance. Aujourd'hui ils ont peur et l’avenir fait peur ; mais s'il y a un choix qui exige un espoir dans l’avenir, c’est bien le choix de s'épouser. Ce sont les interrogations fondamentales aujourd'hui. J'ai impression que si Jésus se présentait tout à coup dans une réunion de prêtres, d'évêques et de cardinaux qui discutent de tous les graves problèmes du mariage et de la famille, et qu’ils lui demandaient comme le firent les Pharisiens : « Maître, le mariage est–il dissoluble ou indissoluble ? Ou y a-t-il des cas où, après due pénitence… ? »… Que répondrait Jésus? Je pense qu’il ferait la même réponse qu’aux Pharisiens : « Gardez le Principe ». Le fait est que maintenant on veut guérir des symptômes sans affronter sérieusement la maladie. Le Synode, donc, ne pourra pas éviter de prendre position face à ce dilemme : la façon dont s’est développée la morphogénèse [NB : suite de la métaphore du génome] du mariage et de la famille est positive pour les personnes, pour leurs relations et pour la société, ou au contraire est-ce une décadence des personnes et de leurs relations qui peut avoir des effets dévastateurs sur l'ensemble de la civilisation ? Cette question, le Synode ne peut pas l'éviter. L'Église ne peut pas considérer que ces faits (jeunes qui ne se marient pas, unions libres en augmentation exponentielle, introduction du soi-disant mariage homosexuel dans les systèmes juridiques, et d’autres  points encore) soient des dérives historiques, des processus- historiques dont elle doit prendre acte et donc s'adapter substantiellement. Non. Jean-Paul II écrivait dans La Boutique de l'Orfèvre que« créer quelque chose que reflête l'être et l'amour absolu est peut-être la chose plus extraordinaire qui existe. Mais on le fait sans s’en rendre compte ». Même l'Église, donc, doit cesser de nous faire sentir le souffle de l'éternité dans l'amour humain ? Deus avertat ! [NB Dieu nous en garde!].

On parle de la possibilité de réadmettre dans l'Eucharistie des divorcés remariés. Une des solutions proposées par le cardinal Kasper porte sur une période de pénitence aboutissant à la pleine réintégration. Est-elle une nécessité maintenant inéluctable, ou est-ce une adaptation de l'enseignement chrétien en  fonction des circonstances ?

Celui qui fait cette hypothèse, au moins jusqu'à présent n'a pas répondu à une question très simple : qu'en est-il du premier mariage célébré et consommé ? Si l'Église admet à l'Eucharistie, elle doit donner de toute façon un jugement de légitimité à la seconde union. C’est logique. Mais alors - comme je le demandais - qu'en est-il du premier mariage ? Le deuxième, dit-on, ne peut pas être un vrai deuxième mariage, car la bigamie va à l’encontre de la parole du Maître. Et le premier ? Est-il dissout ? Mais les papes ont toujours enseigné que le pouvoir du Pape n'arrive pas là : sur le mariage célébré et consommé, le Pape n'a aucun pouvoir. La solution exposée porte à penser que premier mariage demeure, mais qu’il y a même une deuxième forme de cohabitation que l'Église légitime. Donc, il y a un exercice de la sexualité humaine extraconjugale que l'Église considère légitime. Mais avec ceci on nie le pilier de la doctrine de l'Église sur la sexualité. À ce point un pourrait se demander : pourquoi n'approuve-t-on pas l’union libre ? Et pourquoi pas les rapports entre homosexuels ? La question de fond est donc simple : qu'en est-il du premier mariage ? Mais personne ne répond. Jean-Paul II disait en 2000 dans une allocution à la Rote qu’ « Il émerge avec clarté qui la non extension du pouvoir du Pontife Romain aux mariages conclu et consommés est enseignée par le Magistère de l'Église comme doctrine à laquelle il faut définitivement s’en tenir, même si elle n'a pas été déclarée solennellement par un acte définitoire ». La formule technique « doctrine à laquelle il faut s’en tenir définitivement » (« dottrina da tenersi definitivamente »)  veut dire que sur ce point on n’admet plus de discussion parmi les théologiens ni le doute parmi les fidèles.

Donc ce n’est pas seulement une question de pratique, mais aussi de doctrine ?

Oui, ici on touche la doctrine. Inévitablement. On peut dire que non, mais c’est le cas. Et pas seulement. On introduit une coutume qui à la longue détermine cette idée dans peuple, et pas seulement les chrétiens : qu’il n'existe pas de mariage absolument indissoluble. Et ceci va évidemment contre la volonté du Seigneur. Il n'y a aucun doute là-dessus.

Mais n'y a-t-il pas un risque de considérer le sacrement seulement comme une levée de barrière disciplinaire et non comme un moyen de guérison ?

Il est vrai que la grâce du sacrement a aussi un effet de guérison, mais faut voir dans quel sens. La grâce du mariage guérit parce qu’elle libère l'homme et la femme de leur incapacité de s’aimer toujours avec toute la plénitude de leur être. Celle-ci est la médicine du mariage : la capacité de s’aimer toujours. C’est ce que signifie guérir, et non pas qu’on améliore un peu l’état de la personne alors qu’en réalité elle reste malade, c'est-à-dire à la base qu’elle reste encore incapable d’un caractère définitif. L'indissolubilité matrimoniale est un don qui est fait de Christ à l'homme et à la femme qui s'épousent en Lui. C’est un don ; ce n'est pas avant tout une règle qui est imposée. Ce n'est pas un idéal auquel ils doivent tendre. C’est un don, et Dieu ne se repentit jamais de ses dons. Ce n’est pas pour rien que Jésus, en répondant aux Pharisiens, fonde sa réponse révolutionnaire sur un acte divin. « Ce que Dieu a uni », dit Jésus. C’est Dieu qui unit, sinon le caractère définitif resterait un désir qui est certes naturel, mais impossible se réaliser. C’est Dieu Lui-même qui offre l’accomplissement. L'homme peut même décider de ne pas appliquer cette capacité d'aimer définitivement et totalement. La théologie catholique a ensuite conceptualisé cette vision de foi au travers du concept de lien conjugal. Le mariage, le signe sacramentel du mariage, produit immédiatement parmi les conjoints un lien qui ne dépend plus de leur volonté, parce qu'il est un don que Dieu leur a fait. Ces choses ne sont pas dites aux jeunes qui se marient aujourd'hui. Et ensuite nous nous étonnons qu’il arrive certaines choses. Un débat très passionné a tourné autour du sens de la miséricorde. Quelle valeur a ce mot ? Prenons la page de Jésus et de la femme adultère. Pour la femme trouvée en flagrant d’adultère, la loi mosaïque était claire : elle devait être lapidée. Les Pharisiens en effet demandent à Jésus ce qu’il en pensait, afin de le rallier à leur point de vue. S'il avait dit :« Lapidez-la», ils auraient dit immédiatement : « Voilà : Lui qui prêche miséricorde, qui va manger avec les pécheurs, lorsque c’est le moment, Lui aussi dit de la lapider ». S'il avait dit « Vous ne devez pas la lapider », ils auraient dit : « Voilà à quoi amène la miséricorde : à détruire la loi et tout lien juridique et moral ». C’est là la perspective typique de la morale casuiste, qui vous amène inévitablement dans une impasse où il y a le dilemme entre la personne et la loi. Les Pharisiens tentaient d’amener Jésus dans cette impasse. Mais il sort totalement de cette perspective, et dit que l'adultère est un grand mal qui détruit la vérité de la personne humaine qui trahit. Et précisément parce que c’est un grand mal, Jésus, pour l'enlever, ne détruit pas la personne qui l'a commis, mais la guérit de ce mal lui et recommande de ne pas retomber dans ce grand mal qu'est l'adultère. « Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus ». Voilà la miséricorde dont seul le Seigneur est capable. Voilà la miséricorde que l'Église, de génération en génération, annonce. L'Église doit désigner ce qui est mal. Elle a reçu de Jésus le pouvoir de guérir, mais à la même condition. Il est tout à fait vrai que le pardon est toujours possible : il est pour l'assassin, est même pour l'adultère. C’était déjà une difficulté que présentaient les fidèles à Augustin: on pardonne l’homicide, mais malgré cela la victime ne revient pas à la vie. Pourquoi ne pas pardonner le divorce, cet état de vie, le nouveau mariage, même si un « retour à la vie » du premier n'est plus possible ? La chose est complètement différente. Dans l’homicide on pardonne à une personne qui a haï une autre personne, et on demande le repentir sur cela. L'Église, au fond, s’attriste non parce qu'une vie physique est terminée, mais plutôt parce que dans le cœur de l'homme il y a eu une haine telle qu’elle pousse même à supprimer la vie physique d'une personne. C’est cela le mal, dit l'Église. Tu dois te repentir de cela et je te pardonnerai. Dans le cas d’un divorcé remarié, l'Église dit : « C’est cela le mal : le refus du don de Dieu, la volonté de casser le lien instauré par le Seigneur Lui-même ». L'Église pardonne, mais à condition que il y ait le repentir. Mais le repentir dans ce cas signifie retourner au premier mariage. Il n'est pas sérieux de dire : je suis repenti mais je reste dans l’état qui constitue la rupture de lien dont je me repens. Souvent (dit-on), ce n'est pas possible. Il existe de telles circonstances, certes, mais alors dans ces conditions cette personne est dans un état de vie objectivement contraire au don de Dieu. Familiaris Consortio le dit explicitement. La raison pour laquelle l'Église n'admet pas les divorcés remariés à l'Eucharistie n'est pas que l'Église présume que tous ceux qui vivent dans cette situation soient en péché mortel. La situation subjective de ces personnes est connue du Seigneur, qui voit dans la profondeur du cœur. Saint Paul le dit aussi : « Vous ne vouliez pas juger avant que ce soit le moment ». Mais parce que (et cela est justement écrit dans Familiaris Consortio) « leur état et leur condition de vie sont en contradition objective avec la communion d'amour entre le Christ et Église, telle qu’elle s’exprime et est rendue présente dans l'Eucharistie » (FC 84). La miséricorde de l'Église est celle de Jésus, celle qui dit qu'a été bafouée la dignité de l'épouse, le refus du don de Dieu. La miséricorde ne dit pas : « Patience, essayons d’y remédier comme nous le pouvons ». Cela c’est la tolérance, qui est fondamentalement différent de la miséricorde. La tolérance laisse les choses comme elles sont pour des raisons supérieures. La miséricorde est la puissance de Dieu qui enlève de l'état d'injustice.

Il ne s'agit donc pas d’arrangement.

Ce n'est pas un arrangement; pareille chose serait indigne du Seigneur. Pour faire les arrangements, les hommes suffisent. Ici il s’agit de régénérer une personne humaine, ce dont seul Dieu est capable, et en son nom, l'Église. Saint Thomas dit que la justification d'un pécheur est une œuvre plus grande que la création de l'univers. Lorsque un pécheur est justifié, il arrive quelque chose qu'il est plus grand que tout l'univers. Un acte qui peut-être se produit dans un confessionnal, à travers un prêtre humble, pauvre. Mais là on accomplit un acte plus grand que la création du monde. Nous ne devons pas réduire la miséricorde à des arrangements, ou la confondre avec la tolérance. C’est injuste envers l'œuvre du Seigneur.

Un des points les plus fréquemment invoquées par ceux qui souhaitent une ouverture de l'Église aux personnes qui vivent dans des situations considérées irrégulières est que la foi est une mais que les modalités pour l'appliquer aux circonstances particulières doivent être adéquates à l’époque, comme l'Église l’a toujours fait. Qu'en pensez-vous ?

L'Église peut se limiter à aller là où la portent les processus historiques comme si c’étaient des dérives naturelles ? C’est en cela que consiste l’annonce de l'Évangile ? Je ne le crois pas, parce que sinon, je me demande comme on fait pour sauver l'homme. Je vais vous raconte une anecdote. Une épouse encore jeune, abandonnée par son mari, m'a dit qu'elle vit dans la chasteté mais que cela lui pèse terriblement. Parce que, dit-elle, « je ne suis pas une nonne, mais une femme normale ». Mais elle m'a dit qu’elle ne pourrait pas vivre sans l’Eucharistie. Et donc même le poids de la chasteté devient léger, parce qu'elle pense à l'Eucharistie. Un autre cas. Une dame qui a quatre enfants a été abandonnée par son mari après plus que vingt ans de mariage. La dame me dit qu’à ce moment elle a compris qu'elle devait aimer son mari sur la croix, « comme Jésus a fait avec moi ». Pourquoi ne parle-t- on pas de ces merveilles de la grâce de Dieu ? Ces deux femmes ne se sont  pas adaptées à l’époque ? Il est certain qu'elles ne se sont pas adaptées à l’époque. Je vous assure, il reste très mauvais de prendre acte du silence, dans ces semaines de discussion, sur la grandeur des épouses et des époux qui, bien qu’abandonnés, restent fidèles. Le professeur Grygiel a raison lorsqu’il écrit que ce que les gens pensent de Lui n'intéresse pas beaucoup Jésus. C’est ce que pensent ses apôtres qui l’intéresse. Combien de prêtres et d’évêques pourraient témoigner d’épisodes de fidélité héroïque. Il y a quelques années, j'étais ici à Bologne, et j’ai voulu rencontrer des divorcés-remariés. Il y avait plus de trois cents couples. Nous sommes restés ensemble tout un dimanche après-midi. À la fin, plusieurs m’ont dit qu’ils avaient compris que l'Église est vraiment mère lorsqu’elle empêche de recevoir l'Eucharistie. En ne pouvant pas recevoir l'Eucharistie, ils comprennent combien est grand du mariage chrétien, et combien est beau l'Évangile du mariage.

De plus en plus souvent on évoque le thème du rapport entre le confesseur et le pénitent, comme solution possible à la souffrance de celui qui a vu échouer son projet de vie. Qu’en pensez-vous ?

La tradition de l'Église a toujours distingué - distingué, et non séparé - sa tâche magistérielle du ministère du confesseur. En employant une image, nous pourrions dire qu'elle a toujours distingué la chaire du confessionnal. C’est une distinction qui ne veut pas signifier une duplicité, mais plutôt que l'Église de la chaire, lorsqu’elle parle du mariage, témoigne une vérité qui n'est pas avant tout une règle ou un idéal vers lequel il faut tendre. C’est là qu’intervient avec tendresse le confesseur, qui dit au pénitent : « Tout ce que tu as entendu de la chaire, c’est ta vérité, qui concerne ta liberté, blessée et fragile ». Le confesseur mène le pénitent en chemin vers la plénitude de son bien. Ce n'est pas que le rapport entre la chaire et le confessionnal soit un rapport entre l’universel et le particulier. C’est ce que pensent les casuistes, surtout au dix-septième siècle. Devant le drame de l'homme, la tâche du confesseur n'est pas de recourir à la logique qui sait passer de l'universel au particulier. Le drame de l'homme ne réside pas dans le passage de l'universel au singulier. Il réside dans le rapport entre la vérité de sa personne et sa liberté. C’est là le cœur du drame humain, parce qu’avec ma liberté je peux nier ce que j'ai à peine affirmé avec ma raison. Je vois le bien et je l'approuve, et ensuite je fais le mal. C’est cela le drame. Le confesseur se situe à l’intérieur de ce drame, pas dans le mécanisme entre universel et particulier. S'il le faisait, il tomberait inévitablement dans l'hypocrisie et il serait porté à dire « Certes, c’est la loi universelle, mais puisque tu te trouves dans ces circonstances, tu n'es pas obligé ». Inévitablement, on créerait un état de fait dont l’invocation rendrait la loi répréhensible. Hypocritement, donc, le confesseur aurait déjà promulgué une autre loi à côté de celle prêchée depuis la chaire. C’est de l’hypocrisie ! Imaginez si le confesseur ne rappelait jamais à la personne qui se trouve devant lui que nous sommes en chemin. On risquerait, au nom de l'Évangile de la miséricorde, de rendre vain l'Évangile de la miséricorde. Sur ce point Pascal a vu juste dans ses Provinciales, pour d’autres aspects profondément injustes. À la fin l'homme pourrait se convaincre qu'il n'est pas malade, et donc n'a pas besoin de Jésus Christ. Un de mes enseignants, le serviteur de Dieu père Cappello, grand professeur de droit canonique, disait que lorsqu’on entre dans un confessionnal il ne faut pas suivre la doctrine des théologiens, mais l'exemple des saints."

Posté le 18 mars 2014 à 07h38 par Michel Janva | Lien permanent

17 mars 2014

Des messes pour la France

L’Abbé Jean de Chambord organise une messe perpétuelle dans le forme extraordinaire du rite romain (nous l'avions évoqué ici). Il explique à Vu de France :

"Quiconque se penche un peu sur l’actualité en France peut observer sans difficulté la décadence morale qui y règne depuis des décennies, et qui ne fait que s’accélérer. A cette ruine morale s’ajoute un chaos social et économique qui ne fait que s’accroître. Tout peut faire penser, à vue humaine, que nous allons droit vers une impasse et que la France ne se récupèrera pas d’une chute aussi grande. Nous pourrions même croire que tout ceci pourrait déboucher sur une guerre civile.

Comme tout français amoureux de son pays, et respectueux des traditions qu’il a reçues des anciens, une telle constatation ne pouvait que m’emplir de tristesse. Cependant, pour celui qui a la foi, la fatalité n’existe pas. Dieu est au-dessus de tout. Le même Dieu qui a permis notre chute pourrait aussi nous relever, et le faire même très rapidement s’Il le jugeait bon. Il fallait donc prier ! Quand nous étudions l’Histoire de France nous voyons que c’est parce que les âmes pieuses priaient Dieu qu’Il prenait en pitié l’état de notre Patrie. Voyez par exemple les apparitions de Notre-Dame à Pontmain, en 1871, ou de l’Isle-Bouchard, en 1947 : la France fut sauvée par la prière des enfants.

[...] Il me faut remarquer deux choses : tout d’abord, il me semble que nous ne pouvons pas dire que les manifestations de l’an passé n’aient servi à rien. Les Français ont réagi ! Ils se sont réveillés ! Et ça, c’est un progrès énorme, si l’on compare vingt ans en arrière. Maintenant, que cela n’ait rien donné sur le plan politique, ça n’est pas étonnant : le système démocratique français est vicié dès ses fondements. Il sert à divulguer les idéaux maçonniques et antichrétiens. Il ne représente pas le peuple, comme il le prétend, mais la volonté sectaire de quelques-uns. Et c’est justement cela que les Français doivent voir. Ils doivent se rendre compte que notre système politique est faux, absurde et mensonger.

Ensuite, parler de se battre est bien – et je vous avoue que par moments il me vient aussi des désirs de me « croiser » – mais cela requiert d’être pensé avec la tête froide. On ne nous demande pas de tout accepter, de tout laisser passer. Au contraire : un catholique a le devoir de désobéir à ce qui est contraire à la foi et à la morale. Nous devons donc refuser les lois et dispositions impies de notre pitoyable gouvernement, et nous pouvons le manifester en public. Nous pouvons encore nous défendre, selon le principe de légitime défense, si l’on nous agresse à cause de notre foi ou que l’on attente à des valeurs fondamentales de notre Patrie (comme la famille, la vie…). Mais pour sortir se battre, directement, cela demande de bien savoir ce que l’on pourra ensuite faire : quel chef on pourra proposer, est-ce que l’on sera en mesure d’éviter une guerre civile ou le chaos etc. Ce n’est pas si évident.

Dans l’immédiat, il faut nous former et former les autres, chercher toute action politique et sociale qui serve à propager efficacement le règne du Christ. [...]

Posté le 17 mars 2014 à 16h15 par Michel Janva | Lien permanent

Un prêtre de l'Oratoire nommé évêque en Angleterre

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"Le P. Robert Byrne va devenir évêque auxiliaire de Birmingham.

Le P Byrne était « Summorum Pontificum » avant même le motu proprio : il est un membre de l’Oratoire de Birmingham, qui avait été chargé par l’archevêque du lieu de créer un Oratoire à Oxford. En 1993 l’Oratoire d’Oxford devenait indépendant. On y célèbre une messe de saint Pie V tous les dimanches et fêtes depuis 2004. (Quant à la messe de Paul VI elle est célébrée en latin.)

Il n’est pas interdit de voir dans cette nomination un fruit de la visite de Benoît XVI, quand il était venu à Birmingham célébrer la béatification du cardinal Newman, le fondateur de l’Oratoire, en septembre 2010."

Posté le 17 mars 2014 à 15h35 par Michel Janva | Lien permanent

16 mars 2014

En Belgique, une vierge qui s'illumine la nuit attire les foules


Une statue de la vierge qui s'illuminerait le soir attire du monde à Sart-lez-Spa 

Posté le 16 mars 2014 à 14h56 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

14 mars 2014

Les conversions du général Delaunay

Né en 1923, le général Delaunay était chef de l'état-major de l'armée de Terre française du  1er octobre 1980 au 9 mars 1983. Le 16 août 1949, pendant la guerre d'Indochine, une grenade lui explose entre les mains. Il survit mais perd la main droite, ce qui ne l’empêche pas de reprendre le combat. Durant la guerre d'Algérie, il  est capitaine puis général, il dirige l'École de cavalerie de Saumur de 1976 à 1979. Aujourd'hui, il écrit aux Hommes-Adorateurs

"On me demande de dire la place qu’a tenu la prière dans ma vie, et notamment l’oraison. J’ai toujours été chrétien mais j’ai connu plusieurs conversions successives.Mon mariage avec une chrétienne d’abord. Par amour, je me suis laissé entraîner par elle dans une recherche personnelle de Dieu à travers Jésus. La mort de notre troisième enfant, Pascale, suivant de peu notre entrée aux  Equipes Notre Dame, fut ensuite pour moi un double choc, déterminant. L’accession progressive à des responsabilités grandissantes et l’affrontement correspondant à des difficultés m’ont amené à me confier davantage à Dieu. J’y ai toujours retrouver la paix et la confiance en Jésus et en moi.

Aujourd’hui, arrivé à la grande vieillesse, vulnérable et environné par la mort, j’ai l’impression d’avoir été accompagné tout au long de ma vie et j’en rends grâces à Dieu. J’attends sereinement la Rencontre entre cette vie et l’autre, un commencement et pas une fin.

Sur le fond, voici ce que j’ai à dire :

  1. Pour trop de mâles humains, la religion, c’est une affaire de bonnes femmes. Moi, j’ai eu la chance d’avoir un père qui avait mis la foi au centre de sa vie et qui le montrait, tout en étant un excellent professionnel, un bon citoyen et un père admirable.A le regarder et à l’imiter, j’ai appris que la prière ne remplace pas la compétence mais qu’on est d’autant meilleur qu’on peut s’appuyer sur Dieu, à travers ce face à face qu’on appelle l’oraison, (adoration quand on est devant le Saint Sacrement). C’est pourquoi je l’ai mise dans ma vie et je continue à la pratiquer tous les jours.
  2. Devant la déliquescence de la société et la sinistrose ambiante, il ne nous reste que la prière. Et pas seulement celle des vieilles dames : celle des hommes dans la force de l’âge, des responsables : prière collective et prière individuelle. C’est de celle-là que je parlerai surtout.
  3. La pratique de l’oraison quotidienne, c’est surtout une question de volonté. Il m’a fallu des années de combat et de chutes pour réussir à la placer dans ma vie.
  4. Bien que ce soit une affaire d’amour, il y a, si j’ose dire, une technique de l’oraison. Je mets mon réveil sur alerte pour 30 minutes pour n’avoir pas à regarder ma montre. Je fais le calme en moi, je respire, je m’imbibe d’un texte évangélique, je fais mon cinéma dans ma tête avec la scène en question en me mettant dans la peau de Zachée par exemple, puis je décroche mentalement le téléphone divin et j’ose m’adresser à Dieu en lui disant : « Me voilà ! Je t’aime et je veux rester avec toi. Je branche le pilote automatique. Maintenant c’est Toi qui es aux commandes ! »… et je reste là en silence dans l’abandon… jusqu’à ce que le vibreur sonne…
  5. Mes distractions, je ne les écarte pas : Je les prie, je les incorpore à mon oraison.
  6. Si je suis sec, je répète une formule, celle toute simple du pèlerin russe « Jésus Sauveur, prends pitié de moi, pécheur ! »
  7. Quand, c’est fini je m’abstiens de juger mon oraison mais je remercie mon « pilote » et je lui dis « A demain ! »
  8. Devant le Saint Sacrement, je fais de même mais pendant une heure et, si possible, de nuit.

Posté le 14 mars 2014 à 10h17 par Michel Janva | Lien permanent

Une centaine d'églises détruites ou endommagées en Syrie

Gregorios IIIPatriarche d'Antioche et de tout l'Orient d'Alexandrie et de Jérusalem, Président de l'Assemblée de la Hiérarchie Catholique en Syrie, a présidé l'Assemblée de la Hiérarchie Catholique en Syrie, le 12 mars au Liban, à cause de la difficulté de circuler à l'intérieur de la Syrie. À la fin de la réunion, l'Assemblée a publié le communiqué suivant : 

1- La crise syrienne entre dans sa quatrième année; notre position s'exprime par les mots de la Constitution pastorale "Gaudium et spes" (Concile Vatican II): « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. »

2- Nous prions pour les âmes de toutes les victimes. Nous prions pour la guérison de tous les malades, pour les blessés, les handicapés et pour les personnes marginalisées et en détresse. Nous nous souvenons des personnes kidnappées, surtout nos deux frères les Métropolites Youhanna Ibrahim et Boulos Yazaji, ainsi que des deux prêtres Michel Kayyal et Ishaq Mahfouz, et de beaucoup d'autres fils et filles de nos paroisses.

3- Nous proclamons notre refus de toute forme d'extrémisme, de takfirisme, de meurtre et d'extorsion, et de tout assaut contre l'homme et les bâtiments. Nous dénonçons les attaques contre les lieux de culte, églises ou mosquées. Le nombre des églises endommagées ou détruites, de différentes dénominations, s’élève à une centaine.

4- Nous affirmons que nous sommes solidaires de notre pays bien-aimé, la Syrie, peuple et gouvernement. Nous appuyons tous les efforts pour une solution pacifique, juste et rapide de la crise, surtout à travers la continuation de la conférence de Genève. Nous voulons une Syrie unifiée, libre, démocratique et pluraliste, avec tous les droits civiques pour tous, et nous voulons une vie digne pour tous les membres de la société syrienne, quel que soit leur parti.

5- À l'occasion du saint Carême, nous invitons nos fils et nos filles à jeûner et à faire preuve de solidarité, de charité et de collaboration pour alléger les souffrances des personnes déplacées, dans le pays ou à l'extérieur. Nous avons besoin de la grâce du jeûne, de la prière, de la force de l'esprit, de la foi, de l'espérance et de la charité. Nous ne devons pas succomber aux sentiments de désespoir, de frustration et de peur, malgré notre souffrance tragique et horrible qui augmente chaque jour. Nous écoutons la voix du Saint Père, le Pape François, nous le remercions pour son appui, sa charité et ses prières pour la Syrie. Il nous dit: «Ne perdons jamais le courage de la prière». Il a dit aussi: "Ne laissons jamais la flamme de l'espoir s'éteindre dans nos cœurs." Nous appelons tout le monde à faire en sorte que, dans toute la Syrie, surtout parmi les chrétiens durant le saint Carême, des mains soient élevées en prière. Que le Carême fasse surgir en nous les sentiments et la force de l'espérance. !

 

6- Nous demandons à Dieu de conduire notre chemin de croix tragique et sanglant vers l'aube et la joie de la sainte Résurrection. Que la Syrie se rétablisse dans la paix, la sécurité, l'amour, l'amitié, la communication, la solidarité, le respect mutuel, la convivialité, et la vie digne pour tous les citoyens !

7- Nous nous adressons à tous les citoyens les invitant à œuvrer pour la paix par tous les moyens, au niveau local et international, en insistant sur le cessez-le-feu, le dialogue, la réconciliation et la reconstruction. Nous sommes tous responsables du travail sérieux pour la paix.

8- Nous adressons un remerciement particulier à Sa Sainteté le Pape François et nous lui présentons nos félicitations à l'occasion du premier anniversaire de son pontificat. Nous remercions aussi toutes les institutions internationales, surtout catholiques, pour leur aide, offerte dans le but d'alléger la souffrance de tous les citoyens syriens.

La Vierge Marie, Notre Dame de Damas et Notre Dame de Saidnaya et de tous les autres lieux de pèlerinages mariaux, garde la Syrie par son affection: elle répandra la paix et l'amour dans tous le pays. Nous appelons à la conscience internationale, surtout les personnes concernées par la crise syrienne dans les pays de décision, afin qu'ils trouvent la solution de la crise.

Avec l'Église nous prions: " Commémorant notre Très-sainte Vierge, Marie, Mère de Dieu, et tous les Saints, recommandons-nous, tous et chacun de nous, les uns les autres, et chaque instant de notre vie à Jésus-Christ notre Dieu. »

Avec le Seigneur nous disons aux fils et aux filles de nos paroisses:

N'aie pas peur, petit troupeau!

Soyez lumière! Sel! Et levain!"

Posté le 14 mars 2014 à 07h27 par Michel Janva | Lien permanent

12 mars 2014

Né d'un viol, il devient prêtre et confesse son père

Lu sur Aleteia :

"Un prêtre équatorien explique avoir été conçu d’un viol, lorsque sa mère n’avait que 13 ans. Plus tard, il n’a pas seulement pardonné à son père, il l’a également confessé. « J’aurais pu finir dans une poubelle, mais on m’a donné la vie », a déclaré le Père Luis Alfredo León Armijos, 41 ans, lors d’une interview à ACI Prensa l’année dernière.

Le prêtre a ainsi raconté que sa mère, Maria Eugenia Armijos, devait faire le ménage dans une maison de Loja en Equateur, afin d’aider ses parents à nourrir ses sept frères et sœurs. Elle avait à peine 13 ans lorsque « son patron, profitant qu’elle soit seule, abusa d’elle et la mît enceinte ».

La famille de Maria Eugenia ne l’accepta pas. « Ils ne voulaient pas que l’enfant naisse, et ils ont alors frappé son ventre et lui firent boire des substances pour la faire avorter », explique le prêtre. La jeune fille décida alors de fuir à Cuenca, où elle put donner naissance à Luis Alfredo, né avec des problèmes respiratoires dus au jeune âge de la mère.

Après quelque temps, Maria Eugenia retourna à Loja avec l’enfant. « Elle fut alors sous la protection de son violeur – mon père – qui a reconnu que j’étais son fils et a déclaré qu’il prendrait soin de moi », déclare León, « mais cela ne veut pas dire que leurs relations s’étaient arrangées ».

« Ils ont eu trois autres enfants, mais lui et moi restions très distants »,
précise le prêtre. Lorsque le Père León eut 16 ans, il fut invité au Renouveau Charismatique : « C’est là que j’ai rencontré pour la première fois le Christ ».

A 18 ans, il décida alors d’entrer au Séminaire de Loja, et à 23 ans il fut ordonné prêtre grâce à une permission spéciale de l’évêque, due à son très jeune âge. Ses parents se sont séparés deux ans après, et sa mère lui avoua alors comment il avait été conçu.

León déclare s’être ainsi rendu compte que « Dieu lui avait permis de devenir prêtre, non pas pour juger, mais pour pardonner. J’ai énormément jugé mon père pour tout ce qu’il avait fait ». Des années après, le jeune prêtre reçut un appel de son père qui allait être opéré. « Il avait peur et il m’a dit : "Je veux que tu écoutes ma confession", déclare León.

« Je lui ai répondu : ‘Père, tu mérites le ciel. Tu mérites la vie éternelle’. A ce moment là, les yeux de mon père se sont remplis de larmes ». [...]"

Posté le 12 mars 2014 à 17h55 par Michel Janva | Lien permanent

11 mars 2014

Suède : un évangélique de renom se convertit

Bonne nouvelle rapportée par La Vie :

U"Les évangéliques suédois sont sonnés. L'incroyable est arrivé. Ulf Ekman, fondateur de la plus grande megachurch évangélique suédoise, a fait savoir qu'au terme d'une longue réflexion, il allait se convertir au catholicisme. Il a lui-même fait l'annonce lors de sa dernière prédication, dimanche 9 mars, dans l'église qu'il a lui-même fondée il y a 30 ans à Upsal. [...]

Tous les Suédois ont en effet entendu parler d'Ekman, pasteur charismatique qui prêche depuis des décennies et sans aucun complexe un christianisme évangélique « orthodoxe », voire littéraliste. Après avoir claqué la porte de l'Eglise luthérienne de Suède, où il était pasteur, il a créé avec fracas en 1983 une petite communauté charismatique : Livets Ord (littéralement « La Parole de la Vie »). Le but étant de revenir aux fondamentaux de la foi, non sans triomphalisme et en prêchant notamment la guérison, selon le modèle des grandes Eglises pentecôtistes américaines. Le tout en s'opposant explicitement à la théologie libérale des luthériens d'une part et, d'autre part, à la papauté, diabolique, des catholiques...

Depuis sa création en 1983, Livets Ord a connu un grand succès populaire. Son école biblique est devenue une référence parmi les évangéliques et serait la plus importante de Scandinavie. En quelques années, elle s'est surtout imposée comme la plus grande megachurch en Suède, attirant des personnes de toutes les générations et de toutes les couches sociales. Aujourd'hui, elle a 3300 membres baptisés et attire plusieurs milliers de personnes chaque dimanche. [...]

Or, l'évolution la plus spectaculaire et la plus méconnue de Livets Ord est celle que le pasteur fondateur a voulu incarner lui-même : son ouverture à d'autres traditions chrétiennes. [...] Avec son épouse Birgitta, il a notamment vécu en Terre sainte pendant trois ans, où il a découvert des Eglises orthodoxes et surtout la catholique. Il y a appris les fondements du dialogue oecuménique, qu'il refusait jusqu'alors. A force de la fréquenter, il a aussi réalisé que l'Eglise catholique, en particulier, ne correspondait pas à ses propres « préjugés », selon sa propre expression. Le couple Ekman a commencé à prier avec des catholiques charismatiques, dont il apprécie tant « la foi vivante ». [...]

Voici comment Ulf Ekman a expliqué un bout du chemin de sa propre conversion et celle de son épouse Birgitta dans une lettre envoyée à tous les membres de Livets Ord le 9 mars (c'est nous qui traduisons) : « Comme vous le savez, nous avons pendant ces dix dernières années ressenti le besoin de rechercher une unité plus profonde dans le corps du Christ. Pour moi, cela a commencé déjà à la fin des années 90 quand le Seigneur m'a lancé un défi : apprendre à connaître la vraie nature de l'Eglise. Qu'est-ce à dire? Il s'agit de comprendre non seulement ce que l'assemblée de Dieu fait, réussit à faire et croit, mais aussi qui nous sommes vraiment en tant que peuple de Dieu, en tant que corps du Christ. Tout cela nous a conduit à poser des questions sur ce que serait une foi vivante et authentique et sur ce que serait une expression concrète et authentique de ce qu'est l'Eglise dans sa complétude aujourd'hui. Jésus a institué une Eglise physique concrète qui devait porter sa Parole et sa présence dans tous les temps. Jésus est sérieux quand il demande dans Jean 17, 21 que nous devons être un comme Lui et le Père sont un, pour que le monde croie. Il n'est pas possible de chercher cette unité sans prendre en compte et s'ouvrir aux grandes Eglises historiques. » [...]"

Posté le 11 mars 2014 à 23h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

09 mars 2014

Vers la béatification de Mgr Fulton Sheen

Votre blog avait évoqué il y a bientôt un an la réédition de l'excellent ouvrage de Mgr Fulton Sheen sur le vie de Notre-Seigneur. J'apprends sur Americatho que son procès en béatification avance.

"Né en 1895 et décédé en 1979, Fulton Sheen (né Peter John Sheen) fut le plus prodigieux évangélisateur catholique de son temps et une personnalité particulièrement connue du peuple américain, et pas seulement des catholiques, en raison de son génie à utiliser, pendant plus d’un quart de siècle, les moyens modernes de communication, la radio puis la télévision, pour prêcher l’Évangile. Il fut le premier « télévangéliste» pour reprendre la formule inventée par le magazine Time. En 2002 sa cause en canonisation fut ouverte dans le diocèse de Peoria et le 28 juin 2012 le pape Benoît XVI décrétait l’héroïcité des vertus de l’évêque de Rochester (New York) élevé à la dignité archiépiscopale par Paul VI en 1969. [...]"

Posté le 9 mars 2014 à 16h05 par Michel Janva | Lien permanent

05 mars 2014

"Il s'est fait pauvre pour nous enrichir par sa pauvreté" (2 Cor 8,9)

Message de Sa Sainteté le pape François à l'occasion du Carême 2014 :

P"Je voudrais vous offrir, à l’occasion du Carême, quelques réflexions qui puissent vous aider dans un chemin personnel et communautaire de conversion. Je m’inspirerai de la formule de Saint Paul : « Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté » (2 Co 8, 9). L’Apôtre s’adresse aux chrétiens de Corinthe pour les encourager à être généreux vis-à-vis des fidèles de Jérusalem qui étaient dans le besoin. Que nous disent-elles, ces paroles de saint Paul, à nous chrétiens d’aujourd’hui ? Que signifie, pour nous aujourd’hui, cette exhortation à la pauvreté, à une vie pauvre dans un sens évangélique ?

La grâce du Christ

Ces paroles nous disent avant tout quel est le style de Dieu. Dieu ne se révèle pas par les moyens de la puissance et de la richesse du monde, mais par ceux de la faiblesse et la pauvreté : « Lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous … ». Le Christ, le Fils éternel de Dieu, qui est l’égal du Père en puissance et en gloire, s’est fait pauvre ; il est descendu parmi nous, il s’est fait proche de chacun de nous, il s’est dépouillé, « vidé », pour nous devenir semblable en tout (cf. Ph 2, 7 ; He 4, 15). Quel grand mystère que celui de l’Incarnation de Dieu ! C’est l’amour divin qui en est la cause, un amour qui est grâce, générosité, désir d’être proche et qui n’hésite pas à se donner, à se sacrifier pour ses créatures bien-aimées. La charité, l’amour, signifient partager en tout le sort du bien-aimé. L’amour rend semblable, il crée une égalité, il abat les murs et les distances. C’est ce qu’a fait Dieu pour nous. Jésus en effet, « a travaillé avec des mains d’homme, il a pensé avec une intelligence d’homme, il a agi avec une volonté d’homme, il a aimé avec un cœur d’homme. Né de la Vierge Marie, il est vraiment devenu l’un de nous, en tout semblable à nous, hormis le péché » (Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et Spes, n. 22 § 2).

La raison qui a poussé Jésus à se faire pauvre n’est pas la pauvreté en soi, mais, – dit saint Paul – [pour que] « … vous deveniez riches par sa pauvreté ». Il ne s’agit pas d’un jeu de mots, ni d’une figure de style ! Il s’agit au contraire d’une synthèse de la logique de Dieu, de la logique de l’amour, de la logique de l’Incarnation et de la Croix. Dieu n’a pas fait tomber sur nous le salut depuis le haut, comme le ferait celui qui donne en aumône de son superflu avec un piétisme philanthropique. Ce n’est pas cela l’amour du Christ ! Lorsque Jésus descend dans les eaux du Jourdain et se fait baptiser par Jean Baptiste, il ne le fait pas par pénitence, ou parce qu’il a besoin de conversion ; il le fait pour être au milieu des gens, de ceux qui ont besoin du pardon, pour être au milieu de nous, qui sommes pécheurs, et pour se charger du poids de nos péchés. Voilà la voie qu’il a choisie pour nous consoler, pour nous sauver, pour nous libérer de notre misère. Nous sommes frappés par le fait que l’Apôtre nous dise que nous avons été libérés,non pas grâce à la richesse du Christ, mais par sa pauvreté. Pourtant saint Paul connaît bien « la richesse insondable du Christ » (Ep 3, 8) « établi héritier de toutes choses » (He 1, 2).

Alors quelle est-elle cette pauvreté, grâce à laquelle Jésus nous délivre et nous rend riches ? C’est justement sa manière de nous aimer, de se faire proche de nous, tel le Bon Samaritain qui s’approche de l’homme laissé à moitié mort sur le bord de la route (cf. Lc 10, 25ss). Ce qui nous donne la vraie liberté, le vrai salut, le vrai bonheur, c’est son amour de compassion, de tendresse et de partage. La pauvreté du Christ qui nous enrichit, c’est le fait qu’il ait pris chair, qu’il ait assumé nos faiblesses, nos péchés, en nous communiquant la miséricorde infinie de Dieu. La pauvreté du Christ est la plus grande richesse : Jésus est riche de sa confiance sans limite envers le Père, de pouvoir compter sur Lui à tout moment, en cherchant toujours et seulement la volonté et la gloire du Père. Il est riche comme est riche un enfant qui se sent aimé et qui aime ses parents et ne doute pas un seul instant de leur amour et de leur tendresse. La richesse de Jésus, c’est d’être le Fils ; sa relation unique avec le Père est la prérogative souveraine de ce Messie pauvre. Lorsque Jésus nous invite à porter son « joug qui est doux », il nous invite à nous enrichir de cette « riche pauvreté » et de cette « pauvre richesse » qui sont les siennes, à partager avec lui son Esprit filial et fraternel, à devenir des fils dans le Fils, des frères dans le Frère Premier-né (cf. Rm 8, 29).

On a dit qu’il n’y a qu’une seule tristesse, c’est celle de ne pas être des saints (L. Bloy) ; nous pourrions également dire qu’il n’y a qu’une seule vraie misère, c’est celle de ne pas vivre en enfants de Dieu et en frères du Christ.

Notre témoignage

Nous pourrions penser que cette « voie » de la pauvreté s’est limitée à Jésus, et que nous, qui venons après Lui, pouvons sauver le monde avec des moyens humains plus adéquats. Il n’en est rien. À chaque époque et dans chaque lieu, Dieu continue à sauver les hommes et le monde grâce à la pauvreté du Christ, qui s’est fait pauvre dans les sacrements, dans la Parole, et dans son Église, qui est un peuple de pauvres. La richesse de Dieu ne peut nous rejoindre à travers notre richesse, mais toujours et seulement à travers notre pauvreté personnelle et communautaire, vivifiée par l’Esprit du Christ.

À l’exemple de notre Maître, nous les chrétiens, nous sommes appelés à regarder la misère de nos frères, à la toucher, à la prendre sur nous et à œuvrer concrètement pour la soulager. La misère ne coïncide pas avec la pauvreté ; la misère est la pauvreté sans confiance, sans solidarité, sans espérance. Nous pouvons distinguer trois types de misère : la misère matérielle, la misère morale et la misère spirituelle. La misère matérielle est celle qui est appelée communément pauvreté et qui frappe tous ceux qui vivent dans une situation contraire à la dignité de la personne humaine : ceux qui sont privés des droits fondamentaux et des biens de première nécessité comme la nourriture, l’eau et les conditions d’hygiène, le travail, la possibilité de se développer et de croître culturellement. Face à cette misère, l’Église offre son service, sa diakonia, pour répondre aux besoins et soigner ces plaies qui enlaidissent le visage de l’humanité. Nous voyons dans les pauvres et les laissés-pour-compte le visage du Christ ; en aimant et en aidant les pauvres nous aimons et nous servons le Christ. Notre engagement nous pousse aussi à faire en sorte que, dans le monde, cessent les atteintes à la dignité humaine, les discriminations et les abus qui sont si souvent à l’origine de la misère. Lorsque le pouvoir, le luxe et l’argent deviennent des idoles, ils prennent le pas sur l’exigence d’une distribution équitable des richesses. C’est pourquoi il est nécessaire que les consciences se convertissent à la justice, à l’égalité, à la sobriété et au partage.

La misère morale n’est pas moins préoccupante. Elle consiste à se rendre esclave du vice et du péché. Combien de familles sont dans l’angoisse parce que quelques-uns de leurs membres – souvent des jeunes – sont dépendants de l’alcool, de la drogue, du jeu, de la pornographie ! Combien de personnes ont perdu le sens de la vie, sont sans perspectives pour l’avenir et ont perdu toute espérance ! Et combien de personnes sont obligées de vivre dans cette misère à cause de conditions sociales injustes, du manque de travail qui les prive de la dignité de ramener le pain à la maison, de l’absence d’égalité dans les droits à l’éducation et à la santé. Dans ces cas, la misère morale peut bien s’appeler début de suicide. Cette forme de misère qui est aussi cause de ruine économique, se rattache toujours à la misère spirituelle qui nous frappe, lorsque nous nous éloignons de Dieu et refusons son amour. Si nous estimons ne pas avoir besoin de Dieu, qui nous tend la main à travers le Christ, car nous pensons nous suffire à nous-mêmes, nous nous engageons sur la voie de l’échec. Seul Dieu nous sauve et nous libère vraiment.

L’Évangile est l’antidote véritable contre la misère spirituelle : le chrétien est appelé à porter en tout lieu cette annonce libératrice selon laquelle le pardon pour le mal commis existe, selon laquelle Dieu est plus grand que notre péché et qu’il nous aime gratuitement, toujours, et selon laquelle nous sommes faits pour la communion et pour la vie éternelle. Le Seigneur nous invite à être des hérauts joyeux de ce message de miséricorde et d’espérance ! Il est beau d’expérimenter la joie de répandre cette bonne nouvelle, de partager ce trésor qui nous a été confié pour consoler les cœurs brisés et donner l’espérance à tant de frères et de sœurs qui sont entourés de ténèbres. Il s’agit de suivre et d’imiter Jésus qui est allé vers les pauvres et les pécheurs comme le berger est allé à la recherche de la brebis perdue, et il y est allé avec tout son amour. Unis à Lui, nous pouvons ouvrir courageusement de nouveaux chemins d’évangélisation et de promotion humaine.

Chers frères et sœurs, que ce temps de Carême trouve toute l’Église disposée et prête à témoigner du message évangélique à tous ceux qui sont dans la misère matérielle, morale et spirituelle ; message qui se résume dans l’annonce de l’amour du Père miséricordieux, prêt à embrasser toute personne, dans le Christ. Nous ne pourrons le faire que dans la mesure où nous serons conformés au Christ, Lui qui s’est fait pauvre et qui nous a enrichi par sa pauvreté. Le Carême est un temps propice pour se dépouiller ; et il serait bon de nous demander de quoi nous pouvons nous priver, afin d’aider et d’enrichir les autres avec notre pauvreté. N’oublions pas que la vraie pauvreté fait mal : un dépouillement sans cette dimension pénitentielle ne vaudrait pas grand chose. Je me méfie de l’aumône qui ne coûte rien et qui ne fait pas mal.

Que l’Esprit Saint, grâce auquel nous « [sommes] pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout » (2 Co 6, 10), nous soutienne dans nos bonnes intentions et renforce en nous l’attention et la responsabilité vis-à-vis de la misère humaine, pour que nous devenions miséricordieux et artisans de miséricorde. Avec ce souhait je vous assure de ma prière, afin que tout croyant et toute communauté ecclésiale puisse parcourir avec profit ce chemin de Carême. Je vous demande également de prier pour moi. Que le Seigneur vous bénisse et que la Vierge Marie vous garde."

Posté le 5 mars 2014 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

03 mars 2014

A Dubaï, une paroisse pour... 400 000 fidèles !

DubaiUne église de 1 700 places pour 400 000 fidèles, qui dit mieux ? D'après l''agence Fides, Sainte Marie de Dubaï accueillerait la plus grande communauté paroissiale catholique au monde. Les messes y sont célébrées presque sans interruption de 5h à 22h. Et hauts-parleurs et grands écrans ont dû être installés sur le parvis, pouvant accueillir jusqu'à 20 000 personnes lors des Solennités. Deux questions viennent alors à l'esprit.

  • Les Emiratis se seraient-ils convertis en masse ?

Non. Si les Emirats arabes unis font partie des régions du monde où la population chrétienne croît le plus vite, c'est parce qu'ils font venir massivement des ouvriers étrangers, notamment indiens et philippins, pour réaliser leurs projets immobiliers faramineux. A Dubaï, 85% de la population est étrangère.

  • Pourquoi seulement deux paroisses catholiques à Dubaï alors que l'émirat est officiellement favorable à la liberté de religion et de culte ?

Un long reportage de CCRT datant de 2012 (à partir de 16'50'') apporte quelques réponses. Les églises chrétiennes ne peuvent être construites que sur des terrains octroyés par la famille royale (ce qui peut expliquer la prudence des pasteurs interviewés) et la liberté de religion y est alors circonscrite : pas question d'organiser un cours de catéchisme chez soi et a fortiori, de tenter de convertir un musulman.

Posté le 3 mars 2014 à 15h37 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (6)

02 mars 2014

Islande : le nombre de catholiques a doublé en 10 ans

La construction de nouvelles églises s’avère nécessaire. L’évêque de Reykjavik l’affirme dans une lettre pastorale. En Islande, les catholiques représentent aujourd’hui environ 3% de la population, le pourcentage le plus élevé qui soit parmi les pays nordiques peuplés en majorité de luthériens ; mais les baptêmes sont dix fois plus nombreux que les funérailles. Dans la capitale Reykjavik, la cathédrale du Christ Roi peut accueillir 55 fidèles. Elle est désormais trop petite.

Posté le 2 mars 2014 à 17h36 par Michel Janva | Lien permanent

16 février 2014

Des diacres pour la nouvelle Fraternité des Saints Apôtres

Lu sur Riposte catholique :

"Le 14 février dernier, Mgr André Léonard, archevêque de Malines-Bruxelles, a ordonné trois diacres pour la Fraternité des Saints Apôtres. Ce nouvel institut, inspiré par l’abbé Michel-Marie Znotti-Sorkine, curé des Réformés à Marseille, a été reconnu par Mgr André Léonard le 6 avril 2013. À l’heure où la nouvelle évangélisation apparaît comme un besoin pressant, le primat de Belgique donne donc à son pays (et bientôt à la France ?) une communauté missionnaire nouvelle placée sous le patronage des apôtres qui convertirent les foules après le trépas et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ."

Posté le 16 février 2014 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

11 février 2014

La critique à l’égard de l’enseignement de l’Église est vive chez les personnes âgées

Depuis novembre, les épiscopats ont lancé des consultations sur la base d’un questionnaire communiqué par le Vatican, en vue de préparer le Synode sur la famille qui s’y tiendra du 5 au 19 octobre 2014. La conférence des évêques suisses a rendu public le 4 février l'une des consultations menées dans ce cadre. Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, et vice-président de la conférence des évêques suisses répond à Famille chrétienne :

"Les résultats de l’enquête menée par l’Institut suisse de sociologie pastorale expriment une opposition forte, y compris chez les catholiques, à la doctrine de l’Église sur les divorcés remariés, les unions homosexuelles…… Comment réagissez-vous ?

MTout le monde se doutait que les résultats n’auraient pas une tonalité de nature à satisfaire les évêques. Ce qui apparaît clairement, c’est que l’enseignement moral de l’Église n’est pas bien reçu, du moins ce que croient en connaître les personnes. En fait, beaucoup de gens croient connaître l’enseignement de l’Église alors que ce n’est pas le cas. C’est un clair défi sur le plan de la formation chrétienne. Toutefois, nous avons précisé qu’il ne s’agissait pas d’une consultation populaire : on n’a pas fait voter le peuple, comme cela se fait beaucoup en Suisse. On voulait avant tout avoir une vision assez générale de ce que les gens pensaient.

L’opposition à la doctrine de l’Église est-elle liée à une génération ?

La réaction vive, voire critique, à l’égard de l’enseignement de l’Église, on la sent en particulier chez les personnes âgées. Celles-ci sont marquées par une attitude de rejet à l’égard de l’Église, dont elles considèrent qu’elle « régentait » autrefois leur vie. Les jeunes sont plutôt indifférents ou, s’ils ont redécouvert la foi récemment, sont au contraire très attachés à cet enseignement. Mais ils sont nettement moins nombreux que leurs aînés. [...]

Existe-t-il un risque que la liberté des travaux du synode soit entravée par la pression des médias ?

Ce risque existe. Le fait même qu’on ait lancé cette consultation a suscité l’idée que l’Église allait changer. Avec pour conséquence un autre danger : celui de décevoir.

Ce risque ne viendrait-il pas d’un malentendu sur le rôle de l’Église ?….

Lors de la conférence de presse sur les résultats du questionnaire, j’ai remarqué que les journalistes ne parviennent souvent pas à comprendre que nous cherchions avant tout à transmettre l’enseignement du Christ et non à le modeler selon notre bon plaisir. Or, celui-ci est assez exigeant dans le domaine du mariage. Je constate une sorte d’incapacité à accepter comme sincère la position de la personne qui parle. Les journalistes ont l’impression que nous avons besoin d’exprimer notre jargon interne, mais que nous ne pensons pas ce que nous disons. Les propos que j’ai tenus, destinés à expliquer le message de l’Église sur la famille, n’ont généralement pas été retenus. Cela renforce mon impression qu’il y a besoin de formation. On le voit d’ailleurs aussi au succès rencontré par les cycles de formation chrétienne pour les adultes. C’est un défi très intéressant et tout sauf déprimant ! [...]"

Posté le 11 février 2014 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

09 février 2014

Reconnaissance de 124 martyrs de la foi

Le Pape François, en recevant en audience le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des Saints, a approuvé la promulgation de plusieurs décrets, parmi lesquels celui qui reconnaît le martyre de 124 laïcs coréens, Paolo Yun Ji-chung et ses 123 compagnons martyrs, tués « en haine de la foi » en Corée, entre 1791 et 1888.

Les 124 martyrs coréens seront donc prochainement béatifiés, comme d’ailleurs un autre « serviteur de Dieu » dont le Pape a reconnu le martyre, le père Francesco Zirano, de l’ordre des Frères mineurs conventuels, né à Sassari en 1564 et tué lui aussi « en haine de la foi » à Alger en 1603.

Le pape pourrait procéder lui -même à cette béatification à l'occasion d'un voyage en Corée du Sud.

Posté le 9 février 2014 à 20h12 par Michel Janva | Lien permanent

06 février 2014

Un nouveau directeur général pour la Légion du Christ

Eduardo Robles GilLe Saint Siège a confirmé aujourd'hui l'élection du Père mexicain Eduardo Robles Gil pour une période de 6 ans. A cette occasion, le Chapitre Général, réuni à Rome depuis le 8 janvier, a publié un communiqué demandant clairement pardon aux victimes du fondateur de la congrégation, le Père Maciel, et expliquant son chemin de renouveau. Le nouveau directeur des Légionnaires du Christ le présente ainsi :

"Le chapitre marque une fin et un nouveau départ. C’est ce que ressentent beaucoup des pères du chapitre (…). C’est pourquoi le chapitre a décidé de publier une déclaration pour les Légionnaires, les membres de Regnum Christi, et pour tous ceux qui ont suivi notre histoire récente. Nous ne pouvons pas effacer le passé. Nous avons à apprendre les leçons, déplorer ce qui s’est passé, avoir confiance dans la miséricorde de Dieu, et, comme saint Paul, courir vers le but à atteindre, le Christ."

Posté le 6 février 2014 à 18h21 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

01 février 2014

"Au-delà des idéologies, l'éducation, au service de la personne"

SpbLong texte très intéressant du professeur Sergio Belardinelli de l'Institut Redemptor Hominis et de l'Université de Bologne prononcé vendredi matin à l'occasion du colloque organisé par la communauté de l’Emmanuel sur le thème "Education et nouvelle évangélisation". 

Extrait choisi : 

"Ce que je veux souligner, c’est que, au sein de l’Eglise catholique, la centralité croissante de la personne humaine fait grandir la conscience évidente et prometteuse  de l’importance centrale de la question éducative. Evangéliser et éduquer vont ensemble. Et cela implique que l’Eglise, hors et dans le monde catholique, devient une sorte de dernier rempart qui défend la dignité et la liberté de l’homme, et dernier rempart qui défend également la meilleure tradition anthropologique de l’Occident.

Comme le disait Benoît XVI, dans sa lettre adressée au Diocèse de Rome le 21 janvier 2008, les difficultés actuelles à éduquer dépendent d’une “mentalité et une forme de culture qui portent à douter de la valeur de la personne humaine, du sens même de la vérité et du bien et, en ultime analyse, de la bonté de la vie. Il devient alors difficile de transmettre d’une génération à l’autre quelque chose de valide et de certain, des règles qui comportent des objectifs crédibles autour desquels on peut construire sa propre vie”.  

Il s’agit donc de se rappeler sans cesse qu’à la base de toute vraie action éducative il existe une question fondamentale : en quoi consiste le bien de l’homme ? Eduquer c’est finalement porter cette question aux nouveaux venus ; c’est assumer une grande responsabilité que l’on ne peut fuir, en évoquant parfois le fait que l’enfant pourrait très bien choisir lui-même quand il sera plus grand quel sera son bonheur. Il le fera de toute façon. Mais la manière dont cela adviendra, dépendra énormément de l’éducation qu’il aura reçue, même si, par chance, ce ne sera pas de manière exclusive.

A ce sujet, quelqu’un dira que, dans une société pluraliste, il existe différentes conceptions du “bien” et qu’il n’y a aucun sens à considérer l’une au l’autre comme le critère à suivre dans les pratiques éducatives. Il n’y a pas besoin qu’en souffrent le pluralisme, l’autonomie, la liberté et, par conséquent, le bonheur des individus.  Au fond, ces dernières années, nous avons été trompés par le fait que pluralisme et autonomie puissent signifier une sorte de légitimation de n’importe quel style de vie. Le labeur de l’éducation a laissé place à la spontanéité capricieuse du désir. Mais aujourd’hui, nous commençons à nous rendre compte que tel ou tel critère ne fonctionne plus ou du moins est insuffisant pour garantir une vie satisfaisante, aussi bien du point de vue individuel que social. Si nous avons à coeur de vivre dans une société meilleure, dans une plus grande phase de bien-être, une meilleure qualité de vie individuelle et sociale, nous ne pouvons plus reporter à plus tard une discussion de fond  sur les idées de vie bonne et de bonheur que nous entendons poursuivre. A plus forte raison quand celles-ci coïncident, tel es le cas dans le christianisme, avec la recherche du “bien du prochain”, du “bonheur des autres” (Evangelii gaudium, n. 272). Ne pas affronter ces idées, car dans notre société pluraliste ces idées sont de plus en plus controversées, signifie avoir l’attitude de l’autruche et ne pas s’apercevoir que c’est une des causes non secondaires de la crise actuelle de l’éducation, de l’évangélisation et du mal-être social actuel. Mais heureusement qu’autour de nous nous avons des témoins qui, par leur exemple de vie, nous disent qu’une autre voie est possible".

Posté le 1 février 2014 à 11h35 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (2)

30 janvier 2014

Des étudiants cathos ont besoin de leurs aînés

L'aumônerie du diocèse me communique :

"Aidez les étudiants du diocèse de Dijon à partir en Terre Sainte, aux sources de la foi.
La somme récoltée aidera à financer la participation des 48 dijonnais au pèlerinage national des étudiants du 23 juillet au 2 août.
Merci de leur offrir une expérience unique pour enraciner leur foi dans le Christ et dans la Parole de Dieu, ainsi que de rencontrer nos frères chrétiens de Terre Sainte".

Posté le 30 janvier 2014 à 10h36 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

28 janvier 2014

Le Pape nomme le nouveau secrétaire du Collège cardinalice

Il s'agit d'un évêque brésilien : 

"Le Pape François a nommé secrétaire du Collège cardinalice un prélat du Sud du monde : Mgr Ilson de Jésus Montanari, qu’il avait lui-même nommé au mois d’octobre secrétaire, c’est-à-dire numéro deux, de l’importante Congrégation pour les évêques, dirigée par le cardinal québécois Marc Ouellet. Ce prélat brésilien travaille pour le Saint-Siège depuis 2008".

Posté le 28 janvier 2014 à 21h14 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

23 janvier 2014

24 janvier : Hollande au Vatican. Jour de prières

Jdp

Une initiative à retrouver ici ou sur facebook.

Prière du jour

Seigneur, prince de la Paix, Roi de l’univers,
Nous Te confions notre monde : suscite des artisans de paix pour que se développe dans tous les pays une authentique civilisation de l’amour ;
Nous Te confions notre pays, la France, fille aînée de l’Eglise : qu’elle soit fidèle aux promesses de son baptême et soit dans le monde un signe vivant de Ton amour ;
Nous Te confions tous ses habitants : qu’ils puissent trouver la source de la vraie joie et contribuer à construire une société plus fraternelle ;

Nous Te confions chacune des familles de France : qu’elles puissent être pour tous un lieu d’unité et de solidarité, berceau et foyer d’espérance ;

Nous Te confions nos dirigeants économiques et politiques : inspire-leur le désir du Bien commun et le sens de la justice ;
Nous Te confions particulièrement aujourd’hui François Hollande et sa rencontre avec notre Saint-Père le pape : qu’elle inaugure un plus fécond rapport entre l’Eglise et les institutions civiles ;
Nous Te confions le pape François, évêque de Rome et pasteur de l’Eglise universelle : qu’il puisse la guider pour qu’elle soit toujours plus fidèle à Ton Evangile ;
Nous Te confions tous nos frères chrétiens, particulièrement ceux qui sont persécutés en haine de la foi : donne-nous la grâce d’agir pour l’unité des chrétiens, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux ;
Nous Te confions enfin notre propre mission de laïcs : qu’avec tous les hommes de bonne volonté et à la lumière de Ton évangile, nous sachions diffuser une culture de vie et de don;
Seigneur, par l’intercession de Saint François de Salles, du Bienheureux Frédéric Ozanam et de Pauline Jaricot, soutiens le Pape François dans sa mission, et inspire à François Hollande de gouverner selon Tes voies".

Posté le 23 janvier 2014 à 10h55 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

22 janvier 2014

Brésil : le Christ rédempteur va retrouver ses doigts

Les travaux nécessitent l'intervention... d'alpinistes !

"Les travaux de réparation du Christ rédempteur, statue géante de 38 mètres qui domine la ville de Rio de Janeiro sur le sommet du Corcovado, à 710 mètres d'altitude, ont débuté mardi 21 janvier. Dans la nuit du jeudi 16 janvier, le pouce et le majeur de la main droite et la tête de la « septième merveille du monde moderne » ont été frappés par la foudre lors d'un violent orage.

Vingt professionnels sont impliqués dans ces travaux parmi lesquels des ingénieurs, des architectes, des électriciens et une équipe d'alpinistes. Ces derniers seront notamment chargés d'installer des paratonnerres aux extrémités des membres de la statue réalisée par le sculpteur français Paul Landowski et édifiée en 1931."

Posté le 22 janvier 2014 à 15h27 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (2)

21 janvier 2014

Centrafrique : un prêtre ouvre son église pour protéger des musulmans

L’abbé Xavier Fagba, curé de l'église Saint-Pierre de Boali, au nord-ouest de Bangui :

"Je ne permettrai pas que quiconque entre dans l’église et touche à qui que ce soit. Quelle que soit sa confession religieuse, je n’accepterai pas".

Posté le 21 janvier 2014 à 22h50 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (4)

La neuvaine pour la paix en Syrie commence aujourd'hui

En réponse à l'appel du patriarche Grégoire III Laham, qui demande une campagne internationale de prière pour le succès de la conférence Genève II :

"L’Observatoire de la Christianophobie s’associe de grand cœur à l’invitation du patriarche et lance une neuvaine de prière pour le succès de Genève II et la paix en Syrie. Nous la débuterons la veille de l’ouverture de Genève II, le 21 janvier pour la terminer le 29 du même mois. Je vous prie de bien vouloir vous y associer. Les catholiques sont invités à prier avec ferveur 10 (dix) Je Vous salue Marie quotidiennement à ces intentions. Pour nos frères chrétiens d’autres affiliations, qu’ils veuillent bien, selon ce que leur conscience éclairée par le Saint-Esprit leur inspirera, prier à leur manière pendant ces neuf jours aux mêmes intentions. Soyons tous bien unis dans la prière pour la paix en Syrie et le salut de nos frères chrétiens de ce pays ravagé par la guerre. » Vous pouvez donc vous associer encore aujourd’hui – et à tout moment – à cette neuvaine de prière pour la paix en Syrie et me le signaler ici ! Merci."

Posté le 21 janvier 2014 à 13h45 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

19 janvier 2014

Conversation avec un chartreux sur la vocation du…chartreux

Le chartreux : La vocation à la solitude de la Chartreuse exige une volonté déterminée et un jugement équilibré.

Le curieux : Alors... les caractères tranquilles ont l’avantage par rapport aux tempéraments nerveux ?

-Pas toujours. Les tempéraments nerveux peuvent également bien s’adapter à la Chartreuse.

-Finalement, quelle est la qualité principale requise pour entrer au monastère ?

-Comme la vie du chartreux est une vie de prière, on peut difficilement admettre quelqu’un qui ne se sent pas attiré par le recueillement et la prière. Dans la vie contemplative, aucune qualité, pour excellente qu’elle soit, ne peut l’emporter sur l’esprit de prière.

-Quelle est la mission particulière du Maître des novices ?

-Veiller à leur formation, les aider dans leurs difficultés et les tentations qui  guettent habituellement les disciples du Christ au désert.

-Est-ce qu’on suit en Chartreuse une méthode spéciale d’oraison ?

-Normalement, le novice commence son apprentissage dans les voies de  l’oraison par la ‘lectio divina’. Cette méthode d’oraison est traditionnelle dans les monastères. Elle consiste à lire posément un passage de la Sainte Écriture et de le ‘ruminer’ lentement. Ensuite, en silence, on s’établit dans des sentiments d’action de grâce, de louange, de repentir que le texte a soulevés dans notre intérieur : il devient ainsi prière pour le Seigneur. Quand ce texte ne nous dit rien de spécial, ou quand surviennent les distractions, on se reprend à lire un autre bref passage de la Sainte Écriture que l’on laisse pénétrer dans le cœur.

Cette méthode d’oraison est très simple et réduit de façon notable les distractions. Toute l’ambiance de la Chartreuse dispose le moine à se laisser posséder par la prière.

-Cette formation à la vie d’oraison, lui accordez-vous une grande importance ?

-Impossible qu’il en soit autrement. Il est important que la prière du novice tende à se simplifier, qu’elle se convertisse en un simple regard amoureux vers le Seigneur. Il est bon que le novice parvienne à goûter la prière contemplative, dès les premiers degrés de ‘l’oraison de simple regard’, appelée aussi ‘oraison de quiétude’. Le Maître des novices, avec beaucoup de prudence, doit éduquer à la contemplation, conscient de ce qu’elle constitue le but de l’oraison.

-N’est-ce pas trop exiger de la part d’un simple novice ?

-Normalement, si un novice, par grâce, connaît l’expérience  contemplative, aussi simple et brève qu’elle puisse être, il sera déjà préparé à surmonter les moments de découragement, d’aridité spirituelle, et les crises qui, en général, ne manquent pas durant le noviciat. Pour extirper le ‘vieil homme’ qui sommeille dans les profondeurs de tout un chacun, il est très profitable de vivre habituellement en la présence du Seigneur : c’est ce que permet le contact continuel et priant de la parole de Dieu dans l’Office divin, la récitation des Heures ou la ‘lectio divina’.

Le jeune moine se libère peu à peu de la tyrannie des passions, du fort appel du monde sensible dont il s’est détaché en entrant en Chartreuse, oui, mais qui le poursuit en se cachant dans son intérieur. Il domine ainsi petit à petit la dispersion des sentiments, la superficialité, l’inconstance. Ainsi, tout son être, d’une manière quasi imperceptible, s’approche de Dieu. Maintenant, dans le recueillement, grâce au silence intérieur qui envahit son esprit, les sentiments d’adoration, de gratitude, et de joie lui deviennent naturels. Si ce pilier de la prière contemplative venait à manquer, la vocation serait toujours exposée au découragement, au va-et-vient des sentiments versatiles, à la fatigue, à l’aridité, au manque d’intérêt pour le spirituel : telles sont la plupart du temps les causes à l’origine des abandons de la vie monastique.

(…)

-Les autres Ordres religieux de vie apostolique se consacrent à la prédication, à l’enseignement, au soin des malades, etc. Vous, à quoi vous consacrez-vous ?

-Au cœur de l’Église, nous nous situons traditionnellement dans ce qu’on appelle « la vie contemplative ».

-Bon, mais en quoi consiste la vie contemplative d’un chartreux ?

-Elle est un mystère qui approche le Mystère de Dieu. Elle participe d’une certaine manière à la grandeur et à l’incompréhensibilité de Dieu. Au-delà des  choses du monde, au-delà même de tout idéal humain, au-delà de la perfection individuelle, le chartreux cherche Dieu. Il vit seulement pour Dieu. Il voue sa vie, corps et âme, à louer Dieu. Tel est le secret de la vie purement contemplative : vivre seulement pour Dieu, ne rien désirer d’autre que Dieu, ne rien savoir d’autre que Dieu, ne rien posséder d’autre que Dieu. Celui qui a le sens de Dieu considéré comme la valeur suprême, celui-là comprend facilement cette vie de totale consécration qui est, sans rien de plus, la vie du chartreux.

-C’est un bel idéal...

-Oui, mais ce bel idéal requiert un climat approprié pour pouvoir s’épanouir.

-Et quel est ce climat ?

-Nos usages cartusiens, nos observances, créent ce climat et révèlent ainsi  leur raison d’être. Considérés isolément, sans relation à leur fin, ils seraient  incompréhensibles, et on ne manquerait pas de dire qu’ils sont une collection  de pratiques bizarres.

-Quel est le mot que l’on répète le plus souvent en Chartreuse ?

-Si l’on se donnait la peine de chercher l’expression qui se rencontre le plus souvent dans nos Statuts, ce serait sans doute : « solitude et silence ».

-Serait-ce un slogan qui dépeint votre spiritualité ?

-La spiritualité cartusienne est la spiritualité du désert.

Le reste ici sur le site des chartreux.

Posté le 19 janvier 2014 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

18 janvier 2014

Fin des travaux de la commission d'enquête sur Medjugorje

De Radio Vatican

"La commission internationale d’enquête sur Medjugorje a terminé son travail vendredi, 17 janvier. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège l’a confirmé samedi matin, répondant aux questions des journalistes. Cette Commission créée en 2010 par Benoît XVI, sous les auspices de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, était présidée par le cardinal italien Camillo Ruini et composée d'une quinzaine d’experts : théologiens, médecins, psychologues, mariologues.

Le résultat de son travail sera transmis à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi qui doit l’évaluer et décider de la suite à donner à ce dossier. Lieu d’apparitions présumées, situé à proximité de Mostar en Bosnie-Herzégovine, Medjugorje attire les foules depuis plus de trente ans. Mais la crédibilité des apparitions de Notre Dame est encore à l’étude. On attend donc une explication officielle. Jeudi, le Pape François a reçu en audience l’archevêque de Sarajevo".

Posté le 18 janvier 2014 à 20h26 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (2)

17 janvier 2014

Neuvaine pour la paix en Syrie

La Conférence pour la paix en Syrie, dite “Genève II”, s’ouvrira à Montreux, en Suisse, le 22 janvier. S.B. Grégoire III Laham, patriarche catholique d’Antioche, d’Alexandrie et de Jérusalem des Melkites, vient d’appeler à une campagne internationale de prière pour le succès de cette conférence.

« Joignons notre voix à celle du pape François qui, lors de sa rencontre avec le corps diplomatique [accrédité auprès du Saint Siège] le 13 janvier courant, a exprimé l’espoir que Genève II puisse marquer le commencement du cheminent vers la paix désiré. Puisse cet appel être le début d’une campagne mondiale de prière pour la paix en Syrie, en Terre Sainte, dans le monde arabe et dans le monde entier ».

Posté le 17 janvier 2014 à 07h52 par Michel Janva | Lien permanent

13 janvier 2014

1er cardinal pour Haïti

HParmi les nouveaux cardinaux nommés dimanche par le pape se trouve l’évêque des Cayes (sud), Mgr Chibly Langlois, qui devient dans l’histoire le premier représentant d’Haïti au sein du Sacré Collège. Agé de 55 ans, le président en exercice de la Conférence épiscopale et ex-évêque de Fort Liberté (nord-est), a été choisi le jour même marquant le quatrième anniversaire du séisme dévastateur qui, le 12 janvier 2010, avait fait environ 300 000 morts à Port-au-Prince et dans plusieurs autres régions d’Haïti.

Le pape François a annoncé aussi la nomination de l’archevêque de Séoul, Mgr Andrew Yeom Soo-jung, 71 ans. Né en 1943, à Ansung, dans la province du Gyeonggi, et issu de la famille d’un martyr catholique, Yeom est entré dans les ordres en 1970. Ses deux frères ont suivi la même voie en devenant également prêtres catholiques. Après avoir occupé plusieurs postes, dont celui d’enseignant au Lycée catholique Sungshin juste après son ordination, il a été curé à l’église de Mokdong à Séoul avant d’être nommé archevêque en 2002. Yeom a pris la tête de l’archidiocèse de Séoul en mai 2012 après le retrait du cardinal Cheong Jin-suk.

Posté le 13 janvier 2014 à 10h46 par Michel Janva | Lien permanent

12 janvier 2014

La liturgie expliquée par le cérémoniaire du pape

La Liturgie, Gloire de Dieu, sanctification de l'homme Mgr Guido Marini. 

LCe livre nous rappelle le pontificat de Benoît XVI, son exquise humilité, sa pensée si subtile et si profonde en même temps, son souci permanent du beau du vrai et du bien. Il serait intéressant d'étudier la portée de ces pontifes dits «de transition» et de voir en quoi ils ont été bien plus important que d'autres qui auront régné plus longtemps. Mais cela est du ressort de la Providence. Ce texte est imprégné de la vision ratzingérienne de la foi toute entière centrée sur le Christ et sur la liturgie qui en est le cœur et l'expression la plus parfaite.

Il est divisé en 5 parties; I: La liturgie, itinéraire de l'âme vers Dieu, II: La Liturgie sommet de la vie de l’Église, III: Entrer dans le mystère célébré à travers les rites et les prières, IV: Le langage de la célébration liturgique, V: Sainte liturgie et piété populaire.

Ce livre est rédigé par Mgr Guido Marini qui fut le cérémoniaire du pape Benoît XVI et qui l'est encore du Pape François.  Mais la liturgie n'est pas une préoccupation de pape François. Chaque pape apporte une pierre à l'édifice pour le plus grand bien de la sainte Église et le salut de âmes. Il faut simplement souhaiter que ce qui est entrepris par l'un ne soit pas détruit par un autre. Il en va de la crédibilité de l’Église.

Au cœur de ce livre il y a toute la vision que le pape émérite a de la liturgie et de son lien intime avec la foi « lex orandi-lex credendi ». L'action eucharistique est redéfinie comme elle l'a été tout au long de l'histoire très mouvementée de l’Église, depuis St Paul, les désormais très célèbres « premières communautés chrétiennes », st Augustin soi-même, naturellement Grégoire le grand et sa célèbre réforme éponyme sans oublier plus près de nous Pie XII, l'immortel auteur de Médiator Dei dont le texte de Vatican II Sacrosanctum Concilium s'inspirera avec bonheur.

Le cœur de l'acte liturgique selon Benoît XVI, le sens de l'«ars celebranda» est bien de se tourner vers le Seigneur. La participation active doit être entendue au sens spirituel et le concept de silence sacré y est réitéré. Bref la messe n'est pas le lieu où les équipes liturgiques se font plaisir mais le moment durant lequel Dieu est glorifié et l’âme sanctifiée. Le cœur de l'action liturgique reste l'adoration. C'est à dire l'acte par lequel l’âme se tourne vers son Seigneur.

Si la liturgie est « la source et le sommet » de la vie de l’Église et des fidèles ainsi que Vatican II l'a affirmé, dans la fidélité à la tradition et selon l’herméneutique de la continuité, véritable planche de salut pour l’Église, alors la plus grande importance doit être accordée au respect des normes liturgiques de l’Église. Car il n'est permis à personne de disposer de ce mystère, à sa guise et selon son caprice créateur. Car c'est le Christ qui s'offre à nouveau au Père en présence de l'Esprit, pour sauver le Cosmos. La vision de Benoît XVI s'étend à toute l'humanité mais plus encore à toute la création.

Parmi les grands combats menés par Benoît XVI, il y eût la demande pressante d'inciter les catholiques à communier à genoux et de recevoir la communion directement sur les lèvres. "Que personne ne mange cette chair sans l'avoir d'abord adoré; nous pécherions si nous ne l’adorions pas" rappelle St Augustin. Ce qui veut dire très clairement qu'il faut s'agenouiller avant de communier.

Un autre grand combat de Benoît XVI fut celui du latin. Il est courant aujourd’hui d'entendre des propos négatifs sur le latin à tous les niveaux hiérarchiques de l’Église depuis la dame d’œuvre nouvelle formule, ambiance je fais des études de théologie, en passant par le jeune prêtre qui se fait tutoyer par toutes les femmes de sa paroisse à grand renfort d'embrassades qui n'en finissent plus, et, en bouquet final, l'acharnement épiscopal qui n'en voit nullement la nécessité. On connaît aussi la rengaine sur le latin trop européo-centré et qui empêche les peuples de se sentir eux-mêmes. Question : les missionnaires des premiers siècles jusqu'à ceux du XIX éme siècle inclus, comment ont-ils convertis des peuples entiers au Christ en disant la messe en latin ? Et le coup de la langue morte aussi. La langue officielle de l’Église reste le latin, langue de la renonciation de Benoît XVI, langue de l'édition originale de l’exhortation apostolique de Pape François. Par ailleurs, l'Etat d’Israël n a-t-il pas fait ressusciter une « langue morte » l’hébreu ?

Finalement, quel est le bilan liturgique de Benoît XVI ? Il peut se résumer dans cette assertion que l'on peut retrouver en page 34 de l'opus :

"Si, dans la liturgie n'apparaissait pas au premier plan la personne du Christ, .... nous n'aurions plus la liturgie chrétienne dépendante du Seigneur et soutenu par sa présence créatrice".

Laissons la conclusion à Jean Paul II dans Ecclesia de Eucharistia :

"L'Eucharistie est toujours célébrée en un sens sur l'autel du monde". "C'est vraiment là le mysterium fidei qui se réalise dans l'Eucharistie: le monde sorti des mains de Dieu créateur, retourne à lui après avoir été racheté par le Christ".

Bref, ce court exposé est fondamental, car il est nécessaire pour un catholique d'être en mesure d'adorer son Dieu au cours de la messe. Et de comprendre en quoi la liturgie lui est indispensable pour cela.

«Le culte du veau d’or n’est pas une apostasie ouverte mais cachée, subtile, elle tient à ce que le peuple ne supportait plus que Dieu soit invisible, lointain mystérieux, elle veut le ramener au tangible, à son niveau ; un tel culte n’élève plus vers Dieu, il le place au-dessous de lui, le manipule ; c’est un culte engendré par un sentiment de toute puissance, la communauté s’autocélébre dans une banale autosatisfaction. Le récit du veau d’or est comme un avertissement contre tout culte arbitraire et égocentrique.»

(Benoît XVI, L’esprit de la liturgie, ch. 1).

Posté le 12 janvier 2014 à 10h24 par Michel Janva | Lien permanent

09 janvier 2014

9 millions de Philippins pour une procession catholique

NDes millions de pèlerins ont envahi les rues de Manille pour la procession du Nazaréen noir, un Christ en bois sombre portant la croix, objet d'une dévotion ancienne aux Philippines.

La procession s'étend sur six kilomètres au coeur de la capitale, entre le parc Rizal et la basilique du Nazaréen noir dans le quartier de Quiapo.

Pieds nus, les pèlerins accablés de chaleur ont accompagné ce Christ apporté par les Espagnols au 17ème siècle.

Posté le 9 janvier 2014 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent

31 décembre 2013

En relisant nos maîtres

XNous évoquons aujourd’hui un géant de la lutte entre l’Eglise et la Révolution, Sa Sainteté le pape Saint Pie X. Le lecteur peut approfondir les brefs éléments ci-dessous ici, et , notamment.

On retient habituellement de lui ses origines modestes, sa profonde connaissance et sa pleine restauration du chant grégorien, son catéchisme, loué encore récemment par Benoit XVI, son souci de voir les âmes accéder plus tôt à la Sainte table (première communion à 7 ans).

Mais il illumine plus encore l’histoire moderne de l’Eglise par sa lutte déterminée et sans concessions contre les fléaux du modernisme et du progressisme. Signalons notamment qu’il s’oppose avec la plus grande fermeté aux lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat (encyclique vehementer nos).

Aujourd’hui nous vous proposons ce qui demeure un texte majeur du Magistère, tant il explicite par avance la crise profonde, essentielle, dans laquelle l’Eglise catholique se débat (sans fin ?) depuis 60 ans. Il s’agit de la Lettre Encyclique « Notre charge apostolique », dite aussi « lettre sur le Sillon », qui condamne sans appel les fondements philosophiques et la praxis du mouvement de Marc Sangnier (sur celui-ci, voir notamment ici et ).  

C’est un texte assez court, que nous ne pouvons que vous inciter à lire, tant il stimule les anticorps contre les hérésies modernes. En voici quelques extraits, pour aiguiser votre appétit (les numéros sont ceux des paragraphes de l’encyclique, le gras est de nous).

Description des symptômes

31. D'abord, son catholicisme  (celui du Sillon, NDPC) ne s'accommode que de la forme du gouvernement démocratique, qu'il estime être la plus favorable à l'Église, et se confondre pour ainsi dire avec elle ; il inféode donc sa religion à un parti politique. Nous n'avons pas à démontrer que l'avènement de la démocratie universelle n'importe pas à l'action de l'Église dans le monde ; Nous avons déjà rappelé que l'Église a toujours laissé aux nations le souci de se donner le gouvernement qu'elles estiment le plus avantageux pour leurs intérêts.

33. Il fut un temps où le Sillon, comme tel, était formellement catholique. En fait de force morale, il n'en connaissait qu'une, la force catholique, et il allait proclamant que la démocratie serait catholique ou qu'elle ne serait pas. Un moment vint où il se ravisa. Il laissa à chacun sa religion ou sa philosophie. II cessa lui-même de se qualifier de « catholique » et, à la formule « La démocratie sera catholique », il substitua cette autre « La démocratie ne sera pas anticatholique », pas plus d'ailleurs qu'antijuive ou antibouddhiste. Ce fut l'époque du plus grand Sillon.  (…)

36. Voici, fondée par des catholiques, une association interconfessionnelle, pour travailler à la réforme de la civilisation, œuvre religieuse au premier chef, car pas de vraie civilisation sans civilisation morale, et pas de vraie civilisation morale sans la vraie religion : c'est une vérité démontrée, c'est un fait d'histoire.  (…) les réalisations pratiques revêtent le caractère des convictions religieuses, comme les membres d'un corps jusqu'à leurs dernières extrémités reçoivent leur forme du principe vital qui l'anime. (…)

Que penser, enfin, d'un catholique qui, en entrant dans son cercle d'études, laisse son catholicisme à la porte, pour ne pas effrayer les camarades qui, « rêvant d'une action sociale désintéressée, répugnent de la faire servir au triomphe d'intérêts, de coteries ou même de convictions quelles qu'elles soient » ?

38. Mais, plus étranges encore, effrayantes et attristantes à la fois, sont l'audace et la légèreté d'esprit d'hommes qui se disent catholiques, qui rêvent de refondre la société dans de pareilles conditions et d'établir sur terre, par-dessus l'Église catholique « le règne de la justice et de l'amour », avec des ouvriers venus de toute part, de toutes religions ou sans religion, avec ou sans croyances, pourvu qu'ils oublient ce qui les divise : leurs convictions religieuses et philosophiques, et qu'ils mettent en commun ce qui les unit : un généreux idéalisme et des forces morales prises « où ils peuvent ».  (…) Qu'est-ce qui va sortir de cette collaboration ? Une construction purement verbale et chimérique, où l'on verra miroiter pêle-mêle et dans une confusion séduisante les mots de liberté, de justice, de fraternité et d'amour, d'égalité et d'exaltation humaine, le tout basé sur une dignité humaine mal comprise. Ce sera une agitation tumultueuse, stérile pour le but proposé et qui profitera aux remueurs de masses moins utopistes. Oui, vraiment, on peut dire que le Sillon convoie le socialisme, l'œil fixé sur une chimère.

Diagnostic

40. Hélas ! (le Sillon) ne forme plus dorénavant qu'un misérable affluent du grand mouvement d'apostasie organisé, dans tous les pays, pour l'établissement d'une Église universelle qui n'aura ni dogmes, ni hiérarchie, ni règle pour l'esprit, ni frein pour les passions et qui, sous prétexte de liberté et de dignité humaine, ramènerait dans le monde, si elle pouvait triompher, le règne légal de la ruse et de la force, et l'oppression des faibles, de ceux qui souffrent et qui travaillent.

Rappel des réalités d’En-haut

42  Puis, si Jésus a été bon pour les égarés et les pécheurs, il n'a pas respecté leurs convictions erronées, quelque sincères qu'elles parussent ; il les a tous aimés pour les instruire, les convertir et les sauver. S'il a appelé à lui, pour les soulager, ceux qui peinent et qui souffrent, ce n'a pas été pour leur prêcher la jalousie d'une égalité chimérique. S'il a relevé les humbles, ce n'a pas été pour leur inspirer le sentiment d'une dignité indépendante et rebelle à l'obéissance. Si son cœur débordait de mansuétude pour les âmes de bonne volonté, il a su également s'armer d'une sainte indignation contre les profanateurs de la maison de Dieu, contre les misérables qui scandalisent les petits, contre les autorités qui accablent le peuple sous le poids de lourds fardeaux sans y mettre le doigt pour les soulever. Il a été aussi fort que doux ; il a grondé, menacé, châtié, sachant et nous enseignant que souvent la crainte est le commencement de la sagesse et qu'il convient parfois de couper un membre pour sauver le corps. Enfin, il n'a pas annoncé pour la société future le règne d'une félicité idéale, d'où la souffrance serait bannie ; mais, par ses leçons et par ses exemples, il a tracé le chemin du bonheur possible sur terre et du bonheur parfait au ciel : la voie royale de la croix. Ce sont là des enseignements qu'on aurait tort d'appliquer seulement à la vie individuelle en vue du salut éternel ; ce sont des enseignements éminemment sociaux, et ils nous montrent en Notre-Seigneur Jésus-Christ autre chose qu'un humanitarisme sans consistance et sans autorité.

Remède

44. l'Église, qui n'a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n'a pas à se dégager du passé et qu'il suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l'évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires ni novateurs, mais traditionalistes.

Posté le 31 décembre 2013 à 10h54 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (4)

30 décembre 2013

Evangéliser n'est pas une question high-tech

Le philosophe Fabrice Hadjaj est invité à répondre à la question "Comment parler de Dieu aujourd'hui ?" Il s'inquiète de ce que certains limitent l'évangélisation à une question de communication :

"La question du comment n’est pas méprisable. C’est même la question « prisable » et prisée par excellence, celle qui cherche à avoir prise et à donner du prix. Elle nous oriente directement vers la pratique, tandis que le quoi et le pourquoi ont le fâcheux inconvénient de nous laisser au niveau de la théorie : je cherche à savoir ce que c’est, pourquoi c’est, je cherche donc à le savoir, non à le vivre, je ne passe pas à l’action. Le comment nous oblige à descendre des nuées spéculatives et abstraites pour nous rapporter sans ambages au concret de notre existence.

Cependant, on ne peut pas l’ignorer, la science moderne est marquée par la tendance générale à négliger le quoi et le pourquoi au profit du comment. Elle ne demande plus « pourquoi c’est ainsi », elle veut saisir « comment ça marche », « comment ça fonctionne », afin d’avoir une plus grande emprise sur le monde. Rien n’est plus utile, sans aucun doute, mais justement, cela restreint notre regard à une vision utilitaire ; une vision qu’on peut appeler « fonctionnelle » ou « technicienne ». (...)

[C'est] ce qui arrive à l’intérieur de l’Église même. Beaucoup s’imaginent que le point décisif de la « nouvelle évangélisation » (ce qui la rendrait vraiment « nouvelle ») consiste à adopter les « nouveautés », à améliorer nos méthodes de communication, à mieux maîtriser les plus récentes technologies. L’Évangile ne fonctionne pas assez bien en lui-même : ce qu’il faut, c’est l’Évangile plus le multimédia, la Face de Dieu plus Facebook, le Saint-Esprit plus Twitter… L’Heureuse Nouvelle attendait les News. Nos jours roulent sur ces rails. On y multiplie les moyens, mais, comme on ne sait plus la banalité de tout ça, ces moyens deviennent des fins. Ils ne cessent de se perfectionner et d’augmenter notre « pouvoir », et ne servent en vérité qu’à nous divertir de la perte de tout sens.

L’hagiographie de Steve Jobs et la gloire de la pomme croquée vont dans cette direction insensée : on ne sait plus ce qu’il est important de communiquer, dès lors on ne communique plus que sur la communication. Il faut que les gens communiquent entre eux, voilà l’impératif, et que le moyen de communication soit de plus en plus fluide et attrayant. Il devient si attrayant qu’il finit par se mettre en travers de la communication elle-même, et sa fluidité comme l’eau fait que nous ne recueillons rien de solide. (...)

Commencer par la question du comment nous piège donc dans le refus du quoi et du pourquoi. On cherche à savoir comment parler de Dieu en ce siècle hi-tech, mais, dès le départ, le siècle a gagné, c’est lui qui imperceptiblement nous a convertis."

Posté le 30 décembre 2013 à 12h08 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (2)

28 décembre 2013

Le cardinal Burke limogé

La nouvelle est tombée il y a un peu plus d'une semaine, mais a été peu reprise dans les media. Pour notre part, nous l'avons apprise ici.

 

Posté le 28 décembre 2013 à 14h14 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (0)


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