01 mai 2016

A la rencontre des Chrétiens de Syrie

"Livre Professeur TillementA la rencontre des Chrétiens de Syrie" Carnet de voyage de Pâques, du 4 au 12 avril 2015.

Ecrit par le Professeur Jean-Paul Tillement, ce livre retrace le voyage d’un petit groupe de volontaires français et belges à la rencontre de ces populations menacées et mal défendues.

Préface de Benjamin Blanchard cofondateur et directeur général de SOS Chrétiens d'Orient. Aux éditions Fiacre.

PU : 15 euros + 3 euros de frais de port. Possibilité de l’acheter en ligne : http://www.soschretiensdorient.fr/boutique/ 

Posté le 1 mai 2016 à 10h29 par Michel Janva | Lien permanent

25 avril 2016

Dissolution de la Fraternité du père Zanotti-Sorkine [Démenti]

Lu sur Belgicatho :

"Ce dimanche nous apprenons avec stupéfaction - via une fuite au sein de la conférence épiscopale [belge]- que la décision de la fermeture de Sainte-Catherine a été prise et sera communiquée à la fin de cette semaine. 

De plus, la même source nous apprend que les évêques [belges] ont pris la décision, au cours de la réunion épiscopale de ce vendredi 22 avril 2016, de dissoudre la Fraternité des Saints Apôtres.

L'Eglise Sainte-Catherine est pleine tous les dimanches et en équilibre. Les riverains et les commerçants apprécient cette église et toute la vie qu’elle a ramenée dans le quartier. Il va sans dire que cette décision va entraîner des réactions fermes et une grande mobilisation. En effet, les fidèles ne vont pas comprendre cette décision unilatérale et brutale des évêques."

La Fraternité des Saints Apôtres est une oeuvre sacerdotale fondée par Monseigneur André-Joseph Léonard et inspirée par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Les futurs prêtres de la Fraternité des Saints Apôtres logent à l'abbaye de Marche-les-Dames (Belgique) ou à l'évêché de Bayonne (France). Ils reçoivent leur formation doctrinale au Séminaire Notre-Dame de Namur (Belgique) ou au Séminaire des Saints Cœurs de Jésus et de Marie de Bayonne (France).

Addendum : Le porte-parole des évêques de Belgique dément cette information.

Posté le 25 avril 2016 à 16h31 par Michel Janva | Lien permanent

24 avril 2016

1er mai, jubilé du Père Elian Nasrallah, chantre de l’amitié franco-libanaise

On me prie de communiquer ce qui suit :

Image001"Le Père Elian Nasrallah est un serviteur du Christ infatigable quand il s'agit de venir en aide aux plus démunis, mais aussi un bâtisseur d'espérance qui imagine et met en oeuvre en permanence des projets de développement culturels, sociaux et économiques pour son village.

Le Père Elian est enfin un chantre de l'amitié franco-libanaise apprécié et un inlassable bâtisseur de paix et de concorde dans l'une des régions les plus éprouvées et les plus difficiles du Liban (le village d'El Qaa est situé à la frontière libano-syrienne, dans une des régions les plus dangereuses du Liban)."

Fran--ais[1]Nous présentons au Père Elian tous nos voeux pour son jubilé.

Posté le 24 avril 2016 à 20h58 par Marie Bethanie | Lien permanent

Au temps des crises profondes, la Providence utilise les plus humbles pour sauver l'intégrité de la foi

ImagesJeanne Smits propose sur son blog une traduction d'un entretien accordé au mois de mars par Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana (capitale du Kazakhstan), à l’association hongroise John Henry Newman. L'entretien est long mais très intéressant car il traite de sujets très divers mais cruciaux pour la vie de l'Eglise. Les passages que j'ai sélectionnés (même si tout l'entretien est à lire dans l'article original) concernent plus particulièrement ce que nous sommes : des laïcs catholiques, et leur place, et leur rôle dans l'Eglise, ainsi qu'un sujet crucial pour nous au quotidien : le rapport de la foi catholique avec l'islam.

[...] "Aujourd'hui, les fidèles catholiques font l'expérience de la faiblesse et des dysfonctionnements du magistère : sans exagération j'ose dire que dans les médias officiels catholiques on peut entendre lire et voire des erreurs grossières, des ambiguïtés, et même des hérésies de la bouche de prêtres de haut rang, hélas, et même d'évêques et des plus hauts dignitaires de l'Eglise, quasiment chaque jour. Une partie significative des déclarations officielles — même depuis les plus hautes sphères — sème la confusion, et contradictoire, trompant de nombreux fidèles. Que doivent faire les fidèles catholiques en ces temps difficiles ? Comment pouvons-nous rester fermes dans la foi dans cette situation ? Quel est notre devoir ?

— Au cours de l'histoire de l'Eglise il y a toujours eu des temps de crise profonde de la foi et de la morale. La crise la plus profonde, la plus dangereuse a été sans aucun doute la crise arienne au quatrième siècle. C'était une attaque mortelle contre le mystère de la très Sainte Trinité. En ces temps-là, ce furent quasiment les simples fidèles qui ont sauvé la foi catholique. Dans son analyse de cette crise, le bienheureux John Henry Newman a dit que c'était l’ecclesia docta (l'église enseignée, c'est-à-dire les fidèles qui reçoivent l'instruction du clergé) plutôt que l’ecclesia docens (ceux qui détiennent le magistère ecclésiastique) qui a sauvé l'intégrité de la foi catholique au quatrième siècle. Au temps de crises profondes la divine Providence aime à utiliser les plus simples et les plus humbles pour démontrer l'indestructibilité de son Eglise. Cette affirmation de saint Paul peut également être appliquée à la situation interne de l'Eglise : « Mais Dieu a choisi les moins sages selon le monde, pour confondre les sages ; il a choisi les faibles selon le monde, pour confondre les puissants » (1 Cor 1, 27). Lorsque les simples fidèles constatent que les représentants du clergé, et même du haut clergé, laissent à l’écart la foi catholique et proclament l'erreur, ils doivent prier pour leur conversion, ils doivent réparer les fautes du clergé à travers le témoignage courageux de la foi. Parfois, les fidèles doivent également conseiller et corriger le clergé, mais toujours avec respect, c'est-à-dire en suivant le principe du sentire cum ecclesia, ainsi que l’ont fait par exemple sainte Catherine de Sienne ou sainte Brigitte de Suède. Dans l'Eglise nous constituons tous un seul corps, le corps mystique du Christ. Lorsque la tête (le clergé) est défaillant, les autres membres doivent essayer de renforcer le corps tout entier. En définitive, l'Eglise est guidée par la tête invisible qui est le Christ, et elle est animée par son âme invisible qui est le Saint-Esprit. C'est pourquoi l'Eglise est indestructible."[...]

Sur l'islam et les pseudo "religions du Livre" :

"L'islam est la religion la plus communément pratiquée au Kazakhstan. Traditionnellement, les Kazakhs ethniques sont des musulmans sunnites. Quelle est votre expérience du dialogue avec eux ? L'islam, dit-on, est similaire au christianisme ou au judaïsme parce qu'il croit en un seul Dieu, et ainsi le monothéisme est supposé constituer la base du dialogue. Mais est-ce réellement cela ? Est-il possible d'engager un dialogue théologique profond avec eux ? Allah est-il la même chose que la Sainte Trinité ? Peut-il y avoir une base de dialogue théologique si l'islam hait la foi en l'Incarnation ?

Il y a aussi de la confusion lorsque l'on dit que les Juifs, les musulmans et les chrétiens suivent des religions monothéistes. Cela porte vraiment à confusion. Pourquoi ? C’est que nous, chrétiens, nous croyons toujours non seulement en un seul Dieu, mais au Dieu trine, en Dieu, la très Sainte Trinité. Nous ne croyons pas seulement en un seul Dieu comme toute personne humaine peut le faire à la lumière de la raison naturelle. Les Juifs et les musulmans croient en un seul Dieu qui est une seule personne. C'est une hérésie, ce n'est pas vrai. Dieu n'est pas une personne, Dieu est trois personnes. Et qui plus est, ils n'ont pas la foi parce qu'ils croient seulement que Dieu est un, mais cela ne requiert pas la foi, seulement la raison naturelle. Il y a le dogme de la foi qui déclare qu'à la lumière naturelle de la raison naturelle chaque personne peut reconnaître que Dieu est un. Nous avons une foi surnaturelle, et c'est une différence substantielle.

Objectivement, Dieu, que nous connaissons par la raison, est évidemment la Sainte Trinité. Mais les Juifs et les musulmans n'acceptent pas la Sainte Trinité. Ainsi nous ne pouvons pas prier ensemble parce que leur culte manifeste leurs conviction qu'il y a un seul Dieu, une seule personne. Mais nous, chrétiens, nous adorons toujours Dieu en trois personnes. Toujours. Et donc nous ne pouvons pas rendre le même culte. Ce ne serait pas véridique. Ce serait une contradiction et un mensonge.[...]

Comment voyez-vous la crise des migrants en Europe ? Quelle est l'attitude catholique correcte à son égard ?

— C'est un problème plus ou moins politique. Ce n'est pas la première tâche des évêques que de faire des déclarations politiques. Mais en tant que personne privée, et non en tant qu'évêque, je dirais que la soi-disant « migration » a été planifiée et programmée de manière artificielle, on peut même parler d'une forme d'invasion. Certaines puissances politiques globales l’ont préparée il y a de longues années déjà, en créant la confusion et les guerres au Proche-Orient, en « aidant » ses terroristes ou sans s'y opposer de manière officielle ; ainsi – d'une certaine façon – elles ont contribué à cette crise. Déplacer une telle masse de gens, qui sont pour la plupart musulmans et qui appartiennent à une culture très différente vers le cœur de l'Europe, est problématique. Ainsi un conflit programmé se trouve-t-il en Europe et la vie civile et politique est déstabilisée. Cela doit être évident aux yeux de tous."[...]

(Lire tout l'entretien ici)

Posté le 24 avril 2016 à 17h12 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

19-28 mai : pèlerinage en Terre Sainte avec un abbé de la Fraternité Saint Pierre

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Posté le 24 avril 2016 à 08h49 par Michel Janva | Lien permanent

22 avril 2016

Elle a sauvé le Saint Sacrement du tremblement de terre équatorien

Terremoto-ecuadorwebUne des Sœurs de la communauté "El Hogar de la Madre" (Foyer de la Mère) a échappé à la mort dans le tremblement de terre en Equateur parce qu'elle a couru dans la chapelle de sa communauté sauver le Saint Sacrement. Cette Sœur, Estela Morales, est espagnole, a 40 ans, et est supérieure de la Communauté des Servantes de "El Hogar de la Madre" de Playa Prieta, ville équatorienne, située à 200 kms de la capitale, Guayaquil.

Le jour du tremblement de terre, elle et les autres religieuses de la communauté sont restées coincées sous les décombres de leur logement qui se trouvait au second étage du collège qu'elles dirigent. Quand les autres communautés d'Espagne, d'Italie et des Etats Unis furent au courant de la situation en plein milieu de la nuit, elles se mirent à prier de manière ininterrompue devant le Saint Sacrement. 

Les voisins sauvèrent sœur Thérèse Ryan, irlandaise. Puis ils entendirent plus tard la voix de Sœur Estela à travers les décombres. Elle était blessée à la cheville mais vivante. "En ressentant les effet du tremblement, Soeur Estela sortit en courant jusqu'à la chapelle pour sauver le Saint Sacrement", raconte le site web des religieuses.

"Alors qu'elle tenait le Seigneur entre ses mains, tout s'effondra autour d'elle, et s'écroula au rez de chaussée. Elle a pensé à sauver le Seigneur avant sa propre vie, et le Seigneur l'a protégé, nous en sommes sûrs". "Les volontaires, raconte le texte, entendirent aussi Soeur Merly et deux postulantes et il leur fallut beaucoup d'efforts pour arriver jusqu'à elles. Elles s'encourageaient mutuellement en priant et en chantant le Seigneur, surtout quand elles se sentaient suffoquer à cause du manque d'oxygène".

Un mur s'effondra sur la tête de Soeur Merly, il en résulta une grave lésion, alors que Guadalupe et Mercedes ont eu des blessures légères. Dans le tremblement de terre six sœurs de la Congrégation sont décédées. Une Sœur professe, Clare Crockette, irlandaises de 33 ans, d'un dynamisme débordant, et cinq postulantes de la ville qui se préparaient à entrer au noviciat : Mayra, Valeria, Jazmina, Catlina et Maria Augusta. 

Sœur Clare (irlandaise) décédée dimanche dernier pendant le tremblement de terre.

Les religieuses travaillaient depuis 8 ans dans l'école, et avaient un vrai souci d'évangélisation. L'école, comptant 500 élèves, s'est totalement effondrée suite à la catastrophe. Il ne reste plus rien. Il est possible de faire un don via l'Aide à l'Eglise en Détresse (indiquer Equateur).

Le tremblement de terre du samedi 16 avril compte 525 morts, 1700 disparus et 4027 blessés.

Posté le 22 avril 2016 à 16h02 par Michel Janva | Lien permanent

21 avril 2016

"Le moment d’une normalisation de la Fraternité Saint-Pie X est arrivé"

Unknown-68Ce propos est de l'abbé Franz Schmidberger, supérieur du séminaire FSSPX de Zaitzkofen (Allemagne), successeur de Mgr Marcel Lefebvre à la tête de cette Fraternité (et prédécesseur de Mgr Fellay). Il a joué un grand rôle dans la FSSPX et donc son propos n'est pas anodin : il a participé avec Mgr Lefebvre au choix des évêques de 1988, prêché lors des obsèques du fondateur en 1991 et il était présent aux côtés de Mgr Fellay pour rencontrer Benoît XVI en 2005.

Dans cette note adressée à ses confrères, il indique que les textes comme le contexte ont changé. Les textes qui sont proposés par Rome ne sont plus les mêmes qu’il y a vingt-cinq ans. Désormais, le Saint-Siège accorde une « prélature personnelle », structure qui « n’a été offerte à aucune autre congrégation. » Et il pointe surtout un danger, inhérent à l'état d'"apesanteur" canonique de la FSSPX :

« Si les fidèles ou des membres de la Fraternité trouvent confortable cette situation de liberté de dépendance de la hiérarchie, alors cela implique une perte graduelle du sensus ecclesiae ».

Posté le 21 avril 2016 à 16h35 par Michel Janva | Lien permanent

“Amoris Laetitia” : entretien avec Roberto de Mattei

Par Réinformation.tv :

Amoris Laetitia : entretien avec Roberto de Mattei from Reinformation.tv on Vimeo.

Posté le 21 avril 2016 à 12h35 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2016

Toulon 22 avril : adoration de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney

445abf_9bec4780d0ee4d56bedb80c6ba4de50bAIMER,REPARER, CONSOLER LE COEUR SACERDOTAL DE JESUS
 
Communiqué de l'Alliance Saint Jean-Marie Vianney :
 
"L'Alliance Saint Jean-Marie Vianney se réunit vendredi prochain, le 22 avril à 20h, à l'Immaculée Conception de Toulon, en réparation des fautes graves sacerdotales et des nombreuses profanations en France de ce mois-ci.
Notre évêque, Monseigneur Dominique Rey, nous accorde d'adorer en présence d'une relique de St Jean-Marie Vianney, une étole lui ayant appartenu.
Nous venons de recevoir la bénédiction de Mgr Aillet."
L'Alliance saint Jean-Marie Vianney consiste en un groupe de volontaires qui se relaient à tour de rôle toutes les 24h pour jeûner et prier en faveur des prêtres et de leur sacerdoce éternel, des diacres, des séminaristes, des religieux vivants ou au purgatoire et en réparation pour les outrages envers l'Eucharistie.

Posté le 19 avril 2016 à 16h38 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 avril 2016

Amoris laetitia : l'analyse de l'Abbé de Tanoüarn

Maxresdefault-e1460645497491Cofondateur de l'Institut du Bon Pasteur à la demande de Benoît XVI, docteur en philosophie, l'Abbé de Tanoüarn est aujourd'hui directeur du Centre Saint-Paul et de Monde & Vie. Il livre sa lecture personnelle de l'exhortation apostolique Amoris Laetitia :

[...] "[F]ace à l’herméneutique de continuité qu’a proposé le pape Benoît, François propose lui une herméneutique de la miséricorde. Non pas la miséricorde qui ferait systématiquement moins cher, non pas la miséricorde qui chercherait à casser les prix pour prétendre que tout se vaut et conclure que rien ne vaut, non ! Mais la miséricorde qui est l’amour unique que Dieu porte à chacun d’entre nous, la miséricorde qui est une grâce et nous pousse en avant, la miséricorde qui non seulement ne casse pas les prix mais nous rend plus chers aux yeux de Dieu, qui que nous soyons. Il me semble que l’herméneutique de continuité, saluée à plusieurs reprises par le pape François, appelle cette herméneutique de la miséricorde, loin de lui être contraire. Il y a un secret providentiel dans la succession des deux derniers pontificats et dans leur profonde complémentarité dans la vérité. Il fallait toute l’insistance pédagogique de Benoît XVI pour se ressaisir de la vérité dans sa splendeur (Jean-Paul II) dans sa centralité. Mais maintenant, avec François, nous découvrons que « la vérité qui ne se tourne pas en amour est une idole ». Benoît XVI lui-même justement ne parlait-il pas de « la charité dans la vérité », caritas in veritate ?

Discerner ce qui est bon et s’en tenir

Jean-Paul II était, sans problème le Curé de l’univers et Dieu sait s’il a fait tourner la boutique ! Le pape François, de façon encore plus ambitieuse, conçoit son rôle comme celui d’un directeur de conscience universel. Il prêche au monde les exercices spirituels de saint Ignace. Il essaie de s’adresser à chacun et de lui dire ce qu’il doit faire pour avancer vers Dieu. Pas question de lui fermer la porte au nez ! Il faut le conduire, par un chemin personnel. Ce n’est pas facile pour un pape de prendre cette attitude, que l’on rencontre surtout au confessionnal.[...]

François veut être aussi l’homme de chacun, prenant les gens là où ils en sont. Son maître mot est celui de saint Ignace : le discernement. Il s’agit pour lui d’aider ceux qui s’approchent de lui, fidèles ou non, à discerner ce qui est bon dans leur vie et à s’y tenir. Il tend à les aider à faire l’expérience de Dieu, comme le fait le prédicateur des Exercices spirituels de saint Ignace, qui enseigne toujours la deuxième annotation de ces Exercices : « Ce n’est pas le fait de savoir beaucoup qui remplit et satisfait l’âme, mais le fait de sentir et de savourer les choses intérieurement » (AL 207).[...]

La maternité de l’Église

Au fond le document du Pontife semble bien faire l’unanimité. Il se rattache à la grande tradition jésuite de la casuistique, c’est-à-dire non du mépris de la loi, mais de l’application de la loi à chaque personne. Comme Dieu s’adresse à chaque personne dans un face-à-face amoureux, parce qu’il nous connaît personnellement et intimement, mieux encore que nous ne nous connaissons nous-mêmes, ainsi l’Église de François voudrait pouvoir s’adapter à chaque cas. Un long texte de saint Thomas d’Aquin est cité en ce sens : « Je demande avec insistance que nous nous souvenions toujours de cet enseignement et que nous apprenions à l’intégrer dans le ministère pastoral » (AL 304), insiste le Saint-Père. On peut résumer ce texte thomasien (IaIIae Q94 a4) en une phrase : « Plus on entre dans les détails plus les exceptions se multiplient ». On sait que ce qui intéresse le Pape, ce sont ces exceptions, ou plutôt c’est nous, dans le détail de notre vie intérieure, nous sommes tous des exceptions. La maternité de l’Église – c’est le pari du nouveau pontificat – est capable de traiter chaque personne de manière exceptionnelle, non seulement en appliquant la loi (qui reste toujours dans le général) mais en connaissant chacune de ses brebis à l’image du Bon Pasteur lui-même. « Un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations irrégulières comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés qui se cachent derrière les enseignements de l’Église pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité… » (AL 305). Une fois de plus, le pape s’en prend ici à ces chrétiens pharisiens, qui risquent de s’entendre dire : « Engeance de vipères… ».[...]

Enseigner de façon christique

On l’aura compris, ce qui est nouveau dans cette exhortation apostolique, ce n’est pas le fond, c’est l’esprit dans lequel l’enseignement millénaire est transmis. Cet esprit est un esprit plus évangélique, plus proche de chacun et en même temps plus imprégné de la certitude qu’il n’y a pas dans l’Église d’un côté les bons et de l’autre côté les pécheurs, mais que nous sommes tous pécheurs et que le Christ est venu « non pour les justes mais pour les pécheurs ». Pour François l’enjeu est considérable : il s’agit de montrer aux populations d’Amérique latine, tentées par l’évangélisme américain, que l’Église catholique est plus évangélique que les évangélistes. Elle garde sa morale millénaire, elle ne peut enseigner une autre morale que celle du Christ, mais elle doit l’enseigner de façon christique.

Certains adversaires de l’exhortation se sont focalisés sur deux lignes du numéro 305 et sur la note qui suit. Je cite : « Il est possible que dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église ». Et la note poursuit : « Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements ». En omettant de lire la précision entre tirets, sur la situation objective de péché qui n’est pas subjectivement imputable, et en confondant « vivre dans la grâce », recevoir des grâces (actuelles) et « être en état de grâce », certains vont jusqu’à dire (je l’ai entendu de mes oreilles par un prêtre au cours d’une conférence donnée au Centre Saint Paul) que le Pape par ces quelques lignes, remet en question toute la théologie catholique de l’état de grâce et du péché mortel. Il ne parle pourtant ni de l’un ni de l’autre.

De l’importance de la subjectivité de chacun

En réalité, le Souverain Pontife veut s’adresser à chaque fidèle comme un sujet libre, qui a sa propre histoire, ses difficultés mais aussi sa lumière propre."[...]

Il est nécessaire d’envisager un double enseignement : d’une part le péché est objectif, le mal est objectif, le péché et le mal sont en cela une seule et même chose (ce que Mgr Lalanne avait paru oublier à propos de la pédophilie dans une émission récente de RCF) et voilà l’article six ; et d’autre part, nous devons avoir égard à la subjectivité pécheresse, soit qu’elle aggrave son propre péché par une intention plus mauvaise que l’acte matériel qui est le sien, soit qu’elle diminue ou même qu’elle excuse la gravité de son crime par une forme d’ignorance non-coupable de sa part, c’est le sens du terrible article cinq.

Le Pape, directeur de conscience universel, en ces temps de crise ecclésiale et de pénurie de prêtres, s’adresse ou veut s’adresser à chacun d’entre nous, car, comme le disait Benoît XVI dans un autre contexte, « nul n’est de trop dans l’Église ». Il prend chacun là où il est et ne songe pas à imposer d’emblée tout un code moral exigeant à ceux qui ne le connaitraient pas. Là encore, Thomas d’Aquin nous donne une grande leçon de souplesse, expliquant dans la IIIa Pars de sa Somme théologique, que tout homme est membre, au moins en puissance, du Corps mystique du Christ qui est l’Église.

C’est dans cette universalité ecclésiale revendiquée, c’est dans un esprit missionnaire (et non dans un confessionnalisme étriqué) qu’il faut lire l’exhortation apostolique sur la Joie de l’amour."

Posté le 18 avril 2016 à 14h50 par Marie Bethanie | Lien permanent

La miséricorde, atout cœur dans le jeu de Dieu

Pour ceux qui y étaient et ne rêvent que de le ré-entendre. Pour tous ceux qui, comme nous, n'ont pas pu être présents ce soir-là à Saint-Sulpice, voici l'enseignement donné par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine il y a quelques jours. A méditer sans modération !

 

Posté le 18 avril 2016 à 11h59 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (5)

Pour le Pape François, on peut parler d’un changement de discipline pour les divorcés-remariés

Radio Vatican rapporte les propos du pape François tenu dans l'avion qui le ramenait de Lesbos :

"Les dernières questions ont eu trait à l’exhortation apostolique Amoris Laetitia, publiée le vendredi 8 avril dernier. Peut-on parler d’un changement de discipline pour les divorcés-remariés ?

« Je peux dire que oui, a répondu le Pape, mais ce serait une réponse trop courte : je vous conseille de lire la présentation faite par le Cardinal Schönborn, c’est un grand théologien, et dans cette présentation vous trouverez la réponse à votre question ». Mais le Pape ne s’est pas fait faute de déplorer cette trop grande attention des médias pour la question des divorcés-remariés. « Cela m’attriste. Car le média qui pense que cette question est la plus importante ne se rend pas compte que ce n’est justement pas le problème le plus important, il ne se rend pas compte que la famille est partout en crise, qu’elle est la base de la société, il ne se rend pas compte que les jeunes ne veulent plus se marier, il ne se rend pas compte que le taux de natalité en Europe est à pleurer, il ne se rend pas compte du manque de travail, qui oblige les pères et les mères à avoir deux activités professionnelles, et que les enfants grandissent seuls, et n’apprennent plus à grandir avec leurs parents »."

Sur son blog, Jeanne Smits a donc repris les propos du cardinal Schönborn et essaye d'analyser et de comprendre :

"(...) il importe plus que jamais de rechercher la vérité, et d’essayer de l’exposer et de la rappeler avec respect et fermeté. Dans les semaines qui viennent, on peut espérer que des évêques et des cardinaux le feront. En attendant, aucun catholique n’en est dispensé (...) Qu’avait donc dit le cardinal Schönborn (...) Ses propos que l’on pouvait jusqu’ici aborder de manière plus détendue ont acquis un poids plus lourd, les voici :

Naturellement cela pose la question : que dit le pape par rapport à l'accès aux sacrements pour les personnes vivant en situation « irrégulière » ? Le pape Benoît XVI avait déjà dit qu'il n'y a pas de « recettes faciles » (Amoris laetitia 298, note 333 ». Le pape François redit la nécessité de discerner la situation avec soin, dans la continuité de Familiaris consortio de saint Jean-Paul II (84) (AL 298). «  Le discernement doit aider à trouver les chemins possibles de réponse à Dieu et de croissance au milieu des limitations. En croyant que tout est blanc ou noir, nous fermons parfois le chemin de la grâce et de la croissance, et nous décourageons des cheminements de sanctifications qui rendent gloire à Dieu. » (AL 305). Il nous rappelle également une phrase importante d’Evangelii gaudium, 44 : « Un petit pas, au milieu de grandes limites humaines, peut être plus apprécié de Dieu que la vie extérieurement correcte de celui qui passe ses jours sans avoir à affronter d’importantes difficultés » (AL 305). Dans le sens de cette « via caritatis » (AL 306), le pape affirme, d'une manière humble et simple, dans une note (351) que l'aide des sacrements peut également être donnée « dans certains cas ». Mais à cette fin il ne nous propose pas d'études de cas ni de recettes, mais au lieu de cela nous rappelle simplement deux de ses phrases les plus célèbres : « Aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » (EG 44), et que l'Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (EG 47).

Est-ce un défi trop lourd pour les pasteurs, pour les guides spirituels et pour les communautés si le « discernement des situations » n'est pas régulé de manière plus précise ? Le pape François reconnaît l'existence d'une inquiétude : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. » (AL 308). Cependant il remet cela en question, remarquant que « Nous posons tant de conditions à la miséricorde que nous la vidons de son sens concret et de signification réelle, et c’est la pire façon de liquéfier l’Évangile » (AL 311).

Posté le 18 avril 2016 à 05h53 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (17)

16 avril 2016

24 avril : le cardinal Burke dans les Landes

Invité par le Cercle de la Providence, le Cardinal Burke, Patronus de l'Ordre de Malte, de passage dans le Sud-Ouest sera le dimanche 24 avril au soir au château de Baure à Clermont (15km à l'est de Dax), pour donner une conférence à l'occasion de la sortie de son livre d'entretiens avec Guillaume d'Alançon "Un Cardinal au coeur de l'Eglise".
« Echange avec un Cardinal au cœur de l’Eglise»
Dimanche 24 avril - 19h30 - buffet froid
 par Cardinal Raymond Burke,
Il abordera les principaux sujets brûlants de l’Église aujourd’hui, à sa manière à la fois franche et très simple : le mariage, la filiation, la famille, et l’amour, qui résume tout. « L’amour authentique vient du cœur sacré de Jésus qui nous enseigne l’amour vrai, jusqu’à donner sa vie pour l’autre. »  

Il dédicacera 2 de ses livres : « Un cardinal au cœur de l’église » entretien avec G. d’Alançon, Edition Artège, et « La sainte eucharistie, sacrement de l’amour divin », Ed via Romana

Posté le 16 avril 2016 à 08h21 par Michel Janva | Lien permanent

14 avril 2016

Documentaire sur la 4ème édition du pèlerinage Populus Summorum Pontificum

Ad Petri Sedem VOSTFR from Les Films du Lutrin on Vimeo.

Posté le 14 avril 2016 à 19h05 par Michel Janva | Lien permanent

13 avril 2016

Pour comprendre la doctrine sociale de l'Eglise

De Cyril Brun sur Riposte Catholique :

"Dans l’édito de la lettre du diocèse de Troye, Michel de la Patellière, délégué épiscopal à l’information et à la communication se livre à une lecture quelque peu réductrice de la Doctrine Sociale de l’Eglise.

A l’heure du déclin des idéologies totalitaires, largement dénoncées, il reste un tabou dans certains milieux chrétiens, celui de la saine critique du libéralisme économique comme un des agents de cette course effrénée aux profits immédiats, sans contrôle ni retenue. N’y aurait-il pas là une sorte d’incohérence de ces milieux chrétiens au regard de ces mêmes valeurs évangéliques de partage et de solidarité ?

C’est malheureusement le lot commun de qui réduit la DSE à une idéologie. L’un des problèmes de la Doctrine Sociale de l’Eglise est que le mot doctrine fait peur aux gens dits de gauche et le mot social à ceux dits de droite, tandis que le mot Eglise fait peur à tous les autres.

Le mot social est malheureusement compris dans son acception actuelle qui se cantonnerait à « faire du social ». Pour dire les choses de façon nette, social serait tout ce qui touche à l’attention aux plus démunis. C’est une erreur lourde de conséquences. Social a trait à la vie en société et recouvre donc tous les aspects moraux de celle-ci. L’attention préférentielle aux pauvres « n’est qu’un  » des piliers traditionnels de la DSE.

Pour comprendre la doctrine sociale, il faut la situer dans la continuité de la théologie morale, en ce sens qu’elle est l’agir chrétien dans la vie de la cité. C’est une clef de lecture concrète à la lumière de l’Évangile et non un discours « social ».

La Doctrine Sociale n’est pas une alternative au libéralisme, au capitalisme, ni même au marxisme. C’est une voie à part, unique à la croisée de nombre de réalités concrètes et théologiques. Réduire la doctrine sociale à du social c’est considérablement l’appauvrir et en faire une idéologie partisane.

Alors oui, lire et relire les documents du magistère dits de doctrine sociale, mais les remettre dans le fleuve plus large de la théologie de la Création et du salut.

Qu’il faille faire une critique du libéralisme est une chose, encore faut-il savoir précisément ce que signifie libéralisme. Or là la mosaïque libérale invite à nous tenir loin des poncifs généraux.

La doctrine sociale ne devrait pas un être un clivage gauche droite, mais au contraire un hémistiche anthropologique."

Posté le 13 avril 2016 à 11h18 par Michel Janva | Lien permanent

12 avril 2016

Messe de clôture de l'ostension de la Sainte Tunique : sermon du Cardinal Sarah

L'auteur de la vidéo présente ses excuses pour les mouvements parfois désordonnés de sa caméra, qu'il tenait à bout de bras. Nous lui pardonnons volontiers car grâce à lui, ceux qui n'auront pu être présents auront pu écouter quand même cette belle homélie du Cardinal Sarah dimanche, lors de la messe de clôture de l'ostension de la Sainte Tunique d'Argenteuil.

 

Riposte Catholique :

" L’homélie du cardinal a été particulièrement appréciée. En effet, le cardinal a souligné que la Tunique sans couture était « un appel à ne pas briser l’unité de l’Eglise mais à nous souvenir qu’il n’y a qu’un Père, une foi, un baptême ». Dans ces temps troublés, elle est un signe d’espérance, surtout à un moment où le discours sur la famille n’est pas mis en cause qu’en dehors de l’Église. Plus de 200 000 pèlerins se sont rendus, au total, à Argenteuil, pendant les 17 jours de l’ostension de la Sainte Tunique. "[...]

Posté le 12 avril 2016 à 18h22 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (9)

11 avril 2016

21 avril : soirée de remerciement suite au Semi-Marathon de Paris

Soiree remerciement 21 avril Anselme - foule coureurs

Posté le 11 avril 2016 à 17h42 par Michel Janva | Lien permanent

On est frappé de la mauvaise qualité de l’enseignement de nombre d’universités catholiques

L'Homme Nouveau consacre un dossier à la Fraternité Saint-Vincent Ferrier. Prieur de la Fraternité depuis 2011, le Père Dominique-Marie de Saint Laumer déclare :

UNe-1612"La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier est née dans un contexte difficile pour l’Église. La situation vous semble-t-elle avoir évolué ?

Il est difficile de porter un jugement équilibré, tant les facteurs de contraste sont nombreux. Il est certain que, depuis 1979, avec les pontificats de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI, avec la dissipation des illusions d’un « printemps postconciliaire », avec la montée d’une jeunesse avide de spiritualité et de points de repère dans une société de plus en plus désaxée, beaucoup de choses ont évolué.

Du point de vue de la doctrine, le Catéchisme de l’Église catholique et plusieurs documents magistériels ont clarifié certaines questions. Du point de vue liturgique, les actes de Benoît XVI ont rendu justice à la tradition latine et apaisé la situation. Mais, sur l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, les rapports avec la société civile, la théologie du mariage, la question de l’autonomie de la conscience, une grande confusion persiste. On est frappé en particulier de la mauvaise qualité de l’enseignement de nombre d’universités catholiques et de la force d’un courant progressiste, qui relève singulièrement la tête depuis l’élection du Pape François. Ce courant semble s’obstiner dans la voie qui a contribué à affaiblir la foi et à diminuer la pratique en Europe depuis un demi-siècle."

Posté le 11 avril 2016 à 13h12 par Michel Janva | Lien permanent

10 avril 2016

"Le mal, c’est la liberté du sujet spirituel qui se retourne contre son Créateur"

Histoiremal-51315Le Rouge et le Noir interrogeait l'Abbé de Tanoüarn sur le mal, sujet dont l'Abbé a traité dans un livre : Une histoire du mal (Via Romana). L'interview est vraiment passionnante et mérite d'être lue en entier sur le blog. En voici le début :

"Le Rouge & le Noir : Comment définir le mal ? Est-ce la négation du bien, l’opposition au bien, l’absence de Dieu ?

Abbé de Tanoüarn : On définit souvent le mal comme une absence de bien. Saint Augustin, qui venait du manichéisme, a particulièrement insisté sur ce point. Chez les manichéens en effet, le bien et le mal sont deux principes en lutte.
Du point de vue chrétien, on ne peut pas dire que le mal soit un principe. Dieu seul est Principe : « Écoute Israël, le Seigneur est ton Dieu, le Seigneur est un » C’est le « schema Israël » qu’on lit dans le Deutéronome et qui est tout aussi valable pour les chrétiens que pour les juifs.

Du coup, d’ailleurs, on ne peut pas dire que le mal absolu existe, parce que le mal absolu ne serait « que » mal et donc principe du mal. Si le mal absolu n’existe pas, cela signifie que le mal est toujours une sorte de « ratage », qui renvoie au bien. D’où cette autre formule simple d’Augustin : « S’il y a du mal, il y a du bien ». Le Pseudo-Denys, un peu plus tard, dit aussi : « Le mal est le compagnon du bien ».

Je pense à ce père de quatre enfants (dont le dernier est âgé de quelques mois), officier, bon père de famille, bon époux… Il meurt en une demi-heure après avoir fait un malaise : mal de nature. La mort est « voisine » de la vie éternelle. Ainsi le mal est le compagnon du bien. Mais comment comprendre parfois ce terrible compagnonnage ?

Avant de poser un jugement, il faut me semble-t-il préciser cette approche. Il y a deux sortes de maux, qui appellent deux explications différentes : le mal de nature et le mal de faute. Le mal de nature, ce sont tous les ratages de la nature : tremblements de terre, tsunamis, maladies, mort etc. Le mal de faute regroupe tous les ratages de la liberté humaine. Il faut bien distinguer ces deux domaines, car la liberté humaine n’est absolument pour rien dans les raz-de-marée. Lorsque des chrétiens expéditifs me disent qu’ils ont appris dans la Bible que la liberté est toujours la cause du mal, j’ai l’habitude de dire : « Les victimes de tsunamis apprécieront ».

Si l’on s’en tient à définir le mal de nature, il faut dire que ces ratages marquent clairement une imperfection de la nature. Malebranche, philosophe et prêtre catholique, va jusqu’à dire dans la septième Méditation chrétienne : « L’œuvre de Dieu est une œuvre négligée ». Quelle interprétation peut-on donner à cette « négligence » ? Le monde ne doit pas être trop parfait, car, rappellent chacun à leur manière Malebranche et Teilhard de Chardin, ce monde-ci n’est qu’une ébauche de l’autre : « Nous n’avons pas sur la terre une demeure permanente ». Il ne faut pas nous attacher excessivement à ce monde, car il nous reste à « habiter Dieu » comme dit Anne Lécu.

Si l’on aborde maintenant la question du mal de faute, c’est encore saint Augustin qui nous aide à le définir : le péché, c’est tout ce qui s’arrête à soi. Faire du moi (ou pire encore de l’image du moi) le but de l’existence, c’est commettre le mal. Et en même temps, trouver dans le moi son absolu, voilà l’athéisme, Sartre le dit très lucidement. L’absence de Dieu, dont vous parlez, tient donc au fait que l’on s’est choisi soi comme fin première et dernière."[...]

[Lire la suite sur le Rouge et le Noir]

Posté le 10 avril 2016 à 16h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

FSSPX : le pape étendra la validité de confessions de ses prêtres au-delà de l'année de la miséricorde

20160410_111600Plusieurs milliers de personnes (4000 selon L'Eveil - photos sur ce fil du Forum catholique) se sont retrouvées au Puy-en-Velay (Haute-Loire) lors du pèlerinage qu'organisait ce week-end la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) à l'occasion de l'année jubilaire liée à ce haut lieu de la Chrétienté. L'abbé Christian Bouchacourt, supérieur du district de France, a rappelé lors de la messe célébrée samedi à Saint-Paulien (Haute-Loire) que ce pèlerinage consistait à prier pour notre pays. Il a rappelé que de nombreux saints étaient liés à cet endroit béni (Jeanne d'Arc, Louis-Marie Grignon de Montfort, Jean-François Régis, etc.) et il a engagé les fidèles a réciter chaque jour l'Angelus aux intentions des Musulmans afin qu'ils puissent connaître, aimer et servir Jésus Christ.

Pendant les deux jours, il a fallu étaler selon des crénaux horaires stricts l'accès des pèlerins dans la cathédrale pour que chacun puisse bénéficier des grâces de l'Indulgence plénière accordée au cours de ce Jubilé le plus ancien de notre histoire.

Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la FSSPX a célébré, en présence de ses deux assistants généraux, la messe du dimanche du Bon-Pasteur.

Quelques jours auparavant, il avait rencontré le pape François au cours d'un entretien très positif qui a resserré les liens entre le Saint-Siège et la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre. Malgré la publication de l'exhortation post-synodale, laquelle "nous fait pleurer", il a révélé quelques "joies" issues de cet entretien :

  • le pape a confirmé que la FSSPX était catholique à ses yeux
  • Il a confirmé que jamais il ne la condamnerait.
  • Il a confié vouloir étendre les facultés de la FSSPX,  à commencer par le pouvoir de confesser de ses prêtres

Enfin, au cours de ses entretiens à Rome, Mgr Fellay a été encouragé à fonder un séminaire en Italie.

Posté le 10 avril 2016 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

08 avril 2016

Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !

L'exhortation "Amoris Laetitia (intégrale ici) a déjà entraîné de nombreux commentaires dans les médias. Voici les premières impressions de Jeanne Smits :

Image001"Un texte très long, très bavard, et recelant beaucoup ambiguïtés par la multiplication de considérations casuistiques : voilà ma première impression de l’exhortation post-synodale sur la famille rendue publique ce vendredi à 12 heures. Une analyse approfondie – qui prendra du temps vu les 246 pages que compte la version française d’Amoris laetitiapermettra me semble-t-il de constater que bien des aspects inquiétants du rapport final y sont maintenus. Celui-ci est d’ailleurs largement cité. Mais des pans entiers de la question de la crise de la famille semble tragiquement absents.

Il en va ainsi de la contraception, évoquée surtout en tant que pratique imposée par les pouvoirs publics et non dans sa dimension omniprésente dans le monde occidental et ailleurs, y compris parmi la majorité des époux catholiques. Humanae vitae, trop brièvement cité, avait pourtant prophétiquement annoncé la destruction de la famille et l’effondrement de l’ordre social et du respect de la femme par cette pratique contraire aux lois de Dieu… mais peut-on encore parler des lois de Dieu ? Ne serait-il pas temps de dire le lien qui existe entre contraception et divorce ?

C’est particulièrement sur la question des divorcés « remariés » et de leur « intégration » dans l’Eglise, comme sur celle des éléments positifs à chercher dans les unions de fait, que le document suit, mais de manière ambiguë, les recommandations sur une plus grande ouverture. Le chapitre 8 sème la confusion et disqualifie au moins en apparence le discours trop « doctrinal ».

La question se pose même : va-t-on pouvoir se contenter de réclamer une lecture conforme à la tradition, comme l’a déjà fait le cardinal Brandmuller ? Ou se battre pied à pied contre le texte lui-même ? C’est une question dont il serait imprudent de faire l’économie.

Dès le paragraphe 3 le ton est donné :

« Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. »

C’est ce dont rêvaient les partisans de la communion pour les divorcés « remariés » après avoir constaté que la doctrine ne serait pas changée.

Le pape François « ne recommande pas une lecture générale hâtive » du document. La journaliste que je suis (...) se permettra tout de même de livrer des impressions immédiates. Il y a de belles choses, forcément. Des citations magnifiques. (...)  rejet clair en revanche de l’idéologie du genre, mais enfin Jean-Paul II l’a fait définitivement, et de quelle façon !

Le 8e chapitre est le plus contestable. Il présente des considérations qui relèvent de l’accompagnement spirituel personnel et se situe dans cette logique présentée de manière ambiguë. « La route de l’Église est celle de ne condamner personne éternellement ; de répandre la miséricorde de Dieu sur toutes les personnes qui la demandent d’un cœur sincère » : rien à dire. Mais plus loin François écrit : « Personne ne peut être condamné pour toujours, parce que ce n’est pas la logique de l’Évangile ! » J’ai dû mal le lire.

Il est indirectement suggéré (§297) que les personnes en situation matrimoniale irrégulière puissent faire le catéchisme, voire « prêcher » pourvu qu’elles ne fassent pas « ostentation d’un péché objectif comme si ce péché faisait partie de l’idéal chrétien ». Le pape met en garde contre « les affirmations trop rigides » de la doctrine : alors qu’il est là pour enseigner la doctrine et que le confesseur est là pour l’appliquer avec discernement. Pas de « recettes simples », dit le pape. Demander à des divorcés remariés de vivre comme frère et sœur ? « Risqué », répond la note 329 citant Gaudium et spes. Il faut « discerner » si les exclusions liturgiques, pastorales, éducatives « peuvent être dépassées ».

La question de la communion des divorcés remaries est clairement ouverte et laissée à l’interprétation subjective dans la note 336. On retrouve dans le §300 la question du for interne, avec un appel à éviter la « double morale » mais un manque d’affirmation des règles d’accès à l’Eucharistie considérée comme médicament et non comme incorporation au Christ avec tout ce que cela suppose. D’où l’insistance sur les « circonstances atténuantes » dans le paragraphe suivant :

« Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite “irrégulière” vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante. Les limites n’ont pas à voir unique­ment avec une éventuelle méconnaissance de la norme. Un sujet, même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme”. »

Et § 305 : « Par conséquent, un Pasteur ne peut se sentir satisfait en appliquant seulement les lois morales à ceux qui vivent des situations ‘‘irrégulières’’, comme si elles étaient des pierres qui sont lancées à la vie des personnes. C’est le cas des cœurs fermés, qui se cachent ordinairement derrière les enseignements de l’Église « pour s’asseoir sur la cathèdre de Moïse et juger, quelquefois avec supériorité et superficialité, les cas difficiles et les familles blessées ».

Le souci pastoral du pape François ne fait pas de doute. Il est question du salut certes, mais ici tout semble devenir acceptable comme chemin de salut. Le Christ n’a pas appelé Marie-Magdeleine, comme l’écrit François, à une « vie plus digne », mais à une conversion radicale !"

Posté le 8 avril 2016 à 13h05 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (33)

06 avril 2016

Islam : Benoît XVI fut prophétique à Ratisbonne mais il n'est pas suivi

L'ancien président du Sénat Marcello Pera, proche de Benoît XVI avec qui il avait écrit un livre, dénonce le silence de l'Occident face à l'avancée de l'Islam. Entretien traduit par Benoît-et-moi :

P"Président Pera, le pape émérite, dont vous êtes proche, dans le discours désormais historique de Ratisbonne, a lancé l'alarme sur l'Islam. Mais il ne fut pas écouté, au contraire ...

« Vous êtes bien bon, parce que non seulement il n'a pas été écouté, mais il a même été insulté. Ce discours, qui devrait être étudié, fut prophétique. Il a été durement attaqué par le monde musulman, avec des manifestations violentes et c'était prévisible. Mais il y eut un silence honteux de la part de ceux qui comptent en Europe, ils l'ont laissé seul et l'on est déconcerté par un certain profil bas de l'Eglise catholique qui ne l'a pas défendu comme cela aurait été juste. Bref, Ratzinger n'a pas été protégé».

On peut dialoguer avec l'Islam?

« Il faut le faire, ça oui. Mais en restant ferme dans la vérité sans renoncer à nos racines et à notre identité, solides dans nos positions, auxquelles peu à peu, il semble que nous renoncions sans coup férir. Retomber dans le "buonisme" ne sert à rien, et même de nombreux musulmans le prennent pour de la peur ou de la soumission. Bien sûr, tous les musulmans ne sont pas des terroristes et tout l'Islam n'est pas violent, mais après les attentats de Paris et de Bruxelles, je n'ai pas vu de manifestations vives, ni d'indignation réelle des soi-disant musulmans modérés. En un mot, je n'ai pas assisté à des prises de positions qui laissent bien espérer».

Prophétique, Benoît XVI ?

« Il le fut. Il a eu la force de parler clair, chose qu'il a toujours fait et c'est une qualité qui parfois fait défaut aux hommes d'Eglise, dans de nombreuses circonstances. J'ai entendu après Paris et Bruxelles beaucoup de discours d'évêques, et pas seulement d'évêques, dans aucun d'eux le mot Islam n'apparaît, comme si c'était un gros mot. Alors de quoi sont-ils mort à Paris et à Bruxelles? De mort naturelle, ou dans une catastrophe? Ou bien l'Islam est derrière?. Je suis désolé de le dire, mais même le Pape n'a pas mentionné le terrorisme islamique, probablement que c'est un tabou».

L'évêque Polonais Pieronek parle d'islamisation de l'Occident, vous êtes d'accord?

« Je suis d'accord. L'Occident, au nom d'une tolérance feinte et erronée, renonce à défendre ses valeurs et ses principes, alors que nous devrions plutôt faire le contraire et en être fiers. Les musulmans prient, manifestent leur foi, nous sommes timides et absents. L'Eglise s'occupe de forages et d'écologie, mais la doctrine est laissée de côté. Un exemple? L'attitude ambiguë de l'Eglise sur Cirinnà (l'auteur du projet de loi sur les unions gays, ndt). Sauf exceptions louables, et je pense à Bagnasco, l'Eglise catholique italienne a peu parlé, peut-être résignée à la défaite et n'a pas voulu risquer de perdre la face, connaissant le résultat, mais de cette façon, on ne fait pas de témoignage, seulement du calcul. À l'heure actuelle en Europe, je ne vois que l'Eglise polonaise, les paroles de Pieronek le prouvent, courageuse et prophétique, décidée. Mais elle ne plaît pas à (celui/ceux) qui commande(nt)».

Vous êtes en contact avec le pape émérite, il est préoccupé?

« Je lui téléphone souvent, mais je ne peux pas révéler ce qu'il me dit. Il est très lucide et suit tout»

Posté le 6 avril 2016 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

05 avril 2016

Affaire Barbarin: l’hystérie médiatique incompatible avec la justice

Affaire-barbarin-hysterie-mediatique-justice-pedophilieUn article très intéressant de Florence Rault, avocat à la cour, spécialisée dans la protection de l’enfance et le traitement de la délinquance sexuelle. Elle s'insurge contre le parasitage politico-médiatique du travail de la justice, en particulier dans l'affaire mettant en cause le Cardinal Barbarin :

"Il semblerait que les questions sociétales ne puissent plus être traitées qu’au travers de débats hystériques et par l’instrumentalisation de la justice pénale. L’affaire Sauvage il y a peu et maintenant  l’affaire Barbarin en sont de tristes exemples. Dans les deux cas les questions de fond passent au second plan, au profit de manœuvres directement politiques conduites par des lobbys, manœuvres auxquelles se joignent des règlements de compte plus ou moins obscurs. Les violences faites aux femmes, et les atteintes sexuelles sur mineurs, dans l’Église ou ailleurs, mériteraient pourtant des traitements plus civilisés.

L’évêque de Lyon qui paye là ses engagements sur le mariage gay, a bénéficié d’un répit illusoire avec les attentats de Bruxelles. Mais les pancartes « Je suis Belge » ont été rapidement remisées pour revenir aux affaires sérieuses : taper sur les curés.[...]

La justice pénale n’est pas là pour garantir « le plus jamais ça »

La première question délicate est celle du rôle de la justice pénale dans les affaires d’atteintes sexuelles. Quelles que soient les questions posées aujourd’hui, et c’est une banalité de le dire, on demande au juge d’y répondre, même si c’est impossible, et de tout régler pour « réparer ». Soyons claire et ferme, il n’est pas là pour ça. Il n’en a pas les moyens et ce n’est pas son rôle.

La justice pénale doit traiter des faits et juger des individus qui ont transgressé la règle sociale édictée par la loi. Ils doivent recevoir, après une procédure scrupuleusement prévue et organisée, et s’ils sont reconnus coupables au terme d’un procès équitable,  la punition infligée par l’État. Et c’est tout. La justice pénale n’est pas là pour permettre de « faire son deuil », « se reconstruire », accéder au statut de « victime », se débarrasser d’un adversaire politique, garantir « le plus jamais ça », et même établir une « vérité objective et incontestable ».

Le débat qui doit être contradictoire, loyal et dans l’égalité des armes, fait émerger une « vérité judiciaire ». Relative, c’est celle qui permet au juge d’user de la violence légitime, celle du pouvoir sur les corps. Présomption d’innocence, charge de la preuve, bénéfice du doute, double degré de juridiction, et d’autres règles procédurales essentielles encore, sont là pour donner à la décision qui sera prise la légitimité qui lui donnera sa force exécutoire. Cette rigueur est le prix de la protection de l’innocence et des libertés. Il est dommage d’être contraint à rappeler ces évidences.

Et l’on voit bien la difficulté dans ces conditions d’appréhender ce qui relève des atteintes sexuelles, en particulier sur les mineurs. À commencer par la question de la preuve dans un domaine où l’accusation relèvera souvent du « parole contre parole ». La charge de la preuve pesant sur l’accusation, la simple parole du plaignant pèse moins lourd que celle de l’accusé.[...] Le recueil de la parole des victimes d’abus sexuels devrait recevoir le même traitement que le recueil de la parole des victimes de n’importe quelle autre infraction. Plus elle est recueillie tard, plus elle est fragile et invérifiable.[...] Cette parole ne doit pas être sacralisée mais écoutée et prise en compte dans le respect des règles du procès pénal.[...]

L’instrumentalisation de la justice pénale dessert une cause légitime

Le viol et les agressions sexuelles sont des fautes pénales gravissimes méritant sanction. Il est nécessaire de regarder en face la question de la pédophilie. Sortie du monde du silence qui ne régnait pas que dans l’Église il y a vingt-cinq ans, c’est une perversion malheureusement plus répandue qu’on imagine et la question est moins celle de sa répression que de sa prévention et de son traitement. Questions qui ne relèvent pas du juge. C’est la raison pour laquelle l’instrumentalisation de la justice pénale à laquelle nous assistons dessert une cause légitime.

Si l’on s’en réfère à la lecture des journaux toutes les infractions reprochées au père Preynat sont aujourd’hui prescrites. Quant aux incriminations invoquées à l’encontre de l’évêque de Lyon, elles ne résistent pas à une analyse factuelle et juridique sérieuse.

Le procès fait à l’Église catholique pour son attitude dans la gestion du phénomène pédophile dans ses rangs est peut-être légitime, mais la façon dont se déroule actuellement le débat est pour le moins curieuse.

Personne ne conteste qu’il existe des victimes des agissements du père Preynat. Mais ce statut s’il mérite le respect et donne des droits, ne dispense pas des devoirs. Le premier, s’agissant aujourd’hui d’adultes âgés de 40 à 50 ans, est de répondre dans le cadre d’un débat contradictoire à deux questions incontournables. Pourquoi ces vingt-cinq ans de silence au moins ? Pourquoi n’avoir pas saisi la justice, seule façon d’interrompre la prescription ?

L’association très active rassemblant  nombre de plaignants semble-t-il, s’est nommée  « La parole libérée » ? Mais qui ou quoi retenait cette parole prisonnière ? Il faut nous le dire.

« On ne s’arrêtera pas. On va faire péter le diocèse »

Qu’est-ce qui a empêché pendant vingt ou trente ans d’une vie d’adulte actif de prendre ses responsabilités ?  Ne serait-ce que pour éviter à d’autres de subir les agissements de celui qu’on qualifie aujourd’hui de prédateur. Silencieux alors qu’on savait, qu’on avait le pouvoir de saisir la justice. Comment se plaindre que l’évêque de Lyon, qui ne le pouvait, n’ait pas fait ce qu’eux-mêmes n’ont su entreprendre ?

Il faudra répondre à ces questions et à une autre : pourquoi maintenant ? Pourquoi ce déchaînement soudain, ces exhibitions médiatiques qui renvoient au triste fonctionnement de la société du spectacle ? La presse et les réseaux nous préviennent que le porte-parole du ministère de l’Intérieur, « voudrait la tête du cardinal et faire un exemple » et qu’il entretiendrait des liens avec l’association « La parole libérée ».  Il aurait lui-même déposé une plainte pour « mise en danger délibéré d’autrui et provocation au suicide », libellé qui démontre bien qu’on bascule dans le délire. Et le Monde nous confirme que l’objectif de celui qui anime l’association est très clair : « Eh bien non,  on ne s’arrêtera pas. On va faire péter le diocèse ». Et instrumentaliser la justice pour y parvenir ?

Le Premier ministre au mépris de la séparation des pouvoirs, suivi par une cohorte de politiques et de peoples, est bruyamment intervenu dans une affaire qui aurait mérité de sa part un maximum de prudence. Et c’est maintenant la bousculade pour demander la démission du prélat, alors que la plupart des intempestifs n’étant pas catholiques, ne sont pas concernés.

Nous avions vu il y a quelques semaines comment la justice pénale condamnant Jacqueline sauvage, s’était vue traînée dans la boue, et insultée parce qu’elle ne répondait pas aux injonctions des lobbys et de la clameur. Espérons que les magistrats lyonnais sauront rester fermes, sourds à la pression et à ces manipulations, restant fidèles à ce qui est leur principale mission, le respect du droit."

Posté le 5 avril 2016 à 20h38 par Marie Bethanie | Lien permanent

Nouveau nom de domaine en « .catholic »

C’est le nom du nouveau nom de domaine internet voulu par la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège.

Seuls les organismes, institutions, communautés, dicastères romains, diocèses, ordres religieux, associations, universités, ONG, hôpitaux et autres entités liées à l’Eglise catholique pourront choisir ce domaine.

Ce nom de domaine international, le Saint-Siège l’avait déjà déposé fin 2013 pour donner une meilleure visibilité à l’Eglise sur la toile et pour octroyer comme un sceau de fiabilité à ceux qui le déclineront.

Posté le 5 avril 2016 à 15h34 par Michel Janva | Lien permanent

Pérou : un archevêque dénonce les candidats de la culture de mort

Lu sur Le Forum catholique’:

P"Monseigneur Del Rio Alba, archevêque d'Arequipa, deuxième plus grande ville du Pérou, a eu le courage de défendre la vie et de s'opposer à l'union civile (pré mariage gay) en nommant, après la messe de dimanche lors des annonces, les candidats aux élections présidentielles pour qui il ne faut pas voter car ils défendent des anti valeurs qui sont contre Dieu."

La prochaine élection présidentielle aura lieu le 10 avril. Il a déclaré dimanche :

"J'ai le droit d'informer la paroisse sur les orientations des candidats qui peuvent aller à l'encontre de la morale catholique".

Les candidats Veronika Mendoza, du parti "Frente Amplio", et Alfredo Barnechea, d'"Accion Popular", (troisième et quatrième dans les sondages) se sont déclaré en faveur de l'avortement et du mariage entre personnes du même sexe.

Au Pérou, l'avortement est autorisé uniquement en cas de malformation grave du foetus ou lorsque la vie de la mère est en danger.

Posté le 5 avril 2016 à 11h28 par Michel Janva | Lien permanent

04 avril 2016

Les chrétiens doivent envahir les écrans !

Suite au décès de Mother Angelica, fondatrice de la chaîne de télévision EWTN, Famille chrétienne publie l'extrait d'un entretien daté de 1992 :

Unknown-48"Les écrans envahissent les foyers, même les plus chrétiens. Que doivent faire les catholiques ?

Envahir les écrans ! Il y a dans la TV un contact personnel avec les gens, qui peut être utilisé pour le meilleur ou pour le pire. Elle vient prendre la personne au cœur de son foyer, dans son intimité, les yeux dans les yeux. Nous avons reçu récemment cette lettre : « J’avais réservé une chambre d’hôtel pour me suicider. Le locataire précédent avait oublié d’éteindre le poste. J’ai regardé : c’était votre chaine. Une émission sur l’espérance. Vous m’avez sauvé la vie. Merci. » La télévision est un média : elle peut détruire comme elle peut sauver.

Vous êtes un peu « révolutionnaire » dans l’Eglise ?

Je vous cite ce que nous a déclaré le cardinal Odi après avoir visité nos studios : « Les gens sont plus vite convaincus par ce qu’ils voient et entendent par la télé que par les paroles du prêtre derrière son pupitre. La télévision accède plus facilement à l’esprit humain. Non seulement elle permet de toucher un grand nombre de gens et de s’introduire dans des familles qui n’auraient pas directement accès à la doctrine de l’Eglise, mais elle bénéficie en plus d’une certaine crédibilité intérieure qui peut parfois rendre l’Evangile plus désirable à ceux qui ne pensaient pas comme elle. »

La médiatisation n’oblige-t-elle pas à faire certaines simplifications, des concessions sur le Message ?

Nous n’avons jamais fait de concession sur la doctrine de l’Eglise, et nous n’en ferons jamais. Les premiers à le reprocher seraient les protestants qui travaillent avec nous ! Nous ne peignons pas la vie en rose et l’Eglise en bleu. Nous disons aux gens qu’ils sont sur la mauvaise voie, et ils aiment ça. Nous nous sommes éloignés de la discipline, de la maitrise de soi, de Dieu… Plus nous servons aux gens de la bouillie, plus nous essayons d’enrober la vérité de sucre pour ne pas les blesser,  plus nous commettons une grande injustice. « Je veux être une épine dans votre flanc, dis-je à certaines personnes. Je veux, lorsque vous êtes sur le point de commettre une faute, que vous vous souveniez de ce que vous avez entendu à EWTN. » Aujourd’hui plus personne n’appelle un chat un chat ; or c’est ce dont les gens ont besoin. Un jour un homme m’a appelé pour me dire qu’il me trouvait odieuse. Je lui ai répondu que tout le monde me disait ça et qu’il n’était pas obligé d’écouter. « Vous m’irritez ! » ajoute-t-il. Je réponds : « Changez de chaine ! » – « Je ne peux pas ! » – « Pourquoi ? » – « Vous me fascinez ! »

Quelle vous semble être, aujourd’hui, la priorité dans l’évangélisation ?

L’annonce toute simple. Pas la haute théologie, juste les bases de la Foi. Nos frères ne connaissent pas Dieu. Invitons-les : « Jésus est dans l’Eucharistie, venez-voir, venez-voir Jésus ; écoutez sa voix dans la profondeur de votre cœur, touchez sa main ». Où sont notre foi et notre amour pour l’Eucharistie ? Quand avons-nous dit pour la dernière fois à quelqu’un en détresse, ou qui avait des problèmes : « Venez, nous allons en parler à Jésus ? »

Et puis ne plus avoir peur. C’est maintenant l’heure d’être courageux et de prendre des risques pour le Christ. Ca ne nous dérange pas d’être chrétien, mais nous ne voulons pas être fous pour Jésus parce que nous avons perdus l’audace des martyrs. Alors, d’autre le font… La tradition dénombre sept dons de l’Esprit Saint, moi j’en ajoute un huitième : l’audace ! C’est le courage de prendre des risques quand tout le monde pense que vous avez perdu la tête !"

Posté le 4 avril 2016 à 22h05 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2016

Le scandale causé par les hommes politiques catholiques qui communient et soutiennent la culture de mort

Dans La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin (déjà évoqué ici et ici), le cardinal Burke écrit notamment :

6a00d83451619c69e201b7c8237ad9970b-250wi"La participation à la Sainte Eucharistie exige que nous portions témoignage à la vérité et à l'amour que le Christ nous enseigne. La responsabilité de donner un témoignage public de notre foi est tout spécialement grave pour ceux "qui, par la position sociale ou politique qu'ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d'éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes." Le Saint-Père s'adresse en particulier aux hommes politique catholiques, qui, en vertu de leur communion avec le Christ dans la Sainte Eucharistie, doivent promouvoir et soutenir des lois qui respectent la loi naturelle inscrite par Dieu dans chaque coeur humain. Nous sommes témoins du scandale causé par les hommes politiques catholiques qui se présentent pour recevoir la Sainte Communion et qui, en même temps, soutiennent régulièrement la législation qui viole la loi morale naturelle - par exemple, la législation qui permet l'avortement, le clonage humain, la recherche avec les cellules souches d'embryons, l'euthanasie ou "le suicide assisté", le mariage dit "mariage de personnes du même sexe", et autres violations des droits humains fondamentaux."

Posté le 3 avril 2016 à 11h27 par Michel Janva | Lien permanent

Dimanche de la Divine Miséricorde : une fête instituée par Jésus

ImagesLa fête de la Miséricorde est célébrée le premier dimanche après Pâques ou le deuxième dimanche de Pâques, appelé actuellement Dimanche de la Divine Miséricorde. [...] Le 30 avril 2000, le deuxième dimanche de Pâques et le jour de la canonisation de sainte Faustine à Rome, le Souverain Pontife Jean Paul II l’a instituée pour l’Eglise universelle.

Qui est l’auteur de cette fête ? – Le Seigneur Jésus ! Il dit à Soeur Faustine : Je désire que le premier dimanche après Pâques soit la fête de la Miséricorde (P. J. 299). Je désire que la fête de la Miséricorde soit le recours et le refuge pour toutes les âmes, et surtout pour les pauvres pécheurs. En ce jour les entrailles de ma miséricorde sont ouvertes, je déverse tout un océan de grâces sur les âmes qui s’approcheront de la source de ma miséricorde; toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition; en ce jour sont ouvertes toutes les sources divines par lesquelles s’écoulent les grâces (P. J. 699). Jésus parlait de cette fête à Soeur Faustine dans plusieurs révélations. Il en a indiqué la date dans le calendrier liturgique de l’Eglise ; Il en a expliqué la motivation et le rôle à remplir ; Il a instruit l’Eglise sur la façon de la préparer et célébrer, et surtout Il a donné de grandes promesses dont la plus insolite est celle « d’une totale rémission de ses fautes et de leurs châtiments » à « qui s’approchera, ce jour-là de la Source de Vie » (cf. P. J. 300). Il faut donc recevoir pendant la fête de la Divine Miséricorde la sainte Communion après une bonne confession, c’est-à-dire sans avoir d’attache au moindre péché, et en toute confiance en la Miséricorde Divine et la miséricorde envers autrui. Jésus dit : toute âme qui se confessera et communiera recevra le pardon complet de ses fautes et la remise de leur punition."

IndexSainte Faustine écrivait :

"J’éprouve une douleur atroce, lorsque j’observe les souffrances du prochain. Toutes les souffrances du prochain se répercutent dans mon cœur; je porte dans mon cœur leurs angoisses, de sorte qu’elles m’anéantissent également physiquement. Je voudrais que toutes les douleurs retombent sur moi, pour soulager mon prochain."

[...]Qu’est-ce que c’est au juste que cette «miséricorde»? Pour nous catholiques, parler de miséricorde c’est d’abord parler du cœur transpercé de Jésus, source d’où jaillit la grande vague miséricordieuse se déversant sur l’humanité. De ce cœur ouvert, Sainte Faustyna Kowalska vit partir deux faisceaux de lumière qui illuminèrent le monde. «Les deux rayons, lui expliqua un jour Jésus lui-même, représentent le sang et l’eau». L’eau qui purifie et le sang qui sanctifie.

Disons-le avec simplicité, le mot même «miséricorde» est un très beau mot, l’un des plus beaux de notre langue. Etymologiquement, il signifie «qui a le cœur sensible au malheur». Cœur et malheur sont les mots clefs du sens de la miséricorde. Un cœur délicat, plein de compassion, de commisération, de pitié pour le malheur d’autrui renvoie bien sûr, de façon exemplaire, au cœur de Jésus sur la Croix, tout donné pour les pécheurs. Comme disait Jean-Paul II, «à travers le coeur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes».

Oui, Jésus est, selon les mots de Faustine, «l’Amour et la Miséricorde en personne». Pour le dire autrement, la miséricorde n’est pas un concept, une idée pieuse, mais une Personne! C’est fondamental. Cette miséricorde est le Christ qui se diffuse sur l’humanité par l’Esprit; lequel est dans la Trinité la Personne-Amour. Oui, la miséricorde, ce cœur sensible au malheur et à la souffrance, c’est le nom même de notre Dieu."[...]

Une veillée de prière pour «tous les baptisés adhérant à la spiritualité de la  Divine Miséricorde» s’est tenue ce samedi 2 avril 2016, Place St Pierre, en présence du Pape François, dans le cadre du Jubilé. Le Pape exhorte à vivre une miséricorde incarnée :

"Au terme d’une veillée ponctuée de lectures, de méditations et de chants, le Pape François a livré une méditation  centrée sur les nombreux visages de la miséricorde : «il est impossible de tous les décrire, parce que la miséricorde de Dieu est en croissance continuelle. Dieu ne se fatigue jamais de l’exprimer et nous ne devrions jamais nous habituer à la recevoir, à la rechercher et à la désirer. C’est quelque chose de toujours nouveau qui provoque étonnement et surprise en voyant la grande imagination créatrice de Dieu quand il vient à notre rencontre avec son amour».

La miséricorde de Dieu, manifestée par la proximité, la tendresse, compassion et partage, consolation et pardon, «ne peut nous laisser tranquilles» a encore assuré le Pape. «Nous avons écouté l’Évangile. Thomas ne croyait pas, et a trouvé la Foi en touchant les mains dans les plaies de Jésus. Une foi qui n’est pas capable de toucher les plaies du Christ n’est pas la Foi ! Une Foi qui n’est pas capable d’être miséricordieuse, n’est pas la Foi ! C’est une idée, une idéologie ! Notre Foi est incarnée ! Dieu s’est fait chair pour nous, a souffert pour nous! Et si nous voulons vraiment y croire, nous devons nous approcher des plaies du Seigneur, les caresser, baisser la tête, et laisser les autres caresser nos plaies», n’a pas hésité à affirmer avec force le Souverain Pontife, revenant sur l’Évangile proclamé quelques instants auparavant (Jn 20, 19-31)."[...]

 

Posté le 3 avril 2016 à 09h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

31 mars 2016

Le nonce favorable à la suppression des paroisses sans prêtre

En Suisse :

"Pour le nouveau nonce apostolique en Suisse, l’Américain Thomas Gullickson, la suppression de paroisses n’est pas un sujet tabou. “Fait-il sens de maintenir une paroisse là où la messe n’est plus dite, alors que l’Eglise catholique se définit par les sacrements?” s’interroge-t-il dans une interview au quotidien zurichois “Tages Anzeiger”.

Le nonce arrivé en Suisse en octobre dernier relève que dans son diocèse d’origine de Sioux Falls aux Etats-Unis, le nombre des paroisses a été réduit de 150 à 80. Il avoue réfléchir en Américain pragmatique. “Certaines personnes pleurent et demandent de leur laisser leur église. Mais l’argent manque.” En Suisse il y a certes l’impôt ecclésiastique, mais pourquoi attendre si on ne reçoit jamais de prêtre. “On ne peut pas maintenir de vraie communauté avec cinq ou six personnes. En campagne, il serait mieux d’acheter un minibus et de conduire les quelques grand-mères jusqu’à une plus grande paroisse, plutôt que de les laisser pleurer seules sur leur banc, puisque personne n’est là.”

Interrogé sur le synode sur la famille, le prélat reconnaît être dans l’expectative. ” Nous ne savons pas quelles sont les intentions du Saint-Père. Mais il y a des gens qui croient le savoir.” Lui-même pense que “l’Eglise doit faire briller l’image du mariage à laquelle manque aujourd’hui l’ouverture aux enfants et à la famille. Beaucoup de personnes jusqu’à quarante ans veulent partir en vacances avec leur auto et leur chien, puis seulement ensuite avoir deux enfants beaux et intelligents. Mais tout à coup arrivent la tragédie, la maladie et la solitude.” Il n’entrevoit pas de changement de la doctrine concernant l’accès à la communion des divorcés-remariés, le mariage homosexuel ou l’intercommunion avec les réformés. [...]"

Posté le 31 mars 2016 à 16h40 par Michel Janva | Lien permanent

Dimanche de la Divine Miséricorde

Entretien avec Dom Jean Pateau, Père Abbé de l'abbaye Notre-Dame de Fontgombault. Un entretien proposé par Notre-Dame de Chrétienté.

  

Posté le 31 mars 2016 à 13h11 par Marie Bethanie | Lien permanent

L’indépendance irlandaise et l’Église

Tallandier-2-149e7A l'occasion de la sortie du dernier livre d'Alexandra Slaby, Histoire de l’Irlande. De 1912 à nos jours (éditions Tallandier), Thibault Corsaire du blog Le Rouge et le Noir mène un entretien très intéressant avec l'auteur, sur les liens entre l'indépendance irlandaise et l'Eglise catholique. Quelques extraits :

"(Alexandra Slaby est universitaire. Maître de conférences en anglais à l’Université de Caen Normandie, elle a consacré sa thèse aux politiques culturelles irlandaises. Cette thèse fut à l’origine d’un ouvrage intitulé L’État et la culture en Irlande, préfacé par le Président irlandais Michael D. Higgins. Mme Slaby est également rédactrice en chef de la revue universitaire Études irlandaises.)

[...]Le Rouge & le Noir : En plein milieu de ce conflit mondial, l’insurrection nationaliste éclate à Dublin le 24 avril 1916. Comment réagit l’Église face à ces événements dramatiques ? Observe-t-on des différences entre la hiérarchie et le clergé ordinaire ?

Alexandra Slaby : L’Église avait d’abord excommunié les membres de l’Irish Republican Brotherhood (IRB), l’organisation secrète vouée à l’indépendance de l’Irlande au prix de la lutte armée. Les organisateurs de l’insurrection du lundi de Pâques 1916 appartiennent à l’IRB. Mais la répression disproportionnée par l’armée britannique (6000 soldats face à 1600 insurgés, Dublin bombardée) et l’exécution des leaders de l’insurrection marquent un tournant dans par perception de l’insurrection et des insurgés. Le Vatican appelle au retour au calme et la hiérarchie ne peut soutenir la violence. Elle condamne comme non-orthodoxe l’appropriation du sacrifice christique par Patrick Pearse, le leader de l’insurrection qui lit sur le pas de la Grand-Poste de Dublin la Proclamation de la République irlandaise, texte pétri de son catholicisme mystico-nationaliste. Mais seuls 7 évêques sur 31 condamnent ouvertement l’insurrection de Pâques 1916. Les autres gardent le silence. Pendant ce temps, les prêtres embrassent ouvertement les idéaux de 1916 et disent des messes pour le repos de l’âme des rebelles exécutés. Et on commence à prier « Saint Pearse », en un processus de véritable sanctification populaire des insurgés devenus héros et martyrs. L’Eglise est en première ligne dans le combat contre l’imposition de la conscription en 1918 et dans la presse catholique les prières pour « les braves Tommies irlandais » laissent place insensiblement aux prières « pour nos braves prisonniers du Sinn Féin ».

Le Rouge & le Noir : Parmi les grandes figures de l’insurrection de Pâques, toutes ne sont pas catholiques, mais la plupart le sont. La Proclamation de la République évoque Dieu au début et à la fin. Quelle est la place du catholicisme dans la foi nationale des insurgés, et quelle est leur foi tout court ?

Alexandra Slaby : Le concept de « foi nationale » est très intéressant et fécond tant il s’applique à la situation irlandaise au début du vingtième siècle, et à Patrick Pearse en particulier, le père spirituel des insurgés et le père spirituel de l’IRA des années plus tard dans le Nord... On l’a vu, l’Église condamne la récupération de la doctrine du sacrifice christique par les insurgés républicains en 1916. Patrick Pearse affiche un catholicisme ascético-mystique pas tout à fait orthodoxe. Il incarne véritablement une « foi nationale » dans la mesure où il s’imagine en Christ-Cuchulainn (du nom du héros de la mythologie celtique), défenseur de la race irlandaise. Et à cet égard, la Proclamation qu’il a rédigée peut être vue comme la profession de cette foi nationale. Si les organisateurs du soulèvement ont été excommuniés en tant que membres de l’IRB, ils restent attachés à leur foi catholique et récitent le chapelet dans la Grand Poste de Dublin et dans les autres bâtiments de la capitale qu’ils prennent d’assaut. Parmi eux, on compte un agnostique mais aucun protestant.

Le Rouge & le Noir : Quel rôle l’Église catholique occupera-t-elle dans la politique et la société irlandaises au cours des années suivantes, depuis le traité de Londres (décembre 1921) jusqu’à la Constitution conservatrice de de Valera (1937) ?

Alexandra Slaby : Un rôle prépondérant. Elle dispose de moyens matériels, humains et spirituels. Elle subvient aux besoins d’un nouvel État indépendant et impécunieux en prenant en charge la santé publique et l’éducation nationale. En chaire, les prêtres donnent des consignes de vote et peuvent faire et défaire les réputations. Ils ont un moyen de pression redoutable : l’administration des sacrements. Les tensions récentes, les excommunications et autres condamnations de violences révolutionnaires sont vite oubliées.
Les politiques s’empressent donc de poser auprès des prélats et affichent maintes démonstrations de piété. On le voit notamment lors de la tenue à Dublin du Congrès Eucharistique de 1932. On vient de fêter le centenaire de l’émancipation catholique de 1829. La préparation et les moyens mis en œuvre pour célébrer ce mariage de l’État et de l’Église sont considérables. Un million de participants, plus de 315 millions d’heures de messes, prières et d’adoration… G. K. Chesterton en a été fort impressionné ; il faut lire son Christendom in Dublin et ses Dublin Impressions (non traduits hélas mais qui valent l’effort) dans les œuvres complètes. Par la suite, l’Église catholique tentera de combattre les tentations centralisatrices et dirigistes des gouvernements irlandais notamment lorsqu’ils sont dirigés par Eamon de Valera qui, tout en étant fervent catholique lui-même, est soucieux de montrer qui gouverne. De Valera fonde le parti Fianna Fáil. Le parti d’opposition, Cumann na nGaedhael, qui devient Fine Gael, est plus soucieux de suivre la doctrine sociale de l’Eglise et notamment le corporatisme et la subsidiarité qui limitent le rôle de l’Etat au profit de corps intermédiaires. Ces idées seront bientôt marginalisées, le Fianna Fáil prenant l’ascendant.

Mais sur les questions morales, les deux partis dominants se retrouvent dans la condamnation de la culture matérialiste, sensualiste et décadente en provenance d’Angleterre, la condamnation du divorce, de la contraception et de l’avortement. Il y a un consensus sur la destinée de l’Irlande d’être « un havre de vertu dans une mer de vice ». La contraception ne sera autorisée qu’en 1980 et avec de fortes restrictions, l’homosexualité est décriminalisée en 1993, le divorce est permis en 1995, et l’avortement n’est encore autorisé que si la vie de la mère est en danger. C’est dire si la Constitution de de Valera a façonné la culture irlandaise de manière durable.
De Valera avait soin de ne pas faire du catholicisme la religion d’État, mais les églises sont pleines, les séminaires et les écoles aussi"[...]

[Lire l'article entier sur Le Rouge et le Noir]

Posté le 31 mars 2016 à 12h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

30 mars 2016

Père Uzhunnalil : déclaration officielle de la Congrégation des Salésiens

IndexLe Père Uzhunnalil, dont une rumeur prétendait qu'il avait été crucifié Vendredi Saint par les islamistes, est a priori toujours en vie. L'Observatoire de la Christianophobie publie la déclaration du Conseil général de la Congrégation des Salésiens, à laquelle appartient le Père Uzhunnalil :

"En relation avec le sort du Père Tom Uzhunnalil, enlevé le 4 mars dernier à Aden, Yémen, il est confirmé que, pour l’heure, il n’y a pas d’autres nouvelles que ce qui a déjà été dit.

Nous attendons des informations, dont nous espérons qu’elles seront positives, de ceux qui suivent au plus près cette affaire : le gouvernement indien, le vicariat apostolique pour l’Arabie méridionale et la province salésienne de Bangalore.

La Congrégation salésienne continue à suivre la situation avec des sentiments de solidarité et de proximité dans la prière.

Père Filiberto González Plasencia, SDB, conseiller générale pour la communication sociale

Source : Independent Catholic News, 30 mars"

Posté le 30 mars 2016 à 10h40 par Marie Bethanie | Lien permanent

29 mars 2016

Retour d'un évêque à Genève ?

Lu dans Le Point :

"Il s'appelle Pascal Desthieux. Né à Genève il y a 45 ans, il a toujours voulu être prêtre. Ordonné à Lausanne en 1997, ce docteur en théologie vient d'être nommé vicaire épiscopal, avec pour mission de créer un évêché dans la ville du bout du lac. La tâche sera loin d'être facile. Pierre de La Baume, le dernier prélat de Genève, a été chassé par la population en 1533. Beaucoup plus tard, en 1865, le pape Pie IX avait bien tenté d'imposer l'abbé Mermillod comme évêque auxiliaire de Genève. Mais le pauvre religieux n'aura tenu que du 30 novembre au 7 décembre 1865, le temps que le Conseil fédéral (le gouvernement) l'expulse de Suisse…

En 1874, Berne inscrit même dans sa Constitution qu'un évêché ne peut pas être érigé sur son territoire sans sa bénédiction. Depuis, les relations se sont réchauffées avec le Vatican, et l'article 72 a finalement été abrogé en 2001. Malgré tout, l'Église catholique avance encore avec une extrême prudence. Genève est encore considérée par beaucoup de réformés comme la Rome protestante. L'année dernière, Charles Morerod, l'évêque de Fribourg, profite de son voyage au Vatican pour expliquer au pape François qu'il est difficile d'être proche des fidèles quand on supervise un si grand diocèse.

La hache de guerre n'est pas déterrée

En effet, l'évêché est installé dans la petite ville de Fribourg (30 000 habitants), près de Berne, à 140 kilomètres de Genève. Le message est limpide : pour mieux faire, il faut une proximité pastorale. Le pape François laisse filtrer le message… et observe les réactions. Contrairement au passé, l'Église protestante de Genève n'entend pas déterrer la hache de guerre. Son président, le pasteur Emmanuel Fuchs, se contente de déclarer dans la presse : « Il faudra que nous discutions de l'impact que cela pourra avoir. Tout dépend si le nouvel évêque est une personne du cru, qui connaît l'histoire religieuse de Genève et saura s'inscrire dans sa longue tradition œcuménique. »

Message reçu. Pascal Desthieux est justement né à Genève, dans le quartier des Eaux-Vives. Après avoir été curé à Romont, dans le canton de Fribourg, il est revenu à Genève en 2011 pour s'occuper de la paroisse Saint-Joseph aux Eaux-Vives. À peine nommé vicaire épiscopal, Pascal Desthieux n'a pas caché que sa mission était effectivement de plancher sur la création d'un évêché à Genève (500 000 habitants). [...]"

Posté le 29 mars 2016 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent

27 mars 2016

Mors et vita duello

Extrait de l'homélie de ce matin de Dom Hervé Courau, abbé de Triors : 

Der-Auferstandene_1558"Jean Paul II conclut ainsi son encyclique sur la miséricorde en 1980 : Si grande que puisse être la résistance de l'histoire humaine, si marqué le caractère hétérogène de la civilisation contemporaine, si forte enfin la négation de Dieu dans le monde humain, plus grande toutefois doit être la proximité de ce mystère qui, caché depuis les siècles en Dieu, a été ensuite réellement communiqué dans le temps à l'homme par Jésus-Christ (DiM n° 15)Les Pères de l’Église et les formules liturgiques antiques ne parlaient pas autrement ; les apparitions du Sacré-Cœur à Paray-le-Monial ou à Vilnius font de même ; Ste Faustine a transmis le souhait de Jésus de voir la miséricorde pascale solennisée au Dimanche qui suit Pâques, et cela fut sanctionné par le pontificat, puis par la date de la mort de Jean-Paul II. Dans ce beau sillage où Dieu parle à notre temps, le Pape François veut maintenant que l’homme défiguré de mille façons bénéficie au mieux de la vie reçue par la miséricorde divine telle que Pâques la chante, mors et vita duello. 

Mais quel cruel labeur ! Pour l’heure l’actualité est assombrie principalement par la guerre au Proche-Orient, guerre endémique avec ses prolongements sur nos terres et sous nos yeux, mais aussi par le scandale médiatisé concernant le saccage de l’innocence, et cela aussi est un vaste charnier démoniaque. 

Le premier danger est lié à l’islamisme et menace d’abord les musulmans de désespoir : comment les aider à sortir de leurs impasses ? Il faudra bien un jour parler enfin des origines du Coran et du dialogue de sourds auquel il a obligé jusqu’à maintenant. 

Pour le second point, les évêques en parlent tous désormais comme de la mort et de la vie qui sont en duel depuis les origines. Je cite l’un d’entre eux : Nous sommes plongés dans un monde pornographique et personne n’en sort indemne. Quand l’Église dénonce ce danger, elle est moquée et stigmatisée. C’est pourtant l’effritement de la notion du bien et du mal qui brouille le discernement et fait entrer dans une conception rousseauiste de la conscience humaine : Tout ce que je sens être bien est bien, tout ce que je sens être mal est mal (Jean-Jacques Rousseau, L’Émile). Or, poursuit l’évêque de Montauban, la conscience ne vient pas du ressenti, mais elle est l’union de la volonté, de l’intelligence et de la foi pour faire la vérité sur moi-même et admettre qu’il y a des actes que je ne peux jamais faire, des actes qui sont toujours un mal. Abuser d’enfants, de jeunes, de personnes faibles est alors comme le mal absolu. Ce mal abîme à jamais une créature de Dieu, innocente et confiante dans le prêtre qui utilise son autorité pour parvenir à des fins ignobles proprement diaboliques (le pape parle à ce sujet de messes noires). On comprend alors les réactions de l’opinion publique scandalisée quand surviennent de telles affaires. Mais la société continue de faire l’éloge de toutes les dépravations (Mgr Ginoux, Lettre à ses prêtres). 

La pureté morale du clergé est un don de Dieu à solliciter, don nécessaire à l’Église et aux âmes ; sans ce don l’Église, virginité féconde en Marie, est comme stérile en apparence. Mais la grâce veut toujours réparer ce qui a été flétri ; puissent les victimes hâter cette restauration, en devenant les intercesseurs de leurs bourreaux, et ce n’est pas parole en l’air. Dans le même sens, plusieurs évêques parlent désormais de faire dire des messes de réparation, de vivre nos liturgies en esprit de réparation, comme une sorte d’exorcisme faisant sortir le mal caché pour le purifier et faire désirer la vie véritable, mors et vita duello. De façon décisive, comme le dit encore l’encyclique sur la miséricorde (DiM n° 6 §5), la conversion est l’expression la plus concrète de l’œuvre de l’amour et de la présence dla miséricorde dans le monde humain."

Posté le 27 mars 2016 à 17h48 par Michel Janva | Lien permanent

O Filii et Filiae

R. Alleluia ! Alleluia ! Alleluia !
 
1. O filii et filiae,
1. O fils et filles,
Rex coelestis, Rex gloriae
Le Roi des cieux, le Roi de gloire
morte surrexit hodie. Alleluia !
A surgi de la mort aujourd'hui, alléluia !
 
2. Et mane prima sabbati
Et le matin du premier jour après le Sabbat,
Ad ostium monumenti
Jusqu’à la porte du monuement,
Accessérunt discipuli. Alleluia !
S’approchèrent les disciples, alléluia !
 
3. Et Maria Magdalene,
3. Et Marie Madeleine
et Iacobi, et Salome
Et Marie mère de Jacques
Venerunt corpus ungere. Alleluia !
Sont venues embaumer le Corps, alléluia !
 
4. In albis sedens angelus
4. Un ange, assis, vêtu de blanc,
praedixit mulieribus:
Dit aux femmes :
Quia surrexit Dominus. Alleluia !
"Le Seigneur est ressuscité." alléluia !
 
5. Et Ioannes apostolus
5. Et Jean l'Apôtre,
cucurrit Petro citius,
Court plus vite que Pierre,
Ad sepulcrum venit prius. Alleluia !
Et arrive le premier au tombeau. Alléluia !
 
6. Discipulis astantibus,
6. Les disciples étant présents,
in medio stetit Christus,
Jésus parut au milieu d'eux et leur dit :
dicens: Pax vobis omnibus. Alleluia !
"Que la paix soit au milieu de vous tous." Alléluia !
 
7. In intelléxit Didymus
7. Dès que Didyme apprit
Quia surrexerat Iesus,
Que Jésus était réssuscité,
Remansit fere dubius, Alleluia !
Il demeura presque dans le doute. Alléluia !
 
8. Vide Thoma, vide latus,
8. Thomas, vois mon côté, lui dit Jésus,
vide pedes, vide manus,
Vois mes pieds, vois mes mains,
Noli esse incredulus. Alleluia.
Et ne reste pas incrédule. Alléluia !
 
9. Quando Thomas vidit Christum,
9. Quand Thomas eut vu le côté du Christ,
Pedes, manus, latus suum,
Les pieds et ses mains,
Dixit, Tu es Deus meus. Alleluia.
Il s’écria : Vous êtes mon Dieu. Alléluia.
 
10. Beati qui non viderunt,
10. Heureux ceux qui sans avoir vu,
Et firmiter credidefunt,
Ont cru d’une ferme foi,
Vitam aeternam habebunt. Alleluia.
Ils posséderont la vie éternelle. Alléluia.
 
11. In hoc festo sanctissimo
11. Célébrons cette très sainte solennité
Sit laus et jubilatio!
Par des cantiques de louanges et d’allégresses !
Benedicamus Domino. Alleluia.
Bénissons le Seigneur. Alléluia !
 
12. De quibus nos humillimas
12. Rendons à Dieu avec le dévouement et la reconnaissance,
Devotas aeque debitas
Qui lui sont dus, de très humbles actions de grâces,
Deo dicamus gratias. Alleluia.
Pour tous ses bienfaits. Alléluia !

Posté le 27 mars 2016 à 10h39 par Michel Janva | Lien permanent

Pâques change tout !

Abbegrosjean2Un article de l'Abbé Grosjean en ce matin de Pâques vient nous montrer que Pâques change tout (extraits) :

Paques-620x310"[...] Pâques n’est pas une parenthèse pour « respirer » avant de « replonger » dans un quotidien difficile. Pâques change tout. Pourquoi ?

Le mal n’aura pas le dernier mot

Pâques ne vient pas supprimer le mal : nous en faisons l’expérience. Mais Pâques nous assure que ce mal n’aura pas le dernier mot. Que nos vendredis saints déboucheront eux-aussi sur un matin de Pâques. Pâques nous assure qu’au cœur même de ces épreuves, le Seigneur vivant nous rejoint pour que nous puissions grandir, avancer, nous accomplir. Il veut même se servir de ces épreuves et leur donner une mystérieuse mais réelle fécondité. Cette fécondité est la plus belle des victoires sur le mal. Une façon de le retourner. Ce qui devait nous détruire nous fait grandir, nous permet d’accueillir Jésus et participe à nous sauver.[...]

Dieu au coeur de nos épreuves

De même, chacune de nos épreuves peut devenir la faille par laquelle Dieu nous rejoint et vient nous visiter. Face à nos limites, dans nos fragilités, broyés par la souffrance, nous crions vers Dieu et nous le redécouvrons peu à peu à nos côtés. Alors, beaucoup de cœurs s’ouvrent et se laissent rejoindre. Certes la révolte est compréhensible : le mal reste un scandale. Et nos « pourquoi » sont légitimes. Mais Pâques nous aide à regarder de l’avant et nous offre l’espérance nécessaire pour avancer : ce que nous vivons n’est pas stérile, notre foi, notre charité, notre espérance dans les épreuves porteront du fruit. On passe du « pourquoi » sans réponse, au « comment » : comment je décide de vivre tout cela. Comment je veux avancer. Pâques m’assure que l’amour vécu jusqu’au bout n’est jamais inutile, mais sera toujours – d’une façon ou d’une autre – victorieux. Ces épreuves deviennent autant d’étapes sur mon chemin vers le Ciel.

Voilà pourquoi nous pouvons et devons, au cœur même de nos larmes, murmurer ou crier, chanter ou proclamer ce cri de victoire : Alleluia ! Ce chant fait trembler l’enfer : il rappelle au Mal – malgré son apparente puissance encore aujourd’hui – qu’il a définitivement perdu. Notre chant de victoire nous fait entrevoir l’aube de ce matin de Pâques, qui vient éclairer toute notre vie de l’intérieur et lui donner son vrai sens."

"Alleluia ! Ce chant fait trembler l'enfer" !

Posté le 27 mars 2016 à 09h09 par Marie Bethanie | Lien permanent

Victimae Paschali Laudes

1. Victimæ paschali laudes immolent Christiani.

1. A la Victime pascale, chrétiens offrons nos louanges.

2. Agnus redemit oves, Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.

2. L’Agneau sauva les brebis, le Christ innocent réconcilia les pécheurs avec le Père.

3. Mors et vita duello conflixere mirando, dux vitæ mortuus regnat vivus.

3. La mort et la vie ont combattu en un duel prodigieux, le maître de la vie mourut, vivant Il règne.

4. Dic nobis Maria quid vidisti in via ?

4. Dis-nous Marie [Magdeleine] qu’as-tu vu en chemin ?

5. Sepulchrum Christi viventis et gloriam vidi resurgentis.

5. J’ai vu le sépulcre du Christ vivant et la gloire du Ressuscité.

6. Angelicos testes, sudarium et vestes.

6. J’ai vu les Anges témoins, le suaire et les vêtements.

7. Surrexit Christus spes mea : præcedet suos in Galilæam.

7. Le Christ, mon Espérance, est ressuscité, il vous précédera en Galilée.

8. Scimus Christus surrexisse a mortuis vere. Tu nobis victor Rex, miserere ! Amen ! Alleluia !

8. Nous savons le Christ vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends pitié de nous ! Ainsi soit-il ! Louez le Seigneur !

Posté le 27 mars 2016 à 07h27 par Michel Janva | Lien permanent

Exsultet - Praeconium Paschale

Exsúltet iam angélica turba cælórum :
exsúltent divína mystéria :
et pro tanti Regis victória tuba ínsonet salutáris.

Gáudeat et tellus, tantis irradiáta fulgóribus :
et ætérni Regis splendóre illustráta,
tótius orbis se séntiat amisísse calíginem.

Lætétur et mater Ecclésia,
tanti lúminis adornáta fulgóribus :
et magnis populórum vócibus hæc aula resúltet.

Quaprópter astántes vos, fratres caríssimi,
ad tam miram huius sancti lúminis claritátem,
una mecum, quæso,
Dei omnipoténtis misericórdiam invocáte.
Ut, qui me non meis méritis
intra Levitárum númerum dignátus est aggregáre,
lúminis sui claritátem infúndens,
cérei huius laudem implére perfíciat

V/ Dóminus vobíscum.
R/ Et cum spíritu tuo
V/ Sursum corda.
R/ Habémus ad Dóminum.
V/ Grátias agámus Dómino Deo nostro.
R/ Dignum et iustum est.

Vere dignum et iustum est,

invisíbilem Deum Patrem omnipoténtem
Filiúmque eius unigénitum,
Dóminum nostrum Iesum Christum,
toto cordis ac mentis afféctu et vocis ministério personáre.

Qui pro nobis ætérno Patri Adæ débitum solvit,
et véteris piáculi cautiónem pio cruóre detérsit.

Hæc sunt enim festa paschália,
in quibus verus ille Agnus occíditur,
cuius sánguine postes fidélium consecrántur.

Hæc nox est,
in qua primum patres nostros, fílios Israel
edúctos de Ægypto,
Mare Rubrum sicco vestígio transíre fecísti.

Hæc ígitur nox est,
quæ peccatórum ténebras colúmnæ illuminatióne purgávit.

Hæc nox est,
quæ hódie per univérsum mundum in Christo credéntes,
a vítiis sæculi et calígine peccatórum segregátos,
reddit grátiæ, sóciat sanctitáti.

Hæc nox est,
in qua, destrúctis vínculis mortis,
Christus ab ínferis victor ascéndit.

Nihil enim nobis nasci prófuit,
nisi rédimi profuísset.
O mira circa nos tuæ pietátis dignátio !
O inæstimábilis diléctio caritátis :
ut servum redímeres, Fílium tradidísti !

O certe necessárium Adæ peccátum,
quod Christi morte delétum est !
O felix culpa,
quæ talem ac tantum méruit habére Redemptórem !

O vere beáta nox,
quæ sola méruit scire tempus et horam,
in qua Christus ab ínferis resurréxit !

Hæc nox est, de qua scriptum est :
Et nox sicut dies illuminábitur :
et nox illuminátio mea in delíciis meis.

Huius ígitur sanctificátio noctis fugat scélera, culpas lavat :
et reddit innocéntiam lapsis
et mæstis lætítiam.
Fugat ódia, concórdiam parat
et curvat impéria.

In huius ígitur noctis grátia, súscipe, sancte Pater,
laudis huius sacrifícium vespertínum,
quod tibi in hac cérei oblatióne solémni,
per ministrórum manus
de opéribus apum, sacrosáncta reddit Ecclésia.

Sed iam colúmnæ huius præcónia nóvimus,
quam in honórem Dei rútilans ignis accéndit.
Qui, lícet sit divísus in partes,
mutuáti tamen lúminis detrimenta non novit.

Alitur enim liquántibus ceris,
quas in substántiam pretiósæ huius lámpadis
apis mater edúxit.

O vere beáta nox,
in qua terrénis cæléstia, humánis divína iungúntur !

Orámus ergo te, Dómine,
ut céreus iste in honórem tui nóminis consecrátus,
ad noctis huius calíginem destruéndam,
indefíciens persevéret.
Et in odórem suavitátis accéptus,
supérnis lumináribus misceátur.

Flammas eius lúcifer matutínus invéniat :
ille, inquam, lúcifer, qui nescit occásum.
Christus Fílius tuus,
qui, regréssus ab ínferis, humáno géneri serénus illúxit,
et vivit et regnat in sæcula sæculórum.

R/ Amen.

Traduction : 

Exultez, maintenant, chœurs des Anges, dans les cieux; exultez, divins mystères ; et pour chanter la gloire d’un si grand Roi, sonne, trompette du salut. Réjouis-toi, terre, irradiée de telles clartés ; que l’univers entier tressaille du bonheur d’être sorti des ténèbres. Joie à toi, Mère Église, rayonnante de l’éclat de tant de lumière, et que ce temple retentisse de la grande voix des peuples. — C’est pourquoi, frères très aimés, qui êtes ici les témoins du merveilleux rayonnement de cette lumière sacrée, invoquez ensemble, avec moi, la miséricorde du Dieu tout-puissant, pour que Celui qui, sans mérites de ma part, a daigné m’agréger au nombre des lévites, répande sur moi les clartés de sa lumière et fasse que je m’acquitte à souhait de la louange de ce cierge sacré. Par son Fils Jésus-Christ notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec lui en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. R/. Ainsi soit-il.

V/. Le Seigneur soit avec vous.

R/. Et avec votre esprit.

V/. Haut les cœurs!

R/. Nous les élevons vers le Seigneur.

V/. Rendons grâces au Seigneur notre Dieu.

R/. C’est digne et juste.

Il est vraiment digne et juste de louer le Dieu invisible, de faire servir nos voix à chanter du fond du cœur et de toute notre âme le Père tout-puissant et son Fils unique Jésus-Christ notre Seigneur, qui, soldant au Père pour nous la dette d’Adam, a répandu son sang précieux et annulé la condamnation méritée par l’antique péché. Voici, en effet, les fêtes de Pâques, où s’immole l’Agneau véritable dont le sang consacre les lèvres des croyants. Voici la nuit où jadis, tirant nos pères, les fils d’Israël, de la terre d’Égypte, vous leur avez fait passer la Mer Rouge à pied sec. C’est cette nuit qui a dissipé les ténèbres du péché par l’irradiation de la colonne de feu, et c’est elle qui aujourd’hui, par le monde entier, arrachant les fidèles du Christ aux vices du siècle et aux ténèbres du péché, les rend à la grâce et leur donne part à la sainteté. C’est la nuit, où brisant les liens du tombeau, le Christ est remonté, victorieux, du séjour des morts [; et rien, en effet, ne nous eût servi de naître si nous ne devions pas être rachetés]. O combien merveilleuse envers nous votre condescendante bonté! O inestimable dilection de votre charité: pour racheter l’esclave, vous avez livré le Fils! O péché d’Adam, vraiment nécessaire, que la mort du Christ a effacé! O heureuse faute, qui nous a valu un tel et si grand Rédempteur! [O nuit vraiment bienheureuse, qui seule a connu le temps et l’heure où le Christ est ressuscité du séjour des morts!] C’est de cette nuit qu’il est écrit: « Et la nuit brillera comme le jour, elle s’illuminera pour éclairer mes joies » (Ps 138, 11.12). C’est donc ici la nuit dont la sainteté bannit les crimes, lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et aux affligés la joie ; elle dissipe les haines, ramène la concorde et soumet à Dieu les empires.

En cette nuit sacrée, agréez donc, Père saint, la flamme du sacrifice du soir, que par les mains de ses ministres, la sainte Église vous offre, en l’oblation solennelle de ce cierge que le labeur des abeilles a préparé. Nous connaissons maintenant les gloires de cette « colonne » qu’en l’honneur de Dieu une flamme éclatante va embraser.

Cette flamme, bien que partagée pour se multiplier, ne souffre aucune diminution à communiquer sa lumière, alimentée qu’elle est par les molles cires, que pour former ce précieux flambeau, la mère abeille a distillées.

 O nuit vraiment heureuse qui dépouilla les Égyptiens pour enrichir les Hébreux ! Nuit où le ciel se joint à la terre, le divin à l’humain. — Faites donc, ô Seigneur, que consacré à l’honneur de votre nom, ce cierge brûle sans trêve, toute la nuit durant, pour en dissiper les ténèbres, et qu’agréé comme un parfum d’agréable odeur, il soit admis à se mêler aux luminaires des cieux. Que l’Astre du matin le trouve brûlant encore à son lever; l’Astre, j’entends, qui ne connaît pas de couchant, Celui qui s’élevant du  séjour des morts répand sur le genre humain sa radieuse clarté.

Et maintenant, Seigneur, daignez nous accorder des jours de paix, et en ces joies pascales nous conduire, nous gouverner et nous protéger, nous, vos serviteurs, tout le clergé et le peuple de vos fidèles, en union avec notre Saint Père le Pape N. et avec notre Évêque N. Par le même Jésus-Christ, votre Fils, notre Seigneur, qui, étant Dieu, vit et règne avec vous en l’unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. R/. Amen.

Posté le 27 mars 2016 à 00h00 par Michel Janva | Lien permanent

26 mars 2016

Le Visage du Christ au tombeau

De Jeanne Smits :

"Le Centre espagnol de sindonologie, qui se consacre à l'étude du Linceul de Turin, a tenu une journée portes ouvertes ce Vendredi Saint dans son nouveau siège à Valence (calle Cotanda, 1-3a, Valencia, Espagne). Les visiteurs ont pu se recueillir devant une sculpture du Visage du Christ réalisé d'après l'image l'Homme du Linceul, avec les marques des tortures qu'Il a subies recueillies également sur le Suaire d'OviedoLe Centre espagnol de sindonologie travaille tout spécialement sur les concordances entre le Linceul et le Suaire d'Oviedo."

Ces-busto

Posté le 26 mars 2016 à 20h06 par Michel Janva | Lien permanent

25 mars 2016

Stabat Mater

Jesus-Crucifixion

Posté le 25 mars 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

Crux Fidelis

Crucifixion2

1 et 2 Antiphona Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine. 1 et 2 Antienne O Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.
* Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet. *O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !
1 Hymnus Pange, lingua, gloriósi láuream certáminis, et super Crucis trophǽo dic triúmphum nóbilem : quáliter Redémptor orbis immolátus vícerit. 1 Hymne Chante, chante, ma langue, les lauriers d’un glorieux combat ! Sur le trophée de la Croix chante le grand triomphe ; Raconte comment le Rédempteur du monde triomphe en s’immolant.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine. O Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.
1  De paréntis protoplásti fraude Factor cóndolens, quando pomi noxiális in necem morsu ruit : ipse lignum tunc notávit, damna ligni ut sólveret. 1  Dieu compatit au malheur du premier homme sorti de ses mains. Dès qu’il mordit à la pomme funeste, Adam se précipita dans la mort. Dieu lui- même désigna l’arbre nouveau pour réparer les malheurs causés par le premier.
Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet. O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !
1  Hoc opus nostræ salútis ordo depopóscerat : multifórmis proditóris ars ut artem fálleret : et medélam ferret inde, hostis unde lǽserat. 1  Cette œuvre réparatrice, l’économie de notre salut la réclamait ; Dieu voulait que l’artifice du serpent fût déjoué par un autre artifice ; il voulait porter le remède là où l’ennemi avait causé le tort.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine. O Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.
1  Quando venit ergo sacri plenitúdo témporis, missus est ab arce Patris Natus, orbis Cónditor : atque ventre virgináli carne amíctus pródiit. 1  Quand donc fut arrivée la plénitude des temps annoncés, du haut du trône de son Père, le Fils, créateur du monde, fut envoyé. Dans le sein d’une Vierge, il se revêtit de chair et il naquit.
Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet. O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !
1  Vagit Infans inter arcta cónditus præsépia : membra pannis involúta Virgo Mater álligat : et Dei manus pedésque stricta cingit fáscia. 1  Il vagit, le petit enfant, couché dans l’étroite crèche ; la Vierge, sa mère, enveloppe de langes ses membres emprisonnés, et des bandelettes étroites enserrent les pieds et les mains d’un Dieu.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine. O Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.
1  Lustra sex qui iam perégit, tempus implens córporis, sponte líbera Redémptor passióni déditus, Agnus in Crucis levátur immolándus stípite. 1  Le temps de six lustres est écoulé, la durée de sa vie mortelle est accomplie : le Rédempteur, de lui-même, se livre aux tourments de sa Passion ; Agneau divin.il est cloué à la croix, bois très saint sur lequel il s’immole.
Dulce lignum dulces claves, dulce pondus sústinet. O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !
1  Felle potus ecce languet : spina, clavi, láncea mite corpus perforárunt, unda manat et cruor : terra, pontus, astra, mundus, quo lavántur flúmine ! 1  On l’abreuve de fiel ; il languit ; les épines, les clous et la lance transpercent le doux corps ! De l’eau jaillit ; avec elle, du sang. Terre, océan, astres, monde, que le fleuve vous purifie !
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine. O Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.
1  Flecte ramos, arbor alta, tensa laxa víscera, et rigor lentéscat ille, quem dedit natívitas : et supérni membra Regis tende miti stípite. 1  Ploie tes rameaux, arbre sublime, relâche tes fibres tendues, fléchis cette rigidité rugueuse que t’a donnée la nature. Offre un soutien plus doux aux membres sacrés du Roi du ciel.
Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet. O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !
1  Sola digna tu fuísti ferre mundi víctimam : atque portum præparáre arca mundo náufrago : quam sacer cruor perúnxit, fusus Agni córpore. 1  O Croix, seul arbre digne entre tous de porter la victime du monde, seul digne dé façonner l’arche qui guide au port le monde naufragé, car tu fus empourprée du sang divin qui s’échappe du corps de l’Agneau.
Crux fidélis, inter omnes arbor una nóbilis : nulla silva talem profert fronde, flore, gérmine. O Croix, objet de notre confiance, arbre illustre entre tous : nulle forêt n’en produit de semblable par le feuillage, les fleurs et les fruits.
   
1  Sempitérna sit beátæ Trinitáti glória : æqua Patri Filióque ; par decus Paráclito : Uníus Triníque nomen laudet univérsitas. Amen. 1  Gloire soit éternellement à la bienheureuse Trinité. Honneur égal au Père et au Fils, comme aussi au Paraclet. Que le nom du Dieu un et trois soit loué dans tout l’univers. Ainsi soit-il.
Dulce lignum dulces clavos, dulce pondus sústinet. O doux bois aimable, ô doux clous, quel doux fardeau vous supportez !

Posté le 25 mars 2016 à 12h00 par Michel Janva | Lien permanent

Qu'est-ce que la prière ?

Entretien avec Dom Jean Pateau, Père Abbé de l' abbaye de Notre-Dame de Fontgombault :

Posté le 25 mars 2016 à 08h54 par Michel Janva | Lien permanent

24 mars 2016

Ubi caritas et amor, Deus ibi est

Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
Congregavit nos in unum Christi amor. Exsultemus, et in ipso jucundemur.
Timeamus, et amemus Deum vivum. Et ex corde diligamus nos sincero.

Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
Simul ergo cum in unum congregamur: Ne nos mente dividamur, caveamus.
Cessent iurgia maligna, cessent lites. Et in medio nostri sit Christus Deus.

Ubi caritas et amor, Deus ibi est.
Simul quoque cum beatis videamus, Glorianter vultum tuum, Christe Deus:
Gaudium quod est immensum, atque probum, Saecula per infinita saeculorum. Amen.

Posté le 24 mars 2016 à 21h07 par Michel Janva | Lien permanent

Messe in Cena Domini - Pange lingua, Tantum ergo

Posté le 24 mars 2016 à 20h46 par Michel Janva | Lien permanent

Messe In Cena Domini : Introït

« Nos autem gloriári opórtet in cruce Dómini nostri Iesu Christi, in quo est salus, vita et resurréctio nostra, per quem salváti et liberáti sumus. Ps. Deus misereátur nostri, et benedícat nobis : illúminet vultum suum super nos, et misereátur nostri. Nos autem… »

« Glorifions-nous dans la Croix de Jésus-Christ notre Seigneur ; c'est lui qui est notre salut, notre vie et notre résurrection, lui par qui nous sommes sauvés et délivrés. Ps. Que Dieu ait pitié de nous, et qu'il nous bénisse ; qu'il fasse luire sur nous la lumière de son visage, et qu'il ait pitié de nous. Glorifions-nous… »

Posté le 24 mars 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

Benoît XVI "est en train de s'éteindre lentement"

Lu ici

"Benoît XVI "est en train de s'éteindre comme une bougie, lentement et sereinement" mais reste "très lucide", a confié dans une interview parue ce jeudi le secrétaire particulier du pape émérite, Mgr Georg Gänswein. Joseph Ratzinger est "un homme âgé, certes, mais très lucide. Hélas, il lui est devenu difficile de marcher et il doit avoir recours à un déambulateur", a-t-il expliqué à la revue italienne BenEssere.

"Au mois d'avril, Benoît XVI fêtera ses 89 ans. Il est comme une bougie qui s'éteint, lentement et sereinement, comme cela arrive à beaucoup d'entre nous", ajoute Mgr Gänswein, qui est au service de Joseph Ratzinger depuis plus de 20 ans. Le pape émérite "est serein, en paix avec Dieu, avec lui-même et avec le monde. Il s'intéresse à tout et garde son humour fin et subtil", poursuit-il. Mgr Gänswein, qui réside avec Benoît XVI dans l'ancien monastère Mater Ecclesiae sur la colline du Vatican, travaille également auprès de François, dont il est chargé d'organiser l'emploi du temps".

Par ailleurs, son secrétaire s'est montré rassurant :

"Non, Benoit XVI n'est pas sur le point de mourir. Mgr Georg Gänswein a confié, à la revue italienne "BenEssere", que Benoit XVI était "en train de s'éteindre comme une bougie, lentement et sereinement", déclenchant un emballement médiatique.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du Vatican,  le père Federico Lombardi, a mis en garde contre toute interprétation alarmiste des propos de Mgr Gänswein (photo): "Il n'y a aucun type de préoccupation particulière, aucune nouveauté. Il n'y a pas de risque spécial ou d'aggravation de son état de santé". "Mais chacun peut voir qu'il devient plus fragile avec le temps (...), il est clairement en train de perdre des forces".

Posté le 24 mars 2016 à 18h20 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (9)

Retour à Paris de la chorale syrienne Coeur-joie

Arrivée le 11 mars à Paris, la chorale Coeur-Joie a entamé sa tournée par un grand concert à Paris. Puis ce fut Lyon, Bollène, Toulon, Béziers, Toulouse et Lourdes. Les 150 Syriens venus de Damas ont chanté chaque soir à guichet fermé devant des salles enthousiastes. A noter la présence de réfugiés syriens et irakiens venus assister en très grand nombre à ces concerts et émus de retrouver la plus célèbre chorale de Syrie, promouvant les valeurs de paix et de dignité, loin de tout débat géopolitique.

Pour l’association SOS Chrétiens d’Orient qui organise la tournée, l’objectif de créer un pont entre la chrétienté d'ici et de là-bas est largement dépassé.

La chorale Cœur-Joie est de retour à Paris jeudi 24 et vendredi 25 mars.

  • Jeudi, elle chantera la messe du Jeudi Saint en l’église du Cœur-Eucharistique de Jésus, dans le XXe arrondissement à partir de 19H
  • Vendredi, elle sera accueillie par Madame Rachida Dati à la mairie du VIIe arrondissement pour un concert à 10H30. Elle y est ensuite invitée à déjeuner et y prendra le traditionnel bol de riz du Vendredi Saint.
  • Vendredi soir elle donnera son dernier concert en l’église St Julien le Pauvre.

Posté le 24 mars 2016 à 10h06 par Michel Janva | Lien permanent

23 mars 2016

La Semaine Sainte version Playmobil

Récit de la Semaine Sainte de Jésus (du Jeudi Saint au dimanche soir de Pâques) avec des Playmobil, par don Pascal, à une classe de maternelle dans une école privée. A montrer à nos tout-petits pour se plonger dans le mystère pascal.

Posté le 23 mars 2016 à 13h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

Des rumeurs de crucifixion pour le Père Uzhunnalil ce Vendredi Saint

IndexDes rumeurs circulent sur une possible exécution du père salésien Tom Uzhunnalil par « crucifixion » le Vendredi Saint, le 25 mars prochain, jour de la Passion et de la mort du Christ sur la croix. Il avait été enlevé le 4 mars, jour de l'assassinat des 4 religieuses de Mère Teresa.

"Les rumeurs de tortures et exécution prochaine du père Tom, selon un plan orchestré par les djihadistes, ne sont absolument pas confirmées et jugées « apparemment privée de tout fondement » par les salésiens mais suffisamment alarmantes pour alimenter leurs craintes sur son sort et sur celui de « tant de personnes, de diverses religions et confessions, qui souffrent  un authentique martyre », dans diverses parties du monde. [...]

Sur les réseaux sociaux circulent également les images d’une lettre envoyée via fax et attribuée à Mère Sally, la supérieure des missionnaires de la charité à Aden, seule rescapée du massacre. Selon cette lettre, qui décrit l’attaque, la religieuse était allée à la recherche de l’aumônier pour l’avertir de ce qui était en train de se passer. Mais, celui-ci s’était déjà rendu compte de la situation aux cris qui fusaient dans le couvent et, au lieu de s’enfuir, était allé à la chapelle pour consommer toutes les hosties consacrées et ainsi éviter que les assaillants ne commettent des actes sacrilèges. Dans un autre passage, une sœur rappelle que le P. Uzhunnalil disait chaque jour : « Soyons prêts pour le martyre ».

« Nous ne savons rien, nous ne savons pas où il est ou s’il est encore vivant. Espérons et prions pour lui », a encore dit Mgr. Paul Hinder, OFM, Vicaire apostolique de l’Arabie du sud (cf. Fides)."

Nous unissons nos prières en cette semaine sainte pour le Père Tom Uzhunnalil.

Posté le 23 mars 2016 à 10h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

22 mars 2016

Messe de Pâques selon le rite extraordinaire à Papeete

La messe de Pâques, sous la forme extraordinaire du rite romain, sera célébrée le dimanche 27 mars 2016 en la chapelle de l'archevêché de Papeete à 08h30 (heure locale).

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Cette messe sera célébrée en action de grâce pour l'obtention de l'application du Motu Proprio en Polynésie, et aux intentions personnelles de tous ceux qui, depuis des années, et bien avant nous, ont oeuvré directement ou indirectement, encouragé et soutenu ce projet tant par leurs prières que par des dons ou en donnant de leur temps ; ils ont participé à la préparation des esprits au retour de cette belle forme liturgique ici. Notre Communauté et ses membres sont vraiment touchés et réconfortés de se savoir soutenu par les prières qui nous parviennent de Polynésie, de Métropole et d'ailleurs, de congrégations religieuses, de monastères, de couvents, de groupes de fidèles (communautés du Motu Proprio, groupes de prières des mères et tant d'autres...)...

Nous joignons à notre intention de messe aussi les évêques, administrateurs apostoliques, et prêtres amis pour leur bienveillance, leurs bénédictions et aides précieuses dans la mise en application du motu Proprio.

Certains ont oeuvré au grand jour, d'autres modestement mais efficacement dans l'ombre. C'est la somme de toutes ces personnes et prières qui a permis que nous en soyons là où nous sommes aujourd'hui, avec l'aide de la Providence. Que tous soient remerciés et reçoivent la sincère gratitude de notre Communauté attachée à la forme extraordinaire, ici à Tahiti.

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Posté le 22 mars 2016 à 17h44 par Marie Bethanie | Lien permanent


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