29 août 2016

Les nouveaux prêtres du bout du monde

PJoseph Enkh-Baatar a été ordonné prêtre hier en la cathédrale de Oulan-Bator, en Mongolie. Il est le premier prêtre de Mongolie, où les catholiques sont un millier.

Par ailleurs, au Pakistan, Mgr Sebastian Shaw a ordonné 5 prêtres hier. D’habitude il n’y a qu’une ou deux ordinations. C’est un record depuis 1994. Quelque 21 prêtres ont déjà été ordonnés au Pakistan cette année. Il y en aura trois autres à Karachi en octobre.

Posté le 29 août 2016 à 17h30 par Michel Janva | Lien permanent

25 août 2016

Des prêtres célèbrent ad orientem, comme le demande le cardinal Sarah

Aux Etats-Unis. En France, à l'exception de Mgr Rey, on ne sait pas vraiment si cette proposition a été reçue :

Images-13"Les prêtres de la paroisse de la Sainte-Famille, dont je suis curé, à New York, ont repris depuis juillet la pratique de célébrer la Sainte Messe face à l’Est liturgique — ad orientem. J’ai décidé que nous ferions ainsi après avoir lu un entretien accordé en mai par le Cardinal Sarah à la revue catholique française Famille Chrétienne. Il en reparla à Londres en juillet, et à nouveau suggéra que les prêtres reprennent la célébration ad orientem de la Messe.

Lors de l’entretien du mois de mai il posa la question de la légitimité canonique de cette pratique : « C’est légitime et conforme à la lettre et à l’esprit du Concile. En ma qualité de Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements je persiste à rappeler que la célébration face à l’Est (versus orientem) est autorisée par les articles du missel précisant les instants où le célébrant doit se tourner vers les fidèles. Une autorisation particulière est donc inutile pour célébrer face au Seigneur. »

Les mots du Cardinal Sarah ont fait vibrer en moi une corde sensible. Il compare l’orientation liturgique vers l’Est à un mouvement plus profond de nos âmes se tournant vers Dieu. Notre adoration devrait se traduire en une action nous détachant pour nous élever vers le Christ : « La conversion consiste à se tourner vers Dieu. Je suis intimement persuadé que nos corps doivent participer à cette conversion. La meilleure façon est certainement de célébrer — prêtre et fidèles — tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient à nous. Ce n’est pas, comme on l’entend parfois, de célébrer face aux fidèles ou en leur tournant le dos. Là n’est pas la question. Il s’agit d’être tous tournés vers l’abside, qui symbolise l’Orient, où trône la croix du Seigneur ressuscité. »

Les fidèles à la messe ne sont pas un auditoire à persuader ou à entraîner par une action intéressante du célébrant, devant se tenir en avant, au centre, sans perdre ses ouailles de vue. Non, la nature du culte divin implique de ne rien laisser perturber la relation entre Dieu et Son peuple. En se tournant vers le Seigneur avec les paroissiens, le célébrant endosse le rôle du guide en pélerinage vers le Seigneur, vers le Paradis. Il n’a plus la tentation d’agir en tant que centre d’un évènement destiné à une audience captive.

[...] Les paroissiens de la Sainte Famille se sont, pour la plupart, adaptés à ce changement. Il y a eu des réclamations, mais bien plus de remerciements et d’encouragements. Certains n’ont pas encore bien saisi que le célébrant tourné vers le Seigneur et non vers l’assemblée ne prive pas les fidèles mais leur montre plutôt un retour des paroissiens vers le Christ. Pour le célébrant il est intéressant de se rappeler que, dans le Canon de la Messe, il s’adresse à Dieu au nom de tous, et en particulier de ceux, présents, qu’il entraîne alors dans l’adoration. Le célébrant est leur père spirituel et il plaide pour eux devant Dieu en renouvelant le parfait sacrifice du Calvaire. Pour le prêtre il est un autre avantage, il peut se concentrer mieux, beaucoup moins distrait par les inévitables mouvements dans l’église — arrivées et départs, déplacements d’enfants, si ce n’est d’adultes, ouverture et fermeture de portes, etc. [...]"

Posté le 25 août 2016 à 18h58 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2016

Séparation totale de l’Eglise et de l’Etat au Luxembourg

Lu sur Proliturgia :

"En juillet dernier, le Luxembourg a voté la séparation totale de l’Eglise et de l’Etat en modifiant sa constitution.

Le financement du culte catholique deviendra proportionnel au nombre des fidèles et passera de 23 millions à 8 millions d’euros. Par contre un financement d'un demi-million d’euros sera prévu pour l’islam qui n’était pas subsidié jusqu'ici.

Les cours de religion sont supprimés dans les écoles et remplacés par un cours d’enseignement des “valeurs” (probablement le “vivre ensemble” et le relativisme). L’archevêché va devoir organiser l’enseignement de la religion lui-même sur fonds propres.

En outre, le gouvernement a décidé d'interdire aux communes de financer les travaux de réparation des églises. Le projet de loi sur la gestion des édifices religieux prévoit de dissoudre les fabriques d’église qui géraient jusqu’à présent, sur un plan local, une partie du patrimoine de l’archevêché dont les églises. Les avoirs des 285 fabriques d’église du pays seront transférés dans une caisse gérée par l’archevêché."

Une lettre adressée au Vatican fait part du mécontentement des croyants au sujet des négociations au sujet de la séparation de l'Eglise et de l'Etat au Luxembourg.

Posté le 20 août 2016 à 10h55 par Michel Janva | Lien permanent

17 août 2016

«Comment pouvons-nous vouloir un dialogue avec l’islam alors que souvent nous ne pouvons même pas en avoir un entre nous dans l’Église ?»

DLe cardinal Dominik Duka, archevêque de Prague, primat de Bohême et président de la Conférence des évêques catholiques tchèques, après l’égorgement du Père Jacques Hamel, rédigea un article destiné à l’hebdomadaire Katolický týdeník qui, outre le fait d’être une publication catholique réputée en Tchéquie, est la propriété de la Conférence épiscopale dont le cardinal Duka est le président…

Dans son article, le cardinal, reprenant des propos du pape François, mettait en garde contre« une politique d’accueil disproportionnée et acharnée » des migrants musulmans. Pour lui, l’assassinat du Père Hamel constituait une « leçon » donnée à tous ceux qui avaient minimisé de précédents incidents semblables et tenu ceux qui les perpétraient pour des personnes frustrées ou mentalement dérangées :

« Garder le silence ou mentir sur les causes réelles de cette situation reviendrait à participer au suicide de la civilisation ».

Il appelait à prier davantage pour les victimes du terrorisme qu’à chercher des excuses ou des justifications aux terroristes musulmans.

« Il y a dans l’islam une tendance à la violence qui est dissimulée et on doit encourager les fidèles musulmans à s’y opposer ».

« La question que je me pose c’est comment pouvons-nous vouloir un dialogue avec l’islam alors que souvent nous ne pouvons même pas en avoir un entre nous dans l’Église ? ». 

Cette remarque était, en quelque sorte, prémonitoire puisque l’article du cardinal fut refusé par Antonin Randa, rédacteur en chef de Katolický týdeník… Le cardinal Duka censuré dans l’hebdomadaire de la Conférence épiscopale dont il est le président !

Le cardinal Duka n’eut d’autre choix que de faire paraître, le 6 août, son article sur le blogue tchèque Aktuálně.

Posté le 17 août 2016 à 23h02 par Michel Janva | Lien permanent

14 août 2016

Un Pèlerinage Monastique 2100km, de la Bourgogne jusqu’à l’Ecosse

De l’abbaye du Val-des-Choux à l’abbaye de Pluscarden en Moray du 5 juin au 3 septembre 2017. 12 étapes de 160 km chacune en 6 jours avec 20 pèlerins. Étape finale de 130 km en 5 jours avec 40 pèlerins

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Renseignements supplémentaires: http://appealpluscardenabbey.org.uk/

Un peu d’histoire

L’abbaye de Pluscarden telle que nous la connaissons aujourd’hui doit sa fondation au Roi Alexandre II d’Ecosse en l’an 1230. En même temps ont été faites des concessions pour deux autres maisons sœur, à savoir Beauly dans le comté de Ross, et Ardchattan dans celui d’Argyll. La communauté servant ces églises était composée de Valliscauliens, un ordre peu connu qui partageait un peu de l’austérité des Chartreux avec l’esprit communautaire des Bénédictins. En Ecosse et en Angleterre, cet ordre n’existait que dans ces trois maisons. En France, la maison mère au Prieuré de Vallis Caulium, avait été fondée quelque trente années auparavant, et les premiers frères venus de France ont dû retrouver à Pluscarden un écho de leur lieu d’origine, qui se situe dans une profonde vallée boisée en Bourgogne au pied d’une côte raide recouverte d’une épaisse forêt. En fait, le nom ancien de la vallée de Pluscarden, le Kail Glen, n’est autre qu’une traduction en écossais de Val-des-Choux en français ou de Vallis Caulium en latin.

Le Pèlerinage

Le pèlerinage de ces anciens moines Valliscauliens de la Bourgogne jusqu’à Pluscarden sera retracé du 5 juin au 3 septembre 2017, et sera d’une longueur d’approximativement 2100 km. Il sera divisé en 12 étapes de 160 km, avec une dernière étape finale de 130 km. Chaque étape sauf la dernière sera limitée à 20 participants et durera six jours, du lundi au samedi compris. Le dimanche, jour de repos et de prière. La dernière étape comprendra 40 participants, qui couvriront la distance de 130 km en 5 jours, pour arriver le vendredi, jour qui sera suivi d’un dernier week-end de prière et de célébration. Chaque participant doit réunir un parrainage minimum de £1230.00 (1620.00 euros) pour chaque étape avant 31 mars 2017. Le logement et la nourriture seront assurés, ce qui permettra que tout l’argent des sponsors soit une contribution vers les £10 millions (13 millions d’euros) nécessaires pour réaliser le projet de l’aile sud de l’abbaye de Pluscarden. Une pierre de l’abbaye d’origine sera transportée pendant toute la durée du pèlerinage, pour devenir la pierre de fondation de la nouvelle aile sud.

On trouvera une description détaillée du projet aile sud, du pèlerinage et de la façon de s’inscrire pour cet événement unique sur le site: www.appealpluscardenabbey.org.uk

Les demandes d’inscription seront considérées par ordre chronologique. La date limite pour s’inscrire est le 31 décembre 2016

Posté le 14 août 2016 à 08h01 par Michel Janva | Lien permanent

13 août 2016

Mgr Aubry : "Les femmes n'accèderont pas au diaconnat. Vous êtes têtue, je vous dis non !"


Mrg Gilbert Aubry et le rôle des femmes dans l'Eglise

Posté le 13 août 2016 à 20h58 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (27)

12 août 2016

FSSPX : Mgr Fellay aurait accepté la proposition d'une prélature personnelle

Lu sur Famille chrétienne :

"Dans une interview récente à l’hebdomadaire allemand Die Zeit, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, chargée au Vatican des discussions avec les traditionnalistes, évoque la possible reconnaissance par Rome de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) sous forme d’une prélature, au même titre que l’Opus Dei. Il laisse en outre entendre que les lefebvristes pourraient être réintégrés sans avoir à reconnaître certaines déclarations du Concile Vatican II, jugées pastorales et non doctrinales : Nostra Aetate sur le dialogue interreligieux, Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, et le décret Unitatis Redintegratio sur l’œcuménisme.

La prélature dite "personnelle" qui serait proposée par Rome "semble être la forme canonique appropriée", explique ainsi Mgr Guido Pozzo dans cet entretien. "Mgr Fellay (supérieur général de la FSSPX, ndlr) a accepté cette proposition, bien qu’au cours des mois prochains des détails soient encore à éclaircir", poursuit-il.

Dans une longue partie de l’entretien, Mgr Pozzo explique comment il serait possible pour la FSSPX d’être pleinement réintégrée dans les structures de l’Eglise catholique, sans avoir à accepter au préalable certains textes du Concile Vatican II, qu’elle réfute depuis toujours. Actuellement, le "cœur de la discussion" entre Rome et la FSSPX en vue d’une réconciliation, explique Mgr Pozzo, est "dans quelle mesure les textes de Vatican II sont en continuité avec le magistère constant de l’Eglise".

Dans un premier temps, "la reconnaissance des sacrements et de la primauté du pape" sont "à la base de la déclaration doctrinale soumise à la signature de la Fraternité", assure-t-il. Mais Mgr Guido Pozzo avance ensuite un "degré d’approbation" des "documents du Concile". Si la FSSPX a "des difficultés avec certains aspects de la déclaration Nostra Aetate, du décret Unitatis Redintegratio sur l'œcuménisme, et de la déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse", reprend alors Mgr Pozzo, "cela ne concerne pas les doctrines ou des affirmations définitives, mais plutôt des instructions ou des directives pour la pratique pastorale". En outre, ces "aspects pastoraux pourraient être discutés après la reconnaissance canonique, à des fins de clarification", ajoute-t-il.

Pour justifier son propos, le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei ajoute que cet aspect avait déjà été clarifié pendant le Concile Vatican II : "Le secrétaire pour l’unité des chrétiens avait dit de Nostra Aetate, le 18 novembre 1964 : ‘(…) le secrétariat ne veut pas écrire une déclaration dogmatique sur les religions non-chrétiennes mais plutôt des normes pastorales et pratiques'"."

La Fraternité Saint-Pie X compte actuellement 6 séminaires, 593 prêtres et 203 séminaristes.

Posté le 12 août 2016 à 11h12 par Michel Janva | Lien permanent

11 août 2016

Selon un observateur juif, la réaction de l'Eglise à l'assassinat du prêtre est extrêmement inquiétante

Professeur émérite des Universités, Shmuel Trigano est un philosophe et sociologue, spécialiste de la tradition hébraïque et du judaïsme contemporain. Il écrit dans Le Figaro :

"La réaction de l'Eglise de France comme du Vatican à l'assassinat pour motif religieux du prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray est étonnante et pour tout dire extrêmement inquiétante, en tout cas du point de vue d'un observateur juif, autant sur le plan théologico-politique que sur celui de l'Etat et de la citoyenneté républicaine. Certes, la réaction officielle et celles que nous donnent à voir (sélectivement, comme on s'en doute) les médias ne recouvrent pas tout ce que pensent les catholiques et on ne peut pas préjuger de l'énorme pression que le pouvoir socialiste a dû exercer sur ses représentants pour adopter ce que l'on peut définir comme la posture du martyr et non celle du citoyen.

Sublimer ce meurtre, en sortir par le «haut» - cette posture vertueuse et pleine de hauteur morale, stoïcienne en un mot - fournit, effectivement, à (très) court terme, le moyen d'éviter une cassure et un clash dans la société française. L'assistance en signe de solidarité de quelques musulmans (et Juifs) à la messe dominicale, a été construite par les médias comme l'expression d'une concorde irénique. Cependant, si on pensait dans les termes de René Girard on constaterait qu'elle s'est nourrie du «sacrifice» du père Hamel, un sacrifice au propre, par la mort rituelle qui lui a été donnée, et au figuré: mort pour la «paix». Sur sa mort, sur sa dépouille, le lien social se serait ressoudé. C'est ce que les médias veulent nous faire croire, selon un schéma anthropologique on ne peut plus classique.

Cet état de fait est marqué néanmoins par un télescopage de la morale chrétienne et de la raison politique. Appliquée à la situation actuelle, cette morale s'avère effectivement problématique sur le plan de la Cité. J'ai entendu un ecclésiastique aborder l'événement sur le mode du «nous sommes tous coupables» (explicitement formulé de la sorte) et appris qu'une prière avait été dite, dans l'Eglise même du drame, pour les deux assassins. Nous avons entendu le pape déclarer que ce n'était pas cela l'islam (étrange qu'il puisse parler en son nom) et que le christianisme était aussi violent que l'islam, en disant donc une chose et son contraire). Qui est coupable? Qui est innocent? On ne le sait plus.

Nous retrouvons, certes, là le discours du «politiquement correct» qui déresponsabilise le monde musulman au lieu de le pousser à se confronter à la maladie qui le ravage et met en danger la paix, un discours qui brise aussi la capacité morale et intellectuelle à la combattre, en accusant les victimes d'être à la source de la violence qui les frappent.

Nous croyions que cette «morale» sans réciprocité relevait de l'idéologie dominante de notre temps, le post-modernisme, mais nous découvrons qu'elle peut aussi se développer dans l'Eglise. [...]"

Posté le 11 août 2016 à 11h13 par Michel Janva | Lien permanent

10 août 2016

Messe traditionnelle pour les Fêtes de la Nouvelle-France

Chaque année, la ville de Québec est le lieu de festivités : les Fêtes de la Nouvelle-France. Cette année, 20e édiction, l'organisation a accepté d'accueillir une messe traditionnelle. L'abbé Demets de la Fraternité St-Pierre a officié, secondé par M. l'abbé Debow (FSSP) et de l'abbé Poirier (séminariste de 5e année à Denton). Belle participation des festivaliers qui, avec beaucoup de respect, ont découvert le rit vénérable de la messe de leurs ancêtres... et certains ont appris que ce vénérable rit était encore bien vivant!

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Posté le 10 août 2016 à 10h52 par Michel Janva | Lien permanent

Les nouveaux dogmes

Le dernier ouvrage de Gérard Guyon, Le Catholicisme en France, essai sur un état des lieux, laisse un peu le lecteur sur sa faim. Aucun chiffre pour un état des lieux d'une Eglise en crise, c'est un peu léger. L'auteur, spécialiste du droit, décortique, à travers des thèmes, les étapes qui ont conduit à la situation actuelle où les catholiques se découvrent comme une communauté marginale dans une société indifférente. Coincés entre le laïcisme agressif et l'islam, les catholiques doivent effectuer cet exercice de lucidité sur les erreurs commises durant les dernières décennies. Extraits :

I-Moyenne-21297-le-catholicisme-en-france-essai-sur-un-etat-des-lieux.net"Le modèle familial occidental, dit ancien ou traditionnel, a vécu. On peut le déplorer. Il faut surtout en analyser lucidement  les causes et voir en particulier la conjonction de plusieurs facteurs dont la liberté, si unanimement louée et célébrée - même dans l'Eglise -  au point de faire maintenant partie du dogme de la religion.  Aussitôt qu'on aborde n'importe quel thème, elle est sous-jacente. Elle est devenue la nouvelle base sur laquelle doit se greffer toute idée, tout acte. On en sait pourtant bien les limites. On ne s'interroge d'ailleurs que très peu sur ce sujet. S'étonnant seulement lorsque c'est en son nom que l'on commet des crimes ou des actes qui entraînent des actions criminelles. Il se trouve même dans l'Eglise des clercs qui ne commencent pas leurs homélies sans l'avoir révérée.. Des évêques dont le vocabulaire en est constamment rempli. Surtout dans les interventions publiques, associées ou non à des cérémonies religieuses. Comme si Dieu, le Christ, ne nous avaient pas rendus libres une fois pour toutes de faire le bien en évitant d'accomplir le mal. Et en sachant le prix de l'un et de l'autre. Sachant surtout qu'il ne faut pas confondre le sens, que la liberté n'est pas bonne en soi mais seulement par l'usage qu'on en fait. Et qu'elle ne doit son existence que par la Loi Souveraine qui l'institue."

Autre sujet devenu dogmatique, la démocratie :

"C'est une interrogation devenue tabou. Mais suffit-il, pour l'Eglise, de faire comme si le problème ne se posait plus parce que son ralliement de fait à la République et à la démocratie, ayant laissé derrière lui toutes les querelles du passé sans résoudre les problèmes de fond, a finalement triomphé en France ? Cette reconnaissance dispense-t-elle les catholiques de réaffirmer sans cesse la spécificité profonde de la nature et de la primauté des objectifs spirituels, et de la soumission des hommes à la loi de Dieu ? C'est un leurre de croire ou de laisser croire qu'il existerait une compatibilité plénière, de fait et de droit, entre l'Eglise et la démocratie. Sauf à se situer dans une relation critique, sans cesse vigilante, comme en témoignent éloquemment les thèmes récurrents discutés dans la revue Liberté politique. Car c'est une tromperie de faire comme si les institutions religieuses et leurs fondations divines, et par là même le pouvoir souverain qui en découle, étaient identiques à celle des Etats."

Posté le 10 août 2016 à 07h34 par Michel Janva | Lien permanent

09 août 2016

La différence culturelle et religieuse des immigrés est un facteur de préoccupation

C'est ce que pense désormais le cardinal Schönborn :

Apostolicexortation2"Alors que l'Autriche fait face à l'arrivée massive de migrants dans son pays, le cardinal de Vienne, monseigneur Schönborn, a fait un mea culpa. Il y a quelques mois, il avait critiqué la restriction du droit d'asile dans son pays. Mais l'attentat à la hache en Bavière lui a fait prendre conscience de la difficulté particulière de la situation : il a donc souhaité "se corriger quelque peu". Dans un article du site katholisch.de repris par Aleteia, il revient sur la comparaison qu'il avait faite entre l'arrivée de migrants en Allemagne et celle à d'autres époques en Autriche de populations en provenance de Hongrie ou de République Tchèque.  

"Mais il y a une différence" explique-t-il. "Ces réfugiés étaient tous européens, ils avaient à peu près la même culture, pour beaucoup la même religion. Même l’intégration des Bosniens, pour beaucoup des musulmans, est allée bien plus vite grâce à une grande proximité culturelle". A l'inverse, les migrants qui arrivent en Europe par millions viennent du Moyen-Orient, "il y a là une différence culturelle et religieuse qui est un facteur de préoccupation".

Posté le 9 août 2016 à 15h36 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

06 août 2016

Agressions homosexuelles dans les séminaires

C'est une bombe que lance Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin et Primat d’Irlande, qui retire ses séminaristes du séminaire national de Maynooth, en raison des agressions homosexuelles.

"[C]e nouveau scandale irlandais replace au centre de l’attention – grâce au courage de l’évêque de Dublin –le grave problème de l’homosexualité dans le clergé, et pas seulement en Irlande. Il nous oblige à nous rappeler de cette vérité dérangeante devenue aujourd’hui un tabou, à savoir que le soi-disant « scandale de la pédophilie » dans l’Église concerne bien davantage l’homosexualité que la pédophilie proprement dite.

Je voudrais rappeler à ce sujet l’interview donnée à La Bussola par le psychothérapeute Gérard Van den Aardwegà propos des deux rapports du John Jay College of Criminal Justice (JJR) de 2004 et 2011, où il commentait la recherche entreprise aux États-Unis sur ces phénomènes. Il expliquait : « 82 % de tous les actes commis entre 1950 et 2002 avaient pour cible des personnes de sexe masculin. 12 % étaient âgées de moins de 11 (âge supposé de la puberté), le reste, 70 %, entre 11 et 17 ans. Ceci veut dire que la grande majorité des cas concerne l’homosexualité “ordinaire”. De manière générale, les pédophiles ne s’intéressent pas à des enfants du même sexe, et pas davantage les hétérosexuels. En outre, il est indéniable qu’une bonne partie des hommes ayant des orientations homosexuelles sont attirés par les adolescents et les préadolescents ». Puis, commentant, la diminution drastique des cas de pédophilie après les années 80, Van den Aardweg notait que la tendance homosexuelle n’avait pas diminué parmi les prêtres, mais que « l’âge des partenaires sexuels des séminaristes et des prêtres augmente au fur et à mesure que le comportement homosexuel est de plus en plus toléré ouvertement et normalisé ».

Il n’est donc pas surprenant que l’on puisse parler aujourd’hui d’un véritable lobby gay, consolidé au cours des années passées, et qui a acquis des positions importantes aux sommets de l’Église, au point d’influencer y compris le dernier Synode sur la Famille, et qui, sous prétexte d’accueil vise clairement à changer de facto la doctrine catholique sur le thème de la sexualité.

L’attitude très accommodante de nombreux évêques (y compris italiens) ne peut donc pas surprendre sur la question de la reconnaissance des unions entre personnes de même sexe. La défense de la famille naturelle (fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme) n’est plus qu’une feuille de vigne. Revendiquer la différence entre famille naturelle et union homosexuelle ne sert plus ainsi à défendre le mariage, mais à légitimer ces unions homosexuelles dont la reconnaissance par l’État est clairement contraire au magistère de l’Église. […]

Une dernière remarque à propos du rapport entre tolérance et promotion affichée des comportements homosexuels et les déviations par rapport au Magistère. Maynooth College est connu non seulement pour la “culture gay” qui y règne, mais aussi pour ses tendances libérales en matière de théologie, surtout morale. On ne compte plus de nombre de cas de séminaristes qui ont été “virés” depuis des années pour leur supposée “rigidité doctrinale”, c’est-à-dire parce qu’ils étaient fidèle à ce que l’Église enseigne depuis deux mille ans. Ceci arrive, hélas, aussi dans tant de séminaires et de congrégations religieux, autre indice de la situation actuelle de l’Église. Des vocations authentiques au sacerdoce sont détruites par des prédateurs sexuels ou des docteurs du relativisme théologique qui règnent en maîtres dans les séminaires et ailleurs. Il est scandaleux que, d’une part, on se plaigne de la chute des vocations, et que, de l’autre, on détruise ceux qui y sont appelés.

En ce sens, l’initiative de Mgr Diarmuid Martin devrait être considérée comme un cri d’alarme pour que quelqu’un intervienne à Rome afin de rendre à leur véritable vocation tant de séminaires – pas seulement Maynooth […]."

Posté le 6 août 2016 à 10h46 par Michel Janva | Lien permanent

31 juillet 2016

Nursie attend le peuple Summorum Pontificum

À l'occasion de la fête de saint Benoît, Patron de l'Europe, dom Cassian Folsom a répondu pour nos confrères du New Liturgical Movement à quelques questions sur la venue à Nursie du pèlerinage Populus Summorum Pontificum pour l'ouverture de sa cinquième édition (27-30 octobre 2016).

Pour participer à la journée d'ouverture du pèlerinage Summorum Pontificum à Nursie, un aller-retour en bus depuis Rome, comprenant l'hébergement et un dîner avec Mgr Sample et l'abbé Barthe, aumônier du pèlerinage, est organisé par l'agence Via Sacra. Les détails sont ici.

1) Révérend Père, fin octobre, le cinquième pèlerinage international du peuple Summorum Pontificum commencera son itinéraire vers le tombeau de Pierre à Nursie : comment votre communauté se prépare-t-elle à cet événement ?

Images-6Dom Folsom : Nous sommes très heureux d'accueillir ce cinquième pèlerinage international Populus Summorum Pontificum. Il est bon pour chacun de nous de revenir aux sources de notre foi et la prière aux tombeaux des saints est un bon moyen de le faire. Comme le peuple Summorum Pontificum, notre communauté monastique, en outre, a été inspirée par le motu proprio de Benoît XVI. Nous rendons grâces à Dieu de pouvoir Lui offrir chaque jour notre messe conventuelle dans la forme extraordinaire du rite romain. Pour ces motifs, notre monastère, qui se dresse sur le lieu de naissance de saint Benoît et de sainte Scholastique, est une destination logique pour un tel pèlerinage. Nous sommes honorés que les organisateurs aient choisi de venir à Nursie.

2) Ce pèlerinage sera guidé par Mgr Alexander Sample, archevêque de Portland dans l'Oregon : est-ce important que les pasteurs diocésains célèbrent in utroque usu comme vous le faites à Nursie ?

Dom Folsom : Alors que notre messe conventuelle est célébrée dans la forme extraordinaire, nous célébrons aussi la forme ordinaire dans la paroisse locale et pour les groupes de pèlerins qui le demandent. En 2009, la Commission Ecclesia Dei nous a confiés l'apostolat particulier de célébrer l'Eucharistie in utroque usu – dans l'une comme l'autre forme du rite romain – afin d'être un signe d'unité en ces temps de division trop fréquente. Dans certains pays, il est naturel pour de nombreuses paroisses d'offrir les deux formes du rite romain chaque dimanche. Je suis toujours édifié quand je visite de telles paroisses et j'admire les évêques qui n'hésitent pas à promouvoir la richesse de notre tradition liturgique.

3) L'Europe se trouve dans une situation toujours plus difficile depuis que ses dirigeants ont choisi de renier ses racines chrétiennes : pourquoi est-il si important de prier saint Benoît aujourd'hui ?

Dom Folsom : En effet, de nombreux dirigeants européens refusent de reconnaître les racines chrétiennes de ce continent. Cette attitude est le résultat d'une prise de position idéologique qui fait fi de toute observation objective de la culture et de l'histoire européennes. Saint Benoît est souvent admiré, y compris par les laïcistes, pour sa contribution à la civilisation occidentale. Mais la contribution culturelle du monachisme n'est qu'un produit dérivé de sa nature profonde. L'objet premier du monachisme, c'est la louange de Dieu et la vraie devise de saint Benoît n'est pas « ora et labora » mais « ne rien préférer à l'amour de Dieu ». Nous devons demander à saint Benoît une double ration de cet esprit !

Posté le 31 juillet 2016 à 10h35 par Michel Janva | Lien permanent

De l'incidence de l'Islam sur la création d'ordres religieux et sur la liturgie catholique

Liturgie

1) la Fête de la Transfiguration fut portée au calendrier de l'Eglise universelle par Calixte III après la victoire de Belgrade (1456) sur les Turcs,"croisade " prêchée par St Jean de Capistran;

2) plusieurs fêtes de Notre-Dame  sont associées à des victoires sur les Turcs:

  • Notre-Dame du Rosaire,à l'origine fête de ND de la Victoire  ;ainsi que ND Auxiliatrice: bataille de Lépante(l571);la 1ère de ces fêtes a été instituée par St Pie V.
  • Saint Nom de Marie:bataille de Vienne (1683),menée par Jean III Sobieski.

Le bienheureux pape Urbain II,(dont la fête-28 juillet-est encore au propre OSB de France) prêcha la 1ère croisade, laquelle réussit (1099) entre autres parce qu'il demanda:

  • la récitation de l'Angelus;
  • la récitation du Petit office de la BVM;
  • la mémoire de la BVM le samedi.

On notera que les oraisons originales des fêtes de ND de la Victoire comme d'urbain II passent très vite du rappel de la victoire sur les ennemis visibles à la demande d'intercession de victoire sur les invisibles qui meuvent les premiers.

En ce qui concerne la lutte en Provence, penser entre autres particulièrement à St Bevons,de Noyers-sur-Jabron (04) qui repoussa des attaques de musulmans,entreprise décidée après la capture de St Mayeul (originaire de Valensole 04), libéré contre rançon.

Prière pour la fête de St Bevons (22 mai):

Dieu ,qui pour soumettre par les armes les ennemis du nom chrétien avez donné beaucoup de forces au bienheureux Bevons, votre confesseur, accordez-nous, nous vous en prions, après avoir complètement vaincu les ennemis de notre salut, de triompher éternellement dans les cieux.

Source: propre de Digne 1901

Ordres religieux

  • St Jean de Matha (du 04 également, né à Faucon de Barcelonnette) et S. Félix de Valois créèrent l'ordre  de la Très-Sainte Trinité (Trinitaires) vers 1194, qui rayonnait depuis Marseille sur les côtes barbaresques.
  • St Pierre Nolasque et St Raymond de Penafort créèrent l'Ordre de Notre-dame de la Merci (Mercédaires) en 1218, qui oeuvra surtout en Espagne occupée par les Maures.

Par ailleurs, en Espagne, les martyrs de l'islam sont très nombreux depuis le VIIs. Le Propre de Cordoue est presque exclusivement composé de ces martyrs.

Ces deux ordres avaient pour but de racheter les captifs aux mains des musulmans. Ces religieux faisaient voeu de se livrer comme otage s'il était nécessaire.

 

Posté le 31 juillet 2016 à 09h49 par Michel Janva | Lien permanent

30 juillet 2016

L'escalier de Saint Joseph

Une jolie histoire d'escalier, construit mystérieusement suite à une neuvaine à Saint Joseph, saint patron des artisans :

"L’escalier de la chapelle de Lorette, au Nouveau-Mexique, est connue pour les deux mystères (si ce n’est plus !) qui l’entourent, à savoir l’identité de la personne qui l’a construit et l’énigme de sa structure. Personne n’arrive vraiment à comprendre comment cet escalier tient debout sans aucun support central. Et il y a peut-être un troisième mystère : bien qu’il soit attesté que l’escalier est construit en bois d’épicéa, personne n’a réussi à déterminer de quelle sous-espèce d’épicéa il s’agit, et encore moins comment le bois est arrivé jusqu’à la chapelle."[Lire l'histoire ici].

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Posté le 30 juillet 2016 à 15h17 par Marie Bethanie | Lien permanent

28 juillet 2016

Prière pour la fête d'Urbain II (28 juillet)

Le bienheureux pape Urbain II prêcha la 1ère croisade. Prière :

Seigneur Jésus-Christ,qui avez accordé au bienheureux Pontife Urbain le bonheur de combattre avec succès pour la liberté et l'éclat de votre Eglise,et qui l'avez rempli de force pour arracher au pouvoir des infidèles par la puissance de la croix les souvenirs de votre vie mortelle et de votre passion, faites que par son intercession, nous méritions en luttant sur terre contre les ennemis de notre âme,d'obtenir la récompense de la vie éternelle.

Source:Propre de France 1953.

Posté le 28 juillet 2016 à 07h49 par Michel Janva | Lien permanent

26 juillet 2016

Malgré l’horreur, la France doit poursuivre son action contre DAECH

Communiqué de l'Oeuvre d'Orient :

"Après le deuil national faisant suite à l’attentat terroriste commis à Nice le 14 juillet dernier, les attentats qui ont frappé l’Allemagne et aujourd’hui la tuerie de l’église St Etienne du Rouvray, L'Œuvre d'Orient tient à manifester toute sa compassion et sa solidarité avec les familles tellement éprouvées.

Malgré la douleur et l’horreur de ces crimes, il est nécessaire de rappeler que la neutralisation de l’organisation appelée DAECH n’a jamais été aussi urgente.

Nous redisons notre incompréhension que la frontière turco-syrienne ne soit pas réellement fermée.

Nous redisons notre incompréhension que DAECH dispose encore de moyens de communication (réseaux téléphoniques et internet)

Nous redisons notre incompréhension que la plaine de Ninive (Irak), c’est-à-dire la rive gauche du Tigre, ne soit toujours pas libérée poussant les populations chassées – chrétiennes et yézidies – au découragement.

Nous nous inquiétons  que certaines voix commencent à mettre en doute l’intérêt de l’action de la France en Syrie et en Irak. La neutralisation du pseudo Etat- Islamique ne règlerait pas tout mais affaiblirait considérablement la menace terroriste dans notre pays.

Face à cette situation, nous appelons tous les responsables religieux, tous les croyants et non-croyants, à être des agents propagateurs de Paix et d’Unité."

Posté le 26 juillet 2016 à 17h38 par Michel Janva | Lien permanent

Combien de de têtes décapitées pour que les gouvernements européens comprennent la situation ?

Voici les tweets du cardinal Sarah (actuellement en France) :

Posté le 26 juillet 2016 à 16h17 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2016

La « Fraternité des Saints Apôtres » est dissoute à la date du 15 juillet

Mgr de Kesel a signé le décret le 18 juillet :

"Par le présent décret, j’estime devant Dieu et en conscience devoir prendre les décisions suivantes :

  • L’association publique « Fraternité des Saints Apôtres » est dissoute à la date du 15 juillet 2016.
  • Les prêtres et le diacre incardinés pour servir dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles le resteront conformément aux dispositions du droit de l’Eglise. Lorsque l’archevêque les nommera à différentes fonctions, il s’efforcera de respecter ce qui leur était cher lorsqu’ils ont adhéré à la Fraternité."

La Fraternité compte 27 membres, dont 6 prêtres et 21 séminaristes dont un diacre. De ces 27 membres, 21 résident en Belgique et 6 en France, plus précisément dans le diocèse de Bayonne. La majorité des membres est actuellement originaire de France.

Posté le 25 juillet 2016 à 17h39 par Michel Janva | Lien permanent

En Allemagne, on n'est pas excommunié pour hérésie mais pour non paiement de l'impôt...

Dans un entretien traduit par Benoît-et-moi, Mgr Georg Gänswein, préfet de la Maison Pontificale et secrétaire du Pape Émérite Benoît XVI, parle des pontificats de Benoît XVI et de son successeur François. Mais aussi d'une incongruité dans l'Eglise en Allemagne :

"Oui, c’est un problème grave. Comment réagit l’Église catholique en Allemagne face à ce défi religieux? Avec l’exclusion automatique de la communauté ecclésiale, l’excommunication. C’est excessif, ce n’est pas logique. On peut remettre en question les dogmes, personne ne s’en préoccupe, personne n’est expulsé. Le manquement au paiement de l’impôt à l’Église est une offense plus grande que les violations des principes de la foi ? L’impression qui en résulte, c’est celle-là: tant que la foi est en jeu c’est relativement acceptable, mais aussitôt que l’argent entre dans l’équation, alors les choses deviennent sérieuses. L’épée tranchante de l’excommunication est irrationnelle et a besoin d’être corrigée.

Posté le 25 juillet 2016 à 07h46 par Michel Janva | Lien permanent

Il y a une différence de nature entre la religion chrétienne et les religions ou traditions croyantes non chrétiennes

A la suite de la tribune de Mathieu Parbot, publiée samedi, et tandis que Mgr Pontier a fait des déclarations douteuses sur l'islam et le terrorisme, un lecteur m'envoie ces quelques réflexions :

1. Ce qu'il faut bien comprendre, et qu'il est délicat et douloureux d'évoquer, c'est ceci : bon nombre de théologiens, au moins depuis le début des années 1970, et d'évêques, au moins depuis le milieu des années 1980, sont à la fois les prisonniers et les serviteurs d'une véritable idéologie, la dialogomanie ou, si vous préférez, l'irénolâtrie.

2. On reconnaît une idéologie à quelques caractéristiques : 

  • elle impose ou prescrit des réponses, situées au coeur de ce qu'elle fait dire ;
  • elle interdit ou proscrit des questions, situées au sein de ce qu'elle fait taire ;
  • elle évince, ignore, occulte, méprise ou néglige les données factuelles ou textuelles, les réalités doctrinales ou historiques, qui ne cadrent pas avec ses expressions, avec ses omissions, ou avec sa vision globale ; 
  • elle divise, en l'occurrence, l'Eglise catholique, en deux camps, les "catholiques fermés", critiques ou sceptiques sur le dialogue, et considérés comme manquant de charité, à l'égard des croyants non chrétiens, et les "chrétiens ouverts", qui sont tenus pour être pleins de charité, vis-à-vis des croyants non chrétiens ;
  • elle fonctionne d'une manière hyperbolique, inflationniste, dans l'espoir de devenir hégémonique et irréversible, car il est très important, pour ceux qui en sont les artisans ou les partisans,
    • a) d'une part, que l'on ne puisse pas revenir sur certaines "avancées", évolutions, inspirations, orientations,  
    • b) d'autre part, que tout le monde, ou plutôt toute l'Eglise, finisse par s'y soumettre ou par y souscrire ;
  • elle fonctionne au moyen d'un langage, immédiatement identifiable, par association puis par répétition d'idées toutes faites, et par occupation puis par saturation des espaces d'expression, ce langage permettant de contraindre, en douceur, à oublier la distinction entre ceux qui essaient de voir la réalité comme elle est, et ceux qui réussissent à la voir comme les dialogomanes ou les irénolâtres voudraient qu'elle soit.  

3. Cette idéologie est apparue à partir du moment où certains clercs ont commencé à accorder plus d'autorité, plus d'importance, à des philosophes inspirateurs ou continuateurs de la postmodernité, ou à tel contexte culturel ou sociétal, qu'à l'Ecriture, à la Tradition, et au Magistère.

Je pense ici à ceux qui, notamment à la suite de Heidegger, considèrent en substance qu'il ne faut plus continuer à poser un signe d'égalité, avant tout, entre Dieu et l'être, ou entre Dieu et la vérité, mais qu'il faut au contraire commencer à poser un signe d'égalité, seulement entre Dieu et l'amour, ou seulement entre Dieu et la charité, c'est-à-dire la charité entre croyants ou la charité entre croyants et non croyants.   

Je pense aussi à ceux qui, notamment dans le sillage de Lévinas, considèrent en substance que la religion chrétienne peut et doit être réduite ou soumise à une éthique, pour ne pas dire à une "mystique", du dialogue, de la rencontre, de la réunion, au service de l'autre, de l'accueil de l'autre, des attentes de l'autre, du cheminement avec l'autre, de la convergence vers l'autre, de l'échange avec l'autre, de l'ouverture sur l'autre, de l'union avec l'autre,...ou plutôt avec l'idée que l'on s'en fait, ou avec la vision que l'on en a...

4. A l'opposé de ce "culte de l'autre", de cette vision des choses, la tâche à accomplir, dans le cadre de la mission, consiste plutôt à annoncer Jésus-Christ, par la prédication et par le témoignage, dans la Foi, l'Espérance, la Charité, à exhorter les non chrétiens, explicitement, à la conversion, sous la conduite et en direction de Jésus-Christ, et, implicitement, à l'abandon de telle religion ou tradition croyante, dont les fondements, les conceptions, les doctrines, les pratiques, ont plutôt tendance à maintenir dans l'éloignement ou dans l'opposition, à l'égard du seul Médiateur et Rédempteur, ou vis-à-vis du seul Seigneur et Sauveur. 

5. A cause de cette dialogomanie ou irénolâtrie, les clercs concernés refusent fréquemment de reconnaître, par exemple, que telle religion monothéiste théocratique d'origine moyen-orientale comporte des éléments, à caractère doctrinal ou pratique, qui sont objectivement asservissants, ou que telle religion polythéiste mythologique d'origine asiatique comporte des éléments, d'ordre doctrinal ou pratique, qui sont objectivement abêtissants, car tout religion ou tradition croyante semble être incritiquable par principe. 

6. La vision, aporétique, incohérente, inconséquente, utopisante, selon laquelle tout croyant sincère est presque certainement inspiré par Dieu et orienté vers Dieu, ou selon laquelle toutes les religions ou traditions croyantes, comptant dans leurs rangs des croyants sincères, sont presque également légitimes, presque équivalentes, sur le plan éthique, et sont globalement convergentes sur le fond, même si elles sont plus ou moins différentes dans leur forme, découle de cette dialogomanie, ou débouche sur cette irénolâtrie.

7. Le fait que cette vision bénéficie, depuis au moins trente ans, d'une banalisation et d'une légitimation croissante, en dit vraiment très long sur le confusionnisme et le consensualisme, mais aussi sur le conformisme ou le mimétisme de bien des catholiques, qui ont complètement perdu de vue le fait qu'il y a une différence de nature entre la religion chrétienne et les religions ou traditions croyantes non chrétiennes, et le fait qu'un catholique précise ou rappelle que telle religion ou tradition croyante non chrétienne n'est pas dépositaire de la plénitude de la révélation divine ne le rend pas, pour autant, coupable de détestation, de haine ou de mépris, à l'égard des croyants non chrétiens qui adhèrent à cette religion ou à cette tradition. 

8. En particulier et plus précisément, de même que bien des clercs ont commis, et ont fait ou ont laissé commettre, de graves erreurs, face au communisme, hier, de même, bien des clercs commettent, font ou laissent commettre de graves erreurs, face à l'islam, aujourd'hui : hier, dire la vérité sur le communisme était souvent réputé équivalent au fait de "dire du mal des ouvriers", et, aujourd'hui, dire la vérité sur l'islam est souvent tenu pour équivalent au fait de "dire du mal des musulmans", du point de vue des dialogomanes.

9. C'est à cause de tous ces arguments, du fait de tous ces procédés, manipulatoires, neutralisateurs (et dont la part d'ambiguité, d'aveuglement, d'imprécision, d'imprudence, est fréquemment minimisée, par ceux-là mêmes qui, croyant qu'une bonne intention suffit, ont fait d'un moyen, parmi d'autres : le dialogue, une fin en soi, qui s'auto-alimente ou s'auto-légitime), que nous sommes arrivés à la situation actuelle, en présence de laquelle nous voyons bien que ce qui pourrait être de la compréhension, de la coopération, des échanges, de l'entraide, du respect mutuel, entre croyants, ou entre croyants chrétiens et croyants musulmans, est souvent, dans les faits, du "déni-alogue" interreligieux, ou du "dhimmi-allohgue" islamo-chrétien.

10. Face à cette dialogomanie, face à cette irénolâtrie, à chaque fois, en tout cas, qu'elle se manifeste d'une manière située à proximité de l'illusionisme, les catholiques doivent pouvoir s'exprimer avec énergie et fermeté, d'abord pour signaler à leurs évêques qu'ils ne sont absolument pas dupes de ce qui est mis en oeuvre et en valeur, ensuite pour leur demander de revenir, non pas en arrière, mais vers l'essentiel, qui ne consiste certes pas à faire comme si certaines vérités premières étaient escamotables ou facultatives, sous prétexte que l'évocation de certaines réalités ou thématiques risque de déplaire ou de déranger telle communauté de croyants non chrétiens, ou que des distinctions ou précisions sont désormais "dépassées".

11. Ces quelques mots doivent également expliciter

  • le rappel du fait que la culpabilité occidentale postcoloniale constitue l'une des clefs de compréhension de la mentalité dialogomaniaque qui est à l'oeuvre, encore une fois, depuis trente à quarante-cinq ans, vis-à-vis des religions et traditions croyantes, non seulement non chrétiennes, mais aussi...non européennes, 
  • le rappel de ce qu'il faut bien considérer comme le plus grand danger : en effet, 

a) le plus grand danger n'est pas que les clercs nous incitent "parfois" (en ont-ils seulement conscience ?) à ne pas être vigilants et résistants, face à la conception musulmane ET face à la conception postmoderne de la liberté et de la vérité, dans le domaine religieux, même s'ils nous incitent effectivement à cela ;  

b) le plus grand danger est que se propage dans l'Eglise la vision selon laquelle il est possible de retirer une certaine forme de supériorité morale du fait de faire reposer la coexistence pacifique interreligieuse sur un certain type d'autocensure pacifiste intra-ecclésiale, comme si une supériorité morale résidait dans le fait de continuer à censurer ou à falsifier certaines vérités premières, alors que le courage et la franchise consisteraient plutôt à les exprimer, avec diplomatie, discernement, pédagogie et psychologie.

12. Enfin, un retour sur le titre de l'article publié par Le salon beige permet de faire remarquer qu'il y est question des victimes de l'islam ; dans cet ordre d'idées, il convient de rappeler que les victimes de l'islam ne sont pas avant tout, ou ne sont pas seulement, des non musulmans, contraints à la conversion, à la soumission, ou à bien pire. C'est en effet grâce à des ex-musulmans, certains devenus athées, d'autres devenus chrétiens, que l'on peut le mieux comprendre qui sont les premières victimes de l'islam.

Or, c'est cela aussi que les dialogomanes ou les irénolâtres ont plutôt tendance à ne pas voir, à ne pas faire voir, ou à ne pas laisser voir, alors que c'est là que l'on touche du doigt la nature profonde d'au moins une partie des éléments constitutifs de l'islam, ce que des intellectuels musulmans reconnaissent de plus en plus.  

Parmi les derniers admirateurs, non communistes, du communisme, il s'est trouvé, dans les années 1970 et 1980, des clercs catholiques, aveugles volontaires. Un jour, parmi les derniers admirateurs, non musulmans, de l'islam, se trouvera-t-il d'autres clercs catholiques, tout aussi aveugles volontaires ?

Posté le 25 juillet 2016 à 07h13 par Michel Janva | Lien permanent

24 juillet 2016

13-22 septembre : pèlerinage en Terre Sainte

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Posté le 24 juillet 2016 à 10h04 par Michel Janva | Lien permanent

22 juillet 2016

Des nouvelles du procès en béatification de Jean-Paul Ier

Le cardinal Stella, préfet de la Congrégation pour le clergé, est devenu le nouveau postulateur de la cause en béatification du pape Jean-Paul Ier (1912-1978), succédant au recteur de l’Université pontificale du Latran, Mgr Enrico Dal Covolo. 

Entamé en 1990, le processus de béatification de Jean-Paul Ier a connu un coup d’arrêt en avril 2015 après le rejet par la Congrégation des causes des saints du caractère miraculeux d'une guérison. Une éventuelle guérison miraculeuse à l’intercession du pape Luciani serait actuellement à l’étude, cette fois en Amérique latine.

Posté le 22 juillet 2016 à 20h02 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2016

24 juillet : conférence de Mgr Jeanbart à Carnac

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Posté le 21 juillet 2016 à 23h42 par Michel Janva | Lien permanent

14 juillet 2016

Amoris Lætitia : plusieurs évêques demandent des clarifications

Mgr Thomas J. Tobin, évêque de Providence (Rhode Island), a publié sur sa page Facebook le 8 juillet, un court post intitulé : « L’ambigüité intentionnelle d’Amoris Lætitia ». En voici la traduction de Réinformation.tv.

« Après réflexion, il est devenu tout à fait clair que le document du pape François sur le mariage et la famille, Amoris Lætitia, est marqué par l’ambigüité et c’est, je le pense, intentionnel de la part du Saint-Père.

« Cela explique pourquoi, ces tout derniers jours, nous avons eu des interprétations très différentes sur ce document de la part de deux responsables de premier plan de l’Église : l’archevêque Charles Chaput de Philadelphie, et le cardinal Christoph Schönborn de Vienne. Et aussi de beaucoup d’autres commentateurs.

« La bonne nouvelle, c’est qu’en raison de cette ambigüité les gens peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent. La mauvaise nouvelle, c’est qu’en raison de cette ambigüité les gens peuvent faire à peu près tout ce qu’ils veulent.

« Allez comprendre. »

De son côté, le cardinal Carlo Caffarra, archevêque émérite de Bologne, a accordé le 11 juillet un long entretien à Maike Hickson pour le blogue étatsunien One Peter Five, sur Amoris Lætitia. Extraits traduits par Réinformation.tv :

« Au n° 308 d’Amoris Lætitia le Saint-Père François écrit : « Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion ». J’infère de ces mots que le Saint-Père est conscient que les enseignements de l’Exhortation peuvent prêter à confusion. Je souhaite personnellement – et c’est aussi ce que pensent beaucoup de mes frères dans le Christ (des cardinaux, des évêques et également des fidèles laïcs) – que la confusion soit levée, non pas parce que je préférerais une pastorale plus rigide, mais plutôt parce que préfère tout simplement une pastorale plus claire et moins ambiguë. Cela dit, et avec tout le respect, l’affection et la dévotion que je dois nourrir envers le Saint-Père, j’aimerais lui dire ceci : S’il vous plaît, Votre Sainteté, veuillez clarifier ces points.

a) Jusqu’à quel point ce que Votre Sainteté a dit dans la note 351 du n° 305 [Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » : Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), n. 44 : AAS 105 (2013), p. 1038. Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (Ibid., n. 47 : p. 1039)], s’applique aussi aux couples de divorcés remariés qui entendent de toute manière continuer à vivre comme mari et femme, et par conséquence jusqu’à quel point ce qui est enseigné dans Familiaris Consortio (n° 84), dans Reconciliatio Poenitentia (n° 34), dans Sacramenttum unitatis (n° 29), dans le Catéchisme de l’Église catholique (n° 1650) et dans la doctrine théologie commune, doit être désormais considéré comme abrogé ?

b) C’est un enseignement constant de l’Église – et cela a été réitéré dans Veritatis splendor (n° 79) – qu’existent des normes morales négatives qui ne tolèrent aucune exception, en ce qu’elles interdisent des actes qui sont intrinsèquement déshonorants et malhonnêtes comme, par exemple, l’adultère. Cet enseignement traditionnel doit-il toujours être tenu pour vrai même après Amoris Lætita ? C’est ce que j’aimerais dire au Saint-Père […] »

« Je réponds par deux simples remarques. La première est celle-ci : on ne doit pas lire le Magistère antérieur sur le mariage à la lumière d’Amoris Lætitia, mais on doit lire Amoris Lætitia à la lumière du Magistère antérieur. La logique de la Tradition vivante dans l’Église est bipolaire : elle a deux directions, et non une seule. Ma deuxième remarque est plus importante. Dans son [récent] entretien au Corriere della Sera, mon cher ami le cardinal Schönborn ne tient pas compte de ce qui est arrivé dans l’Église depuis la publication d’Amoris Lætita. Des évêques et beaucoup de théologiens fidèles à l’Église et au Magistère soutiennent que notamment sur un point particulier – mais un point très important –, il n’y a pas continuité mais au contraire opposition entre Amoris Lætiita et le Magistère précédent. En outre, ces théologiens et philosophes ne soutiennent pas cela dans un esprit de dénigrement ou de révolte envers le Saint-Père lui-même. Et le point est le suivant : Amoris Lætitia dit que, dans certaines circonstances, une relation sexuelle entre des divorcés remariés civilement est moralement légitime. Et plus encore, l’Exhoration dit que ce que le Concile de Vatican II a déclaré sur les époux – pour ce qui concerne leur intimité sexuelle – s’applique aussi à eux (voir la note 329 [Jean-Paul II, Exhort. ap. Familiaris consortio (22 novembre 1981), n. 84 : AAS 74 (1982), p. 186. Dans ces situations, connaissant et acceptant la possibilité de cohabiter ‘‘comme frère et sœur’’ que l’Église leur offre, beaucoup soulignent que s’il manque certaines manifestations d’intimité « la fidélité peut courir des risques et le bien des enfants être compromis »  (Conc. Œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, sur l’Église dans le monde de ce temps, n. 51)]. Donc, quand on dit qu’une relation sexuelle hors mariage est légitime, c’est par conséquent une affirmation contraire à la doctrine de l’Église sur la sexualité, et quand on dit qu’un adultère n’est pas un acte intrinsèquement malhonnête – et que, par conséquent, il pourrait y avoir des circonstances qui le rendraient non malhonnête –, c’est, là encore, une affirmation contraire à la Tradition et à la doctrine de l’Église. Dans une telle situation, le Saint-Père, selon moi – et je l’ai déjà écrit –, doit donc clarifier l’affaire. Car si je dis A est B puis A n’est pas B, la seconde proposition n’est pas un développement de la première, mais plutôt sa négation. Quand quelqu’un dit : la doctrine demeure mais il ne s’agit que de tenir compte de quelques rares cas, je réponds : la norme morale « Tu ne commettras point d’adultère » est une norme ABSOLUMENT NÉGATIVE qui ne tolère aucune exception. Il y a plusieurs manières de faire le bien, mais il n’y en a qu’une seule pour ne pas faire le mal : c’est de ne pas faire le mal […] »

Posté le 14 juillet 2016 à 11h16 par Michel Janva | Lien permanent

13 juillet 2016

A-t-on retrouvé pour la première fois des restes des Philistins?

C'est ce qu'affirment ces chercheurs israélites. On se souvient que le Philistin le plus connu portait le nom de Goliath...

Posté le 13 juillet 2016 à 11h00 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

12 juillet 2016

Le cardinal Sarah persiste et signe son appel à célébrer ad Orientem

Attaqué de toutes parts, et désavoué, hier,  11 juillet, après avoir été reçu par le pape, par un communiqué du P. Federico Lombardi, directeur de la Salle de Presse Vaticane, le cardinal Sarah persiste et signe. Après avoir dûment revu son texte, il l’a fait publier hier par le site de Sacra Liturgia dans une version définitive et officielle en français et en anglais [texte intégral]:

« Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an (12 juin 2015), ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite. En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande humblement et fraternellement de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec l’assurance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi éventuellement ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » (cf l’introït du mercredi de la première semaine de l’Avent) ? Chers frères dans le sacerdoce, prêtons l’oreille aux lamentations de Dieu proclamées par le prophète Jérémie : « Car ils tournent vers moi leur dos, et non leur visage » (Jr 2,27). Tournons-nous à nouveau vers le Seigneur ! Depuis le jour de son baptême, le chrétien ne connaît qu’une Direction : l’Orient. « Tu es donc entré, nous rappelle Saint Ambroise, pour regarder ton adversaire, à qui tu as décidé de renoncer en lui faisant face, et tu te tournes vers l’Orient (ad Orientem) ; car celui qui renonce au Diable se tourne vers le Christ, il le regarde droit dans les yeux » (Traité deSaint Ambroise sur les Mystères). »

Reçu par le pape, le cardinal Sarah a précisé que son invitation n'est pas une obligation. Le père Lombardi a donc raison de préciser qu'il n'y aura pas de nouvelle directive liturgique ni de modification du Missel. Néanmoins cette invitation à célébrer vers l'Orient, déjà acceptée et relayée par Mgr Rey, reste valable pour tout prêtre.

Posté le 12 juillet 2016 à 14h00 par Michel Janva | Lien permanent

Liturgie : pas de "réforme de la réforme"

En réponse à l'appel du Cardinal Sarah à célébrer la messe ad orientem, le père Federico Lombardi fait une mise au point :

"Dans un communiqué publié en fin de journée, deux jours après que le pape François ait reçu en audience le cardinal Sarah, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège rectifie des propos prononcés par le cardinal guinéen lors d’une conférence à Londres : « certaines de ses expressions ont été mal interprétées, comme si elles annonçaient de nouvelles indications différentes de celles qui ont été données jusqu’alors dans les normes liturgiques et dans les paroles du pape sur la célébration face au peuple et sur le rite ordinaire de la messe ».

Durant cette conférence très médiatisée, le 5 juillet, le chef du dicastère de la liturgie a proposé aux prêtres, à partir de l’Avent prochain, de célébrer vers l’orient, ce qui signifie concrètement, d’après l’orientation des églises, célébrer dos à l’assemblée.

Le père Lombardi précise donc qu’aucune nouvelle directive liturgique n’est prévue pour l’Avent et que les indications générales du Missel romain, qui contient les normes relatives à la célébration eucharistique, sont « toujours pleinement en vigueur ». On lit ainsi au n.299 : « Il convient, partout où c’est possible, que l’autel soit érigé à une distance du mur qui permette d’en faire aisément le tour et d’y célébrer face au peuple. On lui donnera l’emplacement qui en fera le centre où converge spontanément l’attention de toute l’assemblée des fidèles ».

Si le cardinal Sarah « s’est toujours préoccupé de la dignité de la célébration de la messe », le « porte-parole » du Saint-Siège rappelle par cette note que c’est au pape qu’il revient de décider des normes liturgiques. Deux jours plus tôt, en recevant le cardinal guinéen, le pape François s’est d’ailleurs exprimé en ce sens, assure le père Lombardi. Pas de « réforme de la réforme » à l’ordre du jour en matière de liturgie, ajoute-t-il.

En outre, « lors de sa visite au dicastère, le pape François a rappelé expressément que la forme “ordinaire” de la célébration de la messe est celle prévue par le Missel promulgué par Paul VI, tandis que (la forme) “extraordinaire”, qui a été permise par le pape Benoît XVI selon (…) les modalités expliquées dans le Motu Proprio Summorum Pontificum, ne doit pas prendre la place de la forme “ordinaire” »."

Posté le 12 juillet 2016 à 11h32 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 juillet 2016

Mgr Fellay : "Beaucoup aimeraient voir les choses en noir et blanc, mais ce n’est pas ainsi"

Dans son sermon lors des ordinations à Zaitzkofen, le 2 juillet, Mgr Fellay est revenu sur son communiqué, qui avait fait couler de l'encre. Il précise notamment :

"[...] Beaucoup aimeraient voir les choses en noir et blanc, mais ce n’est pas ainsi. C’est pourquoi ce communiqué ne veut pas dire que nous voulons rompre avec Rome, mais que nous demandons la clarté et que nous ne sommes pas prêts à faire dérailler notre train…, car il y a des réalités plus importantes (qu’une reconnaissance purement canonique) sur lesquelles il faut insister. Chaque société – que ce soit l’Etat ou l’Eglise – a un but, une structure, avec ses droits et ses lois. C’est d’ailleurs pourquoi on peut dire que l’Eglise est aussi un Etat de droit. Ce droit est celui d’avoir et de respecter l’ordre qui correspond à sa finalité. Et il peut y avoir des abus.

Le tout premier point pour chaque société est son but qui domine tout, qui fixe sa structure, sa constitution, ses moyens. Ainsi, le but de l’Eglise est le salut des âmes. C’est pourquoi le Droit canonique dit que la loi suprême est le salut des âmes, suprema lex salus animarum. Cela signifie, mes chers frères, que toute loi, que tout exercice de l’autorité a sa valeur et puise sa force dans cette loi suprême : le salut des âmes. C’est vrai pour chaque loi, c’est vrai pour chaque charge dans l’Eglise, y compris celle du pape. Si une autorité quelconque s’éloigne de ce but ou s’y oppose, cela signifiera un abus et on ne devra pas suivre cette autorité. C’est pourquoi nous disons, d’un côté, que nous avons le droit d’être reconnus comme catholiques, c’est normal, c’est juste ; et de l’autre côté, que cela n’est pas le principal. Le principal est le salut des âmes. [...]

Posté le 11 juillet 2016 à 17h01 par Michel Janva | Lien permanent

07 juillet 2016

Cardinal Sarah : Vers une authentique mise en oeuvre de Sacrosanctum Concilium

Une lectrice, que je remercie, nous a traduit le discours de son Eminence le Cardinal Sarah, évoqué hier, prononcé à Londres dans le cadre du colloque Sacra Liturgia :

IMG_7841_810_500_55_s_c1"En premier lieu, je tiens à exprimer mes remerciements à Son Eminence, le Cardinal Vincent Nichols, pour son accueil à l'Archidiocèse de Westminster et pour ses aimables paroles de bienvenue. Je tiens aussi à remercier Son Excellence Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, pour son invitation à être présent avec vous à cette troisième conférence internationale " Sacra Liturgia ", et de présenter le discours d'ouverture ce soir. Votre Excellence, je vous félicite pour cette initiative internationale visant à promouvoir l'étude de l'importance de la formation et de la célébration liturgique dans la vie et de la mission de l'Eglise.

Dans ce discours, je voudrais vous soumettre quelques considérations sur la façon dont l'Église occidentale pourrait évoluer vers une mise en œuvre plus fidèle de Sacrosanctum Concilium. Je propose de faire cela en demandant "Quelle était l’intention des Pères du Concile Vatican II dans la réforme liturgique?" Ensuite je voudrais examiner comment leurs intentions ont été mises en œuvre dans les suites du Concile. Enfin, je voudrais vous soumettre quelques suggestions pour la vie liturgique de l'Église d'aujourd'hui, afin que notre pratique liturgique puisse refléter plus fidèlement les intentions des Pères conciliaires.

Il est très clair, je pense, que l'Église enseigne que la liturgie catholique est le lieu singulièrement privilégié de l'action salvifique du Christ dans notre monde d'aujourd'hui, au moyen de la participation réelle dans laquelle nous recevons Sa grâce et Sa force qui sont si nécessaires pour notre persévérance et notre croissance dans la vie chrétienne. Il est le lieu divinement institué où nous venons remplir notre devoir d'offrir le sacrifice à Dieu, d'offrir le Seul Vrai Sacrifice. C’est le lieu où nous réalisons notre besoin profond d'adorer Dieu Tout-Puissant. La liturgie catholique est quelque chose de sacré, quelque chose qui est sainte par sa nature même. La liturgie catholique n’est pas un rassemblement humain ordinaire.

Je tiens à souligner un fait très important ici: Dieu, et non pas l'homme est au centre de la liturgie catholique. Nous venons L’adorer. La liturgie n’est pas au sujet de vous et de moi; ce n’est pas le lieu où nous célébrons notre propre identité ou nos accomplissements ou le lieu où nous exaltons ou promouvons notre propre culture et les coutumes religieuses locales. La liturgie est d'abord et surtout au sujet de Dieu et de ce qu'Il a fait pour nous. Dans Sa divine Providence Dieu Tout-Puissant a fondé l'Église et a institué la Sainte Liturgie au moyen de laquelle nous sommes en mesure de lui offrir le vrai culte conformément à la Nouvelle Alliance établie par le Christ. Ce faisant, en entrant dans les exigences des rites sacrés développés dans la tradition de l'Eglise, notre véritable identité nous est donnée et notre sens en tant que fils et filles du Père.

Il est essentiel que nous comprenions cette spécificité du culte catholique, au cours des dernières décennies, nous avons vu de nombreuses célébrations liturgiques dans lesquelles les personnes, les personnalités et les réalisations humaines ont été trop importantes, presque à l'exclusion de Dieu. Comme l’a écrit un jour le cardinal Ratzinger: «Si la liturgie apparaît avant tout comme l'atelier pour notre activité, alors ce qui est essentiel a été oublié: Dieu. Car la liturgie ce n’est pas sur nous, mais sur Dieu. Oublier Dieu est le danger le plus imminent de notre époque. »(Joseph Ratzinger, Théologie de la liturgie, Collected Works vol. 11, Ignatius Press, San Francisco 2014, p. 593).

Nous devons être tout à fait clairs à propos de la nature du culte catholique, si nous voulons lire la Constitution du Concile Vatican II sur la liturgie correctement et si nous voulons mettre en œuvre fidèlement.

Pendant de nombreuses années avant le Concile, dans les pays de mission ainsi que dans les pays plus développés, il y avait eu beaucoup de discussions sur la possibilité d'augmenter l'utilisation des langues vernaculaires dans la liturgie, principalement pour les lectures de la Sainte Écriture, ainsi que pour certaines autres parties de la première partie de la messe (que nous appelons aujourd'hui la «Liturgie de la Parole") et pour le chant liturgique. Le Saint-Siège avait déjà donné de nombreuses autorisations pour l'utilisation de la langue vernaculaire dans l'administration des sacrements. Tel est le contexte dans lequel les Pères du Concile ont parlé des effets œcuméniques ou missionnaires positifs possibles de la réforme liturgique. Il est vrai que la langue vernaculaire a une place positive dans la liturgie. Les Pères cherchaient cela, et non pas à autoriser la protestantisation de la sainte Liturgie ou à accepter d’être soumis à une fausse inculturation.

Je suis Africain. Permettez-moi de dire clairement: la liturgie n'est pas le lieu pour promouvoir ma culture. Bien au contraire, elle est le lieu où ma culture est baptisée, où ma culture est reprise dans le divin. Grâce à la liturgie de l'Eglise (que les missionnaires ont porté à travers le monde) Dieu nous parle, il nous change et nous permet de participer à sa vie divine. Lorsque quelqu'un devient chrétien, lorsque quelqu'un entre dans la pleine communion avec l'Église catholique, il reçoit quelque chose de plus, quelque chose qui le change. Certes, les cultures et les autres chrétiens apportent des cadeaux avec eux dans l'Église - la liturgie des Ordinariats Anglicans maintenant en pleine communion avec l'Eglise en est un bel exemple. Mais ils apportent ces dons avec humilité, et l'Eglise dans sa sagesse maternelle en fait usage  comme elle le juge approprié.

 

L'une des expressions les plus claires et les plus belles des intentions des Pères du Concile se trouve au début du second chapitre de la Constitution, qui considère le mystère de la Très Sainte Eucharistie.

Dans l'article 48, nous lisons:

L'Église ... désire ardemment que les fidèles du Christ, lorsqu'ils assistent à ce mystère de la foi, ne devrait pas être là comme des spectateurs étrangers et muets; au contraire, grâce à une bonne compréhension des rites et des prières, ils devraient prendre part à l'action sacrée conscients de ce qu'ils font, avec dévouement et pleine collaboration. Ils devraient être instruits par la parole de Dieu et être nourris à la table du corps du Seigneur; ils devraient rendre grâces à Dieu; en offrant la victime Immaculée, non seulement par les mains du prêtre, mais aussi avec lui, ils devraient aussi apprendre à s'offrir eux-mêmes; grâce à la médiation du Christ, ils devraient être attirés de jour en jour vers une union toujours plus parfaite avec Dieu et les uns avec les autres, de sorte qu’enfin Dieu soit tout en tous.

Mes frères et sœurs, voilà quelles étaient les intentions des Pères Conciliaires. Oui, bien sûr, ils ont discuté et voté sur les moyens spécifiques pour réaliser de leurs intentions. Mais soyons très clairs: les réformes rituelles proposées dans la Constitution, comme la restauration de la prière des fidèles à la messe (n. 53), l'extension de la concélébration (n. 57), ou certaines de ses mesures telles que la simplification souhaitée par les articles 34 et 50, sont toutes subordonnées aux intentions fondamentales des Pères conciliaires que je viens de décrire. Ce sont des moyens dirigés vers une fin, et c’est la fin que nous devons atteindre.

Si nous voulons avancer vers une mise en œuvre plus authentique de Sacrosanctum Concilium, ce sont ces objectifs, ces fins, que nous devons garder devant nous d'abord et avant tout. Il se peut que, si nous les étudions avec des yeux neufs et avec l'avantage de l'expérience des cinq dernières décennies, nous verrons certaines réformes rituelles spécifiques et certaines politiques liturgiques sous une lumière différente. Si, aujourd'hui, certains d'entre eux ont besoin d'être reconsidérés de manière à «conférer une vigueur sans cesse croissante à la vie chrétienne des fidèles» et «aider à appeler l'ensemble de l'humanité dans la maison de l'Église », demandons au Seigneur de nous donner l'amour, l'humilité et la sagesse de le faire.

Je soulève cette possibilité de regarder à nouveau la Constitution et la réforme qui a suivi sa promulgation parce que je ne pense pas que nous pouvons honnêtement lire, même le premier article de Sacrosanctum Concilium aujourd'hui et être contenu que nous avons atteint ses objectifs. Mes frères et sœurs, où sont les fidèles dont les Pères du Concile ont parlé? Beaucoup de fidèles sont maintenant infidèles: ils ne viennent pas à la liturgie du tout. Pour utiliser les paroles de saint Jean-Paul II: beaucoup de chrétiens vivent dans un état de «apostasie silencieuse», ils «vivent comme si Dieu n'existe pas» (Exhortation apostolique Ecclesia in Europa, 28 juin 2003, 9). Où est l'unité du Conseil espérait atteindre? Nous ne l’avons pas encore atteinte. Avons-nous fait des progrès réels en appelant l'ensemble de l'humanité dans la maison de l'Eglise? Je ne le pense pas. Et pourtant, nous avons fait beaucoup à la liturgie!

Dans mes 47 années de vie en tant que prêtre et après plus de 36 années de ministère épiscopal, je peux attester que de nombreuses communautés et les individus catholiques vivent et prient la liturgie réformée suite au Concile avec ferveur et joie, dont découlent beaucoup, sinon tous les biens que les Pères conciliaires avaient souhaité. Ceci est un grand fruit du Concile. Mais selon mon expérience, je sais - et maintenant aussi de par mon service comme préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements – qu’il y a beaucoup de distorsions de la liturgie partout dans l'Eglise d'aujourd'hui, et que de nombreuses situations pourraient être améliorées de sorte que les objectifs du Concile puissent être atteints. Avant de réfléchir sur des améliorations possibles, considérons ce qui est arrivé après la promulgation de la Constitution sur la sainte Liturgie.

Alors que le travail officiel de la réforme était en cours, quelques mauvaises interprétations très graves de la liturgie ont émergé et ont pris racine dans différents endroits à travers le monde. Ces abus de la sainte Liturgie ont grandi en raison d'une compréhension erronée du Concile, ce qui entraîna des célébrations liturgiques qui étaient subjectives et plus axés sur les désirs de la communauté individuelle que sur le culte sacrificiel de Dieu Tout-Puissant. Mon prédécesseur en tant que préfet de la Congrégation, le cardinal Francis Arinze, a une fois appelé ce genre de chose "messe faite par soi même." Saint Jean Paul a même trouvé nécessaire d'écrire ce qui suit dans sa lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia (17 Avril 2003) :

L'engagement du Magistère à proclamer le mystère eucharistique a été compensé par la croissance intérieure au sein de la communauté chrétienne. Certes, la réforme liturgique inaugurée par le Concile a grandement contribué à une participation plus consciente, active et fructueuse au Saint Sacrifice de l'autel de la part des fidèles. Dans de nombreux endroits, l'adoration du Saint-Sacrement est aussi une pratique quotidienne importante et devient une source inépuisable de sainteté. La pieuse participation des fidèles à la procession eucharistique lors la Solennité du Corps et du Sang du Christ est une grâce du Seigneur qui chaque année apporte de la joie à ceux qui y participent.

D'autres signes positifs de foi et d'amour eucharistiques pourraient aussi être mentionnés.

Malheureusement, à côté de ces lumières, il y a aussi des ombres. Dans certains endroits, la pratique de l'adoration eucharistique a été presque complètement abandonnée. Dans diverses parties des abus de l'Église ont eu lieu, menant à la confusion en ce qui concerne la foi droite et la doctrine catholique concernant cet admirable Sacrement. Parfois, on rencontre une compréhension extrêmement réductrice du mystère eucharistique. Dépouillé de son sens du sacrifice, il est célébré comme si c’était tout simplement un banquet fraternel. En outre, la nécessité du sacerdoce ministériel, enraciné dans la succession apostolique, est parfois obscurcie et la nature sacramentelle de l'Eucharistie est réduite à sa seule efficacité en tant que forme de proclamation. Cela a conduit ici et là, des initiatives œcuméniques qui, bien que bien intentionnée, se livrent à des pratiques eucharistiques contraires à la discipline par laquelle l'Église exprime sa foi. Comment pouvons-nous ne pas exprimer la profonde douleur devant tout cela? L'Eucharistie est un don trop grand pour tolérer l'ambiguïté et la dépréciation.

Il est mon espoir que la présente Lettre encyclique pourra contribuer efficacement à bannir les nuages sombres de doctrines et de pratiques inacceptables, de sorte que l'Eucharistie continuera à resplendir dans tout son mystère radiant (n. 10).

Posté le 7 juillet 2016 à 07h21 par Michel Janva | Lien permanent

06 juillet 2016

Le cardinal Sarah appelle les prêtres à célébrer la messe face à Dieu

Ce matin: le cardinal Robert Sarah a lancé depuis Londres, où il se trouve dans le cadre de Sacra Liturgia 2016, un appel à tous les prêtres pour qu'ils célèbrent désormais ad orientem à partir du 1er Dimanche de l'Avent 2016.

Mgr Rey lui a répondu qu'il en sera ainsi dans le diocèse de Toulon, après envoi d'une lettre à tous ses prêtres.

S

Addendum : extrait du discours du cardinal, traduit par Yves Daoudal :

"Je veux lancer un appel à tous les prêtres. Peut-être avez-vous lu mon article dans L’Osservatore Romano il y a un an, ou mon entretien donné au journal Famille chrétienne au mois de mai de cette année. A chaque fois, j’ai dit qu’il est de première importance de retourner aussi vite que possible à une orientation commune des prêtres et des fidèles, tournés ensemble dans la même direction – vers l’est ou du moins vers l’abside – vers le Seigneur qui vient, dans toutes les parties du rite où l’on s’adresse au Seigneur. Cette pratique est permise par les règles liturgiques actuelles. Cela est parfaitement légitime dans le nouveau rite. En effet, je pense qu’une étape cruciale est de faire en sorte que le Seigneur soit au centre des célébrations.

Aussi, chers frères dans le sacerdoce, je vous demande de mettre en œuvre cette pratique partout où cela sera possible, avec la prudence et la pédagogie nécessaire, mais aussi avec la confiance, en tant que prêtres, que c’est une bonne chose pour l’Eglise et pour les fidèles. Votre appréciation pastorale déterminera comment et quand cela sera possible, mais pourquoi ne pas commencer le premier dimanche de l’Avent de cette année, quand nous attendons le « Seigneur [qui] va venir sans tarder » (cf l’introït du mercredi de la première semaine de l’Avent) ? Chers frères dans le sacerdoce, prêtons l’oreille aux lamentations de Dieu proclamées par le prophète Jérémie : « Car ils m’ont tourné le dos » (Jr 2,27). Tournons-nous à nouveau vers le Seigneur !

Je voudrais aussi lancer un appel à mes frères évêques : conduisez vos prêtres et vos fidèles vers le Seigneur de cette façon, particulièrement lors des grandes célébrations de votre diocèse et dans votre cathédrale. Formez vos séminaristes à cette réalité : nous ne sommes pas appelés à la prêtrise pour être au centre du culte nous-mêmes, mais pour conduire les fidèles au Christ comme de fidèles compagnons. Encouragez cette simple, mais profonde réforme dans vos diocèses, vos cathédrales, vos paroisses et vos séminaires. En tant qu’évêques, nous avons une grande responsabilité, et un jour nous devrons en rendre compte au Seigneur."

Et la réponse de Mgr Rey  :

"C’est avec une grande joie que nous avons appris aujourd’hui que le Saint-Père vous a demandé d’initier une étude de la « réforme » de la réforme liturgique qui suivit le Concile, et d’étudier les possibilités d’un enrichissement mutuel entre l’ancienne et la nouvelle forme du rit romain, ce que le pape Benoît XVI avait évoqué le premier.

Eminence, votre appel à ce que nous « retournions dès que possible à une orientation commune » dans nos célébrations liturgiques « vers l’Orient ou au moins vers l’abside, là où vient le Seigneur », est une invitation à redécouvrir radicalement quelque chose qui est à la racine même de la liturgie chrétienne. Cela exige de nous de réaliser une fois encore, dans toutes nos célébrations, que la liturgie chrétienne est essentiellement orientée vers le Christ dont nous attendons la venue avec une espérance joyeuse.

Monsieur le Cardinal, je suis seulement un évêque et ne représente qu’un diocèse du sud de la France. Mais afin de répondre à votre appel, je souhaite dire dès à présent que j’aurai l’occasion de célébrer la sainte messe ad orientem, vers le Seigneur qui vient, dans la cathédrale de Toulon lors du dernier dimanche de l’Avent, et chaque fois que l’occasion opportune se présentera. Avant l’Avent, j’adresserai un message à mes prêtres et aux fidèles à ce sujet pour expliquer ma décision. Je les encouragerai à suivre cet exemple. En tant que chef et pasteur de mon diocèse, je leur demanderai de recevoir mon témoignage personnel, dans l’idée de faire leur faire redécouvrir, par la pratique de la messe orientée, la primauté de la grâce au cours des célébrations. J’expliquerai que ce changement est utile pour se rappeler la nature essentiel du culte chrétien : tout doit être toujours tourné vers le Seigneur."

Posté le 6 juillet 2016 à 10h51 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2016

En un an, 600 projets de plus pour l’AED

En 2015, l’AED France a dépassé la barre des 37 millions € 92,7 % des ressources ont été affectés aux missions sociales, c’est-à-dire la mission propre l’AED. Ce résultat exceptionnel est lié à l’incroyable mobilisation suite à la tragédie que vivent nos frères au Moyen-Orient.

Depuis 5 ans, l’AED au niveau international a dépensé plus de 20 millions € en Irak et 6 millions € en Syrie. Nous n’oublions pas pour autant les quelque 150 autres pays où nous intervenons également, comme l’Inde, l’Ukraine, le Congo RDC et le Brésil.

En 2015, les dons recueillis par l’AED international ont atteint un nouveau record de 124,1 millions d’euros contre 105,6 millions d’euros en 2014, ce qui correspond à une augmentation d’environ 15 %. Au total, 6 209 projets ont été soutenus, soit 600 de plus qu’en 2014, dans plus de 140 pays. L’AED a dû refuser 1 110 projets. Comme l’année précédente, seuls 6,5 % du budget ont été alloués à l’administration.

À l’échelle mondiale, un prêtre sur neuf (sur un total de 43 203 prêtres) a pu être aidé par l’association grâce à des offrandes de messe, et un séminariste sur dix (au total, 11 075) a bénéficié du soutien de l’AED dans sa formation. 10 240 religieuses ont reçu une aide à la subsistance ou à la formation. Dans le monde entier, 1 674 chantiers (construction ou rénovation de chapelles, églises, monastères, presbytères, cathédrales et séminaires) ont été cofinancés dans des régions où les fidèles ne peuvent pas y parvenir par leurs propres moyens. Cette aide à la construction constitue un budget total de 34,5 millions d’euros, et représente le principal poste comptable du budget total.

Posté le 4 juillet 2016 à 16h48 par Michel Janva | Lien permanent

03 juillet 2016

FSSPX : les discussions avec Rome vont se poursuivre

Dans le sermon qu'il a prononcé devant 1700 personnes réunies à Zaitzkofen, à l'occasion des ordinations sacerdotales le 2 juillet, Mgr Fellay est revenu sur le communiqué de jeudi, indiquant que "les discussions avec Rome à propos de la reconnaissance de la FSSPX allaient se poursuivre".

Posté le 3 juillet 2016 à 19h28 par Michel Janva | Lien permanent

19-26 octobre : pèlerinage en Terre Sainte avec un chanoine de Lagrasse

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Posté le 3 juillet 2016 à 10h05 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2016

Un évêque diocésain insatisfait de la position des autels qu’on met entre le prêtre et le peuple

Il s'agit de Mgr Pascal N’Koué, évêque de Parakou au Bénin :

"Je tiens à vous rappeler que la célébration "versus orientem" est autorisée par les rubriques du Missel (de Paul VI), qui précisent les moments où le célébrant doit se retourner vers le peuple. Il n’est donc pas besoin d’autorisation particulière pour célébrer face au Seigneur" Card. Robert SARAH. Et voilà le vieux débat relancé. Le prêtre à l’autel doit-il faire face au peuple, ou se tourner avec les fidèles vers l’Orient, le Soleil levant ? L’auteur du grand livre "Dieu ou rien" tranche sur le vif : "Le Concile n’a jamais demandé de célébrer face au peuple".

NLa première fois où j’ai eu le privilège de concélébrer avec le Pape Jean-Paul II, dans sa chapelle privée au Vatican, l’autel était collé au mur. Nous tous (les célébrants et le peuple) étions tous tournés vers la même direction, vers l’autel pour la célébration du Saint Sacrifice. Quel recueillement ! J’en ai été marqué pour la vie. Depuis ce jour, j’ai toujours été insatisfait de la position des autels qu’on met entre le prêtre et le peuple, où on se fait face à face. On m’avait toujours dit que c’était le Concile Vatican II qui l’avait décrété. Un autre argument qu’on donne souvent c’est que, ce n’est pas poli de célébrer la messe "dos au peuple". Mais là, en 1989, j’étais dans la chapelle du Pape Jean-Paul II, qui lui aussi a participé au Concile. Et le Pape, ce "roc inébranlable", ne pouvait pas cultiver ce qui est indécent et manquer de courtoisie au Peuple de Dieu. Alors que penser ?

J’en étais là quand un jour, j’ai découvert un livre d’une grande valeur. Voici ce que j’y ai lu : ‘‘Après le Concile (qui lui-même ne mentionne pas de se tourner vers le peuple), on disposa partout de nouveaux autels tant et si bien que l’orientation de la célébration ‘‘versus populum’’ (face au peuple) paraît aujourd’hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le Concile Vatican II’’’. Ceci est un extrait de L’esprit de la liturgie, du Cardinal Joseph Ratzinger, devenu le Pape Benoît XVI. Plus loin, il écrit ceci : ‘‘En revanche, l’orientation commune vers l’est pendant le Canon (ou Prière Eucharistique) demeure essentielle. Il ne s’agit pas d’un élément accidentel de la liturgie. L’important n’est pas de regarder le prêtre mais de tourner un regard commun vers le Seigneur. Il n’est plus question ici de dialogue mais d’une commune adoration’’. Et l’ancien Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi conclut son plaidoyer par cette nuance : "il n’est justement pas question de fuir dans un passé romantique et lointain, mais de redécouvrir l’essence de la liturgie chrétienne".

Effectivement le Concile Vatican II ne donne aucune directive sur la position du prêtre à l’autel. C’est donc sur la base d’une erreur d’interprétation de la position de la basilique saint Pierre, que des liturgistes, après le Concile, ont exhorté abondamment à l’habitude de célébrer face au peuple : « Pour des motifs purement topographiques, dont nous ne donnerons pas les détails, il se trouve que l’abside de la basilique Saint-Pierre de Rome fait face à l’Ouest. Si le prêtre célébrant en conformité avec la tradition de prière chrétienne voulait faire face à l’est, il devait logiquement se tourner vers le peuple. Sous cette influence, certains architectes reprirent cette disposition dans plusieurs églises, ce qui donna valeur de référence à cet usage. Au XXe siècle, le renouveau liturgique s’empara de ce modèle hypothétique pour élaborer un nouveau concept : la célébration de l’Eucharistie "versus populum" (vers le peuple) ; de ce fait l’autel, selon la "norme" de saint Pierre, devait être exposé de telle sorte que prêtre et peuple se regardent l’un l’autre pour former ensemble le cercle des célébrants. Cela seul, pensa-t-on alors, pouvait correspondre à l’esprit de la liturgie chrétienne et à la consigne de la participation active, et rendre ainsi la célébration liturgique moderne fidèle au prototype de la sainte Cène » (L’esprit de la liturgie p.65). Or, la prière liturgique vers l’Orient tient compte non seulement de la tradition depuis l’origine du christianisme mais aussi du cosmos. Cette position tient compte du passé et nous dispose à marcher vers le règne du monde à venir. [...]

Un dernier témoignage, et non des moindres, puisqu’il vient de celui à qui le Pape François a confié la liturgie dans l’Eglise, j’ai nommé le Cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la discipline des Sacrements. Il appelle à une conversion intérieure pour remettre Dieu au centre de la liturgie : « Se convertir, c’est se tourner vers Dieu. Je suis profondément convaincu que nos corps doivent participer à cette conversion. Le meilleur moyen est certainement de célébrer - prêtres et fidèles - tournés ensemble dans la même direction : vers le Seigneur qui vient. Il ne s’agit pas, comme on l’entend parfois, de célébrer le dos tourné aux fidèles ou face à eux. Le problème n’est pas là. Il s’agit de se tourner ensemble vers l’abside qui symbolise l’Orient où trône la croix du Seigneur ressuscité. Par cette manière de célébrer, nous expérimentons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration. » Et le Cardinal de proposer concrètement cette orientation commune « au moins pendant le rite de la pénitence, pendant le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique » (Entretien donné à l’hebdomadaire Famille Chrétienne n° 2002, du 28 mai 2016). J’ajouterais aussi pendant la prière universelle.

Nous avons droit à la vérité. Car très souvent l’ignorance, les idéologies de courte vue, et le manque d’information objective créent et entretiennent un climat de suspicion et même de mépris envers les gestes et les symboles à promouvoir. Et cela est préjudiciable au silence sacré, à la vie intérieure et à l’unité des cœurs. [...]"

Posté le 1 juillet 2016 à 14h34 par Michel Janva | Lien permanent

29 juin 2016

Reconnaissance canonique : la FSSPX n'est pas pressée

A l’issue de la réunion des supérieurs majeurs de la Fraternité Saint-Pie X qui s’est tenue en Suisse, du 25 au 28 juin 2016, le Supérieur général, qui avait rencontré le pape en avril dernier, adresse le communiqué suivant :

F"Le but de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X est principalement la formation des prêtres, condition essentielle du renouveau de l’Eglise et de la restauration de la société.

1. Dans la grande et douloureuse confusion qui règne actuellement dans l’Eglise, la proclamation de la doctrine catholique exige la dénonciation des erreurs qui ont pénétré en son sein, malheureusement encouragées par un grand nombre de pasteurs, jusqu’au Pape lui-même.

2. La Fraternité Saint-Pie X, dans l’état présent de grave nécessité qui lui donne le droit et le devoir de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique. Elle n’a qu’un désir : porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise.

3. La « restauration de toutes choses dans le Christ », voulue par saint Pie X à la suite de saint Paul (Eph 1,10), ne pourra se réaliser sans le soutien d’un Pape qui favorise concrètement le retour à la Sainte Tradition. En attendant ce jour béni, la Fraternité Saint-Pie X entend redoubler d’efforts pour établir et diffuser, avec les moyens que lui donne la divine Providence, le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

4. La Fraternité Saint-Pie X prie et fait pénitence pour que le Pape ait la force de proclamer intégralement la foi et la morale. Ainsi il hâtera le triomphe du Cœur Immaculé de Marie que nous appelons de nos vœux, à l’approche du centenaire des apparitions de Fatima."

La licéité des confessions par des prêtres de la FSSPX a été reconnue par le Pape pour l'année de la Miséricorde, les ordinations ne posent plus de problème à Rome... Il reste le cas des mariages, mais comme le pape estime lui-même que la moitié des mariages sacramentels sont nuls, il ne semble pas que cela puisse poser problème au sein de la FSSPX. Dans ces conditions, on comprend que la recherche d'une reconnaissance canonique ne soit pas une priorité.

Posté le 29 juin 2016 à 15h14 par Michel Janva | Lien permanent

Catholiques engageons-nous ! Jeudi 30 juin 20h30 : conférence de l'Abbé Grosjean à Paris

Une autre conférence à Paris : la dernière avant l’été !

Affiche 30 juin Paris

Posté le 29 juin 2016 à 09h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

28 juin 2016

Fraternité des Saints Apôtres : Mgr de Kesel assure que l’église Sainte-Catherine restera ouverte et confiée aux prêtres de la Fraternité

Communiqué de presse des paroissiens de Ste Catherine :

"La décision de Monseigneur de Kesel de ne plus accueillir la Fraternité des Saints Apôtres dans l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles par principe de solidarité vis-à-vis des évêques français a créé une vive confusion et beaucoup d'incompréhension chez de nombreux catholiques belges. Suite à cela, des dizaines de personnes ont introduit un recours canonique contre cette décision. Le recours introduit permet de suspendre temporairement la décision et d'analyser le dossier plus calmement afin de trouver une solution constructive.

Dans un souci d'apaisement et de dialogue, plusieurs demandes de rencontre avec l'Archevêque avaient été lancées ces dernières semaines. Nous avons le plaisir d'annoncer que le vendredi 24 juin dernier à 15h, Mgr de Kesel a rencontré à Malines une délégation de laïcs attachés à ce que l'élan missionnaire dégagé par la Fraternité puisse continuer en Belgique et que tous les prêtres et séminaristes qui désirent le poursuivre y soient accueillis avec bienveillance.

Durant cet entretien, Mgr de Kesel a d’abord demandé aux représentants présents d’apaiser les inquiétudes en assurant que l’église Sainte-Catherine restera bien ouverte et confiée aux prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres qui la desservent aujourd'hui, lesquels pourront continuer à vivre ensemble en fraternité durant tout son épiscopat.

Mgr de Kesel viendra visiter la paroisse quand tout sera apaisé. Il a dit enfin qu’il serait disposé, si d’autres évêques étaient désireux d’accueillir la Fraternité des Saints-Apôtres et d’en être responsables canoniquement, à ce qu’une antenne puisse se développer et continuer sa mission en Belgique.

Nous remercions vivement Mgr de Kesel pour cette réunion constructive qui montre son désir d'unité et la recherche d’une solution pour le bien de tous."

Posté le 28 juin 2016 à 16h17 par Michel Janva | Lien permanent

Rome accepte les ordinations de la Fraternité Saint-Pie X

C'est l'évêque de Ratisbonne qui le déclare dans un communiqué (v.o.):

"L'évêque de Ratisbonne se félicite de toute initiative visant à surmonter un schisme, au rapprochement des groupes séparés de l'Eglise catholique et donc à retrouver l'unité visible de l'Eglise.

Les ordinations qui ont été annoncées pour le 2 juillet à Zaitzkofen, comme l’explique le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei Mgr Pozzo, ne présentent aucun danger, à l’heure actuelle. Il ne résulte cependant pas qu’elles soient licites du point de vue canonique, ce n’est pas non plus une reconnaissance implicite de la licéité du sacre de l’évêque de la Fraternité qui officie.

Les ordinations sont simplement tolérées et acceptées, sans sanction. Cela résulte d’une concession que le Saint Siège accorde sans contrepartie, en vue du rapprochement espéré de la Fraternité, après un temps de réflexion intense et d'examen. Le critère pour la reconnaissance de la Fraternité est et reste la pleine acceptation de l'autorité du Concile Vatican II et tous ses documents (liberté religieuse, l'œcuménisme, etc.)."

Posté le 28 juin 2016 à 07h01 par Michel Janva | Lien permanent

21 juin 2016

2 Français seront canonisés le 16 octobre

Le Pape François a annoncé lundi 20 juin, lors d'un consistoire ordinaire public, que cinq nouveaux saints seront canonisés le dimanche 16 octobre 2016. Parmi eux, les Français Salomon Leclercq et Elisabeth de la Sainte Trinité.

Salomon Leclercq (1745-1792) est une victime de la Révolution française, mort en martyr pour avoir refusé de prêter le serment de constitution civile du clergé. Le religieux vit dans la clandestinité à Paris avant d’être arrêté en août 1792 et enfermé à la prison des Carmes. C’est là qu’il est exécuté à coups d’épée lors des massacres de septembre, avec 190 autres ecclésiastiques. Salomon Leclercq a été béatifié en 1926 par le Pape Pie XI.

Née en juillet 1880, Elisabeth de la Sainte Trinité entre au Carmel de Dijon en 1901. Elle choisit de faire de sa vie une louange de gloire à Dieu et de s’abandonner à l’amour trinitaire. Elle développe une doctrine centrée sur "l’habitation de Dieu dans la personne humaine". En 1960, le grand théologien suisse Hans Urs von Balthasar a salué «la structure de son univers spirituel, le contenu et le style de sa pensée théologique d’une densité et d’une consistance sans défaut».Elisabeth de la Sainte Trinité a été béatifiée en 1984 par le Pape Jean-Paul II.

Outre ces deux Français, ont été annoncées les canonisations de l'évêque espagnol Manuel González García et des prêtres italiens Lodovico Pavoni et Alfonso Maria Fusco. Ils s'ajoutent à deux autres bienheureux dont les canonisations avaient été annoncées depuis plusieurs mois : le jeune mexicain José Sánchez del Río (1913-1928), martyr de la guerre des Cristeros, et le prêtre argentin Jose Gabriel del Rosario Brochero (1840-1914). 

Auparavant, une messe de canonisation est prévue le 4 septembre pour Mère Teresa.

Posté le 21 juin 2016 à 22h23 par Michel Janva | Lien permanent

Toulon 24 juin : adoration en réparation des profanations, pour consoler le Cœur Sacerdotal de Jésus

Adoration organisée par l'Alliance saint Jean-Marie Vianney, vendredi 24 juin à 20h à l'Immaculée Conception de Toulon.
Cette adoration est en réparation des profanations, pour consoler le Cœur Sacerdotal de Jésus.
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Posté le 21 juin 2016 à 09h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

Immense mobilisation des paroissiens de Sainte-Catherine (Belgique) pour soutenir la Fraternité des Saints-Apôtres

Lu ici :

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"Bruxelles, le dimanche 19 Juin 2016

Communiqué de presse : Les paroissiens de Sainte-Catherine, menacés d’être privés de la Fraternité des Saints Apôtres, ont envoyé un message au pape François pour obtenir son soutien et demandent à Mgr de Kesel une rencontre en urgence cette semaine.

Aujourd’hui, un rassemblement de grande ampleur a eu lieu à la paroisse Sainte-Catherine, dans le centre de Bruxelles, pour soutenir la Fraternité des Saints Apôtres, en réaction à la décision annoncée par l‘Archevêché il y a quelques jours de ne plus accueillir dès la fin du mois de juin cette Fraternité de 6 prêtres et 23 séminaristes en Belgique. La raison ? Il y aurait trop de Français parmi eux, ce qui serait une concurrence déloyale pour les diocèses français en manque de prêtres.

Une Fraternité qui attire pourtant chaque semaine plus de 400 paroissiens…et qui est très intégrée localement, comme le prouvent les nombreux témoignages d’amitié apportés par les restaurateurs de la place Sainte Catherine.

Devant les médias nationaux qui s’étaient déplacés en nombre pour l’occasion (RTBF, RTL, la Capitale, etc.), plus de 1000 personnes ont assisté à la messe de 10h30 avant de se retrouver sur le parvis de l’église Sainte-Catherine et d’adresser un message de soutien à leurs prêtres et séminaristes, pour les remercier de tout ce qu’ils avaient accompli dans leur paroisse depuis la réouverture de l’église il y a deux ans. De nombreux témoignages spontanés ont été livrés par des paroissiens provenant de diverses communes devant la foule compacte rassemblée dans une atmosphère joyeuse et chargée en émotion.

Ils ont également adressé un message fort à l’Archevêque Mgr de Kesel et à Mgr Kockerols, son auxiliaire, les invitant à répondre à leurs questions, restées jusqu’ici sans réponse." [Lire la suite ici]

Posté le 21 juin 2016 à 00h05 par Marie Bethanie | Lien permanent

19 juin 2016

Reprise des travaux de restauration des toitures du séminaire Saint-Philippe-Néri de Gricigliano

Le Séminaire Saint-Philippe Néri de Gricigliano, séminaire de l’Institut du Christ-Roi, lance une nouvelle tranche de travaux sur les toitures du séminaires fortement endommagées par le temps.

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Posté le 19 juin 2016 à 19h18 par Michel Janva | Lien permanent

18 juin 2016

19 juin : manifestation de soutien à la Fraternité des Saints Apôtres à Bruxelles

Suite au communiqué de l’archevêché du 15 juin annonçant sa décision de ne plus accueillir la Fraternité des Saints Apôtres dans son diocèse, des laïcs organisent un rassemblement de soutien.

Ils sont profondément surpris d’apprendre cette décision alors qu’il n’y a eu aucun contact entre l’évêché et la paroisse ou ses prêtres. Ils s’interrogent à juste titre sur la méthode de prise de décision qui est biaisée car la collecte d’information est partielle et qu’elle omet les principaux intéressés ! Dans ce contexte, les paroissiens organisent un rassemblement de soutien et promettent une surprise !

Paroissiensdesaintecatherine.wordpress.com

Posté le 18 juin 2016 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

"Rupture du jeûne" hier soir dans l'église Saint-Jean-Baptiste de Molenbeek

Une invitation avait été lancée par le curé de la paroisse Saint Jean-Baptiste de Molenbeek-Saint-Jean, le Père Aurélien Saniko :

"Vous êtes toutes et tous invités au nom de notre curé, le Père Aurélien SANIKO, à un repas de rupture du jeûne interculturel qui aura lieu dans notre église Saint-Jean-Baptiste vendredi le 17 juin à partir de 20h."

Une invitation qui a eu du succès, si l'on en croit les photos :

Verra-t-on un gigantesque repas de Pâques pour fêter la résurrection du Christ dans une des mosquées de Molenbeek ?

Posté le 18 juin 2016 à 11h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

17 juin 2016

De plus en plus de conversions de l’islam au christianisme dans le monde

Olivier Bault dans Nouvelles de France :

"Il y avait environ dix millions d’anciens musulmans convertis au christianisme dans le monde en 2010 selon une étude de l’Interdisciplinary Journal of Research on Religion, contre moins de 200 000 en 1960. En Iran, où les convertis étaient moins de 500 à l’époque de la révolution islamique, ils pourraient être aujourd’hui entre 300 000 et 500 000. Les autorités islamiques iraniennes s’en inquiètent et le père Pierre Humblot, qui vivait en Iran depuis 45 ans et a la nationalité iranienne, a dû quitter le pays en urgence pour sauver sa peau. C’est désormais à Paris qu’il continue son œuvre de conversion en langue perse (voir ici l’entretien avec le père Humblot sur le site Aleteia). Selon l’étude citée plus haut, il y aurait 450 000 anciens musulmans convertis aux États-Unis, 380 000 en Algérie, 600 000 au Nigéria, 60 000 en Arabie saoudite, 45 000 en Bulgarie, 25 000 au Royaume-Uni, 15 000 en Allemagne et 12 000 en France, et surtout 6,5 millions en Indonésie !

Ces chiffres sont bien sûr des estimations, car beaucoup se cachent et toutes les Églises ne donnent pas volontiers leurs chiffres de baptêmes de musulmans. Les Églises officielle d’Orient craignent des représailles de la part des autorités musulmanes ou des attaques de radicaux mahométans. Les nouveaux baptisés sont battus, chassés de leur famille, torturés ou menacés de mort, car le Coran ordonne de tuer ceux qui abandonnent l’islam, qualifiés d’apostats, et l’islam interdit le prosélytisme des autres religions sur les territoires qu’il occupe. La plupart des convertis rejoignent les Églises protestantes, plus courageuses dans leur mission d’évangélisation, et plus rarement l’Église catholique ou orthodoxe. Mais même si les statistiques sont approximatives, il ne fait aucun doute que la vague de conversions prend de l’ampleur à la fois dans le monde musulman et en Occident." [...]

[Lire l'article entier sur Nouvelles de France]

Posté le 17 juin 2016 à 08h56 par Marie Bethanie | Lien permanent

16 juin 2016

L’Archidiocèse de Malines-Bruxelles n'accueillera plus la Fraternité des Saints Apôtres

Belgicatho postait hier le communiqué de l'Archidiocèse de Malines-Bruxelles annonçant qu'il ne voulait plus accueillir la Fraternité des Saints-Apôtres, fondée en avril 2013 par Monseigneur André-Joseph Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles et Primat de Belgique, et inspirée par le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine, à partir de fin juin 2016.

La raison invoquée est que "la plupart des séminaristes de la Fraternité des Saints-Apôtres viennent pour l'instant de France où de nombreuses régions connaissent un manque cruel de prêtres.[...] Cette perspective n'est pas à promouvoir dans les circonstances actuelles cat elle manifeste un grave manquement à la solidarité entre évêques, tant avec ceux de notre pays qu'avec nos voisins français."

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Des laïcs ont réagi à cette annonce par communiqué de presse :

[...] "Nous nous étonnons cependant que la Fraternité soit victime de son succès. En effet, l’Archevêché déclare ne pas vouloir déforcer les évêques français au vu de nombre très important de séminaristes français qui ont décidé de venir en Belgique rejoindre la Fraternité. Les séminaristes français qui rejoignent la Belgique rejoignent un charisme particulier et il est faux de croire que cela vide les diocèses en France. Au contraire, certains n’auraient peut-être en effet jamais rejoint le séminaire sans l’existence d’une vie communautaire telle que proposée par les Saints Apôtres. De plus, l'Eglise contemporaine fourmille d'exemples de jeunes communautés dynamiques, dont la foi et l'engagement sont un vrai moteur de revitalisation de l'Eglise, et qui ne rechignent jamais à mettre leurs prêtres à disposition des diocèses dans le besoin.

Le principe de solidarité invoqué est on ne peut plus curieux. En effet, sur 80 séminaristes en formation à Namur aujourd’hui seulement 25 sont belges. Va-t-on tous les renvoyer dans leur pays ? Va-t-on renvoyer tous les prêtres africains, polonais qui viennent nous aider à porter le message du Christ en Belgique ? L’Eglise catholique n’est-t-elle plus universelle ? L’argument invoqué ne tient évidemment pas la route et nous espérons qu’il n’y a pas derrière des raisons en réalité purement idéologiques.

Beaucoup d’autres communautés présentes en Belgique « captent » des vocations étrangères sans qu'on les renvoie dans leur pays. La situation présente crée un précédent inacceptable et est en réalité une dissolution en douceur (?) de la Fraternité. Ne serait-il pas temps que l'Eglise de Belgique fasse meilleur cas des initiatives qui fonctionnent et s'intéresse plus en détail à d'autres réalités qui portent moins de fruits et créent parfois de graves problèmes de communion avec l'Eglise universelle ?"[...]

L'église Sainte-Catherine desservie par des prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres et dont on annonçait la fermeture, ne devrait pas être fermée.

Posté le 16 juin 2016 à 23h00 par Marie Bethanie | Lien permanent

Le célibat du prêtre proclame que le Christ préfère chacun d'entre nous

RV16717_ArticoloMonseigneur Emmanuel Gobilliard, nouvel évêque auxiliaire de Lyon, a vécu à Madagascar. Il y a écrit des lettres qu'il envoyait à ses amis en France. Voici un extrait d'une de ces lettres, qu'il a tardé à envoyer parce qu'elle traitait du sujet si difficile et incompris du célibat des prêtres. Un très beau texte :

[...] "Quelques jours après mon retour de Nohona je suis retourné à Fianarantsoa pour continuer à donner mon enseignement aux séminaristes. Le trajet a été épique –une partie de la route s’étant affaissée à la suite des inondations-et je suis arrivé tout juste pour assurer mon premier cours, épuisé avant d’avoir commencé. Cette fatigue, je ne m’en suis pas rendu compte sur le moment, n’était pas que physique. L’expérience pascale que j’avais vécue m’avait providentiellement préparé à ce cours de morale sexuelle que je devais donner. La fatigue nous aide parfois à être plus vrais, plus directs. L’expérience nous permet d’ajouter à cette vérité, qui peut être abrupte, la sincérité.

Ainsi, lorsque, poursuivant mon enseignement, un séminariste m’a demandé si j’avais vraiment choisi le célibat en décidant d’entrer au séminaire, je lui ai répondu : « Non…comment veux-tu qu’à 21 ans on puisse choisir librement de renoncer à ce à quoi tout notre être, notre corps et notre âme aspire ? » La discussion s’est poursuivie, et le soir, je me suis reposé la question en essayant d’être le plus honnête possible, c’est-à-dire en essayant de ne pas me réfugier derrière des réponses pieuses, ou institutionnelles…en tout cas derrière des réponses qui suscitent, chez ceux qui les entendent, l’admiration -cousine de l’incompréhension- davantage que l’envie de devenir prêtre. Il arrive en effet qu’on fasse peur aux jeunes, parce que notre vie fait peur, et parce que, par orgueil, nous nous présentons un peu trop comme des « extra-terrestres » que Dieu par sa grâce aurait « guéri » de tout désir sexuel, et dont la sensibilité aurait été comblée par l’amour de Dieu. Tout cela est faux !

Le célibat est une croix ; le fait de ne pas avoir d’enfant est une vraie souffrance. Ce choix, il faut de nombreuses années pour le comprendre et un solide bon sens pour, l’ayant compris, en rendre grâce ! C’est dans la mesure où nous vivons notre célibat comme une blessure, avec humilité, et non pas comme une victoire illusoire sur la nature que nous pouvons y trouver une joie…bien plus, une fécondité. En entrant au séminaire, j’ai été attiré par la vocation sacerdotale et j’en ai accepté le célibat parce que je n’avais pas le choix. Si j’avais eu le choix, je me serais peut être marié. Pour choisir, en vérité le célibat, il faut faire une rencontre authentique et bouleversante, il faut vivre un authentique coup de foudre. Souvent, avec Dieu, cette rencontre est progressive, faite de lumière mais aussi de nuits. Nous entrons progressivement dans le mystère de la rencontre avec Dieu parce qu’il ne force pas notre sensibilité. Le geste par lequel nous nous engageons au célibat est significatif. L’évêque nous demande de faire un pas en avant pour « exprimer notre résolution ». Ce pas m’a toujours fait penser à l’épreuve infligée à Harrison Ford à la fin d’un des épisodes d’Indiana Jones. Il doit franchir un précipice en marchant dans le vide. Si mes souvenirs sont bons, la poutre apparaît à mesure que le héros avance ! La foi, c’est un peu cela : accepter d’avancer et de ne comprendre qu’à mesure qu’on avance.

Ainsi donc, je peux dire, au risque de choquer certains, que le célibat, je l’ai choisi progressivement. Heureusement que l’Eglise ne m’a pas donné le choix, sinon je ne l’aurais pas choisi. Je n’en aurais pas gouté toutes les richesses et je n’aurais pas pu exercer mon ministère avec autant de bonheur. C’est d’ailleurs pareil pour le mariage. Les jeunes époux, le jour de leurs noces ne connaissent encore rien des exigences de la vie matrimoniale. Ils ne savent pas encore que leur amour devra être purifié au creuset de la souffrance, qu’ils devront être fidèles surtout dans les petites choses, dans ces petits détails qui peuvent rendre la vie insupportable. Seul le pardon et un amour qui nous dépasse infiniment peuvent venir à bout de notre égoïsme, de notre orgueil, de notre paresse.

Toujours est-il que je me souviens très bien du jour où j’ai à la fois compris et accepté mon célibat. J’étais déjà prêtre. C’était à l’hôpital Spallanzani, hôpital de phase terminale des maladies infectieuses où j’étais aumônier. Mario, auprès de qui je me trouvais, était en train de mourir du S.I.D.A. Un jour, me regardant bien dans les yeux, il m’a dit : « je crois avoir compris le célibat des prêtres ! » Du tac au tac, je lui ai répondu : « Eh bien explique-moi parce que moi, je n’ai pas tout compris ! » Il a réfléchi et paisiblement il m’a dit : « quand tu es là, je me repose dans ton cœur ! » Je n’avais toujours pas compris, alors je lui ai demandé des explications. Il a ajouté : « Quand les dames de la croix rouge viennent, ce n’est pas pareil ! Elles sont mariées, elles ont des enfants et des petits-enfants, et je suis content qu’elles prennent de leur temps pour venir me voir. Je les trouve généreuses. Quand toi, tu viens, je trouve cela normal ! Il n’y a personne dans ton cœur que tu dois aimer plus que moi lorsque tu es à côté de moi. Ton cœur est libre d’être pour moi tout seul, et c’est cela qui me repose. Quand tu viens, j’ai l’impression d’être vraiment important, je sais que, au moment où tu es dans cette chambre d’hôpital, il n’y a personne qui, pour toi, soit plus important que moi. Si tu étais marié, alors je saurais qu’il y a dans ton cœur quelqu’un de plus important que moi et ce serait normal. Pareil si tu avais des enfants. Toi, non seulement il n’y a personne dans ton cœur qui sois plus important que moi, mais en plus tu as choisi cette vie. C’est une situation que tu as voulue. Cela me rend heureux. »

Il avait raison, le célibat que vit le prêtre diocésain, c’est le célibat même du Christ. Tout cela nous dépasse et, bien sûr nous ne sommes jamais à la hauteur de l’exigence que ce célibat implique. C’est vraiment du mystère d’amour du Christ pour son Eglise que nous témoignons par cette vie que nous choisissons progressivement, que nous choisissons d’autant plus et d’autant mieux que l’expérience nous la découvre, que des personnes comme Mario nous en livrent le sens profond. Notre épouse, c’est l’Eglise, ce sont ces pauvres qui attendent Jésus sans le savoir, qui attendent d’être aimés par lui. Notre célibat, il est d’abord pour les pauvres, pour ceux qui ne sont pas aimés, qui sont rejetés, humiliés et donc qui sont tentés de se croire inutiles voire parasites de la société. Ils ont le droit d’être aimés. Ils ont le droit de savoir que Dieu les aime d’un amour personnel et unique, qu’ils ont toute leur place dans le cœur de Dieu.

Lorsque nous nous éloignons de la pauvreté, que nous nous réfugions dans une vie confortable de célibataires nombrilistes, nous sommes adultères, infidèles à notre épouse, l’Eglise, qui nous attend dans l’intimité du confessionnal comme dans le sourire d’un enfant des rues ou le regard inquiet d’un adolescent perdu. Notre épouse, c’est ce couple désemparé de ne plus savoir comment éduquer leur fils qui s’isole dans la drogue et le mensonge, c’est ce chômeur tenté par l’alcool et surtout par le désespoir. La liste est longue…trop longue pour mon pauvre cœur. Dieu seul sera leur refuge et pourtant il m’a choisi, dans ma pauvreté, dans ma faiblesse pour prolonger son cœur. Je dois aussi être ses oreilles pour écouter, ses mains pour guérir, ses épaules pour porter, ses yeux pour voir, sa bouche pour enseigner. Ils ont besoin de ma pauvreté, de ma faiblesse pour les rendre plus forts. C’est cela la logique de l’amour, qui se donne à la croix. C’est dans la faiblesse, dans ma faiblesse que Dieu se donne. Il se sert de mon cœur blessé…blessé par ce célibat que bon an mal an je choisis, progressivement, difficilement, parce qu’il révèle une source, la source cachée du Dieu qui se donne par le cœur transpercé du Christ en croix.

J’avais déjà ressenti cela auprès de Maria, sans pouvoir le comprendre. C’était ma première visite dans cet hôpital où, inconscient, j’avais choisi de servir. J’étais entré dans une chambre du couloir des femmes. Elles étaient une dizaine dans cette pièce qui tombait en lambeaux, comme leurs vies ! Le S.I.D.A. les engloutissaient lentement, inexorablement. Elles gémissaient doucement, persuadées que personnes ne les entendaient. Elles gémissaient pour elles-mêmes, se croyant seules. Je me tenais à la porte sans pouvoir avancer, pétrifié par cette vision effrayante. Soudain une femme que je n’avais pas vue, parce qu’elle se tenait assise par terre aux pieds du lit de sa fille, se leva, hébétée et se précipita à mes pieds. Sa fille était rongée par le sarcome de Kaposi, sorte de cancer de la peau, au point d’en être défigurée, au point de ne plus pouvoir parler, de ne plus pouvoir crier. Sa mère le faisait pour elle. Elle m’enserra les genoux de ses bras et se mit à crier « aiuto ! A l’aide, à l’aide » Je me libérai violemment de son étreinte et parti en courant. Réfugié dans ma chambre du séminaire Français de Rome je compris que j’étais incapable d’accomplir la mission qui m’avait été confiée. Qui étais-je pour oser croire que je pourrais aider ces personnes ? Je suis parti voir un ami prêtre qui m’a dit calmement : « on ne te demande pas si tu es capable, on te demande de le faire ! »

Je décidai alors de poursuivre la mission mais en me formant, en apprenant auprès de personnes compétentes comment on doit faire pour accompagner des malades en fin de vie. J’ai fait un stage en France, auprès d’une unité de soins palliatifs, l’une des premières à avoir été ouverte, dans un hôpital parisien. J’ai eu la chance d’y croiser Marie de Hennezel, psychologue renommée et grande promotrice des soins palliatifs. Elle m’a fait comprendre que mon statut de séminariste et plus tard de prêtre ne me dispensait pas d’avoir du bon sens, de me former, d’apprendre. La grâce de Dieu se communique à condition que nous y mettions de la bonne volonté, que nous acceptions de ne rien savoir, pour mieux apprendre. Tout n’est pas donné par magie avec l’imposition des mains de l’évêque !

Fort de cette belle expérience, je repartis, mieux formé mais aussi plus humble parce que buriné par l’humiliation que j’avais subie la première fois et grandi par la sagesse et l’expérience de ceux qui avaient tout à m’apprendre. Je suis retourné dans la chambre de cette jeune femme. Sa mère était toujours là ;  j’avais apporté avec moi une petite icône de la Vierge Marie. La tête baissée je me suis avancé près du lit de Maria. Je me suis mis à genoux pour être proche d’elle sans être trop haut. Comme Marie de Hennezel m’avait dit de le faire, j’ai posé ma main gauche sur son front, j’ai déposé contre ses genoux, qu’elle avait repliés, ma petite icône et j’ai pris sa main avec ma main droite. Je n’ai pas dit un mot. Je crois que si j’avais ouvert la bouche, rien ne serait sorti sinon des sanglots ! Nous sommes restés ainsi pendant une demi-heure, en silence. Puis je suis parti, toujours sans rien dire. Ce jour-là j’avais accepté d’être faible, de pleurer avec ceux qui pleurent.

Sans le comprendre, j’avais déjà expérimenté la force faible du célibat. Mon cœur avait été doublement ouvert. Ouvert par l’humiliation de ma première dérobade, puis ouvert à nouveau, par la compassion. C’est auprès des pauvres que j’ai le plus appris, ici à Madagascar et là-bas, à l’hôpital Spallanzani. Les pauvres sont nos maîtres, disait saint Vincent de Paul. Nous sommes maîtres de nous-mêmes si nous acceptons d’être pauvres. Aujourd’hui j’aime mon célibat, parce que je le comprends mieux. C’est le célibat du Christ auquel je participe. Comme le disait –en substance- sœur Emmanuelle, il n’a refermé les bras sur personne pour pouvoir mieux les ouvrir à tous, sur la croix. Mon célibat proclame que le Christ ne préfère personne pour nous aimer tous d’un amour unique, ou plutôt il préfère chacun de nous, et d’abord les plus pauvres, les mal-aimés, les désespérés…Son amour pour nous est encore plus fort que l’amour d’un époux pour son épouse." [...]

Posté le 16 juin 2016 à 21h16 par Marie Bethanie | Lien permanent

10 juillet au 21 août : messe selon la forme extraordinaire en l'église de Clion-sur-Mer (44)

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Une messe dans la forme extraordinaire du rite romain sera célébrée à l'église paroissiale du Clion-sur-mer (Commune de Pornic 44) cet été, du 10 juillet au 21 août 2016 inclus.

Cette messe sera célébrée à 9 heures les dimanches et pour la fête de l'Assomption
alternativement par les curés des paroisses Saint-Jean le Baptiste en Retz/Saint Gildas de la mer et Saint Nicolas de l'Estuaire. Les personnes qui souhaitent plus de renseignements ou pourraient aider à la chorale ou au service de messe peuvent envoyer un message à l'adresse : messeclion@free.fr.

 

Posté le 16 juin 2016 à 17h26 par Marie Bethanie | Lien permanent

14 juin 2016

Ordinations sacerdotales à la Fraternité Saint-Pierre en France

Lu sur Riposte Catholique :

FSSP-Ordinations

"Ce samedi 18 juin à 9h30, 4 diacres seront ordonnés prêtres pour la Fraternité Saint-Pierre par SE le Cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux, à la Cathédrale Saint-Etienne d’Auxerre. Les futurs prêtres sont l’abbé Pierre-Emmanuel Bonnin, l’abbé Sébastien Damaggio, l’abbé Antoine de Nazelle et l’abbé Cyrille Perret.

Une autre cérémonie ordination sacerdotale de deux prêtres vient d’être annoncée pour novembre prochain également en France :

Le 12 novembre prochain, deux autres diacres français de la Fraternité Saint-Pierre seront ordonnés prêtres dans la cathédrale Saint-Etienne de Meaux par Monseigneur Thomazeau, archevêque émérite de Montpellier. Les deux diacres ordonnés seront l’abbé Pierre de Bodard et l’abbé Martin Daniélou.

Ainsi en fin d’année 2016, la Fraternité Saint-Pierre comptera 15 nouveaux prêtres (dont 6 Français)." [...]

Posté le 14 juin 2016 à 09h41 par Marie Bethanie | Lien permanent


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