28 juillet 2015

Ordonnées à leur finalité de glorifier Dieu, les œuvres musicales prennent tout leur sens

Henri de Villiers, directeur de la Schola Sainte Cécile, chœur de fidèles de la paroisse Saint-Eugène de Paris – où la liturgie traditionnelle se déploie depuis 1985 aux côtés de la liturgie moderne –, présente le très riche programme musical que la Schola chantera lors du prochain pèlerinage international Summorum Pontificum à Rome, du 22 au 25 octobre 2015.

Le programme de polyphonie sera original : la Schola profitera des multiples tribunes présentes dans les églises romaines pour donner des œuvres à plusieurs chœurs, selon la technique ancienne dite des cori spezzati, des "chœurs brisés" : les choristes sont disposés dans plusieurs tribunes et se répondent - parfois de façon très dynamique, générant des effets acoustiques éblouissants. Cet usage des "cori spezzati" fut très florissant à Rome de la Renaissance à la fin du XVIIIème siècle.

Henri de Villiers explique :

"nous ne chantons que Dieu et que pour Dieu, au travers de la liturgie traditionnelle. Or cette liturgie est exigeante : on ne peut y faire n'importe quoi, et la subjectivité personnelle se doit d'y passer en second plan, car il faut y suivre avant tout le chemin d'une tradition multiséculaire de musique sacrée. La liturgie traditionnelle est exigeante, mais du coup elle devient une véritable école d'excellence, qui nous tire vers le haut et qui nous fait donner le meilleur de nous-même. Voilà pourquoi cette liturgie a engendré au cours de l'Histoire tant de merveilles artistiques, dans le domaine de la musique certes, mais aussi dans ceux des autres arts et en particulier de l'architecture, merveilles dont Rome a été tout particulièrement bien dotée.

Je pense que nos choristes - qui ne sont que de simples paroissiens - sont très sensibles à cet aspect : la générosité de leur investissement personnel est une réponse enthousiaste qui veut être à la hauteur de la beauté inhérente à la liturgie traditionnelle. Dieu est le Souverain Bien et le Souverain Beau - et la liturgie est un avant-goût de sa gloire, une épiphanie, le Ciel sur la terre ! On ne peut donc y souffrir la médiocrité !

Mon travail à la tête de la Schola Sainte Cécile a consisté avant tout à me placer à l'école de la grande tradition de musique sacrée de l'Occident, qui du reste ne peut être comprise en profondeur que par une bonne connaissance des traditions liturgiques et musicales de l'Orient chrétien. Nous avons la joie de replacer les œuvres du grand répertoire occidental de musique sacrée dans le cadre exact pour lequel elles furent créées, alors qu'on ne les entend quasiment plus hélas qu'au concert. Ainsi ordonnées à leur vraie finalité, qui est de glorifier Dieu, ces œuvres prennent pleinement tout leur sens, alors qu'elle sont tragiquement amputées de leur dimension réelle lorsqu'elles sont entendues dans un cadre qui n'est pas celui de la liturgie. Nous ressuscitons des merveilleuses œuvres oubliées qui dorment sur les étagères de nos bibliothèques publiques, et nous montons régulièrement des projets liturgiques originaux, comme aller chanter le rit mozarabe à Tolède ou le rit ambrosien à Milan. Tout cela ne peut être que très motivant pour nos choristes !"

Posté le 28 juillet 2015 à 14h16 par Michel Janva | Lien permanent

27 juillet 2015

"12 critères pour sélectionner un évêque"

Riposte Catholique publie un texte de l’abbé Paul A. McGavin, prêtre australien et aumônier de l’University of Canberra, théologien, qui donne les grandes lignes devant présider au choix d'un évêque, en 12 points. Ce texte fait suite à une lettre ouverte que le prêtre avait adressée au Pape François, portant sur la nomination des évêques.

"Contrairement à ce que les catholiques croient officiellement, l’ordination ne transforme pas un homme. Celui qui la reçoit a accès à l’autorité et à la grâce que confère le sacrement de l’ordre. Mais la concrétisation de celles-ci dépend dans une large mesure des qualités humaines que possède celui qui est ordonné. Les critères de sélection doivent porter essentiellement sur les qualités humaines et sur la manière dont la grâce peut se manifester dans ces qualités humaines.[...]

  • 1. Il faut choisir un homme viril ; un homme qui ait confiance en lui-même et qui soit bien assuré dans sa masculinité ; un homme qui ait un mode de vie concrètement physique et qui soit fort au point de vue mental mais également au point de vue physique. Il faut rechercher le type d’homme que les garçons et les hommes admirent et que les femmes respectent.[...]
  • 2. La cohérence est d’une très grande importance. L’évêque-est-il un homme qui, avec prudence, dit en quoi il croit et met en œuvre ce qu’il dit ?[...]
  • 3. Les principes sont d’une très grande importance. L’évêque est-il un homme qui insistera pour que les procès soient justes et que la justice soit correcte ? Un homme qui s’efforcera d’agir canoniquement plutôt qu’arbitrairement ?[...]
  • 4. La crainte de Dieu est d’une très grande importance. Saint Jean nous enseigne que « le parfait amour bannit la crainte » (1 Jn 4, 18). Il ya peu de gens qui soient parfaits en amour ; une vive crainte de Dieu nous empêche de faire ce que l’amour parfait ne ferait pas et nous pousse à faire ce que l’amour parfait ferait. Un homme est ordonné évêque non pas pour lui-même, mais pour Dieu et pour son Église.[...]
  • 5. L’inclusivité est d’une très grande importance. En tant que prêtre et pasteur, l’évêque a-t-il agi de manière à construire une communauté dans laquelle les personnes les plus diverses puissent trouver une place et être accueillies ?[...]
  • 6. La prière est d’une très grande importance.[...]
  • 7. L’humilité est d’une très grande importance.[...]
  • 8. L’amour de la beauté est d’une très grande importance. Les gens peuvent frémir à l’idée d’un évêque esthète, mais lorsqu’un évêque fait preuve de goûts peu raffinés, l’Église en souffre considérablement.[...]
  • 9. L’exercice intellectuel est d’une très grande importance. À cet égard, notre pape actuel constitue un cas intéressant : ce n’est pas un intellectuel au sens strict, mais il a un esprit théologique ouvert à la recherche et il défie puissamment l’Église dans les domaines où elle a fait preuve d’une pensée conventionnelle et non pas d’une recherche attentive et d’une défense de la foi.[...]
  • 10. La capacité de mise en œuvre concrète est d’une importance cruciale. Le « métier » d’évêque dépasse les capacités d’un homme seul. Cela signifie qu’un évêque doit être aidé dans sa mission. Cette aide provient en premier lieu de ses collaborateurs les plus proches, ses prêtres et ses diacres.[...]
  • 11. Décider de ce que l’on ne va pas faire est d’une importance cruciale. Il existe un type d’homme qui se croit capable de tout faire et de tout gérer et qui finit, au contraire, par ne rien gérer du tout. Il existe un type d’homme qui travaille inlassablement et qui réalise peu de choses, qui est inefficace, parce qu’il n’a pas su établir une distinction entre ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire.[...]
  • 12. “Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (1 Cor 11, 1). Ces fortes paroles sont de l’apôtre Paul. En plusieurs décennies, je n’ai pas pu les appliquer facilement à tous les évêques que j’ai connus peu ou prou. Trop souvent on a affaire à des hommes qui font ce qui leur plaît et qui ne favorisent que les gens qui peuvent les aider à s’occuper de « leurs affaires ». Une ressemblance profonde et enracinée avec le Christ est difficile à trouver, même parmi les hommes qui seraient des combattants du Christ. On en trouve rarement parmi ceux qui « réussissent » socialement, qui sont appréciés parce qu’ils sont « inoffensifs ». Ses épîtres nous font découvrir en saint Paul un homme qui, à bien des points de vue, avait une personnalité rugueuse, mais qui ressemblait tellement au Christ qu’il est impossible de ne pas aimer un tel homme. Nous avons désespérément besoin d’évêques qui aient avec le Christ une ressemblance telle que nous soyons incités à les aimer, à les aimer en dépit des rugosités que nous pourrons découvrir chez l’un ou chez l’autre. Nous avons besoin d’hommes que nous puissions imiter parce que leur manière de penser, de prier et d’agir nous fait voir le Christ qui pense, prie, agit et aime parmi nous. Nous avons besoin d’hommes à l’amour profond."[...]

Posté le 27 juillet 2015 à 09h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

23 juillet 2015

Il a fait le Tour du monde avec sa croix sur son dos

En quarante ans, Marcel Macé, 76 ans, a fait 40 000 kilomètres en pèlerinages avec une croix sur le dos.

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Posté le 23 juillet 2015 à 10h26 par Michel Janva | Lien permanent

S'attaquer au problème de l'homosexualisme dans l'Eglise

Tribune de Rémi Pransat pour Le Salon Beige :

"A l'heure où nous apprenons le blanchiment par la justice française de l'abbé Eric Pépino, prêtre du diocèse de Lyon, la gouvernance diocésaine de la primatie des Gaules est à la croisée des chemins. Fermera-t-elle les yeux sur le cas Pépino, en le réintégrant progressivement dans les circuits paroissiaux, ou bien gardera-t-elle les yeux ouverts sur le problème de l'homosexualité qui n'a jamais été aussi proche de la pédophilie (ici l'éphèbophilie), les faits lyonnais le prouvent. Il est regrettable que ce soit à l'occasion du procès d'un prêtre que cette question, soulevée à différentes reprises, revienne sur le devant de la scène. Les liens entre homosexualité et pédophilie sont donc ainsi établis. Ils devraient faire réfléchir les évêques, les supérieurs de séminaires et de congrégations religieuses.

Il est bien évident que la majorité des prêtres mérite toute notre estime quant à leur dévouement et leur zèle désintéressé. Si la critique systématique des prêtres ne porte que des mauvais fruits, la chute des vocations est en lien étroit avec cette pratique mondaine, l'appréciation que l'on peut avoir sur tel ou tel dont les mœurs pourraient interroger devient une nécessité prudentielle.

Le lobby gay est présent et influent dans l'Eglise. De nombreuses et éminentes voies, autorisées s'il en est, ont eu l'occasion d'en signaler l'existence et l'activisme pervers. Le Pape François n'a-t-il pas déjà condamné l'homosexualisme dans l'Eglise ? Pour autant, celui-ci s'infiltre insidieusement dans les différentes strates du navire de Saint Pierre. Ils sont tour à tour progressistes ou conservateurs (sauf pour les mœurs), en polo vert ou en soutane filetée... Il ne s'agit pas d'exagérer leur présence mais d'être réalistes.

Les évêques comprendront-il que la tolérance zéro face au péril homosexualiste dans la hiérarchie ecclésiastique est une nécessité pastorale de premier plan ? Comment un pasteur pourrait-il être un loup en même temps ?

Certes, il faut du courage pour s'attaquer au problème à sa racine, en commençant par l'accompagnement des séminaristes, mais il faut aussi avoir l'audace de poser des actes forts. Si la suspension d'un prêtre coupable d'actes pédophiles est un passage devenu obligé pour enrayer le problème (précisons tout de même que l'immense majorité des prêtres n'est pas concernée par ce sujet), le cas Pépino indique clairement que les évêques doivent prendre position concrètement face à l'homosexualité dans le clergé. Si la pédophilie est comme une profanation, celle d'un enfant, d'un jeune, l'homosexualité est elle aussi une violence terrible, contre nature, faite à l'autre, fut-il consentant. Il n'y a pas de vie qui soit moins respectable qu'une autre. La dignité humaine n'est pas à géométrie variable, d'autant que la relation homosexuelle entâche les deux partenaires.

Au fond, l'âme d'une personne ayant des attraits pour une personne du même sexe que le sien serait-elle indigne d'être accompagnée sur le chemin de la conversion ? Au nom du relativisme, du libéralisme moral, faut-il abandonner aux loups nos frères affectés par cette déviance sans mettre en place un "chemin pénitentiel" qui serait véritablement rénovateur ?

Le pardon du Christ n'est pas un non-lieu. Le pardon du Christ c'est un oui-à-Dieu."

Posté le 23 juillet 2015 à 07h54 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2015

Le site du baptême du Christ inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco

Il s'agit du site de "Béthanie au-delà du Jourdain", côté jordanien donc (rien à avoir avec la région de Lazare, Marthe et Marie). De nombreux vestiges archéologiques y ont été découverts au cours de ces dernières années, dont pas moins de neuf églises et chapelles, plusieurs monastères, des piscines baptismales, des bassins et des aménagements hydrauliques, datant des époques romaine et byzantine.

Béthanie

Posté le 21 juillet 2015 à 12h21 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (2)

17 juillet 2015

Hémorragie de catholiques en Allemagne

L'Eglise catholique en Allemagne a perdu l'an dernier un nombre record de fidèles, plus important encore que lors de l'année 2010 marquée par des scandales de pédophilie. En Allemagne, où l'appartenance à une religion chrétienne, ou son absence, doit être déclarée au fisc, près de 218 000 personnes ont quitté l'Eglise catholique en 2014, soit 39 000 de plus que l'année précédente.

Les catholiques déclarés ne sont plus que 24 millions au total, soit 29,5% de la population allemande.

Le spécialiste Georges Weigel expliquait récemment que cette forte désaffection des catholiques en Allemagne expliquait la volonté de certains membres de l'épiscopat de ce pays de faire modifier la doctrine.

L'Eglise allemande est financée par la Kirchensteuer, la «taxe de l'Eglise» levée par la République Fédérale sur tous les citoyens qui n'ont pas opté pour la sortie de l'Eglise. Les fonds sont considérables; en 2011, la Kirchensteuer a rapporté 6,3 milliards de dollars. Mais de plus en plus de catholiques allemands ont opté pour la sortie. Dans une tentative maladroite d'arrêter la saignée, les évêques allemands ont émis en 2012 un décret affirmant que celui qui ne paie pas la taxe «sort de l'Eglise» et qu'ils sont exclus de sa vie sacramentelle, sauf en danger de mort. Le paiement de la Kirchensteuer n'a cessé de baisser. De nombreux évêques allemands semblent en avoir conclu que cette désertion s'explique par les enseignements non négociables par l'Eglise catholique comme l'indissolubilité du mariage et militent pour donner la communion aux personnes divorcées qui vivent en situation d'adultère, car un bon nombre de laïcs travaillant pour l'Eglise sont dans cette situation...

Posté le 17 juillet 2015 à 17h24 par Michel Janva | Lien permanent

Vénérable Marie-Thérèse Dupouy Bordes

A la suite de l'audience accordée hier après-midi au Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le Pape a ordonné la promulgation des décrets relatifs aux vertus héroïques de plusieurs Serviteurs de Dieu, parmi lesquels 

  • la Servante de Dieu Marie-Thérèse Dupouy Bordes, religieuse française fondatrice des Missionnaires des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie (1873 - 1953)

Vous trouverez une biographie de cette religieuse du diocèse de Bayonne aux pages 26 et 27 de ce document.

Marie Joséphine Charlotte est né le 6 mai 1873 à Irube, à quelques kilomètres de Bayonne, où sa mère Catherine habite avec sa famille alors que le père, August Edouard Dupouy, vit à San Sébastian, où il est propriétaire du très élégant Hôtel de Londres. Ses parents la baptisent deux fois : immédiatement après sa naissance – avec de l’eau de secours – parce qu’ils croyaient qu’elle allait mourir, puis le 15 juin dans un baptême solennel dans l’église paroissiale de Saint-Martin. Plus tard, au moment de sa confirmation par Mgr Ducellier (1878-1887), le 19 juin 1884, elle prendra sainte Thérèse de Jésus pour patronne et ajoutera son nom au sien : elle s’appellera désormais Marie-Thérèse ou María Teresa.

Le 16 juin 1898, Marie-Thérèse entre dans la Société des Religieuses du Sacré-Coeur de Jésus. Sa vie religieuse se poursuit normalement, avec néanmoins à deux reprises de graves craintes à cause de sa mauvaise santé. Elle passé la plupart de ses années de formation en France, puis quand la Congrégation fonde son collège à San Sébastian, c’est là qu’elle est envoyée. En 1914, comme sacristine, elle se rend compte de l’ignorance religieuse de ses deux enfants de choeur et commence à leur donner un peu de catéchisme. Puis, sa mission de fondatrice naît un jour où on l’appelle pour parler avec une femme qui l’attend avec un garçon de 10 ans. Il ne voulait plus travailler dans le salon de coiffure où il avait été mis parce que, disait-il, il entendait « dire des péchés » et il voulait être missionnaire comme son oncle. Ce garçon fut le premier fruit de l'oeuvre des vocations sacerdotales et missionnaires.

A la mort de la Mère Marie-Thérèse Dupouy, le 26 mai 1953, il y avait des communautés de sa congrégation avec des préséminaires dans plusieurs villes d’Espagne, en France (Dax), en Asie, et dans deux pays d’Amérique du Sud

Posté le 17 juillet 2015 à 14h46 par Michel Janva | Lien permanent

15 juillet 2015

Synode : la proposition du Cal Kasper contraire à la miséricorde

Depuis la faculté de théologie de Fribourg, en Suisse, le théologien dominicain français Thomas Michelet attire l'attention sur un passage obscur de l’"instrument de travail" du synode consacré à la famille. À son avis, la proposition formulée par le cardinal Walter Kasper et par ceux qui, comme lui, veulent accorder aux divorcés remariés l'accès à la communion même s’ils restent dans la même situation de vie, est non pas conforme mais opposée à l'authentique miséricorde de Dieu. Et cela ferait du remariage civil "le seul péché pour lequel on pourrait être pardonné sans avoir renoncé pour autant à son péché", en plus du fait qu’elle attaquerait à la racine le sens véritable des sacrements du mariage, de l'eucharistie et de la pénitence :

"[...] D’après certains commentateurs, on est passé de l’idée d’un "tout ou rien", d’une admission immédiate ou bien d’un refus persistant des divorcés remariés à l’eucharistie à ce qui peut apparaître comme une "troisième voie" : l’idée d’une admission conditionnelle au terme d’un chemin pénitentiel, sur lequel tout le monde a l’air de s’accorder finalement. Fort bien, mais concrètement, de quel parcours s’agit-il ? Quelles en seraient les étapes précises ?

L’alternative fondamentale nous paraît être la suivante.

Est-ce qu’il suffira d’un temps de pénitence dont la durée sera laissée à l’appréciation de l’évêque (ou d’un prêtre député à cet office) suivi d’une admission à l’eucharistie en l’état, sans avoir le moins du monde changé de vie par rapport à la situation désordonnée dans laquelle on se trouvait ?

Ou bien est-ce que ce temps sera non seulement un chemin de pénitence et de repentance, mais de véritable conversion et de changement de vie ; la durée de la pénitence étant alors celle nécessaire pour obtenir cette conversion ?

Le choix entre ces deux alternatives est particulièrement décisif.

Dans la première hypothèse, qui nous semble rejoindre celle formulée par le Cardinal Kasper (sauf erreur de lecture de notre part), cela ferait du remariage après divorce le seul péché pour lequel on pourrait être pardonné sans avoir renoncé pour autant à son péché, ce qui paraît contraire à l’Évangile, à l’authentique miséricorde de Dieu qui fait miséricorde au pécheur non pas en fermant les yeux ou en oubliant son péché, mais en transformant les cœurs. Ce ne saurait être donc la voie retenue par le synode, qui ne peut que vouloir demeurer fidèle à la doctrine de l’Évangile, et il serait bon qu’il l’affirme clairement.

Certains fidèles ou pasteurs en viennent même à nier qu’il puisse y avoir ici une situation de péché. Mais alors pourquoi voudrait-on faire pénitence ? Et s’il y a donc bien péché, comment pourrait-on en être pardonné sans se détacher de celui-ci ? Il nous semble que ces errements procèdent d’une grave perte du sens du mystère en général et de celui des sacrements en particulier. Du mariage, dont on ne voit plus que le remariage du vivant de son conjoint est un adultère, alors que le Christ l’enseigne expressément (Mc 10, 11-12). De l’Eucharistie, qui n’est plus reçue comme le corps sacré de Notre Seigneur mais comme la simple marque d’un lien social dont la privation équivaut seulement à l’exclusion du groupe. De la Pénitence, dans laquelle on confond le regret et la contrition, la pénitence et la conversion. Il ne suffit pas en effet de "regretter" de s’être mis dans une situation impossible ; encore faut-il vouloir vraiment s’en sortir, avec la grâce de Dieu. Il ne suffit donc pas davantage de proposer un chemin de pénitence pour l’acte passé que l’on regrette, si ce chemin de pénitence ne vise pas également à transformer l’avenir et ouvrir sur une véritable voie de salut, un chemin de grâce, un itinéraire de sainteté.

Dans la seconde hypothèse, l’admission finale à l’eucharistie ne pourrait avoir lieu a priori que dans les trois cas déjà fixés par le magistère (Familiaris Consortio, n. 84 et autres textes) : ou bien la reprise de la vie commune (celle du premier mariage qui est le seul valide) ; ou bien l’engagement à vivre "en frère et sœur" (ce qui revient à la dispense de la vie commune dans le respect des autres obligations du mariage, l’exclusivité promise dans le mariage mais aussi le devoir d’assistance mutuelle) ; ou bien la mort du conjoint permettant un véritable remariage sacramentel (ce que l’on ne saurait souhaiter, évidemment). Peut-être pourrait-il se présenter d’autres cas, mais à ce stade on ne voit pas lesquels ; ou bien plutôt ne voit-on pas que ceux qui les ont présentés jusqu’à présent aient fait la preuve de leur conformité à la doctrine catholique authentique (Écriture, tradition et magistère).

Cette seconde hypothèse, celle du maintien de la discipline actuelle, est donc la seule qui nous semble envisageable, si tant est que l’on veuille être fidèle à la Parole du Christ. Est-ce à dire qu’il s’agirait là d’un refus absolu de tout changement par rapport à la situation présente ? Pas nécessairement. Même dans la fidélité, il y a toujours la possibilité d’une nouveauté, d’une "surprise de l’Esprit saint".

Tout d’abord, il y a manière et manière de le présenter. Ou bien comme une porte qui se ferme et un refus de toute voie de salut. Ou bien plutôt comme un pèlerinage dans lequel celui qui prend un chemin de bonheur est déjà sur la bonne voie, même s’il ne parvient pas tout de suite à se conformer à tous les aspects de la vie dans l’Esprit selon l’Évangile. Cette seconde manière, qu’il faut nettement privilégier, consiste en fait à intégrer la loi de gradualité présentée par le pape S. Jean-Paul II dans "Familiaris consortio" n° 84, sans la confondre avec sa figure inverse, celle de la gradualité de la loi (ce qui serait la première hypothèse évoquée plus haut).

Ensuite, il faut découvrir que des pastorales fidèles à cet enseignement du pape S. Jean-Paul II se sont déjà mises en place depuis et ont manifesté qu’elles pouvaient porter de beaux fruits de grâce. Ainsi, il est arrivé que certains couples "divorcés remariés" aient manifesté une telle foi et un tel respect profond de l’Eucharistie en décidant de ne plus communier que l’évêque les a autorisé à conserver chez eux la présence réelle, afin de nourrir leur chemin de conversion par l’adoration eucharistique. Ces pastorales existent donc, mais pas dans tous les pays du monde ; et il faut reconnaître que même lorsqu’elles sont présentes et pratiquées, bien peu les connaissent. Il serait bon alors que le synode les promeuve, qu’il rende grâce pour ceux qui ont obéi aux appels de l’Esprit Saint pour les découvrir et les approfondir dans la prière et l’expérience, qu’il témoigne des fruits qu’elles ont déjà portés et qu’on peut en attendre encore, et qu’il indique clairement que cette direction est bonne à suivre.

Pour abonder encore dans cette ligne de fidélité novatrice tracée par le pape S. Jean-Paul II, nous avons fait nous-mêmes la proposition d’un aggiornamento de l’"ordo pænitentium", la reprise de cet ancien ordre des pénitents de l’antiquité chrétienne qui a longtemps subsisté même en parallèle avec la forme actuelle du sacrement de pénitence. [...]"

Posté le 15 juillet 2015 à 17h54 par Michel Janva | Lien permanent

14 juillet 2015

Les églises sont vivantes

Même lorsqu'elles n'ont plus de toit, comme ci-dessous, à Homs en Syrie, elles continuent à promouvoir la vie en accueillant des mariages :

Sans-titre

Ou comme ici, à Cambridge, où un jardinier néo-zélandais a "construit" son église intégralement végétale, louange vivante (peut-être involontaire ?) à notre Dieu Créateur de toute vie :

ImagesSDJR0B4D

ImagesLD48E58BLes églises sont vivantes.

Posté le 14 juillet 2015 à 10h49 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 juillet 2015

Décès du cardinal Biffi, RIP

Le cardinal Giacomo Biffi est décédé vendredi soir, à l’âge de 87 ans. Il fut archevêque de Bologne durant 20 ans, de 1984 à 2003. 

Il fut invité par le Saint Pape Jean-Paul II à prêcher les exercices de Carême en 1989 à la Curie romaine ; il renouvela l’expérience en 2007, cette fois sur invitation de Benoît XVI.

Le Salon Beige avait déjà cité des extraits de son discours du 8 octobre 2004 sur l'immigration. En voici quelques extraits :

Unknown"Il me semble que jusqu’à présent l’on n’a pas accordé à ce problème l’attention pastorale qu’il mérite, et que l’on a manqué de réalisme dans la façon de l’évaluer et de l’affronter.[On ne peut pas] déduire – si on veut être vraiment "laïque" au-delà de tous les impératifs idéologiques – qu’une nation n’a pas le droit de contrôler et de régler l’afflux des gens qui veulent y entrer à tout prix. On peut encore moins en déduire qu’elle a le devoir d’ouvrir sans discernement ses propres frontières.

Il faut dire au contraire que tout projet viable d’insertion pacifique suppose et exige que les entrées soient surveillées et fassent l’objet de réglementations. Entre autres, il est évident pour tous que les entrées arbitraires – quand elles ont la réputation d’être assez facilement réalisables – déterminent fatalement, d’une part le développement incontrôlé de la misère et du désespoir (et souvent de dangereuses apparitions d’intolérance et de rejet absolu des étrangers), d’autre part le développement d’une industrie criminelle qui exploite ceux qui aspirent à passer clandestinement les frontières. […] Celui qui vient chez nous doit savoir dès le début qu’il lui sera demandé, comme contrepartie nécessaire de l’hospitalité, le respect de toutes les règles de vie en commun qui sont en vigueur chez nous, y compris les lois fiscales."

"Une introduction considérable d’étrangers dans notre péninsule est acceptable et peut même s’avérer bénéfique, à condition de s’occuper sérieusement de sauvegarder la véritable physionomie propre de notre nation. […] Dans une perspective réaliste, on préférera (à égalité de conditions, surtout pour ce qui concerne l’honnêteté des intentions et la correction du comportement) les populations catholiques ou au moins chrétiennes, dont l’insertion est infiniment plus aisée[...] ; puis les Asiatiques [...], qui ont montré leur capacité à s’intégrer avec une bonne facilité, tout en conservant les traits distinctifs de leur culture. […]

Si l’on ne veut pas éluder ou censurer cette perspective d’attention au réel, il est évident que le cas des musulmans doit être traité à part. […] Les musulmans - dans l’immense majorité des cas, et à quelques exceptions près – arrivent chez nous résolus à rester étrangers à notre type d’"humanité" individuelle ou sociale, dans ce qu’il a de plus essentiel, de plus précieux ; étrangers à ce à quoi il nous est le plus impossible de renoncer "laïquement". Plus ou moins ouvertement, ils viennent chez nous bien décidés à rester substantiellement "différents", en attendant de nous faire devenir tous substantiellement comme eux. […]"

Il avait aussi écrit un petit ouvrage d'une centaine de pages traduit en français sous le titre "Le cinquième évangile", paru en 1971 aux Editions du Cèdre, réécrivant l'Evangile interprété à la lumière d'une certaine nouvelle pastorale. Benoît-et-moi en avait cité un extrait :

"J’ai prié pour toi, Simon, pour que ta foi, confirmée par l’opinion de la multitude, ne défaille jamais, et que tu sois soutenu par le murmure affectueux de tes frères."

"Simon… j’ai prié pour que ta foi ne défaille pas, et toi, une fois converti, confirme tes frères." Luc 22, 32

Qu’est-ce qui soutient la foi inébranlable de Pierre ? La prière du Christ, semble nous enseigner le troisième évangile. L’avis de la majorité des fidèles, insinue au contraire notre texte.

Lorsque dans l’Eglise se fait jour une certaine incertitude sur la voie à prendre, que doit faire Pierre ? Se fier à son charisme intérieur, à la source duquel se tient la prière du Seigneur, « évêque et pasteur de nos âmes », semble suggérer Saint Luc. Se fonder sur les résultats d’un référendum parmi les baptisés, ou du moins sur un sondage d’opinion, dit le cinquième évangile.

Si le troupeau ne sait plus où aller, que doit-il faire ? Qu’il regarde Pierre, le pasteur délégué, semble affirmer l’évangile selon Jean. Pas du tout : que les brebis se réunissent et décident à la majorité de la route que devra prendre leur pasteur, enseigne l’évangile selon Migliavacca.

Nous nous trouvons, comme on voit, en présence de deux conceptions antinomiques de l’Eglise et de son chef visible. Elles ne peuvent s’accorder entre elles, il faut choisir.

Pour notre part, nous n’avons aucun doute : la théologie de la primauté qui est sous-jacente à ce bref fragment, même si elle est en opposition avec les évangiles canoniques, est plus démocratique, plus conforme à la mentalité des temps qui courent, plus acceptable.

Nous voudrions enfin souligner le gracieux équilibre qui caractérise les dernières paroles du passage. A l‘égard du pape, les catholiques de ce siècle semblent incapables de se tenir à égale distance de l’adulation et de l’insulte, du culte de la personnalité et du mépris, de l’Hosanna et du Crucifix. Quelle mesure, au contraire, quel bon sens, dans ces « murmures affectueux » qui, selon la parole de Jésus qui nous est ici rapportée, seraient le secret de la solidité de Pierre et la source cachée de ses consolations !"

Posté le 11 juillet 2015 à 18h19 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2015

La réforme de la réforme liturgique toujours d'actualité

Lu sur Riposte catholique :

"Après le cardinal Sarah, le cardinal Burke. Dans un article publié par L’Osservatore Romano du 12 juin dernier, et dont la traduction française intégrale a été publiée par L’Homme Nouveau du 4 juillet, le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin revenait sur le thème de la « réforme de la réforme », que d’aucuns – parfois très haut placés – estiment dépassé : « Il serait souhaitable qu’on insère en annexe d’une prochaine édition du missel le rite pénitentiel et l’offertoire de l’usus antiquior afin de souligner que les deux formes liturgiques s’éclairent mutuellement en continuité et sans opposition ».

Saisissant la balle, le cardinal Raymond Burke, dans un entretien qu’il accorde à l’abbé Claude Barthe, et qui va constituer l’ouverture de La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin (Via Romana, automne 2015), entretien dont la Lettre n° 500 de Paix liturgique publie en bonnes feuilles de larges extraits, déclare : « Je suis pleinement d’accord avec l’idée de récupérer des prières comme celles qui sont conservées dans l’offertoire de la forme extraordinaire, parce qu’elles sont très expressives du grand mystère sacrificiel qui est célébré. Tout dans la messe doit attirer l’attention sur l’action divine qui est accomplie sur l’autel, et ces prières le font particulièrement. Dans un important article donné par le cardinal Sarah, Préfet du Culte divin, à L’Osservatore Romano le 12 juin, celui-ci écrit qu’il serait souhaitable d’insérer le rite de la pénitence [il veut dire les “prières au bas de l’autel”] et l’offertoire de l’usus antiquior comme annexe d’une prochaine édition du missel. À propos des prières au bas de l’autel, le psaume utilisé, le psaume 42 de la Vulgate (“J’irai vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouis ma jeunesse”), était celui chanté par les prêtres avant d’entrer dans le Temple de Jérusalem, tournés vers l’autel : c’est donc une belle expression de l’unité du culte “en esprit et en vérité” (Jn 4, 23) de la Nouvelle Alliance et du culte de l’Ancienne Alliance, le nouveau culte achevant et perfectionnant l’ancien ».

On ne répètera jamais assez que la diffusion de la liturgie tridentine et la “réforme de la réforme”, dont l’objet est d’opérer une transmutation de l’intérieur de la liturgie de Paul VI, ont partie liée. Comme le disait Nicola Bux : « Ce ne sera que par une plus large diffusion de l’ancienne Messe que cette “contagion” de l’ancien sur le nouveau rite sera possible. C’est pour cela que réintroduire la Messe “classique”, si vous me permettez l’expression, peut constituer un facteur de grand enrichissement. Il faut donc mettre en œuvre une célébration festive régulière de la Messe traditionnelle, au moins dans chaque cathédrale du Monde, mais même dans chaque paroisse » (Entretien avec Mons. Nicola Bux, Disputationes theologicæ28 avril 2010. « Dans chaque cathédrale du monde… », dit Nicola Bux. Et Robert Sarah explique justement que la « contagion » pourrait être ainsi favorisée : « Une telle manière de faire [se tourner vers l’Orient pour la prière eucharistique] pourrait opportunément être mise en œuvre dans les cathédrales où la vie liturgique devrait être exemplaire ». [...]"

Posté le 9 juillet 2015 à 07h46 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2015

L’indissolubilité du lien entre l’Eucharistie et le mariage

La Croix publie un article sur une initiative du cardinal Scola, archevêque de Milan, concernant notamment la procédure de vérification de la nullité du mariage.

Cet article ne fait que reprendre un texte de 15 pages publié fin 2014 par le cardinal Scola dans la Nouvelle revue théologique, dirigée par les jésuites de Bruxelles, et accessible ici. En voici un extrait :

Scola"[...] Ceux qui, après l’échec de leur vie matrimoniale commune, ont contracté un nouveau lien, se sont fermé l’accès aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie.

Souvent l’Église est accusée d’insensibilité et d’incompréhension face au phénomène des divorcés remariés, sans que l’on mesure attentivement le motif de cette position que l’Église elle-même reconnaît fondée dans la révélation divine. Bien au contraire, il ne s’agit pas d’un jugement arbitraire du magistère ecclésial, mais de la conscience de l’indissolubilité du lien entre l’Eucharistie et le mariage. À la lumière de ce rapport intrinsèque, il faut dire que ce qui empêche l’accès à la réconciliation sacramentelle et à l’Eucharistie n’est pas un péché singulier (ou particulier), qui peut toujours être pardonné quand la personne se repent et demande pardon à Dieu. Ce qui rend impossible l’accès à ces sacrements est en revanche l’état (la condition de vie) dans lequel viennent à se trouver ceux qui ont contracté un nouveau lien. État qui, en soi, est en contradiction avec ce qui est signifié par le lien entre Eucharistie et mariage. Cette condition demande à être changée pour correspondre à ce qui se réalise dans les deux sacrements. Sans nier la douleur et la blessure, la non-accessibilité à la communion eucharistique invite à un parcours allant vers une pleine communion qui viendra dans des temps et selon des modes déterminés à la lumière de la volonté de Dieu.

Au-delà des diverses interprétations de la pratique de l’Église ancienne, qui cependant ne semblent pas attester des comportements substantiellement différents de ceux d’aujourd’hui, le fait qu’elle ait toujours mûri toujours davantage la conscience du lien fondamental entre Eucharistie et mariage dit la fécondité d’un chemin, parcouru sous la conduite de l’Esprit-Saint, en analogie avec la configuration dans le temps de tous les sacrements de l’Église et de leur discipline. 

Cela fait comprendre pourquoi tant Familiaris consortio (n. 84) que Sacramentum caritatis ont confirmé «la pratique de l’Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10,2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie».

Dans cette perspective, il faut rappeler deux éléments qu’il est nécessaire de continuer à approfondir. Certainement dans l’Eucharistie, à certaines conditions, est présent un aspect de pardon, cependant elle n’est pas un sacrement de guérison. La grâce du mystère eucharistique actualise l’unité de l’Église comme épouse et corps du Christ et cela exige pour celui qui reçoit la communion sacramentelle la possibilité objective de se laisser incorporer parfaitement à Lui.

En même temps, il est important de mettre davantage en relief que, pour ceux qui ont contracté un nouveau lien, la non-accessibilité aux sacrements de la réconciliation et de l’Eucharistie n’est pas à être considérée comme une punition à l’égard de leur condition, mais comme l’indication d’un chemin possible, avec l’aide de la grâce de Dieu et de l’insertion dans la communauté ecclésiale. Pour cette raison, chaque communauté ecclésiale est appelée à mettre en œuvre toutes les formes adéquates à leur participation effective à la vie de l’Église, dans le respect de leur situation concrète et pour le bien de tous les fidèles. [...]

Enfin, en recourant à mon expérience de pasteur, je voudrais rappeler qu’il n’est pas impossible de proposer à ces fidèles, à certaines conditions et avec un accompagnement adéquat, comme l’a affirmé saint Jean-Paul II, «l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux». Je peux dire, après de nombreuses années de ministère épiscopal, que c’est là un chemin — de sacrifice, mais aussi de joie — que la grâce de Dieu rend effectivement praticable. Il m’est arrivé de pouvoir admettre à la communion sacramentelle des divorcés remariés qui avaient mûri un tel choix."

Posté le 8 juillet 2015 à 23h03 par Michel Janva | Lien permanent

Reformer l'antique Eglise d'Orient, le voeu de Mgr Sako

Mgr Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de Babylone des chaldéens, propose à l'Eglise assyrienne (dont les chaldéens se sont séparés au XVIe siècle pour entrer en communion avec Rome) et à l'ancienne Eglise de l'Orient (séparée de l'Eglise assyrienne en 1968, principalement à cause de l'adoption du calendrier grégorien) de se réunifier, pour reformer l'antique Eglise d'Orient. Il s'explique dans La Croix :

"En septembre, nos trois Églises ont prévu un synode : je leur ai donc proposé de n’en faire qu’un seul et d’élire un patriarche commun, après que Mar Addaï II et moi-même aurons démissionné. Être divisé, c’est une grande faiblesse. L’unité, elle, est un signe de vie, qui redonnerait de l’espoir même aux chrétiens irakiens réfugiés. Ce serait aussi un témoignage à donner aux musulmans qui souvent m’interpellent sur cette division entre Églises chrétiennes.

Avec l’Église assyrienne et l’ancienne Église d’Orient, nous partageons la même doctrine, la même foi : seul nous sépare le vocabulaire. Le patriarche de l’Église assyrienne récemment décédé, Mar Dinkha IV, avait d’ailleurs signé avec le pape Jean-Paul II une déclaration christologique rétablissant la communion de foi. (...)"

Difficulté : ces deux Eglises "soeurs" de l'Eglise chaldéenne ne sont pas unies à Rome... Ce qu'en pense Mgr Sako :

"(...) Je pense que nous pouvons demander à Rome de respecter nos traditions, notre liturgie et les décisions de notre synode, comme c’était le cas au premier millénaire : ainsi, nous resterions une Église catholique mais avec notre particularisme oriental."

Posté le 8 juillet 2015 à 20h40 par Louise Tudy | Lien permanent

06 juillet 2015

"Célébrer la messe selon la forme extraordinaire peut avoir un rôle très important dans la nouvelle évangélisation"

Cardinal-BurkePour fêter le huitième anniversaire de la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum par le pape Benoît XVI, Paix liturgique publie en exclusivité quelques extraits d'un entretien accordé par le cardinal Raymond Leo Burke, patron de l'Ordre de Malte, à l'abbé Claude Barthe et consacré à "la forme extraordinaire, un trésor pour toute l'Eglise". Pour lire ces extraits, c'est par ici.

Cet entretien paraîtra dans son intégralité en septembre au sein de l'ouvrage du cardinal Burke, La Sainte Eucharistie, sacrement de l'amour divin, que vous pouvez vous procurer en pré-vente auprès de l'éditeur, Via Romana. Vous trouverez toutes les coordonnées à la fin de la lettre de Paix liturgique.

Posté le 6 juillet 2015 à 12h56 par Louise Tudy | Lien permanent

05 juillet 2015

Attentat dans une église : 5 morts

au Nigeria, ce matin.

Posté le 5 juillet 2015 à 13h39 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

04 juillet 2015

L'ouverture inconditionnelle à la vie : enseigner Humanae Vitae

L'absence totale dans la récente encyclique de référence au problème de la contraception en a étonné plus d'un, alors qu'il s'agit pourtant d'un grave problème directement liée à l'écologie, dans le domaine de la procréation.

Néanmoins, le prochain synode ne devrait pas rester muet sur ce sujet, d'autant que bon nombre de problèmes de la vie familiale sont directement issus de la mentalité contraceptive (avortement, séparations, divorces...). Le texte de préparation au synode indique :

"La responsabilité générative

136. (58) Dans ce domaine aussi, il faut partir de l’écoute des personnes et donner raison de la beauté et de la vérité d’une ouverture inconditionnelle à la vie comme ce dont l’amour humain a besoin pour être vécu en plénitude. C’est sur cette base que peut reposer un enseignement approprié quant aux méthodes naturelles de procréation responsable. Il s’agit d’aider à vivre d’une manière harmonieuse et consciente la communion entre les époux, sous toutes ses dimensions, y compris la responsabilité d’engendrer. Il faut redécouvrir le message de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui souligne le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de régulation des naissances. L’adoption d’enfants, orphelins et abandonnés, accueillis comme ses propres enfants, est une forme spécifique d’apostolat familial (cf. AA, 11), plusieurs fois rappelée et encouragée par le magistère (cf. FC, 41; EV, 93). Le choix de l’adoption et de se voir confier un enfant exprime une fécondité particulière de l’expérience conjugale, et non seulement quand celle-ci est marquée par la stérilité. Ce choix est un signe éloquent de l’amour familial, une occasion de témoigner de sa foi et de rendre leur dignité filiale à ceux qui en ont été privés.

137. En ayant bien présente à l’esprit la richesse de sagesse contenue dans Humanae Vitae, en lien aux questions traitées par cette encyclique, deux pôles ressortent, qui doivent être constamment conjugués ensemble. D’une part, le rôle de la conscience conçue comme voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain formé à l’écouter ; de l’autre, l’indication morale objective, qui empêche de considérer l’engendrement comme une réalité dont on peut décider arbitrairement, sans tenir compte du dessein divin sur la procréation humaine. Quand la référence au pôle subjectif prévaut, on risque aisément des choix égoïstes ; dans l’autre cas, la norme morale est ressentie comme un poids insupportable, ne répondant pas aux exigences et aux possibilités de la personne. La conjugaison des deux aspects, vécue avec l’accompagnement d’un guide spirituel compétent, pourra aider les époux à faire des choix pleinement humanisants et conformes à la volonté du Seigneur."

Et la canonisation des époux Martin, parents de 9 enfants, vient contrebalancer l'expression malheureuse de "lapins" qui avait semé une certaine confusion.

Posté le 4 juillet 2015 à 10h47 par Michel Janva | Lien permanent

Pourquoi la doctrine verrouillerait-elle la miséricorde ?

Nouvelle réponse du philosophe Thibaud Collin au père Garrigues suite à son texte intitulé « La doctrine ne verrouille pas la miséricorde », revenant sur les objections qui lui ont été faites à propos de sa thèse validant un régime de dérogation en faveur de la communion de certains divorcés-remariés :

"Le Fr. Garrigues revendique une liberté de parole voulue par le Pape François lui-même qui permettrait enfin aux théologiens de sortir du silence qu'ils ont dû garder sous les deux derniers pontificats sur le sujet de l'accès des divorcés remariés aux sacrements. Il réclame « le droit de soumettre une opinion théologique sans que l'on crie au scandale ». J'ai utilisé ce dernier terme dans son sens strict car il me semble que la deuxième dérogation que le Père Garrigues envisage (que des divorcés remariés reconnaissant la validité de leur premier mariage et ayant une vie maritale puissent néanmoins communier à la condition de mener « une vie chrétienne ») est de fait formellement contraire à la Parole de Dieu lue dans la Tradition et interprétée par le Magistère.

Qu'elle soit soutenue dans « une revue autorisée » ne fait à mes yeux que renforcer le trouble et la confusion sur un sujet, le mariage, comportant une dimension publique et objective. Le Père Garrigues admet que l'on discute de l'opportunité de ces dérogations exceptionnelles car il considère qu' « en matière de prudence, personne ne peut être totalement sûr de ce qu'il avance ». Je considère au contraire que les dérogations que le Père Garrigues envisage touchent directement les principes de la morale chrétienne et de la vie sacramentelle et qu'à ce titre elles ne relèvent pas d'un légitime exercice de la prudence. Je pense même que lorsqu'il parle de « système verrouillé » il remet en cause les enseignements de saint Jean-Paul II et de Benoit XVI. D'ailleurs, il ne me semble pas prendre en compte les textes clairs de ceux-ci sur notre sujet pour en proposer une nouvelle lecture mais se contenter de faire une réponse procédurale.

Sur l'interprétation de saint Thomas

Le Père Garrigues revient sur les textes de saint Thomas mais ne répond pas, selon moi, aux objections qui ont été adressées à la lecture qu'il en donne. Je vais donc les rappeler et les approfondir. Il cite un premier texte de la Somme de Théologie, IIa IIae q.120, a.1 (et non 21) : « Parce que les actes humains pour lesquels on porte des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l’infini, il a toujours été impossible d’instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut. Or les législateurs, attentifs à ce qui se produit le plus souvent, ont porté des lois en ce sens. Cependant, en certains cas, les observer va contre l’égalité de la justice et contre le bien commun visé par la loi ».

Le Père Garrigues s'appuie sur un tel texte pour justifier dans certains cas une dérogation à la discipline interdisant que les divorcés remariés communient, discipline ultimement fondée sur la loi divine de l'indissolubilité du mariage et sur la nature des sacrements. Or dans cet article saint Thomas parle de la loi civile, promulguée par un législateur humain en charge du bien commun temporel, et non pas de la loi morale promulguée dans les cœurs par Dieu qui est le bien commun de l’Univers. La loi civile est nécessairement silencieuse dans certains cas, puisqu’elle ne peut pas tout envisager. Il faut donc parfois suppléer aux « vides juridiques » sous peine de déni de justice. Dans l’article 2, ad 1, saint Thomas dit bien que l’épikie fait partie de la justice légale bien comprise, qu’elle est même supérieure à la justice légale si l'on comprend cette justice comme étant celle qui ne s’attache qu’à la lettre de la loi. Son lieu est donc la lettre de la loi, et son fondement la distinction entre la lettre de la loi et son esprit.

Le sujet qui nous occupe concerne l'application de la loi morale puisque la dérogation exceptionnelle consisterait à reconnaître dans certaines circonstances la légitimité d'une vie sexuelle hors mariage. Or la loi morale, dont la conscience nous indique le bien à effectuer dans un cas concret déterminé, n’est pas une loi inscrite dans une lettre mais dans les cœurs ; elle est une loi de la raison. Il n’y a donc pas de vide juridique : il n’y a que des consciences droites ou des consciences erronées. Pour ce qui est de la loi évangélique, pour saint Thomas, la loi nouvelle est l’Esprit Saint. S’il y avait une opposition entre la lettre et l’esprit, ce serait entre la justice légale de l’Ancien Testament et son esprit véritable que nous révèle le Christ. Mais dans le Christ, il n’y a plus de lettre ni d’épikie, il n’y a plus que la loi de charité qui ne souffre aucune exception. Le paradoxe est que le Père Garrigues reproche au camps des « purs et durs » d’être juridique à l’extrême alors que c’est lui qui ramène la loi évangélique à une lettre dont il faudrait rechercher l’esprit, alors que la loi évangélique est l’Esprit Saint communiquant la charité, ce qui ne souffre aucune exception car ce serait alors pécher contre l’Esprit.

Le deuxième texte que cite le Père Garrigues est tiré de la Somme de théologie, Ia IIae, q. 94, a.4 et 5 lorsque saint Thomas parle de la loi naturelle dont les principes généraux sont toujours universels ; mais plus « on aborde les choses particulières, plus on rencontre des exceptions. ». Le Père Garrigues prétend que ce texte peut être utilisé pour légitimer une dérogation quant à notre sujet. Il me semble qu'il n'en est rien. En effet, saint Thomas parle ici de la concrétion effectuée par la vertu de prudence à la recherche du juste dans les choses de la vie. Il ne s'agit donc pas d'une exception à une loi civile, le législateur n'ayant pu prévoir tel ou tel cas concret.

Là encore, le Père Garrigues a une lecture paradoxalement légaliste de saint Thomas. De plus, l'objet de la dérogation envisagée étant un acte intrinsèquement mauvais, aucune circonstance ne peut le rendre bon. Le Père Garrigues aborde d'ailleurs directement ce point : « A qui fera-t-on croire que ces dérogations, que le Pères de l'Église ont pratiquées, seraient un « acte intrinsèquement mauvais » qui ne pourrait par sa nature connaître d'exception ? » Ce n'est bien sûr pas l'acte de la dérogation comme tel qui est intrinsèquement mauvais mais le fait d'avoir une relation extra-conjugale. Comment le Père Garrigues peut-il soutenir qu'une telle situation puisse, à certaines conditions, faire l'objet d'une dérogation au lien requis entre l'état de grâce et la communion eucharistique ? Le Père Garrigues semble penser que ses objecteurs s'opposent à de telles dérogations pour des raisons pédagogiques, au vu des conséquences qu'elles entraîneraient. Elles auraient certes des conséquences catastrophiques, nous y reviendrons, mais ce n'est pas d'abord pour cela qu'elles sont à refuser, c'est pour des raisons intrinsèques.

Je cite un extrait significatif de la réponse du Père Garrigues : « Mais est-ce miséricordieux, est-ce même juste dans le cas de ces couples, si de fait dans le premier cas il n’y avait pas eu de mariage religieux valide et si, dans le second, il y a vrai repentir mais conflit de devoirs par rapport à un retour au statu quo ante ? » La continence est certes la voie de crête toute droite, et Dieu donne à certains divorcés remariés la force admirable de l’embrasser dans ce qui reste à bien des égards une vie de couple, mais ceux qui n’ont pas cette vertu éminente sont-ils pour autant « dans le péché » ? » Pourquoi le Père Garrigues voit-il un « conflit de devoirs » dans la vie des divorcés remariés ? Parce que selon lui le second mariage civil peut créer des devoirs empêchant le retour à la fidélité au premier mariage (il s'agit le plus souvent des devoirs envers les enfants nés de la seconde union).

Mais l'Église a déjà reconnu que dans ces situations la séparation normalement requise pour accéder aux sacrements pouvait être remplacée par un engagement à la continence complète. L'opinion du Père Garrigues, à la suite du cardinal Kasper, consiste à refuser dans certains cas cette discipline vue comme trop dure et engendrant des « conflits de devoirs ». Mais de quels devoirs parle-t-il vraiment ? Depuis quand la vie sexuelle extra-conjugale comme telle serait-elle l'objet d'un devoir ? Notre théologien ne peut envisager les choses ainsi que parce qu'il comprend « vie de couple » dans un sens humain, pour ne pas dire mondain, susceptible d'embrasser les deux situations (la vie conjugale légitime fondée sur le sacrement et l'union de fait) devenues dès lors de facto quasi-équivalentes. Or pour l'Église il n'y a de vie conjugale entre deux baptisés que fondée sur le sacrement de mariage, ce qui n'est bien sûr pas le cas ici. En rigueur de termes, il n'y a donc pas de « conflit de devoirs » appelant la création d'une troisième voie indulgente permettant aux divorcés remariés de communier sans s'engager à une continence complète. Présenter cela comme un conflit de devoirs dont les pasteurs devraient soulager la conscience morale des fidèles biaise la position du problème et dispose le lecteur à une solution « pastorale » erronée.

Il est bon de lire la réponse que saint Jean-Paul II fait à ce genre d'approche dans Veritatis splendor :

« Il ne manque pas d'esprits pour estimer que ce processus de maturation morale se verrait contrarié par la position trop catégorique que prend, sur bien des questions morales, le Magistère de l'Église, dont les interventions feraient naître, chez les fidèles, d'inutiles conflits de conscience. Pour justifier de telles positions, certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l'originalité d'une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d'accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d'intrinsèquement mauvais. Ainsi s'instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument “pastorales”, contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique “créatrice”, d'après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier. Il n'est personne qui ne comprenne qu'avec ces positions on se trouve devant une mise en question de l'identité même de la conscience morale face à la liberté de l'homme et à la Loi de Dieu. Seuls les éclaircissements apportés plus haut sur le lien entre liberté et loi, lien fondé sur la vérité, rendent possible le discernement à faire sur cette interprétation “créative” de la conscience. »

On pourrait citer d'autres textes dans lesquels le Magistère récent s'est prononcé de telle manière qu'envisager un changement de discipline et donc de doctrine présuppose une vision très volontariste, pour ne pas dire arbitraire, de l'exercice du Magistère. 

Sur l'épikie dans le Nouveau Testament

C’est un peu surprenant de voir le Père Garrigues insister tellement sur l’épikie (επιεικεια), qui prendrait selon lui le sens d’indulgence dans le Nouveau Testament. Les dictionnaires parlent plutôt de « Douceur, gentillesse, honnêteté, clémence, bonté ». La source est ἐπιεικής : « apparemment convenable, équitable, juste, beau, doux, gentil ».

Le mot n’est pas très fréquent, on ne le rencontre que sept fois dans le Nouveau Testament (επιεικεια ou ἐπιεικής) et jamais le mot επιεικεια n’y est appliqué à la justice légale. Il est pris dans le sens purement moral de bienveillance, douceur. Il s’applique une seule fois au Christ, sans beaucoup de précision. Et ce n’est pas pour dire que le Christ établit des règles générales qu’il écarterait lui-même dans des cas particuliers ; mais au contraire, semble-t-il, cela désigne l’indulgence de Dieu qui pourrait condamner toute l’humanité, puisque tous ont péché, et cependant ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il vive. Pour cela il a envoyé son propre Fils pour faire miséricorde à tous. Dieu fait preuve de patience à notre égard ; il laisse à l’homme le temps de se convertir. Mais jamais on ne voit que le Christ écarte la loi de charité qu’il a lui-même promulguée, au nom d’une autre justice (ce qui lui en ferait deux…). Au contraire, on a toujours dit que Dieu aimait le pécheur mais détestait son péché, et c’est toujours au nom de l’amour du pécheur que Dieu vient le libérer de son péché.

On peut donc soutenir que les tenants de « dérogations exceptionnelles » sont en train de mettre en place un nouvel Évangile, dans lequel l’épikie consisterait à écarter la loi évangélique pour lui substituer une autre loi, jugée plus « miséricordieuse ». On prend la place du Christ et de l’Esprit Saint, en remplaçant sa loi de charité par une miséricorde à la manière des hommes. Or si l’on écarte la Loi évangélique au nom de la justice ou de la miséricorde, ce n’est plus la Loi évangélique. Encore une fois, cela vient du fait qu’au départ, on a transformé la loi évangélique (qui est l’Esprit Saint lui-même pour saint Thomas) en une loi à la manière des hommes, et c’est celle-là que l’on veut alors écarter pour retrouver la loi évangélique. On se plaint d’une morale de la loi que l’on voudrait écarter, mais c’est parce que l’on a transformé au préalable l’Évangile en morale de la loi, et la loi morale en casuistique. Bref, parler d’épikie pour écarter la Parole du Christ montre tout simplement que l’on conçoit la Parole de Dieu comme une loi humaine, comme un code écrit, une norme légale. Ce n’est pas la conception de saint Thomas, et ce n’est pas la conception de l’Évangile. La loi de charité ne souffre aucune exception. Concluons maintenant sur deux points soulignant l'ampleur d'une telle discussion.

Sur le sens de la miséricorde et de la pastorale

Imaginer que la doctrine puisse « verrouiller » la miséricorde présuppose une étrange vision de la mission de l'Église. Celle-ci « doit rendre témoignage de la Miséricorde de Dieu révélée par le Christ tout au long de sa Mission de Messie ». L'exigence fondamentale qui est faite à l'Église est de professer et de proclamer la conversion. L'attitude de la conversion est la réponse humaine adaptée à la révélation de la miséricorde divine, un peu comme le concave s'adapte au convexe. Qui donc en effet croit en la miséricorde ? Non pas celui qui pense ne point en avoir besoin parce qu'il se considère juste. Ni même celui qui pense ne point pouvoir en bénéficier parce qu'il se considère comme impardonnable. Mais celui qui en identifiant et détestant son péché, revient à Dieu par grâce, avec l'assurance qu'il peut compter sur son inextinguible volonté de « pardonner soixante-dix fois sept fois ».

Une Église qui accepterait les dérogations envisagées par certains serait une Église qui se résignerait à ne plus proclamer la miséricorde infinie et l'appel à la conversion puisqu’elle reconnaîtrait par là qu'il existe des situations en lesquelles il est impossible à l'homme et à la femme de vivre pleinement la sainteté de leur mariage et de rester fidèles au plan de Dieu sur l'amour humain. Or comme le rappelle saint Jean-Paul II :

« Ce serait une très grave erreur de conclure que la norme enseignée par l'Église est en elle-même un “idéal” qui doit ensuite être adapté, proportionné, comme on dit, aux possibilités concrètes de l'homme, d'après une “évaluation des divers biens en question”. Mais quelles sont “les possibilités concrètes de l'homme” ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou de l'homme sauvé par le Christ ? Parce qu'il s'agit de cela : de la réalité de la rédemption du Christ. Le Christ nous a sauvés. Ce qui signifie : Il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence. [...] Le commandement de Dieu est certainement proportionné aux capacités de l'homme : mais aux capacités de l'homme à qui est donné le Saint-Esprit ; aux capacités de l'homme qui, même tombé dans le péché, peut toujours obtenir le pardon et jouir de la présence de l'Esprit. »

Comment penser qu'un médecin est miséricordieux lorsque face à une tumeur cancéreuse, il se voit contraint de dire par « indulgence » à son patient qu'il s'agit d'une simple grippe ?

Retour sur une analogie

Nous avons déjà souligné que le Père Garrigues répond aux objections de manière assez procédurale, notamment en établissant une analogie entre le débat synodal actuel et la période pré-conciliaire ; afin d'en appeler à la prudence et de condamner toute attitude « intégriste » de fermeture face au devenir de l'Église :

« L’histoire de l’Église a montré, de l’Antiquité à nos jours, qu’à plusieurs reprises les zélateurs du dernier concile ou du dernier pape, en ayant poussé ses principes jusqu’à l’extrême dans un système verrouillé, se sont retrouvés ensuite scandalisés par l’évolution du Magistère ultérieur, dont ils ne voyaient plus l’homogénéité avec ce qu’ils croyaient être le Magistère antérieur, mais qui était en fait leur Tradition, leur Concile ou leur Pape.

À la veille du concile Vatican II, il y avait des théologiens, voire des cardinaux, qui considéraient comme scandaleuses certaines choses que celui-ci allait approuver. Des mesures disciplinaires avaient même empêché que des théologiens enseignent certaines d’entre elles. Les réticences que d’aucuns manifestent aujourd’hui par rapport à des paroles, des actes et des orientations du pape François ne relèvent-elles pas d’un durcissement analogue ? » 

Je ne critique pas le bien-fondé de la remarque générale ; je pense simplement qu'elle ne s'applique pas à notre débat. Comment en effet penser que le Magistère actuel puisse se déterminer en contradiction avec le Magistère antérieur sur des cas déjà envisagés en tant que tels et ce dans un contexte historique quasi identique (la sécularisation du mariage et la crise de la transmission de la foi et de la morale chrétiennes) ?

Tout ce débat fait naître en moi une autre analogie, en l'occurrence avec la période antérieure à l'encyclique Humanae Vitae. Là aussi, on retrouve la volonté de saint Jean XXIII d'affronter une situation pastorale tendue et de laisser le débat s'installer pour discerner la réponse adéquate. Au fur et à mesure que le débat se déploie, deux manières de penser le développement de la doctrine et de la discipline s'opposent. Certains ont tendance à ignorer les enseignements magistériels de Pie XI et de Pie XII sur la régulation des naissances et font comme s'il s'agissait de se déterminer à nouveaux frais. D'autres, comme Mgr Wojtyła, s'appuient sur le Magistère pour le ressaisir en profondeur et l'appliquer à la nouvelle situation historique.

Cette attitude est à la genèse de la fameuse et pourtant largement ignorée théologie du corps qu'il commencera à donner dès 1979 pour préparer... le synode sur la famille de 1980 ! Il s'agit d'un modèle de développement homogène de la doctrine sachant puiser ce qu'il y a de meilleur dans la modernité pour annoncer aux hommes d'aujourd'hui la Bonne Nouvelle du mariage. Cette analogie avec la période d'Humane vitae permet de mettre le doigt sur la délicate question de la réception du Magistère. On peut raisonnablement penser que la manière dont le débat s'est déroulé en amont de l'encyclique a contribué à rendre inintelligible la parole du Bienheureux Paul VI. A titre d'exemple, on peut citer la Note pastorale de l'épiscopat français de novembre 1968 parlant (déjà !) de conflit de devoirs. Une telle lecture de l'encyclique a certes contribué à « déverrouiller » la doctrine qui y est exposée et à la rendre inopérante pratiquement. On en a goûté les fruits dans le résultat catastrophique de la pastorale du mariage quant à la paternité responsable ; pastorale qui dans de nombreux endroits ne s'en est toujours pas remise.

Je conclurai en renvoyant une nouvelle fois à la proposition du Père Thomas Michelet sur l'opportunité de redécouvrir l'ordre des pénitents tel qu'il a existé dans les premiers siècles de l'Église. Ce chemin pénitentiel serait un réel approfondissement d'une pastorale adéquatement prise, c'est-à-dire ni « verrouillée » ni « déverrouillée » par la doctrine mais qui communique la vérité et la grâce de Dieu adressées à tous les hommes."

Posté le 4 juillet 2015 à 10h21 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2015

Un vicaire épiscopal pour les traditionalistes

Intéressante initiative d'un évêque en Suisse :

"L’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder a désigné mardi 30 juin un vicaire épiscopal pour les catholiques célébrant dans la forme extraordinaire du rite romain. Le P. Martin Ramm, prêtre de la Fraternité Saint-Pierre, occupera cette fonction en plus de celle de curé de la paroisse personnelle Saint Maximilien Kolbe pour les fidèles du rite tridentin.

Fondamentalement, cette nomination ne change rien aux responsabilités actuelles du P. Martin Ramm, indique un communiqué du diocèse, mais Mgr Huonder a voulu souligner cette tâche particulière selon l’art 476 du droit canon qui prévoit qu’un vicaire épiscopal peut être nommé « pour les fidèles d’un rite déterminé »."

Paroisse personnelle pour la Fraternité Saint-Pierre, vicaire épiscopal membre de cette Fraternité, au service des fidèles attachés à la forme extraordinaire. A quand la même chose en France ?

Posté le 2 juillet 2015 à 10h52 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2015

Une clef pour le redressement de l’Eglise

Tribune proposée par Pierre Moreau, au nom d'un collectif de fidèles et de prêtres (suite à celle-ci) :

"Alors que nous apprenons la démission d'un évêque mexicain mis en cause dans sa gestion d'une affaire de pédophilie, (cf VIS, 25 juin 2015), il est difficile de ne pas s’interroger à frais nouveaux sur la crise « managériale » vécue par un grand nombre de successeurs des Apôtres. C’est parce que le problème a été médiatisé que la discipline ecclésiastique s’est mise en mouvement. Malheureusement, l’anticléricalisme s’est nourri ou a été à l’origine des campagnes polémiques, fondées ou non ; pour autant il faut bien reconnaître que l’effet a été radical : les autorités vaticanes ont pris des décisions sévères et d’une efficacité redoutable.

La question de la gestion des affaires de pédophilie est véritablement un cas d’école car elle manifeste l’immaturité de bien des évêques ; et de leur grave irresponsabilité vis-à-vis des brebis les plus jeunes dans leur troupeau, victimes potentielles, de leurs collaborateurs prêtres, victimes collatérales blessées dans le regard porté sur eux, de la foule des non-croyants s’écartant encore plus loin des rives du salut. Avec Vittorio Messori, nous pensons que le relativisme moral post 68 est largement responsable de ce drame (cf. Il Corriere della Sera, 11/3/2010) et qu’il a pénétré de nombreuses institutions ecclésiales. Le modèle managérial épiscopal, au moins en Occident, emprunte largement à l’idéologie relativiste qui, en doctrine comme en morale, étend son règne en bien des séminaires et universités dites catholiques. La contestation de l’autorité, l’amoindrissement de la vérité, était le cadre dans lequel l’écrasante majorité des évêques de France a reçu ce que l’on a du mal à appeler leur formation. Certains, rares, ont résisté mais se sont fait mal. Les autres, sans se poser plus de questions, ont suivi le mouvement comme le tronc d’arbre descend la rivière. S’il faut reconnaître qu’ils sont restés fidèles à leur sacerdoce tandis que d’autres ont déserté, il est difficile de ne pas déplorer leur alignement sur une pensée unique, cette fameuse langue de buis, dont les mots clefs sont devenus les talismans de l’ethos ecclesiasticus modernus.

Que faut-il en conclure ? Il suffit que Rome donne un tour de vis et exige « sous peine de » pour que les évêques se ressaisissent. Dans les relations familiales, il arrive que les adolescents provoquent l’autorité, non pour la détruire, mais pour se situer vis-à-vis d’elle en adulte potentiel et partenaire. La bonne réponse est alors dans la fermeté et la tendresse. Ce n’est qu’une analogie. Mais le Père qui laisserait tout faire porterait une grave responsabilité : il porterait pour une part la culpabilité du naufrage de son enfant. Dans l’Eglise c’est la même chose.

Une question majeure reste en suspens : Si Rome serre la vis en ce qui concerne la pédophilie, qu’en est-il des affaires au moins aussi grave, voire plus, qui ont trait à l’avortement et au respect dû à Dieu dans les sacrements ? Les silences de certains couloirs de la Curie ou de tant d’évêchés, sans parler des administrations des conférences épiscopales – mais n’accordons pas trop d’importance à ces dernières -, pourraient alors parler plus fort pour qui sait entendre que les sirènes médiatiques hurlant au scandale après une déclaration pontificale politiquement incorrecte.

Dans son fonctionnement, l’Eglise doit se rapprocher d’une certaine « praxis » profane en rétablissant, comme le pape François vient de le faire, une autorité forte dans les domaines qui l’exigent et des sanctions proportionnées. Sans oublier la prière, et la conversion personnelle, il y a certainement là un point d’appui pour le relèvement de l’Occident."

Posté le 1 juillet 2015 à 07h11 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2015

Canonisation des parents Martin et synode sur la famille

De Guillaume d’Alançon, Délégué épiscopal Famille et Vie du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron :

"L’annonce de la canonisation de Louis et Zélie Martin le 18 octobre prochain est une immense joie. L’Eglise invite tous ses membres à mettre leurs pas dans ceux de ce foyer chrétien qui n’a rien épargné pour le Christ, jusqu’au bout.

A l’heure où le Synode pour la Famille va entrer dans sa deuxième phase, nous avons là des intercesseurs de poids qui vont indiquer le nord à l’assemblée épiscopale qui se réunira à Rome du 5 au 25 octobre.

Avec les bienheureux parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ne sommes-nous pas en bonne compagnie pour affronter les problèmes du temps sans renier le Christ ?

Louis et Zélie ont fait face à la souffrance, à la mort de 4 enfants en bas âge, à l’accueil de leurs parents âgés à domicile, aux difficultés professionnelles et éducatives, au cancer, à la maladie psychiatrique…

Malgré tout, Louis et Zélie apportent des réponses qui sentent bon la brise de Galilée. Nazareth n’est pas loin quand on se plonge dans l’ambiance de la famille Martin. La lecture de la correspondance conjugale de Louis et Zélie renvoie à l’exigence de la Parole du Christ, à la bonté de Dieu et à l’indissolubilité du mariage dans son lien étroit à l’Eucharistie. Leur témoignage de vie n’est-il pas une réponse anticipée à toutes les questions que certains se posent aujourd’hui ? Aux blessures de l’amour humain, ils répondent par la confiance en Dieu et un surcroît de tendresse, dans la fidélité à la doctrine catholique. Car il n’est de véritable amour humain que celui destiné à s’accomplir en Dieu. Ce faisant, il n’est déjà plus humain… Il est surtout chrétien. Ce qui est humain ne l’est vraiment que dans la perspective divine. « En lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être » nous dit saint Paul.

A ceux qui pleurent, les époux Martin indiquent la Croix et les bras ouverts du Christ qui souffre avec eux pour mieux les consoler en refermant sur leurs épaules ses mains ensanglantées. Oui, le sang du Christ nous lave de nos péchés et notre seule joie réside dans la certitude du triomphe de sa Miséricorde.

Louis et Zélie furent aussi de grands Français. Hors de toute conscription obligatoire, Louis déjà âgé prendra les armes pour enrayer la progression prussienne qui menaçait la Normandie. Chevalier du Christ-Roi, le bienheureux Louis, empruntant la route de son saint patron si vénéré, n’hésitera pas à agir publiquement pour la défense de la royauté sociale de Jésus. Dans sa jeunesse parisienne, il avait mesuré la perversité de la franc-maçonnerie avec son cortège de pratiques occultes et démoniaques. Parvenu à l’âge de la maturité, fioretto d’un jour, il n’hésitera pas à dénoncer le laïcisme ambiant en enlevant le couvre-chef d’un badaud un jour de Fête-Dieu.

Zélie, femme active et profondément sensible, mènera de front l’éducation de ses enfants, un travail professionnel difficile, et la présence délicate aux côtés de son mari. Atteinte du cancer, elle formera ses enfants et dessinera en leur âme l’esquisse d’une authentique théologie du sacrifice en offrant sa vie. C’est en contemplant la souffrance offerte de leurs parents que les cinq filles Martin avanceront vers la vie consacrée: cela ne vaut-il pas le coup de tout donner ?

Avec Notre-Dame, Reine de la famille Martin et Vierge du Sourire, les bienheureux époux ont choisi de progresser sur la route de l’Evangile. Du 4 au 8 octobre prochain, en présence de Mgr Aillet, Le Saux et Habert, des pèlerins marcheront depuis Solesmes vers Alençon, ville où vécurent Louis et Zélie, puissent de nombreux pèlerins se joindre à nous sur cette voie sacrée de la famille et du mariage (contact inscriptions – infos : hpt@sfr.fr)

Posté le 30 juin 2015 à 08h58 par Michel Janva | Lien permanent

L'instrument de travail du synode : une douche froide pour les novateurs

Lu sur Chiesa :

"Une semaine après sa publication, l’"instrument de travail" pour la prochaine session du synode des évêques consacré à la famille se révèle de plus en plus décevant pour les paladins du changement. Ce document reproduit intégralement le rapport final du synode du mois d’octobre 2014. Or ce rapport final constituait déjà une nette marche arrière par rapport à la "Relatio post disceptationem" qui avait été publiée à mi-parcours des travaux du synode et qui était le résultat d’un coup de main des novateurs, tout de suite désavoué par une grande partie des pères synodaux. 

Toutefois l’"instrument de travail" y ajoute à ce document un bon nombre de considérations. Elles sont le résultat de la consultation qui a été menée, au cours de ces derniers mois, dans les diocèses du monde entier, à propos de chacun des points du rapport final du précédent synode.

Et, de nouveau, on ne trouve pas du tout, dans l’"instrument de travail", d’"ouvertures" en direction des thèses des novateurs – contrairement à ce que de très nombreux journaux et agences de presse ont indiqué à tort dans leurs titres– mais plutôt des coups de frein supplémentaires à propos des points auxquels les novateurs attachent le plus d’importance, c’est-à-dire l’accès des divorcés remariés à la communion, la contraception et les unions homosexuelles.

Au cours de la présentation qu’il a faite de "l’instrument", le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, a déclaré qu’il avait été fait bon usage de 99 réponses à la consultation qui avaient été envoyées par des conférences épiscopales et par d’autres institutions hiérarchiques.

Ce qui veut dire – lorsque l’on examine le texte qui en est résulté – que ces réponses, dans leur quasi-totalité, étaient bien éloignées des téméraires propositions de modification de la doctrine et de la pastorale du mariage qui, au cours de ces dernières semaines, ont fait l’objet d’une large diffusion de la part de certaines conférences épiscopales du centre de l’Europe. [...]"

Posté le 30 juin 2015 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

29 juin 2015

Suisse : Mgr Morerod participera à une marche pour la vie

Et cela perturbe le quotidien Le Matin :

"Le temps de grâce est terminé pour Mgr Morerod, évêque de Vaud, Fribourg et Genève. Autrefois loué pour ses apparitions décontractées et humoristiques, voilà le religieux devenu trop «popu», trop maladroitement loufoque, aux yeux de certains croyants. Pire, son humour bon enfant cache de moins en moins la raideur de ses conceptions en matière de morale.

Après La Liberté jeudi, c’était hier au tour de la SonntagsZeitung de s’intéresser à cette apparente contradiction du personnage. On y apprend que le dominicain, après avoir annoncé le contraire, participera bel et bien à une marche anti-avortement en septembre à Zurich. L’évêque prononcera même un discours lors de l'événement, qui réunira les mouvements chrétiens conservateurs suisses. Pour les organisateurs, cette visite représente une montée en grade puisque lors de la dernière édition, en 2013, l’évêque auxiliaire de Zurich, Marian Eleganti, était la plus haute autorité catholique présente.

Cette participation est-elle de nature à durcir encore l’image de Mgr Morerod? C’est ce que redoutent certains, au sein de l’Eglise, qui n’hésitaient pas à évoquer hier une décision «tactiquement malhabile», même si la lutte contre l’avortement s’inscrit dans la droite ligne du Vatican. Rappelons cependant que Charles Morerod commence à enchaîner les sorties polémiques: en novembre 2014, il avait par exemple publié une prise de position remarquée contre la communion eucharistique (ndlr: interconfessionnelle). [...]"

Posté le 29 juin 2015 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent

Bons contacts entre la Fraternité St Pie X et Rome

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint Pie X, a été interrogé dans Présent. Extrait :

"[...] La Fraternité a été reconnue officiellement comme catholique par l’Etat en Argentine, avec l’aide du cardinal Bergoglio devenu ensuite le pape François. Cela n’a-t-il qu’une importance administrative ou est-ce plus révélateur?
On y trouve tout d’abord un effet juridique, administratif, sans implication sur l’état des relations générales de la Fraternité avec, disons pour simplifier, l’Eglise officielle. Mais le deuxième effet est difficile à évaluer correctement. Il n’y a aucun doute sur le fait que le pape François, alors cardinal Bergoglio, avait promis d’aider la Fraternité à obtenir la reconnaissance par l’Etat argentin de notre société comme catholique et qu’il a tenu sa promesse. Cela oblige à penser qu’il nous considère bien comme catholiques.
Dans le même ordre d’idées, vous avez été nommé juge de première instance par le Vatican pour le procès d’un prêtre de la Fraternité. Ne peut-on y voir un signe de bienveillance?
Ceci n’est pas nouveau mais existe depuis plus de dix ans. Il s’agit effectivement d’une marque de bienveillance, et de bon sens. C’est ce que l’on remarque dans l’Eglise romaine à travers son histoire : son réalisme, capable de dépasser des problèmes canoniques, juridiques, pour trouver des solutions à des problèmes bien réels. [...]
Il y a quelques semaines, des séminaires de la Fraternité ont reçu la visite d’envoyés du Vatican, le cardinal Brandmüller, Mgr Schneider. Ces visites constituent un lien public avec « l’Eglise officielle ». N’est-il pas vital?
Le lien avec l’Eglise est vital. La manifestation de ce lien peut varier. Les dates et lieux de ces visites ont été laissés à mon choix, le Vatican a proposé des noms. J’ai choisi les séminaires, ce qui me paraissait, pour des évêques, le plus éloquent et le plus représentatif.
Quelles ont été les réactions « sur le vif » de ces évêques?
Ils se sont montrés très satisfaits. « Vous êtes des gens normaux », nous ont-ils dit… ce qui montre la réputation que l’on nous fait ! Ils nous ont félicités sur la qualité de nos séminaristes. Il ne fait aucun doute qu’ils ont conclu de ce premier contact rapproché que nous étions une œuvre d’Eglise.
Avez-vous des contacts avec des évêques, qui vous soutiennent discrètement?
Bien sûr ! Si l’on voit que des prêtres se rapprochent de nous aujourd’hui, ont eux-mêmes des contacts avec nous, on peut facilement en conclure qu’à l’échelon supérieur, ce doit être à peu près la même chose…"

Posté le 29 juin 2015 à 16h07 par Michel Janva | Lien permanent

L'épée et le chapelet

Homélie du père abbé de Triors pour la solennité des saints apôtres Pierre et Paul :

"Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

Dans l'évangile qui vient d'être chanté (Mt. 16,13-19), l'apôtre Pierre confesse le mystère de Jésus caché avant tous les siècles au moment où il reconnaît en Jésus le Messie attendu, revêtu de la majesté divine selon les prophéties les plus inouïes (Cf. Ps. 2, 109 ; Is. 7 à 9 etc...), Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant (Mt. 16,16). La scène s'est tenue au moment où Jésus commençait son chemin vers Jérusalem afin d'y mourir pour nos péchés, grand chemin de croix, cortège funèbre. Il prépara ses apôtres, non sans difficulté, à vivre le triduum pascal. On y voit comment l'histoire de notre salut qui commençait devait  se réaliser. C'était donc près des sources du Jourdain, à la frontière de la terre juive, à la limite du monde païen ; le Nouveau Testament allait bientôt donner à l'univers tout entier la grâce attendue par l'Ancien.

Avec le recul, Pierre comprendra mieux l'enjeu divin du salut. Mais déjà sur la route de Césarée de Philippe, le Père le lui fit dire d'un seul coup, presque sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, sous la seule impulsion de sa pure foi, don de Dieu, et de son tempérament ardent. Peu à peu, il entrera complètement dans la pensée divine, par l'humilité acquise au prix des larmes du reniement ; grâce à quoi sa foi put prendre son plein développement visible ; grâce à quoi il sut exhorter les premiers chrétiens à mettre leur pas dans les siens, unissant l'intimité avec Jésus à la montée vers Jérusalem, cortège funèbre pour aboutir à la lumière glorieuse de l'invincible Pâque. À notre tour de recevoir l'exhortation de ce témoin des souffrances du Christ, qui a pris part à la gloire qui allait être révélée (I Pi. 5,1). Pour l'Église, le Vendredi Saint et la Pâque continuent d'aller ensemble, car l'Église prolonge encore aujourd'hui la Passion de Jésus, d'une façon visible au Proche-Orient et dans d'autres régions, d'une façon moins visible ailleurs, selon ce que le Pape nommait récemment une persécution blanche non moins terrible que la première.

Sous nos yeux, le Christ continue d'être bafoué et frappé, disait Benoît XVI ; on cherche, toujours à nouveau, à le pousser en dehors du monde ; et toujours à nouveau, la petite barque de Pierre est secouée par le vent des idéologies, dont les eaux la pénètrent au-dedans, semblant la condamner à couler. Et pourtant, précisément dans l'Église souffrante, le Christ est confessé comme le Fils du Dieu vivant, sans cesse victorieux. En dépit de tout, la foi en Lui reprend toujours à nouveau ses forces (Homélie, 29 juin 2006).

 

La liturgie nous a donné tout à l'heure le récit de la libération de l'Apôtre emprisonné au livre des Actes (12,1-11). Il attendait son jugement qui devait aboutir sûrement au sort que Jacques venait de subir, car cela était agréable alors aux ennemis de l'Église (12,2). Le mystère des liens et de la prison est une constante dans l'histoire. S. Paul prisonnier du Christ (Act. 23,18 ; Éph. 3,1 ; Phl 1 & 9) en est un témoin aussi probant que Pierre. Derrière le persécuteur où qu'il soit, c'est le diable qui cherche à museler la foi de l'Église. Loin de les craindre selon la chair, S. Paul engage de prier pour ceux qui œuvrent contre notre foi afin que revenu à la droiture de leur sens, ils sortent des liens du diable dont ils sont enchaînés eux-mêmes, tenus captifs pour être manipulés par le Mauvais (II Tim. 2,26). L'Apôtre disait à Timothée après l'avoir exhorté en ces termes qui guident notre conduite : Quant aux questions folles et sans sagesse, évite-les, sachant qu’elles engendrent des querelles. Il ne faut pas que le serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit être au contraire doux envers tous, capable d’instruire, patient, reprenant avec modestie ceux qui résistent à la vérité, dans l’espérance que Dieu leur donnera le repentir, pour connaître la vérité (II Tim. 2,23-25).

À mon sens, S. Paul éclaire ici le mystérieux passage où S. Luc rapporte le mot du Seigneur conseillant de vendre son manteau pour se munir d'un glaive (Luc 22,36). Pour S. Basile, le Seigneur ne commande pas ici d’acheter un glaive, mais il prédit à ses Apôtres ce qui arriverait à ceux qui, oubliant les circonstances de la passion, les grâces reçues et la loi de Dieu, oseraient se servir de l’épée (Reg. Contract. 31). Le conseil de S. Paul aide à interpréter ce glaive, symbole du danger extérieur qui guette les fidèles à la suite de Jésus dans sa passion. Il ne s'agit pas de couper l'oreille de Malchus, mais de se taire et d'être prêt à offrir sa vie en Jésus, dans le martyre du goutte-à-goutte de la vie quotidienne comme, éventuellement, dans le martyre sanglant. Donne ton sang et reçois l'Esprit, disait les Pères du désert (Abbé Longin). De nos jours, un Nigérian vit en songe, il y a peu, une épée que lui tendait le Seigneur lui-même pour le défendre contre les assaillants de Boko Aram : il la saisit, et elle se transforma aussitôt en un chapelet, montrant quelles armes nous avons à utiliser, la prière héroïque en Notre Dame et avec Elle.

La confession de Pierre sur la route de Césarée rejoint la foi de Paul au cours de ses voyages, puis l'un et l'autre se retrouvèrent prisonniers à Rome et martyrs du même jour selon la tradition. La solennité de ce jour les associe tous deux dans cette suprême confession de foi. L'Église se sait enracinée sur leur témoignage de foi et de sang. S. Irénée exprimait bien cela au II°s. : C'est leur doctrine et leur foi que l’Église, disséminée dans le monde entier, conserve avec diligence, formant quasiment une unique famille : une même foi avec une seule âme et un seul cœur, tout comme aux origines (Act. 4,32), la même prédication, enseignement, tradition comme si l’Église ne possédait qu'une seule bouche. Les langues sont différentes selon les régions, mais la force de la tradition est unique et la même. Ainsi la lumière de la vraie prédication resplendit partout et éclaire tous les hommes qui veulent venir à la connaissance de la vérité (Adv. haer., I 10, 2).

La Reine des apôtres se montre ce matin également la Reine de leur martyre. Qu'elle nous protège tous qui devons mettre nos pas dans les leurs, chacun dans son état. La Mère de Dieu au moment du Fiat de l'annonciation se révèle Mère de l'Église avec son Fiat du pied de la croix qui préparait les splendeurs de la vie pascale, amen."

Posté le 29 juin 2015 à 13h59 par Michel Janva | Lien permanent

28 juin 2015

L'anthropocentrisme

Benoît-et-moi a traduit un entretien de Mgr Athanasius Schneider au blog italien La Fede Quotidiana. Extrait :

"En théologie, l'anthropocentrisme semble avancer au détriment du christocentrisme. Qu'est-ce que cela va impliquer dans l'avenir prochain de l'Église?

L'anthropocentrisme comporte en fin de compte:
> le tarissement et la perte de la foi surnaturelle
> l'élimination de la grâce Divine et des moyens de la grâce
> l'élimination du sens surnaturel des sacrements, leur donnant une signification purement sociologique
> l'élimination de la prière personnelle et des œuvres concrètes de pénitence et d'ascèse
> l'élimination, au cours du temps, de l'adoration de Dieu, c'est à dire de la Très Sainte Trinité et favorise l'adoration de l'homme et de la terre (du climat, de l'océan, etc.) 
>la déclaration pratique et aussi théorique que cette terre est le jardin du paradis, c'est à dire le paradis sur terre (théorie des Communistes)
>l'apostasie.

L'anthropocentrisme impliquera une lâcheté effrayante face au monde et la collaboration des fidèles et des clercs avec les idéologies anti-chrétiennes. Se réaliseront alors ces paroles de notre Divin Maître et de l'Apôtre Saint Paul: "Quand les hommes diront: 'Paix et sûreté!', c'est alors qu'une ruine soudaine fondra sur eux" (1 Tess. 5,3). "Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn, 15,5) et "Quand le Fils de l'Homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?" (Luc, 18,8)."

Posté le 28 juin 2015 à 19h51 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2015

Les époux Martin, parents de Ste Thérèse, canonisés le 18 octobre

Le Pape François a annoncé, lors d’un consistoire ce samedi matin, la canonisation prochaine de Louis et Zélie Martin. Les parents de sainte Thérèse de Lisieux seront canonisés le dimanche 18 octobre, par le Pape François, à Rome, durant le  Synode sur la famille.

Ils ne sont pas saints pour avoir mis au monde une sainte, mais pour avoir cherché à répondre à l’amour de Dieu en tant que couple. Les parents Martin étaient des saints dans l’humble réalité quotidienne de leur vie. La foi, chez eux, s’enracinait dans la prière en famille, l’Eucharistie quotidienne, l’amour de Dieu et des hommes, la fidélité à l’Eglise.  

De 1860 à 1873, neuf enfants naîtront au foyer des Martin, dont quatre mourront en bas âge. Zélie éprouvera joies et souffrances au rythme de ces naissances et de ces décès : Ainsi on peut lire dans sa correspondance : « J’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir... ». Puis, après la naissance de Thérèse, sa dernière fille ; « J’ai déjà beaucoup souffert dans ma vie ». L’éducation de ses filles mobilise toute l’énergie de son cœur. La confiance était l’âme de cette éducation. Pour ses enfants, elle souhaite le meilleur... devenir des saints ! Cela ne l’empêche pas d’organiser des fêtes, des jeux... on s’amuse dans cette famille ! Quelques  lettres nous révèlent Louis comme un père attentif à chacune de ses filles et prêt à consentir à leur projet de vie religieuse. On voit qu'il noue avec ses filles une relation de dialogue et d'écoute attentive, où il respecte leurs choix. Pour ses filles, il acceptera de quitter Alençon, ville qu'il affectionnait particulièrement et où étaient ses meilleurs amis. 

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Posté le 27 juin 2015 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

26 juin 2015

L'Eglise garantit le secret absolu

Suite au scandale de la NSA, le diocèse de Bayonne a trouvé une source d'inspiration pour sa communication :

Cap

Posté le 26 juin 2015 à 09h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)

25 juin 2015

L'Eglise ne reconnaît pas Medjugorje [Addendum]

Lu sur Le Suisse romain :

"L'unique concession est pour Medjugorje, reconnue comme lieu de prière, parce que Dieu sait récolter même là où Il n'a pas semé", a expliqué le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la CDF, au cours de la Session plénière de la Congrégation qui s'est réunie hier pour s'exprimer sur l'authenticité des apparitions présumées de la Vierge aux six "voyants" de cette petite localité de Bosnie-Herzégovine, lesquels affirment recevoir depuis 34 ans les messages de la "Gospa". Pour le reste, le jugement de l'ex-Saint-Office est absolument négatif, sur la base de la relation finale de la "Commission Ruini" constituée par Benoît XVI pour faire la lumière sur ces phénomènes.

Medjugorje: aucun élément surnaturel

Pour la CDF, les "apparitions" ne témoignent d'aucun caractère surnaturel : il est par conséquent interdit aux fidèles de participer aux "extases" des six "voyants", et interdit à ces derniers de diffuser les textes des messages reçus de la Vierge.

A la paroisse Saint-Jacques de Medjugorje est infligé un autre NON : elle ne deviendra pas sanctuaire marial, comme le voulaient les "voyants". Cela va même plus loin : il est interdit aux Évêques d'accueillir dans leurs diocèses les "voyants" pour des rencontres ou témoignages publics comme cela s'est fait jusqu'ici. Il est juste permis d'assurer aux pèlerins qui iraient à Medjugorje l'assistance d'un prêtre.

Medjugorje: des voyants isolés

Les pèlerins eux-mêmes ne devront pas non plus reconnaître par leur présence l'authenticité des apparitions ; ils devront aussi éviter tout contact avec les "voyants", se concentrant seulement sur la prière et la fréquentation des sacrements.

Pourquoi une telle sévérité du Vatican ? Avant tout, à cause de l'incohérence théologique des messages ; mais aussi à cause de l'intéressement économique des "voyants", lesquels ont investi dans des hôtels et des agences de voyages. Autres raisons : les rivalités qui ont émergé entre eux, la désobéissance montrée tant envers l'évêque de Mostar qu'envers le Pape. Ce dernier en effet leur avait ordonné à travers la Commission Ruini de consigner par écrit les dix secrets qu'ils auraient reçus de la Gospa. 

Medjugorje: l'argent est un point essentiel

L'argent est l'un des points essentiels qui ont poussé le Vatican à user d'une poigne de fer : on n'a jamais vu de vrais voyants qui se seraient enrichis sur leurs propres apparitions. On peut donc exprimer un doute, puisque les six "voyants" de Medjugorje affirment qu'ils voient la Vierge et parlent avec elle : le font-ils parce qu'il y a quelque chose de vrai dans les apparitions, ou bien simplement pour attirer le plus grand nombre de pèlerins à voyager par leurs agences et à loger dans leurs hôtels ?

La Congrégation de la foi ne reconnaît pas Medjugorje: le Pape publiera un décret

Laissons le dernier mot au Pape François, qui publiera bientôt un décret sur cette affaire : il est cependant difficile de croire que le Pape puisse modifier les conclusions de la CDF.  En effet, lui-même a déjà manifesté à plusieurs reprises, plus ou moins ouvertement, son propre scepticisme sur le bien qui se passe à Medjugorje. On va donc probablement vers une "fumée noire" qui fera du bruit."

Addendum : Selon Andrea Tornielli, aucune décision n'a été prise sur les apparitions de Medjugorje. Les organismes de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne se sont pas encore réunis pour examiner le dossier. Il ne faut pas attendre d'avis avant l'automne.

Add 2 : Le Suisse romain maintient son information :

"Pour l'article sur Medjogorje, la tempête que cela soulève ne m'étonne nullement. Je la prévoyais. Je sais aussi que le plus grand soutien apporté à Medjugorje provient de l'Italie. C'est là que la controverse va se développer encore plus.

C'est un fait: l'argent, qui est un des problèmes avec Medjugorje, donne aussi cette capacité de communication.

Je n'ai pas mis cette info par hasard. Elle se base sur une source connue, validée, reprise et partagée par un Cardinal de renom. J'ai recoupé les infos. J'ai aucun intérêt financier et suis donc libre de vouloir chercher la vérité que l'Eglise propose."

Radio Notre-Dame reprend également l'information.

Posté le 25 juin 2015 à 22h06 par Michel Janva | Lien permanent

23 juin 2015

Parce que certains y avaient cru ?

Capture d'écran du Figaro :

E

Sur l’accès à l’Eucharistie pour les personnes divorcées et remariées civilement, l’Instrumentum annonce un consensus sur la piste « d’un chemin pénitentiel » suivi sous l’autorité d’un évêque et qui serait basé

  • sur une reconnaissance de la nullité du mariage
  • et la décision de vivre dans la continence.

Deux conditions déjà en vigueur et largement évoquées dans un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, signé en 1994 par... le cardinal Ratzinger. Nihil novi sub sole.

Posté le 23 juin 2015 à 17h00 par Michel Janva | Lien permanent

18 juin 2015

Une encyclique de nature pastorale et spirituelle

Ce matin, le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax a illustré la nouvelle encyclique Laudato Si' que le Pape François consacre à la protection de la création et l'écologie intégrale. Il était accompagné des présentateurs du document, le Métropolite Ioannis de Pergame (du Patriarcat œcuménique), qui a parlé de la théologie et de la spiritualité de l'encyclique, M. Hans Joachim Schellnhuber (Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique), qui a traité de la place des sciences naturelles dans l'encyclique, de Mme. Carolyn Y.Woo (Catholic Relief Services), qui a abordé les volets de l'économie, de la finance et du commerce face à la question écologique, et Mme. Valeria Martano (chercheur et enseignant), témoin depuis 20 ans de la dégradation sociale et environnementale de la périphérie romaine.

D'emblée l'encyclique entend établir un dialogue avec tous, que ce soit avec des personnes avec des organisations et institutions qui partagent la même préoccupation que le Pape, abordée sous différents points de vue. ''Ce type de dialogue", a indiqué le Cardinal Turkson,

"fait partie de la méthode de la rédaction utilisée par le Saint-Père pour rédiger l'encyclique. Il s'est appuyé sur un large éventail de contributions: La plupart des conférences épiscopales des divers continents...ainsi que d'autres contributions qui ne sont pas citées dans le document qu'elles ont aidé à composer".

L'encyclique tire son nom de l'invocation de saint François dans le Cantique des Créatures: Loué soit mon Seigneur, une prière contemplative qui nous invite à nous inspirer du Poverello pour promouvoir une écologie intégrale, vécue avec joie et authenticité... Dans sa relation avec l'environnement, l'humanité fait face à des défis majeurs qui requièrent également des politiques appropriées, déjà au programme des instances internationales. Certainement 'Laudato Si' peut et doit avoir un impact sur ces processus. Un examen rapide de son contenu montre qu'elle est avant tout de nature pastorale et spirituelle, la portée, l'ampleur et la profondeur de la question ne pouvant être réduites à la sphère de la politique environnementale''.

Le Métropolite Ioannis Zizioulas a rappelé qu'en 1989 le Patriarche œcuménique Démétrios avait publié une encyclique pour alerter les les chrétiens et les personnes de bonne volonté sur la gravité de la question écologique, mais aussi montrer ses implications théologiques et spirituelles, invitant à consacrer chaque 1 septembre à prier pour l'environnement. Cette date, qui est selon le calendrier orthodoxe le premier jour de l'année ecclésiastique pourrait devenir un temps de prière pour tous les chrétiens et marquer ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre tous les baptisés:

''Je pense que le sens de l'encyclique Laudato Si' ne se limite pas à la question de l'écologie en tant que tel. Elle revêt une dimension œcuménique importante qui encourage tous les chrétiens divisés à accomplir une tâche commune. Nous vivons une époque de problèmes existentiels profonds qui dépassent nos divisions traditionnelles... Il suffit de voir ce qui se passe au Moyen-Orient: Ceux qui persécutent les chrétiens ne leur demandent pas à la confession ils appartiennent! Ici l'unité des chrétiens se construit par la persécution et le sang. C'est un œcuménisme du martyre... D'une manière similaire, la menace de la crise écologique doit aider à dépasser nos clivages traditionnels. Le danger qui guette notre maison commune, la planète sur laquelle nous vivons, est décrite dans l'encyclique d'une manière qui ne laisse aucun doute sur le danger existentiel auquel nous sommes tous confrontés. Ce danger commun est indépendamment de notre Eglise ou de nos identités religieuses. Il implique un effort commun pour éviter les conséquences catastrophiques de la situation actuelle. L'encyclique du Pape François est un appel à l'unité, à l'unité dans la prière pour l'environnement, dans la diffusion de l'Evangile de la création, dans la conversion de nos cœurs et la correction de nos modes de vie, nécessaires pour respecter et aimer tout le monde et tout ce que Dieu nous a donné.''

Le Professeur Schellnhuber a souligné que sous l'angle de la technologie et de l'énergie propre il est possible d'atteindre un résultat positif pour tous car, en fait, elles sont disponibles en abondance. Tout ce que nous avons à faire est de développer les moyens de produire l'énergie correctement et de gérer de façon responsable notre consommation. Depuis des décennies on travaille au le développement d'un réacteur de fusion incroyablement coûteux alors que nous avons la chance d'en avoir un qui fonctionne parfaitement et qui est gratuit, le soleil ! Le photovoltaïque, l'énergie éolienne et la biomasse dépendent également de la lumière solaire. Ces nouvelles technologies pourraient ouvrir un potentiel dans les pays pauvres où il n'y a pas de réseaux pour distribuer l'électricité provenant de centrales éloignées pour constituer un système viable. Tout comme il a augmenté l'utilisation des téléphones mobiles sans l'établissement préalable de lignes fixes, les pays en développement pourraient se passer des combustibles fossiles et entrer dans l'ère de la production décentralisée et directe d'énergie renouvelable... La gestion de notre planète ne peut devenir une tragédie collective. Au contraire, elle doit devenir l'histoire d'une grande transformation, qui permettra de faire levier pour surmonter les profondes inégalités du monde actuel. Certaines inégalités découlent du hasard géologique, de la répartition régionale des combustibles fossiles contrôlés par quelques-uns. Aujourd'hui la voie est enfin libre pour un avenir universel juste.''

Mme. Woo a expliqué que l'investissement dans la durabilité constitue une autre chance de progrès.

"De nombreuses études fournissent des estimations de coûts astronomiques associés aux catastrophes naturelles, présentes comme à venir, telles que la hausse du niveau des océans, la sécheresse, les inondations et les tempêtes qui ravagent la production agricole ou provoquent la perte de productivité, favorisent aussi l'augmentation des épidémies et des maladies dues à la chaleur et à la pollution... Par ailleurs les entreprises peuvent jouer un rôle important en aidant les clients à devenir des consommateurs responsables. Conception et production des biens consommables devront faire en sorte de limiter les déchets et d'utiliser les énergies renouvelables, le recyclage, la récupération et la réutilisation afin de fournir de nouvelles opportunités pour les entreprises et les clients responsables... L'encyclique affirme le rôle important que doit jouer le commerce, mais le Pape avertit..le besoin de partenariat entre les secteurs public et privé, un dialogue politique et économique qui soit favorable à l'épanouissement humain. Puisque le public et le privé ont le même objectif, et qu'ils sont intégrés dans le même réseau interconnecté de la vie, ils doivent travailler ensemble en harmonie. Cela signifie pour les entreprises être plus respectueuses des normes et de la réglementation, en particulier dans le secteur financier. Cela signifie également que les entreprises doivent s'aligner avec les nouveaux objectifs de développement durable et la nécessité d'agir pour lutter contre le changement climatique. Après tout, le commerce est une entreprise humaine et devrait viser à un authentique développement et au bien commun de l'homme.''

Mme Martano a évoqué l'écologie urbaine, menacée par la pollution, la carence de services ou par l'individualisme général. Elle est un défi pour les chrétiens car dans les banlieues où on vit mal grandissent la colère et le sentiment d'exclusion. Beaucoup se voient privés du droit au logement et on assiste souvent à la destruction de bidonvilles sans que soit proposée une alternative. Les personnes âgées sont expulsés du cadre sociale vers des établissements périphériques.... "

La violence grandit dans certains quartiers alors qu'on peut aider mieux à vivre si les gens renoncent à l'individualisme et à la démission. A Rome pendant des années, avec la Communauté de Sant'Egidio, nous avons travaillé à la suppression d'espaces pollués... Nous nous sommes basés sur les plus faibles, enfants, personnes âgées, handicapés, afin de reconstruire un tissu humain. Autour de ces personnes on peut rénover l'image de la banlieue, trouver une énergie renouvelée et faire de l'écologie humaine. L'encyclique nous invite à pratiquer le bien commun en faveur de la ville et de l'environnement qui sont notre maison commune. Nous vivons souvent des parcours humains fragmentés et contradictoires parce que chacun essaie de se débrouiller tout seul. Chacun poursuit son propre intérêt, alors qu'il y existe un salut communautaire fondé sur l'inclusion des gens et l'écologie intégrale.''

Posté le 18 juin 2015 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

«La bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan portera sur le mariage et la famille »

C'est ce qu'avait déclaré soeur Lucie, la voyante de Fatima, au cardinal Caffara.

Posté le 18 juin 2015 à 16h39 par Michel Janva | Lien permanent

17 juin 2015

Canonisation des parents de Ste Thérèse de Lisieux

Samedi 27 juin, le Pape présidera un consistoire ordinaire public pour la canonisation des bienheureux français Louis Martin (1823 - 1894) et Zélie Guérin (1831 - 1877), parents de sainte Thérèse de Lisieux.

Posté le 17 juin 2015 à 21h43 par Michel Janva | Lien permanent

Ouverture au Cambodge du procès en béatification de 35 martyrs morts sous Pol Pot

Lu ici :

"Alors que le pape François vient de signer le décret ouvrant la voie à la béatification de 17 martyrs de l’Eglise du Laos, les responsables de l’Eglise catholique au Cambodge lancent le processus qui devrait aboutir à la béatification de 35 martyrs, exécutés ou morts de faim et d’épuisement sous le régime de Pol Pot et des Khmers rouges, au pouvoir entre 1975 et 1979. Si la démarche aboutit, ce sera une première pour le Cambodge, pays qui, à ce jour, ne compte pas de bienheureux et de saints reconnus par l’Eglise.[...]

Dans une société à 95 % bouddhiste, la petite communauté catholique (autour de 22 000 fidèles) poursuit son chemin de renaissance après avoir été presque totalement anéantie par les persécutions des Khmers rouges et la guerre civile jusqu’en 1990."

Posté le 17 juin 2015 à 16h02 par Marie Bethanie | Lien permanent

Un nouveau postulateur pour l'impératrice Zita

Communiqué des Amis de l'Impératrice Zita :

"Ouvert en 2009 dans le diocèse du Mans, le procès de béatification de l’Impératrice Zita d’Autriche (1892-1989) se poursuit avec un nouveau postulateur, l’abbé Alexander Leonhardt, prêtre du diocèse de Strasbourg et chapelain magistral de l’Ordre de Malte. Celui-ci a été nommé par l’acteur de la cause, l’Association pour la Béatification de l’Impératrice Zita, qui est présidée par Jean Sévillia et conseillée par le TRP Dom Philippe Dupont, Père Abbé de Solesmes et l’Archiduc Rudolf d’Autriche, petit-fils de l’Impératrice Zita. Le 6 mars 2015, l’abbé Leonhardt a prêté serment devant Mgr Yves le Saux, évêque du Mans et président du tribunal de la cause. L’Association pour la Béatification de l’Impératrice Zita vient de mettre en ligne son nouveau site : www.associationimperatricezita.com"

Posté le 17 juin 2015 à 11h00 par Michel Janva | Lien permanent

15 juin 2015

L'offertoire du Missel de 1962 dans la forme ordinaire ?

C'est la proposition du cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et ce n'est pas la seule... :

"Contrairement à ce qui a parfois été avancé, il est entièrement compatible avec la Constitution conciliaire, il est même opportun que, durant le rite de pénitence, le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique, tous, prêtre et fidèles, se tournent ensemble vers l'Orient, pour exprimer leur volonté de participer à l'oeuvre de culte et de rédemption accomplie par le Christ. Cette façon de faire pourrait opportunément être mise en acte dans les cathédrales, où la vie liturgique doit être exemplaire».

«Il serait également souhaitable que s'insère en annexe dans une prochaine édition du Missel [ordinaire] le rite de la pénitence et l'offertoire de l'usus antiquiorafin de souligner que les deux formes liturgiques s'éclairent mutuellement, en continuité et sans opposition».

Source : Benoît-et-moi

Posté le 15 juin 2015 à 20h37 par Michel Janva | Lien permanent

"Ce qui se passe aujourd’hui, surtout en Occident, est une œuvre du démon"

Interrogé par Famille chrétienne, le cardinal Sarah ne mâche pas ses mots :

"[...] Qu’on nous écoute ou qu’on ne nous écoute pas, nous parlerons et on entendra notre parole. Nous nous exprimerons avec respect, délicatesse, mais aussi avec force, en nous appuyant uniquement sur Dieu, notre force. [...]

Ce qui se passe aujourd’hui, surtout en Occident, est une œuvre du démon. Le plus grave est de vouloir imposer ces dérives aux autres continents et cultures. On nous parle des droits de l’homme, mais n’avons-nous pas des droits nous aussi, à ne pas nous voir imposer toutes ces perversions ?

Le règne de l’Antéchrist semble plus fort que jamais…

L’Église ne doit pas avoir peur ! Le Christ a dit : « N’ayez pas peur ! » Jean-Paul II l’a redit. L’Église ne doit pas avoir peur de dire l’Évangile et sa foi en Dieu, qu’elle soit écoutée ou non. C’est sa mission. Celle reçue du Christ Lui-même !

C’est le seul vrai pouvoir qu’elle ait : le pouvoir de la parole ?

Une parole qui sauve l’humanité. Si vous parlez avec clarté et fermeté pour révéler Dieu et sa Parole de Vérité, on vous dit : c’est un fondamentaliste, c’est un intolérant. Mais ce n’est pas vrai ! Est-ce que vous êtes intolérant quand vous dites à votre enfant : mentir ou tricher ce n’est pas bien ! Si vous laissez faire, vous êtes coupable. Et l’Église peut aussi être coupable de se taire. Les chrétiens persécutés, même si on les tue, ne se taisent pas. Leur voix est plus limpide, plus forte et plus glorieuse que la haine, la violence, la confusion mentale de leurs persécuteurs. Si on a peur d’être maltraité, il suffit de regarder ceux qui, autour de nous, meurent pour Jésus, et nous retrouvons courage et force. Leur sang réveille notre foi endormie ou anesthésiée par la mondanité. Il faut aujourd’hui plus de courage à l’Église, aux chrétiens, aux évêques."

Posté le 15 juin 2015 à 13h51 par Michel Janva | Lien permanent

Synode : les évêques d'Afrique se réunissent et critiquent le poids des Allemands

5 cardinaux et 45 évêques d’Afrique ont tenu une réunion à Accra, la capitale du Ghana, du 8 au 11 juin, au grand jour et non pas de manière presque secrète comme celle de certains de leurs collègues allemands, français et suisses... Objectif : préparer la prochaine session du synode consacré à la famille. La feuille de route a été donnée par le cardinal guinéen Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, dès les premières phrases qu’il a prononcées :

  • "ne pas avoir peur de réaffirmer l'enseignement du Christ à propos du mariage" ;
  • "au synode, parler de manière claire et d’une seule voix, avec un amour filial envers l’Église" ;
  • "protéger la famille contre toutes les idéologies qui tendent à la détruire et, par conséquent, également contre les politiques nationales et internationales qui empêchent de promouvoir ses valeurs positives".

Cette feuille de route (lire ici) a recueilli un consensus complet. En plus de Sarah, les autres cardinaux africains présents étaient le Camerounais Christian Tumi, le Kenyan John Njue, le Tanzanien Polycarp Pengo et l’Éthiopien Berhaneyesus D. Souraphiel, qui a été créé cardinal par le pape François lors du dernier consistoire.

L’un des schémas était intitulé "Les attentes du synode". Le professeur Adé s’est penché sur ce qu’il a appelé "la stratégie de l’Ennemi du genre humain". Cette "stratégie" - étant donné que ses objectifs les plus avancés, c’est-à-dire la bénédiction des remariages de divorcés et celle des couples homosexuels, paraissent impossibles à atteindre - consisterait à ouvrir des brèches avec l’idée de les élargir ultérieurement, tout en affirmant verbalement, bien entendu, que l’on ne veut rien changer à la doctrine. Ces brèches seraient, par exemple, les "cas particuliers" qui ont été évoqués par les novateurs, en sachant pertinemment qu’ils ne resteraient pas du tout des cas isolés. Une autre astuce est celle qui consiste à présenter les changements comme une solution "d'équilibre" entre, d’une part, les impatiences de ceux qui voudraient le divorce et les mariages homosexuels tout de suite et, d’autre part, le rigorisme dépourvu de miséricorde de la discipline de l’Église catholique en ce qui concerne le mariage. Une autre brèche encore serait celle, pratiquée dès à présent en un grand nombre d’endroits, qui consisterait à donner accès à la communion aux divorcés remariés et à tous les couples qui vivent en dehors des liens du mariage, sans même attendre qu’une décision, quelle qu’elle soit, ait été prise en la matière par le synode et par le pape.

Le professeur Adé a mis les participants en garde contre les "chevaux de Troie" qui sont utilisés par les novateurs, comme celui qui consiste à attribuer une valeur toujours positive à toutes les formes de vie commune en dehors du mariage, ou bien celle qui consiste à considérer que l'indissolubilité du mariage est un "idéal" qui ne peut pas être toujours atteint par tout le monde...

Posté le 15 juin 2015 à 13h47 par Michel Janva | Lien permanent

"Aucun d'entre nous a le droit de rompre avec l'enseignement constant de l'Église"

Lors d'une visite en Pologne, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a tenu une conférence à Torun, sur le thème L'Evangile du mariage et de la famille. Jeanne Smits en a traduit un extrait :

« L'herméneutique de la continuité et le développement présenté par le pape Benoît XVI comme un cadre pour le ministère des théologiens dans l'Église est toujours valide. Aucun d'entre nous a le droit de rompre avec l'enseignement constant de l'Église depuis le début, enseignement qui a été rappelé par le premier synode de l'histoire de la famille de l'Église en 1980, et présenté par saint Jean-Paul II, dans l'Exhortation post-synodale Familiaris consortio. »

Soulignant que l'on avait trop tendance à aborder la question du mariage et de la famille du seul point de vue du droit canonique, notamment en ce qui concerne l'accès à la communion, le cardinal Müller a demandé que l'on cesse de se focaliser sur les règles juridiques :

« Le droit canonique est important et nécessaire, mais on en reste à un pur formalisme, privé de profondeur, si l'on ne considère par le mariage à travers le prisme de la théologie spirituelle. » 

L'Eglise est  témoin de toute la vérité – même des vérités impopulaires. L'évangélisation exige de ne pas de brouiller la vérité révélée, pour trouver le “plus petit dénominateur commun”, acceptable par un monde sécularisé. Pour évangéliser, l'Évangile doit pénétrer tous les domaines de la vie personnelle, conjugale et familiale, sociale, culturelle, économique et politique ».

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi a rappelé que la velléité de « séparer la vie de la doctrine » est une « tentative indigne de manipulation intellectuelle de la théologie » :

« l'ethos du mariage découle de sa vérité ontologique. Cet ethos n'existe pas pour lui-même, dans un monde d'idées platonicien, mais s'applique dans la praxis. L'une des préoccupations pastorales les plus élémentaires de l'Eglise est et reste la préservation de l'unité vitale entre la doctrine et la vie de la foi. Preuve en est cette règle ancienne : Lex orandi, lex credendi. »

Posté le 15 juin 2015 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

14 juin 2015

Connaissez-vous le vénérable Père François Gaschon ?

Il s'agit d'un prêtre français dont nous célébrons cette année le bicentenaire de la mort.

6a00d83451619c69e201b7c79de263970b-250wiUn site Internet de grande qualité lui est consacré, grâce auquel vous en apprendrez plus sur ce modèle de curé dans les temps troubles de la Révolution et de l'Empire. Pour vous donner une idée de "l'odeur de sainteté" qui émanait de lui de son vivant, le Saint curé d'Ars disait à un pèlerin du Livradois (pays d'Auvergne où œuvrait notre vénérable): "Quel besoin avez-vous de venir me voir? Vous avez à Ambert le Père Gaschon!"

Sa cause de béatification, dont le Père Bruno Samson, bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame de Randol, qui vient de lui consacrer, est postulateur, a besoin d'un miracle authentifié par une enquête.

Il est particulièrement invoqué : pour les enfants, notamment les petits enfants morts sans baptême, pour obtenir la paix et la réconciliation au sein des familles et des communautés, pour la guérison de toutes sortes d'infirmités; pour les vocations sacerdotales et religieuses, enfin dans les affaires immobilières délicates.

Un programme très complet de festivités marque les 200 ans de son rappel à Dieu: pèlerinages, colloque, conférences et veillées, ... Le détail en est fourni sur le site.

Posté le 14 juin 2015 à 11h49 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (2)

12 juin 2015

L'eucharistie n'est pas un rite de socialisation

Le cardinal Ennio Antonelli a été le président du Conseil pontifical pour la famille et c’est lui qui a été chargé de l’organisation des deux Rencontres mondiales des familles qui ont précédé celle qui va avoir lieu prochainement à Philadelphie : celle de Mexico en 2009 et celle de Milan en 2012. Il a été archevêque d’abord de Pérouse et ensuite de Florence, ainsi que, pendant six ans, secrétaire de la conférence des évêques d’Italie. Il fait partie du mouvement des Focolari.

Il participe activement à la discussion qui a lieu actuellement autour du synode et vient de publier un ouvrage. Extraits :

E"[...] Il est vrai que l’eucharistie est nécessaire pour le salut, mais cela ne veut pas dire que seuls ceux qui reçoivent ce sacrement sont effectivement sauvés. Un chrétien non catholique - ou même un croyant d’une autre religion qui n’est pas baptisé - pourrait être plus uni spirituellement à Dieu qu’un catholique pratiquant et, malgré cela, il ne peut pas être admis à la communion eucharistique parce qu’il n’est pas en pleine communion visible avec l’Église.

L’eucharistie est le sommet et la source de la communion spirituelle et visible. La visibilité est également essentielle, dans la mesure où l’Église est le sacrement général du salut et le signe public du Christ sauveur du monde. Cependant les divorcés remariés et les autres personnes qui vivent ensemble dans des conditions irrégulières sont, malheureusement, dans une situation objective et publique d’opposition grave vis-à-vis de l’Évangile et de la doctrine de l’Église.

Dans l’actuel contexte culturel de relativisme, l’eucharistie risque d’être banalisée et réduite à l’état de rite de socialisation. Il est déjà arrivé que des personnes qui n’étaient même pas baptisées se soient approchées de la table de communion, parce qu’elles pensaient faire ainsi un geste de courtoisie, ou que des incroyants aient réclamé le droit de communier à l’occasion d’un mariage ou de funérailles, simplement pour manifester leur solidarité envers leurs amis. [...]

Admettre les divorcés remariés et les concubins à la table de communion implique une séparation entre la miséricorde et la conversion qui ne paraît pas en harmonie avec l’Évangile. Il s’agirait là de l’unique cas de pardon sans conversion. Dieu accorde toujours son pardon ; mais on ne peut le recevoir que si l’on est humble, si l’on reconnaît que l’on a péché et si l’on s’engage à changer de vie. Au contraire le climat de relativisme et de subjectivisme éthico-religieux qui règne actuellement favorise l’autojustification, en particulier dans le domaine affectif et sexuel. On a tendance à minimiser sa propre responsabilité, en attribuant les éventuels échecs aux conditionnements sociaux. D’autre part il est facile d’attribuer la responsabilité de l’échec à l’autre conjoint et de se proclamer innocent.

Toutefois il ne faut pas dissimuler le fait que, si la responsabilité de l’échec peut dans certains cas incomber à un seul des deux conjoints, au moins la responsabilité de la nouvelle union (illégitime) incombe aux deux partenaires et c’est principalement cette union qui, tant qu’elle dure, empêche l’accès à l’eucharistie. La tendance à porter sur la seconde union un regard positif et à considérer que seule la séparation qui l’a précédée est un péché n’a pas de fondement théologique. Il ne suffit pas de faire pénitence uniquement pour cette séparation. Il faut changer de vie.

Habituellement, les gens qui sont favorables à l’accès des divorcés remariés et des concubins à la communion eucharistique affirment que l’indissolubilité du mariage n’est pas mise en discussion. Cependant, au-delà de leurs intentions, étant donnée l’incohérence doctrinale qui existe entre le fait d’admettre ces personnes à l’eucharistie et l’indissolubilité du mariage, on finira par nier, dans la pratique concrète, ce que l’on continuera à affirmer théoriquement comme un principe, ce qui risquera de réduire le mariage indissoluble à un idéal, beau peut-être, mais réalisable uniquement par quelques personnes chanceuses. [...] On peut prévoir que la communion eucharistique des divorcés remariés et des personnes qui vivent en concubinage va, elle aussi, devenir rapidement un fait généralisé. À ce moment-là, parler de l’indissolubilité du mariage n’aura plus beaucoup de sens et la célébration même du sacrement de mariage perdra sa valeur pratique."

Posté le 12 juin 2015 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

Inauguration d'une église aux Emirats arabes unis

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"50 ans après l’ouverture de l’église Saint Joseph, aujourd’hui la cathédrale Saint-Joseph à Abou Dhabi, une deuxième église a été inaugurée hier, par le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin, le vicaire apostolique d’Arabie du Sud Mgr Paul Hinder, et le ministre de la Culture des Emirats le cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan. L’église, dédiée à saint Paul, a été consacrée aujourd’hui par le cardinal Parolin en présence de milliers de fidèles (surtout philippins et indiens)."

Posté le 12 juin 2015 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent

Béatification de 17 martyrs du Laos communiste

Lu sur Eglises d'Asie :

"A ce jour, les autorités laotiennes – habituellement discrètes – n’ont pas réagi à l’annonce par Rome de la signature, le 5 juin dernier, par le pape François de la promulgation des décrets relatifs au martyre de 17 prêtres et laïcs laotiens et missionnaires étrangers, tués au Laos entre 1954 et 1970. C’est pourtant la première fois que l’Eglise catholique s’aventure à béatifier des martyrs tués en Asie par des organisations communistes dont les héritiers directs sont toujours au pouvoir. 

Le gouvernement laotien n’est pas pris par surprise. La cause de béatification de ces 17 martyrs a été introduite en 2004, et ce sont les évêques du Laos qui l’ont voulue, convaincus que la béatification de leurs martyrs contribuera à l’édification de l’Eglise dans leur pays. Selon les propres termes des évêques laotiens, l’Eglise du Laos est « encore une jeune plante bien fragile : elle a besoin de trouver des ‘tuteurs’, des appuis surnaturels solides » pour mener son parcours dans un environnement trop souvent hostile. [...]

Dans le cas des 17 martyrs du Laos, les dossiers le montrent : le P. Joseph Thao Tiên et seize autres prêtres et laïcs assassinés, exécutés ou morts d’épuisement entre 1954 et 1970, ont trouvé la mort dans un contexte politique particulièrement complexe, celui de la décolonisation, des guerres de libération nationale et de la guerre froide.

[...] Quarante-cinq ans après la mort des deux catéchistes tués en 1970 qui clôturent la liste de ces dix-sept martyrs, le Pathet Lao, qui a pris le pouvoir en 1975 après avoir défait les forces royalistes, est toujours aux commandes de la République populaire démocratique lao. Dans ce pays culturellement bouddhiste, les chrétiens ne représentent qu’une petite minorité et les catholiques sont au nombre de 50 à 60 000. Les évêques des quatre vicariats apostoliques de l’Eglise locale (Luang Prabang, Paksé, Savannakhet, Vientiane) ont appris à rester discrets afin de préserver l’espace de liberté concédé par le pouvoir en place.

Pour la béatification de ces 17 martyrs, qui pourrait avoir lieu en mai ou juin 2016, les évêques laotiens tiennent cependant fermement à ce que la cérémonie soit organisée au Laos. Le lieu reste à déterminer mais, selon nos informations, les évêques assument les risques qu’un tel événement représente. [...]"

Posté le 12 juin 2015 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent

11 juin 2015

Jésus ne se laisse pas enfermer dans la casuistique des pharisiens qui cherchent à transiger avec la loi

Le philosophe Thibaud Collin répond dans Famille chrétienne à la tribune du père Garrigues sur les divorcés remariés. Extrait :

"[...] le Père Garrigues, après des analyses fort pertinentes sur la nécessaire gradualité dans l’accompagnement pastoral, conclut en faisant des propositions, elles, directement opposées à l’enseignement de l’Église. D’où l’étonnement d’un grand nombre de lecteurs : comment un théologien de sa stature peut-il, dans le même texte, réclamer le respect dû à la doctrine de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI sur le mariage et les contredire frontalement ? Quelle peut être la source d’une telle incohérence ? Tel est le problème dont la solution se trouve, nous le constaterons, dans l’entretien lui-même.

Le Père Garrigues est conduit par le Père Spadaro à considérer deux cas dans lesquels l’interdiction pour des divorcés remariés de communier pourrait connaître des exceptions. [...]

La solution préconisée par le Père Garrigues consiste à privilégier le for interne, en contournant le jugement rendu par le tribunal ecclésiastique, au for externe donc. Cette « solution » est bien connue puisqu’elle correspond à ce que certains évêques allemands, dont le cardinal Kasper, avaient déjà imaginé en 1993. Le cardinal Ratzinger leur avait alors répondu : « L’Exhortation Familiaris consortio, quand elle invite les pasteurs à bien distinguer les diverses situations des divorcés remariés, rappelle aussi le cas de ceux qui sont subjectivement certains, en conscience, que le mariage précédent, irréparablement détruit, n’a jamais été valide (§84). Il faut certainement discerner à travers la voie du for externe, établie par l’Église, s’il y a objectivement une telle nullité du mariage. La discipline de l’Église, tout en confirmant la compétence exclusive des tribunaux ecclésiastiques dans l’examen de la validité du mariage de catholiques, offre à présent de nouvelles voies pour démontrer la nullité de l’union précédente, afin d’exclure le plus possible toute discordance entre la vérité vérifiable dans le procès et la vérité objective connue par la conscience droite (les canons 1536 §2 et 1679 du Code de Droit canonique sur la force de preuve qu’ont les déclarations des parties dans de tels procès). S’en tenir au jugement de l’Eglise et observer la discipline en vigueur sur le caractère obligatoire de la forme canonique comme nécessaire pour la validité des mariages des catholiques, est ce qui sert vraiment le bien spirituel des fidèles intéressés. »

[...] Se manifeste dans cette « solution » une conception spiritualisante, pour ne pas dire éthérée, du mode de médiation de l’Église qui en ces temps de subjectivisme aigu ruinerait de proche en proche les ordres objectifs de la morale, du droit et même de la sacramentalité. Par ailleurs, la solution au for interne nie le caractère intrinsèquement public du mariage, souligné dans la Lettre du cardinal Ratzinger. [...]

D’où vient une telle erreur de lecture et de raisonnement ? 

C’est qu’il lit saint Thomas et la doctrine de saint Jean-Paul II avec un schème légaliste considérant la loi comme un idéal que l’homme ne peut qu’exceptionnellement atteindre. La pastorale devient ainsi une entreprise de casuistique pour proportionner la norme à la situation du fidèle en chemin. Cela ressemble plus à du Xavier Thévenot qu’à du saint Thomas et du saint Jean-Paul II. De là, sa stigmatisation d’une « Église des purs » qu’il présente comme un club de psychorigides et de pharisiens intransigeants. Il aborde donc la question de manière psychologique, là où on attendrait de la part d’un professeur de dogmatique un peu plus de rigueur intellectuelle dans la distinction des niveaux.

Les nombreuses incohérences du propos ont donc pour racine une erreur de méthode. Comme le dit le cardinal Caffarra, Jésus ne se laisse pas enfermer dans la casuistique des pharisiens légalistes qui cherchent à transiger avec la loi de Dieu. Il leur répond en les tournant vers le Principe, vers la vérité du mariage : « Je voudrais préciser que cette expression ne désigne pas une règle idéale du mariage. Elle indique ce que Dieu, par son acte créateur, a inscrit dans la personne de l’homme et de la femme. Le Christ dit qu’avant de considérer les cas, il faut savoir de quoi nous parlons. Il ne s’agit pas d’une règle qui admet ou pas des exceptions, d’un idéal auquel nous devons tendre. Nous parlons de ce que sont le mariage et la famille. »  La doctrine morale de l’Église n’est donc pas à mettre en tension avec l’accompagnement pastoral de cas singuliers qu’elle n’aurait pas envisagés en raison de son universalité désincarnée. Comme l’ajoute le cardinal Caffarra : « L’essence des propositions normatives de la morale et du droit se trouve dans la vérité du bien qui, par essence, est objectivée. Si on ne se met pas dans cette perspective, on tombe dans la casuistique des Pharisiens. Et on n’en sort plus, parce qu’on arrive dans une impasse au bout de laquelle on est forcé de choisir entre la règle morale et la personne. Si on sauve l’une, on ne sauve pas l’autre. La question du berger est donc la suivante : comment puis-je guider les conjoints à vivre leur amour conjugal dans la vérité ? Le problème n’est pas de vérifier si les conjoints se trouvent dans une situation qui les exempte d’une règle, mais quel est le bien du rapport conjugal. Quelle est sa vérité intime. »

Vue dans cette lumière la discipline sacramentelle n’est pas une règle extérieure qu’il s’agirait de contourner habilement ou d’imposer de manière impitoyable ; elle est la gardienne du vrai bien que tous sont appelés à réaliser dans leur vie quelle que soit leur situation de péché. La vérité du bien à réaliser est le fondement d’une juste intelligence de la gradualité et d’une pastorale ordonnée à la réception de la miséricorde. C’est ce qu’incarne excellemment la proposition du père Thomas Michelet de redécouvrir l’ancienne pratique de l’ordre des pénitents. Le Père Garrigues pour éviter l’attitude de « l’esprit dur et du cœur sec » tombe ainsi, bien qu’il la rejette en paroles, dans l’attitude inverse du « cœur tendre et de l’esprit mou ». Il confond gravement la loi de gradualité avec la gradualité de la loi qui supprime les actes intrinsèquement mauvais et ouvre ainsi au subjectivisme moral et à la permissivité sacramentelle. Pour garder « un cœur tendre et un esprit dur » et pour sortir de cette dialectique stérilisante, il est urgent d’enfin méditer et mettre en pratique l’immense apport magistériel de saint Jean-Paul II sur le mariage et la famille. Aucune pastorale des divorcés remariés ne pourra faire l’économie des fondements anthropologiques et éthiques du sacrement de mariage tels qu’il les a explicités."

Posté le 11 juin 2015 à 14h17 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2015

Le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir

Jeanne Smits a interrogé Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan. En voici un court extrait :

"[...] Saint Paul a dit que nous devons transmettre la vérité dans la charité. Dans l’amour. Lorsque je parle à une personne avec révérence et compréhension, que je l’estime, même un pécheur, alors elle sera plus ouverte aux arguments que je pourrai donner. Ce n’est qu’une méthode, et c’est un premier point. Deuxième point : nous devons lui dire la vérité intégrale, toute la vérité, telle qu’elle est. Quand vous enseignez les mathématiques, vous en enseignerez les règles : vous ne pouvez choisir de ne pas observer telle règle, sous peine de ne rien pouvoir calculer. L’être humain et son âme sont plus importants que les problèmes temporels. Il faut donc dire toute la vérité. « Maintenant vous pouvez choisir, vous êtes libre, je ne vous oblige pas, mais voici la vérité. Quand vous le voudrez, je pourrai vous aider. » Nous devons donc faire des catéchèses, des homélies, des déclarations très claires sur la règle objective et la loi de la sexualité, et aussi inviter ces personnes à utiliser le moyen donné par Dieu : la prière. Si vous n’avez pas la force d’observer ces commandements, priez, Dieu vous les donnera. Allez à l’église, priez, et demandez la grâce de la conversion.

Le cardinal Kasper dirait que l’Eucharistie est justement une aide pour les pécheurs, une nourriture qui aiderait ces personnes…

Cela est faux et mensonger. Ces personnes sont malades : malades dans leurs âmes. A un diabétique, je ne peux donner de sucre : je le tuerais. Alors même que le sucre est bon pour les personnes en bonne santé. Ce diabétique aime le sucre, il en a mangé toute sa vie. Je lui refuse le sucre et il m’accuse d’être cruel à son égard, et demande que je lui en redonne. Je lui répondrai « non, je ne vous en donnerai pas parce que vous êtes diabétique, je vous tuerais ». Le cardinal Kasper ment aux âmes de ces personnes en leur donnant la communion. C’est un comportement très irresponsable.

Au synode il n’a été question, ni dans le rapport d’étape ni dans le rapport final, de péché mortel, de ciel ou d’enfer.

Cela est très triste. Tout l’Evangile, toutes les lettres des Apôtres, les Pères de l’Eglise parlent clairement des dangers du péché ; ils parlent de la repentance et de la grâce. C’est le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir. Il disait : Recevez la grâce, priez ; Il parlait du Royaume des cieux, Il demandait que l’on regarde vers le Royaume, le surnaturel. Cette omission – à savoir de n’avoir pas parlé du péché mortel au synode – je la tiens pour très grave.

On a beaucoup parlé du fait de changer la pratique pastorale et non sa doctrine. Est-il possible de faire cela et jusqu’à quel point ? Et le fait de changer la pratique ne change-t-il pas la doctrine, au moins dans l’esprit des fidèles ?

Oui. C’est, tout simplement, un mensonge. C’est une contradiction qui va contre le bon sens et la raison. Comment puis-je dire que nous respectons l’indissolubilité du mariage et en même temps donner à ceux qui contredisent cette vérité par leur vie au sein d’unions de divorcés la plus officielle des reconnaissances dont l’Eglise dispose, qui est la sainte communion ? La communion est par nature une expression du fait que celui qui la reçoit est en pleine communion avec Dieu, avec ses Commandements et avec l’Eglise. Donc c’est un mensonge : ces personnes ne sont pas en pleine communion avec tous les Commandements de Dieu. C’est une attitude qui est typique de la Gnose. Pour le gnostique, l’important est la pensée, non ce que l’on fait. Cela a toujours été caractéristique de la Gnose, même de la Gnose chrétienne au IIe siècle par exemple. C’est pourquoi cette proposition est gnostique, elle est mensongère, elle contredit la raison.

On ne peut pas dire la même chose du chrétien ordinaire qui pèche mais qui communie ; la question n'est-elle pas de la distinction entre péché mortel et péché véniel ?

La question ici n’est pas celle du péché mortel ou du péché véniel, c’est celle du repentir. Je me repentis de ce que j’ai fait. Dans le cas des divorcés remariés, le cardinal Kasper et ses alliés les dispensent du repentir. Ils continuent dans le péché mortel sans le repentir parce qu’ils ne admettent pas leur actes sexuels – qui sont en effet des actes sexuels hors d’un mariage valide – sont des péchés mortels. [...]"

Posté le 6 juin 2015 à 19h26 par Michel Janva | Lien permanent

05 juin 2015

Communion pour les divorcés remariés : le cardinal Kasper reconnaît qu'il n'a pas l'appui du pape

Un rétropédalage dans un entretien traduit par Jeanne Smits :

"Votre Eminence, je sais que vous avez fait cette proposition et que vous l'avez soumise au corps des évêques, et que vous en avez vraiment fait la publicité en essayant de la présenter à des gens dans le monde entier. Ressentez-vous une quelconque responsabilité par rapport à ce phénomène dont les gens me parlent par lettre, particulièrement des prêtres : des couples divorcés remariés, des couples gays se présentent à la fin de la messe et disent : « Nous voulons la communion, vous devez nous donner la communion. C'est clairement ce que veut le pape. » Ressentez-vous une responsabilité personnelle à cet égard ?  

Eh bien, c'est un malentendu, et d'abord, c'était une question, et j'ai posé cette question pour ouvrir le débat. Ce n'est pas une proposition. Et donc, évidemment, un couple peut venir et désirer la sainte communion. J'ai parlé d'un processus pénitentiel, d'un chemin pénitentiel. Cela demande du temps… 

Mais il y a déjà un processus pénitentiel. Je veux dire, il y a déjà le processus canonique de la nullité, n'est-ce pas ? 

Ouais, le processus de nullité est une chose; je ne suis pas ça. "Un processus de nullité". C'est une chose…

Donc il s'agit ici d'un autre processus ?

Oui, c'est un autre processus, mais si les gens, eh bien s'ils ont une déclaration de nullité, ils peuvent venir à la sainte communion, c'est clair. 

Mais vous comprenez que lorsqu'un homme d'Eglise comme vous, un théologien, une figure qui jouit d'une estime internationale, un responsable de la Curie dit : « Voici ma proposition, et le pape est d'accord avec moi », cela cause quelque… 

Eh bien cela, je ne l'ai pas dit. 

Mais vous avez bien dit, et la citation est celle-ci : « Clairement c'est ce qu'il veut » et le pape a approuvé ma proposition. Ce sont les citations de l'époque… 

Non… Il n'a pas approuvé ma proposition. La pape voulait que je pose la question, et par la suite, de manière générale, devant tous les cardinaux, il a exprimé sa satisfaction par rapport à mes paroles. Mais pas la fin, pas dans le… Je ne dirais pas qu'il a approuvé la proposition, non, non. »

Posté le 5 juin 2015 à 22h47 par Michel Janva | Lien permanent

FSSPX : Mgr Fellay a reçu un mandat romain

Nicolas Senèze, journaliste à La Croix, est un lecteur attentif du Forum catholique. Après y avoir lu ce fil du 3 juin, il a publié un article le 4 juin dans La Croix (repris ici) dont voici un extrait :

"Le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), Mgr Bernard Fellay, a affirmé le 10 mai dernier au cours d’une homélie aux États-Unis avoir reçu un mandat de la Congrégation pour la doctrine de la foi afin de juger de délits graves commis par des prêtres de la FSSPX.

[...] « J’ai été nommé par Rome, par la Congrégation de la Foi pour prononcer des jugements, des jugements canoniques d’Église pour certains de nos prêtres qui appartiennent à une fraternité qui, pour eux, n’existe pas », a-t-il souligné, dénonçant « une belle contradiction ». [...]

Le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Mgr Guido Pozzo, a confirmé au site Vatican insider la décision de la congrégation, de qui dépend la commission chargée du dialogue avec les intégristes.

« La décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne signifie pas que les problèmes encore existants ont été résolus, mais il est un signe de bonne volonté et de la magnanimité, a-t-il expliqué. Je ne vois pas de contradiction, mais plutôt une étape vers la réconciliation. » [...]"

Dimanche de la Pentecôte, Mgr Fellay s'est exprimé sur la notion galvaudée de miséricorde divine, appelant à profiter de l'Année sainte qui sera ouverte par le pape.

"En soi, la miséricorde est un mot qui est cher au cœur de tout catholique, car il exprime la manifestation la plus touchante de l’amour de Dieu envers nous. Dans les siècles passés, les apparitions du Sacré-Cœur ne sont pas autre chose qu’une révélation plus intense de cette miséricorde de Dieu envers les hommes. Il faut en dire tout autant de la dévotion au Cœur douloureux et immaculé de Marie. Cependant la vraie miséricorde, qui implique ce premier mouvement extrêmement touchant de Dieu envers le pécheur et sa misère, se continue dans un mouvement de conversion de la créature vers Dieu : « Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez. 33, 11). D’où l’insistance des Evangiles sur le devoir de conversion, de renoncement et de pénitence. Notre Seigneur est allé jusqu’à dire : « si vous ne faites pas pénitence, vous mourrez tous »  (Lc 13, 5). Cet appel à la conversion, c’est le fond de l’Evangile, que l’on trouve aussi bien chez saint Jean-Baptiste que chez saint Pierre. Lorsque les pécheurs, touchés par la prédication, demandent ce qu’ils doivent faire, ils n’entendent que cette voix : « convertissez-vous, et faites pénitence ». La sainte Vierge dans les apparitions de ces derniers siècles, à La Salette comme à Lourdes ou Fatima, ne dit pas autre chose : « prière et pénitence ».

Or les nouveaux prédicateurs d’une nouvelle miséricorde insistent tellement sur le premier pas fait par Dieu vers les hommes perdus par le péché, l’ignorance, la misère, qu’ils omettent trop souvent ce deuxième mouvement qui doit venir de la créature : le repentir, la conversion, le rejet du péché. Finalement la nouvelle miséricorde n’est rien d’autre qu’un regard complaisant sur le péché."

Posté le 5 juin 2015 à 07h27 par Michel Janva | Lien permanent

04 juin 2015

Refus de baptême : l'évêque de Liège réagit

Mgr Delville, évêque de Liège, communique suite au refus d'un prêtre de baptiser un bébé :

"La question du refus du baptême s’est posée d’une manière particulière ces jours-ci à Fléron, où officie l’abbé Olivier Windels qui, par ailleurs, est vicaire épiscopal du vicariat «Annoncer l’évangile» dans le diocèse de Liège.

Une famille demandait le baptême pour son enfant, mais affirmait ne pas être croyante. Le prêtre a alors proposé de faire une célébration d’accueil de l’enfant, mais pas le baptême, qui suppose la foi des parents et leur engagement à veiller, avec l’aide de la communauté chrétienne, à l’éveil à la foi de leur enfant.

Ceci a suscité suite à un article paru dans le groupe SudPresse, un vif débat sur les antennes de la radio Vivacité, ce mardi 2 juin à 10h30 dans l’émission «C’est vous qui le dites», animée par Benjamin Maréchal.

J’invite chacun à écouter ce débat, qui donne les arguments dans les différents sens. Cela nous permet de faire le point sur la pratique actuelle et de valoriser une démarche en grand développement, le baptême des enfants en âge de scolarité (7 ans environ), des grands jeunes et des adultes (catéchuménat).

Il vaut mieux en effet, si l’enfant n’est pas soutenu par la foi des parents, qu’il soit baptisé plus tard par exemple, lorsqu’on souhaite faire sa première communion en tout cas dans le cadre d’une démarche personnelle et que l’on bénéficie d’une préparation adaptée et dynamique.

On se souviendra que le baptême est une réponse à l’appel de Dieu et qu’il atteint dès lors sa pleine signification lorsque le choix de répondre «oui» est volontaire et libre, même si parfois différée dans le temps.

J’espère que personne ne se sentira lésé dans cette situation et dans ce débat, mais qu’au contraire, ceci permettra d’évoluer vers plus d’authenticité dans la démarche religieuse."

Pour rappel, le Code de droit canonique de l'Eglise demande :

"Can. 868 - § 1. Pour qu'un enfant soit baptisé licitement, il faut [...] qu'il y ait un espoir fondé que l'enfant sera éduqué dans la religion catholiquesi cet espoir fait totalement défaut, le baptême sera différé, selon les dispositions du droit particulier, et les parents informés du motif."

Posté le 4 juin 2015 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

03 juin 2015

18 et 19 juin : conférences de Didier Rance en Alsace sur les chrétiens d'Orient

Bibi

Posté le 3 juin 2015 à 13h40 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

02 juin 2015

7 juin : procession de la Fête-Dieu à Pont-de-Veyle (01)

Pdv"Dimanche 7 Juin 2015, Solennité de la Fête Dieu.

Venez Adorer Jésus présent au Très Saint Sacrement !

10h00 : depuis la cour de la Cure* de Pont de Veyle (01), départ de la Procession du Très Saint Sacrement (avec les cantiques traditionnels) 

10h30 : Messe solennelle à l'église. Prévoyez vos pétales de roses !

*la Cure se situe face au fleuriste de la rue principale de Pont de Veyle".

Posté le 2 juin 2015 à 22h04 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

01 juin 2015

Même si la foudre peut s'abattre sur l'Eglise...

... celle-ci resterait debout. 

 

Posté le 1 juin 2015 à 23h16 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)


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