22 octobre 2014

Rome-FSSPX : "les enseignements de Vatican II ont un degré d’autorité et un caractère contraignant extrêmement variable en fonction des textes"

Famille chrétienne a interrogé le secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, Mgr Pozzo, à propos des discussions entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X. Extraits :

"[...] C’est précisément pour dépasser les difficultés de nature doctrinale qui subsistent encore que le Saint-Siège entretient des rapports et des discussions avec la FSSPX, par le biais de la commission pontificale Ecclesia Dei. Celle-ci est étroitement liée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, puisque le président de la commission est le préfet de la Congrégation lui-même.

Ces relations et ces échanges se poursuivent depuis l’élection du pape François. Ils aident à clarifier les positions respectives sur les sujets controversés, pour éviter les incompréhensions et les malentendus, en maintenant vif l’espoir que les ­difficultés empêchant encore d’atteindre la pleine réconciliation et la pleine communion avec le Siège apostolique puissent être dépassées.

Quels sont les sujets de désaccord qui persistent ?

Les aspects controversés concernent d’une part l’estimation de la situation ecclésiale dans la période postérieure au concile Vatican II et des causes qui ont produit certains remous théologiques et pastoraux dans la période de l’après-concile et, plus généralement, dans le contexte de la modernité.

D’autre part, ils portent sur quelques points spécifiques relatifs à l’œcuménisme, au dialogue avec les religions du monde et à la question de la liberté religieuse.

Quelles sont les solutions juridiques qui pourraient être adoptées pour la FSSPX en cas d’accord ?

Dans le cas d’une réconciliation complète, le statut canonique proposé par le Saint-Siège est celui d’une prélature personnelle. Sur ce point, je crois qu’il n’y a pas de problème de la part de la FSSPX. [...]

Est-il envisageable de dissocier accord juridique et discussion doctrinale ? De mettre en place une prélature personnelle, tout en poursuivant, sur le plus long terme, les discussions sur les points théologiques controversés ?

En cohérence avec le motu proprio Ecclesiae Unitatem de Benoît XVI (2009), la Congrégation pour la doctrine de la foi a toujours considéré que le dépassement des problèmes de nature doctrinale était la condition indispensable et nécessaire pour pouvoir procéder à la reconnaissance canonique de la Fraternité.

Je me permets cependant de préciser que le dépassement des difficultés d’ordre doctrinal ne signifie pas que les réserves ou les positions de la FSSPX sur certains aspects qui ne relèvent pas du domaine de la foi mais qui concernent des thèmes pastoraux ou d’enseignement prudentiel du Magistère doivent être nécessairement retirées ou annulées par la Fraternité. Le désir de poursuivre la discussion et l’approfondissement de tels sujets qui font difficulté à la FSSPX, en vue de précisions et de clarifications ultérieures, non seulement est toujours possible, mais – au moins à mon avis – souhaitable et à encourager. On ne lui demande par conséquent pas de renoncer à cette exigence qu’elle manifeste à l’égard d’un certain nombre de thèmes.

Quel est alors le point « non négociable » ?

Ce qui est essentiel, ce à quoi on ne peut pas renoncer, c’est l’adhésion à la Professio fidei et au principe selon lequel c’est au seul magistère de l’Église qu’a été confiée par le Seigneur la faculté d’interpréter authentiquement, c’est-à-dire avec l’autorité du Christ, la parole de Dieu écrite et transmise. C’est la doctrine catholique, rappelée par le concile Vatican II (Dei Verbum, 10), mais déjà expressément enseignée par Pie XII dans l’encyclique Humani generis. Cela signifie que le Magistère, s’il n’est certes pas au-dessus de l’Écriture et de la Tradition, est néanmoins l’instance authentique qui juge des interprétations sur l’Écriture et la Tradition, de quelque part qu’elles émanent.

Par conséquent, s’il existe différents degrés d’autorité et d’adhésion des fidèles à ses enseignements – comme le déclare la constitution dogmatique Lumen gentium (25) du concile Vatican II –, nul ne peut se mettre au-dessus du Magistère. Je pense et j’espère vivement que dans ce cadre doctrinal que je viens d’évoquer, nous pourrons trouver le point de convergence et d’entente commune, car ce sujet précis est un point de doctrine appartenant à la foi catholique, et non à une légitime discussion théologique ou à des critères pastoraux.

Un point capital, mais en même temps clairement délimité…

Il n’est pas vrai de dire que le Saint-Siège entend imposer une capitulation à la FSSPX. Bien au contraire, il l’invite à se retrouver à ses côtés dans un même cadre de principes doctrinaux nécessaires pour garantir la même adhésion à la foi et à la doctrine catholique sur le Magistère et la Tradition, en laissant dans le même temps au champ de l’étude et de l’approfondissement les réserves qu’elle a soulevées sur certains aspects et formulations des documents du concile Vatican II, et sur certaines réformes dont il a été suivi, mais qui ne concernent pas des matières dogmatiques ou doctrinalement indiscutables.

Il n’y a aucun doute sur le fait que les enseignements de Vatican II ont un degré d’autorité et un caractère contraignant extrêmement variable en fonction des textes. Ainsi, par exemple, les constitutions Lumen gentium sur l’Église et Dei Verbum sur la Révélation divine ont le caractère d’une déclaration doctrinale, même s’il n’y a pas eu de définitions dogmatiques. Tandis que, pour leur part, les déclarations sur la liberté religieuse, sur les religions non chrétiennes, et le décret sur l’œcuménisme, ont un degréd’autorité et un caractère contraignant différents et inférieurs.

Pensez-vous que les discussions puissent désormais aboutir rapidement ?

Je ne pense pas qu’on puisse indiquer dès à présent une échéance précise pour la conclusion du chemin entrepris. L’engagement de notre part et, je suppose, de la part du supérieur de la FSSPX, consiste à procéder par étapes, sans raccourcis improvisés, mais aussi avec l’objectif clairement affiché de promouvoir l’unité dans la charité de l’Église ­universelle guidée par le successeur de Pierre. « Caritas urget nos ! » [« La charité nous presse ! »], comme le déclare saint Paul."

Posté le 22 octobre 2014 à 09h54 par Michel Janva | Lien permanent

21 octobre 2014

Premier pèlerinage à Rome pour des personnes sans domicile fixe

Accompagnées par le Père Nicolas Buttet, 150 personnes ayant vécu ou vivant encore dans la rue, venues de Paris, Marseille et Nantes, effectuent en ce moment un pèlerinage inédit de quatre jours à Rome. Elles participeront demain à l'audience générale du pape François place Saint-Pierre.

L'Association pour l'Amitié et l'association Lazare ont été proposer ce pèlerinage non seulement aux personnes qu'elles accueillent (dans des colocations avec de jeunes volontaires catholiques), mais aussi aux SDF assistés par d'autres associations catholiques, comme Aux captifs la libération. Pourquoi les emmener à Rome ?

"Les personnes dans la rue ne cherchent pas qu’un logement. Certaines veulent approfondir la foi." L'objectif de ce pèlerinage est donc avant tout de "montrer aux participants que l’Église les aime, et, à travers elle, le Christ".

Posté le 21 octobre 2014 à 14h56 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (2)

20 octobre 2014

La communion pour les "divorcés remariés" : un cheval de Troie

Répondant à ceux qui ont une vision un peu irénique de la vie de l'Eglise, à ceux qui ne semblent pas connaître la vie réelle et qui s'enferment dans des pseudo-réflexions casuistiques sur la miséricorde, ou encore ceux qui sont sidérés par leur propre respect humain, le cardinal Pell affirme sans ambage :

"La communion pour les divorcés remariés n’est que la pointe de l’iceberg, le cheval de Troie ; l’Eglise ne peut aller dans cette direction."

En effet les partisans de la communion pour les divorcés remariés semblent avoir une visée bien plus élargie, revendiquant ‘la reconnaissance des unions civiles et des unions homosexuelles.’

Le Cardinal Pell, préfet du Secrétaire pour l’Economie, déclare que seulement 3 cercles mineurs sur les 10 du Synode acceptent les propositions du Cardinal Kasper. Il critique la «Relatio post disceptationem» publiée lundi dernier, la qualifiant de tendancieuse et d’irrégulière, expliquant qu’elle ‘ne représente pas avec exactitude les sentiments des Pères du Synode’. Enfin il assure :

"Nous n’allons pas céder à l’agenda séculaire, nous n’allons pas nous effondrer. Nous n’avons aucune intention de suivre à certains éléments radicaux des églises chrétiennes, comme elles le voudraient à certains endroits, pour aller à notre perte."

Posté le 20 octobre 2014 à 09h35 par Le Salon Beige | Lien permanent

19 octobre 2014

Synode : Saint Joseph bientôt nommé Patron universel de la famille ?

 

Topic

"Le président de la Conférence épiscopale du Salvador, Mgr José Luis Escobar Alas, a officiellement proposé au Synode que Saint Joseph soit nommé patron universel de la famille : “Plût à Dieu que nous ayons cette grâce, car il est le modèle du mari, du père et le tuteur des jeunes. Mais nous devons aussi le considérer, en ce moment, comme  un défenseur des droits de la femme et des enfants. Lui qui a protégé la Sainte Famille et le Divin Enfant  au moment d’émigrer en Egypte, et de façon constante. Et permettez-moi d’ajouter que Saint Joseph continue de prendre soin de chacune de nos familles”, a expliqué Mgr. Escobar au micro de Radio Vatican."

Posté le 19 octobre 2014 à 11h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

Synode sur la famille : les cinq tentations du Pape François

Les mots de la fin, prononcés par le Pape pour clôturer le volet 2014 du Synode, rapportés par Aleteia :

"Avec un esprit de collégialité et de synodalité, nous avons vécu vraiment une expérience de Synode, un parcours solidaire, un chemin ensemble. Comme dans chaque chemin, il y a eu des moments de course rapide, quasiment à vouloir vaincre le temps et arriver le plus vite possible au milieu, et des moments de fatigue (...),d'autres moments d’enthousiasme et d’ardeur. Il y a eu des moments de profonde consolation, en écoutant le témoignage des vrais pasteurs qui portent sagement dans le cœur les joies et les larmes de leurs fidèles. Des moments de consolation et de grâce en écoutant les témoignages des familles qui ont participé au Synode et ont partagé avec nous la beauté et la joie de leur vie maritale. (...) Et puisque c’est un chemin d’hommes, avec les consolations il y a eu aussi d’autres moments de désolation, de tensions et de tentations.»

Le Pape François a alors énoncé une série de tentations qu'il a pu percevoir en écoutant les pères synodaux.

Première tentation : « La tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre (...), à l’intérieur de la loi, dans la certitude de ce que nous connaissons et non de ce que devons encore apprendre et atteindre. Du temps de Jésus, c’est la tentation des zélotes, des scrupuleux, des empressés et aujourd'hui de ceux qu’on appelle aujourd’hui des "traditionnalistes" ou aussi des "intellectualistes". »

Deuxième tentation : « La tentation d’un angélisme destructeur, qui au nom d’une miséricorde traîtressse met un pansement sur les blessures sans d’abord les soigner, qui traite les symptômes et non les causes et les racines. C’est la tentation des timorés, et aussi de ceux qu’on nomme les progressistes et les libéraux. »

Troisème tentation : « La tentation de transformer la pierre en pain pour rompre un long jeûne, pesant et douloureux (Lc 4, 1-4) et aussi de transformer le pain en pierre et la jeter contre les pécheurs, les faibles, les malades (Jn 8,7) c’est-à-dire de les transformer en fardeau insupportable (Lc 10, 27). »

Quatrième tentation : « La tentation de descendre de la Croix, pour contenter les gens, de ne pas rester à accomplir la volonté du Père, de se plier à l’esprit mondain au lieu de le purifier et de le plier à l’Esprit de Dieu. »

Cinquième tentation : « La tentation de négliger le depositum fidei (ndlr : le dépôt de la foi) en se considérant non comme les gardiens mais les propriétaires et les maîtres ou, de l’autre part, la tentation de négliger la réalité en utilisant une langue minutieuse et un langage pour dire tant de choses et ne rien dire. Nous appelons "bizantinisme" je crois, ces choses. »

Mais le Pape François a répété que ces tentations et ces contradictions étaient naturelles : « Les tentations ne doivent ni nous effrayer ni nous déconcerter et encore moins nous décourager, parce qu’aucun disciple n’est plus grand que son maître. Donc si Jésus a été tenté, ses disciples ne doivent pas s’attendre à un traitement meilleur. Personnellement j’aurai été très préoccupé et attristé s’il n’y avait pas eu ces tentations et ces discussions animées, ces mouvements de l’esprit, comme les appelait Saint Ignace de Loyola, si tous étaient d’accord ou taciturnes dans une fausse et quiétiste paix. Au lieu de cela, j’ai vu et j’ai écouté, avec joie et reconnaissance, des discours et des interventions pleines de foi, de zèle pastoral et doctrinal, de sagesse, de franchise, de courage, et de "parresia". (...) Et ceci toujours, je l’ai dit ici dans l’Aula, sans mettre en discussion les vérités fondamentales du sacrement du mariage : l’indissolubilité, l’unité, la fidélité et la procréativité, l’ouverture à la vie. »

Ainsi le Pape considérée que cette expérience synodale représentait une véritable expérience d'Église. « Ceci est l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique et composée des pècheurs, qui ont besoin de sa miséricorde. Ceci est l’Église, la vraie épouse du Christ, qui cherche à être fidèle à son époux et à sa doctrine. C’est l’Église qui n’a pas peur de manger et de boire avec les prostituées et les publicains, l’Église qui a les portes grandes ouvertes pour recevoir ceux qui sont dans le besoin, les repentis et pas seulement les justes ou ceux qui croient être parfaits ! »

Il a fait allusion aux échos médiatiques suscités par les discussions synodales : «Tant de commentateurs, ou de gens qui parlent, ont imaginé de voir une Eglise en conflit où une partie contre l’autre, en doutant même de l’Esprit Saint, le vrai promoteur et garant de l’unitè et de l’harmonie dans l’Église. L’Esprit Saint qui au long de l’Histoire a toujours mené la barque, à travers ses ministres, aussi quand la mer était contraire et agitée et les ministres infidèles et pécheurs. Et comme je vous l’ai dit au début du Synode, c’était nécessaire de vivre tout cela avec tranquillité, avec paix intérieure ausssi parce que le Synode se déroule cum Petro et sub Petro et que la présence du Pape est garantie pour tous. »

« Parlons un peu du Pape, maintenant, en relation avec les évêques, a lancé François, suscitant des rires parmi les pères synodaux. Donc, le devoir du Pape est celui de garantir l’unité de l'Église. Et celui de rappeler aux fidèles leur devoir de suivre fidèlement l’Évangile du Christ, et celui de rappeler aux pasteurs que leur premier devoir est de nourrir le troupeau que le Seigneur leur a confié et de chercher à accueillir avec paternité et miséricorde et sans fausse peur les brebis égarées. »

« Nous avons encore un an pour mûrir, avec un vrai discernement spirituel, les idées proposées et trouver des solutions concrètes à tant de difficultés et d’innombrables défis que les familles doivent affronter, à donner des réponses à tant de découragements qui entourent et étouffent les familles. » Et le Pape a précisé que la "Relatio Synodi" votée ce samedi après-midi servirait de "Lineamenta", donc de fil rouge pour la réflexion des conférences épiscopales dans la perspective du Synode de 2015."

Posté le 19 octobre 2014 à 10h55 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 octobre 2014

Il y a en effet des troubles autour du Synode

Lu ici dans cet article intitulé "Un cardinal un peu trop critique envers le pape..." et daté d'aujourd'hui : 

"Un cardinal conservateur américain, Raymond Leo Burke, qui a fortement critiqué la manière dont le pape François avait géré le synode sur la famille s'achevant samedi, a confié à un média américain qu'il allait être mis à l'écart. Interrogé par Buzzfeednews vendredi soir, le cardinal, qui est depuis 2009 préfet du Tribunal suprême de la signature apostolique (le plus haut tribunal du Saint-Siège), a reconnu qu'"on lui avait dit qu'il allait être muté" au poste de "patron de l'Ordre souverain de Malte", un poste honorifique mais en dehors de la Curie. "Je n'ai pas encore reçu une notification officielle de transfert. Jusqu'à ce que j'aie la lettre entre les mains, il m'est difficile d'en parler".

Mais voilà, la nouvelle n'a rien à voir avec le Synode lui-même puisque nous annoncions ce transfert ici le 17 septembre dernier.

Les troubles auxquels nous assistons n'ont pas tous un rapport direct avec le Synode. Alors que le Pape François n'a pas encore achevé les changements qu'il souhaitait réaliser au Vatican, on peut désormais se demander si ce Synode n'intervient pas dans une période précédant un "grand ménage" annoncé dans l'Eglise, qui cristalliserait davantage les passions et les crispations que le thème même du Synode, dont après tout la doctrine est déjà totalement écrite. Ainsi, on pourrait comprendre que le Synode, en plus d'un théâtre de batailles idéologiques, soit devenu aussi la scène de querelles dont les origines n'auraient finalement pas grand chose à voir avec le Synode lui-même. La politique de la terre brûlée en quelque sorte en laissant derrière soi, discorde et discrédit?

Posté le 18 octobre 2014 à 13h45 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (3)

Béatification de Paul VI : le programme des cérémonies à Rome et Milan

Le programme des cérémonies est sur Aleteia.

Posté le 18 octobre 2014 à 13h01 par Marie Bethanie | Lien permanent

17 octobre 2014

Synode : un rejet du rapport final est envisageable

Interrogé par Famille chrétienne, le cardinal Burke déclare :

"Il y a eu une réaction forte contre le texte de lundi matin. Quasiment tous les cercles mineurs ont exprimé des objections fondamentales et proposé des révisions substantielles. Les pères synodaux ont demandé une plus forte référence à l’écriture sainte et au riche magistère de l’Église sur la famille.

Ils ont regretté l’absence de référence à la loi naturelle et ont jugé inacceptables les affirmations sur les rapports sexuels hors mariage et entre personnes de même sexe. L’accès des divorcés remariés à la sainte communion a été rejeté par plusieurs cercles mineurs.

Le message envoyé est fort : le texte doit être radicalement changé. Samedi matin, j’attends de la relatio synodi qu’elle soit très différente de la relatio post disceptationem.

La relatio synodi est présentée et discutée samedi matin, avant d’être votée dans l’après-midi. Un rejet est-il envisageable ?

C’est très possible. Si les membres de la commission chargée d’écrire la relatio synodi ne prennent pas en compte l’approche rectifiée sortie des cercles mineurs, le texte ne sera pas approuvé. [...]

Dans les débats qui animent le synode, percevez-vous, comme l’affirment certains observateurs, une volonté de s’éloigner de l’enseignement de Benoît XVI sur le danger du relativisme et de l’héritage de Jean-Paul II sur le mariage ?

Je partage cette même impression, et cela me préoccupe beaucoup. Le texte de lundi ne cite pratiquement pas l’exhortation apostolique Familiaris consortio de Jean-Paul II. Et le riche magistère de Benoît XVI sur le relativisme n’y apparaît même pas ! La relatio post disceptationem donne le sentiment que l’Église n’a rien fait de valable par le passé, et que tout est à recommencer de zéro. On justifie cette herméneutique de la discontinuité ou de la rupture au prétexte que le monde a totalement changé. Un cardinal a même affirmé que Familiaris consortio n’était plus valable, car l’exhortation a été écrite il y a trente ans. C’est absurde.

Des commentateurs pensent que le processus synodal vise à atteindre un seul objectif : permettre aux divorcés remariés d’accéder à la communion eucharistique. Tout est-il écrit d’avance ?

Durant le synode, j’ai eu l’impression que les textes étaient déjà préparés, les conclusions déjà faites, et que les Pères synodaux n’avaient plus qu’à donner leur validation. Mais ils s’en sont aperçus et ont réagi. Jeudi par exemple, le secrétaire général du Synode a demandé que les conclusions des cercles mineurs ne soient pas publiées. Mais nous avons insisté pour qu’elles le soient, car le monde écoute et doit savoir ce que pensent les Pères du synode."

Posté le 17 octobre 2014 à 12h32 par Michel Janva | Lien permanent

Lourd dérapage du cardinal Kasper

Lu sur Benoît-et-moi :

"Hier, en effet, une interview de lui publiée par l'agence Zenit a fait le tour du monde: faisant le point de la situation, il s'est laissé aller à des jugements plutôt lourds sur les évêques africains, qui s'étaient opposés avec vigueur à certaines affirmations contenues dans la Relatio, en particulier en matière d'homosexualité. Kasper s'en est sorti avec des concepts pas vraiment élégants, soutenant que - puisque en Afrique, l'homosexualité est un sujet tabou - il est bon que les évêques de ce continent ne se mêlent pas trop de ce que les Européens décident. Le cardinal allemand a ainsi théorisé une sorte de fédéralisme doctrinal selon lequel, à partir de critères génériques communs à tous, chaque épiscopat prend alors ses décisions.

Les commentaires sur les Africains (..) ont provoqué la vive réaction des évêques concernés. L'un d'eux, le sud-africain Napier, a ensuite été appelé par le pape à faire partie de la commission restreinte qui préparera le rapport final (coïncidence ou acte de réparation?), Mais le cas est devenu très embarrassant au point qu'hier après-midi, le cardinal Kasper a démenti nettement avoir accordé une interview à Zenit ou à d'autres, avec ce genre de déclaration [on peut retrouver l'extrait traduit par Yves Daoudal, NDMJ].

La sèche prise de position de Kasper a ainsi conseillé à Zenit d'enlever l'interview du site, mais la nuit dernière, dernier coup de théâtre. Edward Pentin, le journaliste britannique qui avait signé l'article, non seulement confirme tout mais met sur son blog l'audio de l'entretien avec Kasper (edwardpentin.co.uk/statement-on-cardinal-kasper-interview/ ). Mardi soir à la sortie du Synode, ils étaient trois à l'interroger, deux britanniques et un français, et aux premières répliques du cardinal, il est clair qu'il est bien conscient d'avoir affaire à des journalistes, avec lesquels il s'entretient pendant sept minutes."

Posté le 17 octobre 2014 à 09h14 par Michel Janva | Lien permanent

16 octobre 2014

Synode : "n’ayons ni l’esprit dur avec un cœur sec, ni le cœur tendre avec un esprit mou"

PmgLe message du père Jean-Michel Garrigues dans Famille Chrétienne est clair :

"« Avoir l’esprit dur et le cœur tendre. » Cette parole bien connue deMaritain à Cocteau, qui hantait l’héroïque Sophie Scholl en 1943 avant son exécution dans une prison nazie, me venait à l’esprit en constatant dans les médias la dialectique désastreuse dans laquelle les catholiques nous risquons de nous laisser enfermer dans le débat passionné suscité par le rapport du cardinal Erdö au Synode. À ce sujet, j’ai envie de filer la métaphore de Maritain et de dire à mon tour aux catholiques : n’ayons ni l’esprit dur avec un cœur sec, ni le cœur tendre avec un esprit mou. Car c’est bien ces deux attitudes qui tendent aujourd’hui à s’affronter dans une dialectique stérile.

Les tenants de la ligne « pastorale » semblent trop souvent ne pas juger nécessaire que le Synode rappelle encore une fois les vérités fondamentales, naturelles et surnaturelles, tenues et enseignées par le Magistère jusqu’aux derniers papes. Ils les déclarent suffisamment connues et même trop ressassées par le passé ; mais on voit percer dans leur discours qu’en fait ils les trouvent gênantes parce que, jugées « trop théoriques », elles entravent l’attitude compassionnelle et pédagogique de la démarche pastorale. De ce fait, ils sont soupçonnés de faire le lit du relativisme par les tenants de la ligne « doctrinale ».

Ceux-ci ont tellement peur que l’Église abandonne ces vérités fondamentales, surtout dans le contexte dissolvant de notre société occidentale, qu’ils ne veulent pas que le Magistère, en se penchant sur l’immense profusion de cas personnels souvent limites, en vienne à affaiblir la certitude des principes dans l’âme des fidèles. Ils sont soupçonnés par les autres de formalisme idéaliste et déconnecté de la vie et de la souffrance des hommes.

Je voudrais dire aux uns et aux autres que seule la vision binoculaire nous donne la perception du réel avec son relief concret. Dans l’esprit humain les deux yeux de la vision binoculaire correspondent à l’intelligence et au cœur dont parlait Maritain" (suite).

Posté le 16 octobre 2014 à 23h17 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

Synode : Il est important que l'enseignement sur le mariage soit clarifié dans le document

Après avoir publié un extrait des circuli minores des groupes francophones, voici une traduction du 1er point du groupe anglicus C :

"Le mariage est un don de Dieu à l'homme, une bénédiction donnée par lui pour le bien-être de ses créatures, faites à son image. Dès le début, Dieu a ordonné qu'il n'était pas bon pour l'homme de vivre seul et il a créé pour lui une compagne, un égal à lui, afin qu'ils vivent en complémentarité relationnelle. Ce don, ce mystère de l'attraction et de l'amour entre l'homme et la femme, a été reconnu depuis les temps anciens comme venant de Dieu. Dans le Nouveau Testament, la relation entre l'homme et la femme est approfondi et expliqué encore plus complètement et comme la mise en miroir de la relation entre le Christ et son Corps, l'Église. A travers les siècles, l'Eglise s'est appuyée sur ​​cet enseignement biblique pour enseigner et aider les chrétiens à vivre et apprécier la vie conjugale que Dieu a destiné à être vécue et comprise; elle a également cherché à protéger le sens et le mystère du mariage, la sauvegarde du trésor dont nous sommes responsables, de sorte qu'il ne sera pas banalisé ou considéré comme une simple institution humaine séparée de la volonté de Dieu et de son Amour. Le don de soi dans le mariage, qui manifeste en quelque sorte le don de soi de Jésus-Christ à son peuple, atteint sa pleine expression dans les unions sexuelles, où le couple exprime le don total de soi à l'autre, émotionnellement, physiquement et spirituellement, et pas comme une auto-satisfaction égoïste. C'est dans un tel don de soi que nous devenons plus humain et plus semblable au Christ. Il est important que la fondation biblique du mariage, ainsi que l'enseignement trouvé dans la Tradition, soient clarifiées dans le document à partir de son début dans le but de construire le cadre des questions à discuter."

Posté le 16 octobre 2014 à 16h52 par Michel Janva | Lien permanent

Synode : la diffusion contre-productive du document

Aujourd'hui ont été publiés les résumés des échanges entre les groupes linguistiques. Sur les 10, 2 étaient en français. Extraits :

"[...] Je pense devoir exprimer aussi l’émotion et le désarroi qu’a provoqués la diffusion d’un document que nous considérions comme un simple- bien que très utile - document de travail, donc provisoire. Ce que nous avons vécu, à savoir la dimension contre-productive de cette diffusion, nous semble devoir conduire à évaluer avec soin les causes et les conséquences d’un événement qui, en semant perplexités et questions, n’a pas aidé la réflexion.

Nous avons fait l’expérience de la pluralité et de la diversité des situations ecclésiales. Toutes les Eglises locales ne sont pas également ni de la même manière concernées ni touchées par les problèmes soulevés. Davantage conscients de cette réalité, nous souhaitons qu’une certaine autonomie soit laissée aux Eglises locales dans la recherche de réponses aux préoccupations pastorales qui sont les leurs.

Enfin, nous avons constaté dans nos travaux l’importance d’une réelle vigilance et rigueur dans l’emploi des mots que nous utilisons- ainsi des termes de couple, de mariage, d’individu ou de personne. [...]

Constater les échecs de l’amour et les unions imparfaites qui se multiplient appelle une attention pastorale qui sache respecter ces personnes, encourager les efforts de repentance et offrir l’appui fraternel de la communauté chrétienne à laquelle elles appartiennent. Un tel constat ne doit pas faire oublier les familles qui vivent avec cohérence et fidélité le mariage chrétien et rendent ce témoignage au travers de leurs joies mais aussi en dépit d’épreuves comme la pauvreté, le chômage, la maladie, le deuil, la stérilité et les difficultés dans l’éducation des enfants. [...]

Sur le rapport entre les divorcés remariés et les sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie, notre texte dit qu’il importe de "ne pas changer la doctrine de l’Eglise sur l’indissolubilité du mariage et la non-admission des divorcés remariés aux sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie mais d’appliquer cette doctrine constante de l’Eglise aux situations diverses et douloureuses de notre époque avec un regard renouvelé de compassion et de miséricorde sur les personnes". Nous pensons comme une priorité que soient facilités l’examen des mariages douteux et l’accélération des procédures pour les déclarations de nullité matrimoniale. Il importe aussi d’avoir un langage qui soit positif et propositif et de considérer de manière distincte des personnes qui vivent des situations différentes.

Concernant l’accueil des personnes homosexuelles, il nous semble clair que l’Eglise, à l’image du Christ Bon Pasteur (Jn 10,11-18), a toujours voulu accueillir les personnes qui frappent à sa porte, porte ouverte à tous, qui sont à accueillir avec respect, compassion et dans la reconnaissance de la dignité de chacun. Accompagner pastoralement une personne ne signifie valider ni une forme de sexualité ni une forme de vie.

Et l'autre groupe francophone :

[...] 1. Faute de majorité absolue (9 pour, 5 contre, 4 abstentions), a été écarté le recours au concept de « gradualité », à l’analogie œcuménique développée par Lumen gentium (§ 8 : « subsistit in ») et à l’expression patristique « semences du Verbe », chaque fois que ces expressions risquaient, à tort, d’être comprises comme la légitimation a priori de situations de vie irrégulières, voire peccamineuses, même si nous reconnaissons que, a posteriori, plusieurs de ces situations peuvent être un chemin ou une étape vers une situation meilleure.

2. Quant à la possibilité d’accéder aux sacrement de la Réconciliation et de l’Eucharistie, certains Pères ont argumenté, dans une perspective à la fois doctrinale et pastorale, en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement doctrinal, constamment confirmé par le Magistère de l’Eglise. D’autres Pères, inspirés par le même souci doctrinal et pastoral proposent au Magistère de l’Eglise d’adopter une autre discipline, mais à des conditions bien précises (Cf. n.47 de la Relatio Post Disceptationem).

3. Nous avons demandé que la pratique de la « communion spirituelle », recommandée traditionnellement à ceux qui, pour diverses raisons, ne peuvent pas communier « sacramentellement », soit étudiée et évaluée en ses fondements théologiques et, si elle est accréditée par cet examen, soit promue et mieux diffusée parmi les fidèles.

4. Nous avons souligné avec force que, même si elle ne peut légitimer toutes les situations de vie, la miséricorde du Seigneur et de son Église rejoint, par contre, chacun dans sa situation de vie afin de nous conduire tous sur un chemin de vérité, de conversion et de paix.

5. Nous avons redit notre respect et notre accueil aux personnes homosexuelles et avons dénoncé les discriminations injustes et parfois violentes qu’elles ont subies et subissent encore parfois, y compris dans l’Église, hélas ! Mais cela ne signifie pas que l’Église doive légitimer les pratiques homosexuelles et encore moins reconnaître, comme le font certains États, un soi-disant « mariage » homosexuel. Au contraire, nous dénonçons toutes les manœuvres de certaines organisations internationales visant à imposer, par voie de chantage financier, aux pays pauvres des législations instituant un soi-disant « mariage » homosexuel.

6. Enfin, nous avons voulu présenter de manière positive et actualiser pour aujourd’hui l’inspiration prophétique qui a animé le bienheureux Paul VI quand, dans son encyclique Humanae vitae, il a célébré la beauté du lien si profond qui unit, dans la vie conjugale l’union à la fois spirituelle et charnelle des époux et l’ouverture au don de la vie."

Posté le 16 octobre 2014 à 15h59 par Michel Janva | Lien permanent

Aujourd’hui des professionnels de santé valident les intuitions prophétiques de Paul VI

D'Aymeric Pourbaix dans Famille chrétienne :

P"L'année 1968 ne fut pas ­seulement celle de tous les dangers. Ce fut aussi ­l’année de deux actes majeurs du pontificat de Paul VI. Déjà, la proclamation d’un Credo, fin juin, trois jours après le refus des évêques hollandais de rectifier un Catéchisme contenant des hérésies. Un mois plus tard, le pape publiait l’encyclique Humanae vitae, la dernière de son pontificat, dans laquelle il rappelait l’interdiction de la contraception, au nom du maintien du lien indissoluble entre union sexuelle et procréation. Il y sacrifia sa popularité, subissant les critiques de nombreux ­épiscopats, dont la France. 

Ce faisant, Paul VI a joué pleinement son rôle de confirmer ses frères dans la foi, selon les mots définitifs du Christ à Pierre : « J’ai prié pour que ta foi ne défaille pas » (Lc 22, 32). C’est là une parole sûre, à laquelle n’ont pas même dérogé les papes de la Renaissance, à la vie pourtant dissolue… Lorsque l’essentiel – la foi et les mœurs – est en jeu, ­l’autorité du successeur de Pierre est un repère sûr, contre lequel les « portes de l’enfer » ne peuvent prévaloir (Mt 16, 18). 

Mais toujours selon Paul VI, les « fumées de Satan » s’étaient bel et bien introduites dans l’Église, au cours de ces années troublées de l’après-concile. Maître spirituel et témoin jusqu’au bout de ses forces, le pape Montini a tenu bon sur les principes, contre vents et marées, y compris contre la majorité de son ­entourage. Par la suite, sur ces solides fondations, ses successeurs ont pu reprendre cet enseignement contesté, le consolider par une réflexion appro­fondie, et le diffuser auprès des fidèles. Jean-Paul II le fit pour la morale, puis Benoît XVI en ce qui concerne la foi – tous deux ont d’ailleurs été créés cardinaux par Paul VI, et se sont rencontrés grâce à lui : il n’y a pas de hasard… 

Même si beaucoup reste à faire pour affermir cet enseignement, notamment dans les écoles catholiques, il reste ­qu’aujourd’hui des professionnels de santé et même une partie de la gauche valident les intuitions prophétiques de Paul VI. C’est dire ! 

Cela doit nous donner une grande confiance en l’Église, qui reste ­gouvernée par le Saint-Esprit même lorsqu’elle semble affectée par les tribulations. « Le combat entre l’Église et le monde, disait Newman, a ceci de particulier : il semble toujours que le monde l’emporte sur elle ; mais c’est elle, en fait, qui gagne. Ses ennemis triomphent constamment, la disent vaincue ; ses membres perdent souvent espoir. Mais l’Église demeure. » Parce qu’elle est éternelle ! 

À l’heure du Synode sur la famille à Rome, il est bon de penser que le maintien sans restriction du principe de l’indissolubilité du mariage permettra à de nombreux couples, à l’avenir, de tenir dans les difficultés."

Posté le 16 octobre 2014 à 08h09 par Michel Janva | Lien permanent

15 octobre 2014

Quand le Synode confirme « Humanae vitae »

Au moins une bonne nouvelle du Synode, donnée aujourd'hui par Famille chrétienne :

"En proposant de redécouvrir et d’approfondir l’enseignement de Paul VI sur la régulation naturelle de la fertilité, le Synode confirme la place centrale d’Humanae vitae dans la pastorale familiale. Et met un terme à 50 ans de débats."

Autre époque, autre polémique. Il y a tout juste 50 ans, le 23 octobre 1964, le pape Paul VI révélait aux Pères conciliaires réunis à Rome l’existence d’une commission pontificale – secrète – pour l’étude des problèmes de la population, de la famille et de la natalité, et ouvrait ainsi le tumultueux débat qui aboutira à la publication de la lettre encyclique Humanae vitae en juillet 1968.

Défection de clercs, éloignement de fidèles, contestation de certaines conférences épiscopales… La publication de cette encyclique majeure avait alors provoqué un séisme sans précédent dans l’Église, et même au-delà.

Un demi-siècle plus tard, alors que le Vatican se prépare à élever Paul VI au rang de bienheureux dimanche 19 octobre, Humanae vitae est aujourd’hui jugée « prophétique », et figure parmi les documents phares de l’enseignement moral de l’Église sur la famille."[...]

[suite de l'article]

Posté le 15 octobre 2014 à 17h56 par Marie Bethanie | Lien permanent

"Dieu a créé un homme et une femme, pas un homme et trois épouses"

Mgr Alexis Touabli Youlo, président de la Conférence des évêques de Côte d’Ivoire et membre du synode, interrogé par Aleteia, estime avec l'Eglise que la polygamie est un fléau et une régression :

"La polygamie est-elle vraiment une réalité du continent africain, où est-ce un cliché ?
Mgr Touabli Youlo :
La polygamie est présente en Afrique, c’est un indéniable. Mais cette présence n’est pas la même partout. Elle est plus forte là où dominent l’Islam  - comme au Mali ou au nord Guinée – ou la religion traditionnelle, que dans les pays marqués par l’évangélisation. De même, il y a une différence entre les zones rurales et urbaines. En ville, la vie coûte plus cher (loyer, eau, électricité) et ne permet pas aux hommes, qui gagnent en moyenne l’équivalent de 300 euros, d’avoir plusieurs épouses. En réalité, la polygamie concerne les deux extrêmes : une élite qui a les moyens et les milieux ruraux, où les contraintes économiques sont moindres. Enfin, en raison de l’urbanisation croissante et des progrès de la christianisation, elle n’a pas la même ampleur aujourd’hui qu’il y a cinquante ans.

Là où elle existe, comment est-elle considérée par la société africaine ?
Mgr Touabli Youlo :
Dans le contexte traditionnel, elle n’est pas regardée comme quelque chose de mauvais ou d’anormal. Dans ce contexte, personne n’est choqué qu’un roi ou un chef de tribu ait ou deux ou trois épouses. C’est le contraire qui choquerait. En zone urbaine, où les mentalités sont évoluées, on n’applaudit pas un polygame. Aucune femme qui a été à l’école n’accepterait d’être la deuxième ou la troisième épouse. En milieu musulman, par contre, à cause de la religion, la polygamie n’est pas un problème.

Quelles sont ses conséquences ? Quelles souffrances engendrent-elles ?
Mgr Touabli Youlo :
Autrefois, vu sous l’angle démographique, elle a pu peut-être avoir un effet positif sur le renouvellement des générations. En réalité, la polygamie est un fléau. Les pères ne s’occupent pas ou mal de leurs enfants car ils en ont trop. Or, chaque enfant a besoin d’un père et d’une mère pour grandir. Ce sont ces enfants, qui sont souvent abandonnés à eux même, qu’on arme quand il y a une rébellion, parce qu’ils n’ont ni père ni repère. Quant aux femmes, leur vie est souvent intenable. J’en ai des exemples tous les jours. La rivalité entre les épouses n’exclut pas les empoisonnements. Elles ont également recours à certaines pratiques fétichistes pour que leur mari les regarde plus que les autres. Elles souffrent aussi de ne pas avoir les moyens d’élever leurs enfants convenablement.

Quelle est la parole de l’Eglise d’Afrique sur la polygamie ?
Mgr Touabli Youlo :
Dieu a créé un homme et une femme, pas un homme et trois épouses : il veut le mariage monogamique. La parole de l’Eglise est claire : elle dit non à la polygamie. Même dans les cas où cela doit passer par un renoncement.

Que dites vous aux polygames qui veulent rentrer dans l’Eglise ? Et pour commencer, y en a-t-il ?
Mgr Touabli Youlo :
En Côte d’Ivoire, où le catholicisme est en progression constante, les cas sont de plus en plus fréquents. Il s’agit  en général de gens âgés de milieux ruraux et de religion traditionnelle, qui un jour, rencontrent le Christ et demandent le baptême. Les hommes le reçoivent alors avec la première épouse, que l’Eglise reconnaît comme légitime et tous deux se marient sacramentellement. Parallèlement, l’Eglise demande au mari de ne plus avoir de vie intime avec les autres épouses. Ces dernières continuent toutefois à faire partie de la famille élargie, qui subvient toujours à leurs besoins et celui de leurs enfants.

Qu’attendez-vous du synode par rapport à la polygamie ?
Mgr Touabli Youlo :
Qu’il condamne fermement cette pratique, dont il a d’ailleurs déjà été question à plusieurs reprises dans les débats. L’Eglise ne doit pas faire d’exception, par complaisance, vis-à-vis de l’Afrique. L’Eglise est une, ses enseignements et ses exigences sont les mêmes pour tous."

Posté le 15 octobre 2014 à 15h09 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (4)

14 octobre 2014

Stérilisation forcée sous couvert de vaccination : l'Eglise s'insurge !

Lu ici

"L’Église catholique du Kenya s’oppose à une campagne de vaccination contre le tétanos des femmes âgées de 19 à 49 ans, alors que celle-ci doit débuter lundi 13 octobre dans 60 districts à haut risque du nord du Kenya, où des cas de décès maternels et néonatals sont extrêmement élevés. Elle craint que cette opération, menée par le ministère de la Santé, ne couvre un plan de stérilisation des femmes et de contrôle de la croissance de la population (...)

Lors d’une conférence de presse au Centre pastoral Saint-Patrick, à Kabula, dans le comté de Bungoma, à l’ouest du pays, le président de la Commission santé de la KEC, Mgr Paul Kariuki Njiru, et son adjoint, Mgr Joseph Mbatia, ont déploré que le ministère de la santé ait lancé cette campagne sans coordination et sans concertation avec les instituts de santé catholiques.

Le communiqué des évêques [Ici en VO.NDL] pose plusieurs questions précises :

  • Y a-t-il une épidémie de tétanos au Kenya ?
  • Si tel est le cas, pourquoi n’a-t-elle pas été déclarée ?
  • Pourquoi la campagne cible-t-elle seulement les femmes de 14 à 49 ans ?
  • Pourquoi la campagne laisse-t-elle de côté les enfants, les garçons et les hommes, même si ces catégories sont aussi exposées au tétanos ?
  • Au milieu de tant de maladies mortelles au Kenya, pourquoi le tétanos a-t-il eu la priorité ? (...)

Selon la commission épiscopale, le vaccin utilisé peut provoquer la stérilité lorsqu’il est injecté à une femme non enceinte. « Les informations accessibles au domaine public indiquent que le vaccin antitétanique additionné de Beta HCG (hormone secrétée par les femmes enceintes NDLR) aurait été utilisé aux Philippines, Nicaragua et Mexique pour vacciner les femmes contre une éventuelle grossesse, écrivent les évêques dans leur communiqué. (…) Lorsque cette hormone est injectée au moyen d’un vaccin à une femme non enceinte, le Beta HCG combiné avec l’anatoxine tétanique provoque le développement d’anticorps contre le tétanos et le HCG, de sorte que si l’ovule d’une femme est fécondé, son HCG naturel sera détruit, la rendant définitivement stérile. »

Les évêques disent craindre une volonté cachée de stérilisation des femmes à large échelle. Une solution qui, selon eux, aurait déjà été utilisée par les partenaires occidentaux aux Philippines, au Nicaragua et au Mexique".

Posté le 14 octobre 2014 à 21h30 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (17)

Pastorale : quand les exceptions deviennent la règle

Voici le fameux paragraphe 47 du rapport intermédiaire du synode extraordinaire, à propos de l'accès des divorcés-remariés à la communion sacramentelle :

"Quant à la possibilité d’accéder aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, certains ont argumenté en faveur de la discipline actuelle en vertu de son fondement théologique, d’autres se sont exprimés en faveur d’une plus grande ouverture à des conditions bien précises, quand il s’agit de situations qui ne peuvent pas être dissoutes sans entraîner de nouvelles injustices et souffrances. Pour certains, il faudrait que l’éventuel accès aux sacrements soit précédé d’un chemin pénitentiel – sous la responsabilité de l’évêque diocésain –, et avec un engagement évident en faveur des enfants. Il s’agirait d’une situation non généralisée, fruit d’un discernement réalisé au cas pas cas, suivant une règle de gradualité, qui tienne compte de la distinction entre état de péché, état de grâce et circonstances atténuantes."

Cet extrait provoque beaucoup de réactions à l'intérieur même de l'Eglise. Ce document a été accueilli avec circonspection par une partie des évêques lundi matin. Les propositions faites sur les cas difficiles ne sont pas partagées par tous. «Ce n’est qu’un document provisoire», temporisait-on à l’issue de la conférence de presse hebdomadaire. «Ce ne sont que des propositions de travail», a insisté le cardinal Erdö, rapporteur. De son côté, le président de la conférence des évêques polonais Mgr Stanisław Gądecki juge ce document "inacceptable".

En France, le journaliste Gérard Leclerc estime à propos du sujet évoqué :

"A mon sens, ce synode va donc provoquer une énorme déception dans l'opinion: beaucoup, influencés par les médias, vont croire que l'Eglise revient sur sa doctrine ; dans la réalité, cependant, on voit bien que toutes les exceptions dépendront de conditions rigoureusement définies."

Malheureusement, l'histoire récente de l'Eglise nous enseigne ce que deviennent les "exceptions". Voici par exemple un extrait de la Constitution conciliaire sur la liturgie :

"L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place. Les autres genres de musique sacrée, mais surtout la polyphonie, ne sont nullement exclus de la célébration des offices divins, pourvu qu’ils s’accordent avec l’esprit de l’action liturgique, conformément à l’article 30."

Et dans le même texte :

"L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins. Toutefois, soit dans la messe, soit dans l’administration des sacrements, soit dans les autres parties de la liturgie, l’emploi de la langue du pays peut être souvent très utile pour le peuple ; on pourra donc lui accorder une plus large place, surtout dans les lectures et les monitions, dans un certain nombre de prières et de chants, conformément aux normes qui sont établies sur cette matière dans les chapitres suivants, pour chaque cas."

Nous savons ce qu'il en est devenu de ces règles générales...

Un petit dernier pour la route : vous trouverez ici l'Instruction Memoriale Domini de 1969 qui règlemente de façon très restrictive la communion dans la main. Nous savons ce qu'est devenu ce qui n'était considéré alors que comme une "concession", accordée "afin d'aider les Conférences épiscopales à accomplir leur tâche pastorale, devenue souvent plus difficile dans les circonstances actuelles", contre laquelle la très grande majorité des évêques latins avaient alors voté.

Ce document du synode est un rapport intermédiaire. Chargé de synthétiser les débats des congrégations générales, il alimentera les réflexions des « cercles mineurs » linguistiques jusque au jeudi 16 octobre, avant la rédaction d’un rapport définitif samedi 18.

Posté le 14 octobre 2014 à 07h48 par Michel Janva | Lien permanent

13 octobre 2014

Divorcés-remariés : le dilemme

L'émission "Religions du monde" de RFI proposait hier un volet consacré aux personnes divorcées et remariées, dans le cadre du synode sur la famille. Trois personnes sont interrogées :

  • Le Père Ivan Maréchal, vicaire de la paroisse St Pierre du Gros Caillou. Il prépare tous les ans une cinquantaine de couples au mariage.
  • Le philosophe catholique Thibaut Collin, qui vient de publier "Divorcés remariés, l'Église va-t-elle (enfin) évoluer ?" (à 12'17")
  • Le Père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe Sainte-Geneviève (vers 9')

Ecouter l'émission

Posté le 13 octobre 2014 à 18h37 par Marie Bethanie | Lien permanent

Bénédiction d'une nouvelle église à Abu Dhabi

HBénédiction le 9 octobre de la nouvelle église située à Abu Dhabi, financée par les dons des fidèles (toutes nationalités confondues). Monseigneur Hinder, évêque auxiliaire d'Arabie, a annoncé que ce nouveau sanctuaire porte désormais le nom de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus. Photos ici.

Posté le 13 octobre 2014 à 18h15 par Michel Janva | Lien permanent

La liberté d'expression des épiscopats africains : « Gardez votre argent et nous garderons nos valeurs ! »

Quelques impressions du synode de Mgr Léonard, archevêque de Bruxelles :

"[...] Les différences culturelles sont énormes selon les continents. Les évêques occidentaux, par exemple, sont souvent très préoccupés par le drame des échecs conjugaux et soucieux de la pastorale qui doit les accompagner. Par contre, confrontés aux coutumes ancestrales ou aux pratiques de l’Islam, les évêques africains sont prioritairement confrontés au problème de la polygamie. Et, comme beaucoup d’évêques latino-américains et asiatiques, ils considèrent que la pauvreté, avec toutes les contraintes qu’elle impose, est le principal phénomène qui fragilise, voire disloque les couples et les familles.

Autre clivage important. Avec une liberté d’expression qu’on trouve rarement en Occident, beaucoup d’épiscopats africains, certains épiscopats latino-américains et même océaniens, dénoncent les agences liées à l’ONU qui veulent leur imposer, par une sorte de dictature idéologique, des pratiques contraires à leur culture et à leurs convictions morales  (contraception systématique, avortement, « mariage » homosexuel, etc.), en conditionnant l’aide économique à la promotion de ces pratiques. Réaction typique d’un évêque africain : « Gardez votre argent et nous garderons nos valeurs ! ». Réaction assortie d’un appel aux évêques occidentaux pour soutenir leurs confrères dans leur résistance à la pensée unique. [...]"

Posté le 13 octobre 2014 à 18h08 par Michel Janva | Lien permanent

Famille : la contribution du cardinal Ruini

Le cardinal Ruini a publié un texte sur l'Evangile de la famille :

R"Cette cellule fondamentale de la société qu’est la famille est en train de traverser une période d’évolution extraordinairement rapide. Désormais les rapports sexuels avant le mariage sont considérés comme une évidence et les divorces comme étant presque normaux, très souvent comme une conséquence de la rupture de la fidélité conjugale. Nous nous éloignons ainsi de la physionomie traditionnelle de la famille, dans les pays et dans les civilisations marqués par le christianisme. D’autre part, au cours de ces dernières décennies, nous sommes entrés, au moins en Occident, dans des territoires inexplorés. En effet la question du "gender" et celle des “mariages homosexuels” ont fait leur chemin.

À la racine de tout cela, il y a la primauté, et presque l’absolutisation, de la liberté individuelle et du sentiment personnel. Voilà pourquoi le lien familial doit être malléable à volonté et, en tout cas, ne pas être contraignant, au point de disparaître ou d’être pratiquement insignifiant. Selon la même logique, ce lien doit être accessible à toutes les sortes de couples, sur la base de la revendication d’une égalité totale qui n’accepte pas les différences, en particulier celles qui trouvent leur origine dans une volonté extérieure, que celle-ci soit humaine (le droit civil) ou divine (le droit naturel).

Cependant, le désir d’avoir une famille - et autant que possible une famille stable - reste fort et largement répandu. C’est un désir qui se traduit dans la réalité d’innombrables familles “normales” et également dans celle de nombreuses familles authentiquement chrétiennes. Certes ces dernières sont une minorité, mais elle est consistante et très motivée. La sensation que la famille au sens propre est actuellement en train de disparaître est donc, pour une bonne part, le résultat de la distance qui existe entre le monde réel et le monde virtuel construit par les moyens de communication, même s’il ne faut pas oublier que ce monde virtuel a une influence très forte sur les comportements réels.

Par conséquent, si l’on porte sur cette question un regard serein et équilibré, le pessimisme unilatéral et la résignation paraissent peu fondés en ce qui concerne la famille et son avenir. On peut plutôt considérer que l’attitude du concile Vatican II vis-à-vis des temps nouveaux - attitude que l’on peut résumer par le binôme accueil/réorientation vers le Christ sauveur - est également applicable à la pastorale de la famille.

Concrètement, on trouve dans "Gaudium et spes" (n° 47-52), en ce qui concerne le mariage et la famille, une nouvelle approche, nettement plus personnaliste mais sans rupture avec la conception traditionnelle. Ensuite les catéchèses de saint Jean-Paul II relatives à l’amour humain et l’exhortation apostolique "Familiaris consortio" ont constitué un grand approfondissement, qui ouvre de nouvelles perspectives et aborde un grand nombre des problèmes actuels. Même si ces catéchèses n’ont pas eu la possibilité d’affronter de manière explicite les développements les plus récents et les plus radicaux, tels que la théorie du "gender" et le mariage entre personnes de même sexe, elles ont en tout cas posé, dans une large mesure, les bases permettant de les affronter.

Il est indubitable que la pratique pastorale n’a pas toujours été à la hauteur de ces enseignements – et, du reste, elle ne peut jamais l’être complètement – mais elle a opéré en suivant la ligne qu’ils définissent et elle est parvenue à des résultats importants : en effet nos jeunes familles chrétiennes sont également dues à son action.

Maintenant, avec le pape François, nous avons deux synodes consacrés aux défis pastoraux relatifs à la famille dans le contexte de la nouvelle évangélisation, après le consistoire du mois de février dernier qui avait déjà abordé ce sujet : il s’agit d’une étape supplémentaire dans cette démarche d’accueil et de réorientation que l’Église tout entière est appelée à entreprendre avec confiance. Ces deux synodes doivent être conçus dans une optique clairement universelle et il n’y a aucun secteur géographique ou culturel qui puisse exiger que les synodes se concentrent uniquement sur ses propres problèmes.

Cela posé, les questions les plus significatives, pour l’Occident, semblent être celles, plus radicales, qui sont apparues au cours de ces dernières décennies. Elles incitent à repenser et à réexpliquer, à la lumière de l’Évangile de la famille, la signification et la valeur du mariage en tant qu’alliance pour la vie entre l’homme et la femme, une alliance orientée vers le bien des époux et vers la mise au monde et l’éducation des enfants et également dotée d’une importance décisive aux points de vue social et public. Sur ce point la foi chrétienne doit faire preuve d’une véritable créativité culturelle, que les synodes ne peuvent pas produire automatiquement mais qu’ils peuvent stimuler, chez les croyants et chez ceux qui se rendent compte que ce qui est en jeu, c’est une dimension humaine fondamentale.

Cependant il y a également d’autres questions qui ont déjà été traitées à de multiples reprises par le magistère mais qui continuent à nous interpeller et qui semblent se poser de manière de plus en plus aigüe. L’une de ces questions est celle des divorcés remariés.

"Familiaris consortio" a déjà indiqué (n° 84) quel est le comportement qu’il convient d’adopter : ne pas abandonner ceux qui se trouvent dans cette situation, mais au contraire prendre spécialement soin d’eux, en s’appliquant à mettre à leur disposition les moyens de salut de l’Église. Par conséquent, les aider à ne pas se considérer comme complètement séparés de l’Église et, au contraire, les aider à participer à sa vie. Il faut bien discerner, par ailleurs, les situations et en particulier distinguer les époux qui ont été abandonnés injustement de ceux qui, eux, sont coupables d’avoir détruit leur mariage.

Cependant cette même exhortation apostolique "Familiaris consortio" réaffirme la pratique de l’Église, “fondée sur la Sainte Écriture, consistant à ne pas permettre l’accès des divorcés remariés à la communion eucharistique”. La raison fondamentale de cette pratique est que “leur état et leur mode de vie sont objectivement en contradiction avec cette union d’amour entre le Christ et l’Église qui est signifiée et réalisée par l’Eucharistie”. Ce qui est en question, par conséquent, ce n’est pas une faute personnelle qu’ils ont commise, mais l’état dans lequel ils se trouvent objectivement. C’est pourquoi l’homme et la femme qui ne peuvent pas, pour des raisons sérieuses telles que, par exemple, l’éducation de leurs enfants, se soumettre à l’obligation de vivre séparés, afin de pouvoir recevoir l’absolution sacramentelle et s’approcher de l’Eucharistie, doivent prendre “l’engagement de vivre dans une complète chasteté, c’est-à-dire de s’abstenir des actes propres aux époux”. Il s’agit là, indubitablement, d’un engagement très difficile qui, de fait, n’est pris que par très peu de couples, alors que les divorcés remariés sont, malheureusement, de plus en plus nombreux.

C’est pourquoi, depuis longtemps, on cherche d’autres solutions. L’une d’elles, tout en maintenant fermement l’indissolubilité du mariage conclu et consommé, considère qu’il est possible de permettre aux divorcés remariés de recevoir l’absolution sacramentelle et de s’approcher de l’Eucharistie, à des conditions précises mais sans qu’ils soient obligés de s’abstenir des actes propres aux époux. Il s’agirait d’une seconde planche de salut, offerte sur la base du critère de l’"epicheia" afin de joindre la miséricorde à la vérité.

Cependant il ne semble pas que cette solution puisse être utilisée, principalement parce qu’elle implique un exercice de la sexualité extraconjugale, étant donné que le premier mariage, qui a été conclu et consommé, perdure. En d’autres termes, le lien conjugal originel continuerait à exister mais, pour ce qui est du comportement des fidèles et dans la vie liturgique, il serait possible de procéder comme s’il n’existait pas. Nous sommes donc confrontés, avec cette solution, à un problème de cohérence entre la pratique et la doctrine, et pas seulement à un problème disciplinaire.

Quant à l’"epicheia" et à l’"æquitas" canonique, ce sont des critères très importants dans le domaine des normes humaines et purement ecclésiales, mais elles ne peuvent pas être appliquées aux normes de droit divin, sur lesquelles l’Église n’a aucun pouvoir discrétionnaire.

À l’appui de l’hypothèse que nous venons d’évoquer, on peut certainement citer des solutions pastorales analogues à celles qui ont été proposées par certains Pères de l’Église et qui sont également entrées, jusqu’à un certain point, dans la pratique, mais elles n’ont jamais obtenu l’accord des Pères et elles n’ont été en aucune manière la doctrine ou la discipline commune de l’Église (cf. la lettre adressée par la congrégation pour la doctrine de la foi aux évêques de l’Église catholique à propos de la distribution de la communion eucharistique aux fidèles divorcés et remariés, 14 novembre 1994, n° 4). À notre époque où, en raison de l’introduction du mariage civil et du divorce, le problème s’est posé dans les termes actuels, il existe au contraire, à partir de l'encyclique "Casti connubii" de Pie XI, une position commune du magistère, claire et constante, qui va dans le sens contraire et qui ne semble pas pouvoir être modifiée.

On pourrait objecter que le concile Vatican II a procédé, sans violer la tradition dogmatique, à de nouveaux développements concernant des questions, telles que celle de la liberté religieuse, à propos desquelles il existait des encycliques et des décisions du Saint-Office qui paraissaient les exclure. Mais cette comparaison n’est pas convaincante parce qu’un véritable approfondissement conceptuel a été réalisé en ce qui concerne le droit à la liberté religieuse et qu’il a rattaché ce droit à l’être humain en tant que tel et à sa dignité intrinsèque, et non plus à la vérité conçue de manière abstraite, comme on le faisait précédemment.

La solution proposée en ce qui concerne les divorcés remariés n’est pas fondée, quant à elle, sur un approfondissement de ce genre. D’autre part les problèmes relatifs à la famille et au mariage influent sur la vie quotidienne des personnes d’une manière incomparablement plus forte et concrète que ceux qui ont trait à l’établissement de la liberté religieuse, l’exercice de cette dernière étant, en tout cas, déjà assuré dans une large mesure dès avant Vatican II dans les pays de tradition chrétienne.

Il faut donc que nous soyons très prudents lorsqu’il est question d’apporter des modifications, en ce qui concerne le mariage et la famille, aux positions qui sont proposées par le magistère depuis longtemps et d’une manière qui fait autorité : dans le cas contraire, les conséquences quant à la crédibilité de l’Église seraient très graves.

Cela ne veut pas dire que toutes les possibilités de développement soient exclues. Une voie qui pourrait, semble-t-il, être envisagée est celle de la révision des procès en nullité du mariage : il s’agit là, en effet, de normes qui sont de droit ecclésial et non pas divin. Il s’agit donc d’examiner s’il est possible de remplacer le processus judiciaire par une procédure administrative et pastorale, qui serait destinée essentiellement à clarifier la situation du couple devant Dieu et devant l’Église. Toutefois il est très important que tout changement de procédure, quel qu’il soit, ne devienne pas un prétexte pour concéder, de manière subreptice, ce qui serait en réalité un divorce : une hypocrisie de ce genre causerait un tort très grave à l’Église tout entière.

Une question qui va au-delà des aspects de procédure est celle du rapport entre la foi de ceux qui se marient et le sacrement du mariage. "Familiaris consortio" (n° 68) met à juste titre l’accent sur les raisons qui conduisent à considérer que les gens qui demandent à contracter un mariage canonique ont la foi, même si celle-ci est faible et nécessite une redécouverte, un renforcement et un mûrissement. L’exhortation apostolique souligne par ailleurs que des raisons sociales peuvent entrer, de manière licite, dans la demande de cette forme de mariage. Par conséquent il est suffisant que les fiancés “au moins implicitement, consentent à ce que l’Église entend faire lorsqu’elle célèbre le mariage”. En revanche vouloir ajouter des critères supplémentaires d’admission à la célébration, qui concerneraient le degré de foi des candidats au mariage, comporterait des risques graves, à commencer par celui de prononcer des jugements infondés et discriminatoires.

Cependant c’est un fait qu’il y a aujourd’hui, malheureusement, un grand nombre de baptisés qui n’ont jamais cru, ou qui ne croient plus, en Dieu. La question se pose donc de savoir si ces personnes peuvent contracter de manière valide un mariage sacramentel. Sur ce point, il y a un texte qui conserve une valeur fondamentale : c’est l’introduction qui avait été rédigée par le cardinal Ratzinger pour le petit livre intitulé "Sur la pastorale des divorcés remariés", qu’avait publié en 1998 la congrégation pour la doctrine de la foi. Ratzinger considère (Introduction, III, 4, pp. 27-28) qu’il faut décider clairement “si vraiment tout mariage entre deux baptisés est 'ipso facto' un mariage sacramentel”. Le Code de droit canonique affirme que oui (canon 1055, § 2) mais, comme le fait remarquer Ratzinger, le Code lui-même dit que cela s’applique à un mariage contracté de manière valide ; or, dans ce cas, c’est précisément la validité qui est mise en question. Et Ratzinger d’ajouter : “La foi appartient à l’essence du sacrement ; il reste à régler le problème juridique de savoir quelle évidence de 'non-foi' aurait comme conséquence qu’un sacrement ne se réalise pas”. Par conséquent il semble bien établi que, s’il n’y a vraiment pas de foi, il n’y a pas non plus de sacrement du mariage. En ce qui concerne la foi implicite, la tradition scholastique, faisant référence à He 11, 6 (“Celui qui s’approche de Dieu doit croire qu’Il existe et qu’Il se fait le rémunérateur de ceux qui Le cherchent”), demande que l’on ait au moins la foi en Dieu rémunérateur et sauveur.

Cependant il me semble qu’il faudrait que cette tradition fasse l’objet d’une mise à jour, à la lumière de l’enseignement de Vatican II, sur la base duquel “tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels la grâce travaille d’une manière invisible”, peuvent, eux aussi, parvenir au salut qui demande la foi, y compris ceux qui se considèrent comme athées ou ceux qui, en tout cas, ne sont pas parvenus à une connaissance explicite de Dieu (cf. "Gaudium et spes", 22 ; "Lumen gentium", 16). En tout état de cause, cet enseignement du concile n’implique absolument pas un automatisme du salut et une suppression de la nécessité de la foi : au contraire il met l’accent non pas sur une reconnaissance intellectuelle abstraite de Dieu, mais bien sur une adhésion à lui, si implicite soit-elle, en tant que décision fondamentale de notre vie.

Si l’on tient compte de ce critère, peut-être faut-il considérer que, dans la situation actuelle, les baptisés qui, en fait, n’ont pas la foi et qui, par conséquent, ne peuvent pas contracter de manière valide un mariage sacramentel, sont encore plus nombreux. Il semble donc qu’il soit véritablement opportun et urgent de s’employer à faire la lumière à propos du problème juridique de cette “évidence de non-foi” qui rendrait non valides les mariages sacramentels et qui, à l’avenir, empêcherait les baptisés non croyants de contracter un tel mariage.

D’autre part nous ne devons pas nous dissimuler que, de la sorte, la voie est ouverte à des changements très profonds et porteurs de nombreuses difficultés, non seulement pour la pastorale de l’Église mais aussi pour la situation des baptisés non croyants. Il est clair, en effet, que ces derniers ont, comme tout un chacun, le droit de se marier, ce qu’ils feront sous la forme d’un mariage civil. La difficulté la plus importante ne réside pas dans le danger de compromettre le rapport entre le domaine canonique et le domaine civil : en réalité la synergie entre l’un et l’autre est déjà devenue très faible et très problématique, parce que le mariage civil s’est éloigné progressivement de ce qui constitue les exigences essentielles du mariage naturel lui-même.

L’engagement des chrétiens et de toutes les personnes qui sont conscientes de l’importance humaine et sociale de la famille fondée sur le mariage devrait plutôt avoir comme objectif d’aider les hommes et les femmes de notre temps à redécouvrir la signification de ces exigences. Celles-ci reposent sur l’ordre de la création et, précisément pour cette raison, elles gardent leur valeur à toutes les époques et elles peuvent se concrétiser sous des formes qui conviennent aux périodes les plus diverses.

Je voudrais terminer en rappelant l’intention commune qui anime ceux qui interviennent actuellement dans le débat synodal : associer, dans la pastorale de la famille, la vérité de Dieu et de l’homme à l’amour miséricordieux de Dieu pour nous, qui est le cœur de l’Évangile."

Posté le 13 octobre 2014 à 17h44 par Michel Janva | Lien permanent

Le défi face auquel se trouvent les familles aujourd’hui est le défi éducatif

Zénit a traduit le Rapport après le débat général (Relatio post disceptationem) lu par le cardinal Peter Erdo, rapporteur général du synode sur la famille, ce lundi matin. Voici le plan :

"Introduction

I Partie
L’écoute: le contexte et les défis concernant la famille

Le contexte socioculturel
L'importance de la vie affective
Les défis pastoraux

II Partie

Le regard sur le Christ: l'Évangile de la famille

Le regard sur Jésus et la gradualité dans l'histoire du salut
La famille dans le dessein salvifique de Dieu
Le discernement des valeurs présentes dans les familles blessées
et dans les situations irrégulières
Vérité et beauté de la famille et miséricorde

III Partie

La discussion: les perspectives pastorales

Annoncer l’Évangile de la famille aujourd’hui, dans les différents contextes
Guider les futurs époux sur le chemin de la préparation au mariage
Accompagner les premières années de vie conjugale
Les aspects positifs dans les unions civiles et les concubinages
Soigner les familles blessées (séparés, divorcés non remariés, divorcés remariés)
Accueillir les personnes homosexuelles
La transmission de la vie et le défi de la dénatalité
Le défi de l’éducation et le rôle de la famille dans l'évangélisation

Conclusion

Extraits de la IIIe partie :

"La question homosexuelle nous appelle à une réflexion sérieuse sur comment élaborer des chemins réalistes de croissance affective et de maturité humaine et évangélique en intégrant la dimension sexuelle: elle se présente donc comme un défi éducatif important. L’Église affirme, par ailleurs, que les unions entre des personnes du même sexe ne peuvent pas être assimilées au mariage entre un homme et une femme. Il n’est même pas acceptable que l’on veuille exercer des pressions sur l’attitude des pasteurs, ou que des organismes internationaux soumettent les aides financières à la condition d’introduire des lois s’inspirant de l’idéologie du gender."

"Il n’est pas difficile de constater la diffusion d’une mentalité qui réduit l’engendrement de la vie à une variable des projets individuels ou de couple. Les facteurs d’ordre économique exercent un poids parfois déterminant contribuant à la baisse importante de la natalité qui affaiblit le tissu social, compromet les relations entre les générations et rend plus incertain le regard vers l’avenir. L’ouverture à la vie est une exigence intrinsèque de l’amour conjugal.

54. Sans doute faut-il, dans ce domaine aussi, un langage réaliste, qui se base sur l’écoute des personnes et qui sache expliquer que la beauté et la vérité d’une ouverture sans réserve à la vie est ce dont l’amour humain a besoin pour être vécu en plénitude. C’est sur cette base que peut reposer un enseignement sur les méthodes naturelles, permettant aux époux de vivre leur communication de manière harmonieuse et consciente, dans toutes ses dimensions, avec la responsabilité d’engendrer. Dans cette optique, il faut redécouvrir le message de l’encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui souligne le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de contrôle des naissances."

"56. Le défi fondamental face auquel se trouvent les familles aujourd’hui est certainement le défi éducatif, rendu plus difficile et complexe par la réalité culturelle d’aujourd’hui. Il faut bien tenir compte des exigences et des attentes de familles capables d’offrir un témoignage dans la vie quotidienne, lieux de croissance, de transmission concrète et essentielle des vertus qui forgent l’existence."

A noter que certains paragraphes de ce rapport de mi-parcours sont fortement sujets à caution.

Posté le 13 octobre 2014 à 14h07 par Michel Janva | Lien permanent

12 octobre 2014

"ainsisoientils.com", le blog qui veut doubler la série d'Arte

Vous pouvez difficilement y échapper ; les affiches, accrocheuses, sont partout : argent, tatouages, sexe, Arte promet de tout vous révéler sur la vie au séminaire à travers sa série choc, "Ainsi soient-ils".

Arte

Pourquoi ne pas profiter de cette fiction provocatrice pour faire connaître la véritable vie au séminaire ? Le blog ainsisoientils.com double la série d'Arte en répondant aux questions qu'elle soulève et aux contrevérités qu'elle présente : "Quelle formation reçoit-on au séminaire ?" "Sacerdoce et homosexualité sont-ils compatibles ?" "Est-il humain pour un prêtre de ne pas avoir de relations sexuelles ?"etc. Les séminaires de la Castille et de Lille ont épaulé l'équipe, que vous soutiendrez vous-même en allant visiter son blog. Qui sait, celui-ci pourrait doubler, dans l'autre sens du terme, la série dans les résultats des moteurs de recherche ?

Posté le 12 octobre 2014 à 22h00 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (10)

Mgr Schönborn : "Et la miséricorde envers les enfants de divorcés ?"

Et les époux délaissés qui restent fidèles à leur mariage ? En marge du Synode sur la Famille, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, témoigne de sa propre expérience d'enfant de divorcés :

 

Posté le 12 octobre 2014 à 17h37 par Louise Tudy | Lien permanent

11 octobre 2014

Au synode, un couple africain souhaite une contre-offensive contre le mariage gay

Les Africains s'élèvent, de plus en plus fermement, contre les tentatives invasives d'importation sur le continent noir des pratiques homosexuelles, qu'ils qualifient d'occidentales. Un couple catholique africain est intervenu vendredi dans le cadre du synode sur la famille, pour demander à l'Eglise d'engager "une contre-offensive déterminée" contre l'introduction du mariage gay et de ses conséquences en Afrique. 

Thumbnail_1412953948

"L'Eglise, ont-ils demandé, doit donner clairement sa position sur les  questions liées au 'genre', face à la grande offensive des organisations  internationales qui font adopter, sous couvert de programmes de santé et  droits reproductifs" des conceptions "contraires à la vision du monde des  Africains".

"Les évêques africains sont les plus virulents. Ils reprochent régulièrement une forme de colonialisme culturel et économique de l'Occident - à travers les  programmes bilatéraux et multilatéraux (ONU, grandes ONGs) - conditionnant  l'octroi d'aides à l'acceptation des visions des pays occidentaux sur la santé  reproductive (contraception, avortement, préservatif) et l'homosexualité." (AFP)

Posté le 11 octobre 2014 à 11h59 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (13)

10 octobre 2014

"Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire"

Olivier et Xristilla Roussy, couple français responsable d’Amour et Vérité, branche apostolique de la communauté de l’Emmanuel consacrée aux couples, ont témoigné au synode le 9 octobre, lors de la journee consacrée à l'ouverture de la vie et Humanae vitae. Ils ont fait l’éloge des “méthodes naturelles“ de régulation des naissances devant les cardinaux et évêques réunis au Vatican.

Le couple Roussy a donné son expérience de façon très concrète sur ce sujet. Les époux ont tout d’abord évoqué la période où Xristilla avait utilisé la pilule suite à l’arrivée de leur 3e enfant et la grande fatigue qui avait suivi.

Ce choix de la contraception était censé nous apaiser ; il eut l’effet contraire, ont-ils affirmé, nous avons très mal vécu cette période“.

Nous n’étions plus unifiés, nous avons compris que nous avions fermé une porte au Seigneur dans notre vie conjugale“.

C’est ainsi que le couple a décidé de “reprendre une régulation naturelle des naissances“. Malgré les difficultés, Olivier et Xristilla Roussy ont fait part aux pères synodaux de leur “joie“ dans cette “aventure commune“.

“Nous avons expérimenté que ces méthodes sont fiables, même s’il nous faut témoigner qu’il nous est arrivé de ne pas contenir notre désir et qu’un enfant a vu le jour neuf mois plus tard“.

Le matin, le cardinal Vingt-Trois a encouragé

"une mentalité ouverte à la viepour contrecarrer la mentalité contraceptive et la diffusion d’un modèle anthropologique individualiste"

Un couple de Brésiliens avait lui aussi évoqué les méthodes naturelles de régulation des naissances, souvent peu connues, même parmi les catholiques. Ils avaient notamment demandé au clergé d’être plus clair concernant l’enseignement de l’Église sur la morale sexuelle.

Posté le 10 octobre 2014 à 18h54 par Michel Janva | Lien permanent

S'efforcer de faire ce qui est juste et bon implique toujours de la souffrance

Le cardinal Burke a répondu à Lifesitenews, suite à un sujet délicat abordé au synode. Traduction de Jeanne Smits :

"Comment des parents catholiques doivent-ils réagir dans une situation difficile comme celle-ci : alors qu’ils préparent une réunion de famille pour Noël, avec les présence de petits-enfants, ces parents sont sollicités par leur fils qui vit en « couple » avec un partenaire homosexuel s’il peut venir accompagné de celui-ci ?

Et en application de ces principes, comment les paroisses doivent-elles réagir par rapport à des couples ouvertement homosexuels qui s’approchent de la Sainte Table pour communier, et qui cherchent à prendre des postes de responsabilité au sein de la paroisse ?

C’est une question très délicate, et elle est rendue encore plus délicate par l’agressivité du militantisme hoomsexuel. Mais il faut la considérer d’une manière très calme, sereine, raisonnable et depuis le point de vue de la foi. Si les relations homosexuelles sont intrinsèquement désordonnées – et elles le sont en effet – alors, que peut signifier pour les petits-enfants le fait de voir présent lors d’une réunion de famille un membre de celle-ci vivant dans une relation désordonnée avec une autre personne ?

Nous ne permettrions pas, s’il s’agissait d’un autre type de relation – quelque chose de profondément désordonné et néfaste – nous ne permettrions pas que nos enfants soient exposés à cette relation, à son expérience directe. Et nous ne devons pas davantage le faire dans le cas d’un membre de la famille qui non seulement souffre d’une attraction homosexuelle, mais qui a choisi de la vivre en acte, en commettant des actes qui sont, toujours et partout, mauvais.

Et donc, les familles doivent trouver un moyen de rester proches d’un enfant dans cette situation – fils, petit-fils, ou autre – de manière à essayer de faire sortir cette personne de la relation désordonnée.

Nous savons aussi qu’avec le temps, ces relations vont laisser la personne profondément malheureuse. C’est donc important de rester aussi proches que possible. Mais ce type particulier de relation ne doit pas être imposé aux membres de la famille, et spécialement aux enfants impressionnables. Et j’encourage les parents, ou les grands-parents – ou qui que ce soit – d’être très prudents en cette matière et de ne pas scandaliser leurs enfants ou petits-enfants.

Tant de choses dans notre société aujourd’hui répandent le message que n’importe quel type de relation sexuelle, du moment qu’elle apporte du plaisir d’une façon ou d’une autre – ou qu’on s’y sente attiré – est acceptable, est correcte. Et nous ne voulons pas que nos enfants aient cette impression, parce que nous aurons semblé approuver des actes gravement peccamineux de la part d’un membre de la famille.

Cela constitue certainement une source de grande souffrance, mais s’efforcer de faire ce qui est juste et bon implique toujours de la souffrance. Et dans ce cas, il en sera certainement ainsi. Mais cette souffrance aura toujours, au bout du compte, une valeur rédemptrice.

En ce qui concerne les paroisses, la situation est très semblable parce que la paroisse – comme l’a dit une fois, je crois, Jean-Paul II – est « une famille de familles ». Et donc, si un membre de la paroisse vit publiquement dans le péché au sein d’une relation homosexuelle, eh bien le prêtre doit essayer de rester proche de cet individu – ou des deux individus s’ils sont tous les deux catholiques – et essayer de les aider à quitter la relation peccamineuse et à commencer à vivre de manière chaste. Le pasteur doit également les encourager à prier et à participer à la messe dominicale, et tous les moyens propres à essayer de surmonter le péché grave dans leurs vies.

Les gens vivant ainsi ne peuvent certainement pas jouer un rôle de responsabilité dans la paroisse, car cela donnerait aux paroissiens l’impression que la manière dont ils vivent est parfaitement acceptable. Car lorsque nous jouons un tel rôle dans une paroisse, d’une certaine manière nous témoignons d’une vie catholique cohérente. Par exemple, on ne leur demande pas d’être lecteurs lors de la sainte messe – ni d’assumer quelque rôle de responsabilité – tant qu’ils n’ont pas rectifié leur situation, vécu la conversion de leur vie et atteint le moment où ils seront prêts à assumer de telles responsabilités.

D’un côté, cela est certainement occasion de scandale pour les paroissiens par rapport à une part très essentielle de notre vie, notre sexualité et ce qu’elle signifie. De l’autre, ce n’est pas bon pour les deux personnes impliquées dans la relation désordonnée car cela leur donne également à elles l’impression que d’une façon ou d’une autre, l’Eglise approuve ce qu’elles font.

Posté le 10 octobre 2014 à 11h14 par Michel Janva | Lien permanent

09 octobre 2014

Agence pour l’Emploi en Chrétienté

  Image002

NDC recrute : 600 postes à pourvoir

Postes à pourvoir :
chef de chapitre / adjoint au chef de chapitre / responsable logistique
Diplômes et expérience :
catholique fervent / avoir déjà fait le pèlerinage / savoir partager son enthousiasme
se reconnaître dans les fondamentaux : Tradition - Chrétienté - Mission
Rémunération :
très importante et garantie sur la longue durée

 

Cher pèlerin fidèle et … hésitant,
Souviens-toi, tu étais avec nous sur les routes de Chartres en juin dernier ou peut-être les années précédentes. Tu es donc un pèlerin fidèle ! Tu pensais revenir en 2015 mais tu hésites à t’engager dans l’organisation et je t’entends: « Je dois réfléchir »…« Trop de travail »…« Trop compliqué»…« Pas assez compétent »… N’hésite plus, Notre Dame a besoin de toi. Il faut venir nous aider maintenant ! Je te propose de devenir « Chef de chapitre » (ou adjoint) entre Paris et Chartres, 3 jours seulement dans l’année, avec un peu de préparation. Nous sommes des milliers à avoir déjà été Chef de chapitre avant toi, cela reste une expérience enthousiasmante qui ne s’oublie jamais. Si les mots d’un ancien chef de chapitre, d’un adjoint, d’un membre de NDC t’ont été utiles spirituellement, ne crois-tu pas qu’il serait juste maintenant de prendre ta place, de prendre ce brassard de chef de chapitre pour transmettre ce que tu as reçu ?

Nos besoins à NDC sont chaque année de plus en plus importants. Dans notre France déchristianisée, ceux qui ont eu la grâce d’avoir reçu une éducation chrétienne doivent devenir à leur tour des missionnaires lancés en première ligne de la reconquête catholique. Je sais bien que les 23-24 et 25 mai 2015 te semblent éloignés. Il n’est pas facile, si longtemps à l’avance, de s’engager. Pourtant je te le demande maintenant pour nos pèlerins. Tu ne seras pas seul, tu seras aidé par tout Notre Dame de Chrétienté : les aumôniers, ton chef de région, la direction des pèlerins, la direction de la formation, les récollections, les vidéo-formations. Réfléchis bien, nous t’attendons !


Notre Dame de la Sainte Espérance, convertissez nous !


Jean de Tauriers Président de Notre Dame de Chrétienté

Posté le 9 octobre 2014 à 22h20 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (2)

La contraception a bel et bien un impact négatif sur la société

Extrait du résumé de la 7e congrégation générale du synode :

"La seconde partie de la session a traité de la paternité responsable et réaffirmé que le don de la vie comme la chasteté sont des valeurs fondant le mariage chrétien, qui se dressent face au crime de l'avortement. Envisageant la situation, principalement asiatique, dans laquelle nombre de familles sont confrontées à l'infanticide, au viol des femmes et au trafic des êtres humains, on a rappelé la nécessité de mettre en exergue la justice comme vertu fondamentale du foyer. Puis le débat a touché à la responsabilité d'éducateurs que détiennent les parents. Il faut être particulièrement attentifs au volet éducation des enfants à la foi, d'autant que la pastorale de l'enfance peut créer un lien avec des familles en crise. La contraception a bel et bien un impact négatif sur la société, à commencer par son effet sur l'effondrement de la natalité. Face au phénomène, les catholiques ne sauraient être passifs. Ils doivent diffuser un message d'espérance en expliquant que les enfants sont une bénédiction pour leurs parents, dont ils renforcent la foi et la pratique religieuse. En dernier lieu, on a redit combien le rôle des laïcs, et notamment des mouvements, est indispensable dans l'apostolat de la famille, l'accompagnement des couples et l'évangélisation de la société."

Posté le 9 octobre 2014 à 15h58 par Michel Janva | Lien permanent

« Les relations homosexuelles détruisent notre identité humaine »

Riposte Catholique relaie les propos très fermes de Mgr Zbigņevs Stankevičs, archevêque de Riga en Lettonie, au sujet des relations homosexuelles :

"L’archevêque de Riga (Lettonie), Mgr Zbigņevs Stankevičs, a dénoncé la pression du monde occidental visant à promouvoir l’homosexualité dans le monde. C’est ce qui ressort d’un entretien vidéo donné au site LifeSiteNews.com . Mgr Zbigņevs Stankevičs participait au synode romain sur la pastorale de la famille. Pour l’archevêque de Riga, l’occident sécularisé userait de son pouvoir et de sa richesse pour que les pays en voie de développement acceptent l’homosexualité et le « mariage » entre personnes de même sexe. Concernant la Lettonie, même si le pays n’a pas adopté de législation promouvant ou restreignant les activités homosexuelles, Mgr Zbigņevs Stankevičs a rappelé que les petits pays reçoivent les visites d’ambassadeurs occidentaux défendant le « gay agenda ».  « Les relations homosexuelles sont contre nature », a souligné l’archevêque de Riga. « Du point de vue chrétien, c’est un péché, et nous ne pouvons promouvoir cela ». Le » mariage » entre personnes de même sexe ne saurait être assimilé à un droit de l’homme. L’archevêque a également souligné que les « chrétiens sont trop politiquement-corrects » quand ils s’opposent au « mariage » entre personnes de même sexe. « Ils gardent le silence au lieu de proclamer la vérité. » Des paroles claires et sans équivoque. Bien loin de ce que l’on a pu entendre dans certains pays occidentaux, y compris de la part d’évêques et de clercs. Les évêques des pays de l’Est ont moins de pudeur que certains de leurs confrères occidentaux. On est heureux d’entendre ces paroles à l’issue d’une journée synodale."

Posté le 9 octobre 2014 à 13h54 par Marie Bethanie | Lien permanent

08 octobre 2014

Pause silence

Faisons comme le Saint-Père : prions pour le Synode et l'Eglise.

Pf

Posté le 8 octobre 2014 à 23h00 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (2)

06 octobre 2014

Le Pape François en ouverture du Synode : "le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille"

Homélie du jour

"Aujourd’hui, le prophète Isaïe et l’Évangile utilisent l’image de la vigne du Seigneur. La vigne du Seigneur est son “rêve”, le projet qu’il cultive avec tout son amour, comme un paysan prend soin de son vignoble. La vigne est une plante qui demande beaucoup de soin !

Le “rêve” de Dieu c’est son peuple : il l’a planté et le cultive avec un amour patient et fidèle, pour qu’il devienne un peuple saint, un peuple qui porte beaucoup de fruits de justice.

Mais, aussi bien dans la prophétie ancienne que dans la parabole de Jésus, le rêve de Dieu est déçu. Isaïe dit que la vigne, si aimée et soignée, « a produit de mauvais raisins » (5, 2.4), alors que Dieu « attendait le droit, et voici le crime ; il attendait la justice, et voici les cris» (v.7). Dans l’Évangile, au contraire, ce sont les paysans qui ruinent le projet du Seigneur : ils ne font pas leur travail, mais ils pensent à leurs intérêts.

Jésus, dans sa parabole, s’adresse aux chefs des prêtres et aux anciens du peuple, c’est-à-dire aux “sages”, à la classe dirigeante. Dieu leur a confié de façon particulière son “rêve”, c’est-à-dire son peuple, pour qu’ils le cultivent, en prennent soin, le protègent des animaux sauvages. Voilà la tâche des chefs du peuple : cultiver la vigne avec liberté, créativité et ardeur.

Jésus dit que pourtant ces paysans se sont emparés de la vigne ; par leur cupidité et leur orgueil, ils veulent faire d’elle ce qu’ils veulent, et ainsi ils ôtent à Dieu la possibilité de réaliser son rêve sur le peuple qu’il s’est choisi.

La tentation de la cupidité est toujours présente. Nous la trouvons aussi dans la grande prophétie d’Ézéchiel sur les pasteurs (cf. ch. 34), commentée par saint Augustin dans son célèbre discours que nous venons de relire dans la Liturgie des Heures. Cupidité d’argent et de pouvoir. Et pour assouvir cette cupidité, les mauvais pasteurs chargent sur les épaules des gens des fardeaux insupportables qu’eux-mêmes ne déplacent pas même avec un doigt (cf. Mt 23, 4).

Nous aussi, au Synode des Évêques, nous sommes appelés à travailler pour la vigne du Seigneur. Les Assemblées synodales ne servent pas à discuter d’idées belles et originales, ou à voir qui est le plus intelligent… Elles servent à cultiver et à mieux garder la vigne du Seigneur, pour coopérer à son “rêve”, à son projet d’amour sur son peuple. Dans ce cas, le Seigneur nous demande de prendre soin de la famille, qui depuis les origines est partie intégrante de son dessein d’amour pour l’humanité.

Nous sommes tous pécheurs et à nous aussi, peut arriver la tentation de “nous emparer” de la vigne, à cause de la cupidité qui ne nous manque jamais à nous, êtres humains. Le rêve de Dieu se heurte toujours à l’hypocrisie de quelques-uns de ses serviteurs. Nous pouvons “décevoir” le rêve de Dieu si nous ne nous laissons pas guider par l’Esprit Saint. Que l’Esprit nous donne la sagesse qui va au-delà de la science, pour travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité.

Frères Synodaux, pour cultiver et bien garder la vigne, il faut que nos cœurs et nos esprits soient gardés en Jésus Christ dans la « paix qui surpasse tout ce qu’on peut concevoir », (Ph 4,7). Ainsi nos pensées et nos projets seront conformes au rêve de Dieu : se former un peuple saint qui lui appartienne et qui produise des fruits du Royaume de Dieu (cf. Mt 21, 43)".

Posté le 6 octobre 2014 à 00h17 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

03 octobre 2014

Maintien d'entretiens doctrinaux entre Rome et la FSSPX

Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, revient sur sa rencontre avec le cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Extraits :

"Il y a un nouveau pape et un nouveau préfet à la tête de Congrégation pour la doctrine de la foi. Et cet entretien montre que ni eux ni nous ne souhaitons une rupture des relations : les deux parties insistent sur le fait qu’il faut clarifier les questions doctrinales avant une reconnaissance canonique. C’est pourquoi, de leur côté, les autorités romaines réclament la signature du Préambule doctrinal tandis que, du nôtre, nous ne pouvons pas le signer en raison de ses ambiguïtés.

Dans les faits nouveaux, il y a aussi cette aggravation de la crise dans l’Eglise. A la veille du Synode sur la famille se font jour des critiques sérieuses et justifiées, de la part de plusieurs cardinaux, contre les propositions du cardinal Kasper sur la communion des divorcés remariés. Depuis les critiques des cardinaux Ottaviani et Bacci dans le Bref examen du Novus Ordo Missae, en 1969, cela ne s’était pas vu à Rome. Mais ce qui n’a pas changé, c’est que les autorités romaines ne prennent toujours pas en compte nos critiques du Concile parce qu’elles leur semblent secondaires ou même illusoires, face aux problèmes aigus qui se posent aujourd’hui dans l’Eglise. Ces autorités constatent bien la crise qui secoue l’Eglise au plus haut niveau – désormais entre cardinaux –, mais elles n’envisagent pas que le Concile puisse être lui-même la cause majeure de cette crise sans précédent. Cela ressemble à un dialogue de sourds. [...]

Que faut-il entendre par l’expression du communiqué du Vatican : « procéder par étapes » ?

Le désir réciproque, à Rome et dans la Fraternité Saint-Pie X, de maintenir des entretiens doctrinaux dans un cadre élargi et moins formel que celui des précédents entretiens.

Mais si déjà les entretiens doctrinaux de 2009-2011 n’ont rien apporté, à quoi bon les reprendre, même de façon élargie ?

Parce que, suivant l’exemple de Mgr Lefebvre qui n’a jamais refusé de se rendre à l’invitation des autorités romaines, nous répondons toujours à ceux qui nous interrogent sur les raisons de notre fidélité à la Tradition. Nous ne saurions nous soustraire à cette obligation, et nous le ferons dans l’esprit et avec les obligations qui ont été définis par le dernier Chapitre général. [...]"

Posté le 3 octobre 2014 à 09h34 par Michel Janva | Lien permanent

02 octobre 2014

Cardinal Müller: « seul le Christ permet de porter la croix de l’infidélité ou de l’échec matrimonial »

A quelques jours du Synode sur la famille, en présidant dimanche la Sainte Messe dans la Cathédrale de Cordoue (Espagne), le Cardinal signala que

« nous pouvons longuement parler de Dieu, et dans le fonds, le faire sans avoir la foi. Nous pouvons « démonter » l’Evangile et la Tradition pour les remettre au goût du jour du monde actuel, « aplanissant » ses exigences et « accommodant » un homme post moderne fragile, superficiel et immature. »

« S’il en était ainsi, si nous étions privés de l’occasion de confronter nos vies avec la Parole divine, nous perdrions aussi la jouissance de l’authentique félicité que nous apporte le Christ, qui ne vient pas nous ôter les croix de nos vies, sinon rendre notre joug fécond et nous encourager à toujours faire la volonté de Dieu. La présence du Seigneur, nous la trouvons sur le chemin qui conduit à la Pâques et non pas dans un christianisme « soldé » et sans exigences. Seul le Christ et son amour peuvent rendre plus supportable la Crois de la maladie, de la perte d’emploi, de la solitude et du veuvage, de l’infidélité et de l’échec matrimonial. »

D’autre part, dans son rapport du 29 septembre intitulé « la présence et la mission de l’Eglise dans une société pluraliste », le Cardinal souligna l’importance de la défense de la vie, de la famille et de la liberté religieuse.

« La famille doit être fermement défendue comme le lieu et l’environnement où chaque homme se remplit d’amour et grandit en tant qu’homme prêt à l’effort et disposé au sacrifice. »

 «La dualité entre homme et femme est nécessaire pour la constitution d’un mariage et d’une famille, et aucun enfant ne peut être privé de son droit naturel à avoir un père et une mère. »

Posté le 2 octobre 2014 à 11h37 par Le Salon Beige | Lien permanent

Les divorcés fidèles, ces oubliés

De l'abbé Grosjean, sur Padreblog :

"[...] On ne parle pas de ces femmes et ces hommes, séparés ou divorcés, parfois malgré eux en raison de l’abandon par leur conjoint, qui essayent de rester fidèles à leur sacrement de mariage et renoncent pour cela à se donner à un(e) autre.

Ils souffrent en ce moment car on semble accorder peu de prix à leur chemin, voire le trouver inhumain ou impensable. Ces femmes et ces hommes ne jugent personne, et surtout pas ceux qui n’ont pas su (ou pu) prendre le même chemin. Ils ne revendiquent rien pour eux-mêmes, ne font pas de bruit… mais ils existent. J’en connais et mes frères prêtres également. C’est pour eux que j’écris ces lignes. Souvent blessés par l’échec de leur couple, ils essayent pourtant de garder un sens à la parole qu’ils ont un jour donnée. Leur fidélité douloureuse mais confiante est belle. Elle ressemble parfois à de l’héroïsme. Elle est nourrie de l’espérance fragile que leur fidélité sera féconde, d’une façon ou d’une autre. En tout cas, qu’elle plaît à Dieu et qu’Il la comprend. Elle se veut aussi un témoignage humble mais vrai donné aux enfants.

Je voudrais aussi qu’on encourage les couples qui peinent, ceux qui font de leur mieux pour vivre leur engagement en traversant parfois de grandes épreuves, ceux qui ont dû donner de grands pardons parfois si douloureux, ceux qui ont refusé de désespérer de l’autre ou de soi, ceux qui dans le quotidien se relèvent sans cesse et ne renoncent pas à apprendre à aimer. Ils ne faudrait pas qu’ils finissent par se dire « à quoi bon ? » à force d’entendre que l’échec est « normal », même s’il n’est pas rare effectivement… [...]"

Et son confrère l'abbé Amar a rejoint, comme Thibaud Collin, le blog ouvert par La Croix sur le synode. Il y écrit notamment :

"[...] Disons-le clairement : il n’y aura pas de synode sur « la communion des divorcés remariés». Ce serait les stigmatiser et les montrer du doigt. C’est même une mauvaise question et un mauvais débat. La vie chrétienne c’est non seulement la messe et la communion mais encore le service, la prière, la Parole, l’aumône, le témoignage… qui sont autant de rendez-vous avec le Christ !

Sur ce sujet, comme tant d’autres, le Pape insiste très souvent sur la vie de prière, l’amour du prochain et la conversion mais beaucoup se focalisent sur la communion. Y compris des personnes qui ne mettent jamais les pieds à l’église et qui se sentent très loin des valeurs chrétiennes. En convoquant ce synode, François agit en vrai pasteur. Il sait que la famille est une église domestique où le pardon, la miséricorde, la tendresse et l’amour sont reçus, échangés et transmis… toujours en lien avec la vérité qui rend libre. Toucher à la famille, c’est toucher au fondement même de notre société. Et pour un chrétien, c’est toucher à l’une des deux institutions (avec l’Eglise) que Dieu a fondé."

Posté le 2 octobre 2014 à 09h59 par Michel Janva | Lien permanent

01 octobre 2014

La réconciliation entre les catholiques devrait commencer par la prière

Lu sur Catholic Herald (via) :

"Cette semaine, pour la première fois depuis le renoncement du pape Benoît XVI, Mgr Fellay a rencontré le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, le cardinal Müller. Il y a un test tout simple pour chaque catholique de voir s’ils veulent aider ou bien freiner la réconciliation. Si vous êtes un fidèle du cardinal Müller, seriez-vous disposé à prier pour Mgr Fellay ? Plus révélateur encore, pourriez-vous prier pour les fidèles de la FSSPX ?Nous aurions tort de placer toute la responsabilité de la réconciliation sur les épaules de la hiérarchie de l’Église et des dirigeants de la FSSPX.

Si vous êtes maintenant partisan de Mgr Fellay, êtes-vous prêt à prier pour le cardinal Müller ? Ou si vous fréquentez uniquement la FSSPX, pourriez-vous prier pour les catholiques qui pratiquent uniquement le Novus Ordo ?

A travers le monde, la plus grande réconciliation entre les traditionalistes et la plupart des catholiques devrait peut-être commencer par la prière, ce qui amènerait un adoucissement nécessaire des cœurs.

Mais pour certains catholiques libéraux, l’idée de prier pour Mgr Fellay et les fidèles de la FSSPX fait grincer des dents. Du côté des catholiques traditionalistes, j’ai relevé des accès de colère dès lors qu’ils entendent le nom du cardinal Müller ou à l’idée de prier pour les « catholiques de Vatican II ». Là réside le problème. C’est un cercle vicieux où chacun méprise l’autre. Comment dès lors peut-il y avoir réconciliation lorsque que nous sommes autant sur la défensive à l’égard du prochain ?

Je suggère que la « Petite Voie » de sainte Thérèse de Lisieux soit adoptée sur le champ, d’autant plus que sa fête approche. Conformément à la Petite Voie, je voudrais appeler les deux parties à cesser les déchirements, les cris puérils tels que « Ce sont eux qui ont commencé », et surtout de cesser de compiler tous les défauts qui devraient justifier la position selon laquelle chacun affirme : « Nous sommes meilleurs qu’eux ! »

Le processus de réconciliation entre la Fraternité Saint Pie X et Rome n'est pas seulement l’affaire d’une salle privée au Vatican, mais dans les cœurs des catholiques de part et d’autre."

Posté le 1 octobre 2014 à 21h00 par Michel Janva | Lien permanent

30 septembre 2014

120 000 personnes assistent à la béatification de don Alvaro del Portillo

Le second prélat de l’Opus Dei, à la suite du fondateur San Josemaria Escriva, a été élevé aux autels de Madrid. Le cardinal Amato a déclaré : «le nouveau bienheureux nous invite à une sainteté aimable, miséricordieuse, affable, doux et humble.»

P120 000 personnes de 80 nationalités, 17 cardinaux, 1200 prêtres et 150 évêques du monde entier ont assisté à la béatification de Monseigneur Alvaro del Portillo célébrée le 17 septembre à Madrid. Le journal national El Pais mentionne la présence d’au moins 40000 jeunes, dont 3500 se sont portés volontaires pour aider à la gestion de la célébration. Il semble que

« beaucoup de ces jeunes ne connurent pas Don Alvaro, mort en 1994, et que leur présence exprime l’appréciation et les fruits de sa tâche évangélisatrice et le désir de rendre grâce pour sa vie de don de soi aux autres. »

La cérémonie fut présidée par le délégué du Pape François, le Cardinal Angelo Amato, Préfet de la Congrétation pour les Causes des Saints, et concélébrée par l’archevêque de Madrid et le Prélat de l’Opus Dei. Parmi les cardinaux présents se tenait le Cardinal Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Dans son homélie, le Cardinal Amato exposa les nombreuses vertus du Bienheureux Alvaro, qui viva de façon héroïque. Il pratiqua la foi, l’espérance et la charité,

« à la lumière des béatitudes de la mansuétude, de la miséricorde, de la pureté de cœur. Les témoignages sont unanimes. En plus d’impressionner par la plénitude son harmonie spirituelle et apostolique avec le saint fondateur, il se distingua aussi comme figure de grande humanité. »

« Il était un exemple vivant de la fidélité à l’Evangile, à l’Eglise, au Magistère du Pape. Toutes les fois qu’il se rendait à la basilique St Pierre de Rome, il avait coutume de réciter le Credo devant la tombe de l’Apôtre et un Salve devant l’image de Sainte Marie, Mère de l’Eglise. » 

Durant la formule de béatification fut présentée la relique du nouveau bienheureux, qui fut élevée par Jose Ignacio Ureta, l’enfant chilien guéri par l’intercession de Mons. Del Portillo. Il s’agit d’un miracle de guérison instantané de l’enfant lorsque, peu de jours après sa naissance en août 2003, il subit un arrêt cardiaque de plus d’une demie-heure et une hémorragie massive. Ses parents prièrent par l’intercession de Don Alvaro, et lorsque les médecins crurent le bébé mort, sans aucun traitement supplémentaire et de manière tout à fait inespérée, le cœur du nouveau né se remit à battre, jusqu’à atteindre un rythme de 130 pulsations par minute. Malgré la gravité du cas clinique, dix ans plus tard l’enfant se porte bien. Le miracle fut reconnu par Rome le 5 juillet 2013.

Le Pape François dit que la vie du bienheureux se définit par

« le témoignage de nouveauté constante de l’Evangile, un appel universel à la sainteté et à une collaboration de chacun par le travail quotidien au salut du monde. »

Ce message fait surtout écho à sa génération constante d’initiatives sociales et éducatives par le monde entier. En effet, Don Alvaro stimula la mise en marche d’activités dans 20 nouveaux pays ; il fut aussi le premier recteur du Collège Romain de la Sainte Croix à Rome, érigé par le fondateur de l’Opus Dei, et occupa diverses charges au Vatican où il participa également aux travaux du Concile Vatican II.

En reconnaissance de ses bienfaits, assistèrent également à la béatification des chefs et représentants d’Etats, ambassadeurs et ministres, et des autorités civiles internationales.

Posté le 30 septembre 2014 à 12h01 par Michel Janva | Lien permanent

29 septembre 2014

"Apprendre à raconter pourquoi la famille est un cadeau"

Le Pape François met décidément la famille au coeur de son action pontificale. Deux synodes lui seront consacrés, mais aussi, vient-on d'apprendre, la Journée mondiale des communications sociales, le 17 mai 2015. Instaurée par le concile Vatican II, elle aura pour thème : "Communiquer la famille : lieu privilégié de la rencontre dans la gratuité de l’amour". Autrement dit : "L'Eglise aujourd'hui doit à nouveau apprendre à raconter pourquoi la famille est un grand cadeau, bon et beau".

Posté le 29 septembre 2014 à 15h39 par Louise Tudy | Lien permanent

GPA : 2 cardinaux encouragent La Manif Pour Tous

Dans Le Figaro, les cardinaux Angelo Scola (Milan) et Christoph Schönborn (Vienne) encouragent les Français à combattre la gestation pour autrui :

S"Il y a cent ans, notre continent s'embourbait dans la guerre, entraînant derrière lui le monde dans un conflit dont il n'a pas fini de mesurer les conséquences.

La guerre de 1914-1918 posait, de façon tragique et nouvelle, la question de la valeur de la vie humaine: combien d'hommes et de femmes allaient payer le prix du sang? Combien de familles pleurèrent un fils, un père, un frère, un ami qui ne reviendrait pas? Combien de parents sans enfants et combien d'enfants sans parents? C'est toute la famille européenne qui était endeuillée.

Aujourd'hui, de nouvelles menaces pèsent sur notre continent. Elles posent la même question de la valeur de la vie humaine, en des termes différents. Dans notre économie libérale, le marché ne peut pas devenir l'ultime norme, le besoin n'est pas l'unique boussole, et l'homme ne doit pas se transformer en variable d'ajustement entre l'offre et la demande.

Dans différents pays d'Europe, des lois ou des réglementations autorisent désormais la gestation pour autrui (GPA). Nous y voyons une double atteinte à la dignité humaine, contre les enfants d'une part, condamnés «à être en fait orphelins de leurs parents vivants» pour reprendre l'expression de Jean-Paul II dans sa Lettre aux familles, et contre les mères, dont le corps se trouve chosifié, instrumentalisé, loué.

Si l'on s'inquiète de la décision récente de la Cour européenne des droits de l'homme d'instaurer des filiations fictives, il faut saluer sur cette question la réaction tonique, créative, jeune et durable de la France. La France a eu le courage de dire non. Le président de la République française lui-même s'est engagé contre la GPA.

SLa Manif pour tous, bien connue de toute l'Europe aujourd'hui, avait prévenu qu'en changeant la nature du mariage viendraient d'autres revendications, qui dénatureraient l'adoption et qui organiseraient la fabrication d'êtres humains.

Il y a là, en effet, en germe toutes les conditions d'un esclavagisme moderne où l'enfant est conçu comme une marchandise, un commerce dans lequel les plus riches exploiteront les plus pauvres, et une accélération de l'eugénisme occidental.

Vu depuis nos différents pays, ce qui nous touche, c'est que le mouvement français incontestablement porté par de nombreux catholiques s'est constitué avec des croyants d'autres confessions, d'autres religions et des non-croyants.

Il ne s'agit donc pas d'une voix ecclésiale mais d'une voix française qui se fait entendre, au plan européen et au plan international. Son expression, populaire et citoyenne, devrait inspirer l'ensemble des peuples occidentaux et permettre à la Convention européenne des droits de l'homme de choisir un dispositif capable de protéger les droits de l'enfant.

Ne serait-ce pas un prolongement logique de la Déclaration universelle des droits de l'homme? Il faut garantir les droits de l'enfant à connaître ses origines et à grandir, autant que faire se peut, entre son père et sa mère, à l'exclusion de toute forme de contrat, financier ou non, le privant de l'un ou de ses deux parents.

La fondation d'une famille ne peut être, en effet, l'expression de la seule volonté de quelques-uns. Si le biologique ne fait pas toute la filiation, la filiation ne peut pas se faire sans le biologique. Elle vient prolonger ce qui est initié dans le corps.

Comme l'ont exprimé nos frères évêques en France, si l'accès à la procréation médicalement assistée (PMA) et à la GPA est ouvert, c'est toute la filiation qui se trouvera désorientée, c'est une génération d'enfants qui se verra privée intentionnellement de l'un de leurs parents.

Le pape François nous appelle sans cesse à sortir de nous-mêmes et à aller aux périphéries: il ne s'agit pas d'abord de géographie mais d'existence. Aux périphéries de notre humanité se trouvent l'extrême fragilité, la petitesse et la pauvreté: celle du très grand âge et celle de la toute petite enfance. C'est notre attention à ces périphéries-là qui a fait le cœur de notre civilisation.

Nous voulons non seulement remercier les Français de leur réveil inattendu et de leur engagement stimulant - il sera très utile, le moment venu, dans nos pays -, mais nous les appelons surtout à rester fidèles à leur histoire.

Il ne s'agit pas là de leurs racines, mais des branches, des bourgeons et des fruits, bref de l'avenir de notre Europe."

Posté le 29 septembre 2014 à 11h44 par Michel Janva | Lien permanent

28 septembre 2014

4-5 octobre : Angers accueille l'évêque des maronites en France

Securedownload

Samedi 4 octobre

17h30 : Prière à l’église Saint-Laud

18h00 : Salle Saint Laud, Conférence de Monseigneur Gemayel sur « La France, les Maronites, les Chrétiens d’orient »

Dimanche 5 octobre

10h30 : Messe solennelle à l’église Saint-Laud, suivie du verre de l’amitié

Posté le 28 septembre 2014 à 14h34 par Marie Bethanie | Lien permanent

26 septembre 2014

A Okhlaoma City, 3000 catholiques assistent à l'Heure sainte en réparation pour une messe noire

Depuis des mois, Mgr Coakley, archevêque de la ville d’Oklahoma, bataillait ferme pour obtenir l'interdiction d'une messe noire qui devait avoir lieu dimanche dans un lieu public de la ville. Mais les autorités invoquaient la Constitution, qui autorise ce genre de manifestation dans un espace public. Adam Daniels, organisateur de la messe noire, avait même dérobé une hostie consacrée, qu'il avait dû remettre à l'archevêque lorsque celui-ci l'avait menacé de poursuites.

N'ayant pas pu faire interdire cette messe noire, l'archevêque a organisé une Heure sainte qui a rassemblé environ 3000 fidèles, alors que les satanistes n'étaient que 40.

  Topic

"Une guerre est engagée contre le diable, telle est la raison du rassemblement du 21 septembre à Oklahoma, a déclaré l’archevêque. Mais  « nous savons que le Christ a vaincu Satan. La guerre a été gagnée, le Christ a vaincu, malgré quelques escarmouches çà et là, jusqu’au jour où le Christ reviendra pour régner pour toujours ». Mgr Coakley, à la tête de l’archidiocèse de la ville d’Oklahoma, s’exprimait ainsi avant la messe noire prévue depuis des mois au sein d'un centre culturel public de la ville. Le rituel satanique est une sorte d'inversion   obscène de la messe catholique.

L'Eucharistie, un don irremplaçable
À partir de la lecture de l’évangile de saint Jean  sur l’institution de l’Eucharistie, Mgr Coakley a  rappelé durant l'Heure Sainte que l’Eucharistie est un don irremplaçable, un fait que même de nombreux catholiques ne reconnaissent pas. Mais Satan, lui, le reconnaît.  « De nombreuses personnes n’ont pas compris nos efforts constants ou la profondeur de l’outrage  parce qu’elles ne peuvent pas accepter ce que nous croyons être vrai, le plus grand don fait à l’Eglise ».[...]

Posté le 26 septembre 2014 à 13h15 par Marie Bethanie | Lien permanent

25 septembre 2014

27 septembre : Colloque sur les chrétiens du Proche-Orient

C

Avec la présence de

  • Mgr Sleiman, archevêque latin de Bagdad
  • Mgr Casmoussa, vicaire patriarchal des syriaques catholiques pour l'Europe

Plus d'informations.

Posté le 25 septembre 2014 à 22h23 par Michel Janva | Lien permanent

Cardinal Burke : les médias ont tenté de détourner le Synode

BLes préjugés des médias contre l’Eglise alimentent l’espoir d’un changement dans l’enseignement de l’Eglise, « ce qui est impossible » explique le Cardinal. Le synode sur la famille du mois prochain a subi une tentative de détournement par quelques médias, qui alimentent l’espoir que des changements impossibles seront fait à la doctrine de l’Eglise, dit le Cardinal Raymond Burke, préfet du Tribunal Suprême de la Signature Apostolique,  le bureau qui, parmi d’autres choses, s’occupe des reconnaissances d’annulation dans l’Eglise.

« Je ne pense pas que vous ayez besoin d’être brillant pour voir que les médias ont, depuis des mois, tenté de détourner ce synode ».

Les médias ont présenté le Pape François comme approuvant la distribution de la Sainte Communion aux divorcés remariés et d’autres propositions du genre, ce qui n’est pas le cas. Le danger est que

« les médias ont généré une situation où les gens attendent des changements majeurs qui, en réalité, constitueraient un changement intrinsèque à l’enseignement de l’Eglise, ce qui est impossible. » « Voilà pourquoi il est très important pour ceux qui sont à la tête d’avoir les idées très claires. ».

Le synode, prévu du 5 au 19 octobre, est devenu le centre d’un débat selon lequel l’Eglise devrait permettre aux divorcés remariés d’être à nouveau admis à recevoir la sainte Communion même si l’annulation du mariage n’a pas été obtenue.

L’enseignement de l’Eglise à ce sujet, dit le cardinal, est miséricordieux,

«parce qu’il respecte la vérité à savoir que la personne est en vérité liée par une première union dans laquelle elle ne vit plus, pour une raison ou une autre. L’Eglise maintient la personne dans la vérité de ce mariage, tout en lui démontrant compassion, comprenant la situation de la personne, l’accueillant dans la communauté paroissiale de façon appropriée et tâchant de l’aider à mener une vie aussi sainte possible, sans trahir la vérité de son mariage. Ceci, dit-il, est miséricordieux. »

« Parler de miséricorde quand on ne respecte pas la vérité n’a simplement pas de sens. Comment cela pourrait bien être de la miséricorde ? »

« Certainement, la culture est extrêmement désorientée et très erronée ». «Cependant, cela vaut aussi dans le sein de l’Eglise, où il y a ceux qui remettent en question la mise en application de Mathieu 19. Dans ce passage, Jésus dit qu’un homme qui divorce sa femme et épouse une autre commet l’adultère ; ceci est la base de la pratique catholique interdisant la réception de l’Eucharistie dans de telles circonstances. »

« Il est très important de nos jours de montrer la splendeur de la vérité de l’enseignement de l’Eglise à propos du mariage, qui est une fondation, bien sûr, pour la société et pour l’Eglise elle-même. Si nous nous trompons au sujet du mariage, il n’y a pas grand-chose d’autre que nous comprendrons clairement. »

Le Cardinale Burke ajoute que tandis que des demandes d’annulation augmentèrent de manière exponentielle après le Concile Vatican II, elles sont en déclin ces dernières années.

«Les évêques qui  nous visitent régulièrement à la Signature Apostolique disent que beaucoup de couples divorcés aujourd’hui ne se soucient plus de la question de la nullité. Ils prennent juste la décision de vivre avec quelqu’un d’autre, si c’est en fait ce qu’ils font réellement. Nous tâchons, autant que possible, d’aider les gens à comprendre que c’est grave et mal de vivre un semblant de mariage avec quelqu’un quand en fait on n’est pas libre de se marier. »

Pour ceux qui souhaitent la reconnaissance de nullité de leur mariage, dit-il, « l’Eglise doit avoir un processus apte pour déceler la vérité », selon laquelle il peut être établi qu’un mariage est nul ou pas.

« Mais d’avoir simplement des gens se présenter devant ce que l’on appelle un processus administratif ou un ‘processus pastoral’, où les gens se contentent de raconter leur histoire à un prêtre » qui ensuite prend la décision concernant leur accès aux sacrements – « comment un tel procédé respecte-t-il la vérité de l’enseignement de Notre Seigneur au sujet du mariage ?»

« Le procès de nullité de mariage est le fruit de siècles d’évolution par plusieurs canonistes experts, l’un des grands étant le Pape Benoît XIV. Pour nous, dire simplement maintenant qu’on n’a plus besoin de tout cela est le sommet de l’arrogance et donc de l’idiotie. »

En prévision du synode du mois d’octobre, le Cardinal Burke exprime l’espoir que

« ce synode mettra en avant la beauté de l’enseignement de l’Eglise sur le mariage, dans tous ses aspects, en tant qu’union entre un homme et une femme, fidèle, indissoluble pour la vie, et procréative. »

« J’espère que cela sera l’occasion, spécialement rehaussée par la béatification du Pape Paul VI à la conclusion de ce synode, pour souligner l’enseignement de son encyclique courageuse et très sage, Humanae Vitae ».

En tant que prélat actuel de la Signature Apostolique, le rôle du Cardinal Burke à ce synode sera particulièrement consacré au procès de nullité de mariage, spécifiquement en réponse à la suggestion de raccourcir le procès d’annulation, le rendant plus rapide et plus facile.

« Je ne serais nullement opposé à toutes sortes de changements, sauf qu’une certaine densité de complexité est requise du fait de la complexité que représente la déclaration d’un mariage nul. Et vous ne pouvez simplement pas traiter ce genre de questions avec des processus faciles et légers. »

Prenant en compte toutes ces considérations, le Cardinal Burke dit que le synode peut être une bonne chose,

« tant qu’il est fermement enraciné dans la doctrine et la discipline de l’Eglise concernant le mariage. Mais on ne peut pas avoir une sorte d’approche sentimentale ou personnelle ne respectant pas l’objective réalité du mariage. »

Posté le 25 septembre 2014 à 12h06 par Le Salon Beige | Lien permanent

24 septembre 2014

Liturgie : fronde des évêques canadiens

La fronde ouverte d'évêques à l'encontre du Magistère de l'Eglise n'est pas de l'histoire ancienne, comme avec l'encyclique Humanae Vitae, qui avait vu des prélats entrer en dissidence ouverte. Depuis quelques mois, certains évêques et certains théologiens de pacotille ont décidé de remettre en cause le n°84 de l'exhortation apostolique Familiaris Consortio. Leur dernier argument est désormais d'accuser ceux qui défendent l'indissolubilité du mariage d'être... contre le pape !

Sur un autre sujet, on a appris hier que les évêques du Canada ont ouvertement remis en cause l'instruction Liturgiam authenticam de la congrégation pour le culte divin, « approuvée et confirmée de son autorité » par saint Jean-Paul II :

"Bien qu’elle ait été approuvée pour usage en Europe (France, Belgique, Suisse), l’édition européenne du Lectionnaire – livre contenant les lectures de la Bible choisies pour les célébrations de la messe et des sacrements – n’est pas approuvée au Canada, annonce la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Les évêques du Secteur français de la CECC ont convenu que la version révisée du Lectionnaire pour le Canada devra utiliser un langage de genre neutre, dit langage inclusif. [...]

Le langage inclusif est un terme faisant référence au choix délibéré d'un vocabulaire évitant toute exclusion, involontaire ou implicite, de certains groupes. Il évite l'utilisation de termes considérés à tort comme génériques, en particulier en ce qui a trait au genre. Il s’applique à une forme d’expression qui permet aux femmes et aux hommes de se reconnaître comme tels dans un message directement ou généralement destiné aux personnes des deux sexes".

L'instruction Liturgiam authenticam, qui ne date que de 2001, demande dans son numéro 30 :

"Dans beaucoup de langues, on trouve des noms et des pronoms, qui présentent la même forme pour les deux genres, et expriment conjointement masculin et féminin. La demande d’une modification de cet usage ne doit pas nécessairement être admis comme si cela constituait la conséquence ou la manifestation d’un vrai progrès dans la forme actuelle de la langue en question. Même s’il est nécessaire de faire attention, dans la catéchèse, à ce que les mots appartenant à cette catégorie soient correctement compris dans leur sens “inclusif”, cependant il n’est souvent pas possible que, dans les traductions, d’autres mots soient employés sans porter préjudice aux nuances exactes du texte, ni à la relation harmonieuse des divers mots ou locutions, ni à l’équilibre qui existe entre eux. A titre d’exemple, si le texte originel emploie un mot unique pour exprimer le lien entre un seul homme et l’unité, ainsi que l’universalité de la famille ou communauté humaine (comme les mots hébreu adam, grec anthropos, latin homo), il faut conserver cette manière de s’exprimer du texte dans la langue d’origine dans la traduction. Comme il advint en d’autres périodes de l’histoire, l’Eglise doit prendre des décisions en toute liberté en ce qui concerne l’usage de la langue, en prenant comme point de référence avant tout sa mission doctrinale, et sans se soumettre à des normes linguistiques imposées de l’extérieur, et qui seraient au détriment de cette mission."

Puis au numéro 57 :

"La caractéristique de l’insigne Rite romain de s’exprimer avec concision et de façon concrète, doit être respectée dans la traduction, quand cela s’avère possible. De plus, dans les différentes parties des livres liturgiques, il semble très opportun de traduire la même idée par la même locution. Il faudra observer les principes suivants :

a) L’expression de la liaison entre les concepts, tels qu’on la trouve, par exemple, dans les propositions subordonnées et relatives, dans l’ordre des mots et dans les types de parallélismes, doit être rendue autant que possible dans la langue vernaculaire en se servant des moyens appropriés à celle-ci.

b) Dans la traduction des mots, qui sont dans le texte original, il faut conserver, autant que possible, la même personne, le même nombre et le même genre."

Il y en qui croient qu'avec l'arrivée du pape François, on peut faire table rase du passé. Ils ont sans doute cru qu'en canonosant le pape polonais, on pourrait plus facilement mettre son enseignement aux oubliettes.

Posté le 24 septembre 2014 à 14h16 par Michel Janva | Lien permanent

23 septembre 2014

Les Chrétiens de Tahiti en union de prière avec les Chrétiens d'Orient

Des lecteurs du Salon beige qui vivent à Tahiti, nous font part de leur présence spirituelle à la manifestation de soutien en faveur des Chrétiens d'Orient. Voici leur message :

"Bonjour,

avec un peu de retard - mais le décalage horaire ne plaide pas en notre faveur, je vous adresse une photo de l'autel prise à l'occasion d'un chapelet organisé dimanche 21 septembre, en communion avec les manifestations qui ont eu lieu en France pour les Chrétiens d'Orient. A quelques 18.000 km  de France, et presque autant d'Irak, ce chapelet, organisé à la chapelle saint Louis, de Tahiti, a réuni plusieurs familles venues prier devant une relique de la Vraie Croix, confier à Notre-Dame d'Afrique nos frères dans la foi qui souffrent et la conversion des musulmans. Le livret joint se termine par une prière à Notre-Dame d'Afrique. 

Bien à vous,

UDP"

20140921_162436

Prière à Notre-Dame d’Afrique pour la conversion des musulmans

Ô Cœur Saint et Immaculé de Marie, si plein de miséricorde, soyez touché de l’aveugle- ment et de la profonde misère des Musulmans.
Vous, la Mère de Dieu fait homme, obtenez-leur la connaissance de notre Sainte Religion, la grâce de l’embrasser et de la pratiquer fidèlement, afin que, par votre puissante intercession, nous soyons tous réunis dans la même foi, la même espérance et le même amour de votre divin Fils, Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a été crucifié et qui est mort pour le salut de tous les hommes, et qui, ressuscité plein de gloire, règne en l’unité du Père et du Saint-Esprit, dans les siècles des siècles.
Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous. Notre-Dame d’Afrique, priez pour nous, pour les Musulmans, pour les Juifs et tous les autres infidèles. Consolatrice des affligés, priez pour nous. Amen

Posté le 23 septembre 2014 à 19h49 par Marie Bethanie | Lien permanent

Rome-FSSPX : la perspective désirée d'une pleine réconciliation

Les relations se poursuivent :

"Ce matin, le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi s'est entretenu pendant deux heures avec Mgr.Bernard Fellay, Supérieur de la Fraternité sacerdotale St.Pie X, accompagné par ses Assistants l'Abbé Nikolaus Pfluger et l'Abbé Alain-Marc Nély. Le Cardinal Gerhard Ludwig Müller était accompagné du Secrétaire et du Secrétaire adjoint du dicastère Mgr.Luis Ladaria Ferrer, SJ, et Mgr.Joseph Augustine Di Noia, OP, ainsi que de Mgr.Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei.

Les parties, qui ont examiné certaines questions d'ordre doctrinal et canonique, ont convenu de procéder par paliers mais dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés. Et ce dans la perspective désirée d'une pleine réconciliation."

Communiqué de la Maison généralice de la Fraternité Saint-Pie X :

"Ce mardi 23 septembre 2014, Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, a rencontré le cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il était accompagné de l’abbé Niklaus Pfluger et de l’abbé Alain-Marc Nély, 1er et 2nd assistants généraux de la Fraternité. Le cardinal Müller était entouré de Mgr Luis Ladaria Ferrer s.j., secrétaire de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, de Mgr Joseph Augustin Di Noia o.p., secrétaire-adjoint, et de Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei.

L’entretien s’est déroulé dans les bureaux de la Congrégation pour la doctrine de la foi, de 11 h. à 13 h. Il avait pour but de permettre au cardinal Müller et à Mgr Fellay de se rencontrer pour la première fois et de faire ensemble le point sur les relations entre le Saint-Siège et la Fraternité Saint-Pie X, depuis la renonciation du pape Benoît XVI et le départ du cardinal William Joseph Levada, précédent Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi.

Au cours d’un entretien cordial, les difficultés doctrinales et canoniques ont été exposées, et la situation actuelle de l’Eglise évoquée. Il a été décidé de poursuivre les échanges afin d’éclaircir les points de divergence qui subsistent."

Posté le 23 septembre 2014 à 15h33 par Michel Janva | Lien permanent

22 septembre 2014

Une église rendue au culte grâce à une communauté s'inspirant du Père Zanotti-Sorkine

L'église Sainte-Catherine, à Bruxelles, a failli être transformée en halle aux poissons. Tout un symbole ! Après trois ans de fermeture et d'importants travaux de rénovation pris en charge par les fidèles, la paroisse, qui se trouve dans un quartier déchristianisé, a pu réouvrir. Elle a été reprise par les jeunes prêtres de la Fraternité des Saints-Apôtres, fondée par Mgr André-Joseph Léonard, qui s'inspire de l'abbé Michel-Marie Zanotti-Sorkine. Le port de la soutane est de rigueur, pour

"aller à la rencontre des gens. Ils seront clairement identifiables comme prêtres, et comme nous avons beaucoup de frères musulmans qui portent un habit religieux, le dialogue s’instaurera."

Posté le 22 septembre 2014 à 22h49 par Louise Tudy | Lien permanent

20 septembre 2014

Sécurité renforcée place Saint-Pierre par crainte d'une attaque

Lu ici

"La sécurité a été renforcée place Saint-Pierre, après l'interception par des services de renseignement étrangers d'un message menaçant évoquant une possible attaque au Vatican, selon un journal italien samedi.
Un service de renseignement étranger a alerté cette semaine l'Italie en lui indiquant avoir intercepté une conversation entre deux interlocuteurs parlant arabe, évoquant une "action d'éclat mercredi au Vatican", selon le quotidien Il Messaggero.

Le mercredi est le jour où le pape tient une audience générale sur la Place Saint-Pierre, devant la basilique.
Une unité antiterroriste italienne a établi que l'un des interlocuteurs était passé en Italie il y a huit mois, selon le journal.

Le Vatican a réfuté cette semaine que le pape François, qui se rend en Albanie dimanche, soit menacé par une attaque islamiste. Mais la sécurité a néanmoins été renforcée au Vatican pour les audiences de mercredi et de dimanche, selon Il Messaggero.
Des chiens policiers ont été déployés pour détecter des explosifs, et les hôtels du quartier ont été placés sous surveillance, d'après le quotidien La Repubblica".

Posté le 20 septembre 2014 à 11h59 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (2)

19 septembre 2014

Le Synode sur la famille doit donner un élan missionnaire aux époux chrétiens

Extraits d'une tribune d'Alex et Maud Lauriot Prevost, délégués épiscopaux à la Nouvelle Évangélisation, parue sur le blog de l'Homme nouveau :

"Le Pape a clairement identifié un écueil majeur qui entrave l’ambition évangélisatrice à l’échelle universelle et c’est une des raisons majeures qui l’a poussé à convoquer ce Synode. Il relève en effet, que les « positions » de l’Église se rapportant au couple, à la sexualité ou à la famille, telles qu’elles sont perçues, sont très souvent ignorées ou refusées, stigmatisées ou caricaturées. (...)

C’est pourquoi, il nous apparaît opportun de souligner ici avec beaucoup d’insistance la nécessité que le Synode – certes, rappelle la vérité révélée, le dogme et les conséquences morales de ce dessein merveilleux – mais surtout qu’il mette en évidence la puissante attractivité missionnaire et le pouvoir libérateur de l’évangile du couple et de la famille, de l’évangile de la sexualité et du corps, développé de manière si lumineuse par saint Jean-Paul II. (...) Cet évangile de l’amour humain rejoint en effet des aspirations existentielles les plus fortes, qui sont universelles, (...) : chaque homme, chaque femme, chaque couple, est comme « génétiquement » marqué à jamais par ce dessein créateur d’être à l’image et à la ressemblance d’un Dieu d’amour, de joie et de communion. Là est la source et le modèle du couple, de son amour conjugal, de sa joie, de sa fécondité et de sa paix, mais là aussi est sa quête centrale, sa soif inextinguible : « Donne-moi à boire que je n’aie plus soif ! » dit à Jésus la Samaritaine qui a déjà eu cinq hommes dans sa vie et dont le sixième ne semble pas non plus la combler… Méconnaître ou se couper de cette source assèche la vie conjugale ; la (re)trouver et y puiser en vérité dilate cette « génétique » conjugale pourrait-on dire ; elle guérit et elle unifie notre conjugalité si blessée et malade. Évangéliser, c’est avant tout conduire à cette source, témoigner qu’elle est effective et accessible à tous, qu’elle procure d’immenses bénéfices pour le couple, et par conséquent, pour la famille.

À la suite des apôtres, il nous semble indispensable qu’à l’occasion de ce synode, l’Église réponde avec force et pertinence aux foules contemporaines qui – en matière conjugale, sexuelle, familiale – crient « J’ai soif, donne-moi à boire ! ». Nous prions donc pour que l'Église parle comme saint Paul « sans crainte, avec force et assurance » pour témoigner à tous avec clarté : qu’elle nomme tout autant les écueils et les mirages trompeurs du monde moderne en matière d’amour, de mariage et de sexualité, que le magnifique chemin de bénédiction, de guérison, de libération et de conversion de l’Eros proposé par le Christ. Il conduit ainsi chacun « vers la béatitude à laquelle tend tout notre être » (Benoît XVI), afin que vivent et grandissent – malgré les inévitables aléas et les nombreuses limites de tous les conjoints – des couples durables, des familles durables, une sexualité belle et durable au sein du mariage. (...)

À cette fin, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu’à l’issue de ce synode et en raison de son contenu, notre Pape François va sans aucun doute engager une mobilisation missionnaire sans précédent des couples chrétiens eux-mêmes : « Le mariage est appelé à être non seulement objet, mais sujet de la Nouvelle Évangélisation » affirmait Benoît XVI à l’ouverture du dernier synode. Certes le mariage est à évangéliser, mais pour mener cette mission si urgente, les couples, qui ont fondé leur vie sur le Christ, sont appelés à devenir eux-mêmes les premiers évangélisateurs de la famille ; ils ont reçu toutes les grâces pour cela, puisqu’en raison même de leur sacrement de mariage, Jésus-Christ et l’Esprit Saint les « établi(ssent) témoins et missionnaires de l’amour et de la vie » (Jean-Paul II)."

Posté le 19 septembre 2014 à 15h12 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Réhabilitation d'une église abandonnée à Bruxelles

Samedi, c'est la réouverture de l'église Sainte-Catherine, à Bruxelles, et non pas avec un nouveau projet, comme l'avait annoncé la ville. L'église servira à nouveau pour la célébration du culte catholique, avec trois nouveaux et jeunes prêtres.

Posté le 19 septembre 2014 à 07h41 par Michel Janva | Lien permanent


     Archives > L'Eglise : Vie de l'Eglise

accueil | archives | index | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | © Copyright 2013 - Le Salon Beige

     Archives > L'Eglise : Vie de l'Eglise