02 septembre 2015

Le pèlerinage de Chartres vu par les Américains

Une vidéo de moins de 5mn en anglais sur le "plus important évènement annuel dans l'Eglise aujourd'hui", selon The Remnant :

Posté le 2 septembre 2015 à 09h32 par Michel Janva | Lien permanent

01 septembre 2015

La Fraternité Saint-Pie X exprime sa reconnaissance au Souverain Pontife

Unknown-26Suite à l'acte généreux du pape, un communiqué de la Maison générale de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X remercie le Saint-Père et ajoute :

"Lors de cette année de conversion, les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X auront à cœur d’exercer avec une générosité renouvelée leur ministère au confessionnal, suivant l’exemple de dévouement inlassable que le saint Curé d’Ars a donné à tous les prêtres."

Posté le 1 septembre 2015 à 21h16 par Michel Janva | Lien permanent

31 août 2015

Synode : les évêques africains se préparent

Réunis à Accra au mois de juin, 45 évêques et 5 cardinaux d'Afrique avaient annoncé la couleur : au prochain synode sur la famille, ils parleraient d'une seule voix pour réaffirmer l'enseignement du Christ à propos du mariage et ne laisseraient entrer aucun cheval de Troie des "novateurs".

Dans la continuité de ce symposium, 7 cardinaux et 5 évêques et archevêques africains viennent de publier en anglais un ouvrage collectif, "L’Afrique, nouvelle patrie du Christ. Contributions de pasteurs africains au synode consacré à la famille". Sandro Magister, qui s'en fait le relais, note que  le cardinal Sarah n'hésite pas à critiquer point par point les Lineamenta, le document officiel publié à l'issue du premier synode, et qui servira de base de travail lors du second.

Extrait du texte du cardinal Sarah :

"Les "Lineamenta" indiquent que (...) le nouveau chemin tracé par le synode extraordinaire a comme point de départ les ”périphéries de l’existence", qui nécessitent une approche pastorale caractérisée par une "culture de la rencontre, capable de reconnaître l’œuvre librement réalisée par le Seigneur, y compris en dehors de nos schémas habituels, et d’assumer sans restrictions cet état d’'hôpital de campagne' qui est tellement utile à l’annonce de la miséricorde de Dieu" (introduction aux questions après la “Relatio synodi", première partie).

Dès lors la question qu’il convient de se poser est la suivante : quelles sont ces périphéries de la vie dans le nouveau contexte socio-culturel auquel nous sommes actuellement confrontés ? (...)

Si nous en croyons le président du conseil des conférences des évêques d’Europe, “la vie commune de facto est désormais devenue la norme" dans les pays de l’hémisphère Nord, une donnée qui est confirmée par des études sociologiques. Vivre dans une famille chrétienne, selon les valeurs de l’Évangile, est devenu une situation marginale par rapport à ce que fait la majorité des gens. Les familles chrétiennes, dans ce contexte, sont maintenant en minorité non seulement au point de vue numérique, mais également au point de vue sociologique. Elles sont victimes de discriminations silencieuses mais oppressantes et implacables. Tout est contre elles : les valeurs dominantes, la pression médiatique et culturelle, les liens financiers, la législation en vigueur, et ainsi de suite. Et l’Église elle-même, à travers des documents tels que les "Lineamenta", semble les pousser, elle aussi, vers une telle situation.

Si les "Lineamenta" sont formulés dans le langage dont nous avons pu prendre connaissance, quel type d’Église s’occupera alors de ce "petit reste" ? Qui fera entendre la voix miséricordieuse du Bon Pasteur, qui ne cesse de nous répéter : "Sois sans crainte, petit troupeau" (Lc 12, 32) ?

Est-ce que nous n’avons pas rencontré ici la véritable "périphérie" de notre village planétaire postmoderne ? Espérons que le synode qui va avoir lieu ne chasse pas de la "grotte de Bethléem" (l’Église) la petite famille chrétienne qui a trouvé de la place dans les auberges de la "Cité du roi David" (notre monde globalisé). Les belles familles chrétiennes qui, à l’heure actuelle, vivent héroïquement les valeurs exigeantes de l’Évangile sont aujourd’hui les véritables périphéries de notre monde et de nos sociétés, qui parcourent la vie comme si Dieu n’existait pas."

La suite ici

Posté le 31 août 2015 à 19h44 par Louise Tudy | Lien permanent

Fin XIXe, Tourcoing passait pour "la ville la plus chrétienne du diocèse", et maintenant ?

Alors qu'une chapelle en mauvais état, vendue par le diocèse en 2011 pour être transformée en loft, est remise sur le marché, La Voix du Nord établit la liste des biens de l'Eglise vendus ces dernières années à Tourcoing :

"le programme de lofts dans l’ex-église Saint-Jean-Baptiste de la rue du Touquet va bientôt démarrer. Ces logements avaient été annoncés en 2010 mais le projet porté par une entreprise de bâtiment a pris beaucoup de retard. En tout cas, cette église n’accueille plus de culte. Comme celle du quartier de l’Épidème. Saint-Louis a été cédée en 2011 après neuf années de fermeture à cause de l’état de sa toiture. La société Toitsur, spécialisée dans la restauration du patrimoine, l’a acquis pour 20 000 euros. Elle accueille ponctuellement des rendez-vous culturels.

En 2011 également, le monastère des bénédictines ferme ses portes après 91 années d’existence. Il ne restait plus que deux religieuses pour quarante places. Un projet porté par l’association Fraternative propose de baptiser le lieu Résidence « La vie est belle » et d’accueillir des personnes souffrant de troubles psychiques et d’isolement. L’accord allait être conclu mais les protagonistes n’ont pas réussi à se mettre d’accord. Le monastère demeure vide. Autre départ : celle des frères Maristes cette année qui vivait au cœur du quartier des Phalempins et qui, à cause de leur âge, rejoignent d’autres lieux.

Dans l’Histoire de Tourcoing, dirigée par Alain Lottin, il est fait mention de Tourcoing qui a longtemps passé pour « la ville la plus chrétienne du diocèse » à la fin du XIXe siècle : « Le chamoine Deregnaucourt, infatigable bâtisseur d’église, a fait venir de nombreuses congrégations : Filles de l’Enfant Jésus, pères de Sainte-Marie, Sœurs noires, Petites sœurs des pauvres »."

Posté le 31 août 2015 à 11h33 par Louise Tudy | Lien permanent

30 août 2015

Le mariage et la famille : un éclairage pastoral de 11 cardinaux

Capture d’écran 2015-08-30 à 23.10.07En vue du prochain synode sur la famille, 11 cardinaux s'expriment en toute liberté sur le mariage, la famille et sur quelques-uns des sujets débattus lors de la première session du synode en octobre 2014 comme la communion aux divorcés-remariés, le mariage au regard de l'Église catholique.

Ils apportent un éclairage pastoral dans cet ouvrage réalisé par Robert Dodaro et qui sera publié le 17 septembre aux éditions Artège. Ils abordent sans langue de bois les problèmes liés au mariage catholique, image sanctifiée de la réunion du Christ avec son Église, l'importance de la famille en tant qu'Église domestique et donnent un éclaircissement sur l'accès des divorcés à l'Eucharistie et l'impossibilité du mariage pour les personnes de même sexe.

Les cardinaux Onaiyekan et Cleemis présentent les spécificités de leur apostolat concernant notamment la polygamie et le désir de remariage pour stérilité de l'épouse en Afrique et le problème des « mariages arrangés » en Inde.

Faisant suite à Demeurer dans la vérité du Christ (paru chez Artège en septembre 2014) qui présentait la réflexion théologique au sujet des Sacrements du Mariage, de la Pénitence et de l'Eucharistie, cet ouvrage apporte un témoignage pastorale de mise en oeuvre de cette théologie. Ont participé à cet ouvrage : 

  • Le cardinal Caffara, archevêque de Bologne
  • Le cardinal Cleemis, archevêque majeur de l'Église syro-malankare de Trivandrum et actuel président de la Conférence épiscopale indienne
  • Le cardinal Cordes, haut prélat émérite de la Curie pontificale
  • Le cardinal Duka, archevêque de Prague
  • Le cardinal Eijk, archevêque d'Utrecht
  • Le cardinal Meisner, archevêque émérite de Cologne
  • Le cardinal Onaiyekan, archevêque d'Abuja, la capitale du Nigeria
  • Le cardinal Rouco Varela, archevêque émérite de Madrid
  • Le cardinal Ruini, aujourd'hui émérite, qui fut longtemps le cardinal-vicaire de Rome
  • Le cardinal Sarah, ancien archevêque de Conakry (Guinée) et actuel préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et les Sacrements  
  • Le cardinal Urosa Savino, archevêque de Caracas

Posté le 30 août 2015 à 23h12 par Michel Janva | Lien permanent

Le vrai visage du cardinal Burke

L'Homme Nouveau consacre un dossier au cardinal Raymond Burke, dont la personnalité fait l'objet d'une désinformation dans certains médias. Selon l'HN, le cardinal Burke souffre d'une mauvaise réputation comme le cardinal Ratzinger, surnommé le "Panzercardinal", car il a aussi la volonté de défendre la vérité au sein de l'Eglise. En voici un extrait :

UNe-1596-blog"Un évènement du passé permet de mieux saisir la vraie figure de Raymond Burke ainsi que la réalité de ses œuvres de miséricorde. Il est alors évêque de La Crosse, aux États-Unis. Au nombre de ses ouailles se trouve un jeune homme, Eric Hess, né dans une famille bancale. Son père, alcoolique, battait sa mère. Eric trouve un père de substitution : un professeur de lycée qui abusera de lui. Le jeune homme sombre dans la pratique homosexuelle et finit par rassembler tous ses crucifix, objets et livres de piété pour les déposer dans le bureau de son évêque avec une lettre où il fait part de sa renonciation à la foi catholique. Mgr Burke n’a pas, comme l’eût fait sans doute un Pharisien, fulminé une excommunication doublée du refus de parler au jeune homme. Au lieu de quoi il lui écrivit une lettre paternelle, où il dit « respecter » la décision d’Eric Hess et... « prier pour son retour ». Furieux, le jeune homme dénonça l’« arrogance » de son Ordinaire, se dit victime de « harcèlement », lui enjoignit de ne plus jamais lui écrire. La réaction du futur cardinal fut caractéristique. Il prit sa plume pour dire, gentiment, qu’il ne s’adresserait plus à Hess, mais si celui-ci voulait un jour se réconcilier avec Dieu et avec l’Église, lui, Mgr Burke, l’« accueillerait à bras ouverts ». C’est trois ans plus tard, en 1998, que Hess se convertit. Lorsqu’il vint voir Mgr Burke, celui-ci le reçut avec une accolade chaleureuse, et lui remit ses objets de piété toujours conservés en vue de ce retour attendu avec confiance. Eric Hess a témoigné de cet itinéraire d’enfant prodigue pour dire que Mgr Burke avait été le vrai « père spirituel » dont il avait besoin pour se représenter « de manière aimante notre Père du ciel » :

« Ayant souffert de vivre en état de péché mortel pendant de longues années, je vous assure qu’il n’y a pas de bonheur en dehors de l’ordre moral. »

A l'occasion de la sortie de son livre d'entretiens avec Guillaume d'Alençon aux Editions Artège, Son Eminence le cardinal Burke donnera une conférence le dimanche 27 septembre à 15h à Saint Eugène Sainte Cécile 4 rue du Conservatoire 75009.

Posté le 30 août 2015 à 22h35 par Michel Janva | Lien permanent

22 août 2015

Appel de Mgr Pascal Gollnisch pour les chrétiens d'Orient

Mgr Gollnisch est président de l'Œuvre d'Orient, les chrétiens de France au service des chrétiens d'Orient. Lu ici :

"Aujourd’hui on peut parler de persécution, de génocide. L’Irak et la Syrie traversent une crise historique ! Des peuples s’enfoncent dans un chaos profond et durable. Victimes de cette incroyable situation, des centaines de milliers de chrétiens ont dû abandonner leur maison et fuir dans les pays voisins.

Le Liban notamment est devenu une terre d’accueil providentielle, mais à quel prix. L’aide internationale est largement insuffisante, le gouvernement ne verse plus ni aides sociales ni subventions depuis plusieurs années. Près de 30 % de la population est constituée de réfugiés, syriens surtout et irakiens. Imaginez 20 millions de réfugiés en France ! Le pays est au bord de l’implosion, avec la menace du Daech tout proche.

Les communautés religieuses, les prêtres font face, dans la mesure de leurs moyens, ils leur donnent tout ce qu’ils ont, mais c’est si peu ! Et la situation risque d’empirer car on ne voit pas la fin des conflits ! Le pape a récemment encore souligné combien les chrétiens d’Orient sont des artisans de paix. Combien leur présence est essentielle au maintien de liens entre les communautés. 

Avec leur départ, ce sont aussi les sources de la culture chrétienne qui vont se tarir. Les chrétiens d’Orient doivent rester non seulement car ce sont leurs pays mais aussi pour les musulmans qui aspirent à plus de modernité et pour les nations d’Europe. Nous sommes présents au quotidien auprès de ces communautés. Nous travaillons en étroite collaboration avec chacune d’elles pour répondre le mieux possible à leurs demandes et témoigner de la solidarité des chrétiens de France.

Alors, je vous demande de continuer à soutenir les chrétiens qui veulent rester sur place ou ne peuvent partir ! Prions pour nos frères. Tendons-leur la main ! Ils en ont tellement besoin !"

Posté le 22 août 2015 à 21h19 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (6)

21 août 2015

"S&P 500 Catholic Values Index" : Standard & Poor's lance un indice de valeurs catholiques

Tout est bon pour faire du business... :

"Cet indice «est conçu pour inclure les entreprises membres du S&P 500 dont les pratiques respectent les règles de l’investissement socialement responsable édictées par la Conférence des évêques des Etats-Unis», a expliqué S&P dans un communiqué.

Standard and Poor’s ne fait en revanche pas allusion aux récentes déclarations du pape François sur les excès du capitalisme, lors de son récent voyage en Amérique latine ou dans son encyclique de juin sur le climat.

«Nous suivons les directives de la Conférence des évêques, qui ne prennent pas en compte l’encyclique du pape», hostile notamment aux énergies fossiles, a indiqué jeudi une porte-parole de S&P. «Nous ferons des changements si la Conférence des évêques modifie» ses recommandations, a-t-elle ajouté.

Cet indice exclut d’emblée toutes les entreprises réalisant des bénéfices dans des activités liées à l’avortement ou à la contraception, à la production de programmes érotiques ou pornographiques, à l’armement biologique, chimique ou nucléaire et aux mines, au travail des enfants, et à la recherche liée aux cellules souches".

Vous avez bien lu, pour S&P, être catholique se limite à écouter ses évêques même quand ils refusent l'enseignement du Saint Père. Attitude plus que douteuse...

On devrait exclure de cette indice les entreprises qui ne respectent pas la doctrine sociale de l'Eglise, qui travaillent le dimanche, contrairement à ce que la Sainte Vierge, dans plusieurs apparitions reconnues, a demandé, etc 

Finalement, l'indice catho, combien d'entreprises?

 

Posté le 21 août 2015 à 23h52 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

Les jardins brûlent, la statue de Notre-Dame reste intacte

Cela s'est passé en Espagne ce 30 juillet.

Madona

(Sources espagnoles : ici et )

On se rappelle l'histoire de ces statues de New-York en 2012 et des Philippines en 2013.

Breezy-point-3

Virgen-filipinas3

Posté le 21 août 2015 à 19h00 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

17 août 2015

Le lien entre le mariage et l'eucharistie

Christopher West est un enseignant anglo-saxon de renom, auteur de nombreux best-sellers, et conférencier populaire. Spécialiste de l'enseignement de l'Eglise sur le corps, l'amour et la sexualité, il s'applique depuis de nombreuses années à la rendre accessible à tous. Il a publié un ouvrage sous forme de questions réponses, afin d'e rendre accessible la théologie du corps. Extrait :

"Mon frère est un bon catholique. Il aime sa nouvelle femme et il aime Dieu. Mais il ne peut pas recevoir la communion parce qu'il n'a pas obtenu la reconnaissance de nullité de son premier mariage. Il se sent exclu et mal aimé par l'Eglise. Pourquoi l'Eglise catholique est-elle si dure et insensible sur le sujet ? [...]

I-Grande-149734-bonnes-nouvelles-sur-le-sexe-et-le-mariage.netL'amour du Christ accueille tout le monde. Si l'Eglise échoue à montrer à ses membres l'amour du Christ, alors, en effet, elle a tout raté. Mais de la même manière, reconnaissons que si elle n'arrive pas à encourager ses membres à vivre l'amour du Christ, elle a également tout raté.

Il y a ici une certaine tension : l'amour du Christ accueille inconditionnellement tous les pécheurs, et en même temps, dans son amour pour nous, le Christ est intransigeant avec notre péché. Comme avec la femme adultère, il ne nous condamne pas mais il nous appelle à ne plus pécher (cf. Jn 8, 10-11).

Accueillir une personne ne signifie jamais accueillir les choix objectivement mauvais qu'elle a faits. Le Christ a dit : "Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère à son égard" (Mc 10,11). Dans ces conditions, si le ("premier") mariage de votre frère était valide, en vivant aujourd'hui une relation sexuellement active avec quelqu'un d'autre il commet de fait un adultère à l'égard de sa ("première") femme.

Le Christ, notre Epoux divin, nous montre ce que signifie l'union sexuelle en nous faisant sur la Croix le don éternel de son corps que nous recevons de manière sacramentelle dans l'Eucharistie. L'union sexuelle des époux participe du don eucharistique que le Christ fait de lui-même. En ce sens, l'union sexuelle de deux personnes qui ne sont pas mariées contredit directement l'amour eucharistique du Christ. C'est d'autant plus vrai lorsque l'un des partenaires sexuels -ou les deux-  est marié à quelqu'un d'autre.

C'est pour cette raison qu'un(e) catholique qui continue à avoir des unions charnelles avec quelqu'un, alors qu'il est de fait marié à quelqu'un d'autre, n'est pas en mesure de recevoir la communion. D'un point de vue objectif, cette personne vit en contradiction directe avec ce que signifie l'Eucharistie. Dans l'Eucharistie, nous consommons avec le Christ un mariage mystique par lequel il se donne entièrement à nous et nous nous donnons entièrement à lui, en lui promettant une fidélité totale. Si nous n'avons pas l'intention d'être fidèle aux enseignements du Christ, il serait hypocrite de recevoir l'Eucharistie.

Il est vraiment important de faire ici la distinction entre persister volontairement dans un "état de péché" objectif et avoir du mal à résister au péché. La fidélité au Christ est difficile. C'est un combat pour tout le monde.

L'Eucharistie n'est en aucun cas réservée à ceux qui sont "parfaits". Si c'était le cas, personne n'irait communier. Mais le minimum requis lorsque nous recevons l'Eucharistie, est de dire au Christ que nous sommes désireux de lutter pour vivre selon sa volonté, en résistant à tout ce qui lui est contraire.

Echouerons-nous parfois ? Sans aucun doute. Telle est la condition de l'homme déchu. C'est pourquoi le Christ nous donne le sacrement de réconciliation."

Posté le 17 août 2015 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

15 août 2015

#ChristianBells : H-4

 

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Posté le 15 août 2015 à 08h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

14 août 2015

#ChristianBells : H-17

Vu sur la page Facebook de l'évènement :

11888119_703964589739516_837878388377724068_nEt ci-dessous, une capture d'écran de la page Google maps qui recense tous les diocèses participants. Demain, la carte de France sera toute rose, sans trous...

Capture d’écran (43)

Posté le 14 août 2015 à 20h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

#ChristianBells : Annecy, Laval, Versailles, Tulle et Cologne

Le diocèse d'Annecy vient rejoindre les diocèses de France qui feront sonner leurs cloches en signe de soutien aux chrétiens d'Orient persécutés :

"En communion avec nos frères chrétiens d’Orient Le diocèse d’Annecy se joint à l’initiative de faire sonner les cloches le samedi 15 août, fête de l’Assomption de la Vierge Marie, pour manifester notre communion avec les chrétiens d’Orient."

Un lecteur nous transmet ce message du vicaire général du diocèse de Laval (extrait) :

"Monsieur,

Je vous remercie de votre message.   Le diocèse de Laval, à l’invitation de notre Evêque, priera aux intentions des chrétiens d’Orient en ce jour de l’Assomption et chaque curé a reçu des indications en ce sens.   Là où c’est possible, les cloches sonneront dans les paroisses."[...]

Et L'Abbé Grosjean nous signale que "Mgr Aumonier, évêque de Versailles, a encouragé ses curés à faire sonner les cloches demain pour les chrétiens d'Orient".

A Tulle, Mgr Bestion a demandé à tous ses prêtres de sonner les cloches pour le 15 août.

En Allemagne, le cardinal archevêque de Cologne Rainer Maria Woelki appelle les catholiques de son diocèse à une minute de silence et de prière en union avec les cloches qui sonneront en France pour les chrétiens d'Orient, en la fête de l'Assomption de la Sainte Vierge.

Ici, une carte Google Map interactive et évolutive, proposée sur le site du Figaro.fr.

Posté le 14 août 2015 à 17h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

Les cloches sonneront au Tchad, pour les chrétiens d'Orient

Demain, samedi 15 août, à l’issue de la messe de l’Assomption, la cloche de la chapelle Notre-Dame d’Epervier au sein du camp KOSSEÏ à N’Djamena, sonnera pour les chrétiens d’Orient. Depuis le cœur du Sahel, nous ne les oublions pas.

Posté le 14 août 2015 à 15h34 par Michel Janva | Lien permanent

Le patriarche des chaldéens remercie la France

Lettre de Mgr Sako au cardinal Vingt-Trois :

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Posté le 14 août 2015 à 15h28 par Michel Janva | Lien permanent

#ChristianBells : Mende et Pamiers

Mgr François Jacolin, évêque de Mende, s'associe à la prière pour les chrétiens d'Orient persécutés :

"Monseigneur François Jacolin, évêque de Mende adhère à cette initiative et invite les paroisses du diocèse à porter nos frères d'Orient dans la prière.

Les cloches de la Cathédrale Notre Dame de Mende sonneront à midi, et des équipes liturgiques de différentes paroisses ont prévu une intention spécifique  pour les chrétiens d'Orient au moment de la Prières Universelle."[...]

Ainsi que Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix :

"Le 15 août, les cloches sonneront « pour manifester leur soutien fraternel aux chrétiens d’Orient en proie à des persécutions dans leurs pays à cause de leur foi »."

Posté le 14 août 2015 à 11h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

12 août 2015

Il n'y a pas de raisons majeures pour refuser la reconnaissance canonique à la FSSPX

Extrait de l'entretien donné par Mgr Athanase Schneider à "Adelante la Fe", la version hispanophone du blog Rorate Caeli :

"Votre Excellence a récemment visité [les séminaires de] la FSSPX aux Etats Unis et en France. Nous savons qu’il s’agit d’une rencontre ‘discrète’ mais pouvez-vous nous dire ce que vous retirez de ce que vous avez vu et de vos discussions ? Comment voyez-vous une réconciliation à venir, et qu’est-ce qui peut y faire le plus obstacle ?

SLe Saint Siège m'a demandé de visiter les deux [séminaires] de la FSSPX, en vue de mener une discussion sur un sujet théologique spécifique, avec un groupe de théologiens de la FSSPX et avec Son Excellence Mgr Fellay. Pour moi, cela montre que le Saint Siège ne tient pas la FSSPX pour une réalité ecclesiale négligeable, mais qu'elle doit être prise au sérieux. Je garde une bonne impression de mes visites. J'ai pu observer une réalité saine dans ces deux [séminaires], aussi bien théologique, spirituelle, qu'humaine. Le “sentire cum ecclesia” de la FSSPX est illustré par le fait que j'ai été reçu avec un vrai respect, et cordialement, en tant qu'envoyé du Saint Siège. De plus, j'ai vu avec plaisir que dans les deux endroits, il y avait à l'entrée une photo du pape François, le Pontife régnant. Dans les sacristies, il y avait des plaques avec le nom du pape François et de l'évêque diocésain de lieu. J'ai été touché d'assister au chant traditionnel pour le pape (“Oremus pro pontifice nostro Francisco…”) lors de l'exposition solennelle du Saint Sacrement.

Il n'y a pas, à ma connaissance, de raisons majeures pour refuser la reconnaissance canonique officielle au clergé et aux fidèles de la FSSPX, en même temps qu'ils devraient être acceptés tels qu'ils sont. C'était du reste la demande de l'archevêque Lefebvre au Saint Siège: "Acceptez-nous tels que nous sommes".

Je crois que la question de Vatican II ne doit pas être une “conditio sine qua non”, dans la mesure où c'était une assemblée de caractère pastoral, à visée pastorale. Une partie des déclarations conciliaires ne reflète que leur époque, et leur valeur est temporaire, comme pour tout document pastoral ou disciplinaire. Au regard de la perspective bi-millénaire de l'Eglise, on peut dire que les deux parties (le Saint Siège et la FSSPX) sur-évaluent et sur-estiment une réalité pastorale de l'Eglise, qui est Vatican II.

Dans la mesure où la FSSPX a la foi, rend le culte, et mène la [vie] morale qui étaient demandés et reconnus par le Magistère Suprême, et qui étaient observés universellement dans l'Eglise pendant des siècles, et dans la mesure où la FSSPX reconnait comme légitimes le pape et les évêques diocésains et prie publiquement pour eux, et qu'elle reconnait également la validité des sacrements selon l'editio typica des nouveaux livres liturgiques, cela devrait suffire à une reconnaissance canonique de la FSSPX de la part du Saint Siège. Sinon, l'ouverture pastorale et œcuménique de l'Eglise contemporaine, qui a été maintes fois répétée, perdra manifestement sa crédibilité, et l'histoire reprochera un jour aux autorités actuelles d'avoir "imposé à ses frères plus de charge que nécessaire" (cf Actes 15:28), ce qui est contraire à la méthode des Apôtres."

Posté le 12 août 2015 à 10h31 par Michel Janva | Lien permanent

10 août 2015

Renouveau du traditionalisme au Canada

Le Devoir consacre un article intéressant (le premier de trois, semble-t-il) sur les vocations traditionnelles au Canada, suite à l'ordination de deux prêtres canadiens de la Fraternité Saint Pierre. Extraits :

C"Pendant que l’héritage catholique québécois s’effrite et que les églises se vident, certains jeunes bravent les préjugés en se tournant vers Dieu. Qu’ils s’engagent dans une voie traditionnelle ou plus contemporaine, tous ont leur raison de lever les yeux vers le ciel, à la recherche de sens. Premier de trois textes sur ces jeunes Québécois qui, en 2015, croient toujours.

Dans la chapelle du séminaire de Saint-Hyacinthe, des notes d’orgue graves et rapides marquent l’entrée de deux Québécois dans la vingtaine qui, dans quelques heures, seront prêtres. Les fidèles se lèvent dès que les deux futurs abbés franchissent la porte de la chapelle avec un convoi de religieux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

Malgré leur âge, Alexandre Marchand (27 ans) et Jacques Breton (29 ans) ont choisi une branche traditionaliste du catholicisme — qui conserve l’aspect liturgique d’avant 1962, année des réformes religieuses du concile Vatican II. Le rite traditionnel est considéré par leur communauté comme plus « sacré ».

En cette chaude journée d’été, Alexandre Marchand et son confrère ont revêtu l’aube. Ils s’agenouillent, puis se prosternent, vivant un moment déterminant dans leur vie. Les deux jeunes hommes font partie des rares Québécois à avoir fréquenté le séminaire européen de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

Des chants grégoriens et l’emploi du latin tout au long de la cérémonie témoignent de l’utilisation du rite traditionnel. Une cérémonie d’ordination selon ce rite n’avait pas eu lieu au Canada depuis 1962 [confusion entre la date du Concile et celle de la réforme liturgique, à moins qu'il n'y a pas eu d'ordination entre 1962 et 1969... NDMJ]. [...]

L’abbé Marchand, de Gatineau, a senti l’appel de Dieu dès l’âge de cinq ans et a rapidement opté pour le traditionalisme. « Petit, je suis allé plusieurs fois à la messe traditionnelle. Il y a une paroisse de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre à Ottawa depuis 1995, au sein de l’église Sainte-Anne. » Il dit avoir été charmé par la « beauté de la liturgie » traditionnelle et ses symboles. « Ces derniers sont nombreux [durant la messe] et parlent d’eux-mêmes », comme le prêtre qui se met à genoux, s’humiliant pour Dieu, et qui fait la messe tourné vers l’autel et non vers les fidèles, puisqu’il s’adresse au Tout-Puissant. [...]

Au Canada, les paroisses Saint-Clément, à Ottawa, et Holy Family, à Vancouver, appartiennent à la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre et célèbrent la messe selon le rite traditionnel. La Fraternité est également installée dans cinq apostolats. Huit Canadiens, dont un Québécois, seront en formation cette année aux séminaires américain et européen de la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre.

D’autres communautés traditionalistes, comme la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X — qui a créé de vives tensions au sein de la communauté catholique dans les années 1970 en s’opposant à certaines « tendances modernes » —, célèbrent des messes dans une trentaine de villes canadiennes. [...] Si la tradition continue à vivre, c’est parce qu’elle est « authentique » et « héritée de 2000 ans d’histoire », estime l’abbé Marchand. Désormais prêtre, ce dernier compte rester quelques semaines au Québec avant de s’envoler pour la Belgique, où il se joindra à une église à Namur.

Posté le 10 août 2015 à 12h08 par Michel Janva | Lien permanent

09 août 2015

Ces pharisiens qui veulent revenir à la loi mosaïque de la répudiation

Le père Gonzalo Ruiz Freites, docteur en exégèse biblique de l’Institut biblique Pontifical de Rome, professeur d’exégèse du Nouveau Testament et vicaire général de l'Institut du Verbe Incarné, publie un livre intitulé : "Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni", avec pour sous-titre : "Étude à propos des enseignements du Nouveau Testament relatifs au divorce et au remariage, en réponse au professeur Guido I. Gargano". Voici un extrait de sa conclusion, dans laquelle on voit que les nouveaux pharisiens sont bien ceux qui veulent revenir à la loi mosaïque, celle qui permettait la répudiation, en raison de leur dureté de coeur, et qu'ils sont ces nouveaux jansénistes, qui ne croient pas en la grâce transformante :

F"[...] D’autre part, le fait d’affirmer de nouveau que la loi mosaïque est un moyen valide d’obtenir le salut – même si c’est en étant "le plus petit" que l’on entre ainsi dans le royaume des cieux - est gravement contraire à la révélation contenue dans le Nouveau Testament et, par conséquent, à la foi chrétienne. Si la loi mosaïque est encore aujourd’hui une voie de salut, alors le Christ serait mort en vain.

Il est également très grave d’imposer aux chrétiens la validité des préceptes de l’ancienne loi. À plusieurs reprises, pendant que j’écrivais ce texte, j’ai pensé au cri lancé par Paul, dans l’épître aux Galates, contre ceux qui cherchaient à “judaïser” en ce sens les chrétiens provenant du monde des Gentils. Après avoir affirmé : “Je n’annule pas le don de Dieu ; car si la justice vient de la loi, c’est donc que le Christ est mort pour rien” (Gal 2, 21), l’apôtre poursuit ainsi : “Galates stupides, qui donc vous a ensorcelés ? À vos yeux, pourtant, Jésus Christ a été présenté crucifié. Je n’ai qu’une question à vous poser : l’Esprit Saint, l’avez-vous reçu pour avoir pratiqué la Loi, ou pour avoir écouté le message de la foi ? Comment pouvez-vous être aussi fous ? Après avoir commencé par l’Esprit, allez-vous, maintenant, finir par la chair ?” (Gal 3, 1-3).

Il est clair que l’enseignement du Seigneur constitue une nouveauté dans le monde juif, où il était permis de divorcer et de se remarier à condition de rédiger une lettre de répudiation. C’est dans ce contexte que Jésus supprime la possibilité de divorcer et de se remarier en formulant son précepte absolu : que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni (Mc 10, 9 ; Mt 19, 6).

L’Église primitive, par conséquent, a dû traiter ce problème à la fois pour les juifs qui embrassaient sa foi et pour les païens, qui étaient habitués à la validité légale de la pratique du divorce. Dès les origines, cependant, l’Église a été fidèle à son Seigneur. Le texte de Paul en 1 Cor 7, 10-11, est la preuve que l’autorité du commandement du Seigneur l’a emporté face à toute la permissivité du monde antique, aussi bien juif que païen. Cette fermeté est due à la foi en ce commandement qui a été donné par Jésus lui-même : “Que l’homme ne sépare pas ce que Dieu a uni”. Cette conviction a soutenu, tout au long des siècles, les enseignements constants de l’Église à ce sujet.

La mission de Jésus est tout entière caractérisée par la miséricorde envers les pécheurs. Cependant c’est une miséricorde qui pousse à la conversion et à la transformation du cœur, comme Lui-même l’explique : “Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs au repentir” (Lc 5, 32). Jésus n’a pas condamné la femme adultère, mais il ne lui a pas non plus dit “Va et fais-toi donner la lettre de répudiation, cela te permettra de continuer à vivre comme tu le fais actuellement”. Au contraire, il lui a clairement commandé : “Va et ne pèche plus” (Jn 8, 11).

Jésus ne commande pas des choses impossibles. Pour que la nécessaire transformation du cœur puisse s’accomplir, il a apporté la loi nouvelle, la grâce du Saint-Esprit répandue dans les cœurs (cf. Rm 5, 5). Avec sa grâce, il est possible d’accomplir tous ses commandements, y compris le précepte qui ordonne de ne pas s’unir "more uxorio" à une personne avec laquelle on n’est pas marié, même si cela signifie que l’on va devoir porter sa croix tous les jours (cf. Lc 9, 23). Si l’on pense que les personnes dont le mariage est un échec ne peuvent pas vivre dans la chasteté, cela signifie que l’on ne croit pas, en réalité, à la grâce intérieure de Dieu, qui fait du vieil homme une créature nouvelle (cf. 2 Cor 5, 17 ; Gal 6, 15). Cela signifie aussi que l’on pense que le Seigneur nous commande d’accomplir des choses impossibles, annulant ainsi la grâce de Dieu avec laquelle tout est possible, en dépit de nos faiblesses. [...]"

Posté le 9 août 2015 à 09h46 par Michel Janva | Lien permanent

07 août 2015

La Neuvaine : méditation de Mgr Chauvet

Installé en octobre 1995 douzième recteur de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre où Mgr Chauvet enseigne au noviciat des Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre, le pape Jean-Paul II lui confère le 2 août 1999 le titre de « prélat d'honneur de Sa Sainteté ». Depuis octobre 2008, Mgr Chauvet est curé de la paroisse Saint François Xavier de Paris, doyen du doyenné Orsay-Breteuil. Nommé vicaire épiscopal pour l’usage de la forme extraordinaire du rite romain, il ouvre son église le 12 septembre 2008 à l’association Notre-Dame de Chrétienté, lors de la veillée de prière qu'elle organise pour la venue du pape.

Fidèle à notre culture

Je n’oublie pas les mots de Saint Jean-Paul II à l’Unesco à propos de la culture : « l’homme vit d’une vie  vraiment humaine grâce à la culture…  Elle est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage homme… accède davantage à l’être… la tâche première et essentielle de la culture est l’éducation… La Nation existe par la culture et pour la culture » (2 juin 1980).

35 ans après, ce discours à l’Unesco  est d’une grande actualité. Notre beau pays de France est riche de sa culture dont les racines sont profondément chrétiennes. La crise que nous traversons depuis des années est celle de la transmission ; or une société  qui ne transmet plus, forme des barbares et ces barbares seront nos enfants.

Les Nations voisines envient notre culture, la beauté de notre littérature, nos œuvres d’art et notre patrimoine si marqué par les valeurs de l’Evangile et par l’histoire de l’Eglise. Les réformes successives montrent bien que nous avons oublié la finalité de l’éducation : créer des êtres libres.

Toi, Notre Dame, qui as reçu avec Saint Joseph, la mission de transmettre à ton Enfant, l’histoire du peuple élu, toi qui lui as appris à prier les psaumes, toi qui l’as enraciné dans la culture de ton pays, regarde nos familles et aide-les à répondre à cette mission qui leur est confiée. Aide-nous à retrouver le bon sens en éducation pour que nous puissions développer ce qui fait notre grandeur, à savoir de ressembler de plus en plus à Dieu ; non pas prendre sa place, mais préparer tout notre être à Le voir.

Pour cela, fais découvrir à nos jeunes l’essence de la liberté, toi qui as dit un oui pleinement libre à ton Seigneur. En effet, la source de la liberté n’est pas le libre arbitre, le libre choix,  mais l’orientation de tout notre être vers ce pour quoi nous avons été créés. Il est vrai que la première expérience de liberté est de faire ce que je veux et nous tombons souvent dans une forme d’esclavage car notre monde nous aliène ; toi Notre Dame, apprends-nous alors à retrouver cette liberté qui est source de joie et de paix.

Il nous faut reprendre les étapes de l’éducation à la liberté. Tout d’abord, avec les enfants, une discipline de vie, leur expliquant que les commandements leur sont donnés non pas pour brimer leur liberté, mais pour faire grandir le germe d’amour qu’ils portent en leur cœur et pour les structurer. Puis à l’âge de l’adolescence, il s’agit de passer du Décalogue à la Loi nouvelle, celle de l’Esprit Saint développée dans les chapitres 5 à 7 de l’évangile selon Saint Matthieu. Les vertus cardinales et théologales et les dons de l’Esprit aideront ainsi les adolescents à développer leur capacité intellectuelle, spirituelle et affective pour atteindre leur maturité. C’est ainsi qu’ils entreront  dans l’âge adulte qui se caractérise par une capacité à s’engager  dans la vie professionnelle, dans la cité, dans le mariage, dans la vie consacrée, dans le sacerdoce.

O Marie, patronne de la France, nous te confions tous nos jeunes pour qu’ils puissent répondre à leur vocation et qu’ainsi ils prennent en main l’avenir de notre pays.

Posté le 7 août 2015 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent

06 août 2015

Le Pape dénonce les "persécutions inhumaines" envers les Chrétiens d'Orient, et le "silence de tous"

Lu ici :

"Il y a un an, dans la nuit du 6 au 7 août 2014, 120 000 chrétiens étaient chassés de leur foyer ancestral, la plaine de Ninive en Irak. Les troupes djihadistes de l’Etat islamique venaient de mener une offensive foudroyante les contraignant à l’exode."

Pour marquer ce terrible anniversaire, le Pape a écrit au  vicaire du patriarche latin de Jérusalem pour la Jordanie, Mgr Maroun Laham, afin de l'assurer de sa proximité envers les chrétiens irakiens réfugiés en Jordanie.

"Le Saint-Père déplore avec force le « silence de tous » face à la persécution de nombreux chrétiens, « victimes du fanatisme et de l’intolérance », « un crime inacceptable ». Il demande à la communauté internationale de ne pas rester « muette et inerte ». L’Église, assure le Pape François, n’abandonne pas ses fils exilés en raison de leur foi : « qu’ils sachent qu’une prière quotidienne s’élève pour eux, en plus de la reconnaissance pour le témoignage qu’ils nous offrent ».[...]

François remercie tous ceux qui leur viennent en aide et appelle, une fois encore, la communauté internationale à agir face à cette situation dramatique. « À plusieurs reprises, rappelle-t-il, je me suis fait l’écho des persécutions atroces, inhumaines et inexplicables de ceux, les chrétiens en particulier, qui sont victimes du fanatisme et de l’intolérance dans le silence général. Ils sont les martyrs de notre temps, humiliés et discriminés en raison de leur fidélité à l’Évangile »."

Le message du Pape a été confié au secrétaire de la conférence épiscopale italienne, Mgr Nunzio Galantino, qui se rend en Jordanie "pour accompagner l'aide fournie par l'Eglise italienne aux religieux de ce pays venant en aide aux réfugiés."

Posté le 6 août 2015 à 17h35 par Marie Bethanie | Lien permanent

04 août 2015

Mgr Huonder cite la Bible : il est lynché par les médias

Dans une déclaration publiée lundi sur le site du diocèse de Coire en Suisse, Vitus Huonder précise qu’il «ne voulait en aucun cas déprécier les homosexuels», lors de son discours tenu vendredi en Allemagne, au congrès du Forum Deutscher Katholiken. Il avait notamment cité un verset du Lévitique:

«Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu’ils font tous les deux est une abomination: ils seront mis à mort, leur sang retombe sur eux.»

Lundi, l’évêque confirme avoir «cité plusieurs passages gênants de l’Ancien Testament relatif au mariage, à la sexualité et la famille». Il dit s’être tenu au «catéchisme de l’église catholique, en matière d’homosexualité». 

Le lobby LGBT est furieux.

Posté le 4 août 2015 à 23h52 par Michel Janva | Lien permanent

Un sixième diocese fera sonner ses cloches le 15 août pour les chrétiens d'Orient

A la suite de Mgr Rey, Mgr Aillet, Mgr Di Falco, Mgr Cattenoz et Mgr de Germay, c'est au tour de Mgr Papin d'appeler à faire sonner les cloches de toutes les églises de son diocèse le jour de l'Assomption, à midi, "pour manifester notre soutien fraternel aux chrétiens d’Orient en proie à des persécutions dans leurs pays à cause de leur foi."

La CEF a relayé l'initiative, rappelant aux fidèles  et aux "personnes de bonne volonté" qu'ils peuvent s'y associer en se rendant sur le parvis de leur église le 15 août à midi pour se recueillir silencieusement pendant quelques minutes avant de prier la Vierge Marie pour la paix en Orient. Mgr Cattenoz propose de dire ensemble la prière à "Marie qui fait tomber les murs", que voici :

"Très sainte mère de Dieu, nous t’invoquons comme mère de l’Église, mère de tous les chrétiens souffrants et de toutes les minorités persécutées. Nous te supplions, par ton ardente intercession, de faire tomber ce mur, les murs de nos cœurs, et tous les murs qui génèrent haine, violence, peur et indifférence, entre les hommes et entre les peuples.

Toi qui par ton Fiat as écrasé l’antique serpent, rassemble-nous et unis-nous sous ton manteau virginal, protège-nous de tout mal, et ouvre à jamais dans nos vies la porte de l’espérance.

Fais naître en nous et en ce monde, la civilisation de l’amour jaillie de la croix et de la résurrection de ton divin Fils, Jésus-Christ, notre Sauveur, qui vit et règne dans les siècles des siècles. Amen."

Posté le 4 août 2015 à 21h48 par Louise Tudy | Lien permanent

En Allemagne, une lesbienne pacsée est directrice d'une garderie catholique

Lu sur Le blog de Jeanne Smits :

"L’information a été diffusée par le site de la conférence des évêques d’Allemagne : une lesbienne « pacsée » avec sa partenaire selon la forme allemande du « partenariat de vie », pourra réintégrer son poste à la tête d’une « Maison relais » gérée par l’institution catholique Caritas. La Maison relais, ou Schülerhort, est un lieu d’accueil où les enfants peuvent faire leurs devoirs après l’école et s’inscrit à ce titre dans le cadre des maisons d’éducation catholique. Et l’affaire se passe en Haute-Bavière, sous l’autorité du cardinal Reinhard Marx, archevêque de Munich et membre du « G9 » du pape."

La loi particulière à l'Eglise en Allemagne permettait le licenciement de cette femme, ce qui avait été fait dans un premier temps. Mais la plupart des évêques d'Allemagne (sauf trois) se sont ralliés à la loi civile commune, et ne peuvent donc plus avoir la liberté de licencier des gens sur des critères moraux. Le cas de cette femme a donc été réexaminé et elle reprendra ses fonctions de directrice, au contact de jeunes enfants, dès le mois de décembre.

"Trois évêques allemands seulement ont décidé de récuser le nouveau droit accepté par la plupart des diocèses allemands : Mgr Stefan Oster, Mgr Rudolf Vorderholzer et Mgr Gregor  Hanke. Ils ont pris la mesure des incohérences où risquait de les conduire la nouvelle législation et ont profité de leur liberté. Mgr Oster a expliqué son refus en soulignant que l’Eglise risquerait d’y laisser sa catholicité au nom de la « sécularisation » volontaire d’institutions qui ne fonctionneraient plus que selon des critères de viabilité économique et professionnelle. Vingt prêtres « libéraux » de son diocèse lui ont publiquement demandé de changer sa position."

Posté le 4 août 2015 à 09h30 par Marie Bethanie | Lien permanent

4 août: saint curé d'Ars (1786-1859)

A lire sur le blogue de Jacques Gauthier, la biographie du Saint Curé d'Ars, dont c'est la fête aujourd'hui.

Z1150"« Je n’ai pas autre chose à vous prouver que l’indispensable obligation où nous sommes de devenir des saints. »[...]« là où les saints passent, Dieu passe avec eux »[...]« Le seul bonheur que nous ayons sur la terre, c’est d’aimer Dieu et de savoir que Dieu nous aime. »"

Posté le 4 août 2015 à 09h05 par Marie Bethanie | Lien permanent

02 août 2015

Le cardinal de Prague s’oppose à une participation de l’Église à la Gay Pride

Un article de La Croix rapporte que l'archevêque de Prague, le cardinal Duka, s'est opposé à la tenue de deux évènements organisés par le groupe Logos qui représente des homosexuels catholiques, parce qu'ils devaient avoir lieu pendant la Gay Pride de Prague, évènement auquel l'Eglise ne veut pas se voir associée.

"[...] l’archevêque de la ville, le cardinal Dominik Duka a fait savoir que, s’il n’était pas contre des débats sur ces sujets, il estimait malvenu qu’ils se déroulent dans le cadre du festival gay. Dans un communiqué, il a ainsi jugé inapproprié que l’Église soit « impliquée dans des événements qui défendent des intérêts fortement en désaccord avec les siens »."

Le groupe Logos a indiqué qu'il comptait désobéir parce que les deux évènements seront maintenus, ailleurs, "sans la coopération de l'Eglise catholique".

Posté le 2 août 2015 à 21h33 par Marie Bethanie | Lien permanent

30 juillet 2015

Le scandale de la communion aux divorcés en situation d'adultère

Le cardinal Antonelli, Président émérite du Conseil pontifical pour la famille, a publié un livre intitulé "Crisi del Matrimonio & Eucaristia", sur l'admission des divorcés remariés à l'eucharistie (le texte complet en anglais, italien et espagnol est disponible sur le site du CPF). Benoît-et-moi a traduit une analyse de Giuseppe Rusconi. Extraits :

00436_CONCISTORO2003"Le prélat ombrien, qui a 79 ans, répète que "le divorce est contraire à la volonté de Dieu et la seconde union, qualifiée explicitement par Jésus d'adultère l'est encore davantage". En effet, "si l'interruption de la cohabitation peut devenir parfois un mal mineur et se rendre même nécessaire, il n'est toutefois jamais licite de procéder à une autre union", car "c'est avec la deuxième union qu'on refuse irrévocablement le don de Dieu et qu'on contredit complètement l'indissolubilité du mariage". En conséquence "la nouvelle union, pendant tout le temps de sa durée, est incompatible avec la communion eucharistique où s'exprime et se réalise l'amour sponsal du Christ pour l'Église".

Il est alors évident que ce n'est qu'"avec un engagement sincère de conversion" qu'on a le pardon et qu'"on acquiert la disposition nécessaire pour accéder au repas eucharistique". En quoi consiste donc la "conversion" demandée? Le Cardinal Antonelli explique:

"Il faut se reconnaître pécheurs, se repentir du précédent échec conjugal, réparant les éventuels dégâts provoqués, renoncer à l'union adultère successive, changeant réellement de vie".

Objection: il peut parfois être difficile de renoncer à la deuxième union… Réponse:

"Selon l'enseignement de Jean-Paul II, il est souhaitable que la conversion conduise les divorcés remariés à interrompre la vie commune; au cas où cela ne serait pas possible pour des motifs graves, il peut être suffisant qu'ils s'abstiennent de relation sexuelle, celle-ci étant propre et exclusive du mariage authentique". En fait, "avec la pratique de l'abstinence, l'union adultère cesse et la familiarité entre les deux se réduit à une cohabitation fondée sur l'amitié et l'aide réciproque". Il s'ensuit que les deux cohabitants "sont intérieurement disposés à recevoir la communion eucharistique".

Il reste toutefois un obstacle non négligeable à surmonter:

"Leur situation objective présente encore une apparence de conjugalité". C'est pourquoi "l'Église, qui est attentive à ne pas compromettre la signification objective des sacrements du Mariage et de l'Eucharistie, les admet au repas eucharistique à la condition qu'il n'y ait pas danger de scandale pour les autres fidèles".

L'admission à l'Eucharistie est "un fait visible et communautaire, et pas seulement intérieur et individuel". Il doit donc être préservé de l'ambiguité et du contre-témoignage objectif". Raison pour laquelle "il doit d'habitude se produire là où l'on n'est pas connu, car il ne peut pas être concédé au détriment des autres".

Le cas des divorcés qui n'entendent pas pratiquer l'abstinence est différent. Le cardinal Antonelli remarque ici:

"Si l'Église accordait la communion eucharistique aux divorcés remariés sans exiger l'abstinence, elle reconnaîtrait la deuxième union comme moralement licite et nierait implicitement l'indissolubilité du premier mariage". Car "la pratique pastorale (bien que soutenue par des motivations importantes, comme par exemple les devoirs envers les enfants nés de la deuxième union) affirmerait ce que nie la doctrine". Dans ce cas on aurait une situation paradoxale: "L'Église ajouterait son contre-témoignage à celui de quelqu'un qui cohabite maritalement avec une personne qui n'est pas son conjoint".

Cela ne signifie pas que l'Église n'accueille pas dans la communauté chrétienne les divorcés non abstinents, avec "amitié fraternelle" et "respect envers les personnes et les consciences". L'archevêque émérite de Florence conclut:

"Parmi les divorcés remariés, qui cohabitent maritalement, il y a ceux qui sont en toute bonne foi persuadés d'être en règle devant Dieu. Dieu seul voit leur cœur. Les pasteurs éviteront de les confirmer dans leur erreur, mais respecteront leur conscience. Ils ne leur donneront pas la communion eucharistique (…) mais les inviteront à participer assidument à la Messe et à la vie de l'Église, à faire la communion spirituelle, qui est un rapport subjectif, intérieur et individuel avec le Seigneur et non pas un rapport objectif, corporel, communautaire et directement ecclésial."

Posté le 30 juillet 2015 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent

28 juillet 2015

Ordonnées à leur finalité de glorifier Dieu, les œuvres musicales prennent tout leur sens

Henri de Villiers, directeur de la Schola Sainte Cécile, chœur de fidèles de la paroisse Saint-Eugène de Paris – où la liturgie traditionnelle se déploie depuis 1985 aux côtés de la liturgie moderne –, présente le très riche programme musical que la Schola chantera lors du prochain pèlerinage international Summorum Pontificum à Rome, du 22 au 25 octobre 2015.

Le programme de polyphonie sera original : la Schola profitera des multiples tribunes présentes dans les églises romaines pour donner des œuvres à plusieurs chœurs, selon la technique ancienne dite des cori spezzati, des "chœurs brisés" : les choristes sont disposés dans plusieurs tribunes et se répondent - parfois de façon très dynamique, générant des effets acoustiques éblouissants. Cet usage des "cori spezzati" fut très florissant à Rome de la Renaissance à la fin du XVIIIème siècle.

Henri de Villiers explique :

"nous ne chantons que Dieu et que pour Dieu, au travers de la liturgie traditionnelle. Or cette liturgie est exigeante : on ne peut y faire n'importe quoi, et la subjectivité personnelle se doit d'y passer en second plan, car il faut y suivre avant tout le chemin d'une tradition multiséculaire de musique sacrée. La liturgie traditionnelle est exigeante, mais du coup elle devient une véritable école d'excellence, qui nous tire vers le haut et qui nous fait donner le meilleur de nous-même. Voilà pourquoi cette liturgie a engendré au cours de l'Histoire tant de merveilles artistiques, dans le domaine de la musique certes, mais aussi dans ceux des autres arts et en particulier de l'architecture, merveilles dont Rome a été tout particulièrement bien dotée.

Je pense que nos choristes - qui ne sont que de simples paroissiens - sont très sensibles à cet aspect : la générosité de leur investissement personnel est une réponse enthousiaste qui veut être à la hauteur de la beauté inhérente à la liturgie traditionnelle. Dieu est le Souverain Bien et le Souverain Beau - et la liturgie est un avant-goût de sa gloire, une épiphanie, le Ciel sur la terre ! On ne peut donc y souffrir la médiocrité !

Mon travail à la tête de la Schola Sainte Cécile a consisté avant tout à me placer à l'école de la grande tradition de musique sacrée de l'Occident, qui du reste ne peut être comprise en profondeur que par une bonne connaissance des traditions liturgiques et musicales de l'Orient chrétien. Nous avons la joie de replacer les œuvres du grand répertoire occidental de musique sacrée dans le cadre exact pour lequel elles furent créées, alors qu'on ne les entend quasiment plus hélas qu'au concert. Ainsi ordonnées à leur vraie finalité, qui est de glorifier Dieu, ces œuvres prennent pleinement tout leur sens, alors qu'elle sont tragiquement amputées de leur dimension réelle lorsqu'elles sont entendues dans un cadre qui n'est pas celui de la liturgie. Nous ressuscitons des merveilleuses œuvres oubliées qui dorment sur les étagères de nos bibliothèques publiques, et nous montons régulièrement des projets liturgiques originaux, comme aller chanter le rit mozarabe à Tolède ou le rit ambrosien à Milan. Tout cela ne peut être que très motivant pour nos choristes !"

Posté le 28 juillet 2015 à 14h16 par Michel Janva | Lien permanent

27 juillet 2015

"12 critères pour sélectionner un évêque"

Riposte Catholique publie un texte de l’abbé Paul A. McGavin, prêtre australien et aumônier de l’University of Canberra, théologien, qui donne les grandes lignes devant présider au choix d'un évêque, en 12 points. Ce texte fait suite à une lettre ouverte que le prêtre avait adressée au Pape François, portant sur la nomination des évêques.

"Contrairement à ce que les catholiques croient officiellement, l’ordination ne transforme pas un homme. Celui qui la reçoit a accès à l’autorité et à la grâce que confère le sacrement de l’ordre. Mais la concrétisation de celles-ci dépend dans une large mesure des qualités humaines que possède celui qui est ordonné. Les critères de sélection doivent porter essentiellement sur les qualités humaines et sur la manière dont la grâce peut se manifester dans ces qualités humaines.[...]

  • 1. Il faut choisir un homme viril ; un homme qui ait confiance en lui-même et qui soit bien assuré dans sa masculinité ; un homme qui ait un mode de vie concrètement physique et qui soit fort au point de vue mental mais également au point de vue physique. Il faut rechercher le type d’homme que les garçons et les hommes admirent et que les femmes respectent.[...]
  • 2. La cohérence est d’une très grande importance. L’évêque-est-il un homme qui, avec prudence, dit en quoi il croit et met en œuvre ce qu’il dit ?[...]
  • 3. Les principes sont d’une très grande importance. L’évêque est-il un homme qui insistera pour que les procès soient justes et que la justice soit correcte ? Un homme qui s’efforcera d’agir canoniquement plutôt qu’arbitrairement ?[...]
  • 4. La crainte de Dieu est d’une très grande importance. Saint Jean nous enseigne que « le parfait amour bannit la crainte » (1 Jn 4, 18). Il ya peu de gens qui soient parfaits en amour ; une vive crainte de Dieu nous empêche de faire ce que l’amour parfait ne ferait pas et nous pousse à faire ce que l’amour parfait ferait. Un homme est ordonné évêque non pas pour lui-même, mais pour Dieu et pour son Église.[...]
  • 5. L’inclusivité est d’une très grande importance. En tant que prêtre et pasteur, l’évêque a-t-il agi de manière à construire une communauté dans laquelle les personnes les plus diverses puissent trouver une place et être accueillies ?[...]
  • 6. La prière est d’une très grande importance.[...]
  • 7. L’humilité est d’une très grande importance.[...]
  • 8. L’amour de la beauté est d’une très grande importance. Les gens peuvent frémir à l’idée d’un évêque esthète, mais lorsqu’un évêque fait preuve de goûts peu raffinés, l’Église en souffre considérablement.[...]
  • 9. L’exercice intellectuel est d’une très grande importance. À cet égard, notre pape actuel constitue un cas intéressant : ce n’est pas un intellectuel au sens strict, mais il a un esprit théologique ouvert à la recherche et il défie puissamment l’Église dans les domaines où elle a fait preuve d’une pensée conventionnelle et non pas d’une recherche attentive et d’une défense de la foi.[...]
  • 10. La capacité de mise en œuvre concrète est d’une importance cruciale. Le « métier » d’évêque dépasse les capacités d’un homme seul. Cela signifie qu’un évêque doit être aidé dans sa mission. Cette aide provient en premier lieu de ses collaborateurs les plus proches, ses prêtres et ses diacres.[...]
  • 11. Décider de ce que l’on ne va pas faire est d’une importance cruciale. Il existe un type d’homme qui se croit capable de tout faire et de tout gérer et qui finit, au contraire, par ne rien gérer du tout. Il existe un type d’homme qui travaille inlassablement et qui réalise peu de choses, qui est inefficace, parce qu’il n’a pas su établir une distinction entre ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire.[...]
  • 12. “Montrez-vous mes imitateurs, comme je le suis moi-même du Christ » (1 Cor 11, 1). Ces fortes paroles sont de l’apôtre Paul. En plusieurs décennies, je n’ai pas pu les appliquer facilement à tous les évêques que j’ai connus peu ou prou. Trop souvent on a affaire à des hommes qui font ce qui leur plaît et qui ne favorisent que les gens qui peuvent les aider à s’occuper de « leurs affaires ». Une ressemblance profonde et enracinée avec le Christ est difficile à trouver, même parmi les hommes qui seraient des combattants du Christ. On en trouve rarement parmi ceux qui « réussissent » socialement, qui sont appréciés parce qu’ils sont « inoffensifs ». Ses épîtres nous font découvrir en saint Paul un homme qui, à bien des points de vue, avait une personnalité rugueuse, mais qui ressemblait tellement au Christ qu’il est impossible de ne pas aimer un tel homme. Nous avons désespérément besoin d’évêques qui aient avec le Christ une ressemblance telle que nous soyons incités à les aimer, à les aimer en dépit des rugosités que nous pourrons découvrir chez l’un ou chez l’autre. Nous avons besoin d’hommes que nous puissions imiter parce que leur manière de penser, de prier et d’agir nous fait voir le Christ qui pense, prie, agit et aime parmi nous. Nous avons besoin d’hommes à l’amour profond."[...]

Posté le 27 juillet 2015 à 09h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

23 juillet 2015

Il a fait le Tour du monde avec sa croix sur son dos

En quarante ans, Marcel Macé, 76 ans, a fait 40 000 kilomètres en pèlerinages avec une croix sur le dos.

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Posté le 23 juillet 2015 à 10h26 par Michel Janva | Lien permanent

S'attaquer au problème de l'homosexualisme dans l'Eglise

Tribune de Rémi Pransat pour Le Salon Beige :

"A l'heure où nous apprenons le blanchiment par la justice française de l'abbé Eric Pépino, prêtre du diocèse de Lyon, la gouvernance diocésaine de la primatie des Gaules est à la croisée des chemins. Fermera-t-elle les yeux sur le cas Pépino, en le réintégrant progressivement dans les circuits paroissiaux, ou bien gardera-t-elle les yeux ouverts sur le problème de l'homosexualité qui n'a jamais été aussi proche de la pédophilie (ici l'éphèbophilie), les faits lyonnais le prouvent. Il est regrettable que ce soit à l'occasion du procès d'un prêtre que cette question, soulevée à différentes reprises, revienne sur le devant de la scène. Les liens entre homosexualité et pédophilie sont donc ainsi établis. Ils devraient faire réfléchir les évêques, les supérieurs de séminaires et de congrégations religieuses.

Il est bien évident que la majorité des prêtres mérite toute notre estime quant à leur dévouement et leur zèle désintéressé. Si la critique systématique des prêtres ne porte que des mauvais fruits, la chute des vocations est en lien étroit avec cette pratique mondaine, l'appréciation que l'on peut avoir sur tel ou tel dont les mœurs pourraient interroger devient une nécessité prudentielle.

Le lobby gay est présent et influent dans l'Eglise. De nombreuses et éminentes voies, autorisées s'il en est, ont eu l'occasion d'en signaler l'existence et l'activisme pervers. Le Pape François n'a-t-il pas déjà condamné l'homosexualisme dans l'Eglise ? Pour autant, celui-ci s'infiltre insidieusement dans les différentes strates du navire de Saint Pierre. Ils sont tour à tour progressistes ou conservateurs (sauf pour les mœurs), en polo vert ou en soutane filetée... Il ne s'agit pas d'exagérer leur présence mais d'être réalistes.

Les évêques comprendront-il que la tolérance zéro face au péril homosexualiste dans la hiérarchie ecclésiastique est une nécessité pastorale de premier plan ? Comment un pasteur pourrait-il être un loup en même temps ?

Certes, il faut du courage pour s'attaquer au problème à sa racine, en commençant par l'accompagnement des séminaristes, mais il faut aussi avoir l'audace de poser des actes forts. Si la suspension d'un prêtre coupable d'actes pédophiles est un passage devenu obligé pour enrayer le problème (précisons tout de même que l'immense majorité des prêtres n'est pas concernée par ce sujet), le cas Pépino indique clairement que les évêques doivent prendre position concrètement face à l'homosexualité dans le clergé. Si la pédophilie est comme une profanation, celle d'un enfant, d'un jeune, l'homosexualité est elle aussi une violence terrible, contre nature, faite à l'autre, fut-il consentant. Il n'y a pas de vie qui soit moins respectable qu'une autre. La dignité humaine n'est pas à géométrie variable, d'autant que la relation homosexuelle entâche les deux partenaires.

Au fond, l'âme d'une personne ayant des attraits pour une personne du même sexe que le sien serait-elle indigne d'être accompagnée sur le chemin de la conversion ? Au nom du relativisme, du libéralisme moral, faut-il abandonner aux loups nos frères affectés par cette déviance sans mettre en place un "chemin pénitentiel" qui serait véritablement rénovateur ?

Le pardon du Christ n'est pas un non-lieu. Le pardon du Christ c'est un oui-à-Dieu."

Posté le 23 juillet 2015 à 07h54 par Michel Janva | Lien permanent

21 juillet 2015

Le site du baptême du Christ inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco

Il s'agit du site de "Béthanie au-delà du Jourdain", côté jordanien donc (rien à avoir avec la région de Lazare, Marthe et Marie). De nombreux vestiges archéologiques y ont été découverts au cours de ces dernières années, dont pas moins de neuf églises et chapelles, plusieurs monastères, des piscines baptismales, des bassins et des aménagements hydrauliques, datant des époques romaine et byzantine.

Béthanie

Posté le 21 juillet 2015 à 12h21 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (2)

17 juillet 2015

Hémorragie de catholiques en Allemagne

L'Eglise catholique en Allemagne a perdu l'an dernier un nombre record de fidèles, plus important encore que lors de l'année 2010 marquée par des scandales de pédophilie. En Allemagne, où l'appartenance à une religion chrétienne, ou son absence, doit être déclarée au fisc, près de 218 000 personnes ont quitté l'Eglise catholique en 2014, soit 39 000 de plus que l'année précédente.

Les catholiques déclarés ne sont plus que 24 millions au total, soit 29,5% de la population allemande.

Le spécialiste Georges Weigel expliquait récemment que cette forte désaffection des catholiques en Allemagne expliquait la volonté de certains membres de l'épiscopat de ce pays de faire modifier la doctrine.

L'Eglise allemande est financée par la Kirchensteuer, la «taxe de l'Eglise» levée par la République Fédérale sur tous les citoyens qui n'ont pas opté pour la sortie de l'Eglise. Les fonds sont considérables; en 2011, la Kirchensteuer a rapporté 6,3 milliards de dollars. Mais de plus en plus de catholiques allemands ont opté pour la sortie. Dans une tentative maladroite d'arrêter la saignée, les évêques allemands ont émis en 2012 un décret affirmant que celui qui ne paie pas la taxe «sort de l'Eglise» et qu'ils sont exclus de sa vie sacramentelle, sauf en danger de mort. Le paiement de la Kirchensteuer n'a cessé de baisser. De nombreux évêques allemands semblent en avoir conclu que cette désertion s'explique par les enseignements non négociables par l'Eglise catholique comme l'indissolubilité du mariage et militent pour donner la communion aux personnes divorcées qui vivent en situation d'adultère, car un bon nombre de laïcs travaillant pour l'Eglise sont dans cette situation...

Posté le 17 juillet 2015 à 17h24 par Michel Janva | Lien permanent

Vénérable Marie-Thérèse Dupouy Bordes

A la suite de l'audience accordée hier après-midi au Cardinal Angelo Amato, SDB, Préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le Pape a ordonné la promulgation des décrets relatifs aux vertus héroïques de plusieurs Serviteurs de Dieu, parmi lesquels 

  • la Servante de Dieu Marie-Thérèse Dupouy Bordes, religieuse française fondatrice des Missionnaires des Sacrés Coeurs de Jésus et Marie (1873 - 1953)

Vous trouverez une biographie de cette religieuse du diocèse de Bayonne aux pages 26 et 27 de ce document.

Marie Joséphine Charlotte est né le 6 mai 1873 à Irube, à quelques kilomètres de Bayonne, où sa mère Catherine habite avec sa famille alors que le père, August Edouard Dupouy, vit à San Sébastian, où il est propriétaire du très élégant Hôtel de Londres. Ses parents la baptisent deux fois : immédiatement après sa naissance – avec de l’eau de secours – parce qu’ils croyaient qu’elle allait mourir, puis le 15 juin dans un baptême solennel dans l’église paroissiale de Saint-Martin. Plus tard, au moment de sa confirmation par Mgr Ducellier (1878-1887), le 19 juin 1884, elle prendra sainte Thérèse de Jésus pour patronne et ajoutera son nom au sien : elle s’appellera désormais Marie-Thérèse ou María Teresa.

Le 16 juin 1898, Marie-Thérèse entre dans la Société des Religieuses du Sacré-Coeur de Jésus. Sa vie religieuse se poursuit normalement, avec néanmoins à deux reprises de graves craintes à cause de sa mauvaise santé. Elle passé la plupart de ses années de formation en France, puis quand la Congrégation fonde son collège à San Sébastian, c’est là qu’elle est envoyée. En 1914, comme sacristine, elle se rend compte de l’ignorance religieuse de ses deux enfants de choeur et commence à leur donner un peu de catéchisme. Puis, sa mission de fondatrice naît un jour où on l’appelle pour parler avec une femme qui l’attend avec un garçon de 10 ans. Il ne voulait plus travailler dans le salon de coiffure où il avait été mis parce que, disait-il, il entendait « dire des péchés » et il voulait être missionnaire comme son oncle. Ce garçon fut le premier fruit de l'oeuvre des vocations sacerdotales et missionnaires.

A la mort de la Mère Marie-Thérèse Dupouy, le 26 mai 1953, il y avait des communautés de sa congrégation avec des préséminaires dans plusieurs villes d’Espagne, en France (Dax), en Asie, et dans deux pays d’Amérique du Sud

Posté le 17 juillet 2015 à 14h46 par Michel Janva | Lien permanent

15 juillet 2015

Synode : la proposition du Cal Kasper contraire à la miséricorde

Depuis la faculté de théologie de Fribourg, en Suisse, le théologien dominicain français Thomas Michelet attire l'attention sur un passage obscur de l’"instrument de travail" du synode consacré à la famille. À son avis, la proposition formulée par le cardinal Walter Kasper et par ceux qui, comme lui, veulent accorder aux divorcés remariés l'accès à la communion même s’ils restent dans la même situation de vie, est non pas conforme mais opposée à l'authentique miséricorde de Dieu. Et cela ferait du remariage civil "le seul péché pour lequel on pourrait être pardonné sans avoir renoncé pour autant à son péché", en plus du fait qu’elle attaquerait à la racine le sens véritable des sacrements du mariage, de l'eucharistie et de la pénitence :

"[...] D’après certains commentateurs, on est passé de l’idée d’un "tout ou rien", d’une admission immédiate ou bien d’un refus persistant des divorcés remariés à l’eucharistie à ce qui peut apparaître comme une "troisième voie" : l’idée d’une admission conditionnelle au terme d’un chemin pénitentiel, sur lequel tout le monde a l’air de s’accorder finalement. Fort bien, mais concrètement, de quel parcours s’agit-il ? Quelles en seraient les étapes précises ?

L’alternative fondamentale nous paraît être la suivante.

Est-ce qu’il suffira d’un temps de pénitence dont la durée sera laissée à l’appréciation de l’évêque (ou d’un prêtre député à cet office) suivi d’une admission à l’eucharistie en l’état, sans avoir le moins du monde changé de vie par rapport à la situation désordonnée dans laquelle on se trouvait ?

Ou bien est-ce que ce temps sera non seulement un chemin de pénitence et de repentance, mais de véritable conversion et de changement de vie ; la durée de la pénitence étant alors celle nécessaire pour obtenir cette conversion ?

Le choix entre ces deux alternatives est particulièrement décisif.

Dans la première hypothèse, qui nous semble rejoindre celle formulée par le Cardinal Kasper (sauf erreur de lecture de notre part), cela ferait du remariage après divorce le seul péché pour lequel on pourrait être pardonné sans avoir renoncé pour autant à son péché, ce qui paraît contraire à l’Évangile, à l’authentique miséricorde de Dieu qui fait miséricorde au pécheur non pas en fermant les yeux ou en oubliant son péché, mais en transformant les cœurs. Ce ne saurait être donc la voie retenue par le synode, qui ne peut que vouloir demeurer fidèle à la doctrine de l’Évangile, et il serait bon qu’il l’affirme clairement.

Certains fidèles ou pasteurs en viennent même à nier qu’il puisse y avoir ici une situation de péché. Mais alors pourquoi voudrait-on faire pénitence ? Et s’il y a donc bien péché, comment pourrait-on en être pardonné sans se détacher de celui-ci ? Il nous semble que ces errements procèdent d’une grave perte du sens du mystère en général et de celui des sacrements en particulier. Du mariage, dont on ne voit plus que le remariage du vivant de son conjoint est un adultère, alors que le Christ l’enseigne expressément (Mc 10, 11-12). De l’Eucharistie, qui n’est plus reçue comme le corps sacré de Notre Seigneur mais comme la simple marque d’un lien social dont la privation équivaut seulement à l’exclusion du groupe. De la Pénitence, dans laquelle on confond le regret et la contrition, la pénitence et la conversion. Il ne suffit pas en effet de "regretter" de s’être mis dans une situation impossible ; encore faut-il vouloir vraiment s’en sortir, avec la grâce de Dieu. Il ne suffit donc pas davantage de proposer un chemin de pénitence pour l’acte passé que l’on regrette, si ce chemin de pénitence ne vise pas également à transformer l’avenir et ouvrir sur une véritable voie de salut, un chemin de grâce, un itinéraire de sainteté.

Dans la seconde hypothèse, l’admission finale à l’eucharistie ne pourrait avoir lieu a priori que dans les trois cas déjà fixés par le magistère (Familiaris Consortio, n. 84 et autres textes) : ou bien la reprise de la vie commune (celle du premier mariage qui est le seul valide) ; ou bien l’engagement à vivre "en frère et sœur" (ce qui revient à la dispense de la vie commune dans le respect des autres obligations du mariage, l’exclusivité promise dans le mariage mais aussi le devoir d’assistance mutuelle) ; ou bien la mort du conjoint permettant un véritable remariage sacramentel (ce que l’on ne saurait souhaiter, évidemment). Peut-être pourrait-il se présenter d’autres cas, mais à ce stade on ne voit pas lesquels ; ou bien plutôt ne voit-on pas que ceux qui les ont présentés jusqu’à présent aient fait la preuve de leur conformité à la doctrine catholique authentique (Écriture, tradition et magistère).

Cette seconde hypothèse, celle du maintien de la discipline actuelle, est donc la seule qui nous semble envisageable, si tant est que l’on veuille être fidèle à la Parole du Christ. Est-ce à dire qu’il s’agirait là d’un refus absolu de tout changement par rapport à la situation présente ? Pas nécessairement. Même dans la fidélité, il y a toujours la possibilité d’une nouveauté, d’une "surprise de l’Esprit saint".

Tout d’abord, il y a manière et manière de le présenter. Ou bien comme une porte qui se ferme et un refus de toute voie de salut. Ou bien plutôt comme un pèlerinage dans lequel celui qui prend un chemin de bonheur est déjà sur la bonne voie, même s’il ne parvient pas tout de suite à se conformer à tous les aspects de la vie dans l’Esprit selon l’Évangile. Cette seconde manière, qu’il faut nettement privilégier, consiste en fait à intégrer la loi de gradualité présentée par le pape S. Jean-Paul II dans "Familiaris consortio" n° 84, sans la confondre avec sa figure inverse, celle de la gradualité de la loi (ce qui serait la première hypothèse évoquée plus haut).

Ensuite, il faut découvrir que des pastorales fidèles à cet enseignement du pape S. Jean-Paul II se sont déjà mises en place depuis et ont manifesté qu’elles pouvaient porter de beaux fruits de grâce. Ainsi, il est arrivé que certains couples "divorcés remariés" aient manifesté une telle foi et un tel respect profond de l’Eucharistie en décidant de ne plus communier que l’évêque les a autorisé à conserver chez eux la présence réelle, afin de nourrir leur chemin de conversion par l’adoration eucharistique. Ces pastorales existent donc, mais pas dans tous les pays du monde ; et il faut reconnaître que même lorsqu’elles sont présentes et pratiquées, bien peu les connaissent. Il serait bon alors que le synode les promeuve, qu’il rende grâce pour ceux qui ont obéi aux appels de l’Esprit Saint pour les découvrir et les approfondir dans la prière et l’expérience, qu’il témoigne des fruits qu’elles ont déjà portés et qu’on peut en attendre encore, et qu’il indique clairement que cette direction est bonne à suivre.

Pour abonder encore dans cette ligne de fidélité novatrice tracée par le pape S. Jean-Paul II, nous avons fait nous-mêmes la proposition d’un aggiornamento de l’"ordo pænitentium", la reprise de cet ancien ordre des pénitents de l’antiquité chrétienne qui a longtemps subsisté même en parallèle avec la forme actuelle du sacrement de pénitence. [...]"

Posté le 15 juillet 2015 à 17h54 par Michel Janva | Lien permanent

14 juillet 2015

Les églises sont vivantes

Même lorsqu'elles n'ont plus de toit, comme ci-dessous, à Homs en Syrie, elles continuent à promouvoir la vie en accueillant des mariages :

Sans-titre

Ou comme ici, à Cambridge, où un jardinier néo-zélandais a "construit" son église intégralement végétale, louange vivante (peut-être involontaire ?) à notre Dieu Créateur de toute vie :

ImagesSDJR0B4D

ImagesLD48E58BLes églises sont vivantes.

Posté le 14 juillet 2015 à 10h49 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 juillet 2015

Décès du cardinal Biffi, RIP

Le cardinal Giacomo Biffi est décédé vendredi soir, à l’âge de 87 ans. Il fut archevêque de Bologne durant 20 ans, de 1984 à 2003. 

Il fut invité par le Saint Pape Jean-Paul II à prêcher les exercices de Carême en 1989 à la Curie romaine ; il renouvela l’expérience en 2007, cette fois sur invitation de Benoît XVI.

Le Salon Beige avait déjà cité des extraits de son discours du 8 octobre 2004 sur l'immigration. En voici quelques extraits :

Unknown"Il me semble que jusqu’à présent l’on n’a pas accordé à ce problème l’attention pastorale qu’il mérite, et que l’on a manqué de réalisme dans la façon de l’évaluer et de l’affronter.[On ne peut pas] déduire – si on veut être vraiment "laïque" au-delà de tous les impératifs idéologiques – qu’une nation n’a pas le droit de contrôler et de régler l’afflux des gens qui veulent y entrer à tout prix. On peut encore moins en déduire qu’elle a le devoir d’ouvrir sans discernement ses propres frontières.

Il faut dire au contraire que tout projet viable d’insertion pacifique suppose et exige que les entrées soient surveillées et fassent l’objet de réglementations. Entre autres, il est évident pour tous que les entrées arbitraires – quand elles ont la réputation d’être assez facilement réalisables – déterminent fatalement, d’une part le développement incontrôlé de la misère et du désespoir (et souvent de dangereuses apparitions d’intolérance et de rejet absolu des étrangers), d’autre part le développement d’une industrie criminelle qui exploite ceux qui aspirent à passer clandestinement les frontières. […] Celui qui vient chez nous doit savoir dès le début qu’il lui sera demandé, comme contrepartie nécessaire de l’hospitalité, le respect de toutes les règles de vie en commun qui sont en vigueur chez nous, y compris les lois fiscales."

"Une introduction considérable d’étrangers dans notre péninsule est acceptable et peut même s’avérer bénéfique, à condition de s’occuper sérieusement de sauvegarder la véritable physionomie propre de notre nation. […] Dans une perspective réaliste, on préférera (à égalité de conditions, surtout pour ce qui concerne l’honnêteté des intentions et la correction du comportement) les populations catholiques ou au moins chrétiennes, dont l’insertion est infiniment plus aisée[...] ; puis les Asiatiques [...], qui ont montré leur capacité à s’intégrer avec une bonne facilité, tout en conservant les traits distinctifs de leur culture. […]

Si l’on ne veut pas éluder ou censurer cette perspective d’attention au réel, il est évident que le cas des musulmans doit être traité à part. […] Les musulmans - dans l’immense majorité des cas, et à quelques exceptions près – arrivent chez nous résolus à rester étrangers à notre type d’"humanité" individuelle ou sociale, dans ce qu’il a de plus essentiel, de plus précieux ; étrangers à ce à quoi il nous est le plus impossible de renoncer "laïquement". Plus ou moins ouvertement, ils viennent chez nous bien décidés à rester substantiellement "différents", en attendant de nous faire devenir tous substantiellement comme eux. […]"

Il avait aussi écrit un petit ouvrage d'une centaine de pages traduit en français sous le titre "Le cinquième évangile", paru en 1971 aux Editions du Cèdre, réécrivant l'Evangile interprété à la lumière d'une certaine nouvelle pastorale. Benoît-et-moi en avait cité un extrait :

"J’ai prié pour toi, Simon, pour que ta foi, confirmée par l’opinion de la multitude, ne défaille jamais, et que tu sois soutenu par le murmure affectueux de tes frères."

"Simon… j’ai prié pour que ta foi ne défaille pas, et toi, une fois converti, confirme tes frères." Luc 22, 32

Qu’est-ce qui soutient la foi inébranlable de Pierre ? La prière du Christ, semble nous enseigner le troisième évangile. L’avis de la majorité des fidèles, insinue au contraire notre texte.

Lorsque dans l’Eglise se fait jour une certaine incertitude sur la voie à prendre, que doit faire Pierre ? Se fier à son charisme intérieur, à la source duquel se tient la prière du Seigneur, « évêque et pasteur de nos âmes », semble suggérer Saint Luc. Se fonder sur les résultats d’un référendum parmi les baptisés, ou du moins sur un sondage d’opinion, dit le cinquième évangile.

Si le troupeau ne sait plus où aller, que doit-il faire ? Qu’il regarde Pierre, le pasteur délégué, semble affirmer l’évangile selon Jean. Pas du tout : que les brebis se réunissent et décident à la majorité de la route que devra prendre leur pasteur, enseigne l’évangile selon Migliavacca.

Nous nous trouvons, comme on voit, en présence de deux conceptions antinomiques de l’Eglise et de son chef visible. Elles ne peuvent s’accorder entre elles, il faut choisir.

Pour notre part, nous n’avons aucun doute : la théologie de la primauté qui est sous-jacente à ce bref fragment, même si elle est en opposition avec les évangiles canoniques, est plus démocratique, plus conforme à la mentalité des temps qui courent, plus acceptable.

Nous voudrions enfin souligner le gracieux équilibre qui caractérise les dernières paroles du passage. A l‘égard du pape, les catholiques de ce siècle semblent incapables de se tenir à égale distance de l’adulation et de l’insulte, du culte de la personnalité et du mépris, de l’Hosanna et du Crucifix. Quelle mesure, au contraire, quel bon sens, dans ces « murmures affectueux » qui, selon la parole de Jésus qui nous est ici rapportée, seraient le secret de la solidité de Pierre et la source cachée de ses consolations !"

Posté le 11 juillet 2015 à 18h19 par Michel Janva | Lien permanent

09 juillet 2015

La réforme de la réforme liturgique toujours d'actualité

Lu sur Riposte catholique :

"Après le cardinal Sarah, le cardinal Burke. Dans un article publié par L’Osservatore Romano du 12 juin dernier, et dont la traduction française intégrale a été publiée par L’Homme Nouveau du 4 juillet, le cardinal Robert Sarah, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin revenait sur le thème de la « réforme de la réforme », que d’aucuns – parfois très haut placés – estiment dépassé : « Il serait souhaitable qu’on insère en annexe d’une prochaine édition du missel le rite pénitentiel et l’offertoire de l’usus antiquior afin de souligner que les deux formes liturgiques s’éclairent mutuellement en continuité et sans opposition ».

Saisissant la balle, le cardinal Raymond Burke, dans un entretien qu’il accorde à l’abbé Claude Barthe, et qui va constituer l’ouverture de La Sainte Eucharistie, sacrement de l’amour divin (Via Romana, automne 2015), entretien dont la Lettre n° 500 de Paix liturgique publie en bonnes feuilles de larges extraits, déclare : « Je suis pleinement d’accord avec l’idée de récupérer des prières comme celles qui sont conservées dans l’offertoire de la forme extraordinaire, parce qu’elles sont très expressives du grand mystère sacrificiel qui est célébré. Tout dans la messe doit attirer l’attention sur l’action divine qui est accomplie sur l’autel, et ces prières le font particulièrement. Dans un important article donné par le cardinal Sarah, Préfet du Culte divin, à L’Osservatore Romano le 12 juin, celui-ci écrit qu’il serait souhaitable d’insérer le rite de la pénitence [il veut dire les “prières au bas de l’autel”] et l’offertoire de l’usus antiquior comme annexe d’une prochaine édition du missel. À propos des prières au bas de l’autel, le psaume utilisé, le psaume 42 de la Vulgate (“J’irai vers l’autel de Dieu, vers Dieu qui réjouis ma jeunesse”), était celui chanté par les prêtres avant d’entrer dans le Temple de Jérusalem, tournés vers l’autel : c’est donc une belle expression de l’unité du culte “en esprit et en vérité” (Jn 4, 23) de la Nouvelle Alliance et du culte de l’Ancienne Alliance, le nouveau culte achevant et perfectionnant l’ancien ».

On ne répètera jamais assez que la diffusion de la liturgie tridentine et la “réforme de la réforme”, dont l’objet est d’opérer une transmutation de l’intérieur de la liturgie de Paul VI, ont partie liée. Comme le disait Nicola Bux : « Ce ne sera que par une plus large diffusion de l’ancienne Messe que cette “contagion” de l’ancien sur le nouveau rite sera possible. C’est pour cela que réintroduire la Messe “classique”, si vous me permettez l’expression, peut constituer un facteur de grand enrichissement. Il faut donc mettre en œuvre une célébration festive régulière de la Messe traditionnelle, au moins dans chaque cathédrale du Monde, mais même dans chaque paroisse » (Entretien avec Mons. Nicola Bux, Disputationes theologicæ28 avril 2010. « Dans chaque cathédrale du monde… », dit Nicola Bux. Et Robert Sarah explique justement que la « contagion » pourrait être ainsi favorisée : « Une telle manière de faire [se tourner vers l’Orient pour la prière eucharistique] pourrait opportunément être mise en œuvre dans les cathédrales où la vie liturgique devrait être exemplaire ». [...]"

Posté le 9 juillet 2015 à 07h46 par Michel Janva | Lien permanent

08 juillet 2015

L’indissolubilité du lien entre l’Eucharistie et le mariage

La Croix publie un article sur une initiative du cardinal Scola, archevêque de Milan, concernant notamment la procédure de vérification de la nullité du mariage.

Cet article ne fait que reprendre un texte de 15 pages publié fin 2014 par le cardinal Scola dans la Nouvelle revue théologique, dirigée par les jésuites de Bruxelles, et accessible ici. En voici un extrait :

Scola"[...] Ceux qui, après l’échec de leur vie matrimoniale commune, ont contracté un nouveau lien, se sont fermé l’accès aux sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie.

Souvent l’Église est accusée d’insensibilité et d’incompréhension face au phénomène des divorcés remariés, sans que l’on mesure attentivement le motif de cette position que l’Église elle-même reconnaît fondée dans la révélation divine. Bien au contraire, il ne s’agit pas d’un jugement arbitraire du magistère ecclésial, mais de la conscience de l’indissolubilité du lien entre l’Eucharistie et le mariage. À la lumière de ce rapport intrinsèque, il faut dire que ce qui empêche l’accès à la réconciliation sacramentelle et à l’Eucharistie n’est pas un péché singulier (ou particulier), qui peut toujours être pardonné quand la personne se repent et demande pardon à Dieu. Ce qui rend impossible l’accès à ces sacrements est en revanche l’état (la condition de vie) dans lequel viennent à se trouver ceux qui ont contracté un nouveau lien. État qui, en soi, est en contradiction avec ce qui est signifié par le lien entre Eucharistie et mariage. Cette condition demande à être changée pour correspondre à ce qui se réalise dans les deux sacrements. Sans nier la douleur et la blessure, la non-accessibilité à la communion eucharistique invite à un parcours allant vers une pleine communion qui viendra dans des temps et selon des modes déterminés à la lumière de la volonté de Dieu.

Au-delà des diverses interprétations de la pratique de l’Église ancienne, qui cependant ne semblent pas attester des comportements substantiellement différents de ceux d’aujourd’hui, le fait qu’elle ait toujours mûri toujours davantage la conscience du lien fondamental entre Eucharistie et mariage dit la fécondité d’un chemin, parcouru sous la conduite de l’Esprit-Saint, en analogie avec la configuration dans le temps de tous les sacrements de l’Église et de leur discipline. 

Cela fait comprendre pourquoi tant Familiaris consortio (n. 84) que Sacramentum caritatis ont confirmé «la pratique de l’Église, fondée sur la Sainte Écriture (cf. Mc 10,2-12), de ne pas admettre aux sacrements les divorcés remariés, parce que leur état et leur condition de vie contredisent objectivement l’union d’amour entre le Christ et l’Église, qui est signifiée et mise en œuvre dans l’Eucharistie».

Dans cette perspective, il faut rappeler deux éléments qu’il est nécessaire de continuer à approfondir. Certainement dans l’Eucharistie, à certaines conditions, est présent un aspect de pardon, cependant elle n’est pas un sacrement de guérison. La grâce du mystère eucharistique actualise l’unité de l’Église comme épouse et corps du Christ et cela exige pour celui qui reçoit la communion sacramentelle la possibilité objective de se laisser incorporer parfaitement à Lui.

En même temps, il est important de mettre davantage en relief que, pour ceux qui ont contracté un nouveau lien, la non-accessibilité aux sacrements de la réconciliation et de l’Eucharistie n’est pas à être considérée comme une punition à l’égard de leur condition, mais comme l’indication d’un chemin possible, avec l’aide de la grâce de Dieu et de l’insertion dans la communauté ecclésiale. Pour cette raison, chaque communauté ecclésiale est appelée à mettre en œuvre toutes les formes adéquates à leur participation effective à la vie de l’Église, dans le respect de leur situation concrète et pour le bien de tous les fidèles. [...]

Enfin, en recourant à mon expérience de pasteur, je voudrais rappeler qu’il n’est pas impossible de proposer à ces fidèles, à certaines conditions et avec un accompagnement adéquat, comme l’a affirmé saint Jean-Paul II, «l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux». Je peux dire, après de nombreuses années de ministère épiscopal, que c’est là un chemin — de sacrifice, mais aussi de joie — que la grâce de Dieu rend effectivement praticable. Il m’est arrivé de pouvoir admettre à la communion sacramentelle des divorcés remariés qui avaient mûri un tel choix."

Posté le 8 juillet 2015 à 23h03 par Michel Janva | Lien permanent

Reformer l'antique Eglise d'Orient, le voeu de Mgr Sako

Mgr Louis Raphaël Ier Sako, patriarche de Babylone des chaldéens, propose à l'Eglise assyrienne (dont les chaldéens se sont séparés au XVIe siècle pour entrer en communion avec Rome) et à l'ancienne Eglise de l'Orient (séparée de l'Eglise assyrienne en 1968, principalement à cause de l'adoption du calendrier grégorien) de se réunifier, pour reformer l'antique Eglise d'Orient. Il s'explique dans La Croix :

"En septembre, nos trois Églises ont prévu un synode : je leur ai donc proposé de n’en faire qu’un seul et d’élire un patriarche commun, après que Mar Addaï II et moi-même aurons démissionné. Être divisé, c’est une grande faiblesse. L’unité, elle, est un signe de vie, qui redonnerait de l’espoir même aux chrétiens irakiens réfugiés. Ce serait aussi un témoignage à donner aux musulmans qui souvent m’interpellent sur cette division entre Églises chrétiennes.

Avec l’Église assyrienne et l’ancienne Église d’Orient, nous partageons la même doctrine, la même foi : seul nous sépare le vocabulaire. Le patriarche de l’Église assyrienne récemment décédé, Mar Dinkha IV, avait d’ailleurs signé avec le pape Jean-Paul II une déclaration christologique rétablissant la communion de foi. (...)"

Difficulté : ces deux Eglises "soeurs" de l'Eglise chaldéenne ne sont pas unies à Rome... Ce qu'en pense Mgr Sako :

"(...) Je pense que nous pouvons demander à Rome de respecter nos traditions, notre liturgie et les décisions de notre synode, comme c’était le cas au premier millénaire : ainsi, nous resterions une Église catholique mais avec notre particularisme oriental."

Posté le 8 juillet 2015 à 20h40 par Louise Tudy | Lien permanent

06 juillet 2015

"Célébrer la messe selon la forme extraordinaire peut avoir un rôle très important dans la nouvelle évangélisation"

Cardinal-BurkePour fêter le huitième anniversaire de la publication du Motu Proprio Summorum Pontificum par le pape Benoît XVI, Paix liturgique publie en exclusivité quelques extraits d'un entretien accordé par le cardinal Raymond Leo Burke, patron de l'Ordre de Malte, à l'abbé Claude Barthe et consacré à "la forme extraordinaire, un trésor pour toute l'Eglise". Pour lire ces extraits, c'est par ici.

Cet entretien paraîtra dans son intégralité en septembre au sein de l'ouvrage du cardinal Burke, La Sainte Eucharistie, sacrement de l'amour divin, que vous pouvez vous procurer en pré-vente auprès de l'éditeur, Via Romana. Vous trouverez toutes les coordonnées à la fin de la lettre de Paix liturgique.

Posté le 6 juillet 2015 à 12h56 par Louise Tudy | Lien permanent

05 juillet 2015

Attentat dans une église : 5 morts

au Nigeria, ce matin.

Posté le 5 juillet 2015 à 13h39 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

04 juillet 2015

L'ouverture inconditionnelle à la vie : enseigner Humanae Vitae

L'absence totale dans la récente encyclique de référence au problème de la contraception en a étonné plus d'un, alors qu'il s'agit pourtant d'un grave problème directement liée à l'écologie, dans le domaine de la procréation.

Néanmoins, le prochain synode ne devrait pas rester muet sur ce sujet, d'autant que bon nombre de problèmes de la vie familiale sont directement issus de la mentalité contraceptive (avortement, séparations, divorces...). Le texte de préparation au synode indique :

"La responsabilité générative

136. (58) Dans ce domaine aussi, il faut partir de l’écoute des personnes et donner raison de la beauté et de la vérité d’une ouverture inconditionnelle à la vie comme ce dont l’amour humain a besoin pour être vécu en plénitude. C’est sur cette base que peut reposer un enseignement approprié quant aux méthodes naturelles de procréation responsable. Il s’agit d’aider à vivre d’une manière harmonieuse et consciente la communion entre les époux, sous toutes ses dimensions, y compris la responsabilité d’engendrer. Il faut redécouvrir le message de l’Encyclique Humanae Vitae de Paul VI, qui souligne le besoin de respecter la dignité de la personne dans l’évaluation morale des méthodes de régulation des naissances. L’adoption d’enfants, orphelins et abandonnés, accueillis comme ses propres enfants, est une forme spécifique d’apostolat familial (cf. AA, 11), plusieurs fois rappelée et encouragée par le magistère (cf. FC, 41; EV, 93). Le choix de l’adoption et de se voir confier un enfant exprime une fécondité particulière de l’expérience conjugale, et non seulement quand celle-ci est marquée par la stérilité. Ce choix est un signe éloquent de l’amour familial, une occasion de témoigner de sa foi et de rendre leur dignité filiale à ceux qui en ont été privés.

137. En ayant bien présente à l’esprit la richesse de sagesse contenue dans Humanae Vitae, en lien aux questions traitées par cette encyclique, deux pôles ressortent, qui doivent être constamment conjugués ensemble. D’une part, le rôle de la conscience conçue comme voix de Dieu qui résonne dans le cœur humain formé à l’écouter ; de l’autre, l’indication morale objective, qui empêche de considérer l’engendrement comme une réalité dont on peut décider arbitrairement, sans tenir compte du dessein divin sur la procréation humaine. Quand la référence au pôle subjectif prévaut, on risque aisément des choix égoïstes ; dans l’autre cas, la norme morale est ressentie comme un poids insupportable, ne répondant pas aux exigences et aux possibilités de la personne. La conjugaison des deux aspects, vécue avec l’accompagnement d’un guide spirituel compétent, pourra aider les époux à faire des choix pleinement humanisants et conformes à la volonté du Seigneur."

Et la canonisation des époux Martin, parents de 9 enfants, vient contrebalancer l'expression malheureuse de "lapins" qui avait semé une certaine confusion.

Posté le 4 juillet 2015 à 10h47 par Michel Janva | Lien permanent

Pourquoi la doctrine verrouillerait-elle la miséricorde ?

Nouvelle réponse du philosophe Thibaud Collin au père Garrigues suite à son texte intitulé « La doctrine ne verrouille pas la miséricorde », revenant sur les objections qui lui ont été faites à propos de sa thèse validant un régime de dérogation en faveur de la communion de certains divorcés-remariés :

"Le Fr. Garrigues revendique une liberté de parole voulue par le Pape François lui-même qui permettrait enfin aux théologiens de sortir du silence qu'ils ont dû garder sous les deux derniers pontificats sur le sujet de l'accès des divorcés remariés aux sacrements. Il réclame « le droit de soumettre une opinion théologique sans que l'on crie au scandale ». J'ai utilisé ce dernier terme dans son sens strict car il me semble que la deuxième dérogation que le Père Garrigues envisage (que des divorcés remariés reconnaissant la validité de leur premier mariage et ayant une vie maritale puissent néanmoins communier à la condition de mener « une vie chrétienne ») est de fait formellement contraire à la Parole de Dieu lue dans la Tradition et interprétée par le Magistère.

Qu'elle soit soutenue dans « une revue autorisée » ne fait à mes yeux que renforcer le trouble et la confusion sur un sujet, le mariage, comportant une dimension publique et objective. Le Père Garrigues admet que l'on discute de l'opportunité de ces dérogations exceptionnelles car il considère qu' « en matière de prudence, personne ne peut être totalement sûr de ce qu'il avance ». Je considère au contraire que les dérogations que le Père Garrigues envisage touchent directement les principes de la morale chrétienne et de la vie sacramentelle et qu'à ce titre elles ne relèvent pas d'un légitime exercice de la prudence. Je pense même que lorsqu'il parle de « système verrouillé » il remet en cause les enseignements de saint Jean-Paul II et de Benoit XVI. D'ailleurs, il ne me semble pas prendre en compte les textes clairs de ceux-ci sur notre sujet pour en proposer une nouvelle lecture mais se contenter de faire une réponse procédurale.

Sur l'interprétation de saint Thomas

Le Père Garrigues revient sur les textes de saint Thomas mais ne répond pas, selon moi, aux objections qui ont été adressées à la lecture qu'il en donne. Je vais donc les rappeler et les approfondir. Il cite un premier texte de la Somme de Théologie, IIa IIae q.120, a.1 (et non 21) : « Parce que les actes humains pour lesquels on porte des lois consistent en des cas singuliers et contingents, variables à l’infini, il a toujours été impossible d’instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut. Or les législateurs, attentifs à ce qui se produit le plus souvent, ont porté des lois en ce sens. Cependant, en certains cas, les observer va contre l’égalité de la justice et contre le bien commun visé par la loi ».

Le Père Garrigues s'appuie sur un tel texte pour justifier dans certains cas une dérogation à la discipline interdisant que les divorcés remariés communient, discipline ultimement fondée sur la loi divine de l'indissolubilité du mariage et sur la nature des sacrements. Or dans cet article saint Thomas parle de la loi civile, promulguée par un législateur humain en charge du bien commun temporel, et non pas de la loi morale promulguée dans les cœurs par Dieu qui est le bien commun de l’Univers. La loi civile est nécessairement silencieuse dans certains cas, puisqu’elle ne peut pas tout envisager. Il faut donc parfois suppléer aux « vides juridiques » sous peine de déni de justice. Dans l’article 2, ad 1, saint Thomas dit bien que l’épikie fait partie de la justice légale bien comprise, qu’elle est même supérieure à la justice légale si l'on comprend cette justice comme étant celle qui ne s’attache qu’à la lettre de la loi. Son lieu est donc la lettre de la loi, et son fondement la distinction entre la lettre de la loi et son esprit.

Le sujet qui nous occupe concerne l'application de la loi morale puisque la dérogation exceptionnelle consisterait à reconnaître dans certaines circonstances la légitimité d'une vie sexuelle hors mariage. Or la loi morale, dont la conscience nous indique le bien à effectuer dans un cas concret déterminé, n’est pas une loi inscrite dans une lettre mais dans les cœurs ; elle est une loi de la raison. Il n’y a donc pas de vide juridique : il n’y a que des consciences droites ou des consciences erronées. Pour ce qui est de la loi évangélique, pour saint Thomas, la loi nouvelle est l’Esprit Saint. S’il y avait une opposition entre la lettre et l’esprit, ce serait entre la justice légale de l’Ancien Testament et son esprit véritable que nous révèle le Christ. Mais dans le Christ, il n’y a plus de lettre ni d’épikie, il n’y a plus que la loi de charité qui ne souffre aucune exception. Le paradoxe est que le Père Garrigues reproche au camps des « purs et durs » d’être juridique à l’extrême alors que c’est lui qui ramène la loi évangélique à une lettre dont il faudrait rechercher l’esprit, alors que la loi évangélique est l’Esprit Saint communiquant la charité, ce qui ne souffre aucune exception car ce serait alors pécher contre l’Esprit.

Le deuxième texte que cite le Père Garrigues est tiré de la Somme de théologie, Ia IIae, q. 94, a.4 et 5 lorsque saint Thomas parle de la loi naturelle dont les principes généraux sont toujours universels ; mais plus « on aborde les choses particulières, plus on rencontre des exceptions. ». Le Père Garrigues prétend que ce texte peut être utilisé pour légitimer une dérogation quant à notre sujet. Il me semble qu'il n'en est rien. En effet, saint Thomas parle ici de la concrétion effectuée par la vertu de prudence à la recherche du juste dans les choses de la vie. Il ne s'agit donc pas d'une exception à une loi civile, le législateur n'ayant pu prévoir tel ou tel cas concret.

Là encore, le Père Garrigues a une lecture paradoxalement légaliste de saint Thomas. De plus, l'objet de la dérogation envisagée étant un acte intrinsèquement mauvais, aucune circonstance ne peut le rendre bon. Le Père Garrigues aborde d'ailleurs directement ce point : « A qui fera-t-on croire que ces dérogations, que le Pères de l'Église ont pratiquées, seraient un « acte intrinsèquement mauvais » qui ne pourrait par sa nature connaître d'exception ? » Ce n'est bien sûr pas l'acte de la dérogation comme tel qui est intrinsèquement mauvais mais le fait d'avoir une relation extra-conjugale. Comment le Père Garrigues peut-il soutenir qu'une telle situation puisse, à certaines conditions, faire l'objet d'une dérogation au lien requis entre l'état de grâce et la communion eucharistique ? Le Père Garrigues semble penser que ses objecteurs s'opposent à de telles dérogations pour des raisons pédagogiques, au vu des conséquences qu'elles entraîneraient. Elles auraient certes des conséquences catastrophiques, nous y reviendrons, mais ce n'est pas d'abord pour cela qu'elles sont à refuser, c'est pour des raisons intrinsèques.

Je cite un extrait significatif de la réponse du Père Garrigues : « Mais est-ce miséricordieux, est-ce même juste dans le cas de ces couples, si de fait dans le premier cas il n’y avait pas eu de mariage religieux valide et si, dans le second, il y a vrai repentir mais conflit de devoirs par rapport à un retour au statu quo ante ? » La continence est certes la voie de crête toute droite, et Dieu donne à certains divorcés remariés la force admirable de l’embrasser dans ce qui reste à bien des égards une vie de couple, mais ceux qui n’ont pas cette vertu éminente sont-ils pour autant « dans le péché » ? » Pourquoi le Père Garrigues voit-il un « conflit de devoirs » dans la vie des divorcés remariés ? Parce que selon lui le second mariage civil peut créer des devoirs empêchant le retour à la fidélité au premier mariage (il s'agit le plus souvent des devoirs envers les enfants nés de la seconde union).

Mais l'Église a déjà reconnu que dans ces situations la séparation normalement requise pour accéder aux sacrements pouvait être remplacée par un engagement à la continence complète. L'opinion du Père Garrigues, à la suite du cardinal Kasper, consiste à refuser dans certains cas cette discipline vue comme trop dure et engendrant des « conflits de devoirs ». Mais de quels devoirs parle-t-il vraiment ? Depuis quand la vie sexuelle extra-conjugale comme telle serait-elle l'objet d'un devoir ? Notre théologien ne peut envisager les choses ainsi que parce qu'il comprend « vie de couple » dans un sens humain, pour ne pas dire mondain, susceptible d'embrasser les deux situations (la vie conjugale légitime fondée sur le sacrement et l'union de fait) devenues dès lors de facto quasi-équivalentes. Or pour l'Église il n'y a de vie conjugale entre deux baptisés que fondée sur le sacrement de mariage, ce qui n'est bien sûr pas le cas ici. En rigueur de termes, il n'y a donc pas de « conflit de devoirs » appelant la création d'une troisième voie indulgente permettant aux divorcés remariés de communier sans s'engager à une continence complète. Présenter cela comme un conflit de devoirs dont les pasteurs devraient soulager la conscience morale des fidèles biaise la position du problème et dispose le lecteur à une solution « pastorale » erronée.

Il est bon de lire la réponse que saint Jean-Paul II fait à ce genre d'approche dans Veritatis splendor :

« Il ne manque pas d'esprits pour estimer que ce processus de maturation morale se verrait contrarié par la position trop catégorique que prend, sur bien des questions morales, le Magistère de l'Église, dont les interventions feraient naître, chez les fidèles, d'inutiles conflits de conscience. Pour justifier de telles positions, certains ont proposé une sorte de double statut de la vérité morale. En plus du niveau doctrinal et abstrait, il faudrait reconnaître l'originalité d'une certaine considération existentielle plus concrète. Celle-ci, compte tenu des circonstances et de la situation, pourrait légitimement fonder des exceptions à la règle générale et permettre ainsi d'accomplir pratiquement, avec une bonne conscience, ce que la loi morale qualifie d'intrinsèquement mauvais. Ainsi s'instaure dans certains cas une séparation, voire une opposition, entre la doctrine du précepte valable en général et la norme de la conscience de chacun, qui déciderait effectivement, en dernière instance, du bien et du mal. Sur ce fondement, on prétend établir la légitimité de solutions prétendument “pastorales”, contraires aux enseignements du Magistère, et justifier une herméneutique “créatrice”, d'après laquelle la conscience morale ne serait nullement obligée, dans tous les cas, par un précepte négatif particulier. Il n'est personne qui ne comprenne qu'avec ces positions on se trouve devant une mise en question de l'identité même de la conscience morale face à la liberté de l'homme et à la Loi de Dieu. Seuls les éclaircissements apportés plus haut sur le lien entre liberté et loi, lien fondé sur la vérité, rendent possible le discernement à faire sur cette interprétation “créative” de la conscience. »

On pourrait citer d'autres textes dans lesquels le Magistère récent s'est prononcé de telle manière qu'envisager un changement de discipline et donc de doctrine présuppose une vision très volontariste, pour ne pas dire arbitraire, de l'exercice du Magistère. 

Sur l'épikie dans le Nouveau Testament

C’est un peu surprenant de voir le Père Garrigues insister tellement sur l’épikie (επιεικεια), qui prendrait selon lui le sens d’indulgence dans le Nouveau Testament. Les dictionnaires parlent plutôt de « Douceur, gentillesse, honnêteté, clémence, bonté ». La source est ἐπιεικής : « apparemment convenable, équitable, juste, beau, doux, gentil ».

Le mot n’est pas très fréquent, on ne le rencontre que sept fois dans le Nouveau Testament (επιεικεια ou ἐπιεικής) et jamais le mot επιεικεια n’y est appliqué à la justice légale. Il est pris dans le sens purement moral de bienveillance, douceur. Il s’applique une seule fois au Christ, sans beaucoup de précision. Et ce n’est pas pour dire que le Christ établit des règles générales qu’il écarterait lui-même dans des cas particuliers ; mais au contraire, semble-t-il, cela désigne l’indulgence de Dieu qui pourrait condamner toute l’humanité, puisque tous ont péché, et cependant ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il vive. Pour cela il a envoyé son propre Fils pour faire miséricorde à tous. Dieu fait preuve de patience à notre égard ; il laisse à l’homme le temps de se convertir. Mais jamais on ne voit que le Christ écarte la loi de charité qu’il a lui-même promulguée, au nom d’une autre justice (ce qui lui en ferait deux…). Au contraire, on a toujours dit que Dieu aimait le pécheur mais détestait son péché, et c’est toujours au nom de l’amour du pécheur que Dieu vient le libérer de son péché.

On peut donc soutenir que les tenants de « dérogations exceptionnelles » sont en train de mettre en place un nouvel Évangile, dans lequel l’épikie consisterait à écarter la loi évangélique pour lui substituer une autre loi, jugée plus « miséricordieuse ». On prend la place du Christ et de l’Esprit Saint, en remplaçant sa loi de charité par une miséricorde à la manière des hommes. Or si l’on écarte la Loi évangélique au nom de la justice ou de la miséricorde, ce n’est plus la Loi évangélique. Encore une fois, cela vient du fait qu’au départ, on a transformé la loi évangélique (qui est l’Esprit Saint lui-même pour saint Thomas) en une loi à la manière des hommes, et c’est celle-là que l’on veut alors écarter pour retrouver la loi évangélique. On se plaint d’une morale de la loi que l’on voudrait écarter, mais c’est parce que l’on a transformé au préalable l’Évangile en morale de la loi, et la loi morale en casuistique. Bref, parler d’épikie pour écarter la Parole du Christ montre tout simplement que l’on conçoit la Parole de Dieu comme une loi humaine, comme un code écrit, une norme légale. Ce n’est pas la conception de saint Thomas, et ce n’est pas la conception de l’Évangile. La loi de charité ne souffre aucune exception. Concluons maintenant sur deux points soulignant l'ampleur d'une telle discussion.

Sur le sens de la miséricorde et de la pastorale

Imaginer que la doctrine puisse « verrouiller » la miséricorde présuppose une étrange vision de la mission de l'Église. Celle-ci « doit rendre témoignage de la Miséricorde de Dieu révélée par le Christ tout au long de sa Mission de Messie ». L'exigence fondamentale qui est faite à l'Église est de professer et de proclamer la conversion. L'attitude de la conversion est la réponse humaine adaptée à la révélation de la miséricorde divine, un peu comme le concave s'adapte au convexe. Qui donc en effet croit en la miséricorde ? Non pas celui qui pense ne point en avoir besoin parce qu'il se considère juste. Ni même celui qui pense ne point pouvoir en bénéficier parce qu'il se considère comme impardonnable. Mais celui qui en identifiant et détestant son péché, revient à Dieu par grâce, avec l'assurance qu'il peut compter sur son inextinguible volonté de « pardonner soixante-dix fois sept fois ».

Une Église qui accepterait les dérogations envisagées par certains serait une Église qui se résignerait à ne plus proclamer la miséricorde infinie et l'appel à la conversion puisqu’elle reconnaîtrait par là qu'il existe des situations en lesquelles il est impossible à l'homme et à la femme de vivre pleinement la sainteté de leur mariage et de rester fidèles au plan de Dieu sur l'amour humain. Or comme le rappelle saint Jean-Paul II :

« Ce serait une très grave erreur de conclure que la norme enseignée par l'Église est en elle-même un “idéal” qui doit ensuite être adapté, proportionné, comme on dit, aux possibilités concrètes de l'homme, d'après une “évaluation des divers biens en question”. Mais quelles sont “les possibilités concrètes de l'homme” ? Et de quel homme parle-t-on ? De l'homme dominé par la concupiscence ou de l'homme sauvé par le Christ ? Parce qu'il s'agit de cela : de la réalité de la rédemption du Christ. Le Christ nous a sauvés. Ce qui signifie : Il nous a donné la possibilité de réaliser l'entière vérité de notre être ; il a libéré notre liberté de la domination de la concupiscence. [...] Le commandement de Dieu est certainement proportionné aux capacités de l'homme : mais aux capacités de l'homme à qui est donné le Saint-Esprit ; aux capacités de l'homme qui, même tombé dans le péché, peut toujours obtenir le pardon et jouir de la présence de l'Esprit. »

Comment penser qu'un médecin est miséricordieux lorsque face à une tumeur cancéreuse, il se voit contraint de dire par « indulgence » à son patient qu'il s'agit d'une simple grippe ?

Retour sur une analogie

Nous avons déjà souligné que le Père Garrigues répond aux objections de manière assez procédurale, notamment en établissant une analogie entre le débat synodal actuel et la période pré-conciliaire ; afin d'en appeler à la prudence et de condamner toute attitude « intégriste » de fermeture face au devenir de l'Église :

« L’histoire de l’Église a montré, de l’Antiquité à nos jours, qu’à plusieurs reprises les zélateurs du dernier concile ou du dernier pape, en ayant poussé ses principes jusqu’à l’extrême dans un système verrouillé, se sont retrouvés ensuite scandalisés par l’évolution du Magistère ultérieur, dont ils ne voyaient plus l’homogénéité avec ce qu’ils croyaient être le Magistère antérieur, mais qui était en fait leur Tradition, leur Concile ou leur Pape.

À la veille du concile Vatican II, il y avait des théologiens, voire des cardinaux, qui considéraient comme scandaleuses certaines choses que celui-ci allait approuver. Des mesures disciplinaires avaient même empêché que des théologiens enseignent certaines d’entre elles. Les réticences que d’aucuns manifestent aujourd’hui par rapport à des paroles, des actes et des orientations du pape François ne relèvent-elles pas d’un durcissement analogue ? » 

Je ne critique pas le bien-fondé de la remarque générale ; je pense simplement qu'elle ne s'applique pas à notre débat. Comment en effet penser que le Magistère actuel puisse se déterminer en contradiction avec le Magistère antérieur sur des cas déjà envisagés en tant que tels et ce dans un contexte historique quasi identique (la sécularisation du mariage et la crise de la transmission de la foi et de la morale chrétiennes) ?

Tout ce débat fait naître en moi une autre analogie, en l'occurrence avec la période antérieure à l'encyclique Humanae Vitae. Là aussi, on retrouve la volonté de saint Jean XXIII d'affronter une situation pastorale tendue et de laisser le débat s'installer pour discerner la réponse adéquate. Au fur et à mesure que le débat se déploie, deux manières de penser le développement de la doctrine et de la discipline s'opposent. Certains ont tendance à ignorer les enseignements magistériels de Pie XI et de Pie XII sur la régulation des naissances et font comme s'il s'agissait de se déterminer à nouveaux frais. D'autres, comme Mgr Wojtyła, s'appuient sur le Magistère pour le ressaisir en profondeur et l'appliquer à la nouvelle situation historique.

Cette attitude est à la genèse de la fameuse et pourtant largement ignorée théologie du corps qu'il commencera à donner dès 1979 pour préparer... le synode sur la famille de 1980 ! Il s'agit d'un modèle de développement homogène de la doctrine sachant puiser ce qu'il y a de meilleur dans la modernité pour annoncer aux hommes d'aujourd'hui la Bonne Nouvelle du mariage. Cette analogie avec la période d'Humane vitae permet de mettre le doigt sur la délicate question de la réception du Magistère. On peut raisonnablement penser que la manière dont le débat s'est déroulé en amont de l'encyclique a contribué à rendre inintelligible la parole du Bienheureux Paul VI. A titre d'exemple, on peut citer la Note pastorale de l'épiscopat français de novembre 1968 parlant (déjà !) de conflit de devoirs. Une telle lecture de l'encyclique a certes contribué à « déverrouiller » la doctrine qui y est exposée et à la rendre inopérante pratiquement. On en a goûté les fruits dans le résultat catastrophique de la pastorale du mariage quant à la paternité responsable ; pastorale qui dans de nombreux endroits ne s'en est toujours pas remise.

Je conclurai en renvoyant une nouvelle fois à la proposition du Père Thomas Michelet sur l'opportunité de redécouvrir l'ordre des pénitents tel qu'il a existé dans les premiers siècles de l'Église. Ce chemin pénitentiel serait un réel approfondissement d'une pastorale adéquatement prise, c'est-à-dire ni « verrouillée » ni « déverrouillée » par la doctrine mais qui communique la vérité et la grâce de Dieu adressées à tous les hommes."

Posté le 4 juillet 2015 à 10h21 par Michel Janva | Lien permanent

02 juillet 2015

Un vicaire épiscopal pour les traditionalistes

Intéressante initiative d'un évêque en Suisse :

"L’évêque de Coire, Mgr Vitus Huonder a désigné mardi 30 juin un vicaire épiscopal pour les catholiques célébrant dans la forme extraordinaire du rite romain. Le P. Martin Ramm, prêtre de la Fraternité Saint-Pierre, occupera cette fonction en plus de celle de curé de la paroisse personnelle Saint Maximilien Kolbe pour les fidèles du rite tridentin.

Fondamentalement, cette nomination ne change rien aux responsabilités actuelles du P. Martin Ramm, indique un communiqué du diocèse, mais Mgr Huonder a voulu souligner cette tâche particulière selon l’art 476 du droit canon qui prévoit qu’un vicaire épiscopal peut être nommé « pour les fidèles d’un rite déterminé »."

Paroisse personnelle pour la Fraternité Saint-Pierre, vicaire épiscopal membre de cette Fraternité, au service des fidèles attachés à la forme extraordinaire. A quand la même chose en France ?

Posté le 2 juillet 2015 à 10h52 par Michel Janva | Lien permanent

01 juillet 2015

Une clef pour le redressement de l’Eglise

Tribune proposée par Pierre Moreau, au nom d'un collectif de fidèles et de prêtres (suite à celle-ci) :

"Alors que nous apprenons la démission d'un évêque mexicain mis en cause dans sa gestion d'une affaire de pédophilie, (cf VIS, 25 juin 2015), il est difficile de ne pas s’interroger à frais nouveaux sur la crise « managériale » vécue par un grand nombre de successeurs des Apôtres. C’est parce que le problème a été médiatisé que la discipline ecclésiastique s’est mise en mouvement. Malheureusement, l’anticléricalisme s’est nourri ou a été à l’origine des campagnes polémiques, fondées ou non ; pour autant il faut bien reconnaître que l’effet a été radical : les autorités vaticanes ont pris des décisions sévères et d’une efficacité redoutable.

La question de la gestion des affaires de pédophilie est véritablement un cas d’école car elle manifeste l’immaturité de bien des évêques ; et de leur grave irresponsabilité vis-à-vis des brebis les plus jeunes dans leur troupeau, victimes potentielles, de leurs collaborateurs prêtres, victimes collatérales blessées dans le regard porté sur eux, de la foule des non-croyants s’écartant encore plus loin des rives du salut. Avec Vittorio Messori, nous pensons que le relativisme moral post 68 est largement responsable de ce drame (cf. Il Corriere della Sera, 11/3/2010) et qu’il a pénétré de nombreuses institutions ecclésiales. Le modèle managérial épiscopal, au moins en Occident, emprunte largement à l’idéologie relativiste qui, en doctrine comme en morale, étend son règne en bien des séminaires et universités dites catholiques. La contestation de l’autorité, l’amoindrissement de la vérité, était le cadre dans lequel l’écrasante majorité des évêques de France a reçu ce que l’on a du mal à appeler leur formation. Certains, rares, ont résisté mais se sont fait mal. Les autres, sans se poser plus de questions, ont suivi le mouvement comme le tronc d’arbre descend la rivière. S’il faut reconnaître qu’ils sont restés fidèles à leur sacerdoce tandis que d’autres ont déserté, il est difficile de ne pas déplorer leur alignement sur une pensée unique, cette fameuse langue de buis, dont les mots clefs sont devenus les talismans de l’ethos ecclesiasticus modernus.

Que faut-il en conclure ? Il suffit que Rome donne un tour de vis et exige « sous peine de » pour que les évêques se ressaisissent. Dans les relations familiales, il arrive que les adolescents provoquent l’autorité, non pour la détruire, mais pour se situer vis-à-vis d’elle en adulte potentiel et partenaire. La bonne réponse est alors dans la fermeté et la tendresse. Ce n’est qu’une analogie. Mais le Père qui laisserait tout faire porterait une grave responsabilité : il porterait pour une part la culpabilité du naufrage de son enfant. Dans l’Eglise c’est la même chose.

Une question majeure reste en suspens : Si Rome serre la vis en ce qui concerne la pédophilie, qu’en est-il des affaires au moins aussi grave, voire plus, qui ont trait à l’avortement et au respect dû à Dieu dans les sacrements ? Les silences de certains couloirs de la Curie ou de tant d’évêchés, sans parler des administrations des conférences épiscopales – mais n’accordons pas trop d’importance à ces dernières -, pourraient alors parler plus fort pour qui sait entendre que les sirènes médiatiques hurlant au scandale après une déclaration pontificale politiquement incorrecte.

Dans son fonctionnement, l’Eglise doit se rapprocher d’une certaine « praxis » profane en rétablissant, comme le pape François vient de le faire, une autorité forte dans les domaines qui l’exigent et des sanctions proportionnées. Sans oublier la prière, et la conversion personnelle, il y a certainement là un point d’appui pour le relèvement de l’Occident."

Posté le 1 juillet 2015 à 07h11 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2015

Canonisation des parents Martin et synode sur la famille

De Guillaume d’Alançon, Délégué épiscopal Famille et Vie du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron :

"L’annonce de la canonisation de Louis et Zélie Martin le 18 octobre prochain est une immense joie. L’Eglise invite tous ses membres à mettre leurs pas dans ceux de ce foyer chrétien qui n’a rien épargné pour le Christ, jusqu’au bout.

A l’heure où le Synode pour la Famille va entrer dans sa deuxième phase, nous avons là des intercesseurs de poids qui vont indiquer le nord à l’assemblée épiscopale qui se réunira à Rome du 5 au 25 octobre.

Avec les bienheureux parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ne sommes-nous pas en bonne compagnie pour affronter les problèmes du temps sans renier le Christ ?

Louis et Zélie ont fait face à la souffrance, à la mort de 4 enfants en bas âge, à l’accueil de leurs parents âgés à domicile, aux difficultés professionnelles et éducatives, au cancer, à la maladie psychiatrique…

Malgré tout, Louis et Zélie apportent des réponses qui sentent bon la brise de Galilée. Nazareth n’est pas loin quand on se plonge dans l’ambiance de la famille Martin. La lecture de la correspondance conjugale de Louis et Zélie renvoie à l’exigence de la Parole du Christ, à la bonté de Dieu et à l’indissolubilité du mariage dans son lien étroit à l’Eucharistie. Leur témoignage de vie n’est-il pas une réponse anticipée à toutes les questions que certains se posent aujourd’hui ? Aux blessures de l’amour humain, ils répondent par la confiance en Dieu et un surcroît de tendresse, dans la fidélité à la doctrine catholique. Car il n’est de véritable amour humain que celui destiné à s’accomplir en Dieu. Ce faisant, il n’est déjà plus humain… Il est surtout chrétien. Ce qui est humain ne l’est vraiment que dans la perspective divine. « En lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être » nous dit saint Paul.

A ceux qui pleurent, les époux Martin indiquent la Croix et les bras ouverts du Christ qui souffre avec eux pour mieux les consoler en refermant sur leurs épaules ses mains ensanglantées. Oui, le sang du Christ nous lave de nos péchés et notre seule joie réside dans la certitude du triomphe de sa Miséricorde.

Louis et Zélie furent aussi de grands Français. Hors de toute conscription obligatoire, Louis déjà âgé prendra les armes pour enrayer la progression prussienne qui menaçait la Normandie. Chevalier du Christ-Roi, le bienheureux Louis, empruntant la route de son saint patron si vénéré, n’hésitera pas à agir publiquement pour la défense de la royauté sociale de Jésus. Dans sa jeunesse parisienne, il avait mesuré la perversité de la franc-maçonnerie avec son cortège de pratiques occultes et démoniaques. Parvenu à l’âge de la maturité, fioretto d’un jour, il n’hésitera pas à dénoncer le laïcisme ambiant en enlevant le couvre-chef d’un badaud un jour de Fête-Dieu.

Zélie, femme active et profondément sensible, mènera de front l’éducation de ses enfants, un travail professionnel difficile, et la présence délicate aux côtés de son mari. Atteinte du cancer, elle formera ses enfants et dessinera en leur âme l’esquisse d’une authentique théologie du sacrifice en offrant sa vie. C’est en contemplant la souffrance offerte de leurs parents que les cinq filles Martin avanceront vers la vie consacrée: cela ne vaut-il pas le coup de tout donner ?

Avec Notre-Dame, Reine de la famille Martin et Vierge du Sourire, les bienheureux époux ont choisi de progresser sur la route de l’Evangile. Du 4 au 8 octobre prochain, en présence de Mgr Aillet, Le Saux et Habert, des pèlerins marcheront depuis Solesmes vers Alençon, ville où vécurent Louis et Zélie, puissent de nombreux pèlerins se joindre à nous sur cette voie sacrée de la famille et du mariage (contact inscriptions – infos : hpt@sfr.fr)

Posté le 30 juin 2015 à 08h58 par Michel Janva | Lien permanent

L'instrument de travail du synode : une douche froide pour les novateurs

Lu sur Chiesa :

"Une semaine après sa publication, l’"instrument de travail" pour la prochaine session du synode des évêques consacré à la famille se révèle de plus en plus décevant pour les paladins du changement. Ce document reproduit intégralement le rapport final du synode du mois d’octobre 2014. Or ce rapport final constituait déjà une nette marche arrière par rapport à la "Relatio post disceptationem" qui avait été publiée à mi-parcours des travaux du synode et qui était le résultat d’un coup de main des novateurs, tout de suite désavoué par une grande partie des pères synodaux. 

Toutefois l’"instrument de travail" y ajoute à ce document un bon nombre de considérations. Elles sont le résultat de la consultation qui a été menée, au cours de ces derniers mois, dans les diocèses du monde entier, à propos de chacun des points du rapport final du précédent synode.

Et, de nouveau, on ne trouve pas du tout, dans l’"instrument de travail", d’"ouvertures" en direction des thèses des novateurs – contrairement à ce que de très nombreux journaux et agences de presse ont indiqué à tort dans leurs titres– mais plutôt des coups de frein supplémentaires à propos des points auxquels les novateurs attachent le plus d’importance, c’est-à-dire l’accès des divorcés remariés à la communion, la contraception et les unions homosexuelles.

Au cours de la présentation qu’il a faite de "l’instrument", le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, a déclaré qu’il avait été fait bon usage de 99 réponses à la consultation qui avaient été envoyées par des conférences épiscopales et par d’autres institutions hiérarchiques.

Ce qui veut dire – lorsque l’on examine le texte qui en est résulté – que ces réponses, dans leur quasi-totalité, étaient bien éloignées des téméraires propositions de modification de la doctrine et de la pastorale du mariage qui, au cours de ces dernières semaines, ont fait l’objet d’une large diffusion de la part de certaines conférences épiscopales du centre de l’Europe. [...]"

Posté le 30 juin 2015 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

29 juin 2015

Suisse : Mgr Morerod participera à une marche pour la vie

Et cela perturbe le quotidien Le Matin :

"Le temps de grâce est terminé pour Mgr Morerod, évêque de Vaud, Fribourg et Genève. Autrefois loué pour ses apparitions décontractées et humoristiques, voilà le religieux devenu trop «popu», trop maladroitement loufoque, aux yeux de certains croyants. Pire, son humour bon enfant cache de moins en moins la raideur de ses conceptions en matière de morale.

Après La Liberté jeudi, c’était hier au tour de la SonntagsZeitung de s’intéresser à cette apparente contradiction du personnage. On y apprend que le dominicain, après avoir annoncé le contraire, participera bel et bien à une marche anti-avortement en septembre à Zurich. L’évêque prononcera même un discours lors de l'événement, qui réunira les mouvements chrétiens conservateurs suisses. Pour les organisateurs, cette visite représente une montée en grade puisque lors de la dernière édition, en 2013, l’évêque auxiliaire de Zurich, Marian Eleganti, était la plus haute autorité catholique présente.

Cette participation est-elle de nature à durcir encore l’image de Mgr Morerod? C’est ce que redoutent certains, au sein de l’Eglise, qui n’hésitaient pas à évoquer hier une décision «tactiquement malhabile», même si la lutte contre l’avortement s’inscrit dans la droite ligne du Vatican. Rappelons cependant que Charles Morerod commence à enchaîner les sorties polémiques: en novembre 2014, il avait par exemple publié une prise de position remarquée contre la communion eucharistique (ndlr: interconfessionnelle). [...]"

Posté le 29 juin 2015 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent

Bons contacts entre la Fraternité St Pie X et Rome

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint Pie X, a été interrogé dans Présent. Extrait :

"[...] La Fraternité a été reconnue officiellement comme catholique par l’Etat en Argentine, avec l’aide du cardinal Bergoglio devenu ensuite le pape François. Cela n’a-t-il qu’une importance administrative ou est-ce plus révélateur?
On y trouve tout d’abord un effet juridique, administratif, sans implication sur l’état des relations générales de la Fraternité avec, disons pour simplifier, l’Eglise officielle. Mais le deuxième effet est difficile à évaluer correctement. Il n’y a aucun doute sur le fait que le pape François, alors cardinal Bergoglio, avait promis d’aider la Fraternité à obtenir la reconnaissance par l’Etat argentin de notre société comme catholique et qu’il a tenu sa promesse. Cela oblige à penser qu’il nous considère bien comme catholiques.
Dans le même ordre d’idées, vous avez été nommé juge de première instance par le Vatican pour le procès d’un prêtre de la Fraternité. Ne peut-on y voir un signe de bienveillance?
Ceci n’est pas nouveau mais existe depuis plus de dix ans. Il s’agit effectivement d’une marque de bienveillance, et de bon sens. C’est ce que l’on remarque dans l’Eglise romaine à travers son histoire : son réalisme, capable de dépasser des problèmes canoniques, juridiques, pour trouver des solutions à des problèmes bien réels. [...]
Il y a quelques semaines, des séminaires de la Fraternité ont reçu la visite d’envoyés du Vatican, le cardinal Brandmüller, Mgr Schneider. Ces visites constituent un lien public avec « l’Eglise officielle ». N’est-il pas vital?
Le lien avec l’Eglise est vital. La manifestation de ce lien peut varier. Les dates et lieux de ces visites ont été laissés à mon choix, le Vatican a proposé des noms. J’ai choisi les séminaires, ce qui me paraissait, pour des évêques, le plus éloquent et le plus représentatif.
Quelles ont été les réactions « sur le vif » de ces évêques?
Ils se sont montrés très satisfaits. « Vous êtes des gens normaux », nous ont-ils dit… ce qui montre la réputation que l’on nous fait ! Ils nous ont félicités sur la qualité de nos séminaristes. Il ne fait aucun doute qu’ils ont conclu de ce premier contact rapproché que nous étions une œuvre d’Eglise.
Avez-vous des contacts avec des évêques, qui vous soutiennent discrètement?
Bien sûr ! Si l’on voit que des prêtres se rapprochent de nous aujourd’hui, ont eux-mêmes des contacts avec nous, on peut facilement en conclure qu’à l’échelon supérieur, ce doit être à peu près la même chose…"

Posté le 29 juin 2015 à 16h07 par Michel Janva | Lien permanent


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