01 juillet 2015

Une clef pour le redressement de l’Eglise

Tribune proposée par Pierre Moreau, au nom d'un collectif de fidèles et de prêtres (suite à celle-ci) :

"Alors que nous apprenons la démission d'un évêque mexicain mis en cause dans sa gestion d'une affaire de pédophilie, (cf VIS, 25 juin 2015), il est difficile de ne pas s’interroger à frais nouveaux sur la crise « managériale » vécue par un grand nombre de successeurs des Apôtres. C’est parce que le problème a été médiatisé que la discipline ecclésiastique s’est mise en mouvement. Malheureusement, l’anticléricalisme s’est nourri ou a été à l’origine des campagnes polémiques, fondées ou non ; pour autant il faut bien reconnaître que l’effet a été radical : les autorités vaticanes ont pris des décisions sévères et d’une efficacité redoutable.

La question de la gestion des affaires de pédophilie est véritablement un cas d’école car elle manifeste l’immaturité de bien des évêques ; et de leur grave irresponsabilité vis-à-vis des brebis les plus jeunes dans leur troupeau, victimes potentielles, de leurs collaborateurs prêtres, victimes collatérales blessées dans le regard porté sur eux, de la foule des non-croyants s’écartant encore plus loin des rives du salut. Avec Vittorio Messori, nous pensons que le relativisme moral post 68 est largement responsable de ce drame (cf. Il Corriere della Sera, 11/3/2010) et qu’il a pénétré de nombreuses institutions ecclésiales. Le modèle managérial épiscopal, au moins en Occident, emprunte largement à l’idéologie relativiste qui, en doctrine comme en morale, étend son règne en bien des séminaires et universités dites catholiques. La contestation de l’autorité, l’amoindrissement de la vérité, était le cadre dans lequel l’écrasante majorité des évêques de France a reçu ce que l’on a du mal à appeler leur formation. Certains, rares, ont résisté mais se sont fait mal. Les autres, sans se poser plus de questions, ont suivi le mouvement comme le tronc d’arbre descend la rivière. S’il faut reconnaître qu’ils sont restés fidèles à leur sacerdoce tandis que d’autres ont déserté, il est difficile de ne pas déplorer leur alignement sur une pensée unique, cette fameuse langue de buis, dont les mots clefs sont devenus les talismans de l’ethos ecclesiasticus modernus.

Que faut-il en conclure ? Il suffit que Rome donne un tour de vis et exige « sous peine de » pour que les évêques se ressaisissent. Dans les relations familiales, il arrive que les adolescents provoquent l’autorité, non pour la détruire, mais pour se situer vis-à-vis d’elle en adulte potentiel et partenaire. La bonne réponse est alors dans la fermeté et la tendresse. Ce n’est qu’une analogie. Mais le Père qui laisserait tout faire porterait une grave responsabilité : il porterait pour une part la culpabilité du naufrage de son enfant. Dans l’Eglise c’est la même chose.

Une question majeure reste en suspens : Si Rome serre la vis en ce qui concerne la pédophilie, qu’en est-il des affaires au moins aussi grave, voire plus, qui ont trait à l’avortement et au respect dû à Dieu dans les sacrements ? Les silences de certains couloirs de la Curie ou de tant d’évêchés, sans parler des administrations des conférences épiscopales – mais n’accordons pas trop d’importance à ces dernières -, pourraient alors parler plus fort pour qui sait entendre que les sirènes médiatiques hurlant au scandale après une déclaration pontificale politiquement incorrecte.

Dans son fonctionnement, l’Eglise doit se rapprocher d’une certaine « praxis » profane en rétablissant, comme le pape François vient de le faire, une autorité forte dans les domaines qui l’exigent et des sanctions proportionnées. Sans oublier la prière, et la conversion personnelle, il y a certainement là un point d’appui pour le relèvement de l’Occident."

Posté le 1 juillet 2015 à 07h11 par Michel Janva | Lien permanent

30 juin 2015

Canonisation des parents Martin et synode sur la famille

De Guillaume d’Alançon, Délégué épiscopal Famille et Vie du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron :

"L’annonce de la canonisation de Louis et Zélie Martin le 18 octobre prochain est une immense joie. L’Eglise invite tous ses membres à mettre leurs pas dans ceux de ce foyer chrétien qui n’a rien épargné pour le Christ, jusqu’au bout.

A l’heure où le Synode pour la Famille va entrer dans sa deuxième phase, nous avons là des intercesseurs de poids qui vont indiquer le nord à l’assemblée épiscopale qui se réunira à Rome du 5 au 25 octobre.

Avec les bienheureux parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, ne sommes-nous pas en bonne compagnie pour affronter les problèmes du temps sans renier le Christ ?

Louis et Zélie ont fait face à la souffrance, à la mort de 4 enfants en bas âge, à l’accueil de leurs parents âgés à domicile, aux difficultés professionnelles et éducatives, au cancer, à la maladie psychiatrique…

Malgré tout, Louis et Zélie apportent des réponses qui sentent bon la brise de Galilée. Nazareth n’est pas loin quand on se plonge dans l’ambiance de la famille Martin. La lecture de la correspondance conjugale de Louis et Zélie renvoie à l’exigence de la Parole du Christ, à la bonté de Dieu et à l’indissolubilité du mariage dans son lien étroit à l’Eucharistie. Leur témoignage de vie n’est-il pas une réponse anticipée à toutes les questions que certains se posent aujourd’hui ? Aux blessures de l’amour humain, ils répondent par la confiance en Dieu et un surcroît de tendresse, dans la fidélité à la doctrine catholique. Car il n’est de véritable amour humain que celui destiné à s’accomplir en Dieu. Ce faisant, il n’est déjà plus humain… Il est surtout chrétien. Ce qui est humain ne l’est vraiment que dans la perspective divine. « En lui nous avons la vie, le mouvement, et l’être » nous dit saint Paul.

A ceux qui pleurent, les époux Martin indiquent la Croix et les bras ouverts du Christ qui souffre avec eux pour mieux les consoler en refermant sur leurs épaules ses mains ensanglantées. Oui, le sang du Christ nous lave de nos péchés et notre seule joie réside dans la certitude du triomphe de sa Miséricorde.

Louis et Zélie furent aussi de grands Français. Hors de toute conscription obligatoire, Louis déjà âgé prendra les armes pour enrayer la progression prussienne qui menaçait la Normandie. Chevalier du Christ-Roi, le bienheureux Louis, empruntant la route de son saint patron si vénéré, n’hésitera pas à agir publiquement pour la défense de la royauté sociale de Jésus. Dans sa jeunesse parisienne, il avait mesuré la perversité de la franc-maçonnerie avec son cortège de pratiques occultes et démoniaques. Parvenu à l’âge de la maturité, fioretto d’un jour, il n’hésitera pas à dénoncer le laïcisme ambiant en enlevant le couvre-chef d’un badaud un jour de Fête-Dieu.

Zélie, femme active et profondément sensible, mènera de front l’éducation de ses enfants, un travail professionnel difficile, et la présence délicate aux côtés de son mari. Atteinte du cancer, elle formera ses enfants et dessinera en leur âme l’esquisse d’une authentique théologie du sacrifice en offrant sa vie. C’est en contemplant la souffrance offerte de leurs parents que les cinq filles Martin avanceront vers la vie consacrée: cela ne vaut-il pas le coup de tout donner ?

Avec Notre-Dame, Reine de la famille Martin et Vierge du Sourire, les bienheureux époux ont choisi de progresser sur la route de l’Evangile. Du 4 au 8 octobre prochain, en présence de Mgr Aillet, Le Saux et Habert, des pèlerins marcheront depuis Solesmes vers Alençon, ville où vécurent Louis et Zélie, puissent de nombreux pèlerins se joindre à nous sur cette voie sacrée de la famille et du mariage (contact inscriptions – infos : hpt@sfr.fr)

Posté le 30 juin 2015 à 08h58 par Michel Janva | Lien permanent

L'instrument de travail du synode : une douche froide pour les novateurs

Lu sur Chiesa :

"Une semaine après sa publication, l’"instrument de travail" pour la prochaine session du synode des évêques consacré à la famille se révèle de plus en plus décevant pour les paladins du changement. Ce document reproduit intégralement le rapport final du synode du mois d’octobre 2014. Or ce rapport final constituait déjà une nette marche arrière par rapport à la "Relatio post disceptationem" qui avait été publiée à mi-parcours des travaux du synode et qui était le résultat d’un coup de main des novateurs, tout de suite désavoué par une grande partie des pères synodaux. 

Toutefois l’"instrument de travail" y ajoute à ce document un bon nombre de considérations. Elles sont le résultat de la consultation qui a été menée, au cours de ces derniers mois, dans les diocèses du monde entier, à propos de chacun des points du rapport final du précédent synode.

Et, de nouveau, on ne trouve pas du tout, dans l’"instrument de travail", d’"ouvertures" en direction des thèses des novateurs – contrairement à ce que de très nombreux journaux et agences de presse ont indiqué à tort dans leurs titres– mais plutôt des coups de frein supplémentaires à propos des points auxquels les novateurs attachent le plus d’importance, c’est-à-dire l’accès des divorcés remariés à la communion, la contraception et les unions homosexuelles.

Au cours de la présentation qu’il a faite de "l’instrument", le cardinal Lorenzo Baldisseri, secrétaire général du synode, a déclaré qu’il avait été fait bon usage de 99 réponses à la consultation qui avaient été envoyées par des conférences épiscopales et par d’autres institutions hiérarchiques.

Ce qui veut dire – lorsque l’on examine le texte qui en est résulté – que ces réponses, dans leur quasi-totalité, étaient bien éloignées des téméraires propositions de modification de la doctrine et de la pastorale du mariage qui, au cours de ces dernières semaines, ont fait l’objet d’une large diffusion de la part de certaines conférences épiscopales du centre de l’Europe. [...]"

Posté le 30 juin 2015 à 07h51 par Michel Janva | Lien permanent

29 juin 2015

Suisse : Mgr Morerod participera à une marche pour la vie

Et cela perturbe le quotidien Le Matin :

"Le temps de grâce est terminé pour Mgr Morerod, évêque de Vaud, Fribourg et Genève. Autrefois loué pour ses apparitions décontractées et humoristiques, voilà le religieux devenu trop «popu», trop maladroitement loufoque, aux yeux de certains croyants. Pire, son humour bon enfant cache de moins en moins la raideur de ses conceptions en matière de morale.

Après La Liberté jeudi, c’était hier au tour de la SonntagsZeitung de s’intéresser à cette apparente contradiction du personnage. On y apprend que le dominicain, après avoir annoncé le contraire, participera bel et bien à une marche anti-avortement en septembre à Zurich. L’évêque prononcera même un discours lors de l'événement, qui réunira les mouvements chrétiens conservateurs suisses. Pour les organisateurs, cette visite représente une montée en grade puisque lors de la dernière édition, en 2013, l’évêque auxiliaire de Zurich, Marian Eleganti, était la plus haute autorité catholique présente.

Cette participation est-elle de nature à durcir encore l’image de Mgr Morerod? C’est ce que redoutent certains, au sein de l’Eglise, qui n’hésitaient pas à évoquer hier une décision «tactiquement malhabile», même si la lutte contre l’avortement s’inscrit dans la droite ligne du Vatican. Rappelons cependant que Charles Morerod commence à enchaîner les sorties polémiques: en novembre 2014, il avait par exemple publié une prise de position remarquée contre la communion eucharistique (ndlr: interconfessionnelle). [...]"

Posté le 29 juin 2015 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent

Bons contacts entre la Fraternité St Pie X et Rome

Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint Pie X, a été interrogé dans Présent. Extrait :

"[...] La Fraternité a été reconnue officiellement comme catholique par l’Etat en Argentine, avec l’aide du cardinal Bergoglio devenu ensuite le pape François. Cela n’a-t-il qu’une importance administrative ou est-ce plus révélateur?
On y trouve tout d’abord un effet juridique, administratif, sans implication sur l’état des relations générales de la Fraternité avec, disons pour simplifier, l’Eglise officielle. Mais le deuxième effet est difficile à évaluer correctement. Il n’y a aucun doute sur le fait que le pape François, alors cardinal Bergoglio, avait promis d’aider la Fraternité à obtenir la reconnaissance par l’Etat argentin de notre société comme catholique et qu’il a tenu sa promesse. Cela oblige à penser qu’il nous considère bien comme catholiques.
Dans le même ordre d’idées, vous avez été nommé juge de première instance par le Vatican pour le procès d’un prêtre de la Fraternité. Ne peut-on y voir un signe de bienveillance?
Ceci n’est pas nouveau mais existe depuis plus de dix ans. Il s’agit effectivement d’une marque de bienveillance, et de bon sens. C’est ce que l’on remarque dans l’Eglise romaine à travers son histoire : son réalisme, capable de dépasser des problèmes canoniques, juridiques, pour trouver des solutions à des problèmes bien réels. [...]
Il y a quelques semaines, des séminaires de la Fraternité ont reçu la visite d’envoyés du Vatican, le cardinal Brandmüller, Mgr Schneider. Ces visites constituent un lien public avec « l’Eglise officielle ». N’est-il pas vital?
Le lien avec l’Eglise est vital. La manifestation de ce lien peut varier. Les dates et lieux de ces visites ont été laissés à mon choix, le Vatican a proposé des noms. J’ai choisi les séminaires, ce qui me paraissait, pour des évêques, le plus éloquent et le plus représentatif.
Quelles ont été les réactions « sur le vif » de ces évêques?
Ils se sont montrés très satisfaits. « Vous êtes des gens normaux », nous ont-ils dit… ce qui montre la réputation que l’on nous fait ! Ils nous ont félicités sur la qualité de nos séminaristes. Il ne fait aucun doute qu’ils ont conclu de ce premier contact rapproché que nous étions une œuvre d’Eglise.
Avez-vous des contacts avec des évêques, qui vous soutiennent discrètement?
Bien sûr ! Si l’on voit que des prêtres se rapprochent de nous aujourd’hui, ont eux-mêmes des contacts avec nous, on peut facilement en conclure qu’à l’échelon supérieur, ce doit être à peu près la même chose…"

Posté le 29 juin 2015 à 16h07 par Michel Janva | Lien permanent

L'épée et le chapelet

Homélie du père abbé de Triors pour la solennité des saints apôtres Pierre et Paul :

"Mes bien chers Frères, mes très chers Fils,

Dans l'évangile qui vient d'être chanté (Mt. 16,13-19), l'apôtre Pierre confesse le mystère de Jésus caché avant tous les siècles au moment où il reconnaît en Jésus le Messie attendu, revêtu de la majesté divine selon les prophéties les plus inouïes (Cf. Ps. 2, 109 ; Is. 7 à 9 etc...), Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant (Mt. 16,16). La scène s'est tenue au moment où Jésus commençait son chemin vers Jérusalem afin d'y mourir pour nos péchés, grand chemin de croix, cortège funèbre. Il prépara ses apôtres, non sans difficulté, à vivre le triduum pascal. On y voit comment l'histoire de notre salut qui commençait devait  se réaliser. C'était donc près des sources du Jourdain, à la frontière de la terre juive, à la limite du monde païen ; le Nouveau Testament allait bientôt donner à l'univers tout entier la grâce attendue par l'Ancien.

Avec le recul, Pierre comprendra mieux l'enjeu divin du salut. Mais déjà sur la route de Césarée de Philippe, le Père le lui fit dire d'un seul coup, presque sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, sous la seule impulsion de sa pure foi, don de Dieu, et de son tempérament ardent. Peu à peu, il entrera complètement dans la pensée divine, par l'humilité acquise au prix des larmes du reniement ; grâce à quoi sa foi put prendre son plein développement visible ; grâce à quoi il sut exhorter les premiers chrétiens à mettre leur pas dans les siens, unissant l'intimité avec Jésus à la montée vers Jérusalem, cortège funèbre pour aboutir à la lumière glorieuse de l'invincible Pâque. À notre tour de recevoir l'exhortation de ce témoin des souffrances du Christ, qui a pris part à la gloire qui allait être révélée (I Pi. 5,1). Pour l'Église, le Vendredi Saint et la Pâque continuent d'aller ensemble, car l'Église prolonge encore aujourd'hui la Passion de Jésus, d'une façon visible au Proche-Orient et dans d'autres régions, d'une façon moins visible ailleurs, selon ce que le Pape nommait récemment une persécution blanche non moins terrible que la première.

Sous nos yeux, le Christ continue d'être bafoué et frappé, disait Benoît XVI ; on cherche, toujours à nouveau, à le pousser en dehors du monde ; et toujours à nouveau, la petite barque de Pierre est secouée par le vent des idéologies, dont les eaux la pénètrent au-dedans, semblant la condamner à couler. Et pourtant, précisément dans l'Église souffrante, le Christ est confessé comme le Fils du Dieu vivant, sans cesse victorieux. En dépit de tout, la foi en Lui reprend toujours à nouveau ses forces (Homélie, 29 juin 2006).

 

La liturgie nous a donné tout à l'heure le récit de la libération de l'Apôtre emprisonné au livre des Actes (12,1-11). Il attendait son jugement qui devait aboutir sûrement au sort que Jacques venait de subir, car cela était agréable alors aux ennemis de l'Église (12,2). Le mystère des liens et de la prison est une constante dans l'histoire. S. Paul prisonnier du Christ (Act. 23,18 ; Éph. 3,1 ; Phl 1 & 9) en est un témoin aussi probant que Pierre. Derrière le persécuteur où qu'il soit, c'est le diable qui cherche à museler la foi de l'Église. Loin de les craindre selon la chair, S. Paul engage de prier pour ceux qui œuvrent contre notre foi afin que revenu à la droiture de leur sens, ils sortent des liens du diable dont ils sont enchaînés eux-mêmes, tenus captifs pour être manipulés par le Mauvais (II Tim. 2,26). L'Apôtre disait à Timothée après l'avoir exhorté en ces termes qui guident notre conduite : Quant aux questions folles et sans sagesse, évite-les, sachant qu’elles engendrent des querelles. Il ne faut pas que le serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit être au contraire doux envers tous, capable d’instruire, patient, reprenant avec modestie ceux qui résistent à la vérité, dans l’espérance que Dieu leur donnera le repentir, pour connaître la vérité (II Tim. 2,23-25).

À mon sens, S. Paul éclaire ici le mystérieux passage où S. Luc rapporte le mot du Seigneur conseillant de vendre son manteau pour se munir d'un glaive (Luc 22,36). Pour S. Basile, le Seigneur ne commande pas ici d’acheter un glaive, mais il prédit à ses Apôtres ce qui arriverait à ceux qui, oubliant les circonstances de la passion, les grâces reçues et la loi de Dieu, oseraient se servir de l’épée (Reg. Contract. 31). Le conseil de S. Paul aide à interpréter ce glaive, symbole du danger extérieur qui guette les fidèles à la suite de Jésus dans sa passion. Il ne s'agit pas de couper l'oreille de Malchus, mais de se taire et d'être prêt à offrir sa vie en Jésus, dans le martyre du goutte-à-goutte de la vie quotidienne comme, éventuellement, dans le martyre sanglant. Donne ton sang et reçois l'Esprit, disait les Pères du désert (Abbé Longin). De nos jours, un Nigérian vit en songe, il y a peu, une épée que lui tendait le Seigneur lui-même pour le défendre contre les assaillants de Boko Aram : il la saisit, et elle se transforma aussitôt en un chapelet, montrant quelles armes nous avons à utiliser, la prière héroïque en Notre Dame et avec Elle.

La confession de Pierre sur la route de Césarée rejoint la foi de Paul au cours de ses voyages, puis l'un et l'autre se retrouvèrent prisonniers à Rome et martyrs du même jour selon la tradition. La solennité de ce jour les associe tous deux dans cette suprême confession de foi. L'Église se sait enracinée sur leur témoignage de foi et de sang. S. Irénée exprimait bien cela au II°s. : C'est leur doctrine et leur foi que l’Église, disséminée dans le monde entier, conserve avec diligence, formant quasiment une unique famille : une même foi avec une seule âme et un seul cœur, tout comme aux origines (Act. 4,32), la même prédication, enseignement, tradition comme si l’Église ne possédait qu'une seule bouche. Les langues sont différentes selon les régions, mais la force de la tradition est unique et la même. Ainsi la lumière de la vraie prédication resplendit partout et éclaire tous les hommes qui veulent venir à la connaissance de la vérité (Adv. haer., I 10, 2).

La Reine des apôtres se montre ce matin également la Reine de leur martyre. Qu'elle nous protège tous qui devons mettre nos pas dans les leurs, chacun dans son état. La Mère de Dieu au moment du Fiat de l'annonciation se révèle Mère de l'Église avec son Fiat du pied de la croix qui préparait les splendeurs de la vie pascale, amen."

Posté le 29 juin 2015 à 13h59 par Michel Janva | Lien permanent

28 juin 2015

L'anthropocentrisme

Benoît-et-moi a traduit un entretien de Mgr Athanasius Schneider au blog italien La Fede Quotidiana. Extrait :

"En théologie, l'anthropocentrisme semble avancer au détriment du christocentrisme. Qu'est-ce que cela va impliquer dans l'avenir prochain de l'Église?

L'anthropocentrisme comporte en fin de compte:
> le tarissement et la perte de la foi surnaturelle
> l'élimination de la grâce Divine et des moyens de la grâce
> l'élimination du sens surnaturel des sacrements, leur donnant une signification purement sociologique
> l'élimination de la prière personnelle et des œuvres concrètes de pénitence et d'ascèse
> l'élimination, au cours du temps, de l'adoration de Dieu, c'est à dire de la Très Sainte Trinité et favorise l'adoration de l'homme et de la terre (du climat, de l'océan, etc.) 
>la déclaration pratique et aussi théorique que cette terre est le jardin du paradis, c'est à dire le paradis sur terre (théorie des Communistes)
>l'apostasie.

L'anthropocentrisme impliquera une lâcheté effrayante face au monde et la collaboration des fidèles et des clercs avec les idéologies anti-chrétiennes. Se réaliseront alors ces paroles de notre Divin Maître et de l'Apôtre Saint Paul: "Quand les hommes diront: 'Paix et sûreté!', c'est alors qu'une ruine soudaine fondra sur eux" (1 Tess. 5,3). "Séparés de moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn, 15,5) et "Quand le Fils de l'Homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre?" (Luc, 18,8)."

Posté le 28 juin 2015 à 19h51 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2015

Les époux Martin, parents de Ste Thérèse, canonisés le 18 octobre

Le Pape François a annoncé, lors d’un consistoire ce samedi matin, la canonisation prochaine de Louis et Zélie Martin. Les parents de sainte Thérèse de Lisieux seront canonisés le dimanche 18 octobre, par le Pape François, à Rome, durant le  Synode sur la famille.

Ils ne sont pas saints pour avoir mis au monde une sainte, mais pour avoir cherché à répondre à l’amour de Dieu en tant que couple. Les parents Martin étaient des saints dans l’humble réalité quotidienne de leur vie. La foi, chez eux, s’enracinait dans la prière en famille, l’Eucharistie quotidienne, l’amour de Dieu et des hommes, la fidélité à l’Eglise.  

De 1860 à 1873, neuf enfants naîtront au foyer des Martin, dont quatre mourront en bas âge. Zélie éprouvera joies et souffrances au rythme de ces naissances et de ces décès : Ainsi on peut lire dans sa correspondance : « J’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir... ». Puis, après la naissance de Thérèse, sa dernière fille ; « J’ai déjà beaucoup souffert dans ma vie ». L’éducation de ses filles mobilise toute l’énergie de son cœur. La confiance était l’âme de cette éducation. Pour ses enfants, elle souhaite le meilleur... devenir des saints ! Cela ne l’empêche pas d’organiser des fêtes, des jeux... on s’amuse dans cette famille ! Quelques  lettres nous révèlent Louis comme un père attentif à chacune de ses filles et prêt à consentir à leur projet de vie religieuse. On voit qu'il noue avec ses filles une relation de dialogue et d'écoute attentive, où il respecte leurs choix. Pour ses filles, il acceptera de quitter Alençon, ville qu'il affectionnait particulièrement et où étaient ses meilleurs amis. 

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Posté le 27 juin 2015 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent

26 juin 2015

L'Eglise garantit le secret absolu

Suite au scandale de la NSA, le diocèse de Bayonne a trouvé une source d'inspiration pour sa communication :

Cap

Posté le 26 juin 2015 à 09h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)

25 juin 2015

L'Eglise ne reconnaît pas Medjugorje [Addendum]

Lu sur Le Suisse romain :

"L'unique concession est pour Medjugorje, reconnue comme lieu de prière, parce que Dieu sait récolter même là où Il n'a pas semé", a expliqué le Cardinal Gerhard Ludwig Müller, Préfet de la CDF, au cours de la Session plénière de la Congrégation qui s'est réunie hier pour s'exprimer sur l'authenticité des apparitions présumées de la Vierge aux six "voyants" de cette petite localité de Bosnie-Herzégovine, lesquels affirment recevoir depuis 34 ans les messages de la "Gospa". Pour le reste, le jugement de l'ex-Saint-Office est absolument négatif, sur la base de la relation finale de la "Commission Ruini" constituée par Benoît XVI pour faire la lumière sur ces phénomènes.

Medjugorje: aucun élément surnaturel

Pour la CDF, les "apparitions" ne témoignent d'aucun caractère surnaturel : il est par conséquent interdit aux fidèles de participer aux "extases" des six "voyants", et interdit à ces derniers de diffuser les textes des messages reçus de la Vierge.

A la paroisse Saint-Jacques de Medjugorje est infligé un autre NON : elle ne deviendra pas sanctuaire marial, comme le voulaient les "voyants". Cela va même plus loin : il est interdit aux Évêques d'accueillir dans leurs diocèses les "voyants" pour des rencontres ou témoignages publics comme cela s'est fait jusqu'ici. Il est juste permis d'assurer aux pèlerins qui iraient à Medjugorje l'assistance d'un prêtre.

Medjugorje: des voyants isolés

Les pèlerins eux-mêmes ne devront pas non plus reconnaître par leur présence l'authenticité des apparitions ; ils devront aussi éviter tout contact avec les "voyants", se concentrant seulement sur la prière et la fréquentation des sacrements.

Pourquoi une telle sévérité du Vatican ? Avant tout, à cause de l'incohérence théologique des messages ; mais aussi à cause de l'intéressement économique des "voyants", lesquels ont investi dans des hôtels et des agences de voyages. Autres raisons : les rivalités qui ont émergé entre eux, la désobéissance montrée tant envers l'évêque de Mostar qu'envers le Pape. Ce dernier en effet leur avait ordonné à travers la Commission Ruini de consigner par écrit les dix secrets qu'ils auraient reçus de la Gospa. 

Medjugorje: l'argent est un point essentiel

L'argent est l'un des points essentiels qui ont poussé le Vatican à user d'une poigne de fer : on n'a jamais vu de vrais voyants qui se seraient enrichis sur leurs propres apparitions. On peut donc exprimer un doute, puisque les six "voyants" de Medjugorje affirment qu'ils voient la Vierge et parlent avec elle : le font-ils parce qu'il y a quelque chose de vrai dans les apparitions, ou bien simplement pour attirer le plus grand nombre de pèlerins à voyager par leurs agences et à loger dans leurs hôtels ?

La Congrégation de la foi ne reconnaît pas Medjugorje: le Pape publiera un décret

Laissons le dernier mot au Pape François, qui publiera bientôt un décret sur cette affaire : il est cependant difficile de croire que le Pape puisse modifier les conclusions de la CDF.  En effet, lui-même a déjà manifesté à plusieurs reprises, plus ou moins ouvertement, son propre scepticisme sur le bien qui se passe à Medjugorje. On va donc probablement vers une "fumée noire" qui fera du bruit."

Addendum : Selon Andrea Tornielli, aucune décision n'a été prise sur les apparitions de Medjugorje. Les organismes de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne se sont pas encore réunis pour examiner le dossier. Il ne faut pas attendre d'avis avant l'automne.

Add 2 : Le Suisse romain maintient son information :

"Pour l'article sur Medjogorje, la tempête que cela soulève ne m'étonne nullement. Je la prévoyais. Je sais aussi que le plus grand soutien apporté à Medjugorje provient de l'Italie. C'est là que la controverse va se développer encore plus.

C'est un fait: l'argent, qui est un des problèmes avec Medjugorje, donne aussi cette capacité de communication.

Je n'ai pas mis cette info par hasard. Elle se base sur une source connue, validée, reprise et partagée par un Cardinal de renom. J'ai recoupé les infos. J'ai aucun intérêt financier et suis donc libre de vouloir chercher la vérité que l'Eglise propose."

Radio Notre-Dame reprend également l'information.

Posté le 25 juin 2015 à 22h06 par Michel Janva | Lien permanent

23 juin 2015

Parce que certains y avaient cru ?

Capture d'écran du Figaro :

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Sur l’accès à l’Eucharistie pour les personnes divorcées et remariées civilement, l’Instrumentum annonce un consensus sur la piste « d’un chemin pénitentiel » suivi sous l’autorité d’un évêque et qui serait basé

  • sur une reconnaissance de la nullité du mariage
  • et la décision de vivre dans la continence.

Deux conditions déjà en vigueur et largement évoquées dans un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, signé en 1994 par... le cardinal Ratzinger. Nihil novi sub sole.

Posté le 23 juin 2015 à 17h00 par Michel Janva | Lien permanent

18 juin 2015

Une encyclique de nature pastorale et spirituelle

Ce matin, le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, Président du Conseil pontifical Iustitia et Pax a illustré la nouvelle encyclique Laudato Si' que le Pape François consacre à la protection de la création et l'écologie intégrale. Il était accompagné des présentateurs du document, le Métropolite Ioannis de Pergame (du Patriarcat œcuménique), qui a parlé de la théologie et de la spiritualité de l'encyclique, M. Hans Joachim Schellnhuber (Institut de Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique), qui a traité de la place des sciences naturelles dans l'encyclique, de Mme. Carolyn Y.Woo (Catholic Relief Services), qui a abordé les volets de l'économie, de la finance et du commerce face à la question écologique, et Mme. Valeria Martano (chercheur et enseignant), témoin depuis 20 ans de la dégradation sociale et environnementale de la périphérie romaine.

D'emblée l'encyclique entend établir un dialogue avec tous, que ce soit avec des personnes avec des organisations et institutions qui partagent la même préoccupation que le Pape, abordée sous différents points de vue. ''Ce type de dialogue", a indiqué le Cardinal Turkson,

"fait partie de la méthode de la rédaction utilisée par le Saint-Père pour rédiger l'encyclique. Il s'est appuyé sur un large éventail de contributions: La plupart des conférences épiscopales des divers continents...ainsi que d'autres contributions qui ne sont pas citées dans le document qu'elles ont aidé à composer".

L'encyclique tire son nom de l'invocation de saint François dans le Cantique des Créatures: Loué soit mon Seigneur, une prière contemplative qui nous invite à nous inspirer du Poverello pour promouvoir une écologie intégrale, vécue avec joie et authenticité... Dans sa relation avec l'environnement, l'humanité fait face à des défis majeurs qui requièrent également des politiques appropriées, déjà au programme des instances internationales. Certainement 'Laudato Si' peut et doit avoir un impact sur ces processus. Un examen rapide de son contenu montre qu'elle est avant tout de nature pastorale et spirituelle, la portée, l'ampleur et la profondeur de la question ne pouvant être réduites à la sphère de la politique environnementale''.

Le Métropolite Ioannis Zizioulas a rappelé qu'en 1989 le Patriarche œcuménique Démétrios avait publié une encyclique pour alerter les les chrétiens et les personnes de bonne volonté sur la gravité de la question écologique, mais aussi montrer ses implications théologiques et spirituelles, invitant à consacrer chaque 1 septembre à prier pour l'environnement. Cette date, qui est selon le calendrier orthodoxe le premier jour de l'année ecclésiastique pourrait devenir un temps de prière pour tous les chrétiens et marquer ainsi une nouvelle étape dans le rapprochement entre tous les baptisés:

''Je pense que le sens de l'encyclique Laudato Si' ne se limite pas à la question de l'écologie en tant que tel. Elle revêt une dimension œcuménique importante qui encourage tous les chrétiens divisés à accomplir une tâche commune. Nous vivons une époque de problèmes existentiels profonds qui dépassent nos divisions traditionnelles... Il suffit de voir ce qui se passe au Moyen-Orient: Ceux qui persécutent les chrétiens ne leur demandent pas à la confession ils appartiennent! Ici l'unité des chrétiens se construit par la persécution et le sang. C'est un œcuménisme du martyre... D'une manière similaire, la menace de la crise écologique doit aider à dépasser nos clivages traditionnels. Le danger qui guette notre maison commune, la planète sur laquelle nous vivons, est décrite dans l'encyclique d'une manière qui ne laisse aucun doute sur le danger existentiel auquel nous sommes tous confrontés. Ce danger commun est indépendamment de notre Eglise ou de nos identités religieuses. Il implique un effort commun pour éviter les conséquences catastrophiques de la situation actuelle. L'encyclique du Pape François est un appel à l'unité, à l'unité dans la prière pour l'environnement, dans la diffusion de l'Evangile de la création, dans la conversion de nos cœurs et la correction de nos modes de vie, nécessaires pour respecter et aimer tout le monde et tout ce que Dieu nous a donné.''

Le Professeur Schellnhuber a souligné que sous l'angle de la technologie et de l'énergie propre il est possible d'atteindre un résultat positif pour tous car, en fait, elles sont disponibles en abondance. Tout ce que nous avons à faire est de développer les moyens de produire l'énergie correctement et de gérer de façon responsable notre consommation. Depuis des décennies on travaille au le développement d'un réacteur de fusion incroyablement coûteux alors que nous avons la chance d'en avoir un qui fonctionne parfaitement et qui est gratuit, le soleil ! Le photovoltaïque, l'énergie éolienne et la biomasse dépendent également de la lumière solaire. Ces nouvelles technologies pourraient ouvrir un potentiel dans les pays pauvres où il n'y a pas de réseaux pour distribuer l'électricité provenant de centrales éloignées pour constituer un système viable. Tout comme il a augmenté l'utilisation des téléphones mobiles sans l'établissement préalable de lignes fixes, les pays en développement pourraient se passer des combustibles fossiles et entrer dans l'ère de la production décentralisée et directe d'énergie renouvelable... La gestion de notre planète ne peut devenir une tragédie collective. Au contraire, elle doit devenir l'histoire d'une grande transformation, qui permettra de faire levier pour surmonter les profondes inégalités du monde actuel. Certaines inégalités découlent du hasard géologique, de la répartition régionale des combustibles fossiles contrôlés par quelques-uns. Aujourd'hui la voie est enfin libre pour un avenir universel juste.''

Mme. Woo a expliqué que l'investissement dans la durabilité constitue une autre chance de progrès.

"De nombreuses études fournissent des estimations de coûts astronomiques associés aux catastrophes naturelles, présentes comme à venir, telles que la hausse du niveau des océans, la sécheresse, les inondations et les tempêtes qui ravagent la production agricole ou provoquent la perte de productivité, favorisent aussi l'augmentation des épidémies et des maladies dues à la chaleur et à la pollution... Par ailleurs les entreprises peuvent jouer un rôle important en aidant les clients à devenir des consommateurs responsables. Conception et production des biens consommables devront faire en sorte de limiter les déchets et d'utiliser les énergies renouvelables, le recyclage, la récupération et la réutilisation afin de fournir de nouvelles opportunités pour les entreprises et les clients responsables... L'encyclique affirme le rôle important que doit jouer le commerce, mais le Pape avertit..le besoin de partenariat entre les secteurs public et privé, un dialogue politique et économique qui soit favorable à l'épanouissement humain. Puisque le public et le privé ont le même objectif, et qu'ils sont intégrés dans le même réseau interconnecté de la vie, ils doivent travailler ensemble en harmonie. Cela signifie pour les entreprises être plus respectueuses des normes et de la réglementation, en particulier dans le secteur financier. Cela signifie également que les entreprises doivent s'aligner avec les nouveaux objectifs de développement durable et la nécessité d'agir pour lutter contre le changement climatique. Après tout, le commerce est une entreprise humaine et devrait viser à un authentique développement et au bien commun de l'homme.''

Mme Martano a évoqué l'écologie urbaine, menacée par la pollution, la carence de services ou par l'individualisme général. Elle est un défi pour les chrétiens car dans les banlieues où on vit mal grandissent la colère et le sentiment d'exclusion. Beaucoup se voient privés du droit au logement et on assiste souvent à la destruction de bidonvilles sans que soit proposée une alternative. Les personnes âgées sont expulsés du cadre sociale vers des établissements périphériques.... "

La violence grandit dans certains quartiers alors qu'on peut aider mieux à vivre si les gens renoncent à l'individualisme et à la démission. A Rome pendant des années, avec la Communauté de Sant'Egidio, nous avons travaillé à la suppression d'espaces pollués... Nous nous sommes basés sur les plus faibles, enfants, personnes âgées, handicapés, afin de reconstruire un tissu humain. Autour de ces personnes on peut rénover l'image de la banlieue, trouver une énergie renouvelée et faire de l'écologie humaine. L'encyclique nous invite à pratiquer le bien commun en faveur de la ville et de l'environnement qui sont notre maison commune. Nous vivons souvent des parcours humains fragmentés et contradictoires parce que chacun essaie de se débrouiller tout seul. Chacun poursuit son propre intérêt, alors qu'il y existe un salut communautaire fondé sur l'inclusion des gens et l'écologie intégrale.''

Posté le 18 juin 2015 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

«La bataille finale entre le Seigneur et le règne de Satan portera sur le mariage et la famille »

C'est ce qu'avait déclaré soeur Lucie, la voyante de Fatima, au cardinal Caffara.

Posté le 18 juin 2015 à 16h39 par Michel Janva | Lien permanent

17 juin 2015

Canonisation des parents de Ste Thérèse de Lisieux

Samedi 27 juin, le Pape présidera un consistoire ordinaire public pour la canonisation des bienheureux français Louis Martin (1823 - 1894) et Zélie Guérin (1831 - 1877), parents de sainte Thérèse de Lisieux.

Posté le 17 juin 2015 à 21h43 par Michel Janva | Lien permanent

Ouverture au Cambodge du procès en béatification de 35 martyrs morts sous Pol Pot

Lu ici :

"Alors que le pape François vient de signer le décret ouvrant la voie à la béatification de 17 martyrs de l’Eglise du Laos, les responsables de l’Eglise catholique au Cambodge lancent le processus qui devrait aboutir à la béatification de 35 martyrs, exécutés ou morts de faim et d’épuisement sous le régime de Pol Pot et des Khmers rouges, au pouvoir entre 1975 et 1979. Si la démarche aboutit, ce sera une première pour le Cambodge, pays qui, à ce jour, ne compte pas de bienheureux et de saints reconnus par l’Eglise.[...]

Dans une société à 95 % bouddhiste, la petite communauté catholique (autour de 22 000 fidèles) poursuit son chemin de renaissance après avoir été presque totalement anéantie par les persécutions des Khmers rouges et la guerre civile jusqu’en 1990."

Posté le 17 juin 2015 à 16h02 par Marie Bethanie | Lien permanent

Un nouveau postulateur pour l'impératrice Zita

Communiqué des Amis de l'Impératrice Zita :

"Ouvert en 2009 dans le diocèse du Mans, le procès de béatification de l’Impératrice Zita d’Autriche (1892-1989) se poursuit avec un nouveau postulateur, l’abbé Alexander Leonhardt, prêtre du diocèse de Strasbourg et chapelain magistral de l’Ordre de Malte. Celui-ci a été nommé par l’acteur de la cause, l’Association pour la Béatification de l’Impératrice Zita, qui est présidée par Jean Sévillia et conseillée par le TRP Dom Philippe Dupont, Père Abbé de Solesmes et l’Archiduc Rudolf d’Autriche, petit-fils de l’Impératrice Zita. Le 6 mars 2015, l’abbé Leonhardt a prêté serment devant Mgr Yves le Saux, évêque du Mans et président du tribunal de la cause. L’Association pour la Béatification de l’Impératrice Zita vient de mettre en ligne son nouveau site : www.associationimperatricezita.com"

Posté le 17 juin 2015 à 11h00 par Michel Janva | Lien permanent

15 juin 2015

L'offertoire du Missel de 1962 dans la forme ordinaire ?

C'est la proposition du cardinal Sarah, Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, et ce n'est pas la seule... :

"Contrairement à ce qui a parfois été avancé, il est entièrement compatible avec la Constitution conciliaire, il est même opportun que, durant le rite de pénitence, le chant du Gloria, les oraisons et la prière eucharistique, tous, prêtre et fidèles, se tournent ensemble vers l'Orient, pour exprimer leur volonté de participer à l'oeuvre de culte et de rédemption accomplie par le Christ. Cette façon de faire pourrait opportunément être mise en acte dans les cathédrales, où la vie liturgique doit être exemplaire».

«Il serait également souhaitable que s'insère en annexe dans une prochaine édition du Missel [ordinaire] le rite de la pénitence et l'offertoire de l'usus antiquiorafin de souligner que les deux formes liturgiques s'éclairent mutuellement, en continuité et sans opposition».

Source : Benoît-et-moi

Posté le 15 juin 2015 à 20h37 par Michel Janva | Lien permanent

"Ce qui se passe aujourd’hui, surtout en Occident, est une œuvre du démon"

Interrogé par Famille chrétienne, le cardinal Sarah ne mâche pas ses mots :

"[...] Qu’on nous écoute ou qu’on ne nous écoute pas, nous parlerons et on entendra notre parole. Nous nous exprimerons avec respect, délicatesse, mais aussi avec force, en nous appuyant uniquement sur Dieu, notre force. [...]

Ce qui se passe aujourd’hui, surtout en Occident, est une œuvre du démon. Le plus grave est de vouloir imposer ces dérives aux autres continents et cultures. On nous parle des droits de l’homme, mais n’avons-nous pas des droits nous aussi, à ne pas nous voir imposer toutes ces perversions ?

Le règne de l’Antéchrist semble plus fort que jamais…

L’Église ne doit pas avoir peur ! Le Christ a dit : « N’ayez pas peur ! » Jean-Paul II l’a redit. L’Église ne doit pas avoir peur de dire l’Évangile et sa foi en Dieu, qu’elle soit écoutée ou non. C’est sa mission. Celle reçue du Christ Lui-même !

C’est le seul vrai pouvoir qu’elle ait : le pouvoir de la parole ?

Une parole qui sauve l’humanité. Si vous parlez avec clarté et fermeté pour révéler Dieu et sa Parole de Vérité, on vous dit : c’est un fondamentaliste, c’est un intolérant. Mais ce n’est pas vrai ! Est-ce que vous êtes intolérant quand vous dites à votre enfant : mentir ou tricher ce n’est pas bien ! Si vous laissez faire, vous êtes coupable. Et l’Église peut aussi être coupable de se taire. Les chrétiens persécutés, même si on les tue, ne se taisent pas. Leur voix est plus limpide, plus forte et plus glorieuse que la haine, la violence, la confusion mentale de leurs persécuteurs. Si on a peur d’être maltraité, il suffit de regarder ceux qui, autour de nous, meurent pour Jésus, et nous retrouvons courage et force. Leur sang réveille notre foi endormie ou anesthésiée par la mondanité. Il faut aujourd’hui plus de courage à l’Église, aux chrétiens, aux évêques."

Posté le 15 juin 2015 à 13h51 par Michel Janva | Lien permanent

Synode : les évêques d'Afrique se réunissent et critiquent le poids des Allemands

5 cardinaux et 45 évêques d’Afrique ont tenu une réunion à Accra, la capitale du Ghana, du 8 au 11 juin, au grand jour et non pas de manière presque secrète comme celle de certains de leurs collègues allemands, français et suisses... Objectif : préparer la prochaine session du synode consacré à la famille. La feuille de route a été donnée par le cardinal guinéen Robert Sarah, préfet de la congrégation pour le culte divin, dès les premières phrases qu’il a prononcées :

  • "ne pas avoir peur de réaffirmer l'enseignement du Christ à propos du mariage" ;
  • "au synode, parler de manière claire et d’une seule voix, avec un amour filial envers l’Église" ;
  • "protéger la famille contre toutes les idéologies qui tendent à la détruire et, par conséquent, également contre les politiques nationales et internationales qui empêchent de promouvoir ses valeurs positives".

Cette feuille de route (lire ici) a recueilli un consensus complet. En plus de Sarah, les autres cardinaux africains présents étaient le Camerounais Christian Tumi, le Kenyan John Njue, le Tanzanien Polycarp Pengo et l’Éthiopien Berhaneyesus D. Souraphiel, qui a été créé cardinal par le pape François lors du dernier consistoire.

L’un des schémas était intitulé "Les attentes du synode". Le professeur Adé s’est penché sur ce qu’il a appelé "la stratégie de l’Ennemi du genre humain". Cette "stratégie" - étant donné que ses objectifs les plus avancés, c’est-à-dire la bénédiction des remariages de divorcés et celle des couples homosexuels, paraissent impossibles à atteindre - consisterait à ouvrir des brèches avec l’idée de les élargir ultérieurement, tout en affirmant verbalement, bien entendu, que l’on ne veut rien changer à la doctrine. Ces brèches seraient, par exemple, les "cas particuliers" qui ont été évoqués par les novateurs, en sachant pertinemment qu’ils ne resteraient pas du tout des cas isolés. Une autre astuce est celle qui consiste à présenter les changements comme une solution "d'équilibre" entre, d’une part, les impatiences de ceux qui voudraient le divorce et les mariages homosexuels tout de suite et, d’autre part, le rigorisme dépourvu de miséricorde de la discipline de l’Église catholique en ce qui concerne le mariage. Une autre brèche encore serait celle, pratiquée dès à présent en un grand nombre d’endroits, qui consisterait à donner accès à la communion aux divorcés remariés et à tous les couples qui vivent en dehors des liens du mariage, sans même attendre qu’une décision, quelle qu’elle soit, ait été prise en la matière par le synode et par le pape.

Le professeur Adé a mis les participants en garde contre les "chevaux de Troie" qui sont utilisés par les novateurs, comme celui qui consiste à attribuer une valeur toujours positive à toutes les formes de vie commune en dehors du mariage, ou bien celle qui consiste à considérer que l'indissolubilité du mariage est un "idéal" qui ne peut pas être toujours atteint par tout le monde...

Posté le 15 juin 2015 à 13h47 par Michel Janva | Lien permanent

"Aucun d'entre nous a le droit de rompre avec l'enseignement constant de l'Église"

Lors d'une visite en Pologne, le cardinal Gerhard Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, a tenu une conférence à Torun, sur le thème L'Evangile du mariage et de la famille. Jeanne Smits en a traduit un extrait :

« L'herméneutique de la continuité et le développement présenté par le pape Benoît XVI comme un cadre pour le ministère des théologiens dans l'Église est toujours valide. Aucun d'entre nous a le droit de rompre avec l'enseignement constant de l'Église depuis le début, enseignement qui a été rappelé par le premier synode de l'histoire de la famille de l'Église en 1980, et présenté par saint Jean-Paul II, dans l'Exhortation post-synodale Familiaris consortio. »

Soulignant que l'on avait trop tendance à aborder la question du mariage et de la famille du seul point de vue du droit canonique, notamment en ce qui concerne l'accès à la communion, le cardinal Müller a demandé que l'on cesse de se focaliser sur les règles juridiques :

« Le droit canonique est important et nécessaire, mais on en reste à un pur formalisme, privé de profondeur, si l'on ne considère par le mariage à travers le prisme de la théologie spirituelle. » 

L'Eglise est  témoin de toute la vérité – même des vérités impopulaires. L'évangélisation exige de ne pas de brouiller la vérité révélée, pour trouver le “plus petit dénominateur commun”, acceptable par un monde sécularisé. Pour évangéliser, l'Évangile doit pénétrer tous les domaines de la vie personnelle, conjugale et familiale, sociale, culturelle, économique et politique ».

Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi a rappelé que la velléité de « séparer la vie de la doctrine » est une « tentative indigne de manipulation intellectuelle de la théologie » :

« l'ethos du mariage découle de sa vérité ontologique. Cet ethos n'existe pas pour lui-même, dans un monde d'idées platonicien, mais s'applique dans la praxis. L'une des préoccupations pastorales les plus élémentaires de l'Eglise est et reste la préservation de l'unité vitale entre la doctrine et la vie de la foi. Preuve en est cette règle ancienne : Lex orandi, lex credendi. »

Posté le 15 juin 2015 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

14 juin 2015

Connaissez-vous le vénérable Père François Gaschon ?

Il s'agit d'un prêtre français dont nous célébrons cette année le bicentenaire de la mort.

6a00d83451619c69e201b7c79de263970b-250wiUn site Internet de grande qualité lui est consacré, grâce auquel vous en apprendrez plus sur ce modèle de curé dans les temps troubles de la Révolution et de l'Empire. Pour vous donner une idée de "l'odeur de sainteté" qui émanait de lui de son vivant, le Saint curé d'Ars disait à un pèlerin du Livradois (pays d'Auvergne où œuvrait notre vénérable): "Quel besoin avez-vous de venir me voir? Vous avez à Ambert le Père Gaschon!"

Sa cause de béatification, dont le Père Bruno Samson, bénédictin de l'Abbaye Notre-Dame de Randol, qui vient de lui consacrer, est postulateur, a besoin d'un miracle authentifié par une enquête.

Il est particulièrement invoqué : pour les enfants, notamment les petits enfants morts sans baptême, pour obtenir la paix et la réconciliation au sein des familles et des communautés, pour la guérison de toutes sortes d'infirmités; pour les vocations sacerdotales et religieuses, enfin dans les affaires immobilières délicates.

Un programme très complet de festivités marque les 200 ans de son rappel à Dieu: pèlerinages, colloque, conférences et veillées, ... Le détail en est fourni sur le site.

Posté le 14 juin 2015 à 11h49 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (2)

12 juin 2015

L'eucharistie n'est pas un rite de socialisation

Le cardinal Ennio Antonelli a été le président du Conseil pontifical pour la famille et c’est lui qui a été chargé de l’organisation des deux Rencontres mondiales des familles qui ont précédé celle qui va avoir lieu prochainement à Philadelphie : celle de Mexico en 2009 et celle de Milan en 2012. Il a été archevêque d’abord de Pérouse et ensuite de Florence, ainsi que, pendant six ans, secrétaire de la conférence des évêques d’Italie. Il fait partie du mouvement des Focolari.

Il participe activement à la discussion qui a lieu actuellement autour du synode et vient de publier un ouvrage. Extraits :

E"[...] Il est vrai que l’eucharistie est nécessaire pour le salut, mais cela ne veut pas dire que seuls ceux qui reçoivent ce sacrement sont effectivement sauvés. Un chrétien non catholique - ou même un croyant d’une autre religion qui n’est pas baptisé - pourrait être plus uni spirituellement à Dieu qu’un catholique pratiquant et, malgré cela, il ne peut pas être admis à la communion eucharistique parce qu’il n’est pas en pleine communion visible avec l’Église.

L’eucharistie est le sommet et la source de la communion spirituelle et visible. La visibilité est également essentielle, dans la mesure où l’Église est le sacrement général du salut et le signe public du Christ sauveur du monde. Cependant les divorcés remariés et les autres personnes qui vivent ensemble dans des conditions irrégulières sont, malheureusement, dans une situation objective et publique d’opposition grave vis-à-vis de l’Évangile et de la doctrine de l’Église.

Dans l’actuel contexte culturel de relativisme, l’eucharistie risque d’être banalisée et réduite à l’état de rite de socialisation. Il est déjà arrivé que des personnes qui n’étaient même pas baptisées se soient approchées de la table de communion, parce qu’elles pensaient faire ainsi un geste de courtoisie, ou que des incroyants aient réclamé le droit de communier à l’occasion d’un mariage ou de funérailles, simplement pour manifester leur solidarité envers leurs amis. [...]

Admettre les divorcés remariés et les concubins à la table de communion implique une séparation entre la miséricorde et la conversion qui ne paraît pas en harmonie avec l’Évangile. Il s’agirait là de l’unique cas de pardon sans conversion. Dieu accorde toujours son pardon ; mais on ne peut le recevoir que si l’on est humble, si l’on reconnaît que l’on a péché et si l’on s’engage à changer de vie. Au contraire le climat de relativisme et de subjectivisme éthico-religieux qui règne actuellement favorise l’autojustification, en particulier dans le domaine affectif et sexuel. On a tendance à minimiser sa propre responsabilité, en attribuant les éventuels échecs aux conditionnements sociaux. D’autre part il est facile d’attribuer la responsabilité de l’échec à l’autre conjoint et de se proclamer innocent.

Toutefois il ne faut pas dissimuler le fait que, si la responsabilité de l’échec peut dans certains cas incomber à un seul des deux conjoints, au moins la responsabilité de la nouvelle union (illégitime) incombe aux deux partenaires et c’est principalement cette union qui, tant qu’elle dure, empêche l’accès à l’eucharistie. La tendance à porter sur la seconde union un regard positif et à considérer que seule la séparation qui l’a précédée est un péché n’a pas de fondement théologique. Il ne suffit pas de faire pénitence uniquement pour cette séparation. Il faut changer de vie.

Habituellement, les gens qui sont favorables à l’accès des divorcés remariés et des concubins à la communion eucharistique affirment que l’indissolubilité du mariage n’est pas mise en discussion. Cependant, au-delà de leurs intentions, étant donnée l’incohérence doctrinale qui existe entre le fait d’admettre ces personnes à l’eucharistie et l’indissolubilité du mariage, on finira par nier, dans la pratique concrète, ce que l’on continuera à affirmer théoriquement comme un principe, ce qui risquera de réduire le mariage indissoluble à un idéal, beau peut-être, mais réalisable uniquement par quelques personnes chanceuses. [...] On peut prévoir que la communion eucharistique des divorcés remariés et des personnes qui vivent en concubinage va, elle aussi, devenir rapidement un fait généralisé. À ce moment-là, parler de l’indissolubilité du mariage n’aura plus beaucoup de sens et la célébration même du sacrement de mariage perdra sa valeur pratique."

Posté le 12 juin 2015 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent

Inauguration d'une église aux Emirats arabes unis

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"50 ans après l’ouverture de l’église Saint Joseph, aujourd’hui la cathédrale Saint-Joseph à Abou Dhabi, une deuxième église a été inaugurée hier, par le cardinal secrétaire d’Etat Pietro Parolin, le vicaire apostolique d’Arabie du Sud Mgr Paul Hinder, et le ministre de la Culture des Emirats le cheikh Nahyan bin Mubarak Al Nahyan. L’église, dédiée à saint Paul, a été consacrée aujourd’hui par le cardinal Parolin en présence de milliers de fidèles (surtout philippins et indiens)."

Posté le 12 juin 2015 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent

Béatification de 17 martyrs du Laos communiste

Lu sur Eglises d'Asie :

"A ce jour, les autorités laotiennes – habituellement discrètes – n’ont pas réagi à l’annonce par Rome de la signature, le 5 juin dernier, par le pape François de la promulgation des décrets relatifs au martyre de 17 prêtres et laïcs laotiens et missionnaires étrangers, tués au Laos entre 1954 et 1970. C’est pourtant la première fois que l’Eglise catholique s’aventure à béatifier des martyrs tués en Asie par des organisations communistes dont les héritiers directs sont toujours au pouvoir. 

Le gouvernement laotien n’est pas pris par surprise. La cause de béatification de ces 17 martyrs a été introduite en 2004, et ce sont les évêques du Laos qui l’ont voulue, convaincus que la béatification de leurs martyrs contribuera à l’édification de l’Eglise dans leur pays. Selon les propres termes des évêques laotiens, l’Eglise du Laos est « encore une jeune plante bien fragile : elle a besoin de trouver des ‘tuteurs’, des appuis surnaturels solides » pour mener son parcours dans un environnement trop souvent hostile. [...]

Dans le cas des 17 martyrs du Laos, les dossiers le montrent : le P. Joseph Thao Tiên et seize autres prêtres et laïcs assassinés, exécutés ou morts d’épuisement entre 1954 et 1970, ont trouvé la mort dans un contexte politique particulièrement complexe, celui de la décolonisation, des guerres de libération nationale et de la guerre froide.

[...] Quarante-cinq ans après la mort des deux catéchistes tués en 1970 qui clôturent la liste de ces dix-sept martyrs, le Pathet Lao, qui a pris le pouvoir en 1975 après avoir défait les forces royalistes, est toujours aux commandes de la République populaire démocratique lao. Dans ce pays culturellement bouddhiste, les chrétiens ne représentent qu’une petite minorité et les catholiques sont au nombre de 50 à 60 000. Les évêques des quatre vicariats apostoliques de l’Eglise locale (Luang Prabang, Paksé, Savannakhet, Vientiane) ont appris à rester discrets afin de préserver l’espace de liberté concédé par le pouvoir en place.

Pour la béatification de ces 17 martyrs, qui pourrait avoir lieu en mai ou juin 2016, les évêques laotiens tiennent cependant fermement à ce que la cérémonie soit organisée au Laos. Le lieu reste à déterminer mais, selon nos informations, les évêques assument les risques qu’un tel événement représente. [...]"

Posté le 12 juin 2015 à 07h33 par Michel Janva | Lien permanent

11 juin 2015

Jésus ne se laisse pas enfermer dans la casuistique des pharisiens qui cherchent à transiger avec la loi

Le philosophe Thibaud Collin répond dans Famille chrétienne à la tribune du père Garrigues sur les divorcés remariés. Extrait :

"[...] le Père Garrigues, après des analyses fort pertinentes sur la nécessaire gradualité dans l’accompagnement pastoral, conclut en faisant des propositions, elles, directement opposées à l’enseignement de l’Église. D’où l’étonnement d’un grand nombre de lecteurs : comment un théologien de sa stature peut-il, dans le même texte, réclamer le respect dû à la doctrine de saint Jean-Paul II et de Benoît XVI sur le mariage et les contredire frontalement ? Quelle peut être la source d’une telle incohérence ? Tel est le problème dont la solution se trouve, nous le constaterons, dans l’entretien lui-même.

Le Père Garrigues est conduit par le Père Spadaro à considérer deux cas dans lesquels l’interdiction pour des divorcés remariés de communier pourrait connaître des exceptions. [...]

La solution préconisée par le Père Garrigues consiste à privilégier le for interne, en contournant le jugement rendu par le tribunal ecclésiastique, au for externe donc. Cette « solution » est bien connue puisqu’elle correspond à ce que certains évêques allemands, dont le cardinal Kasper, avaient déjà imaginé en 1993. Le cardinal Ratzinger leur avait alors répondu : « L’Exhortation Familiaris consortio, quand elle invite les pasteurs à bien distinguer les diverses situations des divorcés remariés, rappelle aussi le cas de ceux qui sont subjectivement certains, en conscience, que le mariage précédent, irréparablement détruit, n’a jamais été valide (§84). Il faut certainement discerner à travers la voie du for externe, établie par l’Église, s’il y a objectivement une telle nullité du mariage. La discipline de l’Église, tout en confirmant la compétence exclusive des tribunaux ecclésiastiques dans l’examen de la validité du mariage de catholiques, offre à présent de nouvelles voies pour démontrer la nullité de l’union précédente, afin d’exclure le plus possible toute discordance entre la vérité vérifiable dans le procès et la vérité objective connue par la conscience droite (les canons 1536 §2 et 1679 du Code de Droit canonique sur la force de preuve qu’ont les déclarations des parties dans de tels procès). S’en tenir au jugement de l’Eglise et observer la discipline en vigueur sur le caractère obligatoire de la forme canonique comme nécessaire pour la validité des mariages des catholiques, est ce qui sert vraiment le bien spirituel des fidèles intéressés. »

[...] Se manifeste dans cette « solution » une conception spiritualisante, pour ne pas dire éthérée, du mode de médiation de l’Église qui en ces temps de subjectivisme aigu ruinerait de proche en proche les ordres objectifs de la morale, du droit et même de la sacramentalité. Par ailleurs, la solution au for interne nie le caractère intrinsèquement public du mariage, souligné dans la Lettre du cardinal Ratzinger. [...]

D’où vient une telle erreur de lecture et de raisonnement ? 

C’est qu’il lit saint Thomas et la doctrine de saint Jean-Paul II avec un schème légaliste considérant la loi comme un idéal que l’homme ne peut qu’exceptionnellement atteindre. La pastorale devient ainsi une entreprise de casuistique pour proportionner la norme à la situation du fidèle en chemin. Cela ressemble plus à du Xavier Thévenot qu’à du saint Thomas et du saint Jean-Paul II. De là, sa stigmatisation d’une « Église des purs » qu’il présente comme un club de psychorigides et de pharisiens intransigeants. Il aborde donc la question de manière psychologique, là où on attendrait de la part d’un professeur de dogmatique un peu plus de rigueur intellectuelle dans la distinction des niveaux.

Les nombreuses incohérences du propos ont donc pour racine une erreur de méthode. Comme le dit le cardinal Caffarra, Jésus ne se laisse pas enfermer dans la casuistique des pharisiens légalistes qui cherchent à transiger avec la loi de Dieu. Il leur répond en les tournant vers le Principe, vers la vérité du mariage : « Je voudrais préciser que cette expression ne désigne pas une règle idéale du mariage. Elle indique ce que Dieu, par son acte créateur, a inscrit dans la personne de l’homme et de la femme. Le Christ dit qu’avant de considérer les cas, il faut savoir de quoi nous parlons. Il ne s’agit pas d’une règle qui admet ou pas des exceptions, d’un idéal auquel nous devons tendre. Nous parlons de ce que sont le mariage et la famille. »  La doctrine morale de l’Église n’est donc pas à mettre en tension avec l’accompagnement pastoral de cas singuliers qu’elle n’aurait pas envisagés en raison de son universalité désincarnée. Comme l’ajoute le cardinal Caffarra : « L’essence des propositions normatives de la morale et du droit se trouve dans la vérité du bien qui, par essence, est objectivée. Si on ne se met pas dans cette perspective, on tombe dans la casuistique des Pharisiens. Et on n’en sort plus, parce qu’on arrive dans une impasse au bout de laquelle on est forcé de choisir entre la règle morale et la personne. Si on sauve l’une, on ne sauve pas l’autre. La question du berger est donc la suivante : comment puis-je guider les conjoints à vivre leur amour conjugal dans la vérité ? Le problème n’est pas de vérifier si les conjoints se trouvent dans une situation qui les exempte d’une règle, mais quel est le bien du rapport conjugal. Quelle est sa vérité intime. »

Vue dans cette lumière la discipline sacramentelle n’est pas une règle extérieure qu’il s’agirait de contourner habilement ou d’imposer de manière impitoyable ; elle est la gardienne du vrai bien que tous sont appelés à réaliser dans leur vie quelle que soit leur situation de péché. La vérité du bien à réaliser est le fondement d’une juste intelligence de la gradualité et d’une pastorale ordonnée à la réception de la miséricorde. C’est ce qu’incarne excellemment la proposition du père Thomas Michelet de redécouvrir l’ancienne pratique de l’ordre des pénitents. Le Père Garrigues pour éviter l’attitude de « l’esprit dur et du cœur sec » tombe ainsi, bien qu’il la rejette en paroles, dans l’attitude inverse du « cœur tendre et de l’esprit mou ». Il confond gravement la loi de gradualité avec la gradualité de la loi qui supprime les actes intrinsèquement mauvais et ouvre ainsi au subjectivisme moral et à la permissivité sacramentelle. Pour garder « un cœur tendre et un esprit dur » et pour sortir de cette dialectique stérilisante, il est urgent d’enfin méditer et mettre en pratique l’immense apport magistériel de saint Jean-Paul II sur le mariage et la famille. Aucune pastorale des divorcés remariés ne pourra faire l’économie des fondements anthropologiques et éthiques du sacrement de mariage tels qu’il les a explicités."

Posté le 11 juin 2015 à 14h17 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2015

Le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir

Jeanne Smits a interrogé Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana au Kazakhstan. En voici un court extrait :

"[...] Saint Paul a dit que nous devons transmettre la vérité dans la charité. Dans l’amour. Lorsque je parle à une personne avec révérence et compréhension, que je l’estime, même un pécheur, alors elle sera plus ouverte aux arguments que je pourrai donner. Ce n’est qu’une méthode, et c’est un premier point. Deuxième point : nous devons lui dire la vérité intégrale, toute la vérité, telle qu’elle est. Quand vous enseignez les mathématiques, vous en enseignerez les règles : vous ne pouvez choisir de ne pas observer telle règle, sous peine de ne rien pouvoir calculer. L’être humain et son âme sont plus importants que les problèmes temporels. Il faut donc dire toute la vérité. « Maintenant vous pouvez choisir, vous êtes libre, je ne vous oblige pas, mais voici la vérité. Quand vous le voudrez, je pourrai vous aider. » Nous devons donc faire des catéchèses, des homélies, des déclarations très claires sur la règle objective et la loi de la sexualité, et aussi inviter ces personnes à utiliser le moyen donné par Dieu : la prière. Si vous n’avez pas la force d’observer ces commandements, priez, Dieu vous les donnera. Allez à l’église, priez, et demandez la grâce de la conversion.

Le cardinal Kasper dirait que l’Eucharistie est justement une aide pour les pécheurs, une nourriture qui aiderait ces personnes…

Cela est faux et mensonger. Ces personnes sont malades : malades dans leurs âmes. A un diabétique, je ne peux donner de sucre : je le tuerais. Alors même que le sucre est bon pour les personnes en bonne santé. Ce diabétique aime le sucre, il en a mangé toute sa vie. Je lui refuse le sucre et il m’accuse d’être cruel à son égard, et demande que je lui en redonne. Je lui répondrai « non, je ne vous en donnerai pas parce que vous êtes diabétique, je vous tuerais ». Le cardinal Kasper ment aux âmes de ces personnes en leur donnant la communion. C’est un comportement très irresponsable.

Au synode il n’a été question, ni dans le rapport d’étape ni dans le rapport final, de péché mortel, de ciel ou d’enfer.

Cela est très triste. Tout l’Evangile, toutes les lettres des Apôtres, les Pères de l’Eglise parlent clairement des dangers du péché ; ils parlent de la repentance et de la grâce. C’est le langage de Jésus : Il appelait toujours au repentir. Il disait : Recevez la grâce, priez ; Il parlait du Royaume des cieux, Il demandait que l’on regarde vers le Royaume, le surnaturel. Cette omission – à savoir de n’avoir pas parlé du péché mortel au synode – je la tiens pour très grave.

On a beaucoup parlé du fait de changer la pratique pastorale et non sa doctrine. Est-il possible de faire cela et jusqu’à quel point ? Et le fait de changer la pratique ne change-t-il pas la doctrine, au moins dans l’esprit des fidèles ?

Oui. C’est, tout simplement, un mensonge. C’est une contradiction qui va contre le bon sens et la raison. Comment puis-je dire que nous respectons l’indissolubilité du mariage et en même temps donner à ceux qui contredisent cette vérité par leur vie au sein d’unions de divorcés la plus officielle des reconnaissances dont l’Eglise dispose, qui est la sainte communion ? La communion est par nature une expression du fait que celui qui la reçoit est en pleine communion avec Dieu, avec ses Commandements et avec l’Eglise. Donc c’est un mensonge : ces personnes ne sont pas en pleine communion avec tous les Commandements de Dieu. C’est une attitude qui est typique de la Gnose. Pour le gnostique, l’important est la pensée, non ce que l’on fait. Cela a toujours été caractéristique de la Gnose, même de la Gnose chrétienne au IIe siècle par exemple. C’est pourquoi cette proposition est gnostique, elle est mensongère, elle contredit la raison.

On ne peut pas dire la même chose du chrétien ordinaire qui pèche mais qui communie ; la question n'est-elle pas de la distinction entre péché mortel et péché véniel ?

La question ici n’est pas celle du péché mortel ou du péché véniel, c’est celle du repentir. Je me repentis de ce que j’ai fait. Dans le cas des divorcés remariés, le cardinal Kasper et ses alliés les dispensent du repentir. Ils continuent dans le péché mortel sans le repentir parce qu’ils ne admettent pas leur actes sexuels – qui sont en effet des actes sexuels hors d’un mariage valide – sont des péchés mortels. [...]"

Posté le 6 juin 2015 à 19h26 par Michel Janva | Lien permanent

05 juin 2015

Communion pour les divorcés remariés : le cardinal Kasper reconnaît qu'il n'a pas l'appui du pape

Un rétropédalage dans un entretien traduit par Jeanne Smits :

"Votre Eminence, je sais que vous avez fait cette proposition et que vous l'avez soumise au corps des évêques, et que vous en avez vraiment fait la publicité en essayant de la présenter à des gens dans le monde entier. Ressentez-vous une quelconque responsabilité par rapport à ce phénomène dont les gens me parlent par lettre, particulièrement des prêtres : des couples divorcés remariés, des couples gays se présentent à la fin de la messe et disent : « Nous voulons la communion, vous devez nous donner la communion. C'est clairement ce que veut le pape. » Ressentez-vous une responsabilité personnelle à cet égard ?  

Eh bien, c'est un malentendu, et d'abord, c'était une question, et j'ai posé cette question pour ouvrir le débat. Ce n'est pas une proposition. Et donc, évidemment, un couple peut venir et désirer la sainte communion. J'ai parlé d'un processus pénitentiel, d'un chemin pénitentiel. Cela demande du temps… 

Mais il y a déjà un processus pénitentiel. Je veux dire, il y a déjà le processus canonique de la nullité, n'est-ce pas ? 

Ouais, le processus de nullité est une chose; je ne suis pas ça. "Un processus de nullité". C'est une chose…

Donc il s'agit ici d'un autre processus ?

Oui, c'est un autre processus, mais si les gens, eh bien s'ils ont une déclaration de nullité, ils peuvent venir à la sainte communion, c'est clair. 

Mais vous comprenez que lorsqu'un homme d'Eglise comme vous, un théologien, une figure qui jouit d'une estime internationale, un responsable de la Curie dit : « Voici ma proposition, et le pape est d'accord avec moi », cela cause quelque… 

Eh bien cela, je ne l'ai pas dit. 

Mais vous avez bien dit, et la citation est celle-ci : « Clairement c'est ce qu'il veut » et le pape a approuvé ma proposition. Ce sont les citations de l'époque… 

Non… Il n'a pas approuvé ma proposition. La pape voulait que je pose la question, et par la suite, de manière générale, devant tous les cardinaux, il a exprimé sa satisfaction par rapport à mes paroles. Mais pas la fin, pas dans le… Je ne dirais pas qu'il a approuvé la proposition, non, non. »

Posté le 5 juin 2015 à 22h47 par Michel Janva | Lien permanent

FSSPX : Mgr Fellay a reçu un mandat romain

Nicolas Senèze, journaliste à La Croix, est un lecteur attentif du Forum catholique. Après y avoir lu ce fil du 3 juin, il a publié un article le 4 juin dans La Croix (repris ici) dont voici un extrait :

"Le supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX), Mgr Bernard Fellay, a affirmé le 10 mai dernier au cours d’une homélie aux États-Unis avoir reçu un mandat de la Congrégation pour la doctrine de la foi afin de juger de délits graves commis par des prêtres de la FSSPX.

[...] « J’ai été nommé par Rome, par la Congrégation de la Foi pour prononcer des jugements, des jugements canoniques d’Église pour certains de nos prêtres qui appartiennent à une fraternité qui, pour eux, n’existe pas », a-t-il souligné, dénonçant « une belle contradiction ». [...]

Le secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, Mgr Guido Pozzo, a confirmé au site Vatican insider la décision de la congrégation, de qui dépend la commission chargée du dialogue avec les intégristes.

« La décision de la Congrégation pour la doctrine de la foi ne signifie pas que les problèmes encore existants ont été résolus, mais il est un signe de bonne volonté et de la magnanimité, a-t-il expliqué. Je ne vois pas de contradiction, mais plutôt une étape vers la réconciliation. » [...]"

Dimanche de la Pentecôte, Mgr Fellay s'est exprimé sur la notion galvaudée de miséricorde divine, appelant à profiter de l'Année sainte qui sera ouverte par le pape.

"En soi, la miséricorde est un mot qui est cher au cœur de tout catholique, car il exprime la manifestation la plus touchante de l’amour de Dieu envers nous. Dans les siècles passés, les apparitions du Sacré-Cœur ne sont pas autre chose qu’une révélation plus intense de cette miséricorde de Dieu envers les hommes. Il faut en dire tout autant de la dévotion au Cœur douloureux et immaculé de Marie. Cependant la vraie miséricorde, qui implique ce premier mouvement extrêmement touchant de Dieu envers le pécheur et sa misère, se continue dans un mouvement de conversion de la créature vers Dieu : « Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive » (Ez. 33, 11). D’où l’insistance des Evangiles sur le devoir de conversion, de renoncement et de pénitence. Notre Seigneur est allé jusqu’à dire : « si vous ne faites pas pénitence, vous mourrez tous »  (Lc 13, 5). Cet appel à la conversion, c’est le fond de l’Evangile, que l’on trouve aussi bien chez saint Jean-Baptiste que chez saint Pierre. Lorsque les pécheurs, touchés par la prédication, demandent ce qu’ils doivent faire, ils n’entendent que cette voix : « convertissez-vous, et faites pénitence ». La sainte Vierge dans les apparitions de ces derniers siècles, à La Salette comme à Lourdes ou Fatima, ne dit pas autre chose : « prière et pénitence ».

Or les nouveaux prédicateurs d’une nouvelle miséricorde insistent tellement sur le premier pas fait par Dieu vers les hommes perdus par le péché, l’ignorance, la misère, qu’ils omettent trop souvent ce deuxième mouvement qui doit venir de la créature : le repentir, la conversion, le rejet du péché. Finalement la nouvelle miséricorde n’est rien d’autre qu’un regard complaisant sur le péché."

Posté le 5 juin 2015 à 07h27 par Michel Janva | Lien permanent

04 juin 2015

Refus de baptême : l'évêque de Liège réagit

Mgr Delville, évêque de Liège, communique suite au refus d'un prêtre de baptiser un bébé :

"La question du refus du baptême s’est posée d’une manière particulière ces jours-ci à Fléron, où officie l’abbé Olivier Windels qui, par ailleurs, est vicaire épiscopal du vicariat «Annoncer l’évangile» dans le diocèse de Liège.

Une famille demandait le baptême pour son enfant, mais affirmait ne pas être croyante. Le prêtre a alors proposé de faire une célébration d’accueil de l’enfant, mais pas le baptême, qui suppose la foi des parents et leur engagement à veiller, avec l’aide de la communauté chrétienne, à l’éveil à la foi de leur enfant.

Ceci a suscité suite à un article paru dans le groupe SudPresse, un vif débat sur les antennes de la radio Vivacité, ce mardi 2 juin à 10h30 dans l’émission «C’est vous qui le dites», animée par Benjamin Maréchal.

J’invite chacun à écouter ce débat, qui donne les arguments dans les différents sens. Cela nous permet de faire le point sur la pratique actuelle et de valoriser une démarche en grand développement, le baptême des enfants en âge de scolarité (7 ans environ), des grands jeunes et des adultes (catéchuménat).

Il vaut mieux en effet, si l’enfant n’est pas soutenu par la foi des parents, qu’il soit baptisé plus tard par exemple, lorsqu’on souhaite faire sa première communion en tout cas dans le cadre d’une démarche personnelle et que l’on bénéficie d’une préparation adaptée et dynamique.

On se souviendra que le baptême est une réponse à l’appel de Dieu et qu’il atteint dès lors sa pleine signification lorsque le choix de répondre «oui» est volontaire et libre, même si parfois différée dans le temps.

J’espère que personne ne se sentira lésé dans cette situation et dans ce débat, mais qu’au contraire, ceci permettra d’évoluer vers plus d’authenticité dans la démarche religieuse."

Pour rappel, le Code de droit canonique de l'Eglise demande :

"Can. 868 - § 1. Pour qu'un enfant soit baptisé licitement, il faut [...] qu'il y ait un espoir fondé que l'enfant sera éduqué dans la religion catholiquesi cet espoir fait totalement défaut, le baptême sera différé, selon les dispositions du droit particulier, et les parents informés du motif."

Posté le 4 juin 2015 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

03 juin 2015

18 et 19 juin : conférences de Didier Rance en Alsace sur les chrétiens d'Orient

Bibi

Posté le 3 juin 2015 à 13h40 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

02 juin 2015

7 juin : procession de la Fête-Dieu à Pont-de-Veyle (01)

Pdv"Dimanche 7 Juin 2015, Solennité de la Fête Dieu.

Venez Adorer Jésus présent au Très Saint Sacrement !

10h00 : depuis la cour de la Cure* de Pont de Veyle (01), départ de la Procession du Très Saint Sacrement (avec les cantiques traditionnels) 

10h30 : Messe solennelle à l'église. Prévoyez vos pétales de roses !

*la Cure se situe face au fleuriste de la rue principale de Pont de Veyle".

Posté le 2 juin 2015 à 22h04 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

01 juin 2015

Même si la foudre peut s'abattre sur l'Eglise...

... celle-ci resterait debout. 

 

Posté le 1 juin 2015 à 23h16 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

Exposition de nus dans une église romane de Saône-et-Loire

L'évêque du lieu a-t-il plus de renseignements que nous en laisse cet article payant?

Posté le 1 juin 2015 à 21h48 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (2)

Ce n'est pas l'Eglise qui fait une fixation sur la sexualité, mais la société

Mgr Stefan Oster, évêque de Passau (Bavière), en Allemagne, a publié un texte afin de répondre sur le fond à ceux qui s’interrogent sur la position de l’Église en matière de sexualité. La Nef l'a traduit. Extrait :

N"L'Église fait-elle une fixation sur la sexualité ? Il est souvent reproché à l'Église, de nos jours, d'être parfois trop centrée sur le thème de la sexualité. Pourtant, il me semble que c'est plutôt le contraire. À quand remonte, en effet, la dernière fois où le « fidèle moyen » a pu entendre un sermon dans lequel le prêtre a eu le courage d'expliquer réellement, véritablement et sans compromis, la morale sexuelle de l'Église, ou encore de faire allégeance à ces principes ? Selon toute vraisemblance, il s'agit bien plutôt, ici, de quelques rares exceptions. N'est-ce donc pas, encore une fois, plutôt le contraire ? N'est-ce pas plutôt la société qui fait une telle fixation sur la libéralisation sexuelle que l'Église, dans sa constance prétendument bornée, devient pour elle une « épine dans le pied », à tel point que la société se voit dans l'obligation d'en parler sans cesse, surtout dans les médias ? Et ce, alors même que la majorité de ceux qui diffusent ces thèmes dans les médias ne s'intéressent plus guère, généralement, aux thèmes-clés qui touchent véritablement à la foi chrétienne, à savoir la Rédemption, le pardon des péchés, la réconciliation avec Dieu, la crucifixion, la Résurrection… !

La pression qu'exercent les médias, l'opinion ou encore la société sur l'Église ne cesse de croître, ou revient en tout cas par vagues. Dans le même temps, le nombre de fidèles et de paroissiens ne cesse de décroître ; dans le même temps aussi, l'Église a eu à faire face à un certain nombre de crises ayant affecté sa crédibilité (abus sexuels, affaire de Limbourg, scandale des cliniques de Cologne, etc.). C'est ainsi que nous, responsables ecclésiastiques, estimons, trop facilement peut-être, que nous pourrions enfin « gagner en popularité » si quelques maigres « progrès » pouvaient enfin se faire jour dans le domaine de la sexualité, thème au fond peu populaire dans les débats internes à l'Église."

Posté le 1 juin 2015 à 14h51 par Michel Janva | Lien permanent

Réouverture définitive de l'église Sainte Catherine de Bruxelles

Depuis la fin 2011, la fermeture annoncée de l’église du "Vismet" à Bruxelles et sa réaffectation non spirituelle ont fait couler des tonnes de salive et d’encre et suscité une mobilisation certaine de fidèles demandant son maintien à l’encontre de l’avis des responsables ecclésiaux bruxellois.

Entre-temps, la Ville a lancé avec l’accord de ces derniers un appel à idées en vue d’un éventuel usage partagé de l’église. Le jury devait trancher récemment mais la surprise est venue de l’archidiocèse qui veut laisser une chance à une occupation pastorale. Mgr Léonard, invoquant sa responsabilité propre et après concertation avec l’évêque de Bruxelles, Mgr Jean Kockerols, entend vérifier et déterminer par l’expérience quelle partie de l’église doit être gardée pour le culte.

Aussi l’archevêque y a installé dès la rentrée de septembre 2014 les trois futurs prêtres de la Fraternité des Saints Apôtres chère à l’abbé Michel-Marie Zanotti Sorkine.

Un an après, Monseigneur Leonard vient d'annoncer la réouverture définitive de l'église Sainte Catherine de Bruxelles, saluant le travail magnifique effectué par la communauté des Saint Apôtres. Situé dans un quartier à majorité musulmane, l'édifice construit au milieu du XIXeme siècle à l'emplacement d'une église du XVeme siècle devait être transformée en marché au poisson. Les messes célébrées y attirent plus de 300 fidèles tous les dimanches.

Posté le 1 juin 2015 à 08h01 par Michel Janva | Lien permanent

29 mai 2015

Homosexualité : le cardinal Kasper rejette l'enseignement de l'Eglise

Le cardinal Kasper affirme que des éléments de bien peuvent exister dans une union homosexuelle.

Au fond, il rejette le catéchisme de l'Eglise catholique en ses n°2357 à 2359 :

"S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés " (CDF, décl. " Persona humana " 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.

Les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. Par les vertus de maîtrise, éducatrices de la liberté intérieure, quelquefois par le soutien d’une amitié désintéressée, par la prière et la grâce sacramentelle, elles peuvent et doivent se rapprocher, graduellement et résolument, de la perfection chrétienne."

On peut également se demander si le cardinal allemand ne souhaite pas remettre en cause l'instruction de 2005 de la Congrégation pour l'Education catholique sur les critères de discernement vocationnel au sujet des personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l'admission au séminaire et aux Ordres sacrés :

"[...] Dans la lumière de cet enseignement, ce Dicastère, en accord avec la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements estime nécessaire d'affirmer clairement que l'Eglise, tout en respectant profondément les personnes concernées, ne peut pas admettre au Séminaire et aux Ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu'on appelle la culture gay.

Ces personnes se trouvent en effet dans une situation qui fait gravement obstacle à une juste relation avec des hommes et des femmes. De plus, il ne faut pas oublier les conséquences négatives qui peuvent découler de l'Ordination de personnes présentant des tendances homosexuelles profondément enracinées.

Par contre, au cas où il s'agirait de tendances homosexuelles qui seraient seulement l'expression d'un problème transitoire, comme, par exemple, celui d'une adolescence pas encore achevée, elles doivent de toute façon être clairement dépassées au moins trois ans avant l'Ordination diaconale. [...]"

Il serait utile de connaître ce qu'en pensent les 3 évêques français qui ont participé à la réunion de lundi dernier à Rome avec le cardinal Kasper : Mgr Pontier, Mgr Brunin et Mgr Feillet : archeveque-marseille@wanadoo.fr

Posté le 29 mai 2015 à 10h24 par Michel Janva | Lien permanent

Des évêques allemands veulent imposer leurs pratiques à l'Eglise

A propos de la réunion très discrète tenue à Rome et à laquelle ont participé 3 évêques français (Mgr Pontier, Mgr Brunin et Mgr Feillet (auxiliaire de Reims), ainsi que Monique Baujard, Sandro Magister indique tout de même que les évêques allemands sont divisés sur ces sujets.

"Au terme de la réunion, les Allemands ont diffusé un communiqué dans lequel ils indiquent qu’ils ont "réfléchi en particulier à la sexualité comme langage de l’amour et comme don précieux de Dieu, dans le cadre d’un dialogue intense entre la théologie morale traditionnelle et les meilleures contributions de l’anthropologie contemporaine et des sciences humaines"."

Comment comprendre cet extrait du communiqué ? Sandro Magister poursuit :

Toutefois il y a quelque chose de plus intéressant que le communiqué : c’est ce que les participants à la réunion se sont véritablement dit, d’après le compte-rendu autorisé qui en a été donné, le 26 mai, par "La Repubblica" [...] :

"Un prêtre qui est également enseignant parle dès le début de 'caresses, de baisers, de coït au sens de venir ensemble, co-ire', ainsi que de 'ce qui accompagne les lumières et les ombres non conscientes des pulsions et du désir'. Un de ses collègues affirme pour sa part : 'L’importance de la stimulation sexuelle constitue la base d’une relation durable'. On cite Freud. On évoque Fromm. 'La privation de sexualité – ajoute-t-on – peut être comparée à la faim, à la soif. La question qui la caractérise est : Est-ce que tu as envie de faire l’amour ? Mais cela ne signifie pas désirer l’autre, si l’autre ne veut pas. La question devrait être : Est-ce que tu me désires ? Voilà alors comment le désir sexuel de l’autre peut s’associer à l’amour'".

L'épiscopat allemand représente la pointe la plus avancée et la plus combative de ce front réformiste. La dernière en date de ses déclarations officielles – elle a été diffusée, en plusieurs langues, au commencement de ce mois de mai – a été sa réponse au questionnaire qui avait été distribué par Rome dans la perspective de la prochaine session du synode. En lisant cette déclaration, on constate que l’Allemagne met déjà largement en pratique ce que le magistère de l’Église interdit et que le synode devrait encore discuter. C’est-à-dire l’accès des divorcés remariés à la communion, l'acceptation des remariages de divorcés, l'approbation des unions homosexuelles [...]

Quelques jours plus tard, le 9 mai, le Zentralkomitee der Deutschen Katholiken, l’association historique des laïcs catholiques allemands, a publié une déclaration encore plus avancée, dans laquelle il réclame la bénédiction liturgique pour les remariages de divorcés et pour les unions entre personnes du même sexe, en plus de l'abandon en bloc de l'enseignement de l’Église à propos de la contraception [...]

Mais attention. Tout cela ne signifie pas que la totalité de l’Église d’Allemagne soit d’accord avec ces opinions. La réalité est tout autre. Que ce soit parmi les évêques ou parmi les laïcs qui font le plus autorité, il ne manque pas de voix pour affirmer leur opposition. Et, ces jours derniers, ces personnes se sont exprimées vigoureusement. L’évêque de Passau, Stefan Oster, salésien, qui a été nommé à ce poste par le pape François au mois d’avril 2014, a contesté la déclaration du Zentralkomitee der Deutschen Katholiken, point par point, dans une intervention tranchante qu’il a mise en ligne sur sa page Facebook [...] Et il a rapidement reçu l'adhésion publique de cinq autres évêques : Rudolf Voderholzer de Ratisbonne, Konrad Zdarsa d’Augsbourg, Gregor M. Hanke d’Eichstätt, Wolfgang Ipolt de Görlitz, Friedhelm Hofmann de Wurtzbourg [...] On notera avec intérêt que, parmi ces cinq évêques, figure celui de Wurtzbourg, la ville où le Zentralkomitee der Deutschen Katholiken s’est réuni et a émis sa déclaration dans le silence/avec l’accord du guide spirituel du comité, l’évêque Gebhard Fürst de Rottenburg-Stuttgart, diocèse qui a eu Kasper comme titulaire dans les années 90. Et on notera avec encore plus d’intérêt que les évêques cités appartiennent tous, à l’exception de celui de Görlitz, à la région ecclésiastique de Bavière, ce qui a pour résultat de mettre en minorité (5 sur 8) le cardinal Marx, archevêque de Munich, précisément dans cette région qui est la sienne et précisément à propos des questions dans lesquelles il est le plus impliqué.

Mais il y a plus. Parmi les laïcs d’Allemagne aussi, il y a de fortes personnalités qui font entendre une mélodie discordante. La sévérité avec laquelle Robert Spaemann - il est considéré comme l’un des plus grands philosophes catholiques vivants et c’est un ami de longue date de Joseph Ratzinger - a critiqué, au début du mois de mai, non seulement l'épiscopat allemand mais également la manière de gouverner du pape François qui, d’après lui, serait à la fois "autocratique" et "chaotique", a frappé les esprits. Spaemann a formulé ses critiques dans le cadre d’un dialogue avec Hans Joas pour la revue "Herder Korrespondenz", qui appartient à la maison d’édition qui assure la publication des œuvres complètes de Benoît XVI [...] 

Par ailleurs un livre écrit par un juriste et magistrat allemand a été publié simultanément, ces jours-ci, en Allemagne et en Italie. Il constitue une réfutation radicale, à la fois théorique et pratique, des prises de position du cardinal Kasper à propos de l’accès des divorcés remariés à la communion [...] L'auteur de cet ouvrage, Rainer Beckmann, est âgé de 54 ans et il est juge à Wurtzbourg. Entre 2000 et 2005, il a été expert officiel auprès des commissions chargées du droit et de l’éthique de la médecine au sein du parlement fédéral allemand. Il a publié des essais scientifiques consacrés à l’avortement, aux techniques de la reproduction, à la mort cérébrale et à l’euthanasie. Il est vice-président d’une association de juristes pour le droit à la vie et il dirige la revue "Zeitschrift für Lebensrecht". Il donne des cours à l'université de Heidelberg. Mais, comme l’indique le cardinal allemand Cordes dans la préface qu’il a donnée à ce livre, Beckmann, qui est père de quatre enfants, est également "un croyant ayant vécu personnellement la souffrance d’une relation qui a échoué et, en tout cas, il n’a pas commencé une nouvelle relation après avoir divorcé : il veut continuer à croire à sa promesse de fidélité… jusqu’à ce que la mort les sépare, lui et son épouse". Et c’est précisément pour cette raison que "son témoignage est désormais incontournable au point de vue pastoral, réaliste au point de vue factuel et soumis à la Sainte Écriture". À la fin de son ouvrage, Beckmann souligne que le pape François, "dans les déclarations dont nous avons connaissance", ne s’est pas une seule fois dissocié de la doctrine traditionnelle de l’Église. Tandis que, au contraire, "la solution proposée par le cardinal Kasper mine à leur base non seulement le sacrement de mariage, mais également ceux de la pénitence et de l’eucharistie".

Et de conclure :

"Si nous souhaitons transmettre la foi, il est nécessaire que nos actes correspondent à nos paroles. Celui qui ne vit pas ce qu’il enseigne n’est pas crédible. De même que celui qui ne tient pas ses promesses n’est pas crédible. Lorsque quelqu’un promet d’aimer jusqu’à la mort, il doit demeurer fidèle jusqu’à la mort. C’est le chemin sur lequel Jésus nous a précédés".

Ce sont là des opinions d’une radicalité qui n’est pas différente de celle qui a été exprimée au même moment par un représentant, qui jouit d’une grande autorité, de la jeune Église d’Afrique : le cardinal guinéen Robert Sarah, qui a été nommé préfet de la congrégation pour le culte divin par le pape François en 2014. Lorsque Sarah a présenté, le 22 mai, une collection de livres qui constituaient une préparation au synode, réalisés sous la direction de l'Institut pontifical Jean Paul II pour les études sur le mariage et la famille et publiés en Italie aux éditions Cantagalli, il a insisté, lui aussi, sur la crédibilité du témoignage :

"C’est seulement dans la clarté que nous pouvons véritablement être des témoins, dans un monde qui ne supporte plus l’Évangile. La foi est vraiment le noyau des difficultés de l’Église".

Et aussi : "Si l’eucharistie est seulement un repas, on peut aussi donner la communion aux divorcés, qui sont en contradiction avec l’alliance. Mais si un évêque, un cardinal, ne voit pas ce qu’est l’eucharistie, c’est-à-dire le corps du Christ, et s’il envisage cette eucharistie comme un repas dont personne ne doit être exclu, alors nous perdons vraiment le cœur du mystère"."

Posté le 29 mai 2015 à 08h01 par Michel Janva | Lien permanent

28 mai 2015

Faire basculer le synode vers l’acceptation des unions homosexuelles

C'était le but de la rencontre informelle et très discrète de certains évêques à Rome, autour du très controversé (voir ici, ici, ici et ) cardinal Marx, selon le vaticaniste Edward Pentin. Il a rendu compte dans le National Catholic Register de cette rencontre confidentielle. Jeanne Smits a traduit ce qu'en dit Pentin :

"La rencontre a rassemblé une cinquantaine de participants : des théologiens, des évêques et même des représentants des médias, à l’invitation des présidents des conférences épiscopales d’Allemagne, de Suisse et de France, soit le cardinal Marx, Mgr Markus Büchel et Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille. Tout cela, on le sait, en revanche, la réunion s’est tenue à huis-clos et l’un des thèmes clefs, selon des participants qui ont tout de même parlé, était de déterminer comment  l’Eglise peut mieux accueillir les personnes se trouvant au sein d’unions stables de même sexe. Il semblerait que « personne » ne se soit opposé à la reconnaissance par l’Eglise de ces unions comme étant valides.

Incise.

— S’il y avait des représentants des médias, la rencontre ne peut pas avoir été confidentielle et discrète, et encore moins secrète !, direz-vous.

Mais si, justement. Un journaliste sait se taire, c’est même une de ses principales et paradoxales qualités. Il sait quoi dire, et jusqu’où. Il semble, s’il faut en croire Edward Pentin, ou plutôt un observateur qu’il cite, que ces représentants des médias soient importants dans le dispositif, leur rôle étant de promouvoir les thèmes soulevés et leur traitement, conformément aux choix de ce Rhineland Group qui pivote autour de l’épiscopat allemand, dans les semaines qui précéderont le synode sur la famille à l’automne prochain. Pour la France, des journalistes de La Croix  et d’I-Media étaient présents selon The New Catholic Register qui affirme être en possession de la liste complète des participants

Quoi qu’il en soit la rencontre aura été à la fois une opération discrète et une opération de communication. S’agit-il de préparer les esprits à une tentative massive de modification de l’enseignement multi-séculaire – et surtout certain ! – de l’Eglise catholique ?

Outre le nouveau regard sur les unions homosexuelles, les participants ont évoqué, selon Pentin, la nécessité de « développer » l’enseignement de l’Eglise sur la sexualité humaine, afin de remplacer la « théologie du corps » de saint Jean-Paul II par une « théologie de l’amour ». [...]

Mais poursuivons avec Pentin. « Un prêtre suisse a mis en avant « l’importance de la libido humaine » ; un autre participant, parlant de la communion pour les divorcés remariés, demande : « Comment pouvons-nous la refuser, comme si c’était une punition pour les gens qui ont eu un échec et qui ont trouvé un nouveau partenaire avec qui commencer une nouvelle vie ? » [...] 

Edward Pentin rapporte que le cardinal Reinhard Marx est sorti de la réunion en insistant sur le fait qu’elle n’était pas « secrète », mais pressé de questions sur le manque de publicité qui lui avait été donnée, il s’est irrité, affirmant qu’il était là de manière « privée » et qu’il avait tous les droits de s’y rendre comme il voulait.

Personne ne se trompe en tout cas sur les grands objectifs de la rencontre, discrète ou pas, puisque le cardinal Marx ne cache pas sa volonté de voir modifier l’approche de l’Eglise vis-à-vis des homosexuels : dimanche dernier, jour de la Pentecôte, son homélie appelait à une « culture de l’accueil » de la part de l’Eglise à l’égard des homosexuels : « Ce ne sont pas les différences qui comptent, mais ce qui nous unit. »

Parmi les participants, Edward Pentin évoque la présence du chef de la conférence épiscopale suisse, Mgr Büchel de Sankt-Gallen qui préconise l’ordination des femmes. Mgr Pontier, également présent, ne brille pas par la rigueur de ses déclarations. Le Père jésuite Hans Langendörfer, secrétaire général de la conférence épiscopale d’Allemagne, a été la cheville ouvrière de lois du travail allemandes qui permettent aux divorcés remariés et aux couples homosexuels de travailler au sein d’institutions catholiques.

Une mention spéciale pour le P. Eberhard Schockendorff, théologien moral : les catholiques allemands de tournure plus traditionnelle y voient le « cerveau » des attaques contre l’enseignement certain de l’Eglise au sein de l’épiscopat allemand. Il est connu comme critique de Humanae vitae et comme soutien du clergé homosexuel, ainsi que de tous ceux qui demandent une modification de l’éthique sexuelle. Dès 2010, il donnait une interview où il rendait hommage à la permanence et à la solidarité que l’on constate au sein de certaines unions homosexuelles, d’une réelle « valeur éthique », disait-il. Toute évaluation des actes homosexuels « doit être reléguée au siège arrière » parce que les fidèles se distancient toujours davantage de la « morale sexuelle catholique » qui leur paraît « irréaliste et hostile », disait-il. Le pape et les évêques « doivent prendre cela au sérieux et ne pas rejeter ces idées comme laxistes », disait-il. Sans surprise, il propose de « libérer » la théologie morale de la « loi naturelle » et que la conscience doit s’appuyer sur « l’expérience de vie des fidèles ». Il est partisan de l’accès des divorcés remariés à la communion au motif que cela « ne remet pas sérieusement en cause l’indissolubilité du mariage », ce qui est le signe soit d’un ramollissement cérébral soit d’une totale absence de foi en la présence réelle de Notre Seigneur dans l’Eucharistie…

Edward Pentin cite encore parmi les présents Marco Impagliazzo, président de la communauté laïque Sant’Egidio, le père jésuite Andreas Battlogg, professeur de philosophie et de théologie, rédacteur en chef du journal de gauche Zimmen der Zeit, et le salésien Mgr Markus Graulich, auditeur prélat de la Rote romaine, l’un des rares représentants officiels de la Curie à prendre part à ce qu’il faut bien appeler cet exercice subversif. [...]"

Posté le 28 mai 2015 à 08h13 par Michel Janva | Lien permanent

26 mai 2015

Cardinal Sarah : "Ne trompons pas les gens avec la miséricorde"

Le cardinal Robert Sarah, préfet de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, intervenait à l'Institut pontifical Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille lors de la présentation de la série “Famiglia, lavori in corso” (Famille, travaux en cours), un recueil d'essais publié par la maison d'édition Cantagalli, en vue du prochain Synode ordinaire d'Octobre. Extraits de la traduction de Benoît-et-moi :

«L'Occident s'adapte à ses propres illusions». «Si on pense que même dans le rite du baptême, on ne mentionne plus le mot "foi", lorsque les parents sont invités à dire ce qu'on demande pour l'enfant à l'Église de Dieu, on peut comprendre l'ampleur du problème».

Quant au Synode à venir, on est invité à ne pas se faire d'illusions sur des changements destinés à faire date: 

«Les gens croient qu'il y aura une révolution, mais il ne peut pas en être ainsi. Parce que la doctrine n'appartient pas à quelqu'un, mais elle est au Christ». 

«Il était clair que le coeur réel n'était pas et n'est pas seulement la question des divorcés remariés», mais «si la doctrine de l'Eglise doit être considérée comme un idéal inaccessible, irréalisable et donc nécessitant un ajustement à la baisse pour être proposée à la société d'aujourd'hui. Si tel est le cas, il faut nécessairement clarifier si l'Évangile est une bonne nouvelle pour l'homme ou un fardeau inutile, et qui n'est plus envisageable». La richesse du catholicisme «ne peut pas être dévoilée par des considérations dictées par un certain pragmatisme et le sentiment commun. La révélation indique à l'humanité la voie de la plénitude et de la félicité. Ignorer ce fait signifierait affirmer la nécessité de repenser les fondements mêmes de l'action salvifique de l'Église qui se réalise à travers les sacrements». 

Le problème vient aussi de ces «prêtres et évêques» qui contribuent avec leurs propos à «contredire la parole du Christ». Et cela est «très grave». Permettre au niveau de diocèses spécifiques ce qui n'a pas encore été approuvé par le Synode (la référence était à la pratique suivie dans de nombreuses réalités d'Europe centrale et septentrionnle) signifie «profaner le Christ».

«Nous trompons les gens en parlant de miséricorde, sans savoir ce que signifie le mot. Le Seigneur pardonne les péchés, mais si nous nous repentons». Les divisions qui ont été vus Octobre dernier, «sont toutes occidentales. En Afrique, nous sommes fermes, parce que dans ce continent, il y a beaucoup de gens qui, pour leur foi, ont perdu la vie».

Posté le 26 mai 2015 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent

25 mai 2015

Béatification de Mgr Romero

Radio Vatican :

EPA1749123_Articolo

"Oscar Arnulfo Romero y Galdamez est donc Bienheureux. Environ 200 000 personnes, parmi lesquelles de nombreux chefs d'État, ont participé samedi à San Salvador à la cérémonie de béatification de l'archevêque martyr, assassiné en haine de la foi le 24 mars 1980, pendant qu'il célébrait l'eucharistie. « Un homme de foi profonde et d'une espérance inébranlable », ainsi l'a défini le cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints, qui représentait le Pape François lors de cette cérémonie. La fête du Bienheureux Oscar Romero est fixée au 24 mars, jour de sa mort.[...]

Posté le 25 mai 2015 à 10h06 par Marie Bethanie | Lien permanent

24 mai 2015

2 juin : visite du Patriarche d'Antioche et des syriaques à Toulon

Notre Evêque, Mgr Dominique Rey, le Père Alexis Wiehe, curé de la Cathédrale Sainte Marie, à Toulon, et le Diocèse de Fréjus-Toulon

ont l’honneur et la grande joie d’accueillir le 2 juin prochain, le Patriarche d'Antioche des Syriaques :

Sa Béatitude Ignace Youssef III YOUNAN,

Accompagné de l’archevêque d'Alep :  Mgr Denys Antoine CHADA, du procureur près le Saint-Siège : Mgr Georges Masri , du secrétaire : le Père Rami Kabalan.

Une messe sera célébrée, par Sa Béatitude Ignace Youssef III YOUNAN, selon le rite syriaque catholique d’Antioche, suivie d’un témoignage et d’une veillée de prières animée par tous les réfugiés et expatriés chrétiens irakiens, syriens, libanais du Diocèse

Mardi  2 juin prochain à 19h à la Cathédrale Sainte Marie, à Toulon

Prière de venir nombreux et de très largement diffuser cette annonce autour de vous, pour manifester notre soutien à nos frères d’Orient en Jésus le nazaréen, qui revivent son agonie, et recevoir avec le plus d’honneur possible le Patriarche des syriaques catholiques.

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Posté le 24 mai 2015 à 20h14 par Marie Bethanie | Lien permanent

5 juin : soirée pour les chrétiens d'Orient à Lyon

Buffet Champ__tre Lyon 5 juinLien pour s'inscrire.

Posté le 24 mai 2015 à 11h18 par Michel Janva | Lien permanent

La casuistique ne règlera pas le problème de l'éclatement des deux fins du mariage

Mgr Michel Schooyans, consulteur au conseil pontifical pour la famille, écrit dans L'Homme Nouveau :

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"[...] Nous sommes en effet arrivés à une époque de l’Histoire de l’humanité où, sans doute pour la première fois, on assiste à une mise en question radicale du mariage et de la famille. La cible qui est en ligne de mire, c’est le mariage et la famille, avec leur double finalité : la fin unitive et la fin procréative de l’union de l’homme et de la femme. Leur destruction débouche sur la désagrégation de toute la société humaine. [...]

Une fois que l’on a vanté la seule fin unitive, on arrive vite à toutes sortes de pratiques sexuelles : homosexualité, lesbianisme, fornication, etc. Il n’y a plus de place pour la fidélité, parce que ce qui importe c’est uniquement le plaisir, l’intérêt de chaque individu. Cet homme n’est plus une personne, un être capable de s’ouvrir librement à une autre personne ; il est un individu qui cherche sa propre jouissance. 

Si par contre on exalte uniquement la fin procréative, on arrive à d’autres conséquences, dont, par exemple, la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, la technicisation de la transmission de la vie au point qu’on en arrive à la modification génétique de l’être humain. L’homme ne se construit plus dans un foyer d’amour. Il n’y a plus ni maternité, ni paternité ; par conséquent, il n’y a plus de filiation ; la consanguinité est en péril. Avec l’arrivée annoncée de l’utérus artificiel, il ne sera bientôt plus nécessaire que la femme abrite un enfant en son sein. [...]

Toutes ces questions nouvelles ne peuvent être résolues par une casuistique comme celle-ci : « Dans tel cas on peut avorter, dans tel cas on ne peut pas avorter ; dans tel cas on peut euthanasier, dans tel autre cas, on ne peut pas euthanasier ». On se borne à trancher des cas de conscience ponctuels sans se référer aux principes fondamentaux de la morale. Cette casuistique est en quelque sorte le précurseur de la morale de situation. Ce qu’il faut, c’est aller vraiment au fond du problème et retrouver dans l’éclatement des fins du mariage, les racines de l’action de Satan, aujourd’hui, dans l’Histoire de l’humanité et dans le cœur des hommes.

Il convient d’ailleurs d’ajouter une réflexion à propos de la casuistique que nous venons de mentionner. L’Église se trouve dans une situation étonnante. De hauts prélats, venus surtout de nations opulentes, s’emploient à apporter des modifications à la morale chrétienne concernant les divorcés-remariés et d’autres situations problématiques dont quelques-unes ont été citées ici. Ces gardiens de la foi devraient cependant ne point perdre de vue que le problème fondamental posé par l’éclatement des deux fins du mariage est un problème de morale naturelle. C’est au plan naturel que l’homme et la femme sont appelés à s’unir pour se témoigner de la tendresse et pour procréer. C’est cette réalité naturelle que le Seigneur a élevée à la dignité d’un sacrement. Face aux puissances qui ébranlent actuellement la famille, l’Église devrait se découvrir la vocation d’être la seule instance qui soit en mesure de sauver la sexualité humaine et l’institution naturelle du mariage et de la famille. Il ne s’agit pas seulement de sauver la morale chrétienne ; il faut sauver et protéger la morale naturelle. Il ne faut donc pas que, par leurs procédés casuistiques captieux, des catholiques de tout rang et de tous âges contribuent à la destruction de la morale naturelle. Les grandes dérives ont surgi lorsque certains intellectuels catholiques ont commencé à dire et à écrire : « Feu vert pour l’avortement, pour les unions homosexuelles, pour l’euthanasie, etc. ». Or à partir du moment où des catholiques surfent sur cette vague fatale, ils contribuent à la destruction de l’institution naturelle du mariage. C’est toute la communauté humaine qui se trouve fissurée par cette nouvelle « trahison des clercs ». [...]"

Posté le 24 mai 2015 à 10h42 par Michel Janva | Lien permanent

23 mai 2015

Ce moine qui a sauvé 800 manuscrits en Irak

 

Posté le 23 mai 2015 à 12h55 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (9)

22 mai 2015

La plus grande croix d'Asie construite au Pakistan. Pour que les Chrétiens restent.

CxCourageux témoignage

"Parvez Henry Gill, 58 ans, est un homme d’affaires pakistanais. Dans ce pays où la population est à 95 % musulmane, ce chrétien a entrepris depuis un an de construire une croix géante, de 43 mètres de haut. « Je veux que les chrétiens voient cette croix, et décident de rester ici », assure Parvez Henry Gill au Washington Post.

L’homme d’affaires chrétien dit avoir eu l’idée de cette croix lors d’un rêve, il y a quatre ans, au cours duquel le Seigneur lui serait apparu.

La croix se trouve tout près du plus vieux cimetière chrétien du pays, Gora Qabaristan, en proie aujourd’hui aux dégradations. « Ses habitants jettent des ordures dans le cimetière, et les croix et les statues sont souvent profanées » explique Parvez Henry Gill".

Posté le 22 mai 2015 à 22h01 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (2)

20 mai 2015

La tentation gnostique : une vision dénaturée de la miséricorde

Natalia Trouiller, chargée de la communication pour le diocèse de Lyon, fait part de cette réflexion personnelle mais très pertinente et actuelle sur Facebook :

"Notre époque est en effet profondément gnostique, et nos Églises, quelle que soit leur dénomination, sont traversées par cette tentation comme jamais depuis la crise cathare. La tentation gnostique, c'est cette théologie qui, sous couvert de tolérance et d'acceptation polie et sentimentale de toutes les conduites humaines - "c'est son choix", "c'est son chemin", "l'important c'est d'être soi" etc - considère finalement qu'il y aurait deux sortes de Salut: celui pour les Parfaits, parvenus à la force du mérite personnel à une perfection désincarnée, et la piétaille, pour qui une grâce au rabais était bien bonne vu qu'on considérait ne pas pouvoir en tirer grand-chose spirituellement.

Or, pour le chrétien, ce sont TOUS les hommes, sans exception, qui sont appelés à la sainteté; non du fait de leur mérite personnel, mais par pure Grâce; le chrétien ne peut souhaiter pour son frère, qu'il est censé aimer comme sa propre personne, un bonheur au rabais qu'il ne souhaiterait pas pour ses proches. Ce n'est pas de l'amour que de considérer quelqu'un comme incapable d'avancer vers le Christ par la repentance. C'est de la gnose. Et c'est profondément anti-chrétien.

On entend souvent, de la part des militants du mariage entre deux personnes de même sexe, qu'ils réclament "le droit à l'indifférence". Comment pouvons-nous accepter que l'indifférence, c'est-à-dire le fait de se fiche éperdument de ce que mon frère fait de sa vie, puisse être devenu dans une partie non négligeable de l’Église universelle une revendication au nom même de l'amour? Sommes-nous devenus fous ?"

Posté le 20 mai 2015 à 20h54 par Michel Janva | Lien permanent

"L'homosexualité est une faiblesse de la nature et peut se guérir"

DSC_1970_0A quelques jours de la "gay pride" qui doit se tenir à Sion en Suisse, l'évêque des lieux, Mgr Jean-Marie Lovey a répondu au journal le Nouvelliste à propos de l'homosexualité. Inutile de préciser que ses propos n'ont été appréciés ni par le lobby LGBT ni par la classe politique dominante :

Que répondez-vous aux parents espérant pouvoir «changer» leur enfant homosexuel?

Dans l’environnement des personnes homosexuelles, les proches le ressentent parfois comme une blessure ou une souffrance. Dès lors, il faut honorer leur désir que ça change. Pour la question de fond – «Est-ce qu’une personne homosexuelle peut changer?» – il y a un domaine sur lequel on peut miser: la prière. Sur le plan de la grâce et de la foi, la prière ne pourrait-elle pas être un lieu de changements? Elle a déjà guéri des malades à maintes reprises. Le problème de fond n’est pas celui de l’homosexualité mais de la sexualité tout court et en général. De nature, l’être humain est sexué, masculin-féminin. Et il n’est pleinement humain que s’il vit cette complémentarité. C’est une question de morale naturelle. L’Eglise, à juste titre, continue de dire qu’on ne peut pas modifier cet état de nature.

Mais l’homosexualité n’est-elle pas dans la nature de la personne et donc impossible à changer?

Certes, la personne est souvent comme cela dès le départ mais cela ne veut pas dire que ce n'est pas modifiable. Des guérisons psychologiques existent. L’homosexualité peut être guérie.

Pour vous, c’est donc une maladie?

Non, c’est une faiblesse de la nature. La preuve, c’est qu’il y a une souffrance réelle de la personne qui le vit et de son entourage. Mais cela n'enlève rien à l'humanité de la personne homosexuelle, ni à sa dignité.

Posté le 20 mai 2015 à 12h46 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (17)

Le synode montrera que le nom du pape a été instrumentalisé au service d'un programme politique

Benoît-et-moi publie la traduction de l'intervention de Mgr Oster, mentionnée récemment. Extraits :

"[...] Tout discours sur les valeurs me fait dès lors l’effet d’un emballage, inspiré par de bonnes intentions, mais qui n’est en définitive qu’un masque, car son argumentation n’atteint pas le cœur du problème. Si donc, sur base des « valeurs », il faut organiser des célébrations liturgiques de bénédiction pour des relations de toute nature qui ne relèvent pas du mariage sacramentel, se pose à mes yeux la question : pourquoi en fait seulement pour deux ? Si, par exemple, trois personnes ou même plus, du même sexe ou de sexe différent, partagent le même lit et, d’autre part, veulent construire ensemble un cadre de confiance et de sollicitude pour des enfants, pourquoi ne pas bénir aussi cette union ? N’y vit-on pas aussi des « valeurs » ? Et comment justifier, sur la base des valeurs, que le « cadre garanti » doive être intégré, selon le ZdK, dans la sexualité vécue, qu’il doive être garanti seulement par des personnes au nombre de deux exactement , quel que soit leur sexe, et ne puisse pas l’être aussi par plus de deux personnes si elles s’entendent bien sur le plan sexuel et sur tous les autres ?

Par cet exemple nous voyons que le critère de telles « valeurs » ne permet pas de justifier avec assurance que la bénédiction concerne exclusivement les relations à deux, quelle qu’en soit la constellation. Nous voyons par conséquent aussi qu’avec le critère « valeurs » nous nous préparons, je pense, d’énormes problèmes, surtout qu’il faut à nouveau élaborer des critères pour définir ce qui, exactement, est une « valeur » et pourquoi.

Mais la foi et l’Ecriture ne se basent pas d’abord sur des valeurs mais sur la révélation, sur le Christ lui-même. Il n’est pas une « valeur » mais le Verbe de Dieu lui-même; celui qui, en personne, aime les hommes, les touche, les libère et les rend capables d’une autre vie et, surtout, d’un amour et d’une fidélité que l’homme n’a pas par lui-même mais qu’il reçoit de Lui. Mais si c’est Jésus lui-même le « critère » et si nous avons en outre, par l’Ecriture, la tradition et le magistère, une connaissance assurée de sa volonté en ce domaine (voir par exemple I Co 7, 10-11), alors, beaucoup plus que d’un appel aux valeurs, j’ai besoin d’une explication : comment justifier de manière concluante pourquoi, sur ces points cruciaux, la volonté de Jésus en matière de mariage et de sexualité devrait avoir changé après 2000 ans.

De même les « signes des temps » tant invoqués ne constituent pas, de mon point de vue, une réponse à ces questions. Car à nouveau : qui établit ce que seraient ces signes et pourquoi précisément dans ce domaine ils devraient produire maintenant quelque chose de neuf ? [...]

Et le recours perpétuel au pape François pour soutenir ce nouveau programme ne justifie nullement un changement de cours aussi dramatique. Le pape a fait envoyer un questionnaire sur ces thèmes et convoqué un synode où l’on débattra ouvertement de l’Evangile de la famille. Magnifique ! Et oui, on peut et on doit discuter. C’est bien. Je ne vois toutefois jusqu’ici aucune déclaration officielle du pape ou du magistère qui s’approcherait seulement un peu des revendications du ZdK formulées plus haut. Selon toute probabilité, le prochain synode montrera que le nom et le programme du pape François ont été instrumentalisés au service du programme politique, et certes pas biblique, du ZdK. Il me semble significatif à cet égard que, dans le catalogue de revendications du ZdK et de leurs justifications, les arguments bibliques ne soient pour ainsi dire plus mentionnés.

Les évêques allemands ont tout récemment adopté une nouvelle version de leur charte pour les collaborateurs et collaboratrices de l’Eglise. Même dans la nouvelle version, la dissolution d’une union civile, irrecevable d’un point de vue canonique, et la contraction d’une union légalisée entre catholiques est considérée comme « un manquement grave à l’obligation de loyauté » envers l’Eglise-employeur. Je me demande dès lors comment le ZdK concilie ses revendications explicites d’une bénédiction et de célébrations liturgiques de telles unions avec la loyauté envers les évêques et le magistère qui leur est confié . Le fait en tout cas que beaucoup de catholiques, après un texte comme celui-ci, ne se sentent aujourd’hui plus représentés par le ZdK n’est pas à reprocher d’abord à ces catholiques. Et si d’aucuns déplorent aujourd’hui dans l’Eglise des tendances à la division, celles-ci me paraissent justement être provoquées par le genre de décisions exposées ci-dessus. [...]

Posté le 20 mai 2015 à 10h49 par Michel Janva | Lien permanent

18 mai 2015

"Ils veulent nous discréditer, alors que nous défendons l’enseignement de l’Église"

Le cardinal Raymond Leo Burke est attristé par la campagne négative qui s’est déchaînée à son endroit. L'Homme Nouveau a traduit un entretien du cardinal avec le journaliste Riccardo Cascioli pour le blog "La Nuova Bussola". Extraits :

"Certaines de vos déclarations, même au cours du débat qui a précédé et suivi le premier Synode sur la famille, ont effectivement retenti comme une critique du Pape François, ou du moins ont-elles été interprétées ainsi. Par exemple, votre « Je résisterai, je résisterai » – en réponse à une éventuelle décision du Pape d’accorder la communion aux divorcés-remariés – a récemment fait beaucoup de bruit.

Mais cette phrase a été dénaturée : il n’y avait aucune référence au Pape François. En fait, comme je me suis toujours exprimé très clairement sur le sujet du mariage et de la famille, je pense qu’il se trouve des personnes qui veulent me neutraliser, en me décrivant comme un ennemi du Pape, ou même un fomenteur de schisme, utilisant justement cette réponse donnée à l’occasion d’un entretien que j’ai accordé à une chaîne de télévision française.

Et comment doit donc être interprétée cette réponse ?

C’est très simple. La journaliste m’a demandé ce que je ferais dans l’hypothèse où – sans faire référence au Pape François – un pontife prenait des décisions contraires à la doctrine et à la praxis de l’Église. J’ai dit que je devrais dans ce cas résister, puisque nous sommes tous au service de la vérité, à commencer par le Pape lui-même. L’Église n’est pas un organisme politique, dans le sens du pouvoir. Le pouvoir est Jésus-Christ et son Évangile. C’est pour cette raison que j’ai répondu que je résisterai, et ce ne serait d’ailleurs pas la première fois que ce cas de figure surviendrait dans l’Église. Il y a eu des moments de l’histoire au cours desquels l’un ou l’autre a dû résister au Pape – à commencer par saint Paul devant saint Pierre, à l’occasion de l’affaire des judaïsants qui voulaient imposer la circoncision aux convertis venus de l’hellénisme. Mais, dans mon cas, je ne suis pas en train de résister au Pape François, puisqu’il n’a rien fait contre la doctrine de l’Église. Et je ne me vois d’ailleurs pas mener un combat contre le Pape, contrairement à l’image qu’on veut propager sur mon compte. Je ne suis nullement en train de revendiquer les intérêts d’un groupe ou d’un parti ; je ne cherche qu’à être, comme cardinal, un maître de la foi.

Un autre « chef d’accusation » est votre passion supposée pour la soie et les dentelles, que le Pape ne supporte pas.

Le Pape ne m’a jamais dit être incommodé par la manière dont je m’habille, qui a d’ailleurs toujours été dans la norme de l’Église. Je célèbre la liturgie aussi dans la forme extraordinaire du rite romain : il faut savoir qu’il s’y trouve des ornements propres, qui ne sont pas utilisés dans le cadre d’une célébration dans la forme ordinaire, et que je ne revêts cependant que ce que la norme prévoit pour la forme du rite que je célèbre. Je ne mène pas une campagne contre la manière de se vêtir du Pape. En outre, il faut bien admettre que chaque Pape a son style ; pour autant, il ne l’impose pas à tous les autres évêques. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi ce sujet déclenche tant de polémiques. [...]

Certains vous désignent également comme l’inspirateur, si non le promoteur, de la « Supplique au Pape François sur la famille », qui a été diffusée pour recueillir des signatures sur des sites du monde traditionaliste.

J’ai en effet signé ce document, mais ce n’est absolument pas mon initiative, ni mon idée. Encore moins ai-je écrit ou collaboré à la rédaction du texte. Qui affirme le contraire dit faux. Pour ce que j’en sais, il s’agit d’une initiative de laïcs ; le texte m’a été montré et je l’ai signé, comme l’ont d’ailleurs fait plusieurs autres cardinaux. [...]

Il reste toutefois que le Pape François vous a « puni » en vous retirant la charge du Tribunal de la Signature Apostolique et en vous confiant le patronat de l’Ordre Souverain et Militaire de Malte.

Le Pape a donné un entretien au quotidien argentin La Nacion dans lequel il a déjà répondu à cette question. Il y explique les raisons de son choix. Tout y est dit ; il ne me revient pas de le commenter. Je peux seulement affirmer, sans violer aucun secret, que le Pape ne m’a jamais dit, ni même donné l’impression, de vouloir me punir de quoi que ce soit.

Certainement votre « mauvaise image » est pour quelque chose dans ce que le cardinal Kasper a appelé il y a quelques jours la « bataille synodale ». Et il semble qu’elle s’intensifie au fur et à mesure que se rapproche le Synode ordinaire d’octobre prochain. Où en sommes-nous ?

Je dirais qu’actuellement il y a une discussion beaucoup plus étendue sur les sujets abordés par le Synode, et ceci est positif. Il y a un plus grand nombre de cardinaux, évêques et laïcs qui interviennent, et ceci est très positif. Pour cette raison, je ne comprends pas pourquoi tant de bruit a entouré, l’an dernier, la parution du livre Rester dans la vérité du Christ, auquel j’ai contribué avec quatre autres cardinaux et quatre spécialistes du mariage. [...] Il est certain que le livre a été écrit pour aider les débats du Synode et pour répondre à la thèse du cardinal Kasper. Mais il n’y a rien de polémique ! C’est une présentation très fidèle à la tradition, qui se veut aussi d’une qualité scientifique la plus élevée possible. Je suis tout à fait disposé à recevoir des critiques sur son contenu, mais dire que nous avons participé à un complot contre le Pape est inacceptable.

Mais qui donc organise cette chasse aux sorcières ?

Je n’ai aucune information directe mais il y a sûrement un groupe qui veut imposer à l’Église non seulement cette thèse du cardinal Kasper sur la communion aux divorcés-remariés ou aux personnes en situations irrégulières, mais également d’autres positions sur des questions connexes aux thèmes du Synode. Je pense par exemple à l’idée de trouver des éléments positifs dans les rapports sexuels en dehors du mariage ou dans les unions homosexuelles. Il est évident qu’il y a des forces qui font pression dans cette direction ; c’est pourquoi ils veulent nous discréditer, alors que nous tentons de défendre l’enseignement de l’Église. Je n’ai personnellement rien contre le cardinal Kasper ; pour ma part, je me contente simplement de présenter l’enseignement de l’Église, qui est dans ce cas directement lié à des paroles prononcées par le Seigneur. [...]

Un des points qui ressortent dans les polémiques sur le Synode est l’opposition présumée entre la doctrine et la praxis, entre la doctrine et la miséricorde. Le Pape également insiste souvent sur le comportement pharisaïque de ceux qui mettent la doctrine en avant et font ainsi obstacle à l’amour.

Je crois qu’il convient de distinguer entre les paroles du Pape en certaines occasions et celles qui affirment une opposition entre la doctrine et la praxis. On ne peut jamais admettre dans l’Église un contraste entre doctrine et praxis, parce que nous vivons la vérité que le Christ nous transmet dans sa sainte Église, et la vérité n’est jamais une réalité froide. C’est la vérité qui nous ouvre à l’amour. Pour aimer vraiment il faut respecter la vérité de la personne, et de la personne qui se trouve dans telles situations particulières. Établir ainsi une espèce de contraste entre doctrine et praxis ne reflète pas la réalité de notre foi. Celui qui soutient les thèses du cardinal Kasper – changement de la discipline qui ne touche pas la doctrine – devrait expliquer comment c’est possible. Si l’Église admettait à la communion une personne liée par un mariage mais vivant une liaison matrimoniale avec une autre personne, c’est-à-dire en situation d’adultère, comment pourrait-on tenir dans le même temps que le mariage est indissoluble ? Ce contraste entre doctrine et praxis est néfaste, et nous devons le rejeter.

Il reste pourtant bien vrai que l’on peut défendre la doctrine sans amour.

Certainement, et c’est précisément ceci que le Pape dénonce : un usage de la loi ou de la doctrine pour promouvoir un programme personnel, pour dominer les personnes. Mais ceci ne signifie pas que le problème vient de la doctrine et de la discipline. Il y a tout simplement des personnes de mauvaise volonté qui peuvent commettre des abus, par exemple en interprétant la loi selon un mode qui fait du tort aux personnes, ou en appliquant la loi sans amour, en insistant sur la vérité de la situation de la personne mais sans amour. De même, quand quelqu’un se trouve en état de péché grave, nous devons l’aimer et l’aider comme le Seigneur l’a fait avec la femme adultère et la Samaritaine. Il a été très clair dans l’annonce qu’il leur a faite de leur état de péché, mais dans le même temps il leur a témoigné un grand amour, en les invitant à sortir de cette situation. Ce que les Pharisiens ne faisaient pas, démontrant au contraire un légalisme cruel : ils dénonçaient la violation de la loi, mais sans donner aucune aide à la personne pour sortir du péché et pour retrouver ainsi la paix dans sa propre vie."

Posté le 18 mai 2015 à 16h33 par Michel Janva | Lien permanent

17 mai 2015

Allemagne : 5 évêques soutiennent Mgr Oster

Après sa prise de position contre les revendications scandaleuses du Comité des Catholiques d'Allemagne (organisme des catholiques laïques), 5 évêques apportent leur soutien au jeune et courageux évêque de Passau en le remerciant dans une lettre ouverte et sur un ton très chaleureux et fraternel.

Ce sont les évêques bavarois Mgr Konrad Zdarsa (Augsbourg), Mgr Gregor M. Hanke OSB (Eichstätt), Rudolf Voderholzer (Ratisbonne) et Friedhelm Hofmann (Wurtzbourg) et l'évêque de Görlitz en Basse-Silésie (Saxe), Wolfgang Ipolt.

"[...] Nous vivons aujourd'hui en Allemagne dans une société hautement sécularisée. Ce fait ne doit pas nous décourager et nous faire chercher le rapprochement au mainstream, mais il doit être compris comme une occasion de redécouvrir l'unicité de la vocation chrétienne dans le monde d'aujourd'hui. [...] 

Nous sommes donc convaincus que de nombreux croyants te sont extraordinairement reconnaissant pour tes paroles claires."

Posté le 17 mai 2015 à 16h46 par Michel Janva | Lien permanent


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