16 juin 2018

TV Libertés : Nous aurons trois télévisions et s’il le faut nous irons sur Rutube, sur Chine Tube ou sur Machin Tube

Suite à la censure de la chaîne Youtube de TV Libertés, Martial Bild explique sur Boulevard Voltaire :

Capture d’écran 2018-06-16 à 18.32.50"24h plus tard, nous ne savons absolument rien. Le journal télévisé du 14 juin aurait été arrêté et bloqué en raison d’une atteinte, selon YouTube, au droit d’auteur. En réalité, nous avions utilisé le droit à l’emploi de courtes citations, prévu dans le droit français et donc inattaquable. Néanmoins, nous avions obtempéré. Pour que le journal sorte, nous avions accepté les injonctions de YouTube, quitte à demander à ce que notre bon droit soit reconnu ultérieurement. Mais à peine avions-nous fait cela que l’ensemble de la chaîne a été supprimée. J’attire votre attention sur le fait que l’ensemble de la chaîne représente 5000 émissions et un patrimoine colossal de quatre années. You tube n’a jamais rien eu à redire jusque-là sur nos activités et ce sont 100000 abonnés qui sont spoliés du fait de cette décision unilatérale et absolument arbitraire.

Avez-vous eu des nouvelles de l’hébergeur YouTube ?

Nous n’avons aucune nouvelle de leur part. Ils ont basé leur action sur un argument juridique dérisoire d’autant que tous les You Tubers ont de la même façon recours à ce procédé. C’est ce qui me fait dire que nous avons subi une décision politique. Comment voulez-vous expliquer que YouTube qui a des dizaines de millions de vues grâce à TV Libertés chaque année s’en prive d’un seul coup de bouton? Comme dans Big Brother, nous n’avons aucun visage et aucun nom sur celui qui a pris cette décision.

Quelle solution avez-vous trouvée pour pallier à cette absence de moyen de diffusion ?

Nous n’allons certainement pas nous laisser abattre. Nous connaissons l’adversité. Ce n’est pas à Boulevard Voltaire que je vais donner une leçon sur ce point. Nous savons vivre dans l’adversité et peut-être mieux que les autres. Ils nous ont supprimé une chaîne de télévision, nous en aurons trois. Nous avons pris la décision d’aller sur d’autres plateformes. Nous aurons trois télévisions et s’il le faut nous irons sur Rutube, sur Chine Tube ou sur Machin Tube, peu importe. Mais il est sûr et certain que TV Libertés continuera à fonctionner.

Nos techniciens ont passé toute la nuit à remettre en place les émissions de la semaine. Nous préparons tous les rendez-vous à venir, et notamment le journal télévisé, bistro liberté, le samedi politique ou terre de missions le dimanche. Tous ces rendez-vous seront maintenus et nous serons là. Il y a cependant deux obligations pour ceux qui aiment TV Libertés et qui souhaitent nous suivre. Il leur faudra désormais prendre comme point de ralliement notre site TV Libertés.com. Ils verront au fur et à mesure apparaître des chaînes plateforme de nos vidéos et ils pourraient s’y abonner. Il faudra faire preuve de beaucoup de mobilité. Nous sommes tous dans un phénomène de résistance et de dissidence. Quand on résiste, ce ne sont pas des mots vains, il faut apprendre à contourner l’adversaire et à aller là où il ne nous attend pas.

Nous avons du travail, mais il ne sera pas possible de faire taire la presse alternative. Elle gêne puisque c’est précisément au moment où nous faisions une campagne importante et cruciale pour TV Libertés de soutien financier, mais surtout de lutte contre la loi contre les Fakes News et que nous nous affirmons comme une chaîne de presse alternative et de contre-pouvoir que nous sommes soumis à ce dictat, à cet oukase et à cette censure."

Posté le 16 juin 2018 à 18h34 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

5ème anniversaire des Veilleurs de Châlons-en-Champagne

Ce lundi 11 juin, les Veilleurs de Châlons-en-Champagne ont fêté leur cinquième anniversaire, un mois après celui des Veilleurs de Reims :

P1010113"Comme nous le faisons une fois par mois depuis juin 2013, nous nous sommes réunis sur les marches de l’Hôtel de Ville, de 20h30 à 21h30. Nous tenons à nous réunir en ce lieu, car notre maire, Benoist Apparu, fut l’un des seuls au sein de l’UMP, à avoir voté la loi Taubira...

Nous avons partagé des textes traitant de divers sujets d’actualité :

  • l’irresponsabilité de Mme Belloubet qui veut libérer de prison des islamistes et des terroristes ;
  • la déconfiture des « progressistes » à l’occasion des 50 ans de mai 68 ;
  • la seconde lettre de Madame Viviane Lambert adressée à Emmanuel Macron (Châlons se trouve à 50 kms de Reims où est hospitalisé Vincent Lambert).

Nous tenons aussi à réserver une place à la littérature, afin de prendre un peu de hauteur spirituelle :

  • un article sur Bernanos, prophète de l’anti-modernité ;
  • de larges extraits de la Présentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres de Charles Péguy.

Notre présence n’a pu échapper à une trentaine de personnes sortant d’une réunion à l’Hôtel de Ville. Trois d’entre elles nous ont fait comprendre que l’essentiel pour un enfant être aimé, quel que soit le sexe de ses parents. Inutile de vous préciser que ce fut le seul et unique « argument » qui nous fut donné de leur part…

Fort heureusement, auprès de la dizaine de passants qui a bien voulu discuter un peu avec nous, nous avons pu constater combien la légalisation de la PMA sans père et de la GPA est loin de faire l’unanimité dans le peuple français ! En effet, sur ces sujets, nous avons reçu les soutiens d’un homme de 60 ans, mais aussi d’un groupe de jeunes mères de familles qui promenaient leur progéniture en poussette. Entre temps, deux SDF nous avaient rejoints, partageant nos inquiétudes sur l’avenir des enfants…

A la fin de notre réunion, alors que le champagne commençait à remplir les verres, un jeune homme d’une vingtaine d’années nous a parlé d’une de ses amies, âgée de 19 ans, qui se drogue car, selon lui, elle a du mal à se remettre d’avoir été élevée par « deux mamans »… Ce même jeune homme, faisant décidément preuve de bon sens, ne comprenait pas ces homosexuels qui veulent un enfant à tout prix, comme des ados capricieux réclament un animal de compagnie… Avant de nous quitter, il a bien voulu prendre la photo jointe. Nous avons trinqué non seulement à nos cinq ans révolus, mais aussi aux cinq prochains, conscients que notre juste combat pour la défense de notre culture et de notre civilisation ne fait que commencer…

Comme le dit saint Paul dans son épître aux Romains : « L’espérance ne déçoit pas. »"

Posté le 16 juin 2018 à 10h59 par Michel Janva | Lien permanent

Chaîne Youtube supprimée : la riposte de TVL

Posté le 16 juin 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

15 juin 2018

Censurer les Identitaires et TV Libertés : facile. Censurer le porno : pas possible

Et pourtant :

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Posté le 15 juin 2018 à 18h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (14)

Ils veulent tuer TV Libertés

Message de TV Libertés suite à la censure de Youtube hier :

45a77cd7-d3f0-4641-b3db-a75c2a723fef"Vous l'avez sans doute constaté hier soir, la chaine Youtube de TV Libertés a purement et simplement été supprimée suite à des plaintes, émises bien évidemment par nos ennemis.

L'heure est grave, mais nous ne lâcherons rien et à la fin, nous remporterons ce combat médiatique, soyez en certain.

La décision de clôturer la chaîne Youtube intervient au même moment que le grand lancement lundi de notre grande campagne TVL pour lutter contre le plan anti-fake news et contre le Ministère de la Vérité ; TVL étant honteusement assimilé à un site diffusant de fausses informations car non conformes au politiquement correct.

Martial Bild explique :  

« YouTube a bloqué la diffusion du Journal Télévisé du jeudi 14 juin pour atteinte aux droits d’auteur. Une mesure inédite et fausse. En effet, nous pouvons aisément faire valoir le droit de citation, argument juridique incontestable. Avant même de procéder aux recours et aux modifications nécessaires, la chaîne TVLibertés a été tout bonnement supprimée. Une décision unilatérale, arbitraire et sans aucun avertissement préalable. À partir d’un argument juridique dérisoire à été prise une décision politique majeure spoliant les 100 000 abonnés de la chaîne de la presse alternative. C’est au moment où TVLibertés entamait une campagne de dons cruciale et s’imposait définitivement comme la chaîne de la presse alternative et de contre-pouvoir, que ce sale coup lui est porté.»

Nos équipes ont travaillé toute la nuit pour vous permettre de visionner le journal de TV Libertés via notre chaine Youtube de secours (rendez-vous sur www.tvlibertes.com). Nous nous activons actuellement par ailleurs pour rechercher une solution, forcément très coûteuse, qui nous permettra de ne plus être à la merci de Youtube et de ces GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon ...) qui nous veulent du mal, et qui obéissent aux ordres de la galaxie Soros.

Cette solution ne nous sera accessible que par vous tous qui vous mobilisez déjà depuis plusieurs jours massivement pour TV LIbertés. C'est le moment d'appuyer sur l'accélérateur. C'est le moment de faire front, tous ensemble, pour remporter la bataille médiatique. Mobilisez-vous, mobilisez autour de vous, dans vos familles, chez vos proches. Et donnez à TV Libertés, soutenez le combat pour un audiovisuel libre et à contre courant du politiquement correct. Plus que jamais, chaque téléspectateur doit soutenir financièrement TVL. Les téléspectateurs qui n'ont jamais fait de don sont fortement incités à rejoindre la communauté de résistance des donateurs de TVL."

Posté le 15 juin 2018 à 14h44 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

14 juin 2018

Youtube censure TV Libertés

Au moment où Medine est annoncé au Bataclan, Youtube ferme la chaîne (100 000 abonnés) de TV Libertés.

Voici le dernier JT de TV Libertés hébergé sur un compte secondaire :

Posté le 14 juin 2018 à 22h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (21)

13 juin 2018

5 ans après, ils veillent toujours

34693656_2119704078076337_6555826394008387584_nOù sont-ils les conseillers de Christiane Taubira qui confiaient à la presse en 2013 que les veilleurs debout, ces squatters pacifiques de la Place Vendôme, ne passeraient pas l’été ? Sans doute ne hantent-ils plus les murs de l’hôtel de Bourvallais. Nous, nous avons certes changé de nom pour devenir des Sentinelles, mais nous sommes toujours là, 5 ans après. Moins nombreuses certes, mais toujours aussi déterminées, et persuadées que le temps long nous donnera raison.

Le 24 Juin 2013, Jean-Baptiste se tenait debout le premier face au 13 place Vendôme : Nicolas était embastillé par la lettre de cachet d’un pouvoir revanchard et dont les tentations totalitaires ne connaissaient pas de frein. D’autres ont suivi, ont porté la revendication paisible et silencieuse d’une justice qui ne soit pas une parodie, de l’abrogation ou de la résistance aux lois sociétales nocives qui sacralisent le désir individuel de quelques peu, du respect de la dignité humaine … et toutes les aspirations personnelles que les Sentinelles ne formulent pas dans le silence qu’elles s’imposent.

Il n’est pas question d’oublier que 2013 fut d’une grande fécondité, que des initiatives de cette période persistent et servent, à leur mesure, le bien commun. Le cinquième anniversaire des Sentinelles sera fêté à leur manière le 25 juin en soirée : Chacune pourra veiller debout tournée vers le ministère de la justice, silencieuse, sans signe distinctif, déterminée, bienveillante, confiante, éloignée de quelques mètres de ses voisins et soucieuse de ne pas troubler l’ordre public. Néophyte ou multi-récidiviste chevronnée, vous êtes la bienvenue et vous pouvez nous rejoindre pour consacrer à votre veille le temps que vous jugerez utile. S’inscrire sur l’évènement Facebook https://www.facebook.com/events/866743080194251/ n’est en rien obligatoire. A bientôt.

Des Sentinelles de Paris

Posté le 13 juin 2018 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

10 juin 2018

Thibaud Collin : j'ai choisi à dessein ce terme de "vichysme mental" pour créer un électrochoc

Après la fermeture de son blog par le journal La Croix, Thibaud Collin appelle à la dissidence contre le « Vichysme mental ».

Posté le 10 juin 2018 à 10h51 par Michel Janva | Lien permanent

09 juin 2018

“La Croix”, pourquoi faire ? Retour sur le “vichysme mental”

Censuré sur La Croix, Thibaud Collin répond sur Valeurs Actuelles :

6a00d83451619c69e20223c8504f75200c-250wi"La Croix, dans son éditorial du 28 mai portant sur le référendum irlandais, déclare qu’il faut « respecter cette réponse » ouvrant la porte à la légalisation de l’avortement. Et le quotidien catholique d’ajouter pour justifier cette décision : « on sait que la vie n’est pas qu’un phénomène physique qui mettrait un signe strict d’égalité entre une vie déjà là, celle de la mère et une vie en devenir ». Il conclut en affirmant que « rendre possible l’IVG est une chose, faire en sorte qu’il en ait le moins possible en est une autre ». Une semaine après, je publie sur mon blog, créé sur le site de La Croix à sa demande, un texte intitulé « Avortement : non au vichysme mental ! » dans lequel je dénonce la contradiction entre une telle ligne éditoriale et l’identité catholique revendiquée par le quotidien. Le pape François a lui-même repris en 2014 les mots forts du concile Vatican II pour qualifier objectivement l’avortement de « crime abominable ». Et j’ajoute que l’argument consistant à justifier un tel acte en catégorisant les vies humaines, comme si l’une avait plus de dignité que l’autre, relève du vichysme mental que je détermine comme «l’ illusion de croire que l’on peut négocier ce qui n’est pas négociable ». En effet, la dignité de la vie humaine innocente ne peut être l’objet d’un respect quantifiable. La Croix ne daigne même pas nommer « l’enfant à naître », alors que même le Président de la République, lors de son discours au Collège des Bernardins, l’a fait. L’occultation du mot prépare et légitime l’occultation de la réalité. Deux jours après, Guillaume Goubert, directeur de la rédaction, réagit en supprimant mon blog et en m’accusant de porter contre le journal « une accusation grave et qui se veut infamante en utilisant l’expression vichysme mental ». Il juge mon propos comme étant guidé par « la volonté d’offenser ».

Quel est l’enjeu de fond ?

La Croix a choisi de porter le débat sur son honneur bafoué pour mieux se détourner de la question de fond : comment un journal soi-disant catholique peut-il soutenir sur un sujet si grave une position diamétralement opposée à l’enseignement et à la vie de l’Eglise ? En prétendant accéder à mon for interne, par nature inaccessible à autrui, Guillaume Goubert juge donc que j’ai choisi l’expression vichysme mental pour offenser volontairement son journal ; comme si j’avais procédé à une accusation gratuite, engendrée par un quelconque ressentiment ou méchanceté. Or j’ai choisi en toute connaissance de cause une telle expression, non pour offenser telle ou telle personne, mais pour provoquer un choc de conscience salutaire. Il me semble qu’un éditorial incarne, par définition, la ligne éditoriale d’un journal.

Il convient de bien expliquer pourquoi j’ai choisi une telle expression pour caractériser cette attitude que je ne suis pas le seul à trouver scandaleuse, au vu des nombreuses réactions qu’elle a suscitées. Cette expression a été choisie pour objectiver la violence incongrue d’une telle position dans un journal catholique. Il s’agit d’une analogie, c’est-à-dire d’un rapprochement entre deux situations différentes mais partageant un point commun central : une certaine similitude de rapport (par exemple, 2 est à 4, ce que 4 est à 8, à savoir la moitié). Ainsi je n’accuse évidemment pas la rédaction actuelle d’être antisémite. La Croix, dans les années 1980, a courageusement ouvert ses archives sur les périodes douloureuses de sa longue histoire[1]. J’établis une similitude de rapport entre l’attitude du gouvernement Laval en 1942 face aux exigences allemandes de déportation des Juifs [2], et la position actuelle manifestée dans cet éditorial face à la perspective de destruction légale d’enfants à naître, auxquels on a préalablement retiré « une partie » de leur dignité. Le rapport porte sur une capacité à transiger sur des principes humains fondamentaux en catégorisant des vies humaines : jadis, Juifs français et Juifs étrangers ; aujourd’hui, « vie déjà là » (la mère) et « vie en devenir » (l’enfant in utero). Mais l’enfant à naître n’est-il pas lui aussi une « vie déjà là » ? Et sa mère et le médecin ne sont-ils pas eux aussi des « vies en devenir » ?  

Enfin pourquoi qualifier ce vichysme de « mental » ? Pour circonscrire le champ d’application de l’analogie. La Croix ne tient certes pas des centres d’orthogénie ! Mais avec ce type de papier, elle contribue avec bien d’autres, à entretenir un climat intellectuel, moral et spirituel qui obscurcit les consciences au lieu de les interpeller. Climat qui engendre non seulement la suppression de nombreuses vies humaines mais aussi de grandes détresses chez les femmes, souvent victimes d’une « culture du déchet » ; sans parler des autres membres de la fratrie qui, on le sait de plus en plus, sont souvent eux aussi atteints.

Il convient donc pour conclure de dénoncer une nouvelle fois l’imposture que représente un journal prétendument catholique mais qui prend comme critère d’évaluation non pas le respect inconditionnel de la vie humaine innocente mais l’idéologie des droits de « l’individu total ». Comment ignorer qu’une telle idéologie engendre immanquablement des soi-disant « conflits de droits », le plus souvent arbitrés à l’avantage des plus forts, en l’occurrence ici de ceux qui peuvent revendiquer, manifester et même voter ? Face à cette domination injuste sur la vie humaine vulnérable, il est nécessaire d’en appeler au témoignage de la conscience morale, ce qui exige certes du courage ; celui-là même dont ont fait preuve les dissidents qui nous ont montré que toute injustice est forte de chacun de nos petits renoncements [3]


[1] Cent ans d’histoire de La Croix (1987), sous la direction de René Rémond et d’Emile Poulat

[2] Sur ce sujet : Robert O. Paxton, La France de Vichy (1973), 1999, Points-Seuil, p. 234-236 et François-Georges Dreyfus, Histoire de Vichy, Editions de Fallois (1990), 2004, p. 622-627

[3] Vaclav Havel,  « Le pouvoir des sans-pouvoir » et « La politique et la conscience », in Essais politiques, Calmann-Lévy, 1989

Posté le 9 juin 2018 à 10h02 par Michel Janva | Lien permanent

La Croix, un journal pour rien ?

Boulevard Voltaire revient sur la censure de Thibaud Collin par La Croix :

6a00d83451619c69e20223c8504f75200c-250wi"Le 4 juin, Thibaud Collin, philosophe, auteurs de nombreux ouvrages, professeur en classes prépas, reconnu parmi les intellectuels de notre temps écrivait un texte argumenté sur son blog pour répondre ou ouvrir un débat avec Isabelle de Gaulmyn, journaliste à la Croix. Elle avait salué, dans son éditorial du 28 mai, le vote irlandais favorable à l’avortement.Le professeur de philosophie s’interrogeait : « pourquoi le bien des mères passerait-il par la suppression de leur enfant ? Pourquoi taire que l’avortement loin de libérer la femme la ronge secrètement et durablement ? Fuit-on un mal par et pour un mal plus grand ? »

Son article présentait des propos argumentés, il développait un discours raisonnable permettant un débat sur le fond.

Seulement voilà, son blog était hébergé sur le site du journal La Croix. Et c’est ici que s’arrête la liberté d’expression. Le patron du journal, Guillaume Goubert n’a pas supporté cette contradiction, il n’a même pas souhaité engager une discussion sur le fond du sujet. Il n’est guère habitué à un haut degré de pensée politique et intellectuelle. Le titre fort pertinent de l’édito de Thibaud Collin : le « vichysme mental » aurait « offensé » La Croix. Le professeur est même accusé d’avoir cherché offenser volontairement le journal. Ce qui n’était pourtant pas le cas, son argumentation étant philosophique. Loin d’une insulte, il s’agissait d’éclairer une attitude intellectuelle : «  le vichysme mental » qui se traduit dans « cette illusion de croire que l’on peut négocier ce qui n’est pas négociable ».

Alors même qu’il avait été assuré de disposer d’une liberté éditoriale, le blog de Thibaud Collin sur le site de La Croix a été interrompu et ce message mis en ligne :

« À nos lecteurs
Nous comprenons très bien que Thibaud Collin ait tenu à exprimer dans son blog un désaccord grave avec l’éditorial de La Croix du 28 mai 2018. Nous respectons sa liberté et son désaccord, tout comme nous avons tenu à faire droit aux réactions négatives de nos lecteurs dans la rubrique « courrier ». Cependant, nous ne pouvons pas accepter que Thibaud Collin le fasse en disqualifiant le titre qui accueille ce blog. Il porte contre nous une accusation grave et qui se veut infamante en utilisant l’expression « vichysme mental ». Peut-on continuer à collaborer avec un titre que l’on discrédite ainsi ? Thibaud Collin, contacté par nos soins, n’y voit pas de contradiction. Nous, oui. Nous avons donc décidé, à regret, d’interrompre le fonctionnement de ce blog sur le site de La Croix. Ce qui ne nous empêchera pas de continuer à accueillir les critiques qui nous sont adressées, dès lors qu’elles sont formulées sans volonté d’offenser. »

Nous mesurons ici où s’arrête la liberté d’expression. Alors même que le philosophe défendait une position qui correspond à celle de l’Église catholique, c’est un journal « catholique » qui lui intime de se taire. Nous pouvons légitimement nous interroger : à quoi sert ce journal ? Quelle est son identité ?"

Posté le 9 juin 2018 à 09h57 par Michel Janva | Lien permanent

07 juin 2018

La Croix élimine sa collaboration avec Thibaud Collin, comme un vulgaire bébé à naître qui gêne...

La dernière note de Thibaud Collin sur son blog hébergé par La Croix a été très mal acceptée par la Rédaction du quotidien qui se dit catholique.

Selon Guillaume Goubert, directeur de La Croix, il est permis, comme Isabelle de Gaulmyn, de légitimer le droit à l'avortement, c'est-à-dire le crime de l'enfant à naître. Mais il n'est pas permis d'accuser le quotidien de collaborer avec les criminels de l'avortement, ce que Thibaud Collin a appelé "vichysme mental"...

Sa collaboration est donc supprimée... comme un bébé à naître qui vient gêner l'entre-soi...

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Posté le 7 juin 2018 à 12h04 par Michel Janva | Lien permanent

Gauche tarée : Nicolas Dupont-Aignan gagne son procès politique

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Posté le 7 juin 2018 à 10h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

De nombreux pharmaciens français licenciés par fidélité à leurs convictions

Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du European Centre for Law and Justice (ECLJ), est interrogé dans Le Figarovox sur les conséquences de la décision rendue lundi par la Cour suprême des États-Unis, concernant ce pâtissier qui avait refusé de faire un gâteau spécifique à 2 personnes du lobby LGBT :

Unknown-6"[...] Le couple d'hommes l'a traîné pendant six années devant les tribunaux pour cette raison. En réalité, ce combat juridique est révélateur des difficultés causées par le pluralisme croissant des sociétés occidentales où les «nouveaux droits» se heurtent aux anciens. Il est difficile de faire coexister les militants LGBT et les personnes qui estiment que l'homosexualité est peccamineuse. La Cour suprême a donné raison au pâtissier, en affirmant la protection des «objections religieuses et philosophiques au mariage gay». C'est donc une victoire pour la liberté de conscience. Cependant, cette décision a une portée limitée, car les juges américains ont tranché sur un aspect secondaire de l'affaire, estimant que les autorités du Colorado avaient fait preuve d'une «animosité évidente et inadmissible» à l'encontre de la foi chrétienne du pâtissier, dont les convictions ont été traitées de «rhétorique méprisable». [...]

Vous défendez aussi la liberté de conscience des pharmaciens...

Un pharmacien français a récemment été condamné pour avoir refusé de délivrer un stérilet à une militante du Planning familial venue pour le tester. Il nous a demandé de l'aider et déposera bientôt une requête à la CEDH. Nous estimons que la sanction qu'il a subie n'était pas nécessaire, et a donc violé sa liberté de conscience.

Son cas est loin d'être isolé: nous diffuserons à l'occasion de la requête de nombreux témoignages de pharmaciens français ayant été licenciés ou contraints d'abandonner l'exercice de leur profession par fidélité à leurs convictions. Une jeune fille nous a expliqué s'être réorientée après six années d'études, pour éviter la violation de sa conscience: «parce que la pilule du lendemain [...] va empêcher la nidation, je me dis que je ne peux pas empêcher [un] petit être de vivre ; je vais participer, en vendant la pilule du lendemain à l'interruption de sa vie, donc en conscience je ne peux pas». Toutes ses collègues qui ne voulaient pas vendre la pilule du lendemain sont parties, précise-t-elle, «parce qu'en pratique ce n'est pas possible».

Nous dénonçons en outre l'incohérence de la loi française qui reconnaît le droit à l'objection de conscience à toutes les professions médicales sauf aux pharmaciens, alors même qu'ils sont aujourd'hui en première ligne dans la délivrance de produits abortifs, et demain peut-être euthanasiques. Comme nous l'a expliqué une femme pharmacien, cela révèle un réel mépris de cette profession: «vous êtes là juste pour vendre les boîtes, vous vous taisez et vous faites ce que l'on vous dit». Or, les pharmaciens doivent avoir un rôle de soignants et de conseil: «certaines filles sont venues me remercier en me disant: «le fait que vous ayez refusé la vente m'a permis de voir les choses autrement et de mûrir ma décision». [...]"

Posté le 7 juin 2018 à 08h41 par Michel Janva | Lien permanent

06 juin 2018

Police médiatique : Georges Orwell n'y avait même pas pensé, Macron va le faire

Extrait d'une tribune de Philippe Lemoine dans le Figarovox, à propos de la proposition de loi relative à la lutte contre la manipulation de l'information :

Unknown-5"Le concept même de “fake news”, ainsi que l'hystérie autour de ce phénomène, paraît quelque peu douteux. Ce n'est pas, évidemment, que l'on puisse nier que des rumeurs sans fondement et autres fausses informations circulent sur Internet et les réseaux sociaux, mais les médias ont tendance à n'affubler ce label infamant qu'aux fausses informations ou supposées telles qui vont à l'encontre de l'idéologie dominante. Ainsi, quand par exemple Les Inrocks nous expliquent que les immigrés sont plus diplômés que la population française, ce qui est démontrablement faux, on n'entend pas beaucoup les cognoscenti crier à la “fake news”.

Ayant dit cela, on ne peut évidemment qu'être d'accord avec l'idée qu'il faut dans la mesure du possible chercher à réduire la diffusion des informations fausses ou inexactes, du moment que ça s'applique à toutes et pas seulement à celles qui ont l'heur de déplaire aux grands prêtres de l'idéologie dominante. Mais encore faut-il s'assurer que le remède qu'on propose pour y parvenir ne soit pas pire que le mal et on peut hélas craindre que ce soit le problème avec le texte qui vient de sortir de la commission et qui doit être examiné dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale le 7 juin.

Le texte propose notamment de créer une nouvelle procédure qui, en période électorale, permet au juge des référés de faire cesser immédiatement la diffusion de fausses informations “de nature à altérer la sincérité du scrutin” à la demande “du ministère public, de tout candidat, de tout parti ou groupement politique ou de toute personne ayant intérêt à agir”. Une fausse information y est par ailleurs définie comme “toute allégation ou imputation d'un fait dépourvue d'éléments vérifiables de nature à la rendre vraisemblable”. Une fois saisi, le juge aura quarante-huit heures pour se prononcer.

Le problème est que cette définition est tellement vague qu'on ne sait pas bien ce qui peut tomber sous le coup de cette loi. Après tout, si les gens étaient d'accord sur ce qui constitue des éléments vérifiables de nature à rendre une allégation vraisemblable, ça se saurait. Il est fort probable que, selon le juge qui aura à décider, la décision sera différente. Une loi aussi vague est en effet une invitation à l'arbitraire et, s'il y a une chose dont on peut être certain, c'est que si une loi permet les abus alors il y en aura. De la même façon, la question de savoir si la diffusion d'une information est “de nature à altérer la sincérité du scrutin” n'admet souvent pas une réponse claire, mais il faudra pourtant bien que le juge se prononce.

Pire, il n'aura que quarante-huit heures pour se prononcer, autant dire rien du tout. Quand on sait le nombre de dossiers qui arrivent chaque jour sur le bureau des juges, et la difficulté qu'il y a à déterminer si une information tombe sous le coup de cette loi dans un grand nombre de cas, on peut légitimement craindre que la censure ne s'abatte sur beaucoup d'informations qui, vraies ou fausses, devraient faire l'objet d'un débat et pas d'une ordonnance de justice. C'est d'autant plus vrai que, à en juger par la façon dont la justice française utilise l'arsenal législatif déjà existant, on peut douter que, dans la plupart des cas, le juge des référés se prononcera dans le sens de la liberté d'expression en cas de doute… [...]

Cette proposition de loi accroît également les pouvoirs du CSA, qui pourra désormais refuser une convention à un service de radio ou de télévision si celui-ci “comporte un risque grave d'atteinte à la dignité de la personne humaine, à la liberté et à la propriété d'autrui, au caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion, à la protection de l'enfance et de l'adolescence, à la sauvegarde de l'ordre public, aux besoins de la défense nationale et aux intérêts fondamentaux de la Nation, dont le fonctionnement régulier de ses institutions”. Encore une fois, cet article de la proposition de loi est à la fois remarquablement vague et large d'application (donc se prête à beaucoup d'abus), mais pour couronner le tout il pousse même l'absurdité jusqu'à nous expliquer qu'il pourrait être utile d'interdire un service de radio ou de télévision afin de protéger le “caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion”. Même Orwell n'aurait pas osé imaginer une chose pareille dans 1984! On se demande vraiment ce qui peut passer par la tête des parlementaires quand ils votent une telle disposition. [...]"

Posté le 6 juin 2018 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (13)

05 juin 2018

Changer un mot c’est déjà travestir la réalité

Anne Isabeth était au pèlerinage du monde des médias, samedi 2 juin. Elle écrit dans Présent :

DemB7d6WsAAj8Q7"Se laisser purifier par la vérité. » Vaste sujet à l’heure où tous les médias se sont mis à la chasse aux «fake news» et où le gouvernement entend dire à nos concitoyens ce qu’ils doivent croire et penser. Une telle réflexion ne pouvait donc tomber mieux pour la 11e édition du pèlerinage du monde des médias, organisée le 2 juin par Aymeric Pourbaix, directeur de l’agence de presse I-Media et ancien directeur de la rédaction de Famille Chrétienne. Pour traiter du sujet : le philosophe et historien Rémi Brague ainsi que le père Jean-Pascal Duloisy, exorciste du diocèse de Paris.

Dans le cadre superbe de l’église du Val-de-Grâce, le premier a disserté sur les liens qui unissent la liberté, et même la liberté de conscience, et la vérité. Liberté et vérité sont-elles amies ou ennemies ? Il existe des vérités factuelles où la liberté n’a aucune incidence : Paris se trouve en France, point. Mais qu’en est-il pour d’autres vérités ? Celle qui concerne l’être humain, son action, sa destinée ? La réalité d’un événement est totalement livrée à la perception de celui qui le voit. Que l’on soit adorateur du grand Skippy ou libéral patenté, il ne sera pas rendu de la même façon. L’information a besoin d’être vérifiée, réfléchie, méditée – d’où le risque que représente cette course à l’information si caractéristique des médias aujourd’hui. Pour illustrer son propos, Rémi Brague a cité Péguy : « Il faut toujours dire ce que l’on voit. Surtout, et c’est plus difficile, il faut toujours voir ce que l’on voit. »

Le sujet est d’autant plus intéressant que la vérité n’a pas vraiment bonne presse aujourd’hui où tout le monde en appelle au relativisme et veut clamer sa vérité. Il faut dire aussi, comme le notait le philosophe, que la perception que l’homme a de la vérité a beaucoup changé. Dans le monde antique et au Moyen Age, la vérité ne pouvait qu’être belle. Cette vision a profondément changé, notamment avec les romantiques qui ont introduit cette idée que la vérité pouvait être plus désagréable que le mensonge et l’illusion. Pourquoi choisir la vérité dans ces cas-là ? Parce qu’elle est essentielle à l’homme, fait à l’image de Dieu qui est la Vérité. Rémi Brague citait Soljenitsyne évoquant, dans un de ses ouvrages, la souffrance terrible que représente le mensonge perpétuel :

« Le mensonge absolu, obligatoire, est la pire souffrance que nous impose le pouvoir. »

Qui pouvait également mieux nous parler de la vérité qu’un prêtre confronté régulièrement, de par sa fonction, au prince du mensonge ? Le père Duloisy, au franc-parler rafraîchissant, a tenté de montrer comment l’on pouvait se laisser purifier par la vérité. « Dans tout ce que vous faites, dans tout ce que vous dites, restez toujours en contact avec votre insignifiance. » Le ton est donné. Selon l’exorciste du diocèse de Paris, l’humilité est essentielle dans l’exercice de ces métiers de l’information et de la communication. Essentielle car il est nécessaire de s’effacer devant la Vérité. « C’est Dieu qui travaille. Il ne vous reste qu’à dire : Que Votre volonté soit faite. » « On ne possède pas la vérité, c’est la vérité qui doit nous posséder. » Il a également mis en avant l’importance d’une juste utilisation des mots. Car les mots ont leur signification, leur poids, leur portée et donc leur conséquence. Il n’est pas utopique de se battre pour un mot. Changer un mot c’est déjà travestir la réalité. Et il conclut : « Le meilleur remède contre le mensonge c’est le bon esprit de l’Evangile. »

Posté le 5 juin 2018 à 13h43 par Michel Janva | Lien permanent

Rassemblement en soutien à Tommy Robinson : menace sur la liberté d'expression en Occident

Hier à Paris avait lieu une manifestation de soutien à Tommy Robinson, emprisonné en Angleterre pour avoir osé filmer devant un procès de prédateurs sexuels. Voici les interventions :

Posté le 5 juin 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

01 juin 2018

4 juin : Manifestation de soutien à Tommy Robinson

Le CNRE et ses deux fondateurs, Renaud Camus et Karim Ouchikh, organisent un rassemblement de soutien à Tommy Robinson, patriote britannique abusivement incarcéré pour ses opinions politiques, le lundi 4 juin à 18 h 30 à Paris, au pied de la statue de Winston Churchill. Soyons nombreux à défendre la liberté d’expression en France et en Europe !

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Posté le 1 juin 2018 à 17h30 par Michel Janva | Lien permanent

30 mai 2018

Loi sur les fausses nouvelles : la Pravda pour tous

Lu dans Les 4 Vérités :

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Cette loi est liberticide et ressemble parfaitement à une forme de censure imposée par le pouvoir. Il ne peut pas y avoir d’information « vraie » cautionnée et approuvée par le pouvoir. Les Français sont suffisamment responsables pour faire le tri. C’est justement l’abondance de l’information et la possibilité de s’informer librement qui nous donnent les repères nécessaires.

Posté le 30 mai 2018 à 09h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

29 mai 2018

Angleterre : Tommy Robinson condamné et incroyablement censuré

Lu dans Valeurs Actuelles :

DeNH0bkW4AAOBk2"La condamnation à 13 mois de prison du militant nationaliste britannique et journaliste indépendant, Tommy Robinson, arrêté alors qu’il filmait en direct sur Internet devant le tribunal de Leeds, où se tenait un procès supposé de prédateurs sexuels indo-pakistanais, suscite une avalanche de critiques.

Le cofondateur et ancien porte-parole de l’English Defence League (EDL), un mouvement identitaire qui s’oppose à l’immigration massive et à l’islamisation du Royaume-Uni, a été arrêté ce vendredi 25 mai pour « atteinte à l'ordre public » à l'entrée du bâtiment pendant qu’il interpellait plusieurs hommes quittant le tribunal, qui lui ont répondu par des injures.

« C'est ridicule ! Je n'ai pas dit un mot, je n'ai rien fait ! » Sur une vidéo virale, diffusée sur Facebook et visionnée plus de trois millions de fois, on peut voir Tommy Robinson demander les raisons de son arrestation, réclamer plusieurs fois la présence d’un avocat et déclarer aux policiers : « C’est la liberté d’expression, voilà où on en est ! »

Le même jour, le militant de 35 ans, déjà condamné avec sursis pour « outrage au tribunal » en 2017, écopait de 13 mois de prison ferme et était envoyé directement en détention, a rapporté Fox News. Dans son jugement, le juge a même interdit aux médias britanniques de couvrir l’affaire pour éviter de compromettre le procès des pédophiles présumés.

Selon une source, contactée par la chaîne américaine, l’avocat de l’activiste s’inquiète que la sentence, compte tenu de la présence de membres de gangs musulmans en prison, ne soit une condamnation à mort : « L’avocat de Tommy a dit qu’il mourrait probablement en prison étant donné son profil et de précédentes menaces crédibles, et le juge a dit qu’il s’en moquait. »

Après avoir publié des articles sur l’affaire, les organes de presse anglais les ont brutalement censurés de leurs sites pour se soumettre à la décision orwellienne du juge, ajoutant à la colère de nombreux internautes. Ses soutiens ont diffusé le hashtag #FreeTommy sur Twitter et ont même manifesté samedi devant le 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre Theresa May, restée silencieuse. [...]

 

Posté le 29 mai 2018 à 12h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (24)

Censure à la turque

Lu dans Présent :

9119-p4-breves"Une kiosquière du Pontet (Vaucluse) ne s’attendait pas à ce qu’une dizaine de Turcs viennent, vendredi, réclamer qu’elle ôte de son kiosque la une du Point sur laquelle Erdogan est qualifié de « dictateur ». Jean-Paul Abonnenc, directeur général de MédiaKiosk, raconte que la kiosquière, « un peu paniquée », a alors appelé un des agents de MédiaKiosk. Celui-ci, arrivé sur les lieux, et « compte tenu de la pression qui était exercée sur lui », a retiré l’affiche. On se demande bien en quoi a consisté cette « pression », mais elle n’était apparemment pas amicale. Le maire FN du Pontet, Joris Hébrard, a dénoncé des incidents « inacceptables » : « On ne transige pas avec la liberté d’expression en France et encore moins au Pontet. » Il a exigé que la une du Point soit de nouveau affichée, ce qui a été fait samedi… non sans renforts d’agents de la police municipale et d’une dizaine de gendarmes. Un cas analogue se serait produit à Valence."

Posté le 29 mai 2018 à 12h30 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

26 mai 2018

Loi fakes news et ministère de la vérité

De Guy Rouvrais dans Présent :

Unknown-8"Les députés ont examiné en commission la proposition de loi voulue par le gouvernement sur les fake news, lequel gouvernement toutefois n’a pas voulu en avoir l’initiative, ce sont donc les élus LREM qui l’ont proposée. [...]

La commission des lois, avant la discussion du texte en séance le 7 juin, a donc dû définir ce qu’est une fausse nouvelle. Ce qui, en effet, est un préalable et c’est là que gît le lièvre. Apparemment, le sens de « fausse nouvelle » est obvie, c’est une nouvelle… fausse. Naïma Moutchou, rapporteur LREM de la proposition, la distingue toutefois de la fausse information, rien n’est simple… En effet, selon elle, « plus large que la notion de “fausse nouvelle”, la “fausse information” vise les informations dépourvues de tout élément de fait contrôlable de nature à les rendre vraisemblables ». C’est cette définition que la commission a retenue.

Le rapporteur précise que l’enjeu est d’« éviter qu’une atteinte disproportionnée puisse être portée à la liberté d’expression », sachant que « la lutte contre les fausses informations serait circonscrite aux cas dans lesquels il est établi que la diffusion de telles informations procède de la mauvaise foi ». Enregistrons l’aveu : il s’agit bien d’une atteinte à la liberté d’expression mais que le législateur entend limiter selon la bonne ou la « mauvaise foi » de celui qui la diffuse. Une notion éminemment subjective, seul Dieu pouvant sonder le cœur et les reins. Plus prosaïquement, cela revient à décider en fonction de la tête du client…

En outre, pendant les trois mois précédant une élection, des obligations de transparence renforcées seront imposées aux plateformes numériques. L’auteur d’une fausse information sera passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. Seuls les candidats et les formations politiques pourront saisir le juge des référés, qui devra prendre dans les 48 heures « les mesures proportionnées et nécessaires » pour faire cesser la diffusion de la fausse information, comme si dans ce laps de temps la justice avait les moyens de vérifier son authenticité et d’apprécier la bonne ou mauvaise foi du diffuseur !"

Toujours dans cette proposition de loi, obligation est faite aux plateformes et moteurs de recherche de "promouvoir les contenus d'information produits par les entreprises de presse".

Posté le 26 mai 2018 à 15h30 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

25 mai 2018

Le directeur de Valeurs Actuelles Yves de Kerdrel quitte le journal

Erik-199x300Yves de Kerdrel est remplacé par Erik Monjalous, passé par l’AFP et L’Opinion. Erik Monjalous (photo) a été durant 5 ans directeur commercial et marketing de l’AFP, de 2006 à 2011. Précédemment, Erick Monjalous a été directeur du développement au sein du groupe Reed Elsevier. Il a aussi travaillé pour les groupes Lagardère et Thomson-Reuters. Il est titulaire d’une maîtrise de gestion, d’un DESS de gestion des télécommunications, de la télévision et de la télématique, ainsi que d’un MBA CPA de HEC.

Après l'AFP, Erik Monjalous est devenu directeur général adjoint de Sipa et directeur du développement au sein de LexisNexis (Reed Elsevier), puis président de l'agence de presse numérique 6Médias. L'Opinion lui avait confié en 2015 une mission pour accroître sa présence sur les différents formats et supports digitaux.

Yves de Kerdrel précise qu’il a « accepté de poursuivre sa collaboration au sein du magazine Valeurs actuelles en tant qu’éditorialiste ».

Geoffroy Lejeune, déjà directeur de la rédaction depuis 18 mois, est confirmé à son poste par les actionnaires.

Posté le 25 mai 2018 à 19h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

11 mai 2018

Victoire pour Riposte Laïque : la Cour d'Appel de Paris relaxe Pierre Cassen

La Cour d'Appel de Paris vient de confirmer, un an après, la décision de la 17e Chambre correctionnelle : elle a relaxé Pierre Cassen, estimant ne pas disposer de suffisamment de preuves pour établir qu'il demeurait le directeur de publication de Riposte Laïque, ce que voulaient démontrer le Parquet de Paris et les associations dites antiracistes.

Cette décision ne met pas fin au harcèlement  judiciaire subi depuis plusieurs années par Pierre Cassen. En effet, ce dernier passera de nouveau devant les tribunaux, le 23 mai, le 13 juin et le 27 juin ! Mais Pierre Cassen et son avocat, Maître Pichon, forts de cette relaxe, seront en bien meilleure position pour répondre aux accusations obsessionnelles des associations dites antiracistes et du Parquet.

Posté le 11 mai 2018 à 08h41 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

08 mai 2018

Offre spéciale : abonnement aux 4 Vérités à moitié prix

Capture d’écran 2018-05-08 à 16.44.01Guillaume de Thieulloy, directeur du Salon beige, vous propose de découvrir ou de faire découvrir à des amis "Les 4 Vérités", hebdomadaire ouvert à toutes les droites et engagé depuis des années dans la promotion de l'entente à droite, en profitant d'une offre exceptionnelle:

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Posté le 8 mai 2018 à 19h25 par Michel Janva | Lien permanent

05 mai 2018

Le directeur général de Facebook France est Laurent Solly, ancien directeur adjoint de la campagne de Sarkozy

De Jean-Yves Le Gallou sur Polémia, à propos de l’opération de communication réussie de Génération Identitaire dans les Alpes et de la censure totalitaire de la page Facebook de Génération Identitaire. Une censure demandée par l’extrême-gauche et les identitaires africains, main dans la main avec la Licra et la Dilcrah, et appliquée par un ancien sarkozyste :

Capture d’écran 2018-05-05 à 10.49.52"L’Etat français souhaite la censure des identitaires

« Contre les messages racistes et homophobes postés sur internet, vous travaillez directement avec les plateformes comme Google, Facebook… ?
– Oui. On est passé d’une situation de déni des opérateurs […] à une prise de responsabilité assez nette. La difficulté, c’est qu’entre l’océan de haine qui se déverse et nos moyens, la réponse n’est pas à la hauteur. Il faut qu’on passe de l’artisanat à la phase industrielle. »

Cette réponse de Frédéric Potier – préfet, délégué de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH)à un journaliste de Libération le 5 février dernier était un avertissement prémonitoire. Face à ce que la gauche appelle « les discours de haine », la réponse de l’Etat et des grands réseaux sociaux allaient s’avérer déterminée. Alors, quand Facebook a désactivé la page de Génération Identitaire et la page de Defend Europe, Frédéric Potier jubilait, avouant à demi-mot avoir contribué à cette censure. Un quasi-aveu et un clin d’œil adressés à la Licra qui considérait que cette censure était comme « Noël avant la date ». Ce message d’un préfet démontre clairement que l’Etat français n’a pas peur de censurer les citoyens qui considèrent que défendre ses frontières et stopper l’immigration est une bonne chose. C’est extrêmement grave et inquiétant.

C’est d’autant plus préoccupant que l’opération des Identitaires n’avait été entachée d’aucune illégalité et d’aucune violence ! Le Parquet n’avait d’ailleurs rien pu leur reprocher, au grand dam de l’immense majorité des journalistes français qui, tout d’un coup, se révélaient comme des défenseurs d’une justice sévère et expéditive…

Laurent Solly, de sarkozyste à censeur soumis au politiquement correct

Le directeur général de Facebook France est Laurent Solly [photo]. Ce haut fonctionnaire et préfet est un sarkozyste pur et dur. Il a d’abord été conseiller technique de l’ancien président, avant d’être son chef de cabinet au ministère de l’Économie. Il est même directeur adjoint de la campagne de 2007 de Sarkozy. Une campagne au cours de laquelle il déclare : « La réalité n’a aucune importance, il n’y a que la perception qui compte. » Après sa période de haut-fonctionnaire et homme politique, il entre au groupe TF1en 2007 puis chez Facebook en 2013. C’est donc cet ancien représentant de la droite « dure » qui a cédé à la pression de la Dilcrah pour censurer la page d’une structure souhaitant la défense des frontières françaises.

La privatisation de la censure d’Etat

Le mécanisme de cette censure inique est également frappant. Il inaugure ce qui semble devenir la future norme dans en post démocratie française : l’Etat, via la Dilcrah, décide d’une censure contre une structure ou une personne et l’entreprise exécute. Les victimes sont privées de toute garantie judiciaire. Voilà le nouveau monde de Macron, voilà ce que la patrie du libre-débat est devenue sous les assauts de politiquement correct : une Corée de l’Ouest."

Posté le 5 mai 2018 à 10h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

04 mai 2018

Liberté d'expression ? Facebook censure certains comptes

Les Identitaires réagissent à la censure exercée par Facebook à leur encontre, alors même qu'ils n'on rien commis d'illégal.

A comparer avec les Black blocs, dont le compte est toujours en ligne. Hier, le tribunal de Paris a reporté au 30 mai le procès de plusieurs gardés à vue suite aux violences du 1er mai, tout en plaçant 2 personnes, qui avaient donné de fausses identités durant leur garde à vue, sous mandat de dépôt.

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Posté le 4 mai 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

03 mai 2018

Les propos d'Eric Zemmour entre la cour d'appel et le CSA

Eric Zemmour a été condamné, jeudi 3 mai, par la cour d’appel de Paris à 5 000 euros d’amende pour provocation à la haine religieuse. Lors de l’émission « C à vous » diffusée le 6 septembre 2016 sur France 5, il avait estimé qu’il fallait donner aux musulmans « le choix entre l’islam et la France ». Il avait affirmé que la France vivait « depuis trente ans une invasion » et que « dans les innombrables banlieues françaises où de nombreuses jeunes filles sont voilées » se jouait une « lutte pour islamiser un territoire », « un djihad ». La cour d’appel a estimé que ces deux passages « visaient les musulmans dans leur globalité et constituaient une exhortation implicite à la discrimination ».

En revanche, la cour n’a pas retenu trois autres passages de l’émission, pour lesquels Eric Zemmour avait été condamné en première instance : « tous les musulmans, qu’ils le disent ou qu’ils ne le disent pas » considèrent les djihadistes comme de « bons musulmans ». La cour d’appel a estimé que ces passages ne comportaient « pas d’exhortation, même implicite, à la provocation à la haine». Outre l’amende, Eric Zemmour a été condamné à verser 1 euro de dommages et intérêts à l’association CAPJPO EuroPalestine, qui avait engagé les poursuites, et 3 000 euros pour les frais de justice.

Par ailleurs, le CSA a mis Europe 1 en demeure, suite aux propos tenus par Eric Zemmour sur Omar Sy, dans l’émission "Village Médias", le 17 octobre 2017. Le journaliste, faisant écho à une polémique l'opposant publiquement à Omar Sy, avait déclaré : "Je sais bien qu'entre Trappes et Hollywood, il n'a pas eu le temps de maîtriser la langue française ...". Le CSA indique :

"Après examen de la séquence litigieuse, le CSA a considéré que l’animateur de l’émission [Philippe Vandel, ndlr] a fait preuve d’une insuffisante maîtrise de l’antenne alors qu’étaient tenus des propos véhiculant des stéréotypes stigmatisants à l’égard des habitants de certaines villes".

"Le CSA a donc mis en demeure la société Lagardère Active Broadcast, éditrice du service de radio Europe 1, de se conformer aux obligations des articles 2-4 et 2-10 de sa convention en vertu desquelles elle est tenue, d’une part, de promouvoir les valeurs d'intégration et de solidarité qui sont celles de la République, de contribuer aux actions en faveur de la cohésion sociale et de lutter contre les discriminations et, d’autre part, de conserver la maîtrise de son antenne".

Posté le 3 mai 2018 à 16h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

02 mai 2018

Si Poutine censurait des sites internet, que ne dirait-on pas ?

Génération Identitaire a vue sa page Facebook fermée sans procès. Sur Twitter, la LICRA se réjouit, tout comme Frédéric Potier, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT :

Posté le 2 mai 2018 à 22h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (17)

Pas si longtemps, monsieur le préfet de police !

Capture d’écran 2018-05-02 à 19.55.49Le préfet de Police de Paris comme la presse se sont félicités du nombre de gardes à vue opérées chez les Blacks blocs lors des pillages et violences diverses du 1er mai. Michel Delpuech, préfet de police, a ainsi déclaré :

"Il y a fort longtemps qu'on a pas vu un bilan de ce niveau". "Nous avons procédé à 283 interpellations. 153 personnes ont été présentées à un officier de police judiciaire. 109 sont en garde à vue".

Pas si longtemps en fait, si l'on remonte à la seule journée du 26 mai 2013, quand la police avait placé 231 manifestants de la Manif pour tous en garde à vue. Mais comparaison n'est pas raison : ces derniers n'avaient rien brisé, brûlé ni pillé.

Et ce n'est pas tout, car le préfet de police ajoute :

"Le problème, ce n'est pas de les repérer, c'est de savoir si on peut les interpeller. Il faut bien comprendre qu'on est dans le cadre d'un État de droit. La liberté de manifester existe, la liberté d'aller et venir aussi". "Le fait de s'habiller en noir, je suis désolé, ce n'est pas suffisant pour être interpellé".

Alors que porter un polo de La Manif Pour Tous, nous l'avions constaté, s'était bien suffisant pour être interpellé (souvenez-vous).

Posté le 2 mai 2018 à 19h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

30 avril 2018

L’exclusion de Charles Maurras des commémorations a eu pour effet de remettre sa personne au cœur de l’actualité

Vendredi 27 avril à Saint-Etienne, 4 militants de l’Action Française ont été mis en examen pour « attroupement armé » après avoir été pris à partie par un groupe anti fasciste qui tentait d’empêcher la tenue d’un cercle d’étude sur Charles Maurras. François Bel-Ker, secrétaire général de l’Action française revient au micro de Boulevard Voltaire sur cet événement. Il se réjouit que l’exclusion de Charles Maurras des commémorations ait eu pour effet de remettre sa personne au cœur de l’actualité et dénonce le regain de violence dont sont victimes les membres de l’Action Française.

Posté le 30 avril 2018 à 18h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Gérard Leclerc ne participe pas du procès fait aujourd’hui contre ce qu’on appelle le repli identitaire

Gérard Leclerc, éditorialiste à France Catholique et Radio Notre-Dame, est interrogé dans La Nef sur Mai 68. Extraits :

Vous consacrez un chapitre à Maurice Clavel : quelle était sa « perspective chrétienne » sur Mai 1968 ?

Unknown-17Maurice Clavel est un personnage clé de cette période, dont il a donné une analyse personnelle, qui défiait toutes les coordonnées sociologiques et idéologiques en cours. Il s’était converti au catholicisme à la suite d’une violente crise intérieure, qu’il racontera par la suite dans un grand livre intitulé Ce que je crois. C’est à la lumière de sa propre expérience qu’il comprend la crise de 68. Car il s’agit pour lui non pas d’un problème d’adaptation à des mutations technologiques ou économiques, mais d’une crise qui met en cause les fondements souterrains d’une civilisation. Celle-ci n’a plus les énergies nécessaires pour donner du sens à l’existence sociale. Fondamentalement, c’est le rapport de la société à l’absolu qui est en cause. Un absolu que les Lumières et les idéologies modernes ont voulu abolir et qui se réveille d’une façon intempestive pour nous secouer. Il est auprès des gauchistes les plus incandescents, car il a le sentiment que leur extrémisme est sans débouché s’il n’aboutit pas à une véritable metanoïa spirituelle. Pour ma part, je l’ai lu sur le moment et j’ai totalement adhéré à son diagnostic. Plus tard je l’ai rencontré et je me suis trouvé en communion avec son projet qui se précisait à mesure d’une révolution spirituelle de fond engageant un changement de trajectoire de l’Occident.

Les chrétiens, expliquez-vous, ont néanmoins laissé passer la chance et Clavel a eu ce mot à leur propos : « Vous n’êtes pas allés au monde, vous vous êtes rendus au monde ». Partagez-vous son analyse ?

Les chrétiens de gauche de l’époque n’étaient pas du tout sur la même longueur d’onde. Ils voulaient, pour beaucoup, « casser la baraque ». Ce n’était pas l’intention de Clavel qui, au contraire, venait d’entrer dans l’institution, comme chrétien de base, pratiquant de la messe quotidienne. De plus, ces chrétiens étaient complètement retardataires, considérant encore que c’est l’alliance avec les communistes qui permettrait à un projet évangélique de se réaliser. Il n’était question à l’époque que de dialogues chrétiens-marxistes, alors que pour Clavel le marxisme entrait dans sa phase terminale, et que les militants révolutionnaires qui l’entouraient étaient sur le point de le répudier. Il n’était pas dupe du langage soixante-huitard qui semblait annoncer un renouveau du marxisme. Celui-ci était en train de vivre ce qu’il appelait « un été de la saint Martin » qui devait consommer sa disparition. Il s’insurgeait en même temps contre une véritable apostasie qui consonnait avec la crise post-conciliaire. [...]

Vous critiquez « ceux qui font si aisément leur deuil de feu la chrétienté et qui accusent de dérives identitaires les gens qui s’accrochent à cette mémoire » : pourriez-vous nous expliquer les raisons de votre critique ?

Oui, je ne participe pas du procès fait aujourd’hui contre ce qu’on appelle le repli identitaire et la tendance de certains à se réclamer d’un héritage fondateur, alors même qu’ils se sont éloignés de la foi chrétienne. Que l’on veuille purifier ces tendances de leurs scories, évidemment je n’y vois pas d’inconvénient. Mais attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Et l’eau du bain peut-être précieuse. Il vaudrait mieux faire preuve de pédagogie que de condamner, en montrant la richesse et la profondeur de l’héritage et en renvoyant aux sources nourricières, voire à ce que le président de la République a fort heureusement appelé « la sève » qui innerve l’arbre depuis les racines. [...]"

Posté le 30 avril 2018 à 18h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

29 avril 2018

Le directeur général de Valeurs Actuelles Yves de Kerdrel pourrait être licencié

Unknown-15Un conseil d’administration de la société éditrice Valmonde & Cie s’est tenu le 27 avril. Les représentants du personnel présents à ce conseil ont découvert à cette occasion que le directeur général, Yves de Kerdrel, était sur le point d’être licencié par les actionnaires, alors que jamais les résultats financiers du journal n’ont été aussi élevés. L’administrateur Jean-Claude Dassier pourrait être révoqué.

Addendum : En octobre 2017, Le Monde indiquait que le parquet de Paris avait ouvert une enquête, à la suite d’une plainte du groupe Valmonde, qui se dit victime d’un détournement « de plusieurs millions d’euros » par un système de surfacturation. Ce système de surfacturation aurait profité à une personne extérieure au journal et à un responsable du groupe, qui a été mis à pied à titre conservatoire, et contre lequel une procédure de licenciement pour faute lourde a été engagée. S'agit-il d'Yves de Kerdrel ?

Addendum 2 : Non il ne s'agit pas d'Yves de Kerdrel, qui est celui qui avait dénoncé ce système. Le responsable du journal mis à pied est Antoine Broutin, secrétaire général de Valmonde.

Posté le 29 avril 2018 à 17h04 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (24)

27 avril 2018

Il est évident qu’aujourd’hui être patriote est une raison de subir quelques attaques

Porte-parole de Génération Identitaire, Romain Espino a subi une campagne de cyber-harcèlement suite à l’opération « Stop Migrants Alpes » : plusieurs comptes twitter anonymes ont diffusé l’adresse et le numéro de son employeur dans l’objectif d’obtenir son licenciement. Il est interrogé par L'incorrect :

7EpDKgBN_400x400"Regrettez-vous, après coup, d’être apparu à visage découvert lors de votre opération dans les Alpes, ou assumez-vous toujours pleinement votre engagement militant ?

Je ne regrette rien. Je milite depuis 8 ans, je ne me suis jamais caché et ai souvent répondu aux sollicitations des médias à visage découvert et encore plus quand j’ai eu l’occasion de prendre la fonction de porte parole du mouvement de façon officielle. Génération Identitaire met en avant et propose des solutions sur les principales préoccupations des Français à savoir, la sécurité, l’identité et l’immigration. Pourquoi se cacher ? Qui de mieux pour porter la voix de l’Europe que la jeunesse ? Malgré toutes les attaques que j’ai pu recevoir par des opposants qui avancent masqués derrière leur pseudonyme twitter et qui soutiennent l’immigration illégale et les associations violentes de passeurs, je reste déterminé. Je me bats pour les miens, ces gens qui sont venus à notre rencontre lors de nos actions, ces Français qui aiment la terre sur laquelle ils sont nés et qui sont pris en otage par une minorité d’associations de hors la loi et sont abandonnés des pouvoirs publics. Les attaques des ennemis de l’Europe d’un coté et le soutien et les remerciements des Français et des Européens que je rencontre de l’autre ne font que faire grandir ma détermination.  

Croyez-vous subir une campagne de calomnie à raison de la nature de vos convictions ? Une personne affichant des opinions d’ultragauche, ou pratiquant le prosélytisme religieux, aurait-elle eu droit au même traitement ?

Il est évident qu’aujourd’hui être identitaire, être patriote peut être une raison de subir quelques attaques. Des attaques émanant d’une minorité visible car très agitée et virulente, mais d’une minorité. Sans doute celle-ci est elle portée par le climat de bien-pensance instauré a la fois par des médias enfermés dans leurs carcans idéologiques et des dirigeants qui manquent cruellement de courage politique. Dans de telles conditions, ceux qui défendent des valeurs traditionnelles sont beaucoup plus attaqués que ceux qui s’opposent à la tradition et donc à l’identité. Mais ce qui compte c’est le pragmatisme, le constat d’une réalité, de ce que veulent les Français et les Européens, vivre en paix, chez eux.

Avez-vous reçu de nombreux soutiens ? Certains plus inattendus que d’autres ? 

Oui, j’ai reçu de nombreux soutiens. Des soutiens inattendus de personnes opposées sur le fond mais qui trouvent la forme, cette attaque de la vie privée, inadmissible. Des soutiens publics d’élus et de sympathisants sur les réseaux sociaux mais également par téléphone ou par message. Le soutien de tous mes amis de Génération Identitaire avec qui nous agissons au quotidien pour défendre les valeurs et les modes de vie qui font la France et l’Europe. Mais surtout le soutien de toutes ces personnes directement victimes de l’immigration massive qui remercient une jeunesse qui se bat pour eux. [...]"

Posté le 27 avril 2018 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

25 avril 2018

Dénoncer le militantisme politique des journalistes, ce n'est pas porter atteinte à la liberté de la presse

Capture d’écran 2018-04-25 à 07.54.34L’édition 2018 du Classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) témoigne de l'hostilité croissante des responsables politiques à l’encontre des journalistes. L'ONG classe ainsi sur le même plan les persécutions physiques, comme en Corée du Nord, et la dénonciation par Donald Trump du militantisme politique des journalistes : 

"L’hostilité des dirigeants politiques envers les médias n’est plus l’apanage des seuls pays autoritaires comme la Turquie (157e, -2) ou l’Egypte (161e), qui ont sombré dans la “média-phobie” au point de généraliser les accusations de “terrorisme” contre les journalistes et d’emprisonner arbitrairement tous ceux qui ne leur prêtent pas allégeance.

De plus en plus de chefs d’Etat démocratiquement élus voient la presse non plus comme un fondement essentiel de la démocratie, mais comme un adversaire pour lequel ils affichent ouvertement leur aversion. Pays du Premier amendement, les Etats-Unis de Donald Trump figurent désormais à la 45e place du Classement, en recul de deux places. Le président adepte du “media-bashing” décomplexé, en qualifiant les reporters d’“ennemis du peuple”, use d’une formule utilisée autrefois par Joseph Staline."

Ainsi, il serait interdit de critiquer le travail, souvent politique et militant, de journalistes qui se croient investis d'une mission quasi-divine. Or, si la liberté de la presse est à respecter, celle de la liberté d'expression, y compris à l'encontre de la presse, est également légitime.

Dans cette nouvelle édition, la Norvège reste en tête du Classement pour la seconde année consécutive, talonnée comme l’an dernier par la Suède (2e). A l’autre extrême du Classement, la Corée du Nord (180e) conserve la dernière place. La Russie (148e) de Vladimir Poutine est dénoncée car elle étendrait un réseau de propagande grâce à ses médias comme RT et Sputnik, et la Chine (176e) de Xi Jinping exporte son modèle d’information verrouillée en Asie (mais aussi en Europe, ce que n'indique pas l'ONG). A propos de l'Europe :

"C’est en Europe, la zone géographique où la liberté de la presse est la moins menacée dans le monde, que la dégradation de l’indice régional est la plus importante cette année. Sur les cinq plus fortes baisses du Classement 2018, quatre sont des pays européens : Malte (65e, -18), République tchèque (34e, -11), Serbie (76e, -10) et Slovaquie (27e, -10). La lente érosion du modèle européen se confirme."

La France gagne six places (33e position), mais, selon l’ONG, il s’agit d’une remontée “mécanique” après la chute de certains de ses voisins européens. RSF évoque les attaques régulières du président du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, à droite, et celles du chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à gauche, alimentant un climat délétère. L'ONG note aussi :

"Au delà des assassinats à Charlie Hebdo, la concentration croissante dans les médias suscite des craintes de plus en plus grandes sur l’indépendance éditoriale."

"le paysage médiatique français est largement dominé par de grands groupes industriels dont les intérêts se trouvent dans d'autres secteurs. Cette situation entraîne des conflits qui font peser une menace sur l'indépendance éditoriale, et même sur la situation économique des médias."

Posté le 25 avril 2018 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

L'oligarchie nous emmène vers la guerre et la dictature

"La seule possibilité qui reste aux Français de percevoir l'escalade à temps pour l'interrompre est la diversification de leurs sources d'information."

6a00d83451619c69e20224df2d77f9200bC'est la conclusion de la dernière tribune de Stratediplo, sur le blog éponyme.

Nous n'en partageons pas toute l'analyse. Notamment, nous ne pensons pas que la Russie ne mente jamais, par exemple sur la présence d'éléments de ses forces armées dans l'Est de l'Ukraine. Présence à notre sens légitime, puisqu'elle n'aurait pas pour objectif d'envahir l'Ukraine, mais de maintenir dans l'Est une zone grise, un glacis de protection face à un "État" et des "autorités" ukrainiens issus d'un coup d'État, au bénéfice d'intérêts qui ne sont certes pas ceux de la Russie.

Mais l'essentiel de l'analyse de Stratediplo n'est pas là. Il est dans la description de la servitude et de la malhonnêteté fondamentales des médias vis-à-vis de l'oligarchie dont Macron est un brillant et efficace serviteur. Oligarchie coupée du réel, et qui souhaite ardemment en couper également l'opinion publique française pour lui faire avaler ses chimères, et qui fourbit les mesures adéquates à cet effet. Il est aussi dans la description du discrédit peut-être définitif que la posture Macronienne fait peser sur la France, et sur l'irresponsabilité globale des pseudo-élites qui risquent de nous mener à la guerre mondiale.

cette presse "fire and forget" incendiaire et amnésiante

La presse française (en réalité occidentale) a été unanime et volubile à rapporter les images, les vidéogrammes et les accusations colportées par les "réseaux sociaux" antisyriens et clamant que la Syrie avait procédé à un bombardement chimique sur la ville syrienne de Douma, en Ghouta orientale, samedi 7 avril 2018. La presse française (en réalité occidentale) est unanime à avoir complètement occulté les aboutissants de ces allégations, ayant soudain des milliers d'autres sujets plus importants à traiter qu'un prétendu crime assez grave pour que la France décide d'agresser ouvertement un pays, violant la charte de l'ONU, sans même attendre l'enquête internationale.

Pourtant les rebondissements n'ont pas manqué, avant même l'attaque française, et les invitations syriennes à la presse accusatrice étrangère non plus. Les images et accusations ayant commencé à circuler sur les "réseaux sociaux" dimanche 8, et étant tout de suite diffusées par les trois agences de presse des pays de l'OTAN (AFP, Reuters et AP) qui détiennent le quasi-monopole de la fourniture d'informations dans le monde occidental (Europe, Afrique et Amérique), l'armée russe a décidé lundi d'ouvrir une enquête pour événement chimique, et dépêché une équipe de spécialistes. Dès mardi 10 les chercheurs d'information indépendante pouvaient lire ou écouter ce que les receveurs passifs d'information livrée peuvent toujours attendre, le rapport (formellement négatif) à la presse du colonel Alexandre Rodionov, commandant le détachement russe de défense NBC en Syrie. A l'hôpital de Douma où les faux Casques avaient tourné leur court-métrage personne n'avait vu ou traité la moindre victime d'attaque chimique, et sur le lieu prétendu de l'attaque, difficile à trouver car les habitants disaient qu'aucune attaque chimique n'avait eu lieu dans la région, il n'y avait rien à voir, ce qui n'a d'ailleurs pas empêché l'équipe NBC des trouver des laboratoires chimiques des terroristes islamistes.

Il n'est pas inutile de rappeler ici que l'armée russe est une armée européenne, pas américaine (sans insulte ici pour les armées brésilienne, uruguayenne et encore récemment canadienne non représentatives de l'Amérique), qui ne s'exprime pas par les éructations télévisées de n'importe quel sous-caporal anonyme ayant supervisé l'abattage par ses soudards débraillés d'une statue du chef d'Etat vaincu ou des gazelles d'un parc zoologique. Comme tout porte-parole du commandement voire simple officier supérieur autorisé à s'exprimer devant la presse, cet ingénieur-docteur, diplômé d'école de guerre et haut fonctionnaire de son pays s'identifie, engage la signature de son gouvernement et donne ses coordonnées pour pouvoir être recontacté. Un véritable journaliste devrait y porter plus d'intérêt qu'aux "déclarations d'un haut responsable sous couvert d'anonymat" que font si souvent circuler les agences de presse du phare ouest et qui garantissent l'impossibilité d'authentification, de cotation de crédibilité, et de conséquences en cas de démenti ultérieur par les faits, surtout quand ces "déclarations d'un haut responsable sous couvert d'anonymat" proviennent d'un pays dont le gouvernement est coutumier du fieffé mensonge avéré jusque devant les plus hautes instances internationales. Au contraire, le gouvernement russe doit jouir auprès de la presse sérieuse (malheureusement pas auprès de l'auditorat endoctriné occidental) d'une crédibilité impeccable puisqu'il n'a jamais été pris en délit de mensonge en ce siècle, fait particulièrement rare parmi les grandes démocraties.

Ce même 10 avril le journaliste étatsunien Pearson Sharp a annoncé, de Damas, qu'il serait bientôt en mesure de diffuser des informations sensationnelles. Il a aussi dénoncé le mensonge de certains journalistes occidentaux prétendant qu'ils ne pouvaient pas entrer en Syrie, alors que lui, ennemi déclaré puisqu'Etatsunien, avait obtenu son visa très rapidement. Prenant son temps pour interroger les Damascènes, puis surpris par l'attaque dans la nuit du 13 au 14 et par les manifestations de rue célébrant le 14 le succès de la défense antiaérienne syrienne, il est allé le 15 à Douma, où les dizaines de personnes qu'il a interrogées lui ont toutes déclaré qu'il n'y avait eu aucune attaque chimique. Sauf erreur c'est lui qui a popularisé le mot qu'il ignorait il y a dix jours, qui a fait la semaine dernière par internet le tour du monde en plusieurs langues, et que les trois agences de presse de l'OTAN doivent toujours soigneusement éviter. Le médecin-chef de l'hôpital souterrain de Douma lui a expliqué que l'hypoxie, ou manque d'oxygène, n'est pas rare chez les gens qui passent une nuit ou plus entassés dans des abris souterrains à atmosphère confinée sous les décombres, mais qu'en plus des bombardements accentués depuis quelques jours, le vent avait soulevé cette nuit-là une tempête de poussière, aussi l'hôpital a reçu beaucoup de patients souffrant d'irritation des voies respiratoires.

Déjà le 13 avril l'étudiant en médecine Halil Ajij, de service aux urgences de cet hôpital, avait publiquement déclaré que l'hôpital n'avait reçu aucune victime d'attaque chimique le 7 et le 8, et raconté ce qui s'était passé dans le hall de l'hôpital le 8. Le même 13 avril le ministère de la défense russe a présenté en conférence de presse les preuves et témoignages de l'absence d'attaque chimique à Douma, le général de division Igor Konachenkov faisant même remarquer que les témoins (dont Halil Ajij) déclinaient leurs noms et fonctions et pouvaient être contactés par tout enquêteur intéressé. Le 16 le représentant russe à l'OIAC a déclaré à celle-ci que les enquêteurs russes avaient retrouvé, vivantes, des victimes prétendues mortes de cette fausse attaque, qui étaient prêtes à témoigner.

Le 17 avril le fameux journaliste britannique Robert Fisk a aussi publié les résultats de sa visite des lieux (avec quelques journalistes syriens il a même faussé compagnie à une visite organisée pour la presse) et de l'hôpital, ainsi que de son entrevue du médecin-chef Assim Rahaibani, qui lui a expliqué que la vidéo tournée par les "Casques Blancs" (il ignore que ce ne sont pas ceux reconnus par une vingtaine de résolutions de l'ONU depuis 1994) était authentique mais pas sincère. Alors que le personnel soignant s'occupait des personnes souffrant d'hypoxie, un "casque blanc" a fait irruption, hurlé "attaque au gaz !" et d'autres ont filmé la panique qui en a résulté, augmentée d'ailleurs par l'irruption soudaine de plusieurs inconnus vêtus de blouses hospitalières qui ont introduit de prétendues victimes (qui observées immédiatement se sont avérées indemnes) et aspergé d'eau les patients présents. Une fois leur film fait, tous les intrus se sont retirés aussi rapidement qu'ils étaient arrivés.

Le 18 avril les journalistes de Russie 24 ont retrouvé le garçonnet largement filmé par les faux Casques Blancs, Hassan Diab, qui leur a déclaré que dans la rue le 8 au matin il avait entendu quelqu'un qui appelait les gens à aller rapidement à l'hôpital où on allait distribuer de la nourriture. Il y est allé, et à peine entré on l'a aspergé d'eau, plaqué sur un lit et filmé, ainsi que d'autres personnes, puis qu'ensuite on lui avait donné un peu de nourriture. Son père Omar a confirmé et est prêt à aller témoigner devant toute organisation internationale qui en ferait la demande. Le 21 avril un autre garçonnet présent sur le film, Moustafa, a aussi été retrouvé par des journalistes et raconté une histoire identique.

Le 23 avril a été publié le témoignagne de Mirwan Jaber, un autre médecin de l'hôpital de Douma qui confirme ce qu'ont déjà raconté ses collègues. Tous les témoignages concordent, et la quasi-totalité des habitants de Douma, qui ont appris la rumeur d'attaque chimique sur leur quartier par les journalistes étrangers, se disent de plus convaincus que ce n'est pas ça qui a motivé la bien réelle attaque franco-étatsuno-britannique.

Le nom d'Hassan Diab, comme celui d'Halil Ajij, est depuis quelques jours aussi célèbre dans le monde libre que le mot hypoxie. Mais il semble largement ignoré dans les pays de la coalition antisyrienne. Vu que le témoignage d'Hassan Diab a été repris ou commenté par toute la presse russe, l'AFP s'est cependant vue obligée d'émettre une dépêche laconique selon lequel la télévision russe avait "diffusé mercredi soir ce qu'elle présente comme le témoignage d'un garçon syrien affirmant avoir participé à une mise en scène chimique". Les rares médias français qui ont repris cette information ont rajouté du conditionnel et des suspicions, et surtout leur fameuse formule selon laquelle cette information n'avait "pas pu être confirmée de manière indépendante", ce qui signifie dans leur jargon confirmée par un correspondant d'une agence de presse officielle d'un pays membre de l'OTAN, à savoir AFP, Reuters ou AP, les agences de presse des trois pays qui ont bombardé la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril au prétexte justement de cette attaque chimique alléguée. Il est d'ailleurs notable que les mêmes médias n'ont pas fait preuve de la même déontologie partisane pour la confirmation indépendante de l'accusation gravissime portée par les faux Casques Blancs, que ces médias ont largement colportée afin de justifier à l'avance l'entrée en guerre contre la Syrie. Parmi les cent-quatre-vingt-treize membres de l'ONU, cent-quatre-vingt-dix n'ont pas bombardé la Syrie il y a dix jours, mais on voudrait faire croire que seules les informations diffusées ou confirmées par les agences des trois pays agresseurs sont "indépendantes"... des quatre-vingt-dix pays non agresseurs.

Le gouvernement français, auto-institué procureur, juge et bourreau expéditif du gouvernement syrien, a reconnu dans le communiqué conjectural du 14 avril servant d'alibi à sa violation de la charte de l'ONU que ses "services" n'avaient pas trouvé "d'autre scénario plausible" parce qu'ils s'étaient contentés de croire dans leurs bureaux parisiens les images diffusées par les terroristes islamistes et les allégations communiquées par un service de renseignement étranger (voir sur http://stratediplo.blogspot.com/2018/04/evaluation-de-levaluation-nationale-du.html). En ce qui les concerne les médias et les agences soi-disant indépendantes qui ont diffusé les images anonymes et muettes de ces "victimes" d'attaque chimique devraient se précipiter pour enregistrer et authentifier leurs témoignages maintenant qu'elles ont été identifiées et demandent à être entendues. Ces "victimes" sont quand même plus faciles à joindre que les miliciens de Jaïch el-Islam qui ont abandonné leurs treillis de combat et leurs casques blancs de tournage et bourré leur quartier général de bombonnes de chlore (espérant un bombardement gouvernemental) avant de prendre les derniers autobus d'évacuation offerts aux terroristes en direction de leur bastion d'Idlib. Pourtant, les médecins et les figurants involontaires de l'hôpital de Douma attendent encore la visite des journalistes de la coalition antisyrienne.

"Fire and forget", c'est le feu et l'oubli d'une presse incendiaire et amnésiante. Dans certain pays passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir connu la civilisation, on dit que la police tire d'abord et interroge ensuite. Or voici que la presse aux ordres a perfectionné la méthode, elle tire d'abord et ne pose pas de questions ensuite. Cependant, ne pas rectifier une information fallacieuse c'est mentir par omission, et lorsque ce mensonge est commis pour justifier une entrée en guerre, crime contre la paix considéré comme la plus grave infraction au droit international, cela constitue une complicité de crime contre l'humanité.

Les contribuables qui subventionnent grassement des médias qui leur ont raconté que les Serbes de Bosnie avaient installé à Trnopolje un "camp de concentration" avaient le droit de savoir ensuite que c'était un camp de réfugiés ouvert et que le photographe Jeremy Irvin était entré dans un petit enclos agricole pour photographier Fikret Alić à travers des barbelés. Puisqu'on leur a raconté que l'armée serbe de Bosnie avait bombardé le marché de Markale ils avaient le droit de savoir ensuite que les officiers généraux français (et autres) présents à Sarajevo ont tous déclaré que c'était l'oeuvre des Turcs de Bosnie, ils avaient le droit de savoir que le chef d'état-major bosno-turc Sefer Halilović a démissionné pour cet acte contre son propre peuple et s'en est expliqué dans son livre, ils avaient le droit de savoir que le président bosno-turc Alija Izetbegović l'a confessé sur son lit de mort. Puisqu'on leur a raconté que la police serbe avait massacré de paisibles villageois albanais à Račak, ils avaient le droit de savoir ensuite que les deux enquêtes internationales avaient déterminé que la plupart étaient des miliciens islamistes tués au combat et le reste de vieux villageois exécutés ultérieurement par les islamistes et mélangés avec les terroristes rhabillés post-mortem en civil. Puisqu'on leur a raconté que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques contre sa population les 19 mars et 21 août 2013, ils ont le droit de savoir que l'enquête de l'OIAC a montré la culpabilité des milices islamistes. Puisqu'on leur a raconté que la Russie avait abattu ou fait abattre l'avion malaisien MH17, ils ont le droit quatre ans plus tard de connaître la vérité (récemment rappelée sur http://stratediplo.blogspot.com/2018/03/le-pilote-qui-abattu-le-mh17-malaisien.html).

La vérité est un dû. Si la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse punit d'une amende de 45000 euros (montant bien ridicule en regard des subventions de la désinformation) "la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler", de combien devrait-on punir la diffusion de nouvelles fausses ayant troublé la paix internationale et servi d'alibi à un acte d'agression, crime contre la paix plus grave en droit international que les crimes de guerre ?

Au-delà de son lectorat captif et manifestement peu curieux, la presse française était autrefois lue et écoutée des rizières sud-asiatiques aux plateaux andins en passant par le fin fond de la brousse africaine. La nature ayant horreur du vide et les hommes ayant peur du silence, son repli sur le psitaccisme des slogans étatsuniens laisse la place à une autre presse. Les annonces de recrutement de traducteurs du mandarin à l'espagnol, du mandarin au français et du mandarin à l'anglais vont fleurir dans les prochaines années. Accessoirement, si les Africains iront pêcher leur information ailleurs, les Arabes quant à eux iront acheter leur armement ailleurs, les états-majors et la presse de plusieurs pays arabes faisant des gorgées chaudes en ce moment au sujet des missiles français défectueux, dont un quart n'ont pas fonctionné, et même la moitié dans le cas de ceux tirés (ou du moins mis à feu) des magnifiques frégates qu'on cherche à leur vendre. Certes un missile qui ne part pas c'est moins gênant qu'un lot de munitions de fusil d'assaut qui ne veut pas fonctionner (bien que le missile coûte plus cher), mais la réputation de fiabilité technologique d'une France post-industrielle qui achète ou fait fabriquer dans des pays pré-industriels aura aussi des conséquences commerciales et économiques.

Mais le plus grave est évidemment à venir. Qu'on ait réussi à cacher la vérité pendant plus de deux semaines sur le bombardement chimique fictif de Douma est un gros succès de propagande, alors même qu'on n'a pas encore interdit la presse des pays libres (pourtant bien peu lue dans les pays de l'OTAN), contre laquelle le régime français actuel prépare des mesures drastiques d'après ses propres aveux. La mise en place de ces mesures légales de censure de contenu, puis logicielles d'interdiction de lecture, sera d'ailleurs l'indicateur le plus sûr que l'avant-guerre touche à sa fin. On y reviendra prochainement. Evidemment le but recherché est que lorsque la vérité finira par percer et triompher, si elle y parvient, cela n'aura plus d'importance car les effets du mensonge auront été pleinement consommés depuis longtemps. Qu'une puissance nucléaire, balistique et dotée de missiles de croisière se permette de bombarder illégalement et sans préavis un pays souverain au prétexte d'un mensonge grossier n'est pas une affaire anodine, et que sa presse sujette se permette de simplement bannir des premières pages les suites et les révélations sur l'événement prétexte en quelques jours, en comptant sur l'oubli instantané de l'important au moyen d'une saturation par l'hypertrophie de la rubrique des chiens écrasés et des starlettes offensées, c'est grave.

C'est d'autant plus grave dans le cas d'une démocratie, où le peuple est censé élire en connaissance de cause des gouvernants et des législateurs censés le représenter et gouverner en son nom et selon ses instructions. Cette connaissance de cause indispensable n'existe plus. S'il n'est pas justement et correctement informé le peuple n'a ni la légitimité ni la capacité de se gouverner. La démocratie en devient illusoire et dangereuse. Et si on ne corrige pas rapidement les comportements, tant gouvernementaux que médiatiques, c'est un peu plus que douze ou seize missiles, et un peu plus loin que sur la Syrie, qui seront bientôt tirés sans même que le pays réel ne sache si l'alibi était solide et combien de temps tiendra le mensonge. On pourrait même omettre d'informer les Français qu'à quelques milliers de kilomètres leur armée a été chargée d'attaquer un autre pays, et omettre aussi la réaction initiale du pays agressé. Or quelques jours suffisent largement pour déclencher un cataclysme majeur.

La seule possibilité qui reste aux Français de percevoir l'escalade à temps pour l'interrompre est la diversification de leurs sources d'information.

Posté le 25 avril 2018 à 08h05 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (7)

19 avril 2018

Censure informatique au sein du Ministère des Armées

De Bernard Lugan :

Couverture"Des civils exerçant semble-t-il les fonctions de « commissaires politiques » au sein du Ministère des Armées (MINDEF), ont fermé l’accès à mon blog pour tous les ordinateurs mindef, et cela, tant dans les administrations que dans les Ecoles ou les Corps de troupe.

Cette censure intervient au moment où l’Afrique Réelle publie un numéro spécial consacré au Mali dans le contexte de la recrudescence des actions islamistes armées dans ce pays. Un numéro dans lequel sont longuement analysés les phénomènes ayant conduit à l’impasse actuelle et les solutions qui pourraient être apportées.

Cette censure est aussi ridicule que vaine. Le filtre censurant l’accès unique géré par le MINDEF me permet en effet de constater que les visites de mon blog explosent et cela, grâce aux multiples connexions privées dont les militaires disposent tout à loisir, chez eux, à l’abri des « fichards « du ministère.

Cette censure ne pénalise donc que celles de nos forces qui ont le plus besoin d’avoir une vision complète de la situation, celles qui sont projetées sur le terrain, au Sahel, et qui ne disposent que des ordinateurs de service. Voilà donc des hommes et des femmes qui risquent chaque jour leur vie et qui, par le sectarisme ou le simple caprice de certains lapins de coursive planqués dans un ministère malheureusement confié à des civils, sont privés d’un éclairage qui pourrait leur être utile.

L’Afrique Réelle qui fête son 100e numéro et qui entre dans sa dixième année, se rit naturellement de cette censure liberticide. Grâce à la fidélité de ses abonnés, et en dépit des coups répétés, « avec le calme des vieilles troupes », la revue continuera à analyser la situation africaine à travers le seul prisme du réel. Ce réel qui agace tant les idéologues et qui met quotidiennement à mal les petites certitudes d’envieux dont, comme le disait le poète vaudois Louis-Auguste Martin, « la haine ne meurt que sur la ruine du mérite qui leur portait ombrage »."

Posté le 19 avril 2018 à 17h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

05 avril 2018

Le parquet de Paris veut interdire de dire "Le changement de population, c'est maintenant !"

Le parquet de Paris a requis hier 5 000 euros d'amende avec sursis contre Nicolas Dupont-Aignan jugé pour provocation à la haine ou à la discrimination pour avoir évoqué une "invasion migratoire". Le respect de la liberté d'expression pour un homme politique est de plus en plus menacée en France :

Suite à ce tweet de 2017, Nicolas Dupont-Aignan s'était justifié sur France Info :

"Nous sommes, face au phénomène migratoire en France, face à un déni de réalité. Ces chiffres sont effrayants. La réalité, c’est que, pour la première fois, l’immigration légale (je parle pas des clandestins, je parle pas des demandeurs d’asile qui se voient refuser l’asile - et qui sont pas expulsés) aboutit à 226.000 entrées légalisées sur le territoire, alors que l’excédent naturel français est l’un des plus bas de ces dernières années puisque nous sommes passés à 198.000. Cela veut dire que, comme on a réduit la politique familiale, comme on a réduit le pouvoir d’achat, comme ils ont accablé les Français d’impôts, les migrations prennent de l’ampleur.

Je suis attaché à l’égalité des droits des Français et des étrangers quelle que soit leur couleur, leurs origines. Mais il ne peut pas y avoir d’assimilation, c’est-à-dire d’égalité des droits, de modèle républicain quand on est pas capable de maîtriser les entrées sur notre territoire. On atteint la cote d’alerte. Nous devons absolument bloquer l’immigration et renforcer la natalité. [...] J’assume ce que je dis : si on continue à ne pas maîtriser les flux dans notre pays, la population change et l’assimilation républicaine ne se fait plus par l’emploi ni le destin commun. [...] Si on ne fait rien, on est en voie d’un remplacement de population qui n’est pas bon pour la population française ou étrangère car elle remet en cause notre modèle républicain."

Suite à ce réquisitoire stalinien, Debout La France publie ce communiqué :

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Posté le 5 avril 2018 à 13h32 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (15)

28 mars 2018

Rwanda : Guillaume Ancel répond au général Dary

Comme le Salon beige avait publié la lettre ouverte du général Dary adressée à Guillaume Ancel pour lui reprocher de mettre en cause, alors qu'il est ancien Saint-Cyrien, l'armée française au Rwanda dans son dernier livre, nous publions aujourd'hui sa réponse :

"Cher Bruno,

Merci de cette lettre en toute amitié dans laquelle il apparaît évident que tu n’as pas lu mon dernier livre sur le Rwanda. Tirer à tort et à travers, sur un compagnon d’arme, est d’une grande élégance et me surprend de la part d’un président qui pourrait prendre, après toutes ces années, le temps de la réflexion et témoigner du respect pour d’autres points de vue que le sien, le respect des compagnons d’arme que j’ai tant apprécié de mes camarades.

Je remarque que tu évites soigneusement le sujet de fond, le génocide des Tutsi au Rwanda, le dernier génocide du XXº siècle, le seul que nous aurions pu empêcher. Un million de morts en 100 jours, mieux vaut ne pas l’évoquer ?

Contrairement à ce que tu affirmes, je n’ai pas attendu 24 ans pour en parler, car j’en parle depuis 1994… avec des fortunes diverses et beaucoup de pression pour que je me taise, comme tu viens de le faire. C’est pour cela que j’ai voulu publier en 2018 ce témoignage écrit, que nos mémoires ne puissent pas s’effacer et que le silence ne devienne pas amnésie. Je ne sais comment te remercier de cette condamnation pour « parjure » qui me conforte dans la nécessité de persévérer.

Les « hommes », lorsqu’ils veulent donner des leçons de morale, s’oublient le plus souvent, les officiers aussi.

Amitié Saint-Cyrienne"

Ne possédant pas les connaissances nécessaires sur le Rwanda pour prendre parti sur le fond (voir ici et ici), comme le général Dary le précise également dans sa lettre, je précise qu'il ne s'agit pas de prendre fait et cause pour la thèse de Guillaume Ancel mais de souligner que la liberté d'expression est suffisamment bafouée en France pour ne pas reprocher à un ancien militaire, quand bien même il serait Saint-Cyrien, de s'exprimer sur son vécu et de donner son témoignage. Le débat doit être libre.

La France a besoin de cette liberté d'expression. Comment défendre la liberté d'expression de Christine Boutin, de Robert Ménard, d'Eric Zemmour si on veut interdire à un homme libre de s'exprimer ? Il n'existe pas à Saint-Cyr de clause de confidentialité. Le général Dary qui a prononcé un magnifique éloge funèbre aux obsèques du commandant Hélie de Saint-Marc, qui avait reçu le prix de la Saint-Cyrienne en 2011, lui aurait-il donc reprocher d'écrire ses livres dans lesquels il explique sa rébellion contre l'armée ? L'Histoire et l'armée française l'ont réhabilité ...mais 50 ans après les faits. Le capitaine Pierre Sergent, Saint-Cyrien lui aussi, aurait-il dû s'interdire d'écrire ses mémoires ? Un officier à la retraite est-il seulement autorisé à s'exprimer que s'il s'accorde avec la version officielle des faits, à l'heure où certains en activité sont élus à des mandats de député ?

Plus près de nous, nous avons des officiers à la retraite comme le général Desportes et le colonel Goya qui expriment leurs désaccords avec l'état-major des armées sur des sujets sensibles comme l'efficacité et la justification de l'emploi de l'armée de terre dans l'opération Sentinelle et qui sont parfois les portes-paroles de ceux qui ne peuvent pas le faire à l'intérieur de la "grande muette".

Personnellement, cela ne me choquerait pas que des officiers français témoignent de manière critique de l'action de l'armée française au Kosovo et des conséquences sur le peuple serbe. Outre le livre très récent du général de Villiers, on se souvient du livre du général de gendarmerie Bertrand Soubelet, Saint-Cyrien lui aussi, Tout ce qu'il ne faut pas dire : Insécurité, Justice : un général de gendarmerie ose la vérité publié en 2016 après son départ de l'institution. Cela ne me choquerait pas non plus qu'un officier de gendarmerie témoigne de manière critique des arrestations arbitraires réalisées durant les Manif pour Tous en 2013, faits bien connues du général Dary puisqu'il était un des responsables du mouvement.

Posté le 28 mars 2018 à 15h27 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (7)

Libération en mode panique

Avec cet éditorial de Laurent Joffrin à propos d'un livre écrit par une journaliste de La Vie :

Le-vieux-monde-est-de-retour"La journaliste Pascale Tournier s’intéresse aux conservateurs «nouvelle génération». Jeunes et branchés, omniprésents dans les médias, ils sont passés maîtres dans l’art de détourner les totems de la gauche à leur profit.

Alain Finkielkraut et Natacha Polony, Eric Zemmour et Elisabeth Lévy ont eu des enfants. Une progéniture nombreuse et remuante biberonnée au nationalisme et au christianisme, qui forme désormais la jeune garde de la vieille droite, quand ce n’est pas de l’extrême droite. Comme d’autres lisaient Marx ou Freud, ils ont regardé On n’est pas couché, éblouis par les performances de Zemmour, appris par cœur la Défaite de la pensée d’Alain Finkielkraut, médité les œuvres de Houellebecq, annoté fébrilement les chroniques de Philippe Muray, podcasté religieusement les revues de presse de Natacha Polony sur Europe 1, exulté à l’écoute des philippiques d’Elisabeth Lévy sur LCI, psalmodié les sentences de Régis Debray, voué aux gémonies la «pensée unique», enfoncé tous les soirs des épingles dans une poupée à l’effigie de Christiane Taubira, agité des gousses d’ail devant le spectre du «grand remplacement» cher à Renaud Camus et admiré son audace antisémite quand il a expliqué qu’il y avait trop de juifs à Radio France.

Il y a vingt ans, dans un livre prophétique, Daniel Lindenberg, brillant historien des idées aujourd’hui disparu, avait diagnostiqué l’émergence d’une nouvelle pensée réactionnaire en France. Tout en se plaignant à grands cris d’avoir été «catalogués», les intéressés avaient ensuite confirmé, en tout point, les anticipations de l’auteur du Rappel à l’ordre en restaurant dans le paysage intellectuel les idées conservatrices inspirées de Bonald, Joseph de Maistre, Barrès ou Fichte, mises à la sauce médiatique. Ils se sont de toute évidence reproduits en transmettant le flambeau à une nouvelle génération. Sur un mode descriptif et non polémique, quoique réprobateur, Pascale Tournier, rédactrice en chef adjointe à la Vie, hebdomadaire chrétien progressiste, réédite l’exercice en décrivant de manière agréable et cursive ce réseau informel et neuf qui relie des journalistes, des intellectuels, des activistes chrétiens de droite réunis dans Sens commun, des militants de la Manif pour tous, des «veilleurs» catholiques, des «tradis» médiatiques et quelques fachos revendiqués. Leurs idées se résument souvent, au-delà des falbalas rhétoriques, à deux principes simples : tout fout le camp, il y a trop de musulmans. Pour le reste, c’est la même lamentation plus ou moins talentueuse sur la décadence des nations modernes, la fin supposée de la transmission, les menaces qui pèseraient sur l’identité du vieux pays, le spectre d’un islam conquérant, la crise d’une foi chrétienne qu’il faut restaurer, l’affaiblissement proclamé des traditions et de l’autorité, les apories de la société marchande, la solitude de l’individu lancé dans la revendication incessante de nouveaux droits au milieu d’un hédonisme consommateur, la perte du sens du devoir et des valeurs éternelles que sont la famille, la patrie, la hiérarchie des genres, la spiritualité chrétienne et le respect des ancêtres.

La nouveauté, c’est l’habileté médiatique des protagonistes. En lecteurs appliqués de Gramsci (moins le communisme, bien sûr), ils ont créé un réseau d’influence en colonisant les pages Opinions du Figaro et son site de débats Figarovox, en occupant les colonnes de Valeurs actuelles, en créant des sites au succès indéniable, comme le Salon beige ou Fdesouche, en publiant des revues de faible tirage mais de fort écho, comme Limite ou Causeur, en animant des actions symboliques ou massives des Veilleurs, de Sens commun ou de la Manif pour tous, en nourrissant les discours de François Fillon, de Laurent Wauquiez ou de Marion Maréchal-Le Pen. La nouveauté, c’est aussi le lien qu’ils entretiennent avec des dissidents de la gauche passés à une pensée droitisée comme Jean-Claude Michéa, Christophe Guilluy, Jacques Sapir, Pascal Bruckner ou Jean-Pierre Le Goff. C’est, enfin, ce sens du contre-pied qui consiste à détourner les totems de la gauche pour les accommoder à la pensée conservatrice, comme l’écologie, la critique du capitalisme ou le non-conformisme hostile aux «bien-pensants».

Dangereux ? Oui, par l’influence médiatique, le ripolinage des antiennes réactionnaires qui trompe les déçus du progressisme et, surtout, par cette offensive contre les valeurs démocratiques issues des Lumières. Officiellement, il s’agit de s’appuyer sur la tradition pour rejeter un monde marchand et numérique qui tend à se dissoudre dans l’individualisme et le consumérisme sans âme. En fait, le but est de remplacer une tradition par une autre, de réfuter, ou d’éroder, les principes de liberté et d’égalité nés au moment de Révolution française pour leur substituer l’héritage antimoderne et réactionnaire d’une certaine lignée identitaire, nationaliste, catholique à l’ancienne et hostile aux droits de l’homme qui s’est épanouie dans la seconde moitié du XIXe siècle pour nourrir ensuite les forces antidémocratiques des années 30. Les progressistes, soudain transformés en résistants devant la montée de ce traditionalisme, doivent y prendre garde. Sous des habits neufs portés par des jeunes gens branchés maîtrisant la communication contemporaine, c’est une offensive passéiste qui se développe contre les fondamentaux des sociétés ouvertes. Héritiers des Lumières et de la pensée rationnelle, partisans de l’émancipation humaine, alerte !"

Posté le 28 mars 2018 à 08h14 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (43)

27 mars 2018

La dictature victimaire a ses commissaires politiques

François Bousquet, rédacteur en chef de la revue Eléments, est interrogé sur Boulevard Voltaire. Extrait :

Photoelem88"Vous consacrez votre dossier à la « dictature victimaire ». Une pandémie mondiale, selon vous…

C’est la victimocratie, du grec « kratos », qui veut dire « pouvoir ». Autrement dit, la victimocratie est ce nouveau régime dans lequel le pouvoir est détenu par les victimes, réelles ou présumées. Cela leur confère un capital lacrymal, très lucratif, et les place au centre du jeu social. Or, qui dit victime dit coupable. Celui-ci est tout trouvé, c’est le fléau de la « suprématie blanche » : tout individu porteur de ce que les Américains appellent le « white privilege », le privilège blanc censé conférer un ensemble d’avantages invisibles par rapport à ce que vivent au quotidien les non-Blancs (sic). L’objectif, c’est d’abolir ledit privilège dans une nuit du 4 août mondiale depuis les États-Unis, où sévit un néo-maccarthysme hystérique qui n’est pas sans rappeler les délires ubuesques de la révolution culturelle chinoise. Il est l’œuvre de minorités « racisées » et « genrées » ; et s’appelle lutte contre le racisme, le sexisme, l’homophobie et tout ce qui est susceptible d’une suffixation phobique, des handicapés aux islamistes, selon la logique d’emballement victimaire qui commande notre monde.

Ainsi, tout un chacun, à la condition qu’il soit pourvu d’un stigmate social, est-il invité à s’installer dans une posture victimaire parce que c’est symboliquement la position dominante la plus confortable et la plus rentable. En somme, c’est : Maman, quand je serai grand, je serai une victime ! Ce néo-maccarthysme diffuse partout une culture gémissante de la vindicte publique et de la délation. Au lieu de parler de culture du viol, il serait du reste bien plus juste de parler de culture de la délation. Sur les réseaux sociaux, on est sommé de « signaler un contenu inapproprié » (comprenez : un discours de haine). Le CSA croule sous les signalements (90.000 en 2017). Facebook encourage la dénonciation, Google déréférence à tout-va et Twitter suspend au même rythme. Avec les réseaux sociaux, le moindre minuscule « dérapage » se transforme tout de suite en affaire d’État. Ces réseaux fonctionnent comme l’effet papillon. Un battement d’ailes à Hollywood provoque une tornade dans tous les médias occidentaux. Et un éternuement de Caroline De Haas, un tremblement de terre à Paris, Londres et Berlin. Seuls les Russes sont épargnés. Pourvu qu’ils tiennent !

C’est ce qui vous fait dire qu’« on peut plus rien dire », comme le chantait Didier Bourdon des Inconnus ?

Notre vie ressemble désormais à une addition d’interdits, peut-être même à une addiction à l’interdit. Une nouvelle génération d’inquisiteurs est en train de s’imposer. Ce ne sont plus les austères commissaires politiques à l’ancienne, comme dans feu l’Union soviétique, mais des Robespierrettes féministes, des Torquemada transgenres, des procureurs revêtus de robe arc-en-ciel, des Tontons macoutes antiracistes, des Toussaint Louverture geeks. Un mélange d’Ubu roi, de Harry Potter et de Bisounours… qui finissent par ressembler à des gremlins, ces peluches qui se transforment en petits monstres. Des noms ? Osez le féminisme !, les collectifs LGBT, la LDH, SOS Racisme, la LICRA, le MRAP, le CRAN, le Parti des indigènes de la République (PIR), le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). On dénombre même une Brigade anti-négrophobie. Ces associations font régner un climat de terreur, ou plutôt de tiédeur, dans les salles de rédaction, mises à l’amende dès qu’elles franchissent la ligne jaune. Ce n’est plus tant le législateur – même s’il est déchaîné depuis un demi-siècle (les lois liberticides Pleven, Gayssot, Taubira, Lellouche, Perben II, etc., sont là pour en témoigner) – qui tient aujourd’hui les ciseaux d’Anastasie (du nom de la censure au XIXe siècle) que ces associations. Au fond, la puissance publique sous-traite la censure à des prestataires extérieurs : les associations antiracistes et les ligues de vertu féministes."

Posté le 27 mars 2018 à 08h18 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)


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