23 novembre 2017

Zimbabwe : la Chine derrière la destitution de Robert Mugabe

Alors que le président Mugabe vient d'être mis à l'écart de la présidence du Zimbabwe, Bernard Lugan nous offre une rétrospective historique sur l'accession de ce marxiste animé par la haine des Blancs.

Unknown-13"[...] Depuis 1980, « Comrade Bob » régnait donc sur ce qui fut la prospère Rhodésie dont il fit un goulag ruiné. Et pourtant,  l’héritage laissé par le régime blanc était exceptionnel : le pays disposait d’excellentes infrastructures routières et ferroviaires, la population était largement alphabétisée et l’économie de type industriel avait un secteur agricole hautement compétitif. De plus, la politique des sanctions internationales avait contraint les Rhodésiens à créer une industrie de transformation.

Quelques années plus tard, l’héritage laissé par les « colons » ayant été dilapidé, la faillite était totale. En 1995, l’augmentation de 67% du prix du litre d’essence et de 345% de celui du pétrole lampant utilisé pour la cuisine et l’éclairage domestique provoqua de graves émeutes dans les principales villes du pays. Leur répression fut sanglante.

En 1999 la catastrophe connut une nouvelle accélération avec l’effondrement  du dollar zimbabwéen qui  perdit 80% de sa valeur face aux devises. L’inflation dépassa alors les 57%, tandis-que le prix du gallon d’essence passa de 5 à 12 dollars zimbabwéens. Quant au taux de chômage, il atteignit les 50% Or, avec une croissance démographique de 2,8% par an, le Zimbabwe voyait arriver chaque année des dizaines de milliers de jeunes adultes sur le marché du travail. [...]"

CINA-ZIMBABWE_-_1121_-_RapportiAsiaNews nous apprend que pendant les deux jours avant le coup d’Etat au Zimbabwe, le chef d’état major du Zimbabwe était en Chine, où il a rencontré notamment deux officiers de haut rang et le ministre de la Défense. Pour certains observateurs, la Chine, qui est le premier partenaire commercial du pays, est clairement derrière la destitution du vieux dictateur responsable d’un marasme économique, et même d’une régression qui a fait chuter son PIB par personne 15% au-dessous de ce qu’il était en 1980.

Un article publié le 16 novembre dans le Global Times, le journal du parti communiste chinois en langue anglaise, disait que le gouvernement de Mugabe avait fait subir de « lourdes pertes » à la Chine et qu’un changement de régime serait profitable aux deux pays. Selon John Everard, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Corée du Nord et spécialiste de la Chine, Pékin a joué le même rôle que jouait la CIA dans les années 70, ce qui est une nouveauté."

Posté le 23 novembre 2017 à 08h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

25 octobre 2017

La Nouvelle-Calédonie sous giron chinois ?

Minute consacre un dossier à la marche forcée vers l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie, soutenue par l'ONU et visiblement acceptée par la France. Un référendum aura lieu en 2018. Mais au profit de qui ?

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Posté le 25 octobre 2017 à 09h31 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

15 octobre 2017

Variation sur le thème de la souveraineté nationale : Pétroyuan contre Pétrodollar

Les explications précises et captivantes de Charles Sannat. Où l'on retrouve les méfaits de l'empire, et l'exemple chinois à suivre pour s'en prémunir... Et bien d'autres informations...

 

Posté le 15 octobre 2017 à 14h57 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (2)

10 septembre 2017

75 évêques morts en Chine de 2004 à nos jours, tous décimés par des années de captivité ou de travaux forcés

Lu sur Diakonos :

Cina4"Au mois d’août dernier, la Librairie Editrice du Vatican a publié un dossier qui constitue une véritable douche glacée pour tous ceux qui continuer à croire qu’un accord entre le Saint-Siège et Pékin serait imminent. Ce dossier, rassemblé par Gianni Cardinale, un expert en géopolitique vaticane et prestigieux rédacteur dans les colonnes d’« Avvenire » et de « Limes », ne commente pas mais documente plutôt ce que, jusqu’auparavant, on ne savait qu’en partie.

Pour le première fois, il donne le nom des évêques de chacun des diocèses chinois, officiels et clandestins, légitimes et illicites. Mais surtout, il aligne les biographies compilées par la Secrétairerie d’Etat des 75 évêques morts en Chine de 2004 à nos jours, tous décimés par des années voire des décennies de captivité, de travaux forcés, de camps de rééducation, de détention à domicile et flanqués en permanence de policiers. Si tel est le traitement que le régime communiste réserve aux évêques chinois sur le terrain, il est clair que tout cela doit cesser avant que le Vatican n’accepte de signer avec les autorités de Pékin un accord sur la nomination des futurs évêques.

Le calvaire des évêques chinois ne remonte pas seulement à l’époque lointaine de Mao Tsé-Toung et à la Révolution Culturelle, quand l’objectif déclaré du régime était d’anéantir l’Eglise catholique et de créer un simulacre coupé de Rome qui lui soit entièrement soumis. Il s’est poursuivi même après la sortie de prison des évêques ou futurs évêques, contraints pour survivre à travailler dans une mine de sel ou dans une carrière de pierre, à faire paître les porcs, à cuire des briques ou pour les plus chanceux à ressemeler des chaussures ou à faire du commerce ambulant.

En 2005 encore, on apprenait la mort de Jean Gao Kexian, évêque du diocèse de Yantai, dont on avait perdu la trace depuis qu’il avait été séquestré par la police en 1999. Le même sort fut réservé en 2007 à un autre évêque, Jean Han Dingxiang, du diocèse de Yongnian, emprisonné pendant vingt ans avant d’être relâché et qu’on a ensuite fait disparaître en 2006 avant d’informer ses proches de sa mort alors qu’il avait déjà été incinéré et enterré dans un lieu inconnu. En 2010, c’était au tour d’un autre évêque, Jean Yang Shudao du diocèse de Fuzhou, de mourir après avoir passé vingt-six ans en prison et toutes les années qui suivirent « contraint de rester quasi en permanence en détention à domicile et sous contrôle strict ». Sans parler des tribulations des derniers évêques de Shanghai, le jésuite Joseph Fan Zhingliang, mort en 2014 après « avoir exercé le ministère dans la clandestinité » et son successeur Thaddée Ma Daqin, aux arrêts depuis 2012 pour s’être dissocié de l’Association Patriotique des Catholiques Chinois – en parfaite obéissance à Rome qui juge qu’appartenir à cette association est « incompatible » avec la foi catholique – et depuis lors plus jamais libéré malgré qu’il se soit rétracté de sa dissociation il y a un an. Cette année aura connu la séquestration et la détention dans un lieu inconnu de l’évêque Pierre Shao Zhumin du diocèse de Wenzhou, dont en premier lieu l’ambassade d’Allemagne en Chine et ensuite le Saint-Siège lui-même ont demandé publiquement la remise en liberté le 26 juin dernier, une demande ignorée par les autorités. [...]"

Posté le 10 septembre 2017 à 16h21 par Michel Janva | Lien permanent

30 août 2017

Des catholiques chinois empêchent la destruction de leur église

A Wangcun, dans la province de Shanxi en Chine, le comité de district du parti communiste a tenté de détruire une église alors que les discussions entre le gouvernement chinois et le Vatican s'intensifient.

Cette église, construite au début du XXe siècle, avait besoin de restaurations. En août 2012, les autorités avaient décidé de donner l’église et le terrain environnant aux catholiques, afin qu’ils restaurent le bâtiment à leurs frais. Il y a quelques mois, les fidèles, ayant réuni l’argent nécessaire, avaient pu commencer les travaux. Et voilà que le comité de district du parti communiste a décidé que tout devait être rasé pour laisser la place à un « jardin public qui enrichira la vie du peuple ».

Mais les fidèles se sont mobilisés pour empêcher la démolition. Les autorités ont suspendu le processus…

Posté le 30 août 2017 à 17h06 par Michel Janva | Lien permanent

27 juin 2017

Chine : l’accord avec Rome tarde à venir

Logique :

A la veille de Pâques, l’évêque de Wenzhou, Peter Shao Zhumin a subi le même sort pour les mêmes raisons. Il a refait surface après vingt jours d’endoctrinement avant d’être à nouveau arrêté le 18 mai sans aucune information sur son lieu de détention.  Le 15 juin, il a été vu alors qu’il débarquait à l’aéroport de Wenzhou sous bonne garde, après quoi il a à nouveau disparu.  Sa vieille mère a déclaré craindre qu’on ne le ramène dans un sac comme cela s’est déjà produit pour d’autres évêques torturés avant de les laisser mourir en des temps pas si éloignés que cela : les deux derniers à subir ce sort furent John Gao Kexian, évêque que Yantai en 2004 et John Han Dingxian, évêque de Yongnian en 2007.

Le 20 juin, dans une note officielle, Michael Clauss, l’ambassadeur d’Allemagne en Chine – face au silence des autorités vaticanes – a demandé que l’évêque de Wenzhou soit libéré et a fait part de son inquiétude concernant les nouvelles lois religieuses qui risquent « d’ajouter de nouvelles restrictions au droit de liberté de culte et de pensée ».

L’évêque de Shanghai, Thaddeus Ma Daqin, arrêté immédiatement après son ordination en 2012, est toujours maintenu à l’isolement pour s’être dissocié de l’Association Patriotique – par obéissance à Rome qui estimait cette appartenance « incompatible » avec la foi catholique – et n’a jamais libéré depuis malgré qu’il se soit rétracté de cette dissociation il y a un an.

A Shanghai, le diocèse le plus peuplé de Chine, le séminaire avait été fermé à cette occasion, au point que quatre candidats prêts à recevoir les ordres depuis 2012 viennent seulement d’être ordonnés prêtres par l’évêque d’un diocèse voisin.

Et ce n’est pas tout.  Le jour de Pâques, à la cathédrale de Mindong, alors que le véritable évêque du diocèse était sous les verrous, Ma Daqin a été autorisé à concélébrer avec l’évêque illégitime de ce même diocèse, Vincent Zhan Silu, reconnu par le gouvernement mais pas par Rome. Il s’agissait d’un affront pur et simple au Saint-Siège étant donné qu’outre le fait que Zhan Silu était excommunié, il était également un membre éminent de l’Association Patriotique et vice-président du Conseil des évêques chinois, la pseudo conférence épiscopale mise en place par le régime communiste regroupant les seuls évêques qui leur sont inféodés et qui prétend revendiquer le pouvoir de désigner les futurs évêques.

Dans l’état actuel des choses, il n’est pas étonnant qu’à Rome, même les plus impatients partisans d’un accord jettent de l’eau sur le feu. [...]

Le 26 juin, soit quatre jours après la publication de cet article, Greg Burke, le directeur de la salle de presse du Vatican, a publié la déclaration suivante en italien, en anglais et en chinois : « en réponse aux questions de certains journalistes sur le cas de Mgr Pietro Shao Zhumin, Evêque de Wenzhou ».

« Le Saint-Siège suit avec grande inquiétude la situation personnelle de Mgr Pietro Shao Zhumin, Evêque de Wenzhou, éloigné de force de son siège épiscopal depuis désormais longtemps. La communauté catholique diocésaine et ses proches n’ont aucune information ni sur les raisons de son éloignement ni sur le lieu où il est retenu. A ce propos, le Saint-Siège, profondément attristé par cela et par des événements similaires qui ne facilitent malheureusement pas les chemins d’entente, espère que Mgr Pietro Shao Zhumin pourra retourner le plus vite possible dans son diocèse et qu’on lui garantisse de pouvoir exercer sereinement son ministère épiscopal. Nous sommes tous invités à prier pour Mgr Shao Zhumin et pour le chemin de l’Eglise en Chine. »

Le même jour, l’agence « Asia News » de l’Institut Pontifical des Missions Etrangères publiait une analyse des dix années de l’Eglise en Chine entre la Lettre de Benoît XVI de 2007 aux catholiques chinois et le silence sur l’arrestation de l’évêque que Wenzhou : un silence qui n’a été rompu qu’aujourd’hui par la timide déclaration de Greg Burke :

L’auteur est un certain “catholique du Nord-Est de la Chine nommé Joseph” et “Asia News” introduit son analyse de la sorte :

« Dans celle-ci, il parcourt ces dix dernières années en montrant comment – bien que le pape François ait déclaré sa validité comme étant toujours d’actualité – les faits démontrent que la Lettre de Benoît XVI est peu à peu trahie. En citant des faits et des situations, l’auteur décrit également comment le pouvoir du gouvernement chinois détermine de plus en plus la vie de l’Eglise et les nominations des évêques, choisissant et ordonnant des candidats qui vivent dans le « triste pragmatisme» (Evangelii gaudium, n°83). Joseph se plaint également de ce silence excessif qui entoure les persécutions que les évêques, les prêtres et les laïcs subissent en Chine et craint que le dialogue entre la Chine et le Vatican – dont une session vient de se dérouler le 20-21 juin dernier au Vatican – n’aboutissent à l’élimination de l’Eglise non-officielle ».

Posté le 27 juin 2017 à 14h02 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2017

« J’ai peur, vraiment très peur, que les dirigeants du Vatican se laissent abuser par la Chine »

Le National Catholic Register a interrogé le cardinal Joseph Zen, 85 ans, évêque émérite de Hong Kong. Extrait :

Unknown« Ce que j’ai dit exactement c’est que si le pape signait un mauvais accord « en toute connaissance de cause » avec les communistes, cela constituerait une trahison de Jésus, et une trahison du peuple bon et fidèle de l’Eglise catholique en Chine ». « Je ne suis pas contre le dialogue, mais je redoute qu’il mène à de mauvaises conclusions. Il faudrait de la bonne volonté de part et d’autre, or je ne vois aucune bonne volonté du côté des communistes ». « Les communistes ne sont pas prêts à céder sur quoi que ce soit ; ils n’ont besoin de rien et ils maintiennent, comme ils le font pour toutes les religions, un contrôle total sur l’Association chinoise patriotique catholique ».

Pour le cardinal Zen, un accord entraînant le lâchage par Rome de l’Eglise des catacombes « trahirait » ses fidèles, eux « qui ont résisté à tant de pressions ».

« J’ai peur, vraiment très peur, que les dirigeants du Vatican se laissent abuser par la Chine ».

Les dernières informations en provenance des négociations indiquent que le Vatican pourrait se satisfaire d’un simple accord autour de la nomination des évêques, dont les candidatures seraient présentées au gouvernement par la conférence des évêques (de l’Association officielle).

« C’est une escroquerie ! » « il n’existe aucune véritable conférence des évêques, ce n’est qu’une chimère ». « Le pouvoir domine l’Eglise officielle à travers l’Association, on ne peut pas parler de deux corps distincts ; il s’agit bien d’une seule organisation, sous contrôle (…) On peut parfaitement voir sur des photos que les assemblées de l’Association sont présidées par un cadre du gouvernement. »

« Dans ce pays où le Vatican ne peut pas procéder normalement aux nominations par l’intermédiaire du nonce apostolique, ce serait les évêques nationaux qui suggéreraient les noms des candidats – j’accepterais éventuellement qu’on accorde un droit de veto au gouvernement – ce qui reviendrait à se soumettre au choix des évêques en place. Or ce type de solution reste bel et bien une tromperie, l’Association n’étant en rien une conférence épiscopale : c’est la marionnette du gouvernement. »

Posté le 21 février 2017 à 07h24 par Michel Janva | Lien permanent

26 août 2016

Les contacts entre le Saint-Siège et la Chine se poursuivent

Dans un entretien publié le 24 août par le quotidien de la conférence épiscopale italienne Avvenire, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Vatican, souhaite que soit trouvées « des solutions réalistes » pour un accord entre la Chine et le Saint-Siège, sans relations diplomatiques depuis 1951.

Images-15« Les contacts entre le Saint-Siège et la Chine continuent dans un esprit de bonne volonté des deux parties ». « Le cheminement de la connaissance et de la confiance réciproque demande du temps, de la patience et de la clairvoyance de la part des deux parties ».

« Ce qui tient particulièrement à cœur au Saint-Siège, c’est que les catholiques chinois puissent vivre positivement leur appartenance à l’Église et, en même temps, être de bons citoyens et contribuer à renforcer l’harmonie dans la société chinoise entière ».

Concernant la situation des deux communautés catholiques chinoises communément appelées Eglise « officielle » et Eglise « clandestine », il affirme que ne sont pas « deux Églises différentes », mais « deux communautés toutes les deux désireuses de vivre en pleine communion avec le Successeur de Pierre ».

« Chacune d’elles porte avec elle le bagage historique de moments de grand témoignage et de souffrance ». « Le souhait du Saint-Siège est de voir, dans un futur pas trop éloigné, ces deux communautés se réconcilier, s’accueillir, donner et recevoir la miséricorde pour une annonce commune de l’Évangile ». « Le pape François a à cœur que les tensions et les divisions du passé soient dépassées pour pouvoir écrire une page nouvelle de l’histoire de l’Église en Chine. »

Le 4 août, le cardinal John Tong Hon publiait un texte en anglais et en chinois sur le Sunday Examiner et le Kung Kao Po, les deux journaux du diocèse de Hongkong. Intitulé « La communion de l’Eglise en Chine avec l’Eglise universelle », le texte semble s’adresser autant aux catholiques de Chine qu’aux dirigeants chinois. Celui qui a succédé en 2009 au cardinal Zen à la tête du diocèse de Hongkong propose ses réponses aux questions suivantes : 

« Pourquoi le Saint-Siège persiste-t-il avec insistance à dialoguer avec le gouvernement chinois plutôt qu’à l’affronter ? Que signifie la communion entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle ? Sur quels critères les évêques des Eglises locales en Chine continentale devraient-ils être nommés ? Quel est le rôle de ce qui tient lieu aujourd’hui de Conférence des évêques catholiques en Chine ? Quelle(s) relation(s) cette dernière entretient-elle avec les diocèses ? ».

Sur ces questions, le cardinal Zen ne cache pas son pessimisme. Dans son texte, le cardinal Tong écrit notamment que 

« bien que les termes précis d’un accord [entre la Chine et le Saint-Siège] n’ont pas encore été rendus public, nous croyons que le pape François, en tant que protecteur de l’unité et de la communion de l’Eglise universelle, n’acceptera pas un texte qui nuirait à l’intégrité de la foi de l’Eglise universelle ou à la communion entre l’Eglise catholique en Chine et l’Eglise universelle ».

Le 25 juillet, alors que les jeunes catholiques du monde entier se réunissaient à Cracovie pour les 31e Journées mondiales de la jeunesse, à l’aéroport de Pékin, les autorités ont fait stopper un avion qui roulait déjà sur le tarmac pour s’envoler vers la Pologne. Elles en ont fait descendre une cinquantaine de jeunes catholiques chinois pour « violation de la réglementation sur les voyages à l’étranger », avant de les renvoyer dans leurs foyers avec interdiction de parler aux médias.

Posté le 26 août 2016 à 08h06 par Michel Janva | Lien permanent

23 août 2016

Syrie : vers une implication accrue de la Chine

Alors que la Chine annonce vouloir intensifier sa coopération militaire avec la Syrie, la TV iranienne propose une intéressante analyse, en français (à prendre avec les mêmes précautions que toute autre analyse, naturellement).

 

Posté le 23 août 2016 à 07h14 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (1)

08 août 2016

Accord entre la Chine et le Saint-Siège

Dans un long texte publié dans l’hebdomadaire diocésain de Hong Kong, le cardinal de Hong Kong Mgr John Tong revient sur l’accord concernant le processus de nomination des évêques en Chine signé entre la Chine et le Vatican.

Intitulé « Communion de l’Église de Chine avec l’Église universelle ", ce texte indique qu'en février dernier un premier « accord de travail » prévoyait que le pape sélectionnerait lui-même un nom sur une liste de personnalités agréées proposée par la Chine. Plusieurs listes seraient déjà en attente sur le bureau du pape pour choisir un évêque dans plusieurs diocèses vacants.

On ne sait pas clairement quel pourra être le destin de certains évêques clandestins reconnus par Rome mais non par Pékin. À l’inverse, l’accord ne dit rien sur l’avenir des évêques illégitimes élus par Pékin et que Rome ne reconnaît pas. Enfin, on ne sait pas ce qu’il pourrait advenir si aucun des noms proposés par Pékin n’est acceptable pour le pape.

Le cardinal Joseph Zen, ancien évêque de Hong, Kong, s’est toujours montré très réservé sinon très critique à l’égard du moindre accord. À ses yeux, on ne peut pas faire confiance au régime communiste de Pékin et il redoute qu’une reprise des relations diplomatiques entre Rome et Pékin ne se fasse qu’en sacrifiant certains dogmes et les nombreux fidèles, prêtres et évêques de l’Église souterraine chinoise qui n’a jamais voulu faire le moindre compromis avec le régime. Les catholiques chinois

« vivent dans la crainte (…) ; j’ai des contacts quotidiens avec eux et peux dire qu’ils ont peur d’un accord entre le Vatican et la Chine ».

« Je ne sais pas comment on peut être optimiste en ce moment ! Il n’y a aucune raison, c’est sans fondement » « Pour cela, il faudrait que les Chinois cèdent beaucoup de terrain. C’est impossible. Pourquoi cèderaient-ils après avoir tout conquis ? Ils veulent encore plus. Ils viennent parler pour obtenir davantage, pas pour céder. Penser qu’ils viennent vraiment pour négocier est irréaliste. »

En mai dernier, dans un entretien à Famille Chrétienne en partenariat avec Églises d’Asie, il avait réagi négativement aux propos « admiratifs » du Pape envers la Chine, dans une interview accordée au site Asia Times (Hong Kong), mais sans jamais aborder la situation des catholiques dans le pays et la question de la nomination des évêques par Rome :

« Tout le monde admire les efforts déployés par le Pape. Il fait preuve de tant de bonne volonté. (…) Mais j’ai été déçu car la religion a été exclue du champ de l’interview : comment imaginer interviewer le Pape et ne pas parler de religion ? »

Posté le 8 août 2016 à 11h34 par Michel Janva | Lien permanent

10 juillet 2016

1,5 million de Chinois tués pour leurs organes

Un rapport publié le 22 juin par une équipe de chercheurs révèle en détail l’écosystème de centaines d’hôpitaux et installations de transplantation, fonctionnant en toute quiétude depuis les années 2000. Selon le rapport, l’ensemble de ces installations a eu une capacité permettant d’effectuer entre 1,5 et 2,5 millions de transplantations au cours des 16 dernières années. Les auteurs estiment que le chiffre réel se situe entre 60 000 et 100 000 greffes par an depuis 2000. L’avocat des droits de l’homme David Matas, co-auteur du rapport, lors de sa présentation au National Press Club de Washington, indique :

« La conclusion finale de cette nouvelle étude, et de tout notre travail antérieur, est que la Chine est engagée dans un massacre de masse d’innocents ».

Le rapport est intitulé Bloody Harvest/The Slaughter : An Update (Prélèvements meurtriers / Le Massacre. Mise à jour).

Posté le 10 juillet 2016 à 15h56 par Michel Janva | Lien permanent

21 juin 2016

Mères porteuses et fuite fiscale

Lu dans Les Echos :

"[...] les élites politiques de Pékin seraient désormais de plus en plus nombreuses à opter plutôt pour des mères porteuses au Japon.

S'il ne donne pas de statistiques précises, le quotidien « Mainichi » a réussi à longuement interviewer, dans son édition du week-end, plusieurs familles se déclarant liées au pouvoir communiste, qui ont récemment usé des services d'un intermédiaire basé à Tokyo pour « obtenir » un enfant japonais. Un premier couple explique ainsi qu'il a recruté une mère porteuse chinoise dans l'Archipel, puis réussi à faire inscrire sur le « koseki » - l'équivalent japonais du livret de famille - de son nouveau-né, un père de citoyenneté nippone, ce qui permet à l'enfant de bénéficier automatiquement de la citoyenneté japonaise.

Expliquant les motivations de cette famille, le quotidien rappelle que l'enfant au passeport japonais est un « véhicule » idéal pour faire sortir de Chine des actifs financiers. Sa nationalité est aussi très utile pour acheter de l'immobilier à Tokyo ou pour établir une entreprise dans l'Archipel, que les riches familles chinoises, redoutant toujours l'arbitraire de la dictature de Pékin, identifient traditionnellement comme un Etat de droit sûr, où leur fortune, honnête ou non, pourra être protégée. « Ce serait plus facile pour nous de nous enfuir si la Chine venait à s'écrouler », résume la « mère d'intention », dont l'oncle serait un cadre du gouvernement chinois.

Un autre père chinois interviewé par le « Mainichi » a laissé les journalistes jeter un oeil au compte bancaire, dans l'Archipel, de son « bébé japonais ». A deux ans, il est déjà à la tête d'une fortune de plus de 2 milliards de yens, soit plus de 16 millions d'euros. Des montants que les autorités financières chinoises auront beaucoup de mal à relier à son père, toujours citoyen chinois. L'homme assure d'ailleurs que le Japon se révèle une option plus beaucoup souple que les Etats-Unis pour ces mouvements financiers. Les agences bancaires nippones ne signalant à l'Autorité des services financiers (FSA) que les transactions qu'elles estiment potentiellement liées à des actes délictueux."

Posté le 21 juin 2016 à 11h31 par Michel Janva | Lien permanent

31 mai 2016

Vers la disparition de l'agriculture familiale

Lu ici :

"C'est une dékoulakisation à la française. Nul besoin du "petit père des peuples", le marché s'en charge très bien. Entre 1970 et 2010, le nombre d'exploitations agricoles est passé d'1,2 million à 490.000. 40.000 exploitations ont encore disparu entre 2010 et 2013. [...] Dans 9 cas sur 10, elles sont transmises dans le cadre d'un agrandissement. Et de plus en plus souvent dans le cadre du "marché des parts sociales". La financiarisation des terres est bel et bien en marche. Pour Robert Levesque, directeur de Terres d'Europe-Scafr, "le modèle de l'exploitation familiale se marginalise progressivement". "L'installation et les agrandissements se font de plus en plus par accès à la location et au transfert de parts sociales", a-t-il mis en garde, jeudi 26 mai, dans le cadre de la conférence de presse annuelle de la FNSafer sur le prix des terres.

"Les multinationales arrivent"

Ainsi, des investisseurs totalement étrangers à l'agriculture délèguent à des entreprises de travaux agricoles la totalité des tâches de production, d'exploitation. "Les multinationales arrivent", a averti Robert Levesque, citant l'exemple retentissant de la société chinoise "Hongyang International Investment Company", basée à Hong kong, qui vient de racheter six exploitations dans le Berry pour un total de 1.750 hectares de terres céréalières. Des céréales destinées au marché chinois. Pour mener à bien ces opérations, l'investisseur chinois est allé voir chaque exploitant pour lui racheter 98% ou 99% des parts. La Hong Yang Company, qui serait aujourd'hui dissoute, n'aurait servi que de paravent. Les exploitations sont aujourd'hui entre les mains de la "Beijing Reward International Trade Company" basée à Pékin, spécialisée dans les détergents ménagers, l'immobilier de tourisme et l'industrie laitière. Le groupe détient en effet une exploitation laitière de 13.000 hectares en Mongolie intérieure. L'astuce utilisée était déjà connue mais les surfaces en jeu ont de quoi inquiéter. L'opération menée dans la plus grande opacité illustre le plein essor de l'agrobusiness où les Français et les Européens ne sont pas en reste. La société belge Agriland possède ainsi 12.000 hectares, notamment dans le Nord, a rappelé Robert Levesque. Et le même phénomène est à l'œuvre à travers toute l'Europe. Le Conseil économique et social européen (Cese) avait tiré le signal d'alarme sur "l'accaparement des terres" début 2015. Le britannique Spearhead possède 84.300 hectares sur le continent, essentiellement en Tchéquie, en Slovaquie, en Pologne… et en Roumanie, devenu l'eldorado des grands groupes. L'allemand KTG Agrar, coté en bourse, est aussi très présent à l'Est avec plus de 40.000 hectares.

L'Europe déficitaire nette de 20% de sa surface agricole

Pourtant, "le modèle agricole familial en Europe est plus favorable à l'attractivité des territoires, à la valeur ajoutée, aux emplois, aux paysages", a insisté Robert Levesque pour qui se pose aujourd'hui la question de la "souveraineté alimentaire européenne". "On importe aujourd'hui l'équivalent de 35 millions d'hectares, ce qui signifie que l'Europe est déjà déficitaire nette de 20% de sa surface agricole totale." [...]"

Posté le 31 mai 2016 à 13h39 par Michel Janva | Lien permanent

18 mai 2016

A Rome, ceux qui négocient avec la Chine ne comprennent pas les communistes chinois

Le cardinal Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong, qu’il a dirigé de 2002 à 2009, répond à Famille chrétienne. Extrait :

"Peu avant le Nouvel An chinois, le pape François a donné un entretien, publié à Hongkong, au sujet de la Chine. Comment avez-vous accueilli ses propos ?

CTout le monde admire les efforts déployés par le pape. Il fait preuve de tant de bonne volonté dans l’expression de son désir de se rendre un jour en visite en Chine. Mais je ne peux pas cacher que j’ai été déçu par cette interview, car la religion a été exclue du champ de l’interview : comment imaginer interviewer le pape et ne pas parler de religion ?

Le pape parle de culture. Très bien. J’entends des personnes dire qu’il met ses pas dans ceux du jésuite Matteo Ricci, auteur en 1595 d’un Traité de l’amitié à l’adresse des Chinois et de l’empereur. De grâce, laissez Matteo Ricci en paix ! Matteo Ricci avait affaire à un empereur. Nous avons affaire à un Parti communiste. Chacun sait que les communistes chinois ont piétiné plus que n’importe qui la culture. Ils ne défendent que la culture socialiste.

De même, le pape dit qu’il ne faut pas avoir peur de la Chine. Mais, ici, à Hongkong, les gens rient lorsqu’ils lisent cela. Rome est loin de la Chine, nous en sommes tout près ici, et tous, nous avons peur. Alors, pourquoi donner une telle interview ?

La réponse de Pékin est venue, très claire : les journaux chinois officiels ont répondu : « Nous voulons des faits », autrement dit : « Rendez les armes ! Soumettez-vous aux demandes de Pékin ! » Et on peut bien comprendre pourquoi la Chine n’a aucune raison de faire des compromis. Ils dominent la partie « officielle » de l’Église et maintenant, ils veulent que l’autre partie, la partie « clandestine », se fonde dans la partie « officielle ». Et ils veulent que le Saint-Père donne sa bénédiction à l’Association patriotique !

Mais la politique du kowtow, à savoir s’abaisser devant le pouvoir central chinois, ne peut porter de bons fruits. Le pape parle d’adopter une attitude humble. Très bien, l’humilité est une vertu cardinale, mais il ne faut pas le faire en abandonnant toute dignité, la dignité de notre foi, la dignité de l’Église. Nous ne devons pas « faire kowtow ». Or, je pense que cette interview ne peut que convaincre le pouvoir chinois à Pékin que le Saint-Siège est prêt à tout pour parvenir à un accord.

On entend dire qu’en décembre 2016, le gouvernement chinois va convoquer à Pékin l’Assemblée nationale des représentants catholiques. Comment l’interpréter ?

La tenue de cette assemblée serait le signe le plus éclatant que nous sommes en présence d’une Église schismatique. J’espère que le Saint-Père ne se fait pas d’illusions, mais à Rome, ceux qui négocient ne comprennent pas les communistes chinois. Cela renvoie à l’Ostpolitik, qui certes avait trait aux négociations entre Rome et les régimes communistes d’Europe de l’Est et en Russie. Certains à Rome se scandalisent que j’en parle pour qualifier les négociations avec Pékin. Mais je dois rappeler ici que l’Ostpolitik a été un échec. Les Églises en Europe de l’Est n’ont pas gagné une once de liberté grâce aux négociations menées par Rome. Elles ont eu la liberté quand le Rideau de fer est tombé. Alors, comment militer aujourd’hui pour une Ostpolitik en direction de la Chine ? Pourquoi reprendre des méthodes qui ont pourtant fait la preuve de leur inefficacité ?

Les personnes qui n’ont pas vécu sous un système dictatorial ne peuvent pas comprendre. Jean-Paul II avait vécu sous le nazisme et le communisme, il comprenait. Le pape actuel vient d’Amérique du Sud, et ces pays ont eux aussi connu des dictatures dominées par les militaires, les classes riches et l’impérialisme américain. Les gens ont souffert sous ces régimes et ils se sont tournés vers le marxisme, qui avait là un « marché » à prendre. Même parmi les catholiques, la tentation a été forte, avec la théologie de la libération.

Pour sûr, le Père Bergoglio à l’époque n’a jamais fait sienne la théologie de la libération, mais on peut penser que lui et ses amis jésuites ont eu à souffrir des régimes militaires. Dès lors que vous vouliez aider les pauvres, vous étiez soupçonnés, accusés d’être communiste. Il est donc naturel que le pape ait une certaine sympathie pour les communistes, car il n’a connu que le communisme persécuté sous la botte des militaires. Mais il n’a pas connu les communistes qui ont tué des millions et des millions d’innocents. Il n’a pas connu ces communistes-là ! Et, à Rome, ils ne connaissent pas la Chine, ils ne parlent ni ne lisent le chinois, ils n’ont pas pratiqué les communistes chinois.

Mes craintes sont donc fortes, même si le Saint-Père n’a pas encore pris position clairement [au sujet du « dossier chinois »]. J’ai très souvent écrit au pape François. Ce que j’espère, c’est qu’il écoute, qu’il écoute tout le monde, tous ceux qui ont des avis divergents sur cette question des rapports avec la Chine. Mais je ne cache pas que la situation actuelle est lourde de dangers, car il y a tant de gens autour de lui qui poussent à conclure un accord avec Pékin. Des personnes qui ne rêvent qu’à une chose : pouvoir dire enfin, urbi et orbi, qu’un accord a été conclu avec la Chine !

Est-il envisageable que Pékin amende sa politique religieuse ?

Comment la Curie romaine pourrait-elle penser qu’elle aboutira à un accord pour les catholiques chinois alors que les autres religions restent soumises au contrôle du gouvernement ? C’est une illusion.

Quand il n’y a pas de dialogue, paradoxalement, vous pouvez tolérer beaucoup de choses. Il y a eu ainsi, les années passées, des ordinations épiscopales pour des évêques qui avaient été acceptés par les deux parties, Rome et Pékin. Chacun disait avoir donné son accord, tout en prétendant ignorer ce que faisait ou disait l’autre partie. Tant que les choses étaient laissées dans un certain flou, vous pouviez vous satisfaire de la situation, mais du moment où vous fixez les choses dans un document, fruit d’une négociation, l’équivoque n’est plus possible. Or, il n’y a aucun signe que Pékin va changer.

Un temps, je me suis dit que la situation pourrait s’améliorer avec le nouveau président Xi Jinping [au pouvoir depuis fin 2012]. Je me disais que peut-être qu’une fois qu’il aurait tous les leviers du pouvoir en main, il ferait bouger les choses dans un sens positif. Mais ce « peut-être », je le crains, était une illusion ! Le pouvoir se raidit de toutes parts.

Un prêtre de Chine continentale, mort récemment dans des circonstances non élucidées (les autorités disent qu’il s’est « suicidé », mais sans rien apporter à l’appui de leurs dires), a écrit qu’il n’y avait aucun espoir que la situation s’améliore dans un proche avenir. Il ajoutait qu’il fallait donc attendre. Selon lui, l’Église pouvait attendre. L’Église primitive a bien attendu trois cents ans pour convertir l’empire romain ! Mais ce qu’il nous est impossible de faire, c’est de nous trahir nous-mêmes."

Posté le 18 mai 2016 à 09h33 par Michel Janva | Lien permanent

19 avril 2016

23 millions d'avortements par an en Chine

Article terrifiant lu sur le blog de Jeanne Smits :

Bien au-delà des statistiques officielles annonçant quelque 10 à 13 millions d'avortements par an en Chine, le chiffre réel pourrait se situer à près du double, selon le Département d'Etat américain, soit 23 millions d'enfants à naître éliminés chaque année. Dans le même temps, affirme le rapport officiel, le nombre d'avortements et de stérilisations forcés est lui aussi à la hausse. Et ce malgré le soi-disant assouplissement de la politique familiale en Chine. Ce n'est pas parce qu'on en change les variables — en passant d'un enfant à deux maximum par famille — que la mainmise totalitariste de l'État communiste chinois sur les décisions propres aux couples s'est allégée (...)

La Chine connaît donc 63 013 avortements par jour, soit 43 par minute.

Le taux d'avortement est également faramineux. Aux Etats-Unis, on compte 1 million d'avortements par an pour 320 millions d'habitants. « La population de la Chine avoisine le 1,4 milliard de personnes, et compte quelque 23 millions d'avortements par an. Par conséquent, avec une population quatre fois plus importante que celle des États-Unis, la Chine affiche 23 fois plus d'avortements. » (...) [En proportion par rapport aux populations respectives, la Chine affiche donc un taux d'avortement 5 fois supérieur, NDPC]

Le Département d'Etat prend soin de souligner que nombre des avortements forcés ont été réalisés à un stade avancé de la grossesse (...) Sur les 31 provinces chinoises, 18 sont dotées de lois qui exigent l’avortement en cas de grossesse illégale. Dans les 13 restantes, la pratique n'est pas pour autant inexistante puisque les responsables locaux du planning familial chinois ont utilisé le recours à l'avortement forcé pour « tenir » leur quota de naissances (...)

Parmi les pratiques coercitives conservées par le gouvernement chinois dans le cadre de la politique des deux enfants, le rapport du Département d'Etat met en avant de nombreux cas de couples ayant deux enfants dont un membre se voit obligé de recourir à la stérilisation. L'arrivée d'un deuxième enfant est parfois accompagnée de menaces de licenciement en cas de refus d'avorter, et malgré le prétendu assouplissement et de l'illégalité de la pratique, l'avortement sélectif des filles se poursuit (...)"

Posté le 19 avril 2016 à 07h07 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (5)

17 janvier 2016

D'Henri Hude à propos de la Chine

Extrait d'un billet d'Henri Hude sur la Chine :

"[...] L’Occident a pensé que le passage au capitalisme à partir du président Deng s’accompagnerait d’une évolution des mentalités dans le sens d’une occidentalisation et du libéralisme. C’est relativement vrai pour ce qui est de l’occidentalisation du mode de vie. C’est faux pour ce qui est du libéralisme. Ce qui émerge au contraire de l’occidentalisation, c’est le nationalisme, qui est un trait caractéristique et quasi unanime de la Chine contemporaine.

Ceci était prévisible, puisque c’est ce qui s’est produit en Europe avec la modernisation dans les siècles derniers. C’est aussi ce qui s’est passé au Japon entre les deux guerres mondiales, où le nationalisme et le militarisme l’ont emporté sur le début de démocratie libérale, notamment quand la crise mondiale a stoppé la croissance japonaise. En Chine, les mentalités encore très terriennes et conservatrices d’un peuple solidaire et traditionnel, malgré la rudesse de la révolution communiste, ne vont pas se dissoudre dans l’individualisme libéral, sans passer durant au moins une génération et probablement deux par l’étape du nationalisme.

De plus, les peuples les plus libéraux sont aussi ceux qui ont les institutions les plus aristocratiques. La Chine, Etat plurimillénaire, gouverné depuis toujours par une élite de hauts fonctionnaires, conservera probablement sa structure étatique. Comme la France, sa vision nationale restera incarnée par une élite plus ou moins éclairée s’appuyant sur la puissance de l’Etat. [...]"

Posté le 17 janvier 2016 à 19h26 par Michel Janva | Lien permanent

14 janvier 2016

Le gouvernement chinois continue d'édifier une Eglise séparée de l’Eglise catholique

Le cardinal Joseph Zen Ze-kiun se montre profondément pessimiste sur la nature des relations entre les catholiques et le gouvernement chinois. Alors que l’année 2015 semblait débuter par la promesse d’un rapprochement entre le Vatican et le Parti, le cardinal estime :

Unknown-18«Je me souviens qu’au début de l’année dernière, le journal Wen Wei Po [quotidien de Hongkong contrôlé par Pékin - NdT] annonçait avec enthousiasme que « les relations entre la Chine et le Vatican [auraient] bientôt une bonne issue ». Peu après, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège déclarait que « les perspectives (étaient) prometteuses et que les deux parties (souhaitaient) dialoguer ». De mon côté, je nourrissais quelques doutes face à cette bouffée d’optimisme inattendue, je n’en voyais pas la raison. Plus de mille croix ont été retirées du sommet des églises (et dans certains cas les églises elles-mêmes ont été démolies). Après autant de temps, nous ne pouvons plus nourrir l’illusion que cette campagne d’abattage des croix n’était qu’un excès de zèle exagéré de la part de quelque responsable local. Plusieurs séminaires ne fonctionnent plus. Les étudiants du Séminaire national de Pékin ont été contraints de signer une déclaration de fidélité envers l’Eglise indépendante [schismatique, soumise au régime NDMJ], en s’engageant aussi à concélébrer la messe avec des évêques illégitimes (faute de quoi ils n’obtiendraient pas leur diplôme de fin d’études). Le gouvernement édifie peu à peu une Eglise qui est désormais objectivement séparée de l’Eglise catholique universelle. Par des propositions alléchantes ou bien par des menaces, il incite les membres du clergé à accomplir des actes allant à l’encontre de la doctrine et de la discipline de l’Eglise, en reniant leur conscience et leur dignité.».

Posté le 14 janvier 2016 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

26 novembre 2015

Persécution religieuse en Chine

L'Aide à l'Eglise en Détresse publie le témoignage d'un observateur en Chine sur la persécution insidieuse. Extrait :

"[...] Elle consiste en des mesures administratives qui restreignent considérablement la liberté des citoyens et, en particulier des croyants, car la censure est sans pitié en ce qui concerne les nouvelles touchant les religions (télévision, journaux, Internet). Les rares revues qui parlent de religion sont étroitement contrôlées par les associations patriotiques de croyants.

Mais n’oublions pas que la persécution consiste également en une discrimination subtile envers ceux qui adhèrent à une religion, dès lors qu’il s’agit pour eux, par exemple, de chercher du travail ou d’agir dans la société. Ils sont écartés des postes de responsabilité, leurs promotions professionnelles se font attendre plus que pour d’autres. Les organisations religieuses, diocèses, paroisses, mosquées, pagodes doivent demander sans arrêt des permissions avant de pouvoir mettre en œuvre leurs activités (ce qui favorise la corruption des cadres). Un de mes amis séminaristes a dû patienter plusieurs années avant d’être ordonné prêtre alors qu’il avait terminé ses études depuis longtemps. Dans les établissements scolaires, les jeunes, dans tout le pays, reçoivent une éducation athée. Les médias sont tous, sans exception, entre les mains du gouvernement. Et celui-ci a à cœur de former de nouveaux citoyens indemnes des « vieilleries » de l’ancien système, dont les religions.

La persécution engendre un climat de peur et de méfiance qui empoisonne la vie des communautés de croyants. On doit toujours être sur ses gardes et éviter de parler ouvertement aux autres de problèmes personnels ou de questions de foi. Cela favorise la formation de petits cercles fermés, entre gens qui se font confiance entre eux, mais qui se ferment, par précaution, à ceux de l’extérieur. Ainsi vivent les communautés souterraines, toujours dans la crainte d’être dénoncées. (…) Des évêques catholiques ont été obligés d’agir contre leur conscience : certains ont dû accepter leur ordination épiscopale sans l’accord du Saint-Siège, d’autres ont été forcés de concélébrer avec des évêques illégitimes ! Ces prélats ont ainsi perdu la confiance de leurs troupeaux ! [...]"

Posté le 26 novembre 2015 à 09h55 par Michel Janva | Lien permanent

18 novembre 2015

Sur Radio Notre-Dame, un chroniqueur vante la politique de l'enfant unique en Chine

Etonnant, comme le dénonce Jeanne Smits qui cite cette chronique :

« Peut-on considérer comme viable de voir une population de l’Afrique doubler tous les vingt ans ? Un milliard et demi d’habitants aujourd’hui, deux milliards en 2050 ? Seule la Chine a compris le défi en imposant la politique de l’enfant unique.  Quant à l’Europe elle stabiliserait sa population si elle n’avait pas à faire face aux migrations massives que nous constatons aujourd’hui. »

Posté le 18 novembre 2015 à 17h25 par Michel Janva | Lien permanent

29 octobre 2015

La Chine annonce (encore) la fin de la politique de l'enfant unique

Unknown-33La Chine a annoncé officiellement jeudi la fin de la politique dite de l'enfant unique et va autoriser tous les couples chinois à avoir deux enfants, selon un communiqué du Parti communiste rapporté par l'agence Chine nouvelle. Deux mais pas plus.

Cette décision est destinée à corriger l'inquiétant déséquilibre hommes-femmes (l'eugénisme se fait au détriment des filles et des millions d'hommes ne peuvent pas se marier) et à enrayer le vieillissement de la population.

Déjà, fin 2013, les autorités chinoises avaient décidé d'assouplir cette politique : désormais, si au moins l'un des deux membres d'un couple est enfant unique, un permis peut être délivré pour une deuxième grossesse. Mais en juillet 2014, ce fut un constat d'échec. Les autorités de la commission nationale du planning familial envisageaient entre 1 et 2 millions de naissances supplémentaires à court terme. En définitive, fin mai, seuls 270 000 couples avaient fait la demande de ce permis de procréer ; 240 000 permis étaient accordés.

On ne gomme pas ainsi 30 ans de politique de l'enfant unique : au lieu de pouvoir compter sur les grands-parents pour garder les enfants, bien des Chinois qui ont eu leur enfant tard sont maintenant obligé de prendre soin de la génération d'au-dessus comme de celle d'en-dessousEt ils sont seuls, sans frère ou sœur pour alléger cette charge. Alors avoir un 2e enfant...

Posté le 29 octobre 2015 à 15h58 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

04 août 2015

Chine: ordination d'un évêque avec l'autorisation du Vatican

La première ordination d'un évêque catholique en Chine depuis trois ans a eu lieu mardi, consacrant un prêtre choisi par les autorités communistes mais également approuvé par le Vatican, lors d'une cérémonie sous étroite surveillance policière.

L'ordination du père Joseph Zhang Yilin à Anyang, dans la province du Henan (centre), s'est déroulée en présence d'un important dispositif des forces de l'ordre. Un cordon de policiers fermait tous les accès à l'église du Sacré-Coeur de Jésus, laissant seulement passer les détenteurs d'un permis obtenu plusieurs semaines à l'avance.

La dernière ordination ayant eu lieu en Chine, à Shanghai en 2012, s'était terminée par l'arrestation du nouvel évêque catholique.

Dans la sacristie de l'église d'Anyang, une photo du pape François a été retirée avant la cérémonie de mardi.

Posté le 4 août 2015 à 23h45 par Michel Janva | Lien permanent

Croix interdites au sommet des églises : les chrétiens chinois résistent

... pacifiquement, en brandissant des croix rouges et en les accrochant au pare-brise de leur voiture, à leur fenêtre, ou sur leurs vêtements sous forme de broche :

C1

C2

C3

Le gouvernement de la province de Zheijang a en effet décrété en mai que

"les croix surplombant les toits des églises devront être retirées et placées sur la façade des églises, avant septembre. Il est également prévu de restreindre leur taille, la surface de la croix ne devant pas dépasser un vingtième de celle du bâtiment. Les églises devront par ailleurs adopter un "style architectural chinois"."

Les croix sont décrochées les unes après les autres, comme celle de l'église catholique Ma Bu Gao Sha à Pingyang, le 31 juillet :

Le reportage de France 24 est à lire ici.

Posté le 4 août 2015 à 11h23 par Louise Tudy | Lien permanent

28 juin 2015

Vers une implication de l’État islamique en Chine ?

Analyse d'Olivier Hanne, islamologue, chercheur à l’université d’Aix-Marseille, enseignant aux Écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan :

"Les partisans de l’État islamique déploient contre le régime chinois depuis quelques jours une activité médiatique inédite, notamment sur Tweeter et sur leurs sites dédiés. En effet, de nombreuses images et vidéos s’inquiètent de la répression du régime durant la Ramadan, à l’ouest du pays, dans le Turkestan, peuplé de Ouïghours musulmans. La jihadosphère condamne l’alliance « islamophobe » de la Chine avec la Russie et les autres gouvernements asiatiques (Birmanie, Tadjikistan, Thaïlande, etc.), alliance qui aurait pour but d’écraser les peuples musulmans du continent.

Cette activité de communication nouvelle montre que les Ouïghours sont des musulmans respectueux de la langue arabe, du Coran et de la Sunna, ceci afin de nourrir le sentiment de solidarité des sunnites. Les commentaires sont nombreux pour plaindre « nos frères et sœurs chinois interdits de jeûner ce mois de Ramadan ». On annonce qu’à l’université du Xinjiang a été mis en place depuis le 22 mai un programme spécial pour affaiblir l’islam. On montre des médecins chinois « tuant des fœtus ouïghours musulmans dans le Turkestan oriental », ou encore cette banderole écrite en alphabet arabe et en chinois interdisant aux paysans de prier dans les champs :

Capture d’écran 2015-06-28 à 17.16.08

Une telle activité, dont l’origine géographique est moyen-orientale et non chinoise, indique que les partisans du jihadisme et, plus largement, de Daech, cherchent à préparer l’opinion salafiste à l’ouverture d’un nouveau front asiatique. Après les allégeances obtenues par l’EI en Inde, au Pakistan et en Afghanistan, le rattachement d’une nouvelle branche autochtone en Asie serait un coup médiatique évident. Pourtant, sur le plan tactique, même si les rebelles ouïghours basculaient dans le jihadisme pur et dur, ils ne pourraient obtenir d’aide quelconque de Daech, et resteraient seuls face à l’armée chinoise, dont les méthodes militaires sont d’une terrible efficacité."

Posté le 28 juin 2015 à 17h17 par Michel Janva | Lien permanent

12 mai 2015

Rapprochement Chine-Vatican : "il n’y a aucune raison pour être optimiste"

L'Homme Nouveau a interrogé le cardinal Joseph Zen, évêque émérite de Hong Kong. Extraits :

On entend dire que les relations entre la Chine et le Saint-Siège se réchauffent. Le Secrétaire d’État, le cardinal Parolin, estime que les relations avec la Chine prennent un tour prometteur. Qu’en pensez-vous ?

Cardinal_zenC’était une vraie surprise pour nous d’apprendre que Pékin veut renouer avec Rome. Même étonnement d’apprendre que les perspectives soient considérées comme très prometteuses du côté du Vatican. Peut-être y a-t-il quelque secret que nous ne connaissons pas. À regarder les choses de plus près, il n’y a aucune raison pour être optimiste. Le gouvernement chinois reste totalitaire et la liberté religieuse n’existe pas. Récemment ils ont retiré la croix de nombreuses églises et ils en ont démoli d’autres. Deux évêques sont encore en prison. On dit que l’un d’entre eux est mort mais les nouvelles sont tellement contradictoires qu’on ne sait plus rien. Un jour il a été annoncé aux parents qu’il était mort. Puis comme la famille s’inquiétait de récupérer son corps, on lui a dit que celui qui avait lancé la nouvelle était ivre. Ensuite il y eut des rumeurs que le gouvernement avait donné de l’argent à la famille pour qu’elle reste calme mais la rumeur a ensuite été réfutée. Les choses sont loin d’être idylliques comme vous le voyez.

Qui donc a enclenché cette ivresse d’optimisme ? Ce sont les journaux communistes de Hong Kong qui ont lancé l’affaire. En Chine tout est politique. Et politique rime avec lutte de pouvoir. Tout le monde sait qu’aujourd’hui il y a une lutte au sommet entre Xi Jinping et Jiang Zemin [Xi Jinping est le chef du parti communiste et Président de la République populaire de Chine ; Jiang Zemin, un de ses prédécesseurs, dispose d’une énorme influence au travers d’un réseau d’alliés dans le parti, l’armée et l’économie]. [...] Je suis très inquiet. Beaucoup de gens ne peuvent rien dire. Moi je suis cardinal et ma voix porte. Alors je n’ai pas peur. Peut-être est-ce la voix qui crie dans le désert mais je dois dire ce que j’ai à dire.

Je ne dis pas qu’il faut refuser le dialogue : le dialogue est nécessaire. Mais on peut s’interroger sur la bonne volonté du gouvernement chinois. C’est en commençant à dialoguer, qu’on verra s’ils sont de bonne volonté. Mais en attendant il faut rester ferme. Ce n’est pas à nous de changer, c’est à eux. Ces dernières années, l’Église a suivi une stratégie beaucoup trop timide faite de peur et de volonté de composer. Le gouvernement en profite. Les choses se sont dégradées dans les années 2000. Jusqu’en 2001, la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples est présidée par le cardinal Tomko. Il venait de Tchécoslovaquie et connaissait très bien le communisme. Quand il prit sa retraite en 2001, arriva le cardinal Sepe. Sepe n’avait aucune connaissance ni de la Chine ni du communisme. Rien ne s’est passé pendant cette période. Puis vint le pape Benoît XVI. Benoît XVI est un pape merveilleux mais le personnel qu’il a choisi ne lui fut d’aucune aide. Beaucoup de bonnes choses qu’il a encouragées ont été gâchées car on ne le suivait pas. À la fin de son pontificat, il changea finalement son personnel. C’est à cette époque qu’est apparu ce projet d’accord avec le gouvernement chinois. Aujourd’hui le gouvernement pousse à ce qu’il soit signé. Il faut donc que le Vatican continue de refuser car un tel accord n’est pas acceptable si je me fie aux informations que j’ai pu avoir. Malheureusement, le nouveau secrétaire d’État est plein d’espoir : pourquoi le cardinal Parolin s’est-il cru obligé de louer le cardinal Casaroli ? Et pourquoi croit-il encore aux miracles de l’Ostpolitik alors que cela a été un échec, un grand échec ? Je ne comprends pas pourquoi ils ne prennent pas les leçons de l’Histoire. En Hongrie, cela a été un échec complet.

[...] Le discours officiel du gouvernement autour des ordinations d’évêques est toujours le même. Selon eux, tout se passe de la manière la plus transparente possible : il y a des élections puis les élections sont approuvées ; et enfin le gouvernement demande au Vatican d’accepter. Concrètement, le Vatican fait quelques recherches puis approuve. Savez-vous ce qu’est une élection en Chine ? Il n’y a pas de vraie élection en Chine. Vous connaissez la blague. Le citoyen du pays X dit : « Notre gouvernement est très efficace car nous connaissons le résultat des élections le lendemain du vote ». Le citoyen du pays Y réagit et dit : « C’est mieux chez nous car nous connaissons le résultat le jour même avant minuit ». C’est alors que le citoyen chinois intervient et conclut la dispute en disant : « Nous nous faisons encore mieux car nous connaissons les résultats avant même que le vote n’ait eu lieu ».

C’est comme cela que cela marche également pour l’Église car l’Église officielle est complètement dans les mains du gouvernement. Les élections en vue de la nomination d’un évêque sont toutes manipulées : il n’y a pas de règle. Puis la nomination est approuvée par la Conférence épiscopale. Mais il n’y a pas de Conférence épiscopale : ce ne sont que des noms. Le président de la Conférence épiscopale est un évêque illégitime. Certes ce n’est pas un mauvais homme mais il a peur et est subjugué par le gouvernement.

Vous vous rappelez il y a deux ans, le tout nouvel évêque de Shangaï, Mgr Ma Daqin. Lors de son sacre, il refusa l’allégeance à l’Église patriotique. Ils pensaient qu’ils lui avaient lavé le cerveau mais ce n’était pas le cas. C’est un homme très intelligent. Peut-être aurait-il dû attendre quelque temps avant de s’annoncer. Aujourd’hui, il est en résidence surveillée. Le lendemain de son ordination, il a été révoqué. Qu’ont-ils dit ? Nous avons réuni la Conférence épiscopale et nous l’avons révoqué. Et ils montrèrent une photo de la Conférence épiscopale. Le chef des Affaires cultuelles présidait cette réunion. C’est lui le patron de la Conférence épiscopale. On le voyait sourire pendant que les deux évêques qui sont à la tête de la Conférence apparaissaient tout piteux. Tout est faux en Chine. En 2010 il y a eu neuf ordinations épiscopales. Tout le monde a salué cette nouvelle : voilà que la Chine accepte les évêques proposés par le Vatican. Mais c’était le contraire qui se produisait. C’est le Vatican qui acceptait les évêques nommés par le gouvernement. Le Saint-Siège fait trop de concessions et il approuve parfois des candidats qui ne sont pas bons.

[...] L’Église clandestine est encore très forte. Il est difficile d’avoir des chiffres mais on peut estimer que l’Église se partage pour moitié entre l’Église officielle et l’Église clandestine. Quand on dit clandestine, les situations sont très contrastées selon les endroits. Shangaï par exemple est une ville ouverte. L’Église clandestine est vraiment clandestine. La messe est dite dans des bâtiments privés. Vous ne pouvez pas avoir d’église. Mais dans le nord du pays, l’Église clandestine est très puissante. Elle possède des églises et même de grandes églises. Le gouvernement laisse faire. L’Église est clandestine non pas parce qu’elle n’a pas pignon sur rue mais parce qu’elle est hors la loi. L’Église clandestine a été affaiblie par le Vatican. En favorisant l’Église officielle, le Vatican affaiblit l’Église clandestine : le Vatican donne de nombreux évêques à l’Église officielle mais très peu pour l’Église clandestine. Le Saint-Siège demande aux catholiques de se rapprocher de l’Église officielle mais comment pouvez-vous demander à l’Église clandestine d’obéir à un évêque officiel ? Nous crions notre révolte mais ils ne comprennent pas. Il y a des séminaires clandestins mais ils ont beaucoup de difficultés. Dans certains diocèses, les évêques officiels n’obéissent pas au gouvernement comme à Shangaï. Ce sont de bons évêques : ils combattent le gouvernement. [...]"

Posté le 12 mai 2015 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent

11 mai 2015

Cette histoire ne se déroule pas à Ploërmel

Mais en Chine :

"Un nouveau projet de loi présenté par les autorités dans la province du Zhejiang, où la campagne antichrétiens bat son plein depuis deux ans, prévoit ainsi d'interdire de placer des croix au sommet des édifices religieux catholiques et protestants."

Province où le gouvernement local a fait abattre plus de 400 croix et démoli, totalement ou partiellement, six églises depuis 2014.

Posté le 11 mai 2015 à 14h54 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (1)

13 mars 2015

Accord entre le St Siège et la Chine au sujet de la nomination des évêques ?

Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, a déclaré que le Saint-Siège était prêt à conclure un accord avec Pékin au sujet de la nomination des évêques en Chine continentale.

Selon Eglises d'Asie, les négociations auraient abouti à l’accord suivant : pour chaque siège épiscopal vacant, l’Administration d’Etat des Affaires religieuses – l’administration qui chapeaute les organisations religieuses en Chine – remettrait à Rome une liste de trois noms (au départ Pékin souhaitait une liste réduite à deux noms seulement), à charge pour le pape d’en accepter un ou de les récuser tous les trois ; en cas d’acceptation, le candidat à l’épiscopat serait nommé par le Saint-Père, la nomination étant reconnue par les autorités chinoises, avant la cérémonie d’ordination proprement dite.

Selon Joseph Cheng Yu-shek, catholique et professeur de sciences politiques à la City University of Hong Kong, Pékinn’est pas prêt à abandonner le contrôle qu’il exerce sur la nomination des évêques. 

« D’un côté, vous pouvez simplement considérer que les dirigeants chinois ne sont prêts à aucune concession. D’un autre côté, c’est là une tactique de négociation typique de la Chine : elle pose le cadre, c’est elle qui impose ses principes, à charge pour l’autre partie d’accepter de discuter dans le cadre ainsi posé. De ce point de vue, Pékin serait prêt à aller au-delà d’un simple refus opposé aux demandes de Rome. »

Les questions qui se posent sont nombreuses : quid des évêques emprisonnés ou empêchés d’exercer leur ministère ? Quelle situation pour les évêques de la partie « clandestine » de l’Eglise ? Quel avenir pour les évêques ordonnés de manière illégitime ou qui sont excommuniés ? De quel(s) moyen(s) disposera le Saint-Siège pour se renseigner sur le profil des candidats à l’épiscopat qui lui seront présentés par la Chine ?

Le 11 mars, le cardinal Zen Ze-kiun, évêque émérite de Hongkong, a déclaré :

« Pékin ne veut pas le dialogue. Leurs négociateurs mettent un document sur la table pour qu’il soit signé et, de notre côté, nous n’avons pas la capacité ou la force d’apporter des propositions différentes. Voulons-nous sacrifier la nomination et la consécration des évêques sur l’autel d’un dialogue creux ? »

Posté le 13 mars 2015 à 18h06 par Michel Janva | Lien permanent

05 mars 2015

Le chiffre du jour : 10% (suite)

Déjà évoqué aujourd'hui ici, 10% c'est aussi la hausse annuelle du budget militaire chinois pour 2015.

La France, c'est moins 7 500 hommes par an. Mais bon, il n'y a pas de menace particulière chez nous...

Posté le 5 mars 2015 à 15h33 par Philippe Carhon | Lien permanent | Commentaires (8)

02 février 2015

Mgr Shi Enxiang, mort en détention en Chine à l'âge de 94 ans

Alors que Manuel Valls revient de Chine, nous apprenons que, détenu au secret depuis 2001, Mgr Shi Enxiang, évêque « clandestin » de Yixian, serait mort à l’âge de 94 ans sans avoir recouvré la liberté. Avec un total de 53 années passées en détention, il aura passé plus de la moitié de sa vie en prison et en camps de rééducation par le travail

Mgr Shi avait été arrêté le 13 avril 2001, un Vendredi Saint, et était détenu depuis cette date au secret, sans qu’aucune charge n’ait été rendue publique contre lui. La famille n’aurait pas été directement informée du décès. Il lui aurait seulement été dit qu’elle devait s’attendre à recevoir la dépouille de l’évêque le 1er février.

Posté le 2 février 2015 à 16h11 par Michel Janva | Lien permanent

19 janvier 2015

La Chine critique la liberté d'expression de la France

Suite à une caricature du journal Fluide glacial, les autorités chinoises se plaignent de cette liberté d'expression à la française. Il est vrai que chez eux, avec la censure impitoyable, le probème est réglé :

"Un journal de la presse officielle chinoise a dénoncé lundi « l’indécence » de la dernière couverture du magazine satirique français Fluide Glacial évoquant le « péril jaune », dans un contexte de critiques sur la liberté d’expression et le mouvement « Je suis Charlie ».

Dans son dernier numéro, Fluide Glacial a publié en première page un dessin titré «Péril jaune, et si c’était déjà trop tard?» où un Français caricatural conduit dans une rue de Paris un pousse-pousse, dans lequel sont assis un Chinois et une jolie blonde visiblement charmée. « Peut-être que ce magazine cherche à attirer l’attention du monde entier, en suivant l’exemple de Charlie Hebdo », a jugé le quotidien Global Times.

« Quelle indécence ! » a poursuivi ce journal, proche du Parti communiste chinois, dans un éditorial intitulé « La vogue de la liberté d’expression risque d’aggraver les conflits ».

Depuis l’éclosion du mouvement « Je suis Charlie », en réaction à l’attentat ayant décimé la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, la presse chinoise a la dent dure pour la conception française de la liberté d’expression, en dépeignant une France en proie à des conflits culturels et religieux croissants. « On ne peut désormais que conseiller à la société française d’arrêter de représenter l’image du prophète », a insisté lundi le Global Times. « Il est plus difficile pour les musulmans de changer leur foi que pour l’Europe d’ajuster sa conception de la liberté d’expression. Si les Français considèrent qu’un tel ajustement serait pour eux déchoir, alors leur quête de liberté d’expression s’apparente à une religion », a ajouté le quotidien chinois."

Posté le 19 janvier 2015 à 22h16 par Michel Janva | Lien permanent

26 décembre 2014

Noël et croix interdits

Cela se passe en Chine :

"Le gouvernement de Wenzhou, dans l’est de la Chine, a interdit tout événement lié à la fête de Noël 2014 (...). Une note diffusée dans tous les établissements de la ville par le responsable de l’éducation du gouvernement local estime en effet que les écoles doivent fêter les célébrations traditionnelles chinoises, comme le solstice d’hiver, et non Noël, qui s’apparente selon ce texte à une « tradition occidentale ». (...)

Dans d’autres parties du pays, comme à l’université de Xi’an, capitale de la province du Shaanxi (centre du pays), les étudiants sont contraints, depuis plusieurs années, de regarder un documentaire sur Confucius le soir de Noël. Tout étudiant quittant la salle est sanctionné.

Par ailleurs, une campagne de démolition de croix et d’églises, menée par le pouvoir chinois dans la province du Zhejiang, au sud-est du pays, s’étend. Plusieurs centaines de croix ont déjà été détruites.

Selon l’ONG « China Aid Association », les destructions se répandent à présent dans d’autres provinces du pays. Dans le seul Zhejiang, 426 croix chrétiennes ont été démontées en novembre, rapporte l’agence d’information catholique Asianews.

À Dingqiao, des heurts ont eu lieu entre des représentants du Bureau des affaires religieuses, des ouvriers chargés du démantèlement de la croix et des fidèles locaux qui ont essayé de les empêcher d’agir. Des paroissiens ont été blessés dans les échauffourées, et certains ont été hospitalisés. (...)

Dans la province du Henan, la destruction d’une croix, le 18 décembre, a été le théâtre d’une lutte acharnée. Les autorités locales ont saisi le terrain appartenant à l’église et au pasteur. Ce dernier a été condamné à 12 ans de prison."

Posté le 26 décembre 2014 à 17h58 par Louise Tudy | Lien permanent

19 décembre 2014

Esclavage chez Apple

Nous savons déjà que Apple veut congeler les ovocytes de ses jeunes salariées pour qu'elles aient des enfants "plus tard".

Un reportage de la BBC en dit long sur les conditions de travail pour fabriquer des iPhone :

"Des ouvriers qui s'endorment sur la chaîne de production, des journées de travail pouvant aller jusqu'à 16 heures, du métal provenant de mines dans lesquelles travaillent des enfants... Le documentaire de la BBC dans une usine chinoise où sont fabriqués des iPhone 6 dresse un constat sombre et dénonce «les promesses non tenues» d'Apple pour améliorer les conditions de travail chez ses fournisseurs."

Posté le 19 décembre 2014 à 10h04 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

03 décembre 2014

En Chine, il y a plus de chrétiens que de communistes !

Plus il y a de chrétiens en Chine, plus l'Etat se fait répressif. Et plus l'Etat persécute, plus les chrétiens se font nombreux. Aleteia :

"Ces derniers temps, le gouvernement communiste chinois s'est déchaîné contre les chrétiens, détruisant des églises dans la ville côtière de Wenzhou et autres lieux, arrêtant des évêques et différents responsables de l'Eglise clandestine et ordonnant illicitement comme "évêques catholiques" des prêtres dociles au régime.  Derrière cette escalade de la répression – en réalité sa véritable cause –  il y a la croissance fulgurante de la population chrétienne en Chine.

À l'heure actuelle, le pays le plus peuplé du monde compterait, selon les estimations, environ 100 millions de chrétiens pratiquants, dont quelque 12 millions de catholiques. Beaucoup d'entre eux sont de nouveaux convertis  s'employant activement à évangéliser leurs compatriotes chinois. De son côté, le Parti communiste chinois a recruté ces dernières années de nouveaux membres, ouvrant ses rangs aux intellectuels, chefs d'entreprises et autres classes auparavant "suspectes", même des capitalistes ! Même ainsi, les 86,7 millions de membres officiels de cette "confession" aujourd'hui décadente -  pour la plupart communistes seulement de nom -  sont désormais surpassés en nombre par un christianisme chinois vibrant et en plein essor.

Pour les dirigeants du pays, qui préfèrent de beaucoup  que le peuple chinois ne croit en aucun dieu si ce n'est le dieu Parti (et rappelez-vous, ils sont le Parti), cette situation est intolérable. La récente vague de persécution anti-chrétienne est la réponse communiste. Néanmoins, la bonne nouvelle est que le catholicisme en Chine connaît une forte progression."[...]

Posté le 3 décembre 2014 à 08h09 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (9)

17 novembre 2014

Chine : il y a des chrétiens et des bouddhistes dans le parti communiste

Et cela inquiète les cercles du pouvoir car un membre du parti unique ne peut pas avoir de religion, sinon celle du communisme.

Posté le 17 novembre 2014 à 17h54 par Michel Janva | Lien permanent

03 novembre 2014

Chine : ces enfants sans existence légale

Actuellement en replay sur Arte (à partir de la 14e minute), vous trouverez un reportage sur le quotidien des parents chinois ayant plus d'un enfant. Terrifiant : parce qu'ils sont les deuxièmes de leur fratrie au pays de la politique de l’enfant unique, ils n'ont pas le droit d’aller à l’école, de postuler à un emploi et même de monter dans un train.

Posté le 3 novembre 2014 à 07h39 par Michel Janva | Lien permanent

29 octobre 2014

Qui persécute l’Eglise en Chine ?

Aleteia : Un « observateur de l’Eglise en Chine » tenu à l’anonymat en raison de son rôle répond à l’article de l’universitaire Michel Chambon : « Qui persécute l’Eglise en Chine ? ».

"« Qui persécute l’Eglise en Chine ? » La réponse à cette question paraît évidente pour quiconque a vécu quelques années en Chine continentale : le Parti communiste chinois qui est au pouvoir à Pékin depuis 1949. La question, d’ailleurs, devrait être : « Qui persécute les religions en Chine ? » car les musulmans, les Tibétains et les adeptes du Falungong ne sont pas mieux traités que les chrétiens en Chine."

[article intégral]

Posté le 29 octobre 2014 à 10h35 par Marie Bethanie | Lien permanent

25 octobre 2014

Obama aurait collaboré à la politique chinoise de l’enfant unique

Un député vient d’accuser Barack Obama d’avoir enfreint le droit américain en offrant assistance à la Chine dans la mise en œuvre des avortements forcés. Barack Obama a octroyé 227$ millions à une agence de l’Onu qui facilite la mise en œuvre de la politique de l’enfant unique, et offre des visas à des dirigeants chinois impliqués dans les avortements forcés, a déclaré le député républicain à la Chambre des représentants, Chris Smith.

Dans un discours de la semaine dernière, ce dernier a livré une longue liste d’abus perpétrés par la Chine, et expliqué comment le gouvernement Obama y avait participé.

Le Vice Président Joe Biden a déclaré à un public chinois qu’il « comprenait complètement » la politique de l’enfant unique et ne « remettrait pas en question » la décision du gouvernement de l’imposer. Chris Smith a souligné que l’historique des votes de Joe Biden confirmait ce discours sans cœur. Durant son mandat de sénateur, Biden avait voté contre un amendement condamnant la politique chinoise de l’enfant unique.

Non seulement le gouvernement américain ferme les yeux sur les abus chinois, mais il finance les organisations qui rétribuent et consultent pour l’agence chinoise du planning familial. Cela inclut la formation de son personnel.

Posté le 25 octobre 2014 à 14h43 par Michel Janva | Lien permanent

30 août 2014

Ordinations épiscopales à Hong Kong

Le diocèse de Hong Kong a vécu un évènement historique samedi avec l’ordination de trois nouveaux évêques auxiliaires. Il s’agit des premières ordinations épiscopales depuis la rétrocession de l’ile à la Chine en 1997.

Elles se déroulent alors que Pékin cherche à limiter la démocratisation de l’ile dans la perspective des élections de 2017. Des blindés ont même circulé dans les rues de Hong-Kong vendredi à l’aube.

Il s'agit de l’un des seuls diocèses du territoire chinois (avec Macao) dans lequel l'Eglise peut déployer sa pastorale en vivant pleinement sa communion avec Rome. Elle forme une communauté dynamique, avec près de 200 000 expatriés catholiques recensés mais aussi plus de 350 000 Chinois baptisés, sur environ 7 millions d’habitants.

Posté le 30 août 2014 à 18h56 par Michel Janva | Lien permanent

Russie et Chine abandonnent officiellement le pétrodollar

Lu ici :

"Selon RIA Novosti qui cite la revue Kommersant, le gouvernement russe a d’ores et déjà expédié deux navires vers l’Europe avec à leur bord 80 000 tonnes de pétrole en provenance de Novoportovskoye, un champ d’extraction situé dans l’Arctique. Ces deux livraisons seront réglées en roubles et non en dollars, du jamais vu.

La Russie livrera aussi du pétrole via le Pipeline Est-Sibérien / Océan Pacifique (ESOP) à destination de la Chine qui sera réglé en yuans chinois.

Selon Kommersant, il s’agit là d’une mesure de “protection” de la Russie consécutive aux sanctions prises par les USA à son encontre.

Il semble donc que le seul résultat tangible de la politique de sanctions contre la Russie soit un véritable ébranlement de l’hégémonie du dollar US dans les transactions internationales et une remise en question enfin ouverte de son rôle de monnaie de réserve planétaire. Une hégémonie jamais contestée depuis 1945.

Désormais, la Chine, première puissance économique du monde à partir de 2014, et la Russie – respectivement premier et deuxième producteur de pétrole et de gaz de la planète – vont désormais réaliser leurs échanges dans leurs devises respectives. Un développement qui redéfinit complètement l’ordre politique et économique international.

Cette attaque structurelle contre la monnaie américaine va, par nécessité, contraindre les importateurs européens de gaz et de pétrole russes à régler Moscou en roubles. Et convaincre d’autres pays producteurs d’imiter la Russie.

Moscou entend donc, avec l’appui de la Chine, mettre un terme à l’outil de domination de la puissance américaine en le détruisant à sa base. Cette véritable déclaration de guerre est indiscutablement plus redoutable que n’importe quelle action militaire."

Posté le 30 août 2014 à 10h59 par Michel Janva | Lien permanent

22 août 2014

Le gouvernement chinois intensifie les efforts pour établir un christianisme “nationaliste”

Le gouvernement chinois annonce sa volonté de promouvoir une théologie chrétienne nationaliste, afin d’exercer un contrôle plus grand sur la population.

C’est un signe très négatif qui montre la volonté réelle du gouvernement chinois de contrôler à la fois la doctrine chrétienne et les faits et gestes de son peuple. Ce projet est né d’une campagne « anti-église » réalisée dans la province de Zhejiang, région surnommée la « Jérusalem de Chine », où plus de 360 temples ont été démolis et où se construisent des églises chrétiennes.

Le 13 août la croix d’une église de Wenzhou fut arrachée après deux mois de veille que les chrétiens avaient maintenue pour la protéger. Les chrétiens veilleurs avaient déjà été frappés à coup de matraque par la police, et certains gravement blessés.

On justifia ces attaques de la police par le prétexte d’un projet d’embellissement urbain nécessitant la destruction d’édifices considérés comme structures « illégales ». Pourtant ces églises avaient été approuvées par les municipalités et il n’y a pas de loi interdisant les croix dans les édifices.

Tandis que les églises construites dans les maisons et les églises non déclarées ont connu une augmentation des persécutions depuis 2008, aujourd’hui les attaques contre les églises approuvées sont sans précédent. Conscient du développement croissant du christianisme qu’il ne parvient pas à contrôler, le gouvernement chinois voulut s’en prendre notamment aux églises souterraines. Ce dernier est toujours très attentif  à tout ce qui pourrait menacer son pouvoir dans son essence ou dans son idéologie.

International Christian Concern lança une pétition auprès du gouvernement de Chine pour mettre fin à l’élimination des croix et à la démolition des églises, sachant que ces actions sont illégales selon la Constitution chinoise.

Malgré les persécutions, c’est un message d’espérance qu’envoient les chrétiens de Chine; ils disent qu’ils veulent « lutter, lutter jusqu’à la fin » ; ils ne sont pas surs de pouvoir maintenir dressées les croix des églises, mais ils sont déterminés à rester fidèles et à ne pas craindre l’injustice.

Posté le 22 août 2014 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

28 juillet 2014

Démographie : la Chine est victime des « structures de péché »

La politique de l'enfant unique menace la Chine d'un hiver démographique aux conséquences sociales désastreuses. Les autorités chinoises ont donc décidé d'assouplir cette mesure à la fin de l'année dernière : désormais, si au moins l'un des deux membres d'un couple est enfant unique, un permis peut être délivré pour une deuxième grossesse.

Mais c'est un échec. Les autorités de la commission nationale du planning familial envisageaient entre 1 et 2 millions de naissances supplémentaires à court terme. En définitive, fin mai, seuls 270 000 couples avaient fait la demande de ce permis de procréer ; 240 000 permis étaient accordés.

Plusieurs freins ont joué. Le premier est celui de la bureaucratie chinoise : dans les provinces, on a ralenti et compliqué les processus afin d'éviter un babyboom soudain. La paperasserie a été démultipliée. Il reste impensable en Chine d'avoir un deuxième enfant sans passer par l'administration. Mais le permis de procréer n'est pas tout. Alors que la prospérité se répand parmi certaines catégories de la population, les familles chinoises redoutent les frais qui accompagnent les nouveaux enfants. Dans les villes, on se bat pour avoir une place dans une bonne maternelle : le choix se fait sur dossier, quasiment par concours. Le logement est cher. A cela s'ajoutent les conséquences de 30 ans de politique de l'enfant unique : au lieu de pouvoir compter sur les grands-parents pour garder les enfants, bien des Chinois qui ont eu leur enfant tard sont maintenant obligé de prendre soin de la génération d'au-dessus comme de celle d'en-dessous. Et ils sont seuls, sans frère ou sœur pour alléger cette charge.

Posté le 28 juillet 2014 à 16h10 par Michel Janva | Lien permanent


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