24 juin 2018

Nicaragua : l'Eglise défend le peuple contre Ortega

UnknownDes milliers d'habitants de Masaya, la ville du Nicaragua qui s'est déclarée en rébellion, ont accueilli jeudi les évêques catholiques venus empêcher un massacre par les forces de l'ordre voulant en reprendre le contrôle. En deux mois, la vague de contestation, pour exiger le départ du président Daniel Ortega et de sa femme Rosario Murillo, vice-présidente, a fait 187 morts et plus de 1000 blessés.

Le cardinal Leopoldo Brenes, accompagné du clergé du diocèse de Managua, a traversé les rues de la ville de 100000 habitants, située à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale et devenue l'épicentre des protestations, en brandissant une image de Jésus et suivi d'une foule de riverains. Des centaines d'entre eux ont aidé à lever les barricades pour permettre aux évêques d'entrer, au son des cantiques, dans le quartier indigène de Monimbo, foyer de résistance visé par les forces progouvernementales.

L'évêque auxiliaire de Managua, Mgr Silvio Baez, l'une des voix les plus critiques envers le gouvernement, a invité la population à ne pas chercher à faire justice elle-même et lancé un appel "aux francs-tireurs, à Daniel Ortega et Rosario Murillo: pas un mort de plus".

Mais pendant ce temps, des tirs d'armes à feu et de mortiers artisanaux résonnaient encore dans la ville.

Suspendu depuis lundi, le dialogue entre gouvernement et opposition semblait pourtant sur le point de reprendre, alors que l'exécutif a finalement invité, comme il l'avait promis, des organismes internationaux comme l'Union européenne ou le Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme à venir enquêter sur les violences commises. 

L'Eglise appelle le président Ortega - un ex-guérillero de 72 ans au pouvoir depuis 2007 après l'avoir déjà été de 1979 à 1990 - à permettre l'organisation d'élections générales anticipées en mars 2019 (au lieu de fin 2021). Ce dernier reste muet sur ce point. La vague de contestation, engagée pour dénoncer une réforme de la sécurité sociale qui a depuis été abandonnée, cible le chef de l'Etat et son épouse, accusés de confisquer le pouvoir et de brider les libertés.

Posté le 24 juin 2018 à 19h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

19 juin 2018

On a vendu notre indépendance nucléaire

Ce n'est pas nous qui le disons, ce sont les journalistes qui ont enquêté sur la grande braderie Macrono-compatible. Dire que certains, même dans nos milieux, lui trouvent des qualités régaliennes...

 

Posté le 19 juin 2018 à 23h53 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (10)

12 juin 2018

Donald Trump est-il le maître du monde ?

D'Hilaire de Crémiers dans Politique Magazine :

Couv"Une sorte de fou narcissique tel que le dépeint la presse occidentale, qui se livre à des impulsions sans cohérence et qui risque de faire exploser la planète ? Cette explication simple, et sans doute trop simpliste, ne rend pas compte, sinon du personnage, du moins de son action. L’observateur attentif et qui tient compte de ce qu’il dit et de ce qu’il fait, ne peut que constater que l’homme ne cherche pas, mais absolument pas, à être le maître du monde. À la vérité, il s’en moque, il l’a assez proclamé. Il a même affirmé le contraire. America first, l’Amérique d’abord, c’est son unique ligne de conduite ; et le reste est traité en conséquence. Les fortes personnalités qu’il a choisies et qui forment son entourage, agissent dans la même perspective. Aucune idéologie. Des choix pratico-pratiques assaisonnés de chantages, tels qu’en fait un patron d’affaires, et toujours aux limites de l’inconvenance. C’est pourquoi on s’acharne sur sa vie privée pour le faire tomber.

Pour chaque dossier, il sait ce qu’il veut…et il l’obtient. Du moins, jusqu’à présent. Il dit, il fait et, pour le moment, il gagne….avec des risques qui peuvent être terribles mais qui sont toujours calculés.

Pour la Corée du Nord, quelle que soit la rencontre du 12 juin, il est impossible de nier que par ses agitations il a fait bouger les lignes, plus que tous ses prédécesseurs qui les ont plutôt figées. C’est son pays qui en tirera profit à tout point de vue. La Chine traite : elle accepte finalement les conditions imposées par les États-Unis, pour compenser le déficit de la balance commerciale. Elle tient, certes, la dette américaine, en partie, mais cette dette la tient pareillement. Canada et Mexique devront suivre ; leurs ripostes n’auront pas d’effets véritables.

Quant à l’Europe, elle n’a pas connu de moratoire à l’augmentation des droits de douane ; il est vrai que pour le moment – et pour ce premier essai, car il y aura des suites – c’est de peu de conséquence, mais la Commission européenne en est à imaginer quelques mesures de rétorsion sur des produits de luxe ou des produits alimentaires ciblés, de peu de conséquence aussi. Cependant l’Europe a tout à craindre, du coup, de la surproduction chinoise et mondiale en acier et en aluminium qui cherchera à s’écouler sur les pays sans défense.

Emmanuel Macron en a appelé à l’OMC en dénonçant une illégalité internationale dont Trump « se fiche » complètement. Ce sera l’OMC qui sera obligée de réviser ses règles pour donner satisfaction à Trump qui ne veut plus voir son pays pillé par les Chinois – entre autres sur les brevets –, envahi par les produits étrangers, déstructuré par une concurrence sauvage. Qui ne lui donnerait raison ? Son action ne tend qu’à restituer tous les atouts aux États-Unis. Sa politique budgétaire, économique et commerciale a relancé avec vigueur la croissance américaine ; il n’y a pas de chômage aux USA et il est le maître du dollar, de sa monnaie qui est encore la monnaie du monde – et donc, comme disait l’autre, le problème des autres – et ce par quoi il le tient dans son étreinte. Éternelle Amérique ! Rien ne change depuis 50 ans !

Et donc Trump, par le moyen du dollar, dicte sa politique au Moyen-Orient. Son but est de coincer l’Iran, de forcer la République islamique à se désengager des pourtours d’Israël et de la péninsule arabique ; il n’est pas le maître du monde, mais il est le maître des sanctions. Et l’Europe et la France et l’Allemagne seront obligées de se courber devant sa décision. Peugeot, Total se retirent d’Iran. Que s’imagine Macron ? Trump s’est laissé caresser par le président français mais, en tant que président de l’Amérique, il ricanait intérieurement : il n’a pas changé sa politique d’un iota. Ce qu’il veut, c’est précisément désengager les forces américaines du Moyen-Orient et n’agir que par les ressorts dont il est sûr. Il ne veut plus de dépenses qu’il juge inutiles afin de renforcer, au contraire, les dépenses qu’il sait demain être utiles à la puissance de son pays. America first ! Ce comportement est peut-être idiot au jugement de Macron, mais il est à peu près sûr que Trump, en dépit de toutes les attaques dont il est l’objet, a rendu fierté et assurance de prospérité à ses compatriotes de toutes catégories sociales. C’est un gage pour les fameuses élections intermédiaires de l’automne 2018 et qui sait…Car s’il ne se conçoit pas comme le maître d’un monde où il ne songe qu’à faire triompher les intérêts américains, il est encore et incontestablement, en dépit de l’envie, le maître des USA. Ce n’est pas rien, président des États-Unis !

Et Macron ? Lui qui, sans doute, souriait de Trump et de Poutine tant il était sûr de sa vision du monde qu’il croyait supérieure à la leur, évidemment ! Car il avait, il a encore une vision du monde dont il se croit le penseur et le maître. C’est un projet où il ne conçoit la France que dans l’Europe et dans une Europe de plus en plus européenne et donc intégrée, et cette Europe dans un monde de plus en plus mondialisé et donc uni. Tous ses discours portent depuis le début de son quinquennat la marque de cette obsession visionnaire ; ils ont été analysés dans ces colonne, un à un : homélie sur la Pnyx, cours à la Sorbonne, exhortation à Davos ; « nouveau contrat » français de société, « contrat européen », « contrat mondial » ! Ce sont ses mots.

Et puis voilà que tout change autour de lui. L’Angleterre, contrairement à ce qu’il pense, ne reviendra jamais dans l’Union européenne ; elle en sort définitivement et vraisemblablement à son avantage. Les pays de l’Est font sécession ou pratiquement ; ils sont en conflit avec la Commission européenne dont ils refusent directives, règlements et décisions. La Slovénie vient, elle aussi, de voter « populiste ». L’Autriche prend la tête de l’Union européenne en juillet. L’Italie de Giuseppe Conte, de Matteo Salvini, de Luigi Di Maio est décidée à l’affrontement. Devant le sénat italien, le président du Conseil a défini la nouvelle politique italienne ; il n’y est pas allé de main morte ; il s’est déclaré ouvertement anti-système : « Si le populisme est la capacité d’écouter les besoins du peuple, alors nous nous en revendiquons ». Tout sera remis en cause : les budgets, la zone euro sinon la monnaie unique, les directives qui nuisent aux intérêts nationaux italiens, la politique migratoire européenne dont « le système de Dublin » qui pénalise effroyablement l’Italie et dont elle veut se libérer pour mener comme elle l’entend sa propre politique. Il n’est pas jusqu’à la politique étrangère où l’Italie ne souhaite retrouver son indépendance en annulant, quant à elles, les sanctions contre la Russie. Qui ne lui donnerait raison ?

L’Allemagne, elle-même, maintenant, doute de l’Europe et pas seulement l’Afd. Merkel recule devant les propositions de Macron ; elle sait fort bien où en est l’opinion allemande. Toutes les contorsions de Macron qui fut le conseiller de Hollande, visent à une plus grande intégration budgétaire et financière pour, au final, davantage répartir les charges et les risques de la dette. Eh bien, l’Allemagne n’en veut pas et si FME il y a, il sera à ses ordres.

Ce n’est pas seulement le monde qui échappe à Emmauel Macron, c’est bien l’Europe sur laquelle il a tout misé et qui ne répond plus à aucune de ses conceptions, qu’il croyait naïvement progressistes comme les lui avaient enseignées ses professeurs, et qui sont toutes dépassées. Il est probable que ses réformes en France qui chamboulent tout, en perdront leur sens. Les élections européennes de 2019 où il pense rebondir à la manière de la présidentielle française de 2017, seront un enjeu crucial. Il le sait. Mais la volonté ne suffit pas. C’est d’abord un jugement politique droit dont l’homme d’État doit être doté."

Posté le 12 juin 2018 à 13h49 par Michel Janva | Lien permanent

Poutine et Netanyahou négocient la prochaine offensive syrienne

D'Antoine de Lacoste sur Boulevard Voltaire :

"Depuis plusieurs semaines, l’armée syrienne masse des troupes dans le sud de la Syrie, près de Deraa. Deraa est une ville symbolique car elle est le berceau de la révolution islamiste en Syrie. Elle a été reconquise par l’armée en 2016, mais une grande partie de la province du même nom est encore aux mains des islamistes, notamment le long de la frontière jordanienne. Cerise sur le gâteau : Daech tient un petit territoire le long du Golan, sous la protection d’Israël, ravi d’avoir des groupes islamistes « tampons » entre le Golan et les troupes iraniennes, présentes également dans la région…

Un premier accord a été passé il y a quelques semaines entre Israël et la Russie, aboutissant à un retrait de quelques kilomètres des soldats iraniens.

Aujourd’hui, la Russie veut aider la Syrie à reconquérir ce territoire. Sur le plan militaire, l’affaire ne présente pas de grandes difficultés : après quelques jours d’offensive syrienne, appuyée par l’aviation russe, les quelques milliers de combattants islamistes, dont le moral est au plus bas, négocieraient leur évacuation vers Idleb, au nord-ouest du pays, avec familles et armes légères. Le scénario est maintenant bien rodé.

Oui, mais à une condition : que l’aviation israélienne ne vienne pas perturber ce beau projet, en attaquant les troupes syriennes, par exemple ; ce qu’elle a déjà fait dans le passé, précisément dans la région de Deraa.

Pourquoi ferait-elle cela alors même que les Russes seront à la manœuvre, ce qui n’était pas forcément le cas lors des offensives syriennes précédentes ? La réponse est simple : pour faire reculer plus loin encore les troupes iraniennes.

Bien sûr, comme dans la Ghouta ou à Yarmouk, dernières reconquêtes urbaines de l’armée syrienne près de Damas, il n’est pas prévu d’intégrer des éléments iraniens dans la prochaine offensive de Deraa.

Mais Israël sait que la puissance de son aviation est une menace que ni les Russes ni les Syriens ne peuvent négliger. De plus, Russie et Israël entretiennent de bonnes relations et Netanyahou a exposé très clairement ses revendications à Poutine lors de leur rencontre du 9 mai dernier.

Les discussions sont donc en cours et cela explique pourquoi Netanyahou profite de sa tournée européenne pour multiplier les menaces contre la Syrie, coupable à ses yeux de laisser un appareil militaire iranien conséquent s’installer à quelques encablures du Golan.

Le projet d’offensive vers la province de Deraa tombe donc à pic pour Israël. Poutine, comme souvent, se tait. Mais Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, a rappelé il y a peu que toutes les troupes étrangères avaient vocation à quitter la Syrie.

Premier pas vers un accord ? Les Iraniens semblent peu disposés à faire des concessions. Les Russes doivent donc convaincre les Syriens de convaincre les Iraniens. Cruel dilemme pour Bachar, qui sait bien que les Iraniens ont été un appui au sol décisif contre les islamistes."

Posté le 12 juin 2018 à 10h07 par Michel Janva | Lien permanent

Australie : une loi contre le secret de la confession

La tyrannie laïque se met en place :

"Les trois partis représentés à l’assemblée législative du Territoire de la capitale australienne (ACT) ont apporté leur soutien à un projet de loi qui élargit l’obligation de signalement des cas d’abus sexuels sur mineurs faite aux Eglises, en la faisant notamment couvrir également les aveux entendus au confessional. La disposition qui vise spécifiquement le sacrement de la confession de l’Eglise catholique doit entrer en vigueur le 31 mars 2019. Si une possibilité de négociation est prévue avec la hiérarchie catholique dans ce territoire en Australie sur les modalités de sa mise en œuvre, la nouvelle loi a déjà tous les ingrédients de la tyrannie laïque, annonciatrice d’une possible persécution religieuse. Faut-il le rappeler, les prêtres sont obligés sous peine d’excommunication de respecter le secret de la confession, le sceau sacramentel étant ordonné au bien des âmes puisqu’il s’agit notamment de leur assurer l’accès au pardon en vue de leur vie éternelle, sans être arrêtés par la crainte de conséquences ici-bas.

Le vote australien est à ce titre une atteinte directe à la liberté religieuse de l’Eglise catholique et à sa mission vis-à-vis des hommes. Les prêtres de Canberra risquent fort de perdre leur droit d’exemption par rapport à l’obligation de dénoncer crimes et délits. Il s’est trouvé deux élus de gauche pour contester le texte. [...]

Certains prêtres ont déjà à fait savoir qu’ils préféreront violer la loi plutôt que de briser le secret de la confession. Mgr Christopher Prowse, archevêque de Canberra, a publié quelques jours avant le vote une tribune dénonçant la nouvelle loi locale. Son article dans le Canberra Times redit la volonte de l’Eglise de protéger les enfants mais souligne que « la violation du sceau sacré de la confession n’empêchera pas les abus », ne serait-ce que parce que la mesure en elle-même se révélera inefficace : il est peu probable, a-t-il dit, que des agresseurs avouent leur crime, fait déjà rare, « s’ils pensent devoir faire l’objet d’un signalement ». Les conséquences surnaturelles de cela ne regardent évidemment pas l’Etat, mais en attendant, la remarque est de bon sens.
 
Mgr Prowse a ajouté : « Le gouvernement menace la liberté religieuse en s’auto-désignant comme expert en matière de pratiques religieuses et en essayant de modifier le sacrement de la confession, sans pour autant assurer une meilleure sécurité aux enfants. » « Les prêtres sont tenus par un vœu sacré de garder le sceau de la confession… Sans ce vœu, qui donc serait encore prêt à confier ses péchés ? », affirmait-il encore, notant que l’aveu secret de ce type de fautes permettait au moins aux coupables de recevoir des conseils dont l’absence ne favorisera pas la protection des mineurs. Et de rappeler que de toute façon, la confession ayant souvent lieu à travers un grillage, les prêtres ne peuvent pas toujours identifier leurs pénitents. [...]"

Posté le 12 juin 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent

07 juin 2018

Famille : les bons résultats de Viktor Orban

Depuis l'arrivée au pouvoir de Viktor Orban en Hongrie en 2010, les résultats de la politique familiale et provie sont extrêmement fructueuses :

  • Naissances : 91 600 (contre 90 335)
  • Mariages : 50 600 (contre 35 520)
  • Avortements : 28 500 (contre 40 449)
  • Divorces : 18 600 (contre 23800).

Posté le 7 juin 2018 à 17h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

06 juin 2018

Après le Mali et la RCA, le Cameroun ?

De Bernard Lugan :

Capture d’écran 2018-06-06 à 17.18.09"Comme le disait le très spirituel Michel Jobert, ancien ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou : « Au rythme où vont les choses, la politique africaine de la France va bientôt se réduire à Barbès-Rochechouart… »

Le naufrage français en Centrafrique illustre parfaitement cette remarque. Entre repentance, spasmes moraux et credo démocratique, les cerveaux à nœuds du Quai d’Orsay ont en effet réussi le tour de force d’exclure la France de ce pays qui a longtemps constitué une pièce essentielle de son dispositif militaire.

Fin observateur, Vladimir Poutine a laissé les diplomates français aller au terme de leurs gesticulations militaro-humanitaires puis, quand ils se furent eux-mêmes enferrés dans leurs contradictions, il décida une intervention surprise.

Et cette dernière changea la situation. Non seulement en RCA, mais dans toute la région, l’objectif de Moscou étant de tourner le pays vers le nord Soudan comme nous l’expliquons dans ce numéro de l’Afrique Réelle. 

Après le Mali et la RCA, le Cameroun ?

Dans les mois qui viennent, le Cameroun va à son tour entrer dans une période de fortes turbulences. Le diktat démocratique en sera la cause. Comme d’habitude…

Quatre élections vont en effet s’y tenir dans la seconde moitié de l’année 2018, celles du président, des sénateurs, des députés et des maires. Il est donc à craindre qu’à ces occasions, les fractures de ce pays fragile réapparaissent au grand jour.

Si le Cameroun est un apparemment pays stable, c’est  parce qu’il n’a pas connu la valse électorale qui a emporté la plupart des pays africains. Sa chance est en effet de n’avoir eu que deux présidents depuis l’indépendance, Ahmadou Ahidjo, un nordiste musulman d’ethnie peul (de 1958 à 1982) et Paul Biya, un sudiste catholique d’ethnie beti, depuis cette date.

Agé de 85 ans cette année, le président Biya qui est donc au pouvoir depuis 36 ans, va probablement briguer un nouveau mandat en 2018. En 2011, il fut  réélu pour 7 années avec un score de 79% des suffrages contre 72% en  2004. La permanence au pouvoir est certes un atout. Elle peut également se révéler un handicap quand les vieux présidents n’ont pas préparé leur relève.

C’est le cas au Cameroun où se pose avec une cruelle intensité le problème de la fracture générationnelle entre des dirigeants âgés et une population majoritairement composée de jeunes gens. Tout le système politique camerounais connaît ce problème et non pas le seul clan présidentiel puisque le principal leader de l’opposition, John Fru Ndi, qui est âgé de 76 ans fut par trois fois candidat contre Paul Biya.

Si nous ajoutons à cette donnée la situation qui prévaut dans les provinces anglophones de l’ouest, dans celles de l’est limitrophes de la Centrafrique et dans le septentrion gangréné par le wahhabisme et menacé par Boko Haram, le risque est donc de voir les prochains résultats électoraux devenir les détonateurs d’une crise aux conséquences imprévisibles compte tenu de la situation géographique du Cameroun."

Posté le 6 juin 2018 à 17h21 par Michel Janva | Lien permanent

Slovénie d’abord

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

Capture d’écran 2018-06-05 à 19.54.53"Le Parti démocratique slovène (« La Slovénie d’abord ») de Janez Janša (qui se réclame de Trump et d’Orban et est explicitement soutenu par ce dernier) est arrivé largement en tête des législatives, avec 25% des voix, contre 13% à celui qui est arrivé deuxième, la Liste de Marjan Šarec, un ancien acteur comique qui était arrivé second également à la dernière présidentielle en octobre dernier (avec 25% des voix).

Le parti de Janez Janša obtient 25 sièges sur 90, ce qui est très insuffisant pour gouverner. Or 6 partis sur les 9 représentés refusent toute alliance avec lui, à commencer par Marjan Šarec. Lequel pourrait constituer un gouvernement qui ne donnera de boutons à personne…"

Posté le 6 juin 2018 à 08h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

05 juin 2018

La brochette 2018 du Bilderberg

La liste complète des participants à la prochaine réunion privée du Bilderberg est ici. Quelques participants :

Posté le 5 juin 2018 à 16h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (18)

04 juin 2018

Réunion du Groupe Bilderberg à Turin

Capture d’écran 2018-06-04 à 08.09.37Une coïncidence après l'arrivée d'un nouveau gouvernement sceptique sur l'immigration et le cosmopolitisme ?...

Le groupe secret Bilderberg se réunit pour sa réunion annuelle la semaine prochaine, à Turin, en Italie. Il réunit dans le plus grand secret des politiciens, chefs d'entreprise, financiers et universitaires nord-américains et européens. Si le nom des participants sera rendu public, le contenu des débats reste secret.

Le groupe tire son nom de l'hôtel de Bilderberg à Oosterbeek, aux Pays-Bas, où ses membres se sont réunis pour la première fois le 29 mai 1954 à l'invitation du prince Bernhard de Lippe-Biesterfeld.

Posté le 4 juin 2018 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

30 mai 2018

Vers la fin de la double-nationalité en Belgique

Le 24 mai, la Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA, droite indépendantiste flamande), les libéraux flamands de l’Open Vld et les élus du Mouvement réformateur (MR, centre droit) du premier ministre Charles Michel ont mêlé leurs voix à celles du Vlaams Belang afin de prendre en considération une proposition de résolution du Vlaams Belang. Son objectif ? Réserver aux Belges n’étant pas titulaires d’une autre nationalité l’accès à certaines fonctions administra- tives... et politiques.  

Chef de file du Vlaams Belang (Intérêt flamand) à la Chambre des représentants (Chambre des députés) et conseiller communal d’Anvers, Filip Dewinter est interrogé sur ce sujet dans Minute :

Capture d’écran 2018-05-29 à 22.04.04

Posté le 30 mai 2018 à 10h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

29 mai 2018

Derrière l'avortement en Irlande, George Soros

D'Olivier Bault dans Présent :

Unknown-13"Un document de l’Open Society Foundations (OSF) de George Soros, qui a fuité dans les médias en 2016, exposait un plan pour libéraliser l’avortement dans le monde. En Europe, le plan de l’OSF prévoyait de s’attaquer d’abord à l’Irlande en finançant la campagne pour un référendum sur cette question. L’idée, c’est que si l’Irlande tombe, il sera plus facile ensuite de chercher à faire légaliser l’avortement en Pologne, désignée comme deuxième objectif. Une légalisation de l’avortement en Pologne est toutefois très improbable, même après la large victoire du oui en Irlande. [...]"

Posté le 29 mai 2018 à 18h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

Les centristes sont les moins favorables à la démocratie

Alors que la grosse presse nous alerte du danger de la montée des extrêmes en Europe, David Adler, s'appuyant sur des études d'opinions, écrit dans le New York Times que ce sont les centristes et non les "extrémistes" qui sont les moins tolérants :

"[...] Ma recherche suggère qu'en Europe et en Amérique du Nord, les centristes sont les moins favorables à la démocratie, les moins attachés à ses institutions et les plus favorables à l'autoritarisme.

Capture

[...] En Europe et en Amérique du Nord, le soutien à la démocratie est en déclin. Pour expliquer cette tendance, la sagesse conventionnelle pointe vers les extrêmes politiques. À la fois l'extrême gauche et l'extrême droite sont, selon ce point de vue, prêts à contourner les institutions démocratiques pour parvenir à un changement radical. Les modérés, au contraire, sont censés défendre la démocratie libérale, ses principes et ses institutions.

Les chiffres indiquent que ce n'est pas le cas. Alors que les démocraties occidentales tombent dans le dysfonctionnement, aucun groupe n'est à l'abri de l'attrait de l'autoritarisme - et encore moins des centristes, qui semblent préférer un gouvernement fort et efficace à une politique démocratique désordonnée.

Dans le monde en développement, les hommes forts du monde en développement ont trouvé un soutien: du Brésil et de l'Argentine à Singapour et en Indonésie, les modérés de la classe moyenne ont encouragé les transitions autoritaires pour apporter la stabilité et assurer la croissance. La même chose pourrait-elle se produire dans les démocraties matures comme la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis?

Posté le 29 mai 2018 à 16h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

Belgique: Deux policiers tués à Liège par un terroriste

DeW5TmSX0AAoSWfUn homme a tué trois personnes, dont deux policiers, avant d'être abattu par des membres des forces de l'ordre.

L'enquête sur la fusillade a été confiée au parquet fédéral belge, compétent en matière de terrorisme. "Il y a des éléments qui vont dans la direction d'un acte terroriste".

L’homme s’appelait Benjamin H. et sortait de prison.

Posté le 29 mai 2018 à 12h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

17 mai 2018

Le Paraguay et son président respectent la personne humaine

Lu ici :

"Le nouveau président élu du Paraguay, Mario Abdo Benitez, a honoré l’une de ses promesses de campagne en signant un engagement politique en faveur de la protection de la vie, le 4 avril 2018.

Dans cette profession de foi, le nouveau chef de l’exécutif s’oblige à « respecter, protéger, défendre et promouvoir » la vie du moment de la conception à la mort naturelle, ainsi que la famille « composée d’un père, d’une mère et d’enfants », comme étant le socle naturel de la société.

Mario Abdo Benitez s’engage également à protéger les droits fondamentaux des familles, notamment celui d’offrir une éducation morale et religieuse aux enfants, conformément à la foi et aux valeurs des parents. Et cela à un moment où d’autres pays d’Amérique latine imposent la théorie du genre dans l’éducation des enfants.

La Constitution du Paraguay – un pays catholique à 90% - reconnaît explicitement le droit à la vie depuis la conception, et le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme."

Posté le 17 mai 2018 à 16h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

15 mai 2018

George Soros quitte Budapest

Victoire de Viktor Orban :

VALEURS4250_001"La Fondation Open Society (OSF) de George Soros fait savoir qu'elle ferme ses bureaux de Budapest pour déménager vers Berlin, à cause d’un « environnement politique et juridique de plus en plus répressif » en Hongrie. « Le gouvernement hongrois dénigre et dénature notre travail et réprime la société civile, au nom d'un profit politique, en ayant recours à des stratagèmes sans précédent dans l'histoire de l'Union européenne », a déclaré Patrick Gaspard, président d’Open Society. (Patrick Gaspard, américain né de parents haïtiens au Congo, est le lobbyiste en chef de Soros à Washington et à Bruxelles.)

Le parti de Viktor Orbán a présenté en février une proposition de loi mettant sous surveillance les ONG et taxant celles qui reçoivent un financement étranger. Le texte était surnommé « loi Stop Soros ». Soros avait tout mis en œuvre pour que Viktor Orbán perde les élections. Il les a gagnées haut la main. Soros s’en va avant que le texte soit voté… A noter que l’agence Reuters parle des « fondations du philanthrope milliardaire », alors qu’il s’agit d’organisations de subversion."

Posté le 15 mai 2018 à 16h38 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

14 mai 2018

Viktor Orban : A la place de la démocratie libérale naufragée nous avons l’intention de bâtir la démocratie chrétienne du XXI° siècle

Le 10 mai, Viktor Orbán a été réélu Premier ministre par le Parlement hongrois. Après avoir prêté serment il a prononcé un discours traduit en français sur le site du gouvernement hongrois. Extraits :

Tn496c0-2"Affirmons clairement que – comme l’a dit notre roi Saint Etienne – rien n’élève plus que l’humilité, et rien n’abaisse plus que l’orgueil et la haine. Et reconnaissons que derrière les succès se cache toujours la grâce du Bon Dieu. Ce n’est donc pas une clause de style, ce n’est pas seulement une tradition, mais notre profonde conviction : soli Deo gloria, la gloire appartient à Dieu seul. [...]

Je pense personnellement que les succès que nous avons remportés jusqu’à présent doivent beaucoup au fait que nous avons toujours déclaré ouvertement que l’ère de la démocratie libérale est arrivée à son terme. Elle s’est avérée incapable de protéger la dignité de l’homme, elle est incapable de lui donner la liberté, elle ne peut plus lui garantir la sécurité physique et ne peut même plus défendre la culture chrétienne. Certains en Europe essaient encore de la bricoler dans l’espoir de la réparer. Ils ne comprennent pas que ce n’est pas la structure qui s’est abîmée, mais que c’est le monde qui a changé. Notre réponse, la réponse des Hongrois au changement du monde est qu’à la place de la démocratie libérale naufragée nous avons l’intention de bâtir la démocratie chrétienne du XXI° siècle, qui garantit la dignité, la liberté et la sécurité de l’individu, protège l’égalité entre les hommes et les femmes, respecte le modèle familial traditionnel, met un frein à l’antisémitisme, protège notre culture chrétienne et donne sa chance à la pérennité et au développement de notre nation. Nous sommes des démocrates chrétiens, et nous voulons une démocratie chrétienne.

[...] En d’autres termes, mon gouvernement sera le gouvernement des Hongrois libres et de l’Etat hongrois souverain. Ma détermination en faveur de la liberté ne se réduit pas à mon combat contre la dictature et l’occupation soviétique, elle a aussi des motivations économiques. Je fais partie de la génération qui se rappelle encore que ce qui a condamné à mort le système étatique communiste, c’est qu’il a ignoré – et même combattu – une des lois fondamentales de la nature humaine : le communisme a interdit à l’individu d’améliorer sa situation de manière indépendante, de sa propre initiative, par son propre effort, en d’autres termes individuellement. C’est la raison pour laquelle nous avons considéré le communisme non seulement comme oppresseur, mais aussi comme contraire à la nature humaine. Je voudrais, à l’avenir aussi, bâtir notre politique sur cette expérience. Mon objectif est d’assurer le maximum de liberté aux individus, afin qu’ils puissent avancer selon leurs propres désirs. Nous ne pouvons pas nous engager à résoudre le problème de la vie de quiconque, mais nous voulons et pouvons créer les conditions permettant à chacun de le résoudre et de trouver son bonheur.

[...] Je suis convaincu que la migration conduit en fin de compte à la désagrégation des nations et des Etats. Les langues nationales s’affaiblissent, les frontières s’estompent, les cultures nationales se dissolvent et il ne reste plus qu’une société ouverte unique. Et à la fin, l’unification des sociétés européennes atteint le stade où un gouvernement européen unique et unifié pourra voir le jour. C’est le sort qui attend ceux qui ne se protègent pas contre la migration. Peut-être pas demain, mais dans un avenir que nous pouvons encore distinguer. C’est de cela qu’il s’agit, c’est cela le grand projet. Je ne vends pas chat en poche. J’affirme clairement, ici devant vous, que mon gouvernement est hostile à ce projet, au processus qui s’en approche et à toute mesure intermédiaire allant dans son sens, et qu’il en sera l’adversaire déterminé au nom de la liberté des Hongrois. Le multiculturalisme était le premier échelon. Le politiquement correct qui musèle la liberté d’expression a été le second. Voilà où en est l’Europe aujourd’hui. Le troisième échelon serait la répartition par quotas obligatoires. Afin que l’Europe que nous aimons, et au profit de laquelle nous sommes prêts à de sérieux sacrifices, ne gravisse pas l’échelon suivant de son autodissolution, il faudra compter avec nous sur la scène de la politique européenne. Nous lutterons contre les quotas obligatoires, nous défendrons la culture chrétienne, et nous combattrons pour la défense des frontières."

Posté le 14 mai 2018 à 22h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

L’Algérie et le Maroc dans les mailles du conflit entre l’Arabie saoudite et l’Iran

Analyse de Bernard Lugan :

"La rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Iran intervenue au mois d’avril 2018 constitue un des derniers épisodes du conflit opposant l’Arabie saoudite à l’Iran. Elle complique encore davantage les relations entre un Maroc aligné sur Ryad et une Algérie veillant à conserver son autonomie par rapport au système d’alliance saoudien. Constitué autour des monarchies du golfe (sauf le Qatar), ce dernier est soutenu directement par les Etats-Unis et indirectement par Israël.

Le contexte est clair : l’Arabie saoudite connaît ses faiblesses face à l’Iran. Elle sait que, seule, elle serait militairement balayée. Elle a conscience que sa famille royale est haïe par des populations qu’elle méprise depuis des décennies. Elle n’ignore pas que sa légitimité historique et religieuse est discutable et que, si elle a pu s’emparer des lieux saints de l’Islam, ce fut grâce aux anglo-saxons. Pour assurer sa survie, elle doit rassembler autour d’elle tous les « Arabes » (lire les sunnites), contre l’ennemi séculaire perse (lire les chiites). En même temps, elle cherche à donner une nouvelle image d’elle en finançant de colossales campagnes de publicité dans la presse occidentale vantant l’aggiornamento qui en ferait désormais un pays ouvert, moderne et tolérant…

Avec la guerre en Syrie, Ryad a amorcé la constitution d’une alliance offensive contre le « terrorisme iranien ». La manœuvre est cousue de fil blanc car le terrorisme islamiste n’est pas chiite, mais sunnite. Nulle marque de chiisme en effet dans les attentats de septembre 2001, dans ceux qui ont frappé l’Europe ou la Russie, dans Al-Qaïda, dans l’Etat islamique ou dans Boko Haram. Tous sont au contraire liés à des branches du sunnisme et dans bien des cas, financés par les officines wahhabites gravitant autour des cercles princiers saoudiens.

Le plan de Ryad s’est déroulé en trois phases :

1) Guerre du Yémen contre les miliciens Houthi proches de l’Iran.

2) Isolement du Qatar qui a le tort de ne pas rompre avec l’ennemi perso-irano-chiite.

3) Lutte à mort contre le Hezbollah libanais désigné par le ministre saoudien des Affaires étrangères, Mohamed al Khalifa, comme « une menace pour la sécurité nationale arabe ». On ne peut être plus clair dans la dénonciation en creux de l’Iran perse…

L’Arabie saoudite et Israël ont en commun d’avoir le même ennemi iranien et le même allié américain. Un allié lui aussi totalement obsédé par le « danger » iranien. Les voilà donc tous trois partenaires dans la grande manœuvre d’encerclement de l’Iran. Ils ont cependant subi un grave échec en Syrie où, non seulement ils n’ont pas réussi à chasser du pouvoir un allié de Téhéran, mais où, en plus, l’enchaînement des évènements a fait que leur partenaire turc s’est détourné d’eux pour finalement, réalpolitique oblige, se rapprocher de la Russie, donc, de facto, de l’Iran.

Dans le monde dit « arabe », et fidèle à sa politique d’indépendance, l’Algérie garde la tête froide, conservant de bonnes relations avec tous les protagonistes, dont l’Iran et la Syrie. Consciente de son isolement, elle a renoué des relations un moment distendues avec la Russie et elle s’est spectaculairement rapprochée de la Turquie. C’est alors qu’est intervenu un évènement aussi grave qu’insolite et dont les conséquences pourraient être considérables. Il s’agit d’une « livraison d’armes » du Hezbollah libanais allié de l’Iran, au Polisario, lequel est un appendice des services algériens.

Une telle livraison, si toutefois elle était avérée, conduit à faire trois remarques :

  • Militairement, elle ne présente aucun intérêt car le Polisario dispose déjà de toutes les facilités dans les arsenaux algériens.
  • En revanche, une telle livraison, réelle ou supposée, a eu un très fort impact au Maroc où l’on est plus que chatouilleux dès-lors qu’est posée la question du Sahara. Les services iraniens ont-ils donc voulu faire comprendre au Maroc qu’ils ont les moyens de lui compliquer la tâche dans ses provinces sahariennes revendiquées par le Polisario s’il persiste à s’aligner sur Ryad ?
  • Mais ce faisant, Téhéran ayant violé cette souveraineté qu’elle défend si jalousement, comment va réagir l’Algérie ?

En définitive, cet épisode montre deux choses :

1) Face à la menace algéro-polisarienne sur ses provinces sahariennes, le Maroc est condamné à un quasi alignement sur la position américano-saoudienne.

2) L’Algérie qui porte à bout de bras le Polisario depuis sa création n’est pas à l’abri d’une provocation de la part de ce dernier qui pourrait déclencher une crise majeure avec le Maroc. L’épisode en cours pourrait alors lui faire enfin comprendre qu’un accord avec Rabat lui serait plus profitable qu’un soutien aveugle à un Polisario paraissant chercher de nouveaux parrains, avec pour conséquence qu’Alger risquerait de moins le contrôler dans l’avenir. Cette livraison pourrait alors être un bon prétexte pour couper les ailes à un mouvement dont les ramifications islamo-mafieuses commencent à poser bien des problèmes dans toute la région saharo-sahélienne.

Un tel accord serait bénéfique pour les deux pays. Le Maroc qui n’aurait plus à craindre un conflit avec l’Algérie, pourrait alors moins dépendre des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite, ce qui, par voie de conséquence renforcerait l’Algérie dans sa constante d’indépendance et permettrait enfin la définition d’une politique maghrébine commune."

Posté le 14 mai 2018 à 16h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

12 mai 2018

30 mai à Toulon, causerie sur : « Attaque française en Syrie : chercher à comprendre »

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Posté le 12 mai 2018 à 09h03 par Michel Janva | Lien permanent

11 mai 2018

Iran: Jupiter au pied du mur

Suite aux nouvelles sanctions prises par les États-Unis, Trump regnante, l'Iran va constituer un test grandeur nature pour la posture régalienne qu'affecte Macron sur la scène internationale, mais aussi pour sa vision de l'Europe. En effet, au plan économique, la France sera la première victime des nouvelles mesures de l'empire. Nous saurons si les attitudes macroniennes sont le bluff d'un techno-financier hors sol, ou s'il a réellement un peu d'étoffe...

 

Posté le 11 mai 2018 à 08h37 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (4)

07 mai 2018

Attaque au couteau à La Haye

DccSCnXXkAcKu6HPlusieurs personnes ont été attaquées par un homme armé à La Haye. Au moins trois d'entre elles ont été blessées.​ Les forces de police sont rapidement intervenues et ont tiré dans une jambe de l'assaillant qui aurait crié «Allahu Akbar» lors de son interpellation. 

L'homme a apparemment porté cinq coups de couteau à une première personnes dans un café. En sortant de cet établissement, il en a poignardé deux autres.

Posté le 7 mai 2018 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (7)

06 mai 2018

Des églises en Arabie Saoudite ?

C'est ce qu'on lit ici et :

Unknown"Pour la première fois de son histoire, l’Arabie Saoudite a signé un accord de coopération avec le Vatican pour construire des églises pour les citoyens chrétiens résidant dans le royaume.

L'accord, qui vise à inciter à la tolérance religieuse prévoit également la création d'un comité mixte de coordination composé de deux représentants des deux parties pour organiser les prochaines réunions. Le comité devrait avoir lieu une fois tous les deux ans et ses réunions seront alternées entre Rome et une ville choisie par la Ligue islamique mondiale, selon la presse saoudienne.

Cet accord a été signé par le secrétaire général de la Ligue islamique mondiale, Cheikh Mohammed Ben Abdel Karim Al-Issa et le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux au Vatican et le cardinal français de l'Église catholique Jean-Louis Tauran. Il a été conclu lors de la visite effectuée par le cardinal Tauran à Riyad du 13 au 20 avril."

Addendum : le Vatican nie l'existence de cet accord.

Posté le 6 mai 2018 à 11h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

02 mai 2018

Les évêques exigent la démission du Président

Au Nigéria :

Unknown-24"Depuis déjà plus de deux ans, la Conférence des évêques catholiques et d’autres personnes bien intentionnées n’ont pas cessé de demander au Président de repenser la configuration du système sécuritaire et la stratégie. Avec des millions de Nigérians, nous avons exprimé notre absence de confiance dans les organismes de sécurité que le Président a délibérément mis entre les mains de personnes adhérant à une seule religion.

Le 8 février de cette année, lors d’un appel de courtoisie au Président, nous avons sonné l’alarme quant à la sécurité de la nation et la vague de violence perpétrée impunément par des gens qui n’ont ni respect de la valeur de la vie humaine ni considération pour nos lois, et nous l’avons exhorté à prendre des mesures drastiques pour endiguer la vague de ces maux dans notre pays. Depuis lors, l’effusion de sang, la destruction des foyers et des fermes se sont accrues en intensité et en violence. Désormais, nos églises sont profanées et notre peuple massacré sur leurs autels.

Comme responsables, nous n’avons cessé de demander à notre peuple de demeurer pacifique et obéissant aux lois même face aux pires formes de provocations. Aujourd’hui, comme chrétiens, nous nous sentons bafoués et trahis dans une nation pour laquelle nous n’avons jamais cessé de nous sacrifier et de prier. Nous nous sentons collectivement abandonnés et trahis. […]

Dès lors que le Président qui a nommé les responsables des organes de sécurité de la nation a refusé de les rappeler à l’ordre, même face au chaos et à la barbarie dans lesquels notre pays est plongé, nous n’avons pas d’autre choix que de conclure qu’ils agissent selon un plan que le Président approuve. S’il ne peut pas maintenir le pays en sécurité, alors il perd automatiquement la confiance des citoyens. Il ne devrait plus pouvoir continuer à présider à la tuerie et à la fosse commune que notre pays est devenu. Nos appels répétés et ceux de nombreux Nigérians au Président pour qu’il prenne des mesures drastiques et urgentes pour renverser le cours de cette horrible tragédie qui menace les fondements de notre existence collective et l’unité de la nation, sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Il est évident pour la nation qu’il a échoué dans son premier devoir qui est de protéger la vie des citoyens nigérians. Que cet échec soit dû à son incapacité ou à son absence de volonté politique, il est temps pour lui de choisir un parti honorable et d’envisager de démissionner pour sauver la nation d’une débâcle totale.

Nous appelons tous les Nigérians à garder la tête haute et à défendre leurs droits fondamentaux à la vie et à la sécurité. Le gouvernement devrait encourager les citoyens et leur permettre de se défendre eux-mêmes et de protéger leur cadre de vie."

Posté le 2 mai 2018 à 09h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

01 mai 2018

Livraisons de S300 russes à Damas ou la subtile diplomatie de Poutine

Analyse d'Antoine de Lacoste, publiée sur Boulevard Voltaire :

S-300_Russie_600_400La Russie a annoncé il y a quelques jours la livraison de missiles sol-air S300 à l’armée syrienne. Au premier abord cette nouvelle est logique : face à la dernière agression américano-franco- anglaise contre la Syrie, le Kremlin décide de renforcer la défense aérienne de son allié afin de décourager toute nouvelle tentation belliqueuse.

La défense anti-aérienne de la Syrie n’est certes pas catastrophique comme l’a prouvé la destruction en vol de plus de 70 des missiles américains lancés vers Damas et Homs. De plus, chacun a encore en mémoire la destruction d’un F16 israélien en février dernier à la suite d’un énième raid en Syrie de l’aviation de l’Etat hébreu. C’était la première fois depuis trente ans qu’Israël perdait un avion.

Depuis, celle-ci ne s’y est d’ailleurs plus risquée et la dernière attaque contre une base syrienne s’est faite depuis le Liban, l’aviation israélienne se gardant bien de s’aventurer à nouveau dans le ciel syrien. On notera à ce propos que ces violations répétées de l’espace aérien de ses voisins par Israël n’émeuvent pas beaucoup les pays occidentaux : il semble aujourd’hui acquis qu’Israël se situe au-dessus du droit international…

La livraison de ces S300 est en fait une vieille histoire. Voilà plusieurs années que Damas les espère et qu’Israël les redoute. C’est d’ailleurs à la demande de l’Etat hébreu que Poutine a accepté à plusieurs reprises d’en différer la livraison. La diplomatie de Poutine est très différente de celle du monde occidental qui ferait bien parfois de s’en inspirer : pas de leçons de morale et les dirigeants ne sont pas classés en bons et en méchants ; il y a des alliés que l’on ne lâche pas, mais on parle avec tout le monde, même à ceux qui attaquent son allié. Nous sommes loin des postures idéologiques des Américains et des Européens.

Mais aujourd’hui la donne a changé et cette annonce est une réponse envoyée à la coalition. Que les Occidentaux continuent à prendre pour argent comptant toute provocation d’attaque chimique en Syrie doit engendrer une parade. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir qui finance ces fameux casques blancs, toujours présents dans les grands moments de manipulation et parfaitement relayés par les medias occidentaux.

Cela étant, ce n’est pas Poutine lui-même qui annoncé cette livraison, ce qui signifie qu’un différé est encore envisageable.

Un autre élément important est à noter : les bases russes de Tartous et Hmeimim sont dotées de missiles S400, extrêmement performants. Il n’a jamais été question que les bases syriennes en soient dotées : les Israéliens en feraient un casus belli et donc les Américains aussi. Avec les S300, nous sommes à la lisière.

Poutine sait jouer aux échecs mais ne veut mettre personne mat, hormis les islamistes bien sûr.

C’est grâce à cette subtile diplomatie qu’il est aujourd’hui le seul chef d’Etat qui peut parler avec tous les acteurs du dossier syrien.

Posté le 1 mai 2018 à 11h26 par Michel Janva | Lien permanent

L’Irlande du Nord bientôt catholique ?

Lu ici :

Unknown-22"Ce qui était encore inimaginable il y a un siècle pourrait bientôt devenir réalité : le nombre de catholiques en Irlande du Nord devrait dépasser celui des protestants en 2021.

L’agence Catholic News relaye cette information dans son édition numérique du 22 avril 2018. Le professeur Paul Nolan, spécialiste de sociologie en Irlande du Nord, a effectivement déclaré à BBC News que « dans trois ans, nous fêterons, je pense, avec ironie, le centenaire d’un Etat [né protestant] devenu à majorité catholique ».

En effet, selon le dernier recensement de 2011, les protestants ne dépassaient les catholiques en Irlande du Nord que de 3%. Des chiffres plus récents montrent une majorité de catholiques quelle que soit la tranche d'âge de la population, à l'exception de celle des plus de 60 ans. Ainsi, parmi les enfants en âge d’être scolarisés, les catholiques sont largement plus nombreux que les protestants : 51% contre 37%.

Historiquement en Irlande, ce sont surtout les catholiques qui ont milité, parfois au prix de leur vie, pour l'indépendance de leur pays. Les Irlandais unionistes, désireux de maintenir l’unité politique avec le Royaume-Uni, étaient très largement des protestants descendants de colons installés depuis le XVIIe siècle."

Posté le 1 mai 2018 à 11h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

28 avril 2018

Le mondialisme s'illusionne sur sa puissance comme le Titanic

La-superclasse-mondiale-contre-les-peuplesMichel Geoffroy énarque, contributeur régulier à la Fondation Polémia, vient de publier un ouvrage intitulé La Super-classe mondiale contre les peuples, dans lequel il montre que dans notre post-démocratie, les gouvernements obéissent aux marchés et aux banques, les puissances d’argent dirigent les médias et les peuples perdent leur souveraineté et leurs libertés. Depuis la chute de l’URSS le pouvoir économique et financier s’affranchit du cadre national et veut gouverner à la place des États. Au communisme a succédé l'idéologie du messianisme anglo-saxon. La super classe mondiale défend les intérêts des super riches et des grandes firmes mondialisées, sous couvert de l'idéologie libéralie/libertaire et cosmopolite. Une classe qui veut aussi imposer la mise en place d’un utopique gouvernement mondial.

A l'argument de cette super-classe, sans cesse ressassé, selon lequel les nations sont désormais inadaptées et qu'il faut se fondre dans de grands ensembles globalisés, il répond que, au contraire de la formule "Small is beautiful", plus c'est grand plus c'est complexe et c'est pourquoi il faut être optimiste, car les projets de cette super-classe sont intenables :

"Il y a, en effet, une relation entre la taille et la complexité. [...] Affirmer  que des questions seraient plus facilement solubles en augmentant la taille des données à prendre en compte - ce à quoi aboutirait invariablement leur mondialisation - repose donc sur une erreur de méthode. Au contraire, elles deviendraient beaucoup plus complexe et donc plus difficiles à résoudre !

Les partisans de la globalisation des problèmes ont oublié la leçon de la planification soviétique. Planifier l'économie dans son intégralité supposait de mobiliser un très grand nombre d'informations et de maîtriser toutes les interactions. Or l'expérience a prouvé que cela restait hors de la portée humaine, même dans un régime totalitaire où, en principe, la liberté des personnes se trouve fortement réduite, et même dans un seul pays. [...] La taille rend aussi la coordination des initiatives plus difficile. C'est l'effet Titanic : le gigantisme du navire rend difficile sa navigation rapide dans une zone infestée d'icebergs et sa taille conduit à s'illusionner sur l'efficacité de ses protections contre le naufrage.

Avec ses 28 pays membres, l'Union européenne en apporte une autre preuve éclatante. L'Europe des Six et du Marché commun pouvait réaliser des politiques que l'Union européenne est désormais impuissante à conduire du fait de sa taille, donc de son hétérogénéité qui pèse sur son processus de décision."

Posté le 28 avril 2018 à 18h21 par Michel Janva | Lien permanent

26 avril 2018

L'organisation islamique qui valait 3 milliards

Unknown-9Le groupe Etat islamique possèderait 3 milliards d'euros, selon les dernières estimations des services de renseignement. Une somme qui fait de cette organisation terroriste la plus riche que l'on ait jamais connue.

Daech aurait fait sa fortune en confisquant des biens, des amendes distribuées par les tribunaux islamiques et en réinvestissements. L'EI aurait amassé cet argent en trois ans alors que le Califat a exploité le nord de l'Irak et de la Syrie où le pétrole est très présent. L'organisation aurait alors empoché près d'une centaine de millions de dollars par an. Une somme à laquelle il faut ajouter le grenier agricole : 40% de la production céréalière de l’Irak et 80% du coton syrien. Après avoir confisqué les terres agricoles, les terroristes ont récolté pour plus d'un milliard et demi d'euros. Les logements et les voitures également confisqués ont été redistribués aux djihadistes étrangers. Cet argent a été largement réinvesti dans des affaires parfaitement légales avec notamment l’achat de fermes piscicoles qui élèvent des carpes en Irak. L'EI a également investi au Proche Orient et en Turquie.

70 pays sont réunis en ce moment à Paris pour assécher les ressources de Daech et d'al-Qaida. «No money for terror» (pas d'argent pour le terrorisme) est le titre de la réunion, qui a commencé mercredi et se poursuivra ce jeudi dans les locaux de l'Organisation de coopération et de développement économique à Paris.

Il reste à connaître le rôle exact joué par le Qatar et l'Arabie saoudite dans ce financement.

Posté le 26 avril 2018 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

25 avril 2018

Les Etats-Unis et leurs supplétifs veulent démanteler l’Etat syrien

Bref et très intéressant point de situation sur la Syrie de Richard Labévière, spécialiste du Moyen-Orient et rédacteur en chef du blog Proche et Moyen-Orient.

 

Posté le 25 avril 2018 à 10h07 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (8)

L'oligarchie nous emmène vers la guerre et la dictature

"La seule possibilité qui reste aux Français de percevoir l'escalade à temps pour l'interrompre est la diversification de leurs sources d'information."

6a00d83451619c69e20224df2d77f9200bC'est la conclusion de la dernière tribune de Stratediplo, sur le blog éponyme.

Nous n'en partageons pas toute l'analyse. Notamment, nous ne pensons pas que la Russie ne mente jamais, par exemple sur la présence d'éléments de ses forces armées dans l'Est de l'Ukraine. Présence à notre sens légitime, puisqu'elle n'aurait pas pour objectif d'envahir l'Ukraine, mais de maintenir dans l'Est une zone grise, un glacis de protection face à un "État" et des "autorités" ukrainiens issus d'un coup d'État, au bénéfice d'intérêts qui ne sont certes pas ceux de la Russie.

Mais l'essentiel de l'analyse de Stratediplo n'est pas là. Il est dans la description de la servitude et de la malhonnêteté fondamentales des médias vis-à-vis de l'oligarchie dont Macron est un brillant et efficace serviteur. Oligarchie coupée du réel, et qui souhaite ardemment en couper également l'opinion publique française pour lui faire avaler ses chimères, et qui fourbit les mesures adéquates à cet effet. Il est aussi dans la description du discrédit peut-être définitif que la posture Macronienne fait peser sur la France, et sur l'irresponsabilité globale des pseudo-élites qui risquent de nous mener à la guerre mondiale.

cette presse "fire and forget" incendiaire et amnésiante

La presse française (en réalité occidentale) a été unanime et volubile à rapporter les images, les vidéogrammes et les accusations colportées par les "réseaux sociaux" antisyriens et clamant que la Syrie avait procédé à un bombardement chimique sur la ville syrienne de Douma, en Ghouta orientale, samedi 7 avril 2018. La presse française (en réalité occidentale) est unanime à avoir complètement occulté les aboutissants de ces allégations, ayant soudain des milliers d'autres sujets plus importants à traiter qu'un prétendu crime assez grave pour que la France décide d'agresser ouvertement un pays, violant la charte de l'ONU, sans même attendre l'enquête internationale.

Pourtant les rebondissements n'ont pas manqué, avant même l'attaque française, et les invitations syriennes à la presse accusatrice étrangère non plus. Les images et accusations ayant commencé à circuler sur les "réseaux sociaux" dimanche 8, et étant tout de suite diffusées par les trois agences de presse des pays de l'OTAN (AFP, Reuters et AP) qui détiennent le quasi-monopole de la fourniture d'informations dans le monde occidental (Europe, Afrique et Amérique), l'armée russe a décidé lundi d'ouvrir une enquête pour événement chimique, et dépêché une équipe de spécialistes. Dès mardi 10 les chercheurs d'information indépendante pouvaient lire ou écouter ce que les receveurs passifs d'information livrée peuvent toujours attendre, le rapport (formellement négatif) à la presse du colonel Alexandre Rodionov, commandant le détachement russe de défense NBC en Syrie. A l'hôpital de Douma où les faux Casques avaient tourné leur court-métrage personne n'avait vu ou traité la moindre victime d'attaque chimique, et sur le lieu prétendu de l'attaque, difficile à trouver car les habitants disaient qu'aucune attaque chimique n'avait eu lieu dans la région, il n'y avait rien à voir, ce qui n'a d'ailleurs pas empêché l'équipe NBC des trouver des laboratoires chimiques des terroristes islamistes.

Il n'est pas inutile de rappeler ici que l'armée russe est une armée européenne, pas américaine (sans insulte ici pour les armées brésilienne, uruguayenne et encore récemment canadienne non représentatives de l'Amérique), qui ne s'exprime pas par les éructations télévisées de n'importe quel sous-caporal anonyme ayant supervisé l'abattage par ses soudards débraillés d'une statue du chef d'Etat vaincu ou des gazelles d'un parc zoologique. Comme tout porte-parole du commandement voire simple officier supérieur autorisé à s'exprimer devant la presse, cet ingénieur-docteur, diplômé d'école de guerre et haut fonctionnaire de son pays s'identifie, engage la signature de son gouvernement et donne ses coordonnées pour pouvoir être recontacté. Un véritable journaliste devrait y porter plus d'intérêt qu'aux "déclarations d'un haut responsable sous couvert d'anonymat" que font si souvent circuler les agences de presse du phare ouest et qui garantissent l'impossibilité d'authentification, de cotation de crédibilité, et de conséquences en cas de démenti ultérieur par les faits, surtout quand ces "déclarations d'un haut responsable sous couvert d'anonymat" proviennent d'un pays dont le gouvernement est coutumier du fieffé mensonge avéré jusque devant les plus hautes instances internationales. Au contraire, le gouvernement russe doit jouir auprès de la presse sérieuse (malheureusement pas auprès de l'auditorat endoctriné occidental) d'une crédibilité impeccable puisqu'il n'a jamais été pris en délit de mensonge en ce siècle, fait particulièrement rare parmi les grandes démocraties.

Ce même 10 avril le journaliste étatsunien Pearson Sharp a annoncé, de Damas, qu'il serait bientôt en mesure de diffuser des informations sensationnelles. Il a aussi dénoncé le mensonge de certains journalistes occidentaux prétendant qu'ils ne pouvaient pas entrer en Syrie, alors que lui, ennemi déclaré puisqu'Etatsunien, avait obtenu son visa très rapidement. Prenant son temps pour interroger les Damascènes, puis surpris par l'attaque dans la nuit du 13 au 14 et par les manifestations de rue célébrant le 14 le succès de la défense antiaérienne syrienne, il est allé le 15 à Douma, où les dizaines de personnes qu'il a interrogées lui ont toutes déclaré qu'il n'y avait eu aucune attaque chimique. Sauf erreur c'est lui qui a popularisé le mot qu'il ignorait il y a dix jours, qui a fait la semaine dernière par internet le tour du monde en plusieurs langues, et que les trois agences de presse de l'OTAN doivent toujours soigneusement éviter. Le médecin-chef de l'hôpital souterrain de Douma lui a expliqué que l'hypoxie, ou manque d'oxygène, n'est pas rare chez les gens qui passent une nuit ou plus entassés dans des abris souterrains à atmosphère confinée sous les décombres, mais qu'en plus des bombardements accentués depuis quelques jours, le vent avait soulevé cette nuit-là une tempête de poussière, aussi l'hôpital a reçu beaucoup de patients souffrant d'irritation des voies respiratoires.

Déjà le 13 avril l'étudiant en médecine Halil Ajij, de service aux urgences de cet hôpital, avait publiquement déclaré que l'hôpital n'avait reçu aucune victime d'attaque chimique le 7 et le 8, et raconté ce qui s'était passé dans le hall de l'hôpital le 8. Le même 13 avril le ministère de la défense russe a présenté en conférence de presse les preuves et témoignages de l'absence d'attaque chimique à Douma, le général de division Igor Konachenkov faisant même remarquer que les témoins (dont Halil Ajij) déclinaient leurs noms et fonctions et pouvaient être contactés par tout enquêteur intéressé. Le 16 le représentant russe à l'OIAC a déclaré à celle-ci que les enquêteurs russes avaient retrouvé, vivantes, des victimes prétendues mortes de cette fausse attaque, qui étaient prêtes à témoigner.

Le 17 avril le fameux journaliste britannique Robert Fisk a aussi publié les résultats de sa visite des lieux (avec quelques journalistes syriens il a même faussé compagnie à une visite organisée pour la presse) et de l'hôpital, ainsi que de son entrevue du médecin-chef Assim Rahaibani, qui lui a expliqué que la vidéo tournée par les "Casques Blancs" (il ignore que ce ne sont pas ceux reconnus par une vingtaine de résolutions de l'ONU depuis 1994) était authentique mais pas sincère. Alors que le personnel soignant s'occupait des personnes souffrant d'hypoxie, un "casque blanc" a fait irruption, hurlé "attaque au gaz !" et d'autres ont filmé la panique qui en a résulté, augmentée d'ailleurs par l'irruption soudaine de plusieurs inconnus vêtus de blouses hospitalières qui ont introduit de prétendues victimes (qui observées immédiatement se sont avérées indemnes) et aspergé d'eau les patients présents. Une fois leur film fait, tous les intrus se sont retirés aussi rapidement qu'ils étaient arrivés.

Le 18 avril les journalistes de Russie 24 ont retrouvé le garçonnet largement filmé par les faux Casques Blancs, Hassan Diab, qui leur a déclaré que dans la rue le 8 au matin il avait entendu quelqu'un qui appelait les gens à aller rapidement à l'hôpital où on allait distribuer de la nourriture. Il y est allé, et à peine entré on l'a aspergé d'eau, plaqué sur un lit et filmé, ainsi que d'autres personnes, puis qu'ensuite on lui avait donné un peu de nourriture. Son père Omar a confirmé et est prêt à aller témoigner devant toute organisation internationale qui en ferait la demande. Le 21 avril un autre garçonnet présent sur le film, Moustafa, a aussi été retrouvé par des journalistes et raconté une histoire identique.

Le 23 avril a été publié le témoignagne de Mirwan Jaber, un autre médecin de l'hôpital de Douma qui confirme ce qu'ont déjà raconté ses collègues. Tous les témoignages concordent, et la quasi-totalité des habitants de Douma, qui ont appris la rumeur d'attaque chimique sur leur quartier par les journalistes étrangers, se disent de plus convaincus que ce n'est pas ça qui a motivé la bien réelle attaque franco-étatsuno-britannique.

Le nom d'Hassan Diab, comme celui d'Halil Ajij, est depuis quelques jours aussi célèbre dans le monde libre que le mot hypoxie. Mais il semble largement ignoré dans les pays de la coalition antisyrienne. Vu que le témoignage d'Hassan Diab a été repris ou commenté par toute la presse russe, l'AFP s'est cependant vue obligée d'émettre une dépêche laconique selon lequel la télévision russe avait "diffusé mercredi soir ce qu'elle présente comme le témoignage d'un garçon syrien affirmant avoir participé à une mise en scène chimique". Les rares médias français qui ont repris cette information ont rajouté du conditionnel et des suspicions, et surtout leur fameuse formule selon laquelle cette information n'avait "pas pu être confirmée de manière indépendante", ce qui signifie dans leur jargon confirmée par un correspondant d'une agence de presse officielle d'un pays membre de l'OTAN, à savoir AFP, Reuters ou AP, les agences de presse des trois pays qui ont bombardé la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril au prétexte justement de cette attaque chimique alléguée. Il est d'ailleurs notable que les mêmes médias n'ont pas fait preuve de la même déontologie partisane pour la confirmation indépendante de l'accusation gravissime portée par les faux Casques Blancs, que ces médias ont largement colportée afin de justifier à l'avance l'entrée en guerre contre la Syrie. Parmi les cent-quatre-vingt-treize membres de l'ONU, cent-quatre-vingt-dix n'ont pas bombardé la Syrie il y a dix jours, mais on voudrait faire croire que seules les informations diffusées ou confirmées par les agences des trois pays agresseurs sont "indépendantes"... des quatre-vingt-dix pays non agresseurs.

Le gouvernement français, auto-institué procureur, juge et bourreau expéditif du gouvernement syrien, a reconnu dans le communiqué conjectural du 14 avril servant d'alibi à sa violation de la charte de l'ONU que ses "services" n'avaient pas trouvé "d'autre scénario plausible" parce qu'ils s'étaient contentés de croire dans leurs bureaux parisiens les images diffusées par les terroristes islamistes et les allégations communiquées par un service de renseignement étranger (voir sur http://stratediplo.blogspot.com/2018/04/evaluation-de-levaluation-nationale-du.html). En ce qui les concerne les médias et les agences soi-disant indépendantes qui ont diffusé les images anonymes et muettes de ces "victimes" d'attaque chimique devraient se précipiter pour enregistrer et authentifier leurs témoignages maintenant qu'elles ont été identifiées et demandent à être entendues. Ces "victimes" sont quand même plus faciles à joindre que les miliciens de Jaïch el-Islam qui ont abandonné leurs treillis de combat et leurs casques blancs de tournage et bourré leur quartier général de bombonnes de chlore (espérant un bombardement gouvernemental) avant de prendre les derniers autobus d'évacuation offerts aux terroristes en direction de leur bastion d'Idlib. Pourtant, les médecins et les figurants involontaires de l'hôpital de Douma attendent encore la visite des journalistes de la coalition antisyrienne.

"Fire and forget", c'est le feu et l'oubli d'une presse incendiaire et amnésiante. Dans certain pays passé directement de la barbarie à la décadence sans avoir connu la civilisation, on dit que la police tire d'abord et interroge ensuite. Or voici que la presse aux ordres a perfectionné la méthode, elle tire d'abord et ne pose pas de questions ensuite. Cependant, ne pas rectifier une information fallacieuse c'est mentir par omission, et lorsque ce mensonge est commis pour justifier une entrée en guerre, crime contre la paix considéré comme la plus grave infraction au droit international, cela constitue une complicité de crime contre l'humanité.

Les contribuables qui subventionnent grassement des médias qui leur ont raconté que les Serbes de Bosnie avaient installé à Trnopolje un "camp de concentration" avaient le droit de savoir ensuite que c'était un camp de réfugiés ouvert et que le photographe Jeremy Irvin était entré dans un petit enclos agricole pour photographier Fikret Alić à travers des barbelés. Puisqu'on leur a raconté que l'armée serbe de Bosnie avait bombardé le marché de Markale ils avaient le droit de savoir ensuite que les officiers généraux français (et autres) présents à Sarajevo ont tous déclaré que c'était l'oeuvre des Turcs de Bosnie, ils avaient le droit de savoir que le chef d'état-major bosno-turc Sefer Halilović a démissionné pour cet acte contre son propre peuple et s'en est expliqué dans son livre, ils avaient le droit de savoir que le président bosno-turc Alija Izetbegović l'a confessé sur son lit de mort. Puisqu'on leur a raconté que la police serbe avait massacré de paisibles villageois albanais à Račak, ils avaient le droit de savoir ensuite que les deux enquêtes internationales avaient déterminé que la plupart étaient des miliciens islamistes tués au combat et le reste de vieux villageois exécutés ultérieurement par les islamistes et mélangés avec les terroristes rhabillés post-mortem en civil. Puisqu'on leur a raconté que le gouvernement syrien avait utilisé des armes chimiques contre sa population les 19 mars et 21 août 2013, ils ont le droit de savoir que l'enquête de l'OIAC a montré la culpabilité des milices islamistes. Puisqu'on leur a raconté que la Russie avait abattu ou fait abattre l'avion malaisien MH17, ils ont le droit quatre ans plus tard de connaître la vérité (récemment rappelée sur http://stratediplo.blogspot.com/2018/03/le-pilote-qui-abattu-le-mh17-malaisien.html).

La vérité est un dû. Si la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse punit d'une amende de 45000 euros (montant bien ridicule en regard des subventions de la désinformation) "la publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler", de combien devrait-on punir la diffusion de nouvelles fausses ayant troublé la paix internationale et servi d'alibi à un acte d'agression, crime contre la paix plus grave en droit international que les crimes de guerre ?

Au-delà de son lectorat captif et manifestement peu curieux, la presse française était autrefois lue et écoutée des rizières sud-asiatiques aux plateaux andins en passant par le fin fond de la brousse africaine. La nature ayant horreur du vide et les hommes ayant peur du silence, son repli sur le psitaccisme des slogans étatsuniens laisse la place à une autre presse. Les annonces de recrutement de traducteurs du mandarin à l'espagnol, du mandarin au français et du mandarin à l'anglais vont fleurir dans les prochaines années. Accessoirement, si les Africains iront pêcher leur information ailleurs, les Arabes quant à eux iront acheter leur armement ailleurs, les états-majors et la presse de plusieurs pays arabes faisant des gorgées chaudes en ce moment au sujet des missiles français défectueux, dont un quart n'ont pas fonctionné, et même la moitié dans le cas de ceux tirés (ou du moins mis à feu) des magnifiques frégates qu'on cherche à leur vendre. Certes un missile qui ne part pas c'est moins gênant qu'un lot de munitions de fusil d'assaut qui ne veut pas fonctionner (bien que le missile coûte plus cher), mais la réputation de fiabilité technologique d'une France post-industrielle qui achète ou fait fabriquer dans des pays pré-industriels aura aussi des conséquences commerciales et économiques.

Mais le plus grave est évidemment à venir. Qu'on ait réussi à cacher la vérité pendant plus de deux semaines sur le bombardement chimique fictif de Douma est un gros succès de propagande, alors même qu'on n'a pas encore interdit la presse des pays libres (pourtant bien peu lue dans les pays de l'OTAN), contre laquelle le régime français actuel prépare des mesures drastiques d'après ses propres aveux. La mise en place de ces mesures légales de censure de contenu, puis logicielles d'interdiction de lecture, sera d'ailleurs l'indicateur le plus sûr que l'avant-guerre touche à sa fin. On y reviendra prochainement. Evidemment le but recherché est que lorsque la vérité finira par percer et triompher, si elle y parvient, cela n'aura plus d'importance car les effets du mensonge auront été pleinement consommés depuis longtemps. Qu'une puissance nucléaire, balistique et dotée de missiles de croisière se permette de bombarder illégalement et sans préavis un pays souverain au prétexte d'un mensonge grossier n'est pas une affaire anodine, et que sa presse sujette se permette de simplement bannir des premières pages les suites et les révélations sur l'événement prétexte en quelques jours, en comptant sur l'oubli instantané de l'important au moyen d'une saturation par l'hypertrophie de la rubrique des chiens écrasés et des starlettes offensées, c'est grave.

C'est d'autant plus grave dans le cas d'une démocratie, où le peuple est censé élire en connaissance de cause des gouvernants et des législateurs censés le représenter et gouverner en son nom et selon ses instructions. Cette connaissance de cause indispensable n'existe plus. S'il n'est pas justement et correctement informé le peuple n'a ni la légitimité ni la capacité de se gouverner. La démocratie en devient illusoire et dangereuse. Et si on ne corrige pas rapidement les comportements, tant gouvernementaux que médiatiques, c'est un peu plus que douze ou seize missiles, et un peu plus loin que sur la Syrie, qui seront bientôt tirés sans même que le pays réel ne sache si l'alibi était solide et combien de temps tiendra le mensonge. On pourrait même omettre d'informer les Français qu'à quelques milliers de kilomètres leur armée a été chargée d'attaquer un autre pays, et omettre aussi la réaction initiale du pays agressé. Or quelques jours suffisent largement pour déclencher un cataclysme majeur.

La seule possibilité qui reste aux Français de percevoir l'escalade à temps pour l'interrompre est la diversification de leurs sources d'information.

Posté le 25 avril 2018 à 08h05 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (7)

24 avril 2018

La "camionnette folle" du jour

Ces voitures sans chauffeur devraient être interdites...

Capture d’écran 2018-04-24 à 07.46.47Ah si, en fait il y a un chauffeur :

"Le chauffeur, qui a été interpellé, est âgé de 25 ans et originaire du nord de Toronto. Selon le chef de police de la ville, Mark Saunders, Alek Minassian a agi de manière «délibéré»."

Http---o.aolcdn.com-hss-storage-midas-3f0b34d94fff5ff8c812389cadedc416-206319034-alek-minassianAlek Minassian, qui habite à Richmond Hill, en banlieue de Toronto, se présentait sur son compte LinkedIn comme un étudiant en informatique du collège Seneca à North York, un quartier du nord de la Ville Reine. Le jeune homme a fait allusion, sur ses comptes de réseaux sociaux, a son «célibat involontaire» causé, apparemment, par le fait que des femmes ont déjà rejeté ses avances. Il a aussi affirmé que la révolution des célibataires involontaires «a déjà commencé». Quelques minutes avant la tragédie, Alek Minassian a publié sur sa page Facebook un message troublant et confus, qui fait notamment l'apologie d'Elliot Rodger, l'auteur de la tuerie de Santa Barbara survenue le 23 mai 2014, en Californie. Le reste du message demeure nébuleux, mais Minassian semble se décrire comme un «soldat d'infanterie».

Posté le 24 avril 2018 à 08h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

23 avril 2018

Que reste-t-il de Daesh en Syrie ?

Analyse d'Antoine de Lacoste :

L’Etat islamique est vaincu. Il a subi des pertes considérables et de nombreux volontaires venus de pays étrangers sont repartis. Certains vers leurs pays d’origine, d’autres vers de nouveaux points de conflits : Afghanistan, Mali, Libye.

ImagesCeux qui sont encore présents en Syrie tiennent quelques poches d’où ils parviennent à mener des raids meurtriers. La plus emblématique, et la plus restreinte, est celle de Yarmouk, dans la banlieue sud de Damas. A  l’origine c’est un camp de réfugiés palestiniens. Lorsque ces derniers ont été chassés de leurs terres en 1948, plusieurs dizaines de milliers ont trouvé refuge là.  Au fil des décennies il est devenu une vraie ville comptant 250 000 habitants. Yarmouk a vu de nombreux combats depuis 2011 entre Palestiniens, islamistes et armée syrienne. Finalement, en 2015, c’est Daesh qui l’a emporté contre Al Nosra et les islamistes palestiniens, l’armée syrienne ne tenant plus qu’une partie du camp aidée par des palestiniens loyalistes.

Depuis, c’était le statu quo. Il a été rompu lors de l’attaque syrienne contre la Ghouta. Daesh a profité du relâchement de l’armée dans son secteur pour attaquer de nouveaux quartiers faisant plusieurs victimes et étendant son territoire. Maintenant que la Ghouta a été vaincue, la reconquête de Yarmouk est à l’ordre du jour. Des troupes ont été déployées à proximité depuis quelques jours et seront épaulées par des Palestiniens bien décidés à prendre leur revanche. Ce ne sera pas facile tant le réseau de tunnels creusés par Daesh est dense et profond. Tout en pilonnant les positions islamistes depuis le 21 avril, Damas a ouvert des négociations afin d’obtenir une évacuation qui lui éviterait de lourdes pertes.

Le deuxième territoire tenu par Daesh est plus vaste et plus mouvant. Il se situe tout à fait à l’est, à la frontière avec l’Irak. C’est une zone désertique, mais le terrain y est accidenté, permettant les caches. Nous sommes à l’est de l’Euphrate, là où l’armée américaine s’est installée avec ses alliés kurdes. Cela permettait aux Américains de combattre Daesh et de mettre la main sur les puits de pétrole syriens…

Mais depuis que les Turcs ont attaqués les Kurdes à Affrine, ceux-ci, mécontents du lâchage des Américains, ont, pour beaucoup, quitté la région et rejoint leurs frères dans le nord afin les aider en cas de nouvelle attaque turque. La lutte contre Daesh a donc quasiment cessé, lui permettant de se réorganiser et de se déplacer à cheval sur les deux frontières. Malgré cela, les Américains interdisent toujours à l’armée syrienne de passer l’Euphrate pour le plus grand bonheur de Daesh qui s’est même permis une attaque éclair contre la ville de Mayadin il a quelques jours.

Quelques centaines de combattants de Daesh se déplacent également dans le désert entre Palmyre et Mayadin, sans constituer un réel danger pour l’instant.

L’Etat islamique constitue encore une menace et la libération de Yarmouk est donc incontournable.

Posté le 23 avril 2018 à 12h02 par Michel Janva | Lien permanent

22 avril 2018

Un franciscain de Terre Sainte dénonce les frappes en Syrie

Un franciscain de la Custodie de Terre Sainte, le padre Bahjat Elia Karakach, en poste à Damas, commente les frappes en Syrie. La vidéo est en italien, mais dans les paramètres sous la vidéo, vous pouvez avoir la traduction automatique en français :

Posté le 22 avril 2018 à 16h34 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

21 avril 2018

Aider les Cambodgiens à développer le milieu rural

Capture d’écran 2018-04-21 à 10.38.42L'association Vivre de sa Terre est une structure d'une quinzaine de bénévoles qui s’activent pour concrétiser plusieurs projets de développement au Cambodge.

Entre autre, en janvier ils ont lancé deux cycles de formations en agro écologie niveaux BTS et CAP avec des cours en khmer entièrement conçus par l'équipe de l'association et deux professeurs de l’université de Battambang qui les dispensent. Il s'agit de la première formation professionnelle en agriculture durable au Cambodge. Dans un pays ou 70 % de la population vit en milieu rurale, les jeunes du Cambodge en ont grandement besoin pour ne pas être obligés d’émigrer en Thaïlande ou d’accepter des emplois précaires dans des usines. 

Ces formations agricoles sont gratuites, car les étudiants sont uniquement des jeunes de familles en situation d'extrême pauvreté. Or la qualité des formations a un coût de 3500 euros par mois, salaires des professeurs, matériels pédagogiques, salle de cours...etc.

Pour que ce projet de développement soit viable, l'association a un plan de financement simple : elle vise l’autofinancement pour 2020 grâce à la vente de produits maraîchers cultivés par les élèves eux-mêmes et par le réseau d'agriculteurs, ainsi que grâce aux prestations d'expertises et de conseils réalisés par l'équipe d'agronomes de Vivre de sa Terre

D'ici là l'association bénéficie de plusieurs aides : le réseau ALiSEA (www.ali-sea.org) va apporter son soutien et des promesses de dons de fondations pour la rentrée prochaine. 

Mais il y a quelques mois difficiles avant ces prochaines rentrées de fonds et chaque mois est vécu dans la crainte de ne pas avoir les ressources financières nécessaires pour le finir. Dans ces conditions l'association lance une campagne de financement participatif.

Posté le 21 avril 2018 à 10h39 par Michel Janva | Lien permanent

Syrie : l’enfant victime d’une attaque chimique raconte que tout est faux

Hassan Diab, 11 ans, Syrien, qui avait été montré dans l'attaque chimique présumée à Douma, raconte que tout a été mis en scène par les casques blancs :

Posté le 21 avril 2018 à 10h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

20 avril 2018

Bachar al-Assad renvoie la décoration que Chirac lui avait remise

JC-BacharBachar al-Assad avait été décoré en 2001 par Jacques Chirac, de la grand-croix de la Légion d'honneur, soit la plus haute distinction possible de cet ordre.

Lundi, l’entourage du président Emmanuel Macron a indiqué que la France avait engagé une procédure de retrait de la Légion d’honneur au président Assad.

Jeudi, la présidence syrienne a annoncé que la décoration de la Légion d’honneur avait été rendue après la participation de Paris aux frappes contre la Syrie samedi.

« Le ministère des Affaires étrangères et des Expatriés a officiellement rendu à la République française, par le biais de l’ambassade de Roumanie à Damas, qui parraine les intérêts français en Syrie, la décoration de grand-croix de la Légion d’honneur accordée au président Assad par l’ancien président français Jacques Chirac ».

Posté le 20 avril 2018 à 08h20 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (19)

Un diplomate ivoirien décédé après avoir fait l’objet de fortes pressions suite à un vote sur la Syrie

Lu sur Jeune Afrique :

4033881646.964"Les causes exactes de la mort de l’ambassadeur ivoirien aux Nations unies, survenue mercredi, ne sont pas encore connues, mais selon des sources diplomatiques, son décès fait « suite à un malaise » il y a deux jours. Depuis, Bernard Tanoh-Boutchoue était hospitalisé à New-York.

Le diplomate avait été rappelé pour consultation, il y a trois semaines, par le ministre des affaires étrangères ivoirien. Un vote de la Côte d’Ivoire, membre non-permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, sur la Syrie avait en effet fait polémique. Le 19 mars, sous la pression des représentants chinois aux Nations unies, Bernard Tanoh-Boutchoue a décidé à la dernière minute de s’abstenir, empêchant ainsi l’audition d’un exposé sur la situation des droits de l’homme en Syrie.

Le diplomate obéissait ainsi aux instructions de Marcel Amon Tanoh, le ministre ivoirien des Affaires étrangères. Mais son vote a provoqué l’ire de la France, qui s’en est plainte par la voix de François Delattre, son ambassadeur à l’ONU, auprès d’Hamed Bakayoko, le ministre ivoirien de la Défense, présent à New York du 23 mars au 2 avril.

Paris avait apporté un soutien décisif à la candidature de la Côte d’Ivoire lors de son élection, en juin 2017, comme membre non permanent du Conseil de sécurité. Le 9 avril, une réunion a eu lieu à Abidjan entre Alcide Djédjé et des diplomates français, britanniques et américains. Le directeur général des relations multilatérales au ministère des Affaires étrangères a plaidé le « malentendu ». Selon plusieurs sources, cette affaire avait « affecté » Bernard Tanoh-Boutchoue."

Posté le 20 avril 2018 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

19 avril 2018

En Arabie, le cardinal Tauran réclame la liberté religieuse

SaoudLe cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, se trouve depuis le 13 avril dans la capitale d’Arabie Saoudite où il restera jusqu’au 20 avril pour rendre la visite faite au Vatican, le 20 septembre 2017, par le Secrétaire général de la Ligue Islamique Mondiale, le Sheikh Mohammed Abdul Karim Al-Issa. Accueilli par le principe Mohammed ben Abderrahmane ben Abdelaziz, vice-gouverneur de Ryad, le cardinal Tauran a tenu au siège de la Ligue Musulmane, pendant sa rencontre avec le Sheikh Al-Issa, un discours sans précédent dans l’histoire des rapports entre le christianisme et l’islam, non pas pour les choses qu’il a dites mais bien pour le lieu dans lesquelles il les a dites. C’est en effet la première fois qu’en Arabie Saoudite, dans la patrie du wahhabisme, c’est-à-dire de l’un des courants les plus radicaux de l’islam, un haut représentant de l’Eglise catholique s’exprime publiquement et avec netteté sur des questions cruciales telles que la liberté de religion et l’égalité des droits entre les croyants de toutes confessions.

Extraits de ses déclarations:

« La religion peut être proposée mais jamais imposée, et ensuite acceptée ou refusée ». « Toutes les religions doivent être traitées de la même manière, sans discrimination, parce que leurs fidèles, tout comme des citoyens qui ne professent aucune religion, doivent être traités de la même manière ».

« Les leaders spirituels ont un devoir : celui d’éviter que les religions soient au service d’une idéologie et être capable de reconnaître que certains de nos coreligionnaires, comme les terroristes, ne se comportent pas correctement. Le terrorisme représente une menace constante, c’est pourquoi nous devons être clairs et ne jamais le justifier.  Les terrorismes veulent démontrer l’impossibilité du vivre-ensemble.  Nous croyons exactement le contraire.  Nous devons éviter l’agression et le dénigrement. »

« Tout dialogue interreligieux authentique commence par la proclamation de sa propre foi. Nous ne disons pas que toutes les religions se valent mais que tous les croyants, ceux qui cherchent Dieu et toutes les personnes de bonne volonté qui n’ont pas d’affiliation religieuse, sont d’égale dignité.  Chacun doit être laissé libre d’embrasser la religion qu’il veut ».

Posté le 19 avril 2018 à 11h15 par Michel Janva | Lien permanent

Derrière la croissance, la dette menace plus que jamais

Unknown-22Le FMI a rehaussé de 0,2 point la croissance du PIB français (par rapport à ses prévisions de janvier), notre PIB devant progresser de 2,1% en 2018, puis de 2% à nouveau en 2019. Reste que l'économie française est toujours à la traîne de la zone euro (2,4% en moyenne cette année) et surtout de l'Allemagne (2,5%) et de l'Espagne (2,8%). Cette embellie économique se fait ressentir sur l'emploi, qui progresse de 0,5 % au 4e trimestre 2017. Le taux de chômage diminue de 0,7 point au quatrième trimestre 2017. 

Mais cette embellie pourrait très mal se terminer car l’économie mondiale est désormais plus endettée qu’au début de la dernière crise financière. Aussi le Fonds monétaire international exhorte les pays à prendre, sans délai, des mesures pour améliorer leurs finances avant l’inévitable prochain cycle de ralentissement.  Vitor Gaspar, responsable des affaires budgétaires du FMI, indique :

« A 164 000 milliards de dollars [132 000 milliards d’euros], soit près de 225 % du produit intérieur brut [global], la dette mondiale a atteint un nouveau record ».

Le monde est désormais 12 % plus endetté que lors du précédent record, enregistré en 2009, juste après la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, soit au début de la récession mondiale. Si l’institution de Washington attribue en partie cette hausse de l’endettement à la Chine, qui, à elle seule, représente 43 % de l’augmentation de la dette depuis 2007, elle prévient qu’aucune économie n’est épargnée.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, encourage à « réparer le toit pendant qu’il fait beau », c’est-à-dire à profiter d’un cycle de croissance économique solide pour réformer et être en mesure d’affronter la prochaine crise.

Posté le 19 avril 2018 à 08h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

L'avenir sera marqué par le retour du collectif et l'abandon des utopies globalistes

Nous vous proposons le très riche entretien qu'Hervé Juvin a accordé à Sputnik. Il traite de façon précise et argumentée d'une multitude de sujets qui ont tous trait à la renaissance politique de la France qu'il appelle de ses voeux.

Nous ne partageons pas tout de son analyse, ni de ses conclusions. Ainsi nous déplorons le caractère (à peine crypto) républicain de sa définition de la nation, qui passe sous silence l'identité catholique de la France. Nous déplorons la référence à la "démocratie" comme l'un des aspects de la solution, alors que cette "démocratie" ne s'est jamais trouvée ailleurs que dans les livres, ou au niveau des corps intermédiaires de l'Ancienne France. Nous déplorons le relativisme civilisationnel qui consiste, en forçant un peu le trait des propos de Juvin, à s'interdire toute forme de hiérarchisation des civilisations. Et nous le déplorons car il nous semble porteur, implicitement, du relativisme qui consiste finalement à nier qu'il existe des critères universels pour apprécier le Bien, le Beau et le Vrai.

Ces réserves, qui ne sont pas minces, ne doivent toutefois pas nous empêcher de relayer une pensée très construite, fondée sur l'observation du réel quant à la caractérisation de nos maux, et proposant de multiples pistes de réflexion quant à l'élaboration de solutions durables. 

 

Posté le 19 avril 2018 à 08h37 par Paula Corbulon | Lien permanent | Commentaires (4)

17 avril 2018

Comment les Russes ont repris Douma juste avant les frappes

Analyse d'Antoine de Lacoste pour le Salon beige :

Pendant que les occidentaux montrent leurs muscles et bombardent des sites improbables, les Russes eux, continuent à lutter contre les islamistes. Jeudi 12 avril, la police militaire russe s’est déployée dans Douma après de dures négociations.

L’histoire s’est donc spectaculairement accélérée ; en effet, l’issue inéluctable d’une nouvelle offensive et les manifestations répétées de la population exigeant la reddition du groupe et la fin des combats, ont contraint le groupe Jaich al-Islam et son chef Issam Bouwaïdani à accepter de négocier avec les Russes.

Ces derniers voulaient aller vite afin de parachever la victoire de la Ghouta avant toute  frappe franco-américaine. Pour cela, ils ont demandé à l’armée syrienne de ne pas entrer encore dans Douma, afin de ne pas compromettre les négociations. La haine est en effet telle entre les deux adversaires syriens, armée et islamistes, que toute étincelle peut vite dégénérer en reprise des combats.

L’évacuation a commencé dans la nuit de jeudi à vendredi sous le contrôle de la police militaire. Ce n’est pas la première fois que celle-ci est utilisée dans le conflit. A Alep Est, déjà, ce sont ces militaires qui patrouillaient après la reddition et l’évacuation des islamistes vers Idleb. Ce sont en général des Caucasiens, musulmans, dont l’encadrement s’est souvent illustré dans la guerre contre les Tchétchènes. Certains sont d’ailleurs eux-mêmes tchétchènes et sont des soutiens très sûrs de Poutine. En Tchétchénie aussi, il y a plusieurs camps.

L’état-major russe estime que ces hommes sont très utiles pour dialoguer avec la population syrienne et la rassurer alors qu’elle vient de subir de durs combats.

Les islamistes évacués n’ont été, pour une fois, pas dirigés vers Idleb, mais un peu plus à l’Est, à Al Bab. Cette localité avait été reprise à Daesh par l’armée turque il y a quelques mois qui préparait ainsi déjà son occupation du nord de la Syrie. Pourquoi Al Bab et non Idleb comme d’habitude ? C’est une exigence des dirigeants de Jaich al-Islam qui ne tenaient nullement à se retrouver sous la coupe d’Al-Nosra qui règne sur les autres groupes islamistes dans la province d’Idleb.

Les Turcs ont accepté avec empressement : les combattants aguerris qui sont arrivés pourront éventuellement servir de chair à canon en cas de combats contre les Kurdes…

Aujourd’hui le drapeau syrien flotte sur Douma et c’est une victoire de prestige considérable dans toute la Syrie. Evidemment on se perd quelque peu en conjectures sur ce soudain revirement de Jaich al-Islam. Pendant des semaines, ce groupe refuse obstinément toute évacuation. Il s’obstine alors même que tous les autres mouvements se sont rendus et qu’il ne tient qu’un ou deux km2 de territoire. Puis, le 7 avril, c’est l’attaque chimique. Deux jours après, comme si sa mission était accomplie, le groupe reprend les négociations et accepte l’évacuation sans la moindre difficulté.

Il y a tout de même de quoi se poser des questions…

Posté le 17 avril 2018 à 15h32 par Michel Janva | Lien permanent


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