23 octobre 2014

Moyen-Orient : au lieu d'encourager l'émigration des chrétiens, il faut assurer leur sécurité

Au lendemain du synode sur la famille, 86 cardinaux et patriarches étaient réunis en consistoire autour du pape François, le 20 octobre, pour échanger sur la situation du Moyen-Orient. Le cardinal secrétaire d’État Mgr Pietro Parolin y a présenté un compte-rendu de la réunion des nonces apostoliques au Moyen-Orient qui avait eu lieu au début du mois (2-4 octobre).

Mgr Parolin a fait état d’une situation « inacceptable », induite notamment par les extrémistes de ‘l’État islamique’ en Irak et en Syrie,

« qui ont contraint des centaines de milliers de personnes à fuir de leurs maisons et à chercher refuge ailleurs dans des conditions de précarité, soumises à des souffrances physiques et morales ».

Ces conflits régionaux « constituent l’une des plus sérieuses menaces à la stabilité internationale ». Pour le Saint-Siège, « une solution politique, juste et durable, au conflit israélo-palestinien » contribuerait à « la paix et la stabilité de la région ».

Les participants ont aussi évoqué le rôle de l’Iran dans la résolution de la crise syrienne et irakienne, ainsi que la situation du Liban, qui ressent lourdement ces conflits, en accueillant un million et demi de réfugiés.

Dans ce contexte, la communauté internationale « doit garantir le droit des réfugiés à retourner et à vivre dans la dignité et la sécurité dans leur pays et leur environnement ». Elle est appelée à « prévenir de nouveaux génocides », à « assister les réfugiés » en impliquant les États de la région, et à oeuvrer pour « faire déposer les armes » et « dialoguer ».

« Il ne s’agit pas de protéger l’une ou l’autre communauté religieuse ou l’un ou l’autre groupe ethnique, mais de porter secours à des personnes qui font partie de l’unique famille humaine et dont les droits fondamentaux sont systématiquement violés ».

Quant au choix des moyens, s’il est « licite d’arrêter l’agresseur injuste », cela doit se faire « dans le respect du droit international ». Et « la résolution du problème ne peut être confiée à la seule force militaire ».

La communauté internationale est appelée à « affronter les causes du conflit », entre autres

« l’idéologie fondamentaliste et l’encouragement au terrorisme nourri par la politique, le commerce illégal de pétrole, la fourniture d’armes et de technologie, le trafic d’armes ».

« Nous ne pouvons nous résigner à penser le Moyen-Orient sans les chrétiens, qui jouent un rôle fondamental comme artisans de paix, de réconciliation et de développement. »

Au lieu d’encourager l’émigration en accordant des visas aux chrétiens persécutés, l’Église invite à les aider à « trouver des conditions de vie, de sécurité, de travail, d’avenir dans la région ».

Enfin, l’Église tente de faire mûrir les consciences sur un « problème de fond » représenté par « le nœud inextricable entre religion et politique, c’est-à-dire le manque de séparation entre religion et État, entre domaine religieux et domaine civil » au Moyen-Orient, « ce qui rend difficile la vie des minorités non musulmanes ».

Le cardinal a conclu en exhortant les chrétiens à

« ne pas oublier que tout dépend de Dieu et de sa grâce, mais à agir comme si tout dépendait de nous, de notre prière et de notre solidarité ».

Posté le 23 octobre 2014 à 07h24 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2014

En Irak, les forces spéciales françaises forment les peshmergas

La France ne se contente pas de livrer des armes aux combattants kurdes, contre l'Etat islamique. Des membres des forces spéciales françaises sont également auprès des peshmergas pour les former à leur utilisation. Le reporter d'Europe 1 Didier François est allé suivre ces soldats d'élite dans le Kurdistan irakien.


Avec des forces spéciales françaises, pour... par Europe1fr 

Posté le 20 octobre 2014 à 14h12 par Marie Bethanie | Lien permanent

18 octobre 2014

Irak : Martin, séminariste réfugié à Ankawa, veut rester

Martin Baani, séminariste irakien, aujourd’hui réfugié à Ankawa près d’Erbil, raconte à l’AED comment il a dû quitter précipitament Karamlesh (30 km de Mossoul) la nuit du 6 août et pourquoi il veut rester en Irak :

"[...] Pendant 1.800 ans, le christianisme a été dans les cœurs et les esprits de la population de ce village, témoin de l’antiquité. Aujourd’hui, cette époque est sur le point de parvenir à une fin catastrophique ; l’État islamique progresse. Le téléphone portable de Martin sonne : un ami balbutie la nouvelle que la ville voisine de Telkaif est passée à « Daech » – le nom arabe de l’Etat islamique. Karamlesh sera certainement la prochaine.

Martin quitte précipitamment la maison et se dirige vers l’église St Addai toute proche. Il prend le Saint Sacrement, quelques papiers officiels, et sort de l’église. Dehors, une voiture l’attend – son curé, le Père Thabet, et trois autres prêtres sont déjà à l’intérieur. Martin s’y engouffre et la voiture démarre en trombe. Ils quittent Karamlesh et les derniers vestiges de la présence chrétienne dans le village s’en vont avec eux." [...]

[l'article intégral]

Nos prières l'accompagnent, lui et tous les chrétiens héroïques qui veulent, au risque de leur vie, garder la présence chrétienne en Irak.

Posté le 18 octobre 2014 à 12h57 par Marie Bethanie | Lien permanent

17 octobre 2014

« Les chrétiens ne doivent pas fuir » assurent les dirigeants du Kurdistan

"Le premier ministre de la région autonome du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, encourage les chrétiens à rester au Kurdistan « en attendant la défaite de l’ÉI ». Des paroles optimistes, qui tentent de rassurer des chrétiens terrifiés." (Aleteia)

"Nechirvan Barzani s’est récemment exprimé à Erbil devant une délégation de responsables catholiques engagés dans le soutien humanitaire des réfugiés ayant fui Mossoul et les villes de la plaine de Ninive : « Les chrétiens irakiens doivent résister à tout ce qui les pousse à quitter leur pays, ils devraient patiemment attendre la défaite de l’État Islamique, qui leur permettra de rentrer dans leurs foyers. » Ces paroles s’inscrivent dans la politique de l’oncle de Nechirvan, Massoud Barzani, président de la région autonome du Kurdistan irakien, qui se préoccupe de reconstruire « les composantes sociales de l’Irak ». Il craint que « l’agression des djihadistes ne crée des pulsions sectaires, détruisant toute possibilité de coexistence entre les peuples »." 

Les Kurdes d’Irak, sous direction du PDK (Parti Démocratique du Kurdistan), n’affrontent pas actuellement l’État Islamique, contrairement à leurs compatriotes du PKK (Parti des travailleurs Kurdes), qui défendent désespérément la ville de Kobane. En revanche, ils tiennent leurs frontières et accueillent les réfugiés."[...]

Les deux communautés kurde et chrétienne ont en commun d'avoir été malmenées par le passé par les majorités sunnite-irakienne et chiite. Les chrétiens sous Saddam Hussein vivaient mieux qu'actuellement, mais ils n'ont pas oublié qu'ils étaient considérés comme de la chair à canon (guerre Iran-Irak) et que leurs droits étaient réduits voire inexistants, au moins jusqu'en 1988. Quant aux Kurdes d'Irak, leurs velléités d'indépendance avaient été réprimées avec une rare violence. Mais malgré ce passé sanglant commun à l'une et l'autre communauté, la méfiance demeure car les chrétiens n'ont pas oublié que pendant le génocide « arménien » (qui a aussi concerné les Assyriens-chaldéens), les Kurdes ont épaulé le pouvoir ottoman. Il semble donc que l'alliance des chrétiens et des Kurdes souhaitée par Nechirvan Barzani soit de circonstance et ne puisse aller très loin.

Posté le 17 octobre 2014 à 12h45 par Marie Bethanie | Lien permanent

15 octobre 2014

Irak : un prêtre sauve des milliers de manuscrits des mains des jihadistes

Au nord de Mossoul, le prêtre Najeeb Michaeel raconte comment il a sauvé des manuscrits et des ouvrages anciens de la destruction des djihadistes. Tout ce qu’il n’a pas pu emporter a été détruit. (Fdesouche).

 

Posté le 15 octobre 2014 à 22h10 par Marie Bethanie | Lien permanent

01 octobre 2014

L’État Islamique serait aux porte de Bagdad

Selon le chanoine Andrew White, vicaire de la St. John’s Church, la seule église anglicane d’Irak :

« On nous avait dit que les chose était impossible, et voici que nous y sommes presque. Obama dit qu’il a surestimé les capacités de l’armée irakienne. Et bien, il vous suffit d’être sur place un tout petit moment pour comprendre qu’elle ne peut faire que très, très peu de chose (…) Les rues [de Bagdag] où la circulation est habituellement pare-choc contre pare-choc, sont vides de voitures et de gens. Les gens ont trop peur pour quitter leurs maisons. Nous sommes arrivés au point critique. Les gens savent que l’EIIL [État Islamique en Irak et au Levant] se rapproche (…) Toutes les frappes aériennes ne servent à rien [sinon] à tuer la population civile (…) Si nous avons jamais eu besoin de prières, c’est maintenant ».

En août, c'est la capitale de la Libye, Tripoli, qui avait été conquise par une brigade islamiste.

Posté le 1 octobre 2014 à 17h54 par Michel Janva | Lien permanent

Erreur ou complicité ?

Des pilotes irakiens ont parachuté, le 19 septembre, des vivres et des munitions destinées à leurs soldats dans une zone contrôlée par les jihadistes de l'Etat islamique.

Un député irakien se lamente :

"Ces soldats avaient vraiment besoin d'être ravitaillés, mais à cause de mauvaises cartes et du manque d'expérience des pilotes, nous avons, d'une certaine manière, aidé les combattants de l'EI à tuer nos soldats".

Posté le 1 octobre 2014 à 17h04 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

Guerre contre Daesh : où sont les morts?

C'est la question plutôt pertinente que pose Causeur dans l'une de ses brèves :

"Depuis deux semaines, une coalition menée par les Etats-Unis s’est engagée dans une guerre aérienne contre les milices islamistes radicales du Daesh, en Irak et en Syrie. Les communiqués relatifs à ces opérations font état de cibles détruites : centres de commandement, chars d’assauts, raffineries et puits de pétrole alimentant les finances de cette bande d’égorgeurs. Fort bien.

Cependant, il apparaît que cette milice a pris ses quartiers dans un certain nombre de localités peuplées de civils désormais soumis à leur terreur : tous n’ont pas la possibilité, ou les moyens, de s’enfuir vers la Turquie ou la région autonome kurde. Un reportage impressionnant, filmée en caméra cachée (vidéo ci-dessous), par une journaliste dissimulée sous son niqab : montre la ville de Raqqa, en Syrie, place forte des djihadistes. On y voit une ville peuplée de civils vaquant, malgré la situation, à leurs activités quotidiennes. Alors, de deux choses l’une : soit les frappes aériennes de la coalition épargnent à dessein les zones peuplées, quitte à les transformer en sanctuaire pour les miliciens de Daesh et leurs chefs, soit, plus vraisemblablement, on nous cache les « dommages collatéraux » inévitablement produits par des frappes aériennes en milieu urbain. L’AFP est dans l’incapacité d’établir le compte précis des victimes, militaires ou civiles, comme elle l’avait fait  pendant l’opération «  Barrière protectrice » à Gaza, en se fondant sur les seules informations fournies par le Hamas. Notre bonne conscience est donc préservée : à la différence des Israéliens, nous savons tuer des civils sans que cela se voie…"

Ci-dessous, une vidéo en caméra cachée filme  la vie quotidienne à Rakka, fief de l'organisation de l'Etat islamique en Syrie.

 

Posté le 1 octobre 2014 à 15h24 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (7)

29 septembre 2014

"Le dialogue ne stoppe pas les extrémistes. La violence s’impose"

Le patriarche syriaque catholique Ignace Youssef III Younan déclare à l'AED :

« Les chrétiens du Proche-Orient auront un avenir quand la famille des nations s’engagera vraiment pour la liberté religieuse ».

« Nous, les évêques, ne sommes ni militaires ni politiciens mais ce qui est clair, c’est que l’EI [Etat Islamique] doit être stoppé, quels que soient les moyens qu’il faille employer pour cela. Le dialogue ne stoppe pas les extrémistes. La violence s’impose, je ne saurais juste pas dire quel genre de violence. »

Mgr Silvano Tomasi ajoute :

« le pape François demande que la communauté internationale stoppe l’agresseur injuste. Cela fait partie de la doctrine sociale de l’Église, selon laquelle un agresseur injuste doit être stoppé et désarmé. L’Église doit constituer une sorte de conscience de la communauté mondiale. Elle appelle à l’action mais l’aspect technique ne fait pas partie de sa mission. »

« L’usage de la violence pour stopper l’agresseur est possible, cela ne signifie pas mener une guerre. Un policier qui utilise la violence pour faire régner l’ordre dans un quartier, ne déclare pas pour autant la guerre à la population de ce quartier. De la même manière, la communauté internationale devrait désarmer l’agresseur pour faire revenir la paix dans ces régions où ces pauvres chrétiens sont persécutés. »

Posté le 29 septembre 2014 à 07h39 par Michel Janva | Lien permanent

27 septembre 2014

Urgence Irak : c'est maintenant qu'ils ont besoin d'aide

Un communiqué de l'AED pour un projet d'aide aux réfugiés chrétiens d'Irak, qui ne sont toujours pas rentrés chez eux, et que guette l'hiver :

"Les réfugiés pensaient que cet exode forcé ne durerait que quelques jours. Deux mois après, ils sont toujours là, rien n'a changé pour eux. Beaucoup sont désespérés et ont un grand besoin de notre soutien et de notre prière.

Mgr Casmoussa, archevêque émérite de Mossoul. confiait avant-hier lors d'une intervention en France : "Nous ne sommes plus aux portes de l'hiver, nous sommes déjà dans l'hiver, et nous n'avons pas encore résolu le problème de l'habitat. Chaque jour de retard pour la libération du pays favorise l'émigration des chrétiens : c'est le plus grand danger qui nous guette. Il faut faire vite pour aider cette population qui est perdue psychologiquement".

Voici le témoignage du Père Benham Benoka, entièrement dévoué à la population dans un camp de réfugiés où vivent 70 000 Irakiens chrétiens expulsés de leurs maisons par l’État islamique (aussi appelé DAECH)."

 

Pour aider concrètement nos frères démunis d'Irak, c'est ici. Merci pour eux.

Posté le 27 septembre 2014 à 22h05 par Marie Bethanie | Lien permanent

Irak: face aux jihadistes, les chrétiens forment des milices

"Nous sommes peut-être petits en nombre, mais nous sommes grands par la foi".

Menacés par l'avancée du groupe Etat islamique, des chrétiens d'Irak forment leurs propres milices, estimant que les forces kurdes ou fédérales ne les ont pas protégés face aux jihadistes qui ont pris plusieurs villes et villages chrétiens.

 

Posté le 27 septembre 2014 à 20h00 par Marie Bethanie | Lien permanent

Rassemblement pour les chrétiens d'Irak à Pau

En ce moment, en présence d'un dominicain irakien arrivé de Bagdad et de Mgr Marc Aillet, évêque de Bayonne :

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Posté le 27 septembre 2014 à 18h47 par Michel Janva | Lien permanent

26 septembre 2014

Le "Daesh" et la novlangue

Un "coup de gueule" intéressant contre la volonté affichée et proclamée du gouvernement de dissocier terrorisme islamiste et islam :

"Les professeurs (c’est-à-dire les hommes qui nous gouvernent) ont fait allégeance à la novlangue. Voilà comment ils parlent. Et comment ils voudraient nous faire parler :

'Des crimes abominables ont été commis par le Daesh… Les assassins du Daesh ont décapité un otage français… Les barbares du Daesh ont… Les bourreaux du Daesh sont…'        

Ainsi, depuis quelques jours parlent MM. Hollande, Valls, Cazeneuve, Fabius. Vous savez ce que c’est que le Daesh, vous ? Vraisemblablement non. Eux, si. Le Daesh est l’acronyme arabe de l’Etat Islamique d’Irak et du Levant.

Mais pourquoi alors disent-ils Daesh ? Peut-être sont-ils tous devenus arabophones ? Vous n’y êtes pas. Ils disent Daesh parce qu’en français, ça ne veut rien dire. Et surtout, parce que ça permet de gommer le mot "islamique".      

En effet, toute référence à l’Islam et à l’islamisme est désormais proscrite du discours gouvernemental. Et c’est pourquoi il est formellement interdit de dire "islamiste", le mot "terroriste" sans aucun adjectif qualificatif étant devenu le seul vocable toléré dans les propos officiels. Quels "terroristes" ? Pas le droit de le dire ou de le savoir. On a connu des "terroristes" d’extrême-gauche, des "terroristes" d’extrême-droite, des "terroristes" nationalistes. Mais là, rien : juste des "terroristes".                  

Nous sommes en revanche autorisés à dire "barbares" ou "assassins". Mais on se doit aussitôt d’ajouter dans le même souffle une phrase obligée : "ça n’a rien à voir avec l’Islam". Mais alors, ça a à voir avec quoi ? Et avec quoi l’Islam a à voir ? [...]

[...]  Travestir les mots, c’est insulter la réalité. C’est faire injure au bon sens qui est encore la chose la mieux partagée. On comprend bien qu’il s’agit de façon sournoise, cauteleuse, et in fine, improductive, de protéger les musulmans de France contre les flots de sang versés au nom du Dieu qu’ils vénèrent pour que ce sang ne retombe pas sur leurs têtes.                           

L’intention peut paraître louable. Mais le mensonge incantatoire n’est certainement pas la meilleure façon de la promouvoir. A chaque tête décapitée, à chaque massacre, nos gouvernants ne sont certes pas tenus de dire : "ça a à voir avec l’Islam". Mais quel naufrage de la pensée les pousse à dire l’exact contraire et à répéter sans cesse : "ça n’a rien à voir avec l’Islam" ? [...]

Travestir les mots, nos politiques bilingues Français-novlangue sont des experts, eux qui déguisent en "égalité filles-garçons" l'idéologie du gender qu'ils nient pour mieux l'appliquer, ou en "interruption volontaire de grossesse" l'assassinat légalisé de centaines de milliers de bébés français.Travestir les mots, ça ne s'appellerait pas du mensonge, par hasard ?

Posté le 26 septembre 2014 à 14h17 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (29)

24 septembre 2014

L'EI s'attaque à la France : que risquent les Français à l'étranger ? Et en France ?

L'enlèvement puis l'assassinat d'Hervé Gourdel posent la question de la sécurité des ressortissants français à l'étranger, qu'ils soient en voyage ou résidents permanents. Le 22 septembre 2014, le site du Quai d'Orsay a édité la carte ci-dessous, qui permet de se rendre compte des zones "à risque". En orange, les pays où les déplacements sont déconseillés sauf raison impérative. En rouge, les pays où les déplacements sont fortement déconseillés.© Quaid'Orsay.

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Bernard Cazeneuve, a réagi aux menaces proférées par l’EI, lors d'une brève conférence de presse place Beauvau lundi 22 septembre, en affirmant que "la France n'a pas peur". 

"Même si le risque zéro n'existe pas, nous prenons aujourd'hui 100 % de précautions", a-t-il indiqué.

Certes, la France n'a pas peur. Mais on peut légitimement se demander quelles mesures le ministre pourra prendre face à des jihadistes non encore déclarés et donc non identifiés, éparpillés partout sur notre sol.

Selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 et spécialiste des mouvements jihadistes

" l’EI appelle à frapper partout où il est possible de le faire, à chaque coin de rue, et avec les moyens à disposition. En outre, les individus les plus dangereux, susceptibles d’agir en loups solitaires, ne sont pas ceux qui sont actuellement présents en Syrie et en Irak, et qui cherchent à y rester pour y mourir en martyr. Ceux-là sont presque tous déjà pistés et identifiés par les services occidentaux. Non, les plus dangereux sont ceux qui n’ont pas encore franchi le pas et qui par définition sont très difficiles à surveiller puisqu’ils ne sont pas connus par les renseignements."

Cette guerre qui ne dit pas son nom va sans doute être l'une des plus difficiles que notre pays aura à mener. Il serait temps que nos politiques se réveillent car l'ennemi est peut-être en Syrie et en Irak, mais il est également déjà dans la place. Etant donnée l'efficacité dont font preuve les forces de l'ordre pour endiguer la délinquance "ordinaire", on peut légitimement être inquiet.

Posté le 24 septembre 2014 à 23h25 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (27)

23 septembre 2014

"Je vous conjure, Monsieur le Président, de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour me sortir de ce mauvais pas"

Le guide de haute montagne Hervé Gourdel, enlevé hier en Algérie par un groupe jihadiste, apparaît sur une vidéo (non authentifiée, mais proposée par "Kabylie actualités"). L'enlèvement a été revendiqué par un groupe armé algérien lié à l'Etat islamique dénommé «Jund al-Khilafah» (Les soldats du Califat) qui menace d'exécuter l'otage en cas de nouveaux raids en Irak.

A 2'47", Hervé Gourdel très ému, lit un texte à l'adresse de François Hollande, lui demandant de la part de ses ravisseurs de ne pas intervenir en Irak.

 

La vidéo, également proposée sur le blog "l'Observatoire de l'islamisation", en a été autoritairement retirée par You tube au motif de "contenu incitant à la haine".

Posté le 23 septembre 2014 à 01h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

21 septembre 2014

Manifestation à Paris pour les chrétiens d'Irak

1500 personnes (selon l'AFP) à 3000 personnes (selon la police) ont manifesté dimanche à Paris en soutien aux chrétiens d'Orient persécutés, à l'appel de plusieurs organisations chrétiennes, dont Civitas. Certains d'entre eux portaient symboliquement sur le front ou leur vêtement le caractère arabe "noûn" utilisé en Irak par les islamistes pour désigner les maisons chrétiennes (N comme Nazaréens) et qui est devenu un signe de solidarité avec les chrétiens d'Orient.

Joseph Fadelle, irakien converti et condamné à mort, a témoigné :

FRoueida Khoury,  franco-syrienne et présidente de  l’association  « Chrétiens de Syrie pour la Paix » :

K

L'abbé Pagès :

1

Des prêtres de la FSSPX :

Z

0

Daniel Hamiche :

H

3

4

Béatrice Bourges et Alain Escada :

B

Jany Le Pen, présidente de l'association "SOS enfants d'Irak" :

J

Posté le 21 septembre 2014 à 18h48 par Michel Janva | Lien permanent

"Le Da'esh applique à la lettre l'islam"

Zemmour sur l'intervention en Irak :

La France frappe en Irak - (1/5) - Ça se Dispute

 

Posté le 21 septembre 2014 à 11h28 par Marie Bethanie | Lien permanent

20 septembre 2014

Genève : les chefs d’Églises dénoncent le génocide perpétré en Irak

La Mission permanente du Saint-Siège près les Nations-Unies à Genève ayant invité les Patriarches et évêques des Eglises du Moyen-Orient, ceux-ci ont donné un témoignage de la situation dramatique vécue par les populations, allant jusqu'à dénoncer un génocide en Irak :

"Depuis presque 2 000 ans, les communautés chrétiennes ont été quotidiennement présentes dans la région mais maintenant, particulièrement en Irak et en Syrie, nous sommes visés par les crimes de l’EI pour nos convictions religieuses. Ils nous persécutent « au nom de Dieu », une claire violation du Droit de l’Homme fondamental de liberté religieuse. L’idéologie sur laquelle le soi-disant État Islamique justifie son agression est fondamentalement contraire aux Droits de l’Homme. Il en résulte un génocide, le meurtre d’innocents forcés à partir et d’autres graves abus. Ainsi l’EI (le Daesh) est une menace non seulement pour les chrétiens mais aussi pour des groupes d’autres religions et d’autres ethnies mais également pour la société tout entière au Moyen-Orient et pour la communauté internationale. Si elle n’est pas fermement condamnée et effectivement détruite, cette idéologie va endommager tout le système des Droits de l’Homme en créant un précédent dangereux d’indifférence envers la protection des peuples vulnérables."[...]

Les prélats sont très fermes et leurs demandes légitimes :

"Nous demandons fermement une assistance humanitaire, sociale et financière et que la sécurité soit prévue pour nos communautés.

Il est urgent, spécialement à l’approche de l’hiver, de :

  • garantir un toit pour les personnes déplacées,
  • des conditions de vie adéquates,
  • une assistance médicale appropriée
  • et la scolarisation des enfants.

Tandis que toutes ces dispositions sont nécessaires mais aussi urgentes, le droit de retourner dans leurs maisons et propriétés qu’ils ont dû abandonner doit être garanti, avec la participation de la communauté internationale et par l’action des Nations-Unies jusqu’à ce que les autorités nationales puissent exercer leur responsabilité sur tout le territoire de l’État.[...]"

Puissent-ils être entendus ...

Posté le 20 septembre 2014 à 15h21 par Marie Bethanie | Lien permanent

19 septembre 2014

UE : plusieurs pays membres auraient acheté du pétrole à l'Etat islamique

D'après l’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Jana Hybaskova, lors d'une discussion au sein de la Commission des Affaires étrangères du Parlement européen. Elle n'a fourni aucun nom. La vidéo (en anglais) :

 

Posté le 19 septembre 2014 à 16h17 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (4)

Barack Obama va armer les islamistes

La Chambre des représentants a donné son aval au projet de Barack Obama d'armer et de former les rebelles syriens, par 273 voix contre 156. Le texte doit maintenant être adopté par le Sénat, avant la promulgation présidentielle. Barbara Lee, élue démocrate de Californie, s'interroge :

« Il y a trop de questions sans réponses à mes yeux pour que je soutienne cet amendement. Comment ferons-nous pour garantir que les armes américaines que nous fournirons aux rebelles syriens ne tombent pas entre de mauvaises mains, comme c'est arrivé avec les rebelles que nous soutenions en Libye? »

Excellente question. Comment font les Américains pour distinguer les gentils rebelles des méchants rebelles, quand on sait que les opposants à Assad passent d'un groupe à l'autre. Et que les armes déjà livrés à ces gentils rebelles se sont retrouvées en Irak aux mains des méchants islamistes.

La Maison-Blanche va également dépenser 500 millions de dollars pour armer et former les rebelles.

Posté le 19 septembre 2014 à 15h54 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (15)

Mme Arnautu défend les chrétiens d'Orient au Parlement européen

Intervention de Marie-Christine Arnautu au Parlement Européen le 18 septembre 2014 :

 

Dans cette autre vidéo elle annonce qu'elle sera présente à la manifestation du 5 octobre pour défendre la famille.

Posté le 19 septembre 2014 à 10h38 par Michel Janva | Lien permanent

Veillée pour les chrétiens d'Orient à Tours

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Posté le 19 septembre 2014 à 09h02 par Michel Janva | Lien permanent

17 septembre 2014

29 septembre : conférence à Lyon sur les minorités au Moyen Orient

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Posté le 17 septembre 2014 à 21h55 par Michel Janva | Lien permanent

De bonnes nouvelles d'Irak

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"les chrétiens d’Alqosh avaient pu rentrer chez eux, leur village ayant été repris par les pechmergas. Le 12 septembre, ils ont pu célébrer la fête de leur saint patron, le martyr Qardakh, tué par les Perses au début du IVe siècle.

On apprend par Asianews que les pechmerga, aidés par les frappes américaines, viennent de libérer au moins six autres villages chrétiens à l’ouest d’Erbil, et s’avancent donc vers Qaraqosh."

Posté le 17 septembre 2014 à 15h42 par Michel Janva | Lien permanent

16 septembre 2014

Irak: «L’intervention aérienne sera décisive si elle a un appui au sol»

Les premiers vols de reconnaissance de l'aviation française ont eu lieu au-dessus du territoire  irakien. Le colonel Michel Goya, directeur du domaine «Nouveaux  conflits» à l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire de  Paris, était interrogé par RFI :

"On devine assez facilement la stratégie militaire, c'est-à-dire à partir du moment où les Américains ne vont pas engager des troupes au sol, personne d’autre ne le fera parmi les pays occidentaux." [...]

"Techniquement, la difficulté de ce genre d’opérations aériennes, c’est qu’en face il est relativement facile de s’adapter tactiquement à des frappes aériennes. Il suffit de se fondre dans la population, d’utiliser des véhicules civils par exemple, d’être beaucoup plus mobiles. Ce genre de campagne n’est vraiment efficace que s’il est couplé, coordonné avec des vraies opérations terrestres. C’est véritablement là que se situe la difficulté. Des opérations aériennes seules n’amèneront rien de décisif. Elles ne seront décisives que si elles permettent d’agir avec des troupes au sol, qu’elles soient irakiennes, kurdes, sunnites, avec cet inconvénient, que chacune a ses difficultés, et que chacune a son agenda politique, souvent contradictoire avec les autres."

On retient donc qu'il faudrait pour bien faire envoyer des troupes terrestres. Suffira-t-il d'armer les Peshmergas et l'armée irakienne en sus des frappes aériennes occidentales pour emporter le morceau ?  

Posté le 16 septembre 2014 à 14h07 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (5)

Intervention de Mgr Aillet à la manifestation de soutien aux chrétiens d'orient

Le samedi 13 septembre, de nombreux catholiques du diocèse de Bayonne, Lescar et Oloron se sont rendus à Bordeaux à l'occasion d'un rassemblement de soutien aux Chrétiens d'Orient. Monseigneur Aillet y était aussi, accompagnant les familles Chaldéennes de Pau :


Mgr Marc Aillet, Rassemblement en soutien aux... par Diocese64

Intervention de Mgr Aillet lors de la manifestation :

"Chers amis, c’était important pour moi, comme évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, d’être présent à ce rassemblement en solidarité avec les Chrétiens d’Orient. Et en particulier pour accompagner les familles Chaldéennes d’Irak de mon diocèse.

Une quarantaine de famille se sont installées à Pau dans les vingt dernières années, en raison des événements que nous connaissons, fuyant une situation souvent épouvantable dans leur pays.

Ces familles font mon admiration en raison de leur cohésion et de leur ferveur dans la foi : Pratiquant assidus, ils donnent un magnifique témoignage de fidélité dans la paroisse Sainte-Marie du Hameau, dans les quartiers Nord de Pau, où ils sont engagés.

Inquiets pour leurs familles bloquées dans le Nord de l’Irak, ils reçoivent des nouvelles de leurs souffrances, de leurs angoisses devant l’évolution de la situation de ces derniers mois.

Par eux et par d’autres sources nous parviennent ainsi les récits de témoignages bouleversants de la fidélité héroïque de ces Chrétiens qui sont sommés de se convertir à l’Islam ou bien de fuir ou mourir…

L’immense majorité des Chrétiens tiennent bon dans la foi, s’exposant à la persécution sous toutes ses formes : humiliations, expulsions de leurs maisons, de leurs villes, séparation forcée des familles, exils, souffrance des camps de réfugiés où l’on manque du nécessaire,…C’est pour eux que nous arborons aujourd’hui la lettre noûn… [Inscrite par les islamistes sur le mur des maisons chrétiennes en signe d’ultimatum, NDLR]

On doit se réjouir devant la prise de conscience de la Communauté internationale, y compris du gouvernement français, devant la tragédie des Chrétiens et autres minorités religieuses devant la terreur imposée par les djihadistes de l’État Islamique, même si l’on peut –à bon droit- déplorer son retard : Cela fait 10 ans que les Chrétiens vivent ce calvaire en Irak dans l’indifférence générale, et les accélérations récentes étaient depuis longtemps prévisibles.

On doit se réjouir aussi devant les prises de positions de certains responsables musulmans face au sort des Chrétiens en Irak, et l’on voudrait croire que ces personnes feront tout leur possible au nom de la réciprocité, pour faire évoluer le sort des Chrétiens dans les pays musulmans, vers la liberté religieuse, droit fondamentale des droits de la personne humaine avec le droit à la vie, et contre toutes les discriminations qui leurs sont généralement infligées.

L’Œuvre d’Orient, l’AED et bien d’autres organisations humanitaires se dépensent sans compter. Comment pouvons-nous soutenir ce grand élan de solidarité ? Chacun saura prendre, à son niveau, des décisions concrètes.

En attendant, les Chrétiens qui se sentent particulièrement solidaires de leurs frères et sœurs qui souffrent pour le nom du Christ, nous nous tournons précisément vers Celui qui nous réunit en un seul Corps : Il est notre tête, notre rocher, notre appui, notre secours. [...]"

Posté le 16 septembre 2014 à 08h02 par Michel Janva | Lien permanent

14 septembre 2014

16 septembre : conférence de Marc Fromager à Lourdes

Tract

Posté le 14 septembre 2014 à 21h23 par Michel Janva | Lien permanent

24 septembre : conférence sur les chrétiens d'Irak à Lyon

Quel avenir pour les minorites en Irak

Posté le 14 septembre 2014 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

13 septembre 2014

Face à l'Etat islamique, un enlisement est prévisible

Frédéric Pichon, chercheur associé à l'université de Tours (à ne pas confondre avec l'avocat homonyme), déclare au Figaro :

"[...] La stratégie de Barack Obama est de «détruire» l'Etat Islamique. Mais rien dans l'allocution du Président américain n'a filtré sur l'aspect politique du problème, qui est la clé. En effet, l'Etat Islamique est largement le produit de l'erreur américaine de 2003 qui a consisté à abattre le régime de Saddam Hussein et à liquider l'appareil politico-militaire de l'Irak. Résultat, de nombreux cadres baassistes ont rejoint l'insurrection et forment à présent le noyau dur du commandement militaire de l'Etat Islamique. L'autre erreur a été de laisser faire la marginalisation des populations sunnites par le gouvernement chiite de Maliki: les succès de l'Etat Islamique à Mossoul ou à Tikrit s'expliquent largement par l'accueil enthousiaste que les tribus sunnites lui ont réservé. Enfin, les pays du Golfe au sein de la coalition portent une responsabilité énorme dans le développement du fondamentalisme dans la région. Ils sont à présent mis devant leurs responsabilités. [...]

Etant donné le refus poli de la Turquie de participer à la coalition et sans un relais efficace de troupes au sol notamment en Syrie, il me semble difficile d'espérer en finir rapidement avec l'Etat Islamique. Les Etats-Unis n'enverront pas de troupes au sol et il ne faut pas attendre beaucoup des armées arabes engagées dans la coalition. Pour des raisons militaires évidentes mais aussi et surtout pour des raisons politiques, un enlisement est prévisible.

[...] Les dirigeants saoudiens prennent part à une coalition contre l'Etat Islamique alors qu'un sondage récent révèle que près de 90% de la population du Royaume soutient l'organisation terroriste. D'autre part, la défection de la Turquie, qui compte des centaines de kilomètres de frontières communes avec l'Irak et la Syrie, est un camouflet pour les Etats-Unis. [...]

Pour ce qui est de la Syrie, les Etats-Unis excluent toute coordination avec le gouvernement de Damas et envisagent de frapper sur le sol syrien. Cela pose deux problèmes: celui de la légalité internationale, ce que la Russie et l'Iran ont immédiatement souligné ; celui de l'efficacité même d'une telle opération. Après trois ans de vaines tentatives, l'Occident n'a pas réussi à identifier sur le terrain des rebelles sûrs qui pourraient servir de relais à une action sur le terrain. Cela ne devrait pas beaucoup changer. Après avoir tout fait pour «abattre» Bachar el Assad en Syrie, sauf de la diplomatie, on voit mal les Occidentaux reprendre le chemin de Damas officiellement. L'erreur initiale a été, dans la foulée de la chute de Khadafi, de braquer la Russie et l'Iran qui pourtant étaient les deux acteurs clés pour parvenir à une solution négociée du conflit syrien. Dans ces conditions, la paix en Syrie reste une hypothèse très lointaine…"

Posté le 13 septembre 2014 à 17h38 par Michel Janva | Lien permanent

Abolition par l'EI de l'enseignement culturel et religieux syriaque

Une information de l'Agence Fides, qui décrit les mesures prises par les islamistes pour éradiquer la culture chrétienne :

"Les écoles de Mossoul et de la plaine de Ninive qui portaient des noms chrétiens devront les modifier. Par ailleurs, l’enseignement de la langue et de la culture syriaque ainsi que l’éducation religieuse chrétienne seront abolis des programmes des écoles de tout niveau. Telles sont quelques-unes des dispositions imposées par les responsables du prétendu « Etat islamique » aux institutions éducatives de Mossoul et des territoires de la province de Ninive tombés sous leur contrôle. C’est ce que révèlent un certain nombre de sources locales contactées par le site d’information arabe ankawa.com. L’abolition de l’enseignement de la culture syriaque et d’éléments de doctrine chrétienne font partie des dispositions imposées par les militants du prétendu « Etat islamique » afin d’effacer toute trace de pluralisme culturel et religieux dans le système éducatif des zones conquises et de transformer les écoles en instruments de propagande de l’idéologie djihadiste aux jeunes générations. Parmi les directives imposées par les miliciens du prétendu « Etat islamique » se trouve également l’obligation de renommer les écoles, les dédiant à la « bataille de Mossoul » et à d’autres figures et formules utilisées par la propagande idéologique lancinante de ce qui se voudrait se structurer comme un nouveau régime de califat. Certaines des institutions éducatives liées aux églises, comme l’école Saint Thomas, portaient des noms chrétiens depuis le XVIII° siècle.
En février dernier, le Ministère de l’éducation irakien avait disposé que le syriaque et l’enseignement de la religion chrétienne soient introduits dans les programmes de 152 écoles publiques des provinces de Bagdad, Ninive et Kirkuk. Le projet pilote visait à préserver la langue maternelle de toutes les communautés confessionnelles chrétiennes autochtones encore présentes dans le pays, caractérisées, au cours de ces dernières années, par une drastique réduction de leur importance numérique à cause de la forte augmentation des flux migratoires enregistrée après la chute du régime baathiste. Les 152 écoles en question avaient été sélectionnées dans les zones du pays où la concentration de baptisés était la plus grande. Selon les données fournies par la Direction pour l’étude du syriaque, les écoles concernées par le projet sont fréquentées par plus de 20.000 élèves."

Posté le 13 septembre 2014 à 10h42 par Marie Bethanie | Lien permanent

11 septembre 2014

Donnée en "cadeau" à l'Etat islamique

Cette histoire devrait convaincre les gens qui nous gouvernent de l'urgence qu'il y a à secourir l'Irak :

"Je suis une jeune Yézidie de 14 ans donnée en cadeau à un commandant de l'Etat islamique. Voilà comment je me suis enfuie." Tel est l'exergue d'un article publié le 10 septembre dans le Washington Post (en anglais) et signé Mohammed A. Salih. Ce journaliste kurde free-lance basé à Erbil, dans le Kurdistan irakien, précise avoir changé le nom de la jeune fille pour la protéger de possibles représailles, puisque plusieurs membres de sa famille sont encore prisonniers. Francetv info dévoile quelques extraits de ce témoignage de "Narin".

"Le 3 août dernier, a-t-elle expliqué au journaliste, ma famille s'est enfuie de son village de la plaine de Ninive avec un peu d'argent et quelques vêtements, avant l'arrivée des jihadistes de l'Etat islamique. Alors que nous faisions halte dans le désert, nous avons été entourés de gens armés portant les uniformes de l'Etat islamique." Elle poursuit : "Les jihadistes nous ont séparés par genre et par âge. Jeunes hommes d'un côté, jeunes femmes de l'autre. Idem pour les personnes âgées, dépouillées de leurs biens et abandonnées dans une oasis."

Ensuite, "les jeunes femmes et jeunes filles ont été placées dans des camions. Quand les véhicules ont démarré, nous avons entendu des coups de feu, et compris plus tard qu'ils avaient tué les hommes jeunes, y compris mon frère, 19 ans, qui venait de se marier".

Narin dit avoir ensuite été transférée à plusieurs reprises. A chaque fois, ses geôliers ont tenté de la convertir à l'islam, l'insultant, la nourrissant peu et la forçant, comme les autres prisonnières, à dormir par terre. Elle et son ami Shayma ont ensuite été offertes "en cadeau" à deux membres de l'Etat islamique dans le sud de l'Irak, près de Bagdad.

Elle détaille : "J'ai été 'donnée' à Falloujah à un gros homme à la barbe noire d'une cinquantaine d'années, apparemment d'un grade élevé, qui m'a ordonné de me convertir, en vain. Il a tenté de me violer plusieurs fois, sans y réussir. Il m'a insultée, battue, donné des coups de pied et des coups de poing."

Grâce à "Mahmoud, ami sunnite d'un cousin de Shayma", elle a pu s"enfuir avec elle, en abaya (tenue noire très couvrante), à l'heure de la prière du soir, après avoir forcé les serrures avec des couteaux de cuisine. "Mahmoud nous a trouvé un chauffeur de taxi pour nous conduire à Bagdad, à deux heures de là, raconte-t-elle. Couvertes d'un niqab, munies de fausses cartes d'identité d'étudiantes, nous avons pu passer les différents barrages routiers de contrôle, qu'ils soient tenus par l'Etat islamique ou les forces irakiennes."

Avec d'autres cartes d'identité, Narin prend ensuite l'avion pour Erbil. Libre. Mais elle a appris au Kurdistan que son frère a été tué, et que sa belle-soeur était toujours captive à Mossoul. Son témoignage recoupe un rapport de deux membre des Nations unies qui, selon le Huffington Post (en anglais), fait état de "viols" de femmes et d'enfants, "armes de guerre" contre les minorités yézidie, turkmène ou chrétienne."

Après un tel témoignage, ce genre de tweet fait figure de provocation :

Fabius

Posté le 11 septembre 2014 à 23h38 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (14)

Obama a clairement annoncé qu’il frapperait en Syrie s’il le fallait

Dans son discours de 15 minutes prononcé hier soir, Barack Obama a annoncé qu’il frapperait en Syrie s’il le fallait, et qu’il demandait par la même occasion au congrès de voter un renforcement des aides aux rebelles modérés (source).

"Donc pour combattre l’Etat Islamique le plan consiste à renforcer et armer un peu plus l’opposition au seul gouvernement qui arrive à lui tenir tête. Armement qui, soit dit en passant, termine régulièrement entre les mains des membres de l’Etat Islamique comme plusieurs rapports internationaux l’ont démontré récemment.

Pour arriver à éliminer les djihadistes Obama compte également couper les finances de ces derniers. Comment ? Cela n’est pas précisé et on ne voit pas comment il compte faire plier les riches mécènes du Golfe pour ne parler que de cela.

Pour en finir avec ces monstres qui n’ont rien à voir avec l’Islam pour reprendre ses propres mots, il compte sur une puissante coalition internationale, sauf qu’avant même de voir le jour celle-ci se fissure déjà. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius ayant par exemple annoncé que si la France était prête à participer à des frappes aériennes en Irak, elle se refusait à le faire en Syrie (curieux revirement du ministre français mais bon).

Ce fut donc une déclaration creuse que celle d’hier. Creuse, sauf sur l’objectif bien réel de la lutte contre le régime syrien. C’est d’ailleurs ce que laissait déjà entendre mardi le ministre russe des Affaires étrangères en estimant que si l’Occident bombardait les miliciens de l’État islamique en Syrie sans consulter Damas, l’alliance atlantiste pourrait profiter de l’occasion pour lancer des frappes aériennes contre les forces du président Bachar Al-Assad. [...]

Jusqu’au conflit syrien, la Russie et l’Occident avaient été unanimes pour déclarer que le terrorisme ne pouvait être justifié « quel qu’en soit le motif ». Mais dans le cas de la Syrie, l’Occident, avait une « position différente, un double visage. » Ce n’est que lorsque le terrorisme, qui a pris naissance en Libye,  s’est propagé au Liban et en Irak, que les pays occidentaux ont réalisé qu’il était temps de régler ce problème [...]."

Posté le 11 septembre 2014 à 19h51 par Michel Janva | Lien permanent

La folie des hommes

De Mgr Castet, évêque de Luçon (Vendée) :

C"Le climat de ces mois d'été a été morose. Par delà la déconvenue des agriculteurs et de ceux qui ont pu prendre un temps de vacances, il aura été en harmonie avec les échos inquiétants qui nous parviennent du bout du monde.

Ici et là, nous avons été les témoins impuissants de conflits idéologiques ou de divisions entre les hommes. Bien entendu, il n'est pas légitime d'établir une hiérarchie entre les épreuves subies par les peuples, car toutes portent leur part de souffrance, de douleur et d'injustice.

Comment toutefois ne pas nous émouvoir plus particulièrement sur le sort de nos frères chrétiens du Proche-Orient ? Ils demeurent la mémoire vivante de l'Église primitive et de celle du premier millénaire. Depuis plusieurs années, la destruction inconsidérée des états communautaristes les a précipités dans une précarité qui les contraint au renoncement, à la fuite ou à l'émigration.

Lorsque l'idéologie religieuse, l'intolérance et la violence contraignante s'allient jusqu'à ériger l'inhumanité en vertu, une action vigoureuse s'impose afin de marquer les limites qui, dans un premier temps, peuvent calmer l'hystérie aveugle en manifestant la résistance du réel et, en un second temps plus apaisé, permettront de chercher les chemins de la justice et de la paix.

Dans un tel contexte, la naïveté et l'angélisme ne peuvent conduire qu'au pire. Agir avec une fermeté raisonnée ne nous éloigne pas de l'Évangile, mais souligne au contraire la volonté de défendre la primauté des droits de la personne humaine et sa dignité. Tel est l'appel que doit entendre non seulement la communauté chrétienne, mais aussi la communauté internationale par-delà tout attachement partisan."

Posté le 11 septembre 2014 à 18h00 par Michel Janva | Lien permanent

François Fillon pour un engagement des forces françaises en Irak

De retour d’un déplacement en Irak et au Kurdistan, François Fillon déclare à Famille chrétienne :

"[...] Mon témoignage et mon engagement visent à tirer la sonnette d’alarme car nous sommes en alerte rouge pour les chrétiens d’Irak, mais aussi pour l’équilibre de toute la région. [...]

Cette minorité apparaît à tort comme n’étant pas chez elle. On se dit que si les chrétiens ne peuvent plus vivre en Orient, ils reviendront en Europe... Mais ils ne sont pas européens ! Ils sont chrétiens d’Orient depuis 2000 ans ! Aujourd’hui, notre passivité risque de favoriser un affrontement entre des pays musulmans revendiquant chacun une communauté. D’un côté les chiites, de l’autre les sunnites... Si on abandonne les chrétiens d’Irak, tout le Moyen-Orient va s’embraser !

Le déplacement de François Hollande le 12 septembre en Irak est-il utile à vos yeux ?

Le fait d’aller en Irak oblige le Président à s’engager. Au delà de la fourniture d’armes aux kurdes, je soutiens la participation directe des forces françaises au combat. Il faut aller plus loin que de fournir des armes au Kurdistan. Les Kurdes ne vaincront pas seuls. Ils réclament notamment un soutien aérien et de renseignements.

Vous soutenez un engagement direct de la France ?

La première urgence est d’apporter aux populations un soutien humanitaire. Et aussi un soutien militaire puissant. J’étais contre un engagement de la France en Irak en 2003. On pouvait critiquer Saddam Hussein à l’époque mais il n’avait pas d’armes de destruction massive… Aujourd’hui, Da’ech est une arme de destruction massive en Irak ! [...]"

Concernant les Français partis faire le Djihad :

"La première chose à faire, c’est d’aller les combattre sur place. Sur ce point-là, nous ne devons pas avoir d’état d’âme. Ensuite, la France doit renforcer sa législation. Bernard Cazeneuve doit présenter la semaine prochaine à l’Assemblée nationale un texte pour criminaliser le fait d’avoir l’intention de rejoindre cette guerre. Il suggère aussi de retirer les passeports de ces djihadistes français et, dans un certain nombre de cas, de demander la déchéance de leur nationalité. [...]"

Posté le 11 septembre 2014 à 13h56 par Michel Janva | Lien permanent

10 septembre 2014

Refusons l’instrumentalisation de la tragédie en Irak

Un appel conjoint du Service pour les relations avec l’islam et de l'Oeuvre d'Orient : 

Les chrétiens, les Yézidis, les chiites, des sunnites refusent le prétendu État islamique, les turcomans ont fait l’objet de persécutions et ont été chassés de chez eux. Les cris de détresse et d’injustice doivent être replacés dans ce cadre.

Ce prétendu État islamique est un groupe d’une grande cruauté, condamné unanimement par les responsables musulmans en France et par les principales autorités musulmanes hors de France. Des musulmans ont été abattus parce qu’ils voulaient aider les chrétiens. De nombreux autres musulmans sont exécutés parce qu’ils refusent d’adhérer au prétendu État islamique.

Cette situation tragique ne peut être instrumentalisée pour nuire en aucune manière au dialogue islamo-chrétien. Ce dernier est plus nécessaire que jamais. Les chrétiens n’auraient pas d’avenir en Orient sans ce dialogue.

Paris, le 9 septembre 2014

P. Christophe Roucou, Directeur du Service pour les relations avec l’islam, Conférence des évêques de France

Mgr Pascal Gollnisch, Directeur Général de l’Œuvre d’Orient

Posté le 10 septembre 2014 à 23h25 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (6)

10 000 chrétiens irakiens ont demandé un visa au consulat général de France

... à Erbil, dans le Kurdistan irakien, depuis le début de l'offensive de l'Etat islamique. 55 d'entre eux ont été admis sur le sol français.

Posté le 10 septembre 2014 à 12h33 par Louise Tudy | Lien permanent

09 septembre 2014

Sa sainteté Ignatius Aphrem II Karim ce matin à l'Assemblée Nationale

Sa Sainteté Ignatius Aphrem II Karim, 123 ème patriarche de l'Eglise Syriaque Orthodoxe d'Antioche, était ce matin à l'Assemblée lors de la réunion constitutive du Groupe d'études sur les Chrétiens d'Orient (au centre sur la photo).

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Il s'est prononcé en faveur d'une zone de protection internationale pour les minorités, sur le modèle du Kurdistan. Cela permettrait aux chrétiens de rester sur place, sur leurs terres ancestrales.

Il a rappelé l'inquiétude qui demeure pour le sort des dxeux évêques enlevés l'années dernières et dont on est sans nouvelles.

Posté le 9 septembre 2014 à 14h10 par Michel Janva | Lien permanent

Le Conseil Régional des Pays de la Loire va proposer 50 000€ pour les Irakiens

Communiqué de François Pinte, Conseiller régional des Pays de la Loire :

"Le 25 août dernier, François Pinte et les élus du groupe UMP du Conseil Régional avaient proposé à Jacques Auxiette que la région des Pays de la Loire soit à l’initiative d’une action d’aide à destination des Chrétiens d’orient.

Par courrier, le Président de la Région des Pays de la Loire a répondu favorablement à cette demande. Il sera donc proposé lors de la prochaine Commission Permanente l’adoption d’une aide d’urgence de 50.000 euros à destination des déplacés Irakiens.

François Pinte et les élus du groupe UMP du Conseil Régional des Pays de la Loire se félicitent d’avoir été entendu au nom de la solidarité avec ces populations en situation dramatique avec la résurgence du conflit religieux en Irak."

Posté le 9 septembre 2014 à 14h04 par Michel Janva | Lien permanent

L'ambiguïté de l'appel du Conseil français du culte musulman pour les chrétiens d'Orient

Dans son "Appel de Paris", le Conseil français du culte musulman rappelle, entre autres, le droit des chrétiens d'Orient à "pratiquer leur foi en toute liberté". Une formule ambiguë, que regrette Bernard Antony sur son blog :

"Alors que dans tant de pays du monde islamique n’ont cessé de se dérouler, à notre époque aussi, tant et tant de massacres contre les chrétiens, l’horreur de la sauvagerie islamiste a enfin entraîné la vive réprobation du Conseil Français du Culte Musulman.

Cela est bien.
 
Mais hélas il n’y a pas un mot d’appel pour le respect d’une entière liberté religieuse dont les chrétiens ne jouissent dans aucun des pays d’islam (à l’exception du Liban, au moins sur le plan du droit). Dans aucun des 56 autres pays de l’Organisation de la Coopération Islamique la liberté de conversion n’est admise. Un musulman converti au christianisme risque en bien des pays, comme en Arabie Saoudite, au Soudan ou en Iran, de subir la peine de mort souvent précédée de l‘horrible application de cent coups de fouet.
 
Se référer pour cette condamnation de barbarie des nouveaux « califats » à celle énoncée par l’Arabie Saoudite, c’est vraiment pratiquer une ironie au second degré, lorsqu’on sait que, en ce pays, non seulement la conversion de l‘islam vers le christianisme vaut la mort mais que le moindre signe d’appartenance chrétienne, le moindre culte en lieu privé y vaut les pires condamnations.

Ce que l’on attend d’un islam pour notre temps, c’est que ses diverses autorités se prononcent clairement contre l’application de la charia totalitaire et pour l’abolition totale du régime discriminatoire de « dhimmitude » pour les gens dits du Livre, juifs et chrétiens."

Posté le 9 septembre 2014 à 12h59 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

Les musulmans de France prennent la défense des chrétiens d'Orient

Le Figaro publie "l'Appel de Paris", lettre solennelle des musulmans de France qui dénoncent (enfin) la barbarie de l'Etat islamique. Ce document est co-signé par

"[...] le recteur et président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Dalil Boubakeur, Patrick Karam, président de la coordination «Chrétiens d'Orient en danger», et plusieurs autres signataires. Dont Abderrahmane Dahmane, président du Conseil des démocrates musulmans de France, et deux vice-présidents du CFCM: Anouar Kbibech, président du Rassemblement des musulmans de France (RMF) représentant une partie des mosquées marocaines, et Ahmet Ogras, président de la Coordination des musulmans turcs de France (CCMTF).

Manque l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Injoignable à ce sujet, elle boude effectivement le CFCM, mais elle avait condamné l'État islamique par un communiqué sans ambiguïté le 25 juillet intitulé «Déportation de chrétiens en Irak».[...]

Voici le texte :

L'Appel de Paris

"«Les signataires de l'Appel de Paris se sont retrouvés en ce moment particulier de l'histoire de l'humanité où  le monde assiste à une flambée inégalée d'extrémisme et de violence au Moyen-Orient instrumentalisant l'islam comme étendard.

Des barbares sont en train de perpétrer les pires crimes contre l'humanité et menacent actuellement les populations mais aussi la stabilité et la paix entre  les peuples de toute la région.

Les signataires dénoncent sans ambiguïté les actes terroristes qui constituent des crimes contre l'humanité et déclarent solennellement que ces groupes, leurs soutiens et leurs recrues ne peuvent se prévaloir de l'islam. Ces agissements d'un autre âge, tout comme les appels inconsidérés au djihad et les campagnes d'endoctrinement des jeunes ne sont fidèles ni aux enseignements ni aux valeurs de l'islam.

Les signataires prennent à témoin la communauté musulmane pour demander à tous les responsables politiques de redoubler de vigilance face aux menées subversives qui ciblent les jeunes musulmans d'Europe, particulièrement les plus fragiles d'entre eux.

Les signataires tiennent à réaffirmer leur soutien aux frères chrétiens d'Orient, pour la plupart arabes, ainsi que pour toutes les autres minorités de la région, qui sont victimes actuellement d'une grave campagne destructrice menée par ces groupes terroristes menaçant leur existence même.

Ils affirment sans ambiguïté le droit inaliénable de leurs frères chrétiens d'Orient, une des plus anciennes composantes de cette région, à rester et à vivre sur leur terre dans la dignité et la sécurité et pratiquer leur foi en toute liberté, comme cela a toujours été. Cette Terre Sainte, berceau de civilisation, où les trois religions monothéistes ont coexisté depuis des siècles. Il y va de l'avenir de la région.

Comment imaginer un Moyen-Orient amputé d'une partie de son identité qui a contribué à son épanouissement civilisationnel? C'est pourquoi les signataires appellent à la prise de conscience du drame vécu actuellement par les chrétiens en Orient.»"

Posté le 9 septembre 2014 à 00h17 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (29)

07 septembre 2014

"Devant le terrorisme, il faut que la force s'exerce"

Ces mots sont de Mgr Gollnisch ce matin sur rfi, interrogé dans l'émission "religions du monde". Un appel pressant de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Oeuvre d’Orient, pour les chrétiens d'Irak, qui demande fermement une neutralisation militaire des terroristes de l’Etat islamique en Irak et au Levant. Mgr Gollnisch de retour du Kurdistan irakien souligne le désastre  humanitaire de l’exode de dizaines de milliers de chrétiens et estime qu’à moyen terme c’est l’Europe qui est menacée si la communauté internationale  n’agit pas. Il appelle l'Occident à revoir clairement sa position sur ses rapports ambigüs avec la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar. On écoutera son témoignage sur ce lien, à partir de 9'04.

Posté le 7 septembre 2014 à 14h59 par Marie Bethanie | Lien permanent

15 septembre : messe à Saint-Maurice (94) pour les chrétiens d'Irak

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Posté le 7 septembre 2014 à 07h02 par Michel Janva | Lien permanent

06 septembre 2014

Rassemblement de soutien aux chrétiens d’Orient le 13 septembre à Bordeaux

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Posté le 6 septembre 2014 à 08h07 par Michel Janva | Lien permanent

04 septembre 2014

Chrétiens d’Irak : 2e réunion de travail au Quai d’Orsay

Communiqué de l'Oeuvre d'Orient :

"Le 3 septembre 2014 Mgr Pascal Gollnisch participait à la réunion sur la situation des chrétiens d’Irak et de toutes les minorités opprimées par le pseudo "État islamique" au Quai d’Orsay.

Cette réunion, présidée par Laurent Fabius, aux côtés du ministre de l’intérieur réunissait des parlementaires, des représentants de l’Eglise catholique et des Églises chrétiennes d’Orient, des associations ainsi que le préfet chargé de la coordination de l’accueil des réfugiés irakiens.

L’objectif de cette réunion était d’évaluer et d’amplifier l’action menée sur les plans sécuritaire, politique et humanitaire.

Rappelons que Laurent Fabius avait rencontré, en compagnie de Mgr Gollnisch, des responsables chrétiens et yazidis à Erbil à l’occasion de son déplacement le 10 août dernier. Il avait réitéré le soutien de la France à toutes les minorités persécutées par l’"Etat islamique" pour qu’elles puissent demeurer en paix et en sécurité en Irak.

A cette occasion, les participants ont témoigné à M. Laurent Fabius leur gratitude pour sa démarche.

Sur le plan sécuritaire, ils ont demandé :

  • la sécurisation des zones chrétiennes et à la neutralisation des terroristes en profondeur, en Irak et en Syrie par une action militaire des kurdes, du gouvernement irakien de la communauté internationale, et des autres forces arabes sunnites.
  • une police d’auto défense pour les chrétiens.
  • une zone sécuritaire chrétienne (comme autrefois les zones d’exclusion pour les kurdes et les chiites).

Sur le plan politique, les participants appellent à soutenir le gouvernement de Bagdad, comme gouvernement d’unité nationale, où chacun trouve sa place.

Sur le plan humanitaire, des centaines de milliers de gens sont sur les routes. Devant l’ampleur de la situation, les pouvoirs publics, la Communauté Internationale, la Communauté Européenne, le HCR, et les États doivent intensifier leur aide. Les associations peuvent apporter un complément significatif à cette aide publique.

L’Œuvre d’Orient agit plus particulièrement pour les enfants et pour les malades.

L’accueil en France de réfugiés doit être accompagné par les Églises et les associations, en évitant un éparpillement des familles qui nuirait à leur installation. Mais un départ massif d’Irak serait un échec pour les droits de l’Homme, pour l’Irak et pour la Communauté Internationale.

Des questions ont été posées sur les français partis se battre avec les terroristes, leur nombre, leur identification, le traitement des personnes à leur retour en France

Enfin des images de nombreuses personnes décapitées ont été remises par le directeur général de l’Œuvre d’Orient par M. Fabius de la main à la main. Leur authentification est en cours."

Posté le 4 septembre 2014 à 14h58 par Michel Janva | Lien permanent

03 septembre 2014

Irak, Syrie : il est urgent d’agir

Alors que les représentants du Ministère des Affaires Etrangères et du Ministère de l’Intérieur s’apprêtent à tenir une 2e réunion sur les Chrétiens d’Irak à laquelle Mgr Gollnisch participera, l’Œuvre d’Orient réagit à la barbarie de l’EI :

"L’Œuvre d’Orient partage l’émotion générale devant l’effroyable assassinat de l’américain Steven Sotloff, faisant suite à celui de James Foley. Ces deux journalistes ont été enlevés et exécutés sans doute en Syrie.

L’Œuvre d’Orient souligne que de nombreuses vidéos et images circulent montrant des dizaines de personnes décapitées et des milliers d’exécutions sommaires.

En outre, l’Œuvre rappelle que nous sommes toujours sans nouvelles de Mgr Youhanna Ibrahim, évêque syriaque orthodoxe d’Alep  et Mgr Boulos Yazigi, évêque grec orthodoxe d’Alep, enlevés le  22 avril 2013, du Père Paolo Dall’Oglio, enlevé le  29 juillet 2013, ainsi que d’autres religieux et fidèles.

Elle rappelle que plusieurs centaines de milliers de personnes sont dans la rue alors que l’hiver, rigoureux dans la région, va approcher.

Elle demande à la Communauté Internationale de mettre en oeuvre les moyens nécessaires pour neutraliser ce groupe de terroristes cruels et permettre aux populations de rentrer chez elles dans des conditions de sécurité acceptables.

Il est urgent d’agir. Non seulement pour les chrétiens, mais aussi pour tous les persécutés. Le temps presse !"

Posté le 3 septembre 2014 à 17h29 par Michel Janva | Lien permanent

02 septembre 2014

"Es-tu chrétien ? Tous ont répondu : Oui, je le suis"

Chretien_n1Quelques extraits d'un texte lu ici, écrit par Natalia Trouiller (journaliste catholique - RCF, La Vie) à son retour d'un séjour en Irak, août 2014 :

"L’enfant que j’ai vu en Irak, c’est lui qui m’a souri le premier. C’était une petite fille d’une dizaine d’années dans cette école d’Erbil transformée en gigantesque hall d’attente pour les réfugiés. Son sourire lumineux et immense essayait de me dire les mots en kurde que je ne comprenais pas. Ses parents, ses amis, ceux de sa ville de Mossoul qui avaient trouvé refuge dans cette école chaldéenne tenaient un dossier jaune à la main, liste dérisoire de tout ce qu’ils avaient perdu. Elle me souriait pendant que les adultes, les larmes aux yeux et le désespoir dans la voix, racontaient leur exil. Elle me souriait obstinément, sans discontinuer, et elle reste pour moi qui n’ai même pas compris son prénom le visage de l’enfance blessée de Mossoul. [...]

[...] J’ai entendu de la colère. J’ai entendu des gens interpeller leur patriarche avec véhémence. Je n’ai jamais entendu de désir de vengeance. Pas une seule fois, sur les centaines, les milliers de personnes vues dans ces églises bondées d’exilés venus chercher un peu d’espoir dans la visite de leurs frères de France. Jamais.

Tous, ils savaient ce qui les attendait s’ils ne se convertissaient pas. Les premiers qui avaient quitté Mossoul avant la fin de l’ultimatum de l’Etat islamique avaient prévenu les autres : si vous dites que vous êtes chrétiens, ils vous prendront tout. Arrivés aux check-points à la sortie de la ville, ils ont entendu, tous, la question : Es-tu chrétien ? Tous ont répondu : Oui, je le suis. A tous, les jihadistes ont dit : Récite la chahada et tu pourras partir avec tes affaires. Pas un n’a accepté.

Je pense à Pierre, celui à qui Jésus avait confié son troupeau, qui est aussi le premier abjureur du christianisme. Je pense à Judas, maudit non d’avoir trahi comme Pierre, mais d’avoir contrairement à lui douté de la Miséricorde en se suicidant. [...]

Mais pas un n’a abjuré. Pas un n’a eu même l’idée de le faire. Pas un, malgré la fillette à qui les bourreaux arrachent ses boucles d’oreille, malgré l’épouse dont on déchire les vêtements, malgré le fils que l’on enlève brutalement aux bras de son père en menaçant de le tuer. Cela restera pour moi le plus grand mystère de ce voyage, avec le fait qu’à ce moment là – les choses ont changé depuis – pas un cheveu n’est tombé de leurs têtes. Double mystère qui sans doute, au Ciel, n’en fait qu’un. [...]

[...] L’enfant que j’ai vu en Irak, j’ai reçu la photo de lui coupé en deux avec du sang partout, envoyée par un jihadiste sur mon compte Twitter.

Frère de France, sœur d’ici, allume une bougie et veille pour l’enfant que j’ai vu en Irak, et pour le salut de celui qui l’a tué."

 

Posté le 2 septembre 2014 à 23h56 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (3)

Bruno Retailleau : la communauté internationale doit éradiquer l’Etat Islamique

Communiqué du sénateur Bruno Retailleau :

"Après son voyage en Irak, à Erbil la semaine dernière, le Sénateur Bruno Retailleau a rencontré ce matin Monsieur Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères pour évoquer avec lui la situation dramatique des minorités en Irak et le risque que fait peser l’Etat Islamique sur la stabilité de la région et la paix dans le monde.

«  Je me réjouis que la France ait été la première nation à tendre la main à ces minorités persécutées, j’ai dit à Laurent Fabius combien les chrétiens réfugiés au Kurdistan irakien estimaient notre pays et combien ils fondaient leurs espoirs sur la France. Je lui ai indiqué que l’asile politique donné à quelques dizaines d’Irakiens qui ont déjà des liens avec la France ne pouvait en aucun cas être envisagée comme une réponse globale.

J’ai dit aussi que la France pouvait et devait faire encore davantage en premier lieu sur le plan humanitaire, parce que la situation dans les camps se dégrade chaque jour un peu plus. L’aide internationale arrive au compte-goutte et les réfugiés manquent de tout et notamment de médicaments. Il faut d’urgence mettre en place un pont aérien de l’entraide s’il on veut éviter une catastrophe humanitaire.

Sur le plan militaire et malgré les récents succès enregistrés par les forces gouvernementales et kurdes, la communauté internationale doit construire rapidement une réponse ferme et cohérente pour éradiquer l’Etat Islamique qui pratique un nettoyage ethnique et religieux systématique et qui représente une menace non seulement pour l’Irak mais aussi pour l’Europe et le monde. Cette réponse doit se faire sous l’égide de l’ONU ou d’une large coalition internationale. Elle doit par ailleurs privilégier un soutien massif aux forces locales et régionales.

Bruno Retailleau s’est ensuite entretenu, à son invitation, avec l’ambassadeur d'lrak à Paris, Monsieur Fareed Yasseen. Ils ont échangé sur la détresse des réfugiés, sur les moyens à mettre en œuvre pour les soulager mais aussi sur l’avenir de l’Irak."

Posté le 2 septembre 2014 à 14h14 par Michel Janva | Lien permanent

François Fillon est en Irak

François Fillon était lundi à Bagdad, en compagnie du député Pierre Lellouche, spécialiste des questions internationales. Les deux hommes ont rencontré plusieurs responsables politiques (après le départ du Premier ministre Nouri al-Maliki, le nouveau gouvernement n'a pas encore été constitué) ainsi que monseigneur Sako, patriarche des chaldéens et évêque de Kirkouk et Souleymanieh.

Posté le 2 septembre 2014 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

L'appel des patriarches orientaux

Réunis samedi 27 août à Bkerké, autour du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, les chefs de sept autres Eglises orientales ont lancé un appel commun qui condamne les « crimes contre l’humanité » commis par l’EIIL. Extrait :

"La tragédie humaine qui a frappé les chrétiens d’Irak, les yézidis et les autres parmi ceux qui ont été chassés de leurs maisons devrait pousser la communauté internationale et l’Union européenne, en coordination avec le gouvernement central irakien et celui de la région du Kurdistan à :

  1. conduire une action efficace et urgente pour libérer les villes de la plaine de Ninive
  2. faciliter le retour des déplacés dans leurs villages et leurs maisons à Mossoul et Ninive,
  3. dispenser la sécurité à ces villages avec des garanties internationales et locales des deux gouvernements de Bagdad et du Kurdistan pour qu’ils ne soient pas évincés de leur terre, et pour que leur identité historique et leur culture glorieuse ne disparaisse pas."

Posté le 2 septembre 2014 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

31 août 2014

La France envoie de l'aide humanitaire dans le nord de l'Irak

Lu ici :

"Le ministère de la Défense annonce que "dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 août 2014, les armées françaises ont procédé à l’aérolargage de 3 tonnes de fret humanitaire dans le nord de l’Irak". Le largage a eu lieu à Amerli, une ville assiégée par les djihadistes de l'Etat islamique. Beaucoup de Turkmènes chiites vivent dans cette région.

Un groupement de transport opérationnel a été mis en place aux Emirats arabes unis, avec deux C-160 Transall des escadrons Anjou et Béarn ainsi qu'un détachement du 1er régiment de train parachutiste, spécialisé dans l'aérolargage. D'autres largages devraient avoir lieu en coopération avec les Américains (qui ont eux aussi parachuté de l'aide cette nuit), les Australiens et les Britanniques. 

L'Armée de l'air n'avait pas effectué de tels largages humanitaires depuis la guerre de Bosnie."

Posté le 31 août 2014 à 18h31 par Michel Janva | Lien permanent


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