02 septembre 2014

"Es-tu chrétien ? Tous ont répondu : Oui, je le suis"

Chretien_n1Quelques extraits d'un texte lu ici, écrit par Natalia Trouiller (journaliste catholique - RCF, La Vie) à son retour d'un séjour en Irak, août 2014 :

"L’enfant que j’ai vu en Irak, c’est lui qui m’a souri le premier. C’était une petite fille d’une dizaine d’années dans cette école d’Erbil transformée en gigantesque hall d’attente pour les réfugiés. Son sourire lumineux et immense essayait de me dire les mots en kurde que je ne comprenais pas. Ses parents, ses amis, ceux de sa ville de Mossoul qui avaient trouvé refuge dans cette école chaldéenne tenaient un dossier jaune à la main, liste dérisoire de tout ce qu’ils avaient perdu. Elle me souriait pendant que les adultes, les larmes aux yeux et le désespoir dans la voix, racontaient leur exil. Elle me souriait obstinément, sans discontinuer, et elle reste pour moi qui n’ai même pas compris son prénom le visage de l’enfance blessée de Mossoul. [...]

[...] J’ai entendu de la colère. J’ai entendu des gens interpeller leur patriarche avec véhémence. Je n’ai jamais entendu de désir de vengeance. Pas une seule fois, sur les centaines, les milliers de personnes vues dans ces églises bondées d’exilés venus chercher un peu d’espoir dans la visite de leurs frères de France. Jamais.

Tous, ils savaient ce qui les attendait s’ils ne se convertissaient pas. Les premiers qui avaient quitté Mossoul avant la fin de l’ultimatum de l’Etat islamique avaient prévenu les autres : si vous dites que vous êtes chrétiens, ils vous prendront tout. Arrivés aux check-points à la sortie de la ville, ils ont entendu, tous, la question : Es-tu chrétien ? Tous ont répondu : Oui, je le suis. A tous, les jihadistes ont dit : Récite la chahada et tu pourras partir avec tes affaires. Pas un n’a accepté.

Je pense à Pierre, celui à qui Jésus avait confié son troupeau, qui est aussi le premier abjureur du christianisme. Je pense à Judas, maudit non d’avoir trahi comme Pierre, mais d’avoir contrairement à lui douté de la Miséricorde en se suicidant. [...]

Mais pas un n’a abjuré. Pas un n’a eu même l’idée de le faire. Pas un, malgré la fillette à qui les bourreaux arrachent ses boucles d’oreille, malgré l’épouse dont on déchire les vêtements, malgré le fils que l’on enlève brutalement aux bras de son père en menaçant de le tuer. Cela restera pour moi le plus grand mystère de ce voyage, avec le fait qu’à ce moment là – les choses ont changé depuis – pas un cheveu n’est tombé de leurs têtes. Double mystère qui sans doute, au Ciel, n’en fait qu’un. [...]

[...] L’enfant que j’ai vu en Irak, j’ai reçu la photo de lui coupé en deux avec du sang partout, envoyée par un jihadiste sur mon compte Twitter.

Frère de France, sœur d’ici, allume une bougie et veille pour l’enfant que j’ai vu en Irak, et pour le salut de celui qui l’a tué."

 

Posté le 2 septembre 2014 à 23h56 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

Bruno Retailleau : la communauté internationale doit éradiquer l’Etat Islamique

Communiqué du sénateur Bruno Retailleau :

"Après son voyage en Irak, à Erbil la semaine dernière, le Sénateur Bruno Retailleau a rencontré ce matin Monsieur Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères pour évoquer avec lui la situation dramatique des minorités en Irak et le risque que fait peser l’Etat Islamique sur la stabilité de la région et la paix dans le monde.

«  Je me réjouis que la France ait été la première nation à tendre la main à ces minorités persécutées, j’ai dit à Laurent Fabius combien les chrétiens réfugiés au Kurdistan irakien estimaient notre pays et combien ils fondaient leurs espoirs sur la France. Je lui ai indiqué que l’asile politique donné à quelques dizaines d’Irakiens qui ont déjà des liens avec la France ne pouvait en aucun cas être envisagée comme une réponse globale.

J’ai dit aussi que la France pouvait et devait faire encore davantage en premier lieu sur le plan humanitaire, parce que la situation dans les camps se dégrade chaque jour un peu plus. L’aide internationale arrive au compte-goutte et les réfugiés manquent de tout et notamment de médicaments. Il faut d’urgence mettre en place un pont aérien de l’entraide s’il on veut éviter une catastrophe humanitaire.

Sur le plan militaire et malgré les récents succès enregistrés par les forces gouvernementales et kurdes, la communauté internationale doit construire rapidement une réponse ferme et cohérente pour éradiquer l’Etat Islamique qui pratique un nettoyage ethnique et religieux systématique et qui représente une menace non seulement pour l’Irak mais aussi pour l’Europe et le monde. Cette réponse doit se faire sous l’égide de l’ONU ou d’une large coalition internationale. Elle doit par ailleurs privilégier un soutien massif aux forces locales et régionales.

Bruno Retailleau s’est ensuite entretenu, à son invitation, avec l’ambassadeur d'lrak à Paris, Monsieur Fareed Yasseen. Ils ont échangé sur la détresse des réfugiés, sur les moyens à mettre en œuvre pour les soulager mais aussi sur l’avenir de l’Irak."

Posté le 2 septembre 2014 à 14h14 par Michel Janva | Lien permanent

François Fillon est en Irak

François Fillon était lundi à Bagdad, en compagnie du député Pierre Lellouche, spécialiste des questions internationales. Les deux hommes ont rencontré plusieurs responsables politiques (après le départ du Premier ministre Nouri al-Maliki, le nouveau gouvernement n'a pas encore été constitué) ainsi que monseigneur Sako, patriarche des chaldéens et évêque de Kirkouk et Souleymanieh.

Posté le 2 septembre 2014 à 10h48 par Michel Janva | Lien permanent

L'appel des patriarches orientaux

Réunis samedi 27 août à Bkerké, autour du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, les chefs de sept autres Eglises orientales ont lancé un appel commun qui condamne les « crimes contre l’humanité » commis par l’EIIL. Extrait :

"La tragédie humaine qui a frappé les chrétiens d’Irak, les yézidis et les autres parmi ceux qui ont été chassés de leurs maisons devrait pousser la communauté internationale et l’Union européenne, en coordination avec le gouvernement central irakien et celui de la région du Kurdistan à :

  1. conduire une action efficace et urgente pour libérer les villes de la plaine de Ninive
  2. faciliter le retour des déplacés dans leurs villages et leurs maisons à Mossoul et Ninive,
  3. dispenser la sécurité à ces villages avec des garanties internationales et locales des deux gouvernements de Bagdad et du Kurdistan pour qu’ils ne soient pas évincés de leur terre, et pour que leur identité historique et leur culture glorieuse ne disparaisse pas."

Posté le 2 septembre 2014 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

31 août 2014

La France envoie de l'aide humanitaire dans le nord de l'Irak

Lu ici :

"Le ministère de la Défense annonce que "dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 août 2014, les armées françaises ont procédé à l’aérolargage de 3 tonnes de fret humanitaire dans le nord de l’Irak". Le largage a eu lieu à Amerli, une ville assiégée par les djihadistes de l'Etat islamique. Beaucoup de Turkmènes chiites vivent dans cette région.

Un groupement de transport opérationnel a été mis en place aux Emirats arabes unis, avec deux C-160 Transall des escadrons Anjou et Béarn ainsi qu'un détachement du 1er régiment de train parachutiste, spécialisé dans l'aérolargage. D'autres largages devraient avoir lieu en coopération avec les Américains (qui ont eux aussi parachuté de l'aide cette nuit), les Australiens et les Britanniques. 

L'Armée de l'air n'avait pas effectué de tels largages humanitaires depuis la guerre de Bosnie."

Posté le 31 août 2014 à 18h31 par Michel Janva | Lien permanent

30 août 2014

L’émergence de l’État islamique déclenche un retournement géopolitique sans précédent

Un décryptage très intéressant de Thomas Flichy de la Neuville (professeur à l'ESM de St Cyr) sur Liberté politique :

"La brusque émergence de l’État islamique en Irak et au Levant, loin de se réduire, comme le voudraient certains commentateurs, à un simple épiphénomène, se présente comme un événement fondamental qui a d’ores et déjà entraîné un renversement géopolitique majeur.

La liquidation du régime de Saddam Hussein par les États-Unis a entraîné un chaos interne à l’Irak qui a prioritairement bénéficié aux compagnies pétrolières chinoises. Ce sont elles qui ont raflé la mise du démantèlement de l’État irakien.

Devant cette déroute géopolitique, les États-Unis cherchent aujourd’hui à préserver les contrats signés au sud dans la partie chiite et au nord, dans le Kurdistan.

L’exploitation du gaz de schiste américain ne rend pas indispensable l’importation de gaz irakien. En revanche, il est important d’empêcher une mainmise totale de la Chine, devenue l’adversaire principale des États-Unis. 

Un renversement complet

Pour ce faire, les États-Unis ont décidé de mettre fin à la progression de l’État islamique. Armer les Kurdes ou d’autres minorités irakiennes au détriment des islamistes sunnites se présente, à l’évidence, comme un renversement complet de politique.

En effet, le Kurdistan armé menace la Turquie, alliée traditionnelle de l’Amérique. D’autre part, il s’avère totalement illusoire de limiter l’avance djihadiste sans s’appuyer sur la Syrie de Bachar-el-Assad. Enfin, comment contenir l’essor islamiste sunnite sans le soutien de l’Iran ? Au cours des derniers mois, les États-Unis, se sont ostensiblement rapprochés de l’Iran tout en prenant leurs distances par rapport à Israël.

Ce mouvement s’est aujourd’hui accéléré. Les États-Unis ménagent toutefois leur allié saoudien, terrorisé par la menace d’un État islamique pouvant le faire voler en éclats. Ils n’ont d’ailleurs pas émis de protestation à l'encontre des bombardements saoudiens en Libye, État destiné à devenir la métastase nord-africaine de l’EI. 

Le choix du réalisme

Le choix par les États-Unis d’une politique réaliste au Moyen-Orient, qui est en train de prendre de court l’ensemble des chancelleries européennes, se traduit par un nouvel équilibre dont les éléments majeurs sont les suivants :

♦ La Turquie, menacée à l’Est par le Kurdistan armé est fragilisée en raison de son soutien aux islamistes syriens et libyens.

♦ Israël, qui a le plus grand mal à stabiliser la bande de Gaza, peut tenter de jouer l’alliance avec l’Égypte afin de se présenter comme un glacis empêchant la connexion entre le Califat Irakien et son émirat Libyen.

♦ L’antagonisme entre le Qatar et l’Arabie Saoudite est exacerbé.

♦ Enfin, de nouveaux rapports vont se nouer entre les puissances géoculturelles que sont l’Iran et la Russie, qui ont misé triomphalement sur une politique réaliste du temps long, et l'Amérique de l'après État-islamique." 

Posté le 30 août 2014 à 16h19 par Marie Bethanie | Lien permanent

Irak : un couple de vieillards chrétiens dépouillé et chassé de Mossoul par l’État Islamique

L'Observatoire de la christianophobie relaie la triste histoire d'un couple âgé obligé de quitter Mossoul où ils avaient toujours vécu :

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"C’est une de ces innombrables histoires atroces qui émaillent le quotidien de la tragédie vécue par les chrétiens d’Irak. Elle est, comme tant d’autres, révélatrice de la barbarie des musulmans de l’État Islamique, et nous est racontée par Leah Sorith, missionnaire de Danmission, une fondation catholique danoise d’aide et de soutien aux Irakiens déplacés en coopération avec l’Église Chaldéenne. La voici.

Najib (75 ans) et son épouse Dalal (72 ans) forment un couple de chrétiens qui vivait à Mossoul, la plus grande ville chrétienne d’Irak. Quand l’État Islamique fit la conquête de cette ville le 7 août dernier, le couple, contrairement aux 50 000 chrétiens qui la fuirent, décida d’y rester : ils étaient trop vieux et trop malades, notamment Najib, pour se lancer sur les chemins de l’exode. Ils avaient vécu à Mossoul, ils y finiraient leurs jours. Ils faisaient partie de la poignée de chrétiens à rester sur place. Mais l’État Islamique ne l’entendait pas de cette oreille. Le 27 août, ces adeptes de la religion d’amour, de tolérance et de paix, décidèrent de les expulser de chez eux sans égard pour leur âge et leur état de santé : le califat doit être christenrein ! Après les avoir dépouillés de leurs papiers d’identité et du peu d’argent qu’ils avaient, ils furent chassés hors de la ville et partirent vers Erbil, capitale de la Région autonome du Kurdistan, sans eau et sans ravitaillement. Ils marchèrent, ou plutôt se traînèrent de 10 h du matin, sous un soleil de plomb, jusqu’à minuit, Dalal tâchant de soutenir et de tirer Najib à moitié impotent, jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus. Quelques bons Samaritains furent placés sur leur route par le Seigneur. Un autre réfugié assyrien croisa ce couple pathétique et porta Najib sur son dos pendant plusieurs heures. Puis ce fut une religieuse, conduisant une vieille carriole, qui prit le relai et transporta le couple jusqu’à un point de contrôle militaire kurde où l’on put appeler une ambulance qui les conduisit jusqu’à un hôpital d’Erbil. Aujourd’hui, Najib et Dalal sont hébergés, avec d’autres familles, dans un centre commercial désaffecté. Najib demeure prostré, incapable de se tenir sur ses jambes ou de se rendre aux toilettes. Pour avoir été tiré sur le sol par sa femme, son dos et ses jambes sont couverts d’hématomes, un de ses pieds semble attaqué par la gangrène… Prions pour eux et pour tous les réfugiés chrétiens ! "

Posté le 30 août 2014 à 15h54 par Marie Bethanie | Lien permanent | Commentaires (0)

La ville de Béziers engage un processus de jumelage avec Maaloula

... afin « de montrer que le sort des chrétiens d’Orient touche les Français ».

Posté le 30 août 2014 à 10h28 par Michel Janva | Lien permanent

Un message vidéo pour nos frères d'Irak, à partager

« Ce qui nous manque le plus, c’est votre proximité, votre solidarité. Nous voulons avoir la certitude que nous ne sommes pas oubliés ! » Mgr Sako

Continuons de prier pour nos frères d’Irak! Le cardinal Barbarin s’est engagé à réciter un Notre Père par jour jusqu’à ce qu’ils puissent rentrer chez eux. Nous vous proposons de suivre son exemple et de prier aussi le Notre Père tous les jours.

Cette vidéo a été réalisée pour témoigner à nos frères souffrants d'Irak qu'ils ne sont pas abandonnés et que le monde entier prie pour eux :

 

 

Posté le 30 août 2014 à 01h07 par Marie Bethanie | Lien permanent

28 août 2014

Bachar al-Assad de nouveau fréquentable ?

La décapitation du journaliste James Foley et le martyre des populations chrétienne et yézidie en Irak a rebattu les cartes. Après avoir armé les jihadistes contre le régime syrien, les puissances occidentales s'inquiètent de leur progression en Irak. Non seulement Bachar al-Assad n'est plus l'ennemi numéro un (qui parle encore de le renverser ?), mais il devient incontournable pour lutter contre le pseudo Etat islamique.

  • Les Etats-Unis, pragmatiques

Officiellement, les Etats-Unis n'ont pas accepté la main tendue par le ministre syrien des affaires étrangères, qui a proposé lundi une forme de coopération. Mais officieusement,

"le chef d'Etat-major américain, Martin Dempsey, estime qu'il faut attaquer l'EI des deux côtés de la frontière et utiliser "tous les outils - diplomatique, économique, militaire" contre les jihadistes. Des responsables américains annoncent, sous couvert de l'anonymat, l'envoi d'avions espions et de drones au-dessus [de la Syrie]Ces déclarations laissent imaginer une coopération avec le régime syrien, principal obstacle à la progression de l'EI en Syrie."

  • Débat en Grande Bretagne

Changer son fusil d'épaule n'est pas simple. En Grande Bretagne, le Foreign office a exclu toute coopération avec Bachar al-Assad, tout en admettant combattre un ennemi commun.

"C'est pourtant l'ancien chef de l'armée britannique lui-même qui avait suggéré de recréer des liens avec le dirigeant syrien, selon le principe très simple "l'ennemi de mon ennemi est mon ami"."

  • Et la France ?

A la conférence des ambassadeurs aujourd'hui, François Hollande a campé sur ses positions :

"Bachar al-Assad est l'allié objectif des jihadistes." "On ne peut pas choisir entre deux barbaries, parce qu'elles s'entretiennent mutuellement."

Ne pas choisir, voilà le cap fixé par la France, qui prétend organiser une conférence internationale pour coordonner l'action, y compris militaire, contre les jihadistes. A laquelle elle invite... l'Iran.

Posté le 28 août 2014 à 17h02 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

26 août 2014

"Chrétiens d'Irak, une double catastrophe"

Le patriarche chaldéen de Bagdad, Mgr Sako, publie aujourd'hui dans la Bussolaun appel, traduit par Benoît-et-moi :

"Il est désormais évident qu'aux chrétiens irakiens, ainsi qu'à d'autres minorités, un coup mortel a été porté au cœur de leur vie et de leur existence, à travers l'expulsion de cent mille chrétiens par la force, ou en volant leurs biens, leur argent, leurs papiers, ou en occupant leurs maisons. Et cela uniquement parce qu'ils sont chrétiens!

J'ai visité les camps de réfugiés dans les provinces d'Erbil et de Dohok et ce que j'ai vu et entendu est au-delà de l'imagination!

Depuis le 6 Août jusqu'à aujourd'hui, on n'a pas encore vu de solution concrète immédiate à la crise que nous traversons. Et pas seulement cela: le flux de fonds, d'armes et de combattants pour l'Etat islamique continue [le Califat a mis la main sur les puits pétroliers en Syrie et en Irak, ce qui lui assurerait une rente de «3 millions $ par jour. Mais qui achète ce pétrole ? voir note sur le blog Benoît-et-moi].

Bien que nous vivions dans une campagne organisée d'élimination de l'Irak, la conscience du monde n'est pas encore pleinement consciente de la gravité de la situation.

A présent, la deuxième phase de la catastrophe a déjà commencé: la migration de ces familles dans différentes parties du monde. De cette manière, on vide l'histoire, le patrimoine et l'identité de ce peuple. Les déplacements et les migrations ont un grand impact sur nous, à la fois pour les chrétiens et pour les musulmans. L'Irak est en train de perdre un élément irremplaçable de sa société, les chrétiens; commence alors la disparition d'une tradition authentique!

La communauté internationale - à commencer par les Etats-Unis et l'Union européenne qui ont une responsabilité historique et morale envers l'Irak - ne peut rester indifférente. Tout en reconnaissant tout ce qui est fait pour résoudre la crise, il semble que les décisions et les mesures prises jusqu'à présent n'ont pas provoqué de changement réel sur le cours des événements; et le sort des personnes touchées est toujours en suspens, comme si ces personnes ne faisaient pas partie de la race humaine!

La même chose doit être dite à propos de la communauté musulmane, dont les déclarations sur les actes de barbarie contre la vie, la dignité et la liberté des chrétiens, pratiqués au nom de leur religion, ne sont pas la hauteur des attentes, en tenant compte du fait que les chrétiens ont contribué et se sont battus pour ce pays, vivant une collaboration avec leurs frères musulmans.

Le fondamentalisme religieux augmente encore en puissance et en force, causant des tragédies, nous faisant nous demander quand les experts religieux musulmans et les intellectuels musulmans commenceront à examiner de façon critique ce phénomène dangereux et à l'éradiquer à travers l'éducation à une véritable conscience religieuse, et à diffuser une culture authentique de l'acceptation de l'autre comme frère et comme citoyen avec les mêmes droits.

Ce qui est arrivé est terrible et horrible, nous avons besoin d'un soutien international urgent et efficace, de toutes les personnes de bonne volonté, pour sauver de l'extinction les chrétiens et les Yézidis, composantes authentiques de la société irakienne. Sachant que le silence et la passivité encouragent les fondamentalistes de l'ISIS à commettre encore plus de tragédies. La question devient: qui sera le prochain?

Bon nombre des personnes déplacées souhaitent retourner dans leurs villes et dans leurs maisons dans la plaine de Ninive, et espèrent pouvoir le faire en sécurité sous protection internationale. Mais la pleine sécurité de cette zone ne peut être atteinte sans la coopération de la communauté internationale, ainsi qu'une action conjointe du gouvernement central et du gouvernement régional du Kurdistan. Ces personnes innocentes méritent de vivre dans la paix et dans la dignité après la terreur qui leur est infligée par l'ISIS et après avoir été dépouillés par leurs propres voisins.

Bien sûr, nous sommes fiers de la foi de nos fils et nos filles, et de leur fermeté et leur courage face à cette calamité, pour le bien de leur foi. Nous les invitons à vivre cette crise dans une véritable communion avec toutes les personnes autour d'eux, sans distinction. Ce dont nous avons besoin, ce ne sont pas de déclarations lassantes, mais d'une véritable communion avec les autres, comme nous l'avons expérimenté au cours de la visite de la délégation de la Conférence des évêques de France, celle de l'envoyé personnel du pape François, et celle des Patriarches.

Cette crise nous rend capables d'une reconstruction spirituelle, morale et matérielle de nos communautés. Nous respectons la décision de ceux qui veulent migrer, mais pour ceux qui veulent rester, nous insistons sur notre longue histoire et notre patrimoine profondément ancré dans cette terre. Dieu a son projet pour notre présence dans cette terre et il nous invite à porter le message de l'amour, de la fraternité, de la dignité et de la coexistence harmonieuse."

Posté le 26 août 2014 à 14h46 par Michel Janva | Lien permanent

SOS Outre-mer apporte son soutien aux chrétiens d'Irak

NL'association Sos outre-mer, qui aide depuis 23 ans un orphelinat chrétien au Liban, vient de lancer une opération avec un double objectif:

  • Apporter un soutien financier aux chrétiens d'Irak et aux enfants de Syrie réfugiés au Liban;
  • Inviter les Français qui soutiennent les chrétiens d'Orient à manifester leur solidarité en apposant sur leur voiture ou leur habitation un autocollant portant le signe de désignation des chrétiens persécutés en Irak, c'est-à-dire le Noun, cette lettre arabe signifiant Nazaréen et que les dijadistes tracent sur les maisons des familles chrétiennes pour les désigner à la vindicte islamiste.

Cette "étoile jaune" nouvelle formule sera ainsi détournée de sa vocation initiale pour devenir un signe de ralliement, de résistance et de solidarité chrétienne par delà les frontières. Les autocollants peuvent être commandés à Sos outre-mer, 13 Fbg Sébastopol, 31290 Villefranche de Lauragais, au prix de 2 € pièce, port compris (1,50 € pièce à partir de 10 exemplaires). Chèques à l'ordre de Sos outre-mer.

Posté le 26 août 2014 à 09h48 par Michel Janva | Lien permanent

Soutien aux chrétiens d'Irak dimanche 31 août 17h00 à Nantes

Un rassemblement est organisé dimanche 31 août à 17h00 sur le parvis de la cathédrale de Nantes en présence de Chrétiens d’Irak, de chrétiens libanais.

Il y aura des témoignages et une collecte sera effectuée et reversée intégralement à l’Oeuvre d’Orient.

Seules les pancartes, banderoles, marquant EXCLUSIVEMENT le soutien pour les Chrétiens d’Orient persécutés sont autorisées. Ou les bougies.

Monseigneur James a été invité.

Posté le 26 août 2014 à 09h30 par Michel Janva | Lien permanent

25 août 2014

Irak : "Nous sommes en face du troisième totalitarisme"

Bruno Retailleau, sénateur de la Vendée, s'est rendu lundi dernier dans un camp de réfugiés en Irak, à l'invitation du patriarche des Chaldéens et de l'association Fraternité en Irak :

"Cette invitation faisait suite au courrier que j’avais envoyé fin juillet au Président de la République, demandant que la France prenne toute sa responsabilité pour aider les chrétiens d’Orient dans le calvaire qu’ils endurent.

Mais ce que j’ai vu et entendu à Erbil dépasse les limites de l’horreur. (...) La communauté internationale a deux responsabilités graves.

  • D’abord, organiser de toute urgence une aide humanitaire, alimentaire, médicale et pharmaceutique digne de ce nom. Les camps sont tout simplement improvisés et malgré le soutien des églises locales, les réfugiés manqueront très rapidement du nécessaire vital, au risque que des épidémies se développent.

  • Ensuite, la communauté internationale, sous mandat de l’ONU, doit éradiquer cet Etat Islamique mué par une folie meurtrière que rien ne semble pouvoir arrêter. Ce qui se passe en Irak menace la stabilité de l’ensemble de la région, mais aussi notre propre sécurité. L’EI ne s’arrêtera certainement pas aux limites du Moyen Orient ; S’il le peut, il frappera l’Europe en son cœur.

J’ai la conviction que nous sommes en face du 3ème totalitarisme. Dans ce combat la France doit tenir une place éminente, car la France est la patrie des droits de l’homme et la sœur ainée des chrétiens d’Orient. Au nom de nos frères chrétiens d’Irak, en tant que parlementaire français, je demande solennellement à François Hollande que la France prenne l’initiative au conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution pour briser cette spirale de violence et de haine. Nous ne pouvons ni tolérer ni risquer que s’étende ce qui s’apparente à un véritable hiver arabe."

Posté le 25 août 2014 à 22h16 par Louise Tudy | Lien permanent | Commentaires (0)

L'idée de discuter n'est pas envisageable avec les djihadistes

Le Père Jean-Jacques Pérennès, directeur de l'Institut dominicain d'études orientales du Caire, déclare à Ouest-France :

"[...] Il faut combattre ces jihadistes extrêmement dangereux. Même Al-Qaida les a rejetés, c'est dire la menace qu'ils représentent.

Vous légitimez donc une attaque armée contre l'EI ?

Tout à fait, les représentants de l'Église ont d'ailleurs évolué sur cette question ces derniers temps, et il faut porter des coups fatals à l'État islamique. L'idée même de discuter n'est pas envisageable avec des gens qui imposent une conversion à l'islam, l'exil ou la mort. Et l'islam qu'ils prônent est loin de l'islam traditionnel, la majorité des musulmans le dénonce. Je ne suis pas un « va-t-en-guerre », mais parfois c'est la seule solution. [...]

Les Kurdes sont en supériorité numérique, mais un appui militaire est nécessaire. L'État islamique a montré son efficacité sur le terrain avec cette progression fulgurante sur le territoire irakien. Mais la reprise de Mossoul par les peshmergas est un signe positif dans la lutte contre les jihadistes.

Les chrétiens pourraient-ils s'installer durablement au Kurdistan ?

Ce n'est pas la solution. Il faut lutter pour une reprise totale de Qaraqosh et de Mossoul, berceaux de la chrétienté en Irak. Mais il faut avant tout que les chrétiens puissent rentrer chez eux, retrouvent leurs maisons et leurs églises. Il faut résister contre ces jihadistes et stopper ce fantasme de rétablir un califat en Irak."

Posté le 25 août 2014 à 19h11 par Michel Janva | Lien permanent

Le Patriarche latin de Jérusalem soutient la manifestation de Civitas

Le Patriarche latin de Jérusalem apporte son soutien et sa bénédiction à la manifestation nationale du 21 septembre pour les Chrétiens d’Orient persécutés :

« Aux responsables de l’association Civitas :

Depuis Jérusalem, en mon nom et celui de tous les chrétiens de la Terre Sainte et du Moyen-Orient, je souhaite vivement vous remercier et vous encourager pour votre démarche et pour cette manifestation de soutien que vous organisez le 21 septembre prochain pour les Chrétiens d’Orient persécutés.

Notre souffrance est grande, la tragédie que vivent nos frères à Gaza est indicible. Aux bombardements s’ajoute désormais une situation sanitaire dramatique due au manque d’eau. Dans ce Moyen-Orient à feu et à sang, en proie aux fanatismes et à la violence, les innocents sont les premières victimes : les enfants, les chrétiens et les minorités. En Jordanie, nous avons accueilli récemment près d’un millier de chrétiens chassés d’Irak. Ils ont tout perdu, certains ce qu’ils avaient de plus précieux : leur femme, leur mari, leurs enfants, des parents, dans des conditions dont la violence dépasse toute barbarie. Mais au milieu de leur profonde détresse, la flamme de leur foi – cette foi pour laquelle ils ont accepté de tout perdre – n’a pas vacillé. Cette flamme est un signe pour le monde entier.

Ensemble, unissons-nous à l’appel de notre Pape François pour prier, prier sans cesse. Notre prière n’est jamais vaine. Il est de notre devoir de nous mobiliser comme vous le faites, et d’unir nos voix pour qu’elles soient entendues, et que les dirigeants de ce monde prennent conscience de l’urgence et se mobilisent pour sauver les chrétiens du Moyen-Orient. Plus que jamais, nous avons besoin de votre soutien et de votre prière. En attendant la joie de vous voir à Jérusalem si vous venez en Terre Sainte, soyez assurés de ma bénédiction et de mon intense communion."

Posté le 25 août 2014 à 14h49 par Michel Janva | Lien permanent

La Foi des chrétiens d’Irak reste sans faille, malgré les persécutions

En visitant les réfugiés en Kurdistan, une association de charité catholique témoigne de leur Foi intacte, même dans l’exil et dans de profondes souffrances.

la Foi est leur raison de vivre. Malgré les persécutions, les enfants portent des rosaires autour du cou et les gens ne cachent pas leurs tatouages des croix ni leurs médailles de chrétiens. »

Une femme âgée de 90 ans raconte que la seule chose qu’elle pouvait emporter lors de sa fuite était ses livres de prières. Elle montra ses livres comme ses trésors, écrits en Araméen à la main. Ce qui laisse à penser : « C’est précisément ce qu’ils veulent sauver : leur Foi ».

« L’église du camp des réfugiés était pleine à craquer, on ne pouvait même plus y entrer. Ils prient et chantent en Araméen ; c’est la voix qu’ils veulent étouffer en Irak. »

« Il faut faire en sorte qu’ils puissent continuer à prier sur cette terre et dans la langue araméenne. Nous ne pouvons pas demeurer des témoins silencieux d’une destruction qui prend la tournure de la chute d’une civilisation. Le problème ne concerne pas seulement l’Eglise mais toute l’humanité. Nous assistons en silence à un génocide culturel et humain aussi bien que religieux. Pour cette raison c’est notre devoir de lever nos voix et demander à nos gouvernements d’agir contre cette barbarie.»

Posté le 25 août 2014 à 14h38 par Michel Janva | Lien permanent

Le pape envoie 1M€ aux réfugiés irakiens

Le pape François destine une somme d’un million de dollars, soit plus de 750 000 €, pour venir en aide aux réfugiés irakiens, affirme le cardinal Fernando Filoni, préfet de la congrégation pour l’Évangélisation des peuples. Cette somme est destinée à subvenir à une partie des besoins des 700 000 chrétiens et d’autres minorités qui ont fui. 75 % de l’argent a été donné aux catholiques, et 25 % à la communauté yézidie.

Posté le 25 août 2014 à 10h07 par Michel Janva | Lien permanent

Bagdad appelle à l'aide

Le ministre irakien des Affaires étrangères a appelé dimanche la communauté internationale à aider son pays à lutter contre les jihadistes.

L'Irak "a besoin d'aide et de soutien de la part de tout le monde (...) de toutes les forces contre le terrorisme", mais pas sous la forme de troupes, car "les hommes combattant ne manquent pas". 

Son homologue iranien Mohammed Javad Zarif, qui s'exprimait à ses côtés, a assuré Bagdad de l'aide de son pays, mais démenti toute présence de soldats iraniens en Irak. 

"Nous coopérons et travaillons (...) avec le gouvernement irakien et avec le gouvernement kurde pour repousser ce groupe".  "Mais nous ne croyons pas que (les gouvernements kurde et irakien) aient besoin de la présence de soldats iraniens".

Posté le 25 août 2014 à 10h02 par Michel Janva | Lien permanent

Pour les Chrétiens d’Orient, osons fêter la Saint-Louis

De Louis, duc d'anjou :

"25 août fête de Saint Louis. En cette année de commémoration de la naissance du grand roi né en 1214, elle ne peut passer inaperçue ni nous laisser indifférent car l’image du roi nous ramène immanquablement à la Terre Sainte qui a tenu une grande place dans sa vie de souverain, de souverain chrétien. Or huit siècles après, cette terre se trouve toujours en guerre avec son lot de victimes et de drames vécus au quotidien par une des plus vieilles populations chrétiennes de la terre. Nous assistons à une véritable persécution qu’il faut dénoncer comme crime contre l’humanité. Les Chrétiens d’Irak qui étaient 1,5 millions il y a une trentaine d’années sont moins de 400 000. Le combat est celui, une nouvelle fois de David contre Goliath, des petits contre les géants. Mais les géants de nos jours sont armés puissamment et non moins puissamment fanatisés. Les moyens de résister sont faibles. Pourtant ne faut-il pas tout faire pour que ces Chrétiens demeurent sur leur terre ? Ils y vivent depuis toujours, depuis le début de l’ère chrétienne, c’est-à-dire bien avant que l’Islam n’y soit venu.

Saint Louis le saint de la justice, du bien commun et de la famille, est aussi celui d’un dialogue méditerranéen. S’il est plus que connu en France où les cérémonies organisées à l’occasion du 8ème centenaire de sa naissance et de son baptême sont nombreuses, il l’est aussi de la Tunisie à l’Egypte en passant par Chypre et il est encore largement honoré au Liban. Saint Louis, le premier, accorda la protection de la France aux peuples chrétiens d’Orient. Depuis, de François 1er à Napoléon III tous les souverains honorèrent cette promesse. La République n’y fut pas insensible même si parfois sa position manque de vigueur. Toutefois la voix de la France n’est plus aussi forte qu’auparavant et beaucoup de « bruits de fond » empêchent qu’elle soit bien audible. Ces peuples martyrs manquent de protecteurs.

Pourtant la situation des Chrétiens d’Orient demande à ce que l’on parle en leur nom. Le Pape François l’a fait fermement et courageusement il y a quelques jours. Plusieurs évêques et cardinaux français sont partis sur le terrain et ont montré par l’exemple et la prière que les chrétiens d’occident, que les fils de Saint Louis étaient à leur côté. Mais cette présence, ces prières doivent être soutenues et amplifiées. C’est à nous, nations chrétiennes dans un monde plus ou moins préservé, de rappeler qu’il y a des valeurs essentielles avec lesquelles les politiques ne peuvent transiger. Celles de la vie tout d’abord, de la vie respectée de la conception à la mort ; celles, ensuite, d’une société sachant s’élever au-dessus des seuls matérialismes et hédonismes comme vient encore de la rappeler le Pape François à Séoul ; celles, enfin, du respect mutuel entre croyants.

Le message chrétien dont la France a longtemps été le porte-parole est celui de la primauté du droit sur la force. La force du conquérant ne peut rien contre les droits de ceux qui ont toujours été là et qui se sont toujours reconnus comme chrétiens.

Cette présence chrétienne dans le coeur du Moyen-Orient, dans le berceau de la civilisation née en Mésopotamie, est une richesse pour toute l’humanité. Que serait celle-ci si l’uniformité régnait, si l’uniformité de la brutalité régnait ? Le message de Saint-Louis encourage à préserver cette richesse. Lui qui savait pardonner à ses ennemis, et a toujours mis toute son énergie en avant pour que la chrétienté puisse vivre sur la Terre Sainte. C’est la vigueur de sa foi et de ses vertus de chrétien qui ont fait que même prisonnier, ses ennemis l’ont estimé. C’est ainsi qu’il est saint et que huit siècles après il est toujours honoré.

Aîné des descendants de Saint Louis, je lance donc un appel en faveur des chrétiens du Moyen-Orient afin que la paix leur soit donnée, afin qu’ils puissent vivre sur leur terre et continuer à témoigner qu’au-delà de la violence des hommes, il y a place pour la charité, la justice, le droit. C’est cela la paix de Dieu. Le message malgré les siècles demeure. Le Pape François le prêche partout dans le monde. Il appartient à tous les hommes de bonne volonté de le diffuser et de faire vivre ces valeurs en redonnant du sens à leur vie. Pour les Chrétiens d’Orient, face aux persécutions et à l’exil forcé, il y a urgence. Telle est la prière que nous pouvons adresser à Dieu, par l’intercession de Saint-Louis en sa fête le 25 aout."

Posté le 25 août 2014 à 07h34 par Michel Janva | Lien permanent

24 août 2014

Des Suisses dans les milices chrétiennes en Irak

Lu ici :

"Une dizaine de Suisses seraient partis en Syrie et en Irak pour rejoindre les milices chrétiennes qui s'opposent notamment aux djihadistes de l'Etat islamique, selon une enquête du Matin Dimanche.

Des Suisses se battraient aux côtés de milices chrétiennes en Syrie et en Irak, affirme Le Matin Dimanche. Selon le journal dominical, ils seraient une dizaine et certains exerceraient des fonctions dirigeantes.

Les auteurs de l'enquête affirment avoir rencontré en Syrie plusieurs Suisses membres du Syriac Military Council, une milice qui défend les populations chrétiennes face aux djihadistes de l'Etat islamique. Cette organisation aurait déjà formé plus de 1000 soldats.

Parallèlement, les quelque 1500 familles suryoyes - comme se nomment les Araméens, les Assyriens et les Chaldéens - présentes en Suisse se mobiliseraient aussi financièrement."

A propos de ces milices chrétiennes, voir ce reportage du Monde.

M

Posté le 24 août 2014 à 19h08 par Michel Janva | Lien permanent

23 août 2014

Irak : la communauté internationale doit réagir maintenant avec fermeté

Johannes Heereman, président du conseil exécutif de l’Aide à l’Eglise en Détresse, a déclaré lors de son retour de la ville irakienne d’Erbil  

"Si nous ne voulons pas être des témoins muets des ultimes lignes de l’histoire du christianisme en Irak, la communauté internationale doit réagir maintenant avec fermeté. On peut réellement évoquer la menace d’un génocide. L’Église peut soulager la douleur et la détresse, mais les questions relevant de la sécurité et de la défense ainsi que du droit à la vie et à la liberté de religion reviennent au politique.

La situation est dramatique. Nous avons rencontré des évêques, des prêtres, des religieuses et des bénévoles qui s’engagent jour et nuit pour apporter une assistance élémentaire. Les températures avoisinent les 44 degrés. Les gens ont besoin de soins médicaux et d’un toit pour s’abriter. Il reste encore tant à faire. Ils sont nombreux à avoir déjà parcouru un long chemin parsemé de persécution et de souffrance. Ils sont découragés et ne veulent plus qu’une seule chose : partir. Ils nous supplient de les aider à obtenir un visa pour un autre pays. Mais ils sont aussi nombreux à vouloir retourner dans leur maison souvent pillée par les voisins : c’est là qu’ils ont vécu pendant des générations, que se situent leur histoire et leurs racines. Ils ont tout abandonné en fuyant, et veulent pourtant rentrer chez eux".

Posté le 23 août 2014 à 11h48 par Michel Janva | Lien permanent

Ils lui ont pris sa fille de 3 ans

Récit effarant de ce qui se passe en Irak.

Posté le 23 août 2014 à 10h14 par Michel Janva | Lien permanent

22 août 2014

"Parce que nous sommes chrétiens, ils veulent nous tuer"

Dans l'avion qui les conduit jeudi en France, 2 réfugiés chrétiens d'Irak racontent la peur, la terreur, les menaces :

"Bien avant leur arrivée, j'avais reçu trois menaces directes, sur mon téléphone portable". "Il y a huit ans, j'avais déjà dû quitter Mossoul, où nous les chrétiens n'étions plus en sécurité, pour me réfugier à Qaraqosh". "Quand ils sont arrivés aux portes de la ville, nous sommes partis pour Erbil, où nous avons été accueillis par le gouvernement kurde, qu'il en soit remercié". "Les djihadistes violent les femmes, les filles, kidnappent les gens, c'est très dur. On a des amis, des musulmans, qui sont très gentils, mais eux, on ne sait pas pourquoi ils font ça. Parce qu'on est chrétiens, c'est tout. Il y a beaucoup de chrétiens qui veulent venir en France ou en Europe, parce que c'est impossible de vivre avec les gens qui nous haïssent. Nous sommes humiliés, persécutés, on ne peut plus vivre comme ça". "On va recommencer à zéro, c'est dur, mais ce sera mieux pour nous que de vivre toujours sous la menace, dans l'insécurité, toujours, à Qaraqosh, à Mossoul, en Irak."

"Déjà en 2005, à l'université de Mossoul, ils m'avaient menacée et obligée à porter le voile, parce que c'était le ramadan. Je l'ai porté pendant deux semaines, si je ne l'avais pas fait, ils m'auraient tuée." "Ils sont effrayants, ils veulent nous forcer à nous convertir, nous transformer en musulmans". "Parce que nous sommes chrétiens, ils veulent nous tuer. Si nous étions restés, nous avions le choix entre nous convertir ou leur payer un impôt, tous les mois. Nous avons tout quitté en quelques heures, c'était horrible. La France est notre dernière chance, nous n'avons plus rien, plus de maison, plus de travail, nous avons tout perdu. J'étais professeur, d'anglais, désormais je ne suis plus rien." 

Posté le 22 août 2014 à 19h07 par Michel Janva | Lien permanent

Les djihadistes sont une menace pour tous

Communiqué du Fr. Bruno Cadoré, Maître de l’Ordre dominicain :

"Excellences,

Aucun de nous ne peut rester insensible à ce qui se passe en Irak actuellement. Ce que nous voyons arriver là-bas en appelle à notre solidarité et à une réponse coordonnée pour que cesse la violation extrême des droits humains contre des groupes minoritaires sans défense à qui on dénie la dignité humaine la plus basique. Il s’agit d’une violation de la loi humanitaire internationale, et d’un crime contre l’humanité. Nos frères et sœurs sur place nous tiennent informés en continu de cette terrible situation. Ceux qui commettent cela sont une menace non seulement pour le peuple irakien et ses voisins mais pour nous tous, car ils mettent en œuvre une mentalité et une vision de la vie qui, si elle réussit, attirera de plus en plus d’adhérents, mettant en danger de nombreux états. Alors même que le conflit semble être un conflit interreligieux, il ne peut rien avoir de religieux car Dieu est un Dieu de vie, pas un Dieu de mort.
 
Nous avons la chance d’avoir, avec les Nations unies, un forum engagé dans la construction d’un monde harmonieux et pacifique. Cependant, beaucoup de ceux qui auraient le plus besoin de son aide sont aujourd’hui cyniques sur son action, ayant l’impression que leurs appels à l’aide tombent dans des oreilles sourdes. La crise actuelle peut ainsi être une chance pour changer une mentalité qui serait soucieuse uniquement de « nos intérêts nationaux » pour une mentalité engagée dans la préservation de la vie et la dignité humaines de chaque être humain, indépendamment de sa race, de son origine ethnique, de sa religion ou de tout autre identité.
 
Nous reconnaissons les efforts des pays qui répondent aux besoins sécuritaires et humanitaires des personnes déplacées en Irak. Cependant, ce n’est pas suffisant pour assurer leur survie. Quand un état ne peut plus contrôler un niveau brutal de violence, sur lequel le monde entier s’accorde à dire qu’il doit être arrêté (comme c’est le cas actuellement en Irak), alors la communauté internationale a l’obligation d’intervenir pour arrêter ceux qui commettent cette violence.

À la lumière de ceci, nous en appelons à vous et à tous les états membres des Nations unies pour :

  • vous saisir de la crise actuelle en Irak aujourd’hui et assurer le déploiement immédiat d’unités militaires spéciales venant du plus grand nombre possible de pays, unités qui auront la capacité nécessaire pour arrêter la purification ethnique et sectaire en cours, assurer le retour sain et sauf des réfugiés dans leurs foyers et traduire les responsables en justice.
  • arrêter l’approvisionnement en armes des responsables et de sanctionner ceux qui continuent à leur en fournir.
  • répondre immédiatement afin de déminer la crise humanitaire, et ceci avant qu’elle ne prenne des proportions incontrôlables.
  • protéger les membres des communautés minoritaires persécutées et, selon le droit humanitaire international, leur garantir un droit d’asile immédiat.
  • mettre en place immédiatement des conditions de dialogue et de négociations de paix qui incluent toutes les composantes de la société.

Nous espérons et nous prions afin que vous et vos gouvernements répondent à cet appel urgent."

Posté le 22 août 2014 à 11h11 par Michel Janva | Lien permanent

21 août 2014

40 chrétiens d'Irak arrivent jeudi soir à Paris

Ils seront les premiers réfugiés irakiens rapatriés par le quai d'Orsay à poser le pied en France.

Posté le 21 août 2014 à 20h02 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2014

Un ministre allemand accuse le Qatar de financer les djihadistes

Le ministre de l'Aide au développement, Gerd Müller, s'est interrogé:

«Une telle situation a toujours un historique» «Qui finance ces troupes? (...) Je pense au Qatar.»...

La veille, le ministre de l'Economie, le vice-chancelier social-démocrate Sigmar Gabriel, avait estimé que la communauté internationale n'échapperait pas au

 «débat sur qui maintenant et par le passé, a fourni les moyens financiers pour armer l'EI». «Cela n'a pas pu se faire sans argent.» 

Posté le 20 août 2014 à 11h50 par Michel Janva | Lien permanent

18 août 2014

L'Etat islamique filmé de l'intérieur

     

(source)

Posté le 18 août 2014 à 20h55 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (4)

Pour le Pape, une intervention en Irak est licite, mais la décision n'est pas du ressort des Etats-Unis

Du Figaro :

"Pour le pape François qui s'est exprimé devant la presse lors de son retour de Corée du Sud, une intervention pour arrêter « l'agression injuste » en Irak est « licite » mais c'est à « l'ONU » et non aux États-Unis d'en décider et de choisir les modalités. 

Le Pape a en outre ajouté qu'il se rendait disponible pour se rendre en Irak si nécessaire".

De l'Orient le jour

"Interrogé dans l'avion qui le ramenait de Corée du Sud au sujet des frappes américaines sur les cibles de l'Etat islamique (EI) dans le nord de l'Irak, le pape a répondu : "dans le cas où il y a une agression injuste, il est licite de stopper l'agresseur injuste. Je souligne le verbe : stopper, je ne dis pas bombarder ni faire la guerre". Mais "une seule nation ne peut juger (seule, ndlr) comment arrêter" cette agression, a-t-il ajouté.

De Radio Vatican

"Le Pape François a précisé la position du Saint-Siège sur l'intervention en Irak. « Je peux dire qu’il est licite d’arrêter l’agresseur. Je souligne le verbe : arrêter, je ne dis pas bombarder. Nous devons avoir de la mémoire, n’est-ce pas ? Tant de fois sous cette excuse  les puissances se sont emparées des peuples et ont fait une vraie guerre de conquête ! », s’est exclamé le Pape, dans une allusion implicite notamment à l’intervention américaine de 2003 en Irak, à laquelle le Pape Jean-Paul II s’était opposé avec fermeté. « Une seule nation ne peut pas décider comment arrêter cela », a rappelé le Pape en insistant sur l’importance du rôle des Nations Unies pour décider d’une réponse collective pour arrêter « l’agresseur injuste ».

Il a aussi insisté sur l’urgence d’une aide à apporter à toutes les personnes en situation d’exode en Irak, et pas seulement les chrétiens. « On me parle des chrétiens, pauvres chrétiens, c’est vrai, il y a tant de martyrs. Mais il y a des hommes et des femmes, des minorités religieuses, pas toutes chrétiennes, et toutes sont égales. »

Posté le 18 août 2014 à 19h55 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (5)

15 août : les chrétiens d'Erbil se placent sous la protection de Notre-Dame

Le roc dans la tempête :

"Pour la fête de l'Assomption, les habitants d'Erbil ont dressé une statue à l'effigie de la Vierge Marie. Un évènement résolument symbolique pour les Irakiens qui proclament leur foi au péril de leur vie.

 A Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan, la statue de Marie veille sur les chrétiens en exil depuis mi-août. Agnès Richieri, correspondante de La Croix à Erbil raconte cette journée particulière.

En dépit des destructions massives imposées par l'Etat islamique et des persécutions infligées aux chrétiens de Mossoul, de Qaraqosh et d'ailleurs, les réfugiés d'Erbil continuent à afficher ostensiblement leur attachement au Christ et à sa mère. Le front tenu par les milices djihadistes se trouve pourtant à quelques kilomètres d'Erbil. L'inauguration a rassemblé une foule de fidèles, elle a été célébrée par l'évêque d'Erbil, Bashar Mate Warda. La vierge surplombe désormais une fontaine, non loin de l'église saint Joseph, dans le quartier chrétien de la capitale.

"Le projet était prévu de longue date, explique John, un jeune chrétien d'Ainkawa, le quartier où fut inaugurée la statue hier soir. Il y avait avant une statuette que l'on ne voyait pas bien. Maintenant, tout le monde sait que c'est une terre chrétienne." (suite).

Posté le 18 août 2014 à 15h54 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

Quand John Mc Cain fréquentait le « calife » Abou Bakr al-Baghdadi

Lu sur IHS news :

"Le Conseil de sécurité de l’ONU vient de prendre des mesures contre les djihadistes en général, certaines visant par exemple à empêcher le recrutement et le financement des djihadistes en Syrie et en Irak.

Le Conseil a par ailleurs, ajouté les noms de six extrémistes, parmi lesquels des responsables de l’Etat islamique et du Front al-Nosra originaires d’Arabie saoudite ou du Koweït, sur une liste d’individus soumis à des sanctions internationales pour leurs liens avec al-Qaïda.

Ces sanctions consistent en un embargo sur les armes, des gels d’avoirs et une interdiction de voyager.

Le texte est placé sous le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ce qui permet de recourir à des sanctions, voire à la force, pour le faire appliquer mais n’autorise pas pour l’instant d’opération militaire.

A l’issue du vote, l’ambassadrice américaine Samantha Power a salué la position ferme et unie du Conseil et sa volonté de prendre des mesures concrètes face à ce qu’elle a qualifié de nouveau front de la menace terroriste.

Le représentant russe a, de son côté, souligné que la résolution ne donne pas d’approbation pour une action militaire seule capable selon lui de résoudre le conflit.

[...] Le Conseil de sécurité rappelle également, qu’en vertu d’une précédente résolution adoptée cette année, tous les Etats doivent prévenir et réprimer le financement des actes de terrorisme et doivent veiller à ce qu’aucun fonds, autres avoirs financiers ou ressources économiques ne soient mis directement ou indirectement à la disposition de ces deux groupes extrémistes.

Or, l’organisation terroriste dispose de moyens financiers considérables. L’argent provient de plusieurs pays du Golfe alliés de Washington et bien en vue à Paris, des coffres de diverses banques, comme celui de la succursale de la banque centrale irakienne à Mossoul au début du mois de juin, avec un butin de 425 millions de dollars, du commerce du pétrole avec la production de plusieurs raffineries comme celles de Tikrīt et Baiji et … du pillage d’antiquités vendus au prix fort en Occident par des réseaux mafieux.

D’où viennent les armes ? Essentiellement des Etats-Unis, de Londres et de Paris. Le matériel, fourni aux opposants à Bachar el Assad, est passé à 90% entre les mains des djihadistes avec en prime les reliquats des arsenaux libyens ainsi que des blindés, des tanks et de l’armement lourd de fabrication étasunienne pris à l’armée irakienne en déroute.

Alors que va faire le Conseil de Sécurité ? Pour les armes, les fautifs peuvent déclarer que leur intention n’était pas de les fournir aux extrémistes. Mais pour les financements ? Les pays occidentaux, si forts en paroles, vont-ils sanctionner le Qatar qui, comme le révélait un journal hier, est le pays le plus reçu à l’Elysée…??? Des mesures pour stopper le financement du terrorisme mondial par ce pays appliquant la Charia stricte, l’esclavagisme… vont-elles être enclenchées, où comme on peut le penser les condamnations vont-elles rester lettre morte ?

On peut revenir pour comparer à ce qui se passe actuellement en Ukraine. Les Etats-unis et l’Europe prennent des sanctions économiques contre la Russie pour une aide, toujours pas prouvée (nous ne disons pas qu’elle n’existe pas, mais juste que l’on attend les preuves) à des séparatistes qui, somme toute, ne font que faire ce qu’ont fait les actuels dirigeants ukrainiens au moment des affrontements du Maïdan à Kiev. Séparatistes qui ne décapitent pas, ne chassent pas les populations, ne pratiquent pas d’attentats suicides, ne violent pas, ne détruisent pas les lieux de cultes, et ne s’adonnent pas à l’esclavage. Mais qui mènent une action militaire (légitime ou pas c’est une autre question dont nous avons déjà abondamment parlé ailleurs) contre des forces armées et non des civils.

En revanche, contre le Qatar et l’Arabie Saoudite qui financent ouvertement pour le premier, plus subtilement pour le second, les groupes djihadistes, y compris l’Etat islamique avec toutes les horreurs pratiquées par ce dernier, pas l’ombre d’une sanction n’a été mise en place ni même évoquée. Bien pire, aucune voix officielle ne s’est élevée de la part des démocrates occidentaux pour ne serait-ce que rappeler à l’ordre ces pourvoyeurs de terrorisme. Avez-vous entendu le président Obama menacé le Qatar ou simplement lui demandé d’arrêter son soutien aux terroristes ? Jamais. Avez-vous entendu Laurent Fabius condamner le Qatar ? Non, le 1er août, le ministre des Affaires étrangères préférait de loin inaugurer l’hôtel Peninsula situé avenue Kleber à Paris. Il s’agit d’un palace qui propose 200 chambres – dont 45 suites -, fruit d’un investissement de 900 millions d’euros qui associe le groupe Shangai Hotels, propriétaire du nom Peninsula, et Katara Hospitality (anciennement Qatar National Hotels), puissant groupe qatari qui possède déjà en France l’Intercontinental Carlton Cannes. [...]

Et encore, ce n’est que le début, car plus on avance dans cette affaire plus les révélations sont sombres et révoltantes, à l’image de la photo de John Mc Cain en compagnie de plusieurs djihadistes dont le « calife » Abou Bakr al-Baghdadi, prise en 2013 alors qu’il était déjà classé comme terroriste, se multiplient."

Posté le 18 août 2014 à 15h36 par Michel Janva | Lien permanent

14 août 2014

Des bérets verts américains au mont Sinjar

L'engagement au sol des Américains en Irak semble se préciser :

"Une vingtaine de soldats américains ont effectué mercredi une mission de reconnaissance au mont Sinjar, dans le nord de l'Irak, pour évaluer les possibilités de porter secours aux réfugiés yazidis, a indiqué un responsable du Pentagone à l'AFP.

Les soldats, membres des Bérets verts, ont eu des contacts avec les réfugiés pourchassés par les jihadistes et sont depuis retournés à Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, a ajouté ce responsable qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Les Bérets verts sont une force spécialisée dans la formation et le conseil des armées locales. 

Le responsable du Pentagone a parlé d'une mission d'évaluation mais n'en a pas précisé l'objectif final".

Posté le 14 août 2014 à 08h27 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

L'Etat islamique en Irak...

Vidéo très choquante

 

Posté le 14 août 2014 à 00h26 par Le Salon Beige | Lien permanent

13 août 2014

Les évêques de France appellent à user de la force pour sauver les chrétiens d'Irak

De la bouche de leur porte-parole, monseigneur Bernard Podvin. Les temps changent.

Posté le 13 août 2014 à 10h07 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (9)

"Le monde entier doit se mobiliser pour la situation de l’Irak"

Le patriarche de Babylone des chaldéens, sa Béatitude Louis Raphaël Ier Sako, est interrogé par Aleteia :

"Monseigneur, que racontent les réfugiés ?
Mgr Sako : J’ai entendu leurs témoignages et ils sont dramatiques. J’ai déjà été en contact avec eux, au cours de ma visite à Erbil et dans les villages attaqués, avec quelques chrétiens de ce lieu. À les entendre, on se croirait revenus au Moyen-Age. Mon coeur pleure en se rappelant de ces moments si tristes et marqués uniquement par la peur, par la crainte d’être maltraités, frappés, tués. Ils n’ont plus rien, ni maison, ni ressources économiques après des années de sacrifices. Mais ils redoutent surtout le fait que cette situation dure très longtemps. 

Mark Arabo, homme d’affaires californien et leader chrétien, a récemment évoqué au micro de CNN un “génocide des chrétiens” et une “décapitation systématique des enfants” de la part de l’EIIL, en précisant qu’il existe à Mossoul “un parc où ont été décapités des enfants, et dont les têtes ont été enfilées sur de bâtons”. Pouvez-vous confirmer ou infirmer ces propos ?
Mgr Sako :Il n’y a rien eu de ce genre. Aucune décapitation. A Mossoul, de l’argent a été volé, mais les chrétiens n’ont pas été attaqués physiquement. Il y a eu un exode de masse et beaucoup de panique dans la plaine de Ninive. Les personnes ont été littéralement chassées de leurs propres villages. Il n’y a eu qu’un mort, un homme qui a tenté de traverser un check point dans un moment de tension.

Est-il vrai que les militants de l’EIIL exigent des taxes de la part des chrétiens pour les avoir épargnés, et qu’ils kidnappent les femmes pour en faire leurs épouses ? 
Mgr Sako : Les deux nouvelles sont vraies. Il y a eu des enlèvements de femmes chrétiennes, de même que l’exigence de taxes. Ces fanatiques islamiques demandent en particulier de l’argent aux chrétiens pour leur permettre de retourner dans leur maison. Mais les chrétiens de leur font pas confiance. Ces gens là changent constamment d’idée : ils ne sont pas fiables. Il se peut qu’un chrétien paie aujourd’hui, qu’il rentre chez lui pour y vivre en paix et que demain les milices l’attaquent à nouveau avec des conséquences que l’on ignore.

Le gouvernement de Bagdad a accusé les jihadistes sunnites de l’EIIL d’avoir jeté des centaines de Yézidis dans les fosses communes, avec parmi eux des femmes et des enfants. Que pouvez-vous nous en dire?
Mgr Sako : Ce qui s’est passé pour les Yazidis est vrai. Plus de mille femmes ont été capturées en emmenées. Beaucoup d’enfants sont morts aussi. Ces gens n’ont ni nourriture ni eau et se sentent isolés du reste du monde. Ils ne savent que faire ni où aller.

Au sujet de la crise irakienne, Mgr Silvani Maria Tomasi, Observateur permanent du Saint-Siège pour l’ONU de Genève, a dit que “l’action militaire était une nécessité dans ce contexte”. Que pensez-vous de l’intervention militaire américaine?

Mgr Sako :Les frappes partielles ne suffisent pas. La solution de cette crise ne peut se trouver que par un accord plus ample avec l’implication du gouvernement kurde et du gouvernement central irakien. Sans une stratégie globale, le rêve de voir les gens rentrer chez eux ne se réalisera jamais !

En ce moment, les chrétiens ont-ils le droit de s’organiser pour se défendre ou leur conseillez-vous de se résoudre plutôt à la fuite? 
Mgr Sako : Comment pourraient-ils s’organiser? Ils sont avant tout en nombre réduit, de 400 à 500 000 en tout. Et la plupart d’entre eux ont déjà fui les villages. Ils sont tous éparpillés. Ensuite, étant donné leur situation actuelle, ils ne seraient même pas en mesure de donner vie à une milice. D’autant plus qu’il ont en face des extrémistes aguerris !
  
Quels sont les scénarios possibles des prochains jours selon vous?
Mgr Sako : Je crains que la situation n’empire. Il y a un vrai problème dû aux réfugiés, à l’urgence humanitaire et un autre problème d’ordre politique. Je ne vois pas d’issue pour le moment. Le monde entier doit se mobiliser pour la situation de l’Irak, faute de quoi une solution stable et permanente, à mon avis, s’éloignera irrémédiablement.

Vous excluez un dialogue avec les jihadistes de l’EIIL?
Mgr Sako : Pouvez-vous m’indiquer comment dialoguer avec un fanatique ? Vous avez face à vous un mur, et c’est tout ! Moi-même, au début de la crise, j’ai essayé de discuter avec l’un d’entre eux, mais c’est difficile, il n’y a aucune confiance, et ils changent d’avis continuellement.

Y a-t-il un risque que l’influence de ces extrémistes islamistes puisse atteindre Bagdad ? 
Mgr Sako : Il y a le risque qu’ils trouvent des sympathisants. Il leur sera difficile d’arriver jusqu’à Bagdad, mais ce n’est pas impossible pour autant.

Comment l’Eglise catholique essaye-t-elle d’agir pour le drame des réfugiés?
Mgr Sako : Dans toutes les églises du pays, nous avons installé des écoles, des dortoirs, des espaces pour manger. Dans chaque ville, dans les environs des villes attaquées par les milices, les zones d’accueil sont bondées. A présent, la meilleure chose à faire reste de transférer le plus de personnes possible vers Bagdad. Je suis en contact avec le gouvernement pour que cela se fasse.

De quelle façon ce transfert devrait-il s’opérer?
Mgr Sako : Les voies terrestres sont fermées, l’unique possibilité est la voie aérienne. Ici dans la capitale, nous avons plus d’espaces pour accueillir les gens qui risquent l’épuisement d’un moment à l’autre. Et puis il y a des hôpitaux et des lieux pour les soigner. Vingt familles ont déjà quitté l’enfer et sont arrivées à Bagdad, mais nous faisons tout pour en accueillir d’autres sous peu."

Posté le 13 août 2014 à 09h52 par Marie Bethanie | Lien permanent

Comment Sarkozy et Hollande ont armé les jihadistes du nouveau califat syro-irakien

Une enquête de l'Observatoire de l'islamisation, signée Joachim Véliocas, qui démontre la responsabilité des deux chefs de l'Etat français dans le chaos actuel en Irak et en Syrie.

Phase 1: soutien par Sarkozy des djihadistes libyens intégrés au CNT (Conseil national de transition en Lybie).

sarkolibye.jpg

 Phase 2: Soutien matériel aux djihadistes Syriens par Hollande via la vitrine ASL (Armée syrienne libre).

ASL Hollande.jpg

Lire l'enquête sur le blog "l'Observatoire de l'islamisation".

 

Posté le 13 août 2014 à 08h55 par Marie Bethanie | Lien permanent

12 août 2014

Vian Dakhil , la députée irakienne qui avait fait la une en défendant son peuple, survit au "crash" de son hélico (Add.)

A suivre...

Pour mémoire, le fameux playdoyer qui finit dans les larmes.

En VO ici, ici, ici ,ici (BBC) : la députée figurerait au nombre des 20 blessés, tandis que le pilote aurait été tué. Parmi les autres blessés : Alissa J. Rubin, 56 ans, chef de bureau du New-York Times de Paris.

Posté le 12 août 2014 à 17h39 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (6)

Irak : le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux condamne les crimes et étrille les responsables musulmans

Un message d'une rare fermeté :

"Le monde entier a assisté, stupéfait, à ce qu’on appelle désormais « la restauration du califat » qui avait été aboli le 29 octobre 1923 par Kamal Atatürk, fondateur de la Turquie moderne.

La contestation de cette « restauration » par la majorité des institutions religieuses et politiques musulmanes n’a pas empêché les jihadistesde l’« Etat Islamique » de commettre et de continuer à commettre des actions criminelles indicibles.

Ce Conseil pontifical, tous ceux qui sont engagés dans le dialogue interreligieux, les adeptes de toutes les religions ainsi que les hommes et les femmes de bonne volonté,ne peuvent que dénoncer et condamner sans ambiguïté ces pratiques indignes de l’homme:

-le massacre de personnes pour le seul motif de leur appartenance religieuse;

-la pratique exécrable de la décapitation, de la crucifixion et de la pendaison des cadavres dans les places publiques;

-le choix imposé aux chrétiens et aux yézidis entre la conversion à l’islam, le paiement d’un tribut (jizya) ou l’exode;

-l’expulsion forcée de dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des enfants, des vieillards, des femmes enceintes et des malades;

-l’enlèvement de jeunes filles et de femmes appartenant aux communautés yézidie et chrétienne comme butin de guerre (sabaya);

-l’imposition de la pratique barbare de l’infibulation;

-la destruction des lieux de culte et des mausolées chrétiens et musulmans;

-l’occupation forcée ou la désacralisation d’églises et de monastères;

-la retrait des crucifix et d’autres symboles religieux chrétiens ainsi que ceux d’autres communautés religieuses;

-la destruction du patrimoine religieux-culturel chrétien d’une valeur inestimable ;

-la violence abjecte dans le but de terroriser les personnes pour les obliger à se rendre ou à fuir.

Aucune cause ne saurait justifier une telle barbarie et certainement pas une religion. Il s’agit d’une offense d’une extrême gravité envers l’humanité et envers Dieu qui en est le Créateur, comme l’a souvent rappelé le Pape François.

On ne peut oublier pourtant que chrétiens et musulmans ont pu vivre ensemble - il est vrai avec des hauts et des bas - au long des siècles, construisant une culture de la convivialité et une civilisation dont ils sont fiers. C’est d’ailleurs sur cette base que,ces dernières années, le dialogue entre chrétiens et musulmans a continué et s’est approfondi.

La situation dramatique des chrétiens, des yézidis et d’autres communautés religieuses et ethniques numériquement minoritaires en Irak exige une prise de position claire et courageuse de la part des responsables religieux, surtout musulmans, des personnes engagées dans le dialogue interreligieux et de toutes les personnes de bonne volonté. Tous doivent être unanimes dans la condamnation sans aucune ambiguïté de ces crimes et dénoncer l’invocation de la religion pour les justifier. Autrement quelle crédibilité auront les religions,leurs adeptes et leurs chefs ? Quelle crédibilité pourrait avoir encore le dialogue interreligieux patiemment poursuivi ces dernières années?

Les responsables religieux sont aussi appelés à exercer leur influence auprès des gouvernants pour la cessation de ces crimes, la punition de ceux qui les commettent et le rétablissement d’un état de droit sur tout le territoire, tout en assurant le retour des expulsés chez eux. En rappelant la nécessité d’une éthique dans la gestion des sociétés humaines, ces mêmes chefs religieux ne manqueront pas de souligner que le soutien, le financement et l’armement du terrorisme est moralement condamnable.

Ceci dit, le Conseil pontifical pour le Dialogue interreligieux est reconnaissant envers tous ceux et celles qui ont déjà élevé leurs voix pour dénoncer le terrorisme, surtout celui qui utilise la religion pour le justifier.

Unissons donc nos voix à celle du Pape François: « Que le Dieu de la paix suscite en tous un désir authentique de dialogue et de réconciliation. La violence ne se vainc pas par la violence. La violence se vainc par la paix!».

Posté le 12 août 2014 à 16h30 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (21)

11 août 2014

Le devoir particulier de la France envers ses frères chrétiens d'Orient

 Le blog "Le Rouge et le Noir" se fait l'écho d'un communiqué d'Aymeric Chauprade sur la nécessaire et urgente destruction de l'EIIL :

"[...] On ne le dira jamais assez fort : les Chrétiens de Syrie et d’Irak, et avec eux l’ensemble des minorités non sunnites (Yazidis, Alaouites, Chiites) sont aujourd’hui massacrés du fait même des erreurs stratégiques américaine, britannique et française en Libye et en Syrie à partir de 2011, lesquelles ont favorisé l’expansion du djihadisme dans tout le Moyen-Orient. Faut-il rappeler en effet que jusqu’au sage accord russo-américain de septembre 2013 sur les armes chimiques syriennes, le gouvernement de Hollande-Fabius réclamait encore à ses alliés une guerre contre le régime de Bachar al-Assad et envoyait des armes aux rebelles islamistes ? Il est pour le moins étonnant de voir aujourd’hui Mr Fabius se contenter de superviser l’envoi de colis humanitaires aux Chrétiens et Yazidis lesquels subissent les conséquences apocalytiques de ses erreurs stratégiques !

Pour le Front national, le principe de non-ingérence militaire doit rester un principe clé de la défense d’un monde multipolaire fondé sur le respect des souverainetés nationales.

Néanmoins, deux motifs fondent à nos yeux l’exception à la non-ingérence :

1/ lorsque la sécurité de la France est en jeu.

2/ lorsque l’honneur de la France est en jeu.

Dans le cas irakien, ces deux conditions sont réunies. Pôle de référence djihadique mondial mais également point attracteur d’islamistes de nationalité française, l’Etat islamique doit rapidement être détruit, faute de quoi il est promis à un grand avenir.[...]

La France doit rapidement montrer à ces Etats qu’elle est encore un acteur politique majeur du Moyen-Orient.[...]

Mais il s’agit aussi d’une question d’honneur. Certes laïque, la France n’en est pas moins historiquement une nation catholique, fille aînée de l’Eglise. Elle a, depuis les Croisades et la libération du tombeau du Christ, un devoir particulier envers ses frères chrétiens d’Orient. Ces Chrétiens d’Irak et de Syrie, mais aussi les autres minorités non sunnites, qui sont aujourd’hui victimes de massacres, de viols, de décapitations ne peuvent être abandonnés à leur sort. Il en va de notre honneur de se poser en protecteur de ces femmes chrétiennes aujourd’hui réduites en esclavage et vendues dans les souks des villes contrôlées par l’Etat islamique. Nos colis humanitaires ne répareront pas les erreurs stratégiques funestes des gouvernements Sarkozy et Hollande. Il faut aller plus loin.[...]"

Posté le 11 août 2014 à 23h14 par Marie Bethanie | Lien permanent

Irak, une guerre de religions ? Non, pardon… La guerre d’une religion

Analyse courte et percutante.

Posté le 11 août 2014 à 23h10 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (1)

Irak : une carte et des mots simples pour comprendre la situation

Bon article ici.

IRAK_11082014

Posté le 11 août 2014 à 21h45 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

Une claque au pacifisme : le Vatican considère qu’une intervention militaire en Irak est "nécessaire"

Lu ici, cette annonce qui aidera à comprendre la différence entre pacifiste et pacifique :

"Alors que depuis les années 1960, les positions du Vatican se caractérisent par une forte réticence face à l’usage de la force armée dans la résolution de conflits, Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, a déclaré samedi 9 août, qu’une intervention militaire en Irak est « nécessaire en ce moment pour arrêter l’avancée des djihadistes en Irak ».

Posté le 11 août 2014 à 20h01 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (33)

Ces milliers de chrétiens jetés sur les routes

Le récit de cet homme. Un parmi tant d'autres...

Posté le 11 août 2014 à 12h19 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (0)

10 août 2014

«Notre seul choix, c'était mourir ou partir»

Témoignage d'une famille irakienne arrivée en France.

Posté le 10 août 2014 à 09h12 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (1)

Nous, occidentaux, sommes responsables du massacre des Chrétiens d’Orient.

D'un fidèle lecteur :

"Le sort des Chrétiens d’Orient a ému nombre de nos compatriotes, notamment sur les réseaux sociaux.

La France, par la voix de son Président aura mis beaucoup de temps, trop sans aucun doute, pour réagir, et inviter poliment le nouveau Président Irakien à assurer la protection de ses compatriotes, de tous ses compatriotes quelle que soit leur religion.

C’est dans la forme un signe parmi d’autres de la déconnexion de ce pouvoir avec son peuple.

Au fond, cette absence de réaction à la hauteur de l’enjeu, n’a rien de surprenant. Tout au contraire s’inscrit-elle dans la logique adoptée par l’Occident et en premier lieu les États-Unis d’Amériques depuis plusieurs décennies désormais.

Rappelons en effet, que la guerre du Golf, dans sa seconde version, avait pour objet de protéger les intérêts de l’Occident, en luttant contre le terrorisme, se débarrassant au passage, d’un dictateur devenu gênant.

La France en ce temps-là avait eu le courage remarqué, de s’opposer à l’intervention en Irak par la voix de son Président (c’est sans doute là, la seule décision de véritable courage qu’ait prise Jacques CHIRAC) magnifiquement portée à l’ONU par un flamboyant Dominique de VILLEPIN.

Le propos mérite d’être repris :

« Une telle intervention ne risquerait-elle pas d'aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme? (…)

Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur. »

Cette doctrine, la France l’a malheureusement abandonnée en Afghanistan d’abord, puis en Lybie sous l’égide du Président Nicolas SARKOZY.

François HOLLANDE, devenu Président, loin de rompre avec cet abandon d’un rôle premier et moteur de notre beau pays, a poursuivi sinon amplifié cette attitude belliqueuse en particulier à l’égard de la Syrie, heureusement sans succès, grâce à la clairvoyance et la ténacité de la Russie.

L’objet, chaque fois, est de proposer, de soumettre, lesdits peuples et leurs dirigeants à la démocratie et par conséquent à nos valeurs occidentales, parangon de toutes les valeurs.

Pour quel résultat ? Les Chrétiens d’Irak comme ceux de Syrie en payent le prix fort.

De démocratie, dans aucun de ces pays il n’y a. En réalité, y règne une démocratie de façade, incapable de masquer le chaos dans lequel les populations vivent, mais surtout se montrant incapable d’enrayer l’islamisme radical et son cortège de massacres, d’excisions, de mariages forcés etc.

Les Chrétiens, faut-il le rappeler ont vécu en paix en Syrie, en Irak.

Nous les avons en réalité, il faut bien le confesser, condamnés à la terreur islamique de l’EIL, les sacrifiant sur l’autel de notre vision démocratique d’un monde hors sol, où toutes les valeurs, toutes les civilisations se valent.

Par là même, nous avons condamné au néant, à la vacuité de leurs combats, les milliers de soldats occidentaux qui ont payé de leur propre vie, comme ceux qui continuent chaque jour de souffrir dans leur chair, et qui aujourd’hui peuvent légitimement se dire « tout ça pour ça ».

Honte à l’Occident qui ne sait plus penser au-delà de ses petits intérêts économiques, qui se refuse à comprendre les enjeux de civilisation qui se jouent depuis des siècles au Moyen Orient, berceau de toutes les civilisations.

Honte à nos dirigeants, qui de SARKOZY à HOLLANDE, ont ruiné le destin singulier de la France au Moyen-Orient.

Ne pas savoir affirmer ce destin, l’assumer, comme l’avait courageusement fait Jacques CHIRAC, mettant en cela ses pas dans ceux du Général de Gaulle, c’est risquer de voir sa propre identité remise en cause.

C’est également et par conséquent prendre le risque d’importer ce conflit de civilisation sur notre propre sol, comme hélas les algarades de ces dernières semaines à l’occasion des manifestations pro palestiniennes n’ont été que les prémices.

Sans doute « ne savent-ils pas ce qu’ils font », nos dirigeants à courte vue, qui n’osent plus penser par eux-mêmes, s’alignant sur la pensée toute puissante de nos amis américains.

Cependant devant l’Histoire, ils seront, ne leur en déplaise, tenus pour responsables de la fin d’une civilisation et d’un certain art de vivre fraternellement quelle que soit sa communauté, sa religion, sa race.

Désormais comme le dit si bien Monseigneur AILLET « que les occidentaux, qui ont largement contribué au chaos qui s’est instauré en Irak, aident les chrétiens persécutés à rester sur leur terre ».

Sortons de cette hypocrisie, qui consiste à se déclarer prêt à accueillir les persécutés, position qui n’est qu’un aveu de faiblesse, d’une France incapable de faire valoir sa position au concert des nations occidentales.

Se souvenir du serment de protection de la France, incarné par Saint-Louis, envers les Chrétiens d’Orient honorerait notre classe politique. Alors courage Monsieur HOLLANDE, prenez enfin la mesure de ce que vous incarnez au-delà de votre personne, un grand pays, une grande nation dont la voix est autant indispensable, qu’attendue".

Posté le 10 août 2014 à 08h38 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (24)

Monseigneur Dominique Lebrun, évêque de Saint-Etienne, est à Erbil, accompagné de monseigneur Gollnisch

Sur le site de son diocèse :

"Face aux conditions dramatiques affligées aux minorités par le soi-disant Etat Islamique en Irak, Mgr Dominique Lebrun, l’évêque de Saint-Etienne, a interrompu ses vacances en Bulgarie. Il est arrivé cette nuit au Kurdistan irakien, à Erbil, avec Mgr Monseigneur Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient* en France. Celui-ci était déjà dans cette région avec le cardinal Barbarin fin juillet.

L’évêque de Saint-Etienne était déjà venu en 2000 dans cette région. Il constate une situation effroyable : une ville et des villages vidés de ses habitants, à l’exception des personnes grabataires et de quelques autres. Tous les chrétiens de Qaraqosh ont fui soit à Erbil soit dans d’autres villages, ainsi que d’autres minorités religieuses telles que les Yesedi, une communauté pré-musulmane de 200 000 personnes. Les rebelles sont armés, et font régner la terreur, violant les femmes, et pillant les habitations. Au sommet de l’horreur, des femmes seraient enlevées et mises en vente. Dans les centres de réfugiés, la vie s’organise avec beaucoup de générosité mais le désespoir n’est pas loin. Mgr Dominique Lebrun n’hésite pas à parler de catastrophe humanitaire sans précédent, si aucun moyen humain, diplomatique, spirituel et sans doute militaire ne sont pas mis en œuvre rapidement.

* L’Œuvre d’Orient : Une association de chrétiens de France au service des Chrétiens d’Orient http://www.oeuvre-orient.fr/"

Posté le 10 août 2014 à 08h11 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (3)

09 août 2014

Les cris et les larmes de la députée irakienne, Vian Dakhil, pour son peuple massacré par les musulmans

 

Posté le 9 août 2014 à 09h31 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (14)

Les premières images des frappes américaines en Irak

 

Les Britanniques vont-ils se joindre aux Américains?

Posté le 9 août 2014 à 01h34 par Le Salon Beige | Lien permanent | Commentaires (10)

08 août 2014

Chrétiens d'Orient : le silence de l'Occident

Une très pertinente analyse de Maxime Tandonnet dans le Figarovox d'hier, qui pointe très justement les raisons du silence occidental -et français notamment- alors que les Chrétiens d'Orient se font massacrer. Un silence aux multiples raisons, dont le refus de prendre la défense d'une population persécutée pour sa foi chrétienne n'est pas la moindre.

"[...] Après Mossoul, Karakosh, la ville qui compte le plus grand nombre de chrétiens en Irak, vient à son tour de tomber le 7 août aux mains des djihadistes de l'Etat islamique. Des dizaines de milliers de chaldéens, menacés de mort, sont obligés de fuir cette cité. Les églises sont occupées, les croix brûlées. Les chrétiens, au nombre de deux millions en Irak au début des années 2000, ne seraient plus que 400 000 aujourd'hui, contraints de vivre dans la terreur. Un phénomène d'épuration ethnique est en ce moment à l'oeuvre dans ce pays. L'inaction de la communauté internationale est incompréhensible. En 1999, une coalition dirigée par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France avait bombardée la Serbie pendant plusieurs semaines à la suite des exactions commises envers les habitants du Kosovo. Aujourd'hui, la destruction d'une communauté ne suscite que l'indifférence ou bien des réactions sans commune mesure avec la dimension du drame. Les dirigeants politiques montrent une étrange discrétion face au massacre en cours. Aucune opération armée pour venir en aide aux victimes n'est bien entendu envisagée, ni même évoquée en tant que possibilité. Le conseil de sécurité de l'ONU reste coi. Le silence du monde intellectuel et médiatique, des autorités morales promptes à s'indigner du sort des minorités dans le monde est particulièrement assourdissant. Qui parle aujurd'hui du «devoir d'ingérence» de la communauté internationale? Jadis, les chrétiens d'Orient, sous l'Empire ottoman, étaient pourtant des minorités auxquelles l'Europe et la France en particulier accordaient une protection particulière.

Ce lâche abandon a des causes multiples. Le monde occidental qui a largement participé à la déstabilisation de l'Irak, apparaît aujourd'hui comme englué dans sa mauvaise conscience. Le chaos qui est en train de s'installer au Moyen-Orient avec la naissance d'un «califat» jihadiste entre l'Irak et la Syrie, signe son échec cuisant dans cette région du monde. Le silence et l'indifférence actuels du monde occidental portent la marque de la défaite et de la résignation. En outre, aux yeux de l'intelligentsia bien pensante européenne, prendre la défense de chrétiens, même menacés de mort, revêt une connotation «réactionnaire»: «Croisade à droite pour les chrétiens d'Irak» titre un grand quotidien du matin. L'idéologie de la haine de soi - de «l'héritage chrétien» honni - est plus que jamais en toile de fond de ce lâche abandon. Sommet du paradoxe: la bonne conscience humanitaire, devenue sélective, est en train d'engendrer deux catégories d'hommes: ceux qui ont droit à la compassion et à la protection de la communauté internationale, et les autres, chrétiens, qui n'y aurait pas droit tout autant. Les récupérations, amalgames extrémistes en tout genre, destinés à accabler des populations musulmanes en général - qui n'ont strictement aucun rapport avec ce drame - ne font qu'amplifier la confusion et aggraver la paralysie générale. La chute de Karakosh peut elle provoquer une prise de conscience, un sursaut? Le droit d'asile et l'accueil des chrétiens d'Orient en Europe ne constituent en aucun cas une réponse suffisante. Le Moyen-Orient est aussi le berceau des chrétiens qui y sont chez eux, après des siècles de vie en commun et dans l'harmonie avec les musulmans. Ils revendiquent le droit de garder leur maison et d'y résider en paix et en sécurité . Face à un groupuscule dont l'idéologie et les méthodes rappellent les heures les plus sombres de l'histoire, la discrétion du monde occidental renvoie au mot fameux de Winston Churchill: «...vous aurez la honte et la guerre»."

Posté le 8 août 2014 à 15h58 par Marie Bethanie | Lien permanent

SOS du Patriarche Syro-Catholique d'Antioche (addendum)

D'un lecteur du Salon beige qui souhaite conserver l'anonymat, à l'origine du message du Patriarche Joseph Younan :

"Nous travaillons à faire connaître la situation des chrétiens syriaques auprès d'associations amies : Œuvre d'orient, Malte, AED..., de députés et sénateurs amis.

Nous travaillons le plus possible dans la discrétion. Nous n'avons d'ailleurs volontairement pas de site bien que nous existions depuis une trentaine d'années.

Nous essayons simplement d'être de modestes instruments de la Providence en faveur de nos frères persécutés pour leur Foi.

Nous avons plusieurs religieuses amies à Qaraqoch : Petites Sœurs de Jésus, Ephrémites..., ce qui nous motive et nous peine encore plus.

Nous sommes également actuellement en contact avec le curé de Qaa, le Père Elian NASRALLAH, au Liban qui est un village chrétien jouxtant Ersal où des affrontements très violents ont opposé l'armée libanaise à des djihadistes de Deach et du Front Al Nosra.

Hélas, une vingtaine de soldats libanais ont été tués et un nombre supérieur pris en otage et emmenés en Syrie. Il y a le cousin d'une amie. C'est un jeune père de famille... [...]"

Si donc vous souhaitez oeuvrer pour aider les Chrétiens d'Orient, vous pouvez contacter les organismes cités plus haut.

Posté le 8 août 2014 à 15h12 par Marie Bethanie | Lien permanent


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