16 mai 2013

Syrie : les 2 évêques ont-ils été enlevés par le régime d'Assad ?

De Maroun Charbel dans Présent :

"« Les deux évêques syriens enlevés le mois dernier dans la région d’Alep, Mgr Youhanna Ibrahim, métropolite syrien-orthodoxe de la ville d’Alep, et Mgr Boulos Yaziji, métropolite d’Alep et d’Alexandrette pour les Grecs-orthodoxes d’Antioche, l’ont été par les services de renseignements de l’armée de l’air… »

Cette confirmation de tous nos soupçons nous vient de l’opposant syrien de la première heure Michel Kilo. Quand je dis de la première heure cela veut dire opposant d’abord à Assad-le-Père puis à Assad-le-fils. Les prisons syriennes, il les connaît. Il est l’opposant syrien que le régime libérait à chaque fois qu’il lui fallait faire preuve d’ouverture face aux nigauds de la communauté internationale.

Pour que les choses soient tout à fait claires, j’ajouterai que si Kilo n’est pas de ma famille de pensée – ni de la vôtre non plus – il a été de ceux qui ont participé dès la fin des années 1990 à cette passerelle jetée par les anti-Assad entre Beyrouth et Damas. Les Syriens ont très vite retrouvé les cachots du régime et les Libanais été assassinés les uns après les autres : Rafic Hariri, Samir Kassir, Georges Haoui, Gebran Tuéni… la liste est longue.

Michel Kilo a donc affirmé, hier soir, dans un entretien télévisé, que les deux évêques ont été enlevés par un groupe en liaison étroite – ou pour traduire autrement : inféodé – avec les services de renseignements de l’armée de l’air. Et il a ajouté que le groupe, se voyant découvert, a remis les évêques à son « commanditaire » qui les retient encore. [...]

En début de semaine commence à circuler une lettre du général Aoun « aux pays qui soutiennent les groupes armés en Syrie » écrite parce que « le silence doit être brisé en ce qui concerne l’enlèvement des deux évêques d’Alep… ». Le silence ? Il serait long et fastidieux de citer toutes les condamnations… Mais il est facile par contre d’écouter le silence de l’axe syro-iranien dont Michel Aoun est l’un des principaux faire-valoir ! La lettre du général Aoun coïncide avec une déclaration d’un autre porte-voix du régime des Assad, le grand mufti de Syrie, Ahmad Badr Al-Din Hassoun. Et en général quand Michel Aoun et le Mufti Hassoun montent au créneau c’est qu’ils sont en mission ! Aux ordres de leur commanditaire comme de parfaits agents d’influence. [...]"

Posté le 16 mai 2013 à 14h28 par Michel Janva | Lien permanent

13 mai 2013

Syrie : ridicule de justifier le terrorisme par la volonté de renverser Assad

Lettre du général Aoun :

"Je vous adresse cette lettre car je suis convaincu que le silence doit être brisé en ce qui concerne l’enlèvement des deux évêques d’Alep, en espérant que vos gouvernements puissent prendre les mesures qui s’imposent pour trouver une issue à cette question grave et urgente. Le 22 Avril, l’évêque grec orthodoxe d’Alep Mgr Boulos Yazigi et son homologue syriaque orthodoxe l’archevêque Youhana Ibrahim ont été enlevés sur la route de leur retour à Alep au niveau d’un village sur la frontière syro-turque; leur chauffeur a été tué devant eux de sang-froid comme indiqué par la presse.

La situation en Syrie a atteint un niveau dramatique et les crimes perpétrés par les hommes armés au nom de la liberté ont visé cette fois-ci deux hommes de l’église, qui n’ont rien à voir avec le conflit armé actuel en Syrie. Bien au contraire, ils n’ont cessé d’appeler et d'œuvrer pour la paix et de prier pour toute la Syrie dans toutes ses composantes.

Pourtant, ce dernier épisode n'est pas un acte isolé ni le premier dans la série d’agressions qui visent les religieux chrétiens. En effet, les deux évêques enlevés rentraient d’une mission pour négocier la libération de deux autres prêtres pris en otage, le père Michel Kayal de l’église arménienne catholique et le père Maher Boulos Mahfouz de l’église grecque orthodoxe, tout deux enlevés le 14 février dernier. Quelque temps plus tôt, le 25 Octobre et le 26 Décembre 2012, deux prêtres grecs orthodoxes, Fadi Haddad et Bassilios Nassar, ont été aussi assassinés par des hommes armés.

Ces actes ne peuvent en aucun cas traduire une quelconque «lutte pour la liberté ». Ce sont des actes de terrorisme perpétrés par des terroristes assoiffés de haine qui se nourrit du sang des innocents et de la vie des civils. Par ailleurs, il est devenu ridicule et risible de justifier ce terrorisme par la volonté de renverser le régime Assad. Votre pays a apporté un soutien politique et médiatique à la rébellion syrienne et aux hommes armés et continue de le faire. De plus, des rapports médiatiques ont évoqué la possibilité que certains pays aient vraisemblablement fourni ces groupes armés en hommes et en armes les encourageant ainsi dans leurs agissements horribles et terrifiants, car ils savent qu’ils peuvent toujours compter, en toute impunité, sur votre soutien.

Votre pays condamne certainement tous les actes de violence, mais son silence retentissant vis-à-vis de ces actes lui fait porter aussi une responsabilité morale à la hauteur de sa capacité de faire éviter ces crimes. Le devoir moral vous appelle donc à tout faire pour assurer la sécurité des Archevêques Yazigi et Ibrahim et mettre à contribution tout les moyens pour assurer leur libération au plus tôt.

Je continue à croire que la politique doit respecter les codes de la morale pour le bien de l'humanité en général et des peuples divisés de notre région en particulier. Par conséquent, j’ai l’honneur de m’adresser à vous pour vous solliciter d’agir pour sauver les deux évêques avant qu’il ne soit trop tard et avant que le remord ne se substitue à l’action. L’histoire jugera les actes et non les intentions et sanctionnera l'inaction. Enfin, je suis convaincu que vous allez soutenir cet appel et agir car vos peuples souffrent autant du terrorisme, le danger le plus grave qui menace la stabilité du monde."

Posté le 13 mai 2013 à 13h58 par Michel Janva | Lien permanent

30 avril 2013

4 mai : Manif pour Tous à Beyrouth

Rendez-vous devant l'ambassade de France à 13h.

Posté le 30 avril 2013 à 12h00 par Michel Janva | Lien permanent

13 mars 2013

Les allusions déplacées à l'Eglise interdites dans la presse libanaise

Lu dans Présent :

"Les dernières livraisons du Canard Enchaîné et de VSD ont été interdites au Liban, pour « allusions déplacées » sur la renonciation de Benoît XVI. La Sûreté générale dont dépend la commission de censure, commission mixte islamo-chrétienne, ayant estimé que ces pages étaient « attentatoires à l’Eglise et aux religieux chrétiens ».

Posté le 13 mars 2013 à 08h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

03 janvier 2013

Hezbollah : Paris a-t-il peur d’un Drakkar bis ?

Lu dans Présent :

"Israël se démène pour obtenir le classement du Hezbollah sur les listes des organisations terroristes de l’Union Européenne (UE). Israël compte sur le rôle que pourraient jouer les Etats-Unis et le Canada pour l’aider à obtenir cette qualification. Pour qu’une telle décision soit prise par l’Union européenne, il faudrait un vote à l’unanimité des 27 membres.

Or, [...] l’Union européenne estime qu’elle n’a pas suffisamment de preuves pour qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste et qu’au sein des pays membres, la France est le pays qui serait le plus opposé, craignant les conséquences d’une telle qualification sur la stabilité et la sécurité au Liban. En particulier sur celle de ses casques bleus au Sud-Liban en pleine zone hezbollah ?

Dans les médias très proches de l’axe syro-iranien, comme par exemple le site Mediarama, nous pouvons lire par exemple : « As Safir : Israël cherche à placer le Hezbollah sur la liste terroriste européenne. La France s’y oppose fortement pour “manque de preuves”. »

Manque de preuves ? En novembre dernier Samir Geagea avait brossé un tableau, je dirais même une nomenclature, des actes terroristes du Hezbollah. Nul – à moins que je ne me trompe – n’est venu dire qu’il se trompait et aucun procès ne lui a été intenté ! Ni même la plus petite menace de procès pour occuper l’espace médiatique.

L’actualité de Maariv via As-Safir nous donne l’occasion de revenir sur cette conférence de presse du chef des Forces libanaises. Elle date du 14 novembre dernier.

Après avoir rappelé l’implication de quatre membres du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri (sunnite) le 14 février 2005, de l’implication d’un autre membre du parti dans la tentative d’assassinat du député Boutros Harb (maronite) et de la découverte de documents syriens impliquant le Hezbollah dans l’assassinat en décembre 2005 du député Gebran Tuéni (grec-orthodoxe), Samir Geagea a dressé la liste terrible des assassinats du Hezbollah. Liste qui implique des Chrétiens comme des Musulmans libanais, des communistes mais aussi des Américains et des Français… De cette liste je ne citerai que les actes touchant la communauté internationale et en particulier les Américains et les Français : le 18 avril 1983, attentat contre l’ambassade américaine (63 tués) ; 23 octobre 1983, attentat contre le siège des Marines à Beyrouth (près de 200 tués) ; 23 octobre 1983, attentat contre le siège du contingent français de la Force multinationale (Drakkar, 58 soldats français tués) ; 14 juin 1985, détournement d’un avion de la TWA (un passager tué) ; 18 septembre 1986, assassinat du colonel Christian Goutière, attaché militaire près l’ambassade de France…

Paris a donc oublié le colonel Goutière ? Ses paras du Drakkar ? Ou Paris a-t-il peur d’un Drakkar bis ?"

Posté le 3 janvier 2013 à 12h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

22 octobre 2012

Liban : un attentat contre la paix et les effets joyeux de la visite du Pape

Le Patriarche d’Antioche des Maronites, S.B. Bechara Boutros Rai, a condamné l’explosion qui a eu lieu à Beyrouth,  entraînant la mort du Général Wissam el-Hassan, Directeur des Services pour la Sécurité intérieur du Liban, et de sept autres personnes et faisant une centaine de blessés. Selon le chef de l’Eglise maronite,

R«ce brutal attentat visant un haut responsable de la sécurité intérieure démontre combien les mains du Mal sont criminelles et combien les auteurs de l’attentat ne craignent ni Dieu ni le jugement de l’Histoire. Le Liban vivait encore la visite de Benoît XVI au cours de laquelle le Pape a signé l’Exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente, Communion et Témoignage et a proclamé la paix du Christ depuis le territoire libanais. Ce qui s’est passé hier représente un attentat criminel contre la paix et les effets joyeux de la visite du Pape».

« Nous sommes peinés et affligés par la perte de vies humaines s’accompagnant de dommages matériels. Mais notre foi et notre espérance, et celles de tous les libanais, ne s’écroulent pas. Le Christ ressuscité a vaincu le Mal et le péché. Nous L’implorons pour les défunts, les blessés et les familles touchées. Lui seul est le grand et véritable Consolateur. Nous, avec toutes les personnes de bonne volonté, ne cesserons pas de proclamer l’Evangile de la Paix et de l’Espérance. Et nous oeuvrerons de toutes nos forces pour la stabilité de notre pays. Le Liban, blessé dans sa dignité, cette dignité qu’il avait montré au monde durant la visite du Pape, demeure la terre des Saints et l’Oasis de paix et d’espérance ».

Posté le 22 octobre 2012 à 07h43 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2012

Liban : l'assassinat visait le général sunnite al Hassan, directeur des services de renseignement

Marine Le Pen soutient les chrétiens du Liban :

"L’attentat qui a frappé un quartier chrétien de la capitale libanaise faisant au moins 8 morts et des dizaines de blessés illustre de façon dramatique la montée des violences à l’encontre des minorités religieuses et particulièrement chrétienne. Cette escalade dans la terreur frappant les populations civiles est la conséquence prévisible de la montée de l’islam radical qui a prospéré au Maghreb tout comme au Proche-Orient au lendemain des « Printemps arabes », soutenus par les puissances occidentales au nom de la démocratie et des droits de l’homme.

Ceux qui ont délibérément armé le fascisme vert portent aujourd’hui une lourde responsabilité dans ces violences qui alimentent les conflits inter-religieux et menacent la stabilité de toute une région. Le Front National enjoint la communauté internationale qui a pris le risque insensé de s’immiscer dans des guerres civiles de faire respecter le principe de protection des minorités religieuses et d’assurer la liberté de croyance, droit fondamental et universel."

Yves Daoudal précise :

"Le général (sunnite) Wissam al Hassan, directeur des services de renseignement des Forces de sécurité intérieure du Liban, est l’une des huit victimes (il y a eu aussi 78 blessés) de l’attentat à la voiture piégée qui a eu lieu place Sassine, en plein cœur du quartier chrétien de Beyrouth. C’est également place Sassine que le président élu Bachir Gemayel avait été tué dans un attentat en 1982. Le général al Hassan, qui avait échappé à plusieurs tentatives d'assassinat, a notamment dirigé l'enquête qui a conduit en août à l'inculpation de l'ancien ministre Michel Samaha et de deux Syriens, poursuivis pour complot en vue de faire exploser des bombes préparées en Syrie dans le but de déstabiliser le Liban. Il avait aussi dirigé le volet libanais de l’enquête sur l’attentat qui avait coûté la vie à Rafic Hariri, et déjoué des complots salafistes, et israéliens.

Il revenait tout juste d’un voyage en Allemagne. Normalement personne n’était au courant de son retour, et ses déplacements faisaient l’objet de communiqués destinés à envoyer d’éventuels agresseurs sur de fausses pistes."

Posté le 20 octobre 2012 à 13h51 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

19 octobre 2012

Attentat à Beyrouth (Addendum]

Une voiture piégée a explosé aujourd'hui dans le centre de Beyrouth, près de la place Sassine, dans le quartier chrétien d'Achrafieh. Au moins deux personnes seraient mortes et quinze autres auraient été blessées.

Add : photos ici.

S

Add : La défense civile libanaise a fait état d'un bilan de huit morts et 78 blessés. Plus tard, le ministre de la santé libanais a parlé de trois morts et  96 blessés.

Add : Le général Wissam al Hassan, qui dirige la section des renseignements des Forces de sécurité intérieures du Liban, a été tué dans cet attentat.

Posté le 19 octobre 2012 à 15h29 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

19 septembre 2012

Le courage d'un pape qui ne recule pas

Jean Mercier était au Liban pour suivre le voyage de Benoît XVI. Extrait de son analyse :

"[...] Le retentissement psychologique de ce voyage est immense, dans un contexte aussi tendu. Le fait que le pape soit venu en chair et en os est une source d'espoir difficile à imaginer en France. Là-bas, ce fut un événement national, une vraie fête dans ce pays où les gens vivent habituellement en apnée, redoutant la résurgence des conflits intercommunautaires. Mais le bien-être psychologique s'étendait à ces pauvres qui sont les premiers à se déplacer. [...]

Joseph Ratzinger n'est pas homme à reculer. A la fin des années 50, alors que son travail de thèse est retoqué par un professeur fâcheux et que sa carrière intellectuelle est en péril, il contourne l'obstacle en reprenant son travail sous un angle différent, ce qui le rend inattaquable. A partir de 1982, comme Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, il devient dans les médias une figure négative de l'Institution. D'autres que lui auraient craqué... Mais lui, modeste, fait son boulot, sans se soucier de son image. A partir de l'an 2000, Ratzinger sait bien que son travail en tant que « recadreur » des théologiens rebelles est derrière lui puisque s'amoncellent sur son bureau les dossiers de crimes pédophiles d'un certain nombre de prêtres. Si, à l'époque, l'heure est à l'omerta (l'entourage de Jean Paul II ne veut pas exposer certaines figures, dont Marcial Maciel, fondateur des légionnaires du Christ), le cardinal préfet est conscient de la bombe à retardement. Il profite d'une fenêtre de tir à la toute fin de la vie de Jean Paul II pour lancer l'alarme, en public, sur les souillures des prêtres, lors du chemin de Croix du Vendredi saint. Jamais un cardinal de curie n'avait à ce point brisé le tabou, mis à ce point l'Institution devant son point aveugle. Il ne reculera pas davantage lorsque ses pairs l'élisent pape à 78 ans. Le message global est clair : « Joseph, tu es apparemment le seul à connaître l'étendue des dégâts. Fais donc le ménage à notre place, s'il te plaît ». Pas fous, les cardinaux...Et Joseph va s'y coller. [...]

Le courage est physique. Son programme, ramassé sur une petite soixantaine d'heures, était très dense. Lors de ses apparitions publiques, Benoît XVI a enduré une chaleur infernale sous l'oeil permanent des caméras.. Il a donné son regard et son attention à des centaines de laïcs ou de prélats orientaux faisant la queue pour le saluer, accordé sa concentration à des « politiques » (profanes ou ecclésiastiques) lors d'entretiens privés où le moindre mot de travers peut avoir des conséquences fâcheuses. A 85 ans, c'est une performance. L'homme est devenu frêle, se déplace parfois avec une canne pour assurer son équilibre, mais ceux qui ont pu l'approcher récemment disent que sa mémoire et son humour sont étincelants. [...]

[V]ue d'Orient, la laïcité est un repoussoir, la maladie d'origine française qui a contaminé l'Occident et l'a conduit à rompre ses attaches avec Dieu (et qui expliquerait que les puissances occidentales se désintéressent désormais du sort des chrétiens d'Orient). Mais Benoît XVI prône le concept. « La saine laïcité signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l’indispensable collaboration entre les deux.(...) Une telle laïcité saine garantit à la politique d’opérer sans instrumentaliser la religion, et à la religion de vivre librement sans s’alourdir du politique dicté par l’intérêt, et quelquefois peu conforme, voire même contraire, à la croyance." Un propos qui percute, en Orient, les confusions multiples entre la religion et la politique. [...]

Posté le 19 septembre 2012 à 13h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

18 septembre 2012

Liban : Benoît XVI n’est pas venu donner une solution miracle mais une méthode

Dans Présent, Maroun Charbel relate la visite du Pape au Liban. Extraits :

"Les curés avaient dit : personne chez soi dimanche, tout le monde à la messe du pape ? Ils y étaient. J’ai même croisé une dame marchant par la grâce d’un déambulateur et une autre le pied dans le plâtre, sa canne à la main, faisant fi et de la chaleur et de la longueur du trajet. Combien étions-nous ? Selon la salle de presse du Vatican nous étions plus de 350 000. Au départ les organisateurs ne pensaient pas pouvoir réunir plus de 100 000… Ce matin il y avait plus de 350 000 fidèles dans l’enceinte de la messe. Mais cela ne comptabilise pas les rues avoisinantes qui étaient noires de monde. [...]

LVendredi dernier, 14 septembre, le jour de l’exaltation de la Sainte-Croix, nous nous demandions encore si le voyage aurait lieu. Si Benoît XVI serait effectivement parmi nous. La situation était tendue et nous ne savions pas encore si le Hezbollah « bénissait » la visite. [...] Ce n’est que jeudi soir tard que le Hezbollah se fendait d’une déclaration appelant « tous » les Libanais à accueillir le Saint-Père. L’aéroport international de Beyrouth et toute la route qui mène jusqu’au centre-ville est sous sa stricte domination. Qui osera s’y masser pour saluer le chef de la chrétienté ? Vous vous imaginez bravant ses interdits avec votre belle-mère et votre mère, vos enfants, votre épouse et le petit dernier dans son landau ? Pas moi !

Il y a eu du monde pour saluer le Saint-Père sur ce trajet. Ces mêmes escouades de femmes toutes en noir avec des grappes d’enfants que l’on envoie sur la frontière israélienne pousser quelques youyou militants. Elles étaient là dans leur tchador à l’iranienne agitant leurs petits drapeaux aux couleurs du Saint-Siège. J’oubliais ! Le parti s’est fendu d’une grande affiche « Bienvenue au Liban au pope Benoît XVI ». Ce n’est pas une coquille, c’est bien pope, à l’anglaise.

Mais nous nous sommes bien rattrapés dans nos régions, obligeant les très stricts services de sécurité du Vatican à revoir leur copie et à faire faire au pape tous ses trajets en papamobile au lieu du convoi de Mercedes noires blindées aux vitres fumées.

Que retenir de ce voyage ? Tout. D’abord les textes de Benoît XVI. Ciselés à la manière du cardinal Ratzinger ! Il a su trouver les mots, les formules pour dire la vérité. Rien que la vérité dans un pays déchiré. [...] Il y a évidemment l’exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente pour nous permettre « de repenser le présent pour envisager l’avenir avec le regard même du Christ ». Benoît XVI n’est pas venu nous donner une solution miracle. Une solution magique. Le grigri pour supporter notre quotidien, pour vivre avec nos peurs et nos angoisses. Benoît XVI est venu nous apporter la méthode : « A la lumière de la fête d’aujourd’hui – exaltation de la Sainte-Croix – et en vue d’une application fructueuse de l’Exhortation, je vous invite tous à ne pas avoir peur, à demeurer dans la vérité et à cultiver la pureté de la foi. Tel est le langage de la Croix glorieuse ! Telle est la folie de la Croix… celle de savoir aussi transformer des êtres attaqués et blessés dans leur foi et leur identité, en vases d’argile prêts à être comblés par l’abondance des dons divins plus précieux que l’or… »

[...] Il y aussi les hasards du calendrier ou les clins d’œil de la Providence. Le 14 septembre 1982, le président-élu du Liban, celui qui en portait tous les espoirs, Bachir Gemayel, était assassiné. 30 ans plus tard – jour pour jour – le Saint-Père arrive, et résonne dans nos cœurs la voix de celui qui disait : on nous a attaqués comme Chrétiens, nous nous sommes défendus comme Libanais. Le protocole libanais exige la présence de tous les anciens présidents de la République lors de cérémonie de ce type. Autour de Benoît XVI nous avions deux veuves de présidents assassinés, Solange Gemayel et Nayla Mouawad. Mais nous n’avions pas Emile Lahoud, le prédécesseur de Michel Sleiman. Homme lige des Syriens des années de plomb, il a peut être choisi de s’abstenir.

Certains amis ne comprenaient pas notre inquiétude autour de ce voyage alors que celui de Jean-Paul II s’était si bien passé sous la tutelle syrienne. Eh bien ! justement est là toute la différence. Pour le bienheureux Jean-Paul II les Syriens occupaient le Liban. Une fois qu’ils avaient décidé d’accepter la visite il fallait qu’elle soit une réussite. Aujourd’hui la Syrie est hors du Liban et ses moyens de détruire demeurent, bien qu’affaiblis. Tout au long de la visite du Saint-Père les villages chrétiens des zones frontalières ont été systématiquement bombardés."

Posté le 18 septembre 2012 à 16h19 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

La visite impromptue de Benoît XVI à des carmélites du Liban

Traduction par benoît-et-moi :

"Dimanche 16 Septembre, au terme de sa visite apostolique au Liban, tandis que le cortège de voitures se dirigeait vers l'aéroport Rafic Hariri, Benoît XVI a demandé à faire un arrêt non mentionné dans le programme du voyage apostolique: destination, le monastère des Carmes déchaux dédié à Marie, Mère de Dieu (la Theotokos), à Harissa, qui, il y a 15 ans, fut aussi visité par Jean-Paul II. Les carmélites avait tellement espéré que le pape pourrait leur consacrer un petit moment et son arrivée a provoqué une explosion de joie. Cela a été une grande émotion, surtout pour la prieure, Mère Teresa de Jesus, une religieuse espagnole plus que nonagénaire, l'une des trois fondatrices du monastère, présente à Harissa depuis 50 ans. C'est justement Mère Teresa qui a accueilli le Pape, la première à lui baiser la main avec grande affection. Avec elles, le pape Benoît a voulu partager avec la communauté quelques moments de prière. Quelques pas, entouré par les carmélites joyeuses qui ont entonné un chant pour lui, et auxquelles Benoît XVI a offert une mosaïque représentant la Vierge et l'Enfant. Au terme de la célébration, la Bénédiction apostolique, et une bénédiction spéciale, celle de la première pierre d'un nouveau monastère qui sera construit dans la ville où Jésus a accompli son premier miracle, Cana."

Posté le 18 septembre 2012 à 13h47 par Michel Janva | Lien permanent

Simultanéité des attaques musulmanes et de la visite du Pape au Liban

Ibrahim Chamseddine, intellectuel libanais chiite, professeur de sciences politiques à l'Université américaine de Beyrouth, ancien ministre de Hariri et fondateur de l'Imam Shamseddine Foundation for Dialogue à Beyrouth, déclare (traduction par Benoît-et-moi) :

"Le soi-disant «film» sur le prophète Mahomet a été la cause déclarée de la violence dont nous avons été témoins ces derniers jours. Mais ce «film» était un piège et, malheureusement, beaucoup sont tombés dedans. Il y a encore des gens qui préfèrent le chaos à la stabilité, qui n'aiment pas le changement et qui ont utilisé l'incident du film pour attaquer des bâtiments publics, des objectifs et du personnel diplomatique. Peut-être que la sortie de ce film avait exactement le but de ruiner la visite du pape au Liban et de semer le chaos dans la région en général."

Et L'Orient le Jour rappelait hier :

"Le mystère demeure sur les raisons pour lesquelles les 14 minutes d'extraits mises en ligne sur YouTube depuis des mois ont soudain provoqué une flambée de violences antiaméricaines au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cette vidéo circulait sur internet depuis des mois sans grande audience, avant d'embraser soudainement la région le jour même où l'on a commencé à voir des manifestations au Moyen-Orient, notamment au Caire."

Posté le 18 septembre 2012 à 12h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

17 septembre 2012

Toute ouverture de l’islam ne peut qu’aboutir à la chute de l’islam

Yves Daoudal analyse le succès de la visite du Pape au Liban :

P"Une fois encore, Benoît XVI a parlé de la grammaire commune qu’est la loi naturelle inscrite dans le cœur humain, et du respect de la personne humaine dont la grandeur et la raison d’être ne se trouvent qu’en Dieu…

Ce discours a toujours quelque chose de pathétique quand il s’adresse à des musulmans, car l’islam ne reconnaît pas, précisément, cette grammaire de la loi naturelle, et surtout ne sait pas de quoi nous parlons quand nous évoquons la « personne » humaine. Ce concept est si étranger à l’islam qu’il n’y a pas de mot arabe qui puisse le représenter, au point que les chrétiens arabophones ont dû adopter un mot araméen.

Mais, quand on voit le pape sur place, on se dit que peut-être certains musulmans en viendront à se demander ce qu'il veut dire quand il parle de personne et de loi naturelle… Or il s’agit de la clef qui peut ouvrir la porte de la liberté religieuse.

D’où l’importance sans doute de ces mots du pape, parmi les tout derniers qu’il a prononcés au Liban :

« Je remercie particulièrement les représentants des communautés musulmanes. Durant tout mon séjour, j’ai pu constater combien votre présence a contribué à la réussite de mon voyage. Le monde arabe et le monde entier auront vu, en ces temps troublés, des chrétiens et des musulmans réunis pour célébrer la paix. »

Le problème est que toute ouverture de l’islam ne peut qu’aboutir à la chute de l’islam. D’où justement le raidissement que l’on observe partout dans le monde musulman (et dans le monde autrefois chrétien)."

Posté le 17 septembre 2012 à 15h43 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (10)

L'unité des chrétiens par la prière et l'engagement commun

Hier, entre la messe et son départ, Benoît XVI a rencontré les représentants des autres communautés chrétiennes. Il leur a dit :

B"C’est avec joie que je me trouve parmi vous, dans ce monastère Notre Dame de la Délivrance de Charfet, haut-lieu de l’Église Syriaque catholique pour le Liban et pour tout le Moyen-Orient. Je remercie Sa Béatitude Ignace Youssef Younan, Patriarche d’Antioche des Syriaques catholiques, pour ses fortes paroles d’accueil. Je salue fraternellement chacun de vous qui représentez la diversité de l’Église en Orient, et en particulier Sa Béatitude Ignace IV Hazim, Patriarche Grec orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient et Sa Sainteté Mar Ignatius Ier Zakke Iwas, Patriarche de l’Eglise syriaque orthodoxe d’Antioche et de tout l’Orient. Votre heureuse présence solennise cette rencontre. Je vous remercie de tout cœur pour être parmi nous. Ma pensée va aussi vers l’Église copte orthodoxe d’Égypte et l’Église éthiopienne orthodoxe qui ont eu la douleur de perdre leur Patriarche respectif. Je les assure de ma proximité fraternelle et de ma prière.

Permettez-moi de saluer ici le témoignage de foi rendu par l’Église Syriaque d’Antioche au cours de sa glorieuse histoire, témoignage d’un amour ardent pour le Christ qui lui a fait écrire, jusqu’à nos jours, des pages héroïques pour demeurer fidèle à sa foi jusqu’au martyre. Je l’encourage à être pour les peuples de la région, un signe de la paix qui vient de Dieu et une lumière qui fait vivre leur espérance. J’étends cet encouragement à toutes les Églises et communautés ecclésiales présentes dans cette région.

Chers frères, notre rencontre de ce soir est un signe éloquent de notre désir profond de répondre à l’appel du Seigneur Jésus « Que tous soient un » (Jn 17, 21). Dans ces temps instables et enclins à la violence que connaît votre région, il est toujours plus urgent que les disciples du Christ donnent un témoignage authentique de leur unité, afin que le monde croie dans son message d’amour, de paix et de réconciliation. C’est ce message que tous les chrétiens et nous en particulier avons reçu mission de transmettre au monde, et qui prend une valeur inestimable dans le contexte actuel du Moyen-Orient.

Travaillons sans relâche pour que notre amour pour le Christ nous conduise peu à peu vers la pleine communion entre nous. Pour cela, par la prière et par l’engagement commun, il nous faut revenir sans cesse vers notre unique Seigneur et Sauveur. Car, comme je l’ai écrit dans l’Exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente que j’ai le plaisir de vous remettre, « Jésus unit ceux qui croient en lui et qui l’aiment en leur donnant l’Esprit de son Père, ainsi que Marie, sa mère » (n. 15).

Je confie à la Vierge Marie chacune de vos personnes ainsi que les membres de vos Églises et de vos communautés. Qu’elle implore pour nous son divin Fils afin que nous soyons délivrés de tout mal et de toute violence, et que cette région du Moyen-Orient connaisse enfin le temps de la réconciliation et de la paix. Que la Parole de Jésus que j’ai souvent citée au cours de ce voyage, سَلامي أُعطيكُم  [« Je vous donne ma paix »] (Jn 14, 27), soit pour nous tous le signe commun que nous donnerons au nom du Christ aux peuples de cette région bien-aimée qui aspire avec impatience à la réalisation de cette annonce !"

Posté le 17 septembre 2012 à 07h17 par Michel Janva | Lien permanent

16 septembre 2012

Une foule immense pour la messe du Pape, au Liban

L
Sur le Forum catholique, Yves Daoudal indique que l'Evangile a été chanté en arabe  :
  • Ici, à partir de 0.54.30
  • , à partir de 0.42.00
Enfin, on aura vu une nouvelle fois le pape dire la « prière eucharistique n°1 en latin, et distribuer ostensiblement, et longtemps, la communion à genoux et sur la langue."

Posté le 16 septembre 2012 à 20h23 par Michel Janva | Lien permanent

Le monde a vu des chrétiens et des musulmans réunis pour célébrer la paix

Lors de son départ, le Saint-Père a déclaré :

B"Le monde arabe et le monde entier auront vu, en ces temps troublés, des chrétiens et des musulmans réunis pour célébrer la paix. Il est de tradition au Moyen-Orient, de recevoir l’hôte de passage avec égard et respect, et vous l’avez fait. Je vous en remercie tous. Mais, à l’égard et au respect, vous avez apporté un complément ; il peut se comparer à l’une de ces fameuses épices orientales qui enrichit la saveur des mets : votre chaleur et votre cœur, qui m’ont donné le goût de revenir. Je vous en remercie particulièrement. Que Dieu vous bénisse pour cela ! [...]

Dans sa sagesse, Salomon a fait appel à Hiram de Tyr, pour l’élévation d’une maison pour le Nom de Dieu, un sanctuaire pour l’éternité (cf. Si 47, 13). Et Hiram que j’ai évoqué en arrivant, envoya du bois provenant des cèdres du Liban (cf. 1 R 5, 22). Des boiseries de cèdre meublaient l’intérieur du Temple et portaient des guirlandes de fleurs sculptées (cf. 1 R 6, 18). Le Liban était présent dans le Sanctuaire de Dieu. Puisse le Liban d’aujourd’hui, ses habitants, continuer à être présents dans le sanctuaire de Dieu ! Puisse le Liban continuer à être un espace où les hommes et les femmes peuvent vivre en harmonie et en paix les uns avec les autres pour donner au monde, non seulement le témoignage de l’existence de Dieu, premier thème du Synode passé, mais également, celui de la communion entre les hommes, second thème du même Synode, quelle que soit leur sensibilité politique, communautaire et religieuse !

Je prie Dieu pour le Liban, afin qu’il vive dans la paix et résiste avec courage à tout ce qui pourrait la détruire ou la miner. Je souhaite au Liban de continuer à permettre la pluralité des traditions religieuses et à ne pas écouter la voix de ceux qui veulent l’en empêcher. Je souhaite au Liban de fortifier la communion entre tous ses habitants, quelle que soit leur communauté et leur religion, en refusant résolument tout ce qui pourrait conduire à la désunion, et en choisissant avec détermination la fraternité. Ce sont là des fleurs qui sont agréables à Dieu, des vertus qui sont possibles et qu’il conviendrait de consolider en les enracinant davantage.

La Vierge Marie, vénérée avec dévotion et tendresse, par les fidèles des confessions religieuses présentes ici, est un modèle sûr pour avancer avec espérance sur le chemin d’une fraternité vécue et authentique. Le Liban l’a bien compris en proclamant il y a quelque temps, le 25 mars comme jour férié, permettant ainsi à tous ses habitants de pouvoir vivre davantage leur unité dans la sérénité. Que la Vierge Marie dont les antiques sanctuaires sont si nombreux dans votre pays, continue à vous accompagner et à vous inspirer !

Que Dieu bénisse le Liban et tous les Libanais ! Qu’il ne cesse de les attirer à Lui pour leur donner part à sa vie éternelle ! Qu’il les comble de sa joie, de sa paix et de sa lumière ! Que Dieu bénisse tout le Moyen-Orient ! Sur chacun et chacune d’entre vous, j’invoque de grand cœur l’abondance des Bénédictions divines.لِيُبَارِك الربُّ جميعَكُم  [Que Dieu vous bénisse tous !]"

Posté le 16 septembre 2012 à 20h04 par Michel Janva | Lien permanent

15 septembre 2012

Pendant que le monde musulman s'embrase

Le pèlerin de la paix poursuit son pèlerinage.

P
Autres photos.

Posté le 15 septembre 2012 à 20h35 par Michel Janva | Lien permanent

"La soif du spirituel et la quête de l’au-delà doivent toujours habiter nos cœurs"

Lors de son déjeuner avec les patriarches et les évêques du Liban, Benoît XVI a déclaré :

B"La divine Providence a permis notre rencontre dans ce couvent de Bzommar, si emblématique pour l’Église arménienne catholique. Son fondateur, le moine Hagop, surnommé Méghabarde – le pécheur –, est pour nous un exemple de prière, de détachement des biens matériels et de fidélité au Christ-Rédempteur. Il y a 500 ans, il a promu l’impression du Livre du Vendredi établissant ainsi un pont entre l’orient et l’occident chrétiens. À son école, nous pouvons apprendre le sens de la mission, le courage de la vérité et la valeur de la fraternité dans l’unité. Alors que nous nous apprêtons à refaire nos forces par ce repas préparé avec amour et généreusement offert, le moine Hagop nous rappelle aussi que la soif du spirituel et la quête de l’au-delà doivent toujours habiter nos cœurs. Car, « ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4).

Chers amis, par l’intercession des Apôtres Barthélemy et Thaddée, de saint Grégoire l’Illuminateur, demandons au Seigneur de bénir la communauté arménienne durement éprouvée à travers les âges et d’envoyer à sa moisson des ouvriers nombreux et saints qui, à cause du Christ, soient capables de changer la face de nos sociétés, de guérir les cœurs meurtris et de redonner courage, force et espérance aux désespérés."

Posté le 15 septembre 2012 à 17h50 par Michel Janva | Lien permanent

Quelques photos du Pape au Liban

Sur le site du Vatican :

Hier

BCe matin :
P

Posté le 15 septembre 2012 à 15h16 par Michel Janva | Lien permanent

Pour construire la paix : aider la famille et promouvoir la vie

Lors de sa rencontre avec le gouvernement libanais, le corps diplomatique, les chefs religieux et le monde de la culture, Benoît XVI a dit :

L"Un pays est avant tout riche des personnes qui vivent en son sein. De chacune d’elles et de toutes ensemble dépend son avenir et sa capacité à s’engager pour la paix. Un tel engagement ne sera possible que dans une société unie. Cependant, l’unité n’est pas l’uniformité. La cohésion de la société est assurée par le respect constant de la dignité de chaque personne et la participation responsable de chacune selon ses capacités en engageant ce qu’il y a de meilleur en elle. Afin d’assurer le dynamisme nécessaire pour construire et consolider la paix, il faut inlassablement revenir aux fondements de l’être humain. La dignité de l’homme est inséparable du caractère sacré de la vie donnée par le Créateur. Dans le dessein de Dieu, chaque personne est unique et irremplaçable. Elle vient au monde dans une famille, qui est son premier lieu d’humanisation, et surtout la première éducatrice à la paix. Pour construire la paix, notre attention doit donc se porter vers la famille afin de faciliter sa tâche, pour ainsi la soutenir et donc promouvoir partout une culture de la vie. L’efficacité de l’engagement pour la paix dépend de la conception que le monde peut avoir de la vie humaine. Si nous voulons la paix, défendons la vie ! Cette logique disqualifie non seulement la guerre et les actes terroristes, mais aussi toute atteinte à la vie de l’être humain, créature voulue par Dieu. L’indifférence ou la négation de ce qui constitue la véritable nature de l’homme empêchent le respect de cette grammaire qu’est la loi naturelle inscrite dans le cœur humain (cf. Message pour la Journée mondiale de la paix 2007, n. 3). La grandeur et la raison d’être de toute personne ne se trouvent qu’en Dieu. Ainsi, la reconnaissance inconditionnelle de la dignité de tout être humain, de chacun de nous, et celle du caractère sacré de la vie impliquent la responsabilité de tous devant Dieu. Nous devons donc unir nos efforts pour développer une saine anthropologie qui intègre l’unité de la personne. Sans elle, il n’est pas possible de construire la paix véritable.

BPour être plus évidentes dans les pays qui connaissent des conflits armés - ces guerres pleines de vanités et d’horreurs -, les atteintes à l’intégrité et à la vie des personnes existent aussi dans d’autres pays. Le chômage, la pauvreté, la corruption, les diverses addictions, l’exploitation, les trafics de toutes sortes et le terrorisme entraînent, avec la souffrance inacceptable de ceux qui en sont victimes, un affaiblissement du potentiel humain. La logique économique et financière veut sans cesse nous imposer son joug et faire primer l’avoir sur l’être ! Mais la perte de chaque vie humaine est une perte pour l’humanité entière. Celle-ci est une grande famille dont nous sommes tous responsables. Certaines idéologies, en remettant en cause de façon directe ou indirecte, ou même légale, la valeur inaliénable de toute personne et le fondement naturel de la famille, sapent les bases de la société. Nous devons être conscients de ces atteintes à l’édification et à l’harmonie du vivre ensemble. Seule une solidarité effective constitue l’antidote à tout cela. Solidarité pour rejeter ce qui fait obstacle au respect de tout être humain, solidarité pour soutenir les politiques et les initiatives qui œuvrent en vue d’unir les peuples de façon honnête et juste. Il est beau de voir les actions de collaboration et de vrai dialogue qui construisent une nouvelle manière de vivre ensemble. Une meilleure qualité de vie et de développement intégral n’est possible que dans le partage des richesses et des compétences, en respectant l’identité de chacun. Mais un tel mode de vie convivial, serein et dynamique ne peut exister sans la confiance en l’autre, quel qu’il soit. Aujourd’hui, les différences culturelles, sociales, religieuses, doivent aboutir à vivre un nouveau type de fraternité, où justement ce qui unit est le sens commun de la grandeur de toute personne, et le don qu’elle est à elle-même, aux autres et à l’humanité. Là se trouve la voie de la paix ! Là est l’engagement qui nous est demandé ! Là est l’orientation qui doit présider aux choix politiques et économiques, à chaque niveau et à l’échelle planétaire !

PPour ouvrir aux générations de demain un avenir de paix, la première tâche est donc celle d’éduquer à la paix pour construire une culture de paix. L’éducation, dans la famille ou à l’école, doit être avant tout l’éducation aux valeurs spirituelles qui donnent à la transmission du savoir et des traditions d’une culture, leur sens et leur force. L’esprit humain a le goût inné du beau, du bien et du vrai. C’est le sceau du divin, la marque de Dieu en lui ! De cette aspiration universelle découle une conception morale ferme et juste, qui place toujours la personne au centre. Mais c’est seulement librement que l’homme peut se tourner vers le bien, car « la dignité de l’homme exige de lui qu’il agisse selon un choix conscient et libre, personnellement, c’est-à-dire mû et déterminé de l’intérieur, et non sous l’effet de poussées intérieures aveugles ou d’une contrainte purement extérieure » (Gaudium et spes, 17). La tâche de l’éducation est d’accompagner la maturation de la capacité à faire des choix libres et justes, qui peuvent aller à contre-courant des opinions répandues, des modes, des idéologies politiques et religieuses. L’établissement d’une culture de paix est à ce prix ! Il faut évidemment bannir la violence verbale ou physique. Elle est toujours une atteinte à la dignité humaine, celle de l’auteur comme celle de la victime. Par ailleurs, en valorisant les œuvres pacifiques et leur rayonnement pour le bien commun, on crée aussi l’intérêt pour la paix. Comme en témoigne l’histoire, de tels gestes de paix ont un rôle considérable dans la vie sociale, nationale et internationale. L’éducation à la paix formera ainsi des hommes et des femmes généreux et droits, attentifs à tous, et particulièrement aux personnes les plus faibles. Pensées de paix, paroles de paix et gestes de paix créent une atmosphère de respect, d’honnêteté et de cordialité, où les fautes et les offenses peuvent être reconnues en vérité pour avancer ensemble vers la réconciliation. Que les hommes d’État et les responsables religieux y réfléchissent !

LNous devons être bien conscients que le mal n’est pas une force anonyme qui agit dans le monde de façon impersonnelle ou déterministe. Le mal, le démon, passe par la liberté humaine, par l’usage de notre liberté. Il cherche un allié, l’homme. Le mal a besoin de lui pour se déployer. C’est ainsi qu’ayant offensé le 1er commandement, l’amour de Dieu, il en vient à pervertir le second, l’amour du prochain. Avec lui, l’amour du prochain disparaît au profit du mensonge et de l’envie, de la haine et de la mort. Mais il est possible de ne pas se laisser vaincre par le mal et d’être vainqueur du mal par le bien (cf. Rm 12, 21). C’est à cette conversion du cœur que nous sommes appelés. Sans elle, les ‘libérations’ humaines si désirées déçoivent car elles se meuvent dans l’espace réduit concédé par l’étroitesse d’esprit de l’homme, sa dureté, ses intolérances, ses favoritismes, ses désirs de revanche et ses pulsions de mort. La transformation en profondeur de l’esprit et du cœur est nécessaire pour retrouver une certaine clairvoyance et une certaine impartialité, le sens profond de la justice et celui du bien commun. Un regard nouveau et plus libre rendra capable d’analyser et de remettre en cause des systèmes humains qui conduisent à des impasses, afin d’avancer en tenant compte du passé pour ne plus le répéter avec ses effets dévastateurs. Cette conversion demandée est exaltante car elle ouvre des possibilités en faisant appel aux ressources innombrables qui habitent le cœur de tant d’hommes et de femmes désireux de vivre en paix et prêts à s’engager pour la paix. Or elle est particulièrement exigeante : il s’agit de dire non à la vengeance, de reconnaître ses torts, d’accepter les excuses sans les rechercher, et enfin de pardonner. Car seul le pardon donné et reçu pose les fondements durables de la réconciliation et de la paix pour tous (cf. Rm 12, 16b. 18).

Alors seulement peut croître la bonne entente entre les cultures et les religions, la considération sans condescendance des unes pour les autres et le respect des droits de chacune. Au Liban, la Chrétienté et l’Islam habitent le même espace depuis des siècles. Il n’est pas rare de voir dans la même famille les deux religions. Si dans une même famille cela est possible, pourquoi cela ne le serait-il pas au niveau de l’ensemble de la société ? La spécificité du Moyen-Orient se trouve dans le mélange séculaire de composantes diverses. Certes, elles se sont combattues, hélas aussi ! Une société plurielle n’existe qu’à cause du respect réciproque, du désir de connaître l’autre et du dialogue continu. Ce dialogue entre les hommes n’est possible que dans la conscience qu’il existe des valeurs communes à toutes les grandes cultures, parce qu’elles sont enracinées dans la nature de la personne humaine. Ces valeurs qui sont comme un substrat, expriment les traits authentiques et caractéristiques de l’humanité. Elles appartiennent aux droits de tout être humain. Dans l’affirmation de leur existence, les différentes religions apportent une contribution décisive. N’oublions pas que la liberté religieuse est le droit fondamental dont dépendent beaucoup d’autres. Professer et vivre librement sa religion sans mettre en danger sa vie et sa liberté doit être possible à quiconque. La perte ou l’affaiblissement de cette liberté prive la personne du droit sacré à une vie intègre sur le plan spirituel. La soi-disant tolérance n’élimine pas les discriminations, parfois elle les conforte même. Et sans l’ouverture au transcendant qui permet de trouver des réponses aux interrogations de son cœur sur le sens de la vie et sur la manière de vivre de façon morale, l’homme devient incapable d’agir selon la justice et de s’engager pour la paix. La liberté religieuse a une dimension sociale et politique indispensable à la paix ! Elle promeut une coexistence et une vie harmonieuses par l’engagement commun au service de nobles causes et par la recherche de la vérité qui ne s’impose pas par la violence mais par « la force de la vérité elle-même » (Dignitatis humanae, 1), cette Vérité qui est en Dieu. Car la croyance vécue conduit invariablement à l’amour. La croyance authentique ne peut pas conduire à la mort. L’artisan de paix est humble et juste. Les croyants ont donc aujourd’hui un rôle essentiel, celui de témoigner de la paix qui vient de Dieu et qui est un don fait à tous dans la vie personnelle, familiale, sociale, politique et économique (cf. Mt 5, 9 ; He 12, 14). L’inaction des hommes de bien ne doit pas permettre au mal de triompher. Il est pire encore de ne rien faire.

Ces quelques réflexions sur la paix, la société, la dignité de la personne, sur les valeurs de la famille et de la vie, sur le dialogue et la solidarité ne peuvent demeurer de simples idéaux énoncés. Ils peuvent et doivent être vécus. Nous sommes au Liban et c’est ici qu’ils doivent être vécus. Le Liban est appelé, maintenant plus que jamais, à être un exemple. Politiques, diplomates, religieux, hommes et femmes du monde de la culture, je vous invite donc à témoigner avec courage, à temps et à contretemps autour de vous, que Dieu veut la paix, que Dieu nous confie la paix. سَلامي أُعطيكُم [« Je vous donne ma paix »] (Jn 14, 27) nous dit le Christ ! Que Dieu vous bénisse !"

Posté le 15 septembre 2012 à 14h20 par Michel Janva | Lien permanent

La Croix glorieuse : la clé pour lire l'Exhortation apostolique sur le Moyen-Orient

Hier, en la basilique d'Harissa, au moment de signer l'Exhortation apostolique, Benoît XVI a tenu un discours dont voici des extraits :

E"[...] Il est providentiel que cet acte ait lieu le jour même de la fête de la Croix glorieuse, dont la célébration est née en Orient en 335, au lendemain de la Dédicace de la Basilique de la Résurrection construite sur le Golgotha et le sépulcre de Notre-Seigneur, par l’empereur Constantin-le-Grand, que vous vénérez comme un saint. Dans un mois se célébrera le 1.700ème anniversaire de l’apparition qui lui fit voir dans la nuit symbolique de son incroyance, le chrisme flamboyant, alors qu’une voix lui disait : « Par ce signe, tu vaincras ! ». Plus tard, Constantin signa l’édit de Milan et donna son nom à Constantinople. Il me semble que l’Exhortation post-synodale peut être lue et interprétée à la lumière de la fête de la Croix glorieuse, et plus particulièrement à la lumière du chrisme, le X et le P, des deux premières lettres du mot Χριστός. Une telle lecture conduit à une véritable redécouverte de l’identité du baptisé et de l’Église, et elle constitue en même temps comme un appel au témoignage dans et par la communion. La communion et le témoignage chrétiens ne sont-ils pas fondés sur le Mystère pascal, sur la crucifixion, la mort et la résurrection du Christ ? N’y trouvent-ils pas leur accomplissement plénier ? Il existe un lien inséparable entre la Croix et la Résurrection qui ne peut pas être oublié par le chrétien. Sans ce lien, exalter la Croix signifierait justifier la souffrance et la mort pour ne voir en eux qu’une fin fatale. Pour un chrétien, exalter la Croix veut dire communier à la totalité de l’amour inconditionnel de Dieu pour l’homme. C’est poser un acte de foi ! Exalter la croix, dans la perspective de la Résurrection, c’est désirer vivre et manifester la totalité de cet amour. C’est poser un acte d’amour ! Exalter la Croix conduit à s’engager à être des hérauts de la communion fraternelle et ecclésiale, source du véritable témoignage chrétien. C’est poser un acte d’espérance !

En se penchant sur la situation actuelle des Églises au Moyen-Orient, les Pères synodaux ont pu réfléchir sur les joies et les peines, les craintes et les espoirs des disciples du Christ vivant en ces lieux. Toute l’Église a pu ainsi entendre le cri anxieux et percevoir le regard désespéré de tant d’hommes et de femmes qui se trouvent dans des situations humaines et matérielles ardues, qui vivent de fortes tensions dans la peur et l’inquiétude, et qui veulent suivre le Christ - Celui qui donne sens à leur existence - mais qui s’en trouvent souvent empêchés. C’est pourquoi j’ai désiré que la Première Lettre de Saint Pierre soit la trame du document. En même temps, l’Église a pu admirer ce qu’il y a de beau et de noble dans ces Églises sur ces terres. Comment ne pas rendre grâce à Dieu à tout moment pour vous tous (cf. 1 Th 1, 2 ; Première Partie de l’Exhortation post-synodale), chers chrétiens du Moyen-Orient ! Comment ne pas le louer pour votre courage dans la foi ? Comment ne pas le remercier pour la flamme de son amour infini que vous continuez à maintenir vive et ardente en ces lieux qui ont été les premiers à accueillir son Fils incarné ? Comment ne pas lui chanter notre reconnaissance pour les élans de communion ecclésiale et fraternelle, pour la solidarité humaine sans cesse manifestée envers tous les enfants de Dieu ?

Ecclesia in Medio Oriente permet de repenser le présent pour envisager l’avenir avec le regard même du Christ. Par ses orientations bibliques et pastorales, par son invitation à un approfondissement spirituel et ecclésiologique, par le renouveau liturgique et catéchétique préconisés, par ses appels au dialogue, elle veut tracer un chemin pour retrouver l’essentiel : la sequela Christi, dans un contexte difficile et quelquefois douloureux, un contexte qui pourrait faire naître la tentation d’ignorer ou d’oublier la Croix glorieuse. C’est justement maintenant qu’il faut célébrer la victoire de l’amour sur la haine, celle du pardon sur la vengeance, celle du service sur la domination, celle de l’humilité sur l’orgueil, celle de l’unité sur la division. À la lumière de la fête d’aujourd’hui et en vue d’une application fructueuse de l’Exhortation, je vous invite tous à ne pas avoir peur, à demeurer dans la vérité et à cultiver la pureté de la foi. Tel est le langage de la Croix glorieuse ! Telle est la folie de la Croix : celle de savoir convertir nos souffrances en cri d’amour envers Dieu et de miséricorde envers le prochain ; celle de savoir aussi transformer des êtres attaqués et blessés dans leur foi et leur identité, en vases d’argile prêts à être comblés par l’abondance des dons divins plus précieux que l’or (cf. 2 Co 4, 7-18). Il ne s’agit pas là d’un langage purement allégorique, mais d’un appel pressant à poser des actes concrets qui configurent toujours davantage au Christ, des actes qui aident les différentes Églises à refléter la beauté de la première communauté des croyants (cf. Ac 2, 41-47 ; Deuxième partie de l’Exhortation) ; des actes similaires à ceux de l’empereur Constantin qui a su témoigner et sortir les chrétiens de la discrimination pour leur permettre de vivre ouvertement et librement leur foi dans le Christ crucifié, mort et ressuscité pour le salut de tous.

Ecclesia in Medio Oriente offre des éléments qui peuvent aider à un examen de conscience personnel et communautaire, à une évaluation objective de l’engagement et du désir de sainteté de chaque disciple du Christ. L’Exhortation ouvre au véritable dialogue interreligieux basé sur la foi au Dieu Un et Créateur. Elle veut aussi contribuer à un œcuménisme plein de ferveur humaine, spirituelle et caritative, dans la vérité et l’amour évangéliques, puisant sa force dans le commandement du Ressuscité : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 19-20). [...]

« Sois sans crainte, petit troupeau » (Lc 12, 32) et souviens-toi de la promesse faite à Constantin : « Par ce signe, tu vaincras ! » Églises au Moyen-Orient, soyez sans crainte, car le Seigneur est vraiment avec vous jusqu’à la fin du monde ! Soyez sans crainte, car l’Église universelle vous accompagne par sa proximité humaine et spirituelle ! C’est dans ces sentiments d’espérance et d’encouragement à être des protagonistes actifs de la foi par la communion et le témoignage, que dimanche je confierai l’Exhortation post-synodale Ecclesia in Medio Oriente à mes vénérés frères Patriarches, Archevêques et Évêques, à tous les prêtres, aux diacres, aux religieux et aux religieuses, aux séminaristes et aux fidèles laïcs. « Gardez courage » (Jn 16, 33) ! Par l’intercession de la Vierge Marie, la Theotókos, j’invoque avec grande affection l’abondance des dons divins sur vous tous ! Puisse Dieu accorder à tous les peuples du Moyen-Orient de vivre dans la paix, la fraternité et la liberté religieuse ! لِيُبَارِك الربُّ جميعَكُم  [Que Dieu vous bénisse tous !]"

Posté le 15 septembre 2012 à 09h35 par Michel Janva | Lien permanent

14 septembre 2012

Ecclesia in Medio Oriente

L'Exhortation apostolique est à lire (pdf 92 pages Ecclesia Medio Oriente - Français). Extraits choisis :

B"Les catholiques du Moyen-Orient dont la majorité sont des citoyens natifs de leur pays, ont le devoir et le droit de participer pleinement à la vie nationale en oeuvrant à l’édification de leur patrie. Ils doivent jouir d’une pleine citoyenneté et ne pas être traités en citoyens ou en croyants mineurs. Comme par le passé où, pionniers de la renaissance arabe, ils ont été partie intégrante de la vie culturelle, économique et scientifique des diverses civilisations de la région, ils désirent aujourd’hui, encore et toujours, partager avec les musulmans leurs expériences en apportant leur contribution spécifique. C’est à cause de Jésus que le chrétien est sensible à la dignité de la personne humaine et à la liberté religieuse qui en découle. C’est par amour pour Dieu et pour l’humanité, glorifiant ainsi la double nature du Christ et par goût de la vie éternelle, que les chrétiens ont construit des écoles, des hôpitaux et des institutions de toutes sortes où tous sont reçus sans discrimination aucune (cf. Mt 25, 31ss.). C’est pour ces raisons que les chrétiens portent une attention particulière aux droits fondamentaux de la personne humaine. Affirmer pour autant que ces droits ne sont que des droits chrétiens de l’homme, n’est pas juste. Ils sont simplement des droits exigés par la dignité de toute personne humaine et de tout citoyen quels que soient ses origines, ses convictions religieuses et ses choix politiques." [n°25]

L"Comme le reste du monde, le Moyen-Orient connaît deux réalités opposées : la laïcité avec ses formes parfois extrêmes, et le fondamentalisme violent qui revendique une origine religieuse. C’est avec grande suspicion que certains responsables politiques et religieux moyen-orientaux, toutes communautés confondues, considèrent la laïcité comme athée ou immorale. Il est vrai que la laïcité peut affirmer parfois de manière réductrice que la religion relève exclusivement de la sphère privée comme si elle n’était qu’un culte individuel et domestique situé hors de la vie, de l’éthique, de l’altérité. Dans sa forme extrême et idéologique, cette laïcité devenue sécularisme, nie au citoyen l’expression publique de sa religion et prétend que l’État seul peut légiférer sur sa forme publique. Ces théories sont anciennes. Elles ne sont plus seulement occidentales et elles ne peuvent pas être confondues avec le christianisme. La saine laïcité, en revanche, signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l’indispensable collaboration entre les deux. Aucune société ne peut se développer sainement sans affirmer le respect réciproque entre politique et religion en évitant la tentation constante du mélange ou de l’opposition. Le rapport approprié se fonde, avant toute chose, sur la nature de l’homme – sur une saine anthropologie donc – et sur le respect total de ses droits inaliénables. La prise de conscience de ce rapport approprié permet de comprendre qu’il existe une sorte d’unité-distinction qui doit caractériser le rapport entre le spirituel (religieux) et le temporel (politique), puisque tous deux sont appelés, même dans la nécessaire distinction, à coopérer harmonieusement pour le bien commun. Une telle laïcité saine garantit à la politique d’opérer sans instrumentaliser la religion, et à la religion de vivre librement sans s’alourdir du politique dicté par l’intérêt, et quelquefois peu conforme, voire même contraire, à la croyance. C’est pourquoi la saine laïcité (unité-distinction) est nécessaire, et même indispensable aux deux. Le défi constitué par la relation entre le politique et le religieux peut être relevé avec patience et courage par une formation humaine et religieuse adéquate. Il faut rappeler continuellement la place de Dieu dans la vie personnelle, familiale et civile, et la juste place de l’homme dans le dessein de Dieu. Et surtout à cette fin, il faut prier davantage." [n°29]

"Institution divine fondée sur le mariage tel qu’il a été voulu par le Créateur lui-même (cf. Gn 2, 18-24 ; Mt 19, 5), la famille est exposée aujourd’hui à plusieurs périls. La famille chrétienne en particulier est plus que jamais confrontée à la question de son identité profonde. En effet, les propriétés essentielles du mariage sacramentel – unité et indissolubilité (cf. Mt 19, 6) – et le modèle chrétien de la famille, de la sexualité et de l’amour sont de nos jours sinon contestés du moins incompris par certains fidèles. La tentation existe de s’approprier des modèles contraires à l’Évangile véhiculés par une certaine culture contemporaine répandue partout dans le monde. L’amour conjugal est inséré dans l’Alliance définitive entre Dieu et son Peuple, pleinement scellée dans le sacrifice de la croix. Son caractère de don mutuel de soi à l’autre jusqu’au martyre, est manifeste dans certaines des Églises d’Orient, où chacun des fiancés reçoit l’autre pour « couronne » durant la cérémonie du mariage, appelée à juste titre « office du couronnement ». L’amour conjugal n’est pas l’oeuvre d’un moment, mais le projet patient de toute une vie. Appelée à vivre quotidiennement l’amour christique, la famille chrétienne est un instrument privilégié de la présence et de la mission de l’Église dans le monde. En ce sens, elle a besoin d’être accompagnée pastoralement et soutenue dans ses problèmes et ses difficultés, surtout là où les repères sociaux, familiaux et religieux tendent à s’affaiblir ou à se perdre." [n°58]

Posté le 14 septembre 2012 à 19h42 par Michel Janva | Lien permanent

Benoît XVI a signé l'Exhortation apostolique post-synodale

A la basilique Saint-Paul de Harissa

P

Source KTO.

Posté le 14 septembre 2012 à 17h59 par Michel Janva | Lien permanent

Un mort au nord Liban

Tandis que le Pape poursuit sa visite à Beyrouth, des incidents font rage à Tripoli, dans le nord du Liban, suite à l'excitation musulmane de ces derniers jours. Un fast-food a été pris d'assaut par plusieurs centaines de personnes. Un manifestant a été tué.

Posté le 14 septembre 2012 à 15h24 par Michel Janva | Lien permanent

L'équilibre libanais peut servir de modèle à toute la région

Arrivé à Beyrouth, Benoît XVI a déclaré :

"[...] C’est lors de la seconde de nos rencontres, que la majestueuse statue de saint Maron a été bénie. Sa présence silencieuse au chevet de la basilique Saint-Pierre rappelle de manière permanente le Liban sur le lieu même où l’apôtre Pierre a été enseveli. Elle manifeste un héritage spirituel séculaire en confirmant la vénération des Libanais pour le premier des Apôtres et pour ses successeurs. C’est pour marquer leur grande dévotion à Simon Pierre que les Patriarches maronites ajoutent à leur prénom celui de Boutros. Il est beau de voir que du sanctuaire pétrinien, Saint Maron intercède continuellement pour votre pays et pour l’ensemble du Moyen-Orient. Je vous remercie par avance, Monsieur le Président, pour tous les efforts entrepris en vue de la bonne réussite de mon séjour parmi vous.

LUn autre motif de ma visite est la signature et la remise de l’Exhortation apostolique post-synodale de l’assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des évêques, Ecclesia in Medio Oriente. Il s’agit-là d’un événement ecclésial d’importance. Je remercie tous les Patriarches catholiques qui se sont déplacés, et plus particulièrement le Patriarche émérite, le cher Cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, et son successeur, le Patriarche Bechara Boutros Raï. Je salue fraternellement tous les Évêques du Liban, ainsi que ceux qui ont voyagé pour prier avec moi et recevoir des mains-mêmes du Pape ce document. À travers eux, je salue paternellement tous les chrétiens du Moyen-Orient. Destinée à l’ensemble du monde, l’Exhortation se propose d’être pour eux une feuille de route pour les années à venir. Je me réjouis également de pouvoir rencontrer durant ces jours-ci de nombreuses représentations des communautés catholiques de votre pays, de pouvoir célébrer et prier ensemble. Leur présence, leur engagement et leur témoignage sont une contribution reconnue et hautement appréciée dans la vie quotidienne de tous les habitants de votre cher pays.

Je tiens à saluer aussi avec grande déférence les Patriarches et Évêques orthodoxes venus me recevoir, ainsi que les représentants des diverses communautés religieuses du Liban. Votre présence, chers amis, démontre l’estime et la collaboration que vous souhaitez promouvoir entre tous dans le respect mutuel. Je vous remercie pour vos efforts et je suis certain que vous continuerez à rechercher des voies d’unité et de concorde. Je n’oublie pas les événements tristes et douloureux qui ont affligés votre beau pays durant de longues années. L’heureuse convivialité toute libanaise, doit démontrer à l’ensemble du Moyen-Orient et au reste du monde qu’à l’intérieur d’une nation, peuvent exister la collaboration entre les différentes Églises, toutes membres de l’unique Église catholique, dans un esprit fraternel de communion avec les autres chrétiens, et dans le même temps, la convivialité et le dialogue respectueux entre les chrétiens et leurs frères d’autres religions. Vous savez comme moi que cet équilibre qui est présenté partout comme un exemple, est extrêmement délicat. Il menace parfois de se rompre lorsqu’il est tendu comme un arc, ou soumis à des pressions qui sont trop souvent partisanes, voire intéressées, contraires et étrangères à l’harmonie et à la douceur libanaises. C’est là qu’il faut faire preuve de réelle modération et de grande sagesse. Et la raison doit prévaloir sur la passion unilatérale pour favoriser le bien commun de tous. Le grand roi Salomon qui connaissait Hiram, le roi de Tyr, n’a-t-il pas jugé que la sagesse était la vertu suprême ? C’est pourquoi il l’a demandée à Dieu instamment, et Dieu lui donna un cœur sage et intelligent (cf.1 R 3, 9-12).

BJe viens aussi pour dire combien est importante la présence de Dieu dans la vie de chacun et combien la façon de vivre ensemble, cette convivialité dont désire témoigner votre pays, ne sera profonde que si elle est fondée sur un regard accueillant et une attitude de bienveillance envers l’autre, que si elle est enracinée en Dieu qui désire que tous les hommes soient frères. Le fameux équilibre libanais qui veut continuer à être une réalité, peut se prolonger grâce à la bonne volonté et à l’engagement de tous les Libanais. Alors seulement, il servira de modèle aux habitants de toute la région, et au monde entier. Il ne s’agit pas là uniquement d’une œuvre humaine, mais d’un don de Dieu qu’il faut demander avec insistance, préserver à tout prix, et consolider avec détermination.

Les liens entre le Liban et le Successeur de Pierre sont historiques et profonds. Monsieur le Président et chers amis, je viens au Liban comme un pèlerin de paix, comme un ami de Dieu, et comme un ami des hommes. «سَلامي أُعطيكُم [«Je vous donne ma paix»] dit le Christ (Jn 14, 27). Et au-delà de votre pays, je viens aussi aujourd’hui symboliquement dans tous les pays du Moyen Orient, comme un pèlerin de paix, comme un ami de Dieu, et comme un ami de tous les habitants de tous les pays de la région quelles que soient leur appartenance et leur croyance. À eux aussi le Christ dit : سَلامي أُعطيكُم  [« Je vous donne ma paix »]. Vos joies et vos peines sont continuellement présentes dans la prière du Pape et je demande à Dieu de vous accompagner et de vous soulager. Je puis vous assurer que je prie particulièrement pour tous ceux qui souffrent dans cette région, et ils sont nombreux. La statue de saint Maron me rappelle ce que vous vivez et endurez. [...]"

Posté le 14 septembre 2012 à 14h59 par Michel Janva | Lien permanent

13 septembre 2012

A la veille de l'arrivée du Pape au Liban

D'un côté :

B16lib

De l'autre :

"Alors que le pape Benoît XVI entame demain un voyage apostolique de trois jours au Liban, le quotidien beyrouthin L’Orient Le Jour vient d’annoncer il y a quelques minutes sur son site internet qu’une église avait été vandalisée dans la nuit d’hier, peut-être par des islamistes. Voyez cet article inquiétant".

Posté le 13 septembre 2012 à 17h37 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

09 septembre 2012

Un voyage au Liban sous le signe de la paix

Lors de l'Angélus, Benoît XVI a évoqué son prochain voyage au Liban :

"Chers pèlerins présents ici, ou participant à cet Angelus par la radio ou la télévision, dans les prochains jours, je vais me rendre au Liban en Voyage apostolique pour signer l’Exhortation apostolique post-synodale, fruit de l’Assemblée spéciale pour le Moyen-Orient du Synode des Évêques, célébrée en octobre 2010. J’aurai l’heureuse occasion de rencontrer le peuple libanais et ses autorités, ainsi que les chrétiens de ce cher pays, et ceux venus des pays voisins. Je n’ignore pas la situation souvent dramatique vécue par les populations de cette région meurtrie depuis trop de temps par d’incessants conflits. Je comprends l’angoisse de nombreux Moyen-orientaux plongés quotidiennement dans des souffrances de tous ordres qui affectent tristement, et parfois mortellement, leur vie personnelle et familiale. J’ai une pensée préoccupée pour ceux qui, cherchant un espace de paix, fuient leur vie familiale et professionnelle et expérimentent la précarité de l’exilé. Même s’il semble difficile de trouver des solutions aux différents problèmes qui touchent la région, on ne peut pas se résigner à la violence et à l’exaspération des tensions. L’engagement pour un dialogue et pour la réconciliation doit être prioritaire pour toutes les parties impliquées, et il doit être soutenu par la communauté internationale, toujours plus consciente de l’importance pour le monde entier d’une paix stable et durable dans toute la région. Mon Voyage apostolique au Liban, et par extension à l’ensemble du Moyen-Orient, se place sous le signe de la paix en reprenant la parole du Christ : « Je vous donne ma paix » (Jn 14, 27). Que Dieu bénisse le Liban et le Moyen-Orient ! Que Dieu vous bénisse tous !"

Posté le 9 septembre 2012 à 15h02 par Michel Janva | Lien permanent

03 septembre 2012

L'écroulement de la Syrie fait peur même à ceux qui n'aiment pas ce régime

Le général Jamil Sayyed fut le directeur de la Sûreté générale libanaise. Très proche encore d'Assad, il déclare au Figaro  

S"Assez d'hypocrisie! Le régime syrien était loin d'être parfait ; mais à comparer avec les autres régimes arabes toujours appuyés par l'Occident, il reste de loin le meilleur. Au moins, c'est un État laïque, où régnaient la liberté religieuse, la liberté de la femme, ainsi qu'une vie sociale intercommunautaire ouverte et pacifique. Rien à comparer avec ce qui se passe dans d'autres pays arabes grands alliés des États-Unis, où par exemple il est interdit de dire la messe et où les femmes n'ont pas le droit de conduire ou de voyager toutes seules! À Bahreïn, que s'est-il passé? La majorité chiite a manifesté pacifiquement pour demander l'établissement d'une monarchie parlementaire, c'est-à-dire l'élection par le peuple du premier ministre. Les pays du Golfe y ont envoyé leurs chars et les Américains n'ont rien trouvé à y redire. La Syrie n'était pas parfaite, mais aucun État n'est parfait au Moyen-Orient! [...]

Que vous inspire la déferlante «Frères musulmans», dans le monde arabe?

En dépit de maintes déclarations apaisantes, cette vague met grandement en danger les communautés chrétiennes d'Orient, lesquelles existaient bien avant le début de l'islam. Contre ce froid, les chrétiens disposaient d'un manteau, d'une veste et d'un pull. Ils ont perdu leur manteau en Irak, leur veste en Égypte, et maintenant on voudrait qu'ils perdent leur pull en Syrie et qu'ils se retrouvent en sous-vêtements au Liban!

La Syrie d'Assad est vue par beaucoup d'habitants de la région, et notamment par les chrétiens, comme un mur. C'est un mur, dont l'écroulement serait catastrophique. Cela fait peur même aux gens qui n'aiment pas ce régime. Car l'écroulement de ce mur va provoquer de multiples guerres intestines, visant à créer une nouvelle carte géopolitique du Moyen-Orient. Le mur syrien actuel protège les minorités, principalement chrétiennes. Et vous, occidentaux, vous avez entrepris de détruire ce mur: vraiment, je ne vous comprends pas !"

Posté le 3 septembre 2012 à 07h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (8)

27 août 2012

Le destin des chrétiens au Proche-Orient n’a aucune importance pour l'UE

Mgr Ignace Éphrem Joseph III Younan, patriarche catholique syriaque, déclare à l'AED :

"Vous soutenez l’une ou l’autre des parties [en Syrie] ?

INous ne sommes partisans de personne. Je le répète : Nous voulons seulement jouir des mêmes droits que tous les autres. À supposer que nous prenions parti, ce serait pour le peuple syrien. Mais de nos jours, si quelqu’un ne s’exprime pas contre Assad, on dit immédiatement qu’il est partisan d’Assad. Savez-vous exactement qui se trouve de l’autre côté et si ces forces reconnaîtront les droits civils, la Charte des Nations-Unies ?

L’Union européenne se trompe-t-elle en prenant parti pour les rebelles ?

Permettez-moi d’être franc. Nous sommes en présence de beaucoup d’hypocrisie. De nombreux gouvernements ne pensent qu’à leurs intérêts économiques. Le destin des chrétiens au Proche-Orient n’a aucune espèce d’importance pour eux, sinon, ces gouvernements s’engageraient en faveur de l’égalité devant la loi, du respect des droits de l’Homme pour tous, même dans des pays où le soi-disant printemps arabe n’a pas eu lieu. Il y a plus d’un an, nous avions déjà affirmé que le printemps arabe apporterait le chaos et la guerre civile. Cela n’a rien d’une prise de parti pour ou contre Assad ou l’un des autres potentats de la région. C’est une question de droits identiques pour tous. C’est une question relevant de la primauté des droits de l’Homme et non de la primauté d’une religion. L’intégration et la coexistence ne peuvent fonctionner que si la première primauté est respectée. Je l’ai dit au Gouvernement français à Paris et je vous le répète. À long terme, l’islam fondamental refuse le dialogue d’égal à égal. Si l’Union européenne prenait au sérieux ses principes des droits de l’Homme, elle s’engagerait ouvertement en faveur de l’avenir des jeunes générations dans cette région du monde. Mais nous sommes confrontés à beaucoup d’opportunisme économique. [...]"

Posté le 27 août 2012 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent

La guerre en Syrie se propage au Liban

Le Patriarche Maronite le cardinal Béchara Boutros Raï répond à l'AED. Extraits :

Votre Béatitude, croyez-vous que la guerre civile en Syrie va se propager au Liban et conduire à des conflits religieux entre sunnites et chiites ? Cette année, il y a déjà eu des antagonismes entre les deux groupes religieux.

RCertainement. La guerre civile en Syrie entre les Sunnites (majorité) et les Alawites (minorité) commence déjà à avoir ses répercussions sur les Sunnites et les Alawites au Liban Nord (Tripoli et Akkar). D’autre part, les Libanais sont divisés de nouveau entre ceux qui soutiennent le régime Assad et ceux qui soutiennent l’opposition. En troisième lieu, le conflit politique en cours au Liban entre les Sunnites (14 mars) et le Shiites (8 mars) devient plus aigu à cause des événements syriens.

La visite du Saint-Père pourra-t-elle alors avoir lieu ?

Malgré les tensions, la visite du Pape n’est pas compromise. Tous les Libanais s’y préparent intensément. Les chrétiens du pays attendent l’arrivée du Saint Père avec une joie immense.

Que peuvent faire les chrétiens au Liban afin d’éviter de nouvelles tensions dans leur pays?

Les chrétiens au Liban doivent être plus unis et reprendre en main leur responsabilité. Car ils tendent toujours, de par leur culture et spiritualité, à la paix, aux progrès et aux valeurs de la modernité. Ils aiment la paix et luttent pour la justice ; ils sont ouverts à la convivialité et à la collaboration avec les musulmans, sans préjugés ni arrière-pensées.

[...] L’islamisme va-t-il mettre fin à la présence des chrétiens au Proche et au Moyen-Orient ?

Jamais ! Les chrétiens sont enracinés dans les pays du Moyen-Orient depuis 2000 ans, du temps de Notre Seigneur Jésus-Christ et des Apôtres. Ils ont imprégné les cultures locales des valeurs évangéliques et chrétiennes. Ils ont leurs institutions de tout genre et une présence active dans leurs pays respectifs. Cependant, la vie de paix et de tranquillité leur offre les conditions nécessaires, pour éviter l’émigration, et pour rester toujours actifs. Les musulmans eux-mêmes reconnaissent l’importance de la présence des chrétiens pour leurs qualités intellectuelles, morales et professionnelles et pour leur fidélité à la loi, à la nation et aux autorités civiles. [...]"

Posté le 27 août 2012 à 08h25 par Michel Janva | Lien permanent

20 août 2012

Le pape ira au Liban malgré la crise

Le père Federico Lombardi a affirmé aujourd'hui :

“La préparation du voyage du Pape au Liban se poursuit sans incertitudes de la part du Vatican”.

Pour appuyer ses propos, le père Lombardi a ajouté que la papamobile était déjà partie pour Beyrouth. Benoît XVI est attendu au Liban du 14 au 16 septembre. Pendant sa visite, il signera l’Exhortation apostolique post-synodale pour le Moyen-Orient.

Posté le 20 août 2012 à 19h50 par Michel Janva | Lien permanent

13 août 2012

Ils veulent mettre le Liban à feu et à sang

De Maroun Charbel dans Présent (article en accès libre) :

"La nouvelle est tombée jeudi matin. Soit le 9 août dernier. Cinq jours que nous sommes sonnés. L’ancien ministre, l’ancien député Michel Samaha, une figure incontournable des années de plomb et de toutes celles qui les ont suivies jusqu’à l’aube de ce 9 août, lorsque les Forces de Sécurité intérieure ont enfoncé la porte de son domicile pour l’arrêter. [...] Michel Samaha a été inculpé d’association de malfaiteurs avec le général Ali Mamlouk, chef du bureau de la Sécurité nationale syrienne, dont le but était d’organiser l’exécution d’attentats terroristes et d’assassinats de personnalités religieuses, suscitant des violences religieuses d’abord dans le nord au Akkar puis dans toutes les autres régions, mais d’abord dans les zones chrétiennes. Première personnalité visée : le patriarche maronite Béchara Raï qui entame justement une visite pastorale dans le Akkar.

[...] Le plan diaboliquement machiavélique était le suivant : assassiner le patriarche en faisant porter la responsabilité du crime à des mouvements sunnites de la mouvance salafiste et (ou) proche de la Révolution syrienne. Le prétexte était tout trouvé : les positions extrêmement conciliantes de Béchara Raï avec le régime syrien. Cet assassinat devait être précédé d’un vaste lâchage de tracts de menaces dans les églises de la région. Les premiers ont bel et bien été distribués et il a fallu tout le discernement des autorités religieuses sunnites et chrétiennes pour calmer les esprits.

Selon des sources proches de l’enquête, Michel Samaha a immédiatement tout avoué. Et au juge abasourdi qui lui disait : « Mais pourquoi ? Pourquoi ? » Il répondait calmement, « simplement », « Bachar le veut ! » [...]

Bachar le veut ! Le Liban devait être à feu et à sang pour montrer au monde que cet exemple de convivialité séculaire ne pouvait recevoir le pape. Et si Benoit XVI passait outre et maintenait son voyage de septembre prochain un plan B était tout prêt. [...]"

Posté le 13 août 2012 à 14h17 par Michel Janva | Lien permanent

17 juillet 2012

Liban : des soldats français pris à partie

Des soldats français, actuellement mission au Liban sous l'égide de l'ONU, ont été pris à partie dans le sud du pays, près de Tyr. Des hommes auraient encerclé les Casques bleus car les soldats prenaient des photos. Les Libanais ont ensuite confisqué les appareils photo des soldats et se sont enfuis.

Posté le 17 juillet 2012 à 07h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

03 juillet 2012

Benoît XVI effectuera un voyage au Liban du 14 au 16 septembre

... à l'occasion de la signature et de la publication de l'exhortation apostolique post-synodale de l'Assemblée spéciale sur le proche et le moyen Orient.

Le programme du voyage est ici.

Posté le 3 juillet 2012 à 18h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

01 juillet 2012

Le conflit syrien se prolonge au Liban

D'Annie Laurent dans l'Homme nouveau :

"Le conflit qui oppose le président Bachar El-Assad à une partie de son peuple, et plus largement au monde arabo-sunnite, se prolonge en effet sur le territoire libanais, aggravant les divisions au sein de sa population, notamment entre sunnites et chiites et leurs alliés respectifs (des chrétiens se trouvent dans les deux camps). Sur le terrain, c’est surtout le nord (Tripoli et l’Akkar) qui subit les retombées de la tourmente. Les habitants sunnites de cette région, où ils sont majoritaires, cohabitent difficilement avec leurs compatriotes alaouites, lesquels affichent nettement leur solidarité avec Assad dont ils partagent les croyances religieuses. Depuis le mois de juin 2011, des affrontements armés opposent par intermittence les deux communautés. Il y a déjà eu plusieurs dizaines de victimes. En outre, le Liban, séparé de son voisin par une frontière au tracé non défini, voit arriver chez lui de nombreux Syriens (ils seraient actuellement 24 000). Certains y viennent en famille pour fuir les violences, des blessés se font soigner dans ses hôpitaux ; d’autres s’y installent avec des armes pour aider la rébellion, profitant pour ­cela de complicités locales et arabes, sunnites pour la plupart. Pour sa part, le régime de Damas dépêche sur place des agents chargés de traquer, voire de tuer, les opposants, soldats dissidents et militants salafistes, tandis que l’armée syrienne a entrepris de miner certains points de passage frontaliers.

Car il n’est pas question pour Assad d’accepter que le pays du Cèdre devienne un sanctuaire pour ses opposants. Mais il ne peut pas compter sur la coopération du chef de l’État libanais, Michel Sleiman, et de son Premier ministre, Najib Mikati, qui ont opté pour une « neutralité positive » en vue de préserver un minimum d’unité nationale, attitude que le pouvoir syrien ne cesse de fustiger. Damas s’appuie donc sur le Hezbollah, le parti chiite pro-iranien qui lui est inféodé. Or ce dernier, qui dispose d’une milice surarmée, domine largement le gouvernement libanais et exerce une réelle influence sur une partie de l’armée, dont la troupe est à majorité chiite. Plusieurs initiatives récentes prises par des militaires pourraient avoir été suscitées par le Hezbollah : dans le port de Tripoli, saisie de trois conteneurs d’armes destinées à la rébellion syrienne à bord d’un navire en provenance de Libye (28 avril) ; dans cette ville, arrestation sans mandat par la Sûreté générale d’un salafiste connu pour son soutien à la révolution syrienne (12 mai) ; à Halba, deux dignitaires religieux sunnites notoirement anti-syriens abattus dans leur voiture à un barrage de l’armée (20 mai). Depuis lors, les rapts à base confessionnelle se multiplient au Liban.

Les chiites paient cependant le prix de leur engagement pro-syrien. Le 22 mai, onze de leurs membres ont été enlevés près d’Alep, en Syrie, vraisemblablement par des insurgés sunnites, alors qu’ils revenaient d’un pèlerinage en Iran.

« La situation est effrayante », a déclaré le 11 juin dernier le Président Michel Sleiman en accueillant dans son palais présidentiel les participants à la conférence de dialogue national qu’il avait convoquée en vue de susciter un consensus par rapport à la crise syrienne. Mais en l’absence du principal représentant du sunnisme politique, Saad Hariri, et de son allié maronite Samir Geagea, qui refusent de cautionner l’hégémonie du Hezbollah, la rencontre n’a débouché que sur des résolutions inconsistantes."

Posté le 1 juillet 2012 à 19h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

30 juin 2012

Le patriarche maronite à Antioche

Lu sur L'Orient-le-jour :

"Le patriarche maronite Béchara Raï a célébré hier, 29 juin, la fête Saints-Pierre-et-Paul sur un ancien autel situé dans une église rupestre datant du Ier siècle de l’ère chrétienne, et que certains font remonter à saint Pierre lui-même. La messe est symbolique à plus d’un titre. C’est la première fois, en effet, depuis 1 500 ans, qu’un patriarche maronite, qui porte le titre de patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, célèbre un office divin dans cette ville qui fut, au temps de sa splendeur, l’une des gloires de l’Empire romain d’Orient.

C’est à Antioche, en effet, que pour la première fois les disciples du Christ ont été appelés « chrétiens ». C’est d’une Antioche éclairée par la philosophie d’Aristote que le message chrétien a gagné le monde romain, encore marqué par le paganisme, après s’être heurté, à Jérusalem, au rigorisme des Pharisiens, qui voulaient imposer à tout baptisé l’observance intégrale de la loi juive. C’est à Antioche que la doctrine chrétienne s’est articulée, avec saint Paul et saint Ignace d’Antioche, deuxième successeur de saint Pierre, qu’elle s’est déployée dans la vie monastique, avec saint Maron, dans la vie pastorale, avec saint Jean Chrysostome, et dans la vie liturgique, avec saint Ephrem, auteur d’hymnes dont la beauté est demeurée inaltérée jusqu’à nos jours.

C’est dans une chaleur suffocante, à l’intérieur d’une petite église creusée dans le roc, ne contenant qu’un autel, un trône en pierre et des restes de mosaïque au sol, que le patriarche a célébré la messe. Des détails protocolaires ont dû être réglés pour lui permettre d’officier. L’église, en effet, est classée monument historique, et il a fallu une autorisation des autorités civiles turques pour que la messe puisse être dite. [...]"

Posté le 30 juin 2012 à 18h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

27 juin 2012

La propriété privée nous relie au Créateur et aux générations qui nous ont précédées

Le patriarche maronite a mis en garde contre les transactions immobilières, qui permettent aux musulmans financés par les monarchies pétrolières de conquérir les terres des chrétiens, et a demandé à l’État d’y faire échec. S’exprimant dans son homélie dominicale, le chef de l’Église maronite a affirmé qu’il est

« du devoir de l’État de protéger la propriété privée, de sorte qu’elle ne soit pas vendue par pur appât du gain, que ce soit à des étrangers mais aussi à des Libanais, si la transaction est motivée par des considérations religieuses ou communautaires et débouche sur un tri démographique donné ».

Le patriarche Raï a rappelé que le synode patriarcal maronite presse les fidèles de « s’accrocher à leur terre et à leur propriété », dans la mesure où cette dernière est « l’assise de leur mission ». La terre, ajoute le patriarche, est

« un legs des pères et des aïeux, et peut être comparée à un dépôt précieux ou à une relique sainte. Elle nous relie au Créateur et aux générations qui nous ont précédées et l’ont conservée par leur sueur et leur sang. Notre lien à la terre est spirituel et se situe au-dessus du produit des saisons. La terre a modelé notre histoire et notre identité. Elle est notre mémoire vivante, une école de don, de franchise, de loyauté, de générosité, de patience, de contentement, d’espérance et de confiance dans la Providence. La terre contribue directement à l’humanisation de l’homme ».

« Nous exhortons les dirigeants à assumer le rôle essentiel qui leur revient, à savoir aider les particuliers à préserver leurs terrains. Il faut donc que l’État élimine tous les motifs qui poussent le citoyen à vendre sa terre : la guerre, les crises économiques, la pauvreté, le manque d’infrastructure, la corruption administrative, l’insécurité, le vide législatif, l’inégalité devant la loi et l’insécurité judiciaire. Il est de son devoir positif de renforcer et de stimuler les différents secteurs de l’économie et la création d’emplois, pour permettre aux Libanais d’exploiter leurs terres et non de les vendre. »

«D’où la grave responsabilité qui lui incombe d’empêcher qu’une des composantes humaines essentielles du Liban disparaisse par disparition cadastrale, émigration ou dispersion, et ne finisse par vivre en réfugiée dans son propre pays, qui lui tiendrait lieu d’hôtellerie sans plus. Ce serait la disparition du pluralisme, l’une des marques distinctives du Liban comme message et trésor de civilisation, richesse pour l’Orient et l’Occident ».

Posté le 27 juin 2012 à 08h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

10 mai 2012

Liban : un prêtre séquestré puis libéré

Lu dans La Vie :

"Le père Elias Maroun Gharios, prêtre maronite libanais, a été enlevé lundi soir à Baalbeck par des inconnus lui reprochant le baptême d'une musulmane convertie. "Grâce à la contribution de personnalités soucieuses de l’ordre public", comme l'a indiqué le président libanais Michel Sleiman, le prêtre a été libéré quelques heures plus tard. Il a indiqué qu'il pardonnait à ses ravisseurs et ne comptait pas porter plainte. Selon le Centre catholique d’information qui a condamné l’enlèvement, le prêtre "a été agressé et humilié, avant d’être libéré". Le communiqué précise également que "cet enlèvement est une atteinte non seulement à la personne du prêtre, mais aussi à la dignité du clergé; il porte aussi atteinte au principe de coexistence que nous considérons comme un exemple dans la région"."

Posté le 10 mai 2012 à 08h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

08 avril 2012

Benoît XVI se rendra au Liban

BLe pape Benoît XVI, qui a célébré la messe ce matin devant environ 100 000 fidèles, se rendra du 14 au 16 septembre en visite en Liban pour remettre l'exhortation apostolique, conclusions du synode sur le Moyen-Orient, qui s'était déroulé en octobre 2010 au Vatican. Il rencontrera les autorités civiles et religieuses ainsi que les jeunes.

Posté le 8 avril 2012 à 16h23 par Michel Janva | Lien permanent

06 avril 2012

Tentative d'assassinat de Samir Geagea au Liban

De Maroun Charbel dans Présent :

G"Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, était dans le viseur du, ou des francs-tireurs, quand il s’est soudain penché pour cueillir une fleur. Les balles de DCA (défense anti-aérienne) de calibre 12,7 ou 14,5 – à cette heure-ci nous n’en savons pas plus – sont allées se loger dans le mur. Le tir a été effectué de loin. Geagea dans sa conférence de presse parle d’un tir parti de plus d’un kilomètre. Mais un tir pour tuer. Nous sommes loin, très loin, des « petits messages » que ceux de l’anti-Liban aiment à nous envoyer sous forme de grenades ou de pains d’explosifs déposés dans les parkings ou à proximité des bureaux ou habitations des chefs du Liban souverain.

Avec sa simplicité coutumière, le chef des Forces libanaises a ouvert sa conférence de presse en rendant grâce à Dieu et à cette petite fleur qui lui a fait quitter son chemin pour la cueillir, l’éloignant de ses gardes du corps qui, du coup, ont été eux aussi épargnés alors qu’ils entourent de très près leur chef lors de sa promenade quotidienne dans le domaine de Meraab.

« Je ne suis pas en mesure d’accuser qui que ce soit, je ne peux rien dire avant les résultats de l’enquête », a déclaré Geagea, qui a souligné – en y revenant à plusieurs reprises – que « les auteurs des tirs étaient des professionnels : ce genre d’opération nécessite des moyens de surveillance sophistiqués ». Il a souligné aussi que « les victimes des assassinats, des attentats, sont au Liban – et depuis 40 ans – tous du même bord ». [...]

L’ancien Premier ministre libanais, Saad Hariri (sunnite), réfugié à Paris pour cause de très hauts risques sécuritaires, a immédiatement réagi en déclarant que c’était là une « tentative de liquidation de l’un des principaux acteurs politiques libanais de poids ». Il y a quelque mois, Hariri avait affirmé que son candidat à la prochaine présidentielle ne serait nul autre que Samir Geagea."

Posté le 6 avril 2012 à 07h47 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

21 mars 2012

Le Pen reconnu comme étant un ami des chrétiens d'Orient

MThierry Légier, ancien garde du corps de Jean-Marie Le Pen, désormais au service de la présidente du Front national, vient de publier Mission Le Pen, recueil de souvenirs sur ses années passées à assurer la sécurité de le Pen. Il dévoile à Minute :

"En 2002, par exemple, nous sommes allés à Beyrouth par l’intermédiaire de Elie Hatem, avocat franco-libanais, pour rencontrer l’ancien président Amine Gemayel, chef des phalanges chrétiennes. A côté de cette rencontre, nous avons été invités à assister à une messe au patriarcat maronite. Et un de mes amis libanais m’avait dit: « Tu verras, si le patriarche est content, il parlera français… » A la stupéfaction générale, au début de la célébration, le patriarche est soudain passé du libanais au français pour dire: « C’est avec grand plaisir que j’accueille en mon église Jean-Marie Le Pen ». Le président du Front national était reconnu comme un grand ami des chrétiens d’Orient."

Sur la sécurité de Marine Le Pen, il révèle :

"l’extrême gauche est très mobilisée contre elle et attaque régulièrement nos meetings. Pour le congrès de Tours, souvenez-vous du dispositif policier: des dizaines de cars, deux hélicoptères, des centaines de CRS! Et ça n’a pas empêché les gauchistes de ravager la ville…. En décembre dernier, à la fac Dauphine, à Paris, les nervis de gauche ont attaqué l’amphithéâtre, bousculant des étudiants, cassant du matériel. A l’île de la Réunion, des manifestants ont percé le dispositif policier, mettant Marine Le Pen en danger. Ils ont installé un barrage de gravats sur la route: il a fallu faire venir un bulldozer prêté par un sympathisant pour tout dégager. Et le clou du spectacle – que je ne devrais dévoiler que dans mon deuxième livre! – a eu lieu quand les manifestants réunionnais ont fait une tentative de séquestration, voire de mise en danger d’autrui, dans les studios télé! Ils avaient réussi – avec quelle complicité? – à nous enfermer dans les locaux en mettant des chaînes cadenassées aux entrées. Les policiers en ont fait sauter une à la dernière minute, mais, au moment de partir, on s’est soudain retrouvé avec un manifestant qui avait sauté sur le toit de notre voiture… Un vrai film d’horreur!"

Posté le 21 mars 2012 à 07h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

16 mars 2012

Benoît XVI au Liban du 14 au 16 septembre

Lu ici :

"Le chef de l’Eglise grecque-melkite a indiqué dans la soirée du 15 mars 2012 que Benoît XVI se rendrait au Liban du 14 au 16 septembre prochain. [...]  “Le pape vient chez nous pour renforcer les chrétiens, pour qu’ils soient unis ad intra, et pour donner un message ad extra“, a ainsi assuré le patriarche grec-melkite. Benoît XVI, a affirmé Mgr Laham, sera “un messager de paix au Moyen-Orient“.

Il a assuré qu’il serait le premier à accueillir Benoît XVI dans un lieu de culte chrétien, dans l’après-midi du 14 septembre : la basilique Saint-Paul d’Harissa, au-dessus de la ville côtière de Jounieh et à une vingtaine de kilomètres de Beyrouth. Tout près de là, et non loin de la monumentale statue de Notre-Dame du Liban, se trouve la nonciature apostolique où résidera le pape.

Au cours de son premier séjour au Liban, Benoît XVI rencontrera les jeunes du pays mais aussi les religieux et les personnes consacrées. Outre une rencontre avec les autorités politiques du pays, le pape devrait aussi rencontrer les leaders religieux non chrétiens et brièvement visiter certaines églises chrétiennes.

Le dimanche 16 septembre, Benoît XVI célébrera une messe au cours de laquelle il remettra “personnellement“ aux patriarches et aux évêques de la région le texte de l’Exhortation apostolique issue des travaux du Synode des évêques d’octobre 2010 consacré à la situation des chrétiens au Moyen-Orient. Le pape aura signé ce texte lors d’une cérémonie préalable."

Posté le 16 mars 2012 à 10h03 par Le Salon Beige | Lien permanent

03 mars 2012

"Si le Liban ne résiste pas à la poussée de l’Islam, c’est tout l’Occident qui risque de basculer"

Article de Mgr Marc Aillet, paru dans le mensuel diocésain « Notre Eglise » N°24, mars 2012 :

A"A l’invitation la Princesse de Lobkowicz, fondatrice de l’association Malte-Liban et en lien avec le Dr Aimé Deguy, cardiologue à Beyrouth, j’ai eu la joie de passer trois jours au Liban. Trois jours de communion fraternelle dans le Christ, d’échanges et de découverte d’un pays aux profondes cicatrices, mais quelle espérance !

Quelques minutes après l’atterrissage, l’immersion complète est au rendez-vous avec une rencontre inoubliable au Carmel de Harissa. De très jeunes novices, et une fondation récente, donnent à cette communauté vivante et très ancrée dans la vénérable tradition carmélitaine, une authenticité saisissante. A quelques kilomètres de là, se trouve le patriarcat maronite du Liban, Bkerké, où nous sommes accueillis avec beaucoup de chaleur par sa Béatitude Mgr Bechara Boutros Rai, successeur du Cardinal Sfeir.

Au plan de la sécurité, les contrôles réguliers effectués par l’Armée Libanaise sur les différentes parties du territoire trahissent, malgré une apparence de relative opulence, que le pays est en état de vigilance constante, et ce pour de nombreuses raisons. Terre majoritairement chrétienne il y a un demi-siècle, le Liban a une population à dominante musulmane, environ 65 %, mais, par le jeu des alliances (et donc des divisions) avec les chiites ou les sunnites, il est possible pour les chrétiens de conserver une certaine marge de manœuvre. Le pays est aujourd’hui l’objet de convoitises diverses. Israël  y voit un déversoir naturel pour les millions de palestiniens voisins tandis que l’Arabie soutient les sunnites et l’Iran, Hezbollah oblige, les chiites. L’influence de la Syrie est encore très forte, et les événements actuels qui ensanglantent le puissant voisin actuellement gouverné par le redoutable Bachar-el-Assad, sont une source de vive inquiétude pour les chrétiens. Entre la peste et le choléra, ils ne savent et ne peuvent choisir.

A l’occasion d’une soirée-débat, j’ai perçu la profonde lucidité des libanais face aux enjeux qui les concernent. Sur la question de l’Islam, les uns comme les autres affirment sans ambages que lorsqu’un chrétien s’affiche chrétien, c’est-à-dire qu’il ne rougit pas de sa foi et la proclame sereinement, il est respecté. S’agissant des clercs, le port de l’habit ecclésiastique leur permet de témoigner de l’Evangile de manière toute particulière, et les musulmans ne s’y trompent pas. Les évêques et prêtres maronites, antonins, grecs-catholiques avec lesquels nous avons pu nous entretenir le confirment.

La rencontre avec des figures politiques libanaises chrétiennes m’a permis de mesurer différents niveaux de conviction. Le courage du jeune député Samy Gemayel exprime à quel point l’avenir du Liban se joue en ce moment. Les dix prochaines années seront décisives. De manière très différente, le général Aoun nous a confié sa vision et ses projets. Quoi qu’il en soit, m’est apparu clairement que la France ne devait pas laisser tomber le Liban. Depuis Saint Louis, le destin de nos deux nations est lié.

La visite de deux dispensaires soutenus par l’Ordre de Malte, Barqa et Kefraya, nous a ouvert les yeux sur la générosité des chrétiens dans les zones contrôlées par le Hezbollah. Avec courage et détermination, ils apportent une aide inconditionnelle à tous, certains n’étant pas toujours animés de bonnes intentions ; vexations, harcèlements et autres agressions sont en effet fréquents. Dans le même secteur géographique, le sanctuaire de Bechouat, jumelé avec celui de Pontmain est le lieu d’une fervente dévotion mariale ; nous avons pu le visiter en compagnie de l’évêque du lieu, Mgr Simon Attalah, de Baalbek.

Pour conclure, je souhaiterais redire avec force combien notre soutien au Liban, pour reprendre les mots du patriarche maronite, Mgr Raï, n’est pas le soutien d’une minorité chrétienne mais l’exercice de la charité qui unit entre elles les églises ; c’est en effet l’unique Eglise du Christ que nous devons soutenir sur cette terre sainte. Enfin, il faut bien comprendre que si le Liban ne résiste pas à la poussée de l’Islam, c’est tout l’Occident qui risque de basculer. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende.

Notre-Dame du Liban, priez pour le Liban, priez pour la France."

Posté le 3 mars 2012 à 08h59 par Michel Janva | Lien permanent

04 janvier 2012

Quand la Turquie exterminait les chrétiens du Liban

Suite à la pénalisation de la négation du génocide arménien et aux réactions turques, Maroun Charbel rappelle cet autre massacre, dans Présent :

T"Il était alors normal que ma réflexion me porte vers cet autre génocide turc : celui contre la population chrétienne du Mont-Liban tout au long des quatre années de la Grande Guerre. Systématiquement, méthodiquement, les Chrétiens du Mont-Liban ont été assiégés, affamés, enlevés, déportés par ordre du gouvernement Jeune-Turc, celui-là même qui massacrait les Arméniens.

Le Mont-Liban était depuis son statut organique de 1864, au lendemain des massacres de 1860, une province autonome de l’Empire ottoman avec son statut propre. Les Jeunes-Turcs, pur produit des Lumières, considéraient que tout habitant de l’Empire était citoyen ottoman et donc soumis aux mêmes règles, dont le service militaire obligatoire. Le régime des capitulations était balayé, comme celui des « Millet » qui faisaient des communautés religieuses non islamiques autant de petites nations au sein de l’Empire, et le Mont-Liban perdait son statut de province autonome.

Le blocus était total et comme si cela ne suffisait pas une invasion de criquets ajoutait un malheur au malheur et détruisait tout sur son passage. Donc, plus de récoltes, mais aussi plus de semences. Plus de 180 000 Libanais devaient mourir de faim, plus de 20 000 étaient déportés en Cilicie et en Arménie et consignés dans les maisons des Arméniens envoyés à la mort, des dizaines de milliers d’orphelins erraient dans les rues. Le Liban chrétien perdait plus du tiers de sa population. La guerre finie, les premiers secours arrivent avec les troupes françaises. Mais des milliers de Chrétiens ne pensent alors qu’à une chose : embarquer pour n’importe où, et mettre entre l’islam, les Turcs et eux, la mer et les océans."

Posté le 4 janvier 2012 à 12h43 par Michel Janva | Lien permanent

22 décembre 2011

Les chrétiens libanais divisés sur l'actualité syrienne

Les chrétiens libanais Michel Aoun (majorité) et Samir Geagea (opposition) ont été interrogés par VA sur l'actualité syrienne. Extraits :

"Michel Aoun Il est évident que nous soutenons les droits de l’homme, non seulement en Syrie mais dans tous les pays arabes, mais nous ne soutenons pas cette “opposition syrienne” car sa majorité est formée de mouvements islamistes qui considèrent que la démocratie – pratiquement condamnée par leurs enseignements religieux – n’est qu’un moyen pour arriver à leur but. On l’a vu en Égypte, en Tunisie, en Libye. La réforme dans les pays arabes est une nécessité, et le droit des peuples de choisir leurs dirigeants est un acquis et une vérité incontournable. Mais la réforme et le changement ne se font pas dans une atmosphère d’anarchie. La démocratie ne peut pas se fonder sur le chaos, sur les armes. Telle est malheureusement la situation en Syrie.

Samir Geagea Il ne s’agit pas d’une révolte mais d’un soulèvement populaire. Nous qui luttons pour l’application des droits de l’homme et oeuvrons pour la liberté, nous ne pouvons pas être opposés au peuple syrien qui aspire à la liberté et à la démocratie. Cette attitude n’est aucunement dirigée contre le régime Assad. Même si Assad avait été l’auteur du soulèvement populaire, on l’aurait soutenu. [...]

M. A. Les alternatives possibles au régime Assad sont perturbatrices dans leur nature et leurs objectifs, avec des conséquences potentiellement graves. [...]

S. G. Le renversement du régime Assad sera un facteur de stabilisation dans la région, notamment pour le Liban. [...] Contrairement à ce que pensent certains, c’est le régime Assad qui a déstabilisé la région et le Liban en particulier, par exemple en armant et en soutenant les Palestiniens au Liban dans les années 1968 et 1969 ; par son rôle dans le déclenchement de la guerre de 1975, par le dévoiement des accords de Taëf et par la mise sous tutelle du Liban, avec le désarmement des milices libanaises à l’exception notable du Hezbollah."

Posté le 22 décembre 2011 à 10h18 par Michel Janva | Lien permanent

09 décembre 2011

Cinq soldats français blessés au Liban

Cinq militaires français de la Finul ont été blessés ce matin par une explosion visant leur véhicule dans le secteur de Tyr, la principale ville de la région. 

Posté le 9 décembre 2011 à 10h22 par Michel Janva | Lien permanent

06 décembre 2011

Liban : la France renonce à commander la FINUL

De Maroun Charbel dans Présent :

"la France s’apprête non seulement à renoncer au commandement tournant des forces des Nations Unies au Sud-Liban, la FINUL, mais aussi à revoir à la baisse sa participation effective en nombre d’hommes engagés sur le terrain. Peur d’attentat, peur d’enlèvement… la situation régionale et la situation en Syrie tout particulièrement font, aux yeux des analystes du Quai d’Orsay, que les Français sont des cibles idéales pour faire de « bons otages » à haute valeur d’échange."

Paris n’a pas souhaité qu’un général français succède à l’Espagnol Alberto Assarta pour commander la Finul. Le général Alain Pellegrini avait occupé le poste entre 2004 et 2007, avant qu’un Italien lui succède puis un Espagnol, ces trois pays étant les principaux contributeurs de la Finul.

Posté le 6 décembre 2011 à 15h53 par Michel Janva | Lien permanent

02 décembre 2011

Menaces sur les Français au Liban

Lu dans Le Figaro :

"les diplomates français à Beyrouth ont retiré les plaques spéciales de leurs véhicules. [...] «nous sommes clairement en tête de la liste des cibles qui pourraient être visées», affirme l'un de ces diplomates. La position en flèche de Paris dans la crise syrienne expose les Français à des actes de représailles de la part des nombreux alliés dont Damas dispose encore chez son voisin (Hezbollah, Parti national social syrien, radicaux palestiniens).

Des consignes de sécurité très strictes ont été données aux ressortissants français du Liban. «Je n'utilise plus que des véhicules de location pour mes déplacements», indique un homme d'affaires. La principale de ces mesures de précaution concerne l'interdiction de se rendre dans la région de Baalbek, frontalière de la Syrie, classée en zone rouge par le Quai d'Orsay. «Nous y redoutons de nouveaux enlèvements», reconnaît un autre diplomate. [...]

Un de ses cadres [du Hezbollah] a approché, ces dernières années, un ex-milicien en rupture de ban avec les Forces libanaises (FL, chrétiennes et pro-occidentales) pour une mission très spéciale. «Je devais repérer d'anciens diplomates français ou des employés de l'ambassade qui ont pris leur retraite au Liban, raconte-t-il. Le Hezbollah me proposait 5000 dollars pour chaque dossier de Français surveillé. Je devais connaître leurs déplacements et leurs habitudes de vie», ajoute l'ancien milicien. Celui-ci a finalement décliné l'offre, mais au cours des rendez-vous qu'il a eus avec le cadre du Hezbollah, ce dernier lui avait indiqué être «intéressé» par un échange avec des prisonniers détenus en France. En particulier Georges Ibrahim Abdallah, l'ancien chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises, sous les verrous depuis 1984, condamné à la réclusion à perpétuité pour avoir commis des actes terroristes."

Posté le 2 décembre 2011 à 08h03 par Michel Janva | Lien permanent

17 novembre 2011

La Syrie menace-t-elle la FINUL au Liban ?

Quelques nouvelles du Liban données par Maroun Charbel dans Présent :

"Il y a eu d’abord ce double attentat simultané à Tyr, contre un hôtel fréquenté par les Casques bleus en permission et un débit de boisson dans le quartier chrétien de la ville. Tyr est l’une des dernières villes du Sud-Liban où l’on peut encore trouver et boire de l’alcool. Qui était visé par ces attaques ? Les Casques bleus de la FINUL ? Les Chrétiens de la ville ? Ceux qui ne veulent pas céder devant les diktats du Hezbollah ? Ce dernier est, à l’heure d’écrire, le seul à ne pas avoir réagi. Le gouvernement – aux ordres – nous affirme que c’est probablement le fait d’un individu isolé… Affaire à suivre. Aujourd’hui la FINUL a suspendu toutes les permissions et les hommes sont cantonnés dans leurs casernes.

Mercredi matin, encore, au cœur d’Ashrafieh, dernier bastion chrétien de Beyrouth, l’archevêché grec-orthodoxe était vandalisé par des voleurs qui ont pris tout ce qu’ils ont pu prendre comme icônes, ornements sacerdotaux, croix… [...] Simple vol ? Il est trop tôt pour le dire. Mais il y a quand même des éléments troublants comme par exemple le saccage et le vandalisme qui ont accompagné le vol. Est-ce un message à l’Eglise orthodoxe au Liban dont l’évêque de Beyrouth, S.E. Mgr Elias Audeh, est l’un des plus farouches défenseurs du Liban souverain ? [...]"

Ce blog évoque le double attentat :

"Cet attentat intervient au lendemain des menaces proférées par les agents de la Syrie au Liban, notamment Weäm Wahhab, qui ont à maintes fois rappelé la vulnérabilité de la FINUL. Ils ont affirmé que « la chute du régime syrien entraînera le chaos régional et rien ne pourra alors garantir la sécurité des soldats onusiens ». C’est en tout cas la lecture que nous a livrée un ancien officier italien de la FINUL. Notre source à Rome redoute en effet la multiplication de ces actes contre les Italiens et les Français notamment. En visant les soldats italiens, les terroristes et leurs commanditaires chercheraient à profiter du vide gouvernemental en Italie, et de la crise financière qui a provoqué la chute de Silvio Berlusconi. Les terroristes espèrent ainsi forcer Rome à retirer ses unités. Les Français de la FINUL seraient menacés, ajoute notre source, pour les positions fermes de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé dans le dossier syrien.

L’autre explosion, quasi simultanée, a visé un commerce qui vend de l’alcool, situé à l’entrée du quartier Chrétien de Tyr et appartenant à un chrétien. Il ne fait pas de doute que cet attentat vise à terroriser la population et à la pousser à s’accrocher à la dictature syrienne et à la défendre, Assad étant présenté au Liban comme le garant de la sécurité des minorités. En effet, cet attentat intervient au lendemain de l’arrestation de cinq ressortissants syriens à Nabaa (quartier est de Beyrouth), qui ont reconnu leur implication dans une série de meurtres commis depuis septembre dernier. Ces cinq frères - dont trois avaient été naturalisés libanais en guise de récompense pour services rendus - étaient des agents des Services syriens et constituaient une cellule dormante, affirment plusieurs sources libanaises proches de l’enquête. Depuis début septembre, ils ont commis 11 homicides dans la région chrétienne, pour terroriser la population et diffuser un climat d’insécurité, en guise d’avertissement adressé aux Chrétiens souverainistes concernant ce qui pourrait « leur arriver en cas de chute de leur protecteur syrien »."

Posté le 17 novembre 2011 à 13h59 par Michel Janva | Lien permanent

06 novembre 2011

Chaque année, le Hezbollah grignote le Liban

Il achète à tout va, à n’importe quel prix. A partir de 6mn05 (via) :

 

L'Effet Papillon du 06/11/11 - Partie 1

 

Posté le 6 novembre 2011 à 19h16 par Michel Janva | Lien permanent


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