13 novembre 2017

Nouvelle crise politique au Liban

Analyse d'Antoine de Lacoste pour les lecteurs du Salon Beige :

HLe premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé sa démission le 4 novembre dernier à la télévision...saoudienne. Certes, Hariri a la double nationalité libanaise et saoudienne, mais le fait reste tout de même surréaliste. De là à penser que l'homme d'affaires sunnite a été contraint à ce geste par le régime saoudien, il n'y a évidemment qu'un pas, d'autant qu'Hariri est toujours à Ryad. Il ne s'est donc pas rendu au Liban pour remettre sa démission au Président Aoun comme l'exige la Constitution.

Est-il libre de ses mouvements ? On peut penser que non. Voulait-il vraiment démissionner ? C'est peu probable mais Hariri est totalement dépendant de Ryad. Son groupe de BTP, Saudi Oger, dont il a hérité de son père Rafic, est en faillite. La corruption généralisée qui entourait l'activité de l'entreprise rend facile une intervention de l'Etat saoudien pour faire pression sur Hariri qui pourrait encourir une longue peine de prison pour toutes ses activités frauduleuses.

Que veut Ryad en organisant ce scénario improbable ?

Toutes les clés ne sont pas encore connues mais il est toutefois évident que cette démission s'inscrit dans la prise de pouvoir progressive du prince héritier du royaume wahhabite, Mohamed Ben Salman (MBS pour les intimes) qui succédera à son père Salmane, âgé de 82 ans. Il est décidé à moderniser le royaume et à affronter la puissance iranienne afin que l'Arabie Saoudite demeure la principale puissance de la région.

C'est pourquoi il a déclenché la guerre au Yemen afin d'empêcher les rebelles houttistes, proches de Téhéran, de prendre le pouvoir.

C'est aussi pourquoi il a instauré un blocus brutal contre le Qatar, coupable de trop parler avec l'Iran.

C'est enfin pourquoi une vague d'arrestations a frappé le royaume saoudien où des dizaines d'hommes d'affaires, de princes et de ministres ont été assignés à résidence avec interdiction d'exercer toute activité. Tout ceci sous le prétexte de lutter contre la corruption. Celle-ci est réelle mais elle est consubstantielle à l'Arabie Saoudite et c'est en réalité un moyen commode de se débarrasser d'opposants potentiels.

La démission forcée d'Hariri s'inscrit dans la même logique.

L'Arabie saoudite a perdu, par procuration, la guerre en Syrie que l'Iran, elle, est en passe de gagner. Ceci a considérablement renforcé le Hezbollah libanais, également très actif dans le conflit syrien contre les islamistes dont beaucoup étaient financés par Ryad.

MBS considère dès lors qu'Hariri, son pion sunnite à Beyrouth, ne peut plus exercer le pouvoir de façon crédible face à un Hezbollah qui est clairement un Etat dans l'Etat. Le Président chrétien Michel Aoun étant lui-même proche des chiites et de Damas, il est devenu nécessaire de mettre fin à la caution saoudienne.

C'est un signal clair envoyé à Téhéran et le pauvre Liban se retrouve une fois de plus le jouet de conflits qui le dépassent.

Personne ne sait comment cette nouvelle crise institutionnelle va se terminer mais une chose est certaine, c'est bien la rivalité Ryad-Téhéran qui est au cœur de l'actualité du Proche-Orient.

Le conflit entre les sunnites et les chiites ne connait décidément aucun répit.

Posté le 13 novembre 2017 à 12h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

05 novembre 2017

Le Liban, de nouveau au centre du conflit entre l'Iran et l'Arabie

Unknown-37La démission surprise du Premier ministre libanais Saad Hariri, proche de l'Arabie saoudite et critique du Hezbollah pro-iranien, fait craindre que le Liban ne plonge dans de nouvelles violences. C'est depuis l'Arabie Saoudite, pays dont il a la nationalité, que l'annonce a été faite. En ligne de mire : l'omnipotence du Hezbollah. En démissionnant, Saad Hariri a dénoncé la "mainmise" et "l'ingérence" de l'Iran dans les affaires libanaises à travers son allié le Hezbollah. Ce parti politique armé est membre du gouvernement de Saad Hariri formé il y a moins d'un an.

Le Liban est depuis plus d'une décennie profondément divisé entre le camp emmené par M. Hariri, un sunnite soutenu par l'Arabie saoudite, et celui dirigée par le Hezbollah chiite, appuyé par le régime syrien et l'Iran. Son départ intervient dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre Ryad et Téhéran.

Les analystes n'écartent pas la possibilité d'une offensive contre le Hezbollah, que ce soit de la part de l'Arabie saoudite ou, plus probable, d'Israël.

Le patriarche d’Antioche des maronites, le cardinal Boutros Bechara Raï, va se rendre ces prochains jours en Arabie saoudite et y rencontrer le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane. Sa visite à Riyad suit celles de Samir Geagea (Forces libanaises) et de Sami Gemayel (Kataeb) en septembre, et du Premier ministre Saad Hariri fin octobre. L’Arabie saoudite est en train de s’assurer de ses alliés libanais chrétiens et sunnites contre les chiites du Hezbollah.

D’autre part il y a le contexte interne à l’Arabie saoudite. Le régime wahhabite a annoncé que les femmes pourraient conduire une voiture sous certaines conditions, qu’elles auraient accès aux tribunes de deux stades de foot… Surtout, le roi a annoncé la création d’une Haute Autorité chargée d’élaborer une « référence scientifique solide et indiscutable qui permettra de vérifier l’authenticité des hadiths », afin de supprimer « tous les textes qui contredisent les enseignements de l’islam et justifient que des crimes, des meurtres et des actes terroristes soient commis en son nom ». Cette annonce va de pair avec la destitution, voire l’arrestation, de nombreux prédicateurs « extrémistes », et avec diverses initiatives du prince héritier Mohammed ben Salmane al Saoud (photo), et son discours choc du 24 octobre :

« L’Arabie saoudite n’était pas comme ça avant 1979 […] Nous voulons juste revenir à ce que nous avions, un islam modéré ouvert au monde, ouvert à toutes les religions. 70% de la population en Arabie saoudite a moins de 30 ans. Et franchement, nous n’allons pas perdre les 30 prochaines années à gérer des idées extrémistes. On va les détruire aujourd'hui. On veut vivre une belle vie qui traduise notre religion modérée et nos bonnes manières pour coexister et vivre avec le monde. »

Mohammed ben Salmane al-Saoud, fils de la troisième femme du roi Salmane, a 32 ans. Il a été désigné prince héritier à la surprise générale en juin dernier, et donc vice-Premier ministre. Il est aussi président du Conseil des affaires économiques, et ministre de la Défense depuis 2015. Il a ordonné l'arrestation de 11 princes et de dizaines de ministres actuels ou anciens, ainsi que le limogeage de puissants responsables militaires.

Posté le 5 novembre 2017 à 19h05 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

25 octobre 2017

Le Saint-Siège refuse un ambassadeur franc-maçon

1012467-180988828762743-1382144188-n12014-01-15-1046312014-02-06-114048Selon le quotidien italien Il Messaggero, le Saint-Siège refuse de valider la nomination de Johnny Ibrahim à l’ambassade du Liban près du Saint-Siège, en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie.

Johnny Ibrahim, 48 ans, était consul général à Los Angeles depuis 2012, marié et père de 3 enfants. Le pape François aurait refusé de donner son approbation pour deux raisons :

  • le nom de Johnny Ibrahim a été divulgué dans des médias locaux et les cercles ecclésiastiques avant que le Saint-Siège ait donné son agrément. Or de telles fuites, qui vont à l’encontre des protocoles diplomatiques, sont généralement interprétées de manière négative.
  • Johnny Ibrahim serait engagé dans la franc-maçonnerie, une secte hostile à l'Eglise catholique.

De source diplomatique au Liban, on confirme la raison de ce refus du Saint-Siège.

Posté le 25 octobre 2017 à 09h38 par Michel Janva | Lien permanent

20 octobre 2017

35 ans après, les assassins de Bachir Gemayel condamnés à mort

Lu sur L'Orient Le Jour :

Unknown-13"Le verdict est tombé. La Cour de justice, présidée par Jean Fahd, a condamné vendredi à mort Habib Chartouni, militant du Parti syrien national social (PSNS, pro-Assad), et Nabil Alam, ancien haut responsable du PSNS, tous deux inculpés pour l'organisation et l'exécution de l'assassinat de l'ancien président de la République Bachir Gemayel. Chartouni et Alam ont également été déchus de leurs droits civiques. Ils sont également obligés de verser des dommages et intérêts à tous ceux qui ont porté plainte contre eux et d'assumer la moitié des frais de la procédure judiciaire.

Bachir Gemayel avait été assassiné le 14 septembre 1982, vingt deux jours après son élection à la présidence de la République, dans une explosion qui a détruit les locaux de la permanence du parti Kataëb dans le quartier beyrouthin d'Achrafieh. L'attentat avait coûté la vie au fondateur des Forces libanaises et à 32 autres personnes.

Réagissant au verdict, la veuve de Bachir Gemayel, Solange, qui a assisté à la séance, a estimé que "la justice a rendu son prestige à l'État et aux institutions". "Ce verdict nous donne espoir que justice sera rendue à tous les martyrs de la cause et aux martyrs de la Révolution du cèdre", a-t-elle poursuivi.

Le fils de Bachir, le député Nadim Gemayel, et son cousin, le député et chef des Kataëb Samy Gemayel, étaient aussi présents au Palais de justice. Ce dernier a salué un "jour historique".

Unknown-14Nadim Gemayel et les compagnons de Bachir Gemayel au sein des Kataëb, ainsi que les Forces libanaises, ont en outre appelé à célébrer "le retour de la justice", à la place Sassine à 18h30. Au programme de la soirée, "un festival populaire au cours duquel les participants exprimeront leur espoir de voir s'instaurer un État de droit, après une attente de 35 ans", selon un communiqué publié il y a quelques jours.

Habib Chartouni avait déjà reconnu avoir planifié et commandité l'attentat avec l'aide de Nabil Alam. Chartouni avait été détenu à la prison de Roumieh avant d'être libéré en 1990 par l'armée syrienne qui occupait alors le Liban. Il est, depuis, en cavale. Selon certaines rumeurs, il serait réfugié en Syrie. Il fait l'objet d'un acte d'accusation depuis 1996.

Ultime provocation : à la veille du verdict, Habib Chartouni a accordé une interview explosive au quotidien al-Akhbar. Dans ce brûlot, le militant du PSNS a qualifié le procès achevé de "jugement politique", sans toujours nier avoir commis le meurtre de Bachir Gemayel. [...]"

Posté le 20 octobre 2017 à 16h53 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

29 septembre 2017

Liban : le couvent saint Jean-Baptiste va revivre

IMG_1019Plus d'informations ici.

Posté le 29 septembre 2017 à 15h22 par Michel Janva | Lien permanent

29 août 2017

Liban : la statue de saint Charbel a été érigée

La statue monumentale de saint Charbel a été érigée à Faraya. Elle est prête pour sa bénédiction par le patriarche maronite le 14 septembre. Un fragment d’os du saint ermite d’Annaya sera inséré dans la statue au cours de la cérémonie.

0

1

Posté le 29 août 2017 à 15h44 par Michel Janva | Lien permanent

27 août 2017

L'armée libanaise attaque Daesh

Analyse d'Antoine de Lacoste pour les lecteurs du Salon beige :

Depuis environ trois ans, plusieurs milliers d'islamistes d'Al Nosra (devenu Fatah al Cham) et de Daesh ont trouvé refuge dans les montagnes libanaises le long de la frontière syrienne.

Dans ces zones difficiles d'accès, les djihadistes pouvaient se reposer, s'approvisionner en armes et recruter de nouveaux combattants dans les camps de réfugiés syriens situés à proximité.

Ils n'hésitaient pas également à organiser des raids meurtriers sur la Syrie.

Les combattants libanais du Hezbollah ont lancé fin juillet une vaste offensive contre les positions d'Al Nosra. En effet, libérés des durs combats d'Alep et des environs de Damas, les chiites disposaient des effectifs nécessaires pour mettre fin à la présence plus qu'encombrante des islamistes sunnites sur le sol libanais. La défense d'Al Nosra fut, comme d'habitude, acharnée. Mais, moins nombreux et moins bien armés, ils durent céder. Après d'âpres négociations, les survivants furent autorisés à se retirer vers la zone de refuge habituelle des islamistes : la province d'Idlib située dans le nord-ouest de la Syrie.

L'armée libanaise, sensée être au dessus des divisions confessionnelles, s'était contentée de sécuriser la ville d'Ersal, ultime point d'ancrage des djihadistes. Elle ne pouvait en effet mener une offensive conjointe avec un mouvement exclusivement chiite.

Elle vient à son tour de passer à l'offensive, toujours dans les montagnes proches de la frontière syrienne, mais contre Daesh cette fois.

Enfin ! Il y a bien longtemps que l'on espérait une initiative d'envergure de l'armée contre l'Etat islamique qui avait tué et fait prisonnier plusieurs de ses hommes lors des combats de 2014. Deux d'entre eux avaient ensuite été égorgés, un chiite et un sunnite.

Les combats qui se déroulent devraient se conclure favorablement : les trois-quarts du territoire contrôlé par Daesh ont été repris en quelques jours et toute contre-attaque semble illusoire.

Ce qui est particulièrement intéressant dans cet évènement, c'est qu'une offensive similaire s'est déroulée côté syrien menée par le Hezbollah et, surtout, l'armée syrienne. Il ne fallait évidemment pas laisser la possibilité aux hommes de Daesh de reculer devant l'armée libanaise et de trouver refuge dans les montagnes syriennes. Pris en étau, ils n'ont aucune chance.

Symboliquement, c'est un pas important qui vient d'être franchi. Même si l'armée libanaise le nie, il est évident qu'elle a coordonné son action avec l'armée syrienne. C'est une grande première depuis le début de la guerre en Syrie et c'est de bon augure pour vaincre les islamistes. Il ne s'agit pas d'oublier les drames du passé : le Liban a payé un lourd tribut à l'occupation syrienne. Mais l'islamisme vainqueur en Syrie aurait ensuite détruit le Liban et chacun semble l'avoir compris. La priorité est donc là : détruire Daesh, Al Nosra et les autres mouvements islamistes sunnites que les Etats-Unis et l'Europe ont criminellement soutenus. Pour cela, la Syrie et le Liban doivent travailler ensemble.

Le nouveau chef d'Etat-Major libanais, le Général Joseph Aoun, s'est déplacé sur le lieu des combats, soulignant là leur importance. Une page se tourne et la défaite des islamistes se rapproche.

Posté le 27 août 2017 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

21 août 2017

Une statue monumentale de saint Charbel au Liban

Au Liban, une statue géante de saint Charbel (23 mètres de haut sur un socle de 4 mètres, 40 tonnes) a traversé dimanche les rues de Jounieh et a été acheminée à Faraya, sur les hauteurs du Kesrouan. Elle sera bénie le 14 septembre en la fête de la Sainte Croix.

547138490

1732039018

Posté le 21 août 2017 à 17h11 par Michel Janva | Lien permanent

12 août 2017

Pourquoi Israël soutient les islamistes syriens

Chronique d'Antoine de Lacoste :

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël soutient directement plusieurs groupes islamistes syriens. Armes, argent, médicaments ont été fournis en quantité importante aux djihadistes, en particulier le long de la frontière commune aux deux pays, sur le plateau du Golan.

Une rumeur démentie par Tel Aviv avait couru un temps : des blessés islamistes étaient  soignés dans des hôpitaux israéliens. Un incident sérieux avait finalement permis la confirmation de cette information : des islamistes avaient commis des exactions dans un village druze avant de se replier, pourchassés par des habitants druzes venus en renfort.

Cette population, très à part et très soudée, vit notamment sur un territoire à cheval sur la Syrie et l'Etat hébreu. Tous les hommes sont armés et ce sont de redoutables combattants des montagnes. L'armée française en a un cuisant souvenir lors de la révolte druze de 1925.

Dans leur chasse aux islamistes, les Druzes ont constaté avec stupeur que leurs ennemis s'enfuyaient vers la frontière, où des ambulances israéliennes les attendaient pour emmener les blessés. L'affaire s'est mal finie pour les islamistes : les ambulances ont été interceptées et les blessés exécutés par les Druzes. L'armée israélienne n'est pas intervenue, afin de ne pas s'aliéner une population avec qui elle entretient de bonnes relations.

Les faits étant avérés, il faut s'interroger sur les raisons de ce soutien, qui n'est paradoxal qu'en apparence, et il y en a deux.

La première raison était le souhait de voir tomber Bachar. Les Assad sont de vieux ennemis d'Israël et la chute de leur régime aurait été l'aboutissement d'une haine tenace. De plus, cela aurait engendré le chaos dans ce pays honni : la politique sioniste est en effet largement orientée vers la déstabilisation des régimes qui lui sont hostiles afin d'assurer sa sécurité. C'était d'ailleurs un des buts de guerre de Bush en Irak qui a parfaitement réussi puisque l'Irak n'existe plus. Ce n'était pas le souhait des Américains à qui avaient échappé quelques subtilités orientales, mais c'était bien celui des Israéliens.

La prochaine cible sera l'Iran comme Donald Trump l'a très clairement déclaré récemment pour bien marquer la persistance du lien entre Washington et Tel Aviv.

Mais depuis l'intervention russe, Israël sait que son pari est perdu et qu'Assad ne va pas tomber demain. Alors pourquoi continuer ?

Pour une raison très simple : établir une zone tampon sur la plateau du Golan afin d'éviter le retour de l'armée syrienne le long de sa frontière. La quasi-totalité de cette frontière est ainsi aux mains des islamistes qui, sans le soutien de l'Etat hébreu, auraient été vaincus depuis longtemps.

Aussi, dès que l'armée syrienne tente de lancer une offensive, l'aviation israélienne n'hésite pas à intervenir pour sauver ses protégés, sous le prétexte de réagir à des provocations syriennes.

Au delà des Syriens, c'est aussi une façon de tenir à distance le Hezbollah qu'Israël doit déjà supporter sur sa frontière libanaise (son offensive de 2006 s'était brisée sur la défense acharnée des chiites) et n'a pas l'intention de voir se promener en plus sur le Golan.

Il va tout de même arriver un moment où les islamistes seront vaincus en Syrie et celle-ci n'acceptera pas qu'une portion de son territoire soit à nouveau annexée par Israël via des djihadistes.

La diplomatie russe sera nécessaire.

Posté le 12 août 2017 à 18h45 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2017

Christianisme et enracinement

P1110105

La première université de PhilOrient sur le thème du christianisme et de l'enracinement a débuté lundi au couvent Saint-Sauveur de Joun. Cette association s'est donnée pour objectif de renouer des liens entre les chrétientés orientales et occidentales. Basée sur  trois piliers : l'intellectuel, la spiritualité et l'esprit communautaire, une vingtaine de jeunes orientaux et occidentaux suivent des interventions d'une grande qualité toutes données par des Libanais.

P1110102

Certains s'initient également à l'iconographie durant les après-midi. Enseigné par Rhadia, iconographe libanaise, c'est une expérience spirituelle avant d'être simplement une succession de gestes techniques; en commençant l'écriture de l'icône par une prière accompagnée d'encens, chacun peut ainsi s'immerger et vivre un moment de grâce... 

P1110100

Il est possible de suivre cette semaine via les publication Facebook sur la page philOrient www.philorient.org

Couvent

Posté le 2 août 2017 à 15h28 par Le Salon Beige | Lien permanent

24 juillet 2017

Le gouvernement hongrois donne 1,7 million de $ pour la restauration des églises au Liban

Lu sur Orthodoxie :

"Cette donation ira au fond de restauration de 31 églises et constitue une partie des efforts du gouvernement hongrois pour soutenir la communauté chrétienne du Liban, afin qu’elle puisse continuer à vivre dans son propre pays et aide à préserver l’identité et la présence chrétiennes au Moyen Orient. Outre son apport au projet, la Hongrie sera également engagée dans la coordination de la restauration des églises. Selon le site Hungarian Free Press, le projet sera supervisé par l’ambassade de Hongrie à Beyrouth, ainsi que par des membres de l’Université catholique Pázmány Péter et des spécialistes de l’Université du Saint-Esprit de Kaslikot.

Le gouvernement hongrois donne également des fonds pour la restauration des lieux de culte en Hongrie. Un total de 100 millions de florints (environ 381.000 dollars US) ont été alloués à la restauration d’une église orthodoxe à Budapest et 2,4 milliards de florints (environ 9 millions de dollars US) ont été engagés pour le soutien aux édifices du Patriarcat de Moscou en Hongrie. Le journal conservateur « Magyar Nemzet » a suggéré que le soutien gouvernemental à l’Église orthodoxe russe provient de l’alliance politique avec le président russe Vladimir Poutine, lequel suit de près le sort des communautés orthodoxes hors de Russie.

La Hongrie a manifesté son désir de soutenir les chrétiens du Moyen Orient, et elle est le premier pays du monde à avoir créé un bureau gouvernemental destiné à soutenir les chrétiens persécutés de la région. En janvier, le gouvernement hongrois a annoncé qu’il souhaitait que son pays devienne un « point central et un support » pour les groupes qui assistent les chrétiens persécutés pour leur foi."

Posté le 24 juillet 2017 à 16h39 par Michel Janva | Lien permanent

03 juillet 2017

Le concept de citoyenneté dans les pays à majorité musulmane

Samedi 1er juillet a eu lieu en l’Université Notre-Dame de Louaïzé au Liban, un colloque qui approfondit la question cruciale de la compatibilité entre les principes de citoyenneté et de pluralisme et l’organisation sociale et politique des pays à majorité musulmane reconnaissant la loi islamique comme source de leurs propres ordonnancements constitutionnels.

L’initiative accueillie par cette Université catholique libanaise et réalisée avec le patronage du Patriarcat d’Antioche des Maronites, reprend les questions clefs affrontées dans le cadre du grand colloque dédié aux thèmes de la citoyenneté et du pluralisme organisé en février dernier par l’Université a-Azhar du Caire, plus important des centres universitaires de l’islam sunnite. A la conférence de ce jour, prennent part des représentants des communautés islamiques et chrétiennes libanaises, ainsi que le cheick Abbas Shuman, adjoint du grand imam d’al-Azhar.

Dans une volonté explicite de donner le plus grand impact politique à la déclaration d'al-Azhar des 28 févier-1er mars derniers sur la citoyenneté, la déclaration finale dite « déclaration de Louaïzé » a apporté sa pleine adhésion au document d'al-Azhar.

« Le congrès de Notre Dame de Louaïzé salue et appuie la déclaration d'al-Azhar comme un appel sincère de la part de la plus haute institution religieuse arabe et islamique à un partenariat complet dans tous les pays arabes, au sein d'un État national constitutionnel civil distinguant entre la religion et l'État, et reposant sur l'égalité entre tous les membres d'un même pays ; un pays qui valorise la diversité et la pluralité culturelle et religieuse, et remplace par le terme "citoyenneté" les termes de minorité et de majorité ».

La déclaration de Louaïzé pousse la déclaration d'al-Azhar vers la reconnaissance de « l'État de nature civile » (expression destinée à éviter l'ambiguïté que revêt l'expression État laïc pour un musulman) où la notion de citoyenneté, avec toutes ses implications juridiques (égalité de tous les citoyens en droits et en devoirs), se substituerait, sur le plan des effets juridiques et civiques, à celle d'appartenance religieuse musulmane ou chrétienne, de minorité et de majorité. 

Lue par le patriarche Raï en personne en fin de session, la déclaration de Louaïzé a été approuvée par le cheikh Abdellatif Deriane, mufti sunnite de la République, le cheikh Ahmad Kabalan, mufti jaafarite, le cheikh Naïm Hassan, cheikh Akl de la communauté druze, et le cheikh Mohammad Asfour du Conseil supérieur alaouite.

Posté le 3 juillet 2017 à 19h24 par Michel Janva | Lien permanent

13 avril 2017

Le carême vécu par les Maronites

Au Liban, l’Eglise maronite est l'une des plus importantes et le carême, une période liturgique phare pour de nombreux habitants du pays du Cèdre.

Des volontaires se recueillent au sein d'une paroisse  maroniteNancy Hashem et Jad Hanna, deux jeunes libanais maronites, ont accepté de répondre à nos questions concernant ce temps de carême.

Nancy explique que le carême est important pour elle car “c’est une période que l’on vit pour le Christ en s'unissant avec l'Eglise catholique et en offrant ses peines au Christ lui-même.” Tous les jours, Nancy se rend à l’église à 7 h du matin pour “combattre le mal par la prière comme a dit Jésus Christ.” Elle a aussi décidé de jeûner tous les jours de la semaine jusqu'à midi et de ne manger aucun produit venant des animaux - viande, œuf, poisson, produits laitiers etc. Elle explique que cette pratique “est déclarée chaque année par une lettre de leur Patriarche”- Monseigneur Bechara Boutros Rahi, 77e patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient.

Nancy  à droite  et deux volontairesPour aller encore plus loin dans ce temps de “lutte spirituelle” comme l’expliquait le Père Dominique Ellabaki, prêtre maronite de Beyrouth, la jeune femme raconte qu’elle fait “de bonnes actions” durant le carême en travaillant sur elle “pour dépasser ses faiblesses et réparer ses péchés” avant la Résurrection du Christ. Cette lutte spirituelle dont parlait le Père Dominique doit être gagnée “par la prière et l’abstinence mais aussi par l’ouverture du cœur et le partage des biens, du temps et des dons dont Dieu nous a comblé”.

Père Dominique Ellabaki  prêtre maronite de BeyrouthJad, quant à lui, explique que “Le carême est un chemin de rencontre avec Dieu”, un temps durant lequel il se prépare “pour acquérir la Volonté et les plans de Dieu dans sa vie”. Ce jeune homme libanais voit le carême comme un retour vers le Père “à travers la Passion du Fils par l'intermédiaire de l'Esprit Saint”. Le carême le prépare à la Résurrection du Christ, à la Vie Éternelle pour se rappeler toujours que cette vie terrestre est furtive. Jad poursuit en précisant qu’en tant que maronite, il est appelé à vivre ce carême “avec austérité” comme beaucoup de chrétiens orientaux, tout en adhérant à la participation ecclésiastique et liturgique avec les membres de l'église.

St CharbelÀ la fin du carême viendra la Semaine Sainte où le carême deviendra pour lui plus intense, en jeûnant complètement du Jeudi Saint jusqu'au Samedi à midi lorsque les cloches, annonçant la Résurrection du Christ, retentiront. Jad et Nancy terminent en ajoutant que pour eux, les Maronites, le carême “solidifie leur foi et fortifie leur présence en Orient”.

Posté le 13 avril 2017 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

28 février 2017

Le Patriarche Raï adresse un message de résistance spirituelle

Capture d’écran 2017-02-28 à 09.01.35Le Patriarche Bechara Raï livre pour la première fois un témoignage unique et une analyse d’une grande pertinence sur la situation tragique des chrétiens d’Orient. Interrogé par Isabelle Dillmann, spécialiste des grands entretiens de chefs d’État et de personnalités internationales (Mère Teresa, Jean-Paul II, le Dalaï-Lama, Sadruddin Aga Khan, Hamid Karzaï, Mouammar Kadhafi, Rafic Hariri), le Patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient retrace l'histoire bimillénaire des chrétiens d'Orient et leurs rapports historiques avec l’islam. Il rappelle la tradition unique de convivialité intercommunautaire du Liban mais aussi les difficultés que traverse son pays dépendant des confrontations et des déséquilibres régionaux en pointant l’urgence de solutions face aux dangers qui le menacent. Cette personnalité charismatique s’exprime également avec courage sur la géopolitique de la région, Daech, le jeu des puissances étrangères, Israël… Sans jamais céder à la rhétorique diplomatique, le Patriarche Raï à la tête de la plus importante communauté catholique d’Orient dans le monde, adresse à tous un message de résistance spirituelle, sous-tendu par une foi profonde et une force intérieure peu commune. 

Extraits de l’Avant-propos :

"Il ne faut pas beaucoup de temps pour s’apercevoir que le 77e Patriarche maronite d’Antioche et de tout l’Orient est un homme à part. Loin des faux-semblants et de toute affectation de langage ou de comportement dont un prélat ou un haut dignitaire religieux de son rang cherche souvent à se prévaloir, Bechara Boutros Raï conjugue l’audace d’une vision lucide tristement prophétique portée par des mots sonores à une élégance relationnelle dont il ne se départit jamais. Au Moyen-Orient celui que certains surnomment « le pape oriental » est le chef très écouté de l’Eglise maronite qui représente la plus importante communauté catholique d’Orient. Cette Eglise fort ancienne de tradition syriaque-antiochienne regroupe des millions de fidèles dans le monde. Son territoire s’étend de l’ex-Empire ottoman, de la Turquie jusqu’aux frontières de l’Inde, sur les côtes du Malabar et de la région de Malacar. Tout en incarnant douloureusement le tragique destin des chrétiens d’Orient dans un monde arabe en implosion, le patriarche cherche lucidement à nommer les causes de tant de violences, tout en faisant avancer par tous les moyens les processus de paix. « En dépit de toutes les guerres et de toutes les intimidations terroristes, nous, chrétiens, resterons en Orient », affirme-t-il.

En pasteur très attaché à la cause de son Eglise comme à la cause de sa nation vivant sur un équilibre fondé sur la tolérance, le Patriarche Raï stigmatise sans relâche les attentats terroristes de plus en plus meurtriers d’un islam malade de l’intérieur entretenu par la haine séculaire qui divise chiites et sunnites, musulmans modérés et fondamentalistes et qui a permis l’émergence de la pathologie à grande échelle de Daech à travers une violence et une sauvagerie transfrontalières inégalées. C’est dans ce contexte dramatique d’un Orient déchiré que j’ai vécu plusieurs semaines à ses côtés dans sa résidence de la Vallée sainte sécurisée par l’armée, partageant la vie quotidienne de sa communauté – les offices, les célébrations, les repas et les rencontres. De mémoire de patriarche, jamais une personne non religieuse, non membre du clergé de l’Eglise maronite, encore moins une femme, n’avait partagé avec autant de proximité le quotidien d’un des plus grands prélats catholiques d’Orient." 

Posté le 28 février 2017 à 11h01 par Michel Janva | Lien permanent

25 février 2017

Fouad Abou Nader : si vous ne soutenez pas les chrétiens d'Orient, alors un jour la présence chrétienne dans vos pays sera également contestée

Entretien avec Fouad Abou Nader, ex. chef des Forces Libanaises, actuellement président de l'Association Nawraj, réalisé par Eric Muth pour Le Salon Beige :

Quelle est la réalité de la vie des chrétiens aujourd'hui au Liban ?

Images-5Dans notre histoire récente nous sommes passés par 3 phases difficiles :

-Dès 1967, les Palestiniens ont commencé à bâtir un état à l’intérieur de l’état Libanais et sont arrivés avec l’aide de certains pays arabes et étrangers à manipuler les leaders musulmans du Pays. Le 13 Avril 1975, ces Palestiniens, sûrs de leur supériorité, vont provoquer un grand affrontement avec l’Etat libanais, durant lequel ils vont essayer sans cesse de prendre le contrôle du Liban et pour cela ils se devaient de «  nous jeter à la mer », Abou-Ayad, le N°2 de Yasser Arafat dira que la route de Jérusalem passe par Jounié (Capitale de la tanière chrétienne). En 1982, les dirigeants palestiniens défaits par notre Résistance finirent eux par quitter le Liban avec des milliers de leurs combattants.

-En 1983, les Syriens prenant la relève, décidèrent de saper les fondements du pouvoir Libanais et pour cela ils se devaient de « mettre les Chrétiens à genoux ». Comme ils n’avaient jamais reconnu le Liban en tant que pays indépendant, leur but était de faire de notre pays « une province syrienne ». L’armée syrienne, forte de 40 000 hommes et de 10 000 agents de renseignement, a réussi à imposer leur diktat sur tout le pays. Durant cette période, la Syrie et ses alliés ont utilisé tous les subterfuges pour affaiblir les chrétiens qui ont osé leur résister durant des décennies. Ils ont emprisonné nos leaders ou les ont forcés à l’exil et par conséquent marginalisé le rôle politique et la participation chrétienne au pouvoir, notamment en imposant une loi électorale biaisée. En 2005, grâce à notre résistance non-armée qui a entrainé avec elle les Libanais musulmans qui, eux, en avaient ras-le-bol des humiliations et vexations des « Moukhbarat », les services secrets, l’armée syrienne a été forcée de se retirer du Liban.

-Une Nouvelle donne au Moyen-Orient à créé un nouveau défi pour les chrétiens: en 2008, sunnites et chiites se sont affrontés dans les rues de Beyrouth, créant une nouvelle situation au Liban. Depuis six ans maintenant, le Liban subit de plein fouet la guerre en Syrie et en Irak. C’est le pays qui a accueilli le plus de réfugiés syriens au monde (plus de 2 millions sont venus s’ajouter aux 650 000 réfugiés palestiniens vivant au Liban depuis 1948), alors même que sa population est de 4,5 millions d’habitants, sa superficie est plus petite que l’Ile de France et que son PIB est quinze fois plus petit que cette région française.

L'élection de Michel Aoun, le 31 octobre 2016, à la présidence de la république est-elle une chance pour eux ?

De 2014 à 2016, le Liban s’est retrouvé sans président de la République alors même que la menace djihadiste (Daech et Nosra) a commencé à frapper les villages frontaliers. Fin 2016, la réconciliation entre Aoun et Geagea a permis l’élection du premier à la présidence de la République. J’ai longtemps poussé à cette réconciliation. Je soutiens le nouveau président, le général Michel Aoun, qui bénéficie d’une grande popularité parmi les chrétiens et peut de ce fait, avec notre aide à tous, restaurer le rôle historique des chrétiens et rééquilibrer leur participation politique. Il faut saisir cette chance.

Existe-t-il des rivalités entre chrétiens qui forment à peu près la moitié de la population ?

Malgré leurs rivalités, tous les chrétiens sont d’accord sur les principes stratégiques de base. Nous sommes tous d’accord pour l’instauration d’une nouvelle formule politique qui doit permettre à tous les Libanais (Druzes, Sunnites, Chiites et Chrétiens), de vivre en toute, Sécurité, Dignité, Liberté et Egalité. Cette nouvelle formule de coexistence se base sur 3 principes essentiels: l’instauration d’une décentralisation régionale, la reconnaissance de la neutralité positive du Liban ainsi que l’élaboration d’une loi électorale équitable et représentative qui va permettre une participation politique de toutes les composantes libanaises.

Comment le Liban compte-t-il enrayer cette menace contre les chrétiens ?

Notre stratégie de défense se fait à 2 niveaux :

Les églises sont-elles toutes reconnues par l'Etat ?

Oui, les 12 différentes églises sont reconnues par l’Etat, participent à la vie politique et sont représentées, de par la loi, au niveau du parlement, de chaque formule gouvernementale, des directeurs généraux, des hauts cadres de l’armée, de la police, etc.

A votre avis, les pays étrangers vous aident-ils efficacement ?

Pas du tout, et s’ils aident, c’est uniquement les réfugies syriens ou palestiniens, comme si le pays ou les villages hôtes n’existaient pas !

Les conditions des chrétiens au Liban risquent-elles de s'aggraver ?

Il faut noter que la présence des communautés chrétiennes en Syrie, Irak, Jordanie, Palestine, Egypte et le Liban sont toutes en danger et sont interconnectées. Toute faiblesse dans un des chainons entrainera des répercussions négatives dans tous les autres pays. D’où l’importance de renforcer la présence de ces chrétiens dans leurs pays respectifs et leur redonner l’espoir en leur cause. Nous sommes engagés dans une course contre la montre pour endiguer la tendance de ces chrétiens vers l’émigration définitive.  

Aujourd’hui, nous prévenons à nouveau les Européens, les Russes et les Américains: si vous ne soutenez pas la présence chrétienne en Orient, ce dernier rempart, alors un jour la présence chrétienne dans vos pays sera également contestée.

L'élection de Donald Trump changera-t-elle quelque chose ?

En ce qui nous concerne, Trump a fait 2 promesses qui, si elles seront exécutées feraient une grande différence dans notre vie. Il a promis

Vous présidez la Fondation Nawraj, quel en est le but et que fait-elle ?

Aujourd’hui nous sommes confrontés à une nouvelle situation au Moyen-Orient où les paramètres géopolitiques ont changé :

En nous basant sur ce qui précède, nous avons créé l’ONG Nawraj, sous l’égide du patriarcat maronite, pour préserver et consolider la présence et le rôle des chrétiens au Liban et surtout pour éviter que les chrétiens libanais d’être des dommages collatéraux dans les guerres des autres. Notre action se base sur 4 piliers essentiels :

C’est ainsi que la présence chrétienne, surtout dans les villages frontaliers pourra perdurer. Nous sommes confrontés à un manque de moyens financiers pour étendre notre action à tous les villages chrétiens qui sont actuellement en danger de se vider de leurs habitants.

Il serait bon de noter que le Liban compte environ 1650 villages. Vous ne trouverez presque aucun village mixte où les membres des 3 différentes communautés musulmanes vivent ensembles (sunnites et chiites ou bien druzes - chiites ou Druzes- sunnites). Seules les communautés chrétiennes vivent avec les 3 communautés musulmanes et sur toute l’étendue du territoire Libanais ! Les chrétiens libanais sont un facteur de paix et de stabilité.

Posté le 25 février 2017 à 15h53 par Michel Janva | Lien permanent

23 février 2017

Il faut éviter les politiques qui incitent à l’exode des chrétiens du Proche-Orient

C5LYpNLWMAEWIJVC'est ce qu'a déclaré Marine Le Pen au Liban, lors de sa rencontre avec le patriarche maronite le Cardinal Boutros Bechara Rai.

"La meilleure manière de protéger les chrétiens du Proche-Orient consiste à « éradiquer le radicalisme islamique » alors qu’il faut éviter les politiques qui incitent l’exode des chrétiens du Proche-Orient hors de leurs propres terres. Tels sont les concepts clefs jusqu’ici exprimés à propos de la condition des communautés chrétiennes du Proche-Orient par Marine Le Pen, dans le cadre de sa visite de deux jours au Liban."

Marine Le Pen a opposé ses évaluations concernant la protection des chrétiens du Proche-Orient aux choix politiques qu’elle a attribués à Nicolas Sarkozy, qui poussait les chrétiens du Proche-Orient

« à quitter leur pays et à aller vivre à l’étranger en tant que réfugiés. Selon moi, il s’agit d’une vision dangereuse pour les chrétiens du Proche-Orient et ce n’est pas ce que je veux. Je veux que les chrétiens du Proche-Orient vivent en paix et dans la sérénité dans leurs pays ».

Posté le 23 février 2017 à 08h41 par Michel Janva | Lien permanent

21 février 2017

Que signifie "A minima" ?

L'art du titrage: Marine Le Pen a été reçue par le président libanais, le Premier ministre, le patriarche maronite, le dirigeant du parti des Forces Libanaises Samir Geagea, le président du parti Kataeb Samy Gemayel, Ziad Shbib le Gouverneur de Beyrouth, Gebran_Bassil, Ministre des Affaires étrangères ... et Le Monde trouve le moyen de titrer :

C5M_lu_WEAUmp-w

Posté le 21 février 2017 à 19h08 par Michel Janva | Lien permanent

Le Liban sera un point d’équilibre vital pour l’apaisement des tensions au Moyen-Orient

Intéressante analyse de Thibaut de La Tocnaye, Vice-Président de Chrétienté-Solidarité, ancien volontaire français parti combattre au Liban au début des années 1980, Membre du Bureau politique du FN, sur le voyage de Marine Le Pen au Liban :

C5GhXN2WAAEEmT2"[...] Les enjeux de ce voyage sont beaucoup plus importants. [...] Or, l’ex-général Aoun a justement lutté inlassablement, pendant quarante ans, pour la défense d’un Liban indépendant et souverain face aux multiples tentatives d’hégémonie extérieure. De plus, son élection quasi miraculeuse — après pratiquement deux ans de vacance du pouvoir présidentiel — consacre magistralement la formule libanaise de cohabitation islamo-chrétienne et de partage du pouvoir qui exclut et rejette par définition tout islamisme.

Cette rencontre est la préfiguration de ce qui devrait à nouveau exister entre la France et le Liban, et plus encore entre l’Occident et l’Orient pour rejeter efficacement tout terrorisme révolutionnaire islamique.

La deuxième grande thématique du voyage de Marine Le Pen au pays des Cèdres, c’est évidemment le problème des migrants. Là encore, la convergence de la France et du Liban par rapport au problème des réfugiés est claire : « leur retour obligatoire et dans la dignité dans leur pays d’origine » (pour reprendre les propos du patriarche maronite du Liban Bechara Al-Raï) est la seule possibilité envisageable. Nul doute que le nouveau président libanais va prendre à bras-le-corps le dossier explosif des 1,2 à 1,4 million de réfugiés syriens au Liban en anticipant et préparant leur retour en Syrie. Ce sera un des points capitaux de la négociation avec le nouveau pouvoir en Syrie — le régime de Bachar el-Assad ou un autre —, une fois la majorité des villes syriennes libérées de la présence des différentes milices islamistes.

Loin des discours ambiants et délétères d’un certain Occident, cette fermeté libanaise et ce patriotisme inflexible du général Aoun — ainsi que de son allié Samir Geagea, chef des FL (Forces libanaises) — sont évidemment un exemple de taille pour celle qui souhaite incarner, non seulement pour la France mais aussi pour l’Europe, le grand retour des États-nations. Le renforcement de l’armée libanaise par le développement de la coopération avec l’armée française est un des volets-clés du partenariat que compte mettre en place Marine Le Pen, une fois élue Présidente.

Plus généralement, dans l’esprit de Marine Le Pen, le Liban sera un point d’équilibre vital pour l’apaisement des tensions au Moyen-Orient. Le consensus rare existant entre toutes les communautés libanaises face à la menace islamiste doit être le point de départ de la reconstruction de la paix au Moyen-Orient. [...]

Posté le 21 février 2017 à 07h16 par Michel Janva | Lien permanent

28 janvier 2017

Conférence exceptionnelle sur le Liban le 31 janvier

Charles de Meyer, président de SOS Chrétiens d’Orient et Fouad Abou Nader président d’Al Nawraj donneront une conférence le mardi 31 janvier 2017 à 19h45 au Centre Bernanos – 4 rue du Havre – 75009 Paris.

Fouad Abou Nader a cofondé l’association Al Nawraj en 2014. Cette association assure la sécurité des chrétiens aux frontières du Liban, en collaborant avec l’armée et en veillant à l’amélioration des services locaux d'éducation et de santé, en partenariat avec l’association SOS chrétiens d’Orient.

ENTREE LIBRE

Renseignements au 01 83 92 16 53

FLYER SOS LIBAN - 31 01 2017 - Conference Fouad Abou Nader et  Charles de Meyer

Posté le 28 janvier 2017 à 08h15 par Michel Janva | Lien permanent

24 janvier 2017

25 mars - 1er avril : voyage au Liban avec SOS Chrétiens d'Orient

Liban_fc

Posté le 24 janvier 2017 à 15h46 par Michel Janva | Lien permanent

03 janvier 2017

Chronique des chrétiens d'Orient : Sous la protection de Saint Charbel

IMG_2581Au nord du Mont-Liban se trouve la vallée sainte appelée la Qadisha (Quadish signifiant Saint en araméen). Parmi les nombreux ermites, Saint Charbel est une figure sainte emblématique du Liban. Prêtre maronite, il passa 16 ans au monastère Saint-Maroun d’Annaya en vivant de la prière. Depuis sa mort en 1898, beaucoup de miracles se sont produits autour de sa tombe.

Sa vie de dévotion, d’obéissance et de prière est un exemple pour les volontaires. Frère maronite canonisé en 1977 par le pape Paul VI, il est admiré par tous les chrétiens libanais.

Chaque jour de sa vie érémitique était ponctuée de l’eucharistie, de l’adoration du Saint Sacrement, travaux manuels et… de la prière perpétuelle !

IMG_0198A son image les volontaires de la mission SOS Chrétiens d’Orient au Liban font le sacrifice de se donner aux autres, et d’aider les chrétiens présents au Liban, peu importe leur nationalité ou leur rit. Au travers des donations aux familles isolées, des cours de langues aux enfants réfugiés, des diverses activités réalisées pour améliorer le quotidien… les actions sont quotidiennes.

Leur envie d’agir est présente et les moyens pour y parvenir sont grâce à vos dons, merci.

www.soschretiensdorient.fr/donner/

Posté le 3 janvier 2017 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

23 décembre 2016

La responsabilité britannique dans la constitution de l'Etat islamique

Lisa Murr Nehme, Franco-libanaise, professeur, polémiste, historienne, politologue et islamologue vient de publier, aux éditions Salvator, « Quand les Anglais livraient le Levant à l’État islamique » sous titré «  OR, CORRUPTION ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE BRITANNIQUE ». Elle a été longuement interrogée par Breizh-info.com. Extraits :

LEntre le 19ème siècle et le 20ème siècle, les Anglais ont, au moins par trois fois, (1840, 1915, 1925) sauvé ou aidé à fonder des états islamiques. Avec les conséquences actuelles que nous connaissons. Pour quelles raisons ?

Les Anglais ont des intérêts à la fois économiques et stratégiques à sauvegarder.

En 1840, ils étaient en plein essor industriel et cherchaient à améliorer l’écoulement de leurs produits et le transport des matières premières. En outre, les Indes étaient le “joyau” de leur Empire. Ils étudiaient donc les moyens par lesquels ils pourraient raccourcir les distances entre l’Inde et l’Angleterre. Ils avaient d’abord pensé à un canal à Suez, mais ils avaient estimé le projet irréalisable. Alors ils s’étaient rabattus sur l’idée de faire un canal pour relier l’Euphrate (fleuve irrigant l’Irak et la Syrie), à l’Oronte (fleuve prenant sa source au Liban, irriguant une partie du Liban et de la Syrie et aboutissant à Antioche, aujourd’hui en Turquie).

Mais sur le plan humain, la chose était difficile. D’abord, les Libanais n’aimaient pas les Anglais (et c’était réciproque), à cause des missionnaires anglais qui se moquaient d’eux et de leurs rites, et qui étaient soutenus par le gouvernement. Ensuite, les tribus qui contrôlaient l’embouchure de l’Euphrate n’étaient pas commodes. Ce projet et son éventuel financement étaient étudiés très sérieusement au niveau parlementaire britannique à cette époque, quand soudain, ils apprennent que l’armée égyptienne, dirigée par un officier français, a occupé la Palestine, le Liban et la Syrie. Et après avoir écrasé l’armée ottomane après une série de victoires décisives, elle était arrivée en bordure de l’Euphrate. Les Égyptiens menaçaient ainsi de renverser le sultan et de prendre sa place.

Le ministre britannique des Affaires Étrangères, lord Palmerston, paniqua à l’idée qu’on allait non seulement rendre le projet du canal irréalisable, mais aussi, couper carrément aux Anglais la route des Indes.

Il décida de restaurer le pouvoir du calife et de restituer le Liban, la Syrie et la Palestine à l’État islamique. Il envoya des agents en déguisement qui promirent aux Libanais l’indépendance au nom des Français. Pendant ce temps, les Anglais assemblaient une flotte et arrivaient en rade de Beyrouth, qu’ils bombardèrent. Ils distribuèrent des armes aux Libanais, qui se révoltèrent et vainquirent les Égyptiens. Eux qui se battaient pour leur indépendance, furent très déçus d’apprendre qu’on les avait en fait livrés à l’État islamique. Les Anglais avaient obtenu la promesse que les chrétiens seraient bien traité, mais ce ne fut pas du tout le cas.

En 1915, le même scénario resservit, mais à l’envers. Pour diviser les musulmans, les Anglais voulaient susciter une guerre de djihad arabe contre les Turcs. Ils tentèrent donc de convaincre Hussein, chérif de La Mecque, de lancer lui-même l’appel au djihad contre ses maîtres qui le finançaient. Hussein exigea un très gros bakchich, dont les Anglais acceptèrent de lui donner une partie : ils acceptèrent de reconnaître la création d’un État islamique ou califat arabe. Un État islamique, c’est un État régi par la charia : l’adultère y est lapidé s’il est marié (fouetté s’il ne l’est pas), la main du voleur y est coupée, l’athée et l’insulteur de Mahomet y sont décapités, etc. Cela s’opposait totalement aux valeurs occidentales, mais cela ne faisait rien au gouvernement britannique, puisque cela ne concernait pas des citoyens britanniques. Les Anglais acceptèrent aussi que le califat arabe englobe les pays entre la mer Rouge et la Méditerranée. En d’autres termes, ils acceptèrent de fermer les yeux sur l’invasion, par Hussein, de toutes ces régions.

[...] L’argent dépensé par les Anglais durant la Première Guerre mondiale a propulsé cet enseignement au premier plan. L’aide diplomatique et militaire accordée par les Anglais au chérif Hussein, était semblable à l’aide accordée par les Américains de nos jours d’abord à Ben Laden et à Al-Qaïda, puis à Daech, et maintenant, au Front Nosra ou Fatah-el-Cham. Elle ressemblait également à l’aide accordée par les Américains aux Frères Musulmans en Égypte et ailleurs. Elle a été le pétrole jeté sur le feu d’un mouvement qui n’était que latent, et qui est devenu assez puissant pour survivre aux modes communiste, socialiste, nassérienne, etc. Grâce à ce climat quasi hystérique, Hassan Al-Banna, grand-père de Tariq Ramadan, a pu fonder le mouvement des Frères Musulmans et avoir beaucoup de succès. Et son ami le mufti Hajj Amine Husseini, fait par les Anglais mufti de Jérusalem, a été en position de créer une guerre entre les juifs et les Palestiniens non-juifs, qui dure encore. Dans le livre, je cite les discours qui poussaient une infime minorité à massacrer les juifs. Une infime minorité, mais malheureusement, c’est sa volonté qui a prévalu, et le peuple palestinien a été divisé.

Le Printemps arabe d’aujourd’hui ressemble comme deux gouttes d’eau au Printemps arabe qui a eu lieu en 1919-1920 en Syrie, en Palestine, en Égypte et que je décris dans le livre Quand les Anglais livraient le Levant à l’État islamique. [...]"

Posté le 23 décembre 2016 à 10h19 par Michel Janva | Lien permanent

14 décembre 2016

La délégation SOS Chrétiens d’Orient/Al Nawraj à la rencontre des villages chrétiens frontaliers du Liban

Du 10 au 14 Décembre 2016, Charles de Meyer, président et fondateur de SOS Chrétiens d’Orient, ainsi que d’autres membres  de l’association, sont allés visiter les villages chrétiens de la frontière du Liban.

Quatre jours pour quatre régions. Le but était de rencontrer les chefs de municipalité, les habitants pour écouter leurs doléances et mettre en valeur la présence chrétienne aux extrêmes du pays. L’insécurité face aux frontières et l’afflux massif de réfugiés provenant de Syrie, provoquent un exode des populations vers le centre du pays, Beyrouth et même l’étranger. Chacun a remis à la délégation un dossier comprenant des projets pour aider les chrétiens à rester chez eux : infrastructures, matériel, présence humaine… Ceux-ci seront étudiés par la mission SOS Chrétiens d’Orient au Liban et par l’équipe de Paris. Charles de Meyer s’est engagé à commencer la réalisation de quatre projets, un dans chaque région, d’ici Janvier 2017.

L’association libanaise Al Nawraj s’est chargée, avec ses contacts locaux et sa connaissance du pays d’organiser logistiquement ce voyage. Elle est présidée par Dr Fouad Abou Nader, ancien chef des Forces Libanaises et fervent défenseur des chrétiens du Liban. Ses actions ? Ancrer les chrétiens du pays dans leur village et région d’origine et perpétuer leur présence millénaire.

La délégation a voulu vous placer au cœur de ce projet en publiant, par le biais des réseaux sociaux, les compte-rendus des visites ainsi que des vidéos résumant les journées. Pendant 4 jours, elle s’est efforcée de tenir la France informée de la situation critique des chrétiens dans ces régions : lever 40 000 € pour permettre à la mission SOS Chrétiens d’Orient à soutenir ces villages.

Premier jour : le Akkar (Nord)

C’est la région la plus pauvre du Liban. Les retombées des violences en Syrie et le manque de travail poussent les habitants à partir. Sans cette présence chrétienne qui fait le lien entre les différentes communautés musulmanes et druzes, le pays ne pourrait pas faire face à la situation extrême dans laquelle il se trouve.

Deuxième jour : Bekaa Nord

Le Nord de la vallée de la Bekaa, manquant cruellement d’eau, souffre de l’arrivée massive de réfugiés syriens. Des camps sauvages occupent les terres et les infrastructures, le taux de chômage est très important et l’insécurité face aux djihadistes présents sur le territoire, à cheval entre le Liban et la Syrie, est préoccupante.

Troisième jour : Bekaa Sud

Au Sud de Baalbek, capitale du gouvernorat de la Bekaa , les villages chrétiens sont très attachés à leur présence millénaire. Les difficultés économiques font fuir les jeunes générations et les différents groupes djihadistes à proximité procurent un grand sentiment d’insécurité. La délégation a visité Anjar, deuxième ville arménienne du Liban. Après avoir résisté pendant le génocide arménien, les rescapés ont été installés dans cette région par les autorités françaises en 1939. C’est une chance pour SOS Chrétiens d’Orient de renouer les liens que la France a eu avec ce village.

Quatrième jour : Sud-Liban

C’est à la frontière avec Israël que la délégation s’est rendue pour le dernier jour de cette tournée. Souffrants des tensions récurrentes entre les deux pays, les villages chrétiens résistent et peinent à garder leurs habitants. Le manque de travail, d’infrastructures et d’aides de la part du gouvernement est difficile à gérer pour les chefs de municipalités.

Un accueil incroyable, des rencontres passionnantes et surtout beaucoup de projets. Ce voyage est une belle réussite pour les deux associations. Ce partenariat entre SOS chrétiens d’Orient et Al Nawraj est un premier pas pour aider les chrétiens libanais sur l’ensemble du territoire.

Pour aider les chrétiens de ces villages à rester chez eux, aidez-nous à récolter 40 000 euros : www.soschretiensdorient.fr/donner/

Posté le 14 décembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

09 décembre 2016

Chroniques des chrétiens d'Orient : Les frontières chrétiennes du Liban

Photo_2016-11-30_14-37-55[1]Dans un Liban sortant péniblement d’une crise gouvernementale de plus de deux ans, soucieux de conserver son intégrité face à la guerre civile syrienne et de garder sa frontière sud en paix, les villages des frontières se sentent délaissés par l’intérieur et oubliés de l’extérieur. Ils attendent du gouvernement français qu’il honore une promesse millénaire. Dans ces régions à dominante musulmane, d’importants villages chrétiens subissent l’exode massif des jeunes générations fuyant des conditions de vie difficiles et un avenir peu engageant.

Du Nord, dans l’Akkar, au Sud, en passant par l’Est de la Bekka, le conflit syrien semble s’exporter au Liban. Des heurts réguliers ont lieu entre factions djihadistes rivales. Les multiples attaques terroristes sèment la terreur dans les villages. En  Juin 2016 à Al Qaa, 8 kamikazes se font exploser tuant 5 civils. Depuis le début du mois, pas moins de trois attaques ont eu lieux pour la seule zone frontalière du Nord Est libanais. Certains villages de la plaine de la Bekaa, annexés jusqu’en 2005 par l’armée syrienne, peinent à retrouver leur identité libanaise et chrétienne. L’arrivée massive de réfugiés en provenance de Syrie crée une véritable crise économique et sociale dans un Liban exsangue. Des camps sauvages de réfugiés ont été installés dans cette région mais il est difficile de palier un manque cruel d’électricité, d’eau, de nourriture et d’éducation. On estime à 2 millions le nombre de réfugiés (principalement Syriens) venu s’ajouter aux 4 millions de libanais nationaux. L’intégration est plus que délicate : pas de travail, un accès aux produits et services de première nécessité compliqué et un manque de place dans les écoles. Certains parviennent à partir vers le centre du pays, à Beyrouth, ou encore à l’étranger (France, Etats-Unis, Canada etc.) dans l’espoir d’avoir une situation plus stable et d’offrir un avenir meilleur aux générations futures.

Photo_2016-11-30_14-38-16[1]Le Sud-Liban est marqué par les vives tensions entretenues par le Hezbollah et Israël qui retentissent dans les villages de la région. Les agriculteurs chrétiens sont très peu aidés, la peur de la reprise des hostilités les poussent à fuir et à vendre leurs terres, abandonnant ainsi cette région aux chiites soutenu eux par le parti de Dieu.

Chaque région frontalière a ses enjeux et ses priorités propres mais quatre facteurs, indissociables les uns des autres, sont prégnants : la sécurité bien sûr, le facteur social, économique et politique. L’Akkar (Nord), la plaine de la Bekaa (Est) et le Sud-Liban sont des terres historiquement fertiles et économiquement dynamiques donc importantes pour l’agriculture et l’industrie. Leur désertion a un fort impact sur le fonctionnement socio-économique du pays et l’identité libanaise : l’oubli de ses racines historiques chrétiennes.

La chrétienté est le ciment du pays, chaque village, où cohabitent différentes communautés, compte une présence chrétienne. Les chrétiens sont ce qui fait du Liban une nation. Ils freinent l’émergence d’un extrémisme religieux venu de l’Est trouvant un terreau fertile au sein des populations déplacés les plus vulnérables. Sans les chrétiens le Liban  ne résisterait pas longtemps aux tensions intercommunautaires et aux coups de boutoir de l’islamisme salafiste. Ils se considèrent comme le dernier rempart protégeant l’Occident que certains ici n’hésitent plus à qualifier de « capitulard ».

L’association SOS Chrétiens d’Orient ne les oublie pas et les aide à s’ancrer dans leur environnement naturel. Une aide matérielle par le développement d’infrastructure y contribue. Un dispositif humain est mis en œuvre dans des régions reculées telles que la Bekaa et le Sud-Liban, des professeurs de français et des accompagnateurs scolaires ou psychologiques sont ainsi déployés à travers le Liban. Des infirmières et des animateurs de centre pour enfants sont à pied d’œuvres à Beyrouth aux côtés de tous les volontaires s’activant à répondre efficacement aux besoins des familles vulnérables rencontrées. L’association SOS Chrétiens d’Orient tente ainsi de répondre, à sa mesure, à une promesse que les gouvernements français n’ont pas su tenir.

Posté le 9 décembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

30 novembre 2016

Chronique des chrétiens d'Orient - Liban : Aux sources de Tannourine

Photo_2016-11-30_14-37-55[1]

Tannourine est un village chrétien au nord du Liban dans le district de Batroun. Réputé pour ses sources d’eau et ses pommiers, il est perché dans la montagne et offre un panorama à couper le souffle.

C’est dans ce cadre exceptionnel que SOS Chrétiens d’Orient apporte son aide à l’école Notre Dame tenue par les sœurs Maronites de la Sainte Famille.

Cette école ouvre ses portes à 80 enfants dont une dizaine de musulman dans des classes de la petite section jusqu’à la 6e inclue.

Chaque matin,  Capucine, la volontaire au sein de SOS Chrétiens d’Orient aide l’institutrice des classes de petite et moyenne section. Afin de proposer des activités adaptées aux âges des enfants, elles se partagent toutes deux la classe en groupe.  Pour l’apprentissage de la lecture et éveiller la curiosité des élèves, Eugénie a également pu monter et organiser une bibliothèque qui accueille à chaque récréation un groupe d’enfants différents.

Photo_2016-11-30_14-38-16[1]

Ses après-midi sont rythmées par des activités variées telles que les cours de théâtre et de chant qu’elle propose aux élèves. La période de L’Avent est plus que propice à la réalisation de ces activités : bricolage, scénettes de Noël, … sont préparés ainsi que les chants traditionnels que la chorale répète avec beaucoup de cœur !

Après ces activités, la volontaire se rend dans les familles des élèves (2 à 3 familles par jour) pour y effectuer du soutien scolaire. Cela lui permet en même temps d’être au plus près des enfants, de les voir évoluer dans leur famille et de nouer des liens propices à leur accompagnement.

Cette présence permanente ne pourrait se faire votre aide et vos prières !

www.soschretiendsdorient.fr

Posté le 30 novembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

25 novembre 2016

Chronique des chrétiens d'Orient : Les infirmières de la mission SOS Chrétiens d’Orient à Beyrouth

Chaque année 70 000 bébés naissent au Liban, dont 12% sont prématurés. La prise en charge médicale d’un bébé prématuré est coûteuse et peu accessible. L’association libanaise Assameh Birth and Beyond a décidé d’aider les familles n’ayant pas accès à ces soins en reconstruisant l’Hôpital de la Quarantaine au nord de Beyrouth et en installant un service de pédiatrie et néonatologie.

Depuis Septembre 2016, trois infirmières françaises de la mission SOS Chrétiens d’Orient au Liban travaillent dans ces services, aux côtés du personnel médical libanais. Aliénor, Marine et Domitille ont entre 21 et 22 ans, elles sont volontaires depuis bientôt trois mois.

Récemment diplômées en France, elles transmettent leur savoir-faire aux infirmières locales.

C’est un travail difficile qui nécessite un mental de fer mais la richesse de l’expérience et le goût d’aider les chrétiens d’Orient prend le dessus.

Pendant la guerre du Liban dans les années 1970, l’Hôpital a servi de prison. Il subsiste des traces encore même aujourd’hui. C’est dans cet environnement post-conflictuel que les volontaires de la mission SOS Chrétiens d’Orient doivent s’insérer, tout en respectant le pays d’accueil et les libanais.

Vous qui êtes dans le monde médical, le Liban a besoin de vous !

Pour aider au plus proche des chrétiens d’Orient, devenez volontaire : http://bit.ly/2fjAvZv

Posté le 25 novembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

20 novembre 2016

Chronique des chrétiens d'Orient - Les volontaires à l’école Notre-Dame des Anges à Beyrouth : lieu d’action des volontaires au Liban

IMG_9697Depuis 2014, cinq familles réfugiées d’Irak et de Syrie sont installées au couvent des capucins dans le quartier de Badaro à Beyrouth. Le couvent jouxte l’église Notre-Dame des Anges et l’école portant le même nom. On y compte une dizaine d’enfants apprenant l’arabe, les mathématiques, le français et l’anglais.

Cela fait un an et demi que la mission SOS Chrétiens d’Orient au Liban intervient dans cette école pour faire du soutien scolaire. Du lundi au vendredi, à 16 heures, les volontaires aident aux devoirs, notamment en français. Qu’ils soient au Liban depuis trois heures ou deux mois, les volontaires sont accueillis en fanfare ! Les enfants sont très attachés à leurs professeurs de français.

Des liens forts se sont créés entre ces familles et la mission. Des activités sont également organisées tels que des goûters, des jeux, des ateliers etc. Tout pour embellir le quotidien de ces personnes ayant dû fuir leur pays pour une vie meilleure. L’éducation de ces enfants est primordiale pour leur avenir.

Beaucoup d’autres familles dans ce cas ont besoin de votre aide et n’attendent que vous !

Pour devenir volontaire et contribuer à l’intégration de personnes réfugiées au Liban : www.soschretiensdorient.fr/volontaire/

Posté le 20 novembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

15 novembre 2016

Chronique des chrétiens d'Orient : la mission Liban évalue quotidiennement les besoins des réfugiés

DSC04240Le Liban est un petit pays, situé au bord de la mer Méditerranée, entre Israël et la Syrie. Il compte environ 6 millions de Libanais et héberge sur son territoire 2 à 3 millions de réfugiés palestiniens, syriens et irakiens. Pays multiconfessionnel, il compte principalement des chrétiens de différents rites (maronite, arménien, syriaque catholique ou orthodoxe, grec melkite catholique ou orthodoxe), des musulmans sunnites, chiites et des druzes.

Les volontaires de la mission Liban s’occupent actuellement d’environ 300 familles libanaises, syriennes et irakiennes, à un rythme d’un à deux rendez-vous par jour. 70% du budget de la mission est consacré à cette action.

DSC_2978Les volontaires évaluent quotidiennement les besoins de ces familles chrétiennes pauvres, qu’elles soient libanaises, arméniennes, syriennes ou encore irakiennes car elles ne bénéficient d’aucune aide de l’Etat. Elles n’ont souvent ni accès aux écoles, ni aux soins et ont du mal à trouver du travail. Ces familles sont prises en charges par des paroisses locales qui aident à leur intégration. Par l’intermédiaire des prêtres, les volontaires reçoivent une liste de familles dans le besoin qu’ils contactent pour convenir d’un rendez-vous. Sur place, accompagnés d’un traducteur, ils évaluent les besoins en produits alimentaires de première nécessité, en produits d’hygiènes, vêtements, médicaments, jouets… C’est souvent autour d’un café, préparé par la mère de famille, que les confidences se font : les volontaires écoutent avec émotion le récit de leur vie antérieure, leurs soucis actuels et leurs espérances quant à leur avenir. Dans un délai de 2 semaines maximum, les volontaires achètent les produits nécessaires aux familles, constituent les colis et les distribuent à celles-ci. Cette deuxième visite est un autre moment fort tant pour les volontaires que pour les familles. En effet elles sont touchées de voir l’aide que les familles chrétiennes de France leur apportent par le biais de l’association.

Pour continuer à aider ces familles en grande nécessité, faites un don.

Posté le 15 novembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

10 novembre 2016

Chronique des chrétiens d'Orient : Les volontaires de la mission SOS Chrétiens d’Orient au Liban visitent les réfugiés irakiens à Beyrouth

Famille_TayefLe mercredi 26 Octobre dans le quartier de Bourj Hammoud à Beyrouth, la famille Tayef a reçu la visite des volontaires de la mission pour une donation de colis alimentaire et de produits de première nécessité. Syriaques catholiques, ils ont fui Mossoul il y a un an et demi face à l’arrivée des forces de l’organisation Etat islamique.

Avant d’être électricien en Irak, monsieur Tayef était militaire dans l’armée irakienne, dix longues années durant. Avec les revenus financiers du père, la famille jouissait d’un mode de vie confortable, permettant à son épouse de ne pas travailler et de s’occuper de leurs cinq enfants.

Lors de leur fuite à Erbil, les forces armées ont réquisitionné tous les biens qu’ils transportaient, n’ayant plus que leurs vêtements et leurs téléphones en tout et pour tout à leur arrivée au Liban. L’intégration fut pour eux difficile et le reste encore aujourd’hui. Leur demande de visa pour l’Australie s’éternise et leur envie de revenir en Irak diminue de jour en jour.

La mission Liban attache beaucoup d’importance aux visites aux familles et à ces moments de partage. Grâce à ces actions quotidiennes, ils retissent progressivement le lien entre les chrétiens d’Orient et d’Occident. Pour aider les volontaires de la mission Liban à poursuivre leurs actions auprès des réfugiés irakiens de la Plaine de Ninive, faites un don : http://www.soschretiensdorient.fr/donner/

Posté le 10 novembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

09 novembre 2016

Un conseiller de Donald Trump avait participé au camp de Chrétienté Solidarité en 1986

Walid Pharès, chrétien maronite, avait été choisi par Donald Trump comme conseiller sur les questions du Proche-Orient. Or, il a été proche de... Bernard Antony :

XVMc5de430e-a50e-11e6-9e31-ac0d491c80bb"Walid, qui avait été un des conférenciers dans le camp de Chrétienté-Solidarité au Liban en 1986, était un des dirigeants des Forces Libanaises de Samir Geagea, responsable du renseignement. Il me sauva sans doute du pire en ayant pu enfin me trouver, la veille d’un jour où je devais passer par le célèbre « passage du Musée » pour me rendre à une invitation intéressante à Beyrouth-Ouest. Mon enlèvement, me dit-il, était programmé, et il m’enjoignit de demeurer en secteur chrétien. Les années passant, je n’eus plus de nouvelles de lui, sachant qu’après les années où la Syrie occupait le Liban, il s’était exilé aux États-Unis, revenant ensuite par intermittence au Liban après l’évacuation syrienne. Il y a quelques mois, un chef d’entreprise, lecteur de ce blog, m’appela pour me dire qu’il travaillait avec… Walid Pharès, et que peut-être il serait bon de nous rencontrer tous les trois. Je ne sais quelle suite sera donnée à cette idée. Mais, quoi qu’il puisse en être, je puis témoigner ici que Trump a en la personne de Walid Pharès un remarquable connaisseur du Proche-Orient.

Ce matin, sur la route de l’aéroport de Toulouse, passant d’une radio à l’autre, j’ai pu écouter avec jubilation les commentaires de la mediacrassie dans lesquels les artifices de la désinformation étaient rendus par le dépit et la rage plus grossiers que d’ordinaire.

Conclusion de la conférence de Walid Pharès au camp de Chrétienté-Solidarité en juillet 1986 : "Le Liban sera le noyau indéfectible des peuples chrétiens du Proche-Orient. Toutes ces nations brimées et leurs diasporas seront une force capable de peser, de changer le cours de l'histoire. Le Liban sera sauvé et l'espoir des Chrétiens retrouvé."

Revue Chrétienté Solidarité août 1986 :

WP_20161109_19_33_44_Pro

Posté le 9 novembre 2016 à 22h14 par Michel Janva | Lien permanent

05 novembre 2016

Chronique de l'Orient chrétien : l’action des volontaires SOS Chrétiens d’Orient au Liban

Première de nos chroniques quotidiennes annoncées hier avec l'association SOS Chrétiens d'Orient :

Bienvenue à Beyrouth où, depuis 2014, l’association SOS Chrétiens d’Orient travaille à rétablir les liens entre les chrétiens d’Orient et d’Occident. Par son action auprès de la population libanaise et des familles réfugiées syriennes et irakiennes, la mission Liban a un rôle clé au pays du cèdre. 

Une situation géopolitique complexe…

En effet par sa situation géographique, celui-ci est au cœur de nombreux conflits : ses frontières sont des zones sensibles mais aussi des portes de sorties pour les chrétiens persécutés des pays voisins. Le nombre de réfugiés au Liban a considérablement augmenté depuis le début des conflits et la traditionnelle hospitalité libanaise a été mise à rude épreuve. S’ajoute à ces difficultés une situation politique complexe où cohabitent de nombreuses identités, notamment religieuses, tant dans le gouvernement que dans l’armée. 

… dans laquelle s’insèrent les actions de la mission Liban !

IMG_9748C’est dans ce contexte unique que SOS Chrétiens d’Orient a décidé de s’implanter de façon permanente. 

Pour répondre au mieux aux besoins des populations chrétiennes, les volontaires présents sur place, aidés par des étudiants français et libanais, mènent quotidiennement des actions variées. 70% du budget de la mission est consacré à des donations pour les familles pauvres libanaises ou réfugiées. Ces donations s’adaptent aux besoins de chacune des familles rencontrées, allant des produits de première nécessité aux cadeaux de noël pour les enfants. 

Les volontaires assurent également quotidiennement des cours d’anglais et de soutien scolaire pour les jeunes Irakiens et Syriens, et accompagnent hebdomadairement les personnes âgées isolées au restaurant du cœur libanais. L’association ne se limite pas à son action beyrouthine mais rayonne à travers le pays. 

_MG_5162Des antennes locales ont été mises en place, permettant aux volontaires de mettre à profit leurs compétences, au service de différentes institutions chrétiennes. Actuellement trois professeurs sont installés dans différentes écoles tenues par des religieuses. Trois infirmières travaillent en néonatalogie dans un service de pointe, financé par des dons, permettant l’accès aux soins aux plus démunis.  C'est ce maillage régional important qui permet à la mission d'assurer une présence forte et cohérente.

Pour prendre en charge les populations chrétiennes souffrantes, la présence des volontaires de la mission Liban est indispensable. Aujourd’hui, rejoignez notre équipe et mettez vos compétences à leur service. N’enfouissez pas vos talents dans la terre, envoyez votre candidature à notre responsable du pôle des volontaires : volontaires@soschretiensdorient.fr.

Si vous ne pouvez pas vous déplacer, aidez-nous à financer les projets d’aide d’urgence aux libanais.

Posté le 5 novembre 2016 à 20h00 par Michel Janva | Lien permanent

31 octobre 2016

Le général Aoun devrait présider le Liban

Unknown-17Le responsable du Mouvement patriotique libre se prépare à devenir le nouveau Président de la République libanaise. Sauf improbable surprise de dernière minute, le Parlement libanais devrait élire le Général lors du prochain vote pour l’élection du Président, prévu au cours de la séance du 31 octobre. 

Cette élection mettrait fin à plus de deux ans et demi de vacances de la Présidence, due aux veto croisés et aux boycotts réciproques des coalitions qui dominaient la scène politique libanaise. La fin de la paralysie est due à la convergence transversale autour de la candidature du Général des partis maronites, chiites et sunnites les plus influents. Le responsable du Mouvement patriotique libre, principal parti politique maronite, sera appuyé par les maronites du parti anciennement rival des Forces libanaises (de Samir Geagea), par les chiites du Hezbollah et par les sunnites du mouvement Avenir de Saad Hariri.

Le soutien accordé par ce dernier parti – formation sunnite en contact avec l’Arabie Saoudite – à son ancien adversaire politique, le Général  Aoun, a déplacé l’aiguille de la balance, ouvrant la voie à la fin de la paralysie institutionnelle libanaise. Demeurent opposés au « grand compromis » des partis mineurs tels que la formation chiite Amal – à laquelle appartient le Président du Parlement, Nabih Berri – et le parti maronite Marada, dont fait partie Suleiman Franjieh, lui aussi candidat à la Présidence de la République.

Le délicat système politique libanais prévoit que le poste de Chef de l’Etat doit revenir à un chrétien maronite. Au plan géopolitique, l’élection désormais imminente du Général est vue comme un signal de la perte d’influence de l’Arabie saoudite au Proche-Orient.

Hier, le Patriarche d’Antioche des Maronites, S.Em. le Cardinal Bechara Rai, a exprimé ses félicitations pour la prochaine élection d’un « Président fort ».

L’élection de Michel Aoun devrait permettre à M. Hariri de devenir premier ministre, un poste qu’il avait déjà occupé entre 2009 et 2011.

Posté le 31 octobre 2016 à 11h45 par Michel Janva | Lien permanent

29 septembre 2016

Le grand remplacement : aux Etats-Unis et au Liban

Fin août, un article des Echos (peu suspect d'extrémisme ni de complotisme) expliquait pourquoi Donald Trump avait peu de chance de l'emporter :

"La faute n'en revient pas qu'à Donald Trump. Compte tenu des changements démographiques, son combat est autrement plus difficile à gagner qu'il ne l'était pour George W. Bush dans les années 2000. A titre d'exemple, celui-ci avait remporté le Nouveau-Mexique, ce qui serait totalement impossible aujourd'hui : les Latinos sont devenus tellement puissants que les démocrates ne peuvent plus y perdre. La meilleure preuve est que plus personne n'y fait campagne depuis 2008 ! Donald Trump en est donc réduit à monter des scénarios quasi impossibles, espérant remporter tout à la fois la Floride, l'Ohio, l'Iowa et le Nevada, et pourquoi pas le Colorado et la Virginie. Mais, comme au Nouveau-Mexique, la montée des Noirs et de Latinos fait que ces Etats, historiquement républicains, penchent plutôt démocrate aujourd'hui. Hillary Clinton y est donnée largement favorite."

Images-7Où l'on voit que l'immigration sert les intérêts électoraux... Comme en France ? Chez nous, nous serions avisés de regarder ce qui se passe au Liban :

"Selon l’état civil il y a encore 34% de chrétiens au Liban. Mais si l’on s’intéresse aux moins de 25 ans, les chrétiens ne sont que 25%. C’est ce qu’a souligné le vice-président de la Ligue maronite, Hiam Boustany, à l’occasion du colloque tenu lundi par le Mouvement pour la Terre au Couvent Saint-Jacques de Karm Saddeh. Les participants de ce colloque se penchaient sur la question de la vente des terrains appartenant à des propriétaires chrétiens. Depuis des années on constate une augmentation de la vente de terrains par des chrétiens à des musulmans, ce qui est en relation directe, en aval comme en amont, avec l’affaiblissement de la présence chrétienne dans de vastes zones rurales du pays ainsi que dans les zones côtières du nord. [...]"

Posté le 29 septembre 2016 à 09h45 par Michel Janva | Lien permanent

23 août 2016

23 août 1982 : Bachir Gemayel élu président de la République du Liban

Il y a 34 ans, Bachir Gemayel était élu président de la République alors que le pays était plongé dans un conflit armé et une crise chronique qui durait depuis la fin des années 60. Le président élu a été assassiné le 14 septembre 1982, soit 21 jours après son élection, dans un attentat terroriste qui avait visé la permanence Kataëb d'Achrafieh.

14-2

Cette année, le 34e anniversaire de cette élection sera marqué au Liban par le lancement d'un documentaire sur le président assassiné. Le député maronite de Beyrouth, Nadim Bachir Gemayel, fils du président assassiné, déclare à L'Orient Le Jour :

« C'est un documentaire qui a nécessité plus de trois ans de travail, notamment pour assembler toutes les données. La production est signée Mercury Content, une compagnie filiale du groupe Quantum d'Élie Khoury, et le contenu porte la signature de Georges Ghanem, journaliste, analyste politique, ancien rédacteur en chef des nouvelles de la LBCI et ancien conseiller du président Michel Sleiman ». « À plusieurs reprises, j'avais sollicité Georges Ghanem qui a à son actif des documentaires sur Camille Chamoun, Charles Hélou et Kamal Joumblatt, mais je pense que le moment propice d'un documentaire sur Bachir Gemayel n'était pas encore venu. C'était entre 1998 et 2005 ».

« Bachir Gemayel était le père de la nation libanaise moderne ». « Il avait défini des valeurs, des principes et des idéaux qui constituent le modèle parfait d'un État libanais. Je le comparerais à John Kennedy, aux États-Unis, non pas sous l'angle de la tragédie, mais plutôt sous l'angle de l'espoir, du changement et du coup de jeune qu'il a donné à son pays. »

Ce documentaire de 5 heures 20 minutes sera diffusé en cinq épisodes par la chaîne MTV.

Aujourd'hui, une cérémonie officielle de 45 minutes aura lieu dans la cour de l'église de la Médaille miraculeuse des lazaristes à Achrafieh. Elle sera présentée par la journaliste et ancienne conseillère du président Élias Hraoui, May Kahalé. Le député Nadim Gemayel et Georges Ghanem interviendront pour mettre la lumière sur l'importance de ce documentaire et le travail de recherche effectué.

Depuis plus de trois ans et demi, la Fondation Bachir Gemayel s'emploie à constituer conjointement avec la bibliothèque de l'Université Saint-Esprit de Kaslik (Usek) des archives sur le président assassiné.

Posté le 23 août 2016 à 13h40 par Michel Janva | Lien permanent

16 août 2016

Ces nouvelles formes de sacrifices humains et d'abominations que sont les expériences génétiques

Rubon278-e487dRichard Millet fut limogé de Gallimard pour avoir évoqué la « langue fantôme » des nouveaux « apparatchiks » de la littérature. Essayiste, Richard Millet écrit :

« Je suis catholique. Je n’ai plus besoin de le cacher. La haine que je suscite se nourrit d’ignorance et de légendes qui ont parfois trait à la question palestinienne, certains n’hésitant pas, dans un singulier délire à m’accuser d’avoir découpé des Palestiniens à la hache… Quant à la répugnance que peuvent inspirer mes livres, je ne la discuterai pas : on est libre de me haïr pour ce que je suis ; la vérité après tout importe seule… »

Richard Millet passe une partie de son enfance au Liban (de six à quatorze ans). Il participe à la guerre du Liban en 1975-1976 en tant que volontaire auprès de la communauté chrétienne. Dans Israël depuis Beaufort, du nom de cette forteresse des Croisés au sud du Liban, il écrit :

"Le paganisme est de retour parmi les hérétiques de tout poil qu'il rassemble dans l'apparente liberté des moeurs et la tolérance infinie, notamment sexuelle, rebâtissant partout Sodome et Gomorrhe, et des tours de Babel où se pratiquent ces nouvelles formes de sacrifices humains et d'abominations que sont les expériences génétiques. Le paganisme prend le visage de la religiosité démocratique, où l'éthique n'est rien de plus que la réaffirmation du juridique - l'ensemble servant le grand dessein d'athéisme officiel nommé laïcité, depuis que Dieu a été mis à mort non par Nietzsche mais par les lieux communs de la propagande journalistique qui est en train de découvrir dans l'universalisme islamique une manière de se soumettre davantage au mensonge du nombre et de la victimisation sélective."

Posté le 16 août 2016 à 07h07 par Michel Janva | Lien permanent

09 août 2016

La guerre au Liban, préfiguration de la nôtre ?

Dans Paradis perdus, Josselin Monclar raconte l'histoire d'un jeune étudiant français accueilli par une famille de chrétiens libanais, à Beyrouth. Au contact de ces maronites du quartier d’Achrafieh, il découvre le drame des chrétiens du Liban, leur martyr, leur souffrance, leur histoire... Un roman qui se lit comme une histoire vraie, tellement vraie qu'elle pourrait nous arriver. Extraits :

C1 - Paradis perdus"Tu sais, reprend Karim, il y a deux choses essentielles à retenir dans notre guerre. La première, c'est qu'elle fut une guerre de préfiguration. Elle a annoncé, selon moi, ce que seront les conflits du XXIe siècle : des conflits de civilisation se polarisant autour d'oppositions religieuses. Les idéologies sécularisées occidentales, le primat de votre technologie et la Guerre froide, ont occulté la place de la religion dans les grands affrontements passés. Vous avez cru que la sagesse des hommes épris de progrès les mettrait à l'abri du retour de l'obscurantisme religieux. C'était une illusion. Les forces de l'esprit sont toujours plus fortes que tous les matérialismes. L'échec de vos systèmes, la démocratisation de la technologie et la fin des équilibres résultant de cette glaciation politique, libèrent des forces qui étaient contenues jusqu'alors par vos valeurs et votre puissance. Le basculement s'est d'abord opéré chez nous, ce petit laboratoire des conflits où chacun exportait sa violence."

"En Europe, en faisant de la religion une affaire purement privée, vous avez construit des sociétés horizontales. Elles reposent sur le relativisme qui vous assure une paix intérieure, avec la juxtaposition de communautés de croyance qui sont censées se valoir et doivent cantonner à la sphère privée l'expression de leur foi. Cette paix est, elle aussi, toute relative. L'arrivée massive de musulmans en Occident finira par se traduire par une remise en cause de tous vos gentils principes au nom de la verticalité inhérente à l'islam qui subordonne le temporel au spirituel."

Posté le 9 août 2016 à 07h56 par Michel Janva | Lien permanent

08 août 2016

Et si on se passait de gouvernement ?

Lu dans L'Action française 2000 :

Une_2937"Plus de six mois après les élections législatives du 20 décembre 2015, l’Espagne est toujours dépourvue de gouvernement. Le Parti populaire de Mariano Rajoy avait obtenu 33,4 % des suffrages, mais il devait composer avec d’autres formations politiques ayant émergé à cette occasion. En juin dernier, compte tenu de cette crise, le roi a dissout l’Assemblée, mais les nouvelles élections ont confirmé le résultat des précédentes, sans permettre de résoudre cette crise institutionnelle. Le gouvernement sortant se contente d’expédier les affaires courantes sans pouvoir présenter des projets de loi devant le Congrès des députés. Néanmoins, malgré cette paralysie, le pays s’en sort bien du point de vue économique, bon an, mal an, avec une baisse du chômage et une croissance satisfaisante.

Le précédent belge

Cette situation rappelle la crise institutionnelle que la Belgique avait vécue à l’issue des élections législatives de juin 2010, demeurant un an et demi sans gouvernement. Dans ce pays composé de communautés culturelles et linguistiques aux relations conflictuelles, les visées sécessionnistes flamandes, encouragées par la NVA, avaient contribué aux blocages politiques. Sans affecter gravement l’économie du pays, cela avait poussé la société civile à prendre une initiative pour sortir du marasme : ainsi des francophones, des néerlandophones et des germanophones s’étaient-ils réunis afin de faire entendre la voie du “pays réel”.

Pas de président au pays du Cèdre

Quant au Liban, dont la constitution a été inspirée par celle de la Belgique et dont la composition communautaire est similaire, il est dépourvu de chef d’État, avec un gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes, depuis plus de deux ans. Le processus d’élection du président est identique à celui de la IIIe République française, dont le modèle a lui aussi été transposé au Liban : les députés sont donc appelés à élire le chef de l’État ; mais pour y parvenir, un compromis communautaire est nécessaire. Or ce compromis a toujours été le fruit de tractations étrangères, en fonction des acteurs influents sur la scène libanaise : autrefois la Syrie, Israël, les États-Unis, l’Arabie saoudite et, dans une faible mesure, la France. La situation actuelle au Proche et au Moyen-Orient empêche le déroulement de ce processus électoral. Mais le pays s’en sort bien, grâce au flux financier dont il bénéficie et à la dynamique de la société civile qui s’impose de plus en plus en s’insurgeant contre le système communautaire et celui des partis politiques.

Ces trois exemples illustrent la survie de pays sans véritable gouvernement grâce à la prise de conscience du pays réel – lequel surmonte les crises institutionnelles qui sont les conséquences des conflits entre les partis politiques."

Posté le 8 août 2016 à 07h44 par Michel Janva | Lien permanent

02 août 2016

Chrétiens d'Orient, musulmans d'Occident : deux poids, deux mesures

Un tour d'horizon très éclairant pour notre avenir sur le sort des chrétiens d'Orient et le deux poids deux mesures qu'ils subissent, écrit par Patrick Karam, Docteur en Science politique, président de la Coordination des Chrétiens d'Orient en Danger (CHREDO), en collaboration avec Elie Haddad, médecin et vice-président de la CHREDO, pour le FigaroVox :

XVMa6278894-58bb-11e6-a611-9768727ce181

"Si les mouvements islamistes assassinent les Chrétiens en Orient, les convertissent par la force, les chassent de leur terre et les dépossèdent de leur bien, d'autres régimes à l'apparence plus «civilisés» les persécutent au quotidien dans le silence total de la communauté internationale, et singulièrement de l'Europe et de la France.

Il est temps que l'Occident lève le voile qu'il s'est imposé afin d'affronter la vérité, celle des discriminations institutionnelles normalisées dans les règlementations et les pratiques que font subir aux différentes communautés en Orient, les Chrétiens en particulier, les islamistes en cravate qui dirigent le monde arabe.

Les pressions exercées contre les chrétiens orientaux en raison de leur religion ont varié suivant les pays, les régimes et les moments. Une lecture historique et linéaire peut conduire à penser que la coexistence avec les populations musulmanes s'est faite de manière plutôt harmonieuse, avec quelques aléas suivant les périodes.

Avant les crises, en Irak et en Syrie, les chrétiens ne subissaient pas de pressions, ni d'intimidations d'ordre religieux de la part de régimes autoritaires autre que la répression politique commune à tous les nationaux. Ainsi la liberté religieuse qui existait dans ces deux pays permettait aux Chrétiens de pratiquer leur rite en toute liberté, le statut de la femme était évolué, des conversions et des mariages mixtes étaient possibles et chacun pouvait vivre suivant sa religion ou sa culture. Il y a aujourd'hui une régression globale, tant en Irak, que dans une partie de la Syrie mais aussi en Egypte et dans l'ensemble du monde arabe.

Dans la plupart des pays musulmans, les Chrétiens, pourtant présents depuis deux millénaires, ne peuvent occuper des postes de premier rang dans l'administration, l'armée ou la politique. En outre, différents métiers leur sont interdits et ils sont systématiquement écartés de toute prise de fonction qui leur donnerait une visibilité ou un pouvoir quelconque sur des musulmans. Parfois, ils ne bénéficient pas des avantages sociaux ou de l'accès à certaines universités. Ils sont les invisibles de la société et malheur à ceux qui voudraient contester les règles du jeu établies car la prison ou la mort sanctionneraient l'imprudent. D'ailleurs, même dans le cas où le délit n'existe pas, le blasphème, c'est à dire une critique de l'islam, réelle ou imaginaire, punit de mort le chrétien qui, sur simple dénonciation, sera lynché par des voisins. Dans certains pays, comme l'Egypte, la pratique de l'enlèvement, de la conversion et du mariage forcés de chrétiennes mineures étaient devenus monnaie courante.

En Occident, les musulmans issus de l'immigration ont les mêmes droits et bénéficient de tous les avantages économiques et sociaux des pays d'accueil. En France, le RSA, les logements sociaux, les minimas sociaux, les différentes allocations, notamment familiale, la gratuité de l'enseignement de l'école à l'université ou de l'accès aux soins, les mêmes règles s'appliquent à tous. Même si la discrimination peut subsister dans les faits, les lois qui l'interdisent sont renforcées et l'Etat ou des autorités indépendantes veillent à leur application. Ils peuvent briguer tous les postes et parfois des campagnes de recrutements les visent particulièrement comme par exemple à la RATP. Ils peuvent manifester sur la voie publique leurs désaccords avec le pays d'accueil en toute liberté et leur liberté d'expression n'est pas bridée par des lois spécifiques.[...]"

[Lire l'article entier ici]

Posté le 2 août 2016 à 22h08 par Marie Bethanie | Lien permanent

27 juin 2016

Attentat dans une paroisse grecque-melkite au Liban

Cinq personnes sont mortes et 15 ont été blessées tôt ce matin dans une série d'attentats suicide dans le village d'Al-Qaa à l'est du Liban proche de la frontière syrienne. 

Mgr Gollnisch, directeur de l'Oeuvre d'Orient, déclare :

"L'Œuvre d'Orient condamne avec fermeté les récents attentats perpétrés dans la paroisse grecque-melkite d'El Kaa (Al Qaa) située dans la plaine de la Bekaa au Liban. Ces attentats barbares commis par explosifs ont également entrainé la mort de l'ambulancier de la paroisse qui venait porter secours. La paroisse d'El Kaa est internationalement reconnue pour son accueil et son travail au profit des réfugiés syriens. Ces crimes posent la question de la nécessité d'un déploiement de casques bleus dans la Bekaa. À défaut, c'est le Liban tout entier qui sera menacé. Les autorités internationales se doivent d'agir de manière urgente. L'Œuvre d'Orient présente ses condoléances au patriarche grec-melkite et aux familles touchées."

Posté le 27 juin 2016 à 15h14 par Michel Janva | Lien permanent

09 juin 2016

"Ils doivent retourner dans leur pays"

Le général Aoun, candidat à la présidence du Liban, répond à Famille chrétienne. Extrait :

Unknown-2"Le Liban supporte aujourd’hui la présence d’1,5 millions de réfugiés. Comment se passe cet accueil ? Et comment voyez-vous la situation évoluer ? 

C’est un lourd fardeau pour le Liban. Il va y avoir un cessez-le-feu en Syrie. Il y a déjà pas mal de villes et de villages libérés par le régime actuel : les gens peuvent rentrer chez eux. Si l’ONU veut les aider, il faut les aider là-bas, financer la réparation de leurs maisons. D’où le désaccord entre notre ministre et ceux qui étaient réunis à Munich à la mi-février au congrès sur la sécurité. On veut nous imposer le retour « volontaire » des réfugiés dans leur pays lorsqu’il y aura la paix mais nous ne sommes pas d’accord. Ils doivent retourner dans leur pays, de façon sécurisée. Nous ne pouvons pas les recevoir,  car notre densité de population est trop forte. Qui peut recevoir un nombre de réfugiés qui correspond à la moitié de sa population ? Nos ressources sont limitées, nos infrastructures sont défaillantes. Ceux qui viennent du Nord pourraient rentrer chez eux, ce sont des régions pacifiées. Il y a des régions plus grandes que le Liban qui sont en paix."

Posté le 9 juin 2016 à 07h35 par Michel Janva | Lien permanent


     Archives > Pays : International , Pays : Iran , Pays : Liban

accueil | archives | index | Qui sommes-nous ? | Nous contacter | © Copyright 2013 - Le Salon Beige

     Archives > Pays : International , Pays : Iran , Pays : Liban