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14 août 2008

Bonne nouvelle au Liban

Lue sur le blog de Daoudal :

"lors de la rencontre à Damas entre les présidents Bachar al-Assad et Michel Sleimane (qui a été reçu avec tapis rouge et garde d'honneur), la Syrie et le Liban ont décidé de nouer des relations diplomatiques et d'échanger des ambassadeurs. [...] Le régime syrien est tellement retors qu'on ne peut accueillir la nouvelle qu'avec circonspection, mais il s'agira d'un acte fort sur le plan du droit international. Aujourd’hui, les deux présidents doivent poursuivre leurs discussions sur la question des frontières, qui n’est toujours pas réglée (et pas seulement dans le secteur des fermes de Chebaa), et la question des disparus."

Au bout de soixante ans d’existence le Liban est enfin formellement reconnu par son puissant voisin.

Michel Janva

Posted on août 14, 2008 at 02:49 PM | Permalink

12 août 2008

Liban : la composition du gouvernement approuvée

Le Parlement libanais a approuvé à une très large majorité aujourd'hui la composition du gouvernement d'unité nationale, à l'issue d'un débat de cinq jours sur le droit du Hezbollah à garder ses armes.

En vertu de cet accord, l'opposition pro-syrienne emmenée par le Hezbollah obtient onze portefeuilles ministériels sur 30, la majorité pro-occidentale en détient 16, et le président Michel Sleimane en désigne trois. Le Hezbollah et ses alliés possèdent un droit de veto sur les décisions majeures du nouveau gouvernement, dont le Parlement a approuvé la composition par 100 voix contre 5, sur un total de 128 élus.

Michel Janva

Posted on août 12, 2008 at 03:28 PM | Permalink

24 juillet 2008

Assad soutient Omar el-Bachir pour éviter le TPI au Liban

L'arrestation de Radovan Karadzic va permettre sa comparution devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie. Parallèlement, le procureur de la Cour Pénale Internationale réclame un mandat d’arrêt contre Omar el-Bachir, président du Soudan, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Mais il se heurte aux interventions de la Ligue arabe et de son président en exercice Bachar el-Assad, le président syrien. Lequel suit de très près l'évolution d'un troisième TPI : le Tribunal International pour le Liban. Maroun Charbel écrit dans Présent :

"Communément appelé le tribunal de l’affaire Hariri, le Tribunal International pour le Liban a été créé, il y a tout juste un an, le 23 juillet 2007, par la résolution 1757 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce tribunal devrait permettre de faire la lumière sur tous les assassinats et les attentats qui ont endeuillé le Liban de novembre 2004 à janvier 2008. [...] Toutes les victimes sont du même bord, celui qui a dit non à l’hégémonie de Damas sur le Liban, non à l’axe syro-iranien."

Recevant l’émissaire de Omar el-Béchir, Ghazi Salah El Din Atabani, le Président syrien, Bachar el-Assad, a affirmé que

"la Syrie, pays président de la Ligue arabe, ferait tout son possible pour soutenir le Soudan, victime des complots visant à porter atteinte à sa sécurité et sa stabilité".

Maroun Charbel conclut :

"Nul doute que la Syrie et d’autres parties au Liban, tacheront de faire du cas Omar el-Bechir un précédent dont ils pourront se prévaloir au cas où malgré eux le Tribunal International pour le Liban commence à siéger."

Michel Janva

Posted on juillet 24, 2008 at 03:07 PM | Permalink | Commentaires (0)

23 juillet 2008

Liban : la Syrie n'a pas modifié son ambition

Le ministre syrien des Affaires étrangères a rendu visite au Liban. Lundi, Samir Geagea a formulé le souhait de

  • voir s’établir des relations sérieuses entre le Liban et la Syrie, en tant que deux pays indépendants,
  • d'avoir des informations claires concernant le dossier des détenus libanais en Syrie, ainsi qu’une liste dévoilant le sort des Libanais portés disparus.
  • délimiter d'urgence les frontières entre le Liban et la Syrie, notamment à Chebaa dans le sud Liban.

Wm Concernant le dossier des libanais portés disparus ou détenus dans les prisons syriennes, Moallem a détourné la réponse :

"Fouad Siniora est le Premier ministre du gouvernement d’union national, et c’est en cette qualité que les gouvernements syrien et libanais doivent collaborer, surtout que prochainement, des échanges de visites doivent se produire pour atteindre un compromis entre les deux pays voisins".

Concernant la frontière, il a souligné que les hameaux de Chebaa au Sud Liban appartiennent effectivement au territoire libanais, mais a ajouté que la présence des forces des Nations Unies dans ces fermes ne signifie pas nécessairement la fin de l’occupation israélienne, à laquelle il faut mettre un terme.

Aujourd'hui, Samir Geagea s’est déclaré «déçu» :

"à la suite des déclarations du ministre syrien, on sent que la politique de Damas n’a pas changé, tant au niveau de sa vision que dans sa manière de traiter avec le Liban."

  • Concernant les Libanais disparus et détenus en Syrie, Samir Geagea a estimé que le ministre syrien a exposé la situation comme si c’était l’armée libanaise qui avait occupé la Syrie durant trois décennies, enlevant arbitrairement des citoyens syriens.
  • Au sujet du tracé des frontières libano-syriennes, il a jugé « évasives » les réactions du ministre Moallem, déplorant que ce dernier ait évité toute prise de position sérieuse et toute tentative de régler ce problème vital.

"Si nous demandons la délimitation des frontières à Chebaa, c’est justement pour nous débarrasser de l’occupation israélienne. M. Moallem prétend que placer les hameaux de Chebaa sous l’autorité de l’ONU serait inutile. Pourtant, de cette façon, nous franchirions un pas vers la souveraineté libanaise sur ce territoire – une option impossible tant que Damas refuse le tracé des frontières".

Michel Janva

Posted on juillet 23, 2008 at 10:59 PM | Permalink | Commentaires (0)

15 juillet 2008

La Syrie cherche à gagner du temps

De Maroun Charbel dans Présent :

"La France de Sarkozy a voulu cette ouverture, cette politique de la main tendue, pour prouver au monde que la France a encore une politique étrangère bien à elle et que cela marche. C’est très vite oublier que la Syrie de Bachar el-Assad, n’est pas vraiment acculée pour accepter cette main et les conditions qui vont avec. Le régime a simplement besoin de temps. Le temps de trouver une porte de sortie dans l’affaire du tribunal international – selon l’Elysée cette question n’a pas été abordée parce qu’elle n’est pas négociable ! on verra bien. Et le temps de voir venir la nouvelle administration américaine et la nouvelle équipe israélienne ! Alors une invitation à Paris est une aubaine merveilleuse.

La Syrie n’est pas non plus véritablement isolée. Le régime sait que sa position géopolitique fait de son pays un passage obligé au propre comme au figuré. Le régime est fort, d’une part, de ses « amitiés particulières » avec le Hamas, le Hezbollah, certaines cellules d’Al-Qaïda qui, tous, peuvent rendre de très grands « services ». De l’autre, de ses relations privilégiées avec la Turquie, l’Iran, la Corée-du-Nord, et le Qatar. [...]

Ce mercredi, devrait en principe être le jour de l’échange des prisonniers entre le Hezbollah et Israël. Encore un manquement, une violation à la souveraineté de l’Etat. Toutes les négociations, toutes les étapes de l’organisation de l’échange ont superbement et impudemment ignoré les institutions nationales."

On peut discuter avec la Syrie. Mais ce ne doit pas être pour ignorer la souveraineté libanaise.

Michel Janva

Posted on juillet 15, 2008 at 02:06 PM | Permalink | Commentaires (1)

14 juillet 2008

Que recherche Bachar el-Assad ?

D'Alain Chevalérias dans L'Homme Nouveau :

"le 24 avril, déjà, Haaretz, journal israélien, annonçait l’enclenchement de négociations entre Damas et l’État hébreu. Ces indices et d’autres encore semblent prouver le changement de cap de la politique syrienne. Dans un premier mouvement on ne peut que s’en réjouir. Dans un second temps, néanmoins, on s’interroge sur la crédibilité du retournement du régime syrien. [...]

en 1990, déjà, le prédécesseur de Bachar, son père Hafez, avait amorcé un rapprochement avec l’Occident. L’Union soviétique, son pourvoyeur d’armes, s’effondrait et refusait d’effectuer des livraisons à crédit. En outre, le conflit libanais arrivant à son terme grâce aux accords de Taëf, la Syrie se voyait installée par le même Occident et les Arabes dans son rôle de gendarme du Pays des cèdres. Besoin d’armes d’un côté, de s’assurer la reconnaissance sur le long terme de son emprise sur le Liban de l’autre, Hafez Al-Assad voyait la route de Damas passant désormais par Washington. Mais, acculé, le maître de la Syrie savait bien l’entrée dans le camp des États-Unis impossible sans un accord avec Israël. Sans état d’âme, il demanda alors à l’Égypte, en paix avec les Israéliens, de servir d’intermédiaire. [...] L’éclatement de la première guerre du Golfe, le 17 janvier 1991, transformant la Syrie en pays de la ligne de front contre l’Irak, permit à Assad de s’éviter l’humiliation d’une reconnaissance d’Israël. [...]

Bachar n’a fait que s’inscrire, une fois de plus, dans la continuité de son père car, comme lui en 1990, il se voit acculé. L’Iran, son allié, mène une politique de plus en plus aventureuse en Irak, en Afghanistan et au Liban. [...] D’un autre côté, le procès des assassins de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre libanais, apparaît désormais inéluctable. Or, il est de plus en plus certain que le régime syrien ne manquera pas de se voir impliqué. Il ne reste plus à Bachar qu’à négocier sur le terrain politique en jouant son atout, la paix avec Israël.

Demeure un problème de taille. Le régime syrien est une oligarchie tyrannique aux mains d’une secte religieuse, les alaouites, qui représentent environ 16 % de la population, contre 70 % de musulmans sunnites et 13 % de chrétiens. [...] dans le cadre d’un rapprochement avec l’Occident, l’abaissement de la garde du régime, au nom de la démocratie, serait suivi d’une montée en puissance d’une population sunnite largement gagnée à l’influence islamiste. Si, par contre, les États-Unis fermaient les yeux sur la nature du régime des Assad, c’est à un accord entre celui-ci et Israël auquel nous pourrions assister, pour un partage du Liban entre les deux pays. En d’autres termes, la paix risque de jouer longtemps l’Arlésienne dans la région."

Michel Janva

Posted on juillet 14, 2008 at 10:00 AM | Permalink | Commentaires (0)

In Memoriam

23 octobre 1983. 58 parachutistes français trouvent la mort et 15 sont blessés, à Beyrouth dans un attentat-suicide au camion piégé dit attentat du Drakkar :

"La France pleure ses enfants, tombés là-bas au Levant
Nous garderons leur souvenir, comme eux nous voulons bien mourir.
Nos anciens du Liban, nous précèdent en avant,
Vivant pour la même raison, pour la France nous servirons." (paroles et musique)

Michel Janva

Posted on juillet 14, 2008 at 09:13 AM | Permalink | Commentaires (2)

11 juillet 2008

Le Liban a un gouvernement

Un gouvernement d'union nationale de 30 membres a été formé aujourd'hui au Liban, après la levée des obstacles concernant la répartition des portefeuilles entre la majorité et l'opposition. Comme prévu par l'accord interlibanais de Doha conclu le 21 mai, l'opposition obtient 11 postes contre 16 à la majorité, tandis que 3 doivent être désignés par le président de la République, Michel Sleimane. Ce gouvernement d'union nationale devra mener le pays jusqu'aux prochaines élections législatives de 2009.

Voir ici la liste des ministres, avec leur parti et leur religion. Un vrai gouvernement d'union nationale.

Michel Janva

Posted on juillet 11, 2008 at 04:39 PM | Permalink | Commentaires (0)

09 juillet 2008

Bachar el-Assad parade, le Liban brûle

Tandis que le président syrien, invité controversé du défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, parade dans les médias en distribuant ses leçons (Le Figaro, L'Express, L'Humanité...), les combats perdurent au Liban.

17 personnes ont été blessées lors de violents affrontements entre factions rivales hier soir à Tripoli, au nord du Liban où les tirs se sont intensifiés ce matin. Les affrontements se sont intensifiés en début de matinée et des dizaines d'habitants ont fui leurs foyers pour se réfugier dans des lieux plus sûrs.

La Syrie oeuvre pour que le Liban demeure dans l'instabilité pour rester la solution de la stabilité du Liban...

Michel Janva

Posted on juillet 9, 2008 at 09:02 AM | Permalink | Commentaires (0)

25 juin 2008

Les "soldats-cibles" scandalisés par la venue d'Assad

Laurent Attar-Bayrou, président de l'association internationale des soldats de la paix (Casques bleus) a jugé aujourd'hui que la présence du président syrien Bachar al-Assad au défilé militaire du 14 juillet serait "un scandale, une atteinte à la mémoire".

"Quand même, au Liban la France a perdu des hommes, les 58 parachutistes qui sont morts à Drakkar plus tous les morts pendant les années 80".

M. Attar-Bayrou faisait à l'époque partie du contingent français de Casques bleus au Liban.

Michel Janva

Posted on juin 25, 2008 at 11:01 AM | Permalink | Commentaires (5)

09 juin 2008

Comment des terroristes vont-ils protéger des soldats français ?

Samedi, lors de sa visite éclair au Liban (5h), Nicolas Sarkozy n'a pas trouvé le temps d'aller voir les soldats français. En revanche, il a rencontré les terroristes du Hezbollah, qui ont commis l'attentat du Drakkar en 1983 tuant 58 soldats français. Bernard Antony indique :

"Selon les médias, Nicolas Sarkozy a fait part au député du Hezbollah Mohammed Raad de ses préoccupations sur la sécurité des soldats français de la FINUL. En clair, cela revenait à demander au Hezbollah de ne pas nuire à cette sécurité puisqu’il est au sud Liban où il règne en maître et surveille tout, la seule force qui puisse le faire. Cela revient à placer nos troupes onusiaques sous la bienveillante protection du Hezbollah."

Et il y a bien de quoi s'inquiéter. D’après l’édition du 1er juin du quotidien libanais As Safir, des terroristes islamistes seraient en train de préparer des attentats contre des cibles libanaises et les troupes de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Les services de renseignement libanais et le commandement de la FINUL ont confirmé l’existence de ces menaces qui pourraient se traduire par des attaques de patrouilles de casques bleus.La Finul compte environ 13.000 soldats, dont environ 1.600 Français.

Michel Janva

Posted on juin 9, 2008 at 06:48 PM | Permalink | Commentaires (1)

05 juin 2008

Sarkozy au Liban avec les chefs de Partis

...parlementaires.

Nicolas Sarkozy a proposé aux chefs des partis politiques  de l'accompagner. Mme Buffet, François Hollande et François Bayrou ont accepté.

MJ

Posted on juin 5, 2008 at 03:06 PM | Permalink | Commentaires (2)

28 mai 2008

Liban : un Premier ministre qui ne plait pas au Hezbollah

Le Premier ministre libanais Fouad Siniora, musulman sunnite, a été officiellement reconduit dans ses fonctions et chargé par le nouveau président Michel Sleimane de former le gouvernement d'union nationale, regroupant antisyriens appuyés par l'Occident et opposants proches de la Syrie.

Sa reconduction est considérée comme un défi à l'opposition qui ne pouvait la bloquer. Celle-ci a ainsi formulé des objections au choix de la majorité, tout en affirmant qu'elle participerait au gouvernement. Le général Aoun a déclaré :

"Nous sommes déterminés à participer au gouvernement, sans soutenir le chef du cabinet. Nous y participerons en tant qu'opposition".

L'opposition réclamait le départ de M. Siniora depuis la démission en novembre 2006 de ses six ministres, pour protester contre la décision du cabinet d'appuyer la formation d'un tribunal international afin d'enquêter sur l'assassinat, en février 2005, de Rafic Hariri.

Michel Janva

Posted on mai 28, 2008 at 09:08 PM | Permalink | Commentaires (0)

25 mai 2008

Le Liban a un président

Sleiman Le Parlement libanais a élu le général Michel Sleimane à la présidence du pays dimanche, comme prévu lors de l'accord de Doha. Le chef des armées a recueilli les voix de 118 des 127 législateurs vivants. Le vote avait été reporté 19 fois depuis le départ du président pro-syrien Emile Lahoud à l'expiration de son mandat le 23 novembre dernier.

Le général Michel Sleimane est né le 21 novembre 1948 au nord du Liban. Il a intégré l’armée libanaise en 1967 ou il est nommé lieutenant. Au cours de son parcours, il sera responsable d’un peloton d’infanterie, commandant d’un bataillon de l’Académie militaire et l’Ecole des sous officiers, Responsable de la direction générale du renseignement du Mont Liban, Secrétaire de l’Etat Major, commandant de la 10ème brigade et commandant de l’armée libanaise à partir du 21 décembre 1998.

Il est également le titulaire d’un diplôme en science politique et de gestion de l’université libanaise et a suivi de nombreuses formations en Belgique, en France et aux USA.

Le général Michel Sleimane est le 11ème président de la république libanaise depuis l’indépendance du Liban en 1943 et il est le premier président élu suite au retrait syrien du 29 avril 2005.

Michel Janva

Posted on mai 25, 2008 at 05:03 PM | Permalink | Commentaires (2)

21 mai 2008

Le Liban, entre Syrie et Israël

Au même moment où, au Liban, le Hezbollah semble avoir gagné son bras de fer [ici le texte de l'accord], on apprend que Israël et la Syrie ont entamé des négociations de paix indirectes sous les auspices de la Turquie. On le savait, mais c'est désormais officiel. Damas a déjà obtenu des engagements pour un retrait du Golan jusqu'à la ligne du 4 juin 1967. En échange, Israël laisserait les mains libres à la Syrie sur le Liban.

Samir Geagea a annoncé que l’accord conclu aujourd’hui entre la Majorité et l’Opposition libanaises n’incarne pas les aspirations de la Majorité, mais constitue un point de départ salutaire pour le Liban après les dernières escalades de violence au pays, appelant les deux camps libanais à œuvrer pour la réussite et la continuation de cet accord sur le terrain. Il a estimé que l’accord de Qatar clôt l’épisode des violences pour passer au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, ajoutant qu’un État puissant est le seul à être responsable de la sécurité du pays.

Michel Janva

Posted on mai 21, 2008 at 09:28 PM | Permalink | Commentaires (0)

21 mai 2008

Doha : accord libanais en vue

Les dirigeants politiques libanais de la majorité et de l'opposition sont parvenus à un accord tôt mercredi lors de la conférence inter-libanaise de Doha. L'élection du président de la République par le parlement libanais est prévue pour jeudi ou vendredi. Les partis rivaux sont d'accord pour élire à la tête du pays le général Michel Sleiman.

Un comité mixte formé pour aplanir les divergences entre les parties sur la loi électorale pour les élections législatives de l'an prochain serait sur le point de parvenir à un accord.

Michel Janva

Addendum : Selon l'accord, le Hezbollah obtient satisfaction sur sa principale exigence : un droit de veto au sein du nouveau gouvernement. L'autre exigence du Hezbollah également obtenue était le rédécoupage électoral du Liban en circonscriptions plus petites pour une meilleure représentativité des différentes religions du pays.

Posted on mai 21, 2008 at 08:30 AM | Permalink | Commentaires (1)

19 mai 2008

Liban : les négociations patinent

L'opposition libanaise, menée par le Hezbollah, a rejeté une proposition du Qatar pour sortir de l'impasse. Il s'agissait de reporter la question controversée d'une loi électorale jusqu'après l'élection d'un président de la République.

Les médiateurs qataris ont également proposé de former un gouvernement d'union nationale de 30 ministres: 13 pour la majorité, 10 pour l'opposition et 7 à choisir par le président élu, une répartition rejetée dans le passé par l'opposition chiite qui exige plus du tiers des postes. Les deux camps divergent aussi sur un nouveau découpage électoral, chacun craignant de perdre des sièges lors des législatives de 2009 avec la modification de la composition démographique des circonscriptions.

Le Qatar suggérait également d'inclure dans le communiqué final une clause sur des garanties contre tout usage des armes à des fins politiques internes.

Samir Geagea a indiqué avoir demandé le déploiement d'une force arabe de maintien de la paix au Liban pour y empêcher un retour aux violences confessionnelles. "Cette demande aura un caractère très urgent" en cas d'échec de la conférence de Doha. "C'est là la solution si on veut une stabilité réelle".

"Si l'expérience de la force arabe était mauvaise en ces temps-là [en 1976, lorsque cette force essentiellement syrienne avait une autre ambition que la paix au Liban], elle ne doit pas l'être maintenant si on veille à ce qu'elle soit composée de contingents de pays n'ayant pas de desseins sur le Liban".

Michel Janva

Posted on mai 19, 2008 at 08:45 PM | Permalink | Commentaires (0)

18 mai 2008

L'armement du Hezbollah en question

La deuxième journée des discussions interlibanaises au Qatar se déroule sans qu'on fasse état de progrès. Le ton monte entre le clan gouvernemental anti-syrien et l'opposition emmenée par le Hezbollah sur la question de l'armement de ce dernier. Le chef de la délégation du parti chiite, le député Mohammed Raad, a accusé le camp d'en face de "chantage" pour avoir mis le dossier sur la table à Doha.

"Personne n'a le droit d'ouvrir un débat. Les armes et les capacités sont au-delà de toute discussion".

Mais un membre de la délégation gouvernementale a affirmé qu'aucun accord politique à Doha ne serait possible sans de "sérieux progrès" sur la question de l'armement du Hezbollah.

Du moment que cet armement était destiné à protéger le Liban de toute intervention extérieure, notamment d'Israël, l'armement du Hezbollah pouvait encore se parer d'une certaine légitimité. Mais à partir du jour où le Hezbollah a utilisé cet armement contre des Libanais, comme la semaine dernière, alors il n a plus aucune légitimité. La résolution 1701 de l'ONU (2006) réaffirmant les résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) demandait déjà le désarmement des milices au Liban. Sur place, la Finul ne l'a jamais fait appliquer.

Michel Janva

Posted on mai 18, 2008 at 02:40 PM | Permalink | Commentaires (2)

17 mai 2008

L'avenir du Liban se joue au Qatar

Doha La réunion des responsables libanais, à Doha au Qatar, sous le parrainage de la Ligue arabe, a tourné court. Les représentants du gouvernement et de l'opposition emmenée par le Hezbollah se sont séparés au bout d'une heure et demie, sans avoir trouvé d'accord. Ils ont cependant accepté de former un comité de 4 membres pour négocier une nouvelle loi électorale et la constitution d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Un nouveau partage du pouvoir reste la base d'un règlement de la crise. Le risque étant que les chrétiens, devenus minoritaires au Liban, perdent du poids dans les institutions.

La question des armes du Hezbollah a été abordée par Samir Geagea, chef des Forces Libanaises, et le député Saad Hariri. Les chefs de la majorité et de l'opposition libanaises ont décidé de confier au Qatar le soin de proposer une solution à l'épineuse question de l'armement du Hezbollah chiite.

Michel Janva

Posted on mai 17, 2008 at 10:11 PM | Permalink | Commentaires (0)

15 mai 2008

Le gouvernement libanais recule

C'était prévisible après le coup de force du Hezbollah, mais de mauvaise augure pour l'indépendance du pays du Cèdre. Contrairement à sa fermeté affichée, le gouvernement libanais a annoncé mercredi l'annulation des mesures prises contre le Hezbollah. Le ministre de l'Information, Ghazi Aridi, a officialisé :

"Afin de faciliter les négociations de la délégation de la Ligue arabe et pour préserver l'unité nationale et la sécurité des citoyens, le gouvernement a décidé d'accepter la proposition du chef de l'armée et d'annuler les décisions".

Cette annonce intervient au moment où une délégation arabe dirigée par le Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar et comprenant le secrétaire général de la Ligue arabe a entamé une médiation entre la majorité antisyrienne et l'opposition, appuyée par la Syrie et l'Iran.

Les combats qui ont éclaté au Liban le 7 mai ont fait 65 morts et 200 blessés, une flambée de violences sans précédent depuis la guerre civile (1975-90).

Les deux mesures en cause sont l'enquête sur un réseau parallèle de télécommunications mis en place par le Hezbollah, et le limogeage du directeur de la sécurité de l'aéroport, proche de la milice chiite.

C'est une victoire pour le Hezbollah.

Michel Janva

Posted on mai 15, 2008 at 08:09 AM | Permalink | Commentaires (0)

12 mai 2008

L'instabilité règne au Liban

Des combats ont fait 1 mort et 4 blessés dans le nord du Liban dans la grande ville portuaire de Tripoli, où l'armée qui tentait de garder le contrôle de plusieurs quartiers a été prise sous le feu des snipers et des mitrailleuses. En fin de journée, le calme est revenu et l'armée a repris le contrôle du secteur touché par les combats, dans le nord de la ville, appelant les hommes en armes à rentrer chez eux.

Au même moment, la majorité a répété qu'elle n'accepterait pas de dialoguer avec l'opposition menée par le Hezbollah, sous la menace des armes. Une délégation de la Ligue arabe comprenant son secrétaire général Amr Moussa est attendue mercredi à Beyrouth. Le Hezbollah a annoncé qu'il accueillait favorablement la venue de cette délégation à condition qu'elle fasse preuve d'impartialité dans la crise, alors que l'Union européenne et l'ONU ont affirmé leur soutien au gouvernement libanais.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a reporté lundi pour la 19e fois la séance parlementaire prévue le lendemain pour l'élection du président de la République. La nouvelle séance est prévue le 10 juin.

Quelque 200 personnes fuyant les violences sont arrivées par la mer à Chypre.

Michel Janva

Posted on mai 12, 2008 at 10:40 PM | Permalink | Commentaires (0)

11 mai 2008

42 morts au Liban

...et 164 blessés en 5 jours. Un semblant de retour au calme est constaté à Beyrouth. Le premier ministre libanais Fouad Saniora et son gouvernement ont observé une minute de silence en mémoire des victimes. L’aéroport international de Beyrouth demeure fermé et ses accès barrés par des blocs de ciments.

A Tripoli, des combats ont eu lieu entre partisans du Courant du Futur et de l’opposition. Ces combats ont cependant cessé suite au déploiement de l’armée libanaise. Une large partie de la population tripolitaine a également répondu à l’appel du premier ministre Fouad Saniora à observer une minute de silence.

Michel Janva

Posted on mai 11, 2008 at 09:21 PM | Permalink | Commentaires (0)

10 mai 2008

Liban : l'armée ne peut obéir au Premier ministre

Fouad_siniora Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a demandé à l'armée d'appliquer les décisions qui ont provoqué la réaction du Hezbollah (limogeage du chef de l'aéroport de Beyrouth et suppression du réseau telecom du Hezbollah). Il souhaite que tous les hommes armés sur tout le territoire libanais soient désarmés pour que seule l’armée libanaise puisse détenir des armes. Il demande l’élection immédiate du candidat consensuel à la présidence de la République, afin de former un gouvernement d’union nationale où ni la majorité ni l’opposition ne puisse avoir de véto.

Le commandement de l'armée libanaise a publié un communiqué dans lequel il indique, étant données que les deux résolutions ne sont pas encore officiellement publiées par le gouvernement libanais, maintenir le chef de la sûreté général de l'aéroport le colonel Wafik Choucair dans son poste jusqu'à ce que les décisions techniques et juridiques soient prises à son égard à la fin des investigations, pour la sauvegarde de la sécurité de l'aéroport et des citoyens libanais. En ce qui concerne le réseau de télécommunications privé du Hezbollah, l'armée libanaise décide de l’annulation de la décision de démantèlement de ce réseau et indique vouloir mener une enquête sur les armes du signal du Hezbollah, et veiller à ce que cela ne porte atteinte ni aux intérêts publics ni aux intérêts de la Résistance. La réalité est que l'armée libanaise ne peut, seule, s'attaquer au Hezbollah.

Le commandement de l'armée exige que la situation normale reprenne au pays, que les hommes armés soient retirés des rues de Beyrouth et des autres régions où se déroulent les affrontements et que toutes les routes bloquées soient ouvertes de nouveau à la circulation. Enfin, l'armée ordonne le déploiement de ses troupes qui doivent prendre les mesures nécessaires sur le terrain pour le maintien de la sécurité et l'extension de l'autorité de l'État sur tout le territoire libanais, en arrêtant tous ceux qui enfreignent les lois établis au pays.

Michel Janva

Posted on mai 10, 2008 at 05:23 PM | Permalink | Commentaires (3)

09 mai 2008

L'union anti-syrienne reste ferme face au Hezbollah

Samirgeagea A l’issue d’une réunion d’urgence entamée en début d’après-midi au nord de Beyrouth, le président du Conseil exécutif des Forces Libanaises Samir Geagea a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a lu le communiqué publié par le comité de suivi de la coalition du 14 mars :

  1. 1. Liban Le 14 mars assure que ce qui s’est passé à Beyrouth, dans ses alentours et son aéroport international, n’est qu’un putsch fait par le Hezbollah contre le Liban, le peuple libanais, les accords du Taëf, l’union nationale, le document d’entente, les résolutions internationale notamment la 1701 ainsi que la paix civile, indiquant que cette tentative a enlevé la légitimité des armes de ceux qui prétendent représenter la Résistance libanais en utilisant ces armes sensés être dirigés contre l’état hébreu.
  2. Le 14 mars rejette catégoriquement ce qui s’est passé depuis le 7 mai et atteste qu’il ne changera pas ses positions politiques envers ces derniers évènements, et d’ajouter que l’usage de ces armes contre les civils se retournera contre leurs utilisateurs.
  3. Face à ces sérieuses infractions contre la société civile et contre la capitale libanais, le 14 mars exhorte l’armée libanaise à observer ses principaux devoir en tant qu’institution militaire afin de mettre fin à ces discordes.
  4. L’alliance du 14 mars condamne fermement la prise des journalistes et des médias pour cibles par les putschistes.
  5. Les forces de la majorité s’adressent aux pays arabes frères et leur demandent s’assumer leurs responsabilités envers le Liban, mettant en garde contre ce coup d’état sanguinaire dont le but est de refaire entrer les forces syriennes au pays du cèdre et permettre à l’Iran d’atteindre les côtes méditerranéennes, et appelant les pays arabes à déployer tous les efforts nécessaires pour empêcher la réalisation de tels desseins.
  6. La coalition du 14 mars estime que la communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés devant ce qui se passe, et est tenue de mettre un terme au trafic illégitimes d’armes et de soutenir le peuple libanais et son gouvernement présidé par M. Fouad Siniora.
  7. Enfin, le 14 mars s’est adressé aux Libanais en leur rappelant les constantes de la révolution des cèdres, à savoir la souveraineté, l’indépendance et la liberté du Liban, et rassurant le peuple libanais que la violence ne fera pas plier la Majorité mais enrancinera d’avantage ses convictions, tout en affirmant son soutien total au gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, lui demandant de maintenir ses décisions et ses positions politiques.

Pour suivre les dernières actualités libanaises : des négociations sont en cours. Le Hezbollah a conditionné l'arrêt des combats, la fin du sit-in au centre-ville et le retour au dialogue à la démission du gouvernement de Fouad Siniora. Ce que refuse le communiqué ci-dessus.

Michel Janva 

Posted on mai 9, 2008 at 10:24 PM | Permalink | Commentaires (0)

11 morts à Beyrouth : coup d'Etat du Hezbollah

Le Hezbollah tente de prendre le contrôle de la capitale (l'aéroport est sous son contrôle) et d'officialiser l'Etat dans l'Etat.

Sur ce sujet, lire l'excellente analyse d'Alin Chevalérias.

Les chefs sunnite Saad Hariri et druze Walid Joumblatt sont assiégés dans leurs résidence dans l'ouest de Beyrouth et des responsables de la majorité ont appelé à une réunion d'urgence des parlementaires dans un village de la montagne au coeur du pays chrétien au nord-est de Beyrouth. Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri.

Le Premier ministre Fouad Siniora serait également retranché dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l'armée et de la police.

Le Hezbollah et le Amal ont pris le contrôle de la chaîne "Futur" du sunnite Saad Hariri. La chaîne a cessé d'émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah. Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont été incendiés. Dans les locaux du quotidien "al-Mustaqbal" appartenant également à Saad Hariri, un incendie a été déclaré.

L'aéroport international de Beyrouth est paralysé et le port de la capitale libanaise a cessé toute activité.

L'Arabie saoudite, qui appuie le gouvernement de Fouad Siniora, a appelé à une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères sur le Liban.

Michel Janva

Posted on mai 9, 2008 at 09:37 AM | Permalink | Commentaires (1)

08 mai 2008

Affrontements à Beyrouth

De violents affrontements armés ont éclaté aujourd'hui dans un quartier de l'ouest de Beyrouth entre des partisans de la majorité et ceux de l'opposition, quelques instants après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. Un parfum de guerre civile.

MJ

Posted on mai 8, 2008 at 06:22 PM | Permalink | Commentaires (1)

07 mai 2008

Le Hezbollah veut contrôler Beyrouth

B Une grève générale sévit au Liban. Des manifestants ont bloqué plusieurs axes de Beyrouth et sa périphérie à l'aide de pneus enflammés. A Beyrouth, la route de l'aéroport est bloquée, et 34 vols ont été annulés. Des jeunes ont retourné des poubelles dans la rue, alors que des camions versaient du sable pour empêcher la circulation. Les forces de sécurité intérieure et l'armée libanaises ont été déployées en force à travers la capitale, interdisant l'accès à certains secteurs pour éviter des heurts entre partisans de l'opposition emmenée par le Hezbollah et ceux du gouvernement. Des personnalités politiques craignent que les manifestations ne dégénèrent en affrontements entre les deux camps.

La grève a pour prétexte une revendication de hausse de salaire. Mais il s'agit de la suite du bras de fer entre la majorité antisyrienne et l'opposition, menée par le Hezbollah. Maroun Charbel indiquait dans Présent de mardi :

"Selon des sources militaires et des Forces de sécurité intérieure le Hezbollah aurait installé, à proximité immédiate de l’aéroport international de Beyrouth, un système de vidéo-surveillance camouflé à l’intérieur de containers appartenant à l’entreprise de reconstruction du parti. Les images sont effrayantes. Une rangée de containers borde la route qui longe la piste [...] de décollage des avions privés et des vols spéciaux transportant des diplomates ou autres personnalités. Qui était la personnalité visée cette fois-ci ? [...] Le Hezbollah affirme, offensé (!), que les armes, les caméras découvertes dans les containers et qui placent la piste et les avions à portée de leurs canons, étaient nécessaires à la surveillance du chantier. [...] Les experts consultés par Al-Manar, la chaîne du parti, ne se sont pas embarrassés pour rappeler que «l’aéroport de Beyrouth ne doit pas tomber entre les mains du gouvernement».

La première des préoccupations du commandement de la FINUL est le libre accès à l’aéroport. Or, aujourd’hui la route de l’aéroport est bien redevenue celle de tous les dangers. Tout le parcours est commandé par l’armée du Hezbollah. Les barrages de l’armée qui, officiellement, en assurent la sécurité, ne pourront rien faire. Selon des sources convergentes, le Hezbollah aurait étendu son hégémonie sur toute la zone qui part du centre-ville de Beyrouth, passant par l’ancienne ligne de démarcation au pied d’Achrafieh et toute la route côtière jusqu’au sud de Saïda."

L'Assemblée est convoquée pour la 19e fois le 13 mai, afin d'élire un président.

Michel Janva

Addendum 16h40 : Des explosions et des tirs d'armes à feu ont été entendus en plusieurs endroits de la ville. La télévision libanaise a affirmé qu'elles provenaient de tirs au lance-grenades. Quelques blessés ont été signalés, la plupart victimes de jets de pierre. L'armée a déployé des véhicules blindés dans plusieurs quartiers de Beyrouth pour tenter de calmer ces violences.

Posted on mai 7, 2008 at 04:09 PM | Permalink | Commentaires (0)

28 avril 2008

Un socialiste joue au touriste au Liban

Lu dans Présent :

"Samedi dernier, 26 avril, à l’issue du congrès d’une commission de l’Internationale socialiste à Beyrouth, [] le représentant du Parti socialiste français a été enlevé par le Hezbollah et relâché 5 heures plus tard. [...] Le délégué du PS, Karim Pakzad, se promenait avec un ami dans une voiture décapotable et s’amusait à prendre en photos une jolie mosquée sur la route de l’aéroport et des photos des martyrs du Hezbollah collées aux murs. Conduite risquée pour n’importe qui au cœur de la Banlieue-Sud, zone de non droit de l’Etat du Hezbollah, mais d’une inconscience inconsidérée pour un officiel français. Il semblerait que le Hezbollah n’ait pas cherché à enlever UN Français, mais que ses services de police aient « simplement » fait leur boulot (!!) de surveillance des intrus qui se promènent une caméra à la main dans leur pré-carré. [...]

Il est impossible que le Hezbollah n’ait pas su, et très vite, qu’il s’agissait d’un Français. [...] Le Hezbollah affirme et insiste dans son communiqué qu’il n’y a dans cet incident aucun « message », aucun « signe fort », à l’égard de quiconque et de la France en particulier. Et qu’il faut voir dans cet « incident » qu’une simple procédure de contrôle (!!). [...] Tous les congrès et réunions universitaires organisés en partenariat avec la France ont été annulés ou reportés sur les « très vifs conseils » de l’ambassade ou du ministère des Affaires étrangères. C’était prendre un risque énorme qu’une telle réunion à un tel moment à Beyrouth !"

MJ

Posted on avril 28, 2008 at 06:48 PM | Permalink | Commentaires (0)

24 avril 2008

Assassinat au Liban : retour d'une guerre entre chrétiens ?

Lu dans Présent, le récit d'un assassinat de chrétiens commis vraisemblablement par des chrétiens :

Zahle "Il y a trois ans, jour pour jour, les Libanais, en liesse et incrédules encore, vivaient le retrait des troupes d’occupation syrienne. Cet anniversaire a été anticipé dimanche par l’assassinat de deux cadres du parti Kataëb à Zahlé. [...] L’attentat, visiblement maquillé en « incident isolé », en « mouvement d’humeur spontané », a été le fait de deux partisans du député de la ville, Elie Skaff, allié du général Aoun et qui joue à fond la carte syrienne depuis de très longues années [...] Depuis, la ville est en ébullition. [...] Zahlé est la dernière ville du Liban – et du Proche-Orient ? – entièrement, exclusivement chrétienne. Tout un symbole."

Le parti Kataëb, dirigé par Amine Gemayel (photo), affirme :

Ag "Le député Skaff cherche également à défendre désespérément les assassins, ce qui laisse planer des doutes sur son rôle dans cette affaire. Et l’on peut s’interroger sur le fait de savoir s’il a été préalablement mis au courant des desseins des meurtriers, vu qu’il tente de justifier le crime et de minimiser sa portée".

Michel Moawad, maronite membre du comité de suivi des Forces du 14 Mars, s'est exprimé à l'issue d'un entretien avec le patriarche Sfeir :

"L’image qu’offre le 8 Mars [le parti d'opposition] aux Libanais est horrible. Ce camp ne se contente plus de couvrir le crime moralement et de torpiller le tribunal international en tentant de défendre les quatre généraux, il est désormais complice de crime. Ce qui s’est passé à Zahlé est inadmissible, quelles qu’en soient les raisons. [...] Ce qui est certain, c’est que le 8 Mars, plus particulièrement le député Skaff et le Hezbollah, sont des comparses dans la couverture du crime. [...] Ce qui m’importe, c’est que la société chrétienne n’entre pas à nouveau, et malgré les conflits, dans la spirale du sang. Nous avons tous payé un prix exorbitant par le passé."

Des tractations sont en cours pour prévenir une explosion à Zahlé. Le chef des Kataëb, Amine Gemayel, le patriarche des grecs-catholiques, Grégoire III, et le député Élias Skaff sont impliqués dans ces tractations.

Mm Mardi, l'élection du président a de nouveau été reportée. Le député et ancien ministre Michel Murr (orthodoxe) s'est désolidarisé de la coalition parlementaire opposante, dont il était l'un des piliers aux côtés du député Michel Aoun. Ce dernier perd ainsi un allié de poids. M. Murr est en effet une importante clef électorale de la région du Metn, à l'est de Beyrouth. Il estime que l'élection d'un président de la République est d'une extrême urgence et a lancé une campagne de pression auprès des députés, en particulier chrétiens, pour les convaincre de se rendre aux urnes.

Michel Janva

Posted on avril 24, 2008 at 03:37 PM | Permalink | Commentaires (1)

22 avril 2008

Nouvel échec au Liban

Tandis que Bernard Kouchner vient de renouer le contact avec la Syrie (avec qui les relations avaient été rompues en décembre 2007), la 18e séance d'élection d'un président de la République libanaise aujourd'hui par le Parlement a été reportée sine die.

Nicolas Sarkozy avait décidé de suspendre les relations avec Damas, tant que le gouvernement syrien ne démontrerait pas qu'il était prêt à laisser le Liban élire un président de consensus.

Michel Janva

Posted on avril 22, 2008 at 02:33 PM | Permalink | Commentaires (0)

28 mars 2008

Du nouveau sur l'assassinat de Rafic Hariri

La Commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Rafic Hariri a déclaré :

"La Commission peut maintenant confirmer, sur la base des preuves détenues, qu'un réseau d'individus a agi de concert pour commettre l'assassinat de Rafic Hariri et que ce réseau criminel, ou certains de ses membres, sont liés à d'autres attentats couverts par le mandat de la Commission. La priorité de la Commission est désormais de recueillir des éléments de preuve supplémentaires concernant ce réseau et sur l'étroitesse de ses liens avec les autres attentats. Ce réseau Hariri existait avant l'attentat, il a surveillé Rafic Hariri avant l'assassinat (...) et au moins une partie de ce réseau a continué à exister et à être opérationnel après l'assassinat. Les noms des individus n'apparaîtront que dans de futurs actes d'inculpation qui seront rédigés par le procureur, quand des preuves suffisantes auront été rassemblées".

Michel Janva

Posted on mars 28, 2008 at 09:35 PM | Permalink | Commentaires (0)

27 mars 2008

Persepolis est finalement autorisé au Liban

P Persepolis, prix du jury ex aequo au Festival de Cannes 2007 et nommé aux Oscars 2008, est tiré de la bande dessinée éponyme de la Franco-Iranienne Marjane Satrapi (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Le film, qu'elle a co-réalisé avec Vincent Paronnaud, montre le musellement social, les arrestations et exécutions qui suivirent la Révolution islamique menée par l'ayatollah Khomeiny. Le film a été critiqué par les autorités iraniennes pour sa peinture de la Révolution islamique.

Ce dessin animé a été interdit hier au Liban par la Sûreté générale. Le chef des services de sécurité, le général Wafiq Jizzini, est proche du Hezbollah, et ne veut donc pas autoriser un film qui donne une mauvaise image de l’Iran des mollahs :

"Le bureau de la censure a jugé que si le film était visionné, il allait créer des tensions avec l'Iran [...] des responsables chiites ont estimé que le film s'attaquait à l'Islam et à l'Iran".

P_2 Cette décision a provoqué des remous dans les milieux politiques et culturels au Liban, qualifiant la mesure de "terrorisme intellectuel". Le ministre de la Culture, Tarek Mitri, a demandé au ministère de l’Intérieur de faire lever cette interdiction. La Sûreté générale vient d'indiquer que le ministère de l'Intérieur, dont elle dépend, a "décidé d'autoriser la diffusion du film au Liban".

Michel Janva

Posted on mars 27, 2008 at 05:40 PM | Permalink | Commentaires (1)

26 mars 2008

Sommet de la Ligue arabe sans le Liban

Le Liban a décidé de boycotter le sommet de la Ligue arabe en Syrie. Le ministre libanais de l'Information Ghazi Aridi a expliqué que le Liban ne pouvait pas assister à un sommet de la Ligue arabe sans président à sa tête. C'est la première fois que le Liban boycotte un sommet de la Ligue arabe. Cette décision était largement attendue depuis l'annonce lundi par l'Arabie saoudite qu'elle serait représentée par son ambassadeur auprès de la Ligue arabe, et non par le roi Abdallah. L'Egypte n'a toujours pas fait savoir si elle serait ou non représentée par son président Hosni Moubarak. Selon les observateurs, une absence de plusieurs chefs d'Etat arabes de premier plan à ce sommet en Syrie isolerait un peu plus le régime du président Bashar el-Assad.

Michel Janva

Posted on mars 26, 2008 at 06:16 AM | Permalink | Commentaires (0)

18 mars 2008

Le trésor des chrétiens du Liban

Sous la plume de Maroun Charbel dans Présent :

"Dimanche le Liban chrétien catholique a fêté les Rameaux en de longues processions dans les quartiers des villes et des villages du pays. Il y avait quelque chose d’héroïque chez ces pères et ces mères qui avaient endimanché leurs petits, décoré leurs cierges de rubans et de faveurs alors que rien ne se prête à la fête et que les rangs des familles sont de plus en plus clairsemés. [...] A côté de moi, un ancien de la paroisse marchait tenant son cierge comme on tient un trophée.

«Voyez-vous mon petit (!) ce que nous faisons là est tout notre trésor ! même à Paris ils ne peuvent le faire librement. C’est notre trésor à nous Chrétiens du Liban. Je ne l’échangerais contre rien d’autre.»"

Michel Janva

Posted on mars 18, 2008 at 04:25 PM | Permalink | Commentaires (3)

10 mars 2008

Liban : nouveau report de la présidentielle

Il s'agit du 16e report depuis septembre.

MJ

Posted on mars 10, 2008 at 12:15 PM | Permalink | Commentaires (0)

25 février 2008

Nouveau report de l'élection au Liban

Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a une nouvelle fois échoué lundi à aplanir les divergences entre l'opposition emmenée par le Hezbollah et la majorité au pouvoir, qui empêchent l'élection d'un président au Liban.

En conséquence, la séance parlementaire pour élire un président au Liban, initialement prévue mardi, a été reportée au 11 mars. Il s'agit du 15e report de la séance parlementaire destinée à élire le président de la République.

Michel Janva

Posted on février 25, 2008 at 06:04 PM | Permalink | Commentaires (0)

14 février 2008

Le Liban, coincé entre Hezbollah et Israël

Le chef du Hezbollah libanais Hassan Nasrallah a déclaré lors des obsèques d'Imad Moughnieh, homme clé des opérations armées du Hezbollah, l'un des fondateurs de la branche armée du Hezbollah en 1983, qui était l'un des hommes les plus recherchés par Interpol et les Etats-Unis pour des attentats et enlèvements (il était l'instigateur de l'attentat contre le Drakkar, le 23 octobre 1983, dans lequel 58 parachutistes français furent tués), et assassiné mardi à Damas dans un attentat à la voiture piégée attribué par le parti à Israël :

"Si les sionistes veulent une guerre ouverte, ils l'auront. Vous avez assassiné en dehors du territoire naturel, vous avez dépassé les frontières".

Il s'exprimait devant des dizaines de milliers de partisans et plusieurs dignitaires dont le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, rassemblés dans la banlieue sud de Beyrouth. Israël a nié toute implication dans l'attentat qui a coûté la vie à Moughnieh. Le Bureau israélien de la lutte antiterroriste a donné de strictes consignes de prudence à ses ressortissants à l'étranger.

L Au même moment, sur la Place des Martyrs, dans le centre de Beyrouth, prenait fin une manifestation de la majorité parlementaire antisyrienne rassemblant des centaines de milliers de personnes. Une statue de Rafic Hariri a été inaugurée devant l'hôtel Saint-Georges, sur le bord de mer, où s'était produite le 14 février 2005 l'explosion de la voiture piégée qui l'avait tué ainsi que 22 autres personnes. Saad Hariri, un des piliers de la majorité, a lancé :

"Nous voulons un président de la République et nous vous assurons que nous aurons un président".

Le leader druze Walid Joumblatt s'en est pris à la Syrie et à l'Iran, affirmant que la majorité "ne livrerait pas le Liban" au régime syrien. Une séance parlementaire pour élire le président est prévue le 26 février, après 14 reports.

Michel Janva

Posted on février 14, 2008 at 05:32 PM | Permalink

28 janvier 2008

7 morts au Liban

Des manifestations à Beyrouth et dans le sud du Liban pour protester contre les coupures d'électricité ont dégénéré hier en violences, faisant au moins 7 morts (4 membres du Hezbollah, 1 d'Amal, un secouriste et un civil) et plusieurs blessés. Ces violences sont intervenues au moment où les craintes de dérapage augmentent dans un pays divisé sur le partage du pouvoir entre la majorité antisyrienne et l'opposition.

Les violences ont éclaté lorsque des manifestants ont coupé en plusieurs endroits des routes dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah et d'Amal, et la principale route menant à l'aéroport international. Elles ont pris une plus grande ampleur après la mort du partisan d'Amal. Des hommes armés ont ouvert le feu sur les soldats déployés en force qui avaient effectué des tirs de sommation pour disperser les manifestants. Il était cependant impossible de déterminer l'origine des tirs qui ont atteint les victimes.

La majorité accuse l'opposition :

"Les partis de l'axe syro-iranien ont sciemment voulu faire exploser la situation et répandre le chaos. L'opposition qui répond aux ordres syro-iraniens, porte entièrement la responsabilité du sang versé".

Un responsable des services de sécurité a estimé que les manifestations pourraient s'étendre dans les jours à venir.

Michel Janva

Posted on janvier 28, 2008 at 08:18 AM | Permalink

25 janvier 2008

Les attentats succèdent aux attentats au Liban

Au moins 10 personnes ont été tuées, dont un responsable de la sécurité libanaise, dans un attentat qui a visé ce matin un convoi des forces de sécurité dans un quartier de la banlieue de Beyrouth. Un nombre indéterminé de personnes ont été blessées.

Le dernier attentat au Liban remonte au 15 janvier. Ce nouvel attentat survient à 3 jours d'une réunion ministérielle de la Ligue arabe au Caire, qui doit entendre le rapport du chef de l'organisation panarabe Amr Moussa sur sa récente médiation entre les camps rivaux libanais et qui a abouti à une impasse.

Michel Janva

Posted on janvier 25, 2008 at 10:46 AM | Permalink

21 janvier 2008

Nouvel attentat au Liban

L'explosion d'une grenade a endommagé ce matin une voiture appartenant à l'épouse d'un magistrat et a provoqué l'incendie d'un autre véhicule à Beyrouth, sans faire de blessés. Cette déflagration est intervenue au lendemain d'un nouveau report -au 11 février- de la séance parlementaire visant à élire un nouveau président. Le Pays du Cèdre est sans chef d'Etat depuis la fin du mandat du pro-syrien Emile Lahoud le 23 novembre.

MJ

Posted on janvier 21, 2008 at 04:18 PM | Permalink

15 janvier 2008

Nouvel attentat au Liban

Un mois après l'attentat (le 12 décembre) qui avait coûté la vie au général François Hajj, chef des forces opérationnelles, un attentat a eu lieu ce jour dans le quartier à majorité chrétienne de Dora-La Quarantaine, au nord de Beyrouth. Selon le Département d'Etat américain, l'explosion, qui visait un véhicule de l'ambassade américaine, a causé la mort de quatre Libanais.

L'attentat survient alors que Georges Bush et Nicolas Sarkozy effectuent un chassé croisé dans le Golfe, sans escale prévue au pays du Cèdre.

Michel Janva

Posted on janvier 15, 2008 at 04:59 PM | Permalink

11 janvier 2008

Toujours pas de solution au Liban

Pour la douzième fois, et malgré le plan de sortie de crise établi par la Ligue arabe, l'élection présidentielle au Liban a été reportée vendredi. Elle est désormais fixée au 21 janvier, a annoncé le président du Parlement Nabih Berri. Le secrétaire général de Ligue arabe, Amr Moussa, est actuellement sur place pour tenter de faire aboutir les négociations entre les différents partis. Le Liban est privé de président depuis le 23 novembre.

MJ

Posted on janvier 11, 2008 at 04:52 PM | Permalink

08 janvier 2008

Attentat au Liban

Une bombe a explosé au passage d'un convoi de la FINUL sur une autoroute reliant Beyrouth au Sud du pays. L'attentat a eu lieu dans la ville  côtière de Rmeilé, près de Saïda. Selon le premier bilan, tous les soldats sont vivants, deux d'entre eux ayant néanmoins été blessés. Cette attaque intervient également alors que la crise politique n'est toujours pas dénouée. Samedi, le Parlement , divisé entre majorité anti-syrienne et opposition pro-syrienne, doit essayer pour la 12e fois d'élire le président de la République.

Michel Janva

Posted on janvier 8, 2008 at 04:00 PM | Permalink

03 janvier 2008

2008 : quelle année pour le Liban ?

Lue dans Présent daté d'hier, cette réaction du député des Forces Libanaises, Antoine Zahra, suite à la rupture des relations entre Paris et Damas :

"l’action de Paris s’est articulée autour d’un bras de fer entre les amateurs français et les professionnels syriens qui ont profité de la diplomatie française pour se faufiler sur la scène politique libanaise (…). La France n’a pas adopté de position ferme face à l’opportunisme de Damas, ce qui démontre que Paris cherche à se rapprocher du régime syrien pour servir ses propres intérêts, bien que cette politique ait provoqué une recrudescence des pressions sécuritaires et politiques à l’encontre des forces souverainistes libanaises".

Pour Maroun Charbel, Paris n’a pas les moyens de sa politique et que sa politique est d’abord – et cela se comprend – de défendre ses hommes de la Finul. Il n’y a pas si longtemps, Damas rappelait à Paris, que ce n’était pas Washington qui assurait la sécurité du contingent français...

L’élection du nouveau président du Liban a été reportée une fois de plus, au 12 janvier 2008.

Michel Janva

Posted on janvier 3, 2008 at 10:30 AM | Permalink

30 décembre 2007

Liban : La France rompt ses relations avec la Syrie

La France n'entrera plus en contact avec la Syrie, "tant que nous n'aurons pas des preuves de la volonté des Syriens de laisser le Liban désigner un président de consensus" a déclaré le chef de l'Etat au cours de la visite officielle qui clôt ses vacances en Egypte. Il ajoute :

"Maintenant, il faut fournir des preuves, et c'est le moment pour la Syrie de les montrer. Le Liban doit avoir un président, un président de consensus (...) Il est venu le temps pour les Syriens de prouver dans les faits ce qu'ils ne cessent de proclamer dans les discours (...) Nous attendons maintenant des actes de la part des Syriens et non pas des discours (...) J'en appelle à la Syrie pour qu'elle travaille à trouver une solution à cette question parce qu'elle a l'influence la plus forte sur les parties en conflit".

Il a ensuite fait part de sa détermination à ce que les responsables de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri soient jugés par un tribunal international.

"La France débloquera les crédits nécessaires pour qu'on accélère la mise en place du Tribunal pénal international".

Ah oui, et pourquoi un TPI?

Lahire

Posted on décembre 30, 2007 at 06:07 PM | Permalink | Commentaires (1)

21 décembre 2007

Liban : les USA reprennent la main

Malgré les efforts français, la crise s'éternise au Liban. Hier, lors d'une conférence de presse, George W. Bush s'est exprimé avec vigueur sur la Syrie :

"J'ai perdu patience depuis longtemps vis-à-vis du président Assad, qui accueille le Hamas, qui aide le Hezbollah et des kamikazes partant de son pays vers l'Irak, et qui déstabilise le Liban. S'il écoute, il n'a pas besoin d'un coup de fil [Nicolas Sarkozy lui a téléphoné 3 fois... NDMJ], il connaît très bien ma position. La Syrie doit rester hors du Liban. La Syrie doit laisser se dérouler le processus au Liban".

Le chef de la diplomatie de Damas, Walid Mouallem, a accusé États-Unis d'entraver les efforts syro-français pour aboutir à l'élection d'un président au Liban. Et il a appuyé sa charge en affirmant que les contacts se poursuivaient à haut niveau entre Paris et Damas.

Michel Janva

Posted on décembre 21, 2007 at 08:23 AM | Permalink

17 décembre 2007

Pas de nouveau au Liban

L'élection a de nouveau été reportée. Un camouflet pour Nicolas Sarkozy qui avait déclaré qu'aujourd'hui était le jour de la dernière chance.

MJ

Posted on décembre 17, 2007 at 07:07 PM | Permalink

12 décembre 2007

Nouvel attentat au Liban

Nouvel avertissement des pro-syriens destiné à influencer les négociations en cours : un général de l'armée libanaise, François el-Hajj, a été tué dans un attentat ce matin dans une banlieue chrétienne de Beyrouth. Le général el-Hajj était le chef des opérations l'été dernier lors des combats entre l'armée libanaise et les islamistes du Fatah al-Islam dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared. C'est un proche du favori à la présidence, le chef de l'armée Michel Sleimane.

L'explosion s'est produite à Baada, une zone chrétienne au sud-est de la capitale libanaise, au passage de la voiture de l'officier. 3 autres personnes ont été tuées et au moins 7 autres blessées.

Michel Janva

Posted on décembre 12, 2007 at 08:45 AM | Permalink

Le Liban, la Syrie et la France

De Maroun Charbel dans Présent, ces nouvelles du Liban :

"Après avoir exigé du général Sleiman qu’il soumette pour approbation, avant son élection, le nom de chacun des membres de son nouveau gouvernement et des grands commis de l’Etat – ce qu’il a refusé de faire – l’opposition rejette ce soir toutes les formules d’amendement de la Constitution avant un accord politique global. [...] Plus d’une voix s’est élevée à Beyrouth aujourd’hui pour souligner que les arguties constitutionnelles, le nom du prochain Premier ministre, etc. ne sont que des faux semblants. Ce qui bloque : c’est le Tribunal international et les accords de Taëf. Le premier ne doit pas voir le jour et les seconds doivent être rendus caducs pour que l’Etat ne soit au service que d’une seule communauté. [...]

«Quant au Liban, devait dire aussi Nicolas Sarkozy, je voudrais rendre hommage à la patience et à l’engagement de Bernard Kouchner qui a fait tout ce qu’il a fait avec mon accord et mon soutien total. J’observe qu’en tout cas, mes deux entretiens téléphoniques avec le président Bachar [Assad] n’ont pas compliqué les choses, pour parler par euphémisme. [...]»

Je pense au contraire que cela « les a compliqués » en renforçant l’intime conviction des Syriens qu’il y avait là matière à négocier sur plus d’un plan. Après la brèche ouverte en obtenant une invitation à Annapolis, Damas enfonce le clou en se faisant téléphoner deux fois par Sarkozy. En recevant le roi de Jordanie Abdallah II qui reçoit en ce moment, en visite officielle, le ministre syrien des Affaires étrangères. Abdallah II est très probablement le truchement du roi Abdallah d’Arabie Saoudite. Et là aussi les tractations vont bon train. Et l’équation est simple : un retour dans le giron de la communauté internationale des pays fréquentables contre l’une des cartes de la main syrienne. Le Liban ou la Terre sainte.

La séance du Parlement prévue ce mardi a été reportée, pour la huitième fois, au 17 décembre prochain."

MJ

Posted on décembre 11, 2007 at 02:50 PM | Permalink

05 décembre 2007

Liban : après le président, le gouvernement

...fait l'objet de tractations entre les pro-syriens et les anti-syriens.

Michel Janva

Posted on décembre 5, 2007 at 08:06 PM | Permalink

30 novembre 2007

Liban : Aoun soutient la candidature de Sleimane

Michel Aoun, chrétien de l’opposition libanaise soutenu par le Hezbollah, a déclaré hier qu’il était favorable à la candidature présidentielle du commandant en chef de l’armée, Michel Sleimane. Sa position est une réponse à celle de la majorité parlementaire qui s’est déclarée favorable à la candidature du général Sleimane pour débloquer la crise. La présidence est vacante depuis une semaine.

L'élection a de nouveau été reportée, au 7 décembre prochain. Mais la rapidité du déblocage semble traduire au Liban la nouvelle donne en gestation dans la région depuis la conférence d’Annapolis sur le Proche-Orient. Il reste à amender la Constitution. Celle-ci interdit aux hauts fonctionnaires de devenir chef de l’État, sauf s’ils démissionnent deux ans avant l’élection. Il revient au gouvernement de présenter le projet d’amendement. Or, celui-ci est jugé illégitime par l’opposition.

Michel Janva

Posted on novembre 30, 2007 at 08:45 AM | Permalink

28 novembre 2007

Michel Suleiman, prochain président libanais ?

La majorité du parlement libanais a retiré son veto à la candidature du chef des armées à la présidence, rendant plus proche la probabilité de voir le général Michel Suleiman prendre la tête de l'Etat. Cette avancée, annoncée par l'élu Amman Houry après des semaines d'impasse politique, survient au lendemain du début de la conférence d'Annapolis (Maryland) sur la paix au Proche-Orient, à laquelle la Syrie avait participé.

Michel Suleiman, chrétien maronite, avait été nommé par la Syrie à la tête de l'armée. Il apparaît comme une personnalité consensuelle, pouvant être soutenue à la fois par la majorité gouvernementale, qui a l'appui de Washington, et par l'opposition pro-syrienne. Toutes les parties semblent le considérer, du moins pour le moment, comme un acteur relativement neutre, susceptible de garantir qu'aucun camp ne dominera la scène politique.

Toutefois, selon la constitution libanaise, le chef de l’armée doit démissionner 2 ans avant de se porter candidat à la présidence.

Michel Janva

Posted on novembre 28, 2007 at 03:07 PM | Permalink

23 novembre 2007

Etat d'urgence au Liban, où le pouvoir est vacant

Le président libanais Emile Lahoud a déclaré l'état d'urgence vendredi soir, moins de quatre heures avant la fin de son mandat officiel à minuit.

L'élection de son successeur a été reportée à vendredi prochain, faute d'un accord entre la majorité parlementaire anti-syrienne et l'opposition emmenée par le Hezbollah.

MJ

Addendum 24/11 : La vacance suscite l'inquiétude des Libanais et de la communauté internationale sur l'avenir du pays et relance les craintes sur une possible dégradation de la sécurité. En quittant le palais présidentiel, M. Lahoud, un des présidents les plus controversés de l'histoire du Liban, a confié à l'armée la sécurité du pays. Cette initiative a immédiatement été rejetée par le gouvernement qui, conformément à la Constitution, est investi dès samedi de tous les pouvoirs exécutifs du fait du vide présidentiel. En raison de la tension politique, les mesures de sécurité ont été renforcées. L'armée, régulièrement chargée du maintien de l'ordre, a été déployée sur les principaux axes de la capitale.

Posted on novembre 23, 2007 at 09:34 PM | Permalink

23 novembre 2007

Liban : la France impuissante

Terrible constat pour Le Figaro : la diplomatie française est incapable de conclilier les Libanais. Ce soir à minuit, le président Lahoud remet son mandat et son successeur reste improbable. En l’absence de, le pays s’apprête à basculer dans un vide constitutionnel ouvrant la voie à une confrontation entre la majorité et l’opposition avec à la clé des risques de violents dérapages. Bernard Kouchner s'est rendu à l'évidence :

«C’était aux Libanais de décider, ça n’a pas été possible».

Cela n'a pas été possible, car toute pression française sur le Hezbollah, Damas ou même l'Iran pourrait avoir de graves conséquences pour les soldats français présents au Liban...

L’annulation de l’élection présidentielle est interprétée à l’étranger comme un aveu d’impuissance d’une diplomatie française incapable malgré ses efforts de peser sur les événements au Liban, le seul pays du Proche-Orient où elle encore censée exercer une forte influence.

Michel Janva

Posted on novembre 23, 2007 at 08:39 AM | Permalink

20 novembre 2007

Pour comprendre ce qui se passe au Liban

La chronique libanaise de Maroun Charbel dans Présent daté de demain est accessible. Extrait :

"Paris obtient, à force de persuasion et de pression, que le patriarche maronite, le cardinal Sfeir, dresse une liste de présidentiables. [...] Les 6 noms du Patriarche sont les 2 candidats du 14 Mars, Nassib Lahoud et Boutros Harb, l’unique candidat du 8 mars, le général Aoun, 2 candidats plus ou moins proches du 14 Mars Robert Ghanem et Michel Boutros El-Khoury et enfin Michel Eddé qui déclara – il n’y a pas si longtemps que cela – qu’il ferait barrage de son corps mais les Syriens ne quitteraient pas le pays [...].

Très vite, et bien avant Paris, le patriarche Sfeir se déclarera floué. L’opposition a immédiatement exclu les 4 candidats du ou proche du 14 Mars et dans un premier temps en garda deux : Michel Aoun et Michel Eddé. Acte suivant, l’opposition, en chœur, déclare qu’elle n’a qu’un seul et unique candidat : Michel Aoun. [...] Le Hezbollah ce soir affirme refuser de se rendre au Parlement s’il n’y a pas consensus sur un seul et unique nom celui du futur président de la République qui sera « élu » (!) par les députés. Et ce candidat devra bien évidemment être Michel Aoun. Nous pensions que le Liban était « l’unique démocratie » de la région.

Bien joué pour l’opposition et bien mené par ses mentors, qui pensent ainsi obliger la majorité à accepter Michel Eddé qui sera au mieux un Emile Lahoud bis [...]. Si un tel scénario devait, à Dieu ne plaise, aboutir, cela voudra dire 6 ans au cours desquels nous vivrons ce que nous vivons aujourd’hui : toutes les institutions nationales sont bloquées et avec elles la vie économique, diplomatique, sociale… l’unique secteur en expansion exponentielle : l’immigration définitive des jeunes et des Chrétiens. [...]

Pour Paris «c’est la dernière tentative pour éviter l’échec de la médiation française», écrivait notre confrère arabophone An-Nahar. Mais Paris n’a pas les moyens de sa politique, de ses ambitions. «Malgré ses efforts, la France, devenue une puissance moyenne, manque de carottes comme de bâtons pour s’imposer comme autrefois au Liban»".

Non seulement la France n'a plus les moyens de sa politique, mais en outre, ses soldats risquent leur vie au Liban : la réédition du terrible attentat meurtrier du Drakkar qui vit mourir 58 parachutistes français en 1983 est dans toutes les têtes. La carotte et le bâton, c'est le Hezbollah qui les manie !

Michel Janva

Posted on novembre 20, 2007 at 06:59 PM | Permalink

12 novembre 2007

Liban : des députés en quarantaine pour sécurité

Depuis le 24 septembre, une quarantaine de parlementaires de la majorité libanaise sont résidence forcée dans des suites de l'annexe de l'hôtel Phoenicia, à Beyrouth. Ils attendent d'être conduits sous très haute escorte au siège du Parlement pour élire un président de la République (une réunion prévue le 12 novembre a été reportée au 21 novembre, le mandat de l'actuel président Emile Lahoud prenant fin le 23 novembre à minuit).

Les suites, qu'ils partagent parfois à deux ou trois, sont alignées portes closes le long d'un corridor aux vitres fumées. L'établissement hôtelier est luxueux. Les frais de séjour sont pris en charge par Saad Hariri, chef du Courant du futur et du plus important groupe parlementaire.