29 juin 2009

Nouveaux troubles au Liban

S Au lendemain de la nomination de Saad Hariri au poste de Premier ministre (qui doit -mission impossible- former un gouvernement d'union nationale), des heurts ont secoué Beyrouth. Une femme de 30 ans a été tuée au cours de ces affrontements armés, qui ont opposé pendant 2 ou 3 heures, hier soir, les partisans du mouvement chiite Amal et ceux du chef de la majorité de Saad Hariri.

L'armée assure avoir repris le contrôle de la situation après avoir ordonné à toutes les personnes armées de quitter la rue, sous peine de voir les soldats ouvrir le feu.

Posté le 29 juin 2009 à 08h46 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

11 juin 2009

L'identité arabe du Liban

Dans Présent, Maroun Charbel répond à ceux qui s'interrogent :

"L’entité du Liban et son identité arabe sont désormais menacées. Il faut faire très attention à ce qui se trame et faire échec aux desseins qui, s’ils réussissaient, changeraient le visage du Liban."

Ces deux petites phrases du patriarche des Maronites auront marqué [...] d’une lumière crue l’enjeu de ces élections. Le terme «identité arabe» du Liban est un terme que nous n’avons pas eu l’habitude de trouver chez un patriarche maronite. Il est inscrit au second alinéa du préambule de notre loi fondamentale dans sa version de 1990 :

«Le Liban est arabe dans son identité et son appartenance. Il est membre fondateur et actif de la Ligue des Etats arabes…»

L Cet alinéa n’existait pas dans notre première constitution, celle de 1926. A l’époque le texte reflétait le consensus national du Liban moderne qui reposait sur «deux négations» comme l’écrivait, en 1949, l’éditorialiste Georges Naccache. Il ajoutait que "deux négations ne font pas une nation". A l’époque les communautés musulmanes – à leur tête les Sunnites – acceptaient de se reconnaître «libanaises» en renonçant au concept musulman de la oumma, la Nation musulmane qui ignore les frontières des Etats. Et les communautés chrétiennes – à leur tête les Maronites – acceptaient de ne plus se tourner constamment vers l’Occident.

La constitution de 1990 et l’identité arabe du Liban nous ont été imposées par les accords de Taëf qui, eux, nous ont été imposés par les guerres du général Aoun. Il avait alors envoyé le Liban au fond du gouffre et ses hommes au massacre, trouvant lui-même refuge à l’ambassade de France et livrant le pays à la soldatesque syrienne. Les Chrétiens du Liban, exsangues, étaient encore soulagés, dans leur malheur, de se voir imposer l’article 24 qui stipule le partage du pouvoir à part égale (50/50) entre chrétiens et musulmans. [...] La représentation des Chrétiens était avant Taëf de 6 députés pour 5 députés musulmans. [...] En contrepartie de cette réduction de la représentativité chrétienne et de l’identité arabe inscrite dans le préambule, les Chrétiens du Liban obtenaient le premier alinéa du préambule :

«Le Liban est une Patrie souveraine, libre et indépendante, Patrie définitive pour tous ses fils, unitaire dans son territoire, son peuple et ses institutions, à l’intérieur de ses frontières fixées dans cette Constitution… »

[...] Aujourd’hui c’est ce Liban, son identité qui est en danger. Le fait que le collectif du 14-mars ait gagné les élections n’est pas encore une garantie."

Posté le 11 juin 2009 à 15h36 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

09 juin 2009

Le Liban a préservé sa souveraineté grâce aux chrétiens

De Maroun Charbel dans Présent :

"Le Liban libre et souverain, le Liban qui a bouté dehors les Syriens en avril 2005, le Liban de cette cohorte des martyrs de la nouvelle indépendance, notre Liban, que nous avons cru perdre, a gagné. Le Liban libre et souverain, riche de tous ses peuples, a remporté ces législatives de tous les dangers et notre gratitude va, en un immense élan filial, vers le patriarche Sfeir qui est le véritable vainqueur de ce 7 juin 2009. La veille du scrutin, samedi soir, le patriarche maronite, en un geste exceptionnel, sort de sa réserve et déclare :

S "L’entité du Liban et son identité arabe sont désormais menacées. Il faut faire très attention à ce qui se trame et faire échec aux desseins qui, s’ils réussissaient, changeraient le visage du Liban."

Le cardinal Sfeir a alors appelé à des «prises de positions audacieuses conformes à l’identité du Liban». [...] Nous avons voté contre le Liban satellite de l’Iran des ayatollahs, contre le Liban du Hezbollah, contre le Liban du général Aoun. Après une journée comme celle de dimanche, il nous reste des images fortes. Comme le courage de ces Chrétiens des marches du pays, exilés à Beyrouth et qui ont fait plus de 2 heures de voiture pour voter contre le Hezbollah et à l’ombre de ses armes. [...] C’est grâce à eux, au vote chrétien que le Liban n’a pas, définitivement et légalement, basculé dans le giron du Hezbollah et au-delà, de l’Iran. Le général Aoun ne peut plus prétendre représenter 70% des Chrétiens du Liban. [...]

La première [circonscription chrétienne] de Beyrouth a vu l’écrasante victoire d’une liste emblématique avec pour le siège des Maronites Nadim Bachir Gemayel et pour celui des Grecs-orthodoxes Nayla Gebran Tuéni. Fils et fille de martyr, ils auront été, tout au long de la campagne, la cible privilégiée des attaques les plus ordurières du clan aouniste. Zahlé, la capitale chrétienne de la Békaa, et son casa ont dit non au Liban du Hezbollah et du général Aoun. En 2005 ils leur avaient donné six sièges sur sept. Quatre ans plus tard aucun. A Batroun sur la côte au nord de Beyrouth, les deux sièges à pourvoir, tous deux maronites, sont perdus par le général Aoun.

L Mais le général Aoun semble avoir obtenu suffisamment de députés pour pouvoir prétendre à un groupe parlementaire. [...] Comment ? Grâce au vote des étrangers. Ses candidats sont donc vainqueurs dans les circonscriptions chrétiennes qui bénéficient d’un fort pourcentage de vote chiite [...]

Mais nous avons tout de suite mis un bémol à l’explosion de notre joie. Le Hezbollah s’est rappelé à notre bon souvenir en nous promettant des lendemains qui chantent si nous obtempérions à ses exigences en matière de participation au prochain gouvernement. Un gouvernement qui ne doit pas toucher aux armes de la «résistance» et comprendre le nombre requis de ministres de l’opposition pour que le Hezbollah et ses alliés jouissent du tiers de blocage."

Voir ici la carte des résultats par circonscription.

Posté le 9 juin 2009 à 13h42 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (19)

08 juin 2009

Echec du Hezbollah au Liban

L On votait aussi au Liban hier, pour le renouvellement du Parlement. L'alliance anti-syrienne (sunnites, druzzes et chrétiens de Samir Geagea et d'Amine Gemayel) a remporté les élections contre l'alliance pro-syrienne (Hezbollah et chrétiens de Michel Aoun), avec une participation importante pour ce pays. Saad Hariri, chef de file de la coalition antisyrienne en revendique 70 sièges au Parlement, contre 58 au camp mené par le Hezbollah.

La décision finale a été déterminée par le vote des communautés chrétiennes, profondément divisées. C'est dans les districts où ils détiennent la majorité que la campagne a été la plus âpre. C'est dans leurs circonscriptions que s'est jouée l'élection.

Posté le 8 juin 2009 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

25 mai 2009

Le Hezbollah pointé du doigt

La commission d'enquête chargée de faire la lumière sur l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais Rafic Hariri le 14 février 2005 s'orienterait désormais vers une piste menant au mouvement chiite Hezbollah. Ces investigations dédouanneraient les Syriens. A deux semaines des élections législatives, le Hezbollah a dénoncé des "affabulations".

Posté le 25 mai 2009 à 08h10 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

15 mai 2009

L'islamisation du Liban est en cours

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"En juillet 2008, les supermarchés Monoprix et Géant du Liban ont été rachetés par le groupe koweitien TSC, qui affirmait alors qu'il ne changerait pas la politique de ces marques. Aujourd'hui, les Libanais constatent que le jambon a disparu des rayons, et que pour acheter de l'alcool il faut aller dans un endroit séparé et payer à une caisse spéciale. Ils constatent aussi que les employés chrétiens sont peu à peu remplacés par des employés musulmans. TSC étant les initiales de The Sultan Market, ce n'est pas étonnant...

Deux groupes ont été constitués sur Facebook pour protester. L'un des participants signale que l'hôtel InterContinental Phoenicia de Beyrouth ne sert plus de porc. Dans les commentaires de l'article de Libnanews, un intervenant écrit qu'à Saïda et à Tripoli les jours de congé ne sont plus le samedi et le dimanche mais le jeudi et le vendredi."

C'est aussi comme cela que ça se passera en France.

Posté le 15 mai 2009 à 13h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (12)

15 février 2009

Un mort au Liban suite à la manifestation antisyrienne

Un membre du camp antisyrien au Liban est mort à la suite des violences survenues hier à Beyrouth en marge du rassemblement marquant le 4e anniversaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri. Un porte-parole du Hezbollah a nié toute implication du mouvement chiite dans le décès.

Des centaines de milliers de Libanais ont commémoré l'assassinat de Rafic Hariri. Premier ministre sous la tutelle syrienne devenu opposant à l'hégémonie de Damas au Liban, Hariri a été tué le 14 février 2005, avec 22 autres personnes, dans un attentat à la camionnette piégée à Beyrouth. L'hommage rendu à Rafic Hariri a eu une dimension d'autant plus politique que des élections législatives cruciales sont programmées le 7 juin et le procès chargé de juger les responsables de cet attentat doit s'ouvrir prochainement.

Michel Janva

Posté le 15 février 2009 à 20h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

23 décembre 2008

Noël au Liban

Lu dans Présent sous la plume de Maroun Charbel, correspondant à Beyrouth :

"Des millions de Chrétiens, des Nations entières de l’Orient chrétien, ont fui, parce c’est chez eux qu’il n’y avait plus de place pour eux à l’hôtellerie. Que de cloches auront froid, solitaires et silencieuses dans leur clocher de Haute-Mésopotamie, de Mossoul ou d’ailleurs sur ces terres jadis chrétiennes où l’on meurt une nuit de Noël ! [...] Les cloches de Gaza sonneront-elles l’unique messe de cet émirat islamiste en devenir ? Si le sonneur est facile à trouver, le prêtre, lui, sera-t-il autorisé à y venir ? Que de longues tablées vides en cette nuit de Noël à Beyrouth, Jounieh, Bickfaya, Saida, Byblos… Que de parents ont [...] avancé seuls les moutons vers la mangeoire, se souvenant des Noëls heureux quand le Liban était encore l’hôtellerie des Chrétiens d’Orient. [...]

B Le Liban – le Mont-Liban – a été depuis des temps immémoriaux le refuge de tous ceux pour qui il n’y avait plus de place ailleurs. On y trouve toute la mosaïque des Chrétiens d’Orient et même des Chiites fuyant les Sunnites dès les premières décades de l’Islam conquérant. Sans oublier les Druzes qui y sont toujours comme dans une citadelle. Tous y ont trouvé de la place, dans l’hôtellerie du savoir vivre ensemble. De ce « Liban-message » de Jean-Paul II que reste-t-il ? [...] La diaspora des Chrétiens du Liban se compte par milliers, et si nous y ajoutons ceux des confins de l’Orient arabe et ceux de Terre Sainte ou d’Egypte, nous atteignons des chiffres à nous donner le vertige de douleur. [...]

A Damas, Bachar el-Assad, fait sans précédent il me semble, aurait décidé d’assister à la messe de minuit. Année Saint-Paul oblige, que son gouvernement célèbre à grand renfort de publicité et de tours organisés ? Ou prolongation de l’opération charme vers les Chrétiens du Liban, ou du moins en direction de ceux qui sont encore fidèles au général Aoun ? [...] Au lendemain de la tournée triomphale d’Aoun en Syrie, où il a été reçu en chef chrétien sur les pas de saint Paul et de saint Maroun, nous avons vu les principaux chefs du Hezbollah se précipiter au Patriarcat maronite pour saluer le cardinal Sfeir. Quelques jours plus tard c’était au tour de l’ambassadeur d’Iran d’y effectuer sa première visite. [...] Aux prochaines élections, les voix chrétiennes feront la différence. Et la majorité basculera d’un côté – « 14 Mars » – ou de l’autre – « 8 Mars » – pour une poignée de bulletins. S’offrir le Liban par le jeu électoral est une aubaine qui vaut bien une visite au patriarche.

Il nous reste quelques heures avant Noël et nos dernières courses. Nous irons au Monoprix, je veux dire The Sultan Center (TSC). Depuis juillet dernier, et la vente des enseignes Monoprix et Casino à ce géant koweitien de la distribution, nous continuons à dire Monoprix comme pour nous donner encore l’illusion qu’un bout de France est là. TSC avait promis de garder ses anciens employés et d’en engager d’autres. Nous ne les avons pas retrouvés et les badges des nouveaux nous disent leur confession. [...] Bon et saint Noël…"

MJ

Posté le 23 décembre 2008 à 13h35 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

23 octobre 2008

Tentative d'empoisonnement du chef du Hezbollah

Lu dans Présent, sous la plume de Maroun Charbel :

N "Une rumeur court dans la presse arabe qui – selon le titre – cite plusieurs sources dont des services de renseignements occidentaux : Hassan Nasrallah aurait été empoisonné par un produit inconnu. Il aurait été sauvé in-extremis par une équipe de 15 médecins iraniens venus à bord d’un avion militaire et doté d’un hôpital de campagne. Pour l’heure le produit et le mode d’ingestion restent inconnus. Bien évidemment nul ne confirme ou n’infirme l’information mais personne ne semble avoir vu Hassan Nasrallah depuis une dizaine de jours, y compris des cadres très importants du parti. On ne saura peut-être jamais la vérité.

Si cela se vérifiait, cela viendrait corroborer une autre information qui affirme que le Hezbollah traverse la crise la plus grave de son histoire et que la guerre fait rage entre les tenants de la ligne syrienne et les fidèles à Téhéran. Cette crise cela fait longtemps qu’on en parle. Elle correspondrait à cette valse des relations entre Téhéran et Damas. La Syrie sait qu’elle doit se démarquer de l’Iran pour continuer à bénéficier de la mansuétude européenne – ce qui expliquerait par exemple l’assassinat de Imad Moghnié très important cadre du Hezbollah à Damas. Mais la Syrie craint que son pari sur la normalisation de ses relations avec la communauté internationale ne soit pas la solution pour sauver et son régime et l’équipe régnante. Elle ne peut donc se passer de son meilleur outil de déstabilisation au Liban.

[...] [I]l y a une crise au sein du parti et [] ses divisions pourraient permettre des infiltrations ou des trahisons. Qui aurait commandité l’empoisonnement de Nasrallah ? Ils sont nombreux ceux veulent sa tête. Les Israéliens, les Syriens avec qui il a partagé beaucoup trop de secrets…"

Michel Janva

Posté le 23 octobre 2008 à 14h30 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

15 octobre 2008

Une première entre le Liban et la Syrie

S La Syrie et le Liban ont établi des relations diplomatiques mercredi, pour la première fois depuis la proclamation de leur indépendance il y a plus de 60 ans. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem et son homologue libanais Fawzi Salloukh (chiite soutenu par le Hezbollah, photo), en visite à Damas, ont signé un communiqué commun annonçant le début de relations diplomatiques entre la République arabe syrienne et la République libanaise à partir de ce jour 15 octobre 2008. Le communiqué affirme la détermination des deux parties à renforcer et consolider leurs relations sur la base du respect mutuel, de la souveraineté et de l'indépendance de chacun et de préserver les relations fraternelles privilégiées entre les deux pays frères pour répondre aux aspirations des deux peuples.

Reste à savoir si ces relations seront vraiment diplomatiques entre les deux Etats ou si elles ne seront que la formalisation des relations entre le Hezbollah et la Syrie.

Michel Janva

Posté le 15 octobre 2008 à 11h15 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

29 septembre 2008

La Syrie de retour au Liban ?

De Maroun Charbel dans Présent :

"Une bombe vient d’exploser au passage (?), dans (?), un bus de l’armée libanaise transportant des militaires de Tripoli vers Beyrouth. Selon un tout premier bilan, il y aurait 6 morts [en fait 4, NDMJ] parmi les militaires et au moins 17 blessés [30]. Le scénario est presque le même que celui qui avait visé la capitale du Nord-Liban et en particulier l’armée libanaise à Tripoli cet été.

Par ailleurs, de sources non encore confirmées – et j’insiste sur le fait que cela ne soit pas encore confirmé –, il semblerait que des (les) troupes syriennes fassent mouvement vers le territoire libanais par la frontière nord. Il ne faut pas oublier que depuis la semaine dernière 10 000 hommes campent à 500 m de la frontière. D’autres sources affirment que les Syriens ont grignoté quelques mètres sur la frontière – est au niveau de la ville de Rachaya dans la Békaa-ouest."

MJ

Posté le 29 septembre 2008 à 12h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

05 septembre 2008

Vers la pleine souveraineté du Liban ?

Le cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, Patriarche des chrétiens maronites, est interrogé dans La Nef. Extraits :

"Le Liban a enfin un président dans la figure du Général Sleiman, êtes-vous satisfait et rassuré pour l’avenir du pays ?
[...] Nous espérons cette fois que ce président, qui nous semble mesuré et équilibré, et en plus un homme de prière comme beaucoup de ses amis en témoignent, pourra avec son gouvernement rétablir la situation et permettre à tous les Libanais de revivre dans la prospérité et la paix. [...]

Que pensez-vous de l’entente entre le Général Aoun et le Hezbollah ?
Nous sommes pour toutes les ententes entre les Libanais chrétiens et musulmans. Mais les alliances politiques changent très vite, surtout au Liban. Si le Général Aoun travaille à défendre les chrétiens du Liban, je serai rassuré [...].

Vous avez été reçu plusieurs fois par le président Bush : est-ce que vous avez plus confiance aujourd’hui dans la politique américaine ?
La politique des États-Unis au Liban a beaucoup évolué et aujourd’hui, malgré ceux qui les critiquent pour leur intervention en Irak, comme la France, voilà qu’ils sont tous d’accord pour libérer le Liban de la présence militaire syrienne et œuvrer à l’indépendance et à la souveraineté du Liban ; bien sûr nous préférons cette attitude à celle qui consiste à abandonner le Liban sous occupation syrienne.

Et la France ?
Vu l’amitié historique qui nous lie à la France nous avons accepté de suivre la démarche de M. Kouchner et proposer une liste pour la présidence mais cette démarche n’a pas abouti ; c’est celle de Qatar qui a recueilli le suffrage aussi bien des Arabes que d’Israël et qui a permis au Liban d’avoir un président élu à une majorité très large.

La politique du président Sarkozy et son ouverture à Damas vous semblent-elles appropriées ?
Sa dernière visite avec tous les chefs politiques français nous a beaucoup touchés. Quant à son dialogue, nous lui souhaitons bonne chance surtout s’il réussit à obtenir ce que nous avons toujours demandé à la Syrie, c’est-à-dire une ambassade syrienne au Liban, signe de sa reconnaissance de l’indépendance du Liban, et la libération des prisonniers détenus depuis plus de vingt ans dans les prisons syriennes. [...]

Que pensez-vous des dernières menaces d’Israël si le Hezbollah reste aussi menaçant et surarmé à ses frontières ? Faut-il les prendre au sérieux ?
Ces menaces sont très sérieuses et Israël a montré dans le passé qu’il était capable de passer à l’acte quand ses intérêts sont en jeu. Mais il faut savoir aussi qu’il n’est pas normal que le Liban ait plusieurs forces armées pour défendre le pays ; nous devons avoir une seule stratégie de défense, et non pas deux, autour de la seule armée libanaise sans milices ou forces para-militaires comme le Hezbollah. Nous espérons que ce problème sera résolu avant qu’il ne soit trop tard ; car le Liban peut retomber dans une guerre qui sera cette fois plus dure à supporter et plus catastrophique pour l’avenir et la sécurité des Libanais, qu’ils soient chrétiens ou musulmans."

Michel Janva

Posté le 5 septembre 2008 à 11h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

03 septembre 2008

Liban : les évêques fortement préoccupés

Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion mensuelle, l’Assemblée des évêques maronites réunie sous la présidence du patriarche Nasrallah Sfeir, s’est déclarée fortement préoccupée par la situation actuelle, tout en appelant à la promulgation d’une nouvelle loi électorale dans les plus brefs délai et à ce que les législatives se tiennent dans une ambiance paisible loin de toutes sortes de tensions.

Les évêques ont indiqué que les institutions étatiques souffrent d’un morcèlement, ce qui engendre des effets néfastes sur la vie du peuple libanais qui endure les graves dissensions entre les factions politiques. Qualifiant la situation actuelle de malsaine, ils ont mis en garde contre davantage de détérioration qui pourrait aboutir sur une situation encore plus néfaste, avant d’exhorter les Libanais à s’unir autour de leur Etat et d’affirmer leur appartenance à leur patrie et de souligner que tout Libanais vivant dans son pays mais servant un autre commet un acte de traitrise majeure.

Michel Janva

Posté le 3 septembre 2008 à 22h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

Que va donc faire Sarkozy à Damas aujourd'hui ?

Dans Présent, Maroun Charbel se pose la question :

"Sans aucun doute rien d’utile pour le Liban. Assad a tout promis pour le Liban à condition de tout obtenir : sa réintégration dans le concert des nations fréquentables, une invitation à Paris et Sarkozy à Damas. Il a tout obtenu et rien donné. Selon Kouchner, il nous aurait promis une ambassade avant la fin de l’année mais à condition de ne pas dissoudre le comité de liaison libano-syrien. Le comité des années noires.

Mais il y avait une demande qu’Assad a rajoutée et obtenue : que la France parraine le moment venu des négociations directes avec Israël. Paris en a été ravi et l’Elysée a jugé la demande « très positive » en oubliant que cela fait des mois que la Syrie fait en vain des appels du pied à Washington pour obtenir un tel parrainage. Et c’est ainsi qu’en marge de la visite officielle de Sarkozy, une réunion quadripartite réunira à Damas la Turquie, le Qatar, la France et la Syrie pour faire le point sur les négociations avec Israël. [...]

Que va donc demander Bachar à Sarkozy ? Pardon, que va donc encore exiger Bachar ? Depuis le sommet méditerranéen de Paris, la donne a changé. Il y a eu la Géorgie et les questions ossète et abkhaze et Bachar a choisi son camp en étant l’un des tout premiers à soutenir Moscou. La Russie offre des missiles et une sérieuse et fiable coopération militaire. Et la France ? Espérons que la monnaie du sommet de Damas ne sera pas le dossier libanais."

Michel Janva

Posté le 3 septembre 2008 à 05h55 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

26 août 2008

La France inefficace au Liban

De Maroun Charbel dans Présent :

"La situation dans le Caucase, l’indépendance des Abkhazes et des Ossètes reconnue par Moscou qui défie la communauté internationale et concrétise ainsi la re-bipolarisation des relations internationales, permettent au Président syrien de déclarer en toute impudence :

« Ce qui se passe entre la Russie et la Géorgie ressemble à la situation régnant entre la Syrie et le Liban. »

[...] La Syrie a toujours su jouer avec maestria et brio du facteur temps. Nous en avons une fois de plus la preuve. Avoir su attendre et manœuvrer, lui permet aujourd’hui d’avoir le soutien de Moscou et, au sein du gouvernement libanais, ses plus fidèles agents en position de bloquer toutes les décisions pouvant lui porter préjudice. De Beyrouth, Bernard Kouchner a déclaré :

« Nous voulons croire en la parole de la Syrie, nous voulons croire dans sa bonne volonté mais nous restons extrêmement prudents et vigilants. »

Précisant sur les ondes de France-Inter que Bachar el-Assad est à nouveau fréquentable [...] Et c’est dans ce contexte profondément ambigu que la visite de Nicolas Sarkozy à Damas est annoncée pour le 4 septembre prochain. Visite dont l’urgence semble bien avoir changé de côté. C’est la France de Sarkozy qui ne doit pas perdre la face. Damas n’a plus besoin d’elle. Bachar a trouvé mieux, plus sûr et plus efficace en cas de coup dur."

Michel Janva

Posté le 26 août 2008 à 18h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

14 août 2008

Bonne nouvelle au Liban

Lue sur le blog de Daoudal :

"lors de la rencontre à Damas entre les présidents Bachar al-Assad et Michel Sleimane (qui a été reçu avec tapis rouge et garde d'honneur), la Syrie et le Liban ont décidé de nouer des relations diplomatiques et d'échanger des ambassadeurs. [...] Le régime syrien est tellement retors qu'on ne peut accueillir la nouvelle qu'avec circonspection, mais il s'agira d'un acte fort sur le plan du droit international. Aujourd’hui, les deux présidents doivent poursuivre leurs discussions sur la question des frontières, qui n’est toujours pas réglée (et pas seulement dans le secteur des fermes de Chebaa), et la question des disparus."

Au bout de soixante ans d’existence le Liban est enfin formellement reconnu par son puissant voisin.

Michel Janva

Posté le 14 août 2008 à 14h49 par Michel Janva | Lien permanent

12 août 2008

Liban : la composition du gouvernement approuvée

Le Parlement libanais a approuvé à une très large majorité aujourd'hui la composition du gouvernement d'unité nationale, à l'issue d'un débat de cinq jours sur le droit du Hezbollah à garder ses armes.

En vertu de cet accord, l'opposition pro-syrienne emmenée par le Hezbollah obtient onze portefeuilles ministériels sur 30, la majorité pro-occidentale en détient 16, et le président Michel Sleimane en désigne trois. Le Hezbollah et ses alliés possèdent un droit de veto sur les décisions majeures du nouveau gouvernement, dont le Parlement a approuvé la composition par 100 voix contre 5, sur un total de 128 élus.

Michel Janva

Posté le 12 août 2008 à 15h28 par Michel Janva | Lien permanent

24 juillet 2008

Assad soutient Omar el-Bachir pour éviter le TPI au Liban

L'arrestation de Radovan Karadzic va permettre sa comparution devant le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie. Parallèlement, le procureur de la Cour Pénale Internationale réclame un mandat d’arrêt contre Omar el-Bachir, président du Soudan, pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Mais il se heurte aux interventions de la Ligue arabe et de son président en exercice Bachar el-Assad, le président syrien. Lequel suit de très près l'évolution d'un troisième TPI : le Tribunal International pour le Liban. Maroun Charbel écrit dans Présent :

"Communément appelé le tribunal de l’affaire Hariri, le Tribunal International pour le Liban a été créé, il y a tout juste un an, le 23 juillet 2007, par la résolution 1757 du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ce tribunal devrait permettre de faire la lumière sur tous les assassinats et les attentats qui ont endeuillé le Liban de novembre 2004 à janvier 2008. [...] Toutes les victimes sont du même bord, celui qui a dit non à l’hégémonie de Damas sur le Liban, non à l’axe syro-iranien."

Recevant l’émissaire de Omar el-Béchir, Ghazi Salah El Din Atabani, le Président syrien, Bachar el-Assad, a affirmé que

"la Syrie, pays président de la Ligue arabe, ferait tout son possible pour soutenir le Soudan, victime des complots visant à porter atteinte à sa sécurité et sa stabilité".

Maroun Charbel conclut :

"Nul doute que la Syrie et d’autres parties au Liban, tacheront de faire du cas Omar el-Bechir un précédent dont ils pourront se prévaloir au cas où malgré eux le Tribunal International pour le Liban commence à siéger."

Michel Janva

Posté le 24 juillet 2008 à 15h07 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

23 juillet 2008

Liban : la Syrie n'a pas modifié son ambition

Le ministre syrien des Affaires étrangères a rendu visite au Liban. Lundi, Samir Geagea a formulé le souhait de

  • voir s’établir des relations sérieuses entre le Liban et la Syrie, en tant que deux pays indépendants,
  • d'avoir des informations claires concernant le dossier des détenus libanais en Syrie, ainsi qu’une liste dévoilant le sort des Libanais portés disparus.
  • délimiter d'urgence les frontières entre le Liban et la Syrie, notamment à Chebaa dans le sud Liban.

Wm Concernant le dossier des libanais portés disparus ou détenus dans les prisons syriennes, Moallem a détourné la réponse :

"Fouad Siniora est le Premier ministre du gouvernement d’union national, et c’est en cette qualité que les gouvernements syrien et libanais doivent collaborer, surtout que prochainement, des échanges de visites doivent se produire pour atteindre un compromis entre les deux pays voisins".

Concernant la frontière, il a souligné que les hameaux de Chebaa au Sud Liban appartiennent effectivement au territoire libanais, mais a ajouté que la présence des forces des Nations Unies dans ces fermes ne signifie pas nécessairement la fin de l’occupation israélienne, à laquelle il faut mettre un terme.

Aujourd'hui, Samir Geagea s’est déclaré «déçu» :

"à la suite des déclarations du ministre syrien, on sent que la politique de Damas n’a pas changé, tant au niveau de sa vision que dans sa manière de traiter avec le Liban."

  • Concernant les Libanais disparus et détenus en Syrie, Samir Geagea a estimé que le ministre syrien a exposé la situation comme si c’était l’armée libanaise qui avait occupé la Syrie durant trois décennies, enlevant arbitrairement des citoyens syriens.
  • Au sujet du tracé des frontières libano-syriennes, il a jugé « évasives » les réactions du ministre Moallem, déplorant que ce dernier ait évité toute prise de position sérieuse et toute tentative de régler ce problème vital.

"Si nous demandons la délimitation des frontières à Chebaa, c’est justement pour nous débarrasser de l’occupation israélienne. M. Moallem prétend que placer les hameaux de Chebaa sous l’autorité de l’ONU serait inutile. Pourtant, de cette façon, nous franchirions un pas vers la souveraineté libanaise sur ce territoire – une option impossible tant que Damas refuse le tracé des frontières".

Michel Janva

Posté le 23 juillet 2008 à 22h59 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

15 juillet 2008

La Syrie cherche à gagner du temps

De Maroun Charbel dans Présent :

"La France de Sarkozy a voulu cette ouverture, cette politique de la main tendue, pour prouver au monde que la France a encore une politique étrangère bien à elle et que cela marche. C’est très vite oublier que la Syrie de Bachar el-Assad, n’est pas vraiment acculée pour accepter cette main et les conditions qui vont avec. Le régime a simplement besoin de temps. Le temps de trouver une porte de sortie dans l’affaire du tribunal international – selon l’Elysée cette question n’a pas été abordée parce qu’elle n’est pas négociable ! on verra bien. Et le temps de voir venir la nouvelle administration américaine et la nouvelle équipe israélienne ! Alors une invitation à Paris est une aubaine merveilleuse.

La Syrie n’est pas non plus véritablement isolée. Le régime sait que sa position géopolitique fait de son pays un passage obligé au propre comme au figuré. Le régime est fort, d’une part, de ses « amitiés particulières » avec le Hamas, le Hezbollah, certaines cellules d’Al-Qaïda qui, tous, peuvent rendre de très grands « services ». De l’autre, de ses relations privilégiées avec la Turquie, l’Iran, la Corée-du-Nord, et le Qatar. [...]

Ce mercredi, devrait en principe être le jour de l’échange des prisonniers entre le Hezbollah et Israël. Encore un manquement, une violation à la souveraineté de l’Etat. Toutes les négociations, toutes les étapes de l’organisation de l’échange ont superbement et impudemment ignoré les institutions nationales."

On peut discuter avec la Syrie. Mais ce ne doit pas être pour ignorer la souveraineté libanaise.

Michel Janva

Posté le 15 juillet 2008 à 14h06 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

14 juillet 2008

Que recherche Bachar el-Assad ?

D'Alain Chevalérias dans L'Homme Nouveau :

"le 24 avril, déjà, Haaretz, journal israélien, annonçait l’enclenchement de négociations entre Damas et l’État hébreu. Ces indices et d’autres encore semblent prouver le changement de cap de la politique syrienne. Dans un premier mouvement on ne peut que s’en réjouir. Dans un second temps, néanmoins, on s’interroge sur la crédibilité du retournement du régime syrien. [...]

en 1990, déjà, le prédécesseur de Bachar, son père Hafez, avait amorcé un rapprochement avec l’Occident. L’Union soviétique, son pourvoyeur d’armes, s’effondrait et refusait d’effectuer des livraisons à crédit. En outre, le conflit libanais arrivant à son terme grâce aux accords de Taëf, la Syrie se voyait installée par le même Occident et les Arabes dans son rôle de gendarme du Pays des cèdres. Besoin d’armes d’un côté, de s’assurer la reconnaissance sur le long terme de son emprise sur le Liban de l’autre, Hafez Al-Assad voyait la route de Damas passant désormais par Washington. Mais, acculé, le maître de la Syrie savait bien l’entrée dans le camp des États-Unis impossible sans un accord avec Israël. Sans état d’âme, il demanda alors à l’Égypte, en paix avec les Israéliens, de servir d’intermédiaire. [...] L’éclatement de la première guerre du Golfe, le 17 janvier 1991, transformant la Syrie en pays de la ligne de front contre l’Irak, permit à Assad de s’éviter l’humiliation d’une reconnaissance d’Israël. [...]

Bachar n’a fait que s’inscrire, une fois de plus, dans la continuité de son père car, comme lui en 1990, il se voit acculé. L’Iran, son allié, mène une politique de plus en plus aventureuse en Irak, en Afghanistan et au Liban. [...] D’un autre côté, le procès des assassins de Rafic Hariri, l’ancien Premier ministre libanais, apparaît désormais inéluctable. Or, il est de plus en plus certain que le régime syrien ne manquera pas de se voir impliqué. Il ne reste plus à Bachar qu’à négocier sur le terrain politique en jouant son atout, la paix avec Israël.

Demeure un problème de taille. Le régime syrien est une oligarchie tyrannique aux mains d’une secte religieuse, les alaouites, qui représentent environ 16 % de la population, contre 70 % de musulmans sunnites et 13 % de chrétiens. [...] dans le cadre d’un rapprochement avec l’Occident, l’abaissement de la garde du régime, au nom de la démocratie, serait suivi d’une montée en puissance d’une population sunnite largement gagnée à l’influence islamiste. Si, par contre, les États-Unis fermaient les yeux sur la nature du régime des Assad, c’est à un accord entre celui-ci et Israël auquel nous pourrions assister, pour un partage du Liban entre les deux pays. En d’autres termes, la paix risque de jouer longtemps l’Arlésienne dans la région."

Michel Janva

Posté le 14 juillet 2008 à 10h00 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

In Memoriam

23 octobre 1983. 58 parachutistes français trouvent la mort et 15 sont blessés, à Beyrouth dans un attentat-suicide au camion piégé dit attentat du Drakkar :

"La France pleure ses enfants, tombés là-bas au Levant
Nous garderons leur souvenir, comme eux nous voulons bien mourir.
Nos anciens du Liban, nous précèdent en avant,
Vivant pour la même raison, pour la France nous servirons." (paroles et musique)

Michel Janva

Posté le 14 juillet 2008 à 09h13 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

11 juillet 2008

Le Liban a un gouvernement

Un gouvernement d'union nationale de 30 membres a été formé aujourd'hui au Liban, après la levée des obstacles concernant la répartition des portefeuilles entre la majorité et l'opposition. Comme prévu par l'accord interlibanais de Doha conclu le 21 mai, l'opposition obtient 11 postes contre 16 à la majorité, tandis que 3 doivent être désignés par le président de la République, Michel Sleimane. Ce gouvernement d'union nationale devra mener le pays jusqu'aux prochaines élections législatives de 2009.

Voir ici la liste des ministres, avec leur parti et leur religion. Un vrai gouvernement d'union nationale.

Michel Janva

Posté le 11 juillet 2008 à 16h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

09 juillet 2008

Bachar el-Assad parade, le Liban brûle

Tandis que le président syrien, invité controversé du défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, parade dans les médias en distribuant ses leçons (Le Figaro, L'Express, L'Humanité...), les combats perdurent au Liban.

17 personnes ont été blessées lors de violents affrontements entre factions rivales hier soir à Tripoli, au nord du Liban où les tirs se sont intensifiés ce matin. Les affrontements se sont intensifiés en début de matinée et des dizaines d'habitants ont fui leurs foyers pour se réfugier dans des lieux plus sûrs.

La Syrie oeuvre pour que le Liban demeure dans l'instabilité pour rester la solution de la stabilité du Liban...

Michel Janva

Posté le 9 juillet 2008 à 09h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

25 juin 2008

Les "soldats-cibles" scandalisés par la venue d'Assad

Laurent Attar-Bayrou, président de l'association internationale des soldats de la paix (Casques bleus) a jugé aujourd'hui que la présence du président syrien Bachar al-Assad au défilé militaire du 14 juillet serait "un scandale, une atteinte à la mémoire".

"Quand même, au Liban la France a perdu des hommes, les 58 parachutistes qui sont morts à Drakkar plus tous les morts pendant les années 80".

M. Attar-Bayrou faisait à l'époque partie du contingent français de Casques bleus au Liban.

Michel Janva

Posté le 25 juin 2008 à 11h01 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

09 juin 2008

Comment des terroristes vont-ils protéger des soldats français ?

Samedi, lors de sa visite éclair au Liban (5h), Nicolas Sarkozy n'a pas trouvé le temps d'aller voir les soldats français. En revanche, il a rencontré les terroristes du Hezbollah, qui ont commis l'attentat du Drakkar en 1983 tuant 58 soldats français. Bernard Antony indique :

"Selon les médias, Nicolas Sarkozy a fait part au député du Hezbollah Mohammed Raad de ses préoccupations sur la sécurité des soldats français de la FINUL. En clair, cela revenait à demander au Hezbollah de ne pas nuire à cette sécurité puisqu’il est au sud Liban où il règne en maître et surveille tout, la seule force qui puisse le faire. Cela revient à placer nos troupes onusiaques sous la bienveillante protection du Hezbollah."

Et il y a bien de quoi s'inquiéter. D’après l’édition du 1er juin du quotidien libanais As Safir, des terroristes islamistes seraient en train de préparer des attentats contre des cibles libanaises et les troupes de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Les services de renseignement libanais et le commandement de la FINUL ont confirmé l’existence de ces menaces qui pourraient se traduire par des attaques de patrouilles de casques bleus.La Finul compte environ 13.000 soldats, dont environ 1.600 Français.

Michel Janva

Posté le 9 juin 2008 à 18h48 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

05 juin 2008

Sarkozy au Liban avec les chefs de Partis

...parlementaires.

Nicolas Sarkozy a proposé aux chefs des partis politiques  de l'accompagner. Mme Buffet, François Hollande et François Bayrou ont accepté.

MJ

Posté le 5 juin 2008 à 15h06 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

28 mai 2008

Liban : un Premier ministre qui ne plait pas au Hezbollah

Le Premier ministre libanais Fouad Siniora, musulman sunnite, a été officiellement reconduit dans ses fonctions et chargé par le nouveau président Michel Sleimane de former le gouvernement d'union nationale, regroupant antisyriens appuyés par l'Occident et opposants proches de la Syrie.

Sa reconduction est considérée comme un défi à l'opposition qui ne pouvait la bloquer. Celle-ci a ainsi formulé des objections au choix de la majorité, tout en affirmant qu'elle participerait au gouvernement. Le général Aoun a déclaré :

"Nous sommes déterminés à participer au gouvernement, sans soutenir le chef du cabinet. Nous y participerons en tant qu'opposition".

L'opposition réclamait le départ de M. Siniora depuis la démission en novembre 2006 de ses six ministres, pour protester contre la décision du cabinet d'appuyer la formation d'un tribunal international afin d'enquêter sur l'assassinat, en février 2005, de Rafic Hariri.

Michel Janva

Posté le 28 mai 2008 à 21h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

25 mai 2008

Le Liban a un président

Sleiman Le Parlement libanais a élu le général Michel Sleimane à la présidence du pays dimanche, comme prévu lors de l'accord de Doha. Le chef des armées a recueilli les voix de 118 des 127 législateurs vivants. Le vote avait été reporté 19 fois depuis le départ du président pro-syrien Emile Lahoud à l'expiration de son mandat le 23 novembre dernier.

Le général Michel Sleimane est né le 21 novembre 1948 au nord du Liban. Il a intégré l’armée libanaise en 1967 ou il est nommé lieutenant. Au cours de son parcours, il sera responsable d’un peloton d’infanterie, commandant d’un bataillon de l’Académie militaire et l’Ecole des sous officiers, Responsable de la direction générale du renseignement du Mont Liban, Secrétaire de l’Etat Major, commandant de la 10ème brigade et commandant de l’armée libanaise à partir du 21 décembre 1998.

Il est également le titulaire d’un diplôme en science politique et de gestion de l’université libanaise et a suivi de nombreuses formations en Belgique, en France et aux USA.

Le général Michel Sleimane est le 11ème président de la république libanaise depuis l’indépendance du Liban en 1943 et il est le premier président élu suite au retrait syrien du 29 avril 2005.

Michel Janva

Posté le 25 mai 2008 à 17h03 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

21 mai 2008

Le Liban, entre Syrie et Israël

Au même moment où, au Liban, le Hezbollah semble avoir gagné son bras de fer [ici le texte de l'accord], on apprend que Israël et la Syrie ont entamé des négociations de paix indirectes sous les auspices de la Turquie. On le savait, mais c'est désormais officiel. Damas a déjà obtenu des engagements pour un retrait du Golan jusqu'à la ligne du 4 juin 1967. En échange, Israël laisserait les mains libres à la Syrie sur le Liban.

Samir Geagea a annoncé que l’accord conclu aujourd’hui entre la Majorité et l’Opposition libanaises n’incarne pas les aspirations de la Majorité, mais constitue un point de départ salutaire pour le Liban après les dernières escalades de violence au pays, appelant les deux camps libanais à œuvrer pour la réussite et la continuation de cet accord sur le terrain. Il a estimé que l’accord de Qatar clôt l’épisode des violences pour passer au bon fonctionnement des institutions constitutionnelles, ajoutant qu’un État puissant est le seul à être responsable de la sécurité du pays.

Michel Janva

Posté le 21 mai 2008 à 21h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

Doha : accord libanais en vue

Les dirigeants politiques libanais de la majorité et de l'opposition sont parvenus à un accord tôt mercredi lors de la conférence inter-libanaise de Doha. L'élection du président de la République par le parlement libanais est prévue pour jeudi ou vendredi. Les partis rivaux sont d'accord pour élire à la tête du pays le général Michel Sleiman.

Un comité mixte formé pour aplanir les divergences entre les parties sur la loi électorale pour les élections législatives de l'an prochain serait sur le point de parvenir à un accord.

Michel Janva

Addendum : Selon l'accord, le Hezbollah obtient satisfaction sur sa principale exigence : un droit de veto au sein du nouveau gouvernement. L'autre exigence du Hezbollah également obtenue était le rédécoupage électoral du Liban en circonscriptions plus petites pour une meilleure représentativité des différentes religions du pays.

Posté le 21 mai 2008 à 08h30 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

19 mai 2008

Liban : les négociations patinent

L'opposition libanaise, menée par le Hezbollah, a rejeté une proposition du Qatar pour sortir de l'impasse. Il s'agissait de reporter la question controversée d'une loi électorale jusqu'après l'élection d'un président de la République.

Les médiateurs qataris ont également proposé de former un gouvernement d'union nationale de 30 ministres: 13 pour la majorité, 10 pour l'opposition et 7 à choisir par le président élu, une répartition rejetée dans le passé par l'opposition chiite qui exige plus du tiers des postes. Les deux camps divergent aussi sur un nouveau découpage électoral, chacun craignant de perdre des sièges lors des législatives de 2009 avec la modification de la composition démographique des circonscriptions.

Le Qatar suggérait également d'inclure dans le communiqué final une clause sur des garanties contre tout usage des armes à des fins politiques internes.

Samir Geagea a indiqué avoir demandé le déploiement d'une force arabe de maintien de la paix au Liban pour y empêcher un retour aux violences confessionnelles. "Cette demande aura un caractère très urgent" en cas d'échec de la conférence de Doha. "C'est là la solution si on veut une stabilité réelle".

"Si l'expérience de la force arabe était mauvaise en ces temps-là [en 1976, lorsque cette force essentiellement syrienne avait une autre ambition que la paix au Liban], elle ne doit pas l'être maintenant si on veille à ce qu'elle soit composée de contingents de pays n'ayant pas de desseins sur le Liban".

Michel Janva

Posté le 19 mai 2008 à 20h45 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

18 mai 2008

L'armement du Hezbollah en question

La deuxième journée des discussions interlibanaises au Qatar se déroule sans qu'on fasse état de progrès. Le ton monte entre le clan gouvernemental anti-syrien et l'opposition emmenée par le Hezbollah sur la question de l'armement de ce dernier. Le chef de la délégation du parti chiite, le député Mohammed Raad, a accusé le camp d'en face de "chantage" pour avoir mis le dossier sur la table à Doha.

"Personne n'a le droit d'ouvrir un débat. Les armes et les capacités sont au-delà de toute discussion".

Mais un membre de la délégation gouvernementale a affirmé qu'aucun accord politique à Doha ne serait possible sans de "sérieux progrès" sur la question de l'armement du Hezbollah.

Du moment que cet armement était destiné à protéger le Liban de toute intervention extérieure, notamment d'Israël, l'armement du Hezbollah pouvait encore se parer d'une certaine légitimité. Mais à partir du jour où le Hezbollah a utilisé cet armement contre des Libanais, comme la semaine dernière, alors il n a plus aucune légitimité. La résolution 1701 de l'ONU (2006) réaffirmant les résolutions 1559 (2004) et 1680 (2006) demandait déjà le désarmement des milices au Liban. Sur place, la Finul ne l'a jamais fait appliquer.

Michel Janva

Posté le 18 mai 2008 à 14h40 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

17 mai 2008

L'avenir du Liban se joue au Qatar

Doha La réunion des responsables libanais, à Doha au Qatar, sous le parrainage de la Ligue arabe, a tourné court. Les représentants du gouvernement et de l'opposition emmenée par le Hezbollah se sont séparés au bout d'une heure et demie, sans avoir trouvé d'accord. Ils ont cependant accepté de former un comité de 4 membres pour négocier une nouvelle loi électorale et la constitution d'un nouveau gouvernement d'union nationale. Un nouveau partage du pouvoir reste la base d'un règlement de la crise. Le risque étant que les chrétiens, devenus minoritaires au Liban, perdent du poids dans les institutions.

La question des armes du Hezbollah a été abordée par Samir Geagea, chef des Forces Libanaises, et le député Saad Hariri. Les chefs de la majorité et de l'opposition libanaises ont décidé de confier au Qatar le soin de proposer une solution à l'épineuse question de l'armement du Hezbollah chiite.

Michel Janva

Posté le 17 mai 2008 à 22h11 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

15 mai 2008

Le gouvernement libanais recule

C'était prévisible après le coup de force du Hezbollah, mais de mauvaise augure pour l'indépendance du pays du Cèdre. Contrairement à sa fermeté affichée, le gouvernement libanais a annoncé mercredi l'annulation des mesures prises contre le Hezbollah. Le ministre de l'Information, Ghazi Aridi, a officialisé :

"Afin de faciliter les négociations de la délégation de la Ligue arabe et pour préserver l'unité nationale et la sécurité des citoyens, le gouvernement a décidé d'accepter la proposition du chef de l'armée et d'annuler les décisions".

Cette annonce intervient au moment où une délégation arabe dirigée par le Premier ministre et chef de la diplomatie du Qatar et comprenant le secrétaire général de la Ligue arabe a entamé une médiation entre la majorité antisyrienne et l'opposition, appuyée par la Syrie et l'Iran.

Les combats qui ont éclaté au Liban le 7 mai ont fait 65 morts et 200 blessés, une flambée de violences sans précédent depuis la guerre civile (1975-90).

Les deux mesures en cause sont l'enquête sur un réseau parallèle de télécommunications mis en place par le Hezbollah, et le limogeage du directeur de la sécurité de l'aéroport, proche de la milice chiite.

C'est une victoire pour le Hezbollah.

Michel Janva

Posté le 15 mai 2008 à 08h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

12 mai 2008

L'instabilité règne au Liban

Des combats ont fait 1 mort et 4 blessés dans le nord du Liban dans la grande ville portuaire de Tripoli, où l'armée qui tentait de garder le contrôle de plusieurs quartiers a été prise sous le feu des snipers et des mitrailleuses. En fin de journée, le calme est revenu et l'armée a repris le contrôle du secteur touché par les combats, dans le nord de la ville, appelant les hommes en armes à rentrer chez eux.

Au même moment, la majorité a répété qu'elle n'accepterait pas de dialoguer avec l'opposition menée par le Hezbollah, sous la menace des armes. Une délégation de la Ligue arabe comprenant son secrétaire général Amr Moussa est attendue mercredi à Beyrouth. Le Hezbollah a annoncé qu'il accueillait favorablement la venue de cette délégation à condition qu'elle fasse preuve d'impartialité dans la crise, alors que l'Union européenne et l'ONU ont affirmé leur soutien au gouvernement libanais.

Le président du Parlement, Nabih Berri, a reporté lundi pour la 19e fois la séance parlementaire prévue le lendemain pour l'élection du président de la République. La nouvelle séance est prévue le 10 juin.

Quelque 200 personnes fuyant les violences sont arrivées par la mer à Chypre.

Michel Janva

Posté le 12 mai 2008 à 22h40 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

11 mai 2008

42 morts au Liban

...et 164 blessés en 5 jours. Un semblant de retour au calme est constaté à Beyrouth. Le premier ministre libanais Fouad Saniora et son gouvernement ont observé une minute de silence en mémoire des victimes. L’aéroport international de Beyrouth demeure fermé et ses accès barrés par des blocs de ciments.

A Tripoli, des combats ont eu lieu entre partisans du Courant du Futur et de l’opposition. Ces combats ont cependant cessé suite au déploiement de l’armée libanaise. Une large partie de la population tripolitaine a également répondu à l’appel du premier ministre Fouad Saniora à observer une minute de silence.

Michel Janva

Posté le 11 mai 2008 à 21h21 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

10 mai 2008

Liban : l'armée ne peut obéir au Premier ministre

Fouad_siniora Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a demandé à l'armée d'appliquer les décisions qui ont provoqué la réaction du Hezbollah (limogeage du chef de l'aéroport de Beyrouth et suppression du réseau telecom du Hezbollah). Il souhaite que tous les hommes armés sur tout le territoire libanais soient désarmés pour que seule l’armée libanaise puisse détenir des armes. Il demande l’élection immédiate du candidat consensuel à la présidence de la République, afin de former un gouvernement d’union nationale où ni la majorité ni l’opposition ne puisse avoir de véto.

Le commandement de l'armée libanaise a publié un communiqué dans lequel il indique, étant données que les deux résolutions ne sont pas encore officiellement publiées par le gouvernement libanais, maintenir le chef de la sûreté général de l'aéroport le colonel Wafik Choucair dans son poste jusqu'à ce que les décisions techniques et juridiques soient prises à son égard à la fin des investigations, pour la sauvegarde de la sécurité de l'aéroport et des citoyens libanais. En ce qui concerne le réseau de télécommunications privé du Hezbollah, l'armée libanaise décide de l’annulation de la décision de démantèlement de ce réseau et indique vouloir mener une enquête sur les armes du signal du Hezbollah, et veiller à ce que cela ne porte atteinte ni aux intérêts publics ni aux intérêts de la Résistance. La réalité est que l'armée libanaise ne peut, seule, s'attaquer au Hezbollah.

Le commandement de l'armée exige que la situation normale reprenne au pays, que les hommes armés soient retirés des rues de Beyrouth et des autres régions où se déroulent les affrontements et que toutes les routes bloquées soient ouvertes de nouveau à la circulation. Enfin, l'armée ordonne le déploiement de ses troupes qui doivent prendre les mesures nécessaires sur le terrain pour le maintien de la sécurité et l'extension de l'autorité de l'État sur tout le territoire libanais, en arrêtant tous ceux qui enfreignent les lois établis au pays.

Michel Janva

Posté le 10 mai 2008 à 17h23 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

09 mai 2008

L'union anti-syrienne reste ferme face au Hezbollah

Samirgeagea A l’issue d’une réunion d’urgence entamée en début d’après-midi au nord de Beyrouth, le président du Conseil exécutif des Forces Libanaises Samir Geagea a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il a lu le communiqué publié par le comité de suivi de la coalition du 14 mars :

  1. 1. Liban Le 14 mars assure que ce qui s’est passé à Beyrouth, dans ses alentours et son aéroport international, n’est qu’un putsch fait par le Hezbollah contre le Liban, le peuple libanais, les accords du Taëf, l’union nationale, le document d’entente, les résolutions internationale notamment la 1701 ainsi que la paix civile, indiquant que cette tentative a enlevé la légitimité des armes de ceux qui prétendent représenter la Résistance libanais en utilisant ces armes sensés être dirigés contre l’état hébreu.
  2. Le 14 mars rejette catégoriquement ce qui s’est passé depuis le 7 mai et atteste qu’il ne changera pas ses positions politiques envers ces derniers évènements, et d’ajouter que l’usage de ces armes contre les civils se retournera contre leurs utilisateurs.
  3. Face à ces sérieuses infractions contre la société civile et contre la capitale libanais, le 14 mars exhorte l’armée libanaise à observer ses principaux devoir en tant qu’institution militaire afin de mettre fin à ces discordes.
  4. L’alliance du 14 mars condamne fermement la prise des journalistes et des médias pour cibles par les putschistes.
  5. Les forces de la majorité s’adressent aux pays arabes frères et leur demandent s’assumer leurs responsabilités envers le Liban, mettant en garde contre ce coup d’état sanguinaire dont le but est de refaire entrer les forces syriennes au pays du cèdre et permettre à l’Iran d’atteindre les côtes méditerranéennes, et appelant les pays arabes à déployer tous les efforts nécessaires pour empêcher la réalisation de tels desseins.
  6. La coalition du 14 mars estime que la communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés devant ce qui se passe, et est tenue de mettre un terme au trafic illégitimes d’armes et de soutenir le peuple libanais et son gouvernement présidé par M. Fouad Siniora.
  7. Enfin, le 14 mars s’est adressé aux Libanais en leur rappelant les constantes de la révolution des cèdres, à savoir la souveraineté, l’indépendance et la liberté du Liban, et rassurant le peuple libanais que la violence ne fera pas plier la Majorité mais enrancinera d’avantage ses convictions, tout en affirmant son soutien total au gouvernement du Premier ministre Fouad Siniora, lui demandant de maintenir ses décisions et ses positions politiques.

Pour suivre les dernières actualités libanaises : des négociations sont en cours. Le Hezbollah a conditionné l'arrêt des combats, la fin du sit-in au centre-ville et le retour au dialogue à la démission du gouvernement de Fouad Siniora. Ce que refuse le communiqué ci-dessus.

Michel Janva 

Posté le 9 mai 2008 à 22h24 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

11 morts à Beyrouth : coup d'Etat du Hezbollah

Le Hezbollah tente de prendre le contrôle de la capitale (l'aéroport est sous son contrôle) et d'officialiser l'Etat dans l'Etat.

Sur ce sujet, lire l'excellente analyse d'Alin Chevalérias.

Les chefs sunnite Saad Hariri et druze Walid Joumblatt sont assiégés dans leurs résidence dans l'ouest de Beyrouth et des responsables de la majorité ont appelé à une réunion d'urgence des parlementaires dans un village de la montagne au coeur du pays chrétien au nord-est de Beyrouth. Une roquette a atterri sur la grille de la résidence fortement gardée de Saad Hariri.

Le Premier ministre Fouad Siniora serait également retranché dans son bureau du centre de la capitale libanaise sous la protection renforcée de l'armée et de la police.

Le Hezbollah et le Amal ont pris le contrôle de la chaîne "Futur" du sunnite Saad Hariri. La chaîne a cessé d'émettre dans la matinée sur ordre du Hezbollah. Les bureaux du quotidien appartenant à Saad Hariri qui se trouvent dans la banlieue proche ont été incendiés. Dans les locaux du quotidien "al-Mustaqbal" appartenant également à Saad Hariri, un incendie a été déclaré.

L'aéroport international de Beyrouth est paralysé et le port de la capitale libanaise a cessé toute activité.

L'Arabie saoudite, qui appuie le gouvernement de Fouad Siniora, a appelé à une réunion d'urgence des ministres arabes des Affaires étrangères sur le Liban.

Michel Janva

Posté le 9 mai 2008 à 09h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

08 mai 2008

Affrontements à Beyrouth

De violents affrontements armés ont éclaté aujourd'hui dans un quartier de l'ouest de Beyrouth entre des partisans de la majorité et ceux de l'opposition, quelques instants après un discours du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. Un parfum de guerre civile.

MJ

Posté le 8 mai 2008 à 18h22 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

07 mai 2008

Le Hezbollah veut contrôler Beyrouth

B Une grève générale sévit au Liban. Des manifestants ont bloqué plusieurs axes de Beyrouth et sa périphérie à l'aide de pneus enflammés. A Beyrouth, la route de l'aéroport est bloquée, et 34 vols ont été annulés. Des jeunes ont retourné des poubelles dans la rue, alors que des camions versaient du sable pour empêcher la circulation. Les forces de sécurité intérieure et l'armée libanaises ont été déployées en force à travers la capitale, interdisant l'accès à certains secteurs pour éviter des heurts entre partisans de l'opposition emmenée par le Hezbollah et ceux du gouvernement. Des personnalités politiques craignent que les manifestations ne dégénèrent en affrontements entre les deux camps.

La grève a pour prétexte une revendication de hausse de salaire. Mais il s'agit de la suite du bras de fer entre la majorité antisyrienne et l'opposition, menée par le Hezbollah. Maroun Charbel indiquait dans Présent de mardi :

"Selon des sources militaires et des Forces de sécurité intérieure le Hezbollah aurait installé, à proximité immédiate de l’aéroport international de Beyrouth, un système de vidéo-surveillance camouflé à l’intérieur de containers appartenant à l’entreprise de reconstruction du parti. Les images sont effrayantes. Une rangée de containers borde la route qui longe la piste [...] de décollage des avions privés et des vols spéciaux transportant des diplomates ou autres personnalités. Qui était la personnalité visée cette fois-ci ? [...] Le Hezbollah affirme, offensé (!), que les armes, les caméras découvertes dans les containers et qui placent la piste et les avions à portée de leurs canons, étaient nécessaires à la surveillance du chantier. [...] Les experts consultés par Al-Manar, la chaîne du parti, ne se sont pas embarrassés pour rappeler que «l’aéroport de Beyrouth ne doit pas tomber entre les mains du gouvernement».

La première des préoccupations du commandement de la FINUL est le libre accès à l’aéroport. Or, aujourd’hui la route de l’aéroport est bien redevenue celle de tous les dangers. Tout le parcours est commandé par l’armée du Hezbollah. Les barrages de l’armée qui, officiellement, en assurent la sécurité, ne pourront rien faire. Selon des sources convergentes, le Hezbollah aurait étendu son hégémonie sur toute la zone qui part du centre-ville de Beyrouth, passant par l’ancienne ligne de démarcation au pied d’Achrafieh et toute la route côtière jusqu’au sud de Saïda."

L'Assemblée est convoquée pour la 19e fois le 13 mai, afin d'élire un président.

Michel Janva

Addendum 16h40 : Des explosions et des tirs d'armes à feu ont été entendus en plusieurs endroits de la ville. La télévision libanaise a affirmé qu'elles provenaient de tirs au lance-grenades. Quelques blessés ont été signalés, la plupart victimes de jets de pierre. L'armée a déployé des véhicules blindés dans plusieurs quartiers de Beyrouth pour tenter de calmer ces violences.

Posté le 7 mai 2008 à 16h09 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

28 avril 2008

Un socialiste joue au touriste au Liban

Lu dans Présent :

"Samedi dernier, 26 avril, à l’issue du congrès d’une commission de l’Internationale socialiste à Beyrouth, [] le représentant du Parti socialiste français a été enlevé par le Hezbollah et relâché 5 heures plus tard. [...] Le délégué du PS, Karim Pakzad, se promenait avec un ami dans une voiture décapotable et s’amusait à prendre en photos une jolie mosquée sur la route de l’aéroport et des photos des martyrs du Hezbollah collées aux murs. Conduite risquée pour n’importe qui au cœur de la Banlieue-Sud, zone de non droit de l’Etat du Hezbollah, mais d’une inconscience inconsidérée pour un officiel français. Il semblerait que le Hezbollah n’ait pas cherché à enlever UN Français, mais que ses services de police aient « simplement » fait leur boulot (!!) de surveillance des intrus qui se promènent une caméra à la main dans leur pré-carré. [...]

Il est impossible que le Hezbollah n’ait pas su, et très vite, qu’il s’agissait d’un Français. [...] Le Hezbollah affirme et insiste dans son communiqué qu’il n’y a dans cet incident aucun « message », aucun « signe fort », à l’égard de quiconque et de la France en particulier. Et qu’il faut voir dans cet « incident » qu’une simple procédure de contrôle (!!). [...] Tous les congrès et réunions universitaires organisés en partenariat avec la France ont été annulés ou reportés sur les « très vifs conseils » de l’ambassade ou du ministère des Affaires étrangères. C’était prendre un risque énorme qu’une telle réunion à un tel moment à Beyrouth !"

MJ

Posté le 28 avril 2008 à 18h48 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

24 avril 2008

Assassinat au Liban : retour d'une guerre entre chrétiens ?

Lu dans Présent, le récit d'un assassinat de chrétiens commis vraisemblablement par des chrétiens :

Zahle "Il y a trois ans, jour pour jour, les Libanais, en liesse et incrédules encore, vivaient le retrait des troupes d’occupation syrienne. Cet anniversaire a été anticipé dimanche par l’assassinat de deux cadres du parti Kataëb à Zahlé. [...] L’attentat, visiblement maquillé en « incident isolé », en « mouvement d’humeur spontané », a été le fait de deux partisans du député de la ville, Elie Skaff, allié du général Aoun et qui joue à fond la carte syrienne depuis de très longues années [...] Depuis, la ville est en ébullition. [...] Zahlé est la dernière ville du Liban – et du Proche-Orient ? – entièrement, exclusivement chrétienne. Tout un symbole."

Le parti Kataëb, dirigé par Amine Gemayel (photo), affirme :

Ag "Le député Skaff cherche également à défendre désespérément les assassins, ce qui laisse planer des doutes sur son rôle dans cette affaire. Et l’on peut s’interroger sur le fait de savoir s’il a été préalablement mis au courant des desseins des meurtriers, vu qu’il tente de justifier le crime et de minimiser sa portée".

Michel Moawad, maronite membre du comité de suivi des Forces du 14 Mars, s'est exprimé à l'issue d'un entretien avec le patriarche Sfeir :

"L’image qu’offre le 8 Mars [le parti d'opposition] aux Libanais est horrible. Ce camp ne se contente plus de couvrir le crime moralement et de torpiller le tribunal international en tentant de défendre les quatre généraux, il est désormais complice de crime. Ce qui s’est passé à Zahlé est inadmissible, quelles qu’en soient les raisons. [...] Ce qui est certain, c’est que le 8 Mars, plus particulièrement le député Skaff et le Hezbollah, sont des comparses dans la couverture du crime. [...] Ce qui m’importe, c’est que la société chrétienne n’entre pas à nouveau, et malgré les conflits, dans la spirale du sang. Nous avons tous payé un prix exorbitant par le passé."

Des tractations sont en cours pour prévenir une explosion à Zahlé. Le chef des Kataëb, Amine Gemayel, le patriarche des grecs-catholiques, Grégoire III, et le député Élias Skaff sont impliqués dans ces tractations.

Mm Mardi, l'élection du président a de nouveau été reportée. Le député et ancien ministre Michel Murr (orthodoxe) s'est désolidarisé de la coalition parlementaire opposante, dont il était l'un des piliers aux côtés du député Michel Aoun. Ce dernier perd ainsi un allié de poids. M. Murr est en effet une importante clef électorale de la région du Metn, à l'est de Beyrouth. Il estime que l'élection d'un président de la République est d'une extrême urgence et a lancé une campagne de pression auprès des députés, en particulier chrétiens, pour les convaincre de se rendre aux urnes.

Michel Janva

Posté le 24 avril 2008 à 15h37 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

22 avril 2008

Nouvel échec au Liban

Tandis que Bernard Kouchner vient de renouer le contact avec la Syrie (avec qui les relations avaient été rompues en décembre 2007), la 18e séance d'élection d'un président de la République libanaise aujourd'hui par le Parlement a été reportée sine die.

Nicolas Sarkozy avait décidé de suspendre les relations avec Damas, tant que le gouvernement syrien ne démontrerait pas qu'il était prêt à laisser le Liban élire un président de consensus.

Michel Janva

Posté le 22 avril 2008 à 14h33 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

28 mars 2008

Du nouveau sur l'assassinat de Rafic Hariri

La Commission d'enquête de l'ONU sur l'assassinat de Rafic Hariri a déclaré :

"La Commission peut maintenant confirmer, sur la base des preuves détenues, qu'un réseau d'individus a agi de concert pour commettre l'assassinat de Rafic Hariri et que ce réseau criminel, ou certains de ses membres, sont liés à d'autres attentats couverts par le mandat de la Commission. La priorité de la Commission est désormais de recueillir des éléments de preuve supplémentaires concernant ce réseau et sur l'étroitesse de ses liens avec les autres attentats. Ce réseau Hariri existait avant l'attentat, il a surveillé Rafic Hariri avant l'assassinat (...) et au moins une partie de ce réseau a continué à exister et à être opérationnel après l'assassinat. Les noms des individus n'apparaîtront que dans de futurs actes d'inculpation qui seront rédigés par le procureur, quand des preuves suffisantes auront été rassemblées".

Michel Janva

Posté le 28 mars 2008 à 21h35 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

27 mars 2008

Persepolis est finalement autorisé au Liban

P Persepolis, prix du jury ex aequo au Festival de Cannes 2007 et nommé aux Oscars 2008, est tiré de la bande dessinée éponyme de la Franco-Iranienne Marjane Satrapi (cliquez sur l'image pour l'agrandir). Le film, qu'elle a co-réalisé avec Vincent Paronnaud, montre le musellement social, les arrestations et exécutions qui suivirent la Révolution islamique menée par l'ayatollah Khomeiny. Le film a été critiqué par les autorités iraniennes pour sa peinture de la Révolution islamique.

Ce dessin animé a été interdit hier au Liban par la Sûreté générale. Le chef des services de sécurité, le général Wafiq Jizzini, est proche du Hezbollah, et ne veut donc pas autoriser un film qui donne une mauvaise image de l’Iran des mollahs :

"Le bureau de la censure a jugé que si le film était visionné, il allait créer des tensions avec l'Iran [...] des responsables chiites ont estimé que le film s'attaquait à l'Islam et à l'Iran".

P_2 Cette décision a provoqué des remous dans les milieux politiques et culturels au Liban, qualifiant la mesure de "terrorisme intellectuel". Le ministre de la Culture, Tarek Mitri, a demandé au ministère de l’Intérieur de faire lever cette interdiction. La Sûreté générale vient d'indiquer que le ministère de l'Intérieur, dont elle dépend, a "décidé d'autoriser la diffusion du film au Liban".

Michel Janva

Posté le 27 mars 2008 à 17h40 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

26 mars 2008

Sommet de la Ligue arabe sans le Liban

Le Liban a décidé de boycotter le sommet de la Ligue arabe en Syrie. Le ministre libanais de l'Information Ghazi Aridi a expliqué que le Liban ne pouvait pas assister à un sommet de la Ligue arabe sans président à sa tête. C'est la première fois que le Liban boycotte un sommet de la Ligue arabe. Cette décision était largement attendue depuis l'annonce lundi par l'Arabie saoudite qu'elle serait représentée par son ambassadeur auprès de la Ligue arabe, et non par le roi Abdallah. L'Egypte n'a toujours pas fait savoir si elle serait ou non représentée par son président Hosni Moubarak. Selon les observateurs, une absence de plusieurs chefs d'Etat arabes de premier plan à ce sommet en Syrie isolerait un peu plus le régime du président Bashar el-Assad.

Michel Janva

Posté le 26 mars 2008 à 06h16 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

18 mars 2008

Le trésor des chrétiens du Liban

Sous la plume de Maroun Charbel dans Présent :

"Dimanche le Liban chrétien catholique a fêté les Rameaux en de longues processions dans les quartiers des villes et des villages du pays. Il y avait quelque chose d’héroïque chez ces pères et ces mères qui avaient endimanché leurs petits, décoré leurs cierges de rubans et de faveurs alors que rien ne se prête à la fête et que les rangs des familles sont de plus en plus clairsemés. [...] A côté de moi, un ancien de la paroisse marchait tenant son cierge comme on tient un trophée.

«Voyez-vous mon petit (!) ce que nous faisons là est tout notre trésor ! même à Paris ils ne peuvent le faire librement. C’est notre trésor à nous Chrétiens du Liban. Je ne l’échangerais contre rien d’autre.»"

Michel Janva

Posté le 18 mars 2008 à 16h25 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (3)

10 mars 2008

Liban : nouveau report de la présidentielle

Il s'agit du 16e report depuis septembre.

MJ

Posté le 10 mars 2008 à 12h15 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)


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