09 septembre 2014

Sa sainteté Ignatius Aphrem II Karim ce matin à l'Assemblée Nationale

Sa Sainteté Ignatius Aphrem II Karim, 123 ème patriarche de l'Eglise Syriaque Orthodoxe d'Antioche, était ce matin à l'Assemblée lors de la réunion constitutive du Groupe d'études sur les Chrétiens d'Orient (au centre sur la photo).

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Il s'est prononcé en faveur d'une zone de protection internationale pour les minorités, sur le modèle du Kurdistan. Cela permettrait aux chrétiens de rester sur place, sur leurs terres ancestrales.

Il a rappelé l'inquiétude qui demeure pour le sort des dxeux évêques enlevés l'années dernières et dont on est sans nouvelles.

Posté le 9 septembre 2014 à 14h10 par Michel Janva | Lien permanent

25 juillet 2014

"Femmes-évêques" : la décision anglicane entrave le dialogue entre les orthodoxes

L’Église orthodoxe russe a émis un communiqué en réaction de la décision du synode anglican de « sacrer » des femmes évêques :

"L’Église orthodoxe russe a appris, avec inquiétude et déception, la décision de l’Église d’Angleterre d’admettre les femmes à l’épiscopat alors que les relations qui durent depuis plusieurs siècles entre nos deux Églises avaient montré la possibilité pour les orthodoxes de reconnaître l’existence de la succession apostolique chez les anglicans. Dès le 19ème siècle, les anglicans, membres de l’Association des Églises orientales,  ont cherché la « reconnaissance mutuelle » de la hiérarchie de l’Église orthodoxes et de l’Église anglicane, en croyant que « les deux Églises ont préservé la continuité et la vraie foi apostolique dans le Sauveur et devraient accepter l’autre dans la pleine communion de prières et de sacrements ».

La décision d’ordonner des femmes, que l’Église d’Angleterre a prise en 1992, a porté un coup aux relations entre nos Églises, et l’introduction des femmes évêques a éliminé la possibilité théorique pour les orthodoxes de reconnaître l’existence de la succession apostolique de la hiérarchie anglicane.

Cette pratique est contraire à la tradition de l’Église, vieille de plusieurs siècles remontant à la première communauté chrétienne. Dans la tradition chrétienne, les évêques ont toujours été considérés comme les successeurs spirituels directs des apôtres, dont ils ont reçu la grâce particulière de guider le peuple de Dieu et la responsabilité particulière de protéger la pureté de la foi, à être des symboles et des garants de l’unité de l’Église. La consécration de femmes évêques va à l’encontre du mode de vie du Sauveur lui-même et des saints apôtres, ainsi que de la pratique de l’Église primitive.

A notre avis, la décision du synode général de l’Église d’Angleterre n’a pas été dictée par une nécessité théologique ou une pratique ecclésiale, mais par le désir de se conformer à l’idée laïque de l’égalité des sexes dans toutes les sphères de la vie et du rôle croissant des femmes dans la société britannique. La sécularisation du christianisme conduit au départ de nombreux croyants qui dans le monde instable d’aujourd’hui cherchent un soutien spirituel dans les traditions immuables évangéliques et apostoliques établies par le Dieu éternel et immuable.

L’Église orthodoxe russe constate avec regret que la décision, permettant l’élévation des femmes à la dignité épiscopale, entrave considérablement le dialogue entre les orthodoxes et les anglicans qui s’est développé depuis de nombreuses décennies, et contribue à renforcer les divisions dans le monde chrétien dans son ensemble."

Posté le 25 juillet 2014 à 10h17 par Michel Janva | Lien permanent

22 juillet 2014

Un évêque orthodoxe refoulé du Kirghizstan

Lu sur Riposte catholique :

"Un évêque orthodoxe, appartenant au Patriarcat de Moscou, et à la tête de l’église russe au Kirghizstan, Mgr Théodose, s’est vu refuser le renouvellement de son visa sans lequel il ne peut exercer de mission ecclésiastique dans son pays. Les autorités ont prétendu que cet évêque  était un facteur de « troubles religieux au sein de la population » et mettait « en danger la sécurité publique des citoyens du pays ». Le hiérarque, pourtant connu pour avoir apporté une aide non-négligeable à nombre de fidèles mais aussi à des musulmans du pays, connait depuis quelques temps des perquisitions à l’encontre de son diocèse de plus en plus fréquentes."

La population du Kirghizistan est majoritairement musulmane d'obédience sunnite.

Posté le 22 juillet 2014 à 07h20 par Michel Janva | Lien permanent

04 juillet 2014

Le nombre d’orthodoxes en Russie a grimpé de 16%

En 15 ans.

Posté le 4 juillet 2014 à 20h45 par Michel Janva | Lien permanent

30 mai 2014

Les "remariages" chez les orthodoxes

Lu sur Chiesa :

"Dernièrement, le cardinal Walter Kasper s’est référé à la pratique des Églises orthodoxes en ce qui concerne les seconds mariages pour soutenir que les catholiques divorcés et remariés devraient eux aussi avoir la possibilité de communier. Toutefois il n’a peut-être pas prêté attention au fait que les orthodoxes ne communient pas lors du rite des seconds mariages, parce que ce qui est prévu dans le rite byzantin du mariage, ce n’est pas la communion, mais seulement l’échange de la coupe commune de vin, qui n’est pas du vin consacré

Par ailleurs on entend dire, chez les catholiques, que les orthodoxes permettent les seconds mariages et que par conséquent ils tolèrent que l’on divorce de son premier conjoint. A vrai dire, il n’en est pas vraiment ainsi, parce qu’il ne s’agit pas de l'institution juridique moderne. L’Église orthodoxe est disposée à tolérer les seconds mariages pour des personnes dont le lien matrimonial a été dissous non pas par l’État, mais par elle-même, sur la base du pouvoir de “délier et de lier” qui a été donné à l’Église par Jésus, et à concéder une seconde opportunité de mariage dans certains cas particuliers (typiquement, les cas d’adultère durable, mais aussi, par extension, certains cas où le lien matrimonial est devenu une fiction). La possibilité d’un troisième mariage est également prévue, mais on cherche à décourager les candidats. Par ailleurs, la possibilité de se remarier, dans les cas de dissolution du mariage, n’est donnée qu’au conjoint innocent.

Chez les orthodoxes, les deuxièmes et troisièmes mariages, à la différence du premier, sont célébrés selon un rite particulier, défini comme “de type pénitentiel”. Étant donné que, dans le rite des seconds mariages, il manquait jadis le moment du couronnement des époux – que la théologie orthodoxe considère comme le moment essentiel du mariage –  le second mariage est non pas un véritable sacrement mais, pour utiliser la terminologie latine, un "sacramentel", qui permet aux nouveaux époux de considérer que leur union est pleinement acceptée par la communauté ecclésiale. Le rite des seconds mariages s’applique également dans le cas d’époux restés veufs.

Le caractère non-sacramentel des seconds mariages trouve une confirmation dans le fait que la communion eucharistique a disparu des rites de mariage byzantins et qu’elle a été remplacée par la coupe, qui est considérée comme un symbole de la vie commune. Cela apparaît comme une tentative de "désacramentaliser" le mariage, peut-être à cause de l'embarras croissant qui est créé par les deuxièmes et troisièmes mariages, en raison de la dérogation qu’ils constituent par rapport au principe de l'indissolubilité du lien, qui est directement proportionnelle au sacrement de l'unité : l'eucharistie.

[...] C’est pourquoi, comme l’a fait observer Joseph Ratzinger : “Il faut reprendre conscience de manière beaucoup plus claire du fait que la célébration eucharistique n’est pas dépourvue de valeur pour ceux qui ne communient pas. [...] Étant donné que l'eucharistie n’est pas un banquet rituel, mais la prière communautaire de l’Église, dans laquelle le Seigneur prie avec nous et s’associe à nous, elle reste quelque chose de précieux et de grand, un véritable don, même si nous n’avons pas la possibilité de communier. Si nous retrouvions une meilleure connaissance de ce fait et si nous percevions ainsi l'eucharistie elle-même de manière plus correcte, il y a plusieurs problèmes pastoraux, comme par exemple celui de la situation des divorcés remariés, qui perdraient automatiquement une grande partie de leur poids écrasant”.

[...] Différents auteurs, au cours de la seconde moitié du siècle dernier, ont soutenu – rappelle Ratzinger – la théorie qui “fait découler l'eucharistie – de manière plus ou moins exclusive - des repas que Jésus prenait avec les pécheurs. […] Mais à partir de cette théorie on arrive ensuite à une idée de l'eucharistie qui n’a rien de commun avec la coutume de l’Église primitive”. Alors que Paul protège, en recourant à l'anathème, la communion de l'abus qui pourrait en être fait (1 Corinthiens 16, 22), la théorie ci-dessus propose “comme essence de l'eucharistie que celle-ci soit offerte à tout le monde sans aucune distinction et sans aucune condition préliminaire, […] même aux pécheurs, ou plus encore, même aux incroyants”.  Non, écrit encore Ratzinger : depuis les origines, l'eucharistie a été comprise comme un repas pris non pas avec les pécheurs, mais avec ceux qui s’étaient réconciliés : “Il existait aussi pour l'eucharistie, dès le début, des conditions d’accès bien définies [...] et de cette manière elle a construit l’Église”.

Posté le 30 mai 2014 à 15h00 par Michel Janva | Lien permanent

25 mai 2014

Devant le patriarche de Constantinople, le pape évoque l’œcuménisme du sang

Discours du Pape lors de sa rencontre avec le patriarche Bartholomée :

"Dans cette Basilique que chaque chrétien regarde avec profonde vénération, arrive à son point culminant le pèlerinage que j’accomplis avec mon frère bien-aimé en Christ, Sa Sainteté Bartholomée. Nous l’accomplissons sur les traces de nos vénérés prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras, qui, avec courage et docilité à l’Esprit Saint, ont donné lieu, il y a cinquante ans, dans la Cité sainte de Jérusalem, à la rencontre historique entre l’Évêque de Rome et le Patriarche de Constantinople. Je vous salue cordialement vous tous ici présents. En particulier, je remercie vivement, pour avoir rendu possible ce moment, Sa Béatitude Théophile, qui a voulu nous adresser d’aimables paroles de bienvenue, ainsi que Sa Béatitude Nourhan Manoogian et le Révérend Père Pierbattista Pizzaballa.

8C’est une grâce extraordinaire d’être réunis ici en prière. Le Tombeau vide, ce sépulcre neuf situé dans un jardin, où Joseph d’Arimathie avait déposé avec dévotion le corps de Jésus, est le lieu d’où part l’annonce de la Résurrection : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘‘Il est ressuscité d’entre les morts’’ » (Mt 28, 5-7). Cette annonce, confirmée par le témoignage de ceux à qui le Seigneur Ressuscité est apparu, est le cœur du message chrétien, transmis fidèlement de génération en génération, comme, depuis le début, l’atteste l’apôtre Paul : « Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures » (1 Cor15, 3-4). C’est le fondement de la foi qui nous unit, foi grâce à laquelle, ensemble, nous professons que Jésus Christ, Fils unique du Père et notre unique Seigneur, « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli ; il est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts » (Symbole des Apôtres). Chacun de nous, chaque baptisé dans le Christ, est spirituellement ressuscité de ce tombeau, puisque dans le Baptême nous avons tous été réellement incorporés au Premier Né de toute la création, ensevelis ensemble avec Lui, pour être avec Lui ressuscités et pouvoir marcher dans une vie nouvelle (cf. Rm 6, 4).

 

Accueillons la grâce spéciale de ce moment. Tenons-nous près du tombeau vide dans un recueillement respectueux, pour redécouvrir la grandeur de notre vocation chrétienne : nous sommes des hommes et des femmes de résurrection, non de mort. Apprenons, de ce lieu, à vivre notre vie, les souffrances de nos Églises et du monde entier à la lumière du matin de Pâques. Chaque blessure, chaque souffrance, chaque douleur, a été chargée sur ses propres épaules par le Bon Pasteur, qui s’est offert lui-même et qui, par son sacrifice, nous a ouvert le passage vers la vie éternelle. Ses plaies ouvertes sont le chemin par lequel se déverse sur le monde le torrent de sa miséricorde. Ne nous laissons pas voler le fondement de notre espérance ! Ne privons pas le monde de la joyeuse annonce de la Résurrection ! Et ne soyons pas sourds au puissant appel à l’unité qui résonne précisément de ce lieu, à travers les paroles de Celui qui, en tant que Ressuscité, nous appelle tous ‘‘mes frères’’ (cf. Mt 28, 10 ; Jn20, 17).

Certes, nous ne pouvons nier les divisions qui existent encore entre nous, disciples de Jésus : ce lieu sacré nous en fait ressentir le drame avec une souffrance plus grande. Et pourtant, à cinquante ans de l’accolade de ces deux vénérables Pères, nous reconnaissons avec gratitude et un étonnement renouvelé comment il a été possible, par l’impulsion de l’Esprit Saint, d’accomplir des pas vraiment importants vers l’unité. Nous sommes conscients qu’il reste encore du chemin à parcourir pour aboutir à cette plénitude de communion qui puisse s’exprimer aussi dans le partage de la même Table eucharistique, que nous désirons ardemment ; mais les divergences ne doivent pas nous effrayer et paralyser notre chemin. Nous devons croire que, comme la pierre du sépulcre a été renversée, de la même façon, pourront être levés tous les obstacles qui empêchent encore la pleine communion entre nous. Ce sera une grâce de la résurrection, que nous pouvons dès aujourd’hui savourer à l’avance. Chaque fois que nous demandons pardon les uns aux autres, pour les péchés commis contre d’autres chrétiens et chaque fois que nous avons le courage de concéder et de recevoir ce pardon, nous faisons l’expérience de la résurrection ! Chaque fois que, ayant dépassé les anciens préjugés, nous avons le courage de promouvoir de nouvelles relations fraternelles, nous confessons que le Christ est vraiment ressuscité ! Chaque fois que nous pensons l’avenir de l’Église à partir de sa vocation à l’unité, brille la lumière du matin de Pâques ! A ce propos, je désire renouveler le vœu déjà exprimé par mes prédécesseurs, de maintenir un dialogue avec tous les frères en Christ pour trouver une 0forme d’exercice du ministère propre de l’Évêque de Rome qui, en conformité avec sa mission, s’ouvre à une situation nouvelle et puisse être, dans le contexte actuel, un service d’amour et de communion reconnu par tous (cf. JEAN-PAUL II, Enc. Ut unum sint, 95-96).

Tandis que nous nous trouvons comme des pèlerins en ces saints Lieux, notre souvenir priant va à toute la région du Moyen Orient, malheureusement si souvent marquée par des violences et des conflits. Et nous n’oublions pas, dans nos prières, tant d’autres hommes et femmes qui, en diverses parties de la planète, souffrent à cause de la guerre, de la pauvreté, de la faim ; comme les nombreux chrétiens persécutés pour leur foi dans le Seigneur Ressuscité. Quand des chrétiens de diverses confessions se trouvent à souffrir ensemble, les uns à côté des autres, et à s’entraider les uns les autres avec une charité fraternelle, se réalise un œcuménisme de la souffrance, se réalise l’œcuménisme du sang, qui possède une particulière efficacité non seulement pour les contextes dans lesquels il a lieu, mais aussi, en vertu de la communion des saints, pour toute l’Église. Ceux qui par haine de la foi persécutent les chrétiens pour les tuer je ne leur demande pas s’ils sont orthodoxes ou catholiques. Le sang des chrétiens est le même.

Sainteté, Frère bien-aimé, vous tous très chers frères, mettons de côté les hésitations que nous avons héritées du passé et ouvrons notre cœur à l’action de l’Esprit Saint, l’Esprit de l’Amour (cf. Rm 5, 5) et de la Vérité (cf. Jn 16, 13), pour cheminer ensemble, d’un pas allègre, vers le jour béni de notre pleine communion retrouvée. Sur ce chemin, nous nous sentons soutenus par la prière que Jésus lui-même, en cette Ville, la veille de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, a élevée vers son Père pour ses disciples, et que nous ne nous lassons pas de faire nôtre avec humilité : « Qu’ils soient un… pour que le monde croie » (Jn 17, 21).

Posté le 25 mai 2014 à 19h56 par Michel Janva | Lien permanent

Déclaration commune du pape François et du patriarche Bartholomée

Publiée aujourd'hui :

71. Comme nos vénérables prédécesseurs, le Pape Paul VI et le Patriarche Œcuménique Athénagoras, qui se sont rencontrés ici à Jérusalem, il y a cinquante ans, nous aussi, le Pape François et le Patriarche Œcuménique Bartholomée, nous étions déterminés à nous rencontrer en Terre Sainte «où notre commun Rédempteur, le Christ Notre-Seigneur, a vécu, a enseigné, est mort, est ressuscité et monté au ciel, d’où il a envoyé le Saint Esprit sur l’Église naissante» (Communiqué commun du Pape Paul VI et du Patriarche Athénagoras, publié après leur rencontre du 6 janvier 1964). Notre nouvelle rencontre, entre les Évêques des Églises de Rome et de Constantinople, fondées respectivement par les deux Frères, les Apôtres Pierre et André, est pour nous source d’une profonde joie spirituelle. Elle offre une occasion providentielle pour réfléchir sur la profondeur et sur l’authenticité des liens existant entre nous, qui sont les fruits d’un parcours rempli de grâce au long duquel le Seigneur nous a conduits, depuis ce jour béni d’il y a cinquante ans.

2. Notre rencontre fraternelle, aujourd’hui, est une nouvelle et nécessaire étape sur la route de l’unité à laquelle seul l’Esprit Saint peut nous conduire, celle de la communion dans une légitime diversité. Nous nous rappelons, avec une profonde gratitude, les étapes que le Seigneur nous a déjà rendus capables d’entreprendre. L’accolade échangée entre le Pape Paul VI et le Patriarche Athénagoras, ici, à Jérusalem, après tant de siècles de silence, a préparé le chemin pour un geste important, le retrait de la mémoire et du sein de l’Église des actes d’excommunication mutuelle en 1054. Ce geste a été suivi par un échange de visites entre les Sièges respectifs de Rome et de Constantinople, par une correspondance régulière et, plus tard, par la décision, annoncée par le Pape Jean-Paul II et le Patriarche Dimitrios, tous deux d’heureuse mémoire, d’initier un dialogue théologique en vérité entre Catholiques et Orthodoxes. Tout au long de ces années, Dieu, source de toute paix et de tout amour, nous a enseignés à nous regarder les uns les autres comme membres de la même Famille chrétienne, sous un seul Seigneur et Sauveur, Jésus Christ, et à nous aimer les uns les autres, de sorte que nous puissions professer notre foi au même Évangile du Christ, tel qu’il fut reçu par les Apôtres, exprimé et transmis à nous par les Conciles Œcuméniques ainsi que par les Pères de l’Église. Tandis que nous sommes conscients de ne pas avoir atteint l’objectif de la pleine communion, aujourd’hui, nous confirmons notre engagement à continuer de marcher ensemble vers l’unité pour laquelle le Christ notre Seigneur a prié le Père « afin que tous soient un » (Jn 17, 21).

3. Bien conscients que l’unité est manifestée dans l’amour de Dieu et dans l’amour du prochain, nous attendons avec impatience ce jour où, finalement, nous partagerons ensemble le Banquet eucharistique. Comme chrétiens, nous sommes appelés à nous préparer à recevoir ce don de la Communion eucharistique, selon l’enseignement de Saint Irénée de Lyon (Contre les Hérésies, IV, 18, 5, PG 7, 1028), par la confession de la même foi, une prière persévérante, une conversion intérieure, une vie renouvelée et un dialogue fraternel. En atteignant ce but espéré, nous manifesterons au monde l’amour de Dieu par lequel nous sommes reconnus comme de vrais disciples de Jésus Christ (cf. Jn 13, 35).

4. À cette fin, le dialogue théologique entrepris par la Commission Mixte Internationale offre une contribution fondamentale à la recherche pour la pleine communion entre Catholiques et Orthodoxes. Aux temps successifs des Papes Jean-Paul II et Benoît XVI, et du Patriarche Dimitrios, les progrès de nos rencontres théologiques ont été substantiels. Aujourd’hui, nous exprimons notre sincère appréciation pour les acquis, tout comme pour les efforts en cours. Ceux-ci ne sont pas un pur exercice théorique, mais un exercice dans la vérité et dans l’amour qui exige une connaissance toujours plus profonde des traditions de l’autre pour les comprendre et pour apprendre à partir d’elles. Ainsi, nous affirmons une fois encore que le dialogue théologique ne recherche pas le plus petit dénominateur commun sur lequel aboutir à un compromis, mais qu’il est plutôt destiné à approfondir la compréhension de la vérité tout entière que le Christ a donnée à son Église, une vérité que nous ne cessons jamais de mieux comprendre lorsque nous suivons les impulsions de l’Esprit Saint. Par conséquent, nous affirmons ensemble que notre fidélité au Seigneur exige une rencontre fraternelle et un dialogue vrai. Une telle quête ne nous éloigne pas de la vérité ; tout au contraire, à travers un échange de dons, sous la conduite de l’Esprit Saint, elle nous mènera à la vérité tout entière (cf. Jn 16, 13).

5. Cependant, même en faisant ensemble cette route vers la pleine communion, nous avons maintenant le devoir d’offrir le témoignage commun de l’amour de Dieu envers tous, en travaillant ensemble au service de l’humanité, spécialement en défendant la dignité de la personne humaine à toutes les étapes de la vie et la sainteté de la famille basée sur le mariage, en promouvant la paix et le bien commun, et en répondant à la souffrance qui continue d’affliger notre monde. Nous reconnaissons que la faim, la pauvreté, l’analphabétisme, l’inéquitable distribution des ressources doivent constamment être affrontés. C’est notre devoir de chercher à construire une société juste et humaine dans laquelle personne ne se sente exclu ou marginalisé.

6. C’est notre profonde conviction que l’avenir de la famille humaine dépend aussi de la façon dont nous sauvegardons – à la fois prudemment et avec compassion, avec justice et équité – le don de la création que notre Créateur nous a confié. Par conséquent, nous regrettons le mauvais traitement abusif de notre planète, qui est un péché aux yeux de Dieu. Nous réaffirmons notre responsabilité et notre obligation d’encourager un sens de l’humilité et de la modération, de sorte que tous sentent la nécessité de respecter la création et de la sauvegarder avec soin. Ensemble, nous réaffirmons notre engagement à sensibiliser au sujet de la gestion de la création ; nous appelons tous les hommes de bonne volonté à considérer les manières de vivre plus sobrement, avec moins de gaspillage, manifestant moins d’avidité et plus de générosité pour la protection du monde de Dieu et pour le bénéfice de son Peuple.

7. De même, il y a une nécessité urgente pour une coopération effective et engagée des chrétiens en vue de sauvegarder partout le droit d’exprimer publiquement sa foi, et d’être traité équitablement lorsqu’on promeut ce que le Christianisme continue d’offrir à la société et à la culture contemporaines. À ce propos, nous invitons tous les chrétiens à promouvoir un authentique dialogue avec le Judaïsme, l’Islam et d’autres traditions religieuses. L’indifférence et l’ignorance mutuelles ne peuvent que conduire à la méfiance, voire, malheureusement, au conflit.

8. De cette sainte ville de Jérusalem, nous exprimons nos profondes préoccupations partagées pour la situation des chrétiens au Moyen Orient et pour leur droit de rester des citoyens à part entière de leurs patries. Avec confiance, nous nous tournons vers le Dieu tout-puissant et miséricordieux, dans une prière pour la paix en Terre Sainte et au Moyen Orient en général. Nous prions spécialement pour les Églises en Égypte, en Syrie et en Irak, qui ont souffert le plus douloureusement en raison des récents événements. Nous encourageons toutes les parties, indépendamment de leurs convictions religieuses, à continuer d’œuvrer pour la réconciliation et pour la juste reconnaissance des droits des peuples. Nous sommes persuadés que ce ne sont pas les armes, mais le dialogue, le pardon et la réconciliation qui sont les seuls moyens possibles pour obtenir la paix.

9. Dans un contexte historique marqué par la violence, l’indifférence et l’égoïsme, beaucoup d’hommes et de femmes sentent aujourd’hui qu’ils ont perdu leurs repères. C’est précisément à travers notre témoignage commun de la bonne nouvelle de l’Évangile que nous pouvons être capables d’aider nos contemporains à redécouvrir la voie qui conduit à la vérité, à la justice et à la paix. Unis dans nos intentions, et nous rappelant l’exemple, il y a cinquante ans, du Pape Paul VI et du Patriarche Athénagoras, nous lançons un appel à tous les chrétiens, ainsi qu’aux croyants de toutes les traditions religieuses et à tous les hommes de bonne volonté, à reconnaître l’urgence de l’heure qui nous oblige à chercher la réconciliation et l’unité de la famille humaine, tout en respectant pleinement les différences légitimes, pour le bien de toute l’humanité et des générations futures.

10. En entreprenant ce pèlerinage commun à l’endroit où notre unique et même Seigneur Jésus Christ a été crucifié, a été enseveli et est ressuscité, nous recommandons humblement à l’intercession de la Très Sainte et toujours Vierge Marie nos futurs pas sur le chemin vers la plénitude de l’unité, en confiant l’entière famille humaine à l’amour infini de Dieu.

« Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il se penche vers toi ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix ! » (Nb 6, 25-26)

Posté le 25 mai 2014 à 19h17 par Michel Janva | Lien permanent

07 avril 2014

Le diocèse de Bayonne en pointe du dialogue avec les orthodoxes

Le dialogue oecuménique ne plaît pas à tout le monde. Mais d'habitude, cela plaît à La Croix. Allez comprendre pourquoi, cette fois-ci, le quotidien a émis des doutes sur l'intérêt et l'opportunité du voyage de Mgr Marc Aillet en Russie. Il y a des conversations qui sont légitimes. D'autres non. Extrait de La Semaine du Pays Basque (via) :

"C’est sur l’initiative de Guillaume d’Alançon, délégué épiscopal à la pastorale de la famille et de la vie et à l’Académie Diocésaine pour la Vie, qu’une délégation présidée par l’évêque de Bayonne Mgr Aillet et composée de responsables laïcs œuvrant dans ce sens s’est rendue au siège du Patriarcat de l’Eglise orthodoxe russe à l’invitation de son Département des relations extérieures. [...]

Organisé par l’higoumène Philippe Riabych, représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès du Conseil de l’Europe, ce voyage avait débuté lundi par une rencontre à l’ambassade du Saint-Siège en Russie avec le nonce apostolique Mgr Yurkovich, accompagné de Mgr Pezzi, Archevêque Métropolitain (catholique) de Moscou. L’occasion de ressentir les bonnes relations nouées désormais entre les deux églises, impression confirmée lors d’une table ronde, le lendemain, avec des religieux russes, dont l’archiprêtre Dimitri Smirnov, membre de la Commission patriarcale aux affaires de la famille et de la défense de la maternité, coprésident du Conseil d’éthique biomédicale du Patriarcat de Moscou, qui a clairement affirmé une « volonté de coopération avec l’Eglise Catholique ».

Les échanges se sont orientés vers les problèmes de la formation au mariage pour les jeunes en Russie, en particulier « le mariage religieux, en augmentation en Russie, ces dernières années ». A une question de Mgr Aillet sur la nécessité d’évangéliser les jeunes, le Père Smirnov a évoqué l’importante mobilisation des chrétiens russes sur Internet et à la télé s’ajoutant aux réunions familiales animées par des prêtres et aux “clubs de famille“. Le problème du remariage des divorcés a été abordé sous l’angle de « l’indulgence de l’église orthodoxe dans la vie pratique afin d’adoucir les blessures que l’être humain se fait lui-même », mais à l’opposé d’un quelconque “encouragement“.

Ce mercredi 2 avril, la délégation a été reçue par Mgr Hilarion de Volokolamsk, chef du département des relations extérieures du Patriarcat qui a fait part de son inquiétude devant la déliquescence des valeurs familiales traditionnelles en Europe, et particulièrement en France avec la loi sur “le mariage pour tous“. Il a également souligné son indignation à propos des persécutions des Chrétiens dans le monde dont le dernier épisode tragique du massacre par les rebelles islamistes des villages arméniens de Kessab en Syrie est ignoré par la plupart des media. Au nom des délégués français dont il a présenté les activités, l’évêque de Bayonne a remercié le métropolite Hilarion pour son accueil chaleureux. Ce jeudi matin, nos délégués ont participé à une réunion de l’instance interreligieuse groupant chrétiens, musulmans et bouddhistes où à été réaffirmée une volonté unanime de défendre les valeurs traditionnelles de la famille au sein d’une société civile de plus en plus sensibilisée à ce défi de notre temps !"

Posté le 7 avril 2014 à 17h03 par Michel Janva | Lien permanent

03 avril 2014

Mgr Aillet : l’Église orthodoxe est très intéressée par ce qui se passe dans l’Église catholique

Mgr Marc Aillet effectue avec une petite délégation, parmi lesquels Gregor Puppinck, directeur de l'European Centre for law and Justice (ECLJ), Thierry de la Villejégu, directeur de la Fondation Lejeune, Guillaume d'Alançon, délégué épiscopal famille et vie et délégué général de l'académie pour la vie du diocèse de Bayonne, et Aymeric Pourbaix, un voyage d’études de cinq jours en Russie, à l’invitation du Patriarcat de Moscou. Il répond à Famille chrétienne :

WP_20140402_002"La promotion de la famille et l’accueil de la vie humaine sont au cœur des préoccupations de l’Église catholique, notamment dans la perspective du prochain Synode. Dans ce cadre, il m’a semblé intéressant d’observer ce qui se passe actuellement dans l’Église orthodoxe et en Russie plus généralement. Récemment ces questions familiales ont pris une importance considérable dans le débat public. Le communisme a détruit la famille, l’avortement était devenu endémique (deux avortements pour une naissance). Cela a entraîné une prise de conscience et des mesures actuelles qui ont permis de réduire ce chiffre de moitié.

Quels enseignements tirez-vous de ce voyage ?

WP_20140401_049D’abord qu’il y a un incontestable réveil religieux dans ce pays, depuis une quinzaine d’années. Nous avons participé à la Divine liturgie à la cathédrale Saint-Sauveur de Moscou, détruite sous Staline et reconstruite en 2000 par le gouvernement russe. Le nombre de fidèles, dont beaucoup de jeunes, pendant les trois heures d’office, en pleine semaine, est un signe incontestable de ce réveil. De notre côté, nous avons eu le sentiment que nos différents interlocuteurs au sein de l’Église orthodoxe ont été très intéressés par ce qui se passe dans l’Église catholique, notamment tout ce qui concerne la pastorale de la famille. Je pense notamment à la préparation au mariage, à la défense de la famille composée d’un homme et d’une femme, aux actions en faveur du respect de la vie… Chez eux, on sent que ce ne sont que des balbutiements, même si nous avons été impressionnés par la rencontre avec la Commission Famille du patriarcat, composée d’un prêtre et de laïcs très engagés dans l’action pastorale et publique. Avec notamment une forte implication dans la préparation du Congrès mondial des familles qui devrait se tenir à Moscou en septembre prochain, et qui rassemble plusieurs traditions religieuses.

[...] Notre rencontre avec le métropolite Hilarion, sorte de ministre des affaires étrangères du patriarcat, n’a pas donné lieu à un échange sur l’Ukraine et la Crimée. Nous avons évoqué plutôt le drame des chrétiens de Syrie, qui fait l’objet d’une indifférence quasi générale des médias occidentaux, avec encore récemment le drame des Arméniens chassés et tués par les islamistes. Nous avons aussi parlé de l’ultralibéralisme en Occident, qui effraie et affecte aussi beaucoup la Russie. Le métropolite s’est enfin dit sensible aux manifestations sans précédent qui ont eu lieu en France pour défendre la famille et le mariage. [...]

WP_20140401_012La politique de Vladimir Poutine est en effet très décriée en Occident. Mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un pays en reconstruction, après soixante-dix ans de communisme : régime qui a totalement nié les droits de l’homme, sans que cela soit toujours dénoncé en Occident… Par ailleurs, la promotion de la vie est partie intégrante de la défense des droits humains et on ne peut pas l’exclure, comme l’a rappelé le pape François dans son exhortation Evangelii gaudium. En Russie, si sur ce terrain, les choses sont encore en gestation, il y a indéniablement une politique favorable au respect de la vie. En Occident, en revanche, on ne peut pas dire que nous soyons en progrès sur cette question. Car comme le souligne le pape, « ce n’est jamais un progrès que de résoudre les problèmes en éliminant une vie humaine » (EG 214). Notre voyage n’avait pas pour but de créer une quelconque alliance des moralismes, mais il nous a permis de constater que le respect des droits humains n’est pas qu’une question de morale individuelle, mais aussi de justice sociale."

Posté le 3 avril 2014 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

23 février 2014

Kiev : les prêtres en première ligne sur la place Maidan

Des photos à découvrir ici.

UKRAINE-UNREST-EU-RUSSIA-POLITICS

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Sur le blog de L'Homme Nouveau, Xavier Moreau, géo-politicien, spécialiste de la Russie et collaborateur du site Realpolitik.tv, indique pourquoi ce qui s'est passé en Ukraine ne se passse pas en France (outre le fait que nos prélats ne s'exposent pas comme en Ukraine...), car la police y a été plus laxiste qu'en France, contrairement à ce que racontent nos médias :

  • Si nous dépassons la zone ou l’horaire qui nous sont attribués pour notre défilé, la police nous dispersera. En France, ce sera plus brutalement qu’à Maïdan la première nuit.
  • Si quelques milliers de manifestants se barricadent sur la place des Invalides, la police donnera l’assaut immédiatement, jettera les manifestant en prison et condamnera lourdement les meneurs. En France, il est inconcevable, contrairement à l’Ukraine, que les policiers français se fassent incendier par des « cocktails molotov » sans réagir, même si les manifestants sont soutenus par des capitales étrangères.
  • Le gouvernement français n’autorisera jamais des bandes armées à occuper une place de la capitale parisienne et à la transformer en camp retranché."

Posté le 23 février 2014 à 11h49 par Michel Janva | Lien permanent

28 janvier 2014

La Banque de Moscou passe un accord avec l'Eglise orthodoxe pour la construction d'églises

En partenariat avec l'Eglise orthodoxe russe, la Banque de Moscou a sorti à la mi-janvier une carte de crédit qui à chaque paiement prélève une commission destinée à la construction/rénovation d'églises et de monastères orthodoxes à travers la Russie. Selon le Patriarche :

"Celui qui construit une église entre dans l'Histoire, et pas seulement celle de l'Humanité. Son nom sera à jamais inscrit dans le grand livre de la Vie."

Une publicité est affichée depuis quelques jours à l'entrée de tous les églises et monastères de Moscou.

Posté le 28 janvier 2014 à 08h22 par Michel Janva | Lien permanent

24 janvier 2014

Une des photos du jour

Ukren Ukraine, prêtres entre forces de l'ordre et manifestants.

Posté le 24 janvier 2014 à 22h30 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (11)

07 janvier 2014

Nouvelle église orthodoxe russe à Paris

Lu dans Présent :

"La construction à Paris d’une nouvelle église orthodoxe russe, récemment autorisée par la France, doit débuter en juin, a annoncé dimanche le chef de l’Intendance du Kremlin, Vladimir Kojine. Prévu sur un terrain de 4 000 mètres carrés jouxtant le palais de l’Alma, ce centre sera composé, outre l’église, d’une école russo-française pouvant accueillir 150 élèves, d’une salle d’exposition et de bureaux pour l’administration."

Posté le 7 janvier 2014 à 13h33 par Michel Janva | Lien permanent

03 janvier 2014

Les voeux du patriarche orthodoxe aux autres chrétiens

Le patriarche orthodoxe Kirill de Moscou et de Toute la Russie, a adressé ses vœux de Noël aux chefs des Églises et communautés chrétiennes non orthodoxes, qui fêtent Noël selon le calendrier grégorien : au pape François, à l’archevêque Justin Welby, chef de la Communion anglicane, à l’archevêque Kari Mäkinen, chef de l’Église évangélique luthérienne en Finlande, à Nikolaus Schneider, président du Conseil des Églises évangéliques en Allemagne :

"Je vous salue cordialement à l’occasion de la grande fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ.

La venue du Sauveur dans le monde a ouvert une ère nouvelle dans notre histoire, après qu’il ait révélé l’ineffable miséricorde de Dieu : « Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée. » (Mt 4,16).

En plus des tribulations politiques et économiques que l’humanité vit depuis des siècles, la société moderne souffre d’une crise morale profonde. Voilà pourquoi l’Église doit élever la voix et appeler les personnes à suivre le Christ qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14,6).

Dans la prière, je vous souhaite un Noël rayonnant de joie et l’aide de Dieu dans votre éminent ministère. J’invoque la paix et la prospérité pour votre troupeau.

Avec amour dans le Seigneur"

Posté le 3 janvier 2014 à 10h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

14 novembre 2013

L'Église orthodoxe russe est prête à une rencontre entre le pape et le patriarche Kirill

Lu ici :

"Au lendemain d’une audience avec le pape François, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, directeur du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, a confié mercredi 13 novembre que l’Église orthodoxe russe est prête à travailler à une rencontre entre le pape et le patriarche orthodoxe russe Kirill.

« Nous ne sommes pas encore prêts à dire quand et où aura lieu cette rencontre mais nous sommes prêts à préparer et à travailler à cette rencontre », a-t-il déclaré à l’agence italienne Ansa, insistant sur le travail principal portant sur "le contenu". [...]

La rencontre entre François et Hilarion a eu lieu treize jours avant celle, prévue le 25 novembre, du président russe Vladimir Poutine au pape, dans le cadre de sa visite en Italie."

Le patriarche de Moscou a de son côté évoqué l’interdiction des symboles chrétiens ou l’utilisation du mot «Noël», le fait que des chrétiens ne pouvaient travailler avec une croix autour du cou « prétendument parce que cela viole les non-croyants et des personnes d’autres religions » :

"Aujourd’hui, la question de la préservation de l’Europe chrétienne, le maintien des sources de la civilisation chrétienne est notre objectif commun. Jamais nos deux Églises n’ont eu autant de raisons de travailler ensemble. »

Posté le 14 novembre 2013 à 07h58 par Michel Janva | Lien permanent

13 novembre 2013

Echanges entre le patriarcat orthodoxe de Moscou et le Saint-Siège

Hier, le pape François a reçu en audience le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou. Ce même jour, le cardinal Scola, archevêque de Milan, rencontrait à Moscou le patriarche Kirill dans le cadre des commémorations du dix-septième centenaire de l’Edit de Milan de l’empereur romain Constantin.

Toujours mardi, un concert est organisé à Rome par la Fondation Urbi et Orbi, fondation rassemblant catholiques et orthodoxes qui travaillent ensemble dans le domaine de la culture. Le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil pontifical pour la Culture, était à Moscou où il a rencontré le patriarche Kirill à l’occasion d’un symposium sur le thème de « la responsabilité sociale corporative dans la sphère de l’enseignement ».

"Et l’important, c’est qu’entre les fidèles orthodoxes et les fidèles catholiques, nous n’avons pas de contentieux fondamental au plan théologique. Nous partageons la même foi qui s’enracine dans la même parole de Dieu, qui est donc irriguée par la Sainte Liturgie. Nous allons dans notre vie quotidienne, dans le « gouvernement » pour prendre ce terme, cheminer de façon différente et voir comment il y a comme de part et d’autre un rapprochement dans nos manières différentes de cheminer. Du côté du monde orthodoxe, il y a maintenant la reconnaissance de l’évêque de Rome comme le « primus inter pares », le premier parmi les pairs. Certains avaient oublié que le Pape François s’est présenté au moment même de son élection. Les cardinaux élisent l’évêque de Rome. Et l’évêque de Rome hérite du ministère de Pierre. Donc, le point sur lequel nous avons à nous rapprocher, c’est ce fait de la manière de vivre ce ministère. Pour les Églises orthodoxes, il y a la grande importance de ce que nous appelons « la collégialité », le saint-synode. Nous sommes tout au début du pontificat du Pape François mais dans sa manière de gouverner, il a déjà posé des jalons très significatifs en ce sens, en instituant cette commission des cardinaux et toutes les dernières dispositions sur la manière de potentialiser le synode des évêques qui avait été créé par le Pape Paul VI."

Posté le 13 novembre 2013 à 10h03 par Michel Janva | Lien permanent

12 novembre 2013

Chypre, pillée par les envahisseurs turcs en 1974, recouvre quelques icônes

Les biens spoliés sont restitués par l'Allemagne : 

"Chypre a reçu d'Allemagne des dizaines de fresques, mosaïques et icônes qui avaient été volées dans les églises après l'invasion turque du nord de l'île méditerranéenne en 1974, a annoncé aujourd'hui le gouvernement.

Ces 173 pièces de l'époque byzantine et post-byzantine - le "plus grand nombre d'objets culturels jamais rapatriés" à Chypre selon un communiqué du gouvernement - étaient exposées aujourd'hui au musée byzantin de Nicosie. 

Elles portaient encore les traces de dommages subis lorsqu'elles ont été arrachées à une cinquantaine d'églises grecques-orthodoxes et maronites".

Posté le 12 novembre 2013 à 17h55 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (3)

29 septembre 2013

Cardinal Raï : "Le printemps arabe s’est transformé en massacres et destructions"

Le Conseil des patriarches catholiques d’Orient s'est rassemblé vendredi dans le but de préparer un memorandum qui sera remis au pape François lors de l’entretien qu’il leur accordera en novembre prochain conjointement aux représentants de l'Eglise orthodoxe. Participaient :

  • le patriarche maronite le cardinal Béchara Raï,
  • le patriarche grec-catholique Grégoire III Lahham,
  • le patriarche des chaldéens, Mgr Louis Raphaël Sako,
  • le patriarche des syriaques-catholiques, Mgr Aghnatios Youssef Younane,
  • le patriarche des arméniens-catholiques, Nercès Bedros IXX,
  • les évêques Boulos Sayyah, Hanna Alouane, Roland Aboujadoudé, Michel Kassarji et Chlimon Wardouni,
  • le secrétaire général de ce Conseil, l’abbé Khalil Alouane.

CbbLe cardinal  Bechara Boutros Raï, Patriarche d’Antioche des Maronites, qui accueillait cette réunion, a pris la parole

"Le cardinal Raï a rappelé l’Exhortation apostolique remise par le pape aux patriarches d’Orient, à la suite du synode consacré au Moyen-Orient. « Cette exhortation a été adoptée dans une intuition divine, car nous nous souvenons tous comment la fin de ce synode a coïncidé avec le début du printemps arabe, a déclaré Mgr Raï. Malheureusement, ce printemps s’est transformé en hiver, en fer et en feu, en tueries et en destructions, alors que les peuples aspiraient à une vie nouvelle et à des réformes dans l’univers de la globalisation. »

Mgr Raï a encore affirmé qu’aujourd’hui plus que jamais, « cette région a besoin de l’Évangile de Jésus, celui de la paix, de la vérité, de la fraternité et de la justice, car si le monde perd cet Évangile, il connaîtra une situation de destruction, comme celle que nous vivons aujourd’hui ». Le patriarche Raï a ajouté que « nous portons tous dans nos cœurs l’Irak, la Syrie, l’Égypte et le Liban ». « Nous nous unissons, et c’est main dans la main que nous préparons notre rencontre avec le pape François qui aura lieu en novembre et à laquelle se joindront les représentants de l’Église orthodoxe, a indiqué Mgr Raï. Nous réitérons aujourd’hui notre foi dans cette région et dans la coexistence de tous ses fils. »

De son côté, le patriarche Sako a remercié le cardinal Raï pour son discours tout en appelant à une action commune chrétienne pour préserver la présence chrétienne dans cette région. Il a ajouté que face à ce qui se passe, « les condamnations et les protestations ne suffisent plus ». « Il faut faire en sorte que les chrétiens puissent rester sur cette terre dont ils sont originaires, a-t-il déclaré. Il faut agir vite, car le volcan risque d’entraîner tout dans son éruption. » Le patriarche Sako a encore réclamé la formation d’une équipe qui serait chargée du dialogue avec les parties musulmanes, sunnites et chiites, et avec les parties politiques, insistant sur le fait que « le sauvetage viendra de l’intérieur non de l’étranger ». Il a appelé aussi les chrétiens à ne pas songer à l’exode, mais au contraire à construire les ponts, grâce à leur ouverture et à leur esprit de dialogue".

Posté le 29 septembre 2013 à 22h59 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (5)

04 août 2013

Turquie : un office pour tenter de sauver leur église

Lu ici :

"Vingt-cinq Russes blancs orthodoxes ont célébré vendredi pour la première fois en quarante ans une liturgie divine dans leur église dont ils craignent qu'elle ne soit démolie pour faire place à un projet touristique.

Un choeur a psalmodié des hymnes et des femmes portant des foulards se sont inclinées dans l'église Saint-Elie, construite à la fin du XIXe siècle, à l'occasion du jour de la saint-Elie dans le calendrier julien.

La petite communauté de Russes blancs d'Istanbul, dont les familles ont fui les Bolcheviks dans les années 1920, craint que l'église Saint-Elie et deux autres églises affiliées ne fassent les frais du boom du secteur du bâtiment que connaît la plus grande ville de Turquie.

L'église Saint-Elie est menacée car elle est restée longtemps désaffectée et ne figure pas sur la liste des sites protégés de la ville. La liturgie de vendredi visait à sanctifier de nouveau les lieux, car ainsi, il sera beaucoup plus difficile pour les autorités de faire démolir l'édifice".

Posté le 4 août 2013 à 11h52 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

25 juillet 2013

L’archevêché orthodoxe de Crète offre des terrains agricoles aux chômeurs

Lu ici :

"L’archevêque de Crète Irénée a déclaré que l’Église propose d’offrir des terrains agricoles aux chômeurs, afin de les aider pendant cette accablante crise économique. En s’adressant à l’agence d’informations Dogma, l’archevêque a mentionné qu’il « voulait montrer l’amour de l’Église aux gens qui ont besoin de nourriture », soulignant que « l’Église observerait toutes les procédures prévues par la loi ». Dans une première phase, cette action n’est entreprise que par l’archevêché d’Héraklion, et non par les autres diocèses de l’île. L’archevêque a précisé « qu’il sera vérifié d’abord que les gens ayant marqué leur intérêt éprouvent de réels besoins et ne sont pas guidés par des intentions prédatrices »."

Posté le 25 juillet 2013 à 09h54 par Michel Janva | Lien permanent

22 juin 2013

La Bulgarie connaît aussi de grandes manifestations

Et l'Eglise orthodoxe intervient aujourd'hui : 

"Dans un contexte de tensions croissantes dans la société, de mécontentement populaire et continu pendant plusieurs jours, de manifestations massives dans la capitale et les grandes villes, l'Église orthodoxe bulgare ne peut rester indifférente à ce qui se passe dans le pays. Elle a ses fidèles et ses enfants tant parmi les manifestants, que parmi ceux qui sont visés par l'indignation du public, et elle suit avec une préoccupation croissante et inquiétude les atteintes à la paix, l'ordre et la justice dans la société » est-il dit dans le communiqué du Saint-Synode. « La liberté est la plus grande bénédiction de l’être humain, mais sans morale pour lui donner appui, elle conduit à la dégradation et à la ruine, tant de l’individu que de la société… Lorsque les citoyens et les détenteurs du pouvoir, dans leurs décisions et leurs actes ne sont pas guidés par l’amour de l’autre, mais par la haine, la vengeance, les intérêts personnels, les ambitions et l’orgueil, nous ne pouvons espérer voir des jours meilleurs » est-il encore souligné dans le communiqué".

Toute ressemblance avec les dérives du pouvoir en France n'est pas fortuite.

Posté le 22 juin 2013 à 22h35 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

07 juin 2013

Eglise orthodoxe à Paris : plainte contre le ministre de la culture

Manuel Yanowsky, l'architecte choisi pour construire la grande église orthodoxe russe quai Branly, à Paris, estimant avoir été injustement écarté de ce projet prestigieux pour des raisons politiques, alors qu'il avait gagné en mars 2011 un concours officiel, a décidé de porter plainte contre Aurélie Filippetti pour "abus d'autorité publique". Me Louis Fauquet, l'avocat de l'architecte, explique :

"Elle a donné des instructions aux Architectes des bâtiments de France (ABF) et à la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) d'Ile-de-France pour qu'ils rendent des avis négatifs sur la demande de permis de construire".

A l'appui de ses accusations contre Aurélie Filippetti, l'avocat a joint à sa plainte l'enregistrement clandestin d'une réunion de travail tenue le 16 octobre 2012 à l'ambassade de Russie. Alexandre Orlov, l'ambassadeur, y déclare notamment :

"Nous avons parlé avec les personnes concernées qui nous ont avoué avoir reçu des instructions de faire un avis défavorable".

Selon Me Fauquet,

"Aurélie Filippetti a surtout voulu faire plaisir à son ami Bertrand Delanoë, opposé depuis le début au projet de Manuel Yanowsky".

Le maire de Paris n'a jamais caché son hostilité à l'encontre de cette église, élément central d'un grand centre spirituel et culturel orthodoxe édifié à la place du siège de Meteo France, vendu 60 millions d'euros à la Fédération de Russie en mars 2010. Estimant que le maire a mené une campagne de déstabilisation contre lui, l'architecte assigne également Bertrand Delanoë pour "violation des obligations contractuelles découlant du concours auquel la ville de Paris avait participé", et lui réclame 10 millions d'euros.

Posté le 7 juin 2013 à 21h57 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

23 mai 2013

La prétention luciférienne de la démocratie moderne

Extrait d'une méditation du patriarche œcuménique de Constantinople, Bartolomaios Ier, à l’occasion du 1700ème anniversaire de la publication de l’Édit de Milan, à Milan, le 15 mai 2013 :

"[...] Mais, pour l’Église, la démocratie n’est légale que lorsqu’elle exprime la participation du peuple à la nomination des chefs et des gouvernements, en respectant les droits de Dieu et les lois divines. La prétention de la nation à s’autodéterminer comme le fondement suprême des canons qui inspire et institue les lois ne peut être acceptée par l’Église ; elle est rejetée comme une prétention luciférienne qui mène l’homme à son autodestruction.

Pour l’Église, tout effort en vue d’acquérir la liberté doit s’adresser d’abord à l’homme intérieur pour être ensuite étendu aux autres. Pour l’Église orthodoxe, l’homme a l’entière responsabilité de lutter pour la réalisation de l’aspect positif de la liberté dans sa propre personne, de devenir chaque jour authentiquement libre, se reniant lui-même et rejetant sa tendance au péché.

Tous les mouvements humains qui ont tenté d’atteindre la liberté hors de Dieu, sans le Christ, non seulement ont fini par échouer mais ont eu aussi des conséquences catastrophiques pour l’humanité.

Il ne faut pas oublier que, à la Révolution française de 1789, avec ses déclarations progressistes, ont suivi les massacres des années 1792-1794 et les millions de morts des guerres napoléoniennes. Il ne faut pas oublier que, à la Révolution d’Octobre en Russie, ont suivi les millions de victimes des persécutions staliniennes et des terribles camps de concentration en Sibérie.

Malheureusement, il n’y a pas que le fondamentalisme et la haine religieuse qui privent l’homme de ses droits fondamentaux. Cette soif de liberté ne trouvera pas sa réalisation si l’homme européen ne se relie pas à l’héritage chrétien de Constantin le Grand, personnalité éminente et sainte qui a tracé un signe dans l’histoire du monde, comme seul un saint pouvait le faire. Lorsque les peuples d’Occident ne cherchent un fondement à la morale et au droit que dans l’homme et dans la nation, en oubliant Dieu, alors les droits de l’homme resteront de simples déclarations sur le papier.

Posté le 23 mai 2013 à 13h46 par Michel Janva | Lien permanent

22 mai 2013

Rapprochement entre l'Eglise copte orthodoxe et l'Eglise catholique ?

Sa Sainteté le Pape François et le Patriarche copte orthodoxe Tawadros II se sont récemment rencontrés à Rome. Pour Mgr Anba Kyrillos William Samaan, évêque copte-catholique d’Assioutait, c'est un tournant œcuménique entre les deux Églises :

"Oui, on pourrait vraiment l’appeler ainsi. Le Pape Tawadros a montré dès le début qu’il souhaitait se rapprocher des autres Églises. Peu après l’élection du pape François, il a insisté pour le rencontrer le 10 mai, la date du 40ème anniversaire de la rencontre entre le Pape Paul VI et le patriarche Chenouda III. Certes, il n’est pas très facile d’obtenir rapidement une audience au Vatican. Mais on s’y est efforcé d’accéder au souhait de Tawadros. Je suis donc vraiment persuadé qu’il s’agit d’un tournant. En ce qui concerne l’œcuménisme, Tawadros est tellement différent de son prédécesseur Chenouda.

Dans quelle mesure ?

D’un côté, le patriarche copte Chenouda avait voulu rendre visite en 1973 au Pape Paul VI au Vatican. Mais de l’autre, il a rapidement pris peur que l’œcuménisme puisse troubler les fidèles et qu’ils n’accorderaient plus de valeur à leur appartenance confessionnelle. C’est pourquoi il ne voulait entretenir aucune relation avec l’Église catholique locale. La question de la reconnaissance du baptême catholique pesait particulièrement sur les relations entre les deux Églises en Égypte. Des catholiques se convertissant par exemple à l’Église copte pour pouvoir se marier doivent être rebaptisés.

Vous attendez-vous ici à ce que les choses évoluent ?

Oui. Le Pape Tawadros lui-même l’a dit. Le Pape Chenouda avait exigé un rebaptême parce que selon lui, l’unité dans la foi était une condition indispensable pour la reconnaissance du baptême catholique. Il se référait ici à l’épître aux Éphésiens, où il est question d’un seul Seigneur, d’une seule foi, d’un seul baptême. La difficulté proviendra du fait que le synode copte est toujours composé de nombreux partisans de Chenouda. Mais il y a aussi des évêques qui ne suivaient que par pure obéissance et non par conviction la ligne de Chenouda en ce qui a trait au rebaptême. Je ne peux donc pas pronostiquer s’il y aura un changement de la ligne de conduite. Mais j’ai le sentiment que la cordialité du Pape et l’ouverture d’esprit des représentants de la Curie ont positivement impressionné Tawadros et ses compagnons, dont aussi des élèves de Chenouda.

Pourrait-on dire que les problèmes que les chrétiens rencontrent actuellement en Égypte ont engendré un rapprochement œcuménique ?

Oui, très certainement. Lorsque la révolution s’est déclenchée il y a deux ans, il y a eu des consultations spontanées entre nous autres catholiques, les orthodoxes et les protestants. Nous voulions nous exprimer d’une seule voix. Sur le plan institutionnel, ce rapprochement s’est traduit dans le Conseil des Églises d’Égypte.

Pensez-vous que le rapprochement œcuménique butera au plus tard sur la question relative à la primauté du Pape ?

Non, je ne pense pas. La question de la primauté du Pape a été discutée dans les débats théologiques menés entre catholiques et membres des antiques Églises orientales. Ce qui est déterminant, c’est la pratique reconnue au cours du premier millénaire, avant le schisme entre les Églises d’Orient et d’Occident. Dans sa lettre encyclique Ut unum sint de 1995, Bienheureux Jean-Paul II avait invité les patriarches orientaux à réfléchir quel pourrait être un accomplissement du ministère pétrinien qui leur semblerait acceptable.

À l’échelle internationale, l’Église catholique et le Pape sont considérés comme instance morale. Est-ce attrayant pour une Église nationale telle que l’Église copte-orthodoxe ?

Oui, ça l’est aussi. Une Église mondiale comme l’Église catholique a évidement d’autres moyens qu’une Église uniquement nationale pour attirer l’attention sur les problèmes survenant dans un pays. L’Église copte est encouragée par la manière dont l’Église catholique s’engage en sa faveur. C’est ressorti nettement lors de la visite de Tawadros."

Posté le 22 mai 2013 à 07h40 par Michel Janva | Lien permanent

21 mai 2013

Face aux LGBT, les orthodoxes ne se laissent pas faire

Lu sur Orthodoxie :

"En Géorgie, le primat de l’Église orthodoxe avait demandé aux autorités  de prendre en compte les vues de la majorité de leurs concitoyens et d'annuler le défilé des homosexuels à Tbilissi. Or, la municipalité avait une autre opinion et a décidé, avec le ministère de l’Intérieur, de laisser se dérouler de façon régulière ladite manifestation. Toutefois, 10.000 chrétiens orthodoxes se sont rassemblés le 17 mai à Tbilissi, sur le lieu de la manifestation, afin de l’empêcher, et ont réussi à franchir le cordon de police protégeant les participants à la « gay parade », quelques dizaines de personnes selon la presse. La police et les unités anti-émeutes ont réussi à exfiltrer ces derniers et les transporter en lieu sûr.

En Moldavie, le métropolite Vladimir a écrit une lettre au maire de Chișinău, datée du 14 mai, spécifiant que "Le diocèse métropolitain de Chisinau et de toute la Moldavie maintient le point de vue selon lequel ce genre d’initiative constitue une provocation, venant en contradiction avec la morale et les bonnes mœurs." Il a aussi observé: " En outre, le 15 mai sera célébré le Jour de la famille, une fête avec un fort contenu symbolique, qui marquera la semaine qui vient par des événements présentant une large thématique, de telle façon que la « gay parade » ne trouve pas de place dans un tel environnement, au moins du point de vue d’un élémentaire bon sens. Au surplus, le 19 mai, l’Église orthodoxe de Moldavie honorera les femmes myrophores, événement qui, comme nous le considérons, occupe une priorité morale et spirituelle indiscutable et ne saurait être profané par les actions d’un groupe minoritaire (infime, nous dit-on) et dont la vision et les doléances sont fort loin de la morale chrétienne." Il a aussi rappelé, tout en demandant l'annulation de la "gay parade": "Le diocèse métropolitain de Chișinău et de toute la Moldavie a exclu dès le début de promouvoir un message d’incitation à la haine ainsi que le soutien à certains groupes ou initiatives extrémistes, et croit fermement dans la suprématie de la loi et de la dignité humaine." Le défilé a été maintenu. Il a rassemblé, le 19 mai, selon la presse environ 100 personnes (photographies) au sein desquelles se trouvait l'ambassadeur des Etats-Unis en Moldavie, William Moser, l'émissaire de l'Union européenne, Dirck Schuebel, et le commissaire européen à l'Elargissement de l'Union européenne, Stefan Füle. Par ailleurs, après la liturgie dominicale dans la cathédrale, plusieurs centaines de croyants se sont rassemblés sur la place de l'édifice pour y prier et affirmer leur défense des valeurs traditionnelles."

Posté le 21 mai 2013 à 11h06 par Michel Janva | Lien permanent

10 mai 2013

La Manif pour Tous, instrument d'oecuménisme avec les Orthodoxes

Le patriarche Cyrille de Moscou a déclaré :

« Bien sûr, nous avons été agréablement surpris, même émus par les protestations de milliers et de milliers de Parisiens contre les légalisations d’unions de même sexe, contre la suppression des mots « père » et « mère », contre la possibilité d’adoption d’enfants orphelins par ces soi-disant « familles ». Ce fut pour nous tous une manifestation inattendue, la manifestation d’une profond sentiment religieux ».

Le patriarche Cyrille a mentionné que de telles actions aident à trouver des gens partageant les mêmes idées, et que nos relations à nous orthodoxes avec l’Église catholique-romaine se construisent, en premier lieu, selon le principe de la même approche des problèmes fondamentaux, qui agitent aujourd’hui l’homme et la société.

« Le temps de notre divergence et de nos flottements dans l’analyse des problèmes importants de la société doit prendre fin. Ce processus a commencé sous le pape Benoît XVI et nous espérons beaucoup que cette bonne tendance se développera et s’améliorera. Nous sommes ouverts au dialogue et à la collaboration ».

Posté le 10 mai 2013 à 12h51 par Michel Janva | Lien permanent

08 mai 2013

le patriarche Elie de Géorgie a demandé à son gouvernement d’adopter une loi anti-avortement

Eh oui, il existe encore des pays où les autorités religieuses peuvent parler de manière claire et nette aux responsables politiques sans faux semblant ou pseudo respect humain : 

"Le patriarche Elie de Géorgie a demandé, dans son message pascal, au gouvernement géorgien d'adopter une loi anti-avortement en disant que que cela aiderait à résoudre la grave crise démographique du pays.

Il a observé: "L'avortement est l'assassinat odieux d'une créature innocente commis intentionnellement par la décision des parents. Un médecin est directement complice de ce crime. Cette assassinat sans pitié des enfants se poursuit sans encombre et il n'y a personne pour les protéger – ni l'Etat ni la société."

Il a proposé: "Ceux qui ne veulent pas donner naissance à un enfant pour des raisons économiques … s'il vous plaît ne commettez pas ce terrible péché. Si vous n'avez pas les moyens d'élever des enfants, l'Église prendra soin d'eux." Le Premier ministre, Bidzina Ivanishvili a déclaré qu'effectivement, il y a une crise démographique, mais que pour lui les causes sont économiques"

Posté le 8 mai 2013 à 21h00 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (9)

23 avril 2013

Deux métropolites orthodoxes enlevés en Syrie

Lu ici

"Le quotidien libanais L'Orient-Le jour signale: "L'Agence nationale d'information (ANI, officielle) a rapporté lundi que des hommes armés ont enlevé deux évêques près d'Alep. Dans les détails, le métropolite d'Alep pour les Grecs orthodoxes, Mgr Boulos Yazigi (Mgr Paul Yazigi est frère du patriarche d'Antioche Jean X, ndlr), et le métropolite d'Alep pour les Syriaques orthodoxes, Mgr Youhanna Ibrahim, étaient ensemble en voiture, en provenance d'un village près de la frontière turque. Arrivés près de la ville d'Alep, leur voiture a été interceptée par un groupe armé qui les a enlevés et tué le chauffeur."

Selon le père Federico Lombardi : "le Saint-Père François, qui a été informé de ce nouveau fait gravissime, - qui s’ajoute à l’augmentation de la violence ces derniers jours et à une urgence humanitaire de très vastes proportions -, suit les événements avec une profonde participation et une prière intense pour la santé et la libération des deux évêques enlevés".

Posté le 23 avril 2013 à 10h53 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (1)

13 avril 2013

La famille est menacée partout : la Moldavie défend la liberté des parents d'éduquer leurs enfants

Lu ici cette menace qui pèse sur toute l'Europe... et la France n'est pas épargnée!

"Avec la bénédiction du métropolite Vladimir de Chișinău et de toute la Moldavie, s’est réuni dans la capitale moldave, le 4 avril, le « congrès des parents » sous le slogan «Sauvez les enfants », auquel ont participé des prêtres, des parents, des grands-parents et toutes personnes soucieuses de la situation de la famille chrétienne. Le congrès a adressé l’appel suivant au Parlement et au gouvernement de la République de Moldavie :

« Aujourd’hui, dans le monde entier, la famille fait l’objet d’une menace sérieuse, la Moldavie ne constituant pas une exception. Un préjudice considérable est porté à la prospérité et aux droits de la famille, qui donne lieu aujourd’hui à des phénomènes tels que : la destruction des valeurs familiales traditionnelles, la large propagation de l’alcoolisme, de la drogue, de la prostitution, de l’homosexualité et de la pédophilie, l’incitation au viol et au libertinage sexuel, les modes de vie immoraux et antifamiliaux, la propagande du divorce et de l’avortement, l’immixtion manifeste de l’État dans la vie familiale sous le prétexte fallacieux et l’interprétation incorrecte des droits de l’enfant, le manque de respect dans la société envers le rôle et l’autorité des parents, la destruction des liens familiaux et le conflit – l’incompréhension – entre les générations.

Beaucoup de ces phénomènes destructeurs, portant atteinte aux valeurs culturelles et traditionnelles locales, sont popularisés et propagés par l’intermédiaire des structures interétatiques, à travers l’ONU et le Conseil de l’Europe.

C’est ainsi que sont enfreintes l’indépendance de l’État et que sont dénaturées, voire falsifiées, les normes du droit international ; on constate une utilisation abusive des mécanismes du droit international et une pression arbitraire sur notre pays.

Les membres du congrès « Sauvez les enfants » exigent que soit révisée la législation en vigueur dans le pays, ainsi que la pratique existante dans différentes sphères de la vie sociale, ce dans le but d’abroger les normes qui sont nuisibles à la morale de la société et à l’institution de la famille.

Dans le domaine de l’enseignement, ils demandent que soit accordée une attention particulière aux droits de la famille et des parents à déterminer de hautes valeurs morales pour leurs enfants. Il est nécessaire que soit reconnu à nouveau le rôle principal et central de la famille dans le domaine de l’enseignement des enfants. La possibilité doit être offerte impérativement aux parents de vérifier le contenu des informations dispensées dans le cadre de l’enseignement scolaire et de contribuer de façon efficace à son amélioration.

Nous demandons que soit garanti le droit des parents de choisir le type d’enseignement destiné à leurs enfants, y compris de droit de dispenser aux enfants l’éducation et l’enseignement préscolaire et scolaire à domicile dans la famille.

Les participants au congrès « Sauvez les enfants » soulignent la priorité de la famille dans le processus d’éducation des enfants se rapportant à la partie intime de la vie de l’homme. La familiarisation des enfants avec les différents problèmes liés à l’éducation sexuelle doit être uniquement effectuée avec l’accord des parents, qui doivent préalablement avoir connaissance de tous les matériaux d’enseignement de ce domaine mis à la disposition des enfants.

Ils demandent fermement l’arrêt de la réalisation de nouveaux programmes d’études, qui sont imposés, dont « l’éducation sexuelle », qui ne correspond pas aux valeurs morales, traditionnelles et familiales de notre pays.

L’enseignement, en général, doit inculquer à l’enfant le sentiment de moralité et de pudeur, et l’orienter vers la création d’une famille et à l’abstinence d’activité sexuelle jusqu’au mariage.

Les membres du congrès « Sauvez les enfants », préoccupés par le sort de la famille et du pays, font appel aux représentants des instances dirigeantes de la République de Moldavie, aux experts et à toute la société, en les priant de faire tout le possible pour que soient protégées et renforcées l’institution de la famille, la moralité de la société, et les invitent à s’opposer aux velléités de tous ceux qui provoquent la perte de la famille et la détruisent [...]".

Posté le 13 avril 2013 à 08h34 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (12)

18 mars 2013

Pour la messe d'intronisation du Pape François, une première à Rome depuis 1054

Parmi les représentations des autres religions :

"Les autres Églises chrétiennes et religions enverront aussi des délégations – 33 d’Églises chrétiennes, dont 14 Orientales.

La Communion anglicane sera représentée par l’archevêque d’York, le Dr John Sentamu, accompagné de « délégués fraternels », selon le communiqué publié par Cantorbéry. Le nouveau primat, le Dr Justin Welby, n’y assistera pas car l’inauguration du pontificat du pape François intervient deux jours avant sa propre intronisation à Cantorbéry, à la fin du « pèlerinage de prière » qu’il effectue en Angleterre jusqu’à mardi. La délégation anglicane assistera avec les autres confessions chrétiennes à une audience papale mercredi 20 mars. À Cantorbéry, le pape sera quant à lui représenté par le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens.

Les gestes de Benoît XVI vers l’orthodoxie ont porté leurs fruits. Les plus hauts responsables orthodoxes seront présents à Rome mardi, alors qu’ils s’étaient contentés d’envoyer des délégués en 2005. Pour la première fois depuis le schisme entre l’Orient et l’Occident en 1054, le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomeos Ier, se rendra à la messe d’inauguration de l’évêque de Rome. L’orthodoxie comptera aussi les métropolites Tikhon d’Amérique, Tarassios d’Argentine et Gennadios d’Italie.

Le patriarche Kirill restera à Moscou, mais sera représenté par le numéro deux de l’Église orthodoxe russe, le métropolite Hilarion de Volokolamsk, responsable du département pour les relations extérieures.

La communauté juive, avec laquelle le cardinal Bergoglio a toujours entretenu d’étroites relations en Argentine, s’annonce elle aussi très nombreuse".

Posté le 18 mars 2013 à 21h21 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (6)

15 mars 2013

S.B. Bartholomée Ier à la messe d'installation du pape François

Lu ici :

"Le patriarche œcuménique de Constantinople, S.B. Bartholomée Ier, assistera à la Messe inaugurale du pontificat du pape François ce 19 mars à Saint-Pierre de Rome."

Posté le 15 mars 2013 à 16h48 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

08 mars 2013

L’Église conseille à ceux qui ont des penchants envers l’homosexualité, de lutter pour s’en délivrer

Au cours de la session du Saint-Synode de l’Église orthodoxe de Chypre, le 6 mars, une déclaration a été faite au sujet du projet de loi du gouvernement chypriote concernant l’union libre de personnes de sexe différent ou identique :

[...] 1. Pour l’Église, il est impossible que soit acceptée la cohabitation de deux personnes en dehors du sacrement du mariage. L’union de l’homme et de la femme a pour but la perfection spirituelle des époux et, pour cette raison, leur relation se réfère, par le sacrement du mariage, à la relation du Christ et de l’Église.

2. La doctrine chrétienne, a fortiori, ne peut justifier l’homosexualité, ni accepter la cohabitation de personnes homosexuelles. La sainte Écriture mentionne deux sexes « masculin et féminin », qui ont été créés par Dieu. Et l’Église conseille à ceux qui ont des penchants ou une dépendance envers l’homosexualité, à lutter pour s’en délivrer, de la même façon que l’on lutte contre d’autres passions.

3. Même si l’on acceptait la justification du projet de loi pour la raison qu’il vise à légiférer sur les problèmes sociaux de personnes qui n’appartiennent pas à l’Église, le fait même qu’il prévoit de régir la cohabitation de même sexe constitue une perversion totale. Nous sommes de l’opinion que les lois doivent avoir pour but ni simplement la régulation des différents sociétaux, ni la satisfaction des désirs des hommes, mais principalement leur éducation. A fortiori, les lois ne sauraient élever une déviation au degré de règle de droit.

4. Une législation étrangère aux mœurs de notre peuple ne devrait pas influencer les fidèles. Or, même chez les peuples qui n’ont pas le problème de survie nationale, de telles législations atténuent la sensibilité morale des hommes et contribuent à la dissolution de la société. L’introduction de telles situations sera encore plus destructrice pour notre peuple, qui lutte pour sa survie nationale mais aussi physique sur sa terre ancestrale. Nous serons conduits à la dissolution de la famille, qui constitue la cellule de notre société et à la corruption des mœurs ».

Posté le 8 mars 2013 à 12h50 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (4)

07 mars 2013

La révision du droit familial conduit à l'auto-liquidation des peuples

Le service de communication du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a publié la déclaration qui suit sur les dernières modifications de la législation familiale en France et au Royaume-Uni:

"Le processus de légalisation des unions homosexuelles se poursuit en Europe. Des projets de loi allant dans ce sens ont récemment été approuvés par les chambres basses des parlements français et britannique. Ceci se déroule non seulement contre l’opinion d’une partie des députés, mais sur fond de manifestations de protestation massives de la part des citoyens.

Ces décisions prises dans le domaine législatif témoignent du bouleversement qui se produit dans la conception du mariage en tant que tel au sein des sociétés européennes. La reconnaissance juridique des unions homosexuelles et leur assimilation au mariage est une révolution dans la sphère des normes législatives régulant les relations familiales, y compris celles concernant l’imposition fiscale, l’instruction, la santé, l’éducation des enfants, etc.

La légalisation des unions homosexuelles est une étape dans le processus qui consiste à donner un sens entièrement nouveau au mariage et à la famille, diamétralement opposé à la conception chrétienne. A l’origine, ce processus est à mettre en relation avec la complaisance envers l’individualisme et l’hédonisme au niveau de la société, de l’état et, en définitive, de toute l’humanité.

Dans les pays s’étant engagés dans une révision radicale de l’éthique familiale traditionnelle, ce processus a entraîné une crise démographique gravissime empirant d’année en année. La révision des normes fondamentales du droit familial, dont a vécu la communauté humaine durant des siècles et qui figurent toujours dans le code moral des principales religieux mondiales, conduit à l’auto-liquidation de peuples entiers.

En ce sens, la norme législative permettant aux couples homosexuels d’adopter et d’élever des enfants paraît particulièrement dangereuse. Il va de soi que ces enfants envisageront les parents, la famille, les valeurs morales et civiques d’une façon très différente de la conception traditionnelle. Ceci favorisera une érosion toujours plus grande des différences entre les sexes et, dans l’avenir, le rejet de l’image de la femme comme mère, épouse et gardienne du foyer dans la conscience populaire. Le renoncement définitif à une représentation selon laquelle l’homme et la femme ont leur vocation propre et se complètent mutuellement dans la vie familiale risque d’avoir des conséquences destructives pour l’homme et pour la société.

L’Église orthodoxe russe maintient et défend la conception chrétienne originelle du mariage et de la famille, bénit les unions conjugales par un sacrement et affirme l’importance du mariage pour la prospérité et le développement de la société en général.

Notre Église exprime sa solidarité avec les chrétiens, les adhérents d’autres religions ainsi que les personnes défendant une idéologie athée qui restent fidèles à la conception traditionnelle du mariage comme union d’un homme et d’une femme et s’élèvent contre toute autre représentation du mariage imposée à toute la société – par une réforme juridique radicale – n’ayant aucun précédent dans l’histoire de l’humanité.

Comprenant le danger de ces processus, nous estimons qu’il est important de développer le dialogue avec toutes les forces civiles, religieuses ou areligieuses, défendant les représentations traditionnelles des valeurs familiales. Ce critère est l’un des plus importants dans le choix que fait l’Église orthodoxe russe de ses partenaires dans le dialogue interchrétien et interreligieux. "

Posté le 7 mars 2013 à 08h12 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

04 mars 2013

L'hommage du patriarche orthodoxe de Moscou à Benoît XVI

Le 1er mars 2013, le patriarche Cyrille de Moscou a envoyé un message à Benoît XVI :

"Votre Sainteté !

En ces journées exceptionnelles pour vous, je voudrais exprimer mes sentiments d’amour fraternel en Christ et de respect.

Votre décision de quitter le ministère d’évêque de Rome, que vous avez annoncée avec humilité et simplicité le 11 février dernier, a trouvé un écho dans le cœur de millions de catholiques.

Nous nous sommes toujours sentis proche de votre ministère consistant, marqué par une non-compromission en matière de foi et une adhésion sans faille à la Tradition vivante de l’Eglise. À une époque où l’idéologie de la permissivité et du relativisme moral essaie de déloger de la vie les valeurs morales, vous avez hardiment élevé votre voix pour défendre les idéaux de l’Evangile, la haute dignité de l’homme et sa vocation à être délivré du péché.

Je garde un souvenir chaleureux de notre rencontre lorsque vous aviez été élu au Siège de Rome. Au cours de votre ministère, nous avons reçu un élan positif dans les relations entre nos Eglises, répondant ainsi au monde moderne comme témoins du Christ crucifié et ressuscité. J’espère sincèrement que ce qui s’est développé au cours de votre ministère actif, une bonne relation de confiance entre les orthodoxes et les catholiques, va continuer à croître avec votre successeur.

Je vous prie d’accepter mes vœux les plus sincères de bonne santé, de longue vie et de nous aider à croître par la prière et par vos écrits théologiques.

« Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et paix » (Romains 15:13)."

Posté le 4 mars 2013 à 07h28 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

01 mars 2013

Eglises : les uns détruisent, d'autres construisent

27 églises sont actuellement en construction à Moscou. C’est ce qu’a évoqué Vladimir Resine, conseiller du patriarche de Moscou Cyrille pour les questions de constructions, député de la Douma et commissaire du programme 200 du gouvernement de Moscou.

Ces constructions font partie d'un programme de de construction de 200 nouvelles églises orthodoxes à Moscou.

Posté le 1 mars 2013 à 20h58 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

27 février 2013

L'église orthodoxe russe verra bien le jour quai Branly à Paris

A Moscou, François Hollande, accompagné du ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, confirmera jeudi à Vladimir Poutine que cette église verra bien le jour. L'architecte français Jean-Michel Wilmotte va présenter un nouveau projet.

En janvier 2010, la Fédération de Russie avait racheté à l'État français l'ancien siège de Météo France, situé à l'angle de l'avenue Rapp et du quai Branly (VIIe). Un permis de construire avait été déposé pour l'édification d'un centre culturel et cultuel orthodoxe en janvier 2012. En mai 2012, les deux États avaient reconnu que le projet imaginé par l'architecte Manuel Nunez Yanowsky détonnait dans le paysage parisien.

Posté le 27 février 2013 à 14h17 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

15 février 2013

Carême en Syrie : de l'inquiétude à l'espérance

SnEn hommage aux chrétiens d'Orient, ce message de monseigneur Samir Nassar, Archevêque Maronite de Damas

"1) Merci Benoît XVI
La démission du Saint Père a beaucoup ému les Chrétiens d'Orient et de Syrie tout spécialement… La prière et Les appels de BENOIT XVI pour la paix en Syrie, ont rendu le Pape si proche de ce peuple oublié. Plusieurs gestes de solidarité ont montré l'affection paternelle du Saint Père envers la population souffrante de Syrie. Le Synode des Eglises du Moyen Orient en Octobre 2010 avait lancé les bases d'une Feuille de Route. Voie de Salut.
Merci très cher Saint Père, de votre enseignement, de l'Exhortation Apostolique Ecclésia in Medio Orienta que vous nous avez confiée le 14 septembre 2012 au Liban.
Avec vous Sainteté nous avons appris à mieux connaître et aimer JESUS-CHRIST et FAIRE EGLISE ENSEMBLE. Et nous continuerons ce chemin ensemble en ce temps  de carême que vous avez  choisi pour continuer autrement votre mission. 
2) Oser l'impossible :
Aucun des 15 patriarches et Archevêques des Eglises Grecques Orthodoxes dans le monde, n'a osé venir à  Damas le 10 février 2013 pour assister selon la coutume à l'installation du nouveau Patriarche Grec Orthodoxe d'Antioche Jean X.
Sa Béatitude le Cardinal maronite Béchara Boutros RAII était le seul qui a osé franchir la frontière Libano-Syrienne pour assister à la messe d'installation du nouveau Patriarche Grec Orthodoxe Jean X à Damas. Et ceci malgré la tension qui marque les relations entre les deux pays.
Cette visite historique du Patriarche Maronite, a été saluée avec enthousiasme par les Maronites et les Chrétiens de Damas qui ont pleuré de joie se bousculant par milliers à saluer ce messager de Paix d'Unité et d'Espérance.
Le patriarche Maronite est bien familier aux chrétiens de Syrie : il anime depuis plus de 30 ans une émission télévisée hebdomadaire sur la Parole de Dieu et l'Enseignement de l'Eglise; prêtre, évêque, patriarche et cardinal,sa Béatitude n'a pas manqué une fois cet instrument d’Évangélisation.
3) Exode d'une Eglise :
L'Eglise grecque orthodoxe représente 60% des chrétiens de Syrie…Son siège patriarcal se trouve à Damas…La crise syrienne qui dure depuis deux ans a beaucoup affecté et affaibli cette Eglise.. L'hémorragie a dispersé plus de la moitié des paroisses. Plusieurs dizaines de milliers ont quitté le pays vers les pays voisins cherchant refuge et exile dans les quatre coins du monde..
Déjà entre 1860 et 1920  plus d'un million et demie de grecs orthodoxes ont quitté le Proche Orient.. Ils sont très nombreux au Brésil, Argentine et aux USA où ils ont plus de 400 paroisses..
Une cathédrale à moitié vide a accueilli le nouveau patriarche le 20 décembre dernier…Alors que la cérémonie d'installation avait réuni des officiels en absence des patriarches orthodoxes.. Une autre cérémonie plus importante est  prévue le 17 février 2013 à Beyrouth.
La place forte des Grecs Orthodoxes se déplace hélas de Damas à Beyrouth.. Or le Liban n'est qu'un anti-chambre de l'exode vers d'autres cieux plus cléments..
La guerre de l'Irak a provoqué l'exode massif de ses chrétiens…La guerre de Syrie aura-t-elle les mêmes conséquences?
L'affaiblissement des Grecs Orthodoxes, épine dorsale du christianisme syrien, remet en question  l'avenir de toute la minorité chrétienne de Syrie.
En ce troisième carême de souffrance, le calvaire du peuple syrien continue. Trois prêtres ont été enlevés samedi 9 févier 2013. Merci de les porter avec les milliers de disparus dans votre prière à Notre Dame des Sans Abris".

Posté le 15 février 2013 à 12h30 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (0)

13 février 2013

Déclaration du patriarche de Constantinople à la renonciation du pape

Le patriarche orthodoxe de Constantinople écrit :

C"C’est avec tristesse que nous avons été informés de la décision de sa Sainteté le pape Benoît de démissionner de son trône, car il aurait pu, avec sa sagesse et son expérience, apporter encore beaucoup à l’Église et au monde. Le pape Benoît a apposé son sceau indélébile à la vie et à l’histoire de l’Église catholique-romaine, non seulement par son court pontificat, mais aussi par son long apport en tant que théologien et hiérarque de son Église, ainsi que par son prestige universellement reconnu. Ses écrits parleront longtemps de sa profonde érudition théologique, de sa connaissance des Pères de l’Église indivise, de son contact avec la réalité contemporaine et de son vif intérêt pour les problèmes de l’homme. Nous, orthodoxes, le considérerons toujours comme un ami de notre Église et un fidèle serviteur de la cause de l’unité de tous, et nous nous réjouirons de le savoir en bonne santé et d’être informé de son travail théologique. Personnellement, nous nous rappellerons avec émotion de sa visite au siège du Patriarcat œcuménique, il y a plus de six ans, comme des nombreuses rencontres avec lui et de la bonne collaboration que nous avons eue au cours de son ministère primatial. Depuis le Phanar, nous souhaitons que le Seigneur lui désigne un digne successeur à la tête de l’Église sœur de Rome et que continue avec celui-ci notre cheminement commun vers l’union de tous, à la gloire de Dieu".

Lire aussi la réaction du métropolite Hilarion de Volokolamsk.

Posté le 13 février 2013 à 20h39 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (6)

08 février 2013

Evolution positive des relations entre orthodoxes et catholiques

Lu sur le blog d'Yves Daoudal :

"Un concile de l’Eglise orthodoxe russe s’est réuni à Moscou du 2 au 5 février, rassemblant 280 des 290 évêques du patriarcat de Moscou. Dans son discours d’ouverture, le patriarche Cyrille a notamment déclaré que les relations entre l’Eglise orthodoxe russe et l’Eglise catholique, ces dernière années, connaissent une « évolution positive », en raison de la « claire reconnaissance de la nécessité d’unir leurs forces pour défendre les valeurs chrétiennes traditionnelles et contrer certaines menaces de la modernité, comme le laïcisme agressif qui menace les bases morales de la vie sociale et privée, la crise des valeurs familiales et la persécution et la discrimination des chrétiens dans le monde »."

Posté le 8 février 2013 à 14h32 par Michel Janva | Lien permanent

12 janvier 2013

Bénédiction d’une chapelle où l’on priera pour les femmes ayant avorté

Le 11 janvier a eu lieu à Ekaterinbourg la bénédiction d’une chapelle orthodoxe dédiée aux saints Innocents de Bethléem. La cérémonie a été présidée par le métropolite d’Ekaterinbourg et Verkhoturye Cyrille. « Nous sommes habitués à n’accuser que le roi Hérode pour l’assassinat des saints Innocents de Bethleem » a déclaré à cette occasion le métropolite Cyrille,

« or il y avait aussi ceux qui ont obéi avec zèle à cet ordre inhumain. Et si aujourd’hui les hommes n’observent pas les lois divines, alors les lois humaines aussi sont perverties. La violation des lois divines entraîne le mépris des normes élémentaires de la morale et de l’éthique ».

Posté le 12 janvier 2013 à 13h33 par Michel Janva | Lien permanent

Des orthodoxes empêchés d’assister aux offices de Noël au Kosovo

Le diocèse orthodoxe de Ras et Prizren a publié le communiqué suivant :

« La célébration de la Nativité du Christ au Kosovo et en Métochie a été assombrie cette année par la conduite extrêmement inappropriée et provocatrice de la police kosovare, qui a procédé au monastère de Gračanica à une véritable « descente de police » parmi les visiteurs et a arrêté plusieurs fidèles qui étaient venus pour la fête. L’évêque diocésain, Mgr Théodose,  a déclaré que la police kosovare, par une telle conduite, décourage les fidèles de visiter leurs lieux saints et a fait preuve de brutalité d’une façon extrêmement primitive. Ayant en vue les incidents que la police kosovare a provoqués le jour de la fête du « Vidovdan » [fête nationale serbe, ndt] l’an passé, on peut dire que l’on est devenu coutumier du fait que chaque fête religieuse de l’Église orthodoxe ait lieu dans la peur de la terreur et des arrestations policières. Mgr Théodose a également exprimé son grand mécontentement au sujet de l’attitude incorrecte des institutions du Kosovo envers les personnalités officielles serbes, auxquelles l’accès aux lieux saints de l’Église orthodoxe serbe a été interdit. Ou encore, lesdites personnalités sont obligées, comme dans le cas de M. Vulin [directeur du bureau pour le Kosovo et la Métochie du gouvernement serbe, ndt], de quitter précipitamment le monastère de Gračanica avant la fin de la cérémonie. Un incident semblable s’est produit il y a quelques mois, lorsque M. Marko Đurić, conseiller du président de la République de Serbie, a été brutalement expulsé du territoire du Kosovo. L’évêque Théodose a fait savoir aux officiels internationaux présents qu’une telle conduite des institutions kosovares est inacceptable et que par voie de conséquence, la célébration dans des conditions normales des fêtes chrétiennes est devenue impossible."

Posté le 12 janvier 2013 à 09h57 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)

11 janvier 2013

"C’est au nombre des avortements que l’on peut juger de l’état moral de la société"

CdmCes belles paroles du patriarche Cyrille de Moscou aux patients et aux collaborateurs d'une maternité visitée le jour du Noël orthodoxe :

"Lorsque, dans une maternité, le médecin pose la question : « Interromprons-nous la grossesse ? », il pousse la femme par cette question à procéder à un avortement. Je suis convaincu qu’il s’agit là d’un crime (...) 

Non seulement, c’est un crime moral, mais je pense qu’il s’agit encore d’un crime contre l’homme, contre la personne. Parce que le Seigneur a prédestiné la femme à mettre au monde un enfant. C’est, peut-être, sa finalité principale, sans laquelle ne pourrait exister le genre humain. Et si par notre volonté perverse, nous intervenons, nous empiétons sur le plan divin au sujet de la femme, si nous nous efforçons de corriger celui-ci, nous causerons un tort immense, détruisant la personne humaine et les relations dans la société (…)

C’est au nombre des avortements que l’on peut juger de l’état moral de la société. Selon ces indicateurs, la Russie, malheureusement, se trouve en tête parmi de nombreux pays (...)

dans cette institution, on ne pousse pas les futures mamans à interrompre la grossesse (...)

 Si dans chaque maternité, on persuade la maman qu’il faut laisser naître l’enfant, que grâce  à la science contemporaine, les médecins feront tout pour que l’enfant vienne au monde et aideront la maman à s’occuper de l’enfant, même si la santé de celui-ci est défectueuse, alors, je pense, le climat moral dans notre société changera également".

 Il a également évoqué les cinquantes refuges pour femmes existant dans la Fédération de Russie où les pensionnaires sont, en partie, de jeunes mamans, qui ont réussi à refuser de procéder à l’avortement mais qui, ce faisant se trouvent dans des conditions d’existence difficiles :

"[Ces femmes] peuvent séjourner quelques années, on les aide à s’insérer dans la vie et on leur fournit une assistance financière. En outre, on a ouvert toute une série de centre de consultation pour femmes enceintes. Si la future mère émet soudain le souhait d’interrompre la grossesse, des consultants appartenant à l’Église commencent à travailler avec elle. Ceux-ci, dans la majorité des cas, aident à préserver la vie de l’enfant. Nous collaborons dans ce domaine avec les institutions de l’État et les forces sociales et nous considérons qu’il s’agit là d’une direction importante du travail. Nous ferons de mieux pour la développer".

Posté le 11 janvier 2013 à 11h48 par Lahire | Lien permanent | Commentaires (2)

09 janvier 2013

L'archevêque orthodoxe russe bénit les manifestants du 13

L’archevêque de l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger a donné sa bénédiction pour une participation des fidèles de son diocèse à la manifestation du 13 janvier à Paris.

Posté le 9 janvier 2013 à 12h19 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

03 janvier 2013

13 janvier : les orthodoxes se mobilisent

Lu sur Orthodoxie :

"Plusieurs clercs orthodoxes et des sites paroissiaux ont lancé des appels au soutien de la manifestation nationale du 13 janvier à Paris contre le projet de loi "mariage pour tous". C'est le cas du doyenné Saint-Jean-Cassien (diocèse serbe de France et d'Europe occidentale), déjà présent à la manifestation à Bordeaux du 8 décembre dernier, également du père Razvan Ionescu (Métropole roumaine, paroisse Sainte-Parascèse-et-Sainte-Geneviève à Paris), de la paroisse de la Sainte-Rencontre-et-Saint-Baudille à Nîmes, de la paroisse Saint-apôtre-André à Montpellier, du site Sagesse orthodoxe (paroisse Saint-Germain-et-Saint-Cloud à Louveciennes)."

Posté le 3 janvier 2013 à 13h49 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (0)

15 décembre 2012

Mariage : le patriarche Cyrille de Moscou soutient le cardinal Vingt-Trois

Lu ici :

"En recevant le 7 décembre 2012 Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour la famille, ainsi que les responsables de la Communauté Sant'Egidio, le patriarche Cyrille de Moscou a partagé son inquiétude face à l'intention de certains pays à légaliser les unions de personnes du même sexe en tant que "mariages" et tenu à exprimer son soutien au cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, et aux chrétiens de France dans leur position concernant le projet de loi "mariage pour tous".

Le patriarche Cyrille a rappelé que "la question de la famille est un des principaux sujets dans les rapports entre l'Église et le monde. Si l'on l'aborde dans le contexte des relations entre l'Église orthodoxe et l'Église catholique, la famille, c'est le domaine où nous pouvons collaborer de manière active dès aujourd'hui, parce que nous sommes unanimes sur pratiquement tous les points".  C'est la première que Mgr Vincenzo Paglia se rendait à Moscou dans sa qualité de président du Conseil pontifical de la famille, mais il entretient depuis longtemps des relations étroites avec les Églises orthodoxes."

Posté le 15 décembre 2012 à 11h58 par Michel Janva | Lien permanent

03 décembre 2012

Mariage : il peut exister un totalitarisme de l’égalité

Extraits de l'allocution du métropolite Joseph, au nom des orthodoxes, à l'Assemblée nationale :

J"Je souhaite en liminaire, et avant d'aborder le projet de loi objet de notre audition, vous parler en toute transparence et ouvertement, avec le langage d'un pasteur chrétien, "pasteur" au sens le plus profond de ce terme, qui implique une paternité spirituelle à l'égard de tous, de tous ses enfants, quels qu'ils soient et quelle que soit leur condition, un "pasteur" qui doit s'attendrir dans une attitude pastorale et compréhensive sur ses enfants, qui doit les porter tous, dans son coeur et sa prière, mais qui doit aussi, adopter vis-à-vis d’eux une attitude que dicte l’amour, qui est celle de la vérité à leur égard, pour les ériger à la fois dans l'amour et la vérité. [...]

Nous pensons que l'égalité des droits, qui est un des fondements de tout régime démocratique qui respecte la liberté des personnes, n'implique pas le « gommage » de la différence ni l'intégration de tous dans un même moule juridique, au risque de créer de nouvelles tensions et confusions sociétales. [...]

Des régimes politiques ont voulu placer des abstractions au centre des dynamiques sociales; ils sont vite devenu totalitaires. Il peut exister un totalitarisme de l’égalité (égalitarisme). La laïcité qui est une des valeurs fondamentales de la République française n’a pas besoin de cette abstraction. Il faut trouver des formes, et c’est le rôle de la représentation nationale, qui construisent une égalité ouverte et plurielle et non une abstraction qui, finalement, ne satisfait personne, y compris, in fine, ceux pour qui l’on a voulu généraliser une « forme ».

[...] Loin d’être une simple réforme de l’institution républicaine du mariage, il s’agit en fait d’un véritable bouleversement profond des structures mêmes de la société civile. Une telle portée est d'ailleurs illustrée par les propos du président de la République devant les maires de France, même s'ils ont été retirés depuis, qui a placé l’opposition qu’auraient certains maires à un tel mariage, s’il venait être adopté par la représentation parlementaire, sur le plan de la liberté de conscience ! Il faut le dire clairement et honnêtement aux Français, une telle réforme n’est pas sans conséquences profondes sur l’ensemble de la société française ! [...]

Les conséquences sociales (fragilisation de la famille, perturbation psychologique et spirituelle des enfants), culturelles (confusion mentale, révolution dans le vocabulaire et la terminologie fondamentale, crise sémantique, crise des archétypes fondamentaux) et administratives ne nous semblent pas avoir été toutes prises en considération. (Le budget prévisionnel-même de cette transformation n’a pas été évalué : il devrait être énorme.)

[...] Pour souligner la secousse culturelle et spirituelle que constituerait ce qui est en fait la destruction de l’institution conjugale, nous tenons à rappeler que la référence biblique est une donnée constitutive de notre civilisation, en particulier de la culture française. Ouvrir le mariage à des personnes de même sexe consiste à supprimer le caractère référentiel de l’image biblique du couple de l’homme et de la femme, image qui renvoie à l’anthologie biblique mais aussi à la finalité structurelle de la constitution d’un tel couple, à savoir l’enfant et la perpétuation du genre humain.

[...] Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Députés, chers concitoyens, en tant qu’évêques orthodoxes de France, nous avons la responsabilité au regard de notre foi, mais aussi de notre conscience humaine, et de notre responsabilité citoyenne, de formuler les demandes suivantes: * le retrait d’un tel projet de loi [...]"

Posté le 3 décembre 2012 à 07h31 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (2)

28 novembre 2012

Mariage : le Patriarcat de Moscou est prêt à aider les chrétiens de France

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou a adressé une lettre au cardinal André Vingt-Trois, dans laquelle il exprime le soutien et la volonté du Patriarcat de Moscou de travailler ensembler au nom de la défense des valeurs chrétiennes. Texte de la lettre :

"Éminence !

HMa lettre fait écho à l’inquiétude que suscitent les renseignements arrivant de France sur le projet de loi prévoyant la légalisation des mariages homosexuels élaboré par le Parti socialiste au pouvoir. J’aimerais exprimer par la présente ma solidarité et mon soutien à votre position conséquente et sans compromis qui met en évidence le point de vue vraiment chrétien sur ce problème.

Nous observons avec regret l’érosion des principes moraux dans la vie privée et publique qui se produit dans un pays ayant de profondes racines chrétiennes. J’aimerais assurer votre Éminence de ce que le Patriarcat de Moscou est prêt à agir en commun avec la Conférence des évêques de France pour la défense des valeurs éthiques de l’Évangile.

Il est heureux que les Français demeurés fidèles à la morale traditionnelle ne soient pas restés indifférents à une initiative des autorités françaises inacceptable pour les chrétiens. Les nombreuses manifestations qui se sont déroulées récemment dans plusieurs villes de la République contre la légalisation des unions de personnes du même sexe. J’espère que les forces saines de la société française continueront à défendre activement la morale traditionnelle.

Je profite de l’occasion pour souhaiter à votre Éminence meilleure santé, forces morales, fermeté et aide de Dieu dans vos labeurs."

Avec mon affection dans le Seigneur,

Hilarion, métropolite de Volokolamsk, président du département  des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou

Posté le 28 novembre 2012 à 08h35 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (11)

Jean-Marc Ayrault favorable à la construction de l'église orthodoxe à Paris

Lu ici :

"Hier, à Paris, à l'occasion de la visite et de la conférence de presse conjointe avec le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a déclaré que la France est attachée au projet de construction d'une nouvelle église orthodoxe russe à Paris. Il a toutefois précisé que le quartier est soumis à  des "règles d'architecture et de patrimoine", avant d'ajouter "Je crois que nous sommes sur la bonne voie pour trouver le bon projet (…) Je suis sûr que cette solution va être trouvée."

Posté le 28 novembre 2012 à 08h27 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (1)

22 novembre 2012

Rebondissement dans l'affaire de la cathédrale orthodoxe du pont de l'Alma

La Russie a retiré hier la demande de permis de construire qu’elle avait déposée pour la construction près de la tour Eiffel d’une église orthodoxe. Un projet que le maire de Paris contestait. Les autorités russes expliquent :

"En concertation avec les autorités françaises, la Fédération de Russie a pris la décision de demander la suspension provisoire de la demande de permis de construire déposée auparavant. Ce délai permettra de mener des études supplémentaires et d’examiner de nouvelles propositions permettant d’aboutir dans les plus brefs délais à un projet plus conforme aux exigences spécifiques liées à ce projet".

La Russie avait déposé fin janvier une demande de permis de construire auprès des services de la Préfecture de Paris, afin de réaliser une église et un centre culturel russe sur le site de l’ancien siège de Météo France. Le maire de Paris Bertrand Delanoë avait exprimé sa "très nette opposition".

Les architectes avaient imaginé une église orthodoxe classique surmontée de cinq bulbes dorés, dont le plus grand devait s’élever à 27 mètres (sans la croix). L’église devait être recouverte d’un immense voile en verre se transformant en façade photovoltaïque sur le bâtiment culturel à l’arrière de l’édifice religieux.

Posté le 22 novembre 2012 à 18h08 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (9)

15 novembre 2012

La mairie de Paris veut avoir son mot à dire sur la cathédrale orthodoxe

QAnne Hidalgo, a déclaré, au sujet de la construction d'une église orthodoxe à Paris, face au pont de l'Alma :

"La position de la mairie sur le sujet est constante. C'est un projet qui n'est pas du tout esthétique, qui ressemble à une forme de caricature".

En réalité, la mairie de Paris n'a pas son mot à dire. Le permis de construire qui doit être délivré pour démarrer le chantier relève de la compétence de l'Etat. Le 29 novembre, le préfet de Paris doit se prononcer.

Ce projet date de 2010. L'Etat russe avait alors racheté le siège de Météo France pour 70 millions d'euros (l'Arabie Saoudite voulait aussi l'acheter pour en faire une mosquée). Le site de 4.245 m2 doit accueillir une cathédrale et un centre culturel.

Posté le 15 novembre 2012 à 08h02 par Michel Janva | Lien permanent | Commentaires (5)


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