Remerciez Mgr Pontier
Mis en examen pour avoir dénoncé les arrestations arbitraires

20 avril 2014

Lundi de Pâques : pèlerinage du Précieux Sang à Neuvy St-Sépulchre (Indre)

SLe début du pèlerinage commence à 10h30, par une messe à la Basilique suivie de la vénération de la relique et de la procession à travers la ville. Les vêpres à 16h clôtureront la journée.

L'église de Neuvy-Saint-Sépulcre possède deux gouttes du Sang de Notre Seigneur Jésus Christ, recueillies, au jour de la Passion, sur le Calvaire. Elles ont la forme de deux larmes coagulées. Pur et sans mélange d'eau ni de terre, ce Sang divin est peut-être la plus précieuse relique du monde. Le cardinal Eudes, évêque de Tusculum, l'avait rapportée de Terre Sainte où, pendant six ans, il avait exercé les fonctions de légat du Pape pour la première croisade de saint Louis. Et en 1257, il en fit don à Neuvy, son pays natal.

Depuis cette époque, le Précieux-Sang repose sous la magnifique coupole byzantine, bâtie en 1042-1046 par Eudes de Déols et Geoffroy de Bourges, sur le modèle primitif de l'église du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Pour honorer cette sainte relique, les souverains pontifes accordèrent dès l'origine de grandes faveurs à l'église de Neuvy. Et en 1621, Mgr André Frémiot, archevêque de Bourges, institua une confrérie du Précieux-Sang que, deux ans après, le pape Grégoire XV approuvait et enrichissait de nombreuses indulgences. 

Michel Janva

Posté le 20 avril 2014 à 08h45 | Lien permanent

C’est arrivé un 20 avril…

« Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir… » (Maréchal Foch)

« Les peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir."» (Maréchal Foch)

Alors rappelons-nous :

  • le 20 avril 1233 : création de l'Inquisition

Le pape Grégoire IX crée l'Inquisition, un tribunal ecclésiastique relevant du seul Saint-Siège, pour poursuivre les hérétiques. Les inquisiteurs se recrutent dans les ordres prêcheurs, Dominicains et Franciscains. La Sacré Congrégation pour la doctrine de la Foi en est l'héritière.

Jean Sévillia dans son livre Historiquement correct, aux éditions Perrin rappelle ce qu'est l'Inquisition, faisant le vrai bilan des condamnations et surtout expliquant en quoi les Inquisitions romaine, espagnole et médiévale n'ont rien en commun. Cette dernière est une institution d'Eglise qui dépend du Pape ainsi que les inquisiteurs. Certains sont d'ailleurs sanctionnés voir condamnés à la prison à vie comme robert le Bougre dans le nord de la France. Sévillia souligne combien cette justice est procédurière méthodique et bien plus modérée que la justice civile de l'époque qui s'embarrasse pas du droit des accusés. Il affirme même que l'Inquisition est vécue comme une délivrance. Les hérétiques sont considérés comme dangereux pour et par la société. A l'époque l'hérésie est considérée par tous comme un crime.

Des avancées judiciaires de l'Inquisition existent encore aujourd'hui. Ce sont, par exemple, les inquisiteurs qui mettent en place le système du jury pour délibérer de la sentence donnée au jugement. En France, après l'extinction de l'hérésie l'inquisition perd sa raison d'être et la justice d'Etat prend le pas. Ce n'est pas le cas en Espagne.

  • le 20 avril 1314 : décès du pape Clément V.

Bertrand de Got prend le nom de Clément V. Il est le premier des sept papes qui siègent à Avignon entre 1305 et 1377. Il s'installe d'abord à Carpentras. Clément V est passé dans l'histoire pour avoir ordonné la suppression de l'ordre des Templiers et pour avoir, en 1309, déplacé le Saint-Siège à Avignon, toujours sous la pression du Roi de France.

  • le 20 avril 1534 : départ de Jacques Cartier pour trouver la route nord des Indes.

Parti de Saint-Malo pour les Indes avec deux navires, Jacques Cartier, qui cherche la route Nord pour les atteindre sans passer par la longue route Sud, il découvre le Canada et le Labrador. Il bénéficie du soutien de François Ier pour son voyage. Le Roi lui a accordé une « Commission» qui lui a permis d'armer armant navires et équipages aux frais du souverain.

Carte du premier voyage de Jacques Cartier.

  • le 20 avril 1792 : lecture du Rapport Condorcet à l'Assemblée constituante.

Ce rapport porte sur l'organisation générale de l'instruction publique, il est rédigé par un homme, qui envisage la possibilité technique de choisir le sexe de l'enfant et qui prône ouvertement la sélection des individus en fonction de leur santé à la naissance.

  • le 20 avril 1792 : Louis XVI déclare la guerre à l'Autriche.

Contraint par l'Assemblée, affaibli par l'échec de la fuite de Varennes de juin 179, le Roi signe la déclaration de guerre à l'Autriche et la Prusse. La première coalition commence et va accélérer la chute du Roi.

  • le 21 avril 1795: paix de la Mabilais.

Ce traité n'est signé que par une poignée d'officiers supérieurs que ne représentent pas tous les capitaines de paroisses. Des deux côtés il est évident qu'il ne sera pas respecté.

  • le 20 avril 1801 : Guillaume Saint-Réjant et François Carbon sont guillotinés.

Condamnés pour avoir organisé l'attentat de la rue St-Nicaise contre Bonaparte, ils ont été revêtus de la chemise rouge des parricides

  • le 20 avril 1814 : adieux de Napoléon à la Garde impériale.

La cérémonie a lieu dans la cour du cheval blanc du château de Fontainebleau. L'empereur part pour l'île d'Elbe.

  • le 20 avril 1825 : une loi punit de travaux forcés toute personne ayant commis un sacrilège.

L'Eglise catholique a recouvré le droit d'enseigner, l'élan de rechristianisation du pays se manifeste aussi par une évolution des lois. Cette loi fait d'un vol dans une Eglise ou la profanation des hosties.

  • le 20 avril 1828: l'explorateur René Caillié entre à Tombouctou.

Il est le premier non-musulman à revenir de la ville, alors tenue par les Peuls. Tombouctou est une cité recluse vis-à-vis de l'Occident. C'est attiré par le prix de 10 000 francs offert par la Société de Géographie au premier européen atteignant Tombouctou, ville interdite aux chrétiens. Il y entre le 20 avril 1828, déguisé en musulman. Il est accueilli triomphalement à Paris, le 5 décembre 1828 (cf. la chronique du jour), par la Société de Géographie. Son célèbre récit de voyage fait ensuite beaucoup de bruit en Europe.

  • le 20 avril 1868 : naissance de Charles Maurras.

Journaliste, essayiste, homme politique et poète français, membre de l'académie française ses écrits marquent la fin du XIXème et toute la première moitié du XXème siècle. A la fin de sa vie il se convertie à la foi catholique.

  • le 20 avril 1884 : le pape Léon XIII publie l'encyclique Humanum genus qui condamne la maçonnerie.

Dans L'Église et les libertés (Editions Nouvelle librairie nationale, page 66) le RP. Dom BESSE commente ainsi l'encyclique en 1913:

« Nous n'avons rien d'aussi complet sur la Maçonnerie et les Sociétés Secrètes. Le dessein qu'elles poursuivent est défini en ces termes : « Il s'agit pour les Francs-Maçons — et tous leurs efforts tendent à ce but — il s'agit de détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale, qui est née des institutions chrétiennes, et de lui en substituer une nouvelle, façonnée à leurs idées, et dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntés au naturalisme. »

On y retrouve dans son ensemble le plan des hommes de la révolution. Les Francs-Maçons en poursuivent l'exécution, article par article, avec une méthode rigoureuse. Rien ne les arrête. Leur action publique se rattache à une école, où tout est prévu. Ils ont un système politique à eux. C'est celui de Rousseau et des Encyclopédistes: « Voici quels sont en cette matière les dogmes des naturalistes: les hommes sont égaux en droit; tous, et à tous les points de vue, sont d'égale condition. Étant tous libres par nature, aucun d'eux n'a le droit de commander à un de ses semblables, et c'est faire violence aux hommes que de prétendre les soumettre à une autorité quelconque, à moins que cette autorité ne procède d'eux-mêmes. Tout pouvoir est dans le peuple libre; ceux qui exercent le commandement n'en sont les détenteurs que par le mandat ou par la concession du peuple; de telle sorte que, si la volonté du peuple change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l'État, même malgré eux... En outre, l'État doit être athée. »

On reconnaît là le programme démocratique de la Révolution, que la Maçonnerie a imposé à diverses nations. Le type qui le réalise le mieux est sans aucun doute la République française. »

Un peu avant il écrit page 62 :

 « Ces sectes ne fonctionnaient pas seulement en France. Les provinces rhénanes, la Bavière, les Pays- Bas, l'Espagne et l'Italie avaient eu les leurs. Elles furent partout l'armée occulte et disciplinée de la révolution, menant contre l'Église catholique une campagne acharnée. Ceux qui négligent ce facteur des événements s'exposent à ne rien comprendre dans notre histoire contemporaine.

Sur ce point, comme sur beaucoup d'autres, les Papes parlèrent en précurseurs. Les dangers qu'ils dénoncèrent les premiers menaçaient la société civile autant que la société religieuse.

Les chefs d'État feignirent de ne point écouter leurs avis. Cette légèreté devait leur coûter cher. Le premier document antimaçonnique émanant du Saint-Siège porte la date du 28 avril 1738. Il est de Clément XII. Le secret absolu, dans lequel cette secte s'enveloppe, lui paraît être pour les gouvernements très dangereux; car, si l'on tient tant à se cacher, c'est évidemment pour faire du mal. On veut le faire en toute sécurité. En conséquence, il interdit, sous peine d'excommunication, aux fidèles de s'agréger à ces sociétés occultes. Benoît XIV renouvela cette défense, le 16 mars 1751.

Pie VII et Léon XII revinrent à la charge. Ils visaient plus spécialement les sociétés connues en Italie sous le nom de Charbonnerie. Leurs membres se nommaient Carbonari. »

  • le 20 avril 1887 : affaire Schnaebelé.

Le général boulanger a décidé de lancer de l'espionnage en Alsace occupée par les Prussiens. Un commissaire de police français est enlevé par des policiers allemands ; ce qui mène les deux pays au bord de la guerre.

  • le 20 avril 1948 : au fort de Montrouge, exécution de Jean Bassompierre.

Condamné à mort le 17 janvier précédent, les souvenirs de Bassompierre, ont été rassemblés sous le titre de Frères ennemis. Extraits :

"À l’heure où j’écris ces lignes, je suis condamné à mort […]. Contre le mur, au-dessus de ma table, j’ai épinglé la photographie de la mignonne petite Maryvonne, ma filleule chérie, la fille de mon jeune frère Henri, mort pour la France. […] La vie continue, la vie triomphe de la mort, et la mort elle-même n’est qu’un passage vers la vie plus totale, plus heureuse. Je salue ce mois de mars avec joie, car c’est le mois du renouveau du printemps et celui de Pâques. Ce sera peut-être aussi pour moi celui de ma modeste « Passion » ou de ma « Résurrection ». « Que votre volonté soit faite, Seigneur, et non la mienne ! »

En attendant, grâce à Dieu et aux chaudes affections qui m’entourent, je reste confiant et serein ; jamais ma conscience ne s’est sentie aussi légère que depuis que des fers barbares alourdissent mon corps. Je profite de ces heures de loisir pour réfléchir et méditer. (p.175-177) 

Les dernières lignes :

Je ne sais ce que l’avenir me réserve. Si Dieu me prête vie, je souhaite ne pas me laisser absorber par une vaine idéologie, mais au contraire, me consacrer aux réalités de chair et de sang : fonder un foyer, élever mes enfants, faire du bien à mon prochain, c’est-à-dire à celui que la Providence a placé à mes côtés, quel qu’il soit : aujourd’hui, mes camarades de chaîne, demain ma famille, mes amis, mes compagnons de travail, etc. Si j’étais appelé à mener quelque action collective, je m’efforcerais de la placer constamment sous le regard de Dieu, en me souvenant que la meilleure façon de faire rayonner son idéal n’est pas de le prêcher, mais d’abord de le vivre soi-même, d’être un exemple pour autrui. [...]

Je vous en supplie, mes amis si chers, mes frères d’armes, voyons nos défauts avant de voir ceux des autres. Réformons-nous avant de vouloir réformer la société. Et surtout, sachons une fois pour toutes que l’on construit dans l’Amour, non dans la Haine. Soyons semblables aux bâtisseurs de cathédrales. Retrouvons notre enthousiasme, notre Foi, ce magnifique élan et cet esprit de sacrifice que furent ceux des premiers S.O.L., ces vrais chevaliers des temps modernes. Les événements les ont dispersés sur les fronts extérieurs de Russie ou d’Afrique et sur les fronts intérieurs antagonistes. Ils n’en étaient pas moins faits de la même pâte, animés des mêmes sentiments, des mêmes aspirations et du même amour de leur sol, rêvant d’une France régénérée et glorieuse. Malgré l’atroce tragédie qui les a parfois opposés, non, mille fois non, eux non plus n’étaient pas des frères ennemis !

Depuis que j’ai écrit la première partie de ces souvenirs, la liste de nos morts s’est encore allongée. Je suis témoin qu’ils nous ont légué en partant des consignes d’amour et de pardon, celles que je vous léguerais à mon tour si je devais entreprendre le grand voyage…

Par conséquent, pas de basse vengeance personnelle, pas de contre-épuration généralisée, aveugle et sectaire ! Vous avez atrocement souffert ; c’est une raison de plus pour ne pas faire souffrir vos frères, même vos ennemis. Il faut d’urgence vider les prisons et les camps politiques. Mais gardons-nous de les remplir encore une fois, de faire de nouveaux opprimés et de nouveaux martyrs !

Que ceux d’entre nous qui ne se sentent pas capables de pardonner s’abstiennent au moins de nuire. Quant à ceux qui étouffent dans notre étroite et mesquine Europe, qu’ils gagnent ce qui reste de nos colonies ou même d’autres pays neufs. On peut se rendre utile partout sur ce globe, sans pour cela renier sa patrie.

Où que nous vivions, montrons au contraire qu’il y a encore des Français de bonne race à l’âme noble et généreuse, dignes descendants de nos chevaliers et dignes enfants de celle qui fut – et que je souhaite voir redevenir – la fille aînée de l’Église ! "(p.230-232)

Fresnes, mars 1948.

CAM n°13237, cellule 52.

 

Un des frères de Jean Bassompierre, Henri, aviateur dans les Forces Françaises Libres, avait trouvé la mort en 1945 au cours d’une mission en Alsace. Commentaire du P. Bruckberger dans Nous n’irons plus au bois, p.91) :

 

"[Les parents de France] sont également informés que, s’ils ont deux fils et qu’il leur arrive par malheur d’en perdre glorieusement un à la guerre, il se peut qu’en surplus on leur fusille un jour le second. Charmante patrie !"

  • le 20 avril 1999 : incendie de la paillote 'Chez Francis'.

L'incendie est effectué sur ordre du préfet de Corse, Bernard Bonnet, qui n'assume pas ses ordres et laisse les gendarmes « porter le chapeau ».

  • 20 avril 2014 : fête de Pâques, résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ.

Cette fête est l'évènement central de la religion catholique ; sa date est fluctuante en fonction de la lune. En effet, la date de Pâques est fixée au premier dimanche après la pleine lune suivant le 21 mars ce qui, selon le calendrier de référence, donne souvent un jour de célébration différent pour les Églises occidentales et les orthodoxes.

Lois Spalwer

Posté le 20 avril 2014 à 06h07 | Lien permanent | Commentaires (5)

Noli me tangere

NFra Angelico

"Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »" Jn XX, 11-18

Michel Janva

Posté le 20 avril 2014 à 00h00 | Lien permanent

19 avril 2014

Exsúltet iam angélica turba cælórum !

 

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 20h57 | Lien permanent

Aucun homme ne décide de servir Satan, sans raison

Vendredi, dans le basilique St Pierre, le père Cantalamessa a donné l'homélie. Extrait :

"Judas a été choisi dès la première heure pour être l’un des Douze. En insérant son nom dans la liste des apôtres l’évangéliste Luc écrit « Judas Iscariote qui devint (egeneto) un traître » (Lc 6, 16). Donc Judas n’était pas né traître et il ne l’était pas au moment où Jésus l’a choisi; il le devint ! Nous sommes devant un des drames les plus sombres de la liberté humaine.

Pourquoi le devint-il ? Il n’y a pas si longtemps, quand la thèse de Jésus « révolutionnaire » était à la mode, on a cherché à donner à son geste des motivations idéales. Certains ont vu dans son surnom « Iscariote » une déformation du mot « sicariote », c’est-à-dire faisant partie du groupe de zélotes extrémistes qui prônaient l’emploi du glaive (sica) contre les Romains; d’autres ont pensé que Judas a été déçu de la façon dont Jésus suivait son idée du « royaume de Dieu » et qu’il voulait lui forcer la main, en le poussant à agir aussi au plan politique contre les païens. C’est le Judas du célèbre « Jésus Christ Superstar » et d’autres spectacles et romans récents. Un Judas pas loin d’un autre célèbre traître de son bienfaiteur : Brutus, qui tua Jules César, en pensant de sauver ainsi la république !

Ces reconstructions sont respectables quand elles revêtent quelque dignité littéraire ou artistique, mais elles n’ont aucun fondement historique. Les évangiles – seules sources dignes de foi que nous ayons sur le personnage – parlent d’un motif plus terre-à-terre : l’argent. Judas avait reçu la garde de la bourse commune du groupe; à l’occasion de l’onction de Béthanie il avait protesté contre le gaspillage du précieux parfum versé par Marie sur les pieds de Jésus, non pas par souci des pauvres, relève Jean, mais parce que « c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait » (Jn 12,6). Sa proposition aux chefs des prêtres est explicite: « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent » (Mt 26, 15).

Mais pourquoi être surpris par cette explication et la trouver trop banale ? N’est-ce pourtant pas presque toujours comme ça aujourd’hui ? Mammon, l’argent, n’est pas une idole parmi tant d’autres; c’est l’idole par antonomase : littéralement, « l’idole en métal fondu » (cf. Ex 34, 17). Et l’on comprend pourquoi. Qui est, objectivement, sinon subjectivement (autrement dit, dans les faits, si non dans les intentions), le vrai ennemi, le concurrent de Dieu, dans ce monde ? Satan ? Mais aucun homme ne décide de servir Satan, sans raison. S’il le fait c’est parce qu’il croit obtenir de lui quelque pouvoir ou quelque bénéfice temporel. Qui est, dans les faits, l’autre-maître, l’anti-Dieu, Jésus nous le dit clairement: « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6, 24). L’argent est le « dieu visible », contrairement au vrai Dieu qui est invisible.

Mammon est l’anti-dieu car il crée un univers spirituel alternatif, donne un autre objet aux vertus théologales. La foi, l’espérance et la charité ne reposent plus sur Dieu, mais sur l’argent. Une affreuse inversion de toutes les valeurs se met en marche. « Tout est possible pour celui qui croit », disent les Ecritures (Mc 9, 23); or le monde dit : « Tout est possible pour celui qui a de l’argent ». Et, à un certain niveau, tous les faits semblent lui donner raison.

« La racine de tous les maux – disent les Ecritures - c’est l’amour de l’argent » (1 Tm 6,10). Derrière chaque mal de notre société il y a l’argent, ou du moins il y a aussi l’argent. Celui-ci est le Moloch de la Bible, auquel on sacrifiait les petits garçons et les petites filles (cf. Jr 32, 35), soit le dieu aztèque, auquel il fallait offrir quotidiennement un certain nombre de cœurs humains. Qu’y a-t-il derrière le commerce de la drogue qui détruit tant de vies humaines, l’exploitation de la prostitution, le phénomène des différentes mafias, la corruption politique, la fabrication et le commerce des armes, voire même – chose horrible à se dire – derrière la vente d’organes humains enlevés à des enfants ? Et la crise financière que le monde a traversé et que ce pays traverse encore, n’est-elle pas due en bonne partie à cette « exécrable avidité d’argent », l’auri sacra fames, de la part de quelques uns ? Judas commença par soutirer un peu d’argent de la caisse commune. Cela ne dit-il rien à certains administrateurs de l’argent public ? [...] 

Comme chaque année, à l’approche de Pâques, j’ai voulu réécouter la « Passion selon saint Matthieu » de Bach. Il y a un détail qui me fait sursauter à chaque fois. A l’annonce de la trahison de Judas, tous les apôtres demandent à Jésus: « Serait-ce moi, Seigneur ? » « Herr, bin ich’s ? » Mais avant de nous faire écouter la réponse du Christ, annulant toute distance entre l’événement et sa commémoration, le compositeur insère un chœur qui commence ainsi: « C’est moi, c’est moi le traître ! Je dois faire pénitence ! », « Ich bin’s, ich sollte büßen ». Comme tous les chœurs de cette œuvre, celui-ci exprime les sentiments du peuple qui écoute; il est une invitation à confesser nous aussi nos péchés.

[...] Voilà à quoi l’histoire de notre frère Judas doit nous pousser: à nous rendre à celui qui volontiers pardonne, à nous jeter nous aussi dans les grands bras du crucifié. Dans l’histoire de Judas, ce qui importe le plus, ce n’est pas sa trahison, mais la réponse que Jésus lui donne. Il savait bien ce qui était en train de mûrir dans le cœur de son disciple ; mais il ne l’expose pas, il veut lui donner la possibilité jusqu’à la fin de revenir en arrière, comme s’il le protégeait. Il sait pourquoi il est venu, mais il ne refuse pas, dans le Jardin des oliviers, son baiser de glace, allant même jusqu’à l’appeler mon ami (Mt 26, 50). De même qu'il chercha le visage de Pierre après son reniement pour lui donner son pardon, qui sait s’il n’aura pas cherché aussi celui de Judas à quelque tournant de son chemin de croix! Quand sur la croix il prie: « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34), il n’exclut certainement pas Judas.

Alors, nous, que ferons-nous ? Qui suivrons-nous, Judas ou Pierre ? Pierre eut des remords de ce qu’il avait fait, mais Judas eut lui aussi un tel remord qu’il s’écria : « J’ai trahi le sang innocent !» et il rendit les trente pièces d’argent. Alors, où est la différence ? En une seule chose : Pierre eut confiance en la miséricorde du Christ, pas Judas ! Le plus grand péché de Judas ne fut pas d’avoir trahi Jésus, mais d’avoir douté de sa miséricorde. [...]"

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 20h29 | Lien permanent

Salauds de prolétaires

Robert Redeker, professeur agrégé de philosophie, écrit dans le Figarovox que le terme de prolétaire a été abandonné par la gauche :

"La première explication à cette fin du prolétariat tient dans l'épuisement de la croyance en un sens de l'histoire. Est défunte la foi selon laquelle l'histoire s'orienterait dans le temps avec une boussole, qui lui indiquerait son nord et son orient. Elle restait présente jusque dans les pires moments: les révolutions et les guerres. Les fondements philosophiques et scientifiques de la croyance au progrès sont tombés en ruine. L'évolution de l'épistémologie, de l'ethnologie des sciences humaines, et la réflexion spécifiquement philosophique elle-même, ont précipité cette décadence dont Nietzsche le premier, en médecin de la civilisation, avait proposé un pronostic lucide. La découverte de la réalité du stalinisme et l'écroulement du système du communisme historique, ont mis fin à l'opinion selon laquelle le socialisme pourrait remplacer le capitalisme en constituant un progrès par rapport à lui.

Les mots prolétaire et prolétariat en sont venus à passer de vie à trépas aussi pour une autre raison: les prolétaires - comprenons: les prolétaires autochtones, européens - n'étaient pas au rendez-vous. Dans les années 70 une formule devenue cliché méprisant s'est répandue chez les intellectuels de gauche: «le peuple manque». Il n'est jamais au rendez-vous que la théorie a fixé pour lui. En mai 68, puis dans les années 70, les prolétaires, ces ingrats, ont manqué. On - c'est-à-dire les battus de mai - a commencé dès lors à le haïr, le peuple! On a commencé dès lors à le désaimer, le prolétaire. De héros, d'idole, de substitut du Christ pour assurer le salut de l'homme dans l'histoire, il devint leBeauf, il devint Dupont-Lajoie, il devint le sujet méprisé du populisme. La formule des bourgeois apeurés par les partageux d'autrefois était reprise, implicitement, par ceux qui allaient donner naissance au nouvel antiracisme: «salauds de pauvres!» Salauds de prolétaires au gros rouge qui tache! Salauds de souchiens pue-la-sueur! Ils n'ont pas voulu de la révolution, ces Dupont-Ducon! Eh bien nous nous tournerons vers d'autres! Pourquoi ne pas le remplacer, cet ingrat prolétaire autochtone, par de nouveaux levains de l'histoire? Pourquoi pas par le travailleur immigré? Par le sans-papier ? Par le jeune de banlieue? Pourquoi pas par le Rom? L'échec de mai 68 a causé la péjoration du peuple.

Ainsi, l'immigré devint le mime raté du prolétaire. Il en est perçu aussi comme la punition: la promotion de l'immigré est la punition infligée au prolétaire pour avoir manqué à son devoir historique!"

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 18h02 | Lien permanent

"Je vous le dis, si eux se taisent, les pierres crieront..." Lc 19,38-40

Tvia

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 15h33 | Lien permanent | Commentaires (13)

Elle est revenue du coma et témoigne

Angèle Lieby est une survivante : les médecins la croyaient dans le coma, ses proches avaient perdu espoir. En réalité, elle était atteinte d'un syndrome rarissime : elle était inerte, le corps entier paralysé, mais consciente. Elle raconte cette incroyable expérience dans son livre « Une larme m'a sauvée ». Un cri d'alarme pour rappeler que ceux plongés dans un coma sont, avant tout, encore vivants. 

En replay sur Arte jusqu'à mardi 22 avril, Angèle Lieby, qui publie "Une larme m'a sauvée", raconte comment sa fille s'est opposée au débranchement que le conjoint avait accepté.

« Par mon histoire, je souhaite devenir la porte-parole des non-communicants. Je serais la plus heureuse si, désormais, l'on regardait ces « gisants-vivants » différemment. »

Une leçon d'humilité pour la médecine.

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 15h28 | Lien permanent

Euthanasie : la radiation du docteur Bonnemaison confirmée

Lu sur Gènéthique :

"En Janvier 2013, la chambre disciplinaire de première instance de l'Ordre des médecins radiait de l'ordre l'urgentiste Nicolas Bonnemaison accusé d'avoir empoisonné sept patients en fin de vie. A la suite de cette décision, l'urgentiste avait fait appel. Par une décision rendue le 15 avril dernier et communiquée ce mercredi, le CNOM [Conseil national de l'Ordre des médecins] indique que la radiation a été confirmée en appel."

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 14h59 | Lien permanent

Nouveau trafic d'influence au PS ?

Rafika Rezgui, 38 ans, nommée porte-parole du Parti socialiste au sein de l'équipe de Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS, est directrice des services extérieurs de Bouygues Telecom. Son métier est d'être lobbyiste pour la branche téléphonie du groupe de BTP. Son travail consiste à nouer des contacts avec les élus et  de constituer un réseau favorable aux intérêts de cette entreprise.

Christophe Borgel, membre de la direction du PS et très proche du nouveau premier secrétaire, affirme qu'il ignorait les fonctions de sa porte-parole chez Bouygues Telecom.

Ex-maire de Chilly-Mazarin (Essonne), battue par l'UMP lors des dernières municipales, la porte-parole Rafika Rezgui est une proche de François Lamy et de son suppléant Jérôme Guedj.

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 14h48 | Lien permanent | Commentaires (13)

Déclin de la gauche : Marianne se trompe de problème

Cette semaine, le titre principal de Marianne est "La gauche peut-elle survivre à Hollande ?". Or, la bonne question est : "La gauche peut-elle survivre à la dénaturation du mariage ?"

En effet, le démographe Hervé le Bras a fait la démonstration que le PS "a fait une erreur électorale énorme avec le mariage gay".

Pour rappel, c'est aussi un démographe (Emmanuel Todd) qui avait prévu la chute du bloc soviétique dès 1976, soit 13 ans avant la Chute du Mur, dans le livre "La chute finale".

On ne peut pas tricher avec la démographie.

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 14h31 | Lien permanent | Commentaires (6)

La Tanzanie a besoin de nourriture et non de contraceptifs

Fournir des contraceptifs en masse aux populations pauvres, cela ne va pas les rassasier... Et pourtant, c'est ce que croient les pays dits développés. Si la Tanzanie fait face à de nombreux problèmes, la surpopulation n’en est pas un. C’est ce qu’affirme une étude de l’Institut de recherche sur la population (PRI) qui accuse l’Usaid (l’agence fédérale des États-Unis chargée des aides extérieures) de pratiquer dans le pays africain une politique d’intervention totalement étrangère aux besoins réels.

En Tanzanie, pour 1 dollar investi au profit de la contraception, l’Usaid ne dépense que 20 centimes pour la nutrition et 36 centimes pour la santé de la mère et de l’enfant, dénonce l’Institut de recherche sur la population. Et pour 1 dollar dépensé dans le contrôle démographique, seulement 23 centimes sont investis par les États-Unis pour faciliter l’accès à l’eau et aux services d’hygiène.

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 14h26 | Lien permanent

D'un prêtre Veilleur à tous ses amis Veilleurs, catholiques ou non

Pourquoi, prêtre de Jésus-Christ, je veille?

 Ce soir, toute l'Eglise Catholique, unie à nos frères Chrétiens, va vivre la Vigile Pascale, cette grande Veillée durant laquelle la Vie à vaincu la mort, la Lumière a dissipé les ténèbres, la Vérité a remplacé l'erreur. Le Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité, Alleluia !

Comment en cette nuit de victoire ne pas penser à tous ceux qui, depuis maintenant plus d'un an, veillent pacifiquement et silencieusement, en écoutant de beaux textes, religieux ou non, pour dire oui à la famille, au mariage entre un homme et une femme, au grand don qu'est l'enfant, à la Vie ? Est-ce du temps perdu ? Non, car tout ce qui dit Oui est plus fort, même si les apparences peuvent sembler dire le contraire, que toutes les négations d'un monde qui désespère de lui-même. C'est ce qui s'est passé pour le Christ : le scandale de la mort sur la Croix a été vaincu dans le silence de la nuit de Pâques.

Mais demandera-t-on, est-ce la place d'un prêtre ? N'a-t-il pas mieux à faire ? Oui, c'est sa place. Le Pape François a dit récemment que le berger doit avoir sur lui l'odeur du troupeau. Comment l'aura-t-il s'il s'en tient éloigné ? Certes le troupeau qui lui est confié n'est pas seulement là où l'on veille, mais il y est aussi. Il a effectivement beaucoup à faire par ailleurs, mais il peut avoir aussi à intégrer cela en plus dans son agenda. Le prêtre est le serviteur d'un Dieu qui nous a montré comment prier, comment aller vers les foules, comment les soigner et les guérir de toute maladie, mais aussi d'un Dieu qui a veillé, bien souvent durant sa courte vie ici-bas, et spécialement le soir du Jeudi Saint, durant son agonie. Et le Christ n'est-il pas en agonie encore aujourd'hui dans notre monde et dans notre pays qui, par des lois mortifères, ne cessent de Le crucifier dans les petits et les faibles ? Le prêtre est donc appelé à sortir de son bureau, de ses réunions, pour prier et célébrer la Ste Liturgie, aller vers les foules, mais aussi à veiller avec son Maître. Cette veille peut prendre bien des formes, et celle des Veilleurs en est une.

Le mouvement des Veilleurs est aconfessionnel et apolitique. Le prêtre n'y est pas pour faire de l'apostolat ni pour prêcher. Sa présence se veut simplement le signe de la présence de Dieu dans notre monde à tout homme et à toute femme de bonne volonté.

Chers Amis Veilleurs à travers notre beau pays, continuez sans vous lasser à veiller pour dire Oui à la famille, au mariage, à l'enfant, à la Vie, quels que soient votre foi et vos opinions politiques. Ici et là, des prêtres se joignent à vous. Ils sont parmi vous, simplement, apportant leur sacerdoce là où vous apportez vous-mêmes les différentes réalités de vos vies. Avec vous ils veillent, chantent l'Espérance, priant aussi dans leur coeur. Ils désirent apporter discrètement la présence du Christ vainqueur de la mort, du mal et du péché, Lui qui nous dit: «Courage, j'ai vaincu le monde».

En cette Vigile Pascale, l'Eglise chante dans sa Liturgie :

«Voici cette nuit dont il est écrit: Et la nuit brillera comme le jour, et la nuit sera la lumière de ma joie. Voici la sainteté de cette nuit qui disperse les crimes, qui efface les fautes, qui rend l'innocence aux coupables et aux affligés l'allégresse ; elle dissipe les haines, elle apporte la concorde et courbe les orgueilleux impérieux».

Oui, chers Amis Veilleurs, le Christ est vraiment ressuscité, Alleluia !

Abbé François-Marie Blaïn du Poët+ (diocèse d'Orléans)

Le Salon Beige

Posté le 19 avril 2014 à 14h21 | Lien permanent

Mieux vaut être une femme dans « l’enfer » catholique que dans les « paradis » socialistes

Si l'on en croit une analyse parue dans le New York Times du 10 mars :

FNous apprenons que les  violences faites aux femmes sont les plus élevées dans les pays « modèles » d’Europe de nos amis socialistes : la Finlande 47 % et la Suède 46%, la France 44% … La Pologne, pays catholique, a le taux le plus bas avec 19%.

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 14h08 | Lien permanent | Commentaires (2)

L'ONU rejette les "droits sexuels"

Lors de la commission de l’Onu sur la population et le développement de la semaine dernière, les Etats membres ont refusé de reconnaitre des droits spéciaux aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (MSM). Un représentant d’Indonésie a déclaré :

« Nous ne  partageons pas l’opinion selon laquelle [la santé sexuelle et reproductive sont] les seuls éléments d’importance qui puissent rendre possible un développement durable ».

Et celui du Saint-Siège a ajouté que la résolution est « lourdement biaisée » en faveur des « intérêts particuliers » de certains pays riches, et non des priorités des pays en voie de développement. La Biélorussie a souligné que la famille est essentielle au développement.

Des dizaines de militants des droits sexuels, pour certains intégrés à des délégations nationales, sont venues à New York. Quelques militants pro vie ont eux aussi fait des déclarations soulignant que l’avortement ne faisait rien pour améliorer la santé maternelle,  et rien non plus pour améliorer le développement. Une organisation de jeunes a élaboré des QCM sur fond de photos de jeunes filles de pays en développement. Elles demandent : 

« Ce dont cette jeune femme a le plus besoin est :

  1. D’une législation qui la protège d’un mariage précoce forcé, ou
  2. D’une éducation sexuelle complète ?

 « Ce dont les personnes déplacées ont le plus besoin est :

  1. d’un logement permanent
  2. d’une clinique lui donnant accès à l’avortement ? »
Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 13h59 | Lien permanent

Relire Jean-Paul II - Dives in misericordia

En 1980, Jean-Paul II publiait une encyclique sur la miséricorde divine, intitulée Dives in misericordia. Extrait (n°2:

3"Plus peut-être que celle de l'homme d'autrefois, la mentalité contemporaine semble s'opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l'idée de miséricorde semblent mettre mal à l'aise l'homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu'ici, est devenu maître de la terre qu'il a soumise et dominée. Cette domination de la terre, entendue parfois de façon unilatérale et superficielle, ne laisse pas de place, semble-t-il, à la miséricorde. A ce sujet, cependant, nous pouvons nous référer avec profit à l'image «de la condition de l'homme dans le monde contemporain» telle qu'elle est tracée au début de la constitution Gaudium et Spes. On y lit entre autres: «Ainsi le monde moderne apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire, et le chemin s'ouvre devant lui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. D'autre part, l'homme prend conscience que de lui dépend la bonne orientation des forces qu'il a mises en mouvement et qui peuvent l'écraser ou le servir».

La situation du monde contemporain ne manifeste pas seulement des transformations capables de faire espérer pour l'homme un avenir terrestre meilleur, mais elle révèle aussi de multiples menaces, bien pires que celles qu'on avait connues jusqu'ici. Sans cesser de dénoncer ces menaces en diverses circonstances (comme dans les interventions à l'ONU, à l'UNESCO, à la FAO et ailleurs), l'Eglise doit les regarder en même temps à la lumière de la vérité reçue de Dieu.

Révélée dans le Christ, la vérité au sujet de Dieu «Père des miséricordes» nous permet de le «voir» particulièrement proche de l'homme, surtout quand il souffre, quand il est menacé dans le fondement même de son existence et de sa dignité. Et c'est pourquoi, dans la situation actuelle de l'Eglise et du monde, bien des hommes et bien des milieux, guidés par un sens aigu de la foi, s'adressent, je dirais quasi spontanément, à la miséricorde de Dieu. Ils y sont certainement poussés par le Christ, dont l'Esprit est à l'œuvre au fond des cœurs. En effet, le mystère de Dieu comme «Père des miséricordes» qu'il nous a révélé devient, en face des menaces actuelles contre l'homme, comme un appel adressé à l'Eglise."

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 11h57 | Lien permanent

26-27 avril : pèlerinage à Reims

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Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 10h16 | Lien permanent

25 avril : messe en l'honneur de Saint Louis à Aigues-Mortes

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Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 09h49 | Lien permanent

Haine de Dieu, haine de ses disciples : des chrétiens crucifiés

La "conversion" à l'islam ou la mort : le disciple du Christ choisit la mort. Le martyre, comme cet enfant crucifié par des musulmans sous les yeux de son père. Cela se passe aujourd'hui en Syrie dans l'indifférence d'un occident renégat de ses racines chrétiennes et qui distille la même haine anti-chrétienne sous une autre forme bien préparée également en diffusant chaque année pendant la semaine Sainte des "pseudos" documents historiques visant à contredire la foi catholique et dont on n'entend jamais plus parler.

"Un chrétien sur dix dans le monde doit être prêt à payer le simple fait d’appartenir au Christ. Des chrétiens qui sont quotidiennement humiliés et persécutés. C’est le constat fait par l’AED, l’Aide à l’Eglise à détresse. Pour leur rendre hommage, l’AED organise depuis six ans la « Nuit des témoins ». Pendant plusieurs jours, de grands témoins d’Irak, de Centrafrique, ou encore d’Egypte ont rencontré les fidèles à Strasbourg, Marseille, et Bordeaux. Ce vendredi ils sont à Paris où l’évènement se terminera par une messe et une veillée à la cathédrale Notre-Dame.

Parmi eux, il y a la religieuse syrienne Raghida. Docteur en sciences de l’éducation, elle a été à la tête de l’école du patriarcat gréco-catholique à Damas, la capitale syrienne. Aujourd’hui, elle vit en France. Sa mère et ses six frères et sœurs sont toujours en Syrie, où leurs vies sont tous les jours en danger et où ils subissent de nombreuses pressions. Elle est interrogée par Audrey Radondy.

"Dans les villes ou villages qui sont occupés par les éléments armés, les djihadistes et tous les groupes musulmans extrémistes proposent aux chrétiens soit la chahada (la profession de foi musulmane, ndlr) soit la mort. Quelques fois, on demande une rançon. Donc, c’est entre la chahada, la rançon ou la mort. C’est impossible de renier leur foi donc, ils subissent le martyr. Et le martyr d’une façon extrêmement inhumaine, d’une extrême violence qui n’a pas de nom. Si vous voulez des exemples, à Maaloula, ils ont crucifié deux jeunes gens parce qu’ils n’ont pas voulu dire la chahada. Ils disent «
alors, vous voulez mourir comme votre maître en qui vous croyez. Vous avez le choix : soit vous dites la chahada, soit vous êtes crucifiés
». Et bien non, on sera crucifié. Il y en a un qui a été crucifié devant son papa. On a même tué son papa. Ce qui s’est passé par exemple à Abra, dans la zone industrielle, dans la banlieue de Damas. Au fur et à mesure où on entrait dans la ville, on commençait à tuer les hommes, les femmes et les enfants. Et après le massacre, on prenait les têtes et on jouait au foot avec leurs têtes. En ce qui concerne les femmes, on prenait leurs bébés et on les accrochaient aux arbres avec leurs cordons ombilicaux. Heureusement, l’espérance et la vie est plus forte que la mort. Après une accalmie et la reprise de l’armée de la ville, on fait des messes de requiem, on continue et la prière se fait encore plus intense. 

Et donc face à ces atrocités, comment arrivent-ils à vivre au quotidien ? 
Ils vont dans des endroits un peu plus calmes parce que les combats se concentrent dans des régions ou dans des villes. Les gens se dirigent vers des zones plus calmes, soit chez des parents soit chez des amis. Les denrées alimentaires manquent. Dans certains endroits, il y a quelques légumes mais ils sont hors prix parce que la vie a augmenté de 500%, pour ne pas dire plus. Il y en a certains qui touchent encore un petit salaire. Il y a encore certains fonctionnaires qui se rendent à leur travail à leurs risques et périls. Ils ne savent pas si en allant à leur travail, ils retourneront vivants ou pas. Et c’est la même chose pour les jeunes qui vont à l’école ou à l’université, puisque pour ne pas laisser les gens dans le sentiment d’attendre la mort, il y a des institutions qui continuent avec ceux qui peuvent y accéder. Il y a une solidarité qui s’est créée entre les personnes. Lorsque le carburant, le gaz, l’électricité et même le pain manquent, les voisins se prêtent entre eux. Le plus grand souci, c’est le souci des enfants" (suite). 

Le Salon Beige

Posté le 19 avril 2014 à 09h39 | Lien permanent | Commentaires (9)

Pâques : le vicaire général de l'archidiocèse de Paris à Ste Jeanne de Chantal

On me prie d'annoncer :

"Une messe solennelle en forme extraordinaire sera célébrée dimanche de Pâques à 12h00 en l'église Sainte Jeanne de Chantal (Paris, 16ème arr.) en présence du vicaire général de l'archidiocèse de Paris. La chorale St François de Sales (chorale de la messe selon la forme extraordinaire de midi) assurera les chants.

Eglise St Jeanne de Chantal, 96 boulevard Murat, 75016 Paris, Métro Porte St-Cloud (ligne 9)."

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 09h10 | Lien permanent

17 et 18 mai : pèlerinage à Pontmain

P

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 08h07 | Lien permanent

22 avril : Farida Belghoul et Jean-Noël Dumont à Lyon

C

Michel Janva

Posté le 19 avril 2014 à 07h34 | Lien permanent

C’est arrivé un 19 avril…

« Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir… » (Maréchal Foch)

« Les peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir."» (Maréchal Foch)

Alors rappelons-nous :

  • le 19 avril 1054 : naissance de Léon IX, Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg, pape.

Léon IX réunit au début de son pontificat en avril 1049, un concile à Rome pour condamner la simonie et le nicolaïsme. Mais les prélats allemands et français ne viennent pas. Il parcoure alors la chrétienté pour défendre énergiquement sa réforme. Il est canonisé en 1087 par Victor III.

  • le19 avril 1213 : ouverture du quatrième concile du Latran.

 

  • le 19 avril 1541 : Saint Ignace de Loyola est élu "Supérieur Général" de la Compagnie de Jésus.

  • le 19 avril 1572 : traité de Blois.

Le Roi Charles IX signe un traité d'alliance avec la reine Elisabeth Ière d'Angleterre contre l'Espagne.

  • le 19 avril 1603 : naissance de Michel Le Tellier, marquis de Barbezieux, homme d'état français.

Membre du Grand Conseil en 1624, puis procureur du Roi au Châtelet en 1631, puis intendant de justice dans l'armée de Piémont en 1640 et intendant de justice en Dauphiné. Il est nommé secrétaire d'État de la Guerre par Louis XIV en 1643 sur le conseil de Mazarin.

Il est aussi le père de François Michel Le Tellier de Louvois, plus connu sous le nom de Louvois.

  • le 19 avril 1706 : victoire franco-espagnole à la bataille de Calcinato.

La bataille de Calcinato se déroule au cours de la guerre de succession d'Espagne le 19 avril 1706. L'armée franco-espagnole du duc de Vendôme écrase les Autrichiens et ne déplore que 500 morts ou blessés contre 6 000 pour l'autre camp.

  • le 19 avril 1871: la Commune fait une Déclaration au Peuple français.

Elle y expose son programme.

  • le 19 avril 2005 : élection du cardinal Joseph Ratzinger, qui devient le pape Benoît XVI.

Joseph Ratzinger devient le premier pape allemand depuis plusieurs siècles à l'âge de 78 ans. Né le 16 avril 1927 en Haute-Bavière, ordonné prêtre le 29 juin 1951, sacré archevêque de Munich en mars 1977 et cardinal trois mois plus tard, le nouveau pape était depuis 1981 préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi

Il est élu après deux jours de conclave et quatre tours de scrutin.

Lois Spalwer

Posté le 19 avril 2014 à 07h03 | Lien permanent | Commentaires (2)

18 avril 2014

Relire Jean-Paul II - Redemptor Hominis

Voici un extrait de la première encyclique de Jean-Paul II (n°17) publiée en 1979 :

2"Le sens fondamental de l'Etat comme communauté politique consiste en ce que la société qui le compose, le peuple, est maître de son propre destin. Ce sens n'est pas réalisé si, au lieu d'un pouvoir exercé avec la participation morale de la société ou du peuple, nous sommes témoins d'un pouvoir imposé par un groupe déterminé à tous les autres membres de cette société. Ces choses sont essentielles à notre époque où la conscience sociale des hommes s'est énormément accrue et, en même temps qu'elle, le besoin d'une participation correcte des citoyens à la vie de la communauté politique, compte tenu des conditions réelles de chaque peuple et de la nécessité d'une autorité publique suffisamment forte. Ce sont là des problèmes de première importance en ce qui concerne le progrès de l'homme lui-même et le développement global de son humanité.

L'Eglise a toujours enseigné le devoir d'agir pour le bien commun et, ce faisant, elle a éduqué aussi de bons citoyens pour chaque Etat. Elle a en outre toujours enseigné que le devoir fondamental du pouvoir est la sollicitude pour le bien commun de la société; de là dérivent ses droits fondamentaux. Au nom de ces prémisses relatives à l'ordre éthique objectif, les droits du pouvoir ne peuvent être entendus que sur la base du respect des droits objectifs et inviolables de l'homme. Ce bien commun, au service duquel est l'autorité dans l'Etat, ne trouve sa pleine réalisation que lorsque tous les citoyens sont assurés de leurs droits. Autrement on arrive à la désagrégation de la société, à l'opposition des citoyens à l'autorité, ou alors à une situation d'oppression, d'intimidation, de violence, de terrorisme, dont les totalitarismes de notre siècle nous ont fourni de nombreux exemples. C'est ainsi que le principe des droits de l'homme touche profondément le secteur de la justice sociale et devient la mesure qui en permet une vérification fondamentale dans la vie des organismes politiques.

Parmi ces droits, on compte à juste titre le droit à la liberté religieuse à côté du droit à la liberté de conscience. [...] Il est par conséquent difficile, même d'un point de vue «purement humain», d'accepter une position selon laquelle seul l'athéisme a droit de cité dans la vie publique et sociale, tandis que les croyants, comme par principe, sont à peine tolérés, ou encore traités comme citoyens de «catégorie» inférieure et finalement _ ce qui est déjà arrivé _ totalement privés de leurs droits de citoyens."

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 20h11 | Lien permanent

40 Days for Life : 661 enfants à naître sauvés de l’avortement

C'est le dernier chiffre obtenu, quelques jours après la fin de la campagne de veilles organisées par les 40 Days for Life.

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 18h27 | Lien permanent

Réveil des consciences : nos évêques verront-ils les signes des temps ?

De Jean-Marie Guénois dans Le Figaro Magazine :

"L'Eglise de France traîne une mauvaise conscience. Elle ­regrette d'avoir «perdu» la classe ouvrière au cours du XXe siècle… Mais aujourd'hui, elle pourrait bien avoir perdu sa propre jeunesse! La cécité d'une partie des évêques à ne pas lire ce que leur vocabulaire appelle pourtant les ­ «signes des temps» est accablante. Depuis des mois, en ­effet, des catholiques de base, jeunes ou vieux, essentiellement des ­familles, se sont mobilisés par centaines de milliers face à des évolutions de société voulues par le pouvoir socialiste. Cependant certains prélats, et non des moindres, font mine de ne pas voir ce mouvement…

Une partie des évêques a certes compris et accompagné cette indignation massive en encourageant ouvertement la résistance, et en allant même manifester en personne. Mais une autre, dont l'actuelle direction de l'épiscopat français, est restée sur la réserve. En considérant que l'enjeu-la survie ou la disparition de la cellule familiale composée d'un homme et d'une femme et de ses enfants-ne ­valait pas ce dérangement. Pour trois raisons. L'Eglise, selon eux, avait d'abord tout à perdre, en termes d'image, dans ce combat «perdu d'avance» et d'arrière-garde, parce qu'il importerait, aujourd'hui, de «faire avec» l'évolution de la société. En s'engageant, l'Eglise risquait ensuite, d'après eux, de se faire récupérer, dans un combat purement politique, par la droite et l'extrême droite. Certains évêques, enfin, plutôt bienveillants pour le gouvernement socialiste, ne voulaient pas gêner son action, considérant la question du mariage homosexuel comme un débat de société mineur.

Seul problème : en composant avec le politiquement correct, ces évêques perdent leur crédit chez une partie des catholiques, surtout chez les jeunes qui, loin d'être «réacs», sont devenus d'authentiques «rebelles». Des insoumis «intérieurs» qui n'entrent dans aucune catégorie politique, encore moins celles de l'extrême droite. Mais qui comprennent mal pourquoi la hiérarchie catholique est si réticente à s'engager franchement sur les grands sujets de société, préférant se réfugier dans le non-dit plutôt que de mettre sur la table les désaccords qui ­divisent entre eux les évêques. [...]

La discussion franche de Lourdes, le 8 avril, n'a rien changé. Si les évêques partent du même constat - la famille classique est battue en brèche par les évolutions de société -, les uns, comme les cardinaux Vingt-Trois et Barbarin et beaucoup d'évêques, tels Mgr Brouwet et Mgr Rey, pensent que c'est une raison de ne pas baisser les bras ; d'autres, comme Mgr Brunin, estiment que l'Eglise ne doit plus privilégier une vision unique de la famille, mais prendre en compte toutes ses formes en les mettant sur même plan. Cette prudence, voire cette peur, la jeune génération des catholiques français ne la comprend pas.

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 18h22 | Lien permanent

Congrès de l'UOIF : Ludovine de la Rochère mais pas Farida Belghoul

Le 31ème congrès de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) s'est ouvert aujourd'hui au Parc des expositions du Bourget (Seine-Saint-Denis). Il se tiendra jusqu'à lundi. Pour cette édition, l'UOIF, proche des Frères musulmans, a mis la cellule familiale au centre des débats, en choisissant pour thème:

"Quelles valeurs pour un monde en mutation? L'homme, la famille, le vivre ensemble."

Malgré ses inquiétudes sur l'idéologie du genre, l'UOIF a condamné les Journées de retrait de l'école (JRE), et n'a pas voulu inviter Farida Belghoul. Parmi les conférenciers invités on trouve les frères Hani et Tariq Ramadan, petits-fils du fondateur des Frères musulmans, Ludovine de la Rochère, présidente de la Manif pour Tous, et le Père Christophe Roucou, chargé des relations avec l'islam à la Conférence des évêques de France.

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 18h15 | Lien permanent

Vote au Sénat : désinformation de l'AFP

L'AFP rapporte dans une dépêche que les sénateurs ont voté en faveur du projet de loi sur l'égalité en maintenant l'article qui supprime la notion de détresse pour recourir à l'avortement. Et l'AFP précise :

"L'UMP a déposé un amendement pour le supprimer qui a été rejeté par 189 voix contre et 9 pour seulement."

C'est assez peu. Mais c'est faux. Le compte-rendu officiel du Sénat mentionne 109 voix pour cet amendement. Face à 189, c'est tout même moins ridicule que 9. L'AFP a sans doute voulu faire croire que les opposants à la culture de mort ne représentent plus rien.

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 18h09 | Lien permanent | Commentaires (4)

Ecce homo

H

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 15h00 | Lien permanent

L'Affaire Aquilino Morelle ou le double discours du PS

Cette affaire n'est pas seulement symptomatique du trafic d'influence. Elle est aussi caractéristique de l'hypocrisie mensongère d'une certaine classe politique. En 2010, il écrivait une tribune dans Libération (elle est accessible ici) :

"Stupéfiés, accablés, révoltés, les Français assistent, à l’occasion de «l’affaire Bettencourt-Woerth», à la mise à nu d’une part constitutive de l’identité de la droite : la consanguinité du monde des «riches» et de celui des «puissants», le rapport incestueux entre le pouvoir et l’argent, le déni - d’un tel cynisme qu’il tourne à la naïveté - de ce qu’est un conflit d’intérêt."

Il aurait même pu écrire cette tribune en pensant à lui-même :

"Ce qui rend la situation actuelle grosse de dangers pour le pouvoir, ce n’est pas le seul dévoilement de cette réalité, ni même que cette révélation intervienne alors que la crise économique et sociale est profonde, mais le fait que le pouvoir, tournant le dos à ses engagements, pratique une politique injuste et contraire aux promesses accordées."

 Et il précise :

"La question de la compatibilité entre l’argent et la gauche renvoie ici à celle de la distance. En l’occurrence, la distance qu’il faut savoir mettre, lorsqu’on est un responsable politique de gauche, entre soi et l’argent - et ceux qui le détiennent. Cela ne signifie pas l’interdiction de vouloir progresser socialement, de chercher à mettre les siens à l’abri du besoin, ni même de s’enrichir. Pas davantage la condamnation du monde de l’entreprise, dont la finalité reste pourtant le profit. Cela veut dire que dans la relation, inévitable, que nous entretenons tous avec l’argent il faut savoir conserver une distance, la distance qui permet de rester libre. Libre de ses appréciations, de ses choix, de ses décisions."

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 14h13 | Lien permanent | Commentaires (8)

Martine Aubry perd la métropole de Lille

Damien Castelain a été élu aujourd'hui président de Lille Métropole. Le maire de Lille, Martine Aubry, qui occupait ce poste depuis 2008, ne s'est même pas présentée, mettant fin à près d'un demi-siècle de domination socialiste.

Maire de la petite commune de Péronne-en-Mélentois (environ 900 habitants) il a devancé avec 108 voix sur 175 exprimées le candidat de la droite et du centre, l'UMP Bernard Gérard (62 voix), et Eric Dillies (FN, 5 voix).

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 13h51 | Lien permanent | Commentaires (6)

Mediapart a eu la peau d'Aquilino Morelle

Suite à l'enquête sur les liens entre le conseiller d'Hollande et les laboratoires pharmaceutiques, a démissionné.

A noter que, avant que Mediapart publie son enquête, Emmanuel Ratier en avait dressé un long portrait dans son bimensuel de mi-février.

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 13h43 | Lien permanent | Commentaires (7)

Augmentation du nombre de chemins de croix publics

Extrait d'une tribune du Père Matthieu Rougé, dans le Figaro du 18 avril:

"En ce Vendredi Saint, des foules de fidèles traverseront les villes de France en portant la Croix de Jésus-Christ. Ces Chemins de Croix urbains sont de plus en plus nombreux : il y en aura près de trente dans les rues de Paris. Dimanche dernier déjà, pour célébrer les Rameaux – qui demeurent un rendez-vous singulièrement populaire dans notre pays –, de joyeuses processions ont sillonné nos villes et nos villages. Ces Chemins de Croix et ces processions constituent un signe de la vitalité de la foi – modeste mais bien réelle – dans la France d’aujourd’hui. Ils manifestent que l’appartenance religieuse ne peut être enfermée dans la sphère privée. Nul triomphalisme, nulle agressivité, nulle entrave à la légitime diversité des options spirituelles dans ces démarches publiques : elles sont au contraire des occasions de rencontre et de dialogue. Tant il est vrai qu’une société en paix assume sans crainte la part religieuse de l’existence humaine [...]

Dans la France d’aujourd’hui, le signe de la Croix demeure d’une brûlante actualité. Jésus, portant sa Croix, porte tous les drames de l’existence humaine. Il est non seulement le porte-parole mais aussi en quelque sorte le « porte-vie » de tous ceux qui pourraient se considérer ou être considérés comme les « damnés de la terre » : les enfants mal-aimés, les malades, ceux qui ne trouvent pas leur place dans la société, ceux qui sont condamnés injustement, tous ceux qui sont désespérés. Les questions de société les plus sensibles trouvent sinon une réponse du moins une lumière dans le Mystère de la Croix. Jésus assume en particulier pleinement – ce point est singulièrement précieux dans le contexte français contemporain – le poids et la grâce des derniers instants de la vie. Il n’en gomme pas la souffrance puisqu’il va jusqu’à crier son sentiment d’abandon. Mais il en manifeste aussi le prix : c’est sa vie vécue jusqu’à son terme qui lui permet de pardonner à ses bourreaux et de confier sa mère au disciple bien-aimé. Les instants ultimes d’une existence sont parfois les plus décisifs [...].

Les Chemins de Croix du Vendredi Saint communiquent – au sens le plus moderne du terme – une bonne nouvelle à notre temps : en les parcourant, les chrétiens retrouveront la force de mener le combat de l’amour en vue de sa victoire ; en les regardant passer, voire en leur emboîtant le pas, des non croyants se sentiront encouragés à ne pas laisser notre monde succomber à la tentation du désespoir."

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 12h15 | Lien permanent

Droit de vote des femmes : l'hypocrisie de la gauche républicaine

Lu dans l'Action Française 2000 à propos du 70e anniversaire de l'instauration du droit de vote des femmes en 1944 par le GPRF (Gouvernement provisoire de la République français) :

"En effet, des historiens comme Régine Pernoud et Jacques Heers ont bien montré que les droits des femmes en général (y compris en ce qui concerne le vote) étaient plus importants dans le Moyen Âge européen et chrétien qu'ils ne le seront par la suite avec la Renaissance et surtout avec la Révolution française et le code Napoléon. Les "progrès" dans la reprise du droit romain à l'époque moderne auront pour conséquence de faire de la femme une éternelle mineure.

On oubliera aussi certainement de mentionner le fait qu'en France, au XXe siècle, l'extension du droit de vote aux femmes s'est fait plus tard qu'ailleurs en grande partie parce qu'une large fraction de la gauche s'y opposait, suspectant une trop grande emprise du clergé et de la "Réaction" sur l'esprit des Françaises !

En ce qui nous concerne, nous raisonnons comme Maurras dans L'AF du 17 février 1917 alors que le débat occupait déjà les esprits (notamment parce que Maurice Barrès, pas vraiment un gauchiste ou un féministe, voulait octroyer le droit de vote aux veuves et aux mères des soldats morts pour la France) : « Nous ne sommes pas plus opposés au vote des femmes qu'au vote des hommes quand ils s'appliquent à des objectifs dont l'électeur et l'électrice peuvent connaître véritablement. Hors de là, c'est une noire fumisterie qui revêt quelquefois une couleur de sang, comme, par exemple, quand la loi ou la constitution raconte aux malheureux votants qu'ils sont les maîtres de la paix et de la guerre ou que leur suffrage peut arbitrer des intérêts généraux que, par position, ils ne sauraient même percevoir. »"

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 11h46 | Lien permanent

Viktor Orban, premier chef de gouvernement vainqueur des élections malgré la crise

Lu dans l'Action Française 2000 :

"La victoire aux élections hongroises de Viktor Orban, le Premier ministre sortant, que l'on pourrait qualifier de "droite nationale", a été pratiquement passée sous silence en France. Et pour cause.

Il est le premier chef de gouvernement qui gagne les élections malgré la crise et en l'ayant vaincue. Sa victoire est éclatante. Il obtient plus des deux tiers des sièges. Ce qui lui permet de continuer à gouverner son pays sans encombre et à opérer des réformes nécessaires. L'échec des socialistes a été cuisant. Un parti d'ultra-droite, au discours parfois choquant, opère un progrès spectaculaire, avec 20% des voix.

À quoi tient cette victoire du parti de Viktor Orban, et pourquoi dérange-t-elle tant les bien-pensants de gauche et même de "droite" ? Le programme d'Orban et de son parti est "national". Il tient compte des racines historiques et chrétiennes du pays. Il a "osé" proclamer que le mariage était celui d'un homme et d'une femme, que la famille constituait la base fondamentale de la société.

Bien que la Hongrie fasse partie de l'Europe de Bruxelles, il ose tenir tête à la technocratie irresponsable qui la gère. Un peu comme la Grande-Bretagne. Il préserve la Hongrie des ingérences inadmissibles de la "Commission". Il est hongrois d'abord. Il n'est pas européiste. En France, on le qualifie de populiste, de partisan de l'Europe des nations. Terme blasphématoire pour les bien-pensants. Mais les Hongrois le soutiennent et sa politique connaît le succès, même sur le plan économique. La Hongrie revit et prospère. Et l'immigration clandestine y est contrôlée. Et si demain, les autres peuples de l'Europe, avec des nuances bien sûr, votaient dans le même sens ? Voilà qui fait trembler les mondialistes. Voilà aussi la raison pour laquelle, nos médias plus ou moins officiels ont préféré passer pratiquement sous silence le beau et revigorant message venu de Budapest.

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 11h39 | Lien permanent

Mais qui est cette Zana que les chrétiens vénèrent ?

Trouvé ici cet extrait de La Provence :

O

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 11h34 | Lien permanent | Commentaires (31)

Méditations du Chemin de croix

Les méditations de la Via Crucis ont été préparées cette année par Mgr Giancarlo M. Bregantini, Archevêque de Campobasso-Boiano. Elles sont accessibles ici.

1ère station :

Jésus condamné à mort
Le doigt pointé qui accuse

« Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : ‘‘Crucifie-le ! Crucifie-le’’. Pour la troisième fois, il leur dit : ‘‘Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction’’. Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir » (Lc 23, 20-25).

Un Pilate effrayé qui ne cherche pas la vérité, le doigt accusateur pointé, et le cri croissant de la foule enragée sont les premiers pas de Jésus vers la mort. Innocent, comme un agneau, dont le sang sauve son peuple. Ce Jésus qui est passé parmi nous, guérissant et bénissant, maintenant est condamné à la peine capitale. Aucune parole de gratitude de la foule, qui choisit plutôt Barabbas. Pour Pilate, cela devient un cas embarrassant. Il s’en décharge sur la foule et s’en lave les mains, bien attaché à son pouvoir. Il le livre pour qu’il soit crucifié. Il ne veut plus rien savoir de lui. Pour lui, le cas est clos.

La condamnation hâtive de Jésus regroupe ainsi les accusations faciles, les jugements superficiels parmi les gens, les insinuations et les préjugés qui ferment les cœurs et se font culture raciste, d’exclusion et de marginalisation, avec les lettres anonymes et les horribles calomnies. Accusé, on atterrit immédiatement en première page ; blanchi, on figure en dernière !

Et nous ? Saurons-nous avoir une conscience droite et responsable, qui ne tourne jamais le dos à l’innocent, mais prend position, avec courage, pour défendre les faibles, en résistant à l’injustice et en défendant la vérité violée ? [...]"

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 09h30 | Lien permanent

Avortement de l'enfant : le Sénat s'en lave les mains

Hier soir, le Sénat a adopté en deuxième lecture la suppression de l'état de détresse comme condition pour avorter un enfant. La Fondation Jérôme Lejeune déplore un débat confisqué, écrasé par le tabou sur un sujet fondamental, un enjeu touchant à la vie et à la mort, noyé dans un texte relatif au droit du travail.

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune :

"la gauche française a fait ce soir la moisson idéologique de ce qui a été semé en termes de relativisme, de libéralisme, d'utilitarisme, depuis plus de quarante ans sur le plan philosophique."

Voici les détails du vote sur l'article en question. L'UMP avait déposé un amendement visant à supprimer cet article, amendement rejeté. 

  • Nombre de votants :306
  • Suffrages exprimés :298
  • Pour la suppression :109
  • Contre :189

Groupe UMP (131)

  • Pour : 92
  • Contre : 3 - Mme Natacha Bouchart, MM. Marcel-Pierre Cléach, Alain Milon
  • Abstentions : 2 - M. Yann Gaillard, Mme Fabienne Keller
  • N'ont pas pris part au vote : 34 - MM. Pierre André, Claude Belot, Joël Bourdin, François-Noël Buffet, Alain Chatillon, Philippe Dallier, Éric Doligé, Philippe Dominati, Michel Doublet, Hubert Falco, Mme Jacqueline Farreyrol, MM. Alain Fouché, Pierre Frogier, Mme Joëlle Garriaud-Maylam, MM. Pierre Hérisson, Michel Houel, Alain Houpert, Jean-François Humbert, Mme Christiane Hummel, MM. Marc Laménie, Daniel Laurent, Jean-René Lecerf, Gérard Longuet, Pierre Martin, Mme Hélène Masson-Maret, MM. Albéric de Montgolfier, Philippe Nachbar, Louis Nègre, Xavier Pintat, Ladislas Poniatowski, Mme Catherine Procaccia, MM. Bernard Saugey, Michel Savin, Abdourahamane Soilihi

Groupe socialiste (127)

  • Pour : 1 - M. Richard Tuheiava
  • Contre : 123
  • N'ont pas pris part au vote : 3 - M. François Rebsamen, membre du Gouvernement, Mme Laurence Rossignol, membre du Gouvernement, M. André Vallini, membre du Gouvernement

Groupe UDI-UC (32)

  • Pour : 12 - MM. Jean-Paul Amoudry, Jean-Marie Bockel, Vincent Delahaye, Yves Détraigne, Daniel Dubois, Jean-Léonce Dupont, Mme Jacqueline Gourault, MM. Hervé Marseille, Michel Mercier, Mme Catherine Morin-Desailly, MM. Yves Pozzo di Borgo, François Zocchetto
  • Contre : 13 - MM. Jean Arthuis, Marcel Deneux, Mmes Muguette Dini, Françoise Férat, Nathalie Goulet, Sylvie Goy-Chavent, MM. Joël Guerriau, Pierre Jarlier, Mme Chantal Jouanno, M. Jean-Jacques Lasserre, Mme Valérie Létard, MM. Jean-Claude Merceron, Aymeri de Montesquiou
  • Abstentions : 6 - MM. Jean Boyer, Vincent Capo-Canellas, Christian Namy, Gérard Roche, Henri Tandonnet, Jean-Marie Vanlerenberghe
  • N'a pas pris part au vote : 1 - M. Hervé Maurey

Groupe CRC (20)

  • Contre : 20

Groupe du RDSE (19)

  • Pour : 1 - M. Gilbert Barbier
  • Contre : 18

Groupe écologiste (12)

  • Contre : 12

Sénateurs non inscrits (6)

  • Pour : 3
  • N'ont pas pris part au vote : 3 - MM. Gaston Flosse, Jean Louis Masson, Alex Türk
Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 08h40 | Lien permanent | Commentaires (9)

User du mandat de député européen pour interpeller les dirigeants

Christine Boutin et Xavier Lemoine, candidats Force Vie aux élections européennes (Force Vie ne présente des candidats que dans 6 circonscriptions sur 8), sont interrogés par Valeurs Actuelles :

Xavier Lemoine, maire de Montfermeil : De mon côté, en tant qu’élu local, la mission que m’ont confié mes contemporains est de construire la société de demain. Mais comment le faire en cherchant le bien commun quand nos institutions nationales et européennes détruisent la famille et distillent un relativisme prônant un individualisme tout puissant ? Bien plus qu’un ajustement conjoncturel, il y a là un choix de civilisation. Notre liste souhaite construire ce vivre ensemble autour de la famille, l’entreprise, la nation et l’Europe.

Christine Boutin : La politique doit reprendre la main sur la technocratie et sur l’économie. Nous userons de notre mandat de député européen pour interpeller les dirigeants nationaux et communautaires. Nous serons cette voix de l’identité de la France, de la Famille, de l’entreprenariat, de la solidarité. Notre priorité c’est la Vie. Les directives, le Parlement, les rapports, tout ceci sont autant de moyens de communiquer, interpeller nos concitoyens. Nous serons la voix de ces millions de personnes qui se sont levées lors du mouvement social de 2013. Notre priorité est de défendre le bien commun partout. Notre question perpétuelle dans tous les secteurs sera : « cette mesure est-t-elle bonne pour l’Homme et pour tous les hommes ? »."

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 08h16 | Lien permanent | Commentaires (5)

80 000 les peines de prison ferme en attente d'exécution

51 % des peines prononcées en matière de crimes et délits tout au long de l'année 2012 comprennent de la prison. Et dans ces 51 %, seuls 21 % comportent de la prison ferme (30 % sont assortis d'un sursis simple ou d'un sursis avec mise à l'épreuve). Et il faut prendre en compte la non-exécution des peine : on évalue à environ 80 000 les peines de prison ferme «en attente d'exécution»…

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 08h07 | Lien permanent | Commentaires (3)

Avant le XXe siècle, la France n'a jamais été une terre d'immigration

Contre-vérité démontée par Laurent Dandrieu dans Valeurs actuelles :

F"[...] contre-vérité : la France aurait toujours été une terre de métissage et l’expression “Français de souche” serait donc un non-sens. L’antienne n’est pas neuve ; auteur d’une monumentale Histoire de la population française, le démographe Jacques Dupâquier la réfutait déjà au milieu des années 1990 : « C’est un fantasme. De l’an 700 jusqu’en 1800 [la France] n’a reçu que très peu d’apports extérieurs. […] Pour ce qui est de la masse de la population française, ce qui est vraiment incroyable, c’est la permanence du peuplement. » Ce n’est qu’après les deux guerres mondiales que se produisent des mouvements significatifs.

Apparus seulement au XXe siècle et s’accélérant dans les trente et plus encore les dix dernières années, les flux migratoires étaient jusqu’alors essentiellement composés de populations européennes et catholiques, au rebours de ce qui se passe aujourd’hui. « Nous avons sous-estimé la spécificité de l’islam, note la démographe Michèle Tribalat, en présumant qu’il ne rendrait pas les musulmans plus difficiles à assimiler que ne l’avaient été les migrants en provenance d’Europe. » Le caractère massif de cette immigration, comme son extériorité à la culture européenne, ont favorisé le développement d’un communautarisme vis-à-vis duquel les pouvoirs publics se sont montrés dangereusement bienveillants, comme tétanisés par le risque de paraître stigmatiser des cultures étrangères, et paralysés par l’idée que réclamer aux nouveaux arrivants d’assimiler la culture française puisse apparaître comme une foi dans la supériorité de celle-ci. [...]"

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 08h02 | Lien permanent | Commentaires (9)

Infâme jeu de mots des journalistes de Libération

Gilles-William Goldnadel dénonce les méthodes de Libération dans Valeurs actuelles :

"Les journalistes de Libération ,en convalescence, ont, décidément,  le sens de l'hospitalité.

 Après avoir publié dans leurs colonnes un portrait au vitriol pour accueillir  leur nouveau directeur Pierre Fraidenraich, certains d'entre eux lui ont trouvé l'élégant sobriquet de « Pierre Troisième Reich ». On savait l'appétence des Libé pour le jeu de mots spirituel et la formule à l'emporte-pièce, mais le calembour précité rejoindra dans les annales de l'esprit post shoatique un brin obsessionnel le fameux « Durafour crématoire » qui ne fit rien de bon pour la promotion de l'image de son sarcastique inventeur.

Circonstance aggravante, au rebours du regretté Michel Durafour, une partie de la famille Fraidenraich a fini dans les fours crématoires du dernier reich, ce qui rend la vilaine plaisanterie encore plus funeste.

Il n'est pas difficile d'imaginer ce qu'aurait été la réaction de la rédaction de Libé si un obscur conseiller municipal du Front National s'était essayé à pratiquer le même et improbable humour. [...]"

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h58 | Lien permanent | Commentaires (14)

Autre réforme abandonnée : l'écotaxe

Faudra-t-il brûler des mairies pour revenir sur la loi Taubira dénaturant le mariage ? En tout cas, le fait de brûler des portiques écotaxe semble faire son effet : Manuel Valls compte remettre à plat l'écotaxe. Les présidents de la FNSEA et de Coop de France qui ont rencontré le Premier ministre assurent :

"Il a confirmé que le système précédent serait complétement abandonné et il a dit que Ségolène Royal était en train de rouvrir une nouvelle réflexion sur le sujet à partir d'une remise à plat du dispositif". "Il était dans un état d'esprit de remettre à plat le dispositif sans s'engager sur des points précis compte tenu des points juridiques et de distorsions européennes à régler".

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h43 | Lien permanent | Commentaires (7)

Vers l'abandon de la réforme sur les rythmes scolaires ?

La réforme Peillon a suscité tellement d'opposition que benoît Hamon envisage, sans l'avouer, de l'abroger :

"D'abord, il y a eu le terme «assouplissement», utilisé par Manuel Valls dans son discours de politique générale. Puis les précisions du ministre de l'Éducation, Benoît Hamon: ni retrait, ni report, un passage aux nouveaux rythmes en septembre 2014 pour les 83 % de communes restantes et des «expérimentations» «au cas par cas». La nuance sémantique ou l'art de revenir sur un décret décrié sans avoir l'air de capituler

Dans une interview aux journaux du groupe Ebra, le 17 avril, Benoît Hamon explique que le décret Peillon du 26 janvier 2013 n'est pas caduc, mais qu'il publiera «un autre texte sous une dizaine de jours, en complément». Objectif: «tenir compte des expérimentations de qualité, qui poursuivent l'objectif de la réforme mais peinaient à s'inscrire dans le cadre du décret». S'agit-il d'un décret bis qui effacerait le précédent, ou d'un texte encadrant les conditions d'expérimentation? Les exceptions pourraient-elles finalement devenir la règle?

«Le principe des neuf demi-journées (qui a scellé le retour du mercredi matin à l'école, NDLR) sera maintenu, mais je ne m'interdis rien», a ajouté le ministre. Est-ce à dire que la semaine de quatre jours sera possible? [...]"

Et si on laissait la liberté de ces rythmes scolaires aux corps intermédiaires ? Ils sont très certainement plus compétents pour savoir ce qui est bon pour les élèves. 

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h39 | Lien permanent | Commentaires (3)

4000 lieux de cultes sauvés avec la Fondation du patrimoine

Lu ici :

"Selon la Fondation du Patrimoine, les édifices cultuels français sont estimés aujourd’hui à 50.000, situés sur 36.600 communes, dont 32.000 ont moins de 2.000 habitants. Depuis le début du siècle 19 églises (selon le recensement de Patrimoine-en-blog) auraient été démolies … Depuis 2002, la Fondation du Patrimoine a aidé au sauvetage de plus 4000 lieux de culte."

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h31 | Lien permanent

Le cardinal Vingt-Trois défend le lycée Gerson

Invité hier sur Radio Notre Dame, Mgr André Vingt-Trois a réagi à la polémique autour de l’établissement catholique Gerson. La direction diocésaine de l’enseignement catholique a précisé qu’il existe un réel climat de crispation au sein de l’établissement, suite à un changement d’orientation pédagogique il y a deux ans. Le cardinal a déclaré :

"On ne peut pas faire un procès d’intention à un établissement catholique de se déclarer catholique." "Que des désaccords au sein d’un établissement scolaire soient utilisés pour une campagne d’opinion dans la presse n’est pas très sain. On ne peut pas reconnaître un caractère propre aux établissements catholiques et leur demander de ne pas affirmer ce caractère propre dans leur pédagogie."

La proximité de cette polémique avec le vote au Sénat du projet de loi égalité homme-femme, abrogeant la notion de détresse dans l’avortement est sans doute un hasard…

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h26 | Lien permanent

De Libération au Secrétariat d'Etat chargé du numérique

Lu sur Valeurs actuelles :

"La directrice de la communication du journal Libération, Elisabeth Laborde, quitte ses fonctions pour devenir conseillère en communication et presse de la nouvelle secrétaire d’État chargée du Numérique, Axelle Lemaire."

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h21 | Lien permanent | Commentaires (4)

L'affaire Gerson, dans la suite du réveil des consciences

Décryptage de la polémique au lycée Gerson par Famille chrétienne :

G"[...] Un mauvais scénario, pour une affaire révélatrice des tensions qui traversent les écoles catholiques entre les familles attachées au magistère de l’Église et celle qui n’en veulent pas.

Il faut savoir que cinq jours avant le reportage d’Europe 1, une enseignante avait déposé dans tous les casiers des professeurs un tract cosigné par la CGT dénonçant ladite intervention en des termes assez similaires : prêtant à Alliance Vita des « conceptions ultra », l’accusant de « propos violents » comme d’avoir dit aux élèves que « les filles qui utilisent la pilule du lendemain sont des criminelles ». Un mot qui n’a jamais été prononcé, d’après une élève de terminale qui a assisté à la séance.

L’infirmière scolaire qui a reçu la jeune fille ayant contacté Europe 1 sous un nom d’emprunt a du mal à y croire : « Je la connais bien, c’est une jeune fille qui est très dans l’affectif, très à vif, dit-elle. On a passé du temps à discuter après l’intervention parce qu’elle était secouée, et qu’elle avait besoin de parler. C’est normal, un sujet comme l’IVG touche à l’intime. Les jeunes sont mal informés, ils accumulent les expériences traumatisantes, ils sont toujours fortement interpellés quand on leur donne une autre version que ce qu’ils entendent dans les médias, pour qu’au moins ils fassent leurs choix en connaissance de cause… Mais je ne m’explique pas qu’elle ait pu passer ce coup de fil à Europe 1, car elle est revenue me voir en fin d’après-midi, pour me remercier. Elle semblait rassérénée ».

[...] Ce groupe scolaire doit gérer un mélange hautement hétérogène entre des familles très attachées au caractère catholique de l’établissement, d’autres pas vraiment croyantes mais attachées à Gerson en raison de son ouverture, et d’autres qui sont indifférentes, parfois même hostiles au magistère de l’Église. Ces dernières ont longtemps été largement représentées dans l’association des parents d’élève et ont été influentes en matière de vie scolaire. Mais les dernières élections ont vu arriver une nouvelle équipe, beaucoup plus engagée dans la vie pastorale et représentative d’une majorité silencieuse, contente de reprendre un peu la main. Se sentant désormais minoritaires face à une équipe très soudée autour du projet catholique (direction du secondaire, responsable du lycée, conseil d’administration et délégués de l’Apel…), ces familles se seraient crispées.

Dès octobre 2013, la visite de tutelle programmée depuis plusieurs années par la direction diocésaine de Paris avait confirmé l’existence de ces tensions. Mais dans cette ambiance électrique, elle a aussi mis le feu aux poudres, en libérant la parole de cette minorité : quelques familles du primaire, bien décidées à obtenir la tête du directeur, à coups de mails et d’insinuations à la sortie de l’établissement... Une école, c’est comme un village, la rumeur va très vite, il suffit de rien pour qu’une information soit reprise et amplifiée. Une mésentente entre la direction du primaire et du secondaire, et surtout un manque de dialogue entre tous les acteurs de l’établissement a achevé de pourrir les relations. Au point que certains ont décidé d’instrumentaliser la presse, qui s’est empressée d’agiter le spectre de l’intégrisme.  [...]"

Michel Janva

Posté le 18 avril 2014 à 07h16 | Lien permanent

C’est arrivé un 18 avril…

« Parce qu'un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir… » (Maréchal Foch)

« Les peuples cessent de vivre quand ils cessent de se souvenir."» (Maréchal Foch)

Alors rappelons-nous :

  • le 18 avril 1349 : Montpellier devient française.

Jacques III, dernier roi indépendant de Majorque, destitué en 1344, revend, pour 120.000 écus les villes de Montpellier et de Lattes à la France pour pouvoir reconstituer une armée et poursuivre sa lutte contre Pierre IV d'Aragon. Certains placent ce rachat en mai 1349. Il semblerait que l'acte de vente est signé le 18 avril 1349 à Montaut, près de Villeneuve-lès-Avignon et que l'entrée des Français date du 19 mai suivant.

  • le 18 avril 1498 : début des obsèques du Roi Charles VIII.

Le corps du Roi quitte le château d'Amboise, avec une procession de 1000 personnes transportant le cercueil pour l'abbaye de St-Denis.

  • le 18 avril 1506 : début de la construction de l'actuelle Basilique Saint Pierre de Rome sous le règne de Jules II.

En présence de 35 cardinaux, le pape Jules II, alors âgé de 63 ans, descend dans les fondations de la basilique Saint-Pierre de Rome pour bénir la première pierre de l'édifice dont il a décidé la reconstruction. La basilique est consacrée en 1626 par le pape Urbain VI mais les travaux s'achèvent en 1666, avec la place bordée de 284 colonnes. Les plus grands artistes de ce siècle y ont travaillé : Bramante, Giuliano de san Gallo, Fra Giocondo, Raphaël, Antonio de san Gallo, Baldassone Peruzzi, Michel Ange, Giacomo della Porta, Carlo Maderna… (Cf. les chroniques du 21 février.)

  • le 18 avril 1552 : le Roi Henri II fait son entrée solennelle dans Metz, par la porte Serpenoise, sous un dais de drap d'or.

Le Roi de France commence son « voyage d'Allemagne », la Lorraine et les Trois-Evêchés (Toul, Metz et Verdun), deviennent français. Mais Charles Quint lance une contre-offensive sur Metz (voir la chronique du 8 décembre sur Ambroise Paré et le siège de Metz). Mais la ville, défendue par François de Guise, lui résiste.

Entrée d'Henri II dans la ville par la porte Serpenoise, musée de Metz, par Auguste Migette.

  • le 18 avril 1651: Louis XIV se rend pour la 1ère fois au Château de Versailles, simple relais de chasse.
  • le 18 avril 1756: les Français débarquent à Minorque, en dépit des obstacles semés par les Anglais dans le port.

Les compagnies de la mer, actuelles Troupes de Marine s'emparent de l'ile de Minorque suite à une audacieuse manœuvre amphibie. Le 23 avril, après un débarquement surprise réussi et la conquête de Mahon, les Français laissent fuir les quelques navires de guerre anglais se trouvant dans le port et y trouvent aussi 10 navires marchands français capturés par ceux-ci et retenus prisonniers depuis 5 mois. Le 20 mai après une bataille navale où la Royale repousse victorieusement la Navy, la situation de la citadelle où se sont réfugiées plus de 3000 Anglais est désespérée. Le 27 juin les Français prennent une partie de la citadelle d'assaut. Le 29 juin la reddition anglaise est signée.

Siège et prise du fort Saint Philippe, Château de Versailles

  • le 18 avril 1574 : début du siège de Saint-Lô.

Après la Saint-Barthélemy, alors que les huguenots ont déjà promis aux Anglais une partie du Royaume en échange d'une intervention militaire en France, Montgommery et Colombières se sont enfermés, après leur débarquement avec l'appui des Anglais à Linverville près de Coutances.

  • le 18 avril 1791 : Louis XVI ne peut fêter pâques comme il le désire.

la foule empêche, à la sortie des Tuileries, le Roi Louis XVI de partir pour St-Cloud faire ses pâques et se confesser chez un prêtre réfractaire, ce qui le décide à la fuite et à rejoindre les unités commandées par de Bouillé, à Montmédy.

  • le 18 avril 1797 : victoire française de Neuwied, la France conquiert la rive droite du Rhin.

Le général Lazare Hoche, après avoir relevé le général Jourdan à la tête de l'Armée de Sambre-et-Meuse, lance des opérations sur le Rhin contre les forces autrichiennes, qui vont compter la perte 3000 tués, 7000 prisonniers, 27 canons et 7 drapeaux.

 

le 18 avril 1804 : instauration du Premier Empire en France

Le Premier Empire débute le 18 mai 1804, sénatus-consulte proclamant Napoléon Bonaparte « empereur des Français » et s'achève en avril 1814, abdication de Napoléon et départ pour l'île d'Elbe.

  • le 18 avril 1909 : béatification de Jeanne d'Arc à Saint-Pierre de Rome.

Fille de paysans de Lorraine, elle entend des voix alors qu'elle n'a que 13 ans. Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, pendant trois ans, lui demandent de libérer la France et de faire sacrer le Roi à Reims. A Chinon, le Roi donne une armée à cette bergère de 16 ans, ignorante des lois de la guerre. En huit jours, au début mai, elle délivre Orléans assiégée depuis sept mois. En juillet, Charles VII est sacré Roi à Reims. Mais il délaisse ses conseils, et un an après Orléans, elle est faite prisonnière à Compiègne, vendue aux Anglais. Après un an en prison, sous prétexte qu'elle s'habille en homme, elle est condamnée comme hérétique. Seule lui reste la foi et l'encouragement de ses voix. Elle meurt brûlée vive à 19 ans, à Rouen le 30 mai 1431. Canonisée en 1920, elle est avec la Sainte Vierge et Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, l'une des trois saintes patronnes de la France.

Illustration: Jeanne d'Arc en prière

  • le 18 avril 1942 : Pierre Laval est imposé chef du gouvernement, par l'Allemagne.

L'Acte constitutionnel n°11 crée la fonction de "chef du Gouvernement, fonction que prend immédiatement Laval en plus de ministre de l'Intérieur, des Affaires Etrangères et de l'Information.

  • le 18 avril 1951 : le Traité de Paris institue la CECA.

La CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) regroupe l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Ce marché commun entre en vigueur le 23 juillet 1952.

  • le 18 avril 1958 : un Comité républicain pour l'appel à de Gaulle, face à la crise algérienne, est créé à Paris.
  • le 18 avril 2008 : discours du pape Benoît XVI devant l'Assemblée générale des Nations Unies à New York

Benoît XVI est le troisième pape, Paul VI en1965 et Jean-Paul II en 1979 et 1995, à s'adresser à l'Assemblée générale de l'ONU. Le thème de son discours tourne autour des droits de la personne.

Lois Spalwer

Posté le 18 avril 2014 à 06h57 | Lien permanent | Commentaires (0)

17 avril 2014

Relire Jean-Paul II - Centesimus annus

Encyclique sociale publiée en 1991, Centesimus Annus est toujours d'actualité (n°48) :

C"L'activité économique, en particulier celle de l'économie de marché, ne peut se dérouler dans un vide institutionnel, juridique et politique. Elle suppose, au contraire, que soient assurées les garanties des libertés individuelles et de la propriété, sans compter une monnaie stable et des services publics efficaces. Le devoir essentiel de l'Etat est cependant d'assurer ces garanties, afin que ceux qui travaillent et qui produisent puissent jouir du fruit de leur travail et donc se sentir stimulés à l'accomplir avec efficacité et honnêteté. L'un des principaux obstacles au développement et au bon ordre économiques est le défaut de sécurité, accompagné de la corruption des pouvoirs publics et de la multiplication de manières impropres de s'enrichir et de réaliser des profits faciles en recourant à des activités illégales ou purement spéculatives.

L'Etat a par ailleurs le devoir de surveiller et de conduire l'application des droits humains dans le secteur économique ; dans ce domaine, toutefois, la première responsabilité ne revient pas à l'Etat mais aux individus et aux différents groupes ou associations qui composent la société. L'Etat ne pourrait pas assurer directement l'exercice du droit au travail de tous les citoyens sans contrôler toute la vie économique et entraver la liberté des initiatives individuelles. Cependant, cela ne veut pas dire qu'il n'ait aucune compétence dans ce secteur, comme l'ont affirmé ceux qui prônent l'absence totale de règles dans le domaine économique. Au contraire, l'Etat a le devoir de soutenir l'activité des entreprises en créant les conditions qui permettent d'offrir des emplois, en la stimulant dans les cas où elle reste insuffisante ou en la soutenant dans les périodes de crise.

L'Etat a aussi le droit d'intervenir lorsque des situations particulières de monopole pourraient freiner ou empêcher le développement. Mais, à part ces rôles d'harmonisation et d'orientation du développement, il peut remplir des fonctions de suppléance dans des situations exceptionnelles, lorsque des groupes sociaux ou des ensembles d'entreprises trop faibles ou en cours de constitution ne sont pas à la hauteur de leurs tâches. Ces interventions de suppléance, que justifie l'urgence d'agir pour le bien commun, doivent être limitées dans le temps, autant que possible, pour ne pas enlever de manière stable à ces groupes ou à ces entreprises les compétences qui leur appartiennent et pour ne pas étendre à l'excès le cadre de l'action de l'Etat, en portant atteinte à la liberté économique ou civile.

On a assisté, récemment, à un important élargissement du cadre de ces interventions, ce qui a amené à constituer, en quelque sorte, un Etat de type nouveau, l'« Etat du bien-être ». Ces développements ont eu lieu dans certains Etats pour mieux répondre à beaucoup de besoins, en remédiant à des formes de pauvreté et de privation indignes de la personne humaine. Cependant, au cours de ces dernières années en particulier, des excès ou des abus assez nombreux ont provoqué des critiques sévères de l'Etat du bien-être, que l'on a appelé l'« Etat de l'assistance ». Les dysfonctionnements et les défauts des soutiens publics proviennent d'une conception inappropriée des devoirs spécifiques de l'Etat. Dans ce cadre, il convient de respecter également le principe de subsidiarité: une société d'ordre supérieur ne doit pas intervenir dans la vie interne d'une société d'un ordre inférieur, en lui enlevant ses compétences, mais elle doit plutôt la soutenir en cas de nécessité et l'aider à coordonner son action avec celle des autres éléments qui composent la société, en vue du bien commun.

En intervenant directement et en privant la société de ses responsabilités, l'Etat de l'assistance provoque la déperdition des forces humaines, l'hypertrophie des appareils publics, animés par une logique bureaucratique plus que par la préoccupation d'être au service des usagers, avec une croissance énorme des dépenses. En effet, il semble que les besoins soient mieux connus par ceux qui en sont plus proches ou qui savent s'en rapprocher, et que ceux-ci soient plus à même d'y répondre. On ajoutera que souvent certains types de besoins appellent une réponse qui ne soit pas seulement d'ordre matériel mais qui sache percevoir la requête humaine plus profonde. Que l'on pense aussi aux conditions que connaissent les réfugiés, les immigrés, les personnes âgées ou malades, et aux diverses conditions qui requièrent une assistance, comme dans le cas des toxicomanes, toutes personnes qui ne peuvent être efficacement aidées que par ceux qui leur apportent non seulement les soins nécessaires, mais aussi un soutien sincèrement fraternel."

Michel Janva

Posté le 17 avril 2014 à 19h33 | Lien permanent


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