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Avortement : La peur des autorités colombiennes

L'arrêt légalisant partiellement l'avortement est à peine approuvé en Colombie que déjà les magistrats de la cour constitutionnelle ont demandé vendredi à la hiérarchie catholique de mettre un terme aux menaces d'excommunication :

"Notre décision a été prise de plein droit, en application d'une constitution d'un état laïc qui doit être respectée".

En effet, le cardinal Pedro Rubiano, archevêque de Bogotá, a déclaré jeudi :

"Tous ceux qui pratiquent un avortement, même protégés par la loi, seront automatiquement excommuniés. La peine concernera également ceux qui les aident à avorter".

Deux points sont intéressants à lever dans cette affaire :

- L'intérêt que portent les autorités colombiennes au discours de l'Eglise. Certes, les hommes sont libres de l'entendre ou pas, mais les magistrats craignent également que les Colombiens, très catholiques, préfèrent suivre l'Eglise et mettent les responsables politiques en difficulté en manifestant leur désaccord. Craignent-elles aussi l'excommunication pour elles? La vérité enseignée par l'Eglise dérange au point qu'il paraît incontournable de se justifer quand on s'y oppose.

- Les magistrats opposent l'aspect légal de l'avortement à l'aspect moral que pose l'Eglise. Allant plus loin, ils demandent que cesse la menace de l'excommunication, qu'ils peuvent considérer comme une sanction générée uniquement par une idée subjective de l'Eglise.
Poser ainsi le problème, c'est rentrer dans la "dictature du relativsime"
condamnée par le cardinal Ratzinger. En effet, l'Eglise ne s'est pas construit une vérité, comme certains seraient tentés de le faire par des lois. Mais elle reconnaît objectivement que l'avortement est par essence un crime. Qui commet ce crime ou l'encourage, perd la communion avec l'Eglise, puisque celle-ci porte une peine d'excommunication contre toute personne qui procurerait un avortement, peine portée au vu de l'extrême gravité morale de la faute, contraire aux commandements de Dieu, à son amour et à la vérité objective de la nature humaine.

En effet, rappelé par le Catéchisme de l'Eglise Catholique (§ 2272) dans le chapitre qui condamne l'avortement (à partir du § 2270), le code de droit canonique (§ 1398) précise que "qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunication latæ sententiæ" précisant par ailleurs (§ 1314) que l'excommunication est latae sententiae, "de telle sorte qu'elle est encourue par le fait même de la commission du délit".

Lahire

Commentaires

Franck

Est-ce une loi qui légalise partiellement l'avortement ou un arrêt de la Cour Suprême? J'avais pourtant compris que M. Uribe n'était pas enchanté par cette nouvelle.

Lahire

Merci de cette précision. Je corrige. Mais heureusement elle ne change rien à l'objet de ce post.

Blogbrailleur

on voit mal au nom de quoi l'Etat se permet de vouloir imposer son point de vue à l'Eglise

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