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Turquie : Benoît XVI au corps diplomatique

Le Saint-Père s'est rendu à la Nonciature Apostolique pour la rencontre avec les Chefs de Mission du Corps Diplomatique en poste à Ankara. Extraits de son discours :

Turquie3 "La Turquie, qui depuis toujours se trouve dans une situation de pont entre l’Orient et l’Occident, entre le Continent asiatique et celui européen, au carrefour de cultures et de religions, s’est dotée au siècle dernier de moyens pour devenir un grand Pays moderne, en particulier faisant le choix d’un régime de laïcité distinguant clairement la société civile et la religion, de manière permettre à chacun d’être autonome dans sa propre matière, toujours respectant la sphère de l’autre. Le fait que la majorité de la population de ce Pays soit musulmane constitue un élément significatif dans la vie de la société duquel l’Etat ne peut que tenir compte, mais la Constitution turque reconnait à chaque citadin les droits à la liberté de culte et à la liberté de conscience. C’est le devoir des Autorités civiles de chaque Pays démocratique de garantir la liberté effective de tous les croyants et leur permettre d’organiser librement la vie de la propre communauté religieuse. Bien entendu, je souhaite que les croyants, à quelque communauté religieuse ils appartiennent, continuent de bénéficier de la liberté humaine et que la présence active des religions dans la société soit un facteur de progrès et d’enrichissement pour tous. Ceci implique, certes, que les religions de leur coté ne cherchent pas à exercer directement un pouvoir politique, puisque à ceci elles ne sont pas appelés et, en particulier, qu’elles renoncent absolument à justifier le recours à la violence comme expression légitime de la pratique religieuse. Je salue à ce propos la communauté catholique de ce Pays, peu nombreuse mais très désireuse de participer de manière la meilleure au développement du Pays, spécialement à travers l’éducation des jeunes, et l’édification de la paix et de l’harmonie entre tous les citoyens. [...]

L’Église, vous le savez, a reçu de son Fondateur une mission spirituelle et elle n’entend donc pas intervenir directement dans la vie politique ou économique. Cependant, au titre de sa mission et forte de sa longue expérience de l’histoire des sociétés et des cultures, elle souhaite faire entendre sa voix dans le concert des nations, afin que soit toujours honorée la dignité fondamentale de l’homme, et spécialement des plus faibles. [...]

La voix de l’Église sur la scène diplomatique se caractérise toujours par la volonté, inscrite dans l’Évangile, de servir la cause de l’homme, et je manquerais à cette obligation fondamentale si je ne rappelais pas devant vous la nécessité de mettre toujours davantage la dignité humaine au cœur de nos préoccupations. Le développement extraordinaire des sciences et des techniques que connaît le monde d’aujourd’hui, avec ses conséquences quasi immédiates sur la médecine, sur l’agriculture et la production des ressources alimentaires, mais également sur la communication des savoirs, ne doit pas se poursuivre sans finalité et sans référence, alors qu’il est question de la naissance de l’homme, de son éducation, de sa manière de vivre et de travailler, de sa vieillesse et de sa mort. Il est plus que nécessaire de réinscrire le progrès d’aujourd’hui dans la continuité de notre histoire humaine et donc de le conduire, selon le projet qui nous habite tous de faire grandir l’humanité et que le livre de la Genèse exprimait déjà à sa manière : «Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la» (1, 28)."

Michel Janva

Commentaires

Sancenay

"rendez-à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" ce doit être en effet la clef d'une "modernité" ( qui date tout de même chez nous de Suger, n'en déplaise aux accrocs de 1789) compatible avec toute tradition . Il est impératif cependant qu'un pays , fût-il laïc, tienne compte de la religion majoritaire dans ce pays et permette aux autres minorité de vivre leur religion, tout en respectant le principe de séparation énoncé plus avant.(les gouvernants de France ont le droit d'écouter et d'en prendre bonne note).Ce qui n'empêche pas l'Eglise d'avoir "reçu ( et d'exercer) de son Fondateur une mission particulière".
"Croissez et multipliez-vous": en effet les musulmans de bonne volonté de par leur culture peuvent constituer un allié objectif contre la pensée malthusienne qui inspire le suicide de l'europe sans Dieu.
Au risque de me faire éventuellement "allumer" sur ce sujet que je sais sensible, mais peut me chaut, moi je trouve la diplomatie Vaticane merveilleuse de miséricorde, de longanimité, de ténacité et d'Espérance.
Longue vie à Benoît XVI!

Ingomer

Une des phrases que personnellement je retiens car pouvant contribuer, avec le temps, à abattre un des dogmes de l'islam qui est la confusion des pouvoirs temporel et spirituel (sur une même tête) : "Ceci implique, certes, que les religions de leur coté ne cherchent pas à exercer directement un pouvoir politique, puisque à ceci elles ne sont pas appelés". C'est me semble-t-il la définition de la laïté telle que l'a toujours reçue l'Eglise. Au "Moyen Âge", "On adressait déjà cet absurde reproche au très-grand et très courageux Pape Boniface VIII, qui, dans sa Bulle Unam, sanctam, venait de définir contre les légistes courtisans de Philippe le Bel - déjà gallicans -, la subordination (qui n'est pas absorption) de la puissance temporelle à la puissance spirituelle. "Il enseigne, disait-on, que le pape peut disposer des couronnes selon son bon plaisir..." - "Il y a quarante ans que j'étudie le doit, répondait le saint Pontife dans le Consistoire de 1303, et je sais apparemment qu' il y a deux puissances... Comment peut-on croire qu'une telle folie me soit venue à l'esprit?" (Boniface VIII in Mgr Gaume, Le dogme de l'infaillibilité, Editions Saint-Rémi, 1871, note 1, p 304-305.)

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