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Cour de cassation et "homoparentalité" : réactions
Voter en conscience (2)

Pour voter en conscience

Images_7Le Père Jean-Miguel Garrigues, membre de l'Académie théologique pontificale, vient d'accorder un entretien à l'hebdomadaire Famille Chrétienne au sujet du vote des catholiques pour la présidentielle, à la lumière de la Note doctrinale concernant certaines questions sur l'engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique rédigée par le cardinal Raztinger en 2002 (la Note).

JM Garrigues : " La politique est l'art du meilleur possible.(..) Le chrétien ne doit viser le paradis sur terre et doit tolérer le moindre mal !"

Famille Chrétienne : "Pour autant, est-il possible de tout tolérer dans les programmes des candidats ?"

JM Garrigues : " La Note répond évidemment par la négative. Une conscience chrétienne ne peut favoriser par son vote la mise en acte d'une loi ou d'un programme politique dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits. Il y a des exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer. La Note donne comme exemples, outre l'avortement et l'euthanasie, les menaces contre la famille fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent."

FC : " Au final, il reste très peu de candidats compatibles..."

JM Garrigues : " Il faut revenir à la question du moindre mal. Quand une loi comme celle autorisant l'avortement est déjà en vigueur, la Note, à la suite de l'encyclique Evangelium vitae, permet d'apporter son soutien à des propositions législatives encore moralement imparfaites, mais susceptibles d'en limiter de quelque manière la nocivité morale. Les catholiques français peuvent voter pour un programme électoral si celui-ci n'aggrave pas, mais au contaire atténue en quelque domaine, les atteintes à la personne humaine que comporte la législation actuellement en vigueur.(...)"

FC : "Le choix du prochain président sera-t-il forcément un dilemme ?"

JM Garrigues : "  Cela pourrait bien être le cas a second tour. Les catholiques risquent de se trouver devant des exigences éthiques aux conséquences redoutables.(...) On peut voter pour un programme moralement imparfait, mais seulement à condition que celui atténue  les imperfections éthiques de la législation actuelle. Si tel n'est pas le cas, la Note ne permet pas de voter pour lui seulement parce qu'il semble moralement moins nocif que l'autre, ou parce qu'il ne comporte pas comme celui-ci d'autres menaces. En somme, la Note ne permet de choisir le moindre mal que dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation précédente. Si ce n'est pas, elle laisse les catholiques devant une objection de conscience électorale."

Enfin, JM Garrigues rappelle que la Note, sur les principes fondamentaux de la morale, dit que "l'engagement des catholiques ne peut céder à aucun compromis. Sinon, c'est le témoignage de la foi chrétienne dans le monde qui serait atteint, ansi que l'unité et la cohérence intérieure des fidèles eux-mêmes". Par ailleurs, le Salon Beige aura l'occasion de revenir sur les concepts d'objection de conscience et de tolérance.

Philippe Carhon

Commentaires

Jean-Luc

Stricto sensu, la "note" ne laisse plus beaucoup de choix : soit JMLP, soit PdV ... s'ils ont leurs parrainages !

Je me demande quand même s'il n'y a pas un autre déterminant : la possibilité tactique d'influencer les choix gouvernementaux dans le cours du mandat (exemple de la stratégie de Mme Boutin, à laquelle je dois dire que je ne crois pas).

Quand on voit la dictature du "moralement correct" (cf le livre de Jean Sevillia et son analyse dans "Valeurs Actuelles" de la semaine dernière) on est partagé entre le repli identitaire et l'acharnement coopératif du chrétien dans la Cité ... terrible dilemne !

(JM Garrigues ajoute que "le vote catholique ne peut se déterminer en fonction d'un aspect isolé de la doctrine sociale si important soit-il. Il exixte d'autres principes moraux incontournables, comme la liberté religieuse, la liberté d'éducation des enfants, ou l'économie au service de la personne et du bien commun". PC)

Xtophe

Chers amis du Salon Beige, voilà un extrait des propositions gouvernementales de Jean-Marie Le Pen que j'ai trouvées dans une dépêche de l'Associated Press :

SANTE
- Interdiction de la recherche médicale et la thérapie génique sur l'embryon.
- Interdiction du clonage, même thérapeutique.
- Refus de l'euthanasie médicalement assistée mais autorisation de "l'arrêt clairement exprimé de l'acharnement thérapeutique".

FAMILLE
- Création d'un "revenu parental pour "choisir librement entre l'exercice d'une activité professionnelle et l'éducation des enfants". Versement du SMIC pendant 3 ans pour le premier enfant, renouvellement d'une durée de 3 ans pour le deuxième enfant et d'une durée de 10 ans pour le troisième enfant. "Coût estimé: 15 milliards d'euros".
- Promotion de "l'adoption prénatale". Elle permettra à tout couple ne pouvant pas avoir d'enfants d'adopter l'enfant à naître d'une autre femme, qui ne désire pas le garder.
- Les allocations familiales seront réservées aux familles françaises, revalorisées et indexées sur le coût de la vie.
- Instauration d'une "carte France-Famille" qui remplacera la carte famille nombreuse. A partir du deuxième enfant, elle donnera droit à des réductions dans les transports, les lieux culturels et dans les complexes sportifs.
- IVG: Jean-Marie Le Pen veut promouvoir une "politique de prévention" pour "réduire le nombre des avortements et relancer la natalité française". Référendum sur l'inscription dans la Constitution du "caractère sacré de la vie".

Quel dommage en tout cas que l'union ne puisse pas se faire sur un programme de bon sens.

La situation de notre pays est dramatique, et je n'ose pas penser que ceux qui ont servi dans les Ministères ces 20 dernières années peuvent y changer quoique ce soit.

La politique en faveur de la famille et de la protection de la vie n'est défendu que par Jean-Marie Le Pen et Philippe de Villiers. Pourquoi ces deux là se s'associent-ils donc pas . Et pourquoi de Villiers refuse-t-il donc l'union avec Le Pen ? Il y a un moment où il faut rompre avec les interdits du système et avoir le courage de ses opinions et de ses actes. Il n'est pas trop tard !

claire

1 - A Xphone, votre question est de l'ordre de l'orgueil de chaque candidat je pense. Il est difficile de faire taire son égo pour se mettre au service des hommes. C'est bien là  le problème de l'engagement en politique : il faut de l'assurance et un peu d'orgueil pour se lancer mais l'esprit de service pour remplir sa mission.

2 -Je pose tout simplement la question du 2e tour. Sans avoir encore de réponse.
Qui représente le moindre mal entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy? ou entre Sarkozy et Bayrou? Ne faut il pas voter dès le 1er tour pour ce candidat- là ??? Même si cela nous retourne le coeur? Ne serons nous pas mieux entendus ensuite dans un travail de lobby avec une émanation de droite que de gauche???

(Si nous relisons la réponse donnée par JM Garrigues :
"On peut voter pour un programme moralement imparfait, mais seulement à condition que celui atténue les imperfections éthiques de la législation actuelle. Si tel n'est pas le cas, la Note ne permet pas de voter pour lui seulement parce qu'il semble moralement moins nocif que l'autre, ou parce qu'il ne comporte pas comme celui-ci d'autres menaces. En somme, la Note ne permet de choisir le moindre mal que dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation précédente",
il sera donc difficile de choisir entre Ségolène Royal (euthanasie, mariage homosexuel..), François Bayrou (adoption simple pour les homosexuel) ou Nicolas Sarkozy (euthanasie, union civile pour les homosexuels...). Je ne vois pas de redressement éthique ! Ensuite, à chacun selon sa conscience... Philippe Carhon)

claire

Eh non hélas, je suis bien d'accord avec vous, Philippe. Le mieux pour notre conscience serait donc de s'abstenir ou de voter nul au 2e tour, ce qui risque de faire passer le candidat le pire (enfin disons le carrément: la candidate...)Parce que certains partis votent plus "collectifs" que d'autre, notre seule arme est le vote. D'autre part ne pas voter n'estce pas se retirer dans sa tour d'ivoire?
On arrive aujourd'hui dans des sociétés complètement immorales à des extrêmes qui choquent profondément notre conscience et notre cohérence de foi. A une telle ampleur que je ne peux m'empêcher de penser à un combat d'ordre surnaturel, eschatologique.
Que l'Esprit Saint nous éclaire, nous en avons plus que jamais besoin!

(Loin de moi l'idée de donner une consigne de vote. Il s'agit juste de l'interprétation que je fais des propos de JM Garrigues. Liberté Politique ne fait tout à fait la même interprétation. Prier est en effet une solution que nul ne pourra contester... Philippe)

Abbé Charles Tinotti

Il me semble qu'un catholique ne peut raisonner simplement ni d'abord en termes de 'calcul politique' mais seulement secondairement. D'abord il doit raisonner en termes de 'manifestation politique' (à son niveau d'électeur) d'une conception cohérente et non négociable d'un vivre-ensemble fondé sur la loi naturelle et divine. "Que ton oui soit oui et ton non, non, le reste vient du Diable".
Lorsqu'avant meme qu'ait eu lieu le premier tour un catholique en vient à se demander si la mort dans l'âme il faudra voter pour le moins pire au second signifie qu'il ne situe plus comme catholique mais comme simple 'affidé socio culturel à une mouvance sociologique'. C'était l'état d'esprit de ceux qui, avant les persécutions se demandaient s'il ne valait pas mieux encenser l'empereur, histoire ensuite de pouvoir influencer, pour le bien, ses bourreaux...
Au premier tour un catholique doit éliminer de son choix les candidats qui sont contraires sur des points vitaux et donc non négociables de la loi naturelle et divine selon la logique de la vie humaine et créée par Dieu (d'abord exister tout simplement : avortement/euthanasie/bioéthique... ensuite les droits fondamentaux 'spirituels' inhérents à la personne : juste rôle de l'état vis à vis des religions/liberté d'enseignement... ensuite les droits fondamentaux naturels inhérents à la personne : mariage/famille/éducation/culture réelle ... ensuite les droits dans ses biens extérieurs ou leurs conditons plus éloignées : justice sociale/libertés économiques/sécurité et paix intérieure et extérieure).
Ici, il est clair que "beaucoup sont appelés, mais peu seront élus" !
Ensuite, si au second tour on n'a le choix qu'entre deux 'éliminés', eh, bien c'est simple, on vote blanc. On vote car c'est un devoir de participer à la vie politique. Mais blanc car aucun des deux n'a le minimum requis (même si par ailleurs on peut penser qu'il y a des degrés sur des points non primordiaux).
Faire autrement, fût-ce à reculons, c'est au final troquer ses convictions catholiques contre celle d'un vulgaire électeur dépendant de son milieu socio-culturel ... et rendre non crédible donc sans poids, nos 'convictions catholiques' puisqu 'au bout du compte, on aurait rangé nos conditions non négociables dans notre poche'.
Et voilà comment la France crève depuis plus de 50 ans...
La seule et vraie question pour l'électeur qui ne veut pas passer ensuite son temps à pleurer jusqu'à l'élection d'après, est qu'il sache clairement à ses propres yeux au départ ce qu'il veut absolument et ce qu'il refuse absolument.
Voilà ce que je réponds en substances à mes ouailles lorsqu'elles évoquent les élections.

Jean Pierre

Je partage les points de vue exprimés.
Le problème en France, c'est que les bulletins nuls ou blanc ne sont pas pris en compte, renvoyant dans leur foyer tous les candidats qui ne présenteraient pas un programme qui satisfasse un minimum d'électeur, par exemple 30 % des votants et non des bulletins considérés comme valablement exprimés.
En attendant, au 2ème tour pourquoi ne pas voter pour "DIEU", légalement bulletin nul, mais 100 000 bulletins "DIEU" sinon plus ferait réfléchir et mettrait même mal à l'aise certains candidats.

matoch

C'est vrai, c'est bien dommage.
Mais quel gâchis surtout de voir que nos pasteurs (évêques) ne montent pas au créneau pour défendre l'essentiel !
Imaginez une déclaration du Cardinal Ricard sur un éventuel appel à l'abstention des catholiques au second tour faute d'un programme politique compatibles avec la valeur sacrée de la vie humaine !
Je connais certains hommes politiques qui seraient circonspects !

FAIVRE

Pour éclairer cette réflexion, je vous invite à consulter ma synthèse du positionnement éthique des différents candidats sous l'éclairage du Magistère de l'Eglise.

www.viehumaine.com sur google

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