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Affrontements ce soir dans l'Essonne

Géographie électorale : quelques enseignements

  • Comme nous le pressentions après le premier tour, la correspondance entre les régions traditionnellement catholiques et le vote de 'droite' au second tour a presque disparu. Quant à l'interprétation : s'agit-il d'une nouvelle phase de la déchristianisation culturelle, ou de la conséquence de l'évolution de la 'droite' vers un libéralisme politique et économique post-chrétien ?
  • Le Conservateur fait remarquer un autre phénomène assez frappant : la gauchisation de Paris et des grandes villes, sans doute du fait de ce que l'on appelle pudiquement leur 'renouvellement de population'. Au second tour de 1988 le 10e arrondissement de Paris votait légèrement plus à 'droite' que l'ensemble du pays - dimanche, il a accordé 63% à la candidate de gauche, soit 16 points au-dessus de sa moyenne nationale. A noter que le 3e arrondissement (qui inclut le Marais, quartier 'gay') a choisi Royal à 57%.
  • Il est difficile de nier le lien entre cette évolution et le vote quasi-monolithique des populations issues de l'immigration - un indice du vote de ces dernières a été le vote des 'Francais de l'étranger' vivant en Algérie : environ 90% pour Royal (je cite de mémoire un chiffre donné sur RFI, le site du Ministère de l'Intérieur ne donnant pas le détail par pays.)*
  • L'outre-mer, qui donnait traditionnellement une forte prime au candidat du camp sortant, a cette fois nettement choisi Royal - notamment La Réunion (à 64%) et la Martinique (à 60,5%). Est-ce le phénomène, dont Michel Gurfienkel émet l'hypothèse dans le dernier numéro de la revue Commentary, d'une identification croissante de la population ultramarine avec la population immigrée ?

Henri Vedas

*Erratum : merci aux lecteurs qui m'envoient le chiffre exact, disponible ici (pdf) : 80,5%.