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La cape du colonel Sarniguet
Non erat ille lux

Le Père Petitclerc au cabinet de Christine Boutin

Le P. Petitclerc, salésien, éducateur spécialisé, explique à La Croix son choix d'entrer au cabinet de Christine Boutin :

Il s’agit de «bâtir la civilisation de l’amour», pour reprendre l’expression de Jean-Paul II. Et la charité possède aussi une dimension collective, politique : construire une société qui soit plus juste, plus fraternelle. [...] Il m’a fallu avoir l’avis de mon provincial, consulter ma communauté, mon équipe. [...]

Je veux rester un homme de terrain ; donc, il était hors de question pour moi de quitter la direction du Valdocco (NDLR : l’association que le salésien dirige à Argenteuil et à Lyon). Donc, je travaille à temps partiel. [...] Et puis, bien sûr, j’ai posé comme condition le fait de garder ma liberté de parole de prêtre. [...]

Si j’ai rejoint le cabinet de Christine Boutin, c’est qu’elle a précisé d’emblée qu’elle voulait sortir d’une politique des quartiers, pour construire une politique de la ville. La politique que nous avons menée depuis des années, et qui consiste à toujours donner des moyens supplémentaires aux écoles ou aux associations œuvrant dans les quartiers, a des effets pervers : elle n’a pas su enrayer la spirale de ghettoïsation. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de faire du quartier une ville. Il s’agit de resituer le quartier dans la ville. Et donc de promouvoir toutes les initiatives permettant aux habitants de sortir des quartiers pour en rencontrer d’autres.

Concrètement, une mesure ?

L’assouplissement de la carte scolaire, pour ne pas faire en sorte que tous les gamins des quartiers soient scolarisés dans les quartiers. Mais aussi réorienter le dispositif ville-vie-vacances, pour ne pas faire en sorte que les gamins du quartier partent en vacances ensemble… [...]

Je ne suis inféodé à aucun parti. Vous savez, lorsque l’on interrogeait Don Bosco, qui lui aussi [...] prodiguait ses conseils au ministre de l’intérieur du Piémont, il répondait : «C’est la politique du Notre Père, “Que ton règne vienne”.»"

Michel Janva