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Incidents de Niafles

L'étrange choix de Guy Môquet

Le premier geste du Président Sarkozy a été de donner en exemple aux jeunes lycéens Guy Môquet - un symbole de la résistance communiste - en faisant lire à chaque rentrée sa lettre d'adieu à ses parents. Dès cette annonce, nous trouvions ce choix étrange : certes, cette lettre est digne et poignante, mais ne pouvait-on pas trouver l'équivalent chez une jeune victime des nazis qui n'adhérât pas à une autre idéologie totalitaire ? Et trouver un symbole de la résistance qui fût effectivement arrêté pour faits de résistance ?*

Nous ne sommes plus seuls : Le Monde de ce week-end publiait une tribune de deux historiens, où l'on lit :

Faire de Guy Môquet et de ses vingt-six camarades des "résistants de la première heure" relève de la téléologie, puisque la plupart d'entre eux ont été arrêtés en un temps où le PCF, pris dans la logique du pacte germano-soviétique, était tout sauf résistant. Après avoir [...] appelé plus ou moins ouvertement au sabotage de l'effort de guerre au printemps 1940, le Parti a profité de l'effondrement militaire de la France et de la chute de la République bourgeoise pour prendre à l'été 1940 une série d'initiatives qu'aucun martyre ultérieur ne saurait effacer : tractations avec les autorités d'occupation pour la reparution de la presse communiste dont les arguments désormais connus donnent une idée du "patriotisme" du Parti.

Guy Môquet, arrêté le dimanche 13 octobre 1940 à la gare de l'Est par trois policiers de la préfecture de police, agissant "sur indication", revendique dans sa déposition avoir voulu remplacer son père, le député communiste Prosper Môquet, militant depuis 1925, élu lors des élections de 1936, invalidé et condamné par la IIIe République pour son refus de désavouer le pacte germano-soviétique.

Henri Védas (via Polydamas)

* La réponse à ces deux question rhétoriques est "oui" et "oui" : voir ici, ici, ici, ici, ou ici.