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La société infantile : un nouveau totalitarisme

AvAlexandra Viatteau, soviétologue, vient de publier La société infantile. De l'émotion collective à l'avortement sacralisé et au satanisme et, de façon plus générale, la «promotion du relativisme» et la déchristianisation, en passant par le suivisme des foules, Halloween, les modes de la «communication», de la «mixité sociale» et du «dialogue social», l'art contemporain, la promotion du grossier, la gay-pride, la victimisation perpétuelle du délinquant, on découvre la trace d’une novlangue à la 1984 : "lorsque le langage et la manière dont il se parle et s’écrit sont pervertis, c’est toujours pour créer une nouvelle réalité". L’infantilisation, mécanisme idéologique provoquant l’aliénation, recèle une potentialité totalitaire. Extrait :

H_2 "c’est en créant un climat de gaieté hilare et sympathique que l’on propage parmi les jeunes et les moins jeunes téléspectateurs l’organisation communautaire. Notamment à travers les sitcom américaines mais aussi françaises. Dans les années 90, à l’époque de la grande vogue d’Hélène et les garçons -série télévisée aussitôt traduite et diffusée en Russie-, j’ai appelé cette sitcom nationale ‘‘le Komsomol en goguette’’. Car, tout comme dans les Jeunesses communistes, le lien social collectif était tissé dans la vie de tous les jours, dominée et contrôlée par le groupe, y compris en matière amoureuse et sexuelle. [...] Parti ou Loft, même entreprise d’enfermement collectif privilégié, soumis à la dictature de la masse, et de soumission de tous les participants et spectateurs à l’expérience psychosociologique de privation de soi au profit de la dictature (subie ou exercée) des autres».

L'auteur établit un parallélisme entre le système soviétique et nos habitudes mentales. Le marxisme n’est pas mort. Le léninisme n’est-il pas avant tout une praxis protéiforme, qui se moque de la doctrine, et ne s’intéresse qu’à la manipulation des masses ? C’est ainsi que, par-delà la chute du Mur de Berlin, la psychanalyse est devenue l’outil de fabrication de l’homme nouveau totalitaire («Staline qualifia les psychologues d’"ingénieurs de l’âme humaine"».) Nos concitoyens se précipitent tête baissée dans des réflexes de groupe, dans un

M "fascisme intériorisé, volontaire, un fascisme en pente douce, qui cousinerait avec la "tyrannie de la majorité" chère à Tocqueville [...] chez nous, on a peu à peu érigé en vertu républicaine l’intégration obligée [...]. La revendication d’une commission permanente de la vie associative dans chaque ministère rappelle immanquablement à tout soviétologue l’obligation soviétique d’un commissaire politique dans chaque kolkhoze". 

Ainsi, le totalitarisme 

"apparaît dans les systèmes démocratiques sous une forme enrobée et sympathique, en démocratie libérale, elle permet d’évoluer "librement" vers un mondialisme aisément et "globalement" gouvernable".

Au fondement d’un tel projet, c’est «l’absence de transcendance», le «parti pris faussement progressiste de rejet de la loi naturelle, de l’ordre, de la morale» qui sont responsables d’une telle dérive.

Michel Janva

Commentaires

Néel de Néhou

Extraordinaire ! On avance enfin dans l'étude du totalitarisme organisé, qu'il soit masqué ou déclaré ... Merci de nous avoir signalé cette publication.

pmc

Tout est dit !

trahoir

Ainsi ce ne sont pas "amour et vérité" qui se sont rencontrés mais capitalisme infantile et totalitarisme.... Ca fait du bien de l'entendre...ou de le lire. Le mur tombe chaque jour un peu plus.

Pascal G

Pourquoi toujours attaquer le ''libéralisme'', grand fourre tout de gauche dont on use trop souvent sans discernement chez les catholiques ?
Ce que dénonce cet auteur est plus européen qu'américain, pays du vrai libéralisme, celui où chaque citoyen demeure maître de bien des aspects de la vie sociale qui sont en Europe totalement contrôlés par l'Etat-Moloch. Ainsi la vie associative est aux USA en charge de ce qu'on appelle ici l'intégration, le social, l'animation des quartiers, la réinsertion, la prise en charge du handicap, ou des mères enceintes, la culture, les universités, les musées, la recherche, avec de l'argent privé, celui des dons, très largement défiscalisés.
L'Europe n'est pas libérale, souvent peu démocratique au sens de Tocqueville. Cette dénonciation absurde du libéralisme conduit les Européens, et particulièrement les Français, y compris ceux de droite, y compris de la Droite Nationale, à penser qu'il faut encore plus d'Etat pour les protéger et les défendre. Alors que l'Etat n'est pas la solution mais le problème, surtout en France jacobine : c'est que montre cet auteur.
Exemple : Hélène et les garçons a été exporté en URSS, pas aux USA.......
A l'opposé de ce totalitarisme démocratique, le pays du libéralisme démocratique, les USA, est celui où les citoyens peuvent provoquer des referendums sur l'avortement, ou combattre le darwinisme scientiste, ou faire inscrie das la constitution des Etats la limitaion de la fiscalité, car l'état n'est pas au service d'une idéologie, mais demeure contrôlable par les citoyens : la subsidiarité, fondement de la Doctrine Sociale de l'Eglise, est compatible avec le libéralisme, si les citoyens respectent la loi naturelle.
Parce qu'en France et en Europe, l'Etat, ''souverain'' à la place du peuple (application de la ''délégation'' du Contrat Social), n'est pas le continuateur des Rois très chrétiens, mais son exact opposé.

HB

Plus qu'un long commentaire je ne peux que vous conseiller de lire le livre de Dom Sarda y Salvany: Le libéralisme est un péché. Vous y trouverez toutes les réponses à vos questions.
Ne pas être libéral n'implique pas obligatoirement vouloir un pays étatique

Papon

Malheureusement l'antidote s'appelle l'individualisme, est-ce mieux ?

Jean-Claude

Lorsque l'on dit que le libéralisme est un péché, il faut savoir de quel libéralisme l'on parle : économique, moral, religieux, politique ? Un libertain n'est pas forcément un libéral et un libéral n'est pas toujours libertaire.

En économie, on confond trop souvent le libéralisme avec l'anarchie : ni Dieu ni maître, la loi de la jungle, celle du plus fort. Où le méchant patron n'a de cesse d'exploiter les pauvres prolétaires. C'est FAUX ! Une situation où les forts pèsent trop n'est plus du libéralisme puisque la concurrence est faussée.
Il faut comprendre que ce que Friedman, Hayek, Garello appellent libéralisme est en réalité une économie de concurrence, avec des garde-fous partiellement pris en charge par les Etats pour éviter les excès. Or cette économie de concurrence est très proche de celle que prône la Doctrine sociale de l'Eglise.

Bertrand

Je confirme pour avoir participé à des séminaires d'intégration et de motivation organisés par des filiales étrangères d'une banque française qui a récemment défrayé la chronique. On se serait cru en colonie de vacances pour ados: mêmes jeux débiles en équipes censés développer l'esprit corporate et le sens de l'engagement. Mêmes techniques de manipulation des consiences, pour les ramener à un stade infantile ou l'individu réagi en fonction de stimulis affectifs assez primaires dans des jeux de rôle. Le tout couronné par l'inévitable boum au son de tubes US éculés. Quand vous vous trouvez au fond du Caucase visité il y a un peu plus d'un siècle par Alexandre Dumas, ça vous laisse comme un malaise à l'âme. Nous voilà dans Brave New World tel que décrit par Pascal Bernardin dans l'Empire Ecologique (cf. les pages sur la théorie des systèmes et de l'engagement). Et tout cela est orchestré par des grand banquiers internationaux au comportement plus communiste que libéral. Mais les banques n'étaient-elles pas déjà derrière la révolution de 1917? Il semble que le libéralisme de la petite entreprise fondé sur l'initiative individuelle cher à Hayek n'est pas survécu à la folle expansion de la technocratie servie par les banques d'affaires sur tous les continents.

François-Xavier Yrvoix

1/ Les conceptions que l'on a en économie sont absolument liées à notre vision de l'homme, il est illusoire de croire que "libéral" en économie n'est pas lié à la pensée individualiste, dite libérale, issue des lumières.
2/la concurrence est un phénomène temporaire, les économies tendent au monopole, libéral ou pas, il est illusoire de croire que l'Etat peut se contenter de dresser des Garde-Fous. Vous en avez des preuves tous les jours.

3/Economie de concurrence = proche de la doctrine sociale de l'église : Même un Prof de La catho n'oserait pas dire une pareille énormité. Il faudrait déjà que la doctrine accepte le capitalisme, cf encyclique JP II.

4/ vous ne pouvez pas appeler au libéralisme anglo-saxon là où nos cultures ne sont pas adaptées, à moins de vouloir m'expliquer qu'il faut les ré-éduquer...

5/ il existe d'autres formes d'allocations des ressources que le marché, moins efficaces, mais est-ce vraiment ce qui doit primer en économie ?

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