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Ingrid Betancourt sera reçue par Benoît XVI
La présidence n'a que cela à faire

Trois critiques du Livre Blanc de la Défense nationale

Liberté Politique nous offre trois réflexions sur le Livre Blanc :

"le livre blanc milite en faveur d’une armée utilisée quasi- exclusivement au sein d’organismes supranationaux. [...] Cette idée d’une défense nécessairement intégrée paraît constituer pour les rédacteurs du livre blanc le présupposé absolu en matière de pensée militaire. Cela les conduit, sans doute par enthousiasme excessif, à une erreur. La ratification du traité de Lisbonne est en effet considérée comme un acquis. Selon le livre blanc, le traité de Lisbonne comporte ainsi des dispositions « qui devraient permettre à la politique étrangère de sécurité et de défense de l’Union de franchir un nouveau cap » (p. 84). Il s’agit d’une clause de solidarité et d’une clause d’assistance mutuelle. [...] Si cette faute pouvait être isolée, elle serait sans importance. Mais elle constitue hélas, un révélateur de la tonalité générale du document : une armée toujours plus intégrée dont l’emploi échappe de manière croissante à la nation.

"ce livre blanc ne fait que la moitié du chemin sur nombre de questions graves. À leur habitude, les militaires ne se sont pas imposés lors de sa préparation, selon une conception très abusive du « devoir de réserve » à laquelle les politiques ne manquent jamais de les renvoyer pour conserver la main sur ces dossiers : l’armée en est logiquement la grande perdante. Si la défense et la sécurité de la France doivent vraiment susciter l’« adhésion de la nation » (p. 299 sq), cela ne se fera que dans un échange sincère et ouvert où les armées doivent prendre leur place."

"ce livre blanc consacre beaucoup d’espace à la réduction des effectifs, ce qui ne devrait être que la conséquence des réflexions sur les risques et les enjeux. Or les propos du ministre de la Défense sont inquiétants. Le 26 juin, Hervé Morin déclare sur France 3, que l’objectif est de copier la Grande-Bretagne (60% de forces de combat, 40% de forces de soutien). Si cet objectif paraît séduisant, il convient de rappeler que le Royaume-Uni a choisi une étroite collaboration avec les États-Unis, qui lui fournissent, en Afghanistan comme en Irak, le soutien logistique et les appuis. Autrement dit, les Britanniques fournissent « la chair à canon » à leurs alliés américains. Est-ce vraiment notre choix ? [...] Il y après de vingt ans, j’écrivais que « les vrais choix stratégiques sont inscrits dans les budgets militaires, les budgets effectués et non pas les budgets annoncés ». Cela est toujours valable. [...] nous avons un budget militaire d’État sous protectorat, et non plus indépendant."

Michel Janva

Commentaires

Jean

Le Gouvernement semble avoir saisi l'occasion du drame de Carcassonne : des unités seront dissoutes dans ce régiment (mais paraît-il reconstituées à la rentrée) et des officiers viennent d'être suspendus (ça pourrait calmer les ardeurs d'autres qui sous le nom de Surcouf avaient montré leur mécontentement). Pitoyable ! :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/07/04/fusillade-de-carcassonne-des-officiers-suspendus-des-unites-d-elite-dissoutes_1066701_3224.html?xtor=RSS-3208

Je ne crois pas à la manipulation, mais force est de constater que l'occasion était trop belle pour Morin. Ainsi on peut justifier des réductions d'effectifs...

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