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Benoît XVI à l'Elysée
A Paris, la fièvre a envahi la ville

Entretien de Benoît XVI dans l'avion

Dans l'avion qui le menait à Paris, le Pape a répondu aux questions des journalistes. Extraits :

"Il me semble évident aujourd’hui que la laïcité en soi n’est pas en contradiction avec la foi. Je dirais même qu’elle est un fruit de la foi parce que la foi chrétienne était, dès le commencement, une religion universelle, donc pas identifiable avec un Etat et présente dans tous les Etats. Pour les chrétiens, il était toujours clair que la religion et la foi n’étaient pas politiques, mais une autre sphère de la vie humaine… La politique, l’Etat, n’étaient pas une religion mais une réalité profane avec une mission spécifique… et les deux doivent être ouverts l’un à l’égard de l’autre. Dans ce sens, je dirais aujourd’hui, pour les Français, et pas seulement pour les Français mais aussi pour nous chrétiens d’aujourd’hui dans ce monde sécularisé, il est important de vivre avec joie la liberté de notre foi, de vivre la beauté de la foi et de rendre visible dans le monde d’aujourd’hui qu’il est beau d’être croyant, qu’il est beau de connaître Dieu, Dieu avec un visage humain en Jésus-Christ… montrer la possibilité d’être croyant aujourd’hui et même qu’il est nécessaire pour la société d’aujourd’hui qu’il y ait des hommes qui connaissent Dieu et peuvent donc vivre selon les grandes valeurs qu’il nous a données et contribuer à la présence des valeurs qui sont fondamentales pour la construction et pour la survie de nos Etats et de nos sociétés. [...]

Que dites-vous à ceux qui, en France, craignent que le Motu proprio ‘Summorum pontificum’ marque un retour en arrière sur les grandes intuitions du Concile Vatican II ?

A C’est une peur infondée parce que ce Motu proprio est simplement un acte de tolérance, dans un but pastoral pour des personnes qui ont été formées dans cette liturgie, l’aiment, la connaissent, et veulent vivre avec cette liturgie. C’est un petit groupe parce que cela suppose une formation en latin, une formation dans une certaine culture. Mais il me semble que c’est exigence normale de la foi et de pastorale pour un évêque de notre Eglise d’avoir de l’amour et de la tolérance pour ces personnes et de leur permettre de vivre avec cette liturgie. Il n’y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. [...] Je pense quand même qu’il y a une possibilité d’un enrichissement des deux parties. D’un côté les amis de l’ancienne liturgie peuvent et doivent connaître les nouveaux saints, les nouvelles préfaces de la liturgie, etc… d’autre part, la liturgie nouvelle souligne plus la participation commune mais, toujours, n’est pas seulement l’assemblée d’une seule communauté mais un acte de l’Eglise universelle, en communion avec tous les croyants de tous les temps, et un acte d’adoration. Dans ce sens, il me semble qu’il y a un enrichissement réciproque et il est clair que la liturgie renouvelée est la liturgie ordinaire de notre temps."

MJ

Commentaires

Deshayes Claudine

C'est une erreur de dire que le motu proprio est destiné aux personnes qui ont été formées dans cette liturgie. Il est destiné à tous les catholiques, jeunes ou vieux, qui aspirent à assister aux offices religieux (messe, vêpres, salut du Saint Sacrement...) en latin et en grégorien "pr!ère chantée de l'Église"et en retirent une joie intérieure propice à leur épanouissement spirituel.

Siam

Je rejoins le commentaire ci dessus en y ajoutant ceci:
Où voit-on, en effet, que le pape reprend des éléments de la liturgie ancienne ? Serait-ce l'agenouillement pour recevoir la communion ? Sûrement pas puisque ce geste a toujours fait partie de la liturgie actuelle. Qu'en France il n'ait plus été possible de communier à genoux est un autre problème qui n'a rien à voir avec la liturgie actuelle mais plutôt avec la désobéissance des clercs qui ont enseigné que pour être dans l' "esprit du Concile", il ne fallait plus s'agenouiller à la messe. Faut-il rappeler à ceux qui se veulent fidèles à l'enseignement conciliaire que le missel actuel demande aux fidèles de se mettre à genoux durant la consécration ? Où cela se fait-il ? Où cela peut-il se faire ? En peu d'endroits... puisqu'on a presque partout enlevé les agenouilloirs dans les églises, probablement pour laisser davantage de place aux fidèles qui composent nos assemblées de plus en plus réduites. Serait-ce la célébration vers l'Orient ? Relisons le missel actuel pour constater qu'elle n'a jamais été abrogée par Vatican II. Elle fut interdite en France où l'on a partout placé des caisses ou des tables pour célébrer systématiquement la messe "face au peuple". Serait-ce les beaux ornements (chasubles, aubes, surplis) ? Ils n’ont jamais été supprimés par la restauration liturgique voulue par Vatican II. Mais en France on a préféré généraliser l'emploi d'aubes-djellabas portées sans cordons et qui contribuent à l'enlaidissement de la liturgie. Serait-ce le latin et le grégorien ? Ils n'ont jamais été supprimés par le Concile. Bien au contraire : Vatican II a donné une place de choix à ces deux éléments constitutifs de la liturgie romaine. Mais en France, on a interdit l'usage du latin et du grégorien aussi bien dans les paroisses que dans les séminaires.

Pascal G.

@ Claudine DESHAYES et SIAM

Vous dites des paroles de Benoît XVI : "C'est une erreur de dire que le motu proprio est destiné aux personnes qui ont été formées dans cette liturgie." Les propos de Benoit XVI sont nuancés : mais ils semblent ne pas avoir été rapportés intégralement par la source que cite le Salon Beige, puisqu'il y a des points de suspension après les mots "Il n’y a aucune opposition entre la liturgie renouvelée par le Concile Vatican II et cette liturgie. [...]"
En effet, ce qui était au départ une revendication de droit, continuer à bénéficier de la liturgie ancienne qui n'avait pas été abolie par celle établie par Paul VI, a changé de modalité : car effectivement et pratiquement, il faut bien avoir été formé dans cette liturgie pour la comprendre et l'apprécier, bien que la revendication de droit demeure juste et fondée. De nombreux catholiques pratiquants réguliers et assidus sont incapables de suivre une messe selon le rite ancien, qui les paralysent et les déroutent, c'est un fait réel.
Pastoralement, ceux qui apprécient cette liturgie sont minoritaires, ce qui ne signifient pas qu'ils soient quantité négligeable, dans tous les sens du terme. Benoît XVI dans la lettre accompagnant le Motu Proprio précisait bien ce souci pastoral : répondre à leur demande ET aussi faire bénéficier progressivement les autres catholiques du trésor de cette liturgie, par imprégnation progressive.

Martine

"faire bénéficier progressivement les autres catholiques du trésor de cette liturgie, par imprégnation progressive".

Là, Pascal G., vous vous trompez je crois. En tout cas certains de ces "autres", ayant connu cette liturgie, préfèreront toujours le rite ordinaire qui leur paraît beaucoup plus riche, beaucoup plus propice à leur prière et à l'adoration. D'autres de ces "autres" préfèrent le rite ordinaire de toute façon. Et tous ces gens sont...majoritaires. Le rite extraordinaire restera donc...extraordinaire. Il n'y aura pas d'imprégnation progressive.

Heli Trottincas

@Martine
"Il n'y aura pas d'imprégnation progressive." : pourtant le pape a écrit exactement le contraire dans le Motu proprio en souhaitant explicitement qu'il y ait "enrichissement mutuel".
Que vous vous ne le souhaitiez pas en prédisant que cela n'aura pas lieu est une autre histoire.

Xtophe

A Martine,

Décidément on ne se quitte plus. Et là encore, je ne vous rejoins pas dans votre analyse.

J'ai découvert la liturgie tridentine à l'occasion du pèlerinage de Paris-Chartres organisé par Notre Dame de Chrétienté en 2005. Et je puis vous dire que j'ai été absolument ébahi par la splendeur de la liturgie.

- Enfin une messe où l'on adorait Dieu pendant le Credo et au cours de la Consécration.
- Enfin une messe où les homélies nous apportaient un éclairage sur les Saintes Ecritures.
- Enfin une messe où l'on ne chantait pas les musiques de Demis Roussos (du style "Un grand champ à moissonner" et autres chants tout aussi gnan-gnan).
- Enfin une messe, où l'on était épargné de ces prières universelles parfois farfelues (un jour, j'ai souvenir qu'une laïque nous avait fait prier pour les Bouddhas de Bamiyyan suite à leur destruction par les Talibans).
- Enfin une messe où les fidèles ne faisaient pas leurs petites annonces (vente d'un frigo d'occaz', brunch jeudi prochain chez Gertrude, etc.).
- Enfin une messe, où l'on ne se dandinait pas en frappant dans les mains à la moindre occasion.
- Enfin une messe où l'on ne voiyait pas des saltimbanques faire leurs accrobaties pendant la Consécration.
- Enfin une messe, où les laïques ne chantaient pas comme des pieds.
...
- Bref, enfin une messe où Dieu était au centre de la célébration.

Alors certes, il faut savoir jacter le latin ; mais la liturgie est tellement belle et le respect tellement preignant, que l'on peut bien se permettre ce petit sacrifice.

Hélas, dans ma paroisse, je n'ai pas le choix de la liturgie. C'était la messe moderne sous la férule des laïcs ou bien c'était la porte. J'ai donc été contraint de choisir la porte... Mais hormis cela, les méchants-pas-beaux, ce sont les tradis.

Alors, vous qui semblez aimer nos Evêques ; demandez-leur d'aimer un peu plus ceux qui souhaitent voir se "démocratiser" la forme extraordinaire du rite romain, comme semble leur demander le Pape dans son Motu Proprio Summorum Pontificum.

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