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Vertus héroïques de la «sainte demoiselle» et de Benoîtte Rencurel
Et maintenant les transexuels

Les parents encore oubliés!

La gratuité d'une cinquantaine de musées et une centaine de monuments nationaux est assurée à partir d'aujourd'hui pour les enseignants et tous les jeunes de moins de 26 ans de l'Union européenne. Mais pas pour les parents! Est-ce à dire que ceux-ci sont exclus de l'éducation de leurs enfants? Évidemment.

Vous imaginez-vous payer votre propre entrée au Mont Saint Michel, au Louvre ou encore à la cité de Carcassonne parce que vous accompagnez des enfants considérés avant tout comme ceux de la République? Tout cela parce que l'État vous considère comme le gite et le couvert de ses propres enfants dont il a en charge l'éducation par le biais de ses professeurs?
Certes, cette mesure va faciliter les sorties scolaires culturelles, mais elle provoquera une situation anormale pendant les activités et les vacances familiales.
Que les associations de défense des familles se saisissent de cette injustice et de ce déni de la loi naturelle et portent réclamation. Une situation plus juste consisterait peut-être à donner la gratuité à tous les enfants et à maintenir les tarifs pour les adultes, quitte à ce que l'État prenne en compte les entrées des professeurs dans le cadre des activités scolaires. Mais s'il faut une gratuité de fait au nom de l'éducation, elle revient en premier lieu aux parents et ensuite aux enseignants.

Lahire

Commentaires

Pol

Faut arrêter avec cette mentalité d'assistés. Quand on a des enfants on assume. Y compris financièrement.
On n'a pas des enfants pour avoir des allocations familiales, pour avoir la carte famille nombreuse et l'entrée gratuite dans les musées. C'est une mentalité d'immigré assisté.
Si tous ces éléments de gratuité existent: tant mieux. Sinon, tant pis. C'est cela la paternité et la maternité responsables.
[J'attendais une telle réaction, mais je ne pensais pas qu'elle viendrait si vite. Ce post ne se place pas dans une optique financière, mais - comme à l'habitude - sur le plan de la DSE. Cette mesure place les enseignants comme premiers éducateurs des enfants. C'est une erreur et c'est contraire à la DSE qui stipule bien que ce sont les parents qui sont les premiers éducateurs des enfants. relisez ce post sous cet angle et vous verrez que votre commentaire n'était pas à faire. Merci quand même, celui-ci m'a permis d'éclaircir un point important. Lahire]

Pol

Je ne vois pas pourquoi les enseignants paieraient les musées.
Tous les parents ont-ils une formation d'histoire? Tous les parents sont-ils professeurs d'art plastique? Etc.
Et donc tous les parents ont-ils le "savoir" nécessaire à la transmission vers les élèves?

Si les parents ne veulent pas que leurs enfants aillent voir dans les musées des choses contraires à l'éducation reçue dans les familles, qu'ils n'envoient pas leurs enfants aux visites prévues. Ce sera jouer leur rôle d'éducateur.

En quoi cela vous dérange-t-il que les professeurs des écoles hors contrats ne payent pas les musées?

Si les parents sont effectivement bien les premiers éducateurs, pourquoi mettre leurs enfants dans des écoles (même hors contrat)? Pourquoi les envoyer aux scouts et jeannettes? Pourquoi ces parents ne leurs font-ils pas la classe tels des mormons?

[Ouh, on va partir de loin, des premières lignes de la Doctrine Sociale de l'Église. L'école, les mouvements scouts, etc.... ne sont là que pour aider les parents dans leur tâche de premiers éducateurs et ce en application du principe de subsidiarité. L'Etat - même l'Eglise dans ce domaine particulier - et les structures éducatives n'apportent en éducation que ce que les parents ne peuvent pas apporter eux-mêmes et vous citer avec raison l'art plastique, l'histoire, etc. Mais en aucun cas, la subsidiarité ne signifie substitution.
En vertu de ce devoir d'éducation, les parents ont le devoir de donner l'instruction nécessaire à leurs enfants par le biais des écoles qu'ils ont la liberté de choisir.
Enfin, la visite des musées et des monuments historiques n'a pas qu'un but instructif (à charge des enseignants peut-être), mais elle a aussi un but éducatif (où les parents jouent le premier rôle). N'opposez donc pas - comme j'ai refusé de le faire plus haut (relisez mon post) - les sorties scolaires et les vacances familiales. Ce n'est pas tout l'un ou tout l'autre. Les parents peuvent très bien découvrir un musée ou un monument en même temps que leurs enfants. On peut découvrir et connaître Carcassonne sans professeur.
Il est trop facile de laisser l'Etat éduquer les enfants sous prétexte que les parents sont ignards... C'est le devoir des parents de le faire ou de choisir qui le fera et ils auront des comptes à rendre sur ce qu'ils ont fait, ce qu'ils n'ont pas fait et ce qu'ils ont laissé faire dans ce domaine.
Lahire]

Pol

Je crois nous ne nous comprenons pas. Pourtant nous avons des points d'accord.

Quand j'écris: "Si les parents ne veulent pas que leurs enfants aillent voir dans les musées des choses contraires à l'éducation reçue dans les familles, qu'ils n'envoient pas leurs enfants aux visites prévues. Ce sera jouer leur rôle d'éducateur."
Il me semble que c'est assez proche de "C'est le devoir des parents de le faire ou de choisir qui le fera et ils auront des comptes à rendre sur ce qu'ils ont fait, ce qu'ils n'ont pas fait et ce qu'ils ont laissé faire dans ce domaine."

Quand je vois le nombre de jeunes cathos qui ont froidement voté Sarkozy bien qu'ils aient été dans des écoles privées, puis des internats privés hors contrats, je ne vois pas tellement quelle est l'éducation qu'ils ont pu recevoir ni par leurs parents cathos et ni par subsidiarité par les structures choisies par les parents.

Donc la DSE oui, mais mise en pratique pas en théorie (comme c'est trop souvent le cas).
[Eh oui, c'est dur... Lahire]

vf

Je suis bien d'accord pour affirmer que les professeurs ne sont pas des éducateurs (je passe des heures à le dire aux parents en question qui attendent de moi ce rôle!). Mais, en quoi leur offrir une carte d'entrée au musée (au passage, cette carte existait depuis des lustres, j'en avais une il y 15 ans, mais l'usage s'en était complètement perdu) en fait d'eux des éducateurs à la place des parents? Il me semble logique, pour des professionnels de la culture de pouvoir visiter des musées pour préparer ou approfondir des cours. De plus, cela nous a été présenté comme une mesure de rattrapage de pouvoir d'achat! Je trouve que vous faites dans l'amalgame dans votre démonstration. Mr Darcos nous désigne comme passeur de culture, ce que nous sommes, il me semble. Transmettre une culture n'a rien à voir avec l'éducation, qui ne relève pas de nous, je le redis.

[oui et pourtant monsieur Darcos appelle ça : le pass Education!]

Vous voulez défendre une position juste mais vous vous laissez aveugler par votre envie de casser du prof. Dommage. votre discours perd en crédibilité.

[Non, je n'ai aucune envie de casser du prof! Vous-même étant prof, l'avez-vous peut-être interprété trop vite comme ça. Et c'est légitime, vu combien vous exercez une profession que je sais très difficile en ce moment et cible facile. Loin de moi cette intention...
Pour faire simple, je dis au sujet de la gratuité au nom de l'éducation :
prof + jeunes (sic) : non
Parents + enfants : oui
(Parents + enfants) + profs : oui
Cette formule reprend mon titre et ma dernière phrase :
Les parents encore oubliés!
"Mais s'il faut une gratuité de fait au nom de l'éducation, elle revient en premier lieu aux parents et ensuite aux enseignants".
Et on constate que l'on est d'accord.
Lahire]

Christine

Je crains que vous vous soyez trompé de cible, Lahire :
1) oui, c'est aux parents d'assumer les frais de leur famille - et à l'Etat de ne pas interdire aux pères, par l'interventionisme économique d'avoir des rémunérations dignes;
2) le système d'une carte famille réellement nombreuse pour les musées semble le meilleur, associé à une gratuité pour les étudiants uniquement et jusqu'au doctorat compris en raison des nécessités de la formation intellectuelle et du manque d'argent de la plupart;
3) gratuité aux professeurs, qui en plus d'avoir de maigres salaires sans que personne ne s'en émeuve doivent constamment assumer des frais extrêmement lourds pour se maintenir à la pointe de leur discipline.
A moins que vous préfériez une augmentation de leurs salaires via nos impôts.

[Je pense que vous m'avez mal compris : je ne dis pas que les professeurs n'ont pas à bénéficier de la gratuité des musées. Je dis que si cette gratuité est attribuée au titre de l'éducation, les parents passent avant les professeurs surtout que leurs "rejetons" y ont droit! Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Lahire]

Il y a là une incohérence dans nos familles catholiques : l'enseignement devrait être considéré comme au moins potentiellement le premier poste de dépense en importance (sinon toujours en frais). Nos enfants, s'ils sont solidement formés par des professeurs compétents, et éduqués par leurs parents au sens du devoir d'état, n'ont pour ainsi dire besoin d'aucun autre héritage.
C'est bien sûr une façon de parler, mais le reste est réellement superflu, tandis que s'ils sont bien lancés sur la route de la vie, ils sauront, sauf difficulté particulière et momentanée, gagner ce qui leur sera nécessaire.
Quelque important que puisse être notre attachement à un patrimoine matériel, notre véritable héritage est dans le Ciel. Celui de la terre n'a de raison d'être que dans la mesure où il nous aide à atteindre cette finalité - et il nous faudra un jour le quitter, si légitimement cher qu'il nous soit!
Dans la réalité, le démocratisme qui nous ronge nous fait considérer comme normal d'avoir l'école gratuite au besoin, même si nos rejetons ne s'en montrent pas réellement dignes ou s'ils n'y montrent pas d'aptitude.

Pour en revenir aux musées, cette institution est en elle-même haïssable et typique de la petite intelligence de nos démocraties : jamais une oeuvre n'a été produite pour être enfermée dans un cadre aussi mesquin qu'un hall d'exposition si luxueux soit-il !
Dans les temps de civilisation, tout était oeuvre d'art, à commencer par la nature, puis la paroisse, le château (dont les portes ne s'ouvraient pas qu'aux grands de ce monde), et une beauté certaine n'était pas déniée aux plus humbles demeures.
Notre démocratie a inventé des clapiers à destination humaine et n'en finit pas de chercher à nous ravaler plus bas que la bête !

[Euh là, je ne vois pas du tout où vous voulez en venir... Intéressant, tout de même. Lahire]

jeffmoveone

J'ai compris du premier coup ou voulait en venir Mr Lahire et pourtant je ne suis pas prof!Je ne suis pas la pour le défendre car il le fait tres bien lui meme mais je trouve dommage qu'on veuille couper les cheveux en quatre.C'est poutant simple à comprendre quand on a du bon sens.

Christine

En réponse à votre première remarque : il y a une grande confusion là aussi à mon sens chez les catholiques concernant la notion d'éducation et la finalité de l'école.
Les parents éduquent, les professeurs instruisent (ce qui n'est qu'une part de l'éducation, non la moindre, déléguée par les parents à des institutions ou personnes de confiance, et ayant généralement des aptitudes pour ce faire que n'ont pas les parents - ou à tout le moins pas au même degré et pas dans tous les domaines).
Je récuse totalement pour ma part l'idée que l'école est faite pour éduquer. Ou bien il faudrait employer ce mot avec plus de précaution pour cette part très particulière de l'éducation, qui n'est d'ailleurs ni nécessaire ni souhaitable pour tout le monde au même niveau.
L'école encore une fois est destinée à instruire une intelligence, à la former et l'armer intellectuellement. Et par analogie, d'autres écoles peuvent préparer à différents métiers.
C'est à tout le moins le sens traditionnel de l'école, qui est de donner à l'homme le moyen d'arriver à l'achèvement naturel de son humanité dans ce qu'elle a de plus élevé.
On peut être armé spirituellement sans être passé par l'école. L'école est certainement une aide puissante... pour ceux auxquelles elle convient.
Je crains que l'école obligatoire pour tous soit devenue surtout une occasion d'universel enorgueillissement... quand nous sommes témoins que l'écrasante majorité au moins de ceux qui en sortent n'ont en aucun cas des connaissances humaines, c'est-à-dire littéraire, comparables à celles qu'avaient leur aînés.
Mais leurs aînés savaient qu'ils jouissaient d'un privilège, généralement fruit du mérite, tandis que le grand nombre de nos enfants "supportent" l'école, qui leur est pourtant offerte sur un plateau... mais dont ils ne savent plus la valeur.

Benoit

Bonjour,
C'est le second post de Lahire alertant sur un enjeu de fond. Il y a l'incompréhension de ceux qui s'arrêtent sur la question de la gratuité. Nous sommes invités, au-delà, à comprendre le glissement sans fin vers la dépossession des familles de leur rôle éducatif. La doctrine de l'Eglise est constante à rappeler que les parents sont les éducateurs premiers de leurs enfants, qu'ils doivent défendre et exercer ce droit - et ce devoir. L'Eglise est consciente qu'il est parfois difficile de suivre ce qui est fait à l'école et le contenu des programmes. Pourtant, s'il est une préoccupation qui doit être première chez tout parent, quand bien même il serait en charge d'une énorme famille, c'est cela. Surtout depuis que l'Etat se mêle d'éducation sexuelle ou, au travers de l'instruction civique, martèle un discours libertaire et relativiste. Pour Xavier Darcos l'enseignant est "passeur de culture". Et le père ? Et la mère ? Dans son discours du 2 juin 1980 sur la culture à l'UNESCO, le pape Jean-Paul II terminait par l'insistance sur le respect de la responsabilité de la famille dans le domaine de l'éducation. Trop de familles en France oublient que l'éducation n'est pas "nationale" mais familiale et la fonction enseignante déléguée - sauf école à la maison - et déléguée sous son contrôle et dans sa vigilance, au besoin par l'entraide entre parents. La Doctrine Sociale de l'Eglise, les documents du Conseil Pontifical pour la Famille, les textes et discours des papes successifs sont fermes à ce sujet.


Grégoire

J'aime autant la réflexion que fait Jean Clair quand il affirme que la gratuité des musées va dans le sens du consumérisme et s'oppose ainsi à tout apprentissage. Une obole, même modeste, est symbolique de l'effort qu'il faut mener pour l'accès à la culture, ce qu'oublient la plupart de nos contemporains. Certes, le nombre d'expositions augmente, annoncées à grands coups de publicité et de scandales soigneusement travaillés (Jan Fabre au Louvre, Jeff Koons à Versailles), mais globalement, les visiteurs aujourd'hui papillonnent entre les chefs d'œuvre, s'arrêtant dix à quinze secondes devant un tableau qui les a brusquement saisi et une minute encore devant la Joconde, pour le principe. Est-ce là vraiment l'éducation à l'art ?

cedric

Je ne vous comprends pas Lahire. Grâce à cette mesure, les familles nombreuses pourront avoir un meilleur accès à la culture, ce qui me semble important.
Si la gratuité avait été donnée uniquement aux parents, vous auriez dit que les familles sans (ou avec peu d') enfant(s) étaient injustement privilégiées.

[lisez mes interventions dans les commentaires : si la gratuité est donnée au titre de l'EDUCATION, elle doit commencer par les parents. Je ne critique pas le geste, mais son fondement. Lahire]

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