Eglise à vendre
Barnier : coupage entre un mensonge et une manœuvre électorale

Marine Le Pen et l'Union européenne

A la question de savoir savoir ce que veut le FN en matière d'Europe, une organisation politique, sous quelle forme, etc, Marine Le Pen répond :

M "Je pense que l'Union européenne telle qu'elle a été construite ne peut être rénovée, pas plus que ne pouvait l'être l'Union soviétique. Elle a été totalement dévoyée par une idéologie ultralibérale, libre-échangiste, qui met les peuples en concurrence, avec pour objectif un salaire moyen de la mondialisation qui tournera autour de 500 euros. Nous plaidons donc pour une Europe des Etats, qui puisse préserver leurs intérêts propres tout en travaillant en coopération sur des grands sujets (sur lesquels l'Europe est d'ailleurs en fait muette), comme l'environnement par exemple. [...] Je crois que la nation est au contraire un concept d'avenir au moment même où l'affaiblissement des nations donne la situation actuelle. La globalisation ou la mondialisation s'est effectuée au détriment de la sécurité des peuples, de leur protection, des écosystèmes nationaux économiques et humains. La nation, qui a fait ses preuves dans l'histoire, est la structure la plus performante pour assurer la sécurité, la prospérité, et préserver l'identité des peuples. La preuve : les Etats-Unis, la Chine, qui sont des nations et non pas des structures supranationales type Union européenne."

Interrogée sur sa présence au Parlement européen, elle se défend :

"Tous les députés Front national ont de très bons taux de présence, sauf moi. Je n'y suis qu'à 60 %, c'est-à-dire trois fois plus que ne sont présents les députés français au Parlement français. Ces chiffres ne veulent rien dire, il y a des cancres très assidus. Etre un bon député européen, c'est comme être un bon élève : il faut être bon en tout, savoir faire, certes, mais aussi faire savoir dans les combats politiques comme celui du référendum où nous avons dépensé sans compter notre énergie pour faire comprendre aux Français les dangers qui pesaient sur eux."

Sur une alliance entre eurosceptiques et souverainistes :

"D'abord, il faut que vous sachiez que Philippe de Villiers a refusé catégoriquement de siéger dans le même groupe que le Front national lors de la dernière mandature. De surcroît, Libertas m'apparaît comme une opération commerciale avec recrutement de candidats sur le Net, et programme inexistant, qui ne donne pas en l'état toutes les garanties de défense des intérêts de la France et des Français, ce qui est essentiel dans le combat européen."

Sur les racines chrétiennes de l'Europe :

"Oui, je suis pour parce que c'est une réalité. Nos racines chrétiennes font partie de notre culture, de notre histoire, et je ne vois pas bien pourquoi l'ensemble des pays du monde auraient le droit de défendre leur culture, leur indentité, leur mode de vie, sauf les pays européens, à qui l'Union européenne impose, sous prétexte de lutte contre je ne sais quelles discriminations, l'abandon de ce qui profondément fait partie de leurs identités nationales."

Commentaires

Olivier M

Marine LE PEN a raison: un candidat à l'UE, l'Albanie, Etat musulman où le salaire moyen est de 200 €/mois, tirera les saliares de la Vielle Europe vers le bas. Et même le très bas.
Il faut sortir de cette Europe-là, qui est celle des marchands, sans identité ni âme, sans racines ni valeurs.
A ce propos d'ailleurs, l'argument de Marine constitant à faire de la Chrétienté une part pleine et entière de notre Identité nationale est un excellent argument, car il est du domaine politique et peut donc être avancé dans le débat sans réduction aux confessions des uns et des autres.
En clair, même un musulman immigré en Europe devra faire sien notre héritage chrétien.

Phil41

Le "cancre assidu" ne m'a pas convaincu, en tout cas c'est bien trouvé.

Les racines chrétiennes doivent s'incarner dans le présent et l'avenir, à défaut les invoquer est une posture ... qui ne présentent qu'un intérêt électoral.

Ceci dit, tout à fait d'accord sur l'Europe des nations et sur la nécessité d'une vaste alliance dans ce sens, ce qui suppose à la fois le respect des personnes et le courage de braver certains interdits.

Jan

"[...] Elle a été totalement dévoyée par une idéologie ultralibérale, libre-échangiste, qui met les peuples en concurrence, avec pour objectif un salaire moyen de la mondialisation qui tournera autour de 500 euros.[...]"

Ca pourrait être une saillie de besancenot, mais non... Faudra qu'on m'explique un jour ce que l'action de l'UE a de libéral. Les peuples et les nations ont toujours été en concurrence, UE ou pas. C'est pour éviter les fuites vers les listes gauchisantes de M'bala qu'elle nous sort ce genre de banalités?

P G.

@ Jan

L'anti libéralisme est la vulgate de la droite nationale et d'une grande partie des Français y compris de droite : c'est une confusuion intellectuelle qui vient de l'assimilation entre les libéraux politiques du XIX ème qui se disaient libéraux et étaient jacobins et protectionnistes, étatistes opposés aux libertés du corps social, enseignement, association, professions, etc..... et la doctrine du libéralisme économique dont les mêmes ne retenaient que le droit de propriété et la libre entreprise, refusant le reste.
La droite des catholiques sociaux, souvent monarchistes, s'opposa à ces faux libéraux, et revendiqua les libertés sociales de l'Ancien Régime, supprimée par la Révolution, étant en ce sens beaucoup plus libérale que les libéraux politiques. Mais l'ambiguïté des mots est restée.
Je suis d'accord avec vous : l'Europe n'est pas libérale, elle est socialiste. Comme tous les socialismes, elle a imposé une idéologie de la culture de mort, et de la règlementation administrative, sans contrôle démocratique, ce qui est typiquement socialiste et non libéral. Et pour masquer ses échecs, elle compte sur l'extérieur. En important de la main d'oeuvre, soit par l'immigration, soit par l'importation du travail extérieur contre les peuples historiques d'Europe, condamnés à un lent dépérissement démographique et sociétal.
Ces importations massives ont pour but de maintenir le niveau de vie et de compenser le surcoût fiscal et en charges sociales des systèmes étatiques européens, nécessaires à l'application de la législation européenne. Il s'agit bien de socialisme et non de libéralisme. Mais Marine Le Pen peut-elle changer durant une campagne les convictions des Français sur ces sujets complexes ?
Surtout que ce qu'elle dit est partagé par la plupart des Français, y compris catholiques, y compris catholiques de droite et ''nationaux''......

SD

Pour le MPF, le FN présente quand même beaucoup de différences avec ce parti, notamment à propos de l'Europe. Je pense que les propos de Jean-Marie Le Pen sur la deuxième guerre mondiale l'ont définitivement séparé de Philippe de Villiers. Et la personnalité de Marine Le Pen ne va pas changer grand-chose, pas plus que ses idées ou ses amis, qu'il s'agisse de Dieudonné ou d'Alain Soral. Espérons qu'il en sera autrement avec les schismatiques du front national.

Les Français sont pour le moment majoritairement pour l'Europe, le débat n'a donc pas lieu d'être, sauf si le FN applique la même méthode que l'UMPS qui consiste à prendre des décisions contre la volonté du peuple. Tâchons donc d'améliorer l'Europe qui existe déjà, en jetant le traité de Lisbonne aux orties. Mais il y a malheureusement peu de chances : même la conférence des évêques de France, à l'exception de quelques très rares évêques, soutient la charte des droits fondamentaux.

Et visiblement les Français se moquent totalement de la réglementation sur les vins, désinformés par des médias qui laissent dire sans réagir les propos d'un M. Barnier, ou d'un M. Sarkozy sur l'entrée de la Turquie en Europe.

P G.

@SD

Par vos sous entendus peu élégants sur la personnalité de Marine LE PEN et le mensonge sur son amitié avec Dieudonné et Soral, vous entraînez implicitement vers l'abstention ou le vote éparpillé, sur le mode : tous se valent, le vote est un piège, du temps perdu, etc......
Dans cet interview au MONDE http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/05/18/pour-marine-le-pen-l-abstention-aux-europeennes-est-voulue_1194854_1168667_1.html
que cite le Salon Beige, Marine Le Pen parle de l'abstention : "Je crois que l'abstention est organisée et voulue par l'UMP et le PS. Or s'abstenir, c'est faire exactement ce que le système attend qu'on fasse. Les élections européennes sont à la proportionnelle, c'est donc une des rares élections où chaque voix compte. L'abstention bénéficie toujours aux grands partis, qui, croyez-moi, s'accommoderaient très bien d'une abstention même égale à 90 %.
Si vous croyez être subversifs en vous abstenant, vous vous trompez : vous ferez exactement ce qu'ils veulent."
Les mêmes qui veulent s'abstenir autour de moi pour de hautes raisons finement politiques, iront manifester prochainement contre..... la législation européenne en faveur de la culture de mort anti famille et anti loi naturelle, comme si leur présence sur le pavé aura plus de poids que leur bulletin de vote jeté au panier de l'absentention.
Comprenne qui pourra : à croire qu'un souverainiste est souvent un citoyen amoureux de sa démangeaison.

bastiend

Les réponses de Marine Le Pen publiées publiées le journal Le Monde sont peu convaincantes.

Concernant son manque d'assiduité au Parlement européen, elle se défend en comparant ses absences avec celle des députés à l'Assemblée nationale. Comparaison n'est pas raison. L'unique comparaison valable est celle faite avec les 77 autres députés français au Parlement européen. Et là, quel que soit le critère retenu (interventions, votes, travail en commission), Marine Le Pen est la dernière, y compris chez les non inscrits.

Elle prétend que son travail sur le terrain, notamment lors du référendum en 2005, compense ses absences au Parlement. Mais Bruno Gollnisch, Jean-Claude Martinez et Carl Lang, classés parmi les députés les plus actifs et les plus assidus, ont aussi beaucoup plus milité qu'elle pendant la campagne référendaire. Il est vrai qu'à quelques semaines des élections européennes, elle est très active pour essayer d'être réélue dans une assemblée où elle siège le moins possible, (au-dessous de 50 % de présence en séance plénière, les députés perdent la moitié de leur indemnité).

Ses absences répétées l'amènent à manquer des votes sur des sujets déterminants. Ainsi, le 6 mai Marine Le Pen et son père n'ont pas participé au vote sur l'amendement qui attaquait le Pape. Mais peut-être ne voulaient-ils pas prendre position sur ce sujet.

Ses propos sur les racines chrétiennes de l'Europe ne sont pas plus sincères que ceux tenus pendant la campagne présidentielle par Sarkozy, qui, comme elle aujourd'hui, invoquait en même temps deux personnalités de la vieille gauche anticléricale : Jaurès et Salengro. D'ailleurs Marine Le Pen, qui n'est pas à une contradiction près, termine sa réponse sur le sujet en prétendant que la laïcité est un élément de l'identité de la France.

En ce qui concerne le Front National, Marine Le Pen a beaucoup oeuvré pour que ce parti renonce à ses racines chrétiennes. Les personnalités les plus engagées dans le militantisme catholiques ont été marginalisées, exclues (comme Bernard Antony) ou poussées à la démission (comme Michel Hubault). Le résultat de ce travail de sape se retrouve dans le fait que désormais le FN est pour le maintien de la loi Veil et du PACS et que son président, après avoir fêté le trentième anniversaire de la révolution islamiste iranienne, soutient en Ile de France, (donc contre la liste même du FN), la liste de Dieudonné sur laquelle figurent plusieurs islamistes, (voir le journal le Parisien du 18 mai).

SD

Il ne faut surtout pas s'abstenir, mais voter pour le moins pire.
En attendant, confirmant la cathophobie du couple Sarkozy, la grande théologienne épidémiologiste spécialiste de l'Afrique, Carla Bruni, s'en prend, avec un très grand courage car ce n'est pas son habitude de hurler avec les loups, violemment au pape et à l'église catholique. Apparemment, ni le Figaro ni le Parisien n'ont pour le moment relayé l'information. Désolé c'est en anglais :

Carla Bruni criticises Pope Benedict XVI
Carla Bruni has issued a scathing attack on Pope Benedict XVI saying that she has allowed her Catholic faith to lapse because of his approach to contraception in Africa.

By Henry Samuel in Paris
Published: 5:51PM BST 18 May 2009
Carla Bruni has criticised Catholic teachings
http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/france/5345389/Carla-Bruni-criticises-Pope-Benedict-XVI.html

France's First Lady said that the Church's teachings had left her feeling "profoundly secular".

She departed from her post's traditional religious neutrality to accuse the Pope of "damaging" countries like Africa with his stance on birth control.

The Italian-born former supermodel risked angering believers in France and beyond by declaring that the Pontiff's proclamations showed that the Church needed to "evolve".

In March, the Pope sparked controversy while on an Africa tour by saying that the AIDs pandemic which has crippled the continent "can't be resolved with the distribution of condoms; on the contrary, there is the risk of increasing the problem".

Mrs Bruni-Sarkozy said: "I was born Catholic, I was baptised, but in my life I feel profoundly secular.

"I find that the controversy coming from the Pope's message – albeit distorted by the media – is very damaging.

"In Africa it's often Church people who look after sick people. It's astonishing to see the difference between the theory and the reality.

"I think the Church should evolve on this issue. It presents the condom as a contraceptive which, incidentally, it forbids, although it is the only existing protection," she told Femme Actuelle, the women's magazine.

The comments will cause Mr Sarkozy embarrassment in a country where, despite the separation of Church and State, a majority of the population was born Catholic.

André Roux, a constitutional historian said: "It's unprecedented for a first lady to criticise the Pope. Charles de Gaulle's wife was very Catholic and would never had taken up position, remaining very discreet. The same was true of Bernadette Chirac, who never gave her opinion on religion or international affairs.

"Even Danielle Mitterrand, the wife of François Mitterrand who was not a believer and aired her political views, never attacked the Pope.

"In my view, there is a certain obligation to keep counsel when one is the wife of a head of state, such comments are not opportune. Given her public position the effects of her comments risk carrying more weight than just the personal views of Carla Bruni."

Mr Sarkozy wrote in a 2005 book The Republic, Religions and Hope: "I acknowledge myself as a member of the Catholic Church", even if his religious practice was "periodic".

When he visited the Pope in Rome shortly after his election in 2007, he left his then girlfriend Miss Bruni – a single, unmarried mother – in Paris to avoid embarrassment.

After becoming Mr Sarkozy's third wife last year Mrs Bruni-Sarkozy has campaigned against the spread of Aids in Africa. The Pope's stance against the use of contraceptives in Africa was roundly criticised in France – including by many Catholics. Some 43 per cent of them wanted the Pontiff to step down, according to one poll.

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