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Quand le préfet de la Congrégation pour le clergé parle aux prêtres en France (1/2)
Êtes-vous choqué qu'une mairie vende sa chapelle sur Internet ?

Quand le préfet de la Congrégation pour le clergé parle aux prêtres en France (2/2)

Le prêtre, responsable des âmes sur la terre de sa paroisse et pas seulement des habitués :

Ch2 "Saint Jean-Marie Vianney était très conscient de la responsabilité qui pèse sur les épaules d'un curé. Tout curé, outre la mission universelle, reçoit la mission particulière d'aller à la rencontre de toutes les personnes qui habitent sur le territoire de la paroisse, pour leur annoncer l'Evangile, les introduire dans la communauté paroissiale et les conduire au Royaume du Ciel. Un curé peut justement se réjouir du nombre des chrétiens pratiquants qui participent à l'Eucharistie dominicale. Pour le curé d'Ars, l'enjeu était bien plus large: tant qu'une personne de la paroisse n'est pas touchée par l'Evangile, sa responsabilité de curé est engagée. Nous savons que c'était sa grande souffrance, son angoisse même, et cela nous invite à nous interroger sur notre propre zèle pastoral. Avons-nous aussi la hantise de ces personnes qui attendent encore la lumière de l'Evangile? Je parlais tout à l'heure de l'aspect missionnaire de notre sacerdoce. Le curé, lui, a la responsabilité particulière d'un peuple, qui correspond à un territoire. Alors, il ne s'agit pas seulement d'annoncer l'Evangile à l'intérieur de l'église paroissiale. Le prêtre ne peut pas se restreindre à jeter la semence de la Parole, seulement depuis la fenêtre de son presbytère. Il doit aller en terrain découvert, là où vivent les hommes. Benoît XVI a dit que les gens, surtout les pauvres, doivent sentir de nouveau la proximité de l'Eglise (4). Telle est la charité pastorale! Une telle exigence peut sembler trop lourde à porter. Oui, c'est bien ce que pensait l'abbé Vianney en arrivant à Ars. Il confiait: "Plein de soucis, travaillé de mille craintes, je cheminais, versant des larmes à l'idée de la responsabilité qui, désormais, allait peser sur moi" (5)".

Le ministère essentiel et urgent de la confession :

"Je voudrais encore brièvement souligner un autre aspect, si connu et si important, du ministère du saint curé d'Ars, celui des foules qui venaient toujours plus nombreuses pour recevoir la réconciliation à la grille de son confessionnal. C'était à un point tel qu'il n'avait plus le temps de manger et de se reposer. Cependant, sa charité pastorale le poussait à ne pas se dérober à l'écoute, souvent très fatigante, des confessions. Il était si souvent épuisé et il succombait sous le poids quotidien de ce ministère. Mais il tenait bon, car il savait que la rédemption de ces pénitents était en jeu. Aujourd'hui encore, certainement, nos contemporains cherchent le pardon, la paix intérieure, la réconciliation avec Dieu et avec le prochain, mais souvent, ils ne trouvent pas la personne qui puisse leur indiquer le chemin ou qui les entende en confession. C'est bien un des ministères essentiels de chaque prêtre. Il doit être accompli avec foi, esprit de sacrifice, amour pastoral. Ce ministère doit être mis, avec une grande générosité pastorale, à la disposition des personnes. Le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous réconcilier avec Dieu et entre nous".

Le rôle irremplaçable des familles, Eglises domestiques où la place chrétienne du père et de la mère sont respectées comme telles et où s'entendent les vocations :

Ars2 "Je vous invite aussi à regarder dans quelle famille est né et a grandi le curé d'Ars. On nous rapporte que cette famille vivait d'une foi simple et profonde, courageuse aussi, voire héroïque. Pendant la Révolution, ils accueillaient les prêtres réfractaires au prix de leur vie, et Jean-Marie a fait sa première communion lors d'une Messe célébrée en secret dans une maison.

Madame Vianney a façonné le coeur de son enfant en lui apprenant à prier et à agir selon l'Evangile. Il y avait un petit oratoire à la maison, où l'on faisait la prière du soir, et c'est Jean-Marie qui l'entretenait. A la maison des Vianney, on accueillait jusqu'à vingt pauvres à la fois, et le papa se passait de soupe s'il n'y en avait pas assez. On voit à quel point l'atmosphère familiale a été propice à l'éclosion de la vocation de ce saint prêtre. Lorsqu'il a commencé à en parler, le papa a objecté que sa formation coûterait beaucoup à la famille, mais on a su trouver une solution en l'envoyant étudier chez l'abbé Balley à Ecully.

J'ai évoqué avec vous cet aspect de la famille Vianney car les statistiques françaises actuelles révèlent que beaucoup de séminaristes proviennent de familles profondément chrétiennes. Frères et soeurs, je vous invite à faire de vos familles de vraies églises domestiques, des foyers ardents de foi et d'amour, où on prie ensemble. N'ayez pas peur que le Seigneur choisisse un de vos fils pour en faire un prêtre. Osez même demander au Seigneur la grâce d'une vocation sacerdotale dans votre famille. Vous découvrirez que c'est une véritable bénédiction, pour une famille, d'avoir un prêtre en son sein. C'est une vraie grâce pour une famille de donner un prêtre à l'Eglise".

Commentaires

Amédée

Tout ce que dit le Cardinal est bel et bon.

Il est bon de rappeler à chacun ses devoirs.

Mais le Seigneur oublie certaines choses!

Le Seigneur appelle toujours le nombre adéquat d'ouvriers à la moisson (comment douter de Sa Bienveillance pour les hommes, ses créatures), mais quel accueil est-il fait par les prêtres (en particulier les services des vocations, les supérieurs de Séminaires, les évêques mêmes) à ces jeunes?

Le Cardinal devrait rappeler aux prêtres qu'il ne faut pas forcément suggérer à un candidat au sacerdoce de connaître (dans tous les sens du mots "connaître") une jeune fille pour savoir à quoi il renonce, comment cela est arrivé à de nombreux amis à moi en divers diocèses...

Parce que ce type de suggestion, et tant d'autres (comme jouer la montre: "ah tu devrais faire une année de coopération" quand ce n'est l'absence de réponse à des demandes de rendez-vous pour le service des vocations) écœurent même les plus ardents. Et rejoignent les propos de Saint Jean-Eudes que le Salon citait à propos du clergé.

Et ce n'est pas en envoyant des questionnaires comme avec les nonnes américaines que l'on règle ce type de questions: http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2389908&rubId=4078

Amédée

Erratum: merci de corriger, j'ai cliqué sur envoyer au lieu d'aperçu.

Merci de lire, bien entendu, "le Cardinal oublie certaines choses"

ALM

@Amedée
Quel dommage que vous critiquiez cette remarquable homélie que j'ai plaisir à lire après l'avoir entendue à Ars ! Le propos du cardinal était de parler aux pretres, aux curés et pas de donner des directives à certains service des vocations ou eveques qui ne sont pas trop à la hauteur !Relisez donc le texte plutôt que de lire la Croix !
Excusez-moi, mais je m'attendais à un bon commentaire, positif.

Amédée

@ ALM,

Je ne critique en aucun cas les propos du Cardinal, j'ajoute mon point de vue basé sur l'expérience d'amis.

Votre argumentation est étonnante. Parce que si les propos du Cardinal s'adressent aux prêtres, aux curés (comme je le crois ainsi que vous), ils s'adressent donc aussi aux prêtres qui composent "certains service[s] des vocations ou évêques [qui sont prêtres également, si je ne m'abuse, non?]" A moins que désormais des services des vocations ne soient plus composés de prêtres? On peut tout imaginer.

Et à moins qu'il y ait à nouveau, comme dans le passé, des évêques qui ne soient pas prêtres, des évêques pour le bénéfice de la charge. Vous avez peut-être raison, après tout: ce serait pour cela qu'il y a tant d'évêques auxiliaires et/ou coadjuteurs... les évêques titulaires n'étant pas/plus prêtres. Ou oubliant leur rôle et leurs devoirs, ce qui revient un peu au même.

Il est très instructif de lire que La Croix sert les "vis" des religieuses américaines dont les vocations se tarissent. Je m'en réjouis d'ailleurs, mais dit que des questionnaires ne suffisent pas. On juge l'arbre à ses fruits, si un arbre (une congrégation de bonnes soeurs) ne donne pas de fruit, un questionnaire est-il adéquat? Non, on coupe des branches (on fait démissionner les déviant(e)s, on bêche aux pieds et on arrose (de prières?).

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