Nouveau site >> www.lesalonbeige.fr



Chronique de l'insécurité
La fabrication des chiffres de reconduites aux frontières

Le Grand Orient et l'identité nationale

Il est intéressant de constater une contradiction flagrante entre le grand maître actuel du Grand Orient de France et un de ces prédécesseurs, mais aussi et surtout de se demander si elle est bien aussi profonde qu'elle paraît de prime abord.

Pierre Lambicchi, actuellement à la tête de cette obédience, déclare dans la Montagne :

"D'abord, il faut préciser que le Grand Orient de France n'est pas l'officine d'un parti politique : quand nous organisons un débat, tout le monde vient. Ensuite, ce débat sur l'identité nationale n'est pas une nouveauté pour nous : nous y travaillons depuis longtemps. On sentait bien qu'il y avait un souci sur cette question, et notamment sur le fait de savoir : qu'est-ce que la citoyenneté ? Pour nous, le statut de citoyen s'acquiert, non pas par la communauté, mais par le statut d'Homme. Dans ce débat, nous ne voyons pas le côté politicien, mais un sujet de société auquel nous tenons à participer pour éviter toute dérive xénophobe. Ce n'est pas pour autant que nous validons la méthode et ses grands raouts préfectoraux, nous aurions évidemment souhaité de vrais débats, et d'ailleurs nous en organisons quelques-uns."

Jean-Michel Quillardet qui le précéda jusqu'en 2005 écrit :

"Le débat sur l'identité nationale lancé par Eric Besson est pour moi inacceptable et grave. «Soyons fiers d'être français», c'est le retour de Vichy ! Moi, je suis pour l'interdiction de la burqa, pas au nom de l'identité nationale mais au nom de l'universalité. C'est évidemment un sujet sur lequel le Grand Orient doit intervenir, et ce n'est pas le seul. Un certain nombre de nos principes républicains sont écornés, comme lorsque le fichier Edvige fait son retour en une version un peu plus molle".

Alors, marché de dupe ou véritable discorde? Il est possible, mais peu probable, que Jean-Michel Quillardet ne sache pas ce qui se trame au Grand-Orient depuis qu'il l'a quitté. Ceci expliquerait la différence d'approches de ces deux hommes face à l'évènement. Mais les deux grands maîtres sont en parfait accord sur des principes fondamentaux de la franc-maçonnerie, que sont l'humanisme, l'universalisme et le refus de la communauté d'appartenance.  Et Éric Besson, l'investigateur désigné du dit débat, n'en est bizarrement pas loin du tout. En revenant à nos deux protagonistes, on lit bien de l'un : 

"Pour nous, le statut de citoyen s'acquiert, non pas par la communauté, mais par le statut d'Homme".

et de l'autre :

"Moi, je suis pour l'interdiction de la burqa, pas au nom de l'identité nationale mais au nom de l'universalité".

On assiste bien à une différence dans la stratégie, mais pas dans le postulat ni dans l'objectif encouru. Le débat sur l'identité nationale, initié ou pas par le Grand Orient de France (c'est une fausse question), servira à ses membres à faire avancer leur projet d'Homme coupé de l'autorité de Dieu.

Alors que la droite nationale et tant de catholiques foncent tête baissée dans ce débat en hurlant à la chasse gardée et en défendant coûte que coûte l'identité nationale, il est plus qu'urgent de la définir, de se poser les bonnes questions et d'y apporter des réponses conformes à l'enseignement de l'Église au risque de donner caution à une secte condamnée par l'Eglise (Léon XIII in Humanum Genus) et de faciliter la tâche à ceux-là même qui nous sont opposés (Cardinal Ratzinger in déclaration sur l'incompatibilité entre l'appartenance à l'Eglise et à la franc-maçonnerie) mais qui ont, eux, la force de très bien savoir où ils vont.

"Quelques personnes peuvent en effet croire que, dans les projets des francs-maçons, il n'y a rien de formellement contraire à la sainteté de la religion et des mœurs. Toutefois, le principe fondamental qui est comme l'âme de la secte, étant condamné par la morale, il ne saurait être permis de se joindre à elle ni de lui venir en aide d'aucune façon" (Léon XIII in Humanum Genus).

Commentaires

Mike

Soyons fiers d'être français», c'est le retour de Vichy !

Eh ben dis donc, ils n'y vont pas de main morte ! Nous n'avons meme plus le droit de nous dire fier de notre pays sans nous faire accuser de tous les maux portes par ce regime merdique de Vichy ?

Il y a des baffes qui se perdent !

Soleil Xavier

Tout ceci m'amène à penser qu'un "débat" - terme d'ailleurs fort mal choisi - ne peut s'élever qu'à la veille ou au lendemain d'une catastrophe.

Il n'y a d'ailleurs pas débat, mais manifestation spontanée et UNANIME. Voyez Philippe-Auguste à la veille de Bouvines et Louis XIV à veille de Denain, ou encore Pétain en juin 1940 !

eric F

La seule différence entre nos 2 grands maitres est juste que l'un est en fonction et se doit donc d'avoir une certaine retenue et que l'autre ne s'exprime qu'en son nom propre. Il est bon de rappeler que le GODF est adogmatique et ne combat pas la religion. Mais il place l'homme au cœur de ses débats et non pas Dieu, c'est sans doute cela qui vous chagrine ?

[Votre dernière phrase est le cœur de toute la maçonnerie : l'Homme Premier Servi. Incompatible en effet avec l'âme catholique. Lahire]

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.