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Faire le deuil de l'enfant à naître : une nécessité
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Le Français Frédéric Bastiat, modèle de Ron Paul et du Tea Party

L'élu texan à la Chambre des représentants, figure de proue du Tea Party et du renouveau de la droite américaine, cite un économiste français, peu connu en France et décédé en 1850, comme l'un de ses modèle.

B Né à Bayonne en 1801, il est élu conseiller général des Landes en 1832, puis député en 1848. Il mène une carrière politique en défendant les idées antiprotectionnistes. A Bordeaux, il crée une association pour la liberté des échanges. Le livre qu’il destinait à être son chef-d’œuvre, Harmonies écono­miques, reste inachevé. La redécouverte de ses textes, et leur réédition en vue d’en fai­re des manifestes libertariens, «fait partie de la réaction libérale contre la pensée “col­lectiviste” (mot qui englobe aussi bien le nazisme, le communisme, le keynésianis­me, et le libéralisme du New Deal) dans la foulée de la seconde guerre mondiale».

Frédéric Bastiat avait dit : «L’Etat, c’est la grande fic­tion à travers laquelle tout le monde s’effor­ce de vivre aux dépens de tout le monde

Commentaires

rom dyli

Effectivement, Frédéric Bastiat n'est connu que des économistes ou bien des adeptes du libertarianisme.
Ron Paul fait encore une fois figure de bon sens, il est ouvertement pour la suppression de l'éducation nationale, et reconnait que l'avortement est un crime (il est gynécologue).
Le libertarianisme en France n'est pas assez connu, mais essayez une seule seconde de dire au Français qu'il y n'y aura plus de monopole de la sécu ou que l'éducation nationale va disparaître.
Les Français sont encore bien trop attachés à cet Etat qui ne diminue pas, même avec la présidence du "libéral" Sarko.

HV

Il ne faut pas surestimer l'influence du folklorique Ron Paul au sein de la droite US - meme s'il est respecté par beaucoup pour sa fidélité à ses principes libertariens.

RL

Grand Bastiat ! Un visionnaire car un homme plein de bon sens. J'aime beaucoup ce texte prémonitoire sur l'idée d'une Sécurité sociale d'Etat :

"Supposez que le gouvernement intervienne. Il est aisé de deviner le rôle qu'il s'attribuera. Son premier soin sera de s'emparer de toutes ces caisses sous prétexte de les centraliser ; et pour colorer cette entreprise, il promettra de les grossir avec des ressources prises sur le contribuable [...] Ensuite, sous prétexte d'unité, de solidarité (que sais-je ?), il s'avisera de fondre toutes les associations en une seule soumise à un règlement uniforme.

Mais, je le demande, que sera devenue la moralité de l'institution quand sa caisse sera alimentée par l'impôt ; quand nul, si ce n'est quelque bureaucrate, n'aura intérêt à défendre le fonds commun ; quand chacun, au lieu de se faire un devoir de prévenir les abus, se fera un plaisir de les favoriser ; quand aura cessé toute surveillance mutuelle, et que feindre une maladie ne sera autre chose que jouer un bon tour au gouvernement ?

Le gouvernement, il faut lui rendre cette justice, est enclin à se défendre ; mais, ne pouvant plus compter sur l'action privée, il faudra bien qu'il y substitue l'action officielle. Il nommera des vérificateurs, des contrôleurs, des inspecteurs. On verra des formalités sans nombre s'interposer entre le besoin et le secours [...]

[...] Les ouvriers ne verront plus dans la caisse commune une propriété qu'ils administrent, qu'ils alimentent et dont les limites bornent leurs droits. Peu à peu, ils s'accoutumeront à regarder le secours en cas de maladie ou de chômage, non comme provenant d'un fond limité, préparé par leur propre prévoyance, mais comme une dette de la Société. Ils n'admettront pas pour elle l'impossibilité de payer, et ne seront jamais contents des répartitions. L'État se verra contraint de demander sans cesse des subventions au budget. Là, rencontrant l'opposition des commissions de finances, il se trouvera engagé dans des difficultés inextricables. Les abus iront toujours croissants et on en recalculera le redressement d'année en année, comme c'est l'usage jusqu'à ce que vienne le jour d'une explosion. Mais alors, on s'apercevra qu'on est réduit à compter avec une population qui ne sait plus agir par elle-même, qui attend tout d'un ministre ou d'un préfet, même la subsistance, et dont les idées sont perverties au point d'avoir perdu jusqu'à la notion du Droit, de la Propriété, de la Liberté et de la Justice."

PG

Il est de fait que BASTIAT est archi célèbre dans le monde anglo saxon de droite, mais inconnu quasiment en France, en dehors des cercles économiques libéraux.
Or c'est le premier économiste anti étatiste, et anti socialiste, l'anti marx en économie, tout comme Maurras le sera ensuite en politique.
Les ''Harmonies économiques'' ont été rééditées aux éditions TRIDENT
http://www.europelibre.com/TR/bastiat1.htm
avec une préface du grand spécialiste français de l'économie de la protection sociale, Georges LANE, professeur à Paris-DAUPHINE
http://www.quebecoislibre.org/05/051015-15.htm

Solange

En plus d'avoir été un libéral individualiste, ce Frédéric Bastiat fut un franc-maçon qui siégea à gauche à l'assemblée nationale et qui votait avec l'extrême gauche. Preuve que le libéralisme économique est bien de gauche.

Cette droite américaine est très bizarre : conservatrice mais ultra-libérale... n'est-ce pas contradictoire ?

l'Exilee

Marc Levine avocat et talk show aux USA le cite aussi souvent, c'est comme cela que j'ai fait la connaissance d'un compatriote que l'education nationale a passee sous silence.

drazig

Je suis Landais et Français (of course) et j'ai toujours été ébahi par le fait que nous avions des personnalités remarquables et prémonitoires tel Bastiat et que toujours les étrangers se les accaparent. Il existe une association landaise qui s'efforce de faire connaître et diffuser ses textes. Je crois qu'elle prépare une édition complète. Pour l'anedocte, à l'arrivée de Reagan à la Présidence des Etats-Unis, on lui avait donné à lire trois livres d'économie: ceux de deux auteurs américains dont Milton Friedman et...Frédéric Bastiat.

RL

Solange :
Clemenceau siégeait à gauche de l'assemblé. Preuve que le patriotisme et l'amour de la France sont bien de gauche.

Il ne faut pas confondre libéralisme économique et libéralisme philosophique, lequel ressemble plus à l'anarchisme. Le premier consiste à laisser les initiatives individuelles s'exprimer, l'État se bornant à faire respecter les lois. Le libéralisme est ce qui ressemble le plus au principe de subsidiarité. C'est plutôt le système étatisé français qui est de gauche.

Emmanuel

Frederic Bastiat: formidable source d’inspiration tant sur le plan de l’économie, du politique et du spirituel. Un très grand français de la fin du 19eme siècle dont l’analyse et la vision est d’une saisissante actualité.

Avec lui, et bien d’autres tout aussi français, nous sommes assis sur une mine d’or sans le savoir. En effet, le fait qu’il soit archi-inconnu dans certain milieux, particulièrement ceux pour qui l’attachement à la France est au centre de leur vie et préoccupations, est un long sujet sur lequel je n’ai pas la place de m’étendre ici mais devrait faire réfléchir.

@Solange. Plutôt que de nous infliger des poncifs-bateaux à l’encontre de Bastiat, je vous recommande chaudement la lecture d’un très remarquable article intitulé “Bastiat et la Providence de Dieu” écrit par Arnaud Pélissier-Tanon. http://stelladuce.typepad.fr/raoul_audouin/frédéric-bastiat/

Nous serions bien avisés de nous inspirer largement de Frédéric Bastiat et méditer ses écrits afin d’orienter correctement notre action de catholiques dans la cité. Il faut se plonger toute affaire cessante - ce sera sans nul doute avec délectation, je le sais, j’en ai fait l’expérience - dans la richesse de ces écrits qui ouvriront sur un espace où il fait bon respirer à pleins poumons. Pour d’emblée rassurer certains, d’une respiration toute conforme à la DSE...

Il y a un très gros travail, tant intellectuel que politique, à faire pour sortir notre pays de ce gigantesque et mortel processus débilitant de collectivisation des esprits, de déresponsabilisation et d’épouvantable perte de libertés. Tout cela étant l’exacte contraire d’une société catho-compatible.

athos

Bastiat conforme à la DSE ! On aura tout lu ici !
Emmanuel, vous dites que solange nous inflige des poncifs. Elle ne fait que dire des faits avérés.
Vous n'avez de toute évidence que peu, et mal lu Bastiat. Et ne savez pas ce qu'est la DSE.
Bastiat, c'est l'anarchie en économie, la guerre de tous contre tous, l'individualisme forcené. Conforme à la DSE?
@RL
La séparation du libéralisme économique et philosophique n'a aucun sens. L'un et l'autre ont les mêmes sources idéologiques que nous combattons : la réforme, la philosophie des lumières, la révolution française. Ce que vous confondez, ce sont libertés économiques et libéralisme.
Se jeter dans les bras du libéralisme le plus effréné (comme le fait emmanuel) sous prétexte de sortir d'un fantasmatique collectivisme témoigne chez les catholiques nationaux d'une incapacité à penser un modèle économique qui sorte des modèles libéraux et sociaux-démocrates (issus tous deux de la matrice idéologique matérialiste, l'un tendant à l'individualisme, l'autre au collectivisme).

Solange

Contrairement à ce qui est affirmé par certains commentateurs peu ou mal formés le libéralisme économique est insécablement lié au libéralisme philosophique. Tout se tient : on ne peut pas être libéral en économie et ne pas l'être philosophiquement, ce serait rejeter les causes des conséquences. C'est parfaitement illogique !

Tout comme de rapprocher la subsidiarité du libéralisme, voire de la DSE ! Quelle inculture et quelles approximations ! Je suis étonnée de tant d'erreurs doctrinales !

Je n'inflige aucun poncif à personne. Soit j'ai raison, soit j'ai tort :

--> oui ou non Frédéric Bastiat était-il franc-maçon ? OUI : il a été initié dans les années 1820 dans la loge "La Zélée" (sic) de Bayonne dont il fut orateur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-empreinte-la-z-eacute-l-eacute-e_498023.html

--> oui ou non Frédéric Bastiat siégeait-il à gauche et votait-il avec l'extrême gauche ? OUI : lui-même l'a revendiqué http://fr.wikisource.org/wiki/Profession_de_foi_%C3%A9lectorale_de_1849

Sans doute ces faits sont ils dérangeants pour les catholiques libéraux en économie et hélas en doctrine, mais ils ont exacts !

Comment peut-on faire l'apologie d'un anarcho-capitaliste aujourd'hui invoqué par les libertariens quand on est catholique ? Le libéralisme est, sous toutes ses formes, philosophiques, sociales, politiques, une monstrueuse erreur, celle sous laquelle les sociétés chrétiennes s'épuisent et croulent.

Il faut préférer un philosophe, sociologue et économiste, tout à fait catholique et contemporain de Bastiat : ANTOINE BLANC DE SAINT-BONNET. Dans ses nombreux ouvrages philosophiques et politiques il dénonce le socialisme et le libéralisme comme étant des erreurs économiques qu'il refuse et défend la conception chrétienne : "Le profit [...] sous une forme intelligente, sous un aspect légal, c'est une anthropophagie" (La Légitimité).

"L'industrialisme [...], accumulant sur quelques points le monopole des capitaux, amène l'exploitation de l'homme par l'homme" (La Légitimité).

"L'homme sans Dieu n'aboutit qu'à immoler l'homme" (La Légitimité).

"Le socialisme [...] découle du libéralisme" (La Légitimité).

"L'erreur commence au protestantisme et finit au socialisme. Les autres erreurs sont les diverses stations de la même pensée" (La Restauration française).

(Voir sa biographie sur wikipedia).

Emmanuel

@Athos.

Je fais abstraction de votre usage de l’invective. Non sans le regretter.

Juste une question: il semble à la lecture de votre commentaire que vous me comptiez parmi “les catholiques nationaux dans l’incapacité à penser un modèle économique qui sorte des modèles libéraux et sociaux-démocrates, etc...”

Vous avez parfaitement raison: j’en suis incapable. C’est pas faute d’avoir essayé pourtant. J’ai lu beaucoup, mais alors beaucoup d’âneries. Pour vous simplifier la tâche, je vais droit au but: je suis devenu incapable de penser un modèle économique qui sorte du modèle libérale. Si à ce stade vous ne vous êtes pas encore étranglé d’indignation, je vous suggère de prendre votre courage à deux mains car je vous renvoie à présent à la lecture de l’article que je cite dans mon commentaire précédent.

A propos, si vous y trouvez fusse une seule citation de Bastiat qui soit en flagrante contradiction avec la DSE, je vous lirai avec grand intérêt et suis certain que je ne serai pas le seul.

athos

excellent, solange. Tout est dit, parfaitement résumé. Je vous rejoins sur le fait inquiétant de la conversion de (trop)nombreux catholiques nationaux au libéralisme.

Papon

Si l'on veut vraiment que l'argent public soit bien utilisé il faut creer une institution dotée de pouvoirs coercitifs etendus, la Cour des Comptes ne remplit pas ce rôle.

HV

J'en ai pour ma part un peu assez d'entendre asséner sur tous les tons que "le libéralisme économique est insécablement lié au libéralisme philosophique", ou des variantes de la meme affirmation péremptoire.

Tenez, moi par exemple: je suis pour une implication modeste de l'Etat dans l'économie (fournissant simplement un cadre juridique stable et une gestion d'un nombre raisonnable d'externalités), et pour le démentelement de l'Etat-Providence afin que la société civile, a commencer par les familles, puisse respirer a nouveau.

En quoi cela fait-il de moi un suppot du "libéralisme philosophique", chers Solange et Athos?

athos

@emmanuel
poncifs, invective...Mais encore ?
Vous prenez également tout à titre personnel. Dans un débat, ça obscurcit la pensée...
L'article que vous citez n'a aucun rapport avec le sujet. Il dresse un portrait du chrétien Bastiat et de sa conception de la liberté (où d'ailleurs de nombreux points sont critiquables). A aucun moment, les problèmes économiques ne sont abordés.
Le petit jeu du "donnez moi une citation" ne marche pas très cher. Vous biaisez. L'anarcho-économisme, le libertarisme de Bastiat sont contraires à la DSE. A titre d'exemple, toute l'action des catholiques sociaux en faveur des milieux ouvriers va à l'opposé des conceptions de bastiat. Ne pas le voir, c'est être aveugle.
Comme il faut être aveugle pour ne pas comprendre que la conception de l'homme dans le libéralisme (donc chez bastiat) s'oppose à la nature réelle de l'homme.
Solange vous renvoyait à blanc de saint bonnet. Je vous renvoie à la tour du pin (vers un ordre social chrétien, entre autres).

Corso

Bien d'accord avec @Solange.

En ce qui concerne Clémenceau, réhabilité par une gauche cherchant à faire oublier ses dérives de guerre, il était considéré comme un criminel par l'essentiel du pays -qui d'ailleurs ne l'a jamais élu à la présidence de la République : on n'en voulait pas!

Radical-socialiste inspirateur des lois de 1905 anti-catholiques, il s'agit d'un triste personnage fait de honte et de crimes, un de ces agitateurs tel le général Boulanger (qui rappelons le à ceux qui se laissent circonvenir était d'extrême-gauche et non d'extrême droite [idem dans l'esprit que le "cas" Hitler]) qui un moment jouant des mots du coup d'état et de la désinformation prétendent incarner la France.

Il est bien triste que de telles évocations soient faites ici.

Corso

Bastiat était franc-maçon et relai en France des hyper-libéraux anglais -comme beaucoup- et donc financé par eux pour piller le(s) pays.

Les anglais, selon leur propre organisation finançaient à la fois le socialisme et le libéralisme dans l'esprit de la création d'un global-parti faussement démocratique de type gauche-droite : un coup à toi, un coup à moi, rien pour les autres!

Cette stratégie permettait toutes les dérives mais aussi d'être toujours ... indirectement au pouvoir.

Ceci dit les penseurs économiques français ont quand même développé des idées qui leurs étaient proches.

Cependant toute lecture, avec comme exemple celle typique de Ricardo fonctionnait avec un fort substrat qui était le nationalisme.

Tellement fort qu'il semblait parfaitement inutile d'en parler!

Les lectures simplistes qui peuvent être faites actuellement par certains "sites économiques" nationaux, avec des citations qui oublient le coeur de la rédaction des ouvrages disant bien les choses de la préférence nationale toujours présente, portent le risque du name dropping en guise de contenu et de la confusion comme conclusion.

L'économie est une matière vivante qui ne peut accepter que des penseurs du moment, ayant connaissance des paramètres nouveaux, souvent d'ailleurs eux mêmes lobbyistes -la communication coûte cher- tels les prix Nobel.

Ces penseurs sont le plus souvent -gardons espoir- le reflet de la communication économique du global-parti... en face, il n'y a rien!

D'autres acteurs doivent donc intervenir, les nationaux s'ils ont une vision alternationale, le clergé sur ses valeurs économiques, d'autres partis, des indépendants. Le débat doit s'ouvrir.

Frégate

Le personnage "mène une carrière politique en défendant les idées antiprotectionnistes."

Personnellement je suis convaincu que l'Europe ne s'en sortira pas sans protectionnisme.

Il faut 5000 euros pour louer un conteneur entre la Chine et la France. Sans protectionnisme, nos salaires vont s'aligner sur ceux des chinois, des indiens etc.

"Le mondialisme c'est les pauvres des pays riches qui subventionnent les riches des pays pauvres"

Solange

Bravo Athos, je vous rejoins totalement dans vos pertinentes analyses, et de l'erreur du libéralisme, et des sophismes utilisés par ses malheureux défenseurs.

Vous citez La Tour du Pin : comme vous avez raison ! Voilà l'exemple d'un penseur social chrétien qui a écrit de très belle pages sur l'intervention légitime de l'Etat dans l'économie. Etat qui est devenu comme un gros mot dans la bouche des catho-libéraux qui s'extasient ici sur Bastiat. Celui-ci voulait d'ailleurs, comme les libertariens aujourd'hui, réduire l'Etat à une fonction policière et sécuritaire. Mais l'Etat n'est pas un gendarme ! Là est la grande différence avec la conception catholique qui voit dans l'Etat un agent politique du bien commun ! Cette querelle remonte au XIXe siècle entre l'école libérale et l'école sociale, querelle tranchée par le Pape Léon XIII dans le sens social (l'Eglise a toujours condamné le libéralisme quelle que soit sa forme). Cela ne signifie pas que La Tour du Pin, Blanc de Saint-Bonnet, etc. était favorable au socialisme d'Etat : en contestant à l'Etat tout droit d'intervention dans les questions économiques et sociales, les libéraux ont eux mêmes préparé l'avènement du socialisme d'Etat ("le socialisme découle du libéralisme", Blanc de Saint-Bonnet).

"Le socialisme d'Etat est le système dans lequel les fonctions économiques de la société sont converties en services publics. [...] Il serait infiniment supérieur à l'état d'invidualisme et de rançonnement sans merci des faibles, que préconise l'économie soi-disant politique, sous le nom de libre concurrence. Tel n'est point cependant l'déal des conservateurs sociaux, parce qu'ils savent combien le corps social, n'étant pas même une création artificielle, mais naturelle, possède en lui-même d'organismes variés pour accomplir ses diverses fonctions, pourvu que la tête qui gouverne veille à l'équilibre de ces fonctions dans un esprit de justice et de paix. La disparition de cet esprit est due à la CONNIVENCE des conservateurs libéraux avec les révolutionnaires , lorsqu'ils ont placé d'un commun accord le principe de liberté dans l'homme, tandis qu'il est en Dieu, et que Dieu a constitué LE POUVOIR SOCIAL pour en être le gardien. C'est à ce Pouvoir qu'il revient en effet, non pas d'absorber les facultés de l'invidu, mais de faciliter et protéger leur plein exercice dans l'ordre du bien et de la justice sociale. On voit ces conservateurs libéraux, affolés par [...] le socialisme d'Etat dont ils ont contribué pendant un siècle à préparer l'avènement, se débattre à la fois contre l'histoire des siècles chrétiens et contre la doctrine des Pères de l'Eglise, pour trouver la liberté là où ils l'ont fourvoyée, au lieu de la replacer là d'où ils l'ont chassée par le REGIME PARLEMENTAIRE qui est leur oeuvre. Si ceux d'entre eux qui sont catholiques lisaient au Pontifical romain le cérémonial du sacre des Rois dont ils n'ont plus ombrage, ils y apercevraient que le sceptre n'est pas un bâton d'argent de police, et que l'homme d'armes qui le recevait alors en mains n'était pas, selon leur idéal, simplement un gendarme" (La Tour du Pin, Aphorismes de politique sociale, p. 49 et suiv.).

Au lieu de dénicher un franc-maçon de gauche comme Bastiat pour légitimer le libéralisme économique ("exploitation de l'homme par l'homme" selon Blanc de Saint-Bonnet), les catho-capitalistes seraient bien inspirés de relire La Tour du Pin, Blanc de Saint-Bonnet, ou tout simplement la doctrine sociale de l'Eglise, notamment les documents pontificaux de Léon XIII.

athos

je crois également que pie XI et Pie XII se sont longuement exprimés sur le sujet et sans ambiguïté.

Emmanuel

@Solange

Je vous cite: “Mais l'Etat n'est pas un gendarme ! Là est la grande différence avec la conception catholique qui voit dans l'Etat un agent politique du bien commun !”.

Vous tentez de maquiller le gendarme (que risque d’être tout Etat) en l’appelant un “agent politique du bien commun”. La belle affaire: ce sont-là les deux faces d’une même pièce.

“l'Eglise a toujours condamné le libéralisme quelle que soit sa forme”. C’est inexact. Relisez notamment Centesimus Annus et certains textes du Concile Vatican 2. Là je devine que je vous embête avec ce Vatican 2. Moi aussi ce Vatican 2 m’embête à bien des égards mais le fait est que c’est un Concile même si son contenu ne vous plaît pas. Ou plutôt, n’auraient pas plu à ceux dont vous êtes avide lecteur. (lectrice)

Quant à la citation de La Tour du Pin. il dit notamment: “pourvu que la tête qui gouverne veille à l'équilibre de ces fonctions dans un esprit de justice et de paix.” Le bon marquis lui aussi tente de nous faire le coup du gendarme maquillé cette fois en une “tête qui nous gouverne”. Il dit encore: “Dieu a constitué LE POUVOIR SOCIAL pour en être le gardien. “ Ah bon ? Mais à quelle occasion Dieu a-t’il constitué ce fumeux “pouvoir social”?

Je laisse à Bastiat le mot de la fin: “Ils veulent être nos bergers et nous être leur troupeau? Qu’ils nous montrent leur titres!”

athos

@HV
personne ne dit que vous êtes un suppôt du libéralisme philosophique. Vous refusez simplement d’admettre que le libéralisme est un tout, issu d'une même matrice idéologique, l’individualisme matérialiste.
@emmanuel
une nouvelle fois, vous esquivez le débat.
En essayant de lire entre les lignes de ce qu'a dit Solange, e, en vous livrant à des interprétations qui virent à l’élucubration, vous évitez de répondre sur le fond des contre-argumentations de solange et moi. Montrant ainsi combien vous êtes gêné aux entournures.
J'ajoute que si vous n'êtes pas capable de faire la différence entre un gendarme et "celui qui gouverne", je ne peux définitivement rien pour vous. Et s'il s'agit des deux faces d'une même pièce, encore faut-il que l'état joue les deux rôles, pas uniquement celui du gendarme. Qui réduit effectivement l'état à une fonction policière et sécuritaire. Qui devient immanquablement omnipotente. Donc potentiellement totalitaire. Car l'état libéral est un état potentiellement totalitaire DANS SON ESSENCE.
Et centesimus annus défend les libertés économiques, pas le libéralisme. Ce n'est pas la même chose.
Que vous soyez libéral, c'est votre droit. Mais tenter de faire passer le libéralisme, individualisme matérialiste qui réduit l'homme à sa fonction économique de consommateur, pour compatible avec la DSE, c'est nous faire prendre des vessies pour des lanternes.

Solange

@ Emmanuel,

Vous avez mal compris la citation de La Tour du Pin. Dans tous les cas, vous confirmez que vous êtes bien un libéral, voire un libertarien, qui dénie toute légitimité à l'Etat (la citation que vous donnez de Bastiat va dans ce sens). Cela n'est pas une attaque mais un constat.

La négation de l'Etat est une grave erreur. Vous demandez des titres et vous demandez quand Dieu a créé ce "pouvoir social" (l'Etat). Voici une réponse : "Aucune institution sociale, après la famille, ne s'impose aussi fortement, aussi essentiellement que l'ETAT. Il a sa racine dans l'ordre de la CREATION et il est lui-même un des éléments constitutifs du droit naturel" (Pie XII, Allocution au Congrès des Sciences admnistratives, 5 août 1950).

L'Etat (société organisée politiquement) a pour fonction de favoriser, aider, promouvoir la COOPERATION de tous au bien de la CITE, sans absorber l'individu, ni la famille, mais au contraire en protégeant leurs droits et leurs libertés, surtout s'ils sont faibles. L'Etat a la noble mission d'être le gardien du droit, il n'en est pas la source : il est le premier tenu de le respecter, comme il est le premier serviteur et garant du bien commun.

Avoir une juste notion de l'Etat (ni individualisme, ni totalitarisme) fait partie de la Doctrine Sociale de l'Eglise. Voilà en quoi la pensée anarcho-capitaliste à la Bastiat est contraire à la doctrine politique, sociale et économique de l'Eglise ainsi qu'à nos traditions nationales.

Vous ne voyez pas, d'ailleurs, qu'individualisme et totalitarisme sont connexes : "nul n'ignore en effet combien l'exaltation de l'individu est le plus sûr chemin du totalitarisme comme le prouvent maintes pages très caractéristiques de J.-J. Rousseau. Il est significatif de voir à quel point les passages qui, chez ce dernier, sont les plus frénétiquement individualistes, sont également ceux qui condamnent le citoyen à subir la toute-puissance de l'Etat" (Jean Ousset, Nation-Patrie-Etat, V, p. 15-16).

Refuser toute hierarchie naturelle entre les hommes (la famille, les corps de métiers, l'Etat, etc) et proclamer en théorie leur liberté, c'est les vouer en fait à l'écrasement étatique ou à l'anarchie.

Votre libéralisme est une fausse doctrine condamnée par le Pape Pie IX dans l'encyclique Quanta Cura (1864), accompagnée du Syllabus, dans laquelle le Pape fustige sans appel le régime capitaliste libéral, son naturalisme, son matérialisme, son rationalisme absolu qui ne tient aucun compte du droit naturel et chrétien. A été condamnée la proposition suivante (n° 62) : "On doit proclamer et observer le principe de non-intervention [de l'Etat]".

Je vous conseille deux lectures :
--> Mgr Guerry, La Doctrine Sociale de l'Eglise, son actualité, ses dimensions, son rayonnement, Paris, Maison de la Bonne Presse 1950.
--> A. Dauphin-Meunier, L'Eglise en face du capitalisme, Paris, Fayard, 1955.

HV

@ athos:
J'essaye justement de depasser avec vous le stade des etiquettes ("liberal", etc) pour vous demander en quoi une conception du role de l'Etat en matiere economique et sociale habituellement decrite comme liberale en FR (et qui serait decrite comme conservatrice aux US) serait indissociable d'un liberalisme philosophique nocif.

Alors permettez-moi de resserrer ma question: pensez-vous que l'opposition a l'Etat-Providence (Securite sociale universelle et retraites "par repartition" controlees par l'Etat, par ex) soit insecable d'un liberalisme philosophique ? Si oui, pourquoi ?

Solange

Les libéraux ne comprennent pas qu'entre le Tout-Etat et leur Sans-Etat, il existe une voie médiane de l'Etat, société organisée politiquement, considéré comme un agent du bien commun par la Doctrine Sociale de l'Eglise. Pourquoi les catho-capitalistes ne se forment-ils pas aux auteurs catholiques plutôt qu'aux auteurs libéraux et franc-maçons comme Bastiat ?

[Le problème de votre dialogue de sourds (c'est l'impression que j'ai en lisant tous les commentaires), c'est que personne ne prend la peine de définir ce qu'il entend précisément par libéralisme. Parce que ce terme est piégé.

C'est un sujet qui avait pourtant été abordé sur ce blog :
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/01/guillaume-de-thieulloy-directeur-des-4-v%C3%A9rit%C3%A9s-%C3%A9tait-linvit%C3%A9-du-forum-catholique-ce-soir-a-un-lecteur-lui-demandant-si.html#tp
MJ]

Olivier

Je ne sais pas si la citation est exacte, mais apparemment Léon XIII aurait cité Bastiat à propos de la vision économique de son encyclique sociale.
« Un célèbre économiste français (Frédéric Bastiat) a exposé comme en un tableau les bienfaits multiples que l'homme trouve dans la société et c'est une merveille digne d'être admirée. »

Solange

@ Michel Janva,

Quel dialogue de sourd ? Dîtes plutôt cela aux libéraux qui refusent ici le débat préférant balayer nos arguments d'un revers de main en les qualifiant de poncifs sans prendre la peine de répondre sur le fond.

Désolée, mais Athos et moi nous donnons des arguments, nous proposons une réflexion, nous citons des textes, NOUS EXPOSONS LA DOCTRINE SOCIALE DE L'EGLISE... Depuis quand appelez-vous cela "un dialogue de sourd" ? Nous parlons, nous écoutons les objections, y compris les plus stupides, nous y répondons point par point en démontrant notre propos par des textes officiels de Pie XII, de Pie IX, de La Tour du Pin, de Jean Ousset, etc.

Le dialogue de sourd, c'est quand des catholiques formés au libéralisme et au capitalisme préfèrent esquiver le débat en ne répondant pas à nos objections.

Le libéralisme est une doctrine cohérente bien qu'erronnée. La Tour du Pin a démontré que le libéralisme politique allait de pair avec le libéralisme économique. Qu'est-ce que le libéralisme ? La Tour du Pin l'a dit dans le texte que j'ai cité : le libéralisme est une erreur sur la liberté, c'est placer "le principe de liberté dans l'homme, tandis qu'il est en Dieu, et que Dieu a constitué LE POUVOIR SOCIAL [autrement dit l'Etat] pour en être le gardien".

Le libéralisme économique a été condamné par l'Eglise. Athos et moi expliquons pourquoi. Si les libéraux font les sourds, est-ce notre faute ? A vous aussi d'avoir une position claire sur le sujet : pourquoi avez-vous publié cet article sur le franc-maçon Bastiat ? Seriez-vous un capitaliste ? Cela ferait tache pour un supposé défenseur de la doctrine sociale de l'Eglise...

PS : merci de ne pas me censurer.

[Oui, j'ai bien pris la peine de lire tous vos commentaires, ne vous inquiétez pas.

Je constate que les uns condamne le libéralisme, sans le définir, en s'appuyant sur la DSE, et les autres estiment que l'on peut être pour les libertés économiques, c'est-à-dire pour moins d'Etat, qui semblent être une autre conception du libéralisme.

Mais je vois surtout que c'est dialogue de sourd, car vous n'avez visiblement pas lu le lien que j'ai mis, et qui avait l'avantage de définir de ce que l'on cause.

J'ai mis ce post sur Bastiat, car le personnage, français, a du succès outre-Atlantique. Et Rand Paul, figure du Tea Party, opposé à l'avortement, est aussi opposé à la main mise de l'Etat dans tous les domaines, ce qui s'oppose gravement au principe de subsidiarité.
Voir ici : http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/11/rand-paul-la-figure-montante-du-tea-party.html#tp
Pour le dire clairement, la réforme de santé d'Obama n'est pas mauvaise seulement parce qu'elle finance l'avortement, mais aussi parce qu'elle prive les citoyens de liberté, d'esprit d'initiative et de responsabilité, 3 notions très importantes dans la DSE.

Il ne sert à rien de s'envoyer des hochets si on ne parle pas de la même chose. Quand vous écrivez "Seriez-vous un capitaliste ?" sur un air de juge en mal de procès, que voulez-vous dire précisément ? Que le profit est péché ? C'est faux. "L'Eglise reconnaît le rôle pertinent du profit comme indicateur du bon fonctionnement de l'entreprise." (Centisimus annus). Alors quoi ? Je vous invite à relire la même encyclique de JPII sur le terme même de "capitalisme" :

"Si sous le nom de « capitalisme » on désigne un système économique qui reconnaît le rôle fondamental et positif de l'entreprise, du marché, de la propriété privée et de la responsabilité qu'elle implique dans les moyens de production, de la libre créativité humaine dans le secteur économique, la réponse est sûrement positive, même s'il serait peut-être plus approprié de parler d'« économie d'entreprise », ou d'« économie de marché », ou simplement d'« économie libre ». Mais si par « capitalisme » on entend un système où la liberté dans le domaine économique n'est pas encadrée par un contexte juridique ferme qui la met au service de la liberté humaine intégrale et la considère comme une dimension particulière de cette dernière, dont l'axe est d'ordre éthique et religieux, alors la réponse est nettement négative."

Vous voyez que, selon la premier définition, on peut tout à fait être capitaliste. Et on peut ajouter, comme le pape, que l'on préfère le terme d'économie libre. Ce qui nous amène à notre débat puisqu'il me semble que vos contradicteurs se placent sur le plan ce cette "économie libre", telle que définie et reconnue par l'Eglise.

Voilà pourquoi il faut toujours préciser ce qu'on dit et ne pas hésiter à définir les termes.

MJ]

Solange

@ Michel Janva,

D'accord, mais ici les libéraux, tout comme Bastiat, ne veulent pas seulement plus de libertés réelles et concrètes (ce que je trouve juste), mais la suppression de l'Etat, ou du moins veulent cantonner celui-ci dans une mission policière et sécuritaire, ce que dénonçait déjà La Tour du Pin.

D'où ma réflexion plus haut : entre le TOUT-ETAT et le SANS-ETAT, il y a une voie médiane, celle de l'Etat légitime qui accomplit sa mission selon le droit naturel nié par les libéraux.

Je vous redonne la citation de Pie XII : "Aucune institution sociale, après la famille, ne s'impose aussi fortement, aussi essentiellement que l'ETAT. Il a sa racine dans l'ordre de la CREATION et il est lui-même un des éléments constitutifs du droit naturel" (Pie XII, Allocution au Congrès des Sciences admnistratives, 5 août 1950).

J'ai défini le sens du mot Etat : société gouvernée politiquement. Ne me reprochez pas de ne pas définir les termes car je fais le contraire. Les mots ont un sens. Oui ou non l'Etat est-il légitime et peut-il intervenir dans l'économie ? Les libéraux partisans de Bastiat répondent non, la doctrine sociale de l'Eglise répond oui : "C'est la noble prérogative et la mission de l'Etat que de contrôler, aider et régler les activités privées et individuelles de la vie nationale pour les faire converger harmonieusement vers le bien commun, lequel ne peut être déterminé par des conceptions arbitraires, ni trouver sa loi primordiale dans la prospérité matérielle de la société, mais bien plutôt dans le développement harmonieux et dans la perfection naturelle de l'homme, à quoi le Créateur a destiné la société en tant que moyen" (Pie XII, Summi pontificatus).

Mais vous affirmez : "Vous voyez que, selon la première définition, on peut tout à fait être capitaliste". Or je trouve cette assertion dangereuse parce qu'elle accepte deux définitions contradictoires du capitalisme : le capitalisme ne peut pas être à la fois deux choses différentes qui se contredisent. Les mots ont UN sens.

La première définition, c'est ce que La Tour du Pin appelle l'ECONOMIE SOCIALE. Pourquoi ne reprennez-vous pas cette expression catholique et française ? A quand un article sur La Tour du Pin et ceux qui ne sont pas des capitalistes francs-maçons ?

On réservera donc la deuxième définition seule au mot capitalisme qui est, selon Pie XII, un "système qui, loin d'être conforme à la nature, est en opposition avec l'ordre de Dieu et avec la fin assignée par Dieu aux biens terrestres" (Evangelii praecones).

Pie XII a sévèremment condamné le capitalisme dans son message radiophonique du 1er septembre 1944 : il le condamne comme "contraire au droit naturel" car fondé sur une "conception illimitée et erronnée de la propriété en dehors de la subordination au bien commun". Le capitalisme ne répond pas à la fonction essentielle des biens terrestres qui est l'épanouissement de la vie humaine.

Une économie humaine est celle qui "se règle sur les besoins primordiaux de l'homme" (Pie XII, Allocution du 25 mars 1949 aux membres du Bureau international du travail) et non une économie de lucre au profit du capitalisme qui pèse de tout son poids sur la vie économique et détermine lui-même les besoins qu'il doit satisfaire : "Voilà où conduisent également les principes fondamentaux du LIBERALISME ECONOMIQUE, à la recherche du lucre, de la part du CAPITALISME FINANCIER, qui pèse de tout son poids sur la vie économique, dès que les enchaînements de l'économie nationale sont considérés unilatéralement en vue du marché" (Pie XII, Allocution au Congrès international de la vie rurale, 2 juillet 1951).

Avez-vous bien lu Pie XII ? Définition du capitalisme par Mgr Guerry : "La production pour l'argent et le profit" (La DSE, 1950, p. 100). Peut-on alors être capitaliste ? Les mots ont un sens. Le libéralisme économique est contraire à l'économie sociale (catholique), laquelle vise à la promotion de l'homme, à son développement, à son perfectionnement.

Les libéralismes sont liés. Pie XI a dénoncé le libéralisme économique comme un "nouveau régime [qui] fit ses débuts où le rationnalisme se propageait et s'implantait, il en résulta une science économique séparée de la loi morale et par suite, libre cours fut laissé aux passions humaines" (Quadragesimo anno).

En 1937, Pie XI affirme, comme Blanc de Saint-Bonnet l'avait dit dans ses ouvrages, que "le libéralisme a frayé la voie au communisme" (Divini Redemptoris).

Ais-je assez bien défini les mots ? On ne peut pas être catholique et capitaliste ou encore catholique et libéral.

[Je suis désolé, mais je n'ai lu nulle part votre affirmation selon laquelle les libéraux, de Bastiat à ?, veulent la suppression de l'Etat ou son cantonnement (c'est pourquoi je parle de dialogue de sourds : vous semblez prêter des intentions que ne semblent pas avoir vos contradicteurs).

Vous trouvez mon assertion sur le capitalisme dangereuse, mais, et je suis encore désolé, elle est de Jean-Paul II dans une encyclique. Et, loin de contredire Pie XII, il le complète et approfondit sur ce point le Magistère de l'Eglise. Mais je vois que vous ne semblez pas porter attention aux encycliques de Jean-Paul II. Elles sont pourtant plus actuelles que celles de Pie XII, sur lesquelles je ne renie rien, mais le monde économique et social a profondément changé suite aux "30 Glorieuses" et les problèmes sont certainement un peu différents.

Sur La Tour du Pin, il y est fait référence régulièrement sur ce blog, comme dans ce post sur... les libertés économiques :
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2008/08/economie-libert.html#tp
ou dans celui-ci sur... le principe de subsidiarité, qui recommande à l'Etat de ne pas intervenir si un échelon inférieur est compétent :
http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2010/11/principe-de-subsidiarit%C3%A9-et-%C3%A9tatisme.html#tp

Enfin, si je prends une autre de vos références, le JMLP de 1984, que pensez-vous de ce qu'il disait alors, c'est-à-dire concrètement, par rapport à la situation économique et sociale de la France d'aujourd'hui (je sais, cela nous éloigne de Bastiat et de Pie XII, mais rien de mieux que de sortir des concepts et des condamnations et de se frotter au réel, n'est-ce pas ?) :

"Il faut faire reculer l'Etat bureaucratique jusqu'a ses frontieres regaliennes. Il faut que l'Etat s'occupe [...] de fonctions essentielles (justice, défense nationale, diplomatie, administration générale), et tout le reste doit être remis dans le secteur privé, soumis aux règles générales de l'économie moderne, de la compétition, de la concurrence, de l'abaissement des coûts, de la productivité."

"L'Etat Providence est un piège mortel."

MJ]

Solange

Cher MJ,

La position économique du FN de 1984 était à ce titre insatisfaisante, je vous l'accorde. C'est l'un de mes rares points communs avec Pascal G. sur ce sujet.

Je n'ai pas à apprécier moins les encycliques de JPII en tant que catholique mais force est de constater (vous ne répondez pas sur le fond) que la coexistence de deux définitions contradictoires du capitalisme pose problème. JPII condamne la chose capitaliste clairement mais réhabilite le mot capitaliste sous peine de confusion. Vous reprenez cette confusion à votre compte, je le regrette pour la clarté du débat et la définition des mots à laquelle vous accordez une grande importance.

Au libéralisme économique donnons le nom de capitalisme comme on l'a toujours fait. Aux libertés économiques donnons le nom d'économie sociale, humaine ou catholique.

Pie XI et Pie XII ont clairement cerné le mal capitaliste et défendu les libertés économiques avec des termes précis. Leurs encycliques, moins récentes, n'en sont pas moins actuelles car une erreur en 1937, en 1949, en 1955, l'est toujours en 1978, en 2005 ou en 2011.

Concernant Bastiat et les libéraux, je confirme mon dire. Ils sont pour un Etat minimaliste policier : « N’attendre de l’État que deux choses : liberté, sécurité. Et bien voir que l’on ne saurait, au risque de les perdre toutes deux, en demander une troisième » — Frédéric Bastiat, Harmonies économiques.

Celui-ci parle de l'Etat comme d'une "grande fiction", c'est la raison pour laquelle il est invoqué par les libéraux qui veulent peu ou pas d'Etat. Or nous avons vu que l'Etat est un agent légitime et indispensable du bien commun (voir plus haut).

Merci pour les liens et cet échange avec vous.

[Je crois au contraire que JP II avait pris acte de la confusion des mots et des dialogues de sourds qui s'ensuivent. Et il a pris le soin de définir les différentes acceptions des termes. C'est un exemple à suivre, plutôt que de se jeter en commentaire des citations et des condamnations.
Si vous prenez le cas de Ron Paul, objet de ce post, il faudrait alors définir ce qu'est l'Etat pour lui, aux Etats-Unis, où l'Etat fédéral tend à s'octroyer les prérogatives des Etats fédérés. Vouloir moins d'Etat (fédéral) est-ce vraiment vouloir moins d'Etat (fédéré) ? Vous voyez bien ainsi, que les choses ne sont pas si simples et qu'il faut savoir de quoi l'on parle et de quoi les autres parlent.

Pour revenir à JMLP, il me semble au contraire que PG préférait la version économique de 1984 à celle d'aujourd'hui, mais je peux me tromper. Il me corrigera s'il nous lit.

MJ]

gdurbal

C'est une heureuse surprise que de voir Bastiat dans vos colonnes et dans un articles neutre contrairement au "Monde" du même jours qui en avais sortie une citation tronqué qui la rendu tous à fait hors propos.

En réaction au commentaire qui a été fait je voudrais rétablir quelques points qui ont été avancé (étant étudiant en économie appliqué et où Bastiat est mon compagnon de route depuis 4 ans maintenant, je puis revendiquer sans orgueil aucun une connaissance plus approfondie sur le sujet) :

_De toute biographie de l'auteur que j'ai pu voir il n'a jamais été question que Bastiat était un Franc-maçon, je ne sais d'ou vient l'information du correspondant de l'Express, néanmoins même si ceci serai avéré cela ne changerais rien quand à la pertinence ou non de ces écrits.

_Le libéralisme est d'abord et avant tout une philosophie de vie en société, est dit libéral celui qui reconnait l'axiome de non-agression, en somme "que personne ne vole personne".
Je conseil vivement la lecture de ce textes de "la politique du décalogues" pour comprendre en quoi être un chrétien libéral est plus que compatible :
http://www.scribd.com/doc/36015560/Francois-Guillaumat-Politique-du-Decaloque?in_collection=2582676

Être conservateur et "ultra"-libéral n'est pas contradictoire, je dirait que ces quasis naturel d'être les deux à la fois
Voilà un texte du même auteur qui explique de maniéré posé la chose :
http://www.scribd.com/doc/36175157/Francois-Guillaumat-La-rationalite-comme-seul-critere-de-distinction-entre-les-normes-politiques?in_collection=2582693

_Le Pape ne peut pas condamné à la fois le communisme et le libéralisme puisqu'il n'y a pas d’alternative, l'on est soit esclave, soit libre, avec des degrés bien sûr mais fondamentalement il n'existe pas une autre situation entre être libre ou esclave.

_Enfin la dernière génération des libéraux est anarchiste, on parle d'anarcho-capitalisme, de volontarisme, d'agorisme, de panarchisme, de Market anarchy, tout ces termes sont très proches, les différences sont infimes ou nul.
Il est à noter que nombre de raisonnement de Bastiat mène à l'anarchie bien qu'il ne fut pas lui même anarchiste !

Solange

"Le Pape ne peut pas condamné à la fois le communisme et le libéralisme puisqu'il n'y a pas d’alternative".

Ecrire n'importe quoi quand on y connaît rien devient monnaie courante. Quand on ignore la doctrine catholique, on ferait mieux de se documenter. Il suffit de relire les documents pontificaux notamment :
--> Quanta Cura (Pie IX)
--> Rerum novarum (Léon XIII)
--> Quadragesimo anno (Pie XI)
--> Les allocutions de Pie XII
--> etc,
Tous ces Papes ont condamné le libéralisme économique ET le communisme, et défendu la vision chrétienne de l'économie : l'ECONOMIE SOCIALE (relire La Tour du Pin).

Dire qu'il n'y a pas d'autre alternative entre le matérialisme capitaliste libéral et le matérialisme communiste est une grosse bêtise.

Quant au fait que Frédéric Bastiat soit franc-maçon (ce qui ressort des archivres maçonniques de Bayonne), ce n'est pas un détail, cela veut dire que ce personnage adhère à un système idéologique anti-chrétien, révolutionnaire et subversif. Il faut rappeler que la F-M a été condamné par l'Eglise et les Papes ont bien écrit dans ce sens (voir le rappel du Cardinal Ratzinger en 1983 http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents/rc_con_cfaith_doc_19831126_declaration-masonic_fr.html).

Je réitère mon interrogation : tout en réagissant légitimement aux empiètements et excès éventuels de l'Etat, comment peut-on invoquer, quand on est conservateur, un penseur libéral, franc-maçon et politicien de gauche, qui plus est quand on est CATHOLIQUE ?

Solange

Pour faire suite à ma dernière question (promis c'est mon dernier message) :
« L'Eglise n'a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes. Les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires, ni novateurs, mais traditionalistes » (Saint Pie X, seul pape canonisé du XXe siècle).

PG

@ Michel JANVA

Ayant été absent par suite d'un deuil familial, je ne suis pas intervenu volontairement à ce débat passionnant et crucial , quoique relié au net dans ma province lointaine : il y a un temps pour tout, dont celui de la prière et du recueillement.
Revenu au quotidien, je découvre ce débat passionnant : je partage votre point de vue sur ''l'économie des libertés''. Cette expression permet d'échapper aux ambiguités du mot libéralisme; ''liberal'' voulant dire de gauche aux USA, et libéral au sens voltairien et matérialiste des Lumières que dénoncèrent les papes et les chrétiens sociaux, car les libéraux bourgeois français du 19 ème et qui se prétendaient tels, furent de constants étatistes, à la Giscard, pour défendre leurs intérêts soit économiques soit politiques. C'est ce qui explique que BASTIAT siégea relativement à gauche contre ce conservatisme, très éloigné dans le fond de celui de TOCQUEVILLE, autre français si connu et apprécié lui aussi aux USA, et que les chrétiens sociaux les combattirent également : les catholiques sociaux ont souvent négligé la science économique, dans le sens de lois économiques naturelles, comme il existe une morale naturelle. Mais leurs intuitions rejoignent celles du libéralisme de BASTIAT, quand ils revendiquent les libertés des acteurs individuels et leurs droits fondamentaux aux contrats d'associations au sein des corps sociaux naturels, les corps intermédiaires, ce qui place la DSE également dans ce sens. Et c'est celà que J-P II a intégré, sous l'influence de Michael NOWACK, polono-américain libéral et catholique.
Quant à son maçonnisme, réel, il est à rapprocher de celui de Joseph de Maistre, maçon actif durant assez longtemps : chaque homme même grand penseur peut avoir de telles erreurs privée. Le général FRANCO lui-même fut certainement franc-maçon au début de sa carrière, comme PINOCHET. En quoi cela détruit-il la suite leur vie et de leur action ? Le détail ne peut cacher l'essentiel, qui est celui contenu dans la pensée et les écrits de BASTIAT.
Quant au libéralisme, et ses rapports avec la DSE, je partage le point d vue d'@ Emmanuel : le libéralisme ''libertarien'' (mot que les certains penseurs économiques américains ont forgé pour se distinguer à des libéraux bourgeois de gauche) ne proclame pas la mort de l'Etat. Mais comme NIETSCHE proclama la mort d'un Dieu faux, vidé de tout sacré, celui qu'il connaissait, celui de son enfance protestante de la prédestination, les libéraux classiques proclament la mort de l'Etat socialiste, qui prédestine les individus et les corps sociaux naturels à l'assistanat et au corset idéologique.
C'est là ce que François GUILLAUMAT montre également ainsi que le rappelle @ Gdurbal.
Toute pensée peut conduire à des excés : quand je lis ici que l'Etat est supérieur à la société en tant qu'agent du Bien commun, c'est une dérive totalement non catholique de la notion du Bien commun. preuve qu'en utilisant les mots sans les relier à la réalité, sans l'intellegere, on demeure dans le slogan : et alors ceux forgés au XIX ème siècle finissant suffisent encore au début du XXIème siècle.
Mais pour distinguer les ambiguïtés et contradictions apparentes, il faut toujours faire la généaologie des mots : le mot libéral a été utilisé par des non libéraux, en général jacobins et anti catholiques, matérialistes et athéistes, franc-maçons d'inspirations souvent, mais il existe une pensée économique de la liberté, des libertés, qui après être nés contre le corporatisme décadent de la fin de l'ancien Régime, s'est élaboré contre l'étatisme grandissant que le rousseauisme du Contrat Social résumé au peuple-Etat souverain a produit.
C'est en cela que catholiques sociaux et penseurs économiques libéraux se sont rejoints dans leurs conclusions, même si il est vrai, leur positionnement politique fut différent.
Mais après tout quand Chévènement défend l'Etat nation souverain, souverainiste reconnu par des maurrassiens, est-il jacobin de droite, ou les maurrassiens sont-ils des monarchistes de gauche dans leur assimilation entre souveraineté de la nation et Etat Nation, ''erreur'' maurrassienne elle aussi ?
C'est toute la contradiction non tranchée et non clarifiée au sein de la droite nationale : le bien commun, y compris économique, est-il entièrement contenu dans l'Etat, ou la société et ses corps intermédiaires sont-ils de droit naturel, préexistant en légitimité ?
Je pense qu'à la réponse à cette équation dépend le succès politique de 2012 et des années suivantes pour la droite nationale qui oscille en effet entre des positions contradictoires que le débat sur la succession n'a pas réellement abordées.
Car les catholiques eux-mêmes, par les théories de la ''troisième voie'' (un tiers de démocratie christianisée, un tiers de capitalisme comme expression de la matière pécheresse et un grand tiers d'étatisme juticialiste et socialisant) ont plus fait pour mainteni leur assujettissement à la gauche et leurs échecs politiques constants que leurs adversaires ne pouvaient l'espérer. Comment lutter par exemple contre l'avortement, si on commence par admettre que c'est l'Etat qui détient les clefs de la justice sociale redistributrice ?
BASTIAT avait très bien perçu cette contradixtion des termes et c'est en cela qu'il est à lire et relire : la DSE n'est pas figée à Léon XIII et à l'interprétation fixiste que certains en ont fait dans le sens de l'étatisme comme seule forme politique du Bien Commun.

athos

tout cela est fort intéressant et à conduit à un dialogue fructueux.Nous pourrions continuer à en débattre très longtemps. Il est d'ailleurs dommage que personne au sein de la droite nationale (j'entends par là ces membres cadres "institutionnels") n'engagent cette réflexion de fond. C'est tout le mérite de MJ que de savoir susciter (sur quantité de sujets) des réflexions de fond par un choix judicieux d'articles toujours pertinents.
Je n'ajouterai que deux choses :
-j'ai l'impression que certains (dont MJ) tentent de donner une définition du libéralisme (que je refuse, mj, à confondre avec les libertés économiques, car je soutiens que le libéralisme est par NATURE liberticide)qui puisse coller à leur propre vision. Parce qu'il y a , comme je l'ai déjà écrit, un refus de penser une autre voie, ou par confort intellectuel ? C'est une question, pas une accusation...
-PG, vous commettez deux erreurs : ni solange, ni moi, ni les penseurs du catholicisme social actuels ou passés, n'avons de vision "fixiste" de la DSE. Et en aucun cas, nous pensons que l'étatisme est la seule forme politique du bien commun. Au contraire, le catholicisme social est tout, sauf cela. J'ajoute que c'est justement le libéralisme qui mène constamment à l'étatisme. Votre vision du catholicisme social est erronée, une vue de l'esprit. Il ne s'est jamais défini tel que vous le faites dans votre dernier paragraphe.
Vous faites également une lourde erreur d'interprétation du maurrassisme. Contrairement à vos dires, il n'y a jamais eu de confusion de l'état et de la nation dans la doctrine du nationalisme intégral.
Pour le reste, votre contribution est stimulante.

Corso

@Michel JANVA

Satisfaction à voir ces posts qui s'emparent de l'économie sur cette ligne!

J'ai une grande réticence fondamentale à regarder dans le rétroviseur en prenant tel ou tel pour "l'homme providentiel" ... simulacre inconscient d'un nouveau Jésus-Christ.

Comme je ne suis pas arrivé au bout de l'enseignement économique de ce dernier, je ne vois pas la nécessité (!) d'en trouver un autre.

Ceci dit, le cas de l'économiste qui nous préoccupe, Bastiat, est bien classique, il ne sera enseigné dans aucun livre par aucun professeur, c'est pourquoi je vais me permettre avec votre accord de l'exposer. Ce me semble éclairant.

Notre pays, la France, a connu une immigration interne considérable (provoquée), comme dans beaucoup d'autres pays sur l'exemple anglais.

Nous étions en 1940 à 50/50 entre paysans et urbains, nous sommes à 77 % d'urbains et d'autres dépassent les 90 % comme les USA.

On le comprend, à la ferme les vieux vivent de la solidarité, la soupe ne leur est pas comptée et le plus souvent ils disposent du patrimoine.

Ce n'est pas le cas à la ville. Il faut tout ré-organiser en ce qui concerne la SOLIDARITE INTERGENERATIONNELLE.

En plus de ce premier point essentiel il faut comprendre que toutes les Républiques ou nouvelles "royautés" qui leur ressemblent sont construites par une ossature de privilégiés que l'on nomme les fonctionnaires.

En gros, on achète les votes!

Devant cette immigration interne provoquée pour constituer la République, dont elle se nourrit, il devient à l'époque nécessaire d'organiser les privilèges de ses affidés CAR ELLE EN VIT!

La question économique du moment est de savoir si toute la population doit bénéficier de ce traitement, alors que la question n'est pas posée pour les fonctionnaires, privilégiés de la République (pour eux on discute du niveau des avantages).

Certains veulent faire profiter ce système à toute la France, d'autres le limiter aux privilégiés.

Le discours de l'époque est de dire que si les privilégiés n'en sont plus, la République disparaîtra.

Il faut donc une "justification économique scientifique" pour réserver ces nouveaux privilèges et Bastiat jouera ce rôle!

Les fonctionnaires auront donc l'emploi à vie, les assurances sociales et la garantie des retraites.

Et cela plus d'UN SIECLE AVANT les autres!

Par la suite les syndicats, les partis socialistes et les gouvernement qui seront tous radicaux ou socialistes pratiquement, interdiront au petit patronat de l'époque et au clergé d'organiser cette solidatité (1905 et autres manoeuvres)

Les français comprennent bien qu'il leur faudra attendre en souhaitant que le cartel des gauches fasse cette "avancée" ... puisque c'est concrètement elles, les gauches, qui s'y sont jusqu'à present opposées (sous prétexte le plus souvent que tout n'était pas parfait).

Ce sera donc 1936 et par la même occasion le global-parti construira son aile gauche car ce versant n'a, à l'époque, que très peu de crédibilité face au monde des affaires.

On verra principalement les juifs être à la fois du côté des affaires (souvent les plus sombres, parsemées de nombreux et énormes scandales) comme du côté de la nouvelle classe ouvrière que vient de théoriser Marx, à l'anglaise.

Pour l'anecdote l'augmentation de 10 % des salaires et autres avantages accordés seront compensés par une dévaluation internationales de 30 %.

Ensuite, à la fin du conflit, on accordera l'autre volet : Sécurité Sociale + retraites en justifiant cette modernité par ...la guerre et paradoxalement la lutte contre les nazis socialistes de Hitler!
[On se souviendra que le personnage avait pris le pouvoir par l'instauration sous des formes comparables de ces mêmes mesures]

Ceux -et c'est parfois fortement contradictoire pour un esprit actuel- qui ont voulu ou accepté l'arrivée de Hitler étaient donc avec leurs sympathisants des socialistes puisque c'est en réalité ce "progrès" là à travers cet homme là qu'ils attendaient.

Pour la France s'ajoutera le désir profond et épuisé d'en finir avec le cycle des "200 Dramatiques" qui avait commencé à la Révolution en voyant la puissance française dominée par la puissance anglaise.

Mais ce progrès social interveindra PLUS D'UN SIECLE APRES LES AVANTAGES DONNES AUX FONCTIONNAIRES.

Bastiat était intervenu à son époque, au moment de cette décision donc, par une forme de libéralisme opportuniste, en parfait lobbyiste, pour que les français soient maintenus dans la pauvreté.

Au moment de la libération l'Abbé PIERRE se lèvera, divin, pour dire que le compte n'y est pas... en économiste qui avait bien perçu l'enjeu.

Voila pourquoi ces fondements bien particuliers de la République ne seront jamais expliqués comme je le fais et que la matière de l'histoire économique sera toujours déformée : le crime se poursuit.

On comprend pourquoi les anglo-saxons (anglais et allemands) apprécient Bastiat, on comprend pourquoi je ne l'aime pas.

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